PARÉ, XVIII
— ÊTYM. Sevrer.
SEVRÉ, ÉE (se-vré, vrée), part, passé de sevrer.
Enfant sevré. || Fig. Moi donc, qui connais peu Phébus et ses douceurs, Qui suis nouveau sevré •ur le mont des neuf Sœurs , boil. Disc, au roi.
SEVRER (se-vré). La syllabe se prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je sevré, je sèvrorai, v. a. \\ 1* Retrancher à un enfant le lait de sa nourrice , et le faire passer à une V>urriture plus solide. Comme on sèvro les en-
SEX
fants, lorsqu'il est temps de leu" Oter le lait pour leur donner des aliments solides, fén. Tél. xxiv. On sÈvre trop t6t les enfants ; le temps oii on doit sevrer est indiqué par l'éruption des dents, et cette éruption est communément pénible et douloureuse, j. 3. ROUss. Ém. 1. 1|2* Il se dit aussi des animaux domestiques. Il faut avoir attention, lorsqu'on sèvre les jeunes poulains, de les mettre dans une écurie propre, qui ne soit pas trop chaude, buff. Quadrup. t. i, p. 23. || 3" Terme de jardinage. Couper et séparer de la plante mère les marcottes lorsqu'elles ont pris racine, ou les rameaux grefTés en approche. Sevrer une marcotte. Il 4* Fig. Priver, frustrer. L'honneur.... Qui trahit notre espoir, qui sèvre nos désirs, Régnier, Sat. vi. [Gens] Qui ne sauraient souffrir qu'un autre ait les plaisirs, Dont le penchant de l'âge a sevré leurs désirs, MOL. Tort. I, ) . Si l'on demande de quoi donc il faut sevrer les chrétiens, on répondra, selon la méthode des nouveaux spirituels, que c'est des motifs répandus partout dans l'Éciiture, boss. 4* écrit, i, 22. Autant que je les sèvre [les pensionnaires de Saint-Cyr] de tous les plaisirs de dehors, autant suis-je soigneuse de leur en procurer au dedans, maintenon, Lett. au card. de Noailles, I8 juin I7H. || 5° Se sevrer v. réfl. Se priver, s'abstenir. Se sevrer des plaisirs du monde. C'est donc alors qu'il se faut sevrer de tous les motifs du salut et du bonheur éternel; mais qui bannira ces motifs? qui aura l'autorité d'exempter les âmes d'un motif répandu partout dans l'Écriture? BOSs. 4* écrit,!, 23.
— HIST. xiir s. Il jurront sor sainz qu'il noriront un enfant qui lor sera portez si chierement comme leur fil et dou lait à la dame meismes, et en severront lou leur, Jlerlin, {' 67, verso. Si comme li enfes qui est sevrez de la mamele.... Psautier, f" 402. ||xiv*s. Moult bien nourri Sarre son fils Ysaac, et quant il fut si grant qu'elle le sevra.... Ménagier, i, 5. || xvi* s. Faut borner le temps de sevrer l'enfant par la sortie des dents, PARÉ, xviii, 30,
— ÉTVM. Poitev. sebrer, sihrer, souhrer, mettre en pièces; provenç. sebrar, séparer, sevrer; du lat. separare (voy. eéparf.h). Sevrer est la forme française tirée de separare ; séparer a été refait sur le latin. Sevrer avait constamment le sens de séparer [Tute la teste li a par mi sevrée, Ch. de Roi. cv], et, par restriction, celui de sevier.
t SÈVRES (sè-vr'), s. m. Porcelaine fabriquée à la manufacture de Sèvres près Paris, qui fut fondée en (758. Il Vieux sèvres, porcelaine de Sèvres fabriquée avant le rétablissement de la manufacture sous le Consulat.
SEVREUSE (se-vreù-z'), s. f. Femme qui a soin de sevrer un enfant. Je vais me mettre maîtresse d'école, ou, pour parler plus correctement, tout bonnement sevreuse, m°* d'bpinay, Hém. t. m,
p. 374, dans POUGENS.
— ÉTYM. Sevrer.
f SEX.... Nom de nombre latin (voy. six) qui signifie six et sert de premier membre dans certains termes composés.
SEXAGÉNAIRE ( sé-gza-jé-nê-r' ) , adj. Qui a soixante ans. Un homme, une femme sexagénaire. Ohl que cela doit plaiie De voir un goguenard presque sexagénaire ! mol. Éc. des maris, i, 3. Maintenant que j'écris ceci, infirme et presque sexagénaire, accablé de douleurs de toute espèce.... J. 1. «ouss. Confess. vi. || Substantivement. Un sexagénaire. Une sexagénaire.
— HIST. XVI* s.... Comme quelque sexagénaire ou casanier, qui n'a plus la force ni vigueur de vous faire service en la campaigne, carloix, v, 29.
— ÉTYM. Lat. sexagenarius , de sexaginta, soixante.
t SEXAGÉSIMAL, ALE (sé-gza-jézi-mal, ma-l'), adj. Terme de mathématique. Qui se rapporte au nombre soixante. Nous soupçonnons que la propriété connue du nombre sexagésimal, qui a beaucoup de diviseurs, et qui par conséquent est trèscommode pour le calcul, fut la source d'une infinité d'usages et de périodes, baillt, llist. asir on*, p. 70. Il Fractions sexagésimales, fractions dont le dénominateur est une puissance de soixante. Il Division sexagésimale, la division du cercle en 360 degrés subdivisés chacun en 60 minutes et celles-ci en 00 secondes. Le degré sexagésimal est la trois- cent -soixantième partie de la circonférence. Degrés sexagésimaux.
— ÉTYM. Voy. SEXAGÉSIME.
SEXAGÉSIME]sé-gza-jé-zi-m'), s. f. Le dimanche qui précède de quinze jours le premier diman-
SEX
che de carême (on met une majuscule). Le dimanche de la Sexagésime.
— ÉTYM. Lat. sezoflieîtmo sous-entendu dies, le soixantième jour, de îeia3into,soixante;ainsi dite, parce qu'elle est soixante jours avant Pâques.
t SEXAGESIMO (sè-gza-jé-zi-mo), adv. Soixantièmement. Il s'emploie pour désigner le soixantième objet d'une série, 60*, quand on a commencé à compter par primo, secundo. On dit ensuite seiagesimo primo, secundo, etc.
— ÉTYM. Lat. sexagesimo, sous-entendu loco, en soixantième lieu, de sexaginta, soixante. i
t SEXANGULAIRE (sè-ksan-gu-lê-r') ou SEXAN- GULÉ, ÊE (sè-ksan-gu-lé, lée), adj. Terme didactique. Qui a SIX angles.
— ÉTYM. Sex..., et angulus, angle, t SEXCENTESIMO (sè-ksin-té-zi-mo), adv. lat.
Sii-centièmement. Il s'emploie pour désigner le six-centième objet d'une série, 600*, quand on a commencé à compter par primo, secundo, etc On dit ensuite sexcentesimo primo, secundo, etc.
— ÉTYM. Lat. scxcenlesimo, sous-entendu loco, en 600* lieu, de sex, six, et centum, cent.
t SKXDÉCIMAL, ALE (scks-dé-si-mal, ma-l'), adj. Terme de minéralogie. Qui a la forme de cri* taux terminés par seize faces.
— F.TYM Sex..., et décimal.
SEX-DIGITAIRE (sèks-di-ji-tê-r'), adj. Qui est né
avec six doigts. Ces enfants nés d'une mère quindigitaire, et qui tenaient leurs doigts surnuméraires d'un père sexdigitaire, bonnet, Consid. corps org. Œuvr. t. vi, p. 606, dans pougens. || Substantivement. Un sexdigitaire. Une sexdigitaire.
— F.IYM. Sex..., et lat. digitus, doigt. SEX-DIGITAL, ALE (sèks-di-ji-tal, ta-l'), adj. H
se dit d'une main ou d'un pied qui a six doigts.
— ÉTYM. Sex..., et lat. digitus, doigt, t SEX-DIGITISME (sèks-di-ji-ti-sm'), s. m. La
production de six doigts à une ou plusieurs extrémités. Le sexdigitisme se transmet également pai le père et par la mère ; il s'altère par l'alliance de quindigitaires, bonnet, Consid. corps org. Œuvr. t. VI, p. 499, dans pougens.
SEXE (sè-ks'), s. m. Il 1* Différence constitutive du mâle et de la femelle dans les animaux et les plantes. Le sexe mâle. Le sexe femelle. Beaucoup de plantes réunissent les deux sexes dans leurs fleurs. Reine, sors, a-t-il dit, de ce lieu redoutable, D'où te bannit ton sexe et ton impiété, rac. Àth. Il, 2. Ce n'est plus cette reine éclairée, intrépide. Elevée au-dessus de son sexe timide, id. ib. III, 3. En tout ce qui ne tient pas au sexe, la femme est homme, i. j. rouss. Em. v. Et puis, avec cet air de supériorité masculine qui n'abandonne point nos humbles adorateurs, tu me reproches d'avoir été de mon sexe une fois en ma vie, comme si jamais une femme devait cesser d'en être, ID. //et. i, 46. || N'avoir plus de sexe, être privé par accident ou par vieillesse des facultés sexuelles. X quoi me serviront tous les plaisirs des champs, lorsque je n'aurai plus ni langue ni palais pour savourer leurs fruits, ni sexe pour leurs Hébés! BERN. DE sT-p. Mort de Socr. ||î* Collectivement, les hommes ou les femmes. Des personnes des deux sexes, de l'un et l'autre sexe. Leur sexe [des femmes] aime à jouir d'un peu de liberté; On le retient fort mal par tant d'austérité, mol. Éc. des mar. i, 2. C'est faire à notre sexe [aux femmes] une trop grande offense. De n'étendre l'effort de notre intelligence Qu'à juger d'une jupe ou de l'air d'un manteau. Ou des beautés d'un point, ou d'un brocart nouveau, id. Fem. sav. III, 2. Le fer ne connaîtra ni le sexe ni l'âge, rac. Eslh. I, 3. Ce sexe sans lequel, comme l'a dit une femme aussi spirituelle que sensible, le commencement de notre vie serait privé de secours, le milieu de plaisirs, et la fin de consolation, d'alemb. Éloges, Mariv. Belle Octavie.... Ton sexe faible est oublieux des crimes, bérano. Octavie. || 8* Lebeau sexe, ou, absolument, le sexe, les femmes. Commander à ses pleurs en cette extrémité. C'est montrer, pour le sexe, assez de fermeté, corn. Ilor. i, i . Car en ce siècle ignorant Le beau sexe était sauvage; 11 ne l'est plus maintenant, LA font. Cand. Mme de Frontenac en est toute honteuse [de la mort de Mme Bertillac, amoureuse et victime de Caderoussej, aussi bien que tout le sexe, qui devrait déchirer Caderoussa comme Orphée, sÉv. 24 janv. lOBO. Et tous ces vieux recueils de satires naïves. Des malices du sexe immortelles archives, boil. Sol. x. II a pour tout le sexe une haine fatale, rac. nédre, m, t. La superstition est sans doute i craindre pour Is
SEX
«eie ; mais rien ne la déracine ou ne la prévient mieux qu'une instruclion solide, vin. Éduc. fiUet, 7. Dans cel âge où les charmes du beau sexe commencent à s'épanouir, iiamilt. Gramm. 7. La honte, qui est dans le sexe une passion violente.... TOLT. Pul. et lég. Comm. délits et peines, occa- «ion. Une organisation délicate, une grande sensibilité, une imagination heureuse, des passions vives donnent au sexe une disposition universelle i tous les talents et à toutes les vertus, COMTE DE CAVLUS, Acad. de ces dames et de ces messieurs, (Euv. l. xii, p. 40, dans pougens. Il Les personnes du sexe, les femmes. Nouveau genre d'étude et presque inconnu aux personnes de l'&ge et du rang de Madame, ajoutons, si vous voulez, de son sexe, elle étudiait ses défauts, Boss. Duch. d'Orl. Ah ! mes cliers auditeurs, un peu de réflexion aux maux infinis que peut causer et que cause tous les jours la vie dissipée, surtout des personnes du sexe, bouhdal. 3* dim. après Pdq. Dominic. t. ii, p. H 6.
— HIST. Zvi' s. Ainsi mourut cette roine [Jeanne d'Albret], n'aiant de femme que le sexe, l'ame entière aux choses viriles, l'esprit puissant aux grands affaires, le cœur invincible aux adver-
silez, d'aub. Hist. il, 8 Avec une resjouissance
des babitans de la ville de tous estats et de tous sexes, incroyable, cabloix, vu, id. Le sexe n'est autre chose que la différence du masle et de la femelle, paré, Introd. u.
— ÊTYM. Provenç. sexe; espagn. sexo; ital. sesso; du lat. sexits, pour sectus, section, séparation.
I SEXKNNAL, ALE (sè-ksè-nnal, nna-l'), od;.Oui a lieu tous les six ans.
— ËTYM. Tiré du lat. sexennis, âgé de six ans, de sex, six, et onnus, an.
I SEXENNALITÉ (sc-ksè-nna-li-té), s. f. Qualité de ce qui revient périodiquement tous les six ans.
t SEXIES (sè-ksi-ès'), adv. lat. Il signifie six fois, et s'emploie quelquefois après semel, bis, ter, quater, quinquies.
— ÊTVM. Lat. sex, six.
I SEXll'ÈRE (sè-ksi-fè-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est muni d'organes sexuels.
— f.TVM. Lat. sexus, sexe, et ferre, porter. •f-SEXaUGUÉ, ÉE (sèks-ju-ghé, gbée), adj. Terme
de botanique. Composé de six paires de folioles; se lit seulement des feuilles composées.
— ÊTYM. Stx..., ei jugum, paire (voy. jodg). fSEXLOCULAlUE (sèks-lo-ku-lê-r'), adj. Terme
de botanique. Oui est partagé en six loges.
— ÊTYM. Sex..., et lat. loculus, loge.
t SEXPO.NCTCÉ, ÉE (sèks-pon-ktu-é, ée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est marqué do six points colorés.
— ETYM. Sex..., et ponctué.
SEXTANT (sèk-stan), s. m. || !• Instrument à réflexion, portant un limbe divisé en 6o degrés, qui sert à mesurer les angles ; cet instrument n'a pas besoin d'être fixe, il est tenu à la main pendant l'observation ; ce qui le rend particulièrement utile aux marins. Nous disons que Tycho est l'inventeur du sextant, du moins en Europe ; car il n'avait sûrement pas entendu parler de celui que les Arabes avaient fait construire cinq cents ans avant lui; et il paraît être le premier des modernes qui s'en soit servi, bailly, Ilist. asir. mod. t I, p. 401. En <0fi4, Auzout s'était plaint à Louis XIV que les instruments manquaient en France; ce défaut fut bientflt réparé; dès 4 667, l'Académie eut un quart de cercle de neuf pieds, «t en 1769 elle eut un sextant de dix pieds pour la mesure de la terre, ID. ib. t. Il, p. 347. || 2° Terme de géométrie. Sixième partie d'un cercle, arc de «0 degrés. {| 3* Petite constellation boréale.
— ÊTYM. Lat. sextantem, la sixième partie d'un tout, de sex, six.
1. SEXTE (sèk-sf), s. f. Il 1» Terme d'antiquité. La troisième des quatre parties du jour chez les Romains. || 2* Terme de liturgie catholique. Une des heures canoniales, appelées ordinairement petites heures, qui devait se dire à la sixième heure du jour, à compter du soleil levé. Dans la maison, il [saint Pierre] avait ses heures réglée-; pour la prière; il monta à l'heure de sexte, c'està-dire vers le midi.... boss. Méd. sur l'Év. la Cène, H' jour.
— ÊTYM Lat. sexla hora, la sixième heure, de sex, six.
2. SEXTR (sèk-sf), s. m. || !• Nom donné, danle moyen âge, au vi« livre des Décrétales publié parBoniface VIII. || Oc trouve aussi, au féminin, la sexte. || i'Àdj. Registre sexte, voy. registre, n' 2.
SFO
— ÉTYM. Lat. sextits, sixième, de sex, six. SEXTIDI (sèk-sli-di), ». m. Le sixième jour de
la décade républicaine.
— KTVM. Lat. sextus, sixième, et dies, jour. SEXTIL, ILB (sèk-stil, sti-1'), adj. || 1* Terme
d'astrologie. Aspect sextil, ou scitil aspect, l'aspect de deux planètes qui sont éloignées entre elles de soixante degrés, ou de deux signes entiers, qui font la sixième partie du zodiaque. Il 2* Se disait, dans le calendrier républicain, de l'année qui avait un a* jour complémentaire et de ce jour lui-même.
— ÊTYM. Lat. sextilis, sixième, qui ne se disait que du mois d'août de sex, six.
t SEXTlLLO.N (sèks-ti-li-on), i. m. Quintllion multiplié par iuuo.
— iilST. xvi< s. Ung sixlion vault mille milliers de quillion, de la roche, Àrismetique, t" 7.
— ÊTYM. Sextus, sixième (voy. biluon pour la manière de compter au xvi* siècle).
f SEXTiNE (sèk-sti-n'), S. f. Stance de six vers blancs, dont les derniers mots reviennent à la lin des vers des sixains suivants, toujours dans cet ordre : le dernier, le premier, l'avanl-dernier, le second, le quatrième, le troisième.
t SEXTO (sèk-sto), adv. lat. Sixièmement. Il s'emploie pour désigner le sixième objet d'une série, 6°, quand on a commencé à compter par primo, secundo, tertio, quarto, quinto.
— ETY.M.Lal. sexto, sous-entendu ioco, ensixième lieu ; le lat. sextus, vient de sex, six.
SEXTULE (sèk-stu-l'î, s. m. Terme de pharmacie. Poids de quatre scrupules, équivalant à 6 grammes io centigrammes.
— ÊTYM. Lat. sextula, le sixième de l'once, de sex, six.
t SEXTUOR (sèk-stu-or), s. m. Terme de musique. Morceau de musique pour six voix, ou pour six instruments. Quand on parle d'un sextuor vocal, les instruments ne comptent pas; il y a donc six voix outre les accompagnements; quand on parle d'un sextuor intrumental, il n'y a exactement que six parties. Sextuor de Boccherini pour deux violons, «Iw, i-ur et deux violoncelles, la- FAYE, Manuel de musique, t. vi, p. :i23.
— ÈJ\u. Fait du lat. sex, avec la finale du mot quatuor; presque toute l'harmonie se réduisant au quatuor, celui-ci a été le modèle de toutes les compositions de ce genre.
SEXTUPLE (sèk-stu-pl'), adj. || !• Qui vaut six fois autant. Douze est sextuple de deux. ||2* S. m. Nombre sextuple. Le sextuple de deux est douze.
— HIST. ivi* s. Hz seront le sextuple du second, EST. DE LA ROCHE, Arismetique, (° 63.
— ÊTYM. Lat. sextuplus, de sex, six.
SEXTUPLÉ, ÉE (sèk-stu-plé, plée), part, passé
de sextupler.
SEXTUPLER (sèk-stu-plé), v. a. Rendre six fois aussi grand. Sextuplez deux, vous aurez douze.
— ÊTVJI. Sextuple.
t SEXUALISME ( sé-ksu-a-li-sm' ) , t. m. ou SEXUALITÉ (sè-ksu-a-li-té), s. f. Ce qui forme le sexe, qualité, manière d'être de ce qui est sexuel. La sexualité des plantes, des animaux. Ce génie vaste [Aristote] avait eu des idées sur le sexualisme des plantes, sennebier, Ess. art d'obs. t. m, p. (43, dans pougens. || Mode de répartition des parties génitales sur un même individu (sexualité partielle), ou sur des individus différents (sexualité individuelle).
— ÊTYM. Sexuel.
SEXUEL, ELLE (sè-ksu-èl, è-1'), adj. || !• Qui a rapport au sexe, qui le caractérise, dans les animaux et dans les plantes. Parties sexuelles. || Système sexuel, théorie qui reconnaît les deux sexes dans les plantes. Linné, pour établir le système sexuel des plantes, fait voir les pistils et les étamines dans toutes les fleurs et tous les végétaux, senneb. Ess. art d'obs. t. ii, p. (2(, dans pougens. Il Organes sexuels, dans les animaux les parties génitales externes; dans les plantes, les étamines et les pistils. Il 2* Qui tient au sexe. Instinct sexuel.
— ÊTYM. Lat. sexualis, de sexus, sexe.
t SEYANT, AME (sè-ian, ian-t'), adj. Qui sied, qui va bien. Une étoffe, une coiffure seyante.
— ÊTYM. Seoir 2 ; saintong. siésant.
t SEYBERTITE (sè-bèr-ti-f), s. f. Silicate d'alumine, de magnésie et de fer ar.ginaire de l'État de New-York.
tSKOKZANnO(sfor-tsa4-do),adi). Terme de musique. Mot italien qui, sur les partitions, signifie en forçant, et marque que l'on doit passer du piano au forte avec Kradation.
SI
— ÉTYM. Ital. sforxar», le même queefforcer.
t SFUMATO (sfou-ma-lo), f . m. Se dit d'une manière de peindre, moelleuse et vague, propre i rendre l'elTet des objets placés i une certaine distance et enveloppés des vapeurs de l'atmosplière.
— ÊTYM. liai. «/■uma(o,dulal.«*, et /'umui,fuiuce.
SGRAFFirE(sgra-fi-f), ». m. Espèce do camaïeu qui se fait en couvrant d'une couche fouc^ l'enduit d'un mur, et en écorcbant cet enduit avec une pointe de manière i produire ainsi les clairs d'un dessin i l'imitation d'un bas-relicf. ||Ce procédé do dessin, qu'on a aussi nommé peinture égratignéc, est abandonné aujourd'hui ; il était spécial à l'Italie.
— ÊTYM. lui. sgrafUto, proprement égraligné. SHAKO (schako), ». m. Voy. schaio.
SIIALL(châl),». m. Voy. chIlb.
SHELINO (che-lin), ». m. Voy. scueluno.
t SIIELTOPUSIK (chèl-lo-pu-zik), ». m. Nom indigène du pseudopas de Pallas (sauriens), qui habite la Dalmatie, l'istrie, la Morée, les eûtes méditerranéennes d'Afrique, la Crimée, la Sibérie méridionale.
tSUÉHAKDE (ché-rar-d'), ». f. Terme de botanique. Genre de la famille des rubiacées, dédié i W. Sherard, botaniste anglais du xvw siècle.
SUÉltlF (cbé-rif), ». m. Magistral anglais dont les fonctions sont annuelles, obligatoires et gratuites, et qui, placé â là tête de l'administration civile d'un comté, est chargé de veiller au maintien de la pail publique, de présider aux élections et de dresser les listes du jury.
— ÊTYM. Angl. shérif], de thtre, comté ; anglosax. scyre, division, province, et rif ou reef, abréviation de l'anglo-saxon geréfa, en allem. Craf comte.
t SHILLING (chi-lingh'; on prononce plutôt chelin), s. m. Monnaie d'Angleterre, valant < fr. 28.
fSHKAPNEL (chra-pnèl), ». m. Nom anglais de l'obus à balles. Ce mot a été longtemps conservé parce que, dans l'artillerie moderne, ce projectile a été remis en usage par les Anglais.
t. SI (si), conj. Il !• En cas que, pourvu que, supposé que. Il viendra s'il fait beau Si on vous dit que je ne suis pas votre ami, ne le croyez pas. J'ai cru qu'il ne serait pas contre le devoir d'un philosophe, si je faisais voir.... desc. Épil. Si nous ouvrons un peu les yeux, et si nous considérons la suite des choses, ni ce crime des Juifs ni son châtiment, ne pourront nous être cachés, boss. Ilist. Il, 8. Le bien qu'on fait n'est jamais perdu : si les hommes l'oublient, les dieux s'en souviennent elle récompensent, pén. Tél.xxn. Philippe, irrité, répliqua: Si j'entre dans la Laconie, je vous en chasserai tous. Us lui répondirent: Si, bartrEl. Anach. ch. 82. || Elliptiquement. Il parle comme s'il était le maître (comme il parlerait s'il était....] Il est plus content que si on lui donnait un trésoi (qu'il ne serait content si on....)|| 2* S» gouverne l'indicatif: S'il venait, il me ferait plaisir; s'il était venu, je l'aurais su. Il Cependant on peut mettre aussi le plus-que-parfait du subjonctif au lieu du plus-que-parfait de l'indicatif : S'il fût venu, je l'aurais su. Sage s'il eût remis une légère offense, LA FONT. Fabl. IV, t3. Si vous fussiez venue i Vichy et de là ici, c'était une chose naturelle, sÉv. 294. Si l'on eût fait celte question [sur DieuJ aux gens du peuple, ils n'auraient su que répondre; si à des étudiants, ils auraient parlé sans s'entendre, VOLT. Moeurs, Circonc. Si tu fusses tombée în ces gouffres liquides, a. chén. Èlég. Amymone. || Si ne prend ce subjonctif qu'avec les verbes auxiliaires : Si je vouseusse trouvé, ou si vous avais trouvé; si j'y fusse allé, ou si j'y étais allé.||3*Il y a quelques exemples de «avec le conditionnel. Que te sert de percer les plus secrets abîmes Oii se perd à nos sens l'immense Trinité, Si ton intérieur, manquant d'humilité. Ne lui saurait offrir d'agréable^ victimes I cohn. Imit. i, 4 . Si vous auriez de la répugnance à me voir votre belle-mère, je n'en aurai» pasmoinssans doute i vous voir mon beau-fils, mol: l'Avare, m, «l. Il est utile de le lire de suite [un ouvragc|... et, si l'on y désirerait plus de solidité el de profondeur, on peuV profiter beaucoup en le lisant.... d'aguesseau, Instit. sur l'étudf el les exerc. propres à former un magislr. jj Cette tournure s vieilli; cependant elle serait encore de mise en certains cas, parexemple d.ins Uphra.se ded'Aguesseau Il 4* Au lieu de répéter le »t, on peut se servir de que avec le subjonctif. Observe que, bien qu'on puisse répéter le si, la manière la plus ordinaire el la plus naturelle est de seservir de que, vadgelas. Ce serait chose plaisante si les malades guérissaieni
SI
st qu'on m'en vint remercier, mol. D. Juan, in,< . Si Babylone eut pu croire qu'elle eût été périssable comme toutes les choses humaines, et qu'une confiance insensée ne l'eût pas jetée dans l'aveuglement....Boss. Ilist. III, 4. Il Quand la construction est négative, au lieu d'un second si, ou de son rem-
{ilaçant que, on peut mettre ni. Si on n'aimait pas es justes, ni on ne les protégeait pas pour euxmêmes, il les faudrait protéger pour le bien public, BOSS. ili!d. sur l'Èvang. Dern. sem. du Sauveur, 83* jour. Il 6* Si peut se répéter devant deux substantifs. Et je serais heureux, si la foi, si l'honneur, Ne me reprochaient point mon injuste bonheur, rac. Bajaz. m, 4. || On peut mettre le verbe au singulier, si les deux substantifs sont pris dans un sens disjonctif : Si votre père, si votre mère vient à mourir, c'est-à-dire si votre père meurt, ou si votre mère meurt; c'est l'un des deux substantifs qui est sujet. Mais on dira : Si l'amour, si la reconnaissance m'attachent à vous, parce que ces deux choses existent ensemble et que les deux substantifs sont le sujet complexe de la proposition. || 6* Si, dans une construction elliptique où il n'y a pas de membre principal, exprime une sorte de souhait. Si j'arrondissais mes États I Si je pouvais remplir mes coffres de ducats 1 Si j'apprenais l'hébreu , les sciences, l'histoire 1 Tout cela c'est la mer à boire, la font. Fahl. vin, 25. Encore s'il eût plu à Uicu de lui conserver ce goût sensible de la piété qu'il avait renouvelé dans son cœur au commencement de sa pénitence 1 boss. il nne de Gonj. Encor si ce banni n'eût rien aimé sur terre 1 v. hugo, Crépuscule, fi. || Dans une construction semblable, il exprime quelquefois une forte affirmation et comme une sorte d'indignation de ce qu'on met la chose en doute. Comment, coquine, si je suis malade, si je suis malade, impudente I mol. Ual. imag. i, 5. Albert : Vous avez donc guéri de ces maux quelquefois? — Crispin: Moi? si j'en ai guéri 1 ahl vraiment je le crois, REONAHD, Fol. omour. III, 7. Quoi I vous regrettez Minutolo?— Isabelle : Si je le regrette 1 la motte, Minutolo, se. (4. Vous vous en souvenez ? — Si je m'en souviens! brdeïs àvoc. Pal. i, 6. Zaïre, vous m'aimez? — Dieu I si je l'aime, hélas 1 volt. Zaïre, IV, 2. Il Ah si I.... avec une suspension, exprime un souhait qu'on ue veut ou n'ose exprimer. Ils s'aiment jusqu'au bout, malgré l'effort des ans; Ahl si.... mais autre part j'ai porté mes présents, la font. Phil. et Bauc. \\ 7* Avec si on peut quelquefois sous-entendre un verbe antécédent. Je ne puis dire assurément quand je partirai d'ici, si dans un mois, dans deuxou dans trois, VOIT. Lell. 25. Vous m'aimez, je l'ai su de votre propre bouche; Je l'ai su de Dorante, et votre amour me touche, Si trop peu pour vous rendre un amour tout pareil. Assez pour vous donner un fidèle conseil, corn. Suite du Ment, v, 6. Si l'on considère son ouvrage incontinent après l'avoir fait, on en est encore tout prévenu; si trop longtemps après, on n'y entre plus, pasg. Pens. ni, 2 bis, édit. iiAVET. Si j'épouse une femme avare, elle ne me ruinera point ; si une joueuse, elle pourra m'enrichir; si une savante, elle pourra m'instruire ; si une prude, elle ne sera point emportée; si une emportée, elle exercera ma patience ; si une coquette, elle voudra me plaire; si une galante, elle le sera peut-être jusqu'à m'aimer, la bbuï. m. Chacun peut écrire chez nous [Anglais] ce qu'il pense, à ses risques et périls; c'est la seule manière de parler i sa nation ; si elle trouve que TOUS avez parlé ridiculement, elle vous siffle; si séditieusement, elle vous punit; si sagement et noblement, elle vous aime et vous récompense, VOLT. Dial. XXIV, 9. Vous êtes digne ou indigne de la grâce que vous implorez; si digne, il [Dieu] le sait mieux que vous; si indigne, on commet un crime de plus en demandant ce qu'on ne mérite pas, iD. Dict. phil. Prières. || Sur cette construction, Condillac remarque : La Bruyère parait aimer ce tour, et en fait usage assez souvent; mais il ferait encore mieux de supprimer les si et de dire : si j'épouse, Hermas, une femme avare, elle ne me ruinera pas; une joueuse, elle pourra m'enrichir. Art d'écr. i, lo. La construction conseillée par Condillac est bonne sans' doute; mais l'autre est meilleure. |1 8* Si admet aussi d'autres ellipses de verbes. M. le Prince avait convié plusieurs gentilshommes à son ballet; mais ils s'en excusèrent; si par faute d'argent ou pour autres considérations, c'est i vous i le deviner, balh. Lett. à Peinte, i3 févr. (8I6. Tessé fut déclaré plénipotentiaire du roi à Rome avec pouvoir de prendre 1« titre d'ambassadeur si et quand il le
SI
jugerait à propos, ST-siM. 207, 34. i|9«sv s'emploie pour exprimer non une supposition, mais une chose certaine. Si je suis gai, c'est que j'en ai le sujet; cela veut dire : je suis gai et j'en ai sujet. S'il est pauvre, faut-il le mépriser? Comment oses-tu dire que tu es de noble race, si tu es le plus traître de tous les hommes? scark. Rom. œm. II, <4. Si la lune est pesante à ta manière des corps terrestres; si elle est portée vers la terre par la même force qui les y porte; si, selon l'expression de M. Newton, elle pèse sur la terre, la même cause agit dans tout ce merveilleux assemblage de corps célestes, fonten. Newton. || 10* D'autres fois si marque opposition. Si la vie et la mort de Socrate sont d'un sage, la vie et la mort de Jésus sont d'un Dieu, j. i. rouss. Ém. vi. || 11* S'il le fut, si jamais il le fut, et autres locutions de ce Kcnre équivalent au superlatif. Ce chasseur perce donc un gros de courtisans, Plein de zèle, échauffé, s'il le fut de sa vie, la font. Fabl. xii, )2. || 12" Et, ou si quelque autre chose.... et, ou si rien...., se disent pour exprimer en bloc tout ce qu'on ne veut pas énumérer. Un torrent, ou s'il est rien de plus impétueux. Elle redevient rose. Œillet, aurore, et si quelque autre chose De plus riant se peut imaginer, la font. Âbbesse. 1113" Que si s'emploie quelquefois au commencement des phrases pour si. Que si vous m'alléguez cette rason, je dirai.... voy. que 2, n* 48. || 14° Combien. Vous savez si je vous aime. || 15° Si construit de façon que le membre de phrase qu'il gouverne, joue le rôle de substantif composé. Tout ce que je lui demande [à M. de Grignan], c'est de conserver votre cœur et le mien.... songez que je recevrai comme une grâce s'il m'oblige à l'aimer toujours, sÉv. à Mme de Grignan, u oct. 4 673. || 16* 11" marque le doute, l'interrogation. Je ne sais s'il est arrivé. Je doute si vous viendrez à bout de cette affaire. Dites-moi si vous irez là. Je laisse au jugement de mes auditeurs si je me suis assez bien acquitté de ce devoir pour justifier par là ces deux scènes, corn. Cid, exam. Et je remets, madame, au jugement de tous Si qui donne à vos gens est sans amour pour vous. Et si ce traitement marque une âme commune, lo. Ment, iv, 8. Et je suis en suspens si, pour me l'acquérir. Aux extrêmes moyens je ne dois point courir, mol. l'Ét. m, 2. Je suis dans l'incertitude si, pour me venger de l'affront, je dois me battre avec mon homme, ou bien le faire assassiner, id. Sicilien, <3. ||17° Ou si, ou bien si, forme interrogative. JuStes cieux-l me trompé-jo encore à l'apparence. Ou si je vois enfin mon unique espérance? corn. Cid, m, 6. Tombé-je dans l'erreur, ou si j'en vais sortir? id. Uéracl. iv, 4. Avez-vous oublié que vous parlez à moi. Ou si vous présumez être déjà mon roi? m. Rod. IV, 3. Mandez-moi les sentiments de ma tante sur notre succession : veut-elle suivre mon exemple, ou si elle veut retirer ma part? SÉv. 27 févr. (079. Hé bien, seigneur, hé bien trouvez-vous quelques charmes À voir couler des pleurs que font verser vos armes. Ou si vous m'enviez, en l'état où je suis, La triste liberté de cacher mes ennuis? RAC. Alex, iv, 2. Tout genre d'écrire reçoit-il le sublime, ou s'il n'y a que les grands sujets qui en soient capables? la bruy. i. A-t-elle [la loi] Introduit les fidéicommis, ou si elle les tolère? id. xiv. Voilà, dit le chevalier, un réveil assez gai et assez bouffon ; et à qui en as-tu donc, ou si c'est aux anges que tu ris? hamilt. Crammont, introd. Enfin exigea-t-il vos hommages comme un tyran, ou s'il mérita votre tendresse comme un vrai père? mass. Orais. (un. Yilleroy, l. ]|X propos des vers de Corneille cités ci-dessus: tombé-je dans l'erreur, ou si j'en vais sortir, etc.? Voltaire dit : • Il faut : ou bien vais-je en sortir ? Il n'y a qu'un cas où ce si est admis, c'est en interrogation : si je parle? si j'obéis? si je commets ce crime? On sous-entend : qu'arrivera-t-il? qu'en penserez-vous ? • Comm. Corn. Rem. Uéracl. iv, 4. Il est impossible de donner son assentiment à la critique de Voltaire. La tournure qu'il blâme est bonne en soi, et a pour elle les meilleurs auteurs. Il 18* Si tant est que, avec le subjonctif, s'il est vrai que, avec le sens d'une concession que l'on fait, sans être bien convaincu soi-même. Si tant est que la chose soit comme vous dites, il faudra.... Il 19° Si ce n'est, excepté. Si ce n'est eux, ([uels hommes eussent osé l'entreprendre ? Il vous ressemble, si ce n'est qu'il a les cheveux plus noirs. Si ce n'est toi, c'est donc ton frère, la font. Fabl. I, )0. Il »0' Si ce n'était.... sans.... Si ce n'était la crainte do vous déplaire. Dans ce cas
SI
on peut supprimer si. N'était la crainte de vous déplaire, je parlerais hardiment. || 21° Si.... ne, à moins que. Si je ne me trompe. || 22" S. m. Un si, une objection. L'un alléguait que l'héritage Était frayant et rude, et l'autre un autre si, la font. Fabl. VI, 4. Les si, les car, les contrats sont la porte. Par où la noise entra dans l'univers, id. Belph. Ces protestations ne coûtent pasgrand'chose, Alors qu'à leur effet un pareil si s'oppose, mol. Dép. om. ii, 2. Que le diable t'emporte avec tes si et tes mais, REGNARD, Ret. impr. 15. Je vous félicite d'avoir obtenu pleine et entière j uslice,et d'avoir été loue de vos contemporains sans si, ni mais, ni car, dider. Lett. à Falconet, févr. ) 786. J'en ai deux au très [lettres] que, quoi que tu puisses croire, je ne changerais sûrement pas contre celles-là, quand tous les si du monde y seraient, i. j. rouss. IJél. vi, 2. Les si, les mais, les oui, les non, Toujours à contre-sens, toujours hors do saison, Échappent, au hasard, à sa molle indolence, delille, Conv ii. |l On dit de même : Il a toujours des si, des mais. || 23° Si, substantif, s'emploie populairement aussi pour marquer un défaut dans la chose dont il s'agit. Voilà un bon cheval; il n'y a point de si. Quel si y trouvez-vous? || Proverbe. Avec un si on mettrait Paris dans une bouteille.
— REM. Si perd son t devant il et ils ; s'il vient, s'ils viennent. Mais il ne le perd devant aucun autre mot, par quelque voyelle que ce mot commence.
— Ill.ST. IX* s. Si Loddwigs sagrament que son fradre Karlo jurât, conservât, Serment. || x* s. [Elle] Volt lo .seule [siècle] lazsier, si ruovet [l'ordonne] Crist, Eulalie. || xi* s. Sed il fut graim [chagrin], ne l'estut [il n'est besoin] demander, St Alexis, XXVI. S'en volt ostages [s'il en veut otages], e vos l'en enveiez, Chans. de Roi. m. Se il fust vif, je l'eusse amenet, ib. Liii. ||xii* s. Nulc chançon ne m'agrée, S'el ne vient de fine amor, Couci, l. Je chanta e volentiers liement, Se j'en trouvasse en mon cuer l'achoison [l'occasion], ib. ix. Mais je na puis dire, se je ne ment [à moins de mentir], Qu'aie [que j'aie] d'amors nule rien se mal non, ib. Se j'avoie [quand même j'aurais] le sens qu'ot Salemons, Si me feroit Amors pour fol tenir, ib. xiii. J'ai assez plus de duel [deuil] et de pesance. Que n'auroit jà li rois, s'il perdoit France, ID. xxiv. Il XIII" s. Je n'entreprendrai cestui plait ne autre, se par vos consausnon, villeh. xlviii. Je verroie tes membres et ta teste trancher. Se jamais ne dévoie [quand je ne devrais jamais] en France repairer, Berle, xix. Dont doi je prendre en gré se j'ai froid et pouvcrte [pauvreté], ib. XXXV. Alii ! mère, fait-ele, com auriez cœur marri, Se vous saviez.... ib. lix. Car se ne fust mal et pechiés Dont li mondes est entechiés, L'en eûst onques roi veû, Ne juge en terre congneû, la Rose, 6691. Il XV* s. Si vous plait, vous nous direz quelle chose ceux de la Calongne ont dit ni fait envers vous, froiss. Il, III, 34. Fiez vous y; à qui? en quoy ? Comme je voy, riens n'est sans sy, ch. d'orl. Rondeau. Bricf, c'est une droicte plaisance. Que d'ouyr mignons en bancquetz; Car en celle où l'on met l'advance, Il y a toujours sy ou mes, co- OUILL. Droits nouv. Et que se ledit bastard ne se trouvoit point chargé d'avoir voulu..., que incontinent le feroit délivrer, comm. i, i.\\ xvi* s. Si tu es de Dieu, si parle ; si tu es de l'aultre, si t'en va, rab. Garg. i, 34. En vos propositions tant y a de si et de mais, que je ne sçaurois rien fonder, ID. ib. III, 4 0. Où il n'y a nulle promesse asseurée, nous avons à prier Dieu sous si et condition, calv. Inst. 69). Bref, on l'eust pris pour paradis terrestre, S'Eve et Adam dedans eussent esté, marot, i, (68. Mais si tu m'en eusses parlé, Ton affaire en fust mieux allé, id. i, 199. 0 si tant vivre en ce. monde je peusse, Qu'avant mourir loisir de chanter j'eusse Tes nobles faits... id. i, 229. La dame sans si [sans défaut], m. n, 3(9. Croyés que sy ce n'estoit le service que je sçay bien que vous faictes à Madame, je.... maro. Lett. 3. J'esperc, .si le temps s'adoulcist ou qu'elle [la reine malade] fasse une pierre, que ce sera la guerison, id. ib. XL. Pourquoy... si ce n'est à fin que.... mont, i, ioo. Si l'affection est parfaicte, et qu'on la surcharge encores.... id. i, 226. S'clle de loing voit quelque arme qui luise, S'olle voit rien qui façon d'armes aye. Lors son Roger elle croit qu'elle advise, la boé:ie, 486. Si leurs forces de terre sont grandes, celles de mer ne le sont moins, langue, 400. Si ce mien labeur sera si heureux que de vous contenter, à Dieu en soit la louange, ahyot, Préf. iivii, 65. S'Europe avoit l'estomach aussi beau.... rons. 32. Mais abaye de loin, si de quelque personne.... Au mi-
SI
lieu de nos jeux nous estions espier.... ni. 744. Je veux entonner ta louange, lît l'envoyer do Loire i Gange, Si tant loin peut aller ma voix, ID. 460. Et bien! vous, conseillers des grandes compagnies, Fils d'Adam qui jouez et des biens et des vies, Dittes vrai, c'est à Dieu que compte vous rendez, Rendez-vous la justice, ou si vous la vendez? d'aub. Trag. in. Que si Dieu prend en gré ces prémices, je veux. Quand mes fruicts seront meurs, lui paior d'autres vœux, ID. t'b. iv. On no peut rien objecter à cette reyne [Catherine de Médicis], sinon le seul si de vengeance, si la vengeance est un si, puisqu'elle est si belle et si douce, BRANT. Dames ill. p. 7, dans lacurne. Si on y employera les armes, Mém. de Belliévre «t de Sillery, p. 203, dans lacl'RNE.
— ETVM. Provenç. et espagn. si ; portug. et ital. te; du lat. SI, archaiique, sei; ombrien, svi; osque, tvai. Les formes stit', svai font conjecturer que tei ou ti représente le locatif de sva, et signifie en soi, étant que,
2. Si (si), adv. Il 1* Tellement (sens le plus voisin de l'étymoiogie : sic, ainsi). Il n'y avait plus que quatre petits mots dans la langue française : la reine est si bonne! hetz, 31cm. 1. Il ne faut pas toujours être si délicat, la font. Fabl. vin, (7. Voilà le plus beau des éventails.... je n'ai jamais rien vu de si joli, sp:y. 6 avr. I67'J. Une main si habile eût sauvé l'État, si l'État eût pu être sauvé, Doss. Reine d'Anglet. Et j'espérais ma part d'une si riche proie, hac. Athal. m, 3. Je veux aujourd'hui vous exposer les règles de la foi sur un point si important de la doctrine chrétienne, mass. Carême, Vocation. Jean Corvin Huniade, ce fameux général des années hongroises, qui combattit si souvent Amurat et Mahomet II, volt. Uceurs, 89. Ces pauvres Savoyards sont de si bonnes gens, 3. j. Rouss. Conf. TI. La nymphe était si belle, et son amant si tendre, delille, Trois règnes, m. Il Familièrement, pas si bête, c'est-à-dire il n'est pas si bête, ou cela n'est pas si bête, ou je ne suis pa-î assez bête pour faire cela. ||2" Si, avec que dans un autre membre de phrase et l'indicatif, tellement.... que. Le vent est si grand qu'il rompt tous les arbres. Ce temps, si long que l'on use à composer un long ouvrage, [le prédicateur devrait] l'employer à se rendre si maître de sa matière, que les tours et les expressions naissent dans l'action et coulent de source, la brut. xv. Le monde est si corrompu que l'on acquiert la réputation d'homme de bien seulement en ne faisant pas de mal, de lévis, Pensées, y. \\3' Si, avec que et l'infinitif, au point de. Je ne me repais pas de pensées si vaines que de m'imaginer.... desc. Méth. vi, 7. Si quelques prêtresse trouvaient si horriblement méchants que de se laisser aller à cette diabolique impiété. Statuts synod. de le Gouverneur, éviquede Saint-Malo, art. 21 (1628). Celui-ci [Eunus adopté par Ésope] le paya d'ingratitude, et futsi méchant que de souiller le lit de son bienfaiteur, la font. Fie d'Aope. Mais je ne me crois pas si chéri du Parnasse, Que de savoir orner toutes ces fictions, id. Fabl. 11, ). Et j'ai eu un aïeul, Bertrand de Solenville, qui fut si considère en son temps, que d'avoir permission de vendre tout son bien pour le voyage d'outre-mer, mol. G. Dondin, i, 5. Ouais! je ne croyais pas que ma fille fîit si habile que de chanter ainsi à livre ouvert, id. Mal. imag. 11, 6. Eh bien! nous avons aimé un homme.... et nous avons été si sotte que de l'épouser [mariage de Mme de Coligny et de la Rivière], sÉv. à Urne de Guitaut, :3 janv. 1 682. Il me semble qu'il y a vingt ou vingt-cinq ans vous n'étiez point si innocente que do ne pas savoir quel jour c'était que le lendemain de la veille de la Pentecôte, id. à Mme de Grignan, 12 janv. IC70. Es-tu toi-même si crédule Que de me soupçonner d'un courroux ridicule? BAC. Bajai. IV, 7. || On peut supprimer le que. Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage? la ■FONT. Fabl. I, )0. Elle [Mme d'Heudicourt) a été si sotte de donner scrupuleusement dans l'étofl^e [dépense en étoffes], sans rien mettre à part [sur une somme donnée pour des habits], sév. «6 oct. 4676. Le pauvre Chardon de la Rochette, qui toute sa vie fut si simple de croire obtenir par la science une place de savant, p. l. cour. A MM. de l'Acadi/mie. || 4* Si, dans une phrase négative suivi de que, veut le subjonctif. Il n'a pas été si leste qu'il ne soit tombé. || S' Si, suivi de qui, ne s'emploie que dans une phrase négative et veut le subjonctif. Il n'y asi vilpraticienqui,aufonddeson .^tude sombre et enfumée, ne se préfère au laboueur quijouitducieljLA bruyère, vi;. || 6* Si devant
SI
lin adjectif ou un adverbe, au commencement de la phrase et ayant une force exclamative, tant est....! Si fort tous les pécheurs s'endorment tranquillement dans cette espérance qu'ils se convertiront un jour! UASS. Avent, Délai. Il [Dieu] nous a pour ainsi dire portés lui-même sur ses ailes au haut de la roue; si rapidement nous y sommes montés! iD. Carême, Danger des prospér. temp. || Ironiquement. Vous deviez si bien venir! je vous ai attendu toute la journée. || 7* Il peut s'employer devant les expressions adverbiales ; des grammairiens ont prétendu le contraire; mais de bons auteurs en ont usé de la sorte. Vous voyez bien, mes pères, qu'il y a peu d'opinions que vous ayez si à tâche d'établir, pasc. Prov. xv. L'extravagance y paraît si i découvert, qu'elle ne laisse presque pas de lieu à la méprise, mass. Carême, llesp. humain. || Il peut même précéder un substantif Ces conjectures ne sont pas si conjectures que tu penses, i. I. rouss. Ilél. v, 13. Il 8* Il sert d'adverbe de comparaison en place de aussi, autant; mais il ne s'emploie qu'avec la négation ou dans une phrase interrogative. Mais de ces soupirants qui vous offraient leur foi. Aucun no vous eiit mise alors si haut que moi, corn. Tite et Bérén. i, 2. Eh bien, ils se battront, puisque vous le voulez; Mais Rodrigue ira-t-il si loin que vous allez? m. Cid, 11, 5. Avez-vous jamais ouii parler d'une étoile si brillante que celle du roi? SÉV. <3 oct. 1677. Je n'ai jamais vu rien de si beau, de si bon, de si aimable, de si net, de si bien arrangé, de si éloquent, de si régulier, en un mot de si merveilleux que votre lettre, maintenon, Lett. à Mme de Champigny, t. m, p. 4 73, dans POUGENS. Dans la monarchie il n'y a pas une force si réprimante que dans les autres gouvernements, MONTESQ. Esp. V, 7. Il 9' Si employé pour aussi dans une phrase affirmative a vieilli. Plein d'un amour si pur et si fort que le nôtre, corn. Sur. I, 3. On y fait si bonne chère qu'on veut, HAMiLT. Gramm. 40. || L'usage n'a conservé que la locution familière : Si peu que vous voudrez, si peu que rien, c'est-à-dire aussi peu que vous voudrez, très-peu. Il Si .... comme, se disait jadis pour aussi... que; cette tournure a vieilli. Il n'est rien de si beau comme Calixte est belle, malh. Je vous félicite, vous, d'avoir une femme si belle, si sage, si bien faite comme elle est, mol. If^d. malgré lui, 11, 4. Il ne parait pas que la paix soit si proche comme je vous l'avais mandé, sÉv. 24 juin 4072. Il 10' Si.... que, quelque... que. Si mince qu'il puisse être, un cheveu fait de l'ombre. Protésilasseraprètà le faire [le bien) avec vous pour conscrverl'autorité; mais, si peu qu'il sente en vous de facilité i vous relâcher.... FÉN. Tél. XIII. Il Avec ellipse du que. Une figure, si régulière soit-elle, n'est pas agréable à la vue lorsque... desc. Musique, choses à remarquer. Il Si peu que, le peuque. Sipeu que j'ai d'espoir ne luit qu'avec contrainte, corn. Poly. m, 4. Divers petits commandants qui étaient lejouet des barbares [sur la fin de l'empire romain], cl qui consumaient si peu qu'ils avaient de force à se supplanter les uns les autres, MÉZEH.X br. de l'hist. de France, ann. 45&. On se réjouit de ce qu'on pourra faire bonne chère en toute licence : plus de jeiînes,plus d'austérités; si peu de soin que nous avons peut-être apporté durant ce carême à réprimer le désordre de nos appétits, nous nous en relâcherons tout à fait, boss. i"sermon,Jour de Pdques, 4. || 11* Si que, de telle sorte que. La belle sut de la beauté le prix. Si que bientôt, nouvelle Cythérée, Paris la vit en ses murs admirée, chaul. à Mme de Foioi». || 12* Si bien que, tellement que, de sorte que. La pluie nous surprit en chemin, si bien que nous nous
égarâmes Si bien Qu'encor qu'elle ait des
yeux, si ne voit-elle rien, régnier. Soi. ix. Nul animal n'avait affaire Dans les lieux que l'ours habitait. Si bien que, tout ours qu'il était. Il vint à s'ennuyer, la font. Fabl. viii, 40. || Si bien donc, se dit interrogativement en reprenant un sujet de conversation. Si bien donc que vous allez trouver M. et Mme Oronte? le sage, Crispin rival, 49. Il 13' Si, signifiant étymologiquemcni ainsi, est quelquefois employé comme particule affirmative, mais seulement dans le cas où il s'agit de détruire une négation précédente. Vous dites que non, je dis que si. Vous gagez que non, je gage que si. Est-ce que vous n'allez pas à Paris? Si, j'y vais. || On répond si et non oui, parce que, les phrases étant négatives, on ne saurait si oui détruit la négation ou la confirme. Il faut ajouter que le mot si, étant destiné à détruire une opinion exprimée par notre interlocuteur.
SI
n'est pas une tournure polie quand on parle i set supérieurs. On emploie alors une autre formule, comme : je vous demande pardon, jullien. || li* Si fait, locut. qui s'emploie pour affirmer le contraire de ce qui acte dit. Je crois qu'il n'a pas été li. — Si fait, il y a été. Si fait vraiment. Je ne saurais ma» ger. — Si fait bien moi, je meure, mol. Sgan. 7. Si fait, mon enfant, par-ci, par-li, dans de certains moments, dancourt, Benaudel Armide, te. il. ||Si fait, c'est-i-dire ainsi fait. IlSi ferai, si feraije, autres façons d'affirmer, qui signifient je ferai ainsi. Quoi! dit-il, sans mourir, je perdrai cette sommet Je ne me pendrai pastebl vraiment si ferai. Ou de corde je manquerai, la font. Fabl. ix, 4 6. Il Cette tournure a vieilli ; cependant elle se dit encore. On la trouve dans cette phrase de J. J. Rousseau ; Les expressions sont toujours plus recherchées et les oreilles plus scrupuleuses dans les pays plus corrompus; s'aperçoit-on que les entretiens de la halle échauffent beaucoup la jeunesse qui les écoute? si font bien les discrets propos du théâtre, et il vaudrait mieux qu'une jeune fille vit cent parades qu'une seule représentation de l'Oracle, Lett. à d'Alemb. sur les spectacles. || Si donnons en mandement, formule fréquente dans les anciens édits. || 15* Familièrement. Que si, pour si fait. Vous n'y irez pas? — Que si. Vous ne ferez donc pas cela? — Oh! que si. |l Substantivement. Eux de recommencer la dispute i l'envi Sur le que si, que non ; tous deux étant ainsi. Une meute apaisa la noise, la font. Fabl. ix, 4 4. On la [la Discorde] reçut à bras ouverts. Elle et que-si-quenon son frère, ID. ib. vi, 20. || 16' Pourtant, toutefois (ce sens vieillit). Si faut-il qu'à la fin j'acquitte ma promesse, malh. iv, 4. Si ne faut pas abandonner tout d'un coup à la censure publique quinze ou seize années de notre histoire, balz. Disc, à la rég. Mais, quoique le repos règne en ma conscience. Si ne puis-je endurer avccque patience Des termes dont un jour vous vous repentirez, mairet, Soîtm'în, IV, 4. On m'a pourvu d'un cœur peu content de soi-même. Inquiet et fécond en nouvelles amours; Il aime à s'engager, mais non pas pour toujours; Si faut-il une fois briller d'un feu durable, LA font. Élég. ni. Moron : Je le connais, ma peine sera inutile. — La princesse : Si faut-il pourtant tenter toute chose, et éprouver si son âme est entièrement insensible, mol. Prine. d'Él. III, B. Je n'ai point d'argent i prêter; si ai bien à mettre i profit honnête, pasc. Prov. vni. Vous avez beau faire : si faut-il croire, ou nier, ou douter, id. Pens. xxv, 48, édit. hatet. Ma partie est puissante et j'ai tout lieu de craindre.... Si pourtant, j'ai bon droit, rac. Plaid, i, 7. Jamais de son pays ne vint lettre de change. Et, quoiqu'il mange peu, si faut-il bien qu'il mange, RF.GNARD, le Bal, 4 3. Le roi, se f.lchant davantage, dit que si fallait-il pourtant qu'elle [Mme de Torcy] le siit [ce qu'il avait dit], st-sim. 4 86, 236. Il On a dit dans le même sens : si est-ce que. Me trompe qui pourra ; si est-ce qu'il ne saurait jamais faire que je ne sois rien, tandis que je penserai être quelque chose, desc. iféd. in, S. Et encore qu'il y ait en l'homme autre chose que la raison, si est-ce néanmoins qu'elle est la partie dominante, boss. Pens. chrét. 33. || Et si, même signification. Depuis trente ans, c'est elle, et si, ce n'est pas elle, bégnier. Soi. x. Je la fuis, je la crains, et si, je l'aime encore, Tristan, Panthée, II, 4. J'ai la tête plus grosse que le poing, ei si, je ne l'ai pas enflée, mol. Bourg, gent. m, b. Je n'ai encore vu personne qui ne soit charmé de votre Instruction ; et si, j'en ai ouï parler i bien des gens, MAiNTENON, Lett. au card. de ^oaillet, ï déc. 4097. Il n'y en aura jamais qui fasse son chemin si promptement que vous; et si, ils aiment à aller vite, ces messieurs-là, dancolrt, Yacancet, se. 3. Il Dans cet emploi on prononce si en appuyant dessus et en faisant une petite pause. Ce mot énergique et vil, quoiqu'il ait vieilli, ne doit pas tomber en désuétude.
— REH. 1. Si ne doit modifier les participas passés que lorsqu'ils sont adjectifs. On dit bien : un homme si éclairé, si rangé; mais on ne dit pas : une éclipse si. observée; il faut dire : si exactement observée; et alors si modifie, non le participe, mais l'adverbe. || 2. Il vaut mieux répéter le si devant les adjectifs et les adverbes, et dire : vous êtes si sage et si avisé, que de dire : vous êtes si sage et avisé. Cependant cette dernière façon n'est pas absolument à repousser.
— HlST. IX* s. In quant Deus savir et podir me dunat, si salvarai eo [je].... SermerU. || i« s. Et «j
SI
dirtrent [dirent], Fragm. de Talent, p. <«7. SI es-
cit [sortit] foers de la civitate, et si sist contra orientem, ib. p. 468. Si astreient li judei perdut, si cum il oro sunt, «6. Chi sil [ainsi le] feent cum faire le decnt, ib. \\ a' s. Si me gardez e de mort e de hunle, Ch. de Roi. n. Vous n'irez pas uan [cette année] do mei si loin, ib. xvii. Par ce sunt Franc si fier eume lion, ib. cxl. Dreiz emperere, cher sire, si ferons, ib. CLXXiv. || xii* s. Mais madame est de si très grant vaillance [prix]. Qu'à son ami ne doit fere faillance, Couci, xxiv. Diex me ramaint à li [que Dieu me ramène à elle] par sa douçor. Si voirement com j'en part à dolor, ib. Fuit garni de lor armes si com pourhostoier [faire ta guerre], Sax. vi. One mais n'avint en France aule si granz dolors, ib. xxvii. Et en après alons sur nostre roi forfaire. Si que li rois puist dire.... ib. XXXI. Li reis jurad : si veirement cume Deus vit, David ne murrad, Hois, p. 74. Ki, entre tute ta gent, est si fidel cume David vostre gendre est? ib. p. 87. E fud à curt si cume il out csted devant, ib. p. 74. Il XIII' s. Nule gent qui seur mer soient, (l'ont si grant pooir comme vous avez [vous Vénitiens], viLLEH. XVI. Et ne furent mie si poi que il ne fussent encore quinse mile, id. xci. 11 avoient si toute la terre perdue, qu'il ne tenoient defors Constanlinoble fors Rodesloc et Salembrie, id. cl. 11 n' [y] a si bêle femme deçà ne delà mer, Berte, iir. Paour [j'] ai [qu'il] ne vous tue, si me puist Diex aider, ib. xi. Diex I si que [ainsi que] de vous croire [je] sui fine et vraie et certe, ib. xxxv. Qu'il [Dieu] soit garde de vous, si [ainsi] que de cuer [je] l'en pri, ib. Lix. Aucun ont doute que, puisque li héritages est partis du père ou de le [la] mcre et venus à lor enfans par don ou par otroi, qu'il ne puist puis revenir au père ou à le [la] mère; mais si fait, BEADM. xiv, 22. Tandis que le roy fermoit [fortifiait] Sayete, je alai à la messe au point du jour, et il me dit que je t'attendisse, que il vouloit chevaucher; et je si fis, jomv. 27». Et si feble comme il csloit, se il feust demeuré en France, peust-il encore avoir vescu assez, et fait moult de biens, m. 300. 11 sembla que toute la chambre feust embaumée, si soucf [suave] (leroit, ID. 260. Gaudins esgardo son ami Et jus et sus et si et si, Partonop. ms. de St-Germ. f" 154, dans lacurne. Il nv' s. C'est si comme l'en demanderoit que c'est cheval, l'en respont : c'est beste, obesme, Éth. 43. Il XY* s. Quant messire Gossiaux et Enguerrand virent le convenant, si furent tous ébahis, et non pas si [à ce point] que ils ne prensissent confort en eux, FHOiss. II, II, 229. Va, va, dit le sire de Corasse, tu n'es que un bourdeur; tu te devois si bien montrer à moi hier qui fut, et tu n'en as rien fait, m. 11,111, 22. Et avoit mandé.... que tous seigneurs.... dames et damoiselles y vinssent [à la joute], si cher qu'ils avoient l'amour de lui, id. i, i, (91. Et lui signifieroient que, s'il ne venoit dedans le premier jour de mai ensuivant, si puissamment pour résister aux Anglois et défendre son pays, ils se rendroient au roi anglois, id. i, i, )59. Oyez, seigneurs cardinaux, délivrez vous de faire pape; trop y mettez; et si, le faites romain, nous ne voulons autre, iD. il, n, 20. Ne leur renvoya il le bourgeois de Gand qui estoit en sa prison? — Si m'aîst Dieu! si fit, id. Il, il, 62. Ha, madame, dircnl-elles en riant. — Et que si et que non, dit madame, Jehan de Saintré, 4. Et si elle ne l'est du tout [sa maison destruicte], si est elle bien désolée, COMM. I, 4. Naturellement les Angloys qui ne sont jamais partiz d'Angleterre sont fort collericques, si sont lout«s ces nations de pays froit, II). IV, 6. La pluspart de ses œuvres il [Mahomet 11], les conduisoit de luy et de son sens, si faisoit nostre roy et aussi 1-3 roy de Hongrie, id. ti, (3, Il xvi' s. Dca, mon amy, ne sçavez vous parler françoysî — Si foys très bien, respondist le compaignon, rab. Paiit. n, 9. Vous mesme, aymez boyre du meilleur : si faict tout homme de bien, iD. Car. I, 27. Si peu que rien, id. Pant. m, 32. Nous ne sommes point si malades les uns que les kutres, ni d'une mesme maladie, CALV. Instit. 652. Je respon que si, id. ib. 038. La vie des fidèles doit estre allrempée d'une sobriété perpétuelle, si qu'il y ait comme une espèce de jusne en l'homme chrestien, pendant qu'il vit en ce monde, id. ib. 998. Je ne crains vous recommander ung si homme de bien, mahgueb. Lelt. 120. Quelque mine que l'on me fasse, si sont ils sy estonnés que ne sçavent que dire, id. «6. 34. Qui sera morveux, si se mouche, MAROT, IV, «53. Se fait il plus rien de nouveau? si fait, ID. I, 198. Alexandre, si gracieux aux vaincus, mont, i, 4. Estant si fort esperdu de