SID
SIB
chAteati, beadmarch. Uar. de Ftgar. i, «. || Fille qui vieillit sans se iparier. Les trois filles [de la Kochefoutauld] moururent sibylles dans un coin de rhrttel de la Rochefoucauld, st-sim. 337, 176.
— IIIST. XV* g. Quelque grande vieille sebiUe, Caduciiue, menassant ruine, Qui glosera sur l'Evangille Et fera au cas bonne mine, coquille. Droits nouveaux. \]ic\i' s. On m'a dict qu'à Panzoust.... est une sibylle très insigne, laquelle prédit toutes choses futures, bab. m, 18.
— RTYM. Provenç. sibilla; espagn. sibila ; ital. sibilla; du lat. sibylla; grec, <ji6ù).)a, de Iioc, en doricn, pour Aioc, Jupiter, et poXXi, volonté, de Poû)e'i6ai, vouloir.
SIBYLLIN, INE (si-bil-lin, li-n'), adj. De sibylle. Les prédictions sibyllines. Les oracles sibyllins. Enfant, ou me disait que les voix sibyllines Promettaient l'avenir aui murs des sept collines, v. HUGO, Odes, Chant de fêle de Néron. |{ Livres sibyllins, livres qui contenaient les oracles des sibylles. Ces mêmes Romains ont à la fin laissé périr les livres sibyllins, si longtemps révérés parmi eux comme prophétiques, boss. llist. ii, 13. La première collection de vers sibyllins, achetée par Tarquin, contenait trois livres; la seconde fut compilée après l'incendie du Capitole, mais on ignore combien de livres elle contenait ; et la troisième est celle que nous avons en huit livres, et dans laquelle il n'est pas douteux que l'auteur n'ait inséré plusieurs prédictions de la seconde, TOLT. IHct. phil. Sibylle.
— illST. xiv S. Livre fatal ou livre sibilin cstoient certains livres qui estoient à Rome dès le commencement, lesquelx sibile avoit aporté, bf.r- CHEUHE, f* 2, verso. On conseilla sur ce [une maladie épidémique] les livres sibilins, id. f" toi, verso. Il xïi* s. Feuilles sibyllines, mont, iv, 273.
— f.TYM. Lat. sibyllinus, de sibylla, sibylle.
t SIIIYLLISTE (si-biUi-sf), s. m. Se dit des chrétiens qui prétendaient trouver des prophéties concernant Jésus-Christ dans les livres sibyllins.
t SIC (sik), adv. lod'n signifiantainsi. On le met quelquefois à la marge d'un écrit, ou, entre parenthèses, dans le cours d'un texte, à la fin d'une citation, pour indiquer que l'original est bien tel qu'on le donne, avec la faute ou l'étrangeté qu'on peut remarquer, et qui, sans cette précaution, pourrait être attribuée à une faute de copie ou d'impression.
— ËTVJi. Lat. sic, ainsi (voy. si 2).
t SIC.\.MOR (si-ka-mor), s. m. Terme de blason. Cercle relié comme un cercle do tonneau. || Synonyme de ciclamor (voy. ce mot).
SICAIRK (ài-kê-r'), s. m. Assassin gagé. Armez tout, affranchis, esclaves et sicaires, volt. Home taut'ée, m, *. Us se sont emparés des finances, ils les ont prodiguées à leurs sicaires, a. duval, les Suspects, to. Les sicaires ou assassins du chef des Ismaélites, silt. de sact, Instit. Uém.hist. et litt. onc. t. IV, p. 72.
— lilsT. XIV* s. Fut occiz à deux coustiaux de deux sicaires que l'on appelle harquassis [les Aslassins], Chron. franc, ms. de G. de A'ongis, p. ), dans LACURNE. Crime de sicaire, si comme faire homicide, BOUTBLLIER, Somme rural, p. (76, dans
LACURNE
— f.TVM. Lat.sicoriuî,assassin,de*tco, poignard. SICCATIF, IVE (si-ka-tif, ti-v'), adj. || 1* Qui a
la propriété de faire sécher en peu de temps les couleurs. Huile siccative. || Substantivement. Les siccatifs. Un bon siccatif. || 2* Terme de médecine. Qui dessèche, qui hâte la dessiccation. {| Médicament siccatif, médicament qui dessèche les plaies, les solutions de continuité, en absorbant le pus et en modifiant les surfaces lésées; par exemple les astringents.
— f.TYM. Lat. siccativus, de siccare {voy. sécher). SICCITÉ (siksi-té), ». f. Qualité, état de ce qui
est sec, privé d'humidité. || Évaporer à siccité, faire évaporer un liquide, jusqu'à ce que le résidu soit sec.
— IIIST. XVI* s. La siccité de l'air, paré, xiii, ». En une si grande siccité de dévotion, nous avons mille et mille collèges qui la passent commodément, attendants touts les jours de la libéralité du ciel ce tfu'il fault à leur disner, mont, i, 313.
— ÊTYM. Prov. siccitat; ital. sicchità; du lat. siceitatem, île siccus (voy. sec).
t SICILIENNE (si-si-liè-n'), j. f. Espèce de danse. || Air sur lequel on l'exécute, à fl/8, d'un mouvement modéré ; chaque mesure de cet air commence par trois croches, dnnt la première est pointée, fétis, Dict. de mut.
SICILIQUR (si-si-ll-k'), (. m. Poids de droguiste,
qui pèse un scxtule et deux scrupules (un peu^ilus de six grammes et un tiers).
— ETYM. Lat. licilicus, la is* partie de la livre.
SICLE (si-kl'), f. m. Poids et monnaie des Hébreux. Le poids du sicle équivalait à o grammes, et l'argent que le sicle contenait à * fr. 2a. La terre que vous me demandez vaut quatre cents sicles d'argent, saci. Bible, Genèse, xxiii, 15. || Le sicle du sanctuaire était le sicle à valeur exacte, plutôt forte que faible. Toute estimation se fera au poids du sicle du sanctuaire; le sicle a vingt oboles, SACI, Bible, Lévit. xxvii, 25. || 11 y avait aussi des sicles de cuivre. Il avait en tête un casque d'airain; il était revêtu d'une cuirasse à écailles, qui pesait cinq mille sicles d'airain, ID. Bible, Rois, I, xvii, 6.
— HisT. XII* s. Sicle fiîd apeled ancienement un peis, si cume nus apclum ore unce, u demie, u altre peis, iloi's, p. 219. Si tul veis, pur quei hastivement ne l'ooeisî e jo te dunasse vint cicles d'argent e un baldrei, ib. 187.
— HTVM. Lat. siclus, de l'hébreu shekel. SICO.MORK (si-ko-mo-r'), s. m. Voy. sycomore. SID1';kaL, ALE(si-dé-ral, ra-l'), adj. || 1* Terme
d'astronomie. Qui a rapport aux astres. Influence sidérale. Mon esprit.... Voit.... Et contemple de prèsices splendeurs sidérales.... v. hugo, Feuilles d'oui. 7. Il Astronomie sidérale, étude des étoiles. ||î* Révolution sidérale, retour à la même étoile. Il Jour sidéral, temps qui s'écoule entre deux retours consécutifs d'une même étoile au méridien d'un lieu. Le jour sidéral est un peu plus petit que le jour ordinaire; il en diffère d'environ quatre minutes, delaunay. Cours d'astronomie. Il Heure sidérale, heure déterminée en divisant le jour sidéral par 24. ||Pend;ile sidérale, celle qui marque le temps sidéral. || Année sidérale, temps compris entre deux coïncidences successives du centre du soleil avec une même étoile; elle est de 3«5 jours 6 heures » minutes 12 secondes, un peu plus longue que l'année tropique ou solaire, et un peu plus courte que l'année anomalistique. L'année sidérale commence quand le soleil paraît être au point éqiiinoxial du printemps, et se termine au retour apparent de l'astre au même point. L'année sidérale excède l'année tropique moyenne de 20" 20" par suite de la précession des équinoies. L'année sidérale étant l'année tropique augmentée du temps nécessaire au soleil pour décrire un arc égal au mouvement des équinoxes.... la place, Expos, v, 2. Il Révolution sidérale de la lune, temps employé par la lune pour revenir occuper une même position par rapport aux étoiles.
— ETYM. Lat. sideralis, de sidus, astre.
f SIDRraM', ANTIi (si-dé-ran, raa-t'), adj. Qui cause la sidération.
t SIDÉRATION (si-dé-ra-sion), ». f. || 1* Terme d'astrologie. Influence subite attribuée à un astre, sur la vie ou la santé d'une personne. || i' Terme de médecine. État d'anéantissement subit produit par certaines maladies, qui semblent frapper les organes avec la promptitude de l'éclair ou de la foudre, comme l'apoplexie; état autrefois attribué à l'influence malfaisante des astres.
— IIIST. XVI* s. Sidération, cotorave.
— ÉTVM. Lat. siderationem, de sidus, astre.
t SinÊRIDES (si dé-ri-d), s. f. pi. Terme de minéralogie. Famille minérale qui renferme le fer.
— ETYM. SiSTipoç, fer.
fSIDÉRITE (si-dé-ri-t'), ». f. Substance métallique que l'on trouve combinée avec certaines espèces de fer.
— ETYM. ïtÇifipoi;, fer.
SIDÉRITIS (si-dé-ri-tis'), s. m. Voy crapaudine, plante.
— ETYM. Lat. sideritis, du grec oiSïipîTtç, de ffiînpo;, fer.
t SIDÉROGRAPUIE (si-dé-ro-gra-fie), ». f. Art de graver sur planche d'acier.
— ÉTYM. liSripoc, fer, et Ypàçt'v, graver.
t SIOÉROLITUIOUE (si-dé-ro-li-tik'), adj. Terme de géologie. Qui a des roches ferrugineuses. Les bassins sidérolithiques.
t SIDf.ROMANCIE (si-dé-ro-man-sie), ». f. Divination qui se faisait avec un fer rouge sur lequel on jetait des brins de paille, pour juger, par les figures qui résultaient de leurs étincelles et de leurs cendres, ce qu'on devait craindre ou espérer de l'avenir.
— ÉTYM. SîStiooç, fer, et (navTela, divination.
t SlDÊROPLfSlTE (si-dé-ro-plé-zi-l'), ». f. Fer carbonate magnésien cristallisé.
t SIDÉROSK (si-dé-rA-z"), ». f. Minéral qui est un carbonate de fer.
— ETYM. SiÎTlooc, fer.
t SIDf.ROSrAT (sJ-dé-ro-sU), ». m. Instrument inventé par H. Foucault, et permettant i l'astronome d'étudier la lumière des astres exactement comme le physicien étudie la lumière du toleil dans la chambre obscure.
— ÊTYM, Ut. lidu», astre, et inati;, fixe.
t SIDÊROTECliMB (si-dé-ro-tè-knie), ». f. Synonyme do sidérurgie.
— ÊTYM. SÎTipo;, fer, et t<x>"1, art.
t SIIiÉnOTGCIlNIOl'B (si-dé-ro-lè-knl-k'), adj. Qui a rapport à la sidérotechnie.
t SIUf.l(()XYI)B (si-dé-ro-ksi-d'), ». m. Genre qui renferme les oxydes de fer.
— F.TVM. j:i5T,po:, fer, et oxyde.
t SII)fiRURr,IK(si-dé-rur-jic), ». ^. Fabrication du fer; art de travailler le fer.
— ETYM. £tSir{paupY(a, travail du fer, de a(&i)po(, fer, et ioyov, œuvre.
t SlDf.RCRCIOI'E (si-dé-rur-ji-k*), adj. Qui a rapport à la sidérurgie. L'industrie sidérurgique.
SIÈCLE (siè-kl'), ». m. Il !• Espace de cent ab nées. Le siècle actuel a commencé le premier jour de l'année <8U(, et finira le dernier jour de l'année I9U0. Et de ses successeurs l'empire inébranlable Sera de siècle en siècle enfin si redoutable, Qu'un jour toute la terre en recevra des lois, COBR. Attila, I, 2. Il [Alexandre] vit dans la bouche de tous les hommes, sans que sa gloire soit effacée ott diminuée depuis tant de siècles, boss. la Valliére. Sous lui [Louis XIV] la France a appris à se connaître; elle se trouve des forces qui; les siècle» précédents ne savaient pas, id. Mar.-Thér. Cesdeux hommes [Condé et Turenne] que la voix commune de toute l'Europe égalait aux plus grands capitaines des siècles passés, id. Louis de Bourbon. Feuilletez à loisir tous les siècles passés, BOiL. Sa». V. Les siècles diffèrent entre eux comme les hommes : ils ont chacun leur tour d'imagination qui leur est propre, fonten. llist. thédt. franc. Œuvr. t. m, p. 21. J'ai vu souvent neuf ou dix femmes, ou plutôt neuf ou dix siècles, rangées autour d'une table, montesq. Lell. pert. 65. Le sage, qui voit de sang-froid tous les siècles, et même le sien, pense que les hommes y sont à peu près semblables, d'alemd. Œuvr. t. m, p. 24. Elle [la cochenille] ne se gâte jamais; sans autre précaution que celle de l'enf rmerdans une boite, on la garde des siècles entiers avec toute sa vertu, RAYNAL, llist. phil. VI, 18. Le quatrième siècle avant Jésus-Chri.st, celui où l'esprit humain a fait les plus grands progrès, et où s'est trouvée une réunion bien étonnante d'hommes de génie, d'a»tistes célèbres, et d'écrivains illustres en tous le» genres, barthél. .inach. t. vu, tab. 5. Et vous, pourquoi d'un soin stérile Empoisonner vos jours bornés? Le jour présent vaut mieux que mille De» siècles qui ne sont pas nés, lahart. Héd. u, 4. El le siècle qui meurt racontant ses misères Au siècle renaissant, id. ib. i, 7. || Un demi-siècle, l'espace de cinquante ans. Ce bouquet vient m'annoncer Qu'un demi-siècle sur ma tête Achève aujourd'hui de passer, bérano. Cinijuanle on*. Il 2" Les siècles futurs, les siècles à venir, et, absolument, les siècles, la po!;térité, l'avenir. Je suis maître de moi comme de l'univers; Je le suis, je veux l'être; 6 siècles I ô mémoire! Conservez à jamais ma dernière victoire, corn. Cinna, v, 3. Les capitaines des siècles futurs lui rendront un honneur semblable: on viendra étudier sur les lieux ce que l'histoire racontera du campement de Piéton et des merveilles dont il fut suivi, boss. iouiî de Bourbon. Je veux qu'on dise un jour aux siècles effrayés.... RAC. Esth. II, I. Et les siècles obscurs devant moi se découvrent, id. Alhal. m, 7. || Le* siècles les plus éloignés, les siècles les plu» reculés, les siècles qui ont précédé de beaucoup le nôtre, ou qui viendront lonslemps après le nôtre. 113" Grand espace de temps indéterminé. C'est une vertu rare au siècle d'aujourd'hui, mol. Jfi». IV t. Il y a un siècle pour les blondes, un autre pour les brunes, pasc. Pass. de l'amour. Vous voilà un peu mortifiés, messieurs les grands seigneurs.... il faut suivre les siècles ; celui-ci n'est pas pour VOUS, sÉv. 9 oct. 1675. Quel spectacle de voir et d'étudier ces deux hommes [Condé et Turenne], et d'apprendre de chacun d'eux toute l'estime que inéiilait l'autre! c'est ce qu'a vu notre siècle, bqss. Louis de Bourbon. Il a fallu des siècles pour rendre justice à l'humanité, pour sentir qu'il éUn
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horrible que le grand nombre 6cm.1l, et le petit recueillît, volt. Lett. sur Je» Artglais,9. || 4' Époque célèbre par quelque prince renommé, par quelque grand homme, jiar quelque grande œuvre. Le siècle d'Homère. Le siècle de l'invention de l'imprimerie. Le siècle de Périclès. Corneille commença, en 1636, par la tragédie du Cid, le siècle qu'on appelle de Louis XIV, volt. Xœurs, (76. Dans le siècle qu'on nomme de LéonX, ce pape Léon X avait-il tout fait? n'y avait-il pis d'autres princes qui contribuèrent à polir et à éclairer le genre humain? ID. Lett. Harvey, (740. Notre siècle, j'en conviens encore avec Votre Majesté , ne vaut pas le siècle de Louis XlVpourle génie et pour le goût; mais il mesemblequ'il l'emporte pour les lumières, pour l'horreur de la superstition et du fanatisme, d'alemb. Lett. au roi de Pr. U février 1774. Le siècle de Louis XIV a-t-il un ouvrage philosophique à mettre à cûté de l'Emile? marmontel, Œuvr. t. IV, p. 430. Le siècle de Médicis, qui fut pour, l'Italie le règne le plus (lorissant des lettres et des arts, id. ib. p. 392. || 5° Il se dit relativement à la civilisation, à l'état des mœurs des hommes dans le temps dont on parle. Un siècle de corruption. Cet homme n'est pas au niveau de son siècle. Tu vois, ma Stratonice, en quel siècle nous sommes, cOHN. Poly. I, 3. Mais son triste mérite, abandonne de tous. Contre ce siècle aveugle est toujours en courroux, mol. Mis. v, 3. Quand il [Dieu] a fait dans ses ennemis aussi bien que dans ses serviteurs ces belles lumières d'esprit, ces rayons de son intelligence, ces images de sa bonté, ce n'est pas pour les rendre heureux qu'il leur a fait ces riches présents, c'est une décoration de l'univers, c'est un ornement du siècle présent, Boss. Louis de Bourbon. Vous lui allez voir [à Jurieu] aujourd'hui déchirer les siècles les plus purs, flétrir le christianisme dès son origine.... id. 4" avert. ii. Siècle vainement subtil où l'on veut pécher avec raison, où la faiblesse veut s'autoriser par des maximes, id. Anne de Gonx. Hypocrisie, caractère de notre siècle, ou, pour mieux dire, caractère de tous ces siècles où le libertinage a régné, bourdal. Serai. 24* dim. après la Pentecôte. Dominic. t. iv, p. 446. Ainsi qu'en sots auteurs, Notre siècle est fertile en sots admirateurs, BOIL. Art p. I. Celui qui n'a égard en écrivant qu'au goût de son siècle songe plus à sa personne qu'à ses écrits, la bru y. i. Les beaux siècles de la république romaine, volt. Vlngénu, 40. Personne n'ose convenir franchement des richesses de son siècle; nous sommes comme les avares, qui disent toujours que le temps est dur. ID. MÉl. litt. Nouv. du Parnasse. Dans quel siècle vivons-nous, et après quel siècle? ID. Lett. Cideville, 8 déc. 1736. Il semble que le propre des siècles d'ignorance est de représenter la nature plus grossière, mais aussi plus vraie ; et celui des siècles de lumière, de la peindre plus délicate, mais plus déguisée, d'alemb. Œuvr. t. ni, p. 36). Ahl madame, me dit le comte avec dépit, vous êtes bien de votre siècle I mabmontel, Conl. mor. Heureusement. Il est un degré de talent où l'on ne peut plus apercevoir, entre deux hommes livrés aux mêmes recherches , d'autre différence que celle de leur siècle, condorcet, Linné. Ehl quel temps fut jamais en vices plus fertile? Quel siècle d'ignorance, en beaux faits plus stérile. Que cet âge nommé siècle de la raison? Gilbert, Le XYUI' siè' cJe.D'un siècle sans espoir naît un siècle sanscrainte, A. DE MUSSET, Rolla. || Un nouveau siècle, une ère qui se distingue par des Idées plus grandes, plus humaines. Il me semble qu'il se forme un nouveau siècle, volt. Lett. Laharpe, lo oct. I77B. ||6° Par exagération et familièrement. Un espace de temps qu'on trouve trop long. Votre absence a duré un siècle. Un siècle de tourments, de douleurs. Il y a un siècle que l'on ne vous a vu, dancourt. Agioteurs, 11,8. Il y a un siècle, mon cher et grand philosophe, que je ne vous ai rien dit, d'alemb. teH. d Voltaire, Ssept. 1760. S'il ne me trouvait pas, il faudrait bouder des siècles, poinsinet, Cercle, se. 3. || 7* Terme de ri'^riture. Dans tous lessièclcsdes siècles, à tous les siècles, aux siècles des siècles, éternellement. C'est pour cela que les peuples publieront éternellement vos louanges dans tous les siècles des «iècles, SACi, Bible, Psaum. xliv, 18. Ces corps malheureux dévoués à l'étang de soufre et de feu dont la fumée monte jusqu'aux siècles des siècles, FÉN. t. xvir, p. 2UI. ||8' Le siècle à venir, le siècle futur, la vie future, la béatitude céleste. C'est de sainte» méditations, c'est de bonnes œuvres, c'est .ces véritaliles richesses oue vous enverrez devant
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vous au siècle futur, qui vous inspireront de la force [an moment de la mort], boss. le Tellier. Un chrétien n'est plus de ce monde; c'est un homme du siècle à venir; c'est le juge et l'ennemi du monde, MASS. Carême, Samaritaine. Vous êtes un homme du siècle, mais vous n'êtes pas un homme du siècle à venir, id. Carême, Pardon des offenses. Il 9° Le monde, la vie mondaine, par opposition à la vie religieuse. Puissances du siècle, voyez dans quel sentier la vertu chemine, doublement à l'étroit, et par elle-même et par l'effort de ceux qui la persécutent, BOSS. Reine d'Anglet. On voulait avoir des intercesseurs [les ecclésiastiques] purs du commerce des hommes, et on craignait de les rengager dans le siècle, d'où ils avaient été séparés pour être le partage du Seigneur, id. le Tellier. Carloman, dégoûté du siècle.... embrassa la vie monastique, id. Ilist. i. II. Un religieux qui, malgré ses vœux, quitterait son cloître et son habit de pénitence pour rentrer dans le siècle, fén. Éduc. filles, 8. Si vous êtes disciple de Jésus-Christ, ou enfant du siècle, mass. Mystères, Résurrection. S'il [un enfant] paraît plus propre que les autres à soutenir la gloire de son nom et l'estime publique, on le sépare pour la terre; on le regarde comme consacré et destiné au siècle par sa naissance, id. Mystères, Dispositions p. se consacrer à Dieu. Un de ces hommes que le siècle loue, id. Carême, Mauv. riche. Nous tous chrétiens vieillis dans le siècle et non pas dans la foi, ciiateaubr. Génie, i, i, 6. Il 10" Les quatre différents âges du monde, tels que les poètes les supposent : le siècle d'or, d'argent, d'airain, de fer. Alors, ce fut alors, sous ce vrai Jupiter, Qu'on vit naître ici-bas le noir siècle de fer, BOIL. Sat. xi. || Fig. Siècle d'or, un temps heureux où régnent l'abondance et la paix. Le siècle doré En ce mariage Nous est assuré, malh. vi, 7. On a inventé de certains termes bizarres : siècle d'or, merveille de nos jours, et on appelle ce jargon beauté poétique, pasc. Pens. vu, 25, éd. ha- VET. Je transportais dans les asiles de la nature des hommes dignes de les habiter : je m'en formais une société charmante dont je ne me sentais pas indigne, je me faisais un siècle d'or à ma fantaisie, j. J. rouss. 3* lett. à M. de Malesherhes. Il Fig. Siècle de fer, un temps rempli de guerres, de misères, de corruption. C'est par là.... que le sort burlesque, en ce siècle de fer. D'un pédant, quand il veut, sait faire un duc et pair, boil. Sat. i. || On a dit semblablement : siècles de boue et de sang, pour désigner des temps marqués par beaucoup de honte et beaucoup de sang.
— iilST. x* S: [Elle] Volt lo seule lazsier, si ruovet Crist, Eulalie. \\ xi* s. La fin del secle qui nus est en présent, Ch. de Roi. cix. || xii' s. Nostre Signor Jhesu Crist, à cui est honors et gloire en seules des seules, st-bern. p. 600. Si li a dit : mes sire Yvain Quel siegle avez vos puis cù? Tel, fet il, qui molt m'a pleû. Pleû? por Deu, dites vos voir [vrai] ? Comant puet donc boen sigle avoir. Qui voit qu'an le quiertpor ocirre ? Chev. au lyon, V. 4B50. Tant com durront li siegle, en sera reparlance, Ronc. p. 497. || xiii* s. Si [de sorte] qu'à Dieu et au siècle la bonté de vous père [paraisse], BerJe, iv. Troi chevalier d'amors me proient. Et moult me dient qu'il voudroient De moi avoir l'amor entire : Et vous savez, fet-ele, sire, Du siècle [le monde]; si m'en aprenez Li quels doitestre miex amez. Lai du conseil. Moult aroit li siècles de soufrete, se marceandise n'aloit par tere, BEAUMAN. XXV. Et li ciecles est ores tel, que moult y a de ciaus [ceux] qui feroient volontiers comment il fussent riches.... Ass. de J. i, 248. Et li disoient : quant je venré en l'autre siècle, si me rendras ce que je te baille, joinv. 260. Ne nul castel tant bien assis En tôt le siècle, ce m'est vis, Partonop. v. 4 74 4. || xiv* s. En laquelle ville avoit feste pour une fillette de siècle, du cange, s.rcularis. Il XV' s. Elle qui peu sçavoit du siècle encore, et moins lui en chaloit par la raison de jeunesse.... Perceforest, t. i, ^ 9t. Or vous seez auprès de moy, et me comptez de vos nouvelles ; car voslre venue me semble ung autre siècle, ib. f" 4 1 5. Les compaignons de la paroisse Sainte-Marguerite en la ville de St-Quentin signifièrent que ilz donroient un chapel de fleurs au mieulx chantant une chançon de siècle, du Cange , sa^cularis. Il XVI* s. Siècle sot met au ciel un sot, leroux de LiNCY, Prov. t. n, p. 440. Du siècle jusqu'au siècle à jamais tu es Dieu, despobtes. Œuvres chrçst. xviii, Prière de Moyse. Aprcz un siècle d'ennuis et d'ordes et viles practiqucs, mont, iv, 4 66. Ce siècle, autre en ses mœurs, demande un autre
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style; Cueillons les fruicts amers desquels il est fertile, d'aub. Tragiques, Princes.
— ÉTYM. Bourg, siaique ; wallon, sièk ; provenç. secle, segle; catal. sigle; espagn. siglo; portug. seculo; ital. tecolo; du lat. j.KcuJum. On en a rapproché le gaélique taoghal, temps de la vie. La seule orthographe authentique est sxculum ; piT conséquent le rapprochement est bon avec saoghal; et il ne le serait pas avec segui, qui a été proposé.
SIÈGE (siè-j'), ». m. Il !• Meuble fait pour s'asseoir. Prends un siège, Cinna, prends, et sur toute chose Observe exactement la loi que je t'impose, CORN. Cinna, v, 4. Ma chère, il faudrait faire donner des sièges, mol. Prèc. 4 0. J'avais un siège sous le pied ; car, sans cette attention, je craindrais de ne plus reconnaître la jambe malade, et de m'y tromper comme Arlequin, sÉv. 29 avril 4685. Nos sièges étaient les gazons, fén. Tél. n. Si on le prie de s'asseoir, il se met à peine sur le bord d'un siège, la bruy. vi. Le siège du roi de Perse était célèbre chez les Grecs et les Romains; on conservait à Athènes, dans le Parthénon de Minerve, la siège de Xerxès, qui avait des pieds d'argent, et on l'appelait le captif, mongf.z, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. iv, p. 92. || Sièges de paille, de jonc, de cannes, de tapisserie, etc. sièges dont le fond est de paille, de jonc, de cannes, de tapisserie. M. le Grand et d'autres disaient l'autre jour très-sérieusement à Saint-Germain, que Monsieur de R*** avait fait un siège admirable ; on crut que c'était une lecture où l'on avait vu les grands R*** dans les guerres civiles ; non, c'était celui-ci qui a fait un siège de tapisserie admirable, que l'on voit dans la chambre de sa femme, SÉV. 387. Il Terme de tapissier. Sièges à l'anglaise, sièges triplement piqués. || Sièges de pierre, de marbre, de gazon, bancs de pierre ou de marbre, petites élévations gazonnées qu'on dresse dans les jardins. || On dit dans un sens analogue : siège rustique. || j° Le siège d'un cocher, l'endroit où le cocher est assis pour conduire la voiture. Le cocher était sur le siège. Il monta sur le siège et se mit à côté du cocher. ||Le siège d'une selle, la partie sur laquelle le cavalier s'assied. || Faux siège; il sert de base au siège, ei est composé de sangles et de toile. || Etoile de seconde grandeur placée dans la constellation de Pégase. || 3° Maçonnerie en contre-haut du sol d'un cabinet d'aisance, sur laquelle on s'appuie. || Siège à l'anglaise, siège composé d'un bâti dormant et de plusieurs trappes mouvantes. || 4* Terme de marine. Assemblage de roues, montants, traverses, molettes, servant au commettage de certains cordages. || 5" La partie inférieure du corps sur laquelle on s'asssoit. Un bain de siège. || L'anus. Mettre des sangsues au siège. Il 6* Place où le juge s'assied pour rendre la justice. Le juge était dans son siège, sur son siège. Il 7" Lieu où l'on rendait la justice dans les juridictions subalternes. Je lui suis bien obligé, madame ; si elle a jamais quelque procès en notre siège, elle verra que je n'oublierai pas l'honneur qu'elle me fait, de se rendre auprès de vos beautés l'avocat de ma flamme, mol. Comtesse d'Escarb. 4 0. Il Par extension, le corps et la juridiction de ces juges. Siège royal. Siège présidial. Le ressort de ce siège était de telle étendue. || 8* Évêché et sa juridiction. Siège patriarcal. Siège primatial. Siège épiscopal. Siège pontifical. 11 se fit cinq sièges, que dans la suite des temps on appela patriarcaux; la préséance leur était donnée dans les conciles; entre ces sièges, le siège de Rome était toujours regardé comme le premier, et le concile de Nicée régla les autres sur celui-là, boss. Hist. I, 4 4. Innocent XI, qui remplit aujourd'hui si dignement le premier siège de l'Église, id. ib. n, 13. Il En ce sens il se dit absolument. Cet évêque a tenu le siège pendant tant d'années. || Le saint-siège, le siège apostolique, le siège du chel de l'Église catholique. Paul IV tenait le siège apostolique, boss. Var. 40. Trois nonces apostoliques qui leur apportaient [aux catholiques anglais] les consolations que reçoivent les enfants de Dieu de la communication avec le saint-siège, id. fletne d'Anglet. Q\i'esl<e que l'épiscopat, quand il se sépare de l'Église, qui est son tout, aussi bien que du saint-siège qui est son centre, id. ib. Qu'on ne s'y trompe pas : le saint-siège ne peut jamais oublier la France, ni la France manquer au saintsiège, ID. Mar.-Thér. Grégoire VII est le premier pape qui ait osé dire que le saint-siège avait une autorité temporelle sur les rois, qui étaient ses vassaux et ses tributaires, saimt-foix, Ess. Paris,
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Œuvr. t. IV, p. 3S(, dans polgens. 11 faut, comme Dumarsais l'observe après plusieurs écrivains, distinguer avec soin la cour de Rome, le pape et le gaint-siégc, d'alf.mb. Éloges, Dumarsais. || Le saint-siége fut transféré à Avignon, le pape alla résider à Avignon, avec toute la cour pontificale. Il 9* Capitale de certains empires. Le siège en [de l'empire assyrien] fut établi à Ninivo, ville ancienne et déjà célèbre, mais ornée et illustrée par Ninus, Boss. Ilist. I, ♦. Quatre ans après, l'empereur rebâtit Byzance, qu'il appela Constantinoplc, et en fit le second siège de l'empire, ID. tb. i, 11. nusirisbllit la fameuse ville de Thèbes, et y établit le siège de l'empire, rollin, Hist. anc. Œuvr, t. i, p. 4 «9. Il Fig. Elle [Mme de la Troche] s'est établie dans cette bonne ville [Paris], y Jaisant le siège de son empire, et le lieu de toutes ses aiïaires, sÉv. 23(!.- Il Le siège de l'empire fut quelque temps à Ravenne, l'empi-reur Honorius demeura quelque temps à Ravenne. H Le siège d'un tribunal, d'une cour, le lieu oii réside un tribunal, une cour de justice. Il On dit de même : le siège du gouvernement. Sous l'ancienne monarchie, Versailles était le siège du gouvernement. || 10" Lieu où certaines personnesont leur principale résidence. Quoiqu'elle [une compagnie de commerce] ait des agents à Boue et à Calle, c'est à Calle qu'est le siège de ses opérations, baynal, Ilist. phil. xi, 7. || Fig. L'ignorance naturelle, qui est le vrai siège de l'homme, PASC. Pens. ni, 18, éd. havet. H 11° Lieu où certaines choses ont, pour ainsi dire, leur demeure. Athènes était le siège des beaux-arls. Il lui promit une terre (ce fut celle de Chanaan), pour servir de demeure fixe à sa postérité, et de siège à la religion, Eoss. Hiat. n, 2. Maître de cette ville [Jérusalem], il y établit, par ordre de Dieu, le siège de la royauté et celui de la religion, ID. ib. ii, i. Elle [Tyr, sous la domination des Perses] continuait d'être flattée de la gloire de posséder l'empire de la mer, d'être le siège du trafic de toutes les nations.... BOLLIN, Histoire ancienne, Œuvr. t. vi, p. 290, dans pougens. Ce vaste pays de l'Yémen est si beau, ses ports sont si heureusement situés sur l'Océan indien, qu'on prétend qu'Alexandre voulut conquérir l'Yémen pour en faire le siège de son empire, volt. Mœurs, introd. \\ Fig. Cette partie de l'âme [de Jésus-Christ] en laquelle il [le Saint-Esprit] a mis son siège, gardera toujours sa sérénité, malgré les tempêtes qui grondent au-dessous, Boss. 2« sermon, Compass. de la sainte Vierge, a. N'est-ce pas que le front est le siège de la pudeur? ro. 1" serm. pour l'Exalt. de la Ste Croix, 2. Le trône lui-même, grand Dieu, si vous n'y êtes assfs avec le souverain, est le siège des noirs soucis, MASS. Pet. carime, llalh. des grands. Elle vient, et son front, siège de la candeur. Annonce en rougissant les vertus de son cœur, volt. Fanât. 1,1. Sa doctrine [de l'Evangile] n'a point son siège dans la tête, mais dans le cœur, chateaubr. Génie, 1,1,4. il lî° Terme de médecine. Siège d'une maladie, le lieu du corps où gît l'altération matérielle dont l'existence ou la disparition coïncide avec la présence ou la cessation des phénomènes morbides. Il 13° Ensemble des opérations que fait une armée pour attaquer une place et la prendre, à l'aide de travaux de terrassement combinés avec l'usage de ses armes ; ainsi dit parce que l'armée assiégeante établit pour ainsi dire son siège, sa demeure autour de la place assiégée. M. le Duc fait le siège de Limbourg, sÉv. (90. Un capitaine également redoutable dans les sièges et dans les batailles, boss. Louis de Bourbon. Quelle ville a jamais vu périr onze cent mille hommes en sept mois de temps et dans un seul siège? c'est ce que virent les Juifs au dernier siège de Jérusalem, id. Ilist. ii, 8. Il [Jean Hyrcan] soutint le siège dans Jérusalem avec beaucoup de valeur, id. ib. i, 9. Enfin, après un siège aussi cruel que lent, bac. Bérén. i, 4. Nabuchodonosor mit le siège devant Tyr, lorsque Ithobale en était roi; il ne la prit que treize ans après, BOLLIN, Ilist. anc. Œuvr. t. vi, p. 291, dans POUOENS. La ville de Troie fut prise par les Grecs après un siège de dix ans, à peu près dans le temps que Jephté conduisait le peuple de Dieu, ID. 16. t. Il, p. 499. De là... [chez Louis XIV] ce goût de sièges pour y montrer sa bravoure à bon marché, ST-siM. 400, 76. Le roi de Suède, dans le commencement du siège [de Slralsund], disait qu'il ne comprenait pas comment une place bien fortifiée et munie d'une garnison suffisante pouvait être prise, VOLT. Charles XU, 8. Charles en forma le siège [de Frederichshall], au mois de décembre, m. ib. La duchesse de Montpensier,s(£ur du duc de
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Guise et du cardinal de Lorraine, animait avec fureur les Parisiens à soutenir toutes les horreur» du siège, id. Uist. Pari. xxxi. Miltlade, n'ayant pas réussi au siège de Paros, est poursuivi en justice, et meurt en prison 489 ans avant Jésus-Christ, babthél. Anach. t. vii, table t.||Fig. Enfin cette beauté m'a la place rendue Que d'un siège si long elle avait défendue, halii. y, 4. Le mauvais air fait, pour ainsi dire, le siège de Rome; il avance chaque année quelques pas de plus, stael. Cor. v, 3. Il Batteries de siège, batteries construites par l'armée assiégeante. || Pièces de siège, les bouches i feu plus particulièrement affectées auservice dans les sièges. |{ Aflût de siège, affût d'une pièce de siège. Il \A guerre des sièges, l'art militaire considéré dans l'exécution des sièges. ||Une guerre de sièges, une guerre où l'on fait beaucoup de sièges. || Couvrir un siège, empêcher que dos troupes venues du dehors n'attaquent et ne dérangent les assiégeants. Ces forces suffisaient, à la rigueur, pour l'attaque de la place [Lèrida]; mais on avait lieu de craindre qu'elles ne fussent insuffisantes, s'il fallait couvrir le siège contre les attaques très-vraisemblables du dehors, tiiiers, Uist. de l'Emp. xxi. \\ Lever le siège d'une place, se retirer de devant une place qu'on assiégeait. Au lieu que devant Amiens les Espagnols n'.eurcnt une armée que cinq mois après le siège peur nous le faire lever.... voit. l.ett. 74. Il Fig. et familièrement. Lever le siège, s'en aller, quitter une compagnie. || Fig. Mon siège est fait, mon parti est pris, mon opinion est formée, par allusion à l'abbé do Vertot, qui, ayant longtemps attendu en vain des notes exactes sur le siège de Rhodes, en avait terminé l'histoire avant qu'elles arrivassent, et se contenta de dire : J'en suis fâché, mais mon siège est fait. || Herbe de siège, la scrofulaire aquatique ; ce nom vient de ce qu'au siège de la Rochelle les feuilles de cette plante servirent exclusivement, assure-t-on, à défaut d'autres médicaments, pour panser les protestants qui défendaient cette place. || Etat de siège, état des places fortes dans lequel les pouvoirs passent de l'autorité civile à l'autorité militaire. L'état de siège peut être déclaré par une loi ou un décret; il résulte nécessairement de l'investissement ou de toute tentative de l'ennemi contre la place. || En temps de paix, suspension, pour cause de révolte ou do sédition, de l'action des lois, et mise d'une ville, d'une province sous le régime militaire. En 1832, après l'insurrection des 6 et 6 juin, Paris fut mis en état de siège.
— HIST. XI* s. Al siège [en sa demeure] ad Aii en serez amenet, Ch. de Roi. xxxil. Sièges arez al greignor pareîs [paradis], «6. Lxxxvii. Il vint à Ais le mellor siet de France, ib. cclxx. || xii' s. Que s'il le vunt devant l'apostolie apeler, K'ensi le purrunt bien de sun siè déposer, Th. le mort. 42. E ore ai fait temple e à tun ues [ton service], où tu purras, se tes plaisirs est, habiter en sied estable parmanablement. Rois, p. 259. || xiil* s. Sangs est chaus et moistes, et a son siège au foie, bbun. latini. Trésor, p. 107. X Rome.... Ù est du mund li maire sege [le plus grand siège du monde], Edouard le Conf. v. 2282. Si vous dirons dou roi qui teiioit son siège devant Damiette, Chr. de Rains, p. 100. Touz cilz qui ont cordouan ou bazanne en la foire St Ladre,... doit de chascun trouscl, soit granz, soit petiz, soit venduz ounonvenduz, deux sols du siège, Liv. des met. 328. Et quant ce vint à l'endemain qu'il fu à son siège et dut rendre le [la] sentence, sa conscience le remort, DEAUM. XL, 23. Li arpons de bois, selon droits pris, est prisiès dix sous l'arpent, mais on doit regarder le siège du bois et le [la] valor qu'il vaut, id. xxvii, 12. Dont sont tout no baron à un conseil aie. Si ont communalment et dit et devisé Que li sièges soit mis plus près de la cité ; Car Sarrasin s'en issent coiement à clé , Ch. d'Ant. iv, 233. || xiv s. Item il font leur siège [repas de confrérie] chascun au l'endemain de ladite feste de Saint-Pol, du CANGE, sedes. Pour toille vermeille pour doubler une couverture du siège où le roy se agenoiUe, DE laborde, Émaux, p. 498. Il XV* s. Le pape Grégoire onzième de ce nom tenoit le saint siège de Rome en la cité d'Avignon, froiss. ii, ii, 20. Receptes de sièges de nefs alans enpescherie de harancs à payer au jour de Saint Nicolas d'yver, DU CANGE, sedes. Du second jour de mai prolongié fut l'autre siège [-séance] jusques au dixième jour dudit mois, monstrel. t. i, ch. 52. p. 87, dans LACURNE. Il xvr s. L'impression des passions va pénétrant jusques au siège de la raison, mont, i, 50. Ayant faict donner un siège i Cinna, id. i, 129.
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L'empereur, centre l'avis de son conseil, se vint camper i une canonnade du sicga [de l'armée assiégeante], d'aub. Hist. i, ai. X la aollicitation du siège de Rome, l'empereur ayant donné une armés de mer àChristierne, id. ib. i, 44.... des meilleur) hommes de siège qui fussent en France, id. ib. i, 289. Il lui dist qu'il avoit toujours creu et espéré, qu'il estoit venu lever le siège & H. de Gyé [oc cupcr sa place], carloix, m, 30, Ils estoicnt venus assiéger Teroucnne d'un siège volant, m. du bell. 79. Ces muscles relèvent le fondement quand il est devallé, au moyen de quoy nous les pouvons appeller rclevateurs du siège, paré, i, «b. Merque ou siège est toute incision du crâne, retenant la figure du baston, m. tiii, 1. Des moulins i vent assis sur le fief, le propriétaire du fief en retient tout ce qui no tourne point, et semblablement des moulins à eau, comme ie siège et le pivot et tout ce qu'on ne voit point, Nouv. eoust. çén. t. 1, p. 1041.
— ÊTYM. Wallon, îfgr, établissement; prov. tetge, sege, siège d'une place de guerre, et tes, siège; ital. sedi'o, seggio. Le vieux français a deux formes : siet et liège, toutes deux masculines, qui supposent un bas-lat. sedium ou tidium; comparez le lat. obsidium, de sedcre (voy. seoir 1).
SIltGER (sié-jé. Le g prend un e devant o et 0; siégeant, siégeons; Vé reste aigu même quand la syllabe qui suit est muette : je siège, je siégerai, etc. bien que la prononciation fasse entendre un i ouvert), v. n. || 1° Tenir le siège pontifical ou épiscopal. Tel pape siégea tant d'années. || î" Il se dit des juges, des tribunaux, etc. La cour de cassation siège à Paris. || 8* Il se dit de la place qu'on occupe dan» une assemblée délibérante. Les avocats cessèrent de plaider, comme le parlement avait quelquefois cessé de rendre la justice ; ils semblaient plus en droit que le parlement de suspendre leurs fonctions; car les juges font serment de siéger, et les avocats n'en font point de plaider. volt. Hist. pari. lxiv. L'obstacle des titres serait faible, parce que ces litres, ne donnant presque d'autre fonction que de siéger au sénat, pourraient être supprimés sans inconvénient. J. 1. rol'SSEau, Gouvern. de Polog. ch. vu. H Occuper le fauteuil dans une assemblée délibérante, dans un tribunal, comme président, comme jugn. || 4* Fig. Etre, se trouver. C'est là que siège le mal.
— REM. Dans les éditions du Dictionnaire de l'Académie de 1696, de 17(8 et de (740, jiVger n'a que la signification : occuper le siège pontifical; et on note qu'il vieillit. Dans l'édition de 1782, on efTace cette note, et on ajoute à l'ancienne signification celle qui est relative aux tribunaux : Le tribunal siège en tel endroit.
— ÊTYM Siège.
SIKN, SIK.N.NE (siin, si-ë-n'; au masculin, 1'» se lie quand sien précède son substantif : unsiin-n ami ; l'n ne se lie pas dans les autres cas : le siin est meilleur; au xvi' s. d'après Palsgrave, p. 3, sienne se prononçait sianne), adj. poss. relatif à la troisième pereonne du singulier. || 1" Avec l'article, le, la, les. Avez-vous un secret important? versez-le hardiment dans ce noble cœur : votre affaire devient la sienne par la confiance, boss Louis de Bourbon. Nos écrits sont mauvais; les siens valent-ils mieux? boil. ÉpU. u. 11 [Montfort] travaillait depuis un temps à l'histoire de la géométrie; chaque science, chaque art devrait avoir la sienne, fonten. Kontfort. Héliogabale alla jusqu'à vouloir détruire tous les objets de la vénération de Rome, et êter tous les dieux de leurs temples pour y placer le sien, montesq. Rom. xvi. L'évêque de Luçon, fils du célèbre Bussy, m'a dit qu'ayant demandé à M. de Meaui quel ouvrage il eût mieux aimé avoir fait s'il n'avait pas fait les siens, Bossuel lui répondit: les Lettres provinciales, volt, iouis XIV, 32. Je voudrais en fait de belleslettres qu'on fût de tous les pays, mais surtout du sien, id. Kél. litt. Cons. à un journaiiile. Plus heureuse que son ancienne amie, elle [Ninon] ne se plaignit jamais de son éut, et Mme de Maintenon se plaignit quelquefois du sien, m. Uél. litt. sur mie de l'Enclos. \\l' U s'emploie sai;s article, et signifie à soi. Ainsi ce rang est sien, cette faveur est sienne. Et je n'ai rien enfin qued'elle je ne tienne, CORN. Polg. II, 1. Dans ce penser, il [l'âne] se carrait Recevant comme siens l'encens et les cantiques, la font. Fabl. v, 14. Dieu prodigue ses biens X ceux qui font vœu d'être siens, id. Fabl. VII, 3. Mais surtout fais si bien. Qu'elle garde toujours l'ardeur de me voir sien, mol. t'^(. i, «. Arnauld prétend que la doctrine de Malebranche n est
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ni nouvelle m sienne, dider. Opin. des anc. philos. (ifo(«branchiîme). ||3" Familièremenl, avec l'article un, une. Resté seul au palais avec un sien esclave, DESMARETS, Mirame, iv, <. Un sien ami, voyant ces somptueux repas, Lui dit.... la font. Fabl. VII, U. Il Au lieu de un, une, on met parfois quelque. Oue, déguisant son cœur et cachant sa famille, Il avait fait merveille aux guerres de Castille, D'où quelque sien voisin, depuis peu de retour. L'avait vu plein de gloire et fort bien à la cour, CORN. D. Sanche,v, s. || 4° S. m. Le sien, son bien. Ne point mentir, être content du sien. C'est le plus sûr.... LA FONT. Fabl. v, i. Il [d'Aubigné] appelle Henri IV le conquérant du sien ; éloge qui renferme, ce me semble, en deux mots toute la justice de sa cause, et toute la gloire des autres conquérants, m""* de caylus. Souvenirs, p. 8, dans pouGENS. Qui donne de l'encens ne donne rien du sien, LA CHAUSSÉE, Gouvernante, l, 3. {| Proverbe. Chacun le sien n'est pas trop. Si vous avez le plaisir de quereller, il faut bien que de mon côté j'aie le plaisir de pleurer ; chacun le sien, ce n'est pas trop, MOL. Mal. imag. i, 2. Bornez-vous à votre lot; Chacun le sien n'est pas trop, fannard, Œuvr. t. m, p. 347. Il Fig. Mettre du sien dans une affaire, y contribuer de son argent, de sa peine, de son imagination. Ce cavalier en était toujours [des collations, divertissements, etc.] ; et c'était un grand hasard quand il n'y mettait pas quelque chose du sien, pour surprendre agréablement par quelque trait de magnificence et de galanterie, hamilt. Cromm. 7. Il [Méry] n'a rien mis du sien dans sa réputation que son mérite, FONTEN.lf^r]/. Il est entouré de mille volumes, et il en compose un où il ne met rien du sien, lesage. Diable boit. 6. La comtesse : Mais surtout que personne.... — Suzanne : Ah 1 Figaro ! — La comtesse : Non, non, il voudrait mettre ici du sien, beaumarch. Uar. de Figaro, n, 24. Il Familièrement, mettre du sien, ajouter à un récit des détails imaginaires. Il a mis du sien dans cette histoire. Le prince n'a pointassez de toute sa fortune pour payer une basse complaisance, si l'on en juge par tout ce que celui qu'il veut récompenser y a mis du sien, la bruy. ix. |{ Ajouter du sien à un texte, y ajouter des choses qui n'appartiennent pas à ce texte. 0"oi qu'il en soit, je le prends au mot [Burnet rétractant un passage de son livre], et je le loue de désavouer de bonne foi ce qu'il dit que son traducteur avait ajouté du sien, Boss. Déf. Var. h" dise. 22. US" Au pluriel, tous ceux qui sont en relation avec celui dont on parle, à quelque titre que ce soit (parents, descendants, héritiers, soldats, domestiques, partisans). Pour être mieux reçu [d'un jésuite], je feignis d'être fort des siens, pasc. Prov. i. Mais un reste des siens, entourés dans leur fuite,.... rac. Àlex.iu, 1. Ta-t-il de tous les siens reproché le trépas? id. Ândr. m, 8. Antoine [père de Henri IV], mandé dans la chambre de François II, fut averti , à la porte, par un des siens, du complot formé contre sa vie, VOLT, llisl. pari. xxii. || Proverbe. On n'est jamais trahi que par les siens, c'est-à-dire par ceux & qui on se fie le plus. |{ 6° Dans le langage de l'Écriture, les siens, en parlant de Dieu, ceux qui se consacrent, se dévouent à lui. Dieu connaît les siens. Il ne fautpointespérerd'être du nombre des siens, si l'on n'est résolu d'en faire hautement profession, BOURDAL. ilesp. humain, 2'avent,p. 374. || 7" Familièrement, au féminin pluriel. Faire des siennes, faire des fredaines, des folies, des tours, soit de jeune homme, soit de fripon. S'il pense ainsi faire des siennes, X la fin je ferai des miennes, scarr. Typh. i.Vaudcmontavaitquitté le servicede France, et faisait des siennes dans ses terres, st-sim. 464, 4. Oui, comme un petit fripon. Qui de temps en temps fait des siennes, imbert, Jaloux sans amour, y. 8. || Fig. J'ose dire qu'encore qu'au siècle où nous sommes, la fortune fasse bien des siennes, elle ne sera pas si folle que de se commettre avec un mérite comme le vôtre, scarr. EpU. dédict (Eut), t. I, p. 4 52, dans pougens. Je vous dirai que l'amour fait ici des siennes, sÉv. à Bussy, 23 déc. 4«82. Le tonnerre a fait des siennes, en attendant le canon : il est tombé sur le chevalier de la Luzerne, qui était à la tête de sa troupe ; il a brûlé ses habits et sa culotte, sans lui faire beaucoup de mal, VOLT. Lelt. Mme de Fontaine, 28 mai )76o.
— HIST. Il' s. Oue l'einpcrere nessun [aucuni des soens n'i perde, Ch. de Roi. nui. Estramariz i est, uns soens conipains, l'ft. lxiiv. jj xu* s. El je «ui si siens quite.» ligemenl. Que tout [elle] me puet ou engager ou vendre, Cou«, v. [Je] Merci «mour. de c« qu'ele me deigne Tenir à sien....
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ID. IX. Car qui le sien done retraiament [de mauvaise grâce]. Son gré en pert.... tb. xvi. Il xiu* s. Et uns siens chevaliers fu montés à chbi*.., qui avait nom Nicoles le Jaulain, villeh. Lxxn. Un jour e'îtoit rois Flore à un sien grand manoir, Berle, lxv. Chascune [dame] cuide k'il soit siens [un amant]; Si s'en fait molt jolie et cointe. Lai d'ignaurés. Nus [nul], par reson de garde ne par reson de bail, ne pot faire siens les fruis des vilenages, beaum. xxi, 40. Il XIV" s. Se Diex reprent çou qui est sien. Encontre nous ne mesfait rien ; Tout sommes sien.... i. de condé, t. ii, p. 4 59. Et s'il est ainsi que les siens [ses concitoyens] se repentent et s'ennuient de son gouvernement, berciieure, f* 24, recto. || xv s. Jean Lyon.... se tenoil en sa maison, et vivoit du sien, fboiss. ii, ii, 52. Et prirent leurs haches, et se commencèrent de haches à combattre et à donner grands et horribles horions, et chacun avoit le sien, id. ii, m, 9. L'on doit faire servir le sien. Non pas qu'homs ou femme s'asserve À son avoir.... e. desch. Poésies mss. f" 553. Manda au duc de Bourgognequ'il vint, et qu'il pouvoit estre seurque lavilleestoit sienne, comm. iil,40.Font des exactions indues à la grande charge du peuple et à leur profit particulier ; et, pour abréger, sont détruits de tout, et qui perd le sien perd le sens, DL'CLOS, Preuv. de Louis XI, p. 289, dans lacurne. Il XVI* Estre toujours recors de la dignité et magnificence tant sienne que de ses anceslres, slei- DAN, f* B. Malheureux est celuy qui, pendant qu'il est sien. Qu'il sent, qu'il voit, qu'il oyt, qui ne fait bonne chère, rons. 707. Cette sienne resolution arresla sus bout la furie de son maistre, MONT. I, 2. C'est le cours du monde, c'est nature qui faict des siennes, charron. Sagesse, n, 2.
— ETYM. Berry, sen, senne; saintong. son: 0 n'est grain tout son, ce n'est pas tout sien. Voy. MIEN (l'opinion que mien, tien, sien sont des formes diphthonguées de mon, ton, son, ou men, ten, sen, appartient à M. Baudry).
SIESTE (siè-st'), s. f. Temps qu'on donne au sommeil, pendant la plus chaude partie du jour, après le dîner, qui est ou était à midi. Lorsque nous eûmes mangé comme deux affamés, et bu à proportion, nous nous levâmes de table pour aller au jardin faire voluptueusement la sieste en quelque endroit frais et agréable, lesage, Gil Bl. x, 3. Le sot s'assoupit et fait la sieste en bonne compagnie, VAUVEN. Uax. CCLIX.
— REM. Du tewji de Mme de Sévigné le mot n'était pas encore naturalisé, et elle disait siesta.
— ÊTVM. Espagn. siesta; du lat. sexta hora, la sixième heure ou heure de midi, suivant la manière de compter des Latins.
SIEUR (sieur), s. m. \\ l' Espèce de titre d'honneur dont l'usage est renfermé dans les plaidoyers, dans les actes publics et autres écritures de même sorte. Je plaide pour le sieur un tel, pour les sieurs tels. On qualifiait d'ordinaire les états généraux des Provinces-Unies, les sieurs états, quand c'était le roi de France qui parlait, volt. Ann. Emp. Ferdinand lll, Paix de Vestph. || 2» Titre donné dans une lettre par un supérieur, ei> parlant d'un inférieur. Vous direz au sieur un tel de.... 118° Par une sorte de mépris. Un sieur Paul est venu me faire je ne sais quelle réclamation.
— HIST. XV* s. Je suis sieur de la maison. Les iijoyesde mariage, p. 4 32, dans lacurne. C'est folie d'adonner son cœur à homme du monde ; car ils ne font conte des pauvres femmes, quand ils sont sieurs d'elles, tant sont traîtres, tb. p. 78.
— ÉTYM. Contraction de seigneur.
SIFFLABLE(si-fla-bl'),adj.Quimérited'être sifflé.
Qui, dissertant sur les pièces nouvelles. En font encor de plus sifflables qu'elles, volt. Pauvre diable.
— ÉTYM. Siffler.
t SIFFLADE (si-fia-d'), ». f. Concert de siffleU.
— HIST. XVI* s. Siffiade, oudin, Dict.
t SIFFLAGE(si-na-j'),t. m. Terme de vétérinaire. Synonyme de cornage.
SIFFLANT, ANTE (si-flan, fian-t'), adj. Qui siffle. Une respiration sifflante. || Terme de grammaire. Lettres, ou consonnes, ou articulations sifflantes, celles qui laissent échapper un peu d'air avant l'explosion définitive. ¥, f, x, s, j, ch sont des lettres sifflantes. || Substantivement. Une sifflante. S est une sifflante. L'ordre des sifflantes. Il Phrase sifflante, vers sifflant, phrase, vers, où il y a beaucoup d'i.
t SIFFLASSON (si-fla-son), t. m. Sorte de bécasseau, dans le parler genevois. Je m'amusais à rappeler de temps en temps dos sifflassons, 1. 1. rouss. Uél. n, 46.
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SIFFLÉ, ÉB (si-flé, fiée), part, pa^sé de siffler. ||t' Chanté en sifflant. Des airs siffles par un merle. || Consonnes sifflées(voy. sifflant). || 2" Il se dit d'un oiseau instruit à dire un air. Une linotte iifflée. Il Fig. Instruit comme un oiseau qu'on siffle. Mazarin me renvoya à la reine; je la trouvai sifflée et aigrie, retz, n, 78. J'ai ignoré absolument pendant le quart de ma vie les raisons de tout ce que j'ai vu, entendu et senti ; et je n'ai été qu'un perroquet sifflé par d'autres perroquets, volt. Dict. phil. Ignorance. || 3° Qui a été l'objet de coups de sifflet. Sifflée et resifflée. — Et le méritait-elle [la pièce] î piBON, Métrom. v, 2. Tout ce qui peut m'arriver, c'est d'être sifflé; et c'est le plus petit malheur du monde, volt. Lett. Marin, 30 oct. 4772. C'est aux premiers gentilshommes de la chambre à donner les rôles; un pauvre auteur ne doit jamais se mêler de rien que d'être sifflé, ID. Lelt. d'Argental, 20janv. 4782. Les auteurs qui, dans Icsdiscours préliminaires de leurs tragédies ou comédies tombées dans un éternel oubli.... vous prouvent que l'endroit le plus siffTé est le meilleur... ID. Ilonnét. litl. Préamb. Non, Laharpe au serpent n'a jamais ressemblé : Le serpent siffle, et Laharpe est sifflé, lebrun, tpigr. || Ce qui esl effacé n'est pas sifflé (adage dramatique qu'on attribue à Scribe, ou que du moins il répétait souvent, quand il invitait ses collaborateurs i retrancher quelque chose).
SIFFLEMENT (si-fle-man), t. m. \\ 1* Bruit fait en sifflant. Il nous étourdit par ses sifflements continuels. || 2* Certain bruit qu'on fait en respirant avec peine. Dans l'asthme, la respiration esl souventaccompagnéed'un sifflement. || S'Bruitaigu que quelques animaux font en soufflant. Le sifflement des oies, des merles, des serpents. Leur ori est une espèce de sifflement aigu, qu'ils ne font entendre que rarement, buff. Ois. t. i, p. 483. Il 4* Par analogie. Bruit aigu du vent ou d'une flèche, d'une pierre lancée avec force. Et les vents, échappes de leurs cavernes sombres. Mêlent à leurs clameurs [des mânes] d'horribles sifflements, j. b. Houss. Cantate, Circé. Le roi, qui n'avait jamais entendu de sa vie do mousqueterie chargée à balle, demanda au major général Stuart, qui se trouva auprès de lui, ce que c'était que ce petit sifflement qu'il entendait à ses oreilles, volt. Charles XII, 2. Le sifflement des fouets dans l'air au loin gémit, de- LILLE, En. VI. Quoique la chaux dégage beaucoup de chaleur avec l'eau, la potasse, la soude, la baryte et la slrontiane en dégagent probablement plus encore.... c'est pourquoi, lorsqu'on verse de l'eau sur ces oxydes, il en résulte un sifflement plus fort qu'avec la chaux, thenard. Traité de chimie, t. II, p. 466, dans pougens. || 5* Il se dit des articulations, des prononciations sifflantes. Il [Pope] a réduit les sifflements aigus de la trompette anglaise aux sons doux de la flûte, volt. Dict. phil. Pope. || 6* Improbation manifestée par des coups de sifflet. Tous ceux qui passeront au travers d'elle [Jérusalem], lui insulteront, avec des sif flements et des gestes pleins de mépris, SACi, Bible, Sophonie,n, 46. Maisjevoudraisqu'oncherchUtoul d'un temps (La question n'est pas moins belle) Qui du fade Boyer ou du sec la Chapelle Excita plus de sifflements, boil. Épigr. xxx. Mais quand il se promet des applaudissements, L'air soudain retentit d'horribles sifflements, deulle. Paradis perdu,
— HIST. III* S. Et après la commotion fous [feu], et e! fou n'est mie Ii sires [le Seigneur], et après le fou un schieulement d'une tenue ore [souffle], Job, 487. Il XV* s. Les antaynes.... Proe qui fend les undes.... Committre [comités] y sunt, qui font maint sifflement, E. desch. Poés. mss. f* 215. Il XVI* s. Quand on avoit les armes sur le do», el ouy le sifflement des harquebuzades, langue, 688. ....Dont s'ensuivit grand flux de sang, et un chifflement par ladite trachée artère, paré, viii, 30 D'un sifflement aigu l'orage tournoyant, dubell. VI, 56, recto.
— êtym. Siffler.
SIFFLER (si-flé), V. n. || 1* Former un son aigu en serrant les lèvres, ou avec im sifflet, ou avec une clef forée, etc. Les voleurs sifflent pour s'a venir. On entend les oiseaux siffler. M. d'Orléans faisait l'empressé et le passionné en parlant i la reine; je ne l'ai jamais vu siffler avec plus d'indolence qu'il siffla une demi-heure en entretenant Guerchy dans la petite chambre grise, retz, ii. Je les rassemblerai, comme le pasteur en sifflant rassemble son troupeau, saci, Bibt*, Zachar. i, 8. C'est un petit jeune homme i quatre pieds de terra.
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nomme de qualité qui revient de la guerre, Qu'on voit toujours sautant, dansant .gesticulant, QuivoU3 parle en sifflant, et qui siflle en parlant, begnard, Dislr. I, 4. Il II sifde en parlant, sa prononciation est accompagnée d'un certain sildement, ce qui Arrive surtout quand manque quelque dent de devant. || Siffler en paume, disposer la paume de la main au devant de sa bouche, de manière à produire un silllement prolongé. || Kig. et familièrement. Il n'a qu'à siffler, il n'a qu'à faire connaître sa volonté pour être obéi. Mais qu'entends-je de certains personnages qui ont des couronnes, je ne dis pas des comtes ou des marquis, dont la terre fourmille, mais des princes et des souverainsT ils viennent trouver cet homme dès qu'il a sifflé, ils se découvrent dès son antichambre, et ils ne parlent que quand on les interroge, la bbuy. xil. Il 11 n'y a qu'à sifller et remuer les doigts, c'est une chose fort aisée. ||2" Par extension, faire entendre un bruit aigu en respirant, quand la respiration est gênée. Sa poitrine siffle. || 3" 11 se ni du son aigu que font entendre certains animaux, le serpent, le cygne, etc. quand ils sont en colère. La Discorde, à l'aspect d'un calme qui l'ofTense, Fait siffler ses serpents.... boil. Lutr. i. Hé bien I filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes î Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes? RAC. Andr. v, 6. || Fig.... i son rire moqueur Le serpent de l'envie a sifflé dans son cœur, piron, Métrom. m, 4. || 4- Il se dit du bruit aigu que fait le vent, une flèche, une balle de fusil, etc. Ce volume eflroyable.... Va frapper en sifflant l'infortuné Sidrac, boil. lutr. v. L'air siffle ; une horrible tempête Aujourd'hui gronde sur ta tête ; Demain tu seras dans le port, J. B. Rouss. Odes, a, 4. [Le vent] Siffle et frappe la voile à grand bruit déchirée, delille, En. i. Le vent du nord se faisait sentir souvent dans notre château ; je l'entendais siffler la nuit à travers les longs corridors de notre demeure, stael, Corinne, xiv, l.||Au manège, siffler la gaule, la faire siffler pour avertir le cheval, quand il se ralentit. || 6° Siffler sur, désapprouver, blâmer. La Marans était l'autre jour seule en mante chez Mme de Longueville; on sifflait dessus, sÉv. ii févr. 1072. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. \\ 6' V. a. Chanter un air en sifflant. Il siffle un air entre les dents. Ce serin siffle plusieurs airs. || 7° Appeler en sifflant. Je sifflai vainement le chien du pauvre prêtre, LAHART. Joe. ÉpH. \\ 8° Siffler un oiseau, siffler près de lui pour lui apprendre à siffler des airs. II donne pension à un homme qui n'a point d'autre ministère que de siffler des serins au flageolet, et de faire couver des Canaries [canaris!, LA bruy. xiii. Il Fig. Siffler la linotte, voy. linotte. H Fig. et familièrement. Siffler quelqu'un, l'instruire de ce qu'il doit dire ou faire en certaine occasion. Un docteur politique qui les a siffles, et qui leur a mis 4ans la tête cinq ou six mots de notre Tacite.... leur a recommandé le secret ou la dissimulation, BALZAC, De la cour, 2* dise. \\ 9° Témoigner sa désapprobation, soit à coups de sifflet, soit par quelqu'autre bruit. Et siffler un jeune moineau Qui parlait comme un étourneau, scarr. Virg. vii. il fut sifflé de tout l'auditoire, rollin, Hist. ane. Œuvr. t. V, p. 632, dans pougens. En Angleterre, oîi l'on élève Shakespeare au-dessus de Corneille, et ■où l'on siffle ceux qui l'imitent, volt. Coimn. Corn. Item. Ilérael. v, 8. Ils m'ont sifflé; mais si jamais je puis les rassembler 1 beaumarcii. Barb. de Sév. I, 2. Il chassa de Rome et de l'Italie Pilade luimême, pour avoir montré du doigt et fait remarquer un spectateur qui le sifflait, bernardi, instit. Uém. inscr. et belles-lett. t. viii, p. 297. || Absolument. Si un auteur hasardait aujourd'hui sur le théâtre une telle incongruité [Séleucus peint comme un amant, et efifectivement assassiné], Eorame on se récrierait ! comme on sifflerait I VOLT. Comm. Corn. Item. Rodoy. v, 6. || Au passif et impersonnellement. Au beau drame de Cloopalre, Où fut l'aspic de Vaucanson, Tant fut sifflé, qu'à l'unisson Sifflaient et parterre et théâtre; Et le souffleur, oyant cela. Croyant encor souffler, siffla. LEiiRUN, Épigr. sur la Cléopatre de ilarmontel. Il 10* Fig. Désapprouver avec dérision. Si j'allais, madame, accorder vos demandes [changer le style ofriciel des notaires]. Je me ferais siffler de tous mes compagnons, mol. Femmes sav. m, 2. Qu'elle nous mette au rang des grands et beaux esprits Un benêt dont partout on siffle les écrits, lu. ib. I, 3. Mais bien que ses durs vers, d'épithètes enflés. Soient des moindres grimauds chez Ménage -siffles, BOIL. Sat. IV. Faire siffler Cotin chez nos
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derniers neveux, m. ib. ix. ô vieux Deny», je me ris de ton glaive; Je bois, je chante et. je siffle tes vers, bérano. Damoclés. \\ 11* Populairement. Boire. Siffler une bouteille. La long de la journée Je siffle autant que trois. Chanson bachiqu» dans FR. uiciiEL, Argot. \\ On a dit de même : Siffler la rrttie. Vaut mieux à .Saint-Dcnys Être dessous la mitre à siffler la rôtie, Et prendre du tabac. Que de se faire peidre au milieu des combats. Chanson nouvelle, dans fr. Michel, Argot.
— REM. On a dit chifflcr jusqu'au commencement du XVII* siècle : Encore que.... Il méritasl au Louvre estre chifflé des pages, réonier, Sat. x. La calomnie a eu le succès qu'elle méritait : elle a été chifflée, où elle pensait être applaudie, balz. Lit. xxvii, lett. 9.
— HIST. xm* s. Et dient que Mahommes et sa loiz ne vaut rienz, et ne s'en font se chiffler non, guill. de tyr, t. II, p. 6)4. Molt [elles] i jetent à grant fuison Biax gas, biax dis, biel acointier, Com il convient à tel mcstier, Ciflent et gabent et si rient, GUI DE cambrai, Barl. etjos. p. 220 || xiv*s. Adonc commença ledit Jehan le boulier à sibler et crier si hault.... du cange, sibuJare. ||xv* s. Tenez vous cy quoy, et ne vous avancez, jusquos à tant que je sifflerai, froiss. il, li, 6. Le comte siffla un lévrier qu'il avoit delez lui, m. n, m, )3. Le suppliant yssit de la taverne et oyt subier, et alors Chauveau subla aussi, du cange, ib. La femme: Guillot est un bon compagnon. — GuiUot : X bien siffler [boire] ne faulx jamais. Recueil de farces, dans FR. MICHEL, Argot. \\ xvi* s. J'oy [j'entends] d'autre part le pivert jargonner, Siffler l'escouffle [milan] et le butor tonner, marot, i, 223. 11 menace, qu'en siblant, il fera venir les peuples infidèles pour destruire Israël, calv. Inslit. 220. Ses compagnons ne faillirent pas, dès qu'ils ouïrent siffler l'amorce [de la mine], do prendre leur course, d'aub. Ilist. ii, 1 35. Au bransle de ces gens tout ce qui demeui;oità la cour estoit sifllé, ID. i6.ii,480. CesrefTormezéstoient ravis de joie d'ouir siffler les balles de Paris,», ib. m, <8l. Des oiseaux qui parlent, sublent et sifflent, paré. Animaux, 20. Nous ne sifflons pas noz paroles de lèvres comme les serpens, DUBELL. I, 12, reeto. Et ceux dont plus j'estoy favorisée Sifflent sur moy d'une longue risée. Se vergongnans de m'avoir voulu bien, id. vu, oc, verso. Sifflant en paume, je me rendrai à vous, COTORAVE. Frappant et jouant des doigts sur le pommeau de son espée, sublant ou sifflant, lequel que l'on voudra, ou tous deux, une chanson du pays fort harmonieusement, noel du fail, Propos rustiques, <8l, dans jaubert, Gloss. du Berry
— f.TYM. Berry, sibler, sttbler, ehiffler; wallon, hufler ; namur. ehuffter; bourguig. subliai ; châtillonnais, sui/Icr : provenç. siblar, ciblar, siular, esehiular; catal. st'ular, xiular; cspagn. silbar; portug. sibilar; ital. sibilare , sibillare ; du lat. sifilare, pour les formes en f, et sibilare, pour les formes en b. De sibilare, les étymologistes rapprochent <ii!t>).ô;, creux, oiçuv, siphon.
f SIFFLEUIE (si-fle-rie), s. f. L'action de siffler, comme marque d'improbation. J'ai bien peur que les ciseaux de la police n'aient coupé le nez à Minos [tragédie] ; quelques bonnes gens auront substitué des vers honnêtes à des vers un peu hardis, et c'est encore un encouragement à la sifflerie ; car vous savez que ces vers si sages sont d'ordinaire fort plats et fort froids, volt. Lett. Marin, 13 nov. )772.
HIST. XVI* s. Sifflerie, cotgbave.
SIFFLET (si-flè ; le t ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : des si-flè-z aigus ; sifflets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. || 1* Petit instrument avec lequel on siffle. Les machinistes sur les théâtres se servent d'un sifflet pour commander les manœuvres. Gai voyageur, j'ai mes pipeaux à prendre Pipeaux qu'un sourd a traités de sifflet, bé- RANG. Cordon. || Jeu du sifflet, jeu qui consiste à faire passer un sifflet de main en main, tandis qu'une personne cherche à le saisir. || Dans la marine, les maîtres d'équipage des vaisseaux, les patrons de chaloupe ou de canot sifflent pour commander les manœuvres; le sifflet dont ils se servent est en métal, en argent ou en cuivre. Les maîtres d'équipage porteront toujours, lors qu'ils seront de service, une chaîne d'argent au col avec la plaque aux armes du roi, et le sifflet de commandement, Ordonn. du I*- février, (702, art. 21. Il î* Coup de sifflet, l'action de souffler dans cet instrument, et le bruit qui en résulte. Un bon coup de sifflet va vous être lâché, pis. Mé-
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Iront. iT, M, Je m'en tiens 1 mon lot, qui est un peu de gloire et quelques coups de sifflets, volt. Utt. Uousiinol, oct. 4737. Puis un souffle d'en haut se lève, et toute chose Change, tombe, périt, fuit, meurt, se décompose. Comme au coup de sifflet des décorations, lamart. llarm. iv, «3. Il Fig. On les rassemblerait d'un coup de sifflet, le dit de personnes, éloignées i la vérité les unes des autres, mais se pouvant réunir facilement au premier signal. Nous espérons que toute cette noblesse pourra bientôt être renvoyée; on la rassemblerait dans le besoin avec un coup de sifflet, sév. 6<4. Il 3* Improbation manifestée par des coups de sifflet ou par quelque autre marque de mépris. Aa mauvais goiit public la belle y fait la guerre; Plaint Pradon opprimé des sifflets du parterre, MIL. Sat. X. Mais quand sifflets prirent commencement. C'est (j'y jouais, j'en suis témoin fidèle). C'est a l'Aspar du sieur de Fonlcnelle, rac. Epigr. vm. Même on m'avait pronostiqué Ce sifflet tant épouvantable. Avec quoi le public choqué Régale un auteur misérable, tolt. Zaïre, iett. On n'entend point i cent lieues le bruitdcs louanges; celui des sifflets est perçant et porte au bout du monde, ID Lett. Mme Duboeage, 3 sept. )7G8. ||4* Fig. et populairement. Le conduit par lequel on respire. Ce conduit qu'on nomme le sifflet, par où entre l'air do la respiration, df.sc. Meth. v, 5. Ouf! bail je n'en puis plus, vous serrez le sifflet, regnakd, U Distr. V, «. Il Couper le sifflet, couper la gorg«, tuer. Arme-toi d'une sainte ,rage. Et, coupant le sifflet au roi. Venge Rome, l'État et moi, Henriade travestie, v. ||Fig. Couper le sifflet, interrompre, interloquer, mettre hors d'élat de répondre. Si vous voulez que je dise des merveilles, que monsieur ne me vienne pas couper le sifflet, Trod. de Don Quichotte, dans leroux, Diet. comique. \\ 6* Ce qui a la forme d'un coin, d'un biseau, par analogie avec l'extrémité d'un sifflet. Tailler une pièce de bois en sifflet, lui donner cette forme. || Terme de jardinage. Grcfl;e en sifflet, voy. anneau. || Terme de vétérinaire. Échancrure faite sous la piuce d'un cheval atteint d'une scime, pour empêcher l'appui du fer sur la partie de la paroi qui est fendue. Il 6* Terme d'artillerie. Défaut de fabrication des bouches à feu en bronze. Les traces ou sillons formés par les gaz se nomment sifflets, Traité d'artillerie du gén. Piobert. || 7* Terme de maréchalcrie. Ouverture que les ignorants ont imaginé d» pratiquer sous la queoe du cheval poussif, pour faciliter sa respiration. ||8* Fig. Style qui ne flatte pas l'oreille. Le style marotique a depuis quelque temps gâté un peu la poésie.... on entend dans quelques pièces de morale les sons du sifflet de Rabelais parmi ceux do la fliile d'Horace, volt. DicI. phi J. Style, 2. Il 9* Au plur. Terme de métallurgie. Scories qui s'attachent au ringard. || Pruverbc. Si vous n'avez point d'autre sifflet, votre chien est perdu, vos chiens sont perdus, si vous n'avez pas d'autre moyen de succès, vous ne réussirez pas.
UEM. Autrefois on disait aussi chifflet : Gué-
naut dit que ce livre [de Chifflet, sur le quinquina) est un coup de chifflet qui a étourdi les cailles,
GUI patin, Lett. 15 fév. 1054.
— HIST. XIII* s. Maintenant que il vit le roy sur le flum, il sonna un siblet, et au son du siblet.... joiNV. 249. Il XV* s. Ipsi supplicanles audierunt aliquos sibulos, sive sifflez gallice, du cange, ribiiluj. ||xvi* s Tous ces mots allechans Font souvenir de l'oyseleur des champs. Qui doucement fait chanter son sublet, Pour prendre au bric l'oiseau nyce et foiblet, mahot, i, 254. Ces glandes humectent non seulement la langue, mais aussi toutes les autres parties de la bouche, comme le sifflet et l'estroit de la gorge, paré, iv, 2. Sifflet [cabaret], gentil secours de nostre vie, Avale-soing. chasse-melancolie, Quant par ton bruit, sans bouchon, l'on entend Aussi soudain où le bon vin te vend, B. BELLEAU, Berger, t.i, p. 182, dans lacdbhe.
— ÉTYM. Diminutif d'un substantif supposé, tiffie, représentant le lat. sibilus; norm. sublet; picard, ehiflot ; bourguig. tubl6; Berry, ebifftet, subltt
SIFFLEUR, EUSE (si-fleur, neù-z'),J.m. || 1* Celui, celle qui siffle. Oh 1 pour le coup, voilà les siflîeurs pris pour dupes, et les marchands de sifflets ruinés, dancourt, la Femme d'intrigues, v, 2. Je ne vois.... que des siffleurs dispersés et prêt» i se répondre, lesage. Critique de Turcaret. || Le bouvreuil. H 2* Adj. Les oiseaux siffleurs. J'entends les gais pinsons et les merles siffleurs, V. HUGO, florrfol. Il Terme de vétérinaire. Cheval siffleur, voy. corneub.
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— UIST. XTI* 8. Donques, sifflcurs pjuveurs] compagnons de cet ordre, Vivez unis, en paix et sans desordre, Vivuz heureux, et buvez à longs traits, R. BELLEAu, Berger.l. i,p. <63, dansLACUHNE.
— ÊTVM. Sifller.
t SIFFLOTER (si-llo-té), V. n. Siffler souvent ou négligemment. || Activ. Siffloter un air.
— ÊTVM. Fréquentatif de sifper.
tSIFILET (si-fi-lè), i.m. Espèce d'oiseau de paradis.
I SIGË (si-jé), ». f. Littéralement. Le silence, un des deux principes qui constituent le dualisme valenlinien.
— ÉTYM. Siy^, le silence.
t SIGILLAIRE (si-jil-lê-r'), adj. Qui a rapport aux sceaux. L'histoire sigillaire de telle ville. Les pierres sigillaires des oculistes romains.
— ÉTYM. Lat. sigillum, sceau (voy. sceau). SIGlLLfi, ÉE (si-jil-lé, lée), adj. Marqué d'un
sceau. La souche est dite sigillée, quand elle présente de dislance en distance des traces ressemblant à l'empreinte d'un cachet; par exemple: le sceau de Salomon. |{ Terre sigillée, voy. bolaire. On imprime sur cet ocre le sceau duGrand Seigneur ou celui du gouverneur de l'île; de là vient le nom de terre sigillée qu'on a donné à ce bol, bro.v ONiART, Traité de min. t. i, p. 548, dans pougens. Il On a dit sigellée : terre citrino ou sigellée, le cent payera 40 sols. Tarif, <8 sept. 1664.
— HiST. XIV* s. Terre scelée, u. de mondeville, f* 75, verso.
— ÉTYM. Lat. sigillatus, de sigillum [yoy . sceau). t SIGILLOGRAPHIE (si-jil-lo-gra-fie), s. f. Description des sceaux. La sigillographie byzantine.
— ÊTYM. Lat.sigiUum, sceau, et Yj/içsiv, décrire. SIGISBitE (si-ji-sbée), s. m. Homme, dit aussi
cavalier servant, qui fréquente assidûment une maison et se montre très-empressé auprès de la maîtresse. On nomme hardiment amour un caprice de quelques jours.... des simagrées de sigisbée,une froidehabitude.... volt. Dict. phil. Amour. Je remplis, en ces lieux, des fonctions qui consistent à venir dîner tous les jours, à découper à table, à raconter des histoires, à être l'ami de monsieur, le chevalier de madame; c'est ce qu'on appelle en Italie le sigisbée, scribe, dupin et du- MERSAN, la Pension bourgeoise, se. 2. Le duc avait chez lui, sans s'en douter el dans la mémo personne, un sigisbée précieux et une duègne incomparable qui ne lui coûtaient rien, SCRIBE, Nouvelles, la Maîtresse anonyme, § 8. || Quelques-uns écrivent et disent cicisbée.
— ÉTYM. Ital. cicisbeo, galant, dameret, qui vient, d'après Pasqualino, cité par Diez, du français chiche, petit, et beau.
t SIGISBÉISME (si-ji-sbé-i-sm'), s. m. État d'un sigisbée ou des sigisbées. Sordeuil s'assit à côté de Mme d'Épernoz, en homme décidé à maintenir les droits du sigisbéisme qui venait de lui être conféré, en. de Bernard, la Peine du talion, § 2. Il Habitude, coutume d'avoir des sigisbée».
f SIGLE (si-gl'), s. m. Se dit des lettres initiales employées comme signes abréviatifs sur les monuments, les médailles et dans les manuscrits anciens. Il y a des sigles dans lesquels une même lettre est doublée. Le système de tachygraphie ou sténographie antique consistait soit en abréviations, soit en signes tout à fait spéciaux : dans la première espèce, on consacrait le C pour signifier Caius; le P pour Publius ; D pour dedicat;S. P. Q. R. senatus pnpulusque romanus, etc.; c'est ce que les Romains appelaient litterx singulœ, dont ils ont fait par abréviation siglx et nous sigles, FEUILLET DE coNCHES, Couser. d'uncurif ui, t. n, ch.7.
— REM. Certains auteurs l'ont fait féminin; mais on doit préférer le masculin à cause de son origine neutre.
— ÉTYM. Les élymologistes latins disent: «ngula, caractères isolés, d'où singla, sigla.
t SIGMA (si-gma), ». m. La dix-huitième lettre de l'alphabet grec.
— ÉTYM. ïif(li.
t SIGMATIQUE (si-gma-ti-k'), adj. Qui a rapport au sigma. Aoriste sigmatique, l'aoriste premier dans les verbes grecs, parce qu'il a le sigma pour lettre formativo.
t SIGMATISMK ( si-gma-ti-sm'), ». m. Emploi fréquent de mots où le sigma se trouve. Le sigmatisme d'Euripide était célèbre, jl Par extension. Multiplicité des lettres sifflantes dans une même phrase.
— STYM. £iT|<.aTta|ii:, de oCYua, sigma.
t SIGMOÏOAL, ALB (si-gmo-i-dal, da-l'), odj. Sy- Qiinymo de sigmoi^de.
SIG
SIGMOÏDE (si-gmo-i-d'), adj. Terme d'anatomie. Qui a la forme d'un sigma. || Cavités sigmoïdes du cubitus, deux cavités de l'extrémité humérale de cet os, distinguées en grande et petite. Il Valvules sigmoîdes ou semi-lunaires, nom donné à trois replis membraneux que présente l'orifice de l'artère pulmonaire dans le ventricule droit du cœur.
— ÉTYM. EiY(iO£i5^|ç, de «xÎYita, sigma, et eîôo;, forme.
f Sir.NAGE (si-gna-j'), ». m. Dessin d'un compartiment de vitres tracé sur le verre, à la pierre noire ou au blanc, et qui sert pour les panneaux et autres ouvrages.
— ÉTYM. Signe.
SIGNAL (si-gnal), ». m. || 1° Tout ce qui sert d'avertissement entre personnes qui sont d'intelligence. Tu veux m'assassiner, demain, au Capitole, Pendant le sacrifice, et ta main pour signal Me doit, au lieu d'encens, donner le coup fatal, corn. Ci'nno, V, I. C'était alors qu'il fallait sortir [de Jérusalem menacée] ; c'était le signal que le Fils de Dieu donnait aux siens, Boss. Hist. u, 9. Déployez en son nom cet étendard fatal. Des extrêmes périls l'ordinaire signal, bac. Baj. I, 2. Et criez pour signal : Vive le roi Joasl m. Ath. v, 4. Déjà de tout le camp la discorde maîtresse Avait sur tous le. yeux mis son bandeau fatal, Et donné du combat le funeste signal, œ. Iph. v, 6. La trompette a jeté le signal des alarmes, lamart. Nouv. médit, les Prélud. Il Fig. A la vue du sacré signal [la croix] où se renferme l'idée et la représentation de toutes ses merveilles [du Sauveur], boss. Lett. sur l'ador. delà croix. \\ Fig. Donner le signal, donner le premier l'exemple de quelque chose. Donner le signal de la révolte. || 2» Nom de moyens de diverse nature employés pour porter au loin et rapidement des nouvelles, des ordres, etc. Dans tous les temps et dans tous les pays, on a été fort curieux de trouver et d'employer des moyens de recevoir et de donner aux autres de promptes nouvelles;"et les signaux par le feu en sont un des principaux, rollin, llist. anc. Œuvr. t. viii, p. 1 69, dans pougens. Cet artifice des signaux qui fait une partie de l'art militaire, appartient proprement à l'histoire des Grecs, et montre jusqu'à quel point de perfection ils avaient porté toutes les parties de ce grand art, ID. ib. t. VIII, p. M9. Il [Mardonius] fut si flatté de s'être emparé d'un pays désert, que, par des signaux placés de dislance en distance, soit dans les îles, soit dans le continent, il en avertit Xercè.s, qui était encore à Sardes en Lydie , barthél. Anach. Introd. part. Ii, sect. 2. || Terme de marine. Signe ii.dicatif de certains ordres ou de certains avertissements. Les signaux sont faits, pendant le jour, avec des pavillons, des flammes, des guidons, avec des vergues mises dans des positions diverses, avec des voiles flottant au vent, carguées, serrées à demi ou tout à fait ferlées, avec des coups de canon ; pendant la nuit, avec des fanaux, des amorces ou des fusées, jal. Signaux de jour. Signaux de nuit. Signal de détresse. Je dois dire que les Anglais, qui ont été nos maîtres, nous ont avoué que le vieux Tromp avait été le leur; que c'est lui qui a mis en règle tous les signaux dont nous nous servons, et qu'avant lui tous les combats de mer se décidaient uniquement ou par la valeur ou par la fortune, Uém. de Villette, 4 672, dans jal.... Que le Brésil avait adhéré aux propositions du gouvernement impérial pour l'adoption d'un code international de signaux maritimes, Moniteur universel, 22 juill. <868, p. 1092, i" col. Il Fig. Boissy m'écrivit une lettre qui était un vrai signal de détresse , iiarmontel , Kém. y. Il Qualité, appropriation. Quilles d'un même signal, quilles pouvant servir à des bâtiments de même échantillon. Il Terme de pêche. Se dit d'une bouée de liège, d'un morceau de bois sec ou d'un faisceau de roseaux, flottant sur l'eau, pour désigner l'endroit où ont été placés des filets et des cordes. ||3° Nom donné aux points de repère dans des mesures trigonométriques. Il nous reste un problème intéressant à résoudre, c'est de déterminer les longitudes, les latitudes de tous nos signaux, et leurs distances à la méridienne de Dunkerque, ainsi que leurs distances à Dunkerque comptées sur la méridienne, delamhhe, Abr. astron. 3' leçon. Il 4° Auplur. Signaux, mesure de police sanitaire ayant pour but de faire connaître l'existence d'une maladie contagieuse dans une étable ou dans une commune. L'article 6 del'arrêt du 3) janvier mt, particulier aux cas de typhus contagieux des bêtes bovines, ordonnait de placer ces signaux à la porte
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des Stables infectées et à l'entrée des chemins et avenues. Ij B" Fig. Ce qui annonce et provoque une chose. La prison du roi [Jean] fut dans Paris le signal d'une guerre civile ; chacun pense alors à se faire un parti, volt. Mœurs, 76. || 6° Signaux, les gros grains qui forment les séparations entre les grains de chapelet, de laborde, Émaux, p. 49»,
— HIST. XIII* s. Sept signaulx [sceaux , cachets] y a en un livre, Que Dieu, qui sict ou trosne, livre À l'aignel qui sept cornes a Et sept yeulx.... J. DE MEUNG, Tr. 1 23. Et en chascune chartre avoit le sceau et le seigneau dou rei et dou patriarche, Ass. de Jérus. i, 26. Maintenant qu'il voient aucuns voilles [de navires], si font feu ou fumées pour soignai, marc pol, p. 662. || xv* s. Treize signaulx d'or, faiz à CC et à fusilz, pour mectre à patenostres, de laborde. Émaux, p. 499. ||xvi* s. On entendit les canonnades redoublées qui se tiroyent dudit camp, pour signal à leur cavallerie de s'y venir joindre, lanoue, 668. Je vous supplie, pour signal de mon afTection envers vous, vouloir estre successeur de ma bibliothèque. Paroles de la Boétie à Montaigne, dans mont. Lettre v.
— ÉTYM. Provenç. segnal, senhal, seynal ; catal. senyal; espagn. senal; portug. sinal; ital. segnale ; bas-lat. signale ; du lat. signalis, mis eu forme de signe, de signum, signe. L'ancienne langue avait signacle, qui venait de signaculum.
SIGNA Lt5, ÉE (si-gna-lé, lée), port, passé de signaler. || 1° Marqué par quelque signe. Sacrés monts, fertiles vallées. Par cent miracles signalées, RAC. Eslh. 1, 2. Vous savez avec quelle précaution les vaisseaux évitent les écueils signalés par les naufrages des premiers navigateurs; ainsi, dans mes voyages, je mettais à profit les fautes de mes semblables, babthél. Anach. cb. 78. || 2° Remarquable. H. Estienne prétend que nous pouvions nous passer de signalé, qu'on ne le disait même plus de son temps qu'en parlant des personnes, et qu'on n'imitait pas encore les Italiens qui disent viiii segnalati; mais aujourd'hui on dit fort bien avec M. de Voiture : Vous leur ferez une faveur signalée (voit. Lett. 41), VAUGEL. Nouv. Rec. obs. de il***, p. 319. Voici une des plus signalées sottises que j'aie jamais faites, retz, Mém. t. a, liv. m, p. 36. Consultons sur ce point quelque auteur signalé, boil. Lutr. iv. Le roi [Louis XV] dit que, depuis la bataille de Poitiers, aucun roi de Franco n'avait combattu avec son fils, et qu'aucun depuis saint Louis n'avait gagné de victoire signalée contre les Anglais, volt. Louis XV, 15.
SIGNALE.MENT (si-gna-le-man), ». m. Description d'une personne qu'on veut faire reconnaître. Prendre le signalement de quelqu'un. Oh ! je vous ai reconnu d'abord à votre signalement, beau- MARCH. Barb. de Sév. n, 13. || Description qu'on donne de la figure d'un criminel pour le faire arrêter. || Énumération des particularités qui peuvent faire distinguer un animal d'un autre. Voilà son signalement [d'un oiseau] fait en trois coup» de crayon, buff. Ois. t. vi, p. 81.
— ÉTYM. Signaler.
SIGNALER (si-gna-lé), V. a. || 1* Anciennement (sens aujourd'hui inusité), faire par écrit une espèce de description de la personne d'un soldat qu'on enrôle, indiquant son âge, sa taille, la couleur de ses cheveux. Signaler les soldats de recrue. Il 2" Donner le signalement d'une personne qu'on veut faire reconnaître. Il est signalé à la police. || 3" Par extension. Appeler, attirer l'attention de quelqu'un sur une personne, sur une chose. Signaler quelqu'un à l'autorité. Les vues ingénieuses d'après lesquelles le docteur Young signala le premier à l'attention des physiciens la loi d'Huygens sur la double réfraction, biot, Instit. Mém. acad. se. t. m, p. (82. Il 4* Terme de marine. Donner avis par des signaux. Un fanal signale de loin ce banc de sable. Une flotte française très-considérable vient d'être signalée; on craint une descente, al. duval, Edouard en Ecosse, m, )o. || On dit aussi : signaler des ordres , des instructions, des avis. || Par analogie et dans le langage ordinaire. Il dit, s'éloigne.... et sans retour La dernière feuille qui tombe A signalé son dernier jour, millev. Élég. 1, 1. 1| B* Fig. Rendre remarquable en bonne ou en mauvaise part. Nous nous consolons aisément dos disgrâces de nos amis, lorsqu'elles servent à signaler notre tendresse pour eux, la rochefouc. Max. 235. Jean Hyrcan, qui l'avait suivi [Sidetes] dans cette guerre avec ses Juifs, y signala sa valeur, boss. Wiîl. I, ». Cet empereur.... Qui soupirait le soir, si sa main fortunée N'avait par des bienfaits signalé
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la journée, BOii. ÉpU. i. Entre le» noms fameux Qu'une pareille haine a signalés contre eux |los Romains], RAC. tfifhr. v, 5. X peine elle vous vit, Que votre exil d'abord signala son crédit, ID. Phèdre, i, l. La bataille de Jarnac, suivie do plus de vingt combats, signala l'année (509, qui finit par la bataille de Mont-Contour, la plus meurtrière do toutes, VOLT. Ilist. pari, xxviii. Celle {maison] d'York, dont la marque était la rose blanche, et celle de Lancastrc, qui portait la rose rouge; on compte jusqu'à trente batailles qui signalèrent la haine des deux partis, duclos, Œuvr. t. II, p. 400. Il 6* Se signaler, v. réft. Se distinguer, se rendre remarquable en bien ou en mal. Il [le prince d'Orange] avait envie de se signaler par un grand combat, et croyait en avoir trouvé l'occasion favorable, pellisson, Lelt. hist. t. m, p. 2«5. André Osiander s'était signalé parmi les luthériens par une opinion nouvelle qu'il y «vait introduite sur la justification, BOss. For. vin, H . Hé bien! je me trompais, Burrhus, dans mes soupçons, Et vous vous signalez par d'illustres leçons, BAC. Brit. m, 3. Par une belle chute il faut me signaler, id. Bajaz. iv, 7. Rien n'égale les horreurs par lesquelles se signalèrent les Armagnacs et les Bourguignons, duclos, (Euvr. t. v, p. 5fl. Je le vis alors cet Alexandre, qui depuis a rempli la terre d'admiration et de deuil; il avait dix-huit ans, et s'était déjà signalé dans plusieurs combats, BAHTHÉL. A nocA. ch. 82. Il Absolument. Se signaler, faire de grands efforts pour quelque chose. Pour madame de Coulanges, elle s'est signalée, sÉv. 423. Les habitants de Thessalonique, affectionnés pour la gloire de leur prince et naturellement portés à toute sorte de spectacles, se signalèrent en celte occasion, FLÉCH.iïisî. de ï'Arfodose,iv, i.
— HIST. XVI* s. Capitaines segnalez, langue, 203. Des émulations bonnestes, à qui se signaleroit le plus, tant à bien obéir qu'à bien commander, ID. 220. Aiant signalé soi et son cheval de casaques, d'escharpes, bardes, et pennaches au chanfrain et en croupe.... il se signalla à bon escient, d'aub. llisl.u, 3(0.
— EiYM. Signal; provenç. signalât; catal. senyalar; espagn. senalar ; portug. sinalar; ital. segnalare.
t SIGNALÉTIOCE (si-gna-lé-ti-k'), adj. Terme de police. Oui contient le signalement. État .signalétique.
— f.TVM. Signaler.
SIGNATAIRE (si-gna-tê-r'), s.m.e\.f. Celui, celle qui a signé. I.e signataire , la signataire de cet acte. A le voir |?<apoléon] prendre pour confident de son Acte additionnel le signataire tout récent [Benj. Constant] de la protestation publique contre son despotisme, villemain. Souvenirs contempor. les Cent-Jours, ch. 6.
— ETYM. Signer.
SIGNATURE (si-gna-tu-r'), ». f. \\ l' Le seing d'une personne écrit de sa main au bas d'un acte, d'un titre. Une fausse signature. Reconnaître une signature. Un homme me disait l'autre jour : c'est un crime que sa signature [de M', de Pompone, au bas d'un accommodement avec les jésuites, à cause du nom d'Arnauld qu'il portait, persécuté pour jansénisme], SÉv. 8 déc. (079. Vous me parlez, ma bonne, de cette héroïque signature que vous avez faite pour lui [Mme de Grignan s'engageant pour son mari], id. 6 nov. (076. La défense si expresse qu'on a faite à leur auteur [MmeGuyon, auteur d'ouvrages mystiques] de les répandre, à quoi elle s'est soumise par sa signature, boss. Et. d'orais. x, 2(. Il faut qu'ils [les historiens] soient encouragés autant au moins pour ce qu'ils feront, que le furent les Boileau, les Racine, les Valincourt, pour ce qu'ils ne firent point, et qu'on ne dise pas d'eux ce que disait de ces messieurs un commis du trésor royal, homme d'esprit: nous n'avons vu encore d'eux que leur signature, volt, tft'i. hiii(. Fraym. sur Vhisl. xiii. || Kig. Parmi nos poètes modernes, Voltaire a, comme Corneille, le rare avantage d'offrir souvent do ces vers heureux qui appartiennent au poëte, et qui sont comme sa signature, d'alemb. éloges, Desprtoui, note (2. Il 2° Terme de banque et de commerce. Le seing que met un banquier, un commerçant sur des billets qu'il garantit de la sorte. La banque doit toujours veiller à ce qu'il n'y ait pas dans son portefeuille de signatures collusoires, de ces signatures qu'on appelle du papier de circulation, a. duband, Enq. sur la banq. I807, p. 200. || Jetons de signature, l'indoinnité qui, dans les compagnies financières, est Allouée aux administrateurs, directeurs ou agents |
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comptables chargés d'apposer una signature au bas des titres mis en circulation, {j S* Action do signer. Ce ministre emploie par semaine plusieurs heures à la signature. || Mettre, envoyer un arrêt, une ordonnance, un brevet, un acte à la signature, le» mettre entre les mains de celui qui doit les signer ou les faire signer. L'ordonnance est à la signature. Il 4* Signature en cour de Rome, la minute originale de la concession d'une grâce, qui porte le ^ot écrit de la propre main du pape, ou le concessum écrit en sa présence. || Signature de justice, signature de grâce, nom de deux tribunaux étalilis à Rome pour connaître de différentes sortes d'affaires. || 5« Terme d'imprimerie. Lettres de l'alphabet qu'on met au bas des feuilles, et qu'on recommence, en 1rs doublant, lorsque l'alphabet est fini, pour servira guider les relieurs, en leur faisant connaître l'ordre des feuilles. On n'a chiffré ni les feuillets ni les pages ; il n'y a point de signatures aux feuilles, point de réclames, CAMUS, Instit. Méin. litt. et beauz-arts, t. ii, p. «. Il On se sert aussi de chiffres pour cela. || 6* Signature des plantes,"certaincs particularités de leur conformation ou de leur coloration, d'après lesquelles on les jugeait convenables dans telle ou telle maladie. Vechiumvulgare éUal tacheté comme la vipère, on l'a appelé vipérine, et on l'a prescrit contre les morsures de cet animal. On définissait la signature des plantes, un rapport entre leur figure et leurs effets. || S'est dit aussi des caractères mystiques dont on prétendait que chaque homme était marqué par l'astre sous lequel il naissait.
— Ei'Y.M. Lat. signatura, de signare (voy. signer).
SIGNE (si-gn'; au xvi' siècle, Bèze dit : prononcez sine ; au xvii*, on trouve souvent signe écrit sine, ce qui indique la prononciation courante), j. m. Il 1" Indice d'une chose présente, passée ou à venir. Là bientôt il montra quelques signes de vie, CORN. Poly. i, 4. Oh, que voilà bien, entre vos deux yeux, un signe de longue vie ! mol. l'Av. Il, 0. S'il ne donne pas de signes suffisants de sa douleur, pasc. Prov. x. Il faut qu'on n'en puisse dire, ni il est mathématicien, ni prédicateur, ni éloquent; mais il est honnête homme.... quand en voyant un homme on se souvient de son livre, c'est mauvais signe, id. Pens. vi, (5 ter, éd. iiavet. Si je ne vous mande point le contraire, avant que de fermer demain ma lettre à Paris, c'est signe que cela est vrai, sÉv. 144. 11 [Jésus] vient au monde avec le signe de l'humilité, avec le signe de la pauvreté, avec le signe de la mortification, boubdal. Uyst.Nat. de J. C. t. I, p. (4. Et ne devrait-on pas, à des signes certains, Reconnaître le cœur des perfides humains? bac. Phèdre, iv, 2. Paul Emile, avant que de combattre contre Persée, immola de suite à Hercule jusqu'à vingt bœufs, sans trouver dans toutes ces victimes aucun signe favorable ; ce ne fut qu'au vingt-et-unième qu'il crut en voir qui lui promettaient la victoire, rollin, Ilist. anc. Œuvr. 2' part. p. 440, dans pougens. C'est bon signe quand un roi et un simple homme pensent de même, volt. Lett. au roi de Pr. 27 juill. <77o. Si quelque chose peut confirmer ce que nous avons dit au sujet de la cessation graduelle de la vie, et prouver encore mieux que sa fin n'arrive que par nuances souvent insensibles , c'est l'incertitude des signes de la mort, buff. Uist. nat. Ilom. t. iv, p. 377. Je m'en tiendrai, comme j'ai fait jusqu'à présent, à cette réflexion d'Arislote : je lui demandais à quel signe on reconnaît un bon ouvrage; il me répondit : s'il est impossible d'y rien ajouter, et d'en retrancher la moindre chose, barthél. Anach. ch. 58. I| Kig. Il ne nous a donné aucun signe de vie, il n'a pas donné le moindre signe de vie, il n'a pas donné signe de vie, se dit d'un homme absent qui n'écrit point, ne donne aucune marque de souvenir. Il y a longtemps, mon cher et illustre maître, que je n'ai entendu parler de vous, et que de mon côté je ne vous ai donné signe de vie, d'alemb. Letl. à Voltaire, (2 févr. (774. Il Donner signe de vie, signifie aussi montrer qu'on existe. M. de Marsillac a paru un peu sensible à la prospérité de la belle Fontanges, il n'avait donné jusque-là aucun signe de vie, sÉv. 4(8. Il Un signe de vie, lettre ou moyen quelconque par lequel on se rappelle au souvenir de quelqu'un. Je remercie M. de Dangeau de son signe de vie, MAINTENON, Lett. à Mme de Dangeau, t. vu, p. 93, dans POUGENS. || 2* Marque distinctive. L'Europe, l'Afrique et l'Asie reçoivent des prédicateurs dans lesquels Dieu a mis son signe, afin qu'ils découvrent .sa gloire aux gentils, boss. Ilist. ii, 4 Et notre père même, en commençant à croître,
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Nous attachait un slgn« afin de nous connoltre [doux jumeaux], beonabd, Méneehm. i, S. Il 3* Ce qui sert à représenter une chose. Les mots ne sont que les signes des idées. Les signes algébriques, géométriques. Les signes de la ponctuation. X l'égard du gouvernement despotique, ce serait un prodige si les choses y représentaient leur signe, uontesq. Bip. un, 3. Lorsque l'on a des signes de richesses, on peut faire un amas de ces signes et les distribuer a qui l'on veut, id. ib. XVIII, 47. Lettré, lâche, hypocrite et charlatan, parlant beaucoup sans rien dire, plein d'esprit sans aucun génie, abondant en signes et stérile en idées, J. J. Rouss. Ilél. iv, 3. En général ne substituez jamais le signe à la chose, id. Ém. m. Il paraît étonnant que, les signes de la musique étant restés aussi longtemps dans l'état d'imperfection où nous les voyons encore aujourd'hui, la difficulté de l'apprendre n'ait pas averti le public que c'était la faute des caractères et non pas celle de l'art, ID. Dissert, sur la mut. mod. préf. Je suis convaincu que l'usage des signes est le principe qui développe le germe de toutes nos idées, cON- DIL. Conn. hum. introd. L'arithmélique fournit un exemple bien sensible de la nécessité des signes, iD.Art de pens. 1, 6. Le plus frappant des avantages des signes, celui qui se présente le premier à la vue, est de transmettre i l'individu toutes les idées acquises par l'espèce jusqu'à lui, destutt TRACT, Jf^in. se. mnr. et pol. l. i, p. 4(«. || 4* Dans les sciences naturelles, figures ou caractères particuliers, différents des lettres proprement dites et des abréviations, qui servent à désigner certains objets, certaines qualités, ou à remplacer des phrases et des expressions qui reviennent souvent dans une description. Signes botaniques. Signes zoologiques. || 6° Démonstration extérieure pour faire connaître ce qu'on pense, ce qu'on veut. Les muets parlent par signes. On illumina en signe de réjouissance. Vous regardiez d'un autre côté ; je vous fis signe tant que je pus, voit Lett. 9. Le roi prit la parole.... et dit.... et fit un signe de tête à l'ambassadeur, qui lui fit comprendre qu'il ne voulait point de réplique, sÉv, (09. Ma pauvre tante me pria l'autre jour par signes de vous faire mille amitiés, id. (49. j'ai vu les filles de Sion la tète levée, marchant d'un pas affecté, avec des contenances étudiées, et faisant signe des yeux à droit [droite] et à gauche, boss. la Valliére. Jupiter, père et roi des dieux et des hommes, qui d'un signe de sa tête ébranle l'univers, FÉN. Tél. VIII. Je faisais signe de la main pour demander qu'on m'écoutât, id. ib. vi. Elle fit signe qu'elle ne voulait aucun soulagement, id. ib. viii. Les enfants de celte grande famille [les pythagoriciens] dispersée en plusieurs climats, sans s'èlre jamais vus, se reconnaissaient à certains signes, et se traitaient au premier abord comme s'ils s'étaient toujours connus, babthél. Anach. ch. 76. Un regard, un vain signe, un bruit léger me glace, c. delav. i'arto,iii, 4. 116° Le signe de la croix, l'aclion que les catholiques font en portant la main du front i l'estomac, puis de l'épaule gauche à l'épaule droite, en forme de croix. Faire le signe de la croix. Faire des signes de croix. Une tour... qui.... Fut bâlie en trois nuits, au dire de nos pères. Par un ermite saint qui remuait les pierres Avec le signe de la croix, V. uugo. Bail, les Deux archers. \\ Faire le signe de la croix derrière son dos, se disait des écoliers qui jetaient leurs mains par-dessus leurs épaules, en faisant avec précipitation le signe du salut, Sou», de la marq. de Créquy, t. i, p. (20. Il 7° Tenue de marine. Nom générique de tout ce qui .sert à faire un signal. || 8* Terme de médecine. Tout phénomène apparent, tout symptôme et toute disposition ou caractère par le moyen duquel on parvient à la connaissance d'effi Is plus cachés, dérobés au témoignage direct des sens. On distingue trois ordres de signes dans la maladie : les diagnostiques, les commcmoralifs et les pronostics. Il 8° Marque ou tache naturelle sur la peau. Le signe noir qu'elle avait à côté de l'œil gauche, était une des plus grandes séductions que l'amour eût attachées à toute sa personne, COMTE de CAVLLS, Conles orient. 0:uvr.l, vu, p. 409, dans POUGENS. || 10" Miracle, manifestation d'une puissance surnaturelle. Us demandent un signe; et il ne leur en sera point donné d'autre que celui du prophète Jonas, saCI, Bible, Évang. St Luc, XI, 29. Et on demande : qu'avez-vous pour vous faire plutôt croire que les autres ? quel signe faites-vousî vous n'avez que des paroles, et nous aussi, PASC. Pens. uni, a, éd. ravet. Faisant des
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signes et des prodiges que nul autre avant lui n'avait jamais faits, mass. Avent, Dispos, à la comm. Il 11* Phénomènes que l'on voit quelquefois dans le ciel et qu'on regarde comme des présages. Cela me fait souvenir d'une invention pour faire paraître des signes dans le ciel, desc. SIéléor. 8. Voici ce jour horrible où tout périt pour moi.... Que ce jour est marqué par des signes affreux 1 VOLT. Alx. I, 4. Il 12' Terme d'astronomie. Les douze constellations qui forment le zodiaque. Les douze signes du zodiaque. Hipparque fut le premier qui chez les Grecs s'aperçut que le soleil ne se levait plus au printemps dans les signes où il 8'était levé autrefois, volt. Newt. m, <o. || Particulièrement, la douzième partie de l'écliptique, division qui n'a plus rien de commun avec les douze constellations zodiacales. Les signes sont des espaces égaux, chacun do trente degrés, formant ensemble les 300 degrés du cercle de l'écliptique, BAILLY, UisL astr. mod. t. m, p. 279. Les signes du zodiaque sont actuellement séparés des constellations; ce sont deux choses distinctes, qu'il ne faut pas confondre, ID. ib. Maintenant que l'on cherche à tout ramener aux notions et aux expressions les plus simples, on commence à ne plus considérer les signes du zodiaque, et à marquer la position des astres sur l'écliptique par leur distance à l'équinoxe, laplace, Expos. \, 4. Il 13° Il s'est dit anciennement pour seing. Plût à Dieu qu'il ne fallût ni sceaux ni signes pour l'assurance de ces pactions, et que la conscience et la foi en fussent les seules dépositaires 1 malh. le Traité des bienf. de Sénèque,m, (5. || 14° Etendard (latinisme inusité; étendard se disant en latin signum). Us [les vexillaires] tenaient levés les signes militaires des cohortes, l'aigle, le dragon, le loup, le minotaure, ciiateaubb. itart. vi. || Proverbe. Jeunesse qui veille et vieillesse qui dort, c'est signe de mort.
— SYN. 1. SIGNE, SIGNAL. Le signe fait connaître, il est quelquefois naturel ; le signal avertit, il est toujours artificiel. On s'explique par signes avec les sourds ; et on convient d'un signal pour se faire entendre à des gens éloignés. || 2. signe, SYMPTÔME. En médecine, le signe est une conclusion que l'esprit tire des symplômes observés. Le signe appartient plus au jugement et le symptôme aux sens. Le point de côté est un symptôme de la pleurésie , il ne devient signe que quand par la percussion on constate de la mati té dans la poi trine.
— HIST. xni° s. Le signe de la mort estoit tel [dans une épidémie], que là où le nez seignoit, il convenoit morir, joinv. 236. || xiv* s. Icellui de Chevreuse puisse faire drecier signe de justice [gibet] à deux pilliers en lieu convenable, et faire tout ce qui à hautt justicier appartient, du cange, furca. Je di, ù qu'il ait finne amour, Ce ne poet iestre sans cremour [crainte] ; C'est d'amours li plus ciertains signes, i. de condé, t. ii, p. 301. || xv° s. Et fit tout trousser et charger, chars et sommiers, et fit signe [feignit] qu'il vouloit aller autre part, FROiss. i, I, 233. Et quant aux signes especiaulx, Li capricornes, li toreaulx, La Vierge, le mouton, l'acaire [aquarius], E. desch. Poésies mss. f" 47). Pour ce que les Lyegeois faisoient signe de soy vouloir rebeller, comm. ii, 5. Dont le connestable monstroit signe de desplaisir, ID. m, 3. || xvi' s. Sa vérité est signée par les croyans, comme quand on met signe [seing] ou paraphe en une lettre, calv. Instit. 424. Faire trois signes de croix au bcnedicite, MONT. I, 396. Et tout ainsi que c'est signe de vaillance de bien exécuter, aussi est-ce signe de prudence de bien délibérer, i.anoue, 678. Après avoir baillé le signe et le mot de la bataille, amyot, Sylla, 64. Du sel et des lentilles, que les Romains estiment signes de deuil et présage de mort, ID. Crassus, 38. 11 feit signe de la teste, qu'il avoit la voix empeschée, et qu'il ne pouvoit parler, m. Démosth. 36. Le syrop faisant signe de se moisir, après en avoir osté les fleurs de moisissure, le rebouillirez.... o.DB serres, 858. Les vertus surmonlentles signes [influences astrologiques], cotgrave.
— ETVH. Wallon, seinn; Berry, sine; provenç. ltgn«; espagn. signo; ital. segno; du lat. signum.
SIGNÉ, ÉE (si-gné, gnce), part, passé de signer. k quoi on a mis sa signature. Un ordre signé du ministre. Dans un ouvrage signé en commun, il [Féndon] montrait un dessein formé de division, auand il méprisait les pensées des autres, boss. Rem. Hi!poni«, viir, IV, n.|| Signé à la minute, tel, telle, ou tels, telles. L'on aurait tort de faire accorder le mot signé, en le mettant soit au féminin, soit au pluriel, suivant la désignation des signataires. Signé
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est là un participe dont le verbe auxiliaire est sous-entendu ; c'est comme s'il y avait : A signé à la minute, madame une telle, ou bien : ont signé à la minute, messieurs tels et tels, legcarant. Il Se dit d'une chrysalide offrant en relief plusieurs parties déjà formées de l'insecte parfait.
SIGNEU (si-gné ; au xvi* siècle, Beze dit : prononcez siner; au xvii* Chifdet, Gramm. p. 227, dit que le g ne se prononce pas; et en conformité la Fontaine, Éptlre t", met : En attendant que Mars m'en donne un [passe-port] et le sine), ». a. \\ 1° Au sens latin, faire une marque ; ce sens n'existe que dans quelques termes d'art. || Marquer les endroits des pièces de verre qu'on veut couper. || Terme de charpenterie. Marquer les bois avec la rouannetle. Il En orfèvrerie. Marquer l'argenterie avec le poinçon. Il 2" Mettre son seing à une lettre, à un acte, etc. pour le rendre valable, pour s'engager soi-même. Le mariage de Mlle d'Houdancourt et de M. de Ventadour a été signé ce matin, sÉv. 4 4. Et le roi trop crédule a signé cet édit, rac. Esth. I, 3. Ils font comme les jésuites, qui, dit-on, forçaient tout le monde à signer la constitution, sans vouloir la signer eux-mêmes, J. 3. rouss. Lelt. de la Mont. 2. Il Fig. C'est le vrai caractère que nature a gravé sur le front de ceux qu'elle a signés poètes, sculpteurs.... DiDER. sur Térence. \\ Fig. Je vous le signerais de mon sang, je suis prêt à vous le signer de mon sang, se dit pour attester énergiquement la vérité de ce qu'on avance. || Les martyrs ont signé leur confession de leur sang, ils ont souffert la mort pour la défense de la religion. Ces glorieux athlètes, qui eurent le courage et le bonheur de signer leur foi de leur sang, bourdal. Serm. 20° dim. après la Pentec. Domin. t. iv, p. 249. Il On dit de même : signer du sang de quelqu'un, faire périr quelqu'un en accomplissant quelque chose. Et du sang du tyran signez cet hyménée, corn. Iléracl. m, 4. || Signer une paix, un traité, conclure une paix, un traité. Ordonnez, et j'espère Signer en votre nom cette paix salutaire, VOLT. Àdél. du Guescl. iv, 5. || Fig. Signer la paix, effectuer une réconciliation. Le transport du vizir marquait sur son visage Qu'un heureux changement le rappelle au palais. Et qu'il y vient signer une éternclli paix, rac. Baja%. m, 4. Il 3° Absolument. Apposer sa signature. Si vous n'eussiez pas signé [Mme de Grignan s'engageant pour son mari], vous faisiez comme tout le monde aurait fait; et, en signant, vous faisiez au delà de tout le monde, sÉv. 6 nov. 4 875. J'ai dit qu'il [Fénelon] avait signé par obéissance ; quand on signe de cette sorte, on fait ce que la théologie appelle déposer son doute ou son opinion, boss. Hem. sur la réponse, vu, ix, 47. Tout est perdu, monsieur; les créanciers n'ont pas voulu signer, gol- DONi, Bourru bienfaisant, ii, C. Je persiste à croire que les philosophes m'ont daigné prendre pour leur représentant, comme une compagnie fait souvent signer pour elle le moindre de ses associés; je consens de signer, quoique j'aie la main fort tremblante, voi.T. Lett. à Schomberg, 28 mai 4 770. Si le testateur déclare qu'il ne sait ou ne peut signer, il sera fait mention de la déclaration, ainsi que de la cause qui l'empêche de signer. Code civ. art. 998. || Signer à un contrat, y mettre sa signature comme témoin ou par honneur. Assurément je ne signerais point à son contrat de mariage, sÉv. 384. Ahl sire, vous avez signé À mon contrat de mariage, bérang. Contr. de mar. Il 4» Familièrement. Signer son nom, écrire son nom, sa signature. Et quand un gentilhomme en commençant à vivre Sait tirer en volant, boire et signer son nom. Il est aussi savant que défunt Cicéron, regnard, Uénechm. m, 8. Et bien ou mal enfin je sais signer mon nom, montfleury, Femme juge et part, ii, l. Éginhard, secrétaire de Charlemagne, nous apprend que co conquérant ne savait pas signer son nom ; cependant il conçut par la force de son génie combien les belles-lettres étaient nécessaires, volt. Mœurs, 49. ||I1 ne sait pas signer son nom, il ne sait pas signer. {| 5° Signer une œuvre, se dit d'un artiste qui met son nom au tableau, à la statue, à la gravure, etc. qu'il a exécutée. || 6° Fig. Approuver. A : Que la loi règne et non le caprice. — B : Le genre humain est prêt à signer tout cela, volt. Dial. xxiv, 43. || 7° Se signer, V. réfl. Faire le signe de la croix. La vieille se signa pour l'agonie que sonnait la cloche, chatealbr. Natch. 2* part, vers le i" quart. || Avec ellipse du pronom personnel. La chimie curieuse a des transmutations, des précipitations, des détonations, des explosions..., et mille autres mer-
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veilles à faire signer mille fois le peuple qui les verrait, i. j. houss. Lett. de la Mont. 3.
— HIST. XI' s. De sa main destre [il] l'ad asols e seignet [marqué du signe de la croix], Ch. de Itol. X.XV. Ilxiii* s. Quant evesque et abbé revenront de seignier [faire le signe de la croix surf Le lit au roi Pépin.... Derte, xi. Et la roine se sina de sa main diestre, et se commanda à Dieu, Chr. de Rains, p. 20. Diex les maint et ramaigne! L'apostoles de Rome les beneïst et saigne, Ch. d'Ànt. i, 94 3. Et qui veut avoir certaine mesure et ostcr soi de péril, si face se [sa] mesure sengnier au seing le conte, et adont porra mesurer sans péril, BEAUM. xxvi, 0. Et dist le saint roi : je vourroie estre seigné [marqué] d'un fer chaut, par tel convenant [à condition] que touz vileins seremen» feussent ostez de mon royaume, joinv. 293. Madame ma mcre me dit que toute foiz que je voudroie dire aucune chose, que je appelasse l'aide du saint Esprit et que je soignasse ma bouche [fisse le signe de la croix], id. 256. ||xiv*s. Pour avoir signé et ourlé une douzaine de touailles de toille de Reins, pour servir en la chambre du roy, DE LABORDE, Émaux, p. 499. X Jehan Malin, orfèvre, pour seigner, aus armes de monseigneur le duc, V douzaines d'escuelles et xii plas d'argent, ID. 16. Il xv* s. Quant Wautre Tillier vit le roy, qui estoit arresté, il dit à ses gens : veez là le roy ; je veux parler à luy ; ne vous mouvez d'icy, se je ne vous signe [fais signe], froiss. II, p. 444, dans LACURNE. Il rua de sa massue après le très vaillant prince; mais luy, comme expert au mestier d'armes, escheva le coup, non pas si tost que l'escu, qu'il jecta au devant, ne fust un peu signé, Perceforest, t. iv, f° 46. || xvi" s. Les marques desquelles nostre Seigneur a accoustumé de signer les brebis de son troupeau, calv. Instit. 663. En beau papier je sçay tant bien signer. S'il vous plaisoit, monseigneur, me finer Un cent d'escus.... MAROT, VI, 258. On temps passé, lesThraces et Crêtes signoyent les jours bien fortunez de pierres blanches, rab. Garg. i, 4 0. Ils avoyent treuvé maie encontre, parfaulte de s'estre soignez do la bonne main on malin, id. ib. i, 25. Cassander, combien que les autres l'escrivissent et le nommassent roy, se signa tousjours comme il avoit accoustumé, amyot, Demétr. 22. Comme on luy présenta à signer la sentence, mont, ii, 4.
— ËTYM. Berry, siner, signer, se seigner, faire le signe de la croix; Génev. se signer, apposer sa signature; bourguig. seignai ; provenç. signar, senhar, senar; anc. catal. senyar; anc. espagn. seiiar; espagn. mod. signar; ital. segnare; du lat. signare, de signum, signe.
SIGNET (si-nè ; le ( ne se lie pas; au pluriel 1'» se lie : des si-nè-z effilés; signets rime avec traits, paix, succès, etc. On remarquera ici comment l'usage a conservé l'ancienne prononciation qui s'est perdue dans signe et signer), s. m. || 1° Petits rubans ou filets liés ensemble, et tenant à un bouton, qu'on met au haut d'un missel, etc. pour marquer les endroits qu'on veut retrouver aisément. Je disais autrefois de feu M. de Rennes, qu'il marquait les feuillets de son bréviaire avec des tranches de jambon : votre Valence ne mépriserait pas cette manière de signet, sÉv. 577. || 2" Petitsrubans que les relieurs attachent à la tranchefile du haut d'un livre, pour servir à y marquer un endroit. Il [la Baumelle] les fit parvenir [des vers imputés à Voltaire] à Mme de Pompadour ellemême, avec un signet qui marquait la page où elle était insultée, volt. Lett. Mme du Dejfant, 20 sept. 4769. Il 3° Dans le moyen âge, le signet était le plus souvent un anneau qu'on portait à son doigt, et avec lequel on scellait les affaires courantes. Il Nom donné aux signatures authentiques dont les notaires s'engageaient à faire usagff au bas de leurs actes, et qui étaient historiées» Signets parlants. || 4° Sceau de Salomon, plante.
— HIST. xiii° s. C'est le sinet du roy saint Loys [inscription de la bague de Louis IX, gravée en caractères du xiii* siècle à l'époque de la canonisation du saint roi], de laborde, Emaux, p. 500» llxiv s. Donné à Nantes sous notre signet de secret, DU CANGE, signetum. Quant aulcun porte les armes [armoiries], ou le signet d'aultruy, le Songe du vcrgier, i, 447. Heures couvertes de brouderie et frétées de perles à un signeau d'un rubi et de deux grosses perles, de laborde, Émaux, p. 49». Le signet du roi, qui est de la teste d'un roy, sans barbe, et est d'un fin ruby d'orient, et est celuy de quoy le roy scelle les lettres qu'il escrit de sa main, ID. ib. p. 500. Je vous pri, beaux dour
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«très, qu'ensemble nous comptons; El, s'a souidre vous ai, nous vous le remlcrons, Ou soubz noire signet [seing] le vous assignerons, Guescl. Ui»5B. Il xv s. J'ay depuis veu ung signet [cachet] à Millan que maintelTois avoyo veu pendu à son pourpoint [au duc de Bourgogne] qui cstoil ung anneau.... COMM. V, 0. L'on doit avoir un petit scel ou signet qui sera tout propre et perpétuel à signer tous les actes ou memoriaulx, Ordnnn. nov. <4»3. Il XVI" s. Ce larron ayant fait son apprentissage à Homme de contrefaire Icsescrituresel les signets, H. EST. Apol. d'Ilérod. p. )&7, dans lacurne.
— ÊTY.1I. Dimin. do siyne; provcnç. signet, seing; ital. segnello.
f SIGNEL'R (si-gneur), s. m. Celui qui donne sa signature, k vous dire vrai, tous ces maîtres signcurs [médecins qui avaient signé une déclaration en faveur do l'antimoine] sont le fretin et la racaille de l'école, gui patin, Letl. t. n, p. 92.
t SIG.MFIANCE (si-gni-fi-an-s'), S. (. Terme popuLiire. Indice, marque. Quandonade l'amiquié pour les personnes, l'on en baille toujou queuque petite signifiancf, mol. Festin, n, I. Je veux vous bailler ici quelque petite siguifiance de ce que j'ai remarqué de la littératuro actuelle, P.] L. cour. Lett. I, 39.
— HIST. XII* s. Premiers fait asavoir que trois segnifiances ot ciz moz en la sainte escriture. Job, p, 480. Il XIII* 3 Car endroit moi ai-je fiance. Que songe soit senefiance Des biens à gens et des anuiz, la Rose, lo. || xvi* s. Les Athéniens avoient envoyé une navire pour conduire leurs enfants avecques une voile noire, en signifîance de perte toute ceilaine, amyot, Thés. 2o.
— ÉTViM. l'rovcnç. signifianza, signiftcansa ; espagn. et ital. si'gni/icania ; du lat. signijicantia, de significare, signifier.
SIG.NIFIANT, A.NïE ( si-gni-fi-an, an-t'), adj. |]1" Oui signifie. Il Terme de théologie. Les sacrements sont les signes signifiants et efTcctifs de la grâce, ils la signifient et l'opèrent. || 2° Qui a de la signification, qui exprime beaucoup de choses. Cela est très-signifiant. Cette expression n'est pas assez signifiante. Je ne sais personne d'assez audacieux pour articuler une parole signifiante dans le cercle des princes qui sont restés enfermés dans leurs cours, stael, Révol. franc, vi, fO.|| Cette plaisanterie est peu signifiante, elle est insipide.
— HIST. XVI* s. C'est un langage beau, sec, bref, signifiant, mont, m, 39.
t SIGMKICATEL'K (si-gni-fi-ka-teur), ad;. Terme d'astrologie. 11 se disait des aspects, des signes, des planètes annonçant quelque chose de remarquable dans un thème de nativité.
SIGNIKICATIF, IVE (si-gni-fi-ka-tif, ti-v'), adj. Il 1° Oui exprime un grand sens. Ce terme est bien significatif. Se servir de mots significatifs. Vous n'y verrez que quatre paroles, mais elles seront bien significatives, montesq. Lett. pers. (42. Il 8° Oui exprime sensiblement la pensée, la volonté. Un geste, un ton, un regard significatif. Il 3° Terme d'arithmétique. ChilTre significatif, se dit, par opposition au signe o, des chiffres dont se compose un nombre.
— HIST. XVI* s. Mes livres sont sans aucun fard de paroles, me suffis.intque je parle proprement, et use de mots qui soient significatifs, paré, Dédicace.
— ÊTYM. l'rovenç. siynipcatiu ; espagn. et ital. tignificativo; du lat. significalivus, qui vient de significare, signifier.
SIG.MKICATIO.V (si-gni-fi-ka-sion ; en vers, de six syllabes), s. /". ||1« Ce que signifie une chose. J^ signification d'un tableau, d'un symbole. Vous expliquez le voyage de Pompone dans sa vraie signification, sÉv. 27 janv. (072. Dans son Cntyle, il [Platon] agita l'ancienne et fameuse question, si la signification des mots leur est naturelle, ou si elle est arbitraire et fondéç uniquement sur la volonté des hommes, à qui il a plu d'attacher telles idées à tels mots, rollin, Hist. anc. Œuvr. t. xi, 2* part. p. 582, dans pougens. C'est une règle des plus communes du raisonnement, que, lorsqu'au commencement du discours on a dunné à un mot une certaine signification, on ne doit pas lui en donner une autre dans la suite du même discours, DtMARS. Œuur. t. IV, p. 237. La signification des mots s'établit par de bonnes définitions ; leur usage, par une excellente syntaxe ; leur nature enfin, par l'objet du dictionnaire lui-même, d'alemb. Œuvr. t. m, p. (83. |j 2° Terme de procédure. Notification, par huissier, d'un acte, d'un arrêt. La signification d'un exploit, d'une requête.
— HIST. xin* s. Et por ce quant tex [tel] cas
vienent ainssi, doit on moult penre garde as significations des paroles qui sont contenues el testament, BEAiM. XII, 43. Il XIV s. Ce fil de soie là (pi'ainsi tendu voit-on. Pour quoi y est-il mis, ne pour quelle raison? 11 n'y est p.is mis sans signification , Guescl. 2(554. Il XVI* s. C'est la cause pour laquelle les Homains jusques aujourd'huy es significations et pronosticalions du vol des oiseaux observent fort les vaultours, amyot, Rom. (4. [Des prisonniers] tenus en condition et en lieu oii ils n'ont moyen quelconque d'expression et signification de leurs pensées et de leur misère, mont, ii, 55.
— ËTV.M. Provenç. significatio ; cspag. significacion; du lat. significationem, qui vient de significare, signifier.
t SIGMFICATIVKMEXT (si-gni-fi-ka-li-ve-man), adj. D'une ULinii-re significative.
— ÊTYM. Significative, et le suffixe meni; provenç. significativamen; espagn. signijicatiiamente.
SICNlFlfi, ÉE (si-gni-fi-é, ée), part, passé de signifier. Indiqué. Des vérités signifiées par des symboles. Il Terme de théologie. Volonté signifiée, volonté par laquelle Dieu nous commande ce qu'il veut de nous, BOss. Et. d'orais. iv, 2.
SIGMFIEK (si-gni-fi-é; prononciation populaire sinifier; au xvi* siècle, on prononçait sinifier, voy. hvet, Gramm. franc, p. ( 68 ; au xvii* siècle, le g no se prononce pas, dit Chifllct, Gramm. p. Ï27), je signifiais, nous signifiions, vous signifiiez; que je signifie, que nous signifiions, que vous signifiiez, i). o. Il 1° Être signe de quelque chose; dénoter quelque chose. Cette fable signifie qu'on a souvent besoin de plus petit que soi. J'écrirai, dit le Seigneur, mon nom nouveau, le nom de la cité de mon Dieu, le nom de la nouvelle Jérusalem ; or ces noms signifient une foi vivo dans l'intérieur, les pratiques de la piété et la fréquentation des sacrements, BOSS. ilar.-Thér. S'il est certain que tout ce qui est intelligible se réduit aux êtres et aux manières d'être, il est évident que tout terme qui ne signifie aucune de ces choses ne signifie rien, malebb. Rech. ver. Éclaire, liv. m, t. IV, p. 220, dans pougens. Comment pouvez-TOus préférer, leur disait le sage Ouloug, des contes qui sont sans raison et qui ne signifient rien? C'est précisément pour cela que nous les aimons, répondaient les sultanes, volt. Zadig , lip'Ure, dedic. Il Absolument. En parlant d'un homme qui, pour s'agrandir, souffre sans peine, et même avec plaisir, des indignités, ces termes, boire des affronts, me semblent signifier beaucoup, boil. Longin, Subi. 25. Il a donné un grand nombre d'ouvrages.... tout est écrit d'un style simple et concis, dont toutes les paroles signifient, et qui n'a pour but que l'instruction sans étalage, fonten. Ruijsch. Il Cela ne signifie rien, se dit des paroles qui ne vont point au fait et dont on ne peut rien conclure. Porphyre était admiré ; Jamblique son sectateur passait pour un homme divin, parce qu'il savait envelopper les sentiments de son maître de termes qui paraissaient mystérieux, quoiqu'on effet ils no signifiassent rien, BOSS. Ilist. n, (2. Il Familièrement. Qu'est-ce que cela signifie? interrogation qui indique le mécontentement. Vous refusez d'obéir? qu'est-ce que cela signifie? Il 2° Terme de grammaire. Exprimer ce qu'on entend par un mot, par une phrase. Le mot latin Iu;)us signifie loup en français. Érato signifie l'aimable; Uranie, la céleste; Calliope peut désigner l'élégance du langage; ICuterpe, celle qui plaît.... BARTiiÉL. Ànach. ch. 33. ||3* Notifier, déclarer, faire connaître par paroles expresses. Signifier ses intentions. Il signifia au baron qu'il allait se marier avec sa sœur, volt. Comitde, 29. Ilfitsignifier dans la ville qu'il payerait le passage, la nourriture, et donnerait deux mille piastres à un honnête homme qui voudrait faire le voyage avec lui, ID. ib. 4 8. Je lui ai signifié son congé, genlis, Tliédt. d'éduc. l'Enfant gdté, ii, 10.114" Notifier par voie de justice, par ministère d'huissier. Et je vous viens, monsieur, avec votre licence. Signifier l'exploit de certaine ordonnance, mol. Tart. v, 4. Je la lus [votre lettre] hier au roi, qui me dit que M. de Pontchartrain vous avait envoyé l'arrêt dont il est question ; que vous le lui aviez renvoyé, parce que vous ne vouliez pas le faire signifier, maintenon, Lettre au card. de Noailles, 23 avril (70fl. La citation lui fut signifiée à Londres par des sergents d'armes, volt. Moeurs, 50.
— HIST. XI* s. Ce senefiet pais e humiliteit, Ch. de Roi. v. ||xir s. Il n'en vendront à chief [viendront à bout], mes cuers [mon cœur] le senefie, Sax. xzxiu. ||xiv* s. Seigneur, cik messa-
giers i Bcrtran se monstra. Le fait entièrement tout li signifia, Tout ainsi que dom Piètre contre lui s'ordonna, Guescl. (4605. Bcrtran a fait sonner sa trompe hautement, Et fist signifier ses hommes et sa gent Qu'à Muntcontour ira, là où Clisson Vain tent, ib. (989(-t97t6. || xv* s. J'ay parlé comment peu discrettement luy [à Louis XI] fut signifiée !• mort, COMM. VI, (2. Il XVI' s. Mnemon qui signifie ayant bonne mémoire, auvot, Jtfan'ui.l. Je m'ouvre aux miens tant que je puis, et leur signifia très volontiers Testât de ma volonté et de mon jugement envers eulx, ho.nt. ii,83. Haine de prin(» signifie mort d'homme, cotgrave.
— F.TYM. Wallon, tignifii: provenç. tignifiar, signifxcar ; espagn. significar ; ital. significare, du lat. significare, de siynum, signe, el factre, faire.
t SIGXOLE (si-gno-r), ». f. Dévidoir constniit sur l'axe d'un treuil.
t SIGUKTIE (si-ghè-f), ». f. Terme de manège. Caveçon de fer creux, garni de dents de fer, et composé de pièces jointes par des charnières. Il Mors à la siguelte, mors surmonté d'une têtière et servant à dompter les chevaux fougueux.
t SIKIOU (si-ki-ou), ». m. Terme de teinturier. Nom donné au bain blanc ordinaire quand on se prépare à faire le rosage du coton.
t SIEIOUTER (si-ki-ou-té), 17. a. Passer le colon lavé de garance par le sikiou.
SIL (sil), s. m. Terre minérale, dont les anciens faisaient des poteries rouges ou jaunes. || Espèce d'ocre plus belle que l'ocre commune.
— ETYM. Lat. sil.
i SILARD (si-lar), t.m. Nom, dans l'Angoumois, d'une espèce de martinet, oiseau.
— ÉTYM. Angoum. siier, faire entendre un son aigu; saintong. silan, couleuvre (qui sifde).
SILENCE (si-lan-s'), ». m. ||1* Etat d'une personne qui s'abstient de parler. Il supportait beaucoup de choses qu'il n'approuvait pas [chez les prédicateurs] ; et, comme il ne refusait jamais ses louanges au mérite, il donnait volontiers son silence à ce qui ne méritait pas d'être loué, balz Sacrale chrét. x. Faites-lui du silence, et l'écoutez parler, corn. l'Illus. comique, u, t. Notre reine.... Doit rompre aux yeux de tous son silence obstiné, iD. Rodog. i, (. 11 y a un silence de discrétion et de repos, la rochefouc. Réfl. div. p. <2». Il faut se tenir en silence autant qu'on peut, et ne s'entretenir que de Dieu, qu'on sait être la vérité, PASC. Pens. XXIV-, 37, éd. havet. En amour un silence vaut mieux qu'un langage ; il est bon d'être interdit; il y a une éloquence de silence qui pénètre plus que la langue ne saurait faire, lo. Amour. Rappelez en votre mémoire avec quelle circonspection elle ménageait le prochain, et combien elle avait d'aversion pour les discours empoisonnés de la médisance ; elle savait de quel poids est non-seulement la moindre parole, mais le silence même des princes, ro.ss. Reine iCAnglet La reine d'Angleterre disait que les princes devaient garder le même silence que les confesseurs, et avoir la même discrétion, id. ib. Il y a trois sortes de silence : le silence de zèle, le silence de prudence dans les conversations, et le silence de patience dans les contradictions, id. Insir. aux Ursulines sur le silence, préamb. Nous avons fait silence afin de l'écouter, quin. Agrippa, v, 3.... Un des campagnards, relevant sa moustache.... Impose à tous silence.... boil. Sol. m. Sa réponse [de Néron] est dictée, et même son silence, rac. Bril. i, 4. Pour garder jusqu'au bout un silence perfide, id. Bajai. III, 4. Elle [Rome] se tait du moins; imitex son silence, m. Brit.m, 8. Toute la troupe, étonnée, demeura dans le silence, pén. Tél. vu. D'abord il se fit un profond silence dans toute l'armée, id. Tél. XI. Dientiit règne entre nous ce doux silence qui est le plus tendre langage des amants, kontesq. Temple de Gnide, 5. Obéiren silence est votre seule gloire, volt. Fanât, in, «. Le silence n'est point une contradiction, id. Dict. phil. Contradictioni Je voudrais bien savoir à quoi sert le silence; h ne guérit de rien; au contraire, il aigrit Les maux et les tourments du cœur et de l'esprit, lachaussée, Gouvem. i, (. Le peuple n'a pas sans doute le droit de murmurer ; mais sans doute aussi il a le droit de se taire, et son silence est la leçon des rois, l'abb/ DE beauvais. Or. fun. Louis .XV. Le silence est profond : la parole ferait un mal insupportable dans cet état de l'âme où tout est intime et intérieur, STAEL, Corinne, x, 4. Un regard, un silence, un accent de sa voix.... 6 lyre, en disent plus que ta vaine harmonie, lamart. Nouv. m^d. xv. || Il se dit au pluriel. J'aime assez qu'on s'explique; Les
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silences de couront de la politique, corn. Pulch. v, * . Il Elliptiquement, silence ! Chères sœurs, suspendons nos chants : Respectons ses chagrins; elle approche, silence I c delat. Paria, n, a. Silence au camp I la vierge est prisonnière. ...Silence au camp 1 la vierge va périr, id. itessén. Hoi t dç Jeanne d'Arc. Son cercueil est fermé : Dieu l'a jugé; silence I lamart. JVour Médit. Bonaparte. \\ Ondit aussi quelquefois : du silence, un peu de silence. || Fig. Réduire au silence, ôter tout moyen de faire une réponse qui satisfasse. Qu'on me parle tant qu'on voudra de combinaisons et de chances ; que vous sert de me réduire au silence, si vous ne pouvez m'amener à la persuasion? j. ;. rouss. Ém. iv. ||Fig. Imposer silence aux médisances, à la calomnie, au mensonge, «te. les réduire au silence, faire que les médisances, que les calomnies^ que les mensonges ne trouvent plus crédit et n'osent plus se produire. Prêt d'imposer silence à ce bruit imposteur, rac. Iphig. III, f. Il 2° Par analogie, il se dit du langage écrit. Le silence des journaux sur ce fait. Le silence est la plus grande persécution : jamais les saints ne se sont tus, pasc. Pens. xxiv, 66. Le seul qui s'y fait entendre [parmi les protestants] depuis tant d'années, et à qui, par un si grand silence, tous les autres semblent laisser la défense de votre cause, c'est le ministre Jurieu, Boss. t" avertissement, II. Grand roi, si jusqu'ici, par un trait de prudence. J'ai demeuré pour toi dans un humble silence, boil. Disc, ou roi. J'imite de Conrart le silence prudent, id. Épit. i. Le peu que nous venons de dire est suffisant pour engager les lecteurs éclairés à se tenir sur leurs gardes, à se défier et de la louange et du blâme, et du silence même; car le silence a aussi sa maKgnité et son injustice, d'alemb. Œuvr. t. i, p. 383. Il On dit dans un sens analogue : J'ai adressé une demande à cet administrateur, à cette administration ; mais il garde, elle garde le silence. || Passer une chose sous silence, n'en point parler. || Ancien terme de chancellerie et de matière criminelle. Le roi imposait silence à ses procureurs généraux, lorsqu'il leur défendait de poursuivre davantage l'affaire criminelle pour laquelle il avait donné des lettres d'abolition. Il 3" Le silence de la loi, se dit en parlant d'un cas que la loi n'a pas prévu. ||4" Interruption dans un commerce de lettres. Je ne puis expliquer votre long silence. Après avoir été longtemps sans vous écnre, je romps enfin le silence. La même raison, monsieur, qui fait votre silence, fait aussi le mien, sÉv. d Lamoignon, 27 août (690. Il 5" Secret. Tout cela sera plongé, s'il plaît à Dieu, dans le silence; c'est tout le mieux, sÉv. 27 déc. 1688. Cet amour s'est longtemps accru dans le silence, rac. Mithr. i, «. Le secret et le silence sont les conditions d'un pacte entre le bienfaiteur délicat et son obligé, dider. Claude et Nér.u, 58. Ce qui nuirait s'il était connu, doit demeurer à jamais caché; et la vérité dangereuse a le silence pour asile, marmontel, Cont. mor. Amitié à l'épr. [X Venise, sous l'inquisition d'État] La mort frappe sans bruit, le sang coule en silence, DUCis, Othello, n, 7. Il 6« Oubli. Elle [cette affaire] n'est bonne qu'à jeter dans l'abîme du silence, sÉv. 2) janv. <08». Leur vie [des pécheurs] passe comme l'ombre; il vient un jour latal oii périssent toutes leurs pensées ; leur mémoire fait un peu de bruit, et va se perdre dans un silence éternel, fléch. Mar.-Thér. ||7°Kig. Calme, absence de bruit. On n'oit que le silence, on ne voit rien que l'ombre, Théophile, Pyrame et Thisbé, iv, (. Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie, pasc. Pens. xxv, (7 bis. Ma sœur, qui peut causer votre sombre tristesse? Le silence des bois sert à l'entretenir, quin. Amad. n, 2. Pour animer ma voix. J'ai besoin du silence et de l'ombre des bois, boil. J^;>î(. vi. Là parmi les douceurs d'un tranquille silence, m. Lutr. i. Des victimes vous-même interrogez le flanc; Du silence des vents demandez-leur la cause, rac. Iph. i, 2. Il semble pendant la nuit que tout soit en repos; on s'imagine que les étoiles marchent avec plus de silence que le soleil, ro^TEN. Mondes, *" soir. Un silence absolu porte i la tristesse ;-il offre une image de la mort; alors le secours d'une imagination riante est nécessaire, j. j. rouss. i' prom. Il regarde, il écoule; bêlas 1 dans l'ombre immense, Il ne voii que la nuit, n'entend que le silence, delille, Imaginât. :v. Le silence des tombeaux s'est substitue au murmure des places publiques, VOLNEY, Ruines, ii. Le silence est profond dans cette ville [Venise], dont les rues sont des canaux; et le bruit des rames est la seule interruption à ce silence, «tael, Corinne, xv, 7. [Durant la nuit]
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Un silence pieux s'étend sur la nature, LAHART.i/arm.
Il, 4. Il En le personnifiant. J'écoute, i demi transporté. Le bruit des ailes du Silence Qui vole dans l'obscurité, saint-amand, le Contempl. \\ 8* Fig. Abscnced'agitation morale. Si nous imposons silence à nos sens, BOSs. Ilist. ii, 6. || Le silence des paissions, le temps où elles laissent l'âme libre etcalme. Il faut briser ses chaînes, s'élever par des efforts redoublés jusqu'au monde intellectuel, s'approcher peu à pcK de la suprême intelligence, et en contempler la nature divine dans le silence des sens et des passions, BARTHÉL. Anach. ch. B4. Il Imposer silence à ses passions, les réprimer, empêcher qu'elles ne troublent l'âme. {| 9" Interruption dans un bruit. Il n'y a point d'intervalle sensible entre les vibrations; il n'y a point de silence entre les sons : voilà pourquoi le son paraît continu, condil. Traité anim. ch. o. Les échos assoupis ne livrent au zéphire Que des soupirs mourants, de silences coupés, LAMART. Méd. Il, 2. || lO'Terme de musique. Chacun des moments pendant lesquels , dans le courant d'un morceau, les chanteurs ou les instruments se taisent. Ces différentes phrases [du chant du rossignol] sont entremêlées de silences, de ces silences qui, dans tout genre de mélodie, concourent si puissamment aux grands effets, BUFF. Ois. t. viii, p. (2). Les sons et leur durée ne sont pas les seuls éléments de la musique; le silence plus ou moins long y joue aussi un rôle fort important, fétis, la Musique, i, 6. |] Par extension. Silences, signes répondant aux diverses valeursdes notes, lesquels, mis à la place de ces notes, marquent que tout le temps de leur valeur doit être passé en silence, J. i. Bouss. Dict. de mus. silence. Il II" Il se dit, dans la déclamation, des suspensions que fait celui qui parle. Il [Lekain] a quelquefois des silences trop longs ; il en faut comme en musique, mais il ne faut pas les prodiguer, volt. Lett. d'Argental, <7avr. (762. Si Mlle Durancey entend, comme je le crois, le grand art des silences, ID. il), n févr. <767. Il 12'' Terme de peinture. Se dit, par opposition à fracas, du calme ou de la simplicité qui règne dans une composition, dans le coloris et la disposition des lumières. Il y a du silence dans ce tableau.
— HIST. XIII' s. Silence te convient avoir. Silence est signe de savoir, le Castoiement d'un père, dans le Dict. de docuez. || xiv* s. Et fut silence faite, BERCHEURE, f° 67, reclo.Uneabusion est entre vous, que, si une de vous soit mise en silence par sa culpc, elle ne devroit lire, ne chanter, ne veer le sacrement de la messe, du cauge, silenlium \\ xv*s. En imposant, sur ce, silence à nostre procureur et à tous autres procureurs d'office , juvénal, Charles VI, 44)6. Mais non pourquant tint il au fort Sa silence jusqu'à la mort, E. descu. Poésies mss. 1° 509. Il XVI» s.... D'un tel propos la silence rompit, MAROT, iv, 22. Tout le monde assistant et escoutant en bonne silence.... rab. Pant. ii, 19. Frère Jean rumpant cestuy tant obstiné silence, ID. ib. IV, 63. Us ne vont pas souvent aux champs, d'autant qu'ils ne peuvent supporter le requoy ni le silence de la solitude, AMYOT,i)e iocurtos. (3. Soit que la nuict, toute chose appaisant, Couvre la terre et guidelesilence.... desportes, Œuv. chrét. Prière.
— ETVM. Provenç. silenci, s. m. et silencia, s. f. espagn. silencio; ital. silemio ; du lat. silenlium, de silere, se taire, qu'on rapproche du goth. silan, être tranquille; comparez aussi le bas- bret. stouj, tranquille. L'ancienne langue avait le verbe siler, se taire : xiii* siècle. [Le rossignol] S'en va et si va silant. Bibl. des chartes, 4* série, t. v, p. 323.
t SILENCIAIRE (si-lan-si-ê-r'), s. m. || 1' Terme d'antiquité romaine. Officier qui faisait observer le silence aux esclaves. || 2" Se dit de quelques religieux qui gardent un grand silence. Les trappistes sont dessilenciaires. || Par extension, gens qui gardent le silence. Quand on demandait à ces silenciaires s'ils avaient vu passer la belle princesse, VOLT. Pr. de Babyl. xi.
— ÉTVM. Lat. silentiarius, de silentium, silence, t SILENCIEUSEME>iT (si-lan-si-eiî-ze-man), adv.
D'une manière silencieuse ; en silence. Afin que, retraçant aux jeunes gens le souvenir des hommes illustres, ils invitassent silencieusement à les imiter, STAËL, Corinne, v, i.
SILENCIEUX, EUSE (si-lan-si-eii, eû-z'), adj. Il 1° Qui ne parle guère, qui garde le silence. L'onclion de la dévotion ne peut se conserver que dans une âme silencieuse, attentive sur soi-même, boss. Instr. aux ursul. sur le silence, i. Philippe V, né avec un sens droit, mais peu étendu, était silencieux, réservé, même timide, se défiant
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de lui-même, duclos, Œuvr. t. vi, p. h 3. Le silencieux Pythagore voulait qu'on .es éloignât [les canards] de l'habitation oîi son sage devait s'absorber dans la méditation, buff. Ois. t. xvii, p. 229. Bien qu'il fiit silencieux naturellement, il était inépuisable en sujets de conversation, staël, Corinne, xi, 1. Il Substantivement. Je lui ai dit (au jeune Grignan] que M. de Lamoignon, accoutumé au caquet du petit Broglio, ne s'accommoderait pas d'un silencieux, sÉv. 8 déc. (088. || 2" Oii l'on n'entend pas de bruit. Une retraite silencieuse. En général, la scène silencieuse nous plaît plus que la scène bruyante, dider. Pensées sur la peint. Il Qui ne fait pas de bruit. Le soleil de ses feux e rougit plus la plaine ; Et cet astre plus doux, qui luit au haut des cieux. Argenté mollement les Ilot» silencieux, u. j. cuénier. Promenade. Les pas silencieux du prêtre dans l'enceinte, a. muss. ItoUa.
— SYN. SILENCIEUX, TACITURNE. Le silencieux garde le silence soit par nature, soit accidentellement. Le taciturne le garde par nature.
— Etym. Silence.
t 4. S1LË.\E (si-lè-n'), s. m. || 1- Demi-dieu, fil»
de Pan et d'une nymphe, père nourricier et compagnon de Bàcchus. Les satyres et Silène. || Les silènes, les autres compagnons de Bacchus. || Terme d'antiquité romaine. Petite figure de marbre représentant un silène. || 2° Nom donné au satyre circé (midi de l'Europe) de Latreille, qui est un papillon.
— HIST. XVI' s. Silènes estoient jadis petites boistes.... painctes au dessus de figures joyeuses et frivoles.... pour exciter le monde à rire, quel fust [ainsi que fut] Silène maistre du bon Bacchus, rab. I, Prologue de l'auteur.
— ÊTYiM. Iei>r,v6;.
t 2. SILÈ.N'E (si-lè-n'), s. f. Genre de plantes de
la famille des dianthacées (caryophyllées) ; on y distingue : la silène muscipule, dite vulgairement attrape-mouche, c'est la silène attrape-mouche de certains auteurs ; la silène enflée de Smith (Europe), appelée vulgairement carnillet oucornillet, et bec d'oiseau, c'était le cucubale behen de Unné; la silène noctiflore, dite fleur de la nuit, legoarant.
SILEX (si-lèks), s. m. Terme de minéralogie. Genre de pierres renfermant les deux espèces quartz et opale, constituées par l'acide silicique. On taille, on polit les silex pour eu faire des bijoux durs et des ornements; ils servent à l'homme pour obtenir du feu par le choc de l'acier, FOURCROY, Conn. chim. t. ii, p. 288. Les principaux dépôts chimiques du sol secondaire sont les silex et les gypses : les silex, qui doivent incontestablement leur origine à des dissolutions d'hydrate de silice; les gypses, qui ont été précipités par la réaction exercée sur le chlorure de calcium delà mer, soit par des combinaisons sulfureuses, soit plutôt par du sulfate de magnésie, l. cordier, Acad. des se. Comptes rendus, t. liv, p. 297. || Silex résinile, voy. quartz. || Silex pyromaque, la pierre à fusil , qui servait à mettre le feu aux fusils et aux pistolets, et, avant l'invention des briquets chimiques, à se procurer du feu à l'aide de l'amadou. || Platine à silex, platine dans laquelle les étincelles, qui doivent communiquer le feu à la charge, sont produites par le choc d'une pierre maintenue entre les mâchoires d'un chien contre une pièce d'acier à charnière nommée batterie. Il Arme à silex, fusil à silex,arme, fusil muni d'une platine à silex.
— ÉTVM. Lat. silex, caillou.
SILHOUErfE (si-lou-è-f), s. f. \\ 1' Dessin qui représente un profil tracé autour de l'ombre d'un visage. Un portrait à la silhouette, ou, simplement, une silhouette. Il [le château de Bry-sur- Marne] fut construit en 4759 par Etienne de Silhouette.... une des principales distractions de ce seigneur consistait à tracer une ligne autour de l'ombre d'un visage, afin d'en voir le profil dessiné sur le mur ; plusieurs saHes de son château avaient les murailles couvertes de ces sortes de dessins que l'on appelle des silhouettes, du nom de leur auteur, dénomination qui est toujours restée, Journ. officiel, 29 août 48C9, p. 4454, 3' col. Il 2° Une silhouette, un des côlés par lesquels on voit une statue. Une statue pouvant occuper une place qui permettra de la voir de tous côtés, les maître» l'ont toujours conçue et exécutée de manière que toutes les silhouettes fussent aussi favorables que possible, ottin, Presse scientif. 4864, t. i, p. 398. Il 3° Découper en silhouette. Depuis plus d'un siècle on laisse traîner sur les quais, dans les boutiques nomades de pauvres antiquaires, les pièces les plus intéressantes des peintres, ou bien, et ce
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n'est pas la moindre cause do destruction, on les destine à ce barbare amusement qui a déjà tant coûté à l'art, j'entends ce pasie-lemps qui consiste à découper en silhouette, pour coUor, sur un fond blanc, des figures que l'artiste s'était donné bien de la peine à harmoniser avec le fond ; toutes les •nciennes collections, surtout celles des anciennes cours, portent de» traces de ce» ravages, L. dela- BORDE, Hist. gravure en manière noire, p. lus. Il 4° Fig. A la silhouette, d'une manière incomplète. Silhouolto, nom d'un conVôleur général du xviii' siècle ; il fit, quoique doué de beaucoup d'esprit, plusieurs sottises; dès lors tout parut i la silhouette, et son nom ne tarda pas à devenir ridicule ; les modes portèrent à dessein une empreinte de sécheresse et de mesquinerie.... les tabatières étaient de bois brut; les portraits furent des visages tiré» de profil sur du papier noir d'après l'ombre de la chandelle sur une feuille de papier blanc, mercier, Tableau de Paris, (47. Hn mai, la paix s'est faite; et, le 9 juin, il a été déporté; vous voyez qu'il a paru chez nous à la silhouette. Papiers saisis à Bareuth, Paris, vent, an X, p. 298.
— ETVM. Silhouette, traducteur de Pope, et financier (voy. VOLT. Lett. en vers et en prose, in).
t SILICATE (si-li-ka-f), ». m. T«rme de chimie. Sel produit par la combinaison de l'acide silicique avec une base.
t SILICATE, EE (si-li-ka-té, tée), adj. Terme de chimie. Se dit d'une base qui est convertie à l'état de sel par l'acide silicique.
t SILICATISATION (si-li-ka-ti-za-sion), t. f. Action de couvrir, d'une couche siliceuse, des statues de pierre, des ornements d'architecture, etc.
SILICE (si-li-s'), s. f. Substance qui fait la base des silex, des quartz, etc. et qui, à l'état de sable, se combine avec la chaux et forme avec elle un mortier très-résistant; c'est l'oxyde de silicium, considéré généralement comme un acide et appelé en conséquence acide silicique. La silice, une des terres les plus abondantes, fait la base des pierres les plus dures qui paraissent constituer le noyau du globe, FOUHCKOY, Conn. chim. t. ii, p. t36. La silice.... presque pure dans le cristal de roche, trèsabondante dans les cailloux et les agates, soluble dans l'acide fluorique, formant des poteries dures avec l'alumine, du mortier avec la chaux, et du verre avec les alcalis fixes, secbehps, Diagr. chim. p. XLin.
— ETYM. Silex.
I SILICE, ÉE (si-li-3», see), adj. Terme de chimie. Qui contient de la silice; qui en a les caractères.
SILICEUX, ECSE (si-li-seû, seû-z'), adj. Qui est de la nature du silex. || Qui contient de la silice. Il Terme d'agriculture. Terrains siliceux, terrains fournissant au moins o,BB de silice libre.
— ETYM. Silice.
t SILICICO-ALUMINIQCE ( si-li-si-ko-a-lu-mini-k'), adj. m. Terme de chimie. Se dit d'un sel silicique uni à unselaluminique.On dit semblablement silicico-argentique, silicico-cobaltique, etc.
t SILICICO-CUIVRECX (si-li-si-ko-liui-vrcù) , adj. m. Terme de chimie. Se dit d'un sel silicique uni à un sel cuivreux. On dit semblablement silicico-mercureux, etc.
t SILICICOLE (si-li-si-ko-r), adj. Terme de botanique. Se dit des plantes qui ne croissent que sur les terrains siliceux, ou qui croissent d'autant mieux que le sol est plus riche en silicates.
— ETYM. Silice, et lat. colère, habiter.
t SILICIDES (si-li-si-d'l, ». m. pi. Terme de minéralogie. Famille qui comprend la silice et ses combinaisons.
j SILIC.IFErE (si-li-si-fè-r'), adj. Terme de minéralogie. Oui contient de la silice.
— ETYM. Silice, et lat. ferre, porter.
t SILICIFICATION (si-li-si-fi-ka-sion), ». f. Fossilisation par la silice. La silicification de jeunes feuilles de palmiers.
t SILICIFIÉ, ÉE (si-li-si-fi-é, ée), adj. Fossilisé par incrustation de silice. Végétaux silicifiés, Acad. des scienc. Compt. rend. t. lxx, p. I0"o.
— ETYM. Silice, et lat. facere, faire.
t SILICIQUE (si-li-si-k'), adj. m. Terme de chimie. Acide silicique, voy. silice. || Étliers siliciques, élhers qui s'obtiennent en versant de l'alcool sur le chlorure de silicium.
t SILICIU.M [si-li-si-om'), ». m. Métal qui produit la silice en se combinant avec l'oxygène.
— ETYM. Mot latin forgé par la nomenclature chimique, comme calcium, sodium, etc.
SIL
t SILICIURK (si-li-si-u-rO, ». m. Terme de chimie. Combinaison du silicium avec un autre corps simple.
SILICULE (si-li-ku-l*), ». f. Terme de botanique. Silique dont ta hauteur ne dépasse pas quatre foii la largeur.
— ETYM. Dimin. de silique.
SILICULEUX, EUSE (si-li-ku-leâ, leA-z"), adj. Terme de botanique. Qui produit ou qui porte des silicules. l'iantes siliculeuses. Il 5. ^. pi. Les siliculeuscs, tribu de la famille des crucifères,
t SILIGI.VOSITR(si-li-ji-nô-zi-té), ». /. Qualité de la farine de pur froment.
— ËTVH. Lat. siligo, farine de première qualité. SILIQUE (si-lik'), ». f. Il f Terme de botanique.
Fruit sec allonge, bivalve, dont les graines sont attachées à deux trophospermcs suturaux, ordinairement séparés en deux loges par une fausse cloison qui n'est qu'un prolongement des trophospermcs, et qui persiste souvent après la chute des valves. La silique et la silicule caractérisent particulièrement la famille des crucifères. || 2° Silique douce, fruit du caroubier et de l'arbre de Judée ; cette silique est non une silique, mais une gousse. 113° Petit poids des Romains. || 4' Genre de coquilles bivalves.
— HlsT. xvi* s. Au rang des plantes tousjours verdoiantcs, nous logerons le garrobier, ainsi appelle en Provence, par d'aucuns silique, o. de serres, 550.
— ETYM. Lat. siliqua, gousse.
SILIQUEUX, EUSE (si-li-kcû, keû-z'), adj. Qui
porte des siliciues, ou qui ressemble à une silique. Plantes siliqueuses. || S. f. pi. Les siliqueuses, tribu de la famille des crucifères.
t SIL10UIER(5i-li-kié), ». m. Genre de plantes qui se rapprochent un peu du pavot, genre hypecoùm.
t SILIQUIFORME (si-li-ki-for-m'), adj. Terme de botanique. Qui a la forme d'une silique; se dit de quelques fruits capsulaires difi'érant de la vraie silique, en ce que les placentas en sont alternes et non opposés aux lobes du stigmate; tels sont les fruits de la chclidoine.
t. SILLAGE (si-ila-j'. Il mouillées, et non si-ya-j'), s. m. || 1* La vitesse absolue d'un navire. Quel sillage avez-vous? Faire un bon sillage. Mesurer le sillage d'un bâtiment. J'avais passé trèsprès de la partie du sud sans sonder, pour ne pas ralentir le sillage de la frégate, lapérouse, Foy. l. n, p. 299, dans pougens. || Doubler le sillage d'un navire, aller une fois plus vite que lui. Il Proverbe de marin. Il fait plus de remous que de sillage, il fait plus de bruit que de besogne. 112° Trace que fait un bâtiment lorsqu'il navigue. Les vagues étaient trop hautes pour qu'on piil remarquer le sillage. || Fig. Elle [la lune] éclaire de loin la route des étoiles. Et leur sillage blanc dans l'océan d'azur, lamaht. Harm. i, )0.
— ÉTYM. Siller 4.
\2. SILLAGE (si-Ua-j', Il mouillées), ». m. Veine de prolongement d'une mine de houille «n superficie ou en profondeur.
— ÉTYM. Même radical que sillon.
t. SILLE (si-l'), ». m. Poëme mordant et satirique des Grecs.
— CTYH. SiXXo;, raillerie, de <nXX4< ou (riXà;, nez camus, parce qu'un nez fait de cette façon est un signe de moquerie.
\i. SILLE (si-ir. Il mouillées), »./■.■ Grande table en plan incliné dont on se sert dans les salines.
— ETYM Scand.îi'ia, inciser, diviser (voy. sillon). SILLË, ÉE (si-llé, liée. Il mouillées), part, passé
de siller 2. Ouvre tes yeux sillcs et vois.... Régnier, Épîl. I.
t SILLËE (si-lléo. Il mouillées), ». f. Terme rural. Fosse dans laquelle on plante la vigne.
— ETYM. Même radical que dans sillon.
I. SILLER (si-llé, U mouillées, et non si-yé), V. n. Terme de marine peu usité. En parlant d'un bâtiment, fendre les flots en naviguant. || U se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ETYM. Diez le tire du Scandinave sila, sillonner. Mais ce verbe paraît être une forme de l'ancien verbe sigler, qui signifie faire voile et qui est le même que cingler.
i. SILLER (si-ilé. Il mouillées, et non si-yé), V. a. Il 1° Terme de fauconnerie. Coudre les paupières d'un faucon. Quand, voulant porter un oiseau de proie, on n'a point de chaperon pour lui couvrir la tôte, on lui sille les yeux, c'est-à-dire on lui coud les deux paupières d'un point d'aiguille; l'oiseau ne se débat plus. || 2* Fig. Fermer, «n parlant des yeux. Mes yeux.... Depuis d'un bon
SIL
«mmeil ne se sont vus sillés, iéonier, Élég. n. Il Absolument. [Un fantôme, en rêve] Me prédit mes malheurs, et longtemps, sans ailler. Me contemple, debout contre mon oreiller, saint-ahand, les Visions,
— HIST. zrr s. ...En leur ost&nt les sens, et leur sillant les yeux, dubellat, m, 74, recto. [Le ciel] Comme Jaloux d'un bien si précieux, Silla le monde et m'aveugla les yeux, Pour de luy seul seule estre regardée, bons. 4*. Amour ne règne point sur la troupe blesmie Des morts, qui sont sillez
d'un long somme do fer, lo. I«8 Qui eust
adouci la rage Du plus foiblebelliqueur, Sila fureur du courago Ne luy eust sillé le coeur, id. 34h.
— ËTYH. La véritable orthographe est ciller, qui vient de cil (voy. ciller et dessilles).
SILLET (si-llè, 11 mouillées, et non si-yè; le I ne se lie pas), ». m. Terme de lutherie. Petit morceau d'ivoire, ou de bois fin, appliqué au haut du manche de la plupart des instruments i cordes, et sur lequel portent les cordes. La longieur des cordes se mesure du sillet au chevalet. Le sillet empêche que les cordes n'appuient sur la touche.
— ETYM. Sille 2.
t SILLIMANITE (sil-li-ma-ni-t'), ». f. Corps biréfringent à deux axes.
t SILLOMÈTRE(si-llo-mè-tr', «mouillées), s. m. Terme de marine. Instrument pour mesurer le sillage.
— ÉTYM. Siller 4 , et (xtifiov, mesure.
t SILI.OMÉTRIQUE (si-llo-mé-tri-k' , U mouillées), adj. Qui appartient au sillomètre, à la mesure du sillage.
SILLON (si-Uon. U mouillées, et non si-yon), ». m. Il 1* Tranchée ouverte dans la terre par la charrue. Tracer un sillon. Des sillons bien espacés. Enivrez d'eau ses sillons [de la terre] ; multipliez ses productions, et elle semblera se réjouir de l'abondance de ses rosées par les fruits qu'elle produira, SACi, Bible, Psaum. lxiv, 44. Aucun champ où la main du diligent laboureur ne fut imprimée; partout la charrue avait laissé de creux sillons, FKN. Tél. V. Les anciens avaient borné à une longueur de cent vingt pas la plus grande étendue du sillon que le bœuf devait tracer par une continuité non interrompue d'efforts et de mouvements, BUFF. Puadrup. t. i, p. 4 88. Vois-tu ce laboureur, constant dans ses travaux. Traverser ses sillons par des sillons nouveaux? delille, Géorg. i. Ainsi, sur les moissons quand l'orage a souffié. Reposent, confondus dans le sillon comblé. Le convdlve amoureux, la renoncule agreste. Et l'ivraie ennemie et les épis de blé, masson, Ilelvétiens, VII. Quand trois mille ans auront passé sur notre cendre.... Quand nos fosses auront fait place à des sillons, V. HUGO, Voix intér. vill. || Fig. Faire son sillon, faire l'ouvrage qu'on est tenu de faire chaque jour. Il [le contrôleur des finances Silhouette] n'est pas comme la plupart de ses prédécesseurs, gens estimables, mais sans génie, qui traçaient leur sillon comme ils pouvaient avec la vieille charrue, VOLT. Lett. en vers et en prose, 4 2S. || C'est un bœuf qui fait bien son sillon, se dit d'un homme médiocre et laborieux. || Écrire par sillons, se dit d'une antique écriture desGrecs(voy. boustbophédon). Elnsuite ils s'avisèrent d'écrire par sillons, c'est-à-dire en retournant de la gauche à la droite, puis de la droite à la gauche alternativement, J. J. Rouss. Essai sur l'orig. des langues, b. || 2* Dans la Saintonge, sillon signifie la longue arête que forme la terre en retombant de chaque côté du soc, et il faut deux riges pour faire un sillon. || 3° Terme de jardinage. Petite rigole profonde de o-,05 à o-,)0, faite avec une binette, pour semer certaines graines, ou planter certaines racines bulbeuse» en ligne. || 4- Au plur. Absolument et poétiquement. La campagne, les champs. Assez dans ses sillons [de l'Attique] votre sang englouti A fait fumer le champ dont il était sorti, rac. Phèdre, ii, 2. Et l'homme cependant, cet insecte invisible. Rampant dans les sillons d'un glofce imperceptible. Mesure de ces feux [les astres] les grandeurs et les poids, lauart. Ilarm. n, 4. || 6* Fig. Traces que certaines choses laissent en passant. Le sillon des roues. La déesse guerrière De son pied trace en l'air un sillon de lumière, boil. tutr. m. Le char d'Amphitrite, traîné par des chevaux marin», plus lianes que la neige, et qui, fendant l'eau salée, laissaient loin derrière eux un vaste sillon dans la mer, fén. Tél. IV. La foudre à longs sillons éclatant dans les nues, DLCis, Uamlet, i, 4.||6° Rides. Le temps sur son visage A tracé ses sillons, a gravé son outrage, DUCis, Iloméo, II, I. Il 7° Terme de botanique. Cannelures parallèles et profondes occupant la surface
SIL
d'une tige, etc. || Terme de zoologie. Raies ou stries profondes. Les valves de cette coquille ont des sillons. Il Terme d'anatomie. Rainure que présente la surface de certains os ou de certains organes parenchymateux, et qui, pour la plupart, sont destinés à loger des vaisseaux. || Terme de pathologie. Galerie sous-épidermique creusée par les sarcoptes dans la gale. || 8° Rides qui se trouvent au palais des grands quadrupfcdes, surtout des chevaux. On peut aussi connaître, quoique moins précisément [que par les dents], l'âge d'un cheval par les sillons du palais, qui s'efTacent à mesuro que le cheval vieillit, duff. Quadrup. t. i, p. B3. || 9° Elévations que forme le fil sur la bobine du rouet.
— HiST. xiii' s. Que trop me fêtes demorer X arer un seiUon de terre, lien. 45377. || xiv s. Le suppliant dist à icellui Belosat, que il lui voulust rendre et restituer sept sellions de terre, que il detenoit par force, DU cange, selio. Jehan Guyart le jeune pour deux sellions de vigne, contenant environ qua -ante perches, m. ib. Lequel Saultdubreuil soya trois seiglons de seigle ou environ, ID. ib. Il xV s. Onques de terre n'eut sillon, viLLOM, Épitaphe. \\ xvfs. Jà les vers sillons ployans Parles campaignes ondoient, dubell. vu, )6, recto.
— ÉTVM. Berry, seillon; du Scandinave sila, sillonner, inciser. Le sens ancien est une mesure de terre, aussi de sila, couper, diviser, (voy. siller i).
SILLONNÉ, NfiE (si-Uo-né, née; U mouillées), part, passé de sillonner. || 1° Ouvert par des sillons Un champ bien sillonné. || F'ig. LaFrance est partout sillonnée de routes. Un visage sillonné par les rides. Il 2° Terme d'histoire naturelle. Marqué do stries profondes, de cannelures. Sillonne, des deux côtés, de rides longitudinales, dlfp. Quadrup. t. vu, p. <36. Il 3° S. /■. Sillonnée, espèce de couleuvre.
SILLONNER (si-llo-né. Il mouillées, et non siyo-né), V. a. || 1° Faire des sillons. Je crois que Lucidas serait bien votre fait, La fortune lui rit, tout lui vient à souhait : De vingt paires de bœufs il sillonne la plaine, racan, Silène, i, 3. La terre obéissante et les flots étonnés Par la rame et le soc déjà sont sillonnés, delille, Géorg. 1. 1| 2" Fig. Laisser une trace, un sillon en passant. Sur cet amas brillant de nacre et de coral. Qui sillonne les flots de ce mouvant cristal, corn. fois, d'or, u, s. [Les oiseaux d'eau] également prompts à prendre les routes de l'atmosphère, à sillonner celles de la mer, ou plonger sous les flots, buff. Ois. t. xvii, p. 168. Alors, en se jouant, des pieds armés de fer Vont sillonnant ces flots endurcis par l'hiver, DELILLE, Trois régn. m. Si les vaisseaux sillonnent un moment les ondes, la vague vient effacer aussitôt cette légère marque de servitude, stael, Corinne, I, 4. L'éclair sillonne le nuage. Mais il n'a point frappé vos yeux, bébano. Orage. \\ 3° En parlant des rides. L'âge a sillonné son visage.
— HiST. XVI* s. Je voy la fuyante suyte D'une eau sillonnant sa fuyte Au pied d'un rocher moussu, nuBELL. VII, 20, recto. Nous vismes un homme à pied, en la plaine, qui venoit droict à nous à grande course, traversant les champs, et seiUonsant [franchissant] les bleds verds, carloix, v,
— ÉTYM. Sillon.
t SILLONNEUR (si-Ilo-neur, {{ mouillées), *. m. Terme d'agriculture. Sorte de houe à cheval, fort légère, et propre à biner la terre.
— ÊTYM. Sillonner.
SILO (si-lo), s. m. Excavation ou fosse creusée dans le sol, où l'on dépose les grains battus pour les conserver. || Fig. Dans les cavernes les os gardaient fidèlement la forme que la vie leur avait donnée pour une heure; lorsque des hommes instruits et intelligents descendirent dans ces silos de l'histoire, ils ne commencèrent pas par s'apercevoir des trésors que le destin y avait successivement accumulés, fonvielle. Presse scientif. <8CB, t. I, p. <C2. Il Fossés recouverts de terre dans laquelle on place les betteraves pour les conserver. Il Cofl"res en charpente, isolés et suspendus, employés pour remuer le blé et le ventiler.
— ETYM. Espagn. silo; du grec otpoi;, silo. SILOUETTE, t. {. Voy. silhouette.
t SILPIUUM (sil-fi-om'), ». m. Gomme-résine de U Cyrénaïque (en grec, oO.ç.ov), très-estimée chez les anciens, et due, à ce qu'on croit, au thapsia tilphium, Viviani, ombellifèrcs.
SILURE (si-lu-r'), ». m. Genre de poissons abdominaux.
— ÊTYM. £tXoupo;,de oiîtw, agiter, et oO'.à queue
+ SILURIEN, lENNE (si-lu-riin, riè'-n'), adj. Terme de géologie. Terrain silurien, série de cou-
SlAl
ches fossilifères placées sous le vieux grès rouge, ainsi dit parce que cette formation a son type dans l'ancien pays des Silures, nom du peuple breton qui occupait une partie du pays de Galles et les contrées conliguës, dans la Grande-Bretagne. Formation silurienne.
t SILVEUET (sil-ve-rè), ». m. Etoff'e croisée en chaîne de soie et trame de coton.
Sn.VliS, SILVESTRE, SILVICULTURE, SIL- VIQUE, voyez ces mots par y.
+ SILVINE (sil-vi-n'), s. f. Terme de minéralogie. Chlorure de potassium.
SLMAGRÉE (si-ma-grée), s. f. Manières qu'on affecle pour duper ou faire illusion. La reine de Suède est entrée à Rome avec beaucoup de simagrées à l'italienne, gui patin, ied.t. ii,p. <17. C'eslêlre libertin [esprit fort] que d'avoirde bons yeux; Et qui n'adore pas de vaines simagrées N'a ni respect ni foi pour les choses sacrées, mol. Tart. i, o. 11 [le duc d'Orléans] le manda [l'évèque de Troyes] : il arriva, il accepta sans simagrée [une place au conseil de régence], ST-siM. 422, 90. Dubois, pour être cardinal, avait fait recevoir la constitution Unigenituset les formulaires et toutes les simagrées ultramontaines dont il se moquait, volt. Ilist. Pari. lxiv. Je mourrai consolé en voyant la véritable religion, c'est-à-dire celle du coeur, établie sur la ruine des simagrées, ID. Lett. Villevieille, 2o déc. 4768. La simagrée du serment, j. j. bouss. Gouv. de Pologne, ch. 8. C'était uniquement par aversion pour les simagrées qu'elle ne faisait point en public la dévote, ID. Conf. n. On a essayé sur moi toutes les simagrées magnétiques, laiiabpe, Corresp. t. iv, p. 273.
— HIST. XVI' s. Indifférence entre les personnes de diverse qualité et condition, morguées et cimagrées [moquées], affoiblissement d'eslat, sullv, Mém. t. VII, p. < 78. Ces nouveaux hostes gagnent le cœur du peuple par chimagrées et belles paroles, pasquier, hecherch. p. 287, dans pougens.
— ÉTYM. Génev. simagrie ; wallon, simagraw, s. f.; chimagrée, dans oudin, Curios. franc. Origine inconnue. Scheler demande si c'est une forme altérée de simulacrée, ou s'il vient de simius, singe. Frisch le fait venir de s'il m'agrée, nom, dit-il, d'un ancien jeu ; étymologie suivie à peu près par Brachet, Dictionn. étymologique, qui dit : ■ Corruption de l'ancienne formule si m'agrée (ainsi m'agrée), prévenance affectée, obséquiosité. » Pourrait-on utiliser le berrichon chimer, simer, simailler, pleurnicher?
SIMAISE, s. f. Voy. cymaise.
SIMAROUBA (si-ma-rou-ba), s. m. Arbre de l'Amérique méridionale dont l'écorce est employée en médecine, quassia simarouba, L.
t SIMAROUBACÉES (si-ma-rou-ba-sée) ou SI- MAROUBÉES (si-ma-rou-bée) , s. f. pi. Terme de botanique. Tribu des rutacées qu'on a séparée pour en faire une famille à part (type, le simarouba).
SIMARRE (si-ma-r'), s. f. \\l' Habillement long et traînant, dont les femmes se servaient autrefois. Il II s'est dit aussi d'une robe d'hodime. Le père Fa- Tuttoest entré couvert d'une simarre de soie légère, volt. Amabed, &' lettre. \\ 2° Espèce de soutane que certains magistrats portent sous leur robe. || Par la métonymie du signe pour la chose signifiée, la place de garde des sceaux ou ministre de la justice. Si j'en venais à faire mes conditions, répondit-il, je serais peut-être un peu plus exigeant que vous ne le supposez [je voudrais être plus que premier président ou procureur général]. — C'est donc la simarre qu'il vous faut, demanda le vieillard d'un air ironique, ch. de behnard, Un homme sérieux, § xvi.
— HIST. XVI* s. Vostre espée use les plies de vostre chamarre, palsgrave, p. 568.
— ÉTVM. Wallon, chamdr, habit de fête; espagn. iamarra; ital. ximarra. On le tire de l'espagnol marro, peau de mouton.
SIMBLEAU (sin-blô), s. m. || l* Cordeau qui sert aux charpentiers à tracer des cercles plus grands qu'ils ne peuvent l'être avec le compas. || 2° Assemblage (le ficelles qui fait partie d'un métier à tisser. || 3° Tracé pour des étofles brochées.
— ÉTYM. Comme singler s'est dit pour mesurer avec le cordeau, et qu'en ce sens il est le même que cingler 2, on admettra que timbleau est pour singleau ou mieux cingleau (voy. cingler 2, et comparez SINCLIOTS).
t SIME (si-m'l, adj. Latinisme qui s'est dit, en histoire naturelle, pour camus. Sa forme [du tadorne] estsimeoucamuse,BUFF. Ois. l.xvni,p. 2»9.
— ETYM. Lat. »tmu»; grec, oiiièç, camus.
SIM
t SIMERI (si- me ri), ». m. Coquille du Sénégal, nom donné par Adanson à la volvaire triticée, univalves.
t SIMIEN, H:NNE (si-miin, miè-n'), adj. Terme de zoologie. Qui appartient au singe. La modification du type simien dans le nouveau monde, ql'atrepages, Àcad. des se. Comptes rendus, t. lxiv, p. 4 227. Il On a dit aussi simian, simiane; cela ne vaut rien.
— Rtym. Lat. simius, singe.
t SIMIESQL'E (si-miè-sk'), adj. Qui a un caractère de singe. Des grimaces plus simiesques qu'humaines, th. GAUTIER, Cap. Fracasse, vu.
SIMILAIRE (simi-lê-r'), od>. || 1° Qui est de même nature. Dans toute matière liquide ou liquéfiée, il ne faut que de l'espace, du repos et du temps, pour qu'il se forme des cristallisations par l'attraction mutuelle des parties homogènes et similaires, buff. ilin. t. V, p. 96. L'or et tous les corps inorganisés qui ne sont point mélangés par agrégation, sont composés de parties semblables ou de molécules similaires, a. bbononiart. Traité de min. t. i, p. b. || 2* Terme de géométrie. .Se dit des rectangles ou des parallélépipèdes formés par la multiplication de nombres proportionnels entre eux. Il 3" Terme d'optique. Rayons similaires, rayons également rcfiangibles. || 4° Terme de conchyliologie. Se dit d'une charnière semblable sur les deux valves. || 5' Terme d'anatomie. Parties similaires, ou organes primaires, les parties fondamentales qui constituent les systèmes, et qui se réunissent pour former les organes proprement dits. Il 6* S. m. Chose semblable à une autre ou de la même nature. Sous Colbert, un tarif protecteur frappa de droits élevés les produits étrangers dont les similaires étaient naturalisés en France.
— HIST. XVI' s. Les elemens de nostre corps sont les parties solides et similaires, faites et produites des elemens de génération : tels sont les os, membranes.... PARÉ, Introd. 4. Ces parties sont appcllées simples ou similaires, pour ce qu'elles ne se peuvent diviser qu'en parties semblables, ou de semblable nature, id. i, Préf.
— ÊTYM. Lat. similis, semblable (voy. similitude).
\ SIMILARITi; (si-mi-la-ri-té), ». f. Terme didactique. Qualité des choses similaires. Il [Anaxagore] croyait qu'un os visible était composé de plusieurs os invisibles ... c'est pour cela qu'il appelait SCS principes àu.oto|xepEia;, similarités. Anal, de Bayle, t. m, p. 432.
t SIMILI (si-mi-li), adj. m. pi. Terme de musique. Mot italien qui signifie semblables, et qui, placé sur une partition, marque que des arpèges indiquée en abrégé sont semblables à ceux qui les précèdent.
t SI.MILIFLORE (si-mi-li-flor'), adj. Terme do botanique. Qui porte des fleurs toutes semblables.
— ÊTYM. Lat. similis, semblable, et llorem, fleur.
SIMILITUDE (si-mi-li-tu-d"), ». f. \\ 1» Ressemblance, rapport exact entre deux choses. 11 n'y a point de similitude entre ces deux objets. Nous n'avons d'idée que de proche en proche ; nous ne concevons presque rien que par similitude, volt. Philos. 2* homélie, »uper»(i(ion. || 2° Figure de rhétorique dite aussi comparaison, par laquelle, pour éclaircir une idée ou pour orner le discours, on applique à un objet des traits de ressemblance empruntés à un objet différent. On prouve les similitudes et les comparaisons, soit qu'elles soient étendues, soit qu'elles soient abrégées et réduites en métaphores, quand on les explique et qu'on en montre les convenances, Boss. 6* avert. 90. Jésus-Chri':t ne montre aucune étude recherchée : ses similitudes sont tirées des choses le» plus communes, de l'agriculture, de la pêche, du trafic, de la marchandise.... id. dansLAFAVE, Synonymes. Il 3" Ternie de géométrie. État des figures qui sont semblables. La similitude des triangles. Théorie de la similitude. || Centre de similitude, point situé dans le plan d'une figure et d'oii partent les rayons vecleurs qui servent à construire une figure semblable à la figure donnée.
— HIST. XIII* s. Si nous voulons à Dieu prendre simililude. Nous hérons [haïrons], comme lui, pechié d'ingratitude, ;. de meung. Test. 8i. ||xiv* & Si avintque la similitude de eus deus, c'est à dire de Tarquin et de TuUie, les adjousta [ajusta, mit ensemble] assez plus de legier, bercheurb, 1* 22, verso. Il parle en similitude et en figure, oresme, Élh. 24. Il XVI* s. Nostre bon maistre, non content de paroles, nous a dépeint en une similitude.
SIM
SIM
SIM
comme en un tableau, la vraye image d'humilité, CALV. Instit. 597. La dissimilitude s'ingcre d'elle mesme en nos ouvrages; nul art no peut arriver à la similitude, mont, iv, 2a2. Un [livret, libelle] qui, pour allonger et remplir la similitude qu'il veult trouver du gouvernement de nostre pauvre feu roy Charles neufiesme avecquos celuy do Néron.... ID. m, Hs.
— ÊTVM. Lat. similitudinem, de similis, semblable, radical de sembler (voy. ce mot).
SIMILOR (si-mi-lor), s. m. Alliage qui résulte de la combinaison de 40 à 40 parties de zinc avec 40 à 60 parties de cuivre, laiton, or do Manheim. Il Fig. De Similor, à charge de revanche, Clinquant publie un éloge éloquent, piron, Épigr.
— ÉTVM. Lat. similis, semblable, et or. SIMONIAQLE (si-mo-ni-a-k'), adj. \\ 1° Où il entre,
où il y a de la simonie. Contrat simoniaque. Ordination simoniaque. Une entremise simoniaque, PATRU, Plaidoyers, 4. || i° En parlant des personnes, qui commet une simonie. Je vous demande si un bénéficier sera simoniaque, selon vos auteurs, en donnant un bénéfice de quatre mille livres de rente, et recevant dix mille francs argent comptant, non pas comme prii du bénéfice, mais comme motif qui le porte à le donner, pasc. Prov. xii. M. Jurieu nous reproche les papes intrus et simoniaques du x* siècle, fén. t. ii, p. 06. || Substantivement. Vous savez quel trafic on fait aujourd'hui des bénéfices, et que, s'il fallait s'en rapporter à ce que saint Thomas et les anciens en ont écrit, il y aurait bien des simoniaques dans l'Eglise, pasc. Prov. VI. Us [les casuistesj auront mis en vente toutes ces dignités de l'Église, et ouvert l'entrée de la maison de Dieu à tous les simoniaques, par la distinction imaginaire de motif et de prix; et nous n'oserons publier qu'on ne peut entrer sans crime dans le ministère de l'Eglise que par l'unique porte, qui est Jésus-Christ 1 m. 2* factum pour les curés de Paris,
— HIST. XIII* S. Ou s'il iert [était] trop luxurieus, Ou lerres [larron], ou simoniaus. Soit prevost ou ofliciaus, Ou prelas de jolive vie, la Rose, (1935. Il XVI' s. Les ambitieux, les avaricieux, les symoniaques, les paillars, les incestes et tous meschans, CALV. Instit. 909
— ÉTYM. Simon!* ;provenç.simoniac,simontotc, simonial; espag. et ilal. simoniaco.
SIMOXIE (si-mo-nie), s. f. Convention illicite par laquelle on reçoit une récompense temporelle, une rétribution pécuniaire pour quelque chose de saint et de spirituel, tel que les sacrements, les prières de l'Eglise, les bénéfices, etc. Si l'on donne un bien temporel pour un bien spirituel, c'est une simonie visible, pasc. Prov. vi.
— HiST. xn' s. Là puet le poi vaillant symonie eshaucier [la simonie peut élever celui qui vaut peu;, Th. le mart. 62. || xiii* s. Se les cozes saintes sunt bailliesàloier, ce est simonie, deaum. xxxviii, 44. Simonie et lignages, prières et servises Donnent hui dignités, provendes et yglises, j. de MEONG, Test. & 13. Il XIV' s. Es estas de ce monde tant de symonie a. D'envie, d'avarice, plus qu'on ne vous dira, Guescl. H764.||xv's. Tant avez fait d'armes huy par dessus tant de preud'hommes en chevalerie, que le pris et honneur vous est octroyé sans discorde et sans simonie; si en recevez ceste couronne, Perceforest , t. iv, f° 58.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. simonia, de Simon le magicien, qui voulut acheter de saint Pierre le don de conférer le Saint-Esprit.
t SI.MOMEN (si-mo-niin), s. m. Membre d'une secte fondée par Simon le magicien (I" siècle].
t SIMOUN (si-moun'), s. m. Vent brûlant qui souffle de l'intérieur de l'Afrique. || On dit aussi semoun. On entendait mugir le semoun meurtrier, v. HUGO, Orient. I.
— ETYM. Arabe, semoum, vent brillant, pestilentiel, de semm, empoisonner. Les arabisants recommandent d'écrire semoum et non sùnoun ou semoun.
t.SLMPLE (sin-pl'), ad;. || 1' Qui n'est point composé. Dieu, l'âme sont des êtres simples. Idées simples. Mouvements simples. Certains rayons de lumière firent apercevoir à M. de Turenne qu'il n'y avait qu'une vérité simple et indivisible qui ne se montre qu'à ceux qui la cherchent, fléch. Turenne. Qui peut corrompre ou séparer un être simple, et qui n'a point de parties? la bruy. xvi. Le point mathématique est simple, me dira-t-on • mais le point mathématique n'existe pas réellement, volt. Philosoph. ignor. 23. || Terme de chimie. Corps simples, corps que jusqu'à présent il a été impossible de décomposer, dits aussi corps
élémentaires ou éléments. Tous ces êtres simples ou indécomposés [éléments chimiques] (car le mol simple n'est pris ici que d'une manière relative et n'a rien d'absolu).... pouhcroy, C'onn. chim. t. i, p. Lvii. Il Sels simples, sels dans lesquels le poids atomique de l'acide est égal au poids atomique de la base. Il En termes de grammaire, simple se dit d'un mol qui n'est pas composé. Il y en a [des adjectifs] qui n'ont pas de simple : on dit insatiable , indubitable, immanquable; et l'on ne dit pas saliable, dubitable, manquable, vaugel. Hem. not. Th. Corn. t. ii, p. )027. || Terme de métrique ancienne. Pieds simples, pieds de deux ou trois syllabes au plus, parce qu'ils ne peuvent pas se décomposer en deux autres. || 2' Qui n'est pas double ou multiple. Des souliers à simple semelle. M. Cheselden rapporte qu'un homme étant devenu louche par l'effet d'un coup à la tête, vit les objets doubles pendant fort longtemps, mais que peu à peu il vint à juger simples ceux qui lui étaient les plus familiers, buff. Uvit. nat. Ilom. Œuvr. t. iv, p. 433. Il Écho simple, écho qui ne répète chaque son qu'une seule fois. || Bâtiment simple, bâtiment qui n'a qu'un rang de chambres, par opposition à bâtiment double, celui qui renferme deux rangs de chambres. || Terme de botanique. Tige simple, tige qui n'est pas ramifiée. || Calice simple, celui qui n'est point environné d'un second calice extérieur. Il Fleur simple, celle dont la corolle n'a pas de doubles pétales. |{ Fleur simple, se dit aussi par opposition à fleur composée. || Un fruit simple est tantôt celui qui paraît tel, uniquement par la soudure naturelle de plusieurs carpelles juxtaposés, tantôt celui qui est devenu solitaire par l'avortement de ceux qui, dans le plan normal de la fleur, devaient former un verticille complet. || Terme de zoologie. Antenne simple, antenne qui n'offre aucun prolongement, aucune ramification. || Nervure simple, nervure terminée seulement par un point rond, etc. || Animaux simples, ceux qui ne résultent pas de l'agrégation d'un certain nombre d'individus. || Accouplement simple, celui qui a lieu entre deux individus appartenant à des espèces chez lesquelles les sexes sont séparés. || Terme de marine. Ordre ou ligne simple, disposition de vaisseaux de guerre sur une seule ligne. || Tour simple, se dit quand un câble n'embrasse que la bitte. Il Poulie simple, poulie qui n'a qu'un réa. |{ En simple, se dit d'une manœuvre qui arrive directement, sans passer par une poulie. || 3° Médicaments simples, ceux qui n'ont subi aucune préparation pharmaceutique, ou aussi ceux qui ne contiennent qu'une seule substance. || Plantes simples s'est dit au sens de plantes médicinales, de simples. État des gratifications pour (680.... au sieur Marchand, en considération de son application à la recherche des plantes simples, curieuse-î, pour le Jardin Royal.... (200 livres. Lettres, etc. de Colbert, v, 493. || 4* Terme de liturgie. Fête simple, office simple, se dit par opposition à fêle ou office double ou semi-double, et simple vigile se dit d'une vigile sans jeûne. || Vœu simple, vœu qui n'est pas fait en face de l'Église et n'est pas accompagné des formalités requises. Il 6° Multiplication, division simple, celle où il n'entre que des grandeurs de même espèce. || Terme de minéralogie. Formes simples, formes terminées par des faces identiques. || 6° Coup simple, se dit, au trictrac, de deux dés dissemblables quant au nombre. Il 7* Qui n'est que..., qui n'a pas d'autre qualité, d'autre caractère que... Pour vous justifier mes ordres et mes vœux. Je croyais qu'il suffît d'un simple. Je le veux, corn. Attila, iv, 3. Son raisonnement [au chien] pouvait être Fort bon dans la bouche d'un maître; Mais, n'étant que d'un simple chien, On trouva qu'il ne valait rien, la font. l'abl. xi, 3. Vous calomnieriez plus utilement pour vous en faisant profession de dire avec saint Paul que les simples médisants sont indignes devoir Dieu, pasc. Prov. xvi. Et son rare savoir, de simple marguillier, L'éleva par degrés au rang de chevecier, boil. Lutr, i. Belle sans ornement, dans le simple appareil D'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil, rac. Brit. ii, 2. Dieu, qui veux bl^n que de simples enfants Avec eux [les anges] chantent tes louanges, id. Esth. i, 6. Lorsque son cœur, tantôt m'exprimant sa tendresse. Refusait à Roxano une simple promesse, id. Baj. m, 3. Une simple femme venait exposer simplement à David ses chagrins domestiques, mass. Pet. carême, llum. des grands. Trois simples écuyers, sans bien et sans secours, volt. Tancr. i, (. Arrêter un Romain sur de simples soupçons, C'est
agir en tyrans, nous qui les punissons^ id. Brut. IV, 7. Bernard, simple abbé de Clervaux, était l'oracle de la France et de l'Europe, ID. Mceitri, a. Jamais l'Irlande n'a pu secouer le joug do l'Angleterre, depuis qu'un simple seigneur anglais la subjugua, ID. Louis XIY, (6. La force de son union [du mercure] par simple contact avec une glace de miroir a été mesurée par un de nos pluf savants physiciens, et s'est trouvée beaucoup plus forte qu'on ne pourrait s'imaginer, bufp. Iftn. t. V, p. 324. Elle était née en Bretagne, d'une simple famille de paysans, bern. de st-p. Paul et Virg. Il II ne faut pour cela que le simple sens commun, que le simple bon sens, se dit d'une chose fort aisée à comprendre, || Simple manoir, se dit quelquefois d'une demeure modeste, par opposition à grande maison, à château. || Simple tonsure, la tonsure cléricale, lorsqu'elle n'est pas jointe aux ordres ecclésiastiques. || Bénéfice à simple tonsure, ou bénéfice simple, bénéfice qui n'a point charge d'âmes, et que peut posséder un clerc qui n'a que la tonsure. Il ne voulut jamais posséder que des bénéfices simples, parce qu'en le dispensant des pénibles et redoutables fonctions du ministère, ils lui permettaient de donner sans scrupule tout son temps aux lettres, d'alehb. El. Danyeau. \\ Simple clerc, celui qui n'a que la tonsure cléricale, ou les quatre mineurs. Il Simple prêtre, prêtre qui n'a point de bénéfices. || Simple religieux, religieux qui n'a point de charge dans son ordre ni dans son monastère. || Simple soldat, simple cavalier, fantassin, cavalier qui n'a point de grade. || Simple particulier, homme qui n'a point de fonctions publiques. Votre avis est ma règle, et par ce seul moyen Je veux être empereur, ou simple citoyen, CORN. Cinna, ii, (.|| Simple gentilhomme, gentilhomme qui n'est point titré. Je n'aime plus Rodrigue, un simple gentilhomme, corn. Cid, v, 4. || Donation pure et simple, donation faite sans condition. Il On dit dans le même sens : résignation pure et simple, démission pure etsimple, etc. || 8° Qui n'est pas compliqué, qui est facile à employer, à comprendre, à exécuter. Des moyens simples. Ce sont, messieurs, ces choses simples, gouverner sa famille, édifier ses domestiques, faire justice et miséricorde, accomplir le bien que Dieu veut.... Boss. Louis de Bourbon. Cela est si simple qu'on croirait inutile de le remarquer; mais souvent les choses les plus simples échappent précisément parce qu'elles sont simples; nous dédaignons de les observer, condil. Log. i, 4. Je me rappelle mille traits de sa vie qui me paraissaient tout simples, parce que mon père les trouvait tels, stael, Corinne, XII, (.||Le sujet, l'inlrigue de cette pièce de théâtre est fort simple, l'intrigue y est peu chargée d'incidents. || Familièrement. C'est tout simple, cela est naturel, convenu, va de soi. Tous mes amis devinrent les siens, cela était tout simple; mais aucun des siens ne devint jamais le mien, i. j. rouss. Conf. viii. Il y a des moments où je trouve tout simple que les rois aient des flatteurs et des courtisans, picard et mazères, Troit quartiers, n, 2. || 9' Sans ornement, sans faste, sans recherche, sans afl'ectation. Des meubles simples et commodes. Avoir des goûts simples. Vie simple. Un abord simple et ouvert. Tout était simple dans Madame, Boss. Duch. d'Orl. Le madrigal, plus simple et plus noble en son tour, Respire la douceur, la tendresse et l'amour, boil. Art p. II. Que le début soit simple et n'ait rien d'affecté, id. ib. m. Cet âge est innocent: son ingénuité N'altère point encor la simple vérité, hac. Ath. II, 7. Les plaisirs simples sont toujours des plai ■ sirs, et ils ne coûtent rien, fonten. Bonh. Les sea timenls qui échappent à une âme qui veut les cacher, demandent les expressions les plus simples, VOLT. Dict. phil. Froid. Corneille a donné souvent aux Romains une enflure et une emphase qui est précisément l'opposé du caractère de ce peuple-roi; les Romains disaient des choses simples, et en faisaient de grandes, id. Lett. Duclot, 25 déc. (76(. De ce que le beau est toujours simple, ils en concluent que le simple est toujours beau; et ils appellent simple ce qui est froid el commun, sans force, sans âme et sans idée, d'a- LEMB. Œuv. t. III, p. 365. Cette exclamation de Bossuet, qui fit une si forte impression sur son audi toire dans l'oraison funèbre d'Henriette : Madame se meurt. Madame est morte ! c'est le mot simple et commun qui en fait toute la force ; s'il eût dit : Madame est expirante. Madame expire, il n'eUt produit aucun effet, marmontel, Œuv. t. v, p. 2(3. Il II se dit, dans le même sens, des personnes. Étr»
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«impie dans ses habits, dans ses meubles. Sois doux, simple, équitable, boil. Sat. xi. Soyez simple avec art, ID. Art p. I. Permettez-moi de vous dire que, malgré tous vos talents et tout votre mérite, je vous ai trouvée la femme du monde la plus simple, la plus aisée à vivre, la plus digne d'avoir des amis, volt. Lett. Ume du Bocage, 3 sept. (758. Nous oserions peut-être dire qu'il est plus difficile à un écrivain d'être simple que d'être grand, si l'on pouvait être grand sans être simple, d'alemb. El. Ilassillon, note 10. ||10°Sans déguisement, sans malice. Soyez prudents comme des serpents et simples comme des colomlics, SACi, Bible, Évang. SI Malth. x, lO. Mélanchthon était simple et crédule ; les bons esprits le sont souvent, boss. Var. v, 3. Voilà comme, infectant eette simple jeunesse, Vous employez tous deux le ealme où je vous laisse, hac. Ath. ii, 7. Votre cœur généreux, trop simple et trop ouvert, volt. Sém. II, <. Il faut, pour m'attacher, une âme simple et pure. Comme Chloé, qui sort des mains de la nature, ORESSET, le Méch. iv, 9. Il 11" Qui a peu de lumières. Et, pour ne point gâter sa bonté naturelle [d'une jeune fille] , Je n'y tiens que des gens tout aussi simples qu'elle, mol. Éc. des fem. i, t. Ne vous étonnez pas de voir des personnes simples croire sans raisonnement; Dieu leur donne l'amour de soi et la haine d'eux-mêmes, pasc. Pens. xm, <o, éd. HAVET. Le magicien pouvait répondre : je ne travaille pas pour les philosophes; j'ai fait voir des ombres à des dames très-respectables, à des gens simples qui ne disputent pas, volt. Dict. f>hil. Magie. ||12" Qui se laisse facilement tromper, niais. Simple, n'as-tu point vu que c'était une feinte. Un effet de l'amour dont mon àme est atteinte? CORN. Suite du Ment, ii, 7. Lorsqu'on parlait sérieusement des mystères de la religion, elle avait peine à retenir ce ris dédaigneux qu'excitent les personnes simples, lorsqu'on leur voit croire des choses impossibles, boss. Anne de Gonz. Que vous êtes simple de vous tourmenter! id. Lett. Corn. 79. Le roi avait répondu qu'il [Chamillart] était bien simple de penser que tout ce bruit fît sur lui [le roi] la moindre impression, st-sim. 199, 151. Cet homme [Théodore].... persuada le bey qu'il pourrait lui soumettre la Corse, si le bey voulait lui donner seulement un vaisseau de dix canons, quatre mille fusils, mille sequins et quelques provisions : la régence de Tunis fut assez simple pour les donner, volt. Louis XY, 40. Ce successeur de Charlemagne, De simple mérita le nom, BÉRANG. Charles le Simple. || Il se dit quelquefois des choses. [Us] Publiaient qu'en mourant Claude, avec sa puissance. M'avait encor laissé sa simple obéissance, rac. Brit. iv, 2. || 13° S. m. Homme, esprit simple. Les simples et ceux qui n'approfondissent pas plus avant les choses se contentent de ces preuves, pasc. Prov. v. Le simple ne voyait pas cela dans le texte de saint Matthieu, JURIEU, dans boss. 2* instr. past. 5. Les grands esprits et les simples, les spirituels et les ignorants, BOURDAL. Fête des saints myst. t. ii, p. 425. Partout le Seigneur n'aime à s'entretenir qu'avec les simples et les petits, mass. Carême, Dang. des prosp. temp. Ce n'est pas aux savants tout seuls qu'elle [la religion] a réservé la connaissance sublime de ses mystères; le simple a prophétisé comme le sage.... œ. Pet. carême, Triomphe de la relig. Le monde parlementaire [les députés] se divise en deux classes, les homm»s d'esprit et les simples.... les hommes d'esprit, d'une part, ceux qui usent de leur position; les simples, de l'autre, ceux qui n'en usent pas, reybaih), Jérôme Paturot, ii, $ 20. Il li" Ce qui n'est pas composé. On commence en tout genre par le simple; ensuite vient le composé ; et souvent enfin on revient au simple par des lumières supérieures; telle est la marche de l'esprit humain, volt. Dict. phil. Religion. || 16° Ce qui n'est que l'unité, par opposition à ce qui est double. Parier le double contre le simple. L'affluence des spectateurs fut si grande, que les comédiens, après avoir fait payer le double aux vingt premières représentations [d'Andronio], et avoir ensuite mis la pièce au simple, furent obligés de la remettre au double pour diminuer la foule, d'alemb. El. Campistron. || 16° Ce qui est sans ornement et sans recherche. La nuance du simple et du familier est délicate; il faut la saisir, volt. Comm. Corn. Rem. Poly. i, 3. En voulant se rapprocher de la nature, ils devaient passer du simple au familier, dont les limites ne sont pas assez distinctes, bartuél. Anach. 7t. |{ Terme de rhétorique. Un des trois genres d'éloquence. Le simple.
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le sublime, le tempéré. || 17° Terme de musique. Air, chant naturel, sans variations, par opposition à double, qui se dit du même air, du même chant varié. On ne chante guère le double d'un air, qu'on n'en ait chanté le simple.
— lilST. XII* s. [Le corps de ma dame] Simple et cortois, de biau contenement, Couci, xvi. Ne regarder n'os [je n'ose] son simple visage, Tant [j'] en rcdout mes ieuz à départir, «6. xix. Et quant recort [je me rappelle] la simple cortoisie Et les douz mos que soil à li parler [que j'ai l'habitude de lui dire], ib. xxn. Et simpU come aignel, et fier come liepart, Sax. xxix. || xiii* s. Large, cortois et débonnaire Ait [le roi] 1» cuer et plain de pitié. S'il quiert du peuple l'amitié. Sans qui rois en nule seson Ne puet plus ne qu'uns simples bon, la Rose, 60(6. [La femme] Or fait la simple, or fait la sage; Qui plus l'aguete, plus est fous. Contenance des femmes. \\ xiv* s. Li simple qui ne sçavent les lois et les deorez, Tesmoignent qu'en cel mont [monde] ha moult de grans secrez, Girart de Ross. V. 34(. Il XV* s. Quand ils furent si avant que à la barrière, ils commencèrent à assaillir faintementet à faire les simples, froiss. m, iv, (4. Estiez vous si simples de penser que...? comm. iv, ((.Le bon mari, tant simple [penaud] et tant piteux qu'on ne le vous sauroit dire, louis xi, Nouv. xxix. La pucelle faisoit très simple chère [avait l'air très-affligé]; car bien luy estoit advis que le tournoy ne lui plaisoit, Perceforest, t. vi, f° (7. Sire chevalier, vous estes mal advisé; car ce que vous cuidez n'est pas véritable; mais tousjoursdit le simple la simplesse, et le saige le sens, ib. 1. 1, f° 37. Quant il vint à l'huys du temple, il voit qu'il faisoit dedans moult simple de clarté, et non pourtant veoit on bien dedans, ib. f° 72. || xvi* s. Le traducteur ne donne à son ouvrage Rien qui soit sien que le simple langage, la boétie, 475. Homme simple et souysse, mont, i, 100. Les enfants y peuvent comme les hommes, et les simples comme les subtilz, id. 1, (77. Un parler simple et naïf, ID. i, (9(. Que feroit pis un simple maistre d'eschole? m. i, 288. Se laver d'eau simple, id. i, 370. La table de Tiberius estoit simple et sobre, amyot, Gracques, 3. Feuilleter nos romans et desrouiller force beaux mots, tant simples que composez, qui ont pris rouille pour avoir esté si longtemps hors d'usage , ii. est. Conform. préface. Il l'appelle bastard et fils d'une simple femme. Nuits de Straparole, t. i, p. 233, dans lacurne.
— ÉTYM. -Wallon, seinp ; provenç. simple, sempîe ; espagn. simple; ital. semplice ; du lat. simpli'cem, de sine, sans,! et pfica, pli, suivant les étymologistes latins.
2. SIMPLE (sin-pl'), t. m. Nom donné à toutes les plantes dont la médecine fait usage. Il vient à pas comptés. Se dit écolier d'Hippocrate , Qu'il connaît les vertus et les propriétés De tous les simples de ces prés, la font. J'abl. v, 8. Lucas : Un médecin qui coupe du bois? — Valère : Qui s'amuse à cueillir des simples, voulez-vous dire? MOL. Méd. malgré lui, i, 5. On ne cherchait des plantes que pour trouver des remèdes; on ne cherchait pas des plantes, mais des simples, j. 1. Rouss. Botanique, Introduct. || On le trouve féminin, ce qui n'est plus usité. Le médecin qui découvre la vertu de quelque simple inconnue auparavant est quasi adoré, godeau, Disc, sur Malherbe.
— HIST. XV* s. Je ne treuve en ma médecine Simple qui soit plus excellent Que la noble plante de vigne, D'où le bon vin clairet provient, basse- LiN, XXV. Il XVI* s. Aucuns y meslent en le cuisant [le galac] certains simples pour rendre son action meilleure, paré, xvi, 8.
— ÊTVM. Simple (; le si'mpj*, plante, étant regardé comme un médicament simple.
SIMPLEMENT (sin-ple-man), adv. \\ 1* Sans complication. L'action de cette pièce est conduite simplement. Il 2° Seulement. Avez-vous jamaisrien vu qui paraisse plus contraire [les lois de l'Evangile et les lois du monde] ? et cependant, quand je vous dis que nos pèies ont accordé ces choses, vous me dites simplement que cela vous étonne, pasc. Prov. vu. Dans la pensée que ce n'est pas votre faute [si je n'ai pas reçu vos dernières nouvelles], je ne fais simplement que me plaindre de l'infidélité do nos courriers, sÉv. à Ménage, (9 août (652. Longin ne fut pas simplement un critique habile : ce fut un ministre d'État considérable, boil. Longin, Subi. Préf. Il 3° Purement et simplement, sans réserve et sans condition. Il a donné sa démission purement et simplement. || 4* D'une manière simple, sans recherche, sans ornement. La
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tristesse doit parler simplement, si elle veut nous intéresser, du mars. Tropes, 11, 9. On s'accoutume à bien parler en lisant souvent ceux qui ont bien écrit; on se fait une habitude d'exprimer simplement et noblement sa pensée sans effort, volt. Lett. Mme Vupuy, 20 juin (756. S'il [Marivaux] ne pouvait se résoudre à dire simplement les choses même les plus communes, du moins la facilité avec laquelle il parlait de la sorte, semblait demander grâce pour ses écrits, d'alemb. El. Mariv. Sitôtque la petite maison de Mont-l.ouis fut prête, je la fis meubler proprement, simplement, j. j. ROUSS. Confess. x. Mais, Luadame, vous serei la seule à cette fête mise aussi simplement, gen- Lis, Veill. du chat. t. I, p. 394, dans pougens. Il 5° Naïvement, sans détour. Je vous raconterai la chose simplement. |{ Bonnement, sans finesse. C'est un bon homme, i). y procède simplement.
— IlIST. XIII* s. Ci! n'entent pas la trahison ; Mais si, com horas de bonne foi, Respont molt simplement al roi, gui de cambrai, Barl. et Jos. p. (7. Il XIV* s. Cesifc icy [science] enseigne estre bon home, et estre bon simplement, ohesme, Éth. Prol. La dame respont simplement [avec douceur], Chastel. de Couci, v. (963. ||xv* s. Et ne les vouloit on reprendre à mercy, s'ils ne se rcndoient simplement, froiss. i, i, (79. Sur le vespre [de la bataille de Ciecy], le roy [de France] fut admonesté par monseigneur Jehan de Haynaut de se retirer, en lui disant : Sire, retrayez vous, il est temps, ne vous perdez mie si simplement [imprudemment], id. i, p. (53, dans laclrne. Tant s'y maintenoit simplement [se comportait gauchement à un repas], qu'il en estoit blasmé par les tables, Perceforest, t. vi, f" 42. ||xvi* s. Le plus grand homme, simplement homme [par opposition à J. C], Alexandre.... mont, i, 73. Elle avoit esté nourrie simplement et sans aulcune instruction de lettres, id. i, (48. Elles se laissent quelquefois abuser bien simplement, desper. Contes, xi. Moy, je mets simplement le plaisir en avant, desportes. Diverses amours, Sonnet v.
— f.TViil. Simple, et le suffixe ment; provenç. simplament, simplemen; espagn. simplemente; ital. semplicemente.
SLMPLESSE (sin-plè-s'), t. f. Naturel sans déguisement, doux et facile. Pourquoi non? c'est erreur de la simplesse humaine, régnieh, Dial. Vous m'annoncez quelqu'un si facile, si bon! D'une ingénuité, d'une simplesse extrême, colun d'harleville. Malice pour malice, 1, 3. || Il ne demande qu'amour et simplesse, il n'est pas d'humeur à quereller qui que ce soit.
— HIST. XII* s. Si disoient : nos morrons tuit en nostre simplcce, Machab. i, 2. |] xiii* s. Se cil biaus vis [visage] plains de simplece. Lai de l'ombre. Quant ce fut fet, li baillif reconnurent par devant le roi lor folie, et li mères ausinl [aussi], et requistrent pardon de lor simplece, Liv. de jost. B(. Car orgueux ne doit pas régner En chevaliers, ne demorer. Mais adès à simpleche tendre, barba- ZAN, Fabliaux, i, 66. ||xiv*s. Et veu par lesdiz maistres l'ignorance, la simplesse et la juenesse dudit Jaquet, Charte de (343, dans Très, des chartes ((74, f* (00, verso, p. (67. ||xv* s. C'estoit grant simplesse de croire paroles volans si légèrement, FROISS. II, n, 9, Il XVI* s. Tant il sceut finement ma simplesse abuser, DESPORTES, Imitation de la complainte de Bradamant.
— ÉTYM. Simple; provenç. et espagn. simpleza; ital. semplicetia.
t SIMPLET, ETTE (sin-plè, plè-t'), adj. Qui est un peu simple, crédule, naïf.
— HIST. XV* s. La simplette le regardait en pitié, LOUIS XI, Souv. xcv.
— f.TVM. Dimin. de simple.
t SIMPLETER (sin-ple-té), v. a. Former d'un seul fil la chaîne d'un ruban léger.
t SIMPLICIC.XULE (sin-pli-si-kô-l'), od>. Terme de botanique. Qui a la tige simple.
— Rtym. Lat. îimpi«jr, simple, et caulis, tige.
t SIMPLICIFOLifi, ÉE (sin-pli-si-fo-li-é , ée), od;. Terme de botanique. Qui a des feuilles simples.
— r.TYM. Lat. simples, simple, eifolium, feuille. SIMPLICITÉ (sin-pli-si-té), s. /■. || 1° Qualité de ce
qui est simple, non composé. Comme si notre vaine pompe et notre grandeur artificielle pourraient donner quelque envie à celui qui possède tout dans l'immense simplicité de son essence, BOSS. i" sermon. Nativ. de N. Seigneur, 3. Il no reste pour tout bien en lui [le réprouvé) que la simplicité de son être; et c'est son malheur extrême, parce que Dieu le conserve pour être en
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butte éternellement à ses vengeances et le sujet do toutes les misères possibles, m. Pensées chrét. ». Il 2" Qualité de ce qui n'est pas compliqué. 11 y avait longtemps que je voulais essayer si je pourrais faire une tragédie avec cotte simplicité d'action qui a été si fort du goût des anciens, rac. Bérén. Préf. On n'admire point la nature de ce qu'elle n'a composé tous les visages que d'un nez, d'une bouche, de deux yeux; mais on l'admire de ce qu'en les composant tous de ces mêmes parties, elle les a faits fort différents : voilà la simplicité et la diversité qui plaiscD' par leur union, fonten. Ui'pex. poét. 28. La simplicité no plaît point p.ir elle-même, elle ne fait qu'épargner de la peine à l'esprit; la diversité, au contraire, par elle-même est agréable, ID. ib. La simplicité est un des principaux caractères do la beauté; elle est essentielle au sublime, didek. Pensées sur la peint. fls'ut). t. XV, p. 230. Ce qui caractérise les hommes supérieurs, c'est le talent de réduire les questions au plus grand point de simplicité, BAiLLY, Histoire de l'astron. moderne, t. ii, p. bo7. Tout annonçait dans ce système [de Copernic] cette belle simplicité qui nous charme dans les moyens de la nature, quand nous sommes assez heureux pour les connaître, la place. Expos, v, 4. Il 3" Qualité du style simple. La seule simplicité d'un récit fidèle pourrait soutenir la gloire du prince de Condé, Boss. ioias de Bourbon. Le style qui est à la mode me porte plus que jamais à écrire avec la plus grande simplicité, volt. Lelt, Mme du Ueffant, H oct. (703. ||ylu plur. Je ne prendrai pas votre P. Senault [auteur d'un livre sur l'Usage des passions] ; où allez-vous chercher cet obscur galimatias? que ne demeurez-vous dans les droites simplicités de votre père [Descartes]? sÉv. à Mme de Crignan, 9 juin 4680. || 4* Qualité de ce qui est sans faste, sans recherche, sans apprêt. M. le Tellier goûtait un véritable repos dans la maison de ses pères, qu'il avait accommodée à sa fortune présente, sans lui faire perdre les traces de l'ancienne simplicité, boss. le Tellier. La princesse change en un moment tout entière : nulle parure que la simplicité, nul ornement que la modestie, id. jlnne de Gonz. Le plaisir de voir à la messe le roi très-aimable et très-chrétien ne saurait vous manquer quand vous viendrez ici, non plus que de voir la simplicité de ma chambre, MAINTENON, Lett. à l'abhé Gobelin, 2 juin 1682. La simplicité plaît sans étude et sans art, boil. Ép. IX. Le philosophe fut heureux de n'avoir pas perdu dans une situation passagère le goût de simplicité, qui lui devait être d'un plus long usage, PONTEN. Lagny.\\S° Qualité des personnes qui ne recherchent ni le faste ni l'apprêt. Le monde estil donc devenu, par ses vains et ridicules raffinements, plus délicat, plus honnête, plus pur que ne l'a été jusqu'à présent la sage simplicité des fidèles? bourdal. Dim. de la Sexag. Dominic. t. i, p. 408. Souvenez-vous de la sainte simplicité de nos pères : chacun mesurait ses emplois à ses propres forces, fléch. le Tellier. Il [Viviani] avait cette innocence et cette simplicité de mœurs que l'on conserve ordinairement, quand on a moins de commerce avec les hommes qu'avec les livres, FONTEN. Viviani. Il [Virgile] faisait les délices de ses amis par cette simplicité qui s'accorde si bien avec le génie, et qui semble être donnée aux véritables grands hommes pour adoucir l'envie, volt. Ess. poés. ép. n.\\6' Caractère d'innocence sans déguisement et sans malice. La simplicité affectée est une imposture délicate, la hochefouc. Max. 289. Je vous ai offert toutes ces choses dans la simplicité de mon cœur et avec joie, saci. Bible, Paralip. I, XXIX, il. Ces petits et ces humbles que la simplicité de croire met dans une entière sûreté BOSS. t" instr. past. 43. La reine a dit souvent' dans cette bienheureuse simplicité qui lui était commune avec les saints, qu'elle ne comprenait pas comment on pouvait commettre volontairement un seul péché, pour petit qu'il fût, m. Mar.-Thér. Je ne crains point d'assurer que, pour bien régler notre conscience sur la plupart des devoirs du christianisme, la simplicité et la bonne foi sont de grands docteurs, id. 2- sermon, Dim. de la Passion, t. Cette simplicité naïve qui dit le sentiment avant la pensée, et fait si bien valoir ce qu'elle dit, J. j. Rouss. Hél. VI, 6. Fénelon a caractérise lui-même en peu de mots celte simplicité qui le rendait si cher à tous lea cœurs : La simplicité disait-il, est la droiture d'une âme qui s'inlerdiî tout retour sur elle et sur ses actions, d'alemb. El. Fén. La modestie est quelquefois hypocrite,
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et la simplicité ne l'est jamais, n>. Dial. Christ, et Descart. La simplicité consiste à montrer ce que l'on est; la modestie à le cacher, id. Sijnon. La simplicité tient |<!us au caractère; la modestie, à la réflexion, id. ib. Ma fille aînée, bonne, jolie, simple; simplicité n'est pas sottise, picard, l'illes à marier, i, 7. {| 7° Mancjue de lumière, crédulité trop grande, niaiserie. El j'en sais tel qui croit, dans sa simplicité. Que, pour punir Phocas, Dieu l'a ressuscité [Héraclius], corn. Iléracl. ii, l. Un trait hardi qu'a fait celte jeune beauté, VA qu'on n'attendait pas de sa simplicité, JIOL. Éc. des femm. m, 4. M. de Tressan a la simplicité de me croire l'auteur de celte rhapsodie [une épitre], dans laquelle il est très-ridiculement loué, volt. Leil. d'Argdilal, I" mai (775. Malheureusement celui qu'elle [l'Académie] proposait avait eu la simplicité de prendre quelque part aux querelles du jansénisme, auxquelles on attachai l encore, il y a trente ans, quelque espèce d'importance, d'alemb. Éloges, St-Aulaire. \\6' Au plur Choses simples, naïvetés. Dans ses simplicités à tous coups je l'admiic, Et parfois elle en dit dont je p4me de rire, mol. Éc. des femm. i, t . Voyez si vous ne reconnaissez pas votre mère à ces soUes simplicités qui vous ont tant divertie à Livry, sÉv. 21 juin 1680. Sa vanité l'a fait tomber dans des faiblesses pitoyables et en mille simplicités qui inspirent pour lui du mépris, bourdal. Pensées, t. ii, p. 229. X ces simplicités qui sortent de sa bouche, X cet air si naïf, croirait-on qu'elle y touche? regnard, le Distr. I, 4. Les simplicités nous délassent des grandes spéculations, vauven. A'ouu. max. 29).
— HIST. XII* s. El si tu me serfs cumc fist tis pères [ton père] en simplicited de son quer[cœur] et en equitcd. Rois, p. 208. || xiv s. Car sçavcz de simplicité Eduire multiplicité, L'alch. à nat. 699. Il XVI' s. Il se fioit de toutes choses à ses gens par une grande simplicité qui estoil en luy, amyot, Ant. 28. Né à la tempérance et à la simplicité et suffisance de peu, ID. Agis et Cléom. 25. Le cardinal prenant plaisir en la simplicité de la bonne femme, desper. Contes, xviii.
— ÉTYM. Provenç. simplicitat; espagn. simplicidad; ilal. semplicità; du lat. simplicitalem, de simplei, simple. L'ancienne langue disait aussi semplelé, tiré directement de simple.
t Sl.MPLIFIABLE (sin-pli-fi-a-bl'), ad;'. Que l'on peut simplifier.
t SIMPLIFICATEUR (sin-pli-fi-ka-teur), ». m. Celui qui simplifie. Franklin était, dans ses manières générales de voir et de présenter les choses, un grand, un trop grand simplificateur, STE-BEUVE,dans le Dict. de dochez. || Adj. Principe simplificateur.
SIMPLIFICATION (sin-pli-fi-ka-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. Action de simplifier; résultai de cette action. [Chez les mystiques] une prétendue simplification, une prétendue réduction de tous nos actes à un acte perpétuel et universel, boss. ÉI. d'orais. 11, 3.
— ÉTYM. Simplifier.
SIMPLIFIÉ, ÉE (sin-pli-fi-é, ée), part, passé de simplifier. Une méthode simplifiée.
SIMPLIFIËll (sin-pli-fi-é), je simplifiais, nous simplifiions, vous simplifiiez; que je simplifie, que nous simplifiions, que vous simplifiiez, v. a. Il 1" Rendre simple, moins composé, moins compliqué. Aussi, lorsqu'un homme se rend plus absolu, songe-t-il d'abord à simplifier les lois, mon- TESQ. Esp. VI, 2. Simplifier les causes, et généraliser les effets, doit être le but du physicien ; et c'est aussi tout ce que peut le génie, aidé de l'expérience et guidé par les observations, buff. Min. t. IX, p. 101. Ces mêmes ouvriers qui, dans un voyage qu'il avait fait à Lyon, le poursuivirent à coup» de pierres, parce qu'ils avaient ouï dire qu'il cherchait à simplifier les métiers, CONdorcet, Vaucanson. Simplifiez la marche de votre administration, en mettant de la justice et de l'exactitude dans vos payements, raynal, Ilisl. phil. XIII, 8. Si l'on est quelquefois égaré en voulant simplifier les éléments d'une science, c'est qu'on a établi des systèmes, avant d'avoir rassemblé un assez grand nombre de faits, fresnel, Instit. Mém. sciene. 4821 et I822, t. v, p. 340. || Simplifier un bénéfice, faire d'un bénéfice à charge d'âmes ou qui demande résidence, un bénéfice simple. Il 2° Se simplifier, t>. ré/l. Devenirplus simple. Quand on observe la chaîne de tous les genres d'animaux depuis les quadrupèdes jusqu'aux polypes, on voit l'organisation se simplifier, condorcet, Linné.
— ÉTYM. Simple, et le lat. facere, faire.
SIM
t SlMPLI.'SME (sin-pli-sm"), t. m. Dant l'école sociétaire, vice de raisonnement d'un esprit «implicite.
t SIMPLISTK (sin-pli-sf ), adj. Dans le langage de l'école sociétaire, se dit de ceux qui ne considèrent qu'une seule face de l'objet, et qui raisonnent en conséquence. || Substantivement. Un simpliste, jj Ce mot a passé du langage fouriérista dans le langage ordinaire.
— f.TYM. Simple. Dans le xvi« siècle, timplittê ou timpliciste signifiait herboriste.
SIMULACBB (si-mu-la-kr"; au xvn* siècle, l'a éUit long : simulacre, d'après Chifdet, Gramm. p. 483), I. m. ||1* Image, représenution d'une divinité païenne. Je défendis qu'il y eût dans les templesaucun simulacre, parce que la divinité qui anime la nature ne peut être représentée, volt. Dict. phil. Religion. Déjà est né le nouveau Cyrus qui brisera les derniers simulacres des esprits des ténèbres, et mettra le trêne des Césars i t'ombre des saints tabernacles, chateaudr. Mart. m. Les Grecs n'eurent d'abord que des pierres ou des morceaux de bois pour simulacres de leurs dieux, LKVESQL'E, Instit. sciene. mor. et pot. t. 11, p. 4». Il 2* Spectre, fantôme ; en ce sens il se joint le plus ordinairement à l'épithète vain. De vains simulacres. Il 8* Fig. Image, représentation. J'accorderai, si l'on veut, au divin Platon, au presque divin Malebranche (car Platon l'eût regardé comme son simulacre en philosophie).... buff. Ilist. anim. ch. V. Peuple entier [le peuple indien avec se» trois castes], qui présente à la divinité Le simulacre humain de sa triple unité, delav. Paria, IV, 3. Il Plus particulièrement, vaine apparence, vaine image de quelque chose. Quoi ! tu te laisses aller au murmure, 6 vertu contrefaite et déconcertée?... va, tu n'étais qu'un vain simulacre de la piété chrétienne, boss. Panég. St André, 3. C'est ainsi que les brigands mêmes, qui sont les ennemis de la vertu dans la grande société, en adorent le simulacre dans leurs cavernes, j. j. rolss. Économ. polit. Un simulacre de liberté fait endurer plus patiemment la servitude, id. Lett, dt la Mont. 7. Il 4* Action de feindre l'exécution de quelque chose. Le simulacre d'un combat naval. Un simulacre de débarquement.
— HIST. XII* s. Et tut fist depescier e esmiercel vilain simulacre; kar ço ert [était] ydle [idole] db pecchié e de lecherie, Tloit, p. 302. || xvi* s. Simulacres divins, fiammes saintes et claires, Qui luisex dans le ciel.... desportes, Cléonice, xxxii. Je ne suys pas la secte de Pythagoras, que les hommes prennent une ame nouvelle quand ils approchent des simulacres des dieux pour recueilhr leurs oracles, MONT. III, 267.
— ETYM. Provenç. simulacra, féminin ; catal. sïniulocre ; espagn. et ital. simulacre ; du lat. »»'mularrum, qui vient du radical simula, thème du dénominatif simulare (voy. simuler), avec le suffixe cro, de creare; sanscr. kri, faire.
t SIMULATEUR, TRICE (si-mu-la-teur, tri-s'j, s. m. et f. Personne qui sait simuler. || Particulièrement, celui qui simule une maladie. Il y a poui chaque forme d'aliénation mentale un ordre particulier dans la succession des symptômes, que le simulateur ignore, et dont l'absence ne saurait tromper le médecin aliéniste, Gax. méd. de Paris,
("juill. 4 865, p. 398.
— liiST. ivi* s. Simulateur, cotorave.
— ËTYM. Ital. n'muIa<ore; du lat. simulatorem, de simulare (voy. simuler).
Sl.MULATION (si-mu-la-sion ; en vers, do cinq syllabes), s. f. Terme de jurisprudence. Action de simuler. Il y a bien de la simulation dans ce contrat. Il II se dit aussi dans le langage ordinaire. La simulation d'une maladie. Qu'en politique la dissimulation est permise, mais non pas la simulation, MARMONTEL, ŒuV. t. X, p. 434.
— HIST. XIV* S. Se il estdeceu parla simulacion et par la filtion de l'autre, adonqucs est-ce chose juste que il accuse celui qui l'a deceu, oresmb, Eth. 264. Il XV* s. Luy sembloit encores qu'il useroit desdictes simulations, comme il avoit acoustumé, coMM. IV, 6. Il XVI* s. Si ne fut point une simulation, AMYOT, Lys. 5l.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. simulacion ; ital. $imulazione; du lit. timulationem, de (imulare, simuler.
SIMULE, ÉE (si-mu-lé, lée), part, passé de simuler. Il 1° Qu'on a fait paraître comme réel, quoique ne l'étant pas. Cette résistance du parlement de Bordeaux a été traitée de simulée par presque tout le monde; mais elle m'a été confirmée pour
SIM
véritable et pour très-sincère par M. de Bouillon, RETZ, Kdm. t. n, liv. m, p. *»*, dans pougens. Tant de contrats simulés qui se font tous les jours au mépris des lois divines et humaines, dourbal. Serm. 32* dim. après la Pentecôte, Vomin. t. iv, p. 330. Il se fit une paix simulée entre le roi et le prélat ;Becquet revint donc en Angleterre.... volt. Uœurs, 50. || Maladies simulées, maladies dont on détermine en soi les symptômes par des moyens artificiels et qu'on paraît avoir, afin de s'exempter ainsi de remplir des devoirs imposés parla société ou par les lois. \\%' Qui veut paraître ce qu'il n'est pas. Moins simulés dans nos refus. Nous ignorions l'indigne abus De colorer par des souplesses Une amitié qu'on ne sent plus, bernis, Éptl. n, Mœurs. SIMULER (si-mu-lé), v. o. ||1' Terme de jurisprudence. Faire paraître comme réel ce qui ne l'est point. Simuler une donation, une vente. Il 2° Il se dit aussi dans le langage ordinaire. Simuler un combat, une attaque. Simuler une réconciliation. Il [Juste-Lipse] simula une maladie, DiDER. Opin. des anc. phil. Stoïcisme.
— REM. Dans le Dictionnaire de l'Académie, jusqu'à l'édition de <835, simuler n'était donné que comme terme de jurisprudence; seul le participe avait un emploi général ; c'est à cela que se rapporte la remarque de Marmontel : • Pourquoi du Terbe simuler n'avons-nous que le participe, et ne disons-nous pas, comme les Latins, simuler et dissimuler?... Feindre exprimerait les mensonges de l'imagination , simuler exprimerait les mensonges du sentiment ou de la pensée, • Œuv. t. x, p. 43i.
— SYfi. 1. SIMULER, FEINDRE. Feindre est un peu moins précis que simuler. Celui qui feint une maladie peut simplement se mettre au lit, et faire croire qu'il est malade. Celui qui simule une maladie, en détermine en soi quelques symptômes. Il 2. SIMULER, DISSIMULER. Dissimuler, c'est feindre de ne pas avoir ce qu'on a réellement. Simuler, c'est feindre d'avoir ce qu'on n'a pas réellement. Simuler une maladie, c'est feindre de l'avoir; dissimuler une maladie, c'est feindre de ne l'avoir pas.
— HiST. XVI' s. Il se rendit difficile à luy accorder sa requeste, voulant par ce simulé luy enflamber d'avantage le cœur, m. duuell. 40o. Une vertu feincte et simulée, amyot, Àratus, 38.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. simular; ital. limulare ; du lat. îtmuJore (voy. sembler).
SIMULTANÉ, ÉE (si-mul-la-né, née), adj. Qui ge fait, qui a lieu dans le même temps. Alors on démêle tous les objets dont on a saisi la forme et la situation, et on les embrasse d'un seul regard ; l'ordre qui est entre eux dans votre esprit n'est donc plus successif, il est simultané, condill. Log. I, 2. Une multitude d'idées simultanées ne sauraient être distinctes qu'autant que nous nous sommes fait une habitude de les observer les unes après les autres, id. ib. ii, 2. || Contraste simultané des couleurs, voy. contraste. || Se dit d'un mode d'enseignement dans lequel le professeur s'adresse constamment à la masse des élèves de la classe ou d'une divi-Uon de la classe, et leur fait faire en même temps les mêmes exercices. || Terme de grammaire. Passé simultané, se dit quelquefois pour imparfait.
— REM. 1. L'Académie dit que plusieurs écrivent encore simultanée au masculin. C'est une ancienne orthographe qui n'a plus de raison d'être depuis qu'on écrit par é les finales dérivées du latin eus. \\ i. Simultané (sous la forme de simultanée, au masculin) n'est dans le Dictionnaire de l'Académie que depuis l'édition de (762.
— ETYM. Simultaneus n'est pas dans le latin; il est dans le bas-latin, mais signifiant simulé. Ce n'est donc pas l'origine de notre mot. Toutefois le bas-latin a aussi simultim, au sens de en même temps, lequel est dérivé du latin timui, en même temps. C'est de ce timultim qu'aura été formé timuUané.
SIMULTANÉITÉ (sl-mul-U-né-i-té), s. (. Terme didactique. Existence de deux ou plusieurs choses dans le même temps. Des mots, des images, de» mouvements qui ne sauraient être prononcés ou excités à la fois, mais qui peuvent se succéder dans l'âme avec une rapidité équivalente à la simulUnéllé, bonnet, Bst. psychol.3». Je faisais ce que je vous ai promis, lorsqu'il m'est survenu une affaire, qui a un rapport de simultanéité avec une époque sensiblement antérieure, condill. Gramm. ii, 27.
— ETYM. Simultané.
SIMULTANÉMENT (si-mul-ta-né-man), adv. En n4me temps, au mime instant Deux coups de
SIN
fusil partis simultanément. Le culte grec, le culte catholique et le culte juif existent simultanément et paisiblement dans la ville d'Ancône, stael, Corinne, t, 4.
— ÊTYM. Simultané, et le suffixe ment.
t SINAPINE (si-na-pi-n'), s. f. Terme de chimie. Base non sulfurée qui est à l'état de sulfocyanhydrate dans la moutarde blanche.
— ÊTYM. ïivaTti, moutarde.
t SINAPIQUE (si-na-pi-k'), adj. Qui concerne la moutarde et ses produits, la sinapine et ses composés. Il Acide sinapique, acide qui est le produit du dédoublement de la sinapine.
SINAPISÉ, ÉE (si-na-pi-zé, zée), port, fasse de sinapiser. Cataplasme sinapisé.
— REM. Le Dictionnaire de l'Académie n'a pas le verbe sinapiser, et n'a sinapisé que comme adjectif.
t SINAPISER (si-na-pi-zé), v. a. Terme de médecine. Il se dit des médicaments où l'on met de la farine de graine de moutarde pour les rendre plus actifs. 11 faudra sinapiser le pédiluve.
— HiST. XVI' s.... Puis on le sinapisé, c'est à dire saupoudre d'une poudre subtile faite de choses astringentes, paré, xviii, 03.
— ÊTYM. Lat. sinapizare, de aivaiciÇEiv, qui vient de ffivaTti, moutarde.
t SINAPISINE (si-na-pi-zi-n'), s. f. Terme de chimie. Matière blanche sulfurée, cristallisable en aiguilles, extraite de la semence de moutarde blanche.
SINAPISME (si-na-pi-sm'), s. m. Terme de médecine. Cataplasme dont la moutarde fait la base, et qu'on applique pour déterminer la rubéfaction de la partie, et produire une excitation générale ou une révulsion.
— HIST. XVI' s. Les sinapismes, vesicatoires et cautères, paré, xx, 5.
— ÊTYM . Lat. sinapismus, de sinapizare, sinapiser. t SINAPOLINE (si-na-po-li-n'), s. f. Terme de
chimie. Base cristallisée obtenue par l'action de l'oxyde de plomb hydraté humide sur l'essence de moutarde.
SINCÈRE (sin-sè- r'), adj. \\ l' Qui exprime avec vérité ce qu'il sent, ce qu'il pense. Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur, mol. Ifis. 1, I . La fortune, trompeuse entre toute autre chose, est du moins sincère en ceci, qu'elle ne nous cache pas ses tromperies, boss. Sermons, Ambition, 2. Tout éloge imposteur blesse une âme sincère, boil. Épit. IX. Et je l'ai vue aussi cette cour peu sincère.... Des crimes de Néron approuver les horreurs, RAC. Bérén. n, 2. De ce qu'ont vu tes yeux parle en témoin sincère, id. Baj. i, t. Plus ardent qu'éclairé dans mes recherches, mais sincère en tout, même contre moi, j. i. rouss. Lell. à l'archev. de Paris. || Fig.Vousdevez faire des excuses au temps. ...jamais il n'en lut un plus parfait, plus solide, plus sincère; car les brouillards du matin ne nous ont pas même laissés dans l'incertitude, sÉv. 20 sept. 1687. Il 2° Il se dit aussi des choses. Sinon, je croirai que cette réconciliation si précipitée qui fut faite si peu de temps devant mon départ, fut fausse, et qu'il n'y a eu rien de sincère en vous que votre froideur et votre indifférence, toit. Lett. (9. On ressentait dans ses paroles un regret sincère d'avoir été poussé si loin [jusqu'à la révolte] par ses malheurs, noss. Louis de Bourbon. Un discours trop sincère aisément nous outrage, boil. Sat. vu. Croiront-ils mes périls et vos larmes sincères? RAC. Baj. n, ). Aux yeux des hommes, les actions sont toujours plus sincère» que les motifs ; et il leur est plus facile decroireque l'action de dire des injures atroces est un mal, que de se persuader que le motif qui les a fait dire est un bien, hontesq. Esp. défense, 3' part. 11 y a peu de passions constantes ; il y en a beaucoup de sincères, vauven. Rêfl. et max. 40. || S" Terme de diplomatique. Authentique. Actes, diplômes sincères.
— HIST. XVI' s. Homme net et sincère sans aucune passion, AMYOT, Comm. dise, le flatt.de Vami,ftl.
— ÊTYM. Lat. sincerus, de sine, sans, et cera, cire, d'après les étyiuologistes latins. Mais les étymologisles modernes n'admettent pas cette opinion, disant que sine est trop récent en latin pour une telle composition, que ré.quivalent archaïque de sine est se, et qu'il faut voir dans sin le représentant de «m, dans sim-ul, sansc. sama, et dans eerus le h. allem. skiri, pur : sincerus voudrait dire tout pur.
SI.NClïRKMENT (si n-sè-re-man), adv. Avec sincérité. Des fautes si sincèrement senties et dans
SIN
la suite si glorieusement réparées, boss. Louis de Bourbon. Il jugera chaque homme selon la loi qu'il aura sincèrement admise, dider. Relig. nat. 7.
— ÊTYM. Sincère, et le suffixe ment.
SINCÉRITÉ (sin-sé-ri-té), s. f.\\V Qualité de
l'homme sincère. La sincérité est une ouverture de cœur qui nous montre tels que nous sommes; c'est un amour de la vérité, une répugnance à se déguiser, un désir de .se dédommager de ses défauts et de les diminuer même par le mérite de les avouer, LA ROCHEFOuc. Réfl. div. p. i i 2. Je trouve cet endroit un des plus touchants de la doctrine chrétienne, parce que le Fils de Dieu y établit la plus aimable de toutes les vertus, qui est la sincérité, boss. Médit, sur les Évang. Sermon sur la montagne, 16' jour. M. de Montausier, montrant les vertus do l'ancienne Rome aux prélats de la nouvelle, fit admirer à celte nation une judicieuse sincérité qui valait mieux que ses subtilités et ses adresses, pléch. Duc de Mont. Je sais que, du mensonge implacable ennemie , Josabet livrerait même sa propre vie. S'il fallait que sa vie à sa sa sincérité Coiitât le moindre mot contre la vérité, RAC. Athal. m, 1. 1| La treille de sincérité, vigne imaginaire dont le vin faisait involontairement parler avec sincérité ceux qui en buvaient. Il II se dit aussi des choses. La modestie du visage de Marie-Thérèse répondait de la sincérité et de la bonté de son cœur, pléch. Mar.-Thér. Dans ses vers pleins de sincérité, boil. Ép. 1. 1| 2° Aupl. Actes, paroles de sincérité. Les flatteursplaisenl au commencement; mais ils dégoûtent quand ils flattent toujours, et qu'ils ne mêlent pas leurs louanges de quelques sincérités moins favorables, bussy, dans SÉV. t. T, p. 427, éd. RÉGNIER. Voici la suite de mes sincérités.... il y a quatre jours qu'il prit une fantaisie à ma jambe de s'enlïer.... sÉv. 16 avr. «685. Tous ceux de l'Académie qui pouvaient se plaindre de quelques-unes de ces sincérités dont nous avons parlé, allèrent le voir pour.... fonten. Méry. \\ 3° Terme de diplomatique. Authenticité.
— ÊTYM. Lat. sinceritatem, de sincerus, sincère.
SINCIPITAL, ALE (sin-si-pi-tal, ta-1'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au sinciput. Les os sincipitaux.
SINCIPUT (sin-si-put'), s. m. Terme d'anatomie. Le sommet de la tête. J'ai frotté, J'ai gratté Occiput, Sinciput, Ma foi rien Ne vient bien, chaulieu, Réponse à Ifevers, oct. t703.
— ÊTYM. Lat. sinciput, de semi, demi, et caput, tête, d'après les étymologistes latins.
SI.NUON (sin-don), s. m. || 1° Le linceul dans lequel Jésus-Clirist fut enseveli; on le distingue du suaire, quin"était qu'un mouchoir dont son visage était couvert. Il 2° Terme de chirurgie. Petit morceau de toile ou petit plumasseau arrondi, soutenu par un fil attaché à sa partie moyenne, qu'on introduit dans l'ouverture faite au crâne avec le trépan.
— HIST. xiv S. Aportez moi trois sydoines de soye, et envelopez d'iceulx le corps de Adam, do CANOË, sindon.
— ÊTYM. SivSojv, toile fine de lin, probablement de aivSè;, IvSà;, indien; du moins voyez dans HésycUius oivôoùç x""^*«i expliqué par oiv- 66va;.
SINÉCURE (si-né-ku-r'), s. f. Place rétribuée qui n'oblige à aucun travail, à aucune fonction. Sir John Bickerstaff ne fut pas au parlement que le voilà qui tempête contre la corruption, les sinécures.... p. L. COUR. Pamphl. des pamphl. Malheureusement je n'ai pas l'amour des sinécures.... BÉRANG. Préf. 1833.
— ÊTYM. Mot anglais qui vient du latin sine, sans, et cura, .soin, travail.
t SINÉCUKIS.ME (si-né-ku-ri-sm'), s. m. Abus de ceux qui veulent maintenir ou multiplier les sinécures; qui prennent les sinécuristcs pour appuis de l'administration.
— ÊTVM. Angl. sinecurism.
t SINÉCURISTE (si-né-ku-ri-sf), s. m. Celui qui jouit d'une sinécure, de plusieurs sinécures; il ne se dit que par dénigrement. Il ne faut pas confondre les retraites avec les sinécurisles; les retraités sont ceux qui ne travaillent plus ; les sinécuristcs, ceux qui n'ont jamais travaillé, pont- «AHTiN, les Jeudis de Mme Charbonneau, § U.
t SINE QUA NON (si-né-koua-non'), s. m. La condition indispensable, sans laquelle on ne peut rien. || Adjectivement Condition sine qua non.
SIN
— fiTYM. Lat. ris (sous-entendu), ohose, iin«, sans, qua, laquelle, non, non.
t SINÈdRE (si-nè-gr'),i. m. Un des noms vulgaires du fenugrec.
SINGE (sin-j'), I. m. || 1* Nom vulpaire de tout mammifère faisant partie de la famille des singes, dans l'ordre des quadrumanes; animal qui dans sa conformation ressemble le plus à l'homme et qui est très-imitateur. Ennuyé de la plume, il la quitta soudain, Et fit danser un singe au faubourg Saint- Germain, CORN. l'Illuf. corn. I, S. Le lion, pour bien gouverner. Voulant apprendre la morale. Se fit un beau jour amener Le singe, maître es arts chez la genl animale , la font. Fabl. xi, B. D'un joli singe et d'un beau perroquet, on n'en fait qu'un sot homme, pén., t. xix, p. bo. Un auteur va mettre au grand jour L'utile et la profonde histoire Dos singes qui sont à la foire, Et de ceux qui vont i la cour, volt. Lett. au roi de Pr. i" fév. 1773. J'appelle singe un animal sans queue, dont la face est aplatie, dont les dents, les mains, les doigts et les ongles ressemblent à ceux de l'homme, et qui, comme lui, marche debout sur ses deux pieds, BUFF. Quadrxip. t. vu, p. 2. Il y a une espèce d'huîtres qu'on appelle taclovo, qui pèsent plusieurs livres et qui sont .souvent ouvertes sur le rivage; or, le singe craignant que, quand il veut les manger, elles ne lui attrapent la patte en se refermant, il jette une pierre dans la coquille qui l'empêche de se refermer; et ensuite il mange l'huître sans crainte, ID. Quadrup. t. vn, p. 82. Les singes sont tout au plus des gens à talent que nous prenons pour des gens d'esprit, id. Nat. des anim. || Singes anthropomorphes, singes ayant la forme humaine, le gorille, l'orang-outang. !| Les faux singes, nom donné quelquefois aux lémuriens, qui forment la famille inférieure des singes. || Par exagération. Il ressemble à un singe, il est laid comme un singe, il a le visage d'un singe, il est extrêmement laid. || Malin, malicieux comme un singe, très-malin. Malicieux comme un vieux singe, et envieux comme un chien, scarr. Rom. corn. I, 5. Un certain niais qui a l'air plat et bête, mais qui a de l'esprit comme un démon, et qui est plus malin qu'un vieux singe, diderot, le Neveu de Rameau. || Adroit comme un singe, très-adroit. Il est adroit comme un singe au moins, dancourt, la Désolât, des joueuses , se. B.||Ilest fourni d'argent comme un singe de queue, il n'en a point du tout, par allusion aux singes sans queue. || Dire la patenfltre du singe, faire craquer les dents les unes contre les autres. || Je suis un trop vieux singe pour qu'on m'apprenne ce que c'est que grimace, c'est-à-dire j'ai trop d'expérience pour ne pas reconnaître ce qui est grimace, démonstration, sousentendu. I| Monnaie de singe, grimaces. || Payer en monnaie de singe, se moquer de celui à qui l'on doit, au lieu de le satisfaire, le leurrer de belles paroles et de fausses promesses; locution qui vient de ce que les montreurs de singe, au lieu de payer le péage,- faisaient gambader leur singe devant le péager (voy. l'historique). || 2° Fig. Il se dit d'une personne à qui on attribue l'apparence, le caractère du sin,-e. Si tu savais l'indignité que ce vieux singe de Farfadel vient de me faire, dancourt. Foire de St-Germain, se. 20. Un petit singe à facn de Thersite, Au sourcil noir, à l'œil noir, au teint gris. Bel esprit faux qui hait les bons esprits, volt. Épit. 82. Une converse, infante douairière, Singe voilé, squelette octogénaire, gresset, Ver-vert, iv. Il 3° Fig. Celui qui contrefait, qui imite. Les plus excellentes choses sont sujettes & être copiées par de mauvais singes, mol. Préc. Préf. Écolier ou plutôt singe de Bourdaloue, boil. Sat. x. Amant de la faveur et singe de son roi. Du courtisan léger imitateur fidèle. Le Français à la cour va chercher son modèle, bernis, Relig. vengée, ix. Rémond de St-Mard, auteur de quelques ouvrages assez médiocres, où il n'a été que le singe de Fontenelle, se déchaînait contre son modèle avec une espèce d'acharnement, d'alemb. El. Despréaux, note 32. Messieurs, l'homme fut en tout temps Le singe des orang-outangs, bérano. Or. ou». || Adjectivement dans le même sens. [Les courtisans] Peuple caméléon, peuple singe du maître, la font. Fabl. viii, 14. Il 4' Nom donné par plaisanterie dans les ateliersaux compositeurs typographes. || B* Instrument très-simple, servant à copier mécaniquement des dessins, des cstampe3,sans connaissance du dessin, fondé sur les propriétés des triangles semblables, et qu'on a perfectionné en l'appelant un pantographe. Il 6° Terme de marine. Nom donné à un treuil horizontal monté sur deux chevalets. || 6* Singe de mer,
SIN
blennie baveuse. || Proverbe. Cest comme le linge de Nicolet, se disait d'une chose curieuse, vers laquelle se porte la foule [Nicolet était le directeur de la comédie italienne], baciiauh. Mém. ucr. 2.1 fév. t7«7.
— HIST. XIII* 8. Singes est une beste qui volentiers contrefait ce que elle voit faire as homes, brun, latini, Trésor, p. 2B0. Et sachiez que singesce porte deus filz, id. 16. Li singes au marchant doit quatre deniers, se il pour vendre le porte ; et se li singes est au joueur, jouer en doit devant le peagier, et pour son jeu doit estre quitcs, Liv. des mest. 287. || xv s. Voyez les ; ils sont plus rebarbaratifs que singes qui mangent poires, et enfans les leur veulent tollir, froiss. m, p. 127, dans LACURNE. En ce temps les hommes se prindrent à vestir plus court qu'ils n'eurent onqucs fait, tellement que l'en voit la façon de leurs culs et de leurs genitoires, ainsy comme l'en souloit vestir singnes; qui esloit chose très-malhonncste et impudique, honstrel. t. m, nai, p. 429, dans LACURNE. Toujours vieux synge est desplaisant, VILLON, Ballade en vieux langage. Ija. plus sage femme du inonde, au regard du sens, en a autant comme j'ay d'or en l'œil, ou comme un singe a de queue, Les i& joyes du mariage, p. (02, dans la- CURNE. Il XVI* s. Contournant la teste comme ung singe qui avalle pillules, rab. Pant. iv, 2. Frore Jean achapta deux rares et prelieux tableaux, et les paya en monnoye de cinge, id. ib. iv, 2. Il disoyt la patcnostre du cinge, id. Garg. i, 4 ( . Onques vieil singe ne feit belle moue, id. iii. Prologue. Corne il [le diable] ha acoustumé de se monstrer toujours le singe de Dieu, et jouer en toutte histoire double rolle, bonivard. Source de l'idolâtrie, p. 6. Ressemblans au singe qui tire les chastaignes dessous la braise avec la patte du lévrier endormy au fouyer. Contes d'Eutrapel, p. )oo, dans la- CURNE. Espagnols, qui sont soubsçonneux comme singes de cour parmy les pages, bbant. Capit. estr.
t. I, p. 2B, dans LACURNE.
— ET VM . Berry , chinge ; provenç. simi, esshimi ; espagn. simio; du lat. simius, singe, qui vient de simus, camus; grec, oi(iô;.
SINGÉ, ÉE (sin-jé, jée), part, passé de singer. Des manières de grand seigneur singées par un malotru.
SINGEU (sin-jé. Le g prend un e devant oet o : singeant, singeons), v. a. Imiter, contrefaire, avec l'infériorité qu'a le singe en contrefaisant l'homme. Des travers étrangers [il] fait nos amusements, Singe les lords anglais, les barons allemands, delille, Coni'ers. i. Ces passions qui.... singeaient l'amour des grands principes, dans la vue de capter la confiance du peuple, babœup, Pièces, i, (47.
— Rtvm. Singe.
fSINGERKSSE (sin-je-rè-s'), adj. f. Qui singe, qui imite. Je craignis de lui voir cette politesse maniérée, ces façons singeresses qu'on ne manque jamais de contracter à Paris, j. j. rouss. llél. rv, 9. La préface singcresse qu'ils ont mise à la tête du livre, id. 3' dial. Les Italiens modernes sont moins graves : leur imagination singeresse et imitative, pour me servir de l'expression de Montaigne, a voulu essayer de tout, màrhontel,
ŒUV. t. VII, p. (6.
— m st. XVI' s. J'ai une condition singeresse et imitatrice, mont, m, 356.
— ÊTYM. Singer.
SINGERIE (sin-je-rie), s. f. \\ 1* Grimaces, gestes, tours de malice. Chaque jour nous apercevons Que tout est plein de singerie; Et les singes et les guenons Font une grande confrérie, le Ballet des rues, (847, dans Rev.de l'instr. publ. 22 févr. (808. Il fit autour force grimaceries. Tours de souplesse et mille singeries, la font. Fabl. vi, e. Après avoir passé plus d'une grosse demi-heure à se divertir de leur inquiétude, et à faire mille petites singeries qu'elle voyait bien ne pouvoir être plus mal placées, hamilt. Gramm. 4. || 2° Agaceries, minauderies. Et l'on fait mille petites singeries aux personnes, quand on les aime du bon du cœur, MOL. D. Juan, 11, ( . Si j'étais maître à danser, je ne ferais pas toutes les singeries de Marcel, J. J. ROUSS. Ém. II. En donnant au bailli tantôt un coup de pied, tantôt un coup de bâton, et par d'autres singeries très-agréables, laharpe, Couri de litt. t. IV, p. 49(.||3° Imitation gauche ou ridicule. La fricassée d'anges de Kragonard est une singerie de Boucher, dider. Salon de (787, Œuv. t. XV, p. 2i, dans pougens. Malheureusement, je remarque dans son style une singerie continuelle de ces trois plumes célèbres [Voltaire, Diderot et
SIN
}. J. Rousseau], grimu, Corretp. i* pirt.i. t,p. tts. La plupart de nos poésiei du jour, légiresou non légèri!s, sont remplies de ees plates singeriei d'un eiccllcntoriginal, lakarpb, Correspond. t.ii,p. *8l. Il i* Manières hypocrites. Celui-ci [le P. Tellierj avait fait toutes lesmines, pour ne pas dire les singerie» d'un homme qui redoutait cette place [confesseur duroi],ST-siM. 2(7, (80. Les enfants ont une sag»cité singulière pour démêler, i travers toute* les singeriesde la décence, les mauvaises mœuraqu'elle couvre, 1. 1. rouss. Èm. it. Une longue et habituelle singeriedc bravoure lui avait imposé, dider. le Neveu de Rameau. Va, dans le siècle du bouton Les mœurs sont une singerie, dorai, cité dans LAiiARPB, Corresporui. t. m, p. (7. || 6" Réunion de singes. Le vaisseau heurte un roc et se brise i leurs yeux, Et ta mer abîma toute la singerie, la motte, Fabl. II, 6. Il Ménagerie de singes. L'aménagement de la singerie du jardin d'acclimatation, Journ. offie. (7 nov. (809, p. (478, 3* col. || 6* Tableau, estampe représentant des singes en costume d'homme et dans diflTcrentes actions de la vie humaine. La singerie de Tcnicrs.
— HIST. xv« s. Puis leur bailla ung petit singeot pour leur esbanoyer ; si ne pourriez croire les joyeuses cingerles qui furent entre les enfants et le cynge, Perceforesl, t. ti, f* (09. Dames de pensée amoureuse Font faire mille singeries. Aux maris chère marmiteuse. Aux fringants mille fringueries, coquille. Blason des armes et des dames. || xvi- s. Et aultres pareilles singeries [tours de force] de quoy il vivoit, mont, i, 3«8. Je ne m'estonne plus de ceulx que les singeries d'Apollonius et de Mahumct embufflerent [séduisirent], id. IV, (C(.
— Etvm. Singer; wallon, sigreie; on a dit ri»»goiement, au xm" siècle, dans le même sens (du CANGE, simiaticus).
t SINGEUR(3in-jeur), î. m. Celui qui singe, qui imite ridiculement. II exhale sans ménagement son mépris pour les vils singeurs de la magistrature, qui, après avoir dépouillé leurs concitoyens, osaient les juger sans savoir les lois, iobabead, dans LAVEAUX.
— Êtvm. Singer. On trouve singeur au m* siècle ; mais il veut dire marchand de singes.
t SIXGLETON (sin-gle-ton), s. m. Se dit, au boston et au whist, d'une seule carte d'une certaine couleur qu'on a dans son jeu. Avoir un singleton. Jouer le singleton.
— ETYH. Dérivé de l'anglais single, unique.
t SINGLIOTS (singli-o), ». m. pi. Se dit des foyers de l'ellipse tracée avec une corde et qu'on appelle le trait ou l'ovale du jardinier.
— ÉTYM. Dérivé de singler ou mieux cingler
(voy. CINGLER 2).
SINGULARISE, ÉE (sin-gu-la-rizé, zée), part. passé de singulariser. Singularisé par la manière de se vêtir.
SINGULARISER (sin-gu-la-ri-zé),c. o. Ijl» Rendre singulier, extraordinaire. Prends un parti solide, et fais choix d'un état Qu'ainsi que le talent le bon sens autorise, Qui te distingue et non qui te singularise, piron, Métrom. m, 7. || 2* Se singulariser, V. réft. Se distinguer, se faire remarquer par quelque chose d'extraordinaire, et ordinairement par quelque chose qui n'a rien de louable. L'orgueil cherche toujours à se singulariser ; la véritable humilité aime les voies communes, uass. Confér. Zèle contre les scandales. La manie de se singulariser dénature les meilleurs esprits, parce que plus on s'écarte de la simplicité, plus on s'écarte du vrai, condil. Lang. calc.i, (B Je déteste le rouge; on prétend que je pourrais m'en passer; mais je '.'ains tant de me singulariserl genus, Thédt. d'éduc. la Bonne mère, i, 3.
— ÊTYM. Lat. singularizatus (qdichebat, Addenda), de singularis, singulier.
SINGULARITÉ (sin-gu-la-ri-té), s. f. || 1* Qualité de ce qui appartient à un seul individu. Ils ne se rendent ni à la raison évidente, nia la coutume établie, ni à l'usage reçu; ils opposent la singularité de leur opinion au consentement des peuples et i la foule des exemples, balz. De la cour, e* dise. Il ne leur restait [aux pélagiens] que la malheureuse consolation de se dire eux-mêmes ce petit nombre de sages qu'il fallait croire plutôt que la multitude.... ce qui était, même en se vantant, un aveu formel de la singularité, et, par conséquent, de la nouveauté de leur doctrine, .boss. (" avcrt. 34. Je ne crois pas qu'il y ait parmi eux [les protestants] aucun homme de bon sens qui se voyant tout seul d'un sentiment, pour évident qu'il lui semblAt,
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n'eût horreur de sa sinijularité, m. Exposé de la doctr. calh. ( 9. || 2* Ce qui rend une chose singulière. Ce monument frappe par sa singularité. En un mot, que vous périssiez, c'est le destin ordinaire des pécheurs qui vous ressemblent; que vous vous convertissiez, c'est une singularité qui a peu d'eiemples, MASS. Carême, Fausse conf. Vous l'avez admiré comme un des premiers hommes de son siècle pour la guerre.... comme un des plus éclairés par la singularité des connaissances et la supériorité des lumières, m. Or. fun. Conti. La quantité des connaissances, la singularité des faits, la nouveauté même des découvertes, ne sont pas do sûrs garants de l'immortalité, buffon, Disc, de réception. Il 3° Manière extraordinaire, Ijizarre, d'agir, de penser, de parler, etc. Vous savez que je n'ai guère d'inclination à la flatterie; et une des plus remarquables singularités qui soient en Monseigneur est de ne la pouvoir souffrir, voit. Lelt. 39. On voit qu'il [Wiclcf] ressent une horreur secrète des blasphèmes qu'il profère; mais il y est entraîné par l'esprit d'orgueil et de singularité auquel il s'est livré lui-même, boss. For. xi, 153. Nulle singularité ni naturelle ni afTectée : il savait n'être, dès qu'il le fallait, qu'un homme du commun, FONT. Newton. Dans la cinquième lettre sur la singularité, il [Sénèque] adresse à Lucilius des conseils dont quelques-uns d'entre nous pourraient profiter, dider. Claude et Kér. ii, Bi. La singularité n'est pas précisément un caractère ; c'est une simple manière d'être qui s'unit à tout autre caractère, DUCLOS, Consid. mœurs, 8.114° Au pi. Actes, paroles de singularité. Il y a un peuple, dit-il au roi [Aman à Assuérus], dispersé par tout votre empire, qui trouble la paix publique par ses Bingularilés, BOSs. Polit, x, ni, 6. Âmes pures, âmes innocentes, vous ne savez où conduisent de présomptueuses et spirituelles singularités, id. Et. d'orais. x, 3. Vous vous informez.... si, pour servir Dieu, il est nécessaire d'afîecler des singularités qui vous donnent du ridicule aux yeux des autres hommes, mass. Carême, Évid. de la loi. Les singularités de la piété dégénèrent souvent en fanatisme, id. ilyst. Assomption.
— HIST. XIV' s. La quinte branche qui vient d'orgueil, si est singularité, c'est à dire quand la personne fait ou dit ce que nul autre ne saroit [saurait] dire ou faire, et vcult surmonter etestro singulier en dis et en fais, Ménagier, i, 3. Et de la basclique qui vient dessoubz l'aisselle, sont departiz deux rains [rameaux], et chascun a sa singularité [son usage spécial], LANFRANC, ^ 30, «erso.
||xvi' s ny visiter pas une des autres singula-
ritez et merveilles tant renommées qui sont en Egypte, AMYOT, Lucull. 5.
— ÉTYM. Génev.stnjuîiarii^; provenç. singularitat; espagn. singularidad ; ital. singularità ; du lai. singularitatem , de singularis, singulier.
t SINGULAXE (sin-gu-la-ks'), adj. Terme de minéralogie. Oui est à axe principal. Prisme singulaxe binaire. || Type terno-singulaxe, type caractérisé par trois axes égaux, mais tous obliques les uns sur les autres.
— ÉTYM. Lat. singulus, unique, et axis, aie. SINGULIER, 1ÈRE (sin-gu-lié, liè-r' ; l'r au masculin ne se lie pas: un sin-gu-lié événement; au pluriel, l'îse lie : de sin-gu-lié-z événements), adj. Il 1° Qui appartient à un seul, individuel. Celte fermeté d'àme, à vous si singulière, mol. Femm. «011. v, 4. Et ainsi l'ignorance qui rend les actions involontaires et excusables est seulement celle qui regarde le fait en particulier et ses circonstances singulières, pasc. Prov. iv. Le pape saint Grégoire a donné dès les premiers siècles cet éloge singulier à la couronne de France, qu'elle est autant au-dessus des autres couronnes que la dignité royale surpasse les fortunes particulières, BOSS. Reine d'Angleterre. \\ Idées singulières, idées qui nous viennent d'objets considérés isolément. C'est par les idées singulières que nous nous élevons aux idées générales; ce sont les divers objets blancs dont j'ai été affecté, qui m'ont donné l'idée de la blancheur.... dumars. Œuv. t. v, p. 294. ||â" Combat singulier, combat d'homme à homme. On se souvient encore de son père Ardabuse, Qui, terrassant Mithrane en combat singulier. Nous acquit sur la Perse un avanUge entier, corn. Pulch. I, «. Présentement que je vous ai battu, je dirai partout que vous êtes le plus brave homme de France, et je conterai notre combat le jour que je parlerai des combats singuliers, SKv. à Bussy, 4 sepl. (««8. Il 8* Terme do grammaire. L« nombre singulier, ou, sul)stantivement, le singulier, le nom-
SIN
bre qui ne marque qu'une seule personne, qu'une seule chose. Le mot ténèbres n'a pas de singulier. Quand deux substantifs ont une signification fort approchante, on emploie volontiers l'adjectif au singulier : une force et une fermeté admirable, une politesse et une cordialité affectée, conwl. Gramm. ii, &. Il 4° Qui ne ressemble point aux autres. Ce qui nous paraissait terrible et singulier, S'apprivoise avec notre vue. Quand ce vient à la continue, la FONT. Fabl. rv, 10. Dans ses façons d'agir il est fort singulier, mol. ilis. iv, 1 . Ce caractère singulier d'une vie simple dans sa sagesse, modeste dans son élévation, tranquille dans l'embarras et le tumulte des affaires, pléch. le TelHer. Ceux qui ont quelque talent singulier peuvent l'ignorer quelque temps, et ils en sont d'ordinaire avertis par quelque petit événement, par quelque hasard favorable, fonten. Truchet. Ce sont là quelques faits uniques et singuliers qui sortent de l'ordre commun, et qui n'ont jamais de suite, mass. Carême, Salut. Les privilèges de votre vertu sont bien plus brillants et plus singuliers que ceux de vos titres,iD. Pet. carême. Vie. vert, des grands. Artificieux dans ses discours [Abailard], vain de mille connaissances singulières, id. Panégyr. saint Bernard. Il B" D'une excellence rare. Ledit sieur Cassini mérite la grice qu'elle [S. M.] lui veut faire en ce rencontre, étant d'une doctrine trèssingulière, coLBERT, Lettres, etc. v, 28). Et je ne veux aussi, pour grâce singulière. Que montrer à vos yeux mon âme tout entière, mol. Tart. ni, 3. Hier j'étais chez des gens de vertu singulière, id. Mis. III, 4. Le crédit de la reine obtint aux catholiques ce bonheur singulier et presque incroyable d'être gouvernés successivement par trois nonces apostoliques, BOSs. Heine d'Angleterre. Pour toute ambition, pour vertu singulière, Il excelle à conduire un char dans la carrière, rac. Brit. iv, 4. Calvin.... écrivant en latin aussi bien qu'on le peut faire dans une langue morte, et en français avec une pureté singulière pour son temps, d'alemb. Œuv. t. v, p. 257. Il II se dit aussi dos personnes. De chercher surtout ces hommes rares et singuliers dont le commerce supplée quelquefois à plusieurs années d'observation et de séjour, d'alemb. El. ilontesq. || 6° Qui affecte de se distinguer. L'envie d'être singulière.... est... la source de bien des vertus, sÉv. 42 juin (680. Le jeune Tobie, sans craindre de paraître singulier.... allait lui seul au temple de Jérusalem, bourdal. Avent, Resp. hum. 358. Les saints ont été, dans tous les siècles, des hommes singuliers, mass. Carême, Élus. Quand on veut vivre dans le monde.... il ne faut pas y porter un esprit farouche, singulier, intraitable, ID. Confér. Fuite du monde. Malheur à tout mortel, et surtout dans notre âge. Qui se fait singulier pour être un personnage ! volt. Vanité. || 7" Il se dit de ce qui, en bonne ou en mauvaise part, excite l'étonnement, paraît extraordinaire. Voilà un fait bien singulier, une aventure bien singulière. Le propos est singulier. Il est bien singulier que M. Euler. comblé do biens par Votre Majesté, lui et sa famille, ait obtenu son congé si aisément après vingt-six ans de séjour, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 26 mai 4766. Rien n'est plus opposé au beau naturel que la peine qu'on se donne pour exprimer des choses ordinaires ou communes d'une manière singulière ou pompeuse , buff. Disc, de réception. || Substantivement. Ce qui est singulier. Elle [la duchesse de Gesvres] venait quelquefois à la cour et avec du singulier et l'air de la famine où son mari l'avait réduite, st-sim. 113, 226. 118° Il se dit des personnes en un sens analogue. Il y avait dans ce pays deux hommes bien singuliers : ils avaient de l'humanité, ils connaissaient la justice, ils aimaient la vertu, montesq. Lett. pers. 12. Descartes était né avec une imaginalion brillante et forte, qui en fil un homme singulier dans sa vie privée comme dans sa manière de raisonner, volt. Diet. phil. Newton et Descartes. Ce fut le 8 juillet de l'année 1709 que se donna celte bataille décisive de Pultawa, entre les deux plus singuliers monarques qui fussent alors dans le monde, id. Charles XII, 4. C'est dans cette occasion surtout [faire arrêter Marie de Médicis] qu'il employa le capucin Joseph du Tremblay, homme, en son genre, aussi singulier que Richelieu même, ID. Uœurs, 176. Sous ce tombeau repose un financier; Il fut de son état l'honneur et la critique; Généreux, bienfaisant, mais toujours singulier. Il soulagea la misère publique ; Passant, priez pour lui, car il fut le premier [Épitaphe de la Poupli- ,nière], bacuaum. Uém. tecr. i jauv. 47«3. |{Fami-
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lièrement. Vous êtes bien singulier de me parler ainsi, c'est chose singulière, peu convenable que vous me parliez ainsi. || 9° Terme de géométrie. Point singulier, point d'une courbe qui présente quelque particularité remarquable : point d'inflexion, point de rebroussemenl, point d'arrêt, etc.
— HIST. xii* s. Tel qui fist personnel del verbe impersonal; Singuler e plurel aveit lui par igal, 7"/». le mort. bb. || xiv* s. Il cuident et tiennent que en tel cas [de pauvreté et souffrance] le seul et singulier refuge c'est à ses amis, oresme, Éth. 229. Toutes préventions et enqueslcs commancées contre lesdits consuls et les autres habilans et singuliers [particuliers] de ladicte ville , du cange, singulares. Il XV' s. Vous ne pouvez pas tous seuls et singuliers mettre sus ce fait ni celle besogne, froiss. n, ui, 29. Envoya la cornaille querrc. Le chatbuantet le corbeaut. Et lo renard, qui est trop baul, Chascun à un jour singulier, Pour parler en particulier.... E. DESCH. Poésies mss. f° 482. Il xvi* s. Usance qui apporte des commoditez singulières, mont, i, 12. J'ai toutes mes aullres parties viles et communes; mais en cette là [la faiblesse de la mémoire] je pense estre singulier et très rare, id. i, 33. En nos combats singuliers.... id. ni, 112. Les chèvres singulières, qui ne portent qu'un chevreau à la fois, 0. DE serres, 430.
— f.TYM. Provenç. et espagn. smjuJor; ital. singolare ; du lat. singularis, de singulus, unique.
SINGULIÈRKMKNT (sia-gu-liè-re-man), adv.
Il 1° D'une manière singulière, spéciale, individuelle. Un homme d'une douceur admirable, singulièrement choisi de Dieu, et l'objet de ses complaisances, déclare aux gentils leur jugement, BOSs. Ilist. Il, 4. Péché dont nous aurons singulièrement à rendre compte devant le tribunal de Dieu, bourdal. 4" avent. Sur le scandale, 89. Saint Pierre, nonobstant sa vigilance surtout le troupeau de Jésus-Christ, prend singulièrement en partage les Juifs, FÉN.t. n, p. 49. Ce genre de bien [les dîmes].... étant singulièrement donné à l'Église , il fut plus aisé d'en reconnaître les usurpations, montesq. Esp. xxxi, 12. Il 2° D'une manière singulière, extraordinaire. Ce même Jacques Nompar de la Force, si singulièrement sauvé de la mort, dans son enfance, aux massacres de la Saint-Barthélemi, volt. Uceurs, 175.113° Principalement, beaucoup, sur toutes choses. Aussi, dans la doctrine de l'apôtre saint Paul, les serviteurs de Dieu par profession, en pratiquant les bonnes œuvres, doivent-ils prendre singulièrement garde à être sincères dans leur piété, et même, s'il se peut, exempts de tout reproche, bourdal. 1" avent. Sur le scandale, m. Le principe de la monarchie se corrompt, lorsque des âmes singulièrement lâches tirent vanité de la grandeur que pourrait avoir leur servitude , montesq. Esp. VIII, 7. En ne faisant rien, je pouvais parvenir à tout, et singulièrement à être de l'Académie, P. L. COUR. Lett. à l'Acad. des inscr. ||4°En mauvaise part, d'une manière affectée, bizarre. Il parle, il s'habille si singulièrement. || 5° D'une manière difficile à expliquer. Il s'est conduit singulièrement dans cette affîiire.
— HIST. XIII' s. Tout avons noz dit que cascune personne de commune singulerement se pot acroistre en héritages vilains.... beaum. l, 16. ||xiv* s. Hz ne souffroient pas que nul singulièrement [à lui seul] eust ceste puissance, oresme, Tftése de MEUNIER. Il XV' s. Messire Galeas, comte de Vertus.... ne prenoit ni levoit nulles aides ni nulles tailles, ainçois vivoit de ses renies singulièrement [seulement], froiss. h, ii, 228. Vous devez savoir que le duc de Lancaslre fut moult courroucé, et non pas sur le chevalier singulièrement, mais sur ceux dont l'ordonnance venoit, id. ii, II, 116. Il XVI' s. Ilzdesiroientsingulieremcnt faire quelque bon service au roy Mithridales, amyot, Pomp. 52.
— ÉTYM. Singulière, et le suffixe ment; provenç. singularment ; espagn. rin^uJormenle.-ital. tingolarmente.
t SINGULTL'EDX.ECSE (sin-gul-tu-eû , eû-z'), adj. Terme de médecine. Qui a le caractère du ■langlot. Il Respiration singultueuse, respiration gênée, qui semble entrecoupée de sanglots.
— f.TVM. Lat. singultus (voy. sanglot).
SINISTRE {si-ni-str'), adj. \\ 1' Oui fait craindre
des malheurs. Et, dans le ventre creux du pupitre fatal. Va placer de ce pas le sinistre animal [le hibou], boil. iutr. m. Toute la nature Conspire à l'avertir par un sinistre augure, volt. M. de Ces m, 6. [Un oiseau funèbre].... Et bal le bouclier do son aile sinistre, delille. En. xii. || Terme de chiromancie. Ligne sinistre, ligne qui présage des
SIN
SIN
SIN
malheurs. || On disait de même dans l'astrologie : L'aspect sinistre désastres. || 2° Il se dit de l'apparence sombre et méchante des traits, de l'œil. Un feu noir et sinistre allume son regard, delille, Imag. II. On remarquait dans ses yeux et dans ses sourcils je ne sais quoi de sombre et de sinistre qui frappait au premier abord, genlis, Àd. et Théod. t. ii, p. 339, dans POUGENS. Il 3' Pernicieux, dangereux, funeste. Après ces sentiments à mon honneur sinistres, ROTH. Vencesl. ii, 4. Oh! que, si je vivais sous les règnes sinistres De ces rois nés valets de leurs propres ministres.... boil. EpU. viii. Laissez les pleurs, madame, à vos seuls ennemis; Qu'ils mettent ce malheur au rang des plus sinistres, hac. Brit. T, 6. Ahl de tant de conseils événement sinistre I iD. Bajax. IV, 7. Je vis moi-même alors le fruit de leurs amours : D'un sinistre avenir je menaçai ses jours, ro. Iphig. v, 6. Hé bien I que nous fait-elle annoncer de sinistre ? Quel sera l'ordre aflreux qu'apporte un tel ministre? lo. Athal. m, B. Il On l'a dit des personnes. Cet insolent ministre Oui vous est précieux autant qu'il m'est sinistre, ROTR. Yencesl. i, t. Infidèles politiques. Qui nous cachez vos pratiques Sous tant de voiles épais. Cessez de troubler la terre. Moins terribles dans la guerre Que sinistres dans la paix, J. b. rouss. Odes, IV, ). Il 4" Tourné en mauvaise part. Il se fera un odieux plaisir do chercher à tout de sinistres interprétations, et à ne voir en bien rien même de ce qui est bien, j. J. rouss. Ém. iv. || Qui naît de mauvais pressentiments. Les plus sinistres idées suspendaient en lui tout attendrissement, genlis, Taux témér. t. m, p. (sa, dans pougens. || B° S. m. Pertes et dommages qui arrivent aux assurés, surtout en cas d'incendie et, dans les assurances maritimes, de naufrage. Évaluer le sinistre. Payer le sinistre. || 6° Nom donné à d'anciens sectaires qui avaient en horreur leur main gauche.
— HiST. XV' s. Roy terrien, fault qu'il soitmaistre. Et n'ait condition senestre, S'ilz doit estre plein comme un flun De pité.... E. desch. Poésies mss f 80. Senestre soupeçon, Ordonn. des rois de Fr. t. m, p. 349. Il XVI' s. N'aventure point la précieuse galée de ton eaige fleurissant au vent d'ambition sinistre et de gloyre vayne et démesurée, j. le- KAIRE, Pallas parlant à Pdris. Toutes actions hors les bornes ordinaires sont subjectes à sinistre interprétation, MONT, n, 21. Aux prognostiques ou événements sinistres des affaires, id. iv, (60. Il n'advint pas un seul sinistre accident en toute celle expédition, à ceulx qui y furent soubs sa charge, iMYOT, P^ric. it. Sinistre et dangereux présage, m. Péric.GT. Ceulx qui taschoient à imiter quelcun de ses faicts [CatonJ, qui ne leur advenoit pas bien, il les appeloit sinistres [gauches] Gâtons, id. Caton, 39. C'est le propre de tous leurs métaux (l'or et l'argent exceptés) de donner quelque sinistre odeur aux eaux gui leur adhèrent, jusques à les infecter de leurs mauvaises qualités, o. de serres, t^7.
— ÊTYM. Lat. sinister, gauche (voy. senestre). Sinister est un comparatif; sinistimus, le plus à gauche, est le superlatif.
t SIMSTRE, ÉK (si-ni-stré, ée), adj. Qui a subi un sinistre. Le délaissement du navire sinistré. Gaz. des trib. <8 aoiit 1870.
SINISTREMENT (si-ni-stre-man), adv. \\ 1° D'une manière sinistre. Leurs yeux sinistrement étincellent dans l'ombre, chateaubr. Koïse, m, 3. Il S' En mauvaise part. En interprétant sinistrement de certaines actions.... la mothe le vaïer, Feriu ûes poienî, ii, Diogéne.
— HIST. xiirs. Nulz ne doit des acteurs [auteurs] parler senestrement,Se leurdizne contiennent erreur apertement, j. de meung, Test. 77. || xvi* s. Ce qui a donné occasion à aucuns de parler sinistrement de sa mort, brant. Cap. franc, t. ii,
p. 327, dans LACURNE.
— ETYM. Sinistre, et le suffixe nwnt.
t SINISTRORSCM (si-ni-stror-som'), mot latin ^ui signifie tourné à gauche. Hélice sinistrorsum : an observateur placé sur son axe verrait les spires s'élever en allant de droite à gauche.
— Rtym. Sinister, à gauche, et versus, tourné, t SINISTROVOLUBILE ( si-ni-stro-vo-lu-bi-l' ) ,
adj. Terme de botanique. Volubile à gauche. Le haricot est sinistrovolubile, c'est-à-dire que la tige en montant se dirige vers la gauche, en d'autres termes de droite à gauche.
— ÊTVM. Lat. sinister, gauche, et volubile.
t SINOLOGIE (si-no-lo-jie), f. f. Étude de la langue et de l'écriture des Chinois; connaissance des mœurs et de l'histoire de ce peuple.
t SINOLOGIQUB (si-no-lo-ji-k'), adj. Oui appartient au sinologue, i la sinologie.
t SINOLOGUE (si-no-lo-gh'), ». m. Celui qui connaît la langue chinoise, qui s'applique à l'étude de cotte langue ou de l'histoire de la Chine.
— Ety.m. Sinx, nom latin que les géographes modernes ont donné à la Chine (il provient de l.iva, nom, dans Ptolémée, d'une localité de l'extrême Orient), et de loyoç, doctrine.
t SiNOMBRE (si-non-br'), adj. f. Lampe sinombro, lampe qui porte peu d'ombre.
— F.TV.M. Lat. sine, sans, et umbra, ombre. SINON (si-non), conj. || 1' Autrement, faute de
quoi, sans quoi. Que la fortune soit sans reproche, j'accepte ses faveurs; sinon, je les refuse. Sinon, j'en jure encore, et ne t'écoute plus. Son trépas dès demain punira ses refus, corn. Iléracl. i, 3. Il 8° Si ce n'est. Qu'est-ce que solliciter un juge, sinon douter de sa probité? Je ne dirai rien de la philosophie, sinon que, voyant qu'elle a été cultivée par les plus excellents esprits qui aient vécu depuis plusieurs siècles, et que néanmoins il ne s'y trouve aucune chose dont on ne dispute, je n'avais point assez do présomption pour espérer d'y rencontrer mieux que les autres, desc. Méth. i, 12. Ce qui me contentait le plus de cette méthode était que par elle j'étais assuré d'user en tout de ma raison, sinon parfaitement, au moins le mieux qu'il fût en mon pouvoir, id. ib. ii, 4 3. Sinon que je n'ai pas envie do m'arréter, j'ajouterais.... ID. Méléor. 3. Et l'un et l'autre enfin ne sont que même chose; Sinon, qu'étant trahi je mourais malheureux, Et que, m'ofîrant pour toi, je mourrai généreux, corn. Iléracl. iv, 1. Cette montagne mystérieuse où [Jésus], ne daignant parler aux riches sinon pour foudroyer leur orgueil.... Boss. Sermon, Septuagés. i. Qui peut de vos desseins révéler le mystère, Sinon quelques amis engagés à se taire ? rac. Bajaz. iv, 7. Vous qui, sinon pour moi, du moins pour votre gloire, Deviez de cet esclave étouffer la mémoire, volt. Âlz. m, 5. Il Sinon, avec de explétif devant un infinitif. Après quoi il ne me reste plus autre chose à faire, sinon de m'écrier avec le prophète.... boss. Serin. Septuag. 3. Pour être heureux, que faut-il, sinon de ne rien désirer ? buff. Uorc. choisis, p. 68.
— REM. On met quelquefois ou devant sinon : Obéis à l'instant, ou sinon tu seras châtié. Des grammairiens ont blâmé cet ou, qui en effet est pléonastique, mais n'a rien de choquant.
— HIST. XI' s. Ne me crerez se de vostre prod nun, Ch. de Roi. xv. |l xii* s. Onquesen lor jouvente (ils]nefirentsemalnon, Sax. m. ||xiii's.Ne jà, por pooir que nous aions, ne sera recouvrée [la terre sainte] se par ceste gentnon, villeh.xxxviii. || xV s. De sa jeunesse ne sçauroye parler, sinon par ce que je luy en ay oui dire, comm. Prol. \\ xvi' s. Comme si nous n'estions pas desjà par trop enclins à vanité, sinon [sans] qu'on nous mist devant les yeux une compagnie de dieux bizarres.... calv. Instit. 23. Il commande de cercher Dieu en son temple, afin que les fidèles ne s'adonnassent sinon à celui qui s'estoit déclaré par sa parole, id. ib. B2. Dieu ne requiert rien plus estroitemcnt, sinon que nous observions son sabbat, id. ib. 247. Si nous ne taschons à faire gain, sinon qu'honneste et légitime, ID. ib, 306. Rien n'est, sinon Dieu, parfaict, rab. Pant. III, proJ. Monseigneur, je n'estimerai jamais temps perdu, sinon celui où je ne vous pourray fere service, marg. Lett. cviii. Venus respond, sentant bien de Junon Le feint parler, qui ne tendoit sinon X destourner le sceptre d'Italie.... du bellax, 4, 9, recto. L'amour, se guarit par la faim, sinon par le temps, mont, n, 221. Exemptes de toute autre besongne, sinon que de filer la laine, amyot, Rom. 30. ...Un estranger, Qui n'a rien seur sinon que le danger, rons. 644.
— Etym. Si 4, et non. L'ancienne langue, comme on a vu, séparait si de non.
SINOPLE (si-no-pl'), s. m. || 1* Terme de blason. La couleur verte, qui se représente dans la gravure par des hachures et des traits diagonaux de droite à gauche. Il porte de sinople à l'aigle d'argent. Il 2° Terme de minéralogie. Variété de quartz hyalin. Le quartz sinople est tantôt cristallisé, et tantôt en masse; dans le premier cas, il porte vulgairement le nom de hyacinthe occidental ou de Compostelle, a. brongniart. Traité de min. t. i, p. 282, dans pouoENS. || Espèce de minerai d'or.
— HIST. XIII' s. L'escu qui estoit poins [peint] de sinople à trois chasliaus d'or, Chr. de Rains, p. 77. Il XV' s. La dernière couleur en armoirie est verd, qu'on dict sinople; qui signifie boys, prez, champs
et rerdure, ricilu, U Blason des couUun, p. i».
— Etym. Bas-lat. tinopit, couleur verte, et aussi couleur rouge, du lat. tinopis, «rivuiti;, terre de Sinopo, sorte de rubrique, de Sivûirn, ville de Paphlagonie.
t SINTISME (sin-ti-sm") ou SINTOÏSME (sin-toi-sm'), s. m. Culte national des Japonais, celui qui a précédé l'introduction du bouddhisme, au cinquième siècle de l'ère chrétienne, et qui a pour objet un nombre très-considérable de génies ou dieux nommés liamis.
— ÉTYM. Japonais, «tnlon, culte ancien, dénomination formée par opposition au bouddhisme qui est le culte nouveau.
SINIJfi, fiE (sinu-é, éc), adj. Terme de botanique. Se dit des parties qui sont découpées en lobei saillants et arrondis, séparés par des sinus également arrondis. Une feuille sinuée. || Terme de zoologie. Qui porte des bandes sinueuses.
— ETYM. Lat. it'nualuj, de sinus (voy. sein). SINUEUX, EUSE (si-nu-eù, eù-z'), adj. \\ 1' Qui
suit, qui décrit une ligne ondulée. Ce mouvement, qui n'a rien de précipité et qui est, au contraire, long, sinueux et tout semblable aux replis ondoyants d'un reptile, buff. Ois. t. xili, p. 4 27. Dans les plis sinueux de son corps emprunté. Vert la jeune beauté [î;ve] doucement il [le serpent] s'avance, DELILLE, Parad. perdu, ix. Des sentiers sinueux les routes indécises, ID. Jard. I. Il l' Terme de chirurgie. Ulcère sinueux, ulcère étroit et profond.
— HIST. zvi* s. Ulcères sinueux et fistules, PAai,
— Etym. Lat. sinuosus, de sinus, sein.
SINCOSlTfi (si-nu-ô-zité), j. f. Qualité de ce qui
est sinueux. Cette rivière fait beaucoup de sinucsités. U allait dans une chaloupe avec deux ingé nieurs côtoyer les deux royaumes de Danemark et de Suède, pour mesurer toutes les sinuosités, PONT. Czar Pierre. Les jeunes Délions se mêlèrent avec eux [les Athéniens] pour figurer les sinuosités du labyrinthe de Crète, bautiiél. Ànach. ch. 70. Il Terme de chirurgie. Les sinuosités d'une plaie, le trajet ondulé qu'elle suit.
— HIST. XVI' s. Di'ux petites sinuosités ou fissures, lesquelles nature a misessous ledit epiglotte, paré, IV, 4 5. La matrice des femmes n'a nullessinuosilés ou réceptacles, comme ont les testes, qui conçoivent plusieurs fœtus i une fois, m. xviii. S».
— ÈTYM. Sinueux.
4. SINl'S (si-nus'), t. m. ||1* En géométrie, le sinus d'un arc ou d'un angle est la perpendiculaire abaissée d'une extrémité de l'arc sur le diamètre qui passe par l'autre extrémité. U est indubitable, et en cela Descartes mérite un coup d'encensoir, que le sinus d'incidence et celui de r^ fraction sont en raison réciproque de leurs vitesses dans les milieux qu'ils parcourent, volt. Lett. Mairan, 4 4 sept. 4738. C'est dans le premier quart de la circonférence que se forment les sinus et généralement toutes les lignes que la trigonomé-' trie emploie, laplace, Exp. 1, 42. i|Le sinus verse d'un arc ou d'un angle est la longueur comprise entre le pied du sinus et le point où le diamètre rencontre la circonférence. || Sinus total, le sinus d'un arc ou d'un angle de 90 degrés, lequel est égal au rayon. || 2° En trigonométrie, Jt'n * est le nombre positif ou négatif qui mesure le sinus de l'angle ou de l'arc x, le rayon étant pris pour unité. || Table des sinus, table des valeurs de sin X pour toutes les longueurs d'arc.
— ÊTYM. Expression latine adoptée au moyen âge pour traduire le mot jayb, choisi par les Arabes pour désigner la demi-corde de l'arc double, et qui signifie proprement sinus in(iuîiï(D'AVEZAC, Project, géogr. p. 83). Cela écarte la conjecture d'après laquelle, la corde s'appelant autrefois inscripta, ligne inscrite, le sinus s'appela d'abord semi-inscripta, puis, par abréviation, s.-inseri'plo, t. int, et enfin sins, d'où par euphonie sinus.
2. SINUS (si-nus"), s. m. || 1° Terme d'anatomie. Nom donné à des cavités osseuses plus larges i l'intérieur qu'à leur ouverture, creusées dans l'épaisseur de certains os du crine et de la face. Sinus maxillaire. Sinus frontaux. || 2' Nom donné à certains canaux veineux dans lesquels aboutissent un grand nombre de vaisseaux. {| Sinus de la dure mère, cavités veineuses situées dans l'épaisseur des lames de la méninge et recevant les veines de l'encéphale. || Sinus caverneux : au nombre de deux, ils occupent chacun la partie latéraledu corps du sphénoïde, depuis l'apophyse clinoïde antérieure jusqu'à la postérieure. || Sinus droit, sinus situé dans la grande faux du cerveau, 1
SIP
l'endroit où elle communique avec la petite. || Sinus longitudinal inférieur; il occupe le bord concave inférieur de la grande faux du cerveau jusqu'à la grande tente du cervelet, où il s'ouvre dans le sinus droit. || Sinus longitudinal supérieur, canal triangulaire qui occupe la base de la grande faux du cerveau, depuis l'apophyse crista-galli jusqu'à la bosse occipitale interne. ||3° Sinifi vertébraux, nom donné à deux grands vaisseaux veineux qui occupent le canal vertébral, et se continuent sans interruption du grand trou occipital à l'extrémité inférieure du sacrum. || 4° Sinus de la veine porte, tronc veineux situé horizontalement dans le sillon transversal du foie, résultant, chez le fœtus, de la réunion de la veine porte et de la veine ombilicale, d'où part le canal veineux allant à la veine cave. |{ 6° Sinus utérins, nom donné aux veines de l'utérus et du placenta, dans l'état de grossesse. || 6° Sinus laiteux, la réunicn de tous les canaux excrétoires des glandes mammaires. Il 7' Terme de botanique. Échancrure profonde séparant deux lobes dans les organes minces. Il 8» Terme de chirurgie. Concavité, excavation anfractueuse, qu'on observe dans une plaie et qui y permet l'accumulation du pus.
— HIST. XVI* s. La ligature expulsive se fait avec une bande à un seul chef, commençant à comprimer au fond du sinus, auquel lieu doit estre plus estroittement serrée paré, vu, 5.
— ÉTYM. l.at. sinus (voy. sein).
f SINUSOÏDAL, ALE (si-nu-zo-i-dal, da-l"), adj. Qui appartient à la sinusoïde.
t SINUSOÏDE (si-nu-zo-i-d'), s. f. Terme de géométrie. Courbe qu'on nommait du temps de Pascal et de Wallis ligne des sinus, et dont les abscisses, en coordonnées rectangulaires, représentent des longueurs d'arcs, et les ordonnées, les sinus correspondants.
t SION (si-on), s. m. Voy. SIUM.
SIPHILIS, SIPHILITIQUE, voy. syphilis, syphilitique.
SIPHON (si-fon), «. m. || 1° Tube recourbé, à branches inégales, qu'on emploie pour transvaser les liquides, en les faisant passer au-dessus des parois des vases qui les contiennent. Siphon simple. Siphon double. La lettre de M. Guglielmini à M. Leibnitz fut suivie, en <C92, d'une autre adressée à M. Magliabecchi sur les siphons, parce qu'il avait trouvé dans les Actes de Leipsik que M. Papin, en examinant un siphon fait à Wirtemberg, s'était servi de sa fausse proposition, fonten. Guglielmini. Il 2° Vase en grès ou en verre, en forme de bouteille gonflée au milieu de sa hauteur, bouché hermétiquement , dans lequel on met de l'eau chargée d'acide carbonique, et ayant un petit appareil qui laisse échapper le contenu avec bruit comme le vin de Champagne, mais à volonté. Il 3° Le coulage à siphon des bouches à feu est un procédé dans lequel on fait arriver, au moyen .d'un siphon, le métal fondu à la partie inférieure du moule. || 4° Terme de zoologie. Canal qui traverse lacloison descoquilles polythalames. || Rostre de quelques crustacés et de divers arachnides suceurs. Il 5° Tourbillon ou nuage creux qui descend lur la mer en forme de colonne ; c'est un autre nom de la trombe ; ainsi dit parce qu'on en compare l'action à un siphon. Les mers de Chine sont exposées à des siphons, espèces d'ouragans très-redoutables pour les vaisseaux, lapérouse, Toy. t. rv, p. <I2, dans pouGENs.
— HIST. XVI' s. Siphon, cotgrave.
— f.TYM. Lat. siphonem, du grec aiifiay.
t SIPHONNEMENT (si-fo-ne-man), s. m. Action de siphon. Une simple cuvette en fonte, divisée par une cloison transversale qui plonge légèrement dans le liquide, constitue tout l'appareil; l'eau du ruisseau passe sous cette cloison par siphonnement, et s'épanche 1 ibrement par le déversoir, LANDOuzY, Àcad. dcs se. Compt. rend. t. Lvi,p. 535.
— ÊTYM. Siphon.
t SIPHONIDÉ, ÉE (si-fo-ni-dé, dée), adj. Terme do zoologie. Qui a la bouche prolongée en siphon ou suçoir.
t SIPHONIE (si-fo-nie), s. f. Genre de plantes euphorbiacées ; type, l'espèce qui donne le plus de caoutchouc, tiphonia elastica, Persoon.
] SIPUONIFÈRE (si-fo-ni-fè-r'), adj. Terme de zoologie. Qui porte un ou plusieurs siphons.
— ÉTYM. Lat. sipho, siphon, et ferre, porter.
t SIPHONOBRASCHE (si-fo-no-bran-ch'), adj. Terme do zoologie. Dont les branchies sont contenues dans une cavité prolongée en siphon.
— Stym. Siphon, et branchies.
SIR
t SIPHONOÏDE (si-fo-no-i-d'), adj. En histoire naturelle, qui a la forme ou l'apparence d'un siphon.
— ÉTVM. Siçtrtv, siphon, et EÎdo;, forme.
t SIP»0.\OPriORE (si-fo-no-fo-r'), adj. Synonyme de siphonifère.
— f.TYM. l,i!fu>y, siphon, et çopèc, qui porte.
t SIPHONOSTOME (si-fo-no-sto-m'), od;. En zoologie, quiala bouche prolongée en forme de siphon.
— f.TYM. ïi'çwv, siphon, et (rro(i.», bouche.
t SIPIIONULE (si-fo-nu-r), s. m. Terme de zoologie. Petit siphon qui est placé au bout de l'abdomen des pucerons, et par lequel ils rendent leur liqueur sucrée.
— ETYM. Dimin. de siphon.
t SIPPAGE (si-pa-j'), s. m. Apprêt des cuirs à la danoise. Les cuirs qu'on appelle au sippage ou à la danoise se tannent en deux ou t'-ois mois, Dict. des arts et met. Tanneur, <787.
t SIQUE {si-k'), s. m. Genre d'insectes diptères.
t SIKAT (si-ra), s. m. Nom donné par Adanson au murex sénégalien, univalves de Gmélin.
SIRE (si-r'), s. m. Il 1" Anciennement, titre donné à tous les seigneurs, soit justiciers, soit féodaux, et à plusieurs autres personnes. Le sire de JoinviUe a écrit l'histoire de saint Louis. Le perroquet dit : sire roi. Crois-tu qu'après un tel outrage Je me doive fier à toi? la font. Fabl. x, <2. Le bon sire [le roi Soliveau] le souffre, et se tient toujours coi, ID. ib. m, 4. Il [le roi] vous l'écrit, c'est beaucoup que d'écrire Pour un roi tel qu'est le roi notre sire, ID. Poésies mêlées, lxxii. Il y avait toujours eu des sires en France, des Uerren [seigneurs] en Allemagne, volt. Mœurs, 98. Braque tes lunettes, vieux sire [Jupiter], Sur le front couronné par nous, BÉRANG. Bluets. Il 2° Par antonomase. Titre qu'on donne aux empereurs et aux rois. Chimène : Sire, sire, justice. — D. Diègue : Ah 1 sire, écoulez-nous, CORN. Cid, II, 9. Puis en autant de parts le cerf il [le lion] dépeça. Prit pour lui la première en qualité de sire, la font. Fabl. i, 8. Le prince d'Orange ne se mêla point aux compliments, parce qu'il n'aurait point cude sire, ni de Majesté, st-sim. 31, ioi. Un homme comme lui, Bonaparte, soldat, chef d'armée, le premier capitaine du monde, vouloir qu'on l'appelle Majesté; être Bonaparte, et se faire sire I il aspire à descendre 1 p. l. cour. Corr. mai (804. Il 3" Familièrement. Il se dit en parlant d'une personne sur laquelle on s'exprime sans gêne. Grâces à messieurs les humains. Qui deviennent d'étranges sires, scarh. Gigant. i. Car chacun sait que vous méprisez l'or; J'en fais grand cas ; aussi fait sire Pierre, Et sire Paul, enfin toute la terre : Toute la terre a peut-être raison, la FONT. Poés. mêl. lxxii. Quand l'animal portesonnette, Sauvage encore et tout grossier, Avec ses ongles tout d'acier Prend le nez du chasseur, happe le pauvre sire; Lui de crier, chacun de rire, ID. Fabl. XII, <2. Sans compter, ronde ou non, la somme plut au sire, id. Fabl. ix, ie. Sans être gascon, je puis dire Que je suis un merveilleux sire, ID. Cond. Il Un pauvre sire, un homme sans force, sans considération, sans capacité. Elle [Mme de Montbazon] disait à qui la voulait entendre que le pauvre sire [Beaufort] était impuissant, RETZ, III, 3(. Certes, dit-il [un rat], mon père était un pauvre sire ; 11 n'osait voyager, craintif au dernier point, la font. Fabl. viii, 9. || Il se dit semblablement à une personne à qui l'on parle. Oui, sire, oui, beau sire. Orçà, sire Grégoire, Que gagnez-vous par an? la font. Fabl. viii, 2.
— REM. Sire et seigneur étant le même mot, l'un au sujet, l'autre au régime, l'historique les comprend tous les deux.
— HIST. IX' s. Et Karlus meos sendra [au nominatif],Serm«n(. Il XI' s. Tu n'es mes hom, ne je ne sui tis sire, Ch. de Bol. xxi. Sire [il] est par mer de quatre cens dromonz, tb. cxvii. [La lancej Duut nostre sire [Jésus-Christ] fut en la cruiz naffret, tb. CLxxix. E lui aidez e pur seignur tenez, tb. XXVI. Seignur barun, de Deu aiez vertut, tb. lxxx. Il XII* s. Biaux sire Diex, coment porai avoir Vraie merci?... Couci, xvu. On ne puet pas servira tant seigneur, id. xxiv. Sire clerz, tout en haut [à haute voix] nous dites la leçon, Sax. xxv. Qui donc veîst le duc nostre seignor prier Qu'il ait merci de s'ame, com de son chevalier.... tb. xi. Lai [laisse] saint iglise avoir ses decrez e ses lois; Ele est espuse Deu, qui est sire des reis, Th. le mort. 29. Se nos avons les biens recieuz de la main lo sanior, por coi ne sostenriens nos les malz? Job, p. 452. ||xiu' s. Vous avés dit que vostre sire se merveille moult pour quoi nostre seigneur sont entré en M terre ne en son reigne, villeu. lzvii. Ha, sire
SIR
Dieu! fait-ele, qui es souverain père, Berte, ivm. Que tout li grand seignor, li comte et li marquis.... ib. V. Bien cuidoit estre sires [être heureux], qui veoir la [Berte] pooit, tb. cxxxv. Il est assés siro [maître, seigneur] du cors. Qui a le cuer en sa commande, la Rose, 2006. Li maris, de drois communs, est sires de ses biens et des biens à se [sa] feme, beaum. lvii, 2. Si comme noz avooz entendu des signeurs de lois [jurisconsultes], id. xii, 40. Li grant signeur qui tiennent en baronnie poent [peuvent] bien doner de lor héritage à lor homes, ID. Lxix, ) . Et pour ce demoura celle emprise, que les seigneurs terrien ne s'i voudront accorder que il y alast, joinv. 275. Je, Jehane, dame de Fontaines sur Soume, le [la] vente devant dite vœil,gré, otri et conforme comme sires, du Cange, siriatieus. Il XIV* s. Messire Jehan Taupin seigneur en loix, clerc et conseiller de la chambre des enquestes, du cange, dominus. De son paîs n'est pas sires qui n'est amez, Guescl. 47846. Es lettres dou roy nostre sire, Bibl. des chartes, 4' série, t. ni, p. 272. Or est il ainsi que le serf du seigneur d'un hostel, c'est sa possession, il est sien, oresme, Élh. )55. L'exposant fut conseilliez d'aler à son parastre ou grant sire, du cange, siriaticus. || xv 8. Mesmement, le comte leur sire ne s'osoit clairement tenir en Flandre, froiss. i, i, 9. Et chevauchoient [tous les seigneurs] ordonnéemenl et par connestablies, chacun sire entre ses gens,
ID. i, I, 84 La comtesse de Montfort.... quand
elle entendit que son sire estoit pris [le comte de Montfort], id. i, i, 4 68. Un sire entre commun [un chef du peuple, un démagogue] ne vaut rien , s'il n'est redouté et renommé à la fois de cruauté, id. II, II, 4 0). Ainsi furent les Anglois de la ville de Caen seigneurs trois jours.... ID. i, i, 272. Fut ordonné, pourtant que le pays ne pouvoit longuement demeurer sans seigneur, que.... [Edouard II venait d'être renfermé au château de Bercler], ID. i, I, 26. Le suppliant dist à icellui Martin par doulceur : Beau sire, vous avez tort de prandre noise pour autruy.... alors ledit Martin respondit qu'il n'estoit sire, et qu'il ne savoit se ledit suppliant l'estoit; laquele parole de sire lui fut à moult grant desplaisance, pour ce que en laditte ville [de Ham] qui appelle ung beau sire, est autant comme de l'appeler coulx [cocu], du cange, siriaticus. Mais qu'uns bons soit bien vestus et forrés... On ly dira : sires, passez avant. Pour son habit, et c'est ce qui me tue, e. descu. Poésies mss. f°264. Jamais sire ne se face subjet. Mais ses subgez tiengne en subgecion, id. ib. f ' 427. Item qu'en leurs lettres ou esorits [les échevins de Gand] ne se nommeront plus seigneurs de Gand, ains se nommeront ainsi comme ceux des autres villes se nomment, monstrel. t. ui, p. 64, dans lacurne. Seigneurs varletz, quant viendra le roy mon seigneur ? Ma chère dame, disrent les valetz, il viendra tantost, Percefùrest, t. n, f" 4 4 7. Et pour ce dist le saige vérité ; car on ne peult servir à deux seigneurs, que l'ung ne se plaingne, ib. t. i, f" 422 Je vous meneray veoir vostre grant sire [grandpère] et son frère le roy Perceforest, qui vivent à grand peine par leur meshain et vieillesse, tb. f- 444. Sire, dist Lyonnel, qui bon seigneur sert, bon loyer en attent, ib. t. I, f" 406. Le bon seigneur fait la bonne mesgniée, et la borme mesgniée représente la bonté du seigneur, ib. \\ xvi* s. Si le mur commun chet, tombe ou est en danger de ruine, les seigneurs dudit mur commun seront tenus le refaire à frais communs, Coust. gén. t. i, p. 882. Quel appétit ne se rebuteroit à veoir trois cents femmes à sa mercy, comme les a le grand seigneur en son serrail? mont, i, 332. Sire, c'est un tiltre qui se donne à la plus eslevée personne de nostre estât, qui est le roy; et se donne aussi au vulgaire comme aux marchands, et ne touche point ceulx d'entre deux, id. i, 387. Il demanda qui estoient ces seigneurs ; on lui respondit qu'ils estoient seigneurs vraiement, que c'estoient les bouchers de la ville, d'al'b. Fxn. i, 6. Le roy, qui, pour son excellence et prérogative de dignité, esi par ses sujets appelle sire, n'a peu empescher que ce mcsme tiltre n'ait esté baillé aux simples marchands; et de là est venu ce gaillard epigramme de Clément Marot, où il appelle deux marchands ses créanciers : sire Michel, sire Bonaventure, pasquier. Recherches, viii, p. 669. Tel seigneur, tel chien, cotgrave. Au monde n'» si grand dommage que de seigneur à fol courage, id. Jamais ne gaigne qui plaide à son seigneur, iD. On ne doit pas bonne terre pour maulvais seigneur laisser, leroux de uncy, Prov. t. n, p. »».
SIR
Gringalet et se» associez... arraisonnent maislre Pierre [un apothicaire] (car le mot de sireneluy estoit encore convenable pour n'estre que garçon et non marié), NoeLDUFAii.Conl. d'Eutrap. cb. .xiiv.
— Rtym. Provenç. sire, cyre, scnhdre, senher, tenhor; catal. senijor ; espagn. seiior; portug. senhor; ital. sire, sere, signore. L'étymologie de ce mot est restée longtemps obscure. Aujourd'hui il est établi que sire est le nominatif, et segnor le régime ; que sire est une atténuation de la forme primitive sendra ou seudre, laquelle représente le latin senior avec l'accent sur se ; et que segnor représente seniorem, avec l'accent sur o. Senior, qui signifie plus vieui, est le comparatif de senex (voy. sÉNiLE et sénat); l'autorité accordée à l'âge a fait passer le sens de vieillard à celui de seigneur.
SIUÈ.NE (si-rè-n'), s.f. || fKtre fabuleux, moitié femme, moitié poisson, qui, par la douceur de son chant, attirait les voyageurs sur les écueils de la mer de Sicile où ils périssaient. Le crocodile ainsi tue en versant des pleurs, La sirène en chantant, et l'aspic sous les fleurs, rotrou, Bélis. v, 5. Avec tant de charmes trompeurs, elle avait, comme les sirènes, un cœur cruel et plein de malignité, fén. Tél. m. Il 2" Fig. Femme qui séduit par ses attraits. Ces sirènes, dont parle Isaïe, qui font leur demeure dans les temples de la volupté, dont les regards sont mortels, et qui reçoivent de tous les côtés, par des applaudissements qu'on leur renvoie, le poison qu'elles répandent par leur chant, noss. Comédie, 8. Nangis, sirène enchanteresse dont on ne se pouvait défendre qu'en la fuyant, st-sim. 39, i»3. Vous êtes une sirène, mademoiselle Leblond, PICARD, Manie de briller,}, s. || Unevoix de sirène, une voix douce et qui charme. Qui pourrait résister à sa voix de sirène? destouch. Phil. mor. V, 9. Nous jouons aujourd'hui Mahomet : une Palmire, jeune, naïve, charmante, voix do sirène, cœur sensible, avec deux yeux qui fondent en larmes ; on n'y lient pas, volt. Lett. Thiriot, 8 oct. (760. Il Elle chante comme une sirène, elle aune voix de sirène, elle chante très-bien, il 3° Terme de physique. Instrument destiné à démontrer la vibration des liquides par les sons qu'il rend sous l'eau; une intermittence de Kécoulement déterminant une suite de chocs produits par l'eau fait entrer celle-ci en vibrations sonores. || 4" Genre de reptiles voisins des salamandres. || 5° Nom donné à une famille de mammifères marins. || De ces mammifères marins, la crédulité avait faitdes femmes de la mer. Oii trouvera-t-on un animal terrestre aussi industrieux que cette sirène qui parut en Hollande sur la fin du siècle passé, et qui apprit en peu de temps à filer? bouhours, Entret. d'Ar. et d'Èug. i.
— iilST. xju* s. Sereine, se dient li autor, sont trois qui avoient semblance de feme dou chief jusques as cuisses; mais de celui leu en aval avoient semblance de poisson.... qui por lor très dous chant laisoient périr les nonsachanz qui par la mer aloient, BRUN, latini. Trésor, p. (89. Â chant de seraines de mer, Oui par lor vois qu'eles ont saines Et séries, ont non seraines, la Kose, 678. Il IV* s. Lesquels feurent logés à la Seraine en la rue de la Harpe, et feurent gardez que personne ne parlast à eux sans leurs gardes, juvén. des urs. Charles VI, 1415. Et si y avoit encore trois bien belles filles faisans personnaiges de seraines toutes nues, ;. de troïes, Chron. uoi. Et avoit dessous le dit echafaud une fontaine jetant hypocias et trois seraines dedans, monstrelet, ii, (09. La royne Blanche comme un lys. Qui chantoit à voix de sereine, villon. Bail, des dames du temps jadis.
— Etym. Provenç. «ereno; espagn. serea, sirena; ital. serena, sirena; du lat. sirena, qui succéda à tiren, lequel vient de <reip:^v, que l'on dérive du phénicien sir, chant.
t SIRÊNO.MÈLE (si-ré-no-mè-l'), ». m. Terme de tératologie. Monstres qui ont leurs deux membres abdominaux très incomplets, terminés en moignons ou en pointes, sans pied distinct.
— ÉTYM. lecpr.v, sirène, et (iéXo;, membre. SIRIUS (si-ri-us"), s. m. || l'Termo d'astronomie.
Étoile de la constellation du Grand Chien (avec une S majuscule). Sirius, étant la plus belle, la plus brillante étoile du ciel, semble être la plus proche de nous; elle devrait avoir la parallaxe la plus sensible, baili.y, Uist. astr. mod. t. ii, p. C56. Le défaut de parallaxe bien reconnu dans Sirius nous a fait conclure qu'il était au moins cent mille fois plus loin que le soleil, ID. ib. t. ii, p. «85. ||2'' La canicule. Ainsi du Sirius, 6 jeune bien aimée. Un moment l'haleine enflammée De ta beauté ferjieiUe s fatigué la fleur, a. crén. \ Fanny malade.
OICT. DS lÂ. LAKOUB FRANÇAISB.
SIK
— ÊTVM. Lat. Sirius, du grec Etîpioc, pour afilpio«; sanscr. svar, ciel, sùrya, soleil.
t SlRLl (sir-li), s. m. Nom vulgaire et, pour quelques-uns, nom spécifique do Valauda africana, oiseaux granivores.
SiROC (si-rok) ou SIROCO (si-ro-ko), ». m. Sur la Méditerranée, vent du sud-est, lequel est brûlant. Il Siroc et levant, vent d'est. || Siroc et mijour [midi], vent de sud-sud-est, jal. || On trouve aussi sirocco.
— IIIST. XVI* s. .£ole roy des vents lasche la bride au fort et impétueux siroc, lequel aussi tost avec ses vapeurs embrouille tout le ciel, et anco un fier tourbillon se laisse tomber dessus la mer, Èlerlin Coccate, t. li, p. 380, dans tACiRNE.
— ÊTYM. Provenç. siroc, eyssiroc, issalot ; catal. xaloc; espagn. siroco, jaloque; portug. xaroco, zarouco; ital. scirocco ou sctiocco; de l'arabe charqui, oriental : vent de l'est.
SIROP (si-ro; le p ne se prononce jamais; au pluriel, l't se lie : des si-ro-z excellents), s. m. ||1* Terme de pharmacie. Médicament liquide et visqueux, destiné à l'usage interne, qui résulte de l'union de certains liquides avec la quantité de sucre nécessaire pour les en saturer. Qu'à un des coins de la chambre on fera à toute heure des confitures; qu'une d'elles [demoiselles qui avaient causé le bernement de Voiturej soufflera le fourneau, et l'autre ne fera autre chose que mettre du sirop sur des assiettes pour le faire refroidir et me l'apporter de temps en temps, voit. Lett. 9. Elles contribueront au soulagement des malades, pour lesquels elles seront obligées de faire des sirops, onguents, huiles et confitures, boss. Règl. pour les filles propag. foi, m, o. On connaît qu'un sirop est cuit lorsque, étant refroidi, la dernière goutte fait la perle, genlis, Maison rust. t. u, p. (30, dans pougens. || Sirop des chantres, sirop fait avec orge mondé, raisins secs, racine de réglisse. Il Sirop de longue vie, sirop purgatif composé avec sucs dépurés de mercuriale, de bourrache et de buglosse, etc. || Sirop simple ou sirop de sucre, sirop fait avec des blancs d'œufs battus, de l'eau et du sucre. || Fig. et par plaisanterie. Le sirop de l'aiguière, l'eau. ||2° Sirop de raisin, sucre non cristallisé qu'on retire du raisin, et qu'on employait, quand le sucre était cher, pour sucrer. Il 3° Dans les sucreries, nom que l'on donne au jus, lorsqu'il a subi quelques manipulations. || Sirops massés, se dit par opposition à sirops liquides.
— lllST. XIII' s. Siros de douce confiture, De quatre herbes plaines de sanité, Chanson à la Vierge, dans Bibl. des chartes, 4* série, t. v, p. 494. Pleine cope d'essyrot à boire por refreschir, g. de tïr, t. II, p. 69. Il XV* s. Cyrop leur fault[aux enfants] ou lectuaire, E. DESCn. Miroir de mariage, p. 4( . Lequel apoticaire bailla à diverses foiz des pouldres, ysserops.... DU CANGE, collatum. Ijxvi* s. Ainsi font nos médecins, qui mangent le melon et boivent le vin frez, cependant qu'ils tiennent leur patient obligé au syrop et à la panade, mont, iv, (29.
— ÊTYM. Espagn. xarope ; ital. sirnppo, teiroppo; bas-lat. syrupus; de l'arabe charab, boisson (voy. sorbet).
SIROTÉ, EE (si-ro-té, tée), part, passé de siroter. Un petit verre de malaga siroté avec plaisir,
— ÊTYM. Sirop.
SIROTER (si-ro-té), v. n. Terme familier. Boire avec plaisir, à petits coups et longtemps. || Activement. Je me porte encor mieux que tous tant que vous êtes; Je fais quatre repas, et je lis sans lunettes; Je sirote mon vin, quel qu'il soit, vieux, nouveau, regnard. Folies amour, m, 3.
— ÉTYM. Sirop; le sens propre est boire en dégustant, boire à petites gorgées; ce qui vient de ceque le sirop, étant visqueux, ne peut se boire que peu à peu. Siroter et non siroper ; c'est ainsi qu'on dit tabatière, de tabac, et non tabaquière.
t SIROTEUR (si-ro-teur), ». m. Terme populaire. Celui qui aime à siroter.
SIRSACAS (sir-sa-kâ), ». m. Étoffe de coton fabriquée aux Indes.
SIKTES, s. f. pi. Voy. syrtes; il n'y a aucune raison pour ne pas suivre en ce mot l'orthographe étymologique.
SIRUPEUX, EUSE (si-ru-peû, peû-z"), odj. Terme de pharmacie. Oui est de la nature et de la consistance du sirop. Une liqueur sirupeuse.
— ÊTYM. Bas-lat. syrupus (voy. sirop).
SIRVE.NTE (sir-van-t'), ». f. Sorte de poésie ancienne des troubadours et des trouvères, ordinairement satirique, et quelquefois consacrée à l'amour et à la louange, et qui est presque toujours
t^iS
divisée en strophes ou coup.ets pour être chanté\ Robert [comte d'Auvergne] lui-même était poète, et échangeait des sirventes avec Richard Cœur d<: Lion, cmateaubb. Tou. Clermont. \\ On dit au--i sirventois.
— IIIST. XII* 8. N'entend! mie a gas [plaisanteries] n'a faire serventoiz, wace, Bou, v. 4889.
— ÊTY.M. Provenç. sirventes, serventes, s. m : ital. servtntest; de «ri'ir, d'après Diez, parce que c'est, proprement, un pocme composé par un ménestrel au service de son maître. Sirvente est tir4 du provençal; mais la langue d'oïl avait (irvirnloi». qui est l'équivalent du provençal tirvenlei (et égale ois).
t SIRVENTOIS (sir-van-tol),». m. Voy. sirvehtb.
SIS, ISE(si, si-z'), part, passé de »eoir ». U no se dit guère qu'en termes de pratique. Situé. Une maison sise à Paris. Un domaine sis & tel endroit.
t SISMAL, ALE (si-smal, si-sma-l'), adj. Synonyme de sismique. {| Ligne sismale, direction de l'onde d'ébranlement qui se propage à la surface de la terre, dans un tremblement.
t SISMIQUE (si-smi-k'), adj. Terme de physique. Oui est relatif aux tremblements de terre. || Mouvement sismique, mouvement vibratoire donnant lieu aux tremblements déterre, et consistant en de» oscillations verticales, horizontales ou circulaires. Le journal sismique tenu à Rcggio, en Calabre, PERBEY, Acad. des se. Comptes rendus, t. i.ii,p. (60.
— ÊTY.M. lEioiiàî, succussion. U ne faut pas écrire seismique, la diphthongue et se rendant par t.
t SISMOGUAPUE (si-smo-gra-r), ». m. Terme de physique. Instrument destiné à indiquer l'intensité des tremblements de terre. Le sismographe therho-électrique a signalé un frisson continuel du sol avec des secousses de tremblement de terre.
— ÉTYM. Seiopiic, succussion, et Ypiçeiv, écrire.
SISON (si-zon), ». m. Genre de plantes de la famille des ombellifères, où l'on distingue le tt»on amomum, dont le fruit est appelé vulgairement faux amome, etle»i»onammi, t. devenu rAeJo»ci(»dium leptophyllum, ombellifères.
— ÊTYM. Siouv.
t SISSONE (si-sso-n'), ». f. Sorte de danse. || Pa» de sissone, sorte de cabriole ou pas sauté qui consiste, d'après Compan, à plier la jambe gauche et à ouvrir la droite pour la croiser devant la gauche en sautant à la troisième position. On fait la même chose en pliant la jambe droite, etc. Le pas de sissone se compose proprement de deux assemblé» alternatifs avec plies. || C'est par abus que quelques-uns écrivent et prononcent »t-tol. Tiens, regarde-moi ce si-sol, ce» ailes de pigeon et ces entrechats, p. souLiÉ, la Closerie des genrts^ u, (.
— ËTYH. Le comte de Sissonne, auteOT de cette danse.
SISTRE (si-str'), ». m. ||1* Terme d'antiquité. Instrument de musique d'Egypte, i l'usage des prêtres d'Isis, qui était un petit cerceau de métal, traversé de plusieurs baguettes, lesquelles produisaient un son lorsqu'on les agitait. Cleopàtre •Ilemême, au milieu des combats. Du sistre égyptien anime ses soldats, delille. En. vm. || 2* S'est dit, chez les modernes, d'un instrument à cordes du genre du luth. Il [l'abbé de Boufflers] fait trèsbien de petits vers, écrit très-bien de petites lettres, va jouaillant un peu du sistre, j. J. rouss. Confess. xi. || Il figure encore quelquelois dans la musique militaire. || 3° Genre de coquilles univalves
— lUST. xvr s. J'aurois un sistre d'or, et j'aurois tout auprès Un carquois tout chargé de flammes et de traits, rons. (9(.
— ÉTYM. Lat. sittrum, de «itîotpov, qui vient de (jt(eiv, agiter.
SISYMBRE (si-zin-br'), ». m. Genre de Ji Jimille des crucifères; on y dislingue: le sisymbre officinal, sisymhrium officinale, Scopoli, erysimum officinale, D. C. ; et le sisymbre sagesse, science, sagesse des chirurgiens, ou sisymbrium sophia, L., plante regardée comme vulnéraire, vermifuge et fébrifuge, mais sans action réelle.
— ÊTYM Lat. siît/mbri'um, de <Ti<ivpi6oi''V.
t SISYPHE (si-zi-H, ». m. Personnage mythologique, condamné, dan» les enfers, à porter sur le haut d'une montagne un rocher énorme, qui roula dans le vallon sitôt qu'il est placé sur le sommet Il Fig. Un travail de Sisyphe, un travail qui se défait et qu'il faut sans cesse recommencer.
— HIST. XVI' s. Un chacun la désire [une belle femme] ; et vouloir l'empescher. C'est égaler Sisiphe et monter son rocher, desportes, Diveru* amours, xli. Stances du mariage, («.
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SIX
4 SISYRINCHION (si-zi-rin-ki-on) ou SISYRItf-
QVE (si-zi-rin-k'), J. m. Genre de plantes indees on l'on distingue le sisyrinchion beçmudien.
SITE (si-f), s. m. Il 1° Partie de paysage considérée relativement à l'aspect qu'elle présente, à son exposition. Allez à Vevai, visitez le pays, examinez les sites, promenez-vous sur le lac, et dites si la nature n'a pas fait ce beau pays pour une Julie, puur une Claire, pour un Saint-Preux ; mais ne les y cherchez pas, j. j. rouss. Conf. iv. ôtez à Wattfcau ses sites, sa couleur, la grâce de ses figures, de ses vêtements, ne voyez que la scène et jugez, DiCER. Essai sur la peint, ch. B^ Il fut un temps funeste où, tourmentant la terre, Aux sites les plus beaux l'art déclarait la guerre, delille, Jard. i. Il 2* Terme de fortification. Plan de site d'un terrain, plan qui, prolongé jusqu'à la limite de la portée des armes, laisse complètement le terrain au-dessous de lui, tout en s'en rapprochant le plus possible.
— ÉTYM. Lat. situs, site, de situs, placé, participe passé de sinere, laisser, permettre. On trouve dans les anciens textes site, mais il est féminin, signifie rang, et paraît être une forme de suite.
tSITIOLOGIE(si-ti-o-lo-jie), ». f. Traité des aliments.
— ÉTYM. Sixtov, aliment, et ).ôfo;, doctrine.
t SITIOPHOBIE (si-ti-o-fo-bie), s. f. Terme de médecine. Refus absolu de nourriture.
— ÉTYM. Sitîov, aliment, et çôêoç, crainte.
t SITOPUAGE (si-to-fa-j'), adj. Oui vit de blé.
— ÉTYM. £iioc, blé, et ç«Yeîv, manger,
t SITOPHYLACE (si-to-fi-la-s'), s. m. Nom de quinze magistrats d'Athènes, qui avaient pour fonction de veiller à l'approvisionnement en blé, et d'empêcher que les citoyens n'en achetassent plus qu'il n'était permis par la loi, afin que l'abondance régnât toujours dans la ville, qui'était dau? un canton peu fertile en grains.
— ÉTYM. SïTO«, blé, et çûXaÇ, gardien,
SITÔT (si-.tô), adv. || 1* Si Vite, si promptement. Une ligne de l'histoire de Vespasien lui servit de texte pour commencer, et les prières de M. le landgrave l'obligèrent à ne pas finir sitAt, ba.lz. à la reine de Suède. Comment puis-je sitôt servir votre courroux? hac. Andr. iv, 3. J'étais un homme sitôt vu, qu'il n'y avait rien â voir de nouveau dès le lendemain, i. i. rouss. Conf. viii. |1 Sitôt que, aussi vite que. Gageons, dit celle-ci [la tortue], que TOUS n'atteindrez pas Sitôt que moi ce but.— Sitôt I êtes-vous sage? Répartit l'animal léger [le lièvre], LA FONT. Fabl. VI, <o. Il De sitôt; il ne se dit qu'avec la négation, et signifie si prochainement. Il ne viendra pas de sitôt. Il ne me le pardonnera pas de sitôt. Il 2° Sitôt que, loc. conj. Dès que, aussitôt que. Sitôt qu'il se connaît, il en veut à mes jours, CORN. fl^ract. m, 2. Mais, sitôt qu'elle [la perdrix] eut vu cette troupe [les coqs] enragée S'entre-battre ellemême et se percer les flancs, Elle se consola.... la PONT. Fabl.x, 8 Sitôt que sur un vice ils pensent me confondre. C'est en me corrigeant que je sais leur répondre, doil. ÈpU. vu. Sitôt que de ce jour La trompette sacrée annonçait le retour, RACilhal.i, i.
— REM. Des grammairiens pensent que, puisqu'on écrit plus tôt en deux mots dans ces phrases: Il était venu plus tôt que moi; son procès sera jugé plus tôt que le alien, il faudrait de même écrire si tùt en deux mots, dans celles-ci : Je n'arriverai pas si tôt que vous; votre affaire ne sera pas si tôt finie que la mienne. Ailleurs on continuerait de n'en faire qu'un seul mot : Sitôt qu'il reçut la nouvelle^ il partit.
— HIST. xiii' s. Si tost que dit lui oi [je lui eus dit], erramment [il] me guerpi, Bette, cxviii. Sitost comme Acre fu prise, le roy Phelippe s'en revint en France, joinv. 202. |l xvi' s. Us remplis-soient le palais d'une très souefve vapeur qui ne se perdait
pas sitost, UONT. I, 393.
— ÉTYM. Si, a tôt.
t SirfELLE, SITTfiLE (si-tè-l*), ». (. Genre d'oiseaux grimpeurs, où l'on distingue la sittelle d'Europe, dite vulgairement perce-pot.
SITUATION (si-tu-a-sion ; en vers, de cinq syllabes), ». ^. Il !• Manière dont un objet est placé. Nous revînmes le soir.... coucher à Hennebon.... votre carte vous fera voir ces situations, sÉv. <2 août 4689. Nous ne jugeons des situations que parce que nous voyons les objets dans un lieu où ils occupent chacun un espace déterminé; et nous ne jugeons du mouvement que parce que nous le» voyons changer de situation, condil. Traité des wivt, i, II, «. Il Particulièrement, manière dont une Villa, une maison, un jardin, etc. est placé. La