‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 132 sur 754 · SOE · texte numérisé non relu

SOE

SOF

SOI

SODIUM (jo-di-om*), i. m. Terme de chimie. Corps simple, métallique, qui forme le radical ou l'iSlément électro-positif d« la soude, découvert en (807 par Davy.

— FTYM. Voy. SOUDE.

SODOMIE (so-do-mie), s. f. Péché contre nature. La novello t4( de Justinien est le premier rescrit impérial dans lequel on ait employé le mot sodomie, VOLT. Pol. et Ug. Prix just. et hum. (9.

— Misr. xiv* s. La sixième branche de luxure si est un pechié qui est contre nature, comme soy corrompre par sodomie, Méiiagier, l, 3.

— ÊTYM. Sodome, ancienne ville de la Palestine où toute sorte de luxure était pratiquée.

t SODOMISER (so-do-mi-zé), «. fv. Commettre

10 péché de sodomie.

SODO.MITE (so-do-mi-f), ». m. Celui qui est coupable de sodomie.

— lliST. xiw s. Orguilleus est [l'homme], murdriers et lerres, Fel, convoileus, avers, trichierrcs, Traïstres, et faus ypocrites, Et pareceus et sodomites, la ilose, 4 9434.

t SODOMITIQUE (so-do-mi-ti-k'), odj. Qui a rapport à la sodomie. Les turpitudes sodomitiques.

t SOËF (so-éf), s. f. Nom donné dans l'Ain au c/iondrosfoma nasus, Agassiz, cyprinus nosus, L., dit aussi quelquefois vandoise ; mais la vraie vandoise est le cyprinus leueiscus, L.

SOEUR (seur), s. '. {| 1" Fille née du même père et de la même mère qu'une autre personne, ou née de l'un des deux seulement. Les habitants de ce pays-là lui demandant [à IsaacJ qui était Rébecca, il leur répondit : c'est ma sœur, SACi, Cible, Genèse, xxvi, 7. Jamais soeurs ne furent unies par des liens ni si doux ni si puissants, Boss. Anne de Gonx. La princesse Palatine s'ôta tout pour soulager une sœur qui ne l'aimait pas, ID. ib. Elle vous plaint, vous voit avec des yeux de sœur, rac. Iph. ii, <.||Fig. Être sœur, avoir en commun quelque chose. Nous nous voyons sœurs d'infortune, uol. Psyché, i,t.\\ Sœur de père et de mère, ou sœur germaine, celle qui est née de même père et de môme mère qu'une autre personne. || Sœur de père ou sœur consanguine, celle qui n'est sœur que du côté paternel. Il Sœur de mère ou sœur utérine, celle qui n'est sœur que du côté maternel. || Les expressions sœur germaine, sœur consanguine et sœur utérine no s'emploient guère qu'en jurisprudence.

11 Demi-sœur, celle qui n'est sœur que du côté paternel ou du côté maternel. || Sœur naturelle ou sœur bâtarde, celle qui est née de même père ou de même mère, mais hors du mariage. || Bellesœur, voy. ce mot à son rang alphabétique, jj Sœur de lait, fille qui a eu la même nourrice qu'une autre personne. J'ai l'honneur d'être le fils du père nourricier de madame de.... {il me nomma la femme du ministre); ainsi elle est ma sœur de lait, rien que cela, uariv. Marianne, 6' part. Il Se dit des animaux. Ma chienne est la sœur de la vôtre. || i' Poétiquement. Les neuf Sœurs, les Mu^es. Dieu ne fit la sagesse Pour les cerveaux qui hantent les nœuf Sœurs, la font. Clochette. Quelle verve indiscrète Sans l'aveu des neuf Sœurs vous a rendu poète? boil. Sat. ix. || Les sœurs filaudières, les Parques (voy.FiLANUiÈRE). || 3° Nom qui fut longtemps donné aux chrétiennes par tous les membres de la chrétienté. || Sœur en Jésus- Christ, se dit des femmes chrétiennes par rapport au Père qui est au ciel. || 4° Titre que les rois de la chrétienté donnent aux reines en leur écrivant. Il B' Il se dit, dans le langage élevé, de filles, de femmes qui vivent ensemble, sans être unies par les liens du sang. Que vous semble, mes sœurs, de l'état ou nous sommes? bac. Eslh. n, 9. || Nom que les religieuses qui ne sont point en charge ou qui n'ont point atteint un certain âge, prennent dans les actes publics, se donnent entre elles, et qu'on leur donne en leur parlant ou en parlant d'elles. La sœur Thérèse. Sœur Marie de l'Incarnation. Vous m'étonnezde Pauline; ahl ma fille, gardezla auprès de vous; ne croyez point qu'un couvent puisse redresser une éducation ni sur le sujet de la religion que nos sœurs ne savent guère, ni sur les autres choses, sÉv. 5(0. || Sœur Colette ou collette, religieuse de l'ordre de Sainte-Claire. || Fig. et familièrement. Faire la sœur collette, faire la sucrée, avoir des manières, un langage affecté. Nous rimes fort de ses manières passées; nous les tournâmes en ridicule; elle n'a point le style des sœurs colettes; elle parle fort sincèrement et fort agréablement de son état, sÉv. (83. || Sœurs laies. Cl, plus ordinairement, sœurs converses, les reli-

gieuses qui ne sont pas du choeur, qui ne sont employées qu'aux œuvres serviles du monastère. Il Sœur écoute, religieuse désignée pour accompagner une autre religieuse ou une pensionnaire qui va au parloir. || 6" Nom donné à certaine» filles qui vivent en communauté sans être religieuses. Je vois que votre mal de gorge est opiniâtre; mais je vous avertis qu'il est rare qu'un médecin guérisse ses malades à cent lieues, et qu'une sœur de la Charité fait plus de bien de près qu'Esculape de loin, volt. Lett. Damilaoille, (8 mai (705. Je ne vois plus ces sœurs dont les soinsdélicats Apaisaient la souffrance, ou charmaient le trépas, delil. Pit. n. || Sœurs grises, nom qu'on a donné quelquefois aux sœurs hospitalières du tiers ordre de Saint-François. La sœur grise court administrer l'indigent dans sa chaumière, CUATEAUBR. Génie, iv, m, 6. |{ Sœurs du pot, filles qui vivent en communauté et qui soignent les malades. || Fig. Mme la duchesse d'Aiguillon, la sœur du pot des philosophes, volt. Lett. Thiriot, 27 févr. (755. Il 7* Fig. 11 se dit de choses assez liées ensemble pour qu'on les assimile à des sœurs. Socrate.... n'aura pas voulu s'échapper de la prison contre l'autorité do ces lois [d'Athènes], de peur de tomber après cotte vie entre les mains des lois éternelles, lorsqu'elles prendront la défense des lois civiles, leurs sœurs; car c'est ainsi qu'il parlait, Boss. 6' avert. Q3. Oui, la sagesse aimable est sœur de la santé, Elle seule connaît le secret qu'on ignore D'assurer l'immortalité, bernis, ÉpXt. (2. Il 8" Fig. Il se dit de choses (du genre féminin) qui se répèlent. Cette nuit eut des sœurs et même en très-bon nombre, la font. Petit chien. Comme Charès, capitaine des Athéniens, après un grand avantage... écrivit au peuple d'Athènes qu'il avait remporté une victoire qu'on pouvait appeler la sœur germaine de celle de Marathon, DACiER, Plutarque, Aratus. Un démon qui m'inspire Veut qu'encore une utile et dernière satire Se vienne en nombre pair joindre à ses onze sœurs, BOIL. Sat. xn. Il 9° Le bouillon des deux sœurs, un lavement, saumaize, Dict. des Préc. t. ii, p. 5(. il Dans le Berry, tomber sur ses deux sœurs, tomber sur son séant.

— iilST. XV* s. Sepuisveîr ma gente sorur Aide.... Ch. de Roi. cxxviu. || xm" s. A l'entrée de quaresme,... se croisa 11 quens Bauduins de Flandre et do Haynaut, à Bruges, et la comtesse Marie sa feme, qui suer estoit au conte Thiebaut de Champaigne, villeu. n. De là s'en ala-il vers le roi Phelipe d'Alemaigne qui sa serour avoit à famé, m. XLii. [Simon a dit à sa femme:] Bêle suer, où est Berte, pour sainte charité? Uerte, cxxv. Li baron li disent que Henris li quens de Champagne, qui moult estoit larges, avoit une fille biele et gente, qui avoit non Aelis, et estoit suer germaine l'arcevesque GuiUaume-blance-main, Chr. de Rains, p. 9. Tombiele et ses deux sereurs, Bibl. des chart. 2* série, t. 3, p. 423. L'aventure des dameiseles qui esteient serur gemeles, marie. Frêne. Ilxiv s. So nous ou notre hoir marions l'une de nos seurs, du cange, auxilium. || xV s. De ce messire Edouard de Guéries ne demoura nuls enfans ; mais de serour germaine... avoit des enfans, froiss. II, III, 92. Il XVI* s. Thibaut, qui ouyt ces mots, estimant qu'on parloit de sa femme, qui puet-estre aimoit l'amble comme estant de nos sœurs [femme galante], Moyen dt parvenir, p. (27, dans

LACURNE

— f.T VM . Bourg, sœu ; provenç. sor, seror ; espagn . sor; portug. sor, sorore; ital. sorore; du lat. sororem; comparez l'allem. Schwester; angl. sister; goth. swista; sanscrit, svasri. Dans l'ancien français, suer (prononcez sœur) est le nominatif, du lat. séror, avec l'accent sur so; seror est le régime, de sorôrem avec l'accent sur rô; contre l'habitude, c'est le nominatif, et non le régime, qui est resté dans la langue moderne.

SOEURErrE (seu-rè-f), s. f. Terme familier d'amitié. Petite sœur.

— HiST. XVI* s. Sœurette, cotgravb.

— ÉTYM. Dimin. de sœur.

SOFA ou SOPUA (so-fa), s. m. || 1* Estrade fort élevée et couverte d'un tapis. Il faut que ce prince [Moustapha] soit ensorcelé, si de son sofa il ne demande pas la paix à votre trône, volt. Lett. Catherine 11, 25 oct. (770. || 2* Lit de repos à trois dossiers qui sert de siège, et que l'on confond souvent avec un canapé. On appelle un sofa une espèce de lit de repos à la manière des Turcs, CAiLLÊREs, Ifott à la modt, Convers. 2*. La dame i affligée le mena dans une chambre parfumée, et le '

fit asseoir avec ei.e poliment sur un large sofa, VOLT. Memnon.

— f.TYM. Portug. topha ; de l'arabe toffah, banc, estrade.

SOFFITE (so-ffl-f), ». m. Terme d'architecture. Dessous d'un ouvrage suspendu , comme le dessous d'un plancher, mais orné de compartiments, de caissons, de rosaces, etc. Le sofflte du plancher, du larmier, de l'architrave.

— F.TY.M. Ital. tof/itto, qui, d'après Scheler, représente ruf/ietus, pour suflixu*, de »u6, sous, et fixus, fixé.

t SOFFRE (so-fr*), ». m. Terme de métallurgie. Anneau de fer qu'on place sous la piic« qu'il s'ftgit de percer.

t. SOFI ou SOPni (so-fi), ». m. Nom qu'on donnait autrefois dans l'Occident au schah de Perse. Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi; Je m'écarte, je vais détrôner lo sophi; On m'élit roi, mon peuple m'aime, la font. Fabl. vu, (O.

— HIST. iv* s. Hé ! qu'avons-nous affaire Du turc ni du sophy? Pourvu que j'aye à boire. Des grandeurs je di : fy I bassf-i-in, xvin. Sophiz, voyant qu'il avoit subjugué et mis en obéissance la région et pays dudit Usson Cassan, et mis seurement et stablement chacun en son endroit, retourna en la dicte ville de Thauriz, qui est la cité principale du pays, p. desrey, À la suite de Monstrelet, p. (0«, dans lacurne.

— ÊTYM. Persan sefewy, adj. patronymique dérivé du nom du chcik Sefy, sixième ancêtre de Chah Ismaîl, fondateur de la dynastie des sophis.

t 2. SOFI (so-fi) ou SOUFI (sou-fl), ». m. Nom de philosophes musulmans qui ont établi une école panlhéistique, et dont les principes essentiels sont que Dieu seul existe, qu'il est dans tout, et que tout est lui-même; que tous les êtres visibles et invisibles en sont une émanation ; que le paradis, l'enfer et tous les dogmes des religions positives ne sont que des allégories dont le sofi a la clef; qu'il n'existe pas réellement de différence entre le bien et le m.il, puisque tout se réduit à l'unité, et qu'ainsi Dieu est en réalité l'auteur des actions de l'homme; que l'âme est préexistante au corps et y est renfermée comme dans une cage ; que la mort, qui doit être souhaitée, est l'anéantissement en Dieu; que c'est par la métempsychose que les âmes sont purifiées et obtiennent d'être réunies i Dieu ; et que la principale occupation du sofi doit être de méditer sur l'unité, et de s'avancer par les divers degrés de la perfection spirituelle.

— ETYM. Arabe, sofi, vêtu de laine, desuf, laine; à cause qu'une robe de laine est le costume ordinaire des derviches ou faquirs, tous contemplatifs et spiritualistes.

tSOFIS.ME(30-fi-3m'),SOUFISME(sou-fl-sm'),».m. Doctrine dès sofis; doctrine mystique qui a cours dans l'Orient et qui s'accommode à toutes les religions positives au sein desquelles vivent ses sectateurs.

— 6TYM. So/I i.

SOr(soi), pronom réfléchi de la troisième personne des deux genres et des deux notnbres, qui s'emploie comme régime d'une préposition ou quelquefois comme régime direct d'un verbe actif. Il 1° Il se rapporte d'ordinaire à un mot général et indéterminé, tel que on, chacun, quiconque; il se construit aussi avec un verbe à l'infinitif. L'amour de soi. Et ne devoir qu'à soi le gain d'une bataille, CORN. Ctd, I, 6. Tout tend à soi: cela est contre tout ordre : il faut tendre au général ; et la pente vers soi est le commencement de tout désordre, pasc. Penj. xxiv, 66, édit. havet. La nature de l'amour-propre et de ce moi humain est de n'aimer que soi et de ne considérer que soi, VD. ib. n, a. On est comme Mlle d'Aumale . on aime mieux dire du mal de soi que de n'en point parler, sÉv. 238. M. l'abbé de Louvois sentit plus que jamais, par tant de pertes impor^ tantes, combien il est à propos d'avoir un mérite qui soit à soi, fonten. Abbé de Louv. On se trouve même encore actuellement dans des engagements trop vifs, et qu'il n'est point en soi de rompre, MASS. Avent, Délai de la eonvers. La honte d'une action rejaillit sur les parents.... il est rare qu'on ne fasse du mal qu'à soi, dider. Claude et Nér. u, 23. On ne gagne jamais rien à parler de soi, et c'est une indiscrétion que le public pardonne difficilement, même quand on y esi forcé, j. j. Rouss. Rép. au roi de Polog. Des passions la plus triste en la vie. C'est de n'aimer que soi dans l'univers, florian, la Poule de Cauz. Il Proverbe. Chacun pour soi, Dieu pour tous. Comme l'a dit un certain philosophe, il ne faut pas

SOI

purger les petits-fils pour la maladie de leur grand-père ; chacun pour soi et Diou pour tous, TOLT. Facéties, t" anecd. sur Bélis. 112° Il se rapporte trfcs-bien à un mot déterminé, quand c'est un nom de chose. Cet état porte avec soi des obligations, qu'il vous est d'une importance extrême de bien connaître, bourdal. 2* dim. après l'Epiphanie, Dominic. t. i, p. 63. La recommandation que porte avec soi la vertu, fléch. Due de Uontausier. Célébrez la gloire immortelle D'un cœur toujours maître de soi, fonten. Endym. n, il. Le crime traîne toujours après soi certaine bassesse, dont on est bien aise de dérober le spectacle au public, mass. Mystères, Visitation. L'esprit de commerce entraîne avec soi celui de frugalité, monteso. Esp. v, 6. || 3» Il se construit aussi avec un nom de personne pour sujet déterminé; c'est l'usage des meilleurs auteurs Une jeune merveille Seule somblablo à

soi, MALH. V, 2). Qu'il fasse autant pour soi comme je fais pour lui, corn. Poly. m, 3. Si quelqu'un s'y joue, 11 peut bien prendre garde à soi, mol. Amph. I, 2. Ils [les princes] sont environnés de personnes qui ont un soin merveilleux de prendre garde que le roi ne soit seul et en état de penser à soi, sachant bien qu'il sera misérable, tout roi qu'il est, s'il y pense, pasc. Pens. iv, 3. L'homme n'aime pas à demeurer avec soi, id. Pass. de l'amour. Le plus vil artisan eut ses dogmes à soi [chez les protestants], noiL. Sat. xn. Phèdre, malgré soi, perfide, incestueuse, id. Ép. vu. Tout cela part d'un cœur toujours maître de soi, rac. Andr. rv, B. Charmant, jeune, traînant tous les cœurs après soi, id. Phèdre, ii, 6. Il faut laisser Aronce parler proverbe; Wélinde parler de soi, de ses vapeurs, de ses migraines, de ses insomnies, la bruy. V. Il n'ouvre la bouche que pour répondre : il tousse, il se mouche sous son chapeau, il crache presque sur soi, id. vi. Gnathon ne vit que pour soi, iD. ïi. L'homme ne doit le vice et la vertu qu'à soi, DELiLLE, Parad. pcrdu, m. ||4° Chez soi, dans sa demeure. Aucun n'est prophète chez soi, LA FONT. Fabl. vni, 20. Cette aimable personne A suivi le conseil que mon amour lui donne, N'a plus voulu songer à retourner chez soi, mol. Éc. des f. v, 2. Il s'assied, il se repose, il est chez soi, la BRUT. II. Plus on avance dans sa carrière, et plus on est convaincu que l'on n'est bien que chez soi, VOLT. Lett. CideviUe, 28 mars <760. C'est depuis Charles-Quint et François I" que dure cette politique entre les princes catholiques d'armer les protestants chez autrui, et de les poursuivre chez soi, ro. Mœurs, <76. On dort si bien sur une chaise I On est ici comme chez soi, marmontel, Zém. et Az. i, f. Il Vivre chez soi, vivre sans liai sons au dehors. Heureux qui vit chez soi. De régler ses désirs faisant tout son emploi I la font. Fahl. vn, <2. || Familièrement. Avoir un chez-soi, une habitation en propre. || Il n'y a pas de petit chez-soi, on est toujours mieux chez soi que chez les autres. |{ 5° Rentrer en soi, faire de plus sérieuses, de plus sages réflexions. || Revenir à soi, reprendre ses esprits. Idoménée, revenant à soi, les remercie, fén. Tél. v. || Fig. Revenir à soi, reprendre son sang-froid, son bon sens. Leur funeste rigueur, qui l'avait poursuivie, Méprisîùt le conseil de revenir à soi, malh. i, 2. Il 6° Etre à soi, ne dépendre de rien, de personne. Quand on est au service de quelqu'un, on n'est plus à soi. Il Être à soi, être en face de ses propres pensées. Possédé d'un ennui qu'il ne saurait dompter [Alexandre], Il craint d'être à soi-même et songe à s'éviter, boil. Èp. v. || N'être pas à soi, signifie aussi avoir perdu le sens. Dans le délire on n'est plus à soi. Il Terme de fauconnerie. Être à soi, se dit de l'état d'un oiseau qui n'a jamais été pris par les fauconniers. (| 7* En certaines tournures, soi est employé comme une sorte de nom et sans servir de régime. On a souvent besoin d'un plus petit que soi, la font. FaU. ii, H. Il n'est meilleur ami ni parent que soi-même, id. >6. iv, 22. Cela [la douleur d'estomac] se passe dans un endroit si intérieuretsiintime, c'est tellement soi qui louffre, que.... sév. 24 janv. <080. La vie retirée y contribuait(à son originalité].... on s'accoutume trop dan» la solitude à ne penser que comme soi, fon- TKM. Jfery. Il n'y a que deux personnes à consulter en telles alTaires [explications], soi-même et la personne à qui Ion écrit, volt. LeU. Thirioî, 48 janv. I7S9. 11 faut être tout à fait comme les autres, ou tout & fait comme soi ; penscz-y, j. j. houss. à M.d'Ivernoit, Corresp. t. vi, p. n», dans pougens. Il htre soi, garder son caractère. On n'est jamais bien que soi-même ; Et me voilà t«l que je suis

SOI

GRESSET, Ep. Bougeant. Changeons de goûts avec les années, ne déplaçons pas plus les âges que les saisons ; il faut être soi dans tous les temps, et ne point lutter contre la nature, j. J. Rouss. Èm. iv. Qui ne voudrait pas renaître fille et mère, et comment serait-on soi si l'on ne ressentait plus les mêmes amitiés? stael, Allem. m, 7. |i8" De soi, de sa nature. Il est, de soi, si évident que c'est moi qui doute, qui entends et qui désire.... desc. Ifédit. n, 7. Cet accident, de soi, doit être indifférent, MOL. Éc. des f. IV, 8. Qu'ai-je fait, s'il vous plaît, de si brillant de soi. Pour me plaindre à la cour qu'on ne fait rien pour moi? id. lîis. m, 7. Certaines lois fondamentales contre lesquelles on ne peut rien faire qui ne soit nul de soi, boss. 5* avert. 66. L'entendement, de soi, est fait pour entendre, id. Conn. i, <o. ||9° En soi, dans sa nature. Chacun pris dans son air est agréable en soi, boil. Ép. h. Il sera toujours vrai, en soi, que la même chose ne peut tout ensemble être et n'être pas, fén. Exist. i, B2. ||10" Sur soi, sur son corps, sur sa personne. Porter des armes sur soi. La santé demande qu'on soit propre sur soi. Cette diversité dont on vous parle tant. Mon voisin léopard l'a sur soi seulement : Moi je l'ai dans l'esprit, LA FONT. Fabl. II, 3. La malpropre sur soi, de peu d'attraits chargée. Est mise sous le nom de beauté négligée, mol. Mis. n, B. || 11° Familièrement. X part soi, en son particulier. Faire des réflexions à part soi. || 12° Quant-à-soi, subit, (voy. QUANT 2, n° 2). Il 13" Soi-même, voy. même, n° <2. Il Substantivement. Un autre soi-même, voy. même, n" 12. Il Terme d'art du moyen âge. De soi-même, de sa nature, de sa couleur et de sa masse. Un animal émaillé do soi-même, c'est-à-dire de sa couleur naturelle ; un vase avec les ansesde soi-même, c'est-à-dire prises dans la masse, db la borde, Émaux, p. 602.

— REM. 1. L'usage tend continuellement à substituer lui ou elle à $ot ; mais il faut résister à cette tendance, soi étant plus clair que tut ou elle. Il 2. Soi est de rigueur avec un nom indéterminé, on, c/iaeun, et avec un verbe à l'infinitif. || 3. Avecun nom déterminé de personne, on emploie plus souvent lui ou elle que soi; même des grammairiens prétendent que c'est une faute de mettre soi; mais on n'a qu'à lire les exemples rapportés, et on verra que l'usage des bons auteurs soutient très-bien l'emploi de SOI avec un nom de personne. || 4. Quand le nom est un nom de chose, soi est préférable à lui ou à elle. Il 5. Des grammairiens ont prétendu que soi était toujours singulier. C'est une erreur; de sa nature, soi n'est pas plus singulier que se; et ces exemples- ci le montrent au pluriel. Ce sont choses, de soi, qui sont belles et bonnes, mol. Fem. sav. rv, 3. Tant de profanations que les armes traînent après soi, mass. Petit carême, Bénéd. des drapeaux. || 6. La Fontaine a employé soi au lieu de se ; c'est un archaïsme tombé en désuétude. Tant ne songeaient au service divin. Qu'à soi montrer.... la font. Mazet.

— HIST. XI* s. Li home mort senz devise [testament], si départent li enfant l'erité entre sei per uwel [égal]. Lois de Guill. 30. Ses mellurs homes [il] enmeinet ensemble od sei, Ch. de Roi. xxxvn. Il xn* s. Cil qui pert soi meïsme de son voisin ne

jot [ne jouit], Sax. xvn. || xni* s De sa robe, et

la dame entour soi la renoue, Berte, xxxm. Mais je cuit qu'il me venist miex Li alors que se j'i envoi ; L'en dit : n'i a tel comme soi, Lai de l'ombre. Il s'est atornez pormovoir, Soi tierz [lui troisième] de compaignons, sanz plus, ib. \\ xv*s. Et perdirent plus les Genevois qu'ils n'y g.ngnerent, ainsi qu'il vient souvent en soi trop follement abandonnant, FROiss. I, 1, 173. Les pluyes les plus grandes qu'il est possible de dire, et le pays de soy tant fangeux et mol que à merveilles, comm. n, 3. || xvi* s. Les seaux qui sont mis et apposez aux lettres et instrumens publiques, prins en soy, ne sont rien, CALV. Instit. 1029 Et n'ont le goust ny la couleur si franche, Quand de soy mesme ilz tumbent de la branche, dubell. vn, 32, verso. Oui ayme plus grand que soy, Luy mesme se donne loy, m. VII, 34, recto. Il semble que l'ame se perde en soy mesme, mont, i, 21. Interrogé lequel il estimoit le plus, ou Chabrias, ou soy-mesme, ro. i, «7. Faisant rcqueste à Dieu de l'appeler à soy, id. i, 2B2. Hz furent contraints de soy retirer au dedans de leurs Alpes, AMYOT, Fab. 4. Et en fut l'effroy si grand, qu'il n'y avoit homme qui fust à soy, ne qui eust le sens raasis, id. «6. 8. Mais luy mettant tout son espoir de victoire en soy mesme.... id. 16. H. La vertu est honorée pour l'amour de soy mesme, et

SOI

non pour eslre joincte à la noblesse, id. Sylla et Lysand. e. Ce ne fut pas, à considérer la chose en soy, un grand exploit de guerre, id. ib. 7. Il rendit ses citoyens pires que soi, id. ib. 6. Il pouvoit véritablement dire ce que le roy Agamemnon dit de soy mesme en la tragœdie d'Euripides, id. Nicias, 9. On trouve souvent le lendemain les intestins réduits de soy-mesmes, paiié, vi, 1 b. De tous les animaux qui marchent sur la terre L'homme est le plus chetif ; car il se fait la guerre Luy-me«mes a soy-mesme, et n'a dans son cerveau Autre plu» grand désir que d'estre son bourreau, ron». 8IB.

— ÉTYM. Autre forme de se. Moi et me, toi et te, soi et se sont identiques, et ne diflérent que parce que moi, toi, soi représeirtent me, te, se latins, avec un reforcement dû à l'accent, tandis que me, te, se, étant proclitiques, sont réduits à l'e muet.

SOI-DISANT (soi-di-zan) , loc. odo. invar. Il 1° Terme de pratique. On l'emploie quand on ne veut pas reconnaître la qualité que prend quelqu'un. Un tel, soi-disant légataire. Il y a actuellement dans ce pays-là dix-sept ou dix-huit ci-devant soi-disant jésuites, comme les classes du parlement les appellent, d'alemb. Lett. à Voltaire, 25 sept. 1762. Il 2* Il se dit aussi par dénigrement dans le langage ordinaire. Tandis que je foulais aux pieds les jugements insensés. de la tourbe vulgaire des soi-disant grands et des soi-disant sages, je me laissais subjuguer et mener comme un enfant par de soi-disant amis, j. j. rouss. Conf. vin. Si elle [Mme Geoffrin] employait quelquefois, sans scrupule, des expressions familières, populaires même, que la soi-disant bonne compagnie se serait refusées avec dédain, elle n'en faisait jamais usage qu'en les relevant par le grand sens qu'elles renfermaient, d'alemb. Lett. à Condorcet sur Mme Geoffrin. Il 3* En un emploi absolu. Prétendument. Je sais fort bien que sur moi l'on babille. Que soi-disant J'ai le ton trop plaisant, béhang. Bonne fille.

— REM. 1. On l'a décliné, alors que les participes présents se déclinaient. Alors toutes les honnêtes femmes ou soi-di santés abandonnèrent Ninon, TALLEMANT, t. vH, p. 216. Quand on revient de chez ces sorcières ou soi-disantes [la Voisin et ses pareilles], sÉv. 29 janv. 1680. || 2. Soi-disant ne se dit jamais des choses. C'est une grosse faute que de dire : accorder de soi-disant faveurs; s'étayer de soi-disant titres.

— SYN. soi-disant, prétendu. Prétendu implique que plusieurs personnes prétendent, soutiennent que tel ou tel caractère appartient aune personne. Une prétendue jolie femme est une femme qu'un certain nombre de gens veulent faire passer pour jolie. Soi-disant implique seulement l'assertion de la personne dont il s'agit : une soi-disant jolie femme est une femme qui se donne pour jolie, et qui là-dessus pourrait être seule de son avis.

— HIST. ivi* s. 11 rencontra par cas d'aventure Gœsylus Lacedemonien, soy disant estre envoyé de Lacedemone pour... amvot, Dion, 62.

— ÉTYM. Soi, et dire.

1. SOIE (soî), s. {. ||1» Fil délié et brillant, produit par le ver à soie. Ce ne fut environ qu'en 1130 que Roger, roi de Sicile, en établit une [fabrique de soierie] à Palerme; on 7it alors, dans cette île et dans la Calabre, des ouvriers en soie qui furent une partie du butin que ce prince rapporta des villes de Grèce, rollin, Uist. anc. t. i, p. B69, dans pougens. Les ouvrages de soie étaient encore si rares, même à la cour, qu'Henri II fut le premier qui porta un bas de soie aux noces de sa sœur, id. ib. p. B67. La soie est le produit du parenchyme des feuilles, combiné avec la matière animale du ver à soie, bufp. Époq. nal. Œuv. t. xu, p. 20. Les annales de la Chine attribuent la découverte de la soie à l'une des femmes de l'empereur Hoang-ti, raynal, Hist. phil. v, 28. Les soies de Bologne eurent longtemps la préférence sur toutes les autres; depuis que celles du Piémont ont été perfectionnées, elles tiennent le premier rang pour l'égalité, la finesse, la légèreté, id. ib. V, 28. La soie est une matière filamenteuse, transparente, assez solide, qui est filée par la chenille de l'espèce de phalène nommée bombyx ou ver à soie, phalirna mori, fourcroy, Conn. chim., t. x, p. 3BI. La longueur d'un fil de soie qui peut se dévider de dessus la coque, est, suivant Malpighi, de 1091 pieds et quelques pouces, mesure de Paris, GENUs, Maison rus», t. l, p. 404, dans pougens. Élagabale s'habilla le premier d'étoffes de soie sans mélange, mongez, IntiiU M^-r- hist. et U'tt. ane. t. iv, p. 237. Les filles [de Chios] aux yeux noirs, au sourire éclatant, Dan» les vergers fleuri»

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recueillaient en chantant Les cédrats, le miel et la soie, P. LEBRUN, Voy. de Grèce, ix. || Soie grége ou éorue, soie telle qu'on l'obtient par le tirage du cocon. Soie plate, soie grégo commune formée par 20 ou 25 brins tirés ensemble. || Soie sauvage, soie tirée do cocons de vers vivant à l'état sauvage sur les arbres. || Soies folles, soies non torses, ainsi dites parce que leur extrême légèreté ne leur permet pas do soutenir le moindre effort. |1 Fig. C'est soie sur soie, se dit de deux choses agréables qui arrivent l'une sur l'autre, de deux avantages qu'on reçoit coup sur coup. Il 2* On confond sous le nom de soie trois matières distinctes: la soie proprement dite, qu'on obtient en dévidant le cocon de la chenille nourrie avec la feuille de mûrier; la golette (voy. aduit.), tirée de cocons percés provenant du bombyx du mûrier, cardes et filés; la bombycine, tirée de cocons percés provenant des autres bombyx, cardés et lilés comme les précédents. US" l'oétiquement. Des jours filés d'or et do soie, le cours d'une vie heureuse et brillante. Ainsi de tant d'or et do soie. Ton âge dévide son cours. Que tu reçoives tous les jours Nouvelles matières de joiel malh.iv, 5. || 4° En zoologie, fil délié que divers insectes parfaits ou à l'état de larves sécrètent pour en former un cocon dans lequel leur larve se transforme en chrysalide. || S- Étoffe de soie. Je voudrais.... Que ceci fût de soie, et non pas d'étamine, régnier, Sat. XIII. Il Demi-soie, étoffe tissue de laine et de soie, ou de coton et de soie. || 6° Coton longue-soie, ou, substantivement, le longue-soie, sorte de coton, de première qualité. || 7° Terme de marine. Soie à voiles, soie servant à faire des voUes qui, plus chères, semblent compenser le pox par la durée. || Bas de soie, se disait des entraves, sorte de punition. || 8° Terme de cuisine. Bas de soie, manière d'apprêter les pieds de cochon. Pieds en bas de soie. 1| 9° Soie d'Orient, ou soie végétale, espèce de duvet qui entoure les semences de l'asclépias de Syrie. {| 10° Soie de mer, byssus soyeux produit par une espèce de moule. Il 11* Terme de corroyeur. Noir de soie, second noir donné aux peaux.

— HlST. XII* s. Et riches trez [tentes] de soie à girons et à pans, Sax. y. || xiii* s. Bien surent les deux fille d'or et de soie ouvrer, Derte, lvii. â nul jor mes veù n'avoie Chapel si bien ouvré de soie, la Rose, 884. Il n'est jour en l'an que, de soie seulement, n'y entre mille charretées en ceste cité [Cambaluc], marc pol, p. 3(7. Soz une vielle robe vueil miex que nete soie. Que je fusse soillie desoz une de soie, jubinal. Contes, etc. t. ii, p. 76. Il XIV* s. La corde de l'arc doibt estre de soye verde ou autre, pour ce qu'elle dure plus sans rompre, Uodus, f* ui.

— ËTYM. Wallon, seuie, soie; bourg. Ji5; prov. et espagii. seda; ital. seta ; du lat. seta, soie de porc, que l'on rapproche de x*""!; crinière. Seta n'a pas de rapport avec le nom grec du ver à soie, ffTip, qui est, dit M. de Rosny, le chinois sse, soie, par l'intermédiaire de la forme coréenne sir.

•i. SOIE (soi), s. /■. Il 1* Poil long et rude de certains animaux. Son dos [du sanglier] était armé d'une soie dure aussi hérissée que les piques d'un bataillon, FÉN. t. XIX, p. 70. Il Dans ce sens, il s'emploie souvent au pluriel. Des soies de coclion. || 2" Par extension, poil long et doux de certains chiens, etc. Cet épagneul a de belles soies. || 3° Terme de botanique. Organe présentant des caractères de la soie de porc. || Poils raides qui garnissent le sommet des enveloppes florales de certaines graminées. Il Pédicelle qui soutient l'urne des mousses. Il 4° Terme de zoologie. Partie du suçoir des insectes hémiptères. || 5° Terme de vétérinaire. Soie du porc, soyon, soies piquées, poil piqué, maladie piquante, piquet, bosse, maladie particulière aux porcs, qui a son siège à l'un des côtés du cou, quelquefois aux deux, entre la jugulaire et la trachée artère, à quelque distance des parotides et directement sur les amygdales.

— HiST. XIV* s. Le roy lui fist mettre [au-dessus de la tête] un glaive bien tranchant, et le fist pendre à la soie d'un cheval, vionay, Esches moralises, f° 7), verso. Il XVI* s. Soie de porc, paré, xxiv, 28. Cribles de parchemin, soye de cheval, m. xxv, 8.

— f.TYM. Prov. et espagn. teda; ital. seta; du lat. seta.

3. SOIE (soi), $. f. Partie de la lame d'un sabre ou d'une épée qui traverse la monture et qui est rivée sur la calotte.

— HIST. XV* s. Les soyes ou chevilles qui tenoient le couvercle, dd canoë, sayus.

DICT. D8 LA LANaUE FRANÇJIISS.

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— ÊTYM. Dit ainsi par comparaison avec une soie de cochon. L'ancien français soie, scie, n'a rien à faire ici.

4.SOIK(sot), s. f. Terme de vétérinaire. Nom donné à la seime quand elle siège à la pince.

— ETYM. Ainsi dite peut-être parce qu'on a comparé la fente du sabot dans cette maladie i un fil de soie.

SOIEHIE (sol-rie), t. f. \\ 1= Étoffes faites de soie. De belles soieries. Les soieries de Lyon. Louis XI, en «470, établit des manufactures de soieries à Tours, ROLLiN, Uist. anc. t. x, p. 507, dans pougens. Il a* Fabrique de soie. Établir une soierie. {| 3* Manière de préparer la soie; lieu où on la préparc.

— ÉTVM. Soie 1; wallon, sCiererie.

SOIF (soif; au xvi* siècle, on prononçait soi, palsgrave, p. 21, et, au commencement du xvm* siècle, Vf ne se faisait pas plus entendre que dans clef), s. f. Il 1* Sensation du besoin de boire, d'introduire dos liquides dans l'estomac. L'incommodité de la soif est incroyable, et inconcevable à qui ne l'a pas éprouvée, retz, Mém. t. m, liv. iv, p. 466, dans POUGENS. Il [l'homme] sut qu'il n'était plus.... Qu'un chétif animal pétri d'un peu de terre, X qui la faim, la soif partout faisaient la guerre, boil. Sat. xii. Guérissez-moi ma fièvre seulement. Et pour ma soif ce sera mon affaire, j. b. rouss. Épigr. I, 4 3. Déjà l'ardente soif le sèche, le dévore, Ducis, Abuf. I, 3. Boire sans soif et faire l'amour en tout temps.... beaumarcii. ilar.de Fig. 1. Il n'avait de goût onéreux Qu'une soif un peu vive, BÉRANO. Roi d'Yvetot. \\ Fig. De ce sable étanchcr la soif démesurée, boil. ÈpU. xi. |{ 2° î'ig. Désir vif, immodéré. Elle a soif de mon sang, elle a voulu répandre, corn. Rodog. v, 4. Après m'avoir montré cette soif du baptême, id. Poly. v, 3. Ce fils donc qu'a pressé la soif de la vengeance, ID. Nicom. 1, 5. Vous avez soif d'être seule ; eh! mon Dieu, ma chère I venez dans nos bois, c'est une solitude parfaite, sÉv. 239. Il [Ch. de Scvigné] volera ici avec une soif non pareille de revoir son cher pays, id. 3 juill. (680. Saint Grégoire a raison de dire qu'il [Dieu] a fait que nous ayons soif de lai, et qu'il reçoit comme un bienfait, quand rftius lui donnons occasion de nous bien faire, Boss. Sermons, Visitât. 2. Perfides, contentez votre soif sanguinaire, rac. Iphig. v, 4. Tantôt, voyant pour l'or sa soif insatiable, id. Athal. i, t. Né ministre du dieu qu'en ce temple on adore. Peut-être que Mathan le servirait encore. Si l'amour des grandeurs, la soif de commander Avec son joug étroit pouvait s'accommoder, ro. ib. m, 4. Voilà, monsieur, ce que les hommes de tous les temps et de tous les pays appellent un héros [Charles XII]; mais c'est le vulgaire de tous les temps et de tous les pays qui donne ce nom à la soil du carnage, VOLT. Lett. Schouvaio//", 17 juillet 4768. Il [un financier] avait brûlé, toute sa vie, de la soif d'avoir; le démon de la convoitise l'avait perpétuellement tourmenté, ID. Dict. phil. Avarice. La soif du bonheur ne s'éteint pas dans le cœur de l'homme, j. j. rouss. Confess. ix. La soif la plus ardente est celle de la richesse, dider. Opin. des anc. philos. Sarrasins. Il 3* Fig. Grand besoin d'argent. J'ai donné ce que j'avais d'argent, à cause du décri; ainsi ma soif est grande, sÉv. à Hme de Guitaut, 7 janv. 4603. Ceux qui attendent mon argent ont grand'soif, ID. ib. 3 juin 1693. Toujours une .soif et un besoin d'argent... sa main [de Ch. de Sévigné] est un creuset qui fond l'argent, id. 27 mai iC80. || Proverbes. Il faut garder une poire pour la soif, il faut réserver quelque chose pour le besoin. Songez.... que Bourbilly est à vous; c'est un petit morceau qu'il était bon de garder pour la soif; mais vous ne sauriez être plus altérée que vous l'êtes présentement, sÉv. à Urne de Grignan, 22 janv. (690. Il On ne saurait faire boire un âne s'il n'a soif, qui n'a pas soif, se dit de ceux qui n'ont pas envie de faire une chose, quoique cette chose soit agréable. {| La faim a épousé la soif, se dit de deux personnes pauvres qui se marient ensemble. || On dit aussi de deux époux sans bien : c'est la faim et la soif. |l Quand l'un a soif, l'autre veut boire, se dit de deux compagnons de bouteille.

— HIST. XII* s. Il posad flums [fleuves] en désert e eissemenz d'ewes en seid. Liber psalm. p. (66. Il xiii* s. Mais tu vendras [visndrasj encor ça jus, X tôt le moins qant auras soi. T'en convendra venir par moi. Ren. 339. ||xv* s. Quant on s'en va sur la soif, Ce n'est jamais en bon escot, basselin, XXII. Il XVI* s. Il n'a pas soif qui de l'eau ne

boit, COTGRAVE.

— KTYH. Bourg, «t saintong. (oi;Berry,to*, loué;

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l'JC.l

wallon, teu, s. m ; provcnç. ie(; espagn. sed; portug. sedc; ital. sete; du lat. sitim, t changé en f, comme dans fief de feodum, mceuf de modut, etc.

t SOIFFEUR (soi-feur), t. m. Terme populaire et bas. Ivrogne.

— ETYM. Ce mot vient, non pas, malgré l'appir renc^. de loif, mais de l'allem. Sàufer, buveur, importe ."^ar les ouvrier» allemands, et converti par les ouvriers français en toiffeur, à cause de la fausse idée qu'ils avaient de l'citymologie do ce mot.

t SOIFFlP.KF. (soi-fiè-r"), ». /. Voy. couble-soip- FiÈRE, aux Additions et corrections.

SOIG.VË, lÎE (soi-gné, gnée), part, passé de soigner. || 1* Qui reçoit des soins. Malades soignés dans les hôpitaux. |{ 2* X quoi on a donné des soins. Une éducation soignée. Un style soigné. || Terme de beaux-arts. Se dit de certains ouvrages faits avec un soin minutieux. || Un faire soigné, manière de peindre avec une propreté recherchée, un fini extrême. || On dit substantivement : le soigné. 113° Populairement. A quoi il ne manque rien, en parlant de gronderie, de punition, etc. Une raclée soignée. || C'est du soigné, exclamation populaire pour dire : c'est mal.

SOIGNER (soi-gné), v. a. || 1* Avoir soin de quelqu'un ou de quelque chose. Ils [certains hommes] envient la condition des bêtes, qui n'ont que leur corps à soigner, Boss. Conn. v, 4. Enfin je tombai tout à fait malade; elle me soigna comme jamais mère n'a soigné son enfant, j. i. bolss. Confess. v. Les nouveaux venus, les plus jeunes apprenaient des anciens à soigner leurs habits, leur linge, i conserver leurs livres, marmq.ntel, iléin. i. Jadis les demoiselles Soignaient les chevaliers qui se battaient pour elles, collin d'iiarlev. Chût, en Esp. IV, 5. Elle m'avait répondu qu'une femme était faite pour soigner le ménage de son mari et la santé de ses enfants, stael, Corinne, xiv, ( . || Soigner des enfants, veiller à ce qu'ils soient propres, bien entretenus, etc. |1 2° Soigner un malade, signifie aussi l'assister comme médecin. On l'a soigné longtemps pour une névralgie opiniâtre. Il 3* Apporter de l'attention, du soin à quelque chose. Soigner les accessoires d'un tableau. De même que Platon, Zeuxis et tous ceux qui aspirent à la perfection, il [Euripide] jugeait ses ouvrages avec la sévérité d'un rival, et les soignait avec la tendresse d'un père, bahtiiél. Anach. ch. 69. Massillon, le plus élégant de nos orateurs sacrés, n'a rien tant soigné que son Petit carême, MARMONTEL, Œuv. t. IX, p. (62. || 4* Populairement. Soigner quelqu'un, le gronder, le punir, le battre. On le soignera. || 5° V. n. Veiller à quelque chose (emploi qui a vieilli). Sous ombre que vous avez à cette heure une infinité d'affaires; que vous soignez à fortifier un camp et à prendre une ville.... VOIT. Lett. 83. Le prince: Faites observer qu'aucun ne nous écoute. — Théodore : Soignez-y, Léonore, rotr. Vencesl. iv, 2. Bien, rien, dit-il : à cela j'ai soigné, la font. Faiseur. Soigne, avant de l'offrir, qu'il soit bien ajusté, id. Eunuque, in, 3. Il 6° Se soigner, v. rifl. Avoir soin de sa personne. Il aime à se soigner. Vcus ne vous soignez pas assez.

— HIST. xin* s. Cevax et reubes lor faisoit Soignier tant corne il en voloient. Roi Guillaume, p. 17, dans DU cange, Gloss. franc. Et doie retenir à mien toutes les menandies ke li signors ont à AntilleijSe il me veulent songnier [fournir] merrien en leur boix, du cange, soniare. Et se nous ou nostre hoir volions faire ovrer aus murs de la vile de Vauquelour pour la fermetei, il nous soigneroient [fourniraient] une charrcto à dous clievaus et le charreton à tout lour coulz, Bibl. det ch. 0* série, t. m, p. 690. || xv* s. Si leur pria.... qu'ils volsissent si bien penser et soigner de Tournay, que nul domage ne l'en prisl, froiss. 1, 1, (20. Si soignez de la garnison [le comte de Flandre à Daniel de Hallevin qu'il fait capitaine d'Oudenarde], id. ii, n, 4 0(. || xvi* s. Il leur respondit qu'ils se soignassent d'culx hont. i, 4 23. De m'en soigner [des affaires d'autrui], ouy; de m'en passionner, nullement, ID. iv, (47. Je n'ay jamais aimé à besongner, Ny du mcsnage aucunement soigner, AMioT, Arist. et Cat. 6. Pour la première année se faudra soigner qu'aucun bcstail ne paisse dans le nouveau pré, 0. de serres, 264.

— ÉTYM. Soin.

SOIGNEUSEMENT (soi-gneû-ze-man ; d'après Richelet, on prononçait soi-nieu-ze-man), adv. D'une manière soigneuse, avec soin. Et si soigneusement à l'envi le fouillèrent.... mairet, Sophon. I, 4. Si M. de Cambrai peut rendre raison pourquoi il m'a

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cache si soigneusement son livre des Maximes, Boss. Rem. réponse, viii, «. Quand je considiire quatre-vingt-dix ans si soi''n usement ménagés; quand je regarde ces années si pleines et si bien marquées par les bonnes œuvres, id. Yolande de Uonterby.

— SYN. SOIGNEnSBHKNT, CUWEnSEMENT, SOIGNEUX,

COWEUi. La manière curieuse est plus recherchée, plus minutieuse, plus difficile que la manière purement soigneuse. On garde soigneusement ce qui est utile: on garde plutôt curieusement ce qui est rare. Soigneusement est toujours pris en bonne part; curieusement se dit quelquefois d'un zèle ou d'un soin eioessif. Voy. ci-dessous l'eiemple où Bolleau oppose soigneux et curieux.

— HIST. XII' 8. Se ele [l'âme] soniousement n'est soztraite des choses qui par defors l'enlacent, Job, 441. Il xin* 8. Qui pour le [la] foibleté de leur corps ne poent saugneusement entendre à le [la] deffense de leur choses, tailuar, Recueil, p. Boo. Doivent li eschevin garder et oreillier et entendre soigneusement que nus ne mesface, du cange, auris. || xvi* s. Les lucteurs mettoient peine d'entretenir et augmenter soigneusement leur embonpoint, AMYOT, Phil. t.

— ÉTVM. Soigneuse, et le suffixe ment.

SOIGNKUX, EUSE (soi-gneû, gneû-z'; du temps

de Richelet, la prononciation était soi-nieux), adj. Il 1» Oui met du soin, de l'attention à ce qu'il fait. Un ouvrier, un domestique soigneux. A-t-il eu près de vous un plus soigneux agent? corn. Nicom. lY, i. Il 2° Qui range, qui ménage les objets d'usage, de service. Je suis fâché qu'elle ne soit pas soigneuse; c'est un défaut auquel on fait trop peu d'attention, genus. Ad. et Th. t. n, p. 4 40, dans pouGENS. || 3* Oui prend soin, souci de quelque chose. Il avait été malpropre toute sa vie; mais l'amour, qui fait de plus grands miracles, le rendit soigneux de sa personne sur la fin de ses jours, SCARR. Rom. corn, i, (9. Madame, soigneuse de se former sur le vrai, boss. Duch. d'Orl. Vous êtes si soigneuses d'orner vos corps, vous usez pour cela de tant d'artifices, bourdal. Myst. Tris-saint sacrcm. Aussi soigneux désormais de me faire oublier, que j'avais été autrefois curieux de faire parler de moi, boil. Disc, sur la sat. xn. Cette cour.... X ses maîtres toujours trop soigneuse de plaire, rac. Bérén.zi, 2. Que Pharnace m'offense, il offre à ma colère Un rival dès longtemps soigneux de me déplaire, iD.Uithr. ii, 3. Le peuple de Dieu qui habitait cette terre sainte, peu soigneux de l'alliance de ses pères... mass. Panégyr. saint Bernard. 11 était économe et soigneux de son bien, a. cuénier, Fable. || 4* En parlant des choses, qui est fait avec soin. De soigneuses recherches.

— HIST. xm* s. Et ce me fait vivre amoureux Et désireux D'estre songneuiDc mamoir adès en plaisance, JUBINAL, Contes, etc. t. n, p. 02. Or soiez bien soigneuse de son respassement [de la réconforter], Berte, XLvn. || xv s Soit roys songneus de son règne garder; Ses barons doit et prodommes chierir, e. desch. Couvern. des rois. \\ ivi- s. Jugeants que soigneux de leurs affaires privées, ils le seroient des publicques, mont, n, 9. La délicatesse y est à fuyr [à table], et le soigneux triage du vin, ID. n, i b. Personnage serviable, soigneux de faire plaisir, et secourablc, amyot, Crass. *6.

— ÊTYM. Soin; provcnç. sognos.

SOIN (soin; l'n no se lie pas: un soin extrême; au pi. i's se lie : des soin-z extrêmes), s. m. Il 1* Attention, application de l'esprit à une chose, à faire quelque chose. Où l'amour de la terre et le f\t Âe la chair Aux fragiles plaisirs ayant ouvert la porte, malh. i, 4. Ainsi donc un sujet téméraire A si peu de respect et de soin de me plaire I corn. Cid, 11, 6. Et comme à l'échauffer j'appliquerai mes soins, id. Nicom. i, 6. La chose allait à bien par son soin dilig:ent, la pont. Fabl. vn, iO. Pour toi l'astre du jour prend des soins superflus [tu es aveugle, et le soleil luit en vain], ID. Fotl. VIII, (. Eh bien, défendez-vous au sage De se donner des soins pour le plaisir d'autrui T ID. ib. xi. 8. Il y a trop d'affaires de se tirer d'un rhumatisme... je ne balance point de mettre tout mon soin au rétablissement parfait de ma (anté, sÉv. 8 mars «076. Les soins que vous avez de m'écrire me sont de continuelles marques de votre amitié, ID. so juin «077. Jamaisplante ne fut cultivée avec plus de soin, boss. Ann. de Gonx. La bonté du naturel prévint en M. le Tellier les soins de l'éducation, flécii. le Tellier. Même elle kvait cncor cet éclat emprunté Dont elle eut soin

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de peindre et d'orner sod visage, rac. AthaX. n, 5. D'où vient que d'un soin si cruel L'injuste Agamemnon m'écarte de l'autel ? id. Iphig. in, 2. Les soins que j'ai pris pour vous rendre sage, fén. Télém. XII. L'unique soin des enfants est de trouver l'endroit faible de leurs maîtres, comme de tous ceux à qui ils sont soumis, la bruy. xi. J'apprends avec plaisir le soin que tu te donnes de l'éducation de la tienne [fille], mo.ntesq. Lett. pers. 74. || Prendre .soin de avec un infinitif, veiller à, faire en sorte que. Le maître qui prit soin d'instruire ma jeunesse Ne m'a jamais appris à faire une bassesse, CORN. Nicom.n, 3. Quelle importune main, enfermant tous ces nœuds, A pris soin sur mon front d'assembler mes cheveux T rac. Phèdre, i, a. Les amants de ma mère Pénélope furent surpris de mon départ; j'avais pris soin de le leur cacher, connaissant leur perfidie, fén. Télém. I. i| Prendre soin, avoir soin de quelque chose, veiller à ce que quelque chose se conserve, réussisse. C'est lui [l'amour] qui, sous tes lois me tenant asservie. M'a fait en ta faveur prendre soin de ma vie, CORN. Cinna, in, 4. Vous voyez bien que je regarde ma santé comme une chose qui est à vous, puisque j'en prends un soin si particulier, sEv. 2 sept. («76. En vérité, j'ai trop d'obligation à Euripide pour ne pas prendre quelque soin de sa mémoire, et pour laisser échapper l'occasion de le réconcilier avec ces messieurs, rac. Iphig. Préf. Je voulais en mourant prendre soin de ma gloire, id. Phèdre, 1, 3. Il Prendre soin, avoir soin de quelqu'un, signifie aussi pourvoir à son salut, à ses besoins, à ses nécessités, à sa fortune. De vous- même, seigneur, daignez mieux prendre soin, corn. liéracl. i, 3. Il a parlé au roi qui lui a dit que, s'il servait avec application, on aurait soin de lui, sÉv. BOO. Rois, prenez soin de l'absent Contre sa langue homicide [de la calomnie], i^kC.Esth. ni, 3. Mais de vos premiers ans quelles mains ont pris soin?». Alhal. 11, 7. Il Populairement. Avoir soin de ses fièvres, se bien nourrir. || 2° La charge, le devoir de prendre soin de quelque chose, d'y veiller. Je vous confie le soin de veiller sur mes affaires. C'est lui qui a le soin de la cave. Le soin de la république, per- ROT, Tacite, 4 1 . [Vatel] dont la bonnejlête était capable de soutenir tout le soin d'un État, sÉv. 24 avr. 1674. Et depuis encore ne s'est-elle pas appliquée en toutes rencontres à conserver cette même intelligence [entre les royaumes de France et d'Angleterre] ? ces soins regardent maintenant Vos Altesses Royales, boss. Reine d'Anglet. Dès l'âge de quinze ans, elle [Henriette] fut capable de ces soins [protéger les catholiques anglais], id. ib. Le soin de tes sujets te rappelle à Versailles, boil. ÉpU. vm. Et vous me chargez, moi, du soin de son supplicel volt. Adél. du Guescl. iv, B. || Le soin d'une injure, la charge de venger une injure. Et je charge un amant du soin de mon injure, RAC. Andr. v, 2. || Fig. Il laisse au temps le soin de venger sa mémoire. || Les soins du ménage, les détails du ménage et l'attention qu'ils demandent. Il On dit de même: les soins d'une maison, d'une ferme. Il 3° Souci, inquiétude, préoccupation. Si mes amis ont quelque soin De ma pitoyable aventure, MALH. V, 7. Je dors ici dix heures toutes les nuits, et sans que jamais aucun soin me réveille, desc. Lett. à Daliac, 29 mars 4 634. [Le chat vit] Son rat qui se tenait alerte et sur ses gardes; Ahl mon frère, dit-il, viens m'embiasser ; ton soin Me fait injure... la font. Fabl. vm, 22. X quoi bon charger votre vie Des soins d'un avenir qui n'est pas fait pour vous? id. ib. xi, 8. N'ayez aucun soin de cette affaire ; c'est la mienne et plus que la mienne, SÉv. 4 9 août 4 676. Votre santé est l'unique soin de ma vie, id. à Hme de Grignan, 9 juin 4677. En même temps, chrétiens, un autre soin me travaille ; ce n'est pas un ouvrage humain que je médite ; je ne suis pas ici un historien qui... Boss.jieine d'iingiet. C'est prendre trop de soin [être trop curieux], rac. Prit, iv, 4. D'un soin cruel ma joie est ici combattue, id. Iphig. II, 2. Petit séjour commode et sain Où je vis, m'endors et m'éveille, Sans aucun soin du lendemain, ducis, i son logis. || Être en soin, être inquiet, être en peine. Je suis en soin de ce qu'elle put dire X ses parents.... la font. Diable en enfer. Changer de lieu, dit-il. — Comment le ferons-nous? — N'en soyez point en soin : je vous porterai tous, ID. Fabl. x, 4. Ils no sont jamais en soin do leur boire et de leur manger non plus que de leurs habits, coucher et lever, ce sont les maîtres qui en sont chargés, vaudan, Dtme, p. 82. Il 4* Sollicitude. Tous les jours je l'invoque [Dieu],

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et d'un soin paternel II me nourrit des dons offerts sur son autel, rac Athal. 11, 7. || 6° Au plur. Services qu'on rend à quelqu'un, attentions qu'on a pour lui. ô vous pour qui les dieux ont des soins si pressants, Bourbon, Conti.... la font. Fabl. xii, 2B. Elle a des soins infinis de me divertir, sév. 695. Mme de Coulanges a des soins de moi admirables, ID. 4 sept. 4 677. Mracs de Lavardin, de la Trocbe et de ViUars m'accablent de leurs billets et de leurs soins, ID. 29 mai 4 07B. Je lui rendais [à Mme de la Fayette] beaucoup de soins, par le mouvement de mon cœur, sans que la bienséance ou l'amitié qui nous engage y eût aucune part, id. 3 juin 4 693. Les soins qu'il avait eus de mon enfance, fén. Télém. VI. Il Donner des soins à un malade, avoir des soins d'un malade, l'assister en qualité de médecin. Pecquet [le médecin] eut de moi des soins extrêmes, sév. 68. || Politesse, galanterie. Il rendait assez de soins à Camille, corn. Hor. Examen. Il n'est soins empressés, devoirs, respects, services Dont il ne nous ait fait d'amoureux sacrifices, mol. Femm. sav. iv, 2. Azélie épuisait tous ces soins délicats Qui voudraient être vus, mais ne se montrent pas, delil. Imag. n. || On l'a dit quelquefois au singulier. Il rendait quelque soin à Mégiste, à Cyane, th. corn. Ariane, l, 4 . |i Rendre des soins à quelqu'un, le voir avec assiduité, lui faire la cour. M. de Vence me rend des soins très-obligeants, SÉV. 22 avr. 4 672. Vous connaissez les soins qu'il me rend tous les jours, rac. Alex, i, 4. || Petits soins, toutes sortes de petites galanteries. De tous les petits soins il devient incapable : Un amant sûr d'être aimé Cesse toujours d'être aimable, deshoul. Poés. t. I, p. 68. Ces petits soins, la grande affaire Et le grand savoir des amants, lamotte. Odes, t. i, p. 4B5, dans pougens. Les petits soins, les attentions fines, oresset, Vertvert, ch. I. Il Dans le langage des romans de Clélie, de Cyrus, etc. Le village de Petits-Soins, un village de la carte du royaume do Tendre. Il y a trois sortes de Tendre : Tendre sur estime. Tendre sur inclination et Tendre sur reconnaissance; lorsque l'on veut arriver à Tendre sur estime, il faut aller d'abord au village de Petits-Soins, boil. Hér. de romans. || Être aux petits soins auprès de quelqu'un, avoir des attentions recherchées, délicates, de manière à lui épargner les moindres peines.

— HIST. XI' s. Por ço n'unt soign de helme ne d'osberc, Ch. de Roi. ccxxxv. ||xii' s. Mais li reis d'Engleterre n'out suing de l'acorder. Th. le mart. 4 04. Ijxiii's. Son vis [visage] n'a soig [besoin] de mireor. Ne son gent cors de bel ator, Partonopex, ms. de St-Germ. f 4 64, dans lacurne. Il XIV' s. La dame moult senée et sage De malades sot [sur] tout l'usage ; De lui garder fu en grant songne, J. de condet, p. 87. || xV s. Disoit qu'il voudroit bien estre joyeux, mais que personne qui vient à seing ne le peut estre, Aresla omorum, p. 35, dans lacurne. ||xvi* s. Estendre le seing de nous au delà de cette vie, mont, i, 4 6. Les bons législateurs ont eu plus de soing de l'amitié que de la justice, id. 1,207. Tous les jours je lis en des aucteurs, sans soing de leur science, y cherchant leur façon non leur subjeot, id. rv, 43. Le soing caché se cognoit à la face,HONS. 4 05.

— ËTYM. Wallon, sogn,s.f. peur, besogne; provenç. sonh, soing, suenh ; anc. ital. sogna. Origine douteuse. Plusieurs y voient un dérivé du bas-lat. sunnis, sunnia, sonia, qui signifie empêchement juridique, d'où l'idée de s'arrêter à une affaire difficile, de soin. Sunnis, qui se trouve dans les lois barbares, est un mot germanique. Cependant il faut dire qu'on n'a pas une série d'intermédiaires qui établissent comment le mot est venu du sens d'empêchemcntjuridique àcelui de soin; àmoins qu'on ne regarde comme tels es-soine, exemption, et ensoignié, chargé d'embarras, de soucis. Du Cange a mis en avant le lat. somnium, le trouvant dans un glossaire avec le sens de soin; l'anç. franc. songne et le wallon sogn en vieimcnt sans doute.

SOlll (soir), t. m. || 1° Déclin du jour, passage du soleil au côté occidental de l'horizon. J'irai vous voir demain au soir, lundi au soir. Un beau soir d'été. Puisqu'on fait bonne garde aux murs et sur le port, C'est assez pour ce soir, corn. Cid, n, 7. C'est dans votre festin Que ce soir par votre ordre on tranche son destin, id. i'erlor. i, 4. Du soir jusqu'au matin ils demeurent au guet, th. corn. Feint astral, i, 2. Je suis las de me voir les soirs en ma maison Seul avec des valets souvent voleurs et traUres, Et toujours i coup sûr ennemis de leurs maîtres, BOIL. Sat. x.Du matin jusqu'au soir qui vous défend de rire ? m. EpU. i. Sitôt que du soir les ombres

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pacifiques, D'un double cadenas font fermer les boutiques, ID. Sat. vi. Vous n'y trouveriez [à Ferney] d'autre amusement que celui d'un peu de société les soirs et une petite bibliothèque, si vous aimez la lecture, volt. LeI. d'Étallonde, 20 déc. ( 773. Le soir ramène le silence ; Assis sur ces rochers déserts, Je suis dans le vague des airs Le char de la nuit qui s'avance, lamart. tiédit, i, 4. Il Fig. Du soir au matin, du matin au soir, en très-peu de temps. Ces sortes do résolutions peuvent changer du soir au matin, pelusson, Leltr. htst. t. I, p. 189. Combien en [de gens] a-t-on vus Qui du soir au matin sont pauvres devenus, Pour vouloir trop tôt être riches? la font. Fabl. v, (3. Il en est qui ne font que se montrer à la terre, qui finissent du matin au soir, mass. Carême, Mort. La beauté dans son printemps Brille pompeuse et cliérie. Semblable à la (leur des champs. Le matin épanouie. Le soir livide et flétrie, En horreur à ses amants, volt. Préc. de l'Eccl. || 2" Bon soir, voy. bonsoir, à son rang. || 3*X ce soir, locution elliptique dont on se sert en se quittant pour dire qu'on se reverra le soir. |{ 4" Poétiquement. L'occident. Qu'un vent vienne à souffler du soir ou de l'aurore.... lamart. Uarm. i, 5. ||Le soir, le soleil du soir. Déjà des minarets le soir dore le faite, P. LEBRUN, Voy. de Grèce, x. || 6» Fig. et poétiquement. Le soir de la vie, ou, simplement, le soir, la vieillesse. Et sans aucun midi la mort et le destin Confondent votre soir avec votre matin, MAIRET, Sophori. V, 9, [Le sage] Approche-t-il du but, quitte-il ce séjour, Rien ne trouble sa fin, c'est le soir d'un beau jour, la font. Fhil. et Bauc. Il embellit l'aurore et le soir de la vie, ST-LAMBERT, Sais. I. Au soir des ans doit sembler doux Ce chant qui nous a charmés tous, bérang. Nourrice. Quel est sur moi le froid qui tombe? C'est le froid du soir de mes jours; Promettez un rcve à ma tombe; Muses, restez, restez, amours, id. les Sciences.

— REM. On dit hier au soir, lundi au soir, etc. et, par abréviation, hier soir, lundi soir, etc. Bien que des grammairiens aient condamné la dernière forme, l'usage l'a adoptée, de la même façon qu'on dit hier matin, lundi matin.

— HisT.xi' s. Un [fils] [j']enaveie,cilfut ocisher seir, Ch. de RoL cxciu. || xii' s. Que n'oi [que je n'ouïs] chanter par brouille [bocage] Oisei n'au main n'au soir, Couci, vui. Et quant il s'en ala la nuit en l'oscur seir.... Th. lemart. 52. ||xin' s. Uns miens amis me vint dès er soir acointer.... Berte, XI. Moult se peinent de cuer à soir et à matin, ib. LV. Tout droit en Honguerie, un diemanche au soir, ib. LXT. Il XVI' s. Nul soir sans jour, cotqrave. Les paroles du soir ne ressemblent pas à celles du matin, ID. Las ! dès le point du jour mon soir est arrivé, DESPORTES, Amours d'IIippolyte, lxxxviii. Stances.

— ETYM. Berry, à soir, hier au soir, d ce soir, ce soir, de soir, le soir de ce jour; bourg, soi; poit. ser, seras; provenç. ser, sera; ital. sera; du lat. serus. Serus, se rattachant au radical sanscrit sr, aller, se suivre, veut dire long, tardif, d'où soir.

SOIRfiE (soi-rée), s. f. || 1* Espace de temps qui est depuis le déclin du jour jusqu'à ce qu'on se couche. Une belle soirée. Les soirées d'automne. Les longues soirées peuvent être comparées aux longues marches pour être fastidieuses, «Év. 2H. Mon Iris avec moi vient passer la soirée; Elle y vient sous un simple et modeste ornement, cuau- LiEU, Madrigal à Mme D.... t. ii, p. (30. Or maintenant que le beau dieu du jour Des Africains va brillant la contrée, Qu'un cercle étroit chez nous borne son tour, Et que l'hiver allonge la soirée, VOLT. Ce qui plaît aux dames. || 2" Assemblées, réunions qui ont lieu dans les soirées d'hiver pour causer, jouer, etc. Il donne des soirées charmantes. Aller en soirée. Une soirée dansante. Ces petits événements qui sont le vrai tableau d'une soirée à la mode, poinsinet. Cercle, se. (3. C'est pour elle [cette société] qu'il [Chamfort] imagina de poindre les soirées de Ninon en vers qu'on ne saurait trop regretter, Chamfortiana, notice.

— HIST. XVI' s. Je te rcndray bon compte de ma ■vie. Depuis qu'à toy parlay l'autre serce : Ce soir fut court.... marot, m, m.

— £tvm. Soir; Berry, soiretée; norm. s^n'e; poit. serée, serayde.

SOIT (soi ; le t se lie : soi-t avec lui, soi-t avec nous; certains font sentir le (, quand soit est isolé, cela ne vaut rien), od». || l" Que cela soit, j'y consens, voy. ÊTRE ), aun° < 5. || Ainsi soit-il, voy. être », au n° <5. Il 2' Conjonction exprimant une alternative. Soit une vérité, soit un conte, n'importe, corn.

Androm.rr, 4. Soit qu'il soit fidèle, »olt qu'il ne le soit pas, elle [l'Église] le considère toujours, ou comme étant l'un de sei enfants, ou comme étant capable de l'être, pasc. Prov. xit. Soit que je fusse manichéen, soit que je fusse catholique, soit que je ne fusse rien du tout, ma raison me disait que je n'étais pas ce que je devais être, DOUiiDAL. Jugem. dern. t" avent, p. 70. N'en doutez point, seigneur, soit raison, soit caprice, Rome no l'attend pas pour son impératrice, hac. Bérérv. n, 3. || 3* On emploie aussi ou, au lieu de répéter ioi(. Soit qu'ils se trompent ou non dans cette supposition, pasc. Prov. xvii. Hérodote avait promis une histoire particulière des Assyriens, que nous n'avons pas, soit qu'elle ait été perdue, ou qu'il n'ait pas eu le temps do la faire, aoss. Ilist. I, 7. La mort, soit qu'elle ait été sainte ou criminelle, bourdal. Carême, ii, Prépar. à lamort, 409. Soit dans l'ordre de la nature ou dans l'ordre de la grâce, id. Carême, m. Parole de Dieu, 2. Soit que je vous regarde ou que je l'envisage. Partout du désespoir je rencontre l'image, rac. Bérén. v, 7. Et, soit frayeur encore, ou pour me caresser. De ses bras innocents je me sentis presser, m. Athal. i, 2. Soit qu'il parle ou qu'il écrive, LA DRUY. V. Ainsi, soit que nous considérions l'éclat ou l'esprit de son ministère [de Jésus-Christ].... MASS. Avent, Divinité de J. C. || i' En supposant. Soit quatre à multiplier par six. || 6* C'est-à-dire, à savoir. Un capital d'environ quatre cent mille florins, soit un million de livres italiennes. || 6* Tant soit peu, voy. tant.

— nE.M. 1. Soit que veut le subjonctif. || 2. Les grammairiens ne veulent pas qu'on mette ou devant soit : Soit qu'il l'accorde, ou soit qu'il le refuse, est mauvais suivant eux ; ils veulent qu'on dise: Soit qu'il l'accorde, soit qu'il le refuse, ou bien : soit qu'il l'accorde ou qu'il le refuse. Cette prescription était inconnue au xvi* siècle; et, de fait, ou n'est qu'un pléonasme qui ne mérite pas condamnation.

— HisT. xin' s. Prendre mari est chose à remenant; N'est pas marchés qu'on laist quant [on] se repcnt; Tenir l'esteut, soit lait ou avenant, Romancero, p. 73. Garde que tu aies en ta compainguie preudommes et loiaus qui ne soient pas plein de convoitise, soient religieus, soient séculiers, joinv. 300. Il XVI* s. La meilleure manière de prier est de requérir Dieu de nous faire bien, soit que nous le demandions ou ne le demandions pas, CALV. Inst. 713. Soit que je vivo, ou bien soit que je meure. Le plus heureux des hommes je demeure, DU BELLAY, II, 3(, recto. La mort, soit que nous la voyions en nous ou en aultruy.... mont, i, 89. Le sénat empescha qu'il ne se feist, soit ou par une opiniastreté de se vouloir formaliser contre tout ce que le peuple desiroit, ou pour ce qu'il ne voulust point que ce personnage retournast par la grâce et le bénéfice du peuple, amyot, Cor. 45. Tous animaux, ou soient ceux des campagnes, Soient ceux des bois, ou soient ceux des montagnes, rons. oa. Qui n'est jamais attaint du poignant aiguillon Ou soit de prophétie, ou soit de poésie, m. 784. Mais nous pauvres chetifs, soit de jour, soit de nuit. Toujours quelque tristesse espineuse nous suit, m. 816. Toutes aires et places, soient terres labourables, vignes, prez, bois et autres, o. de serres, 14.

— ETYM. Troisième personne du présent du subj. du verbe être. Anciennement, alors qu'on avait le sentiment que soit était un verbe, on le mettait au pluriel quand la construction l'exigeait; et, quand la phrase était au passé, au lieu do soit, on se servait de fust, fut. U se cognoissoit detteur de Dieu à glorifier son nom ; fust par vie, fust par mort, CALV. Inst. 50 1.

SOIXANTAINE (soi-san-tè-n'), s. f. |] f Nombre de soixante ou environ. Une soixantaine de personnes. Il Soixantaine de l'Empire, édit do la diète de Nuremberg ordonnant que les seigneurs et les villes ne pourront commencer les hostilités que soixante jours après l'offense reçue, volt. Ann. Empire, Charles IV, 1372. || 2* Absolument et familièrement. La soixantaine, soixante ans accomplis. Quand on a la soixantaine. Entre nous c'est bien la peine De voler doux ou trois ans, mabmontel, Fausse mag. se. 6.

— ETYM. Soixante.

SOIXANTE (soi-san-f), adj. numéral. \\ !• Nombre cou. posé do six dizaines. Eh bien I qu'est-ce que celi, soixante ans? voilà bien de quoi, mol. l'Avare, n, o. Voiture et Sarrazin n'ont pas, à eux deux, p:u« de soixante cages, volt. Temple du

goût. On peut parier 4433 contre \»b, ou aa { contre I, qu'une personne de soixante ans vivra un an de plus, buff. Prob. de la vie, (Euvr. t. x, p. 399. Il Soixante et un, soixante-deux, soixantetrois, etc. soixante et dix, soixante-douze, soixantetreize, etc. On peut parier 3<76 contre 4 se, ou ts-fi contre I, qu'une personne de soixante-cinq ans vivra un an de plus, buff. ib. (Euvr. X. x, p. 4<2. On peut parier 22l< contre <89, ou H \{ contre 4, qu'une personne de soixante-dix ans vivra un an de plus, lo. ib. p. 425, On peut parier «03 contre 4 44, ou 4 4 contre 4, qu'une personne de soixantc-dix-neuf ans vivra un au de plus, ID. ib. p. 44S. Il On dit moins souvent soixante-un, soixante-dix. || Les soixante-douze, se dit des membres de la Commune qui furent exécutés après le 9 thermidor. || Les soixante-treize, se dit des membres de la Convention qui protestèrent contre les actes du 34 mai 4 795. || 2* Soixantième. Vous trouverez ce passage à la page soixante. Il 3' S. m. Le produit de soixante multiplié par dix. Il On dit de même : Le nombre soixante.

— lllST. XI' s. Ne mes [excepté] seisante que Deus ad esparniez, Ch. de Roi. cxxv. || xii* s. X chascun d'els quatre ad sessante mars donez. Th. le mort. 437. Ijxiii* s. Sixante sols [un cheval] cousta, un an a, en certain, Berte, lxxiu.

— ÉTVM. Lat. sexaginta, de sex, six.

SOIXANTER (soi-san-té), v. n. || 1" Terme de jeu

de piquet. Compter soixante pour trente, en premier, avant que l'adversaire ait rien compté. || U se conjugue avec l'auxiliaire auoir. || 2' Y. a. Terme rural. Chauffer le blé jusqu'à 60 degrés, pour détruire certains insectes.

— ETYM. Soixante.

SOIXANTIÈ.ME (soi-san-tiè-m*), adj. numéral ordinal do soixante. Chapitre soixantième. Il n'est pas inutile d'observer que tous ceux qui ont cru ou voulu trouver peu de chaleur dans le cœur de M. Fonteneile, ne l'ont connu que depuis sa soixantième année, âge où presque tous les hommes ont perdu les premiers et par conséquent les plus chers objets de leurs affections.... âge enfin où l'on est réduit aux liaisons de société, duclos. Éloges, fonfen. Il La soixantième partie, chaque partie d'un tout divisé en soixante parties égales. Il S. m. Le soixantième, la soixantième partie d'un tout. Il a un soixantième dans cette affaire-là.

— HIST. xiii* s. Je suis tos près do jurer au mostier. Moi sissantisme de barons chevaliers. Ne vos conui, par le cors saint Richier, Ogier le Danois, V. 3976.

— ÉTYM. Soixante.

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