‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 133 sur 754 · SOL (sou), t. m. Voy. son · texte numérisé non relu

SOL (sou), t. m. Voy. son

2. SOL (sol), t. m. Il !• Surface sur laquelle reposent les corps terrestres. A deux pieds du sol. Il ne faut pas bâtir sur lo sol d'autrui. Le sol de cette ville est inégal. Un de ces beaux jours qu'on ne voit plus à mon âge et qu'on n'a jamais vus dans le triste sol où j'habite aujourd'hui, J. ». rouss. Confess. iv. || 2" Particulièrement. La couche supérieure des terrains agricoles, le terroir considéré par rapport à sa nature, à sa qualité. Un sol fertile. Un sol ingrat. Un sol marécageux. Un sol calcaire. U renferme quantité de provinces situées sous le plus heureux climat, fertilisées par de grandes rivières, embellies par des villes florissantes, riches par la nature du sol, bartuél. Anarh. tntrod. part, ii, sect. 2. L'arbre suce la terre, et ses rameaux flétris X leur sol maternel vont mêler leur débris, delille, Uomme des ch. i. Vous ne reverrez plus la tombe de mon père.... Le sol où croît pour nous le doux fruit du dattier, ducis, Abufar, l, 5. || En agriculture, sol actif, sol que forme la portion entamée par les instruments aratoires, celle qui reçoit les engrais et les semences; il sert directement à la végétation de la plupart des plantes herbacées. Sol inerte, la portion placée entre le sol actif et le sous-sol; U repose sur ce dernier. || 3' Terme de géologie. Sol primordial, nom donné, non aux terrain» primitifs, mais à ceux qui sont les premiers dans l'ordre des superpositions st qui forment l'échelle gcognostique. || 4* Terme do minéralogie. Muraille, partie de la roche sur laquelle une mine ou un filon est appuyé. || 5* Terme de marine. Place de l'arrimage des marchandises dans un navire de commerce. || 8' Terme de blason. Se dit du champ de l'écu. Il 7* Dans le Saintongeai», on appelle sol l'aire sur laquelle on bat le blé. Un beau sol, c'està-dire une belle aire.

— llIST. xvi" s. X quiconque appartient le sol, c'est à dire l'estage du rez de chaussée, appartient le

SOL

SOL

SOL

dessus et dessouz du sol, Court, gin. t. I, p. B28.

ÊTYM. Provonç. sol; espagn. meto; ital.îuoîo;

du lit. solutn. Au ivi* siècle on disait «oJage, encore usité dans le Berry.

3. SOL (sol), *. m. Terme de musique. Cinquième notedo la gamme d'ut; signequi représente cette note. Un sol dièse. Le ton de sol. La clef de sol. Il Lorsqu'on a cessé de faire usage de la solmisation par muances, et qu'on a donné à chaque son un nom particulier ot toujours le même, on a appliqué le nom de sol au son G, qu'on appelait auparavant G ré sûl.

— HIST. XV' s. Argent monte de l'ut en sol Ceuls qui bas etpourcs estoient, e. descu. Poésies mss.î' )06.

— F.rvji. Voy. FA.

1 4. SOL (sol), s. m. Terme d'alchimie. Nom de l'or, sous l'emblème du soleil.

— ÉTYM. Lat. sol, soleil.

SOLACIÉ, ÉE, (so-la-si-é, ée), part, passé de solacier.

SOLACIEU (so-la-si-é), je solaciais, nous sola- «iions, vous solaciiez; que je solacie, que nous solaciions, que vous solaciiez, v. a. Terme qui vieillit. Il 1° Consoler, soulager. Quand Cupidon, qui me vit pâle et triste. Me dit : ami, pourquoi te soucier ? Lors m'envoya, pour me solacier. Tout son cortège et celui de sa mère, J. b. rouss. Épigr. 1,7. Il 2° Se solacier,». réfl. Se divertir. Plein de courroux et vide de pécune, Léger d'argent et chargé de rancune. Il va trouver le manant qui riait Avec sa femme et se solaciait, LA. FONT. Papef. Ne venez pas, après vous être solacie à Paris tout à votre aise, me dire ici que vous êtes pressé de partir, j. J. ROUSs. Lett. à Du Peyrou, <7 oct. )707.

— IIIST. xui* s. Li primerains [premier] biens qui solace Ceus que li maus d'amer enlace. C'est Dous-Pensers, la Rose, 26B6. S'ai d'une chose moult bon tens; Car à nule riens je ne pens Qu'à moi joer et solacier, Et mon chief pigner et trecier, ib. 687. || xv s. Adonc commencèrent à multiplier festes pour cause du jeune roy, à qui jeunesse, puissance et seigneurie admonestoient de le soulacier et esbattre, Bouciq. I, 8. |j xvi* s. Ne vois-tu pas, Hurault, ces jeunes arondelles. Ces pigeons trémoussant et du bec et des ailes. Se baiser goulûment, et denuict et de jour Sur le haut d'une tour se soulasser d'amour î hons. 804.

— ÊTVM. Soûlas.

SOLAIRE (so-lê-r'), adj. || l'.Qui concerne le soleil, qui a rapport au soleil. Éclipse solaire. Roemer détermin-- la vitesse des rayons solaires, volt. Louis JIV, si. Les lois du mouvement périodique de la chaleur solaire qui pénètre la masse terrestre jusqu'à une certaine profondeur, à cause des variations diurnes ou annuelles, fourieb, Instit. Mém. scienc. t. viii, p. 383. || Climat solaire, état d'un climat en tant qu'il dépend uniquement de ses rapports avec le soleil, par opposition à climat réel, c'est-à-dire le climat solaire modifié par les circonstances locales. Il Été solaire, hiver solaire, quantité de clialeur envoyée par le soleil pendant l'été, pendant l'hiver. Mairan avait trouvé que, dans la zone tempérée, la chaleur de l'été solaire esta celle de l'hiver solaire, comme <6 esta t, AL. DE HUMBOLDT, Uém. de la soc. d'Arcueil, t. in, p. 477. Il Année solaire, voy. année tropique. Il Jour solaire, temps compris entre deux passages successifs du soleil au méridien. || Heure solaire, la 24* partie du jour solaire. {| Temps solaire, temps évalué au moyen du jour solaire et de ses subdivisions. Il Cadran solaire, instrument indiquant directement l'heure solaire au moyen de l'ombre portée par une tige parallèle à l'axe terrestre, laquelle reçoit le nom de style. || Cadran folaire, jolie coquille de la Méditerranée. || Système solaire, ordre et disposition des corps célestes qui font leurs révolutions autour du soleil. Il Terme de botanique. Fleurs solaires, plantes dont les fleurs ne s'épanouissent que lorsqu'elles •ont frappées des rayons du soleil. || Terme de marine. IJrise solaire, brise qui vient dans la direction dos rayons du soleil. || î* Fig. Visage •olaire, s'est dit d'une personne qui a le visage ouvert, plein et d'une heureuse physionomie. Le coadjuteur s'est fort bien démêlé de l'aflaire de »os bois, il les vendra : il me paraît le favori de M. Colbert; sérieusement il est heureux, son visage est solaire, sév. 34a. Jamais aussi ne vit-on U. du Haine si solaire et si désinvolte qu'alors \k la mort du duc de llerry], ST sim. 3&b, 202. U [Ilarlay, archevêque de Paris] rassemblait.... tout ce qui peut fixer agréablement les yeux, une phy-

sionomie solaire, un grand air de majesté, un geste libre et régulier, d'olivet, Ilist. Acad. t. n, p. 3B0, dans pouoENS. || 3" Terme d'anatomie. Plexus solaire, vaste réseau nerveux formé par la réunion de ganglions et de rameaux appartenant spécialement aux deux grands nerfs splanchniques, dont ce plexus est le terme commun, tandis qu'il est l'origine de presque tous les plexus intestinaux. Il 4* Dans la grammaire arabe, lettres solaires, linguales et dentales, par opposition aux lettres lunaires qui comprennent toutes les autres.

— HIST. xin* s. Li ans solaires sormonte l'an lunaire de onze jors, Comput, f" 9. |{ xvi' s. Le vent d'Orient, qui est dit en latin subsolanus, en françois solaire, est de nature chaude et seiche, paré, Inirod. 43.

— ÉTYM. Lat. Solaris, de sol (voy. soleil).

t SOLAK (so-lak), s. m. Nom donné à des espèces de gardes du sultan, dont les turbans sont ornés de plumes si hautes qu'elles le dérobent à la vue du peuple, volt. Charles XII, s.

t SOLAMIRE (so-la-mi-r'), s. f. Étoffe à clairevoie dont on garnit les tamis.

I . SOLANDRE (so-lan-dr'), t. f. Terme d'art vétérinaire. Crevasse au pli du jarret du cheval, d'où suinte une sanie fétide.

— ÉTYM. Origine inconnue.

t 2. SOLANDRE (so-lan-dr'), s. f. Genre de plantes malvacées.

SOLANÉES (so-Ia-née), s. f. pi. Terme de botanique. Famille de plantes qui renferme les solanums.

— ÉTYJI. Solanum.

t SOLANIDINE (so-la-ni-di-n*), î. f. Terme de chimie. Produit du dédoublement de la solanine.

t SOLANINE (so-la-ni-n'), s. f. Terme de chimie. Matière extraite des baies de la morelle noire, des tiges de la douce-amère, des germes de la pomme de terre.

SOLANUM (so-la-nom'), s. m. Genre de plantes type de la famille des solanées,où l'on distingue : le solanum cylindrique, dit vulgairement aubergine ; le solanum tubércux, qui est notre pomme de terre ; le solanum pseudo-capsicum appelé faux piment, amome des jardiniers, morelle, cerisette, et petit cerisier d'hiver, legoarant.

— HIST. xn* s. Quant à la racine du solanum manicum ou mortale, prise en breuvage. . . . paré, xxin, 4 4 .

— ÊTYM. Lat. solanum, douce-amère, de solari, consoler, à cause des qualités calmantes, stupéfiantes de la plante.

I SOLARD (so-lar), adj. Terme rural. Se dit d'un bœuf qui a perdu son compagnon d'attelage.

— ÉTYM. Seul.

t SOLARIEN, lENNE (so-la-riin, riè-n'), s. m. et {. Se dit des habitants supposés du soleil.

t SOLART (so-lar), s. m. Bécasse.

SOLBATU, UE (sol-ba-tu, tue), ad). Terme de vétérinaire. Se dit d'un cheval dont la sole est foulée.

— REM. On ûe voit pas pourquoi l'Académie, écrivant battu par deux t, écrit solbatu par un seul. Il faudrait mettre de l'uniformité dans l'orthographe.

— ÊTVM. Sole I, et battre.

SOLBATURE (sol-ba-tu-r'), s. (. Maladie du cheval solbatu, qui a la sole meurtrie. || On dit plus ordinairement : sole battue.

SOLDANELLE (sol-da-nè-l') , s. f. \\ V Petite plante qui croît sur le sommet des montagnes, près des neiges (famille des primulacées). || 2° Espèce de liseron qui croît sur les bords de la mer, convolvulus soldanella, L.

— HIST. XVI* s. Soldanelle, cotgravk.

— ÊTYM. Origine inconnue.

t SOLDANITE (sol-da-ni-f), t. f. Terme de minéralogie. Pierre météorique.

SOLDAT (sol-da ; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, l's se lie : des sol-da-z aguerris), j. m. || !• Homme de guerre à la solde d'un prince, d'un État. Nos princes ont-ils eu des soldats plus fidèles [que les chrétiens] ? corn. Poly. rv, 6. Haranguez de méchants soldats ; Ils promettront de faire rage; Mais au moindre danger adieu tout leur courage; Votre exemple et vos cris ne les retiendront pas, la font. Fabl. ix, 19. Enfin, ma fille, nos bas Bretons sont étranges; je ne sais comme faisait Bertrand du Guesclin pour les avoir rendus en son temps les meilleurs soldats de France, sév. BB). Il était encore plus aisé de lever des soldats que de les armer, boss. Reine d'Angl. Qu'il est beau, dans le tumulte des armes, de savoir encore goûter cette gloire tranquille qu'on n'a point à partager avec le soldat, non plus qu'avec

la fortune I m. Louis de Bourbon. Les soldats, ménagés et exposés quand il faut, marchent avec confiance sous ses étendards, id. t'b. Implacable ennemi de Rome et du repos. Comptez-vous vos soldats pour autant de héros? rac. Mithr. m, i. Quoi 1 la peur a glacé mes indignes soldats ! id. Alh. V, B. Soldats du Dieu vivant, défendez votre roi, ID. Alh. V. 5. Nos soldats passent sans cesse d'un travail extrême à une extrême oisiveté, mon- TESQ. Rom. 2. Ce ne furent plus les soldats de la république, mais de Sylla, de Marins, de Pompée, de César, id. Rom. 9. Toutes les denrées (excepté les soldats, que j'ai appelés la plus nécessaire denrée des rois) étant aujourd'hui du double au moins plus chères [que du temps de Henri IV], volt. Pol. et lég. Embell. de Paris. Comme un soldat debout qui veille sous les armes.... lamaht. Nouv. Méd. VII. Il 2» Celui qui sert dans l'armée et qui est sans grade. Maintenir la discipline parmi les soldats. Ce capitaine est le père de ses soldats. Quelle difTcrence entre un soldat et un chartreux quant à l'obéissance? pasc. Pens. xxiv, 37, édit. HA VET. Les simples soldats, qui, voyant toute leurvie dans le moment présent, et attendant peu de l'avenir, ne s'en inquiètent guère, conservaient [à Moscou] leur insouciance, la plus précieuse de leurs qualités, sÉGUR, Ilist. de Nap. vm, u.Ce fut ainsi que, depuis ce déluge de neige, chacun, chef comme soldat, conserva ou perdit sa force d'esprit, suivant son caractère, son âge et son tempérament, id. ib. a, <(. Le cercle de chacun lui suffit.... et les regards d'un peloton excitent un soldat, comme ceux d'une armée enflamment im général, id. t'b. IX, -13. Il Familièrement. U n'est que soldat, ce n'est qu'un soldat, il n'a que de la bravoure. || U s'est conduit plutôt en soldat qu'en capitaine, il a montré plus de bravoure que d'habileté. |i Soldat de fortune, homme qui s'est élevé des dernier» rangs de l'armée à une haute position. Dioclétien n'était à la vérité qu'un soldat de fortune; mais c'est cela même qui prouve son extriime mérite, VOLT. Mœurs, a. || Faire des soldats, se disait, sous l'ancienne monarchie, du recruteur qui racolait des soldats. Il vous manque quatre ou cinq soldats que M. de la Rose et moi trouverions moyen de faire, DANCOURT, la Gazette, se. 2. || 3" Soldat de marine, voy. MARINE. Il Soldat-matelot, nom d'une troupe de mer que créa Louis XIV. jj 4° Il se dit, en général, de tout homme qui appartient à la profession militaire. Depuis plus de six ans, il ne s'est fait combat Qui ne m'ait bien acquis ce grand nom de soldat, COBN. D. Sanche, i, 3. Je parlerai, madame, avec la liberté D'un soldat qui sait mal farder la vérité, RAC. Brit. 1, 2. Moins instruit que fidèle. Je ne suis qu'un soldât, et je n'ai que du zèle, volt. Zaïre, m, 4. Le premier qui fut roi fut un soldat heureux, m. ilérope, i, 3. Et tout homme est soldat

contre la tyrannie, id. Sophon. m, 2 Qu'il ne

tombe point comme un noble adversaire. Tout vivant de la lutte et du feu du combat; Il serait trop heureux : il mourrait en soldat; Qu'il tombe en criminel, p. lebrun, le Cid d'And. m, 3. Tandis que le soldat sage et simple qui avait été son collègue [de Marmont] dans cette journée du 30 mars, qui lui aussi avait le visage noirci par la poudre. Mortier, dévorait sa douleur.... thiebs, le Consul, et l'Emp. uii. || Soldat du pape, mauvais soldat, soldat mou. || Adjectivement. Il a l'air soldat || 5* Fig. et poétiquement, serviteur. Soldat de Dieu. Lors même que M. de Turenne commande, il se regarde comme un soldat de Jésus-Christ, fléch. Turenne. || 6* X la soldate, à la manière des soldats. Ses cheveux de drille.... ses serments à la soldate.... tout cela donna dans la vue d'une vieille veuve, scahr. Rom. eom. 11, 6. Plusieurs cavaliers.... le convièrent de courir 1& bague avec eux, ce qu'il fit, habillé à la soldate, m. ib. n, 10. || 7° Soldats de plomb, infanterie et cavalerie avec les divers costumes de toutes les armes, soldats et officiers fabriqués en plomb de toutes les grandeurs et qui font la joie des petits enfants. {| Fig. Vieux soldats de plomb que nous sommes. Au cordeau nous alignant tous.... bé- RANG. Fous. Il 8° Terme de zoologie. Soldat de mer, pagure. || En Saintonge, soldat du guet, petit capricorne rouge, comme était la casaque des soldats du guet. || Soldat des bois, espèce de mante. || Nom donné à des individus neutres à grosse tête et à fortes mandibules, parmi les termites. || Proverbe. Le soldat doit avoir assaut de lévrier, fuite de loup, défense de sanglier, c'est-à-dire assaillir comme fait un bon lévrier, se retirer comme fait le loup

SOL

qui S'entretient toujours en haleine, et se défendre

avec l'opiniâtreté du sanglier.

— lilST. XVI* s. Los uns se disent gens d'armes, les autres archers; mais peu sont soldats, langue, 231. Les simples soldats, id. 206. Ils lesconnaissoient plus soldats et beaucoup mieux armez qu'eux, v'wB.lIi.tt. m, 283. Leurs chausses descoupées à la soldale, carloix, vi, 23. N'estants soldats, pas seulement souldril'.es ny dignes do ceste qualité, et n'ayants jamais faict serment ny service à sa majesté, m. viii, II. Le capitaine Chancée, gentil soldat certes, brant. Sur les duels, p. 322, dans LACURNE. Depuis tous ces noms se sont perdus et se sont convertis au beau nom de soldat, à cause do la solde qu'ils tirent; les Esp.ignols et Italiens nous les ont mis en usage, encore que quelquefois les Italiens les appellent fantassins; mais l'Espagnol use toujours de ce mol soldados, qui est le plus beau nom qu'on peut imposer aux gens de pied, et n'en déplaise aux Latins avec leurs mots milites et pediles qui sont fort sots et laids auprès de celuy de soldats, m. Capit. franc, t. iv, p. 47. Quant aux sommes imposées pour les petits soldats [pionniers], sully, Uém. t. m, p. 2«9. X jeune soldat vieil cheval, COT- GHAVE. Soldat de courte espée [larron, coupebourse], OUDI.N, Dict. De charron soldat, de soldat gentilhomme, et puis marquis, si fortune en dit,

LEROUX DE LINCy, l'rOV. t. I, p. 103.

— ÉTYM. Espagn. soldado ; ital. soldato, de soJdare, solder (voy. solder) . L'ancienne langue disait soldoicr, d'où l'anglais a fait soldier.

t SOLDATE (A LA), Voy. SOLDAT, n" 6.

SOLDATESQCE (sol-da-tfe-sk'), S. f. \\ 1» Terme collectif et de mépris. Troupe de soldats, et, le plus souvent, de soldats sans discipline. Ce temple vivant de la divinité [Jésus] est exposé aux yeux d'une populace insolente et à la risée d'une brutale soldatesque, dourdal. Exhort. sur la flagellât, de J. C. t. II, p. 75. Souvent la soldatesque elle-même se montre redoutable à ses maîtres, les fait trembler, et quelquefois même leur impose des lois, LEGHAND d'aussy, Insttt. ilém. se. mor. et pol. t. m, p. 464, Us maltraitaient les habitants, pillaient les maisons, et commettaient tous les crimes dont peut être capable une soldatesque effrénée, duclos, Œuvr. t. ii, p. 397. |{ 2° Adj. Oui sent le soldat. Un ton soldatesque. Et la profonde déraison Do ces disputes soldatesques Où l'on s'insulte à l'unisson Pour des misères pédantesques, GRESSET, Chartr. \\ X la soldatesque, à la façon des soldats. L'autre plus propre à commander dans un camp à la soldatesque qu'à représenter dans un palais, dider. Claude et Xér. i, 47.

— IllST. HT s. J'aime un parler, non pedantesque, mais plustost soldatesque, comme Suétone appelle ccluy de Jules César, mont, i, 191. L'oisiveté et licence soldatesque, lanoue, 184. Sans oublier la bonne myne, aultrement la piaffe soldatesque, CARL. IX, 28.

— ÊTYM. Ital. soldatesco, de soldato, soldat.

t SOLDATESQCEMENT (sol-da-tè-ske-man), adv. D'une manière soldatesque.

— HIST. xvr s. Soldatesquement, cotgrave.

4. SOLDE (sol-d'), s. f. Paye donnée aux gens de guerre. Théodoso avait pris à sa solde les meilleurs soldats des Goths, des Huns, des Scythes et des Alains, fléch. llist. de Théod. m, 89. Je parlerais des Grecs qui furent à la solde des Perses, comme les Francs furent à la solde des Romains, MONTESQ. Esp. XXX, 24. Louis XIV a eu, en comptant tout le corps de la marine, quatre cent quarante mille hommes à sa solde pendant la guerre de 1701, volt. Pol. et lég. Obscrv. sur Lass, Melon et Dutrot. |{ Par extension, être à la solde de, être payé par.... Cet écrivain est à la solde d'un parti, il Fig. Les biens de l'Église sont une solde sainte, et vous n'y avez droit qu'autant que vous servez dans cette milice spirituelle, mass. Confér. Ambit. des clercs. \\ Demi-solde, appointements d'un militaire qui, sans être en activité, n'est pourtant pas hors de service. Officier à la demisolde, en demi-solde.

— llIST. XII' s. E [il] ovcri [ouvrit] ses trésors, e dona souz as gens à un an, ilachab. i, 3. {| xiii" s. Et li rois le refist castelain et li donna ses soldes pour la loiauté de lui, Chr. de Rnins, Hi. ||xvs. Gens de soulde, comm. i, 3 II avoil perdu devant Nuz quatre mil hommes prenans soulde, id. iv, 5. Il xvi* s. Ces pauvres citoyens, neuf mois de l'an durant, prenoient soulde du public, amyot, Péric. i2. Gisco, à son arrivée, retira à sa soude quelque nombre de soudards grecs, m. Ttmol. 4i.

SOL

— £tym. Bas-lat. tolidwn, solidut, loldum, solde, de ïoljduî» sorte de monnaie (voy. sou) , la pièce de monnaie ayant été prise pour la somme payée. L'ancienne langue disait bien plus souvent soudée, provenç. soldada.

2. SOLDE (sol-d'), ». m. Terme do commerce. Complément d'un reste de compte. Le solde est de 95 francs. Si la Hollande éUit dans un cas contraire avec la France, et que pour solde elle lui dut mille marcs, montesq. Esp. xxn, lo. Il Terme de la tenue des livres. Solde de compte, somme qui fait la différence du débit et du crédit, lorsque le compte est vérifié et arrêté. || Solde de marchandises, marchandises qui restent en magasin à la fin d'une saison, et qui, démodées ou défraîchies, se vendent au rabais.

— ÈTVM. Lo même que solde I ; provenç. sout ; espagn. sucldo.

1. SOLDÉ, ÉE (sol-dé, dée), part, passé de solder I. Troupes soldées. || Demi-solde, qui reçoit

une demi-solde, une demi-paye Aux ouvriers

demi-soldes de la marine, p. bethmont, au Corps législatif, J. officiel, 10 avril l«69, f. 498, I" col.

2. SOLDÉ, EE (sol-dé, dée), part, passé de solder 2. Tous nos comptes sont soldés.

1. SOLDER (sol-dé), V. a. \\ i' Donner une solde à des troupes, les avoir à sa solde. || 2° Par extension, payer des gens pour faire quelque chose. Solder des chefs d'émeute.

— ÊTYM. Solde I ; bas-lat. solidare; ital. soldare. Le prov. disait soldadar, de soldada, soudée, solde.

2. SOLDER (sol-dé), V. a. Terme de commerce et de comptabilité. Acquitter un compte, une dette. Solder un mémoire. Il ne m'avait donné que des à-compte, mais il vient de me solder. || Absolument. Ce petit despote tire de Batavia une partie de la nourriture et du vêtement de ses États, et cependant on est obligé de solder avec lui en piastres, haynal, Uist. phil. ii, 12. ||Se solder, v.réfl. Être soldé. Un budget qui se solde en déficit.

— HIST. XII" s. Acrerrat [empruntera] li pechere, e ne solderat. Liber psalm. p. 48.

— ÉTYM. Le même que solder l.

1. SOLE (so-l'), s. f. Plaque cornée formant la partie inférieure du sabot chez le cheval, l'âne, le mulet, le cerf, etc. et située entre le bord inférieur de la paroi, la fourchette et les arcs-boutants qui l'entourent. || Terme de maréchalerie. Sole chauffée, se dit quand l'ouvrier applique trop longtemps le fer chaud à la surface ; sole brûlée, quand la lésion est plus prononcée. || Sole battue, synonyme de solbature.

— HIST. iiv* s. La biche a la sole du pied plus large que n'a ung jeune cerf, Modus, f" 7, verso. Il XV* s. Ils lui chauffèrent si fort les plantes des pies, que les soles d'iceulx lui en sont cheutes, DU CANOE, atlidere. De trop parler me fist deffonse. Et à mouvoir de chaude sole, Et me dist par belle sentence : Tien toudis vraie ta parole, E. DEscii. Hall. Il faut toujours tenir sa parole. Il XVI' s. L'aponévrose du gros tendon composé des trois muscles du pommeau de la jambe, qui s'implante sous le talon, et sus toute la solle du pied, PARÉ, Jfuinte, 9. [11] Cognoissoit bien le pied, la sole et les alleures.... et sçavoit. Sans avoir veu le cerf, quelle teste il avoit, rons. 210.

— ÊTYM. Provenç. sola, et so(, masculin; esp. suela ; portug. sola ; du lat. solea, sole, qui est de même origine que solum, le sol.

2. SOLE (so-l'), s. f. Partie des terres arables d'une exploitation qui reçoit successivement chacune des cultures faisant partie de l'assolement ou rotation. Diviser une terre en trois soles. La sole de froment est plus forte cette année qu'à l'ordinaire. Le bail des terres labourables, lorsqu'elles se divisent par soles ou saisons, est censé fait pour autant d'années qu'il y a de soles, Code civ. art. 1774.

— HIST. XVI' s. [Le chasseur] Va dressant son chemin vers les plus grandes plaines. Où pour cest an estoit la sole des aveines. Plaisir des champs, p. 233.

— ETYM. C'est une forme féminine de sol 2.

J. SOLE (so-l'), s. f. Il 1" Poisson de mer plat et presque ovale, pleuronectes solea, Linné, ordre desmalacoptérygienssubbrachiens. Une sole frite. Il Sole normande, grosse sole avec une sauce dans laquelle entrent comme ingrédients des moules, des huîtres, des crevettes, des champignons. Il Proverbe. Il se vend plus de harengs que de soles, les marchandises communes sont de plus promptdébit que les marchandises de prix. ||2'Une coquille bivalve , espèce de peigne.

SOL

— HIST. xm* s. Une grant soie longua et Ue,

BARBAZAN, Fabliaux, IV, 89.

— ËTYH. Lat. lolea, sole, proprement sandale; ainsi dit à cause de la forme de ce poisson.

t SOLE (so-l'), f. f. Il !• Nom donné à des pièces de bois placées horizontalement pour soutenir des étais dans une galerie do mine. || Pièce de charpente posée à plat, et servant à faire les empâtements des machines. || 2* Teime de marine. Nom désignant, à bord, difTérentcs pièces de bois mince, telles que le feuillet d'un sabord, la savate de l'ancre, etc. || Fond d'un bateau qui n'a point de quille. Il 3* Construction en briques qui reçoit les cendres, dans un fourneau. |{ 4* Sole d'un affût de canon, la planche qui, dans d'anciens affiits, porte sur les deux essieux.

— HIST. xiv s. Les soles qui portent et soutiennent le solier de la haute maison de Luques, Trét. des chart. jj7i, p. 269, (• I8U. || xv s. Lesquelx carpentiers seront tenus de mettre et faire en la grange une solle, pour ce que celle qui y est est pourrie, du cange, sola.

— ÈïYM. Ce paraît être encore le lat. solea, sandale, semelle.

t 5. SOLE (soi") ou SOLLE (so-l"), ». f. Ancien nom d'une sorte de magasins. Sans qu'elle puisse être déchargée, vendue ni mise en magasin ou sole à dix lieues à la ronde d'icelle ville, RègUment du parlement, 2o févr. laio. Voulons que tout le sol qui se fera et cuira sur les salines soit incontinent apporté de jour à autre par les sauniers en la solle ou magasin de Toucques, Ordonn. mai loso. || On trouve aussi seulle.

t 0. SOLE (so-l') ou SOULE (sou-l"), s. f. Boule de bois, dite aussi choule, qu'on poussait avec une crosse.

SOLËAIRE (so-lé-ê-r'), adj. Terme d'anatomie. Muscle soléaire, ou, substantivement, le soléaire, muscle qui s'attache supérieurement à la partie supérieure et postérieure du péroné, et se termine infériourement par un tendon qui concourt à former le tendon d'Achille.

— HIST. XVI' s. Comme est le tendon fait des [muscles] gémeaux etsolairedelajambo, paré, i, 8.

— ÉTYM. Lat. solea, plante du pied.

t SOLÉCISER (so-lé-si-zé), V. n. Faire des solécismes. Quel eût été lo sort des anciens écrivains, entre les mains d'un homme qui solécisait par principe de religion, qui s'imaginait qu'observer les règles de la grammaire, c'était soumettre Jésus-Christ à Donat ? DiDER. Pens. phil. 44. || Il se conjugue avec l'auxiliaire ovoir.

— ÊTYM. SoJiolxiCEiv, commettre des solécismcs, de Ç&yot, ville de Cilicie, colonie athénienne, qui avait pris un mauvais parler.

SOLÉCISME (so-lé-si-sm'), ». m. || 1° Faute contre la syntaxe. Sur ce qui est observé que l'usage favorise souvent des solécismes, M. Chapelain dit qu'alors ces solécismes sont des élégances, vaugel. Rem. not. Th. Corn. t. I, p. I40, dans pougens. Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme. Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme, boil. Art p. I, 20. Combien de lettres supprimées par la prononciation, mais dont la suppression dans l'écriture serait un solécisme I d'olivet, Ess. gramm. I, 7. Tant pis pour qui ne fait pas de solécisme en parlant [dans la conversation]; on pourrait dire que ces personnes-là lisent toujours et ne parlent jamais, d'alemb. Œuv. t. m, p. I63. Quelquefois à la langue, en dépit du purisme. Ose faire présent d'un heureux solécisme. Scandale du grammairien, deulle, Convert. m. ||2'Fig. et familièrement. Faute quelconque. Le moindre solécisme en parlant vous irrite; Mais vous en faites, vous, d'étranges en conduite, mol. F. sav. ii, 7. II est parlé, dans les anciens auteurs, de solécismes en fait do geste», viGNEUL-MARviLLE, Jfi'J. d'hist. et de litt. p. 100.

— ÉTYM. Lat. solœcismui, de oo),oixict|i6; (voy.

SOLÉCISER).

SOLEIL (so-lèll, Il mouillées), ». m. || 1' Astre qui donne la lumière et la chaleur aux planètes. Le soleil occupe un des foyers do chacune des orbites que décrivent toutes les planètes. Là, sous d'âpres rochers, près d'une source pure. Lieu respecté des vents, ignoré du soleil, la font. Fabl. III, 27. Noble et brillant auteur d'une triste famille, Toi dont ma mère osait se vanter d'être fille. Oui peut-être rougis du trouble où tu me VOIS, Soleil! je viens te voir pour la dernière fois, RAC. Phèdre, i, 3. Il [Dieu] commande au soleil d'animer la nature. Et la lumière est un don de ses mains, id. Athal. i, 4. Le soleil est plus près de la terre en hiver qu'en été d'environ douze

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cent mille lieues, volt. Phil. Netet. n, 6. On ne peut s'empêcher de conclure que l'étendue de 1 empire du soleil, ce roi de la nature, ne soit une sphère dont le diamètre est de sii cent vingt-sept millions de lieues, buff. Théor. terre, Œuv. t. ix, p. 303. 11 [Pithéasjalla jusqu'en Islande; il prouve qu'il y a réellement pénétré, en racontant un phénomène qu'il ne pouvait deviner, qui est que, le jour du solstice d'été, le soleil ne fait que toucher à l'horizon, et recommence à s'élever aussitôt, BAILLT, Ilist. astr. anc. p. 265. Le soleil, qui est i lui seul plus considérable, plus volumineux que tous les êtres ensemble, est douze cent mille l'ois plus gros que le globe que nous habitons, et oii nous croyons être quelque chose, iD. Ilist. astr. mod. t. n, p. 304. Le soleil fut le dieu des Péruviens ; et en effet quel être dam, la nature est plus digne des hommages de l'homme ignorant, que son éclat éblouit? raynal, Uist. phil. vu, 6. Le globe immense du soleil, foyer principal des mouvements divers de la terre, tourne en vingt-cinq •ours et demi sur lui-même, la place, Expos, v, o. Je ne suis qu'au printemps, je veux voir la moisson. Et, comme le soleil, de saison en saison, Je veux achever mon année, a. cuén. la Jeune captive. Dans l'abîme sans fond mon regard a plongé; Do l'atome au soleil, j'ai tout interrogé, lamart. Iléd. 1, 2. Il Le soleil se lève, il paraît au-dessus de l'horizon. Rodogune a paru sortant de sa prison Comme un soleil levant dessus notre horizon, corn. Rod. I, 0. L'Église parle pour l'absent [l'un des conjoints par mariage], et ne permet pas qu'on l'oublie, ni qu'on mette au rang des morts celui pour qui le soleil se lève encore, boss. 4' avert. 6. Quand tout change pour toi, la nature est la même. Et le même soleil se lève sur tes jours, lamart. Méd. i, 6. Il Adorer le soleil levant, pratique religieuse commune à certains peuples de l'antiquité, qui saluaient le soleil à son lever. Dans le combat nocturne qui décida du sort de l'empire romain entre Vitellius et Vespasien, une légion d'Asie, voyant le jourparaître,salualesoleil levant, tacite, nist. m, 24. Il Fig. Adorer le soleil levant, faire sa cour au pouvoir ou au crédit naissant. Courage ! inclinez-vous vers le soleil levant [une riche héritière], agiles tournesols, picard, les Marionnettes, y, 8. Vous, messieurs, qui, le nez au vent. Encensez tout soleil levant, BÉRANG. le Vilain. \\ Le soleilse couche, il disparaît à nos yeux. Nous avons lu dans les Écritures qu'il y a un temps de pleurer et une mesure de larmes ; que le soleil, qui ne doit jamais se coucher sur notre colère, ne doit pas se coucher plus de sept fois sur notre affliction, fléch. Lamoignon. || Le soleil se lève bien ou mal, se couche bien ou mal, il se lève, il se couche avec des signes qui annoncent un beau ou un mauvais temps. Il On dit de même : le lever, le coucher du soleil. Un l)cau lever, un beau coucher de soleil. Il Un lever, un coucher de soleil, tableau représentant le soleil levant, couchant. || Dans le langage poétique ou mythologique. Le char du soleil. Les chevaux du soleil. Et toi, soleil, et toi qui dans cette contrée Reconnais le vrai fils et l'héritier d'Atrée, Toi qui n'osas du père éclairer le festin. Recule, ils t'ont appris ce funeste chemin, RAC. Iph. V, 4. Il Fig. et par plaisanterie. Faire honneur au soleil, le laisser lever le premier, ne se lever que lorsque le soleil est déjà sur l'horizon, dormir la grasse matinée. || Fig. et bassement. Pisser contre le soleil, offenser ses amis, ses protecteurs. (Uriner contre le soleil était défendu par ■d'anciennes religions.) || 2° Par extension, nom donné à tous les astres qui, comme le soleil, ont une lumière propre, et non, comme les planètes et les comètes, une lumière réfléchie. Un soleil qui périt et qui cause la catastrophe d'un monde ou d'un système de mondes, ne fait d'autre effet à nos yeux que celui d'un feu follet qui brille et qui s'éteint, bufp. Quadrup. t. iv, p. v. Puisque nous avons regardé les étoiles comme autant de soleils, nous devons regarder notre soleil comme une étoile, et même comme une des plus petites, brisson. Traité de phys. t. ni, p. 30. Portons maintenant nos regards au delà du système solaire; d'innombrables soleils, qui peuvent être les foyers d'autant de »ys'^™es planétaires, sont répandus dans l'immensité de l'espace, à un éloignemont de la terre tel que le diamètre entier de l'orbe terrestre vu de leur centre est insensible, la place, Exp v 6 Il 8* Lumière, chaleur, clarté, que donne le soleil'. U glaça fond au soleil. Il faut mettre votre cadran au soleil, afin qu'on le regarde, sév. 20 janv. 4 «74. Une compagnie vient de former un établis^

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sèment digne de la ville de Sybaris; elle a obtenu un privilège exclusif pour avoir des parasols, et en fournir à ceux qui craindraient d'être incommodés du soleil pendant la traversée du Pont- Neuf, bachaum. Mém. secr. 8 sept. 1709. ||Fig. Des rayons de soleil, du soleil, des alternatives de joie et de tristesse. Il n'y a plus de chagrin maintenant; mais tout est si peu stable, qu'avant que vous ayez cette lettre, il y aura eu et des nuages et des rayons de soleil, sév. 20 oct. < 877. Ces jours mêlés de plaisirs et de peines. Mêlés de pluie et de soleil, BÉRANG. Mon hahit. || Avoir place au soleil, recevoir comme les autres la chaleur et la lumière du soleil. D'un globe étroit divisez mieux l'espace; Chacun de vous aura place au soleil, bérano. Ste Alliance. \\ Fig. Avoir sa place au soleil, tenir un rang, une position. || Mon soleil, la chaleur, la lumière que je reçois du soleil, ôte-toi de mon soleil. Il Fig. Des vains honneurs trop enclin à médire. Auprès des rois je crains pour mon soleil, BÉRANG. Diog. Il II fait du soleil, il fait soleil, le soleil se montre sans être caché par aucun nuage. Le soleil qu'il fit samedi nous détermina à prendre ce parti, SÉV. 4(o. || Il fait déjà grand soleil, il fait encore grandsoleil, il est déjà grand jour, il estencore grand jour. || 11 fait trop de soleil, le soleil est trop ardent. || Le soleil est encore bien haut, le coucher du soleil est encore loin. || C'est un déjeuner du soleil, se dit d'une couleur qui passe vite à l'éclat du jour. Il Dans les combats singuliers, partager le soleil, c'était placer les combattants de telle sorte que le soleil n'incommodât pas plus l'un que l'autre. Il Sous le soleil, sur la terre, dans le monde. J'ai estimé plus heureux que les uns ou que les autres celui qui n'est pas né encore, et qui n'a point vu les maux qui se font sous le soleil, SACi, Bible, Ecclésiaste, iv, 3. Tout est vanité sous le soleil, dit l'Ecclésiaste, c'est-à-dire tout ce qui est mesuré par les années, Boss. Duch. d'Orl. || Avoir du bien au soleil, avoir des propriétés en immeubles. Son père possédait beaucoup de bon bien au soleil, sans celui qu'il ne montrait pas, COMTE DE caylus, Étr. de la St-Jean, Œuvr. t. x, p. 428, dans POUGENS. Il 4° Coup de soleil, effet produit sur une partie quelconque d'un être vivant, animal ou végétal, par l'action d'un soleil ardent. Il a un coup de soleil sur le visage. Mourir d'un coup de soleil. || Familièrement. Un coup de soleil, et, elliptiquement, un soleil, rougeur qui monte au visage. || 5° Il se dit de la manière dont le soleil éclaire et échauffe suivant les lieux et les saisons. Le soleil de Provence dissipe, au moins à midi, les plus épais chagrins, sév. <7(. Là de plus beaux soleils dorent l'azur des cieux, a. chén. Élég. 4 0. Il y a dans le soleil d'Italie un éclat qui donne à tout un air de fête, stael, Corinne, xv, 4. Il Fig. Un soleil plus serein se lève sur vos têtes, volt. Œdipe, v, 6. Le soleil de nos jours pâlit dès son aurore, lamart. Méd. i, 6. || Soleil d'eau, soleil blafard qui reluit dans un ciel plein de nuages et annonce une pluie prochaine. ||6* Poétiquement. Journée. Le vingtième soleil fait son cours maintenant, mairet, Solim. ï, \. Mon dernier soleil se lève, Et votre souffle m'enlève De la terre des vivants, j. b. rolss. Odes, 1, 10. Plongée, à ton départ, dans une nuit profonde. Ses yeux n'ont vu lever que de tristes soleils, ID. Odes, IV, 5. Ainsi coule la vie en paisibles soleils, lamart. Harm. i, 5. J'en jure par la mort : dans un monde pareil. Non, je ne voudrais pas rajeunir d'un soleil; Je ne veux pas d'un monde où tout change, oii tout passe, ID. Méd. i, )8. Ijjerme de pêche. Cette morue a reçu six soleils, elle est restée six jours sur la grève. || Entre deux soleils, du lever au coucher du soleil. L'été, quand il fait chaud et qu'on voit une brillante lune [à Livry], on aime à faire un tour ; mais ici [aux Rochers] nous n'y pensons pas, nous allons entre deux soleils, sév. B nov. (884. Quelques hommes n'osaient plus marcher qu'entre deux soleils, encore avec peu d'assurance, et s'imaginaient des facilités merveilleuses pour être pris partout, st-sim. ) 72, 42. Il D'un soleil à l'autre, du jour au lendemain. Il 7° Poétiquement. Une année. Douze lustres et plus ont roulé sur ta vie (de toi, la Fontaine]; De soixante soleils la course entre-suivie Ne t'a pas fait goiiter un moment de repos, la font. Poés. mél. Lxix. Il 8* Fig. La puissance royale. On ne peut sans péril approcher du soleil, tristan, Panthée, i, 7. N'admirez-vous pas l'éclat et la puissance que donne la réverbération du soleil.... n'aurons-nous jamais un rayon? sév. 21 oct. 4 070. Il n'y a rien de si aimable que l'oofance des

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princes destinés à l'empire.... ce sont des soleils dans leur orient, qui réjouissent les yeux et qui ne les éblouissent pas encore, fléch. Mme de Montausier. \\ 11 fait bon d'être près du soleil, il est bon d'être sous les yeux du roi ou des ministres pour avoir part aux faveurs dont ils disposent. || 9" Il se dit de quelqu'un qui se distingue par quelque grande qualité. Pradon comme un soleil en nos ans a paru, boil. Sat. ix. Sonnets.... Oii toujours le héros passe pour sans pareil. Et, f(it-il louche

ou borgne, est réputé soleil, id. Eptt. ix ce Ca-

ton de basse Normandie, Ce soleil d'équité qui n'est jamais terni, rac. Plaid, m, 3. Une personne très-imparfaite est nommée [dans nos tragédies] un soleil ou tout au moins une aurore, fén. t Xïl, p. 242. LesPradons, dit-il [Boileau, à qui on lisait le Rhadamisle de Crébillon], dont nous nous sommes tant moqués, étaient des soleils en comparaison de ces gens-ci, volt. Dict. phil. Vers. ||Le roi soleil, s'est dit de Louis XIV, à cause de sa magnificence et de sa splendeur. || 10" Terme de l'Écriture. Soleil de justice. Dieu. Le soleil de justice se lèvera pour vous qui avez une crainte respectueuse pour mon nom, saci. Bible, Malachie, iv, 2. Montrez aux enfants cette glorieuse Jérusalem, dont Dieu sera lui-même le soleil, fén. t. xvn, p. 58. Il 11° Par analogie. Pièce d'artifice qui jette des feux en forme de rayons. || 12° Cercle d'or ou d'argent garni de rayons, dans lequel est enchâssé un double cristal destiné à recevoir l'hostie, et qui est porté sur un pied ordinairement du même métaU Les soleils seront marqués et contre-marqués à la croix du rayon et aux deux grandes faces du pied s'ils sont carrés, sinon au bouge.... Réglera, orfév. 30 déc. 4 670. Il 13* Dans le blason, on donne douze rayons au soleil, moitié droits, moitié en ondes, émail d'or. S'il est de couleur, il s'appelle ombre du soleil. Il 14° Soleil, ou tournesol, ou grand soleil des jardins, noms vulgaires de Vhelianthus annuus, L. synanthérées. Sa graine fournit une huile fixe appelée huile de grand soleil, et c'est à tort que certains ouvrages la disent produite par les fleurs de la plante, legoarant. Les soleils sont, au Pérou, de vrais arbres qui s'élèvent en une saison à plus de dix mètres et dont la fleur n'a pas moins de trois mètres de circonférence; leur feuillage est d'une richesse de végétation telle, que, même dans nos climats et en plein air, il a pu servir aux plus curieuses expériences sur l'absorption et sur la transpiration végétales; c'est ainsi qu'on a constaté que chez nous le grand soleil exhale près de 00 grammes de liquide par heure, noèl. Bulletin de l'associât, scientif. 4 809, p. 4 96. || Grand soleil d'or, un dos noms vulgaires du narcisse tazette, amaryllidées de Linné, France méridionale, Espagne. || 15° Soleil, nom sous lequel on a désigné Vorthagoriscus mola, poissons plectognathes deCuvier. Il 16° La perruche soleil, nom d'une espèce de perruche. 1| 17° Soleil couchant, nom vulgaire de la psammobia vespertinalis, coquille bivalve. || Soleil levant, la telline radiée. || Petit soleil, un des noms vulgaires du turbo calcar, univalves, de Linné, sabot molette de certains auteurs, dit aussi éperon, c'est le calcar sporio de Montfort, legoarant. Il 18° Terme d'alchimie. L'or. || 19* Écu au soleil, voy. ECU. Il Proverbes. Le soleil luit pour tout le monde, il est des avantages dont tout le monde a le droit de jouir. || Cela n'a vu ni lune ni soleil, se dit d'une chose longtemps cachée , enfermée dans un coffre. || C'est un soleil de janvier qui n'a ni vertu ni force. || Soleil qui luit le jour de Saint- Vincent fait monter le vin au sarment.

— HIST. XI' s. Bels fut li vespres, e li soleilz fut cler, Ch. de Roi. xi. Quant il se drescet, li soleilz est culchet, ib. CLXXvn. Turne sun vis vers le soleil levant, ib. ccxxiv. || xii* s. Cler est li jor, li solauz esclariz, Ronc. p. 44. Contre solel flamboie ses escus, ib. p. 7b. ||xni*s. Fille, à Dieu [je] vous commant, par qui li soleus raie [rayonne], Berte, vm. La nuit trespasse, l'aube crieve, Li souleux par matin se lieve, Ren. 4 188. Mes li rain [les branches] furent lonc et haut, Et, por le leu garder de chaut, Furent si espés par deseure, •Que li solaus en nesune [aucune] eure Ne pooit à terre descendre. Ne faire mal à l'erbe tendre, la Rose, 4 380. Li solaus luist sor les escumeniez, brun, latini. Trésor, p. 44 3. La calorsdou soleil, id. ib. p. 4 49. Les gardes dou champ doivent partir le soleil, si que il ne soit contre la chiere [face] de l'un plus que de l'autre. Assises de Jirusal. ch. 4 02, p. 84, dans lacurne. || xv s. C'est la plus perverse nation qui soit au monde ni dessous le soleil, FHOiss. m, IT, (iS.Etle beau temps se monstrera....

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Quant le doux souleil gracieux De vostre bcaulté entrera Par les fenestres de mes yculx, en. d'orl. Bail. *i. Leur titre n'est qu'ainsi comme la noi [neige], Qui bui appert, demain font au souloy, K. DESCH. Del'amour de Dieu. Parladivision espèrent de voir ce que longtemps ils désirent; c'est de vous voir amoindrir et fondre comme neige au soleil, ciiASTKLAiN, Chron. des ducs de Bourg, n, 25. 11 XVI* s. Les Albanois lui apprcnent comment à demi soleil ils avoient trouvé un grand corps d'infanterie et quelque cavalerie à leurs ailes, d'aub. Hist. in, 8. Sa juridiction est bien esloignée du soleil [du roi]; car elle est à Dieppe, carloix, v, 87. Six vingtz escuz d'or soUeil, à 4) sols pièce . [en )528], nibl. des ch. 6' série, t. i, p. 478. Le soleil csclaire sur les fumiers, sans en rien tenir ou sentir, charron, Sagesse, i, 23. Comment entendez-vous dormir en cbien? c'est, respondit Ponocrates, dormir à jeun en hault soleil, comme font les chiens, rab. iv, «3.

— ËTVM. Wallon, solo; bourg, sôld ; Berry, souleil, soulé; picard, sole, soleu; provenç. solelh, soleilh ; d'un dimin. non latin soliculus, qui vient de soi, soleil. Ce diminutif est étranger aux autres langues qui n'ont que le simple : provenç. espagn. et portug. sol; ital. sole. Ce simple no manquait pas à l'ancienne langue, mais il est rare : xu* s Et le cors en haut pendre, à le soûl assoler, Ronc. p. 200. Le latin sol se rattache à l'ancien Scandinave sAl, au sanscr. sûrya, védique sûra, sûr, d'un radical védique svar, lumière, soleil, ciel.

t SOLEILLÉ, ÉE (so-lè-Ué, liée, Il mouillées), adj. Qui a reçu la chaleur, la lumière du soleil.

— IIIST. xvi* S. Ses beaux yeux soleillés qui la faisoient paraistre Vrai tige lumineux de Phebus son ancestre, garnier, Uippolyte.

t SOLEMEXT (so-le-man), s. m. Filet de plâtre au pourtour des dormants de croisées, de portes, etc. Il Espèce de ravalement pour soutenir î'égout d'un toit.

SOLEN (so-lèn'), ». m. || 1° Coquillage bivalve en forme de manche de couteau. || 2° Terme inusité de chirurgie. Boîte longue et oblongue qui servait, après réduction, à maintenir un membre fracturé.

— ÉTYM. IwXtiv, canal, tuyau.

t SOLÊNIER (so-lé-nié), t. m. Mollusque qui habite les solens.

■j- SOLÉNITE (so-lé-ni-f), s. f. Solen fossile.

SOLENNEL, ELLE (so-la-nèl, nè-l'; quelques personnes prononcent so-lan-nèl, par a nasalisé ; prononciation des gens du midi, peut-être ancienne, aujourd'hui vicieuse), adj. || 1" Célébré chaque année avec des cérémonies publiques et extraordinaires de religion. Sacrifice solennel. Pâques, la Pentecôte, etc. sont des fêtes solennelles. Messe solennelle. Je viens, suivant l'usage antique et solennel, Célébrer avec vous la fameuse journée Oii sur le mont Sina la loi nous fut donnée, rac. Ath. I, 4. Je sors, et vais me joindre à la troupe fidèle Qu'attire de ce jour la pompe solennelle, n;. ib. I, <.||Vœu solennel, vœu fait en face de l'Iiglise avec les formalités requises par les canons, par opposition à vœu simple. || 2'' Pompeux, accompagné de cérémonies. 11 fit dans la ville une entrée solennelle. Des exercices publics et solennels. || 3- Authentique, accompagné des formalités requises. Une déclaration solennelle. Un arrêt rendu en forme solennelle. Un serment solennel par avance les lie X ce fils de David qu'on leur doit révéler, rac. Athal.x, 2. || Terme de jurisprudence. Contrat solennel, contrat soumis à certaines formes dont l'omission emporte nullité. Les testaments reçus par le chancelier dans l'étendue du consulat en présence du consul et de deux témoins seront réputés solennels, Ordonn. marine, août 4881. Il Par extension, manifeste, public, et, pour ainsi dire, revêtu de formes authentiques. Jugez, s'il vous plaît, quelle commotion put faire dans le parlement une réponse si peu conforme aux paroles solennelles que la refne lui avait réitérées plus de dix fois, retz, If^m. t. m, liv. iv, p. (28, dans pouGENS. Pour faire voir un exemple solennel de la patience et de la miséricorde de Jésus-Christ, rLKCii. Panig. i, p. 4B3. Sulpice commence par le mépris solennel qu'il en fait [des charges], id. ib. I, p. 34B. Il i' Familièrement. Un ton solennel, un ton emphatique. || Un homme solennel, un homme qui a habituellement un ton emphatique. || 6° S. m. Terme de liturgie. Solennel majeur, fête moins importante que les fêtes annuelles. || Solennel mineur, fête célébrée avec moins de pompe et dont l'office n'est pas obligatoire.

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— RKM. Plusieurs écrivent solemnel, solemnellement, solemnisation, solemniser, solemnité; mais la prononciation est la même.

— uiST. xiii* s. Aus hautes vegiles des festes solempnielx, joinv. 208. ||xiv* s. L'ostel de S. Pol, lequel nous avons achoté et fait édifier de nos propres deniers, en hostel solennel et de granz csbatcmens, du canoë, solemnis. || iv s. Trestout ainssi comme qui vouldroit descripre un arbre solemnel, le plus haut et notable du monde, en la loange de luy seroit parlé de la bonté, doulceur et vertu de son fruit, CHRIST, de pisan, Charles V, n, t\. La superfluité [des déguisemens] ne sied pas moult à hommes solemnels, quoyque ils en usent assez en France, Bouciq. n, 7. || xvi' s. Et cstoit encore lors le prix de la victoire es jeux solennelz isthmiques la couronne d'acho, amyot, Ttmoi. 3B. Obliger par solennel serment, mont, i, 16.

— ErVM. Forme dérivée du latin solennis, sollennis, solemnis, que l'on tire de sotus, entier, osque solo, iollo, et annus, année; solennis signifiant ordinaire, habituel, qui se fait tous les ans.

SOLENNELLEMENT (so-la-nè-le-man), adv.

D'une manière solennelle. Ce mariage a été fait solennellement. Le lendemain. Leurs Majestés font prier Dieu solennellement pour tous les rois et reines qui sont là [à l'Escurial], Lettres de Urne de Villars, 40 oct. 4C80. Richelieu, ayant fait déclarer solennellement la guerre à toute la maison d'Autriche, volt. Hist. pari. un. Des circonstances dont il [le P. Bouhicr] ne fut pas le maître, ne lui permirent pas d'exécuter la promesse qu'il avait donnée solennellement, d'alemb. Éloges, Bouhier.

— HIST. XIV* s. De ci jusques à tant que juré avéra Si solempnellement qu'à chascun souffira, Guescl. (2377.

— f.TVM. Solennelle, et le suffixe ment. SOLENNISA TION (so-la-ni-za-sion ; en vers, de

six syllabes), s. f. Action par laquelle on solennise. La solennisation d'une fête.

— HIST. XV* s. Nostre Dame demeura en Nazareth.... bien accompagnée de ses parons.... pour rapprochement de la solemnisation des nopces, GERSON, dans le Dict. de dochez. jjxvi* s. Solennization, ROB. est. Dict.

— ÉTYM. Solenniser.

SOLENNISG, ÉE (so-la-ni-zé, zée), part, passé de solenniser. Anniversaire solennise avec pompe.

SOLEXNISEU (so-la-ni-zé), V. a. Célébrer avec cérémonie. Encore qu'ils ne solennisassent pas le jour du sabbat, la mothe le vayeb. Vertu des paiens, l. État de la loi. Vivez, solcnnisez vos fêtes sans ombrage, rac. Athal. m, 4. Cette ville [Toulouse] solennise encore tous les ans par une procession et par des feux de joie le jour où elle massacra quatre mille citoyens hérétiques il y a deux siècles, volt. Pol. et lég. Hist. de la mort de Calas. Il Fig. Quel souvenir que le jour de votre départ? j'en solennise souvent la mémoire, sÉv. 27 sept. 4 670.

— HIST. xv* s. El la feste à tenir et à durer d'an en an, et à solenniser à Windsore le jour saint George, froiss. i, i, 24 3. Et fut celle dame couronnée et solennisée à roine par toutes les cités de Portingal, id. ii, m, 29. ||xvi* s. Ils ont accompaigné le duo d'Alve, pour solempniser et honorer le mariage de leur roy, carloix, vii, 24. Vieillir en voluptez et en délices, solennisant tout le reste de sa vie la feste de Venus, amyot, Cimon et Lucull. 4.

— ËTYM. Dérivé du latin solennis (voy. solennel).

SOLENNITÉ (so-la-ni-té), s. f. \\ 1° Fête célébrée tous les ans avec éclat. Votre saint fondateur, dont la solennité concourt si heureusement aujourd'hui avec votre consécration, mass. Profess. relig. Serm. 2. || 2° Cérémonie publique qui rend une chose solennelle. Solennités et lois n'empêchent pas Qu'avec l'hymen Amour n'ait des débats, la font. Belph. Quand on ne prend en en dot que la seule beauté. Le remords est bien près de la solennité, mol. VÉt. iv, 4. Le mystère dont nous faisons la solennité, bourdal. Nativité de J. C. 2* avent, p. 529. Que vos heureux enfants, dans leurs solennités. Consacrent de ce jour le triomphe et la gloire, rac. Esth. m, 7. Hélas I la plupart voient avec uu chagrin secret la solennité sainte, mass. Carême, Sur la communion. Il 3' Formalités qui rendent un acte authentique. La solennité d'un testament, d'un serinent.

— Hisr. lai* s. E gloried [glorifiés] sunt chi haïrent tei el milliu de la tue solennité, Liber psalm. p. 98. Nos faisons ui, chier freire, l'encommencement de l'avent, cuy nous est asseis renommeiz et

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conuiz al munde, si cum sunt Ii nom des altres solempniteiz, fT bern. Ml. {| xiii* s. Et la roine tu menée i Paris, et là fu reçue à grant soUempnit^J, Chr. de Bains, p. 50. {| xv* s. Le roi d'Angleterre se tcnoil eu l'abbaye de Poissy-lcs-Damcs; et fut là le jour de Nostre Dame my aoust, et y tint sa solemnité, et sist à tables en draps fourrés d'ermines, de vermeille escarlate sans manches, froiss. i, i, 273. Il XVI* s. Ayant très bien ordonné toutes choses appartenantes à la solennité de la feste, AMYOT, Flamin. 23.

— ËTYM. Lat. tolennitalem, de toUnnit (voy. solennel).

t SOLEXOÏOE (so-lé-no-i-d*), ». m. Fil électrique enroulé en spirale, dit aussi aimant électrique ; cet appareil sert, depuis Ampère, à mettre en évidence l'analogie des phénomènes électriques et des phénomènes magnétiques.

— ÊTYM. SwW.v, tuyau, et eî5o;, forme.

t SOLÉNOSTEMME (so-lé-no-stè-m') , ». f.

Plante asclépiadée purgative qu'on mélange quelquefois au séné, solenostemma arguel, Hayne.

t SOLÉNOSTOSIE (so-lé-no-sto-m'), adj. Terme de zoologie. Qui a la bouche prolongée en forme de tube.

— ÊTYM. ïw).i^v, tuyau, et mina, bouche.

t SOLERET (so-le-rè), ». m. Chaussure de l'homme d'armes, composée de lames d'acier articulées. Les chaussures en fer lame, appelées solerets et pédieux, apparaissent partout au iiv* siècle, A. demmin, Journal o/yicieJ, 4 809, p. 258, 6* col.

— ÉTYM. Dimin. de l'anc. français joler (voy. soulier).

t SOLFATARE (sol-fa-ta-r'), s. f. Terrain d'où se dégagent des vapeurs sulfureuses, et où se dépose du soufre. Les solfatares ne sont ni des volcans agissants ni des volcans éteints, et semblent participer des deux, buff. Àdd. théor. terr. Œuv. t. xm, p. 4 32.

— ÉTYM. Dérivé de l'italien solfalo, soufré, de solfo, soufre (voy. ce mot).

SOLFÈGE (sol-fè-j'; on prononce fi malgré l'accent aigu), J. m. ijl" Exercice pour apprendre à solfier. Il 2" Le livre même qui contient de tels exercices.

— ÉTYM. Dérivé de l'ital. tolfeggiare (voy. solfier).

t SOLFIATION (sol-fi-a-sion), ». f. L'action de solfier. La solfiation d'un air de Rossini.

SOLFIÉ, ÉE (sol-fl-é, ie), part, passé de solfier. Un air solfié.

SOLFIER (sol-fi-é), je solfiais, nous solfiions, vous solfiiez; que je solfie, que nous solfiions, que vous solfiiez,», a. Déchiffrer ou lire une leçon, un morceau de musique, en prononçant les noms des notes. Solfier un morceau. Apprendre à solfier. Il Absolument. Mais, monsieur, solfiez pour plus d'intelligence; Je vous comprendrai mieux. — Qui? moi I moi solfier! C'est me traiter par là de petit écolier, hauter. Crisp. mxtsic. n, 40. L'usage de solfier avec certaines syllabes, j. j. Ronss. Ém. n.

— HIST. XIV* s. Nient plus ne les prise que la soris fait chas, Quant à ses dens la tient, et cil en fait ses gas ; Souvent parole à eus ensi qu'un avocas. Qui va solefiant devant juges ses cas, Baud. de Seb. dans Hist. litt. de la Ir. t. xxv, p. B94.||xv* s. Marion, qui bien s'entendi, Â solfier mist cuer et cure, E. descii. Bail. Leçon de mus. || xvi* s. Gens qui auparavant les saintes barricades, estoient tous tarez, et entachez de quelque note mal-solfiée, et mal-accordante avec la justice, Sat. Mén. p. 66.

— ETYM.Prov. etital. solfa, solfége;de soletfa.

t SOUDAGE (so-li-da j'), ». f. Genre de la famille des composées, dont le type est la solidâgc verge d'or, sulidago virga aurea, L.

SOLIDAIRE (so-li-dé-r'J, adj. || 1* Terme de jurisprudence. Qui fait que, de plusieurs débiteurs, chacun est obligé au payement total de la dette. Un acte solidaire. Un engagement solidaire. Caution solidaire. || 2° En parlant de personnes qui sont obligées les unes pour les autres. Des débiteurs solidaires. La Société [l'ordre des jésuites] estdéclaréesolidairedu P.IaValette[qui avait fait banqueroute], dider. Opinion des anc. philoi. (Jésuites). 113° Par extension, il se dit des personnes qui répondent en quelque sorte les unes pour les autres. Il [Sénèque] s'écrie de deux amis : Ce sont deux hommes solidaires sous le destin, dide». Claude et Nér. n, 8. Il nous dit que nos fautes rejailliront sur nos fils, que nous sommes tous solidaires, chateaubb. Génie, i, i, 6. Il [l'esprit de corps] rend le bon sens, quoi qu'on dise. Solidaire de la sottise, Bi&ANO. Àcad. et Cav.

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— ÊTYM. Solide; in solidum ayant pris dans le langage du droit le sens de solidairement.

SOLIDAIREMENT (so-li-d6-re-man), ade. Terme de jurisprudence. D'une façon solidaire, d'une manière où chacun répond pour le tout. Une bonne amende de mille écus, à quoi vous êtes solidairement condamnée avec votre M. le baron, dancourt. Déroute du pharaon, se. 6. Dfes lors [depuis que Henri IV prit un jésuite pour confesseur) chaque frère jésuite se crut solidairement confesseur du roi, VOLT. Dict. phil. Jésuites. Dans les sociétés autres que celles de commerce, les associés ne sont pas tenus solidairement des dettes sociales, Code eiP. art. <802. Si plusieurs ont conjointement emprunté la même chose, ils en sont solidairement responsables envers le prêteur, tb. art. 4887.

— f.TYM. Solidaire, et le suffixe ment.

t SOLinAKlSER (so-li-da-ri-zé), v. a. \\ 1° Néologisme. Rendre solidaire. On devrait solidariser tous les notaires de chaque arrondissement, afin de les rendre scrupuleux dans l'admission de leurs collègues, LEGOARANT. || Fig. Plus VOUS solidariserez ce mouvement, et plus.... il arrivera que les oscillations se manifesteront avec un caractère général, ROULAND, Enquête sur la Banq. (887, p. 58. Il 2° Se solidariser, v. réjl. S'unir par la solidarité. Les ouvriers doivent se solidariser par des sociétés d'assurances mutuelles. || Fig. Ces amendements se solidarisent les uns avec les autres, ils font partie d'un même système, de st-germain. Au Corps lég. Monit. unit). 20 juin «868, p. 890, 6* col.

SOLIDARITÉ (so-li-da-ri-té), ». f. || 1° Terme de jurisprudence. Engagement par lequel des personnes s'obligent les unes pour les autres, et chacune pour tous. La solidarité ne se présume point; il faut qu'elle soit expressément stipulée. Code civ. art. * 202. || Il se dit aussi en parlant de plusieurs créanciers dont chacun a le droit de réclamer seul la totalité de ce qui leur est dû. Il 2* Dans le langage ordinaire, responsabilité mutuelle qui s'établit entre deux ou plusieurs personnes. La solidarité qui nous lie. || 3' Terme de physiologie. Solidarité organique, relation nécessaire d'un acte de l'économie avec tel ou tel autre acte diiTérent, ou s'iccomplissant dans une région éloignée de celle où a lieu le premier. — ÊTYM. Solidaire.

SOLIDE (so-li-d'), adj. 111° Oui a de la consistance, dont les particules demeurent naturellement dans la même situation, par rapport les unes aux autres ; il est opposé i liquide et à gcizeux. Les parties solides du corps animal sont les os, les cartilages, les muscles, les tendons, les vaisseaux, les nerfs, les membranes, les ligaments, etc. La mécanique des corps solides n'étant appuyée que sur des principes métaphysiques et indépendants de l'expérience, d'alemb. Œuvr. t. xrv, p. <oe. Il Terme de géométrie. Angle solide, figure formée par plusieurs plans qui se coupent au même point. Il 2° Aliment solide, par opposition à aliment liquide. Le médecin lui a interdit tous les aliments solides; il ne prend rien de solide. || Fig. Ils auraient besoin de lait, et ils exigent de nous une nourriture solide, mass. Carême, Élus. || 3° Qui a une consistance capable de résister au poids, au choc, au temps ; par opposition à fragile et peu durable. Bâtir sur des fondements solides. Cet édifice est beau, mais il n'est pas solide. Voilà des meubles solides. L'édifice n'est pas plus solide que le fondement, boss. Duch. d'Orl. \\ En termes d'architecture, il se dit quelquefois pour massif, plein. Il Terrain solide, terrain consistant, sur lequel on peut bâtir en toute sécurité. || Terme de minéralogie. Uoche solide, roche dont les parties sont liées fermement entre elles. || Terme de zoologie. Antennes solides, celles dont les articles sont soudés de manière à ne présenter aucun intervalle. Il 4° Dans la conversation, on donne souvent à solide le sens de fort. Des bras solides. Un solide gaillard. Un solide coup de poing. Poignet solide. Si je veux définir ces vents glacés tellement •olides qu'ils renversentdes tours, Cyrano de bero. Contre l'hiver. \\l' En termes militaires, il sedit d'une troupe capable do tenir ferme devant l'ennemi. Celaient [les soldats des cohortes] des soldats de Tingt-deux à vingt-sept ans, gens robustes, un peu raisonneurs, mais destinés à former une infanterie solide et intrépide, thiers, Consul, et JTmp. XLvn. Notre armée [i Wagram), toujours aussi brave, était cependant moins expérimentée que celle d'Austerlilz ou de Fricdiand, et trop nom

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ferme, solide, manoeuvrière autant qu'autrefois, ID. ib. XXXV. Il 6* 11 se dit des couleurs de bon teint. Une couleur solide. || Terme de peinture. Coloris solide, coloris dont les tons sont nets et vigoureux. || 7° Fig. Réel, effectif, durable, par opposition à frivole, chimérique. La solide vertu dont je fais vanité.... CORN. lier, n, 4. Des solidesplaisirs je n'ai suivi que l'ombre, la font. Poés. mél. Lxix. Quelques secours puissants qu'on promette à ma flamme. Mon plus solide espoir, c'est votre cœur, madame, mol. F. sav. iv, 8. Je paye mes ouvriers en blé, et je ne trouve rien de solide que de s'amuser et de se détourner de la triste méditation de nos misères, sÉv. 228. Si vous demeurez sur la frontière, l'amitié solide y trouvera son compte; et, si vous revenez, l'amitié tendre sera satisfaite, iD. à Bussy, 25 nov. <655. La solide gloire dont il [Turenne] était plein, sans faste et sans ostentation, ID. 16 août )67B. On dit do solides biens de Mme laDauphine, id. 22 mars 1080. Tout ce qui parait de plus solide [dans le monde] n'est qu'une figure qui passe quand on en veut jouir, qu'une ombre fugitive qui disparaît, Boss. Sermons, Oblig. de l'état relig.i. La température toujours uniforme du pays [Egypte] y faisait les esprits solides et constants, id. ]list. ni, 3. Je ne crois pas qu'il y ait rien de solide dans les bruits qui ont couru, ro. Lett. (43. Le solide et l'admirable discours que celui qu'on vient d'entendre 1 la brut. XV. Les plus vils métiers ont une fin solide, fén. Dial. 1" sur l'éloq. Des agitations éternelles où il n'entre rien de plus solide que d'en connaître le néant, mass. Pro/ess. relig. Sermon 4. 11 acheta une grande quantité de livres solides, des livres de morale et de théologie, lesage, Estev. Gonx. 6. Clément XI, qui occupait alors le saint-siége et qui joignaitl'amourdes belles-lettres à une solide piété, MAIHAN, El. ducard.de Polignac. \\ 8° Doué de qualités effectives, en parlant des personnes. Vous vous ennuyez des histoires et de tout ce qui n'applique point ; c'est un malheur d'être si solide et d'avoir tant d'esprit, on ne s'en porte pas mieux, sÉv. d Mme de Grignan, <7mai <680. Faites choix d'un censeur solide et salutaire, boil. Art poét. iv. Elle aurait souvent voulu qu'on la crût moins solide, pour la laisser se divertir, m°" de caylus, Souvenirs, p. 24, dans pouGENS. Malheur à ceux qui cherchent des phrases et de l'esprit, et qui veulent éblouir par des épigrammes, quand il faut être solide 1 VOLT. Lett. la Chalo'ais, 28 février <7C3. Il 9° S. m. Ce qui a de ia consistance. Il faut creuser jusqu'au solide, avant de faire les fondations d'un bâtiment. || 10° Portion de l'étendue, considérée comme ayant les trois dimensions. La pratique de la géométrie des solides a été obligée de se borner à la mesure des grands corps et des corps réguliers, dont le nombre est bien petit en comparaison de celui des autres corps, buff. Ess. arithm. mor. Œuvr. t. x, p. 2a. Il est certain qu'un solide qu'on plonge dans irae liqueur, et qui est en même temps impénétrable à cette liqueur, occupe la place d'un volume de cette liqueur parfaitement égal au sien, brisson. Traité de phys. t. I, p. 263. Il 11° Fig. Ce qui est réel, durable, effectif. Je vous conte des bagatelles, je laisse le solide à M. le chevalier [de Grignan], sÉv. 4 7 déc. 4 688. Vanité des vanités, et tout est vanité ; et plus l'orgueil s'imagine avoir donné dans le solide, plus il est vain et trompeur, uoss. Concupisc. 47. Voulez-vous faire aimer vos riches fictions, Qu'en savantes leçons votre muse fertile Partout joigne au plaisant le solide et l'utile, BOIL. Art poét. IV. Le grand, le solide de la religion prend la place, dans un bon esprit, de tout le frivole qui l'avait amusé, mass. Carême, Mol. de conv. Il Familièrement. Le solide, l'argent, la position. Les louanges toutes pures ne mettentpas un homme à son aise ; il faut y mêler du solide, mol. Bourg, gent. i, 4 . Il faut du solide, et un honnête homme ne doit faire le métier de poète que quand il a fait un bon fondement pour toute sa vie, rac. Lettr. juin 4664. || 12° Au plur. Les solides, les parties solides du corps animal. Les solides et les liquides.

— HIST. XIII* s. La terre, qui est li plus griez [pesant] elemens et de plus soude sustance, brun. LATiNi, TrfsoT, p. 4 4 2. || xvi* S. 0 Pan, grand dieu, j'ay solide mémoire Que.... marot, i, 342. Je n'ay dressé commerce avecques aulcun livre solide, sinon Plutarque et Seneque, mont, i, 46». Il est malaysé d'y establir aucun solide jugement, m. I, 4 68. i quelles marques on cognoist le vray et

breuse, mêlée d'élémenU trop diven, pour être I loli'de contentement, id. i,

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— ÉTYM. La t. silidus, de iSlum, le sol (voy. sol ï). Solide a été refait «ur le latin au xvi" siècle; la forme ancienne et régulière est soude.

SOLIDEMENT (so-li-de-man), adj. D'une manière solide. Les conquérants trouvèrent une forteresse solidement bâtie, raynal, lîist. phil. n, 44.||Par extension. Peut-être que, prêt à mourir, on comptera pour quelque chose cette imagination de revivre dans sa famille, que l'on croira laisser solidement établie, boss. le Tellier.\\En termes militaires, s'établir solidement dans une position, s'y établir de manière à ne pouvoir en être déloge. Au lieu de s'y arrêter et de s'y (au village d'Aderklaa] établir solidement, ces deux régiments.... TiiiERS, Cons. et Emp. xxxv. || Fig. C'est à ses solidement bonnes qualités [de M. de Lavardin] que je me suis attachée, sÉv. 46 oct. 4675. Le grand Béthune disait, quand il [Saint-Géran] eut le coup de canon : Le gros Saint-Gcran est bon homme, honnête homme, mais il a besoin d'être tué pour être estimé solidement, id. 8 janv. 4 076. Vous ne sauriez prouver solidement qu'un orateur sert le public en lui enseignant l'éloquence, fén. Dial. f'surl'éloq. C'étaitlà ce qui s'appelait traiter les matières solidement, fonten. Jugem. de Pluton.

— HIST. XVI* s. Dieu m'a donné un fonds de religion qui m'a fait regarder assez solidement cette dernière action de la vie [la mort], mont. 4 3 nov. 4 687.

— ÊTYM. Solide, et le suffixe ment.

t SOLIDICORNE (so-li-di-kor-n'), adj. Terme de

zoologie. Dont les antennes forment une masse solide.

— ETYM. Lat. solidus, solide, et cornu, corne, antenne.

t SOLIDIEN, lENNE (so-li-diin, diè-n'), adj. Terme de physique. Qui appartient aux corps solides, qui leur est dû. |{ Bruits solidiens, ceux qui sont dus au choc d'un solide contre un solide, commme les sons produits par le rapprochement des dents.

f SOLIDIFICATION (so-li-di-fi-ka-tion) , s. f. Faculté, action de se solidifier.

SOLIDIFIÉ, ÉE (so-li-di-fi-é, ée), part, passé de solidifier. Toutes ces grandes masses de matières calcaires une fois établies et solidifiées, buff. Ifin. t. vm, p. 4 84.

SOLIDIFIER (so-li-di-fi-é), V. a. je solidifiais, nous solidifiions, vous solidifiiez ; que je solidifie, que nous solidifiions, que vous solidifiiez. Il 1° Rendre solide. Peut-être l'air, qui pénètre tout le corps humain par plusieurs voies, est-il essentiellement destiné à précipiter et à solidifier la fibre et l'albumine, chaptal, Instil. Mém. scient. t. I, p. 300. Il 2° Se solidifier, v. réft. Devenir solide. Le mercure ne se solidifie qu'en se glaçant comme l'eau; il lui faut même un bien plus grand degré de froid, buff. Ifin. t. v, p. 28 1.

— ETYM. Lat. solidus, solide, et facere, faire.

t SOLIDIS.ME (so-li-di-sm'), s. m. Terme de médecine. Doctrine des médecins qui rapportent toutes les maladies aux lésions des parties solides de l'économie.

f SOLIDISTE (so-li-di-sf), t. m. Celui qui est attaché à la doctrine dusolidisme.

SOLIDITÉ (so-li-di-té), s. f. \\ 1° Etat des corps solides, caractérisé par l'immobilité moléculaire, la permanence de la forme, et la force de résistance contre les puissances qui tendent à en dissocier les parties. On juge de la solidité d'un corps par la difficulté qu'on éprouve à désunir ses parties, bailly, Uist. astr. mod. t. n, p. 635. || 2" Terme de physique. 11 s'est dit pour volume des corps, en tant que ce volume est exprimé par un nombre. Le globe terrestre, dont la solidité n'est que de 42 305 4 03)60 lieues cubiques, buff. Théor. ter. Œuvr. t. II, p. 497. Il Mesures de solidité, celles qui servent à mesurer les solides. || 3" Qualité de ce qui est solide, peu facile à détruire. La solidité d'un bâtiment. Le bon- goût des ÉgyT'ien' 'e""" ••' aimer dès lors la solidité et la régul.irité toute nue, boss. llist. m, 3. || Par extension. C'est en vain, dit M. de Wolmar, qu'on prétend donner aux choses humaines une solidité qui n'est pas d.in> leur nature, j. j. rouss. Hél. v, 2. ||4°En termes militaires, force de résistance. Des recrues ne peuvent avoir la solidité de vieilles troupes. Il [Wellington] était parvenu à réunir sur l'Agueda sept divisions d'infanterie anglaise, 35 à 36 mille hommes d'une solidité à l'épreuve, thiers, Cons. et Emp. XLVi. Il 5* Qualité de ce qui est réel, effectif. La solidités d'un discours, d'un raisonnement. La solidité du coBur, du caractère. Vous voyez que de

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grands personnages se sont amusés à des vétilles, et que celui-ci [Démosthfcnes, conseillant do refuser une île, si le traité portait : donner et non rendre' faisait plus de cas de la vanité du mot que de la solidité do la chose, dalz. De la cour, 6' dise. Il [le jeune de Grignan]a un scrieiix et une solidité qui plaît fort, sÉv. 27 déc. <888. Il [lîarillon] nous contait la solidité de ses vertus[de Turenne], combien il était vrai.... id. 28 août ifl76. Je ne suis pas fort surpris que les sciences profanes soient considérées comme un divertissement de l'esprit; elles ont si peu de solidité que l'on peut, sans grande injure, n'en faire qu'un jeu, Boss. Panég. Ste Cather. I. Il 6" Il se dit de ceux qui ont les qualités solides. Si les autres [que le souverain] osaient le louer, il repoussait leurs louanges, et, indocile à la flatterie, il en craignait jusqu'à l'apparence; telle était la délicatesse, ou pUitdt telle était la solidité de ce prince, boss. Louis de Bourbon. Ma solidité [Louis XIV appelait .Mme de Maintcnon Votre Solidité, comme on dit Votre Majesté] est assez étonnée de ces choses-là, maintenon, Lett. à de nUctte, U août < 708. Il 7» Autrefois, il se disait pour solidarité, sens qu'a en elTet le latin soliditas. A l'égard de :x solidité entre les habitants d'un même village, on a dit qu'elle était raisonnable, parce qu'on pouvait supposer un complot frauduleux de leur part, monteso. Espr. xin, is.

— ÊTYM. Provenç. suliditat; ital. solidità , du lat. soliditatem , de solidus, solide.

t SOLIDO (IX) (in'-so-li-do), loc. adv. En masse.

— ÊTYM. Lat. in, en, et solidus, solide, entier. j SOLIDONGULÊ, ÉE (so-li-don-gu-lé, lée), adj.

Terme de zoologie. Qui n'a qu'un seul sabot à chaque pied.

— ETYM. Lat. solidus, solide, et ungula, sabot (voy. ongle).

t SOLIEIl (so-lié), s. m. Nom, en Normandie et ailleurs, du grenier.

— IIIST. XII' s. Ces verra l'en des murs et des soliers, DU cange, solarium.

— ÊTYM. Bas-lat. solarium, charpente du haut de la maison, du latin solum, sol.

t SOLIÈKE (so-liè-r'), s. f. Terme de métallurgie. Espèce do verge aplatie.

SOLILOQUE (so-li-lo-k'), s. m. Discours d'un homme qui s'entretient avec lui-même. Ce fut un soliloque [du roi] auquel il ne fut pas répondu un mot, ST-sm. 273, 186. Il [Sénèque] parle du soliloque, la pratique habituelle de Sextius : à la fin de la journée, retiré dans sa chambre à coucher, Sextius.... s'interrogeait et se répondait, dider. Claude et Hér. n, 49. || Les Soliloques, titre d'un ouvrage de saint Augustin. Il savait même un peu de Soliloque, Et des traits fins de Marie Alacoque, GRESSET, Ver-vert, u. || Le Soliloque, ou avis à un auteur, litre d'un ouvrage de lord Shaftesbury.

— SYN. SOLILOQUE. MONOLOGUE. Ces dcux mots désignent le discours de quelqu'un qui parle seul; mais l'usage veut qu'on ne se serve que de monologue quand il s'agit d'un personnage qui, seul sur la scène, ne p.irle que pour les spectateurs.

— ETYM. Lat. soliloquium, de solus, seul, et loqui, parler (voy. loquace).

SOLIN (so-lin),î. m. ||1° Terme d'architecture. Intervalle entre les solives. || i° Plâtre qu'on met sur la poutre pour séparer les solives. || 3° Enduit de plâtre le long d'un pignon pour joindre les tuiles. Il Tout filet de plâtre propre à boucher certains vides. || Nom des plâtres qu'on fait le long deB murs au pourtour des parquets.

— lllST. xvi* s. A esté donné congié.... pour mettre terraulx au long des solins d'icelle maison, DU CANGE, solinum.

— ÊTYM. Sole *.

t SOLINOTE (so-li-no-f), adj. Terme de musique. Qui est à une seule note. Instrument solinote.

— ÈTYM. Lat. solus, seul, et note.

SOLIPÈDE (so-li-pè-d'), adj Terme d'histoire naturelle. Famille de mammifères comprenant ceux qui ont un seul doigt apparent et un seul sabot à chaque pied, comme le cheval, l'Ane, le zèbre, etc. La réunion des individus solipèdes dans une même classe avec d'autres individus, dalbenton, Instit. Mém scienc. t. i, p. 394. || S. m. Un solipède. La méthode ancienne de la division des animaux en solipèdes, pieds fourchus et fissipèdes, bufp. llist. nat. i" dise. Œuvr. t. i, p. bi.

— ETYM. Contraction du lat. solidipes, de solidus, solide, et pes, pied.

t SOLISTE (so-li-st'i, ». m. Terme de musique. Celui qui exécute im solo.

SOUTAIUE (so-li-tai-r'), ad;". || !• Qui est seul;

qui aime à être seul. Elle [Mme de Thianges devenue dévote].... est toujours de très-bonne compagnie, et n'est pas solitaire, sét. 6 janv. 1074. L'admirable saint François de Paule est solitaire jusque dans la cour [de Louis XI], est toujours recueilli en Dieu parmi ce tumulte, boss. t" panég. St Franc, de l'aule, 2. On m'élevait alors, solitaire et cachée, bac. Eslh. i, t. Je suis devenu solitaire, ou, comme ils disent, insociable et misanthrope, parce que la plus sauvage solitude me parait préférable à la société des méchants, qui ne se nourrit que de trahisons et de haine, J. J. Rouss. 7' promen. || Il-se dit des choses. Vie solitaire. 11 a l'humeur solitaire. Qu'il y ait, pour ainsi dire, des plaisirs solitaires qui n'aient pas besoin de se communiquer, FONTEN. Dial. des morts mod. t. Ceux qui accusaient sa bienveillance [de l'abbé de Saint- Pierre] d'être froide et banale , ne pouvaient au moins la taxer d'être solitaire et personnelle, d'alemb. Éloges, l'Ab. de St-P. Quelque chose manquait à ce coeur solitaire, delille, Parad. perdu, vin. Il 2* Qui résulte de la solitude, ou qui n'est pas partagé. Viens, tu soufTres, ami; quelque ennui solitaire Te ronge, A. demuss./o Nuit de mai. \\ 3* II se dit de quelque objet qui n'est associé à aucun autre semblable. || Fleurs solitaires, fleurs qui naissent séparées les unes dos autres sur la plante qui les porte. {| Ver solitaire, voy. T/Enia. || Terme d'architecture. Colonne solitaire, colonne isolée qui ne fait pas partie d'un ordre, qui ne porte pas un entablement. || 4* Isolé, désert. Souvent ce cabinet, superbe et solitaire. Des secrets de Titus est le dépositaire, hac. Bérén. i,- t. Remplissant de vos cris les antres solitaires, volt. Œdipe, m, *. Ah I c'est trop tôt chercher ce solitaire asile, ro. Zaïre, iv, 3. || 5° S. m. Anachorète qui vit dans la solitude. Les solitaires de la Thébaïde. Mes amis, dit le solitaire. Les choses d'ici-bas ne me regardent plus; En quoi peut un pauvre reclus Vous assister? que peut-il faire? la font. fobl. VIII, 3. C'est dans la classe des solitaires que se trouvent les hommes qui poussent le plus loin la carrière de la vie, bern. de st-p. Paul et Virginie. Il visita la grotte du solitaire, qu'il trouva remplie de ronces et de framboisiers, cuateaub. Atala, Épilogue. \\6' Tout homme qui vit seul ou trèsretiré. Un solitaire peut s'estimer davantage que ne fera celui qui vit avec les autres et qui s'y compare, font. Leibniti. Peu de gens peuvent comprendre la félicité d'un solitaire qui l'est par un choix tous les jours renouvelé, ID. Lahire. Cela me rappelle le mot d'un solitaire qui disait aux personnes dont il recevait quelquefois la visite : Vous voyez un homme presque aussi heureux que s'il était mort, d'alemb. Lett. au roi de Pr. )4 nov. < 776. Il 7° Terme d'argot de théâtre. Des amateurs fréquentant les spectacles et curieux d'assister aux premières représentations payent leur billet au chef [des claqueurs], et n'exigent aucun rabais sur le prix du bureau.... exempts de toute surveillance, ils vont se porter loin de la troupe vénale qui les désigne sous le nom de solitaires, à cause de leur position topographique et tout à fait indépendante, castil-blaze, Uist. de l'Acad. de musique, xxix, t. n, p. 405. (j 8' Terme de vénerie. Vieux sanglier mâle, sorti de compagnie. Il 9° Jeu qu'on joue seul sur une petite table percée de trente-sept trous, et avec trente-six chevilles. Il faut jouer au solitaire, Quand on n'est plus dans les beaux ans, fannard, Œuvr. t. m, p. 358. Il Terme de jeu. Espèce de quadrille, dans lequel on joue toujours seul, sans appeler. || 10" Terme de joaiUer. Diamant détaché, monté seul ; lorsque le diamant est petit, il se nomme étincelle. Acheter un solitaire. || 11° Espèce de papillon. || 12" Petite constellation méridionale. || 13° S. f. Espèce de fleur. Vous le voyez planté, et qui a pris racine au milieu de ses tulipes et devant la solitaire,

LA BRUY. XlII.

— HIST. XIII' s. Et sui faiz ausi comme li moiniaus solitaires en la mcson. Psautier, f (20. U n'est nul qui vossist [voulût] avoir tout le bien du monde pour vivre solitaire, ce est à dire tout seul, BRUN. LATiNi, Trésor, p. 322. Et je qui demore toz seus [seul]. Si quis [cherchai] les solitaires leus [lieux]. Roman de la poire, ms. \\ xiV s. Et à celui qui est solitaire, sa vie est forte et grieve, obesme,

Ëth. 284. Il XVI' s J'errais entre les bois Se'il

àpar-moy sauvage et solitaire, rons. 739. Et m'esloignant du monde, afin de vous complaire. Je vivray dans un antre, hermite solitaire, desportes, Elégies, i, 4.

— ÊTYM Provenç. solitari, soletari; espagn. et

ital. toUtario; du lat. lolilariw, dérivé iesoUtas, qui vient de solus, seul.

SOLITAIKEME-Vr (so-li-lê-re-man), adv. D'unr manière solitaire. Vivre solitairement.

— HIST. XV s. El quant ledit frero Thomas estoit, comme dit est, à son logis, il se tenoit en une chambre moult solitairement, sans vouloir souffrir que nulle personne eust repaire avecquelui. monstrel. n, 63. Il XVI' s. Errant tout seul tout solitairement. J'entre en un pré, du pré en un bocage, Etdubocageen un désert sauvage, bons.73S.

— ÊTYM. Solitaire, et le suffixe, ment; provenç. tolitariament ; espagn. et ital. toiitariamente.

SOLITUDE (so-ii-tu-d"), t. f. || 1* État d'une personne qui est seule. Il n'y a que lui [Dieu] qui, étant riche de sa propre essence, jouisse d'une solitude bienheureuse et abondante en toutes sortes de biens, balz. De la cour, i" dise. Je n'avais pas voulu que la princesse [defarente] vint ici [aux Rochers]; je lui avais fait valoir nos dévotions de jeudi [jour de l'Assomption].... j'ai donc été en solitude, SÉV. t» août <G80. Celle àme qui s'est tant aimée et tant cherchée, ne se peut plus supporter, aussitôt qu'elle est seule avec elle-même; sa solitude lui fait horreur, boss. la Valliêre. U faut savoir se donner des heures d'une solitude eflTective, si l'un veut conserver les forces de l'âme, id. Ifar.-Thér. Ne vous offensez pas, si mon zèle indiscret De votre solitude interrompt le secret, rac. Bérén. n, 4. Laissez-moi, j'ai besoin d'un peu de solitude, id. Bajax. va, 6. Les jeunes gens, à cause des passions qui les amusent, s'accommodent mieux de la solitude que les vieillards, la bruy. xi. A moins d'une extrême piété, l'homme sera toujours malheureux dans une solitude absolue, genlis. Mères riv. 1. 1, p. 357, dans POUGENS. ||Fig. Si l'on ne se fait une solitude intérieure, d'où notre opinion sorte bien rarement, et oii celle d'autrui n'entre jamais.... bern. de st-p. Paul et Virginie. \\ 2° État d'une personne retirée du commerce du monde. La solitude effraye une âme de vingt ans, hol. Ift's. v, 7. De li vient que les hommes aiment tant le bruit et le remuement.... de là vient que le plaisir de la solitude est une chose incompréhensible, pasc. Pens. iv, 2, éd. HAVET. Après cette grande foule d'hommes et d'affaires qui l'environnait, il s'était lui-même réduit à une espèce d'oisiveSé et de solitude ; mais il la sut soutenir, boss. le Tellier. Dans sa treizième année il quitta la maison paternelle ; il se jeta dès lors dans la solitude, il embrassa dès lors les austérités, id. 2' panég. St Franc, de Paule, i. Si la solitude a ses jouissances, elle a ses privations, bern. de st-p. Chaum. ind. Tout homme qui a eu beaucoup à se plaindre des hommes, cherche la solitude, m. Paul et Virginie. L'esprit de la prière et de la solitude Qui plane sur les monts, les torrents et les bois. Dans ce qu'aux yeux mortels la terre a de plus rude. Appela de tout temps les âmes de son choix, lahart. Ilarm. I, <i.||Se jeter dans la solitude, se retirer du monde, se faire ermite. Il ne perdra guères da temps à se jeter dans la solitude, sÉv. 388. || 3° Isolement de gens qui n'ont point de semblables à eux. Leur solitude [des Frères de Bohême, qui ne trouvaient nulle part des chrétiens semblables à eux], dénuée de la succession et de toute ordination légitime, leur fit tant d'horreur qu'encore du temps de Luther ils envoyaient de leurs gens qui se coulaient furtivement dans les ordinations de l'Église romaine, boss. Var. xi, 178. Ne Irouverai-je pais ici un homme de cosur? en vérité, quand on en cherche, on est efl"rayé de sa solitude, A. de Muss. On ne badinepas avec l'amour, m, 7. || 4° Fig. Isolement moral, privation d'affection. Cette tristesse vient de la solitude du coeur, qui se sent toujours fait pour jouir, et qui ne jouit pas; qui se sent toujours fait pour les autres, et qui ne les trouve pas, montesq. Àrs. et Ismén. Voyez mon malheur et mes larmes, la solitude de mon &me, le vide affreux que vous y avez fait, et l'abandon cruel où vous me laissez ! d'alemb. Aux mdnes dt Mlle de l'Espinasse. || B* Lieu éloigné de la fréquentation des hommes. Solitude où je trouve une douceur secrète. Lieux que j'aimai toujours, ne pourrai-je jamais. Loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais I la font. Fabl. n, 4. Je vous avoue que j'ai été ravie de voir cette divine solitude [Port-Royal], dont j'avais tant oui parler; c'est un vallon affreux, tout propre à faire son salut, sÉv. 26 janv. (674. Nous naissons, nous vivons pour ia société ; X nous-mêmes livrés dans une solitude. Notre bonheur bientôt fait notre inquiétude, boil. Sat. z. Je me suis fixé dans cette

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Ye peu habitée, séduit par la douce température J et par sts solitudes, bebn. de st-p. Paul et yirg. Il Poétiquement. Ils passent de la nef la vaste solitude, boil. Lutr. m. || 6° Lieu devenu inhabité, dépeuplé. Pourquoi voulez-vous périr et faire de cette ville une solitude? Boss. Uist. n, 8. Quoi ! ces tyrans cruels.... Qui dépeuplent la terre et dont la barbarie En vaste solitude a changé ma patrie, volt. Àli. u, 2. Au concours bruyant qui se pressait sous ces portiques, a succédé une solitude de mort, volney. Ruines, u. Rome sommeille au m'iieu de ces ruines; cet astre de la nuit, ce globe que l'on suppose un monde fini et dépeuplé, promène ses pâles solitudes au-dessus des solitudes de Rome, ciiateaubr. Italie, 3' lettre, promen. Il Par extension. Les morts ne sont plus de rien, ils n'ont plus de part à la société humaine; c'est r)ourquoi les tombeaux sont appelés des solitudes (dans Job], boss. i" panég. St Franc, de Faute, i. Il Fig. Depuis son départ, depuis sa mort, ma maison n'est plus qu'une solitude. || 7* Désert, étendue de pays inhabitée, inculte. Étant sortis de Socoth, ils campèrent à Etham, à l'extrémité de la solitude, saci. Bible, Exode, un, 20. Us vous opposeront de vastes solitudes. Des déserts que le ciel refuse d'éclairer, rac. Alex, v, l. Solitude absolue [le Sahara], mille fois plus affreuse que celle des forêts; car les arbres sont encore des êtres pour l'homme, qui se voit seul, plus isolé, plus dénué, plus perdu dans ces lieux vides et sans bornes, BUFF. Quadrup. t. v, p. I4. Ces solitudes nues où l'homme n'a jamais respiré sous l'ombrage, où la terre sans verdure n'offre aucune subsistance aux animaux, aux oiseaux, n>. Ois. t. xrv, p. 42.

— lllST. ïiv* s. Il amoit fort solitude, ne en nulle manière ne vouloit pour lui mariage, Ménagier, I, «. Ceste solitude et famine, bercheube, (° 93.

— ÉTYJI. Lat. solitudinem, de solus, seul.

t SOLIVAGE (so-li-va-j'), s. m. Supputation du nombre des solives qu'on peut extraire d'une pièce do bois.

SOLIVK fso-li-v') s. f. Il I " Pièce de charpente qui soutient les planchers, et qui porte sur les murs ou sur les poutres. Un barreau ou une solive résiste bien davantage, lorsque les couches ligneuses qui le composent sont situées perpendiculairement, BUFF. JHst. nal. part. exp. Œuvr. t. vni, p. <»8. Mon imagination, qui s'anime à la campagne et sous les arbres, languit et meurt dans la chambre et sous les solives d'un plancher, j. j. rouss. Conf. IX. Il Fig. Compter les solives, passer à ne rien faire le temps dans une chambre. Quand je serai lasse de compter vos solives, ne pourrai-je point aller sur vos belles terrasses? et ne me voulez-vous point donner des figues et des muscats? sÉv. <60. Il 2° Anciennement, parmi les charpentiers, nom d'une mesure qu'ils établissaient de six pouces d'équarrissage sur douze pieds de longueur, c'est-àdire formant un parallélépipède rectangle dont la oase était un carré de six pouces de côté et la hauteur douze pieds; cette base, ayant | pied de côté, contient } de pied carré; et en multipliant par la hauteur 12, on trouve trois pieds cubes pour le volume de la solive. || Pied de solive, une des six divisions de la solive contenant J pied cube, ou 864 pouces cubes. || Pouce de solive, une des douze divisions du pied de solive, contenant 72 pouces cubes.

— HIST. xin' s. Le pont cuident abatre et trèstout peçoier. Les estaches coper, les solives brisier, Ch. d'Ant. iv, 348.

— ETYM. Bas-lat. soliva, suliva. Origine incertaine. On le tire soit du lat. solum, sol, soit de /anglo-sax. syl, colonne, soit du celtique : bas-bret. tdl, poutre, gaél. sail, solive ; mais les dérivés en i»e sont tous des mots verbaux ; et cela rend ces étymologies bien douteuses. Diez demande si ce ne serait pas un composé de solum, le sol, avec ive, du lat. equa, remarquant que poutre signifie effectivement solive et cavale; mais il s'objecte à lui-même que, jusqu'à présent du moins, on ne connaît point ive avec le sens de poutre. Enfin Vossius avait songé au lat. stiblica, pieu; on peut avoir prononcé subUca, et l'on sait que mendica avait donné mendive; mais à cela Diez objecte que le sens n'est pas satisfaisant.

SOLIVEAD (so-li-v6), s. m. Petite solive. Or c'était [le roi envoyé par Jupiter] un soliveau. De qui la gravité fit peur à la première [grenouille] Qui, de le voir s'aventurant. Osa bien quitter sa Unière, la pont. Fabl. lu, 4.1|Fig. Un roi soliveau, ou, simplement, un soliveau, un homme sans force morale ni autorité.

.— tTYU. Dimin. de tolivi; Berry, taliviau.

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t SOLIVUBE (so-li-vu-r'), t. f. Ensemble des solives d'un bâtiment.

— HIST. XVI* s. Seront tenus lesdits fermiers.... de entretenir les maisons, granges.... de pel, vergue, couverture et solivure, du canoë, solivare.

SOLLICITATION (sol-li-si-ta-sion; en vers, de six syllabes), ». /■. || l-Action de solliciter. J'ai fait souvenir M. de Lamoignon de la sollicitation que vous lui avez faite pour M. B***, sÉv. <4 janv. 1689. La réputation que M. de Lamoignon s'était acquise dans le parlement et dans le conseil fut sa seule sollicitation auprès des puissances, fléch. Lamoignon. Mes vœux sont pour le maréchal d'Estrées, et mes sollicitations pour un autre, MAiNTENON, Lett. OU cofd. de NoaiÙes, 6 nov. )700. Il Fig. Les gémissements des malheureux plaideurs qu'il croyait entendre nuit et jour étaient pour M. le Tellier une perpétuelle et vive sollicitation, BOSS. le Tellier. \\ X la sollicitation de, sur les instances de. J'ai fait celte démarche à la sollicitation de mes amis. || 2° Soins, démarches pour le succès d'une affaire. Il a employé bien du temps à la sollicitation de ses procès. Chargé de la sollicitation des affaires de telle ville. || 3" Particulièrement. Recommandation à des juges. Il médit qu'il avait un procès à solliciter pour vous ; je lui fis promettre qu'il m'en avertirait, afin que je prenne part de la sollicitation, gui patin. Lettres, t. n, p. 616. Combien d'hommes qui sont forts contre les faibles, fermes et inflexibles aux sollicitations du simple peuple.... qui refusent les petits présents, qui n'écoutent ni leurs parents ni leurs amis, et que les femmes seules peuvent corrompre 1 la bruy. xiv. Il me semble que les sollicitations ne doivent avoir lieu dans aucun procès, volt Lett. la Michodiêre, (3 févr. 1763.

— HIST. xvr s. Tant pour ses raisons et pour la sollicitation que faisoient ceulx de Bouvynes, COMM. II, 1 . Par ses solicitations deceptives, il emmena folier par lepaïs Hubinette, soeur de l'exposant, DU CANGE, follis.

— ÉTYM. Lat. sollicitationem , de sollicitare, solliciter.

SOLLICITÉ, ÊE (sol-li-si-té, tée), part, passé de solliciter. || l" Excité. Chacun sollicité d'une noble colère.... du ryer, Scévola, n, 3. ||Fig. Les champs sollicités par les mains des Camilles.... ST-LAMB. Sais. n. Il 2° X qui on a adressé une demande. ^ Le ministre sollicité d'accorder cette grâce. Etant sollicité d'une telle princesse, Tout autre qu'Asdrubal eût manqué de promesse, MAiRET, Mort d'Atdr. ii, i.

SOLLICITER (sol-li-si-té), v. a. || l" Exciter à, pousser à, avec un nom de personne pour sujet. Solliciter à la révolte, ô mon Dieu I combien de fois m'avez-vous averti, sollicité, importuné d'entrer dans vos voies I mass. Mystères, Visitation. Il II se construit aussi avec de et un substantif pour régime. En exigeant de moi cette confession. Vous me sollicitez d'une lâche action, rotr. Bélis.i, 2. Leur amitié, leur bien, leur pouvoir, tout m'invite X prendre le parti dont je vous sollicite, la font. Filles de Minée. || Solliciter quelqu'un de son déshonneur, lui faire des propositions déshonorantes, lui demander de faire quelque chose qui le déshonorerait. Il 2° Émouvoir, porter à, avec un nom de chose pour sujet. La concupiscence rebelle sollicite l'âme au contraire [de la chose commandée], pASC. Prov. IV. Si Henriette de France eut de la joie de régner sur une grande nation, c'est parce qu'elle pouvait contenter le désir qui sans cesse la sollicitait à faire du bien, boss. Reine d'Anglet. L'humilité de la reine la sollicite à venir prendre part aux abaissements de la vie religieuse, m. Mar.- Thér. Quels sont les transports des amis de Dieu, sentant l'amour-propre en eux-mêmes, qui, par toutes sortes de flatteries, les sollicite de rompre avec Dieu? id. 2* panég. St Fr. de Paule, t. L'amour pour moi vous sollicite; Et je vois que vous me quittez, quin. Isis, ii, 2. Tout me sollicite en votre faveur, tout me presse de letourner à vous, 6 mon Dieu, mass. Panég. Sainte Agnès. Il Avec de et un substantif. La mer a moins de vents qui ses vagues irritent. Que je n'ai de pensers qui tous me sollicitent D'un funeste dessein, malu. v, 21. Je crois que vous avez pour moi quelque bonté. Que d'un peu de pitié mon feu vous sollicite, uoL. D. Oarc. i, 3. || Absolument. Le théAtre aujourd'hui fameux par ton mérite, X ce noble plaisir puissamment sollicite, rotr. St Gen. i, 7. [j 8' Solliciter, sans régime indirect, meltr», en mouvement, en action. Une troupe d'amis chez mon Dère assemblée Sollicita mon &me encore toute

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troublée, CORN. Cid, nr, «.Enfin son charme inévitable [du vin] Sollicite un malin chanteur, béhano. Agent provoc. La voix du laboureur ou de l'enfant joyeux Sollicitant le pas du bœuf laborieux, lamabt. Harm. i, 5. |j Exercer une tentative de séduction. Darius sollicitait la fidélité des domesti.ques d'Alexandre, vaugel. Q. C. ni, 5. On me vient rapporter que vous avez de l'amour pour moi, et que vous faites des desseins de me soUiciter;j'en témoigne mon dépit, mol. C. Dond.n, 40. Mithridate avait l'art de solliciter les peuples, et de faire révolter les villes, montesq. Rom. 7. H Terme de manège. Solliciter un cheval, l'exciter à marcher, l'animer. || 4° Requérir, par une demande instante, quelqu'un de quelque chose. On l'a sollicité à faire cette démarche. Je l'ai sollicité de venir me voir. || On dit dans ce sens solliciter de, avec un nom de chose. Faire réponse en reine et comme le mérite Et de qui l'on me parle, et qui m'en sollicite, coRN.A'icom.m, (. J'ai cru faire assez de fuirl'engagementdontj'étaissollicitée, mol. 4m. mogn.iv, 7. Pour moi, madame, je vous sollicite de vos suffrages, pour obtenir celle [la princesse] que je souhaite, ID. Princ. d'Él. iv, (. Ne me refusez pas la grâce dont je vous sollicite,». l'Av. ii, 6. Mais vous, au lit de la mort, oserez-vous présenter à Jésus-Christ vos fatigues et les désagréments journaliers de votre emploi 7 oserez-vous le solliciter d'une récompense ? mass. Pet. carême, Drapeaux. Il Requérir, par une demande instante, quelque chose de quelqu'un. Solliciter les bons offices de quelqu'un. Solliciter une audience. On ma dit que vous sollicitiez de demeurer sur la frontière cet hiver, sÉv. à Bussy, 25 nov. (666. Il ne l'avait point sollicitée [une place], et on crut qu'elle lui en était mieux due, fonten. Bourdelin. || 5° Solliciter une affaire, faire les démarches nécessaires pour qu'elle ait un heureux succès. Il [un homme distrait] sollicita l'autre jour un procès à la seconde des enquêtes; c'était à la première qu'on le jugeait, SÉV. 48. Ceux qui venaient rendre compte des affaires publiques ou solliciter leurs affaires particulières, fléch. Hist. de Théodose, a, 2. Il prend soin de leurs affaires, sollicite leurs procès, et voit leurs juges, la bruy. m. Le principal sujet de ma lettre est de vous remercier de la bonté avec laquelle vous êtes entrée dans l'affaire dont M. d'Argental vous a parlé; il me mande que vous voulez bien la solliciter auprès de Mme la duchesse d'Enville,voLT.LeK. JfmcduZ'e/T'ant, 24 nov. «774. || Solliciter ses juges, son rapporteur, les prier d'être favorables. Celui qui sollicite un juge ne lui fait pas honneur, LA bruy. xiv. Solliciter un juge 1 il ne faut pas être misanthrope, il suffit d'être honnête homme pour n'en rien faire; car enfin, quelque tour qu'on donne à la chose, ou celui qui sollicite un juge l'exhorte à remplir son devoir, et alors il lui fait une insulte, ou il lui propose une acception de personnes, et alors il le veut séduire, J. J. ROUSS. Lett. à d'Alemb. \\ Absolument. En parlant des places, des faveurs qu'on demande, des affaires dont on poursuit l'issue, des procès. Il ne fait que solliciter. Philinte : Mais qui voulez-vous donc qui pour vous sollicite? — Alceste: Qui je veux? la raison, mon bon droit, l'équité, mol. Misanthr. i, (. Pomenars est toujours accablé de procès criminels.... il sollicitait l'autre jour à Rennes, SÉV. 68. Un cousin.... Veut qu'encor tout poudreux, et sans me débotter. Chez vingt juges pour lui j'aille solliciter, boil. Épît. vi. || 6" 11 se dit des besoins qui se font sentir. Que fait l'oiseau guerrier et vorace, après s'être emparé de sa proie? il regagne le sommet de son roc, pour n'en descendre que quand il sera de nouveau sollicité par le besoin, BAïNAL, Uist. phil. \, 1. 1| Déterminer quelque mouvement dans le corps, dans un organe. Tel médicament sollicite l'estomac à se débarrasse de ce qui le surcharge. || 7* Exercer une action physique, en parlant d'une force. Dans son mouvement relatif autour de la terre, la lune est sollicitée par une force égale à la somme des masses de la terre et de la lune, divisée par le carré de leur distance mutuelle, laplace, Exp. iy,i. |i Fig. L'âme entière frémit en contemplant tant de néant et tant de grandeur ; lorsqu'on cherche une expression assez magnifique pour peindre ce qu'il y a de plus élevé, l'autre moitié de l'objet sollicite le terme !• plus bas pour exprimer ce qu'il y a de plus vil, chateaubr. Génie, iv, ii, 9. || 8* Sollic» ter un malade, lui donner des soins (emploi aujoui d'hui tout à fait inusité). Ayant été requis pai M. de Hontgeron.... de rechercher dans nos jour naui le temps où nous avons sollicité Mlle Garniei

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la cadette dans une maladie qu'elle eut dans le cours de l'année nai, Certi/xcat de médecin, dans MATHIEU, }list. des miraculés et des convuls. de Sl-Médard, p. «49, éd. de <804.

— KEM.SoUicilersuivi d'un infinitif prendàou de.

— IIIST. XIV* s. Il tramistrcnt leur legaz i solliciter les pueplcs des Latins à mouvoir guerre encontre les Uouinains, uf.rcueuhb , f' 35, recto. Qui se mouvruit à solliciter et à troubler Testât, ID. f" 67 verso. Li tribuns ne cessoient d'esmouvoir et de solliciter le pueple, que, Uissies les ruines de Rom.e [après le sac par les Gaulois], il s'en alast à Veiç3,iD. f" H6, verso. Il [les tribuns] saillirent avant enconcions publiques pour solliciter les courages des peuples, id. f° 96, verso. \\xv s. Le roy le sollicitoit que il se mist aux champs, comm. iv, ♦. Il XVI' s. Deflend ladite chambre à tous médecins, chirurgiens, barbiers, apothicaires, gardes dj malades et autres, qui auront visite, gardé, pansé, servi ou sollicité au mal desdits pesti ferez, de communiquer avec autres, Ordonn. des rois de Fr. t. II, p. 385. La beaulté de l'acte en soy estoit ce qui plus le sollicitoit et l'esguiUonnoit, amyot, Pélop. 57. Au second appareil et autres suivans, je fus sollicité [soigné] de mes compagnons et amis, chirurgiens jurés de Paris, paré, xiii, 26. Un abbé de moyen aage, estant en ceste ville pour solliciter un procès, sollicita pareillement une femme honneste de son mestier pour deviser une nuict avec elle, id. xxni, 36. Ils [Ciccron et Pline le jeune] sollicitent, au sceu de tout le monde, les historiens de leur temps de ne les oublier en leurs registres, mont, i, 287. Je ne nye pas qu'il ne soit bonne raison de le solliciter; mais de l'importuner trop est contre toutes bonnes meurs, palsgh. p. 029.

— ÉTYM. Provenç. soUicitar ; espagn. solicitar ; ital. soUicitare, soUecitare: du lat. sollicitare, de solus ou soUus, entier, et citare, exciter (voy. citer). Solliciter est de formation du xiv siècle ; la forme ancienne est soucier (voy. ce mot), et c'est le sens de soucier ancien, qui, pénétrant dans solliciter, lui avait fait attribuer, entre autres sons, celui de soigner, prendre soin d'un malade.

SOLLICITEUR, ECSE (sol-li-si-teur, teû-z'), s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui sollicite, postule pour soi ou pour autrui une grâce, une place, une faveur, etc. Je m'en vais en être la solliciteuse auprès du père de la Chaise, maintenon, Lett. au card. de fi'oailles, (8 mai <696. Il avait donné au roi son confesseur, que tous les solliciteurs de bénéfices appelaient le chef de l'Église gallicane, VOLT. VIngénu, ch. tî. Mais avoir à braver le sourire ou les larmes D'une solliciteuse aimable et sous les armes, pir. Métrom. m, 9. || Fig. Si mon livre est bon, il sera mon solliciteur auprès do vous, BALZ. Liv. VI, lett. a. || 2° Se dit de celui, de celle qui sollicite un procès, une affaire pour soi ou pour autrui. Ou, d'un nouveau procès hardi solliciteur. Aborder sans argent un clerc de rapporteur, BOiL. Lutr. m. Ira-t-il faire le solliciteur chez les juges? 1. j. houss. Ém. iv. || Fig. Autres fourberies tyranniques, dont les jésuites sont les solliciteurs en ce siècle maudit et pervers, gui PATIN, Lett. t. Il, p. 231. Rappelez en votre mémoire.... celte paix fortunée dont il [M. leTellier] fut le solliciteur et, pendant le traité, le dépositaire, FLÉcii. le Tellier. || 3° En particulier, celui qui est chargé de solliciter les affaires, les procès (i'autrui. Il envoya chercher un solliciteur de procès qui demeurait dans son voisinage, lesage, Guxm. d'Alf. IV, 74. Un solliciteur de procès (je ne puis l'appeler autrement puisqu'il sollicite).... achète ce procès de votre grand'mère pour la somme de cent quinze mille livres, votT. Pol. et lég. Probabilités en justice, intervention. \\Pig. Je me trouve depuis vingt-cinq ans solliciteur de l'intérêt public, mais sans crédit et par conséquent fort peu utile au public présent, l'abbé de st-pierre, dans Rev. des deux Mondes, i" févr. <809, p. 500.

— HIST. XV s. M* Jean Chappelles, solliciteur fréquentant audict Bourdeaulx, fr. michel, Hist. du comm. et de la navig. à Bordeaux, 1. 11, p. 300. Il XVI* s. Ne pourront lesdits greffiers et tous autres etleurs clercs exiger uy prendre des parties, leurs procureurs et solliciteurs , aucune chose plus avant qu'il ne leur est taxé par les ordonnances dernières, Coust. gén. t. 11, p. 980.

— ÉTYM. SoWict<er; provenç. sollicitador; espagn. tolicitador ; ital. sollicitatore, sollecitatore.

àOLLiCITUOE (sol-li-si-tu-d') , t. f. \\ 1" Soin plein de souci. Celte affaire lui cause beaucoup de sollicitude. Chrysalo : Et vous n'avez nul soin, nulle sollicitude Pour. ... Philaminte : Ah 1 sollicitude à

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mon oreille est rude ; Il pue étrangement son ancienneté, MOL. Fem. sav. Il, 7. Pour peu qu'on cesse d'avancer [dans la voie de la perfection], on est entraîné ; ce qui oblige i. une sollicitude qui ne se relâche jamais, boss. Et. d'oraii. vi, 28. Le cardinal do Fleury, dont la sollicitude ministérielle s'étendait jusqu'aux plus petits objets et peut-être y mettait quelquefois une importance qu'ils n'avaient pas, d'alemb. Éloges, Cardin, de Soubise. Il Terme de l'Ecriture. Les sollicitudes du siècle, le soin des affaires temporelles. || 2* Soin plein d'affection. Une sainte et religieuse sollicitude qui fait le caractère propre do tout homme préposé à la conduite des autres, rollin. Traité des Ét.yt, II, 4. L'cvêque n'imposait les mains sur des hommes éprouves, que pour se décharger sur eux d'une partie du fardeau et du détail de la sollicitude pastorale, mass. Confér. Fuite du monde. La sollicitude maternelle ne se supplée point, j. j. RODSS. Ém. I. La seule singularité qu'on ait pu observer dans sa vie privée était l'excès auquel il portait la sollicitude paternelle, condohcet, Bertin.

— REM. On voit par l'exemple de Molière que, de son temps, les puristes regardaient sollicitude comme un mot vieux et hors d'usage ; il est aujourd'hui plein de vie.

— HIST. XIII* s. Choses qui sont de grant estude et sollicitude et travail, brun, latini. Trésor, p. 328. Il XIV* s. Lorsqu'il plaist à Dieu d'envoier aux rois la maladie de la mort, il convient qu'il soient sans aucune cure ou solicitudc affliclive ou angoisseuse des faiz de cest siècle, Charles V, dans Ordonn. des rois de Fr. t. vi, p. 49-54. Nature humaine de laquelle Dieu a especial sollicitude et cure, 0RESME, Thèse de meunier. || ivi* s. Il n'est vol que de pigeon, quand il ha petitz, pour l'obstinée sollicitude en luy par nature pousée de recourir et secourir ses pigeonnaulx, rab. Pant. IV, 3. L'on estoit lors en grosse solicitude, bonivard, Chr. de Genév. iv, 30. L'oraison requiert la tranquillité, hors toutes affections charnelles et tous troubles de solicitudes terriennes, calv. Inst. 709. La solicitude [le soin] des poures a esté commise aux diacres, id. ib. 851. La prévoyance et solicitude de l'advenir, mont, i, (2. La solicitude de bien faire, id. i, 41. Les richesses ne valent pas une adverlence et solicitude pénible, m. iv, 79.

— ETYM. Provenç. sollicitut ; espagn. solicitud; du lat. sollicitudinem (voy. solliciter) .

t SOLMISATION (sol-mi-za-sion), s. (. Terme d'ancienne musique. Action de solmiser. La solmisation d'un morceau de plain-chant. || Solmisalion moderne, celle qui consiste à donner à chaque note un nom fixe et toujours le même.

t SOLMISER (sol-mi-zé), V. a. Ancien terme de musique. Chanter, lire un morceau do plain-chanl, en prononçant le nom assigné à chaque note par la méthode des muanccs ; c'est le même sens que solfier.

— ÉTYM. Sol, et mi.

SOLO (s6-lo), s. m. Terme de musique. Morceau de musique pour une seule voix, ou pour un seul instrument, avec ou sans accompagnement. Jouer un solo. Un solo de harpe. Un solo do ténor. Un beau solo. |] Adjectivement. Un violon solo. Une flûte solo. Il L'Académie écrit au pluriel des solo ; mais des grammairiens réclament contre cette décision, et demandent qu'on écrive des solos, puisque l'Académie elle-même écrit des duos, des trios. Quelques-uns disent, au pluriel, des soli : Un tel chantera les soli.

— ÉTYM. Ital. solo, seul.

t SOLON (so-lon), s. m. Le deuxième des sept sages de la Grèce et le législateur d'Athènes (038- 558 avant J. C). || Il se dit quelquefois pour législateur. Nos Solons ont décidé que.... En quoi étaitil nécessaire qu'on coupât la main et la langue au chevalier de la Barre, qu'on l'appliquât à la torture ordinaire et extraordinaire, et qu'on le brûlât tout vif? telle fut la sentence prononcée par les Solons et les Lycurgues d'Abbeville, volt. Dict. phil. Supplices, 1.

SOLSnCE (sol-sti-s'), s. m. Terme d'astronomie. Temps oîi le soleil, étant le plus éloigné de l'équateur, parait stationnairo pendant quelques jours. Le solstice d'hiver arrive quand le soleil est au tropique du Capricorne, ce qui fait le jour le plus court de l'hiver; et le solstice d'été, lorsqu'il est au tropique du C»ncer, ce qui donne le plus long jour de l'été. Je ne sais par quelle condescendance pour les coutumes romaines il [Jules César] commença l'année au temps où elle ne commence point, huit jours après le solstice d'hiver, volt. Dict phil. almanach. Dès le temps

SOL

de Jules César, le solstice civil, politique, fut fixé au 26 décembre; c'était 1 Rome une fête où l'on célébrait le retour du soleil, id. t6. ffoH. Ix!s points des équinoxes et des solstices étaient déterminés par le lever et le coucher des étoiles, baillt, Uiit. astr. anc. p. )bo. La première observation grecque, ou du me ■ * la plus ancienne qui ait été conservée, est col.v du solstice d'été, faite par Euctémon et par Méton l'an 432, m. «6. p. 220. En observant assidûment les solstices et les équinoxes, Hipparque s'aperçut aisément que ces points ne divisaient pas l'année en parties égales, ID. Ilitt. astr. mod. t. i, p. »«. Pourquoi connaît-il [l'animal] les vents et les marées^ les équinoxes et les solstices? cnATEAuen. Génie, i, v, 9. || Fig. Cet ordre heureux fit régner la justice, El fut pour nous l'époque et le solstice Du vrai bonheur, qui, depuis ces beaux jours. Fut de la terre exilé pour toujours, j. b. rouss. Àllég. n, 4. L'âge mûr, à son tour, solstice de la vie. S'arrête et sur luimême un instant se replie, delille, Imag. vi.

— ÉTYM. Lat. solslitium, de toi, soleil, tlstitium, pour statitim, de stare (voy. stable).

SOLSTICIAL, ALE(sol-sti-si-al, a-l'), adj. Terme d'astronomie. Qui a rapport aux solstices. Points solsticiaux. Norwood, en («36, observa les hauteurs solsticiales à York et à Londres avec un sextant de cinq pieds de rayon, dailly, Hist. astr. mod. t. i, p. 342.

— ÉTYM. Lat. solstitialis, de solstitium, solstice. SOLUBILITÉ (so-lu-bi-li-té), s. f. Propriété en

vertu de laquelle un corps peut se dissoudre dans un liquide. La solubilité dans l'eau n'est pas une propriété inhérente et essentielle aux substances salines, bufe. ilin. t. m, p. 22). Leur solubilité [des sels] dépend évidemment de leur affinité pour l'eau et de leur cohésion; elle est en raison directe de la première et en raison inverse de la seconde, thenard, Traité de chim. t. Il, p. 292.

— ÉTYM. Soluble.

SOLUBLE (so-lu-bl'), adj. || 1* Qui peut être résolu. Problème soluble. || 2' Qui est susceptible de se dissoudre dans un liquide. Lagaraie enseigna l'art d'extraire les matériaux solubles par l'eau froide appliquée aux végétaux très-divisés à l'aide du mouvement communiqué par les moussoirs, et à en obtenir des principes non altérés, fourcrot, Conn. chim. t. vu, p. 39. || Corps solubles, ceux dont la force de cohésion n'est pas assez puissante pour résister à l'action dissolvante des fluides avec lesquels on les met en contact.

— HIST. xiu* s. Mi fait, ce dist, sunt tuit soluble [susceptibles de périr], Tant ai pooir povre et obnuble Au regartde la grant poissance DeDiei... la Rose, (9271.

— ÉTYM. Lat. solubilis, de îoJi-ere (voy. solution). f SOLUTÉ (so-lu-té), s. m. Terme de pharmacie.

Liquide nouveau résultant de la dissolution d'un solide dans un premier liquide.

— ÉTYM. Lat. solutus, dissous.

t SOLUTIF, IVE (so-lulif, ti-v'), adj. Qui a la vertu de dissoudre, de résoudre.

— HIST XVI* s. Par médecines propres et dédiées à telle chose, comme sont les solulifs, paré, x, 2.

— ÉTYM. Voy. solution; provenç. tolutiu; ital. et espagn. solulivo.

SOLUTION (so-lu-sion; en vers, de quatre syllabes), J. m. Il i* Proprement, décomposition d'un corps; sens latin qui n'est pas usité. || Terme de chimie. Action d'un liquide sur un solide, dont le résultat est que ce dernier prend lui-même la forme liquide, jj Le liquide qui résulte de cette action. Les sels doubles, même de nature tout à fait différente, ne peuvent être obtenus purs, lorsqu'ils cristallisent avec d'autres dans une même solution, beudant, Irutit. Uém. scienc. t. VIII, p. 227. La salure en est [du lac Asphaltite] beaucoup plus forte que celle de la mer, et elle produit sur les lèvres l'effet dune forte solution d'alun, CHAïEAUBR. /(in. part. 3. || Affinité de solution, faculté que possèdent certains liquides de se dissoudre l'un dans l'autre. || 1* Division, séparation des parties; on ne le dit guère que dans cette locution : solution de continuité. || Fig. Vous me demandez ce qui a fait cette solution de continuité entre ta Farc et Mme de la Sablière : c'est la bassetle, sÉv. 14 juillet (080. Comme il n'y a que de grandes maladies qui fassent solution de continuité dans la mémoire, il n'y a guère que de grandes passions qui la fassent dans les mœurs, J. J. ROUSS. Ém. V. Il Solution de continuité, nom collectif donné, en ciiirurgie, aux plaies, aux fractures, et, en général, à toutes les divisions det

SOM

parties auparavant couliniies. || 8° Dénoûment d'une difficulté. Cet argument [tiré des paroles de Jésus-Christ : ceci est mon corps] tourmentait Zwingle; il y cherchait une solution, Boss. Yar. 8. Les solutions les plus élevées, les plus hardies et les plus inespérées naissaient sous leurs pas, rONTEN. Leibnitx. J'avais déjà le malheur de faire un système [sur la question pourquoi la lune et le soleil paraissent plus grands à l'horizon], lorsque la solution mathématique de ce problème par M. Smith me tomba entre les mains, et m'épargna les erreurs d'une hypothèse, volt. Phil. Newt. n, 6. J'avoue que tout cela [sur la prévision de Dieu] me paraît très-hasardé, et que c'est un aveu plutôt qu'une solution de la difficulté, in.Lett. au Pr. roy. de Pr. 23 janv. 473S La solution d'une question difficile dépend quelquefois de la manière de la poser, J. j. Rouss. Ém. v. En mathématiques, on entend par une belle solution, la solution simple et facile d'un problème difficile et compliqué, di- DER. Itech. phil. sur le beau. Sa solution [de Newton] du problème de la précession des équinoxes, quoique fort ingénieuse, et malgré l'accord apparent de son résultat avec les observations, est défectueuse à plusieurs égards, laplace, Exp. T, B. Il II se dit aussi de ce qui termine une affaire quelconque. Il fallait une solution. Cet événement est une solution. || 4° Terme de jurisprudence. Payement final. Jusqu'à parfaite solution et payement, ou, simplement, jusqu'à parfaite solution. || 6°Terme de médecine. La solution d'une maladie est sa terminaison, accompagnée ou non de phénomènes critiques.

— HIST. x:v' s. Environ la solucion des poins [l'action de défaire les points de suture] deux choses sont à entendre, u. de mondeville, f° 43. Il fu dit devant qu'est solucions de continuité, ro. f° 79, verso. Pour la response et solucion de la question maintenant proposée, oresme, Éih. (54. ||xvi's. La solution d'unité ou de continuité, en la chair est nommée playe, en l'os fracture, et ainsi des autres, paré, Introd. 20. Quant aui oppositions et arguments [de ceux qui condamnaient les sorciers] ....je n'en ay point senty qui m'attachent, et qui ne souffrent solution tousjours plus vraysemblable que leurs conclusions, mont, iv, (87.

— ÉTVM. Provenç. solulion; espagn. solucion; ital. soluzione; du latin solutionem, do solutum, supin de solvere, que des étymologistes regardent comme composé de se, indiquant séparation, et luere, délier, laver, efi"acer.

SOLVABILITÉ (sol-va-bi-li-té), s. f. État d'une personne solvable. Le crédit ne roulant que .«ur la solvabilité du sujet qui s'en sert, boisguillebert, Dét. de la Fr. supplément.

— ÉTYM. Solvable.

SOLVABLE (sol-va-bl'), adj. Oui a de quoi payer. Si toutes sortes de gens solvables sont reçus aux enchères.... vauban, Dime, p. 207.

— iilST. XVI' s. Il donna à perpétuité 2369514 nobles à la rose, de rente foncière, indemnes, amortyz et solvables [payables] par chascun an à la porte de l'abbaye, rab. Garg. i, 63.

— ÉTVM. Mot fait du latin solvere, payer, comme li l'on en avait tiré le verbe solver, d'où solvable, comme exprimable, d'exprimer.

i SOMASCÉTIQUE (sô-ma-ssé-ti-V), s. f. Exercice du corps, synonyme de gymnastique.

— ETYM. 1(5(1(1, corps, et àsxeïv, exercer (voy. ascète).

t SOMASQUES (so-ma-sk'), *. m. pi. Religieux de la congrégation de Saint-Maîeul, fondés en (540, et ayant pour occupation d'instruire les enfants.

— ÉTYM. Somasque, lieu entre Milan et Bergame. t SOIIATIQUE (sô-ma-ti-k'J, adj. Terme didacti*-

que. Qui appartient au corps. || Doctrine somatique de la folie, doctrine qui attribue la folie non à des causes psychiques, mais à des lésions matérielles du système nerveux.

— ÉTYM. £u[i.xTixo(, de (rû(ia, corps.

+ SOXIATISTE (sô-ma-ti-sf), s. m. Médecin partisan de la doctrine somatique de l'aliénation mentale.

80MAT0L0GIE (s6-ma-to-lo-jie), s. f. Terme de médecine. Traité du corps humain.

— ÉTYM. Sùua, corps, et îiôfo;, traité.

t SOMATOLOGIQUE (sô-ma-to-lo-ji-k'), adj. Oui appartient à la somatologio.

t SOMBOUL (sonboul), t. m. Nom de la racine d'une ombelhfère qui nous arrive par la Russie.

t SOMBRAGE (son-bra-j'), s. m. Terme rural! Premier labour donnée la vigne.

— ÉTYM. Sombrer 2.

SOMBRE (son-br"), adj. || f Qui retoit peu de

SOM

lumière, peu éclairé. Une chambre sombre. Oh 1 qui m'arrêtera sous vos sombres asiles I la font. Fabl. XI, 4. Et le temps aujourd'hui Est sombre : tout cela me donne un peu d'ennui, colun d'iiar- LEviLLE, Vieux célib. n, 2. J'aimais le befl"roi des alarmes.... Les vitraux éclatants ou sombres, v. HUGO, Odes, II, 3. Il II fait sombre, le temps est sombre. Il Fig. Dites le vrai, monseigneur, ne fait-il pas plus sombre à Munster, depuis que Mme de Longueville n'y est plus? VOIT. tett. )05. Il II fait sombre dans cet appartement, cet appartement est peu éclairé. || Fig. Que son intelligence est épaisse, et qu'il fait sombre dans son âme 1 MOL. Préc. 6. Il Terme d'eaux et forêts. Coupe sombre, voy. COUPE l,n* 2. jj Substantivement. Ne faire qu'apparoir dans sa maison, s'évanouir et se perdre comme un fantôme dans le sombre de son cabinet, LA BRUY. VII. Les Juifs avaient le goiit du sombre et du grand dans leurs édifices, chateaudr. Itin. part. 4. || 2° Qui est d'une teinte plus ou moins brune ou noirâtre. Cet oiseau a un plumage sombre. La gorge et tout le dessous du corps jusqu'aux jambes, d'un roux sombre moucheté de brun, BUFF. Ois. t. vu, p. 258. Les airs étaient sereins ; des soleils radieux Semaient de leurs traits d'or le bleu sombre des cieux, st-lamb. Sais. iv. Il Couleur sombre, couleur peu éclatante et qui tire sur le brun. || Lumière sombre, lumière qui éclaire mal. Quand de sombres clartés qu'on ne discerne pas Attirent dans le bois et ses yeux et ses pas, BRÉBEUF, Phars. vi. Déjà le jour plus sombre. Dans les eaux s'éleignant, va faire place à l'ombre, boil. Lutr. n. || Fig. Du chagrin le plus noir elle [Esther] écarte les ombres. Et fait des jours sereins de mes jours les plus sombres, bac. Esth. Il, 7.113" Obscur, ténébreux. Impitoyables sœurs. Parques dont les ciseaux S'acquièrent chaque jour des triomphes nouveaux. Fleuves toujours brûlants, demeures toujours sombres, bré- BEUF, Phars. vi. Dès que la nuit plus sombre Aux crimes des mortels viendra prêter son ombre, volt. Zaïre, rv, 7. La sombre éternité, sans terme dans son cours. Enveloppait le temps qui mesure nos jours, BERNis, Relig. veng. i. \\ Par extension. Leurs jours les plus brillants [des riches] ont les plus sombres nuits ; Souvent mille terreurs y jettent mille alarmes, corn. Imit. m, <2. ||Fig. Obscur, difficile à comprendre. 11 est certains esprits dont les sombres pensées Sont d'un nuage épais toujours embarrassées, boil. Art p. i. Si elle [l'étude de l'histoire ancienne] se bornait à la stérile connaissance des faits de l'antiquité et à la sombre recherche des dates et des années où chaque événement s'est passé, rollin, Ilist. anc. Préf. \\ Poétiquement. Les sombres bords, les royaumes sombres, les rivages sombres, les enfers, le séjour des morts, suivant la croyance des anciens. Il a vu le Cocyte et les rivages sombres, rac. Phèdre, ii, 4. Puisque Thésée a vu les sombres bords. En vain vous espérez qu'un dieu vous le renvoie, ID. ib. II, 6. Il 4° Fig. Sur qui il ne luit aucun rayon de joie, de vivacité, de satisfaction. Et Sextus devenu tout sombre et tout confus, brébeuf, Phars. vi. Et nous avons passé tout ce temps en récits Capables d'affliger les plus sombres esprits, la font. FUI. de Minée. [L'envie] Du mérite éclatant cette sombre rivale, boil. Art p. iv. Philippe II n'avait jamais combattu ; il n'était après tout qu'un tyran laborieux, sombre et dissimulé, volt. Mœurs, (74. Il [Leibnitz] était sombre, et passait souvent les nuits dans un fauteuil, dider. Opin. des ane. phil. (Leibnitzianisme). Le reste du jour il fut silencieux et sombre, stael, Corinne, xx, 2. || Il se dit des choses. Que son visage est sombre et plein d'émotion! corn. Poli/, ni, 2. Zoon plaisait aux yeux.... Son peu d'esprit, son humeur sombre Rendaient ces talents mal placés, la font. Filles de Minée. Voilà les vraies réfiexions d'une personne qui passe une partie de sa vie seule dans de grands bois, où les réflexions ne peuvent être que sombres et solides, sÉv. (9 juin (oso. Le vice toujours sombre aime l'obscurité, boil. Ép. ix. Quel est ce sombre accueil et ce discours glacé? RAC Bajaz. m, 6. Enfin, depuis deux jours, la superbe Athalie Dans un sombre chagrin parait ensevelie, ID. Athal.i, (. Quelques philosophes en Angleterre, sous la sombre administration de Cromwell, s'assemblèrent pour chercher en paix des vérités, volt. Louis XIY, 3(. La fureur de la guerre civile [en Angleterre] était nourrie par cette austérité somhre et atroce que les puritains affectaient, ID. ib. (80. U y a dans ce sujet [le Paradis perdu] je ne sais quelle horrp-v ténébreuse, un su-

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blime sombre et triste qui ne convient pas mal i l'imagination anglaise, id. Ess. poés. ép. 8. Son silence n'avait rien de sombre ni de désobligeant, M"" hiccoboni, Œuv. t. m, p. 3S4, dans podgens. Honte à toi, femme à l'œil sombre. Dont les funestes amours Ont enseveli dans l'ombre Mon printemps et mesbcauxjourslA.DEML'ss.taJVui(d'oc(. Je tebannisde mamémoire, Rcsted'unamourinsensé, Mystérieuse et sombre histoire, lo. ib. || Substantivement, Le sombre, tristesse, mécontentement. Dès que le roi fut assis, il remarqua promptement le sombre qui y régnait [dans le conseil), st-sim. 2C3, (B. Il 5" Terme de musique. Voix sombre, voy. soMimÉE. Il 6 S. m. Sombre à deux raies, espèce de couleuvre.

— iiiST. xiii' s. Des maus qu'el [la luxure] fet ne sai le nombre ; La somme en est en une essombre. En une reculée obscure, ruteb. ii, 40. || xn's. Nous aurons de la phiye tantost, car le temps devient sombre soudaynement, palsgrave, p. e4». La sagesse qui a les siens [ses effets et ses fruits] doux, sombres, internes et peu visibles, charron, Sagesse, u. Préface. Celuy qui frappe autruy de sombre coup, sans sang.... Coust. gén. t. ii, p. 933.

— ÉTYM. Catal. espagn. et portug. sombra, ombre. On tire ce mot de sub-umbrare, supposant une forme so-ombrar ; le fait est que le provençal a sotz-umbrar, ombrager; il a aussi solombrar, dans le même sens, et l'anc. espagn. ofl're solombra, ombre, qu'on a interprété par le latin solit umbra, interprétation que Diez rejette, préférant y voir une altération de sotz-ombrar. Hais la forme française essombre donne un autre indice : elle représente ex-umbra, où ex a un sens de renforcement, comme dans exoine, dans esseuler, et signifie lieu obscur. Il se peut que sombre, qui est aussi substantif, n'en soit que la contraction. On trouve au xv siècle un adjectif sombreuse qui signifie triste, lugubre : Les menestriers encommencerent à bondir en sombreuse, en signifiance de desconfiture, Perceforest, t. iv, f° 57.

t SOMBRÉE (son-brée), adj. f. Terme de musique. Voix sombrée ou sombre, voix couverte, dont le caractère tient à ce que, quand elle se produit, le larynx vibre avec la plus grande dimension du tuyau vocal.

t SOMBREMENT (son-bre-man), adv. D'une ma nière sombre. C'est un homme [duc de Noailles] qui pense toujours sombrcmenl, profondément, à qui nul moyen ne coûte, st-sim. 3(7, (42. 11 [le régent] était si concentré de ce que nous venions de dire, qu'il passa assez sombrement à travers la foule des courtisans, id. 469, 238.

— HIST. xvi° s. Selon l'ordre et la police universelle du monde, quietement, doucement et ainsi sombrement et obscurément, sans bruit, comme le batteau qui n'est poussé que du fil et du cours naturel et ordinaire de l'eau, charron, Sagesse, ii, 3.

(. SOMBRER (son-bré), v. n. Terme de marine. Se renverser tout à fait, étant sous voiles, et périr des suites de ce mouvement qu'on n'a pu ni prévoir ni arrêter. Ce navire a sombré sous voiles. Comme un navire en feu qui sombre à l'horizon, lamart. Ilarm. u, 2. ||Ilse conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. XVI* s. Sombrer [rendre obscur), cotgrave.

— ÉTYM. Sombre. Le terme de marine parait être une figure où l'on représente le navire qui s'abîme comme entrant dans l'ombre.

t 2. SOMBRER (son-bré), v. a. Terme rural. Donner la première façon à la vigne. || Labourer un champ, donner le premier labour, en parlant des jachères. Il est d'usage de sombrer les terres for- ■ tes en avril, genlis, Maison rust. i. ni, p. 287, ' dans poUGENS.

— H1.st.xiv' s. Les terres qui seront sombrées ou curtivées devant la semaille, no cange, sombrum.

— Kl'YiM. Poit. labourer sombre, labourer peu profondément. Le bas-latin a sombrum, signifiant la saison où l'on fait le premier labour; c'est sans doute l'allemand Sommer, belle saison.

f SOMBRERO (son-bré-ro), s. m. Nom du chapeau en espagnol; on le trouve quelquefois dans des écrits relatifs à l'Espagne.

— ÉTYM. Espagn. sombra, ombre, t SO.MMAGER (so-ma-jé), v. a. Placer sur une

futaille des cercles appelés sommiers.

t SOMMAIL (so-mall. Il mouillées), t. m. Terme de marine. Écueil dans une passe ; terrain élevé sous l'eau qui ne laisse pas assez de profondoux pour le passage d'un grand bâtiment.

— £TYU. Dérivé de somme 4.

SOiM

SOM

SOM

SOMMAIRE (so-mê-r*), adj. || !• Exprima, exposé en peu de mots. Réponse, traité, discours sommaire. ||Fig. et par plaisanterie. Do taille sommaire, tr6s-petit, en parlant d'un homme. Il a pour médecin pris un apothicaire Pas plus haut que ma jamhe et de taille sommaire, regnard, le Lég. i, t.||2- Terme de procédure. Matières sommaires, alTaires qui doivent élre jugées prompteraciit. Il Kxéculion sommaire, exécution qui n'est précédée d'aucun jugement. || 3' S. m. Extrait, abrégé, résumé. Là-dessus, de la pibce il m'a fait un sommaire, mol. Fâch. i, t. Votre ministre [Jurieu) s'élfeve contre moi, sur ce que je dis : que ces peuples étaient sauvés sans qu'on imposât autre cliose que le sommaire de la foi dans le Symbole des apôtres, Boss. 2* instr. past. 123. A|)rès avoir commencé sa vie par un sommaire de ses divers exploits, iiamilt. Gramm. l. On doute avec fondemsntque Icscpitomes ou sommaires qui sont i la této des livres de Tite-Live soient de Klorus, ROLUN, //lit. anc. t. XII, p. 280, dans polgens.

— IMST. xiv s. Complainte en cas de propriété, si est la sommiere et dernière manière et forme de requérir droict sur aucun héritage dont on seroit de longtemps despointé, bouteii-ler. Somme rural, lit. 32, p. 20), dans lacukne. Suit le grant esclaircissement Et meilleur applanissement De ce qu"avois-jo en mon sommaire Par trop bricf laissé de raPTaire, Tt. d'alch. 903. || xvi* s. Tel fut le sommaire de la harangue généreuse que prononcea lors /ïmilius devant le peuple romain, a.\iïot, P. Ém. 59.

— ËTVM. Provenç. sommari; espagn. sumario ; ital. sommario; du lat. summarium, abrégé, sommaire, lie suinma, somme (voy. somme 2).

SO.M.MAnii:Mi;NT (so-mê-re-man), adv. D'une manière sommaire, en peu de paroles. Auprès du grand marché [à Mexico] était un palais où l'on rendait sommairement la justice aux marchands, comme dans la juridiction des consuls do Paris, qui n'a été établie que sous le roi Charles IX, après la destruction de l'empire du Mexique, volt. Mœurs, (47. Leibnitz n'a exposé son système que fort sommairement; pour en avoir la clef, il faut chercher dans plusieurs de ses ouvrages, condil. Traité des sijst. ch. 31.

— illST. XIV s. Se eux se complaignent de ceux qui se sont entremis des impositions au temps passé ou d'aucuns de nos officiers, faites leur sommeremcnt et de plain ester tous houquez [difficultés], fuites et cavillations, Ordonn. des rois, t. n, p. 658. Il XV' s. Avise toi sommairement, Qne fols consauls [conseil] no te déçoive, froiss. Poésies mss. p. 34, dans lacuhne.

— KTYM. Sommaire, et le suffixe ment; provenç. jum7nariameïi; espagn. sumariamente ; ital. sommariamente.

t S0.>1MATEUR (so-ma-teur), s. m. Celui qui fait une sommation. Il répondit auxsommateurs....

i. SO.M.UATIOX (so-ma-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. || 1° Action de sommer. Cette forteresse capitula à la première sommation. Les trois sommations qui précèdent l'emploi de la force armée contre les attroupements séditieux. J'ai toujours mandé qu'on ne trouverait jamais d'huissier qui osât faire une sommation au greffier du parlement toulousain, après que ce parlement a défendu si sévèrement la communication des pièces, c'est-à-dire de sa honte [condamnation de Calas], VOLT. Lett. d'Argental, 4 août <762. || Fig. Je me rends à la première sommation que vous me faites, BALZ. liv. VII, lett. 5. Il 2- Acte par écrit contenant la sommation faite en justice. Voilà les trois sommations qui lui ont été faites. Recevoir une sommation. Il Sommation respectueuse, acte extra-judiciaire qu'un fils de vingt-cinq ans ou une fille de vingt et un ans sont tenus de faire signifier à leurs père et mère ou à leurs aïeuls et aïeules, pour leur demander conseil sur leur mariage, lorsque ces parents n'ont pas donné leur consentement. La fille de St-Aulaye fit à sa mère des sommations respectueuses et se maria, st-simon, toe, (99.

— HIST. XV' s. Si leur fit on sommation De vouloir la ville au roi rendre, martial de paris, dans le Dicl. de DocHEz.

— Etym. Sommer t.

2. SO.M.MATIO\ (so-ma-sion), s. f. Terme de mathématiques. Opération par laquelle on trouve la somme de plusieurs quantités en série. La sommation des suites. || Terme de physique. Sons de sommation (voy. son 3).

— ETYM. Sommer 2.

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