‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 135 sur 754 · SOMME · texte numérisé non relu

SOMME

SOMMEILLER (so-mè-Ué, Il mouillées, et non so-mè-yé), v. n. || 1° Dormir, être dans le sommeil. La nuit quand tout sommeille. Il élevait sa queue, il la faisait briller. Et cent mille autres badinages. Pendant quoi nul dindon n'eût osé sommeiller, LA font. Fabl. XII, ts. Le quartier alarmé n'a plus d'yeux qui sommeillent, boil. Lutr. iv. Lorsque tout sommeillait dans l'ombre de la nuit. LAiiARPE, Mélanie, i, 4.||Fig. Allez, où sont allés vos pères. Dormir auprès de vos aïeux ; De ce lit où la mort sommeille. On dit qu'un jour elle s'éveille, lamart. Méd. n, 4. Il 2» Particulièrement. Dormir d'un sommeil léger, d'un sommeil imparfait. Je ne dormais pas tout à fait; je ne faisais que sommeiller. On l'a interrogé [M. Fouquet] sur les octrois : il a fort bien répondu; pourtant il s'est allé embrouiller sur certaines dates, sur lesquelles on l'aurait fort embarrassé, si on avait été fort habile et bien éveillé ; mais, au lieu d'être alerte, M. le chancelier sommeillait doucement, siv. Lett. à Pompone, 24 nov. (004. Au prélat sommeillant elle adresse ces mots, boil. Lutr. i. Comme on voit sommeiller cette plie statue Qui montre, en nos

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jardins, Ariane abattue Posant sur un bras faille un front décoloré, p. lebrun, Voy. de Grèce, ii, 3. Il Par extension. Ne dis plus, ô Jacob, que ton Seigneur sommeille; Pécheurs, disparaissez; le Se'.gneur se réveille, rac. Athal. m, 7. || Fig. Censeur de ma chère paresse, Pourquoi viens-tu me réveiller Au sein de l'aimable mollesse Où j'aime tant à sommeiller? bernis, Ép(t. x. Paresse. \\ 8" Fig. 11 se dit de ce qui est dans un état d'inactivité, d'inertie. La nature sommeille. Ses passions sommeillaient encore. Dans l'erreur du soupçon votre raison sommeille, mairet, Soliman, ii, 7. Tantôt, dans un cylindre où l'homme l'amoncelle. Il [1« fiuide électrique] sommeille, il attend la rapide étincelle, deulle. Trois règn. i. Qu'ils renaissent pour vous ces heureux entretiens Où le choc fait jaillir la flamme qui sommeille, millev. Jalousies littér. Il 4° Fig. Se laisser aller à quelque négligence. Il n'y a guère d'auteurs qui ne sommeillent quelquefois. Il est temps que tu t'éveilles : Dans le sang innocent ta main va se plonger. Tandis que tu sommeilles, rac. Esth. m, 3. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— IllST. XII' s Sumeille la meie aneme [âme] pur ennui. Liber psalm. p. <84. Je dormi e si sumeillaj e relevai ; kar nostre sire me rescout, Àrch. des miss, scient, t. v, p. <45. Donez les moi [mes armes] por Dieu le droiturier ; Car trop laissons Berneçon sommillier; Or le rirons [nous irons de nouveau], se Dieu plaist, esveillier, Jt. de Cambrai, <49. ||xiii' s. Mère, de quoi me chastiez?

JSst-ce de coudre ou de taillier? Ou de filer ou de broissier? Ou se c'est de trop sommillier? Romancero., p. 54. Couchier s'en va, plus n'i atent, Semlie bien et fermement, Ben. <7B26. L'université qui lors iere [était] Endormie, leva la chiere; Du bruit du livre s'esveilla, N'onc puis gaires ne someilla, la Rose, <2032. N'ot point de couche appareillie. Ne dras de lin, ne oreiller, Â terre l'estut sommeiller, ruted. ii, 4)9. ||xvi's. Heureux quand je regarde Ses beaux yeux sommeiller, RONS. 489. [Caton] se renfonçant dans le lict, se remeit encore» à sommeiller, mont, i, 340.

— ÉTYM. Sommeil ;provenç. someillar, sonelhar, sonilhar; ital. sonnecchiare.

SOMMELIER, lËRE (so-me-lié, liè-r'), s. m. et f. Celui, celle qui dans une maison, dans une communauté, a la charge de la vaisselle, du linge, du pain, du vin , etc. || Chez un restaurateur, le sommelier n'est chargé que de la cave.

— HIST. xiV s. Sommeliers, barilliers, portebouts, aideurs et autres appartenant à l'eschançonnerie, du cange, sagma. Sommeliers du corps, des armeures et de la chambre, id. ib. Lorin du Buisson, sommelier des espices, id. ib. Raoul Baron, somelier de chandelerie, id. ib. \\ ivi' s. Il la maria à un sommelier d'eschansonnerie de ce jeune prince.... elle se mit en pension chez sa sœur la sommeliere, marg. Nouv. xlii.

— ÉTYM. Bas-lat. somarius, summularius, de suma, sauma, sagma, charge, faix (voy. somme 2).

SOJIMELLERIE (so-mè-le-rie), s. f. \\ !• Charge de sommelier. Il entend bien la sommellerie. Il 2° Lieu où le sommelier garde ce qui lui est confié. Les sommelleries, les offices, tout cela formait un spectacle dont la diligence et la propreté ravissaient d'admiration, st-sim. CO, 3.

— HIST. XVI' s. N'estant nostre mesnager si avant instruit en l'art de sommelerie, o. de serbes, 243. Je trempe mon vin plus souvent à moitié, parfois au tiei^ d'eau; et, quand je suis en ma maison, d'un ancien usage que son médecin ordonnoit à mon père et à soy, on mesle ccluy qu'il me fault, dez la sommelerie, deux ou trois heures avant qu'on serve, mont, iv, 294.

— ÉTYM. Sommelier.

4. SOM.MER (so-mé), V. a. Signifier à quelqu'un, dans les formes établies, qu'il ait à faire telle ou telle chose. On l'a sommé de payer. On sommait le seigneur devant bonnes gens, et on le faisait sommer par le souverain, dont on devait avoir permission , montesq. Espr. xxvm, 28. || Fig. Et n'allez point quitter, de quoi que l'on vous somme. Le nom que dans lacourvous avez d'honnête homme, Pour prendre, de la main d'un avide imprimeur. Celui de ridicule et misérable auleur, mol. Mis. i, 2. De pardonner je tous somme, Mes enfants, embrassez-vous, bérang. Jf<?n^<r. Il Sommer quelqu'un de sa parole, lui demander qu'il remplisse une promesse. Je vous veux sommer de votre parole, et vous faire souvenir de ce que vous avez fait devant cet autel, boss. 3' sermon, Purif. Ste Vierge. || Sommer une place, sommer le commandant de la rendre.

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L'apr^-dln je, H. d'Elboeuf somma la Bastille, bbtz, n, 2(2. M. de Rochefort demandait des dragons pour aller sommer et attaquer Utrcçht, pellisson, lett. hist. 1. 1, p. <so.

— illST. xm' s. El s'il avenoit qu'il laissas! les rentes à paier, li sires le pot sommer qu'il li paie dedens an et jor les rentes et les arrierages, beaum. xnv, (0. Et s'il n'en font ce qu'il doivent et qui appartient au resort, quant il en sont sommé soufisammcnt, on en potalerau roy, id. xi, «a. || xiv s. De vostre racnçon vous ne m'orrez sommer; Jà plus n'en paierez que vous voldrez nommer, Guesc. <3a4 1. Il IV* s. Et envoya encores autres messages pour le suffisamment sommer, et après pour le defier, FROiss. I, I, 65. Ilivi's Qu'il le sommoit

de le luy rendre entre ses mains, qu'autrement il lui denonçoit la guerre; ceulx qui furent presens à ceste sommation, cogneurent bien que Tigranes.... AMYOT, LucuU. 39.

— ÊTYM. Bas-lat. summare, dire en somme, et de là sommer. On l'a fait venir du lat. submonere, dont la signification est en effet plus voisine, mais qui donne non pas sommer, mais semoTtdre, semonner.

2. SOM.UtR (so-mé), V. a. Terme de mathématiques. Trouver la somme do plusieurs quantités. Sommer les termes d'une progression. Le grand livre de la dette publique sera sommé, arrêté et signé par trois commissaires de la convention ou du corps législatif, par.... Décret du 24 août 1793, art. 7.

— HIST. XV' s. Princes saiges est qui aprent. Oui parle pou et qui entent, Qui se taist et qui en soy somme Le parler d'autruy saigement, E. desch. Poés. mss. {' 359. Deux petits getoiers à compter et à sommer, du cange, summare. \\ xvi* s. Il demeura plusieurs jours à sommer aux poids et à la balance le trésor d'or et d'argent qui estoit au temple de la déesse de Hierapolis, amyot, Crass. i*. Mais un franc cœur se doit à ce sommer [borner] D'estre content.... marot, vi, 2B9. Et qui pourra les grains de l'arène sommer, Que l'eau de l'Océan lave aux bords de la merî baïf, Œuvres, p. 73.

— ÊTYM. Somme ); provenç. somar ; espagn. tumar; porlug. sommar; ital. sommart.

SOMMET (so-mè; le ( ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie ; des so-mè-z aigus ; sommets rime avec paix, succès, traits, etc.), s. m. || l°La partie la plus élevée de certaines choses. [L'or et les grandeurs] Véritables vautours que le fils de Japet Représente enchaîné sur son triste sommet, la font. Phil. et Bauc. Et ne savez-vous pas que, sur ce mont sacré [le Parnasse], Qui ne vole au sommet tombe au plus bcis degré? boil. Sat. ix. Ils montent au sommet de la fatale église, id. Lutr. m. Ô mont de Sinaî, conserve la mémoire De ce jour à jamais auguste et renommé, Quand sur ton sommet enflammé.... RAC. Athal. I, 4. Cet inconnu qu'on nommait Cléomènes avait erré quelque temps dans le milieu de l'île, montant sur le sommet de tous les rochers, et considérant de là l'espace immense des mers avec une tristesse profonde, fén. Tél. XXIV. Sur un rocher désert, l'effroi de la nature. Dont l'aride sommet semble toucher les cieux, 1. B. Rouss. Cantate, Circé. Plus la montagne est haute, plus son sommet est froid, volt. Phil. Newt. II, B. Les îles du cap Vert ne sont que des sommets de montagnes, buff. Hist. nat. Pr. th. terr. t. n, p. 207. Cet oiseau [le figuier à tète rouge] a le sommet de la tête d'un beau rouge, ID. Ois. t. IX, p. 416. La montagne [montagne de glace qui flotte dans les mers polaires] balance sur les fiots ses sommets lumineux et ses arbres de neige, ciiateaubh. G^n. ii, i, u. |{ Fig. Toil sois bénie à jamais I Eve qu'aucun fruit ne tente, Qui de la vertu contente Habites les purs sommets, v. hugo, Crépusc. 36. Il Poétiquement, le double sommet, le Parnasse, la poésie. || i° Fig. Il se dit de ce qui est le plus haut dans l'ordre moral, intellectuel. Voilà l'état où se trouve l'âme.... presque au sommet de la perfection, boss. Et. d'orais. ii, 5. Puisses-tu, de toi-même éternelle victime..,. Trouver sur le sommet de tes grandeurs stériles. Un plus afl'reui désert que ceux où tu m'exiles I c. delav. Paria, v, 5. || 3° Terme d'obstétrique. Présentation du sommet, la présentation de la tête du fœtus, dans le commencement de l'accouchement. || 4' U se dit quelquefois pour extrémité. Elle coupa le sommet des ailes de l'Amour, montesq. Céphis et l'Am. Il B» Terme de botanique. La partie supérieure d'une tige, d'une feuille, d'un pétale, etc. || Sommet du fruit, le point d'où le style tire son origine, et qui ne correspond pas toujours au sommet géométrique. Il Sommet se disait autrefoispour anthère. Il 6° Terme de zoologie. Sommet d'une coquille, le

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point par lequel elle commence i se développer. Il Sommet des élytres, la partie qui avoisine l'anus. Il 7* Terme de géométrie. Le sommet d'un angle, le point où se coupent les deux côtés. || Angles opposés au sommet, angles dont les câtés sont dans le prolongement les uns des autres. || Le sommet d'une courbe, le point où sa courbure, s'arrondissant symétriquement , en borne l'extension. Le sommet d'une parabole. || Sommet d'un triangle, l'angle opposé à la base. || Se dit de même de la pointe d'une pyramide.

— SYN. sommet, cime. Sommet est plus général que cime. Sommet se dit de toute partie la plus élevée; r'vae, des montagnes, des rochers, des grands arbres: la cime ou le sommet d'une montagne; mais le sommet de la tête et non la cime.

— HIST. XII' s. Lorssetraistrent ensemble Abner e si cumpaignon, e esturent serréement, cume en eschiele [en escadron], el sumet de une hogc. Rois, p. 427. Ilxiv's. Mais je te jur et te promet Qu'il estoit en si haut sommet D'honneur.... hachaut, p. <04. Et s'il y a femme qui gise [soit en couche]. Soit tantost ton enseigne mise Sur le sommet de la maison, ID. p. 4(5. ||xv' s. Et si avoit [le duc d'Orléans Jissassiné] deux grans plaies de taille en la teste, l'une au travers du front tellement que on lui veoit le servel, et l'autre derrière le sommet de la teste, Bibl. des ch. 6' série, t. J, p. 226. Il XVI' s. Qui en sçait les devoirs [de l'amitié] et les e.Terce.... il a attainct le sommet de la sagesse humaine et de noslre bonheur, mont, iv, (BI.

— ETYM. Dimin. de l'anc. franc, tom, qui signifiait le point le plus élevé, qui subsiste encore dans quelques noms de montagne, le grand Som, le petit Som, dans le Dauphiné auprès de la Grande- Chartreuse, et qui vient du latin «ummus, le plus élevé. Le diminutif provençal est somelh. Summus est pour sup-mus, superlatif de super.

(.SOMMIER (so-mié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, \'s se lie : des so-mié-z épais), >. m. Terme de finance. Gros registre où les commis inscrivent les sommes qu'ils reçoivent. Le sommier des aides, des gabelles. Payement inscrit au sommier, sur le sommier.

— ÊTYM. Somme (.

2. SOMMIER (so-mié ; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : les so-mié-z et leurs conducteurs), s. m. Il 1° Cheval de somme. On fit marcher la calèche et les sommiers qui portaient son dîner, pellisson, Lett. hist. t. i, p. 83. || Se dit aussi d'un mulet. Il 2"' Matelcis de crin piqué qui sert de paillasse dans un lit. Un traversin de coutil rempli de plume, un sommier de crin, Lett. etc. de Colbert, VII, 383. Il Par extension. Sommier élastique, matelas dont l'élasticité est due à un système de ressorts. Il 3' Sommier d'orgues, espèce de coffre ou réservoir, d'où le vent des soufflets se distribue dans les tuyaux. Ce sommier perd le vent, n'est pas bien clos. || 4' Pièce de bois où sont attachées les fiches qui servent à tendre les cordes d'un clavecin, d'un piano. ||B' Terme d'architecture. Pierre qui reçoit la retombée d'une voûte. || Pierre posée à plomb sur une colonne, à laquelle se rattache l'architrave. || Première pierre à chaque extrémité d'une plate-bande. || 6* Pièce de charpente qui sert de linteau à l'ouverture des portes, des croisées, etc. Un misérable qui n'a que ses bras pour vivre.... voit.... enlever les portes et les sommiers de sa maison pour satisfaire au surplus d'un impôt.... boisguillebert, Dét. de la Fr. supplément. Il Grosse pièce de bois qui soutient une construction très-lourde. || Traverse passant sur la tête des pieux, dans un pont en bois. || Pièce de bois qui soutient les poutres trop longues. || 7° Terme d'imprimerie. Pièces de bois qui servent à soutenir le poids ou l'effort d'une presse. || 8" Partie supérieure d'une jalousie. || 9' Pièce de bois sur laquelle un moulin tourne. || Pièce de bois qui porte une grosse cloche. Il 10' Terme de tonnelier. Sommier simple, l'avant-dernier cerceau de chaque bout, lorsqu'ils ne sont pas doublés; sommier double, lorsque ces deuxcerceauxsontdoubles.il U' Terme de serrurier. Traverse du bas de toute espèce de grille ouvrante ou dormante. || lî' Terme de marine. Pièce de bois qui borde, en haut, l'ouverture du sabord.

— illST. XI' s. Getet serez sur un malvais sumer, Ch. de Uol. xxkv. || xm' s. [Il] N'i ot sommier à coffres ne dras troussés en maie, Berte, xxvn. Si le fisent prendre à un escuier ei monter sour un soumier, et le menèrent avoec aus [eux] en un tournoi, Chr. de Rains, p. 84. || xv' s. El si n'eust esté le vicomte Roquebertin qui les rafraischit de gens d'armes el de soixante sommiers de vitaille,

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[les KspagDoli] M fuisent parti* trëa la TouMalnt fro:8s. II, II, iO. La cl.ambre se print & trembler et issit un des sommiers du ia chambre delà mortaise, iion8T«bl. t. III, p. lOi, dans laclrnb. || iVi* i. Il y eut un des sommiers qui portoieut ta tente qui tumba par cas d'aventure en une rivière, amtot, Thém. 54. Il [le père de Praestantius, dans saint Augualia] fantasia [en rè>e] estre Jument, et servir ae sommier i de* soldats, uoni. iv.

— ÉTïM. Wallon, toûml, poutre ; provenç. ta%^• mier, ine; ital. somaro; du bas-lat. taumariut, qui vient du lat. lagmon'ui (voy. somme 2). On remarquera que tommier, qui veut dire bête de somme, a pris figurémenl le sens de poutre.

t ( . SOMMIÈRE (so-miè-r'), ». f. Place dé4X>averte dans une forêt. U est recommandé aux gardes d'abandonner tous les espaces, toutes les routes, les sommières, sur lesquels ils avaient l'habitude de faire p&turcr leurs propres bestiaux, Jowni. offic. 9 juill. (»70,' p. (2oa, 4' col.

1 2. SOMMIÈRE (so-miè-r'),».^. Ancien nom d'une espèce de serge. Sommières étroites croisées, sommières croisées larges, Tabl. annexe aux lett. pat. du 22 juill. (780.

— ÊTYM. Sommières, en Languedoc (d'après Richelet), où cette étoffe se fabriquait.

t SOMMISTE (so-mmi-sf), t. m. Terme de chancellerie romaine. Ministre de la chambre, pour l'expédition des bulles, dont la fonction est de faire faire les minutes et de les faire plomber.

SOMMITÉ (so-mmi-té), ». f. || 1* La partie la plui élevée de certaines choses. La sommité d'une tour, d'un toil, d'un coteau. || Les sommités des montagnes, ou, absolument, les sommités. Au lever de l'aurore, leurs sommités et leurs rochers [de montagnes] sont couleur de rose, et les monceaux de glaces qui les couvrent ressemblent à des nuages transparents, genlis, Veill. du chdt. t. I, p. 241. ||î' Fig. Terme de littérature. Les sommités d'un sujet, les parties qui en sont les plus saillantes. Il n'approfondit pas son sujet, il se borne à en saisir les sommités. Il 8* Terme de botanique. L'extrémité d'une tige, la pointe des herbes. La sommité des jeunes arbres. Des palmistes dont ils mangent les sommités, bern. de st-p. Étude, T. Il Terme de pharmacie. Sommités, ou sommité» fleuries, l'extrémité de la tige fleurie des plantes dont les fleurs sont trop petites pour être conservées isolément : telles sont les sommités d'absinthe, de centaurée, etc. || 4* Néologisme. Les sommités de la science, de la littérature, les hommes les plus éminents dans la science, dans la littérature.

— HiST. XIII' s. Pensez de la roe de fortune.... Et, quant homme est en la sommclté de la roe, coment par mescheance chet [tombe] petit et petit en poverte, Bibl. des chartes, 4' série, t. ii, P- (28 Il xvi' s. Les sommités de chanvre, les sommités de ronces, paré, xyi, 35. Si se campa sur la sommité d'une montagne, où il se fortifia, Machiavel, Disc, sur Tite Live, p. 476, dans lacurvs.

— ÊTYM. Lat. summitatem, de tummus, le plu» haut (voy. sommet).

SOMNAMBULE (so-mnan-bu-1'), i. m. et f. || 1' Celui ou celle qui se lève, agit el parle tout endormi. J'ai vu un somnambule, mais il se contentait de se lever, de s'habiller, de faire la révérence, de danser le menuet assez proprement; après quoi, il se déshabillait, se recouchait et continuait de dormir, volt. Dict. phil. Somnambules, i. Le somnambule n'est point un automate; tous ses mouvements sont dirigés par une âme qui voit trèsclair ; mais la vue est tout intérieure ; elle se porte uniquement sur les objets que l'imagination lui retrace avec autant de force que d'exactitude, bonnet, Sss. psych. 40. Comme un somnambule, errant durant sou sommeil, marche en dormant sur les bords d'un précipice, dans lequel il tomberait s'il était réveillé tout à coup, ainsi mon Emile, dans le sommeil de l'ignorance, échappe à des périls qu'il n'aperçoit point; si je l'éveille en sursaut, il est perdu, j. j. rouss. Ém. iv. || Adj. Il est somnambule. 1| 2' Nom donné vulgairement aux personnes qui se soumettent aux pratiques des magnétiseurs, soit pour leur fournir des renseignements sur l'état d'un malade, soit pour donner elles-mêmes des consultations d'après les renseignements qu'elles sont censées avoir ainsi recueillis. La somnambule lui dit qu'il avait le foie malade et lui prescrivit ceci et cela.

— ÊTYM. Lat. somnus , somme , et ambulare, marcher.

t SOMNAMBULIQCB (»o-mnam-bu-li-k'), o^.

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Qui appartient aux somnambules. Sommeil somnaml)alique. Crises somnambuliques.

SOMNAMBDLISME (so-mnan-bu-li-sm'), s. m.

Ill' Afleclion des fonctions cérébrales caractérisée par une sorte d'aptitude à répéter pendant le sommeil les actions dont on a contracté l'habitude, ou à marcher et à exécuter divers mouvements, mais sans qu'il reste, après le réveil, aucun souvenir do ce qui s'est passé. || 2° Somnambulisme magnétique, état nerveux particulier dans lequel on peut jeter, par une sorte d'influence morale, des individus d'une grande susceptibilité, et particulièrement des femmes hystériques.

— ÊTVH. Somnambule.

t SOMNIAL, A LE (so-rani-al, a-l'), adj. Terme didactique. Qui a rapport aux songes. || Hercule somnial, surnom d'Hercule, envoyant dos songes.

— lliST. XVI' s. Vaticinations somniales, rabel. Pont, m, <3.

— ÉTYM. Lat. somnialis, de sotnnium, songe. SOMNIFÈRE (so-mni-lè-r'), odj. 111° Terme de

médecine. Qui provoque le sommeil. Le pavot est somnifère. || S. m. Un somnifère. || 2° Fig. Qui endort par l'ennui. Orateurs somnifères, :. b. rouss. Ép. n, 3.

— ËTVM. Lat. somnifer, de somnus, somme, et ferre, porter.

i SOMNILOQUE (so-mni-lo-k'), adj. Qui parle durant le sommeil.

— ÉTYM. Lat. soinnuï, sommeil (voy. somme 3), et loqui, parler.

SOMNOLENCE (so-mno-lan-s'), s. f. Terme de médecine. Assoupissement peu profond, mais pénible et insurmontable. {| Fig. Engourdissement moral.

— ÉTYM. Provenç. sompnolencia ; espagn. somnolencia; ital. sonnolenza; du lat. somnolentia, de somnolentus, somnolent.

SOMNOLENT, ENTE (so-mno-lau , lan-t'), adj. Terme de médecine. Qui a rapport à la somnolence. Un état somnolent. || Qui est porté à la somnolence. Le malade est somnolent.

— HIST. XV' s. Nostre misérable chair est toute malade et toute paresseuse et somnolente et debile à te prier , gerson , dans le Dict. de dociiez.

— ÉTYM. Provenç. sompnolent; espagn. so)7oliento; ital. sonnolento; du lat. somnolentus, de somnus, somme.

SOMPTUAIRE (son-ptu-ê-r'), adj. \\ 1° Qui restreint et règle la dépense dans les festins, les habit3, les équipages, etc. en parlant de lois, d'édits. Un État peut faire des lois somptuaires dans l'objet d'une frugalité absolue ; c'est l'esprit des lois somptuaires des républiques, mont. Esp. vu, 5. Les lois somptuaires ne peuvent plaire qu'à l'indigent oisif, orgueilleux et jaloux, qui ne veut ni travailler, ni souffrir que ceux qui ont travaillé jouissent, volt. Pal. et lég. Idées républ. 23. On a d'Auguste des lois somptuaires sur la parure et sur les repas, pastoret, Instit. Mém. Inscr. et belles-lett. t. v, p. 80. || 2" Dans le langage général, relatif à la dépense. Quelque austère que fût ma réforme somptuaire, je ne l'étendis pas d'abord jusqu'à mon linge, qui était beau et en quantité, j. j. Bouss. Conf. VIII.

— HIST. XVI' s. Somptuaire, cotgrave.

— Ktym. Lat. sumptuarius, de sumptus, dépense, qui vient de sumere, prendre.

SOMPTUEUSEMENT (son-ptu-eû-ze-man) , adv.

D'une manière somptueuse. Vivre somptueusement.

— Rtym. Somptueuse, et le suffixe ment. SOMPTUEUX, EUSE (son-ptu-eii, eii-z'; au xvr

siècle, on prononçait sumtueux, palsgr. p. 23), adj. Il 1' De grande dépense, magnifique. Un sien ami, voyant ces somptueux repas, la font. Fabl. vu, M. Ils ne se contentèrent pas de faire apprendre à leur fils le latin et le grec; ils y joignirent le dessin, la musique, les instruments, qui n'entrent que dans les éducations les plus somptueuses, FONTEN. Dodart. Le faux éclat dont vous semblez jouir dans cette maison somptueuse, montesq. Lelt. pers. 67. On trouve à Gênes de somptueux palais, GENLis, Àd. et Ttiéod. t. ii, p. 446, dans pou- OENs. Il Substantivement. Le somptueux des ornements. Il 2" Il se dit aussi des personnes. Il est somptueux en habits. Ainsi parle tous les jours le monde, et le monde le plus brillant et le plus somptueux MASS. Carime, AumiJru. '

— HIST. xiv s. Vie sumptueuse — oblacions sumptueuses, oresme, Thise de meunier. Grief et prolixe chose seroit et somptueuse de soy mettre en procès, Arch. nation, jjss, p. 125. || xv« s. 11 flst faire ung grant et suraptueux palais à

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St-Marc, qu'il laissa imparfait, Bibl. des ch. 4' série, t. I, p. 266. Saint Bernait puis à tesmoin traire. Qui dit que nopce» sumptueuses Aux marians sont dommageuses, e. descii. Miroir de mariage, p. 29. Il XVI' s. Ils aiment de se nourrir do viandes grossières et non somptueuses, calvin, Instit. 40i5.

— ÉTYM. Provenç. sumpttios; espagn. sontuoso ; du lat. sumptuosus (voy. somptuaire).

SOMPTUOSITÉ (son-ptu-6-zi-té), s. f. Grande et magnifique dépense. Toutes les fenêtres de la chambre étaient ouvertes.... afin que l'on pût s'apercevoir do sa somptuosité, quand on lui essayait un habit neuf, Francion, viii, p. 28). Ce qui est dans les grands splendeur, somptuosité, magnificence, est dissipation, folie, ineptie dans le particulier, la bruy. vu. Il [un sous-préfet] mettait, dans sa manière de représenter le gouvernement aux yeux de ses administrés, une sorte de somptuosité vaniteuse, ch. de Bernard, Vn acte de vertu, § 3.

— HIST. XVI' s. Tant les délices, la superfiuité et la sumptuosité s'allèrent multipliant en peu de temps à Rome, amyot, Marius, 60.

— ÉTYM. Lat. sumptuositatem, de sumptuosus, somptueux.

4. SON (son, l'n se lie : so-n ami), adj. m. poss. SA (sa), f. sing. SES (se, \'s se lie : sè-z amis), pluriel des deux genres. Adjectif possessif qui répond aux pronoms de la 3* personne du singulier, il, elle, soi, se. Il 1°11 détermine le nom, en y ajoutant une idée de possession. Son père. Sa mère. Ses cousins. Chacun, à ses périls et fortune, peut croire tout ce qu'il lui plaît, mol. ifai. imag. m, 3. Nul homme n'est à soi-même sa raison, sa lumière, sa sagesse; si ce n'est peut-être lorsque sa raison est une raison particulière, sa lumière une fausse lueur, sa sagesse une folie, malebh. Rech. vér. éclair, liv. i, t. iv, p. 91, dans pougens. Cette femme qui prenait le temps de demander son masque, lorsqu'elle l'avait sur son visage, la bruy. 21. La peine a ses plaisirs, le péril a ses charmes, volt. Henr. iv. Il faut que chaque parti ait son fou, comme autrefois chaque parti avait son chansonnier, id. Lett. Damilaville, i& oct. 4 706. Rien de Robert ne me plnit que luj-méme; C'est sa valeur et ses grâces que j'aime, ID. Ce quiplait aux dames. Les lacs ont leurs oiseaux, la mer a ses serpents. Et ses poissons ailés et ses poissons rampants, deulle, Trois régnes, vni. || Proverbe. X chaque jour suffit sa peine. Il 2° Dans des cas rares, où un verbe à l'infinitif donne quelque chose de général à la phrase, on peut mettre son, sa, ses, bien que le verbe principal ne soit pas à la 3' personne. Je trouve fort triste de vivre et de mourir sans son archevêque, maintenon, Lett. au card. deNoailles, 24 oct. (7oo. Il Dans des cas encore plus rares et qui ne sont pas à imiter, son se rapporte à un possesseur vague qui n'est pas nommé. Le meilleur de tous les biens, s'il y a des biens, c'est le repos, la retraite et un endroit qui soit son domaine, la bruy. De la cour. Il faudrait : qui soit notre domaine. || 8° Dans le langage familier, son, sa, ses, joint au verbe sentir, équivaut à l'article.... pour me l'amener tu t'en vas en personne.... N'envoyer qu'un valet sentirait son mépris, CORN. Je Ment, iv, 4. Un vieux renard, mais des plus fins,.... Sentant son renard d'une lieue, LA FONT. Fabl. v, 5. La ballade, à mon goût, est une chose fade; Ce n'en est plus la mode, elle sent son vieux temps, mol. Fem. sot), m, 6. Cela sent son vieillard, qui, pour s'en faire accroire. Cache ses cheveux blancs d'une perruque noire, iD. Éc. des maris, 1, 4. Comme le vrai mérite a ses prérogatives.... cette phrase, ce comme ne conviennent pas à Pompée ; cela sent trop son rhéteur, VOLT. Comm. Corn. Hem. Sertor. m, 2. Sa conversation, non moins instructive qu'amusante, ne sentait point son curé de village, 1. 1. rouss. Con^. X. Il 4° Posséder son Homère, son Cicéron, ses auteurs anciens, connaître bien Homère, Cicéron, les auteurs anciens, etc. Il savait Rabelais et son saint Augustin, volt. Marseill. et Lyon. Il n'avait en littérature qu'une légère superficie, il ne savait que son Ovide, marmontel, Mém. vi. || On dit de même : il possède bien son arithmétique. Pontchartrain était appliqué, sachant bien sa marine, assez travailleur, st-sim. 306, 233. ||6° Quelquefois son, sa , ses a une signification méprisante etde reproche. M. Burnet me passe tous les faits que j'ai rapportés sur la réforme anglicane et sur son Cranmer, aussi bien que sur ses autres héros, sans en contredire aucun, boss. Déf. Var. 4" dise. 34. || 6' Son, sa, tes, placés devant les adverbes comparatifs, forment un superlatif. Son plus riche habit. Sa moins belle I

SON

robe. Il 7° Son, quoique masculin, se dit au féminin devant un nom commençant par une voyelle ou une h muette: son âme, son épée, son héroïne. Ce solécisme, qui est passé dans l'usage, n'était pas commis par nos aïeux, qui disaient en élidant l'a comme dans l'article : s'orne, s'esp^e; ce n'est qu'au xiv siècle qu'il a commencé à s'introduire.

— REM. 1. La règle générale est d'employer l'adjectif son, so, ses, lorsqu'on parle des personnes ou des choses personnifiées, c'est-à-dire auxquelles on attribue des vues et une volonté. Hors ces cas, il vaut mieux employer en. Au lieu de dire : Le soin qu'on apporte au travail empêche de sentir sa fatigue; dites: d'en sentir la fatigue. Cependant ce n'est point une loi grammaticale qui y oblige, c'est la clarté et l'élégance, et plus d'une fois les écrivains s'en sont départis. J'ai honte de ma vie, et je hais son usage. Depuis que je la dois aux effets de ta rage, corn. iléd. m, 3. On ne peut d'ailleurs qu'user de son, sa, ses quand le nom est en complément indirect, comme ici : Lysidas (parlant de sa pièce] : Tous ceux qui étaient là doivent venir à sa première représentation, mol. Critique, 7. Il 2. Pour l'emploi de (on, sa, set avec chacun, voy. chacun. Rem. 4.

— HIST. tx' s. Si Lodhwigs sagrament que son fradre Karlo jurât, conservât.... Serment. EtKarlus meos sendra [mon seigneur], de suo part.... ib. ||x' s. Un edre [un lierre] sore sen cheve [tête] Frag. de Valenc. p. 408. Mult laetatus, por que Deus cel edre li dojiat à sun soueir e à sun repausoment, ib. Ne aiet niuls maie voluntatem contra sem peer, t'b. p. 409. Elle ent adunct [abandonne]

10 suon élément [doctrine], FMlalie. Qu'elle perdesse sa virginitet, 16. Par souue clementia, ib.

11 XI* s. D'icez sons sers [de ces siens serfs], St Alexis, XXV. Se [il] mesfeist as homes de sa baillie. Lois de Guill. 2. Serez ses bom [son homme] par honur et par bien, Ch. de Roi. m. Li reis est fiers, et sis curages pesmes, fb.iv. || xn's. [Que je] Ne puisse assez li [elle] et s'amor servir, Couct, XIX. Il XIII' s. En terre sen fil [son fils] [il] envola, Qui aveques nous conversa, St Graal, V. 2483. En son lit en séant [elle] prist ses heures à dire, Berte, xiv. Mal lui monstrons semblant que soions si ami, ib. lxxi. Et l'apostoles li manda qu'il sermonnast de la croix par s'auctorité, vil- LEH. I. Savés-vous qui estoit s'amie ? la Rose, 836. Dieu, en qui il mistsa fiance, le gardoit touz jours dès s'enfance, joinv. 204.||xiv's. Cest os ou son extrémité vers la jointure du coude, H. de mondeville, f° 24. Comme il se feist voie parmi la tourbe avecques sonespée, berciieube, f°32, recto. Son ire croissoit, ID. f' 40, verso. Il avoit defraudé son espérance, ro. f° 24, verso. Et doit icellui pécheur dire tout ce qui peut grever son amc, Ménagier, i, 3. Il XV' s. Du temps de ses feu père et mère, lolis xi, Nouv. XX. Il XVI' s. Et ayme mieux en s'amour avoir peine. Que sans s'amour avoir liesse plaine, marot, n, 376. Sy luy dirois la peine que j'endure Pour son amour, et elle orroit ma plaincte, id. i, 37g. Ce disant, Dindenault desguainoyt son espée, bab. Pant. IV, 8. Il tua son homme en ce mesme combat, MONT, ni, 296. La foy prend ion commencement, accroissement et perfection de la parole, calv. Instit. 4034.... que la loy n'a de rien profité à sas observateurs, id. ib. 4045. Au gentilhomme bien né, son estude, exercice et plaisir, doit estre en toutes les vertus, langue, 204. Ainsi qu'on void avenir à une lanterne : car plus sa vitre est claire, plus sa lumière intérieure s'apperçoit, ib. 63 i. Il commencea à user d'une franchise de parler, qui sentoit plus son accusateur que sa libre défense, amyot. Cor. 20.

— ÉTYM. Poit. seun; picard sin ou sen devant une voyelle, chin, son, che, sa; provenç. ses, son, au fém. sa; au plur. siei, set; au fém. sas ; cal. sot, son; espagn. suyo; ital. suo; du lat. suum; comparez le grec uséo;, et l'allem. sein. Dans l'ancienne langue, ses était le nominatif, ton le régime, au sing. masculin; si le nominatif pluriel, set le régime pluriel.

2. SON (son), s. m. || !• Résidu de la mouture des grains, qui est principalement composé de» débris de leur écorce. Le porc à s'engraisser coûtera peu de son, la font. Fabl. vu, 40. C'est trop d'honneur que vous me faites; et, si j'avais su ça tantôt, je n'aurais pas manqué de les laver [mes mains] avec du son, mol. Festin, 11, 2. Le son lui forme [au cheval] un aliment très-rafraîchissant et d'une facile digestion, oenlis, JVai's. rust. t. i, p. 4 99, dans pougens. Il Fig. Les femmes galantes finissent souvent par où elles auraient dû commcn-

SON

eer; il faut que les seigneurs aiment mieux le son que la farine, lksaoe, Est. Conz. 28. Si bien donc désormais que vous serez plus fine, Et vendrez votre son mieux que votre farine, legband, Roi de Cocagne, n, 7. || Kig. Moitié farine et moitié son, se dit de choses mêlées, et aussi moitié de gré, moitié de force. || Son gras, celui dans lequel il reste beaucoup do farine. || Eau de son, eau dans laquelle on a mêlé du son. {| %' Populairement, Uches de rousseur. Elle a du son plein la figure. Il 8' Nom que les enfants donnent à la sciure qui remplit les poupées. || Proverbe. Ventre de son et robe de velours, se dit de ceux qui, étant fort bien vêtus, font mauvaise chère chez eux.

HIST. ivi* s. Son blé moulu, il le prend, il le

sasse. Le son demeure et la farine passe, du bell. VII, ♦, recto.

— 6TYM. Diez dit que son est l'anc. franc. son pu som, sommet : ce qui reste sur le haut du tamis; et il cite l'espagn. somo, qui signifie fleur de farine. Il n'y a guère d'historique; mais on ne peut écarter le bas-lat. seonnum, son, qui se trouve dans un texte du xiu' siècle, et qui, appartenant à un document français, nous montre que l'ancienne forme était seon. Seon peut conduire à secundum (voy. l'Hist. de selon) : ce serait donc la seconde mouture.

3. SON (son), ». m. {| 1* Ce qui frappe l'ouïe, par l'effet de mouvements vibratoires rhythmiques et pendant quelque temps semblables à euxmêmes, par opposition au bruit, où les mouvements sont confus, de durée. et d'intensité inégales. Sans être étourdi ni par le son des trompettes, ni par le bruit des canons, ni par le cri des blessés, boss. Louis de Bourbon. Ces esprits frivoles Que tout flatteur endort au son de ses paroles, boil. Ép. ix. Ouelques-uns dansaient au son du chalumeau, FÉN. Tél. XVII. Jusqu'au son de sa voix, tout me pénètre en elle, piron, Mélrom. in, 2. J'entends de tous côtés les clameurs des soldats. Et les sons de la guerre, et les cris du trépas, volt. Adél. du Gvrfscl. I, l.Les longues phrasesont une expression, les courtes en ont une autre ; et l'expression est la plus grande, lorsque les mots y contribuent, nonseulement comme signes des idées, mais encore comme sons, condill. Harmonie du style, 3. Ces causes réunies rendaient les sons remarquablement faibles sur la cime du Mont-Blanc; un coup de pistolet n'y fit pas plus de bruit qu'un petit pétard de la Chine n'en fait dans une chambre, saussuhe, Yoy. Alpes, p. 338, dans pougens. Lo son parcourt plus de 325 mètres par seconde, fourcroï, Conn. chim. t. I, p. «10. Non toutefois que l'évêque de Clermont n'ait en partage que la tendresse du génie ; il sait aussi faire entendre des sons mdles et vigoureux, chateaubr. Génie, m, iv, 3. || Sons de combinaison, sons que l'on entend lorsqu'on produit simullanémentdeui sons de hauteur différente, intenses et soutenus; sons de différence, sons caractérisés par ceci que leur nombre de vibrations est égal à la différence des nombres de vibrations des sons primaires; sons de sommation, sons ayant un nombre de vibrations égal à la somme des nombres de vibrations des sons primaires (dénominations dues à Helmholz). || Le son d'un écu, le bruit de l'argent. Et tenez celles-là trop indignes de vous. Que le son d'un écu rend traitables à tous, corn, le Ment. 1, i.jjFig. Prendre les lièvres au son du tambour, ne pas faire une chose avec tout le secret qu'elle demande. || Son, par opposition à ce qui est effectif. Quand on tient de pareils discours, où il n'y a qu'un son éclatant et des couleurs spécieuses.... Boss. Avert. Repr. idolâtrie, ». Il [un orateur] aurait beau faire de longues périodes; ce seraient des sons contre des vérités, volt. Lett. au pr. rot/, de Pr. 8 mars 1738. || 2* Particulièrement. Le son considéré au point de vue musical. Les propriétés du son les plus remarquables sont deux, savoir, ses différences considérées par rapport au temps ou à la durée, et par rapport à la force ou à l'intensité du son considéré^ en tant que grave ou aigu, DESc.lfust(jue,o6jet. Lévites, de vos sons prêtez-moi les accords, bac. Alh. m, 7. Ce n'est point proprement par les sons que nous sommes touchés; c'est par les rapports qu'ils ont entre eux, et c'est uniquement par le choix de ces rapports charmants, qu'une belle composition peut émouvoir le cœur en flattant l'oreille, j. i. rouss. Dissert, sur la mus. mod. Sons filés sans art, mais enflés avec âme, sons enchanteurs et pénétrants, vrais soupirs d'amour et de volupté,, qui semblent sortir du cœur et font palpiter tous les cœurs, oui- NEAU DE MQNTB. le Rossignol. Il Sons harmoniques,

PICT. DB LA LANOUS FR&NCAISB.

SON

voy. HABMONIQUB. lisons antipbones, ceux qui, i la distance d'une ou plusieurs octaves, font consonnance entre eux. |{ Sons ouverts, sons bouchés. Le cor ne donne comme sons justes que ceux de l'accord parfait, ut, mi, sol; c'est ce qu'on nomme les sons ouverts. Pour obtenir les autres bien justes, il faut mettre la main droite dans le pavillon de l'instrument; c'est ce qu'on appelle les sons bouchés; ils sont moins clairs que les autres. Après la difficulté d'atta/juer les sons avec netteté et celle d'exécuter les traits avec facilité et volubilité, il n'en est pas de plus grande que d'égaliser la force des sons ouverts et des sons bouchés, FÉTis, la Musique à la porté» de tout le monde, ch. xviii. Il La langue des sons, la musique. || 3° Il se dit des articulations d'une langue. En vain vous me frappez d'un son mélodieux. Si le terme est impropre, ou le tour vicieux, boil. Art p. i. Fuyez des mauvais sons le concours odieux, id. ib. Là, plus d'un bourg fameux par son antique nom Vient offrir à l'oreille un agréable son, m.Ép. iv. C'est un défaut qu'un même son soit représenté par plusieurs caractères différents, duhabs. Œuv. t. iv, p. (29. Il [l'abbé de Dangeau] s'occupa surtout trèslongtemps du soin délicat et pénible de faire l'énumération exacte des sons de notre langue, d'a- LEMU. Dangeau. chap. 3. || Ne faire aucun son, ne pas être prononcée, en parlant d'une lettre. Nous prononçons 1'» de quatre diverses manières : tantôt nous l'aspirons comme en ces mots peste, chaste; tantôt elle allonge la syllabe, comme en ceux-ci paste, teste; tantôt elle ne fait aucun son, comme à esblouir, esbranler, il estait; et tantôt elle se prononce comme un g, comme à présider, présumer, Thédt. de P. Corneille, édit. de 1682, Pr^/'ace. Il 4° Terme de médecine. En plcssimétrie, son fémoral, la matité absolue, comme celle que donne la percussion de la cuisse. || Son humorique, celui que donne une cavité remplie d'humeur. || Son intestinal, celui que rend l'intestin contenant des gaz. || Son jécoral, la matité du foie. Il Proverbe. Qui n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son, il faut entendre les deux adversaires.

— HlST. xii* s. Mil grailles [trompettes] sonnent, moult en sont clair li son, Honc. p. 7<. Et li douz sons de ruissel sor gravele, Couci, xviii. Jo oî jà le Sun de grant pluie. Rois, p. 318. || xiii' s. Amis, riens ne m'i vaut, sons, note ne estive [instrument de musique] ; Quant [je] ne vous puis veoir, [je] n'ai talent que plus vive, audefb. lebast. Bomancero, p. 1 1 . Que on ne resveiUast pas du son d'un tabur [tambour], Berle, xu. Et chantoient et sons et lais. Et sonoient tinbres et tabors, Ren. 13488. Il XV* s. Le Bègue de ViUaines, qui estoit tousjours en doute et en soing de son fait et en cremeur de tout perdre, ouit, ce luy sembla, le son de passer sur le pavement ; si dit : j'ay oui gens, sachons quels ils sont, froiss. i, p. 338, dans LACUBNE. Il XVI* s. Les Parthes ne s'incitent pas à combatre par le son des cornets ny des trompettes et clairons, amyot, Crassus, 44.

— ÊTYM. Prov. son, so ycatal. so ; esp. son ;portug. som; ital. suono ; dulat. sonus; comparez le gaél. som, sian; kimry, sain; sanscrit, svana.

t SONAT (so-na), s. m. Peau do mouton passée à la mégie.

SONATE (so-na-f), t. f. Pièce de musique instrumentale composée de deux, trois ou, plus ordinairement, de quatre morceaux d'un caractère et d'un mouvement différents. La sonate est la forme classique et bien dessinée de la grande composition instrumentale; les quatuors, quintettes, sextuors, septuors, etc. sont des sonates pour quatre, cinq, six, sept instruments solos ; la symphonie est une sonate pour tous les instruments d'orchestre, les instruments à cordes pouvant être multipliés autant qu'on le veut; les autres ayant souvent deux parties. La sonate, pour un instrument seul ou pour plusieurs réunis, est une sorte de symphonie ; son nom vient de suonare, qui signifie jouer d'un ou de plusieurs instruments; ce mot ne s'appliquait autrefois qu'aux instruments à cordes ou à vent ; en parlant des instruments à clavier, on disait toccare, d'où l'onavait fait toccata, qui signifie une pièce à toucher: depuis près d'un siècle, sonate se dit de toutes les pièces de ce genre, pour quelque instrument que ce soit, fétis. Musique, ii, *8. Les grandes sonates de Beethoven serviront d'échelle métrique pour mesurer le développement de notre intelligence musicale, bebuoz, À travers chants, p. 04. || La sonate ne peut pas être appréciée par tout le monde ; de là cette boutade : Toute cette musique purement instru-

SON

mentale, sans dessein et sans objet, ne parle ni è l'esprit ni à l'Âme, et mérite qu'on lui demande avec Fontenelle : sonate, que me veui-tuT d'alemb. Œuv. t. m, p. 403. Il Par extension. On voit accourir de savants artistes [oiseaux] avec des sonates merveilleuses, cuateaubr. G^n. i, t, b.

— Rtyii. Ital. sonata, qui est le participe passif de (onare ; chose jouée sur un instrument.

t SONATINE (so-na-ti-n'), ». f. Petite sonate.

SONUAGE (son-da-j'), s. m. Action de sonder, de percer le sol avec une sonde. Le sondage est employé pour reconnaître la nature du sous-sol, provoquer la formation d'une source, ou procurer i l'eau superficielle une issue. |{ Sondage à la corde, sondage chinois, celui qui se fait au moyen d'un mouton fixé à une corde, i l'aide de laquelle on le soulève, et qu'on laisse retomber.

— Et YM . Sonder. On a dit au xvi* siècle sondem«?a. SONDE (son-d'), s. f. || 1" Instrument qui consiste

en un plomb mis au bout d'une cordelette ou ligne, et donton se sert pour sonder la profondeur de la mer, d'une rivière, etc.; sur mer, la cordelette est partagée en brasses. On graisse le bout de la sonde pour savoir si le fond est sable ou rocher. Les volcans anciennement submergés avec tes contrées qui les portaient, excitent sous les eaux des tempêtes si terribles, que, dans une de ces tourmentes arrivées aux Açores,le suif des sondes se fondait par la chaleur du fond de la mer, buff. Add. th. terre, Œuvr. t. xm, p. 4U. X une heure et demie après minuit, la sonde ayant donné trente-trois brasses.... bougainy. Voy. t. i, p. 4 56. Il Aller à la sonde, naviguer la sonde à la main et en interrogeant le fond de la mer à de très-courts intervalles de temps. || Fig. Aller la sonde à la main, procéder dans les affaires avec prudence et lenteur. Je crus devoir conjurer Chamillart de modérer sa confiance, de marcher la sonde à la main, st-sim. 499, 4 6t. Le régent convint que la sonde à la main sur les matières présentes était le meilleur parti, ro. B08, 489. Il Jeter la sonde, la laisser tomber dans l'eau pour en connaître la profondeur. IjFig. Il ne faut pas toujours laisser tomber la sonde dans les abîmes du cœur, cnATEAUsa. G^n. n, in, (.|H° Terme de marine. Action de sonder. || Être sur la sonde, arriver, en revenant de la haute mer, dans un parage où le plomb de sonde, attaché à une ligne de cent brasses, peut atteindre le fond et le reconnaître. Il Chercher la sonde, c'est ce qu'on fait avec la sonde avant d'être sur la sonde. || Ce que la sonde ramène. || Sondes d'une carte , chiffres qui indiquent la profondeur de la mer. || Sondes d'un parage, la partie de ce parage où l'on dirige sa route par la sonde. Ce canal qu'il [un commandant de la flotte française à la bataille de U0«] va examiner, il n'en prend point les sondes, il y laisse engager le combat, sans savoir quelle est sa profondeur à marée basse, legband d'ausst, Instit. Mém. sc.mor. etpoJ.t. n, p.>27. || La sonde de pompe, tige marquée par pouces, qui sert à faire connaître la quantité d'eau qui est à fond de cale, la quantité d'eau que fait le navire. || Faire la sonde, se dit de la baleine qui plonge pour so dérober. L'officier de pêche doit, quand elle [la baleine] fait la sonde, observer la direction que prend la queue.... après 35 ou 40 minutes de sonde, elle va venir souffler de nouveau, j. nougaret, Ifom't.untt). 20 août 4 868, p. 24 2, 3* col. Il 3* Espèce de tarière qu'on enfonce en terre pour reconnaître les terrains, creuser les puits artésiens, rechercher la présence ou la qualité des mines, etc. Lorsque les mineurs qui les cherchent, percent avec la sonde la couche d'argile qui les recouvre, ces sources jaillissent avec une grande force, a. drongniart, Traité de min. 1. 1, p. 4 28, dans pougens. Il 4* Instruments qu'on enfonce dans un jambon, un fromage, pour er connaître la qualité. || 5* Dans les sucreries, instrument consistant en un corps de pompe ou cylindre en cuivre, et présentant à l'extérieur une entrée conique; il est destiné i prendre des preuves du sirop en ébullition. || 6* Sonde à nonius ou à vernier, instrument employé dans l'artillerie pour mesurer l'épaisseur des projectiles creux au culot. || V Terme de chirurgie. Instrument pour examiner l'état des plaies et y pratiquer certaines opérations. Je saurai si votre philosophie ne s'est point émue à l'aspect de la sonde et du rasoir, balz. liv. v, lett. 23. || Fig. Porter la sonde en un courage, sonder un cœur. Ami, ne porte plus la sonde en mon courage, cobn. Clit. III, 5. Il Sonde cannelée , instrument qui sert à guider sans déviation la pointe de» instruments

SON

tranchants au milieu des organes. || Sonde à panaris, petite sondo cannelée, très-fine et sans plaque, assez mince pour être introduite dans les parties les plus serrées. || Sonde brisée, long stylet droit composé do deux parties qui se vissent à volonté au bout l'une de l'autre ; elle est boutonnée à l'une de ses extrémités et percée d'un chas à l'autre. || Sondes creuses, sondes destinées à pénétrer dans les réservoirs, pour évacuer des liquides qui s'y trouvent accumulés. || Instrument qui sert à pratiquer le cathétcrisme. Toutes les fois qu'une sonde séjourne trop longtemps dans la vessie, elle se recouvre d'une croûte terreuse, THENARn, Traité de chim. t. m, p. ooo, dans pou- OENS. Il Sondes de caoutchouc, sondes flexibles, sondes de gomme élastique, celles qui sont formées d'un tissu de soie recouvert d'huile do lin mélangée à la litharge ; on les remplace aujourd'hui par d'autres faites exclusivement avec le caoutchouc vulcanisé. || Sonde d'Anel, stylet d'argent très-fin , en forme d'alêne à l'une de ses extrémités, dont on se sert pour sonder les points lacrymaux. || Sondes de la trompe d'Eustache, sondes de gomme élastique ou d'argent pourvues d'un petit mandrin, avec lesquelles on pénètre d:ins la trompe d'Eustache. || Sonde àdard, instrument employé dans l'opération de la cyslolomie sus-pubienne. || Sondo œsophagienne, sonde creuse qu'on introduit dans l'œsophage, pour faire pénétrer des substances dans l'estomac. || Terme de vétérinaire. Sonde ou poussoir, sorte de longue tige destinée à repousser les corps étrangers arrêtés dans l'œsophage. || 8" Tige en fer emmanchée do bois dont se servent les commis préposés, aux barrières, à la visite des voitures chargées, pour reconnaître si elles no contiennent pas de la contrebande. Il 9° Terme de plombier. Instrument pour enlever ou précipiter les ordures qui engorgent les tuyaux de descente. || Terme de fontainier. Instrument pour désobstruer les tuyaux de conduite. 1110" Aiguille dont l'évenlailliste se sert pour ouvrir le papier dans son épaisseur, afin d'y insérer les branches de l'éventail.

— HIST. XVI" s. On vit la mer trouble, et on jetta la sonde, Journ. de J. Parmentier, dans jal.

— ÊTVM. Voy. sonder; esp. et portug. sonda. SONDÉ, lîE (son-dé, dée), part, passé de sonder.

Il 1" Reconnu par la sonde. Un gué sondé avec soin. Il 2° Terme de chirurgie. Examiné avec la sonde. Une plaie sondée par une main habile. || Kig. Les plaies du cœur peuvent être sondées jusqu'au fond, Boss. la Valliêre. || i qui on a introduit une sonde dans la vessie. Sondé par le chirurgien pour une rétention d'urine.

SONUKR (son-dé), v. a. || 1° Rcconjiaitro par le moyen d'un plomb attaché a.u bout d'une corde, la profondeur d'une eau dont on ne peut voir le fond. Sonder upe rivière, le rivage, la côte. Il n'y avait point de passage difficile qu'il [Pierre le Grand] n'eût sondé lui-même, depuis le fond du golfe de Bothniejusqu'à l'Océan, VOLT. C/mriesA7/,7. Il Terme de marine. Sonder une pompe, s'assurer combien il existe d'eau à son pied dans la cale. Il Fig. Sonder le gué dans une affaire, tâcher de connaître s'il n'y a point de danger, et de quelle façon il faudra s'y prendre. || 2" Reconnaître les diverses couches d'un terrain à l'aide de la sonde. Si les rois d'Egypte, au lieu d'avoir fait des pyramides et élevé d'aussi fastueux monuments, eussent fait la même dépense pour sonder la terre et y faire une profonde excavation, comme d'une lieue de profondeur.... buff. Hist. nat. Preuv. th. terre, Œuvr. t. n, p. (5. || Fig. Sonder le terrain, examiner soigneusement une affaire avant de l'entreprendre ; regarder d'un œil pénétrant. Mon maître, qui m'attend au cabaret prochain. M'envoie ici devant pour sonder le terrain, re- GNARD, Fol. am. I, 5. Il 3° Introduire un instrument fait exprès dans certaines choses, pour en C( nnaître la nature, la qualité. Sonder un fromage, un jambon. Sonder une charretée de foin pour savoir si elle ne renferme pas de contrebande. Il On dit à peu près dans le même sens : sonder une poutre, un bâtiment, une pièce de monnaie. Il Terme do menuiserie. Sonder le bois, découvrir le* planches sur le plat avec li demi-varlope, pour voir si elles sont d'une belle couleur. || Frapper sur un objet pour juger de son état. || 4» Terme de chirurgie. Reconnaître l'état d'une plaie, en y introduisant une sonde. Le premier [médecin], ayant sondé ses plaies (d'un patient], les juge mortelles, pasc. Prov. u. \\ Introduire une sonde dans quelque cavité naturelle, pour en reconnaître

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/itat, ou pour en faire sortir un liquide accumulé. Il Particulièrement. Sonder un malade, introduire une sonde dans la vessie, soit pour reconnaître si le malade a la pierre, soit pour faire sortir l'urine retenue par quelque empêchement. || Absolument. Ce chirurgien n'a pas lamain rude, il sonde doucement. Il 5* Fig. Porter comme une sonde en quelqu'un, essayer de découvrir quelles sont ses dispositions. Monsieur, laissez-moi faire, je m'en vais la sonder un peu, MOL. Am. inéd. i, 3. Enfin, j'ai voulu vous parler pour m'aider à sonder mon père sur les sentiments où je suis, iD. VAv. i, 2. Ce n'est pas vivre avec eux [les hommes] que delesvoir enpublic... il est question de les voir en particulier.... de les tâter de tous côtes et de les souder pour découvrir leurs maximes, fén. Tél. xxiv. Ce prélat voulut voir M. Sauveur; il le tourna sur plusieurs matières do physique, le sonda, et le connut bien, FONTEN. Sauveur. || Il se dit aussi des choses. Sondez ses sentiments, et réglez-vous sur eux, corn. Tite et Bérén. iv, 4. Dieu, qui sonde les cœurs, boss. Sermons, Soumission, 3. Il [Valentinien] sonda les esprits des gens de guerre, fléch. Ilist. de Théodose, I, 22. Publions les exemples de sa charité [de Mme d'Aiguillon], et n'en sondons pas les mystères, ID. Mme d Aiguillon. Entreprenez, si vous le voulez, de sonder le fond de cet abîme des jugements divins, fén. t. m, p. 274. Misérable mortel, si je ne puis sonder ma propre intelligence, si je ne puis savoir ce qui m'anime, comment connaîtrai-je l'intelligence ineffable qui préside visiblement à la nature entière? volt. Phil.ignor. (7. || Sonder un bois, chercher s'il ne renferme pas d'ennemis. Il [Napoléon] marchait lentement.... faisant sonder devant lui les bois et les ravins, sÉouii, Ilist. de Nap. vin, 4. ||6° V. n. S'enfoncer dans la mer, en parlant de la baleine. Des qu'elle est harponnée, la baleine sonde avec une vitesse de quinze à dix-sept nœuds, l. nougaret, ISonit. unit). 20 août 1808, p. (212, 4'col. || 7°Se sonder, V. réfl. Pratiquer sur soi-même l'opération du cathélérisme, s'introduire une sonde dans la vessie. Ce malade a une rétention d'urine, il a appris à se sonder. ||8* Fig. Reconnaître quelles sont les dispositions oii l'on est. U faut.... Se sonder, s'exercer, avant que s'employer, régnier. Sot. i. 11 faut s'instruire et se sonder soi-même, S'interroger.... VOLT. Pauvre diable.

— HIST. xvi' s. Cinq ou six chirurgiens des plus experts de France firent toute diligence et devoir de profondir la playe [de Henri II blessé dans le tournois], et sondre l'endroict du cerveau où les esquilles du tronsson de la lance pouvoient avoir donné, carloix, vu, 28. Themistocles voulant sonder quelle seroit l'opinion d'Aristides, amyot, ^ri'sl. 24. Quand ils sondèrent le guay, ils trouvèrent qu'il esloit impossible de la guayer [une rivière], ID. Pyrrhus, 3. Si c'est un subject que je n'entende point, à cela mesme je l'essaye [mon jugement], sondant le gué de bien loin, mont, i, 375. Se veoir destailler en pièces, et arracher une balle d'entre les os, se souffrir recoudre, cautériser et sonder.... iD. i, 3U2.

— f.TYM. Origine incertaine. Diez admet que, si sombrer est pour so-ombrar [sous ombre], sonder est pour so-ondar [sous onde], étymolugie fortifiée peut-être par le sens du u° 6.

SONDEUR (son-deur), s. m. || !• Celui qui sonde. Fontainier, sondeur et foreur de puits artésiens, Tarif des patentes, 4 858. |{ 2' Terme de marine. Instrument pour sonder. || 3' Celui qui cherche, fouille. En pénétrant dans ce cabinet, fausse cachetle masquant la véritable, les sondeurs devaient se croire arrivés à leur but, tu. Gautier, Journ. offic. U août )87i.

— ÉTVM. Sonder.

SONGE(son-j'), s. m. || l'Opérations irrationnelles des facultés intellectuelles en partie éveillées chez une personne qui dort. Un songe en notre esprit passe pour ridicule, U ne nous laisse espoir, ni crainte, ni scrupule; Mais il passe dans Rome avec autorité Pour fidete miroir de la fatalité, CORN. J'oly. 1, 3. Je sais ce qu'est un songe et le peu de croyance Qu'un homme doit donner à son extravagance. Qui d'un amas confus des vapeurs de la nuit Forme de vains objeLs que le réveil détruit, ID. Poly. l, i. N'est-ce pas à Dieu qu'il appartient de donner l'interprétation des songes? SACi, Bible, Genèse, xl, 8. Mon songe m'est échappé de la mémoire, m. ib. Daniel, u, 6. t" médecin : Faites-vous des songes? — Pourceaugnac : Quelquefois.— ("médecin : De quelle nature sont-ils? — Pourc. : Do la nature des songes ; quelle diable de '

a'ON

conversation est-ce là? mol. Pourc. i, ((. Quequittet-on en quittant le monde? ce que quitte celui qui, à .son réveil, sort d'un songe plein d'inquiétudes? BOSS. Serinonj, Oblig. de l'état relig. (. Ce fut un songe admirable, de ceux que Dieu même fait venir du ciel par le ministère dos anges, dont les images sont si nettes et si démêlées, m. Anne de Gonx. La voilà donc, Girot, cette hydre épouvantable Que m'a fait voir un songe, hélas", trop véritable! boil. Lutr. iv. C'est une chose assf.z ordinaire à certaines personnes d'avoir, la nuit, des songes assez vifs pour s'en ressouvenir exactement lorsqu'ils sont réveillés, malebr. Rcch. vér.n, 3, ch. dern. Un songe (me devrais-je inquiéter d'un songe?) Entrotient dans mon cœur un chagrin qui le ronge, RAC. Athal. II, 5. La postérité éclairée pourra-t-elle le croire? on a fait pendant plus de mille ans une étude sérieuse de l'intelligence des songes, volt. Dict. phil. Figure. Les songes sont une grande partie de l'histoire ancienne, ainsi que les oracles, id. ib. Somnambules. Dans un de mes rêves je soupais avec M. Toulon, qui faisait les paroles et la musique des vers qu'il nous chantait; je lui fis ces quatre vers dans mon songe : Moucher Toulon, que tu m'enchantes Par la douceur de tes accents I Que tes vers sont doux et coulants : Tu les fais comme tu les chantes, id. ib. Somnambules, iv. Ce songe est beau [dans les Horaces], en ce qu'il alarme un esprit rassuré par un oracle ; je remarquerai ici qu'en général un songe ainsi qu'un oracle doit servir au nœud de la pièce : tel est le songe admirable d'Athalie, ID. Comm. Corn. Rem. Hor. i, a. Je sais bien qu'un songe n'amène pas un événement; mais j'ai toujours peur que l'événement n'arrive à sa suite, j. i. Rouss. lléloïse , vi, 2. Nos songes sont souvent des délateurs secrets. De nos vœux les plus sourds confidents indiscrets, Ducis, Macbeth, m, (. Les songes de tes nuits sont plus purs que le jour, a. de musset, Rolla. || Fig. Alors on dit [dans les brusques changements] : il me semble que je r«ve ; car la vie est un songe un peu moins inconstant [que le songe ordinaire], pasc. Pens. m, (4, édit. havet. || Il me semble que c'est un songe, que j'ai fait un songe, ou fig. c'est un songe, se dit pour exprimer que ce qui est arrivé ne paraît plus une réalité. Tout ce qui s'est passé n'est qu'un songe pour moi, rac. Théb. v, 4. Tout ce que 'fermosiris m'avait prédit, et tout ce que j'avais entendu dans la caverne, ne me paraissait plus qu'un songe, ID. Tél. n. \\ Fig. Est-ce un songe? n'est-ce point un songe? se dit pour exprimer qu'on croit à peine ce qu'on voit, ce qu'on entend. Veillé-je? ou n'est-ce point un songe? rac. Iphig. ii, 7. Est-ce un songe? et mes yeux nem'ont-ils point trompée? ID. Bajax. m, o. || 2° Fig. Fictions comparées à un songe auquel on se livre tout éveillé. Et, fabuleux chrétiens, n'allons point, dans nos songes, Du Dieu de vérité faire un Dieu de mensonges, boil. 4rt p. m. Il faut avoir absolument la tête vide pour faire des songes aussi creux, Mirabeau, Lelt. orig. t. m, p. 452. Qu'un songe au ciel m'enlève ; Que, plein d'ombre et d'amour, Jamais il ne s'achève. Et que la nuit je rêve X mon rêve du jouri v. hugo, Odes, V, 25. Il Faire de beaux songes, concevoir des espérances chimériques. L'on fait, dans la vie, de si beaux songes, que c'est souvent perdre tout son bonheur que de s'apercevoir que ce sont des songes, comte de caylus, Acad. de ces dames, Œuvr. t. XII, p. 92, dans pougems. || 3" Souvenir quia laissé peu d'impression. Je vous rappelle un songe effacé de votre âme, rac. Mithr. i, 2. || 4" Fig. Ce qui n'a pas plus de solidité,de réalité qu'un songe. Ma gloire n'est qu'un songe et ma grandeur qu'une ombre, tristan, Marianne, i, 3. Mais, à bien regarder ceux [les maux] où le ciel me plonge. Les vôtres auprès d'eux vous sembleront un songe, CORN. Uor. III. 4. Elle vous dit par ma bouche que la grandeur est un songe, la joie une erreur, la jeunesse une fleur qui tombe, et la santé un nom trompeur, boss. Uar.-Thér. Voilà par quels plaisirs nous tâchons d'abréger le songe de la vie I MAINTENON, l.ett. à Umc des Ursins, (7 sept. (7(4. Tu n'étais qu'un philosophe chimérique ; ta république n'était qu'un beau songe, fén. Dial. des morts anc. [Platon, Denis le Tyran). Ce qui fait la surprise et le désespoir du pécheur au lit de la mort, c'est de voir que le monde, en qui il avait mis toute sa confiance, n'est rien, n'«st qu'un songe qui s'évanouit et qui lui échappe, Mass. .Ivcnt, Mort du pàch. La vie n'est qu'un songe ; nous voudrions bien, votre sœur et moi, rêver avec vous, volt. Lett. Hnxe de Fontaine, 8 jauv. (750. Il 6° Fig. Ce qui occupe l'esprit, sans avoir

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une réalilé assurée. De ces divisions nous est né ce prétendu règne de Christ, qui devait égaler tous les lionimes, songe séditieux dos indépendants, Boss. Heine d'Anglet. Lu vie, en commençant, l'a fait d'hcureiu mensonges; Je ne veux point tVter, mais te choisir tes songes, delille, Imag. vi. 116° Les Songes (avec une S majuscule), divinités qui présidaient aux songes, et qui, la nuit, pénétraient dans les demeures des hommes; ils étaient les fils du Sommeil; ils sortaient dos enf»'« par deux portes, l'une d'ivoire qui donnait passage aux Songes vains, l'autre do corne qui donnait passage aux Songes véridiqucs. Les Songes voltigeants fuyaient avec les onibies, volt. Ilenr. VII. Dors, 6 fils d'Apollon!... Do leurs chrrurs nébuleux les Songes t'environnent, v. iiuoo, Odes, IV, 2. Il 7° En songe, loc. adv. Tendant qu'on songe endormant. Une divinité me l'a fait voir en .songe, BOIL. Lutr. I. D'où vient qu'on fait quelquefois en songe des discours suivis et éloquents, des vers meilleurs qu'on n'en ferait sur le mémesujel, étant éveillé? que l'on résout môme dos problèmes de mathématiques? voilà des idées très-combinces qui ne dépendent de nous en aucune manière, volt. Dict. jthil. Imagination. Le chien est à la chasse en songe, il aboie, il suit sa proie, il est à la curée, ID. Dict. phil. Somnambules, m. \\ Fig. Partout où l'on respire on n'est heureux qu'en songe, M. J. ciiÉN. Fénelon, il, 3. || Proverbes. Tous songes sont mensonges, tout espoir riant nous trompe. Songe d'amour n'est point mensonge; Le mien sera bientôt parfaite vérité, dancourt. Prix de l'arqueb. se. 5. Il Mald'autrui n'est que songe, onn'estnonplus touché du mal d'autrui que d'un songe. || Mal passé n'est qu'un songe, quand un mal est passé, il ne touche plus. On dit que le mal passé n'est que songe: c'est bien mieux, il sert àfaire sentir le bonheur présent, chamfort, March. de Smyrne, se. ).

— SYN. SONGE, BÊVE. Le langage physiologique distingue le songe du rêve, que confond le langage vulgaire. Quand, durant le sommeil, les sensations et la perception, la locomotion et la voix sont seules suspendues, tandis que les facultés morales et intellectuelles restent en exercice, il y a songe. Quand, les sensations étant suspendues, la voix et la locomotion ensemble ou une seule de ces fonctions continue A s'exercer en même temps qu'une ou plusieurs facultés cérébrales, il y a rêve.

-- lIIST.xii* s. ÎU) Sonja un songe qui grant duel [deuil] senefic, Ttonc. p. 33. || xiii* s. Son songe [elle] dist au roi, a bien li averti, Berte, lxxi. Maintes gens dient que en songes N'a se fables non et mcnçongcs, la Rose, f. Mais l'en puet tiex songes songier Qui ne sunt mie mençongier, ib. 3. || xvi* s. Elle n'avoit ([u'un songe et une umbre des biens qu'elle avoit espérez, amyot, LucuU. 32. Comme grand dormir n'est pas sans songe, Grand parler n'est pas sans mensonge, lshoux de uncy, i'rov.

t. II, p. 275.

— ETYM. Rorry, sunge; wallon, sang ; provenç. tomnhe, songe, somje, somni; espagn. sueiio; ital. sogno; du lat. somnium, de somnus (voy. somme 3).

SONGÉ, t.K (son-jé, jée), part, passé de songer. Qui a été objet do songe. Ce qui avait été songé durant le sommeil s'oublia au réveil.

SONGK-CREtIX (son-je-kreù), j. m. || 1* Homme qui, affectant de beaucoup songer, entretient continuellement despenseeschimeriques.il vaut mieux être injurié du nom de songe-creux que de celui d'écervelé,LA motiie le vayer, Dial. d'Orat. Tub.l. i, p. îifl. Ces tristes songe-creux valent pis que les autres, th. corn. Baron d'Albikrac, m, 5. Un songe-creux de mon voisinage a imprimé sérieusement qu'il jugeait que notre monde devait durer tant qu'on ferait des systèmes, et que, dès qu'ils seraient épuisés, ce monde finirait, volt. Letl. Thiriot, 15 sept. 1788. || 2° Celui qui songe souvent i. faire des malices, des méchancetés (vieilli en ce sens). Prenez garde; c'est un songe-creux qui vous trompera. || Au plur. Des songe-creux.

— lllST. ivr s. Je suis de moy mesme non mélancolique mais songecreux, mont, i, 77. Un almanach de 1527 est intitulé Prenosticalion de maistre Albert Songecreux biscain (dhunet , v Prenosticalion). — P. Gringore [ib. v Gringore) a fait: Contredicts du prince des sotz autrement dit Songecreux, qui commence par ces vers : Pour éviter les abus de ce monde, De Songecreux lisez les contredicts.

— KTYM. Songer, et creux.

SONGE-MALICK (son-je-ma-li-s'), t. m. Terme

vieilli. Celui qui fait souvent des malices, de mauvais tours. Il Au plur. Des songe-malice ou malices.

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- HIST. xvi« s. Songe-malice, cotoravi.

- ÉTVM. Songer, et malict.

SONGER {son-jé ; le g prend un « devant a et o; songeant, songeons),», n. || !• Faire un songe. Sa jnt- Aoust avait songé, la veille qu'il a été tué, qu'il avait eu un démêlé avec M. le prince d'Orange, SKV. 0 sept. (676. Il Penser avoir songé, douter do la réalité de ce que l'on voit. Ils se regardèrent les uns les autres, étonnés comme gens qui pensaient avoir songé, malh. lexxxiir ;it>r« de T. Live, ch. aa. Il Se dit avec de. Vous aurez fait d'un mort la rencontre fïlcheuse. Cassé quelque miroir et songé d'eau bourbeuse, mol. Tart. ii, 4. Je m'en vais vous dire une chose plaisante dont Corbinelli est témoin; je lui dis lundi matin que j'avais songé toute la nuit d'une Mme de Rus, que je ne comprenais pas d'où me revenait cette idée; et que je voulais vous demander des nouvelles de celte sorcière; là-dessus je reçois votre lettre, et justement vous m'en parlez, comme si vous m'aviez entendue, sÉv. 399. \\l' Fig. S'abandonner à ses rêveries. Chacun songe en veillant; il n'est rien de plus doux; Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes, la font. Fabl. vu, lo. Un lièvre en son gîte songeait ; Car que faire en un gîte à moins que l'on no songe? ID. ib. ii, M. || Songer creux, rêver profondement à des choses chimériques. Il Songer creux signifie aussi songer à quelque malice; mais ce sens a vieilli. || 3* Fig. Avoir en l'idée, considérer, se souvenir de, s'aviser de. Ah 1 n'allons point songer au mal qui nous peut arriver, et songeons seulement à ce qui peut donner du plaisir, MOL. Festin, i, 2. Hors la maréchale do Grammont, on ne songe déjà plus au comte de Guiohe [qui avait été tué], sÉv. (76. Songez que cette gloire faisait le péril de Madame dans cette vie, BOSs. Ducb. d'Orl. Sans songer à cette terrible sentence de saint Paul : la veuve qui passe sa vie dans les plaisirs est morte toute vive, id. Anne de Conx. A la Place Royale on me blâme, à Saint- Germain on me loue; et nulle part on ne songe à me plaindre ni à me servir, maintenon, telt. 4 îllle de l'Enclos, 8 mars icofl. Quand je lus les Guêpes d'Aristophane, je no songeais guère que j'en du.sso faire les Plaideurs, rac. Plaid. Préf. Allez, allez, finissez vos débats. Si .vous voulez redevenir les grâces, Et pour plaire n'y songez pas; N'y point songer, c'est trop ; ch bien n'y songez guère, lamotte, i'abl. v, 7. En arrivant je ne songeais qu'à bien dîner; en partant je ne songeais qu'à bien marcher; je sentais qu'un nouveau paradis m'attendait à la porto; je ne songeais qu'à l'aller chercher, i. j. rouss. Conf. n. Il [Fénelon] était bien mieux que modeste; car il ne songeait pas même à l'être, d'alemuert, El. Fén. \\ Il se ditaussi avec de. 11 songe toujours de fêtes, de chasses. Il songe rarement d'afiaires. |{ Il s'est dit avec en; ce quiavieiUi. Dans cet espaccde temps,je songeai, je vous l'avoue, troisà quatre fois en Mademoiselle*'*, VOIT. Lett. 128. Il Songer à tout, ne rien omettre de ce qui doit être fait. On m'envoie les gazettes; vous songez à tout, vous êtes adorable, .sÉv. 27 sept. 1C84. Il Y songez -vous I vous n'y songez pas I à quoi songez-vous 1 se dit par reproche à une personne qui dit ou qui fait une chose déraisonnable. |{ Songez-y, songez-y bien, se dit par menace ou comme avertissement. Songez-y bien : il faut désormais que mon cœur. S'il n'aime avec transport, haïsse avec fureur, rac. Andr. i, 4. Songez-y: vos refus pourraient me confirmer Un bruit sourd que déjà l'on commence à semer, m. Athal. m, 4. || Songer à deux fois, considérer mûrement. Toute l'Europe songera à deux fois comme elle se devra conduire avec Votre Excellence, sÉv. Au duc de Chaulnes, 15 mai 1091. Il 4° S'occuper de, avoir on vue. Ce jeune prince [Cyrus], sauvé do la prison et de la mort par sa mère Parysatis, songe à la vengeance, BOSS. Uist. I, 8. Pendant que lo parlement d'Angleterre songe àcongédier l'armée, cette armée toute indépendante réforme elle-même à sa mode le parlement, id. Reine d'Anglet. Le prince de Condé avait pour maxime que, dans les grandes actions, il faut uniquement songer à bien faire, et laisser venir la gloire après la vertu, id. Louis de Bourbon. X la cour tout est couvert d'un air gai, et vous diriez qu'on ne songe qu'à s'y divertir, lu. AnnedeGonx. L'âge viril plus mvlr inspire un air plus sage.... Contre les coups du sort songe à se maintenir, boil. Art p. m. Ctésiphon et Euphrosino se voient tous les jours, s'aiment, songent à s'épouser, s'épousent, LA DRUY. m. Il Molière a construit songer en ce sens, avec de; ce qui ne se dirait plus qu'en vers. Je vous dis, et vous redis encor Que Va-

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1ère chez lui tient votre Léonor, Et qu'ils s'étaient promis une foi mutuelle, Avant qu'il eiil songé da poursuivre Isabelle, mol. Êc. detmar. m, 1. 1| Songer i soi, s'occuper de soi, de son sort. L'âme possédée de l'amour de Dici(, transportée par cet amour hors de soi-même, n'a garde do songera soi, ni par conséquent de s'enorgueillir, boss. {a Yalliére. Visir, songez à vous, je vous en averti, Et, sans compter sur moi, prenez votre parti, bac. Bajat. n, 3. || Songer à quelqu'un, s'occuper de lo satisfaire pour une affaire, pour une commande. Avez-vous songé i moi, ma chère madame Tbihaut?vous avez tant d'affaires.... dancoubt, Femmt d'intrigues, v, 7. |{ Il songe toujours i mal, à malice, à la malice, il songe à faire quelque malice , et, en un autre sens, il prête un sens trop libre à des choses dites innocemment, ou bien il interprète malignement tout ce qu'on dit ou lait. Tandis que, sans songer à mal, tandis qu'innocemment, sans malico, comme un pauvre mouton, je vous regarde, HOL. Préc. 10. Il Songer à mal signifie aussi avoir quelque mauvais dessein. Une femme qui ne songeait point à mal, iiamilt. Gramm. 9. ||5' V. a. Voir en songe. C'est une faveur que je ne sais encore si j'ai reçue ou songée, balz. Leit.i, livre l. Pauline, sans raison, dans la douleur plongée, Craint et croit déjà voir ma mort qu'elle a songée, corn. Poly. i. (.Je ne songerai plus que rencontre funeste. Que faucons, que réseaux, la font. Fabl. IX, 2. J'ai songé encore un autre songe, volt. Philos. Bible expl. Genèse. || 6' Fig. S'occuper de, avoircn l'idée. Vraimentvous n'avez garde, en l'état où vous êtes, De songer des festins, des danses et des fêtes, maibet, Sophon. n, 3. Mascarille : C'est une faible ruse; J'en songeais une.... — Lélie:Et quelle ? mol. l'Èt. i, 2. J'avais songé une comédie où ilyaurait eu un poète, iD./mpromp(u, (. Lcmonde ordinaire a le pouvoir de ne pas songer à ce qu'il ne veut pas songer... mais il y en a qui n'ont pas le pouvoir do s'empêcher de songer, et qui songent d'autant plus qu'on leur défend, pasc. Pens.

XXV, 20, éd. HAVET. Songez non, ne songez à

rien, laissez-moi tout songer dans mes grandes allées, dont la trislosseaugmentera la mienne, sÉv. 60. Je ne songe et jo ne respire que l'honneur de vous revoir, m. 16 juin 1080.

— HEM. 1. Songer de, c'est faire un songe sur. Songer à, c'est avoir en l'idée, avoir en vue. || S. Du temps de Vaugelas, des puristes condamnaient»onger employé au sens d'avoir en l'idée; mais dès lors les meilleurs auteurs s'en servaient.

— SYN. SONGER, penser. Songor indique plus particulièrement que la pensée roule dans l'esprit depuis plus ou moins de temps. Penser indique simplement l'existence do la pensée.

— HIST. XI* s. Sunjat qu'il eret [était] al grcgnor port do Fize, Ch. de Roi. lx. || xiii' s. Lors commenceras à plorer, Et diras : Diex 1 ai-je songiéî la Rose, 2469. Un en i ot [à Antioche] plus riche, n'avoit laicns son per. Sis tors [six tours] otà baillicr et la porte et l'entrer; Cil sonjoit toute nuit, quant devoit reposer, Que Diex venoit à lui visiblement parler, Ch. d'Ant. vi, 324. Et il sompnera tousjours pluvos et rivières, alebkant, f° 16 (et, plus bas, songera). Et en songe furent les sept vaches et les sept espis que Pharaons sonja, DKUN. LATiNi, Trésor, p. 64. Li bien d'amours sont tout trespas de vent;^ Tost sont passé; on n'i fait fors songnior, Bibl. des ch. 4* série, t. y, p. (6. Il XV* s. Nuit et jour je la sonjoie, La veoye Parler, aler et venir, cii. d'orl. Rondeau. Je m'en vais chausser mes souliers, et puis je ne songerai [tarderai] plus gucro que je ne parle, louis xi, A'ou». xciii. Ceste fantaisie nouvelle Me faisoit songer en veillant. Qui est chose desnaturello, à. cnABT. Œuvr. p. 724. || xvi* s. Les filles prophetizeront, les jeunes gens verront visions, et les anciens songeront songes, calv. Instit. l I6t. Veillez, veillez pour pleurer cette perte : Ou, si dormez, en dormant songez-la; Songez la mort, songez le tort qu'elle a, marot, m, 290. Anne ma sœur, helas dont me surviennent Tant de songers, qui douteuse me tiennent? dubell. iv, 6, verso. Iray-je songer au bransle du monde? mont, i, 174. Aulcuns nous songent deux âmes, d'aullresdeux puissances qui...

m. Il, 0. Mais il se songea [s'avisa] do despeh.

Contes, lx. Encore y en avoit il [à Athènes] qui songeoient dcsjà i conquérir la Thoscane, amyot, P^rtc. 42> Il ne songeoit d'autre chose la nuit en dormant, et ne parloit d'autre chose le jour avec ses amis en veillant, id. Harcell. *o. Tousjours truye songe bran, cotgrave. Par trop songer cerveau ronger, leboux db linct, Prov. t. u, p. sa''

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— ÉTYM. Wallon, tongt ; Berry, tunger, chonger; bourg, sogeai; proV. totnjar, lognar, sompnhar, tompniar; oat. lomiar; eap. soiiar ; port, sonliar; ital. sognare; du lat. tomniare, qui vient do «omnium, songe. Dans tonger il y a deux sens : faire un songe, et penser à; le second de ces sens peut sans doute provenir du premier; mais il y a eu aussi une influence de tonge au sens de soin : xii* s. Par com grant songe l'om doit enquerre les péchiez. Job, p. su.

f SONGERIE (son-je-rje), t. f. État de celui qui se laisse aller à songer. Cette musique berçait si bien mes songeries.... TnEURipx, Revue des Deux- Uondes, oct. )869, p. 877.

SONGEUR (son-jeur), t. m. || 1° Celui qui songe, qui fait des songes. Jadis certain Mogol vit en songe.... Le même songeur vit en une autre contrée Un hermite entouré de feu, la font. Fabl. XI, ♦. Il est dit dans le chapitre 13 du Deutéronome, que le songeur de songes doit être mis à mort dans certains cas, volt. Phil. Bible eipl. Gen. Tous les songeurs ne sont pas endormis, ca- BACCiOLi, Lett. récr. et mor. t. i, p. h 9, dans pougens. Il 2° Particulièrement, dans le style biblique, celui qui raconte ses songes, en parlant de Joseph, fils de Jacob. Voici notre songeur qui vient; allons, tuons-le, et le jetons dans une vieille citerne, ROLLiN, Traité des Et. v, 2* part, n, ». Il 3» Fig. et familièrement. Homme accoutumé à rêver, à former dos projets ch.imériques. || Proverbe. Il est logé chez Guillot le songeur, se dit d'un homme qui a quelque fâcheuse affaire, et qui a sujet d'y penser beaucoup. Bref, il en est logé chez Guillot le songeur, courval. Satires, p. < 58, dans pouGENS. Le gazclier est logé chez Guillot le songeur, gui patin, Nouv. lett. t. i, p. 7, dans POUGENS. Il Adjectivement. Esprits actifs, quoique songeurs, qui ne peuvent se reposer que sur des vérités solides, ni être heureux que par le beau, lOUBEHT, Pensées, Titre 7.

— HIST. xvr s. X la venue do Panurge, dist Pantagruel : Voyez-ci notre songeur. Geste parole, dist Epistemon, jadis cousta bon et fut chèrement vendue es enfans de Jacob. Adonc, dist Panurge, j'en suis bien chez Guillot le songeur, rab. m, u.

— ÊTYM. Songer; provenç. somniador; espagn. sonador; ital. sognatore. Le picard dit songeard pour pensif.

SOMCA (so-ni-ka), adv. \\ 1* Terme de jeu de la cassette. Se dit d'une carte qui vient en gain ou en perte le plus tôt qu'elle puisse venir. || i' Fig. X point nommé, justement, précisément. En étrennes, sonica. Votre bonté coutumière M.e fait présent de moka Pour toute l'année entière. Chanson de Piron 4 lfm« Geoffrin, dans orium, Corresp. 1. 1, p. 382. L'avis que cette résolution sera mise à exécution sonica, si l'on ne reçoit bien vite une réponse satisfaisanteàlalettre....j.J. rouss. l'dial. L'aventure de Merlin m'abat l'esprit, au point que je n'ai ni la force de vous répondre sonica sur les projets pour rattraper mon argent, ni celle de rien composer, gauani, Corresp. 7 juill. <770.

— ÉTYM. Origine inconnue.

t SOXIPÈDE (so-ni-pè-d'), q^dj. Terme de zoologie. Qui fait du bruit en marchant.

— ETYM. Lat. sonipes, de sonus, son, et pes, pied. SONNA (so-nna), s. f. Recueil des dits et faits

de Mahomet, occupant le second rang après le Coran.

— ÊTYM. Arabe, sunnot.

SONNAILLE (so-nâ-U', Il mouillées, et non so- D&-ye), t. f. Clochette qu'on attache au cou des bestiaux ou bétes de somme. Les bêtes de somme paraissent supporter plus volontiers la fatigue, lorsqu'on les accompagne avec des instruments ; c'est pour la même raison qu'on leur attache des clochettes ou sonnailles, buff. De Vouie. Leur vêtement [des nègres] consiste en une espèce de tablier fait d'écorce d'arbre et quelques peaux de singe, qu'ils portent par-dessus ce tablier; ils attachent à ces peaux des sonnailles semblables à celles que portent nos mulets iD. Uist. nat. hom.

ŒUV. t. T, p. (36.

— lliST. XV* S. Ung sonnau propre, dont ils sonnoient ainsi que par nuit est propice, du cange, tonailla. || xvi* s. U n'y eut nul qui osast attacher la sonnaille au col du chat, bonivard, Chr. de Genève, m, 7.

— ETYM. Sonner; provenç. «onalA, sonail ; ital. tonaglio.

*. SONNAILLER (so-nà-Ué, (( mouillées, et non to-n&yé), s. m. L'animal qui, dans un troupeau, va le premier avec U clochette au cou.

SON

— HIST. XVI* S. Mouton sonnaillier, cotorate.

— ÉTYM. Sonnaille.

2. SONNAILLER (so-nâ-Ué, Il mouillées, et non so-nâ-yé), t). n. Terme familier. Sonner souvent et sans besoin. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ÉTYM. Sonnaille.

SONNANT, ANTE (so-nan, nan-t'), adj. \\ 1* Oui rend un son clair et distinct. La peur, l'airain sonnant, dans nos temples sacrés [pendant un orage] Font entrer à grands flots les peuples égarés, STlambert. Saisons, Été. Quel bruit s'est élevé? la trompette sonnante A retenti de tous côtés, gilb. le Jugem. dr.rn. \\ Horloge, montre sonnante, horloge, montre qui sonne les heures. Le khalife Haroum-al-Raschid lui envoya [à Charlemagne] des présents, parmi lesquels une horloge sonnante, v. DURUY, Hist. de Fr. mot/, dge. \\ X l'heure sonnante, à l'heure précise. J'y cours midi sonnant, boil. Sot. in. Quoi I le pardon sonnant te retrouve en ces lieux 1 iD.Iufr.ii. Il Espèces sonnantes, monnaied'oretd'argent. Payer en espèces sonnantes. Son vainqueur le mit à rançon, Elle fut en sonnante espèce, volt. les Trois manières. || Par extension, vers sonnants, vers qui satisfont l'oreille. En seize mille vers bien sonnants, bien comptés, Plus n'en apprend l'Iliade divine, lamotte, l-'abl. iv, 4. || 2° Mal sonnant, voy. malsonnant. ||3* S. m. Espèce de crapaud.

SONNÉ, ÉE (so-né, née), part, passé de sonner. 11 1° Annoncé parle son des cloches. Messe sonnée. Il Proverbe. Matines bien sonnées sont à demi dites. Il 2° Il SB dit de l'heure marquée par le son de la cloche. Il est trois heures sonnées. Et déjà tout confus, tenant midi sonné, boil. Lutr. iv. || Fig. Son heure était sonnée, le moment de mourir était arrivé pour lui. || Fig. Il se dit d'un laps de temps révolu, d'une date qui est accomplie. Il a cinquante ans sonnés. Le bon cardinal [de Retz] m'a écrit, et me mande que la Saint-Martin est sonnée, sév. 20 nov. <675.

SONNER (so-né), V. n. || 1° Rendre un son. Les cloches sonnent. Ce tonneau sonne creux. Il marchait d'un pas relevé. Et faisait sonner sa sonnette, LA FONT. Fabl. i, 4. Chères sœurs, n'entendez-vous pas Des cruels Tyriens la trompette qui sonne? BAC. Athal. IV, 6. Partout en même temps la trompette a sonné, m. ib. v, o. Le son de sa voix était net, plein, bien timbré; une voix de basse étoffée et mordante, qui remplissait l'oreille et sonnait au cœur, J. I. ROUSS. dans laveaux. || Faire sonner une montre, se dit d'une montre à répétition dont on pousse le ressort et qui marque les heures par les sons. Alors Sainville, pour toute réponse, tira sa montre et la fit sonner, genus. Vœux témér. t. m, p. B3, dans pougens. || Sonner le fêlé, se dit d'un vase que l'on frappe et dont le son indique une fêlure. || Faire sonner une pièce de monnaie pour juger si elle est bonne. || 2° Sonner du cor, de la trompette, de la trompe, faire rendre des sons à ces instruments. Alors les sept anges qui avaient les sept trompettes se préparèrent à en sonner, saci, Dibl. St Jean, Apocal. viii, 6. || Absolument. Ces piqueurs sonnent bien, sonnent mal. || 3° Il se dit du son que produisent les lettres, les mots, etc. L'r sonne dans mer. Je n'entends qu'erre partout, en supposant qu'on ne fera pas mal à propos et contre l'usage sonner les s d'ot'rs et de mers, où elles ne sont que signes de pluriel, d'olivet, Prosod. franc, ii, 2. || Faire sonner une lettre, la faire entendre avec tout le son qui lui appartient. Il Ne pas faire sonner une lettre, ne pas la faire entendre, ou ne la faire entendre que faiblement. Il Ce mot sonne bien à l'oreille, le son en est agréable. Olympie sonne mieux à l'oreille que la ville de Reheboth, volt. Mœurs, Déluge. || Ce vers, cette stance, cette période sonne bien, sonne mal à l'oreille, l'arrangement des paroles y est harmonieux, n'y est pas harmonieux. || Fig. Cette action sonne bien, ne sonne pas bien, sonne mal dans le monde, elle est bien, mal reçue du public. {| Fig. Cela sonne mal, se dit d'un acte qui n'a pas bonne apparence. Une jeunesse comme vous, vendre comme ça toutes ses nippes et en cachette, ça sonne mal, oenus, Thédt. d'éduc. la lingère, i, 2. Il Faire sonner un mot, le prononcer avec emphase. Étaler force mots qu'elles n'entendent pas; Faire sonner Lamboy, Jean de Vert et Galas, corn. Uent. I, 6. Il Faire sonner signifie aussi appuyer sur, parler de. Est-ce un sujet pourquoi Vous fassiez sonner vos mérites? la pont. Fabl. iv, 3. Il a bien fallu faire sonner le nom de miracle, Boss. Yar. 9. Ce diable de marquis qui s'en va, d'importance. Faire sonner partout son manque de finance.

SON

th. corn. Comtesse d'Orgueil, l, t. Mme la duchesse fit bien sonner la pauvreté d* ses filles, ST-sm. 2G2, 7. Il Faire sonner signifie enfin répéter à haute voix. Chiraène : Do qui peux-tu savoiT CCS nouvelles étranges? — Elvire :Du peuple qui partout fait sonner ses louanges. Le nomme de sa joie et l'objet et l'auteur, Son ange lutéfaire et son libérateur, corn. Cid, iv, i. |l Faire bien sonner, faire sonner haut, bien haut, vantera l'excès, faire beaucoup valoir. Elle fait bien sonner ce grand amour de mère, corn. Hodog. n, 4. Certes, vous vous targuez d'un bien faible avantage, Et vous faites sonner terriblement votre âge, mol. Mit. m, h. Je sais qu'on fait sonner très-haut deux grands avantages en faveur de l'éducation des collèges, la société et l'émulation, d'alemb. (Euv. t. ni, p. <7l. Il 4° Être indiqué, annoncé par quelque son. Les vêpres sonnent à la paroisse. Adieu, ma chère enfant, voilà compiles qui sonnent, SÉV. 209. Dès que midi était sonné, m. 577. Si l'heure eût sonné tandis qu'il lisait sa phrase, il eiit fermé le livre sans achever, j. }. bous.s. Conf. VII. Sa mort sonne; une.... deux.... c'est l'instant de frapper, ducis, Macbeth, v, 7. || 5* Terme de musique. Sonner sur la basse, se dit d'une note qui entre dans l'accord et fait partie de l'harmonie, à la différence des notes de passage. ||6° V. a. Tirer du son d'une cloche, d'une sonnette, etc. Sonner les cloches, le tocsin, etc. On ne marchande pas un couvercle de marmite, sans l'avoir sonné pour connaître si le métal est bon, fén. Diog. Il Sonner la cloche, c'est faire que le battant frappe des deux côtés (comparez copteh). || 1' Annoncer quelque office de l'église par le son des cloches. Sonner la messe, les vêpres, le sermon. Sonner un baptême. Sonner le premier coup, le dernier coup de matines, ou, simplement, sonner le premier, sonner le dernier. || Absolument. Sonner pour les morts. Il Par extension. Le signal? — Un tocsin sonnant la mort des traîtres, M. j. CHÉN. Charles IX, n, 4. Aux accents de l'airain sonnant les homicides, ID. ib. v, 2. || 8' Dans les omnibus, sonner un voyageur, indiquer sur le cadran, en le faisant sonner, qu'un voyageur a monté. Il 9° Terme de musique. Sonner un ton, un accord, le faire entendre. || Sonner s'est dit des airs de danse que l'on joue. Cela eût duré trop longtemps, si les violons n'eussent vitement sonné une sarabande si gaie, que tout le monde se leva aussi joyeux que si de rien n'eût été, voit. Lett. 40. Il 10° Terme de chasse. Il se dit des différentes manières de sonner du cor, de la trompe. Sonner le laisser-courre. Sonner du gros ton, sonner du grêle. En chasse I le maître en personne Sonne, v. hugo, Bail. \i.\\ Sonner un ou deux mots, donner un ou deux tons prolongés avec le cor. || Absolument. Faire retirer les chiens. || 11" Terme de guerre. Donner avec la trompette différents signaux. Sonner le boute-selle. Sonner la retraite. Comme il sonna la charge, il sonne la victoire, la font. Fabl. n, 9. || Sonner à cheval, sonner pour faire monter à cheval la cavalerie. || Fig. Il est temps de sonner la retraite, il est temps de se retirer des affaires, du monde. || 12° Terme de marine. Sonner le quart, avertir de venir faire le quart. || 13* Sonner ses gens, agiter une sonnette pour les faire venir. Sonner la femme de cbjmabre. Il Absolument. Agiter une sonnette pour appeler, pour se faire ouvrir une porte. J'entends sonner. On sonne à votre porte. Vite, madame a sonné. Drelin, drelin, drelin I tout comme si je ne sonnais point; chienne! coquine! mol. Mal. imag. I, 4. Il 14° Fig. et familièrement. Ne sonner mot, ne dire mot, ne prononcer aucune parole. Vous avez raison, je ne sonnerai mot, dancourt, les Trois cousins, 1, 7. il Ne pas sonner mot d'une chose, n'en pas parler. 11 [Baronius^, a eu tort de dire que les hérétiques en furent si accablés [d'un livre sur la prétendue papesse Jeanne], qu'ils eurent honte d'avoir parlé de cette fable, et qu'ils n'osent plu» en sonner mot. Anal, de Bayle, t. n, p. 349. Ce billet ... Paraît être daté de deux mois; et mon maître Pendant tout ce temps-là ne m'en a sonné mot, J. B. ROUSS. fiai*, v, 3. || 15* Fig. Signifier, en parlant de mots, de paroles. Ainsi on sera, toujours en garde contre les expressions de l'Evangile, de peur qu'un chicaneur ne nous vienne dire que vous êtes janséniste, en les prenant avec les saints selon ce qu'elles sonnent! boss. Arert. sur le livre des Réflex. mor. v. || Proverbe. On ne peut sonner les cloches et aller à la procession, ou sonner les cloches et dire la messe, on no peut faire à la fois deux choses pour lesquelles il faut être

SOiN

SON

SON

en dei lieux différents. Je ne suis pas comme Michel Morin, qui sonne les cloches et qui va à la procession, carmontellk, l'rov. Us Voitins, se. 7.

— REM. 1. Sonner, o. n. se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on veut marquer l'acte : l'heure a sonné tout i l'heure ; avec l'auxiliaire être, quand on veut marquer l'état : l'heure est aonnoe depuis longtemps. || 1. On no dit pas sonner la trompette; il faut : de la trompette.

— MiST. XI' s. N'i ad celoi qui mot sunt ne mot tint, Ch. de Roi. ixi. Parmi cel ost [ils] funt mil grailles suner, l'b. uii. [Du bruit] Sunent li mont et res|)unJent li val, ib. cliv. || xii" s. Quant jel rovai [je le demandai].... se li cors fust sonez, Jloncisv. p. 82. A Sun père n'en sunad mot, Bots, p. 46. Ce qu'à saint igiiso unt si ancosur dune. En parmenable almosne li unt tut graanté; Ainkes de barunie ni out un mot suné, Th. le mart. 46. Ij ini' s. Les cloches de la ville sonnèrent hautement, Berte, a. Il n'a [n'y a] cloche en la vile que l'on n'i ait sonnée, ib. cxxvi. Quant li empereres vit que par assaut ne porroit le casticl avoir, si fist sonner le retrait, H. de valenc. xxxv. Li talemeliers [boulangers] puent cuire les lundis ains jour, si tost comme matines de Nostre-Dame sonent, se aucunes des testes desus dites n'i eschoent, It'o. des met. tt.||xiv*s. Si come une fois advint du jugleur de la harpe auquel un autre promist que tant miei joueroit ou sonneroit, tant plus de bien ly feroit, oresme, Éth. 258, L'cndemain, au matin, aprez prime sonnée, Fudedens Terascon ceste gent aprestée. Pour ceste ville rendre qui bien estoit fermée, Gue-icl. 43993. Et a ordené le roi Charles V premier à Paris les cloches qui à chascune heure sonent par points, à manière d'horloge, Ilist. litt. de U Fr. t. xxrv, p. 6B6. Il XV* s. Lors sonnèrent les Anglois leurs trompettes, FROiss. I, I, 4 95. Ensi ala [la métamorphose de Danaé en laurier], com je vous sonne, Si com Ovides l'araisonne En ses escris, ro. Po^s. mss. ji «)0, dans LACURNE. Je suis filz d'une gentille d.ime reyne, et fils de son mary, qui fait moult à recommander; et moult le recommandasse, si bien giinnast en ma bouche, Perceforest, t. rv, f* lie. Il tvi* s. Il envoya sonner le tabourin à l'cntour de 1« ville, RAD. Garg. i, 26. Une messe bien sonnée est à demy dicte, ro. ib. i, 40. Entrez dedans la nafire, et, quand je vous sonneray, tournez le tour SHi le tillac diligentement, ro. Pant. n, 2&. Ainsy eùilia Amphion, sonnant de sa lyre, la grande cité de Thebes, ID. ib. m, Prol. Mynuict est pieça sonné, st-gelais, 227. Homère premier sonna Et les rats et les grenouilles, dubell. ii, 37, verso. Au demourant, cette rcsponse ne sonne [signifie] non plus que feroit la mienne à qui s'cnquerroit.... MONT. I, ÎI4. Ce mot [bt'bot] sonne plus sortablement en la langue d'un gascon, qui change volontiers en v le b, n». Il, 22). Il commanda aux trompettes qu'ilz sonnassent le son de la bataille, amyot, Sylla, 02. Le flatteur ayant accoustumé de tousjours sonner une seule noie, qui est de complaire, ID. Com. dise, le flatt. 21. Je fy sonner pour chiens : la trompe les assemble, bons. 670. Quant aucun acquiert aucun héritage ou droit censé et réputé pour héritage, par contract de vente ou sonnant ou equipoUant à vente.... CousI. gén. t. 11, p. 040. J'ay veu un bon organiste, lequel, estant reprins des chanoines pour ne sonner rien qui vaille, disoit que le souffleur qu'on luy avoit baillé en estoit cause, BoucHET, Serées, m, p. 2B5, dans lacurne. Pour pauvre personne guère on ne sonne, lehoux Dli LiNcr, Prov. t. I, p. B4.

— ÊTYM. Berry, sonner; saintong. souner ; bourguig. senai; prov. et esp. sonar; port, soar; ital. sunare ; du lat. sonare, qui vient de sonus, son 3.

SONNERIE (so-ne-rie), s. f. || 1= Son de plusieurs cloches mises en même temps en branle. Une pesante sonnerie proclame dans la région des nuées Im triomphes du Dieu des batailles, ciiateaubr. Génie, iv, i, <. Lorsque, avec le chant de l'alouette.... on entendait, au lever de l'aurore, les petites sonneries de nos hameaux, lo. ib. iv, i, t. Il La grosse sonnerie, le son des grosses cloches; la petite sonnerie, le son des cloches plus petites que les autres. Elle [Mme des Hameaux] a prié qu'on sonnât à Saint-Paul la grosse sonnerie, et un gentilhomme qui demeure chez elle, de ne point jouer le jour de sa mort, sÉv. 22 mars I68O. || a° Totalité des cloches d'une église, La sonnerie de cette église a coûté cher. Il me semble qu'un monument & l'honneur de Descartes décorera bien autrement cette église [Ste-Geneviève] que de belles orgues ou une belle sonnerie, d'alemb. Dial.

entre Dete. et Christ. \\ 8* Toutes les pièces qui servent à faire sonner une montre, une pendule. Dieu a établi leur mouvement [de l'&me et du corps, harmonie préétablie de Leibnitz] de façon que l'aiguille et la sonnerie se rapportent continuellement, VOLT. Newt. I, 7. Il Demi-sonnerie, répétition qui no fait entendre que les quarts. || 4° Les différents airs que sonnent les trompettes d'un régiment. || Terme de marine. Airs de clairon qui, équivalant i des batteries de tambour, font connaître diverse» heures ou diverses sortes de services.

— HIST. XIII* s. Es clochiers lu la sonnerie Et longue et grant et merveilleuse, Gautier decoinct, p. 189. Il XV* s. X grant sonnerie, en chants glorieux et mélodieux, fist dire laudes et grâces à nostre Seigneur, christ, de pis. Charles Y, 11, «6.

— ÊTYM. Sonner.

SONNET (so-nè ; le ( ne se lie pas; au pluriel, Vt se lie : des so-nè-z ingénieux; sonnets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. Ouvrage de poésie composé de quatorze vers distribués en deux quatrains sur deux rimes seulement et en deux tercets. On dit, à ce propos, qu'un jour ce dieu bizarre [Apollon], Voulant pousser à bout tous les rimeurs françois, Inventa du sonnet les rigoureuses lois.... BoiL. Art p. n. Les sonnets sont beaucoup plus à la mode en Italie que chez nous, FONTEN. Slanfredi. Il est très-faux que ce sonnet [Tonne, frappe, il est temps, rends-moi guerre pour guerre....] soit de Des Barreaux; il était trèsfâché qu'on le lui imputât; il est de l'abbé do Lavau, qui était alors jeune et inconsidéré, volt. Louis XIV, Écrivains, des Barreaux. Le Misanthrope pensa être sifflé dans la critique du sonnet, parce que le parterre avait eu la bêtise d'en applaudir les vers, et l'auteur l'imprudence de ne pas le prévenir que les vers étaient mauvais, d'alemb. Éloges, Mariv. note < 1 . Le sonnet est peut-être le cercle le plus parfait qu'on ait pu donner à une grande pensée, et la division la plus régulière que l'oreille ait pu lui prescrire, uarmontel, Œuv. t. V, p. 292. Aimerais-tu les fleurs, les prés et la verdure. Les sonnets de Pétrarque et le chant des oiseaux? A. de musset, la Nuit d'oct. Pendant six mois, je n'ai guère vécu que de sonnets : au dcjeii' ner un sonnet, au dîner deux sonnets, sans compter les rondeaux; toujours des sonnets, partout des sonnets, beybaud, Jérôme Pdturot, 1, i .

— iilST. XVI' s. Estant le sonnet d'italien devenu françois, comme je croy, parMellinde Sainct Gelais, dubell. ii, ii, verso. Sonnets que nous tirasmesdes Italiens, mot toutesfois qu'ils tiennent de nostre ancien estoc, pasq. Jlech. vu, p. 6(1, dans lacurne.

— ÊTYM. ItSil. sonetto, sonnet. Sonnet vient de l'italien ; mais l'ancien français avait sonet au sens de chanson, chansonnette : xm* siècle, Cliantecler lors s'aseûra, De la joie un sonet chanta, Ren. < B60. Le provençal avait sonet au même sens. C'est sans doute de cet ancien sonel des Français et des Provençaux que les Italiens ont tiré leur sonetto. Sonet est un diminutif de son.

SOXNETrE (so-nè-f), ». f. || 1" Clochette dont on se sert pour appeler ou pour avertir. Tirer la sonnette. Agiter la sonnette. La sonnette du président, dans une assemblée délibérante. Je vous prie de me faire présent d'une sonnette d'argent, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, t. vi, p. <05, dans pouoens. L'abbé Fleury suppléait souvent aux sonnettes [en allant lui-même], avant qu'on en eiit l'invention, st-sim. 83, 5). Je crois à préent V. A. R. sur les bords [de la Baltique] où l'on ramasse ce bel ambre dont nous avons, grùce à vos bontés, des écritoircs, des sonnettes, des boîtes de jeu, VOLT. Lett. au pr. roxj. de Pr. t2 août (739. N'abusez jamais de l'usage des sonnettes : songez que, si vous rendez vos domestiques des esclaves, vous vous mettez vous-mêmes dans la plus honteuse dépendance, GENLIS, liais, rusl. t. 11, p. 267, dans P0UGENS. Un son terrible parvint à son oreille, c'est celui de la sonnette funèbre qui précède et qui annonce les derniers sacrements que l'on porte aux mourants, id. HUe de Clermont, p. 4 52, dans pougens. Il Etre assujetti à la sonnette, être à la sonnette, être obligé d'aller, de venir au bruit d'une sonnette, comme est un domestique. || Populairement. A la sonnette de bois, sans bruit. Déménager â la sonnette de bois. || 2* Boulette de cuivre ou d'argent, creuse et fendue, dans laquelle il y a un petit morceau de métal qui sonne et fait du bruit quand on l'agite. Il [un mulet] marchait d'un pas relevé, Et faisait sonner sa sonnette, la pont. Fabl. i, 4, Dans les villages par où nous passions,

nos mulets faisaient orgueilleusement entendre leurs sonnettes, LE sage. Cil Blas, xii, 12. || Au fig. Car d'attacher partout ces cymbales et ces sonnettes, cela sentirait trop son sophiste, boil. du Sublime, xix [Boilcau entend par là les pluriels répétés pour faire concevoir une plus grande idée des choses]. || Serpent à sonnettes, voy. serpent. Il Battre les sonnettes, s'est dit pour faire sonner les sonnettes dans certaines danses. H. do Chaudebonne est fort chagrin à cette heure, pour bien battre les sonnettes [dans la danse des matassins], VOIT. Lett. 64. || Fig. C'est bien le plus boulTon personnage .dont la tête ait dansé les sonnettes, CT«. DE BERGER. Pédant joué, ut, S. Il Terme de fauconnerie. Piquer après la sonnette, se dit du fauconnier qui suitl'oiscau. || Dérober les sonnettes, se dit do l'oiseau qui s'en va sans être congédié. Il 3° Machine composée d'un bloc de bois ou de métal, nommé mouton, qui peut glisser entre deux coulisses verticales; on le soulève et on le laisse retomber de son propre poids. La sonnette est employée principalement pour enfoncer les pilotis. De nombreuses sonnettes, existant à Vienne, où l'on exécute beaucoup de travaux en rivière, avaient été réunies devant Ebcrsdorf pour l'enfoncement des pilotis, TiiiEBS, Ilist. de l Emp. xvn. Il Sonnette à tiraude : le mouton est soulevé par des hommes qui tirent sur un cordage qu'ils lâchent ensuite pour laisser retomber le mouton. Il Sonnette à déclic : le mouton est soulevé au moyen d'un treuil, et un mécanisme automoteur en détermine la chute au moment opportun. Il 4* Marteau pour prendre au poinçon l'empreinte en creux sur la matrice.

— HlST. XIII* s. Quiconques veut estre ovriers d'estain, c'est à savoir fesiercs de miroirs d'estain, de fremaus d'estain, de souneites, de aneles d'estain.... Liv. des met. 43. Ne sambla pas estre recluse : Partout regarde, partout muse, Por conoitre liquel sont fol; Ne li covient sonote à col : Bien fist semblant qu'ele estoit foie, ruteb. n. H2. Il XIV* s. Les ras sont chasiés par une sonnete qui est pendue au col d'un [rat], quant il la fait sonner et il court entre iceui, h. de mondeville, f" 87, verso. Anciennement, quant la lune failloit, les femmes et les enfans couroient par les villes à bacins et à sonnetes faisans grans sons, bercheube, f* 2. Et luy fault [au faucon] deux sonnettes, affln qu'on le puisse oyr remuer et grater, Modus, f'Lxxxviii, ferso. ||xv*s. Lessuppliansoyrent venir après euli aucuns compaignons ayans des sonnettes de fesle sur eulx, du cange, sonella. Ung petit pourceau d'or en une sonnete, Bib(. des eh. 6* série, t. I, p. 306. Il XVI* s Fait un présent de sonnettes X qui est moins fol que luy, dubell. m, 36, verso. Attacher la sonnette à l'oreille du chat, COTORAVE. A fol ne faut point de sonnette, m. Nous louons.... un lévrier de sa vistesse, non de son collier, un oyseau de son aile, non de ses longes et sonnettes, mont, i, 324.

— F.TVM. Bimin. do son 3.

SONNEUR (so-neur), ». m. || 1* Celui qui sonne les cloches. J'ai fait comme les sonneurs quand il tonne :j'ai chassé la nuée, me souciant fort peu du lieu où elle éclatera hors de chez vous, louviLLE, ifrfm. secrets, t. 11, p. 220, édit. 18)8. ||Fig. Si on savait en France imposer silence à ces sonneurs de tocsin, ils .n'auraient ni partisans, ni imitateurs, d'alemb. Lett. au roi de Pr. il mai «781. Il II boit comme un sonneur, se dit d'un homme qui boit beaucoup, d'un ivrogne. || 2* Sonneur de trompette, celui qui joue de la trompette. Si, pendant le temps qu'il est dans la chambre du malade, il entend la trompette qui sonne la charge, ah! dit-il avec imprécation, puisses-tu être pendu, maudit sonneur, qui cornes incessamment 1 la BRUY. Théophr. xxv. L'âne, excellent sonneur, Misène d'Arcadie, Devait appeler Mars, et, par sa voix hardie. Rendre lo combat plus sanglant, la- MOTTE, Fabl. n, (8. Une troupe de racleurs et de sonneurs de cor saxons, chassés de leur pays par Luc [le roi de Prusse], composaient mon orchestre, VOLT. Lett. d'Argental, 24 oct. 4769. || 3* Se dit pour ménétrier. Je m'appelle Jean Huriel, fils de Sébastien Huriel, maître sonneur très-renommé, G. sand, les Maîtres sonneurs, 9* veillée. |{ 4* Espèce de courlis. Le sonneur est de la grosseur d'une poule; son plumage est noir, avec des reflets d'un beau vert, buff. Ois. t. v, p. n.

— HIST. XVI* s. Laure [de Pétrarque] ne te veincroit de gloire ny d'honneur. Sans le ciel qui luy donne un plus digne sonneur [poète], rons. 287. Cet ancien joueur de lyre, que Pausanias recita

SON

avoir accoustumé contraindra ses disciples (faller cuir un mauvais sonneur qui logeojt vis à vis de

Juy, MONT. IV, 31.

— ÊTYM. Sonner; provenç. et espag. sonador; ital. tonatore.

SONNEZ (so-né ; plusieurs disent so-nfe; l'Académie enseigne cette prononciation, mais la première est la véritable, la seconde est venue par la fâcheuse tendance à assimiler les mots voisins par le son), t. m. Terme du jeu de trictrac. Coup do dés qui ambne les deux six. Si.... Tu voyais tous tes biens, au sort abandonnés, Devenir le butin d'un pique ou d'un sonnez, boil. Sat. i. Je sais dans un trictrac, quand il faut un sonnez. Glisser des dés heureux ou chargés, ou pipés, hegnahd, le Joueur, i, <o.

— REM. On peut voir par les vers de Boileau et de Regnard cités plus haut qu'ils suivaient la bonne prononciation. Delille [Trois Régnes] l'a violée en ces vers: Enfin, au coin du feu, nos aimables convives Vont achever du soir les heures fugitives; Autour d'eux sont placés des damiers, des cornets; L'un se plaint d'un échec, et l'autre d'un sonnez. Arnaut dans sa fable des Dés a péché à la fois contre la prononciation et l'orthographe : Ces dés qui, chassés d'un cornet Pour être agités dans un autre. Par un carme ou par un sonnet Règlent ma fortune et la vôtre.

— lllST. XII' s. Li dé serunt mult test sur ambes as turné. Qui unt esté sovcnt sur sines ruelé [roulés], Th. le mari. <57. ||xvi's. Senes, mon amy, c'est le grant diable, rab. p. 43, dans lacurne.

— £TYM. L'anc. forme est senes ou sines ou tannes, altérée en sonnez ; elle vient du lat. sent, six (voy. six). Cependant il y a une autre étymologie d'après laquelle sonnez provient du dicton des joueurs de trictrac, s'écriant quand ils amenaient les deux six : sonnez, le diable est mort.

t SONNISTE (so-nni-sf), «. m. Interprète, commentateur de la sonna.

t SONOMÈTRE (so-no-mè-tr'J, s. m. Terme de physique. Instrument propre à mesurer les rapports harmoniques des sens. Le monocorde divisé au moyen de petits chevalets est un bon sonomètre.

— ÉTYJI. Son 3, et lAÉtfov, mesure; mot hybride, t SONOMÉTRIE (so-no-mé-trie), t. f. Art de

mesurer les rapports harmoniques des sons.

t SONOMÉTRIQUE (so-no-mé-tri-k'), adj. Qui a rapport à la sonométrie. Instruments sonométriques.

SONORE (so-no-r'), adj. \\ 1° Qui rend un son. TertulUen, lorsque Dieu proféra ces mots : Que la lumière soit faite, dit qu'il proféra une parole sonore, Boss. 6* avert. 88. Je sentais, vers la mer l'oeil fixé tout le jour. Pour l'eau bleue et profonde un indicible amour, Et j'écoutais le vent sonore, p. LE BRUN, Voy. de Grèce, vm, 4. || Con.sonnes sonores, celles qui ne peuvent être prononcées qu'à haute voix et à glotte fermée; ce sont g,d, b,j, v etz. Il 2° Particulièrement. Qui a un son agréable et éclatant. Une voix sonore. N'employez jamais un mot nouveau, à moins qu'il n'ait ces trois qualités : d'être nécessaire, intelligible et sonore, volt. Uél.litt. Cons. àunjournoi. Cette langue italienne, si pompeuse et si sonore, stael, Corinne, n, 3. Toi qui donnas son âme et son gosier sonore X l'oiseau que le soir entend gémir d'amour, lamart. Harm. I, <. ||3" Qui renvoie bien le son. Cette église est sonore. L'air était frais et sonore, bern. de st-p. Paul et Virg. || V Terme de physique. Qui produit le son. Pour que les corps soient sonores, il faut nécessairement qu'ils soient élastiques, brisson, Traité de phys. t. il, p. (69, || Vibrations sonores, celles qui sont suffisamment rapides dans un gaz, un liquide ou un solide, pour produire sur l'appareil de l'ouïe le genre d'impression dont la perception est appelée son. |{ Onde sonore, nom donné à une succession d'ondulations de même nature qui ont lieu dans le même sens; elle se compose d'ondulations condensées et d'ondulatious dilatées; les premières résultent de la compression de l'air par l'ébranlement sonore, et les secondes, du retour de l'air à son premier état. |{ Corps sonore, tout corps qui, par la rapidité de son mouvement vibratoire, produit, sur l'organe de l'ouïe, des impressions susceptibles d'être comparées les unes aux autres. On appelle corps sonores proprement dits ceux dont les sons sont distincts, comparables entre eux et de quelque durée ; tels sont ceux d'une cloche, d'une corde de violoQ, brisson, Traité de phyt. t. n, p. l&».

— ÊTYM. Lat. «onorux, de sonus. son. Au xvi* ùècle on disait tonorexui

SOP

, t SONOREMENT (so-no-re-man), adv. D'une manière sonore.

— HIST. XVI' s. Après que tout le monde eut sonorement et theologalement toussy, craché et recraché Sat. i!én. p. U5.

t SONORLSATIO.V (so-no-ri-za-sion), i. f. Action de sonoriser.

t SONORISER (so-no-ri-zé), V. a. Terme de phonétique. Rendre sonore une lettre sourde.

SONORITÉ (so-no-ri-té), s. {.\\l' Qualité de ce qui est sonore ; propriété de produire du son. Il 2" Particulièrement. La propriété qu'ont certains corps de renforcer les sons en les répercutant. Il Terme de médecine. Sonorité tympanique, bruit analogue à celui qu'on obtient en percutant un tambour, et qui se rencontre quand la cavité de la plèvre contient un gaz.

— F.TYM. Prov. sonoritat; esp. sonoridad; il. sonorità ; du lat. sonoritatem , de sonorus, sonore.

SOPKUR (so-peur), s. f. Voy. SOPOR.

SO; ilA (so-fa), s. m. Voy. sofa.

SOl'IlI (SO fi), s. m. Voy. sofi.

t SOPUIE (so-fie), s. f.\\ !• Nom propre de femme, venant de oos(«, sagesse. || Dans un langage de mauvaise compagnie , faire sa sophie, faire la prude. Il 2" Nom donné par Geoffroy à une variété de l'agrion fillette, insectes névroptères.

SOPHISME (so-fi-sm'), s. m. Faux raisonnement qui a quelque apparence de vérité On entend par sophismes certains raisonnements éblouissants, dont on sent bien la fausseté; mais on est embarrassé à la découvrir, dumars. Œuv. t. v, p. 340. On est désolé de voir les sophismes qu'employa la cruauté, montesq. Esp. xu, <8. L'amitié, le devoir y peuvent enchaîner [à la vie] un infortuné ; des prétextes et des sophismes ne l'y retiendront point, j. j. Rouss. Uél. m, 21. Tout le monde connaît son sophisme [de Buridan] de l'âne placé entre deux bottes égales de foin, moER. Opin. des anc. phil. scolastiques. Le sophisme est la fausse monnaie de l'éloquence, marmontel, Œuv. t. v, p. 32).||Par extension. Sophismes d'amour-propre , d'intérêt, de passions, faux raisonnements que suggèrent l'amour-propre, l'intérêt, les passions. || Fig. Les sophismes du cœur, illusions, égarements du coeur.

— HIST. XII* s. Li reis jure les oilz, ja cil moz n'i sera; Car sofisme, ço dist, e grant engin i a. Th. le mart. )08. || xiii* s. Il n'entendent pas à cel dire Le sofisme qu'il lor fesoit; Li bons chevaliers nel disoit Se por oïr non qu'il diroient. Lai de 'l'ombre. Et je si le questionnai. De gramaire li demandai. De soffime et de question Ne me sot respondre un hoton, Ben. 2(127.

— ÉTYM. Provenç. so/îsme ; espagn. ïo/i.sma; ital. sofismo; du lat. sophisma, en grec oôyi<r(ia, proprement sage pensée, plus tard sophisme. Xoçietiia, a même racine que aoipoi;, sage, le même que le vieux latin sapus, d'où sapere (voy. savoir).

SOPHISTE (so-fl-sf), s. m. || 1° Primitivement, chez les Grecs, une personne habile, expérimentée dans les affaires de la vie privée ou publique. Les sept sages portèrent aussi le nom de sophistes. Selon, qui le premier des Athéniens a eu le titre de sophiste, rollin, Uist. anc. Œuv. t. xi, 2" part. p. 750, dans pougens. Une courtisane de Milet, nommée Thargélie, qui par ses talents avait mérité le titre de sophiste, et que son extrême beauté avait élevée au faîte des honneurs, ID. ib. p. 769. Il 2" Plus tard, et chez les Grecs aussi, nom donné à des hommes moitié rhéteurs, moitié philosophes, qui cherchaient plus à faire parade de leur esprit qu'à reconnaître la vérité dos choses. Les Nuées eussent été bonnes contre un sophiste, mais non pas contre Socrate, qui n'était rien moins que sophiste, FONTEN. Remarq. sur Aristoph. Œuv. t. ix, p. 4(7. Aucun st/phiste ne parut avec plus d'éclat que Gorgias, envoyé par lesLéontins, ses compatriotes, pour obtenir des secours contre les Syracusains, CONDIL. Ilist. anc. m, (7. Il nous reste de lui [Eunape] un commentaire sur les vies des sophistes qu'il faut lire avec précaution, dideh. Opin. des anc. philos. Éclectisme. S'il [Socrate] regarda comme inutiles les méditations des philosophes, les sophistes lui parurent d'autant plus dangereux, que, soutenant toutes les doctrines sans en adopter aucune, ils introduisaient la licence du doute dans les vérités les plus essentielles au repos des sociétés, barthél. Anach. ch. 67. || 3* Aujourd'hui, celui qui fait des arguments captieux. Les Grecs, grands parleurs, grands disputeurs, naturellement sophistes, ne cessèrent d'embrouiller la religion par des controverses, uontesq. ilom. 22. Le sophiste géométrique Spinosa, dont la modéra-

SOP

tion, le désintéressement et la générosité ont été dignes d'Épictète, volt. Philos. ('• homélie. Voilà, ma tendre et solide amie, l'ouvrage [Lettre à d'Alembertj du grand sophiste [J. J. Rousseau], dideh. Lelt. à Mlle Yoland, ("juin (75B. Mais qu'on m'ose prêner des sophistes pesants. Apostats effrontés du goiît et du bon sens. Alors certes, alors ma colère s'allume, Gilbert, Le XYllf siècle. C'est surtout à réparer le mal fait par les sophistes que doit s'attacher aujourd'hui le poète, v. hugo, OdeJ et ballades, Préface de (824. || Fig. Caligula était un vrai sophiste dans sa cruauté, montesq. Rom. (5. Les passions, qui sont de tous les sophistes les plus adroits et les plus dangereux, marmontel, Œuv. t. IX, p. 5(0. Il Au fém. D'autres fois c'est (la tragédie] une ennuyeuse sophiste, une pointilleuse ridicule, une subtile raisonneuse, fréron, Observ. sur les écrits mod. t. i, p. 28. || Adj. Un géomètre un peu dur nous parlait ainsi : y a-t-il rien dans la littérature de plus dangereux que les rhéteurs sophistes? VOLT. Dict. phil. Sophiste. Tout un monde sophiste, en style de sermon. De longs écrits moraux nous ennuie avec zèle, Gilbert, Le XV ni' siècle.

— HIST. xiv S. Et teles raisons font les sophistes pour conclure choses.... oresme, Éth. (94. Il XV* s. Item, dit ladite chronique, que l'un des conseillers et sophistes d'icelui Julien eut semblable vision dudit miracle de ladite mort, monstk. I, 39. Il XVI* s. Amour, roy des sanglots, prison cruelle et dure.... Sophiste injurieux, artisan de malice, desportes, Diane, i, 6». Comment Gargantua feut institué par un sophiste en lettres latines, RAB. I, (4.

— F.TYM. Provenç. sophista; espagn. et ital. sofista ; du lat. sophista, en grec ao^icxin (voy. sophisme).

t SOPUISTERIE (so-fi-ste-rie), t, f. Emploi du sophisme. 11 [Melanchthon] souhaitait avec une ardeur extrême qu'on fil une assemblée où la matière [la présence réelle] se traitât de nouveau sans passion, sans sophisterie et sans tyrannie, BOss. Var. iv.

— Hisr, XIII* s. Mais ce ne feroient cil mie. Qui euvrent de sophisterie; Travaillent tant cum il vivront, Jà nature ne consivront, la Rose, (G348. Il XIV* s. Faire sophisterie ou vanterie, oresme, ïTi^se de meunier. Il XVI* s. En toutes les disputes que j'ay eues contre les ennemis de la vérité, je n'ay point usé de cautele ne sophisterie, bèze. Vie de Calvin, p. (72.

— ÉTYM. Sophiste.

SOPHISTICATION (so-fi-sti-ka-sion; en vers, de six syllabes), s. f. Action de dénaturer une substance médicamenteuse ou autre par le mélange frauduleux de substances inertes ou d'une quahté inférieure. || Chose sophistiquée.

— HIST. xiv* s. Sophistication de monnoies, ORESME, Thèse de meunier.

— ETYM. Sophistiquer; provenç. sophistication; espagn. sofisticacion.

SOPHISTIQUE (so-fi-sti-k'), adj. \\ 1* Qui tient du sophisme. Celui qui use d'un langage sophistique est digne de haine : il sera pauvre et vide de tout, SACi, Bible, Ecclésiastiq. xxxvii, 23. Cydias, après avoir toussé, relevé sa manchette, étendu la main et ouvert les doigts, débite gravement ses pensée» quintessenciées et ses raisonnements sophistiques, LA bruy. v. L'incertitude éternelle, l'embarras sophistique, l'obscurité inutile et quelquefois affectée de la philosophie des écoles aidèrent encore à lui faire goiiter la clarté des vérités géométriques, FONTEN. Varignon. || Fig. De piquants entremets, sophistiques denrées, Qui font à l'appétit survivre encor le goût, lamotte. Fables, m, (8. || 2° Qui est porté au sophisme. Des querelles furent excitées par les disputes interminables, nées de i'esprit sophistique des Grecs, volt. Jfœurj, 54. || 3* S. f. Partie de la logique qui traite de la réfutation de« sophismes. || L'art des sophistes.

— HIST. un* s. Garde que tes paroles ne soient sophistiques, c'est à dire qu'il n'i ait desouz mal engin por décevoir, brun, latini, l^résor, p. 357. Il xiv* s. Une raison sophistique qui nie et conclude faulz, ORESME, Éth. (94. Laisse soufleurs et sopûistiques. Et leurs ouvres diaboliques, Aat. à l'alch. err. Iû6l. {| iv* s. Il n'est paintre, tant soit suhtil. Qui sceiist la ilour d'un courtil À droit seulement contrefaire. Ainsi que vous le sçavez faire Naturelment, dame nature; Il vont près de la pourtraiture, Et la font comme sophistique, E. descb. Poésies mss. f° 480. || ivi* s. Les dialecticien» tiennent que l'argument est sophistique, quand ii

SOP

y a une amphibologie en ice'.ii}, des accords, Bigarrures, Enlends-trois.

— f.TYM. Lat. sophisticus, de ffoyioTixôi; (voy. sophiste).

SOI'UISTIQCÉ, ÉK (so-fl-sti-ké, kée), part, passé do «opliistiquer. || 1* Subtilisé aveceicès. Vous y verrez [aux élats de Provence] l'effet des protestations ae M. do Marseille ; je les trouve bien sophistiquées et avec de grandes restrictions, sÉv. 20 sept. 1671. On dit.... que le comte de Guiche et Mme de Brissa<> sont tellement sophistiqués, qu'ils auraient besoin d'un truchement pour s'entendre eui-mémes, id. (0 mars li!7i. || 2° Krelaté. Du vin sophistiqué par la litharge,GF.NUs, taison rust. t. u, p. 289, dans pouoENS. Il Kig. Ces faux monnayeurs en dévotion, qui veulent attraper les hommes avec un zèle contrefait et une charité sophistiquée, mol. t" placet. Nous nous gardons bien, sur notre petit théâtre, de supprimer ce qui est si fort dans la nature; car nous n'avons pas le goiit sophistiqué comme on l'a dans Paris, volt. Lelt. (VArgental, 28 janv. 1702.

t SOPUISTIQUEMK.NT (so-fl-sti-kc-man), adv. D'une manière sophistique. [Des questions] traitées selon la méthode scolastique et presque toujours sophistiquemont, Ilist. litt.do la France, t. xxv, p. H < .

— Hisr, XIII* s. Qui parole sophistiquement, il sera haïz de touz homes, et defaillans en toutes choses, BRUN. LATINl, TrésoT, p. 3B7.

SOPHISTIQUER (so-fi-sti-ké), je sophistiquais, nous sophistiquions, vous sophistiquiez; que je sophistique, que nous sophistiquions, que vous sophistiquiez, ». a. ||1° Subtiliser avec excès. Les rabbins appuient toutes ces chimères de passages de l'Écriture qu'ils tordent, qu'ils sophistiquent misérablement. Anal, de Bayle, t. vu, p. 4)2. Il Absolument. Sophistiquer sans cesse. On sophistiquait, on ergotait, on se haïssait, on s'excommuniait chez les chrétiens.... volt. Dict. phil. Arianisme. || 2° Frelater, falsifier une liqueur, une drogue, etc. Sophistiquer du vin.|| Fig. De toi naissent tous les caprices Par où Vénus soutient sa cour. Et cet attirail d'artifices Dont tu sophistiques l'amour, cuaul. Contre l'esprit,en 1708.

— HIST. XIV s. Sophistiquer [éblouir] la multitude. — Sophistiquer [altérer] toutes choses, OHESME, Thèse de meunier. || xv s. Et se, en faisant lesdilesvisitacions, sont trouvées aucunes pouldres sophistiquées ou autres mauvais ouvraiges ou faulses marchandises, Ordonn. aoiit U84. || xvi* s. Taverniers qui brouillent et sophistiquent les vins, u. EST. Apol. d'Hérod. p. 46, dans lacurne. Certes la philosophie n'est qu'une poésie sophistiquée, MONT. Il, 280. Une beauté parée et sophistiquée, ID. III, 385. [Les hommes] en ont fait [de la raison), comme les parfumiers de l'huile : ils l'ont sophistiquée, id. iv, 2 lu.

— E TYM. Prov. sophisticar ; it. sofisticare ; du lat. sophùticus , au sens de faux (voy. sophistique).

SOPIlISTIQUERIE(so-fl-sti-ke-rie), s.f. || l-Terme familier. Excessive subtilité. U y a bien de la sophistiquerie dans ce raisonnement. || l' Synonyme moins usité de sophistication. La sophistiquerie de rétain par l'alliage d'un tiers de cuivre, mongez, Inslit. Uém. litt. et beaux-arts, t. y, p. 223.

— HlST. xvi* s. Toutes les additions et sophistiqueries, qu'ils sçavent faire, ont causé un millier de faux monnoyeurs, palissy, 199. De là s'estoit introduite la raquette telle que nous voyons aujourd'hui, en laissant la sophistiquerie du gand, PASQUIER, Rech. rv, p. 350, dans lacurne. Desjà par toute l'Italie se faisoit guerre ouverte à la barbarie, à la sophistiquerie et à l'ignorance, du verdier, Dibl. p. xviu, dans lacurne.

— ÈTYM. Sophistiquer.

SOPniSTIQUEUR (so-fi-sti-keur), s. m. || 1» Celui qui subtilise avec excès. Et convertir, subtils sophistiqueurs. Leur ignorance en principes vainqueurs, J. B. ROUSSEAU, Épit. II, 6. Il 2° Celui qui blsifie, qui altère les drogues, etc.

— lllST. XV* s. Venez, venez, sophistiqueurs, lOQUlLL. Droits nouv.

— Etym. Sophistiquer.

SOPUOKE (so-fo-r'), i. m. Genre d'arbres de la famille des légumineuses.

SOPURONISTES (so-fro-ni-sf), s. m. pi. Terme d'antiquité grecque. Magistrats d'Athènes, qui remplissaient les mêmes fonctions que les censeurs à Rome. On y distingue [dans le Gymnase] dix sophronistcs nommés par les dix tribus, et char- (;és de veiller plus spécialement sur les mœurs, KARTUÉL. Anach. ch. 8.

— Etym. IwypovioTTi;, de nufpovtCtiv, rendre sage, de a(<>fpb>v, sage, prudent.

SOR

SOPOR (so-por), I. m. Terme de médecine. Sommeil lourd et pesant, dont il est difficile do tirer les malados.

— Etysi. Lat. sopor, sommeil, de même radical que le sanscrit svapna (voy. somme 3).

SOPORATIF, IVB (so-po-ra-lif, ti-v'), ad;. Il 1" Qui a la vertu d'endormir. L'opium est trèssoporatif. Il S. m. Le laudanum est un grand soporatif. IJJ* Fig. Qui ennuie, endort. Un poème sur la grâce [de Racine le fils], poème didactique et un peu soporatif, volt. Dial. xxiv, 10. Mésanges avaient très-grande raison de s'endormir aux deux premières scènes du !>• acte des Guèbres ; le diable qui affligeait alors le petit possédé [Voltaire] était un diable très-soponitif, un diable froid, un diable à la modo, id. Lett.d'Argental, 18 nov. 1768.

— Etym. Lat. soporativus, de îoporor*, endormir, de sopor (voy. sopor).

SOPOREUX, EUSE(so-po-reû, reù-z'), adj. Terme de médecine. Qui tient du sopor, qui a rapport au sopor. Il Maladies soporeuses, colles qui sont accompagnées ou caractérisées par un assoupissement profond, par un élat comateux.

- HIST. xvrs. H y a des fièvres qu'on appelle soporeuses, à cause qu'elles apportent tousjours avec elles do grands assoupissemens, paré, xxi, 4.

— ETYM. Sopor.

SOPORIFERE (30-po-ri-fè-r') ou SOPORIFIQUE (so-po-ri-fi-k'), adj. \\ 1* Qui a la vertu d'endormir. Substance soporifique. Les voilà saisis tous deux d'une affection soporifique ou léthargique, volt. Facéties, appar. jésuite Bertier. || S. m. Un soporifique, un soporifère. Il 2° Fig. et famil. Ennuyeux, qui endort. Discours soporifique.

— ETYM. Lat. sopor, el ferre, porter, ou /ocere, faire.

t SOPRA (so-pra). Terme de musique. Mot italien qui signifie sur, au-dessus. Il s'emploie sur les partitions, dans cette expression : Come sopra, comme la partie qui est au-dessus.

f SOPUANISTE (so-pra-ni-sf), s. m. Celui qui a une voix de soprano. Crescentini était un fameux sopraniste. Il Homme qui chante le soprano, castrat. Les Pisaroni, les Pasta [chanteuses célèbres], le casque en tète, l'cpée à la main, furent admises à tenir la place des sopranistes, et la patrie [l'opéra italien] fut sauvée, castil-blazk, l'Opéra italien, introduction.

SOPRANO (so-pra-no), s. m. || 1° Terme de musique. La voix qu'on appelait autrefois dessus; c'est la plus élevée de toutes. Cette chanteuse possède un très-beau soprano. || 2° Le chanteur qui a cette espèce de voix. Un soprano. || Pour éviter toute confusion avec le sens du numéro 3, on dit : il a une voix de soprano. || Au féminin, une chanteuse soprano, et même une soprano. Mlle Falcon était une remarquable soprano. H 3* Par euphémisme il se dit pour castrat. || Au plur. on dit soprani. Castil-Blaze, dans ses ouvrages, francise complètement le mot, et dit: un soprane, des sopranos.

— ETYM. Ital. soprano, de sopra, dessus, sur, qui vient du lat. supra (voy. sur).

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