SOR, adj. masc. voy. faucon
— ETYM. D'après Scheler, ce mot est l'adjectif abstrait do essorer; mais cela ne cadre pas avec le sens, le faucon sor étant celui qui n'a pas pris son essor, et essorer signifiant prendre son essor. Ce sor ici est le même que saur, et désigne l'oiseau par sa couleur, qui est rousse.
SORBE (sor-b'i, s. f. Fruit du sorbier, dit aussi corme.
— HIST. XVI" s. Des pépins de poires, de pommes, de cormes ou sorbes, o. de serres, 633.
— ETYM. Génev. sourhe, corbe; du lat. sorbxtm, sorbe.
SORBET (sor-bè; lof no se lie pas; au pluriel, \'s se lie : des sor-bè-z excellents ; sorbets rime avec traits, succès, paix, etc.),». m. jj 1° Composition faite de citron, de sucre, d'ambre, etc. {| 2° Breuvage fait de cette composition battue avec de l'eau. Du sorbet glacé. La glace diffère du sorbet, en ce qu'on mange l'une et on boit l'autre. Il 3* Nom donné à toute liqueur, crème sucrée, suc de fruit, etc. propres à être transformés on glaces. Un sorbet au marasquin.
— ETYM. Portug. sorbete, et aussi xarope; de l'arabe sharbet, du verbe sharab, boire.
SORBETIÈRE (sor-bè-tièr'), s. f. Vase de métal dans lequel on prépare les liqueurs qui doivent être servies en glaces ou en sorbets.
SORBIER (sor-bié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l'i s» lie : des sor-biè-z en fleur],!. m. Arbre
SOH
de la famille des rosacées. Le sorbier des oiseaux, jorbu* aucuparia, L.
— hTVM. Sorbe.
t SOUBI.NE (sor-bi-n'j, ». (. Terme de chimie Principe faiblement sucré retiré du fruit des sorbiers.
t SORBIQUR (sor-bi-k'), adj. m. Terme de chimie. Acide sorbique, le même que l'acide malique
t 1. SORBONIQUE (sor-bo-ni k"), adj. Qui concerne la Sorbonne, qui provient de la Sorbonne
— HIST. XVI* s. Soit par gausserie, soit à certes, que le vin théologal et sorbonique est passé en proverbe, et leurs festins.... mont, iv, 297.
2. .SOnBONIQUE(sor-bo-ni-k'), ». f. Une des trois thèses que les bacheliers étaient obligés de soutenir en personne pendant leur licence, et qui devait être soutenue dans la maison de Sorbonne. Dans cette thèse, le répondant argumentait pendant douze heures consécutives contre tout venant. Le sujet de son discours [du card. de Soubise] pour la clôture des sorboniques en 1739 était: Combien il est avantageux aux rois et aux gouvernoraent-s que les peuples soient éclairés, d'a- LEMB. El. du card. de Soubise. L'origine des sorboniques vient d'un certain cordelier qui, ayant été refusé à une thèse, demanda à entrer en lice et à soutenir la discussion contre tout venant et sur toutes sortes de sujets depuis huit heures du matinjusqu'à huit heures du soir; depuis ce temps tout candidat est obligé de subir cet exercice, trèsconvenable à une poitrine de cordelier, mais qu'on a adouci par ce qu'on appelle le bouillon; ce sont deux heures d'intervalle qu'on accorde au soutenant pour dîner; mais alors quelqu'un monte en chaire et dispute pour tenir en haleine l'assemblée ; cette espèce de gymnastiquj théologique se renouvelle tous les deux ans par un discours d'apparat, bachaum. Uém.sccr. 6 juill. 1770.
— lliST. XVI* s. Ni [tant y a] d'avarice aux hommes de pratique. Ni d'arguments en une sorbonique. Que m'amie a des lunes en la teste, ST-GEL. Sonnet.
t SORBONIQUEUR (sor-bo-ni-kour), j. m. S'est dit ironiquement pour docteur, théologien de Sorbonne. Je voudrais que les sorboniqueurs qui persécutent Marmontel apprissent que l'impératrice de Russie, les rois de Danemark, de Pologne, de Prusse et la moitié des princes d'Allemagne établissent hautement la liberté de conscience dans leurs États, volt. Lett. Damilaville, 18 mars 1767.
SORBONISTE (sor-bo-ni-st'), s. m. Bachelier, docteur en Sorbonne. Jeune sorboniste, plein de gaieté et de finesse, l'abbb morellet, Uém. avert. p. ir.
SORBONNE (sor-bon-n'), ». f. \\ 1° École célèbre de théologie, fondée à Paris par Robert de Sorbon , et qui plus tard donna son nom à la faculté entière de théologie ; elle contenait des logements pour trente-sept docteurs, qu'on appelait docteurs de la société de Sorbonne pour les distinguer de ceux qui, sans y demeurer, portaient le titre de docteurs de Sorbonne, parce qu'ils avaient pris les degrés requis dans l'école do théologie de ce collège. Étudier en Sorbonne. Son livre fut condamné en Sorbonne, par la Sorbonne. Ce pays-là où l'on se querelle toujours, et où il n'y a jamais ni paix ni trêves, qui s'appelle laSorbonne, BALz. liv. IV, lett. 25. La Sorbonne de Paris, concile perpétuel des Gaules, volt. J'ict. phil. Déclaration. On ne pourra pas empêcher qu'il y ait une Sorbonne; mais on pourra empêcher que cette Sorbonne fasse du mal, id. Lett. DamilavilU, »0 oct. 1767. U y a deux de ces messieurs [du parlement de Paris] qui sont à Berlin; ils ont désiré voir le roi do Prusse, et le roi n'y a consenti qu'après qu'ils ont assuré qu'ils n'avaient pas été d'avis de consulter la Sorbonne sur l'inoculation, d'alemb. lett. à Voltaire, 8 déc. 1703.112° Aujourd'hui, grand bâtiment construit par les ordres de Richelieu, où se font les cours des facultés dos sciences, des lettres et de théologie, à Paris. Il Chef-lieu de l'Académie de Paris. || 3° La Sorbonne des cochers, nom plaisant donné, dans les établissements des compagnies des voitures publiques do Paris, à une cour où l'on fait passer aux hommes qui veulent devenir cochers un examen pour savoir s'ils sont capables de conduire une voiture dans la ville.
— ETYM. Robert de Sorbon, qui fonda cet établissement sous saint Louis; 5orbonest un village du département des Ardennes.
SORCELLERIE (sor-sè-le-rie), ». f. || 1* Opération de sorcier. On est réduit à me conter des sorcelleries pour m'amuser, sév. 5 juillet I67i. Cathe*
SOR
rine de Médicis avait mis la magie si fort à la modo en France, qu'un prêtre nommé Séchelles, qui fut brûlé en Grève sous Henri III pour sorcellerie, accusa douze cents personnes de ce prétendu ytcae, VOLT. Ilenr. v, notes. C'est à cette raison «laissante qu'on dut la déclaration du roi de (672, qui défendit aux tribunaux d'admettre les simples accusations de sorcellerie, m. Louis XIY, 31. On immola des enfants de dix ans [pour accusation de sorcellerie dans la Nouvelle-Angleterre] ; on dépouilla de jeunes filles; on chercha sur tout leur corps, avec une impudente curiosité, des marques de sorcellerie, raynal, Uisl. phil. xvii, 20. La magie goétique est ce qu'on a appelé aussi sorcellerie ; ceux qui en faisaient profession n'avaient commerce qu'avec les mauvais démons, et n'employaient leur pouvoir que pour nuire et commettre des crimes, LEDLOND, Instit. Uém. lilt. et beaux-arts, 1. 1, p. <88. Il i" Fig. Tours d'adresse, choses qui paraissent audessus des forces de la nature. Cela ne peut se faire sans sorcellerie.
— HIST. xm* s. Daciens voit son frère, moult docement 11 prie; Amis, car croi en Dieu le fil sainte Marie, Et relenquis Mahon et sa sorcelerie, Ch. d'Ant. VI, 793. || xvi* s. Une vieille dame, craintive de ces sorcelleries [sorts jetés], mont, i, 95. Si j'oyois parler ou des esprits qui reviennent, ou du prognostique des choses futures, des enchantements, des sorcelleries, iD. i, 200.
— ÉTYM. L'anc. verbe sorceler, de même radical que sorcier; wallon, sorsulreie; provenç. sorrolharia. Le mot le plus usité dans l'ancienne langue était sorcerie ; on disait aussi sorcelage.
SORCIER, 1ÈRE (sor-sié, siè-r'), s. m. et f. Il 1" Celui, celle qui passe pour avoir fait un pacte avec le diable, à l'effet d'opérer des maléfices, et. pour aller à des assemblées nocturnes dites sabbat. On les tient [les chrétiens] pour sorciers dont l'enfer est le maître, corn. Pal. iv, 6. Le sorcier en fit une fille [de la chatte] De l'âge de quinze ans, et telle et si gentille, Que le fils de Priam pour elle aurait tenté Plus encor qu'il ne fit pour la grecque beauté, LA FONT. Fabl. ix, 7. Encore que je sois persuadé que les véritables sorciers soient trèsrares, que le sabbat ne soit qu'un songe, et que les parlements qui renvoient les accusations des sorcelleries soient les plus équitables, malebh. Rech. vér. n, 3, ch. dernier. Le grand juge de ce pays [Saint-Claude], nommé Boguet, se vante, dans son livre sur les sorciers imprimé à Lyon en <607, d'avoir. fait brûler sept cents sorciers, volt. Pal. et lég. Requête. Nicolas Rémi, dans sa Démonolâtrie , rapporte neuf cents arrêts rendus en quinze ans contre les sorciers dans la seule Lorraine, ID. Louis JIV,3\. Encore de nos jours, en 4760, la justice sacerdotale de l'évêque de Wurtzbourg a condamné comme sorcière une religieuse, fille de qualité, au supplice du feu, id. Dict. phil. Arrêts not. Sachez que la nuit dernière Sur un vieux balai rôti. Avec certaine sorcière, Pour l'enfer je suis parti, bérang. Desc. aux enf. \\ Familièrement. Il n'est pas sorcier, il n'est pas grand sorcier, il n'est pas très-habile. || Il ne faut pas être grand sorcier pour cela, c'est une chose qui n'exige pas une bien grande habileté. Il ne fallait pas être une grande sorcière Pour voir, dès le moment de vos desseins pour lui. Tout ce que votre esprit ne voit que d'aujourd'hui, mol. le Dép. iv, ). Il ne faut pas être grand sorcier pour deviner cela, DANCOURT, le Cheval, à la mode, iv, < . || En un sens opposé. Il faut être sorcier pour le lire [ce manuscrit de Longus] ; j'espère pourtant en venir à bout, p, L. COUR. Lett. à M. Henouard. \\ 2° Fig. Il se dit de celui qui charme comme par un sortilège. Allez, allez, madame. Étaler vos appas et vanter vos mépris  l'infâme sorcier qui charme vos esprits, corn. Médée, ii, 7. {| Il se dit aussi des choses qui captivent. La cadence aussitôt, la rime, la césure, La riche expression, la nombreuse mesure, Sorcières dont l'amour sait d'abord les charmer [les poètes]. De fatigues sans fin viennent les consumer, boil. Ép. xi. || 3° Fig. et populairement. On vieux sorcier, un homme vieux et méchant. Il Une vieille sorcière, une femme vieille et méchante. Il *• S. f. Sorcière, un des noms de la circée lutétienne, onagrariées, dite aussi herbe à la magicienne. Il Nom vulgaire de la synancée horrible, poissons acanthoptérygiens, la scorpène horrible d« certains auteurs. || Nom vulgaire des espèces du genre mante, insectes orthoptères.
— HIST. xiii* s. L'orde et vieille sorcière, Berte m. Li sorciers et les sorcières si errent contre la fby, BKACM. M, »6. Il XVI* S. Et fay, quand il me
SOR
plaist, par figures sorcières Flots sur flots entassés les grands monts escumer, n. belleau, Bergeries, t. I, p. (31, dans LACURNE. Les traits d'une jeune guerrière.... Hauts discours, divines pensées. Et mille vertus amassées Sont les sorciers qui m'ont charmé, desportes. Amours d'Uippolyte, ii, chanson. Dix ou douze prisonniers de ce genre [accusés de sorcellerie], et une vieille, vrayement bien sorcière en laideur et deformité, mont, iv, 187.
— ÉTVM. Wallon, sôrsi; saintong. sorcière, tourbillon de vent attribué aux sorciers; du bas-lat. sortiarius, qui vient du lat. sors, sort : proprement, celui qui jette un sort, ou qui dit le sort; provenç. sortilhier; espagn. sortero; ital. sortiere.
SORDIDE (sor-di-d'), ad;. Hl" Sale, vilain. Sa volupté [d'Épicure] n'était point sordide; il a vécu si sobrement que les Pères en font parfois honte aux chrétiens, la mothe le vayer, ^'ertu des païens, n, Épicure. Tomber dans une sordide pauvreté, patru. Plaid. 3. François ne saurait avoir ni un habillement si sordide ni une nourriture si modique, qu'il ne soit parfaitement satisfait, boss. Panég. St Franc. d'Ass. 2. || En parlant de personnes. Irais-je, adulateur sordide. Encenser un sot dans l'éclat? ghesset, Chartreuse. \\ 2° Terme de médecine. Sale, de mauvais aspect. Une plaie sordide.|| Ulcères sordides, ulcères qui fournissent une suppuration sanieuse ou de mauvaise nature. Il 3° Fig. Il se dit de l'avarice et des choses qui s'y rapportent. Il y a un noble intérêt, il y a un intérêt bas et sordide, boss. Rép. à quatre lettres de M. de Cambrai, 2. Travaillez pour la gloire, et qu'un sordide gain Ne soit jamais l'objet d'un illustre écrivain, boil. Art p. iv. On ne peut l'excuser sur ton avarice sordide [de Caton l'ancien], FÉN. Dial. des morts anc. 35. Le parfait désintéressement de Socrate, qui était sans héritage et sans revenu, faisait encore sentir davantage par le contraste la sordide avidité des sophistes, rollin, Hist. anc. Œuvr. t. ïi, 2* part. p. 776, dans pougens. Il 4* Par extension, très-avare, vilain, en parlant des personnes. C'est un avare des plus sordides. Une avare et sordide famille, boil. Sat. x.
— HIST. ivi* s. Le chancre ulcéré est fort sordide, paré, v, 27.
— ÊTYM. Lat. sordidus , sale, de sordes, ordures.
SORDIDEMENT (sor-di-de-man), adj. D'une manière sordide. Ce que l'on prodigue, on l'ôte à son héritier; ce que l'on épargne sordidement, on se l'ôte à soi-même : le milieu est justice pour soi et pour les autres, la bruy. vi.
— HIST. xvi" s.... Que l'on employast leur nom si vilement et sordidement, charron, Sogesse,i, 42.
— ÉTYM. Sordide, et le suffixe ment; ital. sordidamente.
SORDIDiTÉ (sor-di-di-té), s. f.\\i°Éia,t de ce qui est sordide, sale. La chambre de la reine et des enfants offrait la même sordidité, Lamartine, cité dans leooarant. || 2° Mesquinerie, ladrerie. Devant un avare, sa dureté et sa sordidité n'est plus [dans notre bouche] qu'une sage modération et une bonne conduite domestique, hass. Avent, Épiphan.
— ÉTYM. Sordide.
t SORE (so-r'), s. m. Paquet de corpuscules reproducteurs, au dos des frondes des fougères.
— ÊTYM. ïwpèc, Us.
t SORÉDION (so-ré-di-on), s. m. Terme de botanique. Tache pulvérulente produite par la réunion des corpuscules reproducteurs de certains lichens.
— ÉTYM. Dimin. de awpà; (voy. sore).
SOKET, adj. m. Voy. sauret au mot saure.
f SORGHO (sor-go), s. m. Genre créé par Micheli de quelques espèces des genres andropogon et holcus. L'espèce type est le sorghum vulgare, Persoon. Le sorgho proprement dit, ou houlque sorgho, ou grand millet, est cultivé en plusieurs endroits de la France méridionale où l'on en fait les balais du commerce. || La boulque sucrée ou sorgho à sucre {holcus saccharatus, L. sorghum saccharatum, Persoon), provenant de la Chine, et cultivée en Algérie, y donne, assure-t-on, près do quatre-vingts hectolitres d'alcool par hectare.
— ETYM. Ital. surgo; bas-lat. surjuin, surcum, suricum.
t SORGUEUR (sor-gheur), s. m. Terme d'argot. Voleur de nuit qui ne recule ni devant la violence, ni devant le meurtre (de sorgue, la nuit, en argot).
t SORICIENS (so-ri-siin), s. m. pi. Terme de zoologie. Famille de mammifères, ayant pour type le genre musaraigne.
— ÊTYM. Lat. sorex, la souris.
SOR
SOHITE (so-ri-t'), s. n». Terme de logique. Sorte de raisonnement, composé d'une suite de propositions, dont la seconde doit expliquer l'attribut de la première , la troisième l'attribut de la seconde, ainsi de suite, jusqu'à ce qu'enfin on arrive à la conséquence que l'on veut tirer. Le sorite est une suite d'enthymèraes enchaînés l'ua à l'autre, marmontel, Œuvr. t. ix, p. 609.
— ÉTYM. SupiiTTii;, de acflfoç, ias, ainsi dit parce que l'argument sophistique par lequel on montre qu'un tas de blé ne diffère que par un grain de ce qui ne fait pas un tas, est le type du sorite.
t SORNE (sor-n'), s. {. Scorie qui adhère aui parois de la fonte.
SORNETTE (sor-nè-f), s. f. Discours frivole, bagatelle. Un esprit fécond en sornettes, hégnieb, Épit. III. Sans ce maudit honneur, ce conteur de sornettes, id. Sat. vi. Tous deux gens sots, tous deux gens à sornettes, la font. Rémois. Et co qui m'a vingt fois fait tomber de mon haut. C'est de vous voir au ciel élever des sornettes Que vous désavoueriez si vous les aviez faites, mol. Femm. sav. IV, 2. 11 me détourne de mes livres sérieux, et, sous prétexte que je me fais mal aux yeux, il me faut écouter des sornettes que je veux oublier, sÉv. 239. Grand dommage est que ceci soit sornettes, LA BRUY. XIV. Dès quo j'eus bien ou mal rimé quelque sornette. Je me vis tout en même temps Affublé du nom de poëte, chaul. Épit. à la Fare, déc. 1703.
— HIST. XV* s. Enfin toutesvoies ils en partirent contens l'ung de l'autre et bras à bras comme deux frères, rians et faisans leurs sornes du roy qui ainsi les avoit appointié, g. cuast. Chron. des ducs de Bourg, i, 34. Il tira à part le suppliant et lui dist que, s'il vouloit venir devers le soir, qu'il verroit une bonne soumette ou esbattement, DU canoe, subsannatio. Adono furent les neuf roynes moult resveillées, qui donnoient les sornettes à leurs marys [s'en moquaient], porce que le chevalier doré les avoit ainsi abbatus, Perceforest, t. m, f" 1 1 o. Je luy envoyé ces sornettes. Pour soy desennuyer; combien, S'il veult, face en des alumeltes, villon, Grand testam. Legs au sénéchal. \\ xvi* s. Après souper feurent jouées plusieurs farces, comédies, sornettes plaisantes, hab.
— ÉTYM. Bourg, sornôtte; Berry, sorneWe, sobriquet : il s'appelle un tel, mais sa sornette est gueule fraîche. C'est le dimin. de l'anc. franc. sorne, qui a le même sens; il y avait aussi un verbe sorner, dire des sornettes. Diez tire sorne du celtique : kimry, stcrn, bagatelle. Il y a aussi un autre sorne qui signifie obscurité; il ne parait pas tenir à celui-ci. Enfin sorne, scorie, y doit-il être rattaché ?
t SORON (so-ron), ». m. La patelle nivéenne (univalves) de Gmelin.
fSORORAL, ALE (so-ro-ral, ra-l'jouSORORUL, ALE (so-ro-ri-al, a-l'), adj. Qui appartient à des sœurs, à une sœur. L'astre des jours et celui des nuits distribuent tour à tour au blé des influences fraternelles et sororiales, bebn. de st-p. Harm. i, Tabl. gén. i la faveur de sa lumière sororale, elle [Diane sœur d'Apollon] fait encore apparaître les monts escarpés, id. Jfor* de Socr.
— ÉTYM. Dérivé dulat.soror,sororts(voy. sœdr). t SORORICIDE (50-ro-ri-si-d'), s. m. |{ 1* Meurtre
d'une sœur. Il 2° Meurtrier de sa sœur. Romulus qui fut allaité D'une louve, fut fratricide; Horace fut sororicide, scarr.jPo^s. div. Œuvr. t. vu, p. U7.
— ÉTYM. Lat. sororicida, de soror, sœur, et csedere, tuer.
t SOROSE (so-rô-z'), s. f. Terme de botanique. Fruit formé par la réunion de plusieurs autres en un seul.
— ÉTYM. ïcopôc, tas.
SORT (sor; le ( ne se lie pas : un sor infortuné; au pluriel, l's ne se lie pas : des sor infortunés; cependant quelques-uns la lient : des sor-i infortunés), s. m. Il 1° Destinée, considérée comme cause des événements de la vie, suivant l'idée des anciens. Défions-nous du sort, et prenons garde à nous Après le gain d'une bataille, la font. Fabl. vu, 13. Chacun songe comment il s'acquittera de sa condition; mais, pour le choix de la condition et de la patrie, le sort nous le donne, pasc. Pens. XXV, 80, édit. HAVET. Que si d'un sort fâcheux la maligne inconstance Vient par un coup fatal faire tourner la chance, boil. Sat. iv. Jeunes et tendres fleurs par le sort agitées, rac. Esth. i, l. Dans le vulgaire obscur si le sort l'eût placé.... id. Ath. u, 7. Montrez-nous, héros magnanimes. Votre
SOR
yerlu dans tout son jour ; Voyons comment vos cœurs sublimes Du sort soutiendront lo retour, j. B. Rouss. Ode à la fortune. Je gémissais du sort qui m'avait amené là, comme si ce sort n'eût pas été mon ouvrage, J. J. ROUSS. Confess. u. Quand le sort une fois a marqué sa victime, Rien no change l'arrêt, injuste ou légitime, Ducis, Macbeth, i, i. Plus nous sommes heureux, plus le sort nous fait pour, p. LEDKUN, le Cid d'And. n, 3. ||0n le personnifie quelquefois. Le Sort, de sa plainte touché. Lui donne un autre maître, la font. fabl. vi, 9. Il i* Effet de la destinée, rencontre fortuite des événements. Kst-on sot, étourdi, prend-on mal ses mesures. On pense en être quitte en accusant son sort, LA FONT. Fabl. v, <<. Je no crois point que la nature Se soit lié les mains et nous les lie encor Jusqu'au point de marquer dans les cieux notre sort, m. ib. vin, lo. Enfin il faut céder à votre sort; vous avez soutenu l'État, qui est attaqué par une force invincible et divine, boss. Reine d'Anglet. De quelle importance, de quel éclat, de quelle réputation au dedans et au dehors il était d'être le maître du sort du prince do Condél ID. le Tellier. Les dieux me sont témoins qu'à vous plaire bornée. Mon àme à tout son sort s'était abandonnée, RAC. Mithr. III, B. Peu faite pour être ouvrière. Dans les cartes cherchons mon sort , bérang. Cartes. Il 3* 11 se dit quelquefois pour vie. Tous les miens, à mes yeux, terminèrent leur sort, volt. Alt. I, <.||4' Particulièrement. Etat d'une personne par rapport à la condition, à la richesse. Cette succession améliorera son sort. La splendeur de son sort doit hâter sa ruine, rac. Alh. ii, 7. Il Un sort, une condition, avec l'idée de quelque chose de durable et de définitif. Faire un sort à quelqu'un. Votre Excellence m'a gratifié de la conciergerie du château; c'est un fort joli sort, beau- MAHCii. Uar. de Figaro, m, 6. Le sort qu'un bon maître assure toujours à un domestique sincèrement affectionné, genus, Thédt. d'éduc. la March. de modes, se. 9. || 5° Fig. Condition des choses, comparée au sort des hommes. L'idolâtrie semblait triompher : elle regardait le christianisme comme une nouvelle secte de philosophie qui avait le sort de toutes les autres, boss. Uist. ii, 42. Tel fut chez nous le sort du théâtre comique, boil. Ep. vn. Le sort que le public a daigné faire à Pyrrhus, tout brillant qu'il a été.... crébillon, Ëp. déd. de Pyrrh. Un homme célèbre qui a assez vécu pour sa réputation, mais trop peu pour le progrès des sciences, Pascal , sentit combien il était important d'assurer le sort de la conception de Torricelli, cqndil. Traité des sijst. <6.||6* Le sort principal d'une rente, le capital placé (acception vieillie; on dit : le principal, le capital). Aucun ne leur ouvrit sa bourse [aux trois animaux commerçants]; Et le sort principal, et les gros intérêts, Et les sergents, et les procès, Et le créancier à la porte Dès devant la pointe du jour.... la pont. Fabl. xii, 7. Si vous voulez m'assurer mon sort principal, pasc. Prov. vin. Il 7- Terme d'antiquité. Le sort ou les sorts, prétendu moyen de connaître l'avenir, à l'aide de dés qu'on jetait. Le sort, qui s'appelle en hébreu phur, fut jeté dans l'urne devant Aman, pour savoir en quel mois et en quel jour on devait faire tuertoute la nation juive, saci. Bible, Esther,iu, 7. Le sort est l'effet du hasard et comme la décision ou l'oracle de la fortune; mais les sorts sont les instruments dont on se sert pour savoir quelle est cette décision; les sorts étaient le plus souvent des espèces de dés sur lesquels étaient gravés quehiues caractères ou quelques mots dont on allait chercher l'explication dans des tables faites exprès, fonten. Oracles, i, 4 8. Les usages étaient différents sur les sorts : dans quelques temples, on les jetait soi-même; dans d'autres, on les faisait sortir d'une urne, d'où est venue celte manière de parler si ordinaire aux Grecs : le sort est tombé, 10. ib. Les plus célèbres entre les sorts étaient à Préneste et à Antium, deux petites villes d'Italie, m. ib. On consulte aussi l'oracle par le moyen des sorts; ce sont des bulletins ou des dés qu'on tire au hasard de l'urne qui les contient, bahthél. Anach. ch. 30. || Sort ou sorts homériques ou virgiliens, divination au moyen d'un passage d'Homère ou de Virgile, pris au hasard. || Sort des apôtres, divination par un passage des Actes des Apôtres. Il Sort des saints, pratique par laquelle on cherchait à connaître l'avenir par les premières paroles qui s'offraient en ouvrant l'Écriture sainte. Il Jeter le sort, jeter au sort, se disait autrefois de l'action de jeter les dés pour décider quelque chose, pour faire un partage, etc. On jeu au sort,
OICT. DI la LANOUS rRANCAISB.
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afin que la dixi&me partie aemeuràt dans cette sainte cité, saci. Bible, Esdras, n, Néhém. xi, l. Le sort ayant été jeté pour la famille do Caath, treize villes des tribus do Juda, de Siméon et de Benjamin échurent aux enfants d'Aaron grand prêtre, m. ib. Josué, xxi, 4. U [David] voit.... ses habits partagés, sa robe jetée au sort, boss. Ilist. Il, 4. Il Fig. Jeter le sort, tirer au sort. Allons jeter le sort pour la dernière fois, corn. Androm. i, 3. Il Fig. Lo sort en est jeté, le parti en est pris, la chose est décidée. Et quand do mes souhaits je n'aurais jamais rien. Le sort en est jeté, l'entreprise en est faite; Je ne saurais brûler d'autre feu que du sien, ualii. v, 6. Le sort en est jeté, me voilà déclaré piccinniste, genlis, Veill. du chdt. les Deux réputations. || 8' Manière de décider une chose par le hasard. Le sort e»t tombé sur un tel. Tirer au sort. Le sort, dit le prélat, vous servira de loi [jiour choisir deux personnes], boil. Lutr. i. Le sort est une façon d'élire qui n'af/lige personne, il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie; mais, comme il est défectueux par lui-même, c'est à le régler et à le corriger que les grands législateurs se sont surpassés, montesq. Esp. II, 2. Toutes ces épreuves par le sort qui n'étaient que des superstitions, volt. Dict. phil. Épreuve. || 9° Le sort des armes, le combat considéré relativement à l'incertitude du succès. Est-ce lui qui naguère aux dépens de sa vie Sauva des ennemis votre empereur Décie, Qui leur tira mourant la victoire des mains, Et fit tourner le sort des Perses aux Romains? corn. Polxj. I, 3. Qui sera notre appui, si le sort des batailles Vous rend un corps sans vie au pied de nos murailles? id. Sophon. i, 4. On ne se servit d'artillerie aux sièges des places que sous le roi de France Charles V; et les lances firent toujours le sort de la bataille dans presque toutes les actions, jusqu'aux derniers temps de Henri IV, VOLT. Mœurs , 76. || 10" U s'est dit pour chance, probabilité. Un mémoire excellent de M. Daniel Bernoulli sur la mesure du sort, blff. Ess. arith. mor. Œuv. t. x, p. 4I3. Selon les lois de l'analyse des sorts.... je ne dois point être surpris qu'une chose arrive lorsqu'elle est possible, mder. Pens. phil. 21. Il 11" Paroles, caractères, etc. par lesquels les ignorants croient que l'on peut opérer des maléfices. On dit que ce berger a mis un sort dans l'écurie de son maître, et que cela a fait mourir les chevaux. C'est quelque sort qu'il faut qu'il ail jeté sur toi. Et tu seras cent fois plus heureuse avec moi, mol. Éc. des f. v, 4. Le peuple romain ne voulait point les prendre [les gerbes recueillies dans les champs de Tarquin], croyant qu'un mauvais sort y était attaché, stael, Corinne, iv, b. Crains qu'une vieille, en sa misère, Ne jette un sort sur ton printemps, bérang. Ch. et laitière. Il paraît que les mauvaises paroles tentent le mauvais sort, et qu'elles portent malheur à ceux qui les disent, o. sand, Maîtres sonneurs, 4 3' veillée. Il Fig. Il y a un sort, il semble qu'un sortilège, qu'une mauvaise chance préside à.... Savez-vous bien qu'il y a un sort dans ce tourbillon [la cour] qui empêche d'abord do sentir le charme du repos et de la tranquillité? sÉv. 42 janv. 4 080. Il faut que ce soit un sort, voyezvous, dancourt, Maison de camp. se. 4. J'ai écrit maintes lettres à M. Basili; mais il y a un sort sur toute ma correspondance, p. L. cour. Lett. i, 325. — msT. Il' s. N'i remeindrat ne sorz [sortilège] ne falserie, Ch. de liol. cclviii. || xji* s. Je dis : li miens Deus tu es, es tues mains les meies sorz, Liber psalm. p. 37. || xm* s. Quant Judas déguerpi les disciples par traïson, les autres apostles getierent sors por veoir qui deust estre mis en son leu ; li sors en vint sor Mathias, brun, latini, Trésor, p. Boo. Il XIV* s. Ma sors ha esté la première; chascuns des autres, là où sa sort charra [tombera], venra [viendra] en ccste guise, bercheure, ^32, verso. E! royne Calabre, bien i veïstes cler; Mes pères vous oî bien vo sort déclarer, Baud. de Seb. IV, 485. Il xv* s. Si disent les sorts de mon pays et les devins d'Egypte, que je dois estre sire et roi de tout le monde, froiss. ii, m, 20. Vous ne menrez [mènerez] les deux pucelles plus avant par vos enchanlemens.... icy ne vàuldront vos sors [sortilèges]; car il vous fault mourir, l'erceforest, t. vi, f* 35. Madame getta son sort [fit ses opérations de divination], mais trouva que ce lignage n'avoit gueres de povoir, et viendroit ung chevalier qui tous les mettroit à mort, ib. t. iv, f' 436 ||xvi' s. Puys doncques que tel est ou ma sort ou ma destinée, ma delihcration est servir et es ungs et es
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aultres, rab. Pant. m, Prol. Orne sont pas le» sièges des damnez Sans quelque sort et jugement donnez, bubell. iv, 62, recto. Heureux et trois et quatre fois Lo sort des armes et des lois I m. iv, (17, recto. Des tesmoings que son bon sort luy fournit tout à propos, mont, i, îbb. Par ainsi ne mettoit il pas tout son argent au hasard de la fortune, ains une petite partie de son sort principal [capital] seulement, et en tiroit un bien gros profit do l'usure, amyot, Caton, 4 5. Iccllo maison est louée à iceluy louandicr au sort de l'année précédente par mcsme loyer, Ifouv. cousl. gén. t. iv, p. 903. Apportez moy les œuvre» de Virgile, et, par trois fois avec l'ongle les ouvrans, explorerons, par les vers du nombre entre nous convenu, le sort futur de vostre mariage; car, comme par sorts homériques, souvent on a rencontré sa destinée, RAB. III, 4 0. Le sort, l'usure et les interctz je pardonne, 10. m, 4 6.
— ÉTVM. Provenç. tor<; espagn. tuerie; ital. sorte ; du lat. sortem. Sors vient de serere, enfiler; comparez série. Les sortes, suivant Mommscn (tr. fr. i, 242), étaient, dans l'origine, des tailles de bois enfilées d'un cordon, et qui, jetées à terre, tombaient en décrivant diverses figures i peu près comme les runes Scandinaves.
SORTABLB (sor-ta-bl'), adj. Qui est de sorte i convenir. Je pourrai le résoudre à perdre une maltresse Dont l'âge peu sortable et l'inclination Réponaent assez mal à son affection, corn. Uédée, n, 4. Un âge sortable au vôtre, la font. l'Eunuque, iv, 4. Tout autre état que celui où Dieu veut nous placer, n'est pas sortable pour nous, bourdal. 4" dim. après l'Épiphan. Vominic. t. i, p. 44. Qu'y a-t-il de plus sortable au péché que la pénitence? ID. bim. de la Quinquagés. Dominic. 1. 1, p. 4Cl. X qui donc faudra-t-il ouvrir votre maison? — A des gens sortables qui puissent réparer l'honneur d'une fille, j. j. ROUSS. Uél. I, 63. || Mariage sortable, parti sortable, celui qui se fait entre deux personnes de la même .sorte, c'est-à-dire qui se conviennent par l'âge, le bien, la naissance. Je disposais de mon bien et de moi-même.... et l'on me proposait souvent des partis sortables, scarr. Rom. com. u, 4 4. Un mariage fort sortable, volt. Lett. d'Argental, 43 avril 4 703.
— HIST. XV S. Espérant faire le mariage de son filz aisné avec la dicte damoyselle, qui lui sembloit chose sortable pour beaucoup de raisons, coMM. V, 4 0. Il xvi* s. J'eusse trouvé ce conseil sortable à la rudesse stoîcque, mont, i, 26 4. Mlle de Guise, mère de Marie Stuart, fut préférée à beaucoup d'autres plus mariables et vrayement plus sortables qu'elle n'estoit, Légende du card. de Guise, p. 9. U fault que les licts soient proportionnez i la maison, les vcstemens sortables aux lictz, amyot, Lyc. 23. Il faut.... sçavoir, entendre, juger toutes choses, tant estranges semblent-elles; tout est sortable et du gibier de l'esprit, charron. Sagesse, Préface, 2* èdit.
— ÉTYM. Sorte.
t SORTABLEMENT (sor-ta-ble-man), adv. D'une manière sortable.
— HIST. ivr s. Les Italiens ont plus sortablement baptisé de son nom [celui de la tristesse] la malignité, mont, i, 6.
SORTANT, ANTE (sor-tan, Un-t"), adj. || !• Qui sort. Il Numéros sortants, les numéros qui sortent à la loterie. |{ Substantivement. Les entrants et les sortants, les personnes qui entrent dans un lieu et celles qui en sortent. |{ S'Use dit des membres d'un corps, d'une assemblée qui cessent d'en fai/e partie. Députés sortants. Les membres sortants. Il Élèves sortants, les élèves dont le temps d'école est achevé. || 3" Fig. Qui ressort. Villars était brun, bien fait, avec une physionomie vive, ouverte, sortante et véritablement un peu folle, st-sim. 4 1 i, 20î.
SORTE (sor-f), s. f. || !• Espèce, genre. Toute sorte de biens comblera nos familles, malu. n, 4. Encore impunément nous souffrons en tous lieux. Leur dieu seul excepté [des chrétiens], toutes sortes de dieux, corn. Poly. it, 6. On souffre aux entretiens ces sortes de combats. Pourvu qu'à la personne on ne s'attaque pas, mol. Fem. sav. iv, 3. Il n'y a sorte de bien que ie ministre n'en ditie, SÉv. 633. La duchesse de Chaulnes vous dit des sortes de choses fort bonnes, surtout à M. de Grignan, 10. 43 déc. 4088. Quand on a goûté la sorte d'agrément de votre esprit.... il n'est pas aisé de vous effacer, id. à Moukeau, 24 oc.t. 4 687. On dit que cette femme pa marquise de Grana] parle cinq ou six sortes de langues, m** de villars, Lett. 26 mai 4 680. Marius rit toutes sortes de gens dam
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les légions, ot la république fut perdue, montesq. Esp.xi, 18. Je ne crains pour lui [Turgot] que deux choses, les financiers et la goutte ; ce sont deux terribles sortes d'ennemis, tolt. Lett. Mme du Delfant, I9 avr. 1775. || Un homme de sa sorte, de votre sorte, se dit par mépris ou par estime, en mal ou en bien. On en doit pourtant croire un homme de ma sorte, hauterociie. Bourg, de quai. iv. 7. Il a commencé par dire de soi-même un homme de ma sorte ; il passe à dire un homme de ma qualité, LA BnuY. VI. Avec des gens de sa sorte il ne faut pas que ceux do la vôtre y regardent de si près, saurin, kœurs du temps, se. )5. || De la première sorte, du premier ordre, excellent. Considérée comme harmonie, la cloche a indubitablement une beauté de la première sorte, celle que les artistes appellent le grand, ciiateaubh. Gén. iv, i, <. || Terme de commerce. Mettre par sorte, assortir. || 2° Avec de et un substantif, sorte se dit d'une chose dont le caractère n'est pas net ou complet. Rodogune se présente à Votre Altesse avec quelque sorte de confiance, cobn. Rodog. à Monseigneur le Prince. Mme de Coulanges m'écrit au retour de St-Germain; elle est toujours surprise de la sorte de faveur de Mme de Âlaintenon, sÉv. 441. Il est bien juste qu'après avoir pris une idée qui vous appartient, je vous en rende quelque sorte d'hommage, FONTEN. Dial. à iuci'en. Il 3° Quelque sorte de temps, un certain espace de temps. Dites-moi si Mlle do Grignan est pour quelque sorte de temps à Gif, SÉV. 20 juin 1689. ||X toutes sortes d'heures, à quelque heure que ce soit. 11 sortait souvent de son palais à toutes sortes d'heures, pour s'instruire par lui-même de la vérité, comte de caylus. Contes orient. Œuvr. t. vni, p. (î, dans pougens. Il 4° Façon, manière. J'entendis son propos qui fut de cette sorte. .. régnier, Sat. iiii. Vous, mademoiselle, qui savez tout ce qui se passe en mon esprit, je vous supplie très-humblement de lui dire [à une dame] de quelle sorte elle y est, et avec quel ressentiment et qualle véritable affection je paye l'honneur qu'elle me faiî, voit. Lctt. 28. Toutes deux de même sang. Traitez-nous de même sorte, LA FONT. Fabl. vu, )7. Ayant parlé de cette sorte, Le nouveau saint ferma sa porte, id. ib, vu, 3. Rappelez dans votre mémoire.... de quelle sorte on les a décrics et noircis [les jansénistes] dans les chaires et dans les livres, pasc Prov. m. Tous les peuples du monde seraient réduits à une sorte seule d'habits et d'aliments, fé.^ Exist. i, il. Mme de Grignan changea cette maxime [nous n'avons pas assez de force pour suivre toute notre raison, LA bociiefoucalxd] dc cette sorte ; nous n'avons pas assez de raison pour employer toute notre force, CONDIL. Art d'écr. ii, 5. || De telle sorte, de telle manière, tellement. Il a agi de telle sorte qu'il a perdu sa place. || De bonne sorte, de la bonne sorte, de la bonne manière, convenablement, comme il faut. Sans bruit ; ne faisons rien que de la bonne sorte, mol. l'Ét. m, I3. Tout s'ost-il, ces deux jours, passé de bonne sorte? id. Tart. i, 6. J'ai voulu m'en instruire de bonne sorte, pasc. Prov. V. Il Familièrement. De la bonne sorte, sévèrement. Je l'ai traité do la bonne sorte. Parler à quelqu'un de la bonne sorte. || Avec ne.... que...., de la bonne sorte signifie pas trop. Il ne se fit prier [d'être roi] que de la bonne sorte, la font. Fabl. X, 14. Je ne m'y fie encore que de la bonne sorte, mol. Fourber. m, t.\\Ea quelque sorte, jusqu'à un certain point, pour ainsi dire. || 5° De la sorte, en la sorte, ioc. adv. Ainsi, de cette manière. Dieux I verrons-nous toujours des malheurs de la sorte? CORN. Ilor. m, 6. Ceux qui en useraient de la sorte, pasc. Prov. xvui. Nous aurions raison de lui dire : Seigneur, vous me donnez une règle à laquelle je ne puis me joindre, dont je ne puis pas même approcher; aussi n'en est-il pas de la sorte, Boss. I" sermon, Dim. de la Passion, i. On voit que la douleur, si je puis parler de la sorte, vous a nourrie, et que les alfections ne font que vous consoler, d'alemb. Portr. de Mlle l'Espinasse. \\t' De sorte que, en sorte que, conj. qui lie par forme d'explication. En sorte que, comme l'àme élève le corps à elle en le gouvernant, elle est abaissée au-dessous de lui par les choses qu'elle en souffre, Boss. Ilist. ii, o. Il fit en sorte que plusieurs choses nécessaires manquèrent à l'hiloclès dans cette entreprise, ytn. Tél. xiii. N'y aurait-il point moyen do tirer dos choses plus de bien que de mal, et de disposer son imagination de sorte qu'elle séparât les plaisirs d'avec les chagrins et ne laissât passer que les plaisirs? fonten. Bonheur. |En «orte de, avec l'infinitif, m6me sens. Fais en
sorte D'amuser un moment le vieillard à la porte, legrand. Foire de St-Laurent, se. 2). || 7" En quelque sorte, toc. adv. Presque, pour ainsi dire, (j'est en quelque sorte au hasard que je dis cela.
— IlEM. t. Dc sorte que, en sorte que gouvernent le subjonctif quand c'est d'un but à atteindre qu'il s'agit: Faites en sorte, faites de sorte que vous arriviez avant moi; et l'indicatif, quand c'est d'un résultat obtenu ou à obtenir qu'il s'agit : Il fait de sorte ou en sorte qu'il arrivera à temps; il a travaillé en sorte ou de sorte qu'il a été le premier dans sa classe. Il 2. Toute sorte se met d'ordinaire avec le singulier, comme, je vous souhaite toute sorte de bonheur, et toutes sortes avec le pluriel, comme, Dieu nous préserve de toutes sortes de maux, vaugel. Rem. t. i, p. 209, dans pougens. Cette remarque est conforme à l'usage habituel. Cependant rien n'empêche de dire : toute sorte de maux, et même toutes sortes de bonheur, sans dommage pour la grammaire ou pour le sens. || 3. Dans les phrases où sorte est employé, il ne détermine pas l'accord du verbe; cet accord est déterminé par le substantif qui suit: Toute sorte de livres ne sont pas bons. Cependant il n'y a aucune faute àfaire accorder le verbe avec sorte, et on en peut voir un exemple dans Malherbe au commencement du nM. || 4. Une sorte de fruit qui est mûr en hiver; une sorte de bois qui est fort dur, duclos, Œuvr. t. ix, p. )23. De même on dira : il n'y a sorte de soins qu'il n'ait pris.
— Hisr. xiv s. Queurent [courent] li piéton à grauz sortes Assaillir les murs et les portes, g. GULART, t. II, p. <26. Il XV' s. Nous sommes gens de plusieurs sortes qui demandons les armes et les aventures, froiss. ii, m, (9. Que l'ayde qui luy avoit esté faicte avoit esté faicte en mauvaise sorte, COMM. III, 7. Je fus servy passablement Selon mon estât et ma sorte, villon. Bail, des écoutants. Ne l'esperit ne fait sa sorte [société] Nulle fois avec chose morte, e. desch. Poésies mss. î° 425. Quant il entendi la renommée de l'estranger, luy qui de longue main avoit désiré et quis de trouver parti et sorte pour faire armes, se délibéra d'executcr à celle fois ce que tant avoit désiré, o. de la marche, Mém. I, p. 243, dans lacurne. ||xvi' s. Il leur est deffeiidu de rongner jamais leurs ongles; de sorte que ilz leur deviennent croches comme rançons, RAB. Pan(. v, 18. Un homme de sa sorte, mont, i, 17. Cent mille sortes d'herbes, id. i, 3I. Une estude fournie de toute sorte de livres, id. i, 67. L'un dit d'une sorte, et l'autre d'une autre, lanoue, 4B8. En ceste sorte, peu à peu, de disciples ilz deviennent maistres, ■). 494. Il n'y avoit sorte de combat à laquelle il reculast, ni à laquelle il fust peu eiercité, amyot, Marcell. 2. Il n'est pas dit que les gens de vertu ne puissent, en quelque sorte que ce soit, jamais accepter ny prendre rien de leurs amis, ID. Arist. 2. Chascun demande sa sorte, cotgrave.
— ÊTYJI. Bourg, sole; ital. sor(a; du lat. sorte?n, dans le sens de manière d'être, condition.
t SOKTEUR, EUSE (sor-teur, teû-z'), adj. Terme familier. Qui sort souvent, qui quitte souvent le logis. Cette domestique n'est pas sorteuse.
SORTI, lE (sor-ti, tie), part, passé de sortir. Il !• Qui est allé dehors, en parlant des personnes ou des choses. Ce sang qui tout sorti fume encor de courroux De se voir répandu pour d'autres que pour vous, CORN. Cid, ii, 9. Si l'on vient m'en demander [de l'argent], qu'on dise que je suis sorti, et que je ne dois revenir de toute la journée, mol. Mar. forcé, i. Un effroyable cri sorti du fond des flots, RAC. Phèdre, v, 6.|| 2" Qui a cessé d'être dans une certaine position ou place. Son premier mouvement [de Diderot], sorti de mes bras, fut de se tourner vers l'ecclésiastique, et de lui dire : Vous voyez, monsieur, comme m'aiment mes amis, I. J. Rouss. Conf. VIII. Il 3» Qui a cessé d'être dans une certaine condition. Quand de sa folle erreur vous l'auriez diverti. En vain de ce jiéril vous le croiriez sorti, cokn. Théod. v, t. La reine à peine sortie d'une tourmente si épouvantable, boss. Reine d'Anglet. Comme un homme sorti d'un violent accès de fièvre, lesaqe. Diable boit. b. X peine sortie de l'enfance, vous avez osé faire un choix sans mon avis, genlis, Thédt. d'éduc. la Mère rivale, IV, 4. Il II se dit, dans un sens analogue, des choses morales. Nous avons été avertis qu'il s'élèverait des hérésies... mais en même temps on nous a déclaré qui vous étiez [vous, hérétiques] des gens sortis hors de la ligne, hors de la chaîne de la succession, hors de la tige de l'unité, boss. )'• instr. patt. 26. Ceux mêmes dont les yeux les devaient éclairer. Sortis de leur devoir n'osèrent
y rentrer, rac. Bajax. i, ). X la fin, monsieur, vous voilà donc sorti de votre caractère, legrand, le Philanthrope, se. 20. 1| i' Qui est issu par la naissance. Sortie d'un père et de tant d'aïeux souverains, BOss. Anne de Goni. Le Verbe est un esprit né d'un esprit, un Dieu sorti d'un Dieu, et une lumière allumée à une lumière, id. 6' avert. I, 4S. Il 5° Qui provient de, en parlant des choses. Glaive divin, sorti des arsenaux du ciel, delille, Parad. perdu, vi. || 6« Qui s'est tiré de quelque chose de difficile, de désagréable. Dieu soit loué, m'en voilà sorti, Diderot, Salon de (767, Œuvr. t. XV, p. (64, dans pougens. || T Terme d'hippologie. Se dit d'une partie qui a la saillie voulue. Garrot bien sorti.
SORTIE (sor-tie), s. f. jj !• Action de sortir. J'ai dîné aujourd'hui chez Mme dc la Fayette pour ma première sortie, sév. )67. D'ajnis et de soldats une troupe hardie Aux portes du palais attend notre sortie, rac Bajax. iv, 7. En Espagne, dans ces sortes do couvents, il y a d'extraordinaires régularités sur les entrées et les sorties, M"' de villars, Lett. il janv. loso. [i Moscou] ses sorties journalières [de Napoléon], qu'éclairait toujours un soleil brillant, dans lequel il s'efforçait de voir et de montrer son étoile, ne le distrayaient point, séguh, Uist. de Nap. viii, 10. || 2" Terme de théâtre. Action d'un personnage qui quitte la scène. {| Fausse sortie, mouvement d'un personnage pour quitter la scène, interrompu soit par sa volonté, soit par toute autre raison. || Fig. et familièrement. Faire danser à quelqu'un un branle de sortie, le chasser d'un lieu, d'une société (cette locution vieillit) . || 3* Terme de guerre. Attaque que font les assiégés, lorsqu'ils sortent pour combattre les assiégeants. Une sortie de cinq cents hommes. M. de Chamilli observait, à ce qu'il dit au roi, de ne faire jamais de sortie ni d'entreprise, sans l'expliquer tout entière à ceux qui en devaient être; et cela, afin qu'ils ne se troublassent pas dans l'action, pellisson, Lett. hist. 1. 11, p. 217. Ils firent de grosses sorties; et, méprisant le péril.... rol- LiN, Ilist. anc. Œuv. t. xi, 2« part. p. 638, dans POUGENS. Il 4* Terme de marine. Action de fair sortir un bâtiment d'un bassin, d'un port, d'une rade. || Se dit quelquefois pour courte campagne, petit voyage près des côtes. || S° Transport des marchandises, des animaux de vente d'un lieu dans un autre, exportation. Défendre la sortie des matières d'or et d'argent est un reste de barbarie et d'indigence; c'est à la fois vouloir ne pas payer ses dettes et perdre le commerce, volt. Dial. 4. La sortie des chevaux fut prohibée, haynal, Uist. phil. m, i. Ce qui devait servir à la construction, à l'armement., des vaisseaux, était déchargé de tous les droits d'entrée et de sortie, ID. ib. IV, 3. Il 6° Sortie de bal, sorte de vêtement chaud que les femmes mettent pour se garantir du froid en sortant du bal. S'envelopper dans une sortie de bal. || 7' Endroit par où l'on sort. Cette maison a deux sorties. Il a une sortie sur la campagne et une sur la rue. Une seule rue étroite, tortueuse et toute brillante s'offrait plutôt comme l'entrée que comme la sortie de cet enfer [l'incendie de Moscou], ségur. Hist. Nap. viii, 7. '1 8° Il se dit de l'action de quitter la vie, le monde. Mais, si les dieux m'ont fait la vie abominable. Us m'en font par pitié la sortie honorable, CORN. Œdipe, v, 7. Us étaient pleins de majesté et de gloire, et ils lui parlaient [à Jésus] de sa sortie du monde, saci, Bible, Évang. St Luc, IX, 31. Il 9* Fig. Issue, manière d'échapper à quelque embarras, par comparaison avec la sortie, endroit par où l'on sort. L'affaire était embarrassante, mais il s'était d'avance ménagé une sortie. Alors la sortie du premier péril ne rend point l'action complète, puisqu'elle en attire un second, CORN. 3* dise. Il faut de ces périls m'aplanir la sortie, id. Rodog. m, i. Ici [le fait qu'on em"portait chez soi l'eucharistie consacrée] on [les protestants] ne trouve point de sortie, qu'en disant que tout cela était un abus, boss. Déf. tradit. commun. 11, 2). || 10' Fig. La sortie d'un dessein, la réussite (sens quia vieilli). Et de tes desseins à jamais Favoriser l'entrée et bénir la sortie, CORN, l'rad. dups. cxxi. || 11* Fig. et familièrement. Action de dire brusquement à quelqu'un quelque chose de très-dur, par comparaison à la sortie de l'assiégé contre l'assiégeant. Faire une sortie à quelqu'un. Vous êtes satisfaite, et la voilà partie; Mais je n'approuve point une telle sortie, MOL. Femm. tav. u, 7. Il s'offensa d'une sortie qu'on lui faisait si mai i propos, dans les terme*
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où ils en étaient, bauilt. Gramm. x. Si le roi [Louis XrV] venait à soupçonner quelque intérêt de leur part, il prenait le parti opposé ; et, s'ils osaient insister, il leur faisait une sortie terrible, DDCLOS, Œuv. t. V, p. 183. Il Violent emportement contre une personne présente ou absente. Faire une sortie contre quelqu'un. Roquelauro, étonné de la sortie [de M. de Vendôme], fila doux, et lui dit qu'il ne croyait pas le fâcher, st-sim. 27, 53. Cette violente sortie l'étourdit; elle ne s'attendait pas à être si bien devinée, maiiiv. Marianne, 8* paît. Helvétius essuya cette sortie avec la tranquillité la plus philosophique, et se contenta de dire, quand Marivaux fut parti : Comme je lui aurais répondu, si je no lui avais pas l'obligation d'avoir bien voulu accepter mes bienfaits! d'alemb. El. Mariv. || On dit dans les deux sens: faire uno «ortie sur quelqu'un ou sur quelque chose. Témoin de la dureté barbare avec laquelle M. le comte de Charolais faisait traiter ces pauvres gens, j'avais fait, vers la fin de l'Emile, une sortie sur cette cruauté, J. J. Rouss. Canfess. xi. || Déclamation, invective. Une sortie contre le luxe. Allez-vous recommencer vos sorties contre la noblesse? picard et MA7.ÈHES; Trois quartiers, m, 6. || 12' Terme de gravure en taille-douce. Se dit de l'extrémité des tailles et des hachures du côté des jours oîi elles doivent être extrêmement déliées et comme perdues. || 13° Terme de jeu. Cartes basses qui donnent le moyen de cesser de faire des levées. 11 n'avait pas de sortie. J'avais deux sorties. Il 14° X la sortie de, loc. prépos. Au moment où l'on sort de. X la sortie du sermon, de l'audience, du spectacle. X la sortie de l'hiver. |{ X la sortie des juges, au moment où les juges sortent.
— HIST. XVI' s. Ne s'estans voulu saisir d'aucune maison qui eust sortie par le dehors, d'aub. Ilist. m, 42. L'endroict du fossé par où ceulx d'une ville qu'il [Scipion] assiegeoit pouvoient faire des sorties sur luy, mont, ii, »5.
— f.TYM. Sorti; wallon, sorteie.
SORTlLfiGE (sor-ti-lè-j'; on prononce 1'^ comme
s'il était marqué d'un accent grave, bien qu'il porte l'accent aigu), t. m. Maléfice des sorciers. Leur secte [des chrétiens] est insensée, impie et sacrilège, Et dans son sacrifice use de sortilège, CORN. Poly. I, 3. Le sortilège est bon pour éblouir les sots, HAUTEROCHE , Esp. follet, I, 1 . C'est un sortilège qu'il lui a donné, et vous verrez qu'elle changera de sentiment avant qu'il soit peu, mol Pourc. III, 9. On l'accusait [Luxembourg] d'avoir fait des sortilèges pour faire périr plus d'une personne, VOLT. Louis XIV, 2G.
— HIST. IV* s. Tout sujet vassal qui, par convoitise, barat, sortilège et mal engin, machine contre le salut corporel de son roi, monstrel. i, 39.
— ÊTVM. Lat. sortilegus, prophétique, de sors, sort, et légère, lire, d'où un substantif fictif sorlilegium, prédiction de l'avenir, et, par suite, tout maléfice de sorcellerie.
4. SORTIR (sor-tir), je sors, tu sors, il sort, nous sortons, vous sortez, ils sortent; je sortais; je sortis, nous sortîmes ; je sortirai; je sortirais; sors, qu'il sorte, sortons, sortez, qu'ils sortent; que je sorte, que nous sortions, que vous sortiez; que je sortisse; sortant, sorti, v. n. || !• Passer du dedans au dehors. || 2* Aller se promener, aller faire des visites. Il 3' Ne plus garder la chambre, en parlant d'un malade. 114° Sortir de prison, être élargi. Il 6* Sortir d'une maison, cesser de remplir la place qu'on y occupait. || 6° Sortir du sermon, du spectacle, sortir du lieu où l'on a assisté au sermon, au spectacle. Il 7° Sortir, suivi d'un qualificatif, exprime que l'on quitte tel lieu, telle chose, avec la qualité, la disposition exprimée. |l 8° Ouit'er à l'instant même. || 9° Avoir une issue, en parlant d'un logis. Il 10° Avoir du relief. || 11° Fig. Passer d'un temps, d'une époque, d'un état, d'une condition i une autre. Il 12° Sortir de la vie. || 13° Cesser d'être dans un certain état moral. || 14° S'écarter d'un sujet, d'une règle, d'une limite. || 15° Se dégager d'un endroit difficile. || 16° Laisser de côté. Il 17° Se tirer de ce qui embarrasse, gène, met en danger. Il 18° Être issu, piovenir de naissance. Il 19" Être produit, en parlant des œuvres de Dieu, de la nature. Il 20° Il se dit des écoles qui produisent des sujets. || 21* Avoir sa source, sa cause, naître de. || 22° Poindre au dehors, commencer i paraître. Il 23° Se manifester, apparaître. || 24° Se faire entendre. |! 25° S'exhaler. || 26° S'écarter, s'éloigner, avec un nom de chose pour sujet. Il 27* Sortir de, ne pas demeurer en la possession de. Il 28° Sortir de la mémoire, de l'esprit, être
oublié. Il 29* F. 0. Tirer, transporter, faire sortir. Il 30* Faire changer de condition. || 31° Au sortir de. 1° Passer du dedans au dehors. La rivière est sortie de son lit. Le sang lui sortait de la bouche. Mademoiselle, enfin, je suis sorti de l'Europe, et j'ai passé ce détroit qui lui sert do bornes, voit. Lett. 40. Sortez quand vous voudrez, messieurs; mais j'avertis Que je ne sors qu'après que vous serez sortis, mol. Uis. n, fi. Sortez , Parole éternelle. Fils unique du Dieu vivant, sortez du bienheureux sein de votre Père, et venez annoncer aux hommes le secret que vous y voyez, boss. Anne de Gonx. Paris est pour le riche un pays de cocagne; Sans sortir de la ville, il trouve la campagne, doil. Sot. VI. Le vicomte indigné sortait au second acte, m. ÉpU. vu. Attendant son destin d'un quatorze ou d'un sept, [il] Voit sa vie ou sa mort sortir de son cornet, iD. Sat. iv. La moitié s'épouvante et sort avec des cris, hac. Bril. V, 6. Les morts, après huit ans, sortent-ils du tombeau? ro. Alhal.i, t. Sors de mes yeux, objet profane. Ne souille plus, dit-elle, un si chaste séjour, J. B. ROUSS. Cantate, Calisto. Le comte : Sortez de ma présence.— Lisette à part : Quelle fureur 1 iMBERT, Jaloux sans amour, v, 4. Un cri : le feu est au Kremlin, passe débouche en bouche.... l'empereur sort pour juger du danger, skgur, [lisl. Nap. vin, 6. Il Sortir les pieds devant, se dit d'un mort qu'on emporte dans la bierre, dans le cercueil. |{ Fig. Ces végétaux puissants, qu'en Perse on voit éclore.... Firent sortir la mort de vos flancs déchirés, volt. Sémiram. iv, 2. || D'où sortent ces gens, se dit pour exprimer l'étonnement de voir apparaître des gens qu'on n'attendait pas. Sauvez-vous, seigneur, de la bagarre; Ce palais est rempli de farouches soldats. — D'où diable sortent-ils? pavart et GUÉ- RiN, Parodie d'Iph. en Tauride. Tendre Alzire, tu déplores Ton triste hymen, quand Zamore Sort d'un trou; Mais par où? On l'ignore, Anecd. dramat. (de clément et delaporte), t. i, au mot alzire. Il Familièrement. D'où sortez-vous? Où étiezvous qu'on ne vous a pas vu depuis longtemps? D'où diable sors-tu, qu'on ne t'a pas vu depuis Bruxelles? HAMiLT. Gramm. 8. || Fig. D'où sortezvous? se dit pour exprimer à quelqu'un qu'il est tout à fait étranger à ce qui se passe, aux nouvelles du jour, aux habitudes du monde, etc. Et d'où sors-tu donc? règle certaine, mon enfant, lorsque telle orpheline arrive chez quelqu'un comme pupille, ou bien comme filleule, elle est toujours la fille du mari, beaumarcii. Hère coupable, i, 4. Il Terme de manège. Sortir de la selle, avoir le derrière hors de la selle. || Terme de turf. Se dit des jockeys, lorsqu'ils quittent ou ont quitté l'enceinte du pesage, pour aller prendre le galop d'essai qui précède la course. ||Fig. Sortir des gonds, se mettre tellement en colère qu'on n'est plus maître de soi. || On dit de même : faire sortir quelqu'un des gonds, hors des gonds. || Fig. et familièrement. Les yeux lui sortent de la tête, ils sont animés par l'efl'ct d'une violente passion. Il Terme de marine. Un bâtiment sort d'un bassin de construction lorsqu'il en est retiré pour être mis dans un port; il sort du port lorsqu'on le conduit en rade pour y achever son armement; il sort d'une rade lorsqu'il appareille et fait route ; il sort ou est sorti de son poste lorsqu'il n'y est plus; il sort de l'eau lorsqu'il commence à paraître de loin. || 2° Aller se promener, aller faire des visites. Il y a deux ans que je no sors point de chez moi, et je ne sortirai que pour aller où est Pradon, volt. Letl. Mme d'Argental, (8 avr. <70C. Après dîner, l'indolente Glycère Sort pour sortir, sans avoir rien à faire, ID. Ép. 64. || 3* l%rticulièrement, en parlant d'un malade, ne plus garder la chambre. Les médecins ne lui ont pas encore permis de sortir. Il est plus fort, il commence à sortir. Il 4°Sortir de prison, être élargi. 11 disait qu'il était entré dans cette prison le plus innocent des hommes, et qu'il en était sorti le plus coupable, BOSs. Louis de Bourbon. Tous les historiens disent qu'il [Fouquet] y mourut en 1680; mais Gourville assure dans ses Mémoires qu'il sortit de prison quelque temps avant sa mort, volt, iout'j XI V, as. || 6° Sortir d'une maison, cesser d'y remplir la place qu'on y occupait. Pour sortir de chez toi.... As-tu donc oublié qu'il faut qu'elle [ta femme] y consente ?boil. Sot. x. Pour sortir de votre maison, madame, il faut que j'en sois formellement chassé par vous, GENLis, Thédt. d'éduc. Dangers du monde, 11, 6. Il 6° Sortir du sermon, du spectacle, etc. sortir du lieu où l'on a assisté au sermon, au spectacle, etc. Il soitait de la messe. Telle femme pieuse sort de
I l'autel, qui entend au prône qu'elle vient de faiie un sacrilège, la bruy. Xiv. On sort des pieds du prêtre, content de l'avoir trompé et de s'être trompé soi-même, mass. Carême, Confession. || On dit aussi : sortir de table. J'avais i parler i l'ambassadeur, qui, en sortant de table, m'a mené dans son cabinet, genlis, Ad. et Th. t. m, p. 38, dans POL'GENS. Il On dit dans le même sens : sortir d'entendre le sermon, sortir de dîner. || Populairement et incorrectement (voy. Rom. 3). Je sors d'en prendre, se dit, au propre, pour remercier d'une offre de boire ou de manger, et, au figuré et ironiquement, pour refuser une chose dont on n'a déjà que trop. |{ 7* Sortir, suivi d'un qualificatif, exprime que l'on quitte tel lieu, telle chose, avec la qualité, la disposition exprimée. Sors vainqueur d'un combat dont Chimenc est le prix, corn. Cid, v, 6. Ouais! il semble qu'ils sortent mal satisfaits d'ici, mol. Préc. 2. Si vous vous chargez de rougir pour toutes vos voisines, et que votre imagination soit toujours aussi vive qu'avec la B***, vous sortirez toujours belle comme un ange de toutes vos conversations, sÉv. 02. Mon discours, dont vous vous croyez peut-être les juges, vous jugera au dernier jour.... et, si vous n'en sortez plus chrétiens, vous en sortirez plus coupables, boss. Anne de Gonx. On ne sort point indigné contre Racine et contre les comédiens de la mort de Britannicus et de celle d'Hippolyte ; on sort enchanté du rôle de Phèdre et de celui de Burrhus; on sort la tète remplie des vers admirables qu'on a entendus, volt. Comm. Corn. Rem. sur le i" dise, de Corn. Une femme de beaucoup d'esprit, ayant eu avec lui un long entretien sur des matières sérieuses, en sortit si contente, qu'elle ne put s'empêcher de lui marquer tout le plaisir qu'elle venait d'avoir, d'alemb. El. VAb. de St-P.||8° Quitter à l'instant même. Vous sortez du baptême, et ce qui vous anime. C'est sa grâce qu'en vous n'affaiblit aucun crime, corn. Poly. n, 6. Et toi qui, tout sortant encor de la victoire, Regardes mes travaux du séjour de la gloire, Cher Néarque.... ID. 16. rv, (. Faire environner la table de Jésus-Christ de pécheurs cnvieillis, tout sortant de leur infamie I pasc. Prov. rvi. Monsieur et madame de Mcsmes sortent d'ici, sÉv. 392. || Ce jeune homme sort du collège, il vient de finir ses classes. || Cet ouvrage sort de chez l'ouvrier, des mains de l'ouvrier, il est fort neuf. || 9° En parlant de logis, d'appartements, avoir une sortie, une issue. On passait dans une place auprès du temple des protestants, où l'on faisait le prêche à l'heure même ; mais on donna ordre que la petite porte du temple, qui sortait sur cette place, fût fermée durant ce temps-là, PELLissoN, Lett hist. t. i, p. 224. Le cabinet du roi sortait dans l'autre petit salon, st-sim. 93, 220. Il 10° Avoir du relief. Votre portrait est aimable; on a envie de l'embrasser, tant il sort bien de la toile, SÉv. 190 Quelles louanges il [Faucher] donna à la ressemblance [du portrait de Mme de Grignan].... à cette tête qui sort, à cette gorge qui respire, à cette taille qui s'avance, id. 4 sept. 4676. Les figures ne sont pas assez arrondies, et ne sortent point assez, volt. Candide, 25. || Fig. Vous n'employez les détails que pour faire sortir le fond que vous rendez aussi lumineux qu'intéressant, ID. Lett. Damilaville, 26 févr. 4766. Elles [déclarations] font sortir d'une manière si forte la partialité des détracteurs de Sénèque, dider. Cl. et Nér. I, 86. Le plus grand malheur de l'indigence est de faire sortir les vices, et de ne pouvoir les faire pardonner, bahthél. Anach. ch. 76. || Cette pensée ne sort pas assez, il faut l'exprimer avec plus de force, lui donner plus de relief. || On dit de même : faire sortir une pensée, un caractère. Il n'y a d'intrigue dans la pensée du Misanthrope que ce qu'il en faut pour faire sortir les caractères, mais peut-être pas assez pour attacher, volt. Vie de Molière. || 11* Fig. Passer d'un temps, d'une époque, d'un état, d'une condition à une autre. Sortir de l'hiver, sortir de l'enfance, sortir de nourrice, sortir d'esclavage, sortir de page (voy. page 2). Nous sortons de la prière, non plus tranquilles ni plus résignés à la volonté de Dieu, ni plus fervents pour sa sainte loi, mais plus ardents et plus écliaufTés pour les choses de la terre, Boss. 3' sermon, Conception, 2. Elle [Mme d'Aiguillon] se retirade la cour, dès qu'elle eut la liberté d'en sortir, fléch. Aiguillon. Je sors d'une quinte si violente, que Mlle d'Aumale et Mlle de la Tour étaient en pleurs, MAINTENON, Lett. à Mme de Caylus, 28 nov. 4 74 6. Jamais tyrannie n'avait été plus cruelle ni plus sanglante que celle dont Athènes venait de sortir
SOR
[les Trente tyrans], rollin, Ilist. anc. Œuvr. t. rr, p. 433. On sortait de l'anarchie, on pensa tomber dans la tyrannie, montesq. Esp. xii, 21. Un vieillard octogénaire qui sort de la mort pour se voir enseveli sous quatre pieds de neige, volt. Lett. d'Argental, t^ mars (773. En sortant de place, ils ont l'espoir d'être, après un autre examen, reçus au sénat de l'aréopage, barthél. Anach. ch. u. Absorbé par cette funeste contemplation [Moscou brûlant], il [Napoléon] ne sortit d'un morne et long silence que pour s'écrier : Ceci nous présage de grands malheurs, séguh, Ilist. Nap. viii, 7. || Sortir de maladie, cesser d'être malade, arriver à guériion. Elle sortait de maladie; Là, vivant à discrétion, La galande fit chère lie, la font. Fabl. m, <7. Vous sortez d'une maladie, et vous craignez une rechute, bourdal. Serm. 1»' dim. après la Pentecôte, Domin. t. iv, p. <U.|| Sortir de fille, cesser d'être fille, se marier. On peut, par des raisons du monde et de famille, Par de certains désirs, et pour sortir de fille. Une fois en sa vie arborer ce lien [mariage], la font. Je vous prends sans vert, se. 0. || Terme de danse. Sortir de cadence, ne plus danser en cadence. || Terme de musique. Sortir de mesure, no plus chanter, ne plus jouer en mesure. Sortir du ton, détonner, ou passer d'un ton dans un autre. || Terme d'escrime. Sortir de mesure, se mettre hors d'état de porter une botte de pied ferme à son adversaire. || 12' Sortir de la vie, mourir. Me montrant à la cour je hasardais ma tête; Et, s'il fallait la perdre, il m'était bien plus doux De sortir de la vie en combattant pour vous, corn, le Cid, iv, s. Je voudrais qu'à cet âge [la vieillesse] On sortît de la vie ainsi que d'un banquet, la font. Fail. viii, t. Mourrai-je tant de fois sans sortir (Je la vie? rac. Iphig. V, 4. Saint Jérôme assure que Théophraste à l'âge de cent sept ans, frappé de la maladie dont il mourut, regretta de sortir de la vie dans un temps où il no faisait que commencer à être sage, LA BRUY. Disc, sur r/i^op/ir. Il Vaugelas condamnait sortir de la vie, comme n'étant pas français ; l'Académie, dans ses Observ. sur Vaugelas, a défendu cette locution, qui est d'ailleurs dans les meilleurs auteurs. || 13" Fig. Cesser d'être dans un certain état moral. Ce n'est pas pour sortir de votre obéissance, CORN. Rodog. t, 3. L'époui, sortant quelque peu de colère, la font. Fais. Tenez, voyez ce mot, et sortez hors de doute, mol. leVép. i, 2. Je sortis hors d'effroi, ro. Fâch. 11, 2. Ne craignons pas de suivre la princesse palatine jusque dans l'incrédulité où elle était enfin tombée ; c'est de là que nous la verrons sortir pleine de gloire et de vertu, Boss. Anne de Goni. Le saint répondit à cela sagement, qu'il avait soutenu les droits de l'Église, sans sortir du respect qui était dû à l'empereur, FLÉca. Uist. de Théodose, ni, 69. Sortez de votre tffcur, la raison vous appelle, quin. Arm. iv, 4. Sortons, a-t-elle dit, sortons d'inquiétude, rac. Alhal. m, 3. Comme il était un peu sorti de son devoir pour entrer dans les intérêts de M. le Prince, il crut pouvoir en sortir pour rentrer dans son devoir, iiamilt. Gramm. v. 11 [le duc de Coislin] complimentait sans fin les gens chez lesquels il se trouvait logé, et le chevalier de Coislin ne sortait point d'impatience contre lui, st-sim. 66, 83. On ne sort point d'étonnement que le même homme qui a imaginé le cinquième acte de Uodogune, ait fait un pareil ouvrage, volt. Comm. Corn. Rem. Théodore, n, 7. J'aurais voulu, courant, m'élançant loin de loi, Sortir de cet amour qui fuyait avec moi, Duas, Abuf. iv, 8. || Sortir de son caractère, agir, parler autrement qu'on n'a coutume. Je ne sais par quelle fatalité vous sortez aujourd'hui d'un caractère naturellement doux et raisonnable, iiariv. Sec. surpr. de Vam. u, 7. Comme il arrive aux personnes qui sortent de leur caractère, elle prit tout à coup une résolution trèsvive, STAËL, Corinne, ix, 4. || 14* Fig. S'écarter d'un sujet, d'une règle, d'une limite. Sortir du sujet. Qu'on ne doit sortir de la règle qu'en suivant un fil qui tienne, pour ainsi dire, à la règle même, boss. le Ttllier. Sans sortir de mon mystère, vous verrez, dans la personne de cette Vierge offrant son fils en sacrifice, le modèle d'une obéissance solidement humble, bourdal. Purifie, de la Vierge, KytJ. t. n, p. m. Quelquefois dans sa course un esprit vigoureux. Trop resserré par l'art, sort des règles prescrites, boil. Art p. iv. U sort hardiment des limites de son génie; mais il s'égare et fait que l'homme illustre parle comme un sot, la BRUY. zu. Il Sortir do la question, s'égarer ttors de l'objet qu'on traite. Je l'arrêtai en lui di-
SOR
sant : vous sortez de la question.... bern. de st-p. Notes s. la Ch. ind.|| Sortir de son talent, entreprendre des choses qui ne sont pas conformes à notre talent. Il ne faut point qu'il [La Fontaine] sorte du talent qu'il a de conter, sév. 6 mai )G7f. 1 1 Familièrement. Sortez de là, signifie : si vous vous écartez de ces règles, de ces données. Sortez de là, je ne vois plus qu'injustice, hypocrisie et mensonge parmi les hommes, i. j. rouss. Ém. iv. Il Sortez de là, se dit encore par une sorte de défi qu'on adresse à celui qu'on embarrasse dans un argument, un dilemme un peu serré. || Familièrement. Je ne sors pas de là, c'est l'objet dont je ne me dépars pas. Nous ne parlions que de Paris, de la comédie française, des femmes à la mode.... nous ne sortions pas de là, cenlis, Thédt. d'éduc. le Voyageur, i, 1. De l'argent; on m'en apporte, je le garde; on m'en apporte encore, je le garde; je ne sors pas de là, a. duval, Faux Stanislas, ii,5. Il 15* Se dégager d'un endroit difficile. Nous ne sortirons jamais de ces montagnes. Ce n'est pas tout de boire, il faut sortir d'ici [un puits], la font. Fabl. nr, s. || 1B° Fig. Laisser de côté. Sortons des suppositions. Sortez, mes frères, sortez de tous ces objets sensibles qui vous séduisent; détachez-vous de ces faux plaisirs qui vous captivent, boss. Panég. St Benoit, 3. || 17° Fig. Se tirer de ce qui embarrasse, gêne, met en danger. Sortir d'une mauvaise affaire. Chacun admira l'expédient que Xanthus avait trouvé pour sortir, à son honneur, d'un si mauvais pas, la font. Vie d'Ésope. Sortant d'un embarras, nous entrons dans un autre, mol. l'Ét. IV, 9. Nous admirions.... comme, en ânonnant, il [Revel] ne laissait pas de sortir heureusement de toutes ses périodes, sÉv. 24 août (689. Je trouve que nous sommes fort bien sortis d'intrigue, m. à Bussy, 7 janv. (669. Il [Corneille] a aimé à charger la scène d'événements dont il est presque toujours sorti avec succès, la bruy. i. || 18" Être issu, provenir de naissance. Oui, je suis de ce sang, je sors de ce grand homme [Annibal] Que Carthage éleva comme un fléau de Rome, mairet, llort d'Asdr. II, 3. Daignez considérer le sang dont vous sortez, corn. Poly. iv, 3. Vous serez le chef des nations et d'une multitude de peuples; et des rois sortiront de vous, sACi, Bible, Genèse, xxxv, (l. Elle sort de famille et noble et vertueuse, mol.^c. des mar. m, 6. D'Aaron devaient sortir les prêtres et les pontifes; de Juda devait sortir le Messie même, boss. Hist. n, (O. Thésée avec Hélène uni secrètement Fit succéder l'hymen à son enlèvement; Une fille en sortit, que sa mère a celée, rac. Iph. T, 6. Cependant Phèdre sort d'une mère.... Phèdre est d'un sang, seigneur, vous le savez trop bien, De toutes ces horreurs plus rempli que le mien, ID. Phèdre, iv, 2. Comme on ne sait d'où elle sort, on n'est sûr de rien avec elle, à moins qu'on ne devine, MARiv. Marianne, T part. Il ajoute que les Caraïbes ou sauvages des îles Antilles sortent de ces sauvages de la Floride, et qu'ils se souviennent même, par tradition, du temps de leur migration, BUFK. Hist. nat. hom. Œuv. t. v, p. (85. || Impersonnellement. Il ne sortira point de lui de prince qui soit assis sur le trône de David, saci. Bible, Jérémie, xxxvi, 30. Celui qui mangera de ces œufs en mourra; et, si on les fait couver, il en sortira un basilic, ID. ib. Jsaïe, lix, 6. La Cappadoce, généralement parlant, n'était rien moins qu'un pays de beaux esprits et desavants; il en est sorti néanmoins quelques auteurs bien célèbres; Strabon et Pausanias sont de ce nombre, rollin, Ilist. anc. Œuv. t. IX, p. 668, dans pougens. || U se dit aussi des animaux. Quand les étalons sont vieux, .les chevaux qui en sortent sont faibles. || 19° Être produit, en parlant des œuvres de Dieu, de la nature. Il faut pour m'attacher une âme simple et pure. Comme Chloé qui sort des mains de la nature, GRESSET, le Méch. IV, 9. On pardonne un mauvais ouvrage à un ouvrier indigent, on ne le pardonne point aux dieux : tout ce qui sort de leurs mains
doit être parfait, dider. Cl. et Nér. 11, 64 Les
mains dont sortit l'univers, delille, Imag. viii. Il 20* Il se dit des écoles qui produisent des sujets. U est sorti de l'école d'Italie un beaucoup plus grand nombre d'écrivains que de celle d'ionie, barthél. Anach. ch. 29. || Sortir des mains de quelqu'un, avoir été formé par lui, avoir reçu de lui l'éducation. Je me représentais ma fille se mariant à dix-neuf ans et sortant do mes mains parfaitement bien élevée, genlis. Ad. et Th. t. m, p. 72, dans POUGENS. || 81' Avoir sa source, sa cause, naître de. Ce grand dessein, pour toi si dangereux, Sort d'un esprit jaloux plutôt que généreux, du rver,
SOR
Scévole, n, 3. Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos.... incoijUnent il sortira du fond de son âme l'ennui, la noirceur, la tristesse.... pasc. Pen';. ixv, 26, édit. iiavet. Que souvent l'iniquité sortait du lieu d'oii elle devait être foudroyée, boss. le Tellier. Quand elle parlait de Dieu, le goût intérlieur d'où sortaient toutes ses paroles se communiquait à ceux qui conversaient avec elle, iD. Anne de Gonx. Des contestations qu'il avait eues [M. de Montausier] sur la religion, il en était sorti je ne sais quelles clartés passagères qui avaient laissé quelque trace de lijmière dans son esprit, FLÉcn.duc de lfon.(. Faire sortir l'ordre du désordre même, raynal, Uist. phil. vu, 7. || En parlant des ouvrages de l'esprit, de l'art, etc. être produit. Cet écrit sort d'une bonne jilume. La maxime est sortie de la tête du poète, comme Minerve de la tête de Jupiter, dider. Claude et Nér. n, 67. Il II se dit aussi de la fabrication. Cela sort des mains d'un habile ouvrier. Les étoffes qui sortent de cette fabrique sont très-bonnes. || 22° Poindre au dehors, commencer à paraître. Les fleurs commencent à sortir. La rougeole est sortie, et la fièvre a diminué. Il lui est sorti une dent, ou, plus ordinairement, il lui a percé une dent. |1 Fig. Je vis l'autre jour le bon P. Rapin.... le P. Bouhours était avec lui, l'esprit lui sort de tous côtés, sÉv. àBussy, 29 mai, (679. Il 23° Fig. Se manifester, être suivi d'effet. C'est un misanthrope intérieur; car son chagrin ne sort point, sÉv. 688. Je ne connais plus la musique ni les plaisirs ; j'ai beau frapper du pied, rien ne sort qu'une vie triste et unie, tantôt à ce triste faubourg, tantôt avec les sages veuves, id. 423. Il [le duc de Chaulnes] va à Grignan; vous lui en parlez [de la députation aux États]; il semble qu'il ait quelque envie d'écrire; mais cela ne sort point, id. 26 sept. (680. Le naturel toujours sort et sait se montrer, boil. Sal. xi. Je lui donnerai de l'esprit, de la raison et des grâces, la nature a déjà fait tout cela : il ne faut que le faire sortir, maintenon, Lett. à U. de Villelte, 5 avril (682. Il Fig. Le feu lui sort pai- les yeux, il a les yeux allumés par la colère. || 24° Se faire entendre. Un seul mot sortait de sa bouche. Du creux de leur tombeau sortira cette voix qui foudroie toutes les grandeurs.... boss. Duch. d'Orl. Cette irrévocable sentence sortit de sa bouche.... id. le Tellier. Et ces mots sont sortis de l'enceinte divine, delille, Én.in.\\ 25" S'exhaler. Une grande chaleur sort de ce fourneau. Du fond caché de notre sacristie Une épaisse nuée à longs Ilots est sortie, Boa. Lutr. iv. || Il se dit en ce sens d'ordinaire impersonnellement. Il sort une agréable odeur de ces fleurs. || 26° S'écarter, s'éloigner, avec un nom de chose pour sujet. Cela sort des proportions ordinaires. Le bleu du plumage a beaucoup do lustre et de reflets, mais sans sortir de sa teinte, buff. Ois. t. VIII, p. 329. Il 27° Sortir de, ne pas demeureren1apossessionde.Ce domaine est sorti de ses mains pour passer en celles de son parent. Après la mort de Ferdinand III, l'empire fut près de sortir de la maison d'Autriche, volt. Ann. Emp. Léopold. X l'égard de vos articles, ils sont tous entre mes mains, n'en sont pas sortis, et, comme je vous l'ai mandé, n'en sortiront que par votre ordre exprès, d'alemb. Lett. à Voltaire, 25 févr. (768. Il 28° Sortir de la mémoire, de l'esprit, être oublié. Ce mari mourant, et mourant à cause d'elle et avec tant de tendresse pour elle, ne lui sortait point de l'esprit, la fay. Princ. de Clèv. Œuv. t. II, p. 235, dans pougens. Madame, il ne voit rien; son salut et sa gloire Semblent être avec vous sortis do sa mémoire, rac. Andr. v, 2. Qu'un tel souvenir ne sorte jamais de votre mémoire, cenlis. Ad. et Th. t. II, p. 66, dans pougens. Tiens, tu as beau dire, M. Renaud ne me sort pas de la tête, A. duval. Jeun, de Richelieu, m, ).||29° V. a. Tirer, transporter, faire sortir. Sortez la voiture de la remise. On a sorti ces marchandises. Je lui mande [à la femme de la Sarge] qu'elle sorte des mains de Foulard les papiers qui sont nécessaires, SÉV. 2 oct. (688. En lui voyant sortir d'un tiroir les originaux mêmes de toutes les lettres, j. j. ROUss. Hét. IV, (2. Il Sortir les dames, tirer les dames hors du trictrac. || Sortir de l'herbe, se dit d'un cheval qu'on retire du pâturage pour le remettre à l'écurie. || Terme de marine. Tirer un bâtiment d'un bassin, d'un port, d'une rade. || On dit : Sortir un enfant, sortir un malade, c'est-àdire prendre un enfant, un malade par la main, par le bras, et les mener dehors pour leur faire prendre l'air; mais on ne dit pas : j'ai sorti mon ami, mon père, poiir : je suis sorti avec mon ami.
SOR
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avec mon pire. || 80' Fig. Faire (.haoger de condition. Les personnes sans éducation sont très à plaindre lorsqu'un cviinement imprévu les sort de leur état, genlis, Veill. du chdt. t. i, p. I03, dans poooKNS. Il Tirer d'embarras. La conversation a rendu cette phrase si commune : sortez-moi de cette affaire, que l'Académie n'a pu la blâmer, quoiqu'elle soit contre l'usage ordinaire du verbe . sortir, qui est toujours neutre, Àcad. Observ. sur Yaugel. p. 47, dans pol'oens. Outre l'absurdité d'une telle proposition.... il aurait encore le malheur que sa présupposition ne le sortirait point d'affaire, noss. libre arb. 4. D'accord; mais, en donnant un bon tour à l'affaire. Mercure cependant vous sort d'un mauvais pas, dancourt, Céphale et l'rocris, m, 2. ||31° Au sortir de, loc. prép. Au moment où l'on sort de. Au sortir d'ici, je me rendrai. Dieu aidant, dans quatre jours à Gibraltar, voit. Lett. 38. Au sortir de chez Monsieur, j'allai prendre congé de MM. les princes, retz, Mém. t. Ii, liv. m, p. 364 , dans pouoens. Cependant il avint qu'au sortir des forêts Ce lion fut pris dans des rets, LA FONT. Fabl. ii, H. Il vint chercher la guerre au sortir de l'enfance, rac. llajaz. i, ). Au sortir d'une victoire si glorieuse, iiamilt. Gramm. 5. Au sortir de la parole sainte, tout ce que vous en avez retenu, ce sont peut-être les défauts de celui qui vous l'a annoncée, mass. Carême, Parole de Dieu. Combien de fois vous est-on venu annoncer avec alarme : un tel vient d'expirer au sortir de table, du jeu, du crime quelquefois? m. Carême, Impén. Il serait doux de souper dans Athènes libre avec Aspasie et Périclès au sortir d'une tragédie de Sophocle, volt. Ilél. Utt. Petites hardiesses. Mon seul rival en rhétorique était le marquis de Beauvau; notre émulation nous inspira une estime réciproque, et fit naître notre amitié au sortir du collège, duclos, Œuvr. t. x, p. 28.
— IIEM. 1. Sortir prend l'auxiliaire avoir quand on veut exprimer l'action : il a sorti ce matin ; et l'auxiliaire être pour exprimer l'état : il est sorti depuis longtemps. Comme le remarque M. Ménage, on doit dire : Monsieur a sorti ce matin, et non pas est sorti, pour faire entendre qu'il est sorti et revenu, vaugel. ileirv. Not. Th. Corn. t. i, p. 04, dans pouGENS. Quoiqu'on dise : je suis sorti ce matin pour telle affaire, le P. Bouhours observe que l'on dit fort bien : il y a huit jours que je n'ai sorti, ID. ib. Je n'ai point sorti ; Mme de Lavardin et Mme de Moussy ont forcé ma porte, sÉv. 13 sep. 4079, t. XI, p. X, édit. Régnier. Je ne sais ce que j'aurais fait [pour gendre] d'un jobelin qui eût sorti de l'académie, id. à Bussy, * juin (609. Il 2. On lit dans Massillon : Cet esprit inquiet et immonde, qui sort et rentre dans l'homme d'où il est sorti. Pet. Carême, Malheur des gr.; et dans Chateaubriand : Il [le curé] est établi dans son presbytère comme une garde avancée aux frontières de la vie pour recevoir ceux qui entrent et ceux qui sortent de ce royaume des douleurs. Génie, iv, l, 8. • Ces phrases sont incorrectes à cause de la différence des prépositions; peut-être s'excuseront-elles, si l'on prend le premier verbe comme absolu, c'est-à-dire comme n'ayant pas de complément exprimé, • jullien, Gramm. i, 224. Il 3. On dit : Je sors d'entendre le sermon, je sors de dîner; mais cette locution, admise dans les cas où effectivement on quitte un lieu après avoir entendu, dîné, ne doit pas être étendue au delà d'emplois analogues; et on ne peut dire correctement : je sors de le voir. || 4. L'ennemi.... sort l'enclos do la ville, ROTROU, les Sosies, ii, 3. Que si Tondit quelquefois : il est sorti le royaume, c'est par une ellipse; car c'est pour hors le royaume, Gramm. gén. de Port-Hoyal, ch. 22. [Gentilshommes de l'arrière] à qui, contre leurs privilèges, il persuada de sortir les frontières du royaume, st-sim. t. I, p. 53, édit. ciiÉRUEL. Celte tournure, qui du reste n'est plus usitée, est la reproduction du latinisme egredi urbem.
— iiisr. ïiii' s. N'est sous ciel hom, s'il doit morir Et de la mort puisse sortir. Mil [mieux] ne vousist estre mesel [lépreux] E ladres vivre en un bordel [cabane]. Que mort avoir ne le trespas, FI. et Blanch. IU19. ||xvi' s. Puisque j'y suis, remarquerai un mot impropre qu'a dit aujourd'hui un honneste homme et docte : Sortez mon cheval au lieu de dire : faites sortir, beroalde de verville' le Cabinet de Minerve, p. 4 51. Il est sorti de ces prisonniers, durant leur longue détention, des lettres assez remarquables, d'aub. ]list. i, 76. Le roy à sa mode dist à son frère devant la roine, qu'il falloit qu'un d'eux sortist le roiaume, id. ib.
n, <08. Je ne croiray jamais que de Venus sortisse Un germe tel que loy, la boétie, 524. En la guerre, les ruses qui n'ont point esté practiquées sont celles qui sortent le plus souvent à effect, auyot, Pre'f. IX, 30. Sortis hors do soy, id. Cam. 51. 11 mourut au sortir de son consulat, id. Fab. 3. Il s'en alla droit à la tente du dictateur; Fabius luy sortit au devant, m. ib. 28. Le barbare, ayant ouy ces paroles, s'en sortit incontinent de la chambre, jettant son espée emmy la place, m. Marius, 70. Ceste sédition fust bien tost sortie en évidence, n'eust esté la guerre des alliés qui survint ladessus et la restraignit pour un temps, id. i6. bs. Une si douce chaisne emprisonne mon cœur, Une si belle main tient mon ame asservie. Que, si je crains la mort, c'est pour la seule peur. Do sortir de prison en sortant de la vie, bertaud. Il ne peut sortir du sac que ce qu'il y a dedans, cotgrave.
— ÊTYM. Bourg, sôti; Hcny , il sort de manger; provenç, sortir (sortir, bondir, sauter, jeter); catal. et espagn. surtir, jaillir ; portug. sordir, surdir, jaillir; ital. sortire. Comme le sens propre de sortir est jaillir, comme celui de ressortir ) est rejaillir, et enfin comme ressort i veut dire rebondissement, on peut accepter la conjecture de Ménage, approuvée par Diez, qui le tire d'un type non latin surrectire, dérivé de surrectus, qui s'est levé, dressé, bien que les participes passifs donnent ordinairement des verbes de la )•• conjugaison; mais il y a des exceptions, par exemple amortir. Cependant, vu la forme surdir avec un d, et resourd pour ressort (voy. l'Historique de ressort i), il ne paraît pas impossible que sortir soit un doublet de sourdre, venant de surgire, fausse conjugaison pour surgere. On a proposé le latin sortior, obtenir par le sort ; mais on ne voit pas comment du sens de ce verbe on passerait aux acceptions de sortir. Sortior a donné sortir 2.
2. SORTIR (sor-tir), il sortit, ils sortissent; il sertissait ; qu'il sortisse ; sertissant, t). a. \\ 1° Terme de jurisprudence, qui ne s'emploie qu'à la 3" personne. Obtenir, avoir. Cette sentence sortira son plein et entier effet.... La renonciation de la reine sa grand'mère [du duc d'Anjou] devenait caduque, comme ne sortissant plus l'effet pour lequel uniquement elle avait été faite, st-shj. 81, 53 Il Terme d'ancienne pratique. Cette somme do deniers, cet effet mobilier sortira nature de propre, sera réputé et partagé comme propre. || 2" Terme de commerce. Mettre par sorte, assortir.
— HIST. XII' s. Sis églises avoit el règne senz pastur ; Pur ço erent asemblé celé gens à cel jur, E li prince e li conte et des barons plusur, Pur eslire et sortir pastur à celé honur. Th. le mart. 126. Ilxiii* s. Et de chou [ce] furent Grifon [les Grecs] moult dolent; car il avoient sorti que chil qui paisseroit cest flum sans moillier seroit trente ans sires de la tierre, h. de valenc. xiv. || xv* s. Et vouloit que la pratique do Mme de Savoye sortist son effet, COMM. viii, 8. Il xvi" s. LasI par ma folle sotie M'est sortie Toute cette infection, marot, iv, 282. Je vous prie supplier le roy que la chouse puisse sortir son effect, maintenant que l'occasion se y offre, marg. Lett. 53. L'héritage sortit à nature de propre, loysel, 224. Sorti de mauvaise femme, cotgrave. C'est en faveur du comte Saint-Aignan que je vous fais ce mot, pour vous dire que vous ferez chose qui me sera fort agréable de le faire sortir au plus tost du don que je lui ay fait expédier, sully, Mém. t. xii, p. 143.
— ËTYM. liai, sortire (qui se conjugue comme le verbe français, prenant se là où le français prend ss), du lat. sortiri, obtenir par le sort. Sortiri vient de sors, sort. Il avait pris le sens de assortir; c'est de cette façon que sorte y tient. Enfin il avait eu aussi le sens de prédire, qui ne s'est pas perpétué.
f SOSIE (so-zie), s. m. Personne qui a une parfaite ressemblance avec une autre. Je voudrais bien savoir quel est le Sosie qui me fait honnir en vers, pendant qu'on m'inquiète en prose ; ce Sosie m'a bien la mine d'être l'auteur de l'épitre à Rousseau, si longue et si inégale, volt. Lett. Thiriot, 5 mai
— ÉTYM. Sosie, personnage dont Mercure prend la figure dans l'Amphitryon de Plauto, imité par Molière.
t SOSrENUTO (so-sté-nou-to), adj. m. Terme de musique. Mot italien qu'on met sur un passage ou sur une note, indiquant que le forte doit être suivi, ou la note continuer à se faire entendre.
— Etym. Ital. sostenuto, de sostenere (voy. soU' tenir).
SOT, GITE (so, sot' ; le t se lie : un »o-t ani-
mal; des grammairiens disent que le ( de .sot s* prononce, quand un père, réprimandant son fils, dit: vous êtes un sot; cela n'est pas à recommander, et le I ne doit pas plus so prononcer dan( cette circonstance que dans les autres), adj. Il 1* Qui est sans jugement. On peut être sot aveo beaucoup d'esprit, et on peut n'être pas sot aveo peu d'esprit, la rociiefouc. Réit. div. p. 4U. Aussi sot par derrière que par devant, uol. Bourg, gent. m, 4. Ceux-là [occupés à la philosophie, aux sciences] sont les plus sots de la bande, puisqu'ili le sont aveo connaissance, au lieu qu'on peut penser des autres qu'ils no le seraient plus s'ils avaient cette connaissance, pascal, Peru. iv,2, éd. HATET. J'aime le bel abbé do l'attention qu'il paraît avoir pour vos affaires, et du soin qu'il a de me chercher pour en discourir avec moi, qui ne suis pas si sotte sur cela, à cause de l'intérêt que j'y prends, que sur toutes les autres choses du monde, sÉv. ai août 1876. De Paris au Pérou, du Japon jusqu'à Rome, Le plus sot animal, à mon avis, c'est l'homme, boil. Sat. nu. Si vous voyez deux chiens.... qui se mordent et se déchirent, vous dites : voilà de sots animaux ; et vous prenez un bâton pour les séparer, la bruy. xii. Je serais fâché que vous crussiez que je suis assez sot pour ne rien voir, quoique je sois assez honnête pour ne rien dire, hamilt. Gramm. 8. Il n'est pas sot, ce Valère; il n'est parbleu pas sot! lesage, Critp. riv. de son maître, se. 13. Si l'abbé Coyer parle comme il écrit, il doit être fort aimable; mais ma mère, qui avait vu Despréaux, disait que c'était un bon livre et un sot homme, volt. Lett. d'Argental, 8 juill. 4761. Madame [mère du régent], ajoutait-il [Clermont-Tonncrre], est le plus sot homme du monde, et Monsieur la plus sotte femme, duclos, Œuv. t. v, p. 238. || Familièrement. Je ne suis pas si sot, c'est-à-dite c'est une sottise, une imprudence que je ne commettrai pas. Je n'y vas point, je ne suis pas si sot, la font. Fabl. II, 2. Il Substantivement. La sage se sait vendre où la sotte se donne, Régnier, Sat. xiii. Parce que Junius Brutus contrefit le sot, ils ont eu de Ut défiance de tous les sots ; ils se sont figuré que tous les niais imitaient Brutus, balz. De la cour, 3* dise. Sache le sot qui s'en scandalise, que tout homme est sot en ce bas monde, aussi bien que menteur; les uns plus, les autres moins; et moi qui vous parle, peut-être plus sot que les autres, SCARR. Rom. eom. i, 9. M. Ravaud, votre ami, m'a prié de lui en servir [de caution] , et je l'ai fait pour l'amour de vous, quoique je sache que le titre de fidejussoribus dans le droit est appelé le titre des sots, OLI PATIN, Lett. t. ii, p. 24. Un sot n'a pas assez d'étoffe pour être iDon, la rociiefouc. Ifax. 387. Duand le malheur ne serait bon Qu'à mettre un sot à la raison. Toujours serait-ce à juste cause Qu'on le dit bon à quelque chose, la FONT. Fabl. VII, 7. Dans tous les beaux-arts, c'est un supplice assez fâcheux que de se produire à des sots, mol. Bourg, gent. i, 4. Et c'est mon sentiment qu'en faits comme en propos La science est sujette à faire de grands sots, id. Fenim. sav. Vf, 3. Le plus grand des maux est les guerres civiles; elles sont sûres, si on veut récompenser les mérites.... le mal à craindre d'un sot qui succède par droit de naissance n'est ni si grand ni si sûr, PASC. Pens. V, 3, édit. havet. Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire, boil. Art p. i. Un sol ni n'entre, ni ne sort, ni ne s'assied, ni ne se lève, ni ne se tait, ni n'est sur ses jambes, comme un homme d'esprit, la bruï. ii. Les fautes des sots sont quelquefois si lourdes et si difficiles à prévoir, qu'elles mettent les sages en défaut et ne sont utiles qu'à ceux qui les font, id. h. Un sot est celui qui n'a pas même ce qu'il faut d'esprit pour être fat, id. xii. Ma sève est passée, je n'ai plus ni fruits ni feuilles.... les sots et les fanatiques auront bon temps cet automne et cet hiver; mais gare le printemps, volt. Lett. d'ArgerUal, 28 août 4 760. L'expérience ne fait-elle pas voir que presque tous les sots ne valent rien? comte de catlus, Mém. de l'acad. de Troyes,Œuvr. t. xn, p. 91, dans POUGENS. Je m'étais persuadé que j'avais du génie ; au bout de ma ligne, je lis que je suis un sot, un sotl un sotl dider. le Ntveu de Rameau. Il [Galilée, à ceux qui lui demandaient à quoi servaient les recherches mathématiques] répondait que la géométrie servait principalement à peser, à mesurer et à compter : à peser les ignorants, à mesurer les sots, et à compter les uns et les autres, d'alemb. Élog. Bemoulli. || Maître sot, se dit à un inférieur qu'on rabroue. Holà, mai-
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tre sot 1 vous savez que je vous ai dit que je n'aime pas les faiseurs de remontrances, mol. Don Juan, t, 2. Il Un bon sot, un hcmmc qui croit ce qu'on lui dit, qui se laisse attrapper. J'étais un bon sot, moi, de croire, quand tu m'as parlé de prendre des précautions, que.... hamilt. Cramm. 3. ]| C'est un sot en trois lettres, se dit pour appuyer sur la qualification.... Vous êtes un sot en trois lettres, mon fils, MOL. Tari, i, i. || Familièrement. Par ellipse, quBlqu» sot, c'est-à-dire quelque sol le feriit, 1» dirait, le croirait. Moi, monsieur I quelque »ot : la colère fait mal, mol. VÉt. n, 7. Orgon : Certes, je t'y guettais. — Dorine : Quelque sotte, ma foi!.... id. Tart. ii, 2. ||2' Il se dit des choses au même sens. Et toi, que me veux-tu. Ridicule retour d'une sotte vertu? corn. Rodog. v , < . La sotte vanité nous est particulière; Les Espagnols sont vains, mais d'une autre manière : l.eur orgueil me semble, en un mot. Beaucoup plus fou, mais pas si sot, LA FONT. Fabl. viii, fs. Le sot projet qu'il [Montaigne] a de se peindre! pasg. Pens. VI, 33. Toute la dignité de l'homme est en la pensée; mais qu'est-ce que cette pensée? qu'elle est sotte! m. ib. xxiv, 58 bis. Rien n'est si sot que d'aimer avec excès un enfant qui n'est point à moi, MAiNTENON, Lett. à l'abbé Gobelin, 4 4 juillet <069. L'amour-propro est, hélas! le plus sot des amours, deshoul. t. i, p. )03. || 3° Fâcheux, désagréable, ridicule, en parlant do choses. Morgue! voilà une sotte nuit, d'être si noire que cela, mol. Georg. Dand. m, i. Nous travaillons à finir une sotte aflaire avec un président, pour recevoir le reste du payement d'une terre, sÉv. 27 nov. <075. Il y a eu une sotie occasion dans l'armée du maréchal d'Humières, où Nogaret a été dangereusement blessé, ID. 2 août )C89. Je suis persuadée qu'une femme indifférente trouvera peu d'hommes assez hardis pour lui faire de sottes propositions, M"' DE puisiEux, mdic. à la mode, p. 2), dans POUGENS ....Et déjà je m'étonne Qu'il ne vous ait point fait quelque sot compliment, regnard, ilénechmes, m, n. La sotte guerre de Rousseau et de moi continue toujours; j'en suis fâché, cela déshonore les lettres, volt. Lett. Cideville, 26 sept. 4 736. Il 4" Embarrassé, confus. Sans ce trait fallot Un homme l'emmenait, qui s'est trouvé fort sot, mol. VÉt. n, <4. Ils furent bien sots, lorsque, s'apprêtant à se saisir de mes effets, ils apprireat qu'ils étaient à couvert, lesage, Guxm, d'Àlf. ?i, 3. On me mande qu'on est tout consterné et tout sot à Paris, volt. Lett. d'Argental, 14 oct. 1759. Voulez-vous voir un personnage embarrassé ? placez un homme entre deux femmes avec chacune desquelles il aura des liaisons secrètes, puis observez quelle sotte figure il y fera, I. j. Bouss. Ém. V. Comme il restera sot I — Edmond : Bien sot de l'aventure, a. duval, Fille d'honneur, iii, 8. || Substantivement. Comme un sot, avec confusion. Sans l'inspiration subite de la lettre, il faut l'avouer, j'étais éconduit comme un sot, BEAUMARCH. Barb. de Sév. ni, 3. || S' Au féminin, follement amoureuse. Si bien donc qu'elle est sotte de vous, mol. l'Et. i, 6. Que Marinette est sotte après son Gros-René! id. le Dép. iv, 4. Il 6° Par euphémisme, il s'est dit d'un homme trompé par sa femme. Epouser une sotte est pour n'être point sot, mol. Ecole des fenimes, i, <. Se croyant aussi sot qu'il méritait de l'être, [il] Voulut perdre sa femme; et, d'après ton rapport. Il la fit mourir, montpleury. Femme juge et partie, I, 1. Il Substantivement. Il veut, à toute force, être au nombre des sots; Il se maintient cocu.... LA FONT. Coupe. Elles font la sottise, et nous gommes les sots, mol. Sgan. tl. Elle? elle n'en fera qu'un sot, je vous assure, m. Tart. n, 2. J'irais, par ma constance aux afironts endurci. Me mettre au rang des saints qu'a célébrés Bussi ! Assez de sots sans moi font parler dans la ville, boil. Sat. vin. || 7" Le sot, un des noms vulgaires de la raie oiyrrliynque, dite aussi sotte et alêne ; c'est la raie au long bec de certains auteurs. Il 8° Mère sotte, titre d'une sotie, satire de l'Église. La plus célèbre de toutes les soties est celle de Mère sotte, composée et représentée par ordre exprès de Louis XII, marmontel, Œuv. t. x, p. 4 66. Il Proverbes. À sotte demande point de réponse. Elle a raison : X sol compliment il faut une réponse de racmc, mol. l'Avare, m, 14. || De sot homme sot songe, qu'il dorme ou qu'il veille un sot est toujours un sot. || Sot qui s'y fie, il faut prendre ses précautions. || Sottes gens, sotte besogne, on ne peut rien tirer de bon des sottes gens. On ne parle que des dissipations de cette
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maison [des Hirepoix], depuis les plus grandes jusqu'aux plus petites choses : sottes gens, sotte besogne, sÉv. 21 août 4675.
— REM. On peut dire à quelqu'un sans l'offenser : vous êtes un fou. Mais on ne peut pas lui dire sans l'outrager : vous êtes un sot.
— IllST. XII* s. Cornent sunt devenuit si sot li saige home qui un petit enfant aorent? si bern. p. 550. Apostoles, fait il,cist rois nous lient por sot, Sax. XVII. Ij XIII' s. On dist piecha [il y a longtemps], que cius [celui-là] a grant disette de sot, qui de lui meymes le fait, Chr.de liains, p. 4 73. Il XIV* s. Qui de Irestout se taist, il doit bien pais avoir; Et si ne sont pas bon à dire tout li voir [toutes les vérités); Hastive gent et sot n'arontjà grant ayoïr, Beaud. de Seb.x, 4002. Et sachiez que widecos sont les plus sos oyseaulx du monde, Modus, f* cxxxii, verso. ||xv s Les soles vierges. Qui n'avoient oille ne cierges, Quant aux noces entrer cuiderent, e. desch. Poésies mss. t° 490. L'un est ménestrel, et l'autre a Semblant de faire le sot saige [ce qu'on a nommé plus tard un fou]; Ces deux ont par tout l'avantaige. L'un en janglant, l'autre à corner, id. ib. !° 34 3. Tu [le vinj faiz batailles et rios; Un saiges homs est partoy sos. Car il pert son sens par yvresse, id. ib. f° 377. Et si ay veu ailleurs escript Un proverbe qui sur ce dit Que les grans noces font li sot, Et li saige hommes sans escot, ID. Miroir de mariage, p. 29. Les compaignons de Colomicrs en Brie se sont acoustumcz de eslire entre eulx un personnaige propre pour es- Ire et avoir en tiltre le nom de prince des sotz.... DU CANGE, princcps. Le duc de Bourgogne, voyant leur sotte et rude manière [des Flamands], et que ce qu'il disoit riens ne luy prouffitoit, par belles et douces paroles les commença à rappaiser, monstrel. t. I, ch. 78, p. 431, dans lacurne. || xvr s. Qu'un gros sot en rimes compose Des vers par lesquels il me peint, marot, m, 4 68. Ces sottes arguties, MONT. I, 4 90. Ses livres [de Ctcsias] sont pleins de toute sorte de fables, non seulement incroyables, mais aussi folles et soties, amïot, Artax. 4. Tous les assislens dirent que c'estoit une sotte mal apprise, qui ne sçavoil ny bien ny honneur, ID. ib. 39. Le fol est sol quand et quand; mais tout sot n'est pas fol, H. est. Apol. d'Hérod. p. 4 8, dans LACURNE. Pourquoy est-ce quand on nomme homme sot, il s'estime coqu? Moyen de parvenir, p. 369, dans lacurne. Tellement que ce docte Homère Semble estre fils de sotte mère. Qui jadis rimoit en dormant, Ou plus tost dormoit en rimant, du verdier, Biblioth. p 237. Femme sotte se cognoist à la cotte, cotgrave. Sot amy, c'est un ennemy, leroux de lincy, Prov. t. ii, p. 44 7.
— ÊTYM. Picard, sot, fou, mains sottes, mains engourdies par le froid; wallon, so, sott; espagn. et portug. jto(e;angl. et anglo-saxon, sot; hoU. iot;bas-lal. sottus. Origine inconnue.
t SOTADIÎEN (so-ta-dé-in) ou SOTABIQUE (sola-di-k'), adj. m. Terme de versification ancienne. Se dit d'une sorte de vers grec ou latin composé de trois grands ioniens, suivis d'un spondée.
— ÉTYM. Sotades, poêle Cretois.
f SOTARD (so-tar), s. m. Un des noms vulgaires de la bécasse.
— Etvm. Dérivé de sot. Sotard, signifiant sol, était dans la langue du xvi* siècle.
t SOTÉRIOLOGIE (so-té-ri-o-lo-jie), s. f. Terme dogmatique. Doctrine du salut par le Christ.
— f.TYM. ïwTTipiov, salut, et >6yo;, doctrine.
t SGTHIACAL, ALE (so-ti-a-kal, ka-1') ou SO- THIAQUE (so-ti-a-k'), adj. Qui appartient à Solhis ou étoile caniculaire. || Période solhiaque, période de 4460 ans nommée aussi grand cycle caniculaire, grande année égyptienne, période solhiacale, cycle solhiaque.
— ÉTYM. £iô8i«, nom égyptien de Sirius.
SOTIE (so-tie), s. f. Pièce de notre ancien théâtre (xv* siècle et commencement du xvi* siècle), sorte de satire allégorique dialoguée, où les personnages étaient censés appartenir à un peuple imaginaire nommé le peuple sot ou fol, lequel représentait, aux yeux des spectateurs, les dignitaires et personnages du monde réel. Ainsi le sot juge était un juge quelconque; la mère sotte était l'Église, et ainsi de suite pour tous les étals.
— IllST. XIII* s. Se je me fes damace par me [ma] sotie, et à autrui aussi, je ne sui pas escusé de l'autrui damace por le mien, beaum. xxv, 4 8. Il XVI* s. Comme dit Gratian du Pont en son art de rhétorique , qui voudra sçavoir le nombre des lignes qu'il faut en monologues, dialogues, farces, sotties et moralitez, soit adverti que quand mono-
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logue passe deux cens vers, c'est trop; farces et sotties cinq cens, moralitez mille ou douze cens au plus.... du verdier, Bibl. p. 427.
— ÉTYM. Sol, au sens de fou, ces pièces ayant été ainsi qualifiées à cause des boufiTonneries.
SOT-L' Y-LAISSE (so-li-lé-s'), t. m. invar. Morceau Ircs-délical qui se trouve au-dessus du croupion d'une volaille. Il [La Reynière, célèbre gourmand du siècle dernier] trouva son fils à table : Comment donc! c'est vous qui faites embrocher sept dindons pour votre souper ! — Monsieur, je vous avais ouï dire assez souvent qu'il n'y a presque rien de bon dans une grosse dinde, et je n'en voulais manger que les sot-l'y-laisse, decoubchamps. Souvenirs de la marquise de Créquy, t. iv, ch. 6. Il On dit aussi, mais moins bien, fou-l'y-laisse.
— ÉTYJI. Sot, le, y, laisse.
t SOTTAIS (so-tê), s. m. pi. Nom, en Belgique, de nains ou pygmées qui, d'après la superstition popul.iire, travaillent mystérieusement aux mines.
— ÉTYM. Soto, qui en basque signifie grotte.
SOTTEMENT (so-te-man), adv. D'une sotte façon. Vous donnez sottement vos qualités aux autres, MOL. F. sav. in, 5. Les autres suent dans leur cabinet pour montrer aux savants qu'ils ont résolu une question d'algèbre.... et tant d'autres s'exposent aux derniers périls, pour se vanter ensuite d'une place qu'ils auront prise, cl aussi sottement, à mon gré, pasc. Pens. n, 2, édit. havet. Un poëme insipide et sottement flatteur Déshonore à la fois le héros et l'auteur, boil. Sat. ix.
— lllST. xii* s Biaus amis, or entent; Quar
nos déduit, s'il te vient à talent; Se sez [si tu sais] chançon, par amors dites en ; Si en irons un pou mains [moins] soltemcnl, Moniage Guillaume, V. 947. Il xm* s. Le beau cierge.... Que sotement d'entre ses mains Li a en guise d'enragié Deux fois li moines esragié [arraché], G. de coinsi, Du cierge. \\ xvi" s. La sagesse humaine faicl bien sottement l'ingénieuse à rabattre le nombre et la doulceur dos voluptez qui nous appartiennent, mont, i, 227.
— ÉTYM. Solte, et le suffixe ment.
SOTTISE (so-li-z'), s. f.\\ 1° Défiut dé jugement. C'est une chose assez plaisante qu'aucune personne d'esprit ne voudrait d'un bonheur fondé sur la sottise; il est clair pourtant qu'on ferait un très-bon marché, volt. Lett. Mme du Devant, 3 oct. 4 764. C'est une grande sottise do ne trouver rien d'estimable dans un ennemi estimé de tous, ID. Comm. Corn. Rem. Observ. de Scudéry. La sottise et la vanité sont compagnes inséparables, BEAUMARCH. Mère coupable, ii, 7. Ses amis [de Daniel de Foë] le blâmaient; mais il leur répondit : Il ne dépend pas de moi de parler ou de me taire, et, lorsque l'esprit souffie, il faut lui obéir.... quant à moi, ce n'est pas l'esprit, c'est la sottise qui me fait aller en prison : j'ai cru bonnement à la charte.... p. L. cour. Rép. aux anonymeî. j| Sottise des deux parts, se dit en parlant de deux personnes qui, dans un débat, ont tort chacune de leur côté. Sottise des deux parts est, comme on sait, la devise de toutes les querelles, volt. Dict. phil. Sottise. Il 2* Parole sotte. Je vous puis assurer que je ne lui avais dit ni l'une ni l'autre de ces sottises, retz, Mém. t. m, liv. iv, p. 333, dans POUGENS. Il rapporte une sottise triviale qu'a dite Agnès, comme la chose la plus belle du monde, MOL. Critique, 7. De dire des sottises par hasard et par faiblesse, c'est un mal ordinaire ; mais d'en dire par dessein, c'est ce qui n'est pas supportable, PASC. Pens. VI, 33, édit. uavet. Faire dire aux échos des sottises champêtres, boil. Sat. ix. Il y a je ne sais combien de sottises, que nous dirions si elles n'avaient pas été dites, et si on ne nous les avait pas, pour ainsi dire, enlevées, fonten. Dial. anc. mod. Œuv. t. iv, p. 4 80, dans pougens. C'est assez qu'il faille absolument que je parle, pour que je dise une sottise infailliblement, j. i. ROBSS. 2* dial. X quoi bon, disait un de ces hommes qui croient penser mieux que les autres parce qu'ils pensent autrement, à quoi bon s'embarrasser de toutes les sottises qu'on a dites et faites avant nous ? d'alembert. Mélanges, t. v. Réflexions sur l'histoire. \\ 8" Action solte, chose sotte. Que cela me fait de bien, me disait autrefois un excellent homme, de voir que les héros ont fui, que les sages ont fait des sottises! balz. De la cour, 6* dise. Dame mouche s'en va chanter à leurs oreilles. Et fait cent sottises pareilles, la font. Fabl. vn, 9. Hélas I on voit que, de tout temps, Les petits ont pâti des sottises des grands, id. ib. u, ♦, George Dandin, George Dandin, vous avez fait une
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sottise la plus grande du monde, hol. G. Dand. i, l.
Le roi lui dil en riant : ■ Vardcs, voilà une sottise, vous savez bien qu'on ne salue personne devant uiui.» M. de Vardes, du même ton : • Sire, je ne sais plus rien, j'ai tout oublié, il faut que Votre Majesté me pardonne jusqu'à trente sottises.» — • EU bieni je levL'UX, dit le roi, reste à vingt-neuf», sÉv. à Moukeau, M mai 1083. KUe est aimable sans être belle, elle fait cent petites sottises qui plaisent, ID. <44. Pour moi, pauvre petite femme, si j'avais fait une sottise, je n'y saurais pas d'autre invention que do la boire, ID. 23 janv. I0S2. Des sottises d'autrui nous vivons au palais ; Messieurs, l'huître était bonne; adieu, vivez en paix, uoii.. Ép. n. Il n'y a rien qui rafraîchisse le sang comme d'avoir su éviter de faire une sottise, la BBUY. XI. Bien souvent on fait par hasard les plus heureuses sottises du monde, fonten. Dial. fl, mord anc. Il n'y a personne qui n'entre tout neuf dans la vie, et les sottises des pères sont perdues pour les enfants, m. Dial. 3, morts, anc. mod. Apr&s tout, cette affaire (la forme du capuchon des cordeliers] n'ayant pas ébranlé do trônes et ruiné des provinces, on peut la mettre au rang des sottises paisibles, volt. Dict. fihil. Sottise. D'Alcmbert conforme sa conduite à ce principe; il dit beaucoup de sottises, n'en écrit guères, et n'en fait point, d'alemb. Portr. de l'aul. \\ 4° Composition littéraire sans mérite. Hé quoi I vil complaisant, vous louez des sottises I mol. Uis. I, 2. Pourrez-vous toujours voir votre cabinet plein Et de pédants et de poètes. Oui vous fatiguerontavec un front serein Des sottises qu'ils auront faites ? deshoul. Poés. t. i, p. 38. Comme par une vague une vague est poussée, La sottise du jour est bientôt remplacée, de- LiLLK, Imag. v. || 5" Parole obscène. Il est indigne d'un honnête homme de dire des sottises devant une femme. || Faire une sottise, faire quelque sottise, se dit, par euphémisme, d'accointances entre homme et femme. Celles qui font quelque sottise, LA FONT. Oies. Je m'appréhendais fort, et craignais qu'avec toi Je n'eusse fait quelque sottise, MOL. Ainph. II, 3. Chez lui [Hérodote], les dames, les princesses mènent boire leurs vaches ou celles du roi leur père à la fontaine voisine, trouvent là des jeunes gens, et font quelque sottise, toujours exprimée dans l'auteur avec le mot propre, p. L. COUR. Prospect, d'une nouv. trad. d'Hérodote, Préf. Il 6° Injure. Dire des sottises à quelqu'un.
— UIST. xui* s. Non ferez; ce n'est pas sotise, Nouv. rec. Fabl. t. ii, p. 367. || ïti* s. Et si se laisse en beaucoup de lieux couler es sottises de Xeiiarchus, AMYQT, Nicias, 4. De dire moins de soy qu'il n'y en a, c'est sottise, non modestie, mont, ii, 62.
— KTYM. Sot. Le terme le plus habituellement usité était sotie. Paré a dit soieries, xjx, 32.
SOTTISIER (so-li-zié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l'j se lie : des so-ti-zié-z amusants), i. m. il 1" Recueil de sottises. || Particulièrement. Recueil de chansons, de vers libres. Il faut, lorsque vous aurez dîné, que, pour votre récréation, je vous fasse lire mon sottisier, lesace, Guim. d'Àlf. VI, 1. Petits soupers, jolis festins. Ce fut parmi vous que naquirent Mille vaudevilles malins. Que les Amours, à rire enclins, Dans leurs sottisiers recueillirent, volt. Lelt. en vers et en prose, 2. J'ai, dans mon sottisier.... Proverbes, quolibets, contes du temps passé, leghand, ilôt de Cocagne, Prol. se. 2. || i° Celui qui débite des sottises, qui tient des propos libres. Cet homme est un grand sottisier. || Adj. Dans les cafés oyez les disputes criardes, bavardes et sottisières, mebc. Tabl. de Paris, ch. 6»8.
— ËTYM. Sottise.
t SOTTO-VOCE (so-tto-vo-tché), loc. adv. Terme do musique. Expression italienne qui signifie Sous la voix et dont on s'est servi primitivement pour indiquer que l'accompagnement devait se laisser dominer par les voix. On l'emploie, en général, pour : à demi-voix, et à demi-jeu.
son (sou), t. m. Il i* Sou d'or, monnaie de l'empire romain. || Monnaie employée en France sous la première race. La taille de ces sous d'or était de soixante et douze à la livre. || Sou d'argent, le ringtième de la livre d'argent. Nous appelions, du temps de Charlemagne, une monnaie courante, faisant la vingtième partie d'une livre, un solide, du nom romain (olidum; c'est ce solide que nous nommons un sou, volt. Pol. et lég. Observ. sur Lass, Melon et Dutot. Supposé qu'une ville de France dilt à une autre, au temps de Charlemagne, cent vingt sous ou solides de rente, soiiantelouxe onces d'argent; elle s'acquitterait aujour-
d'hui de sa dette en payant ce que nous appelons un écu do six francs, m. Mœurs, 19. || 2* Anciennement. Monnaie de compte, la vingtième partie (le l'ancienne livre, valant douze deniers (l'ancienne livre avait d'abord valu efTcctivcment une livre d'argent; mais, do réduction en réduction, elle en était venue à no valoir qu'un peu moins d'un franc). Qu'un sou, quand il est assuré. Vaut mieux que cinq en espérance, la font. Fabl. iv, 2. Valère est un vrai fou. Qui jouerait votre bien jusqucs au dernier sou, heonarb, le Joueur, ii, 2. Ces politiques... qui, n'ayant pu gouverner une servante, se mettent à enseigner les rois à deux sous la feuille, volt. itél. litt. Obs. sur le livre de la Félicité publique. || La monnaie de cuivre qui avait cette valeur. Un sou bien marqué. || On petit sou, manière des enfants de demander en aumône un sou. Donnez; peu me suffit, je ne suis qu'un enfant. Un petit sou me rend la vie, oui- BAUD, Poëmes, élég. le Petit Savoyard. \\ Un gros sou, pièce de monnaie valant doux sous. Les pièces de deux sous, dont l'empreinte est presque effacée, sont un objet perpétuel de disputes, mercier, Tabl. de Paris, ch. 635. La cour des monnaies a voulu que la pièce de deux sous, marquée ou non marquée, eût son cours; tout vendeur s'était obstiné à vouloir la réduire à six liards, de sa propre autorité; à cet effet, on les rayait d'une croix, pour désigner celles qui s'étaient usées; on s'égosillait pendant vingt minutes avant de pouvoir fixer le taux d'une pièce, ID. tb. || Terme d'ancienne pratique. Sou tournois, sou de douze deniers. Sou parisis, sou de quinze deniers. || Sou marqué, ancienne pièce de cuivre valant quinze deniers. Ils composaient un trésor pour un homme qui n'avait jamais eu que des sous marqués dans sa poche, mariv. Pays. parv. v part, ch. B36. Il Au sou la livre, au prorata de ce que chacun a mis de fonds dans une entreprise. Celte expression vieillit. On dit habituellement : au marc le franc, ou mieux au centime le franc. || Le sou pour livre, profit d'un vingtième. Je me contente do la livre pour sou, je veux dire du sou pour livre; grâces au ciel j'exerce rondement ma profession, lesage, Gil Bl. I, )5. Il Avoir un sou dans une affaire de finance, y être pour un sou, pour deux sous, y avoir un vingtième, un dixième. Ces phrases ont vieilli. Il Ancien terme de finances. Avoir un sou en dehors, avoir le droit de lever, outre la somme principale, un sou par livre pour les frais do recouvrement. On a un sou en dedans, lorsqu'on a, pour profit, un sou par livre de la somme principale. Il Sou pour livre, se disait de certains droits additionnels qu'on payait en sus de la taxe ou du prix convenu ; c'est ce qu'on nomme aujourd'hui centimes additionnels. || S' Aujourd'hui, la vingtième partie du franc, et valant cinq centimes. Je suis un sou de bon aloi. Mais en secret argentezmoi, Et me voilà fausse monnaie, bérano. Refus. Il Une pièce de cent sous, une pièce de cinq francs. Il Propre comme un sou, très-propre. || 4* Familièrement. Il n'a pas un sou, pas le sou, il n'a sou ni double, ni sou ni maille, il n'a pas le sou vaillant, il n'a pas d'argent. Le roi rend à M. de Nevers toutes ses charges; de sorte que cette belle, qui n'a pas un sou, lui vaut mieux que la plus grande héritière de France, sÉv. 8. Toute la cour est pleine de joie et de plaisirs pour' le mariage de Monsieur de Chartres et de Mademoiselle de Blois; il y aura un grand bal, oii tous ceux qui disent qu'ils n'ont pas un sou, font des dépenses de deux ou trois cents pistoles, m. à Bussy, 27 janv. <892. Ni la maison, ni moi n'avons un sou, MAiNTENON, Lett. (l Wiiic de Caylus, *" avr. <7I8. Cela est résolu ; il faut aujourd'hui même, quoique je n'aie pas le sou, que je me donne un habit neuf, BRUEYS, Avoc. Pat. i, ( . Nos Français sont en pleine paix, et nous n'avons pas le sou, volt. Lelt. à Cath. II, H janv. (772. Je voudrais être assez riche pour pouvoir disposer de tous les exemplaires ; ce serait une demi-publicité qui me conviendrait fort, mais je n'ai jamais un sou, p. l. cour. Lelt. I, 277. Il Ne pas avoir le premier sou, n'avoir aucun argent disponible, prêt pour une dépense. La plus incroyable chose du monde, c'est la dépense que font ces dames sans avoir le premier sou, SÉV. 322. Il N'en avoir pas le premier sou, en parlant d'une entreprise, d'un payement, n'avoir pas la moindre somme pour commencer une entreprise, une opération, ou effectuer un payement. Je dois rembourser cette semaine dix mille francs, je n'en ai pas le premier sou. [j Sans un sou, sans
le sou, pas le sou, sans un sou comptant, sans argent. Mis dehors, pas le sou ; ne savoir chez qui vivre, doursault, les Deux Nicandres, i, 10. Ce serait un beau mouvement pour les pauvres courtisans qui reviennent sans un sou , sÉv. 296. Vous êtes né gentilhomme, mais sans un sou, maintenon, Lett. à M. d'Aubiyné, 23 mai test. Il est un petit homme.... Qui sans un sou comptant Vit content, bérang. le P. homme gr. lionheiiT étrange. Je bois et je mange. Sans un sou comptant, 10. Voy. au pays de Coc. \\ Ne pas pouvoir disposer d'un sou, n'avoir pas d'argent disponible. Je vis au milieu de l'éclat de la fortune, et je ne puis disposer d'un sou, lern. de st-p. Paul et Virg. Il N'avoir pas un sou de quelque chose, n'en retirer aucun argent. Il (d'Andilly] n'a jamais eu un sou d'aucun de ses livres, sÉv. 74. || Il n'a pas un sou de bien, il n'a aucune propriété. Heureux ceux qui n'ont pas un sou de rente viagère I merc. Tabl. de Paris, ch. 662. |{ Ne pas laisser un sou, se dit de celui qui trompe l'espoir de son héritier, soit qu'il ne laisse rien, soit qu'il dispose de ce qu'il laisse en faveur d'autres personnes. J'aimerais mieux voir mes biens au fond de la mer que de leur laisser jamais un sou, a. ouval, les Ilérit.tb. \\ Populairement. Il a mangé ses quatre sous, il a mangé son peu de fortune. Je veux conserver mes quatre sous. Il 5* Familièrement. Cette terre vaut cent mille francs comme un sou, elle les vaut amplement. Ce coi[uin-là vaut vingt mille livres de rente comme un sou, à un enfant de famille, regnabd. Retour imprév. 6. Il S" Mettre sou sur sou, épargner sur les plus petites choses pour amasser. || 7* Sou à sou, sou par sou, par petites sommes. Il va marchander avec eux sou à sou, lesage. Diable boit, il. Pissot, mon libraire.... me donnait toujours très-peu de chose de mes brochures, souvent rien du tout.... il fallait attendre longtemps, et tirer sou i sou le peu qu'il me donnait, J. J. rodss. Conf. VIII. Le peu qui lui restait a passé, sou par sou, En linge, en aliments, ici, là. Dieu sait ob, LAMART. /oc. ProJ. 29. ||8*Fig. Un sou, un peu. Bien plus, si pour un sou d'orage en quelque endroit S'amassait d'une ou d'autre sorte. L'homme en avait sa part, la font. Fabl. rv, 8. || 9' Soudenier, sorte d'ancien impôt. Ces divers droits — sou-denier, travers.... boisguillebert, Factum de la France, x. \\ Proverbes. Il a fait de cent sous quatre livres et de quatre livres rien, il a mangé son avoir en mauvaises affaires. || Un sou amène l'autre, dans un commerce, à force de vendre de petits articles, on finit par gagner de l'argent.
— HIST. xi* s. E cent solz de forfait, Lois d* Guill. I. Il xm* s. Sixante sols [un cheval] cousta, un an a, en certain, Berte, lxxiii. [Le bailli] y met le seel de le [la] baillie, et prcnt pour le seel de le [la] livre un sol, beaum. i, 40. Mais li sers ne pot lessier en son testament plus grant somme que cinq sous, ID. xii, 3. Li arpcns de bois, selono drois pris, est prisiés dix sous l'arpent, ID. xxvil, 12. Il XVI* s. Un noble prince n'a jamais un sou; thésauriser est fait de vilain, rab. i, 33. Je veis avant hier un enfant que deux hommes et une nourrice.... conduisoient pour tirer quelque soûl de le montrer à cause de son estrangeté.... mont. m, (36.
— ÊTYM. Bourguig. sô; provenç. toi ; espagn. îueido; portug. et ital. soldo; du lat. solidus, pièce d'or, proprement pièce entière, solide (voy. soude). Un sol qui se prononce un sou, comme un fol un fou, des accords. Bigarrures, t. l, p. i2i, Paris, (662.
t SOUAGE (sou-a-j'), ». m. Terme d'art du moyen âge. Moulure, sorte de boudin enroulé autour du pied des pièces d'orfèvrerie, tantôt simple, tantôt double, quelquefois triple. Les souages étaient souvent verres, c'est-à-dire qu'ils se détachaient par la dorure sur l'argent, db labobde, Émaux, p. 50(.
— llIST. XIV* s. Une paire de bacins à laver, — et ont lesdits bacins souage par dessus au dehors pour les tenir, de laborde, Ém. p. SOI.
SOUHAKHÉ, s. f. Voy. sous-Barbe.
tSOUBARDIER (sou-bar-dié), l. m. Principal étai d'une machine, avec laquelle on tire les masses de pierre d'une carrière.
SOUBASSEMENT (sou-bâ-se-man), «. m. || l-Terme d'architecture. Partie inférieure d'une construction, sur laquelle tout l'édifice semble porter. Il 2* Garniture d'étoffe qu'on met au bas d'un lit, quand les rideaux ne vont pas jusqu'à terre. Si vous trouviez dans Avignon ou dans Lyon de quoi faire des rideaux, un fond, un dossier, des sou-
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bassements, des pontes, EÉv. 21 août I87B. || 3°Tcrme de menuiserie. Petit appui à l'intérieur des croisées. Il 4° Tablette do plâtre que l'on place sous le manteau d'une cheminée pour diriger la fumée.
— lllST. XV' s. Une grande ©stable qui est agréablement construite et ordonnée, à hauts pilliers et grands soubassemcns, piEnRE desbey, Voy. de Charles VIII à Naples, p. 200, dans lacurne. Il XVI' s. Serrans et amassans des biens extérieurs, avant que d'avoir basti un bon fondement et un forme soubastement de raison par bonne doctrine, amyot, îlarius, 88. Ceste machine ne bransloit ny nepanchoit d'un costé ne d'autre quand on la mouvoit, ains demouroit droitte et ferme dessus son soubastement, ID. Démétr. 26. Grecz [nomment le roi] pa(n).EÙ; de pieu, que veut à dire soubtzbaissement, pource que le roy doit estre comme un soubtzbaissement au peuple pour le soustenir, bonivard, De noblesse, p. <7B.
— ÉTïH. Sous et 60s? cela n'est ni clair ni bien formé. Sousbastement paraît venir de sous, et bâtiment.
t SOIJBATTRE (sou-ba-tr'), «. a. Il se conjugue comme battre. Dans les fromageries de Roquefort, frapper fortement, avec le revers de la main, deux ou trois coups sur le pis de la brebis qui vient d'être traite par un premier valet.
t SOCBREDENT (sou-bro-dan), s. f. Synonyme de surdent, dent qui pousse sur une autre. Martin Guerre avait deux soubredenls à la mâchoire de dessus, une goutte de sang extravasé à l'œil gauche, GUYOT DE pitaval, Causes célèbres, i, 24.
— ÉTYM. Provenç. sobredent ; espagn. sobrediente; ital. sopraddente ; du lat. super ou supra, sur, et dentem, dent.
t SOUBRELANGUE (sou-bre-lan-gh'), s. /".Terme de chirurgie. Genre d'ankyloglosso chez les enfants nouveau-nés, qui consiste en une espèce de bourrelet charnu occupant la place du frein de la langue et empêchant les mouvements de cet organe et ceux de l'épiglotte, de manière que le lait ou les liquides introduits dans la bouche tombent dans les voies aériennes.
— ÊTVM. Lat. super, sur, et langue : mot à mot, iur-langue.
SOUBRESAUT (sou-bre-sô), *. m. || 1" Saut subit, inopiné et à contre-temps. Le cheval fit des soubresauts qui désarçonnèrent le cavalier. Or Neptune, dieu débonnaire. Quoique souvent il fasse faire X maints vaisseaux le soubresaut, scarr. Tirg. vn. || Par extension, tressaillement, mouvement convulsif. Nélée tombe dans un tel engourdissement, qu'il ne sent plus que par secousse, par soubresaut, fénel. t. xix, p. 87. l| Fig. La passion ne va que par soubresauts, m"' de l'espinasse, Velt. 1. 1, p. 246, dans pougens. || Fig. Cette nouvelle m'a donné un soubresaut, un violent soubresaut, elle m'a causé une vive et subite émotion. 1 1 2" Terme de pathologie. Léger tressaillement que les tendons éprouvent par la contraction involontaire et instantanée des muscles; symptôme qui se rencontre fréquemment dans les affections cérébrales, dans les fièvres graves et au début du choléra. Avoir des soubresauts dans les tendons. || 3° Terme de vétérinaire. Interruption saccadée qu'on observe dans les flancs du cheval poussif, pondant l'inspiration ou l'expiration.
— HIST. XV' s.... Il faisoit le soubresaut armé de toutes pièces fors le bacinet, Boueiq. i, 6. Il zvi* s. [Les chiens apprennent ainsi] à faire les tours et les soubresaults et plusieurs autres choses, la boétie, 215. Sombresault, palsgrave, p. <7. Ung soubressault-vault mioulx qu'une gambade,
BOGEB DE COLLERYE, dans FABRB, EludeS SUT la batoche, p. 4 62.
— ÉTYM. Espagn. sobresalto; du lat. super ou supra, sur, et saltus, saut.
t SOUBRESAUTER (sou-bre-sô-té), ». n. Faire des soubresauts.
SOUBRETFE (sou-brè-f), s. f. \\i' Terme de théÂtre. Suivante de comédie. Les soubrettes sont comme les bigottes, elles font des actions charitables pour se venger, lesage, Turcaret, i, 40. Mlle Camille joue très-joliment les soubrettes, VOLT. Lett. Mme du Devant, M févr. 4 762. Vous êtes taillée en soubrette ; vous en avez la figure, le propos, le jeu, le geste; tenez-vous là, et ne songez point à vous élever davantage, bacuaum. Mém. secr. 28 sept. 4 7«7. |1 Familièrement et par mépris, femme subalterne et intrigante. Elle fait la dame, et ce n'est qu'une soubrette.
— HIST. xvi* s. Soubrette, ruffiannella, oudih. Dict.
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— ÉTYM. Espagn. sobrelarde, d'après Ed. Fournier, sur le tard, à la brune, la soubrette étant primitivement la servante entremetteuse qui, vers le soir, allait porter des lettres d'amour.
SOUBREVESTE (sou-bre-vè-sf), s. f. Vêtement militaire sans manches qui se mettait par-dessus les autres vêtements et par-dessous la cuirasse. Il Partie do l'habillement des mousquetaires de la garde, qui était une espèce de justaucorps sans manches, bleu et galonné comme les casaques, avec une croix devant et derrière, de velours blanc, bordée d'un galon d'argent, et des fleurs de lis aux angles de la croix. Le roi fournissait la casaque et la soubreveste, et l'on rendait l'une et l'autre en quittant la compagnie. Le carrosse du roi n'était escorté que par trois mousquetaires en soubreveste et par autant de chevau-légers, decourciiAMPS, Souv. de Mme de Créquy, t. i, p. 4 43.
— HIST. XV' s. Tous les frères doivent porter en fait d'armes juppel vermeil à la croix blanche, c'est à sçavoir soubreveste, du cange, supravcstis.
— ÉTYM. Lat. supra, sur, et vestis, habit.
t SOUBUSE (sou-bu-z'), s. f. Busard soubuse, un des noms du busard, oiseau de proie.
t SOUC (souk) , s. m. Terme de métallurgie. L'une des principales pièces de l'ordon.
SOUCHE (sou-ch'), s. f. Il 1° Le bas du tronc d'un arbre, accompagné de ses racines et séparé du reste de l'arbre. Une grosse souche. Une souche pourrie. Plus un arbre est vieux quand on l'abat, moins sa souche épuisée peut produire, buff. Expér. sur les végét. 2' mém. La chaise où je m'assieds, la natte où je me couche, La table où je t'écris, l'âtre où fume une souche, lamart. Joc. vi, 227. Il II se dit par comparaison, pour exprimer l'immobilité, l'inertie. Je te sus exprimer des tendresses de cœur ; Mais à tous mes discours tu fus comme une souche. Et jamais un mot de douceur Ne te put sortir de la bouche, mol. Amphit. 11, 3. Mais le peuple, qui l'ccoutait [Démosthènc], Immobile comme une souche. Ne fut non plus touché de ce qu'il débitait Que s'il n'eût pas ouvert la bouche, BOURSAULT, Fabl. d'Ésope, Prologue. Il ne remue non plus qu'une souche, dancourt. Vend. Surêne, se. 40. || Fig. et familièrement, personne stupide et sans activité. C'est une vraie souche, Vous croyez donc que je sois une souche ? hauteroche, les Àppar. tromp. i, 4 2. || 2° Terme de botanique. La partie principale du tronc, dite aussi pivQt ou pivot des racines, située au-dessous du collet; l'on réserve le nom de racines à l'ensemble des subdivisions qui en partent. || Nom donné anciennement aux tiges souterraines des iridées, des fougères; on les nomme aujourd'hui rhizomes. Le rhizome se distingue de la souche en ce que, sur une moitié du cylindre qu'il représente, il porte des feuilles, dos hampes, des rameaux ou en montre les traces; sur la moitié opposée ou profonde, il porte des racines, faisceaux de racines ou leurs traces; il a l'organisation des tiges. |1 3° Souche, le pied même de la vigne, branche de charpente du cep. Il 4» Fig. Terme de généalogie. Celui de qui sort une génération, qui est reconnu pour en être le chef. Ils sortent d'une souche en gloire si féconde, tristan, Marianne, m, 2. En examinant les différentes souches du genre humain, BAiLLY, Hist. astr. anc. p. 7. Son imagination [du nouvel annobli] se prosterne devant ses petits-fils, qui seront déconss de titres et n'auront rien de commun avec la souche originelle , mercier , Tableau de Paris, ch. eoo. || Il se dit aussi des animaux. Comme on ne la trouve [la brebis d'Angola] que dans les pays les plus chauds.... on ne peut pas la regarder comme la souche première ou la race première, de laquelle toutes Tes autres auraient tiré leur origine, BUFF. Quadrup. t. v, p. 432. Il Celui qui est reconnu pour être le plus ancien dans une généalogie. Un certain Witikind, Saxon, est la souche de la maison dos Capétiens. || Faire souche, être le premier d'une suite de descendants. Un tel eut trois enfants; le premier mourut sans lignée, les deux autres ont fait souche. Cela m'oblige en conscience de me marier, pour faire souche et pour ne pas laisser périr la famille, dancourt, ta Parisienne, se. 4. || Faire souche d'honnêtes gens, contracter légitime mariage. Si ton ambition veut se borner à cette petite fortune, nous allons faire souche d'honnêtes gens, lesage,
Turcaret, v, 4». Quand ils ont passé neuf ou dix
I années dans uns si douce servitude. Monseigneur les établit et en fait des souches d'honnêtes gens, n>. Est. Gonx. t. jj Terme de droit. Succéder par souche, succéder par représentation de succession.
SOU
Par souche est opposé à la succession par tête. Il B° Le plus long des deux rscrceaux de bois ajustés, sur lesquels les boulangers et les bouchers font des entailles pour marquer la quantité de pain ou de viande qu'ils fournissent à crédit. La souche reste entre les mains du marchand, et l'échantillon entre celles de l'acheteur. || 6" Terme d'administration. La partie des feuilles d'un registre qui reste lorsqu'on les a coupées en zigzag, et qui sert à vérifier si l'autre partie s'y rejoint exactement. La souche d'un registre d'inscriptions. Registre à souche. Talon de souche. || 7° Terme de maçonnerie. La partie de la cheminée qui s'élève au-dessus du toit. S'ils ne profitent du dégel pour faire diligemment monter les souches de mes cheminées, les couvreurs ne pourront pas suivre leurs ouvrages sans discontinuation. Lettres de Colbert, VII, 4 1 . Je vous prie de prendre garde que les entrepreneurs fassent faire les souches de cheminée assez hautes, afin qu'elles ne fument point, ib. p. 4 3. Il Tuyau d'où sort un jet d'eau au milieu d'un bassin. || 8° Portion d'un cierge postiche, faite de bois ou de fer-blanc. Fabricant de souches d'église. Il 9° Terme de maréchalerie. Portion de vieux clou qui reste quelquefois dans la corne après qu'elle a été déferrée.
— HIST. xm* s .Quant s'esveilla, si out la vue Ki cler vect avant, perdue; 11 frote front e oilz e bûche. Mais ne veit plus ke une zuche, Edouard le conf. V. 2916. Fox est qui deloz lui se couche. Qu'il ne valt mes ne qu'une cuche, Ren. 4 2478. || xiv s. Tout ausi com de la racine vient la souche de l'arbre, et de la souche les branches.... 11. de mo.ndeville, f 27, verso. Là vi je d'amour la maistrie. Car j'estoio come une souche Deloz madame en ceste couche, maciiault, p. 49. Souche de chesne vert, Jfodus, f" xcii. En tant qu'ilz [les fils d'un riche vilain] seront plus loingdo souche et qu'il sera moins mémoire du commencement de leur noblesse, en tant ilz seront tenus et reputez pour nobles, le Songe du vergier, i, 4 60. Et sont les uns plus proceins ensemble et les autres sont plus estranges ou plus loingtains, selon ce que il sont plus près ou plus loin de la première racine ou souche ou estoc, ORESME, Éth. 261 . Il XV' S. Quand Yvain fut assis sur cette tronche de bois que nous appelons souche en françois, froiss. ii, n, 30. || xvi' s. Alors on couppe les provins de leur more souche, et, sans séjourner, on les porte planter en la nouvelle vigne, 0. DE SERRES, 4 63. Il [Pyrrhon] n'a pas voulu se faire pierre ou souche; il a voulu se faire homme vivant, discourant.... mont, ii, 234. Estendu à la renverse.... n'ayant ny mouvement ny sentiment non plus qu'une souche, m. n, 63. Là d'une souche à demi-consumée Sortait oncor quelque peu de fumée, joach. du bell. Moretum de Virgile.
— ÉTYM. Berry, sache, choche, cosse; bourguig. suche; picard, choke, grosse bûche; norm. chougue; saintong. cosse; patois des Fourgs, soutse; provenç. soc et soca; ital. jrocco. Ce mot vient, d'après Diez, du lat. soccus, soulier de bois, dont le sens primordial doit avoir été base, soutien. Sche- 1er préférerait l'allemand Stock, souche ; mais, d'après Diez, le jr italien représente bien plus facilement l'j latine que le st.
f SOUCHERIE(sou-che-rie), ». f. Terme de métallurgie. L'ensemble des pièces de charpenterie qui composent l'équipage d'un gros marteau.
4. SOUCHET (sou-chè), s. m. Terme de maçon. Pierre qui se tire au-dessous du dernier banc des carrières. Le souchet est la moindre des pierres de Uille.
— ÉTYM. Dimin. de souche.
2. SOUCUET (sou-chè; le t ne se lie pas), s. m. Genre de plantes monocotylédones où l'on distingue : 4' Le souchet long ou souchet odorant, cyperus longus, L., et le souchet rond, cyperut rotundus, L., desquels les racines sont aromatiques et stimulantes; 2° le souchet comestible, cyperus edulis, L. du midi de l'Europe, dont le rhizome donne des tubercules alimentaires; 3' le souchet papyrus, cyperus papyrus, L., papyrus arUiquorum, Willdenow , espèce dont les couches du rhizome battues et collées donnaient le papyrus.
— HIST. xvi' s. Une fomentation d'une décoction de «amomille.... racine d'iris et de souchet, bouillis en laict, paré, viii, 25.
— ETYM. Souche, à cause du rhizome dont ce genre est pourvu.
SOCCUETAGE (sou-che-ta-j"), î. m. Visite dani un bois pour compter les souches , après une coupe.
— ÉTYM. Souche, par l'intermédiaire d'un diminutif souchet.
sou
SOCCHETECH (»ou-che-teur), i. m. Expert pour le souchetage. Des procès-verbaux des verdicrs, soucheteurs et arpenteurs, pour prendre garde aux omissions que l'on pourrait faire des outre-passes, délits, surmesures, Édit, nov. 1038.
f SOL'CHKVER (sou-che-ver), V. a. Enlever le souchot dans une carribre, pour séparer les lits de pierre.
\ t . SOUCnON (sou-chon), t. m. Petite souche. Pour une voie de bourrées d'épines, ronces sans parements, aussi de 208 à la voie, souchons et copeaui, est dû 47 sous 8 deniers, Déclaration, 22 oct. (7)5, tarif.
t 2. SOCCnON (sou-chon), t. m. Sorte de fer en barres.
t SOUCUOXG (sou-chon), s. m. Le souohong, et, adjectivement, le thé souchong,voy. thé.
t. SOUCI (sou-si), I. m. ||1' Souci des jardins, plante composée à capitules jaunes, radiés, qui répandent une forte odeur, calendula officinalis, L. Florise parut ce qu'une belle anémone paraîtrait parmi des soucis, pén. t. xix, p. H. Mes jeunes rivaux, ma chère. Ont le ciel si gai I Chez eux la rose foisonne, Chez moi le souci, béhang. Restaur. \\ Familièrement. Être jaune comme un souci, comme souci, avoir le visage extrêmement jaune. || Couleur de cette fleur. Un foulard souci. L'orange et le souci. D'un gros jaune souci, buff. Ois. t. XI, p. 172. Il 2° Souci des champs, calendula arvensis, L. || 3° Souci d'eau, populage, renonculacée, caltha fiahislris, L.
— iiisr. XIV* s. Solsequium, soucicle, du cange, solsequium. || xvi* s. Mais il y eut de la soucie : Voilà qui me trouble le sens, marot, i, (86. De vos jardins arrachez le soucy, ro. 11, 208. Les myrmecies seront curées, y appliquant dessus du pourpied pilé, ou feuilles de soulcy avec un peu de sel, PARÉ, v, 2(.
— ÊTYM. Lat. solsequium, de sol, soleil (voy. ce mot), et scqui, suivre ; parce que les capitules semblent suivre en leur inclinaison le côté où brille le soleil ; comparez tournesol.
2. SOUCI (sou-si), s. m. |1 !• Soin accompagné d'inquiétude. Elle qui n'a souci de moi, ni de mes larmes, malh. v, 23. Et moi qui, jeune encore, en mes plaisirs m'égaie. Il faudra que je change et malgré que j'en aie, Plus soigneux devenu, plus froid et plus rassis, Que mes jeunes pensers cèdent aux vieux soucis, régnier, Sat. v. Rodrigue, fuis, de grâce, ôte-moi de souci, cokn. Cid, m, ( . Sans prendre aucun souci de votre dignité, ro. Sertor. iv, 2. Votre compassion, lui répondit l'arbuste. Part d'un bon naturel; mais quittez ce souci, LA FONT. Fabl. I, 22. Aux noces d'un tyran tout le peuple en liesse Noyait son souci dans les pots, ID. ib. IV, (2. En quoi peut un pauvre reclus Vous assister? que peut-il faire Que de prier le ciel qu'il vous aide en ceci ? J'espère qu'il aura de vous quelque souci, id. ib. vu, 3. Les enfants n'ont l'àme occupée Que du continuel souci Ou'on ne fâche point leur poupée, id. ib. IX, 6. Des soucis dévorants c'est [la richesse] l'éternel asile, iD. Phil. et Bauc. Ils plaignaient tour à tour leur amoureux souci, segrais, liylogue 2. Il [Pygmalion] prête l'oreille au moindre bruit, et se sent tout ému; il est pâle, défait, et les noirs soucis sont peints sur son visage toujours ridé, fén. Tél. III. Si quelqu'un «st en souci de savoir ce que je fais dans mes chaumières, volt. Lett. d'Alemb. (5 oct. (7,->9. Je jetais mes livres dans le public avec la certitude d'avoir parlé pour le bien commun, sans aucun souci du reste, j. j. rocss. Confess. ix. || Familièrement. C'est là le moindre de mes soucis, le cadet de mes soucis, je ne m'en inquiète nullement. || Vous ne vivrez pas longtemps, vous prenez trop de souci, se dit à ceux qui se mêlent mal à propos des affaires d'autrui. Il 2° Fig. et poétiquement. Objet pour lequel notre inquiétude est éveillée. Beauté, mon beau louci, de qui l'àme incertaine A, comme l'océan, son flux et son reflux, malh. t, 29. Touche, je veux t'aimcr, tu seras mon souci, cohn. Suite du Kent. I, 2. Ce nouvel Adonis, à la blonde crinière, Est l'uni(|ue souci d'Anne la perruquière, boil. Lutr. I. Il 3° Un sans-souci, voy. sans-souci.
— HIST. XIV' s. Moult estoil de laide ligure, Soussy fu par nom appelles, j. bruyant, dans Ménagier, t. Il, p. 8. Par foi, or voi je bien, le cuer avez failli', Que vous voi maintenant entrer en ce soussi Guescl. (2323. Il XV s. Bon cidre oste le soussy D'un procès qui me tempeste, basskl. xxvii. Il ivi* s. Mais, monseigneur, quant tout est dist, mon principal soucy est de vostre santé, maro.
DICT. nt LA LANGUE FRANÇAISE.
Lttt, xxiv. Les enfans sans souci, lànode, 498. Souci» mondains, id. 633. Pour charmer mon souci. Page, verse à longs trait.i du vin dedans
ce verre, rons. 273 Et que daignez avoir
snuci de mon souci, id. 273. Aime-t-il point une autre amie Depuis qu'il s'en alla d'ici, Ou-s'il m'a tousjoursen souciTiD. 667. Ses parents [de Caton], ses domestiques et beaucoup de gents de bien en estoienl en grand soulcy [à cause de son conflit avec Métellus], mont, i, 340. X quel soulcy ne nous desmettons -nous pour leur commodité [de nos chiens et de nos chevaux] T id. ii, (09. Soucy d'yvrogne, leroux de uncy, Prov. t. 11, p. 4(7.
— f.TYM. Substantif fait du verbe soucier; bourg. sôci.