SOUCI (sou-si), t. m. Souci d'hanneton, voy
HANNETON et SOURCIL.
SOUCI KR (sou-si-é), je souciais, nous souciions, vous souciiez; que je soucie, que nous souciions, que vous souciiez, v. a. || 1" Causer de l'inquiétude. Penses-tu, lui dit-il [le moucheron au lion], que ton titre de roi Me fasse peur ni me soucie? la FONT. Fabl. II, 0. Hé! je crois que cela faiblement vous soucie, mol. Dépit, iv, 3. ||a' Se soucier, V. réft. Avoir de l'inquiétude. Quand Cupidon, qui me vit pâle et triste. Médit : pourquoi te soucier? ]. B. Rouss. Épigr. i, 7. || 3' Particulièrement. Avoir souci de, prendre intérêt à. De vous dire couibien de fois on me parla de vous, combien on me demanda de vos nouvelles, combien on me fit de questions sans attendre la réponse; <»mbien j'en épargnai, combien on s'en souciait peu, combien je m'en souciais encore moins; vous reconnaîtriez au naturel i'iniqua corte, sév. 299. Des mémoires confus, qu'ils se sont contentés de mettre dans un ordre agréable, sans se trop soucier de la vérité, Boss. Hist. I, 7. Ceux qui se voyaient ruinés n'avaient de ressource que dans les séditions, et en tout cas se souciaient peu que tout pérît après eux, id. tb. m, 7. Je n'ai de crédit que pour les choses dont je no me soucie point, maintenon, Lett. auD. de Noailles, (3 févr. (7(1. Ce n'est pas qu'ils [les enlants des rois] se soucient des hommes, ni qu'ils craignent, par bonté, de les affliger ; mais c'est que, pour leur propre comModité, ils ne veulent point voir autour d'eux des visages tristes et mécontents, fén. Tél. xxiii. Le soldat, qui ne se souciait ni de son problème ni de sa démonstration [d'Archimède], irrité de ce délai, tire son épée et le tue, rollin, Hist. anc. 1. 1, p. 99, dans pougens. Je ne me soucie point des querelles sur la musique ; je ne songe et je ne songerai, à mon agonie, qu'à la bonne cause, dont il paraît qu'on ne se soucie plus guère, volt. Lett. d'^Jembert, 22 sept. (777. Je disce que je pense, etje me soucie fort peu que les autres pensent comme moi, id. Candide, 26. il Fig. Je ne me soucie pas qui fera les vignes après ma mort. || Ironiquement. Je me soucie bien de cet homme-là I qu'ai-je besoin de lui? H Se
soucier peu de est un euphémisme, pour ne se
pas soucier du tout. Maron n'éclaircil pas trop bien Qui dos deux est l'Arcadien, Et qui vient de l'Acarnanie, Et Scarron fort peu s'en soucie, scarr. Virg. v. |I 4° Se soucier de quelqu'un ou de quelque chose, en avoir envie. Eh 1 qui vous dit, monsieur, que l'on ait cette envie. Et que de vous enfin si fort on se souc.e? mol. Femm. sav. i, 2. {| Je ne me soucie pas, il ne me plaît pas, il ne me convient pas. Je ne me soucie point de lire Télémaque, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, (O avril (7(7. Et si d'un autre coté vous étiez moins curieuse, vous ne vous soucieriez pas de le savoir, F0NTEN. Us Mondes, (" soir.
— HIST. XIII" s. Moult a vaillans homs grant vergolgne. Quant il requiert que l'en li doingne. Moult i pense, moult se soussie. Moult a mesaise ainçois qu'il prie, la Rose, 4733. Il [le marchand] s'en est souciés assés, Ains que cis tas fust amasses. Ne ne cesse de soucier D'accroislre et de iiiontcplier, ib. 6OO8. || xiv* s. Et que nullement ne desdaignes Ton povre ou petit ennemi... Car il ne fera que veillier, Ymaginer et soucillicr Comment de lui grevez saras, machaut, p. ((0. || xV s. Le roi de France et son conseil rescripsirent au roi de Castille, que il ne se souciast et ne se doutasl en rien, froiss. ii, m, 38. ||xvi' s. Ceulx qui cherchent à changer Testât de nostre police, sans se soucier s'ils l'amenderont, mont, i, 22(.... Et ne se soucient point d'endurer tous maulx ceulx qui redoutent d'avoir reproche, amyot. Agis et Cléom. 33. Il y a des personnes qui ne se soucient point d'acheter de belles peintures ny de belles statues, ains s'adonnent à achctter affectueusement des
monstres en nature, id. D» la curiosité, (7. François I ne se soucioit à qui cette dignité [l'empire] fust donné, pourveu que ce ne fust à Charles, SLEIDAN, f* («.
— ËTYH. tiénev. t< <ouci7{«r ; da Ul. sollicilar», proprement, ébranler, remuer fortement, du lat. archaïque sollus, entier, le même que le grec âXoc (voy. solide), et citare, pousser.
SOUCIEUX , EUSE (sou-si-eû, eû-z*), adj. || !• Qui prend souci, intérêt i. Jamais il ne fut plus satisfait de lui-même, moins soucieux des affaires d'autrui, moins occupé de ses persécutions, j. ). ROUSS. 2* dial. || 2* Qui a du souci. Je crains que les assiduités que vous avez ici ne rendent soucieuse une personne i laquelle je serais bien fâché de causer la moindre peine, uiderot, Lett. à Klle Voland, 49 sept. (767. || Qui marque du souci, en parlant des choses. Elle était avec moi sur un ton de bouté soucieuse et mal assurée, marmontel, iîém. VI. Et l'empereur poursuit; mais son front soucieux Est plus sombre et plus noir que l'orage des cieui, a. db vigny, le Cor.
— HIST. XVI' s. Que vostre cœur tant noble et gracieux Chasse dehors tout ennui soucieux , MAROT, I, 366. Car volontiers la chose précieuse Est mise à part en garde soucieuse, id. i, 276. Pyrrho... les encourageoit [des gens efl'rayés dans une tempête] par l'exemple d'uB pourceau qui y estoit [dans le bateau], nullement soulcieux de cet orage, mont, i, 3oo.
— ÊTV.M. Seuci 2; génev. toucilleux.
SOUCOUPE (sou-Uou-p'), ». f. Il I* Espèce d'assiette qui a un pied, et sur laquelle on sert des verres et des carafes. Soucoupe d'argent, de vermeil. Mettre une carafe de vin, une carafe d'eau et un verre sur une soucoupe. Allez, imperlinente, je bois avec une soucoupe; je vous dis que vous m'alliez quérir une soucoupe pour boire , mol. Comtesse, se. 8. Le duc d'Anjou [devenu roi d'Espagne] avait au retour de la table, pour boire, une soucoupe et un verre couvert, st-sim. 83, 82. Il 2° Petite assiette de porcelaine, de faïence, etc. qui se place sous une tasse ou sous un gobelet de même matière, propre à prendre du café, du thé, du chocolat, etc. || 3' Espèce de champignons.
— ÉTYM. Sous, et coupe.
tSOUCRILLON (sou-kri-llon, JJ mouillées), t.m. Terme rural. Espèce d'orge d'hiver. En IloUanile on brasse non-seulement avec l'orge appelée soucrillon, mais encore avec le blé et l'avoine, Diet. des arts et met. Brasseur.
— ÉTVM. Sucre : comme qui dirait orge sucrée, f SOUDABILITÉ (sou-da-bi-li-té), s. f. Propriété
qu'ont certains corps de s'unir avec eux-mêmes.
f SOUDABLE (sou-da-bl'), adj. Qui se laisse souder.
SOUDAIN, AINE (sou-din, dè-n'; au xvr siècle, on écrivait souldain ou soubdain, mais on prononçait soudain, palsgrave, p. 26), adj. || !• Qui se fait dans l'instant. Revois ces champs guerriers dont les sacres sillons Élevaient contre toi de soudains bataillons, corn. Uédée, m, 3. L'archiduc, par un soudain mouvement du prince de Condé qui lui oppose des troupes fraîches, est contraint de prendre la fuite, BOSS. Louis de Bourbon. Emporté d'un coup soudain , il [Turcnne] meurt comme Judas Machabée, m. iout'î de Bourbon. 11 [Charles Gustave] se venge sur le Danois, dont la soudaine invasion l'avait rappelé, id. Anne de GonZ. La mort n'a pu surprendre M. de Gornay, même en arrivant tout à coup; elle a été soudaine, sans être imprévue, m. Gornay. Vive des passions l'éloquence soudaine I lamotte, Fabl. m, 4. Les jugements soudains, presque uniformes, que toutes nos âmes, à un certain âge, portent des distances, des grandeurs, des situations, nous font penser qu'il n'y a qu'à ouvrir les yeux pour voir de la manière dont nous voyons, volt. l'hil. \eu:t. n, 6. Dante vit, comme nous, les factions humaines. Rouler autour de lui leurs fortunes soudaines, Auo. BARBIER, lombcs, Dante. || 2' Pris adverbialement. Dans le même instant, aussitôt. Sitôt que du nectar la troupe est abreuvée. On dessert, et soudain la nappe étant levée.... boil. Lutr. 1. On se tait, et soudain César prend le premier une coupe à la main, rac. Brit. v, 5. J'ai vu naîtra soudain dans tous les cœurs une soif insatiable des richesses, montesq. Lett. pers. (46. UTout soudain, même sens. Tout soudain on le vit accourir. ||3'Soud.iin que, loc. conj. Aussitôt que. Soudain qu'elle m'a vu, Ces mots ont éclaté d'un transport imprévu, corn. Veuve, iv, t.
— SYN. soudain, subit. Ces mots, ayant mèm*
SOU
radical, ont aussi m«me lignification. Us ne diffèrent que par l'emploi ; soudain est du style poétique ou élevé; subit est de tous les styles.
HIST. XIV* s. Item que la chose ne soit pas
soudene, car l'en n'auroit pas temps d'avoir conseil et deliberacion, ORESME, Éth. 00. Il IV s. Au mieuli venir, nostre vie mondaine X soixante ans pou puet oultre passer, Dont vingt ans sont en jeunesse soudaine.... e. descii. Poés. mss. f' les. Il XVI' s. Les biens et les honneurs mondains Engendrent mal, sont douteux et soubdains [passagers], le» Triomphes delanoble dame, f" 3U9, dans LACURNE. Tant bien inslruictz en art militaire, tant soubdains à obéir à leurs capitaines, rab. Garg. l, *7. Soubdain que nos ancres feurent on port jectées, vindrcnt vers nous.... id. l'ant.iv, 48. Et tout soudain luy vindrent nouvelles d'un autre costé comme les Megariens avoient aussi pris les armes, amyot, Péric. 43. L'un estoit prompt, soudain, hasardeux, fin, et qui légèrement entreprenoit touti^s choses, id. Arist. 4. Celui qui voit sa belle main Se peut assurer tout soudain D'avoir vu celle de l'Aurore, Ode en faveur de Louise Labé.
— ÊTYM. Provenç. subitan, subtan; cspagn. tubitaneo; ital. subitarw; du lat. subitaneus, qui vient de subilus, subit.
SOUDAINEMENT (sou-dè-ne-man), adv. D'une manière soudain*^ Il mourut soudainement. Il faut qu'on la retire, et que soudainement On la fasse sans bruit porter au monument, Tristan, lf.de Chrispe, v, lo.
— HIST. XIII* s. Et lors le prisent et levèrent et le misent en son lit, et fisent entendant au peuple qu'il estoit mors soudainement, Chr. de Rains, p. 40. Il XIV* s. Nous disions aucunes choses eslre voluntaires, qui sont laites ou aviennent soudainement, CRESME, Éth. 03. Il XV* S. Quand les François virent sur eux ces Anglois si soudainement, si furent tous esbahis, froiss. i, i, 327. ]| xvi* s. Il advint que le soleil éclipsa soudainement, AMïOT, Péric. 07. Bois et matière propre à prendre feu soubdainement, mont, ii, 38.
— ÊTYM. Soudaine, et le suffixe ment ; provenç. iopdanamen,
S0UDA1NI;TÉ (sou-dè-ne-té), s. f. Qualité de ce qui est soud lin. Les beautés du sublime... enlèvent l'àme, et se l'ont sentir à tout le monde avec la soudaineté des éclairs, la font. Psyché, i, p. 102. Comment, dit-il, peindre un poète i la Fontaine] qui souvent semble s'abandonner comme dans une conversation facile; qui, citant Ulysse à propos des voyages d'une tortue, s'étonne lui-même de le trouver là; dont les beautés paraissent quelquefois une heureuse rencontre, et possèdent, pour me servir d'un mot qu'il aimait, la grâce de la soudaineté? ciiAMFORT, Éloge de la Font. 2* part. Nous avons un gouvernement pré-existant, un roi pré-existant, des préjugés pré-existants; il faut, autant qu'il est possible, assortir toutes ces choseslà à la révolution et sauver la soudaineté du passage, MIRAB. Collection, t. li, p. U8.
— lllST. xvi* s. Il avoit desfait l'un par tardité, et l'autre par soudaineté, amyot, LucuU. 36. Ordinairement la soudaineté et facilité ne peult donner une fermeté pcrdurable ny une beaulté parfaitte à l'oeuvre, id. Péric. 20. L'homme froid et posé ne peut venir à la soudaineté, le Prince de Machiavel,
p. 102, dans LACURNE.
— ETYM. Soudain.
SOUDAN (sou-dan), t. m. Nom qu'on donnait Jadis à de certains princes mahomélans, et particulièrement au souverain d'Egypte. Le sérail d'un •oudan, sa triste austérité. Ce nom d'esclave, enfin, n'ont-ils rien qui vous gêne? volt. Zaïre, i, ).
— HIST. xii* s. Car trente rois i ot et quatorze •oudans, Soi. v. || xiii* s. Donc verriez grant coulz doneir Seur le sozdant et seur sa gent, ruteb. h». En ce point que nous venimes en Cypre, le soudanc du Coyne [d'Yconium] estoit le plus riche roy de toute la paenimme, joinv. 2)2. || xv* s. Mon voisin, je tiendroy un an Sur le vin, lorsque du grant chan Ou du souldan Jo lui conte quelque fable Qu'il croit véritable, basselin, xxxin.
— ÊTYM. Prov. toudan, soda, saudan ; cat. fo2dd; esp. loldon; ilal. soldano. Le même que fuKan.
t SOUDANT, ANTE (sou-dan, dan-l'), adj. Qui •Oude,quisesoud». A la température du fer soudant
SOUUAUn ou SOUOART (sou-dar; le < ou le d ne se lie pas), ». m. Terme familier. Homme qui a longtemps servi à la guerre et qui en a les habiludei; il se prend en mauvaise part, soit par moquerie, suit pour exprimer U grossièreté ou Ut Mrbarie. Ta maison et tes biena saccagés dus sou-
ROU
dards, itioNiES, Êpit. i. One ne fut un meilleur soud,îrt, scAHR. Virg. v. Le drôle fît un trait de franc soudart; Car aux faveurs d'une belle il eut part. Sans débourser, escroquant la chrétienne, LA FONT. Femme avare. Après cela, ne vous figurez pas que je sois un soudard sans âme, comme vous paraissez le croire, en. de Bernard, la Femme de quarante ans, § 3. || Fig. Tous les amours y mettent [dans mon gîte] garnison; En vrais soudards ils y faisaient esclandre, béhang. Métemps.
— HIST. XV* s. Ne soyons point si vilains et hag.irds, Que de laisser ce bon vinauz souldards Qui nous font tant d'outrage, basselin, lii. Je ne congnois où je puisse servir, L'arriére ban a fait crier vieillesse, LasI fauldra il son soudart devenir? eu. d'orl. Dali. 84. Il xvi* s. i ces mots de Pluton, on voit de toutes parts Sortir du creux manoir les plus bravos soldarts, desportes, Rodomont. Il distribua à ses soudards les terres conquises sur les ennemis, amyot, Rom. 42. Ses propos [d'un bravache] seront à l'equipolent ; car un homme est mort, si ce soudard courroucé l'a seulement regardé de travers, langue, 4 94.
— ÉTYM. Solde, et la finale ard souvent péjorative; picard, seudard, souderd.
SOUDE (soud'), ». f. Il 1° Genre de la famille des salsolées, où l'on distingue la soude commune, dite vulgairement soude, salsola soda, L. dont les cendres fournissent un sel alcali, [j 2° Plus souvent, le sel alcali, dit aussi alcali minéral, qu'on tire de cette plante et aussi des varecs (en chimie, oxyde de sodium). La soude est employée dans la fabrication du verre et du savon. Hierne découvrit la soude, qu'on nommait nitre, en 4682; Hofliiiann et Boulduc ont confirmé cette découverte, four- CROY, Connaiss. chim. t. iv, p. 29i. La plus estimée est celle d'Espagne; elle est connue sous les noms de soude d'Alicante, do Carthagènc, de Malaga; on l'extrait de plusieurs plantes, mais particulièrement de la barille, que l'on cultive avec soin sur les côtes d'Espagne, thénahd, Traité de chim. t. n, p,376. Il Soude de Normandie, celle qu'on obtient par l'incinération des varecs. {[ Soude caustique, celle qui entre dans les savons, dans les lessives. Il Soude pure, celle que l'on obtient en traitant la soude du commerce par la chaux vive, puis par l'alcool. La soude pure sert de réactif dans les laboratoires.
— REM. On a écrit soultos. Pour le regard des soultes que l'on employé, qui est une cendre nouvellement en usage pour les lessives, et qui tient lieu de cendres ordinaires, Arrêt du Conseil d'État, 34 août 4 634.
— HIST. XVI* s Souldo à faire verres, Dêcl. 20 sept. 4B27. Pegue [poix], soudre, du canoë, sodanum.
— ÉTYM. Esp. port, et ital. soda; bas-lat. sodanum. Origine incertaine. On le tire de solida, solide ; cela est fort douteux. Du Cange a solda, lie de vin.
SOUDÉ, ÊE (sou-dé, déc], part, passé de souder. ||1° Vaisselle d'argent soudée. || 2' Il se dit de parties organiques réunies par connexion intime. [Chez le phalangicr] le premier [doigt du pied de derrière] est soudé avec son voisin, de sorte que ce double doigt fait la fourche... bufp. Qaadrup. t. VI, p. 98. Les fleurs qui n'ont qu'une enveloppe ou le calice soudé à la corolle, /ns(!t. Sfém. scient, 4807, 4*'' sem. p. 8). Il 3° En hippologie, un cheval bien soudé est celui dont les articulations sont larges et épaisses, les paturons courts, et le rein court et bien attaché.
SOUDER (sou-dé), V. a. Il 1° Joindre ensemble des pièces de métal au moyen de la soudure. Il 2° Amollir au feu et battre ensemble des pièces de métal, de manière à les unir et à n'en faire qu'une même pièce. On soude tous les jours le fer avec lui-même ou sur lui-même; mais ii faut la plus grande précaution, pour qu'il ne se trouve pas un peu plus faible aux endroits dos soudures, BUFF. Hist. min. Introd. part. exp. Œuvr. t. vu, p. 92. Il 3" Terme d'anatomie et de botanique. Réunir par adhésion deux parties. L'inflammation a soudé les deux feuillets de la plèvre. || 4" V. n. Devenir soudé. La pièce soudera i merveille, BUFF. Ilist. min. Introd. part. exp. Œuvr. t. vn, p. 80. Il 5* Se souder, v. réft. Contracier soudure. L'affinité du cuivre avec le fer est encore démontrée par la facilité que ces deux métaux ont de se souder ensemble, buff. ilin. t. v, p. 88. Le fer a la propriété de se souder avec lui-même sans intermède; il suffit de lui donner une cha.. leur suffisante, a. bhongniart, Traité de min. t. Il, p. 393, dans pouGENS. Il 6° En parlant do par-
SOU
tles organiques, être réuni par adhésion en une seule pièce. Ces deux parties se sont soudées.
— HIST. XIII* s. Vraiement le dist l'Escriplure, Que c'est [baptfme] la sodé et la jointure Par quoi sommes joint et saudé X chelui ki tout a créé, GUI de cambrai, BarJ. et Jos. p. 47. Et que nus [nul] ne soit si h:irdis ki soude d'estain en noeve oevre [d'or ou d'argent], tailliah. Recueil, p. 24 1. Que nus chandelliers de cuivre ne soient faiz de pièces soudées pour mètre sus la table, Liv. des met. 4oi. Nus boutonier ne puet faire boutons, qu'il ne soient bien saudé et loialment, c'est à savoir Ii deux bras de la queue, et 11 boutons en milieu oniement [uniment], ib. 485. Il XVI* s. Défendons à tous orfeuvres et autres d'altérer, soulder ou charger aucunes espèces d'or ou d'argent, à peine d'estre punis comme faux monnoycurs, Ordonn. janv. 4B0O. Souder argent vif [chose impossible], génin, Récréai, t. n, p. 249.
— ÊTYM. Wallon, s6dé; prov. soldar, soudar; espagn. et portug. soldar; ital. sodare; du lat. solidare, de solidus, solide : rendre solide.
t SOUDEUR, EUSE (sou-deur, deû-z'), ». m. et f. Celui, celle qui soude.
t SOUDIER, iftRE (sou-dié, diè-r"), adj. || 1* Qui a rapport à la soude. L'industrie soudière. || 2" S. f. Soudière, usine où l'on fabrique la soude artificielle.
SOUDIVISER (sou-di-vi-zé), ». a. SOUDIVISIOX (sou-di-vi-zion), ». f. Voy. subdiviser et subdivision.
t SOUDOIR (sou-doir), ». m. Outil pour souder.
SOUDOYÉ, ËE (sou-do-ié, iée, ou sou-doi-ié), part, passé de soudoyer. Philippe Auguste fut le premier de nos rois qui prit à son service quelques troupes soudoyées, legrand d'aussy, Instit. Mém. Se. mor. et pol. t. n, p. 324.
SOUDOYER (sou-do-ié; plusieurs prononcent sou-doi-ié), v. a. Il se conjugue comme employer. Il 1* Avoir, prendre des gens de guerre à sa solde. Son armée [de Henri de Navarre] n'était pas celle d'un souverain qui la soudoie, et qui la retient toujours sous le drapeau; c'était celle d'un chef de parti, volt. Uœurs, 473. 112° Par extension, s'assurer à prix d'argent le secours de. Soudoyer des spadassins, des agents. Louis soudoya l'archevêque de Cologne, Maximilien de Bavière... comme il soudoyait le roi d'Angleterre Charles II, volt. Louis XIY, 40.
— SYN. SOUDOYER, STIPENDIER. Ces dcui mots sont synonymes, sauf que stipendier n'a plus qu'un sens défavorable.
— HIST. xir s. Fai pur ço à tes .humes abatre cèdres al bois de Liban, e mes humes i scrrunt od les tuons, e jo del mien lur durrai [donnerai], e tut àlavolentedsoldeirai. Rois, p. 242. || xv's. Pour payer lesdits gens d'armes et de trait estans en garnison avec ledit sieur do Sassenage, lesquels il so'.doyat de ses propres deniers... ie((re de Charles VllI, Bibl. des ch. 3' série, t. iv,p. 64. || xvi* s. Outre la solde on doit aussi fournir l'équipage, car on doit un homme equippé et soudoyé, langue, 23e. La pluspart se soudoyoient de leurs moyens propres, ID. 401. Ayant remené en Epire 8000 hommes et 600 chevaux, et ne se trouvant point d'argent pour les soudoyer, amyot, Pyrrhus, 67. Jamais chef de guerre n'eut tant de créance sur ses soldats[que Jules César] : au commencement de ses guerres civiles, les centeniers luy ofl'rirent de souldoycr, chascun sur sa bourse, un homme d'armes, mont, m, 4 76.
— ÉTYM. Solde. Il y avait un substantif trèsusité, sodoier, qui a donné l'anglais soldier, soldat.
SOUDRE (sou-dr'), t!. a. Terme didactique qui a vieilli et dont il n'est resté que l'infinitif, à peine encore usité. || 1* Résoudre. Le monsieur son pédant à son aide réclame. Pour soudre l'argument, RÉGNIER, Sat. X. Les rois d'alors [du temps d'Esope] s'envoyaient les uns aux autres des problèmes à soudre sur toutes sortes de matières, LA FONT. i-'abJ. rie d'Ésope. \\ 2* Dissoudre. Cette eau extrêmement forte qui peut soudre l'or, desc. Méléor. 3.
— HIST. XII* S. E à tut Ii respundid 11 reis, e solst ses demandes e ses questions, Rois, p. 274. Il XIII* s. Si sainte yglise escommenie, Li frère pueent bien assoudre, S'escommeniez a que soudre [payer], roteb. 11, 6l.||iiv* s. Toutes ces chose» sont solues par une manière, oresme, Éth. 232. Il XVI* s. Ledict Panurge solut très bien le problesme, Rab. Pant. n, 4«. Christ n'a pas ottroyé à ses apostres la puissance de lier et soudre, avant
sou
sou
sou
que leur avoir eslargi le saint Esprit, calt. Ins(. 603.
— ÊTYM. Lat. solvere, délier, résoudre, de so ou te, indiquant séparation, et luere, Xùw, délier.
SOrDItlLI.E (sou-dri-U"; 11 mouillées, et non 9ou-dri-ye), t. m. Terme vieilli, synonyme de soudard. Eusses-tu garde de soudrilles, Va-l'en travailler en pastilles, scarr. Masarinndes, Œuvr. t. I, p. 286, dans pouGENS. Kranc soudrille, grlpechapon. Homme sans honneur et sans âme, m. Virg. IV. On dit que quelques bons esprits Ordonnèrent qu'on fit des grilles Pour se garantir des soudrilles Du redoutable Jean de Vert, ID. Typhon, n. Adam, parrain banal de toutes les familles, Adam, dis-je, par qui chaque nom fut ourdi, N'y rencontrait pas mieux que nos braves soudrilles, la font. Poésies mêlées, Sur un sobriquet donné à Monseigneur par les soldats.
— ms r. XVI* s. N'estants soldats, pas seulement souldrilles, ny dignes de ceste qualité, et n'ayant jamais faict serment ni service à sa majesté,
CARLOIX, VIII, ti.
— ETYM. Origine incertaine. On est porté à y voir le radical de soudard avec une autre terminaison diminutive et péjorative ; toutefois le sens que Carloix donne à ce mot suggère l'idée qu'il vient de sous et drille,
SOCDURK (sou-du-r'), s. f. || 1* Composition ou mélange de divers métaux et minéraux, qui sert à unir ensemble des pièces de métal. En fondant l'étain à partie égale avec le plomb, l'alliage est ce que les plombiers appellent de la soudure; et ils l'emploient en effet pour souder leurs ouvrages en plomb, bufp. Min. t. v, p. 203. || Soudure grasse, celle dans laquelle domine l'étain; on dit par opposition soudure maigre. (| Soudure au tiers, mélange de doux parties de plomb avec une partie d'étain. || Soudure à huit, soudure des orfèvres, composée d'une partie de cuivre sur sept d'argent. Il 8" Travail de celui qui soudo. Soudure bien faite. Il Boîte à soudure, petit coffret où les bijoutiers mettent les paillons. {| 3° Endroit par où les deux pièces de métal sont soudées. Le tuyau est crevé à la soudure. || Fig. Endroit d'une œuvre d'art où l'on a ajouté ou supprimé quelque chose. Soudure malhabile. || i" Terme de métallurgie. Propriété qu'ont quelques métaux de s'unir à euxmêmes à une haute température. || B" Les maçons donnent le nom de srudure au plâtre serré qui sert à raccorder des enduits. || 6' Terme de botanique et d'anatomie. Union intime entre deux organes différents.
— HlST. XIV* s. La manière de ramener es plaies bêles soudeures [cicatrices], H. de mondeville, f" 8*. Il XV* s. [Les murs du châtel] estoient hauts malement et de pierre dure, et ouvrés jadis de mains de Sarrasins, qui faisoient les soudures si fortes et les ouvrages si estranges que ce n'est point de comparaison à ceux de maintenant, froiss. I, I, 2r.o. Il XVI* s. L'acier, au lieu de sa soudure, Est plus fort qu'ailleurs et plus ferme, st-gel. (70. Ces partages [de biens entre frères], et que la richesse de l'un soit la pauvreté de l'autre, cela destrempe merveilleusement cette soudure fraternelle, MONT. I, 208. Ils [Lycurgue et Platon] n'ont peu croire que nostre société se peust maintenir avecques si peu d'artifice et de soudeure humaine que les nations sauvages, id. i, 23».
— ÊTYM. Souder; wallon, sôdeur.^
t SOL'E (soue),». f. Terme rural. Étable à porcs.
— ETYM. Bourg. sO ; du lat. sus, porc; grec, où{ eti;; anc. haut-ail. si2.
t SOUETTE (sou-è-f), s. f. Chouette.
SOUFFEBT, EKTE (sou-fér, fer-t'), part, passé de souffrir. || 1° Qui a été enduré. Mais quand j'aurai vengé Rome des maux soufferts, corn. Cinna, ii, î. | 2" Toléré. Il y a de certains maux dans la république qui y sont soufferts , parce qu'ils préviennent ou empêchent de plus grands maux, LA BRUT. X. Souffert des grands, quelquefois recherché, j. b. rouss. ÉpU. i, ).
SOCFFLAGE (sou-lla-j'), ». m. || 1° Action de souffler le verre. || Four de soufflage, four où se prépare le verre destiné à faire des glaces soufflées. Il Procédé par lequel on fabrique les pièces de verre. || 8* Terme de chapellerie. Action de séparer par la ventilation les poils légers des poils lourds non susceptibles d'être feutrés. || 3° Terme de marine. Revêtement de planches qu'on applique sur la carène d'un navire, un peu au-dessus et au-dessous de sa flottaison, pour ajouter à sa stabilité. Le but du soufflage est d'augmenter l'étendue des lignes d'eau. Sa Majesté a été surprise qu'il ait fallu faire un soufflage à la Favorite, pour lui
mieux faire porter la voile, Seigrulay à Demuyn, 1679, dans JAL.
— ÉTYM. Souffler.
SOUFFLANT, ANTB (sou-flan, flan-f), adj. Oui est destiné à souffler, qui sert à souffler, qui souffle ordinairement. Les soufflets sont des machines soufflantes les plus communes et les plus connues, mais ce ne sont pas les meilleures, a. brongniart, Tr(fité de min. t. ii, 322, dans pouoens.
SOfFFLE (sou-fl'), s. m. Il 1* Agitation de l'air causée par le vent. Il ne fait pas un souffle de vent. D'un souffle l'aquilon écarte les nuages, bac. Eslh. m, 3. Comme le fruit en naissant arraché. Ou qu'un souffle ennemi dans sa fleura séché, lo. Alhal. i, 2. Que dis-je? hélas I oui, la terre s'éveille, Belle et parée au souffle du printemps, bérano. Malade. il Fig. Hélas I l'homme ne peut dire, en naissant, quel coin de l'univers gardera ses cendres, ni de quel côté le souffle de l'adversité les portera, ciiA- TEAUHR. Gén. I, v, )7. Il 2° Vent que l'on fait en poussant de l'air par la bouche. Quelques restes de feu sous la cendre épandus D'un souffle haletant par Baucis s'allumèrent, la font, l'hil. et Bauc. Son souffle [d'un sanglier] se faisait entendre de loin comme le bruit sourd des vents séditieux, fén. Tél. xxin. Il Par exagératfon. 11 est si faible, qu'on le renverserait d'un souffle, du moindre souffle. || Fig. et familièrement. Cette objection, ce système, cette intrigue peuvent être renversés d'un souffle, ils sont très-faciles à détruire. || Fig. Ne tenir qu'à unsouffle, être de peu de durée, de consistance. La vie, le bonheur, l'infortune tiennent à un souffle, chateaubh. Pensées. || Le souffle créateur, le souffle par lequel Dieu anima le premier homme, Ton souffle créateur s'est abaissé sur moi, lamart. M('d. I, 2. Il Souffle dans un instrument de musique. Tout ce que j'aurais souhaité, c'est de te mener tout dor.cement jusqu'au temps où ton souffle saura se donner sans effort, G. sand, Ifaifres sonneurs, )5' veil ée. Il 3* Air exhalé par la respiration. Les pharisiens superstitieux, en revenant du marché où ils rencontraient tant de gentils et tant de publicains, dont ils croyaient que l'approche et le souffle même, pour ainsi dire, les souillait.... Boss. Déf. irad. comm. i, i. La frayeur de la mort [dans une peste] ne lui fit point abandonner sa maison ; elle voulut assister ce frère mourant, sans craindre ces souffles mortels qui portent le poison dans les cœurs, flécii. Ifme de Mnnt. Mes esclaves que j'appelle refusent maintenant de m'approcher; et mon souffle même est devenu une infection, et un souffle do mort pour mes enfants et pour mes proches, mass. Âvent, Mort du péch. Le meurtrier du roi respire en ces États, Et de son souffle impur infecte vos cliiuals, VOLT. Œdipe, i, s. Et les roses, nos sœurs, se disputent entre elles Mon souffle de parfums et mon corps de rayons [d'un sylphe], v. iiugo, Bail. 2. Il 4* La simple respiration. Retenir son souffle. Reprendre son souffle. Avec quel souffle pur je l'entends qui respire! Ducrs, Othello, v, 4. || Ménager son souffle, ménager sa respiration. || Manque de souffle, manque d'une respiration qui tienne, qui se prolonge. || Fig. Manque de souffle, se dit d'un écrivain qui n'a pas la force de développer son sujet. Il Cet homme n'a qu'un souffle de vie, il n'a que le souffle, il est très-faible. Je n'ai plus qu'un souffle de vie; je l'emploierai à vous invoquer en mourant.... volt. Lett. à Catherine //, 3( juill. <772. Il II n'a plus que le souffle, il est agonisant. Il Le souffle de la vie, la vie même. Le souffle de ma vie est à Marianne; elle peut d'un mot l'anéantir ou l'embraser, a. de musset, Capr. deMar. i, 4. Il B° Terme de médecine. Bruits de souffle, bruits anomaux qui se produisent dans les cavités du cœur, dans les artères et parfois dans les veines. Il Bruit de souffle continu, bruit semblable au bruit qu'on entend quand on approche de son oreille un gros coquillage univalve; il se fait entendre aux vaisseaux du cou, surtout dans les affections anémiques. |{ Souffle placentaire ou souffle utérin, souffle doux, tantôt sonore et grave, tantôt aigu, synchronique au pouls de la mère, entendu ordinairement vers les régions inguinales, à dater du quatrième mois de la grossesse, et dû au passage du sang maternel dans les artères utérines. || Souffle bronchique, bruit des bronches que perçoit l'oreille appliquée sut la poitrine. || Souffle amphorique, celui qui résonne comme si l'on soufflait dans une amphore. Le souffle amphorique est fréquent dans lesépanchements pleurétiquesde forme chronique ou latente. || Bruit de souffle, se dit aussi du bruit entendu dans la pneumonie au
troisièms degré. || S* Fig. Inspiration, influence, en bonne ou en mauvaise part. Le souffle malfaisant de la haine, de l'envie. Impatient du dieu dont le souffle invincible Agite tous ses sens [de la pythie], j. b. novta. Ode au comte du Lue. Elle avait dérobé cette rose naissante Au souffle empoisonné d'un monde dangereux, volt. l'Éducat. d'une fille.
— lllST. xvi* s. Ainsi m'est advenu en ceste entreprise [mettre en vers latins la doctrine du péché); car le souffle m'est failly à my chemin, bûhi- VARD, Àmartiyenée, p. 78.
— ETYM. Voy. souffler.
SOUFFLfi, ÉE (sou-flé, fléc), port, patte de souffler. Il !• Sur quoi le souffle a passé. Le feu soufflé.... De» hommes inconsidérés qui soufflent sur de la poussière et se jettent de la terre dans les yeux; ces chicanes raffinées, ces subtilités en vaincs distinctions sont véritablement de la poussière soufflée, de la terre dans les yeux... BOSS. Cornet. || 2* Gonflé par le souffle. Le jabot, lorsqu'il est soufflé, est de la grosseur d'une balle de paume, buff. Oit. t. m, p. 265. U serait difficile de concevoir que cette pâte argileuse et très-réfractaire eût été fondue et soufflée, sans que ces porphyres eussent souffert aucune altération, SAUSSURE, Voy. Alpes, t. v, p. 423, dans pougens. Il Omelette soufflée, omelette faite avec des blancs d'œufs, delà crème et du sucre, et qui renfleen cuisant. || Beignet soufflé, sorte de beignet dont la pâte renfle beaucoup. || Sucre soufflé, ou cuit à soufflé, sucre qui s'envole en l'air par feuilles sèches, lorsqu'on souffle au travers d'une écumoire qu'on y a trempée. Les massepains et la plupart des conserves se font avec du sucre cuit à soufflé. Il 3* Bouffi, boursouflé. Ces anges sont des espèces de Cupidons soufflés et transparents, dider. Salon de <767, Œuvr. t. xiv, p. 296, dans pouoens. Elle a le front grand et haut, de grosses joues soufflées, des yeux ni grands ni petits, m. Princesse d'Askow. Il 4* Terme de chapellerie. Poils souffles, poils soumis à la ventilation, à l'effet de séparer les poils légers des poils lourds non susceptibles d'être feutrés. Tarif des douanes, (soo, p. 451. Il 5* Dit bas à une personne qui, en récitant, manque de mémoire. Sa mémoire [de l'archevêque Vintimille] le servit très-infidèlement dès les premiers mots; un souffleur qu'il avait chargé de 1* suppléer, les lui suggéra ; il ne les entendit pas, le fit répéter, continua encore à dire quelques mot», toujours mal soufflés ou mal entendus, et toujours mal redits, d'alemb. Art. du card. Duboit. ||6* Papier soufflé, nom d'un ancien papier de tenture, ainsi dit parce que , lo papier étant enduit d'une matière visqueuse, on souffle dessus une poussière de laine hachée. U existe depuis quelque temps k Rouen une fabrique de papier que l'on nomma velouté, connu aussi sous le nom de papier soufflé ; c'est un papier sur lequel on applique divers dessins de laine hachée, Dict. des arts et m. Pope- (ler. Il 7* S. m. Un soufflé, mets léger formé soit avec du riz, soit avec do la fécule de pomme de terre, soit avec du chocolat, cuits avec du lait; on ajoute des jaunes d'œufs pour en faire une pâte douce et molle, i laquelle on incorpore les blancs d'œufs battus en neige juste au moment de mettre au four; cette préparation se sert au moment où elle s'est gonflée. Marguerite [la cuisinière] dit qu'on ne fasse pas attendre, parce que le soufflé va tomber, scribe et mélesville, Demoiselle à marier, 9.
t SOUFFLEMENT (sou-fle-man), t. m. || 1* Action de souffler. || 2° Terme de droit. Soufflement d'exploit, action de supprimer subrepticement un exploit.
— iiiST. XV* s. Rembrasa en flambes pestilencieuses par les soufflemens de l'ennemi, monstrbl. t. n, f- 73, dans raïnouard, Lex. || xvi* s. Je ne suis point ignorant combien est ancien l'usage du chresme, et soufflement au baptesme,CALv. /nslit. 1142. L'esté n'avoit point esté trop fascheux pour les soufflemens des vents du midy, amtot, Cam. 6.
— ETYM. Souffler ; prov. tofflamen, suflament ; it. soffiamento. Aa xn* siècle, on disait aussi soufflée.
SOUFFLER (sou-flé), v. n. [] 1* Pousser l'air d'une façon quelconque. {{ 2* Faire du vent en poussant de l'air par la bouche. || 3° Souffler sur, éteindre en soufflant. || 4* Souffler sur, se dit aussi des sorciers. Il 5° Respirer avec peine , avec effort. Il 6* Souffler aux oreilles de quelqu'un. || 7* Se dit des taupes dans la saison où elles travaillent. Il 8° Dans les moulins à poudre, le mortier ou la matière souffle, jj 8* Chercher la pierre philoso»
SOU
phale. Il 10° F. o. Faire du vent sur une cnose. Il If Souffler les canons, y brûler de la poudre. Il lî- Souffler le verre, l'émail. || 13* Souffler l'orgue. Il U* Souffler un veau, un mouton. || 15* Appliquer un soufflage à un navire. || 16' En termes de chasse, souffler le poil au lièvre. || IV Envoyer par le souffle. || IS" Souffler quelque chose à l'oreille de quelqu'un. H 19* Suggérer, inspirer. Il 20» Dire tout bas à celui à qui la mémoire manque. Il 21° Souffler une dame, au jeu de dames. Il 22' Boire d'un trait. |1 23» K. Réjl. Se souffler, être soufflé.
1° Pousser l'air d'une façon quelconque. Ce soufflet est percé, il ne souffle plus. Annibal [à Cannes].... avait rangé ses troupes de sorte que le vent Vulturne, qui se lève dans un certain temps réglé, devait souffler directement contre le visage des Romains pendant le combat, et les inonder de poussière, rollin, Traité des Et. 3* part, i, Cannes. || Impersonnellement. Par un hasard assez singulier, il soufflait des vents opposés en Savoie et en Piémont, salssure, Voy. Alpes, t. v, p. U2. il Fig. Regarder de quel côté le vent souffle, observer les conjonctures. Je ne sais de quel côté le vent va souffler pour la philosophie, d'ai.emb. Lelt. à Voltaire, 9 juill. <704.1| Terme de l'Ecriture. L'esprit souffle où il veut, Dieu communique ses grâces à qui il lui plaît. || 2* Particulièrement. Faire du vent en poussant de l'air par la bouche. Sou/fler dans un instrument à vent. Trois fois en vain elle souffla Pour rendre vie à sa chandelle, SCAPR. Poésies div. Œuvr. t. vn, p. 290, dans pougens. D'abord avec son haleine II se réchaufl'e les doigts; Puis sur le mets qu'on lui donne. Délicat, il souffle aussi, la font. Fabl. v, 7. Le même soir où il [le chasseur] a juré, en soufflant dans ses doigts, de ne plus retourner à son poste glacé [chasse aux canards sauvages], il fait des projets pour le lendemain, bufp. Ois. t. xiii, p. 182. Qu'il lui faille en décembre Souffler, faute de bois, Dans <es doigts, BÉRANQ. Pet. h. gris. Ouvrir, comme disait un ancien, une grande bouche pour souffler dans une petite fliîte, J. j. rouss. Dict. de mus. Effet. Il Fig. Ne pas souffler, ne dire mot. On lui arrache [à Jésus] les cheveux et la barbe; il ne dit mot, il ne souffle pas, aoss. i" sermon, sur la Passion, 2. àrrive-t-il vers lui [l'hypocrite] un homme de bien et d'autorité, qui le verra et qui peut l'entendre, Qon-seulement il prie, mais il médite, il pousse des élans et des soupirs ; si l'homme de bien se retire, celui-ci, qui le voit partir, s'apaise et ne souffle pas, la bruï. iiii. Nous savons tout, et nous ne soufflons pas, j. ;. rouss. Ém. ui. || N'oser souffler, ne pas souffler, ne pas oser ouvrir la bouche pour se plaindre ou pour s'excuser. Je voudrais bien qu'elU eût soufflé devant moi, et qu'elle s'avisât de traverser ce que j'aurais résolu, HAUTEROCiiE, Crisp. médtc. i, 2. Quoi I parce qu'elle est demoiselle, il faut qu'elle ait la liberté de me faire ce qui lui plaît, sans que j'ose soufflerî mol. G. Dand. a, ». M. d'Épinay n'oserait souffler devant moi. M"' d'Épinay, Uém. t. i, p. 323, dans POUGENS. Il Ne pas souffler d'une chose, n'en rien dire. Elle me conta qu'en Danemark il y avait un priuce allemand qui s'enfonça une épingle dans le côlc, mais c'était dans une étrange occasion qu'il avait rencontré cette épingle : il n'en souffla pas, et deux mois après la gangrène s'y mit, sÉv. 2» août <080. La pauvre Warmestré vient d'accoucher tranquillement au milieu de la cour, sans que vous en ayez soufflé, hamilt. Gramm. 7. || Fig. il croit qu'il n'y a qu'à souffler et à remuer les <Ioigts, se dit d'un homme qui s'imagine qu'une chose est aisée, bien qu'elle soit difficile. || 3* Souffler sur, éteindre en soufflant. Souffle sur ton amour, ami, si tu me croi. Ainsi que pour m'étoindreelle a soufflé sur moi [c'est une lampe qui parle], A. cmén. Élégies, xixvu. || Fig. Souffler sur, détruire, faire disparaître. Qu'ils aient le courage de s'élever au-dessus de l'instant où ils vivent, ils verront de loin la postérité souffler sur ces nuages, et condamner à un mépris éternel ceux qui ont eu la honte de les rassembler, d'alemb. El. Bossuet, note il. Les reversent soufflé sur la fleur de son 4ge. masson, Uelvét. vi. L'âge a soufflé sur mes croyances, békano. F. /bJJetj. || Terme de l'Ecriture. Dieu a soufflé lur cette race impie et en a fait sécher la racine, il a détruit, exterminé celle 'ici. Vous souhaiteriez que l'orgueil des imr--^* tùi humilié, et que le Seigneur soufflât la. ce colosse de grandeur et de puissance qui les élève, MASS. Cartme, Mélanges. Le Seigneur a toujours soufflé sur les races orgueilleuses, id.
Pet. carême, Respect que les gr. doivent à la relig. Il Dans le même langage: Le Seigneur a soufflé sur l'amas de leurs richesses, et l'a ilissipé comme de la poussièie. Le Seigneur a soufflé sur ces superbes édifices et sur noire fortune, et l'a dissipée comme de la poussière, mass. Carême, Aumône. Il 4° Souffler sur, se dit aussi des sorciers qui se servaient de leur souffle comme d'un moyen d'enchantement. Tous les prétendus sorciers soufflaient et soufflent encore sur ceux qu'ils imaginent ensorceler, volt. Philos. Déf. Dolingbr. 38. Camille : Si le curé de voire paroisse soufflait sur un verre d'eau, et vous disait que c'est un verre de vin, le boiriez-vous comme tel? — Perdican : Non. — Camille : Si le curé de votre paroisse soufflait sur vous, et me disait que vous m'aimerez toute voire vie, aurais-je raison de le croireT A. DE Muss. On ne badine pas avec l'amour, ii, 5. Il Les fées ont soufflé sur lui, il a reçu de la fortune toute sorte d'avantages. J'embrasse le laborieux Grignan, le seigneur Corbeau, le présomptueux Adhémar et le fortuné Louis-Provence, sur qui tous les astrologues disent que les fées ont soufflé, SÉV. 106. Que dites-vous de ce mariage de la princesse de Conli, sur qui toutes les fées avaient soufflé? id. 7 juill. leso. || 5* Respirer avec peine, avec effort. U souffle après avoir chanté. L'attelage suait, soufflait, était rendu, la FONT. Fabl. VII, 9. Il On dit qu'un cheval souffle, quand il a de l'essoufflement. || Reprendre haleine. J'ai besoin de souffler un peu. Laissez souffler les chevaux. Je leur demanderais volontiers qu'au lieu de leur course impétueuse ils voulussent plusieurs fois reprendre haleine, souffler un peu, et laisser souffler leurs auditeurs, la bruy. xv. Il 6° Souffler aux oreilles de quelqu'un, lui parler souvent pour le gagner, pour le séduire. Les flatteurs lui soufflent sans cesse aux oreilles. Il 7° Terme rural. Se dit des taupes dans la saison où elles travaillent. || 8° Dans les moulins à poudre, lorsque les matières ne sont pas assez humectées dans les mortiers, elles en sortent en poussière sous les coups du pilon; on dit alors que le mortier ou la matière souffle. Aide-mémoire d'artillerie du général de Gassendi. \\ 9° Chercher la pierre philosophale; locution qui vient des fourneaux que les alchimistes entretenaient en soufflant. Bréanlé se maria médiocrement, et se ruina en plein; on prétendit que ce fut à souffler, st-sim. 212, m. Il 10° F. a. Faire du vent sur une chose. Souffler le feu. En le faisant détoner [le salpêtre], on le voit souffler son propre feu, comme le ferait un soufflet étranger, buff. Introd. à l'hist. des min. ("part. || Fig. Souffler le feu, l'incendie, exciter la dissension. Les jésuites et mainls autres ambitieux et brouillons soufflaient sans cesse le feu, st-sim. 423, 124. Les jésuites soufl'.ant secrètement l'incendie, les jansénistes criant avec fureur, le schisme paraissant près d'éclater, volt. Ilist. Pari. 66. Il Fig. et populairement. Il souffle des pois, il ronfle d'une manière très-bruyanle. Il soufflait des pois, ou faisait d'autres grimaces mortelles pour le statuaire, grimm, Corresp. t. i, p. 223. Il Souffler une chandelle, souffler sur la flamme d'une chandelle pour l'éteindre. || En un sens analogue. Et mon corps est encore si faible, qu'il ne faudrait que le souffler pourl'abattre, balz. liv.l, Ie(M 3. Il Souffler quelque chose, l'enlever en soufflant. La marge de l'in-quarto où je gratte un point jaune, je souffle un poil, je détache une paille, tSpfeh, Nouv. génev. Bibl. démon oncle, 2. Il 11» Terme d'artillerie. Souffler les canons, y brûler une petite quantité de poudre pour en faciliter le nettoyage. || 12° Souffler le verre, souffler l'émail, former du verre ou de l'émail, en soufflant avec la bouche dans un tuyau de fer pour la verrerie, et de verre pour l'émail, tuyau dont on trempe le bout dans la matière liquide. Je pensai que les anciens.... ignoraient l'art de le couler [le verre] pour en faire de grandes glaces, qu'ils n'avaient tout au plus que celui de le souffler et d'en faire des bouteilles et des vases, buff. Hist. min. Introd. Part. exp. Œuv. t. vu, p. l&2. Il 13° Souffler l'orgue, donner du vent aux tuyaux d'orgue par le moyen des soufflets. || Jouer en soufflant. Un marouffle. Mis à neuf, Joue et souffle, Comme un bœuf. Une marche De Lusarche, v. HUGO, Bail. 12. Il 14° Souffler un veau, un mouton, faire pénétrer de l'air entre la chair et la peau, afin d'en séparer celle-ci plus aisément. || Fig. Ce n'est pas tout d'agencer des paroles, Et de souffler de froides hyperboles, J. B. rouss. Eptt. i, 6. Note, style lapidaire n'est bon qu'à souffler des nains,
SOU
J. i. RODss. Ém. n. || 15° Terme de marine. Appliquer un soufflage à un navire (ce qui est en quelque sorte le souffler). ...Que le côté du vaisseau où on a employé du bois vert est beaiicoup plus léger que l'autre, qu'ainsi il ne peut pas bien porter la voile, et qu'on est obligé de le souffler ou de lui faire de grands radoubs, Corresp. de Colbert, m, », p. 306. J'armai à Rochefort l'Ambitieux; et, comme c'était un vaisseau neuf qui ne portait point du tout la voile, je me trouvai dans la nécessité de le faire souffler, Uém. de Villette, («92, dans ial. Il 16° Terme de chasse. Ce chien a soufflé le poil au lièvre, il a presque appuyé le museau dessus e* il l'a manqué. Il On dit aussi : Il lui soufflait au poil, il le suivait de très-près. || Fig. et familièrement. Souffler au poil de quelqu'un, le poursuivre de très-près. 11 faillit être pris, les gendarmes lui soufflaient au poil. |1 Terme de maréchalerie. La matière souffle aux poils, du pus apparaît sur la couronne, cela indique un décollement du sabot du cheval. || 17° Envoyer par le souffle. Vous savez tout ce que la fortune a soufflé sur la duchesse de Fontanges ; voici ce qu'elle lui garde.... sÉv. ("mai (680. 11 y a certaines choses.... sur quoi on se trouve disposé à souffler du bonheur, comme du temps des fées, id. 29 déc. (679. La discorde souffle dans tous les cœurs un venin mortel, fén. Tél. V. C'est moi qui souffle de la malice à l'un, de la présomption à l'autre, dancourt. Diable boit. Prol. Je te communique pour toute la soirée mes facultés et mes talents, et je te souffle une partie de mon esprit. — Marton : L'esprit du diable, m. les Fêles du cours, se. 3. Esprits contagieux, tyrans de cet empire, Qui soufflez dans nos murs la mort qu'on y respire, volt. Œdipe, i, 2. || Souffler le froid et le chaud, diriger son souffle de manière qu'à volonté il rafraîchisse ou réchauffe. Arrière ceux dont la bouche Souffle le chaud et le froid, LA font. Fabl. v, 7. || Fig. Souffler le froid et le chaud, parler pour et contre une chose ou une personne, être tour à tour d'avis contraires. Le président Talon alla en l'autre monde voir s'il est permis de souffler le froid et le chaud comme M. de Luxembourg le lui avait fait faire, st-sim. 65. (B7. Elle fait comme les traîtres, elle souffle le chaud et le froid en même temps, th. liclercq, Prov. t. IV, p. (2, dans pougens. || 18° Souffler quelque chose à l'oreille de quelqu'un, lui dire quelque chose tout bas. || Ne pas souffler mot, ne pas souffler un mot, ne rien dire. Je leur enjoindrai liien de ne vous pas souffler un mot de moi, ni à moi un mot de vous, dider. Lelt. à Mlle Voland, 28 août (708. André, si j'entends souffler un mot de cette aventure, je te chasse, picard. Collatéral, i, (6. Chevasse est un bon homme que je mène par le nez, et qui, la chose faite, ne soufflera mot, en. DE BERNARD, Un homme sérieux, xx. Il 19° Fig. Suggérer, inspirer. Ce n'est pas seulement prédire, c'est souffler la rébellion, que do parler de la sorte, boss. b* avert. ((. Qui vous a pu souffler une si folleaudace? boil. Sat. ix. Dans le fond de la Thrace un barbare enfanté Est venu dans ces lieux souffler la cruauté, bac. Esth. in, 4. Si un amour outré de la gloire les enivre [les princes], tout leur souffle la désolation et la guerre, mass. Pet. carême, Exemples. Astarté entre dans la grotte d'Eudore, et commence à lui souffler les pensées d'un amour purement humain, CUATEAUBR. Mart. XIV. Il 20° Souffler quelqu'un, lui dire tout bas, quand la mémoire lui manque, ce qu'ils doit répéter tout haut. U récita six fois le même vers, sans pouvoir trouver en sa mémoire celui qui devait suivre; pensant que je m'en souviendrais mieux que lui à cause que je l'avais ouï répéter, il me disait : comment est-ce qu'il y a après? Francien, souffle-moi, Francion, iv, p. (4(. Mais je ne sais pas lire. — Hé, l'on te soufflera, RAC. Plaid. II, (4. Il II se dit de la chose que l'on souffle. U y avait un théâtre où l'on jouait souvent des pièces ; on me chargea d'un rôle que j'étudiai six mois sans relâche, et qu'il fallut me souffler d'un bout à l'autre à la représentation, j. î. nouss. Conf. vu. Dans nos études, je lui soufflais la leçon, quand il hésitait, lo. ib. (. || Absolument. U souffle bien. Oh I prenez-le plus bas; Si vous soufflez si haut, l'on ne m'entendra pas, rac. Plaid, m, 3. Il Fig. Souffler quelqu'un, lui apprendre ce qu'il doit dire. Elle répèle sa leçon; mais, dans les circonstances où elle n'aura pas été soufflée, son génie n'y suppléera pas, u" du deffant, Lett. à H. WalpoU, t. ii, p. 32, dans pougens. il 21° Terme de jeu de dames. Souffler une dame, l'ôler à son adversaire, parce qu'il ne s'en est pa»
sou
sirvi pour prendre une aulre dame qui était en prise. Il On dit aussi : souffler le joueur même. Vous n'avez pas pris; je vous soulfle. || Absolument. Souffler n'est pas jouer, après avoir soufllé, on a le droit de jouer. || Fig. Il lui a soufflé le pion, il lui a enlevé une affaire qu'il croyait faire. H Fig. et familièrement. Souffler quelque chose à quelqu'un, le lui enlever, le lui dorober. Je pourrai bien tantôt lui souffler cette proie, mol. FEt. m, 6. Les affaires qui tenaient de l'important lui avaient été soufflées [à Pontchartrain] par d'Argenson, en qui le roi avait toute confiance, st-sim. 342 220. Au lieu de m'armer contre le Paris qui m'avait soufflé mon Hélène, je lui sus bon gré de m'en avoir défait, lesage. Cil Blas, i, <7. Le livre de Boulanger est très-rare ici; nous en avons fait venir par la poste deux ou trois exemplaires, qu'on nous a soufflés, dideb. Lett. à Uile Yoland, as juin. (762. Souffler une maîtresse à son ami, c'est une rouerie trop commune pour moi, a. de MUSSET, Capr. de ilar. n, 4. || Souffler une dépêche, ne pas la communiquer à celui qui devrait en avoir communication. L'abbé d'Estn'es commença à lui souffler quelques dépêches, st-sim. t3i, ton. Il Souffler un exploit, voy. exploit. || 22" Boire d'un trait. Il y > un Tigillin qui souffle ou qui jette en sable uii verre d'eau-de-vie, la bruï. xiii. Oh ! nous avons, ma foi, soufflé d'excellent jus, DANCOURT, Uétemps. m, 3. || Souffler la rôtie, s'est dit pour avaler un verre de vin. C'est moi qui soufflais la rôtie Et qui buvais plus d'hippocras, les Aventures de M. d'Assoxicy, ix. || 23° Se souffler, V. réfl. Être soufflé. Le verre se souffle. || Proverbe. On ne peut souffler et humer ensemble, on ne peut faire à la fois deux choses opposées.
— HiST. xii* s. Suflleradli espiriz de lui, e decurrunt les ewes, liber psalm. p. 229. Fous est qui le feu esteint sofle, benoît, v. I5ac2. ||xin» s. Li espirites de lui sofflera, et corront eves. Psautier, f"!??. Il soufloit les foux [feux] dudit fevre [forgeron] à alumer la forge. Miracles St Loys, p. 139. ||xiï*s. Ainsi besongnai sans séjour, Jusqu'à tant que je vy le jour ; Lors ma chandelle alay soufler, bruyant, dans Ménagier, t. il, p. 38. Li hom qui souffle contre vent, À ensient [escient] sa paine pert, J. de condé, t. m, p. (34. i; XV s. Le pouetc Virgilius, Es estoiles Tholomeus, Ypocras le phisicien. Do la mort n'est eschappez nulz; Souflez, nostre vie n'est rien, E. DESCii. Poés. mss. f- 444. Chascun parle de divers jeux jouer, De cliuer l'œil, de porter maie honte, El de la briche aux compaignons donner. Et de souffler le charbon.... id. ib. f°2lB. Il ne vault rien aujourd'hui qui ne souffle [ne mente, ne se vante], id. ib. f° 222. Quelque haut bien qui fusl en elle [une belle dame], Puisque une fols la mort l'a prise. Il en faut souffler la chandelle, Et en choisir une autre belle, G. chastelain, l'Oultré d'amour, t. vi, p. I42, œuvre», édit. de Bruxelles. Il XVI' s. C'est souffler de mesme bouche le chauld et le froid, mont, i, 249. Salomon n'a point escrit avoir en soufflant trouvé ce secret, langue, 476. Ce pauvre apientif estoit un que je conoissois, qui avoit soufflé en trois ans une belle maison sienne accompagnée de mille ou douze cens livres de rente, id. 480. Je pense qu'ils eussent soufflé en leurs doigts, car ilfaisoit grand froid, id. 62B. Le vent commençant à souffler à bon e.->ciant de devers les montaignes, amïot, Cam. 58. Disans que Hannibal, tant comme il eust vescu, estoit un feu pour l'empire romain, qui n'avoit besoing que de quelqu'un qui le soufflasl, id. Flam. 4». Jamais on n'en veit un qui suast, ne qui soufflast, encore que le premier choc eust esté fait en courant, id. Marius, 45. 11 se leva un petit vent du costé d'une belle prairie, qui leur souffla grande quantité de fleurs, id. Sylla, 68. Il leur estoit défendu qu'ilz n'eussent es assemblées aucuns protecoUes pour leur souffler aux oreilles les noms des particuliers citoyens, id. Cat. d'Utiq. 14. Il luy souffloit tous les jours aux oreilles, que.... id. Ârtax. 41. Mieux vaultsoufler que brusler, génin, Récr. t. 11, p. 244.
— ÊTVM. Bourguig. so/yia>; wallon, so/îé ; provenç. sofftar, sufflar ; espagn. soplar; portiig. soprar; ital. soffiare; du lat. sufflare, de sub, sous, et /lare, souffler, de même radical que l'anglais to blovo, souffler, et l'ail, blasen.
SOUFFLERIE (sou-fle-rie), s. f.\H' Ensemble des soufflets de l'orgue. {|2' Se dit aussi des soufflets d'une fabrique, d'une forge, d'une usine. 118" Iji recherche de la pierre pbilosophale à l'aide des creusets et fourneaux. Adiea les alambic», les creusets, les fourneaux et le noir attirail
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de la soufflerie, iiamilt. Gramm, lu. Il lui était resté [tt Hréauté] de sa soufflerie des remèdes qu'il faisait lui-même, st-sim. 212, m. || 4* En chapellerie, synonyme de soufflage.
— lllST. XVI* s. Ceux qui font profession, par souffleries continuelles, do vouloir faire enfanter à leurs fourneaux de grands thresors, lanoue, 458. On leur cria [aux ménestrels] : soufflez toujours.... leur soufflerie no peut pourtant empescher.... BouciiET, Serées, i, p. (88, dans lacurne.
— f.TVM. Souffler.
SOUFFLET (sou-fle; le t ne so lie pas; au plur. \'i se ^ie : des sou-flè-z élégants ; soufflets rime avec traits, succès, paix, etc.), ». m. || 1" Instrument qui sert à souffler. Un soufflet de forge, de cheminée, d'orgues. Un soufflet d'abattoir. L'âme d'un soufflet. Un soufflet gonfle l'animal expiré, et lui donne une forme hideuse, mehg. Tabl. de Par. 42. Il Soufflet à deux vents, à double vent, à double âme, soufflet dont une partie aspire l'air, pendant que l'autre le chasse, de sorte qu'il souffle sans interruption. IlSeditaussides diverses machines soufflantes employées dans les fabriques, les hauts fourneaux, les usines, etc. || Cela ne vaut pas un clou à soufflet, voy. clou. || 2" Dessus d'une calèche, d'un cabrioîrt qui se replie en forme de soufflet. Cabriolet à soufflet ou à capote. Ouvrir, fermer le soufflet. Il On dit semblablement : casquette, valise, malle en soufflet. || 3" Ancienne espèce de voiture à deux roues, fort légère, où il n'y avait place que pour une ou deux personnes, dont le dessus et le devant, étant de cuir ou de tuile cirée, se levaient et se repliaient comme un soufflet dans le beau temps, et s'abaissaient et s'étendaient pendant la pluie. Sa Majesté se porta bien.... à un peu de rhume près gagné à une chasse où le roi fut mouillé de la pluie qui avait coulé par le dossier de son soufflet, Journ. de la santé du roi, p. 299. Il 4° Coup du plat de la main ou du revers de la main sur la joue. D. Diègue : Viens me venger. — Rodrigue : De quoi? — D. Diègue : D'un affront si cruel Qu'à l'honneur de tous deux il porte un coup mortel, D'un soufflet, corn. Cid, I, 8. Je t'appliquerai sur la joue le plus grand soufflet qui se soit jamais donné, mol. Bourg, gent. m, 2. Seigneur, j'ai reçu un soufflet; vous savez ce que c'est qu'un soufflet, lorsqu'il se donne à main ouverte sur le beau milieu de la joue ; j'ai ce soufflet fort sur le cœur, id. Sicil. se. n. Le soufflet est très-injurieux, et rien ne peut déshonorer davantage un honnête homme, le maître, Plaidoyer 26. J'aimerais mieux recevoir un soufflet ou un coup de poing de vous, comme cela m'était assez ordinaire, bac. Lett. à Mlle Yilart, 20 déc. )66<. Un soufflet devintuno injure qui devait être lavée par le sang, parce qu'un homme qui l'avait reçu avait été traité comme un vilain, monteso. Esp. ixviu, 20. Ce chapelier qui présentait sa requête à un duc et pair pour être payé de ses fournitures : Est-ce que vous n'avez rien reçu, mon ami, sur votre partie? Je vous demande pardon, monseigneur; j'ai reçu un soufflet de monseigneur votre intendant, volt. Dial. xxiv, 6. Le grand Condé s'oublia jusqu'à donner un soufflet au comte de
Rieux le comte de Rieux rendit le soufflet au
vainqueur de Rocroi, de Fribourg, de Nordlingue et de Lens; cette étrange aventure ne produisit rien, id. toui» XIV, b. Réflexion faite, lui dit-il, ce n'est pas un soufflet, c'est un coup de poing que vous m'avez donné, CH. de Bernard, la Peau du lion, XII. Il Kig. Donner un soufflet à Vaugela», faire une faute grossière contre la langue française Il On a dit autrefois dans le même sens : Donner un soufflet à Ronsard. || Fig. Donner un soufflet au bon droit, au sens commun, faire ou dire une chose contraire au bon droit, au sens commun. Et qu'une faible pointe à la fin d'un couplet En dépit de Phébus donne à l'art un soufflet, conN. Excuses à Ariste. Il n'y a pas un de ces gens-là qui, pour la moindre chose, ne soit capable de donner un soufflet au meilleur droit du monde, mol. fourb. II, 8. Il Autrefois, il a donné un soufflet au roi, il a fait de la fausse monnaie. || Donner un soufflet à quelqu'un âur la joue d'un autre, diriger contre l'un le blâme que l'on adresse à l'autre. Le critique imprudent, qui se croit bien habile, Donnera sur ma joue un soufflet à Virgile, A.CHÉN. Épit. II. Il 5' Petit soufflet, petit coup sur la joue qui est quelquefois ou une caresse ou une marque de familiarité. A l'autre, d'un air et d'un ton plus amical : Bonjour, abbé, en lui donnant parfois un petit soufflet sur la joue, marmontel, Mém. iv. IIL'évêquc donne lU petit soufflet à ceux qu'il
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confirme. || Jouer aux petits soufflets, jeu d'enfantt où l'on s'amuse à se donner de petits soufflets. U y a entre eux (le duc d'Enghien et Mme de Brissac] un air de guerre ou de mauvaise paix q[ui nous réjouit; nous trouvâmes qu'ils jouaient aux petits soufflets, comme vous y jouiez autrefois avec lui, sÉv. 3 avr. U7«.||6' Fig. et familièrement. Dcgoiit, mortification. U a reçu un rude soufflet. On dit que les vieillards sont durs; j'ai le malheur d'être sensible, comme si j'avais vingt ans ; le soufflet donné à Laharpe et à notre Académie est tout chaud sur ma joue, volt. Lelt. d'Àrgental, it oct. ^^^^. || ?• Terme de relieur. Sorte de godet que présente la peau. Ce papier se décolle souvent, soit en dedans, soit en dehors, par le seul effet de la fraîcheur que lui communique la peau, et celle-ci présente de.t soufflets le long des mords, lesné, la Reliure, p. tC2. \\ 8' Pois^ son de la mer du Sud.
— HIST. XIII* s. Le souflet i soufler le leu ; Pot de cuivre tient bien son lieu, Choses qui faillent en ménage. N'est nus si os [nul si osé] ki laicns entre. N'ait d'un souflet parmi le ventre, J/». de poés. franc, av. 430o, t. iv, t° 4337. ||xiv* s. Cinq soufflets neufs, les aucuns ouvrez de taille [c'est-à-dire sculptés], DE LAD0HDK,i?mc»uj;, p. 502. Le dyafregme est ung instrument qui sert au cuer ainsy comme les souffles des fevres qui reçoivent l'air en ouvrant et en cloant, lanfranc, f* 32. || iv* s. Il donna audit homme deux souffletz bien assis, du cance, sylvaticxLS. M'ont mainte fois assigné au souflet Los generaulx [ne m'ont pas payé].... E. desch. Poés. mss. f" 310. Pour donner à Dago, le foui, en recompense de soufflets qui luy furent baillés en sa présence [du duo de Bretagne], un escu neuf, DE laborde. Émaux, p. 602. Et quant il vint près, il sentit un soufflet de vent si chault, qu'il luy estoit advis que ce fus t feu, Lanceiotdu Lac, t. m, f" (12, dans lacurne. || xvi* s. Le feu fut mis par artifice en trois tours, où les Vénitiens mettoicnt principalement leurs poudres; de ce soufflet toutes les portes etfenestres de la ville de Venise furent ouvertes, et le couvent des Celestins ruiné, d'aub. hist. 1,342. Nul ne vouloit porter la mèche à cette petite traînée, craignant le soufflet du gros, m. 16. II, 150. Le feu estoit mort au foier de son cœur, et tous ces soufflets [ces attaques] n'en faisoientvoUer que de la cendre, id. ib. n, 439. Vous battez le soufflet, vous serez mal chauffe, oudin, Curios. franc.
— ÉTVM.Sou/'/ler (proprement, petit souffle); wal Ion, softet; bourg, sùflai. L'instrument à soufflera été dit de souflle; quant au coup sur la joue, la transition est le bruit produit sur la joue qui recouvre une cavité vide. C'est ainsi que l'ancien mot buffet, coup sur la joue, se rattache à bouffer.
SOUFFLETADE (sou-fle-U-d' ), ». /. Soufflets donnés coup sur coup. Il n'avait ouvert la bouche que pour dire les quatre malheureux mots qui lui attirèrent cette grêle de souffletade, scarr. Rom. com. II, 17.
— f.TYM. Souffleter.
SOUFFLETÉ, ÉE (sou-fle-té, tée), part, passé de souffleter. Deux servantes, déjà largement souffletées, Avaient à coups de pied descendu les montées, boil. Sat. x. \\ Substantivement. Un souffleté vaut bien un mort, scarr. Jodelet, iv, ».
SOUFFLETER {sou-fle-té. Le t se double quand la syllabe qui suit est muette: il soufflette, il soufflettera), 1;. a. Il 1" Donner un soufflet à quelqu'un. Ainsi je crois, monsieur, qu'un soufflet qui se donne D'une main attachée à choisir la personne. Offense beaucoup plus que quand le souffletant S'emporte à souffleter sans connaître hauteboche, \obles de province, iv, 5. Elle avait au bout de ses manches Une paire de mains si blanches. Que je voudrais en vérité En avoir été souffleté, scarr. Poés. div. Œuvr. t. vn, p. «39, dans pougens. On le veut lier [Jésus], il présente les mains; on le veut souffleter, il tend les joues, boss. i" sermon sur la passion, 11. Depuis la veille du dimanche des Rameaux jusqu'à la sccunde fête de Pâques, il était permis dans la ville de Béziers de souffleter tous les juifs qu'on rencontrait, saint-foix, Ess. Paris, Œuvr. t. v, p. S70, dans pougens. Il Absolument. Et moi, je no crois pas Qu'il soit digne du peuple en qui Dieu se reflète De joindre au bras qui tue une main qui soufflette, v. hugo. Voix, u. Il 2* Fig. Faire insulte à. Souffleter le bon sens, la raison.
— HiST. xvi* s. Callicles, en Platon, dit l'extrémité de la philosophie estre dommageable... qu'elle rend un homme sauvage et vicieux... propre à estre impunécment soufflette, mont, i, 2ï5. Or comme
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un feu qui aux buissons se prend, Puis soufleté par les vents se respand De tous costez trouvant pasture preste, rons. 740.
— ÊTYM. Soufflet. Ronsard l'a pris au sens propre de souffler.
SOUFFLEUR, EUSE (sou-fleur, fleû-?.*), J. m. et^. Il 1° Celui, celle qui lance un souffle. Mais un veut peut-être de bise. Ou quelque autre rude souffleur. Fit à Héro par grand malheur Lever un pan de sa chemise, scarr. Poés. dit). Œuvr. t. vu, p. 200, dans pouGENS. || Nom que les mineurs donnent à des jets de gaz hydrogène carboné, qui s'échappent avec abondance par une petite ouverture. || 2° Il se dit quelquefois de celui qui souffle continuellement le feu. Voilà un importun souffleur. || 3" Souffleur d'orgues, celui qui fait mouvoir les soufflets de l'orgue. Je suis et nous sommes tous comme Je souffleur de l'orgue qui disait : aujourd'hui nous avons été sublimes, «iderot, Lelt. à Fakonet, févr. 1766. Il 4' Ouvrier qui souffle les ouvrages de verre. ||B° Celui, celle qui SMjufflo, qui respire. Un souffleur fatigant. || Adj. Cheval souffleur, celui qui souffle eitraordinairenientcn courant, sans cependant avoir le flanc agité comme dans la pousse. Il 6" Terme d'histoire naturelle. Mammifère de l'ordre des cétacés et du genre dauphin. Les souffleurs vont ordinairement par bandes. || Il se dit quelquefois des mammifères cétacés en général, parce qu'ils font jaillir, en soufflant, l'eau de leurs narines. 1| 7° Nom donné aux alchimistes qui, en soufflant dans leurs fourneaux, espéraient trouver la pierre philosophale. Charlatans, faiseurs d'horoscope. Quittez les cours des princes de l'Europe ; Emmenez avec vous les souffleurs tout d'un temps, la fomt. Fabl. ii, ( 3. Voici quelque soufneur,de ces gens qui n'ont rien. Et nous viennent toujours promettre tant de bien, mol. /•'(îch.m, 3. Il ne s'en est fallu qu'un degré de chaleur Pour être de mon temps le plus heureux souffleur, regnard. Fol. amour, i, 5. || Fig. Il y a toujours eu des alchimistes et des souffleurs qui ont distillé les choses humaines; qui ont donné plus de liberté qu'ils ne devaient à leurs conjectures et à leurs soupçons, BALZ. De la cour, 3* dise. || 8° Celui qui dit tout bas à une personne parlant en public les mots qu'elle ne retrouve pas dans sa mémoire. Il Souffleur de canevas, se disait de celui qui soufflait à un juge ignorant le prononcé qu'il devait faire, furetière, Rom. bourg, liv. ii, p. 82, dans lacurne). Voilà comme, de simples souffleurs et consultés à pure volonté, ces légistes devinrent juges, ST-siM. 373, 202. || Celui qui, dans un théâtre, est chargé de secourir la mémoire des acteurs. Je vous préviens d'avance que, depuis le père noble jusqu'au souffleur, tout sera de fantaisie, C. DELAV. les Coméd. Prologue. \\ 9° Terme de construction. Aide-appareilleur, chargé de surveiller le transport et la pose des pierres.
— HiST. XIV* s. Laissez fourneaux, vaisseaux divers De ces souffleurs fauli et pervers, Nat. à l'alch. 4054. Et dient en moquois souvent. Qu'il «ont soufleur contre le vent, Chastel. de Couci, v. 29. Il XV* s. Là ne voit on sens, raison ne mesure, C'est de dancier au son des chalemiaux ; Car un soufleur qui commence à soufler En une piau cornant la turlulure. Fait entour lui mainte gent assembler, E. DESCH. Poésies mss. p. 240 || xvi* s.. ..Ce que les soufleurs courans [alchimistes] observent diligemment, pour mieux faire valoir la marchandise, LANOUE, 4&9. Messieurs, quand je cuide sonner un «anctus, le souffleur souffle un gloria in excelsis. Contes d'Eulrap. ch. x, f* 49, dans pougens. Souffleuses sont les choses qui ne veulent recevoir les fontes de métaux, comme terre, sable, qui retiennent l'air enclos, lequel empesche que les métaux ne prennent nettement la forme des choses qui sont mises dedans, palissy, 380.
— ÊTYM. Souffler.
t SOUFFLON (sou-flon), t. m. Cocon de soie d'une tissure si lâche qu'il est transparent.
— ÊTYM. Souffler.
SOUFFLURE (sou-flu-r'), I. f. \\ 1* Terme de métallurgie. Cavités qui se forment, en certains cas, dans l'épaisseur d'un ouvrage de fonte ou de verre, par l'action de gaz, pendant la solidification. Ces coins étaient faits avec de l'acier mal travaillé: car on voit, dans le champ des médailles, des inégalités et des soufflures qui prouvent sa mauvaise qualité et la grossièreté de sa préparation, HONGEZ, Instit. Uém. Acad. intcr. t. ix, p. 204. Il Cavité qui se forme dans le plomb lors de sa fonte en table. || Se dit aussi en parlant du cuivre fondu. Il i* Renflement occasionné par l'air qui n'a
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pu s'échapper de la matière en fusion. On trouve assez souvent, dans ces pierres, des vides occasionnés par des soufflures, blff. Jfin. t. vin, p. <4l.
— ÉTVM. Souffler.
t SOUFFRABLE {sou-fra-bl"), adj. Néologisme. Qui peut être souffert, qui doit être souffert. Je passai ces huit jours dans un supplice que le plaisir d'obéir à Mme Dupin pouvait seul me rendre soulTrable, j. j. rouss. Conf. vu. 11 n'y avait pas un seul coin dans la maison soufTiabie pour un honnête homme, ID. tb.
SOUFFRANCE (sou-fran-s'), t. f. || 1" Terme de jurisprudence. Tolérance pour certaines ehoses qu'on pourrait empêcher (le sons propre de souffrir étant porter, soutenir). Cette vue est une souffrance. Un jour de soufl'rancc. || 2° Terme do comptabilité. Suspension dans l'allocalion ou le rejetd'une dépense portée en compte sans pièces à l'appui. Cet article est en souffrance. Tenir une partie en soufi"rance. Il 3° Par extension, tout retard préjudiciable dans la conclusion d'une an"aire. Cet homme laisse toulcs ses an"oircs en souffrance. Ce procès met mon commerce en souffrance. Il 4° Terme de féodalité. Surséance, délai que le seigneur accordait en certains cas à son nouveau vassal, pour faire foi et hommage. || 5° Etat de celui qui soufl're (celui qui souffre portant, supportant le mal). La soufi'rance aux personnes de ce rang tient lieu d'une grande vertu, retz, ilém. t. I, liv. Il, p. 9.3, dans pol'Of.ns. Il [Jésus- Christ] a soufl'ert et est mort pour sanctifier la mort et les souffrances, pasc. Lctt. sur la mort de son père. Ainsi parmi les souffrances et dans les approches de la mort s'épure comme dans un feu l'àme chrétienne, Boss. le Tellier. Dieu, qui sait que les plus fortes vertus naissent parmi les souffrances, l'a fondée [l'Église] par le martyre, cl l'a tenue durant trois cents ans dans cet état, id. Ilist. n, 7. Le néant seul, hélas! ignore la souffrance, DELiLLE, Parad. perdu, x. En présence de cette nature immuable, faut-il donc avoir tant de peur des souffrances que le temps entraîne avec lui? stael, Corinne, ïi, 4. Dans notre siècle, que quelques découvertes encouragent à tout expliquer, ceux-là [les officiers des armes savantes], au milieu des souffrances aiguës que leur apportait le vent du nord [dans la campagne de Russie], cherchaient la cause de sa constante direction, ségur, Hist. de Nap. XI, (I. Il Action de souffrir. La souffrance du mal. Il II se dit des peines de l'amour. Il pria sa maîtresse d'avoir pitié de ses souffrances, hamilt. Gramm. 4. || Armée de souffrance, nom que prenait la bande des nu-pieds, <639, en Normandie. Il 6° Dans le langage de la physiologie, toute sensation pénible, qu'elle soit bornée à un simple malaise, ou qu'elle s'élève jusqu'àl'étatde douleur.
— IIIST. XII* s. Je l'ai mis en sufrance [j'ai passé par-dessus, je n'en ai tenu compte], que nel fis amender, Th. le mart. 72. || xm' s. Apriès li vesti on la tunique qui doit ieslre vers, en la quele on list l'epislolc, qui senefie soufrance, Chr. deRains, 104. Granz vertu est souffrance [patience], Ass. de Jérus. I, (03. Il XV* s. Durant les trêves ou abstinences et souffrances de guerre, du cange, abslinentia. Le duc leur accorda [la trêve], et mit en souffrance [fit cesser] tous assauts, fhoiss. i, i, hb. Au jugement, n'eut nulle dilation de souffrance, ne de mercy, id. i, i, 60. Et ainsi gaigna Fabius par sa saige souffrance, et Minutius perdit par sa folle hastiveté, Bouciq. Vf, 4.||xvi*s. Les péchez ne se font pas seulement par la permission ou soufl^rance [tolérance] de Dieu.... Calvin, Instit. 226. Cette fable de Jupiter et Juno eshontée au delà de toute souffrance, mont, m, 331. Pour mesurer la constance, il fault nécessairement sçavoir la souffrance, id. iv, (02. Le seigneur n'est tenu recevoir l'hommage de son vassal par procureur; mais, s'il a excuse légitime, lui donnera souffrance, LOYSEL, 668. Estrivant à l'encontre des privez soudards en simplicité de vivre et en souffrance de labeur, amvot, Marius, io. Ne pourra estre continuée la soufl'rance ou supercession d'une partie employée dans divers comptes de diverses clostures sous mesme nom ; ains sera la souffrance convertie en supercession, et la supercession en radiation, Édit, août 1698.
— ETYM.SouflVant; wallon, sofrants ; bourguig. sôffrance; prov. sufrensa , sufransa ; ital. sofferenxa.
SOUFFRANT, ANTE (sou-fran , fran-t'), adj. Il 1° Qui endure, patient. Il n'est pas d'une humeur souffrante. Le Dieu que nous adorons n'est pas le Dieu des marcionitc», un Dieu qui ne punit pas, souffrant jusqu'au mépris, et indulgent jusqu'à
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la faiblesse, boss. 4* serm. i*' iim. de car. ».
Il 2* Qui souffre, qui éprouve delà douleur. Je suis tout souffrant aujourd'hui. Ayez pitié des êtres souffrants. Qui êtes-vous, dira-t-il, vous qui me faites cette question? ignorez-vous que le nom de chrétien signifie un homme souffrant? BOss. /'anég. de saint Franc. d'Ass. 2. || L'Église souffrante, les âmes qui sont dans le purgatoire. L'Église triomphante, l'Eglise militante, et l'Eglise souffrante. Il La partie souffrante, la partie du corps affectée et malade. || Fig. Cet homme est la partie souffrante de la compagnie, de la société, c'est sur lui que tombe la perte, le dommage, la raillerie. Il 3" Qui exprime la souffrance. Un air souffrant. Et son supplice encor [de Laocoon], objet de nos douleurs. Sur un marbre souffrant nous fait verser des pleurs, DELILLE, Trots rêg. vu.
— IIIST. xiii* s. Bon cevaliersest et provés, Soufrans et fors et adurés, Partonop. v. 2761. X tels croisés sera Dieux trop soffrans. Se ne s'en venge à peu de dcmeurance, quesnes. Romancero, p. 97. La quarte vertu [du bailli] si est qu'il soit soufrans et escoutans, sans li courroucier ne mouvoir de riens, bealm. i, 6. || xv*s. Anglois sont hastifset orgueilleux sur les champs, Portingallois chauds et bouillans et tantost entrepris de paroles; ni ils ne sont pas trop souffrans, froiss. u, m, 60.
— ÊTYM. Souffrir.
t SOUFFRE BONHEUR (sou-fre-bo-neur), s. m. .Se dit, par imitation plaisante de soun"re-douleur, de celui qui est exposé à souffrir le bonheur. Non, Raymond, épouser une femme jolie. Douce, honnête, est, bien sûr, une grande folie; Pourtant je veux la faire, aimant mieux, pour choisir. Être un souffre-bonheur qu'être un souffie-plaisir, paille- RON, le Dernier quartier, i, 7.
SOUFFRE-DOULEUR (sou-fre-dou-leur), s. m.
Il 1" Personne qu'on n'épargne point, et qu'on e»pose à toutes sortes de fatigues. C'est le souffredouleur de la maison. ]| 2" Personne qui est le but des plaisanteries et de la malice des autres. Ohl oh! tu m'avais pris pour un soufl're-douleur, hau- TEROciiE, ffobles de province, ii, 3. U me paraît que chacun a son souffre-douleur, volt. Lett. Richelieu, 25 mai 1772. Il Au fém. C'est une souffredouleur. La pauvre petite souffre-douleur laissa faire l'enfant gâté, mibab. te((. orig. t. m, p. 306. Il 3° Familièrement. Bête de somme ou objet qu'on sacrifie à toutes sortes d'usages. Je mets cet habit quand le temps est mauvais; c'est le souffre-douleur. Il Au plur. Des souffre-douleur.
— ÉTVM. Souffrir, douleur.
SOUFFRETEUX, ÉUSE (sou-fre-teii, teû-z'), adj.
Il 1" Terme familier. Qui est dans le besoin, qui manque des choses nécessaires. Ils languiront toute leur vie, pauvres, souffreteux, méprisés, patro,
Plaid.i. Il Absolument un pauvre souffreteux....
Se plaint là-bas, la font. Orais. Quand ma personne fut affichée par mes écrits, je devins dès lors le bureau général d'adresse de tous les souffreteux ou soi-disant tels, j. J. houss. Prom. 6. || 2* Par abus, et comme si souffreteux venait de souffrir. Qui est momentanément souffrant, qui éprouve quelque douleur, quelque malaise. U est tout souffreteux. La blanche et souffreteuse Amélie, couchée sur l'herbe, ressemblait à un narcisse abattu par l'orage, chatealbr. tiatch. 2* partie, vers U milieu.
— HIST. xn* s. Ne pur el [ni pour autre chose] ne fist l'um le nostre ordre establir. Fors pur les suffraitus aidier et sostenir. Th. le mart. 96. Dont fu ma mère soufraitouse d'amis? Raoul de C. 67. Il XIII* s. Tu es retraianz le soffretous des mains
as plus forz de lui. Psautier, f* 42 Si vien avec
nos. Tu ne seras ja sofretos De rien dont te puisson aidier, Ren. 13268. Dès le tens de s'cnfance fu le roy piteux des poures et des souffraiteus, joint. 297. ||iiv* s. Et le souffreteux dit que [félicité] c'est avoir richesse, oresme, Éth. nn. ||xv* s. Assailli m'a vieillesse soufraiteuse, e. desch. Femmes et enfants. || xvi* s. Il, 'Sentoit son armée fort affoiblie et souffreteuse de toutes choses, amtot, Anton. 66. Les gens souffreteux et de basse estoffe estoient toujours les aulheurs et exécuteurs de telles factions et séditions, froumenteau. Finances, 3* livre, p. 4(8.
— ÊTYM. L'anc. substantif soufraite ou, moins bien, soufrete, qui signifiait disette, manque (ivi* s. Maints bons esprits passent soufrete, avivent de lard et de pain bis, eustorob de BEAtnJKU, Ballade). En Normandie, on dit : faire sa souffrette d'une chose, prendre son parti de l'avoir perdue; c'est aussi le sens propre de souffreteux. Soufraite ne
sou
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vient point de souffrir, il vient du latin fictif tuffractus, brisé, de sub, sous, et frangere, briser; cela est surabondamment prouvé par la forme provençale sufracha, sofracha.
SOUKKUIB (sou-frir), je souffre, tu souffres, il souffre, nous souffrons, vous souffrez, ils souffrent; je souffrais; je souffris; je souffrirai ; je souffrirais; soulîre, souffrons, souffrez; que je souffre, que nous souffrions, que vous souffriez ; que je souffrisse; souffrant; souffert, v. o. || 1" Le sens étymologique et propre est supporter; il se divise en deux acceptions : résister à qucl(|ue chose de fàchcui, do pénible ; endurer. |{ Késistcr à. 11 ne saurait soufl'rir le soleil, le serein. C'est une place qui ne peut souffrir un siège. Cet homme ne peut souffrir la mer. Je ne comprends pas comme M. de Grignan peut aller dans un pays [les montagnes du Dauptilné] dont les ours ne peuvent souffrir la demeure, sÉv. » mars (089. Accoutumés à demeurer dans des maisons commodes, à vivre dans l'abondance et dans l'oisiveté, ils ne pouvaient plus souffrir la faim, la soif, les longues marches, les veilles, ni les autres travaux de la guerre, rollin, JHst. anc. Œuv. t. I, p. 445, dans pougens. || Souffrir un assaut, soutenir un assaut. || Terme do manège. Souffrir l'éperon, se ditd'un cheval qui n'est pas sensible à l'éperon. || Souffrir l'étalon, se dit de la jument quand elle est bien en chaleur. || Endurer. Souffrir la prison avec fermeté. Souffrir patiemment la mauvaise fortune. Et j'aurais cette injure impunément soufferte! hoir. Tencesl. n, ). Non, je ne puis souffrir cette lâche méthode Qu'affectent la plupart de vos gens à la mode, mol. Mis. I, i. Moi qui ne puis pas souffrir la vue ni l'imagina-
«n d'un précipice, sÉv. 9 mars (089. Représentezvous un homme né dans les richesses et qui les a dissipées ; il ne peut souffrir sa pauvreté, Boss. la Yallière. L'imagination ne peut souffrir les vérités abstraites et extraordinaires : elle les regarde, ou comme des spectres qui lui font peur, ou comme des fanlAmes dont elle se moque, malebr. Rech. ver. éclaire, liv. i, t. iv, p. 07, dans pougens. [Elle] .... souffre des affronts que no soufTrirait pas L'hôtesse d'une auberge à dix sous par repas, boil. Sat. X. Ah! je ne puis, Albine, en soufTnr la pensée, BAC. Brit. m, 4. Amilcar, surnommé Barca, souffrait avec peine le dernier traité que le malheur des temps avait forcé les Carthaginois d'accepter, ROLUN, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 309, dans POUGENS. Ceux qui souffraient la servitude, et ceux qui, par leurs intérêts particuliers, cherchaient à la faire souffrir, montesq. Rom. i. Il Ne pouvoir souffrir une personne, une chose, avoir de l'aversion pour cette personne, cette chose. M. de Lamoignon ne pouvait souffrir ces hommes chargés des affaires du public et des particuliers, qui se regardent comme invisibles, fléch. Lamoignon. Je sens qu'il m'ennuie à mourir; Je l'estime beaucoup et ne puis le souffrir, destouch. Glorieux, ii, 4. Il a commencé parétablirquejene pouvais pas le souffrir, MARiv. le Legs, se. 23. 11 m'est impossible d'aimer Héraclius [de Corneille], je vous l'avoue; Je crois vous avoir cité Mme du Châtelet, qui ne pouvait souffrir celte pièce, dans laquelle il n'y a pas un sentiment qui soit vrai, volt. Lelt. cTArgental, 23 sept. (76). || Je ne puis souffrir que cela se fasse, il m'est désagréable que cela se fasse. Chavigni, qui était rentré dans le cabinet, son unique élément, et qui y était rentré parle moyen de M. le Prince, ne pouvait souffrir qu'il l'abandonnit; et il pouvait encore moins souffrir qu'il se tint en bonne intelligence avec Mazarin qui était l'objet de son horreur, retz, llém. t. n, liv. m, p. 403, dans pougens. Mais je ne puis souffrir qu'un espritde travers.... Se donne en te louantune gêne inutile, non. Disc, ou roi. || 2° Ne pas se détériorer, en parlant des choses. Le poisson non salé ne pouvait souffrir le transport au delà do trente i quarante hejres, merc. Tabl. de Par. 34. || 3* Tolérer, ne pas empêcher. Ce n'est pas qu'un emploi ne doive être souffert, la font. Fabl. xn, 27. On pourrait aucunement Souffrir ce défaut aux hommes, ID. ib. II, (. Je souffre bien que tu le sois [Sosie], Souffre aussi que je le puisse être, mol. Amph. m, 7. Mme la Dauphine ne souffrait pas qu'on touchât aux oints du Seigneur, fléch. Dauphine. Jusqu'à quand souffre-t-on que ce peuple respire? rac. Esth. n, (. On n'y souffre ni meubles précieux, ni habits magnifiques, ni festins délicieux, ni palais dorés, fén. Tél. v. Charles II n'avait bien voulu souffrir qu'on le fît catholique sur la fin de sa vie, que par complaisance pour ses maîtresses et pour son frère, volt. Louis 11 V,
<4. On Tient d'imprimer dans an journal l'article Femme, qu'on tourne horriblement en ridicule; je ne peux pas croire que vous ayez souffert un tel article dans un ouvrage sérieux [l'Encyclopédie], ID. Lell. d'Alemb. «3 nov. (759. Il faut souffrir ce qu'on ne peut empêcher, beaumarch. Uar. de Eig. IV, 8. Il SoufTrir quelqu'un, le tolérer, le laisser faire ceci ou cela. Bien plus, on ne vous souffre ici que ce seul jour, corn. Nicom. ni, 4. L'ordre de l'empereur n'admet ici personne. Et ma commission n'y souflre que vous deux, rotr. Bélis. m, 2. Et l'Académie, entre nous. Souffrant chez soi de grands fous.... boil. Épig. xxv. Aux bords que j'habitais je n'ai pu vous souffrir, rac. Phèdre, ii, 5. Vos sentiments sont avoués de votre père, et vous pouvez souffrir à vos genoux un homme que vous allez épouser, MARIV. Scrm.i'ndiscr. IV, 5. || Souffrir se dit pour laisser, avec un nom de personne pour régime direct et un verbe à l'infinitif. En Europe, où lesroissontd'unehumeur civile. Je ne leur rase point de château ni de ville; Je les souffre régner, CORN. l'Illus. corn. II, 2. 11 y avait des diacres continuellement appliqués à prendre garde que chacun fut attentif, et à ne souffrir personne sommeiller, rire, parler à l'oreille, ou faire quelque signe à un autre, fleury, Mœurs des chrétiens, xl. Il 4* Permettre. Souffrez que votre fille embrasse vos genoux, corn. Poly. ni, 3. Je ne vous puis souffrir de dire une sottise, iD. Suite du Ment, m, 2. Jusques.... à lui souffrir, en cervelle troublée, De courir tous les bals et les lieux d'assemblée, MOL. Êc. des mar. I, 2. Le père Lemoine a apporté une modération à cette permission générale [donnée aux femmes par les casuistes de se parer]; car il ne le veut point du tout souffrir aux vieilles, PASC. Prov. IX. Vous êtes obligés do leur souffrir [à vos domestiques] ce que vous ne voulez pas vous interdire; il faut fermer les yeux à des désordres que vous autorisez par vos mœurs, MASS. Petit carême, Vie. vert, des grands. S'il en est ainsi, rendez-moi ma montre; jene souffrirai pas.... — Copp : Ah I vousnesoufTrirez pas.... vous le prenez avec moi sur un singulier ton, a. duval, Jeun, de Henri V, ii, 10. || 5" Recevoir quelque dommage. L'escadre a souffert un vrai désastre. || Souffrir une rude, une furieuse tempête, être agité d'une rude, d'une furieuse tempête. || Souffrir un coup de vent, être battu d'un coup de vent|| 6" Éprouver une peine physique ou morale de quelque chose. Souffrir la douleur, souffrir le martyre, souffrir une perte, un dommage. Les qualités excessives nous sont ennemies, et non pas sensibles; nous ne les sentons plus, nous les souffrons, pasc. Pens. i, ), édit. havet. Coulanges a la goutte comme «n petit débauché ; il crie.... il voit du monde.... il ne souffre pas même ses douleurs sérieusement, sÉv. 4 févr. (089. Combien dans cet exil ai-je souffert d'alarmes ! rac. Andr. I, l. Il ajouta qu'il les avait menés à Samos pour y souffrir l'exil qu'ils avaient fait souffrir à Philoclès, fén. Tél. XVI. Dans ce dernier adieu ne va pas m'attendrir; Et sache voir du moins ce que je sais soulTrir, p. Lebrun, Marie St. v, 5. || Par exagération. Souffrir mort et passion, éprouver des douleurs cruelles; et aussi être vivement impatienté. Sa lenteur me fait souffrir mort et passion. Il On dit de même: souffrir le martyre. || 7' Admettre, recevoir, être susceptible, en parlant des choses. Pour un cœur généreux ce trépas a des charmes, La gloire qui le suit ne souffre point de larmes, corn. Ilor. u, t. Une pièce d'éloquence remplie des plus belles et des plus nobles expressions que la langue puisse souffrir, m. Lett. à l'abbé de Pure, (2 mars iob9. Supposé, comme il est vrai, que les exercices de la piété souffrent des intervalles, MOL. Tart. Préf. Les termes sont si clairs qu'ils ne souffrent aucune interprétation, pasc. Prov. VI. Si l'origine qui nous est commune souffrait quelque distinction solide et durable entre ceux que Dieu a formés de la même terre, qu'y aurait-il dans l'univers de plus distingué que Madame? boss. Duch. d'Orl. Puisqu'il est essentiel à Dieu d'être simple et indivisible, sa substance ne souffre point de partage, m. Sermon sur le mxjst. de la Trin. ). Ne dites pas à ce zélé magistrat qu'il travaille plus que son grand âge ne le peut souffrir, ID. le Tellier. Il persista dans sa retraite, tant que l'état des affaires le put soufrir, ID. ib. Quelle liberté s'esl-elle donnée qui piil, jene dis pas mériter une censure, mais souffrir une mauvaise interprétation? fléch. Marie- Thér. Si les historiens de l'antiquité sont en général supérieurs aux nôtres, cette vérité souffre toutefois de grandes exceptions, chateaubb. Génie,
m, III, 6. Il 8* F. n. Supporter, soutenir la douleur physique ou morale. Néarque : Il suffit, sans chercher, d'attendre et de souffrir. — Polyeucte : On souffre avec regret quand on n'ose s'offrir, cobn. Poly. II, 0. Le trépas vient tout guérir; Mais ne bougeons d'oii nous sommes : Plutôt souffrir qu« mourir. C'est la devise des hommes, la font. Eabl. I, (0. U faut souffrir pour la charité, souffrir pour la vérité, souffrir pour la paix, souffrir pour l'obéissance, bourdal. Mysl. Ascens. t. i, p. 433. Après s'être acquittée de tous les devoirs à la cour, Mme de Montausier a souffert comme on souffre dans les cloîtres, sans murmurer et sans se plaindre, FLÉCH. Ifme de Mont. Quiconque ne sait pas souffrir n'a point un grand cœur, fén. Tél. ix. Souffre, meurs ou guéris; mais surtout vis jusqu'à ta dernière heure, ;. J. rouss. Ém. n. Souffre un moment encor; tout n'est que changement; L'axe tourne, mon cœur; souffre encore un moment, a. chén. Élég.31. Il 9* Laisser prendre licence. Celui qui souffre beaucoup s'apprête à beaucoup souffrir, letour- NEUH, Trad. deC. Harlowe, Lelt. t2o. || lO'Scntirde la douleur, de la peine physique ou morale. Souffrir de la tête, de la poitrine. Ils [les chrétiens] souffrent sans murmure et meurent avec joie , corn. Poly. i, 3. Quoique les maux [d'amour] se succèdent ainsi les uns aux autres, on ne laisse pas de souhaiter la présence de sa maîtresse par l'espérance de moins souffrir; cependant, quand on la voit, on croit souffrir plus qu'auparavant, pasc. Pass. de i'om. Si le prince se plaignait, c'était seulementd'avoirsipeu à souffrir pour ses i)éché3, BOss. Louis de Bourbon. La rude loi de souffrir, id. Anne de Gonx. Il [l'homme] ne se sent pas naître, il souffre à mourir, et il oublie de vivre, la bruy. xi. Ceux qui n'ont pas souffert ne savent rien, ils ne connaissent ni les biens ni les maux; ils ignorent les hommes; ils s'ignorent eux-mêmes, fkn. Tél. xv. Un de ces cœur» tendres et miséricordieux, qui souffrent de toute leur prospérité à la vue des infortunes d'autrui, mass. Or. fun. Villars. Quand on a souffert, ou qu'on craint de souffrir, on plaint ceux qui souffrent; mais, tandisqu'on souffre, on ne plaint que soi, j. j. ROUSS. Ém.iv. Ah! que nous avons à souffrir de la nature, de la fortune, des méchants et dessotsl volt. teH.d'Alembert, lo juin ("70. Est-ce la peine de vivre quand on souffre? oui, car on espère toujours qu'on ne souffrira pas demain j du moins c'est ainsi que j'en use depuis plus de soixante ans, lu. Lett. d'Argental, 29 nov. (769. Quoique, par souffrir, on entende proprement éprouver une sensation désagréable, il est certain que la privation d'une sens.ition agréable est une souffrance plus ou moins grande, condil. Log. I, 8. Il remarqua l'attitude de Napoléon, celle qu'il conserva pendant toute cette retraite : elle était grave, silencieuse et résignée; souffrant moins du corps que les autres, mais bien plus d'esprit, et acceptant son malheur, sÉGUR, Ilisl. de Kap. n, (2. Il [Dieu] fit l'eau pour couler, l'aquilon pour courir, Les soleils pour brûlor, et l'homme pour souffrir, lamart. Ifefd. i, a. ô Muse que m'importe ou la mort ou la vie? J'aime, et je veux pâlir; j'aime, elje veux souffrir, A. DE muss. la Nuit d'août. \\ On dit dans un sens analogue : Sa modestie suuffre quand on le loue. Il U a cessé de souffrir, se dit quelquefois pour : il estmort. || 11° Éprouver du dommage matériel ou moral. Les enfants souffrent des divisions des parents. Souffrir dans son commerce, dans sa réputation. L'armée a beaucoup souffert dans cette expédition. Si la malignité de l'esprit d'indépendance s'est déclarée sans réserve en Angleterre, les rois en ont souffert, mais aussi les rois en ont été la cause, BOSS. Reine d'Anglet. Cet autre .... augmente d'année à autre de réputation : les plus grands politiques souffrent de lui être comparés, la brut. X. Il Absolument. Ciel! faut-il que le rang dont on veut tout couvrir. De cent sots tous les jours nous oblige à souffrir I mol. Fdcb. I, 8. Il 12* Use dit des choses qui éprouvent un dommage, une diminution. Les vignes ont souffert de la gelée. Le pays souffrit beaucoup des ravages de la guerre. S'il est vrai, comme je le crois, que vos affaires n'en souffriront pas, sÉv. 329. Je prie Dieu que sa santé n'en souffre pas, BOSs. Lett. abb. 25 La justice, la police, tout souffre de ce désordre, fén. Tél. XIV. Son ardeur pour s'instruire et son application à son métier, qui ne souffre point de ses autres études, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 20 nov. i772. Il 13*Se souffrir, ». rrf/î. Avoir l'un pouî l'autre de la tolérance. Ces deux hommes se souffrent réciproquement. M. de Lauraguais est de retour de Genève: il a passé huit jours auprès d»
Voltaire : nous avons bien fait, dit-il, de nous séparer; deui grands poètes ne peuvent se souffrir plus longtemps, dider. Lett. à Mlle Voland, (2 oct. (761. Il Ces deui hommes ne peuvent sesoufTrir, ils ont de la haine l'un pour l'autre. || 14' Être supporté. Ce» dissonances qui se souffrent dans le rapport de plusieurs voix ou instruments, descartes, Lusique, diversité det tons. Si ceux-ci [les fornicateurs] se souffrentpour ne point troubler la tranquillité publique, Uist. du conc. de Trente, trad. de LE couRAYER, 1. 1, p. *I6. Au grand scandale de la religion tout cela se souffre, merc. Tabl, de Par. w. Il 18° Se tolérer soi-même, t'âme se résout en même temps de combattre sans cesse ses imperfections, et de se souffrir néanmoins soi-même sans s'abandonner jamais au découragement, NICOLE, Ess. de mor. 2" traité, ch. 5. || 16° S. m. 1« souffrir, l'état de souffrir. Dans l'iiumilité du christianisme le souffrir est plus estimé que le faire, balz. le Prince, 8. || Proverbes. Souffre quand tu seras encluraeau, et frappe quand tu «eras marteau. || Le papier souffre tout, on écrilsurle papier tout ce qu'on veut, vrai ou faux, bon ou mauvais. Après avoir bien rêvé sur son obstination [d'une demoiselle de la cour de Charles II], il [le frère du roi] crut que l'écriture pourrait faire ce que n'avaient pu les regards, les discours, ni les ambassades ; le papier souffre tout; mais, par malheur, elle ne souffrait point le papier, hamilt. Gramm. 9.
— REM. 1. Souffrir dans le sens d'éprouver une douleur physique, suivi d'un infinitif, veut la préposition à : Je souffre à marcher; et la préposition de, quand il s'agit d'une douleur morale : Je gouffre de vous voir dans cette situation. || 2. Souffrir, permettre, avec que, veut le subjonctif : Souffrez que cela se fasse. || 3. Souffrir, permettre, au lieu de que et le subjonctif, peut prendre de avec l'infinitif, et, s'il y a un complément, ce complément est précédé de d : On ne souffrit pas àLuther de dire que ....
— iilST. XI* s. Ço est merveille que Deus lesoefret tant [Roland], Ch. de Roi. cxxxii. Ceste bataille est mult fort à sufrir, ib. CCL. || xii" s. J'aim melz [j'aime mieux] ensi soufrirelendurerCestrèsdouzmaus.... Couci,x. J'alasse à Dieu grâces et merciz rendre De ce que ainz soufrites à nul jor. Que je fusse baanz à vostre amor, ib. xxiv. Amours m'a par raison monstre. Que fins amis soffreet atent. Dame deFaiel, dans Coud. Kait icil de Wincestre : sire evesque, suffreiz; Laissiez ester sa cruiz. Th. le mart. 39. Au Mans avons sofert dolereuse quinzaine, Sax. XXX. Et faites tant que il soient armés De biaus chevaus courans et abrivés ; Vous estes riches, bien soffrir le pouvés, Garin, t. i, p. 6. lixiu's. Qui suefre et a soiifert grant travail et grant peine, Berte, xxxiv. Ne soufrez qu'enemy ait sus moi poesté, i&. ilv. Pour l'amour de nostre Segneur Jesu Crist, qui por nostre rédemption y vout soufrir mort et passion, beaum. xxv, 24. Et li communs ne se pot souffrir que li ouvrages ne soit fet, m. xxx, 62. Et puisque ele a pris l'un des cois [choix], ele ne pot pas recouvrer à l'autre, ains convient qu'ele en suefre son preu ou son damace, m. xiii, 9. Et lors se «oufrirent [se turent] les prelaz, ne onques puis n'en oy parler, joinv. 200. Je li dis : sire, vous devez moult soufrir à Poince l'escuier; car il a servi vostre aieul et vostre père et vous, m. 289. Sire de Joinville, je vous aime moult; mes soies certein que, se vous ne vous voulez soufrir [vous désister] de ceste demande, je ne vous aimeré jamez, iD. 254. Renart respond : or vous soufrez. Tant que li moine aient mangié, Hen. v. 982. Il XIV* s. Et li proverbes qui recorde : Qui sueffre, il vaint bien, s'i acorde, machaut, p. 84. Se ce ne sont prelas, barons ou autres honorables personnes qui, pour leur estât maintenir, ne se peuvent souffrir [passer] de vaissellemens, Ordonn. juin 4 8(3. En moult souffrant, l'avendront assez de choses que souffrir ne pourras, Ménagier, i, 9. Laquelle femme dist à icellui Sagardeau, qu'il se louffrist dédire lesdi les paroles de ladite femme, meimenient en la présence de son mary, du Gange, fufferentto. || xv s. Et se voulut agenouiller [Isabelle] de la grant joie qu'elle avoit ; mais le gentil sire de Boaumont ne l'eut jamais souffert, fkoiss. 1,1, (4, Souffrez-vous [taisez-vous], va. i, i 32(. Les aucuns disent.... qu'ils souffrirent par plu- •ieurs fois laisser passer parmi leur ost vivres [pour ceux qu'il! assiégeaientl, «>• ', ', ' '9- Dieu le souffrit cheoir en cette gloire [vanité, présomption], COMH. i, (2. Il XVI* s. U parenté n'est loufferle
SOU
aux mariages.... mont, i, ((3. Lesenfans de sept ans souffroient à estre fouettez jusques.... id. i, 1(5. Je ne puis souffrir d'aller desboutonné, id. i, 260. La fortune souflVit pour lors iEmilius jouir entièrement du plaisir de sa victoire, amyot, P. £m. 37. Si fut chose pitoyable que ce qu'il convint alors faire et souffrir à Perseus, n>. ib. 42. Qui plus vit, plus a à souffrir, cotgrave. Si truye forfait, les pourceaux le souffrent, id.
— ÉTYM. Berry, soffrir; wallon, sofri; bourguig. sôfri; provenç. suffrir , soffrir; esp.'ign. sufrir; portug. sofrer; ital soffrire; da\a.t. sufferre (comme offrir de offerre), de sub, sous, et ferre, porter.
t SOl'FI, SOUFISME, voy. sofi 2.
t SOUFRAGE (sou-fra-j'), s. m. Action de soufrer. Le soufrage a le très-précieux avantage de prévenir la dégénération acéteuse [des vins], geplis. Maison rust. t. ni, p. 295, dans pougens. || Action de soufrer la vigne atteinte de la maladie causé par l'oïdium.
SOUFRE (sou-fr'),ï. m. \\ 1* Minéral d'un jaune clair très-indammable, et qui exhale en brûlant une odeur forte et insupportable. Le soufre est un corpssimple. Le soufre, dont ladécouverte remonte à l'antiquité la plus reculée, est solide, jaune citron, très - friable, insipide, thenard, Traité de chim. t. I, p. (81, dans pougens. || Fig. Il sème, en regardant, du sou Ire dans les âmes, hégnier, DiaJ. Il Soufre vif, soufre naturel. Fleur de soufre, soufre sublimé. || Soufre lavé, soufre sublimé qui a été dépouillé entièrement de l'acide sulfurique qu'il contient naturellement par des lavages prolongés avec l'eau distillée et chaude. Il Le soufre porphyrisé et lavé était appelé autrefois crème de soufre. || Soufre en canon, soufre auquel on donne, dans les moules, une forme de bâton rond. Il 2° Soufre doré d'antimoine, poudre qui se précipite quand on verse un acide faible dans les eaux d'où le kermès minéral s'est précipité. Il Soufre rouge, arsenic sulfuré. || Foie de soufre, combinaison d'un alcali fixe avec le soufre. || Magistère du soufre, préparation obtenue par la précipitation d'une solution d'un sulfure de potasse, au moyen du vinaigre ou d'un acide. || 3° Soufre végétal, voy. lycopode. || 4° Terme d'alchimie. Se disait d'un principe actif imaginaire que l'on prétendait trouver dans tous les corps mixtes. L'infatigable Homberg disait que ce qu'on appelle le soufre principe n'est autre chose que le feu luimême, VOLT. Phil. Newt. n, 5. || 6* Empreinte que l'on prend sur des tablettes de soufre. Un assortiment de soufres, où vous trouverez ces empreintes de tous les plus beaux antiques, genlis. Ad. et Th. t. m, p. 94, dans pougens.
— HiST. xm* s. Car tuit [les métaux] par diverses manières Dedens les terrestres minières De soufre et de vif argent nessent, Si cum li livres le confessent, la Rose, (6325. ||xvi* s. Soulphre vif,