PARÉ, XXI
— ÉTYM. Wallon, sauf; provenç. solfre, sulpre, solpre; catal. sofre; espagn. asufre ; portug. xofre; ital. soifo; du lat. sulfarem, soufre, que l'on a rapproclié du sanscr. çulvdri, soufre.
SOUmE, ÉE (sou-fr'é, frée), part, passé de soufrer. Il 1* Pénétré, enduit de soufre. Chemise soufrée. Allumette soufrée. Vin soufré. La vapeur soufrée du marais stygien, qui s'e.\halait sans cesse par cette ouverture, empestait l'air, fén. Tél. xvm. Il n'y a pas d'autre remède pour lui que de venir cicatriser la plaie de ses poumons à l'air soufré de Pouzol, galiani, Corresp. 27 juin (772. Il 1'* Terme d'histoire naturelle. Qui est d'un jaune de soufre.
SOUFRER (sou-fré), V. a. \\ 1° Enduire, pénétrer de soufre. Soufrer des allumettes. || 2* Soufrer une étoffe, la passer sur la vapeur de soufre. [| 3* Soufrer du vin, donner l'odeur de soufre au tonneau en y brûlant une mèche soufrée. Soufrer, mécher ou muter les vins, c'est les imprégner d'une vapeur sulfureuse, qu'on obtient par la combustion de mèches soufrées, genlis. Maison rust. t. m, p. 293, dans pougens. || 4" Soufrer la vigne, y répandre du soufre en poudre au moyen d'une espèce de soufdet fait exprès.
— lllST. xiii* s. Tôles ewes salées et soufrées et de mer valent à maladies froides et moistes, ale-
BRANT, f* 9.
— ETYM. Soufre.
t SOUFRF.UR (sou-freur), t. m. Homme chargé de soufrer les vignes atteintes de la maladie causée par l'oïdium. {| Ouvrier employé dans les moulins à triturer le soufre. || Ophthalmie des soufreurs.
SOU
ophthalmie qui attaque les ouvriers employés t triturer le soufre et ceux qui soufrent les vignes, t SOUFRIÈRE (sou-fri-è-r'), ». f. Lieu où l'on recueille du soufre. || Boîte où l'on met le soufre, chez les fabricants d'allumettes.
— illST. xvi* s. Qu'il te pousse à chef bas dans les (lammeuses ondes De Phlegeton roulant ses soufrières profondes, baïp, Œuv. p. 75, dans lacurnb.
— f.TYM. Soufre.
t SOUFROIR (sou-froir), t. m. Appareil, chambre, étuve pour soufrer.
— ÉTYM. Soufrer; wallon, soufreû.
t SOUGAR (sou-gar), s. m. Sorte de hamster, cricetus souf/arus, desm.
SOUGARi)E, s. f. Voy. SOUS-GARDE.
SOUGORGE, s. f. Voy. sous-gorge.
SOUHAIT (souè; on vers, de deux syllabes sou-è; le t ne se lie pas; un souè agréable ; au pluriel, r« se lie : des souè-z agréables), s. m. ||1* Mouvement de la volonté vers un bien qu'on n'a pas. Ce prince [d'Auvergne] a dans Château- Thierri Passé deux mois et davantage; Rien de meilleur, rien de plus sage Et de plus selon mes souhaits Parmi les grands ne fut jamais, la font. Po^s. mêl. 33. Formez trois souhaits; car je puis Rendre trois souhaits accomplis. Trois sans plus.... ID. Fabl. VII, 6. Devenue maintenant, malgré ses souhaits, la principale décoration d'une cour dont un si grand roi fait le soutien, elle est aussi la consolation de toute la France, boss. Reine d'inglet. X quoi servent les souhaits? à sentir nos besoins, et non pas à les soulager, volt. Lett. Vaines, 3 oct. 1777. || 2* Les souhaits de bonne année, les vœux qu'on fait pour quelqu'un à la nouvelle année. || 3" A vos souhaits, façon de parler familière dont on salue celui qui éternue. 114° X souhait, loe. adv. Selon les désirs. Mais rien pour cette fois ne lui vint à souhait, la font. Fabl. VII, (4. Qu'est ceci? mon char marche à souhait! id. ib. vi, 4 8. Vous êtes servi à souhait : un médecin vous quitte, un autre le remplace, MOL. Mal. imag. m, 9. Ma petite maison est bien jolie, vous y trouverez votre logement bien à souhait, pourvu que vous m'aimiez toujours, sÉv. 4 35. La jolie chose d'accoucher d'un garçon, et de l'avoir fait nommer par la Provence! voilà qui est à souhait, id. (00. C'est [un précepteur] une humeur et des mœurs à souhait, ro. 26 juin 1080. On apercevait de loin des collines et des montagnes.... dont la figure bizarre formait un horizon à souhait pour le plaisir des yeux, fén. Tél. i. Il 5* C'est un souhait de roi, fils et fille, se dit de ceux qui n'ont que deux enfants, l'un mâle, l'autre femelle. || Proverbe. Vin sur lait, c'est souhait, lait sur vin, c'est venin.
— iilST. xn* s. Al jor del jugement, quant Deux tiendra ses plais, Or ont li pecheor bien jeté lor sohais, Sax. xv. || xm' s. Car j'espoire merci si lonc tens a. Que tel paine [la peine d'amour] me doit sanler [sembler] souhais, UjETZNer, p. 49, Mais haus voloirs sans espoir d'aciever Et simples vis, cors acesmés et gais ; D'itel cose est tous souhais Pour cors grever, ib. p. 20. Et si plus que souhait avoie De tous biens d'humain paradis, Lay d'amours, jubinal, t. 11, p. i9(.||xv*s. Celle part tournèrent les mariniers, lesquels avoient vent et temps à souhait, froiss. n, m, 33. || xvi* s. Il n'y a cil qui son souhait ne fasse D'estre avec toi, MAROT, n, 29. Si souhaits fussent vrais, pastoureaux seroient rois, cotgrave. à poures cœurs petit souhait, id.
— ÉTYM. Voy. souhaiter.
SOUHAITABLE (souè-ta-bl' ; en vers, sou-è-ta-
bl'), adj. Digne d'être souhaité. Comme si la mort vous était souhaitable, rotrou, St Genest, n, 8. Il serait plus souhaitable de tout perdre et d'être réduit à la dernière mendicité, que de perdre Dieu, LE p. SIMON MARS, Myst. du roy. de Dieu, p. 74, dans POUGENS. Je n'ai jamais vu une si souhaitable entrée dans le inonde et dans la guerre [que celle du jeune de Grignan], SÉV. 20nov. (688. Que les rigueurs qu'offrent ces retraites sacrées paraissent douces et souhaitables, rapprochées des inquiétudes cruelles des pécheurs I mass. Proftst. relig. 2.
— HIST. xvi* s. 0 repaise moins souhaitable Que le Caucase inhospi table, du bellat, n, 69, verso. O que disent les sages, que, des actions egualemenl bonnes, celle là est plus souhaitable à faire où il y a plus de peine, mont. 1, 303,
— KTVM Souhaiter.
SOUHAITR, ÉE(souè-té, tée; en vers, soû-è-té), part, passé de souhaiter. App.'lé par des souhait».
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Et le moindra moment d'un bonheur souhaité Vaut mioui qu'une si froide et vaine éternité (la gioireljCORN. Sur. I, 3. Les choses les plus souhaitées n'arrivent point, ou, si elles arrivent, ce n'est ai daus le temps ni dans les circonstances oii elles auraient fait un extrême plaisir, la bruy. it.
SOIIUAITER (souè-té; en vers, sou-i-té), v. a. Il 1* Désirer pour soi. Et, moi, que tes désirs avaient tant souhaitée, corn. Uédée, m, 3. J'ai souhaité l'empire, et j'y sui-s parvenu; Mais, en le souhaitant, je ne l'ai pas connu, ID. Cmno, n, t. [Anne de Gonzague mourante] n'a eu à se repentir que d'avoir une seule fois souhaité une mort plus douce, Boss. Anne de Gom. Narcisse, c'est pssez : je reconnais ce soin. Et ne souhaite p.is ^ue vous alliez plus loin, sac. Brit. iv, 4. Avez- »ous en clTet souhaité ma présence? ID. ilndr. IV, 3. Il me semble qu'on doit se trouver heureuse de ne point entrer dans une maison où l'on est si peu souhaitée [à propos d'un mariage], u*' de viLLARS, Lett. 7 mars 1697. Vous me promettez l'empire du monde, si je crois que vous avez raison; je souhaite alors de tout mon cœur que vous ayez raison, volt. Rem. Pens. Pascal, 6. Il Suivi d'un infinitif, il s'emploie sans préposition ou avec la préposition de. Pour moi, je n'ai jamais présumé que mon esprit fut en rien plus parfait que ceux du commun; morne j'ai souvent souhaité d'avoir la pensée aussi prompte, ou l'imagination aussi nette et distincte que quelques autres, desc. ilélh. i, 2. Ne souhaite régner daus le cœur de personne, corn. Imit. ii, 8. Ce grand Alexandre a souhaité de faire du bruit dans le monde durant sa vie et après sa mort; il a tout ce qu'il a demandé, boss. la Yalliére. Je souhaite et je crains de rencontrer vos yeux, volt. Zaïre, n, 2. Il Absolument. Et s'il pouvait plus faire, il souhaiterait moins, corn. Pomp. v, 5. Toutefois, qu'il soit fait comme vous souhaitez, rac. Eslh. n, 7. Il 2" Désirer pour un autre. Souhaiter du bien à ses amis. Voici ce qu'en mourant lui souhaite sa mère; Que dis-je? souhaiterl je me flatte, j'espère.... hac. Ath. v, 6. Mais vous ne saurez pas, du moins je le souhaite. En quel trouble mortel son intérêt [d'un fils] nous jette , u>. Andr. m, 4. Dans un siècle où la charité est refroidie, c'est presque faire le bien que de le souhaiter, mass. Orais. {un. Villars. On souhaiterait à l'iaute la politesse de Térence, à Térence la gaité do l'Iautc, marmontel, Œuv. t. vi, p. 163. Il 3* Souhaiter quelqu'un, désirer sa présence. M. de Coulanges m'a mandé plus de quatre fois que vous m'aimiez de tout votre cœur, que vous parliez de moi, que vous me souhaitiez, sÉv. 8. Ma fille, je vous souhiite à tout, je vous regrette partout, 6 janv. 1689. || 4' Absolument. Former des souhaits. Souhaiter, ce n'est pas une peine Etrange et nouvelle aux humains, la font. Fabl. vu, 6. Cette pauvre Lestrange est chanceuse; elle est mal des deux côtés : la femme [Marie-Thérèse] a cru qu'elle souhaitait pour la fille [Mlle de Fontanges] ; et au coniraire elle donnait à la fille de si bons conseils, que Jupiter [Louis XIV] l'ayant su, il l'a prise en horreur, sÉv. 26 avr. )080. ||5' Il se dit dans les formules de compliment. Souhaiter le bonjour, le bonsoir, la bonne année. Je vous souhaite une heureuse année, ma chère fille, sÉv. 180. Il Familièrement. Je vous en souhaite, se dit à une personne qui désire une chose qu'elle n'aura pas. X mon amant aujourd'hui? je t'en souhaite! et qu'en dirait demain mon mari? beaumarch. Xar. de Fig. i, <.||6*Se souhaiter, o. rép. Être souhaité. Cela ne se souhaite pas. |1 7" Désirer d'être.... Se souhaiter immortel. Et moi, à qui il reste tant d'autres choses à désirer, qui suis éloigné de tantde chemin du lieu où je me souhaite.... voit. Lett. 33. — HIST. xin' s. 11 i ot si grant plenté de tôt biens comme on porroit soushaidier por cors d'omme aaisicr, q. de valenc. p. (88. [Manteau] Bien séant à lor gré si corne à souhaidier, Berte, cxxtx. Il xiV s. On te porroit nulle fleur gouhaitier, Ou'ainans deûst tant amer ne prisier, uachaut, p. (24. Car la matière forme appete, Comme femme l'homme souhete, Nat. à l'aleh. err. 257. On en puet jucr [du jeu de tables] en deux manières, c'est à savoir par souhaidier de le [la] langue, et par gieter les dés, Bist.litt. de la Fr. t. jtxv, p. 64. [|xv' s. Et dit monseigneur : nous n'y serons pas pour nous y souhaiter; il y a un trop long chemin d'icy, FROiss. iv, p. 29, dans lacurne. Raoul le vicomte à grant joye T fu, qui toute honneur souhaide, la Bataille du Liège. || xvi* s. Il estoit désiré et souhaitté des autres provinces, lesquelles
SICT D£ LA LAKOUE FRANÇAISE.
reputoient bien heureuses celles qui pouvoient avoir un tel gouvernement, amyot, Lucull. 36. Hz commençoient à souhaitter fort une vie tranquille, reposée et paisible, jd. Niciat, te. Chacun la veut,
l'entretient, la souhaitté, marot, i, (93 Venus
la belle.... Renouvella l'obseque et le dueil d'Adonis, Et pour mourir sur lui se souhaita mortelle, iiEsroRTES, Épitaphes, Quelut. Souhaiter no peut aider, LEROUX delincy, Prov. t. 11, p. 4(7.
— Ktvm. Sous, et l'anc. verbe haitier, rendre joyeux, sain; de là îou/mi(er, mettre par sei vœux en joie et santé. Haitier vient de l'anc. h. allem. htiian, appeler et aussi faire vœu. liait et haiter sont encore usités dans l'IUe-et-Vilaine : Je bois à vous de bon hait. Cela ne me haite guère [ne me plaît guère]. Une femme bien haitanto , une femme à physionomie agréable.
f son (sou-i), s. m. Sorte de sauce dont l'usage est venu du Japon, et qui est un composé de diftéients jus de viande, principalement de bœuf rôti, le tout fortement épicé.
t SOUILLARD (sou-llar, U mouillées), ». m. Il 1» Terme de construction. Trou percé dans une pierre, pour livrer passage à l'eau ou pour en recevoir la chute. || La pierre elle-même. || Pièce de bois qui fait partie d'un pont, d'une écluse. || Petit châssis qu'on scelle dans une écurie. || 2° Place où le sanglier a pris souille.
— msT. ivi* s. Qiielque valet d'estable ou quelque souillart [souillon] de cuisine, pasqlier, Uérwphile, p. (37, dans lacurne.
— f.TYM. Souiller ; ital. sugliardo.
t SOUILLARDE (sou-Uar-d', U mouillées), s. f. Terme de savonnier. Baquet pour recevoir les soudes lessivées.
( . SOUILLE (.sou-ir, /{ mouillées, et non sou-ye), s. f. Il 1° Terme de chasse. Lieu bourbeux où se vautre le sanglier. C'est comme un sanglier qui se tient dans la souille, hauteroche. Bourg, de quai. II, 4. Il Le sanglier prend souille, il se couche dans l'eau ou dans la boue. || 2° Terme de marine. Empreinte que laisse, dans la vase ou le sable fin, le fond d'un navire qui revient à flot, après avoir échoué dans ce sable ou cette vase. Â marée basse, le navire était resté à découvert dans la souille de la vase.... vers neuf heures, le mousse s'aperçut qu'au lieu de le soulever do la souille, la mer montante gagnait jusqu'au niveau du pont, qui allait bientôt être submergé, Nouvelliste de Rouen, duns /. des Débats, 9 avril ( 859.
— iilST. iiv* s. U advient communément, quant un sanglier a prins grosse, et le temps est bel et sec, et il a un peu gelé, et le sanglier vient de mengier, si vient au seulg et se boute dedans en la boe, et se toulle parmy le seulg, ilodus, f" xxzil, verso. Il XVI' s. X plusieurs mariniers qui ont amené ladicte galleace de la soulle en place près la tour dudit Havre, Despence faicte, dans jal. Toutes personnes qui feront souille ou fosse au devant de cette ville et havre. Archives de la charge, dans jal.
— ËTVM. Berry, souille, lieu bourbeux; du lat. suillus, qui appartient au cochon, de sus, cochon (voy. soue).
t 2. SOuaLE (sou-ir, II mouillées), s. f. Taie d'oreiller, en quelques provinces.
— HIST. ivi* s Les femmes juifves.... sont
communément par les marchez de Turquie vendants des ouvrages faicts à l'aiguille.... serviettes, mouchouers, couvre-chefs, ceintures blanches, souilles d'orilliers, et autres tels ouvrages, belon, Singularités, m, (6.
— ÊTYM. lUe-el-Vilaine, souie <t'oreiW<r. M.Jaubert dit qu'il vient de souiller, cette taie étant destinée à empêcher l'oreiller lui-même de se graisser au contact de la tête. Cela est probable. M. Roulin le tire du latin sudarium; mais tudarium ne peut faire souille ou souie.
SOniLLIî, ÉE (sou-Ué, liée , U mouillées, et non sou-yé, yée), part, passé de souiller. Couvert de ce qui tache. Si l'on répand de l'eau de ces vaisseaux souillés sur la viande dont vous mangerez, elle deviendra impure, saci. Bible, Lévit. xi, 34. On dit que, tout souillé de cendre et de poussière, Un jour il prononça cette horrible prière.... volt. Ilenr. v. || Fig. Le véritable amour jamais n'est mercenaire, H n'est jamais souillé de l'espoir de salaire, CORN. Perthar. n, (. Jugurtha, roi de Numidie, souillé du meurtre de ses frères, boss. Ilist. i, 9. De son amour pour toi [Jérusalem] ton Dieu s'est dépouillé. Ton encens à ses yeux est un encens souillé, RAC. Athal. m, 7. Il [Jésus] vient renouveler toute la nature, sanctifier ce qui était souillé, fortifier ce qui était faible, mass. Pet. ca-
rême. Grandeur de J. C. 11 ne restait rien d'iionnête dans une Ime souillée, aucune force dans une iine flétrie par la volupté, dioeh. Cl. et Xér. i, 25. t SOL'ILLEMENT (sou-Uc-man, II mouillées), t. m. Action de souiller.
— HIST. XVI* S. Souillcmcnt, (Xtcratk.
SOUILLER (sou-Ué, U mouillées, et non sou-yé),
r. a. Il 1* Couvrir de ce qui fait tache, de ce qui est ordure. Souiller de boue ses vêtements. Souiller ses mains de sang. [Il] Souille ses cheveux blancs d'une horrible poussitre, deulle. En. m. || Fig. Souiller ses mains du sang innocent, faire mourir un innocent. || 2* Fig. Gâter par ime sorte de souillure. Participe i ma gloire au lieu de la souiller, corn. Ilor. iv, 7. Ne crains point de succès qui souille ta mémoire, m. Cinna, i, S. Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l'homme, mais c'est ce qui sort de la bouche de l'homme qui le souille, saci. Bible, Évang. St Matth. zv, <(. Elle était naturellement libérale, même dans son extrême vieillesse, quoique cet âge soit ordinairement souillé des ordures de l'avarice, BOSS. Fol. de Honterby. Que ce style [le burlesque] jamais ne souille votre ouvrage, boil. Art p. I. Et nous, dont cette femme impie et meurtrière A souillé les regards et troublé la prière.... rac. Athal. Il, 8. Si vous en exceptez Julien et deux ou trois autres, quel empereur ne souilla pas le trône d'abominations et de crimes? volt, ffœurs, 29. Le corps de l'histoire est souillé de contes qu'une vieille femme rougirait de répéter aujourd'hui, ID. Pyrrh. hist. 3. Oui, c'est pitié.... D'entendre autour de lui [du peuple] mille bouches mielleuses. Souillant le nom de citoyen. Lui dire que le sang orne des mains calleuses, aug. barbier, famb. la Popularité. || Souiller le lit nuptial, la couche nuptiale, commettre un adultère. || 3* Se souiller, v. réfl. Se rendre coupable de quelque chose qui souille. Tout se souille, touH se corrompt dans cette tête [d'un pédant], balz. le Barbon. Le jour même qu'ils se sont souillés par des péchés, PASC. Prov. XVI. J'ignore si la nature a défait un grand homme [le czar Pierre I"] d'un fils qui ne l'eût pas imité, ou si le père s'est souillé d'un crime horrible, volt. Lett. pr. roy. i'r. janv. (738.
— HIST. xir s. Soillié le voit [son tinel, massue], si commence à plorer; Vient àuneeve, si le corut laver. Bat. d'Aleschans, v. 4092. || xiii* s. Se aucuns scelle le temple Dieu, ce est soi meisme, par pecié, Diex li demandera, Arch. des missions scient. t. V, p. (85. Cummeiit portez vos celé andoille? Ne veez-vos com elle soille? Por la podre la traînez, Ben. 2264. Oui veîst nos barons Anlioche ce^ chier. Et ces paicns ocirre, et les membres trenchier, L'uns par deseure l'autre verser et Iresbuchier, De sanc et de cervele font tous lor brans soiller, Ch. d'Ant. vi, 893. Elles se soillent en l'ordure De lecherie et de luxure Et des autres vilains péchés Dont tout li mons [monde] est entichés, Uist. lilt. de la Fr. t. xviii, p. 792. Pechié soilla tous ceulx qui oncques porent nestre, j. db MEUNG, Test. (60. ||xvi' S. Plustost quo d'aller souiller dans le sang, comme feroit un pourceau dans la fange, lanoue, 220. S'il est de ceux qui n'ont que le titre de noblesse, laquelle il va souillant par actions pleines de vitupère.... id. 239. Les pourceaux souillent [couvrent la truie]. Moyen de parvenir, p. 47(. Si l'ardeur de M. de Foix ne l'eust emporté à poursuyvre trop asprcment les restes de la victoire de Ravcnne, il ne l'eust pas souillé de sa mort, mont, i, 36(.
— ÉTYM. Même radical que pour souille 1 ; prov. sulhar, solar; portug. s«;ar; vénit. sogiare. Il n'est pas besoin do recourir au germanique: goth. bi-sauljan; allem. mod. sich suhlen, se vautrer.
SOUILLON (sou-llon, U mouillées, et non souyon), s. m. et f. || !• Terme familier. Celui ou <îelle qui salit ses habits. Vous l'eussiez pris pour tin souillon Qui n'est couvert que d'un haillon, sCarb. Virg. trav. 11. Je vous eusse prié de la faire paraître; Mais j'ai craint, en suivant ma curiosité. Quelque souillon d'habit qui m'en eût dégoûté, T». CORN, la Comtesse d'Orgueil, n, (. || Il se dit le plus ordinairement des enfants, des petites filles. Un petit souillon. Une petite souillon. || 2* Souillon de cuisine, ou, simplement, souillon, servante employée à la vaisselle et à d'autres bas offices où l'on se salit beaucoup. || 3° Il s'est dit pour torchon. Où le lit reposait aussi noir qu'un souillon, régnieb, Sat. a.
— HIST. XVI' S. U n'eut officier de la maison du ni, des plus grands jusques aux souillons de cuisine, qui n'eussent leurs harnois, j. d'auion,
SOU
Ànn. <f<( Louis XII, p. <30, dans lacubne. Le souillon de cuisine, paré, ix, I" dise.
— ÊIYM. Souiller.
t SOUILLONNKR (sou-Uo-né, Il mouillées), ». a. Citer, salir en souillon. S'il [la Fontaine] en fait retirer copie [d'une lettre de Racine], ayez soin qsie la lettre ne soit pas souillonnce, rac. Lelt. 4 juill. )C02.
SOUILLURE (sou-llu-r", Il mouillées, et non souyu-r'), s. f. Il 1" Ce qui souille, ce qui salit. Des vêtements couverts de souillures. || Chez les Juifs, souillures légales, l'impureté contractée soit par quelque maladie, soit par certains accidents. Vous apprendrez aux enfants d'Israël à se garder de l'impureté, afin qu'ils ne meurent point dans leurs souillures, saci. Bible, Lévit. xv, 3l.||En un sens analogue. Tu vas parcourir les pays habites par les chrétiens; il est impossible que tu n'y contractes bien des souillures, MONTESQ. i«((. pers. I6. Il 2' Fig. Ce qui est comparé à une souillure, à une tache. Chaque instant de ma vie est chargé de souillures, mol. Tart. in, 6. Le sang de Jésus- Christ est plus puissant pour laver nos souillures, que notre corruption ne saurait l'être pour en contiacter, mass. Carême, Lazare. Comment ce qui passe par des oreilles impures, ne contracterait-il pas leur souillure? au contraire, un peuple de bonnes mœurs a des termes propres pour toutes choses, j. j. Houss. Ém. iv. Je me conservai pur de toute souillure jusqu'à l'âge où les tempéraments les plus froids et les plus tardifs se développent, ID. Conf. I. Pour nettoyer les corps infectés de souillures, Je vais mettre mon doigt sur -utes les blessures, aug. barb. Il Pianto.
— IllST. XVI* s. Ainsi la maison paternelle Ne vous fera brin de souilleure, Mais bien vous la rendrez meilleure, marot, iv, 185. Les souilleures du péché, CAI.V. Instit. (22. Les manichéens .... disoiont pourquoy fit Dieu l'home de la soillure de le terre, que Latins appellent limum, BONrvARD, Amartigenée, p. 92.
— ÊTYM Souiller.
SOÛL, oCle (sou, sou-l'; dans soûl l'J ne se prononce jamais, même devant une voyelle; au xvi' siècle, nèze note que saoul se prononce sou), nd;'. Il l* Pleinement repu, extrêmement rassasié. Laisse-les [des mouches], je te prie, achever leur repas. Ces animaux sont soûls; une troupe nouvelle Viendrait fondre sur moi, plus âpre et plus cruelle, la font. Fahl. xti, )3. Quand j'ai bien mangé, je veux que tout le monde soit soûl dans ma maison, mol. Méd. malgré lui, i, 1. 1| Familièrement. Être soûl do quelque chose, en être rassasié jusqu'au dégoût. M'en voilà soûl, reprit le sire. Et quoi toujours pâtés au bec! la font. Pâté d'anguille. || Fig. Être soûl de quelque chose, en être rebuté, ennuyé. Je suis si soûl de cet hommelà, que je ne puis le soufl"rir. Je suis soûl de servir le chapeau dam le poing, Régnier, Éptt. n. Si leurs désirs [des d'Albrct] n'en sont contents, Et que plus haut leur âme aspire, Je serai le premier à dire Qu'ils auront tort, cl que les cœurs Ne sont jamais soûls de grandeur.^, la font. Poés. mêl. 33. Jamais je n'ai été si soûl de sottises, mol. Pourc. n, 4. Il Absolument. [Messaline] Lasse, disje, et non soûle enfin s'est retirée, réonier, Sat. xiii. Bon dieu ! combien sont-ils [certains favoris] Ingénieux à inventer de nouveaux plaisirs à une âme soûle etdégoutée! balz. a* dise, sur la eour. Il 2° Plein devin, ivre ....les centaures soûls au bourg Atracien.... Régnier, Sat. x. Bref, je jure ce dieu qui naquit d'une cuisse. Un jour que Jupiter était soûl comme un Suisse, maItre adah billaut, Œuvr. p. 223, dans pougens. || Être soûl comme une grive, être très-soûl. || 3* Substantivement, avec mon, ton, son, leur, autant qu'on veut, autant que cela est suffisant. Par une générosité 'aouïo en une maîtresse de tripot, [elle] permit au charretier de faire manger ses bêtes tout leur soûl, SCARH. Ilom. eom. i, ) . Au bout de la semaine, ayant dîné sou soûl. Elle entend quelque bruit, veut sortir par le trou, la font. Fahl. in, 17. Un vieux ladre, un vieux fou Qui ne mangeait du pain que le quart de son soûl, boursault, Lelt. ru)uv. t. n, p. 131, dans pougens. Est-il permis de boire et de manger tout son soûl sans nécessité et pour la seule volupté î pasc. Prov. ix. Horace a bu son soûl lorsqu'il voit les Ménadcs, boil. Art p. iv. || Fig. Dans le langage familier, et alors il se met quelquefois avec l'article le. Il a eu du mal, de la peine tout le soûl, tout son soûl. Nous pouvons de la sorte Nous battre tout le soûl, si le cœur vous en du, SCAKR. Jodelet, y, 6. • Dieu merci, ou ne se plain-
SOU
dra pas qu'on ne l'ait laissé parler tout son soûl, > que dites-vous de ces belles paroles [d'un juge de Fouquet]? ne sont-elles pasd'unfortbonjuge? sÉv. Lett. à Pompone,<" déc. 4C04. ViUars ne s'était pas contraint de dire, en parlant des puissances, que, s'il ne leur fallait que du plat de la langue, il leur en donnerait tout leur soûl, st-sim. 20(, I8). N'ayant plus do maîtresse, et n'ayant pas un sou, Nous philosopherons maintenant tout le soûl, regnard, le Joueur, iv, (3. || Proverbe. Il n'est pas soûl qui n'a rien mangé.
— lilST. xiii* s. Et à saoul et à geûn Me servira toute sa vie, la Rose, t0607. C'est [l'amour] fain saoule en habondance, C'est convoiteuse suffisance, tb. 4321. Il IV* s.... que tu boives de l'eaue de Seine ou de Loire plus que ton soûl, G. chastel.
Exposit. sur vérité mal prise Où il fut tué
meschamment et mal acompaigné, comme si Dieu n'eust pas esté saoul de venger cest oultrage qu'il avoit faict à sonpere,coMM.iv, l. ||xvi' s. J'entends, avecques une grande honte de nostre siècle, qu'à nostre veue deux très excellents personnages en sçavoir sont morts en estât de n'avoir pas leur saoul à manger, Lilius Gregorius Giraldus en Italie et Sebastianus Castalion en AUemaigne, mont. I, 267. Ils vous entretiendront votre saoul, si vous en avez envie, iD. i, 188. Estants las et safiuls de vivre, m. n, 4). Ilz n'ont autre reconfort les travaux qu'ilz endurent, sinon que de boire et manger leur saoul, ahyot, Dion, 65. Il fut puis après bien tost saoul des dangers et travaux que telle seigneurie porte quant et soy, ID. Aratus, 37. Ceulx qui ont esté engendrez de pères saouls et yvres deviennent ordinairement yvrongnes, ID. Com. nourrir les enfants, 5. Qui voit sa viande appareiller est souvent saoul sans en manger, génin. Récréât, t. n, p. 248.
— ÊTYM. Bourguig. sô ; picard, sau, seu ; wallon, s(5, soûl, sôll, soûle; norm. sd; provenç. sadoI;ital. satollo; du lat. satullus, dimin. desatur, dont le radical est le même que satietas, satiété.
SOULAGÉ, ÉE (sou-la-jé, jée), part, passé de soulager. Débarrassé de quelque partie d'un fardeau. Car au bout de quelques nagées. Tout son sel se fondit si bien. Que le baudet [l'âne chargé de sel] ne sentit rien Sur ses épaules soulagées, LA font. Fahl. u, (0.||Fig. Lorsque Télémaque sortit de ces lieux [les enfers], il se sentit soulagé comme si on avait ôté une montagne de dessus sa poitrine, fén. Tél.xa. Et ma douleur profonde est un peu soulagée, volt. Seythes, v, 1. 1| Terme de meunerie. Meules soulagées, meules entre lesquelles on a fait un écartement.
SOULAGEMENT (sou-la-je-man), s. m. Diminution d'une douleur du corps, d'une peine de l'esprit. Faibles soulagements d'un malheur sans remède, corn. Poly. n, t. Si elle reçoit quelque soulagement [si elle va mieux], et qu'elle prenne le train de languir, sÉv. 128. Le soulagement de quelque chose qui vous peine est au premier rang de ce qui me tient le plus au cœur,». 7 août (675. Vous n'avez rien par-dessus nous que le soulagement de soupirer tout haut, id. 16 août (676. S'il est vrai que la pitié ou la compassion soit un retour vers nous-mêmes qui nous met en la place des malheureux, pourquoi tirent-ils de nous si peu de soulagement dans leurs misères ? la bruy. iv. C'est un prodigieux soulagement pour la mémoire, que tout se réduise à retenir.... fonten. Tournefort. Il [Bouffiers] s'offrit de l'aller seconder [Villars], d'oublier tout pour lui obéir, n'être que son soulagement, st-sim. 245, (4. Les soulagements qu'il dépend de lui de leur donner le soulagent lui-même; car il souffre à les voir souffrir, marmontel, Mém. vi.
— HIST. XV* s. Soulaigement, Vigiles de Charles T-II, p. 2. Pour le bien et le soUagement de nos bons et loyauli subjcctz, Bibl. des ch. 6* série, t. u, p. 24. Il XVI* s. Le bien commun et soulagement publicque, LA boétie, Servit, valant.
— tTYM. Soulager.
SOULAGER (sou-la-jé. Le g prend un e devant o et 0 ; soulageant, soulageons), v. n. ||1* Débarrasser de quelque partie d'un fardeau. Il fatigue trop, allez le soulager. Celui-ci [mulet], glorieux d'une charge si belle. N'eût voulu pour beaucoup en être soulagé, la font. Fabl. I, 4. || Fig. Ame de mes conseils et qui seul tant de fois Du sceptre dans ma main as soulagé le poids, rac. Esth. u, 6. Il Soulager un plancher, une poutre, diminuer la charge qu'ils portent. || En termes d'art, soulager la main, la rendre plus légère. L'on doit conduire son burin suivant les hauteurs et cavités des plis, élargissant les tailles sur les jours, les resserrant
SOU
dans les ombres ....soulageant sa main, de sorte que les contours soient formés et conclus sans être tranchés ni durs, florentin le comte. Cabinet de* singularités, t. i, p. (24.||2* Terme de marine. .Soulager un navire dans une tempête, jeter à la mer une partie de sa plus grosse charge. || Change»" de direction ou d'orientation pour diminuer l'effort du vent sur un navire, un mât, une voile. Soulager une voile. || 3* Fig. Alléger le travail, la peine, le mal. Lorsqu'un médecin vous parle d'aider, de secourir, de soulager la nature, mol. ilal. imag. in, 3. Elle [Mme de Grignan] m'assure qu'elle me soulagera bientôt de vous écrire, et qu'elle vous remerciera elle-même, sÉv. à Guitaut, 43 juin (G79. Sénèque, dont les soins me devraient soulager, RAC. Brit. m, 2. Ne faites que ce que nul autre ne peut faire pour vous soulager; vous ferez alors les véritables fonctions de roi, fén. Tél. xxiii. Ambroise : Mais.... pour vous soulager, madame Evrard. — Mme Evrard : Qui, moi? ohl je n'ai pas du tout besoin qu'on me soulage, col. d'iurlev. Vieux célib. m, 6. ||4* Diminuer un nombre, une quantité qui embarrasse. Et la terrible loi de la nécessité D'un peuple trop nombreux soulage leur cité, delille. Trois râg. vm. il 5° Diminuer le fardeau des impôts. Il [Servius Tullius] porta directement au peuple toutes les affaires; il le soulagea des taxes, et en mit tout le fardeau sur les patriciens, montesq. Esp. xi, (2. Il 6" Diminuer la misère, secourir. Les conseils du prince de Condé se réglaient plus que jamais par la justice; on y soulageait la veuve et l'orphelin.... Boss. Louis de Bourbon. La mémoire des malheureux qu'on a soulagés donne un plaisir qui renaît sans cesse, j. j. Rouss. Ilél. v, 2. L'aspect des misères humaines Est plus touchant qu'il n'est affreux : Craint-on de voir les malheureux, Quand on veut soulager leurs peines? bernis. Quatre sais. hiv. Il faut rendre meilleur le pauvre qu'on soulage, st-lamb. Sais. iv. || 7° Fig. Délivrer quelqu'un d'une partie de ses souffrances morales. La faveur que me font trois si excellentes personnes me soulage de toutes mes peines, VOIT. Lett. 26. Croyez-vous que je sois fatiguée de vous avoir écrit? au contraire, j'en suis soulagée, j'en suis charmée, SÉv. 7 oct. ( 687. Vous ne sauriez croire de quel poids énorme la lettre de Votre Majesté m'a soulagé, volt. Lett. à Cather. II, 28 nov. (769. Va, pleure, si les pleurs peuvent te soulager, M. J. CHÉN. Gracques, in, 7. || Soulager son cœur, diminuer le chagrin dont on est oppressé. Je n'ai pu m'empêcher de vous dire tout ce détail dans l'intimité et l'amertume de mon cœur, que l'on soulage en causant avec une bonne, dont la tendresse est sans exemple, sÉv. (6 nov. (684. Il soulageait son cœur en poussant des gémissements et en versant des larmes, fén. Tél. xxm. j| Absolument. Cela soulage, cela diminue nos regrets, notre peine. Ce Granus et cet Agrippa me l'ont voir que Charlemagne était aussi ignorant que moi ; et cela soulage, volt. Phil. ignor. 63. || Il se dit aussi des souffrances qu'on diminue. À raconter ses maux souvent on les soulage, corn. Poly. i, 3. Et cette illusion soulageant sa disgrâce, j. B. HOUSS. Cantate, Circé. On ne soulage point les douleurs qu'on méprise, volt. Adél. du Guescl. v, (.t|8' Se soulager, V. réfl. Se débarrasser d'une partie d'un fardeau. Le crocheteur reprit sa marche, après s'être soulagé d'une partie de sa charge. || Fig. Pourvu que nos riches oisifs aillent tous les jours pendant trois heures se soulager, au théâtre, du poids du temps qui les accable, peu leur importo qu'on s'amuse ailleurs, d'alemb. te«. àJ.J. Rouss. li 9* Fig. Diminuer son travail, sa peine. Il avait un emploi qui l'accablait, il a pris deux commis pour se soulager. Si cela [écrire] vous fait la moindre incommodité et le moindre mal de tête, croyez que c'est me plaire que de vous soulager, sÉv. 7 août (676. Il lO" Kig. Décharger son cœur de ce qui l'oppresse. Il s'est soulagé par l'aveu de sa faute. La douleur se soulage par la plainte. M. le Prince insulta Chavigny, et sortit après s'être soulagé de la sorte en bonne compagnie, st-sim. 8, 99. Il 11* Absolument. Se soulager, satisfaire quelque besoin naturel.
— HlST . XII* s. Nus hom ne scet l'aveir esmer [estimer]. Qu'il jetèrent al funz de mer. Pur lur nés [navires] auques suzlegier, benoît, i, v. (87( . || xiv s. Et aucuns autres le soulegent en prenant une partie de tel faoz, oresme, Elh. 289. l| xv* s. Le vaisseau trop chargié Est beaucoup soulaigié ; La charge et l'équipage Sont presque dans le port, basseun, xm. Par quoy l'eust peu souUager en plusieur»
sou
sou
sou
façons [son royaume], comm. v, «î. ||xvi' s. Si la compagnie [pour mourir] vous peut soulager,
— RTYM. Soitsleger, dont toulager n'est qu'une variation, vient de lous et léger; c'est le même que toulever.
SOClANT, ANTE (soû-Ian, lan-f), adj. Terme bas. O^ii soûle, qui rassasie. C'est un mets bien soûl.nnt.
t SOf I.ARU, ARDE (sou-lar, lar-d'), ». m. etf. Se dit populairement pour ivrogne, ivrognesse.
— f.TYM. Soûler.
SOCI.AS (sou-lâ), t. m. Terme vieilli. Soulagement, consolation, joie, plaisir. Vain et faible soulas en un coup si funeste, corn, la Veuve, iv, ( ({" éd.). Car ma femme, hélas! Mon unique joie et soûlas, Se trouva manquer à la bande, scark. Virg. n. Ainsi, du sort indignement traité, Tout mon soûlas est d'être visité, id. Poé.i. div. Œuvr. t. vn, p. 77, dans pouoens. Cliaque époux, s'attachant auprès de sa moitié, Vécut en grand soûlas, en paix, en amitié, Le plus heureux, le plus content du monde, la font. Joc.
— iiiST. XII* s. Que [je] puisse avoir de ma dolor solas, Couci, xi. Ne me vout [voulut] pas Diex pour néant donner Tous les soulaz qu'ai eus en ma vie, ib. XXII. Il xm* s. Ris et soûlas et joie m'ont bien clamée quite, Berte, xxxvii. 1| xiv* s. Ce estoienl les douleureui solaz que li viellars en attendant la mort faisoient à eulz et aus autres [lors de la prise de Rome par les Gaulois], bercheure, f* 411, verso. Il XVI' s. Le blanc doncques signifie joye, «oulas et lyesse, rab. Oarg. i, 10.
— ÊTYM. Provenç. soiati ; catal. solas; espagn. jolajT; ital. joiaïzo; du lat. nolatium, de solari, consoler, de sôlus, entier, et aussi seul.
t SOULCIE(soul-sie), s. f. Un des noms vulgaires de la fringille pélronie, oiseaux granivores, de Linné, faisant actuellement partie du genre pyrgite.
t SOCLCIET (soul-si-è), s. m. Un des noms de la pasçerine montagnarde, ou, suivant d'autres, de la fringille Inémale de Linné, oiseau qui habite l'Amérimie boréale.
SOULE, ÉE (sou-lé, lée), part, passé de soiiler. Rassasié avec excès. Soiilé do mangeaille. jj Devenu ivre. Soûlé par une bouteille de vin.
t SOClP.E (sou-lée), s. f. Terme populaire. Partie de table où l'on se soûle.
SOClER (sou-lé), V. a. \\ I* Rendre soûl, gorger. Il aime le gibier, on l'en a soûlé. ||Fig. Ils [Minos et Tantale] mangeaient à sa table [de Jupiter], avalaient l'ambroisie, Et des plaisirs du ciel soûlaient leur fantaisie, régnier, Sat. xiv. Il le fallait de la sorte, afin que le Fils de Dieu fût soûlé d'opprobres, comme l'avait prédit le prophète, Boss. 2* sermon de la Passion, 1. 112° Particulièrement et populairement. Enivrer. On l'a tant fait boire qu'on l'a soûlé. || 3° Fig. Satisfaire jusqu'à satiété un sentiment, une passion. Et soûlant du butin son avare appétit, mair. Sophon. ii, 4. Et, sous un faux semblant de libéralité, Soûler et ma vengeance et ton avidité, corn. Héd. iv, 1. ô justice divine, tu as voulu des supplices, en voilà; soûle ta vengeance; voilà assez de sang, assez de carnage, boss. 2* sermon. Démons, 2. Jeux sanglants et dignes de bêtes farouches, où ils [les Romains] soûlaient leurs faux dieux de spectacles barbares et de sang humain, m. l" sermon. Vertu de la croix, l. \\ Soûler ses yeux de sang, de carnage, prendre plaisir à voir répandre le sang. Il Absolument. Même beauté, tant soit exquise, Rassasie et soûle à la fin, la font. Pdté. || 4° Se soûler, V. réft. Se gorger. J'aime ce mets, je m'en suis soûlé. Vous vous soûlerez, sur ma table, de la chair des chevaux et de la chair des cavaliers les plus braves et de tous les hommes de guerre, dit le Seigneur Dieu, saci. Bible, Ézéchiel, xxxix, 20. J'enivrerai mes flèches de leur sang, et mon épée se soûlera de leur chair, id. tb. Deutéron. xxxii, 42. Il 5* S'enivrer. Enfin, à force d'avaler, ils se soûlèrent, scarr. Rom. com. i, (l. Pour l'oublier, il se soûla, Et la scène finit par là, vadé, Pipe cassée, IV. Il 6* Fig. Il se dit de ce qui soûle, gorge au moral, comme font au physique les aliments, le
vin Les soldats, ennemis de la paix, Qui de
l'avoir d'autrui ne se soûlent jamais, régnier,
Sat. VI Son œil semble encore à longs traits
se soûler Du sang des malheureux qu'elle vient d'immoler, corn. Théod. v, 8. I..a reine ne se peut soûler, Et de les voir et d'en parler, scarr. Virg. i. En cet endroit où il [Homère] fait pleurer Achille et Priam.... il dit qu'ils se soûlent de ce plaisir, LA PONT. PtycM, I, p. »6. Se soûler de carnage,
nELii.f.E, les Trois régnes, vni. Que.... Ce roi bigot
I Louis XIj, pour se soûler de crimes. Mette sa vierge entre le diable et lui, bérano. Censeur.
II Se soûler de plaisirs, de toutes sortes de plaisirs, prendre toutes sortes de plaisirs avec excès. Ceux qui croient que le brcn de l'homme est en la chair, et le mal en ce qui le détourne des plaisirs des sens, qu'ils s'en soûlent et qu'ils y meurent, pasc. Pens. XVI, 15, éd. havf.t.
— REM. On voit par les exemples que se soûler, condamné par Voltaire dans le Cid comme n'étant plus du style élevé, peut encore trouver sa place. Bossuet, Pascal, DeliUe et Béranger en offrent des exemples.
— HIST. un* s. De li [s4 fille] baisier no puel [la mère] estre bien saoulée, Berte, cxxvi. Hé 1 dist li masenghe [mésange], se tu me mangoies, tu ne seroies gaires saoulés de mi ; car je suis une petite cose, Chron. de Bains, 238. Vous ne fustei onkes soelés d'or ne d'argent; mais je vous en soelerai encore anqui, ib. M2. Tu vodras moult ententis estre X tes yex saouler et pestre, la Rose, 2352. Nus ne se pooit soeler De l'esgarder se il fust liés, FI. et Bl. 2866. Je euz faim, vous me saoulastes; Et si eus soif, vous m'abruvastes, j. de MEUNG, Tr. un. Il XVI* s. Les choses présentes ne nous saoulent point; non qu'elles n'ayent assez de quoy nous saouler; mais.... mont, i, 385. El pour se soûler encore d'avantage de faire le pis qu'il pouvoit aux Lacedemoniens, ^yiYOT, Philop. 28.
— ETYM. Wallon, s6lé; bourguig. itfioi; provenç. sadoUar; ital. satollare; du lat. satullare, qui vient de satullus (voy. soûl).
t SOClERIE (sou-le-rie), s. f. Terme populaire. Partie de plaisir où l'on boit beaucoup, où l'on s'enivre.
SOCLEUR (sou-leur), s. f. Terme familier. Frayeur subite, saisissement. Vous lui avez causé bien des souleurs. Après lui avoir donné la souleur [à la maréchale deBoUfflers], je lui contai ce qui s'était
passé, ST-SIM. 475, 86.
— lilST. xiii* s. Il le trova en terre déserte en leu [lieu] de paour et de grant souleur [vasta; solitudinis]. Psautier, f* (87. ||xvi* s. Les frayeurs, les souleurs des sinistres oiseaux, H. bellead. Poésies, t. I, p. u, dans lacurne. Elle arme la faible jeunesse. Pendue au col, de hardiesse Contre les souleurs de la nuict, id. ib. p. 69.
— ÉTYM. Dérivé du lat. solus, seul (voy. ce mot). Le sens propre est solitude; d'où crainte.
t SOULEVANT, ANTE (sou-le-van, van-t'), adj. Oui soulève. Force soulevante, Acad. des scienc. Comptes rendus, t. Livm, p. 626. La masse soulevante est granitique, mais il est impossible de préciser l'époque du soulèvement, ib. t. Lix, p. 995. Il Pompe aspirante soulevante, celle où l'eau aspirée dans le corps de pompe passe au-dessus du piston qui la soulève.
SOULEVÉ, ÉE (sou-le-vé, vée^ part, passé de soulever. || 1° Levé à une petite hauteur. Un fardeau soulevé avec beaucoup de peine. || 2° Agité par le vent, par la tempête. La mer soulevée. Il Fig. Ce fleuve soulevé roulant sur nous son onde, VOLT. Triumv. i, (.Le dépit, la vengeance, et la honte et l'amour De mes sens soulevés disposent tour à tour, id. Brutus, n, 1. 113° En proie à l'insurrection. L'empereur Anastase, contraint de se renfermer dans son palais contre les fureurs d'un peuple soulevé, wss. Déf. Var. l" dise. B. || Substantivement. Ils [les Autrichiens] laissèrent les soulevés [de Gènes] se rendre maîtres de la porte Saint-Thomas et de la porte Saint-Michel, volt. L. XV, 21. Il 4" Dont l'indignation est excitée. Les gens de bien sont terriblement soulevés, boss. Lett. quiét. 62. Rome, contre les rois de tout temps soulevée, RAC. Bérén. ni, l.
SOULÈVKMENT (sou-lè-ve-man), ». m. 1| !• Ac, tion de soulever. || Terme de géologie. Action souterraine qui a brisé et dérangé, à dilTérentes époques, les couches du sol. Le soulèvement des Alpes. Il 2* Terme de physiologie. Soulèvement précordial ou thoracique, celui que détermine, au niveau de la sixième .côte gauche, le recul du cœur à chaque systole, et qu'on a attribué, à tort, à un choc ou heurt du cœur de dedans en dehors contre la paroi thoracique. jl 8* Soulèvement d'estomac, mouvement de l'estomac se contractant pour rejeter ce qui le surcharge. Pour Ragotin, après quelques soulèvements de son estomac trop chargé.... SCARR. iiom. com. Ii, ) 6. || Soulèvement de cœur, mal d'estomac catisé par le dégoût qu'on a pour quelque chose. Vaincre les dégoûts et les soulèvements de cœur que peut causer l'accès da
ces demeures infectées par la pauvreté et tout ce qui l'accompagne, bourdal. Bzhort. char, envers les pauv. t. I, p. 12. Il 4* En parlant des flots, violente agitation. Le soulèvement des (lots. || 6* Fig. Commencement de révolte dans un État ou dans une province, plut4t que dans une ville. Je n'ai pa« oublié que cet événement Du perfide Tryphon fit le soulèvement, corn. Rodog. i, l. L'esprit de l'Église est entièrement éloigné de ces maximes séditieuses, qui ouvrent la porte aux soulèvements, auxquels les peuples sont si naturellement portés, pasc. Pruv. xiv. Lorsqu'il faisait de grands préparatifa pour cette importante expédition, il apprit le soulèvement de la Phénicic, rolun, llist. aru. Œuv. t. V, p. 611, dans pouGENS. Il y eut [en Corse] douze soulèvements que les Corses appelèrent efforts de liberté, et les Génois crimes de haute trahison, volt. Louis IV, 4o. || 8* Mouvement d'indi^-nation. Je ne puis vous exprimer à quel point alla le soulèvement des esprits, retz, Jfém. t. m, liv. IV, p. H 3, dans pougens. Le livre de M. de Cambray a excité un soulèvement universel, boss. Lett. quiét. 90. Ces démarches extraordinaires, où la singularité de l'événement, où le soulèvement public nous cfl^raye , mass. Confér. Voc. à l'ét. eccl. i. Le tribunal de l'inquisition a trouvé partout un soulèvement général, montesq. Espr. xxvi, tt.
— HIST. xvi* s. Cette entreprise aida merveilleusement à esmouvoir les Koclielois pour se joindre au soulèvement qui se pratiquoit desja par toute la France, d'aub. llist. n, (13. Le soublevemenl des gladiateurs, amyot, Crassus, (4. Le soublevemenl deslomach qui advient à ceulx qui voyagent en mer, mont, iv, 2.
— ÊTYM. Soulever.
SOULEVER (sou-le-vé. La syllabe Je prend un accent grave quand la syllabe qui suit estmuetle : je soulève, je soulèverai), v. a. \\ 1* Lever quelque chose de lourd à une petite hauteur. Soulever un fardeau. Il soulevait encor sa main appesantie, RAC. Mithr. v, 4. Ranimant ma force et soulevant ma chaîne, volt. Oreste, i, 2. Avec une force capable de soutenir une livre, vous soulèverez un poids de loo livres qui sera à un pouce de distance, si vous agissez aune distance de (oo pouces, condil. Art de rais, ii, 7. || Fig. J'ai été effrayé de ces questions [sur Dieu] que je me suis faites à moimême; c'est un poids immense que je ne puis porter; pourrai-je au moins le soulever? volt. Jfemmiuî, 3* lett. Il Soulever un malade, lever un peu le haut du corps d'un malade étendu dans son lit. Soulevez-lui un peu la tête. Faites-moi le plaisir de me soulever, et de m'apporter do quoi écrire deux lignes, mariv. Marianne, 7* part. || La marée soulève les navires qui sont sur la vase, elle les met à flot. Il 2* 11 se dit, en géologie, des forces centrales du globe qui exhaussent les montagnes, les continents. Je serais tenté de croire que les montagnes volcaniques des Cordillères.... qui s'élèvent à plusdeSuuo toises, ont été soulevées à cette énorme hauteur par la force de ces feux, bjff. Ifi'n. t. IX, p. 34. Il 3* Agiter, en parlant des flots. Une tempête soudaine Soulève les flots, quin. Pers. IV, 2. L'éclair croise l'éclair; l'air mugU, le ciel gronde, La tempête en hurlant creuse et soulève l'onde, arnalld. Oscar, m, 4. || Soulever les vents, agiter l'air par leur souffle. J'ai soulevé les vents, qui, brisant son vaisseau. Dans les flots mutinés ont ouvert son tombeau, corn Toi'î. d'or, II, (. ||4* Soulever la poussière, la faire voler en tourbillon. Le vent soulève la poussière. Tout cet éclat dont la France est si fière, Tout ce savoir qui ne la défend pas. S'engloutira dans les flots de poussière. Qu'autour de moi vont soulever tes pas, bérang. Chant du Cosaque. || 6* Terme ruraL Soulever la terre, dans quelques provinces, donner un premier labour aux champs après l'hiver. Il 6* Écarter en partie. Soulever un voile. N'avezvous jamais soulevé, à minuit, cette jalou.sie et ce rideau? a. db muss. Capi. de ilar. i, 2. || Fig. Comment soulever le voile qui cache l'avenir? Dict. de VAcad. || 7* Fig. Donner de la considération, mettre dans le grand ton. Il n'y a rien qui mette plus subitement un homme à la mode, et qui le soulève davantage que le grand jeu, la BRL'V. XIII. Il Donner de l'orgueil. Oui, quand ta vérité l'a bien soumis à toi. Le bien qu'on dit de lui jamais ne le soulève; Qu'un monde entier le loue, un monde entier achève D'afl'ermir les mépris qu'il a conçus de soi, corn. Imit. m, M. Il 8* Fig. Exciter à la révolte. Il est le dieu du peuple et celui des soldats; Sûr de ceux-ci, sans doute il vient soulever l'autre, corn. Nicom. u, I.
SOU
Par mes émissaires secrets, je soulevai les Gantois contre lui [Charles le Téméraire], fén. Dial. des morts mod. *. Le jeune Emerik Tekeli, seigneur hongrois, qui avait à venger le sang de ses amis et de ses parents répandu par la cour de Vienne, (ouleva la partie de la Hongrie qui obéissait à l'empereur Léopold, volt. Mœurs, ( 92. || 9* Exciter des sentiments d'irritation contre quelqu'un, avec un nom de personne pour sujet. J'irai, n'en doute point, au sortir de ces lieux, Soulever contre toi les hommes et les dieux, corn. Potnp. v, 4. Soulevez vos amis ; tous les miens sont à vous, HAC. Andr. rv, 3. Il [Richelieu] souleva les auteurs contre cet ouvrage [le Cid], ce qui ne dut pas être fort difficile, et se mit à leur tête, fonten. Vie de Corn. Mais la déesse do mémoire, Favorable aux noms éclatants. Soulève l'équitable histoire Contre l'iniquité du temps, i. b. rouss. Odes, ni, 2. S'il s'agissait des Sirven, des Calas, des Montbailli, je paraîtrais bien hardiment, je soulèverais le ciel et la terre, volt. Lelt. d'Argental, 7 nov. «774. Il Soulever contre soi, ou, simplement, soulever, s'attirer la colère, le ressentiment. Non, non, il n'ira pas par un lâche attentat Soulever contre lui le peuple et le sénat, rac. Brit. v, t. Paracelse avait soulevé contre lui toute la médecine, en opposant la pharmacie chimique à la pharmacie galénique, dider, Opin. des ane. phil. »t/ncr^tis(eî. Il Soulever pour, exciter des sentiments favorables à quelqu'un. Le l'amasse français, ennobli par ta veine. Contre tous ces complots saura te maintenir, Et soulever pour toi [Racine] l'équitable avenir, boil. ÉpU. vn. || 10' Exciter l'indignation, la colère, avec un nom de chose pour sujet. Son insolence souleva tout le monde. Votre conduite, en un mot, qui m'offense, Qui me soulève, et qui choque mes yeux, volt. Nanine, i, l . Il 11* Provoquer un léger mouvement d'emportement. Quand je trouvais en lui des mouvements impétueux à réprimer, je les lui reprochais avec une franchise qui le soulevait quelquefois, mais qui ne l'irritait jamais, marmontel, Vém. xi. Il 12* Fig. Soulever une question, la proposer, en provoquer la discussion. || 13° Soulever le cœur, provoquer des nausées. Dans les cuisines le sang et la graisse coulaient; les peaux des quadrupèdes, les plumes des oiseaux et leurs entrailles pêle-mêle amoncelées soulevaient le cœur et répandaient l'infection, volt. Lett. Âmahed. Tout cela soulève le cœur; mais le tableau du genre humain doit souvent produire cet effet , id. Uceuri, U6. || 14* V. n. Le cœur lui soulève, il a mal au cœur, il a envie de vomir. Le cœur lui soulevait contre l'affreuse proie, LA motte, Fabl. n, (S. Il On dit de même : Cela fait soulever le cœur. Comment leur odeur [des chairs des animaux tués] ne lui fit-elle pas soulever le cœur [à l'homme]? j. J. Houss. Ém. II. Il Fig. Et le cœur me soulevait à ce seul souvenir, ro. Confess. 1. 1| Fig. Cela fait soulever le cœur, cela cause du dégoût. Cela fait frissonner d'horreur, ou soulever le cœur de dégoiit à celui qui a le moindre sentiment de l'élégance, de la noblesse, de la grâce, diderot, Salon de 1 767, OEuv. t. IV, p. 108. Il 15* Se soulever, v. ré/l. Être soulevé. De tels fardeaux ne se soulèvent qu'à grand'peine. || Fig. C'est dans ce moment seul qu'un poids qu'il avait sur le cœur se soulevait et le laissait respirer à l'aise, stael, Corinne, xix, t. Il 16* Se lever, s'élever avec effort. 11 ne peut se soulever. Faible, et se soulevant par un dernier effort, VOLT. Olymp. iv, 8. Quand je la vois [Marianne], ma gorge se serre, et j'étouffe, comme si mon cœur se soulevait jusqu'à mes lèvres, a. de MUSSET, Capr. de Mar.i, «. || 17* Il se dit de la mer, des vents qui s'agitent. Les flots se soulevaient. Assuré sur la face de la mer calmée, il lâche le gouvernail et laisse aller le vaisseau à l'abandon ; les vents se soulèvent, il est submergé, BOSS.Pon^g. «oitU Benoit, 3. || 18* Se mettre en insurrection, en hostilité, l.cs étrangers se sont soulevés contre lui, SAa, Bihl. Scdésiastiq. xlv, 22. Je fais rompre la Irêve, J'excite 'e soldat, tout le camp se soulève, RAC. Théb m, 6. Les esclaves des anciens devaient haïr leuis maîtres; aussi se soulevèrent-ils souvent, condil. ^lud. hist. l, 3. || Avec ellipse du pronom personnel. Il m'ôtera l'ardeur qui me fait soulever, corn. Iléracl. i\, l.||19'Fig. Il se dit de certaine» passions qui s'irritent. Quand il vous fallut prendre la plume et faire l'humble aveu d'une malheureuse folio, aveu qui cependant vous aurait honoré, votre diable d'orgueil se souleva, MABMONTEL, Uém. vm. Il Le cœur se soulève, il est ébiu, troublé. Mon cœur, qui se soulève, en forme
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un noir augure, corn. Œdipe, v, 4. Ce jeune cœur se soulève; le premier sentiment de l'injustice y vient verser sa triste amertume, J. J. Rotiss. Ém. II. Il On dit dans un sens analogue : Le sang se soulève. Avez-vous pu, cruels, l'immoler aujourd'hui, Sans que tout votre sang se soulevât pour lui? HAC. Andr. v, 3. || En un autre sens, le cœur se soulève, on est saisi de dégoût. Elle ne disait donc pas : ce péché est véniel, elle disait : il est péché, et son cœur innocent se soulevait, BOss. Mar.-Thér. || 2' Éprouver le sentiment de l'indignation. Toute l'Angleterre s'est soulevée contre le jugement qui a condamné Lalli; on l'a regardé comme une injustice barbare, volt. Lett. Schomberg, 31 oct. 1769.
— HIST. XI" s. Les dras [il] suzlevet dunt il esteit cuvert, St Alexis, lxx. {| xiii* s. Nostre sires Dieux umilie le povre et le sozlieve. Psautier, f* 182. Fors que defors [je] voi soiislever Des mameletes son bliaut. Lai dlgnaurès. Puis dist : Renart, se Diex t'avant, Cà vien, si susleve la huche, Ken. 2759. Il XVI' s. Il sublieve la coingnée d'or, il la reguarde, et la trouve bien poisante, bab. Pant. IV, iVou». prol. Elle fut poignardée et jettée en l'eau, et, comme la rivière la soulevoit, on courut de tous costez l'assommer à coups de bastons et de pierres, d'aub. Ilist. ii, 20. Les Ilotes se soubleverent contre eulx avec les Messeniens, et foirent beaucoup de maulx en tout le pais, amyot, Lyc. B9. L'aigle le soublevant en l'air l'emiiorta bien loing, m. Thém. 48. Cratesiclea, en l'embrassant et baisant, sentit que le cueur luy soublevoit et fendoit de regret et de douleur, m. Agis et Cléom. 62. A tel objecl l'estomach se soubleve,
MONT. Il, 283.
— ÉTYM. Prov. et esp. solevar ; ital. sollevare ; du lat. sublevare, de sub, sous, et levare, lever.
t SOULEVEtJR(sou-le-veur), s. m. Celui qui soulève. Il Adj. Contre-poids souleveurs.
— HIST. XVI* s. Sousleveur, oudin, Dict.
— ÉTYM. Soulever; ital. soUevatore. SOULIER (sou-lié; l'rnese lie jamais; au pluriel,
Vs se lie : des sou-lié-z élégants), s. m. \\ 1* Chaussure qui couvre le pied et qui s'attache par dessus. Soulier d'homme. Soulier de femme. Soulier pour homme. Soulier pour femme. Gros soulier. Soulier mignon. Souliers de maroquin, de peau de chèvre, de veau, de castor, de vache retournée, de prunelle, do satin, de taffetas. Mettre ses souliers en pantoufles. S'il arrivait que l'un cédât son droit à l'autre, afin que la cession fût valide, celui qui se démettait de son droit, ôtait son soulier et le donnait à son parent, saci, Bible, Ruth, iv, 7. Le Seigneur parla à Isaïe fils d'Amos, et lui dit : allez, ôtez le sac de dessus vos reins et les souliers de vos pieds ; Isaïe le fit, et il alla nu et sans souliers, iD. haie, xx, ). Légère et court vêtue, elle allait à grands pas. Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile. Cotillon simple et souliers plats, la FONT. Fabl vu, 10. Vous m'avez aussi fait faire des souliers qui me blessent furieusement, mol. Bourg, gent. ii, 8. De ces souliers mignons de rubans revêtus Qui vous font ressembler à des pigeons paltu3,iD. Éc. des maris, i, l. Mlle de Méry vous envoie les plus jolis souliers du monde; il y en a une paire qui me paraît si mignonne, que je la crois propre à garder le lit, sÉv. 344. Décriraije ses bas en trente endroits percés. Ses souliers grimaçants vingt fois rapetassés? boil. Sat x. Elle avait de fort petits pieds et des souliers encore plus petits ' que ses pieds, en sorte qu'elle n'était ni faite ni chaussée de manière à soutenir une longue marche, volt. Crocheteur borgne. Il a fallu le grand anatomiste Camper pour instruire sur la meilleure manière de faire les souliers, sennebieb, Ess. art d'observ. t. m, p. 216, dans pouGENS. On ne voit point de souliers dans ces demeures [faubourg St-Marcel]; on n'entend le long des escaliers que le bruit des sabots, MERC. Tabl. de Par. 88. || Soulier en chausson, soulier avec une simple semelle. || Fig. C'est là que le soulier me blesse, c'est la chose qui me nuit, me gêne, me fâche. Et c'est là de par Dieu Où le soulier les blesse, régnier, Sat. xii. || Fig. Mettre son pied dans tous les souliers, se fourrer partout, se mêler de tout. Saumery se mit à voir des femmes importantes, et à mettre, comme il fit dire de lui, son pied dans tous les souliers, st-sim. 230, 80. Il Ne pas mettre deux pieds dans un soulier, faire toute diligence. || Il n'a pas de souliers, il n'a pas de souliers à mettre à ses pieds, se dit, avec un certain mépris ou reproche, de celui qui est fort pauvre. Un gueux qui, quand il vint, n'avait pas '
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de souliers, mol. Fart, i, (.Ce sera quelque parente de ce Gcrraouil qui n'aura pas de soulier» à mettre à ses pieds, dider. Père de famille, v, 10. !| Familièrement. Je m'en soucie non plus que de mes vieux souliers, se dit pour exprimer qu'on ne se soucie aucunement d'une personne ou d'une chose. Il On dit d'une façon encore plus méprisante : Je n'en fais pas plus de cas que de la bou» de mes souliers. || Être dans ses petits souliers, être dans une situation critique, embarrassât te. Ainsi pressé de questions, j'étais dans mes petit* souliers. || Ils n'ont qu'à mettre leurs souliers en pantoufles, se dit do ceux qui voudraient se déguiser. Il Fig. Il n'est pas digne de dénouer les cordons des souliers d'un tel, il lui est fort inférieur; locution tirée de l'Évangile, oii saint Jean-Bapliste dit cela de lui-même par rapport à Jésus. Il en vient un autre après moi, qui est plus puissant que moi; et je ne suis pas digne de dénouer le» cordons de ses souliers, en me prosternant, SAa, Bible, Év. St Marc, i, 7. || Mourir dans ses souliers^ le contraire de mourir dans son lit. || Mettre se» souliers en savate, voy. savate. || 2° Dans le moyen âge, souliers à pointes, souliers camus, sortes de souliers. Aux souliers à pointes, jdits à poulaine, succédèrent très-rapidement, ainsi que la mode procède dans ses excès, les souliers camus, de laborde. Émaux, p. 602. || 3° Soulier de cuir, espèce de sabot qu'on met quelquefois aux pieds des chevaux à l'écurie. || 4" Soulier de Notre Dame, genre d'orchidées, cypripedium calceolus, L. Il Proverbe. Tel pied, tel soulier.
— HIST. XII* s. Vodves 0 orpheninse povresguverna; Dras, viandes, soUors e deniers lur dona, E trop poi en venoient à lui, ço lui sembla. Th. le mort. 126. Sotularis vel sotular, solers, chaucements, Gloss. lat. gall. Sangerm. dans du CANGE. Il XIII* S. Il VOUS dira que il en velt [du cuir] ses soUers afaitier, quant il seront percié, Merlin, (' 35, verso. [Un homme qui fait hommage] En va le roy baiser la jambe et le soulier, Berte, cxxxix. Vous n'aurés jà plus d'une archie La sente batue et marchie. Sans point user vostre soler. Que vous verres les murs croler, la Rose, 7045. Chauciés refu [Déduit] par grant mestrise D'ims solers decopés à las, ib. 831. || xv* s. Ceux de Mortaigne n'avoient de quoi vivre, ni chausses ni souliers au pied, froiss. ii, n, 30. Hz portent pelitz soulers gra.s. Aune poulaine embourrée. CH. d'orl. Rond. Et si avoit unes chausses noires, et uns solers de veloux d'azur semés de fleurs de lys d'or, monstrel. I, 277. Souliers camuz, boufiz comme ung crapault, de laborde, Émaux, p. 6i)2. || xvi* s. J'accommode le soulier à nostre pied, c'est à dire la despense à nostre pauvreté, lanole, 276. Je confesse que des ripailleux trouveront ce soulier trop petit pour leur pied, id. 279. Des souliers à cricq ou à pont levedis, d'aub. Fxn. i, 2. booo paires de souliers communs, liooo paires de souliers cordez, d'aub. Bist. m, 87. Soulier rompu ou sain vaut mieux au pied qu'en main, leroux de lincy, Prov. t. n, p. 417. Beau soulier devient laide savate, ID. ib. p. 181. Cela c'est proprement tailler et coudre un soulier, pour qu'un aultre le chausse,
mont. III, 300.
— ÊTYM. Bourguig. soulay; picard, seulet, sole, soulé. Diez l'assimile au provenç. solter. ital. solajo, qui signifient plancher, et le tire de solum, base, seuil, support. Mais la forme primitive n'est pas soulier; elle est soller, et se rattache au baslat. sotulares, subtalares, qui signifiait une sorte de souliers; à son tour, sotulares dérive du latin suhtelaris, qui appartient au creux du pied, de subtel, le creux du pied.
t SOULIÈRE ( sou-lié-r' ), ». f. Barre de fer, aplatie en verge carrée.
SOULIGNÉ, ÉK (sou-li-gné, gnée), part, passé de souligner. Un passage souligné.
t SOULIGNKMENT (sou-li-gne-man), t. m. Néologisme. Action de souligner.
SOULIGNER (sou-li-gné), v. a. Tirer une ligne sous un ou plusieurs mots. Dans une copie manuscrite on souligne ce qui doit être imprimé en italique. Ce premier verset du dixième chapitre de Job : Mon âme est fatiguée de ma vie, était souligné, ciiATEAUBR. Natch. 2* partie. |l On souligne aussi les mots, les passages sur lesquels on veut attirer l'attention du lecteur. Quand ils ont démontré le vice d'une période, décomposé un hémistiche, et souligné quatre ou cinq mots, ils se croient les restaurateurs de la poésie et de l'éloquence, MERC. Tahl. de Par. 138. || Par catachrèse et néologisme. Indiquer par une inflexion de voix
sou
sou
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qu'on attache une importance particulière & un me', i une phrase qu'on dit. En nous parlant, il (uuUnna rortement ces mots,
— EiYM. Sous, et ligne.
t SOlJLir.NElIR (sou-li-gneur), s.m. Critique qui s'alMclie aui détails. La sécheresse et la sottise le défigurèrent [le Mercure], et l'art du souligneur fut pris pour l'art du critique, mekc. Tabl.de l'ar. 80. On pourrait en retrancher [du Journal de Paris] la partie littéraire qui donne d'inutiles extraits d'une fouie d'ouvrages éphémères; car l'art du souliRneur n'est pas celui du critique, id. ib. 620.
SOL'LOIR (sou-loir), P. n. Terme vieilli dont il no reste que l'imparfait, à peine encore usité quelquefois. Avoir coutume. Quel soin.... Fait que je ne SUIS plus ce que je soûlais être?RÉONiER,i)ia{. En grande estime il soûlait être, scarr. l'oés. dtp. Œuv. t. VII, p. 21, dans pougens. Quant à son temps.... Deux paris en fit, dont il soûlait passer L'une à dormir et l'autre à ne rien faire, la font. Épit. Lusage a préféré dans les verbes.... être accoutumé à souloir, la bruï. De quelques usages. Il [le peuple de saint Louis] regrettera toujours la ;ombe de quelques messieurs de Montmorency, »ur laquelle il soûlait de se mettre à genoux durant la messe, chateaubr. Génie, m, i, 8.
— REM. 1. Souloirest une des plus grandes pertes que la langue ait faites; car combien opotr coutume, dont on est obligé de se servir, est lourd et incommode! || %. Chateaubriand a dit à tort : Il soûlait de...; l'ancien usage ne mettait pas de.
lllST. x* s. Si cum il semper soit haveir,
Fragm. de Valenc. p. 48». || xi* s. Jà c'est Rolanz qui unt vus suelt amer, Ch. de Hul. cxlvii. Il XII* s. Et les douz mots que [je] soil à lui [elle] parier, Couci, xxii. Nous li soliens vaincre et finer les estors [les combats], Soi. ixvii. || xiii* s. L'en sieult dire, et voirs est, ce cuit [je pense] : Encontre vezié, recuit [à bon chat, bon rat], la Rose, 7389. Il XIV* s. Ceux qui seulent mengier et boire indifféremment ce que est mis devant cuIx.oresme, Éth. 95. Il xv* s. Ainsi comme en icelle morte saison les gentilshommes se seulent esbattre à chasser aux lièvres.... le bon Bouciquaut, par manière de soûlas, s'esbattoit à chasser aux ennemis, Bouciq. I, 12. Il xvi* s. Je souloys jadiz boyre tout, maintcnani je n'y laisse rien, rab. Garg. I, 5.
— ETYM. Provenç. et espagn. soler; portug. loer-ital. solere; du lat. solere.
SOULTE (soul-f) ou SOUTE (sou-f), ». f:\\ 1* Terme de jurisprudence. Ce qu'un des coparlageants doit payer aux autres pour rétablir l'égalité des lots, quand le lot qui lui est échu se trouve trop considérable et ne peut se diviser. Il a payé telle somme à ses cohéritiers pour soulte de partage. Le conéritier ou coparlageanl conserve son privilège sur les biens de chaque lot, ou sur le bien licite, pour les soulte et retour des lots. Code civ. art. 2109. Il l' Il se dit en un sens analogue, dans lesécnanges, pour en parfaire l'égalité. Soulte d'é- Sh^nge. Somme qu'enfin la soute du mulet Fut accordée [le mulet fut donné pour soulte d'échange], LA FONT. Troq. || 3* Payement d'un reste de compte, i; a payé mille francs pour soulte de compte, de tout compte. En ce sens il est vieux; on dit présentement solde.
— HIST. xiir s. El si dirons de cii [ceux] qui escangent, et avec l'escange metent saute d'argent, BEAUM. XLiv, 4. Pour Ce que pluseurs fraudes et mal'ces esloient fêtes ou mestier de la foulerie, et dont damage avenoit au commun du mestier et au commun du peuple, en ce que lesdiz mestres, en solte et en paiement de leurs salaires des pareures des dras, prenoient d'autres denrées.... Liv. des met. 4ou.
— f.TYji. Autre forme de solde.
SOUMETTKE (sou-mè-tr'), v. a. 11 se conjugue comme mettre. || 1* Mettre sous la puissance, sous l'autorité; mettre dans un état de dépendance. Ta main qui nous soumet sous le pouvoir suprême De ceux que la naissance orne du diadème, racan, Ode à la reine. Je suis le Seigneur.... et maintenant j'ai voulu soumettre ces terres à Nabuchodonosor, roi de Babylone, mon serviteur, Boss. Reine d'Anglet. Les guerres continuent, et les Romains soumettent après cinq cents ans les Gaulois cisalpins leurs principaux ennemis, et toute l'Italie, m. //w(. m, 7. La fortune, qui voulait leur faireéprouver toute sa rigueur, soumit don Fadrique au corsaire de Tunis et don Juan à celui d'Alger, lesage, Diable boit. )B. Il ne faut pas croire que ce fut par modération qu'Attila laissa subsister les Romains; il suivait les mœurs de sa nation, qui le portaient à soumettre les peuples,
et non pas à le» conquérir, uontesq. Rom. ( ». Cortex soumet le puissant empire du Mexique, volt. Mœurs, H». || Se soumettre quelque chose ou quelqu'un, le soumettre à soi. Soumettez-vous les lieux que dore le Pactole, rotrou, Anlig. il, 4. |i i° 11 se ditdes femelles mises sous le mile. Pourquoi donc le cerf et le chevreuil d'Angleterre usent-ils de violence pour se soumettre leurs femelles? bonnet, Corviid. organ. Œuvr. t. vi, p. 394, dans pougens. Il 3*Fig. Faire obéir, en parlant de choses abstraites. Il [le livre de l'Écriture] veut obliger les hommes à soumettre leur esprit à Dieu, Boss. Ilist. ii, 13. Jules, qui le premier la soumit [la liberté] à ses armes. Qui fit taire les lois dans le bruit des alarmes HAC. Bérén.u, 2. Soit qu'à tant de bienfaits
ma mémoire fidèle Lui soumette [à Agrippine] en secret tout ce que je tiens d'elle, m. Brit. u, 2. Le christianisme nous donne l'habitude de soumettre cet orgueil; le monde nous donne l'habitude de le cacher, montesq. Déf. Espr. lots, part. 3. Pour vous soumettre la fortune et les choses, commencez par vous en rendre indépendant, j. J. Rouss. Ém. III. Ils ont beau me crier: soumets ta raison, autant m'en peut dire celui qui me trompe; il me faut des raisons pour soumettre ma raison, m. ib. IV. Il 4° Soumettre à, suivi d'un infinitif, dans le sens de contraindre à. Il est question do soumettre les professeurs [de l'université de Paris] à profiter des bons livres écrits sur cette matière, BACiiAUM. Ilém. seer. 27 déc. t762. || B* Fig. U se dit de l'acte de déférence à la décision de quelqu'un. Soumettre une chose au jugement, à la censure, à la critique de quelqu'un. Je soumets tout ce que j'ai fait et ferai à l'avenir à la censure des puissances tant ecclésiastiques que séculières, sous lesquelles Dieu me fait vivre, corn. Attila, Préf. Si on soumet tout à la raison, notre religion n'aura rien de mystérieux et de surnaturel ; si on choque les principes de la raison, notre religion sera absurde et ridicule, pasc. Pens. xiii, 3, éd. iiavet. H Soumettre ses idées à celles d'un autre, les subordonner à celles d'un autre. Je sais combien je dois soumettre mes vues aux vôtres, maintenon, Lett. ou cord. de Noailles, 7 août (698. |l On dit dans le même sens : soumettre ses lumières, ses opinions, ses sentiments à ceux d'autrui. |{ Soumettre une chose à quelqu'un, à l'attention, à l'examen de quelqu'un, appeler l'attention de quelqu'un sur une chose, la lui faire examiner. Permettez-moi de vous soumettre une observation. Je pourrai bien me repentir de mon œuvre [Tancrède] comme Dieu; mais je ne me repentirai pas de l'avoir soumise à vos lumières et à vos bontés, VOLT. Lett. Chauvelin, 6 déc. net. J'ai voulu vous soumettre un doute qui m'arrête, c. delav. Yépres sicil. iv, 4. || 6* Fig. Il se dit des moyens logiques qu'on emploie pour juger quelque chose. Soumettre une question à l'examen. {| Soumettre une chose au calcul, la déterminer à l'aide du 1 calcul. Il Soumcllre une chose à l'analyse, l'analyser, la décomposer, pour connaître de quels éléments elle est formée. || 7* Faire subir une opération, pour analyser, disséquer. Nous avons nourri l'un de ces animau.x pendant quelques mois pour l'observer, et ensuite on l'a soumis àla dissection.... BUFF. Quadrup. t. vi. Quand on soumet le peroxyde à l'action de la pile, comme on y soumet l'eau, THENARD, Instit. Mém. acad. scienc. t. m, p. 4ii. Il 8" Se soumettre, u. réj}. Se ranger sous l'autorité. Se soumettre à la raison. La raison ne se soumettrait jamais, si elle ne jugeait qu'il y a des occasions oii elle se doit soumettre; il est donc juste qu'elle se soumette, quandelle juge qu'elle se doit soumettre, pasc. Pens. xiii, 4. La reine se soumit plus que jamais à cette main souveraine qui tient du haut des cieux les rênes de tous les empires, boss. Reine d'Anglet. Dieu même a mis en nous quelque chose qui peut se soumettre à sa souveraine puissance, id. Duçh. d'Orl. Il faut se soumettre à l'autorité de l'Église, parce qu'elle ne peut jamais se tromper ; mais il ne faut pas se soumettre aveuglément à l'autorité des hommes, parce qu'ils peuvent toujours se tromper, malebr. Rech. vér. iv, 3. M. de Voltaire, à mesure qu'il avance l'ouvrage [Commentaire sur Corneille], en envoie les cahiers à l'Académie française ; il se soumet au jugement de cette compagnie, qui trouve jusqu'à présent plus à admirer qu'à criti- ([uer, BACIIAUM. Mém. secr. 8 mai 1782. |{ Se soumettre aux ordres, à la volonté de quelqu'un, y conformer ses actions, ses sentiments. || Absolument. Se soumettre, reconnaître l'autorité, accepter la dépendance. Bérenger se soumit j et le pre-
mier qui fit une secte de l'hérésie des sacramcntaircs fut aussi le premier qui la condamna, BOSs. Variât, xv, <29. Demandez i ceux qui ont dans 1« cœur quelque passion violente, s'ils conserve» quelque fierté en présence de ce qu'ils aiment; on ne se soumet que trop, on n'est que trop humble, m. la Yalliêre. Tu as eu longtemps l'avantage de croire qu'un cœur comme le mien s'était soumis, hontesq. Lett. pert. 461. Aimons la vérité qui gêne; adorons-la, et soumettons-nous, CONOIL. Ilitt. ane. xv. Vous n'avez payé ma tendresse d'aucun retour, vous vous ête» soumise, et ne vous êtes jamais donnée, biccoboni, Œuvr. t. m, p. 207, dans pougens. || Se soumettre à une chose, à souffrir une chose, consentir i la subir. Je me soumets à payer ce que l'on voudra, si cela est. Valens : L'impérieuse humeur I vois comme elle me brave, Comme son fier orgueil m'ose traiter d'esclave I — Paulin : Seigneur, j'en suis confus, et vous le méritez; Au lieu d'y résister, vous vous y soumettez, corn. Théod. u, 7. La princesse Anne renonça à tous les jeux même les plus innocents, se soumettant aux sévères lois de la pénitence chrétienne, Bos». Anne de Conx. Il Se soumettre à un jugement, l'accepter, en reconnaître la validité.
— SYN. SOUMETTRE, SUBJUGUER. U y a dans subjuguer le mot joug qui donne à subjuguer une idée plus dure qu'à soumettre.
— HIST. XII* s. E en lui medesme espérai, chi suzmet mun poplesuz mei. Liber psoJm. p.222.Tutes choses tu suzmisis suz ses piez, ib. p. 8. Jà puisqu'il [le clerc] est sacrez, n'est à vos leis suzmis, 77». le mart. 33. || xiii* s. Li autre, par lor orgoil, sozmetoient les plus foibles au joug de servage, BRUN. LATiNi, TrésoT, p. 676. Soies souzmis à nostre Seigneur en simplcce. Psautier, f" 44. || xv* s. Le jeune duc de Savoye mourut en celui an assez merveilleusement ; dont depuis il fut grand question, et en vouloit on sousmettre [accuser] messire Othe de Grantson, fhoiss. iv, p. 45, dans la- CURNE. Afin que les Liégeois dessus dits et leur evesque se voulsissent soumettre du discord qu'il» avoient l'un contre l'autre sur le roi et sur son grand conseil, monstrelet, n, 50. || ivi* s. Je soubmets ces questions au jugement de ceux à qui.... mont, i, 394.
— ÊTYM. Provenç. sobmetre, sotsmclre ; catal. sometrer; espagn. some.ter ; portug. sometter; ital. sottomettere; du lat. submittere, de sub, sous, et mittere, mettre.
SOUMIS, ISE (sou-mî, mi-z'), part, passé, do soumettre. || 1° Qui est mis sous l'autorité. J'ordonne, poursuit-il [le Seigneur], que tout lui soit soumis [à Nabuchodonosor] , jusqu'aux animaux, BOSS. Reine d'Anglet. Elle [l'àme] se tourmente de voir son bien si détaché d'elle-même, si exposé au hasard, si soumis au pouvoir d'autrui, id. Jo Kolliére. Jadis Priam soumis fut respecté d'Achille . J'attendais de son fils encor plus de bonté, rac. Andr. in, 6. Ses gardes, son palais, son lit, m'étaient soumis, ro. Brxt.iy, 2. Les orages, les vents, les cieux te sont soumis, m. Eith. i, 4. || Filles soumises, voy. pille, n* u. |1 Terme de fortification. On dit d'un ouvrage qu'il est soumis à un autre, pour dire qu'il en est dominé. |{ i' Qui obéit. Le vrai intérêt de ceux qui gouvernent est d'intéresser aussi à leur conservation les peuples soumis, BOSS. 5* avert. BO. Ces gens qui, par une âme à l'intérêt soumise. Font do dévotion métier et marchandise, mol. Tart. i, 6. Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis, rac. Phéd. i, 3. Il II se dit des choses. Et ma douleur soumise aux soins de le venger.... corn. Sert, v, 3. || 3* Absolument. Disposé à l'obéissance. Un fils soumis et respectueux. Sophie semble pressentir ces emportements et le regarde; ce seul regard le désarme et l'intimide : il est plus soumis qu'auparavant, J. J. ROUSs. Êm. V. Il [l'abbé] est le complaisant soumis de madame, assiste à sa toilette, surveille la maison, merc. Tabl. de Par. «o. La métamorphose de l'amant soumis en mari impérieux, LB- TOUBNKOB, Trad. de Clar. Uarlowe, Lett. 68. || Il se
dit des chose» Je ne puis voir d'un cœur lâche
et soumis La sœur de mon époux déshériter mon fil», CORN. Perth. i, 2. Ces plainte» resjiectueuses qu'une douleur soumise répand devant Dieu pour les faire mourir à ses pieds, boss. 3* serm.Coruept. 2. Monsieur et Madame, qui, fidèles à tous leur» devoirs, ont eu pour elle des respects si soumis, si sincères, si persévérants, id. it«tn« d'A nylet. Il y a dans l'admiration une ignorance soumise qui, conlcnte de ce qu'on lui montre le» grandeurs de £i«u, ne
SOU
demande pas d'en savoir davan^ge, m. Élév. sur myst. xviii, H. Votre prière n'était pas assez soumise et assez pure, mass. Car. Prière 2. Une conduite à la fois si réservée, si soumise et en même temps remplie de soins si recherchés et si délicats, GENiJS, Vœux témér. t. i, p. 95, dans pougens. SOUMISSION (sou-mi-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. |{ 1* Disposition à obéir. Il a toujours eu une grande soumission pour ses supérieurs. Soumission et usage de la raison, en quoi consiste le vrai christianisme, pasc. Pens. xiii, 2 bis, édit. iiAVET. Soumission totale à Jésus- Christ et à mon directeur, id. Amulette. La soumission est la source des lumières ; plus on veut raisonner, plus on s'égare; plus on doute, plus Dieu permet que les doutes augmentent, mass. Pet. carême, Obstacles. Pompée, prenant la parole, dit qu'il ne s'était chargé de ces emplois que par soumission pour les ordres du sénat, vertot, Révol. rom. xm, p. 257. Pascal.... fut un homme de génie dans SOS ouvrages de mathématiques et de physique, dont il avait la bonté de faire peu de cas, par soumission pour les jansénistes , qui n'étaient pas en état de les entendre, volt. Item. Pens. Pascal, avert. Les hommes veulent obstinément ce qu'ils demandent; leur soumission est tyrannique, riccoboni, Œuvr. t. iv, p. (33, dans POUGENS. On voit par cet exemple que la cour de Suse voulait retenir les Grecs ses sujets dans la soumission plutôt que dans la servitude, barthél. Anach. ch. 72. || 2° Action d'obéir. J'ai été trèscontent de sa soumission dans cette afTaire. Il faut obéir, et croire que ce que l'on nous commande est le meilleur; on me doit savoir gré pourtant de cette soumission, laquelle, ce me semble, est tout à la fois obéissance et sacrifice, VOIT. iett. 28. Il Terme de procédure. Faire sa soumission, déclarer qu'on s'oblige à l'exécution de ce qui est demandé ou de ce qui est jugé. || 3° Action par laquelle on déclare se soumettre, se ranger à l'obéissance. Cette ville a fait sa soumission. Les soumissions arrivèrent de tous côtés au nouveau gouvernement. || 4* Démonstrations respectueuses, hommage à une autorité pour laquelle on a du respect; il se dit le plus souvent en ce sens au pluriel. Je souffris ces défiances et ces reproches avec le respect et la soumission que je lui devais, RETZ, Mém. t. n, liv. m, p. 390, dans pougens. Constantin Pogonat, imitateur du grand Constantin et de Marcien, entra au concile à leur exemple; et, comme il y rendit les mêmes soumissions, il y fut honorédes mêmes titres d'orthodoxe, de religieux, de pacifique empereur, boss. Hist. i, H. Ces airs de domination que nous nous donnons, ces soumissions que nous exigeons, bourdal. Carém. des Cendres, 59. Surtout qu'il ne paraisse jamais que vous demandiez de l'enfant d'autres soumissions que celles qui sont raisonnables et nécessaires, rollin, Traité des Et. vi, i" part, i, 6. || Satisfactions, excuses dont on use pour apaiser l'indignation, la colère de quelqu'un. Nous n'oubliâmes ni soumissions, ni prières, pour faire passer les choses par accommodement, scarh. Bom. com. 1, 45. Il n'en sortirait pas qu'il n'eiit fait toutes les soumissions qu'il fallait au duc, hamilt. Gramm. 9. Ses soumissions furent aussi inutiles que sa régistance, volt. Louis XIV, f3. ||5* Terme d'administration. Acte ou écrit par lequel on déclare se charger d'un ouvrage, d'une fourniture, à telles conditions. Adjudication sur soumissions cachetées. Il a fait, il a donné sa soumission. Retirer sa soumission. Les Ephésiens ont sur la construction des édifices publics une loi très-sage : l'architecte dont le plan est choisi fait ses soumissions, et engage tous ses biens, barthél. Anach. ch. 72. Il 6' Action par laquelle on olTre de payer, pour sa part, une certaine somme. Il fit sa soumission po'ir mille francs dans le payement de la contribution. Celles [les villes taillablesj qui l'ont pu obtei'ir [de se rédimer] par des soumissions excédant do beaucoup leur taille... boisguillebert, le Détail de la France, 3» part. ch. vill. Le père sera seulement tenu de souscrire une soumission de payer tous les frais, et de fournir les alimente convenables , C'od« civ. art. 378.
— itlST. XVI» s. Soubmission, cotgrave.
— Etvm. Prov. tu6mission;esp. sumision; ilal. «ommeition»; du lat. submissionem, qui vient de tubmissum, supin de submitlere, soumettre
SODMISSIONNAinE (sou-mi-sio-nê-r"), t. m. et f. Terme d'administration. Celui ou celle qui fait »a soumission pour une entreprise, des travaux, etc.
— ÉTYM. Soumission.
SOCMISSIONNÉ, ÉE (sou-mi-sio-né, née), ■part, passé de soumissionner. Une fourniture soumissionnée.
SOUMISSIONNER (sou-mi-sio-né), v. a. Terme d'administration. Faire sa soumission pour une entreprise, pour des travaux, pour un payement. Soumissionner un emprunt. Soumissionner pour tel prix.
— ÊTVM. Soumission.
SOUPAPE (sou-pa-p'), s. f. Il !• Terme de mécanique. Espèce de couvercle placé sur une ouverture, de telle manière qu'il s'ouvre d'un côté, et que de l'autre, plus il est pressé, plus il bouche exactement l'ouverture. || Particulièrement. Languette qui se lève dans une pompe pour donner passage à l'eau, et qui se referme pour empêcher que l'eau ne retourne au réservoir d'où elle était sortie. Les vaisseaux [du corps humain] ont leurs soupapes ou valvules, tournées en tous sens, BOSs. Connaiss. IV, 2. L'homme en buvant offrait le principe de la théorie des pompes; la découverte des valvules dans les veines enseignait l'usage des soupapes, SENNEBiER, Esï. art d'obscrv. t. m, p. 218. i| Soupape de sûreté d'une machine à vapeur, celle qui est destinée à laisser échapper la vapeur, en se levant d'elle-même, lorsque le degré de dilatation est tel que la chaudière éclaterait, si une issue n'était pas procurée. || Fig. Il se dit de ce qui agit comme une soupape de sûreté et prévient les explosions politiques. La liberté de la presse est une soupape. Il 2" Les ballons et les soufflets ont leurs soujiapes qui sont de petites languettes pour ouvrir ou fermer le passage au vent. || 3° Ce qui dans l'orgue et d'autres instruments donne passage auvent et l'empêche de rentrer. || 4° Tampon de forme conique qui ser^ à bouclier le trou d'un réservoir par lequel l'eau peut aller dans les canaux. Lever la soupape pour faire aller les jets d'eau. Il 5" Rond de tôle mouvant dans l'intérieur d'un tuyau de poêle, empêchant l'air chaud de s'échapper. || 6" Terme de serrurerie. Pièce de fer montée à bascule, servant à fermer une ouverture quelconque.
— HIST. xm* s. Si me tint, mais je li escape. Si li rendi tele sourpape (var. souspape), Que tout enviers l'ai abatu; Jà l'eusse trop bien batu, Baudouin DE coNDÉ, t. I, p. 4 72. Il XVI* S. Cela ne se peut faire que la souspape de la gorge de l'homme (que les chirurgiens appellent la luette) ne joue comme celle des pompes, palisst, 137. Aucuns se servent de seringues, soupapes, bassecules, etc.... pour ramonter l'eau des puits, 0. de serres, 774.
— ÉTYM. Espagn. sopapo, soupape et coup sous le menton, de so, sous, et papa, partie charnue sous le menton. De même que sous-barbe, qui signifie coup sous le menton, a pris le nom de divers engins, de même soupape a servi figurément à désigner ce qui s'ouvre et se ferme; on aperçoit même comment l'idée est venue de prendre le coup sous le menton, qui fait fermer la bouche, pour désigner le coup que reçoit la valvule, et la valvule elle-même.
SOUPÇON (sou-pson), s. m. || !• Au sens actif, action de soupçonner. Un cœur exempt de soupçon. Le soupçon, ce monstre sans pitié. Loge bientôt la haine où logeait l'amitié, mairet, Soliman, 11, 7. Ne m'assassinez point, je vous prie, par les sensibles coups d'un soupçon outrageux, mol. l'Avare, 1, 1. Ce n'est pas d'aujourd'hui, Nicole, que j'ai conçu des soupçons de mon mari, id. Bourg, gent. m, 7. Quelle cause fit arrêter les princes [Condé et Conli] ? si ce fut ou des soupçons, ou des vérités, ou de vaines terreurs, qui le pourra dire à la postérité? Boss. le Tellier. Il n'est rien où d'abord son soupçon attaché Ne présume du crime et ne trouve un péché, boil. Sot. x. Le soupçon d'un crime est, chez le vulgaire, la première explication qui se présente pour suppléer à l'ignorance des causes naturelles, condorcet, Duhamel. Les soupçons, dans le monde, raient des certitudes, marmontel, Cont. mor. Alcib. Le comte : Mais ce médecin peut prendre un soupçon. — Figaro : Il faut marcher si vite que le soupçon n'ait pas le temps de naître, beaumahch. Barb. de Sév. l, 4. De mon amour peignez, s'il est possible. L'ardeur , l'ivresse, et même les soupçons, bérang. Bonne DieiKe. Il Sans risque ni soupçon, sans risque ni soupçon de fraude. Mais un [avis] qui tous les ans, à si peu qu'on le monte. En peut donner au roi quatre cents [millions] de bon compte, Avec facilité, sans risque ni soupçon, hol. les Fdch. m, 3. Il i' Au sens passif, étatjd'une personne soupçonnée. Une conduite exempte de loupçon. De nos faux
SOU
monnoyeurs l'insupportable audace Pullule en cet Etat d'une telle façon, Qu'on ne reçoit plus rien qui soit hors de soupçon, mol. l'Ét. 11, 8. Il n'y a pas le moindre soupçon d'erreur dans ceux que vous en avez accusés, pasc. Prov. ivin. Le courage du chevalier de Lorraine est hors de tout soupçon, sÉv. 28 juin. 4 882. Je parle à des imes pures et sincères qui ont horreur du soupçon même de la vanité et du mensonge, fléch. Duch. de Montaus. Ceux qui ont écrit leurs propres actions sont tombés ordinairement dans le soupçon ou de les avoir relevées par orgueil, ou d'en avoir diminué la gloire par modestie, id. Vie de Commendon, préf. Les jésuites restent sous le soupçon d'avoir dirigé sa main [de Ravaillac], DmER. Opin. des anc. phil. (Jésuites). |{ 3* Simple conjecture, simple opinion. Ce n'est pas une certitude, c'est un soupçon. Pour moi je n'en ai qu'un léger soupçon, boss. Lett. Corn. sa. Mme la duchesse de Berri est en soupçon de grossesse, maintenon, teM. au duc de JVoaiJ. 4 9 juin 4740. Il y a des soupçons sur une grossesse [de la reine d'Espagne], M" de viLL. Lett. 27 déc. 4 079. Moi : J'ai peur que vous ne deveniez jamais riche. — Lui : Moi, j'en ai le soupçon, DiDER. Neveu de Rameau. \\ 4° Apparence légère. 11 y a quelque soupçon de petite vérole dans ce canton. Cela ne vous offense point ; il n» tombe entre lui [votre père] et vous aucun soupçon de ressemblance, mol. Scapin, 11, 7. De ce pouvoir prétendu du peuple et de cette souveraineté qu'on veut lui attribuer naturellement, il n'y en a aucun acte ni aucun vestige, et pas même le moindre soupçon dans toute l'histoire sainte, boss. 5* avert. 43. Certaines vues d'honneur qui lui faisaient craindre [à M. de Montausier] jusqu'aux moindres soupçons de changement et d'inconstance.... étaient autant d'engagements qui le liaient à sa communion, FLÉCH, Duc de Mont. J'ai eu, il y a quelque temps, un petit soupçon d'apoplexie, volt. Lett. la ValUère, 24 févr. 4707. Un malade ou un médecin du bel air se sera avisé de dire qu'il a eu un soupçon de fièvre, pour signifier qu'il a eu une légère atteinte; voilà bientôt toute la nation qui a des soupçons de haine, d'amour, de ridicule, ID. Dict. phil. Langues. \\ 5° Familièrement. Quantité si minime qu'on se demande si elle existe. Donnez-moi un soupçon de cette liqueur. Un excès d'aigreur ou d'amertume, dans les liqueurs, nous les rend odieuses; une pointe, ou ce qu'on appelle un soupçon de l'une ou de l'autre, pique, éveille et flatte le goût, marmontel, Œuvr. t. xvm, p. 223. Rien que de l'eau chaude avec un soupçon de thé et un nuage de lait, a. de muss. Un caprice, 6.
— SYN. SOUPÇON, SUSPICION. Soupçon est le terme vulgaire; suspicion est un terme de palais. Le soupçon roule sur toutes sortes d'objets; la suspicion tombe proprement sur les délits. Le soupçon fait qu'on est soupçonné ; la suspicion suppose qu'on est suspect.
— HIST. XII' s. Et cil qui plus les ament, sont plus en sopeçon, Sax. xxii. || xm* s. Et dist ces paroles pour çou (ce] que il savoit bien que li rois l'avoit en souspechon, por mauvaises paroles,
Chron. de Bains, 447 Dont j'ai mauvese soupe-
çon, la Rose, 3548. Il se met en souspechon qu'il ne demande fausseté, beauman. vi, 34.||xv* s. Vous estes tous temps mal pensant, Et plain de faulse soupeçon, cit. d'orl. Rail. 43. Hivi" s. Les sénateurs entroient en soupeçon les uns des autres, AMYOT, A'umo, 4. Ce mystère [de gens armés qui arrivaient les uns après les autres dans la maison de Montaigne] commenceoit à taster ma souspeçon, MONT. :v, 227. Tel en qui il ne pouvoit cheoir souspeçon aulcune de foiblesse, id. i, 94.
— f.TVM. Prov. sospeisso; it sospezione; du lat. suspicionem, qui vient ie suspicere, regarder, considérer, et de là soupçonner, de susum, en haut, et spicere, voir (voy. spectacle): îoupefonou soupçon est la forme française; il était correctement féminin; suspicion a. été refait sur le latin.
t SOUPÇONNABLE (sou-pso-na-bl'), adj. Que l'on peut soupçonner. Il paraît que les Chinois sont trop soupçonneux et trop soupçonnables , pour qu'on entame avec eux un grand commerce qui demande de la générosité et de la franchise, volt. Lett. à Catherin* II, « mai 4774.
— HIST. XVI' s. Soupçonnable, oudin, Dict. SOUPÇONNÉ, ÊE (sou-pso-né, née), part, passé
de soupçonner. Mais je laissais gémir la vertu soupçonnée, RAC. Phèdre, v, 7.
SOUPÇONNER (sou-pso-né), ». o. || 1* Avoir, sur quelqu'un ou quelque chose, une opinion désa-
sou
sou
sou
vaulageusc, non saas un certain doute. Les autres, mieux avertis do notre artifice [dans l'invention dramatique], soupçonnent de fausseté tout ce qui n'est pas de leur connaissance [dans une pitce tirée de l'histoire], corn. Poly. Abrégé du mart. 11 suffit souvent d'être soupçonné comme ennemi, pour le devenir, skv. 28 nov. (870. On remarcjuait dans les entreliens do la pieuse abbesse cette charité qui n'est ni jalouse ni ambitieuse, toujours si disposée à croire le bien qu'elle ne p'-ut pas même soupçonner le mal, boss. ïol. de Ifonterby. Dans ces jours de confusion et de trouble où les grfices tombaient sur ceux qui savaient à propos se faire soupçonner ou se faire craindre, on le négligea (M. de Montausicr] comme un serviteur qu'on ne pouvait perdre, klécu. Duc de Mont. Il n'y a rien dans mes écrits qui puisse faire, je ne dis pas juger, mais seulement soupçonner à une personne équitable, que j'aie jamais eu un sentiment si extravagant et si impie, malebk. Rech. vér. t. ui, Rép. dans pougens. Chargé du crime affreux dont vous me soupçonnez. Quels amis me plaindront quand vous m'abandonnez ? rac. Phèdre, iv, 2. On ne peut pas soupçonner ce prince [Charlemagne] d'avoir voulu affaiblir la discipline militaire, mon- TESQ. Esp. xxviii, 2< . Il 2* Avoir une simple opinion touchant quelque chose que ce soit. L'on me dit tant de mal de cet homme, et j'y en vois si peu, que je commence à soupçonner qu'il n'ait un mérite importun qui éteigne celui des autres, la bruy. De la cour. Je m'imaginais qu'il m'aimait : je ne le soupçonnais pas, je le croyais, mariv. Préj. vaincu, se. 3. Bacon soupçonna. Newton démontra l'existence d'un principejusqu'alors inconnu, volt. Dict. phil. Fr. Bacon el attract. Vous avez lu sans doute les poésies du philosophe de Sans -Souci, qu'on soupçonne de n'être ni sans souci ni philosophe, iD. Lelt. Cideville, 28 mars 17U0. || Je soupçonne entre nous que vous croyez en Dieu, GiLB. te Xrill' siècle. \\ Ne pas soupçonner, ne pas avoir l'idée que. On a vu, avec des lunettes, de très-petites gouttes d'eau de pluie ou de vinaigre ou d'autres liqueurs, remplies de petits poissons ou de petits serpents que l'on n'aurait jamais soupçonnés d'y habiter, fonten. Mondes, 3* soir. Comptant treize ans à peine et ne soupçonnant pas Tout ce qu'elle nous cache ou découvre d'appas, DELiLLE, Imag. m. 1| Familièrement. Vous ne soupçonnez pas ce que c'est que cette entreprise, vous ne pouvez en avoir une juste idée. || 3" Se méfier de. On soupçonne aisément un sort tout plein de gloire. Et l'on veut en jouir avant que de le croire, mol. Tart. iv, 6. || 4° Se soupçonner, v. réfl. Concevoir un soupçon sur soi-même. Bien loin qu'on pensât à intéresser [blesser] quelque principe de notre religion, on ne se soupçonnait pas même d'imprudence, «ûntesq. Lett. pers. réflexions.
— RE.M. 1. Sor' ;onner suivi d'un infinitif veut de : Il est soupçonné d'avoir fait cela. Cependant RoUin a dit : Il eut l'audace de déférer tous ceux qu'il soupçonnait avoir eu du penchant à secourir Persée. || 3. Il régit avec qu« l'indicatif quand la phrase est alfirmativc : Vous soupçonnez que je veux vous tromper ; et le subjonctif, quand la phrase est négative ou interrogative : Pouvait-il soupçonner qu'on le vouliit tromper?
— HIST. XIII* s. Et se li acusés ou souspeçonnés pot livrer pièges.... beauman. li, 3. || xv* s. Il [Louis XI] se souspesonnoit do ce grant seneschal de Normandie, et luy demanda et lui prioit qu'il lui dist se il avoit baillé son scel aux princes qui estoient contre lui ou non, comm. i, 3.
— ÉTVM. Soupçon ; provcnç. sospeisonar.
•f- SOCPÇONNEUR (sou-pso-neur), s. m. Celui qui
soupçonne.
— HIST. XTi* s. Ce loyal serviteur, comme celui qui estoit soupçonneur et craintif du mal et dommage de son maistre, marg. Nouv. xvu.
i SOUPÇONNEUSEMENT (sou-pso-neù-ze-man), adj. D'une manière soupçonneuse.
— HIST. XV' s. Et moururent tous deux assez soupsonneuscment, de quoy aucunes gens furent encoulpés en derrière couvertement, froiss. i, i, 49.
SOUPÇONNEUX, EUSE (sou-pso-neû,neû-z'), adj. Qui soupçonne aisément. Mais si je m'en rapporte aux esprit» soupçonneux. Vous [Pompée] aidez aux Romains à faire essai d'un maître. Sous ce flatteur espoir qu'un jour vous pourrez l'être, corn. Sertor. m, 2. Sans craindre ni ses envietii ni les défiances d'un ministre [Mazarin] également soupçonneux et ennuyé de son état, M. le Tellier allait d'un pas intrépide où la raison d'État le déterminait, BOSS. le Tellier. Soit qu'il [Juvénal] fasse au con-
seil courir les sénateurs. D'un tyran soupçonneux pâles aduiaieurs, boil. Art p. ii. Quiconque est soupçonneux invite à le trahir, volt. Zaïre, i, 5. Plus d'un époux, en promenant ses vœux. Au dehors est amant volage, Au dedans mari soupçon- «noux, IHBERT, Jaloux tans amour, l, 4. || Substantivement. Ces maudits soupçonneux cherchent toujours quelque malheur, lamotte, Catend. des vieillards, se. 7. || Terme de manège. Se dit d'un cheval qui est médiocrement peureux, un peu timide. ~ REM. Autrefois, soupçonneux avait également le sens de qui soupçonne, et de qui est soupçonné ou suspect. Aujourd'hui, c'est une faute de donner le sens de suspect à soupçonneux.
— HIST. XII' s. Si fu Rous mult suspecenos, Multententis, mult curios, benoît, il, 2977. || xin's. Avoi, disl-ele, biaus douz sire? M'avez-vous donc soupeçonneuse [suspecte], Qui sui vostre loial espeuseT la Rose, 16636. Quant tel larrecin sunt fet, la justice doit penre toz les souspeconneux [suspects], et fere moult de demandes por savoir.... BEAUMAN. ixxi, 6. || iiv S. Fuyez compaignie souspeçonneuse [suspecte], Ménagier, l, 2. || xvi' s. Soupeçonneux comme singes de cour parmi des pages, BHANT. C/iarIcs-Cuin<. Bien que toujours les monarques sceptrez Soyent soupçonneux des peuples trop lettrez, rons. 692. Je suis peu desfiant et souspeconneux, de ma nature, mont, iv, 227.
— ÊTYM. Soupçon.
SOUPE (sou-p'), s. f. Il !• Sorte d'aliment fait de
potage et de tranches de pain, ou même de pâtes, de riz, etc. et qui se sert avant tout autre mets. Une soupe au vermicelle. Une soupe à la semoule. Soupe grasse. Soupe maigre. Soupe aux herbes. Soupe à la purée. Soupe au lait. Et lui qui pour la soupe avait l'esprit subtil, régnier, Sal. vm. Us s'ennuyaient particulièrement de ne point manger la soupe, pellisson, lelt. hist. t. ni, p. 202. Quoi I je mettrais, dit-il, un tel chanteur [un cygne] en soupe! LA FONT. Fabl.m, a. Une soupe à bouillon perlé, soutenue d'un jeune gros dindon, cantonnée de pigeonneaux, et couronnée d'oignons blancs mariés avec la chicorée, mol. Bourg, gent. iv, l . Je vis de bonne soupe et non de beau langage ; Vaugelas n'apprend point à bienfaireun potage, m. Femmes sou. 11,7. L'Allemagne s'est illustrée par sa soupe i la bière, qui, soit dit entre nous, ne vaut pais le diable, scribe et mazèhes, Vatel, se. 4. || Dès qu'on a mangé la soupe, dès le matin, à cause de l'habitude, très-répandue, de manger le matin de la soupe. Pour les avertir que demain Leurs envoyés soient en chemin, Dès qu'ils auront mangé la soupe, Courrier burlesque, p. 22. || Dès la soupe, dès le commencement du repas. || Par dénigrement, marchand de soupe, maître de pension. Il Soupe économique, sorte de soupe faite non avec de la viande, mais avec des os. Il a poussé si loin l'ardeur philanthropique. Qu'il nourrit tous ses gens de soupe économique, Etienne, les Deux gendres, I, t. Il Soupe jacobine, voy. jacobin. |{ Fig. S'emporter comme une soupe au lait [le lait chaufîé se gonfle et déborde], s'irriter facilement et promptement. Ce mot-là fit élever le mari comme une soupe au lait, comte de caylus, Hist. de M. Guill. Œuvr. t. i,p.30, dans pougens. || Fig. La soupe à l'oignon, se dit, dans l'argot des artistes, de tous ceux qui ont passé par l'École des beauxarts et qui sont arrivés, de façon ou d'autre, par la filière administrative. || Soupe au lait, soupe de lait, se dit adjectivement des chevaux qui sontd'un blanc tirant surrisabelle,et des pigeons de la même couleur. Chevaux soupe de lait. Jument soupe au lait. Pigeons soupe de lait. ||2* Par extension, dîner en général. Allons, venez manger ma soupe, vous me donnerez à souper ce soir, mariv. Pays. parv. 3' part. Bonjour, ma nièce ; venez-vous manger la soupe avec nous? genus, Thédt. d'éduc. la Lingère, I, 6. Il Venez manger ma soupe, locution blâmée par Mme de Geniis, Mém. t. T, p. 92, dans pougens, mais sans fondement. || Soupe des rentiers, s'est dit jadis pour un ordinaire peu succulent. Mais surtout évitons la soupe des rentiers, Et tendons nos filets chez de gros financiers, colnet, l'Art de dîner en ville, l. || 3* Par antonomase, tranche do pain coupée mince, qu'on met dans la soupe. Mettez deux ou trois soupes dans ce bouillon. Une soupe de pain. || Tailler la soupe, couper du pain par tranches pour le mettre dans le potage. || Tremper la soupe, mettre les tranches de pain dans le potage quelque temps avant de le servir, afin qu'elles s'humectent. Les bedeaux, distributeurs discrets de ces fragments consacrés [pain bénit offert par im riche personnage], auront
de quoi tremper leurs soupes pendant huit jours, et pourront manger leurs potages au pain bénit, MERC. Tabl.d» Par. ch. laa. || Populairement et fig. Tremper une soupe, rosser. Je vais te tremper une soupe. Il Trempé, mouillé comme une soupe, trèsmouillé. Il i* Soupe au vin, soupe au perroquet, soupe i perroquet, tranches de pain dans du vin. Il Ivre comme une soupe, se dit d'un homme qui a beaucoup bu et s'est enivré. Tantale est ivre comme une soupe, boil. Héros de rom. || .Soupe en vin, sorte do couleur rouge. Les draps et autres étoffes qu'ils teindront et feront teindro en grandes et hautes couleurs, comme écarlate, cramoisi, soupe en vin, et autres couleurs parfaites. Régi, des manuf. 32 oct. <097. On y compte quatre variétés, qui sont les gris de fer, les chamois, les soupes en vin et les gris doux, bufp. Oit. t. IV, p. 338. Il 5* Préparation alimentaire consistant en fourrages verts ou secs que l'on a fait infuser dans l'eau chaude [thé de foin), ou que l'on fait euire. Les soupes se donnent i tous les animaux, mais principalement au bétail à l'engrais, aux élèves et aux femelles laitières; on y fait entrer du foin, du regain, des racines et tubercules, des feuilles, des débris de jardin. || 6' Soupe crottée, ancien potage ou ragoût. || 7* Tabac frisé rouie dans une demi-feuille de choix. || Proverbes. La soupe fait le soldat, une nourriture simple rend propre aux fatigues de la guerre. Elle me ferait de mauvaise soupe, et, comme dit l'autre, c'est la soupe qui nourrit le soldat, carmontelle. Proverbes, le Grand chemin, se. 8. || Quelqu'un lui a mangé le dessus de sa soupe, se dit d'une personne qui est de mauvaise humeur. || Sa soupe est maigre, se dit d'un homme qui fait mauvaise chère.
— REM. 1. On dit soupe aux choux, soupe aux herbes, soupe au lait, etc. et non soupe de choui, d'herbes, de lait, etc. ||a. De CaiUières, en 4 600, observe que soupe pour potage est un mot bourgeois.
— HIST. xra' s. Brouet de gelines et soupes en vin bien trempé, alebrant, f* I9. El quant la messe fu faite, si fist li rois aporter pain et vin, et fist tailler des soupes et en manga une, Chron. de Rains, U7. C'est une taverne planiere Dont Forlune la tavernicre Trait aluine el piment en coupes Por faire à tout le monde soupes, la Rose, 6848. Puisque vous m'avés faite coupe [faute], Je vous ferai d'autel pain soupe, tb. 14420. || xiv s. Souvent il mengeoit des naviaux.... D'un harenc, d'une soupe à l'oile, Par defTaut de bonne viande, machaut, p. 104. Là ont nos bons François prins les meilleurs hostelz ; Prindrent la soupe en vin nos signeurs naturelz, Guesci. 20774. Il dit à Thomas qu'il n'estoit mie en sa puissance ne d'un tel fagoleur mcngeur de soupes.... du Gange, sapa. Il xV s. Quand le jour fut tout venu.... et que les chresliens eurent bu un coup et mangé une soupe en vin grec, malvoisie ou grenache, froiss. m, IV, <B. Et il lui dist que son pore et ses frères vouloient lui donner ses soupes dorées, comme il est accoustumé faire ou paîs en tel temps [carêmeprenant], DU CANOE, sopa. On luy [à Jeanne d'Arc] avoit faict appareiller à souper bien et honorablement ; mais elle fist seulement mettre du vin dans une tasse d'argent, où elle mist la moitié d'eau et cinq ou six soupes dedans, qu'elle mangea, et ne print autre chose, viriville, Chron. de la Pucelle, ch. 44. Plusieurs qui ne se sont pas feins d'y faire leurs souppes [d'y faire des profits, leurs orges], monstrel. t. I, ch. 99, p. 4 61, dans lacurne. Tu es plus yvre que une soupe, Ifir. de Ste Geneviève. Item aux frères mendiants. Aux dévotes et aux béguines.... De grasses soupes jacobines, villon, res(am.|| xvi' s. L'evesque [de Genève] Jehan Louis, lequel, jà soit qu'il fust de la maison de Savoye, si ne vouloit il toutesfois que le duc ny ses aultres frères missent le museap dedans sa soupe, boni- VARD, Chron. de Genève m, (. Perrin se y opposoit [à ce que les étrangers fussent reçus bourgeois de Genève].... disant que le- François chasseroient encore les anciens de la ville dehors, et, comme dist le commun proverbe, que la dernière soupe (tranche de pain] gecteroit la première hors de l'escuelle, id. Ane. et nouv. polit, de Genève, p. 129. Beaulx jambons, et force souppes de prime [tranches de pain et do fromage trempées dans du bouillon, qu'on mangeait le matin dans les monastères], rab. Garg. i, 2). Le plus entendu de touts [les Romains, festoyés par les empereurs] n'eust pas quité son escuelle de soupe, pour recouvrer la liberté de la republique de Platon, la
SOU
80ÉTIE, Servit, volont. De la main à la bouche se perd souvent la soupe, leroux de uncy, Prov. t. n, p. 2)7. Cervelles chaudes les unes avec les autres ne font jamais bonne soupe, ib. Soupe dorée [pain dans des œufs battus et frits], oudin, Dict.
— ÉTYB. Bourguifç. sôpe ; wallon, sop; provenç. espagn. et ital. sopa; du germanique : allem. Suppe ; isl. sup , suéd. soppa ; hoU. sop, mots qui signifient bouillon, potage, ragoût. L'ctymologie montre que le sens primitif de soupe est potage; mais l'antonomase qui a donné à ce mot le sens de tranche de pain est très-ancienne.
SOlIPfi (sou-pé), s. m. Voy. souper t.
t SOC'PKAD (sou-pô), s. m. Terme rural. Morceau de bois qui attache le soc de la charrue avec l'oreille.
SOUPENTE (sou-par>-t'), s. f.\\ 1» Assemblage de plusieurs larges courroies cousues l'une sur l'autre qui servent à soutenir le corps d'une voiture. Il [un homme de qualité arrivant en équipage] ne perd rien auprès d'elle [une bourgeoise], on lui tient lieu [lisez compte] des doubles soupentes et des ressorts qui le font rouler plus mollement : elle l'en estime davantage, la bruy. vu. || Il se dit de toutes autres courroies II est défendu aux mariniers et autres d'embarrasser les ports et gares qui leur sont affectés, de laisser vaguer les soupentes de leurs traits de bateaux.... Arrêt du lijuinmi, art. 8, dans grangez, Précis des voies navigables, p. 786. Il 2" Larges bandesde cuir qui serventà maintenir un cheval dans l'appareil nommé travail. Il 3° Petite construction en planches ou en maçonnerie qui se fait entre deux planchers, dans une écurie, dans une cuisine ou autre lieu, pour loger des domestiques ou pour quelque autre usage. Je mis Vanbroc dans une soupeiite,où il eût fallu être chat ou diable pour le trouver, retz,i, H. Dans la soupente d'un portier. Je naquis au rez-de-chaussée, BÉRAm. Cinq étages. \\i' Partie d'une grue, d'un moulin à eau, qui sert à tenir en suspension un treuil, une roue. || 5° Lien ou barre de fer, qui soutient la hotte d'une cheminée.
— IIIST. XVI' s. Soupendue ou soupente, NicoT,i)ic(.
— ÉTYM. Substantif de l'anc. verbe soupendre, qui équivaut à suspendre ; génev. suspente, soustepente ; wallon suspeintt.
>. SOUPER (sou-pé; l'rne se lie jamais; au pluriel, l'ï se lie : des sou-pé-z exquis), ou SOUPE (soupé), s. m. ||1" Repas, ordinaire du soir (l'usage du souper tend à disparaître dans les grandes villes). M. de Coulanges me donna un grand 30uper,où tout le monde s'assembla pour me dire adieu, sÉv. B6. Enfin sur les huit heures, j'entends une cloche, c'est le souper, m. 662. Tous les jours [à la cour], des plaisirs, des comédies, des musiques, des soupers sur l'eau, ID. 297. Depuis qu'il avait la goutte, iIfLeibnitz] ne dînait que d'un peu de lait; mais il faisait un grand souper, sur lequel il se couchait à une ou deux heures après minuit, fonten. Leibnitx. Si on apprenait à dix heures du matin que la moitié du globe a péri, on irait à cinq heures au spectacle, et on arrangerait un souper, volt. Lett. à Richelieu, 2B mars <775. Faire des soupers fins où l'on périt d'ennui, gresset, Méch. u, 3. Le souper était proprement le seul repas des Romains; le matin, sur le midi, ils ne mangeaient qu'un morceau, condil. Jlist. anc. xi, 3. En vérité, il y a deux choses qu'on devrait bien retrancher de la société, les grands soupers et les visites, genlis, Toeux lémér. t. m, p. 122, dans pougens. Les beautés vagabondes, qui vont de spectacles en spectacles, chercher des aventures, c'est-à-<lire des soupers, mehc. Tabl. de Paris, 542. || Petits soupers, soupers délicats, où il n'y a que des intimes. Grandeur et grâces, grenadiers et muses, trompettes et violons.... société et liberté [chez le roi de Prusse], qui le croirait? tout cela pourtant est très-vrai, et tout cela ne m'est pas plus précieux que nos petits soupers, volt. Lett. en vers et en prose, 9». Là se forment ces délicieuses parties, suivies de ces petits soupers plus délicieux encore, qui se passent à médire d'une femme, à relever l'excellence d'un ragoût, à raconter des aventures apprêtées, et à se persifler réciproquement, dideh. Prom. tceptiq. || 2' Mets qui composent le souper. Je vais acheter mon souper. Le boulanger et la frui- Uère voulaient bien nous fournir encore, l'un du pain, 1 autre du fromage; c'étaient là nos soupers, MARMONTEL, Jf<Jm. in||a- Après-soupée ou aprèstouper, Toy. ces mots à leur rang.
— HIST. xn* s. Dune seeient les genz le plus à lur super. Th. le mort. «8. || xm* s. Us table furent mise, [ils] s'assirent au souper, Berte, m.
SOU
Il XIV* s. Il fut reçu courtoisement par les gens [de] Collatin; si avint que après le souper.... bercheure, f* 26, verso. \\ ivi* s. Aujourd'hui nous employons les potages et viandes bouillies à nos disners, et les rosties à nos souppers; chose tournée en tel usage chez nous que ce grand chancelier de l'Hospital, voulant introduire la frugalité en France, fit par edit particulier deffenses d'user d'autres viandes que du bouiUy à disner, et reserver le rostypour le soupper, pasquier, Lett. t. n, p. B47.
— ÉTVM. Voy. souper 2; wallon, sapé; bourguig. sôpai; au xvi* siècle, on disait aussi soupée.
2. SOUPEK (sou-pé), V. n. Prendre le repas du soir. Il soupad'un plat de pommes de terre. Je n'ai point mangé de fruits à Vichy, parce qu'il n'y en avait point; j'ai dîné sainement; et pour souper, quand les sottes gens veulent qu'on soupe à six heures surson dîner, je me moque d'eux, je soupe à huit; mais quoi? une caille, ou une aile de perdrix uniquement, sÉv. 369. Cliton n'a jamais eu en toute sa vie que deux affaires, qui est de dîner le matin et de souper le soir; il ne semble né que pour la digestion, la bruy. xi. Un des plus grands malheurs des honnêtes gens, c'est qu'ils sont des lâches : on gémit, on se tait, on soupe, on oublie, VOLT. Lett. d'Àlembert, 7 août <766. Vous vivez comme si l'homme avait été créé uniquement pour souper; et vous n'avez d'existence que depuis dix heures du soir jusqu'à deux heures après minuit, VOLT. Lett. Thiriot, 12 juin (735. Le colonel me prierait à souper; mais, par malheur, je ne soupe point, iD. Lett. au Pr. roy. de l'r. 26 avr. 1739. Un roi aimable [Frédéric II] qui se bat comme César, qui pense comme Julien, et qui me donne vingt mille livres de rente et des honneurs pour souper avec lui, m. Lett. d'Argental, 4 mai i75i. Compagnons, leur dit-il [Léonidas aux trois cents], dînez comme des hommes qui ce soir doivent souper aux enfers, dider. Claude et Nér. n, 29. La robe dîne, et la finance soupe, merc. Tabl. de Par. ill. Il On l'envoya se coucher sans souper, se dit d'un enfant que l'on prive, par punition, du repas du soir. Il Souper par cœur, ne pas souper du tout. Il Proverbe. Couche- toi sans souper, et tu te trouveras le matin sans dette, se dit par avertissement à ceux qui veulent faire bonne chère, avoir de beaux habits, etc. et n'ont pas de quoi payer. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XII" s. Quatorze rois i ot à bore de soper, Sax. XIII. Il xiii* s. Et fist souper ses chevaliers et sa gent de haute eure, et donner avaine as chevaux, Chr. de Rains, p. ib. || xiV s. Conquerre nous convient de l'autre vistcment; Ou nous irons cûuchier sans souper nullement, Guescl. H 538. Il XV' s. X souper tart trop estes ahurté; Manger sans faim, boire sans soif, vous nuit.... e. desch.
Vie dissipée. || xvi* s De manière que plusieurs
maistres furent ce jour là mal soupez [furent mal servis], langue, 655. L'autre [un condamné à mort] respondit à son confesseur qui luy promettoit qu'il souperoit ce jour là avecques nostre Seigneur : Allez vous y en, car, de ma part, je jeusne, mont. i, 296. Mal soupe qui lard disne, cotgrave.
— ÉTYM. Soupe. Souper, c'est proprement prendre la soupe, puis, particulièrement, prendre le repas du soir.
SOUPESÉ, ÊE (sou-pe-zé, zée), part, passé de soupeser. Le paquet soupesé fut trouvé trop lourd.
j SOUPÈSEMENT (sou-pè-ze-man), ». m. Action de soupeser.
— HIST. XVI' s. Soupesement, monet, Dict. SOUPESER (sou-pe-zé. La syllabe pe prend un
accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je soupèse, je soupèserai), v. a. Lever un objet avec la main et le soutenir pour juger à peu près ce qu'il pèse. Le couvert ne fut pas sitôt mis sur la table, que CoUantine, soupesant le pain dans ses mains, se mit à crier contre l'hôte, disant que ce pain n'était pas du poids de l'ordonnance, furetiëre, Rom. bourgeois, u, p. 214.
— HIST. XIII' s. Car qui la sentence sauroit. Et tous jors en son cuer l'auroit. Et la sceùst bien soupeser, James ne li devroit peser De chose qui li avenist, la Rose, 6821. L'oison [il] prend tost et si li baille; Primant le prend, si le soupoise, lien. 3785. Il xvi's. 11 [Harpalus] la luy feit souspeser [une coupe] à luy mesma [Démoslhène], pour luy faire estimer combien elle pesoit, amyot, Démoslh. 36.
— ÊTYM Sou-t, et peser; wallon, îupexe. tSOUPETTE (sou-pè-f), s. (. Petite tranche de
pain. Je n'ai mis dans mon bouillon que quelques soupettes.
— ËTYH. Dimin. de soupe.
SOU
SOCPEUR, EUSE (sou-peur, eû-z'), ». m. et f. Celui, celle qui est dans l'usage de souper, ou dont le souper est le repas principal. L'incommode soupeusel hauteroche, Soup, mal appn'té, se. )i. Après que les soupeurs se furent retirés de chez Pontchartrain, j'entrai chez lui, st-sim. 3115, 240. Il n'y a soupeur qui se couche, ni bégueule qui se lève plus tard que vous, volt. Lett. Thiriot, 12 juin )7.'i5.
— HIST. xvi' s. Quand je veulx jeusner, il ma fault mettre à part des soupeurs, mont, it, 285.
— ÊTYM. Souper 2.
SOCPIED, t. m. Voy. sous-pied.
t SOUPIER, 1ÈRE (sou-pié, piè-r'), ». m. et f. Populairement, personne qui aime la soupe.
SOUPIÈRE (sou-piè-r'), s. f. Vase large et creux dans lequel on sert la soupe. Une soupière de faïence, de porcelaine, d'argent. || Ce que contient une soupière.
— f.TYM. Soupe.
SOUPIR (sou-pir), (. m. || 1* Respiration plus forte et plus prolongée qu'à l'ordinaire et qui est causée soit par quelque gêne physique, soit par quelque trouble moral ; le soupir est causé par une contraction lente et volontaire du diaphragme, tandis que le sanglot est dû à une contraction involontaire et spasmodique de ce muscle. Pousser des soupirs. Vous faisiez de grands soupirs dans cette église [de la Visitation, à Moulins].... j'en faisais de bien douloureux de mon côté, sÉv. 17 mai 1876. Ici je fis un soupir, mais de ces soupirs qui nous échappent quand on nous dit quelque chose qui adoucit le chagrin où nous sommes, mabiv. Marianne, 8 part. Il Par extension. Vous savez l'horreur qu'on a de recueillir ces soupirs contagieux, qui sortent du sein d'un mourant, pour faire mourir ceux qui vivent, fléch. Mme de Montaus. Et sur sa bouche encor, s'il erre un vain soupir. Que ma bouche du moins puisse le recueillir I deulle. En. IV. Il Familièrement. Tirer des soupirs de ses talons, soupirer profondément. || 2' Fig. et poétiquement, lise dit quelquefois de sons vagues qui se font entendre. Le christianisme a inventé l'orgue, et donné des soupirs à l'airain même, chateaubr. Génie, m, i, (. La flûte dans les bois, et ces chants sur les mers Arrivaient jusqu'à nous sur les soupirs des airs, lamart. Socrate, 35. || 3* Fig. Gémissement, regret causé par quelque passion ou quelque chagrin. Un cœur gros de soupirs. Mon cœur est sans soupirs, mes yeux n'ont point de larmes, corn. Cinna, iv, 6. La grâce a déjà mis la princesse en défense; ni la gloire ni la jeunesse n'auront d'elle un soupir, boss. Duch. d'Orl. M. le Tellier a vu disparaître toute sa grar.deur avec sa vie, sans qu'il lui en ait coûté un seul soupir, ID. le Tellier. La mort, qui nous ravit les personnes chères, et qui nous fait pousser tant de soupirs et verser tant de larmes, mass. Avent, Jugem. uni». Les évèques jetèrent bien encore quelques soupirs dans leurs remontrances à Charles le Chauve, que l'on trouve dans le capitulaire de l'an 856, et dans la lettre qu'ils écrivirent à Louis le Germanique l'an 858, montesq. Esp. xxxi, 23. Il 4' Fig. Gémissement d'amour. Je suis au désespoir que l'amour me contraigne À pousser des soupirs pour ce que je dédaigne, corn. Cid, 1, 3. Elle [l'Église] ne reconnaît ses enfants que par les soupirs qu'ils poussent sans cesse vers leur patrie, MASS. Carême, Prière, * . Hélas 1 combien de fois la pauvre ChaiUot m'a-t-elle prédit que le premier soupir de ton cœui ferait le destin de ta viel 1. j. Rouss. Uél. I, 7. Tout cela [honnêteté, foi jurée] n'est-il pas un rêve, une bulle de savon que la premier soupir d'un cavalier à la mode doit évaporer dans les airs? a. de muss. Capr. de Marian. II, (. Il C'est l'objet de ses soupirs, se dit d'une fille, d'une femme dont quelqu'un est fort amoureux. Il 5' Dernier soupir, derniers soupirs, le der» nier moment de la vie. Puissé-je.... Voir le dernier Romain à son dernier soupir. Moi seule en être cause et mourir de plaisir! corn. Ilor. iv, 6. Et quel est notre aveuglement, si, toujours avançant vers notre fin, et plutôt mourants que vivants, nous attendons les derniers soupirs pour prendre les sentiments que la seule pensée de la mort nous devrait inspirer à tous les moments de notre vieT boss. Duch. d'Orl. Jusqu'au dernier soupir de malheurs poursuivie. Je rends dans les tourments une pénible vie, rac. Phèdre, iv, 6. || Recevoir, recueillir les derniers soupirs de quelqu'un, l'assister à sesderniers moments. C'estvous, divine Providence, qui m'avez conduit en ces lieux, pour recevoir les derniers gages de son amitié, et pour recueillir
sou
les derniers soupirs de sa pénitence, nicB. Vue de Montaus. Je croyais que tes mains fermeraient mes yeux, et que tu recueillerais mon dernier soupir, FÉN. r^j. XVII. Vous veniez recevoir ses derniers soupirs, hass. Or. (un. Madame. || Rendre
10 dernier soupir, les derniers soupirs, mourir. Une oppression à croire qu'il allait rendre le dernier soupir, sÉv. 404. Cette douleur l'agitait, do sorte qu'il semblait à chaque moment qu'elle allait rendre les derniers soupirs, Boss. Panég. Ste Thérèse, 2. Il 6- Populairement. Soupir d'ivrogne, éructation causée par les vapeurs du vin. || 7° Terme do musique. Silence qui équivaut à une noire.
11 Signe ayant à peu près la forme d'une virgule et qui indique ce silence. || Demi-soupir, signe de silence d'une durée égale à la valeur d'une croche. Il Quart de soupir, signe de silence représentant la valeur d'une double croche. || Huititme de soupir, signe de silence représentant la valeur d'une triple croche. On dit quelquefois demi-quart de soupir. Il Seizième de soupir, signe de silence représentant la valeur d'une quadruple croche.
— iilST. xn' s. Charles se dresse, si a fait un sospir, Ronc. p. (55. De mil souspirs que je li doi par dete, Couci, vi. Mais cil qui Deu cremirent et qui l'orent amé, En unt od [avec] grief suspir celéement pluré. Th. le mort. 46. || xni' s. Quant s'estoit relevée, moult grans souspirs [elle] jetoit, Berte, xxvin. || xvr s. Lors il [la Boétie mourant] se teut, et attendit que les soupirs et les sanglots eussent donné loysir à son oncle de lui respondre, mont. Lelt. v. Ils [les sauvages mis dans le cadre] ne cessent jusques au dernier soupir de les braver et desfier [leurs bourreaux] de parole et de contenance, id. i, 244. Il ne fallut qu'un souspir de probité pour lui faire oster [au chancelier l'Hospital] les seaux, d'aub. Ilist. i, 264. L'air extérieur est corrompu par certaines exhalations, fumées et souspirs des vapeurs pourries et infectées, paré, xxiv, 3.
— ÉTYM. Bourguig. sflpiV; wallon, sospeur; provenç. sospir, sospire ; catal. suspir ; esp. suspiro ; ital. sospiro; du lat. suspirium (voy. soupirer).
SOCPIUAIL (sou-pi-rall, U mouillées), au plur. SOCPI.IAUX (sou-pi-rfl), s. m. || l" Ouverture pratiquée à la partie inférieure d'un bâtiment, pour donner de l'air, du jour à une cave, à un souterrain. Sur ses pas au barreau la troupe s'achemine. Et bientôt, dans le temple, entend, non sans frémir. De l'antre redouté les soupiraux gémir, boil. Lutr. v. Il [Satan] avait visité les sanctuaires du mensonge et de l'imposture, l'antre de Trophouius, les soupiraux de la sibylle, chateaubr. Ifort. vui. Il 2° Par extension, fissures par où s'échappent des exhalaisons. Ces fentes, dont quelques-unes descendent à plusieurs centaines de toises, sont les grands soupiraux par où s'échappent les vapeurs grossières, buff. Jftn. t. I, p. 196. || 3" Baie pratiquée à plomb dans le sommet d'une voûte. Il Soupirail d'aqueduc, ouverture dans l'extrados de la voûte. || En métallurgie, ouvertures pratiquées dans le bouge des meules de carbonisation.
— liisr. XV' s. Le souspirail de la cave, Perceforest, t. Il, f* 33. Il XVI' s. Guerre faicte sans bonne provision d'argent n'a qu'un souspirail de vigueur, RAB. Garg. i, 48. N'ayans autres souspiraux, ny autres issues, amyot. Sert. 24. Tant de souspiraux, dont il souffle tantost le chaud, tantost le froid, et dont il sort tant de fumée, charron, Sagesse, :, 40.
— ÉTYM. Provenç. sospiralh; du lat. suspirare (voy. soupirer).
SOUPIRANT, ANTE (sou-pi-ran, ran-l'), ad;. Il 1' Oui soupire. Il Particulièrement, qui soupire d'amour. Que fait autour de notre porte Cette soupirante cohorte? la font. Petit chien, ù union de deux cœurs qui ne veulent plus être qu'uni ô cœurs soupirants après l'unité! boss. 2' sermon, Assomp. Vierge, 2. || 2» j. m. Celui qui aspire à se faire aimer d'une femme. Un soupirant d'amour. Et de là nous pouvons tirer ces conséquences, Qu'on n'acquiert point leurs cœurs [des hommes] sans do grandes avances. Qu'aucun pour nos beaux yeux n'est notre soupirant, mol. Mis. m, 5. Et, grossissant ma cour d'esclaves différents. J'écoule les soupirs, et ris des soupirants, th. corn. Vinconnu, 1, 5. L'art d'amuser plusieurs soupirants, j. j. Rouss. Ém. V. Lo vieux soupirant n'a pu tenir contre les prétendus remords de sa maîtresse, le- SAGE, Diable boit. (7.
— niST. xm* s. Pour c'est foie chose de nous. Dames qui sons [sommes] mal percevans. Quant cortoisie et biaus semblanz Nous maine à cortoi-
OICT. DE LA LANOU£ FRANÇAISE.
SOU
sie fere ; Lors cuident tout lor autre afere Cil souspirant avoir trové. Laide l'ombre.
— ÉTYM. Soupirer.
SOUPIRÉ, ËE (sou-pi-ré, rée), part, passé de
soupirer. Dans le style poétique ou élevé. Dit en soupirant. Des vers soupires par le poète.
t SOUPIREMENT (sou-pi-re-man), s. m. Action de soupirer.
— illST. ivi' s. Souspi rement, cotgrate.
— ÉTYM. Soupirer; ital. sospiramento.
SOUPIRER (sou-pi-ré), V. n. \\ 1' Pousser des
soupirs. Soupirer du fond du cœur. On dit que Mme Guénégaud vous disait : soupirez, soupirez, madame [de Grignan quittant sa mère]; j'ai accoutumé Moulins aux soupirs qu'on apporte de Paris, sÉv. )7 mai 1678. Je t'entends soupirer, et je suis sûr que tu soupirais aussi dans ta gloire ; pour moi, je ne soupirais point dans mon tonneau, et je n'ai que faire de soupirer ici-bas; car je n'ai laissé en mourant aucun bien digne d'être regretté, fén. Dial. des morts anc. (Diogène, Denys l'ancien). Ce pauvre roi [d'Espagne] qui apprenait la prise de Mons par Louis XIV, cl, ignorant que cette ville était à lui, disait en soupirant : voilà une grande porte pour le roi d'Angleterre I d'alemb. Éloges, l'Abbé de Chois, note 2. Il Fig. et poét. Les siècles, évoqués par ces sons religieux [le bruit des orgues], font sortir leurs antiques voix du sein des pierres, et soupirent dans la vaste basilique, chateaub. Gén. m, i, 8. Il 2" Fig. Éprouver de la douleur, du regret. Pour quelle cause soupirez-vous donc, âme sainte, âme gémissante, et quel est le sujet de vos plaintes? BOSS. Panég. Ste Thér. 2. [Cet empereur] Qui soupirait le soir, si sa main fortunée N'avait par ses bienfaits signalé la journée, boil. Épit. 1. 1| Soupirer que, avoir le regret que. Nous sommes ravis de le voir, et nous soupirons que vous n'ayez point le même plaisir, sév. 492. || 3° Être amoureux, soupirer d'amour. Qui ne sait combien de mortelles Les [les dieux] ont fait soupirer pour elles? malu. V, 20. Je soupirais pour vous en combattant pour elle [Albe]; Et, s'il fallait encor que l'on en vînt aux coups, Je combattrais pour elle en soupirant pour vous, CORN. Hor. i, 4. Princesse, qui voyez soupirer dans vos fers Un roi qui de son nom remplit tout l'univers, rac. Poés. div. Ode à la Reine. IH' Désirer ardemment. Et les dames avecque vœux Soupiraient après son visage, malh. rv, b. [Honneurs, plaisirs] Ainsi n'espérez pas qu'après vous je soupire; Vous étalez en vain vos charmes impuissants, corn. Poly. iv, 2. C'est après cette bienheureuse patrie [le ciel] que soupiraient Abraham, Isaac et Jacob, boss. Ilist. n, 6. Ils étaient par là semblables à ces Israélites qui avaient soupiré après les oignons d'Egypte, bourdal. Instruct. pour la seconde fête de Pâques, Exhort. t. n, p. 2C3. Vous voyez un malheureux qui ne soupire qu'après le bonheur de retourner parmi les siens, et do retrouver son père, fén. Tél. m. Il Soupirer pour, même sens. Le soldat tout ainsi pour la guerre soupire, Régnier, Sat. Dt. Le jeune homme, inquiet, ardent, plein de courage, J peine se sentit des bouillons d'un tel âge Qu'il soupira pour ce plaisir [lâchasse], la font. Fabl. vm, 16. La presse n'est pas grande à soupirer pour elle [la charge de Ch. de Sévigné], quoiqu'elle soit propre à faire soupirer, sÉv. 12 avr. 1080. Mon cœur ne soupirait que pour la renommée, RAC. Alex, m, 6. || On dit aussi soupirer à, soupirer vers. Que la terre ne nous tienne plus.... et jouissons, par un vol généreux, de la bienheureuse liberté à laquelle nos âmes soupirent, Doss. Sermons, Ascension, 3. Si elle cesse de soupirer un moment vers sa patrie, elle cesse d'appartenir au siècle à venir, mass. Carême, Prospér. temp. || Il se conjugue avec l'auxiliaire oi'oir. || 5' V. a. Dans le style poétique et élevé. Dire, chanter avec tendresse et mélancolie. Quand le sang, bouillant en mes veines. Me donnait de jeunes désirs. Tantôt vous soupiriez mes peines. Tantôt vous chantiez mes plaisirs, malii. m, 3. Vers les dangereuses langueurs Vous avez une douce pente; Vous soupirerez des malheurs Dont vous paraissez ignorante, DEsiiouL. Poés. t. II, p. 23. Ce n'était pas jadis sur ce ton ridicule Qu'amour dictait les vers que soupirait TibuUe, boil. Art p. n. Toi.... qui, d'un même joug souffrant l'oppression. M'aidais à soupirer les malheurs de Sion, rac. Esth. i, t. L'on sent qu'il n'y a qu'un chrétien qui ait pu soupirer les angéliques amours de Paul et do Virginie, chateaubr. Génie, n, m, 7. Ahl si jamais ton luth [de Byron], amolli par tes pleurs. Soupirait sous tes doigts
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l'hymne de tes douleurs, lahart. Méd. i, 2. Qui de nous, Lamartine, et de notre jeunesse Ne sait par cœur ce chant, des amants adoré. Qu'un soir, au bord d'un lac, tu nous as soupiret a. de musset, à Lamartine. \\ Proverbes. Cœur qui soupire n'» pas ce qu'il désire. || Cœur content soupire souvent.
— HiST. XI' s. Ne poet muer [qu'il] nen plurt e ne suspirt, Ch. de Roi. clxxiii. || xu* s. [Je] N'eusse pas souspiré en pardon [pure perte], Couci, vi. Tu dis que li régnez encontre (o cria; E la mère le rei le desamonesta. Saint iglise de tant com pout en suspira. Th. le mart. 88. E li prince e li veillart [vieillards] suspirerent, ifachab. i, <. || xiu* s. For li [ma dame] m'en vais souspirant en Syrie, QUESNES, Romane, p. 93. Quant li rois l'oï ensi parler, si pensa un poi, et souspira, Chr. de Rains, 206. X chief de pièce [à la fin] revendras En ta mémoire, et tressaudras Au revenir en effraor, Ausinc cum bons qui a paor, Et souspirras de cuer parfont, la Rose, 23U5. Quant li amans plaint et sospire. Et est en duel et en martire, ib. 2661. Il XVI* s. Et les forts vents qui parmi l'air souspirent, marot, it, 3H. Les nouvelles qui viennent de si lointain pays, avant qu'elles soient rendues sur le lieu, où elles soupirent [s'éventent] comme lo safran, desper. Contes, i. Comme une belle et jeune fiancée, De qui l'amour resveille la pensée, Souspiré en vain son amy nuit et jour,
RONS. 696 Mais soupirèrent un chant De leur*
gorges non pareilles, id. Odes, v, 3.
— iVrVM. Provenç. sospirar; espagn. suspirar; ital. sospirare ; du lat. suspirare, de susum, en haut, et spirare, souffler.
j- SOUPIRECR (sou-pi-reur), s. m. S'est dit, par plaisanterie, de celui qui soupire, qui pousse des soupirs. Ces soupireurs universels qui on veulent à toutes les femmes avec une égaie ardeur, sont d'étranges gens, m"' de scudery, dans richelet.
SOUPLE (sou-pl'), adj. Il 1' Qui se plie aisément, sans se rompre, sans se gâter. Du cuir souple. L'osier est souple. |1 Terme de médecine. Pouls souple, celui qui est souple au toucher et modérément développé. |1 2° Il se dit des personnes et des animaux qui ont une grande facilité à se mouvoir, dont les membres se plient et se redressent aisément. Il faut être bien souple pour faire de pareils tours. U faut avoir les mains souples pour jouer des gobelets. Il faut voir.... Ce corps si souple et si fragile. Ainsi qu'une couleuvre agile, Fuir et glisser entre mes bras, A. de mlss. Prem. poés. Madrid. || Terme de manège. Se dit d'un cheval qui a les mouvements liants. |j U se dit aussi des choses. L'hirondelle suit avec une agilité souple leur trace oblique et tortueuse [des insectes], BUFF. l'Birond. || Fig. Quelle sera la suite de ce jeu [l'agiotage] souple et effrayant qui rend l'or semblable, au vif-argent, et peut dissoudre la fortune des États en un tour de main T merc. Tabl. de Par. 427. Il 3' Fig. Docile, soumis, complaisant, accommodant. Le travail continuel rend l'esclave souple, SACi, Bible, Ecclésiastiq. xxxui, 27. Des armées.... si bien commandées et si souples aux ordres de leurs généraux.... boss. Ilist. m, 6. La richesse permet une juste fierté; Mais il faut être souple avec la pauvreté, boil. Sat. i. Et, souple à la raison, corrigez sans murmure, m. Art p. IV. Valet souple au logis, fier huissier à l'église, ID. Lutr. iv. Jamais homme n'a été si souple, il prenait toutes sortes de formes comme Protée, FÉN. Dj'oI. des morts anc. Alcibiade, Mercure et Caron. Corneille, plus docile à son génie que souple aux volontés d'un premier ministre, volt. Comm. Corn. Cid, Préf. Le parlement, devenu souple, en fit des remerciement* comme d'une grâce, dl'Clos, Œuv. t. v, 37a. [Goffredy] né sans fortune et sans appui, mais avec un génie souple et adroit, id. 16. t. 11, p. (38, Mme de Neuillant, très-souple dans la société, L"e pouvait supporter, de la part des personnes qui dépendaient d'elle, la moindre opposition i ses volontés, GENUS, Mme de Maintetwn, t. i, p. »«, dans P0UGENS. || Être souple comme un gant, être obéissant à tout sans répugnance, avec l'idée d'une complaisance excessive, servile. Une femme a toujours le talent De rendre son époux aussi souple qu'un gant, bahon, le Jaloux, iv, i. Sitôt que je témoignais la moindre répugnance à faire ce qu'ils désiraient, ils mettaient la main sur leurs sabres, et par là me rendaient plus souple qu'un gant, lesage. Ester. Gonx. 8. || On dit aussi dans le même sens : Avoir l'échiné souple, les reinssouples.
— HIST. XIII' s. Ne soies souples [humilié , abattu] ne iriés. Mais soies, s'il te plaist, tos liéi
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[gai], OUI DE CAMBRAI, BaH. et Jos. p. 218. Che fait «ouples [tristes] les incnestreus, Çou que li siècles n'est mais teus [tel] K'il deiistiestre par raison, Baudouin DE coNDÉ, t. I, p. 2. Il xiv S. Les puis3ans[il] doit aplanier Par souples mos et fcstier, bruyant, ààns ilénagier, t. n, p. 26. || xvi's. Cette variation et contradiction qui soveoidcnnous, si souple, a faict queaulcuns nous songent dcui âmes.... mont, n, 6. Le corps encores souple, on le doibt, à celte cause, plier à toutes façons et coustumes, id. i, 184.
— ÊTYM. Lat. supplex, suppliant, de sub, sous, et plicare, plier. L'ancienne langue avait le verbe suploier, être souple. C'est un des exemples peu fréquents oii un mot passe d'une acception morale à une acception physique.
SOUPLEMENT (sou-ple-man), adv. D'une manière souple. Voyant un âne qui gagnoit l'avoine, et se relevoitsouplement, GARASSE, Hech. des rech.
p. 464, dans LACURNE.
— ETYM. Souple, et le suffixe nisn(.
SOUPLESSE (sou-plè-s'), S. f. || l" Qualité de ce
qui est souple. La souplesse d'un gant. La souplesse de l'osier. || 2° Aisance à se mouvoir, à se plier. Une fille do Romorantin, dont le corps était d'une souplesse extraordinaire, joua le rûle de possédée dans une grande partie de la France [en 4599], VOLT. //is(. paH. 39. X la souplesse de ses mouvements, on croyait voir un jeune cèdre dont la tige droite et fl'îxible cède mollement aux zéphyrs, MARMONTEL, Cont. moT. Bcrg. Alp. La guerre, la chasse, la course et la lutte entretenaient la souplesse des membres, et rendaient le corps plus robuste [chez les anciens], larguer, Instit. Mém. hist. et lut. anc. t. n, p. 48). || Tours de souplesse, tours des saltimbanques qui demandent un corps souple. Des jongleurs qui venaient faire des tours de souplesse pour amuser l'oisiveté des courtisans et des dames dans les intervalles de leurs rendez-vous, VOLT. Voy. de la Raison. || Fig. Tours de souplesse, moyens subtils, artificieux pour en arriver à ses fins. [Il] A l'œil toujours au guet pour des tours de souplesse, régnier, Sat. v. Et lui jouer quelque tour de souplesse, la font. Femme av. || En ce sens, on dit quelquefois absolumentsouplesses au pluriel. Ceux qui ne veulent pas croire toutes les souplesses de M. l'archevêque de Cambrai.... Boss. Remarques sur la réponse, art. iv, t. Ce n'est pas ici le lieu de découvrir les souplesses de l'amour-propre, malebr. Rech. vér. n, n, 6. Les violences et les souplesses pour plaire, mass. Carême, Dégoûts. X travers les respects leurs trompeuses souplesses [des courtisans] Pénètrent dans nos cœurs et cherchent nos faiblesses, volt. Œdipe, m, i. \\ 3* Fig. Flexibilité aux volontés d'autrui, adresse à se plier aux circonstances. Lorsque le juge veut s'agrandir, et qu'il change en une souplesse de cour le rigide et inexorable ministère de la justice, boss. le Tellier. Qui sait parler aux rois, c'est peut-être où se termine toute la prudence et toute la souplesse du courtisan, la BRUY. vm. Ce Persan, plein de fraude et de ruse.... ne se lassait point d'admirer la souplesse d'Alcibiade, la facilité avec laquelle il prenait toute sorte de mœurs.... rollin, Hist. anc. Œuv. t. iv, p. 8. Il ignora la souplesse du manège, la bassesse de l'intrigue et tous ces moyens méprisables qui mènent aux dignités par l'avilissement, d'alemb. Disc. Acad. franc. Œuv. t. i, p. 4 35. Cette souplesse hardie qui fait plier toutes les vérités pour tous les intérêts, et sacrifie tous les engagements à tous lescalculs, stael, Allem. i, 2. || 4» Fig. Il se dit en parlant de l'esprit, du style, de la voix. La souplesse d'un chanteur. Une souplesse de pensée, PASC. Pass. de l'amour. Il s'imagine sauver tout cela par les souplesses deson esprit, et ilcroit avoir résolu la difficulté.... boss. 6* avert. 28. Celui qui veut, dans son style, avoir de la souplesse, de l'aménité, du liant et ce je ne sais quoi qu'on appelle du charme, fera très-bien, je crois, de Tivre avec des femmes, iiarmontel, Mém. vn. Carlin [de la Comédie italienne] passe pour être un très-grand Arlequin.... on lui trouve.... beaucoup de variété dans ses lazzis, une souplesse étonnante dans son jeu, bachaum. Mém. secr. 28 fév. I762.
— HIST. XV s. Voyant lespcroset les mères prendre grand plaisir à voir leurs enfans jouer et faire souplesses et apertises, louis xi, Août), c. || ivi* s. Une asseurance de visage et soupplesse de voix et de geste à m'appliquer aux rooUes que j'entrepre-
noiS, MONT. I, «98.
— ÊTYM. i'oupJe.
SOUQUENILLE (sou-ke-ni-U", li mouillées, et non lou-ke-ni-ye), (. f. Long turtout en grosse toile
SOU
dont se servent les cochers et les palefreniers quant ils pansent leurs chevaux. Quitterons-nous nos souquenilles, monsieur? mol. l'Av. m, 2. Voulezvous gager que je l'épouse avec la casaque sur le corps, avec une souqueniUe si vous me fâchez? MARiv. Jeux de l'am. et du has. m, 7. || Méchant habit en général. M'ayant revêtu d'une vieille souqueniUe, ils me mirent dehors par les épaules, LESAGE, Gil Blas, I, I 3.
— REM. Molière a dit siqueniUe dans l'édition originale de l'Avare, changé ensuite en souqueniUe. Il On a dit aussi chiquenille.
— ÊTYM. Dimin. de l'ano. subst. sequanie ou soucanie; bas-lat. soscania; bas-grec, oouxxv(a. Origine inconnue.
t SOUQUER (sou-ké), v. a. Terme de marine. Serrer fortement un amarrage, un nœud, les tours d'un cordage qui lie ensemble deux ou plusieurs objets. Il Souquer sur la rame, faire force de rames. Immédiatement les hommes d'aviron souquent sur la rame; il faut qu'ils luttent de vitesse avec la baleine, J. nougaret, Uonit, univ.
20 août (8G8, p. I2i2, 3" Col.
— ÉTYM. Corruption, d'après Jal, de l'ancien verbe saquer, tirer.
t SOUQUETAGE (sou-ke-ta-j'), s. m. Voy. ciioquetage.
SOURCE (sour-s'), s. f.\\ l' L'eau qui commence à sourdre, qui sort de terre, et qui est l'origine d'un cours d'eau grand ou petit. Sources salées. Sources sulfureuses, ferrugineuses. La Seine prend sa source en Bourgogne. La source est à chercher plutôt que les ruisseaux, tristan, II. de Chrispe, iv, H. Les anciens ont mis les sources du Nil dans les montagnes appelées vulgairement les Montagnes de la Lune, au lo" degré de latitude méridionale, ROLLIN, Hist. anc. Œuvr. t. i, p. 30, dans pougens. L'Asie.... est coupée en plus grands morceaux parles mers; et, comme elle est plus au midi, les sources y sont plus aisément taries, montesq. Esp. XVII, 6. Le fleuve Mississipi a plus de sept cents lieues d'étendue depuis son embouchure jusqu'à quelques-unes de ses sources, qui ne sont pas éloignées du lac des Assiniboils, buff. Hist. nat. preuv. th. terr. Œuvr. t. n, p. 69. Quelques jours après, nous montâmes à la source de la fontaine Castalie, dont les eaux pures et d'une fraîcheur délicieuse forment de belles cascades sur ta pente de la montagne, barthél. Anach. ch. 22. Source limpide et murmurante, Qui de la fente du rocher Jaillis en nappe transparente, lamart. Harm. n, 5. || Source intermittente, source qui a des intervalles où elle cesse de couler. || Sources inflammables, feux naturels produits par du gaz hydrogène carboné. || Couper une source, l'intercepter, l'empêcher d'arriver là où sa pente la conduisait. |{ Fig. Hélas! Que ne peut-il [le prince de Conti] voir le mal et en couper la source ! j. j. Rouss. Lelt. à du Peyrou, 9 oct. 1757. || Couler de source, se dit d'une eau vive qui vient d'une source, j] Fig. Cela coule, cela vient de source, cela est dit, écrit ou fait d'une manière facile et naturelle. Vous êtes intarissable, et vos lettres viennent de source, on le voit bien, sÉv. u juill. 7<67. Vous écrivez divinement, je suis sûre que vous n'y pensez pas, et que tout ce que vous dites.... coule de source de votre cœur au bout de votre plume, id. à Mme de Grignan, t B déc. 1 688. Quand il [l'amour divin] sera tourné en habitude, les actes couleront de source sans aucun besoin de les exciter, boss. ^J. d'orais. v, 28. Rien ne coule de source et avec liberté; ils parlent proprement et ennuyeuse ment, la bruy. v. On sent que tant de beautés ont coulé de source, et n'ont rien coûté à celui qui les a produites, d'alemb. El. MassiUon. \\2' L'endroit d'où l'eau sort. Remonter une rivière jusqu'à sa source. || 3'Fig. Ilseditdespays qui sont abondants, fertiles en certaines choses et qui les répandent au dehors. Le Pérou est une source abondante de métaux précieux. Je lui ai proposé d'aller à Paris, comme à la source de tous les biens et de tous les maux, sÉv. te oct. (680. Ce pays est très-beau, et Caon la plus jolie ville, la plus avenante.... et enfin la source de tous nos plus beaux esprits, ID. 5 mai (689. || 4° Fig. Ce qui laisse découler de soi, comme la source laisse découler son eau; origine, principe. Vous devez pourtant me permettre d'être galant à cette heure que je me trouve à la source de la galanterie et au lieu d'où elle s'est répandue par le monde, voit. Lelt. 38. Comme son pouvoir est la source du tien, corn. Nicom. IV, 4. Ce sont des larmes douces, dont la source n'est point amère, s£v. <9 nov. 4 «88. Les
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villes les plus célèbres venaient apprendre en Egypte leurs antiquités et la source de leurs plu» belles institutions, boss. Hist. m, 3. 0 Seigneur, dit le roi-prophète, mon cœur ne s'est point haussé; voilà l'orgueil attaqué dans sa source, id. Jfar.- Thér. Allons à la source du mal, et apprenez une bonne fois à vous connaître vous-mêmes, bourdal. Myst. Résurrec. de J. C. t. i, p. 355. La pensée de la mort fut la source féconde de tant d'œuvres de justice et de charité que Mme d'Aiguillon a pratiquées, FLÉcii. Aiguill. Des larmes d'Octavie on peut tarir la source, bac. Brit. m, 3. Ciel! verrat-on toujours par de cruels esprits Des princes les plus doux l'oreille environnée. Et du bonheur public la source empoisonnée? m. Eslh. m, 4. Le cœur est la source de toutes les erreurs dont nous avons besoin; il ne nous refuse rien dans cette matière-là, font. Vial. 2, Morts anc. Comment un soleil peut-il s'obscurcir et s'éteindre, dit la marquise, lui qui est en lui-même une source de lumière? iD. Mond. 6' soir. Remontez à la source de ce» frayeurs excessives qui vous rendent l'image et la pensée de la mort si tsrrible, mass. Carême, Mort. Ne vous en tenez pas à la surface de vos désirs qui vous trompent, en ne vous ofl"rant rien que' de louable; allez à la source; sondez-en les vue» les plus secrètes, ID. Myst. Œuvr. de miser. Le prince de Conti était à la source des bons conseils et des grands exemples, îd. Or. {un. Conti. Ce changement continuel de magistrats était une source inépuisable d'intrigues et de désordres, RAYNAL, Uist. phil. XK, 2. Ce commandement [le 4° duDécalogue] est pris à la source même de la nature, chateaubr. Génie, i, n, 4. || 6* Fig. Il se dit d'une personne de qui découlent des biens, des avantages. Ne négligez jamais de consulter M. l'archevêque [d'Arles] ; c'est la source du bon sens, de la sagesse des expédients, sÉv. 20 nov. 1673. De la retraite de M. le Tellier coulait une source secrète de sages conseils sur tous les serviteurs fidèles, BOSS. le Tellier. Elle [madame la Dauphine] allait à la source des grâces [le roi] avec une humble confiance, flécii. Dauphine. Ne serezvous pas trop heureux, ô Idoménéc, d'être la source de tant de biens? fén. Tél. xn. Est-il de plaisir plus doux pour un bon cœur que de devenir une source de salut et de bénédiction pour ses frères? mass. Pet. carême. Vices et vert, desgr, 116° Il se dit des ancêtres, de l'origine des familles. Ce n'est point chez nous que nous trouvons ces titres, c'est dans des chartes anciennes et dans des histoires; ce commencement de maison me plaît fort : on n'en voit point la source, sÉv. à Bussy, 22 juill. 4685. Dieu, qui d'un seul homme a voulu former tout le genre humain, et de cette source commune le répandre sur toute la terre, boss. Mar.- Thér. Quelque glorieuse que fût la source dont il sortait, l'hérésie des derniers temps l'avait infectée, FLÉCII. Duc de Mont. Un sang qui prend sa première source dans le trône, qui coule sans interruption depuis tant de siècles, mass. Or. fun. Louis le Gr. Je n'ai point de mon sang déshonoré la source, volt. Brulus, m, s. Le sang de Dardanus vient retrouver sa source, delille. En. vn. Il 7" Les sources de la vie, les organes principaux nécessaires à la vie. Et cette émotion dont son âme est remplie A bientôt épuisé les sources de sa vie, VOLT. Zaïre, m, 4. || Les sources de la vie, se| dit aussi des fonctions de la génération. Il y a deux siècles qu'une maladie inconnue à nos pères passa du nouveau monde dans celui-ci, et vint itlaquer la nature humaine jusque dans la source di la vie et des plaisirs, montesq. Esp. xi, 4 1. || 8° Terme de théologie. Les sources de la grâce, les sacrements. Il 9* En un sens particulier. Texte original. Si l'on allait à la source, on verrait qu'il y enseigne tout le contraire, pasc. Prov. xii. Quand le» jeunes gens ont lu ces auteurs en français, ils en savent les choses, et ils sont plus disposés à s'instruire dans les sources, dumars. Œuvr. t. i, p. 230. L'abbé Dubos a puisé dans de mauvaises sources pour un historien, montesq. Esp. xxviii, S. On a cité souvent dans l'Encyclopédie française les sources primitives, d'alemb. Préf. 3' vol. ETicycl. Œuvr. t. i, p. 37». Il lO'Ilsedit de l'origine d'une nouvelle, d'un bruit, de ceux qui en sont les auteurs. Tenir une nouvelle de bonne source. Il sait toujours des nouvelles, il est à la source, il puise â la source. Je voudrais bien que ce que je vous ai mandé de M. de la Trousse ne retournât point à sa source, sÉv. 26 août 4 685. Examinons ce bruit, remontons à sa source, rac. Phèdre, n, «. Il 11* fin termes de marine. La source du vent, le
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point d'où ilsourfle. || li* S. /".pj. Terme d'architecture. Ensemble de fontaines cl de ruisseaux artificiels, formnnt une espèce de labyrinthe d'eau, orné çà et là de bouillons. Bosquet de sources.
— lllST. XII* s. Car n'est de mei la surse de la suspension, Mais d'Alissandre pape.... Th. le mart. 44t. Li prophètes alad as sursesdes eves, iJois,350. Il XIII* s. Nostre dame sainte Marie, Qui fontaine est de corloisie. Et de douceur sourse est et dois (voy. DOIT 2), o. DB coiNU, Du cicTge. Li lox [le loup] à la sorse beveit, E li aigniaus à vaul esteit, MARIE, Fabi. 2. Il XV* s. Le roy se départit de l'église pour venir au palais; et y avoitau milieu de ce palais une fontaine qui rendoit vin blanc et vin vermeil par plusieurs sources, froiss. iv, p. 339, dans LACURNE. || XVI* s. X Ronsard, l'Apollon de la source des Muses, Vers mis iiaT Marie Stuart à un cadeau qu'elle jit à Ronsard, dansD'ALEMBERT, Éloges, Malet.
— ÊTYM. Féminin de l'ancien participe sors ou tours, du verbe sourdre (voy. ce mot); bourg, sorce.
t SOURCER (sour-sé), V. a. En Bretagne, mettre le linge savonné et tordu à tremper pendant plusieurs heures dans un bassin d'eau claire.
SOURCIER (sour-cié ; l'r ne se lie pas ; au pluriel, ï's se lie : des sour-sié-z habiles), s. m. Celui qui prétend avoir des moyens particuliers pour découvrir des sources.
— msT. XVI* s. Sourcier, cotghatb.
— f.TVM. Source.
SOURCIL (sour-si; quelques-uns, à tort, prononcent sou-si; l'I ne se lie jamais : un sour-si épais ; au plur. l's se lie : des sour-si-z épais), s. m. Il 1* Poil en forme d'arc au-dessus de l'oeil. L'extrémité interne du sourcil porte le nom de tète, et l'externe celui de queue. Il ne m'est plus rien resté qui ne soit changé, sinon que j'ai encore les sourcils joints, qui est la marque d'un fort méchant homme, voit. Lett. 42. Sous un sourcil épais il avait l'œil caché, la font. Fabl. ii, 7. Jupiter leur parut avec ses noirs sourcils. Qui font trembler les cieux sur leurs pôles assis, ro. Phil. et Bauc. Je tiendrais un roi Bien malheureux s'il n'osait rire; C'est le plaisir des dieux; malgré son noir sourcil, Jupiter et le peuple immortel rit aussi, ro. Fabl.xn, 12. Après les yeux, les parties du visage qui contribuent le plus à marquer la physionomie sont les sourcils, buff. llist, nat. hom. Œuvr. t. iv, p. 288. On fait encore aujourd'hui grand cas en Perse de gros sourcils qui se joignent, id. ib. p. 334. || Froncer le sourcil, voy. FRONCER. Il 2* Fig. Air hautain. Le sourcil rehaussé d'orgueilleuses chimères, boil. Sat. x. Fleury [le cardinal].... sans jamais laisserentrevoirsur son visage ni les sourcils de la fierté, ni les grimaces de l'hypocrisie, volt. Ioui's XV, 3. || 3* Chez les oiseaux, trait longitudinal et coloré qui se remarque parfois au-dessus de l'œil. || 4"Terrae d'anatomie. Sourcil cotyloîdien, le bord de la cavité cotyloïde de l'os iliaque. {| 8* Sourcils de hanneton, franges qui portent de petites houppes imitant les deux antennes de cet insecte. Sourcils de hanneton pour les robes, Dict. des arts et met. rubanier. Il 6" Double-sourcil, fauvette d'Afrique.
— REM. Â hanneton, l'Académie, qui n'a rien à touci, ni à sourcil, écrit souci d'hanneton; estil bien sûr que souci soit la vraie forme, et qu'il ne faille pas y voir la prononciation sou-s» pour tourcil, et entendre sourcil au sens de rebord? Le fait est que souct signifiant soit le soin inquiet, soit la fleur, ne se comprend guère en souci d'hanneton. D'ailleurs sourcii est donné par un texte, le Dictionnaire des arts et métiers. Le même texte dit de hanneton, et non, comme le veut l'Académie, d'hanneton.
— HiST. XII* S. E autres maus [il] a tant sur sei, N'a sorciUe ne ungle al dei [doigt], benoît, h, i 2071 . ||xni*s. Li huans [chat-huant] lieve les sorciz, Quant il ot parler de ses filz, Jten. 28015. Le front ot [Liesse] blanc, poli, sans fronce. Les sorcis bruns et enarchiés, la Rose, 847. Si surcil sont brun et petit, FI. e! Bl. 2853. || xv* s. Le viaire [visage] avoit d'une .couleur brune et palle, les sourcieulx grans ot lonj^s aussi blancs que noix [neige], Perceforest, t. 7, f 37. ||xvi* s. L'on ne veoit rien en sa face qui separast ses deux yeulx, ains estoient ses sourciz tous conjoincts, amyot. Public. 32. Il froncca ses sourcilz et frappa sa cuisse, ID. Pomp. 40. Tousjours l'esprit joyeux porte haut le sourci. Et le melancholique en soy mesme se pasme, rons. 258. La base de l'os des iles se nomme le bord, ou lèvre, ou sourcil, paré, IV, 34. Fermant l'œil gauche entièrement, et gui-
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gnant du dextre avccques profonde dépression de lasourciUe et paupière, rab. Pan(. ii, <s. Non autrement qu'on voit parmylcs nues Les haults sourcils des grands Alpes chenues, dubellaï, ui, 5,rec<o. Ils rejettent d'un sourcil plus que stoîque, ro.i, 3, verso.
— ÉTY.M. Génev. Berry et norm. touci; provenç. sobrecill, cl sobrecilha; porlug. tobroncelha ; ital. sopracciglio ; du lat. supercilium, de super, sur, ot cilium, paupière (voy. cil).
SOURCILIER, ÈRE (sour-si-Iié, lié-r'), adj. || 1* Terme d'anatomie. Qui a rapport aux sourcils. L'artère sourcilière. Le muscle sourciller, ou, substantivement, le sourciller. || Arcades sourcilières, saillies transversales que présente l'os coronal immédiatement au-dessus du rebord supérieur des orbites. || 2* S. m. Espèce d'avance ou de corniche, pratiquée au-dessus des ouvreaux du four dans lequel le fabricant de glaces fond le verre.
— ÊTYM. Sourcil.
t SOURCILLE (sour-si-ir, II mouillées), t. m.
Uoitelet huppé.
— ETYM. Une des anciennes formes de sourcil. f. SOURCILLER (sour-si-llé, U mouillées, et
non sour-si-yé), v. n. Remuer le sourcil en signe d'émotion. Qu'ils [tes écrits] fassent sourciller les doctes de merveille, régnier, Sat. n. Tout le monde sourit et baissa les yeux; le roi ne sourcilla pas, st-shi. 90, 22. Il Sans sourciller, sans paraître ému, troublé. Ces messieurs, qui tous étaient amis de Molly [qui venait de se tuer], reçurent la nouvelle sans sourciller, volt. Mél. litt. à, M"". Il II se conjugue avec l'auxiliaire ouoir.
— HIST. ivi* s. Je serois toujours d'avis qu'on ne doit sourciller contre la vénérable ancienneté, PASQuiER, Rech. IX, p. 806, dans lacuhne.
— ÉTYM. Sourcil.