‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 149 sur 754 · STU · texte numérisé non relu

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stupéfaite, haut. l'Éfyreuv. se. H. Candide toui stup:fait ne démêlait pas encore trop bien comment il était un héros, volt. Candide, 11. Je ne puis m'cmpêcher de rire de leurs mines stupéfaites, OENUs, Thédt. d'édue. la Curieuse, it, 2.

— ETYM. Lat. stupefactus, de stupere, êlm étonné, stupide, et facere, faire.

STUPÉFIANT, ANTK (stu-pé-fl-an, an-f), ad]. Terme de médecine. Qui stupéfie. Remède stupéfiant. Il Substantivement. Les narcotiques sont des stupcfiants.JI Fig. C'est stupéfiant.

STUPÉFIE, ÉE (stu-pé-fi-é, ée), part, passé de stupéfier. Jeté dans l'engourdissement. || Fig. Il 7 a si peu d'intervalle entre l'Éloge de Fénelon condamné par un arrêt du Conseil, et votre discours (condamné sans doute par le recteur Cogé), que je suis encore stupéfié de votre intrépidité, VOLT. Lett. Suard, )8 juill. J774. Au lieu de surpris ou d'éloimé, on dit stupéfié; sentez-vous la nuance ? stupéfié I non pas stupéfait, prenez-y garde ; stupéfait est pauvre, rebattu ; fi t ne m'en parlez pas, c'est un drôle capable de se laisser trouver dans un dictionnaire, a. db musset, Lett. de Dupuis et Cotonet, i836.

STUPÉFIER (stu-pé-fi-é), je stupéfiais, nous stupéfiions, vous stupéfiiez; que je stupéfie, que nous stupéfiions, que vous stupéfiiez, v. a. || 1* Terme de médecine. Diminuer, su9;:>endre le sentiment. Le propre de l'opium est de stupéfier. || 2* Fig. Causer une grande surprise. Ce discours stupéfia toute la compagnie.

— HIST. xvr s. Que la ligature ne soit aussi trop serrée, de peur de stupéfier et faire perdre le sentiment â la partie, paré, ix, 23.

— ÊTYM. Voy. stupéfait; provenç. stupefar; ital. stupefare.

STUPEUR (slu-peur), ». f. \\ 1" Terme de médecine. Engourdissement général; diminution de l'activité des facultés intellectuelles, accompagnée d'un air d'étonnement ou d'indifl"érence. La stupeur est un phénomène de certaines fièvres graves. Il 2° Fig. Espèce d'immobilité causée par une grande surprise ou par une frayeur subite. Cet état de stupeur où la paresse de penser empêche de comprendre et même d'écouter, genlis, Vœua lémér. t. i, p. 86, dans pougens. Ce deuil sec et muet, sans larmes et sans plainte. De cet oeil insensé l'immobile stupeur. Plus cruels que les cris, me causent plus de peur, p. lebrun, le Cid d'And. IV, 6. Il Au pluriel. Et ce qui plonge l'âme en de» stupeurs profondes, C'est la perfection de ces gredins immondes, v. Buoo, Chdtiments, vi, 6.

— HIST. XTi' s. Stupeur qui est diminution de mouvoir et sentir, paré, vin, ».

— ÊTYM. Provenç. stupor ; espagn. ettupor; ital. stupore ; du lat. stuporem. Il y a, dans le sanscrit, stumbh, être étonne; on dit que le bh sanscrit ne se change pas en p latin ; dans tous les cas, le sanscrit stumbh et le latin »(upere dérivent du radical stha, en latin slare, être debout, immo:>ile.

STUPIDE (stu-pi-d'), adj. \\ 1* Frappé de stupeur. Je demeure stupide. Non que votre colère ou la mort m'intimide.... corn. Cinna, v, i. Rien ne servit mieux Rome que le respect qu'elle inspira à la terre; elle mit les rois dans le silence, et les rendit comme stupides, montesq. Rom. 6. L'abbé Marini, quand je lui présentai celte inscription, demeura stupide comme le Cinna de Corneille, p. l. cour. Le((. i, 33. Mon esprit.... S'en revint.... Ébloui, haletant, stupide, épouvanté. Car il avait au fond trouvé l'éternité, v. hugo. Feuilles d'aut. la J'ente de la rêverie. \\ 2* Par extension. D'un esprit lourd et pesant. Il n'y a point d'hommes si hébétés et si stupides, sans en excepter même les insensés, qu'ils ne soient capar bles d'arranger ensemble diverses paroles et d'en composer un discours, desc. Uéth. v, ». Horace, ne crois pas que le peuple stupide Soit le maître absolu d'un renom bien solide, corn. Hor. v, 3. Ils [les hommes] suivent en tous lieux, comme bêtes stupides. Leurs sens pour souverains, leurs passions pour guides, m. /mil. m, 12. Cela est clair et si clair qu'il faut être ou «lupide ou tout à fait mal intentionné pour n'en pas convenir, VAUB. Dime, p. <53. || Stupide à, hébété pour. L'amour de la gloire éternelle Les sait si pleinement saisir. Que leur âme est stupide à tout autre plaisir, CORN. Imit. 11, 6. || Substantivement. Et la stupide au sien [son devoir] peut manquer d'ordinaire. Sans en avoir l'envie, et sans penser le faire, mol. Éc. des f. i, t . Ce nombre de stupides [gens bornés dans un petit cercle d'idées] comprend, dans le christianisme môme, presque tous

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les gens de travail, presque tous les pauyre», la plupart des femmes de basse condition, tous les enfants, nicolk, Ets. mor. i" traité, ch. <«. Le stupide est un sot qui ne parle point, en cela plus supportable que le sot qui parle, la bruy. xii. Il 3* Qui a le caractère de la stupidité. Un silence stupide. Une stupide insensibilité. Je vous promets que ma patience sera plus stupide que votre sentiment n'est délicat, balz. Liv. v, lelt. <2. Alors ce ne fut plus que stupide ignorance, boil. Sat. xii.

— HIST. XVI' s. Nous voyons que porter patiemment la croix, n'est pas estre du tout stupide, et ne sentir douleur aucune, Calt. Instit. 4&4. En aucunes [bronchocèles] est trouvé une chair stupide, c'est à dire avec peu de douleur, et souvent sans douleur, paré, vi, 9. La tourbe de nos hommes, stupide, basse, servile, instable, mont, i, ssa.

— ÊTVM. Lat. stupidus (voy. stupeur).

STUPIDEMENT (stu-pi-de-man), adv. D'une manière stupide. Il restait stupidement immobile. Parler stupidement.

— HlST. XVI* s. J'aime la vie et la cultive, telle qu'il a pieu à Dieu nous l'octroyer; je ne vois [vais] pas désirant qu'elle eust i dire la nécessité de boire et de manger.... ny qu'on produisist stupidement des enfants par les doigts ou par les talons,

— ÉTYM. stupide, et le suffixe ment.

STUPIDITÉ (stu-pi-di-té), *. f. || !• Privation

d'esprit et de jugement. Ce repos dans cette ignorance [sur ce qui nous attend après la mort] est une chose monstrueuse, dont il faut faire sentir l'extravagance et la stupidité à ceux qui y passent leur vie, pasc. Pens. ix, 2, édit. havet. Le temps de cette vie est proprement un temps de stupidité ; toutes nos connaissances y sont obscures, sombres, languissantes, Nicole, Bss. mor. 3" traité, ch. 2. L'ennuyeux loisir d'un mortel sans étude. Oui jamais ne sortant de sa stupidité.... boil. Éptt. XI. La stupidité est en nous une pesanteur d'esprit qui accompagne nos actions et nos discours, LA BRur. Théophr. xrv. Abdère même, cette petite ville si renommée jusqu'ici pour la stupidité de SOS habitants, eut à peine produit Démocrite, qu'elle vit paraître Protagoras, barthél. Anach. ch. 29. || 2° Parole, action stupide. Il ne dit, il ne fait que des stupidités. C'est une stupidité.

— HIST. zvi* s. Il convient que ceux qui font de patience stupidité, et d'un homme fort et constant un tronc de bois, perdent courage et se désespèrent, quand ils se voudront adonner à patience, CALV. Initit. 666. Cette morne, muette et lourde stupidité [de la douleur], mont, i, 7. Des biens, dont la plus grande partie est de nous ignorée, à cause de nostre stupidité, lanoue, 4 51.

— ÉTYM. Lat ttupiditattm , de stupidus, stupide.

t STUPRE (stu-prO, *. m. Latinisme introduit par Voltaire pour exprimer quelque commerce criminel. Une preuve qu'il s'agissait [dans l'exil d'Ovide] de quelque stupre, de quelque inceste, de quelque aventure secrète de la sacrée famille impériale.... volt. Dict. phil. Ovide.

— ÊTYM. Lat. stuprum.

t STYGIAL, ALE (sti-ji-al, a-l'), adj. Synonyme de stygien. Et de grâce, satrape du palais stygial, donne-moi. .. ctr. de berg. Pédant joué, i, 4. La troupe stibiale et stygiale [les médecins qui donnent l'antimoine et qui causent la mort], oin patin, Lett. t. Il, p. 96. X la clarté du flambeau stygial.... J. B. ROUSS. Allég. I, 4.

— ËTYM. Lat. stygialis, de Styx.

t STYGIEN, lENNE (sti-jiin, jiè-n'), adj. Qui a rapport au styx. || Terme d'amcienne chimie. Eaux •tygiennes, toutes les eaux-fortes, parce que, semblables à celles du Styx, elles rongent les métaux.

— ÊTYM. Voy. STYX.

t STYLAIRE (ti-lê-r'), adj. Terme de botanique. Qui appartient au style.

STYLE (sti-1'), j. m. || !• Terme d'antiqutté. Poinçon en métal, en ivoire, en os pointu par un bout et aplati par l'autre, avec lequel les anciens, dès l'origine de l'écriture, ont tracé leurs pensées sur la surface de la cire ou de tout autre enduit mou. Je le voyais, un style ou poinçon à la main, suivre à plusieurs reprises les contours des lettres que son maitre avait figurées sur des tablettes, barthél. Ânach. ch. 26. ||Le bout aplati servait à effacer; et retourner le style signifiait effacer, corriger. ||ï* Terme de gnomonique. Tige qui produit l'ombre dans les gnomons et les cadrans solaires.

Il 8* Terme de botanique. Partie du pistil ordinairement placée au sommet de l'ovaire et portant le stigmate. Il Terme de zoologie. Filet du balancier des diptères. || 4* Par métonymie de l'instrument employé pour écrire à l'écriture ellemême, le langage considéré relativement à ce qu'il a de caractéristique ou de particulier pour la syntaxe et même pour le vocabulaire, dans ce qu'une personne dit, et surtout dans ce qu'elle écrit. On connaît à ce style et doux et décevant. Comme en l'art de trahir ton esprit est savant, TRISTAN, Mariane, m, 3. Ce style figuré dont oB fait vanité Sort du bon caractère et de la vérité, MOL. Mis. I, 2. Nous avons vu de vous des églogues d'un style Qui passe en doux attraits Théocrite et Virgile, id. Fem. sav. m, 6. Ne quittez jamais le naturel, votre tour s'y est formé, et cela compose un style parfait, sÉv. 4 9. Vos chansons m'ont paru jolies, j'en ai reconnu les styles, id. 49. Je trouvai l'autre jour une lettre de vous.... vous aviez dix ans.... il y a déjà du bon style à cette lettre, id. 224. C'est une fort plaisante chose de trouver dans mes lettres des nouvelles de la cour; elles avaient le style des gazettes, car il y avait aussi des articles de Copenhague et d'Oldembourg, lo. 444. Sa fille est malade ; elle en reçoit pourtant des lettres, mais d'un style qui n'est point fait : ce sont des chères mamans, et des tendresses d'enfant , quoiqu'elle ait vingt ans, ID. 23 octobre 4 676. Mandez-moi bien de vos nouvelles; je vous écris en détail; car nous aimons ce style, qui est celui de l'amitié, id. 4 •' déc. 4 690. Mais revenons à nos moutons, car vous voulez des détails, et il me semble que vous m'avez écrit autrefois que c'était le style de l'amitié, coulanges, dans SÉV. t. x, p. 4 79, édit. Régnier. C'est lui [TertuUien] qui, par son style ou ferme ou dur comme on voudra l'appeler, enfonce le plus ses traits, Boss. 6* avert. 87. Faire parler en même temps avec Moïse tant d'hommes de caractère et de style difl'érent, id. Hist. ii, 4 3. J'y ai joint [à une nouvelle édition] cinq épîtres nouvelles.... elles sont de même style que mes autres écrits, et j'ose me flatter qu'elles ne leur feront point de tort, BOIL. 4* préface. Mon style ami de la lumière, ID. Sat. XII. L'un en style pompeux habillant une églogue, ID. Disc, ou roi. Ne valait-il pas mieux vous perdre dans les nues, Que d'aller sans raison, d'un style peu chrétien, Faire insulte en rimant à qui ne vous dit rien? id. Sat. ix. Un style trop égal et toujours uniforme En vain brille à nos yeux ; il faut qu'il nous endorme, id. Art. poét. i. Le style le moins noble a pourtant sa noblesse, id. ib. Mais de ce style [le burlesque] enfin la cour désabusée Dédaigna de ces vers l'extravagance aisée, ID. ib. Régnier.... Dans son vieux style encore a des grâces nouvelles, ro. ib. ii. Capys qui s'érige en maître du beau style... la bruy. i. Je ne sais si l'on pourra jamais mettre dans les lettres plus d'esprit, plus de tour, plus d'agrément et plus de style que l'on en voit dans celles de Balzac et de Voiture, id. i. L'on écrit régulièrement depuis vingt années : l'on est esclave de la construction, l'on a enrichi la langue de nouveaux mots, secoué le joug du latinisme et réduit le style à la phrase purement française, id. i. Un style grave, sérieux, scrupuleux, va fort loin, id. i. Comme un particulier se peint dans son discours, ainsi le style dominant est quelquefois une image des mœurs publiques, rollin. Traité des Et. t. i, Disc, prélim. p. 94, dans pougens. Avant que de se mettre à la composition d'un ouvrage, il faut avoir travaillé à se faire un style ; .rien de plus utile pour cela que de traduire, d'olivet, Hist. Acad. t. Il, p. 497, dans pougens. Il [Zadig] n'a point le bon style oriental; Zadig se contentait d'avoir le style de la raison, volt. Zadig, 7, Un des plus grands défauts des ouvrages de ce siècle, c'est le mélange des styles, et surtout de vouloir parler des sciences comme on en parlerait dans une conversation familière , id. ilél. litt. Cons. à un journal. Ce n'est pas qu'il n'y ait quelquefois un grômd art, ou plutôt un très-heureux naturel, à mêler quelques traits d'un style majestueux dans un sujet qui demande de la simplicité; à placer à propos de la finesse et de la délicatesse dans un discours de véhémence et de force, id. ib. Dict. phil. Style, 4. Le style élégant est si nécessaire que, sans lui, la beauté des sentiments est perdue ; il suffit seul pour embellir les sentiments les moins nobles et les moins tragiques, id. ib. Le style rend singulières les choses les plus communes, fortifie les plus faibles, donne de la gran-

deur aux plus simples, u>. ib. La force de votre style qui ne perdra rien par la sagesse de votre esprit, m. Lettr. Servan, 27 sept. 4769. Parlez-moi des Lettres provinciales 1 quoi I vous louez Fénelon d'avoir de la variété? si jamais homme n'a eu qu'un style, c'est lui : c'est partout Télémaque, id. Lett. d'Olivel. o janv 4 730. Les idées seules forment le fond du style; l'harmonie des paroles n'en est que l'accessoire, et ne dépend que de la sensibilité des organes, buff. Disc, récept. Le style n'est que l'ordre et le mouvement qu'on met dans ses pensées, id. ib. Le style est l'homme même, id. ib. L'accord entre le sujet, la fin et les moyens fait toute la beauté du style, CONDIL, Art d'écr. iv, 6. Le style des ouvrages didactiques demande qu'ordinairement les phrases en soient courtes ; il veut encore qu'il y ait entre elles une gradation sensible, id. ib. iv, 2. Style se dit des qualités du discours plus particulières, plus difficiles et plus rares, qui marquent le génie ou le talent de celui qui écrit ou qui parle, d'alemb Mél. litt. Œuv. t. m, p. 498. 11 [Fontenelle] a eu, comme tous les bons écrivains, le style de sa pensée, ID. Œuv. t. VI, p. 43. Ces jeunes gens qui croient prendre le style de M. de Voltaire en suivant son ortliographe, j. j. rouss. Dict. de mut. Reprise. Exprimer sa pensée avec le moins de mots et le plus de force qu'il est possible, voilà le style austère et grave, mahmontel, Œuv. t. x, p. 247. Le style de l'histoire doit être simple avec dignité, et d'un ton naturel également éloigné de l'affectation et de la négligence, de l'enflure et de la bassesse, ID. ib. t. viii, p. 4 20. Le haut style est partout le même, parce qu'il est partout étranger à l'usage, et qu'il est pris dan» l'analogie des images avec les idées, laquelle est à peu près la même dans tous les pays et dans tous les temps, ID. ib. t. vu, p. «4 0. . Le style du président de Montesquieu 1 • disait, il y a quelque temps, avec dédain M. de Buffon ; mais Montesquieu a-t-il un style? ■ N'aurait-il pas mérité qu'on eût osé lui répondre : Il est vrai, Montesquieu n'a eu que le style du génie, et vous, monsieur, vous avez le génie du style, grimm, Corresp. février 4 788. D'une affreuse beauté son style étincelant [de Dante] Est, comme son Enfer, profond, sombre et brûlant, deulle, Imag. v. On annonçait [vers 4826] que le grand style, le vrai style, le suprême style allait naître, style à ciselures, style chatoyant et miroitant, revbaud, Jér. Pâturât, l, 4. Tous les paysans ont du style, tôpffer, cité par sainte-beuve, Moniteur, i6 août )8B3. Il Du même style, sans changer de ton. Vantez-nous bien du même style Et les émigrés et Caton, M. 1. chénier, Épit. à Delille. \\ Prendre même style, être sur le même ton. Sa fleurette pour toi ^rend encor même style, corn. Jfent. m, 4. Il Se mettre sur le haut style, parler d'un ton ampoulé. Madame .... ce n'est point mon dessein de vous cajoler, ni de me mettre sur le ha ut style, BALZ. liv. vu, lett. 22. Quel diable de jargon entends-je ici? voici bien du haut style, mol. Préc. 5. Il Les trois styles, le simple, le tempéré et le sublime. || Style magnifique , celui dont la grandeur vient de la pompe et de l'éclat des expressions. Il Style sublime, style dont la grandeur vient de celle des pensées, que la simplicité de l'expression fait surtout ressortir. || Style barbare, manière d'écrire grossière et incorrecte. || Il n'a point de style, il n'a point une manière d'écrire qui soit à lui, et aussi il écrit sans art. || Les finesses, les grâces du style, certains arrangements , certains tours qui donnent de la grâce, de la finesse au style. Rien de plus difficile que les grâces; celles du style consistent dans l'aisance, la souplesse, la variété de ses mouvements , et dans le passage naturel et facile de l'un à l'autre, MARMONTEL, Œuv. t. X, p. 224. || Style de l'Êcriture, les expressions, les formes de langage usitées dans la Bible. || Style du palais, les formules selon lesquelles on dresse les actes judiciaires. || Style de palais, les termes dont on ne se sert que dans les procédures et les plaidoiries. || On dit de même : style de pratique, style de notaire, style de chancellerie, etc. Il On dit, en langage de pratique, clause de style, pour clause que les notaires mettent par habitude dans leurs actes, sans que cela tire à conséquence spéciale. || Fig. Qui ne sait que, dans le maudit pays où nous écrivons [la France], ces sortes de phrases sont de style de notaire, et ne servent que de passe-port aux vérités qu'on veut éublir d'ailleurs? d'alemb. Lett. à Voltaire, 40 oct. 4 764. Il Fig. Réduire en style, réduire eu vaines

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Tormules. Il y a des conjonctures dans lesquelles on réduit en style l'obéissanco réelle que l'on doit auï rois, retz, a, uo. || Ce n'est qu'un style, ce n'est qu'une simple formule. C'est avec Auguste qu'il n'y a plus de mesure ; le sénat lui décerne l'apothéose de son vivant; celte flatterie devient le tribut ordinaire payé aux empereur» suivants ; ce n'est plus qu'un style, volt. Dict. phil. FlnUerie. Il B" Terme de beaux-arts. Caractère de la composition et de l'exécution. Cette peinture est de bon style. Ayez d'abord la pensée, et vous aurez du style après, dideh. SoJon dt <767, Oiub. t. xv, p. 45, dans pouGENS. On sait que le style idéal était consacré aux dieux; le style héroïque venait ensuite; puis le style historique et le style athlétique, qua- IREMÈHE DE QUINCY, lustit. Mém. hist. et iilt. anc. t. IV, p. 208. Les mêmes disproportions qui régnaient au dehors de l'édifice [église gothique] se faisaient remarquer au dedans; mais ces défauts étaient rachetés par le style hardi des voiltes et l'effet religieux de leurs ombres , chateaubr. Jfar». liv. V. Il 11 se dit de la dans; dans le même sens. Si j'éuis chargé de la conduite d'un jeune danseur en qui j'aurais aperçu de l'intelligence, quelque amour pour la gloire et un véritable lalent, je lui dirais : commencez par avoir un stylo, mais prenez garde que ce style soit à vous, cahu- SAC, Ooru. anc. etmod.ui,*,». || Absolument. Style l'art d'ennoblir le vrai, et de l'achever en le revêtant d'une apparence nettement caractéristique. Il Style s'emploie aussi pour désigner le style grec, c'est-à-<lire la grandeur obtenue par la simplicité des détails. || Caractère général des œuvres des artistes d'une même époque. || Particulièrement, caractère général des œuvres d'un artiste. Ce tableau est dans le style de tel maître. On avertirait bien les jeunes peintres de ne pas imiter Antoine Coypel, parce qu'avec du mérite il avait un style vicieux, mais .... levesque, Instit. Mem. liU. et beaux-aTt$, t. i, p. 4l«. || 6» La manière de procéder en justice (sens qui a vieilli). Le style du parlement. Le style dîi fitaaws. Style de la cour de Rome. Le style du Châteiet. || V Manière d'envisager ou de présenter des choses, façon d'agir. Laissons ce style [parlons d'autre chose], MOL. Êc. des f. I, 6. Ce langage à comprendre est assez difficile, Madame ; et vous parliez tantôt d'un autre style, m. Tart. iv, B. Je suis devenu là-dessus savant à me} dépens et connais le style des nobles, m. G. Dand. i, « . Il n'y a rien de tel que d'être insolent .... j'ai toujours haï ce style ; mais, s'il réussit, il faut changer d'avis, sÉv. 22 janvier <674. Je crus voir à Lambesc que le plaisir.... des Provençaux était d'animer, de brouiller .... ah fi l quittez ce style de province et de Provence, ID. 7 janv. 168». Et si vous prenez le chemin de dire : qu'est-ce que cent écus plus ou moins? ce style faiit bien voir du pays, m. à Mmt de Grignan, 42 févr. 4672. C'est [U. de Lavardiii] le moins Uche et le moins courtisan que j'aie jamais vu; vous aimeriez bien son style dans de certains endroits, ID. (6 oct. (675. Les jésuites criaient contre Pascal, et l'eussent appelé pamphlétaire, mais le mot n'existait pas encore; ils l'appelaient tison d'enfer, la même chose en style cagot, p. L. COUR. Pamphl. des pamphl.\\i' Vieux style, ancien style, manière de compter dans le caJendrier (il retardait de dix jours) avant sa reformation par Grégoire XIII; nouveau style, la manière dont on compte depuis cette réformation. Quatre dominicains furent brûlés le dernier mai 4 509, ancien style, VOLT. Mœurs, 4 29. Les Anglais ont adopté le nouveau style en 4752, après l'avoir rejeté pendant 4 70 ans ; l'Europe entière l'a reçu , à l'exception de la Russie , qui seule s'y refuse encore, BAiLLY, Hist. asl. mod. t. i, p. 396. || Vieux style se dit aussi de l'ère chrétienne, par opposition à l'ère républicaine commencée le 22 septembre 4 792. — HIST. iiV s. Les bouchieis de Paris tiennent que en un beuf, selon leur style et leur parler, n'a que quatre membres principaux, Uénagier, ii, 5. Il XV' s. Vous vous ordonnerez par mon conseil, tant que vous aurez appris la manière et le stile du fait [Piètre du Bois à Philippe d'Artevelle], rnoiss. II, II, 40). Que [car] tous deux savez le selille Vous entretenir en tous sens, lltjst. du siège d'Orléans, p. 688. Pou [de femmes] veulent estre en uns ville Champestre ; ce n'est pas le style ; Elles désirent les cités, E. desch. Poés. mss. f" 528. Pour la conduite de la feste de l'espinette y avoit aux gages de la ville un herault qui s'appeloit le n )ble epousté; ne luy estoit permis de faire aucun itile ou œuvre mécanique, les Rois de l'espi-

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n«M«. En leurs franchises, privilège», libertez, statuts, loix, ooustumes, establissement-s, stiles, observances et usances du pays de Bourdeaux, j. ciiARrriH, Hist. d CharUs Yll, p. îs», dans LACUHNB. Si bien et en si notable style comme on peustvoir.... Bouciq.n, 30. Je m'en allayemmy la ville Pour monstrer que j'estoye fricquet. Ferme, duyt et rusé du stille, Esveillé comme ung saupiquet, ccouiLLARi, Jfonol. de la hotte de foin. \\ xvi* s. Il fut le premier qui changea le style de faire la guerre dont les Romains usoient en ce temps-là, AMYOT, P^lop. et Marcell. camp. 4. Il s'aida beaucoup de Demosthenes à former son style, id. Coton, 5. Considéré que ledit stil de la diapperie donne moien à gagner leurs vies .... Souvenirs de la Flandre Wallonne, juil. et août 4867, p. 4 44. Us accusèrent cette pratique, comme ennemie de leur style ancien [manière d'agir], mont, i, 23. Comme on présenta à Néron à signer, suivant le style, la sentence .... ro. n, 4. Entretenant les enfants de manger, et les faisant aussi enseigner, monstrer et apprendre quelque !^tile selon leur âge, leur estât et qualité, Nouv. eoust. gén. t. i, p. «44 . Platon permet, et le style est tel en plusieurs endroits, d'attirer par fraudes et fausses espérances de faveur ou pardon le criminel à descouvrir son fait, charron , Sagesse, p. 20, dans lacubne. Styl est l'ordre judiciaire et manière de procéder en justice tellement réglé et stylé que nul ne le révoque en doute. Grand eoust. de France, i,

p. 404, dans LACURNE.

— ÉTYM. Provenç. eïtt'l ; espagn. estilo; ital. stile; du lat. stylus, proprement poinçon, puis style, qui vient du grec otOXoc, colonne, pointe, poinçon, rattaché à otûw, ériger, qui tient à sthd, stare, être debout.

t 4. STYLÉ, ÊE(sti-lé, lée) , odj. Terme d'histoire naturelle. Qui est muni d'un style, d'un long style.

2. STYLÉ, ÉE (sti-lé, lée), part, passé de styler. Tant ces nouveaux réformateurs avaient de peine à se contenter, et tant ils étaient peu stylés à enseigner précisément ce qu'il fallait croire, boss. Fonot. préface. Voilà un drôle qui n'est pas encore stylé, BRUEYS, IfueJ, l, 2. Elle était si stylée à plaire aux hommes, qu'elle trouva le secret de charmer encore celui-là, lesage, Gil Bios, v, 4 . Des hommes, des chevaux, des chiens tous exercés, stylés, qui, par leurs mouvements, leurs recherches et leur intelligence, doivent concourir au même but [dans la chasse], bupf. puodrup. t. ii, p. 4 7.

STYLER (sti-lé), v. a. Terme familier. Dresser, habituer, faire la leçon. Prends soin de bien styler notre homme, la font. Eunuque, l, 6. Dubois, Noailles et Canillac, dans les commencements, avaient stylé Stairs à lui parler [au régent] d'un ton à lui imposer, st-sim. 486, 47.

— HIST. XV* s. Lesquels estoient bons hommes d'armes et tous stilés et usagés de fait de guerre, FROiss. II, m, 49. Ilxvf s. Il y est stilé [il connaît cela], H. EST. Précell. p. 79.

— ETYM. Style.

STYLET (sti-lè; le t ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : des sti-lè-z-aigus; stylets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. || !• Sorte de poignard dont la lame est triangulaire et très-menue. Fra- Paolo, qui réchappa de ses blessures [dans un assassinat], garda longtemps un des stylets dont il avait été frappé, et mit au-dessous cette inscription : stilo délia chiesa romana, volt. Mœurs, 4 85. Enfoncer un stylet dans le cœur de son ami, id. Jenni, 40. || Fig. Fournissez-vous souvent de ces petits stylets mortels à poignées d'or enrichies de pierreries [de petits écrits philosophiques] , ID. Lett. d'Alembert, 4 6 avr. 4 765. Ces gens qui n'ont jamais su combattre qu'avec le stylet de la calomnie, MIRABEAU, Collection, t. m, p. 288. Il a* Terme de botanique. Division du style. || 8* Terme de chirurgie. Petite tige métallique très-fine et flexible, terminée à l'une de ses extrémités par un petit bouton olivaire, et quelquefois percée à l'autre d'un chas ; cet instrument sert à sonder le» plaies fistuleuses, à passer des mèches de séton.

— ÉTYM. Ital. stiletto, dimin. de stilo, au sens de poinçon.

t STYLIDIÉES (sti-li-di-ée), S. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, voisine des synanthérées, nommée ainsi à cause du genre principal, stylidium, tirant son nom de son style, auquel se soudent les filets des étamines.

t STYLIEN, lENNK (sli-liin, liè-n"), ad}'. Terme d'anatoDiie. Muscles styliens, muscles qui s'insèrent à l'apophyse styloïde du temporal, et qui portent aussi la nom de bouquet de Riolan.

STY

t STYLIFORSIE (sti-li-fot^ml, adj. Terme de botanique. Oui a la forme d'un style ou d'un stylet.

— f.TVM. .Style, et forme.

t STYI.ISME (sti-li-sm"), ». m. Néologisme. Souci exclusif de la phrase, sollicitude excessive pour U forme du style.

t STYLISTE (sti-li-sf), ». m. || !• Écrivain qui » du style. Michelet et Saint-Simon, tous deux Picards, tous deux grands stylistes-, deschanel. Physiologie des écrivains. \\2' En un sens défavorable, écrivam qui a la prétention d'avoir du style.

t STYLISTIQUE (sti-li-sti-k'), ». f. Théorie du style. La stylistique latine.

STYLITE (sti-li-f), ». m. Surnom donné i quelques solitaires chrétiens qui avaient placé leurs cellules au-dessus de portiques ou de colonnes. Saint Siméon le stylite. || Substantivement. C'est pourtant de cette guérite, C'est de ce céleste tombeau Que votre ami, nouveau stylite, X la lueur d'un noir (lambeau.... oresset, Chartr.

— ÊTYM. ÏTuXtTTi;, deoTûXo;, colonne (voy. style).

STYLOBATE (sti-lo-ba-t'), ». m. Terme d'architecture. Piédestal qui porte des colonnes. || Se dit aussi pour plinthe.

— ÊTYM. ÏTuXo8ârn5, de otûXo;, colonne, et Pïtveiv, reposer sur ses pieds.

t STYLODE (sti-lo-d'), ». m. Terme de botanique. Style rudimentaire.

— ETYM. Fait de orûlo;, style, et tîSoç, forme.

t STYLO-GI.OSSE (sti-lo-glo-s'), adj. Terme d'»natomie. Muscle stylo-glosse, muscle qui, fixé à la base de l'apophyse styloïde, se dirige de haut en bas, d'arrière en avant, et de dehors en dedans.

t STYLO-HYOÏDIEN, DIENNE (sti-lo-i-o-i-diin, diè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à l'apophyse styloïde et à l'os hyoïde. || Muscle stylohyoïdien, muscle qui s'étend de l'apophyse styloïde à la grande corne de l'hyoïde. || Ligament stylo-hyoïdien, petit faisceau ligamenteux qui s'étend de l'apophyse styloïde aux petites cornes de l'os hyoïde.

j; STYLOÏDE (sti-lo-i-d'), adj. Terme d'anatomie. Apophyse styloïde, éminence très-grêle et trèsallongée que présente la face inférieure du rocher. Il On donne aussi le nom d'apophyses styloïdes à des éminences grêles et arrondies que présent» l'extrémité carpienne du radius et du cubitus.

— ETYM. ÏTuloeiS;^;, de orûXo;, poinçon, et «iSo;, forme.

t STYLO-MASrOÏDIE.V, lENNE (sti-lo-ma-stoi-diin, diè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux apophyses styloïde et mastoïde. Artère stylo-masioïdienne. || Trou stylo-mastoïdien, trou de la face inférieure du rocher, qui termine l'aqueduc de Fallope et transmet le nerf facial.

t STYLO-MAXILLAIRE (stilo-ma-ksil-lê-r'),àdj. Terme d'anatomie. Qui appartient à l'apophyse styloïde et à la mâchoire. || Ligament stylo-maxillaire, cordon aponévrotique tendu entre l'apophyse styloïde et le sommet de l'angle de la mâchoire inférieure.

t STYLOMÈTRE (sti-lo-mk-tr'), ». m. Terme d'architecture. Instrument pour mesurer les colonnes.

— Rtym. StûXo;, colonne, et (léïpov, mesure.

t STYLOMÉTRIE (sti-lo-mé-trie), ». f. Art de prendre les dimensions d'une colonne.

t STYLO-PHARYNGIEN, lENNE (sti-lo-fa-rinjiin, jiè-n'), od;. Terme d'anatomie. Qui appartient à l'apophyse styloïde et au pharynx. || Muscle stylo-pharyngien, muscle grêle qui s'insère à l'apophyse styloïde du temporal, et se termine dans les parois du pharynx et au bord postérieur du cartilage thyréoïde.

t STYLOPODE (sti-lo-po-d'), ». m. Terme de botanique. Support du style.

— ETYM. Style, et icoù;, itoJic, pied.

t STYLOSI'ORE (sti-lo-spo-r'), ». m. Terme de botanique. Nom donné à des corps reproducteurs qui naissent sur certains champignons.

— ÉTYM. StùXo;, style, et onopà, graine.

t STVLO-STAPHYLIN (sti-lo-sta-fi-lin), od;. Terme d'anatomie. Qui a rapport à l'apophyse styloïde et au voile du palais. || Muscle stylo-staphylin, muscle prenant son origine à l'apophyse styloïde du temporal.

tSTYPHINIQDE (sti-fi-ni-k*), adj. Terme de chimie. Acide styphinique, acide dit tannin artificiel et obtenu en faisant agir de l'acide nitrique sur l'extrait de bois de Fernambouc.

— ÊTYM. StûfM, produire de l'astringence.

i STYPTICITÉ (sti-pti-si-té), ». f. Qualité de ce qui est styptique. L'on passe successivement en revue [dans l'étude d'une substance] l'àcretë, l'a-

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