‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 157 sur 754 · PARÉ, IT · texte numérisé non relu

PARÉ, IT

-»- ÊTYM. Provenç. tuper ficiari ; espagn. luperfieiario; du lat. tuper ficiariiu, de tuperfxciet, superficie.

t SnPERFICIALITÉ (su-pèr-fl-si-a-li-té), t. {. Néologisme. État de ce qui est superficiel. La superficialité de ses connaissances.

SUPERFICIE (su-pèr-fi-sie), s. f. \\ 1* L'étendue d'une surface. La superficie d'un champ. Comme on dit que la superficie du royaume contenait trente mille lieues carrées et chaque lieue B60 personnes au moins, vauban, Dime, p. 7«. || Terme de droit. La superficie cède au fonds, la surface du terrain et, en conséquence, tout ce qui est bâti ou planté dessus appartient au propriétaire du fonds. Il Droit de superficie, droit de propriété de la superficie et de ce qui est bâti dessus, détaché, par convention, du droit de propriété du fonds. Il 8' Particulièrement, en termes de géométrie, surface d'un corps considéré quant à sa longueur et à sa largeur, sans égard à sa profondeur. La superficie de la terre. La superficie la plus égale n'est, par rapport aux petits corps qui composent la lumière, qu'un amas de montagnes, de cavités, d'intervalles, volt. Phil. Newt. n, 3. Si la superficie d'un corps est comme le carré de son diamètre, la solidité de ce corps est comme le cube de ce même diamètre, m. Dict. phil. Fr. Bacon, i. Il 3" Surface des corps considérée comme ayant quelque profondeur. Enlever la superficie d'un corps. Il 4° Par extension, l'apparence extérieure du corps. Oui ne voit avec quelle pompe elles [les dames] étalent celte beauté qui ne fait que colorer la superficieT boss. Panég. Ste Cather. i. || B* Fig. Ce qui est comparé dans les objets moraux à la superficie des objets physiques. L'honnêteté, la douceur, une superficie de confiance, la causerie, sÉv. 6nov. <»80. Feu M. du Hamel, qui ne jugeait pas les hommes par U superficie, fonten. Littre. Ce n'est pas le fonds, mais la superficie des mœurs qui a changé, hahmontel, (Eu», t. xvi, p. 376. [Des livres] qui remuent i peine l'âme à la superficie et peignent comme une fadeur le sentiment le plus orageux qui puisse agiter le cœur humain, stael, Corinn«,vn, a. Il S'arrêter à la superficie, ne point aller au fond des choses. || 8' Fig. Il se dit d'apparences morales, sans que le fonds s'y trouve. Cette vaine et fastueuse religion qui se répand toute au dehors, et qui n'a que le corps et la superficie des bonnes œuvres, pléch. Duc de Mont. Celui-là [le peuple] a un bon fonds et n'a point de dehors; ceux-ci [les grands] n'ont que des dehors et qu'une simple superficie, la brut. ix. Une croyance fondée fur l'autorité n'est qu'unesuperûcie,liuuBEAU,Co(-

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leetùm, t. ii, p. 74. || 7* Fig. Connaissance superficielle, légère, imparfaite. Son esprit manque de profondeur, il n'a qu'une simple superficie. C'est une liseuse [Mme de Kerman] ; elle sait un peu de tout; j'ai aussi une petite teinture ; de sorte que nos superficies s'accommodent fort bien ensemble, sét. 30 avr. 4689 Ma foi, la cour m'ennuie ; L'esprit de ce pays n'est qu'en superficie, heonard. Joueur, II, 4. Il me sembleque M. de Mairan possède en profondeur ce que M. de Fontenelle avait en superficie, volt. Letl. Thiriot, u juin 476».

— HIST. XII' s. Cant [quand] nos estons la superfice de vertut des oes [œuvres] de nostre pense. Job, 448. Il XIII' 6. Mes s'il eussent des yex de lins [lynx], Ja por lor mantiaus sebelins.... Ne por lor luisans superfices.... Ne lor semblassent estre bêles, la Rose, 8977. || xiv s. [Le crâne] dehors plains [uni] en la superfice, h. de mondeville, f° I2, verso. Il xvr s. Le. superficie extérieure du cerveau est molle, paré, m, 6. Superficie est qui a longueur et largeur tant seulement, forcadel, Élém. d'Euclide, p. i.

— ÊTYM.Prov. juperjîcto ; esp. et ital. superficie; du lat. superficies, de super, sur, et fades, face.

SUPERFICIEL, ELLE (su-pèr-fi-si-èl, è-1'), adj. Il 1° Oui est relatif à la surface. L'un des plus considérables [tremblements de terre] est celui qui se fit ressentir au Canada en 1603; il s'étendit sur plus de deux cents lieues de longueur sur cent lieues de largeur, c'est-à-dire sur plus de vingt mille lieues superficielles, buff. Àdd. théor. terre, Œuv. t. XIII, p. B3. Il [l'écureuil de Madagascar] a dix-sept pouces de longueur en le mesurant, en ligne superficielle, depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue, ID. Quadrup. t. xiii, p. 64. Il 2* Qui n'est qu'à la surface. La lésion est superficielle. Une brûlure superficielle. || Fig. Les premières, qu'on appelle perceptions pures, sont, pour ainsi dire, superficielles à l'âme, elles ne la pénètrent et ne la modifient pas sensiblement, MALEBR. Rech. vér. I, (. La philosophie n'était point en lui une teinture légère, ni une décoration superficielle; c'était un sentiment profond et une seconde nature difficile à distinguer d'avec la première, fonten. Carré. || Terme de botanique. Parasites superficielles, les plantes qui vivent à la surface des végétaux, sans leur emprunter leur nourriture; ce sont de fausses parasites. || I' Fig. Qui n'est pas profond, qui ne va pas à l'intérieur. Vous n'avez qu'un désir superficiel de réformer vos défauts, BOSS. Lelt. Corn. 244. C'est là [dans l'histoire] qu'on découvre que le lustre qui vient de la flatterie est superficiel, et que les fausses couleurs, quelque industrieusement qu'on les applique, ne tiennent pas, iD. Duch. d'Orl. Une tristesse superficielle compose pour un temps le visage et la contenance [après une mort]; mais l'esprit et le cœur n'en sont pas frappés, plécii. Dauphine. L'ouvrage [l'Histoire du parlement imputée à Voltaire] m'a paru assez superficiel, mais libre et impartial, volt. Lett. Morellet, 44 juill. 4709. Une teinture superficielle mais générale des sciences, genlis. Ad. et Th. t. I, p. 62, dans pougens. || 4' Il se dit, en un sens analogue, des personnes. Un fort grand nombre d'esprits superficiels qui n'approfondissent jamais rien, et qui n'aperçoivent que confusément les difTérences des choses, malebr. Rech. vér. ii, part. 2, ch. 8, 2. Dans un siècle enfin où tant d'hommes superficiels blasphèment ce qu'ils ignorent, MASS. Or. fun. Conti. En le lisant avec réflexion [Voltaire], on trouve dans ses ouvrages une foule de maximes d'une philosophie profonde et vraie qui échappent aux lecteurs superficiels, CON- D0RCET, Vie de Voltaire. Tout paraît stérile à des esprits stériles; tout n'a que des superficies pour des esprits superficiels; et pour des esprits naturellement obscurs tout est chaos, marmontel, Œuv. t. viii, p. 270.

— IIIST. xiV s. L'un [cancer] est parfont, l'autre mains [moins] parfont et plus superficiel, h. de MONDEVILLE, ^ 94. HonneuT est un bien plus superficial, et n'est pas si vray bien comme.... oresme, Éth. v, 9. Il XVI' s. Quant à ses tuniques [de la matrice], la superficielle, dite commune, lui est donnée du péritoine, à l'endroit du sacrum, paré, i, 4. Petits fossés, par on l'eau superficielle vuidera hors, 0. de serres, 4i6.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. juper/ictol ; ital. ruperficiale ; du lat. tuperficialit, de tuperficies, superficie.

SCPERFICIELLEMENT (su-pèr-fi-si-è-le-man), adv. Il 1' En superficie. Ce champ contient mille mètres superficiellement, c'est-à-dire 4000 mètres

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carrés. || 2* D'une manière superficielle. Ce coup ne l'a touché que superficiellement. || Fig. J'ai dit que vous aviez lu superficiellement les petites lettres [les Provinciales]; je m'en repens; elles sont belles et trop dignes de vous pour avoir douté que vous ne les eussiez toutes lues avec application, stv. si*. Si vous pensez que ces paroles passent superficiellement dans mon cœur, vous vous trompez; je les sens vivement, elles s'y établissent, lo. 23 avr. 4 690.

— HIST. iiv s. Benivolence vient soudenement, et ceulz qui l'ont aiment superficialement et feblement, oresme, Éth. 269. || xvi' s. Les nerfs sont distribués superficiellement en la tunique du foye, paré, I, 4 8. La figure quarrée, aianl en chacune de ses faces vingt perches, en contiendra superfîcielement 400 quarrées, o. de serres, 4 2.

— ÉTYM. Superficielle, et le suffixe ment. SUPERFIN, INE (su-pèr-fin, fi-n'), adj. Terme

de commerce. Qui a un degré supérieur de finesse. Drap superfin. Papier superfin. || Substantivement. C'est du superfin, cela est très-fin.

— ÊTYM. Super..., et fin s.

SUPERFLU, UE (su-pèr-fiu, flue), od;'. || !• Qui est de trop. Des ornements superflus. Un rude hiver achève de dépouiller la princesse Anne de ce qui lui restait de superflu, boss. Anne de Gonx. Elle [Mme d'Aiguillon] donna ce qu'elle avait de superflu..., elle se retrancha de ce que d'autres auraient pris pour nécessaire, fléch. Hme d'Aiguillon. L'abondance des choses nécessaires, le mépris des superflues, fén. Tél. v. Ce qui est superflu [dans une pièce de théâtre] est toujours mauvais, volt. Comm. Corn. Rem. Poly. v, 2. Il Terme de botanique (système de Linné). Polygamie superflue, ordre qui comprend des fleurs hermaphrodites au disque et femelles à la circonférence. Il Rimes superflues, celles qui embrassent non-seulement la syllabe consonnante tout entière, mais tout ou partie de la syllabe précédente, comme jalousie et Andalousie.|| 2' Inutile. Vous ne vouliez pas me rendre un office superflu, balz. liv. Ti, lett. s. Refusa-t-il à quelqu'un la liberté de lui dire des choses nécessaires T n'accorda-t-il pas à plusieurs la consolation de lui en dire de superflues? FL^CH. Lamoignon. N'attirez point sur vous des périli superflus, luc. Mithr. iv, 4. Que nous servent, hélas I ces regrets superflus? id. Bsth. I, 6. Vous connaissez vos crimes ; Il serait superflu de vous les reprocher, volt. Olymp. v, 6. En toute chose, rien de superflu, j. j. rouss Ém.

II. Nos longs et lourds convois auraient appesanti notre marche; il était plus à propos de vivre du pays; on eût pu l'en dédommager ensuite, mais on fit le mal nécessaire et le mal superflu, ségur, Hist. de Nap. va, 2. || 3* S. m. Ce qui est de trop. C'est [la purgation des capucins] un remède pour ôter le superflu bien superflu, sÉv. 29 juin 4 689. Le point principal n'est pas d'avoir du superflu en hommes, mais de rendre ce que nous en avons le moins malheureux qu'il est possible, volt. Dict. phil. Population. Ces hommes sont quelquefois agités par un superflu de vie dont ils ne savent que faire, stael, Corinne, un, 4 . || Par plaisanterie. Je m'étais amusé dans votre cour à expulser le superflu de la boisson, mol. Méd. malg. lui,

III, 6. Il 4* Ce qui est, pour la rie, au delà du nécessaire. Pour le pourvoir de ce nécessairs qu'il [le pauvre] n'a pas, vous emploierez ce superflu que vous avez, bolrdal. 8' dim. après la Pentecôte, Vominic. t. m, p. ;403. Les hommes veulent tout avoir, et ils se rendent malheureux par le désir du superflu, fén. Tél. v. Troîle est utile à ceux qui ont trop de bien; il leur ôte l'embarras du superflu, il leur sauve la peine d'amasser de l'argent, la bruy. v. Ô le bon temps que ce siècle de ferl Le superflu, chose très-nécessaire, A réuni l'un et l'autre hémisphère, volt. Mondain. Le superflu devient avec le temps chose très-néces saire, buff. Eu. arithm. mor. Œuvr. t. i, p. 4 35. M. d'Alembert établit pour principe de morale l'obligation de ne pas regarder comme légitime l'usage de son superflu, lorsque d'autres hommes sont privés du nécessaire, condorcet, d'Alembert. Pendant la paix, il cultive un petit champ qui suffirait à peine aux besoins de l'homme le plus modéré dans ses désirs, et qui procure à Phocion un superflu dont il soulage les besoins des autres, bartkél. Anach. ch. 7.

— HIST. xiv s. Et dient en tel cas lez exposileurs, que une negacion est superflue, oresme, Éth. 334. J'entens art humain par science De philosophie et prudence, Qui vienne its mains préparer

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La matiire, puis séparer Le superflu, l'Àleh. à nal. 361 . Il XT* I. Le rray déduit estoit de regarder la belle pucelle qui ordonnée esloit pour le pris ; car tant estoit superflue en toutes exquises beaultrz, qu'elle rassasioit tous ceulx qui la regardoicnl, Percefortit, t. v, f" 88. || xvi* s. Je ne seray point superflu [prolixe] en ramassant ici ce qu'on peut trouver en leurs livres, calv. Inst. ()20. L'homme superflu et excessif en s'aimant trop, se va apauvrissant, langue, <7a. Quand le peu suffit, le beaucoup devient superflu, lo. 363. Il bannit aussi tous mcstiers superflus et inutiles, àhyot, Lyc. 4i. Le commun populaire, qui paravant se passoit à peu, en devint superflu, sumptueui et dissolu, ID. Pirie. 16. Mettre son argent en choses curieuses et superflues, ID. Caton, 36. Couper un sixiesme doigt en nombre superflu, paré, Inlroà. i. Polypes, chancres et autres chairs superflues, id. tb. Nous avons assez de travail du mal, sans nous travailler i ces règles superflues [touchant la manière de se comporter dans' la douleur], mont, m, 20). Tout ce qui est au-delà [des nécessités naturelles] est superflu pour eulx [des peuples sauvages], ip. l, 24).

— Etym. Provenç. superflu; espagn. et ital. ïuperfluo; du lat. tuper/luus, de tuper, au-dessus, et fluere, couler (voy. fluer).

SUPKUFLOITÉ (su-pèr-flu-i-té), ». f. \\ i° Ce qui est superflu. La seconde et troisième scène ont leur défaut accoutumé de la superfluité de l'infante, et font languir le théâtre par le peu qu'elles contribuent i la principale aventure, Acad. Senlim. Cid. Le blé, riche présent de la blonde Cérès, Trop toufl'u, bien souvent épuise les guérets, En superfluilés s'épandant d'ordinaire, la pont. Fabl. II, )). M. de Grignan s'est jeté dans cette superfluité [un double menton], sÉv. 28 oct. )68B. La table toutefois, sans superfluité, N'avait rien que d'honnête en sa frugalité, boil. Sat. x. Il faut éviter la superfluité des choses comme la surabondance des mots, marmontel. Œuvres, t. vui, p. 496. Il 2* Choses superflues. Vous connaîtrez l'ordre des idées principales : vous mettrez les accessoires à leur place : vous éviterez les superfluités, et vous vous arrêterez sur les idées intermédiaires qui mériteront d'être développées, condil. Art d'écr. Œuvr. t. vu, p. 289, dans pougbns. ||8' Particulièrement, choses de luxe. Elle [Mme d'Aiguillon] trouvait honteux que l'avarice n'eût point de bornes, que le luxe se répandit en superfluités infinies, et qu'il n'y eût que la charité qui fût ménagère et resserrée, fléCii. Aiguillon. Les empereurs Nerva, Trajan, Antonin, Marc-Aurèle, firent vendre les palais, la vaisselle d'or et d'argent, les meubles précieux et toutes les superfluités dont ils pouvaient se passer, rolun. Traité des Et. v, I, 3. L'abus des superfluités dont on se fait des besoins, iiass. Confér. Vs. des reven. ecclésiast. X l'exemple des autres peuples de l'Europe, les Français montraient un goût décidé pour les superfluités de l'Orient, raynal, Hist. phil. iv, 3. jji* Humeurs surabondantes. Les sueurs, qui afl'aiblisseni tout le monde, me donnent de la force, et me font voir que ma faiblesse venait des superfluités que j'avais encore dans le corps, set. 28).

— HIST. XII* s. Toz jors engcnret la cliar superfluitciz, ki toz jors sont à relrenchier. Job, p. 484. Il XIII* s. Ele aide à espurgier les superfluités et les fumées qui se puent [peuvent] engerrer [engendrer] entour le cuer [cœur], alebrant, f° 3. Ijxiï's. La moelle est pure superfluité de nourrissement, h. de uondeville, f* ) ) . Qui ses biens presens garde sans superfluité. De legier ne puet pas avoir calamité, Girart de Ross. v. 30)7. Aucuns jouvenceaux desquels, au temps du roy Tarquin, la luxure et la superfluité avoit esté moult grande, bercheure, f* 28, recto. Les grans oultraiges et superfluités, comme de viandes grandes et oultrageuses, Ménagier, i, 3. || xv* s. Tous les jours nous ne faillions point que nous n'eussions quelque bonne prise dont nous estoffions nos superfluités et jolietés, et maintenant tout nous est mort, FROiss. ii, m, 24. Et est à eschever [éviter] la superfluité d'officiers aujourduy et ou temps présent, Bibl. desch. 8* série, t. ii, p. (39. Qu'elle [rime] apprengne d'eslre contente do peu, et non pas désirer superfluité, Intem. eonsol. n, n. Il XVI' s. Il [Xénophon] estimoit que l'exercice, le travail continuel et la sobriété debvoient avoir cuict et asseiché toutes ces superfluitez [cracher et suer], mont, ni, 9).

— ETYM. Provenç. ruperfluitat, tobrefluitat ; espagn. superftuidad; ital. superfluità; du lat. tuperfluitatem, de tuperftuus, superflu.

SUPCRIRUR, EDRB (su-pé-ri-eur, eu-r'), adj. Il 1° Qui est^^titué au-dessus, par opposition i inférieur. Les étages supérieurs. Les galeries supérieures. Dans l'homme, les parties inférieures croissent moins d'abord que les parties supérieures, Burr. Quadrup. t. I, p. 87. || Membres supérieurs, les deux bras ou membres attachés au thorax, par opposition aux deux cuisses et jambes attachécsau tiassin. || Terme d'astronomie. Planètes supérieures, celles dont l'orbite comprendrait l'orbite de la terre si on les projetait sur un même plan. Mars est la première des planètes supérieures. Il S* Il se dit des pays les plus rapprochés de la source du fleuve ou des fleuves qui les traversent. Les provinces supérieures de l'Asie. La Germanie supérieure. || Le Rhin supérieur, le Rhin inférieur, en parlant de deux des trois bras du fleuve, selon que leur source est plus ou moins éloignée de leur point de réunion. ||8* Qui occupe un rang élevé dans une échelle fictive. Les animaux supérieurs. || Vertébrés supérieurs, s'est dit des vertébrés proprement dits, dans la théorie anatomique qui regarde les articulés comme des vertébrés inférieurs. || Il se dit des ordres de quantité les uns par rapport aux autres. Comme chaque addition partielle peut faire passer des unités dans l'ordre immédiaiemenl supérieur, on conçoit qu'il faut commence par chercher la somme des unités simples, coN&a. Lang. cale, n, 3. || 4* Qui est d'un ordre plus élevé. Les classes supérieures de la société. Puissance, autorité supérieure. Vous auriez une paroisse de plus, dont vous seriez le seigneur supérieur avec toutes les marques, sÉv. 9 févr. ) 883. Il Cours supérieures, tribunaux supérieurs, cours, tribunaux qui jugent en dernier ressort. Il Officier supérieur, officier d'un grade élevé; c'est dans notre hiérarchie militaire le chef de bataillon ou d'escadrons, le lieutenant-colonel, le colonel et les officiers assimilés. || Terme de philosophie. Concept supérieur, dans le kantisme, idée générale. Il 5* Fig. Qui l'emporte sur, en parlant des personnes. Quand l'éloignement de ce grand ministre [Mazarin] eut attiré celui de ses confidents, supérieur par cet endroit au ministre même dont il admirait d'ailleurs les profonds conseils, nous l'avons vu retiré dans sa maison.... boss. le Tellier. Le jeune ministre calviniste, fort instruit, plein de feu dans la dispute, nullement dressé à la politesse d'un monde qu'il n'avait pas vu, ne reconnaissant rien de supérieur à lui que la raison, font. Saurirt. Je n'avais point séparéle souverain et le philosophe [dans Frédéric II]; et vous étiez le Platon qui avait quitté Athènes pour un roi supérieur assurément à Denys, volt. Lett. Mauperluis, 3 juill. (746. Le prince Eugène, privé des Anglais, était encore [i, Denain] supérieur de vingt mille hommes à l'armée française, m. Louis XIV, 23. || U se dit, en un sens analogue, des choses. Une force supérieure. Un prix supérieur. Quoique la tragédie d'Irène ne vaille ni Zaïre, ni Mahomet, elle est encore fort supérieure à toutes les tragédies qu'on nous donne aujourd'hui, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 2 juill. )778. ||8' Absolument. Placé au-dessus des autres par des avantages intellectuels ou moraux. La baronne : Le laquais de M. Turcaret est un sot, un benêt dont on ne peut tirer le moindre service; et je voudrais mettre à sa place quelque habile homme, quelqu'un de ces génies supérieurs qui sont faits pour gouverner les esprits médiocres. — Frontin : Je vous vois venir, madame, cela me regarde, lesage, Turc, i, 9. Les Maures passaient pour une nation supérieure ; on se tenait honoré de s'allier à eux ; le surnom de Rodrigue [le Cid] était maure, volt. Mœurs, 44. C'est [Turgot] un esprit supérieur et une très-belle âme, id. Lett. de la Lande, <9 déc. 1774. Il est démontré que les nations ne peuvent avoir des génies supérieurs qu'après que les langues ont déjà fait des progrès considérables, condil. Conn. hum. n, i, )5. U se plaignit de la difficulté qu'éprouvait une femme supérieure à rencontrer l'objet dont elle s'est fait une image idéale, stael, Corinnt, n, 2. || Il se dit des choses en cet emploi. Ses Tusculanes [de Cicéron] et son traité de la Nature des dieux.... sont si supérieurs dans leur genre, que rien ne les a égalés depuis, volt. Triumv. no(. || Supérieur, pris absolument, se dit aussi d'une supériorité militaire numérique. Le marquis, depuis maréchal de Thoiras, sauva la gloire de la France, en conservant l'île de Ré avec peu de troupes contre les Anglais très- supérieurs, volt. Mœurs, 476. Charles ne balança pas à attaquer avec

>■ petite troupa cette armée si supérieure, id. Russie, I, <<.||7* Fig. Être supérieur i, avec un nom de chose pour régime, ne pas se laisser dominer par. Que la tendresse pour madame sa femme, qu'il venait d'appeler une faiblesse, était une de ces sortes de choses que la politique condamne, mais que la morale justifie, parce qu'elles sont une marque de la bonté d'un coeur qui ne peut être supérieur k la politique, qu'il ne le soit en même temps i l'intérêt, rbtz, Mim. t. n, liv. m, p. 21, dans POOOENS. Supérieur A la petite vanité de ne placer dans ses livres que ce qu'il a découvert ou observé le premier, condorcet, Duhamel. Il Être supérieur aux événements, etc. avoir un courage à l'épreuve des événements, etc. Quand la vertu n'aurait point d'autre consolation, n'en est-ce pas une assez grande que d'être délivré des inquiétudes les plus vives des passions.... de s'être rendu supérieur aux événements...? uass. Carême. Pécheresse. Accueilli dans une ville, emprisonné dans l'autre, et partout supérieur aux événements, beadmarch. Barb. de Sév. i, 2. {| Être supérieur i sa place, avoir plus de talents, de capacité, que n'en exige la place qu'on occupe. Il 8* S. m. et f. Supérieur, supérieure, celui, celle qui aautorité sur un autre. Il faut obéir à ses supérieurs. Les relations de supérieur i inférieur, || 9* En particulier, dans les couvents, le supérieur, la supérieure, celui ou celle qui gouverne un monastère. Que ,de conformité de mœurs et de doctrine I Que d'union d'esprits sous un supérieur I corn. Imit. i, 48. On critique, on censure, on contrôle toutes choses; la supérieure même n'est pas exempte d'être sur le tapis; l'on blâme sa conduite et sa manière d'agir, Boss. Sermons, Instruct. sur le silence, i. Qu'estce, dans une communauté religieuse, qu'un supérieur? c'est le protecteur et le tuteur de la règle, qui, par une obligation propre et spéciale, doit la soutenir, doit l'autoriser, doit la défendre et la venger, bourdal. Exhort. sur l'observ. des règles, t. I, p. 226. Tout supérieur est responsable de ceux que Dieu a mis sous son obéissance, id. Pertsées, t. n, p. 467. || 10° Supérieure s'est dit de la femme qui tient une maison de filles publiques. Un rendez-vous manqué avec une fille de la communauté de la Fillon.... cette fille rendit compte à sa supérieure, qui, étant fort en relation avec le régent.... staal, Mém. t. u. p. 49.

— REM. Supérieur ne prend pas de degré de comparaison ; on ne dit pas : plus supérieur, moins supérieur, aussi supérieur, parce que supérieur représentant le lat. superior, est par lui-même un comparatif. Cependant, comme ce comparatif est latin, non français, la notion tend à s'en obscurcir; et des auteurs y adjoignent des degrés de comparaison. Examinez les Romains, vous ne les trouverez jamais si supérieurs que dans le choix des circonstances dans lesquelles ils firent les biens et les maux, iiontesq. Bspr. xxii, )3. Un être intelligent plus supérieur au monde et à moi que je ne le suis au cuivre dont j'ai composé ma sphère [une sphère représentant le monde], volt. Dial. 7. Mme Denis y déploya [dans un râle] les talents les plus supérieurs, m. Lett. à Lekain, 20 oct. )760.

— HIST. xin*s. Liempereres d'Inde superior, Ch. d'Ant. VII, 23). Il XVI* s. Saint Paul dit : Toute personne soit sujette aux puissances supérieures, lanode, 24 ) , Les peuples qui souflTrent des violences par l'orgueil ou avarice des supérieurs, id. 244. L'inférieur ne doit pas tousjours acomplir tout ce que son supérieur lui ordonne, id. 24 8. Et qui juge la loy, il n'en est point observateur, mais en est supérieur, calv. Instit. 949.

— ETYM. Lat. rupertorem, comparatif formé de la prép. îuper, sur, au-dessus.

SUPÉRIEUREMENT (su-pé-ri-eu-re-man), odti.

Il 1* D'une manière supérieure. Fléchicr et Marsolier ont fait la Vie du cardinal Ximenès, mais l'un supérieurement à l'autre , wchelet, Diet. || 2° Absolument et sans comparaison exprimée, d'une manière excellente, parfaitement. Polybe, qui a écrit si supérieurement la guerre de Rome et de Carthage, volt. Moeurs, Premiers peuples. Mme Denis a joué supérieurement dans une bagatelle intitulée la Comtesse de Givri ou Chariot, id. lett. Voisenon, 49 oct. 4767. Qui a la réputation de manier supérieurement les armes, J. j. rouss. Hél. i, 67.

— REM. On a employé supérieurement avec dé et un substantif, comme infiniment avecd«. Comme vous avez supérieurement d'adresse, vous dérouterez facilement l'artifice, obnlis, Thédt. d'id. l'Intrigante, I, 4.

— ETYM. Supérieure, et le suffixe merU.

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SrPÊRIORITÉ (su-pé-ri-o-ri-té),i. f. \\ !• Prééminence, autorité, excellence, au-dessus des autres. Pour conserver l'air de supériorité qu'il avait usurpé, HAMiLT. Cromm. 4. Leur principale attention [des Romain»] était d'examiner en quoi leur ennemi pouvait avoir de la supériorité sur eux, MONTBSQ. Botn. î. Ils prirent dans les négociations la même supériorité que dans la guerre, m. »b. H. Les Anglais ont toujours eu sur les Irlandais la supériorité du génie, des richesses et des armes, VOLT. Louis HT, 46. Comme l'homme n'est pas un simple animal, comme sa nature est supérieure à celle des animaux, nous devons nous attacher à démontrer la cause de cette supériorité, bupp. Vise. nat. anim. Œuv. t. v, p. S43. La supériorité d'Aristete paraît surtout dans les écrits où il a pu exposer sa pensée sans mystère, condil. Ilist. anc. ni, 24. Quelque distingué que soit un homme, peut-être ne jouit-il jamais sans mélange de la supériorité d'une femme, stael, Corinne, vn, 3. La supériorité véritable donne une parfaite bonté, m. ib. XV, 6. Il Supériorité territoriale, espèce de souveraineté qui fut reconnue aux États do l'empire d'Allemagne par le traité de Westphalie. Il a» Charge de supérieur dans un couvent. Vous êtes liée par les mêmes engagements que les autres, et, en vous chargeant de la supériorité, on n'a pas prétendu vous décharger de la régularité, BOURDAL. Pensées, t. il, p. 466. Il 8° Au plur. Néologisme. Les supériorités, les personnes éminentes en mérite, en renom, etc.

— lliST. XV* s. Qui sans supériorité et légitime potesté apparente est armé et hardi d'autrui faire mourir... monstrel. i, 47. || xvi° s. Les dix hommes [décemvirs] esleuz par les Romains en supériorité, qui firent tant d'insolences que le peuple fut contrainct «e mutiner contre euli, BONrvARD, Chron. de Gen. i, 4. Si l'apostasie ou révolte par laquelle l'homme se soustrait de la supériorité de son créateur, est un crime vilain et exécrable.... CALv. Inst. 47i. Par où l'on peut voir combien la doctrine evangelique est vigoureuse et puissante, pour imprimer aux esprits des hommes la loy d'obéissance et révérence envers les superioritez,

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