LANGUE
— ÊTVM. Supérieur.
SUPERLATIF, IVK (su-pèr-la-tif, tl-v'), adj. Il !• Terme de grammaire. Qui exprime la qualité bonne ou mauvaise portée au plus haut degré. Adjectif superlatif. Les terminaisons superlatives dans la langue latine. Elle [la langue française] n'aime point les exagérations, parce qu'ailes altèrent la véritéj et c'est pour cela sans doute qu'elle n'a point de ces termes qu'on appelle superlatifs, non plus que la langue hébraïque, BonnouM, Entret. d'Ar. et d'Eug. 2. || Par extension et familièrement, qui a un caractère d'excellence. Il invita le ban et l'arrière-bad du canton à une veillée superlative dont son fils et les conscrits devaient être les héros, élie berthet, {a Ferme de la Borderie, i. || 2' S. m. Un superlatif, un adjectif mis au degré superlatif. Cet adjectif, cet adverbe est un superlatif. Eminences et excellences, mots introduits ; ceux d'éminentissime et d'excellentissime n'ont point encore passé les monts; le cardinal du Perron a fait inutilement tout ce qu'il a pu pour introduire illustrissime ; le cardinal de Richelieu a été plus heureux à faire passer le mot généralissime, qui est le seul superlatif que nous ayons, hkLZ. Socrate chrétien, i. Ce superlatif [sérénissime] ne leur [aux ducs de Lorraine] est venu dans la tête que lorsque leurs cadets se sont fait traiter d'altesse, st-sim. 68, 225. Quand on est pourvu, à un certain point, de l'esprit d'admiration, on n'est pas autrement fourni de celui de lumière et de critique ; on prend volontiers ses instructions dans le geste et dans les superlatifs du cicérone qui vous conduit, palconet, Œuv. div. t. ni, p. 73. La plupart de vos écrivains en prose [vous Italiens] aujourd'hui ont un langage si déclamatoire, si diffus, si abondant en superlatifs, STAEL, Corinne, vu, 1 . || Superlatif absolu, celui qui exprime la qualité portée à un très-haut degré, sans rapport i. autre chose ou à autre personne : par exemple, très-sage. Superlatif relatif, celui qui exprime la qualité avec rapport à autre personne ou à autre chose : par exemple, le plus sage. || Superlatif d'infériorité, celui qui se compose avec les mots le moins, en français : le moins grand de tous. Il »• Au superlatif, loc. adv. Extrêmement. Il est sot et vain au superlatif.
— HIST. xnr s. L'une [vie du monde] fu vie positive. Et l'autre [yie des oouvenU] fu superlative,
SUP
j. DE MEUNO, Tr. »96. || xiV 8. En Portingal irons ensamble par avis, Et si li gasterons sa terre et son pais. Qu'il ne li demourra vaillant un parisis : Du royaulmo serons roys et suppellatis, Guescl. 9902. Il iT* s. Sur quoy povons noter estre les plus suppellatifs biens les celestielles choses, christ. DE pisAN, Charles T, i, 4. Seigneurs, dit la royne, je prie au Dieu superlatif qu'il gart le roy mon seigneur, Perceforest, t. i, f* 65. || rvi" s. Ce mesme personnage (je di Bembo) use d'adverbes ayant forme de superlatifs, lesquels je confesse que notre langue n'ha point..., mais je responspremierement que les Grecs nous ont faict le plaisir de nous prester une petite particule, laquelle mestans devans les adverbes aussi bien que devant les noms , exprimons ceste superlation, n. ESTiENNE, Précelltnce. Moiennant laquelle conduite sera ce bestail au superlatif degré de graisse dans trois mois, o. de serres, 326. Il fait trophée de ses tromperies, es quelles il estoit un superlatif, pasquier, Rech. viii, p. 754, dans la- CURNE. Si jamais arbalestier du pays, lesquels sont suppelatifz en toute Guyenne.... rab. tv, B2.
— ÉTYM. Provenç. tuperlatiu; espagn. et ital. superlativo ; d\x lat. tuperlativut , de super, audessus, et latum, porter.
SCPERLATIVEMENT (su-pèr-la-ti-ve-man), adv. Terme familier, qui ne se dit guère qu'en plaisantant. Au superlatif, extrêmement. Elle est superlativement laide. Quoique tu sois grec d'origine. Et superlativement grec, scarr. Virg. viii. Vainqueurs, nous serons odieux; vaincus, ridicules, — superlativement ridicules, ch. de Bernard, la ciasse aux amants, xii.
— ÉTYM. Superlative, et le suffixe ment. tSUPERNATURAHSME(su-pèr-na-tu-ra-li-sm'),
». m. Voy. supbanaturausme.
t SUPEROVARIÉ, ÉE(su-pèr-o-va-ri-é, ée), adj. Terme de botanique. Dont l'ovaire est supère. ij S. f. plur. Les superovariées, nom de l'un des deux groupes principaux renfermant les familles gamopétales, dans la méthode naturelle modifiée; il comprend les plantes dont l'ovaire est libre ou supère, et se divise en quatre classes.
— ÉTYM. Super..., ei ovaire.
f SUPEROXYDATION ( su-pèr-o-ksi-da-sion ) , s. f. Terme de chimie. Oxydation avec excès d'oxygène.
SUPERPOSÉ, ÊE (su-pèr-p6-zé, zée), part, passé de superposer. Couches superposées. || Terme de botanique. Se dit du bulbe, quand il s'en développe un nouveau sur l'ancien, et des lobes de l'anthère quand ils sont placés l'un au-dessus de l'autre.
SUPERPOSER (su-pèr-p6-zé), t>. o. Poser une ligne, une surface, un corps sur un autre. En géométrie, on superpose souvent deux figures pour en démontrer l'égalité.
- ÉTYM. Super..., et pojer.
+ SUPERPOSITIF, IVE (su-pèr-pô-zi-tif, ti-v'), adj. Terme de botanique. Se dit des parties qui s'appliquent l'une sur l'autre. La préfloraison est superpositive, quand les pièces de la corolle ou du calice s'appliquent successivement les unes sur les autres.
SUPERPOSITION (su-pèr-pô-zi-sion), ». f. \\ l'Action de superposer, ou état de choses superposées. Il Terme de géologie. Mode de succession des parties de l'écorce terrestre. Cette superposition monstrueuse des roches primitives sur les secondaires serait-elle l'efl^et d'un bouleversement? SAUSSURE, Voy. Alpes, t. m, p. 449, dans pougens. Il 2° Jeûnes de superposition, s'est dit des jeûnes doubles qui s'étendaient jusqu'à deux jours entiers.
— ÉTYM. Super..., et position.
SUPERPURGATION (su-pèr-pur-ga-sion), ». f.
Terme de médecine. Purgation immodérée ou excessive, causée par des substances trop irritantes ou données à contre-temps. C'est encore [les gouttes anodines d'Angleterre] un grand remède pour calmer les vomissements et arrêter les superpurgations, genus, Maison rust. t. n, p. 209, dans
POUGENS
— ÉTYM. Super..., et purgation.
t SCPERSÊCRÉTION (su-per-sé-kré-sion), ». f. Terme de médecine. Sécrétion excessive.
SUPERSÉDER (su-pèr-sé-dé. La syllabe se prend un accent grave quand la syllabe qui suiteslmuette : je supersède, excepté au futur et au conditionnel: je superséderai), v. n. Terme vieilli de jurisprudence. Surseoir. Ordonné qu'il sera supersédé aux poursuites.
— HIST. XVI' s. Si nous regardons à ces choses, il sera facile de juger jusques à où la sécurité doit
SUP
procéder et ot elle doit superseder, caett. Inrt.
— ÉTYM. Cest la forme latine de »urieo»y.
i SUPERSENSIBLE (su-pèr-san-si-bl'l, odj.Terma de philosophie. Qui échappe aux sens. On dit plutôt suprasensible.
— ÉTYM. Super..., et sensible.
SUPERSTITIEUSEMENT (su-pèr-sti-si-eû-ze-
man), adv. || 1° D'une manière superstitieuse. Croire superstitieusement aux revenants. || i' Fig. En portant l'exactitude, le scrupule jusqu'à l'excès. Il ne faut pas s'attacher superstitieusement aux choses indifférentes.
— HIST. XVI" s. S'ils estiment mots estrangea ceux qui ont esté curieusement inventez et se défendent superstitieusement.... j'approuve grandement leur sobriété, CALV. Instit. 74.
— ÉTYM. Superstitieuse, et le suffixe ment. SUPERSTITIEUX, EUSE (su-pèr-sti-si-eû, eû-z'),
adj. Il 1° Qui a de la superstition. Le peuple le moins superstitieux est toujours le plus tolérant, VOLT. Philos. 4* homélie. Le roi do Prusse, vainqueur de la superstitieuse Autriche, m. Lett. Ilelvétius, 26 juin 4 766. Le savant Isaac Vossius, théologien incrédule et superstitieux, de qui Charles II, roi d'Angleterre, disait qu'il croyait tout, excepté la Bible, d'alemb. Œuv. t. iv, p. 28. Quand le siècle est superstitieux, le génie de l'observation est timide, stael, jlJJemojne, in, 2. || Substantivement. Personne superstitieuse. Enfin t'ai-je dépeint la superstitieuse? boil. Sat. x. Le superstitieux est son propre bourreau ; il est encore celui de quiconque ne pense pas comme lui, volt. Philos. 2* homélie. Ces superstitieux sont dans la société ce que les poltrons sont dans une armée : ils ont et donnent des terreurs paniques, m. Dict. phil. Ame. Le superstitieux est gouverné par le fanatique et le devient, id. Dict. philos. Superstition, v. Il 2° Où il y a de la superstition. Une dévotion superstitieuse. Remarquez que les temps les plus superstitieux ont toujours été ceux des plus horribles crimes, volt. Dict. philos. Superstition, rv. Ce n'étaient point de méchantes femmes, mais des imaginations superstitieuses, stael, Corinne, i, 4. Il 3° Fig. Qui pèche par excès d'exactitude. Sa santé ou plutôt sa vie ne se soutenait que par une extrême sobriété, par un régime presque superstitieux, et il pouvait donner pour preuve de son habileté qu'il vivait, pont. Fagon. Les commentateurs, peuple le plus superstitieux de tous ceux qui sont dans le culte de l'antiquité, m. Anc. et mod.
— HIST. XIV* s. Se ilz ne disent ne n'enseignent aucunes choses supersticieuses ne damnables, {e Sonje du vergier, i, 478. Hxvi's. Craintes excessives et superstitieuses, CALV. /jwt. 4 36. Les chrestiens ne doivent estre superstitieux aux mots, moyennant que le sens soit bon et sain, m. ib.
— ÉTYM. Lat. îupersh'liosus (voy. superstition). SUPERSTITION (su-pèr-sti-sion; en vers, de
cinq syllabes), s. f. || 1° Sentiment de vénération religieuse, fondé sur la crainte ou l'ignorance, par lequel on est souvent porté à se former de faux devoirs, à redouter des chimères, et à mettre sa confiance dans des choses impuissantes. La piété est différente de la superstition; soutenir la piété jusqu'à la superstition, c'est la détruire, pasc. Petis. xin, 6, éd. havet. [M. de Montausier] chrétien de bonne foi, sans superstition et sans hypocrisie, PLÉCH. Duc de Mont. La .superstition semble n'être autre chose qu'une crainte mal réglée de la divinité, LA BRor. Théoph. xvi. La superstition est à la religion ce que l'astrologie est à l'astronomie, la fille très-folle d'une mère très-sage, VOLT. Pol. et lég. Tolérance, «'it est utile.... Quiconque a un peu vécu avec les hommes a pu voir quelquefois combien aisément on est prêt à sacrifier la nature à la superstition, id. Mahomet, Lett. La superstition sied bien au paysage ; Triste dans les cités, elle est gaie au village. Et le sage luimême aime voir, en ces vœux. Va terre à ses travaux intéressant les cieux, delille, Imag. viii. Il 2* Pratique superstitieuse, croyance superstitieuse. La confiance qu'on avait aux oracles chez les anciens était une superstition. Laissons là de Joad l'audace téméraire. Et tout ce vain amas de superstitions Qui ferment votre temple aux autres nations, rac. Athak n, 4. La superstition, en général, est toujours une erreur; mais les superstitions particulières ont quelquefois un fondement raisonnable, bupf. Ois. t. xii, p. 29. || Particulièrement. Vaine observation religieuse pratiquée par les anciens et défendue par l'Église. || S* Vain prà-
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«âge que l'oD tire d'accidents purement fortuits. Il y a do la superstition à croire qu'une salière renversée présage un malheur. || 4" Fig. Tout excès d'exactitude, de .soin, en quelque matière que ce soit. Ceux qui l'avaient pratiqué [l'art des fortifications], ou qui en avaient écrit, s'étaient attachés servilement i certaines règles établies, quoique peu fondées, et à dos espèces de superstitions, qui dominent toujours longtemps en chaque genre, et ne disparaissent qu'à l'arrivée de quelque génie supérieur, ponten. Vauban. Une si petite attention s'ennoblissait par son principe; et combien ne serait-il pas à souhaiter que le hien public fût toujours aimé avec autant de superstition? ID. des BiÛetles M. de la Hire, exact jusqu'au scrupule et jusqu'à la superstilion, présentait à M. de Lou- Tois des mémoires dressés jour par jour et où les fractions n'étaient pas négligées, iD. la Hire. Un des avantages delà philosophie appliquée aux matières de goût est do nous guérir ou de nous ga rantir de la superstition littéraire, d'alemb. Œuv. t. III, p. 4U. Comme le dit fort bien le chevalier de Celtas, elle a toutes les superstitions de la toilette, genlis , J/<;r<îS ri», t. 1, p. 150, dans pouoENs.
— iiiST. IV' s Qu'à la superstition de vos ydoles renoncez, et au vray Dieu qui vous a créé vous convertirez, ilyst. de Barl. et Josaphat, dans gui DE CAMBRAI, p. 372. || xvi" S. Il me semble que la superstition a esté nommée de ce qu'en ne se contentant pas de ce qui estoit ordonné de Dieu, elle a fait un amas superflu de choses vaines, CALV. Instit. 66.
— Etvm. I.at. superstitionem, d'un verbe archaïque superstitare, protéger, de super, au-dessus, et ttare, se tenir : superstitio, la crainte des dieux, le respect de leur protection, et, en mauvaise part, superstition.
\ SUPKRSTITIOSITÉ (su-pèr-sti-si-ô-zi-té), # f. Tendance à la superstition.
— iiisT. XVI' s. Superstitiosité, rab. p. 230, dans
LACUBNE.
t SCl'KRSTRUCTION (su-pèr-slru-ksion), s. f. Construction au -dessus du sol. Les frais de premier établissement d'une usine comprenant l'achat du sol, la superstruction, l'acquisition des machines et celle dos outils, Séance du Corps Jeg 20 janv. 1870.
t SCPKRSTRUCTUUE (su-pèr-stru-ktu-r'), ». f. \\l' Dans les ponts et chaussées, superstructure d'un pont, la construction de la partie au-dessus d'une rivière, d'un canal, d'un chemin de fer. Il 2° Structure superflue et inutile à l'édifice. || Fig. Ce qui est ajouté inutilementàunlivre, à une pièce. La pièce est finie, quand Ptolémée est mort; tout le reste n'est qu'une superstructure mutile à l'édifice, VOLT. Comm. Corn. Rem. Pompée, v, 3.
— ÉTVM. Super..., et sJruclurs.
\ SUPERVOLUTfF, IVE (su-pèr-vo-lu-tif, ti-v ), adj. Terme de botanique. Qui est roulé sur. La préfoliation est supervolutive, quand les feuilles ont un de leurs côtés roulé sur lui-même, et enveloppé dans l'autre côté.
— f.TYM. Super..., et lat. volvere, rouler.
SUPIN (su-pin), I. m. Terme de grammaire latine. Partie de l'infinitif latin qui sert à former plusieurs temps, et qui n'est au fond qu'un nom verbal. || Supin actif, forme nominative ou accusativc. Il Supin passif, forme ablative.
— HIST. xni' s. El supins et impératifs. Bat. des sept arts.
— f.TYM. Provenç. supi; espagn. et ital. supino ; du lat. supinum.
SCPINATECR (su-pi-na-teur), s. m. Terme d'anatoraie. Nom donné aux muscles qui portent l'avant-bras et la main en dehors, de manière que la face antérieure de celle-ci devienne supérieure. ||.ild). Muscles supinateurs.
— HIST. XVI' s. Les muscles qui tournent la main vers le ciel, nommés supinateurs, paré, i, 8.
— ÊTVM. Voy. SUPINATION.
SUPINATION (su-pi-na-sion), s. f. \\ 1* Terme de physiologie. Mouvement que les muscles supinateurs font exécuter à l'avant-bras et à la main, de manière que la paume regarde en avant, le bras étant pendant le long du corps. |H' Terme de pathologie. Position d'un malade couché sur le dos. Le malade était en supination.
— f.TYM. Lat. fupinationem, de supinus, renversé sur le dos.
t SUPPÉDANÉ (sup-pé-da-né), s. m. En médecine, cataplasme préparé pour la plante des pieds.
— f.TYM. Lat. suppedaneum, qui veut dire un marchepied, de sub, sous, et pes, pedis, pied.
t SUPPLANTATEUR (su-plan-U-teur), ». m, Ce-
SUP
lui qui supplante. Après qu'Ésaû aura joui quelque temps de son droit d'aînesse, Jacob emportera la bénédiction paternelle; il demeurera le seul et véritable supplantateur, comme son nom le lui promettait, Boss. Sermon», Uél. des bons avec les méchants.
— f.TYM. Lat. fup;>Ian(a(orem, de supplantare, supplanter.
t SUPPLANTATION (su-plan-ta-sion), ». f. Action de supplanter.
— HIST. xm' s. Judas, qui demoroit 0 moi en paix, qui menjoit mes pains, ezlargi seur moi sopplantation. Psautier, t" 64.
— f.TYM. Lat. »uppJon<a»ton«m, de supplantare, supplanter.
SUPPLANTÉ, ÉE (su-plan-té, tée), part, passé de supplanter. Un amant supplanté, cohn. Attila, IV, ♦. Un fat supplanté ne pardonne jamais, genus, iléres ri», t. i, p. 28», dans pougens.
t SUPPLANTEMENT (su-plan-te-man), ». m.
Synonyme de supplantation.
— HIST. XIII' s. Diex, lieve toi,vien li devant. Et si li fait supplantement. Psaumes en vers, dans Liber p.solm. p. 27<. Il xvi* s. Voyantson sang et ses peines subjettes à tels supplantemens, il n'avoitpeu despouiller envers son supérieur le courage qu'il avoit vestu contre les ennemis, d'aub. Ilist. i, <66.
— f.TYM. Supplon<er ; provenç. josplantomen.
SUPPLANTER (su-plan-té), t). o. || 1° Faire perdre à quelqu'un le crédit, la faveur, l'affection, l'établissement qu'il avait auprès d'une personne, et prendre sa place. C'est trop de nous supplanter [auprès de nos dames], et de nous supplanter avec nos propres habits, mol. Préc. te. Thémistocle, qui avait formé en lui-même le dessein de supplanter les Lacédémoniens, et de substituer les Athéniens à leur place dans le gouvernement de la Grèce, rolun, Hist. ane. Œuv. t. m, p. 289, dans pouqens. Qu'il s'offre à ce vertueux du siècle une occasion sûre de décréditer un ennemi, ou de supplanter un concurrent.... hass. Pet, carême, Gloire hum. L'intrigue supplante les plus grands talents ; des hommes souples et bornés s'élèvent aux premières places, m. ib. Écueils, Piété des grands. Elle [Mme de Maintenon] fait venir, de bonne foi, la religion au secours de ses charmes usés , pour supplanter sa bienfaitrice devenue sa rivale, volt, toui» XIV, 27.||a*Sc supplanter, ». réjî. Travailler l'un contre l'autre pour se déposséder réciproquement. Pour se supplanter, ils [les fils de Nizam, en Inde] eurent recours tour à tour aux armes, aux trahisons, au poison, aux assassinats, raynal, 7/»s(. phil. v, 34.
— HIST. XII' s. E tu purceinsis mei de vertut à bataille, e supplantas les esdrechans [ceux qui se dressent] encuntre mei. Liber psalm. p. 2). Guarde mei, sire.'... e de feluns humes délivre mei, chi pensèrent à supplanter les miens pas, »6. p. 2)7. Il xm* s. C'est la prescience divine Qui tout set et riens ne devine.... Ne n'a pas por ce sozplanté Pooir de franche volonté, la Bose, <769). || xiv s. Qui aucun petitbien emprent. Et s'i commence à delitter, Li poet cils biens tant profiter. Qu'il en het les maus et despite Pour ce bien que en lui abbittc. Qui d'autres biens atrait plenté, Et en sont li mal susplanté, J. de condé, t. 11, p. <66. ||xv's. Par multitude de ses osts [Alexandre] supplanta la terre, humilia les régions, cspoventa les peuples, CHASTEL. Chr. du due Philippe, proesme. || xvi' s. Pour autant qu'il sentoit son désir reprochable, sa passion incurable, et sa raison de tout poinct supplantée, il résolut d'abandonner la vie, amyot, Démétr. 62. Si j'avois en ma possession les événements incogneus, j'en penserois très facilement supplanter les cogneus, en toute espèce d'exemples, MONT, in, 24.
— ÊTYM. Provenç. sosplantar ; espagn. iuplantar; ital. îopptontore; du lat. supplantare, de îub, sous, et planta, la plante du pied.
t SUPPLANTEUR (su-plan-teur), ». m. Celui qui supplante.
— HIST. XVI* s. Vous, monsieur, serez traité de la réputation comme supplanteur de vostre ami, d'aub. Ilist. n, 27).
t SUPPLÉANCE (su-plé-an-s*), ». f. Action de suppléer, de remplacer. || Fonction de suppléant. Il a obtenu la suppléance d'une chaire de professeur.
— ÊTYM. Suppléant.
SUPPLÉANT, ANTE (su-plé-an, an-t'), ». m. et f. Celui, celle qui remplace quelqu'un, qui fait ses fonctions à son défaut. On lui a nommé un suppléant. Cette dame est suppléante au bureau de charité. Il Adj. Juge suppléant. Professeur suppléant.
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SUPPLÉÉ, ÊE («u-pW-*, ée), part, passé d« suppléer. Un professeur suppléa dans sa chaire.
SUPPLÉER (su-plé-é) , je suppléais, nous suppléions, vous suppléiez; que je supplée, que nous sup> pléions, que vous suppléiez, v. a. || !• Ajouter ce qui manque, fournir ce qu'il faut de surplus. Ce sac doit être de mille francs; et ce qu'il y aura de moins, je le suppléerai. On supplée les vides provenant des soufflures, des bullesd'air....BOUTARD, /'ic(. d«i arts du dessin. Réparer. \\ Suppléer les cérémonies du baptême, faireàl'église lacérémoniedu baptême surun enfant qui n'a été qu'ondoyé. || Suppléer ce qui manque dans un auteur, remplir les lacunes qu'il y a dans ses ouvrages. || 2' Ajouter à une phrase ce qui y est sous-entendu. On comprendra dans la suite pourquoi, dans la construction simple, je supplée des mots qui ne sont point dans le texte ; ceux qui ne les suppléent point confondent la syntaxe simple avec la syntaxe élégante, douars. Œuvr. t. I, p. )8g. ||3* Mettre en place de. Ils [les géomètres] prétendent que l'esprit supplée toujours la définition entière aux termes courts qu'ils n'emploient que pour éviter la confusion que la multitude des paroles apporte, pasc. Esprit géomét. I. S'ils [des titres, dans les Caractères] ne plaisent point assez, l'on permet d'en suppléer d'autres, la bruy. Disc, sur Théophr. L'on ne ferait que suppléer de nouveaux députés à la place de ceux qui mourraient, uonteso. Rsp. XI, 6. Il 4' Réparer le manquement, le défaut de quelque chose. Il [La Rochefoucauld] n'a jamais été capable d'aucunes affaires, et je ne sais pourquoi; car il avait des qualités qui eussent suppléé en tout autre celles qu'il n'avait pas, retz, ilém. t. I, liv. II, p. 287, dans pougens. Suppléer par la variété des plaisirs ce qui manque à leur solidité, MASS. Panégyr. St Franc, de Faute. Quand j'ai voulu ranger les lettres dans leur ordre, il a fallu suppléer, en tâtonnant, des dates incertaines sur lesquelles je ne puis compter, j. i. rouss. Confess. IX. Vainement il [Napoléon] avait pris la majesté extérieure de l'empire.... tout ce faste paisible qui décore la force, mais ne la supplée pas, viLLEMAiN, Souvenirs contemporains, Cent- Jours, chap. vni. || 6' Suppléer quoiqu'un, le remplacer, faire ses fonctions. Ce professeur se fait suppléer. || 6' F. n. Réparer le manquement, le défaut de quelque chose. Que n'a-t-elle déjà des enfants de Jason, Sur qui plus pleinement venger sa trahison? Suppléons-y des miens, corn. Médie, V, 3. Suppléez au peu d'art que le ciel mit en moi; Vous-mêmes peignez-vous cet amant hors de soi, la font. Filles de Minée. M. le Tellier savait que, si la prudence du souverain magistrat est obligée quelquefois dansles cas extraordinaires de suppléer i la prévoyance des lois, c'est toujours en prenant leur esprit, boss. le Tellier. Ayant en quelque sorte à suppléer pour elle [l'Académie] à ce que le public en attendait [une grammaire].... REGNIER DESMABAis, Cromm. préface. N'avez-vous pas même peut-être fait suppléer aux talents que la nature vous a refusés , une effronterie qui porte toujours un poison plu» sûr dans les cœurs? mass. Panégyr. Ste Àgnéi. Vous suppléez à la faiblesse de votre esprit avec le même artifice que vous employez pour suppléer i la faiblesse de votre vue ; et vous n'êtes capables d'embrasser un grand nombre d'idées , qu'après que vous les avez considérées chacune à part, CONDIL. Art Sicr. i, ). Le sentiment supplée à tout, et rien ne supplée au sentiment, marmontel, Œuvr. t. VIII, p. 482. Il 7' Se suppléer, t). réjl Se compléter, i Rome, qui fut dans les premiers temps une espèce d'aristocratie, le sénat ne se suppléait pas lui-même, montesq. Esp. 11, 3. 118" Élre .remplacé. La sollicitude maternelle ne se supplée pas, i. j. houss. Èm. i.
— REM. Les grammairiens ont voulu distinguer suppléer actif de suppléer neutre, en disant que, avec le premier, c'est fournir ce qu'il faut de surplus pour que la chose soit complète, tandis que, avec le second, c'est remplacer une chose par une autre qui en tient lieu, quoique d'une nature différente. Cette distinction n'a pas pour elle l'usage; vojer oi-dessus les exemples qui la contredisent.
— HIST. xra* 8. De haute honor sui en voie. Quant en telle [dame] ai mon cuer mis. Où toute valor souploie, Et où tout bien est assis , Couci, p. 420. Il XIV" s. Et fust soiiploïe la flebcté [faiblesse] du nerf qui est insuffîcient, h. de mondeville, f- 2), rerjo. Li autre quatre furent esleuz pour souploier le nombre, sERCHEimE, f" «4, verso.
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Que ladite demoiselle vousissioM enaager, et soupplir ce qui lui défaut de son aage , du cange, aagiatus. Il XV s. Que le defTault do la foiblesse de mon savoir soit souppleyé, christ, de pisan , Charles V, i, Prol. En leur priant humblement excuser et supployer à mon ignorance, Chron. de Jean de Troyes, 4460. ||xvi' s. Apportons ce qui est de nous, et Dieu suppléera le reste, calv. Inslil. 183. Ainsi, pour retrencher ce qui excedoit es uns, et suppléer à ce qui defailloit is autres.... amyot, Lyc. et Nttm. comp. a. 11 fault un peu aider à la lettre de l'ordonnance qui est obscure, et suppléer quelque chose qui luy default, iD. Solon, 34. Mal armez, mais suppleans le defaultde leurs armures par l'affection de leur bon vouloir, iD. Dion, 36.
— ÉTYM. Prov. supplir, suplir; espagn. tupJir;port. «upprir; ital. tuppitVe ; du lal. supplere, de sub, sous, et l'inusité plere, remplir.
SUPPLÊ-HENT (su-plé-man), s. m. || 1' Ce qu'on donne pour suppléer. On lui a donné tant en argent pour supplément de partage. || S' Ce qu'on donne en sus. Supplément de solde. || Le supplément d'un livre, ce qui est ajouté à un livre pour suppléer ce qui manquait. Il a publié un supplément à son ouvrage. Le Supplément de Tite-Live par Freinshemius. || On nomme ainsi, dans les grammaires élémentaires, une partie moins importante que celle qui est d'abord apprise, et où l'on a réuni quelques notions omises à dessein dans celle-ci. || Le supplément d'un journal, feuille ou feuillet que l'on ajoute quelquefois à un journal, lorsque ce qu'on veut publier en dépasse l'étendue ordinaire. || Dans les théâtres, dans les chemins de fer, prendre un supplément, échanger le billet qu'on avait acheté contre un autre d'une place supérieure, en payant le surplus du prix. Il Bureau de supplément ou des suppléments, le bureau où l'on fait cet échange. || Supplément se dit dans les restaurants à prix fixe, quand on prend plus de plats que le nombre indiqué. || Terme de marine. En supplément, se dit des personnes embarquées en sus du nombre prescrit. Il 3° Ce qui supplée à. Ils [les biens ecclésiastiques] ne vous sont donnés que comme les suppléments de votre indigence, mass. Confér. Usage des reven. ecclésiast. L'art n'allait point encore au delà de ces suppléments [cheveux et dents postiches], llist. des Vestales dans desfontaines. Au peu d'esprit que le bonhomme avait, L'esprit d'autrui par supplément servait, volt, le Pauvre Diable. ||Fig. Les préjugés sont le supplément de la raison, TOViT.Vial.Straton,Raphaêid'Urbin. On fait de l'orgueil le supplément, si j'ose parler ainsi, du mérite, et on ne sait pas que le mérite n'a rien qui lui ressemble moins que l'orgueil, hass. Pet. carême, Humanité des grands. Roquelaure n'eut ni le courage de tirer raison d'un tel affront, ni le supplément de prendre prétexte du lieu [l'appartement du roi] pour en porter sa plainte au roi, st-sim. î7, B4. L'estime des autres est un supplément à l'opinion peu favorable que nous avons de nous-mêmes, c'est un roseau dont l'amour-propre cherche à s'étayer, d'alehb. Œuvr. t. m, p. 34. Il 4* Terme de géométrie. Le supplément d'un angle, ce qu'il faut ajouter à un angle pour former deux angles droits. || Adjectivement. Angle supplément d'un autre. Angles suppléments. 1 1 5' Terme de grammaire. Ce qu'il faut ajouter pour suppléer les mois qui manquent dans une eUipse.
— HIST. xiv* s. Ces chapitres sont suppleement et perfections des trois derniers, oresue. Thèse de MEUNIER. Il XVI* s. [Quand saint Paul a dit] qu'il suppleoit en son corps ce qui defailloit des passions de Christ, il ne raporte point ce défaut de supplementà la vertudela rédemption.... CALV./jwh't. 625.
— ÉTYM. Prov. suplement; espagn. suplemento; ital. supplimento ; du lat. suppkmentum, de «uppJere, suppléer.
SUPPLÉMENTAIRE (su^îlé-men-tê-r'), adj. Qui sert de supplément. Un crédit supplémentaire. Il Jurés supplémentaires, ceux qui sont désignés pour suppléer les jurés titulaires en cas d'absence ou de maladie. || En géométrie, angles supplémentaires, ceux dont la somme est égale à deux angles droits; cordes supplémenUires, celles qui, dans l'ellipse, partant d'un même point, aboutissent aux extrémités d'un même diamètre
— ÉTYM. Supplément.
SCPPLÉTIP, IVE (su-plé-lif, ti-v"), adj. Qui complète, qui sert de supplément. Articles supplétifs.
— HIST. XTi* 8. Prestant serment supplétif, si besoin Mt, Noav. eoust. gén. t. n, p. «84.
SUP
— ÉTYM. Lat. fuppleitvtM, de tupp{«re, suppléer, t SUPPLÉTOIRE (su-plé-toi-r'), adj. Qui sert de
supplément. Quand le juge voit des commencements de preuves contre une partie, il défère parfois à l'autre le serment supplétoire, qui , s'il est prêté, vient augmenter sa persuasion.
— ÉTYM. Lat. suppletum, supin de supplere, suppléer.
SUPPLIANT, ANTE (su-pli-an, an-t' ) , adj. Il 1' Qui supplie. Suppliante et prosternée au pied des autels. Archias, ayant appris que Démosthène, retiré dans l'île de Calaurie, s'était rendu suppliant dans le temple de Neptune, bolun, Hist. anc. (Euer. t. vu, p. 60, dans pougens. Je fus riche autrefois; mon banquet opulent N'a jamais repoussé l'étranger suppliant, a. chén. le Mendiant. Il II se dit, dans le même sens, des choses. Ne rougis point de prendre une voix suppliante, RAC. Phèdre, m, 4. Son maintien suppliant, ses remords, ses malheurs, delille, Parad. perdu, i. Ses regards presque suppliants lui demandaient une réponse favorable, stael, Corinne, x, 6. Il 2* S. m. et f. Celui, celle qui supplie. Si, contre notre usage, Il faut d'un suppliant emprunter le visage.... bac. ilithr. m, 4. La piété envers les étrangers, le respect pour les suppliants, le caractère inviolable qu'imprimait la mort aux volontés dernières, marmontel, (Euvr.X.vt, p. 34 s. Il Fig. Ses mains tremblantes serraient les miennes, et je puis dire que ses beaux yeux étaient en suppliants attachés sur les miens, uabhon- TEL, Itém. ni. Il S" Particulièrement, il s'est dit des personnes qui présentaient une requête pour obtenir quelque grâce en justice ou auprès du souverain ; aujourd'hui on dit requérant.
— HIST. ivi* 8. Pompeius devenu un misérable suppliant d'un roi d'Egypte, mont, i, 6B.
SUPPLICATION (su-pli-ka-sion; en vers de cinq syllabes), s. f. \\ 1° Prière faite avec instance et soumission. Faire une supplication, des supplications. 6 Dieu I suis-je assez humiliée? je t'écris à genoux; je baigne mon papier de mes pleurs; j'élève à toi mes timides supplications, ). i. bouss. Hél. 1, 74. Il 2° Au plur. Prières publiques qui étaient ordonnées par le sénat à Rome en des occasions importantes. || 3' Il s'est dit des remontrances que le parlement faisait aux rois de vive voix en certaines occasions.
— HIST. xiu* s. Et nous, leur supplication oie, nous otroions aus choses desus dites, Liv. des met. 376. La justice laie ne fait pas ceste contrainte, au [d'après le] commandement de le [la] justice de sainte église, mais à sa supplication, beaum. xi, 4i. Il XIV* s. Là sont par dever li en supplication Maint conte et maint princhier dont je ne say le nom,Uugues Capet, V. 424 4. Il XV* s. S'en alla en l'hostel de la ville faire requeste et supplication pour les deux dessusditz, comm. v, 47. || xvi* s. [Raisins empaquetés en feuilles de figuier] Les gens du Vivarèa appellent ces paquets-la supplications et gibets : et à Paris, où quelquesfois les marchands y en apportent, vireoots, o. de serres, 242.
— ÉTYM. Prov. supplicacion; espagn. suplicacion; ital. supplicaiione ; du lat. supplieationem, de supplieare, supplier.
t SUPPLICATOIRE (su-pli-ka-toi-r'), adj. Qui a le caractère de la supplication.
— HIST. XVI* s. Nonobstant que l'evesque [de Genève] luy mandast [à Humbert Dauphin] plusieurs lectres supplicatoires pour l'en faire destourner [de brûler les faubourgs de Genève], bo- NivABD, Chron. de Genève, i, 4 8. -^
SUPPLICE (su-pli-s'), ». m. || 1* Punition corporelle ordonnée par arrêt de la justice. Je vais, comme au supplice, à cet illustre emploi, corn. Hor. II, B. [Qu'il] De sa rébellion reçoive le supplice, BOTH. Antig. iv, 4. Que peut-on imaginer de plus malheureux, que de ne pouvoir conserver la foi sans s'exposer au supplice? boss. Reine d'Angl. Comme on traînait au supplice ces deux fidèles témoins de Jésus-Christ ressuscité.... lo. Hist. ii, 9. Un père, en punissant, madame, est toujours père ; Un supplice léger suffit à sa colère, rac. Phèdre, ui, 3. Â remonter du supplice injuste de MontecucuUi [sous François I*'] jusqu'à celui des templiers, c'est une suite de supplices atroces, fondés sur les présomptions les plus frivoles, volt. Dict. phil. Supplice, ii. Il suffirait de réfléchir sur le supplice de la reine Anne de Boulen, de la reine Catherine Howard, de la reine Jeane Gray, de la reine Marie Sluart, du roi Charles I", pour justifier celui qui a dit que c'était au bourreau d'écrire l'histoire d'Angleterre, ID. ib. Il [Palkul] reçut
SUP
seize coups, et souffrit le supplice ie plus long et le plus affreux qu'on puisse imaginer, id. Charles XII, 3. Les supplices sont malheureusement nécessaires; il faut effrayer le crime; mais rendez les supplices utiles; que ceux qui ont fait tort aux hommes servent les hommes, id. Pol. et Ug. Fragm. des instr. 4. Les supplices recherchés dans lesquels on voit que l'esprit humain s'est épuisé à rendre la mort affreuse, semblent plutôt inventés par la tyrannie que par la justice, ID. ib. Comm. Espr. lot», Supplices. On a toujours remarqué que les pays où les supplices sont le plus terribles, sont aussi ceux où ils sont le plus fréquents, j. j. aouss. Écon. polit. \\ Par extension. Les tyrans.... vous mettent quelquefois un homme entre quatre murailles sans livres; ce supplice est pire que la question, qui ne dure qu'une heure, volt. Lett. Urne du Deffant, 1 4 déc. 4 769. Il Condamner au dernier supplice, condamner à mort. Quoi donc t les Romains ont-ils pu penser à honorer comme Dieu celui que leurs magistrats avaient condamné au dernier supplice? boss. Hist. II, 42. Il Mener quelqu'un au supplice, le mener à un supplice qui est suivi de la mort. || Les supplices éternels, les peines des damnés. Qui vous dira qu'une justice infinie ne s'exerce pas i la fin par un supplice infini et éternel? boss. Anne de Gonx. Il S* Il signifie quelquefois simplement la mise à mort, sans idée de jugement. Le fils d'Agamemnon vient hâter son supplice [du fils d'Hector], BAC Andr. i, 4. || 3* Par extension, tout ce qui cause une vive douleur de corps, et qui dure quelque temps. La goutte est un supplice. Si messieurs vos maris vous aimaient tant, mesdames, voudraient-ils vous faire souffrir tous les ans un plus grand supplice que ne sont ceux des roués? sÉv. 2 déc. 4671. Il Familièrement. Être au supplice, souffrir beaucoup de quelque mal, de quelque incommodité. Je veux.... Des souliers où mes pieds ne soient point au supplice, hol. Éc. des mar. i, 4 . Tartufe : Vous toussez fort, madame. — Elmire : Oui, je suis au supplice, id. Tart. rv, 6. || Fig. Être au supplice, avoir quelque inquiétude, ou être impatienté. J'étais au supplice, quand, pour m'achever, le maître de la maison me rappela.... du- CLOS, Œuv. t. vin, p. 4 73. Il On dit de même: mettre au supplice. Vous voulez que toujours je l'aie à mon service Pour mettre incessamment mon oreille au supplice, mol. Femmes sav. n, 7. Il 4* Fig. Grande peine d'esprit, grande souffrance morale. L'ambition a ses supplices tu
veux donc vivre en d'étemels supplices? corn. eut. II, 4. Je vois bien que ma vue est pour elle un supplice, mol. Tart. n, 4. Je tiens que, dans tous les beaux-arts, c'est un supplice assez fâcheux que de se produire à des sots, id. Bourg, gent. i, 4. Dieu punit l'âme infidèle par son propre dérèglement, et, pour s'être cherchée ellemême, elle devient par là son supplice, boss. la Yallière. Il te manquait encor ces perfides amours Pour être le supplice et l'horreur de mes jours, bac. Mithr. m, 4 . La vue de son propre cœur.... devient son supplice, pén. Tél. xviii. Les chrétiens.... sont-ils faits pour se fuir, se faire un supplice de se voir, et ne pouvoir se souffrir les uns les autres ? mass. Carême, Pardon. Le supplice de la honte, montesq. Esp. vi, 4 3. C'est un supplice pour les artistes que les préceptes donnés par ceux qui ne sont point de l'art, mabmontel, Œuv. t. z, p. G20. Quiconque aima jamais porte une cicatrice ; Chacun l'a dans le sein, toujours prête à s'ouvrir ; Chacun la garde en soi, cher et secret supplice. Et mieux il est frappé, moins il en veut guérir, a. de musset. Poésies nouv. Lett. à Lamartine. || Porter le supplice, porter la peine. Sage en tout, il ne fit jamais qu'un mauvais choix [Richelieu], Dont longtemps nous et lui portâmes le supplice, cobn. Sonne» sur la mort de Louis XIII. || 6° Fig. et poétiquement. Personne qui cause le supplice, le tourment. Ceux-là partout à charge et les vivants supplice? De qui se condamne à les voir. Mais plus encore à charge à leurs propres caprices. Se donnent plus de mal qu'ils n'en font recevoir, corn. Imit. u, 3.
— HIST. xvi* s. Nule vie sans son suplice, cot- OBATB. Tel vie, tel supplice, m.
— ÊTYM. Lat. «upplicium, supplice, proprement offrande, prière, de supplieare (voy. suppueb), ainsi dit parce que, quand on allait exécuter à mort un citoyen romain, le rex sacrorum dévouait le coujiable aux dieux au moyen d'une prière et d'un sacrifice, afin de laver le peuple romain des suites du sang versé.