‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 159 sur 754 · SLIP · texte numérisé non relu

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SUPPLICIÉ, ÉE (su-pli-»i-é, ée), part, patié de lupplicier. Les plus adroits aiment mieux Atre satellites [de l'inquisition] que suppliciés, volt. Mœurs, uo. || SubsUntivement. On supplicfé, une suppliciée. On sait que [à l'époque de Huss, de Luther et de Zwinglo] l'Europe presque entière (ut partagée en deux espèces, l'une de bourreaux, ell'autre de suppliciés, vovT.Phil. Perséc.chrét.'Mi.

SUPPLICIER (su-pli-si-é), je suppliciais, nous suppliciions, vous suppliciiei; que je supplicie, que nous suppliciions, que vous suppliciiez, ». a. Faire souffrir le supplice de la mort. Le père Malagrida a été supplicié, comme faux prophète, par une sentence de l'inquisition, dider. Lett. à Jflle Yolatxd, i9 oct. (76). On promit la vie à celui d'entre eux qui consentiraitàsuppliciersescamarades, c'est-à-dire au plus méchant, id. Cl. et Nér. ii, 2.

— lllST. XVI' s. Arrivez y [dans les collèges] sur le poinct do leurs offices, vous n'oyez que cris, et d'enfants suppliciez et de maistres enyvrez en leur cholere, «ont. i, (83.

— ETYM. Supplice.

SUPPLIÉ, ÉE (su-pli-é, ée), port, patsé de supplier. Humblement supplié d'accorder cette grâce.

SUPPLIER (su-pli-é), je suppliais, nous suppliions, vous suppliiez; que je supplie, que nous suppliions, que vous suppliiez, qu'ils supplient, t». a. Prier avec soumission et instance. Je vous en supplie. Souffrez, je vous supplie, Que pour la bienséance au moins on la délie, mair. Soliman, m, 2. Je vous supplie, sage Pluton, de m'cxpliquer fort au long ce que vous pensez de l'amitié, boil. les Héros de roman. Mais je ne prétends plus supplier ma captive, volt. Orphel. y, *. || Supplier peut se dire aussi avec que, et alors il faut le subjonctif : Je vous supplie que cela se fasse. Si j'ai oublié dans ma première lettre de faire mention du prélat, je vous supplie que je répare ce défaut dans celle-ci, sÉv. à Bussy, 27 fév. (079. Il Autrefois les requêtes commençaient par cette formule : Supplie humblement un tel....

— KEM. Vaugelas note que supplier se dit aux personnes supérieures à nous : supplier le prince, et non le prier; mais il prétend que supplier ne se dit pas à Dieu, et qu'il faut se servir de prier. Il se trompe ; on emploie supplier à l'égard de Dieu. Nous vous supplions, 6 mon Dieu, par les mérites de Jésus-Christ, Dict. de l'Acad.

— HIST. xiii* s.Et nous souplierent que nous leur vousissions otroier leschoses desus dites, Liv. des met. 376. Et qui d'orgoil est entechiés, Il ne puet son cuer aploier [plier] X servir ne à souploicr, la Hose, 2<4o. {{ xiv* s. Comme de par noslre amé et féal Aymar nous ait esté soupplié, du cange, aagiatus. \\ xv* s. Il [Hue le dépensier] fit le roi d'Angleterre escrire au saint père, en suppliant assez affectueusement qu'il voulust escrire et mander FBOiss. I, r. 11. Ledit conte supplia par

plusieurs fois à son père qu'il peust respondre, COMM. I, l.ljivi's. Comme les presbtres fussent allez devers luy le supplier à joinctes mains qu'il voulust avoir pitié de la ville, amïot, Sylla, 30. Ils se mettoient à genoux devant luy, en luy suppliant de leur vouloir pardonner, id. Pomp. 37.

— ÉTYM. Provenç. su]>pl>car,soplegar, sopleiar, supplier, s'abaisser; espagn. suplicar; ital. supplicnre; du lat. supplicare. Malgré l'apparence, supplicare ne vient pas de sub, et plicare, plier. On lit dans Festus : Ob vos sacro in quibusdam precationibus est pro ros obsecro, ut sub vos placo pro supplico. Donc supplico est pour sub- plaça, tâcher d'apaiser (voy. placide); l'o changé en i, comme dans tuf-ficere pour suf-facere.

SUPPLIQUE (su-pli-k'), j. f. Requête pour demander une grâce. Présenter une supplique. Si ma supplique au pape et ma lettre au cardinal Passionei sont prêtes au départ de la poste, je les mettrai sous les ailes de mes anges, volt. Lett. d'Àrgcntal, 21 juin 178l. || Fig. et familièrement. Ayez égard à ma sup-'^'xue, ayez égard à ma prière.

— f.TYM. Sup). r. On trouve dans le même sens sujyplition.

SUPPORT (su-por; le I ne se lie pas; au pluriel l'i ne se lie pas : des su-por insuffisants; cependant quelques-uns la lient : des su-por-z insuffisants), s. m. Il 1* Ce qui soutient une chose, l'objet sur lequel elle pose. Encore, assure-t-on, si l'histoire en est crue. Qu'en un de ses supports le temps l'avait rompue [une table], la font. Phil. et Baucis. Voyez ces énormes trophées qu'on a placés sous les chevaux de la terrasse des Tuileries; quelle conlradiction entre ces animaux ailés qui s'en vont à toutes jambes, et ces suonorts im-

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mobiles qui restent I didbr. Obterv. tur la sculpt. Œuv. t. XV, p. 3H, dans rouoERS. Plut une porcelaine est tendre au feu et susceptible de vitrification, plus elle a besoin de support, hatnal, Uist. phil. T, 27. Il Fig. Les figures sont les supports des abstractions, j. J. Rou.ss. Ém. in. || S* Dans l'artillerie, support de pointage, pièce sur laquelle on prend appui avec des leviers, dans les affilts de place et de câte, pour soulever la culasse quand on pointe la pièce. Le support de pointage du mortier de (6 centimètres est la pièce sur laquelle repose le coin qui sert i pointer ce mortier. {| Support de vis de pointage : dans les affilts en fonte, c'est la pièce dans laquelle est encastré l'écrou de la vis de pointage. Il On a encore le support de timon, dans l'avant-train de campagne ; le support de perche mobile, dans le chariot de batterie ; le support de rond, dans le triquebale ; le support de demi-rond, dans le baquet. || Dans las ponts militaires, corps de support, engins employés pour supporter le tablier du pont au-dessus de l'eau. Supports fixes, ce sont les chevalets, les pilotis; supports flottants, bateaux, radeaux. Supports tournants : on nomme ainsi, dans les bateaux, des pièces en fer, mobiles autour d'une charnière, sur lesquelles on peut placer des madriers qui servent de sièges aux soldats qu'on veut transporter. || 8" Fig. Ce qui soutient comme fait le support pour ce qu'il a sur lui. Priam, qui vit ses fils abattus par Achille, Dénué de support.... ualh. vi, 18. Sans support, sans amis, sans retraite, sans bien, corn. Médée, i, 5. Puisque tu [cassette] m'es enlevée, j'ai perdu mon support, ma consolation, ma joie, tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde, mol. VAv. IV, 7. La gloire du nom romain ne laissait pas d'être un grand support au peuple affligé, boss. Ilist. I, 9. Ce n'est pas des hommes qu'il est ennemi, mais de la méchanceté des uns et du support que cette méchanceté trouve dans les autres, J. J. Rouss. Lett. à d'ilemb. ||4* Action de supporter, c'est-à-dire patience, indulgence (sens vieilli). La vertu imparfaite succombe dans le support des imperfections d'autrui, fén. Dial. 18. Si quelqu'un nous venait aujourd'hui débiter les rêveries de cet ancien, M. Jurieu ne se croirait obligé à aucun support, bayle. Art. Arnobe, note c. Il 6' S. m. pi. Terme de blason. Figures d'anges, d'hommes ou d'animaux qu'on représente aux deux côtés de l'écu d'armes, comme fe supportant.

— REM. Au sens du blason. Ménage dit que, de son temps, on prononçait suppôts, quoiqu'on écrivît supports. On trouve écrit suppôt dans la Bruyère, XIV : Quelle est la roture un peu heureuse et établie à qui il manque des armes et, dans ces armes, une pièce honorable, des suppôts, un cimier, une devise et peut-être le cri de guerre? Mettez en regard de cette ancienne prononciation ces vers de Marot : Les destinées de trop ferme propos M'ont tost osté mon plus plaisant suppost [appui], V, 365.

— HIST. XVI* s X fin qu'estans destituez de

tout support et aide, nous demeurions leurs esclaves ou leur proye, langue, 607. Sans avoir autre support ny autre appuy ne moyen, que une langue librement parlante pour la raison et pour la justice, AMÏOT, Arist. et Cat. 2. Le premier Amurath, pour aigrir la punition contre ses subject, qui avaient donné support à la parricide rébellion de son fils, uont. m, 249.

— ÊTYM. Voy. SUPPORTER.

SUPPORTABLE (su-por-ta-bl'), adj. \\ !• Qu'on peut supporter, souffrir. Ha perte est supportable et mon mal est léger, corn. Rodog. 11,3. Cette raison au moins en mon mal me conforte Que, s'il n'est supportable, il faudra qu'il m'emporte, hotr. Antig. m, 4. Je supportai les grossièretés de son mari tant qu'elles furent supportables, j. j. ROUSs. Confess. viii. |{ ï°ÎQu'on peut tolérer, excuser. Cela n'est pas supportable à un homme de son âge, dans un homme de son âge. S'il fût allé vers Cbimène dans la résolution de mourir en sa présence, de quelque sorte que ce pût être, nous croyons que non-seulement ces deux scènes seraient fort belles pour tout ce qu'elles contiennent de pathétique ; mais encore ce qui manque à la conduite serait sinon fort régulier, au moins fort supportable, Aead. Sentim. Cid. Ce sont toutes bagatelles que j'ai la plupart composées dans ma plus tendre jeunesse, mais que j'ai un peu rajustées pour les rendre plus supportables au lecteur, boil. «• préf. Il 8* Qui n'est pas trop mauvais, en parlant des personnes ou des choses. Il ne se présente pas un acteur supportable, pas une actrice qui soit bonne i

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autre chose qu'à faire desenfants, volt.£«II. Chabanon, 1 2 fév. 1 7S8.

— HIST. XVI' s. Celles [lois] qui semblent les plus supportables ne laissent point d'opprimer tyranniquement les consciences, calv. Instit. 944. Honneur et crédit avoir, Ucnd le labour agréable Et la peine supportable, amtot. De la tranijuillité d'dme, ».

— ETYM. Supporter.

SUPPORTABLEMEMT (su-por ta-ble-man), adv.

D'une manière supportable, tolérable. Cela est écrit supportablement.

— ETYM. Supportable, et le suffixe ment.

t SUPPORTAGE (su-por-U-j'), s. m. Ensemble des moyens do support, dans l'encastage d« la porcelaine.

t SUPPORTANT, ANTB (su-por-tan, tant"), adj. Terme de blason. Qixi supporte; qui est employé comme support.

SUPPORTÉ, ÉE (su-por-té, tée), port, passé de supporter. La toiture supportée par des piliers élégants.

SUPPORTER (su-por-té), v. a. || !• Porter, en étant dessous. Un seul pilier supporte toute la voiite. La première [pièce de bois] qui pesait 188 livres, a supporté, pendant 46 minutes, une charge de (1 475 livres, buff Hist. nat. Introd. Œuvr. t. vin, p. 235 II i' Fig. Souffrir, endurer. Ceux qui sont échappés du naufrage disent un éternel adieu à la mer; et, comme disait un ancien, ils n'en peuvent même supporter la vue, BOSS. Reine d'Anglet. La faiblesse du corps de sainte Thérèse pouvait à peine supporter la joie de son âme, fléch. Panég. Ste Thérèse. [H. de Montausier] supportant lui-même avec constance toutes les fatigues et toutes les contraintes que lui imposaient... la raison et l'ordre, id. Vue d* Uont. Supportons la vie qui n'est pas grand'chose ; ne craignons pas la mort qui n'est rien du tout, VOLT. Lett. Mme du Deffant, 9 mai 1784. L'âme supporte des fatigues que le corps no soutient pas, id. Lett. d'Argental, 3 févr. 4778. Vous ne supportez rien; n'apprendrez-vous jamais L'art do dissimuler et de souffrir en paix Les contrariétés dont la vie est semée? lachaussée, Mélanide, I, 2. Qui ne sait pas sup'îorter un peu de souffrance doit s'attendre i beaucoup souffrir, }. i. ROUSS. Ém. lY. Après un long exil, le bonheur doit venir; Supportez le présent, espérez l'avenir, deul. Parad. perdu, xu. ||3' Avoir de la patience pour une personne ou une chose. Il y a de la charité i supporter les défauts de son prochain. Je suis un homme simple, dépourvu de science et plein de faiblesse comme les autres ; c'est beaucoup si vous me supportez, volt. Socr. I, 3. On supporte si aisément dans une société les gens insupportables, bartrél. Ariach. ch. 6). Il Absolument. Comment il faut supporter d'autrui, corn. /mit. I, 46, éd. 1658. Il Se faire supporter, obtenir d'être supporté. Lucile aime mieux user sa vie à se faire supporter de quelques grands, que d'être réduit à vivre familièrement avec ses égaux, LA BRUï. II. Il 4' Ne pas trouver trop mauvais. Il y a des situations d'esprit favorables à la lecture des ouvrages qui n'ont point d'ordre : quelquefois, par exemple, je lis Montaigne avec beaucoup de plaisir; d'autres fois, j'avoue que je ne puis le supporter, condil. Conn. hum. 11, 11, 4. Il 6* Ne pas supporter, avec que et le subjonctif, s'irriter de ce que. Neptune, quoique favorable aux Phéniciens, ne pouvait supporter plus longtemps que Télémaque eiit échappé à la tempête qui l'avait jeté contre les rochers de l'île do Calypso, FÉN. Tél. IX. Il 6" Fig. Être assez fort pour s'accommoder à. Après cela, faut-il s'étonner si Archestrate disait que la Grèce entière n'était pas assez puissante pour supporter deux AlcibiadesT fkn. Dial. des morts anc. {A kibiade, Mercure et Caron). Interrogé [Solon] s'il avait donné aux Athéniens les meilleures de toutes les lois, il répondit les meilleures qu'ils pouvaient supporter, barthél. Anach. Introd. part, n, scct. 1. || 7' Prendre le parti de, soutenir. Nous ne sommes pas gens i la supporter dans de mauvaises actions, mol. G. Dand. i, 4, Celui-ci est un grand faux monnayeur et qui supporte certains corsaires, tallemant, Histor. t. m, p. 4 30, 1" éd. Il 8' Résister à. Ce navire ne supporterait pas la mer. Les hommes, les animaux et les plantes peuvent supporter pendant quelque temps la rigueur de ce froid extrême, qui est de 60 degrés au-dessous de la congélation; pourraienVib également supporter une chaleur qui serait de 60 degrés au-dessus? buff. Théor. ttrr. part.

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hypoth. Œuvr. t. tx, p. 36». || 9* Être assujetti à. Le gouvernement a voulu rester l'arbitre des frais de douane que les soieries et les cafés destinés pour l'État géraient obligés de supporter, raynal, llist. phil. V, 4. Il 10* Se supporter, v. réfl. Se souffrir patiemment les uns les autres. Les hommes doivent se supporter les uns les autres. || 11° Avoir pour soi-même de l'indulgence. Comment nous pouvons-nous supporter nous-mêmes, en croyant de si grands mystères et les déshonorant tout ensemble par un mépris si outrageux 1 boss. Panég. Ste Catherine, i. Cette âme, qui s'est tant aimée et tant cherchée, ne se peut plus supporter aussitôt qu'elle est seule avec elle-même, lo. la Yallière.

— HIST. xv* s. Jaquemart d'Artevelle, qui les supportoit [soutenait] et honoroit de toutes manières, PROiss. I, I, 67 si doit l'un l'autre moc-

quer. Mais doit l'un l'autre supporter, e. desch.

Miroir de mariage, p. )02. ||xvi* s Qui te fust

consoleur Pour surporter maintenant ta douleur? MAROT, n, 3). Supporterons-nous telles insolences? LANGUE, 007. Eux ne pouvans suporter la mer, d'aub. Hist. II, 274. Il y a des duels qui sont trèsjustes, à savoir quand le roy les concède, ou pour maintenir l'honneur d'une femme de bien oppressée, ou pour supporter l'orfelin contre le meurtrier injuste du père, id. F«n. i, 9. Ceuli qui favorisent et supportent mes plus grands et mortels ennemis, CARLOix, VIII, 20. LucuUus pressa le plus qu'il peut le siège, se persuadant que jamais Tigranes ne supporteroit qu'elle [sa capitale] fust prise, AMYOT, Lucull. 48. Ce qui est grief à supporter est après doux à raconter, leroux de lincy,

PrOV. t. II, p. 260.

— ËTYM. Wallon, supoirté; provenç. supportar, sotiportar; espagn. suportar; portug. soportar; ilal. sopportare ; du lat. supportare, de sub . sous, et portare, porter.

+ SCPPOliTEUR (su-por-teur), s. m. Appareil destiné à soutenir l'abdomen dont les parois sont distendues ou relâchées accidentellement.

SCPPOSABLE (su-pô-za-bl'], adj. Qu'on peut supposer. Cela n'est pas supposable.

— ÉTYM. Supposer.

SUPPOSÉ, ÉE (su-pô-zé, zée), part, passé de supposer. || 1" Posé pour ; ypothèse. Ce fait supposé vrai. Il Cela supposé, dans cette supposition. || Supposé (invariable), en supposant. Je montre aux premiers que, supposé l'exemple des saints, leur libertinage est insoutenable, bourdal. 2* avent, Sainteté, 269. Supposé même la conversion, il désespère de sa persévérance, ro. Carême, ii, Impureté, 132. Il Supposé que, dans la supposition que,

avec le subjonctif Et supposé qu'on la puisse

passer [l'onde rapide] , Pourquoi de l'éléphant s'aller embarrasser? la font. Fabl.x, U. Supposé qu'Archimède ne soit occupé que du chagrin de ne point faire un bon souper, d'être méprisé et trompé par une belle femme.... volt. Dict. phil. Bien. ||î° Allégué comme vrai, en parlant de quelque chose de faux. Un testament supposé. Elle parle de moi sous un nom supposé, quin. Roi. iv, 2. Je ne range point au nombre des poètes ni les sibylles, ni Orphée, ni Musée; tous les savants conviennent que les poésies qui portent leur nom sont supposées, ROLLiN, Hist. anc. liv. xxv, ch. i, i, i. Il est impossible qu'il [M. d'Argenson] ait fait usage contre moi d'une lettre supposée, puisque, assurément, il n'en eût pas fait d'usage si elle eût été vraie, VOLT. Lett. Thiriot, 23 juin «738. || Supposé à, attribue faussement à. Aristarque rejetait comme supposés à Homère tous les vers qui n'étaient pas de son goût, dayle, Dict. crit. art. Aristarque, rem. B. || 3' Qu'on fait passer pour fils ou fille de ceux qui ne lui sont rien. Si l'on t'a bien donné Léonce pour mon frère. Les quatre autres peutêtre à tes yeux abusés Ont été, comme lui, des Césars supposés, corn. Ilérael. m, 3. Un enfant supposé par mon trop d'avarice, mol. le Dép.

SUPPOSER (su-pô-zé), ». a. Il 1» Poser une chose comme établie, comme admise, pour en tirer une conséquence. L'abbé de Molières suppose une portion de matière au centre de chacun de ces globes, ce que le père Malebranche n'a pas supposé, MAiHAN, Eloges, Molières. L'auteur suppose tout et ne prouve rien, volt. Utt. de Lisle de Saks, »S nov. 1770. Quand on suppose dans les définitions ce qu'on se propose de prouver, il n'est pas bien difficile de faire des démonstrations, condii.. Trait, des syst. <0. || Supposer que, avec le subionctif. Supposons toutefois qu'encor fidèle et

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pure, Sa vertu d« ce choc revienne sans blessure, BOiL. Sat. X. Il Supposer que, avec l'indicatif. Supposons que l'esprit de l'homme est comme un miroir oii les images de tous les corps voisins viennent s'imprimer, fén. Exist. l, 53. || Absolument. En mathématique, on suppose ; en physique, on pose et on établit, buff. llist. nat. \" dise. Il 2 "Former une conjecture, présumer. Vous me supposez un crédit que je n'ai pas. Qu'avez-vous dit, madame, et que supposez-vous Pour la faire douter du sort de son époux? corn. Perthar. i, 4. Qui désigné-je à votre avis Par ce rat si peu secourable? Un moine? non, mais un dervis; Je suppose qu'un moine est toujours charitable, LA FONT. Fabl. VII, 3. Supposant tout cela vrai, était-ce là l'occasion de le dire? J. j. rouss. 9* prom. Supposez-la sensible, et tout est expliqué, langue, Coq. corrig. m, 4. Lorsque je supposai tous les domestiques profondément endormis, je pris une lanterne sourde.... genlis, Yœux témér. t. i, p. 200, dan» pougens. || Supposer de, avec l'infinitif. Elle [l'âme] est aussi ardente que jamais dans cette recherche [de quelque chose de ferme], et suppose d'avoir les forces nécessaires pour cette conquête, pasc. Vrai bien, 3, édit. fau- GÈRE, IIS" Alléguer ou produire pour vrai ce qui est faux. Ses ennemis lui supposaient des projets coupables. L'ingrat luaximin doit seul être accusé Du forfait qu'à Licine il avait supposé, TH. corn. Maxim, v, * . Mithridate, dans la lettre qu'il écrivit à Arsace, roi des Parthes, accuse les Romains d'avoir supposé un faux testament d'Attale, pour frustrer Aristonic, fils d'Eumène, du royaume de son père, rollin, Hist. anc. Œuvr. t. ix, p. 357. Mme Oronte : Un galant homme doit-il supposer des lettres? — Valère : Supposer? moi, madame? lesage, Crispin riv. de son maître, se. 21. Il [Voltaire] prétend dans ses notes [sur la pièce du Triumvirat] que la conspiration de Cinna n'a jamais existé, que celte aventure est supposée par Sénèque, et qu'il l'inventa pour en faire un sujet de déclamation, volt. Lett. d'Argental, 42 mai 1766. || Supposer à quelqu'un une pièce, la lui attribuer faussement (emploi vieilli). Les ennemis qu'il avait à la cour, tramant sa ruine par le moyen de quelques lettres qu'ils lui supposèrent, donnèrent de violents soupçons à l'empereur qu'il formait une conspiration contre lui, MÉZER. Hist. de Fr. av. Clovis, m, 4. Les jésuites cfui, pour se donner la liberté de le déchirer [un écrit], sans paraître toutefois offenser nos personnes, disent qu'ils ne le considèrent pas comme venant de nous, mais comme une pièce qu'on nous suppose, PASC. 2* fàctum pour les curés de Paris. On- doute justement si tous les écrits qui portent le nom d'Hippocrate sont en effet de lui; plus justement encore quels sont ceux qu'on lui a sujiposés, pellisson, Mém. pour les gens de lettres, n. Il Supposer quelque chose à quelqu'un, le lui dire mensongèrement (emploi vieilli). Honteux qu'un homme seul eût triomphé de tfrois, Qu'il en eût tué deux et mis l'autre aux abois, Phorbas nous supposa ce qu'il nous en fit croire, Et parla de brigands.... corn. Œd. m, 2. Il faisait tout ce qu'il pouvait pour retarder l'exécution de cette alliance, jusques à faire intervenir même don Ignigo de Cardenas, ambassadeur d'Espagne, qui supposa à la reine que le roi sonmaîtreen désiraitleretardei ment, Richelieu, Mém. liv. vi, 4 615, dans godefroy, ! Lex. de Corn. || Supposer un enfant, vouloir le faire ] reconnaître pour fils ou fille de ceux dont il n'est pas né. 11 [le mari de Mme de Coligny] la menace qu'on dira.... qu'elle a supposé son enfant, sÉv. i 23 fév. 4 684. Il 4° Il se dit d'une chose qui exige que quelque autre chose soit ou ait été. La faveur des princes n'exclut pas le mérite, mais elle ne le suppose pas non plus, la bruy. xii. Six cent mille hommes en état de porter les armes supposent une multitude d'environ deux millions, en comptant les vieillards, les femmes et les enfants, volt. Dict. phil. Moïse. Pierre des Vignes, tant accusé d'avoir fait le prétendu livre des trois imposteurs, ou du moins d'avoir eu des sentiments que le titre du livre suppose, id. Ann. Emp. Frédéric II, 4 220. Cela suppose bien de la subtilité dans le renard, bien de la stupidité dans l'outarde, et peut-être encore plus de crédulité dans l'écrivain, BUFF. Ois. t. III, p. 48. Tout co raisonnement suppose que l'image qui se trace dans l'œil à la vue (l'un globe, n'est qu'un cercle plat.... condil. Conn. hum. sect. 6. || 5' Terme de chasse, se dit du vieux cerf qui, chassé, essaye d'en substituer un autre. L'animal chargé d'ans, vieux cerf et de

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dix cors. En suppose un plus jeune et l'oblige par force X présenter aux chiens une nouvelle amorce, LA FONT. Fabl. X, 4. || 6° Se supposer, v. réfl. Imaginer qu'on est.... Je me supposerai dans le Lycée ayant les Platon et les Xénophon pour juges J. J. ROUss. Orig. \\ ?• Il se dit des choses qui e\i gent réciproquement qu'elles soient ou qu'elh aient été. Inquiétudes d'esprit, inégalité d'humeur, inconstance de cœur, incertitude de conduite : tous vices de l'âme, mais différents, et qui, avec tout le rapport qui parait entre eux, ne se supposent pas toujours l'un l'autre dans un même sujet,

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