LA BRUY. XI
— HIST. XIII* s. Et cil font vilenie qui le piour [le pire] y glosent. Et qui pour les acteurs [auteurs] le plus sain n'y supposent, j. de meung. Test. 74. Il XIV* s. Soupesées les choses qui sont à suposer, h. de mondeville, f* 38. Or supposons li rois ait envers toi mespris, X tort t'ait assailli corn fel et d'ire espris.... Girart de Ross. v. 2499. Il n'est nul qui elisist vivre sans amis, supposé que il eust tous les autres biens, oresme, Éth. 228 Elettion proprement dite suppose deliberacion faite par raison et suppose liberté et prudence, ID. ib. 63. Il XVI* s. La femme de Philippus l'avoi* pris [un enfant] d'une cousturiere natifve d'Argos, incontinent qu'il fut né, et se l'avoit supposé, amyot, P. Mm. 4 3. Quand se vint à la cacheter e' y apposer son seau, il supposa deitrement celle qu'il avoit escrite en derrière, et la lui bailla, id. l.ysand. 37. Us attiltrerent un messager qui ap porta des lettres fausses et supposées à Sertorius, id. Sertor. 39. Il avoit cherché les moyens de se faire supposer à la gloire et aux triomphes des royaumes de Pont et d'Arménie, ro. Pomp. 47. [Les flatteurs] hommes faulx et supposez, id. Comment élever les enfants, 39.
— ÉTVM. Verbe ftit du lat. sub, sous, et du franc. poser, à l'imitation du lat. supponere, qu'ont les autres langues romanes provenç. supponer; espagn. suponer; portug. suppor; ital. sopporrê.
t SUPPOSEUR (su-pô-zeur), t. m. Celui qui suppose.
— HIST. XVI* s. Supposeur, cotgrave.
+ SUPPOSITIF, IVE (su-pô-zi-tif, ti-v'), adj Terme didactique. Qui se rapporte à une supposition, qui tient de la supposition. || Nom donné par quelques grammairiens au conditionnel.
— ÉTYM. Lat. suppositivus , hypothétique, de supponere, supposer.
SUPPOSITION (su-pô-zi-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Action de supposer. || 2° Proposition que l'on suppose comme vraie ou comme possible, afin d'en tirer quelque conséquence. Il faut vivre autrement dans le monde selon ces iliverses suppositions : si l'on pouvait y être toujours; s'il est sûr qu'on n'y sera pas longtemps, et incertain si on y sera une heure ; cette dernière supposition est la nôtre, pasc. Pens. xxiv, 4 6 ter, éd. HAVET. Comme il [Montaigne] a voulu chercher quelle morale la raison devrait dicter sans la lumière de la foi, il a pris ses principes dans cette supposition, ID. Entret. avec Saci. Un historien est fait pour décrire, et non pour inventer ; il ne doit se permettre aucune supposition, buff. HUt nat. 2* dise. Il y a trois choses à distinguer dans toute question mêlée de physique et de géométrie : le phénomène à expliquer, les suppositions du géomètre et le calcul qui résulte des suppo.sitions, DIDER. Lett. sur les aveugl. C'est ainsi, en général, que les découvertes se sont faites : il a fallu faire des suppositions, il en a fallu faire de fausses; et ces sortes d'erreur étaient utiles, condill. Art de rais. II, 6. Picard ayant exécuté les ordres du roi [pour la mesure d'un méridien], on croit connaîtr* enfin la véritable grandeur de notre globe; mais toutes les opérations de ce géomètre supposaient la terre parfaitement ronde : supposition démentie par des expériences qui furent faites peu de temps après, ID. ib. v, 6. || Familièrement et absolument. Une supposition, pour dire : je propose l'hypothèse suivante. {| 8* Conjecture, opinion qui n'est pas appuyée de preuves positives. Une supposition ha.sardée. On veut déshonorer par une indigne supposition tout ce qu'il y a de plus augusle dans le royaume, patru. Plaid. 2. Du souhaita la supposition, le trajet est facile, j. j. ROUSS. Ém. iv. Il 4* Production d'une pièce fausse, allégation d'un f\it controuvé. Supposition de testament. Je suis la victime de l'infidélité et de la supposition la plus condamnable [une édition de l'EIssai sur les mœurs], volt. Lett. d'ArgerUal, 25 déc. 4 764. Il traita leurs discours d'impostures et de lâches
SUP
suppositionj, RiccoBONi, Œut). t. m, p. 123, dans ?oi)OKNS. Il Supposition de nom, de personne, l'aclion de mettre un nom, une personne à la place d'une autre. || Supposition d'enfant, action frauduleuse ayant pour but de faire rcconnaîtro un enfant pour lils ou fille de ceux dont il n'est I>as né. Les coupables.... de supposition d'un enfant à une femme qui ne sera pas accouchée, seront punis de la réclasion. Code pén. art. ;i45. Il Supposition de part, voy. part <. || 5° Attribution d'un ouvrage à des temps ou à un auteur auquel il n'appartient pas. Le dernier critique qui a fait voir évidemment la supposition [du Testament de Richelieul, est le savant Lamonnoye; on veut récuser aujourd'hui son témoignage, parce qu'il est trop décisif, volt. Mél. hist. Mens, imprim. doutes sur le test. Voilà cette lettre vraie ou supposée du roi de Prusse au marquis d'Argens.... il est sûr qu'elle est de son style; mais cette preuve suffit-elle contre un grand nombre d'autres qui semblent constater la supposition? DIDER. Lett. à Mlle Yoland, » oct. 4760. || 6° Terme de musique. Artifice d'harmonie imaginé et ainsi dénommé par Rameau, qui consiste à faire entendre, au-dessous d'un accord complet, une note de basse qui lui est étrangère, et qui le transforme en un tout autre accord.
— REM. Rameau a eu recours à cette invention pour expliquer certains accords qui ne rentraient pas dans les règles établies par lui; les accords dits par supposition ont disparu depuis longtemps de la théorie de l'harmonie.
— HIST. xiv s. Supposition false, oresme. Thèse de MEUNIER. Il XV* s. Malement pouvons nous savoir, car les Anglois sont couverts, quelle chose ils feront, ni où ils se trairont, fors que par supposition, FROISS. II, m, 34.
— ÉTVM. Lat. suppositionem, de supponere, de tuh, sous, et ponerc, poser. On disait aussi sitpposetnent.
SCPPOSITOIRK (su-prt-zi-toi-r'), ». m. Terme de médecine. Substance médicamenteuse solide, en forme de cône long, qu'on introduit dans l'anus, soit pour provoquer les évacuations intestinales, soit pour agir comme adoucissante.
— HIST. iiv s. Et se il [le blessé] n'acelle pas [ne va pas à la selle] de sa nature, fay luy clistere ou subpositoire, lanfranc, f° <î, verso. Il xvi* s. Si tu bouges d'ici, je te mettray au fon<l de mes chausses, comme on fait d'un suppositoire; aussi bien suis je constipé du ventre, bab.
— ÊTYM. Lai. suppositorium , de supponere, mettre dessous, de sub, sous, et ponere, mettre.
<. SUPPÔT (su-pô; le t ne se lie pas; au pluriel, l'j se lie : des su-pô-z insolents), s. m. || 1° Celui qui, membre d'un corps, remplit de certaines fonctions pour le service de ce corps. Les imprimeurs et les libraires étaient suppôts de l'université. Sans craindre archers, prévôt, ni suppôt de justice, boil. Sa(. viii. Le curé de Saint-Côme, suivi d'une troupe de prêtres et de suppôts de l'université, est allé prendre dans son lit le conseiller au Châtelct Tardif, dangereusement malade.... il le présenta lui-même au bourreau, volt. Hist. Pari. 32. || 2°Fig. Celui qui sert aux mauvais dessein- d'un autre. Le diable est appelé le prince du monde et le dieu de ce siècle, parce qu'il a partout des suppôts et des esclaves, pasc. Prov. xiv. Être le suppôt du péché et le péché même, bourdal. Passion de J. C. t. i, p. <62. Cet amour du pouvoir que l'on prend dans les camps. Et qui fait des guerriers les suppôts des tyrans, M. J. chén. Gracques, 11, 3. || Fig. et familièrement. Un suppôt de Satan, une méchante personne. Ah ! suppôt de Satan, exécrable damnée 1 mol. Éc. des femm. 11, 6. Il Un suppôt de Bacchus, un ivrogne. Un suppôt de liacchus Altérait sa santé, son esprit et sa bourse, LA VONT. Fabl. m, 7. || Un suppôt de l'empire amoureux, un homme galant. L'un des plus grands suppôts de l'empire amoureux Consumait en regrets la fleur de sa jeunesse, la font. Joc. \\ 8» Terme de philosophie. Ce qui sert de fondement, de soutien, de sujet. En termes de l'école, on dit que l'humanité est le suppôt de l'homme. Un homme est un suppôt : mai», si on l'anatomise, sera-ce la tête, le cœur, l'estomac...? pasc. Pem. xxv, 63, édit. havet. Comment connaîtrions-nous distinctement la matière, puisque notre suppôt, qui agit en cette circonstance, est en partie spirituel, m. tb. i, t. Au lieu do nous borner à ne considérer la matière nue comme le suppôt imaginé des propriétés des
corps.... DUHABS. ŒUV. t. V, p. 360.
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— HIST. iiv» S. Il n'est nul, tant soit grant docteur. Qui peust, fors Dieu le créateur, Sçavoir combien et justement 11 faut de chascun clément En ung chascun suppost physique, l'Alch. à nat. 625. Il XV* s. Retournant i nostre matière, nous avons le suppoz de nostre œuvre, c'est nostre dit prince né, nourry, parcreu et couronné, cua. de PISAN, Charles V, i, U. || xvi* g. Quelque bon suppost vous le dira, cotoravb. La plus expresse marque do la sagesse, c'est une esjouissance constante.... c'est baroco et baralipton qui rendent leurs suppôts ainsi trottez et enfumez , mont.
— ETYM. Lat. suppositut, tuppostus, mis dessous, substitué, de sub, sous, et ponere, mettre.
t 2. SUPPÔT, Toy. support, n* 8,
tSUPPRESSIF, IVK (su-prè-sif, si-v'), adj. Terme didactique. Qui supprime, qui cause une suppression.
SUPPRESSION (su-prè-sion ; en vers, de quatre syllabes),». ^. ||1° Action de supprimer. La suppression d'une circonstance dans un exposé. La suppression d'un emploi. Je vois qu'il a, le traître, empaumé son esprit, Qu'à ma suppression il s'est ancré chez elle, mol. Éc. des ferrtm. m, 6. La suppression des fêtes convenait plus aux pays protestants qu'aux pays catholiques, monteso Esp. XXIV, 23. La suppression de la comédie de Moncrif était pour lui un véritable succès, et d'autant plus agréable, que cette suppression, en donnant de l'importance à l'ouvrage, et le condamnant en même temps à l'obscurité, mettait l'auteur à couvert des traits de la cri tique et de la satire, d'alemb. Éloges, ifoncrt/. Il Édit de suppression, édit qui éteignait ou supprimait un impôt, une charge. Il 2° 'Terme de jurisprudence. Suppression de part ou d'enfant, voy. part i. Les coupables.... de recelé ou de suppression d'un enfant.... seront punis de la réclusion. Code pén. art. 34B. || Suppression d'état, crime qui consiste à supprimer les preuves de l'état civil d'une personne. Le délit de suppression d'état, Code civ. art. 327. || 3° Terme de médecine. Suspension d'une évacuation accoutumée. Suppression de transpiration. Suppression de la menstruation, des bémorrhoîdes, des lochies. La suppression d'urine diffère de la rétention, parce que dans la suppression il n'y a pas de sécrétion par les reins. || Il se dit aussi d'une affection cutanée dont l'éruption avait déjà commencé. Suppression de la rougeole, de la scarlatine. Il Absolument, une suppression, la suppression du flux menstruel. 114° Ancien terme de chimie. Feu de suppression, feu qui se fait en couvrant un vaisseau et ce qu'il renferme de sable, sur lequel on ■«et des charbons allumés, afin que la matière reçoive de la clialeur par-dessus et par-dessous.
— HIST. ivi' S.... Par suppression d'hemorrhoïdes et menstrues, paré, v, 22. L'opiniastreté de mes pierres.... m'a parfois jecté en longues suppressions d'urine, mont, in, 304.
— ÊTYM. Lat. siipprejjionem, de suppressum, supin de supprimere, supprimer.
t SUPPRIMAHLE (su-pri-ma-bl'), adj. Qui peut, qui doit être supprimé. Il me vient de souvenir que j'avais fait un avant-propos, pour me défendre d'un homme qui met tout en œuvre, soit qu'il aime ou haïsse; mais une personne de mérite m'a prié de supprimer ce que j'avais fait contre un des plus supprimables hommes de France, scarr. Virg. m. Au lecteur.
SUPPRIMÉ, ÉE (su-pri-mé, mée), part, passé de supprimer. Un libelle supprimé. Ce sont des femmes de ces élus et autres officiers supprimés, lesquelles criaient et faisaient du bruit, gui patin, Lelt. t. II, p. 124.
SUPPRIMER (su-pri-mé), ». a. || !• Empêcher de paraître, ne pas publier un écrit. Les ennemis de Pascal et d'Arnaud firent supprimer leurs éloges dans le Livre des hommes illustres de Perrault, volt, iout'j XIV, Écrivains, Pascal. Ayant ouï dire que Molière voulait faire une comédie des femmes savantes, elle [Mme Dacier] supprima sa dissertation, m. Vie de Molière. J'écrivis il y a quelque temps à M. le garde des sceaux et à M. le lieutenant de police de Paris, pour les supplier de supprimer les éditions étrangères de mon livre [la Henriade], ID. Lett. à Thiriot, t août 4727. Il 2° U signifie quelquefois simplement, en jurisprudence, blâmer un écrit et en défendre la publication. On a suppriuré son mémoire comme calomnieux. || 3° 11 se dit aussi d'un acte, d'un contrat dont on veut dérober la connaissance. Suppri-
SUP
mer un acte. || 4* Faire disparaître. Sainte Thérèse était ingénieuse à découvrir ses défauts, et prête à supprimer devant les hommes toutes les lumières qu'elle tirait de Dieu, riicH. Panég. Ste Thér. L'officier de retour dit qu'il avait exécuté sa commission [tuer Demetri, frère du czar FedorJ, et demande la récompense qu'on lui avait promise ; Boris, pour toute récompense, fit tuer le meurtrier, afin de supprimer les preuves du crime, volt. Moeurs, 4»u. L'attention singulière que les Pères do l'Église ont eue de supprime* les ouvrages de leurs eunemis,DiDEB. i>en<. p/it'loi n* 44. Speusippe a écrit plusieurs ouvrages qu'on estimait, et qu'Aristote est accusé d'avoir supprimés, coNDiLL. Uist. onc. III, 20. Il B' Taire, passer sous silence, ne pas exprimer. Ne supprimez aucune circonstance. Supprimons les doux noms et de fils et de père, rotb. Ytnctsl. iv, 6. Elle [Mme la Daupbine] se défiait de ses lumières : une sage timidité lui fit presque toujours supprimer une partie de son avis, fléch. Dauphine. Je devrais faire ici parler la vérité , Seigneur ; mais je supprime un secret qui vous touche, bac. Phèdre, iv, 2. On supprime des dieux la sentence mortelle ; Et, quoique le biicher soit déjà préparé. Le nom de la victime est encore ignoré, ID. Iphig. iv, 4.116" Retrancher. Il faut supprimer un tiers de ce discours. La bonne princesse [de Tarente] me vient voir sans m'en avertir, pour supprimer la sottise des fricassées, sÉv. 21 juill. 4 680. || Fig. L'animai chassé fait des bonds; il voudrait se détaciier de la terre et supprimer les espaces, bupf. ifore. choisis, p. 4 28. I| 7* Abolir, annuler. Supprimer des impôts. Supprimer des emplois. Pour ne pas laisser cette hardiesse impunie dans un auteur de nom [Mézerai] , d'abuid on supprima une moitié de sa pension; et, comme il en murmura, peu de temps après on supprima l'autre, d'ouvet, Hist. Acad. t. u, p. 200, dans pougens. || Nous avons éteint et supprimé.... termes dont le roi se servait dans ses édits do suppression. ||8° Supprimer quelqu'un, l'évincer. Elle [Mme de Bury] n'est pas janséniste comme Mme de Vibraye; c'est arec ce mot qu'on a supprimé cette dernière, sÉv. 4 7 janv. I88O. Il 9* Il se dit des évacuations que l'on suspend. Supprimer la transpiration, les lochies. || L'urine est supprimée, il y a suppression d'urine. || 10* Sa supprimer, v. réft. Se faire disparaître soi-même, se tuer. Je vous jure, mon cher ami, que, s'il m'était permis de me supprimer moi-même, il y a longtemps que] je me serais empoisonné, SCABB. Lett .(Eut), t. 1, p. 202, dans pougens.
— HIST. zvi* g. Faict il quelque despeche qui desplaise? on la supprime, mont, ii, su. Si mes escripts te contentent, publie les; sinon, supprime les, ID. n, 227. Souventes fois en ceste luxatiop l'urine est supprimée, paré, iiv, 44.
— étym. Lat. supprimere, supprimer, de tuh sous, et premere, presser (voy. pbession). Supprimer esi fait sur le latin; la forme française eût été suspreindre.
t SUPPURANT, ANTE (su-pu-ran, ran-t*), adj. Qui est dans un état de suppuration. Une plaie suppurante.
SUPPURATIP, IVE (su-pu-ra-tif, ti-v*), adj. Il 1° Terme de médecine. Oui facilite la suppuration. Onguent suppuratif. ||S. m. Les suppuratifs sont ordinairement des vésicants étendus dans un corps gras II 2° Il se dit quelquefois de l'infiammation qui est susceptible d'amener la suppuration. Inflammation suppurative des amygdales.
— HIST. XVI' s. Lorsqu'il ne reste aucune espérance de résoudre, faudra des résolutifs passer aux suppuratifs, pabé, v, 40.
— étym. Suppurer.
SUPPURATION (su-pu-ra-sion ; en vers, de cinq syllabes), t. f. Terme de pathologie. La formation, l'écoulement du pus. La plaie vient à suppuration.
— HIST. ivi' s. Suppuration est meilleure termination que scirrhosité, paré, v, 3.
— ËTYM. Lat. suppurationem, de suppurare, suppurer.
t SUPPURÉ, ÉE (su-pu-ré, rée), part, patte de suppurer. Qui est entré en suppuration. Une tumeur suppurée.
— REM. L'Académie ne donne pas ce participe qui est très-usité parmi les médecins.
SUPPURER (su-pu-ré), v. n. Rendre du pus. Sa plaie suppurait, il [Charles XII] avait la fièvre, VOLT. Charles XII, 4. 1| U se conjugue avec l'auxiliaire oeoir, quand on veut exprimer l'action : la tumeur a suppuré; avec l'auxiliaire être, quand on veut exprimer l'état : la tumeur est suppurée.
SUP
— HIST. iiii* S. Li yenims, se il [les Psillcs] se teussent, feist ses plaie» enfler et soupurer [de l'homme piqué par un serpent], et s'espandist par les voinnes [veines], quill. de tyh, Ccnlinuat. t. n, p. 582. Il XVI* s. Le médecin Philotimus dit un jour à quelqu'un qui estoit suppuré et plein d'aposlumcs dedans le corps.... amyot, Comm. dise, le flatt. 60. Faisant ouverture de la lumeur, après l'avoir suppurce, paré, v, 5. Ce commencement de pus, qui est jà cuit, fait que le reste se suppurera plus tost, id. v, 19.
— ETYM. Lat. suppurare, de Jub,sou3, et puï,pus. t SUPPUTANT, ANTE (su-pu-tan , tant'), adj.
Oui suppute. Le Bien Bon vous aime, et vous conjure d'être toujours habile, comptante, calculante et supputante, sév. 2B déc. <C7B.
SUPPUTATION (su-pu-ta-sion; en vers, de cinq syllabes), ». f. Action de supputer. Il n'est plus question, comme vous dites, ma bonne, des supputations que notre amitié nous faisait faire; c'est un calendrier tout commun qui nous règle présentement, SÉV. )" août 168B. Que dans la supputation qu'on fait des années depuis le temps de la création jusqu'à Abraham, il faille.... BOSS. Uist. 1, 12. Continuant à faire ma supputation sur la lieue carrée que je me suis proposée pour base de ce système.... vauban, Dîme, p. 108. Ces messieurs [des joueurs] sont d'une supputation si juste et d'une prudence si consommée dans toutes sortes de jeux, que personne n'oserait se mesurer avec eux, quand même ils joueraient fidèlement, hamilt. Gramm. ii. Nous avons soixante et dix systèmes sur la supputation des temps ; donc il y a soixante et neuf systèmes erronés , sani qu'on puisse deviner quel est le soixante et dixième véritable, volt. Pol et lég. Frag. hist.sur l'Inde, 7. || Fig. Cette supputation [des péchés véniels ou autres] part d'un cœurqui n'aime pointdu tout, mass. Carême, Fautes légères.
— ÊTYM. Lat. tupputationem, de lupputare, supputer.
SUPPUTÉ, ÉE (su-pu-té, tée), part, passé de supputer. Les nombres supputés faisaient tant.
SUPPUTER ^su-pu-té), V. a. Compter à quoi montent plusieurs nombres. Que l'estimation des revenus de l'État, selon ce nouveau système, telle qu'elle vient d'être supputée, soit trop forte ou trop faible à plusieurs millions près, cela n'est d'aucune conséquence, VAUB. Dime, p. ISB. ||Par extension. Je voulais vous voir partir d'Aix, et pouvoir supputer un peu juste votre retour, sÉv. B févr. (674. Vous supputez tout ce que vous lui donnez [à Dieu], comme si vous craigniez d'aller trop loin, et il suppute à son tour avec vous, mass. Carême, Fautes légères.
— ÉTYM. Lat. supputare, de sub, sous, et putare, apprécier, croire (voy. putatif).
t SUPRA-AXILLAIRE (su-pra-a-ksil-lê-r'), adj. Terme de botanique. Situé au-dessus de l'aisselle d'une feuille.
t SUPRAJDRASSIQUE (su-pra-ju-ra-si-k'), adj. Terme de géologie. Se dit des terrains supérieurs au calcaire jurassique.
t SUPRALAPSAIRE (su-pra-la-ps6-r') , ». m. Membre d'une secte calviniste qui enseigne que Dieu, sans avoir égard aux bonnes et aux mauvaises œuvros des hommes, a résolu, par un décret éternel et par conséquent antérieur à la chute d'Adam, de sauver les uns et de damner les autres.
— ÉTYM. Lat. supra, sur, au delà, et lapsus, chute.
t SUPRAMONDAIN , AINE ( su-pra-mon-din, dè-n'), adj. Terme de philosophie. Qui est audessus du monde, dans un monde supérieur.
t SUPRANATURALISME ( su-pra-na-tu-ra-lism'), ». m. Terme de philosophie. Ce qui est en dehors et au-dessus du cours ordinaire des choses. Il Doctrine qui admet une intervention surnaturelle dans le monde.
t SUPKANATURALISTE (su-pra-na-tu-ra-li-sf), I. m. Celui qui admet des choses surnaturelles, qui pense qu'au-dessus de l'ordre naturel est un ordre surnaturel.
t SUPRASENSIBLE (su-pra-»an-si-bl'), adj. Qui •st au-dessus des sens.
t SUPRATHORACIQUE (su-pra-to-ra-si-k'), adj. Qui est placé au-dessus du thorax.
SUPRÉMATIB (su-pré-ma-sie), ». f. || 1» Supériorité au-dessus de toutes les autres. Rome obtint la suprématie dans la guerre. || f Suprématie anglicane, souveraineté que le roi ou la reine exerce dans toute l'étendue de la juridiction spirituelle, k force d'expUcatioas et d'équivoques les
SUP
calvinistes ont été gagnés, et on les a fait venir en Angleterre jusqu'à souscrire la suprématie, BOSS. For. X, 20. Il Serment de suprématie, ou test, le serment par lequel les anglicans reconnaissent leur roi pour chef de l'Eglise. Le célèbre Morus et un évêque Fisher, qui refusèrent de prêter serment do suprématie, c'est-à-dire de reconnaître Henri VIII pour le pape d'Angleterre, furent condamnés par le parlement à perdre la tête, volt. Mœurs, 135.
— ÉTYM. Mot formé arbitrairement de suprême sur le modèle de primatie.
SUPRÊME (su-prê-m'), adj. || 1" Qui est au-dessus de tout. J'atteste des grands dieux les suprêmes puissances, corn. Hor. m, 6. Vous-même, Venir me consoler de ce malheur suprême 1 id. Œdipe, V, 3. Amour, par son savoir suprême. Ne l'eut pas fait amant qu'il en fit un héros, la font. Filles de Minée. Qui est-ce qui s'est acquitté plus dignement de cette suprême magistrature que M.leTellier? fléch. le Tellier. Du reste il [Apollon] l'enrichit [le sonnet] d'une beauté suprême, noiL. Art p. Songez-vous.... Que j'ai sur votre vie un empire suprême ? hac. Baj . il, t. \\ 2° Le pouvoir suprême, l'autorité de monarque. Claude vous adopta.... Vous appela Néron, et du pouvoir suprême Voulut avant le temps vous faire part lui-même, rac. Brit. iv, 2. On entend par suprême pouvoir cette autorité raisonnable, fondée sur les lois mêmes et tempérée par elles, volt. tots de Minos, not. \\ 3» L'Être suprême, Dieu. Toute la philosophie de Newton conduit nécessairement à la connaissance d'un Être suprême qui a tout créé, tout arrangé librement, volt. Vhil. Newt. i, t. Il Céleste, divin. Suprême majesté [Dieu], qui jettes dans les âmes Avec deux gouttes d'eau de si sensibles flammes, hotrou, Saint Genest, iv, 7. Souvent la sagesse suprême Sait tirer notre bonheur même Du sein de nos calamités, j. B. Rouss. Od. Il, 4. Liche et faible instrument desvengeances suprêmes, volt Fanât, m, 6. Il 4' Dans le style soutenu et dans la poésie, qui appartient aux derniers moments de la vie. L'instant, le moment suprême. Les volontés suprêmes d'un mourant. Vole, et ne trahis point la volonté suprême D'un Soudan qui commande et d'un ami qui t'aime, volt. Zaïre, v, iO. Est-il quelque mortel, à son heure suprême, Qui n'expire appuyé sur le mortel qu'il aime? delil. Imag. vi -Mais puisque de ces bords, comme elle [l'espérance], tu t'envoles, Hélas I et que voiLi tes suprêmes paroles..., Permets-moi de répondre et de t'interroger, lamart. Ifort de Sacrale. || Les honneurs suprêmes , les funérailles. Ces montagnes de morts privés d'honneurs suprêmes, corn. Pomp. I, ). Il 5* Au suprême degré, Joe. adv. Beaucoup, extrêmement. || Au suprême, même sens. La faveur de Mme de Maintenon est toujours au suprême, SÉV. U sept. 1680. Il 6" S. f. Nom donné en Espagne, sous Charles II, au conseil de l'Inquisition. Un arrêt delà suprême (cour sous-entendu). Il 7° La suprême, nom d'un fort bonne poire, qui vient à la fin de l'été, et qui se nomme autrement poire de figue. || 8* S. m. Terme de cuisine. Les parties les plus délicates de la volaille, accompagnées d'un coulis. Un suprême de volaille. Je ne vous interrogerai pas sur les fricassées, les blancs-mangers, les .suprêmes et autres plats vulgaires qui sont l'A B C du métier, scribk et MÉLESviLLE, le Secrétaire et le cuisinier, se. <o.
— UEM. 1. Suprême est un superlatif et ne prend aucun degré de comparaison. Cependant on l'a construit quelquefois avec »t : Flots d'azur.... D'un charme si suprême Que l'incrédule même S'agenouille à leurs bords I v. hugo, Feuill. d'aut. 37. Il 2. Pautex remarque que dans suprême il n'y a point d'» supprimée, et que, prenant dans ses dérivés l'accent aigu (suprématie), il devrait avoir non l'accent circonflexe, mais l'accent grave comme emblème, problème, système, etc.
— HIST. XVI' s. Quelque suprême plaisir et excessif contentement, mont, i, 69. Cette vertu suprême, belle, triomphante, ID. I, (76.
— f.TVM. Lat. ïupremu», forme superlative de super, sur, au-dessus.
t SUPRÊMEMENT (su-prê-me-man), adv. D'une manière suprême. [Montrevel] valet et souverainement glorieux, deux qualités fort opposées qu'il avait toutes deux suprêmement, st-sim. us, 23. [M. de Mesmes était] poli, afTable, accueillant avec distinction et suprêmement glorieux, lo. 34 9, tes. Tout ce qui est ordonné de manière à produire le plus parfaitement l'efTet qu'on se propose
SUR
est suprêmement beau, dider. Rech. philos, sur k beau.
*. SDR (sur), prip. || !• U marque la situatioc d'une chose à l'égard d'une autre qui la soutient. 112° U marque simplement qu'un objet est au-dessus d'un autre, sans que pour cela celui de dessous le soutienne. || 8° U marque la position d'un objet par rapport à son élévation. || 4* Joignant, tout proche. Il 6° 11 se dit du lieu dans lequel on se trouve. Il 6" Il se dit en parlant de ce que l'on touche, de ce que l'on frappe. || 7° En suivant par derrière. Il 8° Il se dit de ce qui est écrit, gravé, imprimé à la surface de quelque chose. || 9* Lire sur. || 10° Mettre sur. Il U* Être toujours sur les livres. || 12" U se dit do ce qui se montre sur le visage. || 13* U se dit de ce qui recouvre. || 14* Précédé et suivi du même mot, il exprime l'accumulation, la succession rapide. || 1B° Vers, du côté de. |{ 16* Il se dit d'un mouvementen arrière. || 17* Parmi. || 18* Il exprime des rapports d'étendue. || 19» Par-dessus. Il 20" Plus que. De plus que. || 21° Il sert dans plusieurs locutions à exprimer une manière d'être habituelle ou passagère. || 22° Fig. Il se dit de toute sorte d'impositions levées sur les personnes ou sur les choses. || 23° 11 se dit de tout prélèvement. Il 24° U se dit de l'efl"et du temps qui passe. Il 25° On s'en sert pour signifier l'empiétement, la conquête. || 26° Au delà de, en avance de. |{ 27° Kig. Il marque la supériorité, la domination, l'excellence, l'influence. || 28° Touchant, concernant, à l'égard de, quant à. || 29° D'après, en conséquence, moyennant, en considération de || 30' En s'ap puyant sur. |{ 81° Il se dit en parlant de gage, d'assurance. || 82'> Il sert à marquer l'affirmation la garantie, le serment. || 33° Conformément à Il 34° En faisant ceci ou cela. Sur ce. || 35' U serl à indiquer l'objet du travail. || 36' Dans la per^ j sonne de. || 37° Durant, environ, vers, en parlant de 1 temps. Il 38° Fig. II indique un acheminement vers. j||39° On l'emploie pour marquer une sanction. Il 40* Sur devant un infinitif. || 41° De sur, préposition composée. || 42° Sui entrant dans la composition de plusieurs mots. || 43' Sur toute chose. Il 44° Sur et tant moins. |i 45° Sur le tout.
1° 11 marque la situation d'une chose à l'égard d'une autre qui la soutient. S'asseoir sur une chaise. Sur un lit de gazon, de faiblesse étendu CORN. Rodog. V, 4. Sa tète sur un bras languissamluent penchée, m. ib. v, 4. Maître corbeau, sur un arbre perché. Tenait dans son bec un fromage, la FONT. Fabl. I, 2. X ces mots, sur un arbre il grimpa bel et bien, id. ib. ix, I4. Le chevalier de Nantouillet [au passage du Rhin].... trouve la queue d'un cheval, il s'y attache ; ce cheval la mène à bord, il monte sur le cheval, se trouve ; à la mêlée, sÉv. 152. [X Sparte] une mère recommandait à son fils qui partait pour une campagne, ^ de revenir avec son bouclier, ou sur son bouclier, j ROLLiN , Uist. anc. Œuvr. t. ii, p. 630, dans poui GENS. Nous nous étions arrêtés, la jeune dame et ! moi, sur l'escalier, mariv. Pays- paru, v part. Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges Jeter ' l'ancre un seul jour? lamart. Médtt. i, 13. ' Feuillages jaunissants sur les gazons éparsl id. ti». 1 1, 29. J'aimerais à glisser sous la nuit des rai meaux, X dormir sur les prés, à flotter sur les eaux, ID. ib. u, 8. || Fig. En voyant entrer de certaines gens annoncés sous de grands noms.... moi qui hais mortellement les grands noms sur de petits sujets, SÉV. 19 juin (096. Il Être sur pied, être debout, levé, marchant. Je suis sur pied depuis cinq heures du matin. J'ai été sur pied toute la journée. || Cetoiseau se soutient sur ses ailes, U plane. ||Se soutenir sur l'eau, revenir sur l'eau, se soutenir, revenir à la surface de l'eau. || Passer le balai, l'éponge sur quelque chose, nettoyer avec le balai, frotter avec l'éponge la surface de quelque chose. Il Appliquer un enduit sur un mur, étendre du beurre sur du pain etc. enduire de mortier la surface d'un mur, couvrir de beurre une tranche de pain. || Avoir, porter une chose sur soi, l'avoir, la porter dans sa poche. Heureusement j'avais celle-ci [lettre] sur moi, elle suffit, baron. Homme à bon. fort, u, 7. Voyez un peut sur moi je n'ai pas cette somme, collin d'hahlev. Jf. de Crac, se. (7. Il Avoir sur soi, se dit aussi de ce qu'on porte avec soi, des vêtements dont on est couvert. Il porte sur lui toute sa garde-robe. Le bitard à» Bourbon ... avait fait rassembler les efl'ets qui avaient été pris sur les sujets du duc [de Bourgogne], DUCLOS, Œurr. t. n, p. 4(5. || PopulairemenU La clef est sur la porte , elle est dans la serrure. Il 2* U marque simplement qu'un objet est aa-
SUR
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dessus d'un autre, sans que pour cela celui de dessous le soutienne. Un nuage orageux plane sur la ville. Il a le bras levé sur lui. L« long d'iji clair 'uisseau buvait une Colombo, Quand sur l'eau se penchant une foarmis y tombe, la font, Fabl. ii, (2. Ce jardin où je suis étourdie de trois ou quatre rossignols qui sont sur ma tête, sÉv. 27 avr. 107). Il Être sur l'horizon, être visible dans la portion du ciel que l'observateur embrasse. || Kig La main sur, se dit de la vengeance de Dieu. La main du Seigneur fut sur les Philistins, saci. Bible, Rois, i, vu, (3. Dieu dont le bras vengeur, pour un temps suspendu, Sur cette race impie est toujours étendu, rac. Àth. i, 2. || Terme de marine. Un bâtiment est sur la sonde ou sur le fond, lorsqu'il est dans un parage oii il peut sonder. Il est sur une ou plusieurs ancres, lorsqu'il est amarré. Il chasse sur ses ancres, lorsque, poussé par le vent ou la marée, il entraîne ses ancres et leur fait labourer le fond. {| 8' Il marque la position d'un objet par rapport à son élévation. Elle est logée sur le Palais-Royal, DiDER. Lettre à Ulle Voland, io déc. «765. Ceci doit vous apprendre à ne jamais ouvrir de jalousies sur la rue, BEAUMARCH. Barb. de Sév. i, 3. Rosine : Murez les fenêtres tout d'un coup.... — Bartholo : Pour celles qui donnent sur la rue, ce ne serait peut-être pas si mal, ID. tb. ii, *. \\ 4" Joignant, tout proche. Les places fortes sur les frontières. Une maison sur le bord de la mer. Cet hôtel ouvre sur deux rues. On dit qu'on va prendre trois places, l'une sur le Rhin, l'autre sur l'Yssel, et la troisième tout auprès, sÉv. 20 mai (672. Sur la Tamise, Melpomène No veut qu'horreur et que combats, cuKVue.v, Réponse à l'Épitre de U. d'Hamilton. Au bout de quatre ans le czar avait déjà fait d'assez grands progrès dans la Livonie et dans l'Ingrie , pour être en état de songer à bâtir une place dont le port situé sur la mer iJal tique put contenir une flotte , font. Czar Pierre. Le roi [Louis XI] était obligé de céder au duc de Bourgogne toutes les villes sur la rivière de Somme.... duclos, Œuvr. t. m, p. B9. || 6* 11 se dit du lieu dans lequel on se trouve. Voyager sur terre et sur mer. Je vais me promener sur Veau. Vous me suivrez sur le terrain, et nous nous battrons. Enfin, me voilà sur votre route de Lyon, SÉV. 3B4. Le roi demeura sur la frontière, LA PAT. Princ. de Clèves, t. 11, p. io, dans POUGENS. Cet homme est laborieux, infatigable; il lit, il travaille jusque dans les rues el sur la route, la bruï. vu. Souvent elle demeurait immobile sur le rivage de la mer, pén. Tél. i. La grotte do la déesse était sur le penchant d'une colline, ID. l'b. Les grands seraient inutiles sur la terre, s'il ne s'y trouvait des pauvres et des malheureux, MASS. Pet. carime, Human. des grands. Une horde de croisés fit vœu d'égorger tous les juifs qu'ils rencontreraientsur leur route, volt. Kél. hist. tiens, imprim. conspir. contre les Juifs. Nous débarquâmes sur les côtes de la Picardie, M"* de tenciN, Œuvr. t. III, p. 77, dans pouoens. [Mer] sur quelque plage Que tu me fasses dériver.... la- HART. Médit. H, 2t. Il Être sur les lieux, être présent en un certain endroit. Vous êtes sur les lieux : vous trouverez plus de facilité que moi, MAINTENON, Lett. à Mme d'.iubigné, ("déc. (C8-2. Je suis sur les lieux, et mieux à portée que vous de juger de l'cfTet que cette demamie produira, d'alemb. Lett. à Voltaire, 6 mai I7fl0. ||6' Il se dit en parlant de ce que l'on touche, de ce que l'on frappe. Donner un coup sur la tête. Frapper sur l'enclume. Il a porté la main sur son supérieur. Il 7* En suivant par derrière. El lui ordonna de partir sur les pas de M. de Nemours, la pat. Princ. de Clèves, Œuvr. t. 11, p. 214. M. Damis.... vient d'arriver de Chartres : il marche sur mes pas; j'ai pris les devants pour vous avertir, le- SAGE, Crisp. riv. de son maître, se. 8. Je veux fermer sur vous la porte de la rue, beaumarcii. Barb. de Sév. Il, 8. Il Fig. Un prince qui, jadis témoin de vos combats. Vous vil chercher la gloire et la mort sur ses pas, rac. Bérén. i, i. \\S° Il se dit de ce qui est écrit, gravé, dessiné, imprimé à la surface de quelque chose. Graver sur le cuivre. Peindre sur porcelaine, sur toile. Écrire sur le sable, sur une ardoise, sur du papier. Et, pleures du vieillard, il grava sur leur marbre Ce que je viens de raconter, la pont. Fabl. 11, 8. Que les Phidias et les Zeuxis de votre siècle déploient toute leur science sur vos plafonds et sur vos lambris, la BRur. VI. Ils [les Saunions] ont avec les Bourbons sur une même couleur un même métal; ils por-
tent comme eux deux et une; ce ne sont pas des fleurs de lis, mais ils s'en consolent, m. tb. vu, Ce que Sylla fit mettre sur le sien [tombeau] : que jamais personne ne l'avait surpassé ni i faire du bien i ses amis, ni i faire du mal i ses ennemis, ROLLiN, llist. anc. (Eut), t. iv, p. «29, dans fouoens. L'acide sulfureux n'altère point le bleu sur soie, CHAPTAL , /njti». Mém. scienc. t. ïi,p.4»8. || On dit de même : Kcrivcz cela sur votre agenda. Son nom est sur la liste des pensions. Il l'a mis sur son testament. Il II se dit de la matière sur laquelle on travaille. Il travaille sur l'or, sur l'argent. Peintre sur porcelaine. || 9" Lire sur, lire ce qui est écrit sur une surface. Lire une inscription sur un mur. Lire sur une affiche. || 10° Mettre sur, signifie quelquefois ajouter l'effort d'un travailleur. Cet imprimeur a mis deux ouvriers sur la même feuille pour aller plus vite. Mettre trois chevaux sur une voiture. || 11' Être toujours sur les livres, être sans cesse à lire, à étudier, {j On dit de même : pâlir sur les livres. || 12* Il se dit de ce qui se montre sur le visage. Je vis hier Mme la Grand' Duchesse.... l'ennui est écrit et gravé sur son visage, sév. «98. C'était, pour ainsi dire, une ime qu'on voyait sur ce visage, mariv. Pays. parv. 4" part. Il 13* Il se dit de ce qui recouvre. Un tapis sur le parquet. Le souffle se taisait dans son sein endormi [d'une morte], Et sur l'œil sans regard la paupière afi'aissée Retombait à demi, lahart. Méd. II, 22. Il Par extension. La gelée a passé sur les nèfles. Il 14= Précédé et suivi du même mot, il exprime l'accumulation, la succession rapide. Et malheur sur malheur à chaque heure te vient, RÉGNIER, ÉpU. 1. Il est certain qu'on a vu arriver courrier sur courrier de divers côtés, pellisson, Lett. hist. X. i, p. 402. Il ajoute tous les jours mensonges sur mensonges et violences sur violences, SACI, Bible, Osée, xji, t. Après maints quolibets coup sur coup renvoyés, la pont. Fabl. m, «. Je crains plus que vous mon voyage de Bretagne; il me semble que ce sera encore uno autre séparation, une douleur sur une douleur, el une absence sur une absence, sév. 32. Lucrèce : Et que vous a-t-il dit? - Arbate : Sottise sur sottise, th. corn. Comt. d'Orgueil, m, 1. Mais quoi, seigneur, toujours guerre sur guerre ? rac. Alex, v, 1 . On imprimait volume sur volume, lettres sur lettres, volt, louts IIV, 37. Il entaisait adage sur adage, ID. Pauvre diable. J'ai vu, j'en tremble encor, tomber ces fiers esprits. Phalange sur phalange, et débris sur débris, delil. Parad. perdu, 11. Il IB" Vers, du côté de. Tourner sur la droite, sur la gauche. Tirer un coup de fusil sur quelqu'un. Il plaça la cavalerie sur les ailes. Il opéra sa retraite sur telle ville. L'humeur s'est portée sur les yeux. Il [Malhathias] se jeta sur cet homme et le tua, SACi, Bible, Ifochab. 1, II , 24. Les yeux de Dieu sont sur ceux qui l'aiment, ro. tb. Ecclésiastiq. XXXIV, IB. Je regardais Valville, qui, de son côté et à son ordinaire, avait presque toujours les yeux sur moi, mariv. Marianne, b* part. On co\irut sur eux [les anabaptistes] dans la basse Allemagne, VOLT. Jfœuri, «33. Il Terme de commerce. Tirer une lettre de change sur quelqu'un. Tirer sur quelqu'un, faire une lettre de change pour qu'il l'acquitte. || On dit de môme qu'une lettre de change est Urée d'un lieu sur un autre. || 16* 11 se dit d'un mouvement en arrière. Revenir sur ses pas. Il Fig. Revenir sur le passé , ranimer de vieux souvenirs, de vieilles querelles. || Il se dit d'une disposition circulaire, d'un mouvement do rotation. Une courbe qui revient sur soi. La matière qui compose le globe terrestre et les autres globes planétaires était en fusion, lorsqu'ils ont commencé à tourner sur eux-mêmes, bupp. «" ép. nat. Œuv. t. xii, p. 8«. || H se dit d'un mouvement de haut en bas. Les météorites tombent sur la terre. || Fig. Le ciel tout d'un coup s'ouvre en leur faveur [de certaines familles]; les biens, les honneurs, les dignités fondent sur elles à plusieurs reprises, la bruï. vi. || 17* Parmi. Sur dix noisettes j'en ai trouvé cinq de mauvaises. Nous avons eu deux beaux jours sur huit. Sur «3 «89 [enfants], il en meurt dans les doux premières années de la vie, à Paris 4«3«, à Londres «H3, BUFP. Prob. delà vie, Œuvr. t. x, p. bb«. Rome eut deux ans de paix sur sept cents ans de combats, PASTORET, Instit. Mém. hist. et litt. ane. t. m, p. 324. Il 18" Il exprime des rapports d'étendue. Cet édifice a tant de haut sur tant de long. Après avoir traversé la montagne, on trouve une plaine de six milles de long sur deux de large, legrand d'aussy, Instit. se. mor. et pol. t. v, soi. 1119" Par-
dessus. Il gelait la semaine passée a pierre fendre; il a neigé sur cela. Il fallait me dire si vout vous guérissez des remèdes que vous avez faits, et si cette maigreur sur votre maigreur ordinaire ne vous laissera pas au moins comme vous étiez , SÉV. «B sept. «880. Il 10* Plus que. La vertu, qui de leur étude Est le fruit le plus précieux, Sur tous les actes vicieux Leur fait haïr l'ingratitude, MALn. IT, B. Jouir d'une beauté sur les autres aimable, REONiKR, Élég. rr. Mes petits sont mignons, Beaux, bien faits et jolis sur tous leurs compagnons, LA FONT. fabl. T, «8. [Loi de nature] Qui veut qu'on trouve son semblable Beau, bien fait et sur tous aimable, lo. tb. En un lieu que devait la déesse bizarre [la Fortune] Fréquenter sur tout autre; et ce lieu, c'est la cour, iD. ib. vu, «3. Il a beaucoup d'endroits fort champêtres, et c'est ce que j'aime sur toutes choses , ID. Lett. à Mm» de la Vontairu, 2B aoi^t «663. |{De plus que. Je disais l'autre jour i Mme de Coulanges que Beaujeu avait sur elle l'extrème-onction, et qu'on lui avait crié: Jésus Maria, sÉv. 7 oct. «67«. Si un grand a quelque degré de bonheur sur les autres hommes, je ne devine pas lequel.... la BRUY. IX. Les Philippines ont sur les autres colonies européennes l'avantage de posséder de l'or, HAYNAL, Wist. phil. v, «6. Il 21* II sert dans plusieurs locutions à exprimer une manière d'être habituelle ou passagère. Être sur la défensive, sur le qui-vive, sur le quant-à-moi. Marcher sur le bon pied. Vous le prenez sur un ton bien haut. Et veulent, sur le pied de nous être fidèles. Que nous soyons tenus i tout endurer d'elles, mol. Éc. des f. IV, 8. Mais, puisque sur le fier vous vous tenez si bien, Je garde ma nouvelle , et ne veux dire rien, m. Mélic. 1, 3. Et sur ce ton plaintif on vous trouve toujours, piron, Métrom. iv, 9. || Fig. Se coucher, se lever sur quelque chose, se coucher, se lever en étant préoccupé de quelque chose. L'on se couche à la cour et l'on se lève sur l'intérêt, LA BRUY. vin. Je me réveillais à chaque instant sur une infidélité de Thémise , montesq. Temple de Gnide, 6. On se leva avec les mêmes projets; on se coucha sur les mêmes sottises, raynal, Hist, phil. ivii, 28. Il Fig. Être sur quelque chose, s'occuper présentement de quelque chose. Pendant que je suis sur les lettres, il faut dire un mot de celle de Pauline au eoadjuteur, sÉv. 398. || Fig Être sur, être uniquement soucieux de. M. de Grignan n'est pas sur ses intérêts comme sur ceux du roi son maître, sÉv. iB janv. «674. || 11 est sur sa boiche, il est gourmand. || Être sur, être au sujet de, être disposé pour. Ma fille est à Aix....elle souflfre toute la rigueur du carnaval; vous savez comme elle est sur ces divertissements qu'il faut prendre par commandement , sÉv. Mardi gras, 1680. Il Fig. Prendre quelque chose sur soi, en prendre la responsabilité. Les Hollandais ont pris sur eux de faire signer les Espagnols, comme nous avons pris sur nous de faire signer les Suédois, PELLISSON, Lett. hist. t. m, p. 343. Je vous réponds de tout , et prends le mal sur moi, MOL. Tart. IV, B. || Fig. Prendre sur soi, se contraindre. Prenez encore cela sur vous avec tant d'autres choses. sÉv. 28 févr. «89u. || 22* Fig. Il se dit de toute sorte d'impositions levées sur les personnes ou sur les choses. Lever des impôts sur le luxe. Lever des subsides sur le peuple. Il 23° Il se dit de tout prélèvement. Prendre sur sa nourriture, sur sa dépense, sur son nécessaire. On lui retiendra tant sur ses gages. Sur celte somme il faut retrancher tant. Elle ne vivait que sur la légitime de mon père, mariv. Jfarianne, «(' part. J'eus une pension de douze cents livres sur le Mercure, et je fus content, masmontel, Hém. V. Il Fig. Nous sommes dans un profond silence, parfaitement à notre aise, lisant, rêvant, dans un entier éloignement de toute sorte de nouvelles, et vivant enfin sur nos réflexions, sÉv. 426. Vous subsistez encore sur l'air de Paris, id. (98. Il Vivre sur, vivre aux dépens de. Vivre sur le commun. Autrefois les gens de guerre vivaient sur le paysan. Il est nécessaire que les unes [espèces] vivent sur les autres, bupf. Quadrup. t. 11, p. «38. Il 24* Il se dit de l'efl'et du temps qui passe. Deux années ne passent point sur une même coterie; il y a toujours, dès la première année, des semences de division.... la bhuy. vu. Je dirais volontiers aux Saunions : votre folie [être de vieille race] est prématurée; attendez du moins que le siècle s'achève sur votre race, id. vu. || 25° On s'en sert pour signifier l'empiétement, la conquête. Cet homme a empiété sur son voisin. 11 a conauis u»
SUR
grand terrain fur le marais. Morosini, faisant sur les Turcs la conquête du Péloponnèse, volt. Uœtirt, 4 9<.|lt6° Au delà de, en avance de. Le progrès sur l'antiquité est grand. tl 27° Kig. Il marque la supériorité, la domination, l'excellence, l'influence. Avoir autorité, juridiction sur quelqu'un. Avoir l'œil sur q,\elqu'un. On ne peut rien sur lui. Prendre le pas sur quelqu'un. Cela influe sur la santé. Son discours fit un grand effet sur les auditeurs. Les menaces ne font rien sur lui. Et sur lui la raison a repris son pouvoir, corn. Hicom. T, 2. Je suis persuadée du soin de la Providence sur vous, SÉY. (3 cet. 1075. Seigneur, vous pouvez tout : ceui par qui je respire Vous ont cédé sur moi leur souverain empire, rac. Mithr. ii, 4. Divin Sauveur, jette sur nous les yeux ; Répands sur nous le feu de ta grùce puissante, ID. Poésies div. Le mardi à matines. Il y a dans la ville la grande et la petite robe; et la première se venge sur l'autre des dédains de la cour, la brut. vu. Ils [Alexandre et Héphestion] étaient du même âge; mais Héphestion avait sur lui l'avantage de la taille, ROLLiN, Bist. anc. Œuvr. t. vi, p. 262, dans POUGENS. Je chante le héros qui régna sur la France, Et par droit de conquête et par droit de naissance, volt. Benr. i. Je vais, sur les vaincus étendant mes secours.... ID. Ali. iv, i. Profilez de l'empire passager, mais sans bornes, que l'amour vous donnera sur lui, genlis. Ad. et Th. t. m, p. 487, dans POUGENS. Il 28° Touchant, concernant, à l'égard de. J'ai été trouver le frère de cette fille qui a été épousée.... je l'ai mis sur ce mariage, MOL. Fourb. Il, 8. Je veux voir M. de Louvois sur votre frère, qui est toujours ici sans congé, sÉv. 4 nov. <676. Ils [Mme de Vins et Pompone] me viennent d'écrire tous deux sur ma maladie, id. 2 févr. «676. Vous avez sans doute entendu louer le chevalier de Grignan sur le passage du Rhin, m. à Bussy, 27 août <676. Ce palais, ces meubles.... vous enchantent, et vous font récrier d'une première vue sur une maison si délicieuse, la bruy, VI. Il faut que je vous raconte comment on avait empoisonné mon cœur dès ma plus tendre enfance sur l'autorité des rois, pén. Tél. un. La douleur de David sur les prévarications de la terre ; l'amertume et le zèle d'Elie, sur les scandales et l'idolâtrie d'Israil ; la tristesse et les larmes de Jérémie, sur les infidélités de Jérusalem, hass. Carême, Passion, l. Pour moi, je vous avoue que je suis pour Mme du Deffant, qui disait que l'Esprit des lois était de l'esprit sur les lois, volt. Lett. Saurin, 28 déc. t768. Les résultats généraux des observations sur les différentes matières qui composent le globe terrestre, sur les éminences.... bufp. Bist. nat. 2* dite. \\ Quant à. Pour moi, je le trouve original sur l'économie, comme l'abbé de la Victoire sur l'avarice, «et. 3)7. Cette mère est impérieuse, et d'une exactitude sur les heures qui ne convient point à de jeunes gens, id. 433. Vous connaissez Corbinelli sur l'horreur qu'il a de ces sortes de dehors qu'il appelle des trahisons, id. il avr. 1682. Ils étaient Allemands sur le savoirvivre, m. <7 avr. )682. La jalousie [de Mme de Montespan].... est vive sur la confiance et l'amitié qu'on a pour l'autre [Mme de Maintenon], m. 7 juill. (680. Philanle a du mérite, de l'esprit, de l'agrément, de l'exactitude sur son devoir, la BRUï. IX. Sur les injures je me tais; il en sait plus que moi; je n'aurais pas beau jeu, p. L. COUB. 2* lelt. partie. || 29" D'après, en conséquence, moyennant, en considération de. On le fouille, et l'on trouve enfin le passe-port; Sur quoi je prononçai sa sentence de mort, hairet, Éort d'Asdr. m, 3. La comédie n'est qu'un portrait de nos actions et de nos discours, et la perfection des portraits consiste en la ressemblance; sur cette maxime, je tâche de ne mettre en la bouche de mes acteurs.... COKN. la Yeuve, au leet*ur. Mais aussi, si l'on rcclific L'image de l'objet sur son éloignement, LA TOUT. Fabl. vn, 18. Comme un homme qui aurait trouvé une sauce excellente et qui voudrait examiner si elle est bonne, sur les préceptes du Cuisinier français, hol. Critique, 7. Langlée est fier et familier au possible.... le comte [de Gramonl] lui dit, sur quelque manière un peu libre : Monsieur de Langlée, gardez ces familiarités-là pour quand vous jouerez aveo le roi, sét. 6 janv. 4 872. J'ai approuvé ce choix sur sa réputation, Bos». Lett. 27&. Sur cette accusation, Théodose, l'ayant fait arrêter, commanda qu'on examinât rigoureusement cette affaire, pléch. Hist. de Théodose, III, 69. Sur Cette espérance il se met en mer, JD. l'h. iii, 7. Sur le moindre discours qu'on pourra
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vous redire, Serez-vous toujours prête à partager l'empire? rac. Brit. i, 2. Vous sauvez l'impie sur les signes les plus frivoles et les plus équivoques de la piété; et vous damnez le juste sur les marques les plus légères et les plus excusables de l'humanité et de la faiblesse, hass. Carême, Injust. du monde. Sur quoi vous croyez-vous dispensé de ce devoir? m. Panégyr. saint Jean-Baptiste. Leur supplice [des complices de Catilina] fut résolu; et Cicéron, sur l'arrêt seul du sénat, les fit exécuter dans la prison, vertqt, Révol. rom. xii, 2)). Sur cet air piqué, elle a pensé que je ne vous déplaisais pas, MARiv. Sec. surpr. de l'am. n, 7. Un comte de Bonneval, qui avait quitté le service de France sur quelques mécontentements du ministère, volt. Louis XV, t. Ils lui demandent où est son père; le jeune homme, en tremblant, répond qu'il l'ignore; et sur cette réponse il est égorgé, id. Russie, i, 4. De grâce, censeur incrédule. Ne jugez point sur ce soupçon, gresset, le Carême, Impromptu. Ils l'excusent de ne pas se montrer plus souvent sur ce qu'il est très-occupé, vauven. Lentulus ou le factieux. De vous, sur ces dehors, que voulez-vous qu'on pense? Ducis, Hamlet, iv, 3. ||80° En s'appuyant sur. J'ai fait cela sur votre parole, sur '.foi des traités. Je me décharge de cette affaire sur vous. Je m'en repose sur vous, sur votre prudence. Je compte sur vous. Vous vous perdrez, monsieur, sur cette confiance, cokn. Cid, ii, ). Marchez en repos sur ma décision, boss. Lett. àbb. 409. Ma foi 1 sur l'avenir bien fou qui se fiera I rac. Plaid, i, 4. Il On dit dans le même sens : écrire, croire sur parole, écrire, croire sur la foi d'autrui. Il Se fonder sur une chose, s'en autoriser, la faire valoir i l'appui de ce qu'on avance. || On dit de même : Je suis fondé sur de bonnes décisions, sur des précédents, sur une loi. HSl" Il se dit en parlant de gage, d'assurance. Prêter sur gages, sur nantissement. Assigner une pension sur les produits d'une terre. Si notre Comtat eiit été sur cette vie [du nouveau pape], il nous aurait duré plus longtemps, SBv. 27 nov. (689. [j 82' Il sert i marquer l'affirmation, la garantie, le serment. Sur mon honneur. Sur mon âme. Sur ma vie. Mesdames, agréez que je vous présente ce gentilhomme-ci : sur ma parole, il est digne d'être connu de vous, mol. Préc. (2. Ces pigeons sont dodus, mangez, sur ma parole, boil. Sat. in. Devant Dieu, sur mon honneur de gentilhomme, je le jure, c. delav. D. Juan, m, 2(.|| Jurer sur, faire un serment en mettant les mains sur. Jurer sur les saints Évangiles. L'un et l'autre, dans l'excès de leurs haines et de leurs défiances, se jurèrent sur l'Alcoran une amitié inviolable, volt. Pol. et lég. Frag. hist. sur l'Inde, (2. Et malgré les serments que Louis de Valois, Que le roi Très- Chrétien a prêtés sur la croix, c. delav. Louis XI, II, ((. Il 83° Conformément à. ôtez-vous de l'esprit Ou'aucun être ait été composé sur le vôtre, la font. Fabl. IX, (2. Je plaçai ma saignée brusquement, selon le besoin de mes affaires plutôt que sur celui de ma santé, set. (O juill. (676. Le témoignage d'auteurs même contemporains ne mérite pas toujours la même foi qu'une histoire écrite sur des mémoires authentiques et des titres publics, du- CLOs, Œuvr. t. n, p. 3(9. || Faire des paroles sur un air, accommoder des paroles à un air déjà fait. Il faut que je te chante Certain air que j'ai fait de petite courante. Qui de toute la cour contente les experts, Et sur qui plus de vingt ont déjà fait des vers, mol. Fdch. I, 6. || 34* En faisant ceci ou cela. Sur cela il me quitta, pasc. Prov. m. Il me sembla bien plus fortement qu'à l'ordinaire que nous étions ensemble, et que vous étiez si douce, si aimable et si caressante pour moi, que j'en étais toute transportée de tendresse ; et sur cela je m'éveille, sÉv. 8 janv. (676. Sur ce propos nous arrivâmes dans cette rue qui m'avait été si fatale, MA8IT. Pays. parv. 3* part. || Sur cela signifie aussi avec cette raison, ce prétexte. Et sur cela, comme si la chose n'en valait pas la peine, ils négligent.... pasc. dans cousin. || Sur ce, formule de chancellerie, indiquant la fin d'une lettre officielle. Les lettres des rois se terminent par : Sur ce, je prie que Dieu vous tienne en sa sainte garde. || Par imitation de cette formule royale. Sur ce, je vous embrasse tendrement : ainsi font tous ceux qui habitent Ferney, volt. Lett. Chabanon, 28 sept. (770. Il Sur ce que, en raison de. Je ne joins pas ici ma lettre à M. de Graffenried, sur ce que vous me marquez qu'elle court Paris, j. j. Rouss. Lett. à U. de Luxe, 27 novembre (78.S. Il 85" Il sert à indiquer l'objet d'un travail. Il a
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fait des commentaires sur tel auteur. Faire des notes sur un mémoire. L'ancien scoliasle sur Juvénal dit qu'il [le phénicoptère] est fréquent en Afrique, bufp. Oit. t. xvi, p. 30(. || 86° Dans la personne de. J'avais à y gronder.... j'avais commencé dès le matin à Epoisse sur un pauvre paysan que je croyais être de Bourbilly, sÉv. 2B aoiit (677. Oui, les Grecs sur le fils persécutent le père, rac. Andr. I, 3. Il [Dieu] ne recherche point, aveugle en sa colère. Sur le fils qui le craint, l'iniquité du père, id. Ath. i, 2.|| 37° Durant, environ, vers, en parlant de temps. Il est sur son départ. J'ai été sur le point de vous faire une visite. Sur le lever du soleil, TAUGEL. Q. C. 2(8; Un de mes compagnons m'ayant éveillé sur le minuit, d'ablanc Lucien, Mort de Peregrinus. Je reviendrai voir sut le soir en quel état elle sera, mol. Méd. mal. lui, II, 6. Elle [Mme de Grignan] ne voit encore rien d'assuré pour son retour; je crois que le mien sera sur la fin de l'année, sÉv. à Bussy, 28 août (680. Un des derniers jours de sa maladie, après avoir passé une nuit très-fâcheuse, il dit sur le matin qu'il voulait reposer, la fay. Princ. de Cléves, Œuv. t. II, p. 228, dans pouoens. Sur la fin de sa maladie elle prit une sorte de gaieté trop égale pour être jouée, }. J. ROUSS. Confess. ii. Quand sur ses vieux jours un garçon Devient le mari d'un tendron, VADÉ, les Troqueurs, (. l|Sur l'heure, sans i retard, tout de suite. Or une fleur pâle comme Lois De son beau sang sur l'heure vint éclore, millev. Lebeau Lois. || Sur-le-champ, sur-le-champ que (voy. champ (,n°(3). ||Sur les.... avec un nombre d'heures, vers les.. . Il [Louis XIV] dort les après-dlnées, remonte à cheval sur les cinq heures, soupe sur les huit, et se couche sur les dix pour se lever sur les deux ou trois au plus tard, pellisson, Lett. hist. t. Il, p. 267. Il On adit demême : sur le.... en parlant d'un quantième; mais cela a vieilli. Le martyrologe romain en fait mention sur le (3 de février, corn. Poly. Abr. du mart. de SI Poly. Ce martyre est rapporté par Surius sur le neuvième de janvier, id. Examen de Poly. || D'un jour sur l'autre, en reportant une chose du jour actuel sur celui qui suit. Ce n'est point ma manière Décompter de la sorte ; et je n'entasse guère Un jour sur l'autre, la font. Fabl. vin, 2. || Déjà sur l'âge, déjà âgé. Un homme déjà sur l'âge vint à passer aux environs, bern. de st-p. Paul et Virg. || 38" Fig. Il indique un acheminement vers. Ma fille va sur dix ans. Vous voyez dans les Mémoires de l'abbé de Choisi que le marquis de Louvois lui disait en lui parlant de Meudon : je suis sur le quatorzième million, volt. Louis XIV, 25. || 39° On l'emploie pour marquer une sanction (construction où aujourd'hui on met plutôt sous). Si mon fils a jamais des enfants, je veux qu'ils étudient à Clermont sur peine d'être déshérités, st-evrem. Conv. du P. Canaye. Et lorsque d'en mieux faire [des vers] on n'a pas le bonheur, On ne doii de rimer avoir aucune envie. Qu'on n'y soit condamné sur peine de la vie, MOL. Mit. rv, ( . Est-ce un article de foi qu'il faille croire, sur peine de damnation? pasc. Prov. xvni. Le hoca est défendu à Paris sur peine de la vie, et on le joue chez le roi, sÉv. 224. || Sur la vie, au risque de perdre la vie. Gardez-vous, sur votre vie. D'ouvrir que l'on ne vous die Pour enseigne et mot du guet : Foin du loup et de sa race, la font. Fabl. IV, (6. || 40° Sur devant un infinitif. Toutes les conversations avec Son Éminence [Retz] qui ont toujours roulé sur dire que vous aviez de l'aversion pour lui, sÉv. à Mme de Grignan, t. v, p. 6(7, édit. RÉGNIER. Il 41° De sur, préposition composée qui n'est plus en usage ; on dirait de dessus. Ils ont vu tout cela de sur une éminence, CORN. Suite du Ment, m, 4. || De sur est fait comme de par, et pourrait être admis. || 42° Sur entre dans la composition de plusieurs mots où il apporte la signification qui lui est propre : surabonder, surdent, etc. Voyez ces composés à leur rang alphabétique. || 48° Sur toute chose, loc. adv principalement, par préférence à tout le restb Prends un siège, Cinna, prends, et, sur toute chose. Observe exactement la loi que je t'impose, corn. Cinna, v, (.||44° Sur et unt moins, en déduction. Je vous envoie cent pistoles sur et tant moins de la perte que vous pouvez avoir faite pour moi, voit. Lelt. (44 (voy. moins, n* (4). Il 46" Sur le tout, loc. adv. Surtout, avant tout. Il [Ch. de Sévigné] s'en est retourné chez lui avec un fonds de philosophie chrétienne, chamarrée d'un brin d'anachorète, et, sur le tout, une tendresse infinie pour sa femme, sét. 2b oct. (686. Il Sur le tout, en termes de blason, se dit en parlant
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d'un écusson qui se met &u milieu d'une ècartelure. || Broohant sur le tout, Toy. brocher. || Sur le tout du tout, so dit en parlant d'un écusson placé sur le milieu de l'écartelure d'un autre écusson qui est déjà sur le tout.
— REM. 1. Peut-on dire : J'ai lu cela sur le journal, comme on dit : lire une inscription sur un mur, lire sur une affiche? On pourra bien dire sur, en parlant de ce qui est étendu sur une surface. Par conséquent, on peut dire : lire sur un journal, sur une page étendue devant soi. Autrement, on dira dans : lire dans un livre, lire dans un journal. || 2. Loger sur la rue, veut dire avoir un logement qui a vue sur la rue; mais, sion veut dire qu'un tel habite dans telle rue, il faut employer la préposition dans : il loge dans la rue Saint-Honoré.
— SYN. SUR, DANS, CHEZ. Ces préposltlons sont souvent employées dans le langage scientifique : la circulation chez le fœtus; les actions qui se passent dans le corps vivant ; les phénomènes observés sur l'homme malade. — On distingue d'abord sur des deux autres, en disant que sur s'applique aux cas qui comportent l'idée de superficie ; on ne dirait pas bien la circulation sur le fœtus. Quant à dans, et à chez, ils se distinguent en ce que dons est plus précis et chei plus vague. Dans se dit surtout quand la chose dont il s'ag;it est ou peut être considérée comme étant dans l'intérieur du sujet. Citez n'implique pas cette condition; et il s'emploiera d'autant mieux que l'on parlera plus en général et avec moins de rapport à une situation déterminée.
— HIST. X* s. Chi [quij rex eret [était] à cels dis [à ces jours] sovre pagiens, Eulalie. Un edre [un lierre] sore sen cheve [tête], Fragm. de Yalenc. p. 468. Il XI" s. E li plaiez [blessé] jurra sur saintz que.... Lois de f.uill. u. Sur un peron de marbre bloi [il] se culche, Ch. de Roi. n. Sur mei avez lumet fais jugement, ib. xxii. Sur tuz les altres ert Caries anguissus, ib. lxiii. Guarde [il regarde] suz destre parmi un val herbuz, ib. Lxxvui. [11] Tint Valeri et Envers sur le Rosne, ib. cxxi. Sur piez se dresse, mais il a grant dolur, ib. CLXiri. Il XII* s. Sur toute joie est celé couronée Que j'ai d'amor; Diex I i faudra! je dont? Couci, vi. Quant li loussignols jolis Chante seur la flor d'esté, ib. XII. Il XIII* s. Qui aloient jouant sur l'erbe qui verdie, Berte, u. Ne soufrez qu'enemi [le diable] ait sur moi poesté, ib. XLV. Et mandez secours, jour avoir et sour vie à perdre, et mandez que nus [nul] n'i demoure, Chr. de Rains, p. 75. Envie ne fine nule bore D'aucun blasme as gens mètre sore, la Rose, 268. Femme etforcier, si est quant aucuns prent à force carnele compaignie à feme conti-e le [la] volonté de le [la] feme et sor ce qu'elle fet tout son pooir de deflTendre soi, BEAUM. XXX, 7. U [Louis IX] vonoit au jardin de Paris, une cote de chamelot vestue, un mantel de cendal noir entour son col, moult bien pigné et sans coife,et unchapel de paon blanc sur sa teste, joiNV. )9». Mons Jehan de Waleri le preudome Tint au roy, et li dit que il looit [conseillait] que i-1 se traisist [retirât] à main destre sur le ilum, II). 226. Le commencement du sermon fu sur les gens de religion, ID. 288. X Rome sont les deux Maries Chier tenues et seigneuries Sur [chez] Théodore leur hostesse, Hist. des trois Maries, ms. p. 387, dans laCurnb. Qu'il les m'estuet sus mon gré obéir [qu'il me fautcontre mon gré leur obéir], DU CANGE, Gloss. français. || xv* s. On demande tailles sur tailles et aides sur aides, froiss. ii, m, 72. Et l'eust volontiers sauvé s'il l'eust pu, pour cause de pitié, car bien savoit qu'il estoit pris sur la teste, id. i, i, (34. Et fut encore cette trêve présentée et accordée sur cette condition que.... ro. I, I, <44. Je descendis à l'hostel de la Lune sur [chez] un escuyer du comte, lequel.... id. ii, III, 13. Si esoripvit devers le comte de Pierregnrd.... que ils fussent, sur un jour qu'il leur assigna, devant Auberoche, id. i, i, 227. Et fist reparer la ville et la forteresse tellement qu'elle n'avoit garde d'assaut que on y fist sur un mois ou deux, ID. I, I, 222. Si le laissa entrer dedans et ses gens d'armes, et vint contre lui sur la rue, m. i, I, 161. Et partirent par une poterne, et se mirent sur les chnmps pour eux sauver, id. i, i, 499. Tant il estoit courroucé sur ceux de Saint Amand, id. I, I, <38. Le bon jour du grand vendredy prescha le pape, devant les roys dessusdits, et exhorta grandement à prendre la croix sur les Sarrazins,
ID. 1, 1, 60. Jugement et arrest du parlement fut rsndu sur mesura da Craon, lequel fut condamné
à cent mille francs envers la royno de Naples et de Ilierusalem, m. liv.iv,p. 226, dans lacuhnb. Alexandre de Macédoine qui fut roy, sur douze ans, de tout le monde, id. liv. iv, p. 264. Princes, tel art fait à loer Dont li enfant scevent ouvrer Qui en sont maistres sur trois jours, B. desch. Poésies mss. f'.lH. Ils eurent moult à souffrir, pour ce que c'estoit sur l'yver, et qu'il ne fina de pleuvoir durant ce temps, al. ciiart. Charles VII. Très bien : et si ne voudrois pas Avoir sur moy de quoy payer, Pa(«{tn. Si ung prince n'est doué do ceste vertu sur toutes les autres, comm. vi, 3. Disant que le duc estendoit ses limites plus avant que le traicté ne portoit ; et sur cesto occasion alloient et venoient ambassadeurs de l'un à l'autre, id. m, 4. Et se mist sur la mer, craignant de lumber entre les mains du roy, id. ni, <<. Tenant ainsi ceste petite duché, il venoit de Hollande jusques auprès de Lyon, toujours sur luy [sans sortir do ses domaines], id. IV, (a. Il XVI* s. Sur le printemps de ma jeunesse folle. Je rcsscmblois l'arondelle qui vole, «arot, i, 2)6. Sur ce, mon nepveu, je pry Dieu qu'il vousdoint le bien que vous désire vostre.... MARG. Lett. 86. Mon nepveu, encore suis je sus bout [non accouchée], id. ib. 83. Avecques le secours que vous m'envoyriés, j'entrcprendrois bien sur ma vie, toute femme que je suis, de le garder [Charles Quint] de passer, id. tb. 4 27. Je voy bien que le temps n'a point eu victoire sur vostre mémoire, id. ib. 464. Les seigneurs de Carthage, voyants que leur pays se despeuploit peu à peu, feirent desfense expresse, sur peine de mort, que nul n'eusl plus à aller par là, mont. I, 30. Sur l'heure de sa fin, id. i, 4 8. Descharger ses passions sur.... ID. I, 20. Valerias dict que Ciceron, sur sa vieillesse, commencea à... id. n, 228. Ils avoient eleu sur eux Briandiere.... d'aub. Hist. n, 434. Hz défendirent, et ce sur peine de mort, que.... amyot , Solon, 44. Avec l'argent qu'il gaigna sur des huiles qu'il y vendit, id. ib. 4. Estant ja sur son aage, il disoit.... id. ib. 3. On dit que vous estimez la liberté et l'égalité sur toutes autres choses, id. Thém. 49. U alloit adjoustant prouesses sur prouesses, et amassant despouilles sur despouilles, id. Cor. 5. Aucuns disent que, sur ceste simple accusation verbale, Cyrus fut saisy au corps, id. Artax. 3. Il entra dedans le temple, là où s'estant caché, il fut pris sur le faict, ID. ib. 3. Hz se retirèrent à part en une petite chambre, et fermèrent les portes sur eulx, ID. Brutus, 42.
— ÉTYM. Wallon, sol, sor; bourguig. et norm. su; picard, seur, sus (prononcé su); Berry, sus (prononcé su) ; prov. sobre; esp. et portug. sobre; ital. sopra; du lat. super, supra (voy. super...).
2. SDR, UUE (sur, su-r'), adj. \\ 1* Qui a un goiit acide et aigre. Ce fruit est sur. L'oseille est sure. Il 2° Eau sure, préparation dans laquelle on met les cuirs pour les amollir. || Résidu des eaux mères dont on a tiré le sel. || Préparation d'où l'on a tiré l'amidon.
— HIST. xni* s. Et li lais [le lait] surs.... Fabl. édit. BARBAZAN, t. IV, p. 88. La perte de Bertain lui fu sure et amere, Berte, xcvin. Ne soiez vers les pauvres ne sure ne amere, ib. iv. || xv* s. Que nul ne puisse renouveller cervoises ne bierres qui soient sures, empirées ou mal brassées, Ordonn. févr. 4 495. J'ay autres fois ouy dire que dessoubs sure escorche gist le doulz miel, Perceforest, t. m, f» 39. Il XVI* s. Les pommes douces donneront du sidre pour la première table; et les aigres, qu'en Normandie on appelle sures, pour la seconde, dont toute la famille sera accommodée, o. de serres,
— ÉTYM. Wallon, seur; du germanique : suéd. «iJr, aigre; allem. sauer; angl. sour; comparez le celtique : gaél. et armor. sur , acide.
sOR, CRE (sur, su-r'; au xvi* s. on écrivait seur; mais Bèze remarque que l'usage s'était introduit de prononcer sur), adj. || 1° Qui compte fermement sur. Revenez tout couvert du sang de l'infidèle ; Allez : en cet état soyez siir de mon cœur, bac. Andr. iv, 3. Je vais chercher la solitude et la santé, bien plus siir de l'une que de l'autre, mais plus sûr encore de votre amitié, volt. Lett. d'Argental, 9 déc. 4 764. Je ne suis pas siir du lendemain.... id. Lett. Mme Denis, 48 janv. 4752. || Être siir de quelqu'un, pouvoir compter sur lui, être assuré qu'il ne nous manquera pas au besoin. Quand elle me proposa de quitter ma patrie, elle était déjà sûre de moi, uontesq. Ars. et Ism. || Sûr de soi-même, qui est assuré de ne pas faillir. Vivre dans un oavs fia Hollande] où les lois nous mettent
à couvert des volontés des hommes, etou, pour être siirs de tout, nous n'ayons qu'à être sûrs de nousmêmes, st-étheié. Œuv. t. Il, p. 22». H n'y a qu'une femme bien siire d'elle-même et do sa réputation qui ose tenir de pareils discours, font. Lett. gai. ii, 23. || i' Qui ne peut manquer d'avoir, d'obtenir. On n'eut point vu Kadame s'attirer la gloire avec une ardeur inquiète et précipitée ; elle l'eiit attendue sans impatience, comme sûre de la posséder, boss. Duch. d'Orl. On n'est jamais sûr de rien en ce monde, volt. Oreilles, 6. Quiconque en France avec éclat attire L'ceil du public, est sûr de la satire, id. Êptt. xxxv. Il attendait Bourbon, sûr de vaincre avec lui, id. Henr. iv. || Etre sûr de son fait, être certain de ce qu'on dit. || Être sûr de son fait, de son coup, avoir la certitude du succès de ce qu'on a entrepris. Don Joseph était si sûr de son fait.... lesage, BsI. Gonx. 44. Il Terme de musique. Être sûr de sa partie, la savoir de telle manière qu'on est sûr de la chanter ou de l'exécuter sans faire de faute. || Au jeu, être sûr de la partie, avoir fait sa partie de manière qu'on est certain de gagner. || Fig. et familièrement. Être sûr de sa partie, avoir si bien pris ses mesurss dans une affaire, que le succès en est certain. Il 3* En qui on peut avoir confiance. Sa place eût été donnée, si on eût pu la remplir d'un homme aussi sûr, boss. U Tellier. Sûre et secrète jusqu'au mystère. M"* decatlus, Soueem'rs,p. 437, dans POUOENS. M. Tronchin, banquier; c'est un homme sûr de toutes les manières, volt. Lett. d'Argental, 9 déc. 4 754. Je sais par expérience que c'est un ami sûr, d'alemb. Lett. à Voltaire, 24 août 4 752. H n'y avait là, me disait-on, que d'honnêtes gens, des gens sûrs, marmontel, Mém. VI. Il II se dit des choses dans un sens analogue. L'instinct est un guide sûr. Le songe est un tableau des passions humaines. Un confident peu sûr, un parleur indiscret, roth. Bilisaire, m, 4. Un homme d'une si grande capacité que M. le Tellier et d'une conduite si sûre dans les affaires, BOSS. U Tellier. Ne panions pas des vivants dont les vertus, non plus que les louanges, ne sont jamais sûres dans le variable état de cette vie, m. ib. M. de Turenne publiait de son côté qu'il agissait sans inquiétude, parce qu'il connaissait le prince et ses ordres toujours sûrs, id. Louis de Bourbon. Sans la crainte de Dieu toute probité humaine est fausse, ou du moins elle n'est pas sûre, mass. Pet. earéme, Fauss. de la gloire hum. || Main sûre, mains sûres, personne en qui on peut se fier. Vos papiers, vos titres sont en main sûre, en mains sûres. Mets en de sûres mains cette lettre cruelle, volt. Zaïre iv, 5. || Temps qui n'est pas sûr, temps sur lequel on ne peut compter, qui menace de devenir pluvieux. Ma canne, mon chapeau, mon parapluie ; le temps n'est pas sûr, picard, M. Musord, se. 48. Il 4* Qui sait d'une manière certaine. Je suis sûr de ce que je vous dis. Je suis sûr de l'avoir entendu. Je suis sûr que cela est. Qui fait exactement ce que ma loi commande, A pour moi, dit ce Dieu, l'amour que je demande : Faites-le donc ; et, sûr qu'il nous veut sauver tous. Ne vous alarmez point par quelques vains dégoûts, boil. Épit. XII. Il B° Qui ne se trompe pas. U tire d'un déserteur, d'un prisonnier, d'un passant ce qu'il veut dire, ce qu'il veut taire , ce qu'il sait, et même ce qu'il ne sait pas; tant il est sûr dans ses conséquences 1 iD. Louis de Bourbon. || Mémoire sûre, mémoire qui ne fait jamais défaut. || Avoir le goût sûr, apprécier parfaitement la qualité des mets, des vins. Il a surtout un palais sûr, qui no prend point le change, et il ne s'est jamais vu exposé à l'horrible inconvénient de manger un mauvais ragoût, LA BRUY. XI. Il Fig. Avoir le goût sûr, bien juger des ouvrages d'esprit. Il y a peu d'hommes dont l'esprit soit accompagné d'un goût sûr et d'une critique judicieuse, ID. 1. 1| On dit de même : avoir le jugement, le tact sûr. || Main sûre, main ferme dans ce qu'elle fait. Ce chirurgien a la main sûre. Et d'un dard lancé d'une main sûre, U lui fait dans le flanc une large blessure, rac. Phéd. v, 6. Ai-je la' main bien sûre? dit-il [Cambyse, qui venait de tuer d'un coup de (lèche le fils d'un de ses courtisans], rollin, Hist. anc. Œuv. t. n, p. »27, dans pougens. Non, non |6 mort], tu sais choisir; par instants sur la terre Tu peux sembler commettre, il est vrai, quelque erreur; Ta main n'est pas toujours bien sûre.... A. de musset. Poésies nouv. )3juill. Il Ce cheval a le pied sûr, la jambe sûre, il est sûr, il ne bronche jamais. |l Avoir le coup d'œil sûr, juger à la simple vue, d'une manière suffisamment exacte, l'étendue, la disUnce, le vo-
SÛR
lume, le poids, etc. || Fig. Coup d'oeil sûr, intelligence qui pénètre et saisit sans se tromper. Qui d'un vol plus hardi consultera les astres.... Et d'un songe équivoque envoyé par les dieux Lira d'un oBil plus sûr l'avis mystérieux? c. delav. Porto, II, î. Il 6° En parlant des lieux, à l'abri de tout danger, à l'épreuve de toute violence. Ce port est très-sùr. Tout beau, Flaminius, je n'y suis pas encore [à Rome]; La route en est mal sûre, atout considérer, corn. Nicom. iv, 4. Rien ne paraissait à la princesse Anne ni agréable, ni sûr que la solitude, Boss. Anne de Gonx. La mer la plus terrible et la plus orageuse Est plus sûre pour nous que cette cour trompeuse, rac. Esth. m, 4. || Il ne fait pas sûr en ce lieu-là, on n'y est pas à l'abri du danger. || Il ne fait pas sûr de...., on n'est pas à l'abri de péril en.... Mais savez-vous.... Qu'il ne fait pas bien sûr, à vous le trancher net. D'épouser une fille en dépit qu'elle en ait, mol. Femm. sav. v, f. || Mettre quelqu'un en lieu sûr, le mettre en un lieu où il n'a rien à craindre, i vous mettre en lieu sûr je m'offre pour conduite, Et veux accompagner jusqu'au bout votre fuite, MOL. Tart. V, O. || Mettre quelqu'un en lieu sûr, le tenir en lieu sûr, le mettre en prison ou du moins dans un lieu où l'on soit assuré de sa personne. Qu'on la tienne en lieu sûr, en attendant sa mère, corn. Iléracl. iv, î. Venez, ce n'est pas là que je vous logerai. Et votre gîte ailleurs est par moi préparé; Je prétends en lieu sûr mettre votre personne, mol. Éc. des fem. v, 4. Il 7° Il se dit de certaines choses dont on peut se servir sans danger. Cette échelle est sûre. || 8° Où l'on ait de la sécurité. Je suis affligée de cette cruelle néphrétique qui accable ce pauvre homme fLamoignon] à tout moment : point de jours sûrs, c'est un rabat-joie continuel, sév. 4 fcv. 1885. Il 9" Certain, dont on ne peut douter. Je vous donne cela pour sûr. L'affabilité est comme le caractère inséparable et la plus sûre marque de la grandeur, mass. Pet. carême, Human. des grands. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il ne tient qu'à lui d'être heLireux, dider. Sur le livre d'HclVL'lius. Il Familièrement. Bien sûr? c'est-àdire : est-ce chose certaine ? || L'affaire est sûre, le succès en est certain. 11 est à Paris, où il suit un procès important qui est presque sûr, mariv. Préj. vaincu, se. 4. || 10° Qui doit arriver infailliblement, ou que l'on prévoit devoir arriver nécessairement. Rien n'est si sûr que la mort, Sylla par politique a pris cette mesure. De montrer aux soldats l'impunité fort sûre, coh-n. Sertor. IV, 3. L'effort où mon devoir m'engage Ne peut plus me réduire à vous donner demain Ce qui vous était sûr, je veux dire ma main, m. Sur. II, 2. Il 11° Oui ne peut manquer de réussir, en parlant des choses. Je penserais comme vous si j'étais à votre place; cette manière de jurer est tort sûre, sÉv. 8 déc. <679. S'il fallait faire réussir une grande affaire, d'autres auraient choisi les moyens les plus éclatants, il [M. de Lamoignon] choisissait les plus sûrs et les plus utiles, fléch. Lamoign. De cette passion [l'amourj la sensible peinture Est pour aller au cœur la route la plus sûre, DOiL. Art p. m. || Aux jeux de cartes, avoir jeu sûr, avoir si beau jeu qu'il est impossible qu'on ne gagne pas. || Fig. et familièrement. Jouer à jeu sûr, être certain du succès des moyens qu'on emploie. || Fig. Parier à jeu sûr, à coup sûr, parier sur un fait dont on a la certitude. || Substantivement et absolument. Le plus sûr, le meilleur moyen. Le plus sûr est de ne pas s'y fier. Ne point mentir, être content du sien. C'est le plus sûr, LA FONT. Fabl. V, ). Vous prendrez votre temps avec prudence, et pour le plus sûr suivant mes intérêts, SÉV. à d'Uérigoyen, 20 juil. tatm. || 12° Qui produit ordinairement ou, par exagération, infailliblement, son ed'et. Un remède sûr. C'était un javelot toujours sûr de ses coups, la font. Filles de Minée. Inutile instrument contre la perfidie. Contre un poison trop sûr dont les mortels apprêts.... volt. Sémiram. i, 3. || Avoir un coup sûr à quelque jeu, à quelque exercice, avoir un coup presque immanquable. || 13° Pour sûr, Joe. adv. Certainement, infailliblement. Courte n'était, pour sûr, la kyrielle, la pont. Jfort confess. || 14° X coup sûr, Joe. adv. Immanquablement. Nous réus- .irons à coup sûr.
— REM. Pour se guider dans les sens divers de ce mot, on observera que, le sens étymologique étant «curuj, de n'n« cura, sans souci, l'acception primitive appartient aux personnes et est : qui compte fermement. De Ut se déduisent facilement.
quant aux perssnnes, les autres acceptions. Quant aux choses, la première acception est où l'on est sans inquiétude, en sûreté; celle-ci fournit ensuite les autres.
— HiST. xi* s. U par hostages vus velt faire soûrs, Ch. de Roi. xvi. Soûrs est Caries, ne crcnt hume vivant, ib. xl. || xn" s. X la curt s'en ala sainz Thomas 11 bon prestre, E prist les armes Deu, que seùrs peûst estre, Th. lemart.aa. || xiii" s. Car de très fin cuer [elle] l'aime [Dieu] de vrai et de seûr, Berte, xu. Ysengrin [le loup], qui grant fain endure. Se lieve à une nuit oscure. Quant toute gent se dort segure, Ren. 7425. || xiv* s. Tant est fortune plus grande, et elle est moins seure, ORESME, Éth. 229. || XV' S. Soyez seurs [veillez], et tenez vous sur vostre garde, froiss. ii, n, 68. Si croy bien qu'il y en eut de tels qui n'estoient pas bien à seur ; car coupables se sentoient, Bouciq. 11, 8. Il XVI* s. Et en feinte douceur Luy dit ainsi : vien ça, fais moi tout seur. Je te suppli, d'un tel crime et forfait, marot, i, 253. Dieu est ma garde seure. Ma haute tour et fondement, Sur lequel je m'asseure, id. iv, 306. De ses plumes te couvrira, Seur seras sous son esle, ib. iv, 305. Tout ce que l'on peult faire est de garder ceste ville, car tout à l'entour n'y faict point seur [il s'agit de peste], MARG. Lett. 97. Je suis seure que, mais que nous soyons eu vostre bonne compaignie, nous ne saurons plus avoir de mal, m. 16. Ainsin que je voulois commancer ceste lectre par ce sur messaiger, celé qu'il vous a pieu escripre est arrivée, m. ib. 38. Pour le plus seur, mont, i, 25. Je marche plus seur et plus ferme à mont qu'à val, id. i, (04. La plus seure assiette de nostre entendement et la plus heureuse, ce seroit celle.... id. ii, .iI8 Avoir les mains seures au bien de son maistre, et ne desrobber point, la boétie, 218.
— ÉTYM. Bourguig. et Berry, seur; provenç. jegur ; espagn. seguro; ital. si'curo; du lat. securus, de se, pour sine, sans, et cura, soin, souci.
t SURA, VOy. SURATE.
SURABONDAMMENT (su-ra-bon-da-man) , odi;.
Plus que suffisamment. Nous croyons qu'il [Jésus- Christ] a payé surabondamment tout ce que nous devions à son Père justement irrité contre nous, uoss. Réfut. cat. Ferry, Préambule.
— HIST. xrv* s. Superhabundamment , oresme. Thèse de meunier.
— ËTYM. Surabondant, et le suffixe ment; provenç. sobreaundoïomen ; cat. tobreabundantment ; espagn. sobreabundantemente ; ital. soprabbondantemente.
SURABONDANCE (su-ra-bon-dans'), t. /■. H 1° Trèsgrande abondance. J'ai vu Mme de Ludres; elle me vint aborder avec une surabondance d'amitié qui me surprit, sév. <•' avril 4671. Qu'avez-vous qui vous distingue des autres qu'une surabondance de péché? MASS. Carême, Fausse conf. La surabondance de la graisse les fait [les moutons] quelquefols mourir, et toujours elle empêche les brebis de produire, buff. Quadr. t. i, p. 230. En commençant cette seconde période, nous avons profité de la surabondance de nos forces sur nos besçins, pour nous porter hors de nous, j. j. rouss. Ém. in. La surabondance de la population dans une île doit déborder dans une autre, haynal, Hist. phil. xiii, 63. N'ayant point encore aimé, j'étais accablé d'une surabondance de vie, chateaubr. René. || 2° Terme de grammaire. Espèce d'épenthèse par laquelle on ajoute dans un mot quelque lettre qui ne doit pas y être. || 3° Par surabondance, en apportant ce qui n'est pas nécessaire, mais ne nuit pas. Ils diront que.... la famille du prêteur n'a découvert la source de sa richesse que par surabondance de droit, VOLT. PoJ. et lég. Probabil. en justice. Si je suis entré dans ces considérations philosophiques, ce n'est que par surabondance de preuves, bailly, Atlantide, p. 444.
— HIST. xiV s. La superhabundance et excès de labourer corporelment....corrumpent ouappeticent la force du corps.... oresme, £t/>. 36. ||xvi*s. Ils [les médecins] ordonnent aux athlètes les purgations et les saignées, pour leur soustraire cette superabondance de santé, mont, m, 97.
— ETYM. Surabondant; prov. sobrehabondarua ; espagn. sobreabundancia ; ital. soprabboruianxa.
SURABONDANT, ANTE (su-ra-bon-dan, dan-t'), adj. Il 1° Qui surabonde. Les effets de la bonté de Jésus-Christ sont surabondants et infinis, fléch. Sermons, Bon pasteur. {[Terme de minéralogie. Se dit d'une variété dans laquelle un des angles ou des bords subit deux décroissements, tandis que chacun des autres n'en subit qu'un seul. || S. m.
SUR
Ce qui est en surabondance. Tout 1« turabondant doit place au nécessaire; Remplis tous tes devoirs avec fidélité, corn. /mil. i, 4». Quelque supposition qu'on fasse, il faut toujours, en remontant de vendeur en vendeur, arriver à un premier qui ne vend et ne peut vendre que son surabondant, CONDILL. Comm. gouv. i, 5. || ï« Par extension, superflu. Ne dites rien de surabondant.
— HIST. xiu° s. Les nimphes plorent lor fontaines. Quant des flueves les trovent plaines Et sorabondans et covertes, Ja Rose, 48)64. ||xvi° s. Son afl'ection [de Mlle de Goumaj] vers moy, plus que surabondante, et telle en somme qu'il n'y a rien à souhaiter, mont, m, 73.
SURABO.VDER (su-ra-bon-dé ; écrit au xvf siècle surhabonder, mais avec Vh muette, Palsgrave, p. 4 9), V. n. Il 1° Être très-abondant. Un inconvénient plus considérable encore, c'est que certaines marchandises d'Europe surabondaient en quelques endroits, tandis qu'elles manquaient en d'autres, RAYNAL, Bist. phil. xin, 22. Il 2" Avoir en surabondance. D'où me vient cette foi dont mon cœur surabonde? lamart. Harm. 1, B. || Il se conjugue avec l'auxiliaire ot;otr.
— HIST. xui* s. Car s'en toi pechié habonda, Si grant grâce seurhabonda. Que blanche fut qui estoit noire, i. de meung, Tr. 905. || iiv° s. Et sont ces vices contraires, c'est assavoir prodigalité et illiberalité, et chacun d'iceux superhabunde et deffault, DHESME, Éth. 48. || xvi* s. Les superOuitez en habits qui superhabundent partout, dont dépend la pauvreté particulière, langue, 93. Il est nécessaire, pour produire ceste fièvre, que le sang surabonde dans les veines, paré, xx, 40.
— ÉTYM. Provenç. îobrondor ; espagn. sobrC' abundar ; ital. soprabbondare ; du lat. superabundate ; de tuper, sur, et obundore, abonder.
t SURACCABLER (su-ra-ka-blé), v. a. Accabler par surcroît. Après avoir tant perdu d'annies, et nouvellement l'affaire d'Espagne... qui l'avait suraccablé [le duc d'Orléans], st-sim. 25», 448
— ÊTY.M. Sur 4, etoccobJer.
t SURACHAT (su-ra-cha), ». m. Achat, audessus du cours légal, de monnaies d'or et d'argent pour les exporter ou les fondre. Et le détourner [le métal] de nos monnaies au moyen de billonnements, surachat et survente du marc d'or et d'argent. Déclarât. 29 oct. 4 640.
SURACHETÉ, ÉE (su-ra-che-té, tée), port, pasti de suracheter.
SURACHErER(su-ra-che-té),t). a. Il se conjugue comme acheter. Acheter une chose trop cher.
— ÉTYM. Sur 4, et acheter.
t SURACTIVITÉ (su-ra-ktivi-té), *. f. Terme de médecine. Activité d'un organe exagérée d'une manière continue ou accidentelle.
t SURADDITION (su-ra-di-sion), s. f. Action d'ajouter de nouveau à ce que l'on avait déjà ajouté ; ce que l'on ajoute de nouveau. Il est prouvé que les lames les plus antérieures s'ossifient, et que c'est par la suraddition de ces lames à l'os qu'il croît en tout sens, bonnet, Consid. corps org. Œuvr. t. V, p. 399, dans pougens.
t SURAFFINAGE (su-ra-fi-na-j'), ». m. Affinage poussé trop loin.
SURAIGU, UË (su-rè-gu, gue), adj. \\ 1° Terme de musique. Fort aigu. || Se dit de ce qui, dans chaque genre de voix, dépasse les notes aiguës ordinaires. Il Tétracorde des suraiguës, sixième tétracorde ajouté par Gui d'Arezzo dans le haut système des Grecs. || 2° Terme de médecine. Dont l'acuité est extrême. Inflammation suraiguë. Péritonite suraiguê.
— ÊTYM. Sur 4 , et otgu ; provenç. sobreagut SURAJOUTÉ, ÉE (su-ra-jou-té, tée), part, passé
de surajouter. Une femme surajoutée à celle qu'on a déjà ne peut être légitime, boss. Déf. Var. 4" dise. 60. Le mouvement est accidentel et surajouté à la nature des corps, fén. Bxist. i, 82. On entend par le mot instinct quelque chose de surajouté à ma raison, et qui produit un effet avantageux pour la conservation de mon être, FONTEN. Irtstinct.
SURAJOUTER (su-ra-jou-té), c. o. Ajouter à ce qui a déjà été ajouté. Le discernement du fondement d'avec ce qui a été surajouté, boss. Yar. 4 5.
— HIST. ivi* s. Suradjouster, cotobavs.
— ÊTYM. Sur 4, et ajouter.
t SURAL, AIE (su-ral, ra-l"), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au gras de la jambe.
— ÊTYM. Lat. luro, gras de la jambe.
SUR-ALLER (su-ra-lé), v. n. Terme de vénerie.
Se dit d'un limier ou d'un chien qui passe sur U
SUR
voie tans te rabattre el sans rien dire. || Il se conjugue avec le verbe é(r«. || Se sur-aller, revenir sur ses voies.
— REM. Pautex a observé justement qu'on ne voit pas pourquoi l'Académie met un tiret à surailer, sur-andouillcr et sur-arbitre, n'en mettant pas i surmonter, surabondance et surintendant.
— HlST. ivi* s. Il [un chien].... ne se rabattant que d'un costé, montre que ce sont hautes erres qu'il aura grand peine à dresser, ou que c'est de peur de suraller, selon ce qu'on lui a montré de jeunesse, Charles ix, D» la chasse, p. <»♦, dans
LACUnNE.
— ETYM. Sur >, et aller.
SUK-AN1)0UILLKR (su-ran-dou-Ué, 1{ mouillées,
et non sur-an-dou-yé), s. ?n. Terme de vénerie. AndouiUer plus grand que les autres, qui se trouve à la tête de quelques cerfs. ■
— ÈTVM. Sur*, et ondou»ii«r.
SURANNATION (su-ra-nna-sion), ». f. Cessation de l'effet d'un acte valable seulement pour un temps déterminé. |{ Fig. Cette suiannation, si on peut s'exprimer ainsi, qui accompagne les anciens usages, et qui les altère, comme la rouille les plus riches métaux, oaudin, Instit. Uém. se. mor. et pol. t. v, p. 48. || Lettres de surannalion, celles qu'on obtenait pour rendre la valeur à d'autres lettres qu'on avait laissées trop vieillir sans exécution ; le sceau perdait sa force au bout d'un an pour ce qui n'avait pas été exécuté dans cet csp.ice.
— Hisr. XVI' s. Nonobstant la surannation de six mois ou environ, Cmist. gén. t. n, p. 486.
— ETYM. Suranner; ital. superannazione.
SCRANXÉ, ÉE (su-ra-né, née), part, passé de
suranner. || 1* Qui ne peut plus avoir d'effet, en parlant d'actes publics pour lesquels on a laissé passer l'année, le temps au delà duquel ils ne peuvent avoir d'effet. Procuration surf mée. {| Concessions surannées, concessions qui , faute d'être enregistrées dans le temps prescrit, deviennent nulles. Il Houblons surannés, houblons qui ont plus d'un an, /ourn. offic. 6 nov. 1871, p. 4329, 2« col. Il 2° Fig. Vieux, hors de mode. 0:i aurait pu des fables surannées Ressusciter les diables et les dieux, GREssET, Ycr-vert, i. Il n'est point de pays. ... où les usages surannés subsistent plus généralement encore, stael, Allemagne, i, a. || 11 se dit des personnes. Venez, beau directeur, suranné damoiseau, MOL. Éc. des mar. ni, 6. Toutefois à la cour les turlupins restèrent.... D'un jeu de mots grossier partisans surannés, boil. Art p. ii. Une coquette surannée qui se couche après avoir laissé ses cheveux, ses sourcils et ses dents sur sa toilette, le- SAGE, Diable boit. m. Croyez-moi, madame, c'est un dangereux animal qu'une beauté surannée, CAMPisTRON, l'Amante amant, iv, t. Je sentais trop le ridicule des galants surannés, pour y tomber, j. J. Rouss. Conf. IX.
SURANNER (su-ra-né), V. n. || !• Avoir plus d'un an de date, en parlant des lettres de chancellerie, des passe-ports, elc. Laisser suranner un passeport. Il On dit plutôt maintenant : être périmé. Il %' Se suranner, v. réft. Etre suranné. Une prise de corps ne se suranné pas, de laubière.
— HlST. xiv s. Et ceux qui desdits grossiers auront achcpté celui [hareng] qui sera suranné [trop vieux en caque], il ne le pourront vendre qu'ils ne le disent estre tel, Ordonn. des rois de Fr. t. Il, p. 300. Il XVI" s. Encores que le commencement de cet af.aire fust suranné de plusieurs années, la dispute dura jusques en ce temps, DAUB. Hist. u, 88. Prise de corps ne se suranné point, et s'exécute nonobstant toutes appellations, LorsEL, 896. Difficilement se peuvent bien engraisser les bestes surannées, leur defaillans les dents pour paistre, o. de serres, 841.
— ÉTYM. .Sur I, et an.
t SURANTI.MONIATE(su-ran-ti-mo-ni-a-t'), s. m. ferme de chimie. Antimoniate avec excès d'acide ; on dit semblablement surchromate, etc.
SUR-ARBITRE (su-rar-bi-tr'), t. m. Arbitre choisi pour la décision d'une contestation sur laquelle les arbitres sont partages. Si le confesseur et le directeur ne conviennent point sur une règle de conduite, quel sera le tiers qu'un» femme prendra pour sur-arbitre? la brut. in. S'ils ne s'accordaient pas, on prendrait pour sur-arbitre le cardinal Bessarion, légat en France, ou tel autre dont les six arbitres conriendrajent, duclos, Œuvr. t. Il, p. 46). Il On dit plutAt présentement tiers arbitre. \\ Au plur. Des sui^arbitres.
— ÊTYM. Sur i, et arbitrt.
SUR
SURAHD (su-rar), adj. m. Voy. vinauirb. ,{ On dit aussi surat.
— ETYM. Ce mot se rattache à sureau ; des fleurs de sureau entrent dans la composition de ce vinaigre.
t SURATK (su-ra-t'), t. f. Nom des chapitres du Coran. || Voltaire a dit sura, au masculin : Il est dit dans le sura iv : Ne vous tuez pas vousmême, car Dieu est miséricordieux envers vous, Dict. phil. Caton et suicide.
— ETYM. Arabe, surot.
t SURATTENDRE (su-ra-tan-dr'), ». n. Il se conjugue comme attendre. Attendre trop. || Proverbe. Qui bien attend ne surattend, celui qui attend un bien, un avantage, ne perd pas son temps.
— HlST. xii* s. Après quarante meis li reis suratendi. Th. le mart. les. |{xv* s. Le suppliant el autres atoient tout bêlement, pour ce que ledit religieux estoit à pic, et ilz le surattendoient, uu GANGE, subexpectare. |l xvi* s. Us ne marchent que le pas pour surattendre leurs gens de pied, cak- Lont, VI, u.
t SURATTRIBUT (su-ra-tri-bu), I. m. Attribut d'attribut; nom proposé par Domergue et par Boinvilliers pour désigner l'adverbe, parce qu'il modifie la signification de l'attribut, comme dans : il parle lentement.
SURBAISSE, ÉE (sur-bè-sé, sée), part, passé de surbaisser. Terme d'architecture. Il se dit des voûtes dont la montée est inférieure à la moitié \ de l'ouverture. Nous le verrons toujours [le ciel] \ comme une voûte surbaissée, quoiqu'il n' y ait ! d'autre voûte que celle de notre atmosphère, ' laquelle n'est point surbaissée, volt. Dict. phil. \ Ciel matériel. One petite porte surbaissée conduit de la chambre principale à une chambre de moindre étendue, chateaubr. Itin. part. i. C'était une humble église au cintre surbaissé. L'église où nous entrâmes, v. hugo. Crépuscule, 33. || Terme de minéralogie. Se dit d'un cristal prismatique terminé par des sommets très-bas.
SURBAISSEMENT (sur-bê-so-man), s. m. Ter::ic d'architecture. Quantité dont une arcade est surbaissée. || Terme de marbrier. Seconde taille que l'on fait pour cintrer, élégir, dégager une moulure.
— ÊTYM. Surbaisser.
t SURBAISSER (sur-bè-sé), v. a. Terme d'architecture. Construire une voûte, un cintre qui soit surbaissé. On donnera au toit ou comble pour hauteur la moitié de la largeur du h&timent; si on le surbaisse jusqu'au tiers, il en sera mieux, OENUs, Uaison rust. t. i, p. 64, dans pougens.
— ETYM. Sur t, et baisser.
t SURBANDE (sur-ban-d'J, i. f. Nom donné, dans les platines d'armes à feu, au chemin qu'on peut faire parcourir au chien au delà de la position de l'armé. Ce chien a trop ou trop peu de surbande.
— ÉTYM. Sur t, et bande.
t SURBASIQUE (sur-ba-zi-k'j, adj. m. Terme de chimie. Se dit d'un sel avec excès de base au maximum.
t SURBAU (sur-bô), t. m. Terme de marine. Chacune des pièces de bois qui forment l'encadrement des écoutilles. Les hulots sont pratiqués en partie dans les panneaux des écoutilles et en partie dans les surbaux. j
t SURBONDINEUSE (sur-bon-di-neû-z*), ». f. En- , gin dans la filature des draps.
t SURBOUCHAGE (sur-bou-oha-j'), s. m. Action ' de boucher par-dessus un bouchon. Etain mince j pour surbouchage des vins el eaux gazeuses.
t SURBOUCHE (sur-bou-ch'), s.f. Terme de zoologie. Chaperon de la bouche des insectes.
t SURBOUT (sur-bou), s. m. Grosse pièce de { bois, tournant sur un pivot, qui reçoit divers assemblages de charpente pour des machines.
t SURCALCINÉ, ÉE (sur-kal-si-né, née), adj. Calciné au delà du degré nécessaire. Cette sorte de ponce a été surcalcinée et s'est réduite en poudre, bufp. Min. t. viii, p. ii\.
t SURCASE (sur-ka-z'), s. f. Terme de trictrac. Case où il y a plus de deux clames.
SURCENS (sur-san), s. m. Terme de jurisprudence féodale. Rente seigneuriale dont un héritage était chargé par-dessus le cens.
— HIST. xui* s. Si comme aucuns baille i sorcens à autrui ce qu'il tenoit à droi t cens d'autrui seigneur, beaum. ixiv, 20.
— ETYM. Sur t, et cens.
SURCHARGE (sur-char-j'), t.f.\\l' Nouvelle charge ajoutée à une autre. Prendre en surcharge. Ce cheval est assez chargé, il ne lui faut pas de surcharge. || S* U se dit des bagages excédant le
SUR
poids qui est alloui i chaque voyageur. Votre caisse pèse quarante kilogrammes; tous en avez dix de surcharge. Il 8* Terme de turf. Surplus de poids imposé aux chevaux qui ont déjà gagné des prix d'une certaine valeur. || 4* Surcroît d'imp6ls. Le peuple est désespéré entre la nécessité de payer de peur des exactions, et le danger de payer de peur des surcharges, MONTESQ. Eip. xiii, «h. |{ 5* Il se dit d'un excès d'humeurs dans le corps. Us [les phoques] ont une quantité de sang prodigieuse; et, comme ils ont aussi une grande surcharge de graisse, ils sont par cette raison d'une nature lourde et pesante, BUFK. ^uadrup. t. vi, p. 204. || 8' Fig. Ce qui est comparé à un poids inutile. Il n'y a point d'éloquence où il y a surcharge d'idées; el, sins éloquence, comment peut-on plaire longtemps T VOLT. Lett. Thiriul, 2» mars )738. H?" Fig. Surcroît de peines. Il avait de la peine à subsister, et pour surcharge il lui est venu deux enfants. ||8°ll se dit des mots écrits sur d'autres mots. Il y a dans cette lettre de change une surcharge. || 9* Terme de maçonnerie. Excès de charge donné à un plancher. || Surcroit d'épaisseur d'un enduit. || Surélévation d'un mur.
— HlST. xvi* s. Ce luy fut comme une surcharge de nouvelle frayeur, amyot, Mariut, 84. Qu'il [le peuple] n'est pas seulement tondu, mais qu'il est cscorclié par mille surcharges et uouveautez auparavant inconues, lanoue, <2.
— ÊTYM. Sur i, et charge.
SURCHARGÉ, ÉK (sur-char-jé, jée), por«. pasti de surcharger. || !• Qui a reçu une surcharge. Un cheval surchargé. || Par extension. Une famille surchargée d'enfants. || Fig. Onze lustres complets surchargés de trois ans, boil. Éptl. x. || 2° Qui est sous le poids d'impôts. Un peuple surchargé de taxes. Il 3° Qui a plus de travail qu'il ne peut faire. Nous n'avons pas le loisir de nous arrêter si longtemps sur une même chose , nous sommes surchargés d'affaires, sÉv. 4U8. Il est fort doux d'être occupé, mais il est dur d'être surchargé, volt. Lett. d'Argental, t" sept. 4760. || 4" Fig. Qui est encombré de choses inutiles. Si la mémoire, nourrie et exercée, est la source de toute imagination, cette même mémoire surchargée la fait périr, VOLT. Dict. phil. Imagination. || S* Sur quoi une surcharge d'écriture a été faite. Un mot surchargé. Il 6° Qui porte une nouvelle teinte sur une première teinte. Le dos est d'un roux surchargé de la même teinte de vert, buff. Ois. t. viii, p. 3S5. Il 7° Dans l'art des mines, on appelle fourneau surchargé, celui dans lequel le rayon de l'entonnoir est plus grand que la ligne de moindre résistance (plus courte distance du centre des poudres à la surface du sol).
SURCHARGER (sur-char-jé. Le g prend un « devant a et o), v. a. {| 1° Imposer une charge excessive, un trop grand fardeau. Surcharger un cheval, une voiture. || On dit aussi : surcharger un navire. || Fig. [La maison d'Autriche] où durant l'espace de quatre cents ans on ne trouve que des rois et des empereurs et une si jgrande aflluence de maisons royales, avec tant d'Etats et tant de royaumes, qu'on a prévu il y a longtemps qu'elle en serait surchargée, Boss. Mar.-Thér. \\ Par extension, se surcharger l'estomac, manger trop. Il 2* Fig. Charger d'impôts excessifs. Les peuples imputent aux conseils des ministres les impôts dont ils sont surchargés, la chapelle, Relation de Rocroi, dans RiciiELET. Il 3* Imposer une dépense de surcroît. Ahl dit-il, surchargerons-nous ainsi la respectable famille? vous voyez bien qu'elle veut tout nourrir, hommes et chevaux, j. j. Ronss. Ém. v Il 4' Fig. Encombrer d'un poids, d'une charge inutile. Si, en adorant un Dieu dont toute la loi consistait en ces paroles : Aimez Dieu et votre prochain, vous aviez surchargé cette loi pure et sainte de sophismes et de disputes incompréhensibles, VOLT. Pol. et lég. Tolérance, de la toi. unit). Les abeilles ont des bourdons; mais elles les tuent; les moines autrefois cultivaient la terre, aujourd'hui ils la surchargent, m. Facéties, Canon. SI Cucufin. Les nombreuses bibliothèques qui surchargent les palais des riches oisifs et la tête des savants, raynal, Hist. phil. xv, 4. L'or, les diamants et les perles ne surchargeaient point sa parure, genlis, Teill. du ehdt. t. i, p. 398, dans POUGENS. Il 6" Faire une surcharge dans l'écriture. Surcharger un acte. || 8* Se surcharger, v. réfl. Prendre sur soi une charge trop forte. Se surchar» ger de travail. || Se surcharger d'aliments, de nourriture, manger excessivement.
— HIfT, ZTI* S. L'esorit surchargé d'ennuv.
SUR
AMYOT, Marins, 88. Voians qu'ils no pouvoient garder l'artillerie, ils la surchargèrent de telle façon qu'elle creva entre les mains des Turcs, d'aub! Uùt. u, 200. Vos finances, surchargées depuis deux ans par vos dons de prfes de Toooooo de pensions extraordinaires.... des eslrangers à qui on permet de surcharger les daces [douanes] par leur inventions, ro. ib. u, 2)8. Son valet [d'Arislippe] se trouvant surchargé en chemin de l'argent qu'il portoit aprez luy, mont, ii, <24.
— ÊTYM. Sur I , et charger ; provenç. sobrecargar; espagn. sobrecarguar ; ital. sopraccaricare.
SURCHAUFFÉ, ÉK (sur-chô-fé, fée), port, passé de surchauffer. Acier surchauffé.
SURCHAUFFER (sur-chô-fé), V. a. \\i' Terme de forge. Donner trop de feu au fer, le brûler en partie. Il 2° Donner un excès de chaleur. Surchauffer la vapeur dans une cheminée à double enveloppe.
— try M. Sur i, et chauffer.
SURCUAUFFURE (sur-chô-fu-r'), ». f. Défaut de
l'acier, qui vient d'avoir trop souffert le feu, et qui le fait paraître pailleux et plein de petites veines noires.
t SURCHOIX (sur-choî), ». m. Ce qui est de première qualité. Les prix auxquels la régie prendra livraison desdits tabacs sont fixés ainsi qu'il suit, sauf une allocation de 40 fr. par <oo kil. pour les tabacs de surchoix, Cire, des conlr. indir. et tabacs, 4 7 juil. 486), n» 487. Il pourra être accordé, en outre des prix fixés, à titre d'encouragement de culture, «0 c. par k. de tabac pour les qualités dites surchoix. Loi 28 ot^'I )8)6, art. 492.
t SURCILIER, ËRE (sur-si-lié, liè-r'), ad}. Terme d'anatomie. Voy. sourcilier.
t SURCOMPENSÉ, ÉE (sur-kon-pan-sé, sée), od;. Qui est compensé et au delà. || Terme de minéralogie. Se dit d'une variété dans laquelle un des bords reste intact, tandis que deux autres subissent chacun deux décroissements.
SURCOMPOSÉ, ÉE (sur-kon-pô-zé, xée), adj. Il 1° Terme de grammaire. Temps surcomposé, ou, substantivement, un surcomposé, temps d'un verbe où l'auxiliaire owtr est employé deux fois, exemple : J'avais beaucoup d'affaires; quand je les ai eu terminées.... || 2° Terme de minéralogie. Se dit d'une variété dont la forme est composée d'un grand nombre de facettes qui résultent de diverses lois de décroissement. || 3' Terme de botanique. Feuille surcomposée, feuille dont le pétiole se divise en plusieurs pétioles secondaires, qui sont eux-mêmes divisés ou subdivisés. {| 4° Terme de chimie. Corps surcomposé, ou, substantivement, un surcomposé, corps résultant de la combinaison de corps composés. C'est non-seulement un composé, mais même un surcomposé, bufp. Min. t. m, p. 424 .
— ÉTYM. Sur 4, et composé.
^ \ SURCOMPOSITION (sur-kon-pô-zi-sion), t. f. État de ce qui est surcomposé. Le roman carlovingien de Guillaume au court nez avait offert un premier exemple de ce mode de composition, ou, pour mieux dire, de surcomposition épique, fau- BiEL, dans le Oict. de dochez.
t SURCOSTAL, ALE (sur-ko-stal, ste-l'), adj. Terme d'anatomie. Oui est sur les eûtes. || Muscles surcostaux , faisceaux musculaires au nombre de douze, étendus du sommet de l'apophyse trans verse d'une vertèbre au bord supérieur de la côte qui est au-dessous.
t SURCOUPE (sur-kou-p'), s. f. Action de surcouper. Résultat de cette action.
t SURCOUPER (sur-kou-pé), v. a. Terme de jeux de cartes. Couper avec un atout supérieur à celui qu'un autre a déjà employé.
t SURCROISSANCE (sur-kroi-san-s'), s. f. Action de surcroitrc.
— HIST. xvr s. Les asperges pressées ne sepourroicnt accroistre i l'aise, ains, s'opprimans par sur-croissance de rejetons, demeureroient toutes langoureuses, o. de serres, 537.
SURCROÎT (sur-kroî), s. m. || 1» Ce qui, ajouté à i|uclque chose, en accroît la force, le nombre, la quantité. Dans le temps que le porc revient à soi, l'archer Voit le long d'un sillon une perdrix marcher ; Surcroît chétif aux autres têtes, la font. Fabl. vm, 27. Il faut quelque surcroît de compagnie, mol. Préc. 4 2. Et voyant pour surcroît de douleur et de haine Parmi ses étendards porter l'aigle romaine, rac. Mithr. v, 4. Pour surcroît de malheur, l'eau même qu'on portait sur des chameaux . dans des peaux de bouc avait manqué, rollin IJitt. anc. Œuv. t. vi, p. 330. Surcroît de biens est rime d'un ménage, volt. Enf. prod. i, 4. Ce qui m'inquiétait le plus était mon compagnon de
SUR
voyage dont je ne voulais pas lui donner le surcroit, et dont je craignais de ne pouvoir me débarrasser, J. J. Rouss. Confess. ni. Vous aurez pour surcroît un frère qui radote, ghesset, Méchant, n, 3. || 2" Terme de dévotion. Œ^jivres de surcroît, œuvres pieuses accomplies en sus des obligations du chrétien. Elle ajoute même aux rigueurs de la loi des rigueurs de surcroît, mass. Carême, Jeûne. Abus assez ordinaire dans la vertu, oii l'on voit tant de personnes zélées pour les œuvres de surcroît, et tranquilles sur l'oubli continuel de leurs obligations les plus essentielles, id. Carême, Yérit. culte. Il 8° De surcroît, lac. adv. En plus. Les querelles, procès, faim, soif et maladie Troublent-ils pas assez le repos de la vie. Sans s'aller de surcroît aviser sottement De se faire un chagrin qui n'a nul fondement? mol. Sgan. 4 7. Que le prédicateur vienne à paraître : si la nature lui a donné une voix enrouée et un tour de visage bizarre.... si le hasard l'a encore barbouillé de surcroît.... PASC. Pens. III, 3, édit. havet.
— HlST. XIII' s. Se tu vels trover le sorcrois du cercle au quarré escrit dedens le cercle, Comput, f*48. ||xvi" s. Aventuriers qui tant jours comme nuyctz Ont prins sur moy la souppée et surcroys, J. MAROT, V, 236. Nous y aurons assez de besongne, sans autre surcroist, mont, i, 79.
— ÊTYM. Voy. surcroître.
SURCROÎTRE (sur-kroî-tr'), ti. n. Il se conjugue comme croître. || 1° Croître plus qu'il ne faut, s'élever au-dessus du niveau de la surface de la peau. Retrancher les chairs qui surcroissent. Il 8' F. a. Augmenter, accroître avec excès. Surcroître le prix d'une marchandise.
— HIST. IV* s. Gallehaut, dans son affliction, fut si longtemps sans vouloir boire ni manger, que la chair luy fust surcreue et pourrie aux deux parties de la bouche, Lancelot du lac, t. i, f" 4 65, dans lacurne. || xvr s. Osterla chair surcroissante n'est œuvre de nature, paré, xi, 8. La culture sera de houer ce nouveau plant.... ne souffrant qu'aucune herbe y surcroisse jamais, o. de serres, 4 64.
— KTYM. Sur 4, eterotire; provenç. sobrecreisser; espagn. sobrecrecer.
t SURCRC,UE (sur-kru, krue), part, passé de surcroître.
t SURCUISSON (sur-kui-son), s. f. Action de soumettre une substance déjà cuite à une température plus élevée encore. La surcuisson des chaux hydrauliques et des ciments accroît la cohésion des mortiers formés soit avec la chaux, soit avec les ciments surcuits, de Villeneuve, Acad. des se. Comptes rendus, 4 889, t. lxyiii, p. 370.
t SURCUIT, UITE (sur-kui, kui-t'), adj. Qui a subi la surcuisson.
t SURCULATION (sur-ku-la-sion), s. f. Terme de botanique. Synonyme de gemmation.
— ÊTYM. Lat. jurculuï, rejeton.
t SURCCLE (sur-ku-l'), ». m. Terme de botanique. Tige des mousses.
— ÊTYM. Lat. surculu», rejeton.
t SURCULEUX, EUSE (sur-ku-leû, leû-z'), adj. Terme de botanique. Qui donne des rejetons.
t SURDÀTRE (sur-dà-tr'), adj. Qui est légèrement sourd.
— HIST. XVI' s. Outre que les gens tirans sur l'âge sont surdastres, ils parlent fort haut, boucnET, Serées, liv. n, p. 224, dans lacurne.
— ÉTYM. Lat. jurdosler, dérivé de surdus, sourd.
t SURDÉCIME (sur-dé-si-m'), s. m. Décime imposé sur un autre décime. Nos décimes et surdécimes de guerre, horn, VÉconom. pol. av. les physiocr. xrv.
t SURDÉCOMPOSÉ, ÉE (sur-dé-kon-pô-zé, zéc), adj. Terme de botanique. Dont le pétiole se divise deux fois avant de porter des folioles.
SURDENT (sur-dan), ». f. \\ !• Dent qui vient hors de rang sur une autre ou entre deux autres. Il 2' Terme de vétérinaire. Dents plus longues que les autres, ôter les surdents à un cheval.
— HIST. xvi' s. On lime les dents quand elles poussent oultre les autres, et font desplaisir à mascher et à la personne, comme on voit aux sourdents. — On les arrache, quand elles sont forjetées hors de leur rang, qu'on appelle sourdent, paré, xv, 27.
— ÊTYM. Sur 4, et dent; provenç. sobrederU ; espagn. sobrediente; ital. »oproddente.
t SURDI-MUTITÉ (sur-di-mu-ti-té), t. f. Terme de médecine. Mutité par suite d'une surdité congénitale.
SURDITÉ (sur-di-té), ». f. Perte ou diminution
considérable du sens de l'ouïe. La surdité est fort
I incommode. Sa surdité augmente. || Fig. Et je vois
presque en tous un même aveuglement, le trouve presque en tous des surdités pareilles, corn. Imit. ni, 3. Le czar se dcgoiita enfin de notre surdité pour lui, et de notre indifférence, st-sim. 467, 4B2.
— HIST. ivi' s. Les grevures [infirmités] ont aussi parfois servi de recommandation et faveur : j'en ai veu la surdité en affectation, mont, iv, 32. D'où vient ce fascheux mal qu'on nomme surdité?
DU BBLLAT, VII, 70, rCCtO.
— ÊTYM. Berry, sourdeté; génev. sourdité; di lat. »urdt(a(em, de îurdus, sourd.
t SURDON (sur-don), ». m. Terme de commerce. Korfait facultatif pour l'acheteur, à raison d'avaries ou mouillures accidentelles, Suppl. de 4 866 au Code gén. des lois françaises, note 2, p. 44. Sauf les exceptions portées au tableau ci-après, il n'est accordé ni dons, ni surdons, ni tolérances, Tableau annexé à la loi du 4 3 juin 4 868, conurnant les us. commerciaux, § viii, des régi. gén.
— ÊTYM. Sur 4, et don.
SURDORÉ, ÉE (sur-do-ré, rée), part, passé dn
surdorer. Les lingots dorés, du poids de 42 à 48 marcs, payeront, pour l'or qui peut y entrer, 3 livres seulement pour chaque lingot, sans distinction du surdoré ou commun. Arrêt, du cons. d'État,
22 sept. 4678.
SURDOUER (sur-do-ré), v. a. Dorer doublement, solidement, ii Fig. Cette aventure d'Egypte change à la fois la fortune et le génie de Napoléon, en surdorant ce génie, déjà trop éclatant, d'un rayon du soleil qui frappa la colonne de nuée et de feu,
CHATEAUBR. Mém. t. V, p. 293.
— HIST. XIV s. Couvercle d'argent surdoré et esmaillé, de la borde. Émaux, p. 504.
— ÊTYM. Sur 4, et dorer /provenç. »ubredourar ; espagn. tobredoror.
t SURDORDRE (sur-do-ru-r'), ». f. Action de surdorer.
— HIST. ivi' s. Surdoreure, cotgrave.
SURDOS (sur-dô), s. m. Terme de sellier. Pièce du
harnachement placée sur le dos des chevaux de trait.
— ÉTYM. Sur 4 , et dos.
SUREAU (su-rô), s. m. Genre de plantes, la plupart arbustives, qui appartient à la famille des caprifoliacées, où l'espèce appelée ordinairement sureau est le sambucus nigra, L. \\ Sureau d'eau ou aquatique, viorne obier
— HIST. xiv s. Suraut, du cange, »anibussus. Il XVI' s. Prenez huile de suzeau, en laquelle ferez infuser des fourmis, paré, xviii, 43. Le sureau, pour sa grosse moële, s'enracine très facilementde branche, o. DESERRES, 501. La racine du petitsureau, en latin ebuJus [hièble], id. 952. Le suzeau, rab. iv, 62.
— F.TYM. Le lat. est sombucu», donnant le prov. sambuc, le portug. sabugo et l'ital. sombuco. Mais à côté est sabUcus, qui a donné régulièrement l'ancien français seû. Les patois y concordent : Berry, seû, seue, suis, suyau; wallon, satce, sawon, sahon; namur. «eusse; picard, s^u; poitou, seu; génev. saû, saiu; vaudois, suou, sahu, sou ; Franche-Comté, sotwu, seu; normand et Maine, seur. Comment les patois ont-ils de seu fait seur, par l'addition d'une r, on ne le sait; mais le fait est là. De seur il a été facile de passer au diminutif sureau ; on y a passé dès le xiv siècle. Quant à la forme suîeou du xvi' siècle, elle est due au vice de prononciation qui, chez les Parisiens, au xv* et au xvr siècles, changeait l'r en t (voy. chaise).
t SUREAUTIER (su-rô-tié), ». m. Espèce de champignon.
t SUfiËDIFIER (sur-é-di-fi-é), v. a. Edifier pardessus.
— HIST. XVI' S. Ce qui auroit esté suredifié au dessus de huict pieds par l'un desdits voisins.... Cowst. gétiér. t. ii, p. 4ii28.
fSURÉGALISAGE (sur-é-ga-li-za-j'), s. m. Action de surégaliser.
t SURÊGALISER (»ur-é-ga-li-zé), v. a. Faire passer la poudre au surégalisoir.
t SURÉGALISOIR (sur-é-ga-li-zoir),s. m. Crible en peau, employé, dans les poudreries, pour séparer la poudre des grains trop gros.
t SURÉLÉVATION (sur-é- lé-va-sion), ». f. ||1" Termede maçonnerie. Construction faite après coup. Il 2' Augmentation. Prévenir leur surélévation excessive [des prix], hosm, l'Écon. polit, av. les physiocr. a.
f SURÉLEVER (sur-é-le-vé) , C. O. Il se conjugue comme teeer. || 1' Élever en sus.'Pour le service supérieur des eaux à Lyon, il faut surélever de BB mètres les eaux du moyen service, ch. dupiN, Acad. des se. Comptes rendus, t. liv, p. 40«4. 112» Terme de maçonnerie. Faire une surélévation.
SUR
SUR
SUR
Surélever une maison d'un étage. || Voûte surélevée, voûte dont la montée est plus grande que la moitié de l'ouverture. || 3° Rendre d'un prix plus élevé. Surélever un peu les tarifs, thiers, Corps législatif, Joum. offic. 27 jauv. 4 870.
1 SURELLK ou SUKETTE (su-rè-l', ou su-ri-t'), I. f. Nom donné à différentes plantes d'un goût acide, et, spécialement, à Voxalis acetoselia (voy.
ALLÉLUU).
— ÊTYM. Dimin. de sur i ; norm. sureUe, oseille, d'où l'angl. sorrel.
t SURÉMARGINÉ, ÊE(su-ré-mar-ji-né, née), adj. Terme de minéralogie. Se dit d'une variété dont les bords, moins deux opposés entre eux, sont remplacés chacun par une facette, en même temps que les deux autres le sont chacun par deux facettes.
— ÊTYM. Sur (, et émarginé.
SIIUE.MENT (su-re-man), adv. || 1' Avec sûreté, en sûreté, en assurance. Et qui fait bien à tous peut dormir sûrement, rotb. Bélis. m, 7. || 2* D'une manière qui ne manque pas son coup. Moins l'amour outragé fait voir d'emportement, Plus, quand le coup approche, il frappe sûrement, th. cohn. Ariane, iv, 3. Le prince est comme un aigle qu'on voit toujours tomber si sûrement sur sa proie, qu'on ne peut éviter ses ongles non plus que ses yeux, Boss. Louis de Bourbon. || 3° D'une manière certaine. L'avarice, dit saint Paul, est la racine de tous les maux; en effet les richesses sont un moyen d'avoir presque sûrement tout ce qu'on désire, boss. la Yallière. Philinte : Madame, je crains bien de vous importuner. — Lisette . Cet homme a sûrement le don de deviner, destouch. Glor. II, 5.
— HIST. xi* s. Passez les porz trestout soOrement, Ch. de Roi. lxi. ||xiii* s. Bêle, qui estesvous? dites seûrement, Berte, XLVii. Et pour ce peut-on dire tout sourcment que qui nostre sire [Dieu] veut aider, mauvais hom ne li peut nuire, viLLEii. Lxxxiv. Il xvi" s. Ils tirent seûrement de leurs arcs en nageant, mont, i, <42.
— ÊTYM. Sûre, et le suffixe ment; provenç. segurament; esp. seguramente; ital.' ricuramenlc.
SUKËMINENT, ENTE (su-ré-mi-nan, nan-t'), adj. Émi lient au suprême degré. La suréminente vertu que l'api^tre [saint Paul] reconnaît dans ceux qui croient, boss. Avert. sur le livre reflet, mot. v. Pour élever sa perfection [de sainte Thérèse] à l'étal glorieux et suréminent que votre providence a marqué pour elle, m. Panég. Ste Thérèse, 2. La science du salut, science suréminente, bourdal. rens . t. III, p. 228.
— ÊTYM. Sur i, eiéminent.
t SURÉMISSION (su-ré-mi-sion), ». f. jimission exagérée de billets, d'assignats, etc. Ce qui est imputable à cette monnaie [le papier], c'est l'élévation des prix et la dépréciation du signe monétaire, à titre de crise et comme conséquence des surémissions, dupont-whiïb, dans le Correspondant, 2f> sept. (860, p. 483.
t SL'RÉNA (su-ré-na), s. m. Titre des généraux parthes. Suréna n'est point un nom propre, c'est un titre d'honneur, un nom de dignité; le suréna des Parthes était l'ethmadoulet des Persans d'aujourd'hui, le grand visir des Turcs, volt. Comment, sur Corn. Préface de Suréna.
SURENCHÈRE ( su-ran-chè-r' ), t. f. Enchère qu'on fait au-dessus d'une autre enchère.
— ETYM. Sur I, et enchère.
SURENCHÉRIR (su-ran-ch4-rir), v. n. Faire une
surenchère. On a un délai pour surenchérir.
t SURENCHÉRISSEMENT (su-ran-ché-ri-se-mau), ». m. Enchérissemcnt ajouté à un enchérissement. la crainte de la cherté ifait enchérir le blé, et renchérissement engendre fatalement le surenchérissement, HORN, l'Écon. pol. av. les physiocr. a.
t SURENCHÉRISSEUR (su-ran-ché-ri-seur), ». m. Celui qui fait une surenchère.
t SURENVELOPPE (su-ran-ve-lo-p'), ». f. Enveloppe qu'on met par-dessus une autre enveloppe. L'un de ces paquets est avec une surenveloppe à M. le duc de Praslin , volt. Lett. d'Argental ta sept. 1708.
t SURÉPINEUX, EUSE (su-ré-pi-neù , neû-z"), adj. Terme d'anatomie. Qui est au-dessus de l'épine de l'omoplate. Fosse surépineuse. || Muscle surépineux, ou, substantivement, le surépineux, muscle qui occupe la fosse surépineuse. || Il se dit aussi des .îpophyses épineuses dos verlèbres. Ligament surépineux dorso-lombaire. Ligament surépineux cervical.
SURÉROGAT10N(su-ri-ro-ga-sion; envers, de •il syllabes), ». f. || 1» Ce qui est au delà de ce
PICT. DS LA ^4IlaU8 FRANÇAISE.
qui est dû, commandé. Non-seulement il a fait ce iiu'il a promis, mais par surérogation il a fait enencore telle chose. Ma fortune... s'est-elle tournée de manière à bien encourager à me faire des biens de surérogation? ch. de sév. dans sév. t. x, p. tus, édit. RÉGNIER. Vous avez fait une belle œuvre de surérogation, en remettant votre place do juge de la caisse d'amortissement, volt. Lett. Mignot, 24 juin <774.||2° Terme de dévotion. Ce qu'on fait de bien au delà de ce qu'on est obligé de faire, comme chrétien ou comme membre d'un ordre religieux. Laisser le précepte et ce qui est d'obligation pour s'attacher au conseil et à ce qui est de surérogation, bourdal. Sévérité évang. 2* averti, p. «48. Pécheur, esclave, enfant, tout cela, dit Zenon de Vérone , c'étaient les surérogations infinies de l'adorable mystère d'un Dieu incarné, ID. Ilyst. Passion de J. C, t. i, p. 298.
— REM. Balzac disait, comme au xvi* siècle, superérogation : Ce sont bien, à vrai dire, des œuvres de superérogation, liv. vu, lett. <2.
— HIST. xvi* s. Que les fautes sont compensées par œuvres de superérogation, calv. Instil. 6<;i. Je recevrois à faveur qu'on ne desirast en moy que tels effects de superérogation; mais ils sont injustes d'exiger ce que je lie dois pas, mont, i, <97.
— ETYM. Lat. supererogare, donner en sus, de super, el erogare, qui lui-même est fait de e, et rogare (voy. rogations).
SURÉROGATOIRE (su-ré-ro-ga-toi-r'), adj. Qui est au delà de ce qu'on est obligé de faire. Action, œuvre surérogatoire.
— HIST. XVI* s. Voila les œuvres méritoires Des œuvres surerogatoires, d'adb. Con^. append.
— ÊTYM. Vuy. SUllEROGATION.
+ SURÉROGATOIUEMENT (su-ré-ro-ga-toi-reman), adv. D'une manière surérogatoire. Passages que j'avais déjà rassemblés et que, par ce motif, j'ai négligé de rappeler surérogatoirement une fois de plus, d'avezac. Note sur une Mappemonde turque, Paris, 4886, p. 69.
t SURESTARIE (su-rè-sta-rie), ». f. Terme de marine. Excès de séjour d'un navire en un lieu de chargement. Tous les navires, sans exception, après êtr» restés le temps fixé pour être chargés, ont eu à faire, en sus, de 30 à 60 jours de surestaries, afin d'avoir leur plein chargement ; ces surestaries sont jusqu'ici à raison de Bo centimes de jauge, Joum. officiel, asept. (869, p. H99, 6* col.
— ÊTYM. Espagn. sobrestaria, de sobrestar, rester, de sobre, sur, et estar, se tenir.
t SURESTIMATION (su-rè-sli-ma-sion), ». f. Action de surestimer. La surestimation du métal précieux, horn, VÉcon. pol. av. les physiocr. iv.
t SURESTIMER (su-rè-sti-mé), v. a. Estimer audelà de la valeur.
— HIST. XVI' s. Entre ceux qui à son gré se signalèrent en cest affaire, nous ne lui avons oui surestimer [distinguer] que le duc de la Trimouille, d'aub. Hist. III, 3B4.
SURET, ETE (su-rè, rè-t'), adj. Un peu sur. Un fruit suret. Une pomme surète.
— REM. Puisque l'Académie double le ( pour le féminin dans duret, durette, diminutif de dur, il aurait mieux valu ne pas ajouter une exception aux six qui existent (complet, concret, discret, inquiet, replet, secret, et leurs composés incomplet, indiscret). Si ces mots-là ne doublent pas le ( au féminin, ils ont du moins pour eux une raison d'étymologie, pautex.
— HIST. XVI' s. Dès la première veue il connoissoit fort bien un gentil-homme, et au sentir mesme ; car il vouloit qu'un vrai noble eust un peu l'eseille [aisselle] surette, et les pieds fumants, d'aub. Fxn. IV, 7.
— ÊTYM. Dim. de sur 2.
sDretÉ (su-re-té ; Bèze, au xvi* s., remarque que, bien qu'on écrivît seurté, on prononçait sûreté), ». f. Il 1* Caractère de celui sur qui l'on peut compter. lit sûreté qu'on trouvait en Madame, que son esprit rendait si propre aux grandes affaires, lui fai sait confier les plus importantes, Boss. Duc/». d'OW. Elle était surtout d'une telle sûreté dans le commerce, d'une telle fidélité dans la société, que ses ennemis même n'avaient pas besoin de se cacher d'elle, I. 1. Rouss. Confess. ix. Elle trouvait dcins Mme Scarron une sûreté parfaite et d'excellents conseils, genus, Mme de Maintenon, t. i, p. 8, dans rouGENS. || Terme de chasse. Les chiens chassent en sûreté, lorsqu'ils suivent la même voie, le nez collé à terre, et crient également. || 2- État de celui qui n'a rien à craindre pour sa personne ou pour sa fortune. Vous devez un exemule à la pos-
térité. Et mon trépas importe à votre sûreté, corn. Cinna, v, t. Hais, au moins, y a-t-il sûreté ici pour moi T mol. Prée. *o. [Dans le combat] il [Condé] commande et il agit tout ensemble, et tout marche en concours et en sûreté, boss. Lout» d« Bourbon. Le prince par son campament avait mis en sûreté non-seulement toute notre frontière et toutes nos places, mais encor« tous nos soldats, m. ib. Laissez mourir un fat dans son obscurité; Un auteur ne peut-il pourrir en sûreté? boil. Sat. ix. Je vous sacrifiais mon rang, ma sûreté, rac. Iphig. iv, 4. La vraie sûreté [d'un roi] est de ne faire que du bien, et d'intéresser le monde entier i sa conservation, F-KN. Dial. des morts anc. dial. 39. Le bon roi Sésostris était en sûreté au milieu delà foule des peuples, comme un bon père dans sa maison, environné de sa famille, id. Tél. m. Idoménée nous a contraints de l'attaquer; nous ne demandions que la paix.... mais nous ne pouvions plus trouver aucune sûreté avec lui, id. ib. x. Nos voisins, à peine autrefois en sûreté dans leurs places les plus reculées, semblent déjà méditer la conquête de nos provinces, mass. Carême, Motifs de conwrt. Comment concilier la sûreté de l'État avec la sûreté de la personne? montesq. Ssp. v, 44. Laissez faire, lui dit le roi [Frédéric II, à la Hettrie], on presse l'orange [Voltaire], et on la jette quand on a avalé le jus.... je résolus de mettre en sûreté les pelures de l'orange, volt. Mém. Voltaire. || Faire sa sûreté, se mettre en sûreté. M'étant faitceteffort, j'ai fait ma sûreté, corn. Poly. v, 4. || En sûreté de conscience, sans que la conscience soit blessée. On peut [d'après les casuistes] tuer les médisants en sûreté de conscience, pasc. Prov. vn. Il Fig. En sûreté de, dans la sûreté de, à l'abri de. Je ciuindrais l'avarice, qui est ma bête; mais je suis bien en sûreté de cette vilaine passion, sSr. 24 juin. 4 689. Nous revînmes gaiement à la faveur des lanternes et dans la sûreté des voleurs, ID. 4 déc. 4 673. Il Verrou, serrure de sûreté, verrou, serrure difficile à ouvrir ou à forcer. || Soupape de sûreté , voy. soupapb. || 8* Ce qui fait la sûreté. Ahl ma fille, quelle sûreté pour ma santé, quand la vêtre prend le chemin de se rétablir I SÉV. 44 juin 4677. Ma maison cependant est votre sûreté; Jouissez-y des droits de l'hospitalité, volt. Brut, i, 2. On n'a jamais trop de sûreté sur ce qui intéresse vivement le cœur, u" de tencin, Œuv. t. in, p. 498, dans pougens. || Lieu de sûreté, un lieu oii l'on n'a rien à craindre. Le bois le plus funeste et le moins fréquenté Est au prix de Paris im lieu de sûreté, boil. Sat. vi II n'est temple si saint, des anges respecté. Qui soit contre sa muse un lieu de sûreté [où il n'assaille les gens pour leur lire ses vers], m. Art p. iv. || Mettre quelqu'un en lieu de sûreté, le mettre en un lieu ou il n'ait rien à craindre. |1 Mettre quelqu'un en lieu de sûreté, signifie aussi le mettre en lieu d'où il ne puisse s'échapper, en prison. Mettons-la cependant en lieu de sûreté, corn. Yeuve, iv, 7. ||4° Sécurité. Et c'est cette tranquillité Dont je ne puis souffrir l'indigne sûreté, rac. Alex, in, 4 . || 6* Mesure de précaution. Deux sûretés valent mieux qu'une. Et le trop en cela ne fut jamais perdu, la font. fo6J.iv, 4 5. Contre cet accident j'ai pris mes sûretés, mol. Éc. des fem. i, 4. Songe à bien prendre tes sûretés avec lui, id. Fourber. ii, 40. M. de Vaubana augmenté toutes les précautions et toutes les sûretés qu'il a accoutume de prendre pour la conservation des assiégeants, sÉv. 468. || 6* Il se dit quelquefois pour assurance, certitude. Mais sous le ciel tout change, et les plus valeureux N'ont jamais sûreté d'être toujours heureux, corn. Sur. m, 2. Léontine : Mon témoignage seul peut-il en décider? — Martian : Quelle autre sûreté pourrions-nous demander? id. Héracl. v, 8. || 7° Caution, garantie. Le bon abbé est fort surpris qu'on ne trouve pas de sûreté à la dette que vous avez si bien et si honnêtement mise devant la vôtre, sév. 28 janv. 4 685. Sa réception [de la sœur Berin] dans une des maisons ne dépend point de la réserve de ses droits, mais de moi uniquement : je lui donnerai toutes les sûretés qu'elle pourra désirer, boss. l.ett. relig. 27. Il fallait leur offrir [aux Dauniens] toutes les sûretés qu'ils auraient demandées, et établir des peines rigoureuses contre ceux de vos sujets qui auraient manqué k l'alliance, féN. Tél.x. Le juge faisait donner sûreté de l'appelant qu'il soutiendrait son appel, MONTESQ. Esp. xxviii, 27. Un de ses amis lui voulut un jour emprunter de l'argent avec de bonnes sûretés i.-J. rousseau Confets. v. Ce prince, au lieu
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do venir trouver le rOi, lui fit demandur des sûretés, DUCios, (Eut), t. n, p. 233. Il Places do sûreté, places qu'un État donne ou retient pour la sûreté de l'eiécution d'un traité. || 8° Fermeté du pied pour marcher, de la main pour écrire, pour faire une opération chirurgicale, etc. La sûreté du pied du mulet. Il a une grande sûreté de main. La sûreté de la main est nécessaire à un chirurgien. || Fjg. Sûreté de tact, de coup d'oeil, de goût, de méaoire. || Proverbe. La méfiance est la mère de sûreté, ou méfiance est mère de sûreté. 11 était expérimenté. Et savait que la méfiance Est mère de la sûreté, la font. Fabl. m, ta.
— IIIST. xn" s. ...Car m'otroiez por Dé [pour Dieu] Undouz regart... Si atendrai en celé seûrté Joie d'amours... Couci, xiv. Hxiii* s. Sire, fis-je, or m'entendes : Ne sai por quoi vous demandés Pleigcs [gages| de moi, ne seûrtés, la Hose, 1989. Et se li oir qui sont ne voelent fore bone seurté de rendre le [la] droite partie à cix qui naistront... beaum. xx, 4. Il demandèrent au conseil le royquel seurté il donroicnt par quoi il reussent Damiete, joinv. 237. 11 XV* s. Et selon l'amoureuse loy. De nos deux vouloirs, pour seurté, Fist une seule voulenté, en. d'orl. Bail. 30. Et luy escripvit ledit duc une lettre de sa main portant seurté d'aller et retourner bien ample, comm. ii, 5. S'enfuyt où il pensoit estre à seureté, id. ii, I3. || ïvi* s. Je vous asseure que vos lettres m'ont donné beaucoup de plaisir de m'avoir donné seurté de la bonne santé du roy, MARG. Lett. 68. Pendant le parlement, et qu'ils musoient sur leurs seuretez... mont, i, 27. Je m'estois chargé de crainte [en portant de l'argent], tantost de la seurté des chemins. ..id.i,3(6. Qui n'aseureté n'a nul bien, leroux de lincy, Prov. t. ii, p. 398.
— ÉTVM. Bourg, seuretai, seurtai; provcnç. segnrtat; espagn. seguridad; ilal. sicurtà; du lat. securitatem, de seciirus, sûr.
t SURETIÈRE (su-re-tiè-r'), s. m. Nom donné dans le pays d'Avranches aux pépinières de pommiers. On a le lait de chaux, dont il faut toujours laver le tronc des jeunes pommiers, même dans la suretière ou pépinière, le journal l'Àvranchin, 22 mars 1868.
— ÉTYM. Suret (vo^ . ce mot) : le sujet qui porte des pommes sûretés.
t SUREXCITA BILITÉ (su-rè-ksi-ta-bi-li-té), s. f. Terme de médecine. Disposition à la surexcitation.
t SUREXCITABLE (su-rè-ksi-ta-bl'), adj. Susceptible d'être surexcité.
SUREXCITATION' (su-rè-ksi-ta-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. Terme de physiologie. Augmentation de l'énergie vitale dans un tissu, dans un organe.
t SUREXCITER (su-rè-ksi-té), v. a. Causer une surexcitation.
t SUREXUALATION (su-rè-gza-la-sion), s. f. Terme de médecine. Exhalation excessive. Il y a surexhalation de sueur dans la suette, de sérosité dans l'ascite et l'anasarque, legoarant.
f SUREXTENSION (su-rèk-stan-sion), s. f. Terme de grammaire. Sorte d'épenthèse par laquelle on ajoute dans un mot quelque voyelle qui ne doit pas y être.
t SURF (surf), j. m. Ver marin dont se nourrissent les harengs.
SURFACE (sur-fa-s'), s. f. \\ 1° Extérieur, dehors d'un corps. Toute la surface du corps. Je ne crois pas qu'on puisse blâmer ceux qui se servent indifféremment de superficie et de surface en toutes manières; surface, comme plus nouveau, paraît seulement un peu plus à la mode, vaugël. Nouv. em. Observ. deJf***p. 2<8, dauspouoiiNS. Quelque négalité qui paraisse dans le cours des rivières qui arrosent la surface de la terre, elles ont toutes cela de commun qu'elles viennent d'une petite origine, Boss. Gornay. Il apparaît do temps en temps, sur la surface de la terre, des hommes rares, exquis, qui brillent par leurs vertus, et dont les qualités éminentes jettent un éclat prodigieux, LA BRUY. n. Les oeufs de poissons qui flottent souvent par bancs à la surface de la mer, buff. Ois. t. xin, p. 359. Tandis que toute la surface du globe n'était, pour ainsi dire, qu'un archipel général, ID. ♦• ép. noi. ŒuOT. t. xn, p. 189. La surface totale du globe qui en contient vingt-cinq millions [de lieues carrées], id. llist. nat. preuv. th. terre, Œuvr. t. i, p. 302. Mystérieux abîme où l'esprit se confond I A quelques pieds sous terre un silence profond, El tant de bruit à la surface 1 v. iiugo, Feuilles d'aut. iv. || Fig. Présenter peu de surface, être pou exposé aux coups, aux attaques, en raison d'une situation petite. L'abbé Girard, plus
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heureux que beaucoup d'autres philosophes aussi peu coupables, mais plus illustres et plus enviés, eut l'avantage d'échapper à la haine, par le peu de surface qu'il présentait à ses coups, d'alemb. Êlog. Gtrord. Il Fig. Ressources capables de couvrir une responsabilité. Quelquefois c'est un homme ne présentant aucune surface sociale qui devient concessionnaire.... c'est peut-être un homme qui ne possède pas un sou au monde, berryeb, Moniteur, 12 avr. 1887, p. 44 1, 3«col. || 2* Terme do géométrie. Ce qui circonscrit les corps; cet élément de l'étendue est d'abord conçu par l'esprit comme ayant en tous ses points une certaine épaisseur; si l'on imagine que cette épaisseur aille en diminuant de plus en plus, on obtient, à la limite, la notion de la surface géométrique. Je fais abstraction de l'étendue ou do l'espace que ce corps renferme, pour ne considérer que ses bornes en tous sens; et ces bornes me donnent l'idée de surface, d'alembeht, Mél. etc. t. v, § il. Il Surface algébrique du 1", 2% 3".... degré, celle dont l'équation algébrique est du 1", 2*, 3*.... degré ; surface transcendante, celle dont l'équation est transcendante. Il Surface réglée, celle qui est engendrée par une ligne droite ; surface développable, surface réglée qui, supposée flexible et inextensible, peut être étendue sur un plan sans déchirure ni duplicature; surface gauche, surface réglée qui n'est pas développable. || Surface cylindrique, celle qui est engendrée par une ligne droite qui glisse le long d'une circonférence de cercle fixe en restant parallèle à une ligne donnée. Il Surface conique, celle qui est engendrée par une ligne droite qui passe toujours par un point fixe, en s'appuyant constamment sur une circonférence de cercle. || Surface de révolution, celle qui est engendrée par une courbe quelconque qui tourne autour d'une droite fixe, de façon que chacun de ses points décrive un cercle dont le plan est perpendiculaire à l'axe et dont le centre est sur cet axe. Il Surface hélicoïdale (voy. aux Add. et Corh. la remarque sur ce mot), celle qui est engendrée par une ligne droite qui se meut en s'appuyant sur une hélice, en faisant un angle constant avec l'axe de l'hélice et en restant à une distance constante de cet axe. || Surface enveloppe, le lieu des intersections consécutives d'une surface mobile qui varie de position et de forme d'après une loi déterminée ; la surface mobile est dite la surface enveloppée de la première. || Surfaces osculatrices : deux surfaces sont osculatrices en un point, lorsque les centres de courbure de toutes les sections planes faites par ce point sont les mêmes pour les deux surfaces. || Surface topographique, la surface du sol et toute surface dont la loi de génération est inconnue et qu'une verticale ne rencontre qu'en un point. || 3° Fig. Apparence que présentent les personnes ou les choses. Vous, qui dans vos confessions précipitées n'examinez que la surface de votre âme.... fléch. Dauphine. C'est cette contradiction apparente [dans la conduite de Joseph, d'abord rude envers ses frères] qui doit nous avertir qu'il y a quelque mystère caché sous la surface d'une action qui sans cela pourrait choquer la raison, rolun. Traité des Et. v, 2' part. II, I, 3. Plaisir assez inconnu aux grands qui ne voient jamais des hommes que la surface, MASS. Or. [un. princ. de Contt. Le clinquant de l'esprit, ces trompeuses surfaces Cachent un homme affreux qui veut vous égarer. Et que l'on ne peut voir sans se déshonorer, gresset. Je Méch. m, 0. Ses vices sont couverts d'une aimable surface. Et l'on peut s'y tromper, de bièvre. Séducteur, n, 1.
— SYN. t. SUBFACE, superficie. On dit la surface des eaux, la surface de la terre, et non pas la superficie des eaux, la superficie de la terre; ou, du moins, on ne se sert de superficie que quand on veut évaluer : la superficie de la terre est de tant de millions de mètres. On dit encore le fonds et la superficie, et non le fonds et la surface. Mais, comme l'étymologie est la même, les deux mots sont équivalents en beaucoup de cas. || 2. surface, AIRE. En termes de géométrie, le mot surface s'emploie pour désigner la forme, abstraction faite de toute limite, et le mot aire pour désigner l'étendue superficielle, quand on l'envisage par rnpport à la grandeur.
■— f.TYM. Sur 1, et face.
SURFAIRE (sur-fè-r), v. a. Il se conjugue îomme faire. |j 1° Demander un prix trop élevé d'une chose qui est à vendre. Surfaire sa marchandise. Il Fig. Nous avons un si violent penchant
SUR
à surfaire nos qualités et à diminuer nos défauts.... DiDER. Lett. sur les aveugles. || Se surfaire quelque chose, le surfaire à soi. La vertu a perdu de son prix pour celui qui se surfait celui de la vie, ID. Cl. et Nér. n, l. |{ Absolument. Non, en conscience, vous en paierez cela; je vous parle sincèrement, et ne suis pas homme à surfaire, mol. Méd. malgré lui, I, 8. || 2" Évaluer trop haut. Si vous avez fait tout cela pour deux mille écus, vous avez bien économisé. — Vous ne surfaites que de deux mille écus; car il ne m'en a rien coûté, j. :. Rouss. Hél. IV, M. Il Fig. Estimer trop, en parlant d'une personne, vanter au delà des mérites. C'est un homme qu'on a beaucoup surfait.
— HIST. XVI' s. La blanchée n'en vault que ung pinart, et tu nous surfaictz icy lesvivresl rab. Pant. II, 30.
— ÉTYM. Sur 1, et faire; wallon, sorfé, surfé. En provençal, sobrefait veut dire haut fait.
SUKFAIT, AITE (sur-fè, fè-t'), part, passé de surfaire. Tout cela est surfait.
SURFAIX (sur-fê), s. m. Large bande de cuir ou d'étoffe employée soit pour fixer une couverture sur le cheval, soit pour maintenir les quartiers de la selle et la schabraque. || Corde qui sert à maintenir la charge sur un âne ou toute autre bête de somme.
— ÉTYM. Sur 2, et faix,
t SURFLEURIR (sur-fieu-rir), v . n. Terme d'arboriculture. Fleurir après avoir donné des fruits.
— H1.ST. XVI' s. Surflorir, cotgrAve.
t SURFONDU, UE (sur-fon-du, due), adj. Qui a éprouvé le phénomène de la surfusion. Phosphore surfondu.
t SURFORCE (sur-for-s'), s. f. Terme de commerce. Excédant de la force ordinaire des spiritueux. Spiritueux: Art. 1". La surforce au-dessus de 86* ne donne pas lieu à bonification. Art. 2. La surforce au-dessus de 90» et jusqu'à 95« donne lieu à une bonification proportionnelle. La surforce au-dessus de 95» ne donne pas lieu à une bonification. Art. 3. La surforce au-dessus de 63' permet à l'acheteur de refuser la marchandise. Le tableau annexé à la loi du 13 juin 1866 sur les usages commerciaux.
t SURFUSIBILITÉ (sur-fu-zi-bi-li-té), t. f. Qualité de ce qui est surfusible.
t SURFUSIBLE {sur-fu-zi-bl'), adj. Qui est extrêmement fusible.
t SURFUSION (sur-fu-zion), s. f. Terme de physique. Phénomène présenté par un corps qui, retenant une quantité anomale de chaleur, est ainsi maintenu dans un état d'équilibre moléculaire plus ou moins instable. || Phénomène que présente un solide qui reste liquide au-dessous de son point de congélation ordinaire.
f SURGE (sur-j'), «. f. Laine qui se vend sans avoir été lavée ni dégraissée. On trouve en Crimée trois sortes de laines, la lavée, la surge et la pelade, DU peyssonnel. Traité sur le comm. de la mer Noire, i, 1<7. \\Adj. Laine surge. On recueille des laines dans toute la Bulgarie, la quantité en est immense ; ces laines sont toutes surges; on ne lave point les moutons avant de les tondre, id. ib. n,i64.
— ËTYM. Origine inconnue. On trouve dans un texte du xv siècle : tano surgia.
SURGEON (sur-jon), s. m. \\ 1° Branche qui naît du collet ou de la souche, s'élève dès qu'elle sort de terre, et est susceptible d'être séparée avec une partie de la racine, et de former ainsi un nouvel individu; on le dit particulièrement des framboisiers. Il Fig. Descendant, rejeton d'une race (vieilli en ce sens). Voilà que les surgeons d'un sang incestueux Portent le diadème, et vous êtes pour eux! hotr. Antig. i, 3. [Puissent].... par leurs actions ces surgeons glorieux Mériter comme vous un rang entre les dieux 1 id. St Genest, v, b. Surgeon de saint Louis dont l'heureuse naissance Étouffe pour toujours l'hydre des factions, adam billault (le menuisier de Nevers), Stances sur lanaissance de Louis XIV. || 2° Surgeon d'eau, petit jet d'eau qui sort naturellement de terre ou d'une roche (vieilli en ce sens).
— HlST. XIII* s. Doseur destre en une crevasse, Naissoit uns sorgons de fontaine, du cange, surgcre. Il XV' s. Toutes grosses rivières sont faictes et rassemblées de plusieurs surgeons, ro. «6. || ivi' s. Si nous accordons que l'amo soit partie de son essence [do Dieu], comme un sourgeon est de la substance de l'arbre.... calv. Instit. 126. Suivez-les [les fleuves] jusques à leur source, ce n'est qu'un petit sourgeon d'eau à peine recognoissable,
MONT, n, 34».
— ÉTYM. Mot formé, par analogie avec courson.
SUR
SUR
SUR
nifon, du verbe latin surgere (voy. surgib). Le wallon dit sûr.
t SL'llGKOXNER (sur-jo-né), t). n. Pousser des surgeons.
— HIST. XTi' s. Tout ainsi que la rose surgeonne parmi les espines, Pèlerin d'amour, t. i, p. 280.
SCRGI, IK (sur-ji, jie), part, passé do surgir. Comme le filet d'eau qui, surgi de la terre, Y rentre de nouveau par la terre englouti, lamart. Ilarm. iv, ) ) .
.si'UGIR (sur-jir), ti. n. || 1" Terme de marine. S'élever vers la terre, vers le port, mouiller, jeter l'ancre. Surgir à bon port. J'ai surgi dans une seconde tle déserte plus inconnue, plus charmante que la première, j. j. rouss. Hél. iv, 3. || Fig. Surgir au port, atteindre le but de ses vœux. Ah! si mon frêle esquif battu par la tempête. Grâce à des vents plus doux, pouvait surgir au portl la- MART. Médit, i, 3. Il 2° Il se dit d'une source, d'une eau qui jaillit. La terre fut ébranlée, et l'eau surgit à l'instant. || Fig. On a vu tout à coup surgir la réputation de cet écrivain. De nouvelles difficultés surgirent. || Il se conjugue avec avoir, quand on veut marquer l'action : la fontaine qui a surgi tout à coup; avec être, quand ou veut marquer l'état : cette fontaine est surgie depuis hier.
— HIST. xn* s. Se plaiz sursist d'église entre lais u letrez, Th. le mart. 58. || itii* s. Les dames sourgent toutes pars, De courroux et d'ire inflaramées, Lai d'Ignaitrês. || xvi' s. La royne advertio comment en ce port sourgeoit le beau et pompeux convoy de vos vaisseaulx, rab. Pant. iv, 30. Le bon marinier, avant surgir du port, fait provision de ce qu'il faut pour résister à la tempeste, charron, Sagesse, p. 330, dans lacuhne.
— ÉTYiM. Provenç. sorger, sorxer, sorjir, sonir ; espagn. surgir; porlug. sordir, surdir; ital. sorgrre ; du lat. surgere, contracté de surrigere, de sursum, en haut, et regere, diriger (voy. régir). Surgir, qui ne paraît qu'au xvi* siècle, est la forme latine du verbe dont sourdre (voy. ce mot) est la forme française. Dans l'historique, sourgent, tourgeoit appartiennent à sourdre.
t SCRG1SSI;MENT (sur-ji-se-man), s. m. Action de surgir. Le surgissement des couches ignées sous-jacentes, lesquelles se sont fait jour par les grandes fractures de l'écorce terrestre, et en ont relevé les bords, paye, Acad. des se. Comptes rendus, t. lvi, p. 364.
t SDRGLACER (sur-gla-sé), v. a. Terme de cuisine. Mettre un glacé de sucre sur un mets, une pâtisserie.
SURHAUSSÉ, ÉE (su-rhô-sé, sée), part, passé de surhausser. Plans-reliefs surhaussés. || Voûte surhaussée, celle dont la montée est plus grande que la moitié de l'ouverture.
SURUAUSSEMENT (su-rhô-se-man), s. m. || 1° Action de surhausser; état de ce qui est surhaussé. Le surhaussement d'une voûte, d'un édifice. On Mnçoit l'impossibilité d'exécuter le plan-relief de Ix, France entière, à cause de l'immense étendue du sujet qui forcerait à prendre une échelle de réduction si petite, qu'il n'y aurait plus de relief appréciable, même pour nos plus hautes montagnes; il est vrai qu'on pourrait recourir à l'artifice du surhaussement; mais on sait ce que valent ces représentations contre nature, bardin, Acad. des se. Comptes rendus, t. lvi, p. 626. || 2* Action de mettre à un prix plus élevé, à un taux plus élevé. Attendu le surhaussement des espèces et la cherté des denrées, il [le soldat] reçoit deux tiers moins que les soldats de Henri IV, volt. Louis XIY, XXX. Vous ne pourrez jamais lui vendre [au manufacturier] vos denrées assez cher pour vous rembourser de ce qu'il a gagné sur vous ; car, si vous tentiez ce surhaussement, il en ferait venir (le l'étranger à meilleur prix, m. Vllom. aux quarante écus, entre», avie un géomètre.
— KTVM. Surhausser.
SURUAUSSKR (su-rh6-sé), v. a. || 1» Terme d'architecture. Elever plus haut. Surhausser une maison. Il II se dit surtout d'une voûte qu'on élève au delà de son plein ceintre. || 2° Mettre à un plus haut prix ce qui était déjà assez cher. Surhausser le prix d'une chose. Surhausser de moitié leur valeurnuméraire [des monnaies], dutot, Réfl.surle eomm. i, 6.
— msT. XII' s. Tes anemis [j'] en vi molt embronchier fs'attris'.or], Et tes amis lor goie [joie] surhaucier, Raoul de C. 4&. || xv s. Tu desires et requiers nobles mariages, et te surhaulser en lignée, Bouciq.n, 3. Ilxvi» s. Vous luy conseillez de surhausser les Uilles, Sat. Mén. p. (24. Ou tondra
ces gentillesses [des plantes], quand les herbes sur-hausseront leurs limites, o. db serres, 685.
— f. rvM. Sur I , et houjier.
SURHUMAIN, AINE(su-ru-min, mè-n'), adj. Qui est au-dessus de l'humain. Une taille surhumaine. J'ai ouï dire i Laigues, qui est homme du métier et qui ne le [le prince de Condé] quitta point ce jour-là [à la bataille du faubourg St-Antoine] qu'il y eut quelque chose de surhumain dans sa valeur et dans sa capacité en cette occasion, hetz, Méin. t. m, liv. IV, p. 274, dans pouoens.
— HIST. XVI" s. Toutes les sciences surhumaines s'accoustrent du style poétique, mont, u, 2»o. L'on ne doit croire d'un homme que ce qui est humain, s'il n'est authorisè par approbation surnaturelle et surhumaine, qui est de Dieu seul, charron, Sagesse, p. su, dans lacuhne.
— ÉTVM. Sur 4, et humain.
t SURtANÉES (su-ri-a-née), i. f. pi. Famille de plantes, du genre suriana, voisine des rosacées spiréacées.
t SURIER (surié), s. m. Chêne liége.
— KTVM. Lat. suber, liége.
t SURIMPOSER (su-rin-pô-zé), v. a. || 1 Mettre par-dessus. Vers le milieu de sa profondeur, la voûte s'est brisée, et montre au-dessus de sa fracture les débris d'un édifice surimposé, dider. Satan d« 4 767, Œuv. t. xiï, p. 403, dans pougens. Il 2* Faire payer plus d'impôts qu'on n'en doit légalement; surtaxer.
t SURIMPOSITION (su-rin-p6-zi-sion), *. f. Augmentation des taxes. La loi relative à une surimposition du département de la Seine, A. blanche, ilonit.univ. 28 juil. (868, p. H37, 4" col.
t SUIIIN (su-rin), s. m. Terme rural. Jeune pommier, dans certains cantons.
— ÉTYM. Dérivé de sur 2.
t SURINCOMBANT, ANTE (su-rin-kon-ban, bant'), adj. Qui est étendu par-dessus. Lorsque l'excavation est parvenue à une certaine profondeur, on enlève ces piliers; alors la totalité des couches surincombantes s'éboule et se détache, desmahest, Instit. Mém. seienc. t. v, p. 40.
— ÉTYM. Sur 1, et lat. inc«mj>«r«, être couché sur (voy. incomber).
SURINTENDANCE (su -rin -Un-dan-s'), s. f.
Il 1° Inspection générale au-dessus des autres. M. de Vendôme envoya en forme sa malédiction à son fils, s'il n'obtenait au moins la surintendance des mers, qui lui avait été promise à la régence, pour récompense du gouvernement de Bretagne, RETZ, Mém. t. n, liv. ni, p. 3( , dans pougens. La surintendance du Jardin royal avait été détachée de la charge de premier médecin et unie à la surintendance des bâtiments qu'avait M. Colbert, FONTEN. Eagon. On lui ôta [au duo du Maine] la surintendance de l'éducation du roi [Louis XV], volt. Ilist. pari. lx. |{ Fig. On est très-coupable d'avoir confié quelque espèce de juridiction sur les belles-lettres à des gens qui ne devraient avoir que la surintendance des chardons, volt. Lett. en vers et en prose, 173. || 2" Charge de surintendant. || 8" Dans les maisons royales, demeure du surintendant des bâtiments.
— HIST. XVI' s. Ordonnant que celuy [le sergent major] de Metz auroit la sur-intendence sur les capitaines et soldats des trois villes, carloix, V, 32. Il leur promist qu'il se retiendroit la superintendence de la guerre, et la garde des loix seulement, amvot, Thésée, 28.
— f.TVM. Surintendant.
SURINTENDANT (su-rin-tan-dan), s. m. || 1° Celui qui a une surintendance. Aussitôt que le roi m'eut fait l'honneur de me donner la charge de surintendant doses bâtiments... poussin, Lett. (de Noyers à Poussin), U janv. <639. Adoniram, fils d'Abda, était surintendant des tributs, SACI, Bible, Rois, III, IV, 6. On travaillera à votre petit appartement.... je crois que c'est aujourd'hui qu'on commence ; le bon du But est surintendant de cet ouvrage, sÉv. (2 mai (080. || 2' Particulièrement, surintendant des finances, ou, absolument, surintendant, se disait de celui qui, sous l'ancienne monarchie, était administrateur en chef des finances du roi. 11 [M. Ménage] ajoute une assez jolie observation, qui est que M. de Lavieuville avait été superintendant et surintendant des finances ; et, quand il les eut la seconde fois, on disait surintendant, vaugel. A^oud. Rem. Observ. de M. *", p. 2(5, dans pougens. La mauvaise fortune de Pertharite m'avait assez dégoûté du théâtre pour m'obliger à faire retraite, et à m'imposer un silence que je garderais encore, si
H. le procureur général Fouquet me l'eût permis: comme il n'était pas moins surintendant des belles-lettres que des finances.... cohn. Ezarnen d'Œd. Éuieri, surintendant de finances, et, i mon sens, l'esprit le plus oorrompu de son siècle, n« cherchait que des noms pour trouver des édits, RETZ, Mém. t. I, liv. II, p. 437. Qu'est-ce autre chose d'être surintendant, chancelier.... sinon d'être en une condition où l'on a dès le matin un grand nombre de gens qui viennent de tous c6tés... t PASC. Ptns. iT, i, édit. hatbt. U [l'homme riche] est aimé des grands, il est chéri des belles ; Jamais surtntendant ne trouva de cruelles, doil. Sa(. VIII. Le surintendant de Bullion.... ayant fait frapper en 4«40 les premiers louis qui aient paru en France, duclos, Contid. tur lei maurt, i.
— HIST. XVI' s. Ils estoyent presens sur le lieu quand le peuple devoit élire, afin qu'ils fussent là comme superintendens à ce que rien ne se flst en trouble par la multitude, calt. Irut. 867
— ÊTYM. Sur 4, et interuiant.
SURINTENDANTE (su-rin- tan-dan-t'), t. f.
Il !• Femme d'un surintendant, i madame la surintendante [Fouquet] sur la naissance de son dernier fils à Fontainebleau, la pont. Poés. miléet, ziz. Il Fig. J'en suis la surintendante [d'un jardin], I.]. ROUSS. tf^I. IV, 4 4. Il 2* Dame qui avait la première charge de la maison de la reine. Le roi.... pour empêcher Mme de Montespan d'être exposée à ses caprices [de H. de Montespan], la fît surintendante de la maison de la reine, u" de caylus, Souven. p. 4 74, dans pougens. {| 3' Titre de la principale directrice des maisons d'éducation établies pour les filles des membres de la Légion d'honneur.
— HIST. XVI' s. Libitina, supermtendento et conservatrice des droits des morts, amïot, Numa, 20.
t SURIR (su-rir), e. n. Devenir aigre. Le bouillon a suri pendant l'orage. Le lait est suri depuis ce matin.
— ETYM. Sur 2; wallon, tori.
t SURIRRITATION ( su-rir- ri- ta-sion), ». f. Terme de médecine. Irritation morbide.
t SURJACENTE (sur-ja-cen-f). adj. f. Terme de géologie. Roches surjacentes, nom donné aux roches volcaniques, pour les distinguer des roches granitiqaes qu'on nomme sous-jacentes.
t SURJALER (sur-ja-lé) ou SURJAULER (sur-jôlé), V. a. Terme de marine. Lever l'ancre pour en dégager le jas. 1| V. n. Sortir du jas, en parlant de l'ancre. Les tours fréquents que les variations du vent faisaient faire au vaisseau sur son ancre, nous donnaient lieu de craindre qu'elle ne surjaulât, et nous passâmes la nuit dans une appréhension continuelle, bouoainv. Toy. t. i, p. 266.
— ÉTYM. Formation irrégulière de jas, et sur 4 : aller au-dessus du jas.
SURJET (sur-jè ; le » ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : les sur-j6-z et l'étoffe), s. m. || l' Couture employée pour réunir solidement deux lisières ou deux morceaux d'étoffe remplies à fil droit ou en biais; elle se fait en mordant en même temps avec l'aiguille un peu du bord des deux lisières mises l'une sur l'autre ou des deux morceaux d'étoffe réunis exactement l'un sur l'autre et en pressant les points. Réunir les deux lés d'un drap par un surjet. Il Surjet sans remplis, surjet fait à une étoffe coupée, pour que la couture soit moins grosse et plus propre. || 2* Terme de reliure. Sorte de couture qu'on fait aux livres. La pernicieuse habitude du surjet entraîne la ruine de milliers de livres précieux.... j'ai vu surjeter les plus beaux ouvrages, LESNÉ, la Reliure, p. 4(6. Au livre le surjet est si pernicieux. Que je ne connais rien qui soit plus dangereux, ID. ib. p. 64.
— HIST. xiv s. Puis l'en recoust à sourget, JMnagier, ii, 6.
— ÉTYM. Sur 4, et jet.
SURJETÉ, ÉE (sur-je-té, tée), .pari, passé de surjeter. Couture surjetée.
SURJETER (sur-je-té), c. a. Il S6 conjugue comme jeter. Terme de couture. Coudre en surjet. Il U Si' dit aussi, dans la reliure, d'une manière de coudr» les livres. On est obligé d'enlever encore tant soit peu de la marge du fond pour redresser le dos et les surjeter ensuite par cahiers, pour les pouvoir coudre, lesnb, la fleliure, p. 4 4 6.
— ÉTYM. Surj'e».
t SUÇLANGUE (sur-lan-gh'), s. f. Terme de vétérinaire. Infiammation aiguë de la bouche, chez les boeufs, avec phlyctènes et ulcérations labiales, linguales et unguéales, dite aussi cocotte et fièvre aphlheuse.
t SUR-LARYNGIEN, ENNE (sur-U-rin-jiin, jiè-n').
SUR
adj. Terme d'anatomie. Qui se forme à l'extrémité supérieure du larynx. La voix de léte est un son sur-laryngien, une voix sur-laryngienne.
SORLENDEMAIN (sur-lan-de-min), s. m. Jour qui suit le lendemain. Le surlendemain de son arrivée.
— ÉTYM. Sur t, et lendemain.
t SURLIER (sur-li-é), v. a. Terme de marine. Envelopper avec un petit cordage le bout d'un gros cordage pour qu'il ne se détorde pas. || On dit aussi sourlier.
t SURLICRK <sur-li-u-rO, ». f. Terme de marine. Action de surlier.
SDRLONGE (sur-lon-j'), t. f. Terme de boucherie. En parlant du bœuf, petite partie de l'échiné du bœuf, entre le paleron et le talon du collier ; c'est une portion de la colonne vertébrale et des muscles qui s'y attachent en dessus, au niveau de l'épaule, omoplate ou paleron.
— HIST. XIV' s. En la longe a six pièces, et couste six sols huit deniers ou six sols; la surlonge, trois sols, Ménagier, ii, 4.
— ÉTYM. Sur (, et longe.
t SURLOUER (sur-lou-é), t). o. Louer, donner en location pour un prix supérieur à la valeur réelle.
t SURMARCHER (SE) (sur-mar-ché) , ». réft. Marcher l'un sur l'autre, empiéter sur le terrain l'un de l'autre. Ils se maintiennent chacun sur leur terrain, sans se mêler ni se surmarcher, tous trois véritablement terrestres, incapables de voler, mais courant d'une très-grande vitesse, bupp. Ois. t. n, p. 325.
t SURMENAGE (sur-me-na-j'), t. m. Action de surmener.
SURMENÉ, ÉK (sur-me-né, née), part, passé de surmener. Des bœufs surmenés.
SURMENER (sur-me-né), v. a. Il se conjugue comme mener. Excéder de fatigue une bête de somme ou autre en la faisant aller trop vite ou trop longtemps. Surmener un cheval. || Se dit aussi des personnes. Je suis surmené.
— HIST. xn* s. Par ceus enforce et la noise et li cris; Moult surmenoient [maltraitaient] Loherans, ce m'est vis, du canok, superducere. Or vos sormoinent li Hongre et li Danois, m. ib. || xni* s. De fain estoit surmenez, Ren. 4006.
— ÉTYM. Sur 1, et mener,
t SURMESURE (sur-me-zu-r'j, t. f. Ce qui se trouve au delà de la mesure exprimée dans les actes de vente. Outrepasses, délits, surmesures et changements desbaliveaui, Èdit, nov. <638. Cette reconnaissance de chacune vente vous fera découvrir encore les surmesures et tous les abus qui ont été commis en l'exploitation [des forêts], Letl. etc. de Colbert, iv, 48S.
SURMONTABLE (sur-mon-ta-bl*), ad;. Qu'on peut surmonter.
— HIST. XVI* s. Surmontable, oudin, Dict.
— ÉTYM. Surmonter; provenç. sobremontable. SURMONTÉ, ÉE (sur-mon-té, tée), part, passé
de surmonter. || 1° Au-dessus de quoi quelque chose est placé. Toutes les maisons des paysans, sans exception, sont surmontées d'une croix, gen- Lis, Jf^re» rt». t. i, p. 365, dans pougens. H Terme de blason. Pièce surmontée, pièce au-dessus de laquelle il y en a une autre qui la touche immédiatement. Il 2' Dont on a triomphé. Là [dans la crèche où Jésus naquit] sont les terreurs surmontées, et là les douceurs méprisées, boss. <" sermon, Nativité de Notre-Seigneur, 8. Quand sa bonté [de Dieu], surmontée par la multitude des crimes, est devenue implacable, ro. Sermon pour le 9* dim. après la Pent. 2. Rempli de la lecture des Géorgiques de M. Delille, je sens tout le mérite de la difficulté si heureusement surmontée, et je pense qu'on ne pouvait faire plus d'honneur à Virgile et à la nation, volt. Lett. à l'Àcad. franc. 4 mars <77l.
t SURMONTEMKNT (sur-mon-te-man), s. m. Action de surmonter.
— HIST. XVI* s. Surmontement, rob. estienne, Diet.
— ÉTYM. Surmonter; provenç. tobremontament. SURMONTER (sur-mon-té), v. a. \\ 1° Franchir
en montant. Les lamas surmontent des rochers escarpés où les hommes mêmes ne peuvent les accompagner, Bvrr. More, choisis, p. <86. jjFig. Celui qui tient ensemble les deux vérités [le libre arbitre de l'homme et la prescience de Dieu], sachant bien qu'il n'est pas ici dans le lieu d'entendre, les surmonte par la foi, boss. î* avert. <o. Ijj* Monter au-dessus. Ils recueillent sur la surface de l'eau cette huile liquide, qui, par sa légèreté, la surmonte comme nos huiles végétales.
BUFF. Iftn. t. m, p. <4. Les eaux ont surmonté les sommets des montagnes, ratnal, Hist. phil. v, o. Comme le flot captif qui, bouillant dans le vase. S'enfle, frémit, s'élève et surmonte ses bords, LAMART. Harold, Déd. || Absolument. L'huile mêlée avec de l'eau surmonte toujours. || 3* Être placé, s'élever au-dessus d'un autre objet. Des vases surmontent les acrotères de celle balustrade. Ses yeux [de l'attagas] sont surmontés par deux sourcils rouges fort grands, bufp. Ois. t. ni, p. 372. On sait que la plupart des mines de charbon de terre sont plus ou moins surmontées par des couche de terres argileuses, id. 3* ép. nat. Œuvr. t. xii, p. 163. Il 4° Fig. Vaincre, dompter. Je veux une œuvre concevoir, Qui pour toi les âges surmonte, MALH. rv, 6. C'est [d'Hacqueville] un homme admirable pour surmonter les lenteurs et les difficultés par son application et sa patience, sÉv. 23 ocl. (875. Je suis persuadé que le roi, c'est-à-diro Dieu par lui, surmontera tous ses ennemis, id. 30 mars <689. Dn petit rossignol qui s'égosille pour surmonter un homme qui joue du luth, id. 24 févr. <672. Après que, par le dernier effet de notre courage, nous avons, pour ainsi dire, surmonté la mort, elle éteint en nous ce courage par lequel nous semblions la défier, boss. Duch. d'Orléans. Je suis vaincue et surmontée par une inclination qui m'entraîne malgré moi, la fay. Princ. deCléves, Œuvr. t. ii, p. 155, dans pougens. On ne surmonte le vice qu'en le fuyant, fén. Tél. VII. Ainsi la hardiesse et le travail obstiné surmontent les plus grands obstacles, id. ib. xvi. Toujours occupé ou à pleurer vos faiblesses, ou à surmonter vos remords, mass. Carême, Inconstance. Un sentiment plus doux s'insinua peu à peu dans mon âme, l'attendrissement surmonta le désespoir ; je me mis à verser des torrents de larmes, J. J. Rouss. Bel. IV, <7. Elle surmonta sa timidité naturelle en faveur de son neveu, dider. Claude et Nér. i, 14. || B° Dépasser, surpasser. Lirez-vous, sans rougir de honte, Qne notre impiété surmonte Les faits les plus audacieux ?ijalh. n, 4. Quelle neige a tant de blancheur Que sa gorge ne la surmonte? m. v, (8. Je ne trouve pas moins en petit une espèce d'infini qui m'étonne et qui me surmonte, fén. Exist. i, 2(. || 6° L'emporter sur, avoir l'avantage sur. Si elle [la France] ne saurait souffrir d'être surmontée en valeur et en adresse par une nation étrangère, souffrira-t-elle de l'être en vertu et en générosité? le maisthe, Plaidoyer 36. Elle [la volonté] s'enveloppe ellemême dans son propre ouvrage, comme un ver à soie; et, si les lacets dont elle s'entoure semblent de soie par leur agrément, ils ne laissent pas toutefois de surmonter le fer par leur dureté, boss. 4* sermon. Circoncision, 2. Un Rhodien d'environ trente-cinq ans surmonta [à la lutte] touiles autres qui osèrent se présenter à lui, fén. Tél. v. N'avezvous pas cru que Pompée mettrait Rome dans la servitude, s'il surmontait César? id. Dial. des morts ane. Dial. 40. Soudain le pasteur [Jacob] se dégage Des bras du combattant des cieux, L'abat, le presse, le surmonte, Et sur son sein gonflé de honte Pose un genou victorieux, lamart. Uédit. n, 6. Il Absolument. La pensée qu'on préfère quelqu'un, la crainte de n'être pas aimée, l'envie de surmonter, cela fait un mélange de diverses passions, SÉv. 3 juin. (680. Il 7° Accabler par surabondance. La sueur nous surmontait, id. o août 4680. Je ne vois point d'ici ce qu'est devenue toute cette presse [foule de visiteurs] qui surmontait votre château, id. (b sept. 1680. ||8° Causer un sentiment d'angoisse. Vous restez là muets, la rougeur vous surmonte, dufrény, Rdconc. norm. m, 4. Ce trouble affreux qui vous surmonte, genlis, Thédt. d'éduc. Portrait, i, 7. || 9° Se surmonter, V. réfl. Maîtriser ses penchants. X peine se sontils [les mondains] surmontés sur un point, qu'une nouvelle difficulté les lasse et les abat, mass. Profess. relig. Serm. t. Qui ne sait pas se surmonter, qui n'a pas la force en parlage, ne peut posséder que des vertus imparfaites et fragiles, genlis. Vaux témér. t. i, p. 248, dans pougens.
— HIST. XII* s. E quel part qu'il se tournout, ses adversaires surmontout. Rois, 52. Moult fu por lui [son tinel, sa massue] Renoars sormontez [glorifié]. Par toute France cremuz et redoutez. Bat. d'Alesc/ianî, V. 7008. Il xin* s. Et li quens de St Pol sourmonta l'ost, et les prist par deriere, et se feri entre aus [eux] come lions famelleus, Chr. de Rains, (50. Autant cura par sa grant valor Soit de clarté, soit de chalor, Sormonte li solaus la lune, la Rose, <20(». Et se le Dumbre est d'une part et d'autre
SUR
yves [égal], la dignité sormonte, Liv. de jutt. 35. Il XIV* s. Concupiscence et mauvais désirs surmontés et vaincus par abstinence, oresme, Éth. v. Il XV* s. Et seroient si hauts (les engins] qu'ils surmonteroient les murs du chasteau, froiss. i, i, 202. Il XVI* s. Pour ce que ceste pensée surmonte en leur esprit, qu'ils ont Dieu présent, qui a le soin de leur salut, la crainte est veincue par telle asseurance, calv. Inst. 438. L'effect surmonte de si loing la pensée, que.... mont, i, si. Je veulx que les choses surmontent, de façon que celuy qui escoute n'aye aulcune souvenance des mots, id. i 101. Les difficultez et mesayses qu'ils eurent i surmonter, id. i, 28). Ils [les Romains] laissoient les roys qu'ils avoient surmontez, en la possession de leurs royaumes, id. m, (04. M. do VieiUeville, surmonté de colère, seruedes3us....CARL0ix, iv, 32.
— ÉTYM. Sur (, et monter; provenç. sobremon^ (or; ital. sormontare.
t SURMOULAGE (sur-mou-la-j'), s. m. Moulage pris sur un moulage, falconet. Œuvres div. t. m, p. 52.
t SURMOULE (sur-mou-l'), s. m. Moule fait sur une figure coulée.
t SURMOULER (sur-mou-lé), v. a. Faire un moule sur une figure de plâtre coulé. || S. m. Un surmoulé, un objet surmoulé. Les Allemands, qui en général ne connaissent l'antiquité que par les livres et les surmoulés, frœhneh, Journ. officiel, 25 juin 4 869, p. 872, 6* col.
t SURMOUSSE (sur-mou-s'), s. m. Espèce de champignon.
SURMOÛT (sur-mou), s. m. Vin tiré de la cuve sans avoir cuvé ni avoir été pressuré.
— HIST. XVI* s. Là de ce vin confit tu beurois, amoureux. Et de mon grenadier le surmoust savoureux, r. belleau. Poésies, t. i, p. 409, dan»
LACURNE
— ÉTYM. Sur 4, etmoil*.
SURMULET (sur-mu-lè ; le t ne se lie pas ; an
pluriel, l'sse lie; des sur-mu-lè-z- excellents), î. m. Nom vulgaire et spécifique du mullus surmuletus, L. poisson de mer alimentaire.
— ÉTYM. Faut-il y voir sur 4 et mulet 2 : un mulet exceptionnel, ou bien une altération de sor mulet : mulet ayant la couleur du hareng saur, le muJle ayant été dit sor en effet : Maquereaux et sors mules, Hist. litt. de la France, t. xxiii, p. 389.
f SURMULOT (sur-mu-lo), s. m. Espèce de gros rat. Nous donnons le nom de surmulot à une nouvelle espèce de mulot, qui n'est connue que depuis quelques années; aucun naturaliste n'a parlé de cet animal à l'exception de M. Brisson, buff. Quadrup. t. m, p. 4.
— ÉTYM. Sur 4 , et mulot.
SURNAGÉ, ÉE (sur-na-jé, jée), part, passé de surnager. L'huile surnagée par le liège. || Fig. Une véhémence [de douleur, chez la femme de Cavoie] si égale et si soutenue, et toujours surnagée de religion, est peut-être un exemple unique et bien respectable, st-sim. 434, 34.
t SURNAGEANT, ANTE (sur-na-jan, jan-t'), adj. Qui se tient au-dessus d'un liquide. La liqueur surnageante. || Fig. Qui revient, surnage toujours. Ce qu'il fallut essuyer de disparates de la part du duc de Rohan, ne se peut imaginer, avec une déraison surnageante à désoler, st-sim. 64, 70.
SURNAGF.U (sur-na-jé). Le g prend un e devant o et o; surnageant, surnageons, v. n. |1 1* Se soutenir sur la surface d'un liquide. Les savants n'ignorent pas qu'en Sicile, dans le temple des dieux Paliques, on écrivait son serment qu'on jetait dans un bassin d'eau, et que, si le serment surnageait, l'accusé était absous, volt. Mœurs, 22. || Fig. Docile aux usages innocents, incorruptible aux mauvais exemples, il surnageait au torrent du monde, marmontel, Cont. mor. Bonne mère. \\ Activement. X Gabian, le pétrole ne sort de sa source qu'avec beaucoup d'eau, qu'il surnage toujours; car il est beaucoup plus léger, buff. Jft'n. t. m, p. 4 8. Comme elle était surnagée par un mélange d'alcool, d'eau, d'acide murialique et d'acide benzoifque, THENARD, Instit. ilém. se. phys. et math. Sav. étr. t. Il, p. 4 4 7. Il 2' Fig. Subsister, par opposition à ce qui se détruit, cesse d'exisler. Tenez pour certain que la confiance a surnagé, boss. LeK. Corn. 4 57. Elle [la physionomie de Fénelon] rassemblait tout, et les contraires ne s'y combattaient point.... ce qui y surnageait, ainsi que dans toute sa personne, c'était la finesse, l'esprit, les grâces, la décence, et surtout la noblesse, st-sim. 380, 380. Soyez sûr qu'il Viendra un temps oii tout ce qui est
SUR
SUR
SUR
écrit dans le style du sièci^ oe Louis XFV surnagera, et où tous les autres écrits goths et vandales resteront plongés dans le (leuvo de l'oubli, VOLT. Lelt. la Harpe, 23 avril t77o. Au milieu des plus grands emportements et des agitations mêmes de la guerre civile, vous verrez toujours, si je puis parler ainsi, surnager les préjugés nationaux, CONDIL. Étud. histor. m, (. Tu sais.... Qu'à cette épaisse nuit qui descend d'âge en âge A peine un nom par siècle obscurément surnage, lamart. Ilarm. ii, <2. Sur mon passé rien ne surnage Des vains révesde mon jeune âge, v. iiUGO, Odes, v, 2). -- ETYM. Sur (, et nager.
] SURNATIIRALISMK (su^-na-lu-^a-li-sm^, ï. m. Terme de philosophie. Doctrine do ceux qui admettent dos causes surnaturelles.
t SCRNATUHALITÉ (sur-na-tu-ra-li-té), s. f. Terme de théologie. Qualité de ce qui est surnaturel.
SURNATUREL, ELI.E (sur-na-tu-r61 , rè-1'), adj. Il 1" Oui est au-dessus de la nature. Que si les choses naturelles la surpassent [la raison], que dira-t-on des surnaturelles? pasc. Fens. xiii, l, édit. HAVET. Quels progrès sainte Thérèse ne fitelle pas, lorsque Dieu lui fit goûter ces douceurs et ces délices surnaturelles qui sont les effets de sa bonté et de son amour? fléch. Panég. Ste Thérèse. Tout cela [que la mer a couvert les montagnes] n'est-il pas d'une impossibilité démontrée, et n'est-ce pas l'histoire surnaturelle plutôt que la naturelle? volt. Colimaçons, 3. \\ Vérités surnaturelles, celles que l'on ne connaît que par la foi. Il Êtres surnaturels, les esprits, les génies, les anges, les démons. Rien n'est plus inutile, à mon avis, que le mélange des êtres surnaturels avec les hommes, marmontel. Œuvres, t. vu, p. 295. Il i' Par exagération. Extraordinaire, fort au-dessus du commun. Si c'est un aveuglement surnaturel de vivre sans chercher ce qu'on est, c'en est un terrible de vivre mal en croyant Dieu, PASC. Pens. XXIV, &7 bis. Les yeux de celle qui le prononça [un discours] brillaient d'un feu surnaturel, J. J. Rouss. Hél. VI, <I.Un mouvement surnaturel, un sentiment plus fort que ma raison me maîtrise et m'entraîne, genlis, Thédt, d'éduc. Amant anonyme, v, 4*.||3"Oui n'a pas de naturel, de simplicité. J'ai vu deux fois ce comte [de Guiche] chez M. de la Rochefoucauld; il me paraît avoir bien de l'esprit, et il était moins surnaturel qu'à l'ordinaire , sÉv. )B janv. («72. |{ 4° S. m. Le surnaturel, ce qui est au-dessus de la nature. On peut distinguer l'ordre surnaturel du naturel en plusieurs manières ; car on peut dire que le surnaturel a rapport aux biens futurs, ualebr. Rech. vér. éclaire. 1. vi, t. iv, p. 288, dans pougens. Je n'aime pas le surnaturel, dit Zadig; les gens et les livres à prodiges m'ont toujours déplu, volt. Zadig, U. Le merveilleux, c'est le surnaturel auquel le poëte ne croit pas, lévêque, Science du beau, t, n, p. 208.
— HIST. ivi' s. Toutes vertus les font fleurir [les femmes], Et seigneurir Par œuvres supernaturelles, J. HAHOT, V, 303. Une estreinte divine et supernaturelle, MONT. II, 147.
— F.TYM. Sur I , et naturel.
SURNATURELLEMKNT (sur-na-tu-rè-le-man),
adv. D'une manière surnaturelle. Certaine lumière intérieure, de laquelle Dieu nous ayant surnaturellement éclairés.... desc. Rép. aux 2" object. 38.
— HIST. XVI' s. Mon esprit.... Surnaturellement, comme s'il eust descieux l'esprit de prophétie....
DE DHACH. ŒUV. t. II, p, 99.
— Rtym. Surnaturelle , et le suffixe ment.
t SCRNGIGËB (sur-nè-jée), s. /'.Terme de chasse. Voie des bêtes sur laquelle la neige est tombée.
— ETYM. Sur ), et neiger.
tSURNlE(sur-nie), s. f. Chevêche à queue longue ou étagée et au corps allongé.
SURNO.H (sur-non), s. m. Mot ajouté au nom propre d'un individu, et qui le distingue de ceux qui s'appellent comme lui : Charle-Magne, Louis le Gros, Pierre l'Ermite, Guillaume le Conquérant. Horace ne se contente pas d'appeler les gens par leur nom : il a si peur qu'on no les méconnaisse, qu'il a soin de rapporter jusqu'à leur surnom, jusqu'au métier qu'ils faisaient, jusqu'aux charges qu'ils avaient exercées, boil. Discours sur la satire. On lui donna [à Scipion) le surnom d'Africain, honneur inouï jusque-là, personne avant lui n'ayant pris le nom d'une nation vaincue, hollin, Hist. anc. Œuvr. t. i, p. 48(, dans pougens. || Fig. Je le connais par nom et surnom, je le connais très-bien, je sais fort bien ce qu'il est.
— HIST. m* 8. Joan qui avoit loniom Gaddis, Machab. i, 2. || xiii* s. Sire, Kngherant l'apelcnt celé gent d'outre mer; En sornom Taillcler le suelent apeler; Cui il ataint à coup ne l'estuet meciner, Ck. d'Ant. vin, 374. Et si vous dy que tuit li ostrango marchant qui se herlergent en ces contrées sont cscript par nom et par surnom, MARC POL, p. 609. Il XV' 8. Nomme/, mon nom et mon soiimom, llist. litt. de la l'r. t. xxv, p. 3b. Il XVI' s. Comme on appelle moy et mes frères les Estienncs du surnom [nom] de notre pcrc, n. est. Conform. du lang. français, p. 62. Employer indignement à qui bon nous semble [à propos de l'Aretin, dit divin par les Italiens] les surnoms les plus glorieux de quoy l'ancienneté ait honoré un ou deux personnages en plusieurs siècles, mont, i, 383. Au surnom cognoit on l'homme, leroux de LiNCY, Prov. t. II, p. «8.
— ETYM. -Sur 1 , et nom ; wallon, sorno; provenç. sohrenom ; esp. soîircnombre; ital. soj>rannome.
t SURNOMBRE (sur-non-br'), ». m. Nombre en sus. Cela est en surnombre.
SURNOMMÉ, ÉE (sur-no-mé, mée), port, passé de surnommer. Le brave Hunniade Corvin surnommé la Terreur des Turcs, duclos, Œuvr. t. 11, p. <04.
SURNOM.MER (sur^no-mé), v. a. Donner un surnom. On l'avait surnommé [Swift] le Rabelais de l'Angleterre, volt. Mél. litt. Obs. sur Tristram Shandy.
— HIST. XV" s. Certes, sire, le plus propre nom que je aye, c'est meschant, et qui autrement m'appelle, il me surnomme [nomme mal], Perceforest, t. II, f°ui.|lxvi' s. Les miens [ancêtres] se sont aultrefois surnommez [nommés] Eyquem, surnom qui touche encore une maison cogneue
en Angleterre, mont, m, 23 votre portrait,
autour duquel est ce vers basti sur l'équivoque de votre surnom : Tôt nova cum quaerant, non nisi prisca peto, et. pasquieh, à M. Pétau, Rech.