‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 161 sur 754 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

— ÉTYM. Surnom ; wallon, sornoumé.

SnnNUMÉKAIRE (sur-nu-mé-rê-r'), adj. || l'Qui

est en surnombre. Employé, officier surnuméraire. Le roi donna à Contade une grand'croix de l'ordre de Saint-Louis surnuméraire, st-sim. 355, (89. Cette jambe et ce bras surnuméraire [chez certains monstres] sont toujours placés à la partie supérieure postérieure et centrale de la poitrine, à la partie centrale et postérieure du bassin, serres, Inst. Uém. Aead. scienc. t. xi, p. 60). Il Fig. Comment me souffrir surnuméraire près de celle pour qui j'avais été tout, et qui ne pouvait cesser d'être tout pour moi? j. J. ROiiss. Conf. vi. Il 2' Accessoire. Ces sortes de traitsjettent du sens et de la solidité dans la fable, et, sans nuire à la vérité totale et essentielle, ils y répandent d'autres vérités surnuméraires que le lecteur est bien aise de recueillir en passant, lamotte, Disc, sur la fable, t. IX, p. 37, édit. 1754. || 3" S. m. Celui qui est en surnombre. On vient do le recevoir surnuméraire dans cette compagnie. || Particulièrement. Commis qui travaille pendant un certain temps avant de recevoir des appointements. C'est un bel état que celui de surnuméraire.... Hormis qu'on travaille pour deux Et qu'on se passe de salaire, SCRIBE, le Solliciteur, 3. Nous avons l'institut historique, qui compte une foule de clercs d'huissiers et de surnuméraires, tous adolescents de la plus grande espérance, reybaud, Jér. Pâturât, II, (3. || Terme de marine. Homme en dehors de l'effectif marin, dans un bâtiment (tels sont les armuriers, magasiniers, agents des subsistances, infirmiers, barbiers, domestiques).

— HIST. XVI' s Et plus tost qu'il y manque,

il en érigera ung [état de maréchal de France] qui sera supernumeraire, carloix, vu, I9. Socrate.... estimant tout aultre apprentissage [que l'étude des mœurs] subsecutif à celuy là et supernumeraire, mont. II, 239.

— ETYM. Sur t, et lat. numerus, nombre. SURNUMËRARIAT (sur-nu-mé-ra-ri-a; le t ne

se lie pas), î. m. Temps pendant lequel on est employé comme surnuméraire. Il a fait un an do surnumérariat.

— ETYM. Surnuméraire.

t SUROFFRIR (su-ro-frir), t;. a. Il se conjugue comme offrir. Offrir en sus. Les fermiers des postes venaient tout nouvellement de faire refuser une prodigieuse enchère surofferte par gens très-solvables, st-sim. 197, 132.

t SURON (su-ron), s. m. Voy. céron. Graisses : en outres et en surons; indigo: en surons, em-

ballages en cuir. Tableau annexé i la loi du ta juin 1808 enncernani les utaget commerciaux,

SUROS (su-rô), ». m. Terme de vétérinaire. Tumeur osseuse qui se développe sur le canon du cheval ou du bioeuf. || Suros simple, celui qui est éloigné du tendon et ne peut nuire i l'animal; suros double ou chevillé, celui qui se présente de chaque côté du canon, comme s'il était traversé par une cheville; suros tendineux, celui qui est placé près des tendons. || Plusieurs suros placés les uns près des autres formcntceqa'on nomme fusée. Il Le suros placé près de l'articulation du boulet porte le nom d'osselet. || Fig. Tiennette n'a ni suros ni malandrc, la font. Troq.

— HIST. xin* 8. Tuit faucon qui ont les piez gros et les genoils plains de nous [nœuds] autressi comme souros, brun, latini, Trésor, p. 203. || xi v s. Advise qu'il n'y ait [à la jambe du cheval] esparvain, molette, suros dcdens la jambe ou dehors, Ménagier, 11, 3. ||xvi' s. Les suros [du cheval] se guérissent par emplastres faits d'un oignon cuit sous la braise.... o. de serres, 983.

— ETYM. .Suri, et os.

t SUROXYDATION (su-ro-ksi-da-sion),»./'. Terme de chimie. Opération chimique qui combine un corps à la plus grande quantité possible d'oxygène. Le fer, déposé sur le coton, reçoit, en séchant, une suroxydation par la simple exposition à l'air, ciiaptal, /nsti't. Jfém. icienc. t. m, p. 102.

t SUROXVDE (sur-o-ksi-d') , ». m. Terme de chimie. Oxyde au maximum d'oxydation.

t SUROXYDER (su-ro-ksi-dé), v. a. Terme de chimie. Faire passer à l'état de suroxyde. Tout l'oxygène nécessaire pour suroxyder la baryte, T11ENARD, Inslit. Mém. acad.' scienc. t. m, p. 444.

t SUROXYGCNATION (su-ro-ksi-jé-na-sion), ». f. Terme de chimie. Oxygénation au plus haut degré.

tSUROXYGÉNÊ, ÉE (su-ro-ksi-jé-né, née), adj. Terme de chimie. Qui est au plus haut degré d'oxydation.

SURPASSÉ, EE {sii-rpâ-sé, sée), port, passé de surpasser. Ce triomphe [de Pétrarque] au Capilole en i:)4i, célèbre hommage que l'étonnement do son siècle payait à son génie alors unique, mais surpassé depuis par l'Arioste et par le Tasse, volt. ifœiirs, 82. Il eût été bien affligeant pour moi, mademoiselle, de me voir par vous surpassée en générosité, gbnlis, Thédt. d'éduc. Méchant par air, IV, 2.

SURPASSER (sur-pâ-sé), c. o. || !• Être plus haut, plus élevé. Cela surpasse la muraille de deux pieds. 11 le surpasse de toute la tête. || Il se dit aussi d'autres dimensions. Du corps do ce dragon.... Une tête sortait en forme de pupitre. Dont le triangle affreux, tout hérissé de crins. Surpassait en grosseur nos plus épais lutrins, boil. Luir. IV. L'attraction que le soleil exerce sur elles [les planètes] surpasse celle qu'elles exercent sur lui, autant qu'il les surpasse en quantité de matière, VOLT. Phil. Nexct. m, 8. || 2* Fig. Être au-dessus. Comme c'est nous qui surpassons les petites choses, pasc. Disproportion, 2, édit. faugère. Le pape saint Grégoire a dit de la couronne de France qu'elle est autant au-dessus des autres couronnes du monde que la dignité royale surpasse les fortunes particulières, Boss. Reine d'Anglet. || 3" Fig. Aller au delà. Je crois que nulle passion ne peut surpasser la force d'une telle liaison [l'amitié de la Rochefoucauld et de Mme de la Fayette], sÉv. 5 avril 1680. Si la constance admirable avec laquelle la reine a soutenu ces calamités [de la révolution anglaise] ne surpassait do bien loin les crimes qui les ont causées, BOSS. Reine d'Anglet. Notre siècle.... a vu un roi [Louis XIV].... s'élever au-dessus de lui-même, surpasser et l'espérance des siens et l'atlento de l'univers, ro. tout» de Bourbon. Surpassez, s'il se peut, les crimes de vos pères, hac. l'héb. iv, 3. Ce jour surpasse tout; jamais, je le confesse. Vous ne fûtes aimée avec tant de tendresse, ID. Rérén. v, f>. Mon bonheur a passé mon espoir, comme mon malheur a surpassé toutes mes craintes, volt. Princ. Babyl. 5. Il 4" Fig. Etre au-dessus de quelqu'un, l'emporter sur lui. Je crains que cette Trappe, qui veut surpasser l'humanité, ne devieime les Petites-Maisons, SÉV. (5 avr. 107). Quoique les dieux surpassent do loin en connaissance tous les hommes, fén. Tél. I. Achitoas ne fut point consolé; car il sentit que Mentor le surpassait encore plus par sa modestie que par les charmes do sa voix, id. 16. VIII. Lorsqu'il [Alcibiade] était avec le satrape Tissajiberne, il surpassait en luxe et «p

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dépense toute la magnificence des Perses, hollin, Hisi. anc. Œuvr. t. m, p. 645, dans pougkns. Lorsque Henri IV entendit dans le parlement nommer Louis XII le père du peuple, il se sentit pénétré du désir de l'imiter, et il le surpassa, volt. Difc. récept. Des maîtres capables de former des disciples dignes de les surpasser, duclos, El. FonteneUe. J'ai connu quelques-uns de ces artistes ; et j'ai appris depuis qu'un élève que j'avais vu chez Pamphile, et qui se nomme Apelle, les avait tous surpassés, barthél. Ànach. Introd. part, ii, sect. 3. Il 5° Excéder les forces, l'intelligence, les ressources. Cette dépense surpasse mes moyens. L'étendue visible du monde nous surpasse visiblement, PASC. Pens. I, i, édit. havet. La dernière démarche de la raison, c'est de reconnaître qu'il y a une infinité de choses qui la surpassent, id. ib. XIII, ). Ni la hauteur des entreprises ne surpassait la capacité de M. le Tellier, ni les soins infinis de l'exécution n'étaient au-dessus de sa vigilance, BOss. le Tellier. Et, si ce grand dessein surpasse ma valeur, Du moins ce désespoir convient à mon malheur, rac. ilithr. m, <. Une femme curieuse se passionne pour un parti contre un autre dans toutes les disputes qui la surpassent, fén. t. xvii, p. <2<. Il 6° Causer un grand étonnement. Cet événement me surpasse. || 7° Se surpasser, v. réfl. Faire encore mieux qu'on ne fait d'ordinaire ou qu'on n'a fait précédemment. Je vais aux sermons des Mascaron et des Bourdaloue ; ils se surpassent à l'envi, sÉv. <9. Racine s'est surpassé [dans Esther], ID. 5(6. Phidias fut chargé de l'ouvrage, et ce fut alors qu'il se surpassa lui-même, rollin, Uist. anc. Œuvr. t. ii, t" part. p. 8G, dans pougens. Mme de Montespan, dans cette matinée, se surpassa elle-même dans l'art profond qu'elle possédait si bien de feindre et de dissimuler, genlis, Mme de Uaintenon, t. i, p. 26, dans pougens.

— iiIST. xvi" s. Comme les nobles en honneur surpassoient les autres, aussi les artizans les surmontoient en nombre, et les laboureurs en utilité, AMYOT, Thésée, 29. Il avoit cela de nature qu'il se surpassoit soy mesme en patience et en vertu, quand il se trouvoit en adversité, id. Ariton. H. Surpassant l'ordinaire d'humaine nature, m. Publ. 9. Couardise surpassant toutes les ordinaires [couardises], mont, i, B6. Cela surpasse ses forces, m. r, (31. Des effects surpassants toute créance humaine, ro. i, ui.

— ÉTVM. Sur (, et passer.

t SURPAYE (sur-pè-ye), s. f. Action de surpayer. Il Gratification accordée au-dessus de la paye ordinaire.

— HIST. XVI* s. X quatre vingt dix neuf hommes de pied, chacun d'eux une paye par mois ; et encore neuf surpayes que ledit seigneur de Famars pourra repartir à aulcuns soldats gentilshommes, qui mieux le méritent, fiouv. eoust. gén. t. ii, p. 267.

SURPAYÉ, ÉE (sur-pè-ié, iée), port, passé de surpayer. Marchandises surpayées.

SURPAYER (sur-pè-ié), v. a. Il se conjugue comme payer. || 1° Payer au delà delà juste valeur. Surpayer une étoffe. Trop de bienfaits irritent : nous voulons avoir de quoi surpayer la dette, PASC. Pens. I, <, édit. havbt. Lorsqu'il voit un homme qui se plaît.... à surpayer les services, il le plaint de cette illusion, vauven. la Libéralité. Il V En parlant des personnes, leur payer plus qu'il n'est dû. Je vous ai surpayé.

— IIIST. XVI' s. Nous avons estrangement surpayé.... [au regard des animaux] cette capacité de juger et cognoistre, si nous l'avons achetée au prix de ce nombre infiny de passions.... mont, ii, 105. Nous sommes surpayez selon justice, quand la recompense eguale nostre service; car n'en debvons nous rien à nos princes d'obligation naturelle? ID. IV, <o.

— ÊTYM. Sur i , et payer.

SURPEAU (sur-p6), s. f. Épiderme.

— HIST. XVI' s. Surpeau, cotoravk.

— ETYM. Sur <,etpeou.

t SURPENTE (sur-pan-f), s. f. Voy. SUSPENTE.

SURPLIS (sur-plî), s. m. Vêtement d'église fait de toile, qui, au lieu de manches, a des espèces d'ailes longues et plissées, et qui va à mi-jambés. Louis XI demanda au pape le droit de porter le surplis, VOLT. Mœurs, 94. || Cet ecclésiastique porte le surplis dans telle église, il est du clergé de cette paroisse; se dit ordinairement des jeunes clercs.

— HIST. xil' s. Dune s'esteit desparé de l'aube senz délai; En chape e en surpliz remist [resta], car bien le sai. Th. le mart. 37. || xiii' s. Tybert vesli le sorpeliz, Après eit vers l'autel sailliz, Ren.

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2I3H. Il xiv 8. Une cote simple à femme, en un peliçon de paulx de conins, avec le surpeliz dont il estoit envelopez, du canoe, superpelicium. \] xv" s. Se poures est, ail de gros drap cotte; Et, quant il doit porter la hôte. Ou faire aucun labour de bras. Ait un surpeliz de bourras. Qui sa robe honneste luy tiengne, e. hESCa. Poésies mss.î' f>t». \\ xvi's. Oudart se revesti de suppelliz et d'estolle, rab. Pant. IV, 12. Ton Perrot le premier chantera le service En long surpelis blanc, couronné de cyprès, RONS. 723.

— ËTYM. Berry, surpelis, surpellis; provenç. sobrepelitz; catal. sobrepeilis ; espagn. sotrepeJh,! ; bas-lat. superpellicium, de super, sur, et pellis, peau, parce que, originairement, le surplis se portait sur un vêtement fait de peau.

SURPLOMB (sur-pion), s. m. État, défaut d'un objet qui n'est pas à plomb, dont le sommet avance plus que la base. Dès que l'on est sorti de la ville de Cluse, on voit, en se retouruaii!, -;,ir la rlrrite, les rochers en surplomb sous lesquels on a passé avant de traverser l'Arve, Saussure, Voy. Alpes, t. II, p. ^i*, dans pougens. Il Ce mur est en surplomb, il penche.

— ÉTYM. Sur ), et plomb, dans le sens de fil à plomb ou d'aplomb.

t SURPLOMBÉ, ÊE (sur-plon-bé, bée), port, passé de surplomber. Qui est en surplomb. La cloison... projette en avant un rocher très-saillant et surplombé, ramond, Instit. Mém. scienc. (813, (8U,

t SURPLOMBEMENT (sur-plon-be-man), s. m.

Action de surplomber. L'un d'eux [blocs de granit].... est réellement effrayant par le surplombement de celle de ses faces sous laquelle on est forcé de passer, saussure, Voy. Alpes, t. vi, p. 320.

SURPLOMBER (sur-plon-bé), v. n. Être hors de l'aplomb, être en surplomb. En avançant du côté du sud-ouest, je vis les schistes, de même que les granits, surplomber du côté de la vallée, ici de 35, là même de 47 degrés, saussure, Voy. Alpes, t. m, p. 440, dans pougens. La crête concave de ce pic étrange [le mont Cervin] surplombe , et les deux arêtes qui en dessinent le profil déchiqueté forment un angle très-aigu, laveleye, Rev. des Deux- Mondes, (5 juin (865, p. 83(. Il Activement. Une seule pièce de granit de quatre-vingts pieds de haut sur mille pas de front surplombe ce chemin, buff. Xin. 1. 1, p. (68.

— ÊTYM. Surplomb.

t SURPLUÉES (sur-plu-ée), s. f. pi. Terme de chasse. Voies lavées par la pluie, depuis que l'animal a passé.

SURPLUS (sur-plù ; \'s se lie : un sur-plù-z inattendu), s. m. Il 1° Ce qui est en plus, l'excédant d'une quantité. Par là s'établit en quoi consiste l'usure, puisque la loi détermine clairement que c'est le surplus, ce qui se donne au-dessus du prêt, ce qui excède ce qui est donné, boss. Usure. Si on disait qu'il [un financier en sa maison de campagne] envoie au marché le surplus de ce qu'il faut de légumes pour sa table et celle de ses gens, saint- FOix, Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. 68, dans pougens. Il 2° Reste. Ainsi mon père Éson recouvra sa jeunesse ; Mais oyez le surplus, corn. Médée, i, ( . Vous savez le surplus, Et je vous en ferais des récits superflus, id. Cinna, v, 3. Pour ce qui est du surplus des difficultés, boss. Lett. 92. || 3° Au surplus, loc. adv. Au reste, d'ailleurs. Il a quelques défauts, mais au surplus il est honnête homme. Au surplus, pour ne te point flatter. Je te donne à combattre un homme à redouter, corn. Cid, i, 8. Il Pour le surplus, même signification.

— REM. Les puristes du xvil' siècle condamnaient au surplus : M. de la Mothe le Vayer n'est pas d'avis que l'on bannisse au surplus... cependant ce mot n'est plus du tout en usage, vauoel. Rem. not. Th. Corn. t. ii, p. 656. dans pougens.

— HIST. XI' s. e le surplus les orphanins e les parens le départent entre els. Lois de Guil. ». ||xni* s. Vertus est la moiennetés entre deux malices, dou sorplus et de la defaute , brun, latini. Trésor, p. 338. Trois grains [de blé] en a mangié sanz plus. Que n'ot cure du seureplus, hdteb. ii, (44. Il xiv s. Tu as suffisant vestement Et à l'avenant le surplus, bruyant, dans Ménagier, t. ii, p. 22. Il xv s. Les Anglois prirent terre assez près de Venues... et puis eurent conseil et avis du surplus comment ils se maintiendroient, froiss. i, i, (97. Il XVI' s. Vous me ferez au surplus plaisir de me faire souvent savoir de vos nouvelles, haro. Lelt. 9. Ce porteur vous dira le surplus et comme madame se porte bien de la goutte, in. ib. 77. S'il

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[le prince] porte nostre despense, il fait trop; c'est assez qu'il l'ayde; le surplus s'appelle bienfaict, lequel ne se peult exiger, mont, iv, (o.

— ÊTYM. Sur (, et pJuî; provcnç. lobreplu»; ital. sovrappiii.

t SURPOIDS (sur-poi), s. m. Excédant de poids.

— HIST. XVI' s. Mon livre est tousjours un... [ce que j'y ajoute] ce ne sont que surpoids qui ne condamnent pas la première forme, mais donnent quelque prix particulier à chascune des suivantes,

mont. IV, 90.

t SURPOINT (sur-poin), s. m. Raclure que les corroyeurs tirent des peaux en leur donnant la dernière façon.

t SURPOUSSE (sur-pou-s'), i. f. Pousse surajoutée à celle de l'année, sur un végétal.

SURPRENANT, ANTE (sur-pre-nan, nan-t'), adj. ||1' Qui surprend, qui prend à l'improviste. U [Jésus-Christ] vient, dit-il, comme un voleur, toujours surprenant et impénétrable dans ses démarcliei, uj-s. Slar.-Thér. \\2' Qui cause de la surprise. Les incidents suipienants [dans Rodogune] qui sont purement de mon invention, et n'avaient jamais été vus au théâtre, corn. Rodog. Exam. Qu'une chose aussi visible qu'est la vanité du monde soit si peu connue, que ce soit une chose étrange et surprenante de dire que c'est une sottise de chercher les grandeurs, cela est admirable, PASC. Pens. VI, 69, éd. havet. J'avais quelquefois entendu parler des effets surprenants du tonnerre; mais je n'y crois pas tant qu'à ce que vous m'en dites, SÉv. 353. La vie de saint Jean-Baptiste, qui parut si surprenante aux Juifs, boss. Hist. u, 7. Frédéric le Grand et Catherine la surprenante, volt. Lett. au roi de Pr. (" mars (77(. Il est surprenant que Marivaux, donnant, pour ainsi dire, toujours la même comédie sous diiîérents titres, n'ait pas été plus malheureux sur la scène, d'alemb. Élog. Mariv. note (2. Cela n'est pas surprenant qu'ayant à parler de tant de choses, de tant de gens, vous vous mépreniez, et trompiez quelquefois le public, p. L. cour. Lett. à la Quotidienne, 3 nov. (823.

SURPRENDRE (sur-pran-dr'), v. a. Il se conjugue comme prendre. || 1° Prendre, saisir une chose à l'improviste. On amorce le monde avec de tels portraits; Pour les faire surprendre on les apporte exprès; On s'en fâche, on fait bruit, on vous les redemande, Mais on tremble toujours de crainte qu'on les rende, corn. Suite du Ment, n, 7. Il Fig. Je voudrais que vous et M. de Grignan eussiez pu voir l'admiration naturelle dont il [Faucher] fut surpris [en voyant le portrait de Mme de Grignan], sÉv. 4 sept. (675. || 2° S'emparer par une attaque inattendue. Ptolomée, fils de Lagus, surprit Jérusalem, et en emmena en Egypte cent mille captifs, boss. Hist. n, 5. Ces barbares, qui espéraient de surprendre la ville, furent eux-mêmes surpris, fén. Tél.i. \\ Fig. Son âge [de Palmire], sa candeur ont surpris ma tendresse, volt. Mahom. m, 8. Il Attaquer celui qui n'est pas sur ses gardes. Il tenait pour maxime qu'un habile capitaine peut bien être vaincu, mais qu'il ne lui est pas permis d'être surpris, boss. Louis de Bourbon. Comme il avait affaire à des ennemis qui se dispersaient et se ralliaient à tous moments pour le surprendre, il résolut de les surprendre eux-mêmes, fléch. Hist. de Théodose, i, 9. Le tyran m'a surpris sans défense et sans armes, bac. Phèdre, m, 5. || 3' Arriver auprès de quelqu'un sans être attendu. Dedans mon cabinet ils pourraient nous surprendre ; Ici nous parlerons en plus de sûreté, corn. l'Hlut. m, 9. Mais parliez-vous de moi quand je vous ai surpris? vUiC.Bérén. u, 4. C'est donc ainsi que vous surprenez les gens? qui vous croyait à Paris? lesage, Crisp. rival de son maître, (9. Nous étions si près de lui [Aristote] et nous avions été si longtemps sans le voir, que nous résolûmes do l'aller surprendre, barthél. Anach. ch. 62. || Terme de manège. Surprendre un cheval, se servir trop brusquement des aides ; l'approcher à l'écurie sans lavertir. ||4° Saisir à l'improviste Je l'ai surpris à me dérober de l'argent. Jésus-Christ a fait selon sa parole : il est venu surprendre la reine dans le temps que nous la croyions la plus saine, dans la temps qu'elle se trouvait la plus heureuse, boss. Mar.-Thér. Merci, que le prince de Condé et 1« vigilant Turenne n'ont jamais surpris dans un mouvement irrégulier, ID. Louis de Bourbon. Il surprit la nature sur le fait, fonten. Tournefort. Daniel fut surpris lorsqu'il faisait ses prières ordinaires, le visage tourné vers Jérusalem, et il fut jeté dans la fosse des lions, bolun, Uist. anc.

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(But). U n, p. 374, dans pouoens. Qu'elle vous surprenne souvent priant Dieu, cenlis, Àd. et Th. t. t, p. 262, dans POUOENS. Il Fig. Surprendre dans les paroles, essayer do trouver dans les paroles do quelqu'un de quoi le convaincre, le condamner. Les pharisiens, s'étant retirés, firent dessein entre eux de le aurprcndre [Jésus] dans ses paroles, SAQ, Bible, Èvang. St Math, xxii, is. || B' Il se dit des cboses qui saisissent tout à coup, attendues ou non. Ma perte m'a surprise, et ne m'a point troublée, CORN. Cinna, iv, a. La mort ne surprend point le sage ; Il est toujours prêt à partir, la font. FaU, VIII, I. Ni les maux que la reine d'Angleterre a prévus, ni ceux qui l'ont surprise, n'ont abattu son courage, Boss. ilein« d'AngW. La nuit l'eût surpris plongé encore dans la rêverie, si doiu Narcisse ne fût venu lui-même le chercher, genus, Fe«Ji. du chat. t. i, p. 479, dans pougf.ns. || Il se dit particulièrement d'un mal qui arrive inopinément. Il a été surpris d'une attaque de goutte. il [Pompée] soupçonne aussitôt son manquement de foi [do Ptolémée], Et se laisse surprendre à quelque pou d'effroi, cobn. Pomp. li, 2. Combien ai-je connu dans le monde de personnes qui ont été surprises de la mort ! bouhdal, Instruct. sur la mort. Exhort. t. n, p. 3.io. || 6* Déconcerter, prendre par surprise. C'est ainsi que, confondant nos conseils, surprenant nos désirs et anéantissant nos espérances, vous [6 Dieu] affermissez notre foi, mass. Or. [un. Villars. || 7° Induire en erreur, tromper. Celui qui a été surpris aura une grande adresse pour ne l'être plus, saci, Bible, Ecclésiastiq. xxxiv, il. Il n'y avait rien déplus difficile ni de plus hasardeux que de surprendre ce grand magistrat, Boss. le Tellier. Il [Théodose] se laissait quelquefois surprendre ; et, quoiqu'il eût les intentions bonnes, il était capable de faire de grandes fautes, fléch. Hist. de Théod. iv, 3. Tout jaloux, tout défiant qu'il est, je suis plus difficile à surprendre que lui, lesage, Diable boit. ». Paraître encore l'ami d'un homme quand on a cessé de l'être, c'est se réserver des moyens de lui nuire, en surprenant les honnêtes gens, j. j. Houss. Conf. X. Il 11 se dit des choses en un sens analogue. Les pleurs de Sophonisbe ont surpris ma raison, CORN. Sophon. II, 2. Ce jugement si éclairé et si incapable d'être surpris, fléch. Duch. de Montaus. On peut des plus grands rois surprendre la justice, HAC. Eslh. m, 9. On aime mieux parler i l'imagination qu'au jugement, éblouir la raison que la convaincre, surprendre son approbation que la mériter, rollin. Traité des Et. Disc. prél. n, 2. Assuérus ne crut pas déroger à la majesté de l'empire en déclarant, même par un édit public, que sa bonne foi avait été surprise par les artifices d'Aman, mass. Pet. carême, Écueils. Il fallait surprendre la vigilance de ses gardiens, montesq Lett. pers. 89. || Absolument. Les justes sont plus exposés à être surpris, parce qu'ils ignorent euxmêmes l'art de surprendre, mass. Pet. carême, Ecueils. Le génie du ministre italien [Mazarin] était de vouloir surprendre ; celui de l'Espagnol était de s'empêcher d'être surpris, volt. Louis II V, 6. Il 6' Obtenir frauduleusement, par artifice , d'une manière indue. Il a surpris ma signature, mon consentement. Le premier président parla fort hardiment contre cette manière de mener le roi au palais pour surprendre et pour forcer la liberté des suffrages, retz, llém. t. i, liv. n, p. (44, dans POUGENS. Pour ne vous pas surprendre un choix précipité. Je veux bien vous laisser en pleine liberté, Qum. PoMsontas, il, 2. Ce marchand, étant banni de la république [de Genève].... surprit un passe-port do M. le commandant de Bourgogne, et entra dans Genève à la faveur de ce passe-port, volt. Lett. Dupont, to oct. 4775. Il Surprendre des lettres, les intercepter, les prendre furtivement. Les plaintes du roi [Louis XI] contre le duc de Bourgogne étaient d'autant mieux fondées, qu'on avait surpris la lettre qu'il écrivait aux Anglais, duclos, Œuvr. t. ii, p. 421. Lisez cette lettre que ma mère me montra hier, et que j'ai su lui surprendre ce matin, a. duval, les Héritiers, se. 6. || Surprendre le secret de quelqu'un, découvrir son secret par adresse ou par hasard. Surprenons, s'il se peut, les secrets de son àme, rac. Brit. i, (. Songez que vous avez surpris mon secret, et que vous ne devez pas en abuser, genlis, Thédtr. d'éduc. Fausses délicatesses, III, 4. Il Surprendre la confiance de quelqu'un, la gagner par artifice. || Il se dit de tout autre sentiment Dans les pertes médiocres, on surprend ainsi la pitié des auditeurs, fléchier, Turenne.

Une aulrc de César a surpris la tendresse, RAC. Brit. III, 4. L'exagération du mal ne produit que le mépris, celle du bien surprend l'estime, bah- TiiÉL. Anach. ch. 47. |{9* Il se ditdes actions, des gestes qui échappent à quelqu'un, et qui font découvrir malgré lui ce qu'il pense, ce qu'il éprouve. Quand j'ai voulu parler contre ce cœur sans foi. Et qu'à cette infidèle imputant sa misère. J'ai cru surprendre un mot de haine ou do colère.... CORN. Sophon. II, <. N'ai-jo pas même entre eux surpris quelque regard T rac. Bajai. m, 7. J'ai surpris ses soupirs qu'il me voulait cacher, lo. Iphig. II, 6. Il Surprendre à quelqu'un un moment de faiblesse, apercevoir en lui un moment de faiblesse. || 10' Faire éprouver le sentiment de l'inattendu, étonner. Je veux bien vous l'apprendre. Et vous en donne avis pour ne vous pas surprendre, CORN. Nicom. II, 3. La cour, qui lui préparait à son retour les applaudissements qu'il méritait, fut surprise de la manière dont il les reçut, Doss. Louis de Bourbon. Que faut-il que je croie D'un bruit qui me surprend et me comble de joie? RAC. Iphig. I, a. Ce crime dans Assur n'a rien qui me surprenne, volt. Sémiram. iv, 2. || Absolument. Les âmes propres à l'amour demandent une vie d'action qui éclate en événements nouveaux.... la vie de tempête surprend, frappe et pénètre, pasc. Pass. de Vamour. Au temps de Balzac, de Mairet.... on applaudissait à toute pensée qui surprenait par des images nouvelles qu'on appelait esprit, volt. Dict. phil. Esprit. \\ 11° Faire une surprise. Je sais qu'il souhaite de vous faire ce plaisir, il aime à surprendre agréablement, sÉv. 574. Sa Majesté eut contentement; il voulait surprendre, et tout lo monde fut surpris, m. 26 mai 1803. || Surprendre de quelque chose, faire une surprise à l'aide de quelque chose. Il y a aux Rochers dix allées que vous ne connaissez pas; et mon fils me doit surprendre d'un parterre et de deux places nouvelles, SÉV. 26 mai (689. Nous jouissons, avec plaisir, des belles vues dont nous sommes surprises à tout moment, id. (6 mai (076.1112° Saisir trop vivement, en parlant du feu. Le feu a surpris cette viande, cette pâtisserie. || 13° Se surprendre à, i). réfl. Manifester tout à coup, par un mouvement dont on n'est pas le maître, le sentiment sous l'empire duquel on se trouve. Je me suis surpris à pleurer comme un enfant. La plus brillante fortune ne mérite point ni le tourment que je me donne, ni les petitesses oii je me surprends, LA BHDY. vm. Combien de fois ne me suisje pas surpris.... criant.... dider. El. de Richards. Il 14° Se prendre l'un l'autre sur le fait de quelque chose. Ils [deux amants] se cherchaient à leur ordinaire; mais ils se surprenaient occupés d'autres choses que d'eux-mêmes, comte de Cay- Lus (onosLEy), Œuvr. t. ix, p. (oi, dans pougens.

— HIST. xn* s. Dedens [il] la jette [son épée], car la mort le sosprent, Ronc. p. (06. Doucement [je] sui engigniez et soupris; Car, s'ele veut, longuement serai pris, Couci, xvii. ||xin* s. Vostre grant beautés entière M'a si sorpris Que, se j'ere en paradis. J'en reviendroie arrière.... quesnes, Romancero, p. 88. [Je] Ne puis sur pies ester, tant sui sosprise et vaine : X cest mot [elle] chet pasmée sans vois et sans halaine, audef. le bast. Romane, p. (8. Si les seurpristrent si que cil du casai n'en sorent mot devant ce qu'jl en orenl assez ocis, villeii. clvi. Comme hom bevanz et scurprinspar vin. Psautier, f°98. [Ils] Dutent maufez [diables], maie tempeste. Et du désert meinte aventure. Si surprent les la nuit obscure , Edouard le conf. V. 3494. La nuit de nuel [noel] le surprent Une fevre [fièvre] ki mult l'esprent, tb. v. 3035. Il furent si souspris qu'il n'orent pooir d'eus deffendre, Chr. de Ilains, p. o. Tu e il nous devez des leus [loups] d'enfer deffendre. Qui adès nous aguetent pour nos âmes sousprendre, j. de meung. Test. 662. Il xvi' s. Un quidam délibéra de surprendre ma maison et moy, mont, iv, 226. Plusieurs bestes ont un soin extrême de surprendre tout ce qu'elles peuvent, et de le curieusement cacher, m. ii, (80. Lo tyran Amulius fut surprins en son palais et tué, amyot, Rom. ( 2. Marcellus, sans aucune nécessité urgente, sans celle fureur et ardeur qui surprent quelquefois les hommes vaillans au milieu du combat, s'alla.... m. Pélop. et Marcell. comp. 6.... de quoy Clitus, qui esloit ilcsja un peu surpris de vin, se courroucea encore d'avantage, id. Alex. 87. On dit que l'homme surpris est à demi battu, charron. Sagesse, p. 330,

dans LACURNE.

— ÉTYM. Sur ( , et prendre; provenç. torvrendre.

losprendre , sobreprtndre; ital. soprapprendere. Quant au sens de tromper, il est très-uncien, (t appartient au bas-latin : Si quis consurtem suuia superprisent, Lex Bip. p. ((7, § ï.

t SURPHENEDR (sur-preneur), (. m. Celui qui surprend.

— HIST. iTi's. Surpreneur, cotoravb.

SURPRIS, ISE (surprt, pri-z'), part, posté de surprendre. i| 1* Pris i l'impruvistc. Il faut que les Ecritures s'accomplissent, que le pécheur soit surpris dans ce dernier moment.... hass. Avent, Mort du péch. \\ %' Pris furtivement. De ces billets surpris on me croira complice : En restitution je suis encor novice, reonahd, le L^gat. v, (. Le baiser est donné , mais il parait surpris, st-lahb. .S'ait. IV. Il 8* Attaqué à l'improviste. Le même général [Luxembourg] avec ces mêmes troupes surprises et victorieusesiSteinkerko, volt, toui» J/K, (0. On apprit à Vitepsk.... qu'au centre, près du Dnieper, à Inkovo, Sébastian!, surpris par lo nombre, avait été battu, ségur, Hist. de Nap. v, 3. Il 4° Trompé. En vérité, mon père, je crois que les papes savent mieux que vous s'ils peuvent être surpris ou non, pasc. Prov. iviii. Un maître plus équitable qui ne peut être ni surpris,ni prévenu, .MASS. Avent, Bonh. des justes. \\b' Étonné. Nous sommes surpris comme ce silence et cette timidité [du jeune de Grignan] ont fait place à d'autres qualités, SÉv. 22 nov. (688. Son mari.... Se trouve assez surpris, rentrant dans la maison, De voir que le portier lui demande son nom, BOiL. Sat. X. {{ Surpris dans le sens d'étonné, régit l'indicatif après de ce que : Vous êtes surpris de ce qu'il ne vient pas Mais après que, il régit le subjonctif: Vous êtes surpris qu'il ne vienne pas

SURPRISE (sur-pri-z'), s. f. || 1° Action par laquelle on prend ou l'on est pris à l'impro viste. Ah I que je crains vos nuits, et la surprise de l'air de Grignan ! SÉv. (" nov. (088. Nous devrions être assez convaincus de notre néant; mais, s'il faut des coups de surprise à nos cœurs enchantés de l'amour du monde, celui-ci [la mort de Madame] est assez grand et assez terrible, BOSS. Duch. d'Orléans. J'ai vu des gens vouloir, par des surprises, accoutumer les enfants à ne s'effrayer de rien la nuit; cette méthode est très-mauvaise, J. J. rouss. Ém. n. Cette éternelle surprise de l'amour, sujet unique des comédies de Marivaux, est la principale critique qu'il ait essuyée sur le fond de ses pièces, d'alemb. Élog. Mariv. || i° Action par laquelle on attaque à l'improviste. Pendant que le duc d'Enghien s'avance pour recevoir la parole des vaincus, ceux-ci, toujours en garde, craignent la surprise de quelque nouvelle attaque, BOss. Louis de Bourbon. Comme il avait ordre de ménager les troupes, et que d'ailleurs il craignait les surprises, fléch. Hist. de Théodose, m, 63. Quand les descendants d'Hercule revinrent au Péloponnèse, Cresphonte obtint par surprise le trône de Messénie, barthél. Anach. ch. 4(. || 8° Action inattendue par laquelle on induit ou est induit en erreur ou en faute. Une femme d'honneur peut avouer sans honte Ces surprises des sens que la raison surmonte, corn. Poly. i, 3. Vous voyez, mon père, que le degré éminent où sont les papes ne les exempte pas de surprise , pabc. Prot. xviii. Étonné d'un tel discours , selon lequel tous le» péchés de surprise ne pourraient être imputés, ID. ib. IV. Le pontife parlait ensuite des fautes que les rois pouvaient commettre; mais il supposait toujours qu'ils n'y tombaient que par surprise ou par ignorance, boss. Hist. m, 3. On s'éclaire les uns les autres [dans une discussion] ; et celui dont l'espérance est dans la surprise veut avoir le moins de témoins qu'il peut, id. Bem. Réponse, viii, 7, 26. Il dit.... que les meilleurs rois étaient malheureux en ce qu'ils faisaient souvent, par la surprise des flatteurs, les maux qu'ils ne voulaient pas, PÉN. Tél. VI. C'est.... le plus grand service qu'on puisse rendre aux princes, de leur faire voir la surprise qu'eux et leurs ministres souffrent, quoique bien intentionnés.... boisgi/Illeb. Dise, sur la nat. des rieh. ni. || Il est encore plus glorieux d'avouer sa surprise que de n'avoir pas été surpris, mass. Pet. carême, Ècueils. || 4° Sentiment qu'on éprouve en face de l'inattendu, étonnement, trouble. Mais, seigneur, d'où vient cette surprise? corn. Sertor. iv, (. Ce changement est grand, ma surprise est extrême, rac. Birén. ni, 2. Cette lettre me jeta dans une étrange surprise , pén. Tél. xiii. Ce qui fait les grandes beautés , c'est lorsqu'une chose est telle que la surprise est d'abord médiocre, qu'elle se soutient, augmente et nous mène

SUR

ensuite i. l'admiration, montesq. Goût, Progression de la surprise. La surprise est toujours le premier mouvement des sots, comte de caylus (OROSLEY), Œuvr. t. nt, p. 262, dans pougens. Comme les plaisirs de l'esprit ne sont que des plaisirs de surprises, barthél. Anach. ch. 58. [Le décorateur] De surprise en surprise et l'amuse el l'entraîne, D'une scène qui fuit fait naître une autre scène, delille, Jard. iv.|| Petite boite renfermant un ressort qui se détend lorsqu'on lève le couvercle et qui présente un objet inattendu. || On dit aussi boîte à surprise. || B° Cadeau, plaisir inattendu que l'on fait à quelqu'un. Il a fait à sa femme une surprise pour le jour de sa fête. || 6* Pièce qui sert à assurer l'effet de la sonnerie dans une horloge.

— HIST. XIV" s. Sans paier à nous ne à nos successeurs seigneurs de Joinville tailles, prises, surprises, courvées.... du cange, îurprmo. || xvi" s. Et après le soupper, qui fust fort excellent pour une surprise, M. de Vieilleville se retira au logis, CAiiL. vin, 3). Surprise [action de surprendre], AMïOT, Cam. 47.

— ËTYM. Surpris.

f SCRPRODUCTION (sur-pro-du-ksion), s. f. Excès de production. La surproduction des pièces de 5 francs en argent, surproduction que rien ne justifie. Moniteur universel, 28 juill. 1867, p. H36, 3' col.

t SURRE (su-r'), s. m. Un des noms vulgaires du gland du chêne liège.

— ÉTYM. Lat. suber, liège.

t SURRÉNAL, ALE {sur-ré-nal, na-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui est placé au-dessus des reins. Il Capsules ou glandes surrénales, glandes vasculaires sans vésicules closes et sans conduits excréteurs, situées au-dessus des reins.

— ETYM. Sur <, et lat. ren, rein.

+ SURSATURATIOîf (sur-sa-tu-ra-sion) , s. f. Terme de chimie. Action de faire dissoudre à un liquide une quantité d'un corps qui dépasse celle qui suffît à sa saturation dans les conditions ordinaires.

t SURSATURER (sur-sa-tu-ré), v. a. Terme de chimie. Saturer avec excès. || Sels sursaturés, sels où la base est en excès.

SURSAUT (sur-sô), s. m. Mouvement brusque, occasionné par quelque sensation subite et violente. Quand je vis en sursaut une bête effroyable, RÉGNIER, ÈpU. I. Le cheval fit un grand sursaut, et il retomba des quatre pieds, retz, iv, 320. Elle se redresse comme en sursaut, et Mme de Coulanges lui dit : Ma pauvre sœur, vous ne rêvez point du tout, sÉv. 346. Et si je dors, je me réveille avec des sursauts qui sont pires que de ne pas dormir, iD. il juin <67<. C'est une chose merveilleuse de voir combien sérieusement et vivement il décrit son réveil comme en sursaut au milieu de la nuit, Boss. Yar. iv, (7. i| S'éveiller en sursaut, être réveillé subitement par quelque grand bruit ou par quelque violente agitation. Et la peur d'un prévôt ne m'éveille en sursaut, régnier, Sat. v. Lorsque, par grand hasard, quelquefois je sommeille. Un bruit affreux de clefs en sursaut me réveille, regnard, Fol. amour, i, 2. || Fig. Il ne craint pas que du remords La voix en sursaut le réveille, saurin, Beverlei, v, ). Ces airs proscrits [les chants révolutionnaires] qui, les frappant de crainte. Ont en sursaut réveillé tous les rois, bé- RANG. V. sergent.

— HlST. XII* s. Si sul [seulement] dous jorz avant u treis M'en eussiez conseil requis, Jeo vos deïsse mun avis; Si en sorsaut, senz purpenser. Ne vous en sai conseil doner, benoît, ii, 325). ||xni' s. X cel mot Jehans l'entendi ; S'est tressallis tout autressi Com cil qui en soursaut s'esveiUe, Bl. et Jeh. 479. || xvj" s. Il meit en aguet trois mille hommes pour luy donner sur la queue en sursault, pendant que luy le chargeroit de front, AMYOT, Sertor. <8. Au sortir du chasteau il lui empoigne le bras en sursaut, disant : qu'avez-vous fait, misérable? d'aub. Ilist. u, 4 87. Aulcuns tiennent que cela trouble la cervelle tendre des enfants de les esveiller le matin en sursault, mont, i, 1 95.

— ÉTYM. Sur i, et saut.

tSURSAUTER (3ur-s6-té), v. a. Faire un sursaut.

— iiiST. XVI" s. Sursaulter, cotgrave.

SURSÉANCE (sur-sé-an-s'), j. f. Suspension.

icmps pendant lequel une affaire est sursise. On vous donne du temps, Et jusques à demain je ferai surséance X l'exécution, monsieur, de l'ordonnance, MOI. Tari, v, 4. Laissons en surséance pour un peu de temps ce qui regarde l'application de la promesse do [Jésus-aUrist] OU aux Latins

SUR

ou aux Grecs, boss. 2' instr. past. 43. Le connétable de Bourbon envoie l'évêque d'Autun demander au roi une surséance, volt. Mœurs, 4 23. || Lettres de surséance, lettres qu'un débiteur obtenait du sceau, pour faire suspendre les poursuites de ses créanciers.

— HIST. XV" s. Que on print journée pour povoir amyablement pacifier, et que cependant fust donnée surseance en guerre, coMM. v, 48. ||xvi" s. Pour donner quelque surseance à ces fascheuses tragédies, ianoue, 706. Le roi avoit fait une déclaration portant surseance de ses exploits , et un mois de terme à ceux qui voudroienl se jeter entre ses bras, d'aub. Hist. m, 330. Les deux armées firent une surseance d'armes, et parlèrent les deux chefz ensemble, amyot, liom. 30. Ils [les sceptiques) cherchent qu'on les contredie, pour engendrer la dubitation et surseance de jugement, qui est leur fin, mont, ii, 231.

— ETYM. Surseoir.

t SURSEL (sur-sèl), s. m. Terme de chimie. Sel avec excès d'acide, comparativement au sel neutre.

— ÉTYM. Sur 4, et sel.

SURSEMË, ÉE (sur-se-mé, mée), part, passé de sursemer. Du blé sursemé dans un champ. || Pourceau sursemé, celui qui a des grains semés, c'està-dire répandus sur la langue; ce qui est signe de ladrerie.

SURSEMER (sur-se-mé), v. a. U se conjugue comme semer. Semer dans une terre déjà ensemencée. Il Par extension. Crème dont on peut relever le goût et l'élégance en y sursemant de petites dragées et en la lardant de petits morceaux de citron vert confits, Dict. des arts et m. Laitière. Il Fig. Qu'il [père de famille] leur permette d'aller arracher l'ivraie que l'homme ennemi a sursemée dans ce champ divin, mass. Carême, Mélange.

— msT. XV" s. Le porc fresq seursemé [qui a des grains de ladrerie] ne sera point vendu... se il n'est salle deuement, Ordonn. nov. 4487. Il XVI" s. Incontinent après la chute du foudre, la campagne se trouve toute couverte et sur-semée de soufre, paré, ix, 2" dise.

— ÉTYM. Sur 4, et semer

SURSEOIR (sur-soir), v. a. Je sursois, tu sursois, il sursoit, nous sursoyons, vous sursoyez, ils sursoient; je sursoyais, nous sursoyions; je sursis, nous sursîmes; je surseoirai, nous surseoirons; je surseoirais, nous surseoirions; sursois, sursoyons, sursoyez ; que je sursoie, que nous sursoyions; que je sursisse, que nous sursissions; sursoyant, sursis. En parlant des affaires, suspendre, différer. Seigneur, que l'intérêt de tant de gens de bien Vous fasse au moins surseoir ce voyage funeste, MAIRET, Soliman, in, 2. Le pauvre Ésope se jeta aux pieds de son maître, et, se faisant entendre du mieux qu'il put, il témoigna qu'il demandait pour toute grâce qu'on sursît de quelques moments sa punition, la font. Vie d'Ésope. || F. rv. Surseoir à des poursuites, au jugement d'une affaire. Il serait sursis à l'exécution de la déclaration et et arrêt rendus contre le cardinal, retz, Mém. t. m, liv. IV, p. 4 4 8, dans pougens.

— HIST. XI' s. Et qui le cri orrat [duira] et sursera, la sursise al rei amend, Lois de Guill. 48. Il XIV" s. Le dit bailli sussera d'autre nouvelleté faire en ladite duchié de Touraine, du cange, supersedere. || xv" s. Par ma foi, cousin, nous desirions bien vostre venue, et nous sursîmes tousjours en vous attendant du matin jusques aux vespres, froiss. i, i, 234 . Laquelle chose venue à la cognoissance du roy, manda que tout feust sursis jusques à une autre fois, juv. des urs. Charles VI, 4384.||xvi" S. Hz prièrent les tribuns du peuple qu'ilz feissent un peu sursoir le recueil des voix et suffrages du peuple, amyot, P. Jim. 62. Puis concluoit en conseillant de surseoir toutes choses jusques à une tenue d'estats, d'aub. Hist.

— ÉTYM. Sur 4, et jeoir.

SURSIS, ISE (sur-sî, si-z'), port, passé de surseoir. Il 1" Remis à un autre temps. Son supplice fut plutôt sursis que son crime ne fut pardonné, VAUGEL. Q. C. 384. Les conférences sont sursises jusques à leur retour, pellisson, Lett. hist. t. i, p. 379. Il 2° S. m. Terme de justice. Délai. || Par extension. Cette Smolensk, deux fois fatale à l'armée, était un lieu de repos pour quelques-uns; pendant ce sursis accordé à leurs souffrances, ceux-là se demandèrent.... séour, Hist. de ATop.

SUUSOLIDE (sur-so-li-d'), s. m. Ancien terme d'algèbre. La quatrième puissance d'une grandeur.

SUR

à laquelle on suppose une dimeasion de plus que le solide. Le carré du carré ou le sursolide, desc. Géom. 4. Il Àdj. Problème sursolide, problème qui ne peut être résolu que par des courbes plus élevées que les sections coniques.

— êtym. Sur 4, et lolide.

t SURSOMME (sur-so-m'), t. f. Charge exce> sive. Il Proverbe. La sursomme abat l'àne.

— hist. XIII" s. On disl piecha que la soursomme abat l'asne, Chr. de Ilains, 238.

t SURTARE (sur-ta-r'), ». f. Double tare, tare en sus.

SURTAUX (sur-tô), s. m. Imposition, taxe trop élevée. Se plaindre en surtaux. Présenter, former une plainte en surtaux. Que les surtaux des tailles seraient jugés sommairement.... qu'après trois mois nul ne soit reçu opposant en surtaux. Arrêt du conseil, 26 févr. 4 666.

— ÉTYM. Sur 4, et taux.

SURTAXE (sur-ta-ks'), s. f. \\ 1" Taxe ajoutée à d'autres. Payer la taxe et la surtaxe. || i" Taxe excessive, illégale. Je me ferai décharger de cette surtaxe.

— HIST. XVI' s. Surtaxe, cotgrave.

— ÉTYM. Sur 4, et taxe.

SURTAXÉ, ÉE (sur-ta-ksé, ksée), part, passé de surtaxer. Denrée surtaxée dans le tarif desdouanes.

SURTAXER (sur-ta-ksé), v. a. Taxer trop haut. Le contrôle des exploits, les postes ou le port des lettres modéré d'un tiers est fixé de telle manière qu'il ne soit pas arbitraire aux commis de les surtaxer, comme ils font notoirement presque partout, ce qui mériterait bien un peu de galères, VAUB. Dlme, p. 4 4 3.

— HIST. XVI" s. Afin qu'ilz en payassent de tant plus de taille que leurs biens seroient surtaxés et plus hault estimez, amyot, Caton, 36.

— ÊTYM. Sur 4, et taxer

t SURTHORAX (sur-to-raks'), s. m. Terme de zoologie. Thorax des hyménoptères à abdomen pédicule, et des diptères.

— ÉTYM. Sur 4, et thorax.

\ SURTIERS (sur-tièr), s. m Nombre où il y a un tiers en sus, par exemple 4 comparé à 3, 8 comparé à 6.

f SURTIRÉ (sur-ti-ré), s. m. Terme de banque. Celui sur lequel une lettre de change est tirée et qui l'accepte.

t SURTONDRE (sur-ton-dr'), v. a. Enlever lo poil d'une peau préparée à la chaux.

t SURTONTE (sur-ton-f), s. f. Action d'enlever le poil des peaux.

t SURTORS (sur-tor), s. m. Excès de tors donné au fil dans la filature.

4. SURTOUT (sur-tou; le t se lie), ode. Principalement, plus que toute autre chose. Adieu, sors; et surtout garde bien qu'on te voie, corn. Cid. m. 4. Surtout, mortels, déscîbusez-vous de la pensée dont vous vous flattez, qu'après une longue vie la mort vous sera plus douce et plus facile, boss. le Tellier. Qu'il est rare de trouver cette pureté de Marie- Thérèse parmi les hommes; mais surtout qu'il est rare de la trouver parmi les grands I m. Mar.-Thér. L'Hemovrien constant, qui, formé pour servir, Sait souffrir et combattre, et surtout obéir, volt. Fontenoy.

— HIST. XVI" s. Je vous prie surtout, gardés vostre santé et me mandés comme elle se porte, marg. Lett. 4 4.

— ÉTYM. Sur 4, et (ouf. Les anciennes forme» variaient : sur que tout, en surquetout, etc.

2. SURTOUT (sur-tou), s. m. || 1" Sorte de vêtement que l'on met sur les autres habits. Le duc de la Feuillade revint poudré et paré d'un beau surtout rouge, st-sim. 42, 442. L'habit est vraiment leste, et des plus à la mode; Pour un surtout de chasse il me sera commode, regnard, Ménechm. l, 2. Enfin, un jour qu'un surtout emprunté Vêtit à cru ma triste nudité, volt, le Pauvre diable. Il Par extension. Afin d'interdire encore mieux tout accès à la lumière, je l'ai recouvert, comme le second, d'un surtout de papier bleu, bonnet. Us. feuill. 2" mém. || Fig. Quel surtout que ce rhumatisme 1 sÉv. 22 janv. 4 690. Depuis que mon mari, par grâce singulière. D'un surtout de sapin que l'on appelle bière. Dont on sort rarement, a voulu se munir. J'ai fait voeu d'être veuve, et je le veux tenir, regnard, le Bal, se. 4. | 8° Grande pièce de vaisselle, ordinairement d'argent ou de cuivre doré, qu'on sert sur les grandes tables, et sur laquelle on place les saliÎTes, les sucriers, les poivrières et tout ce qui est d'usage dans le cours d'un repns ; «n y met au-tsi dos figures, de>

SUR

SUR

Tasos de fleurs, de fruiU. On a Invenié des surtouls pour lo dessert qui sont de.lrès-bon goût, TOi.T. l.ett. à Catherine U, 2 cet. I770. Il y a des gens qui vous mettent sur la table un grand surtout où il est défondu de loucher, m. Lelt. d'Autre, « sept. «765. Il 3° Kspfece de petite charrette fort légère, faite en forme de grande manne, et qui sert à porter du bagage. ||4' Moule qui recouvre les autres moules du modèle d'une cloche et quidoitsoutenir l'action du feu. || 6° Espèce d'entonnoir en paille renversé dont les ruches sont recouvertes.

— ETVM. Bas-lat. supertotus, espèce d'habit, de tuper, sur. et tottix. tout.

t SURTRONCATCRE (sur-tron-ka tu-r*), ». f. Terme de minéralogie. Troncature sur une troncature. Cette forme est la forme générale et régulière de ces cristaux ; car souvent on la voit modifiée par des surtroncatures, ou par d'autres accidents, Saussure, Yoy. Alpes, t. vii, p. M4, dans pouGENs.

t SDRVALECR (sur-va-leur), s. f. Excès de valeur. La survaleur des monnaies d'argent, Jonrn.

Ofjic. 30 OCt. 1871, p. 4228, 3« COl.

SURVÉCUS (JE), SURVÉCUSSE (JE) , voy. Survivre.

SURVEILLANCE (sur-vè-Uan-s' , JJ mouillées, cl non sur-vè-yan-s'), s. f. Action de surveiller. Il a été mis sous la surveillance de la haute police. Il doit rester en surveillance pendant deux ans. Il [Louis XIII] ne vit jamais dans le pouvoir suprême que les inquiétudes de la surveillance et la fatigue du commandement, GENLis, Wlle de la Fayette, p. ♦. De mes gardes cruels l'active surveillance Se repose un moment, lemercieb, /. Shore, v, 6.

— ÊTYM. Surveillant.

SURVEILLANT, ANTB (sur-vè-llan, llan-t'. Il mouillée.3), adj. || 1° Qui surveille. Cet homme est trop surveillant. || i' S. m. et f. Celui, celle qui lurveille. Une bonne surveillante. La discipline régulière abesoin de surveillants, patru, Plaid. £>. Je vois deux surveillants [Sénèque et Burrhus], ses maîtres et les miens. Présider l'un ou l'autre à tous nos entretiens, rac. Brit. i, « . Et d'un jeune héros [Germanicus] surveillant assidu, h. j. chén. Tibire, nr, 6.

— msT. XVI' s. Je voyois [lors de la réforme] aussy des noms changés de surveillants, diacres, consistoires, sinodes, colloques... «jonloc, Méin. t. n, p. 3, dans laci'rne.

— ETYM. Surveiller.

SURVEILLE (sur-vè-ir, H mouillées, et non »ur-vè-ye), i. f. Jour qui précède la veille. M. de Mantoue arriva à Paris la surveille de la Pentecôte avec une grande suite, st-sim. (33, 347.

— ÊTYM. Sur ), et veille.

SURVEILLÉ, ÉE (sur-vè-Ué, liée, U mouillées), port, passé de surveiller. Surveillé de très-près, il ne put s'échapper.

SURVEILLER (sur-vè-Ué , Il mouillées, et non Bur-vè-yé), v. n. Veiller particulièrement et avec autorité sur quelque chose. Un général d'au'mée doit surveiller à tout ce qui se passe. Passer son temps à surveiller aux fraudes des marchands do blé, à la négligence des magasiniers... DisEn Claude et Nér. u, 82. || Activement. Surveiller des travaux. Mais surveillons Norceste, et sachons tout prévoir, Ducis, Hamlet, m,f. Toujours sonamitié surveilla mes destins, lemehcier, Frédég. et Br. m, 2.

— ÊTYM. Sur », et veiller.

SURVENANCE (sur-ve-nan-s'), ». f. || !• Arrivée Imprévue. 1| i' Terme de jurisprudence. Naissance inattendue d'un ayant droit. La donation entre-vifs ne pourra être révoquée que pour cause d'inexécution des conditions sous lesquelles elle aura été faite, pour cause d'ingratitude, et pour cause de survpnance d'enfants. Code civ. art. 953.

— mST. xvi' s. La survenance de la mon, MONT. I, 78. Un papier journal à insérer toutes les survenances de quelque remarque, ID. I, 257.

— ÊTYM. Survenant.

SURVENANT, ANTE (sur-ve-nan, nan-t"), adj. Il 1* Oui survient. Les accidents survenants. Il 2" S. m. et f. Survenant, survenante, celui, celle qui survient. On nous voit tous pour l'ordinaire Piller le survenant, nous jeter sur sa peau, La font. Fait. X, 16. Quand je considère votre château rempli de toute votre grande famille et de tous les survenants... sÉv. 3 juill. inso . J'assiste i des soupers privés où la porte est fermée à tout survenant, }. 1. Rouss. Bel. n, 17.

— HIST. mi* s. Et en aucun liu est-il c'en pot penre [prendre] en cascun ostel une queuie [couette] por les sorvenans, beaum. xxxii, *».

OICT. DB LA LANOUB FRANÇAISB.

Il xrv* s. La vie de lui est delettable de soy, et ne a mcstier de autre delettacion sourvenant, cbkskb, Êth. 283. Il XV* s... dévoient demeurer au pont et garder le passage, pour lo défendre aux aventures des survenants, proiss. i, 1, 130.

Sl'KVENDKE (sur-van-dr'), t>. o. Il se conjugue comme vendre. Vendre trop cher. Survendre sa marchandise. Pour l'employer [l'or des monnaies] en ouvrages d'orfèvrerie, lesquels ils survendent, Édit, sept. 1641. Ceux qui parmi nous ont quelque industrie ne sont pas obligés d'acheter chèrement le droit naturel d'exercer leurs talents : contrainte funeste qui détériore ces talents mêmes, qui oblige les artistes à survendre leurs ouvrages, VOLT. Pol. et iég. Remontr. du pays de Gex. || Absolument. Vous avez tort de survendre.

— ÊTYM. Sur », et vendre.

SURVENDU, UE (sur-van-du, due), part, passé de survendre. Sur le débit à la petite mesure où le sel est survendu et souvent augmenté avec du sable..., VAUB. Dtme, p. »05.

SURVENIR (sur-ve-nir) , v. n. Il se conj igue comme venir. || !• Venir ensus, en parlant de personnes. Le Saint-Esprit surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre, SACi, Bible, Évang. St Luc, 1, 35. Elle me parlait la dernière foia d'un déjeuner qu'elle devait donner dans sa chambre, où vous deviez survenir, SÉV. 26 juin» 680. Il Arriver inopinément. Un agneau se désaltérait Dans le courant d'une onde pure ; Un loup survient à jeun, qui cherchait aventure, LA FONT. Fabl. I, »0. Quand quelque prince avait fait une conquête, qui souvent l'avait épuisé, un ambassadeur romain survenait d'abord qui la lui arrachait des mains, montesq. Rom. 5. || Impersonnellement. Il est survenu fort à propos un fort honnête ami de carpillon fretin, M. d'Agaurry, à qui nous avons affaire en son absence, sÉv. »8 oct. »679. Il î» Il se dit des choses qui arrivent en surcroît. Mais tel chagrin pourrait me survenir. Que je l'épouserais afin de le punir, corn. Suréna, i, ». Mais s'il faut qu'avant tout, dans une âme chrétienne. Diront ces grands docteurs, l'amour de Dieu survienne, boil. Épit. m. Les peuples ne demandent qu'à voir naître des oracles en tous lieux ; et puis l'ancienneté survient à tous ces oracles, qui leur fait tous les biens du monde, FONTEN. Oracl. I, »». I! Se produire, arriver à l'improviste. Avec cette prodigieuse compréhension de tout le détail et du plan universel de la guerre, on voit toujours le prince attentif à ce qui survient, Boss. Louis de Bourbon. Dans les accidents qui surviennent. Les dépouilles nous appartiennent, BÉRANO. Vieux habits, vieux galons. || Impersonnellement. Souvent, pour m'achever, il survient une pluie, boil. Sat. vi. 1| U se conjugue avec l'auxiliaire être.

— HIST. xn' s. Hue de Moreville esteit ultre cuniz [avait couru outre], Chacout [chassait] le pueple ariere qui esteit survenuz. Th. le mort. »6». E jo survendrai à ces paroles, sis [si les] asumerai. Rois, 222. Il XIII* s. A tant es vous le conte de St Pol qui sourvint sour aus [eux], Chr. de Rains, »60. Or le metez ci sor mon dos ; Je l'enporterai en cel bos; Qar tiex [tel] i porroit sorvenir. Qui tost le nos voudroit tolir, Hen. 7073. [|xiv* s. Il ne fait autrement pour aucune autre chose qui peut sourvenir, oresme, Éth. »34. || xvi* s. X tous survint on cors une enfleure très horrible, hab. Garg. 11, ». Dieu a survenu à l'infirmité de la volonté humaine, CALV. Instit. 222. Là dessus survindrent ses ennemis, qui le pressèrent si fort qu'il fut contraint de s'enfouir hors de la ville, amyot, Sylla, 22. Il dospendit ses biens à en survenir aux nécessitez de ses pauvres citoyens, ID. Cimon, te. Si d'adventure les ephores y survenoient, il se levoit au devant d'eulx, ro. Agésil. 5. S'il lui survenoit quelque sinistre desastre... carloix, v, 29... En toutes les occasions qui se sont survenues depuis qu'elle est vefve, iD. vm, »7.

— ÊTYM. Wallon, sorvini; prov. etcspagn. sobrevenir ; portwg. sobrevir; ital. sopravenire ; un lat. supervenire, de super, sur, et venire, venir.

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