‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 162 sur 754 · I. SURVENTE (sur-van-f), s. f. Vente à un prix · texte numérisé non relu

I. SURVENTE (sur-van-f), s. f. Vente à un prix

beaucoup trop élevé les détourner [l'or et

l'argent] de nos monnaies au moyen des billonnements, surachat et survente du marc d'or et d'argent, Décl. 29 oct. »640.

— ÊTYM, Survendre.

t 2. SURVENTE (sur-van-f), ». f. Terme de marine. Augmentation de vent.

— ÊTYM. Voy. surventbr.

t SURVENTER (sur-van-té), v. n. Terme de ma-

nne. Augmenter de violence, en pa.lant d'un vent déjà violent.

— ÊTVM. Sur I, et venter.

SURVENU, UE (sur-ve-nu, nue), port, passé de survenir. Une douleur légère, à l'instant survenue, Ne me peut aujourd'hui souffrir l'heur de sa vue, rotr. Yeneesl. n, 6. Avec ces deux avantages sur< venus à tous ceux qu'on lui connaît [i Mlle de Dlois]... siy. 4 janv. <o«7.

t SCHVENUE (sur-vo-nue), i. f. Action de survenir.

— lllST. XV* s. Us séjournèrent là entour huit jours sur cette rivière, en attendant chascun jour la survenue des (^scots [Écossais], kroiss. i, i, 3». Us se firent si grant joye et si grande fcste que deux amans s'entrefont qui n'ont veu l'ung l'autre depuis demy an, et ilz se treuvcnt ensemble i privé sans doubtance de survenue, Pereeforett, t. I, f* »i4.||xvi* s. Sans survenue d'aucun accident, PARÉ, Introd. 5.

t SUHVERSEMENT (sur-vèr-se-man), ». m. Surabondance d'eau, débordement. U n'est pas certain qu'en augmentant la capacité du fossé, on diminue les probabilités du surversement, cappkau. Delà compagnie des alpines, p. »09.

— ÊTYM. Suri, et verser; prov. »ot>recer<aTn<nt. t SURVÊTIR (sur-vè-tir), v. a. Vêtir trop. La

charité ne veut pas être survêtue, mais elle se laisse dépouiller, fén. t. ivni, p. 366.

— HIST. ivr s. Survestir, cotgrave.

SUnVIDÉ, ÉE (sur-vi-dé, dée), part, pot»^ de

survidor. Un sac survidé.

SURVIDER (survi-dé), ». o. ôter une partie de ce qui est dans un vase, dans un sac trop plein. Pour tous les bateaux qui seront rincés et les marchandises survidées dans d'autres bateaux, Véclar. 22 oct. »7I5, tarif.

— P.TYM. Sur I, et rider.

SURVIE (sur-vie), ». f. \\ 1* ÉUt de celui qui survit à un autre. || Tables de survie, tables qui donnent le nombre des survivants à chaque âge, différentes des tables de population en ce que les premières ne tiennent compte que de la mortalité, tandis que les secondes sont modifiées par les migrations et autres accidents. || Terme de jurisprudence. Gains de survie ou gains nuptiaux, avantages qui se font entre époux en faveur de celui qui survivra. || 1° Terme de jurispr.idence. Circonstance qui fait que , dans un événement funeste à un certain nombre d'individus, tel ou tel n'a succombé ou n'est présumé avoir succombé qu'après tel autre, circonstance importante pour la transmission des héritages.

— HIST. XVI* s. Et outre que la femme pour la sourvie recouvre l'empirement de ses lict et robbes nuptiaux.... Coust. gén. t. u, p. 479.

— ÊTYM. Sur », et rie.

t SURVINER (sur-vi-né), v. n. Mettre un excès de vinage. Surviner un vin.

SURVIVANCE (sur-vi-van-s*), ». f. \\ 1* Action de survivre. || Existence après la mort. La survivance de l'âme des bêtes, bonnet, Palingén. xiv, 6. Il 2* Faculté de succéder à un homme dans son emploi, dans sa charge après sa mort. Il vous mande qu'on dit que M. de Yerneuil donne son gouvernement à H. de Lauzun, et qu'il prend celui de Berry, avec la survivance pour M. de Sully, SÉv. 43. Mon astre, dit-on, me menace D'y mourir [à l'hôpitaljaux dépens du roi : Pour elle accordemoi la place. Et la survivance pour moi, c. delaviGNE, En demandant pour une vieille femme un» place dans un hospice. \\ Fig. La loi devrait contraindre une mère coquette.... D'abjurer la tendresse, et d'avoir la prudence De faire recevoir sa fille en survivance, beonabd, le Distrait, m, ».

— HIST. XVI* s. S'il vient à savoir ceste survivance [sa place donné lui mort], il fuyra avecque* horreur ma fréquentation, carlolx, v, 29.

— ÊTYM. Survivant; wallon, survikanss.

SURVIVANCIER (sur-vi-van-sié ; l'f ne se lie

jamais; au pluriel, l's se lie : les sur-vi-van-sié-» ou jouissants),», m. Celui qui a la survivance d'uno charge. Le prince de Turenne, fils aîné de M. de Bouillon, et son survivancier, tué à Stcinkerke, ST-SIM. 2», 260. Savoir : sur une seule tête, l'un des jouissants ou survivanciers devant être mort, ci.... 9578870 livres. Décret du ss floréal, rapport vambon, p. 8».

— ÊTYM. Survivance.

SURVIVANT, ANTE (sur-vi-van, van-t'), adj. Qui

survit. Les enfants survivants à deux ans, à trois

ans. Il Substantivement. Le survivant, la survivante

aura tout le bien. Lorsque le dernier survivan»

SUS

viendra à décéder, Décret du «3 fioréal, rapport Catnbon, p. «».

SURVIVRE (»ur-vi-vr'), ». n. Il ie conjugue commevivre. Il 1° Demeurer en vie après quelque personne ou quelque chose. Et, si la vérité se peut dire sans crime, C'est avecque plaisir qu'on survit i sa mort [d'un mauvais roi],MALH. ii, <. Heureux l'homme qu'un doux hymen unira avec ellel il n'aura à craindre que de la perdre et de lui survivre, ré«. Tél. XXII. Charles IX ne survécut pas longtemps à ces horreurs [Saint-Barthélémy], volt. Hist. pari, ixviii. Mme de Maintenon survécut quatre ans au roi, oenlis. Urne de Maintenon, t. Il, p. 27B, dans pouGENs. Il Activement (cas auquel il a pour complément un nom de personne). Il a survécu tous ses enfants, vauoel. Q. C. 430. Je plains bien moins les morts que ceux qui les survivent, mairet, Soliman, v, n. On ne peut avoir, en servant ces sortes de malades [les pestiférés] que la malheureuse consolation de les voir mourir, ou la triste espérance de les survivre de quelques jours, fléch. Duch. de Slont. La Vaiiguyon ne la survécut [sa femme] que d'un mois, ST-siM. u, <64. Il 2' Fig. Vivre après la porte de quelque chose de précieux. Il n'est point permis de dire : survivre sa gloire, survivre sa réputation; il faut dire toujours : survivre à sa gloire, à sa réputation, Acad. Observ. sur Vaugel. p. <82, dans POUGENS. La Providence a voulu que la reine survécût à ses grandeurs, afin qu'elle pût survivre aux attachements de la terre, boss. Reine d'Anglet. Que craint-on d'un enfant [Astyanax] qui survit à sa perle? rac. Andr. m, *. Quelques auteurs, au rapport de Suétone.... disent qu'à son retour de Grèce.... il [Térence] perditcent trente-huit pièces qu'il avait traduites de Ménandre, et qu'il ne put survivre à un tel accident, rolun, Uist. anc. Œuvr. t. I, p. 224. Est-il une mort plus cruelle que de survivre à l'honneur? i. i. rouss. Uél. i, 08. Il 3° Fig. En parlant des choses, subsister après. Mais que ma cruauté survive à ma colère? Que, malgré la pitié dont je me sens saisir. Dans le sang d'un enfant je me baigne à loisir? Non, seigneur, rac. Andr. I, 2. Il est si rare que l'amitié survive ou succède à l'amour, duclos, (Euvr. t. vin, p. 183. Il Activement. Quoil ta rage, dit-il, n'est donc pas assouvie. Et tes déloyautés ont survécu ta vie! botr. Antig.m, 2. ||4° Se survivre, V. réfl. Vivre après sa mort. || Se survivre dans ses enfants, dans ses ouvrages, laisser après soi des enfants, des ouvrages qui perpétuent le souvenir du nom qu'on portait. || Conserver son autorité après sa mort. [Louis XIV] voulant se survivre i lui-même, semblait avoir prétendu régner encore après sa mort, moniesq. Lett. pert. B2. || B« Se survivre à lui-même, survivre à soi-même, perdre avant la mort l'usage des facultés naturelles. Il y avait longtemps qu'il avait le chagrin de se survivre à lui-même, orimm, Corresp. t. i, p. 447. Il Fig. Tomber dans l'oubli. Le fameux cardinal Portocarrero mourut en ce temps-ci, après s'être longtemps survécu, st-sim. 240, 69.

— REM. Dans le xvn* et le xviii* siècles on disait encore au parfait défini . je survéquis; aujourd'hui on ne dit plus que je survécus. Sa femme (d'Attalus, roi de Pergame] le survéquit, malh. te xxxiii* Uvre de T.-Live, ch. 2). Pas un ne survéquit d'un combat si funeste, mairet, Uort d'Asdr. T, 2. L'amour qui nous unissait survéquit à l'espérance, J. J. ROUSS. Hél. m, 18.

— HIST. XI* s. [Il] Tut survesquict e Virgile Omer, Ch. de Roi. clxxxv. || xiir s. Et il la prendroit à feme, et seroit roine d'Angleterre, si elle gourvivoit le roi son père, Chvon. de Rains, p. 12. Et aussi ont li aucun laissié aucune fois à lor femes, ou les fcmes à barons [maris], par tele condition que cil qui sorvivroit ne se remariast pas, BEAUM. XII, 66. || XVI* S. Impatient de survivre à celte perle, il se tua, mont, h, 35. Combien survivent à leur propre réputation? id. m, 26. Quand de deux frères jumeaux l'un meurt et l'autre survit, le survivant s'appelle Vopiscus, amïot, Cor. <5. Le meilleur est qu'un chef d'osl pour sa gloire, Ayant vaincu, survive sa victoire id. Pélop. et Uarcell. comp. 6. C'est vergogne à un roi de survivre vaincu, garnieh, les Juives, 4.

— ÊTYH. Wallon, surviké ; provenç. sobreviure ; catal. sobreviurir; espagn. tobrevivir; portug. sobreviver; ilal. sopravvivere ; du lat. tupervivere, de super, »ur, et tiicere, vivre.

SUS (su ; l't se lie : sii-z allons), ad». || 1* Dessus. Les gens du roi concluant toujours i. commander aux communes de courre lui aux troupes de M. de

SUS

Nemours, retz, Mém. liv. iv, t. in, p. 4 a», dans POUOENS. Poltrot s'était dédit de la charge qu'il avait mise sus à l'amiral et i Bèze, boss. Var. <o. On a sonné le tocsin dans tous les villages, et les paysans sont armés pour lui courir sus [à Napoléon revenant de l'île d'Elbe], Journal des Débats, 9 mars <8IB. Il est notoire dans le déparlement qu'on peut me voler, me courir sus, p.-l. cour. l'iacet à S. E. le ministre. || 2° En sus, loc. adv. Au delà, en outre. Quatre francs et le quart en sus font cinq francs. Six mille francs et la moitié en sus font neuf mille francs. || Anciennement, en termes de finances, le tiers, le quart en sus, se disait quelquefois d'une quantité qui, étant ajoutée à une soûime, donnait une somme totale dont cette quantité est le tiers ou le quart. Quinze mille francs et le quart en sus font vingt mille francs. Il En sus de, loc. prépos. Il a touché des gratificalions en sus de ses appointements. || Substantivement. Un en sus, ce qui est en sus. || 8* Sus! interj. On l'emploie pour exhorter, exciter. Sus, sus, brisons la porte, enfonçons la maison, corn. Médée, v, 7. Chacun dit : il est vrai, sus 1 sus 1 courons aux armes 1 la font, l'abl. xii, 25. Lélie : Je te suivrai partout pour savoir ce mystère. — Mascarille : Oui ? sus donc, préparez vos jambes à bien faire, mol. l'Ét. ii, (4. Or sus, mon fils, savez-vous ce qu'il y a? c'est qu'il faut songer, s'il vous plaît, à vous défaire de votre amour, id. l'Av. IV, 3. Il 4* On le joint, dans le style d'affaires, à plusieurs participes pour se référer à quelqu'un ou quelque chose dont il a été question précédemment : susallégué, susdaté, susénoncé, susindiqué, susmentionné, lusrapporté, susrelaté, susvisé, etc.

— REM. 1. L'Académie dit que sus est une préposition; mais on ne le trouve nulle part avec un complément. || 2. On trouve dans Saint-Simon à sus au sens de contre; mais le texte est-il bien correct? L'entreprise des Lorrains leur était retombée à sus [contre eux] «n plein, st-sim. 64, 72.

— IllST. X* s. Qu'elle Deo ranciel [qu'elle renie Dieu], chi maent [demeure] sus en ciel, Eulalie. Il XI* s. Isnelement li ber resaillit sus, Ch. de Roi. CLiii. Il XII* s. Sus, va, pitié, va, chançon; si t'en croie [que madame t'en croie] Que je m'en vois [vais] servir nostre Seigneur, Couci, xxii. Saisne lui corrent sus par vertu et par ire. Soi, x. Il xiii* s. Là me souvent [souvient] des gens de maie guise. Qui m'ont mis sus mensonge à escient. Que j'ai chanté des dames laidement, QUESNES, Romancero, p. 89. X Montfaucon [gibet] [ils] le firent sus au vent encrouer, Rerte, xcvii. Li princes n'est pas sus la loi , mes la loi est sus le prince, Liv. de jost. 6. Et il revint tout effraé, et me dit: Sire, or sus, or sus, que vezci [voici] les Sarrazins, lOiNV. 230. || xv* s. Puis ça, puis là. Et sus et jus. De plus en plus Tout vient et va, CH. d'orl. Chanson, 94. Oncques de cette imagination [le projet de corrompre le capitaine de Calais] le dit messire Geffroi ne put iisir, mais procéda sus et envoya secrètement et couvertement devers cil Aimery, froiss. i, i, 320.

I Pour gaigner et conduyre le duc de Bourgongne à mettre sus une armée en son pays, comm. i, 2. Il [Charles VIII] avoit mis sus une audience publique, où il escoutoit tout le monde et par especial les pauvres m. vui, )8. || xvi*s. Sus, enfants, êtes vous délibérez d'y venir avecques moy? rab. Garg.n, 26. Ils se coururent sus, l'espée au poing, MONT, i, 268. Donner à son ennemy moyen de se remettre su», id. i, 3B(.

— ÉTYM. Provenç. et portug. jus; espagn. et ital. suso; du lat. susum, en haut.

t SUSBANDE (su-ban-d'), s. f. Terme d'artillerie. Dans les afl"iits, pièce de fer qui embrasse la partie supérieure du tourillon d'une bouche à feu; elle est reliée au flasque par des chevilles et des clavettes. Il Dans la trique-balle à tre lil, c'est une pièce de, fer qui embrasse et maintient le treuil.

\ SUSBEC (su-bèk), s. m. Terme de fauconnerie. Espèce de pituite qui attaque les oiseaux.

— 6TYM. Sus, et bec.

t SUSCARPIEN , lENNE (sus'-kar-piin , piè-n') , adj. Terme d'anatomie. Qui est situé sur le carpe.

SUSCEPTIBILITÉ (su-sè-pti-bi-U-té), s.f. || 1" Terme de médecine. Disposition à ressentir les influences, à contracter des maladies. || 2° Terme de philosophie. Capacité de recevoir. La susceptibilité des contraires. Il 8" Exaltation de la sensibilité physique et morale que l'on observe particulièrement dans lei affections nerveuses. || 4* Disposi- I tion i se choquer trop aisément. Blesser, mena-

SUS

ger la susceptibilité de quelqu'un. Vousêtesifune susceptibilité ridicule, genus, Yeill. du chdH. m, p. 447, dans POUGENS.

— ETYM. Susceptible.

SUSCEPTIBLE (su-sè-pti-bl'), adj. |( 1* Qui peut recevoir certaines qualités, certaines modifications. Enfin votre esprit parait trop susceplibla De l'appréhension d'une chose impossible, thistan, Panthée, rv, (. Les ordres de Breuil arrivèrent dans ces conjonctures, et enflammèrent aisément la bile de la reine, qui était naturellement susceptible d'un grand feu, betz, Mém. t. n, liv. rn, p. 386, dans POUGENS. Mon fils, dit le docteur, il n'est point de partie Susceptible de tant de maux [que le pied du cheval], la font. Fabl. v, 8. Le peuple n'est pas susceptible de cette doctrine [que les lois ne sont bonnes que parce qu'elles sont établies], pasc. Pens. vi, *o, édit. haïet. C'est un vice de l'esprit humain , non-seulement d'être susceptible des impressions étrangères , mais encore de s'embarrasser dans ses propres imaginations, boss. Sermons, justice, 2. M. Leibnitz avait tiré ce fruit de sa grande lecture, qu'il en avait l'esprit plus exercé à recevoir toutes sortes d'idées, plus susceptible de toutes les formes, plus accessible à ce qui lui était nouveau et même opposé, fonten. Leibniii. Il y a un tour à donner à tout, même aux choses qui en paraissent le moins susceptibles, hontesq. Lett. pers. 67. Nous sommes susceptibles d'amitié , de justice, d'humanité, vauven. Max. ccxcvra. Des parties susceptibles de figure, de mouvement et de repos, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 30 nov. )770. C'est en combinant tous ces moyens qu'il sera facile de donner à chaque département une égalité susceptible de la même administration et, dans l'assemblée nationale, de la même députation, Mirabeau, Collect. t. II, p. 466. Deux arpents.... susceptibles d'ailleurs de beaucoup augmenter en valeur ou en étendue, p. L. cour. Gax. du village. || Ce passage, cette proposition est susceptible de plusieurs sens, d'interprétations difTérenles, il est possible de lui donner plusieurs sens, des interprétations différentes. Il 2* Terme de service sanitaire. Marchandises susceptibles, demi-susceptibles, non susceptibles, marchandises qui peuvent plus ou moins ou ne peuvent pas transmettre les maladies contagieuses. Il 3* Absolument. Facile à ofl'enser. Un esprit, un caractère susceptible. Avec de la douceur et une grande facilité de caractère , le baron était extrêmement susceptible, gei^us, Vceux témér. t. m, p. 26, dans podgens. Ma tante est orgueilleuse et susceptible comme tous les diables, CH. DE BERNARD, Femm* de 40 ans, n.

— REM. l.U ne faut pas confondre susceptible et capable. On est susceptible de recevoir, d'éprouver, de subir; mais on est capable de donner ou de faire. Un édifice est susceptible de réparations; un architecte est seul capable de les concevoir telles qu'il les faut. Ce colonel serait bien capable d'être général; mais les lois militaires ne le rendent pas encore susceptible de cet avancement. Il 2. L'ancienne édition des Mémoires de d'Aubigné porte : Remarquez sur cela , mes enfans, de quoi sont susceptibles les grands , voire les plus grands et les meilleurs. Mais l'édition de Lalanne (Paris, <864), faite sur le manuscrit, porte, p. 47 : De quoy eschappent les grands et voire les meilleurs.

— ÉTYM. Lat. suseeptibilis, de susceptum, supin de suscipere, recevoir (voy. susception).

SUSCEPT10N(3U-ssè-psion; envers, de quatre syllabes), s. ^.||1" Action de recevoir en soi. Le corps organisé se nourrit par les parties des aliments qui lui sont analogues ; il se développe par la susception intime des parties organiques qui lui conviennent, bufp. Hist. onim. ch. 3. Ce qui prouve que le développement ne peut pas se faire par la seule addition aux surfaces, et qu'au contraire il s'opère par une susception intime, id. Animaux, Nutrition. ||2° Ancien terme de géologie. Mode de formation des couches par cristallisation ou par refroidissement, opposé au mode de formation par succession. Le globe terrestre, ou au moins son enveloppe, s'est formée par susception de couches semblables et homogènes, universelles et concentriques... en même temps que la croûte terrestre s'augmenUit par susception, elle augmentait aussi par la succession des couches sédimentaires, qui se déposaient à la surface, BERTRAND, /. de physique, t. xlix, p. (20. || S* Action de prendre les ordres sacrés. La susception des ordres. Il 4* Il se dit aussi de deux fêle» de

sus

l'Églis* catholique. La susception de la Saiota Croix. La suiception de la Sainte Couronne.

— F.TYM. Lat. susceptionem, de susceplum, sup. de luscipere, de lusum, en haut, et capere, prendre.

t SUSCITATEUR (su-ssi-ta-teur), t. m. Celui qui auscite.

— IIIST. xvr s. Suscitateur, cotgratb.

— ËTYM. Lat. suscitatorem, de juici(or«, susciter. SUSCITATION (su-ssi-ta-sion; en vers, de cinq

syllabes), J. f. Suggestion, instigation.

— IIIST. xvi* s. Le peuple, à la suscitation de ses malveillans (des malveillant» qui en voulaient à Thémistocle], envoya gens pour le saisir au corps, AMYOT, Thém. 46. Lorsque le roy, à la suscitation de vostre oncle qui lui en avoit faict escrire par le pape, prit lui-mesme monsieur d'Andelot, Sot. Mén. Disc, de d'Aubray.

— Etym. Lat. susciladonem, de suscitare, susciter.

SCSCITÉ, ÉE (su-3si-lc, lée), part, passé de susciter. Comment pourront-ils en entendre parler, s'il n'y a des prédicateurs su.scités et envoyés pour les instruire? bourdal. Dim. de la Sexagés. Dominie. t. I, p. 4)8. La persécution suscitée aux chrétiens dans les îles japonnaises. Anal, de Hayle, t. I, p. 37.

t SU.SCITEMEXT (su-ssi-tc-man), i. m. Action de susciter.

— msT. xiii* s. Tenons donc pour vray fondement De Jhesu-Crist le naiscemcnt. Le baptesme, la passion, Le descens, le suscitement [résurrection], J. lE MF.UNG, Tr. 64.

SUSCITER (sii-ssi-té), v. a. || 1' Faire naître, faire paraître dans un certain temps, en parlant des hommes extraordinaires que Dieu pousse. Il est temps que Dieu suscite des disciples au docteur de la grâce, pasc. Prov. n. L'impiété s'augmente, et Dieu suscite en Orient un roi plus superbe et plus redoutable que tous ceux qui avaient paru jusqu'alors, c'est Nabuchodonosor, BOSS. Hist. ii, 4. L'expérience nous apprend encore que Dieu suscite de temps en temps des femmes fortes qu'il élève au-dessus des faiblesses ordinaires de la nature, fléch. Mme de Mont. Ces hommes célèbres par leurs lumières que Dieu suscite dans les besoins de son Eglise, mass. Carême, Mélange. ||I1 »e dit des choses en un sens analogue. Dans le temps de ces royaumes, le Dieu du ciel suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, SACi, Bible, Daniel, il, 44. Ils [les hommes pieux qui s'irritent contre les obstacles à la piété] croient rendre service à Dieu en murmurant contre les empêchements, comme si c'était une autre puissance qui suscitât leur piété et une autre qui donnât vigueur à ceux qui s'y opposent, PASC. te(t. à M. Périer, )68t. Dieu suscita le bras du puissant Saladin, volt. Zaïre, l, 2. || En termes de l'Écriture, susciter lignée à son frère, faire revivre le nom de son frère mort sans postérité, en épousant sa veuve ; ce qui était d'usage chez les Juifs. La femme du mort n'en épousera point d'autre que le frère de son mari, qui la prendra pour femme et suscitera des enfants à son frère, saCI, Bible, Deutéron. ixv, B. \\t° En un sens défavorable, faire naître ce qui peut nuire, troubler, accabler. Va, dangereux ami que l'enfer me suscite. Ton damnable artiflce en vain me sollicite, CORN. Théod. V, 3. Achaz, roi de Juda, impie et méchant.... au lieu de recourir à Dieu qui lui suscitait ces ennemis pour le punir, boss. Hist. i, 7. Les prières séditieuses, par lesquelles nous avons vu qu'il [Luther] savait si bien animer le monde, et susciter des exécuteurs à ses prophéties, ID. For. X, 54. En profanant par le péché le sang de Jésus-Chnist, et en le suscitant contre nous, BouRDAL. Exhort. sur le Jugem. du peuple contre J. C. t. n, p. 58. Molière eut des ennemis cruels, surtout les mauvais auteurs du temps, leurs protecteurs et leurs cabales : ils suscitèrent contre lui les dévots, volt. Vie de Molière. Diderot me suscita quelque tracasserie, j. j. rouss. Confess. II. Les ennemis de Périclès l'accusèrent de l'avoir suscitée lia guerre du Péloponnèse], barthél. Anaeh. Mrod. part, i, sect. 3. || On dit à peu près dans le même sens : Sa gloire, son mérite lui a suscité bien des envieux, etc.

— HIST. XII* s por Dieu, le fil Marie, Qui

suscita le mort en Betanie, Itaoul de C. 2U7. ||xiu* s. Après nous les convient giter [les pierres, nous, Deucalion et Pyrrha] Por nos lignages susciter, la Rose, 17830. || iiv» s. Il commença à querre matière de guerre suscitier, behcheuhe, t" u. Il ivi* s. Je susciterai sur mes brebis un pasteur, assavoir mon ser/iteur David, calt. InsUt. i&a.

SUS

Ses amis allèrent enhortant et suscitant la peuple assistant de croire à ce qu'il avoit dit, amyot, Solon, u. Valerius remonstra qu'il seroit trop dangereux de donner occasion et moyen de susciter quelque nouvelleté à une tourbe de peuple pauvre, ID. Public. 3. Susciter i quelqu'un des procès et des querelles, m. Thém. 8. Eunus, celuy qui suscita le premier la guerre des serfs en la Sicile... ID. 5ylla, 74. Petilius ayant esté suscité par Caton pour luy demander [à Scipion] compte de l'argent... MONT. II, 47.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. tutcitar ; ital. sutcitare; du lat. suscitare, de susum, en haut, et citore, appeler (voy. citer).

tSUS-COCCYGIEN, lENNB (sus'-ko-ksi-jiin, jiè-n'), adj. Qui est contre ou au-dessus du coccyx (voy. uropygien).

SCSCRIPTION (su-skri-psion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Adresse écrite sur le pli extérieur .d'une lettre. Mettre la suscription à une lettre. 1^ suscription était : i monsieur un tel, de l'Institut. Il Terme de diplomatique. Formule qui termine un manuscrit.

— HIST. XV* s. Si escripvit une lettre [Philippe d'Artevelle], et avoit en la superscription : à très nobles et discrets seigneurs... fhoiss. ii, ii, <70. Il XVI* s. Ses trophées mesmes qui sont encore en nostre pais ont cesto superscription : Lucius Cornélius Sylla Epaphroditus, amyot, Sylla, 69. 11 eut bien la hardiesse de mettre en la suscription d'une missive qu'il luy escrivoit : Menecrates le Jupiter au roy Agesilaus, salut, ID. Agésil. 34.

— ÊTYM. Lat. superscriptionem, de super, sur, et scribere, écrire.

t SUSDÉNOMMÉ, ÉE (sus'-dé-no-mé, mée), adj. Qui a été nommé plus haut.

SUSDIT, ITE (su-di, di-t', ou sus*-di, di-f), adj. Dit ci-dessus. La susdite maison. Hercule susdit, duc de Montbazon, grand veneur, gouverneur de Paris, ST-siM. B7, 2H. Item le susdit maître, en ce susdit moment, Dit au susdit Frontin que... DESTOUCH. Irrésolu, i, 7. || Substantivement. En parlant des personnes, le susdit, la susdite.

— ÊTYM. Sus, et dit.

t SUS- DOMINANTE (sus'-do-mi-nan-f), ». f. Terme de musique. La sixième note du ton; elle comprend trois degrés : la sus-dominante mineure, la sus-dominante majeure, et la sus-dominante augmentée.

tSUS-ÉPINEOX, EUSB, ody. Voy. snnÉPiNECx.

t SUS-HÉPATIQUE (su-zé-pa-ti-k'), adj. Terme d'anatomie. Qui est situé au-dessus du foie. || Veines sus-hépatiques, les veines propres du foie; elles s'ouvrent dans la veine cave abdominale.

t SUS-UYOÏDIEN, lENNE (su-zi-0-i-diin, dièn'), adj. Terme d'anatomie. Qui est situé au-dessus de l'os hyoïde.

f SUSIKN (su-ziin), J. m. Langue de toutes les inscriptions de Suse et du pays d'Élam, qui se rattache à la famille touranienne.

t SUS-JACENT, ENTE (su-ja-san, san-t'), adj. Terme de géologie. Formations sus-jacentes, nom donné aux formations volcaniques, parce que nonseulement elles pénètrent les autres roches, mais encore les surmontent.

t SUS-MAXILLAIUE (sus'-ma-ksil-lê-r'), adj. Qui est situé à la mâchoire supérieure. || L'os susmaxillaire, ou, substantivement, le sus-maxillaire, l'os de la mâchoire supérieure.

— ETYM. Sus, et maxillaire.

t SUS-MAXILLO-LABIAL, ALE (sus'-ma-ksil-lola-bi-al, a-l'), od;. Terme d'anatomie. Se dit du muscle propre de la lèvre supérieure.

t SUS-MAXILLO-NASAL, ALE (sus'-ma-ksil-lona-zal, za-l'), adj. Terme d'anatomie. Se dit du muscle transverse du nez.

t SUS.MENTIONNÉ, ÉE (sus'-man-sio-né, née), adj. Qui est mentionné plus haut, ci-dessus. L'acte susmentionné. La lettre susmentionnée.

t SUS-MÉTATARSIEN, lENNE (sus'-mé-ta-Ur-siin, siè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui est situé sur le métatarse.

t SUS-NASAL, ALE (sus'-na-zal, za-l'), adj. Terme d'anatomie. Situé au-dessus du nez. || Os sus-nasal ou os propre du nez, os pair, aplati, formant la partie supérieure de la cavité nasale, et présentant, réuni à son congénère, la figure d'un cœur de carte à jouer.

t SUS-NASG-L.VBIAL, ALE (sus'-na-zo-la-bi-al, a- 1'), adj. Terme d'anatomie. Se dft d'un muscle aplati, prenant son origine à la surface de l'o» sus-nasal.

t SUS-NASEAU (sus'-na-zô), «.m. Terme de vété-

sus

rinaire. La partie qui est au-desskx des naseaux.

t SUSNOMMÉ, ÉB (sus'-no-mé, mée), adj. Qui est nommé ci-dessus, qui a été déji nommé. La tuteur susnommé. Les parties susnommées.

t SUS-ORBITAIRE (su-ior-bi-té-r"), od;. Terma d'anatomie. Qui est situé au-dessus de l'orbite. Il Trou sus-orbitaire, nom donné i un trou, ou i une échancriire complétée par un ligament que présente l'arcade orbitaire i son tiers interne.

SUSPECT, KCrE (su-spè, spè-kt'; la prononciation est mal établie au masculin; Chifflet, Cromm. p. 208, recommande de ne faire entendre ni le e ni le t, et de prononcer comme effet; c'est U meilleure prononciation; mais d'autres font entendre le e et le t, d'autres le e seulement; au pluriel, su-spè; \'s se lie : su-spè-z à leurs amis], adj. Il 1* Qui est soupçonné, ou qui mérite de l'être, en parlant des personnes. Quoil vous suis-ja suspect de quelque perfidie? cor:». Cinna, iv, 8, Cléopatre : Quoi! vous me soupçonnez? — Rodogune : Quoi! je vous suis suspecte? id. Rodog. V, 4. Ils diront que, si vous n'êtes pas véritables en un article, vous êtes suspects en tous, pasc. Proo. IV. Deux fois le cardinal [Mazarin] sut céder au temps et s'éloigner de la cour; mais il y voulait revenir trop loi; M. le Tellicr s'opposait à se» impatiences juscju'à se rendre suspect, boss. /« Tellier. Il me rendit suspect un autre jeune homme que j'aimais aussi, pén. Tél. xiii. U [Louis XI] redoutait ses ennemis, et ses amis lui étaient suspects, DUCLOs, Œuvr. t. ii, p. 228. |{ Un suspect, une personne soupçonnée (en 1793). Lorsque Chaumette arriva au Luxembourg.... un prisonnier lui dit en s'inclinant : Philosophe Anaxagoras, je sui» suspect, tu es suspect, nous sommes suspects, THIEBS, Dévol. ch. 18. || Loi des suspects, loi pour arrêter les personnes soupçonnées {en (793). {| J* U se dit, dans un sens analogue, des choses. Quand un homme une fois a droit de nous haïr. Nous devons présumer qu'il cherche i nous trahir : Toute son amitié nous doit être suspecte, corn. PoJy. t, t. Tout m'est suspect; je crains que tout ne soit séduit, RAC. Brit. V, t. Télémaque.... entendait ce» louanges qui n'étaient point suspectes de flatterie, FÉN. Tél. XVII. Il 3* X quoi on ne peut se fier. Laissant de Galien la science suspecte, boil. Art p. iv. N'a-t-il pas le plus grand tort de blâmer aigrement les voyageurs et les naturalistes qui ont pu avancer quelques faits suspects, puisque lui-même en donne beaucoup qui sont plus que suspects? bupp. Suppl. à Vhist. nat. ffurr. t. xi, 327. || 4* Affaire suspecte, affaire où il y a quelque méfait, quelque malversation, quelque déshonneur. S'il est périlleuï de tremper dans une affaire suspecte, il l'est encore davantage de s'y trouver complice d'un grand, la brut. ix. || 6* Lieu, pays suspect de contagion, ou, absolument, pays suspect, lieu qu'on croit infecté d'une contagion. || On dit qu'un cheval est suspect, quand on croit qu'il est atteint d'une maladie contagieuse, entre autres de la morve, parce qu'il présente quelques-uns des symptômes de cette affection.

— HlST. XII* s. Encore Ii fust il sozpis [bien qu'il lui lût suspect], si le crut, Machab. u, 4. || xin* s. Por ce qu'il ne fust suspiz, il fist venir sa feme i lui aucunefoiz, ensi com devant, du cange, napiciosus. |l XIV* s. Liciniusdisoit que telle manière de pecune estoit touzjours hayneuse et suspette, BEHCIIEURE, f» 104. || XV* S. Et multiplièrent tant ces paroles et la requeste que il avoit faite que la communauté^d'Angleterre s'en contentèrent mal sur lui et le tinrent pour suspect, froiss. n, m, 45. Il XVI* s. Il ne sut si bien guetter qu'elle ne parlast encore à celui qu'elle aimoit en un lieu fort obscur et suspect, HARO. Nouv. XV. Le voulant rendre suspect, et le prévenir par ceste calumnieuse presumption, AMYOT, Lyc. 3. J'avois encore tousjoun la fortune suspecte, sachant... iD. P. jEm. 58. Il doit advertir les parens et amis du malade que U playe est suspecte et très-difficile à guérir, paré, VII, s. Les bonnes senteur» estrangieres, on a raison de les tenir pour suspectes à ceulx qui s'en servent, mont, i, 39*. 1

— ÊTYM. Wallon, tujpe*; prov. »i«pec»;esp. tutpecto; portug. suspeito; ital. so-tpetto; du lat. suspectus, de ruspicere, proprement regarder en haut, de susum, en haut, et specere, regarder.

SUSPECTÉ, ÉE (su-spè-kté, ktée), part. pas« de suspecter. Suspecté, mais innocent.

SUSPECTER (su-spc-kté), ». a. Tenir pour sus pect. On l'avait suspecté d'hérésie. Suspecter a fidélité d'un domestique.

— RBM. Suspecter pour dira soupçonner est i n

SUS

terme de palais. Nos modernes s'en servent communément et écrivent suspecter, ne croyant pas que soupçonner signifie la mémo chose, desfon-

TAINES.

— HIST. xn* s. Cum ses princes virent le curre [char] le roi Josaphat, suscherenl que là desur fust li reis de Israël, Rois, 332.

— f.TVM. Suspect; prov et esp. sospechar ; calai. luspitar ; portug. sospeitar; ital. sospettare.

SOSPKNURE (su-span-dr'i, V. a. 11 se conjugue comme pendre. || 1* Mettre, soutenir un corps en l'air de manière qu'il pende. On lui lia les pieds, on vous le suspendit, LA font. FaH. m, 4. Ces boucliers, ces devises, ces armes qu'on suspendait dans la lice, volt. Tancrêde, ÉpU. On les suspendait [les protestants sur la place de l'Estrapade] au bout d'une longue poutre, posée sur une poulie au-dessus d'un poteau de vingt pieds de haut, et on les faisait descendre à plusieurs reprises sur un large biicher enflammé, m. Hist. Pari. xix. Au moindre tracas qui survient, on le suspend [l'enfant en nourrice] à un clou comme un paquet de hardes, j, i. rouss. Ém. i. ||0n suspend un cheval, c'est-à-dire on le soutient en l'air, dans certaines opérations, quelquefois pour le ferrer, quelquefois aussi dans certaines maladies, pour l'empêcher de rester couché. || 2' Fig. Interrompre, discontinuer, remettre. Elle [l'imagination] fait croire, douter, nier la raison; elle suspend les sons, elle les fait sentir, pasc. Pens. m, 3, éd. HAVET. Le ciel, qui semblait suspendre en faveur de la piété de la reine la vengeance qu'il méditait, Doss. Reine d'Anglet. Une mort soudaine et surprenante qui a suspendu le cours de nos victoires, FLÉCH. Turenne. Dès qu'un léger sommeil suspendait mes ennuis, RAC. Iphig. 1, i. Votre absence en ces lieux suspend toute la joie, id. Esth. m, 2. Mes filles, c'est assez; suspendez vos cantiques, ID. Àth. II, 4. Donc, mes frères, vous que ce discours regarde, et qui vivez dans des habitudes de crime, que le devoir pascal n'a fait jusqu'ici que suspendre pour un moment, mass. Carême, »«r la communion. Molière, ayant suspendu son chefd'œuvre du Misanthrope, le rendit quelque temps après au public, accompagné du Médecin malgré lui, VOLT. Vit de Mc^ière. Méchants, suspendez vos blasphèmes, oilb. le Jugem. dern. Elle [Marie d'Anjou] suspendit le payement de ses officiers 'jOur le joyeux voyage de monsieur saint Jacques en Galice, DUCLOS, Œuvr. t. u,p. 496. Bientôt le silence de toute la nature l'invite au repos; un calme délicieux suspend ses sens; sa paupière s'appesantit, ses idées fuient, échappent, elle s'endort, con- DiLLAC, Traité sens, m, 7. Le froid excessif des hivers qui suspendait le cours des fleuves, haynal, hist. phil. XVI, 4 4. Il parut un arrêt du conseil en date du 4 3 août 4 769, par lequel le roi suspendait le privilège exclusif de la compagnie des Indes, ro. ib. iv, 26. Ces spectres, ces lutins rôdant dans les ténèbres, Vieux récits, dont le charme, amusant les hameaux, Abrège la veillée et suspend les fuseaux, delille, Imag. iv. || Suspendre un travail, des travaux, interrompre son travail, des travaux. Il Suspendre ses payements, se dit d'une maison de commerce qui ne peut pas payer, momentanément au moins, ce qu'elle doit. || Suspendre «on jugement, attendre, pour porter un jugement, (ju'on soit plus éclairé. L'art de disputer sur toutes choses, sans prendre jamais d'autre parti que de suspendre son jugement, s'appelle pyrrhonisme, Anal, de Bayle, t. m, p. 393. On doit faire ici ce que les hommes sages font à la lecture de toutes les histoires anciennes et même modernes : suspendre son jugement, et douter beaucoup, volt. Vict. phil. Dénombrement. L'homme éclairé suspend l'éloge et la censure, gresset, Méch. iv, 4. Il 3* Il se dit de la constitution, d'une loi qu'on interrompt pour un temps. A la suite des troubles la constitution fut suspendue. La liberté du citoyen est si précieuse, que les lois seules peuvent en suspendre l'exercice, barthél. Ànach. Introd. part, n, sect. 4. || 4° Arrêter pour quelque temps. Les troupe» ont suspendu leur marche. Que toujours dans vos vers le sens, coupant les mots, suspende l'hémistiche, en marque le repos, boil. Art p. i. Il 6* Fig. Interdire à quelqu'un l'exercice de ses fonctions, sans lui ôter le caractère dont il est revêtu. On a suspendu le maire de celte commune. Suspendre un prêtre de ses fonctions. || 6" Tenir en suspens, attentif. On demeura surpris : Cela suspendit les esprits, la pont. Fabl. viii, 8. || 7- Terme de musique. Faire une suspension. On ne peut guère passer raisonnablement d'un accord i l'autre,

SUS

sans trouver une note qu'on peut suspendre et résoudre, grétry, Jf^th. pour préfi. 45. Il 8" Se suspendre, t!. réft. Se tenir suspendu. Il [le fourmilier] monte sur les arbres, et se suspend aux branches par l'eitrémité de sa queue, bupf. Quadrup. t. iv, p. 66. Il 9° Être interrompu. En vérité, lorsqu'il ni'arrive de penser que je suis dans le souvenir do ces deux personnes, pour ce moment toutes mes peines se suspendent, voit. Lett. 54 .

— HIST. XII* s. Teu mérite [telle récompense] a au chef deu tor Qui félon est e traïtor. Et pire assez, qu'en le scpent X hautes forches mult sovent, benoît, ii, 8838. Quant l'arcevesque sout et bien li fut nuncié Qu'à Dovre erent li trei qui tant l'unt guerreié. Le brief à l'apostolie baille un vaslet à pié, U cil Irei prélat erent suspendu e lacié, Th. le mari. 424. || xiv s. Especialement en fièvre l'usage du triade [thériaque] soit souspendu, ii.de MONDEViLLE, f" 87, verso. ||xv' S. Au moins estoit ce tenir les gens en crainte, et par especial ses, officiers, dont aucuns avoit supendus pour pillerie, COMM. vni, 48. ||xvr s. Il se faisoit porter dedans un petit lict suspendu bien près de terre, amyot, Péric. 62. Serlorius avoit occupé l'Hespagne, tenant les Romains suspendus en grande crainte, iD. Pomp. 26. Hz mettoient leurs roys en justice, et les suspendoient de leur royauté, jusques à.... ro. Agis et Cléom. 4 3. Ma maîtresse avoit un coche de clisse, qui n'esloit gueres supendu que de cordes, d'aub. Fan. m, 2. Quelque edict qui surpendist la persécution des reformez, m. Bist. i, 93. Les larmes que cette aultre plus forte passion avoit suspendues, mont, i, 63. C'est l'enfileure de nos aiguilles [aimantées] suspendues l'une de l'aultre, id. i, 266. Vault-il pas mieulï suspendre sa persuasion, que de...? ro. 11, 232.

— ÉTYM. Provenç. suspendre; espagn. «uspei»der; ital. sospendere; du lat. suspendere, de tusum, en haut, et pendëre, pendre.

SnSPElVDU, CE (su-span-du, due), part, passé de suspendre. || 1° Qui est attaché et soutenu en l'air de manière à pendre. Ces drapeaux suspendus à ces voûtes fatales, volt. Brutus, m, 2. Pourquoi mon humble Iront va-t-il recevoir la couronne que Pétrarque a portée, et qui reste suspendue au cyprès funèbre du Tasse? stael, Corinne, 11, 3. || Fig. Ils [les grands hommes] ne sont pas suspendus en l'air, tout abstraits de notre société, pasc. Pens. vi, 30, éd. havet. {| Pont suspendu, pont dont le tablier ne repose pas sur des arches. || Voiture suspendue, voiture portée sur des ressorts. || Terme de marine. Se dit des objets supportés de manière S. conserver leur position horizontale ou verticale malgré les mouvements du navire. Il Terme de botanique. Se dit d'une graine qui dirige son sommet vers la base de la loge qui la renferme. ||2* Par extension, il se dit des choses en équilibre et qui se tiennent d'ellesmêmes. Les grues s'étaient amassées en grand nombre, et se tenaient suspendues en l'air, attendant que l'on m'y renvoyât, voit. Lett. 9. Dieu, dont le bras vengeur, pour un temps suspendu. Sur cette race impie est toujours étendu, RAC.i4tftaJ. I, 2. Ces blocs qui, comme suspendus et menaçant les vallées, ne semblent plus tenir à leurs sommets [des monts], que pour attester les efl'orts qui se firent pour les en arracher, bupp. Min. 1. 1, p. 474. La Hollande, cultivée par des citoyens et gouvernée par des lois impartiales, nourrit un peuple nombreux, et donne des bornes à la mer suspendue sur ses côtes, condil. Études hist. i, 3. Son anneau lumineux [de Saturne], suspendu en voûte sur la tête des habitants, est un phénomène unique dans la nature, bailly, Hist. astronom. tnod. 1. 11, p. 399. Ces voiles suspendus [nuages] qui cachent à la terre Le ciel qui la gouverne et l'astre qui l'éclairé, st-lamb. Sais. m. Il Fig. Mme de la Fayette s'en va demain à une petite maison auprès de Meudon.... elle y passera quinze jours, pour être comme suspendue entre le ciel et la terre; elle ne veut pas penser, ni parler, ni répondre, ni écouter, sÉv. 4 32. || 3' Pas suspendus, pas qui ne s'appliquent que très-légèrement sur le sol. X pas tremblants et suspendus Elle arrive enfin où repose Son époux aux bras étendus, la pont. Psyché, i, p. 83. || 4' Fig. Qui est momentanément arrêté, interrompu. Le fatal sacrifice est encor suspendu, fac. Iphig. v, 6. Quand Télémaque se trouva seul, toutes se» passions, suspendues comme un torrent arièté par une forte digue, reprirent leur cours, pén. Tél. xiv. Un sommeil doux et puissant vint me saisir, me» »ens étaient liés rt suspendus, ro. ib. IT. La ven-

SUS

geance dlîérode, un moment suspendue, tolt. Marianne, n, s. || Phrase suspendue, phrase dont ■ a sens n'est pas achevé. On peut laisser une phrase suspendu» quand on craint de s'expliquer, quand on aurait trop de choses à dire, volt. Comm. Corn. Rem. Tite et Bérén. I, 4. ||5° Terme de musique. Se dit d'un accord qui renferme une suspension. || 6° En suspens, hésitant, incertain. Ma voix, de chacun d'eux justement prétendue. Par cette égalité demeure suspendue, rotr. Bélit. II, 7. Ils [les pyrrhoniens] ne sont pas pour euxmêmes; ils sont neutres, indifférents, suspendus i tout, sans s'excepter, pasc. Pens. vni, 4, éd. havet. C'est une grande vérité que l'incertitude ôle la liberté : si vous étiez contrainte, vous prendriez votre parti ; vous ne seriez point suspendue comme le tombeau de Maliomet, sÉv. 4 nov. 4 070. Cette soif qui n'est jamais rassasiée, ces désir» toujours suspendus qui courent éternellement sans rien prendre, boss. Sermons, 3* dim. après Pdq. 2. Jésus-Christ leur montre une vie future; et, le» tenant suspendus dans cette attente, il leur apprend à se détacher de toutes les choses sensibles, iD. Hist. n, 6. Son époux s'en émeut, et son cœur éperdu Entre deux passions demeure suspendu, boil. Lutr. II. Il 7" En suspens, attentif. Le peuple était comme suspendu d'admiration en l'écoutant, SACi, Bible, Év. saint Lue, xix, 48. Nous sommes suspendus dans l'attention de Philisbourg et de vos nouvelles, sÉv. 26 oct. 4 688. Tout l'auditoire, qui paraissait pendu et suspendu à tout ce qu'il disait [Bourdaloue racontant la mort de Condé], ro. 26 avril 4687. Pendant que Philoctète avait raconté ainsi ses aventures, Télémaque était demeuré comme suspendu et immobile, fén. Tél. XVI. Et son âme éperdue Aux lèvres du héros demeure suspendue, deulle. En. rv. || 8* X qui on a interdit l'exercice de ses fonctions. Un magistrat suspendu.

SUSPENS (su-span), adj. m. \\ 1* Suspendu, en parlant d'un ecclésiastique. Et déclaraient suspens et interdits ipso facto tous les ecclésiastiques qui, dans quinze jours, n'auraient pas signé leur ordonnance, rac. Hist. Port-Royal, 2* part. || 2° En suspens, loc. adv. Dans l'incertitude, sans savoir à quoi se déterminer. Et, pour ne tenir plus en suspens vos esprits. Si vous voulez régner, le trône est à ce prix, corn. Rodog. m, 2. Je suis en suspens si.... Aux extrêmes moyens je ne dois point courir, mol. VÉt. m, 2. Ils attendaient en suspens le jugement du sénat, boss. Hist. m, 6. Il demeure en suspens entre la confusion et la confiance, FLÉCH. Dauphine. Lassé de vivre toujours en suspens et dans l'incertitude, je me résolus... fén. Tél. 1. Si Corneille a manqué à son art dans les détails, il a rempli le grand projet de tenir les esprits en suspens, et d'arranger tellement les événements, que personne ne peut deviner le dcnoûment de cette tragédie [Rodogune], volt. Comm. Corn. Rem. Rodog. iv, 6. || En suspens, momentanément arrêté. Elle [Minerve] a tenu tous vos défauts en suspens, comme Neptune, quand il apaise les tempêtes, suspend les flots irrités, fén. Tél. xxn. Il En suspens, qui n'a pas reçu une décision. Et qu'on ne nous dise pas que ces promesse» demeurent encore en suspens, boss. Hist. n, 4 3. On ne pouvait assez louer l'incroyable dextérité de Madame à traiter les affaires les plus délicates, et à guérir ces défiances cachées qui souvent le» tiennent en suspens, id. Duch. d'OrJ.

— HIST. XVI* s. Les autres disciples de Socrate» en parlent bien; mais c'est en suspens, pource que nul n'a osé prononcer d'une chose dont il n'estoit pas bien persuadé, Calv. Instit. 4 27. Ils laissent tout enveloppé, suspens et confus par diversité d'opinions, in. ib. 4 173. La plus pénible assiette pour moy, c'est estre suspens ez choses qui pressent, MONT. III, 47. Vault il pas mieux demeurer en suspens, que de s'infrasquer en tant d'erreurf que l'humaine fantasie a produites? id. ii, 231, Combien y a il de choses peu vraysemblables... desquelles si nous ne pouvons estre persuadez, au moins les fault il laisser en suspens I id. i, 202. J'ay peur de tenir trop long-temps le lecteur suspens touchant la provision curieuse de notre langage, H. EST. Précell. cdit. feugère, p. 4 16.

— ÊTVM. Wallon, siispein, en suspens; du latin suspensus, de suspendere, suspendre.

SUSPENSE (su-span-s'), t. f. || 1* Censure par laquelle un ecclésiastique est déclaré suspens. Le cinquième article ordonne aux supérieurs [de couvents bénédictins] d'envoyer aux études les frère» qui en auraient besoin, sous peine de suspenie.

sus

Uist. lin. de la Fr. t. xxiv, p. 65. || f État d'un

ecclésiastique suspens. Un priHre qui dit la messe pondant sa suspense devient irrégulicr. || 8* Anciennement, charte de suspense, cUarte royale par laquelle tout procès intenté à une personne »l>sente pour le service ou par les ordres du prince demeurait en surséanco jusqu'à son retour.

— lllST. XV' s. Du faisable Taisoit promesse et du dillicile suspense, a. ciiastelain, Éiogt du bon duc PhUippe.

— f;rYM. Suspens.

SUSPENSKUR (su-span-seur), adj. m. Terme d'anatomie. Qui tient suspendu. Ligaments suspciiueurs.

— msT. XVI' s. Deux cremasters ou suspenseurs des testicules, paré, iv, ».

— f.TVM. Lat. suspensum, supin de tuspendert, suspendre.

SUSPENSIF, IVE (su-span-sif, »i-v'), adj. Il 1' Terme de jurisprudence. Oui suspend, qui empêche d'aller en avant, de continuer. L'Église a toujours approuvé que ses enfants en usassent [de l'appel au plus proche concile] comme suspensif, ST-siM. 459, 2(6. L'obligation contractée sous une condition suspensive est celle qui liépeiid, ou d'un événement futur et incertain, ou d'un événement actuellement arrivé , mais encore inconnu des parties, Code dt). art. H 8). || 2" Dans le langage de la politique, veto suspensif, veto qui ajourne la promulgation d'une loi. Il y était statué [dans l'instrument de gouvernement].... que le protecteur [Cromwell] aurait le veto suspensif, chateaubr. Stuarts, le Protectorat. \\ 8* Terme de grammaire. Qui suspend le sens, le fait attendre. Le génitif, étant un cas suspensif, leur fait attendre [aux auditeurs] toutes ces idées que l'orateur ne pouvait leur présenter à la fois, dideb. if M. sur les sourds et muets. \\ Points suspensifs, points mis à la suite les uns des autres quand le sens est suspendu, inachevé. Si j'en croyais macolère.... mais il faut céder à vos supplications.

— HlST. XIV* s. Les constructions de Titus Livius sont si trenchées, si brieves, si suspensives, et si d'estranges moz; behcheuhe, f* <. || xvi' s. Toutes appellations ont effet suspensif et devolutif, loy-

SEL, 885

— ÊTYM. Provenç. suspensiu; espagn. suspentivo; ital. sospensivo; du lat, suspensum, supin de suspendere, suspendre.

SUSPENSION (SLi-span-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. || 1* Action de suspendre, état de ce qui est suspendu. Le point de suspension d'une balance. Il Manière de suspendre. M. Coulomb, de l'Académie des sciences, ayant imaginé une suspension dans laquelle l'aiguille est sans frottement, BUFF. Uin. t. IX, p. 22(. Il En médecine légale, mort par suspension, mort par la pendaison. Il Terme de vétérinaire. La suspension d'un cheval qu'on veut empêcher de rester constamment couché, pendant certaines maladies des organes locomoteurs, peut être pratiquée à l'aide de difl'érents moyens. || Suspension à la Cardan, mode de suspension qui permet à un objet de conserver sensiblement sa position par rapport à l'horizon malgré les déplacements du support. || Terme d'horlogerie. Se dit des pièces ou parties par lesquelles un régulateur est suspendu. || 2° Terme de chimie. État d'une substance tenue dans un liquide sans se précipiter. Il 3° Support suspendu, dans lequel on met une lampe, des fleurs. Une belle suspension. Une suspension de bronze doré. Bronze, pendules, candélabres, lustres, lampes, feux, suspensions, Monit. univ. i» juin (887, Annonces. || 4" Nom donné à un phénomène optique, dans lequel des objets éloignés, vus à l'horizon, paraissent simplement suspendus en l'air, à la différence du mirage oii il y a de plus une image renversée; le fait est que dans la suspension la seconde image existe, mais elle est extrêmement aplatie et réduite à une dimension infiniment petite, ce qui empêche de la voir, biot, Instit. Mém. scienc. 1809, p. 8. ||B° Cessation temporaire. Suspension des poursuites. La suspension du payement d'une rente. La suspension de la fièvre. Une suspension de tout le mouvement de la machine ronde, sÉv. 9 mars 1672. J'ai été si occupée, mon cher cousin, à prendre Philisbourg, (ju'en vérité je n'ai pas eu un moment pour vous écrire; je m'étais fait une suspension de toutes choses, ID. d liussy, 3 nov. <688. Tout ce que lui avait dit Mme de Chartres en mourant, et la douleur de sa mort avaient fait une suspension à ses sentiments qui lui faisait croire qu'ils étaient entièrement ellacés, la fage, Prirtc. (U Clin Œitvr.

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t. n, p. 83, dam POUOENi. || En droit commercial,. la fuspensiun de payement diffère de la cessation de payement qui constitue la faillite, en ce que la cessation est réelle et générale, tandis que la première n'est qu'accidentelle et temporaire. || 8" Suspension d'armes, cessation momentanée des actes d'hostilité. Comme ils [les Romains] ne faisaient jamais la paix de bonne foi, et que, dans le dessein d'envahir tout, leurs traités n'étaient proprement que des suspensions de guerre, mon- TESQ. Rom. 6. Il 7" État d'un homme en suspens, en incertitude. Et les braves pyrrhonicns, en leur ataraxie , sont en su.spension perpétuelle, PASC. dans cousin. Cette suspension de désirs entre la vie et la mort, et cette volonté soumise à celle de Dieu, ne sont-ce pas des caractères d'une âme chrétienne? flkch. Diich. de Uonlaus. Il Terme des mystiques. Suspension des puissances, voy. ligature. || 8* Action d'interdire un fonctionnaire de ses fonctions pour un temps. Il 9' Terme de grammaire. Sens interrompu, inachevé. La suspension se marque par une suite de points. Il 10° Figure de style qui consiste à tenir les auditeurs en suspens. La suspension, qui consiste à faire attendre une pensée qui surprend, DUMARS. Œuvr. t. v, p. 286. || 11° Terme de musique. Marche d'un accord dans lequel on soutient un ou plusieurs sons de l'accord précédent, avant de passer à ceux qui appartiennent à l'accord actuel. On pourrait dire par exemple suspension de tel accord sur tel autre, suspension ascendante ou descendante, suspension simple ou double, suspension de tel degré de la gamme en partant de tel autre degré, grétry, Uéth. pour prél. 4 5.

— HIST. xu" s. Mais li reis nel volt pas mètre à desfactiun ; Ains li dist qu' il alast maneir à sa maisun; Mais de tut sun mestier li fist suspensiun. Th. le mart. 28. || xvi' s. Leur effect [des pyrrhoniens], c'est une pure, entière et très parfaite surseance et suspension de jugement, mont. n, 234.

— ÉTYM. Proveno. suspensio ; espagn. suspension; ital. sospensione ; du lat. sxispensionem, de suspensum, supin de suspendere, suspendre.

SnSPENSOIRou SUSPENSOIRE (su-span-soi-r') , s. m. Il 1° Ce qui tient suspendu en l'air. Il n'était qu'un hochet dont une faction scélérate tenait le suspensoir, babœuf, Pièces, n, 27. || 2* Terme de chirurgie. Bandage destiné à soutenir le scrotum chez les individus afl'octés de quelque maladie des organes de la génération. || Suspensoir des mamelles, sorte de poche à peu près analogue au suspensoir du scrotum, et servant à soutenir les mamelles.

— HIST. XVI* s. Les muscles suspensoires des testicules, paré, i, 8.

— ÉTYM. Prov. suspensori; esy^gn. suspensorio ; du lat. suspensum, supin de suspendere, suspendre.

t SUSPENTE (su-span-f) ou SURPENTE (surpan-t'), I. f. Terme de marine. Cordage servant à maintenir les basses vergues. || Fausse suspente, cordage servant avec la suspente d'une vergue, pour l'aider ou la remplacer momentanément.

SUSPICION (sus-pi-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Soupçon, défiance (usité surtout en termes de jurisprudence). En matière criminelle.... la cour de cassation peut. .. renvoyer la connaissance d'une affaire d'une cour à une autre.... pour cause de siireté publique ou de suspicion légitime. Code d'instr. crim. art. 642.

— HIST. XIV* s. Suspicion et opinion ne sont pas de cest nombre, oresme, Éth. (73. Us ont suspicion de mal sus ceulx qui.... id. ib. (37. Il XVI* s. Il résolut d'en aller hors du pais, pour éviter par son absence la suspicion que l'on pourroit avoir sur luy, amyot, Lyc. 3. C'estoient [contre Montaigne, dans les guerres civiles] suspicions muettes qui couroient soubs main, ausquelles il n'y a jamais faulte d'apparence , mont, iv, 203.

— ÉTYM. Provenc. sospisio, suspicion; ital. sospisione; du lat. suspicionem. Suspicion est un mot refait sur le latin suspicionem, qui, avec l'i bref, avait donné régulièrement soupçon (voy. ce mot). X côté il y avait une forme assez employée c'était suspection; elle vient du lat. suspectionem.

t SUS-PIEI) (su-pied), s. m. Terme de manège. Courroie de l'éperon qui passe sur le cou-de-pied.

t SUSPIRIEUX, EUSE (su-spi-ri-eù, eù-z'), adj. Terme de médecine. Se dit de la respiration, lorsqu'elle produit le bruit qui constitue le soupir.

— ÉTYM. Lat. tuspiriosus, de susptnuin, soupir. tSUS-PUBlEN, lENNE (sus'-pu-biin, biè-n'),

adj. Terme d'anatomie. Qui e>> au-dessus du pu-

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