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méditatif cherchait i systématiser toutes las connaissances, CABANIS, Inttit. Mém. te. mor. et pol. t. I , p. 74.
t SYSTÉMATOLOGIE (si-sté-ma-to-lo-jie), ». f. Histoire des systèmes.
t SYSTÉMATOLOGIQUE (si-sté-ma-to-lo-ji-k'), adj. Qui a rapport i la systématologie.
SYSTÈME (si-st«-m'), ». m. || 1' Proprement, un compose do parties coordonnées entre elles. Descaries est proprement le premier qui ait traité du système du monde avec quelque soin et quelque étendue, d'alemb. Disc, prélitn. syst. monde, Œuvr. t. nv, p. 80. On appelle système du monde l'assemblage et l'arrangement des corps célestes, et l'ordre selon lequel ces corps sont situés relativement les uns aux autres, et suivant lequel ils se meuvent, bhisson, Traité de phys. t. m, p. 3. Il est peu d'événements politiques dont le souvenir se conserve autant que celui d'une grande entreprise liée au système général de l'univers ou au progrès de l'esprit humain , condorcet, Maurepas. Nicolas Copernic, le restaurateur de l'aslromie physique et l'auteur du vrai système du monde, naquit à Thorn, ville de la Prusse royale, le <9 février U73, bailly, Hist. astr. mod. t. i, p. 337. Les satellites de Jupiter forment autour de lui un système semblable à celui des planètes autour du soleil, laplace. Expos, iv, 6. || i' En anatomie , ensemble des parties similaires. Le système osseux. Les premiers physiologistes avaient observé déjà que les habitudes du système musculaire ou moteur sou. dans une espèce d'équilibre singulier avec celles du système nerveux ou sensitif , CABANIS , Instit. Mém. se. mor. et pol. t. i, p. )8t. Il L'ensemble des vaisseaux artériels constitue le système vasculaire à sang rouge. L'ensemble des vaisseaux veineux constitue le système vasculaire à sang noir. L'ensemble des vaisseaux et des ganglions lymphatiques constitue le système absorbant ou lymphatique. || 8° Constitution politique, sociale des États. Le système féodal. Le système représentatif. Le système fédéralif. Il 4* Doctrine à l'aide de laquelle on dispose et coordonne toutes les notions particulières. Deux fameux ministres de France ont travaillé à l'envi à sauver les inconvénients de ce système [la recherche des origines de l'Église réformée dans l'Église romaine] , pour parler dans le style du temps, boss. Var. i, 24. Jusqu'à présent l'Académie des sciences ne prend la nature que par petites parcelles; nul système général, de peur de tomber dans l'inconvénient des systèmes précipités, dont l'impatience de l'esprit humain ne s'accommode que trop bien, font. Utilité des math. Préface. 11 [Boerhaave] ne se fonde jamais que sur l'expérience bien avérée, et laisse à part tous les systèmes, qui peuvent n'être que d'ingénieuses productions de l'esprit humain désavouées par la nature, n>. Boerhaave. Â la grande connaissance qu'il avait de l'analomie, il joignait le talent d'imaginer heureusement les usages des structures, et en général il avait le don du système, iD. Tauvry. J'ai vu les mœurs anéanties et remplacées par des plans de morale; et, lorsque la patrie demandait dos secours, je n'ai entendu que des voix qui lui offraient des systèmes, si-FOix, Ess. Paris, t. m, p. 439, dans pougens. Les systèmes sont comme les rats, qui peuvent passer par Tingt petits trous, et qui en trouvent enfin deux ou trois qui ne peuvent les admettre, volt. Vict. phil. Barbe. Ce n'est pas que ces créateurs do 8.vstèmes n'aient rendu de grands services à la physique.... on les a comparés à des alchimistes qui, en faisant de l'or (qu'on no fait point), ont trouvé de bons remèdes ou du moins des cho.ses très-curieuses, ID. Ilom. aux 40 écus, Nouvelles douleurs. Il y a dans l'étude de l'histoire na turelle deux écueils également dangereux ; le premier est de n'avoir aucune méthode : et le second, de vouloir tout rapporter à un système particulier, buff. Hist. nat. i" dise. Ces écrivains qui n'ont d'autre mérite que de crier contre les systèmes, parce qu'ils sont non-seulement inca- |iahles d'en faire, mais peut-être même d'entendre
la vraie signification de c« mol, qui las épou* vante ou les humilie, id. Iftn. t. iv, p. 8. Ayez un système, j'y consens; mais ne vous en laisse/, pas dominer, dioer. Interprét. de la nat. n' 27. Il ne faut qu'un fait pour renverser un système, id. Rech. philos, sur le beau. Un système n'est autre chose que la disposition des différentes parties d'un art ou d'une science dans un ordre ou elles se soutiennent toutes mutuellement, et où les dernières s'expliquent par les premières : celles qui rendent raison des autres, s'appellent principes, CONOILL. Traité des syst. i. Le but d'un système est de lier à un fait général, ou à un petit nombre de faits généraux, tous les faits particuliers qui paraissent avoir de l'analogie avec eux, sennebiër, Ess. art d'obs. t. ii, p. so7, dans pougens. Les systèmes sont utiles; nous disons plus, ils sont nécessaires ; les vérités qui ne sont pas classées sont mal connues, bailly, Hist. astr. mod. t. i, p. 335. Si jamais on a proposé un système hardi, c'est celui de Copernic; il fallait contredire tous les hommes, qui ne jugent que parles sens, il fallait leur persuader que ce qu'ils voient n'existe pas, m. tb.t. i, p. 33a. Il II se dit souvent en mauvaise part. Il faut se défendre de l'esprit de système. Newton n'a jamais fait de système; il a vu, il a fait voir, mais il n'a pas mis ses imaginations à la place de la vérité, VOLT. Lelt. à if. L. C. 23 déc. <788. Observez l'esprit humain, vous verrez dans chaque siècle que tout est système chez le peuple comme chez le philosophe, condil. Traité des syst. )8. Il 8* En histoire naturelle, toute classification méthodique des êtres naturels. Les systèmes naturels. Il Kn particulier, classification qui n'a d'autre but que de rendre l'étude de ces êtres plus facile. Le système sexuel de Linné. || 6° Ensemble de choses qui se tiennent. Système des temps d'un verbe. La nation moscovite, peu connue que de ses plus proches voisins, faisait presque une nation à part, qui n'entrait point dans le système de l'Europe, fonten. Cxar Pierre. Le marquis de Brandebourg [Frédéric II], par cette manœuvre singulière [en quittant l'alliance de la France pour celle de l'Angleterre], fit seul changertoiit le système de l'Europe, volt. Mém. Voltaire. || Le système métrique, l'ensemble des mesures déduites du mètre comme base commune. || Système bibliographique, ordre qu'on suit dans la classification des livres. || Terme de géologie. Synonyme de terrain ou de formation. Il 7* Terme do musique. L'ordonnance générale et l'ensemble des intervalles musicaux élémentaires, compris entre les deux limites sonores, extrêmes appréciables à l'oreille. || 8° Terme de métrique ancienne. Suite de vers de la même mesure : ainsi dans la strophe saphique, l'adonique vientaprès un système de saphiques. || Terme de musique ancienne. Deux ou plusieurs degrés entre une note et la suivante ; c'est à peu près ce que nous nommons degrés disjoints. Il 9° Plan qu'on se fait, moyens qu'on se propose pour réussir en quelque chose. Système de conduite. Système de gouvernement. Combien il importe qu'un bon système économique ne soit pas un système de finances ou d'argent I J. j. rouss. Pologne, n. Unsystème d'oppression plus pesant et plus suivi.... RAYNAL, Hist. philos. VII, 27. Dans le système des Européens, accoutumés à ne compter pour rien les peuples du nouveau monde, ce pays devait appartenir aux Provinces unies, m. ib. xvii, 27. On me dit que, pendant ma retraite économique, il s'est établi dans Madrid un système de liberté sur la vente des productions qui s'étend même à celles de la presse , beaumarch. Mar. de Fig. y, 3. Il Se faire un système, de quelque chose, s'y tenir avec entêtement et vouloir y donner une apparence de raison. || Système continental, interdiction par laquelle Napoléon I" voulait empêcher le continent de commercer avec l'Angleterre. Il 10* Terme de finance. Plan et moyens employés pour répartir l'impôt et établir le crédit. Il Le Système (avec une majuscule), l'ensemble des opérations financières de Law. Vous trouveriez Paris le pays de la félicité, si vous aviez vu, comme moi, le temps du Système, où il était défendu, comme un crimo d'État d'avoir chez soi
pour cinq cents franco d'argent, tolt. Lett. Mme dé florian, i" mars 4707.
— HEM. Voici les observations de Boubours tui le récent usage de système dans le langage unlinaire : • Il y a quelques années, ce mot n'était connu que des philosophes et des mathématiciens. Depuis que H. de la Chambre t fait le système de l'âme, on s'est accoutumé i ce mot. Il y en a qui disent : le système de la cour, le système des affaires d'Allemagne; mais cela n'est pas encore bien établi (A^oui;. Rem.). ■
— SYN. ESPRIT DE SYSTiUB, ESPHIT STSTÉHATIQOC.
L'esprit de système est la disposition i prendre des idées imaginées pour des notions prouvées. L'esprit systématique est la disposition à concevoir des vues d'ensemble. L'un est un défaut, l'autre peut être une qualité.
— ETVM. Lat. tystema; du grec <ni<rr»itia, d« (riiv, avec, et atàw, être debout.
t SYSTOLAIRE (si-sto-lé-r'), adj. Synonyme d« systolique.
SYSTOLE (si-sto-r), I. f. Il 1* Terme de physiologie. L'état du cœur dans lequel les fibres muscu* laires d>cct organe sont en contraction; ce qui détermine le resserrement des parties contractées, c'est-à-dire la diminution de leur volume et de leurs cavités dans tous les diamètres à la fois. La fameuse question de raccourcissement ou de l'allongement du cœur dans la systole, mairar, Êlng. de llunauld. \\ Systole artérielle, resserrement des artères dii à leur élasticité, qui fait qu'elles reviennent sur elles-mêmes après avoir éti distendues par le sang que chasse la systole ventriculaire. La systole artérielle coïncide avec la diastole cardiaque. || 2° Terme de métrique ancienne. Licence poétique par laquelle on emplois comme brève une syllabe longue.
— ÈTYM. SuoToXr), contraction, de uvurttXXjtv, contracter, de oùv, avec, et oT£)i)eiv, mettre.
t SYSTOLIQUE (si-sto-li-k'), adj. Qui a rapport à la systole. Mouvement systolique.
SYSTYLE (si-sti-1'), ». m. Terme d'architecture. Ordonnance d'architecture suivant laquelle l'entrecolonnement est de deux diamètres ou quatre modules. Il Adj. Portique systyle. Temple systyle.
— ÊTYM. iO(rtu)oç, de (j<)v, avec, et otû).oî, fût, colonne, (voy. style.)
t SYZETÈSE (si-zé-tè-z"), t. f. Figure de rhétorique par laquelle on commence, on établit une discussion.
— ÊTYM. EuMttiuic, de <rùv, avec , et Wtrioiç, recherche.
t SYZfiTÈTE (si-zé-tè-f), ». m. Se dit de certains docteurs juifs qui cherchent les sens allégoriques et mythiques de l'Écriture.
— ÉTYM. Sùv, avec, et Cutsîv, chercher. SYZYGIË (si-zi-jie), ». f. || !• Terme d'astronomie.
Positions du soleil et de la lune, quand ces astres sont en conjonction ou en opposition, c'est-à-dire à la nouvelle et à la pleine lune. Les marées vont en croissant des quadratures aux syzygies, et en décroissant des syzygies aux quadratures, brisson, Traité de phys. t. m, p. <90. Lorsque les deux marées lunaire et solaire coïncident, la marée composée est plus grande; ce qui produit les grandes marées vers les syzygies, laplace. Expos. IV, u. Il II se dit aussi des planètes. || 2* Terme do métrique ancienne. Réunion de plusieurs pieds en un seul. Le latin libertate est un épitrite formé par syzygie d'un spondée et d'un trochée. ||3° Syzygies valentiniennes, dans le gnosticisme, déterminations successives et personnelles de l'essence divine, se déroulant deux par deux, chaque éon masculin ayant à cdté de lui un éon féminin (voy. ogdoade).
— ÊTYM. lu^uyCa, jonction, de (rùv, avec, et Cûio:, joug (voy. jouo).
t SYZYGION (si-zi-ji-on), ». m. Genre de myrtacées, dans lequel on distingue le syzygion caryophyllé, c'est le myrte caryophyllé de certains auteurs. Il fournit la cannelle girofiée, attribuée i tort à l'agathophylle aromatique. Ce syzygion, qui croit à Ceylan, est dit encore bois de craho et bois
de clous. UiGOABANT.
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T(tê, ou, dans la nouvelle épellation, te), ». m. Il 1° La vingtième lettre de l'alphabet et la seizième des consonnes. Un T majuscule. Un petit t. i| 2° T final ne se pronance ordinairement que devant les mots commençant par une voyelle ou par une h muette. Il Cependant on le fait sentir même devant une consonne, à la fin de certains mots tels que : accessit, brut, chut, dot, déficit, induit, etc. || Richelet dit qu'à la fin du sens il faut faire sentir le ( de quelque mot que ce soit : allumer un fagot, obliger un ingrat, etc. Cette prononciation, recommandée aussi par Régnier-Desmarais, n'est plus usitée. || 3° Ti se prononce si, dans certains mots, tels que inertie, prophétie, etc. || 4» Tien se prononce sien, dans les noms propres terminés en tien ; Gratien, Dioclétien, et dans ceux qui désignent de quel pays on est : Vénitien, Vénitienne. || 6* Le ( garde sa valeur propre devant y; Amphictyon, ptyalisme, Titye, etc. Le th, quelles que soient les lettres dont ce digramme est précédé ou suivi, se prononce t : antipathie , Pythie , Scythie, sympathie, Thyeste. || 6" T euphonique: lorsque le temps d'un verbe terminé par une voyelle est immédiatement suivi des pronoms il, elle, on, et lorsque l'adverbe voilà est immédiatement suivi du pronom il, on intercale un t : Dira-t-on, joue-t-elle, fera-t-il, va-t-il. Ainsi, n'ayant au cœur nul dessein pour Clitandre, Que vous importe-t-il qu'on y puisse prétendre? mol. F. sot), i, t. Voilà-t-il pas monsieur qui ricane déjàl m. ib. i, <. jj Ce ( est étranger à l'ancienne langue, du moins quant à la prononciation. Banales très-hauts temps, il s'écrivait, mais ne se prononçait pas le plus souvent. X la fin du XII' et au xin* siècle, il ne s'écrivait ni ne se prononçait : les vers montrent que l'on disait aime il en deux syllabes, et non, comme nous, en trois syllabes, aime-t-it. Mais la prononciation actuelle était en vigueur dès le jcvi* siècle au moins; car les grammairiens de ce siècle nous apprerment que, bien qu'on écrive aime il, on prononce aimet~il. Il 7° Dans l'imprimerie et la reliure, T indique la 20* feuille d'un volume. || 8° Terme de musique. T sur une partie de chant signifie taille. || Sur les partitions d'une symphonie il se met quelquefois pour tutti (tous). Il 9° Dans les marques qu'on gravait autrefois sur l'épaule des condamnés, T signifiait travaux; T. F. travaux forcés. || 10° Sur les monnaies de France, il indique qu'elles ont été frappées à Nantes. Il 11° Il valait < 60 dans les lettres numérales employées chez les Romains, et, surmonté d'un trait, leoooo. || 12* Se dit de tout ce qui a la forme de cette lettre, voy. te. — ÉTYM. Lat. t ; grec, TaO, qui est le tau phénicien. I. TA (ta), adj. poss. fém. Voy. ton, adj. t 2. TA (ta), s. m. Coup de baguette sec donné »ur une caisse de tambour.
t TA, TA, TA, TA, se dit pour arrêter celui qui divague, ou pour se moquer de lui. Ta, ta, ta, ta, voilà bien instruire une affaire; Il dit fort posément ce dont on n'a que faire. Et court le grand galop quand il est à son fait, bac. Plaid, m, 3.
TABAC (ta-ba; au plur. des ta-bà; le e se lie : du ta-ba-k à priser), i. m. |t 1" Genre de la faniille dos solanées. || Nom vulgaire et spécifique de la nicotiane tabac (solanées), servant aussi à désigner quelques autres espèces, telle que la nicotiane paniculée. Il arrive des malheurs même aux noms attachés aux plantes, témoin la nicotiane, qui ne s'appelle plus que tabac, fonten. Marin. On a surtout cultivé le tabac dans cette province [la Virginie] et dans le Maryland; c'est un commerce immense, et un nouveau besoin artificiel, volt. Mceurs, 1B3. Le tabac demande une terre médiocrement forte, mais grasse, unie, profonde, et qui ne soit pas trop exposée aux inondations, batnal, Hist. phil. xvm, e. Il Huile de tabac et huile volatile de tabac, nom donné parfois à la nicotianine. || 2" Nom des différentes préparations que l'on fait subir aux feuilles léchées de cette plante, pour les usages qui consistent à en introduire la poudre dansles fosses nasales, à les mâcher, ou à les brûler afin d'en aspirer la fumée. C'est la passion des honnêtes gens; et qui vit lans tabac n'est pas digne de vivre, mol. Ftst. i, t. Un n'attend pas même qu'on en [tabac]
demande, et l'on court au-devant du souhait des gens; tant il est vrai que le tabac inspire des sentiments d'honneur et de vertu à tous ceux qui en prennent, m. ib. Le tabac est divin, il n'est rien qui l'égale, th. corn. Festin de Pierre, i, t. Nous défendons à tous ecclésiastiques de faire coutume d'user du tabac en poudre, notamment et en tous cas dans les églises , pour exterminer cette indécence scandaleuse de la maison de Dieu, boss. Ordonn. synodale, (698. [Une femme qui] Fait même à ses amants, trop faibles d'estomac. Redouter ses baisers pleins d'ail et de tabac? boil. Sat. X. Sa Majesté... voulant prévenir les accidents du feu qui pourraient arriver si les officiers mariniers, matelots et soldats qui y servent avaient la liberté de prendre du tabac en fumée, veut et ordonne que tout officier marinier, matelot ou soldat.... soit privé d'un mois de solde et mis aux fers pendant huit jours, Ordreda roi, 4684, dans jAL. Il soutint, sous la présidence de M. Fagon, premier médecin, une thèse contre le tabac, dont le style et l'érudition furent généralement admirés et les préceptes fort peu suivis, font. Berger. Eh bien, monsieur, boire et prendre du tabac, c'est ce qui fait aujourd'hui le mérite de la plupart des jeunes gens, dancourt, Chev. à la mode, i, 6. Toujours barbouillée de tabac : on ne la prendrait pas pour une femme de province, lesage, Turcaret, iv, 2. La première ferme de tabac fut en France de trois cent mille livres par an ; elle est aujourd'hui de seize millions, volt. Mœurs, 4B3. La plante à laquelle l'usage semble avoir fixé le nom de tabac, fut apportée en France dès le règne de François II par Jean Nicot, ambassadeur de France auprès de Sébastien, roi de Portugal : insensiblement sa vertu fut connue et séduisit ; il en entrait assez considérablement dans le royaume en 4 629, pour attirer l'attention du gouvernement ; une déclaration du mois de décembre soumit le petun, car alors il s'appelait ainsi, à payer 30 sols par livre de droits à son entrée dans le royaume, foh- BONNAis, Finane. de la France, t. i, p. 24 3. C'est au principe acre, principe très-voisin des huiles, que le tabac doit ses propriétés, thenahd, Traité de chim. t. m, p. 395, dans pougens. || Tabac du régent, tabac à priser préparé avec des aromates. Il Tabac d'Espagne, tabac à priser parfumé. || Tabac combustible , celui qui supporte , sans s'éteindre, le plus grand intervalle de temps entre deux bouffées consécutives. Tabac incombustible, celui qui s'éteint aussitôt qu'il a été allumé ou un instant après. Il Familièrement. Je n'en donnerais pas une prise de tabac, une pipe de tabac, je n'en fais aucun cas. || Fig. et populairement, tomber dans le tabac, tomber dans la détresse. || 3* Les tabacs, manufacture et administration des tabacs. Par là, tout s'aplanit dans la littérature.... un jeune homme, dans les lettres, avance, fait son chemin, comme dans les sels et les tabacs, p. l. cour. à MM. de l'Académie. || 4" Il s'est dit pour tabagie. [Lesdits lieutenants généraux de police] auront la visite des halles, foires et marchés, des hôtelleries, auberges, maisons garnies, cabarets, cafés, tabacs et autres lieux publics, ^diJ, oct. 4 609. BRiLLON, Dict. des arrêts, t. v, p. 4 86. || 5' Faux tabac, la nicotiane rustiquf. {| 6- Tabac des montagnes ou des Vosges, nom vulgaire de l'arnica. Il Tabac marron, espèce de morelle. || 7° Tabac d'Espagne, nom vulgaire d'un papillon, Vargyne paphie, lépidoptères diurnes de Fabricius, Europe.
— KTYM. Picard, toubake; espagn. tabaco; ilal. tabacco ; angl. tobacco; allem. tabak, tobak, tubak. Les messagers que Christophe Colomb envoya dans l'île do Guahani, qu'il nomma San-Salvador, racontèrent qu'ils avaient rencontré plusieurs naturels qui tenaient en main un petit tison d'herbes dont ils aspiraient la fumée ; l'herbe brûlée se nommait cohiba, et le tison était appelé tabaco ; on a pris la partie pour le tout, et ce dernier mot seul a prévalu, maxime du camp. Revue des Deux- Mondes, 4 868, 4" août, p. 709. La prononciation a varié quelque temps entre tabac et tobac; et CoUetet, dans ses épigrammes, a dit : Autant vaut prendre du tobac Dans une pipe parfumée
t TABACIQCE (U-ba-si-k'), adj. Qui concerne le tabac. || Acide tabacique, mélange d'acides manque et citrique retiré du tabac.
t TABACOLOGIK (U-ba-ko-lo-jie), s. f. Traité sur le tabac.
TABAGIE (ta-ba-jie), s. f. || l- Lieu i^ublic où l'on va fumer du tabac. Us [les peuples sauvages du Canada] ont entre eux leurs festins dans leurs mariages, dans leurs victoires, dans la réception de leurs amis, et y prennent force tabac; d'oii, comme je crois, ils appellent ces réjouissances tabagies, n. sanson, l'Amérique, 3" traité, 4 657. IIS* Petite cassette où l'on renferme tout ce qui sert pour fumer.
— ÉTVM. Tabac.
t TABANIENS (ta-ba-niin), ». m. pi. Famille d'insectes diptères, à laquelle appartient le taon(tai>anus).
4. TABARIN (ta-ba-rin), ». m. || !• Farceur qui égayait de ses quolibets, au commencement du XVII' siècle, les rues et les places de Paris, principalement le pont Neuf; il avait été valet de Monder, charlatan. Le charton n'avait pas dessein De les mener voir Tabarin, la font. Fabl. viii, 4 2, jia" Par emploi d'un nom propre pour nom appellatif, farceur qui monte sur des tréteaux pour représenter dans les places publiques (il s'écrit avec une majuscule). Le Parnasse parla le langage des halles ; Apollon travesti devint un Tabarin, boil. Art p. i. Un Tabarin mordant, caustique et rustre. Devient par elle un sénateur illustre, J. b. rouss. AUég. 1, 4. Il Faire le Tabarin, faire le bouffon.
— ÉTYM. Tabarin était ainsi nommé du tabar ou tabard qu'il portait; le tobar était, dans l'ancienne langue, le nom d'une espèce de manteau en serge verte.
t 2. TABARIN (ta-ba-rin), TABURIN (ta-bu-rin), s. m. Morceau de bois qui forme la clef de la charpente de la drome, dans une forge.
4. TABAKINAGE (ta-ba-ri-na-j'), ». m. Terme vieilli. Action de tabarin, ou bouffonnerie.
— ÊTYM. Tabarin.
\2. TABARINAGE f ta-ba-ri-na-j '), ». m. Disposition des brins de bruyère pour empêcher les ordures des vers i soie de tomber sur ceux qui sont au-dessous.
t TABASCHIR (ta-ba-chir), j. m. Concrétions siliceuses qui se forment au nœud des bambous, danpsleur cavité, aux dépens de la silice qui donne àl'épiderme des graminées sa dureté (arabe, tdbd' ehir). Il On trouve aussi tabaxir.
tTABATIER,IÈRE(ta-ba-tié, tiè-r'),î.m. et^. Ouvrier, ouvrière qui travaille à la fabrication du tabac.
TABATIÈRE (ta-ba-tiè-r'), ». f. || 1' Petite boita où l'on met du tabac en poudre. Tabatière d'or, d'argent, d'écaillé. Le comte d'Aguilar était accusé d'avoir empoisonné dans une tabatière 1» père du duc d'Ossone, st-sim. 90, 482. Nous avons vu à deux ou trois louis des tabatières de carton, qui sont aujourd'hui à vingt-quatre sous, condil. Comm. gouv. l, 24.||2° Tabatière anatomique, nom donné à la petite fossette du métacarpe comprise entre les tendons du long extenseur et du court extenseur du pouce ; il a pour origine l'usage où sont les gens du peuple d'y déposer leur labac à priser avant que de le renifler. || 3" Fusil à tabatière, nom donné, dans le langage familier, à un fusil se chargeant par la culasse, dont le mécanisme s'ouvre par un mouvement analogue à celui à l'aide duquel s'ouvre une tabatière. || 4' Lucarne en tabatière, lucarne ayant la même inclinaison que le toit.
— REM. On a dit d'abord tabaquière : Vous voyez quantité de jeunes gens de qualité qui viennent chez vous avec une tabaquière à la main, 1» visage et les doigts tout sales de tabac, caillères, Jfol» à la mode, 4" eonv.
— SYN. TABATièRB, boIte. Il y eut un temps oh tabatière paraissait ignoble aux gens du bel air; ils le laissaient aux gens du peuple, et disaient boite. À table, je lui ai demandé souvent sa tabatière qu'il n'appelle pas sa boite, j. j. rouss. Ilél. iv, o. Aujourd'hui botte s'emploie quelquefois pour tabatière, mais seulement quand il s'agit d'une tabatière de prix, et quand d'ailleurs le sens est bien
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déterminé. Le roi lui a fait présent d'une boite d'or enrichie de diamants. On dit & quelqu'un qui prend du tabac : Vous avez une belle botte.
— 6TYM. Tabae; Berry, tabaquiire; ital. tabtcthiera.
t TABEI.LAIRE (ta-bel-lé-r'), adj. En forme de table. Il Impression tabellaire, celle qui se fait avec planches solides. L'art monétaire, qu'ils [les anciens] ont connu, est sans doute très-voisin de l'imprimerie, au moins tabellaire, daunou, Instit. Méin. seienc. mor. et poJ. t. iv, BiU.
— Etym. Lat. tabeila, petite table (voy. table).
TABELLION (ta-bèl-li-on), t. m. || 1» Primitivement, officiers qui avaient pour fonction do délivrer les grosses des actes reçus en minutes par les notaires. {| 2° Officier public qui faisait les fonctions de notaire dans les juridictions subalternes et seigneuriales. Il fut fait défense aux greffiers, notaires et tabellions, de passer des actes obligatoires entre chréliens et juifs.... ailleurs que dans les maisons des prévôts... Ancien arrêt, dans des- QDiHON, Comment, sur le décret, p. 9.
— HIST. XV' s. Mandons et faisons assavoir Que le tabellion, de voir(de vrai].... Aveu nouvellement à Tours De Vaillaiitl'obligation, CH. n'ooL.BaU. 79. Il XVI* s. Thomas Arnoton clerc notaire et tabellion juré, Bibl. des ch. 4* série, t. m, p. 62.
— ËTYM. Lat. tabellionem, de tabeila, tablette, dimin. de tabula, table.
TABELLIONAGE(ta-bèl-li-o-na-j'),s.m. || 1° Fonction de tabellion. || Logement, étude du tabellion. Il S' Droit de tabellionage, droit qu'avaient les seigneurs hauts justiciers d'établir un tabellion, un notaire pour instrumenter dans leur ressort.
t TABELLIONER (ta-bèl-li-0-né), V. a. Ancien terme do jurisprudence. Dresser on acte, en donner expédition.
— HIST. XV' s. Je vueil que les convenances [conventions] soient si feaument prises, escrites, grossoyées, tabellionnées et scellées que... proiss.
m, p. 263. dans LACURNE.
TABERNACLE (ta-bèr-na-kl'), s. m. || 1° Tente, pavillon (usité seulement en parlant des Hébreux). Retourne, Israël, dans tes tabernacles. {| Fig. Fixer son tabernacle, ses tabernacles, s'établir à demeure. De ce moment [la mort de Monseigneur], il [Vendôme] résolut d'y fixer [en Espagne] ses tabernacles, st-sim. 304, <B7. Qu'il est difficile de se déplaire dans un lieu où tout nous rit.... de ne pas fixer son tabernacle où l'on se trouve si bien I MASS. Carême, Dang. des prospér. temp. || La fête des Tabernacles, une des trois grandes solennités des Hébreux qui se célébrait après la moisson, sous des tentes, en mémoire des tentes où ils campèrent à leur sortie d'Egypte. Il n'y avait que trois grandes fêtes en toute l'année, la Pâque, la Pentecôte et la fête des Tabernacles, fleury, Mœurs des Israël, tit. xiii, 2* part. p. 292, dans pougens. Il 8° Le tabernacle du Seigneur, le tabernacle du témoignage, et, par excellence, le Tabernacle (avec une majuscule), la tente où reposait l'arche d'alliance pendant le séjour des Israélites dans le désert, jusqu'au temps où le temple fut bâti. 11 mettra la main sur la tête de sa victime, qui sera immolée à l'entrée du tabernacle du témoignage, SACi, BibleiLévit. m, 2. Durant que le peuple errait dans le désert, Moïse construisit le Tabernacle, temple portatif où les enfants d'Israël présentaient leurs vœux au Dieu qui avait fait le ciel et la terre, Boss. Hist. Il, 3. Il Fig. Le Dieu do bonté et de majesté vient habiter dans nous, et fait de nos cœurs autant de sanctuaires et de tabernacles où il réside, BOURDAL. Serm. 17* dim. après la Pentecôte, Domin. t. iv, p. 81. || 8° Dans le Nouveau Testament, les tabernacles éternels, le séjour céleste, la demeure dos bienheureux. Employez les richesses injustes à vous faire des amis, afin que, lorsque vous viendrez à manquer, ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels, saci. Bible, Évang. St Luc, XVI, 9. Il 4* Ouvrage de menuiserie, d'orfèvrerie, de marbre, etc. où l'on renferme le saint ciboire; le tabernacle est fermé à clef et mis au-dessus de la table de l'autel. Salutl ô sacrés tabernacles. Où tu descends. Seigneur, à la voix d'un mortel! lamart. Uarm. i, 8. || Fig. Achevez, seigneur, en lui votre ouvrage; couronnez vos dons ; ranimez ces vertus humaines, ces os arides, par un souffle de vie.... formez de tous ces trésors de l'Egypte un tabernacle à votre gloire, MAss. Or. fun. Conti. || Œuvre des tabernacles, œuvre destinée à fournir aux églises pauvres les objets nécessaires à la célébration du culte. Il 5» Terme de la marine des galères Lieu
DICT. DK I.A LAN'JUK FIUNCAISE.
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d'oirviron six pans de long, et élevé d'un degré au-dessus du reste ; c'est la place d'où le capitaine faisait le commandement. Il [le capitaine, pendant la tempête] demeura toujours sur le tabernacle, donnant les ordres avec une froideur admirable, retz, Mém. dans jal. || 8° Terme de construction. Espace libre, ménagé sous terre, autour d'un robinet, pour qu'on puisse le manœuvrer au moyen d'une clef à long manche. || 7' Caisse ajustée sur la meule du cloutier.
— HIST. III' s. Deus enseverad le lignage Levi, e eslit e retint espccialinent à sun servise del tabernacle, ki primes fud levez al désert de Synaî, Rois, p. 2. La dcscunfiture turna sur Israël; et fuiront tuit, ki einz einz, chascun i sun tabernacle, ib. 4 6. Il XIII* s. Et es tabernacles d'eus ne soit qui abit [habite] ; tabernacles apele il les. tentes que firent li Jui el désert, Psautier, 1* 8). || xv* s. L'un de ses gens avoit dérobé en une église le tabernacle où l'on met corpus domini, louis xi, Nouv. v. Près des joustes avoit faict un escliafault moult riche là où le roy fut couronné l'endemain, et si avoit par dessus un tabernacle [dais] couvert d'un drap d'or, Perceforest, t. n, f° 44.||xvi* s. Ceux qui habitent en maison de fange, et sont détenus en tabernacles terriens, calv. Inst. 692,
— ÊTVM. Provenç. tabernacle; espagn. tabernaculo; ital. tabemacolo ; du lat. tabernaculum, qui vient de taberna, cabane en planches, do même radical que tabula (voy. table).
TABIDE (ta-bi-d'), adj. Terme de médecine. Consumé par le marasme. M. d'Émery est mort tout sec et tout tabide, oui patin, Lett. t. n, p. 18.
— HIST. XVI* s. En fin meurent misérablement, languissans, tabides, arides et secs, paré, v, 49.
— ÊTYM. Lat. tabidus, de tabum, sang corrompu.
t TABIFIQtJE (ta-bi-fi-k'), adj. Terme de médedne. Qui cause la consomption, le marasme.
— ÊTVM. Lat. tabès, consomption, et facere, faire.
TABIS (ta-bî; Vs ne se prononce pas, même devant une voyelle, dit Chifflet, Gramm. p. aie), s. m. ÉtofTe de soie unie et ondée, passée à la calandre sous un cylindre qui imprime sur l'ctofTe les inégalités onduleuses gravées sur le cylindre même. Une belle petite fermière de Bodégat, avec do beaux yeux brillants, une belle taille, une robe de drap de Hollande découpé sur du tabis, les manches tailladées, sbv. 434. On apporte à l'instant ses somptueux habits. Où sur l'ouate molle éclate le tabis, boil. Lutr. iv.
— HIST. XV* s. J'ay draps de soye et tabis, b. DESCH. Poésies mss. f° 4 74.
— ÊTVM. Espagn. portug. et ital. tabi; bas-lal. altabi; de l'arabe 'attàblya, nom d'étoffes bigarrées et ondées, qu'on fabriquait dans un quartier de Bagdad, dit el'attdiiya, ainsi nommé de 'Attdb, un arrière-petit-fils â'Omaiya.
TA BISE, ÉE (ta-bi-zé, zée), part, passé de tabiser. Taffetas tabisé.
TABISER (ta-bi-zé), V. a. Rendre une étoffe ondée à la manière du tabis. Tabiser du ruban, de la moire. Il n'y a de difTérence entre tabiser et moirer, que celle qui est occasionnée par la grosseur du grain de l'étoffe, c'est-à-dire, que, dans le tabis, le grain de l'étofi'e n'étant pas considérable, les ondées se remarquent moins que dans le moiré, où le grain de l'étofle est plus considérable, Dict. des arts et met. calandreur.
— ÉTYM. Tabis.
TABLATURE (U-bla-tu-r'),».^. Il l'Ancien terme de musique. Pièce de musique qui est écrite sur un papier, qui est tirée à cinq ou six lignes, et qui est en notes, en chiffres ou en lettres pour servir à apprendre la musique vocale ou instrumentale. Voilà de la tablature pour la guitare. Enseigner par tablature. Entendre, savoir la tablature. Si quelqu'un pouvait apprendre en un jour à jouer du luth excellemment, par cela seul qu'on lui aurait donné de la tablature qui serait bonne, DESC. Méth. VI, 44. Ce Roussel était un des fins danseurs d'Angleterre, je veux dire pour les contredanses ; il en avait un recueil de deux ou trois cents en tablature qu'il dansait toutes à livre ouvert, hamilt. Gramm. 8. || Tablature alphabétique, emploi des lettres de l'alphabet pour noter les parties du luth, de la guitare et de quelques instruments du même genre. || Il s'est dit aussi d'un tableau qui représente un instrument à vent et à trous, et qui indique quels trous doivent être bouchés ou bien ouverts , pour former toutes les notes. Il 2° Fig. Ce qui sert d'enseignement (sens figuré qui a vieilli comme le sens propre). Le die-
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tateur a été le pédagogue des triumvirs, bien qu'il, y ait eu quarante-six ans entre lui et eux; la première proscription a été la tablature de la seconde : .Sylla la bien pu; pourquoi ne le pourrai-je pas? BALZ. 5ocra(ec/ir/(. 8. Ne m'importunez pi us de votre tablature ; Sans vos instructions je sais bien mon métier, corn. Suie, u, 4 Surtout suivez ma tablature, Gardez toujours la bourse, et donnez à mesure, TH. CORN. Baron d'Àlbikrae,!, t. l\l\ lui donnerait de la tablature sur cette matière, il est plus habile que lui li-dessus, il lui en remontrerait (locution qui a vieilli). J'embrasse M. de Grignan premièrement, et suis fort aise qu'il ait la bonne foi d'avouer que je lui donne bien de la tablature pour savoir bien aimer, sÉv. 380. || Entendre la tablature, être rusé, capable de mener une intrigue. Une lettre, Crispinl — Ah ciel I quelle aventure! Le maître de musique entend la tablature, REonARD, Fol. amour, n, 7. || Figurément et familièrement. Donner de la tablature à quelqu'un, lui causer de la peine, du souci, le mettre en cervelle. C'était une petite personne dont la garde m'aurait donné bien de la tablature, lssace, Baehel. de Salam. n, 8. Voilà un visage qui donne sûrement de la tablature à la dame du logis, BOissT, Franf. à Londres, se. 4«. Sa première femme et la mienne nous ont donné, de leur vivant, un peu de tablature, lrgramd, Métam. amour, se. 6.
— HIST. XYI* s. Je lui donnay de la tablature de M. le Grand ; je luy appris à tourner les talons en dedans, à cheminer en oye, et de pareille gravité, d'adb. Con{. Il, 4 .
- ÉTYM. Dérivé de table.
TABLE (ta-bl'), s. f. \\ i' Planche, ais (sens propre). Table rase. || 2' Planche ou réunion de planches portée sur un ou plusieurs pieds. || 8' Table de nuit. || 4' Table de billard. |{ 6* Chacune des quatre divisions du tablier, au trictrac. || 6* Table d'un instrument de musique. || 7' Particulièrement, table à manger. || 8' Chez le souverain, tables servies règlement. || 9* Table d'hôte. || 10" Table ronde. Il 11' Nourriture qu'on prend à table considérée par rapport à la quantité, à la délicatesse. Il 12' Sainte table. || 13' Poids de table. || 14' Table à roue, dans les usines à glaces. || 16° Portion de roche à surface plane. || 16' Lame ou plaque de métal, morceau de pierre, de marbre, sur lequel on peut graver, écrire, peindre. || 17 X Rome, loi des Douze Tables; tables nouvelles; tables de proscription. Il 18° Table de marbre, une des anciennes juridictions de la France. || 19' Plaques ou pièces de plomb, dont on forme le revêtement d'une terrasse ou d'un réservoir. || 20" Table de verre. Il 21' Table d'une enclume. || 22' Nom donné aux claies étagées sur lesquelles on dispose les vers 1 soie. Il 23' Les tables du crâne. Chez le cheval, la surface de frottement de l'incisive. || 24' Diamant en table. || 26' En métallurgie, table tournante. Il 26' Tables ou rouelles d'essai. ]| 27" Chez les cartiers, mener la table. || 28* Sorte de ballot. || 29' En architecture, plan vertical de forme carrée ou oblongue, qui se détache du nu du mur. || 80° Bassin où se fait le sel par l'évaporation de l'eau de mer. || 31' Index servant à faire trouver facilement les matières ou les mots d'un livre. ||8a' Feuille, planche sur laquelle certaines matières sont présentées méthodiquement et en raccourci. || 33' En mathématiques, série de nombres dont la grandeur et la variation sont déterminées parleurs rapports avec une ou plusieurs variables.
1* Planche, ais (sens propre qui n'est resté usité que dans quelques termes de métier). || Terme de typographie. Planche qui porte le chevalet du tympan. || Planche qui sert à l'imprimeur en tailledouce. Il Table rase, planche sur laquelle il n|y a rien de peint, ainsi dite parce que les anciens peintres peignaient non sur une toile, mais sur une table de bois. || Table rase ou table d'attente, lame, planche sur laquelle il n'y a encore rien do gravé. Il Fig. Esprit tout à fait neuf sur une matière, et susceptible de recevoir toute espèce d'impressions (voy. à l'étymologie). L'esprit d'un enfant est une table r*30, sur laquelle les préjugés n'ont encore rien imprimé, volt. Dict. phil. Table. U faudrait pour cela être table rase sur la question.... bonnet, CotUempJ. nat. x, 34. Si les esprits étaient semblables à une table rase, comme le demandait Locke, baillt, llist. astr. mod. t. i, p. 4 63. Il Fig. Faire table rase, rejeter toutes les idées qu'on a acquises, et en adopter de nouvelles. || Faire table rase, signifie aussi abolir, proscrire les anciennes institutions. Qu'en s'unissant d'abord ils fassent table rase; Et, pour les ao-
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corder ensuite, on >«■ éonue, c. dklat. la Populor. «, i. Il Table de cire, tablette enduite de cire sur laquelle on peut écrire quelque chose avec un poinçoD. L'tLme humaine est une table de cire où la nature imprime son image, didbk. Opinion du anc. philos. (PJotonwme). || 2° Particulièrement, planche ou réunion de planches portée sur un ou plusieurs pieds et qui sert à divers usages. Table ronde, carrée, ovale. Table à- coulisses, à rallonges, l'able à écrire. Table à manger. La table où l'on servit le champêtre repas Fui d'ais non façonnés a l'aide du compas, la font. Philém. et Baucis. Nous sommes en l'air; tous mes gens sont occupés à déménager : j'ai campé dans ma chambre; je guis présentement dans celle de l'abbé, sans autre chose qu'une table pour vous écrire, siv. 388. Il y a deux tables de jeu dans ma chambre & l'heure que je vous parle, m. eoR. On s'assied; mais d'abord notre troupe serrée Tenait à peine autour d'une table carrée, boil. Sat. in. || Table de piquet, de bouillotte, de brelan, etc. table où l'on joue au piquet, à la bouillotte, au brelan, etc. || Table à la Tronchin , table se haussant et se baissant à l'aide d'un mécanisme et sur laquelle on peut écrire debout. || Table à modèle, table sur laquelle l'artiste place, dispose le modèle. || Tables tournantes, frappantes et parlantes, genre de prestige qui fut fort à la mode en <863 eH854. i|Fig. et familièrement. Jouer cartes sur table, ne pas prendre la peine de dissimuler. || Fig. Mettre sur table, sur la tabla, exposer sans dissimulation. Il [Mazarin] mit son cœur sur la table, il m'assura qu'il me parlerait comme à son fils, kbtz, m, 7l . || Papiers ou papier sur table, preuve» en main. Il faut voir cela en détail, il faut mettre papiers sur table, pasc. Peuple juif, 6, édit. FAUOÈKE. Villar» leur parla [au roi et à Mme de Maintenon] papier sur table, par preuves et par faits qui ne se pouvaient contester, ST-siM. 277, 234. Pourquoi mettre Mme du Châtelct dans la nécessité douloureuse de montrer, papier sur table, que vous vous démentez vous-même pour l'outrager T VOLT. Le». Thiriot, 12 févr. (739. Il i' Table de nuit, inventée en «7)7(volt. Dict. phil. Table), meuble commode qu'on met auprès d'un lit, et sur lequel se placent plusieurs ustensiles pour l'usage de la nuit. Nos bonnes anciennes tables de nuit, bien revêtues de marbre en dedans, ayant un rebord sur la table, de manière à garantir de toute chute les choses qu'on met dessus, sont, dans ce genre, ce qu'il y a de mieux, genlis. Maison rust. 1. 1, p. 89, dans POOOENS. || 4° Table de billard, châssis de madriers sur lequel on applique le tapis. ||5''Terme de trictrac. Chacune des quatre divisions du tablier, appelées aussi jans. || Il se disait autrefois de ce qu'on nomme plus ordinairement aujourd'hui dames : jan de deux tables, jan de six tables. Il Toute-table, ou toutes-tables, voy. ce mot. Il Jeux de tables, anciennement, tous les jeux où l'on emploie des dames et un échiquier ou un tablier. || 8' Table d'un instrument de musique, les parties larges d'avant et d'arrière qui supportent le chevalet et qui vibrent à l'unisson des cordes. Table de basse, de guitare, de luth. Il ne serait pas impossible que les qualités supérieures de certains instrumenta de musique dépendissent de ce que le plan de leur table d'harmonie se trouve incliné d'un certain nombre de degrés sur la direction des fibres, savart, Instit. Uém. scienc. t. ii, p. 421. Il 7' Absolument. Table àmanger, et surtout table servie couverte de mets. Dresser une table. Table de dix couverts. Servir à table. Chez lui-même, ;i sa table, au milieu d'un festin. D'un si parfait nmi devenir l'assassin, corn. Sertor. v, 4. Jupin pour chaque état mit deux tables au monde; i'adroit, le vigilant et le fort sont assis X la première ; et les petits Mangent leur reste à la seconde, LA PONT. Fabl. X, 7. X table comptez-moi, si vous voulez, pour quatre, bol. le Dép. v, ). Apprenez..., que c'est un coupe-gorge qu'une table remplie de trop de viandes, id. l'Avare, ni, B. Il y avait quarante dames & table ; le souper fut magnifique; le roi vint, et fort gravement regarda tout •ans se mettre l table, sév. «6. Et qu'au retour tantôt un ample déjeuner Longtemps nous tienne à table et s'unisse au dtner, boil. Lutr. rv. Permettez, avant tout, qu'Esthcr puisse à sa table Recevoir aujourd'hui son souverain seigneur, rac. Esth. m, 7. La critique do Lamotte [reprochant i Racine de n'avoir pas fait venir Hippolyte et Thésée dans le tample où l'on n'osait jurer en vain] est de feu M. le marquis de Lassai; il la fit à table chez M. de la Paye, où j'étais avec feu 11. de Lamotte, qui prooiit qu'il «n ferait usage, volt.
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Ditt. phil. Épreuve. || Mettre la table , disposer tout ce qu'il faut sur la table : assiettes, couteaux, fourchettes, serviettes, etc. On met la table au ministère ; Renommez-moi, je suis pressé, bèrang. Ventru aux électioru. || Mettre sur table, servir le repas. On met sur table, et le doyen prend place, la pont. Cas. Le filleul et le cousin de monsieur verseront à boire , et le maître clerc mettra sur table, DANCOURT, Fête du viU. i, 6. || Cette locution n'est plus usitée , on dit servir : On a servi, le dîner est sur la table. ||Se mettre 1 table, s'asseoir auprès de la table pour manger. || Sortir de table, quitter la table, se lever do table, interrompre ou finir le repas. Il sort de table, et la cohorte N'en perd pas un seul coup de dent, la font. Fabl.i, (4. || On dit dans un sens analogue : être hors de table. || Tenir table, demeurer longtemps à table. Une nuit qu'ayant tenu table Et bu force vin nouveau, la font. Anneau. Comme ils étaient Allemands, ils tinrent table longtemps, en attendant le révérend père provincial, volt. Candide, n. || Tenir table, donner habituellement à manger à ses amis invités ou non. Vous vous croyez considérable ; Mais dites-moi, tenez-vous table? la pont. Fabl. vni, 1 9. On me mande que Coulanges est le favori du pape, et que H. de Chaulnes fait faire un carrosse d'audience, qu'il tient une table, comme aux états : voilà un air d'établissement, sÉv. 598. Quelque bien instruit que vous soyez de la misère de leur condition [des pauvres] , vous ne pensez pas à l'adoucir, vous ne le pouvez pas en effet, vous tenez table, vous bâtissez , la brut. vi. L'on dit d'un grand qui tient table deux fois le jour, et qui passe sa vie à faire digestion, qu'il meurt de faim, pour exprimer qu'il n'est pas riche.... m. XII. Il Tenir une grande table, une grosse table, donner ordinairement de grands repas. Il est à Rennes tenant une grande table, dont il se passerait fort bien ; car cette dépense ne mène à rien', SÉV. à Bussy, (7 juill. (689. Perdant au jeu, et tenant une grosse table, hamilt. Oramm. 6. || Tenir table ouverte, donner à manger à tous les visiteurs qui surviennent, même quand ils n'ont pas été priés. Un régiment n'est point le prix des services ; c'est le prix de la somme que les parents d'un jeune bomme ont déposée, pour qu'il aille, trois mois de l'année, tenir table ouverte dans une ville de province, volt. Dial. xxiv, 4B. Le matin, sa bibliothèque était ouverte à tous les savants; le soir, sa table l'était à la bonne compagnie, ro. Zadig, 4. || Propos de table, traits de gaieté et de familiarité qui échappent dans un repas. || On dit dans un sens analogue : chanson de table; ronde de table. || Liberté de table, liberté de la parole à table, sans craindre l'espionnage, la dénonciation. Cette liberté de table , regardée en France comme la plus précieuse liberté qu'on puisse goûter sur la terre , volt. Ingénu , i 9. Il Tomber sous la table, être ivre au point de glisser hors de sa chaise. Nos ouvriers sont encore sous la table; je les ai bien grisés, legrand, l'Amour diable, se. 2. Avant vous sous la table Tombent deux, troisami3,Endormis,nÉRANG. On s'en fiche. Il Mettre quelqu'un sous la table, l'enivrer. Il Bénir la table, faire en commun, avant le repas, la prière du bénédicité. || Admettre quelqu'un à sa table, inviter à dîner quelqu'un d'inférieur à soi par la naissance ou par le rang. Nous les admettons à nos tables [les comédiens] , et nous leur fermons nos cimetières, volt. Lett. Damilaville, 48 juill. (762. Il La grande table, la table des grandes personnes, par opposition à la petite table, qui est la table des enfants. |{ Donner la table à quelqu'un, le nourrir à sa table. || Avoir la table et le logement chez quelqu'un, y être nourri et logé. Vous aviez la table, le lit, l'habit, veste et culotte, les souliers et la pistole par mois, cmER. Neveu de Rameau. \\ Vivre à la même table, manger habituellement ensemble. || Courir, piquer les tables, aller en parasite manger souvent chez ceux qui tiennent table. || Il se tient mieux à table qu'à cheval, il ne sait que goinfrer, il est inutile. || Mettre couteaux sur table, se préparer à faire bonne chère. || Il dîne à la table de son maître, se dit d'un homme faible qui se laisse maîtriser par sa femme. Il De la table au lit, du lit à la table, se dit d'une vie débauchée et fainéante. || Avoir les pieds sous la table, les coudes sur la table, boire et se réjouir. Il Le dos au feu, le ventre à table, se dit de quelqu'un qui est dans la meilleure position. jjX table I appel qu'on fait pour que les convives aillent se mettre i table. || Table de poupe, nom qu'on donnait dans les galères à la table ou entretien de bouche
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du capitaine. {| 8* Tables chez le souverain, se dit de* tables servies règlement où certains officiers ont droit de manger. Il y avait tant de titbles chez le roi : la table du chambellan, la table du maître d'hôtel, etc. Vous ne devez pas être honteuse de retrancher vos tables, puisque le roi même, i l'exemple de son grand veneur [H. de la Rochefoucauld], a retranché celles de Marly ; il n'y a plus que celle de» dames, sÉv. 493. Marly est un séjour délicieux depuis l'établissement des tables particulières, uaintenon, Lett. au duc de Noaill. 19 aoijt (7<0. La seconde Daupbine ayant le goût de la musique italienne, on fit venir à Versailles Cafarelli, à qui l'on entretint, pendant son séjour, un carrosse et une table de six couverts , duclos, Œuvr. t. vn, p. 476. || Dans les grandes maisons, la première table, la table des maître.'* ; la seconde table, celle des principaux domestiques; la table du commun, la table des valets. Il faut quatre repas [à Chantilly, chez le prince do Condé] ; il y aura vingt-cinq tables servies à cinq services, sans compter une infinité d'autres qui surviendront, SÉV. 43. Le rôti, qui avait manqué non pas à la table du roi, mais aux vingt-cinquièmes, lui [à Vatel] revenait toujours à la tète, id. 47. || C'est lui qui tient la table, se dit de celui qui fait les honneurs de la table chez les princes et les grands seigneurs, qui ordonne à ceux qui la servent. On mange à deux tables dans le même lieu; il y a quatorze couverts à chaque table; Monsieur en tient une, et Madame l'autre, sÉv. 73. Il Tenir la première, tenir la seconde table, faire les honneurs de la première, de la seconde table. Il Dans les communautés, la première table, la principale table, celle qui se sert à une heure réglée; la seconde table, celle qui sert de supplément à la première. {| 9* Table d'hôte, voy. hôte, n° B. Il 10* Table ronde, table imaginée pour éviter les disputes do préséance entre chevaliers, et dont les anciens poèmes ont attribué l'invention à Artus, roi fabuleux de l'Angleterre (on met une majuscule à Table). {| Chevaliers de la Table ronde, les douze chevaliers que les vieux romans en langue d'oïl font compagnons d'Artus, roi des Bretons. || Fig. et par plaisanterie, chevaliers de la Table ronde, ceux qui aiment à être longtemps à table. Il Table ronde, nom donné, dans le moyeu âge, àdes divertissements chevaleresques. || ll'Fig. Nourriture qu'on prend à table, considérée par rapport à la quantité, à la délicatesse des mets. Avoir une table frugale. Malheur à vous, qui vous levez dès le matin pour vous plonger dans les excès de la table, saci. Bible, Isaie, v, H. Idoménée régla sa table, où il n'admit que du pain excellent , du vin du pays qui est fort agréable, mais en fort petite quantité, avec des viandes simples, fén. Tél. xii. Tous les plaisirs en foule venaient s'offrir à moi : ma musique était admirable; j'avais une table exquise, id. Dial. des morts anc. {Diogène, Denys l'ancien). La vie inutile , la licence des discours, la sensualité des tables, les soins de l'ambition, mass. Carême, Pâques. L'homme riche met toute sa gloire à consommer, toute sa grandeur à perdre en un jour à sa table plus de bien qu'il n'en faudrait pour faire subsister plusieurs familles, buff. Quadrup. t. i, p. 176. Lui [Apicius] qui, après avoir consumé un milliard à sa table, s'empoisonna pour n'être pas réduit à vivre avec dix millions de sesterces, pastoret, Instit. Uém. inscr. et beUes-lelt. t. vn, p. ( 27. Il Aimer la table, aimer la bonne chiure. |{ t2° Sainte table, l'autel même sur lequel le prêtre prend lei hosties avec lesquelles il va donner la communion. Cette action par laquelle le Fils de Dieu est posé sur la sainte table sous les signes représentaliff de sa mort, Boss. Projet, explication eucharist. Tous ceux qui portent la marque d'enfant de Dieu ont droit d'être admis partout où ils voient la table de leur commun père, id. Var. xv, C7. Il Fig. La sainte table, la communion. Qui pourrait dire par quelles terreurs elle arrivait aux délices de la sainte table? BOss. Anne de Gonz. Chrétiens, mes frères, qui dans cette solennité viendrez vous purifier dans les tribunaux de la pénitence, pour donner à Jésus-Chrisl dans vos cœurs une nouvelle naissance, en le recevant à la table sacrée, hass. Avent, Dispos, à la Comm. Il Table d'autel, table dans laquelle on encaslro la pierre bénite sur laquelle le prêtre pose le calice. Il Table sainte, balustrade ou grille qui sépare le chœur du sanctuaire et devant laquelle viennent s'agenouiller les communiants. || 13° Dans certaines provinoes (Languedoc, Provence), poids de table,
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poids i l'usage du pays qui différait du poids da< marc. Il 14' Table à rouo , large jante circulaire, liée au moyeu par des rais en bois léger et servant i doucir les grandes glaces. {| 16" Portion de roche à surface plane. En descendant, on passe sur le penchant de ijlusieurs grandes tahles ou couches d'une roche feuilletée, salssurk, Koy. Àlpet, t. u, p. 39», dans pouGKNs. || Tables de glaciers, bloc» de pierre
{)lacés sur les glacicr-î, el qui, protégeant contre a fusion 1,1 glaco au-dessous d'eui, se présentent comme pcrcliés, le reste ayant fondu davantage autour d'eux. Il Terme de géographie. Sommet d'une montagne, quand elle forme une espèce de plateau. || Montagne de la Table, conslellalion méridionale. Il 16* Lame ou plaque de métal, morceau de pierre, de marbre, sur lequel on peut graver, écrire, peindre, etc. Graver sur une table d'airain. || Los tables de la loi, les tables de l'alliance, les lois données par Dieu et portées par Moïse aux Hébreux. Ce fut quand je montai sur la tQonlagiie pour y recevoir les tables de pierre, les tables de l'alliance que le Seigneur fit avec vous, SACi, Bible, Deutéron. ix, o. U [Dieu] écrit de sa propre main, sur deux tables qu'il donne à Moïse au haut du mont Sinaî, le fondement de cette loi, Boss. Hist. 1,4. Il Table isiaque, voy. isiaoue. || Table alimentaire, inscription romaine du temps de Trajan, découverte en 1747. || 17* X Rome, loi des Douze Tables, recueil de lois publiées par les décemvirs, 450 avant Jésus-Christ (avec un D et un T majuscules). Dix magistrats qu'on créa sous le nom de décemvirs avec une autorité absolue, rédigèrent les lois des Douze Tables, qui sont le fondement et la source du droit romain, rollin, Ilist. anc. Œuvr. t. m, p. 3)9, dans pougens. Ce n'est pas le seul endroit de la loi des Douze TaJbles où l'on voit le dessein des décemvirs de choquer l'esprit de la démocratie, montesq. Bspr. xn, H. Il Tables nouvelles, édit qui abolissait toutes les dettes et obligations. || Tables de proscription, liste oii étaient portés les noms de ceux que Sylla et après lui les triumvirs proscrivirent. La foudre a dévoré ce détestable airain, Ces tables de vengeance, oîi le fatal burin Épouva'nlait nos yeux d'une liste de crimes, volt. ÎViium». i, t. Il 18° Table de marbre, une des anciennes juridictions du royaume, partagée en trois tribunaux : celui du connétable, plus tord des maréchaux de France; celui de l'amiral et celui du grand forestier, représenté plus tard par le grand mai ir^; des eaux et forêts; juridiction ainsi nommée d'une longue table de marbre sur laquelle les vassaux étaient tenus d'apporter leurs rede- Tances. P. Corneille était avocat du roi aux sièges généraux de l'amirauté, et des eau.t et forêts de la Normandie on la table de marbre du Palais de Rouen. {| Terme féodal. Mettre en sa t.\ble, unir ou réincorporer à sa table, user de retrait, par puissance de fief, sur l'acheteur ou l'héritier d'un fief. Il Table de mer, ancien droit seigneurial établi par les comtes de Provence sur les marchandises et denrées que les étrangers faisaient entrer dans le port de Marseille, ou en faisaient sortir. Le sieur de Libertat, propriétaire du droit qui se lève sur les marchandises appartenant aux étrangers, appelé la table de mer, Délib. du 20 janv. 1864, dans jal. || 19" Plaques ou pièces de plomb dont on forme le revêtement d'une terrasse ou d'un réservoir. Plomb en table. Table de plomb. Il Établi sur lequel on coule le plomb. || Table à couler, masse de fonte sur laquelle on coule les glaces. Etabli sur lequel on les étame. || 20° Table de verre, le verre plat qui n'a point été soufflé, qui n'est point encore employé. || Verre en table, verre de Bohême, le verre le plus blanc et le plus épais de tous. ||21° Table d'une enclume, lame d'acier qui recouvre la partie de l'enclume sur laquelle on frappe. || 22" Nom donné aux claies étagées sur lesquelles on dispose les vers à soie dans les magnaneries. || Table volante, toile tendue sur un cadre de bois pour transporter les vers à soie ou déliter. || 23* Terme d'anatomie. Les tables du crâne, les deux lames osseuses de tissu compacte qui revêtent les surfaces interne et externe des 03 du crâne. || La table interne est aussi appelée table vitrée à cause de sa fragilité. || Chez le cheval, la table, la surface de frottement de l'incisive, lorsque l'usure a détruit les deux bords tranchants qui circonscrivent, dans la dent intacte, le cul-de-sac extérieur. || 24° Diamant en table, rubis balais en table, diamant, rubis taillés sur deux faces bien dressées avec un biseau et de» pans en facette suc la tranche. Figure semblable i
celle d'un diamant taillé en table, desc. Miténr. S. Il On dit de même table de rubis, table d'éiu»raude. || Défaut i la surface d'un diamant, venant soit de matières étrangères qui y sont' incorporées, soit de coups qui le fêlent. ||25* Terme de métallurgie. Table tournante, anneau de fonte d'une seule pièce, présentant une surface conique inclinée vers l'axe pour les sables et pour les plus gros schlamms, inclinée au contraire k l'extérieur pour les scblamms fins, et qui procure le lavage du dépêt reçu en chaque point de la table. il 28° Tables ou rouelles d'essai, se di.sait de deux plaques d'étain, dont l'une était dans la chambre du procureur du roi du Châtelet, et l'autre dans celle de la communauté des potiers d'étain, sur laquelle les maîtres potiers étaient obligés d'empreindre les marques des poinçons dont ils devaient se servir pour marquer leurs ouvrages. Il 27* Cher les cartiers, mener la table, assortir les cartes et les diviser par jeux. || 28" Sorte de ballots usités dans le Levant, qui sont plats et carrés. Toutes les fourrure» dont je viens de parler viennent en peaui et en tables; les peaux »e vendent en proportion du prix des tables que j'ai indiqué, suivant le nombre de peaux qu'il faut pour former la table, peyssonnel, Traité sur le commerct de la mer Noire, i, )89. || 29' Terme d'architecture. Plan vertical de forme carrée ou oblongue qui se détache du nu du mur. jj Table d'attente, bossage pour recevoir une inscription. || Terme de maçonnerie. Partie de maçonnerie ou seulement de plâtre sur le mur, unie, lisse, saillante ou renfoncée, ordinairement de forme carrée ou rectangle. || On nomme aussi table, dans les ravalements faits de crépi moucheté en plâtre ou en mortier, les panneaux qui sont encadrés de bandes d'enduit. Il Terme de menuiserie. Table saillante, panneaux en saillie sur leur bâti. || Terme de peinture et dorure en bâtiment. Table saillante, filet portant des ombres et des clair» représentant le contour et la saillie d'un panneau de menuiserie. || Terme de blason. Table d'attente, écu qui n'est chargé d'aucune pièce ni meuble. || 30* Nom que les ouvriers, dans le Midi, donnent au bassin où se fait le sel par évaporation de l'eau de mer. || 31* Index, ordinairement sous forme alphabétique, servant à faire trouver facilement le» matières ou les mot» qui sont dans un livre. Table des matières. Table alphabétique. Table méthodique. Un habile médecin italien, qui, ayant travaillé sur les Aphorismes d'Hippocrate, dédia chaque livre de ses commentaires à un de ses amis et la table à un autre, m"* de scudery. Conversations, dialogue. J'ai préparé des expériences et j'en donnerai la table, VOLT, feu, n, 4. || Fig. On a des espèces de tables dans la mémoire, rén. Exist. 4). || Table des chapitres, la table où l'on indique la matière traitée dans chaque chapitre. || Fig. Autre sujet de conversation ; mais il ne faut faire à présent que la table des chapitres pour quand nous nous verrons, sÉv. t" déc. 4690. Il 82° Feuille, planche sur laquelle certaines matières sont présentées méthodiquement et en raccourci, afin qu'on puisse les voir d'un coup d'oeil. Table généalogique, chronologique. || Tables météorologiques, tables où l'on inscrit jour par jour les changements qui ont lieu dans l'atmosphère. |j Tables des modales, table qui contenait les propositions modales. La table des modales, appelée le pont aux ânes, D»oJ. d'Or. Tubero, t. n, p. 64. || Terme de marine. Se dit quelquefois pour livre des signaux. Il 33° En mathématiques, série de nombres dont la grandeur et la variation sont déterminées par leurs rapports avec une ou plusieurs variables, auxquelles on donne successivement toutes les valeurs particulières convenables au sujet qu'on se propose. Une table d'intérêts. || Tables do survie, voy. survie. || Table de multiplication ou de Pytbagore, ou table pythagorique, table qui contient tous les produits de la multiplication des nombres simples, les uns par les autres, depuis un jusqu'à neuf. || Tables de logarithmes, voy. LQûARlTHME. || Tables des sinus, voy. sinus. Il Table de réduction, table indiquant le rapport que différents poids, différentes mesures, différentes monnaies, etc. ont les uns avec les autres. Il Tables astronomiques, tables calculées d'après les lois de la gravitation, et au moyen desquelles on peut, à l'aide de simples opérations numériques, assigner d'avance la position de» planètes et des satellites pour un temps quelconque. Une grande table pour trouver l'heure en mer par la hauteur des astres, table qui est en entier l'ouvrage
de Mme de Lalande sa nièce [de LtUnde], dblambre, Intl. Mém^tciene. <NU7, 3*sem. p. »o. La théorie de» inégalités séculaires et périodiques du mouvement des planètes, fondée sur la loi de la pesanteur universelle, a donné aux tables astronomiques une précision qui prouve la justesse et l'utilité de cette théorie, ua place, Bxp. it, S. || Table» alphonsines, table» astronomique* rédigées par l'ordre du roi Alphonse de Castilla. Le» tables appelées, de son nom, tables alphonsines, parurent le jour même qu'il monta sur le trâne.... bailly, Ilist. astr. mod. t. i, p. 199. La gloire et le» malheurs du règne d'Alphonse sont dans l'oubli, mais on conserve la mémoire des tables alphonsines, coNDORCET, if aurtfpof. || Tables rodolphines, tables dédiées à l'empereur Rodolphe. Les tables rodolphines, qui furent pour Kepler l'objet de tant de travaux et l'occasion de tant de découvertes, parurent en 4 627, BAILLY, Hist. astr. mod. t. n,p. 426.
— HEM. Scarron a dit : Ils se mirent i table qui fut couverte peu de temps après, Hom. com. m, i. Cette manière de parler est fautive, vu que se mettre à table fait une locution qui ne permet pas de séparer table et d'y rapporter le qui conjonctif.
— HIST. XI' s. As tables juent, pur els esbaneier [divertir], Ch. de Roi. vin. || xn* s. Ne porra Deus aprester table el désert T itber pialm. p. 4o«. Quatorze rois i ot ains que table fust mise, Sax. xxiii. Il xiii* s. Au jardin le [du] roi [il y] ot mainte table dressée, Berte, u. Ouiconcques veut estre deycier à Paris, ce est à savoir feseeur de dez à tables et i eschiés, d'os et d'yvoire, de cor et de toute autre manière d'estofTe.... Liv. des met. 484. Et mainte espice delitable. Que bon mengier fait après table, la Rose, 4354. Et s'a eus ne poés aler. Faites i par aucun parler Qui soit messagiers convenables. Par vois, par letres ou par tables [tablettes] ; Mes jà n'i metés propre non, ib. 7630. Maistre Robert de Ccrbone, pour la grant renommée que il avoit d'estre preudomme, il (Louis IX] le faisoit manger à sa table, joinv. 4 95. Devant leur portes sont les églises, là où on sonne les cloches selonc les Latins, et tables [sorte de crécelle] selonc la manière des Grieus, du canoë, Jobuto. ||xiv* s. L'utilité pour quoi il [le cerveau] fu blanc, c'est qu'il fust aussi comme une table rase qui puet comprendre pluseurs figures et toutes couleurs, u. db mondeville, f" 4 5, verso. Estre humbles et doux, et les gens saluer. Bonne table tenir.... Guescl. 4 64 73. Le test [crâne] est compost de deux tables plaines et légères, lanpranc, f* î4. Chraus [ceux] qui nous soloient servir Pour joie d'am&urs desservir [mériter], S'en faisoient grans esbanois [divertissements], Tables reondes et tournois, J. de condk, t. m, p. a. Les changeurs commis et députez à ce faire et en lieux publics et accoustumez en nostre royaume et teiians tables [changes] ez ville» où ils changeront, Ordonn. des rois de Fr. t. ii, p. 298. En la noble maison au roi une table appellée la table d'oneur, en laquelle seront assiz la veille et le jour delà première feste les trois plus souffisans princes, trois plus souffisans bannerez, et trois plus souffisans bachelers.... ib. t. u, p. 4C6, Unes tables d'argent à escripre, en cire , esmailliées par dehors, de laborde , Émaux, p. 606. Les tables où on escript, qui sont de fust, couvertes de cire verte ou de cire rouge ou noire, lU» ib. Je vous diray un exemple d'une bonne dame qui acquist un grant blasme sans cause à une grande fcîste d'une table ronde de joustes [espèce de combat de chevalerie], le chev. de la tour, Instr. à ses filles, f" 44, dans laclrne. || xv° s. Messire Hue et les autres qui se sauvèrent, se prirent aux tables [planches] et aux masts, et le vent, qui estoit fort, les bouta sur le sablon, froiss. ii, p. 76, dan» LACURNE. Table ronde à tous venants (façon d"» donner à manger & tous ceux qui se présentaient], Bouciq. 1, p. 62, dans lacurne. Tables basses [le» tables qui étaient autour de la principale table, laquelle était de deux pieds plus haute que les autres), Perceforest, t. u, f* 4 29. Ayant le doz au feu et le ventre à la table, Estant parmi le» pot» pleins de vin délectable, bassel. Yau de Vire, n. Il zvi* s. La table de diamant grande et belle, dont l'anneau estoit esmaillé de noir, maro. Nuuv. xui. La tierce table [le troisième service] qui est à la fin du repas, Les triomphes de la noble dame, r° 4 4 5, dans lacurne. Un propos de table.... uont. 1, 4 03. Encore» qu'ils soyent payez, si est-ce que quasi tous ne payent rien, et si faut encores les traiter à vingt sol» pour table (comme on dit) et au partir du logis que l'hoste fasse la courtoisie, LAMOUB, 406. Le soidat françois a ceste persuasion.
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que son capiuine no lui doit denier ni le» caresies ni la table, ID. »»». Le seigneur qui a réuni à sa table [à ton fief] le fief de son vassal, n'est tenu en faire hommage à son seigneur, loysf.l, 6«3. Il n'y a quelquefois que la première table de l'os rompue, paré, m, *. Les frères et sœurs de la table entière [de pire et de mère], Nouv. Coiut. gén. t. I, p. so«. Tahle sani sel, bouche sans salive, coTOBAVg. Table vault escole notable, m. Il est à table et n'ose manger, id. De grosse table à l'estable, m. Ronde table este le débat, in. Qui à la table dort doit payer l'escot, lehûoi du uncï, Prov. t. Il, p. 218. On n'envieillist point à table, GÉNIN, Récréât, t. n, p. »*6. Une fort grant table de diamant, à plain (ons, un peu longuet et escorné de deux coings, accompaigné d'une grosse perle en œuf, qui est celluy que achepta le roy François premier et lui cousta soixante cinq mil escuz, DB ULBORDK, Émaux, p. 604. Le roy avoit jnré en pleine table qu'il le feroit mourir, d'aub. Uém. p. «3, éd. lalànnb. Il leur mit sur table les mémoires de toutte la chrestienté, m. ib. p. 127.
— ËTYH. Picard et bourguign. taule; wallon, tdf; provcnç. taula; espagn. tabla; portug. taboa; ital. tavola ; du lat. fabula, planche, dérivé d'un radical ta, étendre, et du suffixe bula, comme de fari fa-biâa. U. Vincent, Corretpond. litt. 25 déc. 4869, a trouvé dans un Comput cette phrase : Anima t'n prindpio sux creationit est tanquam tabula rata, in qua nichil depictum est; c'est la reproduction de ce que dit Arislote de l'intelligence : 'Uoittp £v ■jpaiiij.a-ttiu ù> |j.ï)îèv (màpx^' ivteXtx''? f£Tfpcxii|iévov {D» lÂme, m, IV, <4).
TABLEAU (U-blô), ». m. || 1» Table de bois ordinairement noircie en usage dans les classes, pour écrire, tracer des figures. Tracer un cercle sur le tableau. On l'a tenu très-longtemps au tableau. Il 8° Cadre de menuiserie, fixé à un mur dans un endroit apparent pour y afficher des actes publics. Il 3* Terme d'architecture. La partie de l'épaisseur d'une baie de porte ou de fenêtre qui est en dehors de la fermeture, jj i* Terme de marine. Nom qu'on donnait autrefois et que parfois on donne encore à la partie plate de la poupe qui surmonte la voûte de l'arcasse ; partie souvent décorée d'ornements multipliés, de figures sculptées, etc. Il Tableaux des signaux, espèce de plan encadré, pour suppléer au livre des signaux. || h' Tableau d'une vanne, encadrement formé de deux piliers montants et de. la traverse ou chapeau. || 6° Feuille ou planche sur laquelle le* matières d'un sujet sont rangées méthodiquement pour être vues d'un coup d'oeil. Tableau synoptique. Tableau statistique. Les colonnes d'un tableau. On savait qu'il avait sans cesse sous les yeux des tableaux complets et précis de la situation des finances, ilar- HONTEL, Mém. zn. || Il se dit à certains jeux. Bes tables de jeu, des fiches, des jetons, les tableaux d'un cavagnole, et tous les apprêts nécessaires pour se ruiner en s'amusant, dideh. Promen. sceptique. \\Terin6 de typographie. Tout ouvrage à cadre, filets ou accolades. || 7* Carte ou feuille sur laquelle sont écrite par ordre les noms des personnes qui composent une compagnie. Le tableau des avocats. Tout l'honneur qu'on lui fit alors [au chancelier, dans l'Académie française], fut de mettre son nom le premier dans le tableau et à quelque distance des autres qu'on y avait rangés par sort, pelliss. Hist. Acad. it. Chaque année, le préteur faisait une liste ou tableau de ceux qu'il choisissait pour faire la fonction de juges pendant l'année de sa magistrature , uonteso- Espr. XI, (8. Cornélius Rufinus, guerrier distingué, qui avait été dictateur et deux fois consul, les censeurs le rayèrent du tableau des sénateurs, parce qu'il avait une vaisselle d'argent qui pesait dix livres, pastobet, Instit. Mém. Hist. et litt. a.tc. t. ni, p. 3(». Il L'ordre du tableau, l'ordre suivant lequel les personnes d'une profession, d'une compagnie, sont inscrites dans im tableau. Avancements qui ne se firent plus que par promotions, suivant 1 ancienneté, ce qu'on appela l'ordre du tableau, ST-siu. 409, M». Je vous donne ma voix pour être mon successeur [à l'Académie française], à moins que vous n'aimiez mieux choisir selon l'ordre du tableau, tolt. tea. Chabanon, tdéo. 17«6. L'ordre du tableau, qui partout et dans tous les siècles a étouffé le génie et les talenU, ratnal, Hist. phil. xsu, 68. Il Tableau civique, s'est dit, dans la révolution française, d'un tableau où étaient inscrits tous les citoyens d'un canton ou d'une section qui ftTaient prêté le serment ':ivi(lue. || 8° Ouvrage de
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peinture sur une table de bois, de ouivre, i-k . «u sur de la toile. Tableau de genre. Tableau d'histoire. Sa cabane est son Louvre et son Fontainebleau, Et, sans porter envie k la pompe des princes. Se contente chez lui de les voir en tableau, RACAN, Pastorale. Et comme ce logis, plein ds magnificences. Abondait partout en tableaux, Et que la laine et les pinceaux Traçaient de tous cdtés chasses et paysages.... la. font. Fabl. tui, tu. Quand je considère en moi-même la disposition des choses humaines confuse, inégale, irrégulière, je la compare souvent à certains tableaux que l'on montre assez ordinairement dans les bibliothèques des curieux comme un jeu de la perspective; la première vue ne vous montre que des traits informes.... boss. t" sermon, Providence, i. On prétend que les anciens peintres ne peignaient que sur des tables de bois, blanchies avec de la craie, d'où vient le mot de tabula, tableau, et que l'usage de la toile parmi les modernes n'est pas même fort ancien, rollin, Hist. anc. Œuvr. t. xi, )'• part. p. U3, dans pouokns. Lorsque vous aurez des tableaux à juger, allez les voir à la chute du jour : c'est un instant très-critique, oioeb. 5aion de tVM, Œuw. t. xiv, p. 60, dans pougens. Corinne trouvait que les tableaux pieux faisaient à l'&me un bien que rien ne pouvait remplacer, STAËL, Corinne, vni, 3. Pour mon tableau du Poussin, que ce soit, si vous voulez, le Ravissement de saint Paul, ou la Femme adultère, ou un des Sacrements, tétebleu I à de tels ouvrages opposer ce que l'on fait maintenant, c'est outrager le goût, c'est blasphémer les arts, p. l. cotni. Conversation chez la comtesse d'Albany. |{ Fig. Nous nous sommes plaints que la mort.... a effacé, pour ainsi dire, sous le pinceau même, un tableau qui s'avançait à la perfection avec une incroyable diligence, boss. Duch. d'Orl. || Fig. Une ombre au tîbleau, un léger défaut. Il Au moyen âge , tableau ployant et ouvrant, tableau composé de deux, trois et jusqu'à cinq pièces, liées par des charnières et se repliant sur elles-mêmes, os labohde. Émaux, p. 506. On dit aujourd'hui, diptique, triptique. || Tableau mouvant, voy. mouvant. || Tableau vivant, voy. VIVANT. Il Plan du tableau, se dit, en perspective, d'un plan qu'on imagine placé entre les objets et l'œil de l'observateur, et qui détermine l'image de ces objets par son intersection avec les rayons visuels. || 9' Fig. Ensemble d'objets qui frappo la vue, et dont l'aspect fait impression. Cette vallée offre un magnifique tableau. Cette scène, ce paysage fait taJ>leau. Quelque danger qu'il y ait à se souvenir d'elle [une dame], je n'ai pu jusques ici m'en empêcher; et, sans mentir, je ne donnerais pas le tableau qui m'est resté d'elle dans l'esprit pour tout ce que j'ai vu de plus beau dans le monde, voit. I««. 49. || 10* Terme de physique. Tableau magique, plaque de verre, garnie d'une feuille découpée en petits losanges voisins les uns des autres, mais non contigus, collés de manière à représenter certaines figures, qui apparaissent en traits de feu quand on y fait passer dans l'obscurité une étincelle électrique. {| 11° Subdivision des actes de certains ouvrages dramatiques, qui répond à un changement de décoration; division d'un drame, d'une féerie, etc. || 12* Terme de théâtre. Groupement de personnages qui sont exposés quelques instants aux yeux des spectateurs. Le père étend les bras et bénit ses enfants : tableau. || Terme de danse. Se dit de certaines positions ou attitudes. || 13* Fig. Représentation vive et naturelle d'une chose, soit en action, soit de vive voix, soit par écrit. Je leur fais des tableaux de ces tristes batailles Où Rome par ses mains déchirait ses entrailles, corn. Cinna, i, 3. Sur les noires couleurs d'un si triste tableau II faut passer l'éponge ou tirer le rideau, id. Rodog. n, 3. Vous avez prétendu que je consacrasse la mémoire des vertus du père Bourgoing, et que je vous proposasse comme en un tableau le modèle de sa sainte vie, boss. Bourgoing. Que Racine, enfantant des miracles nouveaux. De ses héros sur lui [Louis XIV] forme tous les tableaux, bou.. Art p. iv. Mais à ces doux tableaux mon &me indifférente N'éprouve devant eux ni charme ni transport, LAHART. Jf^di't. I. Il Familièrement. Cela achève, complète le tableau, cela ajoute aux désagréments, aux ennuis. || 14° B^ musique, réunion de plusieurs objets formant un tout peint par la musique imitative. Le tableau de cet air est bien dessiné; ce chœur fait tableau, J. J. rouss. Dict. de mus. Iabt«au. — HIST. XIV* s. Prit les lettres qu'il porloit, et les mist en un parfond tablel d'une table de bois.
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Chronii/iii' ilr St Denis, t. i, f' 6», dans lacurne. Laquelle ordonnance ne fu onques criée ne publiée, mais seulement est escriple en un tablel, pour icelle veoir à ceuli qui afaire en ont, uu canoë, tàblettfis. Deux tableaux d'ivoire à porter la pais [reliquaire à baiser], ou canob, tabula. Un tableau d'or, là où estoit pourtrait nostre Seigneur Jhesus Crist, ID. ib. Uns tableaux d'argent blanc, de la bau> tesse du soleil, en un estuy de cuir noir, de labohde, Émaux, p. 606. Uns tableaux de bois cloans de quatre pièces, et y a painct en l'un le roy Charles-Quint, le roy Jean son père, l'empereur, son oncle, et Edouart, roy d'Angleterre, id. ib. p. 607. Un tableau d'or rond, qui se euvre, et y » dedens un crucifix d'ivoire et une annonciation, et y a escript: il me tarde, id. ib. p. 607. || xv s. Quatre tableaux de painture ployans, esquels sont au vif les visages du roy Charles, de l'Empereur, du roy Jehan et de Edouart, roy d'Angleterre, ro. ib. p. 606. Uns tableaux de bois à pignons, en sept pièces, fais de painture, de la vie de monseigneur saint Laurens, et ou tableau du milieu a un crucifiement, Nostre Dame et saint Jehan aux costez, id. ib. p. 606. Pour un estuy de cuir à mettre le tableau que monseigneur fait toujours mener avec lui, id. ib. p. 608.- {| xvi* s. À Jean le Roux, dit Picart, et Dominique Florentin, imagers, pour avoir fait vingt deux tableaux, façon de grotesques, dedans les compartiments faits de pierres cristallines, dedans lesquels il y a des masques faits de petits cailloux de diverses couleurs, m. ib. p. 608. Il avoit veu un tableau [exposé] de tout ce qui est arrivé depuis, entre les mains de Gaspard Baronius, d'aub. Mém. p. I26, éd. LALANNE. Paris te dresse un vain tombeau, Genève un certain hymenée; X Paris tu meurs en tableau [effigie] (vers faits pour le mariage de d'Aubigné), id. ib. p. 4 46.
— ÊTYM. Dimin. de table.
t TABLEAUTIN (ta-blô-tin) , s. m. Petit tableau. Un tableautin, chef-d'œuvre d'esprit et de couleur, th. oaotieb, Joum. offic. *" mai <870,
p. 764, 6' col.
t TABLÉE (ta-blée), s. f. \\ 1- Réunion de personnes à table. Toute la tablée se leva saisie d'cf froi. Il S° Longueur d'étoffe qui s'étend d'un boui de la table à l'autre, après avoir été tendue.
— HIST. rvi* 8. la gouvernante distribuera la viande par quartiers, comme par tablées, selon les espèces de bestail, o. de serres, 372.
— ÉTYM. Table; bourguig. taulée.
TABLER (ta-blé), f). n. Il !• Anciennement, au jeu de trictrac, poser deux dames sur la même ligne, ce qu'on dit aujourd'hui caser. || Fig. et familièrement. Vous pouvez tabler là-dessus, vous pouvez compter là-dessus. Puis-je compter sur vous pour me rendre service?.... J'ai tablé làdessus, boursadlt, Ésope à la cour, iv, 3. Si vous faites la faute de lui éter l'éducation [au duc du Maine], tablez que de lui ôter son rang avec, ne vous l'éloignera pas plus que le seul dépouillement de l'éducation, st-sim. 609, 237. Par ces caractères qui sont les seuls sur lesquels on puisse tabler dans les notices d'Aristote, on voit déjà combien le bonasus approche du bison, buff. Quadrup. t v, p. 74. || 2° Tenir table. Et plein de joie, allez tabler jusqu'à demain, hol. Amph. m, 6. Il II se conjugue avec l'auxiliaire acot'r.
— ÉTYM. Table; provenç. taular, asseoir à table; ital tavolare.
TABLETIER, lÈHE (ta-ble-tié, tiè-r"), t. m. et f. Celui, celle qui fait et vend des échiquiers, des damiers, et autres ouvrages d'ivoire, d'ébène.
— HIST. xm* s. Quiconques veut estre tabletier à Paris, estre le puet franchement et ouvrer du bois et de toutes manières de fuz, d'ivoire.... Uv. des met. m.
— ETMY. Tablette.
TABLETTE (ta-blè-f), ». f.\\i' Planche posé» pour mettre quelque chose dessus. Les tablettes d'une armoire, d'une bibliothèque.... Voyez-vous sur ces tablettes cette longue suite de volumes 7 voilà, mon cher Alphonse, l'ouvrage immortel qui achèvera de vous dévoiler les secrets de la nature, GENLis, Yeill. du chdi. t. n,p. 408, dans polgens. Quant je m'asseois dans ces retraites. Pleines des générations, Où tu ranges sur deux tablettes La sagesse des nations, lamabt. Recueil, poétiques, à A. Martin sur sa bibliothèque. || Terme de marine. Planche polie où les charpentiers tracent leurs équerrages. || 2° Pièce de marbre, de pierre ou de bois, de peu d'épaisseur. Tablette de cheminée. Tablette d'appui. || Table en marbre, en pierre ou en
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AtTence, qui couvre un poêle. || Cordon en pierre de taille qui couronne le sommet des murs de fortification. Il 8* Terme de pharmacie. Médicament solide qui a le sucre pour excipient, et qu contient en outre un mucilage et quelques substances médicajiientcuses pulvérisées. Tablette d'aioés. Tablette purgative. || Il se dit de certaines autres compositions sccbes auxquelles on donne la farine de la tablette. Tablette de chocolat. Ta blettes de bc'iilion. || 4" Au plur. Petites planchettes de bois enduites d'une légère couche de cire, sur .aquelle les anciens écrivaient. Les anciens ont écritd'abord sur des feuilles de palmier, puis sur des écorces d'arbres; après cela, sur des tablettes enduites de cire, rollin, Uùt. anc. Œuvr. t. I, p. 404, dans pougens. Il 6° Par extension, feuilles d'ivoire, de parchemin, de papier, etc. attachées ensemble et qu'on porte ordinairement sur soi pour écrire les choses dont on veut se souvenir. Que l'on cherche partout mes tablettes perdues; Mais que, sans les ouvrir, elles me soient rendues, bou.. (vers de Quinault, Cyrus, I, f>, dans) Héros de romans. La terre ressemble à de grandes tablettes oii chacun veut écrire son nom ; quand ces tablettes sont pleines, il faut bien effacer les noms qui y sont déjà écrits, pour y en mettre de nouveaux, fonte». Dial. i. Morts anc. Il Mettre quelque chose sur ses tablettes, en prendre note. Il Fig. Vous êtes sur mes tablettes, se dit par manière de menace à quelqu'un de qui on i sujet de se plaindre. || FIg. Otez cola de dessus vos tablettes, rayez cela de vos tablettes, se dit à celui qui assure une chose qu'on prétend n'être pas vraie, et aussi : ne comptez plus là-dessus, ne vous attendez pas à cela. || 6° Titre de certains ouvrages où les matières sont rédigées par ordre et en raccourci. Tablettes historiques, chronologiques. Lisez-moi, comme il faut, au lieu de ces sornettes, Les quatrains de Pibrao et les doctes tablettes Ou conseiller Mathieu; l'ouvrage est de valeur Et plein de beaux dictons à réciter par cœur, mol. Sgana'. 1. 1| 7° Ia tablette, amusement de société, dans lequel on fait rouler sur un tableau doux petites boules marquées sur différentes facettes, depuis ^ jusqu'à 13.
— HIST. iiii* s. Et touz les oisiaus du seigneur El ont une petite tablette aus piez pour chascun cstrc congncus.... en laquele tableteest escript.... MARC PCI-, p. 308. Il iiv" S. Je VOUS suppli que vous me veuilliés envoler vostre douce ymage au vif et en une petite tablette, tiACUAUT, p. <38. Et est blanche [la cervelle], pour ce que elle puisse mieux recepvoir les dispositions des choses sentenciées comme une tablette blanche, lantranc, f° 22, cerso. Une petite tablette d'argent à sçavoir les heures, hebergiée en un estuy de cuir, de LABORDE, Emaux, p. 50». Trois tablettes à escripre, ID. ib. p. 505. Le suppliant se prlnt à poi^ ter la balle ou tablette de mercerie; ....unz merchiers à taulette, du cange, Jobuto. ||xvi' s. Le patient prendra par dedans au matin, trois heures devant le past, des tablettes de diarrhodon abbatis, paré, ix, (3. Autres [infirmes] cheminent sur deux petites tablettes, qui peuvent voltiger et faire soubressauts, ID. xix, 23. Pour faultes qui concernent le service divin, elles [religieuses] ... mangeront à terre en refectoir au pain et à l'eau, ou seront i la miséricorde, qui est que, quant elles seront ainsi à la tablette au meilleu du refectoir, elles n'auront sinon ce que la supérieure leur envoyera de miséricorde, nu cange, tabula. De respondre à un propos où il y eust plusieurs divers chefs, il n'est pas en ma puissance ; je ne saurois recevoir une charge sans tablettes, MONT, ni, 54.
— ËTYM. Dimin. de <abl«,- wallon, tdblelt, taublelt; provenç. (aui«(a; espagn. (ableta; portug. taboleta; Ital. tavoleita.
TABLETTERIE (ta-blè-te-rie), t. f. Métier, commerce, ouvrages du tabletier.
— HIST. XV* s. La rue de la lableterie où l'on faisait pignes, tables et autres ouvrages d'ivoire,
DE LABORDE, ÉmaUX, p. 608.
— ÊTYM. Tabletier.
i. TABLIER (ta-bli-é; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des ta-bli-é-z en ivoire), s. m. Il 1° Anciennement, la table, non pas seulement du jeu des tables, mais de tous les jeux qui se jouent avec des pièces mobiles sur une surface plane. || Petite table distinguée par des carrés de deux différentes couleurs pour jouer aux échecs aux dames. Il 1° La totalité d'un trictrac, divisée en deux parties subdivisées chacune en deux ta-
bles. Il 8* Parquet d'un pont susp( ndu. || Ensemble des poutres et des planches qui forment une des travées d'un pont de charpente || Partie supérieure d'un pont militaire, sur laquelle se fait le passage. || 4* Support en bois ou en pierre sur lequel pose une ruche. Il 6"Terme de sculpture. Ornement sculpté sur la face d'un piédestal. || 6° Anciennement, nom donné à des bureaux de recette des droits du roi, en certaines provinces. Et la nouvelle imposition qui fut établie en<69«.... elle a été créée pour être levée de tablier en tablier, et lesdits tabliers sont composés de certain nombre de paroisses [hors desquelles les marchandises ne peuvent sortir sans payer le droit], Édit, sept. 4 6C4.
— HIST. xui* s. Monsieur Gautier en fu le mlex paie; car il jeta tous les deniers qui estoient sus le tablier, dont il y avoit grant foison, joiNV. 253. Il XIV' s. Li taule rouge est eslevée ou taulier, llist. lut. de la Fr. t. xxv,p. 54. Un tablier de fust garny de jeux de tables et d'eschez, de laborde, Émaux, p. 509. Il XV* s. Ung tablier de marbre blanc et noir, bordé par dedens, ouvré tout autour à ymaigcs de petiz enfans nuz, et est percié, entre le tablier et i'eschiquier, à mectre une petite layette de bois où sont les tables et escbecz de yvoire blanc et noir, ID. ib. p. 540. Vivres, tabliers, cartes aurons. Où souvent nous estudierons, eu. d'orl. Chanson 9c. Les supplians commencèrent à s'en partir d'illec pour eulx en aler en ung tablier ou ouvrouer d'escripture.... où avoient acoustumé escrire et exercer fait de pratique, dd cange, (abuian'um. || xvi* s. Ceulx qui par certains jeux de tablier apprennent l'arithmétique et la géométrie, mont, i, 496.11 déclara au receveur gênerai que toutes les finances de sa généralité et celles de Picardie et Bourgoigne, qui se dévoient rapporter par commandement exprès de sa majesté à son tablier.... carl. v, 3. Je présente seulement les choses et les estalle comme sur le tablier, charron. Sagesse, Préf. de la 2* éd. Il n'est permis à aucim voisin ou habitant de la ditte ville, vendre, trancher ou poiser chair en deuil aux tabliers [étaux] communs de la dItte ville, s'il n'a premièrement fait et preste le serment en tel cas accoustumé, Coust. gén. t. ii, p. 698. Ils poursuivirent leurs desseins avecques telle opiniastreté, qu'en fin de jeu ils demeurèrent maistres du tablier, c'est i dire paisibles possesseurs du royaume d'Angleterre, pasquier, Rech. i, p. 34, dans LACURNE. Nostre vie ressemble à un jeu de tablier : si les dez ne viennent à propos pour nous, nous rengcons par artifice à nostre profit ce qui est venu par sort et hazard, Nature d'amour, f 4 48, dans LACURNE.
— STYM. Provenç. taulier; du lat. tabularium, de (abu2a, table, planche.
2. TABLIER (ta-bli-é; l'r ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : des ta-bli-é-2 élégants), s. m.'i 1* Pièce de toile, de serge, de cuir, etc. que les femmes et les artisans mettent devant eux pour ne point gâter
leurs habits je vois venir sur le soir. Du plus haut
de son aphélie. Notre astronomique Emilie [Mme du Châtelet], Avec un vieux tablier noir Et la main d'encre encor salle, volt. Ép. 46. Enfants, voici les bœufs qui passent; Cachez vos rouges tabliers, v. iiuGO, Bail. 43. || Droit de tablier, droit que dans quelques métiers les apprentis qui passent ouvriers payent à leurs nouveaux camarades.ll Râle à tablier, rdle d'artisan dans l'opéracomique, et rôle de soubrette pour, les femmes. Il Cette actrice a pris le tablier, elle joue les râles de soubrette. || 2* Carré long de ta^ctas, de laine, d'indienne, que les femmes portent sur le devant de leurs robes pour les ménager, et qu'elles garnissent quelquefois de manière à être un ornement. || Fig. On dit qu'une fille a crainte que le tablier ne lève, pour exprimer qu'elle se défend des tentatives amoureuses d'un homme, de peur des suites. Se trouvant plus heureux qu'il n'avait espéré, il [Caderousse] tâcha de profiter de sa bonne fortune; Mlle de Toussi avait pour le moins autant d'impatience que lui de le satisfaire, mais elle avait les raisons du tablier, qui est un obstacle terrible pour les amants, bussy-rabutin, France galante, p. 305, éd. poitevin, 4 857. || 8* Tablier de timbale, morceau d'étoffe enrichi de broderie qui se met autour d'une timbale. || 4° Morceau de cuir attaché sur le devant d'un cabriolet ou autre voiture pour garantir de la pluie ou des éclaboussures. || S' Terme de marine. Doublure que l'on met à certaines voiles pour les garantir du frottement des hunes et des barres. || Sorte de sac à l'usage du servant d'une bouche à feu. Il 6* Morceau de peau cloué i la table qui enchisse
la pierre 4es batteurs d'or. || Morceau de toile qu'on suspend sous le ventre des béliers pour les empêcher de saillir les brebis. || 7* Terme d'anatomie. Prolongement des lèvres de la vulve cbex quelques bordes du midi de l'Afrique. || Ensemble des pièces qui voilent les organes sexuels ds quelques araignées. || Terme de botanique. Division inférieure, ordinairement pendante, de l'enveloppe florale des plantes orchidées.
— HIST. xn« s. Par l'uis qu'il ont Irové overt. Entrent, et il voient covert Un dois [dais] d'un tablier grant et lé, lo Charrette, v. 983.
— ÊTYM. Berry, tabelier, labilier. Le même par assimilation que tablier 4.
TABI.OIN (ta-bloin), (. m. Ancien terme d'artillerie. Plate-forme faite de madriers, pour placer une batterie de canons. || On ditaujourd'hui plate-forme.
— ETYM. Table.
t TABORITE (ta-bo-ri-f), ». m. Membre d'un» secte de hussites, qui refusa d'accepter quatre articles acceptés par les calixtins et réglés dans 1* concile de Bàle.
— ETYM. Ainsi dit des retranchements ou tabor dont ils se servaient dans la guerre. Tabor est un mot turc adopté par les Cosaques et les Slaves, signifiant un camp de chariots.
f TABOD (ta-bou), (. m. Espèce d'interdiction prononcée sur un lieu, un objet ou une personne par les prêtres ou les chefs en Polynésie. || Se dit adjectivement des personnes ou des choses soumises au tabou. Cela est tabou.
t TABOUER (ta-bou-é), V. a. Déclarer tabou.
TABOURET (ta-bou-rè; le ( ne se lie pas; au pluriel, l'ï se lie : des ta-bou-rè-z élégants), t. m. Il 1° Petit siège à quatre pieds, qui n'a ni bras, ni dos. Un fauteuil près mon oncle 1 un tabouret suffit, BEGNARD, Légat, m, 7. || 2- Droit du tabouret, droit qu'avaient les duchesses de s'asseoir sur un tabouret ou siège pliant pendant le souper du roi et au cercle de la reine. M. le Prince s'était engagé.... de faire donner le tabouret à la comtesse de Foix; et le cardinal, qui y avait grande aversion, suscita toute la jeunesse de la cour pour s'opposer à tous les tabourets qui n'étaient pas fondés par brevet, retz, Hém. t. ii, p. 84, liv. m. Madame de Fontanges est duchesse.... elle prend demain son tabouret, sÉv. 4 4 8. Il vint ensulta bien des duchesses, entre autres la jeune Yentadour, très-belle et jolie; on fut quelques moments sans lui apporter ce divin tabouret, lo. 4*' avr. 4874. Aucune des femmes des gardes des sceaux n'a eu le tabouret, si-sisi. 70, 4 57. [La noblesse, durant la Fronde, étant assemblée aux Augustins, et délibérant en règle] On eût cru que c'était pour réformer la France et pour assembler les états généraux; c'était pour un tabouret que la reine avait accordé à Mme de Pons, volt. Louis XIY, 4. Le grand avantage d'avoir un tabouret ailleurs, quand on peut avoir un bon fauteuil chez soi! saurin, Mœurs du temps, se. 4 2. D'A> genson demanda le tabouret pour sa femme et l'obtint; c'est la première qui l'ait eu i titre de femme d'un garde des sceaux, duclos, Œuvr. t. v, p. 330. Il Un tabouret, une personne qui a droit à un tabouret. Monsieur disait à la princesse [duchesse de Bourgogne] de baiser les personnes qu'elle devait , c'est-à-dire princes et princesses du sang, ducs et duchesses et autres tabourets, st-sim. 44, 234. Il 3* Siège sur lequel étaient exposés en place publique les condamnés i une peine infamante. Il 4* Terme de pbysique. Tabouret électrique, sorte d'isoloir. || 6* Petit meuble pour poser les pieds quand on est assis. || 6* Terme d'équitalion. Sorte de siège auquel on donne les difirérents mouvements que l'on fait exécuter à un cheval de manège. Il 7* Lanterne qui fait partie des machines destinées à puiser les eaux dans une carrière. Il 8* Nom donné autrefois aux pelotes qu'on mettait sur les toilettes, et qui étaient des coffrets ou écrins. Pelotons ou tabourets, le cent pesant estimé à 8 livres, Déclar. du roi, nov. 4040, tarif. \\ 9' I.e tabouret, sorte de plantes, thlaspi bursa pastoris.
— HIST. XV* s. La suppliante avoit prins en ung coffre trois bourses et ung bouton ou tabouret à usage de femme, estoffez de sonnettes et de boulions d'argent, du cange, taborellus. \\ xvi' s. Ainsi que Catherine Parlan alloit aux champs en trousse sur un cheval, une aiguille de son tabouret entra dedans sa fesse dextre, paré, xix, 4 4. Tabouret d'honneur [tabouret où une femme de la cour était assise], brant Capit. franc, t. i, p. 375.
— ETYM. Dimin. de tabour, ancienne forme de tambour; ain» dit par assimilation de forme.
TAC
+ TABODRIN (U-bou-rin), t. m. ||1' Seat dit pour petit tambour. H l' Machine tournante quon atuche au-dessus d'une cheminée pour 1 empêcher de fumer.
— ÉTYM. Dimin. de lobour, ancienne forme ae
tambour. . .
t TABULAIRE (U-bu-14-r'), adj. \\ f Oui tient à l'emploi des tableaux; qui emploie des Ubleaux. Logarithmes Ubulairos, ceux des tables. || »* Qui est en forme de tàblo. Porphyre tabulaire.
— ÊTYM. Lat. tabula, table.
t TABIILARIUM (ta-bu-la-ri-om'), t. m. Nom donné au dépôt des archives, chez les Romains.
f TABUROtJ (laibu-ron), ». m. Marteau de mer, poisson.
TAC (tak), t. m. \\ !• Nom vulgaire donné à une sorte de gale qui est une phlegmasie éruptive et contagieuse de la peau; le cheval, le chien et le mouton y sont le plus sujets. |{ 1' Anciennement, maladie aigué, dite aussi horion, qui régna d'une manière épidémique au commencement du xvi' siècle, et qui se caractérisait par une forte fièvre et une toux très-fatiganle. || 8* Nom vulgaire de la salamandre aquatique, dite aussi triton.
— HlST. XVI' s. N'envoyé à tes brebis ny tac, ny claveléc, rons. 738. Navire laquelle, pour ce qu'elle est toute noire de poix et de tac... Nuits de Straparole, l. ii, p. «<», dans lacurne. L'un y avoil (au visage] la picote, l'autre le tac, hab. iv, 52. Afin de l'admonester de rechef, qu'à l'advenir tu laisses le tac et la souilleure de ces paroles injurieuses, que tu rabaisses de tout point ceste volonté de mesdire, pasquier, Lettres, t. m, p. 869.
— ETYM. Lat. tactus, contact, au sens de lèpre des bestiaux, dans l'antique version de la Bible, dite Itala, ms. du vi' siècle, publié par Lord Ashburnam, auguste brachkt, Dict. étym.
+ TACAMAQUE (U-ka-ma-k'), s. m. Résine peu usitée, qui provient d'un arbre de la famille des térébinthacées, elaphrium jacquinianum, Humb. et Bonpl. fagara octandra, L; le peuplier baumier de l'Amérique du Nord en donne aussi.
t TACCA (ta-kka), t. f. Plante {tacca pinnatifida, Forster), dont la racine, acre et amère, s'adoucit par la culture, et donne une fécule nourrissante et transportée en Europe de préférence au sagou.
t TACCACÉES (U-kka-sée), t. f. pi. Famille de plantes monocotylédones dont la tacca est le type.
TACET (ta-sèf), s. m. Mot latin qu'on écrit sur une partie de musique pour indiquer que la voix ou l'instrument doit garder le silence pendant toute la durée du morceau ou du mouvement. Il Fig. et familièrement. Tenir, garder le tacet, ne pas parler, ne pas dire son secret. Quand je réplique. Sachez que c'est à vous à tenir le tacet, Tii. CORN. Geôl. de toi-même, n, 4. Vous saurez le secret quand il en sera temps, Et prétendez en vain me voir changer de note; Je tiens bien le tacet.... ID. Galant doublé, i, a. Jusque-là je pense qu'il nous faut aussi garder le tacet, Corresp. du général Klingliri, l, 286. || 11 a toujours gardé le tacet, il est demeuré sans rien dire dans la conversation.
— ÊTYM. Lat. tacet, il se tait (voy. taire).
t TACHANT, ANTE(ta-chan,chan-t'), odj. || l-Qui tache. Il En botanique, se dit des plantes qui salissent les doigts. Il 2* Qui se tache. Se dit des étotîes, des couleurs qui se salissent facilement. Cette robe est jolie, mais la nuance en est bien tachante, t TACliARD (ta-char), f. m. Espèce de buse. TACUË (ta-ch'), s. f.\\l' Marque qui salit, qui gâte. Vous savez bien, monsieur, qu'un des devants de mon pourpoint est couvert d'une grande tache de l'huile de la lampe, moi. l'Àv. m, 2. La moindre omhre se remarque sur ces vêtements qui n'ont pas encore été salis, et leur vive blancheur en accuse toutes les taches, boss. Mar.-Thér. Henri IV leur avait souvent raconté que, jouant aux dés avec le duc d'Alençon et le duc de Guise, quelques jours avant la Saint-Barlhélemy, ils virent deux fois des taches de sang sur les dés, et qu'ils abandonnèrent le jeu saisis d'épouvante, VOLT. Mœurs, nt. Ces taches noires ou brunes qui salissent souvent la pierre de taille de nos édifices ont de quoi intéresser le naturaliste, puisqu'elles sont, au vrai, des amas de plantes micro- •copiques, BONNET, Conttmpl. nat. m, 7. La presque totalité des Uches qui se forment sur les étoffes provient des corps graisseux ou huileux, tels que l'huile, la graisse, le suif, la pommade, la cire, le eambouis, CBAPTAL, irutit. Mim. scitnc. l. \i,p. i»i.
TAC
Il Tache d'huile, taehe causée par l'huile, et qui
tend toujours à s'agrandir. || Fig. Cela fait tache d'huile, c'est une flétrissure qui va toujours en augmentant. || Fig. La tache du péché, la souillure que l'on contracte par le péché. Le péché a cela de propre, qu'il imprime une tache à l'âme qui va défigurant en elle toute sa beauté, BOss. Sermon*, Péché d'habitude, 1. 11 2" Tache d'étîiin, défaut de fabrication des bouches i te\i en bronze; c'est une marque blanchâtre, provenant d'un excès d'étain. |{ 8* Marques naturelles sur la peau ou sur le poil des animaux. Vous offrirez un veau du troupeau qui soit sans tache, SACI, Éiéchiel, XLin, 23. Le roi m'a voulu voir fmoi, léopard]. Et, si je meurs, il veut avoir Un manchon de ma peau : tant elle est bigarrée, Pleine de taches, marquetée, la font. Fabl. ix, 3. || Fig. L'Agneau sans tache, Jésus-Christ. Dignes par leur innocence de porter dans l'éternité la livrée de l'Agneau sans ta/'.ne, et de marcher toujours avec lui, Boss. Mjir.-Thér. || 4' Il se dit aussi en parlant des végétaux. Les feuilles de la pulmonaire ont des taches brunes. || 5° Défaut dans la transparence ou la couleur d'une pierre précieuse. Je ne vais point chercher de quelle miné sort un diamant que j'achète; je regarde à son poids, à sa grosseur, à son brillant, à ses taches, volt. Letl. Mme du Dejfant, i" juill. <764. || 8' Altération plus : ou moins circonscrite de la couleur de la peau, ' sans aucune élevure ni dépression. Mon imagination me refusait opiniâtrement des taches sur ce charmant visage, J. J. rouss. Hél. rv, 6. Une femme de ma connaissance qui est rousse et borgne, qui a une tache de vin sur la moitié du visage, GENLis, Jeanne de France, t. i, p. 64, dans pouGENS. |1 Taches hépatiques, voy. éphé- LiDE. Il Taches de rousseur, synonyme d'éphélides. Il 7* Il se dit des taches qui se forment sur certains organes. Une tache sur l'œil , sur la cornée. Le poumon présente quelquefois des taches noirâtres. 118° Terme d'anatomie. Tache germinative, partie de la vésicule germinative qui a disparu depuis longtemps, lorsque par segmentation du vitellus qui la contient s'est formé le blastoderme. Il Tache embryonnaire, amas de cellules qui se forme sur le blastoderme. || 9« Terme de peinture. Masse de couleurs sans liaisons, sans harmonie. Cette partie fait tache. || Fig. Faire tache, se dit d'une chose, d'une personne qui jette quelque déshonneur. Cela fait tache dans sa vie. Cet homme fait tache dans une telle société. Il 10* Parties obscures qu'on remarque avec le télescope sur le disque du soleil, des planètes, des satellites. Peut-être il y aurait eu querelle entre eux [astronomes] à qui serait demeuré le maître des taches [du soleil] pour les nommer comme il eût voulu, FONTEN. Mond. 4« soir. Quant aux taches du soleil, il se trouva que ce n'étaient point des planètes, mais des nuages, des fumées, des écumes qui s'élèvent sur le soleil, m. ib. On a remarqué des taches sur le disque du soleil ; elles furent aperçues en loil par le P. Scheiner, jésuite, ou par Galilée, qui lui en disputa la découverte ; on observa ensuite que les taches avaient un mouvement qui, vu de la terre, se fait de l'orient vers l'occident, bbisson, Traité de phys. t. m, p. 38. Dominique Cassini considéra Vénus; il y vit des taches ; mais ces taches étaient trcs-faibles, d'une étendue considérable, avec des contours mal terminés, BAiLLY, Hist. astr. mod. t. n, p. 32). Hevelius compare les taches claires de la lune aux montagnes, aux plaines, et les taches obscures aux mers et aux lacs de la terre, id. ib. t. n, p. 223. La tache isolée qui servit à Dominique Cassini pour déterminer la révolution de Jupiter sur son axe, m. ib. t. n, p. 7I6. Des montagnes d'une grande hauteur s'élèvent à la surface de la lune ; leurs ombres projetées sur les plaines y forment des taches qui varient avec la position du soleil, LA PLACE, SysJ. du monde, i, 4. || Par extension. Un fantôme s'élance sur le seuil des portes inexorables; c'est la Mort; elle se montre comme une tache obscure sur les flammes des cachots qui brûlent derrière elle, chateaubr. Jfart. liv. vui. Il Fig. 11 cherche des taches dans le soleil, il veiil trouver des taches dans le soleil, il cherche, il veut trouver des défauts dans les choses les plus parfaites ; locution née dans un temps où l'on ne savait pas que le soleil avait des taches, et oïl l'on croyait que, vu la pureté du feu, il ne pouvait en avoir. || 11» Fig. Défauts d'un ouvrage d'ailleurs très-bon. Il se trouve des taches dans cet ouvrage. Il y a deux nents trente ans que
TAC
l'astroBome Jean Pabricius a trouvé des taches dans le soleil ; il y a deux mille deux cents ans que le grammairien Zoïle en avait trouvé dans Homère , v. Huoo, Disc, de réception. || 12° Fig. Tjut ce qui blesse l'honneur. Ne soufl'rez pc'nt de tache en la maison d'Horace, corn. Ilor. v, 4. Est-il vice plus bas [que le mensonge]? estil tache plus noire? id. Ment, v, 3. La vie sans tache, SACI, Bible, Sagesse, iv, 9. Prenez courage, ne laissez point cette tache à votre réputation, sÉv. 665. L'épouse que tu prends, sans tache en sa conduite. Aux vertus, m'a-t-on dit, dans Port- Royal instruite, boil. Sot. I. Tout mon sang doit laver une tache si noire, rac. Mithr. ni, 4. Les femmes ne peuvent pas assister à l'assemblée; les hrrumes au-dessous de vingt ans n'en ont pai encore le droit; on cesse d'en jouir quand on a un» tache d'infamie, bartiiél. Anach. cb. 44. Ma paU' vreté est fière; je n'ai qu'un méchant pourpoint mais je n'y veux point de taches, ducis, Corresp 14 octobre 4 84 3. l défaut de regret, qui ne l'a respecté [le duc d'Orléans, mort en 4842]? Faites parler la foule, et la haine et l'envie : Ni tache sur son front, ni faute dans sa vie; Nul n'a laissé plus pur le nom qu'il a porté, a. de musset. Poésie* nouv. 43 juill. Il 13° Tache noire, un chélodon. Il 14" Tache s'est dit pour qualité bonne ou mauvaise; c'est un sens depuis longtemps oublié. Cigaral a reconnu et confessé avoir reçu de Garcie de Contreras une sienne fille, avec ses taches bonnes ou mauvaises, th. corn. D. Bertr. de Cigaral, i, 6.
— HIST. XI* s. Tetches a maies e mult granl félonie, Ch. de Roi. cxn. || xii* s. E eslit prestre.; sanz tache, qui estoient parfit en la loi de Dieu. Hachab. i, 4. Chi entre sans tache et ovretjui tice.... itber. psoJm. p. 44. ||xiii° s. Tei [tel] e^ amors, tex est sa teke, FI. et Blanchefl. 2646 Icele dame ol nom Biautés ; Ainsinc comme u» des cinq flèches. En li ot maintes bones tecbes, la Rose, 998. Dame, fet-il, por moi garir, S« vous me lessiiez morirSanz eslre aimez, ce seroit tecbe. Lai de l'ombre. Seneschal, il ne nous a pas servi, mes nous l'avons soufert entoui nous, aus mauveses taches que il a, joinv. 289. || xrv' s. Des bonnes taches du roy Contran pouvoit on dire assez : large aumosnier estoil vers les prélats.. Chron. de SI Denis, t. i, f° «5, dans lacuhne. I [un emplâtre] oste taiches etasubtille cicatrices... lanfranc, f" 47. Il xv° s. En [du soupçon de trahi son] demeura un long temps en grand danger et en tel tache et parole messire Gaillard Vighiei-, FROiss.n, II, 2. Il xvi's. Leurs livres qui estoient entachez de petites taches, sont du tout souillés quand ils sont maniés, par ces pourceaux, calv. Inst. 52). Estimansque c'estoit une honte et un» tache à la noblesse de souffrir que des hommes issus de lieu bas et obscur.... amyot. Coton, 33, Toute incomparable qu'elle est [la vaillance d'Alexandre], si a elle encores ses taches, mont, u, 8
— ÉTYM. Picard, ta/te, tache, et aussi place, endroit; bourg, teiche, tache ; wallon, teg, tache, et tak, s. f., plaque de fer qu'on applique au fond d'une cheminée ; génev. tache, petit clou de fer i tête ronde que l'on met sous les souliers et les sabots; provenç. taca, tacca, tache; espagn. toco, tacha, tache, tacha, petit clou; portug. tacha; ital. tocco, tache, proprement coche, entaille, et faccfo, tache; bas-lat. tosca, tachia. Les autres langues romanes n'ont que la forme en a ; mais le français a deux formes, l'une en a, et l'autre en e. Les significations sont au nombre de trois : 4° ce qui attache, fixe; ce sens est commun à tous les territoires ; 2° tache ; 3° qualité bonne oii mauvaise, sens qui paraît particulier au françai.«. Il est difficile de s'orienter. Pour le sens d'attache, le radical se trouve également dans le celtique et dans le germanique : gaél. tac, clou; iil. tag, pointe; hoU. tak; ail. Zacke. Maintenant, lo sens de ce qui s'attache est-il devenu métaphoriquement une tache? la chose paraît certaine. Enfin, faut-il aussi comprendre le sens de qualité sous cette même catégorie, la qualité étant considérée comme ce qui est attaché, ou faut-il le séparer du reste, et le rapprocher du celtique • bas-breton, Uch, habitude; gaél. teagaisg, lastruire, faire prendre des habitudes, angl. teach, enseigner?
I. TÂCHE (tâ-ch'), I. f. Il i° Ouvrage qu'on donnt ou qu'on se donne à faire à certaines conditions, dans un certain espace de temps. Donner une tiche à des écoliers, à des ouvriers. S'imposer une tâche. Remplir sa tâche. Pour que lô tâcha d'aujourd'hui soit faite, je t'aidciai, et nous nom
TAC
TAC
TAC
Joucherons une heure plus Urd, genlis, Thédl. i'éduc. ilarch. de modes, se. «. || Fig. Chanter, ou je m'»biise, Est ma lâche ici-bas, bémmo. Vœat. Il Travailler à la tâche, être i la lâche, travailler t un ouvrage dont on doit être payé sans égard au nombre de» journées qu'on y aura employées. Il On dit dans le même sens : Ces ouvriers travaillent à tâche, sont i leur tâche. Les scieurs et les faucheurs sont ordinairement i leur tâche, GENLIS, Uaùon nul. t. m, p. 28, dans pouoens. Il Fig. Prendre i tâche de faire une chose, s'attacher à faire une chose. Il y a peu d'opinions (ino vous ayez pris si à tâche d'établir, pasc. Prov. x\\ le veui prendre â tâche désormais d'en dire autant de bien [de voire amitié], que j'en ai dit de mal, SKV. À Ménage, t» aoiit (85i. Le chevalier Temple, qui a pris â tâche de rabaisser tous les modernes, volt. Dict. phil. Ane. et mod. \\ Prendre à tâche quelqu'un, se charger de ses intérêts. Quand on ne peut aller [réussir] par le maître, il faudrait que quelque ministre vous prit & tâche, SKV. 4 juin. 1679. Il 2° Fig. Ce que l'on a à faire par devoir, obligation ou nécessité. Le philosophe qui donne le précepte sans l'exemple ne remplit que la moitié do sa tâche, dideh. Claude et Nér. l, 48. Instruire, persuader, émouvoir, sont la tâche de l'éloquence en général; mais, selon le sujet, elle s'adresse plus directement à l'esprit ou i l'âme, mabmontel, Œuvr.
t. VI, p. 40 ainsi travailler sans relâche I Mais
quelle tâche! — Il est une plus rude tâche, Et c'est de ne rien faire, collin d'iiarlkv. Jfœur» du jour, I, î. Il 3° En bloc et en tâche, voy. tAciie 2. || Proverbe. À chaque jour suffit sa tâche.
— HIST. un' s. Quant il en œvrent à lor tasque ou à lor jornée, beauman. mu, 5. ||xv*s. Marcanda Mons. de Corbie à Bernard le Clerc de faire une tasque de carpenterie en la maison et censé de Gentelle, du cange, (oschio. || xvi* s. Elles leur rendoient la tasche qu'elles avoient iSrise à faire de la trenchée toute faitte, amyot, Pyrrh. 62. Ayants faict leur tasche, ils [des bœufs attelés à un manège] s'arrestoient tout court,
MONT, n, (74.
— ÊTYM. Génev. tâche , masculin ; provenç. tasca, lascha, sorte de redevance ; bas-lat. tasca , prestation rurale ; d'après Diez, du bas-lat. taxa, taie, ce qui est imposé, du lat. taxare, taxer. Ce mot se trouve dans le celtique : kymri et gaélique, tasg, tâche; il faut alors penser qu'il vient du latin ou des langues romanes. L'anglais task, tâche, vient du celtique ou du français. Taxa a donné tasche, comme laxus a donné lasche. On trouve lascheste, pour petite imposition : Car trop faict aux gens de butin Par les taschestes qu'il mit •us, E. DESCH. Poésies mss. (' 212.
2. TÂCHE (tâ-ch'), I. f. Terme vieilli. Sorte de ballot. Il En bloc et en tâche, Joe. odo. Engros, en masse. Acheter en bloc et en tâche. Acheter en tâche et en bloc, furetière. Roman bourgeois, 1, ^ 43, dans LACURNE. Il On dit de même : Marihander des ouvrages en bloc et en tâche.
— REM. L'orthographe est vicieuse; il faudrait «rire tache (voy. À l'étymologie).
— HIST. xm* s. La tache île cuirs, dix cuirs por a tache, dusques à six taches, tailuar. Recueil, p. 18. Se chapeliers de feutre achate aignelins en tache sanz nomer pois, Liv. des met. 250. || xiV s. Les supplians frappèrent sur lui en tasche, comme ceulx qui pas bien ne veoient, du cange, taschia. Il XV* 8. Qui ne commence son euvre sur afTection vertueuse et ne la conduit au liveau et sous la mesure de raison, semble à celui qui édifie sur faulx fondement, et conduit son ouvrage en tasche pour apparoir, non pas pour durer, A. char- TIER, l'Espérance, p. 298.
— ëtym. Tache, dans le sens da ce qui attache; Toy. tache à l'étymologie.
TACIlft, ÊB (ta-ché, chée), part, passé de tacher. Il 1° Qui a une tache, des taches. Je crains que le présent taché du sang de Nesse.... hotr. llerc. mour. in, 4. || Fig. Que son nom soit taché, sa mémoire flétrie, corn. Cid, iv, B. || 8' Terme d'histoire naturelle. Se dit des pétales ou des feuilles qui portent des taches, et, en général, l'une surface offrant des taches peu nombreuses et d'une certaine dimension, i la différence de tatheté, dont on se sert quand les taches sont petites et très-nombreuses.
TACHÉOGRAPUIE (U-ché-o-gra-fic), i. f. Voy.
TACHYGHAPHIE.
+ TACUËOUÈTRE (U-ché-o-mè-tr'), ». m. Voy. TacbyiUtrb.
— ÏTYM. Taxù;, t«/(o;, vite, et |UTpov, mesure.
TACHER (U-cbé), V. a. Il !• Salir, faire une tache. Tacher du linge avec de l'encre. Le bout du doigt reste noir, ta plume est tachée, bbau.varcii. Barb. de Sév. n, H.||Fig. Tu taches de mépris l'Eglise et ses autels, réonier, Épll. i. [Il| Tachera bien souvent une innocente vie, tristan, Panthée, m, 4. El qu'un Romain s'efforce à tacher le renom D'un guerrier à qui tous doivent un si beau nom, corn. Hor. v, 3. || 2" Se tacher, ». réfl. Faire une tache à ses vêlements. Prenez garde, vous allez vous tacher.
— HIST. XIII* s. Mais quant l'on voit de toi tachiés Ceux qui enseigner nous dévoient. Les vtrt du monde.
— 6TYM. Tache; wallon, techi ; provenç. taear, tachar; espagn. et portug. tachar; ital. lacciare. D'attacher nous avons renvoyé à tacher pour l'étymologie; dans a((ac/ier, le radical lac signifie ce qui fixe (voy. tache, à l'étymologie).
TACHER (lâ-chc), V. n. \\ 1* Faire des efforts pour venir à bout de. Pour ce qui regarde le conseil que vous me donnez de disposer mes raisons selon la mélhode des géomètres.... je vous dirai ici en quelle façon j'ai déjà tâché ci-devant de la suivre, et comment j'y tâcherai encore ciaprès, DEsc. Rép. aux sec. obj. 48. Je définis la cour un pays oii les gens.... Sont ce qu'il plaît au prince, ou, s'ils ne peuvent l'être. Tâchent au moins de le paraître, la pont. Fabl. viii, 44. Ma foi, monsieur, si vous m'en croyez, vous tâcherez, par quelque autre voie, d'accommoder l'affaire, MOL. Fourb. Il, 8. La maison de France, la plus grande sans comparaison de tout l'univers, et à qui les plus puissantes maisons peuvent bien céder sans envie, puisqu'elle tâchent de tirer leur gloire de cette source, Boss. Duch. d'Orl. Et sur les pieds en vain tâchant de se hausser, BOIL. Art p. IV. Les vrais philosophes passent leur vie à ne point croire ce qu'ils voient, et à tâcher de deviner ce qu'ils ne voient point, ponten. Moud. t" soir. La politique tâche sans cesse de concilier l'erreur reçue et le bien public, volt. Dial. 1». Il 2* Suivi de à ou de y, travailler à, s'efforcer de. Je vous assure qu'en courant tant de différents royaumes, je songe toujours à vous, et je tâche à former quelque dessein que vous puissiez un jour exécuter, voit. Lett. 46. Et d'un tel contretemps il fait tout ce qu'il fait, Que, quand il tâche à plaire, il offense en effet, corn. Kent, i, 4. Voilà des raisons solides et qui méritent qu'on y réponde ; il faut y tâcher, la font. Pysché, i, p. 99. Ma foi, je ne sais pas Quand on verra finir ce galimatias; Depuis assez longtemps je tâche à le comprendra, mol. Sganar. 22. Je vois qu'envers mon frère on tâche à me noircir, ID. Tort, ni, 7. J'ai bien senti cette joie [d'être avec Mme de Grignan], je ne me reproche rien; j'ai bien tâché à retenir tous les moments, et ne les ai laissés passer qu'à l'extrémité, SKV. 40 nov. 4 673. Je tâche tous les jours à profiter de mes réflexions, ID. 30 oct. 4 673. L'homme, loin de faire Dieu semblable à soi, tâche plutôt, autant que le peut souffrir son infirmité, à devenir semblable à Dieu, Boss. Hisl. II, 4 1. J'ai l'horreur du vice, je tâche à me tenir exempt de certaines passions, bourdal. Pensées, t. n, 460. De belles dents, qui ne sont belles et blanches à leur tour que parce qu'elles se trouvent heureusement ainsi sans qu'on y tâche, MARiv. Pays. parv. 2* part. || Familièrement. 11 n'y tâchait pas, il ne l'a pas fait exprès, avec intention. Il Familièrement. Pardonnez-lui , il n'y tâchait pas, se dit par plaisanterie, quand un homme a fait quelque chose de bien plutôt par hasard qu'à dessein. || 3° Absolument, faire des efforts pour une œuvre à laquelle on n'est pas propre. Nous ne serons jamais aussi heureux que les sots ; mais tâchons de l'être à notre manière... tâchons... quel mot! rien ne dépend de nous, volt. Lett. Mme du Deffant, 2 juill. 1754. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— REM. 1. On a essayé de distinguer un sens entre tâcher d» et tâcher à, disant que le premier s'emploie quand il s'agit d'une action qui n'a pas un but marqué hors du sujet : Je tâcherai d'oublier cette injure; et le second, quand il s'agit d'une action qui a un but marqué hors du sujet : Il tâche à m'embarrasser, à me nuire. Hais cette distinction n'est pas appuyée par rusag:c des auteurs; et il faut en revenir à ce que disait Bouhours, que c'est l'oreille qui doit décider en chaque cas entre à et de. || 2. Je tâcherai qu'il soit content, est incorrect. Le subjonctif constitue un
régime direct, et tâcher n'en reçoit pas; on ne dit pas non plus : Tâchez à ce qu'il soit content,
— HIST. XV' s. La plus part des gens tachent à leur complaire [aux princes] , comm. Prologue. Il taschoit à tant de choses grandes, id. m, 3. || zvi* s. Ces biens icy, où tous sont si taschans. Viennent ■ans reigle aux boni et aux mescbans, st-oelais, 24 8. Hz se ruèrent sur eulz, et tascberent à leur ester leurargent, AHYOT, Aom. 38. Il lascha incontinent de faire embarquer ses citoyens sur les g»* leres, id. Thém. 4 3. Si l'envieuse mort tasche i rendre estouffées Les vertus dont ta vie a celebri ton nom, du maurier, Sur la mort de la belle Gohrielle, cité dans le Bouquiniste, 4880, p. 680.
— ÉTYM. Tâché 1 ; wallon, tachi; génev. Ideher à quelqu'un, le viser, tâcher moyen, s'cflorcer (tâcher moyen se dit aussi en Bresse et en Bourgogne).
t TÂCHERON (tâ-cbe-ron), s. m. Homme qui prend de seconde main un travail à faire, et s'en charge, ou le répartit entre quelques ouvriers.
— RTYM. Tâche 4 ; Berry, tâcheron, petit entrepreneur de moissons, de terrassements. Tascheeur avait un sens analogue : Et si ne doit nus mestres de ce mestier ne tascheeur avoir qu'un aprcntiz, Liv. des met. 20e.
t TACHET (ta-chè), ». m. Oiseau d'Afrique.
TACHETE ÉE (ta-che-té, tée), por». passé de tacheter. Il 1* Marqué de taches nombreuses. Un long poil tacheté sur son dos étendu. Jadis d'un léopard la superbe parure... delille. En. viii. || Fig Comme une peau de tigre, au couchant s'allongeait Le Nil jaune, tacheté d'îles, v. hugo, Orient. 4.||U se dit, en histoire naturelle, des taches dont on ne détermine pas le nombre. Feuilles tachetées de rouge. La fauvette tachetée du cap de Bonne- Espérance, BUFF. Ois. t. IX, p. 232. Voy. taché. Il Terme de médecine. Maladie tachetée, synonyma de mélanémie. {| 2° S. f. Tachetée, nom de quelques couleuvres.
TACHETER (ta-che-té. Le t se double quand la syllabe qui suit est muette : je tachette, je tachetterai), V. a. Marquer de diverses taches, en parlant de la peau des hommes et des animaux. Le grand soleil lui a tacheté le visage. || Il se dit aussi de taches artificielles. Il faudra tacheter de rouge le fond jaune de cette étofl'e.
— HIST. xvi* s. Et comment n'auroyent-ils quelquesfois les affections tachettées de sang, veu que plusieurs gens d'Eglise les ont si rouges de la teinture de vengeance ? langue, 684.
— ÉTYM. Fréquentatif de tacher.
t TACHETCRE (U-che-tu-r'), ». / Marques de ce qui est tacheté.
— HIST. XVI* s. Tacheture, cotgrate.
t TACUIRON (ta-chi-ron) ou TACUIROU ytachirou), s. m. Nom donné, en Afrique, au coucou honoré (zygodactytes) , appelé dans l'Inde cuil, le-
QOARANT.
TACHYGRAPHE (ta-chi-gra-n, ». m. ||l*Celui qui s'occupe de tachygraphie. || S'est dit, dans lo Bas-Empire, des écrivains qui se servaient de l'écriture cursive. || 2° Nom que Chappc avait d'abord donné au télégraphe (voy. ce mot). Chappe m'expliqua l'usage de sa machine, à laquelle il donnait le nom de tachygraphe [qui écrit vite]; je lui proposai de substituer à cette dénomination imparfaite celle de télégraphe [qui écrit de loin); il adopta ce changement; le nom de télégraphe est resté, et a, comme on dit, fait fortune, miot, Mém. t. I, p. 38, note.
— ÊTYM. Taxù;, vite, et Ypiçsiv, écrire. TACHYGRAPHIE (U-chi-gra-fie), J. f. Système
d'écriture au moyen duquel on écrit presque aussi vite que parle un orateur.
TACHYGRAPHIQCE (te-chi-gra-fi-k'), adj. Qui auparticnt à la tachygraphie.
t TACUYGRAPIUQI'EMENT (ta-chi -gra-fi-ke man), adv. Au moyen de la tachygraphie.
t TACHYMÈTRE (ta-chi-mè-tr'), ». m. Instru ment que l'on a proposé pour mesurer la vitesse du mouvement d'une machine.
— ÊTYM. Toxù«, vite, et (liTpov. mesure.
t TACHYPftTE (ta-chi-pè-f), ». m. Le tar,; -, l'îaigle, dit vulgairement la frégate.
— ÉTYM. Tayùç, vite, et 7t£'to|iai, vcler. tXACHYTYPIE (U-chi-ti-pie), ». f. Mol lorgépar
P. L. Courier pour désigner une presse imaginaTe imprimant aussi vite que la parole. Une noiiveile presse dont l'usage est tel qu'on écrit comme on parle, aussi vite, aisément; c'est une tachytypie, p. L. COUR. Lett. IX.
— ÉTYM. Tax";, vite, et lûnoc, type.
TACITE (ta-si-f), adj. || i* Qui n'est point tof
TAC
mollement exprimé, mais qui est sous-entendu ou qui se peut sous-enlendre. Que celte proposition, qu'il n'y a rien de certain, n'est pas si absolument affirmative, qu'elle ne contienne en soi une tacite exception d'elle-même, la mothe le TATF.H, î'erJu des paiens, n, Pyrrhon. Et par conséquent point de frais, non plus que de contributions tacites à titre de présents.... vauban. Dîme, p. t6t. L'art de se contrefaire et de se cacher n'est souvent que l'aveu tacite de nos vices, MASS. Or. fun. Madame. Il est assez bizarre... que je n'aie pas en France la permission tacite de prouver que Louis XIV était un grand homme, VOLT. Lett. d'Argental, u mars (752. Il y a un pacte tacite qu'on nous fera du bien, et que, tôt ou tard, nous [parasites] rendrons le mal pour le bien qu'on nous aura fait, dideb. Seveu de Rameau. L'extriîme ctonncment que nous marquons d'une bonne action, est un aveu tacite que nous serions incapables de la faire, genlis. Ad. et Th. t. I, p. <05, dans POUGENS. Il Tacite reconduction, voy. RECONDUCTION. || 2" Au sens latin, muet; latinisme inusité. J'espère que votre bénignité trouvera aussi agréables mes tacites images [dessins au frontispice de Virgile], comme lui sont les facondes louanges de qui les sait faire, poussin, Lett. to avril 464«.
— HlST. XVI* S. Son langaige tenoit plus de la réprimande que d'une remonstrance, entremesiée d'un tacite courroux, CAnLOix, ii, )4.
— ÉTYM. Lat. taeitus,de tacere, taire. On disait loisible; tacite n'est venu qu'au xvi' siècle.
TACITEMENT (ta-si-te-man), adj. D'une manière tacite. Les ennemis de Lamotte l'ont accusé d'avoir ambitionné la monarchie universelle en littérature; peut-être aspirait-il tacitement à cette gloire, ■ans trop s'en douter, d'alemb. Élog. Lamotte, note 23.
— lilST. xvi* s. E» blasmant les choses contraires , tacitement ils louent les vices qui sont en ceuli qu'ils flattent, ahyot, Comment discern. le flatt. 26.
— ETYM. Tacite, et le suffixe ment]; provenç. tacitament; espagn. et ital. tacitamente ; l'anc. langue disait taisiblement, taisanment.
TACITURNE (ta-si-tur-n'), adj. || 1" Qui est d'humeur à parler peu. On le voyait [un enfant] toujours doux, paisible et taciturne, ne disant jamais mot, et ne jouant jamais à tous ces petits jeux que l'on nomme enfantins, mol. Mal. imag. n, 6. Il vaut mieux passer pour sérieuse que pour ridicule, et pour taciturne que pour imbécile, maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, t. i, p. <64, dans pougens. Il était guindé dans toutes ses allures, taciturne à donner des vapeurs, cependant un peu plus ennuyant quand il parlait,HAMiLT. Gramm. vn. || On dit aussi : un esprit taciturne, un caractère taciturne. || Fig. Souvent délivré du tourment De ces illusions nocturnes, Je considère au firmament L'aspect des flambeaux taciturnes, saint-amand, le Contemplateur. Il Substantivement. On ne croit plus que médiocrement Qu'un taciturne abonde en jugement, scARR. Poés. dit). Œuv. t. vn, p. )7.i, dans POUGENS. Il Guillaume le Taciturne, ou, absolument, le Taciturne, se dit de Guillaume I", prince d'Orange, fondateur de l'indépendance des Provinces-Unies. Il S. m. Membre d'une secte d'anabaptistes. Il 2* Qui rend taciturne. Pourquoi cette douleur si taciturneT letourneuh, Trad. de Clar. Harlowe, lett. 83.
— HIST. XVI* S. La lune céleste, laquelle.... rassemble ses rays argentines pour en enrichir la nuit taciturne, i. lemaire, cité dans Revue de l'instruction publique, 30 mars 4866, p. 827. Toutes les contrarietez s'y trouvent [en moi].... bavard, taciturne, laborieux, délicat.... mont, ii, 7,
— ÊTYM. Lat. taeitumus, dérivé de tacere
(voy. TAIRE).
t TACITURNEMENT (ta-si-tur-ne-man), adv.
D'une manière taciturne. Il [Montesquieu] n'osait s'arracher de cette robe, sa fatalité de famille ; qui peut douter qu'il n'en ait souflert.... et tacitumement amassé un merveilleux fond de haine pour ce passé atroce? miciielbt. Régence, p. 438.
— HIST. XVI* s. Nous avions certains prisonniers, auxquels taciturnement on avoit voulu qu'ils conceussent nostre dernier desespoir, paré, t. m, p. 700.
TACITURNITÊ (ta-si-tur-ni-té), i. f. || 1* Humeur d'une personne taciturne. Tant ce grand homme avait de flegme, et une taciturnité proportionnée i sa taille, scarr. Rom. com. n, n. C'est boau- Mjup qu'il sorte quelquefois de ses méditations et
TAC
de sa taciturnité pour contredire, et que, même pour critiquer, il daigne une fois le jour avoir de l'esprit, la bbut. v. || Terme de pathologie. Silence prolongé et morbide, un symptôme des affections nerveuses, et surtout de la mélancolie. || 2° Silence que l'on garde. H. Sidrac, qui avait jusque-là gardé le silence, parce que MM. Goudman et Grou avaient toujours parlé, sortit enfin de sa taciturnité, VOLT. Oreilles, a. Faut-il s'étonner si la taciturnité qu'ils [les maris] voient régner chez eux les en chasse? j. j. rouss. Ém. v. || Fig. Frappés d'étonnement à la rue de cette grande solitude [Moscou déserte], ils [les soldats français] répondaient à l'imposante taciturnité de celte Thèbcs moderne par un silence aussi solennel, ségur, Ilist. de JVop. vin, 6.
— HIST. XV* S. Afin- que les simples.... ne fussent pas escandalizés par sa taciturnité [de saint Paul], /nlern. consoJ. n, 36. || xvi* s. Taciturnité,' AMYOT, Fab. 2.
— ETYM. Provenç. taciturnitat; espagn. taciturnidad; ital. taciturnità; du lat. taciturnitatem, de taeitumus, taciturne.
■)• TACON (ta-kon), s. m. || 1* Jeune saumoneau, dans le bassin de la Loire. || 2' Cryptogame parasite, dit aussi mort du safran, rhiioctonia crocorum, DC. Il appartient aux sphériacées. || Nom de la maladie qu'il cause.
— ÉTYM. Probablement tac, pointe, clou, radical qui se trouve dans plusieurs mots(voy. tache, à l'étymologie).
t TACONÉ, ÉE (ta-ko-né, née), adj. Terme rural. Se dit du raisin dont la peau a été altérée par le soleil.
— ETYM. Tae, pointe, tache (voy. tache, à l'étymologie).
t TACONNAGE (ta-ko-na-j"), s. m. Défaut de fabrication des bouches à feu en fonte, qui provient d'une gerçure produite à la surface intérieure du moule.
— ÉTYM. Même radical que taconé.
t TACONNER (la-ko-né), v. a. Terme de typographie. Frapper ou donner quelques coups de pointe pour niveler.
— ÉTYM. Même radical que kicot.
fTACONNET (ta-ko-nè), s. m. Tussilage pasd'âne.
f TACOT (ta-ko), t. m. Outil qui sert à mettre la navette volante en mouvement dans les métiers à tisser. || En Bourgogne, le battoir d'une laveuse de lessive.
• - ÉTYM. Dimin. de tac, radical signifiant pointe, qui se trouve dans beaucoup de mots (voy. tache 2).
t TACOUL (ta-koul), s. m. Pièce du manche d'un marteau de forge.
fTACQDES (ta-k'), s. f. plur. Se disait, dans les tarifs de douane, de tous les ustensiles de fer fondu.
— ÉTYM. Toc, clou, pointe (voy. tache, à l'étymologie).
TACT (takf), s. m. Il 1* Celui des cinq sens qui appartient à l'organe cutané, et qui fait juger de certaines qualités des corps, de leur solidité ou de leur fluidité, de leur humidité ou de leur sécheresse, de leur température, etc. Le tact comprend deux sensations fondamentales : le sens de contact ou de pression et le sens de température. L'exemple de cet illustre aveugle prouve que le tact peut devenir plus délicat que la vue, lorsqu'il est perfectionné par l'exercice, dider. Lett. sur lesaveug. Le nombre des idées qui peuvent venir par le tact est infini; car il comprend tous les rapports des grandeurs, c'est-à-dire une science que les plus grands mathématiciens n'épuiseront jamais, condil. Traité des sens, n, 8. Le tact est le premier sens qui se développe ; c'est le dernier qui s'éteint, c\banis, Instit. Mém. se. mor. et pol. t. i, p. <97. ||2* Kig. Jugement fin et siir en matière de goût, de convenances, d'usage du monde. Cet homme a du tact. C'est un homme de tact. Pour la vérité dans les sentiments, pour le tact de certains ridicules, je serais assez votre homme, volt. Lett. Mme du Deffant, 8 mars 1769. Ce tact attentif de l'esprit qui fait sentir les nuances des fines convenances, BUFP. Rép. au due de Duras. Ce tact fin que nous tenons de l'observation continue des phénomènes, dider. Ess. sur la peint, i. Finesse de tact, d'alemb. Œuv. t. V, p. 50. Ceux qui passent leur vie dans la société la plus étendue, sont bien bornes s'ils ne prennent pas facilement un tact fin et dé licat, et s'ils n'acquièrent pas la connaissance du cœur humain, qenus, Veill. duchdt. t. n, p. 102, dans POUQKNS. ||Tact médical, habileté à juger du