TAROT, VOy. TAROTS
TAROTfi, ÉE (ta-ro-té, tée), adj. Cartes tarotées, cartes dont le dos est marqué de grisaille en compartiments.
— ÉTYM. Voy. TAROTS.
t TAROTIER ta-ro-tié), ». m. Fabricant de tarots, de papiers de fantaisie.
TAROTS (ta-ro), ». m. pi. \\ 1* Cartes à jouer qui sont tarotées et qui de plus sont marquées d'autres figures que les cartes ordinaires. Outre les quatre séries à signes variés qu'ils comprennent comme les jeux de cartes communes, les jeux de tarots en offrent une cinquième ... cette cinquième série est une suite de figures, généralement au nombre de vingt-deux; vingt et une sont numérotées et prennent rang entre elles d'après le numéro dont elles sont marquées; la moindre de ces figures l'emporte sur toutes les cartes des séries numérales, même sur les rois; de là elles ont'reçu le nom d'atouts et celui de triomphes; c'est à ces atouts qu'appartient proprement le nom de tarots; lesquelles séries de cartes numérales qui, avec les atouts, composent les jeux des tarots, ont chacune quatre figures : roi, reine, cavalier et valet, une figure de plus q\ie les cartes communes; ainsi les jeux de taroLs ont au moins trente-huit figures, c'est-à-dire vingtdeux pour les atouts et seize pour les honneurs des quatre séries numérales; ajoutons que, dans les pays qui ont conservé les anciens types, les signes distinctifs de ces quatre séries sont : les deniers, les coupes, les épées et les bâtons, merun. Revue archéol. t. xvi, p. 283. || 2' Jeu qu'on joue avec ces cartes. Jouer aux tarots ou au tarot. Je dirais que le jeu des tarots représente une république mieux que les échecs ne représentent la cour d'un roi ; aux tarots il y a de tous états comme dans une république; il y a des deniers pour récompenser les bons ; il y a des épées pour la défense de la patrie; il y a des chevaliers, des sergents, des bateleurs, des triomphes, des empereurs, des papes et des fous; qui voudrait moraliser cela, ferait un livre plus gros que les Recherches de maître Pasquier, garasse, Rech. des rech. p. 222, dans lacurne. Les plus anciennes cartes à jouer, celles du jeu de tarot, ont une analogie marquée, par leur forme, les dessins qu'elles offrent, leur grandeur, leur nombre, avec les cartes dont se servent les Chinois, siLv. de sacï, Instit. Mém. Inscr. et belles-lett. t. vu, p. 4)8. Il y a trois espèces de jeux de tarots : le jeu lombard-vénitien, le tarocchino de Bologne, et les minrhiate de Florence; voici les noms dos figures du tarot lombard-vénitien (semblable aux tarots de France) : le fou, ( le bateleur, 2 la papesse, 3 l'impératrice, 4 l'empereur, 5 le pape, 6 l'amoureux, 7 le chariot, 8 la justice, » l'ermite, to la roue de fortune, t) la force, )2 le pendu, 4 3 la mort, M la tempérance, )& le diable, <6 la maison-Dieu ou la foudre, (7 l'étoile, <8 la lune, 1» le soleil, 20 le jugement, 2Ue monde, merlin, Orig. des cartes à jouer.
— HIST. XVI' s. Les autres le tarot aiment à manier, gaucher, Plaisir des champs, p. 248. L'inventeur des chartes italianes, desquelleson s'esbat au jeu appelé tarault, feit, àmonavis, fort ingénieusement, quand il meist les deniers et les basions en combat à rencontre de force et justice; mais encore mérita il plus de louange d'avoir en ce dict jeu donné le plus honorable lieu au sot, ainsi que
nous i l'az, que nous debvons appeler narr, qui signifie sot en allemant, Charles étiennk, Paradoxes, Déclamation 6.
— KTYM. Ital. tarocchi.
TAROUPE (ta-rou-p"), ». f. \\ !• Poil qui croit entre les sourcils. || 1* Nom, au Mans, du chanvre grossier. Filer de la taroupo.
— ËTYM. Origine inconnue.
f TARPANS (tar-pan), ». m. pi. Chevaux sauvages du nord de l'Europe.
tTARPÊIENNE(tar-pé-iè-n'), adj. f. RocheTarpéienne, à Rome, partie du mont Capitolin d'où l'on précipitait les condamnés i mort. Je n'avais pas besoin de cette leçon pour savoir qu'il est peu do distance de la roche Tarpéienne au Capitole, MIRABEAU, Disc. 22 mai «790.
t TARQUIN (tar-kin), ». m. Variété de poire.
t TARSAL, ALE (Ur-sal, sa-l'), adj. Le même que tarse.
t TARSALGIE (tar-sal-jie), ». f. Terme de médecine. Arthralgie du tarse.
— ÊTYM. Tarse, et â).Yo;, douleur.
TARSE (tar-s'), ». m. || 1* Terme d'anatomie. La partie postérieure du pied, composée de sept os enclavés les uns dans les autres. || Le troisième article du pied des oiseaux. || Dans les crustacés, la sixième pièce des pattes simples. || La dernière partie des pattes des insectes. || %' Adj. Fibrocartilages tarses, nom donné à deux expansions fibreuses placées dans l'épaisseur du bord libre des paupières.
— HIST. XVI* s. Les cartiUagcs du tarse des cils, PARÉ, n, I. Prenant pour le tarse ce qui est contenu par les sept premiers os, qui respond au carpe de la main, id. iv, 30.
— f.TVM. Tapdè; , tarse , proprement une claie.
f TARSI5, ÊE (tar-sé, sce), adj. Terme do zoologie. Qui a les tarses d'une autre couleur que h reste de la patte.
TARSIKN, lENNE (tar-siin, siè-n'), adj. Tcrmo d'anatomie. Qui appartient, qui a rapport au tarse. li Os tarsiens, nom donné quelquefois collectivement aux sept os du tarse. || Articulations tarsiennes ; on comprend sous ce nom celle de l'astragale avec le calcanéum, celle des deux rangées du tarse entre elles, et celles des os de la seconde rangée entre eux.
TARSIER (tar-sié), s. m. Terme d'histoire naturelle. Genre de mammifères de l'ordre des quadrumanes, qui ont le tarse très- long.
— ETYM. Tarse.
t TARSO-MÉTATARSIEN, lENNE, (Ur SO-mé-latar-siin, siè-n'), adj Terme d'anatomie. Qui a rapport au tarse et au métatarse. || Articulation» tarso-métatarsienncs, celles des os de la seconde rangée du tarse avec les os métatarsiens.
t TARSO-PHALANGIEN, lENNE (tar-so-fa-lanjiin, jiè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au tarse et aux phalanges. || Ligament tarsophalangien, nom donné par Girard au ligament sésamoïdien supérieur du membre postérieur, appelé par Bourgelat tendon suspenseur du boulet.
t TARSORRIIAPHIE (tar-so-ra-fle) t. f. Term» de chirurgie. Suture des cartilages tarses.
— ÊTYM. Tarse, et facpi'i, suture.
TARTAN (tar-lan), ». m. [\ !• Étoffe écossaise i carreaux de diverses couleurs. || i' Vêtement do tartan.
— ÊTYM. Origine inconnue. Les dictionnaires anglais disent qu'en leur langue tartan est d'origine française. D'après Michelet, Orig. du droit, p. 209, il vient du gallique (ar»(tn ou tarsuin, de travers.
TARTANE (tar-ta-n'), ». f. || 1* Terme de marine. Nom d'un petit navire de la Méditerranée, dont la forme allongée est analogue à celle des chebeks ; en général, il est ponté, et porte un seul mit et une voile latine. La tartane est un b&timent de transport et de pêche. || i' Terme de pêche. Filet à manche ressemblant au gangui ; on s'en sert i Marseille et sur les cdtes du Languedoc, pour faire une pêche qui porte le même nom.
— ETYM. Espagn. portug. et ital. tartana; do l'arabe taridah, sorte de vaisseau affecté spécialement au transport des chevaux, qui avait donna au bas-latin tarida, tareta, et au bas-grec Taptrri:, TaptSe;, en français taride : xiii* siècle. Convenances faites à Genne des naves et des tarides... Arch. des miss, scient. 2* série, t. m, p. 280.
(. TARTARE (tar-ta-r'), ». m. Terme de mythologie. Nom que les poètes donnent £-1 lieu où le' coupables sont tourmentés dans les enfers (avec
21 sa
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un T majuicule). C'élail une opinion établie des le troisiime siècle, que Jésus était descendu dans l'Àdés, dans le Tartare, mots que nous traduisons par celui d'Enfer, volt. Dict. phil. Symbole.
— f.TY.M. Lat. Tartarus, du grec TipTopoc.
2. TARTARE (Ur-ta-r'), ». m. || !• Nom d'un peuple originaire du Turkcslan ; on a donné va guoment ce nom à tous les peuples de l'Asie moyenne, depuis la mer Caspienne jusqu'aux côtes orientales. S'ils arrivent, ces Tartares, ou nous les ferons rentrer dans le Tartare d'où ils sont sortis, ou bien ils nous enverront nous-mêmes jouir, dans le ciel, du bonheur promis aux élus : le jeu de mots qu'on prête ici à saint Louis, se retrouve dans presque tous les écrits de cette époque ; et c'est peut-être là, pour le dire en passant, la véritable cause de l'altération que les Occidentaux ont apportée au nom des Tatars, adel-bému- SAT, Jnstit. Xém. inscr. et beU.-lelt. t. vi, p. 4i)a. Il 2* Se dit des courriers employés par la Porte ottomane et les ambassadeurs européens à Ctonstantinople (avec un t minuscule). L'Athénien tremblant. Debout, la main au cœur et la tête courbée. Adorait le coursier du tartare insolent, p. lebrun, Toy.de Grèce, m. ||3' Tartares s'est dit des valets militaires de la maison du roi, parce qu'ils pillaient pendant que leurs maîtres se battaient, volt. Dicl. hist. Tartare. Son tartare vint me dire qu'il m'attendait à onze heures, DiDEB. Lett. à MlleYoland, I8 oct. <769. Il Fig. 11 faut que les chirurgiens soient les égaux ou les tartares des médecins, dider. Lett. Il 4* Chez les tailleurs, l'apprenti. || 5' Terme de cuisine. X la tartare, se dit en parlant d'une manière d'accommoder le poisson et la viande, qui consiste à les servir panés et grillés, avec une sauce froide à la moutarde que l'on nomme aussi sauce à la tartare ou sauce tartare.
— HIST. xin* s. D'autre part viennent li Tartaire, Que l'en fera mes à tart taire, Qu'on n'avoit cure d'aler querre, ruteb. <0I. JoinviUe dit Tartarins
TAUTAREUX, EUSE (tar-ta-reù, reû-z'), adj. Terme de chimie. Qui a les qualités du tartre. Sédiment tartarcux. Un excellent anatomiste... a démontré que les os sont formés originairement de deux substances, l'une membraneuse, l'autre tartarcuse ou crétacée, bonnet, Paling. phil. XI, 4. Il Acidulé tartareux, ancien nom du tartre. Il Acide tartareux, ancien nom de l'acide tartrique. |
t TARTARIFORME (tar-U-ri-for-m'), adj. Qui a l'apparence du tartre des dents. En examinant ivec une bonne loupe la concrétion lartariforme qui ceint les dents vers leur couronne, fourcroï, Conn. chim. t. ix, p. 3fi9.
t TARTARIMETRIE (tar-ta-ri-mé-trie) , s. f. En chimie, méthoda analytique qui consiste à soumettre à l'alcalimètre le carbonate de potasse provenant de la calcination de la crème de tartre.
— ÉTYM. Lat. tartarus, tartre et (jiéTpov, mesure. TARTAKIQUE ( Ur-U-ri-k'), adj. Voy. tartrique.
t TARTARISÊ, ËE (tar-ta-ri-zé, zée), adj. Terme de chimie. Qui contient du tartre.
— ÊTYM. Tartarus, tartre.
t TARTARO (tar-ta-ro), j. m. Nom italien d'un tuf très-fin et très-blanc.
TARTE (tar-t'), s. f. || 1° Espèce de pâtisserie, qui contient ordinairement de la crème, ou des confitures, ou des fruits. Et, s'il faut qu'avec elle on joue au corbillon, Et qu'on vienne à lui dire à son tour, qu'y met-on î Je veux qu'elle réponde : une tarte à la crème, mol. Ec. des f.i, 4. || 2* Fig. et anciennement. Tartes bourbonnaises , certains bourbiers assez communs dans le Bourbonnais, dont le passage est dangereux pour les chevaux et les voilures, le dessus se desséchant au soleil et le dedans demeurant plein de boue.
— HIST. xm* s. Chaudes tartes et chaus flaons, BARBAZAN, FabUaux, t. IV, p. 89. Il ziv* s. Paste pestrie ainsi comme pour le fons d'une tartre, ilénagier, n, k. Jamais qui n'aroit paste le pain ne feroit on; Ne taite sans estofTe ne vaut mie un bouton, Boud. de Seb. xi, (7. || xvi* s. L'ane ne failloit point à vous planter le pauvre St Chelent en un fossé, ou en quelque tarte bourbonnoise, despeh. Contes, xiix. Fji ce logis qui devroitcstre Purgatoire d'enfans gastés. Comme en leur paradis terrestre. Ils mangent tartres et pastez [la prison de Genève où, par connivence, les détenus jouissaient de tout plaisir], BOSIVARD, Ane. etnouv. pot. de Genève, p. «8. On se saoule bien de manger tartes, cotoratr.
— ÉTYM. Wallon, tdtt ; bas-lat. tarla, dans un texte de <t03. Diez pense que c'est une altération d« toltrU (voy. ce aot); en tout cai elle est sin-
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gulièr*. Le bas-breton dit tartex, tarte; mais il vient probablement du français. Le kymri a torth, un pain.
TARTELETTE (lar-te-lè-f), s. f. Petite tarte. Je vous envoie cette lettre par M. de Montmor, intendant à Marseille, autrefois M. du Fargis, qui mangeait des tartelettes avec mes enfants, sÉv. à Coulanges, i" déc. 1090,
— lilsT. xiv* s. Est assavoir que chascun fromage doit fournir six tartelettes, Kénagier, n, 4. Il XV' s. Sucre blanc pour les tartelettes, E. descu. Poésies mss. t' 497. || xvi* s. Il haïssoit les femmes et les salades comme poison ; les flannels, les tartelettes, DESPF.R. Contes, lxxix.
— f.TYM. Dimin. de tarte.
] TARTEVELLE (tar-te-vè-1'), ». f. Partie de la trémie d'un moulin.
TARTINE (tar-ti-n'), ». f. \\ 1" Tranche de pain recouverte de confitures ou de beurre. Elle no manquait jamais de faire la critique la plus amère des beef-steak, des pouddings et des tartines de viande et de beurre, genlis, Parvenus, t. m, p. 291, dans POUGENS. Il 2" Dans l'argot du journalisme, long article considéré surtout comme farci de lieux communs, et n'apprenant rien au lecteur. Il s'enfonça dans la lecture d'un de ces articles indigestes qu'en style de presse on appelle des tartines, mais que les amateurs du genre avalent toujours, bien ou mal beurrés, avec le plus estimable appétit, eu. DE BERNARD, le Gendre, § 1. 1| Il se dit aussi des longs discours. Débiter une tartine.
— HIST. XVI* s. Tartine, oudin, Dict.
— ÉTYM. Dérivé do tarte.
t TARTON-RAIRE (tar-ton-ré-r'), s. m. Nom du passerina tartonraira, famille des daphnacées, vulgairement gros retombet, trintanelle, malherbe, dont l'écorce a été proposée pour remplacer le garou.
t TARTOCILLADE (tar-tou-Ua-d', Il mouillées), t. f. En langage d'atelier, peinture d'une exécution trcs-lâchée, et dans laquelle la composition et le dessin sont complètement sacrifiés à la couleur. Malgré le dégoiit naturel et réfléchi que m'inspirent les productions que l'on ne peut désigner que par des mots qui me répugnent autant qu'elles, la nécessité m'oblige d'entrer dans quelques détails au sujet des tartouillades, des pochades, de toutes ces peintures indigestes enfin, dont le voisinage importun obscurcit l'éclat des ouvrages de choix que renferme l'exposition, de- LÉCLUZE, Expos, des artistes vivants, tS60, p. 99.
fTAUTOClLLER (tar-tou-Ué, Il mouillées), ». a. Faire des tartouillades. Que dire de la prédilection du jury, qui a reçu et placé au rez-de-chaussée, sous l'œil du spectateur, la pochade iiilitulée les Faneuses, l'autre les Arabes nomades, et enfin une Cafetière en cuivre grossièrement tartouillée, qui figure dans je ne sais laquelle des trente-quatre salles du premier étage ? delécluze. Expos, p. )35.
t TARTOUILLEUR (tar-tou-Ueur, Il mouillées), t. m. Peintre qui fait des tartouillades. Cette dernière disposition [absence d'horizon] semble être particulièrement afl"ectionnée par les artistes tartouiUeurs, delécluze, Expos, p. <38.
T TARTRALIQUE (tar-tra-li-k'), adj. Terme de chimie. Acide tartralique, produit de l'action de la chaleur à 200' sur l'acide tartrique hydraté pendant un court espace de temps.
t TARTRAMIDE Ur-tra-mi-d'), t. f. Terme de chimie. Produit de l'action de l'ammoniaque sur l'éther tartrique.
t TARTRAMIQDE (tar-tra-mi-k'), adj. Terme de chimie. Acide tartramique, produit de la décomposition de l'éther tartrique par les alcalis.
TARTRATE (tar-lra-f), s. m. Terme de chimie. Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide tartrique avec les bases. || Tartrate acidulé de potasse, bitartrate de potasse, sel qui existe tout formé dans plusieurs matières végétales et surtout dans le raisin, dit aussi crème de tartre. || Tartrate de potasse et d'antimoine, vomitif, dit ordinairement émétique.
TARTRE (tar-tr'), I. m. \\ 1" Substance saline qui, sous la forme d'une croiite, s'attache aux parois des tonneaux de vin ; on le purifie par l'ébuUition dans l'eau avec une terre alumineuse. ensuite par la filtration, qui sépare les impuretés solubles, et enfin par l'évaporation de l'eau filtrée qui donne la crème de tartre. Le tartre est un dépôt salin qui se sépare peu à peu des liqueurs vineuses, et prend une forme concrète et presque pierreuse, bupf. Jftn. t. ni, p. »M. Dani le corn-
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merce, le tartre qui provient des vins blancs port* le nom de tartre blanc; et celui qui provient des vins rouges porte celui de tartre rouge, thehard, Traité de chimie, t. in, p. 438, dans pougens. Il Tartre émétique ou tartre stibié, le tartrate de potasse et d'antimoine. || Tartre soluble, le tartrate de potasse. || Tartre ammoniacal, le tartr.ae d'ammoniaque. || Tartre régénéré, l'acétate de potasse. Il 2* Tartre vitriolé, ancien nom (donné i>sr Crollius) du sulfate de potasse. || Terre foliée do tartre, ancien nom de l'acétate de potasse, ainsi dite à cause de son aspect. || 3* Crème de tartre, tartrate naturel de potasse avec un excès d'acide. L'existence de l'acide tartarique a été démontrée dans la crème de tartre par Duhamel, MargrafT et Rouelle le jeune; c'est Scheele qui le premier est parvenu à l'Isoler, thenard, Traité de chim.t. I, p. 131 dans pougens. ||4° Enduit d'abord limoneux, blanchâtre ou jaunâtre, qui s'amasse au collet des dents, se durcit, et forme, à la base de la couronne, une incrustation pbosphato-calcalre qui finit par en environner la surface, si l'on n'a pas le soin de l'enlever. Dents pleines de tartre.
— HIST. xvi* s. Prenez deux livres de tartare, c'est à dire lye de bon vin qui adhère contre les tonneaux, paré, xxiv, 39. Ainsi est tirée huile de myrrhe, huile de tartre et de vitriol, id. xiv, 24. Puis sera entonné, en y ajouslant une chopine d'eau de vie avec sel de tartre, laquelle eau se taindra en rouge par la tartre, o. OB serres, 829.
— ÉTYM. Génev. la tartre des dents; espagn. et ital. tartaro; du bas-lat. tarlanim, qui, se trouvant dans des textes du xiii* et du xiv* siècle, exclut Paracelse de la paternité de ce mot. Le Glossaire de Simon de Gênes (voy. du Cange)dit :Tartar, arabice, tartarum, quod ex vino in lateribus vegctis generatur. Le bas-grec a aussi xâpTapov.
t TARTRECX, EUSK (tar-treû , treû-z'), adj. Qui a la qualité du tartre. De quelle patience eut besoin M. Akerblad pour enlever une espèce de croûte tartreuse, dont l'écriture était couverte! p. L. COUR. Littérat. sur une dissert, d^ Akerblad.
— ÉTYM. Tartre.
tTARTRlER (tar-tri-é),». m. Fabricant de tartre.
t TARTRIFCGE (Ur-tri-fu-j"), s. m. Préparation qui enlève les incrustations des générateurs à vapeur, Alman. Vidot-Botin, («71-1872, p. 13l,3*col. (de tartre, et lat. fugare, chasser).
t TARTRlMfeTRE (Ur-tri-mè-tr'), s. m. Terme de chimie. Instrument analogue à l'alcalimclre, qui sert i établir la valeur commerciale de la crème de tartre ou bitartrate de potasse.
— ÉTYM. Tartre, et liixpov, mesure.
TARTRIQUE (tar-tri-k'), adj. Terme de chimie.
Qui concerne le tartre et ses composés. || Acide tartrique, acide qu'on rencontre dans beaucoup de fruits acides, le raisin surtout, et qui est l'cloment constitutif du tartre, où il est combiné avec de la potasse. || Acide tartrique droit, celui qui dévie à droite le rayon polarisé. Acide tartrique gauche, celui qui le dévie à gauche. Acide tartrique inaclif, modification isomérique de l'acide tartrique proprement dit, sans pouvoir rotatoire, qui n'est ni droit ni gauche par conséquent, et n'est point formé d'une combinaison du droit et du gauche. || Limonade tartrique , limonade faite avec l'acide tartrique. || Sirop tartrique, sirop fait avec l'acide tartrique uni au sirop de sucre. Il On dit aussi tartarique.
— ÉTYM. Tartre.
t TARTRITE itar-tri-t'), ». m. Terme de chimie. Ancien synonyme de tartrate, alors que l'acide tartarique se nommait acide tartareux.
t TARTROBORATE ( tar-tro-bo-ra-t' ) , ». m. Terme de chimie. Nom donné à des composés où l'acide borique entre avec une base alcaline dans la composition de certains tartrates doubles : la crème de tartre soluble, par exemple, qui est un tartroborate de potasse.
t TARTROGLVCÊRIOCE ( tar-tro-gli-sé-ri-t'), adj. Terme de chimie. Acide tartroglycériquc, corps obtenu en combinant la glycérine avec l'acide tartrique.
t TARTROVINIODE (tar-tro-vi-ni-k"), adj. Terme de chimie. Acide tarlrovinique, produit de la combinaison de l'acide tartrique i l'alcool ordinaire.
TARTUFE (tar-tu-f), t. m. || !• Personnage d'une célèbre comédie de Molière. Molière [qui alors allait faire des lectures de sa pièce] avec Tartufe y doit jouer son rôle, boil. Sat. m. Le Tartufe, qui était une satire des dévots et surtout de la morale des jésuites, alors tout - puissants, a été joué p*T la protection d'un premier gentilhomme ae U
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chambre, et est resté au thé&tre pour toujours, TOLT. Lett. Richelieu, 27 sept. 1709. Il avait pour oncle un autre abbé de Roquette, évoque d'Autun, qui, par son zèle de commande et sa dévotion politique, eut l'honneur, dit-on, de fournir à Molière l'heuroui original d'aprfes lequel il a peint le précieux tableau du Tartufe, d'alemb. Élog. de Roq. Certainement l'ensemble du Tartufe est de main de maître. ... toutefois.... je n'hésite pas à dire que, si la pièce eût été faite de mon temps, je n'en aurais pas permis la représentation, napoléon. Mémorial, éd. de 1842, t. n, p. <28. || i' Faux dévot, hypocrite, coquin se servant du manteau de la religion (avec un ( minuscule). [Molière] un athée et en même temps un tartufe achevé, de HOCHEMONT [pseudonyme], Observ. sur le Festin de Pierre, Paris t005 [époque où les premiers actes de Tartufe avaient de la célébrité, bien que la pièce n'ciit pas encore été jouée]. Molière a si bien peint ce caractère [de l'hypocrite] dans la personne de Tartufe, et a rendu ce caractère tellement propre à Tartufe que notre langue s'est trouvée enrichie de ce mot, et que Tartufe, nom propre, est devenu par figure un nom commun ; de sorte que l'on dit aujourd'hui d'un hypocrite et d'un faux dévot, c'est un tartufe, dumabs. (Euv. t. m, p. 2S9. Il Tartufe de mœurs, homme vicieux qui affecte de grands principes de morale.
— REM. Tartuf, orthographe que La Fontaine a donnée, par licence poétique, au mot tartufe. C'étaient [chat et renard] deux vrais tartufs, deux archipatelins, la font. Fabl ix, ii.
— ETYM. Molière, qui écrit Tartuffe, a emprunté ce mot à l'italien ; Tartufo se trouve dans le Malmantile de Lippi avec le sens d'homme à esprit méchant; le Malmantile circulait manuscrit en France avant le Tartufe (voy. Génin, Récréât, t. I, p. 292). Tartufo est la contraction de tartufolo, une truffe.
TARTUFERIE (tar-tu-fe-rie) , s. f. Terme familier. Mot nouveau formé de celui de Tartufe, action d'hypocrite, maintien d'hypocrite, friponnerie de faux dévot, volt. Dict. phil. Tartuferie. Et vous espérez sans doute jouir en paix du succès de votre tartuferie! parbleu, vous avez compté sans votre hôte, en. DE BKRNARC, «n Homme sérieux, xii.
t TARTUFIER (tar-tu-fi-é), V. a. \\ l'Mot créé par Molière : marier àTartufe. Vous serez, ma foi, tartufiée, MOL. Tart. n, s. || S* Captiver, séduire, comme Tartufe captive Orgon. Mais que pensez - vous tju'on voit chez moi? des Provençaux; ils m'ont jartufiée, sÉv. UO. \\ 3° F. n. Faire le tartufe.
<.TAS (ta; l'î se lie: un tâ-z-énorme), ». m. Il 1° Accumulation de choses de la même espèce. Un tas de papiers. Mettre en tas, en un tas. Là sur des tas poudreux do sacs et de pratique Hurle tous les matins une sibylle étique, On l'appelle chicane, BoiL. Lutr. V. Il s'agit [dans une guerre], dit le philosophe, de quelques tas de boue grands comme votre talon ; ce n'est pas qu'aucun de ces millions d'hommes qui se font égorger prétende un fétu sur ces tas de boue, volt. Uicromégas, 7. Je trouvai des tas de dépêches tant de la cour que des autres ambassadeurs, dont il n'avait pu lire ce qui était chiffré, j. j. Rouss.Con^. vu. || Populairement. Mettre plusieurs choses ablativo tout en un tas, les mettre ensemble confusément. || Familièrement. Se mettre tout en tas, se ramasser et se mettre en un peloton. || Fig. Crier famine sur un tas de blé, se plaindre au milieu de l'abondance. Il II ferait rire un tas de pierre, se dit d'un plaisant. Il Fig. et familièrement. Un tas de, beaucoup de. Je ne dois d'autre réponse à cet argument [contre Olympie], que de bâtir un roman à la façon de Calprenède, et de supposer un tas d'aventures improbables , volt. Lett. Chauvelin , 26 févr. 1762. J'appris que le prétendu baron m'en .avait imposé par un tas de mensonges, j. J. Bouss. Conf. XII. Il i' Multitude de gens, en mauvaise part, par mépris. Certes, c'est lichement qu'un tas de médisants...; De frivoles soupçons nos courages étonnent, malh. t, 28. Un tas d'hommes perdus de dettes et de crimes, Que pressent de mes lois les ordres légitimes, corn. Cinno, v. I . Un tas de misérables sophistes formés dans l'école du mensonge, BOIL. Disc, sur la satire xn. Lodève mourut riche et vieux, et laissa un tas de bâtards, ST-siM. (33, 228. Vous avoz Un tas de Créanciers, que j'aurais bien envie de mettre à notre bataillon, DANCOURT, 1(1 Gazette, se. 1. Ces tas de désœuvrés qu'on appelle bonne compagnie, J. j. rouss. llél. v, 2. Il Tirer dans le tas, l&cher son coup de fusil sur une masse d'hommes ou d'animaux, sans
DICT. DX LA LANUU» FRANÇALU,
en viser un en particulier. || 3* Au triclrae, m dit de l'amas de dames qu'on fait avant de commencer le jeu. Il V Terme d'architecture. Se dit de la masse d'un ouvrage en construction. || Approcher des matériaux sur le tas, les monter de sorte qu'ils soient prêts à être employés. || Tas de charge, dans les veilles gothiques, se dit des coussinets à branches, d'où partent les ogives, formerels, arcs doubleaux, etc. || Terme de maçonnerie. Tailler sur le tas, se dit lorsque la taille, au lieu de se faire au chantier, s'exécute au bitiment. jfTcrme de charpentier. La place sur laquelle on raccorde, dans le bitiment, une pièce que l'on pose. On dit faire une mortaise, un tenon, un coupement, une entaille sur le tas. || Terme de ponts-et-chaussces. Tas ou tas droit, rangée de pavés en ligne droite, sur le milieu d'une chaussée.
— SYN. TAS, MONCEAU. Ce qui distingue le tas du monceau, c'est que le tas est composé do parties semblables, tandis que monceau n'implique pas cette idée : un monceau de ruines, plutôt qu'im tas de ruines; un tas de blé plutôt qu'un monceau de blé.
— iiisT. xm* s. Et quant crestiien virent le roi ensi maintenir, si se ferirent tout à un tas en mer et prirent terre, Chron.de Rains, 20), || xiV s. Un tas.... De fain [foin] en une grange qu'on ot fait entasser, Guescl. 20B2.-). || xv* s. [Les François] ocioient [les Flamands] à grands tas en la boue et es maisons où ils se traioient, prois. n, n, )84. Et feroit à tas de son espée sur le bassinet et sur le dos du seigneur de Sconnevort, m. i, i, <40. Lesqueli se boutèrent et musserent tous ensemble en une tasse de boys, du canoe, tassia. Et comme furent traictez ung tas de povres francs archiers qui avoient esté prins dedans Neelle, comm. m, <o. Il xvi* s. Soubdain vindrent à tas saiges femmes de tous coustez, RAB. Garg. i, 6. Bœuf de saison à tas [en quantité], ID. i, 4. Un tas de jeunesses folles, DU BELLAY, iH, 76, recto. Un tas de gens, interprètes et contrerooleurs ordinaires des desseings de Dieu, mont, i, 248.
— ETYM. Berry, à tas : il y avait du monde à tas dans l'assemblée ; provenç. tatx ; du germanique : anglo-sax. tass; néerlandais, tas, amas de blé ; anc. baut-allem. xas ; ou du celtique : gaélique, tôt; kymri, ddt; bas-breton, dastum.
2. TAS (ta), s. m. Il 1° Matrice dont se servent les boutonniers (ce qui est le sens ancien). || 2* Petite enclume portative, placée quelquefois sur le même billot qu'une grande. || 3* Terme de monnayage. Bloc d'acier sur lequel on essaye la sonorité des monnaies frappées. Les ayant brisés [des boutons de platine] dans un mortier d'agate et sur un tas d'acier, buff. Ilist. min. Introd. Œuv. t. vu, p.B4.
— HIST. xm* s. Nus [nul] bouclier de fer ne peut ferir boucles en tas, quar elles ne sont ne bonnes ne loiaus, Uv. des met. 68. || xit* s. Que nuls orfèvres ne puissent faire planches de boutons férues en tas, qui ne se reviennent massives et toutes pleines, Statuts des orfèvres de Paris,
DE LAB0RDE,ÉmoU«, p. BU.
— ÉTYM. D'après Scheler, tas représente le radical de tasseau; mais tasseau est le lat. taxillus, osselet, et de là on ne peut tirer tas. Le sens propre est instrument à faire des boutons; et c'est de là qu'il a pris dans d'autres métiers le sens de petit bloc, de petite enclume. Il semble probable que ce n'est pas autre chose que le mot tas l .
f TASSART (ta-sar), ». m. Scombéroïde voisin du thon.
TASSE (tâ-s*), ». f. Il 1* Petit vase servant à boire. Il faut que le gobelet couvert ou une coupe soit sur la table et une tasse auprès pour faire l'essai à la coupe, et faut que ledit gobelet soit au grand bout de la table. Honneurs de la cour, m», p. 73, dans LACURNE. X toi, compère ; et de prendre la tasse, Et de trinquer.... la font. Troq. Lachésis, emplissant sa tasse. S'écrie : Atropos dort enfin, BÉHANG. Parques. \\ Fig. et populairement. Boire à la grande tasse, se noyer. || 2° Gobelet à anse dans lequel on prend du café, du thé. || La liqueur qui est contenue dans la tasse. Prendre une tasse de café, de thé. || Demi-tasse, tasse plus petite qiie les tasses ordinaires, et dans laquelle on sert ordinairement du café à l'eau.
— HIST. XIV* s. Une tasse d'or toute plaine i. un petit souage et à un couvescle bien plat, de la- BORDB, .Smoux, p. BU. (| XV S. Cinq tasses d'argent faictes à cuers [de la vente des biens de J. Cceur], ID. t!>. p. BU.
— ETYM. Provenç. tassa et to»fo; cat. tassa; espagn. taxa; portug. taça; ital. taxxa; de l'arabe
thâça. L'ancienne langue avait an autre (asi«, qui signifiait poche.
TASSE, CB (tA-sé, sée), part, paué de tasstr. Des terres bien tassées. || Terme d'architecture. Se dit d'un b&timent dont la charge a fait tout son effet. Il Terme de peinture et de sculpture. Figure tassée, figure trop courte et trop lourde.
«.TASSEAU (ta-s«), ». m. Il !• Terme de menuiserie. Petit morceau de boii qui sert à soutenir l'extrémité d'une tablette. || Se dit aussi des iringles qui servent à attacher des boiseries ou des lattes sur les poteaux des cloisons. || t* Traverse do bois sur laquelle est montée l'armature d'un piston pour une cuvette de garde-robe. || 3* Forme sur laquelle les luthiers appliquent et collent le» éclisses qui composent le corps d'un luth, d'un violon, etc. ||4* Terme de maçonnerie. Petit tas da plâtre en forme de cul-dc-lanipe fait dans un angle pour y déposer un chandelier ou autre ustensile. Il Petit solin fait en saillie sur un mur pour porter le bout d'une tablette. || Petit mur en briques qui porte une plaque de fonte formant itre relevé d'une cheminée, ou qui supporte une auge ou autre pierre peu élevée au-dessus du sol. || Petits fragments de moellons maçonnés avec du plâtre pour faire le scellement des sapines ouécopcrches qui supportent un échafaudage. || 6'Terme de marbrier. Se dit des blocs de pierre ou de marbre que l'on scelle sur les côtés d'un autre bloc avant de le débiter en tranches. {| 8* Terme de serrurier. Outil de for servant à relever et emboutir lei ouvrages do tôle.
— ETYM. Lat. taxillus, tasseau. L'ancienne langue avait aussi fiis»e{, en bas-latin tasellus, pour désigner un ornement de forme carrée qui se mettait aux vêtements. Tasseau, (assel avait encore le sens de petit tas, mais alors c'était le diminutif de <at < .
1 2. TASSEAU (ta-sô), ». m. Petite enclume portative.
— ETYM. Diminutif de tas i.
t TASSÉE (tâ-sée), ». f. Le contenu d'une tasse; plein une tasse. Il lui jeta une tassée d'eau au visage.
t TASSELIER (ta-se-lié), ». m. Chaussée destinée i recevoir le» muions [tas de sel], Enquête sur les sels, tms, t. i, p. bh.
-- EtYM. Dérivé de tas I.
TASSEMENT (tâ-se-man), ». m. L'effet des constructions, des terres qui s'affaissent par leur propre poids sur elles-mêmes. Il n'y a à craindre aucun affaissement ou tassement vertical, girabd, Instit. Mim scienc. t. x, p. 408.
— ETYM. ToJier.
TASSER (tâ-sé), c. a. || !• Mettre des choses en tas, de façon qu'elles occupent peu de place. Tasser de la paille, des fagots. C'est une coutume générale dans toute la Pologne de tasser leur blé en paille en confusion sans le lier, et d'en faire plusieurs pyramides dans les champs autour de leur maison, LE laboureur, Gout>em. de Pologne, p. ne, dans LACURNE. On évite de tasser le sable autrement que par son propre poids, becquerel, Irutit. Mém. sciene. t. a, p. B7b. || Tasser des terres, les pilonner. || 2" Terme de peinture et de sculpture. Ne pas donner le développement nécessaire. Tasser des figures, un groupe. || 8* V. n. Devenir dur, épais, en parlant des végétaux. Ces fleurs tassent. Cette oseille a bien tassé. || 4" Se tasser, v. réfl. Se mettre, demeurer en tas. Les aliments coulent avec plus de peine et se tassent moins dans l'estomac, BRILLAT-SAVARIN. || S'affaisser sur soi-même, en parlant de terres, de bâtiments. Ce mur s'est tassé.
— HIST. XV» s. Ainsi pourrez en tout lieu comparer. Et en amant passer mainte pensée. Et tant sera honneur en vous tassée Que vous pourrez amoureux appeler, al. cuart. Lai de Plaisanc*.
— ETYM. Tasi.
\ TASSET (ta-sè), ». m. Voy. TROQUE 2.
TASSETTE (tâ-sè-f), ». f. Plaques d'acier qui protègent le haut des cuisses, dans les anciennes armures. || S'est dit plus tard des basques d'un pourpoint.
— HIST. XVI* S La balle ne luy toucha nullement, mais seulement le vent au milieu de sa tassette, qui fit telle force, que toute la partie extérieure de la cuisse devint livide et noire, paré, ni, 696. Les armes estoient un corselet à longues ta-ssettes avec des manches do maille et des gantelets, H. DU BEL. 475.
— ÉTYM. Tassette paraît être un diminutif de tasse r li signifiait poche. Les tassetiers étaient des faiseurs de bourses.
TÂT
t TASSIOT (U-«lo), ». m. Croix, formée do deux lattes, par laquelle le vannier commence certains ouvrages.
t TASSOLE(U-so-l'), t. f. Genre de plante» nyctaginées.
t TATA (ta-ta). Espèce d'exclamation arbitraire ; c'est ainsi que, dans les salles d'armes, on disait : c'est un tata, pour désigner un ferrailleur, volt, Dict.phil. T. Il Madame tata, mademoiselle tata, personne qui se mêle de tout, qui descend dans les plus petits détails et veut en remontrer aux autres. Il Au plur. Des tatas.
fTATAN (ta-tan), t.f. Mot enfantin qui signifie tante.
t TATAR, ARE (ta-tar, ta-r'), s. m. et f. »oy.
TARTARE î.
t TATARET (ta-ta-rë), s. m. Voy. faucon.
TATÉ, ÉE (tâ-té, tée), part, passé de tâter. Il 1" Manié doucement. Une étoffe tàtée par une main exercée. || 2° Terme de beaux-arts. Se dit d'un dessin dont le trait est incertain et mal arrêté. Une main prompte à suivre un beau feu qui la guide, Et dont comme un éclair la justesse rapide Répande dans ses fonds, à grands traits non tâtés, De ses expressions les touchantes beautés, MOL. la Gloire du Yal-de-Grdce. || On dit dans le même sens t&tonné.
t TATE-AU-POT (tâ-tô-po), ». m. Homme qui te mêle des affaires de ménage.
t TATE-POULE (tâ-te-pou-l'), ». m. Terme populaire. Sobriquet que l'on donne à un homme qui s'occupe de soins domestiques, de choses trop minutieuses. Il Au plur. Des tâte-poule.
TATER (tâ-té), t». o. Il !• Employer le toucher afin de connaître. T&ter une étoffe. Tâtant son ennemi au défaut des armes, il lui plongea son poignard dans le flanc, vauoel. Q. C. ix, 6. L'un l'autre ils s'accusaient de cette violence, Et sans lumière aucune, en querellant le sort, Sont venus doucement t&ter si j'étais mort, mol. Éc. des femmes, v, 2. Je tâte votre habit; l'étoffe en est moelleuse, id. Tart. m, ». || Tâter le pouls à quelqu'un, appuyer ses doigts sur l'artère du bras, ou toute autre artère accessible, pour connaître le mouvement du sang. Clitandre tâtant le pouls i Sganarelle : Votre fille est bien malade, bol. Àm. méd. m, n. || Fig. Tâter le pouls, questionner quelqu'un pour connaître ses dispositions au sujet d'une affaire. || Fig. Se tâter le pouls, examiner ce que l'on peut. Je sonde ma portée et me tâte le pouls, béomeb, Sat. 1. 1| Tâter le chemin, reconnaître si un chemin est praticable. Tous les pavés sont devenus impraticables.... voyant que nous ne voyions plus rien, et qu'il fallait Ûter le chemin.... siv. 430. || Familièrement. Il t&te le payé, il ne peut pas s'appuyer fortement en marchant. Il Terme de manège. Ce cheval tâte le terrain, il ne marche pas franchement, il n'a pas les pieds sûrs. Il Fig. Tâter le pavé, le terrain, agir avec précaution, avec circonspection. Enfin, elles ont tant tortillé autour de moi, qu'ayant tâté et trouvé le terrain favorable, elles m'ont avoué qu'elles avaient fait écrire cette lettre par Démonville, siv. 436. Ils savent tâter le terrain et s'y accommoder, qberardi, Thédt. ital. t. u, p. 40U. Ijl* Fig. Essayer de connaître la capacité, les opmions d'une personne, mettre une personne à l'épreuve. Adieu; je vais tâter mon gendre là-dessus, SCARR. Jodelet, m, 3. Tâtez-la par divers endroits pour découvrir par où les grandes vérités peuvent mieux entrer dans sa tète, fén. Éduc. filles, 7. U est question de les voir en particulier [les hommes].... de les tâter de tous câtés, de les souder pour découvrir leurs maximes, lo. Til. xxiv. Il cessa de me tâter, et, changeant de discours de peur de m'inspirer quelque défiance..... lesage, Guxm. d'Alf. rv, 6. Je jugeai bien qu'il avait dessein de tâter mon esprit; je me tins sur mes gardes et me préparai a mesurer tous mes mots, ro. Gil Bl. vn, 2. J'espère bien que tous les Choiseul me permettront de mettre leurs noms en gros caractères parmi les souscripteurs de Corneilleje vais d'abord tâter le roi, volt. LeU. d'Argental i» juin 478). Il Fig. Je tâcherais.... mes chers enfants, de me mettre en état de venir un peu tâter la Providence, prendre part au bonheur de mes cadeU, et vivre avec les vivants, sÉv. ts mars loso Il Tâter l'ennemi, faire des démonstrations hos- Ules, de petites attaques, pour connaître ses dispositions. || Tâter le courage de quelqu'un ou, simplement, tâter quelqu'un, commencer î l'attaquer, i l'offenser, pour voir s'il se défendra. Tout est plein de cet poltrons adroits qui cher-
TÀT
I chent, comme on dit, à tâter leur homme, c'est-àdire à découvrir quelqu'un qui soit encore plus poltron qu'eux, et aux dépens duquel ils puissent se faire valoir, j. J. aouss. Hél. i, 60. || Terme de manège. Tâter son cheval, essayer la finesse et les moyens du cheval que l'on monte. || Terme de marine. Tâter le vent, essayer de loffer quand on est au plus près, pour voir si les voiles continueront à porter et si l'on peut loffer davantage. || 3* Tâter une chose, l'essayer pour voir ce qu'on en peut tirer. Un problème proposé par M. le marquis de l'Hôpital dès 4 692 aux géomètres, comme méritant leur recherche, et qui certainement n'avait pas été dix ou onze ans sans être talé et même bien tourné de tous les sens par les plus habiles, FONTEN. Saurin. Tâte tous les sujets et guette tous les mots, delille, Convers. 1. 1| 4* Terme de peinture. Travailler d'une main servile et peu hardie. || 6* V. n. Explorer par le toucher. Léandre : Avez-vous des témoins? — L'intimé : Monsieur, tâtez plutôt : Le soufflet sur ma joue est encore tout chaud, rac. Plaid, n, 6. Mais, dit
10 nain, j'ai bien tâté; mais, répondit l'autre, vous avez mal senti, volt. Hicrom, 4. Voyez, tâtez, mesurez, pesez, nombrez, assemblez, séparez, et soyez sûr que vous ne ferez jamais rien de plus, ». Lett. à M. L. C. 23 dcc. 4 768. || 6° Tâter à, faire un léger essai d'une chose pour en connaître la qualité. Tâter aux sauces. Tâter au vin. || 7* Tâter de..., manger ou boire d'une chose, non pour en connaître les qualités, mais pour en jouir. Jupiter, s'il était malade. Reprendrait l'appétit en tâtant d'un tel mets, la font. Fabl. xi, 6. Au moins je tâterai de l'oie. — Nous l'avons mangée à dîner, BRUEÏ8, Avoc. Pat. in, 4 3. Je vais tâter du vin dont nous boirons ce soir Une ample effusion, re- ONARD, le Distr. i, 7. || Activement, dans le même sens ; tournure qui a vieilli. De ces manches qu'à table on voit tâter les sauces, mol, Éc. des mar. i, 1 .
11 8° Par extension. Jouir en général, avoir sa part de. Maints présages à tous connus Faisaient bien juger que Turnus, Comme époux en toute sa vie Ne tâterait de Lavinie, scarr. Virg. vi. Que je serais heureuse de tâter un peu de cette sorte de vie avec une telle compagnie! sÉv. 26 juill. 4689. Je crois qu'il y a une dose de tendresse dans mon coeur, qui tient à votre personne, et dont les autres mères ne tâtent pas, id. à Mme de Grignan, 4 2 févr. 4 690. Mme de Kerman est une fort aimable personne, j'en ai tâté, id. 4 9 avr. 4 689. Il achetait mille choses qu'il donnait imprudemment à la Senantes.... la petite Saint-Germain n'en tâtait plus que bien rarement, hamilt. Gramm. 4. La noblesse n'est pas une chimère, mais quelque chose de très-réel, très-solide, très-bon, dont on sait tout le prix, chacun en veut tâter, p. t. cour. Lett. à l'Acad. des inscr. \\ Vous en tâterez, c'est-à-dire vous en passerez par là, vous aurez ce bonheur ou ce malheur. Point, Tartufe est votre homme, et vous en tâterez, mol. Tart. n, 3. || Vous n'en tâterez plus, vous n'aurez plus la chose dont il s'agit. Voilà ce que c'est d'avoir causé ; vous n'en tâterez plus, et je vous laisse sur la bonne bouche, mol. G. Dandin, n, 7. || U n'en tâtera que d'une dent, il n'en aura que peu, il n'obtiendra pas ce qu'il désire. || En tâter, se battre. Et comme on nous fit lors une paix telle quelle. Nous sûmes l'un à l'autre en secret protester Qu'à la première vue il en faudrait tâter, corn, le Ment, iv, 4. ||9' Essayer, faire l'expérience de quelque chose. L'un est soûl de la guerre civile, l'autre n'en a jamais voulu tâter, BALZ. le Prirue, 2. Vous avez voulu tâter de la noblesse; et il vous ennuyait d'être maître chez vous, MOL. G. Dandin, i, 3. J'eusse opiné à tâter du climat de Provence, cette année, sÉv. 30 oct.
4 689. A-t-elle [Pauline, la fille de Mme de Grignan] tâté de Lucien? est-elle à portée des Petites Lettre» [les Provinciales]? m. 4 6 janv. 4 690. Je n'avais point encore tâté du dégoût et du chagrin de n'avoir point de vos lettres, m. 4 0 juill. 4 680. Il faut qu'un honnête homme ait tâté de la cour, LA BRUT. VIII. Allez, vous êtes fou de vouloir, à votre âge. Pour la seconde fois tâter du mariage, REQNARD, Fol. amour. I, 3. Je suis un vieux gladiateur accoutumé à être condamné aux bêtes dans l'arène ; mais je tremble de voir une femme [Mme Denis, auteur d'une pièce de théâtre] qui veut tâter de ce combat, volt. Lett. d'Argental, 44 juillet 4762. Pardon, mon cher ange; ce n'est pas ma faute, si j'ai tâté un peu de l'agonie aux approche» de l'équinoie, »elon ma louable coutume, m. ib. 8 mar» 4776. Il avait tâté de plusieurs métier» avant de »« fixer, orimm, Corresp. t. i.
TAT
p. 38». Depui» qu'elle avait voulu tâter de la littérature, J. J. Houss. Conf. a. Je n'attends que la paix pour voyager; je tâterai de différenU pays, d'alemb. Lett. à Voltaire, 22 déc. 4 769. || 10' No pas tâter de, ne pas mordre à, ne pas être pris à. Il a beau dire, je ne tâte pas de son amour pour la Provence, sÉv. 32. Chavigny fit le malade, mais M. le Prince ne tâta pas de cette duperie, sT-siM. 8, 98. Il 11° Se tâter, b. réfl. Appliquer sur soi-même le toucher. Pourtant, quand je me tâta et que je me rappelle. Il me semble que je suis moi, mol. Amph. i, 2. || «• Fig. Examiner ses sentiments, se sonder sur quelque chose. Il se juge en autrui, se tâte, s'étudie, corn. Pomp. m, 4. Il faut se tâter, se manier, se sonder, pour savoir qu'on est vain, malebr. Rech. vér. 11, n, 6. Ce n'est que dans un commerce libre et ingénu qu'on peut bien connaître les hommes, qu'on se tâte, qu'on se démêle et qu'on se mesure avec eux, VAUVEN. Œuv. compl. t. I, p. 4 22, dans pougens. Il 13* Être trop attentif à sa santé. Il se tâte continuellement. Il Fig. Un peuple qui se tâte sans cesse, et trouve tous les endroits douloureux.... MONTESQ. Esp. XIV, 43. ||14' Essayer de connaître réciproquement la force l'un de l'autre. [Dans une discussion] on se tâte, pour ainsi dire, l'un l'autre dans les premiers coups qu'on se porte ; quand on s'est un peu expliqué, quand on croit avoir découvert où chacun met la difficulté, et avoir senti le faible, tout ce qui suit est plus vif, plus pressant, Boss. Conf. avec Claude, Avertissement. Après s'être tant tâtés et regardés en Europe, la guerre enfin se déclara de fait par les impériaux en Italie, ST-siM. 95, 4. On se tâta, on s'étudia, on chercha à se lasser, à se surprendre réciproquement, RAYNAL, Hist. phil. XIX, 3.
— HIST. XII* s. Mains unt, e ne tasterunt. Liber psalm. p. 4 78. Gusté en ai [du fruit du paradis]; Deus! quel savor! Une ne tastai d'itel sador, Adam, p. 27. Li reis, quant il out tasté le commencement de la proesse des Juis.... Machab. ii, 43. Ilxra's. Signour, tastez, et si vecz Que dame Deux est moult souez [doux], Psaumes en vers, dans Liber psalm. p. 282. Plus tost qu'il pot, vint celé part, Taste, si ad l'enfant trové, marie. Frêne. Le bras prent et taste le pous, Ren. 49628. Puis [lo médecin] li taste, qu'il n'i areste. Au pous du bras.... Bl. et Jehan, 673. Tastant à la main, à manière d'avugle. Miracles St Loys, p. 4 75. Il XIV* s. Ainsi furent Anglois es grans bois de Cisay, Qui boivent liement si bon vin que d'Aussai [Alsace]; Hé dieux I dient Anglois, ains tel vin ne tastai, Guescl. 22446-22134. Tu cognoistras maie complexion en la plaie, se tu vois la pcl d'environ la plaie trop rouge et chaulde à lasler, LANPRANC, f* 42, tierîo. ||xv* S. Aveuglc suy, no sçay où aler doye ; De mon baston, affin que na forvoye. Je vais tastant mon chemin çà et là, cii. d'orl. Bal. 64. Si fut tasté et quis, et la lettre trouvée sur lui, froiss. i, i, 228. Et leur dit qu'ils prissent mille hommes d'armes et deux mille archers, et s'en allassent tastant et regardant selon la rivière de Somme, ». i, i, 276. ||xvi* s. Que saint Antoine me arde, si ceulz tastent du piot qui n'auront secouru la vigne I bab. Garg. i, 27. Je n'ai tasté des verges qu'à deux coups, et bien mollement, mont, n, 73. Ce mystère cOmmençoit à taster ma souspeçon, m. iv, 227. Il la fit taster partout [la rivière]; en fin fut trouvé un gué, LANOUE, 642. Il emporte trois barricades sans les taster, d'aub. Hist.n, 474. Si tu tastes delà chaux dissoute sur le bout de la langue, tu trouveras une mordication salsitive, palissy, 33. Quand il eut un peu tasté des richesses et des délices de l'Orient, AMYOT, ArUon. 27. Quand deux grandz capitaines comme ces deux là se sont tastez iine fois en tels hazards.... brant. Duc d'Albe.
— ÊTYM. Provenç. et anc. espagn. tattar; ital. , <asJore;d'un verbe itératif, d'après Diez, formé du latin taxare, qui signifie toucher fortement et souvent. Tastare représente donc une forme fictive laxitare. L'allemand tasten vient des langues romanes.
tATEDR, ECSE (lâ-teur, teû-z'), ». m. et f. Il i* Celui, celle qui agit avec irrésolution, avec timidité. || 2" Tâteur d'bomme, celui qui tâte le courage de quelqu'un. Si cet exemple [brûler la cervelle i un insulteur] intimide un peu les tâteurs d'hommes, et fait marcher les gens d'honneur qui ne ferraillent pas, la tête un peu plu» levée, je dis que la mort de cet homme de courage [pendu pour meurtre] ne sera pas inutile à la «ociété, t. 1. rouss. UU. à l'abbé M. 44 mar»
tXt
ITTO. Autrerois nous avions des tâteurs qui faiâaient métier d'éprouver les débutants; s'il y en a encore, en arrivant à son régiment, il passera par leurs mains, ca. de behnahd, la Peau de lion, v.
— HIST. XV* s. Comme un bon tasteur de vin.... après avoir gousté d'un hypocras ou d'un excellent vin pineau, Ut quinxejoiet du mariage, p. 67,
dans LACURNE.
— Rtvm. Tdter.
TATE-VIN (tâ-te-vin), i. m. Sorte de petit yase
pour déguster. || Au plur. Des tâte-vin.
— ETYM. Tdter, vin.
t TATIENS (ta-siin), «. m. pi. Nom donné par Romulus i la première tribu du peuple romain; les deux autres étaient les rhamnes et les lucères.
t TATIGNON (ta-ti-gnon), ». m. Petit meuble sur lequel les brodeurs posent les mouchettes et la chandelle pendant la veillée.
t TATIGCE (U-ti-ghé), ou TATIGOIN (ta-tigouin), interj. \oy. tétigué.
TATILLON, ONNK (U-ti-llon, Uo-n', Il mouillées, et non la-ti-yon), i. m. et f. Celui, celle qui tatillonne. C'est un tatillon. Tâchez qu'il n'y ait rien à redire; car c'est un tatillon, s'il en fut jamais,
TH. LECLKRCO, PrOV. t. I, p. 68, dans POUGENS.
— ÊTVM. Dérivé de tdter.
TATILLONNAGE (ta-ti-llo-na-j*, Il mouillées, et
non ta-ti-yo-na-j'), s. m. Action de tatiUonner. La gène que son tatillonnage et ses variations perpétuelles m'auraient causée, m"*d'épinay, Mém. t. m,
p. 224, dans POUGENS.
TATILLONNER (ta-ti-llo-né, il mouillées, et non ta-ti-yo-né), v. n. Terme familier. S'occuper mal à propos, inutilement, de toute sorte de petits détails.
— ÊTYM. Tatillon.
t TATONNAGE (tâ-to-na-j'), s. m. Synonyme de tâtonnement. Mauvais tâtonnage politique que tout cela, d'argenson, Journ. et Mém. t.ii, p. 54, Paris, in-8.
t tAtonnÉ, ÉE (tâ-to-né, née), part, passé de tâtonner. Exécuté en tâtonnant, avec peu de siireté. Mole. . . a dénaturé la déclamation tragique, en y portant les tons tâtonnes, la harpe, Corresp. t. ii,'p. 26.
TATONNEMENT (tâ-to-ne-man), t. m. Action de tâtonner. || Fig. Il ne perdait plus de temps en tâtonnements et en épreuves, il était sûr de ses moyens et du succès, fonten. Ruiseh. Ce ne fut qu'au bout de deux mois d'expérience qu'il [un aveugle de naissance, opéré de la cataracte] put apercevoir que les tableaux représentaient des corps solides; et lorsque après ce long tâtonnement d'un sens nouveau en lui.... volt. Phil. Newt. II, 6. Enfin, après bien des tâtonnements, il est venu un homme qui a découvert le premier ressort de la nature, la cause de la pesanteur, ro. Dial. t3. Ce n'est que par une suite d'expériences ou de tâtonnements, qui commencent peut-être avant la naissance, que l'âme s'habitue à rapporter à leur véritable lieu les sensations qu'elle éprouve, et à ne mouvoir précisément que les membres qu'il faut mouvoir, bonnet, Ess. psych. 2. Il Terme de mathématiques et de physique. Méthode de tâtonnement, méthode par laquelle on cherche à résoudre une question on essayant différentes suppositions et différents moyens.
— ÉTYM. Tâtonner.
TATONNER (tâ-to-né), V. n. || !• Chercher dans l'obscurité en tâtant. Je me veux r'habiller, je cherche, ije tâtonne, Régnier, Sat. xi. || 2» Tâtcr avec les pieds et les mains pour se conduire plus «iirement. Marcher en tâtonnant. Que Dieu les frapperait d'aveuglement, et qu'ils tâtonneraient en plein midi comme les aveugles, pasc. Proph. 34, éd. faugêre. Il 3* Fig. Procéder avec embarras faute do lumières nécessaires. Sept ou huit ans de plus qu'il n'avait l'ont rendu plus sage, et le font marcher en tâtonnant, bussy-rabutin, Lett. t. n, p. U9, dans POUGENS. Un pinceau qui tâtonne, HOL. Gloire du Val-de-Grdce. Je suis si accoutumée à me voir confondue sur la plus grande partie de mes désirs, que je ne parle de l'avenir qu'en tâtonnant, sÉv. 30 juill. (677. J'allais tâtonnant par une suite de raisonnements, mais la lumière no luisait point dans mes ténèbres, fén. t. xviii, p. 342. Tronchin [célèbre médecin] ne sait où il en est; car il a abandonné son premier traitement: il tâtonne, dideh. Lelt. à Ulle Yoland, 24 nov. 4768. Il II se conjugue avec l'auxiliaire osoir. Il 4* r. a. Essayer quelque chose en tâtonnant. Le petit homme [Coulanges] chanta, et fit un vrai plaisir à l'abbé de Harsillac, qui admirait et tâtonnait ses paroles avec des tons et des manières •i semblable* i c«11m de ton père [U. de la Rocbe-
TAT
foucauld] qu'on en était touché, s£t. 10 janv. <6H0. Je ne me suis déterminé à commencer mes corrections au terme H4, qu'après avoir tâtonné toutes les autres suites que donnaient les sommes des nombres pris cinq i cinq et même dix à dix, BUFF. Prob. de la vie, Œuv. t. x, p. 220. Il S° Tâter quelqu'un (emploi qui n'est plus usité). Il [le cardinal d'Estrées] était quelquefois haut, quelquefois colère, ce n'était pas un homme qu'il fil bon tâtonner, sT-sm. 370, <so.
— HIST. XVI* s. ^près avoir rcmonstré que Dieu se peut en tastonrtant sentir des aveugles [peut être senti par les aveugles], calt. Inst. 14. Ceulx que la tristesse accable se laissent pourtant par intervalles tastonner à quelque plaisir, hont. iv, 2U7. Hal que je porte et de haine et d'envie Au médecin qui vient soir et matin Sans nul propos tastonner ce tetin I hons. <6».
— ÊTYM. Voy. TÂTONS ; picard, tatiller; provenç. tastonar.
TATONNECR, EnSE{tâ-to-neur, neû-z'), ». m. et f. Celui, celle qui tâtonne. M. le garde des sceaux, qui, de son naturel, est fort tâtonneur, a peine i se décider, bachaumont, Mém. secr. t. xxx, p. 3io.
— ÊTYM. Tdtonner.
TATONS (À) (tâ-ton ; 1'» ne |se prononce pas, même devant une voyelle, dit Chifflet, Gramm. p. 2<6), loc. adv. Il 1* En tâtonnant dans l'obscurité. On chercha, en s'éveillant comme à tâtons, les lois, on ne les trouva plus, retz, Mém. 1. 1, liv. n, p. 140, dans pougens. Pendant que Destin courait à tâtons après ceux qui avaient enlevé Angélique, scarr. Rom. com. n, 2. Ils iront à tâtons comme dans les ténèbres, saci. Bible, Job, xa, 26. Notre commerce à tâtons [Mme du DefTant aveugle et Voltaire ayant mal aux yeux] devient vif, madame, VOLT. Lett. Mme du Deffant, 27 juin 4764. Il Ce sont des enfants de la messe de minuit, qui cherchent Dieu à tâtons, se dit de débauchés qui profitent de l'occasion de ce jour-là. || 2* Fig. D'une manière incertaine; en essayant de divers moyens dont on n'est pas siir. Nous vivons à tâtons, et dans ce monde ici Souvent avec travail on poursuit du souci, régnier, Sat. m. Je no puis souffrir qu'au commencement d'une carrière où l'on ne marche encore qu'à tâtons, on prétende avoir atteint ceux qui sont au bout, boursault, Lett. nouv. t. n, p. 74, dans fouoens. Les gens qui n'ont point de principe dans les affaires, et qui n'ont point de vrai discernement des esprits, vont toujours comme à tâtons ; c'est un hasard quand ils ne se trompent pas, fén. Tél. xxn. U est difficile de pénétrer dans les profondeurs de l'histoire ancienne; quand on y saisirait la vérité à tâtons, on ne serait jamais sur de la tenir, volt. Dict. phil. Élie et Enoch.
— HIST. XII* s. Com avugles qui à tastons Va aucune chose cerchant, crestien de troyes, Cheval, au lyon, v. luo. || xrv* s. Elle moult le dist à bas ton; Pour ce l'acolay â taston; Car nulle goûte ni veoie, maciiaut, p. 49. || xvr s. Mon jugement ne marche qu'à tastons, chancelant, bronchant.... mont, i, 165.
— ÊTYM. Tdter. Taston, substantif fait de taster, comme plongeon de plonger, a donné d'une part tastonner : agir en taston, et d'autre part à tastons ou à taston: à la facondes tastons ou du taston.
TATOU (ta-tou), s. m. Animal du Brésil, de la grandeur d'un cochon de lait, dont il a aussi le museau, couvert d'un test écailleux en forme de cuirasse (les tatous sont un genre de la famille des édentés). Tous les tatous sont originaires de l'Amérique ; ils étaient inconnus avant la découverte du nouveau monde, les anciens n'en ont jamais fait mention, buff. Quadrup. t. iv, p. H5.
— ÊTYM. Mot brésilien : Quod Hispani ab armis quibus tectus est armadillo appellant, Gallis vero voce brasilianica tatu dicitur, eu. l'écluse (clusius), Exoticorum libri decem, v, 16.
TATOUAGE (ta-tou-a-j'), s. m. L'ensemble des moyens par lesquels des matières colorantes, végétales ou minérales, sont introduites sous l'épidcrme et à des profondeurs variables, à l'effet de produire une coloration ou des dessins apparents et de longue durée, quoique non absolument indélébiles, BERCHON.
TATOUÉ, EE (ta-tou-é, ée), part, passé de tatouer. Les membres du conseil sont assis ou couchés à terre dans diverses attitudes : les uns, tout nus, n'ont pour s'envelopper qu'une peau de buffle; les autres, tatoués de la tête aux pieds, ressemblent à des statues égyptiennes, cbatbadbb. Amer. gouvernement
TAU
t TATOPEMENT (ta-tou-m«n), f. m. Synonyme peu usité de tatouage.
TATOUER (U-tou-é), v. a. Peindre, barioler le corps de figures de diverses couleurs. Ils [les Tahitlens] admiraient la couleur de notre teint, ils serraient nos mains, et ils paraissaient étonnés de ce que nous n'étions pas tatoués, 2* voy. de Cook, trad. franf. 1772-1776, dans bercuon (Nous avons cm devoir créer ce mot, dit le traducteur, pour exprimer les petits trous qu'ils se font sur la peau avec des pointes de bois). || Se tatouer, o. réfl. Les peuples de l'Océanie ont l'habitude de se tatouer.
— ÊTYM. M. le docteur Berchon (Recherche» sur le tatouage) a démontré l'origine et exposé la filiation de ce mot. La première fois qu'il se montre, c'est sous la forme anglaise dans le récit du premier voyage de Cook : Les Indiens [de Tahiti] impriment sur leur corps des taches suivant l'usage de plusieurs autres parties du monde, qu'ils appellent tattov) (traduction franc, avril 176»). Puis il est francisé dans le verbe tatouer, oomme on l'a vu plus haut. U vient du tahitien tatau, prononcé tataou, qui signifie les marques ou dessins tracés sur la peau humaine; tatau dérive de ta qui signifie marque, dessein, empreinte.
t TATOUEUR (ta-tou-eur), ». m. Celui qui pr»tique le tatouage.
t TATTEUSALL (U-tèr-sal), ». m. Établissement public qui a pour objet la vente aux enchères des chevaux de selle ou d'attelage, des voitures, harnais, équipages de chasse, fondé dans Paris 1 l'instar d'un établissement semblable à Londres. C'est une société anonyme autorisée par décret du 19 septembre- 1856.
— ÊTYM. Tattersall était un groom du duc de Kingston, qui, après s'être enrichi par l'acquisition du célèbre coureur Highfiyer, fonda un marché aux chevaux, lequel a gardé son nom, forgues, Kev. des Deux-Mondes, 16 janv. I868.
t TATZft (ta-tzé), ». m. Fruit d'un arbrisseau de la famille des myrsinées (myrï»n« africana, L.) qui croit sur les roches humides de la plus grande partie de l'Afrique, et surtout en Abyssinie, à 3000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il est ténifuge.
t TAU (ta), ». m. Il 1* La dix-neuvième lettre de l'alphabet grec. || Fig. Mettre le tau à quelque chose, y donner son approbation (locution qui vient de l'Apocalypse, où un ange marque d'un T le front des prédestinés). U n'appartient qu'au public de mettre le tau aux mérites des particuliers, Rép. à l'apologie de d'Olivet, dans dèsfontaines. Il 2* Instrument, en forme de tau grec, que plusieurs divinités égyptiennes tiennent à la main. || 8* Terme de blason. Meuble de l'écu qui ressemble à un T.
t TAUCHIE (tô-chie), ». f. Ancien mot signifiant damasquinure. Les splendides arquebuses enrichies de tauchies d'argent ou d'ivoire, la von, Jfont*. univ. 3 août 1867, p. 1067, 3* col.
t TAUD (tôd), ». m. ou TAUDE (tô-d'), ». f. Terme de marine. Tente faite d'une grosse toile goudronnée ou peinte qu'on établit au-dessus des barques pendant la nuit quand il pleut.
— ÊTYM. Espagn. tolda, toldo, bonne grosse toile qu'on tend sur une cour ou sur un bateau ; portug. toldar, tapisser. D'après Covarrubias et Diez, il vient du lat. tholiu (avec intercalation d'un d, comme dans humilde, do humtlis), toit en forme de coupole. Mais M. Dozy objecte que le sens n'est pas satisfaisant, et il propose l'arabe dholla (aussi avec insertion d'un d), qui a le même sens que tolda, toldo, et qui vient de dhill, ombre. L'intercalation n'est pas sans difficulté; on l'éviterait en s'adressant au germanique : anc. Scandinave, tialld, tente; vieux flamand, <eJd«; allem. Zelt.
t TAUDER (tô-dé), v. a. Terme de marine. Déployer, tendre le taud. || Se Uuder, v. réfl. Se mettre à l'abri sous le taad.
— ÊTYM. Taud.
TAUDION (tô-di-on), ». m. Terme populaire. Mauvais taudis.
— ÊTYM. Dimin. de (audit.
TAUDIS (tô-di), ». m. \\ 1* Anciennement, logement qui faisait partie des travaux d'un siège pour la facilité des approches. || 2* Aujourd'hui et par dégradation de sens, petit logement misérable, malpropre. Ils languirent toute leur vie dans leo." taudis, patru. Plaidoyer 4. Elle [l'espérance] habite dans le taudis de l'indigence et dans le pslais des princes, m"* db puisieux, Ridic. à la mod*, p. 448, dans PouoENS. De Philémon tous connais-
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lez l'histoire, Amant aimé dans le coin d'un taudis, VOLT. Ce gui pio». Il Familifcremenl. C'est un taudis, un vrai taudis, se dit d'une chambre où tout est en désordre.
— lllST. xv« s. Et aussi fist faire dedans les boys grand nombre de charrettes, taudis de bois avec les eschellos à assaillir villes et forteresses, Bibl. des ch. *• série, t. n, p. 66) . Et se sont tous leans retrais En ce chasteauet abbaye.... Plusieurs là relrayez se sont En ung petit méchant taudis, ifyst. du tiege d'Orltam, p. 7)7. ||xvi* s. Oultre tout cela y avoit vingt taudis tout chargez et pleins de vaisselle d'argent, amyot, LucuU. 76. Ayant levé le flanc que faisoit ladite casemate, commença avec taudis & miner sous la muraille, faisant lesdites mines et estant dedans le fossé ledit Piètre de Navarre, sortit de dessous les taudis qui esloient le long du mur pour recognoistre quelque chose, H. du bell. )0. Plusieurs de tels estaudis seront dressés. en chacun membre, salle ou chambre, selon sa capacité, o. de serres, 472.
— ÉTYM. Toudisetrancien verbe (oudir,couvrir, viennent probablement de l'anc. scandin. tialld, tente, tiallda, dresser une tente, selon Diez (voy. taud). Bouchet, dans ses Serées, fin du xvi* siècle, donne une liste des mots de l'argot de son temps, où »e trouve taudis, maison ()B* ser^e).
t TACGOUR (tô-gour), s. m. Petit levier qui tient un essieu de charrette bandé sur les brancards.
t TAULE (tô-l'), ». f. Terme de métallurgie. Table de l'enclume.
— ÊTYM. Ancienne forme de table.
t TAULIER (tô-lié), i. m. Tablette sur laquelle on présente les portions aux religieux, dans les réfectoires de certains monastères.
— ÉTYM. Voy. TAULE.
+ TAUMALIN (tô-ma-lin), t. m. Crabe pagure. Il Se dit, dans les Iles, d'une sauce que l'on fait avec l'intérieur des crabes.
TAUPE (tô-p'), $.f.\\ 1° Nom d'un genre de mammifères carnassiers insectivores, dans lequel on distingue la taupe commune, dont les yeux sont très-petits et tellement cachés sous les poils qu'on en a longtemps nié l'existence. Prenons la taupe pour arbitre; Comme Thémis elle est sans yeux, L'airgraveet robe noire; on ne peut choisir mieux, LAMOTTE, Fabl. m, )4. La taupe, sans être aveugle, a le» yeux si petits, si couverts, qu'elle ne peut faire usage du sens de la vue, bufp. Quadrup. t. ii, p. 322. Tout le monde connaît les souterrains de la taupe; mais tout le monde ne sait ce que ces souterrains renferment do curieux ; c'est là qu'à l'abri des insultes des animaux carnassiers, loin du trouble, du bruit et des regards des curieux, l'industrieuse taupe élève sa nombreuse famille dans une heureuse obscurité qui assure sa tranquillité et son bonheur, bonnet, Contempl. nat. XI, 8. Il Ne voir pas plus clair qu'une taupe, se dit d'une personne qui ne voit pas bien. || Fig. Être sous terre comme une taupe, vivre caché dans la retraite. Le pauvre Nicole est dans les Ardennes, et M. Arnauld sous terre, comme une taupe, sÉv. 3) mai 4680. Il Fig. Une taupe, une personne intellectuellement aveugle. Ce que vous me mandez que nous sommes des taupes, et que la paix est quelquefois bonne et quelquefois la guerre, cela, dis-]e, est du meilleur sens du monde, bussy- BAiiuTiN, Lett. à Mme de Sév. 22 mars )673. Lynx envers nos pareils, et taupes envers nous. Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes, LA FONT. Fabl. I, 7. Toujours taupe à l'égard de sa propre personne, Méprisant tout le monde, et n'admirant que lui, destolcii. Hommesing.ift. || Familièrement. Noir comme une taupe, très-noir. Blanche, qui est plus noire qu'une taupe, lesaoe. Est. Gonx. )7. Sa jolie petite femme, noire comme une taupe, VOLT. Lett. Prince de Ligne, (8 févr. )704. Il Populairement. Cet homme est allé dans le royaume des taupes, il est mort. Je ne vois guère plus qu'une taupe; et d'ailleurs j'irai bientât dans leur royaume, en regrettant fort peu celui-ci, mais en vous regrettant beaucoup, volt. Lett. Mme duDeIJant, isavr. )770.|| Fig. C'est une vraie taupe, se dit d'un sournois dangereux, qui agit par des voies souterraines. || Il va comme un preneur de taupes, se dit d'un homme qui marche doucement sans faire de bruit. || Servir comme une taupe dans un pré, être nuisible. || i' Nom Tulgaire et vieilli d'une espèce de loupe irrégu- Uère, sinueuse, formée soui les téguments do la ttte, qui sont soulevés comme la terre fouillée par U taupe. Il Terme de vétéTinaire. Ual de taupe,
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voy. MAL, n* 8. Il 8" Taupe étoilée du Canada, nom vulgaire de la condtjlure eritêe (carnassiers insectivores). || Taupe de Sibérie, animal qui a le poil vert et or, et qui est différent de nos taupes, BUFP. Quadrup. 1. 11, p. 328. Il Taupe de mer, requin. || Nom vulgaire et spécifique delà cypréo taupe ou porcelaine taupe, coquille univalve. Il Taupe volante, courtilière; on dit aussi taupegrillon. || 4° Terme rural. Taupe à rigoles, charrue pour les irrigations et les dessèchements. Il Proverbe. Un chasseur, un pêcheur et un preneur de taupes feraient de beaux coups sans les fautes.
— HIST. xin* s. Des yex dou cuer ne veons gote. Ne que la taupe soz la mote, ruteb. 24 b. Nous resamblons la taupe qui ot et pas ne voit.... Nos oions les sermons c'on dit et amentoit; Si n'i a cil ne ccle qui par ce se chastoit, la Chantepleure, dans RUTEB. t. I, p. 390. ||xiv' S. Vousendormirés Argus, si que il ne verra mes que une taupe, machaut, p. 449. Il xvi' s. Des taupes chez nous; et des lynx chez autrui, cité dans fournier, Variétés hisl. et litt. t. IV, p. 66.
— ÉTYM. Picard, teupe; provenç. catal. et ital. talpa; du latin talpa.
TAUPE-GRILLON (Uu-pe-gri-Uon, Il mouillées), ». m. Insecte de la famille des grillons, dit aussi courtilière. || Au plur. Des taupes-grillons.
— REM. Legoarant dit que taupe-grillon devrait être, non du masculin, comme le fait l'Académie, mai» du féminin, attendu que dans celte expression le mot taupe occupe d'abord l'esprit.
— ÉTYM. Taupe, et grillon.
t TAUPETTE (tô-pè-f), ». f. Courtilière.
— ÉTYM. Dimin. de taupe.
TAUPIER (tô-pié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, r» se lie : des tô-pié-z adroits), ». m. Preneur de taupes.
— ÉTYM. Taupe.
) . TAUPIÈRE (tô-piè-r'), ». f. Piège à prendre les taupes.
— ÉTYM. Taupier.
t 2. TAUPIÈRE (tô-piè-r"), ». f. Espèce de champignon.
TAUPIN (tô-pin), ». m. || 1° Nom qu'on donnait à un corps de milice française sous Charles VU. Les francs Taupins (avec un T majuscule). ||Nom qu'on donnait autrefois aux pionniers des armées, aux mineurs. || 2" Dans l'argot des lycées, élève en mathématiques spéciales (aspirant à l'École polytechnique, à l'École normale, à l'École centrale). Il 3° Insecte, dit aussi maréchal à cause du petit bruit qu'il produit en sautant, qui fait du tort au blé dans la culture, coléoptères, genre elater.
— ÉTYM. Origine inconnue.
TAUPINEE (t6-pi-née) ou TAUPINIÈRE (tô-piniè-r'), ». f. \\ 1" Petit monticule de terre formé par la taupe aux extrémités ou aux points les plus élevés de sa galerie souterraine. La terre des taupinières a son mérite, lorsque l'animal travaille dans un sol depuis longtemps en prairie, genlis, Ifatson rust. t. m, p. 269, dans pougens. || 2° Familièrement. Petite élévation de terre, monticule. La moindre taupinée était mont à ses yeux, la FONT. Fabl. vra, 9. Cet autre petit étang qui, sous le nom de grand Océan, entoure la taupinière, VOLT. Micromég. 4. || 3" Petite maison de campagne basse et sans apparence.
— llIST. ivi* s. Ruynant les obscures forests, réceptacles de briguans et meurtriers, taulpinieres d'assassinateurs, hab. Pont, ni, 2.
— ÉTYM. Taupe ; Berry, taupine.
TAURE (tô-r'), ». f. Jeune vache.
— ÉTYM. Bourg, torie; du latin, (aura, fém. de taurus.
TAURÈADOR (to-ré-a-dor), ». m. Voy. toréador.
TAUREAU (to-rô), ». m. || 1° Bête à cornes qui est le mâle de la vache. Deux taureaux combattaient à qui posséderait Une génisse avec l'empire, LA FONT. Fabl. II, 4. Tels deux fougueux taureaux, de jalousie épris, Auprès d'une génisse au front large et superbe.... boil. Lutr. v. Les anciens ont appelé taureaux éléphants les bœufs d'Ethiopie et de quelques autres provinces de l'Asie, où ces animaux approchent en effet do la grandeur de l'éléphant, buff. Quadrup. t. vu, p. 205. Le taureau doit être gros, bien fait et en bonne chair, ayant l'œil noir, le regard fixe, le front ouvert, la tête courte, les cornes grosses, courtes et noires, genus. Maison rust. t. i, p. 22b, dans POUGENS. || Le sang de taureau était regardé, i tort, par les anciens comme un poison. 11 [fliémistoolo] but du sang de Uureau, ou, selon d'au-
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très, il avala un poison fort prompt, et mourut ainsi à Magnésie, âgé de soixante - cinq ans, rollin, Ilisl. anc. Œuv. t. ui, p. 362, dans pou- OE.NS. Il Combat de taureaux, course de taureaux, sorte de spectacle où des hommes à pied et à cheval et armés de lances combattent contre un taureau que le toréador achève. Les combats de taureaux, affreux; deux grands pensèrent y périr; leurs chevaux tués sous eux; très-souvent la scène est ensanglantée , sév. 408. Leur conversation roula d'abord sur une course de taureaux qui s'était faite depuis peu de jours, lesage, Gil Bios, iv, 7. Il Fig. et familièrement. C'est un taureau se dit d'un homme extrêmement robuste. Danton, la bc'che torse, demi-homme et demi-taureau, dans sa laideur royale... bichelet, Ilist. de la Rév. vni, i. Il Une voix de taureau, une très-grosse voix. L'un de nos camarades, dont la voix disputait à celle des taureaux du Cantal où il était né, entonna l'hymne de louange, mabmontel, Mém. ). ||Un cou de taureau, un cou large et musculeux. || Taureau banal, taureau qui appartenait au seigneur du lieu, et auquel ses vassaux étaient tenus d'amener toutes leurs vaches. || Fig. et grossièrement, taureau banal, homme toujours prêt aux plaisirs amoureux. Il Taureau Farnèse, nom d'un groupe admiré à Rome, et qui représente Dircé que les enfants da Lycus attachent à la queue d'un taureau furieux. Il est d'un seul bloc de marbre et placé dans le palais Farnèse. Il Taureau d'airain, ou taureau da Phalaris, taureau jeté en fonte, employé par Phalaris pour y enfermer et brûler ceux qu'il voulait punir. Il 2' Le taureau, symbole qui joue un grand rôle dans la religion de Zoroastre. Mithra, emblème du soleil, était toujours chez les Perse» représenté par un taureau, bailly, Uist. astr. mod. t. m, p. 289. Il n'est point d'être qui joue un rôle plus important dans la cosmogonie des Perses que le taureau, le premier des êtres créés qui ne fût pas le produit de l'union des deux sexes, silv. de SAcy, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. n, p. 210. Il 3° Taureau à bosse, taureau du Mexique, du Canada, taureau des Illinois, noms vulgaires du bison. Il Taureau des Indes, le zébu. || 4° Terme d'astronomie. Le second signe du zodiaque, où le soleil entre vers le 2) d'avril , et qui est représenté dans le globe sous la figure de cet animal (avec un T majuscule). || L'Œil du Taureau, étoile de la constellation du Taureau. |{ Taureau royal de Poniatowski, petite constellation boréale située entre le Serpent, l'Aigle et Ophiucus. ||6" Taureau des étangs, héron butor. || Taureau volant, un scarabée. Il 6° Terme de marine. Navire de charge très-renflé de l'avant (Manche).
— HIST. un' s. Plus plaira i Dieu la moie louenge que sacrefices de torel qu'en 11 soloit faire en la viez loi, Psouder, f* 8). || xv s. Une jument n'aroit d'un toreaux cure. Ne la chievre n'a cure du sengler, e. desciiamps. Fou est vieux homme, etc. ||ivi' s. Ils luy donnent le plaisir du combat des dogues contre les ours et les taureaux.... mais celuy du taure plus que l'autre.... Un puissant taure et bien aguerry.... Et amenoiton des taures de Provence, carloix, n, 4. Je vis sa forte ville et le Po menaçant. Qui va comme un taureau par les champs mugissant, rons. ) '• églogue.
— ÉTYJl. Berry, (aurmu; wallon, tarai; d'une forme fictive lauretiu», dimin. de taurus, taureau. La forme simple se trouve dans la plupart des patois et dans les autres langues romanes. Comparez le grec TaOpo;, le gaélique tarbh, le kymri tore, le bas-breton (oru, le sanscrit sthara, ail. Stier.
t TAURELIÈRE (tô-re-liè-r'), ». f. Se dit d'une vache qui demande souvent la taureau. La taurelière est sujette à avorter.
— ÉTYM. Taureau, par l'ancienne forme (aurel. t TAUUICIDER (tfl-ri-si-dé), ». o. Terme vieilli.
Combattre et tuer les taureaux dans les courses de taureaux. Don Japhet : Je veux tauricider avec mon seul laquais. — Foucaral : Tauricidez tout seul, SCAHR. D. Japhet, ni, 4.
— ÉTYM. Lat. (ouruî, taureau, et corder», tuer.
t TAURILLON (lô-ri-llon, Il mouillées), ». m. Jeune taureau. Taureaux et laurillons, venant des pays étrangers, la pièce payera 3 livres, Tarif, 18 sept. )6i!4.
— HIST. XVI* s. Taurillon, cotorave.
— ÉTYM. Dimin. de tour, taureau.
t TAURINE (tô-ri-n'), t. f. Terme de chimie. Matière cristallisable découverte dans la bile du bœuf.
TAUROBOLE (to-ro-bo-l'), ». m. || !• Terme d'antiquité. Sacrifice d'expiation, fort commun tui
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