‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 175 sur 754 · XVIII · texte numérisé non relu

XVIII

— ETYM. Taveler.

TAVERNE (ta-vfcr-n'), t. f. || !• Lieu où les gens viennent boire pour de l'argent; en ce sens, il ne se dit guère qu'avec une idée de mépris ou de débauche. De quelque façon qu'on gouverne. Pourvu que j'aille à la taverne, U me semble que tout va bien, uainard. Poésies, dans riciielet. Il hante la taverne, et souvent il s'enivre, la font. Fab\ XII, <9. Passer de Mme do la Fayette i Scarron, et aller de Zaïde au Roman comique, c'est aller do la bonne compagnie i la taverne , laharpe, Cours de litt. t. ix, p. «70, dans pougens. 1|2* En Angleterre, lieux où l'on donne à manger à prix d'argent. || Par extension, il se dit avec ce même sens en France et ailleurs. Je payai mon passage au capitaine, et lui donnai un dîner d'adieu dans une très-bonne taverne auprès du port, ciiateaub. Amer. Yoy. en Amérique. \\3' Ancien terme do marine. Chambre où un officier marinier dans les vaisseaux desxvi'et xvii' siècles, et le comité dans les galères vendaient des vivres, des boissons et du tabac au gens de l'équipage. Les tavernes furent défendues en (872. Sa Majesté voulant rotrancher les abus qui se commettent sur la plupart de ses vaisseaux de guerre par le moyen des tavernes.... Ordonn. 20 oct. (872, dans jal.

— SYN. taverne, cabaret. Quand taverne est pris seulement au sens de lieu où l'on va boire, il s'y attache une idée de mépris qui n'est pas dans cabaret; et, quand il est pris au sens de lieu où l'on donne à boire et à manger, il indique un établissement plus relevé que le cabaret.

— HIST. xiii' S. Nul ne voise boire en taverne , se il n'est trespassant, ou tel qu'il n'ait point de meson en la ville, Ordorin. de (268. 11 aloient en la tavierne il dix ou il onze , et despendoient xz ou XXX ou plus ou moins, et mandoient à un prudhome de petit lignage de la vile, auques riche, que il paiast lor despens, Chr. de Hains, 220. Maint ribaus.... despendent en la taverne Tout leur gaaing et lor espergne. Puis revont porter les fardiaus, la Rose, 607(. Nous voulons et eslablissons que touz nos prevos et nos baillifs.... se gardent de geu de dez, de taverne.... jomv. 296. Il XIV* s. En la taverne sont faictes les meslées; en l'église sont faictes les paix, Modus , f lxv, verso. La taverne si est le moustier au deable, où ses disciples vont pour le servir, Ménagier, i, 3. || iv" s. Si aucuns privilèges.... ont esté donnes.... ce n'a point esté fait ne entendu pour faire vente en assiette et taverne , mais simplement en détail, parce que de faire taverne est vil estât et mestier.... D^clar. du rot, (6 août (498. En taverne pas ne t'hiverne. Car c'est une dangereuse caverne, leboux de lincy, Prov. t. n, p. 2(8. Il XVI' s. Les daiz qu'on estend sur les tsiblos ne sont permis qu'aux maisons des princes et aux tavernes, mont, i, 387.

— ETYM. Bourg, taivame, tavane; wallon, (ovienn, ; provenç. taverna ; espagn. taberna; ilal. tavcma ; du lat. laberna, de même radical que tabula (voy. table).

t TAVEUNER (ta-vèr-né), e. n. Hanter les tavernes.

— HIST. XVI' s. Car faire 11 peut tout ouvrage du dyable. Comme yvroigner, paillarder, tavorner, Frapper, tuer, sans estrc punissable, BONr'ARD, Anc. et nouv. police de Genéie, p. 9(.

TAVERNIKR, 1ÈRE (ta-vèr-nié, niè-r'), ». m. e» f. Terme vieilli. Celui, celle qui tient taverne. IITavernior vendant à pot, c'est-à-dire donnant i boire seulement, par opposition aux cabaretiers vendant à assiette. Nous avons fixé notre droit de huitième pour chacun muid jauge de Paris, vendu en détail dans notre bonne ville et faubourgs do Paris, par les taverniers vendant à pot, à 6 livres 8 sols ; et par les cabaretiers vendant à assiette, à 8 livres (6 sols; ce qui a donné lieu aux adjudicataires de notre ferme des aides, d'empêcher les taverniers vendant i pot d'avoir en leurs maisons des sièges, nappes et serviettes.... Déclar. du roi, 29 nov. (bho. || Adj. Le visage do cette nymphe tavemière était le plus petit et son ventre était le plus grand du Maine, scarr Hom. corn. II, 8.

— HIST. xni's. Tout cil pueent estre tavernier à Paris qui veulent, se il ont de quoi, par paiant le chantelage au roy, les mesures aus bourgeois et les crieurs, Liv. des met. 28. On flst entendant i Pierres qui lires estoit d'une vile, qu'il y avoit

TAX

TAX

TE

aucuns tavreniers qui mesuroient à trop petite mesure, BEAUii. ixvi, (5. ||xiv* s. Mais aucunes gens sont, bien le puis tesmoignior. Qui n'aiment pas tant Dieu qu'il font le tavrenier, Baud. de Seh. V, 6. Il iTi* s. I-e tavernier s'enyvre de sa taverne,

COTGRATE.

— ÉTYM. Provcnç. tavernier; ospagn. tabernero ; portug. taverneiro ; du lat. tabernarius , de taberna, taverne.

t TA VON (ta-von), 1. m. Mégapode, oiseau des Philippines.

TAXATEUR (ta-ksa-tcur), t. m. || 1* Celui qui taxe. Il 2* En particulier, le commis qui, à la poste, taxe les lettres et les paquets. {| 3° Terme de procédure. Celui qui taxe les dépens.

— ETYM. Taxer.

TAXATION (ta-ksa-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. || !• Action de taxer. || i° Au plur. ^.Anciennement, ce qui était dii aux gens de finance, aux trésoriers et aux receveurs sur l'argent qu'ils recevaient. Il Aujourd'hui, avantages pécuniaires alloués à des employés de quelques administrations.

— HIST. xin's. En ceste amende n'a point de taxasion, fors à la volenté du prince, bbaum. i, 39. Selon la tauxation du roi, id. xlix, 4. || xv» s. Et venoient les commissaires du roi ens es bonnes villes qui portoient les taxations, phoiss. ii, m, 62.

— ÉTYM. Prov. taxasion; esp. tasation ; ilal. tastaiione ; du lat. laxationem, de taxare, taxer.

TAXE(ta-ks'), s. f. || 1» Règlement fait par l'autorité pour le prix de certaines denrées. Faire la taxe des vivres, des denrées. Taxe des actes des huissiers. || Le prix établi par le règlement. La taxe des lettres. On réclame contre cette taxe nouvelle. || 2* Règlement fait par autorité de justice pour certains frais occasionnés par un procès. Taxe des dépens. Il Terme de pratique. Tierce taxe, taxe faite par l'avoué de l'une des parties, sur la prière do son confrère qui occupait pour la partie adverse. || S* 11 s'est dit du prix payé pour indulgences. Polydore Virgile et le cardinal d'Ossat s'accordent à placer l'invention de la taxe de chancellerie sous Jean XXII, vers l'an 4 320, et le commencement de celle do la péniteocerie seize ans plus tard sous Benoît XII, volt. IXct. phil. Taxe. Le prix de chaque crime est taxé dans un ouvrage latin imprimé à Rome par l'ordre de LéonX, le 8 novembre 46lt, sous le titre de Taxes de la sacrée chancellerie et de la sacrée pénitencerie, m. ib. \\ 4° Imposition en argent mise dans certaines circonstances snr les personnes. On a fait une taxe de cent mille écus sur le bourgeois [à Rennes]; et, si on no les trouve dans vingtquatre heures, elle sera doublée, et exigible par les soldats, sÉv. 30 oct. 4 675. Les taxes et les confiscations furent immenses [après la défaite des luthériens à Muhlberg]; elles entrent toujours dans la vengeance des souverains, volt. Ànn. Emp. Charles-Quint, 4 647. || Somme que cette imposition oblige à payer. Il a refusé de payer la taxe. || 5* Il se dit pour impôt, en général. Si en général la taxe n'est point excessive, si on laisse au peuple un nécessaire abondant, BONTESQ. Esp. xm, 7. Qu'ou établisse de fortes taxes sur la livrée, sur les équipages, sur les glaces, lustres et ameublements, «ur les étoffes et la dorure, sur les cours et jardins des hôtels, sur les spectacles de toute espèce, sur les professions oiseuses, i. j. houss. Écon. polit. Pauvres, ils [les paysans] affectaient de le paraître encore plus, parce que les taxes, qui étaient personnelles et arbitraires, croissaient aussitôt qu'un laboureur laissait apercevoir de l'aisance, condil. Comm. gouv.n, 4 7. Quelle est la forme d'imposition la plus propre i concilier les intérêts publics avec les droits des citoyens? c'est la taxe sur la terre, HAYNAL, Hist. phil. xa,4 0. IITaxe des pauvres, impôt établi en Angleterre en faveur des pauvres.

— HIST. xm* s Tant [elle] fist de maies teschos el paî» asseoir, Berte, lxv. || xti* s. L'argent qui est frappé du coing publique, est fait argent monnoyé, et reçoit une nouvelle taxe de valeur, calt. tnstit. 4044.11feit mettre en taxe et estima les vestemcns, etc. dix /"is plus qu'ilz ne valoient, AUYOT, Cat. 3S.

— ÊTYM. Voy. taxer; provenç. taxa; espagn. lotea; portug. taxa; lui. tassa.

TAXÉ, ÉK (ta-ksé, ksée), part, passé de taxer. |l 1" Oui doit payer une certaine taxe. Un pauvre passementier dans ce faubourg Saint-Marco.au était taxé i dix écus pour un impôt sur les maîtrises, tiy. «•». ||S- Iccuié. Necker n'en fut pas moini

taxé de ranité pour avoir publié ce compte, hae-

MONTEL, Uém. XII.

TAXER (la-ksé), v. a. \\ 1° Régler, limiter le prix des denrées, des marcliandises. Taxer le prix du pain. Taxer la viande. || Fig. Il importe do ramener tout ce que nous faisons au motif qui l'a produit, et do taxer toutes nos actions dans notre cœur même, mass. Carême, Confess. \\ Régler les frais de justice. Taxer des vacations. || Terme do procédure. Fixer les frais de justice faits dans un procès, une faillite. || 2' Faire une imposition soit en deniers, soit en denrées. Je reçois un arrêt du conseil d'en haut de M. l'abbé Tribolet, qui me taxe à donner aux pauvres de mes villages vingt boisseaux de blé par mois, sÉv. à Mme de Guitaut, 4 févr. 4 694. Du jour où la nation permit aux rois d'établir un impôt général sans son concours, et où la noblesse eut la lâcheté de laisser taxer le tiers état pourvu qu'on l'exceptât elle-mfme.... TOCQUEviLLE, l'Anc. régime et la révol. ii, 4 0. Il Taxer d'office, régler par autorité supérieure et extraordinaire la taxe qu'un taillablo devait payer. Comme sa taxe avait été portée trop haut, l'intendant la diminua et le taxa d'office. || Fig. Ainsi on taxe son jeu et ses plaisirs pour les pauvres : on les fait entrer en société de son gain, uass. Carême, Vérit. culte. Il [Épaminondas] leur disait: Sphrodias a une fille en âge d'être mariée; il est trop pauvre pour lui constituer une dot ; je vous ai taxés chacun en particulier suivant vos facultés, BARTHÉL. Anach. ch. 6. ||3* Accuser quelqu'un d'un défaut, d'un tort, soupçonner. Cicéron le taxe [Epicure] de cela [avoir méprisé les lettres] et particulièrement du peu d'estime qu'il faisait de la dialectique, la motiie le vater. Vertu des paient, n, Épicure. M. Chapelain dit que taxer ne doit point être banni du beau langage; M. de la Mothe le Vayer est du même sentiment; il ajoute que c'est une pure imagination de dire que taxer pour noter et même pour accuser ne doit plus être employé dans le beau style, vaugel. Rem. not. Th. Corn, t.i, p. 374, dans pougens. Je m'offreàvousy servir, puisqu'il m'ena déjà taxée, mol. G. Dand. i, 7. Le commissaire : Comment? vous croyez donc qu'un homme de justice?... — Sganarelle : Ce que j'ai dit n'est pas pour taxer votre office, id. Éc. des mar. ni, 6. Les remontrants avaient déclaré que des hommes de grand nom et de grande réputation dans la réforme avaient établi des choses qui ne convenaient pas avec la sagesse de Dieu; ces grands hommes qu'ils voulaient taxer étaient les auteurs de la réforme, Calvin, Bèze.... boss. Var. xiv. Tubéron avait taxé de crime la conduite de ceux qui avaient porté les armes contre César, hollin, Traité des Et. m, 3. || Absolument. Je ne taxe personne, je ne fais tomber sur personne le soupçon, le reproche dont il s'agit. || 4° Se taxer, v. réfl. Fixer la somme qu'on veut donner. Ces sages sénateurs avaient quelquefois pour le peuple une juste condescendance, comme lorsque dans une extrême nécessité non-seulement ils se taxèrent eux-mêmes plus haut que les autres, ce qui leur était ordinaire, mais encore qu'ils déchargèrent le menu peuple de tout impôt, boss. Uisl. m, 6. Dams quelques pays, les moines s'y étant emparés des dîmes au préjudice des curés, les paysans ont été obligés de se taxer eux-mêmes pour fournir à la subsistance de leurs pasteurs, volt. Dict. phil. Impôt. \\ S' S'accuser soi-même. 11 s'est taxé de trop d'indulgence. || S'accuser réciproquement. Ils se taxent de mauvais procédés.

— REM. Quelques-uns disent encore ce méchant mot : Il m'a taxé en ma réputation. Il faut dire : il a maltraité ma réputation; ce mot de taxé ne vaut rien dans cet endroit, harg. buffet, Observ. p. 66, 4 668. Cette remarque n'a plus de place aujourd'hui.

— HIST. XIII* s. Desquels la value jugeons et taussons à la somme de.... du cange, taxare. Et taxa on les despens à cent mil livres de tournois à reprendre dedens cinq ans, Chr. de floiru, p. 223. Quant il fet ses establissemens, il tauxe l'amende, BEAUMAN. lux, 4. || XV* S. Le comte de Vuarvich par pitié fut respité de la mort, et tauxé à telle pénitence que je vous diray, froiss. iv, p. 293. Il XVI* 8. Et qu'il ne payeroit rançon, fors queil meismes se voudroit tauxer, menard, Hist. de Guesclin, p. 298, dans lacurne. Taxant et maudissant par cris désespérez Les astres sans raison contre

lui conjurez, despohtes, Angélique, 4 pour un

prix d'argent qu'il leur taxa, amyot, Caton, 43. Ce neantmoins encore no peut il pas éviter que ses malveuillans ne l'en taxassent et blasmassent, m.

Pomp. 4. Ce que j'ay dit n'est pas pour taxer ceux de qui j'ay parlé, la vertu desquels j'ay tousiours grandement admirée, langue, 64 4.

— ÉTYM. Provenç. taxar; es]iag. tasar; portug. taixar; ital. tassare;d.\i lat. taxare, taxer, blâmer, proprement toucher souvent, fréquentatif de (ogere pour tangere (voy. tact).

fTAXIAUOCK (ta-ksi-ar-k"), ». m. Terme d'antiquité. Officier supérieur dans les armées grecques. Un taxiarque, officier général, tenait le registre où sont inscrits les noms des citoyens qui, étant en âge de porter les armes, doivent se présenter à ce tribunal, bartiiél. Anach. ch. lo.

— ÉTYM. TaÇiotp/o;, de tHn, troupe militaire, et ipytiv, commancfer.

t fAXIDER.MIE (ta-ksi-dfcr-mie), ». f. Art do préparer la peau et le squelette des animaux morts, de manière à leur conserver toutes leurs formes ; art de l'empailleur. {| Ouvrage sur la manière d'empailler les animaux.

— ÉTYM. TâÇiç, arrangement, et derme.

t TAXIDERMIQUE (ta-ksi-dèr-mi-k'), adj. Qui a rapport à la taxidermie.

t TAXIDERMISTE (ta-ksi-dèr-mi-sf), ». m. Synonyme savant d'empailleur. On habile taxidermiste.

t TAXILOGIE (ta-ksi-lo-jie), 4. f. Science des classifications.

— ÊTYM. TiÇiç, ordre, et ),éYOi;, doctrine.

t TAXINOMIE (ta-ksi-no-mie) ou TAXIONO.>nE (ta-ksi-o-nomie), ». f. Partie de la botanique qui traite des classifications des plantes , des lois et des règles qui doivent déterminer l'établissement des méthodes et systèmes.

— REM. On trouve dans les auteurs taxonomie, mais cela n'est pas correct; les noms grecs féminins en i(, lo;, prennent en composition i ou to et non 0 : «puoioXoyio, physiologie.

— ÊTYM.TiÇi;, arrangement, et véjioç, loi. TâÇt; vient de tôoow, sanscr. taksh, tailler, faire, former.

t TAXINOMIQUE (ta-ksi-no-mi-k'), adj. Qui appartient à la taxinomie.

t TAXIONOMIE (ta-ksi-o-no-mie), ». f. Voy. taxinomie.

t TAXIS (ta-ksis), ». m. Terme de chirurgie. Pression méthodique qu'on exerce avec la main sur une tumeur herniaire pour la réduire.

— ÉTYM. TiÇic, action de ranger, mettre en place, t TAYON (ta-ion), ». m. Terme d'eaux et forêts.

Se dit des baliveaux réservés depuis trois coupes, et qui ont par conséquent trois fois l'âge d'un taillis.

— HIST. XVI* s. Chênes que l'on dit tayons, de l'aage de soixante ans ou par dessus, Cott»(. y^n. t. I, p. 698.

— ÉTYM. L'anc. franc, (aton, grand-père, pris figurément, qui, comme ces baliveaux, a trois fois l'âge de son petit-fils. Toton, grand-père, et taie, grand'mère, sont de la langue enfantine.

f TCHÈQUE (tchè-k'), ». m. Langue appartenant au slave et parlée dans la Bohême.

fTCHOUDE (tchou-d'), adj. Nom donné quelquefois à la famiUe des peuples ouraliens ou finnois.

TE, pron. pers. Voy. lu. Pour l'emploi de t» comme pronom réfléchi, voy. se. Rem. 3, 4, 5, 7, 8, 9 et 4 0.

TÉ (té), ». m. Il 1* Terme de fortification. Disposition de plusieurs fourneaux de mines présentant la figure d'un T. || Dans les sièges, on donne le nom de T à deux tranchées creusées à trente mètres de la palissade du chemin couvert et embrassant le saillant. || 2° Terme de chirurgie. Bandage en T, bandage qui a une forme analogue à celle de cette lettre. || Incision en T, incision formée par une incision cruciale incomplète. || 3* Espèce de croix tronquée que les religieux de l'ordre de Saint -Antoine portaient sur leurs vêtements. Il 4* Pièce métallique affectant une forme plus ou moins analogue à celle de la lettre T. Chaînette i T. Support de marchepied à T. Le» fers à T et à double T, dont l'emploi est devenu si fréquent, cl quj^ entrent pour au moins les 9/4 o de la masse du fer mise en œuvre dans les constructions de maisons de location, CH. garnier, Jfom't. unie, du 40 aoiit48«7,p. 4093,2*col. || 6*Équerre dont la forme est celle du T. |{ Terme de serrurerie. Espèce d'équerre double qui se rapporte sur les traverses des petits bois de croisée pour en tenir les assemblages. || Terme de menuiserie. Traverse qui s'assemble dans le bas des deux pieds d'une table, d'un tréteau, et reçoit l'entretoise. || 6* Vis qui tient la lame avec le manche du couteau. || 7* Terme da poélerie. Bout de tuyau portant un autre bout en

TEC

TBI

TEI

travers, pour emboîter des suites de tuyaux. Il Bâti de tdie en forme de T mis au-dessus d'un tuyau de poêle, pour prévenir l'engouffrement du vent. || 8* Terme de musique. Syllabe de solmisation désign.int, dans le syslime de l'école do Galin et ses continuateur», l'ut dièze. Tamberlick donne le té aigu dans Othello.

— ÊTYM. La lettre T.

tTEBKTII (té-bèf), s. m. Nom du 4* mois de l'année civile des Hébreui, qui était le *o* de leur année sacrée. 11 commençait vers le ïo décembre; car on datait l'année civile de l'équinoxe d'automne, et l'année sacrée de l'équinoxe du printemps.

— ÊTYM. Technique.

t TECHMCITÉ (tè-kni-si-té), ». f. Néologisme. Qualité de ce qui est technique.

TECUMQUE (tî!-kni-k'), adj. || 1° Propre à un art, qui appartient à un art. Les procédés techniques. || Termes techniques, termes particuliers à telle ou telle science, i tel ou tel art. Substantif, adjectif, déponent, sont des termes techniques, parce qu'ils appartiennent spécialement à la grammaire. Je pense que les termes techniques ne sont utiles qu'autant qu'ils sont absolument nécessaires, CONDILL. Gramm. Objet de cet ouvrage. Une science est issue du pays où les mots techniques dont elle se sert ont pris naissance, bailly, Atlantide, p. 303. Il Vers techniques, vers qui contiennent l'expression de quelque règle, définition ou principe. Vers techniques pour apprendre l'histoire; les vers de Despautère sont techniques, volt. Dict. phil. Technique. || 2* S. m. Le technique, la partie matérielle d'un art. Le jugement du moral appartient à tous les hommes de goiit, celui du technique n'appartient qu'aux artistes, dider. Pensées tur la peint. Ce peintre [Latour] n'a jamais rien produit de verve, il aie génie du technique; c'est un machiniste merveilleux, ro. Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 2C8, dans pougens. \\3' S. f. L'ensemble des procédés d'un art, d'une fabrication. La technique des métaux incrustés. Le charme de couleur, la technique habile, qui distinguent nos peintres naturalistes, CH. clémbnt, Journ. des Déb. 26 déc. <869. Il Fig. La technique de la nature, lévÊQUE, Science du beau, t. u, p. 5I3. || 4* S'est dit quelquefois pour science. La technique des langues.

— ËTYM. T«xv«ô<, de Te'xvn, art, que l'on rattache au sanscrit tvaksh, charpenter. Les Grecs avaient tô Teyvixov, le tehnique.

t TECUNIQUEMENT ( tè-kni-ke-man ) , adv. D'une manière technique; selon les procédés techniques.

t TECHNOGRAPUIE (tè-kno-gra-fie), s. f. Description des arts et de leurs procédés.

— ÉTYM. Téyyi], art, et ypàçsiv, décrire.

tTECHNOLlTUE (tè-kno-li-f), J. f. Terme de minéralogie. Pierre qui représente des dessins d'objets particuliers aux arts. || On appelle technomorphite celle qui a la forme même d'un de ces objets.

— ËTYM. Tii/vT], art, et Xôoç, pierre.

TECUNOLOGIE (tè-kno-lo-jie), s. f. || !• Traité

des arts en général. Une technologie complète. Il i' Explication des termes propres aux différents arts et métiers. On n'invente rien, si ce n'est des mots; on accroît outre mesure le bagage des technologies, l. rembkxjd, Jér. Paturot,ii, (4.

— ÉTYM. TexvoXoïia, de Téy.viri, art, et îiéyoî) doctrine.

TECHNOLOGIQUE (tè-kno-lo-ji-k'), adj. Qui appartient aux arts en général. Nomenclature technologique.

t TECHNOLOGUE (tè-kno-lo-gh'), adj. Les écrivains lechnologues, ceux qui écrivent sur les arts et métiers, poncelet, Rapp. sur les mach. et outils, t. I, p. ne.

t TECHNOMORPHITE (tè-kno-mor-fi-f) , j. f.

Voy. TECHNOLITHE.

— ETYM. Tix^i\, art, et iiop<ff|, forme, t TKCK (tèk), J. m. Voy. tek.

t TÉCOLITUE (té-ko-li-f), ». f. || !• Pierre que l'on trouve dans les éponges, et que l'on croyait propre i dissoudre les calculs urinaires. || 2° Nom donné par quelques minéralogistes à des pointes d'oursin fossile en forme de massue.

— ÊTYM. Tt)xo).i6oi:, qui fond les calculs, dex^xeiv, ibndre, et XtOoc, calcul.

t TECO.ME (té-ko-m'),». m. Genre de plantes de la famille des bignoniées.

t TÉCOU (té-kou), » .m. Nom, dans le bas Limousin, de petits saumons qu'on trouve dans la Vienne et le Taurion ; U chair en est très-estimée.

tTECT (tèkl), ». m. Il !• Terme d« vénerie. Partie de l'os frontal sur laquelle porte le bois du cerf, du daim, etc. || 2* Tect à porc, écurie servant à l'élève des porcs. Courrier dé l'Ain, i" juin (883.

— ÊTYM. Lat. tectum, toit.

t TECTIBRANCHE (tô-kti-bran-ch"), adj. Terme de zoologie. Qui a les branchies couvertes.

— ÊTYM. Lat. tectus, couvert, et branchies.

t TECTIPEN.VE (tàrkti-pè-n'), adj. Terme de zoologie. Dont les ailes forment une sorte de boite.

— ÊTYM. Lat. tectus, couvert, et penna, penne, t TECTRICE (tè-ktri-s'), adj. f. Terme de zoologie.

Se dit des plumes qui couvrent les ailes et la queue des oiseaux.

— ETYM. Lat. légère, couvrir.

TE DEUM (tè-dé-om"), ». m. || 1* Cantique de l'Église qui se dit ordinairement & la fin de matines, et se chante extraordinairemcnt, avec pompe et cérémonie, pour rendre grâces à Dieu d'une victoire ou de tout autre événement heureux (on met deux majuscules : T» Deum). M. Ménage veut qu'on dise deux Te Deum et non deux Te Deons; je suis de son avis, vaugel. Hem. not. Th. Corn. t. m, p. ( .12, éd. de Paris, <738.Le mardi 7 juin, le roi fut le matin faire chanter le Te Deum dans la principale église de Rhinberg, qui était maintenant le temple des protestants, pelliss. Lett. hist. 1. 1, p. H9. On périssait de misère au bruit des Te Deum et parmi les réjouissances, volt, touis XIV, (6. Il 2'' Cérémonie qui accompagne cette action de grâces. Assister au Te Deum. On ordonna un Te Deum, des feux de joie, et des remercîments publics à M. de Chaulnes, sÉv. 180. J'ai battu les Romains, écrivait Annibal aux Carthaginois; envoyez-moi des troupes : j'ai mis l'Italie à contribution, envoyez-moi de l'argent; voilà ce que signifient les Te Deum, j. i. rouss. Paix perp. || Au plur. Des Te Deum.

— ÊTYM. Premiers mots d'un cantique qui commence par Te Deum laudamus. Plusieurs prononçaient te deon, comme facton pour factum.

t TEFF (tèf), s. m. Nom, en Abyssinie, du poa abyssinica , Jacq. graminée de la tribu des festucacées, qui y est généralement cultivée comme céréale.

t TEGMHN (tè-gmbn), ». m. || 1° Terme de botanique. Enveloppe immédiate de l'amande. || Enveloppe extérieure de la fleur des graminées. || Ensemble des écailles du bourgeon. || 2° Terme de zoologie. Nom donné par quelques auteurs aux ailes supérieures des insectes, quand elles sont coriaces et parsemées de nervures.

— ÊTYM. Lat. legmen, ce qui couvre, de tegere, couvrir.

t TEGMINÉ, ÉE (tè-gmi-né, née), adj. Terme de botanique. Qui est pourvu d'un tegmen.

tTÊGULAIRE(té-gu-lê-r'),ad>. 111° Termede minéralogie. Qui est susceptible d'être divisé en lames assez étendues et peu épaisses. Schiste tégulaire. || 2* S. f. La tégulaire, genre de fougères.

— ÉTYM. Lat. tegula, tuile.

t TÊGULE (té-gu l'), s. f. Terme de zoologie. Petite plaque située à l'origine des ailes supérieures des -insectes hyménoptères.

— ÉTYM. Lat. tegula, tuile.

TÉGUMENT (té-gu-man), ». m. Terme d'histoire naturelle. Tout ce qui sert à couvrir, à envelopper. La peau est le tégument du corps de l'homme et des animaux. X mesure que nos organes prennent un peu de force au sortir des téguments où nous avons été renfermés neuf mois, volt. Lett. U. L. C. 23 déc. 1 768, sur les qualités occultes. Le corps du plus grand nombre des animaux est enveloppé, et tous les organes sont recouverts par plusieurs couches de membranes difl'érentes qu'on nomme en général les téguments, pourcroy, Conn. chim. t. IX, p. 252. Le tégument qui recouvre la plantule et les cotylédons est composé de trois lames qui adhèrent fortement entre elles, mirdel, Instit. Mém. scienc. ists, p. 304. || Terme de botanique. Tégument propre, enveloppe immédiate de l'amande d'une graine ou spermoderme. || Téguments floraux, le calice et la corolle, c'est-àdire les enveloppes immédiates des organes sexuels.

— ÊTYM. Lat. tegumentum, de tegere, couvrir.

t TËGUMEN TAIRE (té-gu-man-tê-r'), adj. Qui a le caractère d'un tégument. || Qui fait l'office de tégument. Organes, membranes tégumentaires.

TEIGNASSE (lè-gna-s'J, S. f. Voy. tignasse.

TEIGNE (lè-gn'), s. f. \\ l' Genre de lépidoptères séticornes de la tribu des tinéites. || Teigne des grains, teigne qui fréquente les greniers, lie en-

semble plusieurs grains de blé, d'avoine, etc. avec de la soie, et les attache à un fourreau dans lequel elle se retire, se procurant ainsi la nourriture et le logement. La teigne ne se contente pas d'un simple fourreau de feuilles; il no serait apparemment ni assez doux ni assez chaud; elle le double de pure soie, et elle a soin de tenir la doublure plus épaisse dans les endroits où le frottement est plus grand, bonnet, Contempl. nat. XII, 37. Il Teigne i falbalas, nom donné aux fourreaux que construisent les chenilles des teignes, quand ils sont formés de replis flottants, comme festonnés. || Teignes aquatiques , les larves dci friganes. Les teignes aquatiques sont des vers i six pieds qui se transforment en des mouches à quatre ailes d'un genre particulier; leurs ailes sont colorées à peu près comme celles des papillons, BONNET, Contempl. nat. xii, («. || 2* Insectes lépidoptères nocturnes dont les larves rongent les étoffes, les livres, etc.; les larves mêmes qui rongent. Les draps et autres étoffes de laine sont rongés principalement par les larves de la teigne des tapisseries et de la teigne fripière, tandis que les fourrures éprouvent beaucoup de dégât par les larves de la teigne des pelleteries. Réaumur apprend le procédé des teignes pour allonger et élargir leurs fourreaux , en plaçant celles qui avaient des tuyaux faits aux dépens d'une étoffe blanche, sur une étoffe rouge, sennebier, Ess. art. d'obser. t. i, p. 263, dans pougens. Réaumur s'occupe sans cesse de la perfection des arts dans ses laborieuses études; il cherche, dans les excréments des teignes, de nouvelles couleurs, m. ib. t. I, p. <24. Il 3° Fausses teignes, nom donné aux espèces de chenilles qui se font des fourreaux non portatifs, BONNET, Contempl. nat. xii, 9. || 4° Nom vulgaire do différentes affections cutanées de la tête. Avoir la teigne. Quand on le saluait fort honnêtement, il n'ôtait non plus son chapeau que s'il eût eu la teigne, Francion, liv. vi, p. 223. Mon remède guérit, par sa rare excellence, Plus de maux qu'on n'en peut nombrer dans tout un an : La gale, La rogne, La teigne, La fièvre, La peste, MOL. Am. méd. n, 7. || Teigne amianlacée, espèce d'éruption rapportée au pityriasis et au psoriasis. Il Teigne tondante ou tonsurante, herpès tonsurant des auteurs, affection parasitique des poils causés par le trichophylon tonsurans, et qui n'a aucune analogie de nature ni d'évolution avec les maladies vésiculeuses appelées herpès. || Teigne faveuse, voy. FAVEUX II Fig. Il s'est fait un prodigieux changement dans le parlement de Toulouse ; la moitié est devenue philosophe, et les vieilles têtes rongées de la teigne de la barbarie mourront bientôt, VOLT. Lett. d'Alembert, (3 janv. 476». Il Familièrement. Cela tient comme une teigne , se dit d'une chose qui tient fortement. || 6° Terme de vétérinaire. Chez le cheval, variété des eaux aux jambes, dont le siège est borné à la partie de la peau qui est la plus rapprochée des talons. Il Nom donné à la maladie des moutons, dite bouquet ou noir museau. || Teigne des faucons, ricin. || 6° Maladie qui attaque l'écorce des arbres.

— HIST. xiii' s. Qu'el a les lèvres vermeillettcs. Et les dens si blanches et nettes , Qu'il n'i pert [paraît] taigne ne ordure, la Rose, 3477. C'est [l'amour] taigne qui riens ne refuse, Les porprcs et les bunaus use, ib. 4345. || xvi* s. Le drap mangé de teignes, qui sont vers qui rongent habillement, PARÉ, XV, 2. On doit regarder à sa leste si elle n'a point de teigne, id. xviii, 23. La teigne en Languedoc appelée rasque, o. de serres, 862.

— ÊTYM. Provenç. teina , teinia ; cat. tinya ; espagn. tiila; porlug. tinha; ital. ligna; du lat. (itwa, la teigne insecte. La teigne, maladie, a été dite ainsi à cause d'une certaine ressemblance de la lésion avec le travail de la teigne, insecte.

f TEIGNERIE (tè-gne-ne), ». f. S'est dit, dans quelques hôpitaux, de l'emplacement où l'on met les teigneux.

TEIG.NEUX, EUSE (tè-gneû, gneù-z'), od;. || l'Qui a la teigne. Des enfants teigneux. || Substantivement. Un teigneux, une teigneuse. L'autre, qui fait le teigneux, est un bel adolescent dont la tête est couverte d'une peau qui cache une chevelure de page de cour, lesaoe, Dtoble boit. n.-\\ Fig. et familièrement. Il n'y avait que trois teigneux et un pelé, se dit pour se moquer d'une assemblée qui n'était pas bien fournie de beau monde. || 2' Terme d'imprimerie maintenant hors d'usage. Balles teigneuses, balles dont le cuir est trop gras et sur lesquelles l'encre ne peut pas prendre. || 3' Terme de graveur. Se dit du cuivre qui a de petites taches.

TEI

— HIST. xni* s. Un enfant qui n'avoit c'un œil, Et s'ert tingneus... ruteb. ii, 207. || xvi' s. Ausdits estais n'y avoit quo trois tigneux et un pelft, Sat. Mén. p. 2. Ulcero teigneuse, ainsi dite parce qu'elle ronge la chair, comme la teigne le drap, pahk, Introd. 2t. Herbe aux teigneux, petasites en latin, 0. DE SERRES, 6)6. Jamais teigneux n'aima le pigne, coTORAVE.

— fiTYM. Bourguig. tignort; Berry, tigneux; wallon, ligneu; provenç. tinhos ; cat. tinyos ; cspagn. tiHOJo; ital. tignoso; du lat. tineosus , de Jt'nea, teigne.

TF.IL (tèll' , It mouillées) et TEILLEAO ( tè-llô, JJ mouillées), s. m. Noms populaires du tilleul.

— lll.ST. xiii* s. Un chapon [il] mangea tôt doscuit r:nmi les chans, desoz un teil, nenart, 231 os.

— ÊTYM. Lat. Hlia, tilleul.

tTKILLAGE (lè-lla-j'. Il mouillées), s. m. Voy.

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