TILI.AGE
TKII,LE tè-ir, Il mouillées), s. f. Voy. tille. TKILLER (tè-Ué , Il mouillées), v. a. Voy. tiller. fTEILLEUR, EDSE (tè-Ueur, eù-z', i{ mouillées),
». m. et f. VOV. TILLEUH.
t TEINDOu'x (tin-doû), s. m. Variété de pêche. TEINDKE{lin dr*), V. a. Je teins, tu teins, il teint, nous teignons, vous teignez, ils teignent; je teignais; je teignis; je teindrai; je teindrais; teins, teignons; que je teigne, que l'ous teignions; que je teignisse; teint; teignant. || 1" Faire prendre à une étoffe ou à quelque autre cliose une couleur différente de sa première couleur. Teindre du fil, de la laine, une étoffe. Teindre en rouge, en noir. Teindre n'est autre chose qu'extraire d'une substance les principes colorants qu'elle contient, pour les transporter sur une autre, ameiluon, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, 1. 1, p. B4 6. La laine est probablement la première matière que les hommes ont teinte, parce qu'il n'y en a guère qui prennent si aisément la teinture, id. tb. p. B49. On n'a commencé à teindre le lin qu'assez tard; Pline ne fait pas remonter au delà du siècle d'Alexandre] les premières tentatives qu'on a faites en ce genre, ID. tb. p. 574. Il 8° Il se dit des choses qui colorent l'eau et les autres liqueurs , où on les jette. On teint le vin blanc avec du gros vin rouge. || 3° Il se dit aussi de ce qui imprime une couleur qu'il est difficile de faire disparaître. Les mûres teignent les mains, le linge. Nepourrai-je, en fuyant un indigne repos, D'un sang plus glorieux teindre mes javelots? rac. Phèdre, m, b. Le fatal rivage que j'ai teint du sang de mon ami et du mien, LESAGC, Diable boit. )b. Des trois couleurs rouge, jaune et bleue dont sont teintes les pierres précieuses, la rouge est la plus fixe, buff. ilin. t. vu, p. 416. Il Par extension. Ce Jésus en qui Madame a espéré, dont elle a porté la croix en son corps par des douleurs cruelles, lui donnera encore son sang, dentelle est déjà toute teinte, Boss. Duch. d'Orl. Il 4° Fig. Imprimer ce que l'on compare à une couleur, à une teinture. Nous les teignons [les idées des choses] de nos qualités, pasc. Pens. i, (, éd. iia- VET. Des couleurs du sujet je teindrai mon langage, DELILLE, Jard. I. Il B* Se teindre, v. réfl. Être teint. Les laines et les cotons se teignent presque toujours au bouillon, thenard. Traité de chim. t. m, p. 319, dans pouoENS. Il Fig. Contracter une certaine manière d'être. Afin de nous abreuver et nous teindre de cette créance [la foi], qui nous échappe à toute heure, pasc. Pens. x, 8. Quelquefois elles [les lois] passent au travers [des préjugés] et s'y teignent, montesq. Esp. xxix, 19. Malgré lui, dans lui-même, un vers sûr et fidèle Se teint de sa pensée et s'échappe avec elle, a. CiiKN. Élégies, xxi. ||6' Fig. Prendre une teinture, une connaissance légère. Il nous est plus facile de nous teindre d'une infini té de connaissances que d'en bien posséder un petit nombre, vauven. Max. 2C9. — HIST. XI' s. En Rencesvals jo la tendrai vermeille [mon épéa], Ch. de Uol. lxxvi. ||xn' s. En l'autre chambre avant s'en est li reis aies. De mallalcnt e d'ire e tainz et tressués. Th. le mart. 33. Il xiii' s. Que \e.7. piez [ton pied] soit teinz ou sanc, Psautier, f' 78. Fille, com ceste amour vous a pâlie ettaintel audefh. le bast. Romancero, p. (6. Uiches dras [elle] ot vestus qui furent tains en graine [écarlale], Berte, lxxiv. Icele [flèche] fu de félonie Toute tainte et envenimée, la Rose, 969. Amour d'ommo envers famé n'est mie tainte en graine, Por trop pou te destaint, por trop pou se dcsgraine, l de meuno, Tett. 437. || xvn. Les teinturiers teignent le plus souvent la coulear qu'ilz voyent esire la plus requise, amtot, Cat. ) 5. Les delicei des gnuit s'envolent en fumée, Kt leurs
TEI
rorfalcts marquez teignent leur renommée, d'aub. Tragiques, édit. lalanne, p. sa.
— ÉTYM. Wallon, ttd; provenç. tengner, tenher; catal. tenytr; espagn. leiîtr; portug. tingir; ital. tingere, tignere; du lat. (injere (comparez téinreiv, mouiller).
(. TEINT (tin), s. m. Manière de teindre. Drap bon teint. Cette étoffe est mauvais teint. Des trois couleurs primitives que la. teinture emploie, le rouge, le jaune et le bleu, il n'y a plus que le jaune qui ne présente pas un degré de solidité suffisant pour qu'on puisse le regarder comme couleur fixe ou bon teint, ciiaptal, Instit. Mém. scienc. t. n, p. 607. Il Le grand teint, ou le bon teint, lo teint qui est fait avec des drogues chères et propres à donner une couleur solide, et résistant à la détérioration exercée par le soleil. Le petit teint, ou le mauvais teint, ouïe faux teint, teinture faite avec de mauvaises drogues et qui s'altère facilement. Il sera libre à tous fabricants de teindre et peindre, faire teindre et peindre les étoffes, toiles ou toileries en grand ou en petit teint ou en couleur mélangée de grand et petit teint.... le plomb de bon teint ne sera apposé que sur celles teintes en bon teint; et, à l'égard de celles teintes en petit leint ou en couleur mélangée, il ne pourra y être mis que le plomb de petit teint, Lett. patent. 5 mai 4 779, art. 8. Fixer sur les tissus plusieurs couleurs qu'on regardait comme faux teint, chap- TAL, Instit. Mém. jlcad.sctcnc. t. :,p.318.Cesmêmes auteurs [grecs] distinguent les couleurs en couleurs fugaces et couleurs permanentes, comme nous les distinguons aujourd'hui en couleurs de grand teint et couleurs de petit teint, ameilhon, Inslit. Mém. litt. et beaux-arts, t. m, p. 362. || Grandteint, titre d'une communauté de teinturiers qui ne pouvaient employer que des drogues de première qualité.
— IIIST. XII* s. De loin reluit li teinz et li blasons, Ronc. p. 132. Ilxm* s. Dame, c'est uns tains de folie. Oui par le païsest espars. Lai du conseil. ||xvi' s. La campagne recolorée Du teint de ses plus belles fleurs, du bellat, Œuvres, p. 322, dans
LACURNE
— ÊTYM. Teint 1; provenç. tenh; catal. tint; espagn. tinte; ital. tinto.
2. TEINT (tin; le t ne se lie pas : un tin olivâtre ; au pluriel, l's se lie : des tiwz-olivâtres), s. m. Le coloris du visage. Sur l'éclat d'un beau teint qu'on voit si périssable, corn. Mélite, i, t. Comme dans cet prisons son teint s'est altéré I BOTR. Herc. mour. n, 4. Soudain son visage a changé, son teint s'est éclairci, ses yeux se sont animés, mol. Am. méd. m, 6 Jamais je ne vous vis un teint si frais et si gaillard, iD. l'Av. n, 6. C'est un grand déplaisir que votre beau teint ne puisse pas soutenir l'air de Provence, sÉv. 80. La reine [ femme de Jacques II] maigre et des yeux qui ont pleuré, mais beaux et noirs, un beau teint, un peu pâle, id. bo6.' Elle a la taille fort belle, les yeux beaux, le teint fort uni, mais un peu trop chargé de rouge, fléch. les Grands jours d'Auv. Qu'est devenu ce leint dont la couleur fleurie Semblait d'ortolans seujs et de bisques nourrie? boil. Sot. m. Attends, discret mari, que la belle en cornette Le soir ait étalé son teint sur la toilette, El dans quatre mouchoirs, de sa beauté salis. Envoie au blanchisseur ses roses et ses lis, ID. tb. x. L'or même à la laideur donne un teint de beauté, id. ib. viii. Qu'il paraît bien nourri! quel vermillon! quel teint! id. tb. x. La pèleur de la mort est déjà sur son teint, rac. Phèdre, v, B. Dieux puissants! quelle étrange pâleur De son teint tout à coup efface la couleur I iD. Esth. n, 7. Si les femmes étaient telles naturellement qu'elles le deviennent par artifice, qu'elles perdissent en un moment toute la fraîcheur de leur teint ... LA BRUT. m. Elle [Mme de Jarnac] avait, disait-on, un beau teint pour éclairer sa laideur, M"' DE CATLDS, Souvenirs, p. U6, dans pouoens.
— HIST. XVI* s. Adieu à qui gueres ne chaut D'armer son tainct contre le chaut, marot, ii, 122. Leurs beaux visages et leurs beaux teincts, amyot, Pomp. 98. Joye au cœur fait beau teint, cot- GRAVE. Au dernier coin se sied la misérable crainte.... Son visage sans feu a le teint du trèspas, d'aub. Tragiques, édit. lalanne, p. U2.
— ÊTYM. Teint 3.
s. TEINT, EINTE (tin, tin-t"), part, patte de teindre. || 1* X quoi on a donné une certaine couleur. Une robe teinle en noir. || Drap teint en laine, drap dont la laine a été teinte avant d'être •mployée à la fabrication de l'étoffe. || 1* Qui offre
TEI
une certaine teinte. 11 [le petit râle de Cayenne) a lo devant du cou et la poitrine d'un blanc légèrement teint de fauve et de jaunâtre, huff. Ois. t. XV, p. 259. Il 3* Qui a reçu une couleur qu'il est difficile de faire disparaître. Des mains teintes do sang. De tous les deux côtés on me donne un miri, Encor tout teint du sang que j'ai le plut chéri, CORN. Cid, V, 5. Il Fig. Il est encore teint du sang de ses victimes, ses mains sont teintes de sang, se dit d'un homme qui a commis ou ordonné dei meurtres. Ce prince [le duc d'Anjou], teint du sang répandu à la journée de la Saint-Barlhélemy, volt. Ann. Emp. Maximilien 11, 1 673. || Dans un sens favorable. La liberté! j'ai vu cette déesse altièrc. Avec égalité répandant tous les biens. Descendre de Moral en habit de guerrière. Les mains teintcj du sang des fiers Autrichiens Et de Charles le Téméraire, volt. tp. au lac de Genève. \\ 4* Fig. Qui a reçu une certaine manière d'être. Des idées teintes de la sagesse humaine, l'abbé hautehlle, dans desfontaines.
TEINTK (tein-f), s. f. ||1* Terme de peinture II se dit des nuances qui résultent du mélange de deux ou de plusieurs couleurs. L'habile artiste doii confondre et mêler les teintes, j. j. holss. Ém. v. Si la richesse de la langue s'y prêtait cl qu'elle possédât huit cent dix-neuf mots correspordants aux huit cent dix-neuf teintes de la palette, il faudrait qu'il employât le seul qui rendrait précisément la teinte de l'objet, dider. Pensées sur la peint. Ainsi, par une teinte avec art assortie, Vernet de deux couleurs éteint l'antipathie, delille, Jard. n. L'art d'écrire semble avoir suivi l'art de la peinture; la palette du poêle moderne se couvre d'une variété infinie de teintes et de nuances, ciiATEAUBH. Génie, n, n, 2. || Teinle vierge, se dit d'une couleur qui n'est point mélangée. ||a" Degré de force que le peintre donne aux couleurs. Teinte forte. Teinle faible. La diminution, la dégradation des teintes. Le rayon, sans se détacher du corps du soleil, souffre diverses dégradations, ou, comme parlent lespeintres, les teintes de la lumière ne sont pas également vives, boss. 6* avert. i, 44. Teint» plaie, teinte uniforme. || Demi-teinte, ton de coiilejr moyenne entre la lumière et l'ombre. Iji têle debrunes s'embellit dans la demi-teinle, celle des blondes à la lumière, dider. Essai sur la peint, m. L'ombre du baldaquin les couvrait, et il sedétachail en demi-teinte sur cette architecture grisâtre, id. Saion de 1 76B, (Fut), t. xiii, p. 30, Dans l'ombre, comme disent les voyageurs ; dans la demi-teinte, comina disent les artistes, id. 5o(on de <707, Oiuv. t. xir, p. (8S. Il Fig. C'était un caractère singulier que la sien [Mme Geoffrin], et difficile à saisir et à peindre, parce qu'il était tout en demi-teintes et en nuances, marmontel, Mém. vi. || Terme de gravure. Demi-teinte, le passage des clairs aux ombres. Il 3° Terme de peinture et dorure. Teinte dure, celle dont on fait usage pour les fonds. || Couche de fond étendue sur un papier de tenture avant de l'imprimer. Il 4* Se dit en parlant des couleurs naturelles des objets. Presque tout son plumage est noirâtre avec une teinte obscure de bleu, mais sans aucun reflet, buff. Ois. t. vi, p. B4. Lorsque l'aurore venait joindre à leurs douces et étemelles clartés [det étoiles] ses teintes de rose, je me croyais aux portes du ciel, BERNARD. DE ST-PIERRE, t'/ioum. ind. Il Fig. Cet amour prit la teinte de son âme noire, J. J. Houss. Ilél. VI, 3. Les pensées prennent la teinte des idiomes, id. Ém. 11. || B* Fig. Petite dose. Il y a dans cet écrit une teinte de malice. Il me semble que nous aurions tous besoin d'uns teinte légère de stoïcisme, dider. Cl. et Nér. n, 80.
— HIST. xiii* s. Tout maintenant que il [le caméléon] touche aucune chose, il pert sa color, et devient de autretel teinte, brun, latini. Trésor, p. 238.
— ÊTYM. Teint 3; provenç. tenc/10.
TEINTÉ, ÉE (tin-té, tée), port, passé de teinter. Terme de peinture. Parties d'un plan teintées do rouge, de jaune, {j Dans le langage général, qui a reçu ou qui aune légère teinte. De l'eau teintée de vin. Tout lo dessous du corps d'un gris très-clair, teinté d'olivâtre, buff. Ois. t. vni, p. 85. || Papier teinté, papier blanc àécrireou à imprimer, auquel on a donné une légère teinte quelconque.
TEINTER (tin-lé), v. a. || V Terme de peinture. Colorier d'une manière plate, plus ou moins foncée. Il 2* Dans le langage général, donner une teinte légère. Le ciel teintait de bleu ia mer.
— KTYM. Teinte.
TEINTURE (lin-tu-r"), ». f. \\ !• Liqueur préparée pour teindre. Préparer de la teinture. Mettre dcj étoffes à la teinture. || 2' Couleur que cette Uquoi;r
TEl
laisse sur les ohoset que l'on teint. Drap d'une belle teinture. Cette étofTe a bien pris la teinture. D'aussi bonne teinture Que jamais on en vit sortir des Gobelins, réqmer, Sal. z un vieux clia-
peau gras do mauvaise teinture, ID. ib. xi. Là d'une obscure source il coule une onde obscure, Oui semble du Cocyte emprunter la teinture, bré- BEUP, Phars. ni. || Kig. Chimène : Il [glaive] est teint de mon sang. — Rodrigue : Plonge-le dans lo mien. Et fais-lui perdre ainsi la teinture du tien, COiiN. Cid, m, 4. Dieu [au jugement dernier] imprimera sur nos fronts une marque éternelle d'ignominie.... 6 mes frères, que la teinture de cette honte, si je puis parler de la sorte, sera inhérente alors 1 Boss. Sermoni, Jugement dernier, i. Il 3* Action, art de teindre, fixation de particules colorantes i la surface des fibres textiles. La teinture est un art qui ne se peut apprendre que par un long temps et beaucoup d'expérience, Bégl. s\ir Ut manuf. août I6fl9, teinturier de soie, laine et fil, art. 83. L'art de la teinture s'est emparé de l'oxyde de fer; il en a fait un principe colorant très-précieux, CHAPTAL, Inslit. Mém. se. t. ni, p. B8. Un fruit aura teint les doigts ou les lèvres du premier qui l'aura porté à sa bouche; une herbe aura laissé l'empreinte de son suc sur le corps qui l'aura froissée ; voilà probablement la première origine de la teinture, ameilhon, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. i, p. 64&. L'art de la teinture consiste dans trois grandes opérations : 1' à bien nettoyer le sujet qu'on veut teindre, et à le dépouiller de toute matière étrangère qui pourrait l'empêcher de prendre la couleur; 11° à le disposer par des compositiois particulières i recevoir dans ses pores le principe colorant et à l'y retenir; 3» à prépare! lo bain de couleur dans lequel il doit être u is, et à l'y travailler suivant les règles de l'art, m. ib. t. m, p. 357. |1 4* Terme de pharmacie et de chimie. Solution d'une ou de plusieurs substances simples ou composées, plus ou moins colorées, dans un menslrue convenable : de là les noms de teinture aqueuse, alcoolique, élhérée , suivant que ce menstrue est l'eau, l'alcool ou l'étber. Teinture de tournesol. Elle faisait des élixirs, des teintures, de» baumes, J. J. rouss. Conf. n. Il Teinture d'or, liquide qu'on obtient en versant une huile volatile dans une dissolution de chlorure d'or, et qu'on regardait autrefois comme cordial. Je crois que les personnes qui ont pris de la teinture d'or ne peuvent prendre de mauvais air [maladie contaMii'Use], voit. Lett. t«.|| Teinture de mars, tartraii de potasse et de fer liquide. Il Teinture acre de ii.rtre, combinaison de la potasse ou de la son-le caustiques avec l'alcool. Il Chez les alchimiste», teinture se dit de la pierre philosophale, parce qu'elle teint les métaux moins nobles de la couleur des métaux plus nobles. Il B" Fig. Connaissance superficielle d'une science, d'un art. L'auditeur, qui communément n'a qu'une teinture superficielle de l'histoire, corn. Sertor. Au lecteur. Il a une teinture de Paris et de l'opéra; il chante, il est familier, sév. m. Elle [Mme de Kerman] sait un peu de tout; j'ai aussi une petite teinture, id. 30 avr. (689. Je neveux vous donner ici qu'une teinture de ces vérités importantes, qu'on reconnaît d'autant plus qu'on entre plus avant dans le particulier, boss. Hist. n, 6. Bien loin de s'effrayer ou de rougir du nom de philosophe, il n'y a personne au monde qui «e dût avoir une forte teinture de philosophie, LA BRUT. II. Il se donne pour un homme universel , parce qu'il a une légère teinture de toutes les sciences, lesage. Cil Blas, liv. ii, B. Helvia était instruite; son père lui avait donné une assez forte teinture des beaux-arts, dider. Cl. et lier. I, s. Il 6* Fig. Impression conservée d'une première éducation. Il faudrait qu'ils n'eussent aucune teinture d'humanité, si une clémence si peu attendue ne dissipait toute leur haine, corn. 2' dise. L'air du monde change en bonnes qualités Ces teintures qu'on prend aux universités, id. SutJe du Uent. n, 4. La Bagnols est partie; la Mousse est allée avec elle; si vous pouviez l'attirer à Grignan pour donner quelques bonnes teintures à ce petit marquis [le jeune Grignan], vous seriez trop heureuse, tév. 4 9 juin. «677. u reste toujours quelque teinture de son premier état, ou du moins le temps seul peut l'eflacer, marit. Pays. part, c part. Il 7° Fig. Apparence légère. Je vous eusse offensée par mes compliments, qui ne pouvaient que retenir la teinture de ma mauvais» humeur, BALZ. liv. VII, Lett. »t. Les choses humaines n« sont pas encore si désespérées que les vices, qui
TEK
ne sont que vices, qui montrent toute leur laideur sans aucune teinture d'honnêteté, soient honorés dans le monde, boss. Serm. pour l» mardi de la 1* tem. de car. i. \\ 8* Fig. Influence reçue. U faut du temps pour que l'homme reçoive la teinture du ciel; il en faut plus encore pour que la terre transmette ses qualités, hurr. More, choisis, p. 45. Le style prend la teinture du caractère, d'a-
LtUB.Œutl. t. III, p. «<.
— MIST. xiir s. Nus ne puet ne ne doit joindre voire [verre] en couleur de cristal pour tainture ne pour painture nule ; quar l'œuvre est fause, et doit estre quassée, Liv. des met. 7a. Et la fenestre estoit overte. Dont il veoit à sa tainture Com ele estoit et nete et pure, Hen. (2ool. || xiV l. C'est médecine cordiale Et tainture plus qu'aureale, Nat. à l'alch. )030. Se tu les vuels avoir noirs [les cheveux], sy comme les Grecs ou les Espaigneux les désirent, fay ceste tainture.... lanchanc, f* 38. Il XVI' s. Car fermeté c'est le noir par droicture. Pour ce que perdre il ne peut sa tainture, marot, n, 3). X quoy s'adjouslent raports, soupçons et calomnies, de manière que, quand quelqu'un seroil blanc comme neige, par telles teintures on le feroit devenir rouge comme escarlatte, lanoue, «o. Quand je me confesse à moy religieusement, je trouve que la meilleure bonté que j'aye a de la teincture vicieuse, UONI. III, 87. C'est i toy, cardinal [de Lorraine], plus rouge de nostre sang que d'autre teinture.... que la France redemande la vie de tant de gentilshommes.... RÉGNIER os I.A PLANCHE, De l'Bslat dl
France sous François II, )680.
— ÊTYM. Wallon, teinteur; provenç. tenlura; espagn. et ital. tintura; du lat. tinctura, de tingere, teindre.
t TEINTCRKRIB (tin-tu-re-rie), ». f. Atelier de teinture. || Métier du teinturier.
— HIST. XIII' s. La reine Blanche.... otroia que li raestiez des loisserans pcust avoir deus hostex [hôtels] esquex l'en peust ovrcr du mesticr de tainturerie et de toissanderie, et franchement.... Liv. des met. <<7.
— STVM. Teinturier.
TEINTURIER, 1ÈRE (tin-tu-rié, ri^r"), s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui exerce l'art de teindre. Teinturiers en soie, en bois, en chapeaux, en peaux, en plumes. U n'y a présentement que trois teinturier» appelles du grand et bon teint des manufactures de laine... où il y aura moins de trois teinturiers du bon teint en manufactures de laine, il sera choisi, des teinturiers du petit teint des plus capables, le nombre qu'il faudra pour parfaire celui de trois teinturiers du grand teint.... à la charge de faire le chef-d'œuvre de la teinture du bon teint, de renoncer à la teinture du petit teint, Réglem. sur les manufact. aoiit (669, art. 4, Teinturiers en laine. U [Dieu] ouvre le cœur de Lydie, une teinturière en pourpre, pour écouter ce que disait saint Paul, BOas. Élevât, sur myst. ixiv, to. Les teinturiers font presque partout un mystère de l'acide qu'ils emploient; mais c'est partout ou l'acide acéteux, ou le sulfurique, ou le nitrique, ou le muriatique, CHAPTAL, Instit. Hém. scienc. t. m, p. 98. ||Teinturier-dégraisseur , teinturier qui se charge de faire disparaître les tache» de» étoffes, des vêtements. Il Adj. Maître teinturier. Les maîtres teinturiers du grand et bon teint ne pourront teindre en petit teint, ni les teinturiers du petit teint ne pourront aussi teindre en grand et bon teint, ni même en bleu, attendu que le guède de pastel n'est attribué qu 'aux maîtres teintuiiers du bon teint, Règlement, etc. art. 2. || 4" Raisin teinturier, raisin dont le suc est coloré. || 8° Fig. Celui qui élabore, corrige, refond les œuvres auxquelles unaulre met son nom. Mme la comtesse de Beauhainais a fait présenter une comédie, elle a été reçue; on ne doute pas que le sieur Dorât ne soit son teinturier, BACHAUMONT, Mém. secrets, SB sept. (775. Il II fait cela avec son teinturier, se dit d'un homme qui s'attribue un ouvrage d'esprit qu'on l'a beaucoup aidé à faire.
— lilST. XIII' s. Ouiconques veut estre tainturiers à Paris de guesde et de toutes autres couleurs desquels l'en taint dras, estre le puet franchement, Liv.desmét. 135. ||xvr s. Mençonge de teinturier, leroux de lincy, Prov. t. n, p. (49.
— ÉTYM. Teinture.
t TEINT-VIN (tin-vin), t. m. Nom vulgaire de l'airelle myrtille, dont le fruit est employé par des marchands de vin à teindre la vin bianc.
t TEK ou TECK (tèk), s m. Grand arbre de la fa-
'lEL
mille des verbenacées, t*ka grandii, Lamk, l«ctona oraruiù, L. croissant dans l'Inde; son bois, assez léger, mais très-solide, sert i la construction des vaisseaux et des maisons. M. le docteur Sprenger, ayant visité, il y a quelques années, les ruine» du palais des Cosroès i Ctésiphon, reconnut que les boiserie» du palais étaient en bois de teck, reynauo, Helat. pol. et eomm. d» Femp. rom. avec l'Asie orient, p. (7(.
TEL, ELLE (tel, tè-t'), adj. || l'Qui est de mime, de la même qualité. L'ordre que j'ai tenu en ceci a été tel : premièrement j'ai tiché de trouver.... DESC. Méth, VI, 2. Cieux ! a-t-on vu jamais, a-t-on rien vu de tel I corn. Pol. in, 2. Clilon : i ce compte il est mort I — Dorante : Je le laissai pour tel, m. le Ment, iv, ( . La première (roue] y meut la seconde ; Une troisième suit : elle [la montre] sonne à la fin ; Au di re de ces gens, la bête est toute telle, LA PONT. I^abl. X, I. Tel était l'état déplorable des catholiques anglais, boss. Reine d'Anylet. Tel on l'avait vu dans les combats, résolu, paisible, occupé de ce qu'il fallait pour les soutenir, tel il parut à ce dernier choc [le moment de la mort], ID. Louif de Bourbon. Le syrien Héliogabale, ou plutôt Alagabale, son fils [de Caracalla], ou du moins réputé pour tel, m. Hist. i, (n. Son langage le plus ordinaire est tel : relirons- nous de cette multitude qui nous environne, la brut. Théophr, XXTI. On l'a vu [Leibnilz] fort affligé à la mort du feu roi de Prusse et de l'électrice Sophie ; ia douleur d'un tel homme est la plus belle oraison funèbre, FONTEN. Leibnits. Se fier à un perfide et i un scélérat connu pour tel, c'est une témérité qui n'est point pardonnable, rolun, llist. anc. ŒuCT". t. V, p. 4(9, dans pougens. Il parait difficile qu'il y ait moins de <bo millions d'àmes, ou soi-disant telles, à la Chine, volt. Dial. 37, Telle est la condition malheureuse des tyrans : ils ne peuvent se confier ni dans les gens de bieo qu'ils éloignent, ni dans les méchants qui leur
restent, dider. Ci $t Nér. i, 66 Ferme dans
ma route, et vrai dans mes discours. Tel je fus, tel je suis, tel je serai toujours, H. J. cuiN. Diit. iur la satire. || Tel en ce sens a, mi» en tête ou à la fin de la phrase, une acception différente. Tel fut son langage, indique que le langage qu'on vient de rapporter fut tenu. Son langage fut tel, indique qu'on va rapporter le langage dont il s'agit. |{ 2' Suivi de que, il marque le rapport, la ressemblance de deux choses que l'on compare. Il n'y a presque point d'homme qui veuille en toutes choses se laisser voir tel qu'il est, la BOCHEFOUC. néft. div. p. (26, dans pougens. M. le cardinal de Retz est arrivé tout tel qu'il est parti, SÉV. 28 avr. (678. Je me trouvai toute telle à cet égard [à l'égard de H. de Chaulnes] que si nous avions eu la députation, m. (6 oct. (689. La voilà cette princesse si admirée et si chérie, la voilà telle que la mort nous l'a faite, boss. Duch. d'Orl. Il [l'homme] craint de se voir tel qu'il est, parce qu'il n'est pas tel qu'il devrait être, flécu. Dtu de Montaus. Reconnaissez, Abner, à ces traits éclatants, Un Dieu tel aujourd'hui qu'il fut dan» tous les temps, rac. Athal. i, <. Je vous renvoie vos d'eux lettres avec mes remarques, dont vou» ferez tel usage qu'il vous plaira, m. Lett. à Boileau, (( avril «692. Le» Scythes [tragédie] ne valent pas les Guèbre»; il s'en faut beaucoup; mais, tels qu'ils sont, ils pourront être utiles à Lekain, et lui fournir trois ou quatre représentations à Haris, VOLT. Lett.d'Aryental, 3o août (769. U nous trouverait [nous Français] tels qu'il nous a laissés il y a vingt-cinq ans, faisant et disant beaucoup de sottises, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 22 avril (775. On a dit que Pascal a deviné ce que deviendrait notre langue; il serait mieux de dire qu'il est un de ceux qui ont le plus contribué à la rendre telle qu'elle est aujourd'hui; il a fait ce qu'on veut qu'il ait deviné, condil. Art d'écr. iv, 6. La conscience, qui lui faisait [à J. J. Rousseau] sentir en lui plu» de bien que de mal, lui donna le courage que lui seul peut-être eut et aura jamais de se montrer tel qu'il était, J. J. rouss. 2* dial. || U n'est rien tel, voy. rien, n° (4. || Un homme tel que lui, un homme de son mérite, de son rang. Un homme tel que moi voit sa gloire ternie. Quand il tombe en péril de quelque ignominie, corn. Uor. v, ». Un rival comme lui n'est pas fait, que je croi, Pour traverser les vœux d'un homme tel que moi, DEST0UCH. Glorieux, m, 4. || H se dit aussi ironiquement et par mépris. C'est, répondit Épaminondas, qu'il ne convenait pas à un homme tel que vous, de vous intéresser à un homme tel que lui,
TEL
BABTHÉL. Anach. ch. 5. 1| 3* Familièrement. Tel quel, aussi mauvais et même plus mauvais que bon, de peu de valeur. La réputation telle quelle qu'ils [mes livres] me pourraient acquérir, desc. Uéth. VI, ♦. Et comme on nous fit lors une paix telle quelle, corn. Je Jfenl. iv, 4. La voilà tcllo que la mort nous l'a faite ; encore ce reste tel quel va-t-il disparaître, boss. Duch. d'Orl. Cet accord tel quel ne dura guère, ID. Yar. a, 45. X vous la gloire de ce faible et tel quel commencement de bonne volonté, iD. If^d. sur l'Év. la Cène, 78' jour. L'abbé aime la compagnie telle quelle et la table, dider. Lett. à MUe Voland, 40 aoilt 1759. Pour peu que Corneille soit justifiable par des raisons telles quelles, dans les endroits où vous l'attaquez, vous êles sûr d'avoir contre vous les pédants, d'alemb. Lett, à Voltaire, 27 janv. «762 II Pris au hasard. Ainsi les écrits de l'un ne donnant aucune prise aux desseins des autres, ils ont été contraints, pour satisfaire leur passion, de prendre une proposition telle quelle, et de la condamner sans dire en quoi, ni pourquoi, pasc. Prou. m. Il On dit aussi: tel que tel, mais presque toujours avec l'idée d'une estime médiocre. Comment trouvez-vous son livre? tel que tel. Il me fit un acte de contrition tel que tel,sCARR. Rom. corn, u, 6. ||Tcl quel signifie encore : sans changement, dans le même état. Je vous rends votre livre tel quel, sans y avoir fait aucun dommage. || 4" Dans le style soutenu, tel l'emploie pour exprimer une comparaison. Un roi magnanime [Mithridale] qui, dans les adversités, tel qu'un lion qui regarde ses blessures, n'en était que plus indigné, montesq. Rom. 7. || Employé pour exprimerune comparaison, ilpeutse répéter. Telfruit, tel arbre, pour bien faire, la font. Fail. a, 4. Il Proverbes. Tel maître, tel valet, les valets suivent l'exemple de leurs maîtres. || Telle vie, telle fin, on meurt comme on a vécu. || En poésie, il s'emploie comme ainsi. Tel Hercule filant rompait tous les fuseaux, boil. Lutr. v. || Quelquefois après tel que.... on répète tel pour indiquer l'application de la comparaison, ou l'on met l'adjectif démonstratif ee, cet. Tel qu'est le juge du peuple, tels sont ses ministres; et tel qu'est le prince de la ville, tels sont aussi les habitants, sàCI, Bible, Ecclésiastique, x, 2. En tel état que nous serons morts, en cet état immuable nous serons représentés au grand jour de Dieu, BOSS. Sermons, Jugement dernier, 2. Tel que Dieu est à l'égard de toute la matière, tel a-t-il voulu que je fusse à l'égard de cette petite partie de la matière qu'il a mise dans la dépendance de ma volonté, id. Lib. arb. 2. Telle qu'une bergère, au plus beau jour de fête, De superbes 'rubis ne chaige point sa tête, .... Telle, aimable en son air, mais simple dans son style, Doit éclater sans pompe une élégante idylle, boil. Art p. n. || 5° Tel signifiant si grand, si fort, si élevé, etc. Unhomme d'un tel orgueil est inabordable. J'achèverai devant le prisonnier; Trou- Tez bon qu'un secret d'une telle importance. Puisque vous le mandez, s'explique en sa présence, COBN. Hérael. iv, 3. Que le sort de tels esprits [les ambitieux comme Cromwell] est hasardeux I boss. Befne d'Anglet. Il ne faut pas manquer à de telles grâces, ID. Anne de Goni. || Dans le même sens, avec que. J'ai telle opinion de sa justice que je le prendrai volontiers pour arbitre de notre différend, BALZ. Lett. VI, liv. T. L'amour qu'il me portait eut sur lui tel pouvoir. Qu'il voulut sur mon sort faire parler l'oracle, corn. Œd. n, 3. Que ditesvous d'Hermodore ? Qu'il est mauvais, répond Anthime; qu'il est mauvais; qu'il est tel, continuet-il, que ce n'est pas un livre, ou qui mérite du moins que le monde en parle, la brut. i. Monsieur mit telles gens en campagne, qu'il [Cosnac] fut découvert, ST-siM. 92, 2U7. Il On peut mettre après que la préposition de avec l'infinitif. Ils [les anges déchus] sont tombés à un tel point de misère, que de s'adonner à séduire les hommes, boss. Sermons, Démons, *. || Tel, dans ce sens, peut se mettre en tête de la phrase. Telle enfin était son habileté [de Turenne], que, lorsqu'il vainquait, on ne pouvait en aitrrbuer l'honneur qu'à sa prudence, et lorsqu'il était vaincu, on ne pouvait en imputer la faute qu'à la fortune , fléch. Turenne. || 6* En un sens indéfini, indéterminé, en parlant de personnes ou de choses qu'on ne veut ou ne peut designer précisément. Tout de bon, je suis tout autre que vous ne m'avez vu; et telle personne s'est sauvée autrefois de mes mains, qui no m'échapperait pas i cette heure, voit. Lett. w. L'occasion noua rit dans un si grand dessein, Mais
TEL
tel bras n'est i nous que jusques à demain, conN. Sertor. i, < . Us [les brames] ont en tête Que notrt âme, au sortir d'un roi, Entre dans un ciron ou dans telle autre bête Qu'il plaît au sort, la pont. Fabl. u, 7. Mais, après quelques jours, le dieu l'attrapa bien. Envoyant un songe lui dire Qu'un trésor était en tel lieu, ID. ib. ix, 4 3. On se met en tête d'avoir une telle charge, on veut obtenir une telle permission, on prétend que telle préférence nous est due, et l'on s'obstine à l'emporter, bourdal. Instr. paix avec le prochain, Exhort. t. n, p. 343. Bien que les magistrats lui aient permis tels transports de bois qu'il lui plairait, sans payer de tribut, la bruy. Théoph. xxiii. Une dame que je ne connais point, qui s'est dit votre parente, qui est faite de telle et telle manière, mariv. Uarianne, 6* part. L'idée générale d'orange , par exemple, n'est dans son origine que l'idée de telle orange, condil. Traité sens, rv, «.yUntel, une telle, une personne indéterminée qu'on ne peut nommer plus précisément. J'ai vu dans le palais une robe mal mise Gagner gros; les gens l'avaient prise Pour maître un tel, qui traînait après soi Force écoutants.... LA font. VII, (5. Et criez sans aucune pause. D'un ton rien moins que naturel : Monsieur l'huissier, pour le marquis un tel, mol. Remerc. au roi. On dit communément : après un tel, qui sera chancelier? qui sera primat des Gaules? la bruy. XII. N'est-ce pas vous, monsieur, qui vous nommez un tel? — Oui, je me nomme un tel; mais j'ai, ne vous déplaise. Encore un autre nom, REGNABD, Je Bal, <3. Monsieur le commandant, veuillez faire arrêter et conduire en prison un tel de tel endroit, p.-l. cour. Lett. m. || Au pJur. On dit messieurs tels, mesdames telles et telles. On n'a pointa" uffrir mille rebuts cruels, On n'a point à louer les ', -rs de messieurs tels, À donner de l'encens à rr;'.-;<.me une telle, Et de nos francs marquis essuyer la cervelle, mol. Mis. m, 7. || En ce sons, il s'empl .ie aussi sans article. Tel porte jusqu'aux cieux leur vertu sans égale [des Horaces etdes Curiaces]. Et tel l'ose nommer sacrilège et brutale, corn. lïor. m, 2. C'est de ces coups Qu'Amour fait; témoin t'ile et telle ; Mais ceci soit dit entre nous, la fo r. Fabl. a, 7. Nous savons en même temps 'ue telle et telle dont les communions sont si f ';quentes, ont néanmoins leurs défauts comme i-^s autres, bourdal. Dim. Oct. du St-Sacrement, U'^minic. t. ii, p. 331. Tel vient de mourir à Parii ije la fièvre, qu'il a gagnée à veiller sa femme qu'il n'aimait point, la bruy. XI. Tel, connu dans le monde par de grands talents, honoré et chéri partout où il se trouve, est petit dans son domestique et aux yeux de ses proches, ID. xn. Telle sans aucun attrait pour la retraite se consacre au Seigneur par pure fierté, mass Carême, Vocation. || Tel sans article, s'emploie pour celui, et en ce sens 11 doit être toujours suivi d'un relatif. Et puis nous y pouvons apprendre Que tel est pris qui croyait prendre, la font. Fabl. vni, ». Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera, BAC. Plaid. I, t . Tel eût été toujours vertueux, qui ne l'est plus, parce que son maître lui a donné trop d'autorité et trop de richesses, fén. Tél. XXIV. Il Proverbe. Tel menace qui tremble. Il 7* De telle sorte que, en telle sorte que, Joe. conj. Tellement, si bien, que.... avec l'indicatif. Il a agi de telle sorte que ses amis mêmes l'ont abandonné. Il a embrouillé l'affaire en telle sorte qu'on ne peut plus le tirer d'embarras. || On dit dans un sens analogue : de telle façon que.... de telle manière que.... || 8* X tel point, tellement. Orgon : Quoi donc I la chose est-elle incroyable ? — Dorine : X tel point Que vous-même, monsieur, je ne vous en crois point, hol. Tart. ii, 2.
— REM. 1. L'usage est de dire monsieur un tel, madame une telle, et non monsieur tel, madame telle, lia. Tel comme. Tel veut çue après soi, et non pas comme : Faites-moi la part telle qu'il TOUS plaira, et non telle comme il vous plaira, TAUOEL. Ifouv. rem. p. 60, dans pouoens. || 3* Tel que avec le subjonctif, dans le sens de quelque que, a été condamné parles grammairiens, en tête desquels est Vaugelas. Cependant on en trouve des exemples dans les meilleurs auteurs. Il y en a qui disent par exemple : Dieu est présent en tous lieux, tels qu'ils soient; c'est mal parler, il faut dire : quels qu'ils soient, vauoel. Rem. t. n, p. 701, dans pouoens. I,a puissance, telle qu'elle soit, qui fait continuer le mouvement, desc. Diopt. a. Je crois que Brute même, i tel point I qu'on le prise. Voulut plus d'une fois rompre son
TEL
entreprise, COBn. Cinna, m , t. Voilà, mon pire, un point de foi bien étrange, qu'une doctrine est hérétique telle qu'elle puisse être, pasc. Prov. XVII. On ne met pas la main sur un [des livres apportés par Mme de Sévigné], tel qu'il soit, qu'on n'ait envie de le lire tout entier, sÉv. b juin loso. Nous vous demandons [à Dieu] que notre lumière, telle qu'elle soit, se perde dans la vAtre et s'évanouisse devant vous, boss. Concupisc. 32. Un auteur, tel qu'il soit, se regarde sans hésiter comme le juge de tout autre auteur, vauven. Je Critiqu$ borné. En cela seul [les flatteries à Néron] il [Lucain] a imité Virgile, qui avait eu la faiblesse de donner à Auguste un encens que jamais un homme ne doit donner à un autre, tel qu'il soit, VOLT. Sss. poés. ép. IV. Vous me dites que votre amitié, telle qu'elle est, subsistera toujours pour moi , tel que je sois , j. i. rouss. Lett. à Mme d'Houdetot, 25 mars 1758. Ajoutons que cet usage date du ivi* siècle, comme on peut le voir à l'historique, et que rien dans la syntaxe n'oblige à condamner comme un solécisme (eJ que suivi d'un subjonctif. Il n'en est pas ainsi de tel dans le même sens précédant un adjectif, par exemple : Un système tel absurde qu'il soit; ici il y a une faute ; car leJ ne peut précéder un adjectif; et cette locution doit être condamnée.
— HIST. XI' s. Nen ai [je n'ai] tel gent ki la sue [sienne] derumpet, Ch. de Roi. ir. Tel as ocis dunt al coer [il] me regrette, ib. cxx. Tels quatre cens s'enasemblent à helmes, ib. cliv. || xii' s. Et s'il i va tex hom qui sagement lor die.... Sax. xx. Oïl, par Dieu, tels est ma destinée, Coiici, vi. Il XIII* s. Tel blasme amors, qui en toute sa vie Leal amour ne bonne ne connut, ql'ESNES, Romancero, p. 80. Il peut sa crois garder et estoicr, Qu'encor l'a-il lele qu'il l'emporta [à la croisade], HUES d'oisi, ib. p. 104. Li guerredons soit Icx qu'ele me die : Amis, bien sai que no mo hacz mie, LE roi JEAN DE BHlENNE, ib. p. t4l. Li empereres Baudoins chevaucha vers Salcniquo à tout tiexgens comme il avoit, villeii cxvni. Si parla au conte Looys de Bloys et de Chartain, et fu tiels li consaus que il s'en islroicnt fors, in. CXL. Il vous venra veoir prochainement emmi liu de vostre tere, ne jà ne serés teus que vous l'osés atendre, Chr. de Rains, p. 69. Renart responl : ainz n'oï tal ; Tiez se plaint n'a mie de D??l, Rcn. 309. Fai tant que tex envers tous soies, Cum tous envers toi les voudroics, la Rose, 5473. Tex jugs fait le larron pendre. Qui micx deOst estre pendus, Se jugement li fust rendus, ib. 66U8. Mais l'en puet tiei songes songier Qui ne sont mio mençongier, ib. 3. || xiV s. Par ce que nous eslisons bonnes œuvres ou maies, nous sommes tex ou quiex, c'est à dire bons ou malvès, orfsme, Élh. 65. Et quant les choses ne aviennentpas telles comment il esperoient, m. l'b. 88. On norist tel quaiel [petit chien], ce dist-on bien souvent. Qui saut le maistre au col moût anguisseusement, Baud. de Scb. n, <84. ||xv« s. Si pouvoient estre les Anglois et les Bretons de la contcsse de Montfort environ deux mille cinq cents hommes d'armes, et six mille archers, et quatre mille hommes de pied; les François estoient quatre tels tant, et tous gens d'estoffe et bien appareillés, FHOIss. l, I, 2)0. Quatre pctiz liz telz comme quelz, Bibl. des ch. 6* série, t. i, p. 245. Tes trois chevaliers ne purent oncques entrer en leurs hoitels pour eux armer; mais ils firent autant d'armes que tels qui estoient armés, froiss. i, i. 3i. Ha Rohan! ha.Mauny!... ha, telscttels! je vous plains, ID. II, n, 183. ' Monseigneur Gaston porlj une bourse à sa poitrine telle et telle, iD. ii, m, i3. Et pria aucuns seigneurs de l'Empire, tels co.nuie le comte de Hainaul, le duc de Lorraine.... ID. I, i, 80. Tel me veez, tel me prenez, en. d'orl. Chanson. Lesdits Bretons et Bourguignons lurent es terrnuers de Montmartre.... prendre ei vendcngier toute la vendange qui y estoit, jaçoit-cc qu'elle n'estoit point meure, et en firent du vin tel quel pour le boire, j. de troyes, Chron. (405. Adonc crient ceux qui se voient au-dessus : vive tel, vive tel, et meure tell Bouciq. n, 4. <.... Et y viendra ma commère telle, et mon cousin tel, s qui à l'aventure ne lui est rien, mais c'est la manière de le dire. Les quime joyes du mariage, p. 79. Il XVI' s. Tel fait baston dont souvent est battu, J. marot, p. 41, dans lacurne. Ne cachez pas un cueur dur et rebelle Sous tel beauté, id. I, 352. Et toi, prélat, dont il est peu de tels, id. n, 187. Tel en mestjict qui pour soy la désire, lo. n, SU. Puysque tell» est cesta fatale destinie qu«
TEL
TEL
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p»r yeeulx soye inquiei* ezqutlz plus j« me repousoye.... rab. Garg. I, ï». Si je le vous celois, je ne vous serais telle que je suis, haro. Lett. s*. Cette telle quelle faculté que j'ay de.... mont, i, 34. Kt mille tels exemples, id. i, bb. Une loy, telle qu'elle soit.... id. i, **o. Il desfeit plusieurs tyrans, avec une bien petite trouppe de gens et encore teU queU, amïot, Timnl. el P. /Em.comp. 4. Il fut tel comme le poêle Euripide descrit Capaneus, ID. Pélop. e. La bonne viande, telle qu'elle soit, ne peut faire profit au corps , s'elle n'est prinse en deue quantité, paré, Introd. U. De tel irbre tel fruit : c'est d'amour la nature, rons. 8o«. Entre tels tel deviendras, cotobave. Pour ce que bien souvent nous souffrons peines telles, Soustenans des plus grands les injustes querelles, d'aub. Tragiques, édit. lalanne, p. »«.
— ETYM. Bourguig. (ey, au fem. teille; provenç. tal, tau; espagn. lai; ital. taie; du lat. talis, qui est composé du thème pronominal ta, et du suffixe ad» qui indique la dépendance, la ressemblance : fluvi-alis, cere-alis. Comparez triXîxoç, dorien Ta).(<o;. si grand , d'un tel âge.
t TCLAGON, (té-la-gon), J. m. Mammifère voisin des moufettes. Télagon de Java, midaus meli-
eeps, FRÉD. CUVIER.
TÊLAMONS (té-la-mon), s. m. pliir. Terme d'architecture. Figures humaines employées à soutenir des corniches, des consoles, etc.
— ETYM. TiXaiiMv, lien, et, proprement, le lien qui soutient le bouclier.
t TÊLANGIECTASIE (té-Ian-ji-è-kta-zie), ». jf. Terme de médecine. Dilatation des vaisseaux éloignés du cœur ou capillaires; fongus.
— ÊTYM. Tîi>e, loin, àyytîni, vaisseau, et IxTaoiç, dilatation, de ix, hors, et Tiai;, tension.
t TÉLÉGONIE (té-lé-go-nie), t. f. Titre d'un des poèmes du cycle troyen.
— ETYM. TriXeyovtia, de TriXi^ovoç, fils d'Ulysse. ■f TÉLÉGRAMME (té-lé-gra-m'), ». m. Dépêche
télégraphique. Télégramme, ce mot qui exprime une idée nouvelle d'une manière si laconique.... on ne le trouve encore , à notre connaissance du moins, dans aucun vocabulaire, réveil, Rapp. au Sénat, Uonit. du M mai 4887, p. 608, 5* col.
— ETYM. TîiXe, loin, et yodiiiia, écrit. TÉLÉGRAPHE (té-lé-gra-f), J. m. || f Machine
placée sur un lieu élevé, qui sert à transmettre au loin des avis, des nouvelles, et qui repose sur l'emploi de la lunette d'approche pour discerner de loin les signaux. Miot de Mélito raconte [Mém. t. i, p. 38), que Chappe [inventeur du télégraphe] vint le voir au ministère de la guerre et lui donna de minutieux détails de son appareil qu'il nommait alors tachygraphe ; Miot lui dit tout de suite que la dénomination était mauvaise, et qu'il devait la changer en celle de télégraphe; Chappe fut frappé de la justesse de l'observation, et adopta l'appellation qui depuis ce temps a prévalu, uaxime DU Camp, Revue des Deux-Mondes, <6 mars «867, p. 464.11 On dit télégraphe aérien, quand on veut le distingue- du télégraphe électrique. || Fig. M. le maire est le télégraphe de notre commune; en le voyant on sait tous les événements, p. L. cour. Gaz. du vlUage, n* 4. || Fig. Faire le télégraphe, c'est un télégraphe, se dit d'un homme qui gesticule beaucoup. || Télégraphe de nuit, appareil muni de lanternes qu'on a proposé pour correspondre la nuit. Il 2° Télégraphe nautique ou marin, instrument destiné à transmettre les signaux sur mer. || 3" Télégraphe militaire, appareil portatif au moyen duquel un général en chef peut faire parvenir ses ordres avec la plus grande promptitude. Il 4» Nom d'une plante de l'Inde, desmodium gyrans, dont les petites feuilles terminales se meuvent en haut ou en bas, suivant l'intensité de la lumière. || B° Télégraphe électrique, télégraphe fondé sur l'emploi de courants électriques produits par une machine, conduits par des fils et transmettant des signaux dont le sens est convenu. Il Télégraphe sous-marin, télégraphe électrique dont les fils sont plongés au fond de la mer. Il 6' X l'origine, il s'est pris adjectivement. Signé Chappe, ingénieur télégraphe, Journal de Perlet, «2 fruct. an v, n* osa.
— ETYM. TT))e, loin, et ypàçtiv, écrire.
t TÉLÉGRAPHIE (té-lé-gra-fic), s. f. Art de construire ou d'employer les télégraphes. || Terme de marine. Télégraphie universelle, système télégraphique pour s'entendre entre nations.
t I. TÉLÉGRAPHIER (té-lé-gra-fi-é), je télégraphiais, nous télégraphiions, vous télégraphiiez; que je télégraphie, que nous télégraphiions, que
Tout télégraphiiez), v. a. Transmettre ane dépiche i l'aide de signes télégraphiques; correspondre par le télégraphe. On lui télégraphia qu'il eût à revenir.
t î. TÉLÉGRAPHIER (té-lé-gra-fié), t. m. Synonyme de télégraphiste. || Adj. Les candidats léléphiers.
TÉLÉGRAPHIQUE ( té-lé-gra-fl-k'), adj. Qui a rapport au télégraphe. Signes télégraphiques. Il Nouvelle, dépêche télégraphique, nouvelle, dépêche arrivée par le télégraphe.
t TÉLÉGRAPHIQIIKMENT (té-lé-gra-fi-ke-man), ado. Par le moyen du télégraphe. Le jour où, avec un appareil et un fil, on a su communiquer télégrapliiquement entre deux points, le problème de la création d'un réseau télégraphique couvrant la France entière était théoriquement résolu, o. marqpoï. Des réformes nécess. en télégraphie, p. (37.
t TÉLÉGRAPHISTE (té-lé-gra-fi-st'), I. m. L'employé qui transmet les dépêches télégraphiques. La formation d'un corps de télégraphistes demandera une organisation aussi régulière, une discipline et une instruction aussi sérieuses, des exercices aussi répétés que les autres corps spéciaux, génie ou artillerie. Revue des Deux-Uondes, t"
sept. (866, p. 21».
t TÉLÈGUE (té-Iè-gh'), s. m. Sorte de chariot russe. Il traversa la steppe dans un télègue.
t TÊLÉICONOGRAPHE (té-lé-i-ko-no-gra-F), ».m. Nom donné par M. Revoil à un instrument qui sert à reproduire de loin les images des objets,
JOUm. ofjiC. 29 juin <889, p. 888, 5* COl.
— ÊTYM. T^Xi , loin , etxùv, image, et ypiçeiv, tracer.
I TÉLÉMÈTRE (lé-lé-mè-tr'). ». m. Instrument destiné à évaluer rapidement les distances. Télémètre de campagne. Télémètre multipliant.
— ETYM. Tf]).e, loin, et (létpov , mesure. On trouve aussi télomitre, moins bon que télémètre.
t TÉLÉ.MÉTRIE (té-lé-mé-trie), ». f. Art de mesurer les distances.
t TÉLÉMÉTRIQUE (té-lé-mé-tri-k'), adj. Qui appartient à la télémétrie.
t TÉLÉOLOGIE (té-lé-o-lo-jie), ». f. Terme de philosophie. Doctrine des causes finales, c'est-àdire celle qui explique les êtres par le but apparent auquel ils semblent destinés.
— ÉTYM. TOoç, TÉXeo;, fin, et Xôyoç, doctrine.
t TÉLÉOLOGIQUE (té-lé-o-lo-ji-k'), adj. Qui a rapport i la téléologie. || Qui envisage les rapports des moyens à leurs fins. Jugement téléologique.
t TÉLÉPHIEN (té-lé-fiin), adj. m. Ancien terme de chirurgie. Ulcère téléphien, ulcère difficile à guérir.
— HIST. XVI* s. Ulcère telephien, parce que Telephus en a esté malade, paré, xi, t.
— ETYM. Téléphe, héros mythologique, qui reçut de la main d'Achille une blessure, laquelle dégénéra en ulcère.
t TÉLÉPHONIE (té-lé-fo-nie), ». f. Art, moyen de faire parvenir les sons au loin. || Art de correspondre à de grandes distances à l'aide du son, ou télégraphie acoustique.
— ÊTYM. Tti>e, loin, etçiovi), voix.
t TÉLÉPHONIQUE (té-lé-fo-ni-k'), adj. Qui a rapport à la téléphonie. || Signaux téléphoniques, signaux fournis par une gigantesque trompette que fait sonnera intervalles réguliers une machine soufflante, et destinés à avertir, dans les temps de brume, les navires du voisinage de la terre.
TÉLESCOPE (té-lè-sko-p'), ». m. || f Nom générique des instruments d'optique destines à observer les objets éloignés ; l'image de ces objets y est formée par la réflexion des rayons lumineux sur des miroirs et amplifiée ensuite par des verres grossissants. Il paraît que c'est à Middclbourg en Zélande que les télescopes ont pris naissance, vers l'an (soo, environ trois cent» ans après la découverte des lunettes, et que leur invention est due à Zacharie Janscn, lunettier de Middelbourg, bbisson. Traité de phys. t. u, p. 457. Simon Marius en Allemagne et Galilée en Italie sont les premiers qui aient lait de longs télescopes, propres pour les observations astronomiques, ID. •!>. p. 469. Le télescope astronomique fait voir les objets renversés; ce qui est tout à fait indifTéront, quand on observe des corps ronds tels que sont les corps célestes, id. tb. p. 475. Un télescope astronomique peut ai.sément être changé en télescope terrestre [où les objets ne sont pas renversés], en y ajoutant deux verre» oculaires, ro. tb. p. 477. Kepler, en appliquant sur cette image [donnée par UD verre convexe] un nouveau verra convexe.
noiu a rendus les maître» d'augmenter presque i volonté cette convergence, et de grossir considérablement le» objets; le télescope doit donc être considéré comme un véritable microscope; le premier verre, l'objectif, vous soumet une image do l'objet éloigné, et vous y portez la loupe qui a le pouvoir de l'amplifier, baillt, Uitt. astr. mod. t. i, p. 40t. L'heureuse invention du télescope nous a mis k portée de vérifier cette explication [que pendant le jour les étoile» n'étant qu'effacées ne cessent pas de luire] en nousfaisant voir les étoiles au moment où le soleil est le plus élevé, laplace, Bxp. i, «. Il i' L'usage a prévalu de réserver le nom de télescopes i ceux qui sont i miroirs ou catoptriques, et le nom de lunettes aux télescope» à lentilles ou dioptrique». || 3* Petite constellation méridionale.
— ETYM. Tti)e, foin, et oxoitilv, voir. TÉLESCOPIQUE (té-lè-sko-pi-k"), adj. || 1* Qui 8«
fait avec le télescope. Considérations fondées sut les observations télescopiques, laplace, Bxp. v, «. Il 2" Qu'on ne voit qu'à l'aide du télescope Étoile» télescopiques. || Planètes télescopiques, les planètes qui sont situées entre Mars et Jupiter.
t TÉLÉSIK (té-lé-zie), ». f. Nom donné par Haiiy aux trois gemmes les plus précieuses, le rubis, le saphir et la topaze d'Orient.
— ETYM TùiTioi, parfait
t TÉLÉTIQUE (té-lé-ti-k'), adj. Terme d'antiquité grecque. Qui a rapport aux initiations, aux mystères. Poètes télétiques, ceux dont les poëme» concernaient le» initiations et les divinités mystérieuses, BARTHÉL. Ànach. t. vn, table 5.
— ETYM TtXtTai, initiations, mystères.
t TÉLIAMBE (té-li-an-b'), ». m. Terme de métrique ancienne. Se dit d'un vers terminé par un ïambe ; nom donné à l'hexamètre miuru*.
— ETYM. Tiio;, fin, et ïombe.
TELLEMENT (tè-le-man), adv. jj !• De telle façon. Les princes sont tellement le» ministres de Dieu, qu'ils sont hommes néanmoins et non pas dieux, pasc. Prov. xiv. Quand la fortune eut abandonné la reine, elle s'enrichit plus que jamais elle-même de vertus, tellement qu'elle a perdu pour son propre bien cette puissance royale qu'elle avait pour le bien des autres, bobs. Reine d'Anglet. Ceux qui se donnent tellement i Dieu, qu'ils ont toujours un regard au monde, ro. Panég. St Joseph. U est tellement éloigné du langage commun, qu'il n'en est pas moins naturel, lamotte, cité dans L. racine. Rem. sur le thédt. de J. Rac. dise, prélim. Mon père comprit qu'un intendant placé entre le roi et le peuple doit se regarder comme l'homme de l'un et de l'autre, tellement destiné à être l'organe des volontés du maître qu'il le soit peut-être encore plus des vœux et des prières de» r.ujets, d'aguesseau. Vie de son père. || f X un si haut degré. Elle [l'àme] voit un objet [Dieu] au prix duquel elle se compte pour rien, et en est tellement éprise qu'elle le préfère à soi-même, non-seulement par raison, mais par amour, bobs. la Valliére. Elle se trouve tellement changée, qu'elle avait peine à le croire, id. Anne di Gonx. L'esprit est tellement esclave de l'imagination, qu'il lui obéit toujours lorsqu'elle est échauffée, iiALEBR. Rech. vér. v, n. || On dit aussi : tellement que de, avec l'infinitif. Thésée n'est pat tellement dépouvu de sens, que d'attacher tant de prix à de» conquêtes vulgaires, p. L. cotm. Éloge d'HéUnê. Il 8* Tellement que, signifie aussi si bien que. Tellement donc que vous ne voulez plu» entendre parler de lui. || 4* Tellement quellement, loc. adv. Ni bien ni mal, mais plutôt mal que bien, Elle se défit tellement quellement d'une visite sérieuse qui l'assiégeait, hauilt. Gramm. 8. Laisser aller le monde comme il va, faire son devoir tellement quellement, et dire toujours du bien de M. le prieur, est une ancienne maxime de moine, volt. Pol. et lég. Ce qu'on ne fait pas.
— HisT. xiii* s. Pource qu'il la vouloit tellement esmaier, Berte,xix. Comment [elle] est eschapée des bestes telement [de cette façon], l'b. xlvii. ||xiv' s. Et eslit plus très bien vivre par un an, que vivre par pluseurs ans telement quelement, oresue, Eth. 280. Il XV» s. Tellement que le destrier de messire Enguerrant tomba, et celuy de Saintré fut espaulé, Jeh. de Saintré, ch. 38. Tellement fut appointé entra eulx et moy qu'ils payeroicnt tout le bestail qu'ilz avoient prins, coMM. in, 6. Il XVI' s. Il est vray aussi que les rides et macules d'icelle sont effacées ; mais c'est tellement, que do jour en jour elles s'effacent encores, calt. Inslit. »2».
TÉM
— fimi. TelU, et 1« luffixe ment; proTeaç. tatment ; ital. talmente.
f TELLKTTE (lè-lè-l'), I. f. Sorte de toile de crin, i l'usage du Tabricant de papier.
— ETYM. Dimin. de teU, qui s'est dit pour toile (voy. ce mot).
TELI.IÈRE (tè-liè-r'), adj. m. Papier tellière, beau papier dit aussi papier ministre, de grand format, employé surtout pour les impressions de bureau et les pétitions. || Substantivement. Du tellière, de beau tellière.
— f.TYM. Legoarant pense qu'il a été ainsi nommé d'après le chancelier le Tellier sous Louis XIV.
t TELUNE (tèl-li-n'), *. f. Genre de coquilles bivalves.
— ÊTYM. TtXXvT].
t TELLURATE (tèl-lu-ra-f), t. m. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison de l'acide tellurique avec une base.
TELLURE (tél-lu-r"), t. m. Terme de chimie. Métal découvert, en 4 78a, par MiiUer de Reichenstein, dans les mines d'or de Transylvanie. Il a été aussi appelé or problématique, or paradoxal, et même or blanc, en risquant, par ce dernier nom, de le faire confondre avec le platine, legoarant.
— ÊTYM. Lat. tellus, telluris, la terre.
t TELLURE, ÉE (tèl-lu-ré, rée), adj. Terme de chimie. Qui contient du tellure.
t TELLUREUX (tèl-lu-reû), adj. m. Terme de chimie. Acide tellureux, acide le moins oxygéné formé de tellure et d'oxygène.
+ TELLURHYDRIQUE (tèl-lu-ri-dri-k"), adj.
Terme de chimie. Acide tellurhydrique, hydrogène tellure, acide hydrotellurique, gaz incolore, d'odeur désagréable d'oeufs pourris. |{ Ether tellurhydrique, ou acétène monotelluré, produit de la distillation du tellurure de potassium dans une dissolution chaude de sulfovinate de baryte.
t TKLLURIDK (tèl-lu-ri-d'), i. m. Terme de chimie. Combinaison de tellure et d'un corps simple.
t TELLURIEN, lENNE (tèl-lu-riin, riè-n'), ad;'. Synonyme de tellurique 2.
t t. TELLURIQUE (tèl-lu-ri-k'), adj. m. Terme de chimie. Acide tellurique, combinaison acide la plu» oxygénée du tellure.
— ETYM. Tellure.
t ». TELLURIQUB (tèl-lu-ri-k*), adj. Qui a rapport i la terre, à son influence sur les corps organisés. Les forces telluriques.
— ËTYM. Lat. tellus telluni, la terre.
t TELLUIllSEL (tèl-lu-ri-sèl), t. m. Terme de chimie. S '1 produit par la combinaison des tellurures entre eux.
t TELLURISME (tèl-lu-ri-sm'), t. m. Nom par lequel on a désigné le magnétisme terrestre.
— ETYM. Lat. (elluj, iellurit, la terre.
t TELLURITB (tèl-lu-n-t"), ». m. Terme de chimie. Sel formé par la combinaison de l'acide tellureux avec une base.
t TELLURURE (lèl-lu-ru-r'), ». m. Terme de chimie. Combinaison de tellure et d'un corps simple.
t TÊLODYNAMIQUE (té-lo-di-na-mi-k'), adj.
Qui exerce, transmet une puissance au loin. Le c&blc télodynamique, imaginé par M. F. Hirn, do Logelbach, le Irère du savant correspondant de l'Académie des sciences , résout complètement le dirScile problème de la transmission de la force motrice à de grandes distances; cette petite corde métallique, & peine grosse comme le petit doigt, transporte la force où l'on veut, par dizaines, par centaines de chevaux, u. departiixe, Monit. univ. • avril 4 86», p. 49B, 3* col.
— ETYM. Tîjli, au loin , et 80va(ii{, force. Il vaudrait mieux dire télédynamique.
t TELON (tè-lon), ». m. Ancienne sorte d'étoffe. Droguets, tiretaines, telons et draps de bas prix, Arrêt du Conseil, 4 9 fév. 4 874.
— ÊTYM. Ce doit être un dérivé de l'ancien tele, toile.
'TËMËRAIRE (té-mé-ré-r*), <»<J/. || 1' Hardi jusqu'à l'imprudence. Ainsi donc un sujet téméraire A si pou de respect et de soin de me plaire, corn. Cid, n, «. Contrariétés : l'homme est naturellement crédule, incrédule, timide, téméraire, pasc. Peni. vin, 4», éd. ravet. Ne pensez pas que je Yeuille, en interprète téméraire des secrets d'État, discourir sur le voyage d'Angleterre, boss. Duch. é'Orl. Une lémérAire jeunesse se jetait sans étude et sansconnaxi.ince dans les charges de la robe, FiicH. U TelUet II En un sens particulier. Entreprenant auprès d«f femmes. Emile aime ; il n'est donc pas timériire, i. i. aouis. Ém. r. || Sub-
TÉM
stantivement. Un téméraire, une téméraire. J'attaque en téméraire un bras toujours vainqueur,C0RN. le Cid, II, ». Qui serait ce vaillant, ou bien ce téméraire? m. ib. IV, f>. Téméraire, où voulez-vous passer? Au delà de ce lieu gardez-vous d'avancer , raC. Alh m, 2. J'ai affirmé ce que je savais, vous niez ce que vous ne savez pas; qui des deux est le téméraire? J. J. rouss. Lelt. à l'archev. de Paris. Il En un sens particulier, celui qui est entreprenant auprès des femmes. Voyant ma mère exposée à un grand nombre de téméraires qui voulaient l'épouser, VÈ«. Tél. m. || 2* Qui annonce do la témérité, qui a le caractère de la témérité. Et, de quelque façon que vous tourniez l'affaire, Prendre femme est à vous un coup bien téméraire, mol. Éc. desfem.i, 4. Son téméraire orgueil [d'Achille], que je vais redoubler. Croira que je lui cède, et qu'il m'a fait trembler, bac. Iphig. iv, 8. Son génie [de Gustave Wasa] formait de ces entreprises que le vulgaire croit téméraires, et qui ne sont que hardies aux yeui des grands hommes, volt. Charles XII, 4 . L'inoculation nous paraissait téméraire avant les exemples courageux qu'ont donnés M. le duc d'Orléans, le duo de Parme.... maintenant il serait téméraire do ne la pas employer, ID. Élog. L. XV. Craignez de faire un serment téméraire, GENUS, Veill. du chdt. t. 11, p. 33l, dans POUGENS. ||3* Jugement téméraire, jugement hasardé qu'on porte sur une personne ou une chose. Avez-vous fait assez de jugements téméraires, lui dit l'invisible? scarr. Rom. com. I, 9. || 4" En théologie, proposition téméraire, proposition qui mène à des inductions contraires à la véritable doctrine. Il Par extension. Si on les écoutait, ils [les savants] prétendraient encore à être seuls professeurs, sous prétexte qu'il faut savoir pour enseigner, proposition au moins téméraire, mal sonnante, p. l. COUR. Lett. à l'Acad. des inscr. || On le dit aussi des personnes en un sens analogue. Que M. Arnault soit téméraire ou non, ma conscience n'y est pas intéressée, pasc. Prov. i.
— Hisr. XV' s. Il fut proposé.... comment on pourroit faire faire une sortie téméraire à ceux de la ville de Gand, afin de trouver quelque moyen de pouvoir prendre sur eux punition et vengeance de leurs hautaines et grandes entreprises, math. iiE coucT, Hist. de Charles VU, p. 055, dans la-
CURNE. Il ivi* s Que nous modérions nos ser-
mens en telle sorte qu'ils ne soyenl point téméraires, légèrement faits, ni en matière frivole, CALV. Inst. 293. Je ne me plains du vol que j'ay tenté, Jeune Dédale, aux périls téméraire, desportes, Diane, i, 28.
— ÊTYM. Lat. temerariut, qui vient de l'adverbe lemere, au hasard.
TÉMÉRAIREMENT ( té-mé-rê-re-man ) , adr.
Il !• D'une manière téméraire. Se jeter témérairement dans le péril. C'eslen vérité, pour des gens qui ne parlent que de l'Écriture, se jouer trop témérairement de ses oracles, boss. Var. un, 35. Je crains de me flatter trop témérairement, fagan, Rendei-vous, se. 4 3. ||2° Au hasard, inconsidérément. Le plus souvent, ceux qui savent le moins. Sont témérairement et juges et témoins, rêonier, Sat. XV. La raison a été obligée de céder, et la plus sage prend pour ses principes ceux que l'imagination des hommes a témérairement introduits en chaque lieu, pasc. Pens. m, 3, édit. havet. Ce n'était pas [attribuer un meurtre] juger témérairement du duc de Glocester; ce prince était un monstre né pour commettre de sang-froid tous les crimes, volt. Moeurs, 4 17. || 3° Dans le langage juridique. Contre droit et raison. Pour avoir méchamment et témérairement avancé, se disait quelquefois dans des arrêts qui condamnaient i une amende honorable.
— HlST. xvi* s. Là où il semble advis que le monde soit témérairement tourné dessus et dessous, il repute que Dieu y besongne à le conduire, CALV. Inst. 4BB.
— ÊTYM. Téméraire, et le suffixe mertt. TÉMÉRITÉ (té-mé-ri-té), ». f. Hardiesse qui va
jusqu'à l'imprudence et à la présomption. Je sais que vous avez trop de bénignité , Et que vous ferez grâce à ma témérité, mol. Tart m, 3. Vous y verrez des conciles et des papes d'un côte, et des jésuites de l'autre, qui s'opposeront à leurs décisions touchant le sens d'un auteur, sans que vous accusiez vos confrères, je ne dis pas d'hérésie, mais non pas même de témérité, pasc. Prov. XVII. Si la témérité du hasard qui a semé les lois humaines en avait rencontré au moins une qui ffkt universelle, u>. P«n». m , 8, édit. bavet. Et
TÉM
moi , je saurai bien, si vous vous emportez, Arrêter les fureurs de vos témérités, th. corn. ilort d'Annibal , I, 3. Ce discours est d'une • prodigieuse témérité, boss. Lett. 2B8. Il |M. de Turenne] étonna par sa résolution ceux qu'il ne pouvait arrêter par la force , et releva par celte prudente et heureuse témérité l'Étal penchant vers sa ruine, flécu. Turenne. Après un coup si hasardeux, ils pouvaient se retirer glorieusement, si la témérité, quand elle est heureuse, pouvait garder quelque mesure, rollim, Ilist. anc. Œuv. t. vi, p. 499, dans pougens, Quand la témérité est heureuse, elle ne trouve plus de censeurs, lesage. Diable boit. 4 0. Où il n'y a point d'assertion, il n'y a point de témérité, J. J. Rouss. Lett. à l'archev. de Paris. Tandis que la France imitait la témérité philosophique de ses libres voisins [l 'Angleterre], villemain, Littér. tabl. du xviii* siècle, 2" part. 2* leçon, lin flattant l'orgueil des souvenirs historiques, sans gêner par aucune témérité do rédexjon et de langage la prudente étiquette d'un auditoire de souverains, de princes, de ministres et d'ambassadeurs, ID. Sout). contemp. les Cent-Jours, cli. 8.
— iilST. XV' S. .Sédition fault [pèche] et témérité, GERSON, llarengue ou roi Charles VI, p. 49. ||xvi* s. Cela ne seroit point sans l'opprobre de Dieu, de dire qu'il eusl abandonné l'homme, la plus noble de ses créatures à la témérité de fortune, CALV. Instit. IB5. Si par voslre rigueur je meurs avant le tans, Veu ma témérité, j'auiay ce que j'atlans, despohtes, Élégies, i, 16.
— ÉTYM. l'rovenç. temeri(a(;cspagn. temertdod; ital. temerità; du lat. temerilutem.
TÉMOIGNAGE (té-moi-gna-j'), s. m. |l 1* Action de témoigner, rapport d'un ou de plusieurs témoins sur un fait ou sur une personne. [Si Achille n'avait combattu aux champs de Troie) Notre âge aurait-il aujourd'hui Le mémorable témoignage Que la Grèce a donné de lui? malh. iv, 6. Carlos rend témoignage en vain contre soi-même , coaN. D. Sanche, v, 4. Jésus-Cbrist n'a point voulu du témoignage des démons, ni de ceux qui n'avaient pas vocation, mais de Dieu et île Jean-Baptiste, PASC. Pens. XXIV, 23 bis, édil. havet. Il [Jésus] leur ordonne [aux ap'itresj de porter témoignage de ce qu'ils ont vu, de ce qu'ils rnt ouï et de ce qu'ils ont touché, boss. Ilist. n, 6. Les apôtres rendent témoignage à Jésus-Chn it, II). 16. Il, 7. Mon ami , sur les bons témoignages qui m'ont été rendus de vous, j'ai résolu de contribuer autant qu'il me serait possible à vous remettre sur pied, lesage, Diable boit. 20. Selon le témoignage d'isben Aben; historien arabe, les générations des oiseaux , des nuées, des vents et tous les escadrons des anges se réunirent pour élever cet enlanl [Mahomet], et se disputèrent cet avantage, id. Lett. pcrs. 39. L'Hisloire du célèbre Nani, les Mémoires du maréchal d'Eslrées.... rendent justice au mérite de Concini et à son innocence; témoignages qui servent au moim à éclairer les vivants , s'ils ne peuvent rien jour ceux qui sont morts injustement d'une manière si cruelle, volt. Uœurs, 4 75. De deux témoignages, le moins suspect n'est pas celui que l'on dépose, mais celui qil'on laisse échapper, uaruontel, Œuv. t. vin,p. 344. lia- Particulièrement, déposition par-devant la justice. Nul ne mOi.rra sur le témoignage d'un seul, SAa, BibU, Deuléron. xvii, 6. Les princes des prêtres et tout le conseil cherchaient un faux téuioign.age contre Jésus pour le faire mourir, id. ib. Èvang. St Uatth. xxvi, B9. Ce fut Charondas qui introduisit les jugements contre les faux témoignages, MONTtsQ. Esp. xii, 2. [Dans certains pays] les bouchers ne sont pas admis en témoignage, i. j. rouss. Ém. n. || Fig. Pour distinguer le lâche, il devrait seul vieillir; El, son cœur paraissant aux traits de son visage. Les rides contre lui porteraient témoignage, P. lebrun, Pallas, m, «. H 8* Le témoignage de la conscience, le sentiment et la connaissance que chacun a en soi-même de la vérité ou de la fausseté d'une chose, et de la bonté ou de la méchanceté d'une action. Des reproches soutenus constamment [par M. de Lamoignon], quand il a eu pour lui le témoignage de sa conscience, fléch. Lamoignon. Si la guerre vient malgré tous les soins qu'un roi prend pour conserver la paix, il a du moins alors pour lui le témoignage de sa conscience, rén. Tel, xxiii. Il 4* Le témoignage des sens, ce que nous apprenons par les sens. || Ne s'en rapporter qu'au témoignage de ses yeux, n'ajouter foi qu'aux faits dont on a été témoin. || 6* Témoignage des bom-
TÉM
mes, se dit du témoignage auriculaire, de la tradition et de l'histoire, en tant que servant i prouver un fait ou une vérité. || 6' Rendre létuoiKnaxe i une chose, reconnaître cette chose et y rendre hommage. La grande et pieuse Anne d'Autriche rendait un perpétuel témoignage à l'inviolalile fidélité de M. le Tellier, boss. le Tellier. Suspendez pour un temps votre douleur, fidèles et désolés domestiques de cette princesse, et rendez ici témoignage i la vérité, flkch. Mar.-Thér. Que Dieu veille sur vous, enfant dont le courage Vient de rendre à son nom ce noble témoignage, raC. Àlhal. Il, ». Il II faut toujours rendre témoignage à la vérité, rien ne doit empêcher de dire vrai. Il Rendre tfnnnipnnpe de, attester, MM. les curés rendront témoignage atout Paris de son désintéressement (de M.d'Yprcs],p*,sc. Prov. xvi. Il ya des hommes qui ont droitde rendre témoignage d'eux-mêmes, font. Tschirnhaiis. || Rendre témoignage à, attester en faveur de quelqu'un. Merci, i qui le prince de Condé et le vigilant Turenne ont rendu ce grand témoignage, que jamais il n'avait perdu un seul moment favorable, boss. Louis de Bourbon. La fui rendra aui justes témoignage pour témoignage, parce qu'il est certain que les justes recevront devant Dieu un témoignage honorable de leur foi, BOURDAL. <•' avenl, Jugement dern. p. B7. Il 7* Preuve, marque de quelque chose. Il est temps que, par un témoignage de compatir avec vous, j'évite la mauvaise opinion que vous pourrait donner mon silence, malh. Lettres, i, H. Ton fils [le fils de Henri IV] Nous rend de sa valeur un si grand témoignage.... Régnier, Sat. i. Encore me somble-t-il plus excusable de ne rien dire [écrire] à une personne dont on ne se souvient point, que de s'en souvenir et ne lui en donner aucun témoignage, VOIT. Lett. 32. Vous pouvez imaginer le contentement que j'ai eu de recevoir tant de témoignages d'affection de tout ce qu'il y a d'aimables personnes au monde, ro. Lett. 42. Ce respect l'a ravi; sa bouche et son visage M'en ont donné sur l'heure un digne témoignage, corn. Cid, i, l . Force gens ont été l'instrument de leur mal ; Candaulc en est un témoignage, la font. Cand. Tantde témoignages invincibles qu'ils[lesjansénistes] ont donnés de leur foi, pasc. Prov.xvi. Il semble que Dieu n'ait conservé à Madame le jugement libre jusqu'au dernier soupir, qu'afin de faire durer les témoignages de sa foi, boss. Duch. d'Orl.
— REM. Il faut distinguer rendre témoignage de et rendre témoignage i. Rendre témoignage de, c'est déclarer qu'une chose est : rendre témoignage de la vérité, c'est déclarer la vérité telle qu'elle est. Rendre témoignage à, c'est rendre hommage : rendre témoignage à la vérité, c'est lui faire honneur, s'incliner devant elle.
— HlST. xin* s. Les faus tiesmoignages que li arcbediakenes et li doiiens et li cantres avoient donnés à l'archevesque par le conselg dou capitle, Chr. de floins, 1 86. S'il s'enfuit [un homme appelé pour aller en bataille], il a perdu honnoret tout ce qu'il lient en fief, ne ne doit puisestre eïs en corl en lesmoignage, ne en apeler autrui, beaum. n, 26. 11 doit mener avecquesbonegent qui voient les cozes qu'il prenderont, et qu'il en puissent porter tesmoignagc par devant le segneur, ID. Liv, 8. Et ainsi, comme noz avons dit, que li tesmoignagesde sainte Eglise doit eslre creus de ce qu'ele tesmongne les bons mariages ou les malvès, aussi entendons nos que ses tesmognages doit estre creus en toutes causes desquels le [la] conoissance apartient à sainte Eglise, ro. xvin, ti.\\ xvi' s. Là où il y a deux tesmoings le tesmoignage n'est rejecUble, bonivard, Chr. de GeTwve, i, u. Cachant sa face, en laquelle luy monte Le sang vermeil, tesmoignage de honte, MAROT, iv, H l . Se descouper pour tesmoignage de deuil, mont, i, 4t. Rendre tesmoignage d'une chose, m. i, 4 03. L'auctoriti de ces tesmoignages... id. i, 203.
— ÊTYM. Témoigner; wallon, témoigne^ ; provenç. teslimoniatge.
TÉMOIGNE, ÉE (té-moi-gné, gnée), part, posi^ de témoigner. Dont on a donné marque, preuve. L'indignation témoignée par ceux qui furent témoins de cette action.
TÉMOIGNKU (té-moi-gné; d'après ChifOet, Gramm. p. 200, l'e se prononce comme l'e ouvert ■ c'était un reste de 1'» étymologique : tesmoigner)] V. n. Il !• Servir de témoin, porter témoignage. "Témoigner contre quelqu'un. Témoigner en justice. Je témoignerai de son innocence. || 2* V, a. Marquer, faire connaître. Adorez-le [Dieu] dans r&me, et n'en ;émoigQez rien, coan. Poiy. iv, 3.
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Je TOiu vols accabler un homme de caresses, Et témoigner pour lui les dernières tendresses, mol. M'S. i, I. Cela me fit pitié, mais je ne lui en témoignai rien, pasg. Prov. v. Vous m'aimez, vous me le témoignez, stv. 341. Il [Pompune] m'a fort prié de vous assurer de .son estime et du soin qu'il aura toujours de faire tout ce qui vous la pourra témoigner, ro. d Mme de Grignan, 27 avr. )072. Adorez, quand il [le soleil] se lève, la bonté de Dieu qui pardonne ; et ne témoignez pas à votre frère un visage chagrin, pendant que le ciel et Dieu même, si l'on peut parler de la sorte, lui en montre un si serein et si doux, boss. Kédit. sur l'Évang. Sermon sur la montagne, 8* jour. Il [Uoileau] se piquait de penser rarement comme ses confrères, et il l'avait témoigné assoz plaisamment dans une autre occasion, où ils avaient tous été de son avis : J'en fus trèsélonné, disaitil, car j'avais raison, et c'était moi, d'alemb. Éloges, St Aulaire. Elle était douloureusement affligée de l'opinion qu'il avait témoignée sur les Italiennes, stael, Corinne, vi, 2. || Témoigner que. Le pauvre Ésope se jeta aux pieds de son maître; et, se faisant entendre du mieux qu'il put, il témoigna qu'il demandait pour toute grâce qu'on sursît (le quelques moments sa punition, la font. Tie d'Ésope. Mes chevaux témoignèrent hier qu'ils seraient bien aises de se reposer à Montargis, sÉv. 290. Il Témoigner de, avec l'infinitif. Quelque promesse alors qu'il eût faite à la mère De remettre ses fils au trône de leur père. Il témoigna si peu de la vouloir tenir, Qu'elle n'osa jamais les faire revenir, corn. Rodog. i, i. Quand je fus seul avec mon am', je lui témoignai d'être étonné du renversement que cette doctrine apportait dans la morale, p.asc. Prov. iv. || Témoigner, avec l'infinitif sans de. La reine ne me témoigna pas désirer rien de moi de plus que ce que j'avais fait, la rociie- FOUC. Ilém. \3. Il témoigne concevoir pour lui une affection particulière, bourd. Pensées, t. ii, p. 370. y Témoigner de la force, se dit d'un cheval qui par ses mouvements paraît avoir de la vigueur. Il 3" Être l'indice de, avec un nom de chose pour sujet. Thamas-kouli-kan, qui de nos jours a fait crever les yeux à Thamas son maître, ne s'appelait que son esclave, comme ce mot même de kouli le témoigne, volt. Kaurs, 169.
— HiST. XI' s. Il perdra son chatel [avoir], si il testimoinent qu'il ne prist... Lois de Guill. 25. Il XII' s. En la piere ot une escrilure Qui testemogne l'aventure, wace. Brut, v. B300. Maintenir le devons, ce [je] tesmoig et connois, Sax. xvm. Et feissent dous [deux] humes avant venir, qui Naboth accusassent e sur lui testemoniassent que il out mesparled de Deu meime e del rei, Rois, p. 331. Et ce mimes tesinoiige sainz Jakemes, Job, p. 442. || xni' s. Et bien le tcsmoigne Joffrois li mareschaus de Champagne, qui ceste oeuvre traita et tout cela vit à l'euil, viLLEH. Lixix. Noz avons touquié [touché] c'on [ce qu'on] doit fere de cex [ceux] qui tesmoignent faus à essient, beaum. xxxix, 64. A testament fere doivent estre tei [telles] gens qui le puissent tesmogner, s'aucuns debas en mouvoit, id. xii, 9. S'aucuns dist lait à l'autre en la vile, et il soit veu d'eschevin ou teslmoignié par deux autres personnes, Il paiera pour l'amende trois .sols, du canoë, testimoniare. || xiV s. Nul ne pourra dorosnavaiil estre receu au serment de mesureur de terres, s'il n'est témoigné par gens de foy, Ordonn. des rois de Fr. t. il, p. 38l.||xv' s. Les œuvres tesmoignent le contraire, comm. iv, 7. || xvi* s. Salnct Paul tesmoigne que nul ne peut bien parler de Christ, sinon par le Saint Esprit, Calvin, Instit. 197. Les mouvements de notre visage tesmoignent nos pensées, mont, i, 97. Choses tesmoignécs par genls dignes de foy, id. i, 202. Saint Augustin tesmoigne avoir veu.... id. i, 203. Aulcun vice ne tesmoigne tant de bassesse de cœur, id. m, 6<. Pour tcsmoigner [montrer] plus de courage, elles... id. m, (29.
— ÊTYM. Wallon, temoignt; prov. et esp. leilimoniar; port, testemunhar ; it. testlmoniare ; du baslatin teslimoniare, de (estimonium (voy. témoin).
TÉMOIN (té-moin ; au xvii' siècle, on donnait un son plus grave à la finale au pluriel : M. Chapelain a raison de dire que un faux témoin se prononce avec la dernière syllabe brève, et les faux témoins, qui est le pluriel, avec la dernière longue, ce qui les distingue notablement, vaugel. Rem. not. Th Corn. t. n, p. (024, dans pouoens), s. m. Il 1' Témoignage, marque, ce qui sert à faire connaître (sens propre et primitif, témoin repré-
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Mntant le latin leslimonium, témoignage). Hélas 1 cette vertu, quoique enfin invincible, Ne laisse que tropvoir uneiine tropsenïTlde; Ces pleurs en sont témoins, corn. Poly. u, J. Le présent conte en est un bon témoin, la font. Mul. Et j'ai de sûrs témoins do votre trahison, mol. Uis. iv, 3. Tous ceux qui, comme des hirondelles, viennent chercher votre soleil, en sont de bons témoins (que, l'hiver, le climat de la Provence est meilleur que celui do Pans], iiv. H janv. 1690. Il cite |)our témoin i.n auteur du temps d'Alexandre, boss. Ilist. 11, H. Il Prendre quelqu'un i témoin, le prendre en téinolgiiage, invoquer son témoignage. Je prends d'HacquevIlle à témoin de l'état où il m'a vue autrefois, sÉv. 19. Nous prendrons à témoin le dieu qu'on y révère, bac. Phèdre, v, i. || Dans la locution à témoin, l^moi'n reste Invariable, disent les grammairiens; naturellement, puisqu'il représente témoignage. On demande s'il faut dire : Je vous prends tous à témoins, avec une >, au pluriel; cette question fut faite dans une célèbre compagnie, où tout d'une voix on fut d'avis qu'il laliait dire : à témoin au singulier, vaucel. Bem. t. n, p. UI2I, dans pouGF.NS. Je prends aujourd'hui 1 témoin le ciel et la terre, que je vous ai proposa la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction, SACi, Bible, Deuléron. xxx, *9. Je prends à témoin tous les Grignans qui sont ici de la vérité de tout ce que je dis, sâv. 2. Tite, touché de leurs maux (des Juifs de Jérusalem], prenait ses dieux à témoin qu'il n'était pas cause de leur perte, boss. Ilist n, 8. Il Fig. Juste postérité, à témoin je t'appelle, RÉGNIER, 5a(. II. Je prends à témoin Ces bols, ces prairies, deshoul. t. u, p. 89. || Témoin, au commencement d'une phrase, se prend adverbialement, se dit d'une chose qui sert à prouver ce qu'on vient d'avancer, et demeure invariable quel que soit le mot qui suive, car II signifie témoignage. Ce mot est indéclinable et comme adverbe en cette phrase : témoin tous tes anciens philosophes; car, assurément, Il faut dire témoin, et non pas témoins, vaugel. Tlem. t. n, p. I023, dans pouoENS. Mais II [le chien] est sot, il est gourmand : Témoin ces deux mâtins qui dans l'élolgneuicnt Virent un âne mort, la font. Fahl. viii, 25. Luther avait été élevé dans de bons principes, et il ne pouvait s'empêcher d'y revenir de temps en temps, témoin le traité qu'il fit de l'autorité des magistrats en «B34, BOSS. Var. i, 28. Quand avons-nous manqué d'aboyer au larron? Témoin trois procureurs dont icelul Citron A déchiré la robe.... bac. Plaid, m, 3. || En témoin de quoi, loc. adv. Terme de pratique. En témoignage de quoi. Cette clause si ordinaire : en témoin de quoi j'ai signé la présente, où l'on ne peut pas dire que témoin ne signifie témoignage, vaugel. Rem. t. 11, p. to2&, dans pougens. On dit maintenant : en foi de quoi. || i' Par passage du sens abstrait au sens concret, celui, celle qui a vu ou entendu quelque fait, et qui peut en faire rapport. Témoin auriculaire. Témoin à gages. Récuser un témoin. Témoin à charge. Témoin à décharge. Assigner, produiredes témoins. N'importe, parlons-en et d'estoc et de taille Comme oculaire témoin, HOL. Amph. t, <. Déments donc tout Paris, qui, prenant la parole, Sur ce sujet encor de bons témoins pourvu. Tout prêt à le prouver, te dira : je l'ai vu, boil. Sat. x. Il viendra me demander peut-être Un grand homme sec, là, qui me sert de témoin, Et qui jure pour moi lorsque j'en ai besoin, rac. Plaid, i, 6. Aristote nous dit qu'à Cumcs les parents de l'accusateur pouvaient être témoins, montesq. Esp. xii, 2. En Angleterre, on reçoit les témoins des deux parts, et l'affaire est, pour ainsi dire, discutée entre eux, ID. ib. xiix. 11. La coutume était de mettre sur l'autel une motte de terre, quand on donnait ses biens à l'Église; des témoins tenaient lieu de contrat, VOLT. Mœurs, t». On ne fait point déposer les témoins en secret (en Angleterre]; ce serait en faire des délateurs; la procédure est publique, id. Dial. XXIV, ib. La loi (au moyen âge] exigeait beaucoup de témoins; il en fallait soixante-douze contre un évêque, quarante contre un prêtre, plus ou moins contre un laïque, suivant la qualité de l'accusé ou la gravité de l'accusation, duclos, Œuv. t. i, p. 302. Sénèque parle de ce fait comme un témoin oculaire, dider. Claude et Nér. i, 2. Il craignait les témoins, et non pas les remords, comte ds CAYLUS, Cont. orient. Œuv. t. vu, p. 308, dans pouoens. Il Fig. Parle maintenant, 6 ma conscience, je te rends la parole et la liberté; c'est le premier témoin qu'il faut ouïr contre ce criminel, c'est-à-dire nous-mêmes contre nous-mêmes, bossI
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Sermoru, Péché d'habitude, a. || U bo dit aussi d'une femme, sans changer de genre. Elle a été témoin de ce qui s'est passé; elle en est un bon témoin Il Témoins nécessaires, témoins qui ne sont re^.is que parce que la chose dont il s'agit n'a pu être connue que d'eui. |{ Faux témoin, celui qui assure comme témoin un fait contraire à la vérité. A l'égard des laux témoins qu'on a subornés contre cet Homiue-Uieu, bourdal. Exhort. Faux témoign. rendus contre J. C. l. u, p. 22. En France la peine contre les fauj témoins est capitale; en Angleterre elle ne l'est point, montesq Etp. xxix, n. Il Témoin muet, toute chose qui peut servir d'indice ou d'une sorte de preuve. Quelques taches de •ang sur ses vêlements furent des témoins muets contre lui. || Vous m'êtes tous témoins que.... se dit pour invoquer le témoignage des personnes présentes. || Dieu m'est témoin, m'en est témoin, il sait que ce que je dis est véritable. Je vous time, Le ciel m'en soit témoin, cent fois plus que moi-même, corn. Poly. I, 2. Saints autels, vous m'êtes témoins que ce n'e.H pas aujourd'hui par ces artificieuses fictions de l'éloquence que je mets dans la bouche de M. le Tellier ces fortes paroles, boss. le Tellier. Les dieux nous sont témoins que nous n'avons renoncé à la paix que quand la paix nous a échappé sans ressource par l'ambition inquiète des Cretois, fén. Tél. xi. Il 3* Personne dont on se fait assister pour certains actes. Dresser un acte en présence de témoins. Il [le cardinal de Fleuri] m'assura positivement.... que ce n'était pas le chevalier de Forbin, mais Bontemps et Monchevreuil qui avaient assisté comme témoins [au mariage de Louis XIV avec Mme de Maintenon], volt. Lett. Roques, <7S2. Don Bazile voudra bien nous servir de second témoin, BEAUMAHCH. Barb. de Sév. iv, 7. Plaisant mariage I où sont les témoins? m. ib. iv, 8. Ne pourront être pris pour témoins du testament par acte public ni les légataires, à quelque titre qu'ils soient, ni leurs parents ou alliés au quatrième degré inclusivement. Code civ. art. 97B. Les lémoins produits aux actes de l'état civil ne pourront être que du sexe masculin, âgés de vingt-un ans au moins, tb. art. 37. || Témoins instrumentaircs, témoins dont on se fait assister pour certains actes, par opposition à témoins judiciaires, ceux qui déposent en justice. Il Témoin moi-même ou témoin le roi, formule dont se sont servis quelques princes et notamment les rois d'Angleterre, pour ratifier quelques chartes. || 4° Celui qui accompagne un homme qui se bal en duel. Les témoins es^ycrcnt vainement d'arranger l'affaire. Les témoins mesurèrent le terrain. || 5° Celui qui voit, qui enlend quelque chose, qui en est spectateur. Mais si mon frère était le témoin de ma joie.... CORN. Rodog. v, 3. Un riche laboureur, sentant sa fin prochaine, Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins, la font. Fabl. v, 9. Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger, pasc. Pens. xxiv, 46, éd. havet. Tristes, mais fidèles témoins de ses derniers sentiments [de Mme de Montausier!, combien de fois vous a-t-elle dit.... FLÉCH. Mme de Mont. Dieu, qui enfui le principe el le seul témoin [des actions deMme d'Aiguillon], en est lui-même la récompense, ID. Mme d'Aiguil. Parlez, écrivez, agissez, pensez, comme si vous aviez mille témoins ; comptez que tôt ou tard tout est su, maintenon. Avis à la duch. de Bourg. Que vois-je autour de moi que des amis vendus Qui sont de tous mes pas les témoins assidus? rac. Bril. I, 4. Je compris qu'il avait quelque chose de personnel à me communiquer, et que ce qu'il avait à me dire ne demandait point de témoins, UARiv. Pays. parv. 6' part. En vérité, que des farces si grossières puissent abuser un moment, il faut en être témoin pour le croire, j. j. rouss. S" dial. La mort d'un ami ravit à l'homme vertueux un témoin de ses vertus, nmER. CI. et Nér. u, 7. llFig. Ce fut le soleil à midi qui éclaira le mariage ; la lune a été témoin du reste, sév. 399. Et mon coeur, soulevant mille secrets témoins. M'en dira d'aulant plus que vfus m'en direz moins, RAC. Andr. iv, 5. Maheureux diadème. Instrument et témoin de toutes mes douleurs, m. Hithr. v I. Il Mes yeux en sont témoins, se dit d'une chose qu'on a vue soi-même. || 6* Au pUr. En termes d arpentage, petits morceaux de tuile, d'ardoise qu'on po*e sous les bornes des hériUges, pour re connaître, par la suite, si les bornes ont élé déplacées. On accusa ce propriétaire d'avoir déplacé les bornes de son champ; mais les témoins firent voir qu'il u'ea était rien. || V Dans la fouille des terres,
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on. nomme témoins, des hauteurs ou des buttes, qu'on laisse d'espace en espace, pour faire juger combien on aôtéde terre des endroits qui demeurent vides. Il Par extension. Ces montagnes dont la base était plus solidement appuyée, sont restées comme des espèces de témoins et de monuments qui indiquent la hauteur qu'avait anciennement le sol de ces contrées, BUFF.idd. th. (err. <Eui!. t. in, p. 4113. Il 8° Dans les travaux de forage, morceau de roche qui reste après avoir élé entamé de tous les côtés, et que l'on détache facilement. 118" Au plur. Feuillets d'un livre que le relieur a laissés exprès sans les rogner, pour faire voir qu'il a épargné la marge autant qu'il lui a été possible ; on les nomme de même quand ils ont été laissés involontairement, par suite d'une feuille cornée quand on a rogné. En rognant à deux fois vous rognez d'autant moins, Et vous êtes plus sûr de laisser des témoins, lesné, la Reliure, p. 69. Ces témoins sont des feuilles qui ne se trouvent pas tout à fait rognées en queue du livre ; ils sont pour l'ordinaire très-inégaux, puisque ce n'est autre chose que la barbe du papier, ID. tb. (7(. Il 10" Au plur. Terme de marine. Bouts de toron que les cordiers laissent à chaque bout d'une pièce de cordage. || il" Nom donné par les essayeurs au bouton d'argent qu'ils obtiennent par la coupellation du plomb d'œuvre, lorsqu'ils veulent s'assurer de sa qualité avant de coupeller. Il 12" Défauts de la tonte du drap. || 13° Terme d'eaux et forêts. Témoins, arbres de lisière et autres qu'il est défendu d'abattre dans les venles.