SYN. PRENDRE À TÉMOIN, PRENDRE POUR TÉMOIN
11 y a une grande différence entre: je vous prends à témoin, et : je vous prends pour témoin. La première locution signifie : j'invoque votre témoignage; la seconde signifie : je vous prends, je vous accepte comme témoignant. On peut prendre à témoin les grands, les princes. Dieu même; mais on ne les prend pas pour témoins.
— HIST. xW s. Qui d'ouir el d'entendre a loisir et talant. Fasse pais, si escout bone chançon vaillant, Dont li livre d'isloire sont tesmoing el garant, Soi. I. Il xiii's. Se un borgois de Paris ne un forain de dehors, quelque il soit, livre le tesmoing [échantillon] de son grain pour vendre, Liv. des
met. 22 Si comme se je convenence que je
porterai fax tesmong, beauman. xxxiv, 24. Il est faus tesmoins qui dist à essienl menchonge en son tesmongnage après ce qu'il jure, ni. tb. xxx, 46. Il XV" s. Là esloient les douze pers de France, pour le roy d'Angleterre festoyer, et aussi pour estre personnellement et faire tesmoing à son hommage, FROlss. I, I, (2. Parle tesmoing [témoignage] monseigneur le dalphin, E. desch. Poésies mss. f° <80. Il XVI" s. Puis dit ainsi : loing de nous pour le moins Sont à présent regardeurs et tesmoings, MAROT, IV, 80. J'appelle ici en tesmoins tous ceux qui ont crainte de Dieu, calv. Instit. H7(.Lies besles.... tesmoings les chiens qui.... MONT. I, 4 01. Tesmoings les brebis de Jacob, id. i, 102. Témoins passent lettres [titres, actes], loysel, 774. Response qui depuis est venue en proverbe, à savoir de celuy qui, estant interrogé de quel mestier il esloil, respondit qu'il esloit du mestier de tesmoing, H. est. Apol. d'Hérod. p. 262, dans lacurne. Pour tesmoing jamais ennemy N'y soit receu, ny moins amy, leroux de lincy, Pror. 1. 11, p. 149. Et cette race a veu (qui l'a plus estonnée ?J Que Dieu à ses tesmoings a donné maintcsfois, La langue estant couppée, une céleste voix, d'aub. Tragiques, éd. lalanne, p. <47.
— ETYM. Berry, témoin; wallon, témon; provenç. testimoni; du lat. testimonium, de testis (pour trestis, voy. tester), el le suffixe monium, suffixe secondaire formé de mon (comme dans sermo), qui fait des noms d'agent, et l'un», io, qui fait des noms d'acte. Testimonium se trouve dès le VIII" siècle, en un capitulaire, au sens de témoin; et dès lors les Romans avaient donné un sens concret à ce substantif abstrait.
«. TEMPE (lam-p'), s. f. Région latérale de la tête comprise entre l'œil et l'oreille; elle répond à la partie écailleuse de l'os temporal et i la portion correspondante du muscle de ce nom. Tempe droite. Tempe gauche. Son œil d'aigle, son fronl argenté vers les tempes. Rappelaient les fiertés des plus m&les estampes, th. Gautier, P. Corneille. Il Terme d'entomologie. Partie située de chaque côté de la moitié postérieure des yeux, entre le front et le vertex.
— REM. On a dit longtemps temple ; Ce mot temple est féminin quand il signifie la p^^rtie de
TEM
la tête qui est entre l'oreille et le front; c'est ainsi qu'il faut écrire et prononcer ce mot; ceux qui disent tempe ne parlent pas bien, Acad. Obs. sur Vaugel. p. <»o, dans pouoens. Deux petits fers [d'une coiffure] s'enfoncentdans les temples, empêchent la circulation, font des abcès, sÉv. f, oct. ) CH9.
— HIST. XI" s. De Sun cervel le temple en est rumpant, Ch. de Rai. cxxxii. || xiii" s. Lors m'en vins, si cun dit vous é, Par ces buissons gratant mes temples, la Rose, M74i. || xvi" s. Si un malade a les yeux caves, les temples abattues el le nez pointu, on cognoist qu'il est proche de la mort, paré, Introd. 23. Par les temples est entendu ce qui est situé entre le petit canthus ou petit angle de l'œil et l'oreille, id. m, t. Je luy conseille se faire ouvrir l'artère du temple, id. xv, 4. Les Libyens.... par cette coutume.... de leur cautériser [aux enfants] et brusler les veines du chef et des temples.... mont, m, 208.
— ETYM. Berry et génev. la temple; provenç. templa; ilal. tempia; du lat. tempora, pluriel de tempus, tempe. Temple, d'où tempe, est du féminin, parce que d'ordinaire le vieux français donne ce genre aux pluriels neutres latins.
t 2. TEMPE (tan-p'), s. f. Terme de boucherie. Morceau de bois pour tenir ouvert le ventre d'un animal.
t TEMPE (lin-pé), s. f. Il f Vallée de Thessalie entre le mont Ossa el l'Olympe. |{ i' Par extension, toute espèce de vallée remarquable par la beauté et la fraîcheur. Ces fraîches Tempes. Aux plus arides bords Tempe rit à leurs yeux, a. chén. Élégies, l, 24. || Gresset l'a fait du masculin : ce Tempe, celle autre Idalie, Ode II, Sur l'amour d» la patrie. U vaut mieux le faire féminin, car on sous-enlend vallée.
— ÉTYM. Lat. Tempe (au pluriel), ta Ti|Mn). TEMPÉRAMENT (lan-pé-ra-man), ». m. || 1° Mode
de composition et de mélange. On ne saurait répondre précisément à cette question : à quelle hauteur les pompes élèvent l'eau à Paris, si l'on ne détermine aussi le tempérament de l'air [s'il est chargé de vapeurs ou non], pasc Pesant, de l'air, vn. || Absolument. Juste mélange. La santé du corps consiste dans le tempérament des humeurs, BOURDAL. Pensées, t. i, p. ■'■»Z. || 2' Particulièrement. Constitution physique du corps humain, ou, en langage technique, résultat général, pour l'organisme, de la prédominance d'action d'un organe ou d'un système. Tempérament bilieux. Tempérament sanguin. Tempérament lymphatique. Tempérament nerveux. La vanité, la honte, et surtout le tempérament font souvent la valeur des hommes et la vertu des femmes, la ROCHEFOUC. Max. 220. Quelle journée ! quelle amertume I quelle séparation ! vous pleurâtes, ma trèschère, el c'est une affaire pour vous ; ce n'est pas la même chose pour moi, c'est mon tempérament, SÉv. \\ juin (677. Elle [la mère de M. de Montausier] ne souffrit pas en lui ces délicatesses qui affaiblissent le tempérament el la vigueur du corps et de l'âme, fléch. Duc de Mont. Bon! C9 sont de plaisants sages que ceux qui le sont par tempérament, fonten. Sén. et Scarr. Que sais-jo si la disposition même de votre tempérament ne vous laisse rien à craindre là-dessus ; si vous ne portez pas déjà la mort dans le sein? mass. Corfme, Impén. Il n'y a guère à compter que sur les vertus du tempérament; confiez votre vin plutôt i celui qui ne l'aime pas nalurcllenient, qu'à celui qui forme tous les jours de nouvelles résolutions de ne pas s'enivrer, dumars. Œuv. t. vi, p. 33. Pierre le Grand avait une taille haute, dégaj^'ée, bien formée, le visage noble, des yeux animés, un tempérament robuste, propre à tous les exercices et à tous les travaux, volt. Russie, l, 6. Le tempérament du roi [Philippe V] lui rendait une femme nécessaire, et sa dévotion ne lui permettait aucune infidiHilé, duclos, Œuv. t. vi, p. m». La différence des tempéraments dépend surtout de celle des centres de sensibilité, des rapports do force ou de faiblesse et des communications sympathiques des divers organes, cabai>is, Instit. Mém. se. mor. et pol. 1. 1, p. 80. || Fig. L'État romain, constitué de la manière que nous avons vue, était, pour ainsi parler, du tempérament qui devait être le plus fécond en héros, boss. Hist. ni, «. || U peut «e dire des animaux. Chez les animaux, la tempérament règle tout; chez l'homme, la raison règle le tempérament, et le tempérament réglé faciliie, à son tour, l'exercice de la raison, bonnet, fonlempl. nat. T, s. Il La Fontaine l'a dit d'un arbre, transformé en personnage parlant : Que ne