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l'émondiit-on, wnt prendre la cognée [pour l'abattre J r De ton tempérament il eût encor vécu, Fabl. x, 4. || Absolument. Avoir du tempérament, être porté au plaisir physique de l'amour. Les neuf bégueules savantes Avec leurs tttes de pédantes Avaient peu de tempérament, >j.r. Ép. M. Les femmes qui ont beaucoup de tempérament sont peu fécondes, buff. Ilist. anim. ch. 8. ||8* Caractère. Les Anglais pensent profondément; Leur esprit en cela suit leur tempérament; Creusant dans les sujets et forts d'eipcnences. Ils étendent partout l'empire des sciences, la
FONT. Fabl. xil, 23 Mais, quoi qu'on fasse,
Propos, conseil, enseignement. Rien ne change un tempérament, ID. i6. viii, l«. H. de Tournefort était d'un tempérament vif, laborieux, robuste, rONTEN. Tournefort. Ce malheureux tempérament que vous nous alléguez si souvent, ne vous trouvez-vous pas tous li'S jours dans des situations où il faut le gêner, le contraindre? mass. Carême, Samarit. Il y a un rèle d'humeur et de tempérament qui n'est jamais loin de l'imprudence, id. Confér. Zile pour le lalut des dtnes. L'heureux tempérament! ma joie en est extrême. Gai, vif, aimant i rire ; enfin toujours le même, piron, Uétrom. n, t. Quoi que l'art humain puisse faire, le tempérament précède toujours la raison, J. i. Bouss. Ém. IV. Il 4* Fig. Manière de tempérer, de régler, de conduire. Qui doute que ce tempérament de tout cet univers ne se fasse par les révolutions et vicissitudes du soleil et de la lune? UALn. le Traité des bienf. de Sénéque, iv, 23. Vous me deviez dire pour tempérament à ma vanité, qu'il ne faut que je rapporte à ma suffisance [capacité] une faveur que je dois à vos bons offices, balz. liv. vi, lett. 25. Il [Charlemagne] mit un tel tempérament dans les ordres de l'État, qu'ils furent contrebalancés et qu'il resta le maitre, hontesq. xxxi, 18. Il 5* Fig. Expédient, biais, adoucissement, ménagement, pour concilier les esprits, pour accommoder les affaires. Nous lui fîmes voir qu'après ce qui s'était passé, il n'y avait plus de siirelé pour lui dans le tempérament, retz, Mim. t. n, liv. m, p. 2R«, dans pouGims. Cette mauvaise délicatesse qui oblige ceux qui sont dans la nécessité de reprendre les autres, de choisir tant de détours et de tempéraments pour éviter de les choquer, paec. Penj. n, 8, édit. havet. Il proposa cinq ou six tempéraments qui auraient été reçus, si le roi ne s'était fait une loi de ne les point recevoir, sÉv. 436. Le tranquille ministre, qui connaissait les sages tempéraments des conseils dos rois, Boss. le Tellier. 11 est beau de découvrir les secrets d'une sublime politique, ou les sages tempéraments d'une négociation importante, ou les succès glorieux de quelque entreprise militaire, id. Bourgoing. Le peuple ne put être ramené que par les paisibles remontrances de Menenius Agrippa; mais il fallut trouver des tempéraments, et donner au peuple des tribuns pour le défendre contre les consuls, id. nist. I, 8. Bien que, rougissant de ces excts, il [Jurieuj ait t&ché d'apporter ailleurs de faibles tempéraments i ses séditieuses maximes, id. f avert. si. Il [l'empereur Eugène] crut avoir trouvé un tempérament plausible, et ménagé par ses vaines distinctions une religion i laquelle il n'était pas fort attaché, et qu'il ne lui convenait pas pourtant d'abandonner, flécii. Hist. de Théodose, rv, 39. M. le Tellier fut choisi pour chercher ces difficiles tempéraments de menace qui étonne, de remontrance qui corrige, de douceur qui apaise, de sévérité qui châtie, m. le Tellier. Nous trouvons toujours des tempéraments entre le monde et Jésus-Christ, mass. Panégyr. St Etienne. Ce n'est pas que je condamne le tempérament d'une «âge prudence, id. Avenl, Épiphan. Tous les tempéraments en matière de devoir sont à craindre, m. Carême, Passion. Dans ces circonstances, les gens qui ont de la sagesse et de l'autorité s'entremettent ; on prend des tempéraments, on s'arrange, on se corrige, hontesq. Bsp. v, 4«. || 6' Dans un sens analogue, mesure, modération. Je ne vois point de créature Se comporter modérément; Il est certain tempérament Que le maître de la nature Veut que l'on garde en tout, la font. fabl. ix, t(. J'avais besoin d'un caractère nouveau [le style], et qui fût mêlé de tous ceux-là [familier, élégant, héroïque]; il me le fallait réduire dans un juste tempérament; j'ai cherché ce tempérament avec uo grand soin, ro. Psyché, Préf. Vous ne gardez en rien les doux tempéraments, mol. Tort, v, i. Ce style enchanteur qui, dans un juste tempérament entre la bassess« et l'élévation, est presque
toujours élégant et clair, BAUTRiL. Anach. eb. <>. Il 7* Terme de musique. Altération légère que l'on fait subir à de très-petits intervalles, de manière à éviter une dissonance choi)uante. Jl y a deux espèces de tempéraments : le tempérament employé par les instruments i sons fixes des orchestres, et qui consiste à confondre le dièze et le bémol en prenant pour leur valeur commune le milieu de l'intervalle qui les sépare; le tempérament employé pour le piano, pour l'orgue, etc. et qui consiste i diviser la gamme entière ou l'intervalle d'octave en 43 intervalles égaux appelés demi-tons moyens. Il existe aussi deux gammes tempérées distinctes : <■ la gamme dite: gamme tempérée de l'orchestre ; 2* la gamme appelée : gamme du tempérament égal, laquelle, comme on voit, s'écarte encore plus de la gamme naturelle que la gamme tempérée de l'orchestre; car nonseulement le dièze et le bémol y sont confondus, mais même tous les sons de la gamme naturelle y sont plus ou moins altérés. Ces deux tempéraments ont été imaginés pour ne pas multiplier trop les trous des instruments à vent, les touches des pianos, etc. Le tempérament est un vrai défaut; c'est une altération que l'art a causée à l'harmonie, faute d'avoir pu mieux faire, i. ;. Rouss. Dissert, sur la mus. mod.
— illST. xïi* s. De telle mixtion des substances et qualités des elemens, viennent les temperamens et complexions de corps, pabC, IntrodA. L'on divise le tempérament en deux premières difTerences : car ou il est tempéré ou intemperé, id. ib. B.
— F.TVM. Provenç. temperamen; anc. esp. templamiento; ital. temperamento ; du lat. temperamentum, de temperare, tempérer.
TEMPÉRANCE (tan-pé-ran-s'), s. f. || !• Modération. S'il faut de la tempérance dans la sagesse, il en faut aussi dans les précautions qu'elle inspire, i. j. rouss. Hél. iv, ) 3. || 2" Particulièrement. Vertu qui modère les passions et les désirs, et surtout les désirs sensuels. Là [dans l'amour de Dieu] se trouve la tempérance parfaite ; car on ne peut plus goûter les plaisirs des sens qui dérobent à Dieu les cœurs et l'attention des esprits, Boss. la Yalliére. La tempérance, disait un ancien, est la meilleure ouvrière de la volupté, fén. Éduc. filles, 5. Dans un climat où l'imagination est si vive, où les passions sont si ardentes, la prudence devait être la première qualité d'esprit; la tempérance, la première du cœur, barthél. Anach. ch. 8l.||3° Plus particulièrement , modération dans le boire et le manger. Les bêtes ne tombent point dans les excès infimes où l'homme se laisse entraîner; si elles n'ont pas la tempérance par raison et par vertu, du moins l'ont-elles par un instinct de la nature , bourdal. 6» dim. après la Pentee. Dominic. t. m, p. 22. Je ne me doutais pas que la tempérance fiit la nourrice du génie, et cependant rien n'est plus véritable, MARMONTEL, Jfém. IV. Il Société de tempérance, titre de certaines associations , fondées aux États- Unis et en Angleterre, à l'effet d'arrêter l'abus des boissons spiritueuses.
— HIST. xvi* s. Les bons préceptes touchant la magnanimité et tempérance, mont, i, tso.
— F.TYM. Provenç. tempransa ; cat temperancia, templansa; espagn. templania; portug. temperança ; ital. temprania; du lat. temperantia, de temperare, tempérer.
TEMPÉRANT, ANTE (tan-pé-ran, ran-f), adj. Il 1* Qui a la vertu de tempérance. Qu'il soit affable; qu'il soit sobre, juste, saint, tempérant, saci. Bible, St Paul, Épit. à Tite, i, 8. Épicure fut, toute sa vie, un philosophe sage, tempérant et juste, VOLT. Phil. ignor. 34. Que m'importe que tu sois tempérant? c'est un précepte de sanlé que tu observes, tu t'en porteras mieux, et je t'en félicite, ID. Dicl. phil. Vertu. Il Substantivement. Personne tempérante. Le tempérant évite les excès. Il 2* Terme de médecine. Qui a la vertu de tempérer, de modérer l'activité trop grande de la circulation. Une potion tempérante. || Substantivement. Les tempérants sont de légers calmants.
— F.TYM. Tempérer.
TEMPÉRATURE (tan-pé-ra-tu-r'), s. f.\\f Disposition du corps vivant , tempérament (sens tombé en désuétude). M. de Malherbe use de température pour tempérament; M. le cardinal de Lorraine, dit-il, fut d'une température où il n'y avait rien à désirer ; je l'ai vu aussi dans Amyot, mais c'est qu'il se disait autrefois, et il ne se dit plus, VAUOEL. Rem. t. i, p. <<7. Chaque 4ge a ses façons , et change de nature, De sept ans en sept
ans, notre température, RÉONin, Sal. t. Une température de corps sujette, comme la nôtre, i toutes les incommodités de la vie et i la^nécessité de I* mort, BOSS. Sermons, Bonté, 1. 1| 2* Etat sensible de l'air qui affecte nos organes, selon qu'il est froid ou cnaud, sec ou humide. Une seule forêt de plus ou de moins dans un pays suffit pour en chan» ger la température, buff. 7* ép. nat. Œuv. t. zil, p. 349. La température de l'automne dispose les oiseaux i l'engourdissement, et celle du printempi les dispose à se ranimer, id. Ois. t. xil, p. 3U4. T.'.ut changement de température occasionne un vent, ou dérive d'un vent qui transporte d'un lieu à un autre la température et la densité que lui t communiquées celui de son origine, rahond, Intl. Mém. sciene. I8I8, p. «45. ||8* Degré appréciable de chaleur qui règne dans un lieu ou dans uo corps. Si l'on mêle ensemble deux pintes d'eau, dont la température de l'une soit de 20 degrés et celle de l'autre de 60, la températu:e du mélange sera de 36 degrés, savoir de 30 degrés de chaleur commune, plus «6 degrés moitié de 30, excès de 60 sur 2o, brisson , Traité de phys. t. u, p. 26S. Quelle température peut-on supposer ac> tuellement au centre de la terre? Saussure, Voy. Alpes, t. viii, p. 262, dans pougens. Toutes les fois que deux ou plusieurs corps s'attirent et se combinent chimiquement, leur température s'élève ou s'abaisse, et ne reste jamais la même dans le moment de leur union , pourcroy, Conn. chim. t. I, p. 72. En général, dans les substances solides, des accroissements égaux de chaleur correspondent sensiblement à des températures égales et à des accroissements égaux de volume, fourier, Inslit. Mém. sciene. (8(9 et 1820, t. iv, p. tw. L'expérience nous a fait connaître depuis longtemps, que la température des lieux profonds est invariable, et qu'elle est égale à la valeur moyenne des températures observées à la surface dans le cours d'une année, id. ib. Uém. sciene. 1821, (822, t. v, p. 168. Le mot température désigne un certain état d'équilibre relativement aux causes physiques qui produisent les sensations de chaleur cl de froid; à partir d'un de ces états déterminés, dire que la température d'un corps augmente ou diminue, revient à dire que ce corps s'ccliaulfe ou sa refroidit, privat-desciianel. Traité élém. de phys. p.' 238, Paris, (809. Il Les expiessions d'animaux i sang froid et i sang chaud sont actuellement rcm-\ placées par les expressions plus exactes d'animaux à température variable et à température fixe.
— Ilisr. XVI* s. Tout ainsi comme un corps fort et sain de nature, S'alterant à la longue en sa température, desfobtes. Cartels et muscarades pour le duc du Haine. La chaulde température de l'air, MONT. I, 258. Pour autant qu'il est très nécessaire entendre la distinction des temperamens, je descriray les températures des parties du corps, des aages, des humeurs cl des nieilicamens, paré, Inlrod. 5.
— ÊTYM. Provenç. tempradura; espagn. templadura; ital. temjeratura; du lat. temperatura , de temperure, tempérer. Température, signifiant proprement manière d'être, s'est d'abord uniquement appliqué à la manière d'être du corps, puis à la manière d'être de l'atmosphère, sens qui seul est resté en usage.
TEMPÉRÉ, ÉE (Un-pé-ré, rée), part, passé de tempérer. || 1° Dont l'excès a été diminué, corrigé. Il n'y a rien de si aimable que l'enfance des princes destinés à l'empire, lorsqu'ils donnent des marques d'un naturel heureux; on voit en eux des rayons de la majesté de Dieu, tempérés de» ombres de la faiblesse des hommes, flécii. Iluch. de Montaus. Il s'ensuit que j'aurais voulu naître sous un gouvernement démocraiiiiue, saKement tempéré, j. J. rouss. Dêdic. à la rép. de Génère, Il Monarchie tempérée, celle où le monarque n'est pas investi d'une autorité absolue. || 2" Oui offre une température éloignée du chaud et du froid. Les tritons, rassemblés de mille endroits divers-, Autour d'elle flottaient sur l'onde tempérée, i. n. ROUSS. CoTit. 4. Au delà du 5(i* degré, on chercherait en vain des terres tempérées dans cet hémisphère austral, où le refroidissement glacial s'est étendu beaucoup plus loin que dans rhémisphère boréal, bl'ff. i4dd. et corr. th. terr. Œuv. t. xn, p. 3K3. il Climats tempérés, climats où il ne fait ni trop chaud ni trop froid. Le climat tempéré ne produit que des choses tempérées, les herbes les plus douces, les légumes les plus sains, les fruits les plus suaves.... buff. Quadrup. t. n, p. «. Il Air tempéré, l'air phi n'est ni trop cbaud ni
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trop froid. Il Zon« tempérée, voy. tom. M Substantivement. 1.6 thermomètre est au tempéré, marque le tempéré. || 8* Qui est éloigné des excès moraux. Dans une monarchie vaste et tranquille , où une partie des forces de la nation suffit à sa défense, le bonheur public tient essentiellement à des mœurs tempérées, marmontel, Œuv. t. x, p. su. Il C'est un homme fort tempéré, c'est un esprit tempéré, c'est un homme, un esprit modéré, sage. Il 4' Terme de littérature. Style, genre tempéré, style, genre gui tient le milieu entre le simple et le sublime. Eloquence tempérée. Les Muses, qui haïssent le genre médiocre et tempéré, doivent s'accommoder infiniment d'une religion qui montre toujours ses personnages au-dessus ou audessous de l'homme, chateaubr. Génie, ii, n, 8. Il Substantivement. Cet orateur reste dans le tempéré. Il 6* Terme de musique. Gamme tempérée, gamme qui résulte de l'opération du tempérament. Ces douze sons, répliqués à difl'érentes octaves, font toute l'étendue de l'échelle générale, sans qu'il puisse jamais s'en présenter aucun autre, du moins dans le système tempéré, j. i. Rouss. Dissert, sur la mus. mod.
t TEMPf.RÉMKNT (tan-pé-ré-man) , adv. D'une manière tempérée.
— HIST XVI* s. Temperement, cotoravr.
TEMPÉRER (tan-pé-ré. La syllabe pé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je tempère, excepté au futur et au conditionnel : je tempérerai), v. a. || 1* Diminuer l'excès d'une qualité physique. Tempérer l'aigre par le doux. La mer tempère dans ces climats l'ardeur de l'air, qui d'ailleurs ne peut jamais être aussi grande que dans l'intérieur ou sur les côtes occidentales de l'Afrique, bupf. Hitt. nat. hom. Œuv. t. v, p. 222. De son céleste éclat tempérant la lumière. Il se montre couvert d'une armure guerrière, delille, Parad. perdu, xi. || i' Rafraîchir, en parlant des chaleurs du corps, morbides ou non. Tempérer une ardeur d'entrailles par des tisanes. On le fait baigner pour lui tempérer un peu le sang. Personne n'aura-t-il le pouvoir d'obtenir de vous quelque espèce de soin et de régime pour tempérer un peu ce sang si enragé? sÉv. À Urne de Grignan, <« sept. «677. || Absolument. Hérille, soit qu'il parle, qu'il harangue, ou qu'il écrive, veut citer : il fait dire au Prince des philosophes, que le vin iiivre; et i l'Orateur romain, que l'eau tempère, la bruy. xn. || On disait de même autrefois : Tempérer l'acrimonie des humeurs. |l Fig. Tempérer sa bile, réprimer sa colère. || 3" Diminuer l'intensité d'une qualité morale. Elle aimait mieux tempérer la majesté et l'anéantir devant Dieu que de la faire éclater devant les hommes, Boss. Uar.-Thér. Pendant qu'il [Louis XIV] parle avec tant de force , une douceur surprenante lui ouvre les ciTurs, et donne, je ne sais comment, uo nouvel éclat & la majesté qu'elle tempère, m. 16. Le feu qui sortait de ses yeux, et la douceur qui tempérait cette vivacité, réu. Tél. i. Une bonté et une affabilité qui ne se démentait en rien, et par laquelle ils savaient tempérer l'autorité du commandement, et le rendre aimable, rollin, llisi. anc. Œuv. t. m, p. 2i)8, dans pougens. Il 4* Calmer, modérer. Le temps a tempéré sa douleur. Les vices entrent dans la composition des vertus, comme les poisons entrent dans la composition des remèdes : la prudence les assemble et les tempère, la hochefouc. Ré/l. 4 82. J'ai quatre-vingts ans passés, vous n'en avez que vingt-cinq ; je vous tempérerai, et vous m'échaufferez, RETZ, Mém. t. i, liv. i, p. 48, dans pougens. En Allemagne, la paix de Nuremberg tempéra les rigueurs du décret de la diète d'Augsbourg, soss. Var. tv, S. Je dnis vous représenter.... un homme doux et secourable, qui a su tempérer l'austérité des lois par tous le» adoucissements qu'inspirent la miséricorde et la chanté, fléch. Lamoignon. L'ige avait fait pour lui ce que la nature avait fait pour d'Alembert : il avait tempéré tous les mouvements de son âme, mabmontel, Uém. vi. || B* Apporter de» tempéraments, des adoucissements, des biais. Il a été fort nécessaire que nos pères aient tempéré les choses par leur prudence, pasc. Prov. n. Nos nouveaux mystiques tAchenl de tempérer leurs excès par deux excuses.... boss. Et. d'oroù. ni, ». S'il faut tempérer U vérité en géométrie, que lera^e dans les autres matières T roNT Lfibnitt On ne tarde pas d'être infidèle i Dieu, quand on veut tempérer par des égards humains les devoirs d'une vie nouvelle, mass. Avent, Conctpl. Rome, de qui nous avons appris notre
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catéchisme....» su toujours tempérer les loi» selon les temps et les besoins, volt. Dict. phil. P»Hce des tpect. || 6° Se tempérer, t>. réft. Perdre l'eïcès d'une qualité physique. Les thermomètres, au faubourg Saint-Honoré, marquent 2 ou 3 degrés de froid de plus qu'au faubourg Saint-Marceau, parce que le vent du nord se tempère en passant sur les cheminées de cette grande ville, buff. 7* Ép. nat. Œuv. t. XII, p. 348. Il 7* Diminuer réciproquement un excès. Par l'excès ou par le défaut d'imagination l'intelligence est très-imparfaite ; afin qu'il ne lui manque rien, il faut que l'imagination et l'analyse se tempèrent mutuellement, et se cèdent suivant les circonstances, condil. Trait, des syst. xm. Il 8* S'adoucir, se modérer. Un certain Grec disait à l'empereur Auguste, Comme une instruction utile autant que juste. Que, lorsqu'une aventure en colère nous met. Nous devons avant tout dire notre alphabet. Afin que dans ce temps la bile se tempère, MOL. Éc. des fem. n, 4.
— HIST. XII* s. iiais or [je] conseil au roi qu'il laist à saint iglise. Si com il a promis, e droiture e franchise, Ses frans homes aitchiers, temprez soit en justice. Th. le mart. <g4. ||xiv* s. Quant le temps sera bel, cler et tempéré, Modus, f lxxxiv Il IV* 8. Us trouvoient peu de bonnes eaux et de fresches pour temprer leur vin, ni eux rafreschir, FROiss. n, m, 82. Il XVI* s. J'ay tempéré [dit la nature] la vie et la mort entre la doulceur et l'aigreur, MONT. I, 89. En l'amitié, c'est une chaleur tempérée et égale, ni. I, 209, J'ayme des natures tempérées et moyennes, m. i, 224. L'un des plus beaux jardins de l'univers, plus tempéré que les Isles fortunées, langue, ht. On leur peut bailler [aux œufs] une chaleur artificielle et si bien tempérée, ou dans un four ou par autres voyes, qu'on en verra sortir les propres oiseaux que nature eust engendrez, œ. *n . Il ordonna une forme de gouvernement fort bien tempéré pour maintenir les citoyens en paix et en concorde les uns avec les autres, amïot, Péric. 3. Elle en tempère le relascbcment ou roidissement, réduisant chascune passion à température modérée pour la garder de faillir, ro. De Jo vertu morale, *t. [11] Flatte son cœur félon et tempère son ire, hons. Élég. i9. La fomentation d'eau chaude doit es're tempérée, c'est-à-dire moyenne entre bouillaate et froide, PARÉ, xm, 3«.
— ÊTYM. Provenç. temprar, trempar; espagn. et portug. temperar; ital. temperare; du latin temperare, mélanger.
TEMPÊTE (tan-pê-f), t. f. || 1* Violente agitation de l'air souvent accompagnée de pluie, de grêle, d'éclairs, de tonnerre. Semblables i ces hautes montagnes dont la cime, au-dessus des nues et des tempêtes, trouve la sérénité dans sa hauteur et ne perd aucun rayon de la lumière qui l'environne, BOSS. touti de Bourbon. || Terme de météorologie. Tempêtes, vents violents qui, après avoir soufflé un certain temps de la même direction, en changent quelquefois plus ou moins brusquement. il Dans la nomenclature des vents, on réserve ce nom à un vent qui parcourt 20 mètres à la seconde. Il Tempête tournante, voy. ouragan. || 2* Particulièrement. Orage sur mer. La reine se met en mer au mois de février, malgré l'hiver et les tempêtes, BOSS. Reine d'Anglet. Je tremble au seul récit de la tempête furieuse dont sa flotte fut battue durant dix jours, ID. ib. Le cap de Bonne-Espérance est fameux par ses tempêtes et par le nuage singulier qui les produit, bupf. Hist. nat. Preuv.th. terr. Œuv. t. n, p. 26(. H Fig. Après s'être sauvée des flots, une autre tempête lui fut presque fatale ; cent pièces de canon tonnèrent sur elle à son arrivée, boss. Retne d' .4719!. Nous l'avons vu, dit l'une, affronter la tempête Décent foudres d'airain tournés contre sa tête, boil. Épît. iv. || Le cap des Tempêtes, le cap de Bonne-Espérance. || Fig. Doubler le cap des tempêtes, échapper à un péril, i une crise. || L'oiseau des tempêtes, le goéland. Et, comme l'oiseau des tempêtes. Tremper tes ailes dans les fiots, v. hugo. Feuilles d'automne, 10. Il 3* Grand fracas. Leur troupe n'était pas encore accoutumée X la tempête de sa voix, la font. Fabl. n, 49. Il 4° Fig. Grande agitation de l'àmc. Les uns [les gens de cour] sont tout de feu [dans l'amour], et les autres [les gens de la ville] mènent une vie dont l'uniformité n'a rien qui frappe ; la vie de tempête surprend, frappe et pénètre, pasc. Pats, de l'amour. L'amour peut bien remuer le cœur (les héros du monde, il peut bien y soulever I des tempêtes, mais il y a des Ames d'un ordre su- • périeur i ses lois, boss. ¥ar.-rh^. Je sais par
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quels ressorta on le pousse, on l'arrête. Et fais, comme il me platt, le calme et la tempête, bac. Eskh. m, 5. Il 6* Fig. Ce qui s'élève contre quelqu'un comme le vent de la tempite. Si vous voulez calmer toute cette tempête,... corn. Iléracl. m, 4. Quelque tempête va renverser mes desseins. Et ce secret sans doute est celui que je crains, mol. le Dép. m, 3. Quelle tempête devait s'élever contie l'Église naissante I boss. Hist. n, 4 2. Je m'assure un port dans la tempête; Néron m'échappera, si ce frein [Brilannicus vivant] ne l'arrête, rac. Brit. i, 4. Nous [les encyclopédistes] avons essuyé cet hiver une tempête; j'espère qu'enfin nous travaillerons en repos; je me suis bien douté qu'après nous avoir aussi maltraités qu'on a fait, on reviendrait nous prier de continuer, d'alemb. Lett. à Voltaire, 24 aoilt 4 752. || 6* Querelle violente. Pour peu que l'on s'oppose i ce que veut sa tête. On en a pour huit jours d'effroyable tempête; Elle me fait trembler dès qu'elle prend son ton, mol. Fem. sav. n, 9. || 7* Trouble, sédition dans un Etat. Un coup imprévu de tempête civile et domestique jette sur des bords étrangers celte princesse infortunée qui... fléch. Jfine d'Àiguill. Heureux qui, dans le sein de ses dieux domestiques, Se dérobe au fracas des tempêtes publiques I delille. Homme des champs, n.
— HiST.xi's. Sis [si les] aquillit e tempesteeored, Ch. de Roi. un. || xii* s. Il le fiert si qu'il lui abat L'espée moult près de la teste. Si l'en vaîstcome tempeste, la Charrette, 2726. || xm' s. Dieux dist, et si estut li esperites de tempeste, et eslevé sunt li flot de la mer. Psautier, 1*433. || iiv*s. Et telle chose avient aucune foiz en tempestes à ceulx qui, pour leur neif alegier, jettent lour denrées en la mer, ORESME, Éth. 48. En celle tempeste [en ce temps] vindrent li Normant la seconde fois jusques i Paris, DU CANGE, tempesta. Le vol d'un hairon bien montant. Est-ce point chose déduisant. Qui monte hault jusques aux nues? Et puis aucunes fois advient Qu'il [l'épervier] le prend li haut par la teste, Puis s'en viennent comme tempeste. Tournant aval jusqu'à la terre, Modus, f* cvi, rerio, ||zv* g. Et tant que Philippes Giffars, Qui pour le prevost se mesloit. Et qui très bien armez estoit, Et avoit bacinet en teste, Fut occis en ceste tempeste, E. DESCH. Poésies mss. 1* 573. Il XVI* s. Lors commence i tirer et faire tel tempeste Que le camp de Venise en peult ouyr la feste, j. uarot, V, 4 49. Deux pots au feu signifient feste, deux femmes font la tempeste, cotgravb.
— ÉTYM. Wallon, tainpess; provenç. tempesta; du latin fictif tempesta; les autres langues romanes ont : espagn. tempestad; ital. tempesta, de tempestatem. Tempestas vient de tempui, temps, et a d'abord signifié moment du jour, puis étal atmosphérique en général, enfin spécialement mauvais temps. X cêté de tempeste, il y avait un masculin tempest, qui suppose un latin fictif tempestut : E les orez , les merveillus tempez, Ch. de Roi. clxxxii.
t TE.MPËTEMENT (tan-pê-te-man), ». m. Action de tempêter.
— HIST. zv* s. Ce tempestement et effroi fait en plusieurs lieux parmi le chastel dura une longue espace, et puis se cessa, froiss. n, m, 32.
TEMPÊTER (tan-pê-lé), V. n. || 1* Faire grand bruit. Je cours à mon logis, je heurte, je tempête, RÉGNIER, Sat. XIV. Voyez le beau sabbat qu'ils font à notre porte; Messieurs, allez plus loin tempêter de la sorte, rac. Plaid. I, 8. || 2* Particulièrement. Faire beaucoup de bruit par méconlcntement. C'est en vain qu'il tempête et feint d'ctro en fureur, corn. Poly. y, 4. Vous avez beau tempêter, vous perdrez, hamilt. Gramm. 3. Ehl ne l'entendrions-nous pas, s'il était au logiïî cessct-il de crier, de gronder, de tempêter tant qu'il y eslT BRUEYS, Grondeur, 1, î. || U se conjugue «vec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xiii's. Et Hors et fruii d'arbres abatenl, Tant les tenipestenl et debalent, la Rose, 4HI4C. Il XIV* s. Un peu après au mois de juin tempesta si forment, que les blés et les vignes furent dostruits et les bois fruissez du tout en tout, Chr. ds St-Denit, t. n, C 26, dans LAcmiNE. || xv* s. Quand les trois comtes d'Escoce qui capitaines et meneurs esloyent de tous le» autres, eurent fait leur emprise, et moult tempeste le paîs, froiss. m, p. 331, dan» LACUR.NE. Furent deux hommes tempestez [frappés du tonnerre], dont l'un fut tué tout mort, et ses souliers et ses chausses, son gippon furent tous dessirez, et si n'avoit point le corps entamé, et l'autre homme fut tout affolé.
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/oum. de Purt» tout Charlet ri et VU, p. s, dans lACUBNE. Je ne vai point en colore Temposter à la maison, basselin, xv. Et par ainsi n'avoi-vous croix, et sont les serviteurs de vos officiers pauvres et obligés et tempcstés, monstrel. i, toa. Il XVI* s. Vint un boulet qui si fort tempesloil Qu'il abbatit Ung arbre gros, dont un esclat sortit, i. MAROT, V, (05. X un fol, si vous lui osiez sa marote qu'il aime tant, il se lempestera encores davantage, LANGUE, 94.
— ÊTYM. Tempête; wallon, teinpester; provenç. et espagn. lempestnr; ital. iempestare.
t TKMP&TKUR (tan-pê-teur), t. m. Celui qui tempête, qui fait du bruit.
— HiST. XV* s. Quand ce vint l'autre nuit apris en suivant, encore revinrent ces tempesleurs mener plus grand noise que devant, froiss. il, m, 22.
t TEMPËTUEUSEMENT (tan-pê-tu-eû-ze-man), adv. D'une manière tempétueuse.
— HIST. iv s. Il se parti en telle manière de la montaigne et s'en alla si tempestueuscment et à si grant erre, qu'il sembloit que ce fust fouldre et lompeste à le veoir aller, Lancelot du lac, t. n,
f* 94, dans LACURNE.
— ÉTYM. Tempétueuse, et le suffixe ment; iul. tempestuosamente
TK!«P&rCEUX, ECSE (Un-pê-tu-eû, eù-z'), ad). Oui est sujet aux tempêtes, ou qui cause les tempêtes. Je touche au port, je n'ai plus à craindre ni les vents tempétueux, ni les écueils, Bernard. DE ST-P. Mort de Socr. Et toi, terrible mer, séjour tempétueux. Déjà j'ai célébré tes champs majestueux, DELiLLE, Imag. ni.
— IIIST. XIV* s. Et les grans undes sont tempestueuses et périlleuses, ohesme, Éth. B3. || xvi* s. Le vent, s'il luy commande. Souffle tempestueux, Et s'enfle en la mer grande Le flot impétueux, MAROT, IV, 318. Un bras de mer si tempestueux et si large, d'aub. Ilist. ni, 266. Grande tourmente, pour le moins aussi tempestueuse que celle de Pantagruel, DioJ. de Tahureau, p. ^^a, dans lacuhne.
— Ktym. Prov. tempestuos, tempestos; esp. tempestuoso ; du lat. tempestuosus, de tempestas, tempête.
(.TEMPLE (tan-pl"), i. m. || 1* Chez les Romains, lieu découvert d'où la vue pouvait s'étendre, et consacré par les augures. Le sénat ne pouvait s'assembler légalement que dans un lieu consacré par les augures, auquel on donnait pour cette raison le nom de temple, bouchaud, Instit. Uém. ic. mor. et pol. t. v, p. «23. ||2* Édifice public consacré à la divinité chez les peuples qui ont un culte. Tous les monstres d'Egypte ont leur temple dans Rome, corn. Poly. iv, 6. Le Capitule bâti par Tarquin le Superbe, et le temple qu'il éleva à Jupiter dans cette forteresse, B0S3. Hist. ni, 6. Ils [les Scythes] revinrent dans la Palestine, où quelques-uns d'entre eux pillbrent, à A.scalon, le temple de Vénus le plus ancien qui eût été consacré àcette déesse, rollin, Uitt. anc. Œuv, t. II, p. (00, dans pougens. Entre les temples célèbres bâtis par le peuple d'Ionie, le plus mémorable, quoiqu'il ne soit pas le plus ancien, est le fameux temple de Diane construit à Éphèse, id. ib. t. XI, ('• part. p. 19. Les peuples qui n'ont point de temples ont peu d'attachement pour leur religion, MONTESQ. Esp. XXV, 3. Comme la divinité est le refuge des malheureux, et qu'il n'y a pas de gens plus malheureux que les criminels, on a été naturellement porté à penser que les temples étaient un asile pour eux, id. ib. Les Tyriens avaient un temple dans lequel Hérodote entra, et qu'il dit avoir deux mille trois cents ans d'antiquité, VOLT. Déf. mil. Bolingbr. 9. Point de temple, point de palais bien entendu sans une belle vue et suns une grande place, ID. Phil. Hérode, monuments. Vos yeux se tournent depuis longtemps vers ce fameux temple de Minerve , un des plus beaux ornements d'Athènes ; il est connu sous le nom de Parthénon, bahthél. Anach. ch. I2. Les temples Ass Grecs et des Romains n'étaient que le sanctuaire proprement dit; les sacrifices étaient ofTerts sous les péristyles, à la vue d'un peuple immense qui ne pénétrait point dans l'enceinte sacrée, MONDEZ, Instit. Mém. liit. et beaux-arts, t. v, p. (33. 11 parait que l'intérieur des temples destinés à la célébration des mystères admettait certains prestiges de lumière et d'obscurité , faits pour ébranler l'imagination des assistants, quatre- MÈRE de QuiNcy, Irutit. Mém. hist. et titt. anc. t. ni, p. 268. C'est une belle idée qu'avaient les anciens de placer les temples au sommet des lieux élevés, STAËL, Corinne, vm, 4. || Fig. Il [Épicure] fut le premier qui prononça courageusement ce qu'il en
OlCr. Dl LA LANOUE FRANÇAISS.
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pensait [des dieux du paganisme], et qui osa publiiiuemcnt ébranler, autant qu'il lui fut possible, les fondements de tous les temples de la Grèce, en déclamant contre la vanité du cuite qui s'y exerçait, LA HOTiiB LB VAYEH, Vertu det païens, ii, Êpieure. || S* Absolument et par excellence, le temple que Salomon bâtit à Jérusalem par ordre de Dieu, et qui fut rebâti par Hérode. J'aî dessein do bâtir un temple au nom du Seigneur mon Dieu, selon que le Seigneur l'a ordonné à David mon père, SACi, Bible, Itois, m, v, b. Cette prédiction de la ruine du temple réprouve, pasc. Leit. à Mlle de Roannex, 9. Hérode, ce politique raffiné, qui, pour avoir rebâti le temple avec une magnificence presque semblable à celle de Salomon.... Boss. Médit, sur l'Év. La dern. sem. du Sauv. 3B* jour. Il [David] ordonna aux lévites de venir au temple le matin et le soir, pour y bénir Dieu et pour y chanter ses louanges, id. PoW. vin, H 6. Oui, je viens dans son temple adorer l'Éternel, RAC. Athal. I, (. Il Le second temple, le temple rebâti par Hérode. || i* Dans le style soutenu, église consacrée au culte catholique. Soit, mais il est saison que nous allions au temple, corn, le Ment. IV, 9. Marinette : Pour vous chercher j'ai fait dix mille pas, Et vous promets, ma foi.... — Eraste : Quoi ? — Marinette : Que vous n'êtes pas Au temple, au cours, chez vous, ni dans la grande place, MOL. le Dép. i, 2. Tu le vois, tous les jours [Louis XIV], devant toi prosterné. Humilier ce front, de splendeur couronné. Et, confondant l'orgueil par d'augustes exemples. Baiser avec respect le pavé de tes temples, rac. Esth. Prologue. Les chrétiens n'eurent des temples que vers le commencement du règne de Dioclétien; l'Église était alors très-nombreuse, volt. Dict. phil. Autels. Il Fig. Dans le style de la chaire, les fidèles sont les temples vivants, les temples du Saint- Esprit, En faire [d'un grand peuple] le temple de Dieu, le réconcilier à Dieu.... pasc. Pens. xviii, (6, édit. ha VET. Il nous consacre comme temples de Dieu, il nous consacre comme enfants de Dieu, BOUHDAL. Serm. (7* dim. après la Peut. Dominic. t. iv, p. 78. Elle [cette passion] déshonore le corps du chrétien ; elle profane le temple de Dieu en nous, mass. Carême, Enf. prod. || Le nouveau temple, l'Église chrétienne. La gloire de ce nouveau temple sera bien plus grande que la gloire du premier [les Juifs], pasc. Pens. xiv, (71. Il Fig. Le temple, l'ensemble des idées chrétiennes. Malebranche est un aigle enfermé dans le temple, D. stehn, BJijuisseî mor. p. (87. Il 5* Se dit, chez les protestants, de l'édifice où se font les cérémonies du culte. M. le cardinal de Bouillon fut hier bénir l'église d'Orsay, qui n'était maintenant qu'un temple, pellisson, Lett. hist. t. I, p. ((6. IIS" Anciennement, résidences des chevaliers du Temple (on met une majusculp). Le faubourg du Temple à Paris. Je n'ose presque vous parler de votre déménagement de la rue du Parc-Royal pour aller demeurer au Temple; j'en suis affligée pour vous et pour moi : je hais le Temple autant que j'aime la déesse (Mme de Coulanges] qui veut présentement y être adorée, sÉv. à Coulanges, (*' déc. (090. Après sa banqueroute, réfugié au Temple, lieu de franchise alors pour les débiteurs insolvables, mahmontel, Mém. vi. Il Chevalerie du Temple , ordre des templiers. Il 7° Le Temple, dans le langage de la franc-maçonnerie, le lieu où se réunissent les francs-maçons. Il 8" Fig. et poétiquement, temple de Mémoire, ou, simplement, temple, souvenir qui reste des grandes œuvres ou des grandes actions (on met une majuscule à Mémoire). Celle à qui dans mes vers, sous le nom de Nérée, J'allais bâtir un tcm pie éternel en durée, malh. vi, 36. J'irais plus haut peut-être au temple de Mémoire, Si, dans un genre seul, j'avais usé mes jours, la font. Poésies mêlées, LXix. || Être inscrit au temple de Mémoire, avoir immortalisé son nom.
— HIST. Il* s. Il viola le temple Salomon, Ch. de Roi. cxvn. |! xn* s. Cist temples [est], cum li huera, senz honor, Machab. i, 2. Puis entrad 11 poples de la terre el lemp'o lîaal, o destruisircnt les altels.... Aoi's, p. 288.||xiii*s. L'en avoit ordenné que le Temple [les chevaliers du Temple] feroit l'avant-garde, et le comte d'Artois auroit la seconde bataille après le Temple, joinv. 224. Il XIV* s. Ainssin fasoit Girars : es bons prenoit exemple, X Dieu s'estudioit de son cuer [cœur] faire temple, Girart de Rost. v. 299B. || xv* s. Pour les laiz [laïques] et ceuls du temple [ecclésiastiques], B. DESCH. Poésies mu. f* 4«8.
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— ÈTYM. Provenç. temple; espagn. templo; ital. tempio; du lat. templum, qui est le même que xi\iitoi, de T{|ivtiv, couper : proprement, lieu coupé par deux lignes d'orientation que les augures traçaient pour leurs observations.
t 2. TF.MPLE (tan-pl"), t. f. || 1* Outil de charron. Il 2* Instrument pour tenir l'étofle tendue sur le métier. Pour diriger la largeur de la toile, l'ouvrier se sert d'un instrument appelé temple, qui est une petite règle de bois ayant des dents ou hoches en forme de crémaillère, Dict. det arli et met. Tisserand. || On dit aussi templu. Les tem' pies ou templus. Tarif det douan«t , (««» p. (40. ||S*i4u plur. Terme de pèche. Perches horizoataies qui servent à construire les bourdigues.
tXEMPLET (tan-plé) ou TEMPLOIH (tan-ploir), ». m. Le même que temple 2, n* 2.
TEMPLIER (tan-pli-é; l'r ne se lie pas; au pluriel, l'i se lie : les tan-pli-é-z accusés), t. m. Il 1* Chevalier d'un ordre militaire qui fut institué â Jérusalem en (((8, sous Baudoin II, dans une maison voisine du lieu où avait existé le temple de Salomon, d'où l'ordre tira son nom de chevaliers du Temple. Sur les lettres et les instances du pane on avait arrêté les templiers dans tous les Etats de la chrétienté ; il n'y en eut de condamnés â mort qu'en France et dans le comté de Provence, qui appartenait alors au roi de Naples et de Sicile, saint-poix. Est. Paris, Œuv. t. m, p. 282, dans pougens. On accusait les templiers de réunir tout ce qu'on reprochait & ces deux professions [le soldat et le prêtre] : les débauches et h cruauté du guerrier, et l'insatiable passion d'acquérir qu'on impute à ces grands ordres qui ont fait vœu de pauvreté, volt. Mœurs, 66. L'accusation et l'emprisonnement sont do (309 ; mais on a retrouvé des lettres de Philippe le Bel au comte de Flandre, datées de Melun (308, par lesquelles il le priait de se joindre i lui pour extirper les templiers, ro. ib. || Boire comme un templier, boire avec excès. || l* Membre d'une secte mystique qui prétend tirer son origine de l'ancien ordre des templiers, et i laquelle se rattachent les francs-maçons.
— REM. < Dès (807 on a fait savoir à l'Académie française que la phrase boire comme un templier, insérée dans ses précédentes éditions, est une corruption de celle : Boire comme un temprier (ancien synonyme de verrier), laquelle vient de ce que les ouvriers employés à la fonte du verre, étant exposés à une forte chaleur, boivent de temps à autre par suite de leur transpiration continuelle ■ ,legoarant. Pour justifier cela, il faudrait des textes. Le fait est que boire comme un templier, se trouve déjà dans Rabelais.
— HIST. un* s.... Se ce ne sont seles vernisiées, fêtes pour templiersou pour gens de religion, Liv. det met. p. 208. Je descendi et envolai mon cheval avec les templiers, qui estoient bien une arbalestrée darieres, jomv. 277. Servir volez com templiers por noient, mJtzner, p. 82. || xiv* s. Si fist crestienté telement essilier, Que par lui furent mort et péri li templier, Baud. de Seb. xni, 936. Il XVI* s. Je ne boy en plus qu'une csponge, je boy comme ung templier, hab. Garg. i, 6.
— ÉTYM. Temple ( : provenç. templier ; espagn. templario; ital. tempiere.
t TEMPLU (tan-plu), t. m. Voy. tehplb s.
t TEMPO (tin-po), i. m. En musique , mot italien, qui signifie temps, et qui s'emploie dans les locutions suivantes : tempo di minuetto, mouvement de menuet; tempo di marcia, mouvement de marche, etc. |1 Tempo giusto, mouvement exact et modéré. Il A tempo, au temps, expression qui indique qu'il faut revenir au mouvement primitif, quand on l'a retardé ou accéléré momentanément.
— ÉTYM. Ital. tempo (voy. temps).
TEMPORAIRE (tan-po-rê-r"), adj. || 1* Qui est
pour un temps. Il exerce un pouvoir, une autorité temporaire. || i' Oui appartient au temps. Trois valeurs temporaires seulement, la longue, la brève et la semi-brève étaient en u^age aux xn* et xiii* siècles, C0USSEMAKER, l'Art harmonique, p. (3. Il 3* Heure temporaire, le (2* de l'intervalle de temps entre le lever et le coucher du soleil, t}uelle que soit la saison ou l'époque de l'année. Les heures temporaires étaient en usage chez la plupart des anciens peuples.
— HIST. XVI* s. Provisiuns ainsi concédées ne sont que temporaires, st-juuen, Mesl. hist. p. (4(, dans lacurnb.
— ÊTYM. Lat. temporarxuf, de tcmpus, temps. TEHPORAIHEMEFn' {lan-po-ré-rc-m.in) , adv.
lEM
Pour un temps, fl n'est dan» ce poste que temporairement.
— ÊTYM. Temporaire, et le suffixe ment. TEMPORAL, ALE (lan-po-ral, ra-l"), adj. Terme
d'anatomie. Qui a rapport aux tempes. Artère temporale. || Aponévrose temporale, large expansion fibreuse fixée à toute la ligne courbe temporale et i l'arcade zygomatique. || Les os temporaux, ou, substantivement, les temporaux, l'un droit et l'autre gauche, sont situés aux parties latérales et inférieures de la tète. || Muscle temporal , ou, substantivement, le temporal, muscle dont les fibres naissent de la fosse et de l'aponévrose temporales; il s'attache à l'apophyse coronoïde de la mâchoire inférieure.
— HIST. XVI* s. Le muscle nommé crotaphite, c'est à dire temporal, paré, iv, ».
— F.TVM. Lat. temporalis, de lempus, tempe.
TEMPORALITÉ (Un-po-ra-li-té), t.f. \\ 1* Anciennement, juridiction du domaine temporel d'un évêché, d'un chapitre, d'une abbaye, etc. Appelant d'une sentence donnée par le bailli de la temporalité de l'évêché de Paris, le sixibme septembre Uli, Arrêt du parlement, 6 iml\. <6(6. || 2' Pouvoir temporel. Ce qui donnait prétexte aux protestants de préférer leur fidélité à celle des catholiques, c'était la prétention des papes sur la temporalité des rois, boss. Déf. «or. 4" dise. 55.
— HIST. XIII* s Diexqui voit en sa présence La
triple temporalité [le passé, le présent et le futur] Souzun moment d'éternité, la Rose, i9275. Bonne coze est et porfitavle et selono Dieu et selonc le siècle, que cil qui gardent le [la] justice esperituel.... laissassent justicier et esploitier à le [la] laie justice les cas qui apartiennent à le [la] temporalité, BEAUMAN. XL, < . || XIV* S. Ils [les ecclésiastiques] ne deiissent mie avoir telz fermetez [forteresses], N'estriver aux seigneurs dont ils furent fondez. Ne tenir ne deiissent de temporalitez, Guescl. 20803. Au roy, non pas au pape, appartient juger des possessions; doncques le pape n'est pas seigneur en la temporalité, le Songe du vergier, n, 76. ||xv* s. De quoi l'evesque de Cambray pour le temps, qui s'apeloit Jean, en perdroit en Hainaut toutes ses revenues en temporalité, FROISS. n, n, 48.
— ÉTYM. Provenç. temporalitat ; espagn. tempo~ ralitad; ital. temporalità; du lat. temporalitatem, de temporalis, temporel.
TEMPOREL, ELLE (Un-po-rël, rè-l'), adj.
Il 1* Oui passe avec le temps, par opposition à éternel. Les choses visibles sont temporelles, mais les invisibles sont éternelles, saci. Bible, St Paul, J* épU. aux Corinth. iv, <8. L'amour qui nous attache aux beautés étemelles N'étouffe pas en nous l'amour des temporelles, mol. Tart. ni, 3. Les afflictions temporelles couvrent les biens éternels où elles conduisent; les joies temporelles couvrent les maux éternels qu'elles causent, pasc. Lett. à Mlle de Roannex, î. Il a renversé votre fortune temporelle, je le veux ; et, en le haïssant, vous renversez le fondement de votre salut éternel, mass. Carême, Pardon. Les dévots n'aiment jamais tant Dieu que lorsqu'ils en ont obtenu leurs petites satisfactions temporelles, mariv. Pays. port). 6* partie. Il II se dit aussi par opposition à spirituel. Il [le sens spirituel des Écritures] a été couvert sous le temporel en la foule des passages, et a été découvert clairement en quelques-uns, pasc. Petu. XV, 7, édit. havei. Si ce peuple [les Juifs] encore infirme avait besoin d'être attiré par des promesses temporelles, boss. Hist. n, 4. Ce monde, c'est un royaume temporel où l'on ne connaît pas Jésus-Christ, mass. Carême, Élus. Il 2* Séculier, par opposition à ecclésiastique. Autrefois et les canons et les lois et les évêques et les empereurs concouraient ensemble à empêcher le» ministres des autels de paraître, pour les affaires même temporelles, devant les juges de la terre, boss. le Tellier. On se venge sur elle [l'Église] de quelques-uns de ses ministre», trop hardi» usurpateurs des droiU temporels ; à son tour, la puissance temporelle a semblé vouloir tenir I Eglise captive, -et se récompenser de ses pertes •ur Jésus-Christ même, iD.ib. Pépin délivre Rome, assiège Pavie, se rend maître de l'exarchat, et le donne, dil-on, au pape; c'est le premier titre de U puissance temporelle du »aint-siége, volt. Ann. »mp. Charlemagju, 756. || Le pouvoir temporel s'entend du pouvoir temporel du pape. || Père temporel, »e disait, chez les capucins, d'une personne séculière que déléguait le pape pour administrer le produit des aumône* recueillie» par ce* moi-
TEM
nés mendiants et avoir soin de toutes leurs affaires. Il 8* S. m. Le temporel, les biens, l'avoir. Le temporel ouvre la voie au spirituel, et c'est un des préparatifs les plus efficaces, bouhdal. ExhoTt. Char. env. les nouv. cathol. t. i, p. )3i. Ainsi, jouissant, pour le peu de jours qu'il me reste, des secours nécessaires pour le temporel, j. J. Rouss. If^m. au gouv. de Savoie. || 4° Particulièrement, revenu qu'un ecclésiastique tire de son bénéfice. Le roi lui saisit son temporel [au cardinal de Bouillon], et par famine l'obligea de revenir en France, st-sim. 279, 25. Philippe- Auguste avait saisi le temporel de tout évêque assez mauvais Français pour obéir au pape, volt. Mœurs, 60. |j 6* Autorité temporelle, séculière. Son autorité spirituelle [du gouvernement romain] toujours un peu mêlée de temporel, volt. Louis XIV, 2.
— HIST. xii*s. Par les biens temporaus,!/». lemart. 85. Il XIII* s. Les unes [choses] qui sont temporels, lesqueles commencent et finissent, brun, latini. Trésor, p. 24. Sainte église doit estre gardée des malfeteurs par l'espée temporel, beaum. i, 38. Il XIV* s. Homme est temporel, et, par soy, homme ou celle ydée est perpétuel, oresme, Éth. vi, 4 4. Il XV* s. Il vit du labeur temporel, e. desch. Miroir de mariage, p. 425. ||xvi* s. Nous voyons que tout ce qui est terrien et du monde, est temporel et mesme caduque, calv. Instit. 384. Comme une ville estoit supérieure à l'autre ou inférieure quant au temporel, aussi on lui assignoit son degré de prééminence quant au régime spirituel, m.ib. 974.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. temporal; ital. temporale; du lat. temporalis, de tempus, temps.
TEMPORELLEMEiNT (tan-po-rè-le-man), adv.
Pour le temps, par opposition à éternellement. Vous les laissez périr temporellement, et sur cela vous vivrez tranquilles et sans scrupule? bourdal. Exhort. char. env. les nouv. cathol. t. l, p. 4 36. Il Pour les choses temporelles. On demande comment les descendants des Juifs qui n'étaient pas complices de la mort de Jésus-Christ.... peuvent être temporellement punis dans leurs enfants, aussi innocents que leurs pères, volt. Pol. et lég. Tolérance, extrême tolérance.
— HIST. iiii* s. Nous créons que li drois du père et de le [la] mère li soit descendus temporelment, beaum. XX, 8. Il XVI* s. Dieu ne testifie point tousjours son amour envers ceux qu'il fait fructifier temporellement, CALV. Instit. 463. Avec la sapience ilz ont moyen d'estre honorez et heureux en ce monde temporellement, et glorieux en l'autre éternellement, amyot, Jfor. Epist. l.
— ÊTYM. Temporelle, et le suffixe ment; provenç. temporalment ; espagn. et ital. temporalmente.
t TEMPORISATEUR, TRICE (Un-po-ri-za-teur, tri-s'), adj. f. Qui temporise. Action temporisatrice, LAMAHT. cité dans legoarant.
TEMPORISATION (tan-po-ri-za-sion ; envers, de six syllabes), s. f. Action de temporiser. La temporisation en chirurgie.
— ÊTYM. Temporiser.
TEMPORISEMENT (tan-po-ri-ze-man), ». m.
Retardement, dans l'attente d'une occasion plus propice. Ce temporisement ralentit le courage de leurs soldats, d'ablanc. dans bouhours, Nouv. rem.
— HIST. XVI* S. Par un tel temporisement et séjour, ils ne faisoient que refroidir l'ardeur de leurs soldats, beauguk. Guerre d'Escosse, i, 20. La rivière empescha le combat le dimanche, comme aussi le temporisement perpétuel d'Abdelmelech, d'aub, Hist. II, 394.
— ÊTYM. Temporiser.
TEMPORISER (tan-po-ri-zé), v.n. Différer, dans l'attente d'un temps plus favorable. L'habitude que je me fais de temporiser et de ne jamais rien conclure, bourdal. Mijst. Epiphanie, t. i, p. 402. Lorsqu'on désire, on se rend à discrétion à celui de qui l'on espère; est-on sur d'avoir, on temporise, on parlemente, on capitule, la bruï. xi. Personne n'ignore qu'il [Philippe de Valois à Crécy] pouvait, en temporisant, prendre toute l'armée anglaise par famine, volt. Mœurs, 76. Tandis que les conjurés de Pison temporisent entre l'espérance et la crainte, la conjuration se découvre et ils périssent tous, dider. Cl. et f/ér. i, 4 4 4 . || Il se conj ugue avec le verbe avoir.
— HIST. XV* s. Et par le contraire, ceulx qui sçavent dissimuler sont prisez et temporisent es cours plu» que autres gens, al. ciiart. le Curial. Je tien que ce seroit le plus glorieux royaume qui temporisast soubz les nue», nonobstant que au gré de tous ne soit mie gouvernée la chose publique, CHRIST. DR pisAN, Charltt y, n, 4 5. Kt sem-
TEM
bloit qu'elle voulust temporiser et attendre c« qu'il seroit encore de l'adventure dudit duc [la défaite de Granson], comm. v, 2. |1 xvi* s. Mais si le fat vieillissant temporise Jusqu'à porter au menton barbe grise, rons. Élégie 32. Qu'il [le duc de Guise à la bataille de Dreux] ne se peult excuser d'avoir faict alte et temporisé avccques les forces qu'il commandoit.... mont. 1, 342. Mulei-Mohameth et ses conseillers tendoient à temporiser près de l'Arache, d'aub. Jlist. u, 394.
— ÉTYM. Dérivé du lat. tempus, temporit, temps; ital. temporeggiare.
TEMPORISEUR (tan-po-ri-zeur), ». m. Celui qui temporise, qui est dans l'habitude de temporiser. Si Néron [le consul] n'eiit défait Asdrubal avant qu'il pût se joindre à son frère [Annibal], tout était perdu; Fabius le Temporiseur l'eût été sans ressource, pén. Dial. des morts ane. 36. M. d'Argental crie toujours après la chevalerie [Tancrède] ; et moi qui suis devenu temporiseur, avec toute ma vivacité, je réponds qu'il faut attendre, VOLT. Leit. envers et en prose, 4 22. || Adj. Le naturel froid et temporiseur d'Heinsius servait Albéroni, st-sim. 468, 459.
— HIST. XVI* s. Il fut aussitost payé des attentes de forces que ce temporiseur avoit toujours en
main, d'aub. Hist. i, 242 que les modestes et
temporiseurs, se fiants en leurs services, le perdoient [l'avancement] tout comptant, carl. n, 40.
— ÉTYM. Temporiser.
t TEMPORO-AURICULAIRE (tan-po-ro-ô-ri-kulé-r'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à la région temporale et à l'oreille. (| Muscle temporoauriculaire, le muscle supérieur de l'oreille.
t TEMPORO-CONXHINIEN (tan-po-ro-kon-kiniin), adj. m. Terme d'anatomie. Nom donné au muscle inférieur de l'oreille.
— ÉTYM. Lat. tempus, temporis, la tempe, et coneha, la conque de l'oreille.
t TEMPORO-MAXILLAIRE (tan-po-ro-ma-ksillê-r'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à la tempe et à la mâchoire. || Articulation temporomaxillaire, celle qui a lieu entre le condyle de la mâchoire, d'une part, la portion antérieure de la cavité glénoïde et l'apophyse transverse du temporal, de l'autre part.
t TEMPORO-SUPERFICIEL (tan-po-ro-su-pèrfi-si-èl), adj. m. Terme d'anatomie. Nerf temporcsuperficiel, branche collatérale du nerf maxillaire inférieur, appelée aussi auriculo-temporale.
TEMPS (tan ; Vs se lie : un tan-z agréable ; au XVI* siècle, on prononçait tan, palsgrave, p. 24), s. m. Il 1* La durée des choses en tant qu'elle est mesurée ou mesurable. || 2' Le temps suivant les points de vue philosophiques. || 3" La durée bornée, par opposition à éternité. || 4° U se dit des intervalles de quelques cosmogonies. || 5" Un temps, un certain espace de temps. Le long temps. Avec le temps. \\6' En mécanique, la durée qu'un phénomène exige pour se produire. || 7* Temps, en astronomie. || 8° Le Temps, divinité. || 9* Succession des jours, des heures, des moments, par rapport aux travaux, aux occupations. || 10' Bon temps, mauvais temps, le temps où l'on est bien, où l'on est mal. Prendre du bon temps. || 11* Terme préfîx, durée limitée. Temps légaux. Avoir fait son temps. Il 12' Les siècles, les différents âges, les différentes époques. J>es hauts temps. La nuit des temps. La plénitude des temps. || 13* Le bon temps, le vieux temps, le temps de nos pères. Il 14* Il se dit des différents âges de la vie. || 15' Une grande époque prévue. || 16' Il se dit par rapport à l'état où sont les choses pour le gouvernement d'un pays, les manières de vivre, etc. || 17" Délai. Il 18° Intervalle suffisant, loisir. || 19" Conjoncture, occasion propre, moment. || 20° La saison propre à chaque chose. |i 21* lÉlat de l'atmosphère. 1122" Gros temps, temps d'orage. || 23* Temps, en termes de vénerie. || 24° Temps, en termes d'escrime. Il 26* Temps, en termes de manège. Il 26* Temps, en termes d'art militaire. || 27' Temps, en termes de marine. || 28° Temps, en termes de chirurgie. || 29' Temps, en termes de danse. Il 80° Temps, en termes de musique. || 81* Durée qu'on emploie à prononcer les syllabes. || 32» Pauses qu'on observe dans la déclamation. || 83" Temps, en terme» de grammaire. || 84' A temps. || 85* Sur le temps. || 86* En même temps, au même temps. Il 37" Dans le même temps. || 38* Tout d'un temps, il 39* De tout temps, de tous temps. || 40* De temps en temps, de temps à autre. || 41* En temps et lieu. Il 42* Suivant ou selon le temps, suivant ou, selon les temps. || 43* Dans le temps que, au temps
TEM
TEM
TEM
que. Il 44* Au m<m« temps que, i même temps que. Il 46* Entre temps. || Proverbes.
1* La durée des choses, en tant qu'elle est mesurée ou mesurable; cette mesure est marquée surtout par le mouvement et la révoUuion apparente du soleil. Le temps assez souvent a rendu légitime Ce qui semblait d'abord ne se pouvoir sans crime, corn. Cid, v, 8. Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus; et encore un pou de temps, et vous me verrez, saci, BibU, Év. St Jean, XVI, 18. Le temps marche toujours; ni force ni prière. Sacrifices ni vœux n'allongent la carrière, LA FONT. Poésies mêlées, ixix. Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage, m. Fabl. ii, 4 4. Au reste vous saurez Que je n'ai demeuré qu'un quart d'heure à le fair«. — Voyons [votre sonnet], monsieur, le temps ne fait rien à l'aflaire, mol. Mis. i, ». Si on pouvait avoir un peu de patience, on épargnerait bien du chagrin ; le temps enfile autant qu'il en donne; vous savez que nous le trouvons un vrai brouillon, mettant, remettant, rangeant, dérangeant, imprimant, effaçant, approchant, éloignant, et rendant toutes choses bonnes et mauvaises, et quasi toujours méconnaissables, sÉv. 3* nov. 4 675. Pour Mme de la Fayette, le temps, qui est si bon aux autres [qui console], augmente et augmentera sa tristesse, m. 4J4. Il abrège le temps des périls par la vigueur de ses attaques, Boss. louts de Bourbon. Madame, de ces maux à qui la raison cède. Le temps, qui calme tout, est l'unique remède, th. CORN. Ariane, in, s. Hâtons-nous ; le temps fuit, et nous traîne après soi ; Le moment où je parle est déjà loin de moi, boil. Éplt. m. Il n'est point de secrets que le temps ne révèle, raC. Brit. iv, 4. On dit que le temps est le seul bon juge; mais le temps ne décide que d'après des gens comme vous, VOLT. Lett. Cideville, 20 mars 4 766. Le grand ouvrier de la nature est le temps; comme il marche toujours d'un pas égal, uniforme et réglé, il ne fait rien par sauts, bufp. Quadrap. t. ii, p. 8. Les grands animaux vivent plus longtemps que les petits, parce qu'ils sont plus de temps à croître, iD. De la vieillesse et de la mort. Le temps instruit le temps, delille, Troï» réjn.viii. ô temps, être inconnu que l'âme seule embrasse. Invisible torrent des siècles et des jours, thomas. Ode ou tetr.ps. [Nos beaux jours] Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface Ne nous les rendra plusl lamart. le Lac. || Le temps dévore tout, à la longue tout se détruit. || Le temps lui dure, il lui semble que le temps passe lentement, il a hâte de. Je dis à l'un : vous vous ennuyez; et à l'autre : le temps ne vous dure guère, pasc. Pens. vn, 5, éd. havet. || Poétiquement. Sur les ailes du temps la tristesse s'envole; Le temps ramène les plaisirs, la pont. Fabl. vi, 24. Ses soins no purent faire Qu'elle échappât au temps, cet insigne larron, ro. ib. vn, B. J'espérais que du temps la main tardive et sûre Justifierait les dieux en vengeant leur injure, volt. Mérope, v, 5. || Par trait de temps, à la longue. Peut-être par trait de temps pourrait-il s'apaiser, j. j. rouss. Prom. 4. Il Laps de temps, voy. laps. || I* Le temps, suivant les points de vue philosophiques. Suivant Leibnitz le temps est l'ordre des existences successives. On l'a aussi défini : Idée qui résulte en nous de la comparaison entre l'état successif et celui de coexistence, états dont la mémoire nous donne le sentiment, en retraçant à notre esprit l'ordre et la succession des impressions physiques et morales que nous avons éprouvées, longtemps après que les événements qui les avaient produites ont cessé d'être. Il y a bien de didérentes opinions touchant l'essence du temps : les uns disent que c'est le mouvement, d'une chose créée; les autres, la mesure du mouvement, pasc. Bspr. géom. i. Tout mon être dépendant du temps, dont la nature est de n'être jamais que dans un moment qui s'enfuit d'une course précipitée et irrévocable, boss. Yol. de Monterby. Le temps n'ayant d'autre mesure que la succession de nos idées, buff. De la vieillesse et de la mort. Le temps est le calcul du mouvement relatif à la priorité et à la postériorité, didf.r. Opin. des anc. philos, {péripatéticienne philos.). Nous n'en savons pas davantage sur le temps, nous ne jugeons de la durée que par la succession de nos idées; mais cette succession n'a rien de fixe, CONDIL. Art de rais, ii, 4. Un temps est une portion de durée mesurée ; l'idée de temps est donc formée de l'idée déjà abstraite et générale de durée, combinée avec celle de mouvement, destltt- TBACT, IrutU. Mém. iciene. mor. et pot. t i, p. i*i.
Le temps est pour noiu l'impression que laisse dans la mémoire une suite d'événements dont nous sommes certains que l'existence a été successive, LAPLACB, Bxp. i, 3. Il 8* La durée bornée, par opposition à éternité. Ne soyons point honteux de l'objet do notre adoration [Jésus]; nous adorons un enfant; mais cet enfantestplus ancien que le temps; il se trouva à la naissance des choses, BALz. Socr. chrét. l. Il n'est plus sur terre; il n'y a plus de temps pour lui, il jouit de l'éternité, sév. 483. Que si le temps mesuré au temps, la mesure à la mesure, et le terme au terme se réduit i rien, que sera-ce si l'on compare le temps à l'éternité, où il n'y a ni mesure ni terme? boss. Duch. d'Orl. ô mort, où est ta victoire? ta main avare n'a rien enlevé à cette vertueuse abbesse, parce que ton domaine n'est que sur le temps, ID. ib. Fils de Dieu dans l'éternité. Fils d'Abraham dans le temps, m. Hist. i, 40. Le temps a commencé selon qu'il vous a plu [vous. Dieu]; et vous «n avez fait le commencement tel qu'il vous a plu, comme vous en avez fait la suite el la succession, que vous ne cessez de développer du centre immuable de votre éternité, id. Élevât, sur les myst. ni, 3. Son empire [de Dieu] a des temps précédé la naissance, rac. Ath. t, 4. Dieu n'a dû produire le monde que dans le temps, FÉN. t. m, p. 4. 11 a élevé votre ennemi dans le temps, pour vous sauver dans l'éternité, mass. Carême, Pardon. Si l'homme, comme la bête, n'est fait que pour le temps, id. Carime, Vérité d'un orentr. Le temps, cette image mobile De l'immobile éternité, j. b. rouss. Odes, m, 2. L'immobilité des êtres, la solitude d'un lieu, son silence profond, suspendent le temps ; il n'y en a plus, rien ne le mesure ; l'homme devient comme éternel, dider. Salon de 4 767, Œuv. t. xiv, p. 487, dans PouoENS. Il [Dieu] dit au mouvement : du temps sois la mesure; 11 dit à la nature : Le temps sera pour vous, l'éternité pour moi, thomas. Ode sur le temps. Gloire à toi, dans les temps et dans l'éternité. Éternelle raison, suprême volonté I LAMART. Méd. I, 2. || Avant tous les temps, avant les temps, avant le temps, avant la création du monde. || 4° Il se dit des intervalles de quelques cosmogonics. Le premier Zoroastre fit créer l'univers en six temps; ces six temps, qui n'étaient pas égaux, composèrent une année de 36B jours, volt. Phil. Bible expl. Gen. note g. \\ S' Un temps, un certain espace de temps. Comme l'âme se meut un temps en sa prison, régnier, Sat. m. Valère, enfin, pourêtre un amant rebuté. Montre depuis un temps trop de tranquillité, mol. le Dép. l, 4 . Il cache un temps sa passion à l'objet aimé, id. Préc. 5. Que ne puis-je vous dire enfin ce que vous sauriez mieux que moi, si la douleur de l'avoir perdue ne vous faisait oublier pour un temps le plaisir que vous avez eu de la posséder? pléch. Duch. de Mont. Vous pourrez voir, un temps, vos écrits estimés Courir de main en main par la ville semés, boil. Sat. IX. Il faut savoir mettre un temps entre les affaires et la mort, et n'imiter ni le cardinal de Fleury ni le martchal de Belle-Isle, volt. Litt. d'Argental, 34 mai 4 762. Toute âme est sœur d'une âme; Le monde peut en vain un temps les séparer. Leur destin tôt ou tard est de se rencontrer, LAMART. Joe. TU, 404. || Cela n'a qu'un temps, se dit d'une chose qui ne dure que fort peu. || Du temps, pendant un certain temps. Ces peuples s'entre-dctruisirent : cela fit que l'empire d'Orient subsista encore du temps, montesq. Bom. 20. Il Quelque temps, pendant un peu de temps. J'y fus [j'y allai], à quelque temjis de là, pasc. Lett. à Jacqueline, 26 janv. «648. Us furent quelque temps saisis, muets, immobiles, flkch. Turenne. || Le long temps, un long intervalle de temps. Par un long temps et une lâche flatterie il [Curtius Rufus] obtint le consulat, d'ablancourt. Tacite, 324. Son père peut venir, quelque long temps qu'il tarde, corn. Ifenl. n, 2. On doit se regarder soimême un fort long temps. Avant que de songer à condamner les gens, mol. Mis. m, 9. Assiégée durant un long temps sans sentir aucune incommodité, elle[Babylone] se rit de ses ennemis et dos fossés que Cyrus creusait autour d'elle, boss. Hist. II, 4.11 faut un long temps pour se procurer une marine redoutable, volt. Louis XV, 28. Il passait de longs temps à considérer l'horizon, à se tenir sous les arbres, saintb-beuve, Causeries, 9 février 4856. 1! Avec le temps, au bout d'un certain temps. Vous m'en pourrez instruire avec le temps ; Avec le temps aussi vous pourrez me connaître, rac. Bojax. m, a. Nous verrons avec le temps, bsrnard.
DE ST-p. Paul el Virg. || Après la temps, s'est dit pour : au bout d'un certain laps d» temps. Ce n'est qu'après le temps, et après qu'on est initié au jargon d'une ville, qu'on sait enfin que monsieur B.... est publiquement depuis vingt années
le mari de madame L la sainr. m. || (* Terme
de mécanique. Le temps, les temps, la durée qu'un phénomène exige pour s'accomplir. Sans connaître la cause de la pesanteur, nous apprenons par l'expérience que les espaces décrits par un corps qui tombe sont entre eux comme le carré des temps, d'alkmb. Œuv. t. xiv, p. 343. jj 7* Terme d'astronomie. Temps solaire, temps réglé sur le mouvement du soleil. || Temps sidéral, temps réglé sur le mouvement de la sphère céleste. || Temps solaire vrai ou temps vrai, temps évalué au moyen de l'intervalle compris entre deux passages successifs du centre du soleil au même méridien. {[Temps solaire moyen ou temps moyen, temps réglé sur la marche d'un soleil fictif qui se meut uniformément dans le plan de l'équateur, et qui passe à l'équinoxe en même temps qu'un autre soleil fictif animé d'un mouvement uniforme dam le plan de l'écliptique et passant au périgée et à l'apogée en même temps que le soleil vrai. || Temps astronomique, temps subdivisé en 24 heures qui se comptent d'un midi à l'autre. || Temps civil, temps divisé en deux périodes de 42 heures chacune, dont l'origine est à minuit. || Temps périodique, temps qu'un corps céleste emploie à faire une révolution entière autour d'un point, et, plus particulièrement, le temps qu'emploie une planète à parcourir son orbite entière. || 8' 1* Temps (avec une majuscule), divinité païenne qu'on représente sous la figure d'un vieillard ailé, tenant une faux i la main. Bientôt ils défendront de peindre la Prudence, De figurer aux yeux la Guerre au front d'airain. Ou le Temps qui s'enfuit une horloge à la main, boil. Art p. m. Et d'ailes et de faux dépouillé désormais. Sur les mondes détruits le Temps dort immobile, oilbert, 2e Jugem, dern. Près de la beauté que j'adore Je me croyait égal aux dieux. Quand au bruit de l'airain sonore Le Temps apparut i. nos yeux, bérano. le Temps. Il 9* Particulièrement, succession des jours, des heures, des moments, considérée par rapport aux travaux, aux occupations. Et la perte du temps ne se répare plus, mairet, Sophon. n, 4. Le temps est un trésor plus grand qu'on ne peut croire, CORN. Rodog. n, 2. Je vous conjure de prendre le temps de.... boss. Lett. 459. Les conseils où il assistait lui laissaient presque tout son temps, m. Je Tellier. Les chagrins qu'il me cause M'occuperont assez tout le temps qu'il repose, rac. Brit. I, 4. Vous nous aviez laissé espérer.... que Marseille partagerait avec Aix les temps qu'il vous est libre de donner i l'une ou i l'autre do ces deux belles villes, m** de orignan, dans sév. t. z, p. 557, éd. r£onibr. Ceux qui emploient mal leur temps sont les premiers i se plaindre do sa brièveté, la brut. xn. Le temps bien ménagé est beaucoup plus long que n'imaginent ceux qui ne savent guère que le perdre, fonten. Marsigli. Il [Lémery] a bien fait voir que qui ne perd point de temps en a beaucoup, m. Lémery. J'ai tout mon temps i moi : je griffonne des histoires, je songe à des tragédies, et, quand je ne souffre pas, je suis heureux, volt. Lett. d'Argental, 6 fév. 4757. Le temps est assez long pour quiconque en profite ; Qui travaille et qui pensa en étend la limite, id. «• dise. Le temps nous pressait; j'écrivis très-rapidement le poëme, uarhon- TEL, Mém. X. Le bonheur de la vie est dans l'emploi du temps, st-lambert, Saisons, hiver. || Une heure de temps, deux heures de temps. En vérité tout cela mériterait bien que l'on donnât vingtquatre heures do son temps k le voir, fonten. le* Mondes, i" soir. \\ Prendre le temps de quelqu'un, lui dérober son temps, l'empêcher de travaillei. Il Perdre temps, et, plus habituellement, perdre la temps, perdre son temps, faire de vains efforts, perdre sa peine. Tu perds temps de me secourir, Puisque je ne veux point guérir, malh. v, 4 8. Monsieur, j'ai perdu temps, votre homme se dédit, MOL. r^l. m, 2. Quand ils l'ont voulu faire, ils y ont perdu leur temps, pasc. Prov. v. Le marquis de Torci , suppliant dans la Haye au nom de Louis XIV, s'adressa au prince Eugène et au duc de Marlborough, après avoir perdu son temps avec Heinsius, volt, louw J/F, 24. || Perdre le temps, perdre son temps, ne rien faire ou faire des choses inutiles. || Ne pas perdre temps, ne pas perdre de temps, faire sans aucun retard. Je n'ai point perdu
TEM
temps, et, voyant leur colère Au point de ne rien craindre, en état de tout faire, J'ajoute en peu de mots.... CORN. Cinna, i, 3. || Je n'ai pas do temps à perdre, je n'ai pa» de temps à employer inutilement. Ce qui me fâche, c'est que je n'ai point de temps à jeter, skv. 23 mars <689. || Je n'ai pas do temps à perdre pour arriver à tel endroit, je n'ai que le temps nécessaire pour ne [las y arriver trop tard. || Il s'en va temps, il s'en allait temps. Il est temps, il était temps. Il s'en va temps que je reprenne Un peu de forces et d'haleine , LA FONT. Fabl. Épilogue. || Réparer le temps perdu, réparer la porte du temps, faire du temps un meilleur usage qu'on n'en a fait par le passé. Il Passer le temps, passer son temps à quelque chose, à faire quelque chose, l'y employer. Il passe son temps à jouer. || Absolument. Passer le temps, se distraire en attendant l'heure marquée pour quelque chose. || Familièrement. Passer bien le temps, son temps, se divertir. || Passer mal le temps, son temps, s'ennuyer beaucoup, et fig. être fort maltraité. Que sûrement Stanislas finira comme Teucer, et que Phares, évêque de Cracovie, passera mal son temps, toli. Lett. d'Ârgental, 3 avril <772. Si des regards il [Furia] eût pu mordre, j'aurais mal passé mon temps, p. l. cour. Lett. à M. Renouard. || Fig. Tuer le temps (voy. tuer). Il Couler le temps, laisser écouler le temps dans l'attente d'une occasion plus favorable. Il Pousser le temps avec l'épaule, différer l'exécution de quelque chose (voy. épaule, n' (). || 10° Bon temps, mauvais temps, le temps oti l'on est bien, où l'on est mal. Aidant au bon temps, supportant le mauvais, beaumarch. Barb. de Sév. i, 2. Nous n'avions pas le sou, mais nous étions contents; Nous étions malheureux, c'était là le bon temps, COL. d'harlev. Met tottvenirs. || Prendre du bon temps, se divertir. X d'austères devoirs le rang de femme engage. Et tous n'y montez pas, à ce que je prétends. Pour être libertine et prendre du bon temps, hol. Éc. det f. m, 3. Alors, cher Cinéas, victorieux, contents. Nous pourrons rire i l'aise, et prendre du bon temps, boil. Épit. i. Le duc d'York [plus tard Jacques II], ayant mis sa conscience en repos par la déclaration de son mariage, crut qu'il pouvait donner un peu de bon temps i son inconstance, en vertu de ce généreux effort, HAMiLT. Gramm. 8. Je me donne actuellement du bon temps, attendu que j'ai été à la mort, il y a quinze jour?, volt. Lett. Gaillard, 28 avril 1769. Il Fig. Avoir bon temps, n'être pas réprimandé, grondé. C'est i M. de Grignan que je m'en prends [d'avoir laissé Mme de Grignan s'embarquer sur le Rhône]; le coadjuteur a bon temps : il n'a été grondé que pour la montagne de Tarare, SÉV. 3 mars «674. || 11* Terme préfix, durée limitée. Ses cheveux blanchissent avant le temps. Cet hymen différé no rompt point une loi. Qui, sans marquer de temps, lui destine ta foi, corn. Cid, v, 8. Dieu, qui fait tout en son temps, boss. Hist. n, 4. Nous ferons en son temps ce qu'il faudra, tD. Lett. rel. 3. Peut-être avant le temps ce grand orgueil éclate, rac. Alex, m, ^ . Quel temps à mon exil, quel lieu prescrivez-vousT m. Phèdre, iv, 2. Tout n'a qu'un temps chez les hommes, volt. Louit XIY, 36. Il Terme de droit. Temps légaux , tout cequi est relatif aux prescriptions, déchéances, délais, dates, durées, &ges requis par la loi. || Terme d'eaux et forêts. Temps de coupe et de vidange, terme accordé à l'adjudicataire d'une vente pour couper et enlever les bois de cette coupe. || Il a fait Bon temps, se dit d'un homme qui, après un long service, sort d'un emploi, et aussi d'un homme usé. Je n'ai que vingt ans, Et, comme toi, je n'ai pas fait mon temps, la pont. Kaxel. Je suis encor de mise et n'ai pas fait mon temps, BotssT, ImpatierU, m, 7. || Avoir fait son temps, se dit des choses hors d'usage. Le paganisme avait fait son temps. Il Cet habit a fait son temps, cet habit a été porté aussi longtemps qu'il pouvait l'être, il ne peut plus servir. || Il a fait son temps, se dit d'un soldat qui a achevé son temps de service. || Il se dit aussi d'un condamné ï. la détention, quand il a achevé la durée de sa peine. || la* Les siècles, es difTérenU ftge», les différentes époques. Les temps historiques. Les temps fabuleux. Que ne peuvent, grand roi, tes hautes destinées He rendre la vigueur de mes jeunes années! Ou'amsi quau temps du Cid je ferais de jaloux! corn Au TOI tuT ton retour de tlandret. En ce tomps- U il n'y avait point de roi dans Israël, saci. Bible, Juget, xvii, 6. 11 y a des temps oii la terre •Dlière n'est qu'un thé&tre de carnage, et ces temps