‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 195 sur 754 · RAB. II · texte numérisé non relu

RAB. II

TORCHE-NEZ (tor-che né), ». m. Voy. tordnez.

t TORCHE-PERTUIS (lor-che-pèr-tiiî), s. m. Un des noms vulgaires de la sittelle d'Europe, oiseaux.

t TORCHE-PIN (tor-che-pin), ». m. Nom vulgaire de l'espèce de pin que les naturalistes appellent mugho.

— ETVM. Torche, et pin ; pin bon à faire des torches; les paysans des montagnes du Daupliino où le mugho croît en abondance, utilisent son bois pour en faire des torches.

t TORCHE-PINCEAU (tor-che-pin-sô), ». m. Petit linge pour essuyer les pinceaux et la palette. Il Au plur. Des torche-pinceaux.

t TOKCUE-POT (tor-che-po), TORCHE POTEUX (tor-che-po-teû) , ». m. Synonymes de torchcpertuis.

TORCHER (torché),. D. o. || 1* Frotter, comme on fait avec un torchon, pour nettoyer, pour essuyer. Il (le duc de Gesvres] fit partout dans le lit, tellement qu'il fallut passer une partie de la nuit à les torcher [lui et sa femme] et à changer de tout, st-sim. (4(, 258. Il Fig. et populairement. Il n'a qu'à s'en torcher le bec, il ne doit pas compter sur ce qu'il désire. Pour des ambassadeurs torchez-en votre bec, doursault, le Mort vivant, 11, «. Regarde-la bien, tu peux t'en torcher le bec, comts DE CAVLUS, Loup galcux, Œur. t. ix, p. 310. || 2" Essuyer, nettoyer des pinceaux ou la palette. || Toi

TOR

cher le quarteron d'or, le noltoyer Svct an morceau de flrap. || Torcher le tas, chez les cartiers, enlever la colle que la presse a lait sortir d'entre les feuilles. || S" Fig. Battre. 11 se fera torcher. Il V Terme de marine. Trivialement, torcher de la toile, faire porter beaucoup de voiles à un bâtiment. || 6° Terme de construction. Recouvrir un mur, une cloison avec du torchis. || 6° Faire, avec un ou plusieurs brins d'osier, le cordon qui horde certains ouvrages de vannerie. || 7° Se torcher, V. réfl. S'essuyer, se nettoyer. Folio a tergo, ce qui veut dire une feuille ^ se torcher, oalian>, Corresp. t. i, p. <)», dans pougens.

— HIST. xin* 8. Si li torchoit [à son coursier] les costez et les flans, lei Enfancet Guillaume , dans JONCKBLOET, Guill. d'Orange, t. ii, p. <«. S'on lo vult torohier [un cheval] Là ù li maz [le mal] gist, donc lo verriez drecier, Fiert des piez.... Arch. des miss, scient. 2' ?ér. t. v, p. 4 94. Pour le grant Dieu meut me prièrent Li Juif, quant il m'encontrerent, Oue raen sydoine [mouchoir] leur prestasse. Au prophète son vis torchasse, F.rramiuent [aussitôt] le sydoine pris, Et li torchei moût bien son vis [visage], Saint-Graal, 4 699. || xiv* s. Et Longis, li membres, Torcha ses iex du sanc, ce fu la vérités, Baud. de Seb. xr, 378. || xvi* s. Ayans fait leur confession au prestre, ils estiment qu'ils peuvent torcher leur bouche et dire qu'ils n'ont rien fait, CALV. Instit. 602. Le duc de Guise, se baissant dessus [le cadavre de Coligny] et luy torchant le visage avec un mouchoir, dit : ■ Je le connoy; c'est luy-mesmes, • Relatiùn de la Saint- lianhél. {Mém. de Vétat de France sous Charles IX, t. i) . Ils [les anciens] se torchoient le cul (il faut laisser aux femmes cette vaine superstition des paroles) avecques une esponge, mont, i, 372.

— ÉTYM. Torche, dans le sens de bouchon de paille; Berry, trocher ; wallon, loirchi, tordre, ilonner une entorse; provenç. torcar, torquar; 1 atal. torcnr.

TORCHÎ:hE (tor-chè-r'), J. f. \\ l'Vasc de feràjour, placé àl'extrénu té d'un long manche, dans lequel on met des matières combustibles pour éclairer. Partout se présentaient et des chaires légèrement suspendues, et des vases surmontés de flammes, et des balcons, et de hautes torchères, et des balustres en marbre, et des stalles sculptées, chateaubr. Génie, iv, i, 2. || 2° Candélabre qui porte des flambeaux, des girandoles, des bougies, et qui sert à éclairer un vestibule, un escalier, etc. Sa maison était plutôt illuminée qu'éclairée; car tous les appartements sont remplis de lustres, de torchères et de girandoles, genlis. Ad. et Th. t. ii, p. 32), dans POUGENS. Il 8° Guéridon fort élevé sur lequel on met un flambeau avec des bougies dans les grandes maisons (richelet)

— ÉTYM. Torche.

\ TOKCHETTE (tor-chè t'), s. f. Petite poignée de paille. || Terme de mélallurgie. Ringard de fer terminé en pelle. {| Osier tortillé autour d'une hotte. Il Terme de pêche. Sorte de panier fait de paille longue ou de glu, pour envelopper quelques poissons de choix.

— Etvm. Dimin. de torche. En Normandie, c'est net et clair comme tnrchelte, se dit d'une chose sale ou d'une explication obscure.

TORCHIS (tor-chl), s. m. Mortier composé de terre grasse et de paille coupée qu'on emploie pour certaines constructions. On s'en sert pour remplir les vides souvent très-grands d'un bAument en charpente, ce qui permet d'économiser le bois. Vitruve, qui avait voyage en Gaule et en Espagne, dit qu'encore de son temps les maisons étaient bâties d'une espèce de torchis, couvertes de chaume ou de bardeau de chêne, et que les peuples n'avaient pas l'usage des tuiles, volt. Dict phil. Antiquité.

— UIST. xiii* s. Li sueil sont de désespérance. Et li pommel de mescheance, Li torcheïs est de haîne, ruteb. n, 33. |{ xvi' s. Place très-mauvaise et d'assiette et d'estoffe, comme estant commandée à la mousquetade, et aiant en plusieurs lieux ses parapets de torchis, d'aub. Ilist. m, 268.

— ETYM. Torcher. Torchis, dans l'ancienne lant»e, avait en outre le sens de torche, flambeau.

TORCHON (torchon), s. m. \\ !• Serviette de frosse toile dont on se sert pour essuyer la vais- «'Ue, les meub'.! s, ote. TJn paquet de torchons. La véritable reine reprena.' un bon teint frais et vermeil ; mais elle était crasseuse, court-vêtue, et faite comme un petit torchon qu'on aurait traîné dans la cendre, FKN. t. xix, p. 6. |{ Kig. et populairement. I^ torchon brûle à la maison, il y a une querelle

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de ménage. || Populairement, entre soldats, se donner un coup de torchon, se rafraîchir d'un coup de torchon, se battre au sabre, à l'épée. Il Populairement. Se mettre dans ses torchons, se coucher. ||î° Morceau de vieux linge pour essuyer les planches de l'imprimeur en taille-douce. Il 3° Terme de construction. Poignée de paille tortillée, ou petite natte do paille très-épaisse, servant à garantir les arêtes des pierres, quand on les remue. 114° Adj. Papier torchon, sorte de papier pour l'aquarelle et la gouache.

— Hl.ST. xir s. Cil escuier le prenent à gaber, De grans torchons li pristrent à ruer. Et l'un sor l'autre et enpaindre et botcr. Bat. d'Alesch. v. 34ot. En la sale fu mult traîtres apelé ; De tûtes parz i fu hautement escrié ; Nis [même] torgeluns d"estraim unt après lui geté. Th. le mart. 40. || xiir s. Et li boef, qu'il soient d'un torsoun chescun jour bien frétez, et par tant amenderont, Bibl. des eh. 4" série, t. n, p. 38». || xv s. Mon gallant [l'enfant prodigue] fut mis en cueilleur de pommes, habillé comme un brusleur de maisons, nud comme un ver; vit ei remansit camisia nette comme un torchon de cuisine, nouée sur l'épaule pour couvrir sa pauvre peau, Michel menot, Sabbato secundos dnmin. Quadrages. Sire chevalier sauvage, estes vous paity des iorests pour donner telz torchons [coups]? Sire, dit le chevalier, pour donner telz coups et autres suis je party des forests, Perceforest, t. m, {° e. \\ xvi' s. De là avint chose qui ne s'est gueres veue ailleurs, c'est que, comme les assiégez jettoient des torchons d'artifices pour tirer aux pionniers, on jettoil au loin ces feux à coups de canon, d'aub. Ilist. n, 309. Torchon de paille, cotorave.

— ÉTYM. Torche, dans le sens de bouchon de paille; wallon, toirchon.

t TORCIIONNEIt (torcho-né), u. a. Frotter, nottoyeravecun torchon. || Fig. et familièrement. Faire mal,'faire salement. Vous avez torchonné ce dessin.

ÉTYM. Torchon. On a dit (xiv* siècle) tor-

ehnnnierement, pour négligemment, Arch, nat. jj76, pièce 68.

f TORCIN (tor-sin), s. m. Banc qui divise les schistes ardoisiers.

f TORCINER (tor-si-né), v. a. Tordre le verre pendant qu'il est chaud.

t TORCOL (tor-kol), ou TORCOD (tor-kou), s. m. Genre d'oiseaux grimpeurs, seule espèce, yunx torquilla, L.

f TORCOLAR (tor-ku-làr), s. m. Mot latin voulant dire pressoir, employé en anatomie comme synonyme de pressoir d'Hcrophile.

t TORCULARIEN, lENNE (tor-ku-la-riin, riè-n'), adj. Terme d'anatoraie. Qui a rapport au torcular. Il Sinus torculariens, ceux qui se jettent dans le pres.soir d'Hérophile.

TORDAGE (tor-da-j'j, s. m. 1|,1° Action de tordre. Il 2" Façon qu'on donne à la soie, en doublant les fils sur les moulinets.

— ÉTYM. Tordre.

t TORD-BOYAUX (tor-bo-iê), S. m. Nom qu'on donne à de l'eau-de-vie rendue plus brûlante par l'addition de substances acres.

— ÉTYM. Tordre, et boyaux.

f TORDE (tor-d'), s. f. Terme de marine. Anneau de cordes, au bout des grandes vergues, pour garantir les rabans.

t TORDKUR, EUSE (tor-deur, deii-z'), s. m. et f. Ouvrier, ouvrière qui tord la laine, les soies, les fils, etc. IITordeuso, ouvrière en soie qui, quand une pièce est finie, place la nouvelle pièce sur le métier. ||Tordeuse se dit d'une espèce de chenille qui tord les feuilles. Il Tordeuse, machine qui sert à tordre ensemble les fils de fer pour la confection des câbles.

— HIST. XTi* s. Celui [patron] des tordeurs de fils, Nouv. coust. gén. t. i, p. loeo.

tTORDION (tor-di-on), î. m. Mot aujourd'hui inusité par lequel on désignait des mouvements qui tordaient le corps, des contorsions. Et par de certains tordions Qui causaient padpitations, scarr, Virg. v.

— ÉTYM. Tordre.

f TORD-NEZ (tor-nc), J. m. Terme de vétérinaire. Instrument, dit aussi torche-nez, dont on se sert pour assujettir le cheval pendant certaines opérations; c'est un bâton percé, à l'une des extrémités, d'un trou dans lequel on engage une grosse ficelle pliée en double, de manière que d'un côté elle fasse une anse, et de l'autre soit arrêtée par un nœud à chaque bout. On saisit dans cette anse le nez ou l'oreille de l'animal, et l'on tord jusqu'à co que la douleur soit produits.

TOR

t TORDOIR (tor-doir), ». m. Sorte de moulin 1

huile, t TORDPIED (tor-pié), s. m. Genre de mous»e«,

genre campylopus, de Bridel.

TORDUE (tor-dr'), je tords, tu tords, il tord, nous tordons, vous tordez, ils tordent; je tordais; je tordis; je tordrai; je tordrais; tords, qu'il torde, tordons; que je torde, que nous tordions; que ja tordisse; tordant, tordu, v. a. \\ l' Tourner un corps long et flexible par les deux bouts en sens contraire, ou par un seul bout, l'autre étant fixe. Tordre du fil, un lien. L'une, penchée vers la surface de l'eau, y trempe son linge; l'autre, accroupie, le tord, DIDER. Salon de 4707, (Euv. t. xiv, p. 4 99, dans pouoENs. L'homme est sur un flot qui gronde. L'ouragan tord son manteau, v. hugo, Voix, 47. Il Fig. Pressez-les, tordez-les, ils dégouttent l'orgueil, l'arrogance, la présomption, la brut. VIII. Il Qui te tordrait le nez, il en sortirait encore du lait {Comédie des Prov. m, 7, ivn* siècle), se dit par moquerie à un jeune homme, à un blancbec, qui se mêle de choses dont son âge le rend incapable. || Populairement. Ne faire que tordre et avaler, manger très-avidement, avaler presque sans mâcher. {| 2° Tordre de la laine, de la soie, du fil, tourner à la main, au rouet ou au moyen d'une machine, plusieurs brins pour n'en former qu'un seul. || Attacher ces matières sur une cheville, et en rouler plusieurs écheveaux ensemble. Il Tordre le câble, joindre en un les cordons qui doivent le composer. ||3' Tourner violemment, en parlant d'un membre. Finissez donc, monsieur, vous me tordez le bras, beaumàrch. Barb. de Sév. n, 4 4. Il Tordre le cou, faire mourir en tournant le cou. Voit son faucon, lui lord le cou, le plume, la font. Fauc. Si je résiste, il me tordra le cou, HAUTER0CHE, Esp. foll. v^ 4 0. Tout ce qui restait de la Ligue à Paris ne publia-t-il pas que le diable avait tordu le cou à la belle Gabrielle d'Estrées? VOLT. Pol. et lég. Avis au public, exemples || Se tordre les bras, les mains, tordre à soi les bras, les mains, dans un excès de passion, de douleur. Echevelée, étendue sur le cercueil de son amie, se tordant les mains, dider. El. de Richardson. Se roulant par la chambre en se tordant les mains et mordant les pieds des chaises, j. j. rouss. Ilél. VI, 4 1 . Il 4" Tourner de travers. Je leur remontrerai, en penchant le cou et en tordant la bouche, que tuas une opinion erronée sur les Cellules où furent renfermés les Septante,' volt. Dict. phil. Persécution. Et de bals où il a dansé en bâillant à se tordre la bouche, d'alemr. Lell. au roi de Pr. 4 9 déc. 4708. Il 5' Fig. Détourner de sa signification naturelle un texte. Avouez la vérité, monseigneur : on aimerait mieux s'être expliqué plus précisément, et employer son esprit à bien définir les mots pour parler conséquemment, que de les tordre après coup pour se sauver comme on peut, Boss. Réponse à quatre lettres, 4. L'Écriture se laissait tordre et violenter à qui le voulait, m.. Var. v, 22. Ils tordent une phrase d'Hippocrate pour faire accroire que les Grecs connaissaient la circulation du sang mieux que Harvey, volt. Dict. phil. Système. Il Tordre le sens d'un auteur, d'un passage, lui donner une interprétation fausse et forcée. Il 6° Se tordre, v. réfl. Agiter son corps en le tournant en sens contraire. Un ver qui se tord. Je vous assure que j'aurais crié plus d'une fois, au lieu qu'il a fallu soupirer, se mordre les lèvres et se tordre, dider. Lett. à Mlle Voland, 25 oct. 4 764. Satan boit, et, pris de colique. Il jure, il grimace, il se tord, bérang. Mort du diable. Connaître un pas qu'on aime et que jaloux on suit, Rêver le jour, brûler et se tordre la nuit, v. hogo, Feuilles d'aut. 4 8. Il Rire à se tordre, rire extrêmement. ii7- Devenir contourné. Cette branche s'est toute tordue. Ses yeux, remplis d'un feu sombre, roulaient avec égarement, sa bouche se tordait, volt. FOfCéties, appar. Bertier.

— HIST. xui* s. Et cil va la robe [mouillée] tordant. Qui entour le comte ol esté, Dl.et Jeh. 2748. La maie passion le torde! Ren. 884. Et aus vieilletes [vieilles femmes] vont les mameles torgant, Chans. d'Ant. a, 38. La descordance acordenl dei maux que, recordons. En lor lit se descordent por ce que nus U/rtons, ruteb. 4 84. Ses puins et ses caveus [cheveux] torjant, Ms. de poés. franc, av. 4300, t. IV, p. 43Bi, dans lacurne || xiv s. Se tu ne pues souder la voine ou l'artère [blessées] pour aucun empeschement, donc te convient il la voine tirer ou l'artère hors de son lieu, et tortre le bout, ou ardre à ung fer chault, lanfranc, f* 44, verso. Il XT* s. Qui lors vit hommes et femmes et les en-

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TOR

fans d'iccux pleurer et tordre leurs mains.... il o't'st si dur cœur qui n'en eusl pjtl6, rnoiss. i, l, Sat. El heurtèrent de la chasse du dit suinct contre une maison..., et ilz dirent que ledit sainct vouloit pas.ser par la maison sans se tordre |se doloutner|, et en ung mouvement l'abbalirent, COMM. II, 4. Oy le Iràià [qu'elle lire son enfant) du puis et le couche à terre, puis die en tuerlant se» mains: harcu! hisse! filz, tu es mort, Mir. de tainti Generieve. || .\vi* s. l'anurge tordoyt la gueull>i et reliroyl les doigtz, rab. l'ant. ii, 2». Je tors bien plus volontiers une belle sentence, pour la coudre sur nioy, que je ne tors mon fil pour l'aller quérir, mont, i, *9t. Quelqu'un des siens luy tord le col, m. I, ISO. S'efTorceans ordinairement de redresser la commune quand elle se tord, AMYOT, LucuU. et Cimon, 5. Les Athéniens ne tiroient que dards, flesches et traicls.dont lebranleuient des vaisseaux lordoit et empeschoit le droit fil, m. Nicias, 45. Les curieux sont subjects & tordre le col et se retourner. .. id. De la cur. 2U. X qui on les a tors et comprimés [les testicules] par violence, paré, xviii, 43. Il no se tord pas qui va plain chemin, cotgravb.

— ETYM. lierry, tortre; norm. terquer, teurquier; et aussi teurdre (mais l'o revient quand la syllabe n'est pas accentuée : nous tordons) : tu mens, le nei te teurd, par allusion à un ancien usage : un menteur pris sur le fait devant faire amende honorable en se tordant le nez et disant : j'ai menti; bourg, todre; wallon, told; provenç. torser; espagn. et portug. torcer ; ilal. torcere: du lai. lorquere. Les élymologistes le rapprochent de tpér.û), tourner. Le français tordre représente une accentuation barbare torquère.

TORDU, UE (tor-du, due), part, passé de tordre. L'empereur ne pouvait passer devant leur front sans avoir à éviter, à franchir ou à fouler des baïonnettes tordues par la violence du choc et des cadavres, ségur, Hist. de Nap. vi, 8. Il Terme de botanique. Il se dit d'un organe replié sur lui-même. || Préfioraison tordue se dit d'une corolle dialypctale à pétales imbriqués latéralement et enroulés dans le bouton.

— REM. Tors est le véritable participe, mais tombé en désuétude ; Marot voulait qu'on l'employât seul; et Ménage remarque que tors se dit encore (je lui ai tors le cou), mais oue tordu prend le dessus.

TORE(to-r'),s. m. jj l'Terme d'architecture Moulure ronde à la base des colonnes. || Tore supérieur, le plus mince d'une base atlique ou corinthienne. Il Tore inférieur, le plus épais de la même base. Les autres bases n'ont qu'un seul tore. Il Tore corrompu, celui dont le profil a la forme d'un demi-cœur. || Ornement en rond sur une piïcede canon. 1| i" Terme de géométrie. Surface engendrée par la révolution d'un cercle autour d'une droite située dans son plan et ne passant pas par son centre. || 3° Terme de botanique. Réceptacle cylindrique de certains fruits.

— ÊTYM. Lat. torus, partie saillante, de TÔpoç, instrument à ciseler, de TÔpeiv, percer.

TORÉADOR (to-ré-a-dor) , s. m. En général, celui qui prend part à un combat de taureaux dans les courses publiques. (Alonzo , Manriquez] c'était un des plus grands toréadors de toute l'Espagne, ST-SIM. .18.'i, I 99.

— ÉTYM. Espagn. toréador, de torear, combattre le taureau, de toro (voy. taureau).

t TOREUTICIKN (to-reu-ti-siin), s. m. Sculpteur qui pratique la toreutiquc. Les procédés métallurgiques du torouticien , quatremi-re de QiuNCY, Inslit. tiéin. hist. et Hll. ane. t. iv, p. (64.

t TORKUTIQUE (to-rcu-li-k'), s. f. Nom donné chez les Grecs à la sciilplure cbryséléphanline, troisiîsme branche de l'art. L'art de la toreutique ou sculpture sur métaux, QUATREMiiRE de quincy, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. iv, p. 377.

— KTYM. Topevmxf,, de ropevtiv, graver, dérivé de Topo; (voy. tore).

fTORGNIOLE ou TOKGNOLE (tor-gno-n,î. f.

Ijl" Terme populaire, l'élit mal blanc qui fait le le tour du doigt || i' Coup sec et bien appliqué sur le visage, sur la tète.

— ETVM. Altération do tourniole (voy. ce mot) : I" mal qui fait le tour du doigt, puis, par extcn- •i' », un coup.

rOR.MK\ril.LE (tor-man-ti-ir, H mouillées), ». f. Plante de la famille des rosacées, dont la racine csl astringente, tonnentilla erecla, L.

— HIST. X[v' s. En Fiance est esprouvce couimunement [contre les venins] raciae de tourmen-

tille, H. DE MONDEVILl.E, f* 83 VCrSO || XV|- 8. Tour-

ineiilille, ainsi ditte de ce qu'elle ajipaise le tourment des dents; enlatinon l'appelle scptifoliuu, à cause du nombre de ses fueilles, o. de skiihes, fi'^u.

— f.Tï.M. Tourment; provenç. tormentilla; esp. tormentila; ital. lormenlilla.

t TORMINAL, ALE (lur-mi-n&l , na-l'), adj. Synonyme de tormineux.

t roHMINKUX, ËUSE (tor-mi-iieiS, neii-s'), adj. Ternie de médecine. Qui est sujet à la dyssentcrie ou aux tranchées , qui s'y rapporte. || Douleurs tormineuses, colles qui s'interrompent et se renouvellent en prenant le caractère de tranchées.

— ÈTY.M. Lat. torminod's, torininosus, de tormino, tranchées, de lorquere, tordre.

t TORNADE (tor-na-d'), s. f. Se dit, dans les chansons provençales, de la ritournelle.

— ETVM. Provenç. tornar, tourner.

f TORXADO (tor-na-do), s. [. Espèce d'ouragan dont les directions sont tellement variables qu'il paraît venir on même temps de tous les points de l'horizon ; il ressemble en cela aax coups de vent appelés typhons dans la mer de Chine, et à ceux qui sont nommés cyclones sur les côtes des Indes orientales. Nous fûmes as.saillis par un tornado. Les tornados sont dangereux.

— ETYM. Mot portugais, de tornar, tourner.

t TORN,\SER (torna-zé),ti. o. Voy. tournaser.

1. TORON (to-ron), s. m. Assemblage de plusieurs fils de caret tournés ensemble ; long faisceau composé de fils de caret,. et qui a reçu un tortillement propre à le faire commettre avec d'autres torons semblables, pour en composer un cordage. En levant l'ancre, nous trouvâmes un toron du câble coupé par le corail; et, deux heures plus tard, le câble l'eilt été entièrement, lapé- RousE, Voy. t. m, p. (94, dans pocgens.

— ÊTYM. Wallon, tnir. Richelel écrit toron ou louron. Faut-il voir dans (oroîi, câble, le toron, moulure, par une assimilation de forme?

2. TORON (to-ron), S. m. Terme d'architecture. Gros tore à l'extrémité d'une surface droite.

— KTYM Tore.

t TOROSITÊ (to-rô-zi-té), s. f. Musculature bien marquée. Les muscles sont des organes du mouvement et donnent la forme extérieure, la torosité, les rondeurs, les saillies, les enfoncements de la peau, FOURCROY, Conn. chim. t. ix, p. 7.

— ETYM. Lat. torosus, musculeux, charnu.

t TORPÉDO ( tor-pé-do ), s. f. Synonyme de torpille 2.

— ETYM. Lat. torpédo, torpille.

TORPEUR (tor-pcur), s. f. || 1° Sentiment de pesanteur générale ou partielle avec une diminution également générale ou partielle de la sensibilité et du mouvement, allant parfois jusqu'à l'assoupissement. Il ne leur est pas venu dans l'esprit que les cailles se retirassent aux approches des froids dans des trous pour jjp passer l'hiver dans un état de torpeur et d'engourdissement , comme font les loirs, les hérissons, les marmottes.... BUFP. Ois. t. IV, p. 251. Il Par extension. Le triste hiver, saison de mort, ejl le temps du sommeil, ou plutôt do la torpeurde la nature, bufk. Ois. t. IX, p. 168. 112" Fig. État d'inaction de l'âme. Les esprits sont plongés dans la torpeur.

— KEM. Torpeur n'est dans le dictionnaire de l'Académie que depuis l'édition de 1835.

— ETYM. Lat. lorporem.

TORPILLE (tor-p i-U', U mouillées, et non pas tor-pi-ye) , s. f. \\ 1° Terme d'histoire naturelle. Genre de poissons cartilagineux plagiostomes voisins des raies, ayant un appareil électrique sur les côlés de la queue et donnant une commotion à ceux qui les touchent. Cet ingénieux physicien [Walsh], plus heureux que ses prédécesseurs, nous a dévoilé en entier le mystère, et nous a appris, par une suite nombreuse d'expériences, que les phénomènes de la torpille appartiennent essentiellement à l'histoire déjà si riche de l'électricité, "bonnet, Cotitempl. liât, v, 13. || â" Engin de guerre sousmarin, contenant une certaine masse de poudre, dont un appareil sert à déterminer l'explosion dans certaines circonstances, || On dit aussi torpédo en ce sens.

— HIST. XVI" s. La torpille a cette condition, non seulomi.nt d'endormir les membres qui la louchent, mais, au travers des filets et de la scime, elle transmet une pesanteur endormie aux mains deceulx qui la remuent et manient, mont. Il, <8|.

— ETVM. liai, torpiylia; du lat. torpcre, êlrc engourdi. Torpiglia représente une forme <or//icula, qui n'cAislc pas.

fTORPILLÉ, ÉR (tor-pi-llé, liée, U mouillées), adj. Garni de torpille» de guerre. Une zone torpillée.

t TORPILLEUR (tor-pi-lleur, U mouillées), t. m Nom donné aux marins qui dirigent une torpille, appelés aux Et'it«-Unis mineurs sous-marins

t ). TOROCK lo! k),i. f. Il 1- Terme do blason. Bourrelet d'élofl"e l' ri i liée,, des deux principaux émaux de l'écu, lequel se place quelquefois pour cimier sur le heaume qui couronne les arinoirie». Il 3° Botte de fil de laiton pliée en cercle.

— ÊTYM. Autre forme d« loreh» dans le san» da chose tordue.

fï. TURQUE (tor-k'), s. m. Terme d'arcbéologi* romaine. Collier des barbares. Il [Lunui] est paré d'un collier semblable aux torques gaulois, et CoilTé d'un bonnet asiatique parsemé d'étoiles, Journ. officiel, 26 juin ihu», p. 872, «• col.

— ElVM. Lat. torques, collier.

t TORQUER (tor-ké), V. a. Filer le tabac, pour le mettre en rouleaux.

— ETYM, Lat. torquère, tordre.

TORQUET (tor-kè), s. m. Terme vieilli. Ce qui cache une embiiche, une attaque. Dès que cetta armée de la Moselle ne put plus donner de soupçons de lorqucts, l'électeur et Berwick laissèrent à du Bourg la garde des lignes de Hagucnau, STsiM. 201 , 181. Et cela avec une franchise de CJiractère peu comuiuno et qui prèle au torcjucl des courtisans envieux et malins, dioer. Mém. Lettre 138, 45 juin (774. Il Donner un torquct, donner le torquct, tromper quelqu'un. || Donner dan» le torquet, donner dans le panneau.

— ETYM. Dérivé de torche, dans le sens de chosa tordue, enveloppée.

TORQUETTK (lor-kè-t'), ». f. Mannequin ou panier d'osier, qui sert à transporter le poisson de mer. || Par extension, panier de volaille ou de gibier.

— ETYM. Dimin. de torche, dans le sens de chosa tordue.

t TORQUEOR (tor-keur), ». m. Celui qui file le tabac.

— ÊTYM. Torquet.

t TORRÉFACTEUR (lo-rré-fa-kteur), ». m. Engin propre à produire la lorréfaction. Un torréfacteur est employé, dans la manufacture des tabacs, à mettre le scaferlati hors d'état de fermenter. Il Torréfacteur mécanique, instrument de torréfaction employé dans la préparation des tabacs.

TORRÉFACTION (tor-ré-fa-ksion; en vers, de cinq syllabes), ». [. Action de torréfier. On sépare le soufre de toutes les substances métallique» et de toutes les matières pyrileuses par la simple torréfaction, buff. Uin. t. m, p. («4. || Opération qui consiste à soumeltie, à feu nu, au contact de l'air, cerlaines substances dont on veut modifier la composition chimique.

— SYN. TORRÉFACTION, GRiLLAOE. Aujourd'hui, la mol grillage .se dit des mines, et le mot torréfaction des matières végétales : distinction que Buffon ne connaissait pas.

— ETYM Voy. TORRÉFIER.

TORRÉFIÉ, ÉE (lor-ré-fi-é, ée), port, patte da

lorréfier. Farine torréfiée.

TORRÉFIER (lor-ré-fi-é), je torréfiais, nous torréfiions, vous torréfiiez; que je torréfie, que nou» torréfiions, que vous torréfiiez, t). a. Soumettre à un feu vif des substances végétale» ou animales. Torréfier du café.

— HIST. XVI' s. Des pignons bien choisis et nets, sont torréfiés dans le son, en une petite poésie, sur feu de charbon, et si bien sechés, qu'ils semblent presque roslis, o. de serres, 876.

— ÉTYM Lat. torrefacere, de torrere, r^tir (voy tohride), et facere, faire.

t TORREIN (tor-rin), ». m. Amas de matière* étrangères qui traversent un bloc d'ardoise.

TORRENT (tor-ran), ». m. || !• Courant d'eau très-rapide, soit permanent et produit par la grande déclivité du terrain dans les montagne», soit peu durable et produit par des orages ou de» foules de neige. Avec grand bruit et grand fraca» Un torrent tombait des montagnes, la font. Fabl. via, 23. Comme il n'y a point de fontaine dont la course soit si tranquille, à laquelle on ne fasse prendre par la résistance la rapidité d'un torrent, Boss. Sermons, Bonté et rigueur de Dieu, 2. Lu. torrent débordé qui, d'un cours orageux, Roule plein de gravier sur un terrain fangeux, boil. Art p. I. L'Arveiron est un torrent considérable, qui sort de l'extrémité inrérieure du glacier des Bois par une grande arche d« glace, sau»surb. r»v

TOR

Alpes, t. in, p. t, dans pouoens. On torrent est un cours d'eau qui affouillc dans la montagne et dépose d:ins la vallée, surell, Étude sur les torrents, dans Joiirn. des sav. mai (870, p. 2r,2, || Fig. Le discours du P. Bourgoing se répandait à la manière d'un torrent, Boss. Bourffotng. || Par eiagcration. Pleuvoir à torrent, pleuvoir avec une force et une abondance extraordinaires. Et les nombreux torrents qui tombent des gouttières, boil. Sat. VI. Il 2° Par extension, il se dit de certaines choses, en égard à leur abondance, à leur impétuosité. Un torrent de bitume. Us ont poussé d'abord de gros torrents de feux, corn. Tois. d'or, T, S. Le dieu [le soleil], poursuivant sa carrière, Versait des torrents de lumière Sur ses obscurs blasphémateurs, le franc de pompignan, sur la mort de J. B. Rouss. \\ Un torrent de larmes, des larmes très-abondantes. J'ai vu Mme de Fontenilles, qui a perdu sa mère ; c'étaient des torrents de larmes; elle est abîmée dans sa douleur, sÉv. 8 oct. 1688. Deux torrents de larmes amères coulaient de mes yeux, et le doux sommeil leur était inconnu, fén. Tél. a \\3' Il se dit de ce qui coule abondamment en paroles ou en écrit. Un torrent de paroles. Ce mot aurait suffi sans ce torrent d'injures, cobn. Poly. m, i. Il va nous inonder des torrents de sa plume, uoa. Lutr. IV. Dans ces torrents d'injures [contre Corneille], il [l'abbé d'Aubignac] fut secondé par les mauvais auteurs; ce que l'on croira sans peine, volt. Comm. Corn. Rem. Sertor. Préf. Byron, viens en tirer [de ma lyre] des torrents d'harmonie, LAMART. Méd. I, 2. Il i' Fig. Guerrier, conquérant que rien n'arrête. Où sont ces grands guerriers dont les fatales ligues Devaient à ce torrent [Louis XIV] opposer tant de digues? boil. Art p. IV. Ils savent que, sur eux prêt à se déborder, Ce torrent [Rome], s'il m'entraîne, ira tout inonder, RAC. Mithr. ni, •. Mais qui peut dans sa course arrêter ce torrent [Achille]? id. Iphig. i, i.\\ Per- •onne qu'on ne peut contenir, diriger. Et que c'est battre l'eau de prétendre arrêter Ce torrent effréné, qui de tes artifices Renverse en un moment les plus beaux édifices, mol. l'Ét. m, i . || 5° Fig. Il se dit des multitudes qui se précipitent. Une infinité de nations inconnues sortirent du Nord, se répandirent comme des torrents dans les provinces romaines, montesq. Lett. pers. 13). || 6" Fig. Ce qui s'écoule, ce qui se presse avec la rapidité et la force d'un torrent. Les torrents de l'iniquité m'ont rempli de trouble, SACi, Bible, Psaum. xvii, 5. Ainsi le torrent du monde s'écoule, quelquesoin qu'on prenne à le retenir; tout est emporté par cette suite rapide de moments qui passent; et par ces révolutions continuelles nous arrivons souvent, sans y avoir pensé, à ce point fatal où le temps finit et l'éternité commence, fléch. Duch. d'Aiguillon. Dieu seul est toujours le même.... les torrents des âges et des siècles coulent devant ses yeux, MASS. Bénéd. des drapeaux du rég. de Câlinât. Ce fut là le premier avantage qu'eut le roi Auguste, dans le torrent de sa mauvaise fortune, contre les armes victorieuses de son ennemi, VOLT. Charles Xll, 3. Je suis si pressé par le temps que j'en ai la vue éblouie; le torrent de l'avidité des libraires m'entraîne, id. Lett. en vers et en prose, B4. L'homme, entraîné lui-même par le torrent des temps, ije peut rien pour sa propre durée, bufp. Quadr. t. i, p. 5. || Le torrent des affaires, leur grand mouvement. La pitié [pour la famille Calas] pénétra jusqu'au ministère, malgré le torrent continuel des affaires, qui souvent exclut la pitié, VOLT. Pol. et tég. Traité sur la toi. Uist. air. \\ V Première impétuosité des sentiments, premier mouvement, premier emportement. La belle [une veuve] avait un père, homme prudent et sage; Il laissa le torrent couler; À la fin, pour la consoler.... la font. Fabl. vi, 21. Il me semble que vous ave/, peur que je ne sois ridicule, et que je ne me répande excessivement sur le sujet [le chagrin de l'absence de Mme de Grignan]; non, non, ma bonne, ne craignez rien; je sais gouverner ce torrent, sÉv. 5 juin (676. Ulysse, en app.irence , approuvant mes discours. De ce premier torrent laissa passer le cours, rac. Iphig. i, \. Mme la duchesse do Bourgogne pleurera; mais il faudra des raisons, non des laruics; qui les produira contre ce torrent [soulevé contre son mari]? »t-sim. 105, 113. Il 8" Influence de l'exemple, de la mode, des événements, force de» choses. N'exami nons donc plus la justice des causes ; Et cédons au torrent qui roule toutes choses, corn. Pomp. i, I. C'est un torrent; qu'y faire? il Ciiut qu'il ait ton

TOR

cours; Cela fut et sera toujours, la font. Fabl. vu, IB. Elle [la disgrâce de Pompone] ne sera jias sitôt oubliée de beaucoup de gens; car, pour le torrent, il va comme votre Durance quand elle est endiablée, sÉv. r déc. 1079. Pour arrêter le torrent des mauvaises moeurs, boss. Bourgoing, 2. Malheur à toi, torrent de la mauvaise coutume des hommes, disait autrefois saint Augustin ; qui le pourra résisicr? fléch. Sermons, 2' dtm. de Tarent. Cependant au torrent je me laisse entraîner, th. CORN.ComJ. d'Orgueil, i, 6, Ne nous laissons paseuiporler au torrent de la coutume, maintenon, Lett, à Mme de la Vief ville, 4 mars non. Et ce qu'il y a de terrible, c'est qu'en cela vous ne faites que suivre le torrent; vos mœurs sont les moeurs de presque tous les hommes, mass. Carême, Élus. F,sprit faible et crédule en sa dévotion. Il suivait le torrent de la rébellion [la Ligue], VOLT, llenr. v.

— HISï. XVI" s. Boire à tout torrent, tourner à tout vent, GÉNIN, Récréât, t. n, p. 236. Voyez les ancienneiT considérations qui ont donné le premier bransle à ce fameux torrent [les lois et leur autorité], plein de dignité, d'horreur et de révérence,

— ÊTVM. Provenç. torrent; espag. et ital. torrente; du lat. torrentem, torrent, qui se précipite avec rapidité, de (orrere (voy. tokride), au sens de se dessécher : un cours d'eau qui se dessèche l'été.

t TORRENTIEL, ELLE (tor-ran-si-èl , è-l'), adj. Qui est produit par les torrents, qui appartient aux torrents. |1 Pluie torrentielle, pluie extrêmement abondante et impétueuse.

t TORRENTUEUX, EUSE (tor-ran-lu-eû, eû-z'), adj. Oui se transforme en torrent; qui en a l'impétuosité. Un ruisseau torrentueux. || Un lit torrentueux, lit d'un cours d'eau embarrassé et rétréci. Il 2° Oui a les efi'ets d'un torrent. La marche torrentueuse d'une rivière.

— i;TYM. Torrent. Au xvi' siècle, on disait torrentin.

TORRIDE (tor-ri-d'), adj. Brûlant, excessivement chaud. Il n'est usité que dans : zone torride (voy. zone). Cependant on commence à dire : chaleur, température torride. || Substantivement. La .torride, la zone torride. En se transportant des sables brûlants de la torride aux glacières du Nord, buff. Horc. choisis, p. 208.

— ÉTYM. Provenç. torrid; espagn. et ital. torrido; du latin lorridus, brûlant, de torrere, de même radical que (erra, la terre, comme le montre extorris, exilé, hors de la terre, et par conséquent le même que le sanscr. larsh, sécher, grec,

f TORUIDIEN, lENNE (tor-ri-diin, diè-n'), adj. Qui a rapport à la zone torride, qui y ressemble. TORS, ORSE (tor, tor-s'), adj. || 1" Synonyme de tordu; tors est l'ancien participe passé de tordre. De la soie torse. Du fil tors. Les chairs sont composées de divers filets qu'on appelle fibres, tors en diff'érents sens, qui peuvent s'allonger et se raccourcir, boss. Connaiss. v, 2. Des filets si artiste-

' ment tissus et si bien tors pour faire leur jeu, id. ib. IV, 2. Il Soies mi-torses, soies destinées à la broderie. || Bois tors, pièce de bois dont les fibres sont en spirale || Maille torse, maille d'une chaîne

' en fer, qui a été tordue, afin de placer la maille suivante dans un plan déterminé. ||2° Oui est dans un état de torsion. Sa bouche est grosse et torse et semble.... réonieh, Sat. x. Quoique pour lors mon misérable corps Souffrît cent maux en tous ses membres tors, scarr. Œuv. t. vu, p. 80, dans POL'GENS. Un suisse à barbe torse, et nombre de Valets, Intendants, cuisiniers, rempliront mon palais, REGNARD, Ménechm. iv, 2. Que ton cou tors, désormais redressé. Sur son pivot garde un juste équilibre, volt. Hypocris. Les bassets à jambes torses sont ceux qui s'y glissent [dans les terriers] le plus aisément, buff. Quadrup. t. ii, p. 208. Ils portent des fleurs aux oreilles, des cannes torses à la main, et des souliers à l'Alcibiade; c'est une espèce de chaussure dont Alcibiade a donné la première idée, barthkl. Anach. ch. 20. C'est que la liberté n'est pas une comtesse Du noble faubourg Si-Germain.... La bouche torse, l'œil errant.... Auo. barbier, ïambes, Pojmlarité. jl Fig. Un cou tors, un col tors, un hypocrite. Que feraije, quand ce fripon, ce col tors d'Anilus et son parti.... s'attacheront à vous persécuter? volt. Socrote. H, 3. Il 3" Terme d'architecture. Colonne torse, celle dont le fût est contourné en forme d'hélice. Il 4* Terme de botanique. Dont les bords tournent ou tendent à tourner obliquement autour de leur

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axe. Il 8* à', m. Le tors, le degré de torsion d'un fil. La régularité du tors. H Tors sans fil, faux organsin. Il Gros cordon de soie employé en tapi.<iserie. Il Terme de marine. Degré de torsion, en parlant des cordages.

— SVN. TORS, TOBDU. Tors Se dit de ce qui a une torsion naturelle : du bois tors ; ou une torsion oftérée : de la soie torse; Tordu se dit seulement de la torsion opérée.

— ilisr. XH* s. Et ses chevaz molt tost l'emporte, Ne ne vet [va] mie voie torte. Mais la meiUor et la plus droite, la Charrette, v. "25. || xin' s. Atant cort et prent le plus tendre [poussin). Tôt le manga à un sol mors ; As autres nucf a le col tors, Ren. 17822. Je me couchié enmi la voie; Si tenoie la teste en lorl [de travers], Ausi conme se fusse mort, ib. 4159. ||xv' s. Par voies torses et obliques, froiss. ii, m, 7. Tu t'en iras les couvertes voyes tout le pays; tu connois bien les torses, les adresses et les chemins frayans.... id. II, m, 112. Il XVI* s. Il avoit la gueule torte comme je ne sais quoi, desper. Contes, lxxxv. Quelque petit enfant louche, ayant la veue torse, paré, XVII, 1. La raison va tousjourset torte, et boiteuse, et deshanchée, et avecques le mensonge comme avecques la vérité, mont, ii, 322.

— KTYM. Berry, tours; norm. teurs ; du latin torsus ou torlus, part, passif de torquere, tordre (voy. ce mot).

TORSADE (tor-sa-d'), s. f. || 1" Terme de passementerie. Frange tordue en hélice , pour orner les rideaux, les draperies, les écharpes, etc. Il 2' Dans l'armée, petit rouleau d'or et d'argent désignant les grades inférieurs ; ce sont les petites torsades. Les épaulettes de capitaine sont à petites torsades. || Rouleaux, mais beaucoup plus gros, pour les grades supérieurs commençant à celui de chef de bataillon ou d'escadron.

— ÉTYM. Tors

I. TORSE (tor-s'), s. m. |l 1° Terme de sculpture. Figure tronquée qui n'a qu'un corps sans tète ou sans membres. Que ne voit-il pas dans ce tronçon d'homme qu'on appelle le torse? dider. Salon de 1765, Œuv. t. xni, p. 316, dans pougens. Il Absolument. Le Torse, dit aussi Torse du Belvédère, célèbre fragment antique que l'on juge avoir appart(;nu à une statue d'Hercule. L'impression la plus mélancolique que l'on éprouve au musée du Vatican, c'est en contemplant les débris de statues que l'on y voit rassemblés; le torse d'Hercule, des têtes séparées du tronc, stael, Corinne, viii, 2. || 2' Tronc, buste d'une statue entière, ou même d'une personne vivante. Cet homme a le torse trop court Us portent le costume qu» les artistes romains semblent être convenus de donner aux barbares européens et africains : la nudité du torse, les cheveux longs et hérissés, ainsi que la barbe, mongez, 7nst«(. Mém. inscr. et bell.-lelt. t. vni, p. 398. J'ai vu le torse d'un Hercule colossal parmi des socs, des herses et des râteaux , chateaubr. Italie, Tivoli et la villa Adriana. \\ Populairement, se modeler le torse, bien manger pour se donner de l'embonpoint.

— ETYM. Ital. torso, trogndn de chou et torse. Diez voit dans torso, trognon, le représentant du latin thyrsus, tige, bouquet; torïo, de l'idée de trognon, passa, par celle de chose coupée, à l'ao- , ception de statue sans tête.

f 2. TORSE (tor-s'), s. f. ||1« Opération qui con siste à tordre la soie passée au bain de teintureJ Il 2° Chez les tourneurs, morceau de bois qui va e» serpentant. || Outil propre à contourner en vis od en spirale le fût d'un colonne.

— ETYM. Tors.

t TORSE, Ce (tor-sé, sée), adj. Terme de véna

rie. Se dit de l'oreille d'un chien qui est bie placée et bien torse.

t TORSER (tor-sé), v. a. Terme d'architecture Contourner le fût d'une colonne, pour en faire un colonne torse.

TORSION (tor-si-on), ». f. \\ 1" Action de tordrej résulut de cette action. Le mouvement de torsio^ ou de pli est presque général dans les feuilles qu suivent le cours du soleil, et dont la page infé rieure regarde toujours le ciel et la lumière, foui»! CHOV, Conn. chim. t. vn, p. 2»- Sous la main dtj l'homme, la taille des arbres, la torsion des br ches, la coupe annulaire de l'écoree, en ralenti tissant la marche de la sève, contribuent au dé-j veloppement des fruits, muefl, fnslil. Héia scienc. 1808. || Terme de chirurgie. Torsion de artères, un des moyens employés efficacement pour arrêter les hémorrhagits provenant des oa

TOR

TOR

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verlures branles de ces vaisseaux après les operatious ou les blessures. || Terme de muriiie. Action de tordre, ou plulAl de tortiller, de comtiieltrc le» uns avec les autres les fils, puis les torons dont on compose les cordages. ||J" Terme do physiiiue. Moyen de développer l'élasticité des corps et de mesurer l'action des petites forces, comme l'attraction, le magnétisme, l'électricité, etc. ]\ Force de torsion, elTort que fait un fil de métal ou d'autre matière pour se détordre. Suivant l'estimation de U. Colomb, les forces de torsion sont simplement <Ti raison des angles de torsion, iirisson. Traité de phyt. t. m, p. 440. || Balance de torsion, appa- 'eil pour mesurer de très-petites forces. ||8° Terme ôe botanique. Monstruosité consistant dans une déviation en spirale plus ou moins régulière de toutes les parties d'une tige herbacée ou ligneuse. j| Torsion accidentelle d'un organe, celle qui est délerminéa par une inégalité de développement dans les deux côtés opposés. || 4* Terme d'anatomie. Torsion du cœur, disposition qui tourne légèrement à droite la face antérieure du cœur, et à gauche la face postérieure; mais ce dernier mouvement est beaucoup moins prononcé que le premier. Il Torsion de l'humérus, disposition qui fait que l'humérus est tordu de (80* ou d'une demicirconférence chez l'homme et la plupart des mammifères, et qui a pour résultat de changer le sens de la flexion de la seconde brisure du membre antérieur.

— HIST. xiv* s. Le quart traité sera des froisseiires, des torsions.... H. de uondeville, f" 4. Il jvi' s. Si tumba incontinent Statira malade de la maladie dont elle mourut avec griefves douleurs etaspres torsions et trenchées es parties intérieures, AMTOT, Artax. 24.

— ÊTYM. Prov. «orsio ;ital. toTzione; du latin tor- Uonemy de tortum, supin de (orquere (voy. tordre).

t TORSOIR (tor-soir), s. m. Bille de cbamoiseur pour tordre les peaux

— KTVM. Tordre.

TORT (tor; le t ne se lie pas; au plur. 1'» ne se lie pas : des tor égaux : cependant quelques-uns la lient : des tor-z égaux), s. m. || !• Ce qui est opposé à la raison, à la justice. Il n'y a point de gens qui aient plus souvent tort, que ceux qui ne peuvent souffrir d'en avoir, la rochefouc. Réfl. mor. n' 386. Ce qui fait voir que les hommes conlaissent mieux leurs fautes qu'on ne pense, c'est qu'ils n'ont jamais tort quand on les entend parler de leur conduite, ID. Max. 494. Il y a des temps où certaines gens ont toujours raison; par la raison des contraires, Mazarin avait toujours tort, BETZ, Mém. t. Il, liv. m, p. O», dans pougens. On est quelquefois empêtré dans son orgueil ; c'est une belle charité que d'en tirer une créature qui ne sent peut-être pas son tort, sÉv. 44t. Faisons la paix, mon pauvre cousin : j'ai tort, je ne sais jamais faire autre chose que de l'avouer, ID. d Bussy, 3 avril 1881. Vous voyez que je n'ai point de tort [dans des lettres retardées], id. 3 avril (676. Ainsi les Grecs avaient tort de s'imaginer, du temps de Polybe, que Rome s'agrandissait plutôt par hasard que par conduite, boss. Uist. III, 8. Sa lettre leur donnait le tort à tous deux, id. For. 2. C'est ici Madame du Tort : Qui la voit et ne l'aime a tort ; Mais qui l'entend et ne l'adore A mille fois plus tort encore; Pour celui qui fait ces vers-ci. Il n'eut aucun tort. Dieu merci, FONTEN. PoTtr. de Mme du Tort, Œuv. t. x, p. 4u4, dans POUGENS. Il n'y a rien de plus beau que de dire franchement : j'ai tort, fén. ÉdiK. /Mes, b. Mon héros dit qu'il n'a eu qu'une fois tort avec moi, et que j'ai toujours tort avec lui ; je pense qu'en cela même mon héros a grand tort, volt. />««. Richelieu, 13 juin nss. J'ai tort, madame, j'ai très-tort; mais je n'ai pas pourtant si grand tort que vous le pensez, id. Lett. Mme du Deffant, «oaoût 1772. 11 [Malesherbes] a bien des torts; mais il est digne qu'on lui dise ses torts; c'est le plus grand éloge que je puisse faire de lui, m. Lett. d'Argenlal, (o sept. )755. Je ne devrais ni planter des jardins, ni faire des vers tendres ; cependant j'ai ces deux torts, et j'en demande pardon à la raison, id. ib. 9 nov. <757. Je n'examine point lequel des deux avait tort; ils Pavaient peut-être tous deux, comme il arrive dans presque toutes les querelles, id. Jenni, 3. Tu prends ton tonnerre au lieu de répondre, dit Ménippe k Jupiter, tu as donc tort, m. Mél. litt. Con$. à L. Rat. Une scène violente entre le baron et moi , scène dans laquelle le tort était de mon 06té, oiCGH. Lett. à Mile Voland, 3i> nov. t7'0. Va

f^l tort vaut mieux que cent répliques ingénieuses, BONNKT, Lett. div. Œuv. t. xii, p. «3, dans pouoENS. Ces femmes-là vous font croire aisément que ce sont leurs maris qui ont des torts avec elles, cabmontkllr, Prov. postlt. Promen. dit Tuileries, se. 3. Je lui cherchais des torts imaginaires; elle me pardonnait sans cosse des torts réels, OENLis. Veill. du chdt. t. I, p. 3J9, dans POUGENS. Quand les étrangers insultent à co pays [ritalioj.... quand ils sont sans pitié pour nos torts, qui naissent de nos malheurs, stael, Corinne, II, 3. Il 11 a tous les torts, tous les mauvais procédés sont de son côté. || Mettre quelqu'un dans son tort, lui faire des propositions qu'il no puicsc refuser sansfaire voir qu'ilesldéraisonnablc, avoir pour lui un procédé amiuel il ait tort de ne pas répondre. Il ( le plénipotentiaire ) fait de fausses offres, mais extraordinaires, qui donnent do la défiance et obligent de rejeter ce que l'on accepterait inutilement, qui lui sont cependant une occasion do faire des demandes exorbitantes, et mettent dans leur tort ceux qui les lui refusent, la bruy. X. Les politiques dirent que Torcy n'était allé s'humilier à la Haye que pour mettre les ennemis dans leur tort, volt. Louis XIV, 2t. Il Mettre quelqu'un dans son tort, faire que quelqu'un ait un tort à notre égard. Il est pénible à un homme fier de pardonner à celui qui le surprend en faute et qui se plaint de lui avec raison; sa fierté ne s'adoucit que lorsqu'il reprend ses avantages et qu'il met l'autre dans son tort, LA BRUY. IV. Gardez-vous bien de souffrir qu'il vous mette i son tour dans le tort, fén. Tél. xi. Tu vois tout ce que je fais pour la mettre dans son tort, DANCOURT, Bourg, à la mode , iv, 7. Il 2° Lésion, dommage qu'on souffre ou qu'on fait souffrir. Réparateur , redresseur des torts. La grêle a fait bien du tort en ce canton. Il ne lui a pas fait tort d'un écu. Je lui demanderai si j'ai fait tort à"***, balz. liv. vi, lett. 6. Ah 1 ne me faites pas ce tort de juger de moi par les autres I MOL. l'Av. I, <. Et je me vis contrainte à demeurer d'accord Que l'air dont vous vive/, vous faisait un peu tort, id. Ilis. m, 4. Des maximes qui vous font tort dans le monde, pasc. Prov. xn. Meurtres qui feraient tort à l'État, id. ib. xiii. La plus aimable chose du monde est un portrait bien fait; quoi que vous puissiez dire, celui-là ne vous fait point de tort, siv. «s. Je fais tort au chevalier de vous mander ces sortes de choses [c'était lui qui devait les mander àMme de Grignan],iD. 417. Adieu, mon pauvre cousin; ce n'est point ici une belle lettre, ni une réponse digne de la vôtre ; mais on n'est pas toujours en belle humeur; il y a huit jours que je suis malade ; cela fait tort à ma vivacité, ID. à Bussy, 19 juill. (855. Ce serait faire tort à la mémoire de cette femme forte, que de montrer de la faiblesse, flécii. Duch. de Uontaus. Il [M. de Montausier] n'eut pas besoin de réparer, sur ses vieux ans, les torts qu'il avait faits en sa jeunesse, ID. Duc de Mont. || Faire tort à, être injuste envers. J'ai peur que vous ne soyez abattu; mais je TOUS fais tort, et je vous ai vu soutenir de si grands malheurs.... sÉv. à Bussy, 22 juill. 1685. 11 y fallait regarder, élire entre les doctes, sans faire tort aux autres, les deux plus doctes, p. l.cour. Lettre à MM. de l'Académie.W 3° X tort, Joe. adv. sans raison, injustement, sans motif. Apprenez, apprenez La valeur de ce fils qu'à tort vous condamnez, CORN. Wor. IV, 2. 11 a mis à tort ce pape au nombre des hérétiques, pasc. Prov. xvii. Peutêtre tes soupçons à tort m'ont alarmé, c. delav. Paria, iv, ). || 4" À tort et à travers, loc. adv. Sans discernement, sans y regarder. Le juge prétendait qu'à tort et à travers On ne saurait manquer condamnant un pervers, la font. Fabl. il, 3. J'interrompais leur entretien pour parler à tort et à travers, lesage. Cil Bios, i, 6. La coutume d'introduire l'amour à tort et à travers dans les ouvrages dramatiques passa de Paris à Londres vers l'an 1600, avec nos rubans et nos perruques, VOLT. Mél. litt. Tragéd. angl. Presque plus de véritables arts, presque plus de génie [après le siècle de Louis XIVJ ; le mérite consistait à raisonner à tort et à travers sur le mérite du siècle passé, in. Princ. de Babyl. U). Vous êtes moqueuse à l'excès, inappliquée, légère.... vous parlez à tort et à travers, genlis. Traité d'éduc.

la Bonne mère.

l.llOn a dit aussi : de tort et

de travers. Il en faut discourir de tort et de travers, RËGNiER, Sat. II. Il B° A tort et à droit, sans examiner si la chose est juste ou injuste. Il veut ce qu'il veut , à tort et à droit. Il 6° l tortou i droit,

i tort ou i raison, avec droit ou sans droit, avec raison ou sans raison. A tort ou i droit il se prétend lésé. || Proverbes. 0<ii doit a tort, on présume toujours que, quand on plaide, c'est qu'on ne veut pas payer. || Le mort a toujours tort, un homme mort n« pouvant se défendre, on rejette la faute de bei.ucoup do choses sur lui. On dit dans le même son i : Les absents ont tort, jj La mort a toujours tort, m dit pour accuser les médecins, qui rejettent sur la compte de la maladie ce qui pourrait être le fait de leur inhabileté.

— REM. Quoique, dans la locution oroir tort, tort soit sans article, on peut le représenter par le pronom le, quand le sens est clair. Je crois que j'avais tort. — Oui vraiment vous l'aviez, au- DRiEUx, les Étourdit, m, 4.

— HIST. XI' s. Oui tort eslevora, u faus jugement fera. Lois de Guill. 41. || Si li ad dit : à tort vos curuciez, Ch. de Bol. xxxv. Charles respunt : tort fait kil me demandet, ib. lxv. Paien unt tort, e chrestien unt drcit, ib. lxxvii. Devers vos est li orguilz e li torz, ib. cxviii. Josque li uns sun tort i reconnuissct, ib. cclxi. 1| xii* s. Certes, dame, moult s'honeure Qui courtois est contre tort, Coud, IV. Voirs est [il est vrai] qu'amours m'a i son tort grevé, ib. xiv. Du tort et de la honte me vorroie vengier, Sax. xvi. || xili* s. Bien savons que [la terre] est tolue à tort à lui et à son père, villeii. xliii. Et je ne doute ne tant ne quant que nous n'aions la victoire ; car nous avons droit et il ont tort, id. xxv Et de ce Robiert issirent li Robicrtois, qui dient encore que on lor fait tort dou roiaume, pour çou que cius Jcelui-là] estoit ainsnés, ib. p. 3. Li communs pucples vit plus en pais, quant li prevos et li sergans ne leur ozent riens meffere à tort, beauman. i, 9. Que se il muertàvostre tort [parvotrefaute], Vostre est la coupe [coulpejde sa mort, du cange, Gloss. français. Il xiv* s. De tort et de travers si fiert et frappe et maille ; Touz tue ceulx qu'il flert de son branc qui bien taille , Girart de Ross. y. .1853. Mielx vault estre en tort cras et aise, Qu'en droit chetif et à malaise, j. bruyant, dans Ménayier, t. n, p. 2*7. Miex vaut homme un Renier, puisque loiaument a. Que cent libvres de tort, quant larecin.i a, Baud. de Seb. viii, lO05. ||xv* s. Si on nous a fait des torts, nous en ferons aussi, froiss. n, il, 69. Aucunes foiz , soit droict ou tort , eu. l'orl. Bail. 3. Par voz artï «t par vos pratiques Nous faisiez du droict le tort; Bien estes causes les plusieurs De partie de nos douleurs, uonstrbl. t. i, p. 327, dans LACURNE. A tous deux il tenoit grand tort [il avait de grands torts envers l'un et l'autre], COMU. IV, 3. Il XVI' s. Elle abbatit tout le boys, i tordz, à travers, de czà, de là.... rab. Garg. i, 16. Nous ne nous efforcerons point de voiler les honneurs par droit ou par tort, par violence ou cautele et autres moyens obliques, Calvin, Inslit. 546. Qu'ils facent bien à ceux qui leur tiennent tort et qu'ils prient pour ceux qui mesdi.sent d'eux , id. ib. )207. Je ferois tort à l'affocsion que je vous porte, si.... UARG. Lett. 83. J'expérimente tant la bonne voulenté que vous portés à tout ce qui me touche, que je me fays tort quand je vous les recommando, ID. ib. H7. Nous avons grand tort d'estimer que... MONT. I, 69. Le peuple s'excusa envers luy du tort qu'il luy avoit ingratement fait, AMYOT, Périt. 70. Hz l'avoient envoyé quérir pour aider à celuy qui auroit le droit, à rencontre de celuy qui auroit tort, id. Pelop. 48. La mémoire du tort et injure moult plus que bénéfice dure,

LEROUX DE LINCY, ProV. t. II, p. 325.

— ÊTYM. Wallon, (ofr; provenç. tort; espagn. tuerto; ital. torto; du bas-lat. tortum, injustice, qui est le participe passif tortus, tordu, de torquere (voy. tordre). Le tort se trouve dans d'anciens livres de droit pour celui qui a tort.

TORTE (tor-f), adj. fém. Synonyme de torse. Il semble que ses reins et son épaule lorte Fassent guerre à sa tête, Régnier, Sat. x. La montée était torte et de fctcheux accès, id. xb. xi.

— KTYM. Torte est le féminin de l'anc. part. passé tort, qui est dans le substantif tort (voy. TORS à l'historique).

TORTELLE (tor-tè-1'), t. f. Plante de la famille des crucifères, nommée aussi vélar. || Un des noms vulgaires du sisymbrium of/ieinale, Scopoli.

— HIST. XVI' s. L'herbe dite erysimum ou yria en français vellar ou torlelle, paré, v, 29.

TORTICOLIS (tor-ti-ko-li), s. m. || 1' Douleur inflammatoire ou rhumatismale qui a son siège dans quelques uns des muscles du cou, et qiu foret le malade à tenir la tête inclinée en avant.

TOR

»ur 1 un des cOléi, ou en arriére, suivant les muscles afTectés. Je lue porte mieux, ma trèschère; ce torticolis était un très-bon petit rhumatisme; c'est un mal très-douloureux, sans repos, sans sommeil; mais il ne fait peur à personne, sÉv. 245. Il Kamilièroment, action de se tordre le COI. Les amants dos à dos, aux deux bouts du logis, Ne peuvent s'entrevoir sans un torticolis, LANOuE, Coquette eorr. ii, 5. \\i'Àdj. Qui porte le cou do travers. Un coup d'air l'a rendu torticolis. Il Substantivement. Il [le peintre] ne doit jamais s'imaginer un Christ, en quelque action que ce soit, avec un visage de torticolis.... houssin, dans J. du- MKSNIL, Ilisl. des amat. ilal. p. 494. Mon pauvre corps est raccourci. Et j'ai la tête sur l'oreille ; Mais cela me sied à merveille. Et parmi les torticolis Je passe pour des plus jolis, scahh. Œuv. t. vn, p. 97. ||Fig. Un torticolis, un faux dévot; c'est le même que cou tors. || J. B. Rousseau en a fait l'hypocrisie personnifiée : Le vieux Satan l'adopla pour sa fille ; On dit qu'alors tout l'enfer s'as- •embla. Et que par choix le conseil l'appela Torticolis, figure symbolique De son cou tors et de sa tête oblique, AUegone», i, (.||3*S. m. Nom du torcol en Lorraine.

— HlST. XVI* s. Et les afusta justement [la tête coupée et le corps], affin que il ne feust torty coUy, iiAB. Pant. ii, 30.

— ÉTVM. Lat. tortum collum, cou tordu; Berry, torticou.

f TOKTIL (lor-til), I. m. Terme de blason. Lambrequin ou ruban qui s'enlace autour d'une couronne; c'est l'ornement spécial du baron. || Espèce de bandeau que portent les tètes de more.

— KTYM. Torliie.

t TORTILE (tor-ti-l'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est susceptible de se tordre.

— ÈTYM. Lat. torliUs, de tortum, supin de torquere (voy. tohdre). Au xvi' siècle, on disait tortisse : Et la vigne tortisse.... rons. L'Élection de ton sépulchre.

TOKTUXAGE (tor-ti-Ua-j', U mouillées, et non tor-ti-ya-j'), s.^ m. || i° Terme familier. Façon tortueuse et embarrassée de s'exprimer. Elle [Mme de Coulanges] parle *de la meilleure santé de Mme de la Fayette; tout cela saucé dans mille douceurs, point tant de tortillages, sÉv. 46 août 1677. Sans recherche, sans tortillage, sans prétention. M"' i)U deffant, ieit à II. Walpole, t. Il, p. 262. Pour élaguer un peu les tortillages et les amphigouris, j. j. Rouss. Pologne, 7. Quelque vieille chanson qui valait bien le tortillage moderne, m. Prom. b. || 2° Echappatoire, détour. Les chanceliers cèdent à toutes les duchesses partout, même à brevet, jus(|u'à aujourd'hui, et sans tortillage ni difficulté, st-sim. 70, 167.

— ETYM. Tortiller.

t TOUTILLANT, ANTE ( tor-ti-llan , llan-t', {{ mouillées), adj. \\ i° Terme de blason. Se dit du serpent ou de la givre, qui entoure un meuble de l'écu. Il i' Bois tortillant, bois à brûler qui est tordu et qui se corde mal.

tTORTlIXAUD OU TORTILLART (tur-ti-llar, U mouillées), s. m. Variété de l'orme champêtre (ulmiM campeslris, L.), qui se distingue par ses petites feuilles elles fibres contournées de son bois (d'où son nom) ; on le nomme aussi orme à moyeux. L'orme tortiUart.

TORTILLE (tor-ti-11', U mouillées, et non torti-ye), s. f. Allées étroites et tortueuses dans un bois, dans un parc pour se promener à l'ombre. Il On dit aussi tortillère.

— fTYM. Autre forme de tortil.

TORTILLÉ, ÉE (tor-ti-llé, liée. Il mouillées),

part, passé de tortiller. Tordu à plusieurs tours. Une corde tortillée. Cependant elle met sur la table les draps. Qu'en bouchons tortillés elle avait sous les bras, régnier, Sat. xi. De plusieurs de ces cordons réunis et tortillés ensemble, on compose le» plus grosses cordes, BRissoN, Traité de phys. t. I, p. 415. Il Terme de blason. Qui porte le tortil. TORTILLEMENT (tor-li-Ue-man, H mouillées, et non tor-ii-ye-man), s. m. \\ 1* Action de tortiller ; état d'une chose tortillée. U sent dans le ventre des tortillements. On verra qu'ils [les filets du grain ergoté désagrégé dans l'eau] ont un mouvement de flexion et de tortillement très-marqué, ■UFF. Su]>pl. à l'hist. nat. Œuv. t. xi , p. (9. Estil plus avantageux de tordre beaucoup les cordes, ou de les tordre peuT le tortillement augmentct-il leur force, ou la diminue-t-il? brisson. Traité d« phys. t. I, p. 446. Mme d'Ervignac, après avoir (ait 1 ces messieurs cent minauderies plus désa-

TOR

gréablos les unes que les autres, et tous ces tortillements de tête que vous lui connaissez, genlis, Thédt. d'éduc. Dangers du monde, ii, t. Il 2* Fig. et familièrement. Petits détours, finesses qu'on cherche dans les aflaires. Entrez d.ins sgn cœur, et vous verrez qui a plus do part, de son sexe ou du vôtre, à tous ses tortillements, à ses minauderies,

GHERAHM, Thédt. ital. t. I, p. 560.

— niST. XVI* s. Faut commencer le bandage et y faire les premières révolutions ou tortillemens,

PAKE, XII, 2.

— ÉTYM. Tortiller.

TORTILLER (tor-ti-llé, 12 mouillée», et i;oa

tor-ti-yé), t). a. || 1* Tordre à plusieurs tours une chose facile à plier. Tortiller du papier, des cheveux. Comme elle tortillait son tablier avec une petite moue gentille! genlis, Thédt. d'éduc. Vrai sage, ii, 4. || Terme de corderie. Réunir ensemble plusieurs fils de caret pour en former un toron. Il Terme de manège. Tortiller la croupe, lui faire faire un mouvement prononcé. || 2" Rouler sur le genou et sur le tablier, du plat de la main, les ficelles du dos des livres, quand elles ont été mises à la colle. || Former des cierges en manière de vis ou de spirale. || Terme de construction. Tortiller une mortaise, l'ouvrir avec le laceret ou la tarière. Il 3° Populairement. Manger vite, avaler rondement. En un moment nous avions tortillé ce gigot. Il 4° Fig. Donner diverses tournures à des paroles, à des pensées. Lorsque je lui vois tortiller En cent façons une pensée, ducerceau. Poésies, Valise du poc(e. ||B" V. n. Familièrement. Tortiller des hanches, marcher en se balançant. Rencontrez-vous une de ces jolies personnes qui vont trottant menu, les yeux baissés, coudes en arrière, et tortillant un peu des hanches? BEAUMARCH. Ifof. de Fig. m, 5. || 6° Fig. Tourner autour de quelqu'un, employer de petits manèges. Enfin, elles ont tant tortillé autour de moi, qu'ayant tâté et trouvé le terrain favorable, elles m'ont avoué qu'elles avaient fait écrire cette lettre par Demonville, sÉv. 435. Lorsque vous le sentez [le serpent, le démon] approcher avec de telles insinuations, et qu'il tortille, pour ainsi parler, par derrière et autour de vous, boss. Élevât, sur myst. VIII, 1. Il 7° Chercher des détours, des subterfuges. L'ordre est formel, il n'y a pas à tortiller. Si vous étiez un honnête homme, vous ne tortilleriez pas tant pour répondre, collé, Part, déchusse de Henri IV, II, H. Il 8° Se tortiller, ». ré(l. Se tordre, se replier sur soi-même en plusieurs façons. Voyez comme ce serpent se tortille.

— . HisT. XV* s. Une bien petite fourchette d'or, à manche tortiUié, pour mengier meures, de la- BOHDE, Émaux, p. 324. || XVI* s. Ils tortillent leur fil avecques de petites pincettes, deux ou trois tours, puis le coupent assez près, paré, vi, 17.

— ÊTYM. Tortille ; bourg, toteuilli , Berry, tortiller, se donner du mouvement sans faire beaucoup de besogne.

TORTILLÈRE (tor-ti-llè-r' , Il mouillées), ». f.

Voy. TORTILLE.

t TORTILLIS (tor-ti-Uî, Il mouillées), î. m. Il 1° Terme d'architecture. Espèce de vermoulure qu'on trace dans les bossages. On dit plus ordinairement bossage vermiculé. || 2° Il s'est dit d'une espèce de bonbon. Tout ce qui se peut confire, jusqu'à des tortiUisde sucre de diverses couleurs, LE LABOUREUR, Voyage de la reine de Pologne,

p. 2)3, dans LACURNE.

— ÊTYM. Tortiller.

TORTILLON (tor-ti-Uon , (( mouillées, et non tor-ti-yon), s. m. {| 1° Coiffure d'une fille du bas peuple. Il Fig. et familièrement. Petite servante prise au village. || Vieux en ces deux sens. Il 2* Linge, torchon tortillé en rond. || Espèce de bourrelet que l'on met sur sa tête pour porter dessus un pot ou un panier. || 3" Instrument pour friser les cheveux. || Assemblage de clous autour de l'écusson d'un coffre. ||4" Partie du corps des mollusques trachélipodes qui ne sort pas de la coquille. Il 5° En quelques provinces, un tortillon est un giteau fait en forme de petit cerceau.

— HIST. XVI' 8. Fougasses, brassadeaux, tourtillons, biscuits, escbaudés, o. de serres, 825.

— ÊTYM. Tortiller. Berry, tortillon, tresse grossière : un tortillon de paille, de futn ; bourg, (olillô : provenç. (ortilto, petit gâteau en forme de couronne.

t TORITLLONNÊ, ÊE (tor-ti-llo-né, née), adj. Embarrassé, peu naturel. LaBagnols m'écrit mille douceurs lortillonnées, sÉv. 4 sept. («77.

— ËTVtl. rorlillon

TOR

t TORTILLONNER (tor-ti-llo-né, (( mouillées). V. a. Employer de petits détours.

— HIST. XVI* s. Sire, il ne faut plus tortignon ner.... d'aub. Hist. m, 29».

— ÊTYM. Tortillon.

tTORTIN (tor-tin), s. m. Tapisserie de laine torse.

— f.TYM. Tort, ancien participe passé de tordre. TORTIONNAIRE (tor-si-o-nê-r'), adj. || 1* Terme

de jurisprudence. Inique, violent. Saisie tortionna^e. I.a loi qui permettrait d'emprisonner un citoyen sans information préalable et sans formalité juridique, serait tolérable dans un temps de trouble et de guerre; elle serait tortionnaire et tyrannique en temps de paix, volt. Pol. et tég. Idées républ. i9. Sans le remboursement, l'impôt sur les rentes serait le plus violent, le plus tortionnaire qu'il fût possible d'imaginer, Mirabeau, Collection, t. iv, p. 276. || 2* Qui sert i torturer. Appareil tortionnaire. || S. m. Le tortionnaire 1» bourreau.

— HIST. XII* s. E dejuste tei ne habiterat malignes; ne ne parmaindcront li torcunier devant tes oilz [yeux], Psouder,, dans Archives des miisions scient, t. v, p. un. ||xvi* s. Assassinemens et autres" cas énormes et tortionnaires par lui commis et perpétrés, desper. Contes, xxxi.

— ÉTYM. Lat. tortio, torture, de torquere, torturer et tordre.

t TORTIOXNAIREMENT (tor-si-o-nê-re-man), adv. D'une manière tortionnaire. Tous les juges d'une voix Unanime déclarèrent la famille [de Calas] innocente, tortionnaircment et abusivement jugée par le parlement de Toulouse, volt. Pol. et lég. Dernier arrêt en faveur des Calas.

— HIST. XV* s. Pour ce que torcionnairement avez, de nouvel, entrepris contre la couronne et seigneurie de.... monstr. ii, 65.

TORTIS" (tor-tî), s. m. || 1* Assemblage de plusieurs fils de chanvre, de laine, de soie, etc., tordus ensemble, j! 2" Couronne ou guirlande de fleurs (vieilli en ce sens). Un tortis de myrte. 113* Terme de blason. Fil de perles qui entoure la couronne des barons (en ce sens, synon. de tortil). Elles étaient richement vestues.... et portaient, avec leurs carcans et leurs chaînes de pierreries, d'autres tortis de perles et de gros diamants sur la tête, LE laboureur. Voyage de la reine d» Pologne, p. <39, dans lacurne.

— HIST. XVI' s. D'un chapelet de fleurs couronnant le premier. D'une branche do pin le second, le dernier D'un tortis de laurier, dubell. vu, 8ii, recto. Après avoir relié D'un tortis de violettes Et d'un cerne de fleurettes L'or de leur chef délié,

— ÉTYM. Tortis représente une forme latine fictive torît'citrs, de tortum, supin de torçuere (voy. tordre), lortis dans l'ancienne langue avait la signification de torche, de flambeau.

t TORTOIR (tor-toir), s. m. Bilon dont on sa sert pour assurer la charge d'une charrette, en tordant une grosse corde qui passe par-dessus cette charge.

— Hisr. XVI' s. Tortouere, cotgrave.

— ÉTYM. Tort, ancien participe de tordre. TORTU, UE (tor-tu, tue), adj. || 1° Qui n'est pas

droit, qui est de travers. On dit que les meilleurs navires et qui résistent le mieux aux tourmentes, se composent des arbres les plus tortus et noueux, Dial. d'Orat. Tubero, t. ii, p. 290. Le regard de travers, nez tortu, grosse lèvre, la font. Fabl. XI, 7. Suis-je tortu ou bossu? mol. Pourc. I, 5. Quel mal cela fait-il? la jambe en devient-elle Plus tortue, après tout, et la taille moins belle ? ID. Sgan. )7. Comme une règle véritable redresserait une ligne tortue que j'aurais tracée, fén. Dial. des morts anc. 23. || Elle n'est ni tortue ni bossue, se dit pour vanter la taille d'une femme. Il Fig. Que le» chemins tortus deviennent droits, et les raboteux unis, MASS. Av. Disp. à la comm. |l Familièrement. Le bois tortu, la viyne. La vigne est sans appui rampante; Son bois est débile et boiteux, Et le vin son fils nous fait faire Des pas tortus comme sa mère, la Clef des chansonniers, dans FR. MICHEL, Argot. Il 2° Fig. Qui n'est pas conforme à la droite raison. Faire des raisonnements tortus. C'est un exemple en ce siècle tortu D'amour, de charité, d'honneur et de vertu, réonieb, Sat. xiii. Il Avoir l'esprit tortu, manquer de justesse dans l'esprit. Et, se laissant aller à son esprit tortu. De ses propres défauts se fait une vertu, boil. Sat. iv. Il 3" Pris adverbialement. De travers. Puis-je autrement marcher que ne fait ma famille? Veut-on que j'aille droit quand ou y va tortu? la fo.nt.

TOR

fabJ. XII, 40. Il ♦• S. m. Serpent dur genrs boa.

— HIST. xiT* s. Pourquoi les pertuis do ce» os furent tortus e» oreilles, H. de MONnKviLi.E, f H. j| xvr s. L'aviron semble tortu dans l'eau, UONT. il, 3611. Il les chassa d'une ardeur de courage inconsidcrôe jusques dedans des chemins tortus, plantez d'arbres et fossoyez do larges fossez, amïot, Arat. 45. Put ainsi la bouche et autres parties de la face (Ipineuroronl tortues, pahk, vin, ï4. Tortue busche lait droict feu, cotgrave.

— ËTYM. Tortu représente une forme latine fictive tortutus, dérivé de tortus, l'action de tordre, de torqiuT» (voy. tordre).'

TORTUE (tor-tue), t. ^.|| l'Animal amphibie à quatre pieds, qui marche fort lentement, et dont le corps est couvert d'un tét, d'une écaille (famille de la classe des reptiles). Tortue de mer. Tortue de terre. Soupe à la tortue. Ecaille de tortue. Il laisse la tortue Aller son train de sénateur; Elle part, elle s'évertue: Elle se hâte avec lenteur, LA font l-abl. vi, (o. Nos gens y prirent une tortue du poids environ de deux cents livres, BOUGAiNv. Yoy. t. II, p. 251. |l Pas de tortue, marche très-lente. Marchez donc; la, quel pas de tortuel TH. CORN. Comt. d'Orgueil, la, 9. i| A pas do tortue, en tortue, comme une tortue, très-lentement. Faire les doux yeux sans parler, C'est faire l'amour en tortue, RÉGNIER, Amour, tr. Quand mes lettres vont comme des tortues par la tranquille voie du messager, sÉv. 3 avr. 1675. Il partit le plus lard qu'il ■>ut et marcha à pas de tortue, st-sim. 40», tcfl. Voyez où en sont Cyrus et Aronco au commencement du premier tome [du roman de Cyrus, par Mlle de Scudéry]; cependant ces héros, avec leurs pas de tortue, ne laissent pas d'arriver au douzième, fonten. Lett.gal. 8. Le mal a des ailes, et le bien vaà pas de tortue, volt. Lett. 'SGravesande, 4736.112' Espèce d'abri ou de toit que les Romains formaient en tenant leurs boucliers réunis au-dessus de leurs têtes, pour se couvrir en approchant du pied de la muraille d'une ville assiégée. Ayant rais leurs boucliers sur leurs têtes, ils s'avancèrent ainsi en tortue, sans que ni les traits ni les tuiles pussent leur nuire en aucune façon, ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. viii, p. 347. || Machine de guerre, montée sur des rouos et couverte, à l'abri de laquelle on pouvait s'avancer jusqu'au pied des murailles d'une ville assiégée. || 8' Ustensile pour la coction de certains mets. || Terme de cuisine. Tète de veau en tortue, c'est-à-dire à la financière. ||4' Constellation qu'on appelle aussi la Lyre. || 5° Terme de marine. Embarcation qu'on emploie pour traverser un bras de mei || 8* Petite tortue ou vanesse, sorte de papillon.

— HlST. xiii* s. D'un home pereceus je dirai : ce est une tortue, brun, latini. Trésor, p. 487. Il XVI* s. Testudo, maladie ainsi appelée, à cause qde lespatiens ont une aposluine à la teste, semblable à une tortue, PARÉ, Introd. 24. Bélier, vignes, tortues, balistes, iD. ix. Préf. La tortue, quand elle a mangé de la vipère, mont, ii, 4 74.

— ETYM. Tortu, la bête ayant été ainsi nommée parce qu'elle a les pieds tortus; provenç. et espagn. tortuga.

TORTUE, ÉE (tor-tu-é, ée), part, passé de torluer. Tige droite et non pas tortuée, ghimm, Corresp. t. Il, p. 473.

TORTDER (tor-tu-é), je tortuais, nous tortuions, vous tortuiez; que je tortue, que nous lortuions, que vous tortuie?, v. a. || 1° Rendre tortu. Il 2° Se tortuer, v. réfl. Devenir tortu.

— ÊTYM. Tortu.

TORTUEUSEMENT (tor-tu-eii-ze-man), adv.

D'une manière tortueuse. Cette armée, qui part du sentier étroit qu'on a pratiqué sur le sommet des roches, et qui conduit laborieusement et tortueusement les hommes du haut de ces roches sur le pont qui les unit au château, dider. Salon de 4765, Œuv. t. XIII, p. 464, dans POLGENS. Celui qui bassement et tortueusement Se venge... v. HUGO, Ruy Bios, i, 2.

— HisT. xiv s. Les pierres se fendent tortueusement, ORESME, Thèse de meunier.

— Étym. Tortueuse, et le suffixe ment ; provenç. tortu'isament ; espagn. tortuosamenle.

TORTUEUX, EUSE(tor-tu-eù,eù-z'),od;. || 1' Qui st courbé plusieurs fois en différents sens. Comdien de fois [M. de Montausier) arrêla-t-il une flatterie qui, comme un serpent tortueux, allait se glisser dans son 4me [du Dauphinjl plécii. M. de Mont. Le prélat et sa troupe à pas tumultueux Descendaient du Palais l'escalier tortueux, boil.

TOR

Lutr. V. Sa croupe se recourbe en replis tortueux, HAC. Phèdre, v, ». Sw- les rivières sont tortueuses, leur» bords, qui le» arrêtent i l'endroit de» sinuosités, font élever les eaux, et leur donnent plu» de force pour les ronger eux-mêmes et pour les percer, FONTEN. Guglielmini. Elles (les lois] ressemblent i nos villes bâties irrégulièrement au hasard, mêlées de palais et de chaumière» dans de» rues étroite» et tortueuses, volt. Lett. à Catherine II, 20 juillet 4 770. Le» possession» qu'il» [les flibustiers] occupèrent sur une côte tortueuse se trouvèrent enveloppées par Cuba, la Jamaïque, les Turques, raynal, Wi'sI. phil. xill, 4fl. De ses bras tortueux la vigne les embrasse [le» ormeaux], de- LiLLE, Par. perdu, iv. || Fig. Esprit humain, abîme infini.... tu as des conduites si enveloppées, de» retraites si profonde» et si tortueuses.... boss. Sermons, l'rédical. 2. Le système général des science» et des arts est une espèce de labyrinthe, de chemin tortueux, oîi l'esprit s'engage sans trop connaître la roule qu'il doit tenir, d'alemb. Œuv. t. i, p. 230. Ne serait-il pas raisonnable d'éviter la route foitueuse des échanges, et de faire arriver chaque chose à sa destination par la ligne la plu» droite? raynal, llist. phU. xiv, 47.112' Fig. Qui est contraire à la nclleté, à la franchise, à la droiture. Une marche, une conduite tortueuse. Bes voies tortueuses. De quelque belle apparence que l'iniquité se couvrît, il en pénétrait le» détours, et d'abord il savait connaître, même sou» les fleurs, la marche tortueuse de ce serpent, boss. le Tellier. Je rougis d'écrire ces choses, et le» docteurs qui les écrivent en avaient honte; c'est ce qu'on voit dans tout leur discours tortueux et embarrassé, id. Var. VI, 6. Le chemin de la justice n'est pas de ces chemins tortueux qui ressemblent à des labyrinthes où on craint toujours de se perdre, ID. 2' sermon, Dimanche de la Passion, 2.

— SYN. SINUEUX, tortueux. Dans la chose sinueuse, on considère surtout les enfoncements ; dans la chose tortueuse, on considère surtout les plis et replis.

— HIST. XIV' s. Un pertuis tortueux, h. dk mondeville, f' 49, verso. Lifçne courve et tortueuse, ORESME, Thèse de meunier. || xvi' s. Qui eslongné du droit sentier Suyt la tortueuse carrière.... DU bkllay, m, 80, terso.

— ÊTYM. Provenç. tortuos; espagn. et ital. tortuoso; du lat. tortuosus, dérivé du substantif lortus, action de tordre, de torquere (voy. tordre).

TORTUOSITÉ (tor-tu-6-zi-lé), ». f. Etat de ce qui est tortueux. Dans les inextricables tortuosités de ce labyrinthe, j. j. rouss. Ém. u. || Fig. Quoique je fusse peu ébloui d'autre chose que du mérite des maréchaux de Brissac, des exploils et des services du premier, de la science de cour, des tortuosités, de la valeur du second, st-sim. 4 53, 230. Le parlement crut qu'en faisant arrêter Pommereu, il trouverait le bout d'un fil qui le conduirait en bien des tortuosités curieuses et secrètes, id. 450, 32.

— HIST. XIV' s. Par sa longue demeure [du son] es dites tortuosités [de l'oreille] est apeticée l'excellence [intensité] de lui, H. de mondeville, ^4 4. Il XVI' s. Il a forme, en longueur et tortuosité, d'un petit serpent, paré, Introd. 24. Demeurant ce bout [do la corne] net et poli sans tortuosité, o. db

— ETYM. Prov. tortuositat; esp. (ortuosidod; du lat. tortuositatem, de (ortuosus, tortueux.

t TORTURANT, ANTE (lor-tu-ran, ran-t'), adj. Qui torture. Les remords torturants.

TORTURE tor-tu-r'), s. f. \\ 1° Action do tordre, contorsion. Ce sont appareniment ces bizarres attitudes et ces tortures naturelles qui ont anciennement frappé les yeux de la superstition, quand elle adopta cet oiseau [le torcol] dans les enchantements, BUPF. Ois. t. XIII, p. 42 1. Il i' Tourment, supplice. La torture, le fer et la fiammo t'attend, ROTR. St Gen. u, 2. La Providence nou» met quelquefois à la torture, en y employant la pierre, la gravelle, la goutte, le déchirement d'entrailles, les convulsions, et autres exécutions des vengeances de la Providence, volt. Dicl. phil. Torture. ||8' Particulièrement. Tourment auquel on soumettait un accusé pour en obtenir des révélations; question. La torture a été abolie en France par Louis XVI en (780. Quoiqu'il y ait peu d'articles de jurisprudence dans ces honnêtes réflexions al|)habiHique3, il faut pourtant dire un mot de la torture, autrement nommée question; c'est une étrange manière de questionner les hommes; ce ne sont pourtant point de simples curieux qui l'ont inventée, m. Dict. phil. Torture. U [un nnnseillar de la TournelU] se

TOR

donne le plaisir de l'appliquer [un accusij i l» grande et â la petite torture, en présence d'un chirurgien qui lui tàte le pouls, jusqu'i c« qu'il soit en danger de mort, après quoi on recommence; et, comme dit très bien la comédie des Plaideur», cela fait toujours passer une heure ou deux, ID. ib. Le» Romains n'infligèrent la torture qu'aux esclave», ro. ib. En quoi était-il nécessair«> qu'on coupât la main et la langue au chevalier du la Barre, qu'on l'appliquât à la torture ordinaire et extraordinaire, et qu'on le brûlât toul vifT ID. Dicl. phil. Supplices. U est aussi absurde d'infliger la torture pour parvenir à la connais* sancc d'un crime, qu'il était absurde d'ordonner autrefois le duel pour juger un coupable, id. Dict. phil. Question. On prétend qu'en faisant donner la torture aux accusés, il (Louis XI] était caché derrière une jalousie, pour entendre le» interrogatoire», DUCLOs, Œuv. t. III, p. 358. On le» mettait [les esclaves] à la torture pour la moindrs faute; ils pouvaient être punis de mort sans l'intervention du magistrat, raynal, llist. phil. XI, 24. Il 8' Fig. Peine vive, tourment. Mettra-t-on tou» les jours mon âme à la torture ? rotb. feneesl. m, 3. Ce qui m'est un sujet d'éternelle torture, C'est de voir.... mol D. Gare, ni, 2. ||4' Par eia» gération. Embarras, efl'ort pénible. Tandis que ses discours me donnent la torture, régnieh, Sat. viii. Et déjà vous croyez dan» vo» rime» obscures Aux Saumaise» futurs préparer des torture», BoiL.5at.ix. IIMetlre quelqu'un à la torture, lai causer un embarras pénible ou une vive impatience. || On dit dans le même sens ; être à la torture. || Mettre son esprit à la torture, donner la torture à son esprit, se donner la torture, être à la torture, s'occuper d« quelque chose avec une grande contention d'esprit. Nicias.qui ignorait la ruse et la tromperie d'Alcibiade, ne pouvait concevoir un changement si étrange, et se donnait la torture pour on chercher la raison, BOLUN,Wt>(,onc. Œuv. t. m, p. 606,danspoi> gens. J'ai beau donner la torture à mon esprit, j< ne devine point le sujet de plaintes que vous pouvez avoir contre moi, lesage, Cri'jp. ne. de son mattre, se. 42.||5" Fig. Action de fausser quoique chose. Il est question présentement de la volonté de Dieu et de la vAlre [pour un voyage i Paris], ma fille, ne lui donnez point la torture. sÉv, SOoct. 4676. Il Particulièrement. Violence faite aux textes, aux mots. Ces auteurs ont corrompu touj les son» et donné la torture à tous le» passages, uontesq. Lett. pers. 4 34. [Ils] Mettaient la langue à la torture, El triomphaient de n'être pas coinpris, DPXiLLE, Coni'eri. m.

— HIST. xii' 8. Ne à cesle fleie ne mist mie II pe ires en respit la torture, comme faisoit al fil; carli peiresaimel lofil,STBEBN. 523. || xivs. Torture [distorsion] des eux [yeux], des oreilles, des levrc» et semblables, ii. de mondevillr, f* et. i'xvi* s. Au coupable il semble [suivant le» défenseurs de la question] qu'elle [la conscience] ayde à la torture pour lui faire confesser sa faulte, et qu'elle l'alToiblisse; et de l'aultre part, qu'elle fortifie l'innocent contre la torture, mont, ii, 47.

— ÉTYM. Prov. esp. et it. tortura; du lat. tortura, de tortum, supin de torquere, torturer et tordre.

TORTURfi, ÉK (tor-lu-ré, rée), part, potiif de torturer. Et sou» nos yeux l'innocent Cala» torturé par les bourreaux n'eût point péri sur la roue, j. I. Ronss. f.e(t. à l'archev. de Paris.

TORTURER (lor-tu-ré),e. a. || l' Faire éprouver la torture, soumettre ii la question. Les brigand» l'ont torturé pour lui faire dire où était son argent. || Fig. Causer une vive poine morale. Vous me torturez. Une voix qui serre le cœur, qui torture l'âme, la harpe, Coiirj de liti. t. x, p. 40. || 2° Fig. Torture» un texte, un mot, lui donner une interprétation forcée, un sens contraire à celui qu'il a.

— HIST. XVI' s. Avoir le» os rompus, desboités et torturés [tortus], PAai, xix, 4S.

— Rtym. Torture.

\ TORDLE (loru-1*), s. m. Terme de toologie. Cavité dans laquelle est implantée la basa d* chaque antenne des insectes.

— ÊTYM. Lat. tortu, lit, qui est pour ttoriM; comparez le sanscr. ttara, couche, <itôpv'j(ii, lat. »temer».

t TORULEUX, EUSE (to-ru-leû, Icû-z*), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est renflé de distance en dislance.

— ÊTYM. Dérivé de torus, renflement (voy. tore). TORY (lo-ri), t. m. Nom donné en Angleterre

priniilivement aux partisans de Charles II. et qui est resté un parti politique soutenant la prérogative royale et les prinnipes conservateurs. Les

TOT

torys et les wnigs. A ces dénominalions succédèrent bientôt [sous Charles II] les noms injurieux de whigs ou brigands presbytériens, du torys ou brigands papistes, que s'entre-donnèrenl les deux partis, et qui depuis lors, acceptés par eux, ont vécu en Angleterre, attachés à deux grands intérêts qui la divisent encore, abm. cabbel, Contrerévolution en Angleterre, p. 2IB. Il Adj. Un ministère tory. Les journaux torys. L'ascendant de Castclreagh et de l'esprit tory en général était assuré de prévaloir [dans la cliambre des communes en 1815], viLLEMMN, Souv. contemp. La Ccnl- Jours, vni. || Quelques-uns écrivent, à l'anglaise, au pluriel tories. || Au fém. Une feuille tory.

— ETYM. Angl. tory, qui est un mot celtique irlandais signifiant sauvage, et est devenu le nom d'un parti politique.

t TORYSMK (to-ri-sm'), s. m. Système politique des torys. L'illustre Burke se séparant de M. Fox et proposant contre la ré\olutionce que le torysme anglais continuait de proposer contre Napoléon, viLLEM. Souv. contemp. les Cent-Jours, vui.

— ÉTVM. Angl. toryism.

TOSCAN, ANE (to-skan, ska-n'), adj. jj 1" Terme d'architecture. Il se dit du plus simple des cinq ordres d'architecture, et de ce qui appartient à cet ordre; c'est une imitation du dorique grec; il a dix-sept modules et demi de haulelir; le chapiteau se compose d'un tailloir ou abaque, et de diverses moulures. Ordre toscan. Colonne toscane. || Architecture toscane, celle qui est essentiellement composée d'arcades et de bossages. || S. m. De là ils montèrent à l'habitation du vieillard par des degrés et par des perrons qui n'avaient point eu d'autre architecte que la nature ; aussi tenaient-ils un peu du toscan, pour en dire la vérité, la font. Psyché, II, p. 420. Il 2» S. m. Le plus pur de tous les dialectes italiens. Le toscan se parle à Florence. Le dialecte poétique chez les Grecs était le vjeux grec ; en Italie, c'est le vieux toscan, qu'on retrouve dans le contado de Sienne et du val d'Arno, p. L. COUH. Préf. de la traduct. d'Hérodote.

— ÉTVM. Ital. toscano, dérivé du latin tuscus, habitant de l'Ëtrurie.

TOSTE (tô-st'), s. m. || 1° Proposition de boire i la santé de quelqu'un, à l'accomplissement d'un vœu, au souvenir d'un événement. Ils ont porté des tostes à tout le monde. || 2° Vœu que l'otf exprime, discours que l'on prononce en portant le toste ou la santé. || On écrit aussi toast.

— ËTYM. Angl. toast, proprement rôtie, puis Tin qu'on boit avec la rôtie, et finalement coup bu à la santé. Toast vient du vieux franc, tostée, rôtie, (osier, griller (xiv* siècle : Un varlet de chevaux vint en la cuisine, et là sedespoilla pour soy toster ou rostir, du cange, tostum); ces mots proviennent du latin tostus, grillé, rôti, part, passé de torrere, brûler (voy. tobride).

TOSTÉ, ÉE (tô-sté, stée), part, passé de toster. Sa santé tostée par toute la table.

TOSTER (tô-sté), V. a. Porter un toast, des toasts. On a tosté la paix. Les Anglais, qui se sont piqués de renouveler plusieurs coutumes de l'antiquité, boivent à l'honneur des dames : c'est ce qu'ils appellent toster; et c'est parmi eux un grand sujet de dispute si une femme est tostable ou non, si elle est digne qu'on la toste, volt. Vict. phil. Boire à la santé. || K. n. Je n'exige pas que vous tostiez si souvent, quand vous dînerez chez le duc de Richemond, montesq. Correspond. 33. Autrefois on dînait pour dîner, on buvait pour boire ; aujourd'hui on dîne pour parler, on boit pour toster; mais, comme d'autre part on ne peut toster sans boire, il se trouve qu'après un certain nombre de tostes les têtes sont un peu échauffées, alph. karr, les Guêpes, nov. (843. || On écrit aussi toaster.

— Ctym. Toste.

TÔT {tô ; le ( se lie : tô-t après), adv. de temps. Il 1° Dans peu de temps, promptement. Ami, vous m'avez tôt quitté, cobn. Suite du Ment, iv, 7. Puisqu'il faut qu'il périsse, il vaut mieux tôt que tard, II). Ptrth. m, 3. Qui tôt ensevelit, bien souvent assassine, mol. l'Èt. ii, 3. Armande : Dépêchez. — Bélize : Faites tôt, et hâtez nos plaisirs, id. fem. lav. ni, «.Qu'aux larmes, au travail le peuple est condamné.... Que, s'il n'est opprimé, tôt ou tard il opprime, bac. Athal. iv, 3. Et, livrant au plaisir une ardente jeuncs.se. Tu crains d'être sage trop tôt, LAHOTTB, Odet, t. I, p. 370, dans pougens. L'idée que nous nous détruirons par notre propre anarchie, sera tôt abandonnée des souverains, quand ils Terronl que nous existons nonobstant les jouruée* de juillet, cuAisAUBa. Captivité de la dueh.

TOT

de Berry. || Absolument. Tôt, faites vite, venez vite. Je suivrai vos avis; m.iis tôt, le besoin presse, ROTR. Àntig. V, s. Dis-moi ton ordre, tôt, mol. Fdch. II, 3. Il i' Tôt après, peu de temps après. La reine, ayant appris cette triste nouvelle, Kn reçut tôt a|)rès une autre plus cruelle, corn. Rod. i, 6. Tôt après il se tue lui-même, Boss. Ilist. i, H. Il 3° Au plus tôt, au plus vite. || 4° De bonne heure. On ne peut pas dire qu'il soit tard, mais il n'est pas aussi tôt que vous le supposiez. Il était un roi d'Yvelot, Peu connu dans l'histoire. Se levant tard, se couchant tôt, Dormant fort bien sans gloire, bébang. Hoid'Yv. || 5" On le joint aux adverbes aussi, bien, si, et alors il forme un seul mot. || Aussitôt, voy. AUSSITÔT. Il Bientôt, voy. bientôt, jj Sitôt voy. sitôt, à son rang. |! 6* Plus tôt que plus tard, au plus vite. [Il] Opina qu'il fallait, et plus tôtque plus tard, Altaclier un grelot.. . la font. Fabl. ii, 2. Il Locution singulière qui semble être pour : plutôt plus tôt que plus tard.

— REM. Voltaire d'abord et des grammairiens après lui ont dit que (d( au positif n'était plus que du bas style, et qu'il ne s'employait guère que dans la locution : tôt ou tard. Mais ce mot est si commode, si bien autorisé par l'exemple de bons écrivains, qu'il doit être employé sans scrupule dans le style le plus élevé.

— HlST. X' S. Enz enl fou la getterent, com arde tost, Eulalie. Fendut que tost le volebat, l'ragm. de Valenciennes, p. 409. ||xi' s.... Pur le plus tost aler, Ch. de Roi. xc. || xii" s. Or, tost aux armes, chevalier et scrjant, Ronc. p. I30. Sanglanz [il] ot les talons de tost esperoner, Sax. xiii. Certes, seignor, dist-il, trop tost le saura-on, ib. XXV. Mais quant li réis Henris vit bien e enlendi Qu'il purreit remaneir tuz dis à Punteigni.... Al plus tost qu'il porra Postera de cel ni. Th. le mort. 94. ||xiii' s. Plus tost qu'il onque purent, [ils] font leur oirre aprester, Berte, m. Il s'assist au mangier; si tost qu'il ot lavé [qu'il se fût lavé].... ib. lxvii. Il xiv s. Celui qui se occupe en peu de besoingnes n'est pas hastif ne tost mouvant, OBESME, lith. (26. Tost et tart [le matin et le soir], du cange, lardus. \\ xV s. Tost environ dix heures du matin, comm. i, 4. || xvi' s. Il départit si roiddement que ung guarrot d'arbaleste ne va plus toust, HAD. Pant. u, 28. Je serois d'avis de nous retirer en pays estrange par forme de parenthèse, et suivre l'ordonnance des médecins encontre la peste: tost, loin et tard, pasquier, f.e«rcs, t.i, p. 278.

— ÊTYM. Berry, tout ; provenç. et catal. tost ; ital. Io.s(o; du latin toslus, brûlé, par assimilation de la rapidité de la flamme; c'est ainsi que, dans l'ancien français, on a dit chaut pas, pour rapidement; que Dante a dit impresa tosta, entreprise rapide : la impresa, Che fu nel cominciar cotanto tosta, Inf. II, 4 ; et qu'au xvi" siècle on a dit tostif, pour hâtif; de sorte qu'il est inutile de songer, comme fait Diez, en cas qu'on récuserait tostus, à lot-cilo, composé de lotus et cito, tout-vite.

TOTAL, ALE (to-tal, ta-1'), adj. || !• X quoi il ne manque rien. Somme totale. Il arriva un accident que je crus devoir être cause de ma totale destruction, voit. Lett. u>. Se laisser dépouiller au dehors et au dedans, c'est le total martyre et par conséquent l'état le plus éloigné de l'illusion, FÉN. t. XYiii, p. 309. Il Une éclipse de lune est totale lorsque la lune pénètre entièrement dans le cône d'ombre de la terre. || Il y a éclipse totale du soleil pour les points de la terre pour lesquels la lune couvre complètement le soleil. |{ Marée totale, différence entre la moyenne de deux pleines mers consécutives et la basse mer intermédiaire. Il i' S. m. Un tout, l'assemblage de plusieurs choses considérées comme un tout. Ces deux totaux font tant. On ne pourrait estropier cent soldats sur toute une armée, qu'on ne diminuât les forces du total de l'armée, fén. t. m, p. (75. 11 faut qu'ils [les matérialistes] disent que le monde matériel a en soi essentiellement la pensée et le sentiment.... et il faut avec cela confesser qu'il n'y a qu'un petit nombre de parties qui aient ce sentiment et cette pensée essentielle au total du monde, volt. Uétaphys. 2. D'abord réunissant les deux sommes en une, C'est un total, colun d'harleville. Vieux célib. II, 7. Il 3° Au total, en total, Joe. adv. Tout compensé, tout compris. Au total, c'est une bonne affaire. Or là, puisqu'au tot;il il n'est pas arrivé d'accident... picard, Provinc. à Paris, l, 7. Il 4° Somme totale, loc. adv. En comptant tout. Cela coûte, somme totale, dix mille francs.

— HlST. iiv s. Une injustice especial, qui est partie de tele injustice total, oresme, Èth. <43.

TOT

Il XV* s. Il devoit avoir le gouvernement total du royaume, juv. (3H(>. (| xvi' s. Tous les autres ,Syracusains estoient comme le corps et les membres de tout l'equippage d'Archimedcs, et luy seul en estoit l'ame qui mouvoil et remuoit le total, AMVOT, Uarc. 2fl. Les faultes d'une partie gastée, qui pourroient eite préjudiciables au total, sont souvent redressées et corrigées par les autres parties saines et entières, m. Lys. 32.

— ÉTVM. Lat. tolalis, qui doit avoir existé pui»qu'on trouve totaliter, et qui dérive de totus (voy. tout). Au lieu de total, substantif, on disait au XVI' s. siècle, totage.

TOTALKMENT (to-ta-le-man), ad». Entièrement, tout à fait. Ma conduite dissipa totalement les inquiétudes de son père, gënlis, Veill. du chdt. t. n, p. 300, dans pougens.

— HIST. XIV* s. Totalement, oresme, Thèse dt MEUNIER. Il XVI* s. Uz n'avoient point affaire à un ennemi totalement invincible, amyot, Marcell. 26.

— ÉTYM. Totale, et le suffixe ment.

t TOTALISATEUR (to-U-li-za-teur), od;. m. Qui totalise, qui fait le total de ce qui a été opéré pendant un certain temps. Les anémomètres totalisateurs à compteur électrique. M. Saint-Loup.... s'occupe de l'indicateur totalisateur de Walt , et d'un moyen de substituer, dans la mesure du travail de la vapeur, la lecture d'un angle à la mesure d'une surface, Journal officiel, (*' avril (869, p. 433, 5* col. Il Appareils totalisateurs du travail mécanique, petits appareils qui enregistrent, qui comptent ce travail.

I TOTALISATION (to-ta-li-za-sion), t. f. Terme de comptabilité. Action de totaliser. La totalisation des dépenses de l'État.

t TOTALISER (to-ta-li-zé), V. a. Néologisme. Former un total ; additionner.

TOTALITÉ (to-ta-li-té), s. f. Le total, l'ensemble. Ce ne sont pas les mots, mais la chose et la totalité du sentiment ei de la pensée, que l'action doit exprimer, marmontel, (Euv. t. vi, p. 285.

— ÉTVM. Total: provenç. totalitat; espagn. totalidad ; ital. totalità.

t TOTANE (lo-ta-n'l, t. m. Nom moderne du genre chevalier (gralles) dans lequel on distinl-.j : le totane ochrope, dit vulgairement bécasseau, eu.-* inc et pivette; le totane hypoleucos, dit vulgairement guignette, béco, et décrit par Buffon sous le nom de petite alouette de mer; le totane calidris, dit pierlin dans l'Ain, tandis que sur les bords du Rhône il porte le nom de courrier et ailleurs celui de gambette ; le totane glottis, nommé vulgairement girardel, legoarant.

f TOTEM (to-tèm'), s. m. Chez les tribus de la Nord-Amérique, sorte d'agent prolecteur; le totem peut être un animal ou un végétal ; il donne la nom à la tribu.

t TOTÉMISME (to-té-mi-sm'), s. m. Etat de civilisation auquel le totem préside.

f TÔT-FAIT (tô-fè), s. m. Sorte de pâtisserie, composée principalement de farine et de sucre mêlés avec des œufs battus, et qui se fait trèsvite. Quelques personnes l'appellent gâteau à la minute. On servit ileux énormes tôt-faits.

— ÉTYM. Tôt, cl fait.

t TOTIPALMl-S (to-ti-pal-m'), s. m. pi. Terme de zoologie. Famille d'oiseaux palmipèdes, chez lesquels la palmure des pieds embrasse le pouce avec les autres doigts.

— ÉTVM. Lat. fo(us, entier, et palma, paume. TOTON (to-ton), s. m. Espèce de dé à quatre

faces, qui est percé d'une cheville, et qu'on fait tourner sur cette cheville; les quatre faces sont marquées des lettres A, D, R, T : A, initiale du latin accipe, prends, fait prendre un jeton; D, initiale de do, donne, fait mettre un jeton; R, initiale de rien, indique qu'on n'a rien à mettre ni à prendre; T, initiale du latin iotum, tout, indique que le joueur prend tout l'enjeu ; c'est un jeu d'enfants. Cette danseuse tourne comme un loton. Bien que j'aie toujours entendu prononcer des opéras comme on dit des factums et des totons, je ne voudrais pas assurer qu'on le doive écrire, et je pourrais bien m'êlre trompé en l'écrivant de la sorte, BOIL. Réflex. crit. sur Longin, vni. Je vous jure.... Que je ne comprends rien à ce maudit jargon. Et ne sais, pour tout jeu, que l'oie et le toton, begnard, Ù Bal, se. (4. Croirait-on qu'un toton Fût l'image De tout mortel ici-bas Qui, poussé pas à pas. En aveugle voyage, barré (un des fondateurs du théâtre du Vaudeville), Chanson. || Fig. Faire da quelqu'un un toton, le faire tourner, aller, -agir à volonté. Si l'on croit faire de moi un toton, un se

TOU

TOU

TOU

trompe, ii"TrkpiNAY,M(!m. t. i, p. soo, danspouGENS. l'.TYM. Lui. lolum, tout (vi>y. co mut); tolum prononcé à la manière ancienne, luton.

TflUAGE (tou-a-j'), ». m. Tonne do navigation. Action de touer. Il existe [sur la haute .Seine), pour le remorquage des bateaux, un touago à la vapeur, avec chaîne noyée, sur une étendue de 7000 mètres, comprise entre le pont des Tournelles cl le Port-à-l'Anglai.s, E. changez, Votei noi>ijo6/«i de France, p. 0I8. || Prix payé par le navire que l'on toue. Ne seront aussi tenus [les assureurs] des pilotages, touages, lamaiiagcs, des droits de congé, visite.... Ordonn. août l«8l.

— HIST. xvi* g. Kt font charte partie, thouage et petit lodmanage, Rooles d'Oteron, art. 13, dans jal.

— ÉTYM. Touer. ■

TOUAILLE (tou-â-ir, (i mouillées, et non loui-ye), (. f. Linge suspendu à un rouleau, qui sert à s'essuyer les mains après qu'on les a lavées.

— HIST. XIII" s. Deus bassins d'or en ses mains [il] prent, Une toaile àson col pent, toi del Désiré. il sembloit que toute la mer, tant comme l'en pooit veoir à l'ueil, fcust couverte de louaiUes des voiles des vessiaus, joint. 2)3. ||xv' s. Et lut depuis plus d'un mois que du bras il ne se pouvoit aider,ct le portoit en escharpc^en unetouaiile, PROlss. II, in, 43. En chambre après les grans mangers, Touailles blanches sans repiouche, X quoy on essura sa bouche, Quini le dragoir ycrl [»eraj descouvert, E. descb. Poésies mss. f* 407.

— ETYM. Provenç. (oa(/ia; catal. tovalla; espagn. toalla; portug. toalha ; ilal. tovaglia; bas-iat. toacula; de l'anc. haut-allem. duhailla ; moy. haul-allem. twehele; angl. towel; de l'anc. hautallem. duahan ; goth. thvahan, laver.

TOUC (touk), t. m. Voy. Touo.

TOUCAN (tou-kan), s. m. || !• Gros et bel oiseau du Brésil, dont les couleurs sont d'une variété admirable. Gorges de toucan. || 2' Nom d'une constellation de l'hémisphère austral.

— HIST. XVI* s. 11 a veu aux terres neufvcs un oiseau que les sauvages appellent en leur gorgcn toucan, il a le bec plus gros et plus long que tout le reste du corps, paré, Monsir. a\)p. 2.

— ETYM. Mot brésilien signifiant pUiiiie, d'après BufT. Ois. art. toucan; mais Burton, Ilighlaruls of Brazil, t. l, p. 40, ne donne pas cette élymologie; il attribue le nom de l'oiseau à son cri, turdno.

t TOUCHABLE (tou-cha-bl'), ad;. Qu'on peut toucher. La fausse quille du navire a été enlevée quand nous passions sur un banc qui, disait-on, n'était pas touchable, legoarant.

— HIST. xiv s. Spasme qui est fait en la plaie pour le nerf ou pour la corde ou semblable, en lieu touchable.... H. de monueville, f" «o.

i. TOUCHANT, ANPK (tou-chan, chan-l'), adj. Il !• Oui est assez près pour toucher. Les habitants de Lassano ne nous reconnurent que quand nous fimesfeusur eux àbout touchant, P. h. couit. Lett. I, iri4. ||2" Terme de géométrie. Point touchant, le point auquel une droite touche une courbe, ou auquel une courbe en touche une autre, locution vieillie ; on dit aujourd'hui : point de langcnce, point de contact. || S. f. Touchante s'est dit autrefois pour tangente. || 3" Fig. Qui va au point de la

chose Cet arrêt suprême Qui décide du sort

de mon amour extrême. Doit m'ètre assez touchant.... MOL. Éc. des maris, ii, (4. Les saints par leur exemple nous prêchent aujourd'hui une vérité, mais une vérité touchante, une vérité édifiante, BoiiRDAL. a* avent, Sur la sainteté. Je prie Votre Majesté qu'il me soit fait sur ces deux points une répon.se touchante et essentielle que je puisse communiquer à l'empereur et qui soit propre à le satisfaire (<743), Corresp. de Louis XV et de Noailles, 1. 1, p. iso.jji- Qui frappe. J'ai laissé ordre pour vous envoyer.... deux oraisons funèbres, qui, parce qu'elles font voir le néant du monde, peuvent avoir place parmi les livres d'un solitaire, et qu'en tout cas il peut regarder comme deux têtes de mort assez touchantes, uoss. Lett. à llancé, ao octobre (osi. || 6' Fig. Qui attendrit, qui émeut. Jne jeune fille toute fondante en larmes, la plus belle et la plus touchante qu'on puisse jamais voir, MOL. t'nurber. t, 2. On continuera à représenter Csthcr ; Mme de Caylus, qui eu était la Champmesié, ne joue plus, elle faisait trop bien, elle était trop touchante, sÉv. 617. Tantôt par des paroles touchantes, tantôt même par sna silence, Madame relevait les présents, boss. Duch. d'Orl. Le Cid n'est beau que parce qu'il eut Ircstouchant, volt. Comm. Curn. rem. a* dise. Elle ( Hypatie ] joignait la vertu la plus pure i la

OiCT. Dt LA LA.NGUK FRANÇA1S8.

beauté la plus touchante, iiinKR. Opin. des anc. philos. ( eleclitme). || S. m. Ce qui est propre à toucher, i émouvoir. Cet auteur dramatique a abusé du touchant et du palhétiiiiie.

2. TOl'C.HANT (lou-cliaii), prép. Concernant, sur le sujet do. Un faux bruit s'y coula touchant la mort du roi, corn. Rodog. i, ). Voici co que le Seigneur dit touchant les (ils et les lilles qui naîtront en ce lieu, touchant les mères qui les ont mis au monde, saci. Bible, Jérémie, vi, 3. Ce n'est pas une lettre, c'est une relation que vient de me faire Moreuil, à votre intention, de ce qui s'est passé à Chantilly touchant Vatel, sÉv. 47. C'est lui [Charles XU] dont on se propose ici d'écrire ce qu'on a appris de certain touchant sa personne et ses actions, volt. Charles XII, i.

— HIST. IV S. Kt y estoit [en la ville de Saint- Omer, messirc Gelîroy de Chargny], et usoit de toutes choses touchant faits d'armes, comme roi, FROiss. I, i, 320. Il xvi* S. Touchant les Scythes, on dit d'eux.... mont, i, 49.

— r.TYM. Touchant l.

t TOUCUAU ou TOUCHAUI) (tou chô), I. m. Étoile d'or ou d'argent dont chaipie branche est mélangée de cuivre à un titre difi"érent; on s'en sert pour reconnaître, par l'empreinte laissée sur la pierre de touche, le titre des métaux précieux. Et quant aux menus ouvrages d'or qui ne pourront souffrir les essais à la coupelle, ils seront essayés aux touchaux, Déclar. du roi, 23 nov. 172). On s'accoutume à juger habilement de ce premier essai à la touche ou à la pierre do touche, en commençant par s'exercer avec des alliages connus de toutes les proportions possibles, qu'on nomme touchaux, fourcboy, Connaiss. chimiques, t. VI, p. 372. La découverte des acides minéraux a rendu l'essai de l'or à la pierre de touche, appelé l'essai au touchau, plus concluant, quoiqu'il soit moins précis que l'essai à la coupelle, mon- GEZ, 7ns(i(. Mém. Acad. inscrip. t. ix, p. 198.

— HIST. xiv s. Le suppliant ouvry i'uis do la chambre de nosmonnoies etprist nos toucbcauset une touche.... bailla à un preslre nosdiz toucheaux d'or par lui pris, do cange, touchus.

— Ety.m. Toucher.

TOUCHE (tou-ch'), ». f. Il 1° Action de toucher. Il Populairement. Coups qu'on donne. Ils s'écoulent tous et craignent la touche, d'ablanc. Lucien, dans LEROUX, Dict. comique. || Au jeu de billard, se dit de l'action d'atteindre la bille sur laquelle on joue. Manque de touche. || Fig. Perte, disgrâce, mortification (sens familier qui vieillit). On l'a obligé à restituer une grosse somme; c'est une rude louche. Voilà pour votre adresse une assez rude touche, CORN, tient. V, 3. Il 2" Action de toucher l'or, l'argent, de les éprouver par la pierre de touche. On connut à la touche que cette pièce était fausse. Il Pierre de touche, espèce de pierre basaltique, noire, très-dure, sur laquelle on frotte les petits bijoux en or ou en argent, pour en reconnaître le titre; on traite la trace laissée sur sa surface au moyen de l'acide azotique ; la couleur qu'elle prend indique approximativement le litre de l'alliage. Quant à son mors, il doit être à vingt-trois carats ; car il [le cheval] en a frotté les bosselles contre une pierre que j'ai reconnue être une pierre de touche, et dont j'ai fait l'essai, VOLT. Zadig, 3. C'est sur la propriété qu'a la cornécnne lydienne do recevoir la trace de certains métaux, qu'est fondé l'usage que l'on fait de celte pierre pour juger, par aperçu, du litre de l'or; on la nomme vulgairement pierre de touche; elle porte aussi le nom de lydienne, parce que c'est celui que les anciens donnaient à la pierre de touche, A. drongniart , Traité de min. t. i, p. 562. Il Fig. Pierre de touche, tout ce qui sert d'épreuve. Mettant leur jugement sur la pierre de touche, RÉONIFR, Sot. XV. L'impromptu est justement la pierre de louche de l'e.sprit, mol. l'réc. )0. Vous me confirmez dans la bonne opinion que j'en ai [du jeune Grignan] , en me disant qu'il vous aime toujours cl qu'il vous écrit ; ce sont des pierres de touche que ces endroits-là, sÉv. à du l'iessis [gouverneur du jeune Grignan], 20 juin 1089. L'occasion est, pour ainsi parler, la pierre de touche ; c'est elle qui découvre l'àme, et qui en révèle tout le secret, bourdal. /ns(rucJ. charité, Exhorl. t. H, p. 374. Ces détails précis, exacts cl profonds qui sont la pierre de louche de la vérité d'un système, et que quelques auteurs alK^ctent d'en appeler l'appareil, o'alkmb. (Euv. t. xiv, p. 7». Il 3* Terme d'imprimerie. Action, manière d'appliquer l'encre sur les formes avec les balles ou U

rouleau. || 4* Troupeau de boeufs gras qu'on amène au marché : dénomination tirée de ce qu'un dit loucher les bœufs pour les conduire. || 6* Cbacuoe des pièces d'ébène, d'ivoire, etc. qui composent le clavier d'un orgue, d'un piano. Touches blanches. Touches noires. Un clavecin bien accordé ne fournit que des touches qui expriment la juste valeur de chaque son, kén. t. xxi, p. (47. || 6* Chacun des petits filets saillants du manche de la guitare et de quelques autres instruments à cordes. Il faut mettre des touches au manche de cette guitare. Il 7* Dans le violon, la touche, la partie sur laquelle les doigts font toucher les corde». || 8" Par comparaison avec le jeu des instruments i clavier, louche se dit des sons considérés quant i l'organe qui contribue le plus i les former : b, p, v, f, m, appartiennent i la touche labiale, tandis que d, t, soi.t de la touche dentale. || 8* Petit crochet d'os ou d'ivoire pour jouer aux jonchets. Lever des jonchets avec la touche. || 10* Petit brin de bois ou de quelque autre chose dont les enfants qui apprennent k lire touchent les lettres qu'ils veulent épcler. || 11* Terme de peinture. Manière dont un peintre indique et fait sentir le caractère des objets. La touche noble et siire De Kapliaèl et du Poussin, VOLT. Ép. 29. Sous ses yeux [de Lesueur] des amours badins Ranimaient ces touches savantes, id. Temple du Goât. Ici le coloris du peintre et sa touche sont beaucoup plus fermes, dideh. Salon de i765, Œuii. t. xiii, p. 256, dans pouGENS. J'ai cru quelquefois reconnaître la touclie mystique et le ton inspiré de Hurillo, chatkaurr. /lin. part. 3. || 12* Terme de sculpture. La façon nécessaire à chaque œuvre. Telle touche convient à tel éloignement du regard, et ne convient pas à tel autre. Il 13* Par analogie, en littérature, manière dont l'écrivain fait sentir le caractère de la pensée. Il [Fléchier] a peint d'une touche trop faible la noble et dangereuse fonction d'élever l'héritier d'un grand royaume, l'alehb. Éloges, Flééhier. C'est à la vérité de l'expression, à la force des touches, au choix des situations et des oppositions que le critique doit s'attacher, marmontel, Œuv. t. VI, p. 256. J'ai heureusement donné quelques touches imperceptibles à ma lettre à Renouard, p. L. cour.- Leit. ii, (77. Il U* Fig. Action de toucher, d'émouvoir. Ces impatiences d'un Dieu qui le cherche [âme pécheresse], ces louches pressantes d'un Dieu qui te trouve, BOss. Serm. Ferv. de la pénit. i. Dans le» premières touches de l'esprit [de Dieu] , on ne sait d'où il vient, ni où il va; il vous inspire de nouveaux désirs inconnus aux sens, ID. Médit, sur l'Évang. 9<' jour. Il restait ce secret regard d'une Providence miséricordieuse qui la voulait rappeler des exlréniilés de la terre; et voici quelle fut la première touche, m. Anne de Gonx.

— HIST. XIII* S. Nus [nul] orfèvre ne puet ouvrer d'or à Paris, qu'il ne soit à la touche de Paris ou micudre [meilleure], laquelo touche passe tous les ors de quoi on oevre en nule terre, Liv. des met. 38. Il XIV* s. Un petit je fu paoureus Par force de mal amourcus; Non pourquant à sa douce bouche Fis lors une amoureuse louche, MACHAUT, p. 47. Deux Irompeeurs (joueurs de trompettes].... qui par louches Mêlent tantosl trompes à bouches, G. guiart, t. Il, p. 313, V. 8M9 [47)01]. Espérons ou louche» pour menei ctconduire le cheval, du cange, (ouchi'o. Il XVI* s. La louche et règle de toutes imaginations .solides, c'est la conformité à la doctrine d'Aristote, mont, i, 161. Ils n'en donnent jamais une touche qu'ils n'en reçoiventdcui [ceux qui prétendent argumenter du succès des entreprises en faveur de leur cause], ID. I, 249. Ce n'est pas comme à l'escrime, où le nombre des touches donne gain, id. i, 351. Il y a en nous de quoy chercher le vray, mail non pas de quoy l'arrcsler à la touche, id. ii, 235. Mais d'ouïr une vive louche et une reprehension qui , pour reformer les mœurs , use de parole poignante, sans on estre resserré, auyot, Comm. il faut ouir, 24. Auxquelles passions la raison et la loy, venant i loucher avec une louche discrette cl salutaire, remet promplement et efficacement le jeune homme en la droite voye, lo. De la vertu morale, 29. L'uvule [luette] est comme une touche ou archet qui touche les cordes d'une viole pour la faire resonner, pabé, vi, 7. Proverbe lequel j'ay vu estre fort commun à Paris : U est au bas or, il craint la touche, H. est. Apol. d'Ilerod. p. 2(2, dans lacuhne. Et pensent que ce que l'on croit en leur village est la vraye louche de vérité, charron, Sagc.ise, l, 4 5.

— ÊTYM. Voy. ToucHu; provenç. locfc*.

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TOUCUfi, EE (tou-ché, cUée), pari, passé de touiher. Il !• Mis en contact. L'ambre ne répand pas un parfum si doux que les objets touches par l'objet que l'on ainj.e, bernahd. de st-p. Paul et Virginie. Il Aux jeux de dame et de trictrac, dame touchée, dame jouée, on est obligé de jouer la pièce qu'on a touchée. || Au jeu d'échecs, pièce touchée, pièce jouée, quand on a touché une pièce, il faut la jouer. Il Gage louché, se dit d'un petit jeu de société dans lequel les délinquants donnent des gages, c'est-à-dire certains menus objets; une personne touche un de ces g'iges, et une autre qui ne sait pas à qui est le gage, ordonne une pénitence. Jouer au gage touché. Qu'ordonnezvousau gage louché? ||Touché, à l'escrime, atteint par le fleuret de son adversaire. || l' Dont on joue, en parlant d'un instrument do musique à touches. Un instrument bien touché peut exciter les passions, Boss. SermoTU, Par. de Dieu, 3. || 3° Où les coups de pinceau sont donnés d'une certaine façon. Tableau bien touché. Les têtes sont ici mieux touchées, DiDER. Salon de 1787, Œuv. t. xiv, p. 337, dans POUGENS. Ce portrait hardi, colossal, expressif et touché de caractère, falconnet, Œuvres div. t. m, p. 62. Il 4" Il se dit, dans un sens analogue, des choses de la littérature. Selon que du sjjet touché diversement Les vers à mon discours s'offrent facilement, réonier, Sat. i. La tragédie, sans doute , est quelque chose de beau quand elle est bien touchée, mol. Critique, 7. Tous les travers de l'homme sont fort bien touchés dans celte épîlre, volt. Lelt. au roi de Pr. 24 janv. • 747. Il Article touché, article vigoureusement fait. ||B° Fig. Ému. Quelle sorte d'ennuis fut jamais ressentie Égale au déplaisir donl j'ai l'esprit touché ! MALU. v, (6. Je me sens touché de quelque vanité d'avoir de la passion pour un homme qui a l'approbation et les louanges de tout le monde [le marquis de Pisany], voit. Lett.H9. U. de Clèves avait épuisé toute sa constance à soutenir le malheur de voir une femme qu'il adorait, touchée de passion pour un autre, la fay. Princ. de Clèv. Œuvres compl. t. ii, p. I88, dans pougens. || Absolument. Ne me lorgne point, toi, j'ai l'esprit trop touché [je suis trop fâchée], mol. le Dép. iv, 4. Le funeste succès [la fièvre et la mort du cardinal de Retz] n'a que trop justifié nos discours.... ma fille est touchée comme elle le doit, sév. à Guitout, 25 aoiit (679. Oui n'est touché sensiblement en lisant le nom de son fils, de son frère, d'un parent cher, d'un ami tué, ou blessé, ou exposé dans cette terrible bataille qui sera célèbre à jamais (Fontenoi)? volt. Fontenoi, Disc. prél. Mais ces pleurs bienfaisants, ces pleurs délicieux Que donne aux cœurs touchés l'indulgence dés cicux, delille, Imag. vm. || 6' Touché do Dieu, ou, simplement, touché, sur qui la grâce s'est fail sentir. Avant que l'on soit touché, on n'a que le poids de sa concupiscence, qui porte à la terre, pasc. Letl.àMLlede Roannei, 4. Vous qui, après avoir été touché de Dieu dans ce saint temps, reviendrez à vos premières voies, MASS. Carême, Sur la rechute. \\ 7° Fig. Sur qui une impression a été faite. Si, touchés des saints exemples que je vous propose, vous laissez attendrir vos cœurs, boss. Anne de Gonz. Maxime, touché de ses raisons, promit de leur sauver la vie, FLÉCHi Hist. de Théod. m, 43. Peu instruit ou peu touché de la rigueur inflexible des principes catholiques en matière de foi, il [un protestant] croyait que chacune des parties belligérantes devait faire à la paix quelques sacrifices, et céder un point pour en obtenir un autre, d'alemb. Éloges, Bossuet. \\ 8* Qui éprouve le sentiment de l'amour. Quand le cœur est véritablement touché, il sent du plaisir à tout ce qui lui prouve à lui-même sa propre sensibilité. M"' de tencin, <Eu». 1. 1, p. 62, dans pougens.

t TOUCUE-X-TOUT (tou-cha-tou), *. m. Celui qui touche à tous les objets. Cet enfant est un toucheà-tout. Il Fig. Homme qui touche à tout, qui se mêle de tout. Il Au plur. Des touche-à-tout.

t TOUCUEMKNT (tou-che-man), *. m. Action de toucher.

— HIST. XIV s. Toute la delettacion est en l'usage de ce qui est fait par touchement.... obesmf., Bih. »4. Il XV' s. [Dans les instruments] la naûre des cordes et le touchement des doiz, e. desciiAMPS, ,lrt de faire citansons.

— ÉTYM. Toucher; provenç. tocamen; espagn. totamiento; ital. toccamento.

I. TOUCUKR (tou-ché) , i!. a. || f Sentir un objet avec la main.|| %• Se mettre en contact avec un objet de quelque autre façon que ce soit. |1 3 X l'es-

crime, atteindre du llcuiet ou du l'épée. || 4° Éprouver sur la pierre de touche. || 6' En imprimerie, appliquer l'encre sur les formes. || 6* Frapper sur des animaux pour les faire marcher. || 7° Jouer de certains instruments de musique. || 8 Toucher l'aiguille d'un compas, la frotter sur une pierre d'aimant. || 9' En termes de marine, toucher une terre, toucher lèvent. || 10° llecevoir, en parlant de sommes d'argent. J| 11° 11 se dit du contact d'objets inanimés. Il 12° Etrecontigu. || 13' En peinture, poser et étendre les couleurs sur le tableau. || 14° Fig. Traiter, exprimer comme fait le peintre avec son pinceau. Il 15° Fig. Parler d'une chose. || 18* Être sensible, douloureux, offensant. || 17° Toucher d'un sentiment, d'une passion. || 18° Faire impression. Il 19° Emouvoir. || 20° Changer le cœur, en parlant de la grâce divine. || 21° Inspirer de l'amour. Il 22° Concerner, regarder. || 23' Être parent, êlre de la même famille. || 24° S'approcher de, en parlant d'une époque vers laquelle on va. il 25° Toucher le but, y atteindre. || 26° V. n. Porter la main sur. Il 27° Toucher de toute autre façon. || 28° Être en contact, avoir contact. || 29° Toucher dans la main à quelqu'un. |l 80° En termes de marine, frapper de la quille ou du flanc sur un banc, sur une roche. Toucher à un port. || 31* Atteindre à.' Il 32° Toucher à quelque chose, en prendre, en ôter. Faire subir quelque peine. || 33° Apporter des modifications, des changements, des restrictions. Il 34" S'attaquer à. || 36° Y toucher, avoir de la malice. || 36" Être limitrophe. || 37° Arriver à, en parlant d'un temps, d'une époque dont on approche. Il 38° S'occuper de, avoir pour objet. || 39° Avoir de l'intérêt pour. || 40° Concerner, regarder. Il 41° Toucher de naissance à quelqu'un, être lié avec lui par la parenté. ||42° V. réfl. Etre contigu. Il 43° Avoir des points de ressemblance. || 44° Se toucher d'affinité, être parents. || 45° Devenir touché, ému.

1° Sentir un objet avec la main. Toucher de la main, du doigt. Toucher doucement, légèrement. Ayant touché l'oreille de cet homme, il le guérit, saCI, Bible, Évang. St Lue, xxii, 5). Au sortir de la messe et de la station, , sans entendre encore parler d'autres affaires, le roi a touché les malades, qui ont été t:i "assez grand nombre pour un lieu comme celui-ci, pellisson, Lett. hist. t. m, p. 151. Ce que vous avez vu, entendu et touché presque de vos mains, mass. Or. (un. YxUars. Ces maux [l'épilepsie, les écrouelle." J étaient l'effet d'un miracle; il fallait un miracle pour en guérir ; on faisait des pèlerinages, on se faisait toucher par les prêtres; cette superstition a fait le tour du monde, volt. Dial. xxiv, 3. Gardez-vous-en bien, répondit la Syrienne; ce que nous cherchons ne peut être louché que par des femmes, ID. Zadig, (8. Mais d'où vient qu'en ce temple Obéide rendue, En touchant cet autel est tombée éperdue? iD. Scythes, m, ). || Fig. Ne pats toucher de caries, ne pas toucher les cartes, ne pas jouer aux cartes. Votre madame qui a juré de ne pas loucher des cartes que le roi d'Angleterre n'ait gagné une bataille, ne jouera de longtemps, la pauvre femme, sév. 50I. || Fig. Toucher audoigt. Être très-voisin. Cela donne une effroyable idée de notre éloignement ; et l'on a besoin de l'espérance qui nous dilate présentement le cœur, et nous fait toucher au doigt le temps où nous serons bientôt ensemble, sév. 466. || Fig. et familièrement. Faire loucher une chose au doigt et à l'œil, la faire comprendre clairement, en donner des preuves indubitables, telles que celles que fournissent le toucher et la vue. || Toucher au vif, toucher à l'endroit où une plaie est à vif. || Fig. J'ai le cœur serré à n'en pouvoir plus, quand je suis dans cette grande chambre où j'ai tant vu ma trèschère et très-aimable enfant; il ne me faut guère toucher sur ce sujet pour me toucher au vif, sÉv. 8 janv. 1674. Il 2° Se mettre en contact avec un objet, de quelque autre façon que ce soit. Toucher du pied. 11 le toucha avec son gant, avec son chapeau. La coupe dans ses mains par Narcisse est remplie; Mais ses lèvres [do lirilannicus] à peine en ont touché les bords... rac. Brit. V, 5. Je me trouvai poussée,. ballottée, pressée, enlevée, mes pieds ne touchaient plus la terre, genlis. Hem. t. ii, p. 65, dans pougkns. Il Toucher la figue, voy. apprêter, n" 4.||3°À l'escrime, loucher, atteindre d'un coup de fleuret, ou d'épée. fl a touché son adversaire. || ferme de billard. Toucher la bille, la heurter avec la sienne dans le carambolage. || Absolument. Philibert cadet dans le billard : J'ai touché, monsieur; je suis

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sûrque j'ai touché, picard, Peux P/nIjbe»t, m, *i. Il 4° Éprouver sur la pierre de touche. Toucher un lingot d'or. Cette pièce d'or est douteuse, elle a été touchée deux ou trois foi». ||5° lerme d'imprimerie. Appliijuer l'encre sur les formes avec les balles ou avec le rouleau. Toucher la forme également. Toucher en noir, en rouge. |{ 6° Frapper sur des animaux pour les faire marcher, le» chasser devant soi. Toucher un troupeau. Le postillon toucha ses chevaux, et l'on partit. || Absolument. Touche, cocher, corn. Veuve, m, 9. Il descend du palais, et, trouvant au bas du grand degré un carrosse qu'il prend pour le sien, il se met dedans; le cocher touche, et croit ramener son maître dans sa maison, la bblï. xi. || Fig. On regarde l'amour comme une hôtellerie Où l'on ne fait qu'on gîte, et puis, touche, cocher, oiiE- RARDi, Th4ât. ital. t. i, p. 3)». ||II se construit aussi avec la préposition sur. Toucher sur les uns et sur les .%utres. || Terme de manège. Toucher de la gaule, aider de la gaule, en frapper légèrement sur l'épaul'! du cheval. || 7° Jouer de certains instruments de musique qui sont à touches ou i cordes. C'est une faute contre la politesse que de louer immodérément en présence de ceux que vous faites chanter ou toucher un instrument, quelque autre personne qui a ces mêmes talents, la brut. V. Quelque estimé que fût Thémistocle, on crut qu'il manquait quelque chose à son mérite, parce que, après un repas, il ne put, comme les autres, loucher la lyre ; l'ignorance sur ce point passait pour un défaut d'éducation, bollin, Hist. ane. Œuv. t. m, p. 640, dans pougens. Lo P. Cottin.... parlait bien, chantait mieux, avait la voix belle, touchait l'orgue et le clavecin, J. J. rouss. Conf. v. D'autres touchent la lyre; à leur têteestOrphce, deulle, .En. VI. Il Fig. On croit toucher des orgues ordinaires en touchant l'homme ; ce sont des orgues, à la vérité, mais bizarres, changeantes, variables, pasc. Pens. XXV, 418, édit. HAVET. || On dit aussi : Toucher du piano, de l'orgue, etc. On peut l'entendre [la messe] en touclianl de l'orgue, boss. Lett. abb. 90. Il Fig. et familièrement. Il ne faut pas toucher cette corde-là, c'est une corde qu'il ne faut pas toucher, celte affaire est délicate, il ne faut pas en parler. Il Fig. Toucher la grosse corde, parler de ce qu'il y a de principal, de décisif. || 8" Toucher l'aiguille d'un compas (boussole), la frotter sur une pierre d'aimant pour lui doimer la vertu magnétique. 119" Terme de marine. Toucher une terre, s'y arrêter accidentellement. || Toucher le vent, gouverner très-près. || 10° Recevoir, en parlant de sommes d'argenl. Six mille francs que je devais toucher à Nantes, sÉv. 437. Les Phocéens ouvrirent les yeux, el iiommèrent des commissaires pour faire rendre compte à tous ceux qui avaient touché les deniers publics, rollin, Hist. anc. Œuv. t. VI, p. 43, dans pougens. Vos mains ont touché le prix du sang el de l'infortune de mille malheureux, mass. Carême, Pâques. J'épouserai Angélique.... je toucherai la dot, lesage, Crispin rival, 3. La Barbarini [une chanteuse] touchait à elle seule plus que trois ministres d'État ensemble, VOLT. Comin. Œuv. oui. Henr. || 11° Il se dit du contact d'objets inanimés. Tout ce qui nous touche trop violemment nous blesse, boss. Conn. I, )7. La barque touchait déjà le rivage de l'empire de Pluton, fén. Tél. xviu. Et je meurs! de sa froide haleine Le veut funeste m'a touché, MiLLEV. Chute des feuilles. Les doux fruits que leur main de l'arbre a détachés, Ouqued'unsoiiffle impur leur haleine a touchés, c. delav. Paria, i, i. Il 12° Être contigu. Ma ma.son touche la sienne. 11 y a un champ qui touche celui de mon père; et ceux qui le cultivent sont exposés aux ardeurs du soleil, iioNTESQ. Lett. pers. fi. C'est le voisin donl je vous ai parlé, celui dont l'enclos touche le mien, A. DUVAL, ilaison à vendre, se. <4.|| Terme de géométrie. Cette ligne droite touche cette courbe, elle y est tangente. || 13' Terme de peinture. Il se dit de l'opération par laquelle le peintre pose et étend les couleurs sur le tableau. Ce peintre a bien touché ces figures. X la manière dont un tableau est louché, on reconnaît le maître qui l'a fait, Bou- TARD, IHct. des arts du dtssin, youf/ier. i| Absolument. Le peintre aura été plus sur de l'effet de son pinceau, aura touché plus fièrement, plus librement, aura moins remanié, tourmunté sa couleur, dioer. Essai sur la peinture, ch. i. {j 14' Fig. Traiter, exprimer, comme fait le peintre avec son pinceau. Ce poète touche bien les passions. || 15* Fig. Parler d'une chose, et, quelquefois, en parler incidemment. J'ai déjà touché ces deux questions [de Dieu

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tt de Vira» numainc] dans le discours français que je mis en lumi^^e, en l'année 1637, louchant la méthode, desc. Médit, l'ri'f. Kn cinq ou six lignes vous avez compris tout ce que jo pouvais ouïr de plus igréable au monde, et, en me promenant la présence de mon maître, votre conversation et votre amitié, vous avez touché tous mes souhaits, voit. L«lt. 3t. Au moins je vais toucher une étrnnge matière, MOL. Tart. IV, 4. Je me réduisis à ne toucher qu'un petit nombre d'importuns ; et je pris ceux qui s'offrirent d'abord à mon esprit, ii>. Fdch. Pr'éf. Il n'a pas touché les meilleurs moyens de sa cause, la bruy. Thénphr. xvii. Il (le publicj peut regarder avec loisir ce portrait que j'ai (ail de lui d'après nature, et, s'il so connaît quelquesuns des défauts que je touche, s'en corriger, ro. les Caractères. Il y a peu de détails dans cet ouvrage ll'Ks-sai sur les mœurs].... je me suis contenté de toucher en deux mots les faits principaux, TOLï. Lett. à *•**, (705. Je touche en peu de (nets les belles découvertes et les innombrables erreurs de notre René [Descartes], id. Lett. Formont, décembre (7.12. Il Toucher un mot, quelque chose d'un sujet, en dire quelques mots. Philolas 3'aura daigné, dans un si long entielien, toucher un seul mol d'une affairequi. ..vauoel. Q. C. 302. Je vous supplie trfts-huniblement, quand vousécrirez [à M. Bailleul).... de lui en toucher quelque chose (du payenienl de la pension de Voiture], et de lui témoigner qu'il vous a fait plaisir, voit. Lett. («5 (à M. d'Avaux). Puisque vous voulez que je n'en louche rien, mol. D. Gare, ii, 7. De l'hymen de ma sœur touchez-lui quelque ehose, in. Tart. i, 4. Je touchai un mot des occupations continuelles et du zèle pour le service du roi, sÉv. 529. La dame Jacinte aurait mieux aimé que le chanoine eût commencé par faire son testament; elle lui en toucha même quelques mots, LRSAOE, Gil B!aî, ii, 2.|| 16* Fig. Être sensible, douloureux , otTeiisant. Au moins, avant la mort, dis où le mal te touche, Régnier, Diai. Tu sais comme un soufflet louche un homme de cœur, CORN. Cid, III, 4. Apprenez qu'il n'est rien qui blesse un noble cœur Comme quand il peut voir qu'on le touche en l'honneur, mol. l'Ét. i, (o. Malgré la vue de toutes nos misères, qui nous touchent, qui nous tiennent à la gorge, pasc. Pens. ii, 4. La disgrâce de M. de Chartres est publique : il en est plus louché que je ne l'aurais pu croire de sa sainteté, maintenon, Lett. au card. de NnaiUen, 24 oct. (708. Quelquefois il avait envie d'aller se jeter à son cou, et de lui témoigner combien il était touché de sa faute, fén. Tél. vu. || 17" Toucher d'un sentiment, d'une passion, exciter ce sentiment, celte passion. Parmi tant d'objets différents, il y en eut un qui me toucha d'un véritable plaisir, voit. Lett. 9 tout ce qu'on voit de

gloire temporelle Ne les touche d'aucun désir, CORN. Imit. II, 8. Vous me dites des choses si extrêmement bonnes sur votre amilié pour moi.... qu'en vérité je n'ose entreprendre de vous dire combien j'en suis touchée et de joie, et de tendresse, et de reconnaissance, sÉv. 24 juill. )67B.

Je suis touchée d'une véritable joie, que

vous ayez au moins tiré de vos malheurs. .. la connaissance de ce que vous êtes, m. à Bussy, »î juill. i08B. Les hommes se plaisent généralement dans tout ce qui les touche de quelque passion que ce puisse être; ils ne donnent pas seulement de l'argent pour se faire toucher de tristesse par la représentation d'une tragédie, ils en donnent aussi à des joueurs de gobelets pour se faire toucher d'admiration, malebh. Rech. v, 8. Mais si tant de malheurs vous touchent de pitié, hac. Théb. I, 3. Si vous êtes touchés de curiosité, exercez-la du moins en un sujet noble, la rruy. viii. Que leur destinée vous touche d'une sainte émulation, MASS. Avent, Donh. des ju.vles. || Absolument. Son courage [de Mlle de (Irignan se faisant religieuse] touche d'admiralion et de tendresse pour aile, sÉv. 48 oct. (080. Il IS" Fig. Faire impression. J'espéraLs que l'éclat dont le ti/me se pare Toucherait vos désirs... corn. Bod. i, 5. Un vertueux remords n'a point touche mon âme, id. Cinna, v 3. séparée de la personne du monde qui m'est la plus sensiblement chère, qui touche mon goiit, mon inclination, mes entrailles, sÉv. 28 déc. (073. .■*0U5 sommes touchés de son mérite [de Mme de (.uitaut], et c'est une marque du nrtlro, id. d Urne de €uitaul, 18 mai Kmo. Klle (Mlle do Fonlanges] e.st... si touchée de la grandeur, qu'il faut l'ima- (tiner précisément le contraire de cette petite viok Ile oui M cachait sous l'herbe.... lu. t" sept.

1880. Cette grandeur que nous admirons de loin touche moins quand on y est né, Boss. Mar.- Thér. Il n'y eut iju'une ambition qui fût capable de le toucher [M. de Tiirennol 1 ce fut de mériter l'estime et la bienveillance de son maître, KLÉCH. Turenne. Ce reproche vous louche, rac. l'hédre, i, i. Le désir de la gloire m'a touché, j'ai cru qu'il était beau de gouverner un peuple par mon éloquence, pén. Dial. des mnrts ane. Démosthéne, Cicéron. Je ne suis louché ni des richesses, ni des délices, m. Tél. xxi. S'il est ordinaire d'être vivement touché dos choses rares, pourquoi le sommes-nous si peu de la vertu T la HBUY. II. Il 19' Fig. Émouvoir, allendrir. Ce qui touche mon cœur, ce qui charme mes sens, COBN. Nicom. IV, 5. Tous trois désavoueront la douleur qui te touche, id. llor. v, 3. Et ceux que vos rigueurs ne l'ont qu'effaroucher , Peut-être à vos bontés se laisseront toucher, m. Cinna, iv. 4. J'étais touché des fleurs, des doux sons, dos beaux jours, LA PONT. Élégie, iv. Votre procédé me touche assurément, mol. F.c. des mar. m, 9. Pour moi, j'appris celle nouvelle par l'alibé de Grignan; je vous avoue qu'elle me loucha droit au cœur, SÉv. 388. J'ai été sensiblement touchée de celle mort, ID. H8. Elle (une jeune fille] a bien de l'esprit et une envie si immodérée d'apprendre.... qu'elle m'en a touché le cœur, ro 20 mai Iiih». Ces émotions d'un jour qu'opèrent-elles? un dernier endurcissement, parce qu'à force d'être touchés inutilement, on ne se laisse plus toucher d'aucun objet, Boss Mar.-Thér. Dieu ! ne pourraije au moins toucher votre pitié? bac. Andr. m, 6. Je crains Dieu, dites-vous, sa vérité me touche, ID. Athal. I, I. Ce que c'est qu'à proiios toucher la passion ! id. Plat'd. m, 3. Orphée a bien touché, par le récit de ses malheurs, le cœur de ce dieu qu'on dépeint comme inexorablc[Pluton], fén. Tél. xviii. Le Seigneur s'est enfin laissé toucher à vos larmes, MASS. Avent, Mort du péch. Notre sage fui touché, mm pas de la beauté de la dame (il était bien sur de ne pas sentir une telle .'.iblessc), mais do l'af- Hictionoùil la voyait, VOLT. Memnon. || Absolument. Le secret est d'abord dt plaire et de loucher, boil. Art p. III. L'éloquence n'est que l'an de toucher, d'émouvoir, d'intéresser; je n'ajoute pas de persuader; car quiconque touche, persuade, condill. Ilist. anc. m, l». || 20" Il se dit delà grâce divine qui change le cœur. Quand il plaît à Dieu de toucher l'homme par sa miséricorde, pasc Prov. xviii. Il [l'abbé de CoulangeJ est si louché de Dieu qu'il prend un intérêt particulier aux grâces particulières que l'on reçoit de lui, sÉv. Il sept. 1080, Il Dieu l'a louché, il s'est converti. Que nous serions heureux si Dieu vous touchaitl Maintknon, Lett. à M. de fillette [il éuit protestant], m juill. IC84. Il ïl» Toucher se dit quelquefois, par atténuation, pour inspirer de .l'amour. Néron: La sœurvous touche ici beaucoup moins que le frère; Et pour Britannicus....— Junie : Il a su me toucher, Seigneur; et je n'ai point prétendu m'en cacher, rac. Brit.

II, 3. Il ii' Fig. Concerner, regarder l'alTront

m'e louche, il [Goniias] a perdu d'honneur Celui que de mon fils j'ai fait le gouverneur, corn. Cid, II, 7. La question semble plus considérable en ce qu'elle touche la foi, pasc. Prov. i. Cette manière de priver les gens de leurs bénéfices est une nouveauté de mauvais exemple et qui touche tel qui n'y pense pas, ro. ib. xix. Votre santé est un point qui me louche de bien près, sÉv. 75. Vous ne me sauriez jamais trop parler sur ce qui vous touche, ce sont mes véritables intérêts, m. 27 nov. (680. Mes amis m'intéressent, mais mes pauvres me touchent, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 17 révr. I7I6. Et j'ose dire que, sur les ouvrages qui traitent de choses qui les touchent de si près et où il ne s'agit que d'eux-mêmes, ils (les hommes] sont encore extrêmement difficiles à contenter, la bruy. Disc, sur Théophrasle. Voue réputation m'intéresse, comme je suis persuadé que la mienne vous touche, voi.t. Lett. Thiriol, 2 janv 1739. Il Absolument. Chacun en son affaire est son meilleur ami, Et tout autre intérêt ne touche qu'à demi, corn. Mél. ii, 4. ||23''Élre parent, être de la même faïuillc. 11 nous louche de près, il est notre cousin. Il ne le louchait ni de parenté, ni d'alliance, mézeray, Hist. de France avant Clovis, II, 8. A-t-on jamais rien vu.... de plus impertinent et de plus ridicule que d'amasser du bien avec de grands travaux et d'élever une fille avec beaucoup de soin et de tendresse, pour se dépouiller de l'un et de l'autre entre les mains d'un homme qui ne nous touche de rien? mol. jIii». méd. i, t.. Celle

jeune Fhresline, que voui nommex votre pupilla et qui vous touche de plus près, BBADMARcn. Mh'i coupable, I, «. Il M" Fig. .S'approcher de, en parlant d'une époque ver» laquelle on va. Ma fille, c'est donc là ce royal hyménée Dont nous pensions loucher la pompeuse journée, CORN. Jfi^d.v,4. || M* Toucher le but, y atteindre. || Fig. Toucher le but, réussir à. Si j'y réussis, j'aurmi touché le but que je me propose, mai H. Utt. i, 7. !| M" V. n. Porlerlamain sur. Toucher aux vases sacrés. Les enfants touchent à tout. N'y louchez pas. Il 17' Toucher de toute autre façon. Ses pieds touchaient au sol. Et se tient sur ses pieds d'une telle façon, Que ses genoux toujours touchent à son menton, dancoout Sancho Pan;a, ii, 3. || Par exagération. Il ne touche pas à terre, il court, il danse très-légèrement. I^ voyez-vous, dit-il, ce conquérant; avec quelle rapidité il s'élève de l'Occident comme par bond» et ne touche pas à terre? soss. Louis de Bourbon. Il l'ig. Il ne touche pas à terre, il est dans le ravissement. Charme des yeux est à moi; je l'ai épousée; je no touche plus à la terre, je suis dans le ciel, VOLT. Amabed, »" lettre. || Fig et familièrement. Cet homme ne lai.sse pas toucher du pied à terre, il ne donne pas le temps de se reconnaître, de respirer. || Ils ne laissent pas toucher la balle à terre, se dit de bons joueur» de paume. |l Fig. et familièrement. Cette alTairo ne touchera pas k terre, elle se fera sans difficulté. || Terme de vénerie. Toucher au bois, se dit du cerf qui, ayant refait sa tête, la frotte contre les arbres, pour détacher la peau velue qui la recouvre. || 88* Être en contact , avoir contact. Le peuple.... rapportait comme un précieux trésor des linges qu'il avait fait toucher à son visage [de Mélècc évêque d'Antioche, mort au concile de Constantinople), plécii. Ilist. de Théodose, ii, 49. De tous les endroits du royaume on leur demandait des linges qui eussent touché à celte relique, rac Hist. de Port-Boyal, I" ]iart. Rentrons, et qu'un sang pur, par mes mains épanché. Lave jusques au marbre où ses pas ont touché, rac. Athal. ii, 8. Saint-Evremond déposa le corps de la duchesse Mazarin à N. D. de Liesse, où les bonnes gens la priaient comme une sainte et y faisaient toucher leurs chapelets, st-sim. 09, 128. Il 29- Toucher dans la main à quelqu'un, mettre sa main dans la sienne, en signe d'amitié, d'accord, d'acquiescement. Ne vous liez point avec ceux qui s'engagent en touchant dans la main, ci qui s'offrent à répondre pour ceux qui doivent, SACi, Bible, Prov. de Salom. xxii, 28. Allons, louchez-lui dans la main, et rendez grâce au ciel de votre bonheur, mol. Bourg, gent. v, 8. ôtez ce gant; touchez à monsieur dans la main, id. Fem. snv. m, 8. Le bourreau même était chef d'une troupe de brigands [dans les conflits des Armagnacs, au XV* siècle]; et, comme le crime rend presque égaux ceux qu'il associe, il eut l'insolence de toucher dans la main du duc de Bourgogne, DucLos, Œuv. t. V, p. 58. Il Se toucher dans la main, se dit de doux personnes qui se touchent dans la main l'un à Tautre. Ils se sont louché dans la main. Mais, pour l'amour de moi, louchez-vou» dans la main, hauterociie, le Coch. se. 18. .No» chiens font amitié, dans la patte on se touche, LAM0TTE, Fabl. III, I s. [l'iouchez là, touchez-moi dan» la main. La reine, transportée de joie, me lendit la main, en me disant : touchez là, et vous êtes après demain cardinal, et de plus le second de mes amis, RRTZ, Mém. t. n, liv. m, p. 3no, dans pougens. || Touchez là, il n'en sera rien, se dit, par antiphrase, pour écondiiire quelqu'un quand on ne veut pas faire ce qu'il demande. Touchez là, monsieur, ma fille n'est pas pour vous, mol. Bourg, gent. m, (2. ij Elliptiquement. Touche; nous n'avons plus sujet de jalousie, mol. le Dép. l, 4 Il 30* Terme de marine. Frapper, en passant, de sa quille ou de son fianc sur un banc, sur une roche, sur un écueil, quel qu'il soit. Le vaisseau a touché sur un récif. Les gros navires ne peuvent approcher de la rivière de Cayenne sans toucher; et les vaisseaux de guerre sont obligés de rester deux ou trois lieues en mer, bufp. Not. just. Ép. nat. Œuv. l. illl, p. 301. Il Toucher à un port, y relâcher, en passant et pour un peu do temps. Le navire, en allant en Amérique, louchera à Cadix. il 31° Atteindre à. Sa tête touchait au plancher. Le vent redouble se? ofTorls, Et fait si bien qu'il déracine Celui de qui la tête au ciel était voisine Et dont les pieds louchaient à l'empire des mort», LA FONT. Fabl. I, 22. Il Fig. Ces grands efforts d'esprit où l'âme touche quelquefois, sont choK. où elle ne se tient pas, pa«c. Pêne, ra, 4t

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Il II* Toucher à quelque chose, en prendre, en «ter. Le» ayant lues, ils ne voulurent touchera rion de ce qui avait été i eux, saci. Bible, Esther, IX 10. Puisque vous ne touchez jamais à cet argent, LA FONT. Fabl. IV, 20. Et ne put au souper toucher à rien du tout, Tant sa douleur de tête était encor cruelle, mol Tart. i, b. Accoutumée ( ne manger que du pain ou du fruit à son goûter, •lie ne toucdalt à rien, genlis. Ad. et Théod. t. i, 0. 602, dans pougens. Je me contente de mon re- ■ <enu, auquel je ne touche pas, picard, Trois quartiers, I, 4. Il Toucher à, faire subir quelque peine. L'âme pénitente osera-t-elle toucher à ce corps si -endre, si chéri et si ménagé? boss. la Yalliére. i| Toucher i une femme, avoir avec elle des privautés. Harpagon : Hé dis-moi un peu, tu n'y as point touché [à une cassette]? — Valère [croyant qu'on lui parle d'Élise] : Moi, y toucher I ahl vous lui faites tort aussi bien qu'à moi, mol. l'Avare, v, 3. Il 88* Fig. Toucher à, apporter des modirtcations, des changements, des restrictions. On a touché aux attributions de cette corporation. Les princes, Sire, ne doivent loucher à la religion que pour la protéger et pour la défendre, mass. Petit carême, Écaeils. Il ne faut pas plus toucher aux monnaies qu'aux poids et aux autres mesures, dutot, Réflexions sur le commerce et les finances, i, 5. Molière avait écrit son Avare en prose, pour le mettre ensuite en vers; mais il parut si bon, que les comédiens voulurent le jouer tel qu'il était, et que personne n'osa depuis y toucher, VOLT. Dict. phil. Art dramat. Il ne faut jamais toucher au gouvernement établi que lorsqu'il devient incompatible avec le bien public, J. i. Houss. Contr. soc. in, «8. ||Il y a touché, se dit d'un homme qui a eu part à un ouvrage d'esprit. Il 3i' Fig. S'attaquer à. Leurs plus grands ennemis [des capucinr\ de Bretagne] ne touchent pas à leurs mœurs, siv. ta juin 1886. || 35» Fig. Y toucher, avoir de la malice. Voyez un peu, diraiton qu'il y touche? la pont. Gog. Vous faites la discrète, El vous n'y touchez pas, tant vous semblez doucette, MOL. Tart. i, «. À ces simplicités qui sortent de sa bouche, X cet air si naïf, croirait-on qu'elle y touche? regnard, le Distr. i, 4. [La maréchale de Clérembault] C'était une vieille pleine de traits et de sel , qui coulaient de source , sans faire semblant d'y toucher et sans aucune âlTecUlioa, ST-EI.M. ("*, MO.Jjn n'a pas l'air d'y toucher, on ne dirait pas qu'il y touche, il fait ses coups avec un air simple et ingénu. Et bien qu'elle me mette à deux doigts du trépas, On dirait à la voir qu'elle n'y touche pas , mol. Éc. des femm. iv, ). Pour moi, je vais faire semblant de rien ; je suis un fin matois, et l'on ne dirait pas que j'y touche, ro. Georg. Dand. l, 2. jj Sainte n'y touche , voy. nitouche. || 86° Être limitrophe. Us touchaient au pays inaccessible du Caucase, rempli de nations féroces dont on pouvait se servir, montesq. Rom. 7. Le polype enchaîne le végétal à l'animal ; l'écureuil volant unit l'oiseau au quadrupède; le singe touche au quadrupède et à l'homme, bonnet, Contempl. nat. n, <o. Je ne connaissais pas l'Auvergne, qui touche à la province que j'habite, genlis, Mères riv. t. I, p. 362, dans pougens. || Être dans la proximité. Nous touchons presque à l'île d'Ithaque, FÉN. Tél. a. Dans cet instant, on touchait aux portes du château , on rentra, genlis, Veill. du ehàt. t. I, p. 4 1 7, dans pougens. || Fig. Bajazet touche presque au trâne des sultans, rac. haj. I, 3. Un rang qui touchait de si près au trfine, bamilt. Gramm. s. On craignait pour les jours du jeune roi [Louis XV]; on les aurait crus plus en sûreté entre les mains d'un prince qui n'aurait pas louché à la couronne de si près que le régent, DU- CLOS, (Eut), t. v, p. 338. On croyait toucher au succès, lorsque les navigateurs, opiniâtrement repousses par les vents contraires.... raynal, Hist. phil. VIII, SB. Je vois le but [la mort], j'y louche, et j'ai soif de l'atteindre, M. J. chén. la Promenade. Ainsi, Eudore, tout annonce que nous louchons à une révolution, chateaubr. Martyrs, ix. \\ 87* Arriver à, en parlant d'un temps, d'une époque dont on approche. Peut-être touchons-nous au moment désiré Qui saura réunir ce qu'on a séparé, corn. Sertor. ni, 4. H semble qu'il [le jeune Sévigné] touche à ■a guérison, sÉv. 461. Je finis, ma très-aimable et très-chère bonne..., dévorant par avance le mois de septembre oîi nous touchons, ID. < 3 juin <685. Saint Clément d'Alexandrie, maître d'Origène, qui touchait au temps des apâlres, boss. *'• instr. fott. 27, Le roi touche i son heure dernière,

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RAC Mithr. T, 4. Vous n'aviez pas encore atteint l'âge où je louche, ro. Phéd m, R. Ils touchent à la bienheureuse récompense, mass. Cartme, Mort. Avant de partir, il [Pierre I"] voulut voir celte célèbre Mme de Maintenon qu'il savait être veuve en eflct de lx)uis XIV, et qui touchait à sa fin, volt. Russie, ii, M. \JË califat touchait à sa fin dans ce xiii' siècle, tandis que l'empire de Constantin penchait vers la sienne, iD. Mœurs, 69. Nous louchons au moment de n'avoir plus do jésuites; et ce qui m'étonne, c'est que les herbes poussent comme à l'ordinaire, et que le soleil ne s'obscurcit pas, d'alemb. Ie«. d Voltaire, 6 avril 1 704. || 38* S'occuper de, avoir pour objeL Je n'ose toucher à son départ [de ma fille] ; il me semble pourtant que tout me quitte, et que le pis qui me puisse arriver, qui est son absence , va bientôt m'achever d'accabler, sÉv. d Guilaut, 16 août 167». Il suffit ici qu'un livre louche à certaines matières et qu'il attaque bien ou mal certaines gens, pour être en conséquence hors de prix, d'alemb. iett. au roi de Pr. e juin t770. Les triomphes théologiques de Bossuet, quelque prix qu'on y doive attacher, sont la partie de son éloge à laquelle nous devons toucher avec le plus de réserve, id. Élog. Boss. Il 39' Avoir de l'intcrét pour. Au beau-père cela ne doit toucher en rien, scahr. Jodelet, iv, 7. Il 40' Concerner, regarder. Les choses qui touchent i l'honneur. Cela louche à des questions importantes, à de graves intérêts. || 41* Toucher de naissance à quelqu'un, être lié avec lui par la parenté. Ceux dont elle dépend sont de ma connaissance, El même à la plupart je touche de naissance, corn. Suite du Ment, ii, 4.||42" Se toucher, ». réft. Élre contigu. Ces deux maisons se touchent. La côte voisine est délicieuse par sa fertilité, par les fruits exquis qu'elle porte, par le nombre de villes et de villages qui se touchent presque, fén. Tél. m. Elle désirait passionnément une alliance entre des héritiers dont les domaines se touchaient, riccoboni, Œuv. t. v, p. 189, dans pougens. Il Fig. C'est l'union, des cœurs qui fait leur véritable félicité; leur attraction ne connail point la loi des distances, et les nôtres se toucheraient aux deux bouts du monde, j. i. Bouss. llél. Il, IB. Notre séparation sera moins longue, et nos coeurs ne cesseront pas de se toucher, uider. Lett. à Mlle Voland, 4 3 août 4773. || Terme de géométrie. Ces deux courbes se touchent, elles sont tangentes lune à l'autre. ||43* Fig. Avoir des points de ressemblance. Encore que la vertu, prise en elle-même, soit infiniment éloignée du vice, néanmoins il faut confesser, à la honte de notre nature, que les limites s'en touchent de près dans le penchant de nos affections, boss. Véture de Mlle de Bouillon, i. ô que le génie et la folie se louchent de bien près|-uiDER. Opin. des anc. philos. {Théosophes). La Feuillade, colonel de ce régiment, n'aimait pas Câlinai, et n devait pas l'aimer; car ces deux âmes n'avaient pas un seul point commun par oii elles se touchassent, d'alemb. Œuv. t. ii, p. 482, note 6. 1| Les extrêmes se louchent, les choses les plus opposées ont des points de contact. Les Français avaient trouvé l'art de faire toucher les extrêmes : ils réunissaient des vertus et des vices, des traits de faiblesse et de force qui avaient toujours été jugés incompatibles, ratnal, llist. phil. x, 4 6. Il 44° Se louché d'affinité, élre alliés. Le mariage n'était point défendu par les lois romaines entre les personnes qui ne se touchaient d'affinité que dans la ligne collatérale, jusqu'à la loi de l'empereur Constance, potiiier. Contrat de mariage, n° 4 6B. Il 45* Fig. Devenir touché, ému. Sûrs que son cœur pitoyable De leurs maux se louchera, chaul. Éptt. au duc de Vendôme. {{ Proverbe. Il dit cela de la bouche, mais le cœur n'y touche, il ne parle pas sincèrement.

— REM. X toucher, l'Académie écrit : Ils se sont louches dans la main ; mais, à main, elle écrit : ils se sont touché dans la main. La véritable orthographe est la dernière. Quand il s'agit d'un accord, d'un acquiescement, on ne touche pas quelqu'un dans la main; on louche à quelqu'un dans la main. Us se sont touchés dans la main a un autre sens : toucher quelqu'un dans la main, c'est lui faire un attouchement dans la main.

— IllST.ii's. Deusieguarit (guaranliljqu'cl cors [l'épieu] ne l'ad luchel, Ch. de Bol. ci.|| xii's. Pliarao li reis de Egypte vint à ost à Gazer, si la pii>t, tuchad le feu, si l'arst e ocist les Chananeus, Rois, 260. Je vuel que tu le me plevisses.... Et

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que tu ne me tocheras. Ne vers mol ne t'approcheras. Tant que tu me verras monté, la Charrette, 827. E od [avec] ses ordes mains prisl les sainz vesscaux e les lochoit ordemcnl, Machab. Il, 6. Sire, enclin les ciels e descent; tocûs les monz, e il fumerunt. Liber, psalm. p. 222. Ne voilez [veuillez] tucher les miens crist, e es iui»ns prophètes ne voilez maligner, ib. p. 456. || iiii* s. Un lonc cor qu'il avoit lié X son col, a mis i sa bouche. Si fort et si tr&s bien le louche. Et commence à corner si haut. Que retentir en fait le gaut [bois], Ren. 40190. Renarlremainl, Tybert s'en louche [s'en échappe]. Si li escrie à plaine louche: Renarl, Renarl, vos remanez. Et je m'en vais touz délivrez, ib. 2081. Moult granl douçor au cuer me touche, la Rose, 4 04 6. Et des biens qui poent venir au bailli d'avoir les connissances dessus dites, loucerons nous bricmenl, bealh. i, 9. Soit par reson d'erilage, soit de muebles, soit de querelequi touce à la persone, m. n, 4. Quant ccuii i cheval virent que en les bleçoit par devers nous, ceulz à cheval louchèrent à la fuie [fuite], JOINV. 233. Et n'osoient les hommes toucher aux femmes en nulle manière, pour la loy que leur premier roy leur avoit donnée, ID. 264. Entrues [cependant] li pape s'acouca [se mit au lit] D'un mal qui al cuer [cœur] li loca, PH. houskes, mss. p. 64, dans lacurne. El fu si saine [une femme guérie] que il sembloit que ele ne touchast à terre, jWtrocies St toys, p. 4 64. ||xivs.Secroire me voliés, par le mien serement. Puis qu'il n'en touche à vous, n'en pàrleriés noient, Baud. de Seb. viii, 870. [L'Amour] Si li pierce le cuer [cœur] dou ventre D'une sajetle.... Et puis le touce de la flamme Dont son cœur esprenl et enflamme Pour l'amour à une pucielle, i. de condé, p. 4 06. ||xv° s. Ce dommage nous touche de si près, que en nous n'a point de recouvrer, froiss. Il, 11, 202. Le roi y dîna petit, car autre chose lui touchoit que boire et manger, m. i, i, 46". Proppre mal louche de plus près que d'aultruy, g. chastel. Chron. des ducs de Bourg, i, «4. On dit : celle femme n'y touche; Se vous la voyez quand elle rit, Vous diriés : vêla ung enfant, coquillakt, Jfonol. du puits. Lequel envoya incontinent dcffendre aux Hostrelins de leur toucher, comm. il, b. Tous les seigneurs d'AUemaigne y estoient (à la guerre] à leurs despens, comme il est de coustume quant il louche le fait de l'empire, id. iv, 3. Le roy parloil avant jour, et ne sceut oncques qu'ilycust guide, et touchoit jusqucs à midy, là oii il repaissoit, id. viii, 7. Si oncques bouche d'omme toucha à la moye [mienne], Les \bjoyes du mariage, p. 74. Il XVI" s. Ce qui vous touche lui touche, et ceulx qui sont contre vous sont contre luy, MARQUER. Lctt. 4 65. Noslre nef fut mise en rade honneslement, sans loucher ; mais le Sacre loucha, Journ. Voy. Parmentier, dans jal. Touché au vif de cette dernière secousse, mont, i, C II touche [appartient] aux moindres de se trouver les premiers à l'assignation, id. i, 54. X ce dernier Iraict se doibvenl loucher et esprouver les autres actions de noslre vie, id. i, «7. Cette, isle touchoit quasi l'Espagne, id. i, 232. X qui touche l'honneur de tant de victoires, à Guesquin, à Gles(iuin, ou à Gueaquin [celui que nous nommons du Guesclin] ? id. i, 348. Avoir l'ame touchée de repentance, m. i, 40b. Les philosophes n'ont gueres touché celle chorde, m. ii, 302. Ceulx qui me touchent [les miens], id. iv, 96. Cela dit, chacun se toucha en la main pour confirmation, langue, 666. Les reitres s'attendoyent de toucher pour le moins cent mille escus, id. 625. Hz [les Gaulois] demourerent quelque temps en doulte d'en approcher et de leur toucher [aux sénateurs romains], craignans que ce ne feussent des dieux, amyot, Cam. 40. Ceulx à qui le sort touchoit, venoient à estre du corps de la cour d'Aréopage, ro. Péric. 7. Les passions sont comme des tons et sons de l'ame, qui veulent eslre loucnez et son nez de main de bon maistre, id. ib. 33. lit touchant ses bœufs, s'en alla vers la ville, id. ilarius, «4 Vos gens sont meusnicrs, mon cousin. — Ces pour toucher vos asnes, madame, d'alb. Wist. i, 140. Les Espagnols, aians frapé en la rivière de Shenem avec quatre navires, bruslerent le plus avancéqui avoit touché, ro. ib. ni, 204. En ces jours là quatorze capitaines louchèrent en la main pour essayer la reprise des Tourelles, iD.lf^moires, p. 44. Le prince lui voulut toucher à la main [l'alleindro], et au commencement de juillet passa au soir deux rivières, ID. ib. m, 626. Faisoit de l'esbahi, comme s'il n'y eusl jamais louché, A'uit* de Slru-

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parole, t. l, p. S". On touche toujours sur le cheval i|ui tire, cotokavb.

— ÊTVM. Itourguig. tôchai, frapper; Berry, touche-aux-nues , houiinc de petite taille ; prov. tocar, tochar , toquar ; espagn. et porlug. tocar; iul. toccare ; d'après Diez, de l'aiic. haïU-allcm. lu eh6n, tirer, arracher. Ce qui rond cette étymologie trhs-probahlc, c'est que s« toucher a signilié •'échapper, se tirer (voy. l'historique), ce qui serait inexplicable si toucher représentait un radical analogue à tac du latin lac-tut.

2.TOCCIIKR(tou-chc; \'r ne se lie jamais), ». m. Il 1' Celui des cinq sens qui nous fait connaître les qualités palpables dos corps, telles que la consistance, la sécheresse ou l'humidité, la connguraliun extérieure. Les sensations ne produiraient que des juKenienls faux, s'ils n'étaient, à tout instant, rectifiés par le témoignage du toucher; celui-ci est le sens solide, c'est la pierre de touche et la mesure de tous les autres, buff. Ilist. not. hom. Œuv. t. iv, p. IHI. Le toucher n'est qu'un contactde superficie, lu. 16. p. &04. Le toucher, considéré on lui-même, ne nous donne proprement qu'une sensation, celle de l'impénétrabilité et de la résistance plus ou moins grande des corps, d'oii nous concluons la réalité de la résistance, d'alemb. Mél. etc., t. v, § 7. Toutes les idées qui nous viennent par le toucher, supposent des comparaisons et des jugements; à peine le loucher est instruit, qu'il devient le maître des autres sens, condil. Œuv. t. v, p. l. Le toucher parait plus particulièrement le sens de l'homme, parce qu'il est plus parfait chez lui que dans les autres animaux, sennebier. Est. art d'obt. t. t, p. 186, dans POUGENS. Le toucher, roi des sens, les surpasse en richesse, deulle, Imag. 1. 1|2° Il se dit de la qualité qu'un corps touché fait apprécier. Le toucher gras de ce liquide semble provenir, comme celui du mercure, du grand rapprochement de ses parties ; et c'est en eflet, après le mercure, le liquide le plus dense qui nous soit cohnu, BLFF. IfiT». t. III, p. 240. Le toucher dur du Violoncelle racornit... 1. i. Rouss. Ém. 11. 113° Manière dont un musicien joue d'un instrument à touches ou à cordes. Ce pianiste, ce joueur de guitare a un beau toucher, un toucher brillant. Il 4* Contact. [Homniejqui ne soit pourtant Mal fait de corps, ni par tropdé^'oiitaiit, Ni d'un touchers! rude et si sauvage, la font, ilandrag. Toutes les parties de moi-même se rassemblèrent sous ce toucher délicieux, J. J. rouss. Uél. i, M. || 6° Terme d'obstétrique et de chirurgie. Opération qui consiste à explorer avec le doigt médium ou l'indicateur certains organes.

— SYN. TOUCHER, TACT, ATTOUCHEMENT. Le tOU-

cher est le sens; le tact est le loucher en exercice. L'atlouchement est l'action de toucher.

— IIIST. XIV* s. Ceulx qui sont desatlrempez en touchier ou en gouster, obesme, Éth. »3. || xvi* s. Le toucher ou attouchement est fait en toutes parties ayans nerfs, rare, Introd. 9.

— ETYM. Tourher 1.

tTOCCIUriTE (tou-chè-f), t. f. Petites barres d'ivoire, incrustées dans le manche de la guitare, qui le divisent en demi-tons. L'instrument avait non-seulement des chevilles, mais des tons ou touchettes deslinéos à déterminer fixement la position des doigts lorsque l'on jouait, la face, Ilist. génér. de la mus. t. n, p. t09.

t TOnCHfiUR (tou-cheur), ». m. || 1" Celui qui touche. Il i' Particulièrement, toucheur, loucheuse, celui, celle qui prétend guérir par des attouchements. C'est là qu'on voyait s'assembler de tous côtés un nombre incroyable de personnes pour lui demander [à un prétendu prophète irlandais, en 1064] le rétablissement de leur santé; il nd (disait autre chose que les toucher.... c'est ce qui lui fit donner le nom de toucheur. Vie de saint Ktiremund, dans ses Œuvres, t. i, p. cxii. H Toucheur de carriau, se dit, en Normandie, de gens à qui la superslltion populaire attribue le pouvoir do guérir le carreau par des attouchements, il 3' Toucheur, homme qui conduit les boeufs en troupe aux abattoirs. || 4' Dans les houillères do la Loire, conducteur des chevaux dans les galeries snuterraines. || Ouvrier qui conduit le cheval ein- |iloyé à faire mouvoir les machines dans une ardoisière. Il 5" A|ipareil qui, dans une presse mécanique, di^triliue l'encre sur les caractères.

— HIST. XVI* s. Toucheur d'asnes, cotohave. TOt'-C.OI (toukoi). Terme de chasse. Mol qu'on

emploie pour faire taire un limier lorsqu'il crie. Tou-coi, chien, lou-coi.

-^- £TV»1. Tout, et coi.

TOOE (toue), ». f. Il 1* Action de louer. Les vaisseaux n'y arrivent qu'^ la toue, parce qu'ils trouvent toujours des vents contraires ou un grand calme, raynal, llitl. phil. vu, 32. || !■ Bateau plat i|ui sert de bac. || Toue sapine, grande toue i quille et en bois do sapin. Pour une grande toue sapine de Seine, Yonne et Ixiing, est ilii.... grandes toues et autres portant chefs ou quilles.... l>éclar. 21 oct. 1 7i 5, «an/. || Toue chénitre, toue

en bois de cliéne le chargement des toues

chênières [sur l'Yonne] .... peut Ctre évalué de 8S i 70 tonneaux, e. ghanokz. Voies navigables de France, p. 723. ||3° Terme de marine. Petite embarcation plato.

— HIST. xvi* s. Mort vint par homme; et par eulx tous Trcspasse mort avec sa toux, B. descu. Poésies tnss, {' 3(io.

— ETYM. Voy. T0UEH.

TOUÊ, P.K (tou-6, ée), port. po».'!«! de louer. Navire loué.

TOUÉE (tou ée), ». f. Terme de manne. || 1" Action de louer un navire Sortir d'un port à la louée. Il 2' Cordage à l'aide duquel on lire un vaisseau ncltant pour lui faire parcourir un certain espace. || Grande louée, câble composé de trois cibles épissés bout à bout; la petite louée ne se compose que de deux câbles.

— HIST. XV* s. Lesquelx maislres des pons auront une bonne flectc [barque].... pour porter les filiez, appeliez la louée, pour lesdits labourages faire, tant en montant et avalant lesdiz nefs, bastcaux et vaisseaux, du Gange, thouma. || xvi* s. Legicrement feirent une louée; Cables greslins on ahuste et apresle, X l'esqueull est l'ancre toute preste. Et à haller chascun fait son effort, j. parmentier. Chant roy. dans ial.

— ÊTYM. Toué.

TOUER (tou-é), je louais, nous louions, vous louiez; que je toue, que nous louions, que vous louiez, V. a. Terme de marine. Tirer à bord, soit par le moyen du cabestan, soit à bras, sur une amarre dont l'autre extrémité est fixée à terre ou à une ancre mouillée en avant du bâtiment, vers le lieu où l'on veut aller. || Se louer, v. réft. Se haler sur un cordage attaché à une ancre, â un autre navire, à un point fixe quelconque. La frégate fui serrée contre la terre, l'arrière fort prfs des roches; il fut impossible de songer à se louer, LAPÉROUSE, Voy. t. II, p. )B0, dans iolgens.

— HIST. xvi* s. Le vent aianl rais bas, il falloit les laisser derrière jles caraques] ou les louer, d'aub. Hist. II, 23. L'autre estantpriso, les preneursse firent louer bien à propos à leurs gens, ro. «6. 11, 2»s.

— ÈTYM. Espagn. atoar ; de l'angl. lo tow, louer, qui tient à l'allem. Tau, corde; isl. toug ; suéd. tog ; holl. (ouïr.

t TOUEUR (loueur), ». m. Sorte de remorqueur qui se dislingue du remorqueur ordinaire en ce que le loueur, au lieu d'agir sur l'eau au moyen de roues ou d'une hélice, avance à l'aide d'une chaîne qui est mouillée au fond de l'eau sur tout le parcours, et qui s'engage sur un engrenage mis en mouvement par la machine du navire. L'administration est saisie d'un projet pour remplacer [sur le canal Saint-Ouentiii] les haleurs à bras par des loueurs mus par la vapeur, e. changez. Voies navigables de l'rance, p. 567.

t TOUEUX (tou-eû), ». m. Ancre de louée à l'aide de laquelle on se loue.

TOUFFE (lou-n, ». f. Il 1" Assemblage d'arbres, d'herbes, de fieurs, de plumes, etc. en quantité et rapproch's. Des touffes de scolopendre Suspendues comme de longs rubuns, Bernard, de st-p. Paul et Virg. Ouelqiielois, gravissant la mousse du rocher, Dans une toufi'e épaisse elle [la Muse) va se cacher, a. chén. Élég. x. El, coIdsscs perdus dans ses larges contours [de BabelJ, Les palmiers chevelus, pendant au front des tours. Semblaient d'en bas des touffes d'herbes, v. hugo, Orienttles, 1. || 2* Partie d'un bois, d'un bosquet extrêmement garnie. Je rencontrais de Icmps en temps des touffes obscures, impénétrables aux rayons du soleil comme dans la plus épaisse forêt; ces toulTes étaient formées îles arbres du bois le plus flexible.... j. j. rolss. Ilél. iv, )4.|| 3° Chevelure, toupet. X Livry,avcc sa touffe ébouriff'ée |de M. de (irignan] vous ne pensiez pas qu'Adonis fût plus beau, sÉv. 7». jl 4° Maladie des vers à soie.

— MIST. xiii* s. Une luffe de plume, du cange, tufa.\\\i\' s. Quant marjolaine est bien reprise, adonc la dois arrachier par touffes et replanter à large en pots, tfénagier, 11, 2. || xv* s. Un tofl"cl d'oi tyes, du cangb, tufa.

— tm. Lat. tufa, sorte d'étendard fait de plu» mes usité chez les Kouiains. Tufa, qui est dam Végèco, appartient à la latinité dernière et est d'origine germanique : suisse, xi'lff, une poignée do quelque chose; allem. Xopf, touffe de cheveux; angl. top, sommet. On a dit aussi touche, qui parait provenir d'un radical diirércnt : xv* siècle : Holraireje me vueil es touches Des bois, ainsi que les farouches; Car d'eslre au monde j'ay grant honte, cil. u'orl. Rondeau.

t TOUFFER (tou fé), V. a. Terme rural. Disposer en touffes. || F. n. Se former en loufTes.

TOt'FPEUR (lou-feur), ». f. Terme familier. Exhalaison qu'on sent en entrant dans un lieu où il y a une grande chaleur.

— HIST. xvr s. Touffeur, temps chaud et étouffant, OUDIN, Dict.

— F.TYM. Touffeur est le simple dont étouffer est le composé. L'objection faite contre Diez (voy. ÉTOUFFER) n'est donc pas valable.

TOUFFU, UE (lou-fu, fuc), adj. Qui est en touffe, qui est épais et bien garni. Une plume touffue ondoyait sur sa lélo, Tristan, if. de Chrispe, i, 3. Le blé, riche présent de la blonde Cérès, Trop louflTu bien souvent épuise les guérols, la pont. Fabl. IX, H. Son menton nourrissait une barbe touffue, ID. ib. II, 7. Le génie poétique anglais ressemble jusqu'à présent à un arbre touffu, planté par la nature, jetant au hasard mille rameaux, et croissant inégalement avec force, volt. Mél. liU. trag. angl. Une race de brebis à plusieurs cornes, à la laine dure et épaisse, au-dessous de laquelle se trouve une seconde fourrure d'une laine plus douce, plus fine et plus toufl'ue, buff. Quadrup. t. V, p. (24. Et des pampres touffus le luxe infructueux, DELiLLE, Géorg. n. || 2 Garni de loufTes. Sur les rochers louflTus.... a. chén. À la France.

— HIST. xvi* s. La queue.... le bout de laquelle esl fort touffu de poil, paré, Monstr. app. 8.

— ÊTYM. Touffe.

TOUG (tough), ». m. Étendard turc, fait d'une demi-pique au bout de laquelle est attachée une queue de cheval avec un bouton d'or. || On dit aussi loue.

— f.TVM. Turc, tough, queue de cheval.

t 'rOUILLAGE (tou-Ua-j', Il mouillées), 4. m. Procédé pour la purification de la soude brute.

t TOUILLE (tou-U', U mouillées), ». m. Un des noms du requin.

t TOUILLE-BOEUF (tou-lle-beuf), ». m. Espèce de chien de mer.

t TOUILLER (lou-Ilé, U mouillées), v. a. Dissoudre la soude brute, et décanter la liqueur quand elle est devenue claire. || Remuer avec un bâton, en les humectant, les matières qui servent à fabriquer la poudre.

— ËTYM. L'ano. franc. toutUer, salir, barbouiller.

t TOUILLOIR (lou-lloir, U mouillées), ». m. Bâton recourbé servant à touiller 1a poudre.

TOUJOURS (tou-jour; I'» ne se lie pas), ado. Il 1" Tous les jours, sans fin, sans interruption. La lune tourne toujours autour de la terre. Mais quoil toujours du sang, et toujours des supplices! corn. Cinna, iv, 3. Le duc [de Chaulnes] est continuellement occupé ; toujours dos troupes à envoyer, à loger; toujours des revues, toujours des taral.ours, toujours des soldats, des régiments, des officiers, SÉv. 552. Eh quoi ! soufl"rir toujours un tourment qu'elle ignore I Toujours verser des pleurs qu'il faut que je dévore I rac. Bérén. 1, 2. Eh I savez-vous ce que c'est que rétcrnité? c'est une pendule dont le balancier dit et redit sans cesse ces deux mots seulement dans le silence des tombeaux : Toujours, jamais 1 Jamais, toujours! El toujours! iiridaine, cilé par MALRY, Élnq. de la chaire, xx. || Substantivement. Le toujours. Par toujours j'entends un Irès-lnng temps, et non pas une éternité absolue, le toujours de l'avenir n'étant jamais qu'égal au toujours du passé, bupf. Homme, Arith. morale, Œuv. t. x, p. "l. || 2* En continuant à être, à faire. Il est toujours absent. Votre pelil frère est toujours parti, et j'en suis toujours fâchée, SÉV. 22 avril 1070. Je l'ai voulu, sans doute; El je le veux toujours, quelque prix qu'il m'en coûte, KA.C. Bajai. III, l.||3* Sans exception, en toute occasion. Vous n'avez pas toujours fait votre devoir. Je l'ai toujours dit. Us [les ennemis] le trouvent toujours sur ses gardes, toujours prêt à fondre sur euï, Boss. touis de Bourbon. Un slj le trop égal et toujours uniforme. Eu vain brille à nos yeux, il faut qu'il nous endorme, boil. Art p. i. Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible, lu. ib.

TOU

Peut-être, en le voyant, votre amour plus timide Ne prondra pas toujours sa colère pour guide, Bac Andr. i, \. Toujours humble, toujours le timide Néron N'ose-t-il être Auguste et César que de nom? m. liril. i, 2. On croit avoir toujours aimé l'objet qu'on aime, tant il est difficile de concevoir qu'on ait pu vivre sans lui, STAËL, Corinne, viii, 2. ||4° I.c plus souvent, ordinairement. Il ment toujours. Elle est toujours en prières. Quelques crimes toujours précèdent les grands crimes, rac. Phèdre, iv, 2. || 5° En attendant, néanmoins. Je vais sortir, travaillez toujours. Qu'il y ait, si l'on veut, de l'exagération dans ce nombre, toujours est-il assuré que son peuple était innombrable, Boss //ù(. m, 3. Si dans l'Autriche Albert reçut la vie, La Suisse était toujours sa première patrie, lemierre, G. Tell, 1, 2. Enfin, pardessus tout cela, elle est parente du roi.... elle n'en est pas plus fière toujours, genlis, Veill. du chdt. t. II, p. 470, dans pûugens. |{ 6° Du moins. Si je n'ai pas réussi, toujours ai-je fait mon devoir. || 7° X toujours, pour toujours, sans retour. Et le premier instant où les enfants des rois Ouvrent les yeux à la lumière Est celui qui vient quelquefois Fermer pour toujours leur paupière, LA PONT. Fabl. VIII, 1. Tu le sais; chaque fois que j'aime, Je pense que c'est pour toujours, lamotte. Odes, 1. 1, p. 454, dans pougens. Adieu, mon aimable ami , adieu pour toujours : ainsi l'ordonne l'inflexible devoir, j. j. rouss. Ilél. m, 20.

— HIST. xi« s. Il priera tuz jurs pur nos péchez, Ch. de Roi. cxxxix. Quant cil est mort, qui tuz jurs nus cadelet [commande], 16. ccvi. || xn* s. Et fine amor si ne doit pas grever Ceux qui peinent toz jors de lui servir, Couc», x. || xiii" s. S'or i laissons [à Jérusalem] nos enemis mortieus [mortels], Â lousjours mais ert [sera] no vie honteuse, QUESNES, llomancero, p. 05. El Sabine à tousjours de la terre est banle, audefh. le bast. ib. p. 27. Et pour ce dit-on que trop fait cil mal et vilenie qui, par paour de mort, chose fait qui à deshonneur ti peut eslre reprovée à tous jors, villeh. cxLviii. Le ferrais [tapissier] s'avisa que le soudanc venoit touz jours jouer aux eschez après relevée, joiNV 2<3. ||xvi" s. Je me suis dez tousjours entretenu des imaginations de la mort, mont, i, 77. Il fault conclure que Dieu seul est, non point selon aulcune mesure de temps.... ains un reniement estant, qui par un seul maintenant emplit le tousjours, iD. n, 370.

— ÉTVM. Tous, et jours; bourg. tdj6,t6jor,torjo ; nivern. tozor ; Borry, toujous; ouest du Berry, torjous; angoum. leurjoux, teurjaux, trejaux. L'ancienne langue disait aussi tousdis, ce qui est l'équivalent de tousjours: elle disait toute jour, y faisant jour féminin comme le latin dies l'est quelquefois.

t TOULINE (tou-li-n'), s. f. Terme de marine. Cordage qui sert à touer, à remorquer un navire.

— ÊTVM. Angl. tow-line, de tow, touer, et Une, corde.

t TOULOCCOUNA (tou-lou-kou-na), 1. m. Nom vulgaire, dans la Séncgambie, du corapd (ouioucouna de Perrotet, et dont les graines fournissent l'huile de touloucouna, actuellement d'un usage commercial en Europe, surtout à Marseille pour la fabrication du savon, legoarant.

t TOULOUCOUNIN(tou-lou-kou-nin),î. m. Terme de chimie. Principe amer de l'écorce de touloucouna.

t TODLOUPE (tou-lou-p"), s. f. Sorte de peau d'agneau préparée. Les Tartares y portent, de leur propre territoire, ces belles touloupes de petits agneaux dont on éventre les mères, pour avoir des peaux moirées, blanches et fines, ray- NAL, Hist phil. V, i9.

TOUPET (tou-pè; le { ne se lie pas; au pluriel r» se lie: des tou-pè-z-élégants) , s. m. || 1° Petite touffe de poils, de cheveux, de crin, de laine. Un toupet de cheveux Lui fut coupé, droit vers le front du sire, la pont. Muletier. Peut-être.... II.... S'arrachera de rage un toupet de cheveux Qui ne sont pas à lui, regnard, le Joueur, 11, <. 11 avait par-dessus le marché les jambes fort tournées en dedans; et il était si chauve qu'il ne lui restait qu'un toupet de cheveux par derrière, lesage, Gil Blat, vil, 2. Il Un toupet de barbe, on dit plus ordinairement: un bouquet de barbe. || 2* Absolument, touffe de cheveux sur le sommet du front. Son toupet est dérangé. Un faux toupet. Vous ne reconnaîtriez pas celle personne qui se coiffait en toupet, qui mettait son buse entre sa chair et sa

TOU

chemise, et qui ne s'asseyait que sur la pointe lies sièges pliants, siiv. •iOi. Sou toupet gris, avec la mignardisf^, lui d(miie l'air d'une vieille coquette, DiDER. Salon de 1787, (Kuv. t. xiv, p. 3r>, dan» POUGENS. L'ftge avait pu dégarnir son cnine ; mais un toupet parfaitement en liarmoiiie avitc les cheveux répaiail le ravage dos années, beyiiaud, Jér. Patur, i, 3. || Familléreuient. Se prendre au toupet, se prendre aux cheveux. || Fig. cl l'aniilièreraent. Son toupet lui prend, son toupet s'écliaulTo, Il a un mouvement de caprice, d'mipatieneo. Voyant le toupet [de la maréchale de Luxembourg] s'échauffer, je me tus et me laissai quereller, st-sim. 07, 27. Il Fig. et populairemenl. Avoir du toupet, avoir du feu, de la verve, de la hardiesse, de l'effronterie. || Avoir du toupet, s'est dit parce que les bravi italiens laissaient croître un toupet qu'ils portaient sous leur chapeau, le ramonant sur leur visage, le coup fait, pour n'être point reconnus. Il Relever le toupet, réprimander. Madime mère se plaignait à lui [un colonel] de quelques

procédés de son fils [Napoléon I"'] : Si j'étais

de vous, madame, je lui relèverais le toupet avec de la pommade forte, • p. L. couH. Lett. 13 déc. 1805. Il 3" Dans le cheval, houppe de crins qui s'échappe de la partie antérieure de la crinière et qui tombe entre les oreilles. Le toupet est toujours en rapport avec la crinière pour l'abondance, la finesse et la longueur des crins. || 4° Toupet bleu, verdier de Jai^a.

— mST. XII' s. Par le toupet l'a sesi, sel tret jus [le tire en bas], la Prise d'Orenge, v. 120. Il XIII' s. Et uns Turs [un Turc] est issus, si a prises ses armes, El sist sor un cheval, les pics ot blans tôt quatre. De devant al topet ot freinée une cliartre [eut attaché une lettre], Ch. d'Ant. Compl, 68. Il XIV' s. En une cité qui siel sur le tojpet d'une haulle monlaigne, Chr. de St Denis, t. i, f" 0, dans LACURNE. 11 [le singe, à la cour du roi Noble] vait à l'un faisant la moe. Et l'autre reprent par la joe. Par le toupet ou par l'oreille, j. de condé, t. m, p. 78. Il xv s. I! y pest chascun matin. Car il en a chault le touppet; Dieu le me sauve, ce varlet, CH. d'orl. Bal. 136. Pirula, tipet de le nés [bout du nez], scheler, Lexicogr. latine, p. 42C. c'est grant blasme que vous qui plorez ce que ne povez avoir, et dont ung autre jouira tempreraent à votre présence ; et lors les compaignons vous rongneront le toupet comme à celluy qui a musé pour néant, Perceforest, t. v, f" 78. || xvr s. Le troesne graine tous les ans, jettant sa semence dans de petites bouteilles noires à touppets , 0. DE serres, •')87.

— ÉTYM. Bourguig. tôpô, haut de la tête; diminutif de l'anc. français toup, qui vient de l'allem. Zopf, touffe de cheveux; anc. scandin. toppr; le radical est le même que dans touffe (voy. ce mot). Le gaélique a aussi top, tap, une touffe.

t TOUPETfE (tou-pè-f), s. f. Nom donné par Bridel au genre pohlia, mousses.

TOUPIE (tou-pie), s. f. \\ t° Jouet de bois fait en forme de poire ; on y enroule une cordelette qui, en SR déroulant rapidement, lui communique un mouvement de rotation sur sa pointe de (er. Toupie hollandaise. Toupie éolienne la reine étourdie. Plus que sabot ni que toupie, Court en fureur par-ci par-là, sCarr. Virg. vu. {| Fig. Lui [l'Amour] un enfant I on ne considérait donc pas qu'il terrassait les Hercules, et qu'il n'avait jamais eu d'autres toupies que leurs cœurs, la font. Psyché, II, p. <84. Il On dit qu'une toupie dort, quand, tournant très-rapidement, elle reste immobile en une même place. || 1' Toupie d'Allemagne, toupie creuse, percée d'un trou, et qui fait du bruit en tournant. Il 3° Populairement. Femme de mauvaise vie du plus bas étage. || 4° Genre de coquilles univalves. Il 5 " Instrument pour observer l'horizon en mer malgré le roulis et le tangage.

— HIST. xiv s. Quarente pensers a femme, je vous afie. Anchois que puis avoir sa chemise vestie, Plus tost est retournée que li vens ne toupie, Baud. de Seb. dans Hist. litt..dt la Pr. t xxv, p. 558. Il XV' s. De la tourpie aux Amantins M'esbatoie soirs et matins, froiss. Poésies mss. p. 87, col. <.

— f.TYM. Origine germanique d'après Diez : angl. top; de la racine top, pointe, extrémité, qui est identique avec le top, lopf, d'où touffe et toupet (voy. touffe). D'un autre côté, toupie semble en rapport avec l'ancien français toupin, tupin, pot ; provenç. topi, topina, de l'allem. Topf, pot. La toupie aurait-elle été ditede sa forme rondecommc celle d'un pot? On a dit aussi toupit pour toupie.

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t TOUPILlAfiE (tou-pi-Ua-j', (I mouillée»), ». m. Action de toupiller. Je me promenais lentement et incessamment, sans m'attacher à personne.... je me servis de ce long toupillage pour parler aux uns et aux autres, st-sim. 514, 72.

TOUPILLER (tou-pl-llé, Il mouillées, et Tjan tou-pi-yé), V. n. || !• Tournoyer comme une toupie (sens propre qui n'est pas usité). || 2" Fig. et familièrement, en parlant des personnes, ne faire qu'aller et venir dans une maison. Je vas, je viens, je toupille, et, sitôt que je m'assieds, mes pauvres jambes.... beaumarch. Uarb. de Sév. m, 4. || Il se conjugue avec oeoir. || Richelet écrit toupicr.

— HIST. XIV' 8. Par une main le prist, puis le fu toupians Trois tours environ lui; au quart le fu getans Encontre un dur pilier, Baud. de Seb. vu, 604. Il xv s. Il est à toupier à l'entour du buisson, llist. de la Toison d'or, t. 11, f* 214, dans LACURNE. Il XVI' S. Ce n'cst pas topier le fuseau dans les doigts Qu'avoir le glaive en main.... ifyst. du siège d'Orléans, Append. p. 704.

— ÉTYM. Toupier vient de toupie, et toupiller da loup»; (voy. toupie). En Normandie, on dit toupiner, de toupin.

TOUPILLON (tou-pi-llon, U mouillées, et non tou-pi-yon), s. m. || 1° l'élit toupet. || Fig. Chacun en prit sa pièce [du linge sale], et, la mettant en un toupillon, la darda à la tête d'Hortensius, qui se défendait au moins mal qu'il pouvait, Fraucion, IV, p. 154. Il 2° Poils de la tête du veau. Le toupillon est nu et peu volumineux.... au-dessus de 6 à 0 mois.... le toupillon se garnit de poils plus ou moins frisés. Tarif des douanes de 1844, note 7. Il 8° Branches inutiles et confuses d'un oranger.

— ETY.M. Dimin. de l'anc. toup, primitif de toupet. t TOUPIN (tou-pin), s. m. || 1° Espèce de toupie

sans fer, qu'on fait tourner à l'aide d'un foufft. On dit plus souventsabot. || 2"Inslrumentemployépour le commettage des grosses cordes, dit aussi gabieu.

— HIST. xiv s. Toupin, DU cange, trocus.

— ÉTYM. Autre forme de toupie (voy. ce mot).

t TOUPINIER (lou-pi-nié), s. m. Dans le langage de la banque, nom donné à de petits escompteurs, faisant faire des signatures d'endossement pour cinq sous par des écrivains publics.

t TOUPIOLE (tou-pi-o-l'), «. f. Sceau de Salomon, polygonafum vulgare, desfont.

fTOUPRAS (tou-pri), s. m. Nom donné, sur le banc de Terre-Neuve, à l'amarre d'un bâtiment.

t TOUQUE (tou-k'), ». f. Bâtiment pour la pêche du hareng.

l.TOUli (tour), ». ^. ||1° Bâtiment élevé, rond ou à plusieurs faces, qui servait autrefois à fortifier l'enceinte des villes, des châteaux, etc. Les tours étilent carrées : chaque côté de la tour avait vingt pieds de largeur, saci. Bible, Judith, I, 3. Restait cette redoutable infanterie de l'armée d'Espagne dont les gros bataillons serrés, semblables à autant de tours, mais à des tours qui sauraient réparer leurs brèches.... boss. iouis de Bourbon. Quand verrai-je, 6 Sion, relever tes remparts, Etde tes tours les magnifiques faîtes? RAC. Esth. I, 2. Diodore de Sicile nous apprend qu'il y avait sans cesse au haut de la tour de Bauylone un astronome en faction qui observait les levers et les aspects des astres au moment de la naissance d'un enfant, bailly, Hist. astr. anc. p. 144. Il Fig. Il est donc vrai que c'est la dernière goutte [n'avoir pas remis à temps une dépêche au roi] qui a fait répandre le verre [disgracier Pompone] ; ce qui nous fait chasser notre portier, quand 11 ne nous donne pas un billet que nous attendons avec impatience, a fait tomber du haut de la tour, sév. 8 déc. 1670. i| Fig. Défense. Le poète Fortunat a chanté, après sainl Chrysostome, que Rome avait deux remparts et deux tours dans saint Pierre et dans sainl Paul, boss. Var. xiii. Il 2» Il se dit pour clocher. La tour de l'horloge. Ces temples, ces tours qui portept si haut dans les air» les éclatants attiibuls du christianisme, Mirabeau, Collection, t. v, p. 30l. Proclamant sur son âme Les tours de Notre-Dame Centre de l'univers, bérano. Jean de Paris. || Tours de beurre, nom donné aux clochqrs de plusieurs de nos cathédrales, à cause (lu'clles avaient été bâties à l'aide de fonds provenant des offrandes faites par les paroissiens qui avaient obtenu l'autorisation de manger du beurre en carême. || 8' La tour de Babel, la tour que, suivant la Bible, les descendanU de Noé essayèrent d'élever ju.squ'au ciel, et dont Dieu arrêta la construction en faisant que les hommei

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0e3«^^ent de parler te mime langage et de s'entendre. Saint Jérâmo.... dit que la tour de Babel avait déjà quatre mille pu.» de hauteur ; ce qui ferait vingt mille pieds, si c'étaient de» pas géométriques, VOLT. Phil. Biblf expl. Gtn. \\ Fig. Nous brillons de désir de trouver une assiette ferme et une leniière base constante, pour y édifier une tour qui s'élève à l'infini, pasc. Ptns. l, *, édit. HAVBT. Il Kig. et familièrement. Tour de Babel ou tour de Babylone, lieu où tout le monde parle & la fois et sans s'entendre. C'est véritablement la tour de Babylone, Car chacun y babille, et tout du long de l'aune, mol. Tart.i, 4.||4" La lourde Londres, vieui château bàli près de la Tamise par Guillaume le Conquérant , duc de Normandie. Semblable à l'aigle qui ne perd jamais de vue le nid de ses aiglons, Londres voit du sommet de sa tour ses colonies croître et prospérer sous ses regards attentifs, raynal, Uist. phil. xiv, 4. || Absolument, la Tour (avec une majuscule). Je voulais dts premiers saluer à la Tour Le roi, qu'auprès de vous je croyais do retour, c. delav. Enfants d'Edouard, ii, 4. |{ 5* Réduit construit dans les batteries de cAle qui sont exposées à être attaquées avec du canon. {| 6° Tour casematée, ou tour maximilienne, tour en maçonnerie, garnie de canon, qui est employée dans la fortification allemande. Il 7° Tour tournante, espèce de tour en fer que l'on place sur le tillac des vaisseaux cuirassés, pour y loger des hommes et du canon. Il 8" Tour à feu, ou, simplement, tour, phare placé sur les côtes. La tour de Cordouan. || 9* Tour de moulin â vent, le bâtiment rond qui porte lesailes et qui renferme la meule. || 10° Terme d'antiquité. Machines en forme de tours, placées sur le dos dos éléphants, et remplies d'archers. || Tour mobile, machine de guerre des anciens employée dans les sièges. 11 fallut [dans les sièges chez les anciens] trouver un autre moyen pour arriver jusqu'à la hauteur du rempart; et ce fui de bâtir des tours de bois roulantes plus hautes que les murs, et de les en rapprocher, boulin, llist. anc. Œuv. t. ii, p. 409, dans P0UGBN8. || 11 " Arbalète à tour, ancienne machine de guerre destinée à agir contre les tours ; il faut la distinguer de l'arbalète à tour, arme portative (voy. tour 2). || 12° Aux échecs, la pièce qu'on appelait autrefois roc, et qui est placée aux coins de l'échiquier. || 13" Terme de pêche. M Enceinte ronde des bourdigues , dans la(|uelle les poissons se rassemblent. || 14° Terme do construction. Tour ronde, se dit du parement convexe d'une portion de mur cylindrique. || Tour creuse, parement concave d'un mur cylindrique. Il 16* Terme de serrurerie. Tour creuse, nom des plaques de fonte circulaires qui se placent dans les angles du contre-C(i>ur d'une cheminée.

— Hisr. XI* s. Od [avec] ses cadables [machines de guerre] les turs en abatied, Ch. de Roi. vili. Il XII* s. Il ont veù du Maii^la tor et le donjon, Sax. XXI!. Vers nous ne se lenra (tiendra] forteresse ne tours, ib. xxvii. {| xiii' s. Or est Renart dedens sa tor, Ren. »17. |1 xv s. Pour ce vous tien ma dame et ma déesse. Mon refuge, ma furtresse et ma tour, e. desch. Poésies mss. f" 184.

— KTVll. Bourguig. /or; provenç. tor; espagn. et ital. torre ; du lat. tnrris, qui est le grec tiipci,- ou tii^iii. Les langues celtiques ont: gaél. torr, tour, éminence, monticule; irland. tur.

i. TOUR (tour), I. m. Il !• Machine pour façonner en rond le bois, l'ivoire, les métaux. || 2° Kspèco de petite boîte cylindrique qui tourne sur deux pivots, et dont on se sert dans les monastères. || 8° Espète de petit treuil qui était employé pour bander

I certaines arbalètes. || 4° Tour à piler. || 6° Tour, en termes de marine. || 6' Tour du potier. || 7° Tour à pâte. Il 8° Mouvement circulaire. || 9* Un tour, deux

I tours de clef. || 10' Tour de broche. || 11' Tour de reins. || 12' Demi-tour. || IS» Marche, voyage, promenade, allées et venues. || 14° Il se dit de certaines choses qui vont en serpentant. || 15° Un tour de tric-trac. || 16° Un tour aux jeux de cartes.

^ Il 17° Chaque façon que le boulanger donne à la

)j pâte. Il 18° Circuit, circonférence d'un lieu ou d'un I corps. Il 19° Visite faite autour. || 20° Tour de l'é- I chelle. Tourdu chat. Tour de la souris. ||21' Tour [ de lit. Il 22° Différentes parUes de rhabiUemcnt, de la parure, montées en rond. i| 23" Contour. Il 24* Toute actitjn qui exige de l'agilité.' de la subtilité, de la souplesse, de la force. || 2S° En chirurgie, tour de maître. ||18°Tourdu bâton. ||27°En général, acte, action. || 28' Trait d'habileté, manière d'agir où il entre de l'adresse. || 89° Manière «a préseuter, de faire voir uue chose. || 84* Tour

nure, forme, mouvement de style, manière d'exprimer ses pensées, de construire ses phrases. Il SI* Façon d'être. ||82* Rang successif, alternatif. il 83* Tour à tour.

1* Machine pour façonner en rond le bois, l'ivoire, les métaux. Tour en l'air. Cela est fait au tour. Les lignes du chapiteau de la cannelure des colonnes du l'arlhenon sont si déliées, qu'on serait tenté de croire que la colonne entière a passé au tour, chatkaub. Itin. part. l.||Tour» figurés, dits aussi tours à portraits et tours à combinaisons, tours qui servent i guillocher, à graver, à sculpter. L'art de graver avec la pointe du diamant et avec le tour naquit dans le siècle de Michel-Ange, j. dumesnil, Hist. des amat. franc. m, 37. Il Kig. Cette femme a le bras, la main, la gorge faite au tour, elle les a parfaitement bien faits. Tout charmait, tout était fait au tour, la font. TaU. Offres, soins obligeants, compliments faits au tour, LAMOTTK, Fabl. IV, 46. || On dit de même : un homme fait au tour, une femme faite autour. Du reste elle est faite autour; elle ne crie jamais, elle est douce et caressante, sÉv. <20. Voilà ce qui s'appelle un garçon fait au touri beonard, Je Bal, 9. Il La chambre, l'atelier où est placé un tour. || 2° Espèce de petite boîte cylindrique, qui tourne sur deux pivots, et de laquelle on se sort dans les couvents des religieuses pour faire entrer ou pour faire sortir de petits objets. Enfin pourtant il a passé le tour Du monastère.... oresset, Yer-vert, ii. Il Dame du tour, religieuse qui, au dedans du couvent, a soin du tour et avertit les religieuses quand on les demande. || Se dit particulièrement des armoires rondes à pivot qui se trouvent à la porte des hospices et où l'on dépose les enfants que l'on veut abandonner à la chanté publique. Il faut remarquer que le nombre des enfants présentés à l'hospice des Enfants Trouvés do Paris est augmenté par celui des enfants que leurs parents indigents, ou même les gens des contrées voisines portent au tour de cet hospice, mouroue, Instil. Mém. se. ph. et math. Sav. étr. t. i, p. 36. || On se sert d'une machine pareille dans le conclave, dans certains hospices, dans les prisons, et dans certaines maisons pour faire passer les plats de la cuisine dans la salle à manger sans en ouvrir la porte. || 3" Espèce de petit treuil qui était employé pour bander certaines arbalètes. Arbalète à tour. || 4" Tour à piler, appareil pour écraser les pommes à cidre. Il 6° Terme de marine. Dévidoir sur lequel on enroule soit du bitord, soit la ligne du luch. HTour mort, attache qui se fait en passant, sur une pièce de bois saillante, un seul tour d'un cordage, qu'on ramène ainsi sur lui-mémo. || Se dit aussi d'un cordage qu'on ne veut filer que peu à peu, malgré sa tendance à s'échapper. || Tour de bitte, attache qui se fait en passant le cordage en sautoir sur la bitte et sur son traversin. 1| Tour des cibles, entortillement des câbles de deux ancres mouillées. Il Tour d'anguille, suite de circonvolutions spirales qu'on fait faire à un cordage sur un autre. Il Pièce de tour, boidage courbe. || Le tour d'une pièce de bois, sa face courbe. || 6* Tour du potier, roue qui tourne horizontalement et sur laquelle on façonne et arrondit les vases de terre. || Machine des lapidaires à laquelle sont attachés plusieurs outils que l'on fait tourner au moyen d'une roue. || Machine qui sert à donner aux chaudrons et aux poêlons leur dernière façon. Il 7' Tour à pâte, pièce sur laquelle le pâtissier travaille la pâte par le moyen d'un rouleau de bois. Il Table de confiseur. || Rouleau de boisa l'usage des ciriers. Il 8" Par comparaisort avec le mouvement qui est propre au tour machine, mouvement circulaire. Tour de roue. Tour de meule. Avant que le soleil ait fait encore un tour, corn. Méd. m, ). Et n'élever personne au plus haut de la roue [de la Fortune], Que la fin de son tour ne jette dans la boue, rotr. liélis. iv, (O. Que la terre lui paraisse [à l'homaie] comme un point, au prix du vaste tour que cet astre |le soleil] décrit, l'ASC. Pens. I, I, édit. havkt. Déjà la sombre nuit a commencé son tour, rac. Ksth. i, 3. .... Quand l'astre du jour Aura sur l'horizon fait le tiers de son tour, m. Athal. i, <. Il fit un tour sur ses talons, letourneur, Trad. de Cl. llarl. Lett. 98. Il Familièrement. D'ici là il n'y a qu'un tour do roue, il y a peu de distance. |{ X tour de bras, do toute la force du bras (le bras décrivant un tour pour prendre son élan). Les comédiens sont des balourds de commencer la pièce (le CId] par la querelle du comte et de don Dièguc; ils méritent le soufflet qu'on donne au vieux bonhomme, et il faut que

ce soit A tour de bras, volt. Lett. S'Argental, 16 aoikt 1 7«l . Il En un tour de main, en un Instant, en aussi peu de temps qu'il en faut pour tourner l> main. En moins d'un tour de main cola s'accom plissait, LA FONT. Choseimp. Ils [les modernes] ont créé l'art de copier en un tour de main un livre entier; la science, par ce moyen, peut devenir universelle, volt. Dtat, XXIX, la. Il est clair que toutes ces choses arrivèrent dans le temps où Hercule d'un tour de main sépara les deux montagnes, Calpé et Abyla, lo. Jenni , 3. || •• Un tour, deux tours de clef, action do tourner une fois, deux fois la clef dans la serrure. Allons fermer sur lui la porte i double tour, nANCouRT, Trahison punit, m, 8. La serrure était mauvaise ; la clef ne fermait qu'à demi-tour, j. i. rouss. Confess. xi. Bien certainement, signera, quand j'irai par la ville, un bon double tour me répondra de vous, beau- MARCH. Barb. de Sév. il, H. || 10* Tour de broche, révolution que tait la broche en tournant sur elle-même «t en présentant successivement au feu ce qui est embroché. Nous avons des cuisiniers qui ne savent faire aucun ragoût, i la vérité ; mais ils tirent les viandes si i propos, qu'un tour de broche de plus ou de moins, elles seraient gâtées, LESAGF, Turcaret, v, 7. || Ce poulet a un tour de broche de trop, il est un peu trop rôti. Il 11° Tour de rein3,cntorse des reins causée par un effort ou par un faux mouvement. 11 s'est donné un tour de reins.' || Fig Endroit faible. Il m'a voulu faire voir dans les œuvres mêmes de Cicéron cette débilité et ce tour de reins que son ami Brutus.... BALZ. Ilarbon. || On dit dans le même sens : tour , absolument. Sa réputation [de la grande duchesse de Toscane] n'a jamais eu ni tour, ni atteinte, sÉv. 28 juill. 1676. || 12° Demitour, demi-réviilution qu'un homme fait sur luimême. La belle fit demi-tour à droite, hamilt. Croiiim. 10. Un homme qui vient après moi et qui nie passe me fait faire un demi-tour, et un autre qui me croise de l'autre côté, me remet soudain où le premier m'avait pris, hontesq. Lett. pers. 24. Il Terme militaire. Demi-tour, mouvement par lequel on fait face du côté auquel on tournait le dos. Ils plièrent par un demi-tour & droite, malgré l'effort de quelques-uns de leurs officiers, PELLissoN , Lett. htst. t. m, p. 290. Les escadrons rouges se rallièrent en faisant un demitour à droite, ST-sm. 16», 83. 1! Terme de danse. Demi-tour de main, la moitié du tour de main; un cavalier et une dame se donnent la main droite, et décrivent chacune un demi-cercle. || 18" Par extension, marche , voyage , promenade, allées et venues. On me fit au jardin faire cinq ou six tours, RécNiP.R, Sat. ii. Allons dans le jardin faire deux tours d'allée, corn. Suivante, v, 8. Il y fit tant de tours [au lieu où son argent était enfoui] qu'un fossoyeur le vit, la font, h'abl. iv, 20. L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours ; Ma commère la carpe y faisait mille tours, Avec le brochet son compère, m. l'b. vu, 4. Vous voyez bien qu'à le recevoir [.M. de Vendôme] , la mener à Aix, revenir, ce sont des tours infinis, SÉV. I*' nov. 1680. Leurs expéditions (des flibustiers] furent des tours de voleurs, et jamais des campagnes de conquérants, volt. Pict. phil. flibustiers. Il Faire un tour à, en, de, aller à, dans, parcourir. Mon mari s'en va faire Un tour aux champs, la pont. Rém. Il est à propos que je fasse un petit tour à mon argent, mol. l'Av. ii, 4. Je vous quitte pour aller faire un tour do ville, sÉv. 18 juin 1677. D'où j'irai faire un tour à Paris pour quelques alTaires, boss. Lett. abb. I74. Allez faire un tour sur les lieux, et concertez tout avec M. de Tigny, haintenon, Lett. à M. d'Aubigné, 6 oct. 1682. Son époux était allé faire un tour aux dogues et aux taureaux, hamilt. Gramm. 8. Allons faire un tour du cuisine ; Quand j'aurai déjeûné, j'irai voir la cousine, destoucu. Ilomm» sing. i, 8. Il est bien vrai qu'autrefois, ayant été avec AIzire en Amérique, je fis un petit tour en Afrique avec Zulime, avant d'aller voir Idamé à la Chine, VOLT. Mél. litUr. à l'auteur du Mercure. Je crois la Grèce entière libre au moment qu« je vous parle; voulez-vous que nous allions y faire un lourT id. Lett. d'Alemb. 7 juill. 1770. Il II est allé faire un tour de promenade, il est allé se promener. || Absolument. Il est allé faire un tour, il est allé se promener, mais il rentrera bientôt. Il Faire ses tours, aller et venir, tourner. Il fait ses tours comme à l'ordinaire, j. i. rouss. Ém. m. Il Faire ses quinze loin», faire mille choses inutiles. Elle allait i droite et à (fauche.

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rangeant et deranRcant, dépliant une nippe parci, ramassant un ruijau par-là, poussant un siège, «oupirant, disant : Mon Dieul c'était ce que ma vénérable grand'mfcro appelait faire ses quinze tours, E. FEVUKAU, l'eiiillelon de L'Opinion nationale, «2 déo. (H08. Il Populairement. Le petit tour, le grand tour se (lit pour exprimer honnêtemiMit les besoins naturels. S'il avait mal fait et qu'on le grondAt, il allait se coucher dans un coin; il demandait à faire son petit tour et son grand tour, dider. Mem. Rêve d'Alembert. Tout à l'heure encore deux gendarmes me gardaient à vue jour et nuit.... je ne pouvais, sauf respect, faire mon grand tour sans l'assistance de ces deux messieurs, p. L. cour. Lett. ii, 70. || 14' Il se dit de certaines choses qui vont en serpentant. Les tours et retours d'une rivière, d'un labyrinthe. || On dit aussi : les tours et détours. || Fig. Le nœud de votre condition prend .ses replis et ses tours dans cet abîme |le péché originel], pasg. Grand, et misère, 25, édit.'FAUGÈRE. ||15° Un tour de trictrac, les douze trous. Je lui dis.... que, s'il le voulait, je lui jouerais ses quatre pistoles dans un tour unique, hamilt. Cromm. m. || 16" Au jeu de cartes, faire, jouer un tour, jouer jusqu'à ce que tous les joueurs aient eu successivement une fois la main. || Au brelan, jouer cinq tours aux écus, cinq tours aux deux écus, cl un tour au louis d'or, jouer onze tours en tout, à condition de mettre un éru pour les cinq premiers tours, deux écus pour les cinq suivants, et un louis pour le onzième, lin- Chaque façtjn que le boulanger donne à la pâte. Il Opération dite aussi voie, ou cours, ou trait, par laquelle les laineurs font passer le chardon sur le drap. Il Terme de graveur. Se dit des trois premières opérations que l'on fait pour préparer le cuivre. |; 18* Circuit, circonférence d'un lieu ou d'un corps. La terre a neuf mille lieues de tour. Cet arbre a tant de tour. || Faire le tour de, parcourir la circonférence. Monseigneur a fait le tour de la place, sÉv. 467. Encore ceux qui nous ont décrit ce prodigieux édifice [un palais] n'ontils pas eu le temps d'en faire le tour, Boss. Ilist. m, 3. De ces parvis sacrés j'ai deux fois fait le tour, RAC. Athal. m, 7. Les États de quelques souverains d'Allemagne ou d'Italie , dont on peut faire le tour en une demi-heure, volt. Microm. i. Les arts, les coutumes, les opinions, les usages n'ont-ils pas fait le tour du monde? m. Mœurs, Rem. 21. Aucun [ancien géographe] n'a osé dire ni même conjecturer qu'il était possible de faire le tour du monde; Magellan a été le premier qui l'ail fait en l'année 1619 dans l'espace de t<24 jours, BUFF. Hist. nalur. preuv. ih. terr. (Eut), t. r, p. 308. La Victoire, ce vaisseau fameux pour avoir fait le premier le tour du monde, et le seul de l'escadre de Magellan qui fiil revenu en Europe, raïnal, Ilist. phil. viii, 7. Elle fit le tour de l'Europe , et retrouva la santé sur les grands chemins, dider. Ifem. Rêve d'Alembert. Il Faire le tour, tourner autour. Il avait fait une incroyable diligence pour faire le tour d'une montagne presque inaccessible, ffn. Tél. xvi. La première fois qu'il [le perroquet] se vit dans une glace, il en approcha son bec, et, ne se rencontrant pas lui-même, qu'il prenait pour son semblable, il fit le tour de la glace, dider. Lett. sur les Aveug. \\ Absolument, [Pour me devancer] il hasarda de se briser contre la borne; il y brisa efîectivement sa roue [de son char] ; je ne songeai qu'à faire promptement le tour, pour n'être pas engagé dans sun désordre, fén. Tél. v.|| Prendre le grand tour, faire le grand tour, parcourir le plus long circuit pour arriver à. Elle avait pris le grand tour pour aller à Mons, pellisson, Lett. hist. t. iii, p. 13. Comme il [Adraste] sut.... que l'armée était divisée par la querelle de Télémaque avec Phalante, il se hâta de faire un grand tour, fén. Tél. ivi. Il Faire le tour, s'étendre autour de. Ce bracelet fait plusieurs tours autour du bras. || Faire le tour d'un objet, l'examiner en tous ses côtés. J'ai fait le tour des choses de la vie, sainte-bbuve. Poésies, Sonnets, Épilogue. \\ Faire son tour de Krance, d'Europe, se dit d'un artisan qui voyage de ville en ville en travaillant de son état. Quand tu seras prêt à partir, viens me revoir; je te donnerai une pislole pour t'aider à faire le tour d'Espagne, LESAOE.Gii Bl. ii, 7. Il fut saisi, à dix sept ans, de l'ardeur voyageuse qui, chaque année, enlève à leurs pénates de nombreuses phalanges de jeunes ouvriers pour les jeter dans la vie aventureuse, dans l'apprentissage ambulant qu'on appelle le tour de France, o. 8amd, le Com-

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pagnon du tour de l'rance, ii. {| Faire le tour du cadran, dormir pendant douze heures consécutives, l'aiguille parcourant le cadran en douze heures. Savez-vous, lui dit don Luis, que vous êtes couché depuis hier matin?... vous avez fait deux fois le tour du cadran, lesagb, Viable boit. 2). || Terme de marine. Le vent fait le tour du compas, lorsque en peu de temps il parait souffler de tous les points de l'horizon. || Prendre du tour, gouverner de manière à contouiner un Cap, un navire, un danger, sans courir risque de tomber dessus. || 19* Visite faite autour. Il est honteux que vous ne connaissiez ni nos statues, ni nos tableaux ; et demain il faut commencer le tour des musées et des galeries, staf.l, Corinne, viii, 2. ||20' Terme de jurisprudence. Tour de l'échelle, servitude par laquelle celui à qui elle est due a droit, lorsqu'il fait bâtir, de poser une échelle sur l'héritage d'autrui, et d'occuper l'espace de terre qui est nécessaire pour la mettre en usage; ce qu'on évalue ordinairement à six pieds. Il Tour du chai, intervalle d'un demi-pied dont les fours et les forges doivent être éloignés des murs du voisinage suivant les usages de Paris. ||Tour de la souris, intervalle de deux à trois pouces qui doit rester vide entre une chausse d'aisance et un mur mitoyen contre lequel elle est posée. || 21" Tour de lit, étoffe qui environne le lit. On en sait d'autres qui ont des filles devant leurs yeux, à qui ils ne peuvent pas donner une dot.... qui se refusent un tour de lit et du linge blanc... la uruy. xiu. ||Tour de cuve, tablette qui entoure la cuve du papetier. || Cette tenture de tapisserie, cette garniture, cette robe a tant d'aunes de tour, elle a tant d'aunes de cours Il 22° Différentes parties de l'habillement, de la parure, montées en rond. Un tour de cou, de tête. Entre son tour de gorge et son mouchoir, j. j. Rouss. Confess. ii. || Tour de plume, plume simple qu'on met autour du chapeau pour lui donner meilleur air. Plumets et tours pour chapeaux militaitaires, Alm. IHdol-Bottin, < 871 -72, p. (233. || Faux cheveux, qu'on adapte sur le devant de la tête. Cette femme porte un tour. Le roi a commencé, ces jours passés, à mettre une perruque entière au lieu de tours de cheveux, pellisson, Lett. hist. t. i, p. 3SB. Il 23' Contour. Que le prédicateur vienne à paraître : si la nature lai a donné une voix enrouée et un tour de visage bizarre.... pasc. Pens. m, 3, éd. havet. Une songeait qu'à consei-ver la délicatesse de son teint .. qu'à donner un tour gracieux aux plis de sa robe, FÉN. Tél. tii. Le lourde son visage était gracieux, iiAMiLT. f.ramm. 9. De courts cheveux dont l'un ne passe pas l'autre.... etqui se relèvent en demi-boucles autour des joues par un tour qu'ils prennent naturellement, MAHiv. Pays. port). 2* part. Le tour des yeux et le bout du nez sont noirs, buff. Quadrup. t. xii, p. 225. |1 24° Toute action qui exige de l'agilité, de la subtilité, de la souplesse, de la force de corps. Cet homme fait des tours de force extraordinaires. Il parle, il danse, il l'ait cent tours, LA font. Pet. chien. Et le singe amuser l'ennemi par ses tours, ID. Fabl. v, f». Le singe de sa part disait : venez, de grâce. Venez, messieurs; je fais cent tours de passe-passe, ID. ib. u, 3. N'avez-vou» point vu ces gens qui font des tours de cartes î sÉv. 299. Ces aros d'ébène se font dans mon pays; il n'y a qu'un certam tour à donner [pour les bander], volt. Pr. Babyl. 1. 1| Fig. Tour de force, action qui exige beaucoup de force. || Tour de force se dit aussi de ce qui exige beaucoup de force morale, d'habileté, de persévérance. C-est un tour de force que d'être parvenu à vous faire cette illusion, tiiéod. leclercq, Prov. t. IV, p. 409, dans pougens || Fig. Tour de u^étier, quelque action d'adresse, de malice, à laquelle on est disposé. Je vais parcourir les quatre parties du monde, et faire quelque tour de mon métier, le- SAGE, Diable boit. (o. IJTour de main, lourde subtilité, d'adresse. Cet escamoteur fait des tours de main surprenants. }é fis ce tour de main avec beaucoup de subtilité, quoique ce fut mon coup d'essai, LESA6E, Gil Bl. V, t. Il y a dans chaque profession un je ne sais quoi, portant différentes dénominations, qu'on appelle quelquefois le tour de main.... auquelest attachée la réussi te de ce qu'on veut faire, DEViNCK, Rajrp. à l'Emp. Munit, univ. 31 mars <8(is, p. 4G6, 4' col. Il Terme d'argot. Faire voir le tour, tromper, duper. || 25° Terme de chirurgie. Tour de maître, manière de pratiquer le cathétérisuie qui consiste à communiquer à la sonde un mouvement de demi-cercle, qui en place la concavité sous la symphyse, et en ramène le pavillon à une direction verticale. || 26° Fig. Tour du bâton, profit secret cl ' illicite ou abusif qu'un homme tire de son emploi

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(le tour du biton est ainsi dit d'une escrime au bâtoo mentionnée dans l'historique). Que l'on aille d'un grand implorer une grâce, .Sans le touT du bâton je doute qu'il la fasse; Pour avoir un emploi de quelque financier. C'est le Cour du bâton qu> marche le premier; On ne veut rien prêter, quelque» gages qu'on offre. Si le tour du bâton ne fait ouvrir le coffre; Il n'est point de coup?i'le un peu riche et puissant Dont la. tour du bâton ne fasse un innocent, boursault, Esope à la cour, iv, r,.Sans compter une infinité de petits gains malhonnêtes, connus dans tous les métiers sous le nom de tour du bâton, dideb. Mém. l. iii, p. 189, dans pougens. Il 27° Fig. En général, acte, action. K luoin» que d'avouer Que c'est un lâche tour qu'on le force à jouer, corn. D. Sanche, v, ». Vous n'avez point voulu me faire un tour d'adresse, ID. le MerU. V, 6. La Rappinière continua de tourner la chose en raillerie, et de la vouloir faire passer pour un tour de bon compagnon, scarr. Rom. com. u, 15. Elle (la cigogne] retira l'os [du gosier du loup] ; puis pour un si bon tour Elle demanda son salaire, la font, t'abl. m, 9. || Tour d'ami, acte d'obligeance qu'on ne pouvait que difficilement espérer. || 28° Particulièrement. Trait d'habileté, manière d'agir où il entre de l'adresse et quelquefois de la mauvaise intention. En huuieur de nous faire un assez mauvais tour, régnier, Sol. XI. ... toute l'artillerie De Cupidon, non pas le langoureux. Mais celui-là qui n'a fait en sa vie Que de bons tours, le patron des heureux, la font. Orais. C'était un vieux routier, il savait plus d'un tour, ID. Fabl. m, is. Que mon maître couvert de gloire Me joue ici d'un vilain tour! mol. Amph. l, 1. Et tu m'oses jouer de ces diables de tours? ID. Sganar. 0. Vousavezentenduou-ilquefoisparlerdei tracasseries de cour, des peti'ips calomnies qu'on y débile, des jjeaux tours qu'on '.- joue ; soyezbien sûr que la république des lettr.'-s est précisément dans ce goût, volt. Lett. en vers '.'. *n prose, loe. Ce sont là des tours de la destiné» • mais je me moque de ses tours avec un ami comm-j vous et un peu de courage, ID. Leil. d'Argenlal, l) oct. i75l. La rapine et la calomnie me sont venues a.ssaillir.... où fuir? il faudra donc aller trouver l'empereur de la Chine; encore trouverai-je là des jésuites qui me joueront quelque mauvais tour, iD. Lett. d'Argenlal, 29 août 4755. Songez que vous ne pouvez faire aux sots et aux fripons un meilleur tour que de vivre, d'alemb. Lett. à Voltaire, 20 avril (773. C'est un bon toui que de faire épouser ma vieille gouvernante au coquin qui fil enlever ma jeune maîtresse, beaum^sch. Ifor. de Hgaro, i, 4.|| Fig. C'est la trois ou ;jj.ilrième fois que la bise vous fait de ces méchanis tours, sÉv. 553. Je me plaignis à lui du dé-ii/idre de la poste; il me dit que la poste lui faisait des tours aussi bien qu'à moi, ID. 3). Mais je bais la campagne; L'ode et le vin font de ces tours, skrang. frouiad. || Le tour est fait, la ruse, le subleiluge a réussi. Restez à cheval sur votre chiffre, votre détracteur est réduit au silence ; le tour est fait, reybaud, Jér. Paturot, H, ) 3. Il Un tour de maître ù.jniu, un tour d'homme rusé. Il Fig. Cela vous jouera un mauvais tour, se dit pour avertir une personne qu'u.ne chose lui est dangereuse. Ce rhume vous jouera ui: mauvais tour, il 29* Manière de présenter, de faire voir une chose. Ils ne manquent jamais de saisir promptement L'apparente lueur du moindre attachement... D'en semer la nouvelle avec beaucoup de joie, Et d'y donner 1« tour qu'ils veulent qu ou y croie, MOL. Tart. 1, t. M. de Chauliv espérait de donner un bon tour à toutes ces choses, sÉv. 19 oct. 1089. Il y a certains tours à faire valuii-, qui ne sont pas inutiles en ce pays [la cour], id. i'nov. 1 073. .le crains que M. de Pompone, qui s'était mêlé de cette affaire croyant vous obliger, ne soit un peu fâché de voir le tour qu'elle a pris, sÉv. 4 dec. <675. Laissons les conjectures de M. Bjrnet et les tours dont il lâche en vain de colorer la réformation, BOss. Var. vu, 36. Ils donnent aux faits tous les tours qu'ils veulent, m. Utt.quiet.33T. On donnera à mes plus droites intentions un mauvais tour, BOURDAL. T dim. après la Pentecôte, Dominic. t. m, p. 92. On n'eut pas besoin de chercher pour lui [M. le Tellier] ces tours ingénieux qui ne font entrevoir aux malades le danger où ils sont, qu'au travers de feintes promesses, ou de vaines espérances de guérison, fléch. U Tellier. 11 [Carré] dit à un prêtre qui, selon la pratique ordinaire, cherchait des tours pour le préparer à la mort, qu'il y avait longtemps que la philo.wphie et la religion lui avaient appris i mourir, f^.isn CarnL

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