TOD
le pronom i{. Tout ce que nous faisons, que nous pleurions, que nous nous réjouissions, il doit être d'une telle nature que noua puissions du moins le rapporter à Jésus-Christ, et le faire pour m gloire, HASS. Carême, Élus. ||Tou3 tant que..., autant qu'il y en a. Et je veux nous venger, toutes tant que nous sommes. De cette indigne classe où nous rangent les hommes, mol. Fem. tav. ni, ». Oui, Dieu veut le salut de tous tant que nous sommes; Jésus-Christ a versé son sang pour tous les hommes, L. RAC. Grdee, iv. || Tout ce qui, tout ce que.... s'emploie quelquefois pour désigner des personnes. Je ne vous prierai point, tout ce que vous êtes ici, de l'en démentir, vauoel. (?. C. 467. Hé quoi I tout ce que j'aime. Cette Eslher, l'innocence et la sagesse m'-me.... Dans cette source impure aurait puisé ses joursl rac. Esth. m, 4. Tout ce qui reste encor de fidèles flébreui Lui viendront aujourd'hui renouveler leurs vœux, id. Ath. i, 2. Pline eut pour amis tout ce que son siècle a produit de grands hommes, tous ceux que leurs rares vertus distinguaient le plus, bolun, llist. anc. liv. ixv, ch. Iii, II, 4. Il Kamilièremenl. Tout-ci, lout-ça, toutes sortes de choses, de discours. U lui disait tout-ci, tout-ça, qu'il l'aimait bien, et qu'elle était la plus belle du monde, mol. Mal. imag. u, ti. Il Ils sont tous étonnés, tous vivants, tous entiers, etc. il n'y en a aucun parmi eux qui ne soit étonné, qui ne soit vivant, qui ne soit entier, etc. Ils sont tout étonnés aurait un autre sens (voy. TOUT adverbe). Il Tout ce qu'il y a.... sont les...., construction dans laquelle le substantif au pluriel, quoique placé après le verbe, en détermine le nombre. On m'a montré la pièce; et, comme tout ce qu'il y a d'agréable sont effectivement les idées qui ont été prises de Moliftre.... mol. Impromptu, 3. Tout ce qu'il y a d'hommes sont presque toujours emportés à croire, non pas par la preuve, mais par l'agrément, pasc. l'Art de persuader, édit. FAUGÈBE. Il Tout ce qu'il y a de.. . avec un adjectif, équivaut à un superlatif, et signifie tout ce qui est le plus.... Il [Jésus-Christ] a été tout ce qu'il y a de grand et tout ce qu'il y a d'abject, pasc. leKre sur la mort de son père . l\ Se faire tout à tous, s'accommoder à toutes les opinions, à tous les caractères. Enfin je me suis fait tout à tous pour les sauver tous, SACi, Bible, St Paul, t" épU. aux Corinth. ix, 22. Chacun croit être toutà tous, pasc. Pens. x.vv, Ifl, édit. havet. Mme de Caslries, aimable, amusante, gaie, sérieuse, toute à tous, charmante quand elle voulait plaire, st-sim. 42, 252. Il savait se faire tout à tous; je me plaisais fort avec lui, j'en parlais à tout le monde, J. J. rouss. Conf. x. || Bossuet, pour employer cette locution au pluriel, a fait de (oui à tous une locution invariable : On ne peut compter les exemples ni des riches qui se sont appauvris.... ni des pasteurs charitables qui se sont faits tout à tous, Hist. II, 7. Il Somme toute, somme totale, toutes les jpmmes jointes ensemble. || Fig. Somme toute, en définitive, à tout prendre. U a de l'argent, des places; mais, somme toute, il n'est pas heureux. |{2° U se construit avec l'article défini et les adjectifs, possessifs, et se met avant eux. C'est tout le rare exploit dont il se peut vanter, corn. Andromède, v, 2. Il m'a sacrifié tout ce haut avantage, ID. ib. Nous prîmes en même temps toutes ses villes, nous en tuâmes tous les habitants, hommes, femmes et petits enfants, saci, Bible, Deutéron. 11, 34. J'y ai parlé [à la Sorbonne] toute ma demi-heure, pasc. Prou. 11. Je prie M. le gouverneur de donner sur cela [la peste en Provence] tous les meilleurs ordres du monde, sÉv, 6 avr. (672. Crains Dieu et observe ses comman déments, car c'est là tout l'homme, BOSs. Duch. d'Orl. Dans cette courte prière vous voyez la soumission aux ordres de Dieu, l'abandon à sa providence, la confiance ea sa grâce et toute la piété, ID. Louis de Bourbon. Vous verrez dans une seule vie toutes les extrémités des choses humaines, ID. Reine d'Anglet. La puissance, les richesses, la violence, la fialterie, l'autorité, la faveur, tous les vents ne l'ébranlent pas, la bbuy. xii. L'on est né quelquefois avec de,s mœurs faciles, de la complaisance, et tout le désir de plaire ; mais.... ID. XI. Un simple dépit est so ivcnt toute la raison qui nous arrache brusquement au siècle et nous précipite dans la retraite, mass. Carême, Vocation. Tout l'homme, c'est-à-dire, l'homme en entier, l'homme entièrement, l'homme considéré comme un individu spécifique, duhahs. ffîuvref, t. iv, p. 202. Nous avons tout le temps de nous ennuyer, TOLT. Uieromégas, a. Le marquis de Feuquières
TOU
veut qu'on ne donne à la baUiUe de Sënef que le nom de combat, parce que l'action ne se passa (las entre deux armées rangées, et que tous les corps n'agirent point, ID. tou 1 XIV, n. Ce bel esprit de tous les temps. Cet homme de Umtes les heures [le président Hénault], id. Utt. en vers et en prose, 81. Voilà [au stége de PhilisbourgJ, madame, la folie humaine dans toute sa gloire et dans toute son horreur, id. Lett. Urne de la Seuville, I7:i4. Toutes mes pensées n'étaient que des désirs, toutes mes rcfieiions que des projets, tous mes sentiments que des espérances, ORArpiCNV, Utt. péruv. 18. Tous les peuples qui vivent misérablement sont laids ou mal laits, buff. De l'homme. || Tout le monde, voy. monde i, n* «6. || En marine. Tout le monde en hauti commandement pour faire monter tout l'équipage sur les gaillards. || On dit de même : tout le monde en basi tout le monde k la bande I etc. || S* Tous les jours, tous les mois, tous les ans, chaque jour, chaiiue mois, chaque an. Il Tous les deux jours, tous les trois jours, tous les quatre mois, tous les six ans, etc. de deux jours en deux jours, de trois jours en trois jours, de quatre mois en quatre mois , de six ans en six ans, etc. Tous las cent dix ans les Romains, devaient célébrer des fêtes solennelles en l'honneur des dieux, pendant trois jours et pendant trois nuits, djmars. Œuvres, t. i, p. 4ft. || Toutes les deux heures, toutes les vingt-quatre heures, etc. de deux heures en deux heures , de vingt-quatre heures en vingt-quatre heures. Il 4' Il se construit avec l'article un, une, dans le sens d'entier. Tout un pays. Souvent il ne faut qu'un grand dans un royaume, ferme dans la foi, pour arrêter le progrès de l'erreur et des nouveautés, et conserver à tout un Elat la foi de se» ancêtres, mass. Petit car. Vices et vertus. || 8* Il so joint aux pronoms personnels, et se met après. Nous tous, vous tous, eux tous, elles toutes. Il 6* Tous deux, ou tous les deux, l'un et l'autre. Ils partirent tous deux pour la ville. Tous les deux sont morts depuis longtemps. De les suivre tous deux ils semblaient m'ordonnor; Tous deux dans le Tartare ils semblaient m'entralner, volt. <E(fip», n, 2. Je les servais tous deux, et tous deux m'ont flétrie, id. Tancr. n, 7. || On dit de même : tous trois, tous quatre, et tous les trois, tous les quatre. Je suis content si j'ai cette dernière [cognée de fer]. — Tu les auras, dit le dieu, toutes trois [les cognées d'or, de fer et d'argent], la font. Fabl. V, I. Il Au delà de ce dernier nombre jusqu'à dix, on supprime rarement l'article; au delà de dix on l'emploie toujours. Tous les cinq, tous les six, etc. tous les seize, tous les vingt, etc. || On a voulu trouver une distinction entre tous deux et tous les deux ; tous trois et tous les trois, etc. On «apposait que, disant : Us viennent tous trois, pour exprimer qu'ils viennent ensepible, on ne pouvait dire qu'ils sont morts tous trois depuis longtemps pour exprimer que ces trois personnes avaient cessé de vivre, et qu'il fallait mettre ils sont morts tous les trois. Le fait est que l'usage n'établit aucune distinction réelle entre les deux expressions; et ce qui le prouve, c'est qu'au delà de dix ou ne peut se dispenser de mettre l'article. Ainsi on ne dira pas : Ils sont partis tous seize, mais on dira : ils sont partis tous les seize; soit qu'il s'agisse d'un départ simultané, soit qu'il s'agisse seulement d'exprimer que les seize ne sont plus là. || 7* Tout s'emploie au sens de chaque, et alors il se construit sans article. X tout propos. De tout point. En tout point. A toute occasion. X tout moment. De toute part. De toute sorte. Tout dieu veut aux humains se faire reconnaître, la font. FUI. de Minée. Toute autre place qu'un trône eût été indigne d'elle,
boss. Heine d'Anglet en tout lieu disposée à
les suivre, boil. Sat. xii. Tout éloge imposteur blesse une àme sincère, id. ÉpU. u. Toute musi- . que n'est pas propre à louer Dieu, et à être entendue dans le sanctuaire; toute philosophie ne parle pas dignement de Dieu, de sa puissance, des principes de ses opérations et de ses mystères, la bruv. XVI. L'auteur des dialogues a dit que les belles sont de tous pays, et moi je dis que les sottises sont de tous les siècles, fonten. Jug. de Plut. Tout mortel en naissant apporte dans son cœur Une loi qui du crime y grave la terreur, L. RAC. ÉpU. II. Trente mille habitants de tout ige et de tout sexe sont écrasés sous des ruines, VOLT. Candide, 6. Tout bourgeois est soldat, tout Paris est en armes, id. Wenr. ai. Tout empereur allcniaud appelé en Italie y est toujours mai ri çu, m. Ann. Bmp. Conrad 11, loab. Tout esprit de parti
TOU
doit céder au désir de s'iuatruire, m. Comm. Corn. Rtm. Hirén. préf. Nous avions la libarté de nous Toir à loule heure, leobanu, la Nouveauté, se. 7. Toute femme m'amuse, aucune ne m'attache, GBESS. te Méch. u, ). ||0n dit aussi : à tous moments, de toutes parts, de toutes sortes, etc. El ne voyais-tu pas dans m«« emportements Que mon cœur démentait ma bouche à tous momenlsTRAC. Andr. v, 3. || Tout autre, avec une négation, nul autre. L'auteur de ces merveilles [le monde] les comprend ; tout autre ne le peut faire, pasc. Pens. I, I. (Remarquez que nui autre indiquerait seulement que personne ne peut comprendre ces merveilles; le tour positif fou< autre indique de plus qu'il y en a qui l'essayent, mais qu'ils sont impuissants). Il Tous temps, toutes maximes, chanue temps a ses maximes. Je crois qu'en ce témps-ci On eût fait au Scamandre un très-méchant parti; En cç temps-là semblables crimes S'excusaient aisément; tous temps, toutes maximes, la PONT. Scamandre. || Par tout pays, par toute terre, en quelque lieu que ce soit. || Tout venant. Voy. venant. Il 8* Tout, construit sans article, au sens de plein, entier, sans réserve. En toute liberté goûtez un bien si doux, corn. Hor. u, 3. Cette amitié me charme, et je dois avouer Qu'Oihon a jusqu'ici tout lieu de s'en louer, id. Olhon, ii, 5. On s'élève par celte passion [l'amour], et on devient toute grandeur, pasc. Pass. de l'amour. Elle le livra pour tout supplice à sa conscience, boss. Reine d'Anglet. U sauva [dans une épidémie] ce peuple [de la Normandie, dont il était gouverneur] qui avait perdu toute espérance de santé et toute mesure de prudence, fléch. Pue de lUontautier. Il [le duc Bernard de Veimar] en gagne une quatrième [bataille], contre le duc de Lorraine, Charles IV, qui, comme Veimar, n'avait pour tout Etat que son armée, volt. Ann. Einp. Ferdinand III, 4638. Le monde étant de toute éternité, ce qui fait sa beauté et son harmonie est aussi éternel, DroER. Opin. des anc. philos, {pythagorisme). Il Tout moi-même , ma personne entière. J'aime avec tout moi-même; et l'amour qu'on me donne En veut, je le confesse, à toute la personne, mol. Fem. sav. ii, (2. || En tout bien, tout honneur, sans qu'il y ait rien à redire. Mme de Brissac a une très-bonne provision pour son hiver, c'est-àdire M. de Longueville et le comte de Guiohe, mais en tout bien et tout honneur, sÉv. m. Il X tout hasard, au risque de tout ce qui peut arrivsr. || Â toute force, par toute sorte de moyens. Il veut à toute force faire fortune. || X toute force, signifie aussi à la rigueur, absolument. On pourrait à toute force lui accorder ce qu'il demande. Il Aller, courir à toutes jambes, à toute bride, aller courir fort vite. || Être à toites mains, être propre à tout, se prêter à tout. |iOn dit de même : un homme à toutes mains. Il Prendre de toutes mains, prendre de tous les côtés, à l'aide de tous les moyens. || On dit de même : prendre à toutes mains. Elle [Mme de Grancey] a mandé que l'âme prenante de Mme de Fienne avait passé heureusement dans son corps, et qu'elle prenait à toutes mains, sév. 39». || Dans le canton de Neufchâtel, Seine-Inférieure, fromage de tous biens, le fromage fabriqué avec la crème et le caillé du lait, tandis que les fromages fins se font seulement avec la crème. || 9* Tout devant un nom de peuple, de pays, de ville, etc. exprime la totalité, l'ensemble des habitants. J'ai vu tout Israël dispersé dans les montagnes comme des brebis qui n'ont point de pasteur, saci. Bible, Rois, m, xxn, 47. Si l'opéra comique attire toujours tout Paris, volt. Lett. Mme du Deffant, H fév. 1771. || Tout, joint avec un nom de pays, de ville, exprime une extrême afduence. Toute la France a visité cette maison, sÉv. 23 déc. 1671. Vous allez vous distinguer, j'espère; cela peut doubler votre réputation; j'ai tout Paris ce soir, picard, Duhautcourt, i, 5. Il Tout est invariable avec un nom de ville. C'est moi qui suis Sosie, et tout Thèbes l'avoue, mol. Amph. I, 2. Vous parlez devant un homme à qui tout Naples est connu, id. l'Av. v, 6. Ce prélat [Kénelon] a rempli tout Rome et toute la terre du grand nombre des sectateurs dont il se vantait, dans la faculté de Paris, boss. Signatures des docteurs. Et tout Smyrne ne pariait que d'elle et d'Euphrosyne ; leur amitié passait en proverbe, la BRUT. III. Il 10' Tout Corneille, toutes les œuvres de Corneille. Quant i la lecture des poètes français, noua l'interrompîmes, lorsque le prince eut beaucoup lu plusieurs tragédies de Corneille, tout RACine, tout Molière, tout Regnard et toutes lei
TOU
pièces de théâtre de M. de Voltaire, condil. (Eue. t. V, p. cxLvi. Il Tout Gil Blas, le roman entier de Gil Blas. Dc-ux nobles compagnards, grands lecteur de romans. Qui m'ont dit tout Cyrus dans leurs longs compliments, boil. Sat. m. ||11* Tous, au plur. s'emploie pour récapituler, résumer. Il fut obligé de solliciter, d'avancer de l'argent, de répondre; toutes choses fort désagréables. Auprès de lui la fait asseoir. Prend une main, un bras.... Toutes sottises dont la belle Se défend avec grand respect, la font. Fahl. iv, 4. || 12° Tout, dans le sens de toute espèce de..., de rien que.... Ce sont toutes fables que vous contez là. Nous la faisons de tous écots [la Fortune], Elle est prise à garant de toutes aventures, la pont. Fabl. v, 44. Sans leur aide [des dieux], il ne peut entrer dans les esprits Que tout mal et toute injustice, id. ib. xi, 7. Ne venez pas plus loin; Ce sont toutes façons dont je n'ai pas besoin, mol. Tari. I, i. Ces visites, ces bals, ces conversations Sont du malin esprit toutes inventions, ID ib. || 13" Tous, toutes, auplur, s'emploie substantivement au sens de tous les hommes, toutes les femmes. Voyez ces femmes, toutes sont belles. Abandonner mon camp en est un [crime] capital. Inexcusable en tous, et plus au général, corn. Nicom. Ii, 2. Tous sortaient plus éclairés d'avec lui, boss. touïs de Bourbon. Non, ce secret terrible est de tous ignoré, volt. Sémiram. v, 4. Tous se nuisent, tous se détestent, tous s'embrassent, picard, Provinc. à Paris, n, 4. Il 14" Terme de marine. Égal à tous, nom d'un des pavillons de la série des signaux, qui égale en valeur un des dix-neuf autres, quand il est hissé à une place inférieure. || 15* S. m. Tout, nom donné, sur le turf anglais, à un homme qui a pour profession d'espionner les écuries des courses. Il 16° Une chose considérée dans son entier, une chose complète. Et le drôle eut lapé le tout en un moment, la font. Fabl. i, 4 8. Notre corps, qui tantôt n'était pas perceptible dans l'univers imperceptible lui-même dans le sein du tout, PASC. Pens. i, 4. ils [les Perses] ne surent jamais trouver ce bel art depuis si bien prali(|ué par les Romains, d'unir toutes les parties d'un grand État et d'en faire un tout parfait, BOss. Ilisl m, f>. Que d'un art délicat les pièces assorties N'y forment qu'un seul tout de diverses parties, boil. Art p. I. Entre esprit et talent il y a la proportion du tout à sa partie, la brut. xii. Tandis que nous ne formerons qu'un même esprit et un même tout avec lui [le monde], mass. Mystères, Pentecôte. J'avais déjà compris qu'en morale comme en géométrie le tout est plus grand que la partie, staal, Mém. t. i, p. 41. Etant, comme dit Timée, un point entre deux éternités, il me sera impossible de comprendre ce grand tout et son maître, qui m'engloutissent de toutes parts, volt. Princ. d'act. 3. Les gens du monde, faute d'étude et de talent exercé, sont rarement capables de former un tout tel que le théâtre l'exij», duclos, Œuv. t. vm, p. 99. Cessons de considérer ce qui détermine une étendue à être telle, un tout à être tel, nous aurons les idées abstraites d'étendue et de tout, coNDiL. Conn. hum. sect. 6. || Tout ou partie, le tout ou une portion. || Au plur. Tout, dans ce sens substantif, conserve le t. Plusieurs touts distincts les uns des autres. || Il y a de la différence, une différence du tout au tout, la différence est complète. || 17* U se dit aussi sans article. Tout ou rien. Il joue à tout perdre. Ce n'est pas tout. Il y a tout à parier que.... De cet exemple-ci ressouvenez-vous bien ; Et, quand vous verriez tout, ne croyez jamais rien, mol. Sgan. 24. Puisque vous n'êtes point, en des liens si doux, Pour trouver tout en moi, comme moi tout en vous, ID. Mis. V, 7. J'y vendrai ma chemise, et je veux rien ou tout, hac. Plaid, i, 7. S'il faut tout vous dire, ne me lisez point, J. J. Rouss. Ém. n. La seule idée que je n'étais pas tout pour elle, faisait qu'elle n'était presque rien pour moi, ID. Confess. ix. La fortune n'est rien, la sagesse est tout, CONDIL. Étud. hist. i, (. Ils jouent la vie comme une partie d'échecs , dans laquelle le succès est tout, stael, Corinne, vi, 3. || Dieu sur tout, se dit proverbialement, comme une parole de résignation et de confiance en Dieu. Dieu et sa providence sur tout, sÉv. 597. || C'est tout dire, on ne peut dire rien déplus. Qui dit Sillery dit tout; Peu de gens en leur estime Lui refusent le haut bout, LA pont. Fabl. viii, I3. Car Mignot, c'est tout dire, et dans le monde entier Jamais empoisonneur ne sut mieux son métier, boil. Sat. m. Il C'est tout, et puis c'est tout, il n'y a rien de
TOU
plus. Quoiqu'il n'eiit guère vu d'autres gens qu'un ermite. Son troupeau, ses mâtins, le loup, et puis c'est tout, LA pont. Fabl. x, 4ii.|| C'est un bon homme, et puis c'est tout, il n'a que de la bonté, ce n'est qu'un bon homme. || Ce n'est pas tout, ce n'est pas le tout, il ne suffit pas, ce n'est pas assez. Ce n'est pas tout, ce n'est pa» encore tout, il faut que vous alliez là. Ce n'est. pas tout de boire, il faut sortir d'ici, la pont. Fabl. m, 5. Monsieur Fleurant, ce n'est pas tout que d'être civil, il faut être aussi raisonnable et ne pas écorcher les malades, mol. Mal. imag. 1,4. J'ai conclu, après la lecture, que ce n'était pas le tout d'être fanatique, qu'il fallait tâcher encore de n'être pas ridicule, d'alemb. Lett. à Voltaire, 4 8 janv. 4 773. Ce n'est pas tout pour un magistrat d'être serviteur des gendarmes; il faudrait être bon et ami de l'équité, p. l. cour, lettre ou C«7iseur, IV. Il Ce n'est pas le tout que des choux, il faut encore de la graisse, se dit quand on n'a qu'une partie de ce qui est nécessaire. |l Voilà tout, il n'y a rien à ajouter. Vous êtes légère, étourdie et paresseuse; voilà tout, genlis, Veill. du chdt. t. i, p. 154, dans P0UGENS. Il Terme de marine. La barre dessous, toull commandement de mettre la barre tout à fait sous le vent. || Sciez toutl sciez autant que possible avec vos avirons. || 18" Tout, sans article, signifiant toute chose, toute sorte de choses. Dans une grande âme tout est grand, pasc Pass. de l'amour. Ma fille, on n'a jamais tout craint, quand on aime comme je fais, sÉv. 4 oc t. 4 879. Et, dans ce désespoir, qui peut tout ose tout, tu. corn. Comte d'Essex, m, 4. Tout fuit, tout diminue, tout disparaît à mes yeux, boss. Anne de Goni. Tout est vain dans l'homme, si nous regardons le cours de sa vie mortelle; mais tout est précieux, tout est important, si nous contemplons le terme oii elle aboutit et le compte qu'il en faut rendre, id. Duch. d'Orl. Tout était Dieu, excepté Dieu même, iD. Hist. II, 3. Tout, s'il [Néron] est généreux, lui prescrit cette loi ; Mais tout, s'il est ingrat, lui parle contre moi, rac. Bri(. I, 4. La jeunesse est présomptueuse, elle se promet tout d'elle-même; quoique fragile, elle croit pouvoir tout, et n'avoir jamais rien à craindre, fén. Tél. i. Tout était adoré dans le siècle païen ; Par un excès contraire on n'adore plus rien, L. bac Relig. vi. Hé bien, mon ami, tiens, voilà Jupiter qui peut tout, qui se mêle de tout, qui gouverne tout, qui est maître de tout; et je suis Momus, moi, qui me moque toujours de tout, DANCOURT, Comédie des coméd. l'Amour charlat. m, 2. [Les Français] vivant comme des enfants qui ne savent jamais la raison de ce qu'on leur ordonne, qui murmurent de tout, se consolent de tout, se moquent de tout et oublient tout, VOLT. Dial. 4. Algarotti était un Vénitien fort aimable.... il savait un peu de tout, et donnait à tout de la grâce, m. Mém. Volt. || U a réponse à tout, se dit d'une personne qui lève les objections, écarte les soupçons , etc. J'ai fait des questions ; il répondait à tout, imbert, Jaloux sans amour, m, 9. Il II y va de tout, il importe de tout, rien n'est plus important C'est cela même qui est le principal artifice de votre conduite, de faire croire qu'il y va de tout en une chose qui n'est de rien, pasc Prov. xviii. Il importe de tout de bien savoir choisir [les conversations], pour se le former [l'esprit] et ne point le gâter, id. Pens. vu, 4 6, éd. HAVET. Il Être de tout, se mêler de toutes les affaires, aller dans toutes les sociétés, être de toutes les parties. Cette incommodité (la surdité] n'est pas médiocre dans un âge où l'on aime iort à être de tout, sév. »oct. 4 677. Le voilà [Dangeau] de tout à la cour, mais toujours subalterne, st-sim. 3», 496. Il Familièrement. Comme tout, extrêmement, on ne peut davantage. Ils s'ennuient comme tout à ce camp, et votre maison leur vient bien à point, DANCOURT, Maison de camp. se. 6. Voilà un petit mot qui me plaît comme tout, mahiv. Arleq. poli par l'amour, se. 4 2. yToul y va, la paille et le blé, on n'y épargne rien. || Bien que tout soit sans article, on peut y rapporter le pronom il. Il voit tout comme il est, et jamais ne s'abuse, corn. Imit. Il, 4. Dans une action tout allait comme il pouvait, sans que personne fût en état d'y pourvoir, BOSS. Hist. m, 5. Une raison première et universelle qui a tout conçu avant qu'il lut, m. Conn. v, 2. Il Se faire i tout, se prêter à tout, s'habituer, se prêter aux usages, aux convenances. Il Tout compté, tout rabattu, ou tout bien compte et rabattu, tout étant bien examiné, toutes compensations faites. Tout compté, tout raliiîtn. il me doit encore mille francs. || On dit dans un seus
TOU
analogue : toul débaltii, tout pesé, tout compté. Cbci monlre aux provinces Que, loul coinplé, mieui vaut en bonne fui S'abandonner i quelque puissajit roi, Que s'appuyer de ptusicurs petits princes, LA FONT, f'obi. viii, m. Toul débattu, tout bien pesé. Les âmes des souris el les àmi-s des belles Sont très-différentes entre elles, lu. 16. a, 7. Il 19* Toul signifiant tout le inonde, toul homme, tout ce qu'il y a de gens, de personnes. Voici son raisonnement [de la comédienne Nell Gwin, qui voulait que Cliarlos II reconnût un fils qu'il avait d'elle] : cette duchesse [de Portsmouth, maîtresse de Charles II), dilelle, fait la personne de qualité ; elle dit que tout est son parent en France.... sÉv. H sept. t«75. Toute la cour, loul le peuple, tout est abattu, toul est désespéré, Boss. Duch. d'Orl. Toul cédait au charme secret de ses entretiens, ID. ib. On trouve tout consterné, excepté le cœur de Madame, ID. ib. Toul n'est pas Caumartin, Bignon ni d'Àguesseau, boil. Sot. II. Je ne choisirai point dans ce désordre extrême ; Toul mo sera Pyrrhus, l'ùt-ce Oresle luimême, RAC. Andr. v, 2. Mais tout dort, el l'armée, el les vents, el Neptune, id. Iphig. l, ». Toul frémit, tout se tait, aucun ne se présente, volt. Tancr. m, ♦. Enfin je veux, chez moi, que tout chante, toul rie, pibon, Mélrom. 11, 1. || 20" Le toul, toutes les choses en question. Je vous laisse le tout pour six francs, jj 11 se dit après l'énumératiou de plusieurs choses, pour les joindre toutes ensemble. Il a fait telle et telle chose, le tout pour parvenir à son but. || Le toul ensemble, ce qui résulte de l'assemblage de plusieurs parties formant un loul. Il y a quelques beaux vers dans cette pièce; mais le toul ensemble n'en vaut rien. Il Jl° Le tout signifiant tout ce qu'il y a de plus important, de principal dans une chose. Il ne s'agit ici [dans la recherche de la vraie religion] de l'intérêt léger de quelque personne étrangère.... il «'agit de nous-mêmes et de notre tout, pasc. l'ens. \x, t. Chacun est un loul à soi-même; car, lui mort, le tout est mort pour soi, id. ib. xxv, 19. On ne perd jamais que d'une voix [dans le procès de Fouquet], et celte voix fait le toul, sÉv. 9 dcc. («64. C'est notre toul que notre présent; et nous le dissipons, et l'on lionvc la mort, id. 8 avr. 1078. Vous avez des grâces de toutes les manières, et surtout un don de persévérance qui esl le toul, ID. 4 Koulceau, 24 nov. 1687. La piété est le tout de l'homme, boss. Louis de Bourbon. La seule créature qui cherche au dehors et qui ne soit pas i soi-même son toul, c'est l'homme , chateaubr. Génie, 1, vi, t. Aux sols revêtus Le tout est de plaire, BÉBANG. Scand. || Il en fait son tout, c'est son tout, c'est l'objet de sa sollicitude exclusive, il l'aime uniquement. Enfin il en est fou ; c'est son tout, son héros, mol. Tart. i, 2. Vous savez siircment que ma gouvernante, et mon amie, et mon tout, est enfin devenue ma femme, J. J. bouss. te», à H. Houllou, Corresp. t. vu, p. H3, dans pougens. Il 32* Mon tout, dans une charade, se dit du mol composé qui forme le sujet. || 23* Au jeu, à la bouillotte, je fais mon toul, je risque toul ce que j'ai d'argent devant moi. || Fig. Le tout pour le tout, expression dont on se sert pour indiquer qu'on est disposé à ne rien épargner pour venir à bout d'une affaire. Mettre, risquer , jouer le loul pour le loul. Il Le tout, la troisième partie qui se joue après qu'un des deux joueurs a perdu partie et revanche, et oii l'on joue autant d'argenl qu'on en a joué dans les deux premières parties ensemble. Je lui gagnai partie , revanche et le toul dans un clin d'oeil, hamilt. Gram. m. || Le tout du loul, la partie qui se joue, après que la même personne a perdu partie, revanche et le tout, et dans laquelle on joue autant d'argent qu'on en a joué dans les trois parties précédentes. ||44' À toul, se dit, à certains jeux de cartes, de la couleur qui emporte toutes les autres. Jouer à toul. |1 On en fait d'onlinaiic un seul mot, voy. atout. || 2B° A tout prendre, en considérant une chose dans son ensemble, dans ce qu'elle a de bon cl de ma ivais. X toul prendre, la situation esl bonne. || 26* Après tout, dans le fond, tout bien considéré. Mais, madame, après tout, je ne suis pas un ange, mol. Tart. III, ». Et peut-être, après tout, en l'étal où je suis. Sa mort avancera la fin de mes ennuis, BAC. Andr. i, ♦. Après loul, ces inepties, qui dans notre siècle sont parvenues au dernier excès, ne font aucun mal à la société, volt. Pol. et lég. Fragm. /ruJe, b. || 27' Du loul, complètement, absolument, de tout point (emploi affirmatif qui avieiUi). Que si nos maux passés ont laissé quelques restes,
TOU
Ils vont du tout finir, malr. ti, (. Cela est du tout admirable, boss. 3* sermon pour la Purifie. Les sacrements y sont ou falsifiés ou anéantis du tout, m. Var. <&. || Aujourd'hui il se joint avec rien, point, pat, pour rcmlre la négation plus forte, el signifie en aucune façon, nullement. Entendre clairement el distinctement qu'une chose est telle qu'on ne peut du toul point y rencontrer de limites, c'est clairement entendre qu'elle est infinie, desc. Rép. aux I'" obj. 10. [Nature] De quoi parle à mon cœur ton murmure imparlailt Ne me di» rien du toul, ou parle tout à fait, corn. Iléracl. IV, 4. L'aube du jour arrive, el d'amis point du tout, LA kont. Fabl. iv, 22. M. do Laverdy fait assurément mieux que ses prédécesseurs [aux finances] ; car il ne fait rien du tout, et cela donne de grandes espérances, volt. Lett. Richelieu, 21 juin. 1704. Charles, indigné de se voir, en quelque sorte, chasse des terres du Grand Seigneur, se détermina à ne point partir du tout, id. Charles Xll, «. Quant aux affaires, je n'y entends du tout rien, j. j. bouss. lett. à Urne d'Épinay, janvier (757. || Du tout, avec ne, sans pas, point, ou rien, même sens; mais moins usité. Si la piété.... En loi pauvre insensé n'est du tout amortie, RÉGNIER, Épit. I. Que je ne puis du tout consentir à ma honte, corn, fid, 11, l. Elle est de fort bon lieu, mon père; et, pour son bien. S'il n'est du tout si grand que votre humeur souhaite.... m. Kent, n, 5. Mon fils, je ne puis du tout croire Qu'il ail voulu commettre une action si noire, MOL. Tart. v, 3. J'ai trouvé ici un gros paquet de vos lettres; je ferai réponse aux hommes quand je ne serai du tout si dévote [dévotions du vendredi saint], SÉV. 24 mars (671. || Du tout, point du tout, servant de réponse, s'emploient ellipliqueuienl pour nier. Avez-vous fait cela? Du tout. Moi? point du tout, je ne veux rien savoir, regnabd. Sérénade, i. \\ 26° En tout, loul compris, sans rien omettre. Cela revient à deux cents francs en tout. Il En loul et par tout, entièrement. Je suis de votre avis en tout el par toul, Dict. de l'Académie. Il 29" Sur le tout, par surcroît. Quelquefois même aux bons mots s'abandonne. Mais doucement et sans blesser personne ; Toujours discret el toujours bien disant, El sur le tout, aux belles complai-sant, ;. b. bouss. Éplt. I, l.|ITerme de blason. Sur le toul, voy. sur 2, n° 45. || 30* Surtout, voy. surtout. || 31* Adv. Entièrement, complètement, sans exception, sans réserve. Je suis tout à vous. Il esl tout en Dieu. La réflexion des lumières sur ce bronze en J^ sortir un jour toul extraordinaire, corn. AifÊnméde , décor, du 5* acte. Que celui qui souffre et est persécuté ne soit ni tout méchant ni tout vertueux, mais un homme plus vertueux que méchant, id. Cid,avert. Seigneur, il esl toul vrai, j'aime en voire palais, ID. Œd. I, 3. Il [Dieu] est toujours tout juste et toul bon.... id. Poly. i, l. 11 leur tomba du ciel un roi tout pacifique, la font, l'abl. m, 4. 11 fut tout heureux el toul aise De rencontrer un limaçon, id. ib. vu, ♦. Par un exemple loul égal, ID. ib. X, I. On ne saurait excuser en aucune sorte ses sentiments [de Montaigne] toul païens sur la mort, PASC. Entre!, avec H. de Saci. Votre marquis est tout aimable, tout \ia.r(d.H, tout appliqué à ses devoirs; c'est un homme, sÉv. 551. Je voudrais que vous fussiez, ou tout un, ou tout autre; que vous fussiez ouvertement, ou contre moi, ou pour moi, BOUBDAL. Dim. Octave de l'Ascension , Dominic. t. n, p. 253. C'est là ce qui fait peur aux esprits de ce temps, Qui, toul blancs au dehors, sont tout noirs au dedans, boil. Disc, au roi. Nos vaisseaux toul chargés des dépouilles de Troie, bac. Andr. II, I. Le Seigneur tout seul lui parait bon, véritable, fidèle, MASS. Carême, Pécheresse. Des ajustements loul achetés, tout prêts à être mis, sont bien aussi séduisants que l'aigenl même avec lequel on les achète, mariv. Pays. pari), c* part. Je ne deviendrai point, je suis tout devenu, iD. ib. Comme il disait ces mots, arrive frère Coutu çn hâte, toul courant, tout essoufflé, tout suant, tout halelant, volt. Facéties, Rel. appar. Bertier. Il Familièrement. C'est toul un, c'est la même chose, cela revient au même. Notre mort (Au moins de nos enfants , car c'est toul un aux mères), LA font. fabJ. III, B. jj Proverbialement. C'est toul un, mais ce n'est pas de même, cela revient au même, quoique ce ne soit pas la même chose. Il Tout nouveau, tout beau, se dit de choses qui
I plaisent par le changement, et pour avertir de ne pas se fier à celte satisfaction. || Avoir loul l'air de, avoir complètement l'apparence. Il a tout
TOU
'.'•ir d'4voIr été dupe. || 82* Tout se construit de même avec un adjectif ou un participe féminin, commençant par une voyelle ou une h muette. Des mains tout écorchées. Mail enfin je connus, 6 beauté tout aimable, Que cette paiision peut n'être pas coupable, mol. Tari, m, 3. Et, traitant de mépris les sens el la ma'.ière, X l'esprit, comme nous, donnez-rous tout entière, lu. Fem. lav. l, 1. Je crains que celte censure ne donne i ceux qui en sauront l'histoire , une impression tout opposée i la conclusion , pasc. Ptov. i. Il Autrefois on écrirait, on imprimait (et quelques personnes suivent < ncore celle orthographe) (ou(e dans ces ca»-là. Et puisaua vous voyez mon âme toute entière.... corn. a<eom. m, 2. Je vous embrasse, ma très-chère el très-aimable, et suis toute entière i vous, sÉv. 210. Pour mol, j'étais toute ébaubie, id. 6 mars i«83. Elle se trouve toute vive et toute entière enlre le» bras de la mort , boss. Dueh. d'Orl. D'un repas sortant toute enfumée, boil. Sat. x. Eucharis, rougissant et baissant les yeux, demeurait derrière, toute interdite, sans oser se montrer, pén. Tél. VII, Il a commencé son règne par une conduite toute opposée â celle de Pygmalion, id. tb. viii. Je me sens toute émue; il n'y 'a rien de si charmant que vous, uonteso. Templ. de Gnide, 3, Il 33* Tout, mis devant un adjectif ou un participe féminin commençant par une consonne ou par une h aspirée, reçoit même genre et même nombre que l'adjectif ou le participe (anomalie que l'oreille a exigée). Elles parurent toutes honteuses. Oui, j'ai fait vanité d'être toute romaine, corn. Ilor. I, I. Sévigné.... qui naquîtes toute belle, À voire indifférence près, la font. Fobl. iv, (. D'un loup écorché vif appliquez-vous la peau Toute chaude et toute fumante, id. ib. viil, 3. Ma toute bonne, nous commençons d'être coiinues, MOL. Préc. a. La bonne d'Escars, en vérité, ne se peut trop remercier : elle était toute malade, et cependant elle s'est appliquée avec un soin extrême à faire celle commission, sév. 309. Enfin me voilà toute reposée, toute tranquille, toute contente d'être en repos dans ma solitude, id. 9 sept. 1674. Toute couchée et toute à votre aise, vous causerez avec moi, ID. à Mme de Grignan, io«». Une autre Rome toute chrétienne sort des cendres de la première, Boss. Ilisl.m, t. Ces lois qu'il a protégées l'ont rétabli [Charles II] presque toutes seules, id. Reine d'Anglet. Notre duchesse de Bourgogne est toute triste de l'extrémité oii se trouve la reine sa sœur, MAINTEN. lett. au due de Noaill. 2» févr. 1708. C'est surtout de Phénicie que vient le culte de la déesse que nous appelons Vénus ; la fable de Vénus et d'Adonis est toute phénicienne, volt. Déf. mil. Bolingbr. 9. || C'est par analogie avec cet emploi qu'on a dit toute de glace, en parlant d'un objet féminin. Didon, jadis toute de glace. Devint bienlôt toute de feu, scahh. Virg.iv. lia plu à Dieu de se faire aimer; elcomme il a vu la nature humaine toute de glace pour lui, toute de flamme pour d'autres objets.... boss. 2* sermon, Annonciat. Préambule. || 34' Tout s'emploie adverbialement devant un substantif pour exprimer plénitude. Il esl tout cœur. Ah I qu'il est doucereux, c'est tout sucre et tout miel, mol. Ée. des maris, i, ». Le chien est toul zèle, tout ardeur, tout obéissance , BUFF. Chien. Timidité touchante dans un homme dont le regard était tout esprit et tout âme, MAhMONTEL, Mém. vi. Mon admirable frère esl toul âme , chateaubr. Natch. 2* partie, r* moitié. || Être loul œil et tout oreille, être tout yeux et tout oreilles, regarder, écouter très-attentivement. Le diable était tout yeux et tout oreilles, la font. Belphég. jj Si le substantif est féminin et commence par une consonne ou par une h aspirée, tout n'en reste pas moins invariable. N'usez pas de toute votre raison, ne soyez pas tout intelligence et tout lumière, balz. De la cour, 4* dise. Pourquoi ne songez-vous pas qu'il [Dieu] est tout vue, tout ouïe, tout intelligence, BOSS. Sermons, i*' dim. de Vavent, Nécessité, i. Mon Dieu, vous êtes tout amour et par conséquent toul jalousie, fén. t. xviii, p. 303. Dans nos souhaits innocents, nous désirions être tout vue, pour jouir des riches couleurs de l'aurore ; tout odorat pour sentir les parfums de nos plantes; toul ouïe pour entendre les concerts de nos oiseaux; tout cœur pour reciinnallre ces bienfaits , bkbn. de st-p. Paul et Virg. || Pourtant Molière, dans un cas semblable, a suivi la règle de l'adjectif féminin. Harpagon : Sais-tu bien de quoi nous parlons? — Valère: Non; mais vous ne sauriez avoir tort, et vous
TOU
«lestoule raison, (M», i, 7. || Familiëremenl. Cei enfaul ost tout le portrait de son père, il lui ressemble parfaitement. H 35' Il se joint i plusieurs prépositions et adverbes pour donner à l'expression plus d'énergie. Tout de travers. Il lui parla tout froidement. Tout haut. Tout court, l'arler tout bas. De tout loin je vous ai reconnue , CORN. Gai. du l'ai, iv, 14. Votre trésor I oii pris?
— Tout joignant cette pierre, la font. Fabl. iv, 20. Mettez une pierre à la place. Elle vous vaudra toul autant, id. ib. iv, 20. Tout comme si je ne sonnais pas, mol. Mal. imag. I, I. C'est justement tout comme, La femme est en effet le potage do l'homme, m. de. des femmes, i, 3. Il me persuade qu'il [Ch. de Sévi{,'né| n'a point d'envie de faire une sottise ; mais, comme il est faible, et qu'il me mande tous les jours qu'il est différent de lui-même, qu'il est deux ou trois hommes toul à la fois.... sÉv. 4" nov. (679. Elle |Mme de la Boulaye] trouve cette petite affaire toute comme elle est, id. 19 août 1081. J'ai vu le triste Hémon abandonner son rang Pour venir embrasser ce frère tout en sang, rac. Théb.m, 3. Monsieur Perrin Dandin, Tout franc, vous vous levez tous les jours trop matin, id. Plaid, i, l. J'arrivai exactement à l'heure ; de tout loin je regardais si je ne la verrais point sur le chemin, J. J. rolss. Conf. VI. Il Ce que vous dites là sont tout autant de fables, sont tout autant de visions, les choses que vous nous dites ne sont que des fables, des visions. Il Tout juste, avec une correspondance tout à fait exacte. On oublie que la moitié de la nation égorgea l'autre pour des arguments théologiques; il y aura bientôt deux cents ans tout juste [à la Saint- Barthélémy], VOLT. Vial. XXIV, s. il Toul niaintonant, voy. maintenant. || Tout à cette heure, voy. HEURE, n*)8. Il Toul d'un temps, voy. temps, n° 38. Il Populairement. Toul de même, néanmoins. On m'a défendu d'aller, mais j'irai tout de même. Il 36° Il se met devant des superlatifs. Joignez-y quelque bœuf: choisissez pour ce don Tout le plus gras du pâturage, la font. Fabl. xi, t. Et, quoique amisenfin, je suis tout des premiers ...mol. Éis. i, ). Votre hôtellerie est toute des plus fréquentées, sÉv. 430. La fête sera toute des meilleures, id. <8 août iesi). Conservez votre joie et votre santé tout le plus longtemps que vous pourrez, id. à Bussy, 29 juin 4 686. J'étais tout au mieux avec le pri-lal, qui, toutes les lois qu'il me rencontrait, s'arrêtait pour me parler, lesage, Eslev. Goni. 28. Il est vrai, madame, qu'il est tout des plus laids, mais on n'en trouve pas facilement, bhueys, Muet, iv, o. Il me parait que chacun s'en va tout le plus loin qu'il peut, volt. Lett. Richelieu, (9 juill. 1773. Contravention toute des plus graves et des plus répréhensibles, montaiglon, Hisl. de l'Acad. de peint. t. I, p. 443. Il X tout le moins, pour le moins. Tous tes péchés confesseras A tout le moins une fois l'an, Commandements de l'Église. \\ 37" Toul au plus, en portant la chose aussi loin qu'il est possible. César, né du temps de Scipion l'Africain, n'aurait pas subjugué la république romaine; et, si Mahomet revenait aujourd'hui, il serait tout au plus shérif de la Mecque, volt. Dict. phil. À propos. || 38° 11 serl à former certaines locutions dont on ne peut le retrancher sans détruire ou altérer le sens. Tout k coup, tout de go, tout à fait, tout beau, toul de bon, etc. Voy. coup, go, fait, beau, bon, etc. Il Tout doux , en douceur, avec ménagement. Je crains fort pour mon fait quelque chose approchant. Et je m'en veux, tout doux, éclaircir avec elle, mol. Amph. ii, 3. 1| Quant à toul doux, locution interjective, voy. doux. || 39" Tout le premier, toute la première, tout les premiers, le premier de tous, la première de toutes, les premiers de tous. Nous avons douté de cette nouvelle cl vous tout le premier. Madame, les femmes prendront celle mode, et vous toute la première (et vous deux toutes lespreniières). On suivra cet exemple, et nous tout les premiers. Accusez et Calchas et le camp tout entier, Ulysse, Ménélas, et vous tout le premier, rac. Iphig. iv, 6. J'aurais ri tout le premier de ces plaisanteries , s'il me les eût faites en particulier, lesage, Guzm. d'Àlf. m, 42. Il 40" Tout le même, tout les mêmes, toute la
- même, toutes les mêmes. C'est tout le même homme que vous avez connu. Ce sont tout les mêmes hommes. Il est certain que l'action par laquelle maintenant il [Dieu} le con'serve [le monde] est toute la même que celle par laquelle il l'a créé, desc. Kéth. v, 7. || 41" Tout un autre homme, un homme tout différent. Il lemble que ^n ait toute une autre &me quand on
TOU
aime que quana on n'aime pas, pasc. Pass. de l'amour. J'ai toujours cruque Mme de Coulanges.... serait toute une autre personne, sÉv. 25 juin lostn. Il On dit plutôt aujourd'hui : un loul autre homme. Il 42" Je suis tout a vous, formule de politesse, signifiant : je suis tout disposé à faire ce qui vous sera agréable. {{ Elliptiquement. Tout à vous, se dit dans les formules de salutation par lesquelles on finit une lettre. || En ce sens, une femme écrit: je suis tout à vous. || 43* Tout.. . que.... avec un adjectif, bien que, quoique, avec le verbe à l'indicatif; en cel emploi tout s'accorde avec l'adjectif féminin, quand cet adjectif commence par une consonne ou une /i aspirée. Tout habiles et toul artificieux qu'ils sont. Les peines que me donne cette amitié sont douces, tout amères qu'elles sont, SÉV. 4 oct. 4684. Tout éclairée qu'elle était, elle n'a point présumé de ses connaissances, boss. Duch. d'Orléans. La Grèce, toute polie et toute sage qu'elle était, id. Hisl. ii, 5. M. Chapelain a reçu l'ode avec la plus grande bonté du monde : tout malade qu'il était, il l'a retenue trois jours, et a fait des remarques par écrit, que j'ai fort bien suivies, BAC Lett. 3 à Levasseur. La valeur, toul héroïque qu'elle est, ne suffit pas pour faire les héros, MASCAR. Or. fun. de Tur. El, tout amie des bienséances que je suis, je ne vous approuve pas, MARiv. le Legs, se. lO. On dit que vos chevaux manquent de fourrage en Weslpbalie, et qu'on leur donne du jambon; pour Dieu, faites donner à dîner à Lekain, tout laid qu'il est, volt. Lett. Richelieu, 4 juin 4757. Tout roi qu'il est, il [Frédéric II] ne trouve pas mauvais que les grands devoirsde l'amitié aillent les premiers, id. Lelt.Thiriot, 4 6 août 4 743. Il Au xvii' siècle, on écrivait quelquefois toute même devant une voyelle. Cette pensée.... me blesse, toute impossible que je la vois présentement, sÉv. I7 juin 4685. j| On mettait quelquefois le verbe au subjonctif; mais ce n'est plus l'usage. Toul grand jurisconsulte que je sois, je me trouve bien empêché à y répondre, voit. Lett. 76. Il II se construit en ce sens avec un substantif. Tout hôtelière qu'elle étail. Si bien que, tout ours qu'il était, 11 vint à s'ennuyer de cette triste vie, LA font. Fahl. viii, 40. J'avoue que cet abus, tout abus qu'il est, fatigue même votre patience, BODRDAi. 41" dim. après la Pentecôte, Dominic. t. m , p. 400. Toul Picard que j'étais, j'étais un bon apôtre, rac. Plaid, i, i. Tout monsieur de la Vallée que j'étais, moi qui n'avais jamais eu d'autre voiture que mes jambes, mariv. Pays. parv. 6" part. Toul marchands il'hibjlfc que nous sommes, Messieurs, nous observons leshommes, bérang. Vieux habits. Il Mais, si le substantif est féminin et commence par une consonne ou par une h aspirée, (oui s'accorde avec le substantif. Toute femme qu'elle est. Toutes harpies qu'elles sont. || Cependant, même avec un substantif féminin présentant ces conditions, tout reste invariable si ce substantif est un nom de chose. Ce cœur se réveille, tout poudre qu'il est, BOss. Reine d'Anglet.\\U' Tout,... que étant suivi d'autres membres de phrase qui en dépendent, on peut supprimer le que dans ces membres de phrase. Mais il me reste un fils, et je sens que je l'aime, Tout rebelle qu'il est, et tout mon rival même, rac. Théb. liT, 8. Tout ennemi qu'il est de son roi légitime. Tout vengeur des Anglais, tout protecteur du crime, Je crains de l'affliger, seigneur, et je me tais, volt. Adél. du Ouescl. i, 4. Telle étail l'inflexibilité de Charles dans ses opinions, que, toul abandonné qu'il était en Pologne, tout poursuivi dans ses propres Etals, tout captif dans une litière turque, conduit prisonnier sans savoir où on le menait, il comptait encore sur la fortune, id. Charles III, 7. || 45" Toul, au sens de quoique, a été employé sans que. Tout dédaigné je l'aime; et, malgré sa rigueur, Ses charmes plus puis.sants lui conservent mon cœur, cohn. Suiv. m, 3. Oui, je le chérirai tout ingrat et perfide, id. Hor. II, 5. Juge par là combien ce conte est ridicule. — Tout ridicule, il plaît, et le peuple est crédule, ID. Iléracl. I, 4. Le bon homme, tout vieux, chérit fort la lumière, mol. l'Ét. m, 5. Nos pères, loul gro-ssiers, l'avaient beaucoup meilleur [le goût], ID. Mis. i, 2. Oui, toute mon amie, elle est, et je la nomme Indigne d'asservir le cœur d'un galant homme, id. ib. m, 7. Il [le sénéchal de Rennes] l'a laissée [une femme enlevée] pour une autre toute mariée aussi, qu'il a enlevée de vive force, sÉv. 4 9 août t074. Monseigneur, loul à sa façon pesante et indolente, ne fut pas loul à fait neutre [dans des querelles de deux princesses], st-sim. t. viii, p. 204, édit. cbbruel.
TOU
Il Cette tournure, bien que tombée en désuétude, pourrait encore être employée en des circonstances bien choisies. || 46" Tout, devant en et un participe présent, signifie simultanéité. Il lui a dit ses vérités tout en ri.int. Il sortit loul en grondant. || 47" Tout à bas, se dit au trictrac quand, avec les deux daines prises à la pile, on joue le« deux nombres qu'on a amenés. || Tout d'une, se (lit quand on joue ces deux nombres avec une seule damu.
— REM.l. Il faut distinguer: ils sonttousétonnés, et ils sont tout étonnés. Le premier signifie que tous sont étonnés; le second, qu'ils sont entièrement étonnés. Mais cette distinction disparaît au pluriel féminin; elles sont toutes confuses signifiant: elles sont entièrement confuses. Si on voulait exprimer que la confusion est chez toutes, il faudrait dire ; toutes sont confuses. || 3. Devant un adjectif féminin ou une locution équivalant à un adjectif, commençant par une voyelle ou par une h muette, on met tantôt tout et tantôt toute, suivant le sens. On met (oui, quand il s'agit d'exprimer excès, intensité, et que toul ne peut pas être déplacé : Elle était toul en larmes; elle est tout à son devoir. Au conlraire on mettra toute quand on voudra exprimer la totalité, et que toute pourra être déplacé ; la forêt lui [larut toute enfiammée, on peut dire : toute la forêt lui parut enflammée; la maison étail toute en feu, on peut dire : toute la maison é:nit en feu; cette maison est toute à lui, on peut dire : toute celte maison est à lui. Cette distinction relative à tout n'était pas observée dans le xvu" siècle ni dans le xviii". Elle vient toute en pleurs vous demander justice, corn. Cid, II, 8. Ensuite et toute à genoux , cette pauvre Mme de Froulaise traîna à ses pieds [du roi|, sÉv. 24 août 4675. Toute en pleurs à ses pieds je me suis prosternée, volt. Orphel. v, 4. 1,3. Dans tout entier employé comme une seule expression, tout reste toujours invariable. Une heure tout entière. Les bons pères ne meurent pas tout entiers. Des masses tout entières de rochers. Cette règle, aujourd'hui obligatoire, ne l'était pas du tout au xvii" siècle et au commencement du xviii". Sontils morts tous entiers avec leurs grands desseins? CORN. Cinna, i, 3 Je t'offre tous entiers et mon corps et mon àme, id. Imit. iv, 9. Il y périt trois légions toutes entières, Hézer. Hist. de Fr. av. Clovis, I, 14. C'est lui qui a inventé la machine à transporter de gros arbres tous entiers sans les endoniiiiager, rooTEH. Sébastien. \H. Au reste, au xvii* siècle et même plus lard, la règle générale était de faire accorder en tous les cas tout avec son substantif, au lieu d'en faire un adverbe, un mot invariable. J'en croyais ses regards, qui, tous remplis d'amour. Étaient de la partie eu un si lâche tour, corn. M-'l. m, 3. Un excès de plaisir nous rend tous languissants, id. Cid, rv, 3. Souvent ceux que tu vois par leur vertu sublime Mériter notre amour, emporter noire estime. Tous parfaits qu'on les croit, sont le plus en danger, ID. Imit. 1, 20. Des choses toute > opposées, la BRUYÈRE XIII. Jusqu'ici je me suis livré à des chagrins et à des tristesses toutes humaines, mass. Aient, Afflictions. Un phoque.... que les Russes appellent lièvre do mer, à cause de sa blancheur, les lièvres étant tous blancs dans ce pays pendant l'hiver, buff. Quadrup. t. xi, p. 4 8«. || 6. Tout autre présente deux cas qu'il faut distinguer. Dans le premier cas, tout y signifie entièrement, et autrt ne peut pas être déplacé; alors loul reste invariable : c'est tout autre chose ; voici de tout autres affaires; la cour était tout autre à Marly qu'à Versailles. Mais, quand toul y signifie chaque et que autre peut être déplacé, alors loul s'accorde avec le substantif : demandez toute autre chose, c'esl-àdire toute chose autre; toute autre femme se seriil rendue à ces sages conseils, c'est-à-dire toute femme autre; laissez là toutes autres affaires. Toute autre [qu'Agrippine] se serait rendue à leur discours, rac. Bri(. iv, 3. || 6. On répète tout devant chaque substanlif qu'il modifie. Ainsi l'on doit dire : il a perdu toute l'affection et toute l'inclination qu'il avait pour moi, et non pas : il a perdu toute l'affection et inclination. Fléchier a manqué à cet usage : [Jésus] dans sa crèche supprimant toute sa grandeur et sa gloire.... Serm. pour le jour de NoH. X plus forte raison faut-il le répéter devant deux substantifs de genre diffèrent et dire : Je suis avec toute l'ardeur et toul le re» pect possible; cependant Bossuel a dit : II. en prend [des psaumes] avec David tous les sentiments et les affections. Et. d'orais. "i, »2. Cei
TOU
exemple ne peut guhre être imité. SI on voulait supprimer le sccuiicl luut, il faudrait prendre le touranciin et relranclier en même temps l'article avec le pronom : Toute la grandeur et gloire, toute sa grandeur et gloire; mais cela est arctiaîque. Toutefois il serait utile de réliatiiliter cette tournure, qui abrège notablement la phrase. || 7. On trouve dans les auteurs toute nuit pour toute la nuit. Il vint hier de Poitiers, et, sans faire aucun bruit, Chez lui paisiblement a dormi toute nuit, CORN, le Kmi. m, ï. Celte tournure est tombée en désuétude. On en trouve dos cieinpies dans les plus anciens teitcs (voy. l'historique). |i 8. Je vous aime tout ce qu'on peut aimer, est un barbarisme de phrase, volt. Comm. Rem. Corn. Cid, II, 6. Il 9. Tout ce qui.... n'est pas. Grammaticalement, cette locution signifie que la première condition n'entraîne pas toujours la seconde : Tout ce qui reluit n'est pas or; o'est-à-<lire ce qui reluit n'est pas tout de l'or. Mais on ne dira pas : Tout ce qui est croc n'est pas éternel; car cela ne peut se tourner en : Ce qui est créé n'est pas tout doué d'éternité. En un mot, pour (lue la locution soit tout à fait claire, il faut que tout puisse être été de sa place, et passer dans le second membre. Mais cette locution a aussi un autre sens; elle signifie : tous ceux, nul de ceux, tout ce qui, rien de ce qui. Tous ceux qui la connaissent ne l'accusent pas, c'est-à-dire nul de ceux qui la connaissent ne l'accuse, letourneur, trad. Cl. Ilarlowe, t. VII, p. 309, éd. Genève. Tout ce qui n'est pas Dieu ne peut pas remplir mon attente, c'està-dire rien de ce qui n'est pas Dieu ne peut remplir mon attente, pasc. Prière pour l'usage des mal. En conséquence, il faut avoir présents à l'esprit les deux sens de cette locution, afin de ne pas tomber, par inadvertance, dans une amphibologie. Il 10. Notez encore ceci : Tous les champs ne sont pas ravagés, signifie que parmi les champs tous ne sont pas ravagés. Mais cette tournure peut encore signifier qu'aucun des champs n'est ravagé. Exemples : Tous les métiers languissent, et ne nourrissent plus les ouvriers, fén. /-«<(. «non. au roi, 1693. Tous les grands panneaux de la voûte n'existent plus, Tii. oautieh, Journ. ofjic. 8 août <87t. Ici encore il faut prendre garde à l'amphibologie, et avoir soin que le contexte détermine précisément le sens de la tournure.
— HlST. VIII' s. Toti pour omnes : Ubi et toti fueranl sepulti, boucherie, Rev. des langues romanes, t. Il, p. H6, 1871.
— X* s. Tuit oram que por nos [elle] degnet preier, Hulalie. Et en tôt, Fragm. de Valenc.
— II' 8. Sel ans tuz pleins ad ested en Espaigne, Ch. de Roi. i. Un laldestoed [fauteuil] i unt fait tut d'or mer [pur], ib. viii. Blanche ad la Darbe e tul fiurit le chef, ib. Par cels de France Toelt il del tut errer [agir], ib. n. Vus li avez tuz SCS castels toluz, ib. ivl. Sire, dist Guenes, ço ad tut fait RoUans, ib. xxiv. S'ert ki l'ociel [s'il y avait qui le tue], tute pais puis averiumes, ib. xxviii. Tut entur lui vint mille Sarazins, ib. xxx. Dist al paien : Deus tut mal te tramette, ib. cxxn. Mais tut seit fel, [qui] cher ne se vende prirues
I d'abord], tb. cxu. Rolans s'en tume, par le camp champ] vait tut suis, ib. CLi. Lessez gesir les morz tut cum il sunt, tb. CLXXlv. Li angles est tute noit [toute la nuit] à son chef [à la léte de Charlemagne], ib. clxjxi.
— XII' s. À tote voslro vie, Ronc. p. H. Toz cois se tint, tb. De mon beroage tôt le mieux alosé [ce qu'il y a de plus renommé parmi "mes barons], tb. p. 35. Tout en plorant [il] lor fit beneïçon, l'b. p. »8. Tout par amour [elle] prendra la loi saintie, ib. p. U8. Toi droit à Blaive [ils] en sont devant aie, ib. p. 166. Tout tremblant se lova, ib. p. 192. Toz nus soit despoulllez ses corset fa façons, ib. p. ÏOO. Donques ai-je toute joie enhale, Ccuci, n. Bien [je] cuidai vivre sans amour, Des ore en pais tout mon aé [Sge], ib. m. Puisqu'on vous sont tôt mal e.sieint, El tout bien à droit «lumé, ib. Toute blautez (jui sor autre resplent Est mise en li [elle], qu'il n'y a que mesprendre, ib. V. Sor tote joie est celé couronnée Que j'ai d'amour : Diexl i faudrai-je donc? ib. vi. [Amour] Qui tout rae donne à vos entièrement, ib. XTi. Puisqu'ele m'a du tout à son vouloir, ib. xvn. Car j'i met tout, cuer et cors, et désir. Sens et savoir.... ib. XIX. La couronne de France doit estre mise avant; Car tuit autre roi doivent estre à lui apendant, Soi. i. Desor toz autres rois [vous] auriez le dangicr [domination], ib. vi. Tôt ainsi com li asnes
OICT. DE LA LANOUE FRANÇAISB.
TOU
qui regarde le faix, ib. xv. D'Ire et ât mautalent I il] esprenl tous [tout entier] et atise, ib. xxiii. Tous li moins courrouciés s'estoit bien aatis Qu'ains i lairrolt la leste que il fust asservis, ib. XXVI. Tous li plus hardi d'eus voussist [voudrait] estre à Brandis, ib. Li autre l'unt laissié tut sul enmi l'estur. Th. l» mart. 2». Noslre seignur Deu del tut [du tout] siwez, et do tut vostre quer [cœurj .servez, Rois, p. 41. Li toz poanz Dous, Job, p. 478.0 parole brief et plaine, parole vive et fructifianz et digne k'ele tôt par tôt soit recoue,
ST-BERN. p. 5R8.
— xin* a. Et s'alicrent ensemble en tel manière, et distrent qu'il scroienl de ore mais tuil un , viLLEii. cxv. La galie oii il estoit prist terre tout maintenant, ID. Lxxviii. Il est cresti.ens tout ausi come vos estes, m. i-ivi. Et lors virent tout à plein Constantinoble, in. uu. Li Grieu avoienl ce pont rompu, et li baron firent toute jor labourer i'ost et le pont affailier toute nuit, id. lxxiv. Je ne pris [prise] rien, ne biauté ne jouvent; Pourquoi? parce que la mort tout mestrcie. Anonyme dans Couci. Tous ceus qui y alerent [je] ne vous vocil deviser, Berte, m. Que tout li gfant seigneur, li comte et li marquis..., ib. v. Bien savez que tous trois de servage [je] jetai, ib. vu. [Hue qui] Ne fusl toute couverte de dras très richement, ib. a. Voslre chambre [je] ferai de toutes pars vider, ib. XI. Ele ert [était] en la forest toute la plus déserte , ib. xxxv. Moult volentiers la doivent [l'histoire] oïr toutes et tuit, ib. xxxvi. Je ne manjai pieça, toute sui afamée, ib. xlvi. Ele est toute engelée, et s'a faim moult forment, tb. XLVii. En nuit me sui au bois toute seule geûe, ib. w. Laissez tout ce aler, n'en soit parole dite, ib. uv. i tous se fist amer [aimer], ib. lu. [Je] N'ai pas trouvé ma fille, on m'a du tout menli, ib. ucxxix. Ne [femme] qui si fusl à Dieu de tout en tout donnée, tb. cxv. Diex, noslre sire, qui est tout poissant, nous puet bien aidier, Chr. de Rains, p. 59. L'en apele drap nays, à Paris, le drap duquel la chaane et la tisture est tout d'un. Lit), des met, 119. Vraiement sien ne sunt il mie. Tout ait il sor eus seignorie, la Rose, 5320. Lors devés la rose cueillir, Toutveés-vous nets Dangier, Qui vous acuelleàledangier [injurier]. Ou que honte et paor en groucent, ib. 77 1 7. Toi simplement et sans faire semblant que son aversaire ne s'en aperçoive et amende sa faute, Ass. de J. 60. Forment [il] l'honeure, et toi por l'or. Dont tant acreil son trésor, FI. et Bl. 2227. Dans rois, fait-il, foi que vous doi, Del tôt en lot [je] pasnel'otroi, ib. 27(11. Et comme li chevaliers eust biaume el quel ilavoit toutplain de broces par derrière, beaum. lxi, 63. Tel fait, qui sont si apert, doivent estre veiigié par l'office au juge, tout soit ce que nus ne s'en face droitement partie, id. vi, 12. Par les parties devons nous entendre le tout, Psautier, f* I07 Je le renvi Au
gieu où nous métrons chascun Tout contre tout; tout ert [sera] à un, Meraugis, p. 194.
— xiv s. Eslire très bonnes choses et avoir de telles choses vraye oppinion, ce n'est pas tout un, ORESME, Éth. 66. La chosc qui est la partie d'un tout approce plus de son tout que le tout ne approce de la partie, m ib. 250. Tout partout où Bertran en Bretaigne savoil Ne jousles ne tournoiz, et qu'on s'i assambloit. Sur la meilleur jument de son père montoit, Guescl. 285. Qu'on lui coupe la langue tout outre, si que dès lors en avant il ne puisse dire mal de Dieu ne d'autre, Ordonn. des Rois, t. II, p. 283. Ils le jcllerent tout mort [roide mon], Chr. de St Denis, t. i, f 17, dans lacurne.
— xv s. Il sentoit encore plusieurs villes et chasteaux sur la rivière de la Dordogno, qui contrarioient grandement le pays et travailloient toutes gens dont il avoil l'obéissance, proiss. il, ii, l. Jean Lyon en estoit tout lié [joyeux], et cuidoit que ce fust pour lui, el ce estoit contre lui du tout, ID. n, n, 52. Ainsi fut l'osl logé toute une nuit en un bois, lo. i, l, 36. Kstoil messire Godemar du Fay tout capitaine de la cité de Tournay et de Tournesis et des forteresses environ, m. i, I, 100. Si repassèrent toutes leurs gen.s, et s'en retournèrent en ville sans perdre un tout seul homme, AL. CHART. llisl. de Ch. VI et Vil, p. 95. Peu après la guette de St Denys vit venir les coureurs des François, et sonna à tout; et incontinent le dit messire de Beaumont et ses gens d'armes saillirent hors de la disle ville, m. ib. p. 99. Une fois pour toutes croyez Que vous demourez escondict. ID. la Belle dame sans mercy. Tout malade qu'il estoit, qui luy eust parlé d'Anglois, il eust faicl manière de les combalre, juvem. 1411. Le peuple
de Borne.... veindrent dire qu'iLi tueroienl tout, s'ils n'avoient en pape un Romain, m. i*8l. Gairqs nul en son temps, i mectre le tout pour la tout, n'a esté trouvé pareil de luy, ciiastrl. Chr. det dues de Bourg, n, 17. Ils firent grande poursuite environ deux ans; et de tout s'adressoienl iEstienne de Vers, cohm. tu, ). A regarder la tout, lu. Prol. Angers où hantent toutes natiou de gens estrangers, id. i, i. Les Anglois mesle; parmy, qui cuydereot posséder le tout du royaulme, ID. VI, 13. Quand Gadifler l'entenitit, il st prinl à rire, tout si malade qu'il estoit, PerceforeA, t. i, f- 48.
— XVI' 8. X tout le moins qu'il vous souvienne Des propos tenus en ce lieu, harot, dans jaubert, Gloss. Le chasteau ne se voulut de première venue rendre, ains attendit à mettre le siège et asseoir rarlillerie; et, voyans que c'estoit i tout [tout de bon ] , parlementèrent et se rendirent , jeam d'auton, Ann. de l.ouit XII, p. 179, dans lacurne. Au Jour que tu viendras en ta majesté sainte Pour juger ce grand tout, qui frémira de crainte.... desportf.s , Œuv. ehresliennes , Para" phrase du Libéra me. Ceux cy, tous ignoran» que ilz sont, en sçavent autant que les aullres, rab. Pant. V, 1». Somme toute, il la tua, m. Épi. is. Tout ce qu'on peut de vous voir ou penser. Sont l?xs et nœuds, qui mon ame ont liée, st-oel. 143. Et sommes tous enclins, quand tout est dit, A désirer ce qui est interdit; Le patient demande tout exprès L'eau défendue, et est tousjours après, id. 200. S'il se pouvoit faire que tout tant qu'il y a de pères en terre, vinsent à perdre toute amour et affection paternelle, calv. Instit. 715. J'entrcprendrois bien sus ma vie, toute femme que je suis, de le garder de passer [Charles Quint], marg. I.ett. 127. S'il plaisoil au roy entendre de M. de Lautrec comme les chouses vont, sans du tout croira ceulx qui de longtemps ont désiré ruiner la maison de Montferrat, m. ib. 59. Il s'enfuit tout en chemise, id. Nouv. xl. Il les chargea touls endormis, MONT. I, 27. En tout et partout, id. i, 2*. Tout sur l'heure, m. I, 59. Ceulx qui.... touls blecez encores et ensanglantez, id. i, 63. Tout présentement [au moment même], id. i, 73. Tout i un coup, ID. I, 82. C'est tout un, id. i, 84. Exemples en tout et partout véritables, id. i, 104. Tout grand bœuf qu'il estoit, id. i, <06. Lors l'ancien feu est esleint tout partout en la maison, m. i, lis. Le tout avoit esté descouvert par un des complices, ID. I, 127. Un peu de chaque chose et rien du tout : à la francoise, id. i, 154. On nous les placque [les règles de grammaire et de rhétorique] an la mémoire toutes empennées, m. i, i«3. Ils vont tous nuds [à la guerre], id. i, »39. Or moy je suis tout face, ID. I, 259. "Tout beau et bonneste que vous estes, va. n, 6. Mais toutes imbecilles qu'elles sont, quand... ID. n, 294. As-tu grand froid? — Du tout point, respond Diogenes, m. iv, 162. Il est tout notoire que ces trois princes ont grandement aimé leur peuple, LANOUE, 52. La plusparl des sénateurs sont entr'eux très bien accordans, pour commettre toute iniquité, id. 65. Ilsdevroient plustost en avoir compassion, et en toute douceur les prendre par le bras, et.... id. "i. N'est-ce pas comme rebailler une saignée i un qui a quasi tout perdu son sang? id. 193. On ne sçauroil du tout rien dire de Lycurgus, en quoy il n'y ait toujours quelques diversités entre les historiens, AMYOT, Lye. 1. La science el sagesse qui pour lors estoit en estime, consisloit tout en graves sentences et dicts moraux, m. Thésée, 3. Chasque citoyen avoit en tout et partout égale auctoriié, m. ib. 28. Les vieillards estoient comme pères etmaistr«s de tout tant qu'ilz estoient d'enfans, ro. Lye. 35. Attalus et Pompeius moururent tous deux i semblable jour qu'ilz estoient nez, m. Cam. 33. Trouvant les portes de la ville toutes ouvertes, id. ib. 39. \ grands coups de leurs grosses lances, qu'iiz leur passoient de part en part i travers le corps fer et bois et tout, id. Crastut, 51. Je tremble tout [suis tout tremblant] que quelqu'un de ces dieux Ne passionne après son beau visage, BONS. 114. Ha maistresse est toute angelette. Ha toute rose nouvelette. Toute mon gracieux orgueil.... Toute mon cœur, toute mon œil. Toute mes jeux et mes blandices.... Toute mon tout, toute mon rien.... Toute mon mal, toute mon bien. Toute fiel, toute ma sucrée.... Ma toute simple et toute fine. Toute mon ame et tout mon cœur, id. 143. Tout ce qui est parfait ne dure pas longtemps, id. 286. Le destin et la parque noira En tous âges aillent nos yeux, ro. 4(>o. LasI ca
TOU
n'est rien d6 voir, maislresse, La face qui est trouipurcâsc, El le front bien souvent moqueur : C'est le tout que de voir le cœur, id. 568. Il prinl l'oreille du larron, et la lui coupa toute nette, DKSPEB. Contes, Lvm. Et, sans faire sonner trompette ni sourdine, délogea toute nuit.... carloix, I, 7. Oui voudroil bien juger de quoiqu'un, il le faudroit voir i son tous les jours, ciubuon, Sogesse, p. 208, dans lacurnb. Qui tout me donne tout 'me nie, cotobave. Qui de tout se taisl de tout a prii, m. Il est tout presché qui n'a cure de bien faire, id. Tu ris une naissance, et je pleure un trespis; Mais nous faillons tous deui, de bbach, Œuv. t. n, p. ï8.
— ÊTYM. Bourguig. t6; wallon, «o; provenç. tôt; espagn. et portug. todo ; ital. tutlo; du lat. totus , entier. Totus est pour (ouJui ; osque, totUo ; sabellien, touta; qui veulent dire cité, commune ; du rad. sanscr. (u, croître.
t TOUT-GONNAISSANT (tou-ko-nê-san), TOUTE CONNAISSANTE (tou-te-ko-nê-san-f), adj. Se dit rie la connaissance divine. Une substance infinie.... toule-connaissante, desc. Médit, m, 16.
TOUTE-BONNE (tou-te-bo-n'), ». f. U sauge sclarée, dite aussi orvale. || Variété de poire. || Au plur. Des toutes-bonnes.
— HIST. nv s. En janvier et février toute-bonne soit plantée jusques à juing, Ifrfnigier, tl, î. Il XVI' s. Le jus des racines et fucilles d'orvale ou toute-bonne, o. de serres, 839.
— ÉTVM. Tout, et bon. ^
t TOCTE-BONTÉ (lou-te-bon-té), I. f. U bonté suprême. Que le ciel à jamais par sa toute-bonté.... MOL. Tart. m, 3.
TOUTE-fiPICE (tou-té-pi-»'), ». f. Nom vulgaire de la nigelle (voy. ce mot), dite aussi herbe aux épices ou de toutes épiées. || Myrte piment. || Au plur. Des loutes-épices, mais prononcé toute-épice.
— ÊTYM. Toute, et épice.
TOUTEFOIS (tou-te-foi), adv. Néanmoins, cependant, mais. Mais que vous étiez plus lieureuae, Lorsqu'on vous voyait autrefois, Je ne veux pas dire amoureuse, La rime le veut toutefois, voit. À la reine .inné d'Autriche. Ce malheur toutefois sert à croître sa gloire, corn. Poly. i, 4. Qui est semblable i Tyr? et totitefois elle s'est tue dans le milieu de la mer, boss. Mar.-Thér. La flotte suédoise vint à sa rencontre [de l'amiral russe], commandée par le vice-amiral Erinschild; elle était moins forte des deux tiers, toutefois elle se battit pendant trois heures, volt. Charles XII, 7.
— REM. Voici le tableau des positions que toutefois peut occuper dans la phrase : Toutefois il viendra. Et toutefois il y consent. Si toutefois la chose est possible. Je ne laisserai pas toutefois de le servir. Quand il est joint à quoique et autres conjonctions dont le que est inséparable, il peut se mettre après ces conjonctions. Quand il est joint à bien que, parée que et autres dont le que est séparable, il peut se mettre après les conjonctions, et ordinairement entre la conjonction et le que. Pourvu toutefois qu'il le veuille. Afin toutefois qu'il puisse le faire. X condition toutefois qu'il y consentira.
— HiST XV* s. Combien que l'entrée soit forte, toutefois le comte de Foix la conquit une fois, FROiss. Il, m, 7. Il XVI' s. Robinet m'a dit comme il avoit porté par delà une nouvelle dont je ne l'ose advouer du tout; toutes-fois les signes en sont sy apparents, que je la puis, ce me semble, espérer, maro. te». 7 i. Sa manière d'escrire estoit sentencieuse, et toutefois familière, autot, Cat. u. Toutefois fut le pré tondu, cotorave.
— ÉTYM. Tout, et fois ; ital. tuttafiata. La forme ancienne était toutes voies ou, en normand, tûtes vête», de tout et voie.
TOUTENAGUE (tou-te-na-ghO,»./'. Alliage de cuivre et de zinc avec des traces presque imperceptibles d'arsenic introduit seulement pour en augmenter la blancheur.
— ETYM. Persan toUttiijdndk, mot hybride d'arabe et de persan, signifiant analogue & la tutie; ndfcest une particule persane ajoutée au mot arabe.
t TOUT-ENSEMBLE (tou-tan-san-bl'), ». m. Terme de beaux-arts. Se dit de l'efTet de la réunion des parties d'un ouvrage, abstraction faite du mérite de chacune de ces parties. De parties excellentes peut résulter un tout ensemble fort peu satisfaisant.
t TOUTE-PRÉSENCE ( tou-te-pré-zan-s' ), ». f. Qualité de l'Être suprême, qui est présent partout.
TOUTE-PUISSANCE ( tou-te-pui-san-s' ), ». f. ||1" Pouvoir de la Divinité, lequel est sans borne*. Dès le temps aouveau-né, quand la toute-
puissance D'un mot forma le ciel, l'air, la terre et les flots, BOiL Sat. xu. || 2° Par exagération, il se dit d'une puissance humaine. Ce n'est plus la valeur, ce n'est plus la naissance Qui donne quelque droit à la toute-puissance, corn. Perthar. i, 4. Et peut-on se venger de la loute-puissancoî Oui, quand on ne craint rien, volt. Triumv. iv, 4. Il Par plaisanterie. Du cdté de la barbe est la toute>puissance, uol. Éc. des fem. m, 2.
— HIST. XVI' g. La toute-puissance divine, mont. I, 124.
TOUTE-SAINE (lou-te-sè-n'), ». f. Nom vulgaire de l'/iypericuin ondros.rmum, 1. 1| Nom donné aussi à la toute-bonne || Au plur. Des toutes-saines.
— ÉYTM. Tout, et sain.
t TODTE-.SCIENCE (tou-te-si-an-s'), s. f. Qualité de l'Être suprême, qui sait tout, qui connaît tout.
t TOUTE-TABLE ou TOUFFES-TABLES (tou-teta-bl'), ». m. sing. Jeu analogue au revcrtier, mais plus facile et plus rapide, qui se joue à deux sur un trictrac, avec deu.ï dés et quinze dames de chaque cûté. La marche du jeu consiste à faire faire aux dames le tour entier du trictrac. Le but des joueurs est, après avoir fait passer toutes leurs dames dans leur dernier jan, d'enlever celles qu'ils ne peuvent jouer : celui-là gagne qui les a le premier enlevées toutes. Les doublets se jouent double, c'est-à-dire qu'avec un terne, un quine, on joue quatre trois, quatre cinq, etc. Toute dame découverte peut être battue par une dame adverse que le point du dé amène sur elle; la dame battue est aussitôt reprise par son propriétaire, qui n'en neui jouer absolument aucune autre, que celle-ci ne soit rentrée et ne recommence ainsi le tcur entier qu'elle doit faire. Le nom de toutes-tables était autrefois en France la dénomin.ilion de ce jeu ; mais le titre de gammon ou bar.k-gammon l'a remplacé. Ce dernier nom vient des Anglais; c'est leur trictrac, car ils ne jouent point le nôtre, lebbdn. Manuel des jeux de calcul et de hasard, p. 80.
— f.TYM. Le nom de toutes-table» vient de la disposition qu'on donne aux dames en commençant la partie. Elles ne sont pas empilées, comme au trictrac ou au revertier, dans un seul coin, mais partagées pour chaque joueur on quatre tas, placés symétriquement dans toutes les tables, c'està-dire dans les quatre parties du trictrac.
t TOUT-FÉCOND, TOUTE-FÉCONDE (lou-fé-kon, tou-te-fé-kon-d'), adj. Se dit de la fécondité divine. Dieu tout-puissant et tout-fécond, volt. Phil. Newt. I, 3.
f TODTIER (tou-tié), s. m. Celui qui dirige une toue. Une équipe se compose de dix bateaux.... pour conduire une équipe, il faut dix mariniers et un toutier, e. changez, Voies navig. p. 318.
TOU-TOU (tou-tou), ». m. Dans le langage des enfants, chien. Bonjour, le plus gras des tou-lous; Si par hasard mon amitié vous tente, Je vous l'offre tendre et constante ; C'est tout ce que je puis pour vous, deshoul. i, <65. Il Fig. et familièrement. U se dit des enfants. Viens m'embrasaer, viens, mon tou-tou [son fils], cyh. de bero. Péd. joué, I, 7. Il U se dit aussi, par moquerie, d'un homme dont on s'amuse en le traitant comme un petit chien d'appartement. Il [un faussaire] fait dire à M. de Voltaire que les dames de Versailles sont d'agréables commères, et que J. J. Rousseau est leur tou-tou, volt. Comment, hist sur les œuvres de Vauleurde la Henriade.
TOUT-OU-RIËN (tou-tou-riin), s. m. Partie d'une montre ou d'une pendule qui fait qu'elle sonne entièrement l'heure indiquée par les aiguilles, ou, ce qui arrive quand on n'a [las assez poussé le bouton, qu'elle ne répète rien. || Au plur. Des tout-ou-rien.
— ÊTYM. Tout, ou, et rten.
TOUT-PUISSANT (lou-pui-san), adj. m. TOUTE- PUISSANTE (tou-te-pui-san-f), adj. f. || 1 Qui peut tout, en parlant de la suprême puissance. Par le nom de Dieu, j'entends une substance infinie, éternelle, immuable, indépendante, toute-connaissante, toute-puissante, desc. Médit, m, < 5. Dieu peut tout, hormis les choses lesquelles s'il les pouvait, il ne serait pas tout-puissant, mourir, être trompé et mentir, pasc. /'en», xxv, (88, édit. havet. Un Dieu tout-puissant à qui tout est aisé, mass. Myst. Soumiss. Frappez, dieux tout-puissants; vos victimes sont prêtes, volt. Œdipe, i, 2. || Substantivement. Le Tout-Puissant (avec deux majuscules). Dieu. Le Seigneur a paru comme un guerrier; son nom est le Tout-Puissant, saci, Hible, Exode, xv, 3. Il %' Par exagération, qui a un très-grand pouvoir,
TRA
un très-grand orédit. J'étais de ce grand corps l'âme toute puissante, hac. lirit. i, ). Puisqu'il en tout-puissant, il sera généreux, volt. Orph. ni, » Rentrez en vous-même, monseigneur, sondez les replis de votre cœur, et, si vous désirez d'être tout-puissant, vous verrez que ce n'est que poui satisfaire quelque passion injuste, oondil. Étude» hist. n, 6. Il On dit de même : Vous êtes toutpuissant sur l'esprit d'un tel. || Il se dit aussi de<i choses. Seul tu peux révéler par quel art tout puissant Tu rendis tout à coup le chantre obéis sant, noiL. Lutr. vi. En voyant.... Vos charmes tout-puissants et les siens dédaignés, bac. Andr. I, 4. Il Auplur. masc. tout-puissants ; ou plur. fém. toutes-puissantes : des forces toutes-puissantes.
t TOUT-VENANT (tou-ve-nan), ». m. Se dit des morceaux de houille, sans choix. Les charbons de terre ne pourront se vendre.... à un prix supéne ir à 40 francs pour le tout-venant et les briquettes, Journ. uffic 24 fév. 187), 2' col.
|TOUT-VENU(tou-ve-nu),j.m. Séneçon commun.
TOUX (toû ; \'x ne se prononce pas, même devant une voyelle, dit Chifflel, Gramm. p. 2i8), ». f. Expirations subites, courtes et fréquentes, par lesquelles l'air, en traversant rapidement les bronches et la trachée-artère, produit un bruit particulier. Une farce dans laquelle un vieillard est saisi d'une toux violente devant sa maltresse, et lui dit : Mademoiselle, c'est d'amour que je tousse, volt. Comm. Corn. Hem. Pulch. préf. Et d'une horrible toux tes accès violents Étouffent l'animal qui s'engraisse de glands, delil. Géorg m. ||Toux sèche, toux sans expectoration, par opposition à toux humide. || Toux grasse, voy. gbas, n* (o.
— HIST. xvi* 8. Le patient a une toux seiche, paré, V, <o. Es registres du parlement on trouve que le vingt-sixierae jour d'avril, l'an (403, y eut une maladie de teste et de toux qui courut universellement, si grande que ce jour là le greffier ne put rien enregistrer, et fut on contraint d'îJoandonner le plaidoyer, pasquieh, Rech. iv, p. ;i75, dans LACUBNE. Les noms mesme, de quoy ils [nos paysans] appellent les maladies, en adoulcissent et amollissent l'asprelé : la phthisie, c'est la toux pour eulx.... mont, iv, (97.
— lîTYM. Wallon, (oj»; Berry, <ou»ie ou tu»»»,provenç. et espagn. los; portug. tosse; ital. to»je: du lat. iussis.
f TOUYOU (tou-iou), ». m. Nom qu'on donne, dans l'Amérique méridionale, à la myctérie américaine (gralles), dite ailleurs jabiru.
f TOUZ.ARD(tou-zar), ». m. Anciennement, sorte de peau préparée chez le mégissier. 12 sols sur la douzaine de touzards de mégie, Déclar. du roi, 46 févr. 463B.
— ETYM. Probablement l'ancien verbe touter, tondre, rendre ras, qui vient de tontu», tondu (voy. tondre).
t TOXÉMIE (to-ksé-mie), t. (. Terme de médecine. État du sang devenu septique.
— ÊTYM. ToÇiKov, poison, et alua, sang.
t TOXICITÉ (to-ksi-si-té), s. /. Terme de médecine. Caractère toxique, propriété d'être toxique. La toxicité de la thébaïne.
— ÊTYM. ToÇixàv, poison.
TOXICODENDRON (to-ksi-ko-din-dron) , ». m.
Terme de botanique. Espèce de sumac très-vénéneux, rhus toxieodendron, L. dit sumac à la gale ou à la puce.
— lil'VM. To^ixov, poison, et Ssvôpov, arbre. TOXICOLOGIE (to-ksi-ko-lo-jie), ». f. || 1 Science
qui traite des poisons, des toxiques. || i" Traité sur les poisons. La Toxicologie d'Orfila.
— ÊTYM. ToÇixèv, poison, et Wyoc, traité.
t TOXICOLOGIQUE (to-ksi-ko-lo-ji-k'), o^;'. Qui appartient à la toxicologie.
t TOXICOLOGUE (lo-ksi-ko-lo-gh'), ». m. Celui qui s'applique à la toxicologie. || Auteur d'une toxicologie.
TOXIQUE (to-ksi-k'), adj. ||1* Qui a la propriété d'empoisonner. Substance toxique. i| 2 S. m. Nom générique donné aux poisons et aux virus Il 3* S. m. Genre de coléoptères.
— ÊTYM. Tojixèv poison, de téÇov, arc, à eau** que les poisons servaient à empoisonner les flèches.
\ TOYÉRE (to-iê-r'), t. f. Pointe de la hache qui entre dans le manche.
TRABAN (tra-ban), ». m. .Militaire armé d'une hallebarde, et chargé d'un service particulier. De vingt-quatre trabans qui se relayaient pour le porter [Charles XII, à Pultava], vingt et un furent tués, volt. Charl» XII, *. Des trabans à cheval précédaient le cortège [aux fêles du cou*
THA
TRA
TRA
ronnement de François-Joseph comme roi de Hongrie], Moniteur, (OeMt juin <867. p. 717,5' col.
— MiST. XVI* s. J'entrai dans la ville avec six hallebardier» qu'ils avuienl toujour» veu marcher devant moy ; j'avois aussy qujlre u cinq capitaines qui m'accompagnoient, qui avoient chacun deux trabanls à leur suite, bassumpubrb, Mim.
l. II, p. 2H, dans LACURNE.
— ËTVM. UaK trabante; suéd. drabant; allem. Trabanl; bohème, drabanlt; on fait veuircesmols de l'allem. traben, trotter, courir; voy. cependant
THABE.
t TRABE (trab'), s. f. || f Terme de blason. Bâton qui supporte une bannière || La partie de l'ancre qui en traverse la lige par le haut. || 2° Météore en forme de poutre.
— ÊtVM. C'est trabe du xvi* siècle signifiant poutre et venant du lat. trabes, poutre. Le Iraban serait-il le porteur d'une (rabe, bâton de bannière?
t TBABKATION ( tra-bé-a-sion ) , s. f. Terme d'architecture. Entablement, travaison.
tTRABÉCULAlRE(tra-bé-ku-lé-r'), adj. Qui concerne k's traliécules, qui les constitue.
tTRABÉCULK (Ira-bé-ku-l') , s. f. Turme d'anatomie. Nom donné aux procès filiformes dans le sinus longitudinal de la dure-mère, et aux petites fibres médullaires du cerveau qui constituent les commissures. |{ Trabécules osseuses, petits prolongements de substance osseuse qui, cntre-croiscs, limitent les cavités médullaires du tisiiu spongieux dans le voisinage du canal des os longs.
— f.TYM. Dimin. du lat. trabes, poutre.
TRABÊE (ira-bée), s. f. Terme d'antiquité romaine. Robe blanche ornée de bandes de pourpre en forme de poutre; c'était un vêtement de cérémonie.
— ËTYM. Lat. trabea, de trabs, poutre, à cause de la forme des raies.
t TRABUCOS (tra-bu-kôs) , adj. irtvar. Des cigares trabucos, ou, substantivement, des trabucos, cigares de la Havane, mentionnés pour la première fois dans l'arrêté présidentiel du 4* mai 1849. Il Au sfng. un trabuco.
— ETVM. Espagn. trabuco, gros mousquet; ces cigares sont gros, courts, ramassés.
TRAC (trak), s. m. ||1* Allure du cheval, du mulet, etc. || 2* Trace, piste des bêtes. || Vieux dans les deux sens.
— HiST. xv s. Oncques ne voulut traverser le garet ne pays mol, de paour qu'on ne trouvast nostre trac, mais toujours nous mena le pays dur, le Jouvencel, f' 6, dans lacuhne. i«squelz variez de guerre demeurèrent darriere par le commandement de leur cappitaine, pour prendre garde et faire guet sur le trac ou trayn de ladite compaignie, DU CANOË, traça. Grant femme seiche, noire et maigre. Qui veult d'amour suivre le trac. On dit que c'est ung fort vinaigre Pour gaster un bon estomac , coquil. Droits nouv. Il xvi* s. Et vous , soyvant le trac de vos ayeux , Ne desdaignez les sons mélodieux Que nous apprend ceste trouppe sçavanto, ot; bell. v, so, rec(o. Quand la limace au dos qui porte sa maison Laisse un trac sur les (leurs.... rons. <60.
— ÉTYM. Angl. track, trace , ornière. D'après Diez, ce mot se rapporte non à trace, tracer, mais à un thème germanique : néerlandais, Ireck, action de tirer, trait.
t TRACANAGE (tra-ka-na-j') , s. m. Action de faire passer la soie au tracanoir, dans le dévidage.
t TRACANER (tra-ka-né), v. a. Passer au tracanoir, dévider, en parlant de la soie. Tracaner les fils.
— ÉTYM. L'ital. tracannare, avaler, de «ro, à travers, et canna, tuyau, est proliablemcnt le même.
t TRACANOIR (tra-ka-noir), ». m. Engin du moulin à dévider la soie, ayairt pour objet de dévider les fils sur de nouveaux roquets.
TRAÇANT, ANTE (Ira-san, san-f), adj. Racine traçante , racine qui trace, c'est-à-dire qui ne plonge pas dans la terre, mais se promène horizonUlement sous la terre. || Racine traçante est souvent le nom inexact du rhizome. || Tige traçante, ou stolon, tige qui reste étendue sur la terre, et qui s'y enracine de distance en distance. On dit aussi rampant.
TRACAS (tra-kâ), t. m. || 1* Mouvement accompagné d'embarras, le plus souvent pour des choses de peu d'importance. Mais ne saurai-je point pourquoi tout ce traça»? Pourquoi tant de détours, HAUTiROOHE, Soup. mal apprfU, se. i. Tout ce tracas qui suit les gens que vous hantez, hol. Turi. 1, <. Ce petit traça* de dame d'houneur, dont
elle [Mme de Richelieu] l'acquittait il bleu, est tout dérangé, sÉv. « avr. M»u. || ï- Se dit populairement du métier qu'on fait. Je fais tout doucement inon petit tracas. Tes choux, tes aulx, enfin tout ton tracas, la font. Jum. i* ne suis pas si aise, et je la [ma vie] gagne à faire le tracas des maisuns, uariv. Pays parv. -i' part. || 8' Fig. Petits embarras. L'afi'uire du salut va avant les tracas du ménage, lb f. sim mars, Kyit. du ruy. de Dieu, p. «iv, dans pouoëns. Les Levantins en leur légende Disent qu'un certain rat, las des soins d'ici-bas. Dans un fromage de Hollande Se retira loin du traca.s, La font. Fabl. vu, 3. Ce qu'on recherche.... c'est le tracas, qui nous détourao d'y penser [à notre malheureuse condition] et nous divertit, pasc. Peni. iv, a, cdit. havet. L.e tracas de la dévotion, Bi\. <5 janv. i<i74. Je ne pense pas que vous me soupçonniez d'être moins lasse que vous de tout ce qui s'appelle tracas, tracasseries, iracassiers, u" du depfant, Corresp. l. i, p. 3I2, dans pouoens. J'avais plusieurs écrits commencés, j'en fis la revue; j'étais assez magnifique en projets; mais, dan.s les tracas de la ville, l'exécution jusqu'alors avait marché lentement, J. J. Rouss. Confess. ix. || 4* Kspaco vide dans les planchers d'une raffinerie de sucre.
— ÉTYM. Substantif verbal de tracasser.
t TRACASSANT, ANTE (tra-ka-san, san-f), adj. Qui tracasse, qui cause de l'inquiétude. AiTaircs tracassantes.
TR.\CASSÊ, ÉE (tra-ka-sé, sée), part, passé de tracasser. Tracassé par les créanciers. || Proverbe. Goutte tracassée est à moitié guérie, la moitié du traitement de la goutte est l'exercice.
t TRACASSK.MENT(lra-ka-se-man), ». m. Action de tracasser.
— HIST. xvi* s. Et après plusieurs tracassemonts en mon esprit, suis forcé de dire.... pasquier, Uonophile, p. U7, dans lacubne.
TRACASSER (Ira-ka-sé), v. n. || t' Aller et venir, sur place, pour de petites occupations. Il aime la chambre, où il n'est ni oisif ni laborieux, oh il n'agit point, oii il tracasse, et dans l'équipage d'un homme qui a pris médecine, LA BHUY. XIV. Il est toute la matinée à se laver la bouche, il tracasse en robe de chambre, vauven. le Paresseux. Je tracassais quelques instants autour de mes livres et papiers, pour les déballer ot les arranger, plutôt que pour les lire, j. j. rouss. Confess. xii. H 2* l'ar extension, se livrer i des occupations que l'on compare aux allées et venues sur place. On leur donne [aux hommes] des charges et des affaires qui les font tracasser dès la pointe du jour, pasc. Pens. iv, t, édit. havet. Après avoir tracassé toute sa vie dans l'héroïsme et dans les arts, qu'emporte-l-on dans le tombeau? un vain nom qui ne nous appartient plus, volt. Lett. au roi de Pr. juin (769. || 8" Agir avec un esprit inquiet et brouillon. Ne recevez point cet homme dans votre société; il ne fait que tracasser. LiOin qu'on l'ait jamais accusé d'avoir tracassé dans les sociétés oii il a vécu, ni brouillé ses amis entre eux, ni desservi personne avec qui il fiit en liaison, ). ]. rouss. 2* dt'at. |{ Il se conjugue avec l'auxiliaire otioir. || 4* F. a. Inquiéter, tourmenter quelqu'un. Pourquoi le tracasser ainsi? Croyez nos conseils sur la timidité de l'aîné; si vous le tracassez, vous le déconcerterez au point qu'il n'en reviendra jamais, sÉv. S3B. || 5° Terme de marine. Se dit d'une mer clapoteuse qui agite un bâtiment. Il Se dit aussi, absolument, du bâtiment ainsi agité. || 6° Se tracasser, v. réfl. Se donner du souci, de l'embarras. De temps en temps je me traca-sse sur des choses que je sens et que j'aperçois seul, dider. Lett. à Mlle Voland, 29 aoiit (759. Il S'inquiéter , se tourmenter l'un l'autre. Adieu, comte, point de rancune , ne nous tracassons plus, sÉv. à Bussy, a juillet 4 670.
— HlST. xv s. Quant on voit cheval qu'on promaine, Se il est chault, il a tracassé; Chien soufflant à la grosse alaine, On présume qu'il ait chassé, coquil. Droits nou». || xvi' s. Tant feirent et tracassarent, pillans et larronnans , que il arrivarent à Seuillé, rab. Garg. i, 27. Si je ne cours, si je ne tracasse, je ne suys point à mon ayse, lo. ib. I, 39. Subject vulgaire el tracassé (traité] en mille endroicts des livres, mont, i, 221. J'aime les malheurs louts purs qui ne m'exercent ot traca.ssent plus aprez l'iiiceriitude de leur rabiUage, m. m, 47. Si l'agitation luy plaist [au corps], qu'il se tourneboule et tracasse à sa fantaisie, m. m, 2i>o. A plus forte raison, les jeunes personnes qui sont tracMsans dAu* les délices du monde, •'•n doy-
vcut déporter [de la lecture des ruiuansj, lanoub, 141. 11 tracasse de çl ot de li, mais il ne vient pas i effet, PALsoRAVK, p. e«7.
— ETYM. Uourg. traicaissai; picard. Irétatstr, aller ot venir. Diez le tire de trac, et Scheler d« traqutr ; ce qui revient au même.
TRACASSERIE (Ira-ka-te-rie), ». f. \\ 1* AlléM et venues pour de petites occupations. Les Tractw- Mes, ou M. et Uiue Tatillon, litre d'une comédie de Picard. Il 8* Chicane, mauvais incident, mauvaise difficulté. Ces billets de confession (pour la bulle Vnigenitus] auraient tait naître une guerre civile dans les temps précédents; mais, dans le nôtre, ils ne produisirent heureusement que des tracasseries civiles, volt. Dicl. phil. Confess. Toute l'intrigue de cette tragédie [Nicomède] n'est qu'une tracasserie, lo. Comm. Com. Rem. Kieom. iv, a. J'ai vu un temps où vous n'timicx guère l'histoire; ce n'est après tout qu'un raoïas de tracasseries qu'on fait aux morts, id. Lett. Cideville, u févr. «767. Dans les commencements [d'une liaison] il ne peut y avoir de tracasseries, et l'on n'a point de mauvais procédés & se reprocher, oucLOs, Œuv t. vui, p. 13. Cela me ferait de nouvelles trac'isseries que je veux éviter, d'a- LEMB. Lett. à Voltaire, ta oct. 47«o. ||3» Propos, rapport qui tend à brouiller des gens les uns avec les autres. Il y a des tracasseries partout, iiamilt. Gramm. *. La reine, sans faire de tracasseries, ne laissait pas de les aimer, id. ib. 7. Berlin est un petit Paris : il y a de la médisance, de la tracasserie, des jalousies de femmes, des jalousies d'auteurs, et jusqu'à des brochures, tolt. Lett. Mme Denis, fi sept. (7so. Tout languit, tout est mort sans la tracasserie ; C'est le ressort du monde et l'âme de la vie, gress. Méchant , n, i . Persorme ne sait mieux que lui les tracasseries de l'armée, VAUVEH. Thersite, Var. ||4* L'effet des mauvais propos. U en est résulté une tracasserie entre les autearset les acteurs, orimm, Corresp. t. i. p. 43».
— HIST. xrr 8. Les estats, les charges el cette tracasserie du monde, mont, i, 173.
— ETYM. Tracasser.
TRACASSIER, lÈRB (tra-ka-sié, siè-r"), ». m. et f. Il !• Celui qui va ot vient pour de petites occupations. || Ad;. Quand il s'agit de rendre service, el à des amis encore, sans me vanter, je suis aussi actif, aussi tracassier que M. et Mme Tatillon, PICARD, les Tracasseries, ui, 44. ||î' Celui, celle qui tracasse, qui ne sait ce qu'il veut, qui suscite des difficultés sans raison. Oui, oui, défaitesvous de cette Iracassière, destouch. Irrésolu, T, ». On trouve cent chasseurs, cent Iracassiers, cent ivrognes, pour un homme qui lit, tolt. Lett. d'Argence, 49 sept. 47«e. X sa place Mme de Longueville n'eût été qu'une tracassii-re ; i la place ,de Mme de Longueville elle eiil gouverné l'État, J. J. ROUSS. Confess. u. || Adj. Une police Iracassière. Tiens, je suis vive, et franche, et familière; Mais je suis bonne, et jamais tracassière, volt. Prude, iv, s. Une petite femme Iracassière qui se mêle de tout et qui brouille tout, parce qu'elle se croit bonne i tout el que, dans lo vrai, elle n'est bonne à rien, dider. Lett. à Mlle Voland, 20 nov. 4770. ||3« Brouillon, indiscret, qui colporte de mauvais propos de l'un i l'autre. Il ne résultera de cette petite malice.... rien autre chose que des assurances de la plus respectueuse estime.... si tous les Iracassiers de Paris étaient ainsi payés de leurs peines, le nombre en serait moins grand , volt. Lett. d'Argenson , 30 mars 4 74o. c'est [lo P. Castcl] le fou des mathématiques el le tracassier de la société, id. Lett. Thiriot, 4 0 avr. 4 73».
— ÉTYM. Tracasser. On trouve (raca»»«tir au XVI' siècle.
TRACE (tra-s"), ». f. || !• Vestige qu'un homme ou un animal laisse i l'endroit où il a passé. Sur quel espoir nouveau, dans quels heureux climats Croyez-vous découvrir la trace de ses pas? rac. Phèdre, i, 4. Il aurait voulu pouvoir baiser les traces de ses pas, fén. Tél. vu. Les Brutiens sont légers à la course comme les cerfs et comme les daims.... à peine laissent-ils dans le sable quelques traces de leurs pas, ro. ib. x. || Terme de vénerie. Marque que le s.tnglier, et, en général, les bêtes noires laissent de leurs pieds sur la terre, ce qui les fail reconnaître des chasseurs. || Aller, revenir sur la trace, sur les traces, suivre, rejoindre. Dès que je le pourrai, je reviens sur vos traces, HAC. Bril. V, 2. Il Sur les traces de quelqu'un, à sa suite. Moi, je m'arrêterai? à de vaines menaces? Et je fuirais l'honneur qui m'attend sui
TRA
¥03 traces? hac. Ipliig. i, a. Il Fig. Les cœur» volent sur ses traces, il s'attire la bienveillance, l'amour de tout le monde. Jadis en moi se trouvaient réuni» Les doux attraits, la jeunesse, les grâces Et de Narcisse et de votre Adonis; Aussi les cœurs volaient tous sur mes traces, malfil. Narcisse, in. Il i' Fig. Eiemple à suivre. Et ces fameux héros, dont il suivra la tnice, corn. Othon, m, 3. Les bons et vrais dévots, qu'on doit suivre à la trace, mol. Tart. i, 6. Fais connaître i mon fils les héros de sa race; Autant que tu pourras, conduis-le sur leur trace, rac. Andr. iv, 4. Craint-on de s'égarer sur les traces d'HerculeT id. Phèdre, I, (. Grand Dieu! si tu prévois qu'indigne de sa race. Il doive de David abandonner la trace, id. Ath. i, 2. Il me disait tout ce que je devais faire pour marcher sur les traces de mon aïeul Minos, FÉN. Tél. XIII. Tout s'enflamma du désir de s'illustrer sur les traces de ce héros et de ses élèves. RAYNAL, Hist. phil. V, 7. || 3 Marque, impression que laisse un chariot, un carrosse, etc. Suivre la traced'un chariot. || i'Toute marque laissée par une chose. Il porte sur son visage la trace de longues souffrances. Qu'on remue ces ruines, on trouvera, dans les restes de ce bâtiment renversé, et les traces de ses fondations, et l'idée du premier dessin, et la marque de l'architecte, boss. la Vallière. De son généreux sang la trace nous conduit, RAC. Phèdre, v, 6. Quelles traces de sang Tois-je sur vos habits? m. Théb. i, 3. Celle-ci [IrisJ, volant d'une aile légère, fend les espaces immenses des airs, laissant après elle une longue trace de lumière, fèr. Tél. xvi. Jamais d'aucun mortel le pied.... N'imprima sur la terre une plus forte trace, lamart; Nouv. Uédil. Bonaparte. \\ Fig. De quelque côté que je suive les traces de la glorieuse origine de Madame, je ne découvre que des rois, BOSS. Duc/i. d'Orl. \\ 6« Fig. Impression que les objets font dans l'esprit, dans la mémoire. Cette aventure a laissé des traces profondes dans mon esprit, dans ma mémoire. L'agitation attachée au commandement et aux grands rôles a fait de trop profondes traces [chez le duc de Chaulnes], pour qu'elles s'effacent jamais, sÉv. 13 mai 1685. Quelle possession vous avez prise de mon cœur, et quelle trace vous avez faite dans ma têtel id. à Urne de Grignan, 27 sept. 1679. Tout [excepté penser à Mme de Grignan] passe, tout glisse, tout est par-dessus, et ne fait que do légères traces à mon cerveau, ID. 4 5 juin 4 680. Les traces du cerveau n'obéissent point à l'âme, elles ne s'effacent pas lorsqu'elle le souhaite : elles lui font au contraire violence, et l'obligent même à considérer sans cesse les objets, d'une manière qui l'agile et qui la trouble en faveur d-îs passions, malebr. Rech. vér. v, 4 4 Effacer les traces de la première habitude, buff. Hist. nat. hom. Œuv. t. iv, p. 435. Eh quoi 1 n'en pourrons-nous fixer au moins la trace [des jours de bonheur]? lamart. Médit, le Lac. Il 6* Fig. Tout ce qui sert à laisser une marque, une impression. On ne voit plus aucun reste ni des anciens Assyriens, ni dos anciens Mèdes, ni dos anciens Perses, ni des anciens Grecs, ni même des anciens Romains; la trace s'en est perdue, et ils se sont confondus avec d'autres peuples, BOss. Hist. il, 7. On vit François de Paule traverser toute la Sicile, laissant partout des traces d'une charité bienfaisante, flécu. Panég.Ht Franc, de Paule. De mes feux mal éteints je reconnus la trace, HAC. Andr. i, 4. Du sort do cet enfant on n'a donc nulle trace, id. Athal. m, 4. Ces églises si célèbres.... où il ne reste plus maintenant de traces de christianisme, mass. Carême, Parnle de Dieu. Sous Tibère, ils [les sénateurs romains] se portèrent si avidement au-devant du joug, que ce prince, le plus timide et le plus soupçonneux des hommes, s'en plaignait, quelquefois et aurait voulu retrouver quelque trace d'une liberté qu'il redoutait, condil. Ê(\td. hist. n, 4. Il 7' Lignes que l'on fait sur le terrain pour un dessin, un plan, etc. Faire la trace d'un parterre. US" En géométrie descriptive, les traces d'un plan, d'une droite, sont les lignes, les points suivants lesquels ce plan, celte droite coupent les plans de projection. || 9* Premiers points, premiei-s traits pour marquer les contours d'un ouvrage i l'aiguille, il Terme de point d'Alençon. Travail consistant i couvrir d'un fil les [larties piquées (voy. PieACE); autrement dit, reproduction exacte du dessin sur le parchemin dans la dentelle réseau. || 10' Trace d'un filon, petite fente qui se conserve dans l'aminoisscmcnt ou l'étran-
TRA
glemcnt d'un filon, et sert â le retrouver en conduisant à son redressement. || 11* Terme de vétérinaire. Trace de bal/ane, tache blanche peu étendue située sur la couronne d'un cheval. || 12" Voie, chemin (sens qui vieillit). Les deux nonnains n'oublièrent la trace Du cabinet, la font. Maxet. Que servent tant de questions, sinon à nous faire perdre, parmi des détours infinis, la trace toute droite de la vérité? boss. Sermons, Haine pour la vérité, 2. Un homme issu d'un sang fécond en demidieux. Suit, comme toi, la trace où marchaient ses aïeux, BOiL. Sat. ».
— HIST. xii* s. Et les tues traces [tes traces] ne serunl cuneùdes [connues]. Liber psalm. p. 4 04. Cil fubons emperere. Drus li duna sa grâce; Saint iglise l'eshauce, il veit Deu face à face; Li reis devrcit ensiwree ses mors [mœurs] osa trace. Th.
(e mort. 94. || xui' s tantost com Meraugis Ku
armez, un cheval de pris Lui amaine on en mi la place ; Li cheval fu jusqu'en la trace Couvertz d'un blanc dyapre chier, Meraugis, p. 229. Et il a pris le liemier, Si a trové dedans son tor Trace d'un grant porc quartenor, Partonop. v. 4830. Que mes traces ne soient meues de ton plesir, mais demorer m'i fes, Psautier, f° 22. Toute la plaie fu si afermée.... foi-s tant sanz plus que ilecques estoit demoré une trace endurcie, Miracles si Loys, p. 4 78. [Les ronces] Mainte trace m'ont faite par dessus ma chair nue, Berte, ui. Quant Enguerrans le voit, le cuer en a joiant, Isnelement le suit à esperon brochant, De la trace qu'il tint ne perdi il noiant, Ch. dCArU. m, 638. j| xiv s. Et lors li tribuns du plèbe prenoient les anciens chevaliers, et nombroient quantes foiz il avoient esté en bataille rengée, et quantes plaies et traces il avoient sur leurs corps, BERCHEURE, f" 95, verso. Soit argent vif mis en ime escuelle d'estaing, et crache dessus, et puis le broie o [avec] cheveux d'omme, et soit tant debatu qu'il ne demeure point de trace d'argent vif, lanfranc, f" 42, verso. [Ils voulaient] .... que partout alast la trace De leur valeur, de leur bonté. De leur pris, de leur loyauté, machaut, p. 43. Il XV' s. Vous partirez de ceste place, D'Anglois n'y en demorra trace, Myst. du siège d^Orleans, p. 739. || xvi' s. Un chien suyt son maistre à la trace, mont, n, 4 72. Aux desportemens de Nicias on ne trouvera aucune trace de audace ou d'oullrecuidance, amyot, Cross, et Nie. 3. Pégase se tarist, et n'y a plus de trasse Qui nous puisse conduire au sommet du Parnasse, rons. 703.
— ÈTYM. Voy. tracer; bourg, traice; wallon, track, féminin, action de traquer; provenç. trassa et (ras, masculin; espagn. traxa; ital. traccia.
TRACÉ, ÉE (tra-sé, sée), port, passé de tracer. Il 1° Dont on a . tiré, disposé les lignes. Le plan tracé par l'architecte. C'est de lui [Cadmus] ([ue nous vient cet art ingénieux De peindre la parole et de parler aux yeux. Et par les traits divers des figures tracées Donner de la couleur et du corps aux pensées, brébeuf, Phars. m. || Fig. C'est le portrait d'Anaxagore tracé par Périclès, d'alemb. Éloges, Montesq. || 2° Écrit, mis sur le papier. Vous dirai-je qu'il [M. de Lamoignon] se fit une religion d'écouler les raisons des parties et de lire tous leurs mémoires.... sans se fier à ces extraits mal digérés et souvent tracés à la hâte? pléch. Lamoign. Aussitôt trente noms, sur le papier tracés. Sont au fond d'un bonnet par billets entassés, boil.
iutr. I Quels malheurs dans ce billet tracés
Vous arrachent, seigneur, les pleure que vous versez? RAC. Iphig. 1, 1. 113° Tracé so dit, en hippologie, des chevaux inscrits sur le studbook, et dont la généalogie est connue. || 4* Terme de blason. Se dit pour ombré. ll S° S. m. Trait, imitation de la forme, des contours d'un ouvrage d'art que l'on obtient à l'aide de dessins ou de plans graphiques. Faire le tracé d'un plan, d'un dessin. Le tracé et la mesure effective d'une ligne de 67 à 68 mille toises est de toute impossibilité dans les pays habités, DELAMBRE, Abr. astron. 23* leçon. \\ S'emploie souvent dans le discours comme synonyme de ligne, quand on parle d'une voie de communication. Le tracé du chemin de fer de Paris à Orléans passe par Étampes. || Le tracé d'un retranchement, d'un ouvrage de fortification est sa disposition horizontale sur le terrain; on le détermine par la projection horizontale des crêtes intérieures.
t TRACE-BODCHE (tra-se-bou-cU'), t. m. Outil du facteur de pianos.
t TRACELKT (tra-se-lè), t. m. Poinçon servant à tracer les divisions des instruments de mathématiques. Quant aux tracelets, on sait combien leur jeu e»t s&r ; c'est là l'outil qui, sur la plate-
TRA
forme & diviser des artistes, trace 4000 traits sans se déranger, paye, Acad. des se. Comptes rendus, t. LVi, p. 378. Il On dit aussi traceret et traçoir.
— ÊTYM. Tracer.
TRACEME.NT (Ira-se-man), ». m. Action de tracer. Le tracement d'un fort sur le terrain, d'une plate bande.
— HIST. ivi* 8. Tracement, cotgrave.
— ÉTYM. Tracer.
TRACER (tra-sé; le e prend une cédille devant o et 0 ; traçant, traçons), v. n. |f l' S'étendre, cheminer horizontalement entre deux terres, en parlant de racines qui ne s'enfoncent pas (sens immédiatement dérivé du sens propre qui est aller, courir sur la trace). L'orme, le chiendent tracent beaucoup. || Il se dit aussi des petits animaux qui creusent des souterrains. Les taupes coupent quelquefois les racines des arbres; elles tracent et remuent beaucoup de terre, genlis. Maison rust. t. n, p. 478, dans pougens. lia* V. a. Conduire un trait dans une certaine direction (sens dérivé du sens primitif qui est suivre une trace). Tracer une ligne droite. Son char [de Vénus], qui trace en l'air de longs traits de lumière, A bientôt achevé l'amoureuse carrière, la font. Adonis. Le blé, pour se donner, sans peine ouvrant la terre. N'attendait point qu'un bœuf pressé de l'aiguillon Traçât à pas tardifs un péiiiWe sillon, boil. Éplt. lu. Les énormes serpents tracent de larges sillons sur cette terre bourbeuse, buff. Ois. t. xjv, p. 43. Il s'assit alors, et, pendant qu'à l'exemple des sophistes, il levait la main pour tracer dans les airs un geste élégant.... barthél. Anach. ch. 74. Il Fig. Tracer le chemin à quelqu'un, lui donner l'exemple. || 3° Indiquer, marquer par une ou plusieurs lignes le contour de quelque chose. Tracer une circonférence. Tracer les profils d'un membre d'architecture. Tracer des contours. Je commence par tracer un homme, i. i Rouss. Ém. ii. || 4" Tirer les lignes d'une figure, d'un dessin, d'un plan sur le papier, sur la toile, etc. Tracer un plan, tracer une épure, tracer un cadran, tracer une allée, un parterre, un fort. Lui-même il nous traça son temple et son autel, rac Athal. n, 4. On a conservé la carte sur laquelle il [Pierre le Grand] traça la communication de la mer Caspienne et de la mer Noire, qull avait déjà projetée, volt. Russie, I, 9. Il Absolument. Tracer sur le terrain. || Chez les charpentiers, se servir du traceret. || Terme de conslruction. Tracer en grand, tracer sur un mur un arc, une épure, pour quelque construction d'architecture. Il Fig. Tracer un modèle, donner un modèle, un exemple à suivre. Est-ce là cet auteur, l'effroi de la Pucello, Qui devait des bons vers nous tracer le modèle ? boil. Ép. 1. 1| Fig. Tracer une image, représenter, ô prince, vous vivrez éternellement dans ma mémoire; votre image y sera tracée, non point avec cette audace qui promettait la victoire.... boss. Louis de Bourbon. Il 5* Faire les premiers points pour marquer le contour des objets dans un ouvrage de broderie, de tapisserie. Tracer des fleurs sur du canevas. Tracer de la tapisserie. || 6* Tracer des caractères, des mots, des lignes, les écrire. Ha plume ici, traçant ces mots par alphabet. Pourrait d'un nouveau tome augmenter Richelet, boil. Sat. X. Ô lignes que sa main, que son cœur a tracées, A. CHÉN. Èlég. ni. || 7* Figurer. Mêlez vos pas à nos sons, Et tracez sur les herbettes L'image de nos chansons, mol. Am.magn. n, 3' interin. se. 6. || Marquer, indiquer. En vain sur la route fatale Dont les cyprès tracent le bord, Quelques tombeaux par intervalle Nous avertissaient de la mort, lamart. Mèd. n, 4. Il 8* Fig. Faire connaître par le langage parlé ou écrit. T'ai-je tracé la vieille à morgufl dominante ?B0iL. Sat. x. L'un peut tracer en ver» une amoureuse flamme, id. Art p. i. Il s'est fait apporter ces annales célèbres Où les faits de son règne avec soin amassés Par de fidçles mains chaque jour sont tracés, rac Esth. n, 4. Ces changements prédits, immuables, fixés. Que d'une plume d'or Bailly nous a tracés, a. chkn. l'Invention. Il Tracer le tableau, l'image, la peinture de quelque chose, décrire quelque chose. II nous a tracé le tableau do ses malheurs. Quelle peinture effrayante notre Évangile nous Irace-t-il de la rechute, mes très-chers frères I mass. Carême, Rechute. Laissons-les en tracer d'effroyables images, volt. Triumv. i, 3. || •• Fig. Donner un enseignement, un plan. Tracer à quelqu'un des règle» de conduite. Cet éclat de leurs actions [de nos ancêtres].... nous impose un engagement de leur faire le mèm« bonneur, de suivre les pas qu'ils iiouJ
TRA
(ncent, «t de a« point dégénérer de leur» vertus, HOL. D. Juan, iv, 4. Hais il est den venus que je lui puis tracer, BAC. Brit. i, ». J'ai vu Burrlius, Sénèque, ai(tri».sant vos soupç<ins, De l'infidélilé vous tracer dos leçons, id. Brit. iv, i. Le système légis lalif du nouvel Etat [la Virginie] fut tracé par le fameux Locke, baynal, Hist phil. XTiii, U. || Tracer à quelqu'un la conduite, la route qu'il doit tenir, lui donner les conseils nécessaires pour qu'il atteigne le but. Sa conduite est toute tracée. C'est ainsi qu'à son fils un usurier habile Trace vers la richesse une route facile, boil. Sat. viii. Vousmême vous aval tracé votre carrière, volt. Otymp. u, î. !| 10* Tracer la natte, faire le» cordons de paille dont on doit la composer. || il" Se tracer, V. réft Être tracé. Ces lignes se tracent à la mécanique.
— HIST. un* s. Desci qu'à la noire montaigne [il] A Baleham trachié et quis, Nel pot trouver... GUI DE CAMHHAi, Barl. et Jos. p. I3(. Mais te i [tels] soixante après lui tracent (courent], Qui delà mort Jehan menacent, Bl. et Jeh. 4a i». Se volez mengicr à oialiu, Si alcz en cel bois tracier. Où vos vos alez porchacier Auïsi con vos souliez fcre. Heu. 3«07. Et vont traçant parmi ces rues. Pour veoir, por estre veues, la Rose, 9067. || xiv s. Dont demanda dam Piètres : • oii est li faulx Heriris? Je serai moult dolant, se de ci s'est partis. • Tracier a fait les champs, les vaux et les larris, Guescl. tat6«. Ainsi partout nous tracasmes mainl pas, CHRIST. DE PISAN, Dit de Poissy. \\ xvi' s. Si faut-il qu'ils tracent du nombre des papes Jean viugtdeuxieme, lequel publiquement a tenu que les amesestoyenl mortelles, calv. Inst. vm. Toujours depuis que la voye est tracée, Plus on y pa.sse et plus elle est aysée, la boétie, 48I. Nous traçons dans les bois quelque voye esgarée ; Amour marche devant, et nous marchons après, m. 330. Tracer une harengue, cotguave. Nature fait chien tracer id. Le désir de marcher sur les erres que mon perc et mon bon oncle le cardinal m'avoyenl tracées, Sat. Uén. Harangue de U. le lieutenant.
— ÊTYM. Normand, Irachier, chercher; picard, tracher, chercher avec soin; espagu. trazar ; ilal. tracciare. Diez le tire d'une forme non laline Iractiare, dérivée de tractus, tiré de trahere ; de sorte que le sens primitif est faire un Irait; puis, comme une trace fait un trait, suivre à la trace, chercher, ce qui est un sens très-fréquent dans l'ancien français.
t TRACKRKT (ira-se-rè), ». m. I| 1* Synonyme de tracelet. || 2' Outil de fer pointu dont les charpentiers se servent pour piquef et ligner le bois. On dit aussi traçoir.
t TRACE-SAUTKREAC (tra-se-sô-tc-ro), i. m. Outil du facteur de pianos.
tTRACECR (tra-seur), s. m. Celui qui trace sur le terrain de petits sillons, pour déterminer les contour» d'un édifice, d'un jardin.
\ TKACEUSE(tra-seù-z*), J. (. Ouvrière qui trace un canevas, une broderie, etc., par des points d'aiguille. || Terme de point d'Alençon (dentelle réseau). Celle qui trace le dessin piqué , c'ist-àdire indique les contours du dessin, l'esquisse.
t TKACHÉAL, ALE (tra-ché-al , a-l'), adj. Terme d'aiiatomie. Qui a rapport à la trachée-artère. Arure trachéale. Nerfs trachéaiu.
TRACHÉE (Ira-chée), J. f. |l 1' Terme d'histoire naturelle. Dans les plantes , nom donné par Ualpighi à des espèces de vaisseaux composés de cellules très-allongées superposées bout à bout, en impiétant un peu l'une sur l'autre par des extrémité» coniques. Une lame argentée, élastique et tournée en spirale à la manière d'un ressort à boudin, forme les trachées ou les poumons de la plante, BONNET, Us. feuill. 2" m^m. !lî° Chez les insectes, canaux nombreux et déliés qui prennent naissance aux stigmates placés sur les côtés de J'abdomen, et conduisent l'air dans toutes les parties du corps. Les trachées des insectes ressemblent parfaiiement à celles des plantes, bonnet, Contempl. nat. m, 4».
— ÈlYM.Voy. THACHÉE-ARTÈRK.
TRACHÉE-ARTÈRE (tra-chée-ar-té-r* ; Richelcl recommande de prononcer Ira-kée-artère; aujourd'hui le» analoinistes disent trachée), t. f. Ternie d'anatomie. Canal communiquant du larynx aux bronches et servant au passage de l'air. || On dit aussi, par abréviation, trachée. Si on souffle avec force dans la trachée de quelque animal mort, on rendra des son» qui différeront peu de ceux que l'animal rendait, bonnet. Est. psych. ivu, 36. Il Descarte» a dit : l'artère trachée, f'orlui, a.
TRA
— HIST. XTi* s. La trachée-artere, appellée vulgairement la canne du poulmon, paré, vi, ».
— ÉTYM. Tp«x«'« *("1P'*> ''* ''P»/.^«> raboteux, et àpxTipia, artère, à cause que les plus anciens anatomisles, qui croyaient les artères pleines d'air, assimilant à une artère le conduit qui va du larynx au poumon , le nommèrent raboteux en raison des anneaux qui le composent.
t TRACHEEN , ENNE (tra-ché-en, è-n") , adj. Ternie d'entumologio. Oui a de» trachées.
t TRACHÉITE (tra-ché-i-f), t. f. Terme de médecine. Inflauiuiation de la trachée.
— ËTYH. Ti-achée, et la finale médicale i(« qui indique inflammation.
t TRACUÈLK (ira-chè-l'), ». f. Terme de marine. Milieu du màt d'un navire. || Entailles qui ne trouvent à chaque bout de certaines machines, et qui servent à les tenir en bon état.
t TRACHÉLIDES (tra-ké-li-d'), ». m. pi. Kamille parmi les insectes coléoptères hétéromères.
t TRACHÉLIKN, lENN'E {Ira-ké-liin, liè-n'), od;. Terme d'anatomie. Synonyme de cervical || Apophyses trachéliennes , apophyses transverses des vertèbres cervicales. |1 Trous trachélicns, trous ou canaux percés à la base des apophyses trachéliennes, et donnant passage à l'artère vertébrale ou Irachélo-occipilale. Il Nerfs trachéliens , nom donné aux nerfs cervicaux.
— ETYM. Toi/jtl/o;, COU.
t TRACHÉHPODE (tra-ké-ii-po-d'), adj. Qui a les pieds au cou. Mollusques trachélipodes (de tpJxi'io«> cou, et noûç, pied).
t TRACHÉLISME (tra-ké-li-sm'), s. m. Terme de médecine. Contraction spasmodique des muscles du cou par action réflexe ou diastaltique, pendant l'épilepsie, etc. causant la compression des veines du cou, l'occlusion de la glotte, ta protrusion et, par suite, la morsure de la langue.
— ETYM. Tpà/T|).o;, cou, gorge.
t TKACUÉLOBRANCHE (tra-ké-lo-bran-ch'), adj. Terme de zoologie. Qui porte les branchies au cou.
~ ÉTYM. TpàyTiXoç, cou, et branchie.
t THACHÊLO-DIAPHRAGMATIQUE (Ira-ké-lodi-a-fra-gma-ti-k'j , adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au cou et au diaphragme. || Paire trachélo-diaphragmatique, la quatrième paire des nerfs cervicaux.
t TRACUÉLO-DORSAL, ALE (tra-ké-lo-dor-sal, »a-r), adj. Ternie d'anatomie. Qui appartient à la région trachélienne el au dos. || Nerf trachélodorsal, accessoire do Willis, spinal, noms donnés au nerf de la onzième paire encéphalique.
t TRACUÉLO-OCCIPITAL, ALE (Ira-ké-lo-o-ksipi-tal, ta-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au cou el à l'occiput. Artère Irachélo-occipitale
t TRACHÉOCÈLE (Ira-ché-o-sè-l'), t. f. Terme de médecine. Tumeur de la trachée.
— ÉTYM. Trachée (artère), el /.■fi'i.n, tumeur.
■j- TKACHÉOSrÉNOSI': [tra-ché-o-sté-nô-z'), s. f. Terme de médecine. Rétrécissement de la trachée.
— fiTYM. Trachée {artère), el (iTeva>at«, rétrécissement.
TRACHÉOTO.MlK (tra-ché-o-to-mie), ». f. Terme de chirurgie. Opération chirurgicale dans laquelle on établit une communication entre la trachée et l'extérieur au-dessous du larynx.
— lîTYM. Trachée (artère), et xo.ui^, incision.
t TUACHO.MA (tra-ko-ma), s. m. Terme de médecine. Ophthalmie accompagnée de l'aspérité do la surface interne dos paupières.
— ÉTYM. Tpixw|ia, rudesse, de Tpax^«, rude.
t TRACHYCARPE (tra-chi-kar-p'), adj. Terme de botanique. Qui a des fruits rudes ou hérissés.
— ÊTYM. Tpaxù;, raboteux, et xai,no«, fruit.
t TRACHYTIC (tra-chi-f), ». m. Ternie de géologie. Classe feldspathique de roches volcaniques à pâte grossière, celluleuse, âpre au toucher.
— ETY.M. Tpayùç, rude.
t TRACHYTIQUE (tra-chi-ti-k'), adj Qui a le caractère du trachyte.
t TRACHYTISMK (tra-chi-li-sm'), ». m. Terme de géologie. Tendance à la formation du trachyte.
t TRAÇOIR (Ira-soir), ». m. Poinçon qui sert à dessiner sur lo métal les figures qu'on veut tracer. Il Outil du fabricant d'instruments do mathématiques, voy. TRACELET. || Oiilil du charpentier, voy. TKACELET. Il Outilduboutonnier.il Outil dujardinicr.
— ETYM. Tracer.
\ TRAÇONS (tra-son), ». m. pi. Maître des traçons, celui qui, dans les marais salants, tire le sel des bosses et le transporte sur des bêles de somme.
t TRACTARIENS (Ira lita-riin), ». m. pi. Nom duiuié aux anglo-caÙio|ique», nouvelle »ecte qui
TRA
admet l'unité catholique »ans recuooailre la suprématie du pape, el qui répudie l'alliance de l'État et de l'Egliie telle qu'elle existe en Angleterre, ain»i dits de tracts ou traité» dans Issquel» leur doctrine a été exposée.
t THACTATIVEMENT (lra-kU-ti-Te-m«n), «d».
En traitant, par un traité. Racheter tractalivement les part» des émigrés, l. reybaud, Rev. des Deua- Mondes, t" nov. <87i, p. u».
t TRACTIF, IVK (tra-ktif, kti-v'), adj. Terme d« mécanique. Qui exerce une traction. Force tractive.
— ETYM. Voy. TRACTION.
t TRACTION (tra-ksion), ». f. Terme de méc«nique. Action d'une for^e qui, placée en avant de la résistance, lire un corps mobile à l'aide d'un fil, d'une corde ou de tout autre intermédiaire.
— HiST. XVI* s. Traction, cotosavk.
— KTYM. Lat. (rac(ion«m, de Iractum, supin de trahere, tirer (voy. traire).
tTRACTOIRE (tra-ktoi-r'), adj. Terme de mécanique. Qui concerne la traction. Si la force de la lune s'étend jusqu'à la terre, i plus forte raison celle de la terre s'étend jusqu'à la lune et beaucoup plus loin ; rien de ce qui est analogue à U nature de la terre ne peut échapper à celle força tractoire, OBLAUimE, Biograph. unie. Kepler. \\S. f. Terme de géométrie. Se dit d'une courbe dont la tangente est égale i une- ligne constante.
— ÉTYM. Lat. Iroctoriu», de trahere, tirer.
TRADITECR (tra-di-teur), ». m. Terme d'histoire ecclésiastique. Nom de ceux qui, dan» la persécution , livrèrent le» livres sacrés aux païen».
— ÊTYM. Lat. Iradilorem, de Iradere (voy. tradition).
t TRADITIF, IVE (tra-di-lif, ti-v'), adj. Terme didactique. Qui transmet.
— ÊTYM. Voy. TRADITION. On a dit traditive au sens de tradition : xvi* siècle. N'ayant voulu suivre en cela la traditive de ceux qui ont écrit par devant luy sur semblable argument, le Prince de itachiavel, Ép. p. ♦.
TRADITION (tra-di-sion ; en ver», de quatre syllabes), ». f. \\i° Terme de jurisprudence el de liturgie. Action par laquelle on livre quelque chose à quelqu'un. La vente se consomme par la tradition de la chose vendue. L'ordre de portier, dans l'Église, se confère par la tradition de» clefs. La tradition réelle, qui se faisait par le sceptre, constatait le fief, comme fait aujourd'hui l'hommage, KONTESQ. Bspr. XXXI, 33. L'obligation de livrer la chose est parfaite par le seul consentement des parties contractantes; elle rend le créancier propriétaire, et met la chose à se» risque» dès l'instant où elle a dû être livrée, encore que la tradition n'en ait point été faite. Code civ. Art. H3R. Dans la tradition de la terre, dan» les débats qui s'y rapportent, le témoin principal c'est U terre elle-même, miciielet, Orig. du droit (ranç. Introd. xxvni. La tradition par le fétu était d'usage en Hollande en nHfn. ib. cxxiu. || Kig. Le sang, l'éducation, l'histoire de» ancêtres, jette, dans le cœur des grands et des princes, des semence» el comme une tradition naturelle de verlu, MASS. Pet. carême. Respect que Us gr. d. à la relig. Il 2* Transmission de faits historiques, de doctrines religieuses, de légendes, etc. d'âge en ige par voie orale et san» preuve authentique el écrite. La religion juive.... dans la tradition du peuple, PASC. Pens. XIX, 7, éd. iiavet. Une tradition aussi ancienne que le monde, rollin, Hist. ane. Œuv. t. II, p. 296, dans POLOENS. Voilà quelle a été el quelle sera la récompense de l'impie qui préféra la philosophie à la tradition etaudivin Alcoran, diuer. Opin. des anc. philos. Sarrasins. Quoique la tradition fasse de Cadmus un fils du roi de Sidon.... condil. His<. anc. i, lo. On prétend qu'Hérodote, pour des raison» personnelles, a rapporté de» traditions injurieuses à certains peuples de la Grèce, BARTii^L. Anach. ch. 6&. La tradition, qui, avant l'invention de l'écriture dépositaire de l'histoire de» peuples, a tout confondu et tout défiguré, baillt, f/i'»(. d'astr. ane. p. 4 5. La tradition orale et les chants de différents poêles avaient et conservé et altéré les événements de cette guerre célcbro [guerre de Troie], levesouk, Instit. Mém. se. mur. el pol. t. M, p. 28. Il Les faits mêmes ainsi transmis. Beaucoup de traits d'histoire ne sont que d* fausses traditions. ||Traditiunsjuriaïques,lesinLerpretalion9 <|ue les docteurs juifs avaient données à la loi de Moïse, elles additions igu'ils y avaient faites, lesquelles ont été depuis recueillies par les rabbins. [Les pharisiens) se piq laieiit d'une observance exacte de la loi, el y ajoutaient un grand aombi*
TRA
de traditions qu'il prétendaient avoir reçues de leurs ancêtres, rollin, Hist. anc. Œuv. t. IX, P; S»^, dans P0U0EN8. || 8* l'articuliferenienl, dans l'Eglise catholique, transmission de siècle en siècle (le la connaissance des choses qui concernent la religion et qui ne sont point dans l'Écriture sainte. L,a religion catholique est fondée sur l'Écriture sainte et la tradition. La tradition, c'est-à-dire la suite toujours manifeste de la doctrine laissée et commuée dans l'Église, Doss. *'• instr. pasl. 27. C'était la tradition qui interprétait l'Ecriture; on croyait que son vrai sens était celui dont les siècles passés étaient convenus, et nul ne croyait avoir droit de l'expliquer autrement, iD. Hist. i.n. Les évdques ainsi assemblés |en concile] portaient avec ,eui l'autorité du Saint-Esprit et la tradition des Églises, m. ib. i, u. L'ancienne tradition du gaint-siége et de l'Église catholique n'ont plus été, comme autrefois, des lois sacrées et inviolables, ID. Reine d'Anglel. Les valentiniens, les gnostiques, et d'autres sectes impies combattaient l'Évangile par de fausses tradilions, ID. Ilist. i, lo. Il Les choses mêmes que l'on sait par la voie de la tradition. Ce point de discipline ne se trouve pas dans l'Écriture sainte, ce n'est qu'une tradition. Il 4° Tout ce que l'on sait ou pratique par tradition, c'est-à-dire par une transmission de génération en génération à l'aide de la parole ou de l'exemple. Ce jeu de scène est une tradition, est de tradition. Laissez-en la décision aux Étruriens, qui ont la tradition des plus anciens oracles, et qui sont inspirés pour être les interprètes des dieux, FÉN. Tél. zxra. On croit.... que des désordre» manifestes, qui nous sont venus par tradition, sont des droits incontestables attachés à nos charges, MASS. Carim», Confession. La langue hébraïque «'écrivait autrefois sans voyelles, il n'y avait que les seules consonnes, et c'était la tradition et l'usage qui apprenaient comment il fallait placer les voyelles pour la lire et la prononcer, dumars. Œuv. t. vn, p. 42. J'étais à la répétition, à donner les traditions du Baron d'Albikrac [comédie de Th. Corneille] à cette troupe de comédiens qui est venue pour la foire, picard, Vieiix comédien, se. <.
— HIST. XVI* s. L'usage commun de parler est tel, que tous edicts procédez des hommes touchant le service de Dieu, soyent nommez traditions humaines, calv. Inslil. 9*4. Dessaisine et saisine faite en présence de notaires et témoins vaut et equipolle à tradition et délivrance de possession, LOYSEL, 747. On fait bien fascher les huguenots, quand on leur monstre que l'autorité de l'Eglise et les traditions nous apprennent à reconnoistie les Escritures, u'aub. Confession de Sancy, ii, a.
— ETVM. Provenç. tradition ; espagn. tradicion; ital. tradizione; du latin tradilioTiem, qui a donné, dans l'ancienne langue, trahison (voy. ce mot).
t TRADITIO.VALISME (tra-di-sio-na-li-sm'), s. m. Attachement aux traditions, aux anciens usages. Tandis qu'un traditionalisme probablement grossier, imitation des inlerprétationg légendaires et juridiques des écoles juives de la Babylonie, pétrifiait de plus en plus le parsisme, Nicolas, Revue Germ. t. viil, p. 683. || Particulièrement. Opinion de ceux qui, dans l'Église catholique, pensent que l'idée de l'infini n'est pas une idée innée, mais que le premier homme a été averti par Dieu de la présence et de l'objet de cette idée, et qu'ainsi informé, Adam en a transmis à ses descendants la possession et l'intelligence. La cour de Rome a rejeté le traditionalisme.
t TRADITIONALLSTK (Ira di-sio-na-li-st'), ». m. Partisan du traditionalisme. || Particulièrement, dans la philosophie catholique, nom donné à ceux qui font dépendre la pensée absolument et uniquement de l'enseignement et de la parole qui constituent la tradition.
TKADITIONNAIKE (tra-di-siç-né-r'), s. m. Il se dit des Juifs qui expliquent l'Écriture par les traditions duTalmud. || Par extension, celui qui suit le passé, les précédents, les traditions. Los Anglais ■on*, devenus un peuple traditionnaire.
— ETYM. Tradition.
TRADITIONNEL, ELLE (tra-di-sio-nèl, nè-l'), adj. Fondé sur la tradition. Le décret par lequel Jean Hyrcan, père des deux derniers rois, avait aboli toutes leurs constitutions traditionnelles [des Juifs), ROLLIN, Hist. anc. Œuv. L ix, p. «63, dans rouoENS. L'autorité traditionnelle n'avait aucun empire sur ces sectaires, l'abbé houtbvillb, dans
OBSrONTAINES.
— ÈTYM. Tradition.
TRADITIO.N.NELLBHEMT (tra- di - sk) - ne - le-
TRA
man), adt). Suivant la tradition, d'après la tradition.
— ÉTVM. Traditionnelle, et le suffixe ment.
t TRADUCIEN (tra du-siiii), *. m. Nom que les péiagiens donnaient aux catholiques, parce que ceux-ci croient que le péché originel est transmis des pères aux enfants.
— ÉTYM. Lat. traducere, transmettre (voy. traduire).
TRABUCTECR (tra-du-kteur), s. m. Celui qui traduit d'une langue dans une autre. ...le sec traducteur du français d'Amyot , boil. ÉpU. vu. Un habile traducteur doit être un Prolée qui n'ait point do forme immuable, d'olivei, Hist. Acad. t. II, p. 315, dans podoens. C'est un des progrès de la raison humaine dans ce siècle, qu'un traducteur ne soit plus idolâtre de son auteur, et qu'il sache lui rendre justice comme à un contemporain , VOLT. Disc, récept. Si ce qu'on prétend traduire n'est pas même une pensée, si ce n'est qu'une impression fugitive, un rêve inachevé de l'imagination ou de l'àme du poète, un son vague et inarticulé de sa lyre.... que restera-t-il sous la main du traducteur? lamaht. Disc, de récept. à J'.4cod. franc. || Traducteur juré ou assermenté, celui qui, auprès d'un tribunal, fait les traductions demandées. || S. f. Traductrice, femme qui fait des traductions. Madame [Dacier], sans vouloir troubler la paix de votre ménage, je vous dirai que je vous estime et vous respecte encore plus que votre mari; car il n'est pas le seul traducteur et commentateur; et vous Stes la seule traductrice et commentatrice, volt. Dict. phil. Scotiaste.
— HIST. XVI' s. Que diray-je d'aucuns, vrayement mieux dignes d'estre appeliez traditeurs que traducteurs? veu qu'ilz trahissent ceux qu'ilz entreprennent exposer, dubell. i, 9, recto.
— ETYM. liai, iradultore; du latin traductorem, celui qui fait passer d'un lieu à un autre (voy. traduire).
TRADUCTION (tra-du-ksion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. || 1° Action de traduire. Il y a vingt ans que je m'occupe à faire des traductions.— Quoil monsieur, dit le géomètre, il y a vingt ans que vous ne pensez pasl montesq. Lell. pers. I28. A mesure que, dans un ouvrage, le caractère de la pensée tient plus à l'expression, la traduction devient plus épineuse, marmontel, Œuv. t. x, p. 270. Croyez-en ceux qui ont consacré beaucoup d'années à la traduction : si le succès les a quelquefois dédommagés de leurs peines, ils se sont plus souvent sentis vaincus dans cette lutte difficile, niTjunÉ, Instit. Uém. litl. et bsaux-arts, t. i, p. 286. Il 2* Version d'un ouvrage dans une langue difîérente de celle où il a été écrit. On ajustement comparé le commun des traductions à un revers de tapisserie, qui tout au plus retient les linéaments grossiers des figures finies que le beau côté représente, rollin, Traité des Et. I, (. Traducteur élégant [d'Ablancourl] et dont on appela chaque traduction la belle infidèle, volt. Louis XIV, écrivains, d'Àblancourt. Je regarde la traduction des Gcorgiques par M. Delille comme un des ouvrages qui font le plus d'honneur à la langue française; et je ne sais même si Boileau aurait osé traduire les Géorgiques, id. Lelt. Chabanon, 6 févr. I77f. Qu'on ne croie pas connaître les poètes par les traductions; ce serait vouloir apercevoir le coloris d'un tableau dans une estampe, id. Bss. poés. Ép. n. S'il est vrai qu'il n'y ait point de traduction exacte qui égale l'original, c'est qu'il n'y a point de langues parallèles, même entre les modernes, DUCLOS, Œuv. t. IX, p. 84. Le docte et pesant Dacier, grand ennemi de Lamotte pour l'amour des anciens, qu'il n'a pourtant point traités en ami dans ses traductions, d'alemb. Èlog. Lamotte. Il n'y a qu'un moyen de rendre fidèlement un auteur d'une langue étrangère dans la nôtre : c'est d'avoir l'àme bien pénétrée des impressions qu'on en a reçues, et de n'être satisfait de sa traduction que quand elle réveillera les mêmes impressions dans l'Ame du lecteur, dider. Mélanges, Térence. On a dit quelquefois que le» traductions étaient des trahisons, Joum. offic. 24 fév. <872, p. 1317, 3« col. Il On dit de même : la traduction d'un passage, d'un vers, etc.
— SYN. TRADUCTION, VERSION. Ces dsux mois iont synonymes; cependant, d'habitude, la traduction est en langue moderne, et la version en langue ancienne. Ainsi la Bible française do Saci est une traduction, et les Bibles latines, grecques, arabes, syriaques, sont des versions.
— HIST. XVI* s. Si les Romains n'ont vaqué à ce labeur de traduction, par quelz moiens donques
ont ilz peu ainsi enrichir leur langue? dubell i, lu, recto. Sçavons nous bien qu'en Basque et en Bretaigne il y ayt des juges assez pour establir cette traduction [de la Bible] faicte en leur langue?
HONT. I, 399.
— ËTYM. Prov. traduetio; e»f. traduceioti; ital traduiione; du latin traductionem, qui n'a que le sens de faire passer d'un lieu à un autre, et qui vient de traducere (voy. traduire).
TRADUIRE (tra-dui-r'), v. a. || 1* Terme de palais. Transférer quelqu'un d'un lieu i un autre. Il fut traduit des prisons du Châtelet à la Conciergerie. Il Citer ou renvoyer quelqu'un devant un juge, un tribunal. 11 fut traduit devant la cour d'assises. Devant certaine guêpe on traduisit la cause, la font. Fabl. i, 2). Il m'a traduit au parlement de Dijon, et il a dit publiquement qu'il me ferait perdre plus de deux mille écus pour le cens de deux sous et demi, volt. Lelt. à Jf. Perraud, 24 avril (767. || Traduire en justice, même sens. Il 2* Faire passer unouvrage d'une langue dans une autre. Cicéron, à l'âge de dix-sept ans, avait traduit le poème d'Aratus en vers latins, rolun, Hist. anc. liv. xxv, ch. i, i, <. L'honneur que vous [le cardinal Quirini] m'avez fait de traduire en si beaux vers la Henriade et 'le poime de Fontenoy, volt. Sémiram. Dissert. Un auteur dont les ouvrages pleins de sentiment, de vérité, d'élégance et de noblesse ont été traduits dans toutes les langues, DIDER. CJaud. etNér.n, tt.\\ On dit de même: traduire un passage, une citation, un vers, etc. Il Traduire un auteur, traduire ses ouvrages. On fait brûler Vanini, et on traduit Lucrèce pour monsieur le Dauphin, volt. Lett. à M'" (727. Il Absolument. Si vous traduisez toujours, on ne vous traduira jamais, montesq. Lett. pers. fi». Si vous voulez qu'on vous traduise un jour, commencez par traduire vous-même, d'albub. Élog. Saci. Il Fig. Traduire en ridicule, voy. ridicule, n" î. Il 3' Par extension, expliquer, interpréter. Traduisez-moi votre pensée en termes plus clairs. || Manifester. Il savait ainsi traduire aux regards tous les sentiments de son âme, stael, Corinne, viii, 2. lî 4* Se traduire, v. réfl. Se montrer, comparaître. Son projet de se mettre lui-même sur la scène et de s'y traduire comme un franc maraud, qui joue un rôle méprisable, grimm, Cnrresp. t. n, p. <9. Il 6* Fig. Se traduire en ridicule, se rendre ridicule. J'enrage de voir de ces gens qui se traduisent en ridicule, malgré leur qualité, mol. Critique, 6. Il 6° Être traduit. Les poètes ne se traduisent point ; peut-on traduire de la musique? volt. Lett. Mme du Deffant, <9 mai 1754. Le sublime se traduit toujours, presque jamais le style, d'alemb. Œuv. t. I, p. (37. Il 7" Etre manifesté. Sa colère se traduisit en imprécations.
— HIST. XVI* s. Qui traduisent à crédit les langues dont jamais ils n'ont entendu les premiers éléments, «UBELL. i, 9, reclo. Je me suis mis à revoir ce que de longtemps J'avoye traduit de grec en françois des Vies de Plutarque, et à continuer de traduire ce qui m'en resloit, amïoi, Épit. Tout cela [ce pays] sans tirer le canon fut Iraduit de portugais en espagnol par.... d'adb. Hist. ii, 403. Ils commencèrent à se mordre, accuser et injurier l'un l'autre, à présenter libelles diffamatoires, ausquels toute leur vie estoit traduite, CALV. Instit. 940.
— ETYM. Ital. (radurre ; du lat. traducere, faire passer, de tra ou trans, au delà, et ducere, conduire (voy. duire).
TRADÙISIBLE (tra-dui-zi-W) , adj. Qui peut être traduit. Cela n'est pas traduisible. L'ouvrage esi-il traduisible?
— ÉTYM. Troduire.
TRADUIT, ITE (tra-dui, dui-t'), part, passé d« traduire. I| 1* Cité devant une juridiction. Un disciple de Galilée, traduit devant l'inquisition pour avoir soutenu lo mouvement de la terre autour du soleil, VOLT. Philos. Dibl* expl. Josué. || 2' Tourné d'une langue dans une autre. L'Imitation de Jésus-Christ traduite en vers par Corneille. Quand il [un livre] est imprimé par toute l'Europe, «I qu'il est traduit en plusieurs langues, la brut. i.
TRAFIC,(tra-fik),«.m. || fCommerce de marchandises. Un marchand grec en certaine contrée F.iisait trafic..., la font. Fabl. vni, I8. Carthag», enrichie par son trafic, voyait tous ses citoyens at» tachés à leurs ricliesscs, boss. Hist. m, 6. Le trafic lui avait donné la nais.sance [à Cartbage]; le Iratic lui donna l'accroissement, et la mit en état de disputer longtemps i Rome l'empire du monda, holun, Hist- anc- (Eue- u x, 4ti9 . dans pousems
TRA
TRA
TRA
On tiche autant qu'on peut, dans son petit tnflc, X ga|i;ner ses dépens en servant le public, regnahu, U Joueur, V, ï. Il faudra su souvenir que les marcliands, de quelque espèce qu'ils soient, no font que le commerce de commission, commerce que je nommerai quelquefois trafic, condil. Comm. gouv. I, 6. Il Kig. Quel marché veut-il faire avec ce pauvre homme ? oh 1 l'admirable trafic, le riche et précieux échange I il vaut avoir l'habit de ce pauvre, «t pour cela il lui donne le sien, BOss. l'anég. St Franc. d'Atsitt, 1. 1| i' Fig. et OB mauvaise part, profit que l'on tire de certaines choses. Quel trafic on fait aujourd'hui des bénéfices ! pasc. Prov. VI. ô mon Dieu.... depuis que vos ministres eux-mêmes en ont fait [de voire maison] une maison de trafic, d'ennui et d'avarice, mass. Con'me, Temples. Ces hommes infâmes qui font un trafic honteux de la vérité, m. Pet. carême, Obstacles. Il [Attila] envoyait i Constantinople ceux qu'il voulait récompenser, afin qu'on les comblât de biens, faisant un trafic continuel de la frayeur dos Romains, montesq. floirv. lO. Je sais bien qu'il y a des âmes aussi basses que jalouses qui pourront me reprocher de rendre â M. de Saint- Lambert éloges pour éloges,. et do faire avec lui trafic d'amour-propro , volt. Kél. litt. à M. Dupont. l\V Particulièrement, dans les chemins do fer, transport des marchandises, par opposition au transport des voyageurs. 114° Terme d'arquebuserie. Espèce de cheville creuse que le forge ur adapte i un canon de fusil, et qui lui sert à .o manier. *
— HIST. XV s. Tant de trafiques Et sophistiques Sçavez ferir. Que sans garir Faudra périr. Si vos raisons sont autenliques, Je Blason des faulses amours, p. 834, dans lacubne. || xvi* s. Les trafflques, tromperies, larrecins, rapacitez, lesquelles ont exercé jusques ici les facteurs et Iraffiqueurs des indulgences, Calv. Imtit. 623. Il [Thaïes] dressa une traficque qui dans un an rapporta telles richesses qu'à peine.... mont, i, U2. Avec petits vaisseaux légers de coursaires ilz empeschoient tout le trafic et enlreoours de la marchandise, AMYOT, P. £m. 0.
— ÊTYM. Génev. trafi ; prov. trafec, trafey ; caUl. trafag, trafic; espagn. trdfago, tràfico; portug. trdfego, trdfico; ital. trdffico. On remarque qu'en espagnol, en portugais et en italien l'accent est sur la première syllabe. Diez, observant que le portug. trasfegar, q li signifie transvaser, signifie aussi trafiquer, et que le catal. trafag, trafic, signifia aussi transvasement, conjecture qu'on a là une composition de la préposition tra ou trat, et fag, fec, fie, représentant le latin vices, échange; tncei ayant pris Vf, provenç. feti, franc. fois. La conjecture est plausible.
TRAFIOlIANT{tra-fi-kan), t. m. Celui qui fait le trafic, lin trafiquant sur mer, par bonheur, s'enrichit, la pont. Fabl. tu, h. Pierre Valdo [qui fut l'auteur des vaudois], marchand de Lyon, dans une assemblée où il était selon la coutume avec les autres trafiquants.... BOss. Var. xi, 78. J'appellerai trafiquant un marchand, lorsque, par une suite d'échanges faits en différents pays, il paraît commercer de tout, condil. Comm. gouv. l, 5.
— REM. Il semblerait naturel d'écrire un trafieant comme on écrit un fabricant, pautex.
TRAFIQUÉ, ÊK (tra-fi-ké, kée), part, passé de trafiiiucr. Des billets trafiqués sur la place.
TRAFIQUER (tra-fi-ké), je trafiquais, nous trafiquions, vous trafiquiez; que je trafique, que nous trafiquions, que vous trafiquiez, r. n. || 1* Faire trafic. Et sans peur du larron trafique le marchand, RÉONIER, Sol. I. Il vendit son troupeau, Trafiqua de l'argent, le mit entier sur l'eau, la PONT. Fabl. IV, 2. Ils nous regardèrent comme des esclaves dont les Phéniciens trafiquaient, fén. Tél. II. Les Portugais trafiquèrent aux Indes en conquérants, montesq. Esp. xxi, 2i. || 8" Fig. Faire un profit illicite, malhonnête, honteux. Pour moi qui n'estime pas tant lua prose, je ne prétends point d'en trafiquer, balz. liv. vi, letl. 3. De plus, que Melpomène Souvent, sans déroger, trafique de sa peine, la font. Fabl. i, M. Un vil amour du gain infectant les esprits.... Trafiqua du discours et vendit les paroles, boil. Art p. iv. Des amis vendus.... Qui, choisis par Néron pour ce commerce infâme. Trafiquent avec lui des secrets de mon âme, rac. Ilrit. i, ♦. Il t' Fig. Avoir relation, commerce, correspondance. Vous qui, depuis dix ans à la cour attaché, Sur les seules douceurs [aux dames) TOUS êtes retranché. Et qui, ne méditant que nonquétes nouvelles, Trafiquiez sans scrupule
avec toutes les belles! hautpr. Nobles de prov. ï, 8. Klle [Mme de Chaulnes] m'entietmt deux heures.... pour me conter toute leur conduite [d'elle et dn son mari].... elle sait que je trafique en plusieurs endroits, et que je pouvais avoir été instruite par des gens qui m'auraient dit le contraire, sÉv. 27 oct. *il76. ||11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir. \\ i* Y. a. Faire trafic de (peu usité en cet emploi). Ils [les Juifs] achètent a vil prix les blés, les bestiaux, les denrées du paya, les trafiquent à Dantzik et en Allemagne, volt. Charles Xll, i. Il Négocier. Tratii|uer une lettre de change. || Fig. Ceux dont l'unique profession est de vendre et d'acheter des billets publics sur les nouvelles heureuses et malheureuses qu'on débite, et do trafiquer la crainte et l'espérance, volt. Dicl. phil. Économie. Embrasez-vuus, autels! rentrent dans la poussière. Avec leur idole grossière, Tous ces tyrans sacrés qui trafiquent l'erreur, oiLB. le Jubilé. Dequel droit, trahissant les dioi^s de la nature. Trafiquaient-ils le monde et la race future T lk- BRUN, dans Alman. des muses pour i7ai, p. tn*.
— HIST. ivi* s. Tous gens vivans de la soude [solde] et de la guerre, comme ceulx qui ne S(,avoicnt ni labourer la terre ny traffiquer sur mer, AMYOT, P. £m. (8. Pour directeur de ceste entreprise [la conjuration d'Amboisu] a esté commis un gentilhomme nommé la Renauldie, homme d'esprit, remuant, qui par oidovant a csprouvé diverses fortunes ; cestuy a couru par tout le royaume, et Iraffiqué le cœur de plusieurs, pasquier, Leit. t. I, p. 179.
— ÈTYM. Tra/îc; espagn. tra/icor, <ro/'agor; poi^ tug. trafaguear: ital. traftcare.
\ TRAFUSOIR (tra-fu-zoir), s. m. Machine pour séparer les écheveaux de fil ou de soie.
TRAGACAIVTIIE (tra-ga-kan-f), s. f. Nom donné à plusieurs arbrisseaux du genre astragale qui produisent la gomme adragant.
— ËTYM. 'Ipayaxavôa, de Tpôyo;, bouC, et ixavOa, épine.
TRAGËDIB (tra-jé-die), ». f. \\ !• Pièce de théâtre en vers, dans laquelle figurent des personnages illustres, dont le but est d'exciter la terreur et la pitic, et qui se termine ordinairement par un événement funeste. Le bonhomme Pyrante disait que vous étiez en ph'losophie, qu'il n'était encore qu'en cinquième, et qu'à la tragédie du collège il jouait Cupidon quand vous représentiez l'empereur, habteroche, Crisptn méd. i, l. La première de toutes les tragédies françaises est la Cléopalre de Jodelle; elle est d'une simplicité fort convenable à son ancienneté, fonten. Ilisi. Thédl. fr. (Euv. t. m, p. 52. Il faut toujours dans une tragédie, que l'on craigne, qu'on espère à chaque scène, VOLT. Leit. d'Argental, (8 nov. 1768. Nous apprenons qu'il s'élève une petite secte de barbares qui veut qu'on ne fasse désormais des tragédies qu'en prose, id. Dict. phil. Hitne. De tous les plaisirs de l'âme, je liens que le premier est une tragédie bien jouée, id. Lett. Landgr. Hesse Cassel, 7 avr. 4764. On fait une tragédie, ma chère nièce, en trois semaines, il n'y a rien de plus aisé ; mais, en trois semaines, on ne l'achève pas, ID. Lett. Mme de Fontaine, H juin 4761. J'avais cru que Racine serait ma consolation [à son commentaire sur Corneille]; mais il est mon désespoir; c'est le comble de l'insolence de faire une tragédie après ce grand homme-là, m. Lett. d'Argental, 26 févr. 4703. Une tragédie est une expérience sur le cœur humain; et cette expérience ne réussit pas toujours, même entre les mains des plus habiles, condobcet, Vie de Voltaire. Euclide avait tâché de réunir toutes les tragédies, comédies et satyres que depuis près de deux cents ans on a représentées sur les théâtres de la Grèce et de la Sicile ; il en possédait environ trois mille, barthél. Anach. ch. 80. Mon petit neveu, vous me garderez une loge pour votre tragédie de société; je me sens en train de rire, PICARD, Vieille tante, l, 7.||Les tragédies de Sophocle, de Corneille, de Racine, etc. les tragédies composées par ces poètes. || La tragédie de Cinna, d'Alhalic, etc. la tragédie dont Cinna, Aihalie, etc. est le sujet. Le roi et toute la cour sont charmés de la tragédie d'Esther, sliv. 64 3. La tragédie de Mérope, première pièce profane sans le secours d'une passion amoureuse et qui fit à notre auteur plus d honneur qu'il n'en espérait, fut représentée le 26 février 4 743, volt. Comm. (Euv. ou». Henr. Il Fig. Muse tragique. Ainsi, pour nous charmer, la Tragédie en pleurs D'Œdipe tout sanglant fit parler les douleurs, boil. Art p. m. || t* Art de
composer, de jouer des tragédies; le genre tragique. La tragédie, informe et grossière en naissant, N'était qu'un simple chœur où chacun en dansant. Kl du dieu des raisins entonnant les louanges .S'efforçait d'attirer de fertiles vendange»; Là, le vin et la joie éveillant les esprits, Du plus habile chantre un bouc était le prix, boil. Art p. au le ferais voir que, pour la tragédie, nous sommes beaucoup supérieurs aux Latins, qui ne sauraient opposer à tant d'excellentes pièces tragiques que nous avons en notre langue, que quelques déclamations plus pompeuses que raisonnables d'un prétendu Sénèque, et un peu de bruit qu'ont fait en leur temps le Thyeste de Varius et la Médée d'Ovide, ID. Lett. d Perrault. Thcspis est regardé comme l'inventeur de la tragédie; il est aisé d« juger combien dans ces premiers Icmps elle était grossière et iiiiparrailo, rollin, Hist. arie. liv. xxv, ch. I, I, i. Eschyle commença à perfectionner la tragédie, et à ta mettre en honneur; il donna i ses acteurs un masque, un habit plus décent, une chaussure plus haute appelée cothurne, et leur construisit un petit théâtre, id. ib. La tragédie est encore plus faite pour être représentée que pour être lue, VOLT. Zulime, Lettre. On a beaucoup et trop écrit depuis Aristote sur la tragédie ; les deux grandes règles sont que les personnages Intéressent, et que les vers soient bons, id. Don Pèdre, Disc. hist. Ils [les modernes] ont fait de la tragédie non pas le tableau des calamités de l'homme esclave de la destinée, mais le tableau des malheurs et des crimes de l'homme esclave de ses passions; dès lors le ressort de l'action tragique a été dans le cœur do l'homme, et te. est le nouveau système dont Corneille est le créateur, marmontel, Œuv. t. x, p. 29i.||8' Fig. r-;véncment funeste. La tragédie d'Angleterre [l'exécution de Charles I"], desc. Lett. à Elisabeth, Rev. Germ. t. xxxi, p. 82. En un temps où la fortune joue des tragédies par tous les endroits de l'Europe, voit. lett. 63. Nous verr )ns ce que Dieu voudra représenter après cette tragédie [révolution d'Angleterre], BÉv. 26 fév. ifis.^. L'homme est celui des animaux qui est le plus né pour la concorde, et l'homme est celui des animaux où l'inimitié et la haine font de plus sanglante! tragédies, boss. Sermons. Charité fratem. préamb. 11 [Louis le Débonnaire] envoie des gens pour ar rêterceux qui avaient contribué au désordre de ses sœurs; cela causa bien des tragédies, honte-SQ, Esp. XXXI, 20. Que me parles-tu, Vallier, de m'occuper à faire des tragédies? la tragédie court le* rues; si je mets les pieds hors de chez moi, j'ai du sang jusqu'à la cheville, Ducis, Corresp. à M. Vallier [sans date, mais pendant la terreur).
— HIST. XIV* S. Ualvestiés et injustices que l'on raconte es tragédies, oresme, Elh. 27. || xvi' s. Voyez vous quelles tragédies sont excitées par certains pastophores [prêtres] ? rab. iv. Prol. de Vaut. Cette tragédie [l'exécution de Horn et d'Egmont] que le duc d'Albe nous feit voir à Bruxrlle, mont. I, 3U. Les tragédies latines de Bucanan, id. i, 408.
— F.ïYM. Lat. tragcedia, de tpaicjiSii, de tpôtoç, bouc (voy. tragique), et (|)Jyi, chant (voy. ode).
TRAGÉDIEN, lENPfE (Ira-jé-diin, diè n"), ». m. et f. Il 1" Acteur, actrice tragique. Un grand tragédien. Une admirable tragédienne. || 3* Auteur de tragédies (sens peu usité; on dit plutôt un tragique). Apprends qu'un bon tragédien est très-propre à être un très-bon historien, parce qu'il faut dans toute histoire une exposition, un nœud, un dénoùment et de l'intérêt, volt. Hél. litt. Lett. de la Visclède.
— REM. Au ivii* siècle, tragédien n'était pas usité au sens d'acteur tragique. Aussi voyons-nous qu'on se sert indifléremment de ce mot de comédie, pour qualifier tous les divertissements du théâtre; on n'a jamais dit: les tragédiens, ni allons à la tragédie, la font. Psyché, i, p. »2.
— HIST. XVI* s. Les chantres, menostriers, tra gediens et commediens, tous par ordre, y exercèrent leur meslier, i. d'auton, itnn. de Louis Xll, p. 470, dans lacurnb.
TRAGI-COMÉDIE ( tra-ji-ko-mé-die ) , s. f. Il 1° Pièce de théâtre qui tient de la tragédie par le sujet et les personnages, et de la comédie par les incidents et le dénoùment. Dans ce temps-U la tragi-comédie était assez à la mode, genre mêlé, où l'on mettait un assez mauvais tragique avec du comique qui ne valait guère mieux, fonten. Vie de Corn. Euripiile et Archippus avaient Iraité ce sujet de tragi-comédie lAmpùi» tryon] chez les Grecs ; c'est une des pièces «le
TRA
TRA
TRA
Piaule qui a eu le plu» de succès, volt. Vie de Koliére. || i' Il s'est d-». aussi d'une pièce à dénoiV ment Ueureux où il n'y a ni incidents, ni personnages comiques. Le poète, voulant que ce poënic [le Cid] finît heureusement, pour suivre les règles de la tragi-comédie, fait encore en cet endroit que Chimène foule aux pieds celles que la nature a établies, Àcad. senlim. Cid. Observons que le Cid fui donné d'abord sous le titre do tragi-comédie, VOLT. Comm. Corn. Reni. Cid, i, 2.
— HIST. XVI* s. Une tragi-comédie que la royne mère du roy fit jouer en son festin, la plus belle, et aussi bien et artistement représentée que l'on pourroit imaginer, casteln. (69. Ce fut une estrange tragicomedie, pleine de grande inhumanité, d'offenser si cruellement son mary [parlant de l'histoire de la matrone d'Éphèse], brant. Dames gai. t. Ii, p. «77.
— l'.TYM. Lat. Iragicomadia dans Laclance, pour tragieocomœdia, de tragicus, tragique, et eomœdia, comédie.
TRAGI-COMIQUE (tra-ji-ko-mi-k'), adj. Il se dit de quelque accident làcheui qui tient du comique. L'aventure est tragi-comique. ]| Il se dit par dérision des personnes. Pellegrin rarement s'applique X faire sermons en trois points; Trois tbéàtrcs ont tous les soins De ce prêtre tragicomique, Épigr. contre l'abbé Pellegrin.
fTRAGIEN, lEWE (tra-jiin, jiè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au tragus.
TRAGIQUE (tra-ji-k'), odj. || 1° Oui appartient à la tragédie. Un acteur tragique. Des succès fortunés du spectacle tragique, Dans Athènes naquit la comédie antique, boil. Art p. m. Le comique, ennemi des soupirs et des pleurs , N'admet point en ses vers de tragiques douleurs, ID. ib. Les personnages tragiques, rac. Baj. Préface. Le poëme lra^'i(luevous serre lecœur dèsson commencement, vous laisse à peine, dans tout son progrès, la liberté de respirer et le temps de vous remettre, LA BRUY. I. Oui, monsieur, je regarde Racine comme le meilleur de nos poètes tragiques, sans contredit; comme celui qui le seul a parlé au cœur et à la raison.... volt. Lett. Somarokof, 26 févr. <769. Pour les comédiens, je ne m'en mêlerai pas; je ne suis qu' animal tragique, m. Lett. d'Argental, i" sept. (752. Phèdre est peut-être le seul ouvrage de ce grand homme [Racine] où l'amour soit vraiment terrible et tragique, d'alemb. Lelt. à J. J. Rouss. J'aime à voir.... de l'Eschyle anglais évoquant la grande ombre, Ducis tremper de pleurs son vers tragique et sombre, M. i. chén. la Calomnie. Mais, bonjour; Clytemnestre m'appelle .... J'arrange pour demain mes tragiques douleurs, c DELAV, les Comédiens, i, 6. || Fig. et familièrement. Un ton tragique, un air tragique, un ton, un air qui affecte quelque chose d'alarmant. Je lui dis cela d'un air un peu tragique, hamilt. Gram. 9. Il 2" Fig. Funeste. Tragique fureur, mairet, M. d'Asdr. l, 3. Quittez, quittez, madame, un dessein si tragique, corn. Cid, iii, 3. Et moi, tout effrayé d'un si tragique sort, J'accours pour vous en faire un funeste rapport, id. Rod. v, ♦. N'attendez pas.... que j'ouvre ici une scène tragique, que je représente ce grand homaie éiendu sur ses propres trophées, flécu. Tur. L'un ou l'autre fit-il une tragique fin? boil. Sat. vu. Quittez, au nom des dieux, ces tragiques pensées, rac. Théb. iv, ». il Ame tragique, homme occupé de noirs des-
sems. Ô toi Dieu.... Verras-tu concerter à ces
âmes tragiques Leurs funestes pratiques, El tonneras-tu point sur leur impiété? malh. vi, 2g. Il 3* S. m. Le genre tragique. Ce poète s'est voué au tragique. Œdipe, les yeux crevés et encore sanglants, était souffert sur un théâtre immense; sur nos petits théâtres il eût révolté; le tragique, en s'alfaiblissaiit, a observé les lois de la perspective, mabmoniel. Œuvres, t. v, p. 37. Il Le tragique bourgeois, lo drame. Souvent je bâille au tragique bourgeois, Aux vains efforts d'un auteur amphibie Qui défigure et qui brave à la fois Dans son jargon Melpoinène et Thalie, volt. Pauvre dtable. \\ Ce qu'il y a de tragique dans une composition. Je regarde Cinna comme un chef-d'œuvre, quoiqu'il ne soit pas do ce tragique qui transporte l'âme et qui la déchire, volt. te». Vuclos, î6déc. 1701. N'est-il pas vrai que le grand tragique no se rencontre que dan» la dernière «cène de Kodogune? mai» ce sublime sur quoi estil fondé? sur quatre actes bien défectueux, lû. Lelt. la Harpe, 25 mai 1764. || Fig. Prendre les ihnses au tragique, les considérer d'une manière trop sérieuse, d'une façon triste, alarmante. 11 a
pris la chose au tragique et m'a fait dter mon emploi, BEAUMARCH. Harh. de Sév. i, 2. Après cet accident, il se retira du monde, to.iiba en consomption, et mourut ; c'est prendre les choses au tragique, vous en conviendrez, genlis, Thédt. d'éduc. Méchant par air, i, 7. || L'affaire tourne au tragique, menace d'avoir des suites funestes. |) 4" Auteur de tragédies. Personnage [P. Corneille] véritablement né pour Ja gloire de son pays, comparable, je ne dis pas, à tout ce que l'ancienne Rome aeu d'excellents tragiques, puisqu'elle confesse elle-mcine qu'en ce genre elle n'a pas été fort heureuse.... RAC. Rép. au dise, de réception de 77». Corneille.
— Hl.ST.xvi* S. Quand le peuple gémit soubs le faix tyrannique, Quand ce siècle n'est rien qu'une histoire tragique, d'aub. Tragiq. édit. lalanne, p. 8).
— ÈTYM. Lat. tragicus, de TpaY'"'';, de Tpàyo;, bouc, parce qu'un bouc fut le prix des premiers chœurs tragiques dans l'Attique.
TRAGIQUEMENT (tra-ji-ke-man), adv. || l'D'une manière conforme à la tragédie. Il [un pédant, à des noces] n'oublia rien de ce qu'Euiipide a écrit contre les femmes mariées, et le prononça plus tragiquement que s'il eût voulu représenter Hippolyto, BALZ. le Barbon. 11 [Racine] est le seul qui ail traité l'amour tragiquement, volt. Lett. Somorokof, i» ié\T. 47G9. ||a° Fig. D'une manière tragique, funeste. Il est mort tragiquement. || D'un air à exciter l'alarme. À chaque sourire du gros danseur, le jeune poète fronçait tragiquement ses noirs sourcils, en. de Bernard, la Chasse aux amants, xii.
— r.TYM. Tragique, cl le suffixe ment.
\ TRAGOPAN (tra-go-pan), t. m. Oiseau du genre faisan.
t TRAGOPOGON (Ira-go-po-gon), s. m. Genre de synantliérées, dont une espî;ce, le tragopogon des prés, tragopogon pratense, L. est connue sous les noms de salsifis sauvage, barbe de bouc et salsifis des prés. || On y distingue aussi : le tragopogon porrifolié, dit salsifis blanc ou salsifis commun, (c'est la plante que les jardiniers cultivent sous le nom de salsifis) et le tragopogon velu qui a éié le géropogon velu de certains auteurs, leooarant.
— ÉTYM. Lat. tragopogon , de tpa^oinâytav, de ■cfâyoç, bouc, et Tfwfwv, barbe.
f TRAGUS (tra-gus'), s. m. Terme d'anatomie. Le petit tubercule situé en dehors et au devant de l'orifice du conduit auriculaire et qui se couvre de poils loisqu'on avance en âge
— ÉTYM. Tf-ifo;, bouc, à cause du poil qui couvre cette partie.
TRAHI, lE (tra-i, ic), part, passé de trahir. 1|1' X qui on a fail une perfidie. Celui qui veut trahir est justement trahi, mairet, Jfor( d'Asdr. i, 4. Trahi de tous les siens, il ne s'est pas manqué à lui-même, boss. Reitie d'Anglet. || 2* À qui quelque chose a failli. Je sais me garantir de celte erreur commune De trahir mes amis trahis par la fortune, lafosse, Uanlius, i, 3. Le souverain du monde [Auguste], trahi dans ses affections les plus intimes, stael, Corinne, iv, 5. || X quoi on a manqué, en parlant de choses. Des chrétiens malheureux l'espérance est trahie, volt. Zaïre, a, t.
TRAHIR (tra-ir; auxvi" siècle, Palsgrave, p. 49, recommande de prononcer Vh aspirée), v. a. Ill- Proprement, livrer par perfidie, et, en général, faire une perfidie à quelqu'un. Qui trahit tous nos dieux aurait pu vous trahir, corn. Poly. m, 2. Monsieur ajouta encore deux ou trois conditions aussi engageantes , que j'ai oubliées, avec des opprobres contre la Rivière, qui le trahi.ssait, me dil-il, pour les deux autres, et qui les trahissait pourtant tous trois, retz, Uém. t. ii, liv. m, p. 488, dans POUGENS. Le roi d'Angleterre est toujours trahi, même par ses propres officiers, sév. 490. Les gardes fidèles de nos rois [les Ecossais] trahissent le leur [Charles I"], boss. Reine d'Angleterre. Moi I je pourrais trahir le Dieu que j'aime 1 rac. Esth. ii, ». Une femme [Cléopalie] à qui Antoine avait sacrifié le monde entier lo trahit, montf.sq. Rom. <3. Quiconque est soupçonneux invite à le trahir, volt. Zaïre, i, 6. {] Absoiument. Qui promet do trahir peut manquer de parole, corn. Olhon, v, 6. Je crois qu'à mon exemple, impuissant à trahir, llhait à cœur ouvert ou cesse de haïr, bac. Brit. v, 4. 1| J' Manquer à ce que l'on doit à quelqu'un, sacrifier ses intérêts. Vous m'avez de César confié la jeunesse.... Mais vous avais-je fail serment de le trahir? rac. Bril. I, 2. De quel droit sur vous-même osoz-vous attenter?... Vous offensez les dieux auteurs de votre vie; Vous trahissez l'époux à qui la foi vous
lie; Vous trahissez enfin vos enfants malheureux, Que vous précipitez sous un joug rigoureux, id. Phèdre, i, 3. || Trahir les intérêts de quelqu'un. Trahir les intérêts ne signifie dans notre langue que mal conduire, oublier les intérêts de quelqu'un, nuire à ses intérêts, non pas être perfide et traître, volt. Louis XV, 34. || Trahir la confiance de quelqu'un, manquer à la confiance qu'il a en nous. La mort de liing, coupable ou non, annonçait d'une manière terrible à ceux qui servaient la nation, le sort qui les attendait, s'ils trahissaient la confiance qu'on avait en eux, haïnal, //iî(. phil. X, 4B. Il 3° Être infidèle en amour, en amitié. Lui [Pyrrhus] qui me fut si cher et qui m'a pu trahir I bac. .4ndr. ii, i. Penses-tu qu'en effet Zaïre me trahisse? volt. Zaïre, iv, 6. Isabelle, fille de Philippe le Bel, femme galante, jalouse de son mari, qu'elle trahissait, m. Mceurs, 75. || 4* Agir contre, en parlant de devoirs, de sentiments, d'obligations. Mais ce serait trahir tout ce que je leur doi. Que leur promettre un cœur, quand il n'est plus à moi. Corn. Œd. i, 3. Morbleu! c'est une chose indigne, lâche, infâme. De s'abaisser ainsi jusqu'à trahir son âme! mol. Mit. i, 4. Je ne viens pas ici justifier la créature devant son créateur; je trahirais l'humilité de l'une, j'offenserais la vérité de l'autre, flech. Duch. d'Aiguillon. Ainsi les uns trahissaient l'empereur par une préoccupation de religion; l'autre trahissait sa religion par la passion qu'il avait de devenir empereur, m. Hist. de Théod. m, b. Je vais trahir ma gloire et montrer ma faiblesse, quin. Roi. i, 5. Je ne puis estimer ces dangereux auteurs Qui.... Trahissant la venu sur un papier coupable.... BOiL. Art p. IV. Us [les janissaires] ne trahiraient pas l'honneur de tant d'années, rac. Baj. i, ). Un enfant est peu propre à trahir sa pensée, ID. Alh. n, 6. J'ai si souvent trahi là-dessus mes promesses, MASS. Avent, Délai. L'excès de mon zèle m'a fait trahir mon devoir, lesage. Diable boit. 4. Ce serait trahir la mémoire de Corneille que do ne pas imiter la candeur avec laquelle il se juge luimême : on doit la vérité au public, volt. Comm. Corn. Rem. Horace, v, se. dern. || Trahir la vérité, parler contre la vérité. Et parce que j'en use avec honnêteté, Et ne le veux trahir, lui, ni la vérité, MOL. Mis. V, 1. M'avez-vous vu, monsieur, trahir la vérité dans quelque occasion que ce fût? BEAUMARCH. Mère coupable, m, 8. || Trahir ses sentiments, parler contre ses sentiments. Ce sont des sentiments que je ne puis trahir; Je ne veux point de rois qui sachent obéir, corn. Nicom. m, 2. Si vous êtes touché de la vertu et de la justice, pourquoi trahir là-dessus vos sentiments? mass. Carême, Resp. hum. || S' Trahir quelqu'un, révéler son secret. Ahl malheureux Arcas, tu m'as trahi, RAC. Iph. IV, 4. Il Trahir le secret d'aulrui, le révéler. Quoique je sois jeune, j'ai déjà vieilli dans l'habitude de ne dire jamais mon secret, et encore plus de ne trahir jamais, sous aucun prétexte, le secret d'autrui, fén. Tél. m. || Avec un nom do personna pour régime indirect et un nom de chose pour régime direct, révéler à, par trahison. Mais surtout cachez-lui ce que je fais pour vous.... Que je vous puisse encor trahir son artifice, El, pour mieux vous servir, rester à son service, CORN, la PI. roy. n, *■ Cléopâlre a lieu d'attendre ce jour là à faire confidence à Laonice de ses desseins et des véritables raisons de tout ce qu'elle a fait; elle [I^onice] eiit pu trahir son secret aux princes, ou à Rodogune, si elle l'eut su plus tôt, iD. Rod. Examen. 116° Payer d'ingratitude. Commençons un combat qui montre par l'issue Qui l'aura mieux de nous ou donnée ou reçue [la vie] : Tu trahis mes bienfaits, je les veux redoubler, corn. Cinna, v, 3.117" Déceler. Un cri, un geste involonlaire, un mot échappé trahissent le sentiment, la pensée qu'on voudrait cacher. Elle m'a cru vainqueur.,.. Et soudain sa colère a trahi son amour, CORN. Cid, V, 7. Sa douleur a trahi les secrets de son âme. Et ne vous permet plus de douter de sa flamme, lO. ib. iv, b. La rougeur de son front trahissait sa pensée, volt. Sémir. n, <. ||8' En parlant des choses, ne pas seconder, rendre vain, décevoir. S'il est pour me trahir des esprits asseï bas, Ma vertu pour le moins ne me trahira pas, corn. Cinna, l, 4, Hélas I tout me trahit, et ma puissance est vaine! quin. Arm. v, 4. Vous n'auriez pas survécu à un accident qui eût trahi làdessus vos précautions et vos artifices , hass. A^ent. Jui. unir. Si le clergé se flatta que la paix le rétablirait dans ses possessions, les événements trahirent ses espérances, batnal, llitt.
TRA
ÎRA
TRA
phil. I*, < 7. Il Ha parce a trahi ma pensée, mon intention, elle l'a mal traduite. (La purolc, acte rolonlaire, Iratluit mal la pensée; mais un mot échappe involontairement la décèlerait; voy. plus haut, au n" 7.) || 9° Faire défaut à. Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire.... Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi I cobn. Cid, l, 7. Il 10* Se trahir, v. ré/!. Agir contre ses propres intérêts. Dussé-je me trahir, Puisque vous le voulez, je jure d'obéir, corn. D. Sanche, i, 3. Vousmême , en ma faveur, vous voulez vous Irahirl RAC. Phèdre, n, a. || H* Découvrir par imprudence ou par hasard ce qu'on voulait tenir caché. Ah! je respire enfin, et ma joie esi eitréme Que le traître une fois se soit trahi lui-même, raC Bajat. IV, B. Songez à vos promesses, craignez de vous trahir dans celle premi re entrevue, gknus, 7eiU. du chat. t. n, p. 79, dans pougens. || Kévé- 1er le secret l'un de l'autre. Mais, en obéissant, ne nous trahissons pas, bac. Mithr. i, B.
— RKM. Corneille a employé trahir à dans le sens de sacrifiera: Et, mettant différence entre ces deux coupables. J'ai trahi la justice à l'amour paternel, CORN. Poly. in, 3. Il a dit aussi se trahir à pour se livrer à : Souffrir qu'il ».■ trahisse aux rigueurs de mon sort, Hrr. iv, \.
— HIST. XIV s. Trait vos ad kiàguarder vosout, Ch. de Roi. xci. || xii- s. Se j'en travail [souffre], je n'en sai qui blasmer, Fors ses douz ieus et son simple viaire, Dontli mien sont trais en resf,'arder, Couci, u. Douce dame, d'orgueil vous deffendez, Ne trahissiez vos biens [qualités] ne vos biautcz, ID. xiv. Il xiii' s. Lors pristrenl conseil privéemenl pour lor seigneur Irai'r, viLLEH. xcvii. [toi] Qui ainsi m'as traie de traïson cruel, Berte, xxvi. Ulanchefleur trairai [j'empoi.sonnerai] en pomme ou en cerise, ib. lxxvi. El Blanchefleurs s'escrie : haro! traï, Irai, ib. lxxxix. || xv" s. Quand les seigneurs de France veirenl leur logis ardoir et ouirenl le cry, ils coururent vers leurs logis, crians : trahy, trahy, froiss. liv. v, p. 97, dans lacuhne. || xvi' s. Mais paravant je luy voy Douter le mutin suysse Qui avoit trahy sa "foy, dubell. m, 4), recto. Les mouvements forcez de nostre visage nous trahissent aux assistants, mont, i, 97. U trahit aux Russiens Visilicie, grande et riche cité, m. m, 247. Antigonus n'a pas esté seul, qui a dit qu'il aimoil ceulx qui trahissoient, et avoit en haine ceulx qui avoient trahi, amyot, Hom. 26. Hz conspirèrent de trahir la chose publique aux barbares, m. Arist. 32. 11 [Antoine] se retira dedans la ville, criant que Cleopatra l'avoit trahy à ceulx contre qui il avoit entrepris et fait la guerre pour l'amour d'elle, m. Anton. 98. Quand l'espoir, riant i mes yeux. De mon cœur vous trahit la porte,
DESPORTES, ŒUV. p. 27Î.
— ÉTYM. Prov. trahir, cal. trair ; anc. espagn. traer : porlug. trair; ilal. tradire ; du lat. trctdëre, livrer, corrompu par la bouche romane en tradire, de tra, indiquant transmission, et dere, pour dare, donner.
TRAHISON (tra-i-zon; au xvi* siècle, on prononçait trahison en trois syllabes et traison en deux), ». f.\\l' Action de celui qui trahit; acte d'une méchanceté perfide. Taire une trahison, c'est presque la commettre, mairet. Solim. i , 7. Alors elle [Athalie] déchira ses vêlements , et s'écria : Trahison, trahison , saci. Bible, Rois, iv, u, <4. L'on fait plus souvent des trahisons par faiblesse que par un dessein formé de trahir, la ro- CiiEFOuc. Max. (20. Les finesses et les trahisons ne viennent que de manque d'habileté, id. tb. <26. . Ceux qui tuent en trahison, pasc. Prov. vu. Il Haute trahison se dit des crimes qui intéressent au premier chef la siireté de l'Elat. Une loi d'Angleterre , passée sous Henri VIII, déclarait coupables de haute trahison tous ceux qui prédiraient la mort du roi, montesq. Espr. xii, <o. Cette résolution qui constitue permanente la chambre élective, la déclare inviolable, incrimine de haute trahison quiconque tenterait de la dissoudre, villemain, Soui;. contemp. les Cent- Jours, xin. Il i' Il se dit des infidélités en amour. Perfide ! il vous sied bien de tenir ce discours, Vous, qui, gard.mt au coeur d'infidèles amours, Quand je vous élevais au comble de la gloire. M'avez des trahisons pré|iaié la plus noire, bac. Mithr. iv, 4. Il 3" Fig. Il se dit de ce qui surprend, comme fait une trahison. La pauvre malade [Mme de Coulanges] est hors d'affaire, à moins d'une trahison que l'on ne doit pas prévoir, sÉv. 30 sept. <676. Il La trahison des sens, le triomphe, par surprise, des sens sur la raison. || On a dit de même
OICT. Dl Là LAMaul nuMÇAISI.
la trahison des yeux. Et jamais ma raison N'avoua de mes yeux l'aimable trahison, cohn. Poly. l, :>.
— HIST. XI' s. tluenes i vint, ki la traison fist, Ch. de Roi. xii.||xii' s. Jérusalem prist il par traison, llonc. p. 29. Vendus nous a par maie traïson, «b. p. 48. Au mont [monde] n'a [il n'y a], voir, si cruel traison, Qu'un bel semblant et courage félon, Couci, a. Li cuens Hues baisa Girarl de Montloon.... Sans point de traison, Sax. xxii. ||xiii* s. Cil Alexis.... se fist empereour par tel traïson comme vous veez, ville», xlii. Kl sachiés que, selonc la granl traïson qui es Griex cstoit, il i alerent en grant péril et en grant aventure, œ. xciii. Atant se partirent d'avec, et s'en alerent tout , et pourpenserent une mortel trahison, Chron. de Raim, p. 22. Tralsons, si est ([uunt on ne monstre pas sanblant de haine et on het mortellement.... si que.... BEAUM. XXX, 4. Il XV* s. Vous appelant de traison Devant le Dieu d'amour puissant. Qui me fera de vous raison, ch. d'obi. Bail. 43. Il XVI' s. Là les traysons vont celant Leurs pointes de sang trempées, dubell. m, 40, recto. Ha que vous sccustes bien espier la saison D'enfanter à propos la feinte trahison, m. m, 72, recto. César Auguste qui dit à Hymitacles, qu'il aimoit la trahison , mais qu'il haïssoit les traislrcs , AMYOT, Rom. 28. [Hector] Y fut tué par la traison d'Achille, bons. «h.
— ÊTYM. Provenc. traicio, Iraazo, tracin, trassio; cal. troici(5; espagn. Iraicion; porlug. Iraiçào; du lat. traditionem, de iradere, trahir.
TKAILLE (tra-ir, U mouillées, et non trâ-ye), s. f. Il !• Corps flottant, employé pour passer une rivière, dit aussi pont volant; il est fixé à une poulie mobile le long d'un câble tendu en travers d'une rivière. La traille traverse sous l'impulsion du courant qui frappe obliquement ses côtés. Il Corde qui sert à guider un pont volant. || i° U se dit aussi de deux ou trois bateaux liés ensemble et recouverts de madriers, qui, étant attachés par une longue corde à un point solide établi au milieu du fleuve, passent d'un bord à l'autre par la seule force du courant.
-- MIST. XIV» s. Ronsscs et arboirie s'elle y croist [sur le bord d'une rivière] où trailles de nefs ne pourroient passer; si grant arboirie [les riverains] n'y doivent laisser qu'on n'y puisse trail- 1er ; et, s'il ne le faisoient, les trailleurs pourroient coupper si avant que pour leur dite traille porter, BOUTEiLLER, Somme rural, tit. "3, p. 428.
- Ériii. Diez le tire du lat. tragula, herse ; la forme est bonne, mais le sens ne l'est pas. Il rejette la conjecture émise par quelques-uns que traille est une contraction do tiraille, parce qu'il n'existerait pas de verbe trailler ; mais trailler existe, par conséquent la conjecture prend beaucoup de probabilité.
f TRAILLER (tra-llé, Il mouillées), ». a. Terme de pêche. Tirailler. || Trailler une ligne, lui donner de temps en temps une secousse, en la tirant vivement de la longueur d'une brasse.
— ÉTYM. Ce paraît être une contraction de tiraillrr.
f TUAILLET (tra-llè. Il mouillées), ». m. Terme de marine. Sorte de châssis dont deux des côtés font saillie en sens opposés ; il sert de dévidoir pour enrouler les lignes de pèche et la corde du libouret.
TRAIN (trin), ». m. || 1° En parlant des chevaux et des bêtes de voiture, allure. Le train de ce che- ' val est doux. Ce que cette femme lui dit de ces gens de cheval qui avaient passé par son hameau, lui donna courage de passer outre, et lui fit hâter le train de sa béte, scabr. Rom. corn. Ii, 4. Il est plus difficile de réduire à un train modéré un cheval jeune et vigoureux.... que de le laisser aller à bride abattue, genlis. Maison rust. 1. 1, p. 4 77, dans POUGENS. || Ce cheval n'a point de train, il n'a point d'allure réglée. || Train rompu, celui qui est composé de deux allures. || X fond de train, se dit d'un cheval qu'on pousse aussi vite qu'il peut aller. Il Aller bon train, aller fort vite à pied, à cheval, ou en voiture. J'espère vous tenir compagnie, quelque train que vous alliez, hamilt. Gromm. B. Il On dit dans le même sens : Ce cocher mène bon train. || Aller son petit train, aller doucement, sans se presser. X une lieue et demie de la ville, comme le brancard allait sou petit train, dans un chemin creux, scARB. Rom. com. i, I4. || Fig. Je ne parle point, 6 hommes ! de vos légèretés, de vos folies et I de vos caprices, qui vous mettent au-dessous de la I taupe et de la tortue qui vont sagement leur petit train, et qui suivent, sans varier, l'instinct de leur
nature, la bruy. xii. || Un train de sénateur, un marcher lent et grave. Il laisse la tortue Allei son train de sénateur, la font, h'abl. vi, lo || Fig. C'est le train que Chamlllarl mena un iiomme [pour qui le roi avait déclaré qu'il ne ferait jamais rien], ST-SIM. <'i9, 179. || Au train dont nous allons, nous ne tarderons pas à les dépasser, nous allons si vite que nous ne tarderons pas à les dépasser. || En un sens contraire, au train dont nous allons , nous n'arriverons jamais. Il Fig. Au train dont il va, il aura bientôt fini son travail, ou au train dont il y va, il aura bientôt fini, il avance si vite dans sa besogne qu'elle sera bientôt finie. || En un sens contraire, au train dont 11 va, dont il y va, il n'aura pas fini de si tôt. Il Fig. Au train dont nous y allons, à la manière dont nous nous conduisons. C'est que du train dont nous y allons, on effleure tout et l'on n'approfondit rien, dider. Mém. Rêve d'Alembert. Il Aller un train de poste, aller fort vite. || Fig. Mon ami, du train dont vous rêvez, savez-vous qu'un seul do vos rêves suffirait pour une galerie entière? DiDEB. Salon de ncb, Œuv. t. xui, p. 28B, dans pouoENS. || Fig. Mener quelqu'un grand train, lui faire faire vite quelque chose. Quel train vous nous meniez, morbleu I bérang. Bedeau. || Fig. et familièrement. Mener quelqu'un bon train, le faire aller bon train, beau train, grand train, ne le point ménager. De nous planter en France une nouvelle inquisition qui nous mènerait beau train, PASC Prov. xa. Vous le menâtes beau train de la manière dont vous l'aviez pris, sÉv. bb. Je vous assure que mes amis et moi, nous les mènerons [les pasteurs de Genève] beau train; ils boiront le calice jusqu'à la lie, volt. Lett. d'Alembert, a janv. )7a7. iJTout d'un train, sans retard. Tout d'un train il marcha vers la ville des Oxidraques, VAUGEL. Q. C. B«8. Il est à propos que je tâche ici tout d'un train de l'expliquer, desc. Dioptr. 2. Je veux qu'il [le jeune Grignan] aille vous voir au mois de novembre; et, comme il aura dix-huit ans, il faudrait tout d'un train songer à le marier, SÉV. 17 juin. (689. Il Grand train, pris adverbialemeni, vite. Car le bon temps revient grand train Oii les rois chantaient au lutrin, bébano. Concordat. Il 2" Terme de turf. Vitesse déployée par le peloton des chevaux concurrents. || 3" Marche en général, mouvement. Du resle, en quoi répond au sort toujours divers Ce train toujours égal dont marche l'univers? LA font. Fabl. u, (3. Si les animaux vont toujours un même train comme les eaux et comme les arbres, c'est folie de leur donner un principe dont on ne voit parmi eux aucun effet, Boss. Connaiss. v, 8. Le nombre des souffrants est infini ; la nature se moque des individus; pourvu que la grande machine de l'univers aille son train, les cirons qui l'habitent ne lui importent guère, volt. telt. Jfmedu DelJ'ant, 8 févr. 4768. Me voici à Reims; mais mon cœur, qui va un autre train que moi, est avec vous, ID. Lett. d'Argental, B oct. 4749. || Fig. Aller son train, continuer. Quantauxcommunions, allez votre train, BOSs. Lett. Com. 4S0. || Il se dit des choses dans le même sens. L'affaire de la Brinvilliers va toujours son train, sÉv. 292. Le temps esi très-beau; mon voyage ira son train, ro. 9 déc. 4674. Cette maladie allait beau train, si elle n'avait été arrêtée par les miracles ordinaires du quinquina, m. 4" déc. 1690. Votre santé va son train, la mienne décline, MAINTENON, Lett. OU duc de Noailles. t. v, p. 31, dans POUOENS. Au dehors les plaisirs, les jeux,...les excès mêmes de la bonne chère vont toujours leur lrain,MASS. Carême, Mot, de conv. L'ordre que la nature a voulu établir dans l'univers va toujours son train, fonten. Dial. 8, Morts anc. et mod. Cor» neilleva son train [j'en continue le commentaire]; ah! le pauvre homme I qu'il me fait trouver Racine divin! VOLT. Lett. d'ArgerUal, 21 févr. 4763. Les loyers étaient arriérés, et les dettes allaient leur train, i. s. rouss. Confess vi. Et la coquetterie ira toujours son train, je gage? collin d'iu«leville. Malice pour malice, l, 2. || Être en train, mettre en train, être en action, en mouvement. Quand il est en train, rien ne lui coiite. On a de la peine à le mettre en train. Puisque vous ètct en train, vous connaîtrez par là ks sentiments que votre famille a pour vous, mol Mal. imag. II, 49. Le bon père était si en train, qu'on lui eiit fait tort de l'arrêter, de sorte qu'il poursuivit ainsi.... pasc. Prov. vu. J'en avais tantôt commencé un [complimen. à M. de Vivonne] ; ma plume n'était pas en train, j'ai tout planté là, sÉv. 26 mars 4680. Quand uiie lois l'iinigiiiation est en train, malheur à l'esprit qu'elle gouverne, mabiv.
TRA
IRA
TRA
Marianne, »'• pari. Qu'il nous vienne un gai refrain, Et voilà le monde en train, bérano. Bun Franc. || Être en train, un peu en train, avoir un léger commencement d'ivresse. || Être en train de, être disposé à. Être en train déjouer, de courir. Je suis tellement en train de suer, que je sue toujours, 8ÉV. 289. Je vous ai souhaité un lot à la loterie [une lOlerie tirée chez Mme de Montespan].... cela.... rous aurait remis en train d'être moins malheureux, iD. à Bussy, 3 avril <68<. Et moi, crois-tu que je ne sois pas très-riche et en train de le devenir davantage? picard, Manie de briller, m, i. Il II n'est pas en train de rire, il n'est pas disposé à rire. || 11 est en train de se ruiner, il mène une vie propre à le ruiner. || Mettre en train, exciter. Je fus, selon son conseil, trouver un bon casuiste de la Société.... je n'eus pas de peine à le mettre en train, pasc. Prov. v. Il aime à causer; et, quand on me met en train, je ne fais pas trop mal aussi, sÉv. 351. Il était le premier à nous mettre en train [de railler] sur son siège, hamii.t. Gramm. s. || Parliculièrement. Mettre en train, exciter à la joie, au plaisir. Le valet de Verville de temps en temps buvait un coup avec eux, pour les mettre en train, scarh. Rom. com. n, )2. Lubio est d'une figure Qui met tout le monde en train, pavart, Annette et Lubin, < . Tous les gens gais ont le don merveilleux De mettre en train tous les gens sérieux, volt. Droit du seign. ii, e. fillettes, fliite et tambourin, Mettez les vendangeurs en train, bérang. Yendang. |j Se rcmellre en train, se remettre à une partie de jeu, de table, de plaisir. On se remit en train, la font. Rém. || Mettre une alTaire en train, la commencer, la faire commencer. Je souhaite fort de pouvoir remettre en train mon commerce de la poste, sÉv. 20 avr. 1672. Après avoir mis la partie en train, la rompre serait à moi de mauvaise grâce, J. j. rouss. Corresp. du Peyrou, t. ni, p. 348, dans pougens. || Mettre une affaire en bon train, en avancer le succès. Il On dit dans le même sens: L'affaire est en bon train. Voilà l'affaire en bon train, mol. Fourber. i, 7. La trahison était en beau train, hamilt. 6'rom. i. L'aflaire des Calas a été rapportée; elle est en très bon train ; je réponds du succès, volt. Lett. d'Argence, 2 mars 1763. || Il est en bon train, il est sur la voie du rétablissement. Je le laisse en bon train [le chevalier de Grignan] ; les eaux lui font beaucoup de bien, SÉv. 22 sept. 1677. || Se mettre dans letrainde, s'habituera. S'il [le jeune Grignan] a pris de la hardiesse.... et qu'il se soit mis dans le train de parler, il ne lui manque plus rien, SÉv. )0 juill. 1689. Je serais désolé qu'elle [Mme Denis] se mît dans le train de donner au public des pièces médiocres, volt. Lett d'Argental, 6 oct. (749. Il 4* Partie de devant ou de derrière des chevaux, des bœufs et autres quadiupèdes. Ce cheval a le train de devant faible. Dans le cerf, le train de derrière est plus haut que celui de devant; dans l'élan, au contraire, le train de devant est plus haut, buff. Quadrup. t. xm, p. UB. ||0n dit aussi avant-train et arrière-train en parlant du cheval. || Terme de boucherie. Train des côtes, dans le boeuf, la vache et le taureau, la partie de l'animât qui contient les côtes et entre-côtes, à partir delà troisième pièce de l'aloyau jusqu'à l'épaule. Il 5° Terme de charron. Ce qui porte le corps d'un carrosse, d'un chariot. Faire mettre un train neuf à une vciiture || 8* Terme d'imprimerie. Train de la presse, la partie de la presse sur laquelle on pose la forme, et qui avance sous la platine et s'en relire par le moyen de la manivelle. || Mise en train, action de tout disposer pour le tirage d'une forme. Il Train de devant, tout ce qui roule sur les bandes. Train de derrière, train qui reçoit celui de devant avec toutes ses pièces, quand ce dernier fait son passage sous la platine. || 7° Suite de valets, de chevaux, de mulets, etc. Don Francisque ne manqua pas de se rendre le lendemain à Douai... son train était grand; il avait trente chevaux de main, les plus beaux du monde, pellisson, Lett. hist. t. i, p. 24. Grosse maison, grand train, nombre de gens, la pont. Belph. Tout son train [de TMrenne mort] était arrivé.... tous ces pauvres gens étaient fondus en larmes, sÉv. ï8 août )675. Elle (Mme de Montespan] est dans une calèche à six chevaii, avec la petite de Thianges; elle a un carrosse derrière, attelé de la m^me sorte, avec lii fille», elle a deux fourgons, six mulets, et dix ou douze cavaliers à cheval, sans ses officiers : «on train esl de^quarantc-cinq personnes, ID. IB mai te70. Il y à trois jours que cotte femme |Mmc de la Hamelinièroj est plantée ici avec tout
son monde.... voilà le train qui m'est venu, et qui s'en ira quand il plaira à Dieu, Id. 21 juin <6H(i. Anne de Boulen était logée chez Henri VIII avec le train d'une reine, et François 1" lui fit les mêmes présents et lui rendit les mêmes honneurs que si elle l'eût été, la fay. Princ. Cléves, (Euv. t. II, p. (03, dans POUGENS. J'aurais cinquante mille livres de rente, que je n'aurais pas le train de grande dame, ni un lit galonné d'or comme Mme de la Fayette, ni un valet de chambre comme Mme de Coulanges, maintenon, Lett. à il. d'Aubigné, 28 fév. (678. Et pourquoi celte épargne enfin? l'ignores-tu? Afin qu'un héritier bien nourri, bien vêtu. Profitant d'un trésor en tes mains inutile. Do son train quelque jour embarrasse la ville, BOIL. Sat. viii. Comme elles [les dames de la cour] regorgent de train, de splendeur et de dignités, elles se délassent volontiers avec la philosophie ou la vertu, la bruy. vu. Réglez vos tables, vos parures, vos jeux, vos trains, vos édifices sur le pied de l'Évangile, mass. Carême, Aumône Ses soins zélés pour monsieur, pour madame. Pour enfants, valets, tout le train, lamotte, Fabl. v, 4. Demande à ces dames quel train de maison je vais avoir, picard. Manie de briller, m, (4. || Fig. Il lui suffisait de se montrer avec l'apparisil de ses vertus; aussi les pauvres formaient-ils tout son train, soss. Panégyr. St Sulpice, 2. Il 8* Suite de bêtes destinées soit au transport, soit à la subsistance. Un grand train de bœufs, de chevaux. || 9" Train d'artillerie, troupes d'artillerie chargées de conduire les équipages de siège et de ponts et les approvisionnements d'artillerie. Portier, lieutenant du train, voit dans les mains de l'un d'eux [habitants de C^ssano] ses propres pistolet», P. l. cour Lett. i, (54. || Train des équipages, ou, simplement, train, corps de troupes qui est chargé du transport de tous les approvisionnements autres que les munitions de guerre, nécessaires à une armée en campagne. Il 10° Terme de chemin de fer. Suite de voitures ou wagons qui se meuvent ensemble. Train de marchandises. Train d'aller. Train de retour. Train de grande vitesse. || Train-poste (au plur. des trainsposte), train qui, sur les chemins de fer, emporte le courrier et les lettres || Train express, voy. EXPRESS. Il Train-éclair, train qui va trèsvite. Il Train de plaisir, train destiné à conduire directement un certain nombre de voyageurs dans un lieu déterminé, puis à les ramener. Il 11* Long assemblage de bois de chauffage ou de menuiserie, assujetti avec des perches et des liens, et qu'on fait flotter comme un radeau sur les rivières. Pour un train desdits bois de 40 à 44 voies faisant le double de l'éclusée, est dû auxdits officiers 34 livres 9 déniera, P^ciar. 22 oct. (7I5, ran'/". Il Train de bateaux, voy. trait de bateaux. Ces mots : Sur chacun train de sel, ne peuvent être entendus que des bateaia, tireaux et allèges qui passent sous les ponts de ladite ville. Arrêt du conseil, 17 juill. I87B. Il 12* Se dit d'un nombre considérable de métiers, et, particulièrement, en typographie, du nombre de presses que l'on emploie. Il 13"" 11 se dit aussi, danscertainsmétiers, d'une suite plus ou moins considérable d'objets à confectionner. Celui qui vise à la perfection, après avoir fait un train, je ne dis pas de 6 ou 60u volumes, mais seulement de 25 ou 30.... se corrigera, dans les trains suivants, des défauts qu'il aura remarqués dans celui-ci, lesné, la Reliure, p. 20. || 14' Terme de marine. Train de mât, espèce de traîneau dont on se sert dans les arsenaux pour transporter des pièces de mâture. On dit aussi traîneau. || 16' Gens de vie peu exemplaire (sens vieilli). Cet homme a du train, du mauvais train chez lui. On sait qu'Orante mène une vie exemplaire; Tous ses soins vont au ciel; et j'ai su par des gens. Qu'elle condamne fort le train qui vient céans, mol. Tari. I, l.||16° Par extension, bruit, tapage. On fait beaucoup de train dans cette maison. Quel train ici tous les matinsi l'antichambre est pleine de marchands, de commissionnaires et de créanciers, GENUS, Thédt. d'éduc. Dangers du monde, i , ( . Il Faire le train, se réjouir avec bruit. || Fig. Faire le train, faire du train, gronder, se fâcher. Si j'étais obligé de passer la nuit dans la foret, il me ferait un train.... il me ferait un train I collé, Part, de chasse de Henri lY, ii, 9. Elle était plus grognon ; elle faisait un train à son valet de chambre, à ses femmes I genlis, Thédt. d'éduc. Mafch. de mode, se. 2. On ne voulait pas m'enten- I dre; mais j'ai fait tant de train, qu'on n'a pu me I refuier. lo. Thédl. d'éduc. la Hotiére, n, 8. Un ser-
vice terrible, et toujours un train d'enfer, beaumarch. Barb. de Sév. n, 7. || Fig. Faire du train, .se dit (le quoique objet dont on parle beaucoup, qui agife l'opinion publique. Que dites-vousdu train que fait Wilkes en Angleterre? il me semble que le despotisme n'a pas plus beau jeu dans ce payslà que la superstition, d'alemb. Lett. à Yoltaire, 28 mai (788. 1117° Fig. Enchaînement, suite des choses. On ne sait plu» comment reprendre la train de la journée, sÉv. 586. Je m'en vais reprendre le train de mes promenades, interrompues seulement pendant quatre jours, lo. 7 mars («85. Nous voici dans un vilain train de neiges, de pluies et de vents terribles, id. (•' févr. (B90. Je les ai vus [votre esprit et votre corps] trop subtils, trop diaphanes, pour pouvoir jamais être fâchée de les voir dans le train commun des esprits et des corps, lu. à Mme de Grignan, 22 juill. («85. Je suis fâchée que vous ayez perdu un de mes paquets ; comme ils sont pleins de nouvelles, cela nous dérange, et vous ôte du train de tout ce qui se passe, id. 3 juill. (674. Il faut rentrer le plus tôt qu'on peut dans ce train ordinaire du gouvernement oii les lois protègent tout et ne s'arment contre personne, montesq. Esp. xn, 18. Je suppose.... que Dieu conserve, après la mort de l'homme, ce qu'on appelle son âme, et qu'il abandonne l'âme de la brute au train ordinaire de la destruction de toutes choses, volt. Métaph. 6. Il 18° Tournure que prennent les événements, les affaires. Nous verrons dans peu de jours quel train prendra le reste de la campagne, pellisson, Lett. hist. t. I, p. 252. Sitôt que les choses furent dans le train qu'il voulait, hamilt. Gram. 4. Il Prendre le train de, prendre une certaine tournure. L'époux voyant quel train prenait l'affaire, la font. Rém. Et contre le prochain La conversation prend un assez bon irain, mol. Mis. n, 5. Se» malheurs [de Vardes] prennent le train de ne finir jamais, sÉv. 20 oct. (082. Le carnaval ne prend pas le train d'être bien gaillard, id. 3( déc. (688. Il L'affaire va bon train, va grand train, elle avance rapidement || 19° Habitude, manière d'être. Voilà le train du monde et de ses sectateurs ; On s'y sert du bienfait contre les bienfaiteurs, la font. Fabl. XII, (8. Mon Dieul nous savons le train des enfants dont les pères se remarient, et de quel oeil ils ont coutume de regarder ce qu'onappelle bellemère, MOL. l'Av. m, 4. Le peuple et les habiles composent le train du monde, pasc. Pens. m, (8, édit. havet. C'est une cho.se pitoyable de voir tant de Turcs, d'hérétiques, d'infidèles suivre le train de leurs pères, par cette seule raison qu'ils ont été prévenus chacun que c'est le meilleur, id. ib. xxv, 80. Maisj'ai du train du monde un peu d'expérience, BOURSAULT, Ésope à la cour, iv, 2. Quand on a commencé à prendre ce train [des hauts sentiments], les grands hommes se font les uns les autres, Boss. Hist. m, 6. Une certaine habitude, un certain train établi a beaucoup de pouvoir en toute matière, fonten. Ozanam. J'admire le train de la vie humaine ! nous plumons une coquette, la coquette mange un homme d'affaires, l'homme d'affaires en pille d'autres, lesage, Turcaret, 1, ♦». La société serait perdue, si l'on ne se moquait pas un peu de ceux qui vous sont le plus attachés; c'est le train du monde, volt. Lett. Mme du Delfant, 7 mars (764. || Prendre le train, prendre une certaine manière d'être. Si elle [ma tante] reçoit quelque soulagement, et qu'elle prenne le train de languir, je partirai dès que M. de Coulanges sera revenu, sÉv. (2«. J'aime votre fille i cause de vous; mes entrailles n'ont point encore pris le train des tendresses d'une graud'mère , ID. à Mme de Grignan, (( mars (67(. Il prit le train du libertinage, même avant l'âge d'être un vrai libertin, J.J. Bouss. Confess. 1. 1| Mener un train d'enfer, faire une grande dépense, user rapidement la vie. Il 20° Genre de vie. Si j'ai dit que je voulais corriger ma conduite et me jeter dans un train de vie exemplaire, mol. Festin, v, i. X l'égard de la cour de France, tout y éuit comme à l'ordinaire; il y a un certain train qui ne change point; toujours les mêmes plaisirs, toujours aux mêmes heures, et toujours avec les mêmes gens, la pay. Mém. cour de France, (Euv. t. 11, p. 396 , dans pouoen». Us marchent toujours du même pas, sans s'alarmer, et suivent toujours le même train de vie, jusqu'à ce qu'ils se soient enfin précipités dans l'abîme, bourdal. Exhort. sur If jugem. du peupU corUre J. C. L n, p. «7. Les commerces recommencent ; les entretiens se renouent ; les passions se réveillent; tout va môme train, mass. Avent, Disp.
à la eomm. Allons, mon gentilhomme, une superbe audace I Un train de roi , cet air qui dit : faites-moi place 1 c. deuv. Bnf. d'Edouard, ii, s. Il 21* Terme de fauconnerie. Faire le train & un oiseau, lui donner pour compagnon umiiseau tout dressé, afin de l'accoutumera la chasse. ||2a"Nouibre de vibrations qu'un mouvement d'horlogerie produit dan» un temps dc^termino.
— iiiST XIII' s. Por ce qu'erent fils étaient! si d'un train, Kstoil Renart niés [neveu d'iYsengrin, BRN. 1113. Se il le trovent, seront li (à lui] mal voisin. De lui feront molt doleros trahin, Agolant, v. 28.||xiv' s. Et que, l'iver passé, Bertian ira de là X toute la puissance des François par deçà ; Parmi la grant Guienne un tel train fera, Ue quoi jusqu'à mil ans parlé il en .sera, Guescl. I94U. Il XV* s. Il issit hors du chaslel tout armé, atout quarante compagnons d'armes, et suivit couvertemenl le dernier train [de l'armée qui venait de passer], rnoiss. i, i, tsa. Et amena avec lui quarante lances; dont on en eut grand joye do sa venue ; car il fut mis au train du roy, m. liv. m, p. 104, dans lacurne. Ils avoient chevauché si fort que les trois quarts de leurs gens estoient demeurer, en irain derrière eux, monstrel. t. i, ch. îl7, p. 2fi8, dans LACURNE. Le cheval sur quoi le roy esloit mcnlé.... ne daignoil aller ne trot, ne pas, ne emblure, ainsalloit bondissant.... adonc dist le roy Passavant : que a ce cheval, qui ne se daigne mettre en aucun train? Perceforest, l. n, C t». Je me passerois bien de parler de ce fait, pour ce que ce n'est pas le train de ma matière, mais je suis forcé d'en parler, comm. iv, i. [Il] amena madame de Savoye et tout son train en la plus prochaine place, ro. v, 4. La chose prit autre train dont on a parlé ci-après, ro. vn, 9. Quant maistre Françoys vit ce train, Dieu scet s'il fil pileuses lippes, VILLON, !'• re;me. Il xvi" s. La vaillance a ses limites, comme les aultres vertus, lesquels franchis, on se trouve dans le train du vice, mont. l, bJ. Par ce train (en procédant ainsi] vous ne faictes jamais rien qui vaille, m. i, 58. Le monde va il pas mesme train que vous allez? ro. l, 8». [Archimèile] meit soubdain en train des engins espouvantables, ro. I, <4l. Lui qui n'avoit pas veu ce train (troupe) qui le suyvoit, m. I, 187. Parla, j'enlllay tout d'un train Virgile en \'Mne\de, et puis.... ro. I, 197. La mesnagerie de la laine, pour en vestir le train de la maison, la boétie, I6i. Celuy qui feroit le train de dehors [les occupations des champs, etc.], ro. I63. Ceux là mesmcs (les chœurs], soit qu'ils facenl quelque chose, ou qu'ils parlent, s'ils y vont d'un train en bon ordre, c'est plaisir de les veoir, id. 171. Ce monstre avoit les deux jambes et train de derrière de pourceau, PARÉ, XIX, 20. Tout ce qui noue [nage] au plus profond de l'onde. Ceux qui d'une aile en l'air se font un train, Tout ce qui paist la terre au large sein.... RONs e'2H. Nos lauriers sont séchez, et le train de nos vers Se présente à nos yeux boiteux et de travers, ro. 703.... Je parle des rusées Oui ont au train d'amour leurs jeunesses usées, ro. (26. Il va grand train, c'est à dire legierement, et il va à grand train pour il ha grande suitte après soy, ROB. EST. Gramm. franc, p. <04, dans lacurne. On qui fait train sur la mer [qui trafique], H. est. Apol. d'Hérod. p. 36, dans lacurne. Abaisser le train, ou, comme on dit par manière de proverbe, tailler les morce.Tux plus menus, ro. tb. p. 304. Afin que le jeu print plus lung train [durât plus longtemps], Nuits de Strapamle, t. n, p. 04. Item est ordinairement à coustume que, quand on fait adjourner la femme mariée pour debte par elle deue ou pour autre cause, l'on fait du mesme train adjourner son mary, Cnitst. gén. t. n, p. 947. De grand train à l'cstrain [à la paille], cotgrave.
— ETYM. Provenç. trahi; cat. tragi; espagn. tragin, (rojino; ital. (rot'no; dérivés du lat. trahere, tirer (voy. traire). Le mot est de deux syllabe, tra-in, jusque vers le xv siècle.
TRAÎNAGE (trê-na-j'), j. m. Action de traîner, et, particulièrement, de traîner des traîneaux. Le temps du traînage.
— f.TYM. Traîner.
TRAÎNANT, ANTK (Irê-nan, nan-f), adj. || !• Qui traîne à terre. Robe traînante. La bique, allant remplir sa traînante mamelle, Et paître l'herbe nouvelle, Ferma la porte au loquet, la font. Fabi. IV, <8. Il Fig. Ainsi nous allons toujours tirant après nous cette longue chaîne traîn:irite de notre espérance, Boss. Sermons, Impétiit. 2. || Drapeaux traînants, drapeaux qu'on portait renversés au convoi d'un général d'armée. Les drapeaux qu'on leur
TRA
avait enlevés paraissaient renversés et traînants sur la pou.ssière, raTnal, llist. phU. l, SB. || Piques traînantes, les piques qu'on y portail renversées, le fer traînant i terre. || Terme de charpenterio. Semelle traînante, pièce de bois portant sur un plancher et afflniirant le carreau, qui reçoit les jambes de force. || 2* Fig. En termes de littérature, qui a un caractère de longueur et de langueur. Le cinquième acte esl moins traînant que celui des précédentes, corn. Caler, du Palais, Exam. A le bien examiner, s'il y a quelques caractères vigoureux et animés, comme ceux do Placide et Marcelle, il y en a de traînants qui ne peuvent avoir grand charme, ni grand fou sur le théâlre, ro. Théod. Exam. \\ Discours, style traînant, discours, style languissant, qui renferme peu de choses en beaucoup de paroles. X dire franchement ce que je pense, cette relation [faite par le ministre protestant Claude d'une conférence avec Bossuet] ne fait honneur ni à lui ni à moi; nous y tenons tour à tour de longs discours assez languissants, assez traînants, assez peu suivis, boss. Confér. avec Claude, avertiss. S'ils [les poètes écrivant en prose] s'abandonnent à la négligence de leur plume, leur style est traînant et sans âme, o'albmb. Œuv. t. i, p. t70. ||3° Oui dure longtemps, trop longtemps, qui traîne. Que ne peut ma haine avec un plein loisir Animer les bourreaux qu'elle saurait choisir, Repaître mes douleurs d'une mort dure et lente, Vous la rendre à la fois et cruelle et traînante I corn. Théod. v, e. Ma traînante langueur, ro. Imit. ni, 23. Trois jours de combat et de victoire, un effort soudain et immense parurent nous avoir arrachés, comme par enchantement, à cette sombre et traînante série de malheurs qui se déroulait devant nous, carrel, le Sational, 28 nov. 1830. || Débile et languissant. Oiie faible est leur charité I Que leur dévotioa esl traînante et débile! corn. Imil. iv, 10. Vous avez feint d'aimer et permis l'espérance; Mais cet amour traînant n'avait que l'apparence, ro. Soph. m, 2. Il 4° Oui a quelque chose de monotone et de lent, en parlant de la voix. Si quelqu'un était capable de donner en notre langue faible et traînante la précision et l'énergie de Tacite, volt. Lett. iaharpe, 2 juin «7C8. Quoiqu'il ait un accent traînant très-sensible, j. j. Rouss. Ilél. vi, B. Elle avait pris le ton lent et traînant dos religieuses, et sur ce ton traînant elle disait des choses trèssaillantes qui ne semblaient pas aller avec son maintien, ro. Confess. v. Cette teinte do pathétique se faisait sentir encore davantage quand Fléchier prononçait ses oraisons funèbres; son action un peu triste, et sa voix un peu faible et traînante, mettaient l'auditeur dans la disposition convenable pour s'affliger avec lui, d'alemb. Élog. Fléchier. Les sons ouverts et soutenus sont propres à l'admiration.... les syllabes traînantes et pou sonores, à l'irrésolution, condil. Harm. du style, 3. Voyez, pour gagner temps, quelles lenteurs savantes Prolongent de ses mots les syllabes traînantes, delille, l'Homme des champs, i.
— HIST. XVI' s. Il ne porta point.... la robbe trainnante en terre, amyot, Alex. 78.
TRAÎNA RR (trê-nar ; le d ne se lie pas; au pluriel, Vs ne se lie pas; cependant quelques-uns la lient : des traî-nar-z-effrayés), s. m. || 1* Soldat qui reste en arrière de son corps. || Adjectivement. Soldat traînard. || 2' Par extension, homme inactif, négligent. C'est un traînard. || On pourrait dire au féminin : C'est une traînarde.
— HIST. XVI* s. Traînard, coioravb.
— ÉTYM. Traîner.
TRAÎNASSE (trê-na-s'), s. {. || 1° Long fliet d'oiseleur. Il 2" Nom collectif sous lequel les jardiniers désignent tant les jets ou stolons que les coulants et les propagules; ils disent en outre en ce sens traînée. || 3" Nom vulgaire du polygonum aviculare, L. dit aussi renouée des oiseaux.
— ÊTYM. Trainer; la plante ainsi dite àcause que les tiges en sont couchées.
t TRAÎNASSKR (trê-na-sé), o. o. Terme familier. Traîner désagréablement en longueur. Ci, n'allez pas traînasser notre affaire, volt. Nanine, i, 2.
— HIST. XV* s J'apperçois et congnois, Que,
pour Irainaccr le patin. Il est de grans clers en françois, Qui ne sont qu'asnes en latin, coquill. tes droit* nouveaux.
— ÉTYM. Traîner, avec le suffixe péjoratif asse. TRAÎNE (trê-n'l, s. f.\\i° Action d'être traîné.
Il 2* Queue traînante d'une robe. Quand le cortège royal pénétra dans le transept, un marteau oublié dans la précipitation du travail se prit dans
TRA
la traîne de la duchesse de Sutherland, e. texied, la Siècle, 34 mars i8«7. ||J* Terme de marine. Corde qui traîne à la mer; pendant le combat on a soin d'en mettre autour du navire un certain nombre, afin que les hommes tombés i la mer puissent trouver là un premier moyen de sauvetage. C'est un miracle que la manière dont un petit gentilhomme.... étant élevé en l'air par la bombe tomba à la mer, et se sauva en se prenant i une traîne, villette-mursay, ou ministre, 25 août «704, dans jal. || Être à la traîne se dit d'un objet quelcon(|ue que l'on jette à la mer après l'avoir fixé au bout d'un cordage Un objet quelconque jeté d'un bâtiment à la mer, au bout d'un cordage, est dit être i la traîne. On a sa chaloupe, un canot, des embarcations à la traîne, lorsqu'elles sont amarrées de l'arrière et traînées par le bitiment dans sa marche. On dit quelquefois qu'on a un b&liment i la traîne, mais plus souvent qu'on l'a i la remorque (legoarant). Il Ce navire a trop de bois i la traîne, son arrière est trop renflé , trop lourd. Il 4* Terme de marine. Petit chariot auquel est fixée l'extrémité d'un cordage que l'on comme'., et qui se traîne à mesure que le commettage diminue la longueur du cAble. || 5* Terme de pêche. Nom sous lequel on désigne assez souvent difTérentes espèces de .seines, dont quelques-unes sont ordinairement composées de trois filets appliqués l'un sur l'autre. || Pêche aux traînes, espèce de pèche que l'on fait avec un crochet double que l'on traîne sur le sable, pour en tirer les coquillages qui s'y enfoncent. || 6° Sorte de herse sans dents. Il 7" Nom donné à ces menus bois qui forment la lisière des forêts : ajoncs épineux, cépées rabougries, branches de taillis desséchées ou rompues. Les ramàsseurs de traînes. || 8* Dans le Berry, chemin creux et ombragé. Vous ne l'ignorez pas, véroniques des bois; Bien des fois vous avez contemplé sous les traînes Le cortège navrant des tristesses humaines, theuriet, Rev. des Deux- Uondes, 1886, t. I, p. 743. || 9* Perdreaux qui sont en traîne, perdreaux qui ne peuvent pas encore voler ni se séparer de leur mère.
— HIST. XV* s. Quant il fut près, il apparceu les beufz de Pierre Caurin liatellés aux trahines [charrettes] chargées dudit bois, du canoë, trainare.
— ÉTYM. Nom verbal de traîner.
TRAÎNÉ, ÉE(tré-né, née), part, passé de traîner Il 1* Tiré après soi. Traîné par les rues de Jérusalem j dans cet appareil ignominieux, bourdal. Myst. Pass I de J.C. t. I, p. 297. De mille affreux soldats Juni« environnée S'est vue en ce palais indignement traînée, rac. Brit. I, 3. J'ai vu, seigneur, j'ai vu votre malheureux fils Traîné par les chevaux que sa main a nourris, id. Phèdre, v, 6. || 2° Qu'on fait durer. En matière d'hyménées L'importune longueur des affaires traînées Attire assez souvent de fâcheux embarras, corn. Agés, n, 2. L'ivrogne et le gourmand recevront leurs supplices Du souvenir amer de leurs chères délices ; Et ces repas traînés jusquosau lendemain Mêleront leur idée aux rages de la faim, m. Imil.i, 24. Comment s'est fait ce changement? est-ce par une longue suite de négociations traînées ? bac. Rép. au dise, de récept. de Th. Corneille. || 8* Qui se prolonge, en parlant des sons. Le cri du torcol est un son de sifflement assez aigre et traîné, ce que les anciens appelaient proprement stridor, BUFF. Ois. t. xra, p. 134. Il En médecine, toux traînée, toux qui ne cesse pas nettement. ||4*S. f. Traînée des rues, prostituée. Tu verrais qu'il n'a jamais pu séduire qu'une traînée, mirabead, Lett. orig. t. IV, p. )62.|| Proverbe. Autant traîné que porté, voy. porté.
TRAÎNEAU (trê-nô), ». m. || 1* Voiture sansioues donton sesertpourallersurianeigeousur la glace. Le 7 janvier: Monseigneur voulait sortir en traîneau et mener les dames, mais le dégel l'en empêcha, dangeau, i, t05. Le 24 : La comtesse de Soissons, allant dans un corps de carrosse sur un traîneau, comme cela se pratique à Amsterdam, où elle est, avait été emportée par le cheval qui l.i menait, id. I, < H . Ce fut là où nous vîmes pour la première fols un traîneau lapon, dont nous admirâmes la structure, REONARD, Voyage de Laponie. 11 [le renne] peut faire quatre ou cinq lieues par heure; mais plus cette manière de voyager est prompte, plus elle est incommode ; il faut y être habitué, et travailler continuellement pour maintenir son traîneau et l'empêcher de verser, buff. Quadrup. t V, p. 253. Nous fûmes forcés d'accepter un traîneau de Kamtschadales pour la collection des curiosités du roi, et deux aigles royaux pour la ménagerie, lapérousk, Voy. t. ra, p '41, linat
POUOENS. C'est alors qu'emporté par un coursier rapide, Court le traîneau léger sur la neige solide, DELiiXE, Trois règnes, ni. || i' Voilure sans roues qui sert à traîner des fardeaux, des marchandises Il 8* Cadre de bois qu'on fait traîner sur les terres labourables pour les régaler. || On donne aussi ce nom à deux morceaux de bois disposés en sautoir et placés momentanément sous la charrue, afin de pouvoir la conduire dans les champs et la ramener sans l'user et sans trop fatiguer les attelages; on ditaussi traînoire. || 4° Grand filet pour le gibier ou le poisson. || 5° Terme de fauconnerie. Peau de lièvre qui sert de leurre.
— HIST. XIV* s. Oui est trouvé peschant au trainnel en quelque temps que ce soit, chet en amende de soixante sols, bouteiller. Somme rural, tit. 40, p. 860, dans lacurne. || xv« s. Li trainel en quoi on traine les fiens [fumier] à l'eaue, delisle, Ajiric. norm. p. 2ii3. ||xvi' s. X plusieurs fois ils rcceurent 350 trainoaux, menez par des jumens sur les glaces, chargez de vivres, d'aub. Hist. ii, 94.
— ÈTYM. Traîner.
t TRAÎNE Bl'lSSON (tré-ne-bui-son), s. m. Un des noms vulgaires de Vaccentor modulaire, insectivores, ditaussi fauvette d'hiver, titit et rousselotte.
t TRAÎNE-CHARRCE (trê-ne-cha-rue) s. m.
Motteux.
TRAÎNÉE (trê-née), ». f. || !• Petite quantité de chose répandue sur une certaine longueur. Une traînée de blé, de plâtre. II y a certainement une traînée de soufre sous terre depuis Lima jusqu'à Lisbonne, volt. Candide, 5. L'apparition des comètes suivies de ces longues traînées de lumière, a pendant longtemps effrayé les hommes, laplace, Exp. i, 12. Il 2* Longue suite de poudre à canon, qui sert à communiquer le feu à l'amorce. La plupartdes artilleurs désespérés enclouent leurs pièces et dispersent leur poudre; d'autres en établissent une traînée qu'ils poussent jusque sous des caissons arrêtés au loin , en arrière de nos bagages.... le feu court.... les caissons sautent, ségur, llist. de iVop, IX, 13. ||Fig. Le fanatisme est-il entièrement extirpé?.... n'est-ce pas une traînée de poudre à laquelle on peut mettre un jour le feuî volt. Pol. et lég. le Cri des nations. \\ 3* Morceaux de charogne, placés dedistance en distance pour attirer un loup dans un piège. Il i" Passage fait en se traînant. Il [le cultivateur du nopal] détruiraavec soin les animaux destructeurs, dont le plus redoutable est une chenille qui fait des traînées dans l'intérieur même de la plante, et attaque l'insecte [la cochenille] en dessous, HAYNAL, Hist. phil. VI, )8. || 5° Gens qui traînent. Quand elle [la division de Victor] n'aperçut derrière Napoléon qu'une traînée de spectres, couverts de lambeaux, de pelisses de femmes, de morceaux de tapis.... ségur, Hist. de Nap. xi, 3. Il 6* Stolons que les plantes jettent de côté et d'autre, qui s'implantent en terre et deviennent autant de nouveaux pieds. || 7" Terme de pêche. Espèce de ligne de fond. |l 8* Terme de tapisserie. Aiguillée de laine ou de soie, tendue sur le canevas et recouverte ensuite par un point ordinaire. Croyez donc que tout ce qui vient de vous m'est très-considérable, et que jusqu'à vos traînées de tapisseries, je suis aise de tout savoir ; si vous voulez encore des aiguilles pour en faire, j'en ai d'admirables; pour moi j'en fis hier d'infinies, elles étaient aussi ennuyeuses que ma compagnie, sÉv. 4 3 oct. 4 676. Il 9* Terme de menuiserie. Trait de compas fait sur le bois.
— HIST. xrv' s. En iceluy bois fay une traisnée d'une cuisse d'une beste nouvellement morte, et la traisne parmy celluy bois, Kodus, f* lxx. Il xv s. C'est une qu'on dit la rusée, Print cest amy et l'emmena, Affin d'en faire sa traînée Par voye indeue et diffamée, coquil. Plaidoy. Il me semble liien petit pour y mettre vos robes à l'aise sans les froisser, attendu les grandes et longues traînées qu'on fait aujourd'hui, louis xi, Nouv. xxvii. il XVI* s. X l'aultre foys , faisoit une traînée de pouidre de canon, et mettoyt le feu dedans, rab. l'arU. n, 46. Ce qu'il avoit dit rondement en peu do paroles, le truchement leur interpreloit et redi- <oit par une longue circuition et grande trainée de langage, amtot, Cat. î5. Tout cela se finissoit puis après en une trainée de putains, d'instrumensde musique... n>. Cross. 74.
— ETYM. Traîné.
t TRAÎNELLE (trê-nè 1"), f. f. Terme de pêche. Sac de toile que l'on traîne sur le sable comme une petite charrue pour prendre des lançons.
t TRAÎNK-MALUËDR (Irê-ne-ma-leur), .t. m. Celui qui traîne une vie misérable. Voyez un peu I
TRA
monsieur notre pasteur Veut de sa grâce i ce traîne-niallieur Wontrer de quoi finir notre misère, LA FONT. Jument.
— ETYM. Traîner, et malheur.
t TRAÎNKMKNT (trê-ne-man), s. m. ll 1" Action de traîner. || î" Dégradation des bouches à feu; c'est la trace longitudinale que laisse sur l'àiiie d'une pièce un projectile dont la surface n'est pas unie.
— HIST. XVI* s. De là maints cris, maints trainements de fers Estoient ouys, souspirail des enfers, RONS. 643.
t TRAÎNE-POTENCE (tré-ne-po-lan-s'), s. m. Il 1° Mauvais garnement, homme qui finira mal. Il 2* Ce qui porte malheur à ceux qui en approchent. Mais dites-moi comment vous avez pu..-, vous coiffer d'une orincesse [une maîtresse de Charles II] qui ne pourrait être qu'un traînepotence pour vous, quelque bien qu'elle vous voulijt, HAMiLT. Grain, xi.
TRAÎNER (trè-né), t). a. || 1" Tirer après soi. Il i' Traîner la jambe, traîner les pieds. || 3° Rouler avec soi, en parlant d'une rivière, d'un serpent. 114* Forcer d'aller. || 5° Amener avec soi soit des personnes, soit îles choses. || 6° Faire aller, avec un nom de chose pour sujet. || 7* Fig. Être accompagné de. || 8° Fig. Porter sans honneur. Il 9* Fig. Avoir pour conséquence, avec un nom de chose pour sujet. || 10* Il se dit du temps, de la vie que l'on passe péniblement. || 11° Il se dit des paroles, du ton où il y a de la lenteur, de la voix qui s'allonge. Il 12* En termes de construction, exécuter les corniches de plâtre. || 13' Traîner quelqu'un, différer à terminer l'affaire qu'on a avec lui || 14* V. n. Aller en traînant. || 15° Pendre jusqu'à terre. || 16° Il se dit des choses non rangées qui ne sont pas à la place où elles devraient être. Il 17° Languir sans pouvoir se rétablir. Il 18° Etre l'objet de lenteurs, en parlant d'une chose. Il 19° Être froid, languissant, en parlant d'une œuvre littéraire. || 20° Hester en arrière. Il 21-' Au billard, conduire quelque temps la bille. Il 22° V. réft. Se traîner, se glisser en rampant, il 23° Se mouvoir à genoux, prosterné. || 24° Se rouler. {| 25* Marcher avec peine. || 26° S'avancer péniblement par un mouvement métaphorique comparé à un moiivement réel. Il 27" S'étendre à grand' peine. || 28° Être froid, languissant, en parlant de compositions littéraires. || Proverbe.
1° Tirer après soi. Ose-t-elle traîner Théodore à la mort? corn. Théod.v, 7. Car comment sauver l'œuf? le bien empaqueter; Puis des pieds de devant ensemble le porter. Ou le rouler, ou le traîner. C'était chose impossible, la font. Fabl. X, t. L'un [rat] se mit sur le dos, prit l'œuf entre ses bras.... L'autre le traîna par la queue, ro. ib. X, 4. Il me semble que j'ai été traînée, malgré moi, à ce point fatal où il faut souffrir la vieillesse, sÉv. 30 nov. 4 689. Il [Sésostris] régna trente-trois ans, et jouit longtemps de ses triomphes, beaucoup plus digne de gloire, si la vanité ne lui eiît pas fait traîner son char par les rois vaincus, BOSS. Hist. m, 3. Tu te trompes, Philémon, si, avec ce carrosse brillant, ce grand nombre de coquins qui te suivent, et ces six bêtes qui te traînent, tu penses que l'on t'en estime davantage, LA bruy. II. Us [ceux qui se tuent] sont traînés indignement par les rues; on les note d'infamie; on confisque leurs biens, montesq. Lett. pers. 76. Brunehaut, d'arienne devenue catholique, est accusée de mille meurtres; et un Clotaire II, non moins barbare qu'elle, la fait traîner, dit-oii, à la queue d'un cheval dans son camp, et la fait mourir par ce nouveau genre de supplice, en «m, VOLT. Mœurs, I7. Ils [les lamantins] accompagnent ceux qui sont morts, et que les pêcheurs traînent au bord de la mer, buff. Quadrup. t. xi, p. 262. Sur-le-champ on traîne le malheureux au supplice, niDER. Claude et f/cr. i, 20. i| Traîner quelqu'un dans la boue, lo jeter dans la bour et le traîner. || Fig. Traîner dans la boue, attaquer gravement la réputation de quelqu'un par des paroles ou par des écrits. Nos Parisiens ont aujourd'hui la tête tournée du roi de Prusse; il y a cinq mois qu'ils le traînaient dans la boue; et voilà les gens dont on ambitionne le suffrage, d'alemb. iett. à Voltaire, 44 janv. 4758. || 2" Traîner la jambe, marcher en tirant une des jambes après l'autre, parce que cette jambe est faible ou blessée. ||0n dit dans le même sens : Ce cheval traîne la jambe. || Traîner les hanches, se dit du cheval dont l'allure est mal assurée, ou qui galope faux et se désunit. || Traîner les pieds, marcher de manière que les pieds ne quittent pas
TRA
le sol; ce qui est un signe de grande faiblesse, et «e voit chez quelques vieillards. || Cet oiseau traîne l'aile, il a les ailes pendantes, ce qui marque qu'il est blessé ou malade. I| 3* Rouler avec soi, en parlant d'une rivière, d'un serpent. La rivière traine bien des immondices, bien du sable. Comme un torrent fougueux qui, du haut des montagnes Précipitant ses eaux, traîne dans les campagnes Arbres, rochers, troupeaux par son cours emportés, I. b. rouss. Odes, m, 5. Ni les vastes serpents ne traînent sur tes plantes En longs cercles hideux leurs écailles sonnantes, a. chén. Hymne à la France. || 4* Forcer d'aller. Il [Vitikind] trouve, dans Brème, capitale du pays qui porte ce nom, un évèque, une église et ses Saxons désespérés, qu'on traîne à des autels nouveaux, volt. Mœurs, 4 5. Il 5" Amener avec soi soit des personnes, soit des choses. Mlle Gaudri vient de me dire que le czar traîne avec lui une fille, au grand scandale de Versailles, de Trianon et de Marly, maintenon, Lelt. à Mme de Caylus, 4 4 juin 4 74 7. Elle a pour premier point.... Exigé qu'un époux ne la contraigne point X traîner après elle un pompeux équipage, BOIL. Sat. X. Cotin à ses sermons traînant toute la terre, ID. tb. ix. Quels démons, quels serpents traîne-t-elle après soi? rac. Andr. v, 5. N'était-ce pas assez qu'un vainqueur odieux De l'auguste Sion eiîl détruit tous les charmes. Et traîné ses enfants captifs en mille lieux? id. Esth. I, 5. Vous voyez cet Assur, dont la grandeur hautaine Traine ici sur ses pas un peuple de Hat^ teurs, VOLT. Sémiram. i, 3. Lothaire, d'autant plus coupable qu'il était associé à l'empire, traîne son père [Louis le Débonnaire| prisonnier à Compiègne, id. Mœurs, 23. C'est ainsi [comme Lacombe, directeur de Mme Guyon] qu'en ont usé presque tous ceux qui ont voulu établir une secte : ils traînent presque toujours des femmes avec eux, id. Louis XIV, 3?. || Fig. Hâtons-nous; le temps fuit et nous traîne avec soi, boil. Ép. m. Il Traîner quelqu'un partout, le mener partout où l'on va. Il II traîne sa partie dans tous les tribunaux, se dit d'un plaideur qui traduit sa partie adverse de tribunal en tribunal. || Fig. Traîner les cœurs après soi, gagner l'affection, l'admiration générale. Charmant, jeune, traînant tous les cœurs après soi, rac. Phèdre, ii, 5. || 6" Faire aller, avec un nom de chose pour sujet. Que feriez-vous, hélas! si quelque exploit nouveau Chaque jour, comme moi, vous traînait au barreau? boil. Lulr. m. Daigne, 6 divin Sauveur, que notre voix implore. Prendre pitié des fragiles mortels. Et vois comme du lit, sans attendre l'aurore. Le repentir nous traîne à tes autels, rac. Hymne, le mercredi à matines. || 7° Fig. Être accompagné de. Le prince Antiochus, devenu nouveau roi , Sembla de tous côtés traîner l'heur avec soi, corn. Rod. I, t. El traînant avec soi les horreurs de la guerre, boil. Sat. viii. Ce cœur.... Traîne partoull'amourqui l'attache àMonime, rac. Mithr.v, 3. Vous traînez partout la même indolence et la même langueur, mass. Carême, Tiéd. i. Dans j quelque lieu que je vive et que je meure; en quelque asile obscur que je traîne ma honle et mon désespoir, Claire, souviens-loi de ton amie, j. J. ROUSS. Hèl. I, ï8. L'Anglais, le Hollandais, le Français perdent de leurs préjugés nationaux en voyageant; l'Espagnol traîne avec lui les siens dans tout l'univers, raynal, Hist. phil. vn, 34. Il 8 Fig. Porter sans honneur. II serait désagréable de les voir traîner leur nom, et prendre des partis peu convenables à leur naissance, mass. Carême, tiocodon. Il 9* Fig Avoir pour conséquence, avec un nom de chose pour sujet. Don Juan, l'endurcissement au péché traîne une mort funeste, MOU. D. Jtian, v, 6. Tous les maux que la licence ne manque pas de traîner après soi, bourdal. 8* dim. après la Pentecôte, Dominic. t. m, p. nu Les déterminations où le respect et la crainte de ceux de qui nous dépendons, ont plus de part que nos propres penchants, traînent toujours après elles le repentir et l'amertume, mass. Carême, Vocation. Mais qu'est aux yeux de la foi le bonheur humain? que dure-t-il? et, dans sa courte durée, combien traîne-t-il avec lui de fiel et d'amertume? II). Or. fun. Z)auphtn. Il Cette action a traîné après elle une longue suite de malheurs, elle a été suivie de beaucoup de malheurs dont elle a été l'origine. 1| 10' Fig. II se dit du temps, de la vie que l'on passe péniblement. Adieu, je vais traîner une mourante vie, corn. Cid, m, 4. Moi me taire? moi malheureuse I Ah! j'ai perdu mon fils I il me faudra traîner One vieillesse doulou-
TRA
TRA
reuse, la pont. Fabl. x, <s. Se» médecins [de Mme (le l.i KayeUeJ disent.... que, si elle allait plus liiin d.ins ce cliemin, elle [Hiurrait être du nombre de ceui qui Iraiiienl leur luisérablo vie jus<|u'à la dernière goutio d'Iiuilo, skv. g juillet («77. On n'a plus guère de santé i l'âge de M. de Dangcau ; et l'on traîne un reste de vie bien triste, MAiNTENON, Lett. à Mme de Caylus, h avril I7(7. L'imbécile Ibrahim, sans craindre sa naissance, Traîne, exempt de péril, une éternelle enfance, RAC. Bajai. I, 1. Ennuyé d'un monde où vous ne traînez plus que le poids de vos dégoûts et de vos crimes, mass. Carême, Enf. prod. Impatients et bientflt las. Nous traînons nos jours inutiles; Nous rêvons, nous ne vivons pas, bkknis, Quat. sais. hiv. Charles II, roi d'Angleterre, fugitif en France avec sa mère et son frère, y traînait ses malheurs et ses espérances, volt, louis XIV, «. La plupart de ceux qui résistent à la mal.idie, traînent une convalescence lente cl difficile, raTnal, Ilist. phil. xi, 32. Il Absolument. Supportez la vie; car, lorsqu'on a pa-ssé le temps des illusions, on ne jouit plus de cette vie, on la traîne; traînons donc, volt. Lelt. Mme de Lutzelbourg, H oct. <7r.4.||ll' 11 se dit des paroles, du ton, où il y a lenteur, de la voix qui s'allonge. Traîner ses paroles. En vain pour gagner temps, dans ses transes affreuses, [un orateur] Traîne d'un dernier mot les syllabes honteuses, BOIL. Latr. VI. Tantôt l'afîreux hibou, seul au sommet des toits, Traîne en accents plaintifs son effrayante voix, delil. En. iv. || Par extension et poétiquement. Toutes [les Néréides], frappant leur sein et traînant un long deuil. Répétèrent, hélas I autour de son cercueil, a. ciién. La jeune Tarentine. \\ 12" Terme de construction. Traîner se dit particulièrement d'un moyen qu'on emploie pour exécuter, dans les bâtiments, les corniches de plâtre, en promenant le calibre ou profil sur le plâtre encore mou. Traîner une corniche, une moulure. || On dit aussi pousser. || 13° Traîner quelqu'un, différer à terminer l'affaire qu'on a avec lui. 11 y a six mois que ce rapporteur me traîne pour le jugement de mon procès. || Traîner quelque chose, en difTérer la conclusion. Je ne sais demain si on jugera, ou si l'on traînera l'affaire toute la semaine, sÉv. Lett. à Pompone, 47 déc. (664. Il On dit dans le même sens : traîner en longueur. Un tribun, corrompu à force de présents, traîna l'assemblée en longueur, et onfi« la dissipa, roli.in, Hist. anc. Œuv. t. i, p. 589, dans pougens. Scipion, qui les commandait, ne voulut jamais suivre 1 avis de Caton, de traîner la guerre en longueur, mon- TESQ. Bom. (t. Il 14* F. n. Aller oji traînant. Elle [la perdrix] fait la blessée, et va traînant de l'aile, LA FONT. Fabl. X, 4. Il 15° Pendre ju3(]u'à terre. Thamar était vêtue d'une robe qui traînait en bas, les filles des rois qui étaient encore vierges ayant accoutumé de s'habiller de la sorte, saci, Hible, Rois. II, 13, 18. On voit à l'horizon sa lueur [du crépuscule] incertaine. Comme les bords flottants d'une robe qui traîne.... lamart. Méd. ii, 8. i| Pendre en désordre. Ces cheve\ix en désordre et traînant sur les épaules, genlis. Ad. et Th. t. ii, p. l«7, dans POUGENS. || Fig. Cependant que le tien [nom] traînera dans l'oubli. S'il ne tombe assez bas pour traîner dans la fange, corn. /mt(. m, 49. {| 16° 11 se dit des choses non rangées qui ne sont pas à la place où elles devraient être. Chez lui tout est en désordre, tout traîne. Il faut que la première [lettre] du 27 février ait traîné dans quelque bureau, ce qui arrive quelquefois, volt. Lett. d'Argentai, (8 mars 4 77». On m'a mandé que la détestable copie sur latiuelle le détestable Valade avait fait sa détestable édition [des Lois deMinos], venait d'une autre copie qui avait traîné dans l'antichambre de Mme du Barri, id. ib. <» avr. 4773. Il Laissertrainer, ne pas prendre soin, ne pas ranger. S'il ne me trompe point, il se pourrait faire que votre secrétaire en eût laissé traîner une [copie de la Leitre à Horace]; cependant, vous autres messieurs les ministres, vous avez des seciéliires fidèles et attentifs, qui ne laissent rien traîner, VOIT. Lett. d'Argentai, 41 nov. 4 772. || Fig. Cela traîne dans tous les livres, traîne partout, se dit, par mépris, d'une pen.sée commune, vulgaire, etc. Fi donc, monsieur, ce sont des serments usés qui traînent partout, boissv, Français à Lond. se. 15. Il On (lit dans le même sens : traîner les rues (c'està-dire traîner par les rues). Des lieux communs qui traînent les rues, volt. Lett. ThibouviUe, 8 févr. 1773. Il 17" Languir sans pouvoir se rétablir. Je me sens pesant et lourd, j'ai une fainéantise dans les membres, je bâille sans sujet.... tout me
déplaît : je ne vis pas, je traîne, mari». Surpr. de l'amour, i, a. Yolrc tante, ajouta-t-il en s'en allant, ne p(,'ut pas traîner plus de deux ans, behnahd. DK ST-p. l'aul et Virginie. || 18° Etre l'objet de lenteurs, en parlant d'une chose. Cette affaire traîne. Il On dit d.ins le même sens : traîner en longueur. L'affaire traîna en longueur et en aigreur, comme toutes les affaires de parti, volt. Jenni, iv. || Mettre du retard, en parlant d'une personne. J'attends mon fils, il s'en va à l'armée, il n'était pas possible qu'il ftt autrement ; je voudrais même qu'il ne traînât point, et qu'il eût tout le mérite d'une si honnête résolution, sÉv. 343. Il 19' Être froid, languissant, en parlant d'une œuvre littéraire. Ce discours, cet acte traîne. |l ï*° Rester en arrière. Les blessés traînent loin au corps do l'armée. || Impersonnellement. Sébastiani insista comme les autres sur l'état de l'armée : Il est affreux, repartit l'empereur, je le sais; dès Vilna, il en traînait la moitié, aujourd'hui ce sont les deux tiers.... séour, Hist. de Nap. vi, 6. Il II se dit aussi des bâtiments d'une flotte, d'un convoi qui, marchant mal ou manœuvrant mal, restent en arrière. Il Se dit égcilement des chiens de meute qui ne suivent pas le gros de la meute. Il 21" Terme du jeu de billard. Conduire quelque temps sa bille, sans que le bout de la queue la quille. Il 22' Se traîner, v. réfl. Se glisser en rampant. Ce chasseur se traîna pour approcher du gibier. Il 23° Se mouvoir à genoux, prosterné. On entendit ses cris de fureur [de Napoléon] contre l'un des hommes chargés de cet approvisionnement [de Smolensk]; le munitionnaire n'obtint la vie qu'en se traînant longtemps sur ses genoux aux pieds de Napoléon, ségur, //tst.deiVop.ix, 14. || Fig. Cet établissement est fort joli : elle [Mme de Fiennes] y règne trois ou quatre mois, et puis se va traîner aux pieds de toutes les grandeurs, comme vous savez, SÉV. 29». || 24° Familièrement. Se rouler. Cet enfant se traîne par terre. 1125° Marcher avec peine. L'Albain, percé de coups, ne se traînait qu'à peine, Et, comme une victime aux marches de l'autel. Il semblait présenter sa gorge au coup mortel, corn. Uor. iv, 2. Il se traîna hier chez M. de Paris, sÉv. 496. Les malades et les blessés, manquant de force pour se traîner hors des tentes, n'avaient pu se garantir du feu; ils paraissaient à demi brûlés, fén. Tél. xvii. Leur canot se fracassa contre les écueils; il fallut se traîner de rocher en rocher pendant une lieue entière, volt. Candide, I7. Dès cette première journée [après la sortie de Moscou], il [l'eiiipercur] put remorquer que s:i cavalerie et son artillerie se traînaient plutôt qu'elles ne marchaient, SÉGUR, ]Iist. de \ap. ix, i.||26° Fig. S'avancer péniblement par un mouvement mét.iphorique comparé à un mouvement réel. Parmi tant de vierges fidèles et ferventes, il est difficile qu'il ne s'en trouve encore quelqu'une qui se traîne dans la voie de Dieu, mass. Profess. re'.ig. 2. Je me traîne à la tombe où je ne puis descendre, volt. Sémiram.i,!). Nous nous traînons seulement de soupçons en soupçons, de vraisemblances en probabilités, id. Dict. phil. Dieu. Il faut, pour me faire entendre, que je me traîne de proposition en proposition, coNniir. Comm. gouv. i, 22, note 1. Les paroles se traînent après les impressions primitives, comme les traducteurs eu prose sur les pas des poètes, stael, Corinne, ix, 2. Ta vie et tes pensées Autour d'un souvenir, chaste et dernier trésor, Se traînent dispersées, v. hugo, Orient. Les tronçons du serpent. \\ 27" S'étendre à grand'peine. Votre chronologie se traîne avec peine à cinq ou six siècles au delà do la guerre de Troie, bartiiél. Anach. ch. 66. ||28° litre froid, languissant, en parlant de compositions littéraires. Ce discours est sans mouvement, il se traîne. Dans le premier acte l'action ne fait que se traîner. || Proverbe.' N'est pas sauvé qui traîne son lien , se dit d'un homme qui n'est pas tout à fait sauvé d'un péril , délivré d'une mauvaise affaire. Il On dit dans le même sens, et plus brièvement : Cet homme traîne son lien.
— llisr. xii" s. Tant destrier vont lor resne traînée, Honc. p. 68. De ci à un haut tertre l'en ont fait trahincr, ib. p. 197. ||xiii" s. Tout parmi la grant rue [ils] le firent traîner, Berte , xcvn. Il xiv° s. Et d'un autre aussi que son fils trahinet, le père li dist, quant il fu tiahiné ou trait si que à Puis: lesse, dit-il, seuffre toi, car si ques ici |jus(iu'ici] trahiné ge mon perc, orksme, Élh. 2ue. Celui qui Irahine son veslement, pource que il ne .ait labeur et peine ou Iristece à le sourlever.
m. ib. ïio. ||xvi* s. Et si d'un pas difficile Hors du triste domicile Je me trayne par les champs, DUBKLLAY, III, 7», verio. L'amc ne faict que traisner et languir, mont, i, 43. Il les traisnera, si elles no veulent suyvre, id. i, 487. C'est une hardiesse dangereuse, oultre l'absurde témérité qu'elle traisne quand et soy, m. i, 204. la curiosité, la subtilité.... tiaisnent la malice & leui suytte, ID. II, 223. Quelque chappelle de cinq sols, ou une vicairie qui vaut autant traînée que portée, CALV. Instit. 872. Par les chemins, en venant à Pons, la lassitude le faisoit traisner la nuict de feu en fou, d'aub. Mém. p. 4 8. Une longue cueua de délices etvoluptez parthienes qu'il trainoitaprè» soy et) si grand nombre de chariots, amyot, Croi». 71. Les Athéniens envoyèrent Nicias à la guerre malgré luy; mais Crassus y trainna les Romains malgré culi, id. Crass. et Nicias, 6. Ils feirent tant qu'ilzle trainnerenten prison, id. Agis et Cléom. 20.
— f.TYM Train; provenc. trainar: espagn. traginar; ital. trainare.
t TRAÎNE-RAPIÈRE (trê-ne-ra-piè-r*), i. m. Ancien terme de dénigrement. Bretteur, querelleur. Sans cesse ce traîne-rapière.... scarr. Gigant. I.
t TRAlNERlE (trê-ne-rie), *. f. Discours traînant, longueurs de paroles ou de musique. Il n'y eut personne qui pût endurer la tratnerie de leur musique [des Français, à l'Opéra], après l'accent vif et marqué de l'italienne, J. j. Kouss. Confess. vin, 2* part. Ce n'est pas son courage [à dire du bien de la Nouvelle Héloïse] qui m'étonne ; mais concevez-vous M. Duclos aimant celte longue tralnerie de paroles emmiellées et de fade galimaiiasl ID. [Mt. à Mme de Luxembourg, 12 déc. 17«o.
— HIST. ivi* s. Il contraignit l'autre à marcher, mais si lard pour les traincries du baron, qu'ils n'arrivèrent qu'au jour, d'aub. Ilist. ii, 61. Longueurs, traineries de propos, cbabron. Sagesse,
p. 345, dans LACURNE.
TRAÎNEDR (trê-neur), ». m. || !• Celui qui traîne
quelque chose. Mme d'Aiguillon alla voir Monsieur, qui était au Palais-Royal, et dit à son traîneur [celui qui traînait sa chaise] d'entrer, st-sim. 142, 71. Il Autrefois, par dénigrement, traîneur d'épée, vagabond, fainéant qui porte l'épée. Et vous ne passez plus que pour traîneur d'épée, CORN. Illusion, m, 3. J'aurais mieux fait d'ap- ; prendre un métier que d'être un traîneur d'épée, sCARR. Rom. corn, i, 13. [{Aujourd'hui, traîneur de sabre, mililaire peu occupé et qui affecte de pro- ; mener partout son inutilité et son sabre. Cent voi- ' tures à trois chevaux portent chacune plusieurs quintaux d'écriture ronde et bâtarde, faite par des gens en uniforme, fumeurs de pipes, Iraîneurs de sabres, P. L. COUR. Lelt. I, 75. || 2" Celui qui conduit un traîneau sur la glace. |{ 3° Ouvrier employé au transport des minerais, et qui tire ou pousse devant lui des traîneaux à patins. || 4* Chasseur au traîneau. Les gardes-chasses sont à la poursuite des Iraîneurs. || B* Soldat qui marche derrière le corps auquel il appartient, synonyme de traînard. Les grandes armées laissent toujours ! après elles quelques Iraîneurs, chateaubr. Itin. part. n. Ignorait-on que toute la foule désolée des Iraîneurs des autres corps, à cheval, à pied, en ' voiture, s'ajoutait à ces embarras [du corps de l'arrière-garde], comme dans un corps malsain tous les maux accourent et se réunissent sur la partie la plus attaquée I séour, Hist. de Sap. ix, 9. Les bandes de Iraîneurs qu'en s'avançant l'armée [française] laissa derrière elle, avaient comme enveloppé Smolensk de terreur et de destruction, id. ib. IX, 1». Il Bâtiment d'une flotte, d'un convoi qui reste en arrière. || Terme de chasse. Chien qui ne suit pas le gros de la meute. || 6* Traîneur, traîneuse, celui, celle qui demeure derrière, qui est en relard. C'est aujourd'hui que, selon toutes les ' apparences, vous avez été reçus par le chapitre I [de l'ordre du Saint-Esprit] avec quelques autres i Iraîneurs, sÉv. 2 févr. 4 689. L'hirondelle de rocher arrive en Savoie vers le milieu d'avril, et s'en va dès le 4 " août ; mais on voit encore des traîneiiscs jusqu'au 4 0 octobre, bufp. Ois. t. xn, p. 397.
— Etym. Traîner.
t TRAÎNOIR (trê-noir), *. m. Terme rural. Cliâssis entrelacé de baguettes, qu'on fait traîner sur les terres labourées pour en rompre les mottes. Je lui donnerai des bœufs pour l'holocauste, des traînoirs au lieu de bois, et le blé qui est nécessaire pour le sacrifice, saq. Bible, Paralip. I, XXI, 23. Il Pièce de bois qu'on met en sautoir sous les charrues et les herses, pour les conduire dans les champs et les en ramener (voy.TRAiNEAu),
TRA
TRA
riUIHE (Iré-r'), je trais, tu trai», il trait, nous vivacité de style et de langage. ||88' Fig. Parole frayons, vous trayez, ils traient; je trayais, nous | piquante, railUnise. || 36° Particulièrement, attatrayions; point de passé défini; je trairai, nous que de la médisance, de la calomnin, de l'envie, trairons; je trairais, nous trairions; trais, trayons. Il 37* Fig. Rapport d'une chose à une autre. frayeï;qucjetraie,quenous trayions; trayant; trait, j|38' Trait de temps.||89° Dans la liturgie calho- V. a. Il 1* Proprement, tirer (sens anci(>n, qui n'est lique, verset que l'on ctianle entre le graduel et plus du tout usité, excepté dans les composés soits- l'évangile. || 40° Aiu échecs, l'avantage de jooier le traire, retraire, et au participe passif : or trait, voy. ^ premier.
TRAIT, (, n° I. Il 2* En parlant decertains animauj, j l» Action de tirer une voiture, un cnariot. Lorstirer leur lait. Elle a soin de traire ses vaches et ses qu'on veut employer la vache au labourage, il faut brebis, pén. T^J. xii. L'heure de traire les brebis est | avoir attention de l'assortir avec un bœuf de sa immédiatement avant qu'elles aillent aux champs, taille et de sa force, afin de conserver l'égalité du ou aussitôt après qu'elles en sont revenues ; on trait et de maintenir le soc en équilibre, buff. peut les traire deux fois par jour en été, et une ' Bœuf. \\ Fig. Donner le premier trait, commencer, fois en hiver, buff. Quadrup. t. i, p. 238. || Abso- engager une affaire. Je m'en vais là dedans donner lumcnt. La bonne façon de traire est de conduire le premier trait, mol. l'Ét. iv, i . || Cheval de trait, la main depuis le haut du pis jusqu'en bas sans cheval qui sert au tirage des voitures, par oppointerruption, genlis. Maison rust. t. i, p. 229, sition à cheval de monture ou de selle. Les che-
dans pouGENs. || On dit de même : Traire du lait. Il Fig. Tirer, obtenir de quelqu'un. Mon Dieul je sais l'art de traire les hommes, mol. l'Av. ii, 5. — HIST. XI' s. [Il] Trait Durandal sabone espée nue, Ch. de Roi. en. [Elle] Trait ses chevels, si se cleimet caitive, ib. clxxxiv. || xn' s. Tant ont miné souz terre, chascuns à son cisel, Que des murs de Cologne ont trait maint grant oarrel, Sax. ix. Il xni* s. Lors s'armèrent tuit par l'ost chevalier et serjant, et trait chascuns à sa bataille, villeh. cvii. Cil Alexis print l'empereour son frère; si lui traisl les iex de la teste, ro. xm. X ses mains [elle] avoit trait un petit de fougère, Berle, xl. Lors [je] trais une aiguille d'argent D'un aguiller mignot et gent, Si pris l'aguille à enfiler, la Rose, 9<. Le clerc tend! s'arbalestre, et trait, et en feri l'un parmi le cuer, JOiNï. 209. || xiv" s. Un bœuf, quant il trait bien, oresme, Éth. ix, 16. || xv* s. Ces archers.... avoient le diable au corps, et traioient disperséement pour tout tuer seigneurs et varlets, fhoiss. I, I, 3). il XVI' s. Encores que l'imaige feust conlrefaicte et mal traicte, y estoit toutefoys latente et
vaux de trait forment l'une des grandes divisions établies dans les races chevalines, quand on les considère par rapport à leur service. || On dit de même bêtes de trait. || D'un trait, sans descendre de cheval. Ferme, d'un trait jusqu'à Séville, beaiimarch. Jfor.deFt'garo.iii, a. IJFig. D'un trait, d'un seul trait, sans intermédiaiie, sans relâche. Voilà une infinité de lettres que je vous conjure de distribuer; je souhaite que les deux qui sont ouvertes vous plaisent; elles sont écrites d'un trait : vous savez que je ne reprends guère que pour faire plus mal, sÉv. 3 avr. test. Ils iront d'un seul trait du tombeau dans les cieux.... Ceux qui, vainqueursdes sens pendant leur courte vie. Ont soumis à l'esprit la matière asservie, lamart. Uort de Socr. 351. Il 2' Corde ou lanière en cuir par l'intermédiaire de laquelle les chevaux tirent une voiture. Couper les traits. Ce cheval tire bien, il bande sur les traits. Licrez-vous le rhinocéros aux traits de votre charrue, afin qu'il laboure, et qu'il rompe après vous les mottes de terre? saci, Bible, Job, xxxix, lo. Les conducteurs de l'artijlerie, du train des équi
occulte quelque divine énergie en matière de par- pages, avaient, presque tous, dételé leurs chevaux.
dons, RAB. rv, 60. Hz s'en coururent çà et là, les espées traitles au poing, ravir et enlever les filles
coupé les traits, abandonnant sur la roule, dans les terres, pièces et canons, voitures et blessés.
des Sabins, amyot, Rom. 20. La matinée venue, les chahras, Waterloo, chap. 12. || Terme de chasse aigneaux seront redonnez aux mères pour les Longe à laquelle est attaché le limier qu'on mène
tetter, après toutefois les avoir un peu traitées
(sic), 0. DE SERRES, 3)9.
— RTYM. Norm. traire, tirer; provenç. traire, lirer; espagn. traer; ital. trarre; du latin trahere, tirer. Le sens de traire est tirer; aujourd'hui il est borné au sens de tirer du lait du pis; et tirer l'a remplacé dans presque tous ses emplois.
I. TRAIT (trè; le t ne se lie pas; au pluriel, Vt se lie : des trè-z irréguliers), s. m. || 1° Action
au bois. Laisser aller un limier de la longueur du trait. Il Tirer sur le trait, bander sur le trait, se dit du limier, quand il trouve la voie et veut avancer. || Allonger le trait à un limier, laisser le trait déployé tout de son long. || Lancer à trait de limier, suivre une bête avec le limier jusqu'à ce qu'elle soit debout. || 3° Plusieurs bateaux qu'on attache les uns aux autres pour remonter une rivière. || 4° Terme de pêche.
de tirer une voiture, un chariot. || 8° Corde ou la- : Espace que l'on parcourt avec un filet que l'on nière en cuir par laquelle les chevaux tirent une ' traîne. || Se dit aussi des ailes des filets en manche. voiture. || 3° Plusieurs bateaux qu'on attache en- [ || g» Trait de corde, dans le supplice de l'estrasemble pour remonter une rivière. Il 4° Espace que ' pade, se disait de chaque fois qu'on laissait rel'on parcourt avec un filet qu'on traîne. || 5° Trait 1 tomber le patient. || Dans la question, action de de corde, dans le supplice de l'estrapade. || 6* Ma- resserrer la corde. || 6' Machine pour enlever les chine pour enlever les «aux et vidanges d'une ' eaux et vidanges d'une ardoisière. {{ 7° Ce qui enardoisière. Il 7* Ce qui entraîne l'un des bassins de traîne l'un des bassins de la balance. Le trait est la balance. |18° Dans les houillères, le personnel trop juste. Le trait est trop fort. Lorsque les maremployé à l'intérieur de la mine. ||9' Le trait, fil chandises sont achetées aux compagnies de France d'or ou d'argent. || 10' Chez les cardeurs, quantité et d'Hollande, elles en rendent, à cause du trait, de laine qui s'attache à chaque peigne. {| 11° Ce ! je 2 à 3 pour cent de plus à Livourne, girau-
qu'on avale de liqueur d'une seule haleine. 1118* Toute arme qui est lancée, {j 13° Ce qui, se mouvant rapidement, est comparé à un trait d'arbalète. 1114° Fig. Ce qui frappe, touche l'àme, le coBur.JI IS" Ligne qu'on trace avec la plume. Il 16° Écriture. || 17° En peinture, ligne par laquelle on imite la forme d'un objet. || 18° Particulièrement, les lignes d'un dessin qui n'est pas ombré. 1119' Ligne naturelle, colorée, qui se remarque sur certains corps. || 20° Tracé des opérations nécessaires pour tailler la pierre et le bois. || 21° En termes d'art, certaines lignes destinées à servir de remarque. || 82' Dans le jardinage, trait de buis. Il 23* Dans le blason, rang de carreaux d'un échiquier. || 24' Lrf trait de la scie. Trait de scie. Il 85° Linéaments du visage. || 26° Un faux trait dans les yeux. || 87' Action qui marque une intention favorable ou nuisible. || 88° Action, acte ayant quelque chose de remarquable. || 89° En parlant d'histoire, un fait, un événement remarquable. |30* Ce qui dislingue ou caractérise une personne, une cbos«. || 81- Ce qu'il y a de saillant, de frappant, de brillant dans une composition littéraire. Il 38 Particulièrement, pensée vive, brillante, imprévue. Il 83- En musique, suite de notes rapides que l'on exécute sur les instruments ou avec la Toii. Il 84' Absolument, trait se dit pour mordant,
DEAU, la Banque rendue facile, p. (23. ||8° Dans les houillères du Hainaut, le trait, le personnel employé à l'intérieur de la mine. La journée finie, le trait remonte.... en hiver le trait remonte de sa fosse, trouve le soleil couché, l'Économiste belge, dans ('Opinion nationale, i avril isns. jl 9" Le trait, fil d'or ou d'argent qui a passé par les vingtcinq trous du prégaton, et qui est réduit à la grosseur d'une moyenne épingle. Le trait d'argent, pour arriveràsa plus grande finesse, passe par <3B trous de diverses filières, et le trait d'or par t46. Les tireurs de cuivre et traits d'or et d'argent faux seront tenus de filer leurs traits faux sur fil, Ordonn. B mai (824, art. 3. || Fil d'argent ou de cuivre pur, qui sert pour les ouvrages de passementerie. Il 10 Chez les cardeurs, trait, quantité de laine qui s'attache à chaque peigne. || 11° Ce qu'on avale de liqueur d'une seule haleine; action d'avaler d'uncseule haleine. Vider son verre d'un seul trait. D'un vin pur et vermeil il fait remplir sa coupe, Il l'avale d'un trait, et chacun l'imitant.... boil. tufr. i. || Boire à longs traits, lentement, en savourant ce qu'on boit. Ainsi, je me suis contentée de boire à longs traits, dont je me porte à merveille : il n'y a rien de si bon que ces eaux, s£v. ses. Ce pauvre malade tourmenté d'une fièvre ardente avale du vin à longs
TRA
traits, Boss. Sermons, Loi de THeu, s. || Fig. Vous la voulez [votre douleur, de la mort du chevalier de Grignan] sentir à longs traits, sans en rien rabattre, sans aucune distraction, sÉv. 123. M. Dangeau jouit à longs traits du plaisir d'avoir épousé la plus belle.... nymphe de la cour, lo. 3 avr. Ifiss, il avalait à longs traits le plaisir de la voir. hamilt. Gram. 8. Ouoi I du calice amer d'un malheur si durable Faut-il boire à longs traits I» lie insupportable T VOLT. Ali. v, .t. En sorte que, quoi qu'il [le chrétien] fasse, on l'oblige de boire à longs traits à cette coupe enchantée [l'espérance], CHATEAUBR. Génie. I, n, 3. Il 12° Toute arme qui est lancée, soit avec la main, soit avec l'arc, soit avec la baliste, soit avec la fronde. Déjà de traits en l'air s'élevait un nuage, rac Iphig. v, 6. Les traits volèrent de part et d'autre, comme la grêle tombe dans une campagne pendant un orage, FÉr». Tél. X. Il Gens de trait, ceux qui lançaient le javelot, tiraient de l'arc, etc. Scipion fait marcher à la première ligne les gens de trait avec la cavalerie gauloise, rollin, Hiil. anc. Œuv t. I, p. 404, dans pougens. Quoique Rome eût encore de la cavalerie, des hommes de trait et des frondeurs.... MONTESQ. Rom. I. Il Trait d'arc, d'arbalète, portée d'un arc, d'une arbalète. Ces deux maisons sont à un trait d'arbalète l'une de l'autre. Toutes les fois qu'il est question, dans les auteurs, de la portée du trait, on doit entendre la distance à laquelle un homme lançait à la main un trait ou un javelot, buff. ffist. min. introd. Œuv. t. vn, p. 213. X deux traits d'arc de la proue, un rocher lisse et vert s'élevait à pic au-dessus des flots, CHATEAUBR. Hart. liv. XIX. Il Fig. Comme un trait d'arbalète, ou, simplement, comme un trait, très-vite. Quand il [lièvre] vit Que l'autre [tortue] touchait presque au bout de la carrière, II partit comme un trait; mais les élans qu'il fit Furent vains, LA FONT. Fabl. n, lo. Cela [un mot piquant de Mme de Coulanges] partit plus vite qu'un trait, et nous en rîmes tous plus ou moins, sÉv. 24 janv. )089. Il 13' Par extension, ce qui, se mouvant rapidement, est comparé à un trait d'arbalète. J'ai de petits cabinets.... on y lit, on y cause, on laisse tomber les traits du serein, et puis on rentre.... SÉV. 25 sept. 1080. Une industrie non moins merveilleuse [que pour les sons] lance dans vos yeux, sans les blesser, les traits de lumière réfléchis des objets : traits si déliés et si fins, qu'il semble qu'il n'y ail rien entre eux et le néant ; traits si rapides, qii'un clin d'œil n'approche pas de leur vitesse, volt. Phil. tout en Dieu. \\ Fip. De quelque rude trait qu'il [le destin] m'ose avoir frappée, corn. Pomp. m, f>. De cette aversion son cœur préoccupé M'impute tous les traits donl il se sent frappé, id. Nicom. iv, 2. [Il] Te garantira mal des traits de ma colère, rotr. S( Cen. m, i. Il Fig. Un trait de flamme, une parole, une expression passionnée. Chaque mot qu'il disait était un trait de flamme, volt. Henr. i. || Fig. Peindre avec des traits de flamme, exprimer avec la plus grande chaleur. Je m'en vais sans obstacle, avec des traits de flamme. Peindre à cette beauté les tourments de mon &me, mol. l'Ét. iv, 2. [Apollon] Ne nous vend qu'à ce prix ces traits de vive flamme. Et ces ailes de feu qui ravissent une âme Au céleste séjour, J. B. RODSS. Ode au comte de Lue. || Fig. Trait de lumière, une pensée qui vient tout à coup, une idée , un renseignement qui amène une découverte. Puisse-t-il par un trait de lumière fidèle Vous le mieux révéler, qu'il ne me le révèle! CORN, lléracl. v, 2. Dès qu'un trait de lumière se répand dans nos idées, nous rassemblons rapidement toutes les circonstances que l'erreur ou la prévention rendaient peu importantes à nos yeux, RiccoBONi, (Euv. t. iv, p. 327, dans polgkns. Quel trait de lumière vient m'éclairer! oenli», Yeill. du chdt. t. i, p. 49.1, dans pouoens. || 14* Fig. Ce qui frappe, touche, comme ferait un trait d'arbalète, l'àme, le cœur. J'avoue après cela, seigneur, que je vous aime. Et que mon cœur n'est point à l'épreuve des traits Ni de tant de vertus, ni de tant de bienfaits, corn. Pomp. iv, 3. Et si votre amitié Sentait pour mes malheurs quelque trait de pitié, m. Pulch. m, 3. Il s'est pa.ssé dans mon cœur un trait d'amitié si tendre et si sensible.... que je n'ai pu vous le cacher, SKv. is nov. IB84. Autant de paroles qu'il [Jésus] prononce, ce sont autant de traits enflammés qui les touchent [les aprttres], qui les percent, qui les brûlent d'une ardeur toute nouvelle, bourdal. Instruct. pour la 2' fite de Pâques, Exhort. t. n, p. 27). Elle [Mme de Montausier] a ramassé toutes ses forces
TRA
pour coDibaUro cette langueur ennemie.... qui lui portait tous les jours quoique trait mortel dans le sein, Fi.Écu. Dueh. de Mont. Mais Mardochée, assit aux portes du palais, Dans ce cœur malheureux enfunce mille traits, hac. Esth.n,*. Profitez de ces Irai ts de miséricorde que Dieu lance encore sur votre MEur, MASS. Carâme, Sur la rechute, l.||Le3 traits de Tamour. Oui , je devais mourir des traits de votre vue, réonieh, Élég. i. Madaïue, il vous souvient que mon cœur en ces lieux Reçut le premier trait qui parti! de vos yeux, rac. Bérén.l, *. \\ 15' Ligne qu'on trace avec la plume. Passer un trait sur une ligne pour l'effacer. Cette lettre est formée de deux traits. Le roi a lu votre mandement, monseigneur, et a mis un trait de plume à deux endroits qu'il m'a ordonné de vous expliquer, MAINTKNON, Lettre au cardin. de MoaiUes, 9 juin (700. Je signal volontiers l'acte en question, et, parce trait de plume qui fut le fondement de ma fortune, je me fis un heureux sort, lesaoe, Est. Gonz. 66. Il Enrichir, ruiner quelqu'un d'un trait de plume, faire ou détruire la fortune de quelqu'un, en écrivant ou en rayant quelques mots. Il N'avoir qu'un trait de plume, écrire sans quitter la plume. Vous savez que je n'ai qu'un trait de plume; aussi mes lettres sont fort négligées ; mais c'est mon style, et peut-être qu'il fera autant d'effet qu'un autre plus ajusté, sÉv. 86. Il D'un traitde plume, sans quitter la plume, rapidement. Voilà ce que j'écrivis presque d'un trait de plume sur la table du cabinet des livres du Luxembourg, RETZ, IV, Î27. Il [Plccini] écrivait son chant d'un trait de plume, marmontel, Mém. ix. || D'un trait de plume , sans qu'il en coûte plus qu'un trait de plume. La maison de France eut d'un trait de plume la monarchie entière [de l'Espagne], VOLT, iouis XIV, 17. Il Terme de grammaire. Trait d'union, petite barre qui unit deux mots pour en faire un seul ; par exemple : tout-puissant. || Kig. Trait d'union, moyen d'unir. La nature trace des traits d'union presque partout où nous voudrions marquer 4es intervalles et faire des coupures, bufp. Ois. t. XV, p. 385. Il 16" Écriture. Jetez-y les yeux, et connaissez vos traits; Ce billet découvert suffit pour vous confondre, mol. Mis. iv, 3. De son auguste seing reconnaissez les traits, rac. Bajax. v, ) 1 . J'espère que les mains de Mlle Henriette vont reprendra cette plume dont les traits sont divins, p. L. COUR. l^tt. I, 230. Il 17» Terme de peinture. Ligne par laquelle on imite la forme d'un objet. La mort a effacé sous le pinceau même un tableau dont les premiers traits, dont le seul dessin montrait déjà tant de grandeur, boss. Duch. d'Orl. Zeuxis accéléra les progrès de l'art par la beauté de sop coloris; Parrhasius, son émule, par la pureté du trait et la correction du dessin, bahthél. 4noc/». Introd. part, n, sect. 3. Donc, pour nous, le premier tcail du dessin a existé dans l'idée éternelle de Diea, CUATEAUBR. Génie, m, i, 3. || Fig. En voilà déjà trois peints d'assez heureux traits, BOlL. Sat. X. La nature féconde.... Varie à l'infini les traits de ses dessins, volt. Scythes, iv, l. Il Fig. Peindre à grands traits, raconter rapidement et avec animation. || Trait de force, coup de crayon donné pour renforcer un autre trait. Nous engageons aussi M. Emile Breton à ne pas abuser des traits noirs dans l'accentuation des conU)urs; cela resscpible à ces traits de force que le maître donne après coup aux dessins cotonneux des petits pensionnaires, th. Gautier , Joum. officiel, 27 juin (869. Il Fig. Et surtout prenez soin d'effacer bien tes traits Dont tant de peintres faux ont flétri mes portraits, boil. Ép. x. || Prendre le trait, copier les contours d'une figure; calquer. || Copier trait pour trait, copier exactement, fidèlement. Il Fig. Trait pour trait, d'une façon exactement se-.nblable. Tel qu'il puisse être, au moins j'en attends le portrait. — Repose-t'en sur moi, tu l'auras trait pour trait, th. corn. Comt. d'Orgueil, n, 7. Venons i l'article du portrait; donnezmoi des dents et des joues, et je me fais peindre par Vanloo ; en attendant, mon cher ange, envoyez aux charniers Saints-Innocents, mon effigie est là trait pour trait, volt. Lell. d'Argental, n déc. 4757. Quand Platon peint son juste imaginaire couvert de tout l'opprobre du crime, et digne de tous les prix de la vertu, il peint trait pour trait Jésus-Christ, i. j. houss. Ém. i»|| Terme de gravure. Hachure, taille. || 18" Particulièrement, au sens collectif, les lignes d'un dessin qui n'est pas ombré. Un dessin au trait, au simple trait. Comme, dans les premiers commencements qu'un jeune écolier dessine, vous ne lui dounez qu'un simple
TRA
trait, ne lui permettant pas d'y ajouter quelque ombre que ce soit, NOELCovrEL, Dise, sur la peinture. Il 19* Ligne naturelle, colorée, qui se remarque sur certains corps. Un trait de vert d'émeraude très-vif tracé sur la gorge de ce colibri, tombe en s'élargissant sur le devant du cou, bufp. Où. t. XI, p. 77. Il JO" Tracé des opérations nécessaires pour tailler la pierre et le bois, et pour appareiller les matériaux d'une construction. Apprendre, connaître le trait. Les menuisiers qui ne connaissent pas l'art du trait ou le développement des pièces qu'ils doivent asscigbier, ne sauraient les exécuter, s'ils n'en ont pas de semblables sous leurs yeux, senneuikh. Essai art d'obs. t. III, p. 229, dans pouqens. || Couper de idit, ou couper le trait, faire, avec de la craie, du plâtre ou du bois, le modèle en petit d'une pièce de construction. || Pièce de trait, modèle ou partie de construction faits selon l'art du trait. Le modèle de cette voûte est une belle pièce de trait. || On dit dans un sens analogue : Le trait de cette voûte est beau, hardi, etc. || Trait carré, ligne qui coupe une autre ligne à angle droit. || Trait Liais, ligne inclinée sur une autre ou en diagonale dans une figure. Il Trait corrompu, dessin de charpente ou de coupe des pierres, tracé à la main sans correction, || Trait de Jupiter, assemblage de deux pièces de bois, placées à la suite l'une de l'autre, et entaillées de manière à présenter à peu près la forme que l'on prête aux foudres de Jupiter. || Terme de marine. Bâtiment à traits carrés, celui qui porte ses vergues perpendiculaires aux mâts, et qui est gréé par des voiles carrées. || 21" Terme d'art. Certaines lignes destinées à servir de marque. Trait de repère. Trait de niveau. || Terme de marine. Ligne qui indique la direction du vent. Il Traits du compas, lignes tracées surune rose des vents pour indiquer les diverses directions ou divisions de la boussole. || Î2" Terme de jardinage. Trait de buis, filet de buis nain qui borde une plate-bande. || J3° Terme de blason. Se dit d'un rang de carreaux d'un échiquier. ||24' Le trait de la scie, marque indi(juant l'endroit où il faut scier le bois, la pierre. || Ce que la scie emporte île la pierre ou du bois. IITrait de scie, cliaiiue coupe faite avec la scie dans le bois ou dans la pierre. Celte voie de bois a été coupée à deux traits de scie, c'est-àdire chaque bûche a été partagée ca trois morceaux avec la 3016.1125° Lincamenls du visage ; en ce sens, il se dit surtout au pluriel. Elle a de petits traits. Et ces informes traits qu'à six mois a l'enfance, Ayant mis entre nous fort peu de différence, CORN. Héracl. iv, 4. Ne considérez point des traits qui périront ; C'est terre que cela ; les vers les mangeront, la pont. Coupe. Si un portrait pouvait devenir tout à coup animé, comme il ne verrait en soi aucun trait qui ne se rapportât à la personne qu'il représente, boss. la Valliêre. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père, RAC. Phèdre, i, 3. Je l'ai vu : son même air, son même habit de lin. Sa démarche, ses yeux, et tous ses traits enfin, lo. Athal. il, 5. Il me sembla que je voyais Achille, tant il en avait les traits, fén. Tél. XV. Un corps mal fait peut renfermer une belle âme; et l'on ne doit pas juger du bon ou du mauvais naturel d'une personne par les traits de son visage, bufp. Hist. nat. Hom. Œuv. t. iv, p. 304. On est disposé naturellement à chercher et à croire démêler dans les traits d'un homme ce que l'on sait qu'il a d.ans le cœur, MARMONTEL,ConJ. mor. Bonne mère. || Traits de l'esprit, se dit, par analogie, de la manière d'être de l'esprit. Il y avait encore un grand chapitre contre Mme de Brégy, qu'elle haïssait, parce qu'elle avait naturellement les traits du corps et de l'esprit que la duchesse [de Châlillon] n'avait que par artifice, bussï-badu- TiN, Hist. amour, des Gaules, p. <72. || 26" Un faux trait dans les yeux, se dit des personnes qui, sans être absolument louches, ne laissent pas d'avoir une fausse direction dans l'un des yeux. Un homme qui a dans les yeux la fausse direction ou le faux trait, bufp. Suppl. à l'hist. nat. Œuv. t. XI, p. 179. Il 27* Fig. Action qui marque une intention favorable ou nuisible. L'amitié modéra leurs feux sans les détruire. Et par des traits d'amour sut encor se produire, la font. Phil. et Baucis. Traître, tu me gardais ce trait pour le dernier, mol. Tart. v, 7. Mon drôle assurément leur jouera quelque trait, ro. l'Ét. lu, 9. Ahl fortune, ce trait d'aventure propice Répare tous les maux que m'a faits ton caprice I id. Éc. des fem. V, 2, Reconnaissez, Abner, à ces traits éclalants Un Dieu tel aujourd'hui qu'il fut dans tous le» temps,
TRA
RAC. Athal. t, 1. Luther fit brûler la bulle du papa et les décrétales dans la place publique de Wiltenberg; on voit par ce trait si c'était un homme hardi, volt. Moeurs, 128. D'un trait méchant sa montra-t-il capable? BÉRANO. BontuvieiUe. \\ Trèsfamilièrement. Faire des traits, tromper, faire des infidélités, particulièrement en affaire d'amour. Il Un trait noir, une action méchante, perfide. La comtesse : On me défend, monsieur, de plaider d« ma vie! — Chicaneau : Certes, le trait est noir, RAC. Plaid. I, 7. Il 28" Action, acte ayant quelque chose de remarquable. S'il part malgré vos pleur», c'est un trait de prudence, corn. Poly. i, a. Le drôle fit un trait de franc soudard, la font. F. av. Ce trait si surprenant de générosité Doit étouffer en moi toute animosité, mol. Fâch. m, b. Mme de Cauvisson [femme d'un des lieutenants généraux du Languedoc] a trouvé à propos de ne point aller voir Mme la duchesse deNoailles [femme du commandant de la province].... jamais un trait d'orgueil n'a été si mal placé, ni si mai reçu de tout le monde, sÉv. 20 oct. <682. Partout il laisse échapper des traits d'humanité pour les peuples, MASS. Petit carême, Human. des gr. Vous ne lisez donc pas le Mercure de France? licite au moins par mois un trait de bienfaisance, oilb. Le H III' siècle. Le projet d'unir les Athéniens avec les Thébains est regardé comme un trait de génie; le succi's, comme le triomphe de l'éloquence, bar- THÈL. Anach. ch. 82. || Trait d'esprit, action ou parole ingénieuse. Ceci n'est point du tout un trait d'esprit, madame. Et c'est un pur aveu de ca que j'ai dans l'ime, mol. Fem. sav. i, 4. C'est peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillent. Des traits d'esprit semés de temps en temps pétillent, BOiL Art p. \. Il Trait d'art, adresse d'art. Quelques-uns ont attribué cette conformité à un manque d'invention; mais c'est un trait d'art pour mieux abuser par une fausse mort le père de Clindor qui les regarde, corn. lUus. corn. examen. || 29' En parlant d'histoire, un fait, un événement remarquable. Le trait rapporté pat TUe-Live. Les beaux traits de notre histoire. Il 30" Ce qui dislingue ou caractérise une personne ou une chose. C'est là le trait caractéristique de cette éi'oque. Il leur fallait [aux martyrs] des roues et des chevalets, il leur fallait des ongles de fer pour marquer leur corps de ces traits sanglants qui les rendaient semblables à Jésus-Christ crucifié, BOSS. «" sermon, Compass. Ste Vierge, <. (."est le premier trait de la ressemblance, id. ib. Préamb. La nature, féconde en bizarres portraits. Dans chaque âme est marquée à de différents traits, boil. Art p. m. Je ne dois pas omettre une de ses attentions, qui paraîtra risible, mais qui fait trait à l'histoire de mon caractère, j. j. Bouss. Conf. u.. C'est beaucoup pour la vertu qu'on ne puisse être aimable, qu'en tâchant de prendre son langage et ses traits, genlis, Veill. du chdt. t. ni, p. 62, dans pougens. Il Un trait de caractère, une action, ou une parole bien conforme au caractère de celui qui agit ou qui parle. J'ai vu d'elle des traits de caractère qui m'ont touché jusqu'au fond du coeur, MARiv. Marianne, 7* part. || 31° Ce qu'il y a de : saillant, de frappant, de brillant dans une compo- ' sillon littéraire. La feinte est un pays plein de terres déserte»; Tous les jours nos auteurs y font des découvertes; Je t'en veux dire un trait assez bien inventé, la font. Fabl.ui,i. Il [un jeune prédicateur] fait des traits d'éloquence et dos coups de maître si à propos et de si bonne grâce.... i SÉV. 6 mai <672. On ne trouve pas aisément des traits qui nous représentent au vif des émotions j si violentes; et, si la peinture y a de la peine, l'éloquence ne s'y trouve pas moins empêchée, ■ BOSS. <" sermon, Compass. Ste Vierge, t. L'oraison [ funèbre de Charles- Emmanuel, duc de Savoie.... j prononcée par Lingendes en t630, était pleine do I si çrands traits d'éloquence, que Fléchier, long- ! teo'Ds après, en prit l'exorde tout entier, aussi bi u que le texte et plusieurs passages considé- [ rablts, volt. Louis XIV, 32. Il y a par-ci par-là de bons traits dans le Jean-Jacques, m. Lett. Ilelvétius, <" mai 4763, || 82* Particulièrement. Pensée viv, brillante, imprévue. Non qu'il faille bannir ceruins traits délicats, la font. Fabl. v, «. Vous parlez de mes lettres, je voudrais que vous vissiez les traits qui sont dans les vôtres, et tout ce que vous dites en une ligne, sÉv. 27 sept. 1684. Que de traits surprenants sans cesse il nous réveille, I Qu'il coure dans ses vers de merveille en iiier- I Teille, BOU.. Art p. m. Quand tu débiterais cent
tRA
imperlinerices, pourvu qu'avec cela il t'échappe seulement un bon mot, on oubliera les sottises, on retiendra le Irait, lesage, Cil Ul. m, 4. Voilà ce (a.meux qu'il mouràl, ce Irait dj plus grand sublime, ce mot auquel il n'en est aucun de comparable dans toute l'antiquité, volt. Comm. Corn. Kern. Ilor. m, «. Rien ne s'oppose plus à la chaleur que le désir de mettre partout des traits saillants, buff. Disc, de récept. C'est à qui fera les meilleurs contes, à qui dira les meilleurs traits, J. j. rouss. Ilél. v, 7. 11 y a des écrivains qui veulent toujours être énergiques et ingénieux : ils croiraient ne pas bien écrire, s'ils ne terminaient pas chaque article par un trait ou par une maxime, et, dès la première ligne, on voit qu'ils préparent le mol par lequel ils veulent finir, condil. Arl d'écr. H, U.l| Trait de sentiment, pensée qui exprime un mouvement du cœur. Il 33° Terme de musique. Suite de notes rapides que l'on exécute sur les instruments ou avec la voix. 11 y a dans ce morceau des traits hardis, brillants || Terme de plain-chant. Psalmodie traînée ou allongée sur un air lugubre. || 34° Néologisme. Se dit absolument pour mordant, vivacité d(r style et de langage. Avoir du trait. Il avait naturellement ce qu'on appelait alors du trait dans l'esprit, GENLis, Parvenus, t. i, p. '^n, dans pougens. Il 36° Kig. Parole piquante, railleuse. Le prince y prend plaisir; car ils [les fous] donnent toujours Quelque trait aux fripons, aux sots, aux ridicules, la font. Fabl. u, 8. N'allons point nous appliquer nous-im-mes les traits d'une censure générale; et prohtons de la leçon si nous pouvons, sans faire semblant qu'on parle à nous, MOL. Cntique, 7. Te tairas tu, serpent, dont les traits effrontés...? iD. Tart. ii, 2. Us jettent des traits contre U sagesse qui régit le monde, pasc. Prou. I. Sa sœur [de Mme de Montespan].. . donne des traits de haut en bas sur la pauvre lo [Mme de Ludres], sÉv. H juin (877. Cette raillerie maligne, ce trait que vous lancez en passant, Boss term(ins, Justice, i. L'un peut tracer en vers une amoureuse flamme; L'autre, d'un trait plaisant aiguiser l'épigramme, boil. Art p. i. Et, pour finir enfin par un trait de satire, Un sot trouve !ùujours un plus sot qui l'admire, id. ib. || 36° Particulièrement, attaque de la médisance, de la calomnie, de l'envie, etc. Et ce làcht- attentat n'est qu'un trait de l'envie Oui s'eiïor à noircir une si belle vie, corn. Nicom. m, 8. Dieu tempère les prospérités des hommes puissants par des peines presque inévitables, et les abandonne aux traits envenimés de l'envie, fléch. Duchessi: d'Aiguillon- Il est une autre sorte de médisants qui condamnent ce vice et qui se le permettent...; qui portent le trait jusqu'au cœur; mais, parce qu'il est plus brillant et plus affilé, ne voient pas la plaie qu'il a faite, kass. Carême, Médis. Quelle égide opposer aux traits de la satire ? pihon, Métrom. v, 4. On applaudit aux traits du méchant qu'on abhorre, gresset. Méchant, iv, ♦. Cet ouvrage est rempli de principes dangereux et de traits contre la religion, genlis, Veill. du chdt. t. m, p. Î42, dans pougens. || 37° Kig. Rapport d'une chose à une autre. Fagon était curieux de tout ce qui avait trait à son métier , sr-siu. 44, 4 57. Les hommes en pas un pays n'oni voulu l'admettre [la naissance des bâtards] à rien de ce qui a trait au nom, à l'état et à la société des hommes, ro. 361, 20. Les choses de pur goût et d'agrément le touchaient pe.i; mais tout ce qui avait.... trait à la marine, au commerce, aux arts nécessaires, excitait sa curiosité, duclos, Œuv. t. v, p. 294. En tout ce qui tient aux vérités historiques, en tout ce qui a trait à la conduite des hommes.... j. j. rouss. 4* prom. Aujourd'hui on imprime qu'un article d'une déclaration du roi a trait à un arrêt de la cour des aides ; si on avait demandé à Patru , à Pellisson, à Boileau, à Racine, ce que c'est qu'avoir trait, ils n'auraient su que répondre, volt. Dict. phil. François. \\ On voit que Voltaire condamne la locution avoir trait à. Elle est plus ancienne qu'il nt paraît le croire; car elle se trouve dans Saint-Simur S'ns être fort élégante , elle n'a rien d'lncurr«ct. Il 88° Trait de temps, durée, longueur de tem^is Ces bornes posées par les lois seront franchies à trait de temps par des usurpations giinluelles, ». I. ROUSS. Pologne, s. Par trait de temps U malgré quelques démonstrations affectées et toujours plus rares, les sentiments secrets de Mme de Luxembourg se manifestaient de jour en jour daranlige, u>. Utt. à M. L. D. M. 23 nov. I770. (j 39* Terme de liturgie catholique. Verset que l'on
tRA
chante entre le graduel et l'évangile. |140* Au jeu d'échecs, l'avantage de jouer le premier. Avoir le trait. || Donner deux traits, donner l'avantage de jouer deux piùces.
— HIST. xir s. A moult grans trait le fort vin englotir. Bat. d'Aleschans, v. 4564. Oullre [il] s'en passe le trait à un archier, Ronc. p. 60. Il xiii* s. Les trais insi corne li ar de jometrie le commande ei enseigne, wilars de honecort. Prologue. Vous savez bien que grant devis A d'emme à enne par un trait, Senefiance de l'ABC. L'on trouva que la saincte dame esloit trespassée, ou estoil au traict de la mort, du cangf,, tractus. Et li rois en mi liu estoit. Qui cevaiicoit le trot à trait [posément], ph. mouskes, ms. p. 509, dans LACURNE. Il XIV" S. Tu ics de gens d'onneur estrai^. Bien te dois warder de teus trais [de tels traits, comme paresse, lâcheté], i. de condé, t. Ii, p. 94. À maistre le Noir [architecte] pour visiter et solliciter les ouvriers, et leur faire les trez de la devise desdits ouvraiges, de laborde. Émaux, p. 52ri. Quant il [le roi aux échecs] se muet [meut], si ne doit il passer au premier trait le nombre de trois poins, J. de vign'ay, Livre des esches, p. 79, verso. Et avecques ce il a grosse vois et parle à trait et à lesir et ordencement, ohesme, Éth. 4 25. El cil de là dessus çà jus en la valée Traioient fièrement, sans faire demourée; Mais li trais n'i vali une pomme pelée, Guescl. 4 3985. Et Bauduins li dist : or pensés du mengier, Et si buvés grans trais, pour vo maus oublier, Baud. de Seb. vin, 4 98. Il XV" s. Du trait y eut foison des Hainuyers navrés et blessés, froiss. i , i, 34. Adonc s'ensonnicrent les charrelons autour de leurs chars, et oslerent les deux mateaux où les traits sont, id. u, ii, 224. Dangier m'a joué de ce traict; Mais se je puis avoir puissance.... Si je lui rendrai la grevancc, CH. d'orl. Bail. 22. Or veult l'amant faire ditz et balades... Et il s'enferme en chambre ou en retrait, Pour escrire plus à l'aise et à trait. Et met une heure à faire ung tout seul trait, al. ciiart. Poésies, p. 557. Vous m'escrivez qu'aucuns dicnt que le duc de Bourgogne doit aller mettre le siège à Dieppe ou à Arques; pareillement le maresclial Joachim le m'a escrit, et m'a demandé de l'artillerie, du trait et des vivres; au regard de l'artillerie, j'y ay envoyé un des gentilshommes de ma maison, pour y faire mener douze coulevrines et deux canons, quatre milliers de poudre et du trait d'arbaleste, duclos, Preuves de Louis XI, p. 402, dans lacurne. Et pour ce que le traict [trajet] estoit long, prindrent conseil d'aller repaistre à my chemin, le Jouvencel, f° 32, dans lacurne. Le suppliant visita sa playe, et lui mist du trait d'eufs [blanc d'œuf] avecques des estouppes, DU cange, tractus. Se plusieurs marchans sont qui à un trait ensemble facent amener leurs denrées, que par une seule lettre ils se puissent passer, Ordonn. des rois, t. ii, p. boc. Ne se sont point corrigez . de quelque grandeur qu'elles soient [les punitions de Dieu] et à traict de temps, COMM. V, 48. ||ivi" s. Peintres mal avisez, qui, par vostre peinture. Faites la mort sans yeux, reformez vos portraits; Toujours au plus beau but elle adresse ses traits, desportes, Bpitaphes, Sillac. Teudoyt la vêle, montoyton matz par les traictz (cordages], RAB. Garg. i, 23. Puys beut ung horrible traict de vin pineau, id. i, 38. Le voyant sur ses derniers traits [mourant], mont, i, 17. à ce dernier traict [la mort] se doibvent esprouver les..., id. i, 4ft7. Je ne sçay s'il y a traict en sa vie qui ait plus de fermeté que cettui cy, iD. I, 4 33. Comme un traict d'une poincte très délicate, id. i, 474. Ce n'est que trois ou quatre t aicts de plumes [un nom], in. i, 348. Des armes à traict, ID. i, 355. Un long traict de temps, ID. il, 53. Ils achepterent le traict du filé avant qu'il l'ust tiré; mais, quand on vint à le tirer, il se trouva dedans un triplé d'or massif, AMYOT, Solon, 7. En considérant la force de la taille dont il estoit, et le traict de son visage, m. Marcel. 50. Les veneurs n'endurent pas que leurs chiens poursuyveni toutes odeurs, ains les retiennent et retirent en arrière avec leurs traits, id. De la curios. 4 9. Il [un navire] ne tiroit pas beaucoup d'eau, comme estant fait à la mode de la mer du Levant, en fuste et i trait carré, d'ailleurs foible et parlant léger, d'aub. Hist. u, 304. On invente toujours quelque trait plus habile Pour effacer du front toute marque virile, ID. Tragiques, édit. lalanne, p. 4 42. Il leur monslra une carte de la cosmographie du traict [cours] du Rhin, carl. IV, 24. Après le premier trait [co ipj d« ladite décoction, nLti, ivi, ». U 1« feil pr«u- '
dre, et luy donner tant de traicts de corde qu'il confessa estrc venu pour espier, u. dubell. p. 50. Elle (Marguerite de Navarre] a bien autant de gentille grâce à rencontrer de bons et plaisants mots, et brocarder si gentiment, et donner les traits et la venue.... brant. Dames ill. p. 226. Et est tenu celuy ou ceux qui mesurent ausdites mesures payer aux commis xine maille de chacun trait [mesurage], Nouv. coust. génér. t. I, p. 443. Un traict du laict d'une beste, cotgrave. Du dire au faict y a grand traict, m.
— ETYM. Trait 2, dans le sens de tiré (tirer un chariot, une arme de jet, une ligne) ; provenç trait, irag, trah; ital. tratto.
2. TRAIT, AITE (trè, trè-t'), part, passé de traire. ||1" Tiré; il ne se dit en ce sens que des métaux passés par la filière. Or trait. Argent trait. L'or trait ne se fabriquait qu'à Venise et à Milan, VOLT. Mœurs, 424. || 2° Dont on a tiré le lait. La vache est-elle traite? || Ou dit de même : du lait trait tout à l'heure.
TUAITABLE (trè-la-bl'), adj. Doux, maniable, facile. Que le son d'un éou rend traitables à tous, CORN. Ment, i, 4. Il faut, parmi le monde une vertu traitable; X force de sagesse, on peut être blâmable, MOL. Mis. I, 4. Je vous demande pardon, mon cousin, je ne suis pas si traitable sur son absence [de ma fille] que sur la vôtre, sÉv. à Bussy, I9 mai 4677. Votre bise est-elle traitable? id. 24 sept. 4 675. Louis même, dont la constance ne peut vaincre ses justes douleurs, les trouverait plus traitables dans cette pensée, boss. Mar.-Thér. Aujourd'hui, vieuxlion,jesuisdoux et traitable, boil. £•;)«. v. C'est le privilège de tous les arts de rendre les hommes plus traitables, volt. Russie, anecdotes.
— HIST. xiii* S. D'or et d'argent, porce qu'il ierent [étaient] Traitable et precieus, lorgierent Et vasselmentes et monnoies, la Rose, 9676. || xv" s. Ces paroles douces et traitables amollirent grandement la pointe de l'ire que l'empereur avoit, FROlss. n, m, 93. Il XVI" s. Quoyque j'eusse la santé ferme et entière et quant et quant un naturel doulx et traictable, mont, i, 4 95. Ceulx qui nom desconseillent les femmes riches, de peur qu'elle» soient moins traictables et recognoissantes,lD.n, 84.
— ÊTVM. Prov. tractable; esp. Iratable ; ital. traltabile; du lat. tractabilem, de traclare, traiter.
t TRAITAILLER (trc-tà-Ué, 21 mouillées), v.n. Faire sans cesse de nouveaux traités, de petites conventions mal observées; tripoter dans les négociations. Comme je connaissais M. de Longueville pour an esprit qui ne se pouvait empêcher de Iraitailler, dans le temps même où il avait le moins d'intention de s'accommoder, betz, Mém. t. ii, liv. m, p. 28, dans pougens.
— ETYM. Traiter, avec le suffixe péjoratif oiJ/«.
TRAITANT (trè-tan),ï. m. l|l°Celui qui se chargeait du recouvrement des deniers publics à des conditions réglées par un traité. La veuve et le» cousins, chacun y fait pour soi, Comme fait un traitant pour les deniers du roi, corn. Suite du Ment. I, 4. Sache quelle province enrichit les traitants, BOIL. Sol. vui. [À Rome] Les chevaliers étaient les traitants de la république, montesq. E.ip. XI, 48. Pour airêter la fraude, il faut donner au traitant des moyens de vexations extraordinaires; et tout est perdu, m. ib. xiii, 8. Les finances de l'État, dissipées sous Henri III, n'étaient plus alors qu'un trafic public des restes du sang du peuple, que le conseil des finances partageait avec les traitants, volt. Mœurs, 474. En 4625.... on avait ordonné qu'une chambre de justice serait établie tous les dix ans pour reprendre des mains des traitants les deniers qu'ils avaient gagnés avec le roi, ID. Mél. Utt. Obs. mém. Noaille^. Ceux qui composaient cette compagnie se nommaient traitants, parce qu'ils avaient traité avec le roi ; ils faisaient seuls, en son nom, le commerce du sel, CONDIL. Comm. jour, ii, 7. || 2° Adj. Médecin traitant, médecin qui traite un malade, les malades.
— f.TV»!. Traiter.
TRAITE (trè-f), 1. f. || 1* Action de tirer, de transporter certaines marchandises d'une province à une autre, ou d'un État à un autre. On a permis la traite des blés. Il s'est fait de grandes traites de vins. Accordant tout ce qu'on leur demandait pour la traite des grains de leur ville, pkllisson, Lett. hist. t. II, p. 279. Il 2° Eu paruculier, trafic que font les bâtiments de commerce sur les côtes d'Afrique. Ce bâtiment fait la traite ; il va en traite; il esl en traite. Il Se disait aulrelois de tout commerce d'é« change qui >e faisait avec des peuple* sauvage»
TRA
l-RA
TRA
Il La traite des nègres, et, absolument, la traite, l'achat et la vente d'esclaves noirs I^ traite est abolie. I.a première concession pour la traite des nègrss est du H novembre 1673, volt. Dict.phil. Esp. des lois Voilà donc la traite des noirs établie entre l'Europe et l'Afrique trente ans avant l'existence de Ijis Casas, qui naquit en M74, Grégoire, Instit. Uém. se. mor. et pol. t. iv, p. 48. || Traite des blancs, nom qu'on donne quelquefois à l'industrie des agents de remplacement militaire. || On lo donne aussi à la comiuite de certains industriels qui profitent de la faiblesse et de l'ignorance des personnes qui sont sous leur dépendance, pour s'attribuer entièrement le produit de leur travail. Il 3" Se dit du commerce des banquiers. Ce qui caractérise une lettre de change, c'est la traite de place en place. || La lettre de change elle-mêmB. Faire accepter des traites. Il a des traites sur Bordeaux. Il Traites et remises, un des comptes généraux du grand-livre, qui a pour objet l'entrée et la sortie des lettres de change et billets d'un négociant. ||i° Chemin fait par mer, traversée jsens vieilli). 11 fallut se résoudre à partir de ces lieux.... Après huit jours de traite, un vaisseau de corsaires, Ayant pris le dessus du vent. Les altaqua.... la FONT. Fia ne. Il 5* Étendue de chemin qu'un voyageur fait d'un lieu à un autre sans se reposer. Les jens du carrosse, qui, ayant une grande traite à ïaire, s'étaient levés de bonne heure, scarr. Rom. com. II, 9. Adieu, dit le renard, ma ti;fiite est longue à faire, la font. Fabl. ii, ts. D'où, continuant notre traite du même train, nous allâmes coucher à la ville de Daroca, lesage, Estev. Gons. 2;). Aussitôt Candide selle les trois chevaux; Cunégonde, la vieille et lui font trente milles d'une traite, volt. Candide, o. Kn payant dix sols par cheval pour chaque traite de quatre lieues, id. Mœurs, 94. {| Fig. [Il] Ronfle toujours, fait la nuit d'une traite, la font. Gasc. || Absolument. C'est une traite, il y a une traite, se dit pour exprimer que la distance d'un lieu à un autre est assez considérable. || 6* L'action de traire le lait. Le produit d'une traite faite avec soin et reçue successivement dans quatre vases donne véritablement quatre espèces de lait; le premier est le plus séreux; le second produit l'est moins; le troisième encore moins; et le quatrième contient une très-grande quantité de crème, fourcroy, Conn. chim. t. ix, p. 39t. || 7" Anciennement, droit levé sur les marchandises qui sortaient du royaume, ou qui y entraient, ou qui passaient d'une province à une autre. On payait la traite des marchandises en Bretagne, en Dauphiné, || Traite foraine, droit qui se levait sur toutes les marchandises qui entraient dans le royaume, jj Traite domaniale, augmentation d'impôt sur quatre marchandises particulières, blé, vin, toile et pastel, lorsqu'elles étaient transportées hors du royaume. Il 8* Ancien terme de monnaie. Tout ce qui fait la diminution de la valeur intrinsèque des espèces monnayées. La traite comprenait le seigneuriage, le brassage et les remèdes de poids et de loi. Il 9" Bord du plein, sur lequel les tanneurs mettent leurs peaux pour les égoutter.
— HIST. IV' s. Item a voulu et ordonné quatre traites de messes estre célébrées pour le remède et salut de son ame, du cangb, traetus. Au tiers coupplet, tu fais comparaison des tyrans de jadis et des gens horribles, lesquels, par traite de temps.... l'on a souvent amollis, o. chastel. Exp. sur vérité. Nous faisions grandes traites et longues, et beuvions eau orde et non courante, comm. viii, 7. Il XVI» s. Ce qu'un cheval peult fairede chemin en un jour, tout d'une traicte, mont, m, 9J). Si l'on garde au marchand son privilège antique, S'il a la traicte libre.... dubell. viii, 47, verso. Il pensa d'aguerrir son armée par le chemin, et endurcir les gens à la peine, les faisant courir en toutes sortes, fairede grandes et longues traittcs.... AMïOT, Marins, 22. Que lesdits sergents, à traicte [poursuite] d'autruy pour debte à cognoistre, ne pourront ceux sur qui telles traicles se feront, appréhender, Coust. (jénér. t. i, p. 7J».
— Rtym. Féminin de Irait ), au sens de tiré.
4. TRAITÉ (trè-té), ». m. || 1- Ouvrage où l'on traite de quelque art, de quelque science, de quelque matière particulière. Je crois que je ferai un traité sur l'amitié, sÉv. 3H.1. Je n ai point trouvé dan» mon traité de l'ingratitude, que je le puisse quitter [un vieil oncle] dans l'âge où il est, id. H avr. 1(176. Le premier traité où Luther parut pour tout ce qu'il était, fut celui qu'il composa, en <!i2U, de la Captivité de Babylone, boss. Yar.
«ICT. DE LA LANOUE FHANCAISB.
n, t. Vos traftès do morale ne sont que des spéculations sur la sagesse, fonten. Dial. i. Morts onc. mod. Le traité de la Vertu des païens et les Dialogues d'Orasius Tuliero lui firent des ennemis [â la Mothe le Vayer], volt. Met. litt. iett. au f;r. de'", 7. Apelle de Cos, peintre, et auteur de plusieurs traités sur la peinture, bahthél. .inach. tabl. 5. Il 2" Convention faite entre des souverains, entre des États. Il faut l'aveu de Rome, et que d'autre côté Le sénat de Carlh.ige accepte le traité, CORN. Sophon. I, 3. Le landgrave fil son traité avec ce, IX de liâle, boss. Var. 4. Liant les grands par des traités, gagnant les peuples par des remontrances, KLÉCH. le Tellier. Le plus beau traité de paix dont l'histoire ait parlé, est, je crois, celui que Gélon fit avec les Carthaginois; il voulut qu'ils abolissent la coutume d'immoler leurs entants, uontesq. Esp. X, 6. Ferdinand III.... fut obligé de conclure enfin la paix de Westplialie; les Suédois et les Français furent, par ce fameux traité, les législateurs de l'Allemagne dans la politique et dans la religion, volt. Mœurs, (78. Ce sont les victoires qui font les traités, id. Louis XIV, 22. Il n'est que trop vrai que les traités de paix ne sont que des trêves; à peine a-t-on quitté les armes, que la guerre de cabinet commence, duclos, Œuv. t. v, p. 24). Le traité de Munster ou la paix de! Westplialie, qu'on a appelé le code des nations, ' ANQUETiL, Instit. Mém. se. mor. et pol. t. i, p. 13. i il Fig. Et qu'une mort sanglante est l'unique traité ] Qui reste entre l'esclave et le maître irrité, rac. ! Bajaî. IV, 7. L'intérêt est ton dieu, le mien est l'équité; Entre ces ennemis il n'est point de traité, VOLT. Fanât. 11, b. || 3° Convention entre particuliers, ou avec le souverain, avec le gouvernement, avec l'administration. J'ai un traité avec lui. Les j clauses du traité. Le traité que les entrepreneurs ont i fait avec l'administration. ||4" Chose convenue. Mais ! pour vous, vous savez quel est notre traité; Parlez-moi, je vous prie, avec sincérité, mol Mis. i, 2.
— HlST. xiv s. L'acteur [auteur] commence cy son traicte, et recite en gênerai les oppinions anciennes de félicité humaine, oresme, Éth. iv. Dont i fu uns traitiez et uns respiz donnez Pour rendre les Juifs à nos genz naturez, GuescL. 8302. ||xv»|s. Especialment les trettiers D'amours lisoie volontiers, froiss. Espin. om. [Le connétable] leur [aux assiégés de Bergerac; fil remontrer.... que ja estoient ils en traité que de venir bons François, ID. II, II, 7. Il XVI' s. 11 fit la pluspart dt ses faicts par amiables traitiez, amyot, Fhilop. 42.
— f.rvM. Prov. (ruc(a(,esp. (rAîado; ital. trattalo; du latin traetatus, de traetare, traiter.
2. TRAITÉ, ÉE (trè-té, tée), part, passé de traiter. |] 1" Sur quoi on a raisonné. Une science bien traitée est un système bien l'ail, condil. Traité des syst. 48. I| 2° Avec qui on a agi de telle ou telle façon. Rodogune, par elle en esclave traitée, corn. Rodog. I, 4. Mlle de la Fayette, toujours bien traitée de la reine, passait toutes les soirées chez cette princesse, genlis, Mlle de la Fayette, p. 489, dans POUGENS. || 3° Qui a reçu telle qualification. Et lui-même, traité de fourbe et d'imposteur, boil. Sat. XI. Son fils Judas Machabée, traité de Messie, périt après des efforts glorieux, volt. Dict. phil. Théocratie. || 4" En termes de chimie, qui a été soumis à l'action de tel ou tel agent. Ce résidu incrislallisabl ■, traité par l'alcool, a formé un dépôt abondant, bektiiollet, Instit. Mém. scienc. t. m, p. 240.
TRAITEMKNT (trè-te-man), s. m. || 1" Manière d'agir avec quelqu'un, de l'accueillir, de le traiter. Il n'y a point de chat qui soit plus libertin ni plus volonlaire que lui [un certain matou); j'espère pourtant que je l'arrêterai pai le bon traitement que je lui fais, voit. Lett. 1 53. Traitement inhumain, KOTK. Antig. iv. t. Rebuté de tant d'indignes traitements qu'on fait à la vertu, boss. Reine d'Anglet. Mais je garde à ce prince un traitement plus doux, RAC. Urit. Il, 3. Il [Darius] répétait souvent qu'il aurait sacrifié de bon cœur cent Babylones, s'il les avait, pour épargner à Zopyre le cruel traitement qu'il s'était fait lui-même, hollin, Hist. anc. Œuv. t. m. p. 72, dans pougens. Il en est de la patrie comme de ceux qui nous ont donné la vie, dont nous devons tendurer les mauvais traitements avec soumission, id. Traité des Et. liv. v, 3* part. 2. Je ne sais pas pourquoi madame me donne mon congé : je n'ai point iiiérité ce iraitemjnt, mahiv. f'oujs. eonfid. i, 8. Si ma fille recevait un pareil traitement, je crois que j'en mourrais de douleur, montesq. Lett. pers. 7o. |iUon traitement, mauvais traitement, se dit de la manièru dont une femme, tiaiic un amant. Jamais mon
zèle et ma persévérance N'ont eu de vous que mauvais traitements, la font. Rich. Acanthe « du mérite, et t'aime tendrement : D'où vient que u lui fais un si dur traitement? hol. Mélie. I, 1. \\Au plur. Mauvais traitements, se dit souvent pour coups, violences, sévices. || 2* Appointemenis attachés i un emploi. On n'a pas encore fixé si.ii traitement. Le traitement des officiers de vaisseau n'était pas considérable; le capitaine de la pr.mière classe ne touchait que 420(i livres, forfait, Instit. Mém. scienc. t. v,p. Î73. Un homme comme Gail doit rire dans sa barbe, quand il touche cinq à six traitements, p. t. cour. Lett. d V Académie. {{3' Manière de conduire une maladie, a l'effet soitde la guérir, soit d'en diminuer le danger, soit de calmer les souffrances qu'elle cause, soit d'atténuer ou de dissiper les suites qu'elle peut entraîner. Il faut suivre le traitement indiqué. Ne soyez nullement en peine; il ne faut à mon fils qu'un bon traitement, SÉv. 23 cet. 4 «80. Il Traitement moral, ensemble des moyens thérapeutiques tirés de la direction donnée à l'exercice des sentiments et di^s facultés intellectuelles. || Fig. Entreprendre l« traitement des vices économiques, légués par un long désordre financier, Journ. ofjic. 49 )év. (872, p. 4499, 3' col. Il 4' Honneur qu'on rend dans le» cours à des personnes de distinction. La république de Venise avait le traitement des Wtes couronnées. Il [le prince de Condé] porta si loin les avantages d'un prince de France et de la première maison de l'univers, que tout ce qu'on put obtenir de lui fut qu'il consentit à traiter d'égal avec l'archiduc; le même traitement fut assuré au duc d'Enghien, et la maison d" France garda son rang sfir celle d'Autriche jusque dans Bruxelles, BOSS. Louis de Bourbon. Le p'évôl des marchands traita le duc de Tresmes de monseigneur; M. de Montbazon et les gouverneurs de Paris avaient eu ce traitement, st-sim. '45, 409. Il 5° Repas que le roi faisait donner en certaines occasions aux ambassadeurs ordinaires et extraordinaires, et même aux envoyés. Tel maître d'hôtel du roi fut chargé du traitement de ce' ambassadeur, de ce prince. || 6° Terme forestier. Se dit de la manière d'aménager, d'exploiter une forêt. Il 7° Nom des opérations qu'on fait subT à une substance pour un objet, soit industriel, soit scientifique. Le petit nombre d'auteurs qui ont écrit sur les mines de fer.... ne parlent point des différents traitements de ces mines, buff. //is(. mm. introd. Œuv. t. VIII, p. B2. Le traitement des soies par le savon, ROAHD, Instit. Mém. se. phys. et math sav. étr. t. Il, p. B44.
— Misr.xvs. Quand ils furent venus â ladite cnapelle, ilsse saluèrent moultaimablementetfesterent grandement; et après ils entrèrent en leur traitement [pour traiter de la paix entre les rois de France et d'Angleterre], froiss. i, i, 4 44. || xvr s. Il en oublioit le boire et le manger cl le reste du traittement de sa personne, amyot, Marcel. 27.
— ETYM. Traiter; provenç. tractament; espagn. trattamiento ; ital. trattamento.
TRAITER (trè-té), v. a. || 1' Agir de telle OU telle manière avec quelqu'un. Traitez-moi comme ami, non comme souverain, corn, t'inno, 11, 4, rien qu'Attila me traite assez confidemment, id. Att. v, I. Vous traitez mal, Pauline, un si rare mérite, ID. Poly. IV, 4. M. le cardinal de Retz y était ; il fut fort bien traité du roi, pellisson , Lett. htit. t. m, p. 309. Dire d'un, puis d'un autre, esl-ie ainsi que l'on traite les gens faits comme moi'' LA PONT. Fabl. IV, 46. Les obligeants diseurs d inutiles paroles. Qui traitent du même air
l'honnête homme et le fat, mol. Mis. I, 4 . On nous traite comme nous voulons être traités : nous liaissons la vérité, on nous la cache, pasc. Pens. n, 8, édil. HAVET. J'ai écrit au chevalier [de Gngnan], non pas pour rien déranger, car tout est réglé, mais afin que l'on traite doucement et honnêtement mon fermier, mon procureur fiscal et mon sénéchal, SÉv. 24). Les Juifs ne sont pas mieux traités sous Démctrius que sous ses prédécesseurs, boss. Uist. I, 40. On croit pouvoir s'assurer des autres princes, et on en fait des coupables en les traitant comme tels, id. le Tellier. Je m'en vais voir comment Dieu me traitera ; mais j'espère en ses miséricordes, ID. Anne de Goni. Voyez de Darius et la femme et la mère : L'une le traite [Alexandre] en fils, l'autre le traite en frère, raC. Alex, m, 2. Jamais les dieux n'ont été traités avec moins de respect que dans les comédies d'Aristophane, fonten. Oracl. i, 8. Il nous frappe et nous traite durement, comme des étrangers, Mass. A vent, Afflicl. Dite» u" U — 28»
TRA
peu i Totre 4rae damnée, i ce M. Bafle, quil me traite plu» humainement, la première foi» gue j'aurai besoin de lui, lmaok, Turc, m, 6. De»wrtes est obligé de quitter so patrie ; Gassendi rst calomnié; Arnauld traîne ses jours dans l'exil; tout philoiophe est traité comme les prophètes chez les Juifs, volt. Dict. phil: Lettres. Les quatre commissaires hollandais, députés à l'armée, traitaient avec fierté trente princes d'Allemagne i leur solde : Qu'on fasse Venir Holstein, disaientils; qu'on dise à Hesse de nous venir parler, id. Lauis XIY, n. Lisette : Ma maîtresse autrefois me traitait à merveille, Et ne peut me souffrir depuis qu'il la conseille, qhesset, le Méchant, i, 2. || Fig. E^ un sens analogue, avec un nom de chose pour lujet. Seigneur, dans ce discours qui nous traite si mal, Vous voyez un effet des leçons d'Annibal, COHN. JVtcnm. n, ar. Il [Corbinelli] a été rudement traité de la fièvre tierce, sÉv. 22 sept. ts77. Il Traiter de, traiter avec. Il traitait de mépris les dieux qu'on invoquait, corn. Poly. m, 2. Ils sont insupportables, avec les impertinentes égalités dont ils traitent les gens, mol. Comtesse, H. Et, traitant de mépris le» sens et la matière, X l'esprit comme nous donnez-vous tout entière, id. ¥em. sav. l, <.||Fig. et familièrement. Traiter quelqu'un de haut en bas, ou du haut en bas, le traiter avec dédain, avec hauteur. Ces honnêtes diablesses Se retranchent toujours sur leurs sages prouesses. Qui, pour un petit tort qu'elles ne vous font pas. Prennent droit de traiter les gens du haut en bas, mol. Éc. des fem. iv, S. || Traiter en chien courtaud, traiter comme un chien, traiter très-mal. U aurait grand regret de mourir, qu'il n'ait auparavant répondu à l'apologie de Montpellier, où il traitera le doyen en chien courtaud, orn patin, Lett. t. I, p. 238, dans pouoens. Elle répondit qu'elle ne savait pas traiter les domestiques comme des chiens, maintenon, Proverb. p. ♦, dans POUOENS. Il Familièrement. Traiter quelqu'un en enfant do bonne maison. If réprimander, le châtier sans ménagement. || Traiter quelqu'un de
TRA
par tête. Il nous a bien traités pour te prix. Hon hflte à crédit me traite : J'ai bonne chère et vin vieux, BÉHANO. //. rangi'. || 8* Travailler i régler les conditions, les clauses de quelque affaire. Traiter la paix. Mais nous sommes personnes à traiter les choses dans la douceur, mol. Ifar. forcé, 16. Le favori a traité un mariage pour le prince, SÉV. 239. Pendant que les coups venaient de tous côtés, ceux qui combattaient auprès de lui nous ont dit souvent que, si l'on avait quelque grande
TRA
de rien, id. Print. d'Él. I, ». Me traiter de coquin, de fripon, de pendarri, d'infime I m. Scapin, n, 7. [Ceux] qui ont bien connu coinliien celte bassesse [de la nature humaine] est effective, ont traité d'une superbe ridicule ces sentiments de grandeur qui sont naturels à l'homme, PASC. Pens. xr, 4 bis. Un clerc, pour quinze sous, sans craindre le holà, Peut aller au parterre attaquer Attila , El, si le roi des Huns ne lui charme l'oreille, Traiter de visigoths tous les vers de Cor-
affaire i traiter avec ce prince, on eût pu choisir ! neille, boil. Sot. ix. Dès longtemps votre amour pour de ces moments où tout était en feu autour de lui, ] la religion Est traité de révolte et de sédition, Boss. LoutJ de Bourbon. Absorbé dans ces spécu- ! bac. Ath. i, t. C'est ainsi que le P. Hardouin lations, Newton devait naturellement être indiffé- j traita d'athées Pascal, Malebranche et Arnauld; renl pour les affaires et incapable de les traiter, c'est ainsi que le docteur Lange traita d'atbé» FONT. Newton. Ceux qui ne traitent jamais que 1 le respectable Wolf, pour avoir loué la morale leurs propres affaires, se passionnent trop pour des Chinois, volt. Dés. Lisbonne, Préf. notes.
juger sainement des choses, j. j. rouss. Èm. iv. Et comme tu disais, traitons ceci gaiement, langue. Coquette corr. v, 3. || T Terme de commerce. Faire une opération de vente ou d'achat. Nous avons traité, au Port des Français, environ
||lî* F. fi. Agir de telle ou telle façon (emploi vieilli). Chevalier, lui dit-elle, soyez discret, chacun a l'oeil sur nous ; si vous traitez de cette sorte, vous me perdrez, d'urfé, Astrée, i, 40, Ne vous offensez pas, objet rare et charmant. Si ma
mille peaux de loutre, quantité bien suffisante haine avec lui traite un peu rudement, corn
pour connaître avec précision leur prix à la Chine, LAPÉROUSE, Yoy. X. IV, p. U3, (lans pougens. Les Anglais y traitent annuellement trois mille esclaves, arrivés la plupart, comme au Sénégal, des terres intérieures et très-élo ignées, raynal,
Théod. Il, ♦. Une manière d'agir hardie qui l'obligeait de t:aiter familièrement avec les gens delà première qualité, tallemant, Disc, sur Benserade. Il 13' Négocier, travailler à l'accommodement d'une affaire. Un ambassadeur a été envoyé pour
Htst. phil. XI, 48. Il 8* S'occuper le. La gravité j traiter de la paix. Il traite d'un mariage pour un
romaine n'a pas traité la religion plus sérieuse- de ses amis. || Absolument. Dès demain elle traite
ment, boss. Hist. n, 5. Nos fonctions sont si avec nos ennemis, corn. Sertor. n, 3. Et je l'en
saintes.... elles demandent des dispositions si dédirais, s'il traitait sans Cartbage, id. Sophon.
pures, si dignes des mystères que nous traitons! i^ 3. Les Goths traitèrent avec les Romains, et s'é-
MASS. Confér. Rctr. pour des curés. || Traiter tablirent en Espagne, boss. Itist. i, 4i.||14"Né-
l'amour, faire l'amour, traiter une affaire d'à- gocier pour vendre, pour acheter, pour donner à
mour. Géraste n'agit pas mal en vieillard amoureux, puisqu'il ne traite l'amour que par tierce personne, corn. Suie. Exam. \\ 9' Exposer, développer un sujet. Il traite la question . savoir
Prov. xin.
ferme; passer les actes nécessaires pour la conclusion d'un traité. Traiter d'une charge, d'une terre. Il a traité i tel prix, à telles conditions. Des neveux qui traitent provisionnellement de ma succession avec des usuriers, poinsinet. Cercle, 4.
si on peut tuer pour un soufflet, pasc.
D'où il paraît [de l'impossibilité de démontrer les || Traiter d'une dette, d'une prétention, prendre ^ ^^ axiomes] que les hom mes sonl dans une impuis- sur cette dette, sur cette prétention un arrange- Turc i More, voy. mohb, ii* 2. || Traiter q'uelqu'un ' jance naturelle et immuable de traiter quelque ment quelconque. 1| IB» Entrer en affaire, en pourd'égal, se comporter i l'égard de quelqu'un ' science dans un ordre absolument accompli, id. parler. En ne désirant qu'entretenir mes amis, ils comme envers un égal. Je.... pense toutefois n'a- | Géom. 1. Le critique [de l'Esprit des lois] ne veut veulent que je traite avec tout le peuple, balz. voir point de rival A qui je fasse tort en le trai- ' jamais que l'auteur traite son sujet, il veut conti- Uv. v, Lett. 4. On détruirait par là, traitant de tant d'égal, corn. Excuse à Arisle. Content de nucllement qu'il traite le sien; et, parce qu'il est bonne foi, Ce grand aveuglement où chacun est toujours théologien, il ne veut pas que, même pour soi, mol. Mis. m, 5. Sous cet air de jeudans un livre de droit, il soit jurisconsulte, mon-
TESQ. Véf. Esp. lois, part. 2. Ce sujet [Britanni-
cus] était le plus dilficile de tous à traiter, cl ne
pouvait réussir que par l'éloquence de Racine,
volt. Comm. Corn. Rem. 2' discours. Quand nous MOL. Poufc. 1, 4 0. Pour se faire traiter d'un cancerj souperons ensemble, nous parlerons de tout et ne hommes, j'aime à traiter avec ceux qui trompent le BOSS. Ie«. obb. 67. Ces douces Ménades, Qui, dans traiterons rien, comme dit un certain auteur moins, volt. Dial. 4 9. Partout il avait obtenu l'aleurs vains chagrins sans mal toujours malades, | irès-aimablo; mais, hors de là, je veux traiter mitié de tous ceux avec qui il avait à vivre, et la Se font, des mois entiers, sur un lit effronté, Trai- ! avec vous beaucoup de choses, volt. Lett. For- confiance de tous ceux avec qui il avait à traiter, ter d'une visible et parfaite santé, boil. Sot. x. \ mont, 25 déc. 4734. Strabon cite un poêle qui vi- d'alehb. Élog. Lafaye. || Traiter d'égal, entrer en Tout au plus a-t^il traité quelques amis, mais en , vait de son temps, et qui était de Tarse en Cilicie; affaire, en discussion comme avec un égal. Ce amis, et en leur faisant très-peu de chose, ponten. ; quelque sujet qu'on lui proposât, il le traitait en superbe [.Satan], ayant entrepris de traiter d'égal Jf^ry.||Fig. Deux médecins le traitèrent, de sorle vers avec tant de supériorité, qu'il semblait in- avec Dieu, boss. 2' sermon sur les dimons, t. Que fut Il On
notre accueil, ils nous traitent d'égaux, volt. Scythes, i, 4.||1* H se dit du médecin ou chirurgien qui donne des soins à un malade. Entreprendre de traiter un incurable, balz. liv. VI, lett. 3. Je traiterai monsieur méthodiquement et dans toutes les 'régularités de notre arl.
nesse, elle cachait un sens et un sérieux dont ceux qui traitaient avec elle étaient surpris, Boss. Durh. d'Orl. Traitez du moins avec votre Dieu comme vous traitez avec les créatures, mass. Carême, Pâques. Puisqu'il faut traiter avec les
1 sa douleur eut un terme assez court; L'un spire par Apollon, barthél. inac/i. ch. 80, note 5. || 16° Prendre pour objet d'un travail, d'une disle temps et l'autre fut l'amour, la font. Fauc. || 10* Terme de peinture. Traiter un sujet, exécu- cussion. Après avoir suffisamment reconnu les n dit de même: traiter une maladie. Pour ter un tableau sur ce sujet. || On dit de mémo: sentiments des hommes, j'entreprends derechef de
Cette composition, cette figure est bien traitée, traiter de Dieu et de l'àme humaine, desc. Médit.
elle est bien et soigneusement exécutée. Petit préf. 9. Les écrits de ce père traitant du larcin,
genre, disaient-ils; mais les genres ne sont petits pAsc. Prov. vi. Environ l'an 4209, Pierre de Vau-
que quand ils sont traités petitement, haillet de cernai fit son histoire des Albigeois, où, traitant
couronne, dans Mém. inéd. sur l'Acad. de pein- d'abord des diverses sectes el hérésies de son
Jure, t. Il, p. 424. Il On dit aussi dans quelques arts temps, il met en premier lieu les manichéens,
^__ ^ manuels : cet ouvrier traite bien son ouvrage, boss. Far. xi, 60. C'est dommage que nous ayons
contient du zinc, bltf. Ifin. t. v, p' 44». En trai- || U» Donner à quelqu'un tel ou tel tilre. Puisqu'il perdu le bel ouvrage de Salomon, qui traitait de
tant des plantes et des animaux par le feu et l'eau vous a déplu vous traitant de Romain, corn. iVi- toutes les plantes, depuis le cèdre jusqu'à l'hysope,
dans des vaisseaux distillaloires, fourcrot, Conn. com. i, a. 11 [un homme jeté dans une île et pris volt. Lett. Loremi, iBavr. 47«o. Quel homme peut
ehim. t. 1, p. VIII. Il ♦• Traiter une forêt en futaie, pour le roi du lieu] se résolut enfin de se prêter à sa être assez hardi el assez borné pour entreprendre
en taillis, l'aménager, l'exploiter en futaie, en bonne fortune; il reçut tous .es respects qu'on lui de traiter seul d^ toutes les sciences^el de tous les
voulut rendre, cl il se laissa traiter de roi , pasc
traiter une maladie, il faul premièrement en con naître les principes et la nature; ensuite.... boss. Sermons, Péché d'habitude. Préambule. || 8* Terme de chimie el d'industrie. Soumettre une substance i l'action de divers agents. Traiter la soude par la chaux vive. On peut toujours reconnaître par la simple observation si la mine que l'on traite
taillis. Il 6* Régaler, donner à manger. Obi oht dit-il, voilà bonne cuisine I Qui trullez-vousT la FONT. Bém. Maître Jacques : Potages.... entrées.... — Harpagon : Que diable I voilà pour traiter toute une ville entière, mol. l'Avare, m, K. Gellias, le plus riche des citoyens d'Agrigente, avait fait construire dans sa maison plusieurs grandes salles pour y recevoir et traiter ses hôtes, rollin, Bist. aru. Œuv. t. v, p. los. Est-il joli. Quand on traite quelqu'un, de s'ennuyer à table, D'en .sortir le premier? uestouch. Philmar. iv, 3. Osmin, fais avertir l'intendant des cuisines Que je traite ici le sultan ; Que la chère soit des plus fines, Kl que l'on nous serve à l'instant, favart, Soliman U, n. t. Il Absolument. Il traite souvent. Traiter en ebair et en poisson. || Il se dit aussi de ceux qui élu lient k manger pour de l'argent 11 traite à tant
Condit. des grands, i. Le Syrien me traite et de reine et de sœur,RAC. Ath. 11, s. Ils la tiennent (une nouvelle] de Zamel, de Ruccelay ou de Conchini, qu'ils ne connaissent point, à qui ils n'ont jamais parlé, et qu'ils traiteraient de monseigneur s'ils leur parlaient, la bruv. v. La première dignité du royaume est si peu nécessaire à M. le chancelier pour l'illustrer, qu'on peut ne le traiter que de grand homme, fonten. Reyneau. Il [le roi de Prusse] me traitait d'homme divin; je le traitais de Salomon ; les épilbètes ne nous coulaient rien, volt. Mém. Volt. Il Par extension, donner telle ou telle qualification bonne ou mauvaise à une personne ou à une chose. Et j'ai traité cela de pure bagatelle, mol. Tart. Il, 2 Une philosophie Qui déclare la guerre au conjugal lien, Et vous traite l'Amour de déilé
arts? d'alemb. Œuv. t. i, p. 30». |1 17* Se traiter, V. réfl. Soigner sa propre maladie. Ce médecin s'est traité lui-même. Je vous prie que je sois rassurée sur votre rhumatisme; vous vous traitez si durement, que je ne vous trouve point bien entre vos mains, m~* de coulanges, à Mme de Grignan, dans SÉV. t. x, p. 4«9, édit. RÉGNIER. |! 18" Se donnera soi-même un repas. 11 se traitait tous les jours magnifiquement. MASS. Carême, Mauvais riche. Il Se traiter bien ou mal.avoirun bon. un mauvaisordinaire. !| Se donner l'un à l'autre, les uns aux autres, un repas, un régal. C'est un petit repas que le roi m'a rendu : Nous nous traitons parfois, regnard , Démocr. r», 7. Kui ici [ceux du village d'Azai], nous chez eux, on se traite tour à tour, on se divertit !'• dimanche, p. L. cour, l'étition pour des rillageoi<. Il t»* Être l'objet d'une négociation, d'un arraiipi-
IRA
TRa
TRA
ment. L'hymen qui m traitaitdudiiceldeCasMindre, «OTB. Vence$i. iv, î. {| iO' Être l'objet d'une discusiion, d'un tr&vail. Il souliaiUitavoc une ardeur ex- Irême qu'on fît une assemblée o\\ la matière se trai- VÂt de nouveau sans passion, sans sopbisterie el uns tyrannie, Boss. Var. iv. Cotte parole, messieun, De se traite gu&re dans les chaires, parce que celle inviolable fidélité ne se trouve guire dans les mœurs, II). Mar.-Thér. || 21° Terme de commerce. Être vendu à tel ou tel pril. Le blé se traite à tant l'hcclolitre. || 22* Se donner l'un à l'autre telle ou telle i|uali(icalion. Le poëte et le philosophe se traitent mutuelleiiient d'insensés, d'àlbhb. Œuv. l. 1, p. •i*3. Il 23' Être pratiqué. De vouloir parler de la politique suivant qu'elle se traite et exerce
aujourd'hui, sans rien dire de ces coups ri" ,.
B. NAUDÉ, Considér. sur les coups d'État, i.
— SYN. TRAITER UNB MATIÈRE, TRAITER u'UNK MA- TIÈRE. Traiter une matière, c'est l'examiner, la discuter. Traiter d'une matière, c'est en faire l'objet d'un travail, d'une dissertation.
— HiST. xii* s. Quant furent assamblé tuit li baron del Maine, Duchevage [nous] tratames l'ochoiton premeraiue, Sax, xxx. À l'honur l'apostolie [en l'honneur du pape, il] les vold#a bel traitior E en humilité, e mult li erent chier, Th. le mari. 480. Ilxiii* s. Henris de Valenciennes dist que, puisque li hom s'entremet du biel dire el de traictier, il se doit bien traVeillier que.... B. de VAL. I. En nom Dieu! dist uns sages hom, il se- ! roit boin que on traitast de la pais al empereour, Chr. de Rains, <2o. Entre tant de maus et de descors, assés furent qui traitoient paroles d'acort et de pais entre lui [Frédéric] et le pape Innocent ; ' • l endementiers que [tandis que] il Iraitoit et en- i tendoit à ces choses.... brun, latini, Trésor, p. 95. Il tretierent et firent une accordance de paix des altercations, du canoë, accordia. Noz tracterons en cest capitre quix cozes [quelles choses] sont muebles et quix cozes sont héritages, beaum. xxm , t.llxiv s. La manière de traicter ceste science et de y procéder... oresue, Éth. m. Il XV' s. Les bourgeois de la ville regardèrent que, au long aller, ils ne se pourroient tenir; si prièrent à deux chevaliers qui là estoient, qu'ils irailassent à ces seigneurs d'Angleterre.... froiss. I, I, 224. Il les traita en grant violence et en grant rapine, comm. v, i. Le roy René de Cesile [Sicile] traictoil de faire le duc de Bourgongne son héritier, ID. V, 2. Il XVI* s. Traictant avec lui des moyen* de sa guarison, il luy dict.... hont. i, 9I. Ayant traicté chez lui une bonne compagnie, ID. I, 101. En l'estude que je traicte de nos moeurs, ID. I, HI3. Ils bastissoyent comme s'ils n'eussent jamais deu mourir, et se trailoyenl en leurs banquets, quasi ordinaires, comme s'ils n'eussent deu vivre qu'un jour, langue, 17o. Pour s'estre un petit esciiaulTé à la lucte, il s'est retiré aux bains chaulds pour se traitter à son aise, ahyot, HarceU. 45. Il est bon chercher la balle avec les doigts, en maniant et traitant le lieu et les environs d'iceluy, paré, ix, 3. Alla prendre garde i son cheval, qu'il traita [nourrit] de ce qu'il trouva. Nuits df, Straparole, t n, p. 2U9, dans lacurne. On trailte des moyens pour mutiner les villes. Pour nourrir les flambeaux do nos guerres civiles, d'aub. Tragiques, éd. lalanne, p. 63.
- ÈTYM. Wallon, traiti; provenç. tractar; espagn. tralar ; ilal. tratlare; du lat. tractare, fré.iuentatif de trahere, tirer,
TRAITËUK (trè-teur), s. m. || 1° Celui qui apprête, qui donne à manger pour de l'argent. Et le traiteur, homme intraitable. Fit une terrible rumeur, SCARH. (Eut), t. I, p. 3(1. Comment appelezvous ce traiteur de Limoges qui lait si bonne clière? MOL. Pourc. i, a. U [Leibnilz] ne réglait pas ses repas à de certaines heures, mais selon ses études; il n'avait point de ménage, et envoyait quérir chez un traiteur la première chose trouvée, FONT. Leibniti. Il dit que le pâtissier Mignot [nommé dans Boileau] est mon oncle; je ne serais pas fâché d'avoir pour oncle un traiteur, si on avait fait bonne chère chez lui, volt. Lelt. Maupeou, M déc. 1773. Un traiteur, qui pour mes dixhuit sous me donnait un assez bon diner; j'en réservais une partie pour mon souper, el j'étais bien nourri, marmontel, Mém. ni. || 2' Nom que l'on donne i ceux qui font la traite avec les saurageb de la Louisiane.
— KTVM. Traiter. Proissart a ce mot dans le sens de celui qui fait une négociation.
t TRAITOIHK (irè-tni-r'), i. f. Outil du tonneàier pour allonger les cercles. On dit aussi traitoir.
TRAlTRB, KS8K ar*-"^'. ""è-s'), adj || |- Qui trahit. Moi, seigneur! moi, que j'eusse une âme si traîtresse, corn. Cinna, v, t. Tout flatt«ur, quel qu'il soit, est toujours un animal traître et odieux, BOSS. 5* avert. ai. Heureux I si je pouvais avant que m'immolor Percer le traître cœur qui m'a pu déceler! rac. Kit/ir. it, i.|| Traître comme Judas, se dit d'un homme qui, sous le masque de l'amitié, trahit de la manière la plus cruelle. || Populairement, il n'est pas traître à son corps, il ne te refuse aucune commodité. || 2* Il se dit des animaux domestiques qui mordent, égralignent ou ruent quand on y pense le moins. Le chat est traître. Prenez garde à ce cheval, il est traître. Un chien traître. || 3* Il se dit des choses qui ont le caractère de la trahison, de la perfidie. Embûche traîtresse, tristan, Variant, iv, i. Une traîtresse voix bien souvent vous appelle; Ne vous pressez donc nullement, la font, t'abl. viil, »t. Ce blé couvrait d'un lacs Les menteurs et traître» appâts, ID. Fabl. ix, i. Et que j'ai cru trouver quelque sincérité Dans les traîtres appas dont je fus enchanté, mol. Mis. iv, 3. L'excès prodigieux De ce fatal amour né de vos traîtres yeux, id. ib. [T, 3. Il i* Il le dit de certaines choses qui sont dangereuses sans le paraître. Le seul Ulysse en échappa [des pièges de Circé]; U sut se défier de la liqueur traîtresse, la font. Fabl. iii, i. Il [l'évêquo de Saintes] était sans fièvre et se croyait j entièrement hors d'affaire; il causa une heure avec l'abbé Têtu; ces sortes de mieux sont quasi toujours traîtres, et tout d'un coup il est retombé dans l'agonie, sÉv. )•' juillet 1876. Pendant que nous en étions là, voilà une pluie traîtresse.... qui, sans si' faire craindre, se met d'abord à nous noyer, ro. 23 aoiit l«7t. Des traîtresses de douleurs qui reviennent quelquefois, et dont il faut se moquer, parce que c'est la manière de peindre du rhumatisme, ip. (" mars t676. X peine ai-je senti cette liqueur traîtresse. Que de ce» vins mêlés j'ai reconnu l'adresse, boil. Sot. m. J'ai banni loin de moi celte liqueur traîtresse [le vin] j Oui nourrit des humains la brutale mollesse, volt. Mahom. n, 4. || B Familièrement. U ne m'en a pa» dit le traître mot, un traître mot, il ne m'en a pas dit un seul mot. (Cela signifie-t-il proprement ; il ne m'en a pas dit un mot qui trahit ce dont il s'agissait? ou bien traître est-il un simple terme d'injure, comme qui dirait : un chien de mot?) ||6« S. m. et ,'. Celui, celle qui fait une trahison. Quiconque aime le traître, aime la trahison, mair. Mort d'Asdrub. n, 3. Au travers de son masque on voit à plein le traître; Partout il est connu pour tout ce qu'il peut être, mol. Mis. i, l. Philippe aimait la trahison, et n'aimait pas les traîtres, pdllin, Hist. anc. Œuv. t. vi, p. 59, dans pougens. Le comte : Quant à moi, j'aime la politesse. — Lisimon : Moi je ne l'aime point, car c'est une traîtresse Qui fait dire souvent ce qu'on ne pense pas, destouch. Glor. Il, 15. Tous les historiens flétrissent le connétable [de Bourbon] du nom de traître ; on pouvait, il est vrai, l'appeler rebelle et transfuge ; il faut donner à chaque chose son véritable nom : le traître est celui qui livre le trésor, ou le secret, ou les places de son maître, ou son maître luimême à l'ennemi, volt. Uœun, 423. || Traître, traîtresse se disent quelquefois comme termes d'injure, sans impliquer trahison ou perfidie. Vous ne m'aitucz donc pas, madame la traîtresse? scaa-
HON, Jodelet, m, 7 Oui, oui, j'ai su que ce
traître d'amant Parle de m'obtenir par un enlèvement, MOL. Éc. des mar. n, 4 4. Laisse là son nom, traître, et dis ce qu'il t'a dit, id. Mis. rv, 4. Si mon traître d'époux par hasard était mort, reonard, DMocr. II, 7. D'où viens-tu, double traître? Dans l'état où je suis peut-on laisser un maître? LKdRAKa, Aveugle clairvoyant, sa. 9. || 7* Traître de mélodrame, l'acteur qui, dans les anciens mélodrames, jouait le râle du traître, et qui exagérait presque toujours ses gestes; et, par moquerie, l'homme qui affecte un air sombre, une marche cachée, des manières dissimulées. Tout à coup j'avise, rasant les maisons, le nez dans la cravate, sombre et voûté comme un traître de mélodrame, devinez qui? en. de Bernard, Un homme sérieux, XXI. 118* En traître, toc. ad». Avec trahison, traî- ; treusemonl. Va, tu l'as pris en traître; un guerrier si vaillant N'eût jamais succombé sous un tel assaillant, CORN. Cid, v, e. || Avec un sujet au plur, j J. J. Rousseau a dit en traîtres. Aucun d'eux osaj t-il l'attaquer en face? ils le prirent en traîtres, , if», à M. de SlCermain, 26 fév. (770. Il faut écrire en traître: c'est une locution adverbiale
— HIST. XI* s. Li reis Harsile i Bt mult que traître, Ch. de Roi. iiv. || xii* s. Il maudit Gilemer le trattor reiioi». Sas. xvin. Queque dient li tuen e li deu traflur [ceux qui trahissent Dieu et toi], Ne te turne i ville mais à mult grant honur. Th. le mart. 74. Ne teus ovraignes [telle* œuvres] comencier Vil», malvaises, ne traitreises, Decevablea ne felonesses, benoît, ii, (9U». || xui' *. Joffroi*, qui mare.scaut estoit de nostre oit, manda à l'empereour que il aroit bataille contre Burile le trabitour, H. DE valenc. vn. || xt* s. Furent toute* leur» maisons [aux Mahieui] abattues et portée* par terre, ainsi que si ils fussent trahlstres à tout le corps de la ville, froiss. d, u, 54. || xvi* s. U* cnoyent contre les evesques, les hlasmant 'outrageusement comme traistres de U discipline, calv. fnilt't. «94. Mais qui pis est, trahistre et cautelleui, I. MAROT, V, 7«. Car, maulgré eulx et leur langue traistresso. Je l'aymeray, el serviray sans blasme, id. v, ï6». Voslre tralstre soubri», vostre double faintise, dubell. m, 7o, recto. Complices du meurtrier qui vous tue, el traistres de vou»mesmes, la boétie, 23. Traislre beauté, venimeuse doulceur, id. 445. C'estuit un traislre qui parloit à un autre traislre, amtot. Aie. 60. Nous tenons prisonniers en la Bastille de Paris les trabistres qui la vous ont vendu, carloix, ii, (. Ah traistre amour, donne-moy paix ou trêve, bons. ». Les Gauloi* nos cousins, en Asie, haïssoicnt ces armes traistresses et volantes, duicts à combattre main à main, mont, i, 383. Les meurtriers, les traistres, les tyrans, id. n, (i.
— ETYM. Wallon, traitt; bourg. Ireile; provenc. irohi're, Irai're, trahidor, traidor, traitor; espagn. traydor; portug. traditor; ital. traditore; du lat. troditorem, de tradere (voy. trahir). L'anc. français dit traître au nominatif répondant à traditor, et trattor au régime, répondant à (roditorem; mais, pour que traditor donne Irotire, il faut supposer que les Romans de la Gaule ont prononcé traditor. La contraction de traistre en traître était effectuée au xvi* siècle, bien qu'on orthographiât encore quelquefois trahistre.
t TRAÎTKIÎMKNT (trê-tre-man), adr. En traître.
— HIST. xiii's Li fais est fais si traltrement que uns ne le voit, bf.aum. xl, 20, |1 xvr ». Ah I maudite espérance, à mon mal conjurée, Tu m'as bien celte fois traistrement abusé, despoitks, Uiversti amours, xxvi.
! TRAlTREUSElHKNT(lr*-treû-ze-man), odt. D'une façon traitreuse. Traîtreusement : cet adverbe ne vaut rien; car il n'est poini en usage à la cour parmi ceux qui parlent bien, ni dans les bons auteurs, et il ne faut que cel.i pour lui faire son procès et le condamner, vauoel. Nouv. rem. Obs. dt M'", P'474, dans pouoens. Il y a cent manières de témoigner son amitié sans la dire, ou de dire par ses actions qu'on n'a point d'amitié, lorsque la bouche traîtreusement vous en assure, «év. 383. La goutte l'étrangle [la Rochefoucauld] traîtreusement, ID. (7 mars (680.
— HIST. xvr s. U y perdit trahitreusement la
vie, CARLOIX, IX, 4.
— Ftym. Traitreuse, et le suffixe ment. t TRAÎTREUX, EUSE (trê-treû, treii-z'), od;.
Qui a le caractère de la trahison, de la perfidie, en parlant des choses. C'est ce même Humbert que M. le duc d'Orléans voulut envoyer à la Bastille par le traîtreux conseil d'Effial, st-sim. 42S, t9«. L'écueil traîtreux et redoutable des hypothèques occultes, PHILIPPE DUPiN, dans leooarant.
— HIST. XV* s. Et quant je la vol si diverse, La trahitouseet la perverse, froiss. Poenesm*». p. (53.
— ÊTYM. Dérivé de traître.
\ TRAÎTRISE (trè-tri-z'), t. f. Terme familier.
Action do trahir. U m'a pri* par traîtrise. Sa traîtrise est manifeste.
— ETYM. Dérivé de (roltre. Ce mot, formé correctement, est usité dans plusieurs provin(5es, et il n'y a pas de raison pour ne pas le recevoir.
t TRAJECTILK ( tra-jè-kti-l' ), odj. Terme de botanique. Se dit du connectif, quand il sépare les deux loges de l'anthère dans toute leur épaisseur.
— KTVM. Voy. tbajectoire.
TRAJECTOIRE (tra-jè-ktoi-r"), «. f. Terme de
géométrie. || 1* Ligne décrite par le centre de gravité d'un corps en mouvement. Trajectoire des astres, des projectiles. Il [H.illey] y réduit, conformément à l'idée de M. Newton, les trajectoire» ou orbites de cette espèce de planètes à de simple* paraboles qui ont le soleil pour foyer, mairan, j Éloy. Halley. || Une trajectoire est plus tendue ' qu'une autre, lorsque la flèche en est moiudre que
TRA
TRa
n'Ae de cette autre, à égaliUi d» pcrtè^a. (^ On dtt ae même . ia tension d'une trajectoire. Les tenlioiis des trajectoires sont en raison inverse des flèches. I| 4d;'. Ligne trajectoire. {| 2* Se dit d'une courb» qui coupe sous un angle donné toutes les courbes données par une même équation, en y faisant varier u(i paramètre indéterminé. Leibnitz, ofliensé des soupçons que les Anglais avaient jeté •ur ses travaux, leur proposa comme une espèce de défi le pjoblème des trajectoires, d'alehb. Élog. BemouUi. La question des trajectoires ou des familles de courbes qui coupent sous des angles donnés une infinité d'autres courbes toutes du même genre, avait occupé tous les géomètres depuis Leibnitz et BemouUi jusqu'à Euler, oelim- «HS, Inslit. Kém. scienc. )8<2, î* part. p. ux.
— msT. XVI' s. Trajectoire, cotgravï.
— ÊTVM. Dérivé du lat. trajector, qui traverse, Je irajicere (voy. tbajbt).
TRAJi:T(tra-jè; le t ne se lie pas; au pluriel, l'j se lie : dos tra-jè-z incessants ; trajets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. ||1° Espace à traverser d'un lieu à un autre. Cette porte d'ivoire [pour les songes], toute belle et magnifique qu'elle est, ne donne passage qu'au mensonge, là où l'autre de corne, vile, obscure et grossière, sert de trajet à la vérité, Dial. d'Oratius Tubero, t. 1, Lettre dt l'autheur. Le roi d'Angleterre est allé en Irlande.... si vous voulez lui rendre visite, il faut que vous passiez un trajet de mer, sÉv. à Bussy, <6 mars (689. Quoique le trajet de chez ma mère au couvent fiît assez long, à peine fut-il prononcé quatre mots pendant qu'il dura, mahiv. Uarianne, 8* part. De ce fleuve [le Cyrus] il ne fallait qu'un trajet parterre de cinq jours, pour aller au Phase qui conduisait dans le l'ont-Euxin, momtesq. Bsp. rti, 6. 112° Action de traverser l'espace d'un lieu  un autre. Le trajet est difficile. Notre trajet fut heureux. || Fig. Du souhait à la supposition le trajet est facile, j. j. rouss. Ém. iv. jj 3* Terme d'inatomie. Trajet d'un nerf, d'un vaisseau, etc. étendue linéaire qu'il occupe. Ce nerf se ramifie plusieurs fois pendant son trajet. || Terme de chirurgie. Le trajet d'une plaie, d'une fistule, etc., l'espace qu'occupe une plaie, une fistule dans l'intérieur des chairs.
— ÊTYM. Lat. trajectus, de trajicere, traverser, de tra, au delà, et jacere, jeter. Le xvi* siècle employait trajelter, traverser, transporlei.
t TRALALA (tra-la-la), f. m. Terme populaire. Appareil. Être sur son tralala. Tout le tralala. |{ Une réception, une soirée dansante. Lestralaïas intimes des Tuileries, Le journal le Gaulois, 9 sept. 4869.
— ETYM. Tralala, syllabes dépourvues de sens qu'on applique à toute espèce d'air, d'où chanson et actes qui reviennent comme des refrains.
TRAMAIL (tra-mall, U mouillées), s. m. Voy.
TRÉMAIL.
t.TRAMASSEUSE (tra-ma-seii-z'), t. f. Ouvrière réparant les pipesde terre et en fltant les bavures.
TRAME (tra-m'), s. /■. Il 1» Kil que l'on cond, lit avec la navette entre les fils qu'on nomme chaîne, pour faire de la toile et diverses sortes de draps et d'étoffes. Trame de soie. Trame de fil. || Par extension. Les corps organisés sont des tissus plus ou moins fins, des ouvrages a réseaux, des espèces d'étolîes dont la chaîne forme elle-même la trame par un art que nous ne nous lasserions point d'admirer s'il nous était connu, bonnet, CorUempl. nal. (Eue. t. viii, p. îo4, dans pougens || 2* Fig. Le cours de la vie, de la destinée. Mon père est mort,. Klvire, et la première épée Dont s'est armé Rodrigue a sa trame coupée, corn. Ciii, m, 3. Il a coupé ma trame dès le commencement de mes jours, ROSS. *' sermon, i" dim. de carême, péni- («nce, s. Et [Jupiter] voyait tous les chefs, dont la trame devait ce jour-là être tranchée par le ciseau de la Parque, fén. Tél. xvii. Ciel! n'as-tu conservé la trame de ma vie. Que pour tant de malheur et tant d'ignominieT volt. Ad. du Guescl. m, (. J'ai eu lieu d'admirer plus d'une fois comment se noue et se dénoue la trame de nos destinées, et de combien de fils déliés et fragiles le tissu en est composé, MARMONTEL, Mém. n. [Il] Rêve de longs «uccis, rêve de longs amours. Et d'une trame d'or nie en riant ses jours, delille, Imaij. vi. || 8" Fig ' Complot, ruse. De combien de tragédies. Sans ton ' assuré secours. Étaient les trames ourdies l'our ensa.-iglauter nos jours? malh. n, :!. Je sais les tours rusés et les subtiles trames Dont pour nous •0 pUnter savent user les femmes, mol. Ée. des f.l. I. Ils conjuraient ce Dieu de veiller sur vos «•uti. D« 'umpre des méchants les trame* crimi-
uïîkM, (AC. Bs^^ m, <. La trame ourdie par Anitos [contre Soorate]. . servait àlafoissa haine personnelle et la vengeance du parti populaire, barthél. Anach. ch. 87. Espérons que le temps dévoilera toute cette trame ténébreuse de perfidies et de noirceurs, genlis, Mérfs riv. t. m, p. 88, dans pougens. Il 4" Nom donné à une sorte de soie moulinée.
— REM. On a dit aussi trème. Fil de trème dont la laine aura été bien et dûment cardée sans mélange, Arrêt du Cons. d'État, la juill. t7»7.
— HIST. XIII' s. Trop voit l'en en cest monde volentiers ce k'on aime; Mes pou vault teli deduiz, car adès y fault traime, j. de mf.uno. Test. <89S. ||xv* s. Se la traime fault et l'en y mette traime de mendre [moindre] valeur, du Cange, airocare. || xvi* s. Sur le mestier d'un si vague penser Amour ourdit les t|-am:.- de ma vie, rons. Amours de Cassandre, is,
— ÊTYM. Wallon, traimm; provenç. espagn. et ital. trama; du latin trama, que les élymologistes tirent de trameare, passer au delà, entre, de tra, au delà, et meare, passer (voy. méat).
TRAMIÎ, ÉE(lra-mé, mée), part, passé de tramer. Il 1* Dont la trame est passée entre les fils de la chaîne. Une étoffe tramée d'or, d'argent. || Fig. Le ciel, qui les avait l'un pour l'autre formés. Voulut que d'un même or leurs jours fussent tramés, rac. Poét. div. la Nymphe de la Seine. Il 2' Fig. Comploté. Le I9 d'avril I4i6, on découvrit une conspiration tramée dans Paris par le duc de Pourgogne, SAiNT-Foa, Bis. Parii, Œuv. t. v, p. <7I.
TRAMER (tra-mé), r. a. || 1* Passer la trame entre les fils qui sont tendus sur le métier. Tramer fin. Enjoignons aux tisseurs de tramer et battre chaqun pièce d'étoffe également dans toute son étendue, Leit pat. 4 juin )"8o, art. 4. || 2' Fig. Machiner. Et la main de Pallas trame tous ces complots, bac. Brit. iv, 2. C'est une opinion générale, qu'un gentilhomme de Sicile, nommé Jean, de Procida, déguisé en cordelier, trama cette fameuse conspiration, par laquelle tous les Français devaient être égorgés à la même heure, le jour de Pâques, au son de la cloche des vêpres, volt. Mœurs. 61. Dans le cours du règne de cette grande reine [Elisabeth], cinq conspirations sont tramées contre sa vie par des jésuites, dider. Op<n. des anc. philos, {jésuite). On trame quelque chose contre moi, disait-il, puisqu'on se cache de moi, BERNARD. DE ST-p. Paul et Ftrc i|3°Se tramer, V. réfl. Être tramé, machiné. Ur. complot se trame dans l'ombre, i. Impersonnellement. Il se trame quelque chose contre vous.
— HIST. XVI* s. Le temps léger s'envoUe et nous va décevant, Miseiables mortels, qui tramons en vivant Desseins dessus desseins, fallace sur fallace, DESPORTES, Œurres chrétiennes. Sonnets 4.
— ÈTYM. Trame
fTRAMECR, EUSE (tra-meur, meû-z'), s. m. et f. Ouvrier, ouvrière dont l'occupation est de disposer les fils des trames. || S. f. Trameuse, engin dans la filature des draps.
TRAMONTANE (Ira-mon-U-n'), t. f. || 1' L'étoile polaire, qui, avant la découverte de la boussole, servait seule de guide aux navigateurs. |{ Sur la Méditerranée, perdre la tramontane, ne plus voir la tramontane à cause des nuages; ne pouvoir plus s'aider de la boussole, à cause de l'agitation du vaisseau. || Fig. Perdre la tramontane, être troublé, ne plus savoir comment se conduire, se diriger. Dans ces ténèbres, monsieur le cardinal [de Richelieu] a-t-il vu moins clair, a-t-il perdu la tramontane? voit. Lett. 74. Il [le roi] me fil l'honneur de me dire qu'ils [les médecins de Henriette d'Angleterre mourante] avaient perdu la tramontane, qu'ils ne savaient ce qu'ils faisaient, et qu'il allait essayer de leur remettre l'esprit, la pay. Ilisl. llenr. d'Anglet. Dans les discours fleuris je perds la tramontane, dufresny, Réconc. nom», i, (0. 112° Sur la Méditerranée, vent du nord. La tramoniane, que nous avions en poupe, nous porta en une heure et demie à notre signal, Saussure, Voy. Alpes, t. V, p. Ï6Î, dans pougens. || En général, vent du nord. Les froids météores qu'à travers mes châssis je considérais tomber du ciel, poussés d'une si rigoureuse tramontane, Dial d'Oral. Tubero, t. II, p. 3. Il 3' Le côté du nord. Maison exposée i la tramontane.
— HIST. xiu* s. Car donc, quel part la pointe [de l'aiguille aimantée] vise, I.a Ircsmontaignc est U sans doute, Lais inédits, p. iv Vierge très gracieuse de toute grâce plaine... Cleie cstoile de mer, oeruine tresmonlaine. Mais* nous et conduis en
gloire souveraine, i. iikheino, r«(. ïH7. || «y ■ Connue s'il voulsist dire que ce feust l'honneur et le soustenement de France et l'estoille tremonian« dont tout se gouverne, chastelain, ExposH. ra» vérité. Il XVI' s. Comme aux mariniers éclaire Celle tramontane claire Oui tant décore la nuict, du BBiLAT, m. H, recto. Seule fin de mes vœux, doux vent de ma navire. Ma claire tramontane, heureux port où j'aspire, desportes, Elég.i\,b, Pyromance.
— ÉTVM. Wallon, tremontranss ; provenç. tratmontana , tramontana, tremontana , l'étoile polaire, et aussi venl du nord; calai, espagn. porlug et ital. tramontana; de tra ou Iranj, au delà, et mons, montis, montagne. Comme l'indique la genre, c'est Stella, étoile, qui est sous-entendu ; et l'étoile polaire a été ainsi nommée en Provence et dans le nord de l'Italie, parce qu'elle s'y voit au delà des Alpes et des Apennins.
t TRAM-WAY (Ira-mouè), s. m. Chemin de fer à rails plats, à niveau du sol; la traction s'y fait par des chevaux.
— ÉTYM. Angl. tram-way, de tram, rail plat, et way, voie.
t TRANCADE (tran-ka-d") , s. f. Gros bloc de pierre, plein de larges cavités, qui se trouve à la surface de la terre.
tXRANCIIAGE (tran-cha-j') , ». m. Action de trancher. Le trancbage des feuilles minces de bois. 4. TRANCHANT (tran-chan), s. m. || !• Le côté tranchant d'une épée, d'un couteau, etc. Pharaon les a vus, et il s'est consolé de la foule de tout son peuple qui a été tué par le tranchant de l'épée, SACi, Bible, Éxéchiel, xxxii, 34. Le glaive qui a tranché les jours de la reine est encore levé sur nos tètes; nos péchés en ont affilé le tranchant fatal, Boss Har.-Thér. Qa voyait la terre s'ouvrir en sillons par le tranchant de la charrue, fén. Tel XVII. C'est particulièrement dans la fabrication des tranchants, c'est-à-dire dans les opérations qui absorbiient le plus de main-d'œuvre, que les machines sont intervenues. Presse scientifique, 4 864, t. II, p. 4 67. I! Mettre à tranchant, c'est, après avoir ^ blanchi et dégrossi une lame d'acier, en faire le i tranchant sur une meule. || Rendre le tranchant à un glaive, l'aiguiser. Voyons de quelle audace Vous [Hollandais] détachez du toitl'armet et la cuirasse. Et rendez le tranchant à ces glaives rouilles Que du sang espagnol vos pères ont souillés, corn. Vict. du roi en 4 67-.i. ||Dans une épée, le tranchant se divise en trois parties qu'on appelle le talon, ie faible elle fort. || Terme d'escrime. Vrai tranchant, partie de la lame d'une épée avec laquelle on se défend, et qui se trouve placée du côté gauche. Faux tranchant, partie de la lame dont on fait rarement usage, et qui est du côté droit. |l Épée à dcix tranchants, épée qui coupe des deux côtés. Ixi parole de Dieu est vivante et efficace, elle perce plus qu'une épée à deux tranchants, SACI, Bible, St Paul, ÉpU. ouï Hébr. iv, 4 2. ||Fig. U parole de Dieu est une épée à deux tranchants, elle frappe et pénètre jusqu'au fond de l'àme. Il Fig. i deux tranchants, qui blesse de deux côtés. Ce pouvoir [royal] était entre les mains du sultan comme un glaive à deux tranchants qui blessait son maître quand il était manié d'une main faible, VOLT. Mœurs, 4»4. || Fig. Ce mot, ce raisonnement, cotte raillerie, est une épée à deux tranchants, ce mot, ce raisonnement décide deux questions, cette ', raillerie attaque deux personnes ou deux ridicules à la fois. Il On dit aussi simplement : Un argument à deux tranchants. || Fig. Une lame à deux tranchants, une personne qui est double dans sa conduite, ô perfide chanteur I lame à deux tran- j chants! c'est toi qui payeras pour tout le monde, . deaumarch. Mar. de Figaro, il, 49. ||2' Instru- j ment qui sert à séparer la portion de rayons dont ' i on veut s'emparer dans une ruche. || 3° Le c( lé le I plus mince d'un objet. On sait qu'on éprouve dans i ! l'eau une plus grande résistance en y faisant mou- ' voir la main par le plat que par le tranchant, bris- ] son, Traiti' de phys. I. i, p. 80. H*- S. m. pi. Les tranchants, voyez tranchants (côtés).
— HIST. xm* s. Couvreurs de mesons et toutes autres manières d'ouvriers qui ouvrent du trcncbant en merrien, Liv. des met. 4 04. || iv s. Je ne vueil parler fors que de la vérité, et aller parmi le tranchant, sans colorer l'un ni l'autre, froiss. II, in, «3. Il xvi* s. Othon, ayant résolu de se tuer.... aprez avoir.... affilé le trcnclwint d'une espée de quoy il se vouloit donner, mont, i,
— f.TYM. Tranchant 2.
s. TRANCHANT, ANTB (tran-chan, chan-;';. ait'
TRA
TRA
TRA
Il !• Oui trancne, qui peut trancher. Un inslrumenl Iranchaiil. Les cpées iraiicliaiilcs des Gaulois, les éléplianls de Pyrrhus , ue les surprirent; qu'une fois (les Romains], montesû- Uom. 2. Ainsi mes paroles étaient une épée tranchante à deux côtés, selon les paroles de l'Apocalypse, sÉv. 237. Il Écuyer tranchant, oITicier qui est chargé do couper les viandes à la tahle des princes. || Substantivement, grand tranchant, grand écuyer tranchant. M. de Blainville lit à la Cène sa première fonction de grand maître des cérémonies, et la Chcsnaye y servit comme grand tranchant, en portant un des plats, qui est un des droits de sa charge, danoeau, i, <B7, Jeudi sainl, <u avr. 1885. Il En vénerie, côtés tranchants, les côtés du pied de l'animal lorsqu'ils ne sont pas usés. || 2' Fig. Qui décide comme tranche une épée. Un esprit tranchant. Très-poli dans la conversation, mais hardi et tranchant, la plume à la main, volt. Lelt. Mme du Deffant, 7 déc. (788. Juges superficiels et tranchants, marmontel, (Euv. t. v, p. (46. Il 11 se dit des choses en un sens analogue. Vos paroles sont tranchantes, et mettent de l'huile dans le feu, sÉv. 13 uov, 1673. Ces réponses tranchantes contre un idolâtre ne pénétraient pas jusqu'à la racine de la difficulté, l'abbé houteville, dans DESF0NTAINES. Quoiqu'il ne manquât pas de politesse à certains égards, son ton était au.-îsi tranchant qu'impérieux, genlis, Ad. et Théod. t. il, p. 339, dans pouGENS. Il 8" Fig. Qui est sans nuance, sans adoucissement intermédiaire, en parlant de teintes, de couleurs. Des laquais chamarrés de livrées tranchante», hamilt. Gramm. H. Les couleurs tranchantes frappent tous les yeux, volt. Phil. ignor. 32. Ainsi rien n'est tranchant, ainsi rien n'est mêlé; Ainsi sont réunis sur cette échelle immense Le degré qui finit et celui qui commence, deulle. Trois règ. vni.
— Hisr. XI' s. Tanz colps ad pris de bons espiez trenchans, Ch. de Hol. xl. || xii* s. Car veez cum li pères chastie sun enfant Par mull dulce parole e par aspre e mordant; Ë mainte feiz le bat de la verge tranchant. Th. le mart. 78. || xui" s. Car moult [elle] doutoit la bise, qui ert [était] trancbans et fiere, Berte, xl. Nostre sire nel volt soufrir. Son ange fist devant venir, À [avec] une bien tranchant espée La voie a à celui vcoe, Ren. 2iu. Il XV' s. Un large fer de Bordeaux, aussi tranchant et affilé que nul rasoir pouvoit estre, froiss. ii, II, 5. Il XVI' s. Marius lui respondit avec un soupir trenchant tiré du profond du cœur, amtot, Mar. 73. Les grands avoient leurs eschansons et trenchants, mont, i, 372. La sentinelle ne pouvant endurer la bise tranchante, d'aub. Hist. m, (BB.
TRANCHE (tran-ch'), s. f. \\ 1' Morceau coupé un peu mince d'un objet quelconque. Une tranche de melon. Ne trouvant plus de poulets coupés, elle fut réduite à lui servir des tranches de gigot de mouton, scarron, Rom. com. ii, «. Le père saisit un jambon qui pendait au plancher, en coupe une tranche et se retire, p. L. cour. Letl. i, 24 6. Il II se dit aussi de morceaux de corps durs qui sont plus longs et larges qu'épais. M. l'abbé de Rochon a démontré cette inégalité de dureté dans les tranches du cristal de roche, en mettant sur la surface polie de ce cristal un verre objectif d'un long foyer, buff. Uin. t. vi, p. 4(7. La fameuse table de marbre d'un seul morceau [au palais de Justice de Paris], si longue, si large et si épaisse que jamais on ne vit, disent les vieux papiers terriers, dans un style qui eût donné appétit à Gargantua, pareille tranche de marbre au monde, v. HUGO, Noire-Dame de Paris, i, (.||2' Terme de cuisine. Un morceau de tranche, un morceau de cuisse de bœuf. || Terme de boucherie. Tranche grasse, partie de la cuisse du bœuf qui s'étend, de la longueur du tendre de tranche, en pointe comme le tendre, jusqu'à la culotte et au gîte. Il Tranche au petit os, le milieu du gîte à la noix. Il 3" Tranche de marbre, plaque mince de marbre, qu'on insère dans un compartiment de maçonnerie, pour décorer une façade, etc. || i° Terme de géométrie. Se dit des solides qui résultent de la section d'un prisme, d'un cylindre, etc. par des j-ilans parallèles. || Terme- d'hydrostatique. Tranche d'un liquide, portion d'un liquide qu'on suppose partagé en sections infiniment min«s. L'hypothèse du parallélisme des tranches, établie par Daniel Bernouili, navier, Instit. Kém. scienc. t. ix, p. 3((. Il 5' Terme d'arithmétique. Division qu'on f^it des chiffres d'unnombre de troisen trois, afin de l'énoncer plus facilement. || B'Terme de marine. Division de la cale. || 7' Terme de reliure. Surface unie que
présent^ l'épaisseur d'un livre rogné. Tranche marbrée, dorée. Un volu.ne de Ciceron doré sur tranche, et relié de maroquin de Levant, balz. Disseri. crit. 7. Il faut donner aux enfants un livre bien relié, dtiré même sur tranche, avec de belles images et des caractères bien formés, fén. t. xvii, p. 29. Que la tranche soit lisse, exempte d'aucun saut; Car c'est dans la rognure un bien vilain défaut, LESNÉ, la Reliure, p. 60. Quelquefois sur la tranche on peint des paysages, Des miniatures même, et mille autres objets, Qui ne sont apparents qu'en courbant les feuillets, ID. ib. p. 63. || Faire la tranche, couvrir cette tranche d'une couleur unie, ou jaspée, ou marbrée, ou même la couvrir de feuilles d'or, Jfonuei du relieur. || Petite bande d'or pour faire des bords de livres. || Tranchepeigne, tranche de livre marbrée au peigne. Il 8' Circonférence des monnaies modernes, où l'on met la légende ou le cordonnet, pour empêcher qu'elles ne soient rognées. Un ingénieur français nommé Casting avait inventé la machine à marquer sur la tianche, qui opposait une digue à la cupidité des rogneurs des monnaies, moncez, Instit. Idém. acad. inscr. t. ix, p. 229. || 9° Terme d'artillerie. Surface perpendiculaire à l'axe d'une bouche à feu et qui termine la volée. Tranche de la bouche d'un canon. Tranche des tourillons. Il 10* Surface plane qui termine un objet. Je fus frappé d'un site d'où l'on avait une vue superbe du Mont-Blanc, de ses grandes tranches pyramidales et de sa pointe, SAUSSURE, Voy. Alpes, t. m, p. 440, dans pougens. Il 11' Terre que la charrue enlève de la raie qu'elle ouvre. Il 12 ' Le côté mince d'un objet. Lorsque l'anneau [de Saturne] ne nous présente exactement que sa tranche, il ne réfléchit pas assez de lumière pour qu'on puisse l'apercevoir avec les meilleures lunettes, pufp. Théor. terr. Œuv. t. a, p. (95. Il 13° Synonyme de houe bident, voy. houe. Il Ciseau acéré, fixé dans un bloc, avec lequel les faiseurs d'hameçons coupent le fil de fer. || Ciseau d'acier emmanché, servant à trancher le fer, quand il est chaud. || Couteau et espèce de coin à l'usage des fondeurs. || Sorte de marteau tranchant. Il Outil du maréchal pour rogner ou couper un fer. Il Double crochet dont se servent les ardoisiers. Il 14" Nom donné, dans certaines provinces, à une sorte de bêche. Il a essayé de lui assener sur la tête un coup d'un instrument en fer dit tranche de jardinier, le Ifalional de (809, (4fcvr. (809.
— HiST. XIV' s. Ils scieront les pieux dont je vous vois [vais] parlant, En terre rez à rez; mais je vous acreant Qu'on ne les alla pas trestous outre sciant; Puis alerent la tronche de terre recouvrant, Guescl. (945B. Il XV* s. Le suppliant print une tranche et se mist à bêcher, do cange, trancheia. Fort deffait et deffiguré par la tranche qu'il avoit au visage, mat», de coucy, Hist. de Charles VII, p. G46, dans LACURNE. Unes heures couvertes de cuir vermeil empraint et doré sur tranclie, de la- BOBDE, Émaux, p. 620. Il XVI* S. Deux charretes où estoient les forges, trois chargées de pelles, picques et tranches, J. d'auton, Ann. de Louis XII, p. (83, dans LACURNE. Marteaulx, pelles, picqz, tranches et hoyaulx, desquels nosditz salpestriers seront tenus se meubler et fournir, Ordonn. 43 févr. 4643. Se servant d'instrumens bien trenchans pour faire la trenche bien unie, o. de serres, 469. J'ay un livre toscan dont la tranche est garnie richement d'or battu de l'une et l'autre
part, LA BOÉTIE, 6(6.
— ÉTYM. Nom verbal de trancher i wallon, treirtg ; picard, iringue.
TRANCHÉ, ÉE (tian-ché, chée), part, passé de trancher. || 1° Coupé, séparé en coupant. 11 opina, sans s'appuyer sur rien, que M. Fouquet aurait la tête tranchée à cause du crime d'État, sÉv. Lelt. à Pompone, n déc. (604. La partie la plus voisine du mont Liban n'offre que des rochers tranchés et culbutés, et c'est ce qu'on appelle l'Arabie Pétrée, BUFF. Addit. théor. terr. Œuv. t. xn, p. 403. Il Terme de blason. Écu tranché, écu coupé en ligne diagonale de droite à gauche. || Tranché crénelé, se dit quand la division du tranché est faite par créneaux. || Tranché taillé, se dit quand sur le tranché il y a une petite taille ou entaille au cœur de l'écu. || î* Bois tranché, se dit du bois qui, ayant des nœuds ou des fils obliques, est difficile à façonner. || 3" Fig. Qui ne présente point d'intermédiaire. Les différences nombreuses et tranchées qui séparent ces deux espèces [le hocco et le dindon], BUFF. Ois. t. IV, p. (36. Un noir bien tranché, ID. ib. t. vin, p. (03. Son plumage est agréablement mêlé et tranché de blanc et de noir, lu.
ib. t. XIII, p. (66. C'est en s'efforçant i ranger toutes les productions organiques en classes, en genres et en espèces, que le naturaliste s'aperçoit ijue les divisions de la nature ne sont point tranchées comme celles de l'art, bonnet, Paling. phil. m, 3. Le ciel et la terre sont de deux couleurs si fortement tranchées, que cette nature ellemême a l'air d'être arrangée avec une sorte d'apprêt, STAËL, Corinne, xv, 7. Il s'en faut bien que l'instant où le baromètre commence à baisser ou i monter soit aussi nettementtranché ici que sous la zonetorride,RAMOND, Inst. Mém.tcienc. (8u8,p. (04. TRANCHÉE (tran-chée), t. f.\H' Ouverture, excavation pratiquée dans la terre. On lait des tranchées pour dessécher les marais. Il fitouvrir sur le soir la tranchée des deux côtés de la rivière, audessous et au-dessus de la ville, afin d'y faire écouler les eaux, rollin, Hist. anc. Œuv. t. ii, p. 25o, dans POUGENS. Il Longue ouverture de terre faite pour planter des arbres, de la charmille, ou pour faire un fossé, une rigole. || Terme de ponts et chaussées. Excavation profonde, au fond de laquelle se trouve un canal, une rigole, un chemin de fer, une route. Il Terme d'hydraulique. Tranchée de recherche, tranchée faite pour amasser les eaux de divers endroits. || Terme de cha.sse. Longue ouverture que l'on creuse pour fouiller et déterrer les renards et les blaireaux. || 2° Terme de guerre. Sorte de fossé creusé par l'assiégeant, dans les sièges, afin de pouvoir s'approcher à couvert de la place. Une tranchée enfilée. Monter sur le revers de la tranchée. Etre de tranchée. Quand on se résolut de l'attaquer par force [Corbie prise par les Espagnols], alors il n'y eut personne qui ne criât.... les autres disaient qu'on avait peur que nos soldats ne mourussent pas assez tôt de misère et de faim, et que l'on les voulait noyer dans leurs propres tranchées, voit. Lett. 74. La première [de ! trois choses dont on est redevable au roi] est ! d'avoir été à la tranchée tambour battant, et d'y avoir fait transporter les drapeaux ; ce qui ne se pratiquait point, pellisson, Lett. hist. t. i, p. 3«6. Toutes nos tranchées et travaux sont d'une grande profondeur pour mettre nos gens à couvert, id ib. t. m, p. 38" . Viendra le temps que tes ennem is [à loi Jérusalem].... t'environneront de tranchées, et t'enfermeront, et te serreront de toutes parts, boss. Hîst.n,». Il dit que la ville a des endroits faibles.... et capitulera après huit jours de tranchée ouverte, LA BRUY. X. Comme il [Cliarhs XII] visitait la tranchée seul avec un ingénieur, il a reçu un coup dans la tête dont il est mort, montesq. Lelt. pers. (27. Il Monter la tranchée, être de service à la tranchée. Il fit monter la première tranchée par son régiment, hamilt. Gram. 8. Il alla au siège de Mons en 469(, et il montait tous les jours la tranchée, pont. Sauveur. || Descendre la tranchée, quitter la tranchée où l'on a été de service. j Voilà des lettres de votre enfant; il revient de ; dosoendre la tranchée (à Philisbourg], sÉv. à Mme de Grignan, la Toussaint (688. || Tranchée simple, celle dont on commence l'exécution en étant entièrement à découvert. || Tête de tranchée, partie de la tranchée la plus rapprochée de la place. || Cavalier de tranchée, massif de terre avec parapet élevé par les assiégeants près des chemins couverts de la place, afin de pouvoir plonger dans les places d'armes saillantes pour en chasser les défenseurs. || Nettoyer la tranchée, se dit quand l'assiégé, faisant une sortie, chasse ou tue tous ceux qui sont dans la tranchée. M. de Lorraine ne voulait point qu'on s'amusât au siège de Trêves, et disait: Vous y périrez, messieurs; songez qu'il y a quatre mille hommes et un maréchal de France en colère; en effet, ce maréchal fait des miracles; il nettoyé tous les deux ou trois jours la tranchée avec une propreté extraordinaire, SÉv. 2(5. || Tranchée dou ble, celle qui a un parapet de chaque côte. |J Tranchée à crochet, celle qui va en zigzag vers la place. Il Tranchée se dit aussi de l'espèce de double rempart qu'on forme avec des fascines, des gabions, des sacs remplis de laine ou de terre, quand le terrain estde roche ou difficile à creuser. Il 3* Terme forestier. Se dit des ouvertures qui se font dans les bois, telles que les laies et chemins, il 4' Terme de maçonnerie. Tranchée de mur, entaille dans une suite de pierres au dehors d'un mur, pour y encastrer l'extrémité d'une poutre et la recouvrir de plâtre. ||6' Douleurs aiguës qu'on ressent dans les entrailles; il se dit surtout au pluriel. L'insomnie, la colique et les tranchées sont le partage de l'homme intempérant, saci. Bible, Ecc'.i-
TKA
»ia«'»7. XX»' M '".« f«mi<l« 81 terrible qui fait IremflloTcn le nuiuoiim.... purge beaucoup plus doucement qa'un verre d'eau de fontaine, ne donne pas la moindre trancliée, pas la moindre douleur, sÉv. a4H. Il Fig. C'est alors que l'âme est dans le travail et dans le,s tranchées de l'enfantement, balz. 4' dise, sur la cour. || Tranchées utérines, douleurs qui ont leur «iége dans la matrice après l'accouchement, et qui sont causées par les efforts que fait cet organe pour expulser les caillots qu'il contient encore. 1| 6* Chez les chevaux, tranchées rouges, coliques très-violentes. || 7" Terme populaire. Tranchées de saint Malhurin, accès de folie
— HIST. XIII' s. Vit les tranchées et les murs Fors et espès et haus et durs, flen. n378. || xvr s. Ce ciel de lict [d'un roi], tout enflé d'or et de perles, n'a auloune vertu à rappaisor les tranchées d'une verte cholique, mont, i, Sï8. Ils résolvent que Siré sortiroit par le ravelin de la porte avec chemises blanches, pour enfiler les tranchées, d'aub. Hisl. n, 305. Telle chose aide grandement à les faire accoucher, n'estant si vexée des tranchées ou ondées, paré, xviii, ta.
— f.TYM. Tranché ; boarg. trainchée ; provenç. trencada.
t TRANCHEFIL (tran-che-fil), ». m. || !• Terme de manège. Petite chaîne qui est autour du mors. Il 2 ' Instrument pour former les veloutés des tapis de Turquie.
TRANCUEFILE (tran-che-fl-l'),!. f. || 1* Terme de relieur. Petit morceau de papier ou de parchemin, entouré de soie ou de fil, et qui se met au haut et au bas du dosd'unlivrequ'on relie, afin de tenir les cahiers assemblés, et de résister i l'eff'ort de la main qui tire un livre d'entre d'autres livres rangés sur un rayon de bibliothèque. Ce petit ornement qu'on nomme tranchefile, Maintient la coiffe ferme , au livre très-utile, lksné, la Reliure, p. C5. || On trouve aussi dans les livres techniques tranchefil au masculin. C'est aussi sur le tranchefil que s'attache le ruban qu'on nomme sinet, Dict. des arls et métiers, Relieur. || %' couture en forme de bordure, dans l'intérieur des souliers.
— MlST. iTi* g. C'est [la douane) une tranchefile propre à estrangler le plus riche iiian;lianil de France, phoumenteau, finances, f° ;>•>.
— ÊTVM. Trancher, et file.
t TRANCUEFILEU (tran-che-fl-lé), v. a. Faire a tranchefile. Quand la tranche est dorée ou bien mise en couleur, Tranchefilei le livre au gré de l'amateur.... On tranchefile en fil, on tranchefile en ioie....On en fait en argent mêlé de soie et d'or, LESNÉ, la Reliure, p. 66.
— HIST. XVI* s. Les paresseux mariniers, lesquels, à l'heure de la plus forte tourmente , sont contraints de s'empescher à recouldre et rapiécer les vieilles voyles, et à renouer et tranchefiler leurs cables et cordages, M. du Bellay, Prolog.
t TUANCIIE-GAZON ( tran-che-ga-zon) , S. m. Instrument propre à détacher le gazon par plaques, et à ébarber les bordures. |{ Charruo à soo large et tranchant et i coutre très-coupant.
TRANCUELARD (tran-che-lar), S. m. Couteau à lame fort mince, dont les cuisiniers se servent pour couper le lard en tranches très-minces.
— HIST. XV* s. Ung grant Cousteau de cuisine, nommé tranchelart, du cange, (rancAelus.
— ÊTYM. Trancher, et lard.
t TRANCHE-MAÇONNE, ÉE (iran-che-ma-so-né, née ), adj. Terme de blason. Se dit d'un écu dont une division est en maçonnerie.
t TRANCUE.MENT (tran-che-manV J. m. Action de trancher.
— HIST. «T* s. La char mauvese soil ostée o [avec] trenchement ou o cautère convenable,
H. DE MONDEVILLE, f" C7, VCrSO.
— ÊTYM. Trancher; provenç. trencamen.
t TUANCHÉMENT (tran-ché-man), ode. D'une manier.» tranchée. Nous avons écrit par Lafonlaine ^ue, tranchément, la trêve que le roi deiuande pour les Anglais et Hollandais nous avoit été refusée, Mém. de BelUèvre et de Sillery, p. 276.
— HIST. xiT* s. Volons que nostres hoirs ou nosire hoir soient controint traiiichiementàtenir, à accomplir.... toutes les choses dessus dites, BU CANOE, Ireneator.
TRANCII E-MONTAGNE ( tran-ehe-mon-U-gn" ) , I. m. Terme familier. Fanfaron qui fait grand Druit de son courage et de ses exploits prétendus. l! ÀH plur. Des Iranche-monugnes.
— HIST. XVI* 8. Tranche montaigne, coToaAVB.
— ÊTYM. Trancher, et morUagne.
«T&ANCHV PAPIER ( tran-che-pa-pié ), «. m.
TRA
Couteau pour •« papier. Des tranche-papiers en ivoire, en bois.
TRANCHER (tran-ché), 0. o. || 1* Séparer en coupant. I.'acier de Damas tranche le fer. Artaierce, sous prétexte qu'il [un officier] avait manqué de respect pour son prince, en frappant la béte avant lui, ordonna qu'on lui tranchât la tête, ROLLiN, llist. anc. Œuv. t. ni, p. 36î, dans POUOENS. Enfin Almagro fut fait prisonnier, et son rival Pizarro lui fit trancher la tête, volt. Mœurs, M8. Il Absolument. Ce couteau tranche comme un rasoir. Ce prince vit l'échange, et l'allait empêcher; Mais l'acier des bourreaux fut plus prompt â trancher, corn. Héracl. ii, o. [| Trancher le placage, couper le bois en feuilles minces. || Trancher dans le vif, se dit d'un chirurgien qui coupe dans une partie que la gangrène n'a pas encore atteinte. || Fig. Trancher dans le vif, rompre tout & coup des relations nuisibles, ou prendre des mesures énergiques dans une affaire. || 8' Absolument, découper. Le service de l'écuyer consistait, en paix, à trancher à table, à servir lui-même les viandes, comme les guerriers d'Homère, chateaubr. Génie, rv, v, 4. US" Fig. Couper, êter, interrompre comme par le fer. El toujours la fortune, à me nuire obstinée, Tranche mon espérance aussitôt qu'elle est née, cobn. Poly. tv, a. La vie est si précipitée dans sa course qu'à peine avons-nous pris les premières teintures des connaissances que nous recherchons, que la mort inopinément tranche le cours de nos études par une fatale et irrévocable sentence, boss. 2* sermon, Quinquag. I. || Poétiquement. Mettre fin à la vie. Mais si ce fer aussi tranche sadestinée, corn. Hor. n, 4. La mort toujours cruelle Aime à trancher des jours heureux, Et n'entend point les vœux D'un infortuné qui l'appelle, quin. Amad. m, (. Et le fer est moins prompt à trancher une vie Que le nouveau poison que sa main me confie, rac. Bril. iv, 4. 1| U Parque a tranché ses jours, le fil de ses jours, il est mort. Elle apprit qu'il avait suivi Adraste dans les combats, et que la Parque avait Ir.inché cruelli;ment ses jours, pén. Tél. xx. || 4* Fig. Décider, résoudre. Trancher le nœud de la difficulté. Trancher une que? •..on. Mais laissons les vaines disputes, et ira.ichons, en un mot, la difficulté par le fond, boss. Hist. u, i3. Les exeuiples tranchaient tout le doute en cette matière, id. Var. XV, 45. Il 5* Abréger, couper court, mettre brusquement fin. Cela fut cause qu'elle trancha son discours assez court, d'urfé, l'Astrée, i, 2. Et, pour trancher enfin ces discours superflus, Albe vous a nommé, je ne vous connais plus, cohn. Hor. ii, s. Et, piiur trancher le cours de leurs dissensions, U faut fermer la porte à leurs prétentions , id. D. Satuhe, i, 2. Tranchez-moi votre discours d'un apophlhegme à la hconienne, mol. Uar. forcé, s. Ma dernière partie, que je tranche en un mot, parce que ce n'est que la suite des deux précédentes, BOSS. Sermons, Ase. de J. C. 2. Et tu verras mon indulgence Trancher nos éclaircissements, CHAULIEU, Raccommodement, à Mme D. Quand la discussion, comme il arrivait souvent, avait été longue, difl"u3o, obstinée, le premier consul savait la résumer, la trancher d'un seul mot, thiers, Hist. du Cens, et de VEmp. xiil. || Trancher le mot, appeler hardiment une chose par son nom; dire sans détour ce qu'on veut dire. Tranchez le mot, seigneur, je vous ai fait mon maître. Et je dois obéir malgré mon sentiment, corn. Sertor. u, 2. Monsieur, la plupart des gens , sur cette question [si on est gentilhomme] n'hésitent pas beaucoup ; on tranche le mot aisément; le nom ne fait aucun scrupule à prendre, mol. Bourg, cent, m, < 2. Il y a pourtant de part ou d'autre une fraude manifeste; tranchons le mot, un crime nonteux, volt. Pol et lég. Nouv. probabilités. Nous souffrons de» choses, des gens.... quinze ans de galèi-e, tranchons le mol, ont abaissé notre humeur fière, p. L. COUR, lettres au censeur, x. \\ Le trancher net, dire tout franc et sans déguisement. Qu'il ne fait pas bien sur, à vous le trancher net, D'épouser une fille en dépit qu'elle en ait, mol. : F. tav. V, I. Il S* Terme de verrerie. Appuyer le verre fondu contre l'extrémité du mors de la canne. || Terme do métallurgie. Forger un métal sur la partie droite de la panne du marteau. Il 7" V. n. Fig. Décider hardimenl. Cela est bientôt dit, marquis; il n'est rien plus aisé que de trancher ainsi, mol. Critique, 7. Voilà une réponse qui tranche, Boss. )*' averl. 2l . Des hommes qui, dans des mœurs dissipées, n'ont jamais donné une heure d'allentiuu sérieuse aux vérités de U
TRA
religion, tranchent, décident, sur des point! qu'une vie entière d'étude , accompagnée de lumière et de piété, pourrait à peine éclaircir, MASS. Carême, Vérité de la reUg. || 8° Abrège», couper court. Car, tranchant avec moi par cet termes exprès.... mol. Éc. des f, m, 4. En peu de mots, sans façon, sans vous amuser à beaucoup de discours, tranchez-moi d'un apophlhegme, ID. la Jalousie du Barbouillé, se. 6. || Elliptiquement. Tranchons là, ne discutons pas davantage. Il Trancher court, terminer en peu de mois une conversation , un discours. Si dans cette matière il n'était nécessaire de trancher court, BOSS. Lett. obb. (84. || Trancher net, s'expliquer avec quelqu'un en peu de mots et sans ménagement. U n'y a rien de tel que de trancher net, et cela donne un air de savant qui éblouit un lecteur, boss. R* avert. 37. || 9" Trancher du, se donner des airs de, en ce sens que ces airs seront péremptoires, avantaj^eux, tranchants. Mais je ne m'aperçois que, tranchant du prud'homme, Mon temps en cent caquets sottement je consomme, résnieh, Sat. IV. Tranchant du généreux, il croit m'épouvanter, corn. Poly. v, 4. Ha! ne tranche plus du ministre. Tu n'étais né que pour le sistre, scarh. Ifoxon'n. Œuv. t. I, p. 286. Notre homme Tranche du roi des airs, pleut, vente, et fait en somme Un climat pour lui seul, la font. Fabl. vi, 4. Je te vois en train De trancher avec moi de l'homme d'importance, MOL. Àmph. I, 2. M. de Seignelay trancha du maitre dans la marine, comme font tous les ministres du roi dan» leur district, la pat Mém. cour France, Œuv. t. m, p. 52, dans pou- GENS 11 me semblait qu'un homme qui voulait trancher du petit seigneur, ne devait pas se montrer fort sensible à la perte de ses hardes, lesage, Gusm. d'Alf. IV, 3. 11 faut voir ce marchand, philosophe en boutique.... Trancher du financier, jouer le grand seigneur, gilb. Le XVllI' ». || Trancher du grand, faire le grand personnage. Le partisan, quoique des plus roturiers de sa compagnie, tranchait du grand, lesage, Gil Blas, m, 3. Il 10" Passer d'une couleur vive à une autre couleur vive sans aucune nuance ci adoucissement. Comme ; . jont des couleurs sombres, elles tranchent pe j l'une sur l'autre, buff. Ou. v. ix p. B2. Il Fig. Cette pensée, cette phrase tranche dans son discours, elle a un caractère trop différent de ce qui précède et de ce qui suit. La qualité de fripon tranche moins que la vertu avec le caractère des hommes, il leur ressemble par là davantage, mariv. dans desfontaines. Il tombe quelquefois dans l'écueil dangereux de la familiarité du style, qui contraste et qui tranche avec la délicatesse ou la grandeur de la pensée, d'alemb. Elog. iomoHe. Il Terme de teinturier. Se dit du drap teint en pièce, dont l'intérieur, lorsqu'on le coupe, paraît d'une nuance beaucoup plus faible. Il 11° Se trancher, ». réfl. Être tranché. Ces branches se tranchent avec un sécateur.
— REM. On lit dans Corneille : Du plus grand des mortels j'ai vu ti-ancher le sort, Pomp. u, 2. Voltaire a blâmé celle phrase, disant qu'on ne tranche point un sort; mais cela est trop rigoureux, puisqu'on dit trancher la destinée.
— lilSl. XI* s. De noz ostages ferai trencher le» testes, Ch. de Bol. iv. |: xu* s. Et se s'espée tranche, la meie [la uiienhe] ad graul reidur, 17». U mart. 37 Trenchied ad Deus ui le règne de Israël, Livre des rois, dans kaynouard, Gloss. t. v, p. 4)6. (1 xiu* s. S'ele a biau col et gorge blanche, Gart que cil qui sa robe trenche [taille], Si très bien la H escolete, Que la char pero [paraisse] blanche et nete Demi-pié d'arricrs et devant, la Rose, )35i8. Devant la table le roi, manjoit mes sires li roi de Navarre, et je tranchoie devant li, joinv. 205. Quant Vrai religieux en son cloistre s'enfonce. Monde et mondaine vie par veu si de soi tronce, j. DE MEUNG, Test. "30. Uestre Henry du Perche, qui demoroit à Pari», cyrurgien, trencha le pié [fit des incisions au pied] dudit GuiUot en trois liex, UiracUs St Loys, p. 4 29. Et tores si mistrent lor Irancheor à une tour, et cil commencierent à trenchier [miner] le mur, du cange, irenchia. Le porroit prendre [un vilain qui se serait laissé donner la chevalerie] li rois ou li beri en qui chastellerie ce seroit, et trencher ses espérons seur un fumier, u. cakar. || xv* s. Or venoil le froid du matin qui les happoit et tranchoit tout le corps; dont ils entroient en fièvres et eu maladies; et au corps ils avoient le cours du \ entre, raoïss. n, m, 83. si leur [aux Anglais] fauit ^arder^
TBA
TRA
TRA
pnsiaRB, Que dedans Patay nuUfmont Ne »« tranchoir de métal trois ou quatre tranchoirs faits dessus. CeU»* fera, soyez tranquille. ||Soyei Iran-
utent.... Conneslable, je vous supplie Lear aller de minces tranches d'un pain liis, fabriqué exprès quille, est aussi une formule de menace. Jo val»
— I . . ■. . j -- ■< .11-.- fjj|.g uj, scandale affreux; «oyez tranquille, ~
boutent.
trancher le chemin, Kysl. du iii^ge d'Orl. p. 7u7. Il XVI* s. Ces deux armées se tranchèrent et ramçarerent, se flancquants d'artillerie.... cahloix, »ii, n. Premièrement, en trenchant les vivres par eer avec ses vaisseaux, il fut en peu de temps Caistre des provisions nécessaires pour vivre, IMTOT, Mar. 77.1)3 commencèrent à trericher [ouvrir dis tranchées] tout à l'cntour pour le renfer
Corbeil, et sur cette sorte de coussin il déposait les morceaux de viandes bouillies ou rôties, d'abord pour le prince, ensuite pour ses convives, DE LABORDE, Éitiaux, p. »n . || 8* Tranchoir pointu, sorte de pièce de verre qu'on met dans quelques panneaux de vitres. || 4* Terme de teinture. Tranchoir ou tailloir, palette de bois qui contient une poignée de chaux ou de cendre gravelée s l'on
mer, ID. Agésil. «&.' Le» bois, le» monts, les baisses met dans la cuve pour chaque balle de pastel.
(vallées] vois [Je vais] tranchant [franchissant], la ; — HlST. xiV s. Rogier Percepot, sommeiller de
BOKTiE, 442. Cettui-là impuissant de livrer son nos napes, en venant querre la nef et les tran-
isle, pôurce que le peuple se lenoit à la domina- chouoirs d'argent que l'en meta table devant
lion la plus ferme, et aussi que cet homme irre- nous, du canob, trencheator. Une tranchoireà pied manière tranquille. Si jamais le prince de Condé
solu trenchoit des deux costez, d'aub. Hist. ii, plain et doré, poise ( marc et vu onces, de la- parut un homme extraordinaire, s'il parut voir
4 4 7. Une forteresse trenchée en roche de tous cos- borde, Émaiix, p. 52i. ||ivi' s. Choses chaudes tranquillement toutes choses, c'es' dans ces rapides
tez ID. ib. l, (86. Triste, je trancherai ce tragique maintenant longuement leur chaleur, comme tuiles moments d'où dépendent les victoires, boss. I.ou't
discours, ID. l«î froffiques, II. ou carreaux, tranchoirs de bois eschaufé» et enve- de Bourbon. Passer tranquillement, sans souci
— f.TVM. Génev. (ronc/ier, tourner, 30 cailler: lopés avec des linges, o. db sebres, 9)9.
le lait a tranché; provenç. trencar, trenchar, 1 — êtym. Trancher.
trinquar; calai, trencar: anc. esp. Irinchar ; esp. , \ TKANGLHS (tran-gl'), s. f. pi. Terme de bla-
mod. et portug. trincar ; ital. trinciare. Origine son. Se dit des fasces rétrécies qui n'ont pas leur
incertaine. Diez rejette truncare, les formes ro- largeur ordinaire, et qui sont en nombre impair.
mânes y répugnant. Il rejette également tran- — ÊTYM. Autre forme de tringle.
icindere et trartsiecare. Mais, Langensiepen ayant TRANQUILLE (tran-ki-l'J, adj. || 1* Sans agita-
proposé une forme non latine inlerimt'core, dérivée tion. Une mer tranquille. Cet enfant est Iran-
de interimere, Diez est conduit à proposer interne- quille. Le médecin lui a trouvé le pouls fort tran-
core(ml(;rnecorcc«lmuni, dans Prudence, faire mou- quille. Les politiques ne se mêlent plus dedeviner
rir le chaume) : internecare donnant entrencar, ses desseins [de Louis XIV] ; quand il marche,
qui se trouve en effet dans le provençal, puis (ren- tout se croit également menacé; un voyage tran-
cor, comme si le en tombé avait été la préposi- quille devient tout à coup une expédition redou-
tion e?i. Cela est très-peu sûr. Voyons les faits table à ses ennemis, Boss. Mar.-Thér. La sévère
positifs. Truncare ou trunciare ont donné en fran- justice de Louis, jointe à ses inclinations bienfai-
çais trencher, comme voluntatem a donné volenté santés, fait aimer à la France l'autorité sous la-
et unquom adonné onc ; réciproquement
exemple de en latin transformé en un
fregunder de frequentare. De plus on trouve
son à côté de tronçon, troncher à côté de trencher, \ lutr. i. Son mari, qu'une affaire appelle dans la TRANQUILLISKH (Iran-ki-U-zé), B. o. || !• Ren-
et tronche à côté de trenche. Tout montre donc ; ville, Et qui chez lui sortant a laissé tout tran- jre tranquille, calmer l'inquiétude. Il ne parvieu-
que trencher a son origine dans truncare. Pas- ; quille, m. Sat. x. Quand son roi lui dit : pars, il ; dra pas à tranquilliser sa conscience. Je verrai
sons au provençal : nous y avons trenso à côté de s'élance avec joie, Du tonnerre vengeur s'en va '
tronso, et anc de unquam ; on peut donc admettre tout embraser, Et, tranquille, à ses pieds revient
que, là aussi, l'un de truncare s'est changé en en. le déposer, rac. Esther, prologue. Après le sacri- Mais l'in de l'espagnol et de l'italien fait une flce, ils [Cléobis et Bitou] s'endormirent, dans le grosse difficulté. Le provençal montre une transi- temple même, d'un doux sommeil, et terminèrent tion ; car il dit à la fois trencar et (rtnquor (la leur vie par une mort tranquille, rollin, Hist. forme en in n'est pas absolument étrangère au ane. Œuv. t. ii, p. 4 4 6, dans pougens. Tous les français; voy. trainchiement à l'historique de gouvernements sont égaux aux gens de commerce
et de la campagne, dès lors qu'ils sont tranquilles,
HL'OO, /luj/ nias, IT, 7. I) 3* Qui ne trouble le repos de personne. C'est un homme tranquille. Des citoyens tranquilles. Des voisins fort tranquilles. Il Chcyal tranquille, cheval qui n'a point d'ardeur. Il 4* Terme de pharmacie. Baume tranquille, infusion de plantes narcotiques et d'un grand nombre de pl.mtes aromatiques dans l'huile d'olive. Pour ! votre côté, j'ai envie de vous envoyer ce que j'«i de baume tranquille, sÉv. 6 noT. (684.
— f.TYM. Lai. tranquillus, tranquille.
TRANOUILLE.MENT (tran-ki-le-man), ado. D'une
sans affaire, La nuit i bien dormir, et le jour à rien faire, boil. Sot. n. Elle [une dame à qui Fontenelle parlait du mouvement de la terre] me fit répondre qu'elle était déjà tout accoutumée i cette allure de la terra, et qu'elle avait passé la nuit aussi tranquillement qu'aurait pu faire Copernic lui-même, fonten. Ifond. 2' loir. Vous avez donc soixante-neuf ans, mon cher confrère ; qui est-ce qui ne les a pas à peu près? voici le temps d'être i soi et d'achever tranquillement sa carrière, volt. Lett. Xoneri(, 27 mars 1767.
— ÉTYM. Tranquille, et le sufOxe ment.
TRANQUILLISANT, ANTE(tran-ki-li-zan,zan-t'), adj. Qui tranquillise. Il a reçu une nouvelle tranquillisante. Cela est tranquillisant pour vous.
TRANQUILLISÉ, ÉE (tran-ki-li-zé, zée), part.
t, on a un quelle, heureusement réunie, elle est tranquille pass^ de tranquilliser. Tranquillisée sur l'avenir, % français, ' et victorieuse, id. ib. Dès que l'ombre tranquille elle s'occupa du présent, oenlis, Yeill. du chdt. ouve tren- 'Viendra d'un crôpo noir envelopper la ville, boil. t. u, p. 32«, dans pougens.
tbanciiément). D'ailleurs le changement de l'un latin en in n'est pas sans exemple dans le domaine roman, puisqu'il y a en français aine de unquom. L't'n provençal, dérivé de en, aura déterminé l'tn
Panckoucke, et je le tranquilliserai, si cependant un pauvre diable qui a cent mille écus en papier sous un hangar à la Bastille [l'Encyclopédie séquestrée] peut être dûment tranquillisé, d'alemb. Lett. à Voltaire, 9 mars 477o. M. de Maleslierbes prit la peine de venir à Montmorency pour me tranquilliser, j. }. rouss. Confess. il. || 2" Se tranquilliser, V. réfl. Se reposer, se tenir tranquille. Oui, fort bien, vous n'avez qu'à vous tranquilliser
MONTESQ. Esp. xviii, I. On vit tranquille aussi dans chez vous, et y attendre de mes nouvelles, dan
les cachots; en est-ce assez pour s'y trouver bien? j court. Vert galant, se. 7. || Par extension. Il n'esl
j.j. ROUSS. Conlr. soc. i, 4. Oui, j'ai quitté ce port j pas ridicule de souhaiter qu'un sang auquel on prend
de l'espagnol et de l'italien. En résumé, le fran- tranquille, lamart. if(;dt(. 25. [j 2° Qui est sans agi- tant d'intérêt se tranquillise et se rafraîchisse sÉv.
çais vient de truncare, et il est probable que les talion morale, sans inquiétude. Tout est tranquille autres formes romanes en viennent aussi. i dans l'État. Tenez-vous tranquille. Un sage assez
semblable au vieillard de Virgile, Homme égalant les rois, homme approchant des dieux. Et, comme ces derniers, satislait et tranquille, la font, f'abl. XII, 20. Soyez tranquille sur ma santé; elle est parfaite, sÉv. 3 mai 4 680. Chaville vit M. le Tellier tranquille durant plusieurs mois, au milieu de l'agitation de toute la France, boss. le Tellier. Dès la première bataille, le prince est tranquille, tant il se trouve dans son élément, ID. touii de Bourbon. Lui-même [un poêle] il s'applaudit, et d'un esprit tranquille Prend le pas au Parnasse au-dessus de Virgile, boil. Sat. iv. J'ai des yeux ; leur bonheur n'est pas encor tranquille, rac. Iphig. n, 8. J'en laisse [de l'Asie] les Romains tranquilles possesseurs, m. Milhr. m, 4. On vit uniment dans ce tranquille mélange de saint et de profane, mass. Avent, Disposit à la comm. 11
TRANCHET (tran-chè; le t ne se lie pas; au pluriel, l's se lie; des tran-chè-z affilés; tranchets rime avec traits, paix, succès, etc.), s. m. Outil plat pour couper le cuir. || Couteau à l'usage du formier. || Outil du plombier pour couper le plomb. Il Outil du serrurier pour couper le fer chaud, etc.
— HIST. XIV' s. Tenens in altéra manu quemdam cultellum nuncupatum vulgariter tranchet, DUCANGE, traruhetus. || xvi* s. Le singe prenoit son tranchet et decoupoit le cuir de Blondeau comme il l'avoit vu faire, desper. Contes, xxi.
— ÉTYM. Trancher ; wallon, treinchet.
t TRANCHE-TEte (tran-che-tê-f), ». m. Ancien nom du bourreau.
— HIST. XV' s. Il fit appeler Jausselin, ci! estoit la tranche-teste, et fit là décoller deux chevaliers, proiss. Il, m, 8.
t TRANCIIEOR (tran-cheur), s. m. Hl'Celui qui ouvre la morue; synonyme d'habilleur. IJÎ" Trancheur de placage, celui qui coupe à l'aide atroce de couteaux le bois en feuilles minces.
— HIST. xni' s. Puis mist ses trancheours [mineurs] as murs, villeh. clxxi.
t TRANCHIS (tran-chî), s. m. Terme de construction. Rang de tuiles ou d'ardoises, coupées de manière à s'appuyer dans l'angle d'une noue ou le long d'une jouée de lucarne.
— HIST. xjv s. Trenchis [coupe de bois] du Canor, trenchis*
TRANCHOIR (tranchoir), i. m. || f Espèce de plateau de hois sur lequel on tranche la viande. Il Planche de bois sur laquelle on coupe du lard
lors<iu'on fait des lardons. Il î- Dans le moyen âge, intérêts 'peints sur les visages, ou le néant de plaques de métal rondes, plus souvent oblongues, ceux qui n'étaient de rien: ceux-ci tranquilles à et quelquefois carrées, sur lesquelles l'écuyer eux-mêmes, les autres pénétrés de douleur ou de tranchant, armé des couteaux à couper devant le gravité et d'attention sur eux-mêmc», st-sim. 293, foi, coupait les viandes; il plaçait sur un second Ï3«.|| Soyez tranquille, vous pouvez compter là-
à Urne de Grignan, 9 juill. 4677. || Cesser d'être inquiet. 1'ranquillisez-vous là-dessus.
— HIST iTi* s. Tranquiliser [pacifier], SOLLT, Ifém. t. IX, p. 4 44.
— ÊTYM, Tranguti/g. On disaitaussi au xvr ». Jrangui/ler, du lat. (ranijut'ZJare, et (ranquilliter.
TRANQUILLITÉ (tran-ki-li-té), j. f. || !• Eut da ce qui est tranquille. La tranquillité de l'air, de la mer. La tranquillité du sommeil. K l'égard de la paix des Romains modernes, c'est la tranquillité de l'apoplexie, volt. Diet. phil. Théodose. C'est une belle chose que la tranquillité; oui, mais I l'ennui est de sa connaissance et de sa famille, I ID. Lett. Uoncrif, 27 mars (7&7. || Par extension. i Vous voulez donc que je vous croie, ma fille, sur votre santé; je le veux, et je suis persuadée de la I tranquillité de votre poitrine, sÉv. 13 déc. 1679. Règle générale: le détaillant (à Paris] demande avant tout la prospérité de la vente et la tranquil- [Aurengzeb] fut le barbare le plus tranquille, lité des échéances, reybaud, Jer. t'aturot, part, n, l'hypocrite le plus profond, le méchant le plus § 4,||a' État de ce qui est sans agitation morale. VOLT. Pul. et lég. Fragm. sur l'Inde, s*. Adieu, mais souviens-toi que c'est sur ta promesse Et pense dans ce lieu tranquille Rencontrer son Que mon esprit reprend quelque tranquillité, corn. tranquille amant, id. Thél. et Macare. Que n'ai-je, Rodog. i, 7. Ceux qui aiment M. Fouquet trouvent comme vous, ce tranquille courage, Si froid dans cette tranquillité admirable, je suis de ce nombre; le danger, si calme dans l'orage? id. Ad. du les autres disent que c'est une affectation : voilà Guescl. Il, 1. Au pied de l'échafaud, sans changer le monde, sÉv. à Pompone, 20 nov. I864. M. d'A-
de visage. Elle s'avançait à pas lents; Tranquille "
elle y monta, c. delav. Messéniennes, Mort de Veann*. Il Trani|u il le à, tranquille à l'égard de. Muet à mes soupirs, tranquille à mes alarmes, BAC. Androm. v, l. Il ne fallait qu'avoir des yeux, sans aucune connaissance de la cour, pour distinguer [lors de la mort du fils de Louis XIV] les
vau) m'a mandé qu'il croyait qu'on vous avait envoyé votre cordon [le cordon bleu au comte de Grignan].... il admire la tranquillité de ne l'avoir pas demandé par un billet à M. de Chàteauneuf, ID. 21 janv. 1089. Je la voudrais haïr avec tranquillité, RAC. Brit. w, (i. On ne voit jamais sur votre visage cette tranquillité d'un père de famille qui répinri la joie dans toute la maison, brueys, Grondeur, l, 7. Les législateurs de la Chine eurent pour principal objet du gouvernement la tranquillité de l'empire, montkso. Ffp iii, I9. L'habitude que les Français avaient orisa <i'obéir 9<<u«
TRA
TRA
Louis XIV, ai U «ûrelÉ du régent et Ja Iranquillité publique, volt. Louis XV, 2. Celle tranquillité pliilusopbique, l'objet des désirs du sage, parce que c'est un bien que personne ne lui envie, u'alehb. Élog. Campisl.
— HIST. XIII* s. En pais e en Uanquillité, Us. de St Jean. || xiV s. Tenu en pais et en tranquillité, BERCHEURE, f" :i4, recJo. || XV S. La mer.... soubs la tranquilité d'uQgdoux ventelel s'atrampe et se pacifie, o. chastelain, Exposit. sur vérité. Il XVI* s. Tranquillité d'esprit, Dont on a lanl parlé, dont on 4 tant escril, despohtes, Tombeau de Desportes. Tranquillité de conscience, laquelle le Seigneur donne aux siens, Calvin, Condition des dmes après la vie présente. Si depuis la grande tranquillité de la France j'ai esté moins souvent près de Sa Majesté, d'aub. Hisl. préface.
— ÊTVM. Provenç. tranquillilal ; espagn. Jronquilidad; ital. Iranquilità; du lai. tranquiliitalem , de tranquillus, tranquille.
TRANS.... Préfixe qui entre dans la composilion de certains mois, pour ajouter à leur signification l'idée de au delà, au travers: transalpin, transpercer, etc.
— ÊTYM. Lai. trans, au delà; comparez le celtique : gaél. tair, (or, au delà; allem. durch; angl. through; sanscr. védique, tiras.
TRANSACTION (tran-za-ksion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. || 1° Acte par lequel on transige sur un dilTérend, sur un procès, etc. Transaction sous seing privé. Transaction par-devant notaire. Transaction sur procès. Une transaction disputée me fait transir; il n'y a donc rien de siir, sÉv. 28 fév. «685. La transaction est un contrat par lequel les parties terminent une contestation née, ou préviennent une contestation à naître, Code civ. art. 2044. Il 2* Dans un sens plus étendu, tout ce qui se fait d'accords, d'affaires dans la vie ordinaire, dans le commerce. Les transactions de la vie civile. Les transactions commerciales. {| 3" Au plur. Recueils des mémoires de quelques académies étrangères. Les Transactions philosophiques de la Société royale de Londres.
— Hisr. xiv* s. Transaction est de chose douteuse et incertaine, bouteiller, Somme rural, lit. ♦ ), p. 305. Il XV* 8. [La mer] Que la verge Moyse divisa, Sans euli mouiller à leur transaction [passage de la mer Rouge], E. descii. Poésies mss. f 129. Il ivi* S. Je luy cède ceste meslairye, voyez ci le contrat de la transaction, rab. Garg. i, 32.
— ÊTYM. Provenç. Iransactio ; espagn. Iransaeion; ital. Iransazione ; du lat. transactionem, de trans, au delà, et actio, action.
t TKANS.XCTIONNEL, ELLE (tran-za-ksio-nèl, nè-1'), adj. Qui contient une transaction; qui a rapport à une transaction. Le caractère transactionnel d'un acte. Indemnité transactionnelle.
t TRANSAILLKS (tran-zà-U', Il mouillées), s. f. plur. Nom, en Dauphiné et dans le Midi, des semences de transition qu'on fait entre la récolte du printemps et les semailles d'automne, et qui Boni surtout composées de légumineuses, fèves, haricots, pois, etc.
- IIIST. XVI* s. Les semences de la prime-vere, appellées les mars et, en plusieurs endroits, transailies et arrerailles, 0. de serres, p. 418.
TRANSALPIN, INE (Iran-zal-pin, pi-n'), adj. Oui est au delà des Alpes. || Gàulc transalpine, la Gaule proprement dite [au delà des Alpes, par rapport aux Romains). || République transalpine, nom qui fut proposé pour l'hlat formé en Italie en I7»7 (au delà des Alpes, par rapport aux Français).
— ' ETYM. Lat. transalpinus, de trans, au delà, et Alpes, les Alpes.
t TRANSANDIN, INE (tran-zan-din, di-n'), adj. Qui traverse les Andes. Ligne télégraphique transandine.
t TRANSATLANTIQUE (tran-za-tlan-tik'), adj. Qui s'étend au delà de la mer Atlantique. Télégraphe, caille transatlantique. || S. m. Navire à vapeur faisant le service de paquebot entre l'Europe et l'Amérique. Les transatlantiques français.
- KTVM. Trans, et atlantique.
TRANSBORDÉ, EE (Iran-sbor-dè , dée), part.
passé de transborder. Marchandises transbordées.
TRANSBORDEMENT (tran-sboi-de-man), s. m.
Terme de marine. Action de transborder. || Résultat de celte action ; chose transbordée
TRANSBORDER (Iran-sbor-dé), v.a. Termede marine, l'orterd'un bord ou d'un i^avire dans un autre. Il Absolument. Passer d'un navire dans un autre.
— ÊTYM. Lat. trans, au delà, et tord.
TRANSCENDANCE (tran-ssan-dan-s'), t. f. jj 1* Su-
périorité marq;iée d'une personne ou d'une chose sur une autre. La transcendance du génie. || i" Absolument. AfTectation de supériorité. Brûlait avait beaucoup d'esprit et de savoir, mais l'un et l'autre fort désagréable par un air de hauteur, de transcendance, de pédanterie, sT-siM. 309, 4 30. Il 3" Terme de philosophie. Caractère de ce qui est transcendant. La transcendance de certaines nolions.
— EiYM. Transcendant.
TRANSCENDANT, ANTE (iran-ssan-dan , dan-t'),
adj. Il 1* Qui monte, s'élève au delà, du reste. L'on voit peu d'esprils entièrement lourds et stupides ; l'on en voit encore moins qui soient sublimes et transcendants, la bruy. xi. La supériorité de ses lumières et un mérite transcendant, rollin, Ilist. anc. Œuv. t. v, p. 242, dans pougens. Il [Rubens] avait donné plusieurs fois des preuves d'un esprit solide et d'une pénétration transcendante, gersaint. Catalogue raisonné, p. 3. Je n'ai supposé dans mon élève ni un génie transcendant, ni.... J. J. rolss. Ém. IV. Il 2* Se dit, en général, de la partie la plus élevée d'une science. || Analyse transcendante, le calcul différentiel et intégral. || Géométrie transcendante, celle qui dépend du calcul infinitésimal. Il Quantités tran-cendantes, celles dont la génération théorique implique l'infini, et dont on ne peut obtenir la valeur théorique que par approximation. "Équations transcendantes, celles qui contiennent des quantités transcendantes. {| Courbe transcendante, courbe dont l'équation est transcendante. ||Anatomie transcendante, celle qui, de l'observation et de la comparaison des dispositions anatomiques concrètes , s'élève à la conception abstraite des lois de l'organisation envisagée dans ses divers degrés. || 3" Terme de philosophie. Qui est susceptible d'une très -grande généralité. D'où s'est ensuivie la nécessité d'inventer des termes universaux, le genre, l'espèce, etc. et des termes transcendants, ens, res, aliquid, boulainvill. Réfut. de Spinosa, p. 4 54. || Philosophie transcendante, partie de la métaphysique qui recherche l'autorité de nos facultés, la valeur des notions, la certitude des connaissances, etc. Quand, dans un système, le sujet ne cherche qu'à prononcer de façon ou d'autre sur la nature des choses qui ne sont pas lui, sur leur manière d'être indépendamment de la manière dont il les perçoit, nous appellerons son point de vue transcendant, sa philosophie philosophie transcendante , villers, Kant, p. 446. Il Idées transcendantes, toutes les idées qui émanent immédiatement de la raison.
— HIST. XV* ». C'est [Dieu] vertu sur toutes vertus, transcendent sur toutes, chr. de pis. Charles V, m, 4. Ilxvi* s. Ces humeurs transcendentes [se désassocierdu corps] m'eftVayent, comme les lieux haoïltains et inaccessibles, mont, iv, 307. Qui l'a [l'esprit] tant eslevé et transcendant, charron, Sagesse, 1, 4 5. El dient les logiciens que ung est l'ung des six principes transcendans, delaboche, Arismetique, f* 4 .
— ÊTYM. Provenç. trenscendant; espagn. transcendenle ; ital. trascendenle ; du latin, Iranscendere, de trans, au delà, et scandere, monter.
t TRANSCEXDANTAL, ALE (tran-ssan-dan-tal, ta-l'), adj. Terme do philosophie. Qui s'appuie ou a la prétention de s'appuyer sur des données supérieures aux impressions sensibles et à l'observation. On pourrait dire que la philosophie transcendante est l'élude de l'objectif, considéré comme existant absolument et en lui-même, et la philosophie transcendantale l'élude du subjectif, mais seulement en tant que celui-ci doit concourir à la formation des objets le procédé de Kant est critique, c'est-àdire examinateur; sa doctrine est transcendantale, c'est-à-dire qu'elle recherche ce que nous mettons du nôtre dans la connaissance des objets, villers, Kant, p. t te. Un bateau suit le fil de l'eau; le rivage fuit ou semble fuir ; de deux personnes qui sont placées dans ce bateau, l'une dit : le rivage marche ; elle est empiriste ; l'autre dit : c'est nous qui marchons et qui attribuons ce mouvement au rivage ; celle-ci est dans un point de vue transceh-
I dantal, ro. l'b. p. 422. || L'analytique transcendantale, suivant Kant, recherche des conditions à priori qui sont dans l'entendement. || Dialectique transcendantale, suivant Kant, discussion des
I idées de la raison, ou de la science, qu'elle se forme par sa vertu propre, et dont les objets sont
I l'àme, le monde, Dieu. || Esthétique transcendantale, suivant Kant, recherche des formes générales de la sensibililé. || Fénelon disait Iranscendenlel. Quand je le confois [Dieu] dan» ce genre que l'é-
cole appelle transcendentel.... fén. Exist. n, » Ce que c'est que Dieu, jj Terme de géométrie! Courbe transcendantale, courbe dans le calcul de laquelle on fait entrer l'infini.
— FTVM. Transcendant.
t TRANS4:ENDANrALEMENT.(transsan-dan-lale-man), adv. Dune manière transcendantale.
t TRANSCKNOANTALISME (tran-ssan-dan-ta-lism'), s. m. Terme de philosophie. Se dit de tous les systèmes dont le point de départ n'est pas l'observation et l'analyse. || Étude du subjectif. Le transcendantalisme de Kant.
t TRANSCENDANTA LISTE (tran-ssan-dan-ta-lisl'), t. m. Partisan du transcendantalisme. || Adj. Qui appartient au transcendantalisme.
t TRANSCONTINENTAL, ALE (tran-skon-ti-nanlal, ta-l'), adj. Qui passe à travers un continent. Par l'eslafetle transcontinentale New-York vient de recevoir des nouvelles de la Californie.
— ÊTYM. Trans, et continent.
t TRANSCRÉATION (tran-skré-a-sion), t. f. Terme de métaphysique. Transformation par création. Au lieu de la création absolue d'une âme raisonnable, on pourrait soutenir la doctrine de la transcréation d'une âme non raisonnable en âme raisonnable, ce qui se ferait par l'addition miraculeuse d'un degré essentiel de perfection, leibnitz, cité dans Revue de l'instr. publique, 27 juin 4 80), p. 498. Pourquoi recourir ici avec notre auteur à une opération particulière de Dieu, ou à une espèce de transcréation qui est la chose du monde la plus obscure? bonnet, Paling. phil. vu, 6.
— RTYJl. Trans, et création.
t TRANSCRIPTEUR (tran-skri-pteur), s. m. Celui qui transcrit. Ils [les gentils] étaient si impertinents que de.... vouloir que Moïse eût été le transcripteur des inventions d'Hésiode et d'Homère, LA MOTHE LE VAYER, Kertu des païens, 11, PJoton.
— ÊTYM. Voy. TRANSCRIPTION.
TRANSCRIPTION (tran-skri-psion ; en vers, de quatre syllabes), s. ^ || 1* Action de transcrire, résultat de cette action. La transcription d'un manuscrit. La transcription d'un acte sur les registres publics ne pourra servir que de commencement de preuve par écrit, Code civ. art. 4 336. || 2* Terme de musique. Action de reporter un chant tel qu'il est, sans modification, d'un instrument sur un autre.
— ÊTYM. Lat. transcriptionem, de transcribere, transcrire.
TRANSCRIRE (tran-skri-r'), v. a. Il se conjugue comme écrire. || 1° Copier un écrit. Les rois étaient obligés par une loi expresse du Deutéronome à recevoir des mains des prêtres un de ces exemplaires si religieusement corrigés, afin qu'ils le transcrivissent et U- lussent toute leur vie, Boss. Hist. II, 3. Bertrand [d'AIcmbert lui-même) pouvait au moins et devait s'attendre à une réponse honnête et raisonnable, et non au persiflage que vous lui transcrivez, d'alemd. Lett. à Voltaire, 27 avr. 4773. Démoslhène me disait un jour que, pour se former le style, il avait huit fois transcrit de sa main l'histoire de Thucydide , bafîtiikl Anach. ch. 29. Dans le cas où la prescription suppose un titre, elle ne commence à courir que du jour où il a été transcrit sur les registres du conservateur, Code civ. art. 2480. || Absolument. Si on voulait faire usage de sa raison au lieu de sa mémoire, et examiner plus que transcrire, on ne multiplierait pas à l'infini les livres et les erreurs, VOLT. Frag. hist. xii. || 2' Terme de musique. Opérer une transcription. Gounod a transcrit pour le violon le prélude de Bach.
— lllST. XII* s. Dune se turna as dous [vers les deux] : seignurs, fait-il, tenez, J'ai le transcrit des lettres (einsi n'eschaperez). Qui vus ad de commune ecclesial sevrez. Th. le mart. 424. Il XIII* s. U doit requerre à le [la] cort que se [sa| procuration soit transcrite mot à mot, et li transcris scelés du seel de le [la] cort, beaum. iv, 2k. Il XVI* s. Le priant de transcrire son interprétation au pied du mémoire, et la signer, cakloii, ïiii, 20. J'escris mes lettres tousjours en poste, et.... quoyque je peigne insupportablement mal.... nt les transcris jamais, mont, i, 293.
— f.TYM.Prov. lran.«<;riure,(rarwcnter; esp. Irorv scribir; portug. Iranscrerrr ; ital. tratcrivere ; du lat. trijniiTibpre, defronî,audclà,elicnbere,écrire.
I TRANSCRIT, ITE (tran-skri, skri-f), port, patti de transcrire. Contrat transcrit sur le registre des hypothèques.
t TRANSDANUBIEN, lENNE (tran-sda-niibiin, biè-n'}, adj. Qui est au delà du Danube. USubslao-
TRA
TRA
TRA
tivemenl. Des fils de conquérants des Turcs et des 'l'ransdaiiuliiens, gauani, Lett. à Mme d'Épinay, 30 sept. 1775.
TRANSE (tran-s'), s. f. Grande appréhension d'un mal qu'on croit prochain. Ainsi, toujours en transe, en ce nouveau souci, rkgnier, ZJioJ. Sondiscours m'a laissé dans des transes mortelles, tristan, *. de Chrispe, m, e. Quand je me le remets l'épée à la gorge dans les transes de la mort, PATRU, Plaidoyer 5. Laissez-vous aller un peu à la douceur de n'être plus dans les transes et dans les justes frayeurs d'un péril qui est passé, skv. 476. Il [le roi] se réjouit à donner des transes au prince de Conti.... il lui fait dire qu'il faut remettre l'affaire [son mariage avec Mlle de Blois] à l'hiver qui vient, id. 27 déc. l«79.
— HlST. XV* s. Ainsi [je] party en desplaisance D'amour, faisant chiere marrie, Et, comme tout ravi en trance, Prins congié, sans que plus mot dye, CH. d'orl. Départie d'am. || xvi* s. Jamais mon esprit, estant tousjours en transe aux escoutes de l'advenir pour le regard du bien public, n'a jeté ceste crainte arrière do soi,AMYOT, P.jUm. 58. Selon les règles de l'art, à tout dangier qu'on approche, il fault estre quarante jours en transe de ce mal [la peste], mont, iv, 208.
— ÉTYM. Wallon, transs, glas qu'on sonne pour la mort; espagn. et portug. trance, heure de la mort, moment décisif; ital. transita, passage de vie à trépas; du lat. transitas, passage. En français, transe, qui a voulu dire toute vive émotion pénible, tient à transir (voy. ce mot).
t TRANSÊI.ÉMENTATION (Iran-zé-lé-man-tasion), s. f. Terme que les écrivains calvinistes ont employé en parlant de la transsubstantiation.
— KTYM. Trans, au delà, et élément.
t TRANSEPT (tran-sèpt), s. m. Terme d'architecture. Partie d'une église qui forme les bras de la croix et se trouve en dehors de la nef. On a écrit aussi transsept. Transept méridional. Transept septentrional. Elle [la tribune] règne sans interruption dans toute la circonférence [de l'église Notre-Dame], et retourne dans le transept sur les deux travées anciennes de chaque croisillon, de GuiLHEHMY et TioLLET-LEDUC, Description de N.-D. de Paris, p. 105.
— ÊTYM. Lat. trans, au delà, et seplum, enclos. t TRANSFÉRÉ, ÉE{tran-sfé-ré, rée), part. pass.
de transférer. Une préfecture transférée d'une ville dans une autre.
t TRANSFÈREMENT (tran-sfè-re-man), s. m.
Action de transférer. C'est au moyen de voitures cellulaires qu'on opère le transfèrement des forçats, LEGOARANT.
TRANSFÉRER (tran-sfé-ré. La syllabe fé prend un accent grave quand suit une syllabe muette : je transfère ; excepté au futur et au conditionnel : je transférerai, je transférerais), v. o. || 1" Faire passer il'un lieu à un autre. Transférer des reliques. Transférer un corps saint. Transférer un corps mort. Elle [Elisabeth] n'était point juge de la reine d'Ecosse ; elle lui devait un asile, mais elle la fit transférer à Teutbury, qui fut pour elle une prison, VOLT. Moeurs, <69. Vous savez qu'il y a actuellement quatre-vingt-trois jésuites à Rennes, pas davantage, et que ces marauds, comme vous croyez bien, ne s'endorment pas dans l'affaire de M. de la Chalotais ; il est transféré à Rennes, d'alemb. Lett. à Voltaire, <) aoiit (766. Ce fut un beau jour pour Mme de Maintenon que celui où l'école de Noisy fut transférée à Saint-Cyr, oenlis, Mme de Maintenon, t. n, p. t44, dans pougens. Il 2 Faire passer d'une ville à une autre le siège d'une autorité, d'une juridiction. Transférer le siège d'un empire. On menace Rennes de transférer le parlement à Dinan ; ce serait la ruine entière de cette province, sÉv. 223. Le saint-siége fut transféré d'Avignon à Rome, au bout de soixante-douze ans, volt. Moeurs, 70. {| Il se dit aussi de la personne qu'on déplace de la sorte. Vingt ans après, il [Harlay] fut transféré à l'archevêché de Paris, d'olitkt, Ilist. Acad. t. 11, p. »5<i, dans pouGKNS. De l'évêché de Lavaur, il jFléchicr] fut transféré à celui de Nîmes, d'alemb. Élog. Fléch. || 3° Transférer une fêle, la remettre d'un jour à un autre. 114- Fig. Céder, transporter une chose à quelqu'un, en observant les formalités requises. Il lui a transféré tous ses biens. Il [Jésus-Christ] a transféré le droit de sacrificateur à un autre ordre de prêtrise que celui d'Aaron, étant lui-même prêtre éternel selon l'ordre de Melchisedech, fléch. Sermons, Messe. Le royaume de France n'avait pas encore été transféré
OICT. DE LA LANGUE FRAMÇAISK.
par une bulle ; Ooniface enfin le mit dans le rang (les autres Élats, et en fit un don i l'empereur Albert d'Autriche, volt. Mœurs, 66. Les vœux de l'homme reconnaissant qui ne peut s'acquitter d'un bienfait, transfèrent sa dette aux dieux, dider. Cl. et Nér. II, 69. Il Molière a dit transférer quelqu'un dans des biens. Il m'ose menacer de mes propres bienfaits, El veut.... Me chasser de mes biens où je l'ai transféré, mol. Tart. v, 3. || Par extension, transférer un nom , le faire p,asser d'un être à un autre. Pour transférer un nom [d'un animal à un autre], il faut au moins que le genre soit le même ; et, pour l'appliquer juste, il faut encore que l'es- |ièce soit identique, buff. Quadrup. t. vu, p. t7. Il 5* Se transférer, v. réfl. É're transféré. Le sceptre des arts se transfère d'une nation à une autre. ^
— HIST. XIV" s. Pluseurs y otqui donnèrent leur nons[noms] pour estre transferez à Crustumie, ber- CHEUHE, f" 10, verso. Il xvr s. Quand la prestrise a esté ainsi transférée, il y a eu translation d'alliance, CALV. Instit. 341. Si quelqu'un avoit si parfaite foy que de pouvoir transférer les montagnes, m. ib. 425. Scipion, transférant la guerre de l'Italie en Libye, amyoi, Fab. 50. Essaye toy en ta pensée de le transférer toy mesme et remettre à ce temps là, LA BOÉTIE, 337. Transférer la pensée des choses fascheuses aux plaisantes, mont, m, 292.
— ÊTYM. Lat. transferre, de trans, au delà, et ferre, porter.
TRANSFERT (tran-sfêr ; le t ne se prononce jamais), s. m. Il 1" Terme de finance et de commerce. Acte par lequel on déclare transporter à un autre la propriété d'une rente sur l'État, d'une action, il'une marchandise en entrepôt. || 2' Transfert-payement, transfert-recette, opérations de comptabilité par l'une desquelles une caisse d'épargne annule le compte d'un déposant changeant de résidence, et le transmet à une autre caisse qui en prend charge sur ses livres, jl 3° Terme de bourse. Changement de propriétaire d'une action nominative, effectué, soit par endos, soit par signature d'un acte synallagmatique émanant de l'ancien propriétaire et du nouveau, et déposé au siège social, ou transcrit sur un registre destiné par la société à cet effet.
— r.TYM. Voy. TRANSFÉRER.
TRANSFIGURATION (tran-sfi-gu-ra-sion;en vers,
de six syllabes), s. f. Changement d'un • figure en une, autre. || La transfiguration de Noire- Seigneur, l'état glorieux où Jésus parut sur le Thabor. || Le tableau de la transfiguration de Rapiiaël, ou, elliptiquement la Transfiguration de Raphaël (avec un T majuscule), tableau représentant la transfiguration de Jésus-Christ. La figure du possédé, dans le superbe tableau de la transfiguration par Raphaël, est une image désagréable et qui n'a nullement la dignité des beauxarts, STAËL, Corinne, vni, 3.
— HIST. xiii" s. Il [saint Jacques] fu à la transfiguration, et à ressusciter la fille à un Juif, bhun. LATiNi, Trésor, p. 7). || xiv* s. Si lez elemens sont faiz un de l'autre par Iransfiguracion, oresme. Thèse de mkuniiîr.
— F/rVM. Provenç. transfiguralio ; espagn. trans- /iguracion; ital. trasfigurazione ; &a latin «rons- Hgurationem, de transfiyurare, transfigurer.
TRANSFIGURÉ, ÉE (tran-sfi-gu-ré, rée), part. passé de transfigurer. C'est toi que j'en atteste, ô divin Raphaël, dont le pinceau céleste Osa représenter, par un sublime essor. Le Christ transfiguré sur le mont de Thabor? delille, l'Imag. v. Transfigurées par degré, elles [des âmes dans le purgatoire] s'envolent à des régions plus élevées,
CHATEAUBH. Mart. liv. XXI.
TRANSFIGURER (tran-sfi-gu-ré), 0. a. ||1' Changer la figure, le caractère. L.a légende transfigure les personnages historiques. || L'Académie n'a pas transfigurera l'actif. || 2° Se transfigurer, v. réfl. Prendre une autre figure. Il est difficile.... que l'ange de ténèbres ne se transfigure quelquefois en ange de lumière, mass. Carnne, Injusl. du Monde.
— REM. Transfigurer se dit pour exprimer que la figure prend quelque chose de supérieur et de plus éclatant; cependant on le trouve quelquefois avec le sens de transformer ; Qu'il [iNeedliam] s'en tienne àses anguilles.... que surtout l'envie de se transfigurer en serpent ne lui prenne plus; qu'il ne pense pas qu'il soit en droit de siffler, parce qu'on le siffle, volt. Quest. miracl. «.
— HIST. xui* s. Vers Médusa riens ne duroit; Car en roche transfiguroit. Tant faisoit felonesses uevret, la Hose, 2iu<8. El >e transfigura en la fi-
gure Bretel (nom propre], uerlin, f" «3, reclo. Il xiv s. Uns angles (un ange] laiens se monsir.i, En la fourme dou roi s'est mis Kt de viaire et de figure. Et le mousart roi uaiisfigure [métamorphose], j. de condé, p. <5o. Il XV s. Mais est abesté le bonhomme, et paist l'herbe, et est transfiguré sans enchantement, Les U joyes de mariage, p. <4 8, dans LACUHNE. llxrr s. Noslre rédempteur transfigura nos corps mesprisez en la gloire du sien, CALT. Instit. H02. Voila comment Satan se transfigure en ange de lumière, m. 16. »!I4.
— ÊTYM. Provenç, transfigurar, Irasfigurar ; espagn. transfigurar; ital. (ro.^/ijiirnre; du latin tranifigurare, de Irons, et figurare, figurer.
t TRANSFIL (tran-sfil), s. m. Gros fil de laiton, au bord de la forme du papetier.
t TRANSFILAGE (tran-sfi-la-j"), ». m. Terme de marine. Action de transfiler.
t TRANSFILEH (tran-sfi-lé), v. a. Terme de marine. Joindre deux toiles au moyen d'un lacet de corde qui, au travers d'oeillets, passe alternativement de l'une à l'autre. || Entourer un objet avec de la petite ligne.
— ÊTYM. Tram. .. el fil.
t TRANSFIXION (tran-sfi-ksion), s. f. Terme de chirurgie. Procédé d'amputation qui consiste à traverser d'un seul coup les chairs saine» au-dessous d'une tumeur, avec un couteau à amputation ou un bistouri dont le tranchant est tourné vers la peau.
— ETYM. Lat. tranifixum, supin de trantfigere, percer d'outre en outre, de irons, et figere, piquer.
t TRANSFOHMATIF, IVE (tran-sfor-ma-tif, ti-v*), adj. Qui a la puissance de transformer. L'iniluence transformative de la physique et de la chimie s'est exercée plus visiblement: à peine nées, elles entrent dans les ateliers et y réforment tout, MARCEL ROULLEAUX, J. dcs économistes, juin (88).
— ÊTYM. Transformer ; provenç. tranxformatiu; espagn. trans formativo.
TRANSFORMATION (tran-sfor-ma-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\ 1" Action de transformer. Comme il y a des ricnesses nalurelies, il y a des richesses artificielles; et elles sont également, les unes et les autres, de vraies richesses, puisque les transformations de l'art produisent des valeurs comme les transformations de la nature, condil. Comm. gouv. \, 9. || ï° Changement d'une forme en une autre. La transformation d'un insecte, d'une chenille en papillon. Les transformations des monarchies en républiques, des républiques en monarchies font passer l'humanité par tous les degrés de la perfection terrestre, et sont la principale décoration de notre planète, bonnet. Cous. prem. vin, 6. Il Terme d'anatomie pathologique. Transformation graisseuse des épilhéliums et des leucocytes, nom donné aux cas où des granulations graisseuses se déposent dans les cellules épithéliales et dans les leucocytes. Il 8" Terme de logique. Transformation des propositions, se dit des diverses traductions que l'on peut faire subir à une proposition sans en changer le sens. {[ 4° Terme d'algèbre. Se dit des diverses opérations que l'on fait subir à une équation, à une formule, à une expression algébrique, sans en changer la valeur. || Particulièreruenl , transformation des équations, moyen de solulion par lequel on introduit une inconnue auxiliaire. Il Terme de géométrie. Réduction d'une figure ou d'un solide en un autre de même surface ou de mémo volume. || Transformation d'axes des coordonnées, changement d'axes des coordonnées.
— ÊTYM. Provenç. (rons/ormoli'o; espagn. tran$formacion; liai, trasformazione ; du latin transformationem, de transformare, transformer.
TRANSFORMÉ, ÉE (tran-sfor-mé, mée), part, passé de transformer. Il [Timée de Locres] dit qu'il faut.... lui annoncer [à la multitude, pour l'effrayer et la contenir] que les coupables, transformés après leur mort en des bêtes viles ou féroces, épuiseront tous les malheurs attachés à leur nouvelle condition, BARTHÉL. Anoc/t. ch. 75. || Sensation transformée, théorie de Condillac d'après laquelle toutes nos idées sont des sensations que l'intellect change en idées. Du désir naissent les passions, l'amour, la haine, l'espérance, la crainte, la volonté ; tout cela n'est donc encore que la sensation transformée, condil. Traitésens. extr. rats.
TRANSFORMER (tran-sfor-mé), t). o. |l 1" Donner à une personne ou à une chose une forme nouvelle. Plusieurs témoignaient qu'il [Para, roi d'Arménie] avait le secret de transformer les hommes, ou de les consumer par des langueurs incurables, fléch. Uist. de Théudose, ii, «6. l*
loleil penche k son couchant^ il transforme en autant de diamants les gouttes d'eau qui pen dent attachées aux extrémités inégales des pierres, DiDF.R. Essai sur la peint, ch. fl. || Terme d'algèbre. Transformer une équation, la changer en une autre égale, mais de forme différente. {| 2* Fig. Changer le caractère d'une chose, d'une personne. Rien ne saurait transformer une pareille action en un acte de vertu. Ne sentez-vous pas que Minerve vous a comme transformé en un autre homme audessus de vous-même, pour faire par vous ce que vous avez faitÎKÉN. Tél. xxii. Bientôt ces hommes [les Guaranis du Paraguai] furent transformés, et devinrent sujets de leurs bienfaiteurs , volt. U(e.urs, 164. Il 8* Se transformer, v. réjl. Changer de forme. La chenille se transforme en papillon. Les démons se transforment quelquefois en anges de lumière, malebr. Rech. vér. u, m, a. Si, par un sort pourtant qu'on ne peut concevoir, La belle, tout d'un coup rendue insociable, D'ange, ce sont vos mots, se transformait en diable, boil. Sat, x. Il 4* Fig. Se déguiser, prendre plusieurs caractères selon ses vues et ses intérêts. C'est un homme qui se transforme en mille manières. La vertu se profane. Se déguise, se masque et devient courtisane. Se transforme aux humeurs.... régnier, Sat. V. Il 6° Être transformé. Quand ces détriments [détritus] ont subi une violente action du feu.... ils ont été briilés autant qu'ils pouvaient l'être, et se sont transformés en m&chefer, en sablons....
BUFF. Jftn. t. IV, p. *8.
— HIST. ivi's. Et donques sermons ne porroient teles gens transformer et convertir à bien, oresms, Eth. 324. Oui veist lors une poure vierge si noblement parée et soudainement transformée car telle manière que à peine le peuple la recongnoissoit.... Ménagier, i, 6. || xvi* s. Beautez, grâces, discours qui m'allez transformant, desportes, Diane, ii, 6). J'en veois qui se transforment et se transsubstancient en autant de nouvelles figures et de nouveaux estres, qu'ils entreprennent de charges, mont, it, t58.
— ÊTYM. Prov. et esp. Ironj/brmor ; it. Irasfurmare ; du latin, transformare, de tram, et formare, former.
t TRANSFORMISME (trdn-sfor-mi-sm'),i. m. Hypothèse biologique, émanée des travaux de Lamarck et de Darwin, d'après laquelle on admet que les espèces dérivent les unes des autres par une série de transformations que déterminent les changements de milieux et de conditions vitales.
t TRANSFORMISTE (tran-sfor-mi-sl') , f. m. Pai^ tisan du transformisme.
TRANSFUGE (tran-sfu-j'), s. m. || !• Celui qui, à la guerre, abandonne son drapeau pour passer dans les rangs ennemis. On a su par un transfuge qui s'est venu rendre i Maestricht, que les Hollandais avaient déjà perdu devant Grave bien près de quatre mille hommes, pellisson, Lett. hist. t. n, p. 4 70. Les transfuges, qui étaient environ neuf cents, voyant qu'il n'y avait point de quartier à espérer pour eux, roixin, Hist. ane. Œuv. t. I, p. 565, dans PODOENS. Mithridate put les armer [ses soldats] et les instruire dans l'art militaire des Romains, et former des corps considérables de leurs transfuges, monteso. Esp. xxi, * 2. Il 2° Fig. Celui qui abandonne son parti pour passer dans le parti contraire. Le témoignage seul d'un homme obscur, d'un transfuge de toutes les religions, uiss. Carim», Doutes sur la reiij. ||0n dit dans un sens analogue : transfuge de la vertu, des bons principes. Ce sont des transfuges qui craignent les lois qu'ils ont violées, et regrettent les vertus qu'ils ont perdues, bartbél. Ànach. ch. 48. Il En un sens qui n'est pas défavorable. Transfuge des routes ingrates De l'infruclueux Hélicon, Dans les retraites des Socrates J'allais jouir de ma raison, oresset, Chartr. Rousseau, riche d'une âme indépendante et fière, Transfuge des chilcaui, revoie à la chaumière, millevoye, Indip. de l'h. de lettres. ||Par exagération, qui va d'une demeure à une autre. Du palais des représentants à l'Elysée [où demeurait Napoléon I"], on se volt à nu ; et tout est mis à jour par de fréquents transfuges, tillemain, Souvenirs contemporain», les Cent- Jours, ch. xi.
— REM. . Transfuge : ce mot est nouveau, mais reçu avec applaudissement, à cause de la nécessité que l'on en avait... transfuge.... est quiconque quitte son parti pour suivre celui des ennemis, i TiuOEL. Rem. t. n, p. 7«o, dans pougens. Vaugelas se trompe; le mot n'est pas nouveau; seulement U était tombé en désuétude, ou du moins tl a été
TRA
employé par Bercheure, qui le tirait de Tite-Live.
— HIST, XIV* s. Fugitis et transfuges estoiont cil qui lessoient leur ost et leur partie, et se transporloient de l'autre partie, bercheuhe, f' 2, verso. Il se doubta que les Roumains ne te prissent, et que il ne le retraisissent comme transfuge, m. f° 32, recto.
— ÉTYM. Lat. transfuya, de trans, au delà, et fugere, fuir.
TRANFUSÉ, ÉE (tran-sfu-zé, zée), port, pass^ de transfuser. Le sang transfusé dans les veines.
TRANSFUSER (tran-sfu-zé), V. a. Faire passer un liquide d'un récipient dans un autre. || Particulièrement, faire la transfusion du sang.
— ÊTYM. Lat. transfusum, supin de transfundere, de trans, au di là, et fundere, verser.
t TRANSFUSEUR (tran-sfu-zeur), s. m. Partisan de la transfusion du sang. || Celui qui la met en pratique.
TRANSFUSION (tran-sfu-zion), i. ^ Il 1° Action de transfuser. || Par extension, lia transfusion des deux scènes paternelles d'Argire et d'Aménaïde [dans Tancrède] en une seule, volt. Lett. d'Argenlol, 4 oct. 1760. Il Fig. Quand l'affection est mutuelle à un même degré, c'est l'union la plus étroite, c'est le plus parfait accord qui puisse régner entre deux êtres sensibles; c'est enfin, s'il est permis de le dire, la transfusion et la coexistence de deux âmes, marmontel, Œuv. t. xvi, p. 448. Il 2° Transfusion du sang, opération qu'on avait proposée pour rajeunir l'homme ou le rendre immortel. La panacée, quelle qu'en fût la composition, la transfusion du sang et les autres moyens qui ont été proposés pour rajeunir ou immortaliser le corps, BUFP. Hist. nal. hom. Œuv. t. iv, p. 355. Il Fig. Nous envoyer, par quelque subtil enchantement, tout le sens, toute la force, toute la santé, toute la joie que vous avez de trop, pour en faire une transfusion dans la machine de ma fille, sÉv. àCoulanges, I5 oct. (695. || Aujourd'hui, opération qui consiste i introduire dans les veines d'un animal malade, pour remédier à son état, le sang d'un animal sain, et, d'après les expériences dernières, d'un animal de la même espèce. Après divers essais, Denis publia une relation de la cure d'un jeune homme qui, attaqué d'une léthargie extraordinaire, en aurait été guéri par la transfusion du sang artériel d'un agneau dans ses veines, saint- FOix, Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. 393, dan.s pougens.
— HIST. xvi* s. La création n'est point une transfusion, comme si on tiroit le vin d'un vaisseau en une bouteille, calv. Instit. (27.
— ÉTYM. Lat. trans fusionem (voy. ihanspuseh). t TRANSGANGÉTiyUE (tran-sgan-jé-ti-k.'), adj.
Qui est au delà du Gange. L'Inde transgangétique.
— ETVM. Trans, et Gange, fleuve de l'Inde. TRANSGRESSÉ, ÉE (tran-sgrè-sé, sée), port.
passé de transgresser. Des ordres imprudemment transgressés.
TRANSGRESSER (tran-sgrè-sé), v. o. || f Contrevenir à quelque ordre, à quelque loi. J'ai seule transgressé cet arrêt inhumain, rotr. Antig. iv, 3. Ne transgressez point les bornes que vos pères ont établies, dit le Sage, Boss. Polit, ix, v, 5. || 2° U se dit particulièrement de la violaïion des préceptes divins. U y a dans le mariage des lois établies de Dieu, et qu'il n'est pas permis de transgresser, BOUROAL. 2- dim. après l'Épiphan. Dominic. t. i, p. 99. Si leurs pieds souvent glissèrent. Si leurs lèvres transgressèrent Quelque lettre de ta loi, LAMART. Harm. n, ).
— HIST. XVI' s. Celui qui se sera abstenu de transgresser extérieurement, aura satisfait aux lois politiques, calv. Inttit. 275. Troubler le royaume en transgressant les edicls, condé, Mém. p. 668.
— ETYM. Lat. transgressum, supin de tronspredi, aller au delà, de trans, au delà, et gradi, aller.
TRANSGRESSEUR (Iran-sgrè-seur), s. m. Celui qui transgresse. .Si quelque transgresseur enfreint cette promesse. Qu'il éprouve, grand Dieu, ta fureur vengeresse, bac. Ath. iv, 3. Dans la préparation du cœur à laquelle seule le Seigneur regarde, vous êtes peut-être un enfant de mort et un transgresseur déclaré de la loi, uass. Carême, fautes légères. Combien de transgresseurs [de la loi mosaïque] ont passé leurs jours dans les délices, témoin Salomon! volt. Jf^J. Jitt. telt. au pr. de"', 4. Il Adj. Là sont plongés les juges transgresseurs, De l'innocence infâmes oppresseurs, j. J. rouss. Allég. n, t.
— HIST. nv» s. Transgresseur de loys, obesme, TMse de meunier. || xvi* s. Nous voyons aussi comment Huyse ratifie estroitement les préceptes de la
TRA
loy ; comment les prophètes insistent ardemment et menacent les transgresseurs, calv. Instit. 2-)3.
— ÊTYM. Provenç. transgressor ; espagn. transgresor; ital. transgressore ; du latin transgressarem (voy. transgresser).
tTHANSGRESSIF, IVE (tran-sgrè-sif, si-v'), adj. Qui passe par-dessus ou au delà, || Terme de géologie. Se dit d'une couche qui est venue se déposer sur des couches de différente nature en montant par-dessus ces couches. Les bassins sidérolithiques et la molasse des environs de Montbéliard et de Belfort se trouvent en contact et en stratification transgressive avec tous les niveaux des étages jurassiques supérieurs, contejean, Acad. des se. Comptes rendus, t. lui, p. 46.
— ÊTYM. Transgresser.
TRANSGRESSION (tran-sgrè-sion; en vers, de
quatre syllabes), s. f. Action de transgresser. Où il n'y a point de loi établie, ni de préceptes donnés, on ne saurait accuser personne de transgression , LA MOTHE le vayer, VcTlu des païens, i. Droit de nature. Ea se permettant toutes les transgressions qui ne sont pas renfermées dans le précepte, ICASS. Carême, Fautes légères. Vous croyez vous tirer d'affaire en disant que Dieu payait son peuple [les Hébreux] comptant, en le punissant temporellement de ses transgressions, et en le récompensant par les biens de la terre quand il était .fidèle, volt. Mél. litl. Lett au pr. de'", 4.
— HIST. xiv s. De communication politique sont trois espèces, et les corrupcions ou transgressions de elles sont en nombre equal, oresme, Éth. 245. Prévarication est quelconque transgression de bonne loy, id. Thèse de meunier, jj xv s. Vous savez la transgression D'Eve et d'Adam comme ils chelrent. Mart. de St Etienne. || ivi" s. U faut qu'il nie quant et quant, que la transgression de la loy n'est point péché, calv. Instit. 468. Et les transgressions d'un pécheur misérable, desportes, Œur vres threst. iviii, psal. 6(.
— ETYM. Provenç. transgressio ; espagn. tron»gresion; ital. transgressione ; du lat. transgressionem (voy. transgresser).
t TRANSHUMANCE (tran-zu-man-s'), *. f. Émigration périodique des troupeaux de moutons des pays de plaine, qui. vont, sous la conduite des bergers, passer les mois les plus chauds de l'année dans les pâturages des montagnes. Quant aux bestiaux, leur entrée et leur sortie constituaient moins un commerce qu'une transhumance; ils passaient l'été en France sur le versant nord des Pyrénées et l'hiver en Espagne sur le versant sud, F. BAUDRï, Introd. aux Mém. de N. J. Foucault, Introd. p. c.
— ÉTYM, Transhumer.
t TRANSHUMANT, ANTE(lran-zu-man, man-t'), adj. Se dit des bestiaux qu'on mène paître en été dans les montagnes et l'hiver dans les plaines. M, Pierre Lombard, baile [garde] d'un troupeau transhumant, E. bebthet, Directr. des postes, p. 2<<.
t TRANSHUMER (tran-zu-mé). || 1* F. a. Mener paître des bestiaux en transhumance, || 2' V. n. AUerpaître dans les montagnes. Beaucoup de trou, peaux du midi de la France transhument; ils vont sur les Alpes, dans les pacages élevés de l'Ardèche et de l'Auvergne, etc. Le système pastoral et l'obligation de transhumer avec ses troupeaux, c'està-dire de se déplacer suivant les saisons, afin de trouver l'eau et l'herbe nécessaires à ses animaux, TISSERAND, Rapp. OU maréchal VaiUant , Monit. unit). 8 avr. 1868, p. 494, (" col. ||8* En certains pays, on fait aussi transhumer les ruches, pour que les abeilles trouvent une pâture plus abondante, et c'est souvent sur des bateaux qu'on les promène.
— ETYM. Espagn. trashumar ; de trans, au delà, et ^umus, terre.
TRANSI, lE (tran-si, sie), part, passé de tran sir. Il !• Pénétré par le froid. Transi, gelé, perclus, immobile, rendu, N'ayant pas à vivre un quart d'heure, la pont. Fabl. vi, (3. Le rouge-gorge vient jusque sur nos fenêtres siffler sa petite chanson transie, cH. lévéquk. Science du beau, t. n, p. 334. Il 2' Fig. Qui est dans un état moral comparé à celui d'une personne transie de froid. Un mal pour qui.... J'eus la bouche fermée et le coeur si transi, hkgnier. Diol. Et j'ai le cœur transi De crainte que quelqu'un ne te découvre ici, corn, (o P(. roy. ni, 8, Tous ses sens de tristesse étouffés et transis, segrais, dans vauoel. Nouv. revi. Obs. de k'", p. S28, dans pougens. Nous sommes toujours transis, jusquesà ce que nous sachions si nos troupes ont repassé le Rhin, sÉv. 6 aoflt IS76. Rien n'est si froid que nos lettres, parce que notre cœui
TRA
«st transi, maintrnon, UU. à Mmedt Caylut, • noT. en. Il Par plaisanterie. Uu aiiioureui transi, un amant qui ne peut surmonter la timidité qui le Iglace. Qu'elles ont k leur suite une troupe béante De langoureux transis.... héonier, Soi. s. Je liais ces vains auteurs.... Qui.... fous de sens rassis, b'érigent pour rimer en amoureux transis, boil. An p. II. Introduire dans la pièce de Sophocle [Klectre] une partie carrée d'amants transis, est une sottise que tous les gens sensés de l'Europe nous reprochent assez , roLT. LeU. llUe Clairon,
I août I7is(. Plus ma vive imagination m'enflammait le sang, plus j'avais l'air d'un amant transi, I. ]. Bouss. Conf. I.
TRANSIGFCU (tran-zi-jé. Le g prend un « devant a et o; transigeant, transigeons), v. n. |{ 1' Accommoder un différend par des concessions réciproques. Seigneur, afin que vous me pardonniez, je transige avec vous que je pardonnerai à tel qui m'aoffensé, boss. Pensées chrét. n . || Fig. Transiger avec, ne pas se montrer ferme sur.... On ne doit pas Iransiger avec l'honneur, avec le devoir. || 2* Passer un acte pour accommoder un différend, un procès. Les deux plaideurs ont transigé. Pour transiger, il faut avoir la capacité de disposer des objets compris dans la transaction, Code civ. art. 204B.
II 11 30 conjugue avec l'auxiliaire avoir. \\ 3° V. a. Dans le langage administratif, accommoder par une transaction. La quotité des transactions doit nécessairement avoir une grande influence sur le sort des perceptions.... toutes les fois qu'une affaire aura été transigée, le directeur devra en faire mention dans la colonne n* 7.... toutes les fois qu'une affaire ne pourra être annotée dans la colonne n* 7, comme étant en voie d'arrangement ou transigée, elle devra nécessairement être portée devant les tribunaux, Circul. contrib. indir. 7 févr. 1821, n* 64. Il S" Se transiger, v. réfl. Élre l'objet d'une transaction. Procès-verbal qui se transige.
— HIST. xiv s. Et est par ce transigé et accordé que si par leur fait, faute ou coulpe.... du CANGE, mareare. || xvr s. Ceux qui aiment mieux poursuivre lo.urs quereles et procez jusqu'au dernier point, que de transiger aniiablement, calv. Instit. 628. Ce qu'ils allèguent d'un costé et d'autre sera facile i transiger, en observant distinctement les passages.... id. ib. 817. Comme il appert par l'acte solennel accordé, passé et transigé entre tous eulx, CARL. 1, 2t.
— RTYM. Lat. transigere, pousser à travers, ;x)usser jusqu'au bout, terminer, transiger, de trans, au delà, et agere, pousser (voy. agir).
t TRANSir.IBLE (tran-zi-ji-W), adj. Qui peut être l'objet d'une transaction.
TRANSIR (tran-sir), v. a. || 1° Pénétrer et engourdir de froid. Le froid et les neiges d'Alsace les transissent [les amis de Paris, en songeant aux amis qui sont en Alsace], voit. Lett. 87. || Absolument. Un air égal et doux, tiède haleine de l'onde, {lègne ici quand la bise ailleurs transit ou gronde, LAMABT. Joe. II, «3. Il a* Fig. Il se dit de l'effet que produit la crainte, l'alfliction, et même le respect et l'admiration. Cette nouvelle le transit de peur. Vous le voudriez voir en corps et en Sme avec cette gravité qui transissait les peuples d'admiration, BALz ie» Romaint. J'entre en une vénération qui me transit de respect envers ceux qu'il .lemble avoir choisis pour ses élus, pasc. Lett. à MUe de Roannex, 3. || 3- V. n. Être saisi de froid. Or me voici d'un mal chu dans un autre ; Je transissais, je brûle maintenant, la pont. Orais. Je sentis tout mon corps et transir et brûler, rac. Phèdre, 1, 8. Il Fig. Cette vaine pitié dont mon cœur est transi, rotr. Bélxs. v, B. Je n'ai fait que penser à votre état, à transir pour l'avenir, à craindre qu'il ne devienne pis : voilà ce qui m'a possédée, sÉv. 33J. J'ai transi de vous voir passer de nuit celte montagne que l'on ne passe jamais qu'entre deux soleils et en litière, ic. 21.
— HIST. XII' s. Charles comande les transiz [morts] enterrer, Ronc. p. (76. Car mult plus grief martyre suffri tant cum fu vis, Que ne fist cl mustier là il il fu ocis ; Car erramment transi [mourut] e en joie fu mis. Th. le mort. tB6. Il XMi' s Quant saint François transsi, Jesu Crist reclama, En cinq leus, ce m'est vis, le sien cors entama, RUTEB. (80. ||iv g. Et ainsi transist la gloire du monde, christ, de pisan, Ch. Y, n, H. Si raconter convenoit le» histoires Des mauvais tours qui sont assez notoires, Que femmes font aux amoureux transis, le Loyer des folles amours, p. aa», dans LACUBNB. Il zvi* t. La langue se tran-
TRA
sit et la voii i>e Age, mont, i, 98. Le Toyant transi de ces nouvelles et en silence, id. i, i2«. Roides, transis et immobiles de froid, lu. ti, 262. Il s'estonnera, il se transira [d'admirationl, id. i, 266. Estants revenus à eulx, ils en transissent d'eslonnement les premiers, id. h, 22. Son œil riioriio et transi en voyant ne void pas, d'aur. Tragiques,
éd. LALANNE, p. M2.
— Etym Génev. trami, transi; du lat. transire, passer, de trans, au delà, et ire, aller. Le sens primitif de transir dans l'ancienne langue est mourir, qui se dit encore aujourd'hui passer; de là les sens consécutifs.
TRANSISSEMENT (tran-si-se-man), ». m. L'éUt où est une personne transie. || Fig. On parait fort touché dans Paris.... de cette grande mort (de Turenne] ; nous attendons avec transissement le courrier d'Allemagne, sév. 2 aoiit ««75.
— msT. nv« s. Si qu'à moy en fist revenir, El mist hors du transissement Où j'avoie esté longuement, MACIIACT, p. 38.
— ÊTYM. Transir.
TRANSIT (tran-zif), ». m. Terme de douane. Faculté de faire passer des marchandises, des denrées à travers un État, une ville, sans payer les droits d'entrée. Marchandisi-s en transit. Je lui envoyais [au duc de Richelieu] quelque chose... il n'a pas reçu son paquet; apparemment que M. de Paulmy a voulu en prendre copie pour son droit de transit ; à la bonne heure, volt. Lett. d'Argental, 3t juill. (7&B. || Marchandises de transit, celles qu'on dépose momentanément dans les magasins d'un port dit aussi port de transit.
— ÊTVM. Lat. transire, passer, de trans, au delà, et ire, aller.
t TRANSITAIRE (tran-ii-tÔ-r'), ad}. Qui a rapport au transit. || État transitaire, État que traversent des marchandises au transit. \\S. m. Un transitaire, commerçant qui fait le transit.
— ETYM. Transit.
t TRANSITER (tran-zi-té) , V. a. Passer des marchandises en transit. || V. n. Passer en transit. Les voyageurs allemands porteurs de billets directs et transitant par la France. Tant de tonnes transitent par ce canal.
TRANSITIF, lVE(tran-zi-tif,li-v'),odj. || fTerme de grammaire. Il se dit des verbes exprimant une action qui, du sujet, est transmise ilirecteuient au complément. || 2' En philosophie, cause transitive, cause dont l'actioi.- s'exerce sur un objet étranger, par opposition à cause Immanente. || 3* Conjonctions transitives, celles qui expriment une transition, comme or, au reste, etc. H*" Terme de géologie. Se dit des roches ou terrains que l'on considère comme formant le passage d'un terrain à un autre de formation plus récente. || 5' Néologisme. Qui a un caractère de transition.
— SYN. ACTiP, TRANSITIF. Actif a rapport au sens propre du verbe; transitif, à sa fonction dans la phrase.
— HIST. XVI' s. Nous appelons un verbe actif transitif, quand son action se peut transférer en un autre, MEioRET, dans livet, la Gramm. franc, p. 82.
— ETYM. Prov. transitiu; esp. et il. transitivo; du lat. transitivus, travsilivum verbum, verbe transitif, de transire, passer (voy. transit).
TRANSITION (tran-zi-sion ; en vers, de quatre syllabes), ». f. || !• Manière de passer d'un raisonnement à un autre, de lier les parties d'un discours, d'un ouvrage. Ménager les transitions. Une heureuse transition. L'art des transitions. Par cette transition imprévue il prévient le lecteur, et la transition est faite avant que le poète même ait songé qu'il la faisait, boil. Longin, Subi. 23. Il [Boiloau] lui reprochait [à La Bruyère] de s'être épargné, dans son livre des Caractères, le travail des transitions, qui étaient, selon lui, tout ce qu'il y avait de plus difficile dans les ouvrages d'esprit; peu de personnes souscriront à ce jugement, d'alemb. Éloges, Despr. note t2. Cela me rappelle une transition aussi brusque, mais plus plaisante de Scarron, je crois; la voici ; Des aventures de ce jeune prince à l'histoire de ma vieille gouvernante, il n'y a pas loin, car nous y voilà, cham- FORT, Notes sur les fables de la Fontaine, m, 4 2, vers 34. Il Fig. De notre ville solitaire à la ville souterraine, la transition semble assez douce, stabl, Corinne, n, 4. || Fig. Ménager les transitions, préparer adroitement son passage d'un parti à un autre. Il 2° Terme de musique. Manière d'adoucir le saut d'un intervalle disjoint, en insérant des sons diatoniques entre les deux termes. || Transition régulière, celle qui se fait sur un temps faible. ||Tran-
TRA
sition irrcgulière, celle qui se hit lur un temps fort. Il t* Terme de géologie. Passage d'un genre de roches à un autre. Observez les transitions par lesquelles la nature a passé, lorsque, après avoir produit un genre ou un ordre de montagnes, elle a commencé à en produire d'un genre ou d'un ordre différent, SAUSSURE, Voy. Alpes, l. vin, p. 2»i, dan* rouGENS. Il Terrains de transition , terrains situés sous les terrains secondaires. || 4* Fig. Passage d'un régime politique, d'un état de choses à un autre La transition de la monarchie i la république. Q s'est fait dans l'atmosphère une brusque transition du chaud au froid. || 6* Terme d'astrologie. Passage des planètes dans certains lieux du ciel de l'horoscope.
— ÉTYM. Génev. (ratMijrion ; provenç. (rarui'tio; espagn. transicion; ital. trantiiione; du lat. transitionem, de Ironsire, passer (voy. transit).
tTRANSniVK.MENT (tran-zi-ti-ve-raan), ode.
Terme de grammaire. D'une manière transitive. Verbe employé transitivemeiit
— ÊTYM. rraTut/ii'«,et le su rflie ment; provenç. (ran»i(ivamen ; ital. trantitivamenti
TRANSITOIRE (tran-zi-toi-r'), adj.\[V Qui ne fait que passer, qui ne dure pas. Il y a des Etats 0(1 les lois ne sont qu'une volonté transitoire el capricieuse du souverain, montesq. Eip. zxvi, 2. Il [Frédéric II] m'a offert biens et dignités; je sais qu'elles sont transitoires ; je les ai refusées, volt. tell, iiic/ielieu, • oct. tlM. Il faut distinguer les erreurs transitoires et passagères des erreurs permanentes, d'alemb. Lett auroi de Pr. 27 nov. (777. Il 1* Intérimaire, qui remplit l'intervalle d'un étatde choses àun autre. On régime transitoire. || 8* Synonyme de transitif. Les actions immanentes sont opposées aux actions transitoires, acad. à Immarunt.
— HIST. zili* s. Solaui qui le monde enlumine, Lune sans lueur transitoire, buter, ii, 4 2. En ceste vie transitoire, j. demeuno, Tr. 625. Toutes choses que tu as transitoires, ne les cuidier pas grani choses, BRUN, latini, rr<»or, p. 347. Il xti' s. Je sçavois bien que j'avois des richesses transitoires, et non permanentes, amtot, Df la tranq. d'dme, 3S. Un mespris philosophique des choses transitoires et mondaines, mont, iv, 76.
— ÊTYM Provenç. (rarwitori ; espagn. el ital. IroTiîilorio ; du lat. Irontiloriu», de Iroruire, passer (voy. transit).
t TUANSITOIREMENT (tran-ii-toi-re-man), adv. D'une manière transitoire.
TRANSLATÉ, ÊE (tran-sla-lé , tée), pari, paui de translater. Plutarque translaté par Amyot.
TRANSLATER (Iran-sla-té), e. a. Terme qui vieillit. Traduire d'une langue en une autre. || Il ne se dit plus guère qu'avec un sens de dénigrement. Or entends-moi ; c'est que le petit homme Que tu connais et dont on peut prêcher : L'esprit est prompt, mais infirme est la chair, A translaté de la langue espagnole. N'a pas longtemps, comédie tant folle; Don Francisco de Royas est l'auteur; Et Paul Scarron, comme ai dit , translateur, »A»- RAZIN, Épi^. Je ne sais quel translateur du XVI' siècle a translaté ainsi ces vers de Virgile.... volt. Dicl. phil. Puissance.
— HIST. xir g. Translatée [transportée] est glorle de Israël, kar l'arche est prise, Hoi», p. n. || xin* s. Mes or l'a uns mestres trovée, Qui l'a translatée en romanz, Ren. 2ii49B. || xiV s. Je Nicole Oresme, doyen de l'église nostre Dame de Rouen, propose de translater de latin en françois aucuns livres.... ORESME, Eth. Prolog. || xvi' s. Voz parolles, translatées de baragouin en françoys, veulent dire que je me marie hardiment, rab. Panl. m, S4. Tantost après la mort de Salomon, la majesté du royaume d'Israël fut abbatue pour la plus grande partie, et translatée à un homme privé, calt. Instit. 379.
— ÉTYM. Provenç. IranjJalar ; espagn. <ra»ladar.; ital. (raîialore; du lat. Iraïulalu», transporté, de trans, au delà, et làlus, porté.
TRAN.SI.ATECR (tran-sla-teur), t. m. Terme vieilli et marotique. Traducteur. Longepierre, le translateur. De l'antiquité zélateur, Imite les premiers fidèles, 1. b. rouss. Épigr. m, 9. || Il se dit aussi, en mauvaise part, d'un écrivain qui traduit servilement. S'il s'éloigne trop de l'original. Il ne traduit plus, il imite; s'il le coi*»' trop servilement, il fait une version el n'est que translateur ; n'y aurait-il pas un milieu à prendre? marmontel, Œuv. t. X, p. 268.
— HIST. XV' s. Et fait i notter, ce dit ce translateur, ce que Valere appelle fortune houillère [courUsane], Bomiq. m, ««. Il xvi's. Encores seroyje bien d'opinion que le içavant translateur fiot
23 If.
TRA
plus losl l'office de paraphraste, que de traducteur, DUBKI.L. I, <s, verso.
— ÊTYM. Ijt. translatorem (voy. translater). TRANSLATIF, IVK (tran-sla-tif, ti-v'), adj.
Terme de droit. Par lequel on transporte, on cède une chose à quelqu'un. La prescription, ou une vente, ou une succession, ou tout autre titre translatif de propriété, bouchaud, Inslit. Uém. se. mor. et pnl. t. V, p. (58.
— ETYM. Lat. translativus, de translatum (voy.
TBANSLATER).
TRANSLATION (tran-sla-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f.\\i' Action par laquelle on fait passer une chose d'un lieu dans un autre. Cette translation [du corps de Turenne] a été touchante, et tout était en pleurs, et plusieurs criaient sans pouvoir s'en empêcher, sÉv. 2)2. Lcsidoles parlaient assez souvent; on faisait commémoration à Rome, le jour de la fête de Cybèle, des belles paroles que la statue avait prononcées lorsqu'on en fit la translation du palais du roi Attale, volt. Dict. phil. Idolâtrie. L'histoire ecclésiastique fait foi que les translations de reliques étaient également fréquentes en Occident et en Or-ent, ID. Dict. phil, heiiques. || Célébrer la translal.on d'un saint, célébrer le jour auquel les reliques d'un saint ont été transférées d'un lieu à un autre. {| i" Terme de mécanique. On dit qu'un corps est animé d'un mouvement de translation lorsque les lignes droites qui joignent les uns aux autres les points de ce corps, se transportent parallèlement à ellesmêmes. Il Particulièrement. Mouvement de translation, mouvement par leiiuel un corps change de position dans l'espace, par opposition à mouvement de rotation. M. de Lalande a donné comme une conséquence probable de la rotation [du soleil] un mouvement de translation dans l'espace, DELAMiiRE, Instit. Hém. scienc. 1807, 2' sem. p. ♦«, /ifs(. Puisque la révolution diurne du ciel n'est qu'une illusion produite par la rotation de la terre, il est naturel de penser que la révolution annuelle du soleil emportant avec lui toutes les planètes, n'est pareillement qu'une illusion due au mouvement de translation de la terre autour du soleil, LAPLACE, Expos. Il, <.||3°Aclion d'emmener un prisonnier d'un lieu à un autre. Je l'assurai que je n'avais aucune aversion à la translation die M.M. les princes, retz, Uém. t. ii, liv. m, p. 204, jans pouGENS. Ne doutez pas que la translation préîipitée du chevalierde Menil ne soitsue ici [à la Bastille] de tout le monde, staal, Uém. t. ii, p. 215. Il 4° Action de porter une juridiction, une puissance une personne, constituée en dignité, d'un lie.i à un autre. La translation du saint-siége de Rome à Avignon. La translation d'un tribunal, d'une préfecture. Bon Dieu ! quelle translation de Mme de Noailles à Perpignan! le moyen de la représenter hors de Versailles? sÉv. 3( aoiit <U89. Le duc [de Bourgogne] avait demandé au pape la translation de ce prélat, et, n'ayant pu l'obtenir, il l'avait chassé et s'était saisi de son temporel, oucLOS, Œuv. t. ii, p. I9(. Il [Caulaincourt] n'admet pas l'idée de cette guerre de partisans, de cette translation du siège de l'empire, villemain, Sont;, eonlemp. les Cent-Jours, xi. |{ 6* Action de transférer une propriété, une dignité d'une personne à une autre. Cette époque fameuse de la translation de la couronne aux carlovingiens faite sous le roi Pépin, montesq. Esp. XXXI, (8. Les formules qui portent la confirmation ou la translation à perpétuité d'un fief en faveur d'un leude ou fidèle.... ID. ib. xxx, 20. || Terme de jurisprudence. Translation de legs, déclaration par laiiuelle un testateur transfère un legs d'une personne à une autre. || 6° Remise à un autre temps. La translation d'une fêle. || 7° Traduction ; eu ce sens, il est vieux ou marotique.
— msT. XII' s. Encontre ci est en l'ancienne translation cscrit.... Job,f. KU. ||xvi*s. Quand la prestrise a esté ainsi transférée, il y a eu translation d'alliance, calv. Inst. 343. Quand l'Escnture nomme Dieu, homme de guerre : pour ce que sans translation ce langage seroil trop dur et aspre, je ne doute pas de le prendre comme une similitude tirée des hommes, lo. ib. H M. Vous autres, qui ne vous employez qu'aux translations [traductions], DUBELL. I, 10, fersQ. Nous voulusmes voir s'il se seroit fait translation de la matière du pleura au cerveau, pake, xvin, es.
— ÈTVM. Provenç. translatio; espagn. translation ; ital. traslaxtone; du lat. iranslationem, de translatum (voy. translates).
t TRANSLUCIOB (Iran-slu-si-d'), adj. Terme de physique. Qui laisse passer la lumière, sans per-
TRA
mettre de distinguer les objets. Lorsqu'un minéral n'est point assez transparent pour qu'on puisse distinguer les objets placés derrière lui, on dit qu'il est translucide ; les pierres nommées ordinairement agates sont translucides, a. bronqniaht. Traité de min. t. i, p. 32. Le sel gemme est toujours transparent, ou au moins translucide, the- NARD, Traité de chim. t. ii, p. 6.S9, dans pougens.
— HIST. xvi* s. Que la pellicule des raisins se sera rendue mince, subtile et translucide, o. de
— ETYM. Lat. translucidus, de trans, à travers, et lucidus, lucide.
t TBAN.SLUCIDITÉ (tran-slu-si-di-té), «. f. État, propriété d'un corps translucide. Les cristaux que renferme l'ophite ou porphyre vert opaque ont en tout les mêmes qualités, le même œil gras, la même translucidité, Saussure, Voy. Alpes, t. vi, p. 04. On fait à Florence, avec l'albâtre gypseux de Volterra, des vases ou de petites ligures qui sont remarquables par leur traiislucidité, a. hhononiaht, Traitédemin. t.i, p.<82 La transluciditédel'émail, DE lABUHDP, A'ot. des émaux du Louvre, t. i, p. 9. La translucidité des très-jeunes feuilles du clusia Brongniartiana, trécul, Acad. des se. Comptes rendus, t. lxiii, p. etb.
t TRANSLUIRE (tran-slui-r'), v. n. Se conjugue comme luire. Etre translucide.
— HIST. XVI* s. Telle revisite se réitérera de huict en huict jours, et jusques à ce que verres vos lards transluire, manifestant par là estre remplis de sel, 0. de serres, 835.
— ÊTYM. Lat. translucere, île trans, à travers, et lucere, luire; provenç. transiutz, transparence.
t TRANSMARIN, INE (tran-sina-rin, ri-n'), adj. Situé au delà des mers. Régions, nations transmarines. Il Qui vient d'au delà des mers. Productions transmarines.
— ÉTYM. Trans, au delà, et marin.
[ TBANSMETTEUR (tran-smè-teur), t. m. Appareil servant à transmettre les signaux de la télégraphie électrique, et formé de quatre roues de laiton, dont l'une produit les points, l'autre les traits, et les deux autres déchargent le fil après la production de chaque signal élémentaire.
TRANSMETTRE (tran-smè-tr'), V. a. Il se conjugue comme mettre. || 1° Faire passer. On a transmis toutes les pièces au préfet. Transmettre des ordres. Les nerfs transmettent les sensations. Dans cette machine le mouvement est transmis par une roue. E.xposer ce que je concevais de la lumière; puis, à son occasion, ajouter quelque chose du soleil et des étoiles fixes, à cause qu'elle en procède presque toute; des cieux, à cause qu'ils la transmettent, desc. Uéth. v, 2. Les impressions que ce sens [la vue] transmet au sens intérieur sont plus fortes que les impressions transmises par l'oreille, bdff. Disc. nat. anim. t. v, p. 27:1. Commencer par les idées les plus simples que les sens transmettent, condil. Conn. Iium. ii, n, 3. Mon fils m'en a transmis la nouvelle certaine, brifpaut, Ninus 11, l, 2. || 2° Faire passer ce qu'on possède en la possession d'un autre. Transmettre un privilège. La donation transmet la propriété des choses données. Quand il [Napoléon] aurait perdu toute force et abdiqué tout droit, avant d'exercer le plus grand de tous, celui de transmettre à un fils l'empire en héritage, villemain, Sou», eonlemp. les Cent-Jours, xiv. |{ 3° Fig. Faire parvenir comme par une transmission. Pour moi qu'un sang moins noble a transmis à la vie, corn. Sert, ii, 2. C'est là [dans la passion] que Jésus-Christ a supprimé les cérémonies de la loi, qu'il a transmis l'Ancien Testament au Nouveau, changé le sacerdoce lévitiqui;.... FLÉCH. Sermons, ilesse. Par ces grands Ottomans dont je suis descendue. Et qui tous avec moi vous parlent à genoux Pour le plus pur du sang qu'ils ont transmis en nous, rac. Bajai. v, «. Socrate ne tint point école, et n'écrivit point; nous ne savons de sa doctrme que ce que ses disciples nous en ont transmis, uinER. Opin. des anc. philos, {socratique pinlos.) X mon retour, j'appris que les Athéniens avaient fait mourir le plus juste des hommes [Socrate] ; je [Xénophon] n'eus d'autre consolation que de traiismelire par mes écrits les preuves de son innocence aux nations de la Grèce, et peut-être même à la postérité, bartiiél. Ànach. ch. 39. Il Transmettre son nom, sa gloire à la postérité, faire passer son nom, sa gloire jusqu'à la postérité. Il 4° Se transmettre, v. ré/l. Etre transmis, transporté d'un lieu à un autre. .M. lluygliens, dans son traité de la lumière, conclut par les éclipses
TRA
des satellites de Jupiter, que la fumière se transmet environ six cent mille fois plus vite que le son, HALEBR. Rech. vir. Éclaire, sur la lum. t. iv, p. 34), dans POUGENS. Il Fig. Ma bonne, je comprends tous vos ,c ntiments mieux que personne : vraiment oui, on se transmet dans ses enfants, SÉv. 25 févr. <e85. La raison et la vérité se transmettent, l'industrie peut s'imiter; mais le génie ne s'imite point, marmontel, Œuv. t. v, p. 220.
— HIST. xii* s. Quant li planteiz [la plénitude) del tens fut venue, si transmit Deus son fil, st BERN. p. 527. Il xiii' s. X Sun bon veisin il manda Que sa femme ad deus fiz eûz ; De tanz enfanz esteit creûz; L'un li transmettra à lever [être parrain]. De sun nun le face nomer, marie, i'râne. Il XVI" s. Ce mesme jour transmis fut seigneur d'Alvian Loger à la Roquette, au chasteau de Millan, J. marot, v, 141. Fleuron de lys tant digne et précieux Jadis transmis au roy Clovis des cieulx, iD. V, 261. Après ce noble ouvrage, appelé des anciens microcosme, ainsi parfaitement Lasti, Dieu lui infonde et transmet l'ame, paré, xviii, 10.
— ÊTYM. Provenç. tramelre ; espagn. transmitir,tratmitir; iU\. Irametlere : du lat.ironsmittere, de trans, au delà, et mittere, envoyer (voy. mettre), a côté de transmettre, l'ancienne langue avait une forme beaucoup plus usitée : irametre.
TRANSMIGRATION (tran-smi-gra-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\i' Action d'un peuple, d'une troupe d'hommes qui passe de son pays dans un autre. On voit, par ce que les historiens nous disent du passage des peuples de la Scandinavie sur les bords du Danube, que ce n'était point une conquête, mais seulement une transmigration dans des terres désertes, montesq. Esp. xviri, 3. J'ai avec moi tant de personnes dont je no puis me séparer, que ma transmigration devient très-difficile, volt. Lett. taurenan, 24 juin 1767. Il 2° Terme de l'Écriture sainte. La transmigration de Babylone, le séjour des Juifs à Babylone. || 3° La transmigration des âmes, le passage des âmes dans d'autres corps selon l'opinion des pythagoriciens. Que dirai-je de ceux qui croyaient la transmigration des âmes, qui les faisaient rouler des cieux à la terre et puis de la terre aux cieux? boss. Hist.ii, 8. Il [Platon] s'étendit sur l'immortalité et sur les diverses transmigrations de l'âme, barthél. Anach. ch. 54. Dans une de ces transmigrations, j'errai pendant quelque temps comme un fantâme léger dans le vague des cieux, id. ib. ch. 64.
— HIST. XIII' s. Li quins [le cinquième] aage commença à la transmigration de Babiloine, c'est à dire quant li Juif i furent mené en chaitiveison [captivité], brun, latini. Trésor, p. 5i.||xn's. Ils avoient si bien ensemble concerté cette transmigration du roi [François I", pris à Pavie] à Naples.... brant. tonnoy. L'objection que font à cette transmigration de corps àunaultre les épicuriens, MONT. II, 308. Il est à croire, si c'est [la mort] une transmigration d'une place à aultre, qu'il y a de l'amendement, d'aller vivre avecques tant de grands personnages trespassez, m. iv, 2(6.
— ÉTVM. Lat. transmigrationem, de trans, au delà, et migrare, aller (voy. migration).
t TRANSMIGRER (tran-smi-gré), ». n. Subir la transmigration. J'ai dit qu'il était assez prouvé que la mémoire a son siège dans le corps; une ima qui transmigrerait d'un corps dans un autre n'y conserverait donc aucun souvenir de son état précédent, bonnet, Paling. phil. n, 4.
— ÉTYM. Lat. transmigrare, de trans, et m»grare, allei.
TU.iNSMIS, ISE (tran-smt, smi-i'), port, passé de transmettre. Qu'on a fait passer d'un lieu dans un autre. Les rayons transmis dans du verre à un certain angle, volt. Phil. newt. 11, 7. || Fig. Je connais une autre mère [Mme de Sévigné ellemême] qui ne se compte pour guère.... qui est toute transmise à ses enfants, sEv. 26 juin I680. Le droit de commander n'est plus un avantage Transmis par la nature ainsi qu'un héritage, volt. Uér. I, 3.
t TRANSMISSIBILITÉ (tran-smi-si-bi-li-té), 1. f. Qualité de ce qui est transmissible. La transmissibililé des maladies contagieuses. La transluissibilité de certaines aptitudes des parents aux enfants. Il Terme de physiologie. Propriété qu'ont certains nerfs de déterminer la contraction des muscles en transmettant comme intermédiaires certaines actions cérébrales depuis le cerveau jusqu'aux muscles; elle est inhérente aux nerfs venant des racines antérieures ; elle s'opère en sei\s opposé de la tiansmissibilité sensilivc spéciale ou
TRA
TRA
TRA
générale, qui désigne te mode d'action des racines postérieures et des nerfs appartenant aux organes des sens.
TRANSMrSSIBLE {tran-smi-si-bl'), adj. Qui peut être transmis. Des droits transmissibles.
— msr. xvi's. Transmissible, cotgravk.
— Rtym. Lat. IransmissibUis, de transmissum, •upin de transmittere (voy. transmetthi:).
TRANSMISSION ( tran-smi-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. \\ 1' Action de transmettre; résultat de cette action. {| Fig. Nous ne concevons ni l'état glorieux d'Adam, ni lanaturede son péché, ni la transmission qui s'en est faite en nous, PA.SC. l'ens. xii, a, édit. havet. Les enfants ne jouissent des biens du père que par transmission de son droit, J. l. rouss. Orig.2. 1^ transmission de la noblesse sénatoriale de père en fils, naudet, Instit. Mém. inscr. et belles-ktt. t. viii, p. 407. Il 2° Terme de physiologie. Transmission héréditaire, pa.ssage de certaines conditions physiques ou morales des parents aux enfants. La transmission des maladies chroniques des pères aux enfants, pohtal, Instit. Mém. scienc. (807, 2« sem. p. 462. Il 3" Terme de physique. Propriété d'un corps qui laisse passer la lumière ou la chaleur; il s'oppose à réflexion. La transmission de la lumière à travers les corps transparents, BUFF. llist. min. Introd. t. vu, p. 234. La transmission de la clialeur par les divers métaux, ouïTON DE MORVEAU, Inst. Mém. scienc. (808, p. 2). Il A Kn mécanique, transmission de mouvement, Cv,iimunication de mouvement d'un corps à un autre. Il Engin qui sert à procurer la transmission. Manufacture de transmission de toute nature.
— HiST.x VI' s. La transmission de cette grande couronne [de Portugal] à celle de Castille, mont, m, sa.
— ÉTYM. Lat. transmissionem, de transmissum, gupin de traiumittere, transmettre.
t TRANSMONTAIN, AINK (tran-smon-tin, tè-n'), adj. Oui est d'au delà des monts et des Alpes, par rapport à nous Français. La transmonlaine faction A fait, par subtil monopole. Du manteau de religion Une roupille à l'espagnole, le Miroir du temps présent, (625.
— HIST. xiv's. Ouenulz Iremontains ne puisse.... Archiv. nat. jj84, p. 254.
TRANSMUABLK (tran-smu-a-bl'), adj. Qui peut être transmué. Les alchimistes croyaient que les métaux étaient transmaables.
— HIST. XIV s. Comme un home qui est malvès est transmuable, semblablement nature humaine a mestier de transmutacion, onESM% Étti. 'Ji^.
— ËTYM. Transmuer; prov. transmudable , trasmudable; esp. trasmutable ; ital. trasntutabile.
TRANSMUÉ, ÊK (tran-smu-é, ée), part, passé de transmuer. Des corps transmués.
TRANSMUER (tran-smu-é), je transmuais, nous transmuions, vous transmuiez; que je transmue, que nous transmuions, que vous transmuiez, v.a. Changer la nature d'une substance. L'homme ne peut transmuer les substances, ni d'un liquide de nature en faire un solide par l'art , BUFF. Min. t. V, p. 345. || Dans le langage des alchimistes, changerlesmétaux vils enmétaux précieux. Transmuer le cuivre en or, l'étain en argent.
— iilST. XIII' s. [Une roche battue parla mer].... ne retient nule forme, Ainçois se transmue et reforme, Kt se desguise et se treschange, Tousjors se vest de forme estrange, la Rose, 5958. || xiv s. Les policies sont transmuées une en l'autre, ORESME, Élh. 247. Je parle adonc des elemens; Car par contraires qualitez Sont transmuez et agitez De leur propre en autre nature, Nat. à i'oichim. err. 17<). || xv* s. Quant Galafer ouit ce, il fut tout transmué de joye, Percefor. t. v, f" 52. Il XVI' s. L'art de transmuer les métaux imparfaits en parfaits, et de les multiplier en quantité, la- NOUE , 460. Il se transmua en pluye d'or pour jouyr de Danaé, desper. Cymbal. <21.
— Rtym. Provenç. transmudar, trasmudar ; espagn. transmutar, trasmudar ; ital. trarismutare; du lat. transmutare, de trans, au delà, et ututare, changer (voy. muer).
TRANSMUTABILITÉ (tran-smu-ta-bi-l»-té), t. f. Propriété de ce qui est transmuable.
— ÊTYM. Lat. transmiUare , transmuer.
t TKANSMUTATEUR (tran-smu-ta-teur), s. m. Celui qui croit avoir le pouvoir de transmuer les métaux. Le transmutateur allemand [un alchimiste], VOLT. Singul. nat. \e.
TRANSMUrATION(tran-smu-la-sion; envers, de cmq syllabes), ». f. Changement d'une chose en une autre. Cette transmutation de cendres en
verre me semblant être aussi admirable qu'aucune autre i|ui se fasse en la nature, UKsc. Mélh. V, 2. Il s'appliinic avec ardeur à la connaissance des métaux, premier objet des travaux de la chimie, et dernier tenue de ses espérances, si elle ose aspirer à la transmutation , fonten. Élog. Poli. Il est démontré que la question de la transmutation des métaux n'avait point été agitée avant le règne do Constantin, dideh. Opin. des anc. philos. {Égyptiens). M. Adanson ... a fait diverses expériences qui m'ont paru prouver qu'il n'y a point proprement de transmutation d'espèce chez les végétaux, et que tout ce qu'on obtient par la fécondation artificielle des poussières d'espèces les plus voisines se réduit à de simples variétés plus ou moins durables , bonnet,' Consid. corps org. Œuv. t. VI, p. 6)7.
— HIST. XIII' «. Tousjors feront li cors celestre, Selonc lor revolucions. Toutes lor transmutacions, la Rose, )77)0. ||xiv' s. Moult de transmutacions sont faites en ccste vie et fortunes de timtes manières, OBESME, Èth. 2t. Il XVI' s. Par la transmutation alléguée, un métal parlait en doit résulter, qui ait un estre continuel, langue, 473.
— ÉTYM. Provenç. transmutacio ; espagn. transmutacion; ital. transmutazione ; du lat. transmutationem, du lat. transmutare, transmuer.
t TRANSNOMINATION (tran-sno-mi-na-sion ), f. f. Nom latin de la métonymie.
— ÊTYM. Lat. transTwminationem, de trans, au delà, et nominatio, de nomen, nom.
t TRANSOCÉAMEN, lENNE (tran-zo-sé-a-niin, niè-n') ou TRANSOCKANIQUE (tran-zo-sé-a-ni-k'), adj. Qui est au delà de l'Océan. Navigation transocéanienne. Télégraphie transocéanique.
— ÉTYM. Trans, au delà, et Océan.
t TRANSPACIFIQUE (Iran-spa-si-fi-k'), adj. Oui traverse l'océan Pacifique.
t TRANSPADAN, ANE (tran-spa-dan , da-n'), adj. Qui est au delà du Pô. || République transpadane, nom sous lequel Bonaparte voulait d'abord organiser la Lombardie.
— ÉTYM. Lai. Irans, au delà, et Padus, le P6.
tTRANSPARAÎTRE (tran-spa-ré-tr'), ». n. Paraître à travers quelque voile. Dans le V siècle avant l'ère chrétienne, un Phidias, eût-il été un disciple d'Anaxagore, trouvait hors de lui et en luimême assez de croyances de toute nature, pour donner à ces personnifications des forces naturelles [les dieux du polythéisme] un corps où resplendit l'humanité et oii transparût l'Olympe, LiTTBK, Journ. des Savants, (860, p. 60(. Ceux qui voudront se rendre compte des procédés subtils de cette muse méditative et délicate [A. de Vigny] devront se donner la volupté de lire et de relire son délicieux poëme d'Éloa; car ces procédés y iranspai-aissent avec la netteté d'une flamme épurée derrière un cristal, montégut, Rev. des Deux-Mondes, t" mars, 1807, p. 244.
— HIST. xvi' s. Transparoitre, oudin, Dict.
— f.TVM. Trans, et paraître.
TRANSPARENCE (tran-spa-ran-s'), ». f. Qualité
de ce qui est transparent. Si l'on attribue la transparence à l'homogénéité, l'or, dont les parties paraissent être homogènes, ne devrait-il pas être transparent? buff. Min. t. iv, p. 241. La transparence 'de l'air, stael, Corinne, v, 3. La transparence est ordinairement le caractère de la combinaison parfaite; cependant l'opacité n'est pas toujours une preuve du contraire, a. brongniart, Traité de min. t. i, p. 3(. La couleur (dans un tableau] lui paraissait terne et grise, le dessin incorrect et tourmenté; le ciel manquait de transparence, le terrain de solidité, en. de Bernard, la Chasse aux amants, § m. || Demi-transparence, état de certains corps qui ne laissent passer qu'une quantité de rayons lumineux insuffisante pour permettre d'apercevoir nettement les objets à travers leur substance. || La transparence du teint, se dit d'un teint qui semble laisser pénétrer le regard dans la peau.
— ETYM. Transparent; prov 'nç. et espagn. transparencia; ital. trasparenxia.
TRANSPARENT, ENTE (trans-spa- ran, ran-t'), adj. Il 1' Qui se laisse pénétrer par une lumière assez abondante pour permettre de distinguer nettement les objets à travers leur épaisseur. Tous les corps qui sont sur la terre, ou colorés, ou transparents, ou lumineux, desc. Mélh. v, 2. Le bruit, l'éclat de l'eau, sa blancheur transparente, D'un voile de cristal alors peu différente, la font. Psyché, I, p. )8. il Se dit aussi pour translucide dans le langage vulgaire. || 2* Terme de peinture. Se dit
des couleiirs qui en laissent paraître plus ou moins d'autres mises dessous ou qui paraissent i travers d'autres. || On dit dans un sens analogue : uu teint transparent. || 3'Fig. Qui laisse apercevoir un sens caché, quelque chose de caché. Son coeur transparent comme le cristal ne peut rien cacher de ce qui s'y paisse, j. i. Houss. 2' dial. Le mépris qu'ils [les ennemis de Rousseau] affectent... n'est que le voile bien transparent d'une estime qui les déchire, et d'une rage qu'ils cachent trèsmal, ID. ib. La beauté de cette allégorie est d'être simple et transparente, marhontel, Œuv. t. vu, p. 377. Il 4° S. m. Transparent, papier où sont tracées plusieurs lignes noires, et dont on se sert pour s'accoutumer à écrire droit en le mettant sous le papier lorsqu'on écrit. Connaissant si peu le chariue d'une vie oisive, solitaire et simple, ils ne peuvent croire que c'est tout de bon que j'herborise, que ce papier et ces petits livres étaient destinés à coller et dessiner des plantes sur le transparent, i. i. rouss. Correspond, du Peyruu, t. ni, p. 239, dans pougens. || 5" Papier huilé derrière lequel on place des lumières dans les décorations. Une illumination en transparents. || 8* Sorte de tableau sur toile, sur gaze, sur papier huilé ou verni, etc. qu'on expose la nuit en des réjouissances et derrière lesquels on met des lumières pour faire paraître ce qu'il représente. Les Italiens font un grand usage des transparents; ce genre de décoration est éblouissant, mais il ne représente rien de vrai, genlis. Ad. et Th. t. m, p. 98 dans pougens. Il 7' Morceau de toile blanche ou de taffetas blanc bien tendu, pour faire des expérience» d'optique. Il 8* Préparation employée pour faire ressortir les couleurs placées dessous. Fait-on la chair vivante, animée, sans glacis et sans transparents? DIDER. Salon de 4707, Œuv. t. xiv, p. «2, dans POUGENS. Ceux qui font des transparents se sont servis de tout temps de la cire dissoute par l'essence de térébenthine, ID. Peint, en cire, Œuv. t. ïv, p. 350. Il 9* Sorte de vêtement, du temps de Mme de Sévigné. Elle m'a conté les transparents : avez-vous ouï parler des transparents ? ce sont des habits entiers des plus beaux brocarts d'or et d'azur qu'on puisse voir, et, par-dessus, des robes noires transparentes, ou de belles dentelles d'Angleterre, ou de chenilles veloutées sur un tissu, comme ces dentelles d'hiver que vous avez vues : cela compose un transparent, qui est un habit noir, et un habit tout d'or, ou d'argent, ou de couleur, comme on veut; et voilà la mode, sÉv. 326. Il 10° S. f. Transparente, variété de pomme. || Espèce de coquille.
— H!ST. xiv s. Lequel [corps] se trait à nature de aer, et est transparent dedens, oresme, Elh. 22. Ilxvi's. Un corps diaphane et transparent, comme l'air ou l'eau, ou la glace, ou le vewe, paré, Introd. 9. Epicurus faict les dieux luisants, transparents et perflables, mont, n, 249.
— tTYM. Provenç Ironsporent ; espagn transparente; ital. trasparente; de trans, i travers, et parant, part, de l'anc. verbe paroir (voy. paraître).
TRANSPERCÉ, ÉE (tran-spèr-sé, sée), part, passé de transpercer. F,t l'exemple du roi, cle sa main transpercé, corn. Médée, v, 6.
TRANSPERCER (tran-spèr-sé. Le e prend une cédille devant o et o ; transperçant, transperçons), V. a. Il 1° Percer de part en part. Si je sors à la campagne, je trouve des gens que l'épée a transpercés, SACi, Bible, Jérémie, xiv, 48. Quand j'aurai fait le brave, et qu'un fer, pour ma peine, M'aura d'un vilain coup transpercé la bedaine, mol. Sgan. 4 7. Il Par extension. Cette pluie nous a transpercés elle a percé nos habits, et nous a mouillés com plétement. || 2° Fig. Causer une douleur comparable à celle que cause une épée qui transperce. Cette nouvelle me transperce le cœur. La prophétie de Siméon s'accomplit, qui avait prédit que le glaive de douleur transpercerait son âme, le p. SIM. MARS, Myst. roy. de Dieu, p. 74, dans pougens. Il On dit aussi : transpercer do douleur. Celte nouvelle le transperça de douleur. || 8« Se transpercer, V. réfl. Se percer soi-même le corps. Il se transperça de son épée.
— iilST. XIV' S. Laquelle cheville devée [empêche] que la pointe [du trépan] ne tresperche soudainement par trop grant radeur, a. de mondeville, f" 6B. Finées les paroles du marquis, qui le cuer de la marquise naturellement dévoient transpercier.... Ménagier,i, 6. || rV s. Le chevalier monté sur le coursier [donné par Philippe à mes-, sire Jean de Hainaut] transperça tous les conrois des Anglois, et quand il fut tiors et outre....
TRA
TRA
TRA
FROiss. I, I, 289. Il ivt' 8. Il leur transperceoyt la poictrine, hab. Gorj. i, 27. Dez ma première enfance, la poésie a eu cela de me transpercer et transporter, mont, i, 286.
— 6TYM. Trans, et percer; picard, triipercher. TRANSPIRABI.E (tran-spi-ra-bl'), adj. Qui p"Ul
sortir par la transpiration. || Par lequel la transpiration peut avoir lieu. Membrane transpirable.
— HIST. xvi* s. Le vray cuir [derme] est poreux et transpirable, park, i, 4.
— ÊTYM. Transpirer.
TRANSPIRATION (tran-spi-ra-sion ; en vers, de
cinq syllabes), s. f. \\ 1° Exhalation continuelle, plus ou moins abondante, qui a lieu à la surface de la peau. Tantôt il donnait des remèdes qui faisaient suer; et il montrait, par le succès des sueurs, combien la transpiration diminuée ou facilitée déconcerte ou rétablit toute la machine du (orps, FÉN. Tél. XVII. Sanctoriîls, dont les longues et curieuses expériences sur la transpiration ont rendu le nom immortel, apprit au monde savant que ce qui s'échappe de notre corps par cette sorte d'évacuation, dans l'espace de vingt-quatre heures et dans l'âge moyen, est aux autres évacuations en raison de cinq à trois, bonnet, Contempl. nat. (Euv. t. vin, p. 2). La transpiration esta son minimum au moment du repas et immédiatement après ; elle atteint son maximum pendant la digestion, FOURcnoY, Conn. chim. t. ix, p. 20(. || Transpiration pulmonaire, celle qui se fait par la membrane muqueuse des voies pulmonaires. C'est en France seulement que l'on a considéré séparément la transpiration cutanée et la transpiration pulmonaire; cette recherche est due à Lavoisier et à M. Seguin, THENAHD, Traité de chim. t. ni, p. 637, dans pougens. Il Transpiration insensible, nom inexact donné àla portion de sueur qui s'évapore à mesure qu'elle est versée à la surface de l'épiderme, sans pouvoir être recueillie. Il s'attacha beaucoup à étudier la transpiration insensible du corps humain, ponten. Dodart. Il Fig. Cette querelle [de Bussyet de Roussillon] se doit passer en riant, ou par insensible transpiration, sÉv. à Bussy, 19 août 1684. || 2° Le produit lui-même de la transpiration. Une transpiration de mauvaise odeur. Éviter avec soin les transpirations arrêtées, genus. Maison rust. t. ii, p. 243, dans pouGENS. || 3° Terme de botanique. Exhalaison humide à la surface des végétaux. La transpiration des plantes en octobre est à celle qui se fait en août, comme 2 J à 9, bonnet, Contempl. nat. VI, 3. Haies a reconnu qu'un soleil de près d'un mètre de hauteur perdait près d'un kilogramme de transpiration en douze heures, et transpirait dix-sept fois plus qu'un homme, foubcroy, Conn. chim. t. vin, p. 299. || 4° Fig. Indice. Tant de machines [contre Chamillart] ne pouvaient être en si grand mouvement sans quelque sorte de transpiration, ST-siM. 234, )2).
— HIST. XVI' s. lA cholere [bile] qui excède, en partie s'exhale par insensible transpiration et sueurs, paré, Introd. e.
— ÊTYM. Transpirer.
t TRANSPIRÉ, ÉE (tran-spi-ré, rée), part, passé de transpirer. Exhalé par transpiration. Des sucs gommeux ou résineux, transpires par les feuilles, BONNET, Lett. div. (Euv. t. xn, p. 436, dans pou- OENS. La quantité d'eau aspirée et transpirée par un tournesol pendant vingt-quatre heures, thbnabd, Traité de chim. t. m, p. 2<, dans pougens.
TRANSPIRER (tran-spi-ré), V. n. || 1" Sortir du corps sous forme d'exhalation à la peau. Les humeurs transpirent au travers de la peau. || Par extension. Des fumées transpirent à travers les pores du gouffre, surtout du côté de la Torre del Greco, ciuteaubr. Italie, le Vésuve. || 2° 11 se dit du corps même qui laisse exhaler. M. Dodart s'assura par des expériences continuées durant trente-trois ans, que l'on transpire beaucoup plus dans ia jeunesse, font. Dodart. Votre climat n'a point maturam uvam [le raisin mûr] ; ma malheureuse machine m'obligera de m'éloigner du pays où l'on pense, (X)ur aller chercher ceux où l'on transpire, volt. Lett. en vers et en prose, )6. Les végétaux transpirent , et ils s'endurcissent d'autant plus que leur transpiration est plus accélérée ou plus abondante, BONNET, Cnnsid. corps nrgan. Œuv. t v, p. 299. '■ Par extension. Les terroirs qui transpirent beaucoup seront plus endommages par les gelées du prmtemps que Ici autres, bukf. Bxpér. sur Us végét. *• m^m. Il 8" Fig. Se laisser apercevoir. La vie, le sang et son incarnat transpirent à travers, DIOER. Salon de «767, Œuv. t. irv, p. <04, dans pouoENS. Il 4' Fij. Commencera être connu, divul-
gué. Rien [d'une délibération du sénat romain] ne transpira au dehors; tant on gardait un secret inviolable dans les délibérations de cette auguste assemblée, hollin, flist. anc. <Suv, t. ix, p. 14. M. de Climal était un faux dévot, qui ne pouvait avec honneur laisser transpirer ni jalousie, ni amour, mariv. Marianne, part. a. Elle [la- nation française] serait peu flattée [d'un écrit de Frédéric II]; le roi de France le serait encore moins, et je vous respecte trop l'un et l'autre, pour jamais laisser transpirer ce qui ne servirait qu'à, vous rendre irréconciliables, volt. iett. au roi de Pr. (9 mai (7B9. Quant au contenu de la dépêche, rien n'a transpiré, p. l. cour. Gazelle du village. || Impersonnellement. Il ne transpirai! rien dans le public des mesures que les confédérés prenaient pour déplacer ce ministre, lesage, GiJ Bia«,iii,8. ||6° V. a. Faire sortir par transpiration. Ils [des capucins qui faisaient la médecine] ont mieux aimé.... me faire transpirer toutes les sérosités, sÉv. 17 juin (885. Il 6" Se transpirer, ». réfl. Donner lieu à transpi.ation, emploi qui est aujourd'hui peu en usage. Il se transpire beaucoup plus d'humeurs par les pores imperceptibles de» artères et de la peau, qu'il n'en sort par les autres passages du corps, malebr. Rech. vér. n, i, 3. La chair de co-f chon que l'on mange se transpire peu, montesq. Esp. XXIV, 2&.
— HIST. XV!' s. Ils frottent les patients en une grande chambre commune, où tous vents peuvent transpirer, paré,ivi, 4t.
— ÉTYM. Lat. iranj, à travers, et ïptrore, souffler. t TRANSPLANTA BLE (tran-splan-ta-bl') , adj.
Qui peut être transplanté.
— HIST. XVI' s. Les plantes (les jardins transplantables sont les oignons, pourreaux, artichaux,