‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 198 sur 754 · G. DE SERRES · texte numérisé non relu

G. DE SERRES

TRANSPLANTATION ( tran-splan-ta-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f.\\i' Action de transplanter. Il Particulièrement. Action d'arracher un arbre vivantet de le transporter du lieuoù ilvégétait dans un autre où il doit poursuivre sa croissance. Il a» Fig. Action de changer de résidence, en parlant des personnes. Il [M. de Voltaire] était parti [pour Berlin], après avoir combattu pendant plus de six mois contre toute sa famille et contre tous ses amis, qui le dissuadaient fortement de cette transplantation, volt. Comm. Œuv. aul. Henr. 113" Prétendue manière de guérir les maladies, selon Paracelse, en les faisant passer d'un sujet dans un autre soit animal, soit végétal.

— HIST. XVI' s. Transplantation, cotgrave.

— ETYM. Transplanter; provenç. transplanlacio; ital. traspiantazione.

TRANSPLANTÉ, ÉE (tran-splan-té, tée), part, passé de transplanter. Ce sont des arbres transplantés : s'il n'y a point de suc dans la terre pour les nourrir, si c'est pour eux une terre sèche, y prendront-ils racine? bourdal. Exhort. char. env. les nouv. cathol. t. i, p. (36. ||Fig. Jeunes et tendres fleurs par le sort agitées. Sous un ciel étranger comme moi transplantées, rac. Esth. i, I. Vos artisans de la ville, transplantés dans la campagne, fén. Tél. xii. Giulio Mazarini, cardinal, premier ministre, d'une ancienne famille de Sicile, transplantée à Rome, volt. Louis XIV, Ministres.

t TRANSPLANTEMENT (tran-splan-te-man), (. m. Action de transplanter.

— HIST. xvi* s. Ces plantes souffrent le transplantement, o. de serres, 522.

TRANSPLANTER (tran-splan-té), V. a. || 1° ôter une plante, un arbre d'un endroit, et le replanter dans un autre. Il [La Quintinye] a créé l'art de la culture des arbres et celui de les transplanter, VOLT. Louis XIV, Écrivains. || 2* Fig. Faire passer, transporter d'un pays dans un autre. Ce fut lui qui transplanta las arts dans ce pays. Malgré notre amitié, j'ignore quel orige Transplanta sa famille en ce désert sauvage, volt. Scyth. i, i . Ce serait abuser de la complaisance de mon père de le transplanter si souvent, i. Rouss. Ilél. iv, (. Ahl prenez en échange uue vie agitée, Que loin du sol natal l'orage a transplantée, c. delav. le Paria, i, <.||3' Se transplanter, ». réfl. Passer d'un lieu dans un autre pour s'y établir. La difficulté de se transplanter à mon âge est si grande et si désagréable, que je n'ai pu encore me résoudre à passer mon hiver dans des climats plus chauds, VOLT. Lett. Mme du DeIJant, 21 fcvr. (77o.

— HIST. XVI' s. Les formes de parler, comme les herbes, s'amendent et fortifient en les transplantant, MONT, m, a64. El raisons et inventions

que je transplante en mon solage et confonds aux miennes, j'ay, à escient, obmis par fois d'oo marquer l'aucteur, id. m, 98.

— f.TYM. Provenç. transplantar ; espagn. !ratplantar; ital. traspiantare : du lat. transplanlare , de trans, au delà, et plantare, planter.

t TRANSPLANTEUR ( tran-splan-teur ) , i m. Terme de jardinage. Celui qui transplante. || ^d;. I.e matériel et le per.5onnel transplanteurs de II ville de Paris furent mis en réquisition, et la promenade des gros arbres commença au grand ébahissement des habitants du voisinage, ED. andré, Monit. uni». 7 juin 1867, p. 899, 8' col.

— HIST. XVI' s. Transplanteur, cotgrave.

t TRANSPLANTOIR (tran-splan-toir),». m. Terme de jardinage. Instrument propre à transplantei des arbres.

t TRANSPONTIN , INE (tran-spon-tin . lin") , adj. Qui est au delà des ponts.

— ÊTYM. Trans, au delà, et pont.

TRANSPORT (tran-spor ; le « ne se lie pas; au

pluriel, l's ne se lie pas; cependant quelques-uns la lient : des tran-spor-z excessifs), ». m. || l'Action par laquelle on transporte quelque chose ou quelqu'un d'un lieu dans un autre. Transport d».s marchandises, de l'artillerie, de l'argent. Ce malade n'est pas en état de souffrir le transport. Tous les transports de peuples faits à Constantinople n'i.nt jamais réussi, montesq. Lett. pert. 4 2i La v.rtu suppose la liberté, comme le transport d'\a> .'ardeau suppose la force active, volt. but. /■hit. Droit canonique. Accablé de chagrins et de maladies, Lalli, prisonnier dans Madras, demanda vainement qu'on différât son transport en Angleterre , ID. Pol. et lég. Fragm. Inde, 47. || Terme de marine. Action de porter des hommes, des marchandises, des vivres, etc. d'un lieu à un autre. {{ 2° Par extension, voitures servant au transport des choses nécessaires à une armée. Un transport lourd et considérable. || En marine, un transport se dit pour : bâtiment de transport. Les transports manquaient. || 3° Action d'une personne qui, par autorité de justice, se rend, se transporte sur les lieux pour procéder à une vérification, à une visite. Transport d'un expert sur les lieux. || Droit de transport, indemnité accordée aux juges, aux greffiers, aux témoins et aux officiers ministériels, en cas de déplacement || 4" Terme de géologie. Terrain de transport, terrain d'alluvion. || B" Action de porter le montant d'une addition du bas d'une page au commencement de la suivante. On dit plus souvent report. || 6' Jouer par transport, se dit, au trictrac, lorsqu'on joue toutes les damet qui sont abattues des piles , et qu'on en fait des cases et des demi-cases. || 7° Fig. Transport ou transport-cession, cession d'un droit qu'on a sur quelque chose. Faire le transport d'une rente. Je lui ai fait un transport de ma créance. Le cessionnaire d'un titre exécutoire ne peut poursuivre l'expropriation qu'après que la signification du transport a été faite au débiteur, Code eiv. art. 22U. Il Fig. C'est un don [la justification du pécheur] que le Père a fait i son Fils, et ce Fils miséricordieux nous le cède ; il veut que nous jouissions de son droit ; nous l'avons de lui par transport, Boss. Sermons, Jubilé, pénitence, i. ||8" Fig. iâouvement violent de passion qui nous met hors de nous-mêmes. J'ai pour lui des transports de haine Queje ne conserve pas bien, corn. Iléracl. v, (. Je me livre eo aveugle au transport qui m'entraîne, kac. Àndr. i, 1. Perfide! oses-tu bien te montrer devant moi?,. Après que le transport d'un amour plein d'horreur.... ID. Phèdre, iv, 2. Ces paroles lui échappèrent dans le transport de sa passion, fén. Tél. vu. Cette indifférence pour les autres, et cette attention continuelle sur lui-même ne venaient que du transport continuel où il était jeté par la violence de ses passions, ID. ib. xvi. || Absolument. Tout mouvement passionné. Goiitez à pleins transports ce bonheur éclatant, mol. D. Gare, m, 4. On mande que le roi d'Angleterre est arrivé en Irlande, où il a été reçu avec transport, sÉv. 53(i. Le soir, je reçus votre lettre , qui me remit dans les premiers transports [de chagrin], ID. à Mme de Grignan, « lévr. 1671. Vous êtes toujours en joie, toujours content de vous-même? vous ne voyez rien : les choses humaines ne portent pas ce perpétuel transport, boss. Polit, i, iv, t. Sait-on ce que l'on fait dans un premier transport? ou™. Mère coq. ii, 6. 11 faut désormais que mon cœur, S'il n'aime avec transport, haïsse avec fureur, RAC. Àndr. I, 4. Conçois-tu les transports de l'heureuse Hermione? lû. Àndr. u>. 3 Quels *vsuvl»«

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transports Vous font tenter sur vous de criminels efTortsT n>. Mithr. y, *. J'ignore son dessein [de Xipharès); mais un soudain transport L'a déjà fait descendre et courir vers le port, ro. i6. iv, ». Je critique avec sévérité , et je loue avec transport, volt, un. Cideville, ît mai (782. || 9- Enihousiasme. Sentiez-vous, dites-moi, ces violents transports Qiii d'un esprit divin font mouvoir les ressorts? boii.. Sat. ix. l'est lui qui vous dira par quels transports heureux Quelquefois dans sa course un esprit vigoureux, Trop resserré par l'art, sort des ^^gles prescrites, ID. Art p. iv. Est-ce l'esprit divin qui s'empare de moi I C'est lui-même, il m'échauffe, il m'inspire.... de ses mouvements secondez les transports, hac. Ath. m , 7. (Ces esprits faciles].... Oui, dans les douceurs d'un tranquille délire. N'éprouvèrent jamais, en maniant la lyre, Ni fureurs ni transports, j. b. houss. Odê ou comte du Lue. Fuis, ivres des transports qui nous viennent surprendre [en lisant les poètes grecs], Parmi nous, dans nos vers, revenons les répandre, A. CHÉNiEK, i'/7ii!CTi<»on. || 10* Transport au cerveau, ou, simplement, transport, délire, égarement de l'esprit causé par la maladie. Mlle de Guise n'a rien i se reprocher que la mort de son neveu; elle n'a jamais voulu qu'il ait été saigné; la quantité du sang a causé le transport au cerveau, sÉv. 73. Souffrirai-je mille et mille douleurs , qui me feront mourir désespérée? aurai-je un transport au cerveau? mourrai-je d'un accident? id. 126. lisent [dans l'Elysée] le transport de l'ivresse, sans en avoir le trouhle et l'aveuglement, fén. Tél. xix. Il vaudrait autant parler raison à une personne dans le transport de la fièvre, que de s'opposer à la passion d'un homme amoureux avec le langage de la sagesse, M"* de puisieux, Ridic. à la mode, p. 260, dans pougkns. Une fièvre qui lui a enfin donné le transport, i. i. Rouss. Hél. i, vi.

— BIST, xvi* s. Simple transport [d'une obligation] ne saisit pas [le nouveau possesseur doit le signifier à l'obligé), lovsel, 365. Qu'il se feroit transport de la matière des poumons à la teste, PARÉ, XVIII, 88.

— f.TYM. Subst. verbal de transporter ; provenç. transport; esp. transporte, trasporte; it. trasporto.

TRANSI'ORTABLE (tran-spor-ta-bl') , adj. Qui peut être transporté. Ce malade n'est pas transportable.

t TRANSPORTANT, ANTE (tran-spor-tan, tant'), adj. Qui transporte , qui excite l'admiration, l'enthousiasme. Vous trouvez donc que vos comédiens ont bien de l'esprit de dire des vers de Corneille; en vérité, il y en a de bien transportants, sév. 27 avril (67).

■]■ TRANSPORTATION (tran-spor-ta-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\ l' Action de transporter, d'un pays en un autre, un homme, une tribu, un peuple. L'auteur en compte quatorze [générations] de David à la transportation on Babylonie, et quatorze encore de la transportation à Jésus, volt. PMI. Août). Test. Sommaire. || t' Terme de justice criminelle. En Angleterre, condamnation à être transporté dans une colonie pénitentiaire. || En France, condamnation à un séjour obligatoire en un lieu déterminé hors de la Kranoe continentale. La transportation n'est pas une peine infamante, ei elle diffère en cela de la déportation.

— ÉTYM. Provenç. transportacio ; espagn. transportacion; ilal. irasportazione ; du lat. iransporlutionetn, de transportare, transporter.

TRANSPORTÉ, ÉE (tran-spor-té, tée), part, passé de transporter. || !• Porté d'un lieu a un autre. Des marchandises transportées par eau. || 2" Condamné à la transportation. Transporté avec beaucoup d'autres. || Substantivement. Un transporté. Des transportés. || 8* Fig. Saisi de quelque violent mouvement de passion. Et soudain l'empereur, transporté de plaisir.... corn. Poly. i, 4. Transporté de zèle et d'amitié pour moi, il [Arnaud] me dit que j'étais folle de ne point songer à me convertir, que j'étais une jolie païenne].... sÉv. 48. Et lui-même àla mort il s'est précipité, De l'amour du pays noblement transporté, bac. Théb. m, 4. Transportésàlafoisde douleur et de rage. Nos bras impatients ont puni son forfait, ro. Bajax, v, H. Transporté d'une ardeur qui ne peut être oisive, id. Iphig. I, 2. IPAbsolument. Enthousiasmé, ravi. Tous les spectateurs étaient transportés. || Absolument aussi, il signifie quelquefois transporté de colère. Pour moi j'étais si transporté Que, donnant de fureur tout le festin au diable.... boil. Sol. iir. TRANSPORTER (tran-spor-té), t>, o. ]| f Porter d'un heu dans un autre. Transporter des meubles,

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des marchandises. Faut-il le transporter [Joas] aux plus affreux iléserts? rac. Athal. in, *. C'est lui [le P. Sébastien Truchet] qui a inventé la machine à transporter de gros arbres tout entiers sans les endommager^ de sorte que du jour au lendemain Marly changeait de face, et était orné de longues allées arrivées de la veille, fonten. Truchet. Enfin [après la petite vérole] je fus en état d'êlro transporté à Paris le ("décembre, volt. Lett. Sre(«uii, janvier 1724. L'armée [des Perses] s'assembla aussitôt dans une plaine de Cilicie: six cents vais* j ix la transportèrent dans l'Ile d'Eubée, BABTHLL. Anach. Inlrod. part. 2', sect. 2. || En termes de l'Ecriture, la foi transporte les montagnes, elle produit les effets les plus puissants et les plus merveilleux. || 2° Il se dit des actions de souverains qui déplaçaient des populations. D'autres [princes] introduisirent la coutume de transporter les peuples entiers avec toutes leurs familles dans de nouvelles contrées, oii ils les établissaient et leur donnaient des terres à cultiver, ROixm, Hist. anc. (But), t. I, p. 7, dans pouoens. Quand une nation connaît les arts, quand elle n'est point subjuguée et transportée par les étrangers, elle sort aisément de ses ruines et se rétablit toujours, VOLT. Moeurs, ib7. ||3' Condamner i la peine de la transportation. En Angleterre on n'assassine point, parce que les voleurs espèrent d'être transportés dans les colonies, non pas les assassins, MONTEso. Esp. VI, 16. Rarement les voleurs sont-ils punis de mort en Angleterre; on les transporte dans les colonies, volt. Pal. et lég. Délits et peines, Peine de mort. |{ 4° Fig. Il se dit de l'action de faire passer d'un lieu à un autre une juridiction, une puissance, etc. Constantin transporta le siège de l'empire romain à Constanlinople. Transporter un événement sur la scène. Un bruit confus.... Fait croire heureusement à ce peuple alarmé Qu'Amurat le dédaigne et veut, loin de Byzancé, Transporter désormais son trône et sa présence, RAC. Baj. I, 2. Si Pygmalion ne change de conduite, noire gloire et notre puissance seront bientôt transportées à quelque autre peuple mieux gouverné que nous, pén. Tél. m. Elle imagina de faire un roman, et de transporter les caractères et les mœurs du temps présent sous les noms de la cour d'Auguste, m-* de caylus. Souvenirs, p. 236, dans POUGENS. Il 6° Fig. Il se dit de passages, de choses littéraires qu'on introduit. Si d'ailleurs quelque endroit, plein chez eux [les anciens] d'excellence, Peut entrer dans mes vers sans nulle violence. Je l'y transporte.... la pont. Poésies mêlées, lxx. Bientôt on sentit qu'il fallait transporter dans notre langue les beautés et non les mots des langues anciennes, d'alemb. Œuv. t. I, p. 265. Il 6' Fig. Changer le sens, la portée. Transporter un mot du propre au figuré. Enfin tous, parlant sans cesse de besoin, d'avidité, d'oppression, de désirs et d'orgueil, ont transporté à l'état de nature des idées qu'ils avaient prises dans la société, j. J. ROuss. Inégal, préambule. || 7* Déplacer. En transportant cent fois et le nom et le verbe. Dans mes vers recousus mettre en pièces Malherbe, boil. Sat. n. || 8" Terme de droit. Céder & quelqu'un un droit. Transporter une rente, une dette, une créance. X ce frère si cher transportez tous mes droits, corn. Nicom. iv, 8. L'acte par lequel le peuple de Dieu transporte à Simon toute la puissance publique et lui accorde les droits royaux, est remarquable, boss. Hist. ii, 5. Si vous ne répondez pas à ce dessein de Dieu sur vous.... il se servira de quelque autre qui lui sera plus fidèle ; il lui transportera cette couronne qui vous était destinée, mass. Carême, Aumône. || 9° Fig. Causer des transports violents de passion. Parbleu I si grande joie à l'heure me transporte.... mol. Sgan. 18. Parbleu, tu jugeras toi-même si j'ai tort, Et si c'est sans raison que ce coup me transporte, ID. Fdch. Il, 2. Lis grandes prospérités nous aveuglent, nous transportent, nous font oublier Dieu, Boss. Heine d'Anglet. Est-ce que de Baal le zèle vous transporte? rac. Ath. m, 3. L'affront que Philippe faisait â sa mère Olympias en la répudiant, le transporta [Alexandre] hors de lui-même, ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. vi, p. 605, dans pouoens. Il Absolument. Exciter l'admiration. la satisfaction. Ohl ce discours me transporte, me ravit, pasc. /Vn». X, I, éd. HAVET. Le P. Bourdaloue fil un sermon le jour de Notre-Dame qui transporta tout le monde, sév. 486. J'avoue que la découverte d'un fait nouveau dans la nature m'a toujours transporté, BUPF. C'uadrup. t. vin, p. 2». || 10* Se transporter, V. réll. Se rendre eu un lieu. Se transportei

chez quelqu'un. Il II se dit ordinairement de ceiu qui vont en quelque lieu par autorité de justice. Le juge s'est transporté sur le lieu du crime. Le lundi l« janvier U8», Jean Leclerc, dit Bussi.... devenu gouverneur de la Bastille, se transporta à ,1a Grand' Chambre, suivi de cinquante satellites couverts de cuirasses, et le pistolet i la main, volt. //lit. part. 31. || Aller se fixer en un liuu. Avant que de sa transporter i Versailles, il fut quatre ou cinq mois à se rafraîchir la botanique avec M. Marchant, son ami et son confrère, fonten. Bourdelin. \\ 11* Fig. Imaginer qu'on est dans un lieu, dans un temps autre que celui où l'on est. Transportez-vous dans le passé. Transportez-vous en imagination dans l'avenir. Transportez-vous par la pensée au milieu des peuples sauviiges. Il 11' Fig. Être saisi d'un mouvement de passion. Dieu a permis que Mme la Dauphine, ayant su que cette jolie personne [la future de Dangeau] avait signé partout Sophie de Bavière, s'est transportée d'une telle colère, que le roi fut trois fois chez elle pour l'apaiser, craignant pour sa grossesse, sÉv. 3 avril 1686. Les Français auront beau applaudir aux traits héroïques que vous leur présentez [le siège de Calais], je doute qu'ils les imitent; mais ils s'en transporteront dans vos pièces, et les aimeront dans les autres hommes, J. j. rouss. LeU. d Du Belloy, 4 2 mars I770.

— SYN transporter, transférer. L'on dit transporter des meubles, des marchandises, de l'argent, des troupes d'un lieu i. un autre. Mais on dit transférer un prisonnier du Chatelet à la Conciergerie, un corps mort d'un cimetière dans un autre. Quand on transfère un magasin de marchandises précieuses, il faut tâcher de les transporter sans les^gâter.

— HIST. xiii* s. Ele [une enfant dont une jambe était sèche] ne se pooit ester sur ses piez, ainçois se tresportoit ou trainoit de lieu à autre à ses naches [fesses] et à ses manetes [petites mains], Miracles St Loys, p. 133. 0 dame de grant poesté.... Tresporte nous de cest orage.... En ccl mont, en ce biel esté, cité dans Baudoin de conoé, t. i, préface, XIX. Il xiV s. Le souverain empire seroit des pères [sénateurs] au plèbe tresporte, bebchk.ure, f" 75, rerso. Tarquin mourit àCumes, en quel lieu il s'estoit transportez, m. !• 36, recto. \\ xv s. Perducet, je te transporte, en la présence de mes hommes, toute la terre de Chaumont, froiss. u, n, 467. Hais quant justice y est perie [dans un royaume], Ou y del'ault, meus [déplacé] sera Ly règnes ou elle faurra [manquera]. Et sera ailleurs transportez, E. descii. Jfir.de monade, p. HO. En la dicte nuit, nous, Robert de Tuillieres, lieutenant dessus nommé, nous transportasmes ou [au] dit hostel.... Bibl. des ch. 6* série, t. i, p. 24». Il XVI" s. Si quelque sçavant homme les avoit transportées [les spéculations philosophiques] de grec et latin en nostre vulgaire.... dubel. i, 44, recto. Ne pensez que jamais gens plus feussent eslevei et transpourtez en pensée, que feurent en ycelle nuyct tant Thaumaste que Pantagruel, rab. Pont. II, 18. C'estoit tout pervertir, de transporter à l'homme mortel ce qui est propre au sainct esprit, CALV. Instit. 84 7. Estans enflez d'orgueil, transportez d'indignation, id. ib. 826. Corvées, tailles, ne peuvent estre vendues ni transportées i autrui.... loysel, 9(8. Se laisser transporter à une violente cholere, amyot. Thés, et Rom. comp. s. Transporté de la cupidité de gloire, id. Thém. 6. Biop accomparoit telles manières de gens à des vase, à deux anses, qui se transportent aisément par les oreilles là où on veult, id. Mauv. honte, 24.

— ETYM. Provenç. et espagn. transportar, trcaportar ; ilal. trasportare ; du lat. trorwportore, de trans. au delà, et portare, porter.

t TRANSPORTEUR (tran-spor-teur), s. m. Celui qui a "ne entreprise de transports. La compagnie transpi rteur, Extr. d'un jugem. du trib. de comm. de la Seine, 20 déc. (86».

TRANSPOSÉ, ÊE (tran-spô-zé, zée), port, passé de transposer. || !• Dont la place est intervertie. U y a dans cette ligne des mots transposés. Il 2' Terme de minéralogie. Se dit d'un cristal, quand il paraît composé de deux moitiés qui auraient fait l'une sur l'autre un sixième de révolution. Il 8* Terme de musique. Dont le ton est changé. Rien n'est plus naturel que de solfier p^ir transposition, lorsque le mode est transposé, J, i. 8OUSS. Êm II.

TRANSPOSER (tran-spA zé), v.a. || t* Mettre unu chose à une autre pLice (pie celle oii elle était, ou elle devrait dire. Transposer des pages «n impo-

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laiit. Transpuser i»s lerœeg d'une proposition. Transposer des feuilles, en reliant. On transpose le datif en poésie avec beaucoup d'élégance: À sa liauto vertu je rends ce que je dois, vauoel. item. not. Th. Corn. t. n, p. 543, dans pougens. U ne faut point transposer les bornes des arts; la comédie doit s'élever et la traj^édie doit s'abaisser à propos; mais ni l'une ni l'autre ne doit cliauger de nature, volt. Comm. Corn. Hem. l). Sanche, Pr^/'. Il a* Terme de musique. Jouer, ou chanter, ou écrire dans un ton ce qui est noté dans un autre. J'ai transposé l'air Asile héréditaire en si. Il Absolument. Mon maitrc m'a appris à transposer. Il 3* Terme de jeu. Transporter son argent d'une earto sur une autre. Transposer le paroli du valei sur la dame. |{ 4* Se transposer, v. réft. Être transposé- L'usage vous apprendra que tous les adverbes ne peuvent pas se transposer, et qu'on ne peut pas dire : les femmes vous avaient gâté bien, coNOii,. Art d'écr. i, 5.

— IIIST. xiv's. Adonques est transposée et muée la domination en olygarchic, orësmë, Eth. 248. Il XVI' s. Il vouloit transposer le,'' Athéniens de la poincte gauche fde l'armée] en la droitte, amyot, Arist. 37. Hz fouilloient des pierres, et les transposoienl d'une place en une autre, lo. Anton. 68.

— ÊTYM. Trans, au delà, et poser.

TRANSPOSITEOR ( tran-spô-zi-teur), adj. m.

Terme de musique. Piano transpositeur, piano qui par un mécanisme opère la transposition d'un son dans un autre. || Substantivement. Un transpotiteur.

— ÉTYM. Transposer.

TRANSFOSITIF, IVE (tran-spô-zi-tif, tiV), adj. Qui a la faculté de transposer. || Langue transpositive, celle où les rapports des mots" entre eux sont indiqués par leurs terminaisons, et où l'on n'est pas oblige de les placer suivanll'ordre analytique de la grammaire.

— ETYM. Lat. transpositiva, la métalepse, de Iran», et positum, supin de pnnerejyoy. position).

TRANSPOSITION (tran-spo-zi-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1* Action de transposer; résultat de cette action. Ces transpositions d'épitres [d'un Mécène à un autre] sont arrivées plus d'une fois; et un homme du Dauphiné ayant fait le panégyrique du cardinal de Richelieu, et le trouvant mort quand il arriva, il en fit le panégyrique de la reine mère Anne d'Autriche, m"" de scudery, les Conversations, Dialogue. La poésie permet la transposition de tous les faits qui ne sont point écartés les uns des autres d'un grand nombre d'années, et qui n'ont entre eux aucune liaison nécessaire, volt. Henr. v. Noies. Une transposition, un mot oublié suffisent pour formel un sens absurde ou odieux, m. Mél. litt. à NeauLme. Il Terme d'anatomie. Transposition des viscères, cas qui se présente quelquefois, où la place des viscères est intervertie, le coeur étant à droite et le foie à gauche. || 2° Terme d'imprimerie et de librairie. Interversion de feuilles d'impression, de cahiers. Ce livre est plein de transpositions. Il 3" Renversement dans la construction ordinaire des mots. La transposition du génitif est fort agréable, comme dans ce vers : De ce fameux héros la valeur éclatante, va.doel. Rem. Not. Th. Corn. t. a, p. B42, dans pougens. Les transpositions légères qui donnent aux vers de la grâce et de la force, bouhours, Entret. 4'Àr. et d'Eug. 2. Quand sera le voile arraché, Qui sur tout l'univers jette une nuit si sombre? aujourd'hui nos poètes n'osent presque plus employer de transpositions, qui cependant ne peuvent faire qu'un bon effet, d'olivet. Hem. Racine, a. Il faut toujours prendre garde que les transpositions ne donnent lieu à des équivoque», condil. Art d'écr. i, 5. || 4" Terme d'algèbre. Opération qu'on fait en transposant, dans une équation, un terme d'un membre dans un autre. || B'Terme de marine. Déplacement fait par un amiral entre les différentes escadres de l'armée. Il 6' Terme de minéralogie. Déformation dans laquelle un demi-cristal est placé, comme si, après la section en deux du cristal en «ntier, on eût fait faire un sixième de révolution à l'une des moitiéssur l'autre. || 7* Terme de musique. Action de transposer. Transposition d'un ton dans un a.itre. hien n'est plus naturel que de solfier par tianspoiition, lorsque le mode est transposé,;, i. nouss. «'11. II. La transposition est une des plus grandes diffieultés d^' la musique, considérée sous le rapport de la pratique; elle exige une aptitude partitulièrv que des lecteurs, d'ailleurs habilet, n'ont pas ioujour» »*ti«, la Musique, l, 4.

— HIST. XVI* s. Sa vertu [de Coriolan], par la transposition d'une seule personne des uns aux autres, avoit apporté un si estrange et si soudain changement aux affaires.... amyot. Cor. 44. i'ar transposition de matière, pake, iv, 6. U adviendra facilement |dan3 les additions que Montaigne fait aux éditions de son livre] qu'il s'y mesle quelque transposition de chronologie, mont, iv, 9u.

— ETYM. Trans, et postlton.

TRANSKHÉNAN , ANE (Iran-sré-nan, na-n'),odj.

Qui est au delà du Rhin. Un pays transrhénan. Les royaumes transrhénans. Contrée transrhénane.

— HEM. I,e Dictionnaire de l'Académie ne donne que le féminin.

— ETYM. Lat. transrhenanuSjdn Irnns, au delà, et Rhenus, le Rhin.

t TItANSSÉQUANlEN, IliNM': ( tran-ssé-kouaniin, niè-n'), adj. Oui habite au delà de la Seine.

— ETV.M. Lat. trans, au delà, et Sequana, Seine, t TRANSSUBSTANTIATEUR (tran-sub-stan-si-a-

teur), s. m. Nom que les luthériens ont donné aux catholiques et aux membres des sectes auxquelles ils reprochaient d'admettre la transsubstantiation. Les transsubstantiateurs di.sent.... boss. Var. 2.

TRANSSUBSTANTIATION (tran -substan-si-asion), s. {. Il 1° Changement d'une substance en une autre, jl Terme d'anatomie. Nom donné par Vetter et Burdach au cas dans lequel les parties constituantes d'un tissu, ayant été résorbées, sont remplacées par des éléments d'une autre espèce qui se substituent à lui, ce qu'on appelle habituellement transformation, mais à tort, i 2° Terme de théologie. Changement miraculeux de la substance du pain et du vin en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ dans l'eucharistie. Cette audace insupportable avec laquelle vous avez osé imputer à de saintes religieuses et à leurs directeurs de ne pas croire le mystère de la transsubtantiation, ni la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie, pasc. Prov. xvi. Le terme de transsubstantiation, aussi naturel pour exprimer un changement de substance que celui de consubstantiel pour exprimer une unité de substance, Boss. Var. ni, I6. Si on croyait qu'il fût à propos, pour la satisfaction de quelques esprits, d'expliquer comment le sentiment qu'on a de la matière s'accorde avec ce que la foi nous enseigne de la transsubstantiation, on le ferait peut-être d'une manière assez nette et assez distincte, et qui certainement ne choquerait en rien les décisions de l'Eglise, iCALEim. Rech. vér. iti,n, 8. Le terme de transsubstantialion ne s'établit que vers le xii* siècle, VOLT. Ann. Emp. Charlemagne, 806.

— HIST. XVI' s. Nous [protestants] ne pouvons pas dire beaucoup sur le point de la transsubstantiation; car elle est plus malaisée à prouver qu'à prononcer, quoyque le mot soit bien long, d'aub. Conf. de Sancy, 1, to.

— ÊTYM. Lat. scolastique, transsubstantiationem, expression employée pour la première fois au concile de Latran, en (2)5 (voy. transsiibstantier).

TRANSSUBSTANTIÉ, ÉE (tran-sub-stan-si-é, ée), part, passé de transsubstantier. Le pain et le vin étant transsubstantiés, l'un au corps, et l'autre au sang de N. S., boss. Var. 46.

TRANSSUBSTANTIER (tran-sub-stan-si-é), v. a. Il se conjugue comme prier. |{ 1° Changer une substance en une autre. || Pig. J'avais enseigné, dit-il [Luther], qu'il n'importait pas que le pain demeurât ou non dans le sacrement; mais maintenant je, transsubstantie mon opinion; je dis que c'est une impiété et un blasphème de dire que le pain est transsubstantié, BOSs. Var. ii. || 2° Terme de théologie. Opérer la transsubstantiation. Le nouveau mot de transsubstantier qu'on emploie ici, sans rien ajouter à l'idée de substance qu'on vient de voir reconnue contre Bérenger, ne faisait que l'énoncer par une expression qui, par sa signification précise, ser/ait de marque, boss. Var. XV, iS6.

— HIST. XVI' s. Les imposts de la France ont transsubstantié les champs du laboureur en pâturages, les vignes en friche, d'aub. Conf. I, x. J'en veois qui se transforment et se transsubstancient en autant de nouvelles figures et de nouveaux estres, qu'ils entreprennent de charges, mont.

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