‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 199 sur 754 · IV, )B · texte numérisé non relu

IV, )B

— ETYM. Provenç. transsustanciar ; espagn. iranlustanciar : ital. tratustanxiare, du lat. trans, au delà, et substantia, substance.

TRANSSUDATION (tran-SAU-da-sion ; envers, de cinq syllabes), t. f. Action d'un fluide qui passe à travers les parois d'un corps quelconque, et se ramasse en gouttelettes à sa surface. Qu'on se re-

présente le nombre des espèces de ces animaux à coquille, ou, pour les tous comprendre, de ce.s animaux à transsudation pierreuse, huef. Hist. min. Œuv. t. VI, p. 147. Il Transsudation cadavérique, action d'un liquide qui passe à travers les tissus après la mort.

— ErvM. Transsuder.

TRANSSUDER (tran-ssu-dé), v. n. || 1' Passer au travers des pores d'ua corps par une espèce de sueur. Le suc cristallin qui transsude el sort des grandes masses quartzeuses, bukf. Uin. t. vi, p. 76. U est très-sûr qu'il y a des coquilles qui croissent par juxtaposition; elles se forment des sucs pierreux qui transsudent des pores de l'animal, bonnet, Contempl. nat. m, 21. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 2° ¥. a. Laisser transsuder. Les feuilles de cet arbre [le mélèze] tnmssudent en certains temps une espèce de manne que les abeilles recueillent avec beaucoup d'empressement, saussube, Voy. Alpes, t. ui, p. 220, dans pougens.

— HIST. XIII' s. Et la pel dou dos li tressue, Ren. t. n, p. 370.

— ETYM. Provenç. trassuiar, trassuar ; espagn. trasudar ; ital. trasudare; du lat. (rarw, à travers, et sudare, suer.

tTRANSTÉVÊRIN (tran-sté-vé-rin), j. m. Celui qui habite au delà du Tibre, sur la rive droite du Tibre à Rome. Les Transtévérins prétendent descendre des anciens Romains; rien de moins prouvé; mais ce grand nom leur donne du cœur, H. beyle (STENDHAL), Fromenades dans Rome.

— ETYM. Ital. transteverino, du lat. transliberinus, de trans, et Tiberis, le Tibre.

t TRANSURANIEN , ENNE (tran-zu-ra-niin , niè-n'), adj. Au delà d'Uranus. Planète transuranienne, radau, Rev. des Deux-Mond )800,p. <062.

t TRANSVASATION (tran-sva-za-sion), «. f. Action de transvaser. Certains vins, quoique excellents, se ruinent par la seule transvasation. /'t'ai. d'Orat. Tubern, t. u. Lettre.

— ÉTYM. Transvaser. On trouve quelquefois transvasion, qui est incorrect.

TRANSVASÉ, ÉE (tran -sva-zé, zée), part, passé de transvaser. Un liquide transvasé.

t TRANSVASEMENT (tran-sva-ze-man), ». m.

Il l'Action de transvaser. || Fig. Les puissance» alliées n'ont-elles pas donné au monde le spectacle du singulier transvasement des nations qui, conquérantes, viennent garder les vaincus, et, vaincues, vont maintenir les conquérantes? sai^ VANDY, cité dans pautex. || 2° Action de transporter les abeilles d'une ruche dans une autre.

— HIST. XVI' s. Transvasement, cotgrave.

— ETYM. Transvaser ; ital. travasamento. TRANSVASER (tran-sva-zé), v. a. Verser une

liqueur d'un vase dans un autre. L'aveugle.... estime.... la plénitude des vaisseaux au bruit que font en tombant les liqueurs qu'il transvase, DIDER. Letl. sur les aveugles. Il faut ne transvaser les vins que lorsqu'ils sont bien faits, oenlis, Uaison rust. t. m, p. 300, dans pougens || Fig. L'esprit de l'Évangile Est un baume enfermé dans un vase d'argile ; Homme 1 sans le briser, transvasez la liqueur, lamart. Joc. ix, 306.

— HIST. XVI' s. Ce vin ainsi brouillé et pcslomeslé est transvasé, o. de serres, 2*8.

— ÊTYM. Trans, au delà, et vase; ital. travasare. t TRANSVASEUR (transva-zeur), s. m. Appareil

propre à transvaser; espèce de pompe, de siphon. Il Ouvrier qui fait le transvasement.

t TRANSVERSAIRE (tran-svèr-sê-r"), adj. Terme d'anatomie. Qui se rapporte aux apophyses transverses. || Transversaire cervical, muscle qui naît du sommet des apophyses transverses et des six vertèbres supérieures du cou, et s'attache aux racines postérieures des apophyses transveraes depuis la sixième vertèbre cervicale jusqu'à la seconde. Il Transversaire épineux, muscle qui remplit la gouttière sacrée, toute la portion de la gouttière lombaire qui est en dehors des apophyses articulaires, la gouttière dorsale et la gouttière cervicale jusqu'à l'axis.

— ETYM. Transverte.

TRANSVERSAL, ALK (tran-svèr-sal, sa-l'), adj. Il 1" Qui passe en travers. Les ailes ont une raie transversale d'un blanc jaunâtre , bupp. Ois. t. x, p. (07. Il Terme de géométrie. Substantivement, une transversale , une ligne transversale. || S. f. pi. Terme d'astronomie. Lignes que l'on trace sur le limbe d'un quart de cercle, entre deux oirconlérences conceninques, et qui servent à siilidi- Tiser les degrés. |{ 2° En botanique, les valves, lu

TRA

. l..isoiu «ont transversales quand elles sont pcrpen.liculaires à l'axe du péricarpe, exemple : la casse. Il 3" En aiiatoinie, il se dit de certaines parlies qui sont placées obliquement. Les muscles transversaux du nez. |l 4' Se dit d'une coquille bivalve, quand la lijtne comprise entre les bords antérieur et posloriour est plus grande que colle qui descend perpendiculairement des crochet».

— IllST. xiv s. Fassie [bande] qui doit lier l'espauUe doit avoir en latitude six duiz Iraversaus, H. DE MONnKviLLE, f* 4(.||xTi« 8. Succession de biens avillns ou do conquest faits par les pero o;i mère devant leur mariage solemnisé ne monte jamais soit en droite ligne ou en transversale, tant qu'il y a des parents collatéraux.... Coust. géncr. t. II, p. 713.

— ETYJi, rr(in?rerse.

TR.ANSVKRSALKMKNT (tran-svèr-sa-lc-man ) ,

adv. IVune manière transversale. On a donné à cet oiseau le nom de roi des gobo-mouclies, à cause de la belle couronne qu'il porte sur la tête et qui est posée transversalement, bufk. Ois. t. viii, p. 3b7. Quand on coupe le polype transversalement, c'est à peu près comme si l'on coupait un sac ou un boyau transversalement, bonnet, l* lelt Hist. nal.

— HIST. ivi's. Les autres sont situées transversalemenx, comme transversaui de l'epigastre, FABÉ, I, ». ^

— Etym. Transversale, et le suffixe ment. TRANSVERSE ( tran-svèr-s' ) , adj. \\ l' Terme

d'anatomie. Qui est situé en travers. || Apophyses transverses, apophyses situées latéralement sur le corps des vertèbres. Il Artère transverse de la face, branche que la temporale envoie sur le mnsséter. '] y. m. Transverse de l'abdomen ou du bas-venve, muscle de la région lombaire, qui s'attache supérieurement au cartilage de la dernière côte sternale et de toutes les fausses côtes. || Transverse du menton, faisceau du muscle triangulaire des lèvres. || 2° Terme de botanique. Se dit de l'emfcryon, lorsqu'il s'allonge en direction à peu près parallèle au plan du style. {| 3* Terme de géométrie. Axe transverse de l'hyperbole, celui dont le prolongement passe par les deux foyers de la

» courbe.

— HIST. XVI* s. Les fibres transverses du cœur font l'organe de la faculté constrictive, PAa6,i, (. la partie transverse du colon, id. ib.

— Etym. Lat. Iransversus, de trans, en travers, et versus, tourné (voy. version).

t TRANSVIDKR (tran-svi-dé), V. a. Verser dans un vase ce qui reste dans un autre vase ou dans plusieurs autres.

— ETYM. Trajis, et vider.

t TRANTANEL (tran-ta-nèl), t. m. Nom languedocien du passerina tinctoria, thymclées ; cette plante fournit une couleur jaune. Nous avons la malherbe et le trantanel, qui sont deux plantes d'une odeur*forte dans leur emploi, qui croissent dans le Languedoc et dans la Provence, Instruction générale pour la teinture, <8 mars (67),

TRANTRAN (Irau-tran), s. m. La manière ordinaire de conduire certaines affaires; la routine q-.i'on y suit. Je sais le trantran, le cérémonial de "arqùebu.se, dancouht. Prix de l'arqueb. se. 3. De S,esmes chercha à suppléer à son ignorance en apprenant bien ce qu'on appelle !e trantran du palais, ST-siM. 3)9, )8!>. Quand on est nouveau venu dans une maison, on n'en sait pas le trantran, COMTE DE CAïLUS, Hist. de U. Guill. lEuv. t. x, p. fli.

— REM. On entend quelquefois dire train-train; c'est une corruption de trantran, par confusion, comme si le mot train était dans ce terme.

— HIST. XVI' s. Il entend le trantran , oudin, Curios. franc.

— Etym. Subsl. verbal de l'anc. verbe trantraner, qui est le hollandais tranten, trantelen, se promener çà et là.

t TRAPAN (tra-pan), t. m. || l" Le haut d'un escalier où finit la rampe. || 2° Grande planche percée de plusieurs trous qui sert à égoutler la feuille, dans les papeteries, Dict. des arts et met.

— HIST. XIV* s. Le suppliant diidit plancher des- Jorra et osla un trapen, pour y cuidier avaler et •otrer et prendre la finance, du canoë, trappa. i; IV» s. Par nuit le suppliant leva un aiz ou trapant, qui estoit couchiez en la maniera de plancher, ID. «b. Ilxvi* s. Les Champaignois appellent un ais de bois trapan, trippault, Celthellen. dans

LACLBNE.

— Etym Voy. trappe s.

\ TRAPÈLE (tra-pè-l'), ». m. Genre de sauriens,

ntCT. DB l.\ LANklUK FHANÇAISS.

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appelé changeant par certains auteurs, et dans lequel on distingue le trapèle égyptien.

— Etym. TpanAà;, qui se tourne, qui se change, do TpÉittiv, tourner.

t TRAPKR (tra-pé), V. n. S'est dit des melons qui grossissent.

— Etym. Verbe formé de l'adj. trapu.

TRAPÈZE (tra-pè-z'), s. m. || 1" Terme de géométrie. Quadrilatère dont deux côtés sont inégaux et parallèles. Le profil de la jetée de l'iimouth est un trapèze qui a 3uo pieds anglais de largeur à sa base, et 30 pieds de largeur à son sommet, oi- BABD, ln<:tit. Mim. scient, t. vu, p. 4)r.. || î* Terme de gymnastique. Machine formée d'un bâton d'un mètre de longueur, ayant à chaque extrémité une gorge pour recevoir une corde ; ces cordes sont terminées par un anneau qui sert à suspendre le trapèze, qui doit être à *o ou 6o centimètres audessus de la tête pour les divers exercices. || Dans les hôpitaux, il y a, attaché au-dessus du lit, un petit trapèze en bois, qui aide les malades à se soulever. || 3° Terme d'anatomie. Le trapèze, ou, adjectivement, l'os trapèze, le premier de la seconde rangée du carpe, en comptant de dehors en dedans, c'est-à-dire en pailaut du pouce. || Le trapèze, ou, adjectivement, le muscle trapèze, muscle situé à la partie postérieure et supérieure du tronc.

— HIST. xvi* s. Le muscle appelle trapèze, vulgairement capuchon de moine.... pabé, iv, )9.

— Etym. I.al. irapezium, de TpaTiéÇiov, trapèze, qui vient de tpiitt^a, contraction de teTpinïCa, de Térpa, quatre, et r.iXa, pied.

fTRAPfiZlEN, IK.NNE (tra-pé ziin, ziè-n"), adj. Qui appartient uu trapèze. || Terme de minéralogie. Nom donné à une variété qui a sa surface latérale composée de trapèzes situés sur deux rangs, entre deux bases.

t TRAPfiZIKOllME (tra-pé-zi-for-m'), adj. Qui a la forme d'un trapèze.

t TRAPÉZITE (tra-pé-zi-f), s. m. Nom, sous les Ptolémées, en Egypte, 'u rect^eur général des finances.

— 6TYM. TpanetiTT)?, changeur, de ipineÇa, table (voy. TRAPÈZE) .

t TRAPËZOftDKE (tra-pé-zo-è-dr'), t. m. Terme de minéralogie. Solide dont les faces sont trapézoïdales. Il Solide composé de vingt-quatre faces quadrilatères symélriqies.

— ETYM, Trapèze, et ëûpa, forme.

tTRAPÉZOÏDAL, ALE (tra-pé-zo-i-dal, da-l'), od;.

Terme de minéralogie. Qui tient du trapézoide.

TRAPÉZOÏDE ttra-pé-zo-i-d'), od>. || !• Terme de géométrie. Quadrilatère plan dont tous les côtés sont obliques entre eux. || 2" Terme d'anatomie. Le trapézoide, ou, adjectivement, l'os trapézoide, le second de la seconde rangée du carpe, en comptant de dehors en dedans, c'est-à-dire en partant du pouce. Il Ligament trapézoide, portion antérieure du ligament coraco-claviculaire.

— ÉTYM. TpoiteCosiSrii;, de -cpâTteCa, et tî8o;, forme.

t TRAPP (trap'), s. m. Roche verdàlre ayant la forme d'un escalier. M. Bucquel a donné à l'Académie un mémoire sur la pierre appelée trapp, coNDOiyîET, Bucquet. Il Nom commun au basalte, au porphyre, à l'amygdaloïde, reconnus pour appartenir à une même famille. UTrapp-tuf, tuf volcanique.

— ETYM. Suédois, trappa, suite de gradins; allem. Treppe; roche ainsi dite par Bergmann, parce qu'elle se présente souvent sous forme de terrasse ou gradin.

' TRAPPE (tra-p'), s. f. Il 1* Porte posée horizontalement sur une ouverture à rez-de-chaussée ou au niveau du plancher. Ces deux hommes levèrent une grande trappe de bois, couverte de terre et de broussailles, qui cachait l'entrée d'une longue allée en pente et souterraine, lesage, Gil nias, I, 3. Il 2" L'ouverture elle-même. Monter au premier par une trappe. ||3° Espèce de porle, de fenélru qui se hausse et qui se baisse dans une coulisse. La trappe d'un colombier. || 4" Espèce de porte en tôle, dans une cheminée à la prussienne ou autre. || Pièce de tôle servant à intercepter l'air froid d'une cheminée. || Petite porte que l'on place sur un coffre de cheminée pour le service des ramoneurs. Il 6* Pièce de fer qui s'engage dans les dents du cric des berlines. || 6° l'icge pour prendre des bètes, formé d'un trou pratiqué en terre et recouvert de branchages, ou d'une bascule. Tendre une trappe. Dresser une trappe.

• HIST. XII* 3 cil qui délivrera Tous ces qui

TRA

sont pris à la trape Au reaume <Jont nu« n'îschape, la Charrette, )»i4. || xiii* s. Ne huchier ne huissier ne piiecnl [peuvent) ne ne doivent faire ne trappe ne huis ne fcnestre, sans goujons de fust ou de fer par leurs scremens, Liv. des met. )0(i, Or est Renart en maie trape. Que li chien durement le hape, lien. 2069 ||xv*8 Chien et chat, U trape aux souris, e. desch. Poésies mtt. (• 4)». n XVI* s. De vous tenir près des herses, trappes et bacules, de peur qu'on ne les abatte, cabl. », ♦». Qui fait la trappe, qu'il n'y cheie, leroux de likct, l'rnv. t. II, p. 392. La trape des cieux, cotOi1<ite. Toute personne prenant, en quelque part que ce soit, pigeons "à trappe, fillets, ou collets, est par laditte coustume punissable comme ayant commii larcin, Coust. gén. t. i, p. 244.

— i-.TYM. Provenç. trapa; espagn. trompa; portug. trapa; ital. trappola: du bas-lat. trappa (qui est dans la loi salique), lequel vient de l'anc. haulall. trapn, piège.

t 2. TRAPPE (LA) (tra-p") , i. f. Ordre religieux dont le chef-lieu était i la Trappe près de Mortagne. || Nom propre devenu la dénomination générale des couvents de l'ordre de la Trappe. U y a des trappes dans toutes les parties du monde.

— ETYM. D'après Legoarant, dans le patois du Perche, où se trouve Mortagne, trapan signifiant degré (voy. trapan), Notre-Dame de la Trappe veut dire Notre-Dame des degrés, du tertre, du monticule, parce qu'elle est située sur une hauteur (voy. THAPP).

t TRAPPEBOIS (tra-pe-boî), ». m. Sittelle.

t TRAPPÉEN, ENNE (tra-pé-in, è-n'), adj Terme de minéralogie. Qui a les caractères du trapp. || Qui est formé de trapp. || Terrains trappéens, groupe comprenant les. terrains volcaniques qui ont subi une liquéfaction pâteuse.

— ÉTYM. Trapp.

t TRAPPELLK (tra-pè-l*), s. f. Espèce de petite souricière à trappe.

— HIST. XVI* s. Nous n'avons pas esté si tost hors du Berri, que l'entreprise le Bourges, une des plus insignes trapelles [ruse^ de guerre] de ce temps.... d'aub. Hist. i, 3)7

— ETYM. Dimin. de trappe ).

t TRAPPETTE (trapè-t';, ». f. Baguette entre les lisses, dont l'usage est de faire retomber les fils qui demeurent en l'air après que les navette» sont passées.

— ETYM. Dimin. de trappe ).

t TRAPPEUR (tra-peur), ». m. Se dit des chasseurs de profession, dans l'Amérique du Nord.

— Etym. Angl. frapper, homme qui chasse à la trappe, de trappe ).

tTRAPPlLLON (tra-pi-Uon , U mouillées), ». m. Il 1* Ce qui tient fermée une trappe. || 2* Nom de certaines ouvertures pratiquées dans le plancher d'un théâtre pour le jeu des décorations.

— ETYM. Dimin. de trappe i.

TRAPPISTE (tra-pi-st'), ». m. Religieux de l'ordre de la Trappe. || Qui a rapport ou qui appartient à l'ordre religieux de la Trappe.

t TRAPPISTINE (tra-pi-sti-n'), ». f. || 1* Femme appartenant à un couvent de religieuses de l'ordre de la Trappe. || S* Espèce d'élixir fabriqué par des trappistes.

t TRAPPITE (tra-ppi-f), ». ;. Terme de minéralogie. Roche à base de trapp.

t TRAPPON (tra-pon), ». m. Trappe à fieur de terre qui sert à fermer les caves où l'on entre par la rue.

— ETYM. Dérivé de trappe ).

TRAPU, UE (tra-pu, pue), adj. Gros et court, en parlant des pereonnes et des animaux. Trapu, courtaud, mais bien pris dans sa taille, ducerceao, Poés. Àvénem. du messager. Quoiqu'elle [la marmotte] ne soit'pas tout à fait aussi grande qu'un lièvre, elle est bien plus trapue, et joint beaucoup de force à beaucoup de souplesse, bupf. Quadrup. t. m, p. 7. Ils [les Lapons] sont très-petits, trapus quoique maigres; la plupart n'ont que quatre pieds de hauteur, et les plus grands n'en ont que quatre et demi, buff. Hist. naJ. hem. (Eut), t. v, p 3.

— ÊTYM. Génev. (rope,-Dauphiné, (raprt; Lyon, trapet; de trape, lr3.pu, qu'on trouve très-employé au XVI* siècle. On a indiqué le gaélique tarp, tas, monceau. Un adjectif conviendrait mieux, dit Diez ; et il donne la préférence à l'anc. haut-allemand taphar, tapar, pesant, considérable.

). TRAQUE (tra-k'), ». f. Terme de chasse. Ae tion de traquer.

— ÉTYM. Voy. THAOUha;B«'ry, traque, traqueKe, chemin étroit, sentier.

f 2, TRAOUB (tra-k'), «. f. Terme de marine.

Nombre lie trois avirons.

TRAOUÉ, ÊK (tra-ké, kée), part, passé do traquer. Un loup traqué dans un Ijois.

TRAQUKNARD (tra-ke-nar; le d ne se lie pas), t. m. Il !• Piège du genre des trébuchots dont on se sert pour prendre les animaux nuisibles. Ou lorsque dans un traquenard Vous prenez quelque vieux renard, perraolt. Chasse, dans niciiEi.KT. On se garantit du renard, en tendant des pièges ou traquenards, avec une préparation qui sert à les amorcer, genus, Maison rust. t. i, p. 220, dans pouoENS. Il Fig. Cet homme s'est laissé prendre au traquenard. || t' Chez le cheval, allure particulière, regardée comme défectueuse par les écuyers, et consistant en une espèce de trot décousu, dans lequel les deux battues du bipède diagonal se font distinctement entendre, mais plus rapprochées l'une de l'autre que celle du bipède opposé. Ce cheval va le traquenard. || Se dit d'un cheval qui a l'allure appelée traquenard. Son traquenard rongeant son frein D'or, d'argent, de fer ou d'airain, De son pied grattait la poussière, scarr. Virg. iv. Il 3* Ancienne danse vive et gaie.

— HIST. XVI' s. La reyne mère estoil tombée d'un fort traquenart qu'elle montoit , si rudement que l'on pensoit qu'elle en deust mourir, castel- NAU, 164. Aller le pas, le trot, l'entrepas, le gualot, les ambles, le trolin, le traquenard, rab. i, 12.

— ETYM. Même radical que Iraeanoir, sorte de dévidoir. Le piège, qui est du genre des trébuchets, a donné son nom à l'allure dans laquelle le cheval semble trébucher.

TRAQUER (tra-ké), je traquais, nous traquions, vous traquiez; que je traque, que nous traquions, que vous traquiez, v. a. Terme dochasse. Fouiller un bois pour en faire sortir le gibier. Traquer un bois. Il Plus particulièrement, obliger les bftes d'entrer dans les toiles ou de passer sous le coup des chasseurs, en resserrant toujours davantage une enceinte faite dans un bois. Traquer des loups. Il Par extension, en parlant des personnes, les resserrer dans un lieu pour les prendre. Traquer des voleurs, des contrebandiers. || Fig. Pour- •uivre à outrance. Une révolution qui allait traquer, comme des bêtes nuisibles , les nobles, les grands et les riches, morellkt, if('m. t. n, p. 23, dans pouGBNS.

— HiST. XV* s. Par elle [Jeanne d'Arc] nous vient ceste chose; Mais, se je la tiens en ma main. Son corps n'a garde qu'i repose ; Traquer le feray, je propose, Desmembrer à quatre chevaulx, Jfistere (VOrleans, p. 483. ||xvi* s. Comme un large sentier entre de ax montagneltes.... De neige revestu, que le traquant berger N'a point foulée encor de son pié passager, r. belleau, Berger. t. I, p. n.

— ÊTYM. Berry, troc; angl. track, trace, ornière, que Diez et Scheler rattachent au néerlandais trekken, tirer et aller. Il est certain que traquer a eu le sens de tirer.

TUAQDET (tra-kè; le ( ne se lie pas; au plurii'l, l'« se lie : des tra-kè-z à renards; traquets rime avec paix, succès, traits), j. m. \\ i' Piège que l'on tend aux bêtes puantes. Un renard pris au traquet. || Fig. Donner dans le traquet, se laisser tromper par quelque artifice. MM. de Mairan et de Bragelogne , députés de l'Académie pour louer M. Privât, n'ont pas donné dans le traquet; ils ont déclaré nettement qu'il y avait certaines hypothèses dans ce livre qu'ils ne pouvaient admettre, volt. Lett. en vers et en prose, (flfl. Il l' Morceau de bois qui passe au travers dp la trémie du moulin, et dont le mouvement fait tomber le blé sous la meule. || Fig. C'est un traquet de moulin, sa langue va comme un traquet de moulin, se dit d'une personne qui parle beaucoup. Madame, il ne fait rien que conter des sornettes; La langue, tout le jour, lui va comme un traquet, boisrobert, la Belle plaideuse, 1, 2. \\ 3* £<( '"au, tinsi nommé à cause du mouvement contiThj,» '^ ses ailes elde sa queue (voy. saxicole).

— Ili^'jj^'i's. N'estimant, de ma part, plus véhémente et fructueuse musique qu'un beau traquet de moulin battant joieusement la mesure, NOËL DU FAIL, Con). d'Butrapel, ch. xix, C 99.

— ETYM. Diei le rattache à traquer.

TRAOnKUR (ira-keur), 1. m. Terme de chasse.

Celui qu'on emploie pour traquer.

■ 6TVM. Traquer.

tTRASS(tra-s'), ». m Espèce de tuf volcanique.

f TRATTE (tra-f), i. f. Pièce du support de la tago d'iu moulin.

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t THACLET (trô-lè), ». m. Pointe d'acier, fixée à l'extrémité d'une petite hampe, dont on se sert pour marquer des points sur un plan, pour piquer un dessin d'architecture.

t TRAUMATICINE (trô-ma-ti-si-n'), ». f. Solution de gutta-percha dans le chloroforme.

— ÉTYM. Traumatique, à cause que cette substance a été employée dans quelques lésions de la peau.

TRAOMATIOOE (trô-ma-ti-k'), adj. Terme de chirurgie. Qui a rapport, qui appartient aux plaies, aux blessures. Hémorrbagie traumalique. || Fièvre traumatique, celle qui accompagne la suppuration des grandes plaies.

— ÊTYM. 'Tpaup.aTixèî, de TpaùjAa, blessure, de Tpàco, percer,

tXRAUMATIQDEMENT (trô-ma-ti-ke-man), adv.

D'une manière traumatique.

t TRAUiMATISMK (trau-ma-ti-sm'), s. m. Terme de chirurgie. État dans lequel une blessure grave jette l'organisme.

— ÊTYM. Tpaû|ia, blessure.

t TRAVADE (trava-d'), ». f. Terme de marine. Se dit de certains vents qui, en un temps trèscourt, font le tour du compas, et qui sont accompagnés de pluie, d'éclairs et de tonnerre. Ces travades que les mariniers craignent tant en leurs grands voyages, particulièrement un peu au delà du cap de Bonne-Espérance, desc. Méléor. 7.

— ÉTYM. Portug. travados, de travar, tourner, empêtrer.

TRAVAIL (tra-vall. Il mouillées, et non travaye), ». m. || 1" Nom donné à des machines plus ou moins compliquées, à l'aide desquelles on assujettit les grands animaux, soit pour les ferrer, quand ils sont méchants, soit pour pratiquer sur eux des opérations chirurgicales. Vous connaissez mes chevaux, ils sont fort beaux; celui qui s'appelle le Favori était au travail; on lui faisait le poil de l'oreille, ne vous en déplaise, il s'est mis en furie; on a voulu lui rendre sa liberté ; il s'est jeté comme un furieux par-dessus les barres, et s'est crevé le cœur, sÉv. 460. \\Au plur. Des travails. Il 2° Par extension du sens d'instrument qui assujettit, gêne, fatigue; c'est le sens primordial comme le montre l'historique. (En cette acception, le pluriel est travaux, tra-vô; \'x se lie : des travô-z immenses.) Mais ce sensible outrage Se mêlant aux travaux d'un assez long voyage.... mol. Sgan. <0. Rare et fameux esprit [Molière], dont la fertile veine Ignore, en écrivant, le travail et la peine, boil. Sat. 11. Pensez-vous que ces cœurs, tremblants de leur défaite.... Cherchent avidement sous un ciel étranger La mort et le travail pire que le danger? rac. Mithr. ni, 1. Mais une dure loi, des dieux mêmes suivie, Ordonne que le cours de la plus belle vie Soit mêlé de travaux, I. J. Bouss. Odes, m, 1. 1|8° Soins et soucis de l'ambition. Est-ce là le fruit du travail dontvous vous êtes consumés sous le soleil? boss. {« Tellier. I! 4° Inquiétude. Entrez dans ces raisonnements [de Pompone, conjecturant que les menaces de guerre vont se dissiper].... et ne vous mettez point si tôt en travail ; c'est dommage de perdre vos douleurs, sÉv. à Mme de Grignan, 28 févr. I68M. (I 6* Travail d'enfant, ou, simplement, travail, douleurs de l'enfantement, ou, techniquement, succession de phénomènes violents et douloureux dont l'ensemble caractérise la fonction de l'accouchement. Quelque prétexte spécieux de pèlerinage nocturne, ou d'amie en travail d'enfant, que vous veniez de secourir, mol. G. Dandin, in, «. Quand on entend les cris d'une femme en travail qui sont médiocres et languissants, on dit : elle n'accouche pas encore.... boss. Sermons, Tristesse des enf. de Dieu, 2. Que produira l'auteur après tous ces grands cris? La montagne en travail enfante une souris, BOIL. Art p. m. Cette fille s'est tuée pour avoirvoulu partir de Fontainebleau le même jour que le roi, quoiqu'elle fût en travail et prête à accoucher, M"' DE CAYLUS, Souvenirs, p. 40, dans pougens. X des travaux afîreux Lucine nous condamne, a. ciiÉN. Idylles, l'Oaristys. \\ Fig. Étaient-ce [les troubles de la Fronde] les derniers efforts d'une liberté remuante qui allait céder la place à l'autorité légitime? ou bien était-ce comme un travail de la France prête i enfanter le règne miraculeux de Louis? boss. Anne de Gonz. Si, touchés des saints exemples que je vous propose, vous laissez attendrir vos cœurs: si Dieu a béni le travail par lequel je tiche de vous enfanter en Jésus-Christ, ID. tb. Thomas est en travail d'un gros poëme épique, aiLUKRTjLelVIII' siécU. \\ 6* Peine qu'on prend

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pour faire quelque chose. Le travail du corps. U travail de l'esprit. L'homme est né pour le travail, comme l'oiseau pour voler, saci. Bible, Job, v, 7. D'argent, point de caché; mais le père fut sage Do leur montrer avant sa mort Que le travail est un trésor, la pont. Fabl. v, 9. Par le travail on charmait l'ennui, on ménageait le temps, on guérissait la langueur de la paresse et les pernicieuses rêveries de l'oisiveté, BOSS. Ann. de Coni. Après de grandes maladies causées par de grands travaux, ID. le Tellier. Au moment que j'ouvre la bouche pour célébrer la gloire immortelle de Louis de Bourbon, prince de Co'ndé, je me sens également confondu et par la grandeur du sujet et, s'il m'est permis de l'avouer, par l'inutilité du travail, ID. Louis de Bourbon. Je sais qu'un noble esprit peut, sans honte et sans crime, Tirer de son travail un profit légitime, boil. Art p. iv. Mon père, soixante ans au travail appliqué, En mourant me laissa.... ID. Ép. v. Aux larmes, au travail le peuple est condamné, rac. Ath. iv, 3. Celui qui aime le travail a assez de soi-même, la bruv. xi. Chacun est touché de sa patience, de son travail, de sa tranquillité, fén. Tél. xiv. L'homme dont il est question avait un état qui, en l'obligeant à un travail assez doux, le mettait dans le cas d'être utile. M"* DE pLisiEux, Ridic. à la mode, p. 202, dans poi'GENS. Forcez les hommes au travail; vous les rendrez honnêtes gens, volt. Pal. et lég. Délits et peines, Peine de mort. La nature est inépuisable ; Et le travail infatigable Est un dieu qui la rajeunit, m. Odes, xi. Le travail éloigne de nous trois grands maux, l'ennui, le vice et le besoin, m. Candide, 30. Le travail, entre autres avantages, a celui de raccourcir les journées et d'étendre la vie, dider. Cl. et Nér. n, 79. Le travail modéré fortifie, le travail excessif accable, ratnal, llist. phil. xv, 4. Le travail est le pain nourricier des grandes nations, Mirabeau, Collection, t. V, p. 413. Les plaisirs du travail manquaient à l'âge d'or; J'en hais l'oisiveté, j'en aime l'innocence, delille, Pitié, iv. Le travail veut un but : au bout de la carrière On s'anime à sa vue et surtout on espère, ro. Imag. vi. La force et le travail, que je n'ai point perdus. Par un peu de repos me vont être rendus, a. ciién. le Mendiant. De tous les moyens qui conduisent à la fortune, les deux plus siirs sont la persévérance et le travail, reybaud, J. Patur. i, (6. || Maison de travail, maison de détention où l'on fait travailler les détenus. || Homme de travail, homme qui gagne sa vie par un métier pénible. |{ Homme de grand travail, homme très-laborieux. || Terme de fauconnerie. Oiseau de grand travail, oiseau fort dans son vol, et ne se rebutant jamais. || 7' Service auquel on soumet les animaux. Le travail [pour des chevaux] ne sera pas grand, d'aller jusqu'à la foire, mol. l'Av. m, 5. || Bêtes de travail, les bœufs, chevaux, etc. employés au travail. || Terme de manège. Se dit des différent» exercices du cheval. || Travail de plate-longe, exercice auquel on assujettit généralement les élèves, dans les premières leçons. || 8° Se dit de l'action d'une machine ou du résultat de cette action. Il Travail moteur, celui qui est développé par une force motrice; travail résistant, celui qui est développé par une force résistante. || 9" Terme de mécanique. Travail élémentaire d'une force qui agit sur un point mobile, le produit de la force tangentielle par l'élément de chemin parcouru. Il Travail total de la force, la somme de ses travaux élémentaires. Quand la force est constante en grandeur et en direction, et que le point sur lequel elle agit se déplace suivant la direction de la force, son travail est égal au produit de la force par le déplacement du point. Dans ces évaluations, la force étant exprimée en kilogrammes, et le déplacement en mètres, le travail est exprimé en kilogrammètres. || 10" Il se dit, par analogie, de l'action mécanique des agents naturels. Le fonds actuel de notre terre était la surface du globe primitifavant le travail des eaux, bupp. Jftn. t. I, p. 446. Il 11* Travail à mouiller, façon qu'on donne aux peaux pour en faire du parchemin. Il Travail da rivière, préparation qu'on donne aux peaux avant de les tanner. || 12" Terme de vénerie Endroit où, le sanglier a remué la terre. Pas de pluriel en ce sens. || 13* L'ouvrage même qui est le résultat du travail. Un beau travail. Afin qu'en ta vieillesse un livre en maroquin Aille offrir ton travail à quelque heureux faquin, boil. 5a». vni. Un poème excellent où tout marche et se suit N'est pas de ces travaux qu'un caprice produit,

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BOiL. Art fioét. m. || 14* La manière dont un ouvrage est fait. Travail eiquis, délicat. ||Ce bijou est d'un beau travail, le travail en est délicat. || 15' Manière dont on travaille, surtout en parlant des œuvres de l'esprit, de la besogne aduiinislrativo. Il a le travail facile, difficile, li-at, etc. |! 16° Lo suin excessif que l'on apporte à quelque chose. Ses vers sentent le travail. Plus l'esprit a do liberté, Plus sa lumière est vivo et pure : Le travail a souvent gAté L'ouvrage heureux de la nature, bernis, Poés. div. p. «05, dans pougens. i| 17° Ouvrage qui est à faire, ou qui est actuellement en cours d'exécution. Entreprendre un travail. On a suspendu lis travaux. Donner du travail aux ouvriers. Des travaux de toutes espèces et la liberté du choix accordée i tous les citoyens, voilà la vraie source des richesses, condil. Comm. gouv. i, î». || 18° Travail libre, le travail des hommes libres, par opposition à travail servile, dans les pays à esclaves. Cette extension de la propriété devait rompre l'équilibre entre le travail libre «t le travail servile jusque dans la vie des champs, wallon, Hist. esclav. dans l'antiquité, ii, <.|| Travail attrayant, se dit, dans le système (buriériste, du travail librement choisi, alternant, distribué par courtes séances, par séries et par groupes, tel qu'il devra être organisé dans le phalanslère. || Travail forcé, travail auquel on ne peut se soustraire. On peut, par la commodité des machines que l'art invente ou applique, suppléer au travail forcé qu'ailleurs on fait faire aux esclaves, hontesq. Esp. XV, 8. La plupart [des rentiers] sont à l'abri des maladies de l'enfance, des dangers qui accompagnent certaines professions, de l'extrême misère et des travaux forcés. Décret du 23 ftor. ann, Bapp. Cambon, p. 90. Si on établissait un ordre de mortalité pris parmi les soldats ou gens de mer, ou parmi les citoyens qui s'occupent aux travaux forcés, «6. Il Travaux forcés, peine afflictive et infamante à laquelle on condamne les criminels. Il 19° Il se dit des ouvrages que l'on lait pour rembellissemeflt, pour l'assainissement, pour l'utilité générale. Des travaux d'assainissement. Les travaux faits à Paris. Suétone nous a conservé le détail des travaux publics que Rome doit à la munificence de ces citoyens, hongez, Inslit. Mém. litt. et beaux-arts, t. u, p. st». La nature y a repris [au Cotisée, à Rome] son empire sur les travaux des hommes, et la beauté des fleurs console de la ruine des palais, stael, Corinne, lï, 6. || Dans lescbeminsde fer, travaux d'art, ponts, viaducs, etc. en un mot tout ce qui n'est pas le simple creusement de la voie. || Travaux publics, ouvrages faits aux frais de l'État pour l'utilité publique. Il Dans la législation militaire. Travaux publics, peine infligée aux militaires qui ont déserté à l'intérieur. || Les travaux de la campagne, l'ensemble des opérations de l'agriculture. Des philosophes célèbres, tels que Démocrite, Archytas, Épicharmc, nous ont laissé des instructions utiles sur les travaux de la campagne; et, plusieurs siècles auparavant, Hésiode les avait chantés dans un de ses poèmes , bartiiél. Anach. ctt. S9. Il Travaux, l'ensemble des opérations par ' lesquelles on procède à la construction. || 20° Particulièrement. Remuements de terre, tranchées que font les troupes pour l'attaque ou la défense d'une place, pour fortifier un camp, etc. C'est un ingénieur qui conduit ce travail. Le travail de cette nuit a été poussé jusqu'à tel endroit. || Plus usité au pluriel. Ruiner les travaux des assiégés. Une sortie qui nettoyait la tranchée, comblait les travaux.... hahilt. Gram. 8. ||21* Au plur. Examen, discussion, délibérations, en parlant d'un corps. Le (larlement suspendit ses travaux. Les travaux de la commission, d'une académie. || 23° Compte qu'un ministre rend au prince des affaires de son département, que les commis rendent aux ministres de celles qui l^ur ont été renvoyées. Le prince, à son travail, a décidé que.... C'est l'heure de son travail avec ses commis. Le travail des ministres chez Mme de Maintenon parut avec raison la chose du monde la plus surprenante , GENUs, Jfme de Maintenon, t. ii, p. ifl, dans POUGENS. Il En ce sens, le pluriel est travails. Ce ministre a eu plusieurs travails cette semaine avec le roi. || On disait de certaines places dont les titulaires rendaient compte immédiatement au roi : Ces places ont le travail, donnent le travail. Il 23° Au plur. Entreprises pénibles et glorieuses. Dis-mgi ce que lu vaux. Conte-moi tes vertus, tes glorieux travaux, corn. Cinna, v, 4. Qu'est-ce donc qu'il a souhaité ce grand Alexandre, et qu'a-

t-il cherché par tant de travaux et tant de peines qu'il a souffertes lui-même et qu'il a fait souffrir aux autres? BOSS. la Valliire. Sans que ta mort encor, honteuse à ma mémoire, De mes nobles travaux vienne souiller ta gloire , rac. Phèdre, tv, s. || Œuvres littéraires. Mais de les égaler à ces fameux auteurs.... Et de voir leurs travaux avec la révérence Dont je vois les écrits d'un Plaute et d'un Térence ROTROtJ , Sninl- Genest, i, 5. {| Il se dit quelquefois au singulier Seul on s'acquitte mieux d'une grande entre- *prise. Le travail s'affaiblit alors qu'il se divise, HOTii. Antig. m, 5. Hercule, respirant sur le bruit de vos coups, Déjà de son travail se reposait sur vous, RAC. Phèdre, m, 6. || Les travaux d'Hercule, les douze entreprises que la Fable lui attribue. Euryslhée et Hercule vinrent au monde le même jour; mais, la naissance du premier ayant été avancée par la fraude de Junon, Hercule lui fut soumis, et obligé de subir, par son ordre, les douze travaux si célèbres dans la Fable, rollin, Hist. anc. Œuv. t. n, p. 494, dans pougens. || ît" Élaboration. Des amphores pleines d'un vin de Chio devenu comme un baume par le long travail des ans, chateaubr. Mart. liv. n. || En physiologie, mouvement vital qui produit certaines actions. Le travail périodique par lequel cette évacuation [des règles] se reproduit, CABANIS, /nstit. Mém. se. mor. et polit, t. n, p. 2i3. Il En pathologie, mouvement vital qui produit telle ou telle lésion. Le travail local de la tuberculisation. Il Dans le langage des convulsionnaires do Saint-Médard, les travaux, les convulsions.

— HIST. H* s. E li wardircue si avrad pur son travail.... iot's de Guill. 32. ||xii' s. Car riens, fors moi, ne poroit endurer Les grans travaiis [peines] que j'ai pour li [la] servir, Couct, x. Et si [je] me sui mis à sa volenlé Que nus travaux mon désir ne rafraigne, m. xiv. Car, se Dieu plest, encor [elle] me saura gré De mon travail et de ma longue paine, m. ib. Les travailz de mort me unt aviruned, e les ovresBelialme unt espovented, Rois, p. 206. ||xiii»s. Cejour ot la royne travail et peine maie, BerJe, xxvii. Et li plusde nos ans est travauz et douleurs, Pso«iier, f" HO. Moult me sanle [semble] queçou soit gas [que ce soit plaisanterie]. Que vos dras vendes à détail ; D'autre mercié [marché] avés travail [souci], FI. et Bi. v. «722. Et si il a le congié du voier, il doit six sols de hauban au roy, se il met son travail hors de son hostel [il s'agit du travail peur les chevaux], Liv. des met. 45. || xiv s. [Mon cheval] Le marischal a défoulé. Et s'a son vallet affolé. Et à la force de ses reins Ha rompu deus travaus à Reins, machaut, p. w. || xv« s. Il y ot en l'église à l'obseque un travail auquel il y avoit sept cens chandelles, et sur ce travail avoit cinq bannières, FROiss. n, n, 2)7. Ils guerroyèrent le pape etles cardinaux, et leur firent moult de travaux, m. ii, m, 4 5. Après le jour qui est fait pour traveil, Ensuit la nuit pour repos ordonnée, ch. d'orl. Dali. 73. Songe en complainte. Je croy que le travail qu'il [Louis XI] eut en sa jeunesse, quant il fut fugitif de son père et fuyt soubs le duc de Bourgongne où il fut six ans, luy vallut beaucoup, comt. i, <u. Il vivoit en granl travail; car le roy le soUicitoit par plusieurs messagiers.... [le connétable de Saint-Pol], m. iv, 4. Il XVI* s. Elle mourut en travail, sans jamais se pouvoir délivrer de son enfant, amyot. Thés. 24. Leurs femmes se trouvoienl desjà si mal, qu'elles ne pouvoient plus nullement endurer le travail de la mer, iD. Rom. t. U gravit tant qu'il arriva avec beaucoup de travail jusques à la muraille, id. Cam. 44. U trouva les habitants travaillez de guerres civiles et de continuelles oppressions de tyrans, desquelz travaux il les garentit, id. Lucull. 4. Je veux.... Me livrer aiu travaux de la pesante histoire, daub. Tragiques, édit. lalanne, p. <64. Les premiers travailles ou bancs secs qui s'estendent depuis Hableneuf [le Hrvre] jusques à Honfleur, U Flambeau de la navigation, p. 32, dans jal.

— ETYM. Wallon, (raco, travail de maréchal; provenç. trabalh, trebalh, trebail, fatigue; esp. trabajo, fatigue; portug. trabalho, fatigue; ital. iravaglio , travail de maréchal et fatigue. Il est impossible de séparer travail des maréchaux et travail, peine, fatigue, pour la forme, ni même pour le sens; car, de (rouailqui assujettit les animaux, on passe s;ins peine à travail, (;êne, .sens primordial (travHi! de Ishois, Job. 414). Trarail se tir» du prov. travar, entraver, du lat. trabs, poutre. Dans l'ancien frinçais (i traïaus est au nominatif singulier, le travail, au régime.

t TRAVAILLANT, ANTE (tra-va-llan, llan-t';

U mouillées), adj. Qui travaille. || Machine travaillante, machine dont on se sert pour faire un travail mécanique. || Surfaces travaillantes des meules, la surface de la meule supérieure et celle de la meule inférieure qui sont en rapport de conti}:iiIlé plus ou moins immédiate, suivant la qualité de U mouture qu'on veut obtenir.

— HIST. XV' s. Pour riens n'a pas esté nommé Charles le travaillant; car, du temps qu'il régna, autre homme ne travailla tant en sa personne qu'il feist, et si travailla amis et ennemis, o. de la marche, ifém. p. 86, dans lacurne. || xvi* s. Sont tenus les puisnez de contribuer aux Iraiz desmontans, tournans et travaillans dudit moulin, Coust. gén. t. I, p. 26.

TRAVAILLÉ, ÊE (tra-va-llé, liée, M mouillées), part, passé de travailler. || 1* Oui est l'objet d'un travail, d'une mise en œuvre. Elles [les mines de cuivre de Coquimbo] sont si abondantes, qu'une seule, quoique travaillée depuis longtemps, fournit encore aujourd'hui tout le cuivre qui .se consomme à la côte du Chili et du Pérou, buff. Min. t. V, p. 447. Il 2" Fait avec soin. Un ouvrage ne doit point paraître trop travaillé; mais il ne saurait' être trop travaillé, boil. Préf. vi, pour l'édition de 4 704. .Ses vers forts et harmonieux, faits de génie, quoique travaillés avec art, la bruy. Disc, à l'Acad franc. Je fis mon Essai sur la paix perpétuelle, le plus considérable et le plus travaillé de tous les ouvrages qui composaient ce recueil, j. J. Houss. Conf. IX. On chercherait vainement, dans la prose si travaillée d'Ablancourt, la force et la vigueur du style de Tacite, marmontel, Œuv. t. X, p. 269. Il Terme de beaux-arts. Fait avec peine. || 3° Façonné. U ne me restait pour tout bien qu'un pot de bois grossièrement travaillé, FÉN. Tél. XV. Un marbre! une pierre I une masse informe et dure, travaillée avec ce fer!.... j. j. Rouss. Pygm. Scène lyr. || 4' X qui on a fait faire de l'exercice, subir de la fatigue. Comme en cueillant une guirlande. L'homme est d'autant plus travaillé, Oue le parterre est émaillé D'une diversité plus grande, MALii. iv, 5. Et lorsque, travaillés des fatigues du jour, Dans un sommeil paisible ils oublieront leurs peines, gilb. Ilort d" AOel, vu. Il Ce cheval a les jambes travaillées, ruinées par le travail, fatiguées. || S" Tourmenté. Et les moins travaillés des injures du sort Peuvent-ils pas justement dire Qu'un homme dans la tombe est un navire au port? malh. vi, 46. Cette ville [Syracuse] toujours dans la licence ou dans l'oppression, également travaillée par sa liberté et par sa servitude, MONTESO. Esp. vin, 2.

TRAVAILLER (tra-va-llé, 11 mouillées, et non tra-va-yé), t). a. || 1* Causer du malaise, de la souffrance physique. Êtes-vous travaillé de la lycanthropie? régnier , Sat. xi. Pouvons-nous n'apercevoir pas ce que nous perdons sans cesse avec les années? le repos et la nourriture ne sont-ce pas de faibles remèdes de la continuelle maladie qui nous travaille? boss. Mar.-Thér. Sans cesse elle est travaillée par des peines insupportables, ID. Anne de Gonz. Quelque léger dégoiit vient-il le travailler.... boil. Sat. x. La médecine [donnée par le médecin Philippe] le travailla [Alexandre] de telle sorte que les accidents qui s'ensuivirent fortifièrent l'accusation de Parménion, rolun, Hist. anc. Œuv. t. vt, p. 222, dans pougens. La fièvre le travaillait quand nous partîmes, avec le médecin par-dessus, mabiv. le Legs, se. 44.||Fig. Puisque par vos conseils la France est gouvernée. Tout ce qui la travaille aura sa guérison, malh. iv, 2. || 2° Tourmenter, inquiéter. Un oracle m'assure, un songe me travaille, corn. //or. IV, 4. L'ambition ne me travaille point; je ne crains guère de choses, et ne crains aucunement la mort, la rociiepouc. Portrait. De quel démon est donc leur àme travaillée? mol. t« Dép. I 8. Ne trouvez-vous donc pas que l'inquisition est une manière bien sûre et bien commode pour travailler ses ennemis, quelque innocents qu'ils soient? pasc. Prov. xix. Quand je considère, mes sœurs, les diverses agitations de l'esprit humain et tant d'occupations différentes qui travaillent inutilement les enfants des hommes, boss. Yéture précitée le jour de la Sat. de la ste Vierge, Préambule. Mais pourquoi vainement travailler ma vieillesse? Pourquoi pour un ingrat me tourmentei sans cesse? baron, Andrienne, v, 5. L'inquiétude qui me travaillait ne me permettant pas de demeurer dans la chapelle, j'en sortis, lesage, Guxm. , d'Alf. VI, 4. Les Grecs nous parlent toujours de ce I grand nombre de citoyens qui travaillent la réiiu-

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blique, montesq. t'tp. xxni, 86. || Se travailler l'esprit, l'imagination, s'inquiéter, se tourmenler. {[ 8' Occuper, préoccuper. Et de tous les

penser» qui travaillent son âmo mai,ii. i, 4.

Dans ces saints empressements do la charité qui travaillaient l'âme du P. Bourgoing d'une pieuse inquiétude pour les membres affligés do Jésus- Christ, Boss. Bourgoing. Mon esprit.... ne se résoudrait jamais à se jeter parmi tant d'horreurs.... mais en même temps, chrétiens, un autre soin me travaille; ce n'est pas un ouvrage humain que je médite, ID. Reine d'Anglet. || i° Agiter, exciter au mécontentement, & la révolte. Travailler les esprits, le peuple, l'armée. || 5' Travailler un pays en finance, se disait pour exercer avec rigueur les droits du fisc. J'ai fait quelques progrès par mon expérience Dans l'art de travailler un royaume en finance, volt. Poèmes, Finances. \\6' Travailler un cheval, le manier ou le fatiguer. || Travailler tin cheval aux quatre coins ou de quart en quart, lui faire faire un tour à chaque coin du carré de la volte, en marquant toujours ce même carré sans s'arrêter. || Travailler un cheval ferme à ferme, manier un cheval sans bouger de place, comme au piafl'er. || Travailler un cheval dans la main ou de la main i la main, le changer de main; le conduire par le seul effet de la bride. || 7" Façonner la pierre, un métal, etc. Les Mexicains et les Péruviens savaient fondre et travailler l'or avant l'arrivée des Espagnols, ei ils ne connaissaient pas le fer, buff. Uist. min. introd. Œuv. t. VII, p. 37. Un miroir dont la surface serait égale i celle d'un autre, brûlerait à dix lieues à peu près aussi bien que le premier brûlerait à dix pieds, s'il était possible de le travailler sur une sphère de quarante lieues, comme on peut travailler l'autre sur une sphère de quarante pieds, 1». ib. p. <93. Il Les boulangers disent dans un sens analogue : travailler la pâte. || Il se dit Bemblablement des agents naturels. Cette époque où le feu, et le feu seul, pénétrait et travaillait le globe, BUFF. Jftn. t. VI, p. ) 63. || Populairement. Travailler les côtes à quelqu'un, le maltraiter. Il 8* Soigner, exécuter avec soin. Travailler un mémoire, une affaire. Quant aux vers, on n'en a point vu de moi que j'aie travaillés avec plus de soin, CORN. Othon, au lecteur. Voici celle de mes tragédies que je puis dire que j'ai le plus travaillée; cependant j'avoue que le succès ne répondit pas d'abord à mes espérances, rac. Brit. î* préf. M. de la Motte pense beaucoup et ne travaille pas assez ses vers; Rousseau ne pense guère, mais il travaille ses vers beaucoup mieux, TOLT. Lett. en vers et en prose, 8. || 9° V. n. Se donner de la peine pour exécuter quelque chose, faire un ouvrage. Travailler de corps, d'esprit. Travailler à la terre. Travailler à un tableau. Prends Corbie, Espagnol, prends-la, que nous importe? Tu la rends à mon roi plus puissante et plus forte. .. Et s'il t'a par pitié permis une victoire. Ta victoire elle-mfme a travaillé pour lui, CORN. Inscript, heprise de Corbie. Depuis dix ans dessus l'F on travaille [à l'Académie], El le destin m'aurait fort obligé. S'il m'avait dit : tu vivras jusqu'au G, boisrouert, dans ricuelei. Celui-là qui se plaint qu'il travaille trop, s'il était délivré de cet embarras, ne pourrait souffrir son repos, BOSS. Serm. Impénit. i. Ne dites pas à ce zélé magistrat qu'il travaille plus que son grand âge ne le peut souffrir, ID. le Tellier. Je sens [quand j'écris une satire] qu • mon esprit travaille de génie, boil. Sot. vn. On ne peut pas toujours travailler, prier, lire; Il vaut mieux s'occuper à jouer qu'à médire, id. Sat. x. Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse, id. Art p. i. Estce pour travailler que vous êtes prélat? ». tu<r. I. X voir les vers de Corneille si pompeux, et ceux de Racine si naturels, on ne devinerait pas que Corneille travaillait facilement, et Racine avec peine, bontesq. Gnilt, Beautés qui résultent d'un certain embarras de l'dme. Il vaut mieux mourir que do traîner dans l'oisiveté une vieillesse insipide; travailler, c'est vivre, volt. Lett. Thiriol, 8 déc. «76o. La mienne (fortune] prend un tour si diabolique à la chambre des comptes, que je serai peut-être obligé de travailler pour vivre, après avoir vécu pour travailler, id. Letl. à Hme de nerniére, 1724. Comme les Lacédémoniennes ne doivent pas travailler, elles font filer la laine par des femmes attachées i leur service, BARTHÂL. Anacti. ch. 43. || Kig. et par plaisanterie. Nous sommes cinq amis que la joie accvuipagne, Oui travaillons ce toir en bon vin de

Champagne, reghabd, le Distr. i, 6. || Travailler en grand, travailler sur un vaste plan, d'après des idées étendues, générales. |1 10° Plusspécialement, avoir de l'occupation, de l'ouvrage, en parlant de ceux qui exercent une profession mécanique ou industrielle. Les maçons travaillent très-peu l'hiver. Quand on sait travailler, on craint peu la misère, FAVART, Annette et l.ubin, h. || Fig. Labranche : Et toi, Crispin, travailles-tu toujours? — Crispin : Non ; je suis, comme toi, un fripon honoraire, LESAGE, Crispin rival, 3. ||11' Terme de mécanique. Se dit d'une machine en mouvement et produisant un effet utile, et aussi de la vapeur. Il II se dit, en un sens analogue, des agents naturels. Les temps où le volcan travaille et jette au dehors des vapeurs enflammées ou des matières brûlantes, buff. Théor. terr. Œuv. t. ix, p. 30t. ||12° Terme de musique. Se ditd'unc partie qui a beaucoup à faire. |l 13° Travailler de rivière, ramollir une peau par le moyen de l'eau. || Travailler à la main, former le corps d'un ciergu avec de la cire qui n'a pas été fondue. || 14° Tei'uie de marine. Deux ou plusieurs cordages travaillent ensemble ou séparément, selon que leur effort est égal et réuni ou séparé. || 15° Il se dit du compte qu'un ministre rend au prince, qu'un coiumls rend au ministre, etc. Quand je reçus hier votre lettre, le roi travaillait dans ma chambre avec .M. Voisin, MAINTENQN, Lett. au card. de ,\'oaiUes, ^^ nov. <707. J'ai travaillé aujourd'hui avec M. de Cliamillart pour les affaires de Saint-Cyr, id. ib. i2oct. 1695.11 fM.de Chamillart] emploiera nos amis, et ne se fera pas un chagrin, comme M. de Louvois et son fils, de travailler avec le roi en bonne compagnie, id. Lett. à Mme de St-G('ran, 2 mars, t. il, p. <B4, danspouoENs. || 16° F'ig.Travailler pour, travailler contre, diriger ce qu'on fait pour, contre quelqu'un ou quelque chose. Et de quelle façon est-ce écouter des vœux. Qu'obliger un amant à travailler contre eux ? corn. Perthar. ii, 2. Alexandre ne croyait pas travailler pour ses capitaines, ni ruiner sa maison par ses conquêtes, BOSS. Hisl. m, 7. Vous n'aviez sous mon nom travaillé que pour vous, BAC. Brit. iv, 2 || 17° Fig. Travailler à, s'occuper de, tendre à. Je travaille à le perdre [Rodrigue] et le perds à regret, corn. Cid, I, J. Tout vainqueur insolent à sa perte travaille, LA FONT Fabl. ïii, <3. Je travaille à mettre en madrigaux toute l'histoire romaine, moL./'rifc. <o. Cléone, avec horreur je m'en veux séparer [de Pyrrhus]; Il n'y travaillera que trop bien,i'infidèK;, RAC. Andr. n, i. Je viens de travailler à ma fortune, LESAGE, Crispin rival, i. \\ Travailler à, signifie aussi s'.occuper de, pour amender. Vous savez que je ne puis souffrir que les vieilles gens disent : Je suis trop vieux pour me corriger.... je veux tous les jours travailler à mon esprit, à mon âme, à mon cœur, à mes sentiments, sÉv. 7 oct. <07<. Il 18° En parlant du bois, se déjeter. Cette poutre, cette porte travaille. || Terme de maçonnerie. Se dit d'un bâtiment mal construit dont les murs bouclent et sortent de leur aplomb. || Dans l'exploitation des mines, il se dit d'un toit qui s'affaisse tout doucement. || 19° Se dit des pièces d'une machine qui supportent le plus grand poids, la plus forte pression. (| 20° Terme de marine. Supporter un grand effort, souffrir des mouvements violents qu'imposent le roulis et le tangage. Un navire travaillée l'ancre ou sous voile. Uneancre travaille, quand le câble en éprouve une tension trèsgrande. Un cordage travaille quand il est fortement tendu par le vent, la mer , le cabestan, etc. Il 21° Son estomac travaille, il a de la peine à digérer. Il 22° En parlant du vin, des liqueurs, etc. fermenter. Quand la vigne est en fleur, le vin travaille. Il Terme de peinture. Se dit des couleurs qui changent avec le temps. || Fig. Sa tête, son esprit travaille, il est fortement agité, préoccupé. Les malades ont des bizarreries; on le sait, leur tête travaille, ils attachent quelquefois leur soulagement à des choses qui n'ont pas le sens commun, dider Lett. à Mlle Voland, 23 sept. t7«2. Il 23° Produire un revenu, en parlant d'argent placé en spéculations, en prêts, etc. Cependant notre argent [de la charge de Ch. de Sévigné] nous brûle et ne travaille point, sÉv. 26 janv. (683. Je travaille jour et nuit à faire travailler mon argent, afin qu'il augmente, uancouut, 2* chap. du Diable lioit. l'rol. se. 4. Oui, pour des ladres comme vous, qui ne connaissent d'autre bonheur que celui d'amasser du bien, et de faire travailler leur argent à gros et très-gros intérêt, reonaiid. Sérénade, i. U ti" Se liavuUer, v.réfi. Éire tra-

vaillé, façonné. Cette substance ne se travaille pas facilement. || 26° Se fatiguer. Il [Jésu.s] va, au péril de sa vie, chercher sa brebis égarée, il la rapporte sur ses épaules, parce que, errant de çà et de là, elle s'était extrêmement travaillée, BOSS. 2* term. Quinq. i. || 26° Faire des efforts, se tourmenter. J'eus honte de brûler pour une âme glacée. Et, sans me travailler à lui faire pitié, Restreignis mon amour aux termes d'amitié, malu. VI, 32. Plus l'esprit s'y travaille [dans les œuvres de Dieu], et plus il s'y confond, corn. Imit. iv, (8. Elle [la grenouille] qui n'était pas grosse en tout comme un œuf. Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille Pour égaler l'animal [un bmufj en grosseur, la font. Fabl. i, 3. Hé quoi 1 dit-il, celte canaille Sa moque impunément de moi! Je vais, je viens, je me travaille, J'im.igino cent tours, id. Fabl. XI, 3. 11 est guindé sans cesse, et, dans tous ses propos, On voit qu'il se travaille à dire de bons mots, MOL. Mis. II, 5. Ceux qui se travailleront de ce soin [l'immortalité de l'âme], pasc. Pens. ix, i, édit. HAVET. Si bien que les plus sages, après que cette première ardeur qui donne l'agrément aux choses du monde est un peu ralentie par le temps, s'étonnent le plus souvent de s'être si fort travaillés pour rien, boss. Sermons, Loi de Dieu, 3.

— HIST. XI' s. Cis qui custivent la terre ne deit l'um Iravailer [tonrmenter], se de leur droite censé non, Lois de Guill. 33. Par tantes teres [il] ad sun cors traveillet, Ch. de Roi. XL. Karles se dort cum hume traveillet, ib. CLXXXi. || xii' s. Od [avec] tei serai, et Israël te liverai, et le lignage David travaillerai. Rois, p. 280. Ne v»lt mie plus lonc cachier [chasser], Ne ses hommes plus travillier, WACE, Brut, (4879. Se j'en travail [souffre], je n'en sai qui blasmer, Coud, ii. Merci, Amours : trop m'avez traveillé, ib. vu. ijxiir s. Ele [la reine Blanche] aime tant son petit enfançon [Louis IX], Que ne veut pas qu'il se travaut souvent En départir l'avoir de sa maison, hues de la ferté, Romorvcero, p. <«2. Cil chasteaus les traveilla moût longuement, et ne pourquant tant i sistrent que rendu leur fu.... VII.LEII. cxxxv. La royne [ils] ne vourcnt [voulurent] longuement traveiller [fatiguer], Berte, xi. Se il ne fussent si traveillié [las] comme il estoient, n de valenc. v. Grant faim [il] avoit, si l'a mangié [un morceau] ; Molt l'avoit la mer [la navigation] traveillié, Lai de Melion. S'aucuns me preste son ceval por fere mon labor ou por cevaucicr, et je le rent plus megre et plus traveillié qu'il n'esloit quant je l'empruntai, beaum. xixvii, 4. Guillaume de Biaumont vint à li et li dit : vous vous traveillés pour nient: car le seneschal est mort, jomv. 277. 11 breoient aussi comme femmes qui traveiUent d'enfant, in. 237. Qui ne velt tr* vaiUer, Si ait petit loier, Mareoul et Salemon, m$. de St Germ. f° <»o, dans lacubne. ||xiv° s. Mains travaillées et ensanglantées de sang humain, Chr. de St Denis, t. ii, f° 6. || xv» s. Ils ne firent onciiues en leur vie autre chose fors que traveiller de royaume en royaume pour trouver et avoir faits d'armes, froiss. ii, m, <9, Et tant travellai et chevauchai en querant de tous costés nouvelles que.... id. II, m, <• En Angleterre, Henry, fils de Henry de Lancastre, qui travailla France, G. chastel. Éloge du duc Philippe. Quand l'imagination est travaillée de plusieurs choses, elle rend l'entendement comme tout aveugle, Bouciq. iv, it. Peur lors avoit envoyé le roy devers l'empereur Jehan Tiercelin seigneur de la Brosse pour travailler qu'il ne s'appoinctast avec le duc de Bourgongne, coMil. IV, 3. il XVI' s. Si n'estoit point besoing de se travailler pour amasser de grandes richesses en lieu où l'opulence n'esloit aucunement utile ne prisée, amyot, Lyc. 52. Les mauli qui ont accoustumé de travailler les hommes, M>. Ifuma, 32. La poésie d'Antimachus et la peinture de Dionysius sont bien pleines de nerl's et de vigueur; mais on voit incontinent, que ce .sont choses travaillées et faittes avec peine et labeur, ID. Timol. 47. Par lequel changement apperra le fonds emploie en bois servir autant-que celui qui travaille en bleds, oh en vins, o. de serres, 7hs. Une damoiselle qui travailloit fort d'une ardeur d'urine, Dial. de Tahttreau, p. *M, dans lacurne.

ÊTYM. Travail ; provenç. trebalhar. tr»-

bailhar ; espagn. trabajar ; portug. trabalhar ilal. travagliare. Travailler a eu le sens de vo; gr; sens qui se lie à celui de peine, de fatigui c'est de cette acception que dérive l'anglais iravel, voyager.

TRAVAII.LKUR (tra-va-lleur, (1 mouillées, et non tra-va-yeur), t. m, \[ 1* Homme adonné u

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travail. Il est grand travailleur, exact, plein de bon sens, picard, Médiocre et rampant, u, 4. || Au fém. One bonne et habile travaiUeuso. || 2" Celui qui se livre à quelque travail. 11 est certain que plusieurs de nos travailleurs y ont mis [dans l'Énoyclopédie] bien des choses inutiles, et quelquefois de la déclamation, d'albmb. ^e((. à Voltaire, 4) janv. ma. Il 8* Un ouvrier, un homme de travail, par opposition au capitaliste. Les travailleurs et les capitalistes. Il Les travailleurs de la pensée, se dit, dans les discussions socialistes, de ceux qui travaillent, mais non de leurs mains. || i* AbsolumenL et au plur. Soldats qu'on emploie à des travaux de retranchements, soit pour attaquer, soit pour défendre. Les travailleurs fuient en désordre ; mais on les soutint aussitôt après, et on rétablit le logement, PELLissoN, Lett. hiH. t. i, p. 20ï. Il S' l'armi les convulsÈonnaires de Saint-Médard, travailleurs, ceux qui donnaient des secours. {| 6° Au fém. plur. Travailleuses, les abeilles ouvrières. Les travailleuses paraissent prévoir ce que doit pondre la mère (des abeilles), genlis, Maisori rust. t. I, p. 341», dans pouGENS. Il 7* Adj. Travailleur, travailleuse, qui aime à travailler. Cette jeune fille est travailleuse. Il [le duc de Choiseul] est généreux comme Aboul Cassem, brillant comme le chevalier de Gramont, et travailleur comme M. de Louvois, VOLT. Lett. Rochefort, 48 nov. 4789. || Les fils travailleurs, les fib qui concourent à faire le tulle à la mécanique.

— ÉTYM. Travailler.

t TRAVAÏOLE (tra-va-i-ol'), ». f. Voile que l'on jette sur l'enfant pendant qu'on le porte à l'église pour le baptiser.

t TRAVAISON (tra-vè-zon), s. f. Saillie qui est au haut des murs d'un édifice, sur laquelle pose la charpente de la couverture, et qui se nomme aussi entablement.

— ÊTYM. Voy. TRAVÉE.

t TRAVANAIS (tra-va-nê) I. f. Terme du jeu de trictrac. Nom de la case qui précède immédiatement le coin de repos.

— ÊTYM. Cette case est ainsi nommée du nom du marquis de Travanais, joueur renommé de trictrac, qui s'avisa le premier, malgré l'ancien préjugé, de faire cette case le plus tôt possible, ce qui lui fit gagner beaucoup d'argent, Lebrun, Manuel des jeux de calcul et de hasard, p. f>4.

TRAVÉfc; (tra-vée), s. f. || 1° Terme d'architecture. Espnce qui est entre deux poutres, et qui est rempli par un certain nombre de solivesï || Travée de comble, distance d'une ferme à l'autre. || Travée de balustrcs , rang de balustres entre deux colonnes ou piédestaux. || Travée de grille, rang de barreaux entre deux pilastres. || 2° Les travées d'un pont do bois, les parties de la charpente qui sont entre les files des pieux et qui forment les arches. || Partie d'un pont militaire comprise entre les axes de deux corps de support consécutifs. Il 8° Galeries supérieures d'une église, qui régnent au-dessus des arcades de la nef. || 4" Certaine mesure sur laquelle on calcule le prix d'un ouvrage de couverture. || 5° Terme de marine. Emplacement formé dans le fond d'une anse ou d'un port par des pieux enfoncés dans le sol, pour retenir des pièces de mâture.

— HIST. XV' s. Le connestable de France faisoit faire, ouvrer et charpenter en Bretaigne l'enclosture d'une ville toute de bon bois, pour asseoir là oii i! leur plairoit, quand ils auroient pris terre.... ceste ville, esloit tellement ouvrée, ordonnée et charpentée qu'on la pouvoit deffaire par travées ainsi qu'une couronne, froiss. t. m, p. 424.

— ETYM Bas-lal. trabea , portique, couvert, tente, du lat. trabs ou trabes, poutre; grec Tpâçri£, pilier, poteau

t TRAVKLLAGE (tra-vè-la-j'), s. m. Rupture ou accident que le fil de soie composé peut éprouver au moulin du deuxième apprêt.

TRAVERS (tra-vêr; l's ne se lie pas; cependant quelques-uns la lient : à tra-vêr-z un désert), s. m. Il 1° Etendue d'un corps considéré dans sa largeur, c'est-à-dire comme s'il allait perpendiculairement d'une limite à une autre; c'est le sens propre du latin transversus. Il s'en faut deux travers de doigt que ces planches ne se joignent. Célidée et Hippolyte sont deux voi^ltes dont les demeures ne sont séparées que par le travers d'une rue, corn. Galer. du Pal. Exam. \\ 2" Par extension, obliquité, irrégularité d'un lieu, d'un bâtiment, etc. Il y a du travers dans ce bâtiment. Il [Ménage] est fort cliagrin de n'Aire plus au goijt du siècle, et il ny a pai jusqu'au travers de sa cuisse [cuisse cassée

et mal remise] qui ne le chagrine plus par la mauvaise figure qu'elle lui fait faire, que pour rincominodité qu'il en ressent, Anti-ménagiana, p. 2(12.113* l'"ig. Bizarrerie d'esprit et d'humeur, fausse direction. Quoique vous nommiez folies les travers d'auteur où vous vous êtes laisse emporter, CORN. Lett. apolog. C'est me renouveler les douleurs de l'éloigriement que de me faire ajiercevoir les travers de mes inquiétudes, sÉv. à Mme de Grignan, » sept. 4B80. Pour voir jus- ((u'où peut aller le travers d'une tête qui ne sait pas modérer son feu, boss. 6' avert. i, B4.Son esprit [du prince Robert] était sujet à ([uelques travers, dont il eut été bien fâché de se corriger, ha- MILT. Gram. 4 0. Que les femmes du monde ont de travers! mahiv. Sec. supr. de l'am. i, 4. Il chercha une nouvelle dissipation dans le bel esprit; c'était alors le travers à la mode, duclos, Œuv. t. viii, p. 394. Julie: Non, marquis, ce serait me donner un travers. - Le marcjuis : Tant mieux, il vous en faut, lanoue. Coquette corr. m, B. Vous prenez un travers, je vous en avertis, nORAT, Feinte par amour, il, 7. Il est peut-être moins difficile de déraciner les vices du cœur que de corriger les travers de l'esprit, genlis, Thédt. d'éduc. Méchant par air, ii, 6. || Donner dans le travers, se mal conduire. || 4' Cordage qui sert à lier des canons et autres pièces d'artillerie sur leurs chariots. || Biiche que l'on jette sur la voie de bois, lorsqu'elle est cordée. || Filet d'or qui est sur le dos d'un livre. || Nom des cordes transversales dans une raquette. || 5" Terme de marbrier. Bande de marbre sous la tablette d'un chambranle et qui est supportée par les deux montants. Il 6° Défaut du fer et de l'acier; les travers sont des crevasses transversales. Il y Terme de marine. Le (lanc d'un bâtiment. Présenter son travers à la marée, au vent, au feu de l'ennemi, présenter le flanc. || Être par le travers d'un bâtiment, être sur une ligne parallèle à sa longueur, c'est-à-dire de façon que les deux vaisseaux aient leurs flancs parallèles. Je lus bientôt par le travers d'un quatrième [vaisseau], que le chevalier de Saint-Maure , mon matelot de l'avant, avait déjà combattu, villette, Rapport tur le combat de Malaga, dans jal. || Être par le travers, se dit d'un objet qui se trouve à peu près sur une ligne perpendiculaire à la longueur du bâtiment. Une partie passa par notre travers sans s'arrêter, bougainv. Voy. t. ii, p. 225. À deux heures nous étions par le travers de neuf petites îles ou rochers, lapErouse, Voy. t. ii, p. 24u, dans POUGENS. Il Mettre en travers, présenter l'un des côtés du navire au vent, qui le frappera perpendiculairement. Lorsque nous les eûmes suffisamment reconnues [des terres], je mis en travers à l'entrée de la nuit pour attendre l'Étoile, bougainv. Voy. t. II, p. 315. Il On dit de même : Etre, se tenir en travers. || Être sur le travers d'un bâtiment, être, par rapport à ce navire, sur le prolongement d'une ligne qui en traverse l'épaisseur à un point quelconque de sa longueur. || 8" Il s'est dit d'une espèce de péage. Tous les droits d'aides, entrées et sorties des grosses villes, passages et travers, boisguileb. Di't. de la France , m , 4. Il 9° En travers, lac. adv. D'un côté à l'autre, dans le sens de la largeur. Je veux faire mettre à ma porte des barres de fer en travers. Elle va donc en travers se placer [dans le lit] Aux pieds du sire, la font. Court. Qui verrait sans horreur un géant tenant un homme en travers dans sa bouche énorme, et le sang ruisselant sur sa barbe et sur sa poitrine? DIDEH. Lett. sur les sourds et muets. || Profil en travers, section faite transversalement à la direction générale d'un ouvrage. || 10° De travers, loc. adv. Obliquement, dans une direction oblique. Il a la bouche de travers. Comprenez-vous bien comme notre carrosse est mis de travers [sur un batejuj? SÉV. 425. Vous êtes f.'ichée que votre nez ne soit point de travers; et, moi qui suis rangée, j'en suis ravie, ID. 27 févr. 4074, J| Chez le cheval, pied de travers, pied dévié en dedans ou en dehors, par suite d'une usure inégale des quartiers provenant d'un défaut d'aplomb, si le cheval n'est pas ferré, ou d'un retranchement inégal de la corne lors de la ferrure. || Regarder de travers, être louche. || Fig. Regarder quelqu'un de travers, le regarder avec colère, mépris ou dédain. Une mine froncée, un regard de travers. C'est le remerciement que j'aurai de mes vers, corn. Mél. ii, 7. Les trois filles de l'Achéron ne lui répondirent rien, et se contentèrent de la regarder de travers, la font. Psyché, II, p. 4 71. U. de NoaiUes et M. de Barbezieuz

étaient fort mal ensemble : de tout cela naissait un groupe de chaque côté qui se regardait fort de travers, st-sim. 25 , 36. || Fig. et familicreinenl. Mettre son bonnet de travers, £tre de mauvaise humeur. Il 11* De travers, autrement qu'il ne faudrait, mal, & contre-sens. Cela est mis de travers. Il va tout de travers. Il a les jambes do travers. Il Fig. et dans le même sens. Tout exprfes je disais quelque mot de travers, RÉGNiER,5at. viii. On croit la trêve et la guerre quatre fois en un même jour; on ne parle que de politicgue, et les raisonnements de travers sont inépuisables, sév. 8 févr. 4 678. Il [Ch. de Sévigné] se trompe dans tous ses raisonnements, il est tout de travers ; j'ai tâché de le redresser avec des raisons toutes droites et toutes vraies, id. i» mars 4 880. Et, quand la rime enfin se trouve au bout des vers, Qu'importe que le reste y soit mis de travers? boil. Sat. ii. Quand on est sage, on ne voit rien dans le monde qui ne paraisse de travers et qui ne déplaise, fén. Dial. des mortt anc. 4 3. Que fait-il (Jupiter] là-haut dans son Olympe où il laisse toute chose sur la terre aller de travers? ID. t6. 49. Matta s'y prit tout de travers, HAMiLT. Gram. 4. I,a duchesse de Chartres entrait fort de travers dans une famille tellement au-dessus d'elle et avec une belle-mère outrée, ST-SIM. 3, 53. Il Prendre de travers, mal comprendre. Je suis bien aise de vous dire cela, afin que vous n'alliez pas prendre les choses de travers, et vous imaginer que je dise que c'est moi qui ai dix mille écus, mol. l'Av. i, 5. Des hommes qui prennent la religion de travers, boss. Var. ». Il Prendre de travers une chose, signifie aussi s'en fâcher. Que lui fait mon avis, qu'il a pris de travers? mol. Jftî. IV, 4. Abstenez-vous de dire certaines choses, quoique indifférentes et innocentes, que ces esprits mal faits prendraient de travers, BOSS. Sennont, Instruct. sur le silence, 2. || Esprit de travers, personne d'un esprit mal fait. On trouve des moyens pour guérir de la folie; mais on n'en trouve point pour redresser un esprit de travers, LA ROCHKFOUC. Max. 318. Le nombre des hommes raisonnables étant augmenté, le nombre des esprits de travers, qui se nourrissent d'opinions absurdes, diminuera, volt. Pol. et Kg. Voix du sage. \\ Mettre de travers, mettre dans une situation gauche. Une timidité qui l'embarrassait [le duc de Bourgogne] partout, faute de savoir que dire etque faire à tous les instants, entre Dieu qu'il craignait d'offenser en tout, et le monde avec lequel cette gêne perpétuelle le mettait de travers, st-sim. t. viii, p. 20U, éd. ciiÉRUEL. Il 12' Fig. De long et de travers, complètement. Sot de long et de travers. Il 13* À travers, au travers, loc. prép. De part en part. Il [Seneville] fut blessé d'un coup de mousquet au travers du corps, pellisson, /.««. hisl. t. ii, p. 262. Vatel monte à sa chambre, met son épée contre la porte, cl se la passe au travers du cœur, SÉV. 47. Il 14° i travers, au travers, au milieu, par le milieu. Il lui donna d'un bâton à travers les jambes. Et le grison se rue Au travers de l'herbe menue, la FONT. Fabl. VI, 8. Vous dites fort bien, on se parle et on se voit au travers d'un gros crêpe, sÉv. 6o Heureuse encore une lois l'âme, qui passe au travers des choses créées sans s'y arrêter, et va se perdre heureusement dans le sein de son créateur! FLÉcii Vuch. d'Aiguil. Au travers des ombres de la nuit. Le timide escadron se dissipe et s'enfuit, boil. Lutr. m. Mais un auteur novice à répandre l'encens Souvent à son Héros, dans un bizarre ouvrage, Donne de l'encensoir au travers du visage, ID. Épit. IX. Ses yeux mouillés de larmes Qui brillaient au travers des flambeaux et des armes, rac. Brit. II, 2. Quand pourrai-je, au travers d'une noble poussière. Suivre de l'œil un char.... ID. Phèdre, l, ». i travers les rochers la peur les précipite, ID. ib. v, 6. Nous passâmes au travers des écueils, et nous vîmes de près toutes les horreurs de la mort, fén. Tél. iv. Elle court au travers des bois avec un dard en main, m. 16. vu. Il marchait à pied, sans appareil à sa blessure, sans aucun secours, à travers ses ennemis, volt. Louis XV, 25. Il Fig. Â travers champs, au hasard. [L'homme d'Horace] Disant le bien, le mal à travers champs, LA FONT. Fabl. xii, 4 4. Il Fig. et familièrement. Tout au travers des choux, ou, simplement, à travers choux, inconsidérément, sans jugement, sans égard. Il 16" Fig. X travers, au travers, en perçant ce qui est comparé à quelque chose de résistant. Au travers des intérêts du monde, le chev. de méré, dans BOUiiouRS, au mot travers. J'ai voulu.... Qu'au travers des flatteui-s votre sincérité Fit toujours jusqu'à moi passer la vérité, a*c. HérHi.

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II, 2. Au travers des périls un grand cœur se fait jour, lu. Andr. iir, t. Andromaquu, au travers de mille cris de joie, Porte jusqu'aux autels le souvenir de Troie, id. ib. v, 2. À travers les respects leurs trompeuses souplesses [des courtisans] l'énètrent dans nos coeurs, et cherchent nos faiblesses, VOLT. Œdipe, m, ».l|En perçant ce qui semble cacher. Quelque soin que l'on prenne de couvrir ses passions par des apparences de piété et d'honneur, elles paraissent toujours au travers de ces voiles, la rocuefouc. Uax. t3(i4. Au travers de son masque on voit à plein le traître, MOL. His. I, (. Les chrétiens hérétiques l'ont connu [Dieu] à travers son humanité, et adorent Jésus-Christ, pasc. UU. à Mlle de Uoannez, 2. Nous voyons au travers de sa bonne humeur qu'elle e.st malade, et nous en sommes trèsfàchés, sÉv. 323. Elle (Mme de la Vallière] a cette même grâce, ce bon air au travers de cet habit étrange [de carmélite],' id. b janv. (880. Elle [Mme d'Aiguillon] aperçoit, au travers de tant d'apparences trompeuses, le fond de la malignité du monde , fléch. Urne d'Aig. Vois-je pas, au travers de son saisissement, Un cœur dans ses douleurs content de son amant? rac. Hajaz. iv, 4. Mais quand la fille de Léda Au travers de la vieille eut connu la déesse, lamotte, dans desfontaines. Quoi I ne voyez-vous pas toutes ses cruautés, Et l'âme d'un Tartare à travers ses bontés? volt. Zaïre, v, 3. Sa joie éclatait même à travers ses douleurs, id. Mérope, iv, l.||Voir, envisager quelque chose à travers..., voir, envisager quelque chose conformément à. Il envisage cette conduite à travers sa passion. Combien de fois le vîtesvous dans vos assemblées ignorer l'art nouveau de se taire.... n'envisager sa fortune qu'à travers son devoir! mass. Or. fun. Villars . [\ An milieu, sans ménager. Apprenez, mon ami, que c'est une sottise De se venir jeter au travers d'un discours, mol. Fem. sav. iv, 4. Il [Bourdaloue, dans l'oraison funèbre de Coudé] se jeta tout au travers de ses égarements et de la guerre qu'il a faite contre le roi, sÉv. 25 avr. <687. |{ Kig. Donner au travers de, croire avidement. Sa femme, comme vous dites, a donné tout au travers des louang s et des approbations de ce marquis, sÉv. <44. Si ma religion était fausse, je l'avoue, voilà le piège le mieux dressé qu'il soit possible d'imaginer; il était inévitable de ne pas donner tout au travers, et de n'y être pas pris, la bruy. xvi. || Nonobstant, malgré. Votre absence, dont je sens l'amertume au travers de toute l'amour maternelle, SÉv. à Arnauld d'Àndilly, u dcc. <872. J'admire toujours qu'au travers de tout ce que je sais de la tristesse de vos pensées, vous puissiez écrire aussi librement.... que vous faites, id. à Mme de Grignan, 6 févr. 4 690. À travers ma colère Je veux bien distinguer Xipharès de son frère, rac. Mithr. II, 3. J'étais sur qu'à travers mes fautes et mes faiblesses, à travers mon inaptitude à supporter aucun joug, on trouverait toujours un homme juste, bon, sans fiel, sans haine, sans jalousie, I. 3. liouss. Conf. II. Il IB" X tort et à travers, loc. adv. Inconsidérément, sans examen. C'est un homme dont les lumières sont petites, qui parle à tort et à travers de toutes choses, MOL. Bourg, gent. i, l . Nous entendîmes, après dîner, le sermon de Bourdaloue, qui frappe toujours comme un sourd, disant des vérités à bride abattue, parlant à tort et à travers contre l'adultère, SÉV. 29 mars )880. Cette multitude qui juge de tout au hasard, qui élève une statue pour lui casser le nez, qui fait tout i tort et à travers, VOLT. Utt. Mme de Graffigni, (6 mai I7B8.

— REM. 1. X travers ne veut jamais de; au travers veut toujours de. i travers ces bois, et non à travers de ces bois; au travers de ces bois, et non au travers ces bois. On trouve une faute contre cette règle dans ces exemples-ci, empruntés à de bons auteurs, mais qu'il ne faut pas imiter. X travers de ces affaires et do ces épines, que de péchés, que d'injustices I Boss. Impénit. 2. X travers de ces ombres, ne découvrez-vous pas le Seigneur Jésus qui, par son sang, ouvre le sanctuaire éternel? id. Sermons, Ascension,^. Le lynx ne voit p.-is au travers la muraille, buffon. (Il esl bien entendu que, si de était pris partitivement, cette remarque ne s'appliquerait plus : Faire lasser un gaz à travers du mercure.) {| ». Les grammairiens ont essayé d'établir une distinction entre à travers et au travers, disant que à travers s'emploie principalement pour désigner un passage libre, vide, et au travers pour désigner un pas-

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sage qu'on »e procure entre des iilistacles, ou en traversant, en pénétrant un obstacle. Mais, si on lit attentivement les exemples des auteur^, on vena que l'usage n'a pas consacré cette ifistinction. Or il n'y aurait que l'usage qui aurait pu établir une distinction dans l'emploi de deux locutions qui sont évidemment synonymes grammaticalement.

- MIST. XI' s. De Val-Fuît sunt venuz en travers, Ch. de Hol. ccxxxv. |{ xn' s. Il se navient le travers de la mer, Honc. p. H 8. Et li ponz qui est en travers Estoit de touz autres divers, la Charrette, 30(8. Cume le temple fud si leved, del travers fist un entreclos de table de cèdre, iiots, 24». Il XIII" s. Ensi pourprist le feus de defors le port en travers jusqui'S parmi le plus espeis de la vile [Constantinople], villeh. xci. En travers sur un lit [ils] l'ont ilueque jetée, Berle, xvi. Par deriere l'a assailli, Ferirle cuida, si failli. Le coup li cola en travers, /(en. i23B. Tant [je] les plumasse et tant preïsse Du lor de tort et de travers, Ja Bose, (3(15. En celés terres pot on aler les travers, dusqu'à tant qu'eles sunt mises en point de porter dcspuelles [moissons], beau.man. lu, 3. Et por les marceans garder et garantir furent estauli li travers [droit de passage], id. xxv, (. Kt convient que la vaine soit sainnie [saignée] en traviers, alebrant, f" (2. ||xiv s. Vaines, artères, ners et leur semblables, tranchiés par incision qui fust faite de travers [en travers], h. de mondeville, f" ((0, verso. Li autres resgardoit s'amie De travers, et ne rioit mie, maghaut, p. 44. Il XV' s. Ses parens la semonnerent de la marier, et elle respondit tout en travers [tout franchement] que elle ne seroit jà par eux mariée, Lancelot du lac, t. i, f° 8. Et avoit eu ung coup d'espée de travers le nez, dont il eut le visage fort deffait, fenin, («2(. Vas-tu ou le trot ou le pas? Ne me respont point de travers, Nal. de J. C. X travers du pays de Lorraine, comm. v, 3. Que aucun tanneur ne achectera à travers et par un marché tous les cuirs d'une saison ou année, Ordonri. mai (487. Il XVI' s. Il luy bailla de son fouet à travers les jambes, hab. Garg. i, 25. Elle abbatit tout le boys à tordz, à travers, m. ib. i, 16. Le coup luy pénétra le diaphragme, et par à travers la capsule du cœur luy sortit la broche par le hauR des espaules, lu. l'ant. ii, (4. Gens qui supportent plus malayséement une robe ql^'une ame de travers, MONT. I, (47. Considérons au travers de quels nuages on nous mené à la cognoissance de.... id. I, 20(. S'estantsjectez au travers de la mer Atlantique..., et navigé longtemps, ID. I, 233. llfut blecé à travers le corps si à point que son aposteme en creva, ID. I, 254. Il y eut un coup de javelot qui s'assena, mais ce fut du travers, non pas de la poincte, amtot, P. £m. Zi. Petit à petit ils approchèrent, passans à travers la presse, jusques au plus près de l'autel, id. Timol. 24. Les Corinthiens estans arrivez par le travers du païs des Brutieiis en la ville de Rege, id. ib. 28. Le barbare, en s'esloignant de la rivière, le mena par travers de la plaine, ID. Crassus, 42. Caton se levant du lict les regarda en travers de mauvais œil, etleurdit...,iD. Cat. d'Ot. 87. Derechef convient faire une autre incision au travers de la première, si que ces deux fassent une croix, paré, v, (7. De cest onguent en oindrez la candelette environ deux travers de doigt, ID. xvi,27. Elle aydoit au curé à monter sur un travers où les poules nichoient, Moyen de parvenir, p. 278, dans lacurne. Le travers de Seine [le passage de la Seine entre Honfieur et Harfieur], Coutume de Honfieur, dans jal.

— ÊTVM. Berry, travais, travars, travé; bourguig. au travar; provenç. travers, transvers; catal. traves; espagn. (rouesti; portug. traveso; ital. traverso; du latin iraversus, transversus, de tra, trans, à travers, et versus, tourné

t TRAVERSAGE (tra-vèr-sa-j'), s. m. || 1° Façon qu'on donne à une étoffe de laine, quand on la tond par l'envers. || 2' Espèce de droit dans les ports.

t TRAVHRSANT, ANTE (tra-vèr-san, san-t'), adj. Il 1' Qui traverse. Il Terme de minéralogie. Se dit des parties d'une roche feuilletée, lorsqu'une partie de celles qui y sont disséminées en percent et traversent les feuillets, jj 2° S. m. Ancien terme de géométrie. Une ligne oblique. Pour le cAté et le traversant.... dksc. ^;éom. 2. || 3" Kléau de la balance commune. || 4* Terme de pèche. Kilel qu'on enfouit dans le sable, lorsque la merestbas.se, et i la tète duquel des lignes sont attachées de dislance en dislance. || Adj. Des rets traversants.

TRAVERSE (tra-vèr-s'), s. f. \\ f Action de tra-

verser, de faire traverser. Kroinettons audit Boutet de n'accorder aucuns jiasse-poits et exemptioni pour la sortie, entrée et traverses ou passages d'aucunes marchandises. Bail Boutet, letl. pat. 27 juin (880. Il Cheinin qu'il y a à faire d'un lieu à un autre. Parlons de la traverse d'Autun ici, qui est un chemin diabolique, sÉv. 354. || 2* Route particulière, plus courte que le grand chemin, ou menant à un lieu auquel le grand chemin ne mène pas. Prendre la traverse. Il fut décidé que nous suivrions jusqu'à deux lieues de Montélimart la grande roule de Marseille, et que là nous prendrions la traverse, sauss. Voy. Alpes, t. vi, p. (U8, dans POUGENS. As-tu remarqué, dans le chemin de traverse que nous avons pris tout à l'heure, un grand mur à droite? genlis, Thédt. d'éduc. Zélie, I, 2. Il Fig. 11 y a, pour arriver aux dignités, c« qu'on appelle la grande voie ou le chemin battu; il y a le chemin détourné ou de traverse qui est le plus court, LA bruy. viii. || Rue de traverse, petite rue qui va d'une grande rue à une autre. Il Fig. Par les traverses, par voie indirecte. Adressez vos lettres pour moi et pour mon fils à du But; je crois que je les recevrai encore mieux par là que par les traverses, sÉv. 6 mai (678. ||De traverse, en dehors de la voie directe, du courant ordinaire. Il [le fils de Bussy] est trop rude, et trop violent, et trop avantageux en paroles ; cela m'est venu de traverse, je vous le dis avec amitié, SÉV. à Bussy, 26 fév. (fiSB. Laii^ons miirir le dessein de ce voyage de traverse, id. 23 av. i89o. Je suis assommée des grandes nouvelles de l'Europe; tenez, en voilà de traverse que m'envoie Mme de Lavardin,iD. ("déc. (075. Riom n'avait jamais imaginé causer [à la duchesse de Berry] une passion qui durât toujours, sans néanmoins empêcher les passades et les goûts de traverse, st-sim. 4S5, 55. Il Au jeu, des paris de traverse, paris qui ne sont pas du courant du jeu. || Fig. Ne croyez point que ce soit chose possible que de vaquer à nos deux commerces et à tous les paris de traverse qui arrivent chaque jour, sÉv. (" av. (889. || 3' Terme de fortification. Massif de terre élevé sur le terreplein d'un parapet, dans une tranchée ou dans une batterie, pour mettre les défenseurs à l'abri des coups de revers ou d'enfilade. || Traverse tournante, celle qui est tout à fait indépendante de l'épaulement, et tout autour de laquelle on peut circuler. || 4° Pièce de bois qu'on met en travers pour affermir certains ouvrages de menuiserie et de charpente. La traverse d'une porte, d'une fenêtre. Mettre des traverses. Phidias profita des moindres espaces pour multiplier les ornements; sur les quatre traverses qui lient les pieds du trône, je comptai trente-sept figures, babthél. Anach. ch. S8. Il Terme de menuisier. Fausse traverse, celle qui est faite en bois mince et qu'on rapporte sur un panneau de porte ou de volet. Il Traverse de support, bande de bois plate qui se pose avec des chevilles sur le derrière des fourchette» d'un carrosse. || Traverse de devant, morceau de bois qui s'attache des deux bouts sur les brancards. Il B* En serrurerie, les traverses d'une grille, les barres transversales. || 6* Perche servant à la construction d'un train de bois. || 7' Gros tuyau de tôle posé horizontalement et conduisant la fumée d'une cheminée bouchée par le haut dans une autre cheminée. || 8" Dans un chemin de fer, pièces de bois posées transversalement sur la voie, et sur lesquelles reposent les coussinets de» rails. En forêt, les bois de hêtre sont toujours très-demandes pour traverses de chemins de fer. Il 9' Terme de pêche. Traverses des bourdigues, se dit des cloisons qui se dirigent l'une vers l'autre, et forment des espèces de goulets. || 10" Armature en cuivre sur laquelle est monté le coulisseau d'un piston de cuvette à l'anglaise. || II' Terme de blason. Se dit quelquefois d'une barre de bâtardise. Il 12' Terme de marine. Banc de sable, de vase ou de gravier, à l'entrée d'un port, d'une rade ou d'une baie. || 13' Fig. Obstacle, affliction, revers. Après avoir passé tant et tant de traverses, REGNIER, Épit. II. En vit-on jamais un [sort] dont les rudes traverses Prissent en moins, de rien tant de faces diverses? corn. Hor. iv, 4. Le temps du vrai mérite est celui des traverses; Pour triompher il faut souffrir, id. Imit. i, 22. Je veux écrire dans mes Heures ce que dit M. de Commines sur les traverses de la vie humaine, sÉv. 24 nov. (078. [Loui» XIV] Trop fier dans ses succès, mais ferme en ses traverses, volt. Henr. vu. Cet homme que la nature avait formé pour être grand par lui-même, sans le secours ou malgré le» traversas

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de la fortune, batnal, Bût. phil. xm, ss. || 14* X

la traverse, loc. aclv. D'une Taçon Inopinée et gdnanle. Les rivaux qui se jettent à la traverse d'une inclination établie, mol. !'réc. 5. Ai-je jamais commencé une bonne action où le péché ne se soit comme jeté i. la traverse? Boss. t" sermon. Concept, ste Vierge, 2. Il n'y a rien sur la terre ni de si bien concerté par la prudence, ni de si bien affermi par le pouvoir, qui ne soit souvent troublé et embarrassé par des événements bizarres qui se jettent à la traverse, ID. 2' sermon, Puri^c. ï. Quelque obstacle s'était mis à la traverse pour s'opposer à son bonheur, hamilt. Gram. ». J'en eus d'abord du regret, mais les distractions vinrent à la traverse, j. j. rolss. Conf. m. |1 Incidemment. S'il vous vient un petitconteà la traverse, ne vous en contraignez pas, sÉv. à Bussy , 9 oct. 4 676.

— HIST. IV' S. Le pape n'estoit pas trop content de voir ainsi le roy si proche et si voisin, et lui auroit sans doute fait dès l'heure quoique traverse.... ANDRÉ DE LA VIGNE, Voy. de AfopÎM lie

Charles VIII, p. tï3, dans lacurne. || xvi* s. Kn moins de deuz jours il sceul toutes les rues, ruelles et traverses de Paris, comme son Peus det, RAB. Pant. II, (6. Kn deux jours et deux nuicts ils bastirent des traverses et des retranchemens tels qu'on n'osa les enfoncer, langue, 633. 11 luy donna tant de traverses, et le rengea à telz termes, qu'il fallut que L. Lollius vinst du Languedoc pour le secourir, amyot, Sertor. (6. Il passa en très-grand danger, et les autres vaisseaux eurent assez commode traverse, iD. C. d'Ut. 2). X une traverse de chemin, les coureurs du comte arrivèrent dans le gros des autres les premiers, d'aub. Hist: II, 3(14. Et n'avoient jamais veu tant de gens courir la poste et prendre les traverses que sur ce chemin-là, castelnau, (99. C'est une exemption [mourir de vieillesse] qu'elle [la nature] donne par faveur particulière à un seul, le deschargeant des traverses et difficultés qu'elle a jecté entre deux en cette longue carrière, mont, i, ♦Uï. Ne se fiant à ses ailes que pour une bien courte traverse, id. n, (04. Aux choses qui se disent en commun, pour absurdes que je les juge, je ne me jecto jamais à la traverse, ni de parole, ni de signe, ID. IV, 57.

— ÊTYM. Travers; prov traversa; cal. travessa ; "esp, travesia; portug. traiessa; ital. traversa.

TRAVERSÉ, f.E (tra-vèr-sé, sce), part, passé de traverser. || 1* Au travers de quoi on a passé. L'océan, étonné de se voir traversé tant de fois, BOSS. Rfine d\inglet. Le rocher traversé, se préjente un abîme, lamotte, Fabl. iv, t3. ||2*0ui est au trave 3 de. Un pays traversé par de nombreux cours d'eau. || Terme de manège. Un cheval bien traversé, un cheval fort du dessous et large du poitrail. Prenez garde qu'ils [des chevaux andalous] soient beaux, grands et bien traversés. Lettres, etc. de Colbert, iv, 274. |{ Pierre traversée, pierre où les traits des brettures se croisent. Il 8' Percé de part en part. Traversé par l'épée de •on adversaire. || Un homme tout traversé de pluie, tout trempé, tout mouillé par la pluie. || 4° A qui, 1 quoi on a suscité des obstacles. Hélas I pourquoi faut-il que de justes inclinations se trouvent traversées ! MOL. Scapin, in, ( . Après avoirété si agité, si envié, si traversé dans une vie courte, fén. Tél. «XIX. Sur sa vertu par le sort traversée. Sur son voyage et ses longues erreurs. On auraitpu faire une autre Odyssée, grf.sset, Fw-nerJ, i. Cette tendre union succéda à la passion la plus vive et la plustraversée,C0MTEDECAïLus, Mouch. etPap. (Eut). t. IX, p. 7). Sans cesse traversé dans mes projets, dans mes vœux les plus ardents, m"' riccoboni, (Euv, t rv, p. 2S4, dans POL'GENs. Dans le cours d'une vie longue et traversée, chateaub. C^m'e, ii, v, 3.

TRAVERSER (tra-vèr-sée), s. {. \\ l' Terme de marine. Voyage outre mer; temps employé pour faire ce voyage. J'arrivai à Belle-Ile, le 28» jour de mon départ de la Guadeloupe; M. le maréchal d'Eslrées n'avait pas été si heureux à sa traversée; il y avait mis 67 jours, Mém. de Villelte, <«7K, dans JAL. Il En général, toute sorte de voyages par mer, excepté les voyages de long cours et ceux où l'on ne fait que suivre une côte. La traversée de Bordeaux à Lisbonne. || ï* Sorte de toile fine, mais commune.

— ÊTYM. Traversé.

t TRAVEIlSEMEiVr (tra-v --se-man), f . m. Action de traversi^r. Les princets du sang n'accuseront pas M. le Prince, os héro^> d'avoir manqué de hauteur, ni d'entreprites hardies en faveur de

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leur rang, témoin le travcrsement du parquet au parlement, st-sim. 474, 71.

— HIST. xvi* s. Travcrsement, cotoravb.

TRAVERSER (Ira-vtr-sé), e. o. || 1" Passer i travers, d'un côté à l'autre. Ainsi, au premier avis que le hasard lui porta d'un siège important, il traverse tout un grand pays, BOSS. Louis de Bourbon. Nous allons traverser les sables de Libye, boil. ÉtAt, I. D'une odieuse cour j'ai traversé la presse, RAC. Brit. V, 6. De Cédron avec lui traversant le lorrcnt, ro. Alhal. m, 6. Tu n'as que la rue à traverser; amène-la, si tu peux, avec loi, bhueïs, .Vue/, II, I. Comme ils n'imaginaient point qu'il fut possible de traverser les Palus Méotides, ils ne connaissaient point les Komains, honteso. /<om. (7. Un homme traverse Paris et évite tous les embarras avec les mêmes précautions que s'il ne pensait qu'à ce qu'il fait; cependant il est assuré qu'il était occupé de toute autre chose, cOndil. Conn. hum. n, 4. || En termes de marine, traverser la lame. Il î* Etre en travers de quelque chose. Un chemin clroil traverse la forêt. Un ruisseau traverse la prairie. C'est partout des forts élevés et des forêts abattues qui traversent des chemins affreux, boss. louis de Bourbon. La ville est traversée par une petite rivière dont elle porte le nom, SAUSsiHE, Voy. Alpes, t. n, p. 476. || 3« Terme de marine. Traverser une ancre, c'est, après l'avoir montée au bossoir en la levant, coucher cette ancre le long du bord et l'y attacher. || Traverser une voile, halcr l'écoute de dessous le vent de cette voile, pour présenter au vent une plus grande partie de sa surface, afin de faire tourne: plus aisément et plus vite le navire autour de son axe vertical. || i" Corroyer, scier ou raboter le bois en travers, dans sa largeur; replanir un parquet ou un plancher. || Se dit en parlant des labours croisés, c'est-à-dire qui coupent à angles droits les précédents. || Traverser les queues, faire venir, au moyen des chardons, la laine aux endroits où une couverture était cousue. || Chez les cartiers, séparer les coupeaux en divisant la l'euiUo en quatre parties égales. || 5° Percer de part en part. La pluie a traversé son manteau. Une balle lui a traversé le corps. Elle arme sa main pure et traverse le cœur. Le cœur du criminel qui ravit son bonheur, volt. Scythes, v, 4.||6 Fig. Passer à travers. Il traverse en tremblant ces effroyables scènes, delille, Trots règnes, m. Traverser la vie : on ne traverse un chemin que dans sa largeur; car y marcher dans sa longueur, c'est le suivre ; ainsi traverser est toujours faire un petit trajet; (juand on vit âge d'homme, on n'a point traversé la vije, on l'a parcourue; l'expression était donc impropre ; on ne pourrait dire que d'un enfant mort au berceau, qu'il a traversé la vie, oenlis, Mém. t. V, p. 96, dans poloens. || 7" Fig. Traverser l'esprit, se présenter rapidement à l'esprit. Dieu sait si ce propos me traversa l'esprit, réonier, Sat. VI. Cette réflexion traversait légèrement mon esprit, STAËL, Corinne, xii, 4. || Traverser le cœur, causer une angoisse. Vous me manquez partout, et tout ce qui méfait souvenir de vous me traverse le cœur, SÉV. 30 déo. 4674. 118° Fig. Susciter des obstacles, des embarras. Le cardinal do Richelieu était porsuadé qu'ille avait traversé l'inclination qu'il avait pour la reine, RETZ.lfem. t. i, liv. i,p. 4 3, dans pouGENs. Oui, je tiens que jamais, de tous ces vains propos. On ne doit d'un mari traverser le repos, mol. Tari, m, 5. Cette nouvelle lumière [venue de Dieu] lui donne [à l'àme] de la crainte, et lui apporte un trouble qui traverse le repos qu'elle trouvait dans les choses qui faisaient ses délices, pasc. Convers. du péch. J'ai fait un mystère [de ma joie], afin de ne point donner d'envie à la fortune de me traverser, sÉv. 8 août (085. L'Église est étrangère et errante sur la terre, où elle vient recueillir les enfants de Dieu sous ses ailes, et le monde ne cesse de traverser son pèlerinage, BOSS. le Tellier. La promptitude de son action ne donnait pas le loisir de la traverser, id. Louis de Bourbon. Ainsi par le destin nos vœux sont traversés, rac. Brit. m, s. Personne ne se met en tête de traverser son bonheur, hamilt. Gram. (O. Alcibiade.... avait fait tous ses efforts pour traverser le traité qui venait de se conclure entre les deux peuples [Athènes et Sparte] , rollin, Ilist. anc. Œuv. t. m, p. r,04, dans pougens. r.,es courtisans ne pensent pas à nuire à ceux qui ne peuvent les traverser, et font quelquefois gloire de les obliger, duclos, Consid. mœurs, n. ||9" V. n. Être en travers. Une pièce d'assemblage qui traverse. || 10° Se traverser, v. réfl. Être franchi. Cette

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riTière ne se peut traverser i gaé. 1| 11* Terme de manige. Ce cheval se traverse, ses hanches et ses épaules ne sont p4Ui exactement sur la même ligne. Ce cheval se traverse des hanches, cet autre se traverse des épaules. || U" Terme de marine. Un navire se traverse, quand il présente le côté. Il 18' Se faire obstacle l'un à l'autre. La jalousie des ministres toujours prêts à se traverser les uns les autres, et à tout immoler i leur ambition, bosb. Polit. X, ni, ».

— HIST. xi« s. [Ils] Passent dix portes, traversent quatre punz, Ch. de Roi. cxc. || xif E quant li ar- Cevesques comença à parler, E sa cause en latin gentement & mustrer. Cil le comença lues [aussitôt] partut à traverser. Th. le mart. 67. Parmi Provence li marchis se traverse, lloniage Guillaume, V. 244(1. Il XIII* s. Ici traverse [change] l'aventure; Dont crt socs, et ore est dure, Partonop. V. 3308. Une femme vieille qui traversoit parmi la rue, et portoit par sa main destre une cscuellée pleine de feu, joinv. 268. || xiv* g. Telz cuide aler la voie et le chemin plus grant, Qui va hors du chemin par les champs traversant, CuescJ. 48287. Duquel lieu le suppliant eust trouvé compaignons jouansaui grosses boules, et là, lui estant abuvré de vin, se feust mis à traverser [parier] pour un petit blanc contre un autre, du canob, Iramversare. Si avons encontre deus hommes Qui nostre chemin Iraverssoient, i. de condé, t. m, p. 69. Il XVI* s. Et, en grande diligence, transversa les maraiz, rab. Garg. 1,47. Ils traversèrent les Espaignes, la Gaule, l'Italie, jusques en la Grèce, mont. I, 234. Tant de difficultez luy traversent la voye, qu'elle "csgarent et l'enyvrent, id. iv, 238. Je crois que vous avez l'ame de quelque massoret traversée [transfuse] au corps, voire et du plus subtil, VVER, p. 555 II leur prit envie de traverser à nage la rivière, qui esloit roideet fort profonde, AMYOT, Publ. 36. Il se retira dedans Carthage la nuefve, là où il monta sur la mer ; et de là traversa en Afrique, id. Sert. 40. Les barbares avoient remparé un long espace de l'autre rive, avec force arbres, grands et gros, traversez en croix, in. Pomp. 53. Quand ilz furent à l'endroit d'une rue traversante qui alloit à la prison.... ro. Agit et Cléom. 2ci. Poltrot l'attend [le duc de Guise] dans le chemin qui traverse auprès d'Olivet, d'aiib. Ilist. I, 4 80.

— ÊTY,M. Travers; piovenç. traversar ; cat. travessar; espagn. (rotesor; ital. traversare.

t TRAVERSEtTK (tra-vèr-seur), s. m. Celui qui traverse. Ce voyageur traverseur de l'Afrique.

— HIST. XVI* s.' Xenomanes, le grand voyaigeur et traverseur de voves périlleuses, rab. Pant. iv,4.

TRAVËRSIER, IP.RË (tra-vèr-sié, siè-r'), adj. Il 1* Oui traverse. Rue traversière. jj Flûte traversière, flûte dont on joue en la mettant presque horizontalement sur les lèvres, dite aussi flûte allemande, ou, simplement, flûte. Il sifflait les petites (lûtes [les imitait en sifflant], il roucoulait les traversières, criant, chantant, se démenant comme un forcené, DiDER. le Neveu de Bameau. ||8* Terme de marine. Vent traversier, ou, substantivement, le traversier. Le traversier est un terme dont on se sert dans cette mer [Méditerranée], qui signifie le vent qui entre directement par l'embouchure (l'un port ou d'une rade où l'on est mouillé, et contre lequel on se précautionne, étant ordinairement le plus à craindre. Portulan de la Méditerranée, dans jal. || 3° S. m. Traversier, verge qui forme la croix du haut d'une bannière. || Nom que les tisserands donnent à des bâtons qui soutiennent plusieurs cordes, et qui opèrent la communication dos marches avec les lames. || 4* Traversier, sorte de pinnule mobile qu'on nomme plus ordinairement curseur. || 5* Terme de marine. Traversier, nom d'un petit navire en usage au xvn* siècle, et servant aux petites traversées, au cabotage et quelquefois à la pêche. Comme il importe qu'ils [des gardes de marine de Rochefort] arrivent promptement audit port de Brest, ne manquez pas de les faire embarquer sur un traversier, Seignelay à Demuyn, 4 679, dans Jal. Il On dit aussi : barque traversière. jj t' S. f. Traversière, cordage fixé au diamant d'une ancre, pour la traverser. || Cordages qui, dans les ponts militaires, retiennent les corps de support flottants entre eux ou à la rive.

— HIST. xvi* s. Par les filets droits il se fait attraction, et par les traversiers il se fait expulsion, PARÉ, I, 8. Ores qu'ils eussent la lortune reboursc et traversière à leurs desseins, pasquikr, Rech. m, p. 26U, dans lacubnr.

IRA

TRA

TRÉ

— ÉTVM. Traverser. La flùto traversi&re a été nommée de la position qu'on lui donne. Flûte (voy. ce mot) était d'abord un nom générique, et s'appliquait aux hautliois, aux clarinettes, aux liassons, etc. qui tous se jouent en avant. Ces instruments ayant tous dos noms, la flûte nommée d'ubord allemande, du pays où elle avait pris naiss.-ince, puis nommée tranersière, a ensuite pris exclusivement le nom de flûte; de sorte que c'est toujours de la flûte traversière qu'on parle quand on nomme la flûte.

TUAVKRSIN (tra-vèr-sin), s. m. || !• Oreiller long et étroit qui, à la tête, s'étend dans toute la largeur du lit. Mon camarade parla de la valise; il ne voulait point, disait-il, d'autre traversin, p. L. COUR. Lcll. I, 213. Il Kaux traversin, oreiller long que l'on mot aux pieds du lit, pour faire symétrie .v'oc celui qui est placé à la tète. |{ 2° Terme de marine. Travcr.scs de la charpente d'un bâtiment. Il Forts bancs qui lient la membrure d'une embarcation. Il fut renversé sanglant de dessus le traversin de la chaloupe sur lequel il était monté, lAPÉROUSE, Voy. t. m, p. 2t2, dans pouoens. |1 Tra- Tursios de nage, les marchepieds des chaloupes et des canots. || 3° Pièce de bois qui sert à former le fond d'une futaille ou à le renforcer. Pour chacun millier de bois merrien ou traversin, 6 livres, Lelt. pat. 27 juin. )(iG2. Le bois appelé traversin sert à faire les planches du fond du tonneau, et le merrien (voy. ADD. et coKiiECT.) sert à former les douves, DiU. des ans et mit. Tonnelier. \\ Pièce de bois à la tète et à la queae d'un train flottant. Il 4" Branche de bois qui sert à tenir le ventre d'un mouton ouvert, dans la boucherie. || 5° Fléau de la balance commune.

— HlST. xui* s. Et des autres barons chascuns i'est tant penés, Que il ont de la porte tous les pans desterrés. Tous les baus [solives] traversains ont à terre jetés, Ch. d'Anl. vi, 860. || xvi' s. Faut luy mettre sous la teste quelque drap plié en plusieurs doubles, et presser sur le chevet ou traversin, PARK, vm, (9.

— ETYM. Travers; wallon, tiepst, trevsi.

f TRAVKRSINK (tra-vèr-sin'), s. f. || 1° Terme de ponts et chaussées. Pièce de bois employée dans une fondation sous l'eau et placée perpendiculairement à la direction de l'ouvrage. || Maîtresses Iravcrsines, celles qui portenlsur les seuils. || 2° Planche qui sert à passer d'un bateau dans un autre. Il 3" En charpente, traverse d'un grillage. i| 4''Terme de vétérinaire. Mules traversines, voy. mules.

j TKAVERSI.N'EK (tra-vèr-si-né), t). a. Poser et attacher des bûches à la tête et à la queue des chantiers d'un train à flotter.

TKAVERTIN (tra-vèr-tin), s. m. Pierre dure ei grisâtre qu'on trouve aux environs de Rome, et qui sert aux constructions; c'est un tuf calcaire, provenant d'un dépôt d'eau douce.

— ETY.M. Ital. travertino.

t TiRAVESOLLE (tra-ve-so-l'), ». f. Nom donné à la table à manger des officiers sur les galères de Malte, Statuts, xx, 28, dans jal.

TRAVESTI, lE (tra-vè-sti, stie), part, passé de travestir. || 1° Qui a pris un vêtement lequel n'est pas du sexe ou de la condition. Les prêtres et les religieux, zélés et infatigables pasteurs de ce troupeau affligé, qui vivaient en Angleterre pauvres, errants, travestis, boss. /teine d'Anglet. M'offrant aux yeux de don Louis, tantôt travestie en homme, tantôt sous mes habits naturels.... lesage, 6'ti Blas, rv, 3. Il parait ici un personnage travesti en ambassadeur de Perse, qui se joue insolemment des deux plus grands rois du monde, montesq. Lett. pers. 91. On dit d'une personne qui est au bal qu'elle est déguisée ; et d'un magistrat habillé en homiae d'épée, qu'il est travesti, d'alemb. 'Hav. t. III, p. 3u). Il Au théâtre, rôles travestis, rôles où l'acteur se travestit. || Fig. Apollon travesti devint un Tdbarin, boil. Art p. i. Et j'admirais l'orgueil en vertu travesti, j. a. rouss. Odes, m, 9. || Substantivement. Nos deux travesties se trouvèrent en leurs nouveaux accoutrements, comme si Psyché n'eût fait toute sa vie autre chose qu'être bergère, et la bergers qu'être princesse, la font, l'syché, ii, p. M». Il »• Traduit, arrangé d'une façon burlesque. L'Enéide travestie de Scarron. || 8' S. m. Travesti, variété de tulipe.

TRAVESTIR (tra-vè-stir), v. a. \\ !• Faire prendre des habits qui n'appartiennent pas soit au srxe, soit à la condition. On a travesti des soldats eiî pay3.ans pour surprendre la place. || %° Kig. Changer un ouvrage sérieux en ouvrage burlesque iicarruo a travesti Virgile. Il [Marivaux| était di-

gne (le se faire connaître d'une manière plus avanl.'i^'ciise qu'en travestissant des productions imiiujiielles, et Marianne a fait oulilii^r le Télémaque et l'Homère travesti.s, d'alemb. Èlog. Marin, notes. Il 3" Donner à une chose un caractère mauvais qu'elle n'a pas. Ses invectives [de Killegrew contre Mme de Shrewsbury] l'attaquèrent depuis la tête jusqu'aux pieds; il fit une peinture affreuse de sa coi.iluite, et travestit en défaut les charmes qu'il venait de célébrer, hamilt. Gram. H. Ils ont travesti ses défauts en vices, ses fautes en crimes, les faiblesses de sa jeunesse en noirceurs de son âge mûr, j. j. ROUss. 2' dial. Cette religion qu'ils travestissaient en la prêchant, d'alemb. Œuv. t. v, p. 6). Il Travestir la pensée de quelqu'un, lui donner une fausse interprétation. || 4° Se travestir, v. réfl. Prendre un vêtement qui ne convient pas au sexe, à la condition. Actuellement la maîtresse et la servante se travestissent, mariv. Jeux de l'am. et du has. i, 4. || Fig. Changer sa manière ordinaire, déguiser son caractère. Il se travestit aisément. Il n'y a dans votre cœur qu'un seul homme toujours souple et dépravé, qui se travestit en cent façons pour faire toujours également le mal, FÉN. Dial. des morts anc. {Socrate, Alcib. et Timon).

— lllST. XVI" s. i;t qu'il eut à luy envoyer un sien fidèle transvesty, m. dubell. 625. Plusieurs soldats transvestiz en païsans, iD.ib. Ce sont délices aux princes, c'est leur feste, de se pouvoir quel- (luefois travestir et desmettre à la façon de vivre basse et populaire, mont, i, 331.

— ÉTYM. Tra ou irans, marquant changement, et tie.'tî'r ou f^lt'r.

TRAVESTISSEMENT (tra-vè-sti-se-man), s. m. Action de travestir, de se travestir. Il [l'abbé de Clioisy] ne craignait pas même de se montrer à Versailles avec ce singulier travestissement [en femme], d'alemb. Élog. l'Ab. de Choisy, note 3. Il Au théâtre, rôle, pièce à travestissements, rôle, pièce où un acteur, changeant rapidement de costume, représente plusieurs personnages. || Fig. M. le duc de Nivernois, en courtisan délicat, s'est servi de son talent pour la fable ; à la faveur de ce travestissement, il a fait goûter au monarque [le roi de Danemark] ses louanges ingénieuses, ba- CHAUMONT, Uém. secrets, t. iv, p. 4 8o.

— SYN. TRAVESTISSEMENT, DÉGUISEMENT. Il me

semble que déguisement suppose une difficulté d'être reconnu, et que travestissement suppose seulement l'intention de ne pas l'être, ou même seulement l'intention de s'habiller autrement qu'on n'a coutume, d'alemb. Œuv. t. m, p. 301.

t TRAVESTISSEOR (tra-vè-sti-seur), s. m. Celui qui travestit un ouvrage. Le Iravestisseur d'Homère , ennemi déclaré et blasphémateur intrépide de l'Iliade, pouvait être comparé à ces incrédules endurcis, qui, en attaquant le culte public, outragent avec audace ce qu'ils ont le malheur de mépriser, d'alemb. Élog. Uariv. I| Par exagération, mauvais traducteur.

t TRAVON (tra-von), s. m. Chapeau qui couronne la file des pieux d'une palée de pont et qui porte les poutrelles des travées.

t TRAVOCIL (tra-YOull, iJ mouillées), s. m. Dévidoire pour mettre le fil en écheveaux.

f TRAVOl'ILLEP \ tra-vou-Ué , it mouillées), V a. Mettre le fli en écheveaux par le travouil.

tTRAVOriLLETTE(travou-llè-t', Il mouillées), s. f. Petit morceau de bois qui soutient les fusées du travouil.

f TRAVOCL (tra-voul), s. m Terme de pêche. Morceau de bois plat et denté, sur lequel on plie des lignes.

f TRAVUUE (tra-vu-r'), s. f Petit retranchement à la poupe d'un bateau foiicct, où l'on fait la cuisine.

1 TRAVE (irc), s. f. Nom vulgaire de la draine,

f TRAYEUSE (trè-ieu-z'), s. /. Femme (Ui trait les vaches. Les trayeuses attentives avaient remarqué que le lait qui coule sous leurs doigts lorsqu'elles compriment le pis des femelles, augmentait de consistance à mesure que la traite approchait de sa fin, parmentier, Instit. Ilém. scienc. t. IV, p. 243.

TRAVON (trè-ion), *. m. Bout du pis d'une vache, d'une chèvre, etc.

— HIST XII" s. Li quens Berenger out une fille moult bêle, Pope l'apele l'en, moût ert gente pucele, N'avoit encore en sein ne triant ne mamelc, ou GANGE, trahere. || xiii" s. On dit que vous la tioverez [l'hyène] Une fois malU, autre femelle, Et o traians et o mamelle, ib. Quant li veal [les

I veaux] maie sont T«allez, qu'il aient lour lait en-

tièrement un mois, et al chef du mois lout tollei un trcoun, et eiisi de semaine en semaine un treoun, liibl. de* ch. 4' série, t. ii, p. 308. || xvi" s. N'ayant le veau si lost mis dans la bouche le trayon de la mère, que le laict n'en sorte, comme le vin d'un tonneau qu'on perce, o. on serbes, 28:i.

— ÉTYM. Traire; norm. Iran, train; picard, trayan.

t TRÉ (tré), J. m. Nom, à Salins, de l'arbre mort employé comme pièce de charpente.

— ÊTYM. Ane. franc, tref, po itre, du lat. Irabes. f TREBAC (tré-liak), s. m. Espèce de navire

conlmun à Venise, servant à îles communications avec Trieste et l'Istrie, du port de soixante à quatre-vingts tonneaux, et ressemblant pour le grément à nos chasse-marées, forkait, Instit. Uém. scienc. t. v, p. 207.

t TREBEL (tre-bèl), s. m. Plante synanthérée dont les feuilles servent à aromatiser les cigares de la Havane.

TRÉBELLIANIQUE (tré-bèl-li-a-ni-k') ou TRlî- BELHENNE (tré-belliè-n'), adj. f. Terme de droit romain. Quarte trébellianique ou Irébellienne, le quart que l'héritier institué a droit de retenir sur la succession grevée de fidéicoiumis, en remettant l'hérédité.

— ETYM. Trebellius, jurisconsulte romain.

t TRÉBUCHABLE (trc-bu-cha-bl'), adj. Qui est exposé à trébucher.

— HIST. XII" s. Cil qui vivent sans conseil, qui eus mimes laissent trebuchabies es aventures des choses.... Job, p. 403. ||xv' s. D'une part ferme et d'autre trebuchable, al. chart. Œuv. p. 7(3.

— ÉTYM. Trébucher; prov. trabucable.

t TRÉBUCHAGE (tré-bu-cha-j'), s. m. Terme de monnaies. Opération dite aussi triage qui consiste à trier les pièces excédant le poids pour les fondre.

— ETYM. Trébucher.

TRfiBOCHANT, ANTE (tré-bu-chan, chan-t'), adj. Il 1° Qui trébuche. |j 2" En parlant des monnaies, qui est de poids. Le commissaire : En quelles espèces était cette somme? — Harpagon: En bons louis d'or et pistoles bien trébuchantes, MOL. l'Av. V, 1. Il Kig. Il est en fonds de plus de deux mille syllogismes, et il n'y en a pas un qui ne soit de poids et trébuchant, balz. Letl. liv. xn, 32. Il S, m. Le trébuchant, un certain nombre de grains qu'on retranche sur le marc, et qu'on répartit sur le nombre des pièces qui le composent, pour rendre chaque pièce un peu plus forte que le poids requis, afin qu'elles ne deviennent pas trop tôt légères par le maniement, et qu'elles soient plus longtemps trébuchantes, c'est-à-dire, de poids dans la petite balance qui se nomme trébuchet. Cette pièce de monnaie a le trébuchant.

t TRÉBUCHÉ, ÉE (tré-bu-ché, chée), part, passé de trébucher. Le Sicilien bien fâché Du bon Entellùs trébuché, scahr. Kirj; v. Ce poète orgueilleux [Ronsard], trébuché de si haut. Rendit plus retenus Desportes et Bertaut, boil. Art p. i. Il Ce participe n'est pas dans le Dictionnaire de l'Académie.

TRÉHUCUEMENT (tré-bu-che-man), s. m. Action de trébucher.

— HIST. XII" s. Tu amas tûtes les paroles de trebuchement, langue tricheruse, Liber psalm. p. 69. Il XIII" s. Vint à lui [Pierre] pitié souveraine. Qui soufîri son tresbuchement. Pour ce qu'âpres plus humblement Se portastvers nature humaine, j. de MEUNG, Tr. 802. || XVI" S. Fier Lucifer démontre clerement. Qu'ingratitude est le tresbuchement D'honneurs et biens, et qu'à Dieu faict injure, J. MAROT, V, (99.

— ETYM. Trébucher; provenç. trabucamen, tra»bucamen; ital. traboccamenlo.

TRÉBUCHER (tré-bu-ché), v. n. || 1" Ne pas garder l'équilibre en marchant. J'y passe en trébuchant [sur la planche d'un ruisseau], boil. Sat. vi. Il Fig. Faire des faux pas dans la conduite. Dont la beauté fit trébucher Rustic... la font. Diable. Et qui, voyant un fat s'applaudir d'un ouvrage Où la droite raison trébuche à chaque page, Ne s'écrie aussitôt: l'impertinent auteur 1 boil. Sat. IX. Il Trébucher dans une affaire, y faire une fauss« démarche. || 2° Tomber. Puisses-tu voir sous le bras de ton fils Trébucher les murs de Memphisl malh. III, '♦. Il frissonne, il chancelle, il trébuche, il expire, corn. Attila, v, 6. Cette personne enfin sur l'herbe tendre Est trébuchée, la font. Serv. L'affreux Tiphée avec sa vaine rage Trébuche enfin dans des gouffres sans fonds, quin. Proserp. ii, 6. Il Fig. Je flattais ta manie, afin de t'arrachcr Du honteux précipice où tu vas trébucher, cobn. Poly.

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TRÈ

TRÉ

», s. Il Fig. Trébucher du laile des grandeurs. Kl du rang éminent dont il faut trébuclier, roth. Hélis. V, fc. Il Fig. Il se dit do loulcequi s'écroule, s'affaisse. Ce n'est pas tout d'un coup que tant d'orgueil trébuche, corn. Rodog. iv, 5. lit je sens qu'à vos yeui mon courroux chancelant Trébuche, perd sa force, et meurt en vous parlant, id. Ser- UiT. m, 4 II 8* En parlant du poids, emporter par sa pesanteur la chose qui contre-pfcse. Cette pièce d'or trébuche, ne trébuche pas. || Kig. Ou si d'un dieu qui dort l'aveugle nonchalance Laisse au gré du destin trébucher sa balance, lamaht. Méd. i, w. Il 4" Y. a. Faire passer par U trébuclict une pitce de monnaie. Les changeurs prennent toutes les pièces une à une, ils les trébuchent, et ils font fondre toutes celles qui sont lourdes, de wauu, Snquêle sur Ja Banque, tH«7, p. )8î. || Proverbe. Qui trébuche et ne tombe point, avance son chemin.

— REM. Ouamd on veut marquer l'action, trébucher se construit avec avoir : 11 a trébuché contre une pierre. Mais, quand il exprime l'état de chute, il se construit avec être : Cette personne est trébucbée sur l'herbe.

— HlST. XI' s. Cheent li rei, à tero trabecherent, Ch. de Roi. p. )09, éd. fr. Michel, («o». || xii* s. Lesautres devriez mener e aveier, E vus les faites tuz chbïr e trebuchier. Th. le mart. 28. Won fiere vi ocire et detranchier, El mon neveu morir et trebuchier, Raoul de C. 57. Hxiii's. Tantôt humé tant con li plot. Si tresbucha lot jus le pot, Et espandi lo let trestot, Ren. 2780. Car por ce sunt [les grands! en haut levés. Que l'en les puist après veoir De plus haut trebuchier et choir, la Hose, «304. Il XIV* s. Que nul changeur ne autre personne ne soit si hardi qu'il trébuche nulles monnoies qui aient cours, quelles que elles soient, Ordonn. 29 sept. (329. Manlius ferit un Gaule qui jà estoit monté auci comme au plus hault, et le fist trebuncher, et li cheant fist trebuncher les autres, bercheuhb, f* m. || xv* s. Icelui Lucifer et les autres de sa bande furent chassés hors de paradis par force, et trébuches en enfer, monstr. i, 39. ||xvi' s. IlaYoit eu de Dieu une droiture naturelle, et par sa folie il est tresbuché en vanité, calv. TnsJ. (78. Encore que la terre tremblast et que les montagnes trébuchassent au profond de la mer, id. ih. 463. Et falloit bien peu poulser à la roue pour faire trcbucher !e tyran en totale ruine, amyot, Péiop. bi. Quand ils auront commis quelque faulte, et seront tresbuchez, ID. De la mauv. honte, 26. Les petardiers firent trébucher pontlevis et portes, d'aub. Itist. m, 389. Ayant eschappé tant d'occasions de mourir où nous voyons tresbuscher le monde, mont, i, 407. C'est tout un de choir et de trébucher, cotgbave.

— ÊTYM. Norm. trabuquer ; wallon, treboucM ; provenç trabucar, trasbuchar, Irebucar ; espagn. et porlug. trabucar; ital. traboccare. Trébucher est formé de tra, et de l'anc. franc, bue, tronc humain, torse, qui est l'anc. haul-allem. buh, tronc du corps ; de sorte que trébucher est faire dévier le corps de sa direction naturelle. L'italien traboccare vient de bocca, bouche, comme tracoUare, renverser, vient de collo. Dans trebuncher, il y a un comme dans tribunculus, trébuchet, du canoë. Mais trabecher de la Ch. de Roi. reste inexpliqué.

TRÉBUCHET (tré-bu-chè ; le J ne se lie pas ; au pluriel, Vt se lie : des tré-bu-chè-z ingénieux; trébuchets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. Il 1* Dans le moyen âge, machine de guerre qui lançait des pierres, et qui servait à faire trébucher les murailles. || i' Piège à prendre les petits oiseaux, qui consiste en une cage dont la partie supérieure, couverte de grains, fait bascule, trébuche quanti l'oiseau vient s'y poser, et l'enferme. Cet oiseau a donné dans le trébuchet. |{ Fig. Votre maitresse, en ses nobles projets. Peut à d'autres oiseaux tendre ses Irébuchets, hegnard, Uénechm. n, 3 II Fig. Prendre quelqu'un au trébuchet, l'amener par adresse à faire une chose qui lui est désavantageuse ou désagréable. Plus fins que vous sont pris au trébuchet, J. ». rouss. Allég. i, 2. Il nous servait de protecteur et d'avocat, quand il nous arrivait d'être pris au trébuchet, lesage, Guxm.iÏAlfar. iM, 9. lia- Se dit aussi pour traquenard. Trébuchet à prendre des quadrupèdes. Maraudeurs obstinés, faméliques rongeurs. En vain s'arment contre eux les trébuchels vengeurs, de- ULLE, Trois règ. vin. || 4° Petite balance pour peser des monnaies ou des objets de peu de poids, ainsi nommée parce que l'un des plateaux trébuche. Par différents moyens, tels que la pierre de touche et le trébuchet, on examine »t elles

DICT. DE LA LAMOU* FRANgAISI.

|des monnaies] ne sont pas altérées, tant pour le titre que pour le poids, barthïl. Anach. ch. 66. — MIST XIII' s. Mistrent la main i assiéger le chaslel et faire engins, et firent un grand trébuchet qui gettoit le pesant d'un quintax, du canoe, trebuchetum. D'un tieliukiet fittrebukier Multgranl partie de lor murs, id. ib. Et sont en une vigne entré Où un vilein avoit planté Un pochon comme trébuchet, Ren. 23l(iD. Il XIV s. Dresse ton trébuchet, qui soit clos de bois par derrière, en telle marlere que le chevreul qui venra pour mengier vôise [aille] par l'entrée du trébuchet, Modus, f ixx. Pr.-fndre la pertrix au trebusquet, ib. f° cxviil, ver/o. Il XV' s. Icelluy Simon fist le Irebucliet de son p;é parmi les jambes de Jehanncl, dont icellui feust chu à terre, DU cange, trebuchare. Or os lu prins au trébuchet, B. desch. Poésies mss. ^46^. Il XVI' s. Portant avec nous un trebuchel, et nous pesissions nos escus, desper. Co/ites, civ. U ne profile point au lecteur, de voir le visage et les lineamens de celui qui l'enseigne ; mais bien ceux de l'ame, pour recevoir les jugements des choses avec le trébuchet en la main, d'aub. Hist. préf. «.

— ÊTYM. Voy. TRÉnucHER ; bourguig. traibuchà ; provenç. trahûquet; espagn. trabuquete; itaU trabocchetto. Trébuchet est un diminutif de l'anc. mot trabue, machine de guerre pour renverser.

t TRECENTESIMO (tre-sin-té-zi-mo), adv. lat. Trois-cenliëmement. Il s'emploie pour indiquer la trois-centième place, le trois-centième article d'une série (300«), quand on a commencé à compter par primo, secundo, tertio, etc. On dit ensuite trecentesiino primo, secundo, etc.

t TRf.CKNTISTE (Iré-sin-li-st'), ». m. Se dit des poètes italiens du xiv siècle.

— ÉTYM. liai, trceentista, de treeento, trois cent (l'an mil trois cent un).

t TREDAME (tre-da-m'), interj. Jurement des femmes dans l'ancienne comédie ; abréviation de Notre-Dame. Tredaine I Monsieur, est-ce que madame Jourdain est décrépite, et la tête lui groulllet-elle déjà? mol. Bourg, gent. m, 5.

t TRfiDÉCIMAL, A LE (tré-dé-si-mal, ma-l'), adj. Terme de minéralogie. Se dit d'une substance dont les cristaux ont treize faces.

TRÉFILÉ, ÉE (tré-fi-lé, lée), part, passé de tréfiler. Aciers tréfilés de toutes grosseurs.

TRÉFILER (tré-fi-lé), 0. a. Passer <lu fer ou du laiton par la filière. || Absolument. Travailler à la trcfilerie.

— KTY.M. Tré, pour Iran» ou tra, et fil. TRÉFILERIE (tré-fî-le-rie), t. f. Fabrique où l'on

tréfile. Il Machine pour tirer le laiton à la filière. Tréfileries de laiton.

— HIST. xiii* s. Por tant qu'il ait tenu le mestierde trefilcrie an et jour corne mestre, Lit! des met. 62.

THÉFILEUR(tré-fi-leui), s. m. Ouvrierqui tréfile.

— HIST. xiti* s. Quiconques veut estre traifilier de fer, estrè le puet, por tant qu'il sache le œestier et ait de coi, Liv. de.-: met. 61.

TRÈFLE (trè-fl'j, s. m. ||1' Genre très-nombreux en espèces, de la famille des légumineuses papilionacées. Les principales espèces recherchées comme importantes en prairies artificielles et naturelles sont: (• le trèfie des prés (irifoUum pratense, L], dit aussi trèfle commun, grand trèfie rouge, grand rouge de Hollande; 2° trèfle blanc ou rampant {trifolium repens, L.), ou petit Irèfie de Hollande, utilisé surtout comme fonds des prairies naturelles de graminées; 3" trèfle incarnat (trifolium incarnatum, L.)^ dit trèfle de Roussillon, foin rouge, farouch. Combien de fois.... je me suis plu à voir les mélilots dorés, les trèfles empourprés et les vertes graminées former des ondulations pareilles à des flots I bern. dp, saint- PIERBE, Harmonies, il. || Fig. Le trèfle à quatre feuilles, ou, simplement, le trèfle à quatre, s'est dit pour la chose introuvable. Je fais courir les ardents [feux follets] sur les marais et sur les fleuves pour noyer les voyageurs, j'excite les fées à danser au clair de la lune, je pousse les juueurs à chercher le trèfle à quatre feuilles sous les gibets, CYRANO DE BERGERAC, Lettre pouf des sorciers, cité par cH. nisard, Rev. de l'inslr. publique, 22 nov. 1860. Il 2 Trèfle d'eau, minyanthes trifoliata, L. gentianées, plante aquatique, ainsi nommée, parce que les feuilles en sont attachées trois à trois sur une même queue, comme dans le trèfle. Il Trèfle de Boukhara, nom souvent donné au mélilol bleu. || 8° Terme de jeu de cartes. Une des couleurs noires des cartes, ainsi dite parce que les cartes sont marquées d'une figure de feuille de trèfle ilavait quitté [écarté] quatre trèfles en-

semble, MOL. h'dch. II, 2. I.'is de trèfle, ou tout autre au besoin, sera désormais assujetti à une marque particulière et distinctive que la régie des contributions directes est autorisée i faire imprimer sur le papier qu'elle fournit aux cartiers, OrdoAn. 18 juin (8(7, art t". || Insolent comme un valet de trèfle, très-insolent; locution provenue d'un jeu de caries, la mouche, où le valet de trèfle est maître. || En trèfle, en forme de trèfle. Des dents carrées, trois ou quatre fois plus grosses que ocUcs de nos hippopotames actuels, et néanmoins ayant les mêmes caractères pour la forme, et particulièrement les creux en trèfle sur la face qui broie, bufp. Not. just. Ép. nat. Œuv. t. xiii, p. 233. Il 4" Ornement d'architecture, imité de la feuille de trèfle. Les moresques balcons en trèfles découpés, v, uuco. Orient. 3. \\ Trèfle d« moderne, petite rose à jour, en forme de trèfle, dans les vitraux, pignons et frontons gothiques. Il Terme de menuisier. Profil en usage pourlescroisées. Il 6* Foijrneau de mine fait en forme de trèfle.

— HIST. xiV s. Trefeul, Gloss. du P. Labbe. Il XVI' s. Cellui ou celle qui treuve le treffle à quatre feuilles.... sera heureux et riche toute sa vie, les Êvang. des quenouilles, p. 3g. Le nez en figure d'ung as de ireuffles, rab. Pant. iv, 9 Les racines pourries par abondance d'eau produiront une luzerne bastardc, que la plus part tient estre le vrai treffle ou triollcl des prés; dont à telle occasion le sain-foin est par aucuns appelle grandtrefle : et par autres, foin-de-bourgongne, pource

que 0. DE serres, 274. X moy, qui ne suis

qu'escuyer de treffles, pcult toucher ce qu'on disoit de Charillus roy de Sparte.... mont, iv, 23o.

— ÉTYM. Bourguig. treufe, au jeu de cartes; Berry, treupe ; provenç. trefue.il; espagn. tri folio ; ital. trifnglio; du latin trifolium, de très, trois, et folium, feuille; ainsi nommé parce que les feuilles sont composées de trois folioles à courts pétiolules qui semblent partir du même point.

t TRÉFLÉ, ÉE (Irè-flé, flée), adj. Qui a la forme d'un trèfle. || Croisée ou rose tréflée, celle qui a la forme d'un trèfle, qui est ornée de trèfles. || Mme tréflée, se dit d'une espèce de mine à trois fourneaux en forme de trèfle. || Terme de blason. Qui se termine en trèfle. || Terme de numismatique. Se dit d'une médaille ou d'une pièce de monnaie qui a été frappée au marteau à diverses reprises, d'une manière irrégulière, de sorte qu'on y voit plusieurs empreintes.

f TRÉFLER (trè-flé), c. a. Terme de monnayage. Mal rengrener, de fai,on que l'effigie paraisse double. Il Setréfler, e. refl. Être marquéd'unedouble effigie.

t TRÉFLIER (trè-fli-é), s. m. Chardonneret.

t TRÉFUÈRE (trè-fli-è-r'), ». f. Champ semé en trèfle.

TRÉFONCIER (tré-fon-sié ; l'r ne se prononce pas et ne se lie jamais), t. m. Propriétaire du fonds et du tréfonds. || Adj. Les deux articles de la loi de «8tu [sur les mines] qui s'occupent de la redevance tréfoncière laissent subsister un vague regrettable, E. lamé-fleury, Rev. des DeuiUon-

des, I" OCt. (857, p. 682.

— HIST. XIII' s. En teie manière que, se li treffonsiersy veut revenir, li sires penra premiers son laborage et son campart de l'anée présente, beau- MAN. LI, (4. Il XV* s. Lors fut estably comment ils [les créanciers de ceux qui se croisaient] seroient assignés de leurs payemens sur les héritages des débiteurs par les seigneurs treffonciers des lieux, Chr. de St Denis, t. ii, f* (♦.

— f.TVM. Tréfonds.

t TRÉFONDRE (tré-fon-dr*), «. n. Se dit quand une soudure a aussi bien pris en dedans qu'en dehors. Cette soudure tréfond.

TRÉFONDS OU TRÈS-FONDS (Iré-fon), t. m.

Il 1* Terme de coutume. Le fonds qui est sous le sol, et qu'on possède comme le sol même. ...Le fonds superficiel, qui ne s'use pas, et le tréfonds minéral qui n'est complètement utilisé qu'à condition d'une destruction totale, s. lamé-fleury, Rev. des Deux-Mondes, (" oct. (857, p. «75. || Fig. Savoir le fonds et le tréfonds d'une affaire, la savoir parfaitement. On y connaîtra le fonds et le tréfonds de la bonne foi des loteries, damcourt, Loterie, se. 8. Il i' Propriété. Le tréfonds était opposé au viager ou à l'usufruit.

— HIST. XI ir s. Voirs est que li treffons de l'iretage qui est de par le [la] feme, ne pot li maris vendre, beauman. xxi, 2. ||xiv' s. Lesdis religieux avocnt en tout le treffons par reison de lor feignorie, du canoe, treffundus.

— ÊTYM. Très et fonds.

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TRE

TRE

TRÊ

f TKf:iIALA (tré-a-la), s. m. Matifcre pharmaceutique et alimentaire, féculente, déposée sur une tynantliérée du genre échinope par le larinus nidificans (Guibourt), qui la dégorge de son estomac e'. en forme les parois de son nid ; il est nommé pour cela sucre de nid par les Persans. Le Iréhala, d'ur. usage aussi commun en Orient que le sont en France le salep et le tapioca, est une coque creuse maçonnée par ce coléoplère tétramère, voisin des charançons.

t TRÉUALOSE (tré-a-lÔ-z'), J. f. Terme de chimie. Sucre cristallisable d'espèce nouvelle qui constitue une partie du tréhala.

t TREIE (trè-ye), s. f. Nom, dan» l'Avranchin, des cloportes.

— ÊTVM. Norm. trée, la truie; c'est ainsi qu'ils sont nommés en italien porceUino.

TREILLAGE (trè-lla-j'. Il mouillées, et non trèya-j'), s. m. Assemblage de perches, do lattes, les unes verticales, les autres horizontales ou diagonales en losanges, ou toutes verticale? unies par des fils de fer, dessinées en petits carrés. Le jasmin s'enlace au treillage. Berceau de treillage. Treillage artistique pour parcs et salons de fleurs.

— HIST. XVI» s. Les vignes arbustives o.i branchées, soutenues d'arbres, et autres eslevées hautement en treillages, G. de serhks, <60.

— Rtym. Treillg; Berry, JriWage, vigne disposée en longs sarments sur des perches ou sur des arbres.

t TRKILLAGKU (trè-lla-jé, (t mouillées. Le g prend un e devant a et o), v. a. Garnir de treillage. Il Terme de peintre en bâtiment Peindre en vert de treillage.

TREILLAGKUR (trè-!!a-jour , {( mouillées, et non trè-ya-jeur), s. m. Ouvrier qui fait dos treillages ou des treillis.

TREILLE (trè-ir, Il mouillées, et non trè-ye), I. f. Il 1* Berceau fait de ceps de vigne, soutenus par un treillage. Elle revint longtemps après; J'étais à chanter sous la treille, bérang. Print. et aut. Il 2" Ceps de vigne qui montent en espalier. Il Une treille de verjus, de muscat, une treille qui produit du verjus, du muscat. || Le jus de la treille, le vin. Le pardon sur la bouche et le verre à la main. Se verser en riant le doux jus de la treille, DELILLK, Couvert, n. Il 3' Terme de pêche. Espèce de filet monté sur un manche et tendu sur deux portions de cercle qui se croisent; on s'en sert pour prendre des crevettes. || 4* Tas d'ardoises rangées suivant leurs qualités.

— HIST. XII' s. E chascon se sist en pais desoz la treille, Hachab. i, u. ||iiii's. Il no porenl parler à li ne aler, porce que les treilles qui sont entour l'espace où le tombel est [de saint Louis à Saint-Denis] estoient fermées. Miracles St Lnys, p. (77. Vorgiés, praiaux et treilles, trop beau leu à devise, buteb. 184. || iiv* s. Se vous voulez avoir vertjussurla treille, Ménagier, n, 5. ||xv' s. La meschine s'en vint tout bellement à la treille [grille de la prison], Perceforest, t. v, f° Ha. Une damoiselle qui faisoit le guet par une fausse treille [fenêtre grillée, jalousie], cuidant que ce fusl le chevalier, s'en vint en bas et ouvrit l'huis, LOL'is XI, Nouv. XXXI. Puis s'en vont tous au jardin et vont jouant par les vioUiers et trailles, Let quinze joyes de mariage, p. «02. ||xvi' s. Bacchus alors chappeau de treille avoit. Et arrivoit pour benistre la vigne, marot, ii, 352. Lors on ajoindra aux ceps les paux, fourches, colomnes et autres soustinemens de treilles, 0. de serres, <88. Saulter de treille en paisseaux, cotgrave.

— ETVM. Bourguig. iraille; wallon, treie; provenç. treilla, trelha, trilla; du lat. Irichila, treille, pour lequel on trouve aussi trichla.

TREILLIS (trè-lli, U mouillées; l'« ne se lie pas, ce que remarque Chifllet, Gram. p. 2(6), f. m. Il 1' Ouvrage de fer ou de bois qui imite les mailles d'un filet, et qui sert de clôture. Cette porte, étant àjour par de» treillis, n'empêcherait pas les gardes de me voir, retz, iv, 3(4. Il dit au loup par un treillis: Ami, je vais sortir; et, si tu veux attendre. Le portier du logis et moi Nous serons tout à l'heure & toi, la font. Fabl. ix, (O. || Toute fermeture dormante de fer ou de bronze, i barre» maillées et en losange. || Terme de blason. Grille qui forme la visière d'un heaume. || Lettres en treillis, caractère» ornés de nombreux entrelacs, qui furent en usag* au xiv siècle. || »• Dan» le moyen ige, grillage qu'on mettait aux fenêtres pour cacher les femmes; autour de» monuments |>our empêcher les passant» d'approcher; ou autour d'un cabinet de résidence royale pour interdire l'entrée aux rats «l

aux souris; c'était aussi un moyen de garantir le» riches verrières contre les cailloux des enfants, de LABORDE, fe'maui, p. ^24. 113" Rond de métal à clairevoie, qui sertd'enseigne au potierd'étain. || 4'Terme de peinture. Carreaux pour graticulor un dessin. Il 6* Toile gommée et luisante. Treillis noir. Veste (le treillis. || 6' Grosse toile dont on fait des sacs, et dont s'habillent des paysans, des manœuvres, etc. VôLu d'une méchante petite serge noire fort semblable à du treillis, pellisson, lelt. hiit. t. II, p. tn.

— HIST. XII* s. Tôt li plusor [hauberts] en sont doble treslis [à double treillis] , Uonc. p. 43. ||xiii' s. Toutes ses herberges estoient closes de treillis de fust [bois], et par dehors estoient les treillis couver» de toilles yndes [bleues], joinv. 244. XV* s. X Jehan Galant, orphevre du roy commis à faire certains treillis d'argent que le roy avoit voué et ordonné estre fait et posé sur le tombeau de St Martin de Tours, db laborde, Émoui, p. 524. Paiement de certain treillis de fer mis autour de la maison du Plessis lez Tours, par ordre du roy, ID. xb. Il ivi* s. Comme si de propo» délibéré il barroit no» esprits entre des treillis, pour les empescher de décliner tant peu que ce soitçà ne là, CALv. Inst. 367. Sacs de cuir, de treillis, d'aub. Hist. III, 87. Du marroquin, ou triUy d'Allemagne, ou autre belle toile noire, paré, xxiv, (3. En un petit treillis ou claie à ce approp-ié, o. de serres, 228. Un trelis de fil d'arcliail, id. 869.

— f;TVM. Provenç. treslitz ; ital. tralvccio ; du bas-lat. tralicium, translicium, fils croisés, qui est formé sur le modèle du lat. trilix, à trois fils. La finale tï ne laisse pas de doute que le mot ne représente tralicium; mais il a été fortement influencé dans sa signification par treille.

TREILLISSÊ, ÉE (tré-lli-sé, sée, Il mouillées), part, passé de treillisser. || !• Garni de treillis. Ce» statues portent sur leurs tête» de» corbeilles d'or Ireillissées et remplies de pareilles fleurs, corn. Teis. d'or, i, Argument. Le bouclier germanique carré en osier trcillissé, a. demmin. Journal officiel, 27 févr. (8(19, p. 2fc0, 6* col. Il Cotte treillissée, cotte d'armes renforcée par un treillis de bande» de cuir disposées en losanges. || Terme de blason. Se dit de bandes appliquées les unes sur les autres et souvent clouées; c'est le fretté le plus serré. || 2° En histoire naturelle, se dit d'une surface qui présente des lignes saillantes ou des stries croisée», formant des mailles semblables à celles d'un grillage ou d'un tricot. 113° S. m. Treillissé, étoffe disposée en treillis. Le cheval du duc est couvert d'un treillissé à têtes de clous, a.

DEMMIN, Jour. ofUc. 27 févr. («69, p. 2B(i, 6'col. || S. f.

Treillissée, nom spécifique d'une couleuvre.

TREILLISSER (trè-lli-sé. Il mouillée», et non trè-yi-sé), v. a. Garnir de treillis.

— HIST. XIII' s. Et deit estre le champ de quarante canes de careure et clos de foscés et de paleysqui seit si entrelaciés de cordes treillies.... Àss. de Jér. I, (7(.||iiv*s. Un drap de lit, une toye de lit trelliciée, du cange, (rolicïum. |1 xv" s. Et entre lesdils deux appentis y avoit une cloison de bois, dont la moitié par le haut estoit treillisée, j. DE TROYES, C/ifon. 1476. ||xvi' S. Vignes treillissées s'accommodent hors l'approche des murailles et jardins par allées avec ornement et mesnage, o. de serres, (86.

— lîTVM. Treillis.

t TRKIZAINK (trè-zè-n^, j. f. Réunion de treize objets. Quand on vend des fruits à la douzaine, on donne presque toujours la treizaine.

— HIST. XVI' s. Trezeino, cotoravb.

— ÉTYM. Treize.

TREIZE (trè-z'), adj. num. || 1* Dix et trois. Treize personnes. Treize cents francs. Treize mille francs. On peut parier ((384 contre 84 ou (35 } contre (, qu'un enfant de treize ans vivra un an de plus, BUFF. Prob. de la vie, Œuv. t. x, p. 292. Il Treize i la douzaine, treizième objet que le marchand ajoute par-dessus le marché quand on achète une douzaine de quelque chose. C'est véritablement un homme d'esprit; notre pauvre et affligée province de Normandie n'en porte pas de tels treize à la douzaine, ouï patin, Lettres, t. n, p. 630. Il Treize à table, nombre redouté, dans un dtner, par quelque» esprits faibles (origine de cette crainte : Judas, le traître, i|ui, remplacé, forme un treizième aux douze apâtres). D'autres pAlissent pour s'être trouvées au nombre de treize à table, FÉN. £(lu<;. filles, 7. Dieu ! mes amis, nous sommes treize à table. Et devant moi le sel est répandu; Nombre fatal I présage éiiouvuntable, La

Mort accourt, je frissonne éperdu, bérang. Treize à table. Wt" Treizième. Louis treize (habiluellcuient on écrit Louis XIII). Livre, chapitre treize Il 3' S. m. Le numéro treize. Il a le treize. || Le nombre treize. Le produit de treize multiplié par trois. On dit de même : le nombre treize, le numéro treize. Il 4* Le treizième jour. Le treize du mois. Il B" Sorte de jeu de hasard qui se joue avecinquante-deux cartes.

— llisT. XII' 8. Des treze lignées ki vindrenl del patriarche Jacob, liait, 2. || xiii' s. Bien treize compaignon» avec lui [il] amena, Berte, cviu.

' xvi' s. De tel» que lui ne s'en trouve pas treize en la grand douzaine [par allusion aux grain» de chapelets], et si ne se arrogue rien, et ne derogue à nul , Quintilien censeur, p. 2U5, dan» lacurne.

— ETYM. Prov. treize; cat. tretse; esp. trece ; port, treze; du lat. tredecim, de très, trois, et decem, dix ; l'accentuation de tredecim explique treize.

TREIZIÈME (trJ-ziê-m'J, adj. ordin. de treize. Il 1* Oui suit immédiatement le douzième. 11 est le treizième. Le treizième siècle. || Marié au treizième arrondissement, se disait, alors que Paris n'avait que douze arrondissements, de celui qui vivait avec une maîtresse. || 2- S. m. Le treizième, la treizième partie, chaque partie d'un tout divisé en treize parties. Quand on vend quelque chose à la douzaine, on donne ordinairement le treizième. Il 3' Le treizième du mois, le treizième jour du mois.' Il 4* S. f. La treizième, intervalle de sixte redoublée. Intervalle qui forme l'octave de la sixte ou la sixte de l'octave, j. i. rouss. Dict. de mut. Treizième

— HIST. XIV* s. Fouages, gabelle», treizième» [sorte d'imp(5t], quatrième.... du cange, (reienum.

— ÊTYM. Treize.

TREIZIÈMEMENT (trè-ziê-me-man) , adv. En treizième lieu.

— f.TYM. Treizième, et le suffixe ment. tTRÉJETAGE(tré-je-ta-j'),s. m. Action de transvaser le verre fondu, des pots dans les cuvettes.

t TRÉJETER (tré-je-té), v. a. Il se conjugue comme jeter. Transvaser le verre fondu.

— f.TYM. C'est l'ancien verbe trejeter, jeter au delà, traverser, de Ire pour tra, trant, au delà, et jeter.

t TRËLINGAGE ftré-lin-ga-j'), ». m. Terme de marine. Anciennement, cordage qui finit par plusieurs branches. || Aujourd'hui, assemblage de plusieurs tours et retours d'un cordage, qui réunissent la quenouillette des haubans de tribord d'un bas mit avec celle des haubans opposés du même màt; ces tours, dont la direction est horizontale, sont bien roidis et bien serrés ensemble comme un faisceau, afin qu'il en résulte pour les hauban» une tension nouvelle. Ma mâture me causait beaucoup d'inquiétude; il y avait lieu d'appréhender que le grand màt ne rompît cinq ou six pieds audessous du Irélingage, bougainv. Voy. t. n, p. 3K5. Il Faux tréliiig.ige, rapprochement provisoire des haubans de bâbord et de ceux de tribord; ce rapprochement se fait au-dessous des trélingages d'un bas màt pour diminuer le mou qu'il présente

— f.TYM. Ital. strelingaggio.

t TRÊLINGUER (tré-lin-ghé), •. a. Terme de marine. Faire le trélingage.

TRÉMA (tré-ma), s. m. Terme de grammaire. Deux points mis sur une voyelle, pour indiquer qu'elle se détache de celle qui la précède ou qui la suit. Le mot naïf demande un tréma sur l'i. Dans sa dictée, il a oublié deux trémas. || Xd/. invar. Surmonté de deux points. E, i, u, tréma (ê, î, li). Une voyelle tréma. Des ë tréma.

— REM On met le tréma sur la voyelle e dans le substantif ctgui, et dans les adjectif» ambiguë, exiguë, contiguë, aiguë, pour indiquer que cette voyelle doit faire une syllabe distincte de celle da l'u, et que ces mots doivent être prononcé» autrement que les mots intrigue, brigue, figue, dans lesquels la lettre u n'est placée que pour donner au f une articulation dure.

— HIST. XVI' s. Points trematz qui marquent les e, le» i, La vraye orthographe, dans livet, Cramm. franc, p. 277.

— ETYM. Tp^ua, point, de xpeai, percer.

t TRÉMAÊRE (tré-ma-ê-r'), s. m. Terme d'entomologie. Stigmate du thorax des insectes.

— ETYM. Tpî^ua. trou, et irip, air.

t TRÉ.MAIL (tré-mall, U mouillées), l. m. Filel composé de trois nappes, dont deux à mailles larges aux extrémités, et une à mailles plus serrée» au milieu des deux autres. || Terme de chasse. Tremail ou bailler, filet composé de trois na$i de

TRE

TRE

TRE

mailles, propre à la chasse des oisetui. || On dil ^ mssi traniail. Les pêcheurs pourront se servir des icls 011 filets appelés folles, traniaux et autres mentionnés eD la présente ordonnance, Ordnnn.

\UÙ< I6HI.

— RKM 1. Le pluriel, qui était autrefois tramaui, est aujourd'hui traniails. || 1. Toutes les personnes qui parlent hien sur le littoral où est employé ce filet, disent trémail, et on doit se contenter d'un renvoi do tramail à tiémail, leooahant.

— IIIST. ivi' s. Tretnail, c'est une rets i pescher, DU canoë, (romailum.

— F.TYM Kspagn. trasmallo ; portug. tremalho; ital. tramaglio; du bas-lat. tramaculum (Loi saliquej. du latin Ires, trois, et mocuJo, maille.

t TRÉMAILLR, ÉE (Iré-ma-Ué, liée, U mouillées), adj. Terme de pèche. Fait en trémail, en forme de trémail.

t TRÉMAILLON ( tré-ma-llon; (( mouillées), t. m. Terme de pêche. Petit trémail.

t TIVEMAINF. (tre-mè-n'), ». f. Un des noms vulgaires du trèfle.

t TRÉMAT (tré-ma), I. m. Nom donné à des bancs de sable qui se forment dans les tournants de la basse Seine

t rilfi.\IATA(iE (tré-ma-ta-j*), *. m. Action de trémaier. || Droit de irématage, droit accordé à certains bateaux à marche rapide de passer aux écluses avant leur tour.

t TRÉMATEU (lié-ma-té), V. a. Doubler les bancs de sable dits trémats. || Par analogie, se dit d'un bateau qui prend les devants sur un bateau moins rapide.

t TRÉMATISÉ, ÉE (tré-ma-ti-zé , zée), adj. Terme de grammaire. Marque d'un tréma.

— ÊTYM. Tréma.

I TRÊMATOBRANCHE (tré-ma-to-bran-ch'), adj.

Terme de zoologie. Dont les branchies communiquent au dehors par des trous.

— ETYM. Tp-nii'») tfri!J.«To;, trou, et branchies. t TRÉMATODE (tié-ma-to-d'), adj. Terme de

«oologie. Qui est percé de trous. ||S. m. pi. Les trématodes, vers allongés ou discoïdes, aplatis, mous, inarticulés, qui se divisent en polycotulaires et en distomiens.

— «fTYM. TpT|j.o:Tu)STi;, de tpïifiix, trou. T TRÊMATOl'HORE (trè-ma-to-fo-r'), adj. Terme

d'histoire naturelle. Q\i\ porte des trous.

— ÉTYM. Tpif|(i«, Tpr,(iaTOi;, trou, et ifopo;, qui porte.

TRE.MBLAIE (tran-blê), t. f. Lieu planté de trembles.

— HiST. XV' s. Lequel Bertault mena icelle femme tr»\ersant en ung tremblay, du cange, trembleia. || ivi" s. Qu'aux lieux plus bas, soient les estangs, saussaies, peuplaies, tremblaies, aunaies...

O. DK SERRES, <6.

— KTYM. Tremble i.

TREMBLANT, ANTE (tran-blan, blan-t'), adj.

\\i' Oui tremble. Un corps tout tremblant de vieillesse et de maladies, balz. liv. i, lett. ». Après qu'il m'eut dit cela, je me tins debout tout tremblant, saci, Bibie, Daniel, x, H. Et mes genoux tremblants se dérobent sous moi, bac. Pliédre, l, i. Voici la lettre de M. Orgon.... il l'a écrite d'une main si tremblante que vous n'en reconnaîtrez pas l'écriture, lesaor, Crisp. riv. de son mailre, 6. Il Pièce de boeuf tremblante, pièce de bœuf si grosse et si entrelardée de graisse, qu'elle tremble au moindre mouvement. Ii Maladie tremblante, maladie des bétes ovines. || 2" Qm remue sous les pas. Pont tremblant. Les Anglais mirent dessus des planches tremblantes qui appuyaient d'une part i la brèche, et de l'autre à la contrescarpe, «atnal, Hisl. phil. X, IB. Il 8* Par extension, il se dit de la voix qui n'est pas ferme. La chèvre a quelque chose de tremblant et de sauvage dans la voix, comme les rochers .-i les ruines où elle aime à se suspendre, chatbaiibr. Génie, l, v, 6. Il 11 se dit aussi de l'ondulation d'une lumière. Et, pour guider son cours, la lune complaisante Éclaire au loin les eaux de sa clarté tremblante, D/îULLK, En. VII. Il 4* Fig. Oui est rempli , de crainte. KUe, à cette prière, encor derai-trem- Dlante, corn. Théod. iv, 6. Sa politique [de Clément VIIj, tantôt trop tremblante, et tantAt trop précipitée, Boss. l'or, vii, 6». Je vous ai vu cent fois, sous sa main bénissante. Courber servilement une épaule tremblante , boil. Lutr. iv. Tremblants sur une terre qui tremblait sous leurs pieds, BtJFP. T ép. no«. Œur. t. xii, p. 222. || 6» S. m. Terme de musique. Modification des jeux de l'orgue/qui les fait trembler à volonté. Il y « un trem-

blant à vent ouvert et un tremblant à vent doux. ;(6°6'.^.Tieuiblaiite, gymnote électrique et torpille.

— IllST. XVI* s. Grosso et tremblante pièce de iKmifsalé, NOKi. dufail, Cont. d'Butrap. ch. xxil, f lis, dans poiiGENS.

t. TRK.MBLR (tran-bl'), f. m. Peuplier dont les feuillrs tremblent au moindre vent, poputut tremufa, L.

— IIIST. xiii* s. Kcnart, fet-il. Il maufez t'arde, Que por l,ii tout le cuer me tremble Aussi comme foille de ticmblo, Ren. 28fi30. Plus y a (en enfer] de tormens que de feuilles en tremble : Carli dampnés y sunt tormontez, ce me semble. Autrement cil qui tue, autrement cil qui emble, J. DE meuno, Tesl. 1985. Endormi sont desous un tranle, t'I. et Dl. ».< '.

— ÊTYM. Trembler; wallon, trônn; provenç. tremol, trémolo, tremblf : ital. tremula.

t 2. TRKMBLE (tran-bl'), s. f. Un des noms vulgaires de la torpi'le.

t 3. TRKMBLE (tran-bl'), ». m. État de celui qui tremble. Le tremble le saisit. || Proverbe. Ils n'auront pas chaud, car ils ont vendu leur bois jusqu'au tremble, se dit en temps de froidure de ceux qui n'ont pas de bois, par jeu de mot entre tremble et le bois de tremble qui est impropre au chaufîage.

— IIIST. XVI' s. Sans que la femme en patisl qui demeura longtemps en tremble et aux alertes, BRANT. Dames gai. t. I, p. 4 6.

— ÊTYM. Trembler.

TREMBLÉ, ftE(tran-blé, blée), adj. || 1° Écriture

tremblée, écriture tracée par une main tremblante. Il On le dit aussi d'une écriture particulière dont les traits, au lieu d'être droits, sont sinueux. Écriture tremblée, ou, substantivement, la tremblée. Il On dit également : des lignes tremblées. Il 2' Terme de musique. Sons tremblés, sons produits en exécutant le tremblement. |1 8" S. m. Terme d'imprimerie. Un tremblé, filet serpentant et alternativement gras et maigre.

TREMBLE.MENT (tran-bla-man) ». m. || 1" Agitation de ce qui tremble. Le tremblement d'un pont suspendu. Il î* Tremblement de terre, secousse qui ébranle violemment la terre. Ce qui mérite bien notre attention, c'est le tremblement déterre que la Chine essuya en )6»«, sous l'empereur Cam-hi; ce phénomène fut plus funeste que celui de Lisbonne; il fit périr, dit-on, environ quatre cent mille hommes, volt. Mœurs, tdf>. Y a-t-il des phénomènes météorologiques qui annoncent ou accompagnent les tremblements de terre, comme chaleur extraordinaire, calme, orages, mouvements du baromètre, électricité, vapeurs épaisses dans l'air, pâleur ou couleur particulière du soleil ou des étoiles? baussurs, Voy. Alpe., t. VIII, p. 807, dans pougens. La capitale du Pérou, renouvelée en détail par onze tremblements de terre, fut enfin détruite par le douzième, ratnal, Hist. phil. VII, 31. Il Fig. Mandez-moi.... de quelle sorte de tranquillité vous jouissez maintenant qu'il ne peut plus arriver nul tremblement de terre dans vos afTaires, sÉv. d Mme de Guitaut, 29 oct. i8»2. 118° Agitation involontaire de tout le corps ou de quelques-unes de ses parties. Quand Psyché se vit dans les airs, en si mauvaise compagnie que celle-là [les Furies], un tremblement la saisit; ses cheveux se hérissèrent, la font. Psyché, 11, p. 47). Le tremblement de colère, l'éblouissement qui me gagnaient en Usant ce billet, j. i. rouss. Conf. IX. Je la pris, pour l'ouvrir, avec un tremblement d'impatience, dont j'eus honte au dedans de moi, m. th. vn. Il Absolument. Terme de médecine. Agitation involontaire du corps ou de quelque membre par petites oscillations compatibles avec l'exécution des mouvements volontaires, qui n'en conlinuent pas moins de se produire, et qui ne font que perdre de leur précision. Le tiemblement des vieillards. || 4' Terme de musique. Le tremblement consiste, sur les instruments i cordes, à secouer la D ain, le doigt restant à la même place, sauf qu'il oscille par le mouvement de la main vers le haut ou le bas de la corde d'une quantité très-petite; sur lu instru; ents à vent où le trou reste toujours ouvert ou bouché, il est produit par le tremblement de l'instrument tout entier. Qu'il ait sur chaque ton ses rimes ajustées, Sur chaque tremblement ses syllabes comptées, corn. Exclues à Ariste || 6 Fig Ciainte, grande frayeur. La louange que l'on donne à Dieu, doit être accompagnée de tremblement, saci. Bible, Job, xxxvii, 22. Un saint tremblement de ses jugements [de Dieu], mais une confiiknce toute fondée sur les

mérites infinis de Jésus-Christ, siv. 4Rt. [Los Juib convertis au christianisme] s'étant retirés, comme Loth sorti de Sodome, dans une peiitc ville, où ils considéraient avec tremblement les efTets de U vengeance divine [sur Jérusalem], dont Dieu avait bien voulu les mettre i couvert, boss. Hitt. Il, 9. [M. le Prince, fils du grand Condé] tenant tout chez lui dans le tremblement, la fougue al l'avarice étaient ses maîtres qui le gourmandaient toujours, st-sim. 226, M. || 6* Se dit def sinuosités d'une écriture en usage au moyen ige.

— HIST. XII' s. E firent grant paor e grant tremblement à loz ceaus [tous ceux] des lierberges (des camps], Kachab n, 13 || xiii' s. Poor est tremblement de pensée por cause de periU qui est présent ou qui est à venir, Dig. ^ 4». || xiv s. Se aucun estoit qui ne crainsist chose du monde ne mouvement ou tremblement de la terre ne inundations, ORESMB, S(/». 8t.||ivi's. La ville de Pisaurum par un violent tremblement de terre fut engloutie, amyot, Anton. 77.

— F.TYM. Trembler ; provenç. Ir«»ru)lamen/. TREMBLER (tran-blc), v.n. || !• Être agite de petits mouvements saccade», être mù par de fréquentes secousses. Et je tremble à présent dedans la canicule, mol. Sgan. 2. Point de vos cruelles bises qui font trembler Canaples et votre château ;j'espère pourtant bien y trembler comme les autres, sÉv. 678. Quand je l'ai aperçu [Fouquet, prisonnier], les jambes m'ont tremblé, et le cœur m'a battu si fort, que je n'en pouvais plus, id. Lett. à Pompone, 27 nov. 4 664. Ses longs mugissements font trembler le rivage, rac. Phèdre, v, 6. Il était décidé par l'université de Coimbre que le spectacle de quelques personnes brûlées i petit feu en grande cérémonie est un secret infaillible pour empêcher la terre de trembler, volt. Candide, vi. Jacques VI.... qui naquit quatre mois après cette aventure (un assassinat commis devant sa mère, Marie Stuart], trembla toute sa vie à la vue d'une épée nue, quelque effort qu'il fît pour surmonter cette disposition de ses organes, id. Moeurs, 16». ôtez ce nom de quaker, cette habitude révoltante de trembler en parlant dans leurs assemblées religieuses.... il faudra convenir que ces primitifs sont les plus respectables de tous les hommes, ID. ib. 4 63. Il tremblait comme la feuille; en passant dans l'antichambre les forces lui manquèrent, i. t. ROUSS. H^L III, 14. Nous sortîmes en frémissant, et nous sentîmes les rocners auxquels la digue est appuyée trembler à cent pas de distance, MARMONTEL, Uém. VII. De longues herbes tremblent aux ouvertures des dômes, cbateaubr. Génie, m, v, b. || 2' En parlant des choses, s'ébranler facilement, n'être pas ferme Ce poni suspendu tremble «ous le poids des voitures. || Fig. Je me suis nourri aux grands ouvrages ; je nage quand j'y travaille; et le marbre tremble devant moi, pour grosse que soit la pièce, puoet, Lett. à Louvois, 4 883, dans Joum. des Débats, 4 7 mars 4869. lia* Il se dit de la voix qui n'est pas ferme, qui chevrotte. Je suis bien vieux, mais en vain ma voix tremble ; Accueillez-moi, j'aime i chanter aussi, BBHANG. Bon vieill. || Terme de musique. Exécuter un tremblement. || 4' Il se ditdes ondulations de la lumière. La distance infinie de l'astre à demi voilé, dont les rayons tremblaient à leur surface [des eauxl, dider. Solon de 4767, Œuv. t. xiv, p. 243, dans POUGENS. Où tremblent dispersés quelques pâles rayons. De ces lacs enflammés lumière ténébreuse [en enfer], delille, Porod. perdu, i. Il 6' Fig. Craindre, appréhender. Tel menace qui tremble. M. le Prince disait une fois à un nouveau chirurgien : Ne trembles-tu point de me saigner? Pardi, monseigneur, c'est à vous de trembler : il disait vrai, sÉv. 273. Tout contribue au bonheur du roi; aussi, quand j'ai peur pour mon fils, c'est par la raison que l'on fait quelquefois des pertes particulières dans les victoires publiques; mais de la barque entière, je ne tremblerai jamais, id. 4« sept. 4676. Je tremble au seul récit de latempét» furieuse... BOSS. Reined'Àriglel. Pendant que nous tremblons sous la main de ces hautes puissances [les princes]. Dieu les frappe pour nous avertir, ID. Duch. d'Orl. Tremblez, âmes réconciliées, qui renoncez si souvent à la grâce de la pénitence, tremblez au terrible exemple de la princesse Palatine, ID. Anne de Gonz. Et mon esprit, tremblant sur le choix de ses mots. N'en dira jamais un, s'il ne tombe i propos, boil. Sal. n. Tout.... Doit marcher, doit fléchir, doit trembler sous vos lois, bac. Iph. IV, 8. Mon génie étonné tremble devant le sien, id Brit. 11, 2. J'exigeai qu'il IMithridatel Je-

TRE

triiisit sa (lotte.... Miltiridate resta immobile; et Marins, au miMiu ai H^me, on tremblii, monteso. Dial. de Sijlla el d'F.ar.rnlf. Le crime tremble, toujours devant la justice, volt. Pol. et lég. Fragment sur la justice. La Krance était plus en danger que jamais [sous François I"]; Charles était déjà à Soissons, et le roi d'Angleterre prenait Boulogne; on tremblait pour Paris, ID. Mœurs, 4JB. Ne vaudrait-il pas mieux que chacun mangeât son pain en paix à l'ombre de son figuier [au lieu de se persécuter]? je ne fais cette proposition qu'en tremblant, ID. Dict. phil. Hérésies, i. Je tremble d'avoir à me plaindre de l'Etre des êtres en portant une vue attentive sur cet épouvantable tableau [les maux des hommes], m. Mal. 25. Un pavillon qui ne tremble point devant celui de la Grande-Bretagne, raynal, Ilist. p/»it. vu, <3. Chacun baise en tremblant la main qui nous enchaîne : avec la permission du poète, cela est faux; on ne tremble point ; on veut de l'argent, et on ne liaise que la main qui paye, p. L. cour. Corresp. mai 4804. Il Faire trembler, inspirer de la terreur, donner de l'inquiétude. Il faut que je m'élève au-dessus de l'homme, pour faire trembler toute créature sous les jugements de Dieu, Boss. Reine d'AngUt. Us [les Gaulois] se jetèrent dans la Macédoine qu'ils ravagèrent, et firent trembler toute la Grèce, id. Hist. i, 8. M. de Meaux m'a envoyé des nouvelles de Rome, qui font trembler pour M. de Cambrai, maintenon, Lett. ou cardin. de Soailles, 24 sept. 4697. J'avoue, lui dis-je, que, quand on a une fois fait trembler quelqu'un, on conserve presque toujours quelque chose de l'avantage qu'on a pris, bontesq. Dial. de Sylla. Il Familièrement. X faire trembler, beaucoup, extrêmement. Une femme de la cour ayant demandé à l'évêque de Meaux, dans le fort de sa querelle théologique avec Fénelon, si cet archevêque avait en effet autant d'esprit qu'on le disait : Ah! madame, répondit Bossuet, il en a à faire trembler, d'alemb. Élog. Fén. || 6» Trembler à, suivi d'un infiniti', éprouver une vive crainte en. Toute ingrate qu'elle est, je tremble à lui déplaire, corn. l'erth. n, 6. Vous voyez que je tremble à vous le déclarer, id. Oth. v, 8. Je frémis de le perdre, et tremble à m'y résoudre, th. corn. Essex, m, 2. Je tremble à vous nommer l'ennemi qui m'opprime, HAC. Mithr. 1, 2. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir. \\ 7° Activement. Trembler la ftèvre, être dans le frisson de la fièvre. || On dit de même : trembler le frisson. J'ai fini ma lettre en tremblant le frisson, u"' de lespinasse, Lett. t. I, p. 40(, dans pougens.

REM. 1. Trembler suit les mêmes règles que

craindre. On le construit avec de et l'infinitif: Je tremble de le voir, de ne pas le voir; avec que.... ne et le subjonctif, quand on désire que la chose n'arrive pas : Je tremble qu'il ne succombe; avec que.... ne pat et le subjonctif, quand on désire que la chose arrive : Je tremble qu'il ne réussisse pas. Il a. Quelquefois au lieu de de, on emploie à; mais alors le sens est un peu différent. Je tremble lie le voir veut dire : je crains de le voir; et je tremble i le voir, j'éprouve de la crainte en le voyant. • Je tremble de, dit M. Géruzez, ainsi que le reulent aujourd'hui les grammairiens, n'aurait ni la même vivacité, ni la même énergie, ni tout à fait le même sens. Il faut se hâter de reprendre dans nos grands écrivains tout ce que la tyrannie des puristes ne nous a pas définitivement enlevé. • — HIST. XII* s. Li cors li tranble, Rone. p. 24. Ilxiii* s. Et que pourront dire si ennemi [de Dieu] Là BÙ li saint trembleront de doutance? quesnes. Romancero, p. 90. Là et si grand bruit et si grant noise, qu'il sembloit vraiement que toute terre tremblast, tilleh. xvii. Car messire Coart li lièvres. Oui de peor trembloit les fièvres, Deus jors les avoit jà eues, Ben. 404 so. Li lechierres fremist el tranble. De Iccherie esprent et art, ib. 4005. Les povros dehors [les avares] regardent De froit trembler, de fain périr, la Rose, 5(41. Pris fu sire Coars li Havres, Mais li roncins en ot les fièvres, El sachiez que mes ne les tramble, Escorchiez en fu, ce me semble, ruteb. 2»o. |{ xv« s. Le dieu en tremblant [agilantl une espée lui dit.... Perceforest, t. nr, f' 4&4. Trembloit comme la feuille en l'arbre, Aresta omorum , p, 220, dans laclbnk. Il XVI* s. Uses hardiment des verbes et participes qui, de leur nature, n'ont point d'infinitifs après eux, avec des infinitifs, comme tremblant de mourir, etc. pour craignant de mourir.... dubell. i, S2, i-erj». Avec une voix tremblante entre le désir et la crainte, mabo. Nouv. lxx. La douleur s'eiiorgueiUist i nous veoir trembler soubs «lie, mont.

TRE

I, 305. Comme un Domitian, poiirveu da telles armes. Des Romains qui trembloieiil ospniivanloil les larmes, d'aub. Trnyiijucs, édit. i.ai.anne, p. 241.

— ftTVM. Wallon, trôné; liégeois, tronler : Hainaut, trianer: picard, (roner ; Berry, trnniner; provenç. tremblar; espagn. temblar; ital. tremolare ; d'un verbe fictif Iremulare, tiré du latin iremulus, tremblant, de tremere, trembler; grec, Tpé-

|1EIV.

t TREMBLK-TtRRE [tran-ble-tê-r'), t. m. Ancien synonyme de tremblement de terre. [Une contrée] non moins exempte de uionstrcs, suivant le dire de saint Hiérôme, que l'Egypte de trembleterres, NAUDÉ, Rosecroix, x, t. Des pestes, des famines, des tem['ôtes et des tremble-terres, bayle, Pensées sur la comète, § 212.

— P.F.M. Il est dommage que ce mot ne soit plus en usrige. On trouve terremcpte dans la Ch. de Roi.

TR1:MBLEUR, EUSE (tran bleur, bleù-z'), s. m. et f. Il 1* Celui, colle qui tremble. || L'un des noms vulgaires des choréiques. || Traduction du nom anglais quaker, voy. ce mol. Leurs opinions mêlées au calvinisme ont fait naître les indépendants, qui n'ont point eu do bornes, parmi lesquels on voit les Iremlileurs, gens fanatiques qui croient que toutes leurs rêveries leur sont inspirées, BOSs. Reine d'Anglct.\\2° Fig. Une personne trop circonspecte, trop craintive, qui tremble toujours. Un do ces trembleurs qui n'ont que des nouvelles tristes, montesq. Lett. pers. 4 32. Le Trembleur, titre d'une chanson de Bcrangcr. || Les trembleurs, s'est dit, par dénigrement, du parti des modérés, pendant la Révolution française. Cette opinion.... attache au premier consul tous les égoïstes et tous les trembleurs, classe malhereusement très-nombreuse. Papiers sains à Bareuth, p. 403. Il Adj. Toujours souple et trembleur, il a vu avec peine.... bachaumont, Mém. lecr. t. xxxiii, p. 4 60. Tu sais s'ils sont trembleurs et rempants, mirad. Lett. orig. t. iv, p. 260. |i 3* Espèce, de singe. ||4° Anguille électrique de Surinam. || S* Sorte d'électromètre , ainsi nommé des mouvements exécutés par un fil métallique placé dans un tube de verre, indiquant l'existence et l'énergie des courants électriques. || Trembleur électrique, appareil qui, sur les chemins de fer, sonne tout le temps que le disque est fermé. || 6* Accordéon trembleur, accordéon avec lequel on peut produire des sons tremblés. Il 7* Trembleur, appareil qui, dans le dévidage do la soie, tout en cédant aux à-coups du tirage, sert à communiquer aux cocons suspendus à chaque brin, dans la bassine, un sautillement continuel. || 8* S. f. Trembleuse, tasse retenue dans sa soucoupe par une sorte de galerie. || Sonnerie électrique (chemins de fer). || 9° Pêche à la trembleuse, pêche en agitant la ligne, au lieu de la tenir en repos ou de fouetter.

— ÊTYM. Trembler.

TREMBLOTANT, ANTB (tran-blo-tan , tan-t'), adj. Oui tremblote. Voilà donc mon petit secrétaire, aimable et joli, qui vient au secours de ma main tremblotante, sÉv. 8 mars 4676. Cet astre tremblotant [une bougie] dont le jour les conduit Est pour eux un soleil au milieu de la nuit, Boa. Lutr. m. Sous leurs corps tremblotants leurs genoux s'affaiblissent, ID. ib. Ma petite âme, ma mignonne.... Tu pars seule'.te et tremblotante, fonten. Adrien et Marg. Puis la raison, lampe qui baisse, N'a plus que des feux tremblotants, bérang. Cinquante ans. Il Terme de médecino. Pouls tremblotant, pouls dans lequel les pulsations artérielles sont comme hésitantes, principalement lorsque le pouls est

faible. ,

t TREMBLOTÉ, ÊE (tran-blo-te, tée), adj. Néologisme. Prononcé ou chanté d'une voix tremblotante.

f TREMBLOTEMENT (tran-blo-te-man), ». m.

Action de trembloter.

— HIST. XVI* s. La jectigation n'est qu un tressaillement et tremblotement des parties nerveuses,

PARÉ, XX bis, 6.

TREMBLOTER (tran-blo-té) , V. n. Avoir un petit tremblement. Mes mains, c'est-à-dire ma main droite ne veut entendre encore à nulle autre proposition qu'à celle do vous écrire... on lui présente une cuiller, point de nouvelle, elle tremblote et renverse tout, sÉv. 4 7 avril 407B. El, sans les prompts secours qu'on prit soin d'apporter. Il serait sur son lit peut-être à trembloter, BOiL. Sat. X. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

HIST. XVI' s Une eau luisante et claire.

Dont le (lot tremblotant sembluil pïrler d'?.mour.

TRÉ

hesportes, Angtliqut, l. Devant le troisième molt on y trouve movement [aux moles], toutefois fort obscur, petit, et comme tremblotant, ce qui n'est trouvé à un enfant, pabé, xviii, 4 1. En lieu de mener la (lance. Il [le vieillard] tremblotte des genoux, iiONS. sr>8.

— f.TVM. Fréquentatif de trembler.

t TRE.MELLE (tre-mè-l'), s. f. Genre de plantes cryptogames gélatineuses, qui viennent sur les boii pourrissants.

t TRP.MELLINE (tré-mèl-li-n'), s. (. Terme da chimie. Substa^ce amère tirée du (remetio m«»«nlerica.

t TIÎÉ.MEUR (tré-racur), s. f. Grande crainte. On attend des nouvelles d'Allemagne avec trémeur; il doit y avoir eu un grand combat, sÉv. 7 août

— HIST. XIII* S. Por la trcmor et por la dotanoa de l'empcreor Alexis, villeh. dans baynouard. Les. Il XVI* s. Il estoit de ceulx qui révèrent avec une tremeur les dieux, et qui sont du tout adonnez i la religion, ahyot, Nicias, 7. La crainte et la tremeur m'ont tout environné, despobtes, (Euvret chrest. xviii. Prière.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. tremor; ital. tr»more; du latin tremorem, de tremere, trembler.

TRfi.MIE (tré-mie), t. f.\\i° Sorte de grande auge à ouverture carrée, large par le haut, étroite par le bas , dans laquelle on met le blé, qui tombe de là entre les meules pour être réduit en farine, ô philosophes.... mon sage est le conducteur de mon moulin, lequel pince bien le vent, ramasse mon sac de blé, le verse dans la trémie, le moud également et fournit à moi el aux miens une nourriture aisée, volt. /'ic(. phil. Xénophanes. || 2° Nom donné par les marchands de blé et d'avoine à un vaisseau en forme de pyramide renversée, dont le dessus est de cuir et le dessous un treillis de fil de laiton, en sorte que le» grains se criblent en passant dans cette trémie pour tomber dans un cuvierqui est au bas. || 3 Mesure dont on se sert pour le sel. Sur la distribution en gros dans les greniers, oii il y a toujours de la tromperie sur le plus ou le moins du poidt des mesures, par le coulage du sel au moyen d'une trémie grillée, inventée exprès pour frauder de quelques livres par minot, valban, Dime, p. 105. Il y va de la conscience du roi de ne pas souffrir qu'on fasse passer du sel, en le mesurant, par une trémie grillée à quatre étages, m. ib. p. 440. Il 4* Boîte dans laquelle on donne à manger aux faisans. || Espèce de mangeoire destinée à la volaille et aux pigeons. || 6* Assemblage de planches, de forme prismatique ou pyramidale, avec ouverture en haut et en bas, servant à faire couler dans une fouille du mortier ou du béton. || 6° Espace réservé dans un plancher pour porter l'âtre d'une cheminée. Il Bandes de trémie, bandes de fer qui servent à soutenir les âtres et les languettes des cheminées. |i 7* Terme de méullurgie. Espèce d'entonnoir dans lequel on jette le minerai. Il 8* Terme de miroitier. Pièce de flanelle au travers de laquelle on passe le vif-argent pour en séparer les ordures. || 9' Nom qu'on a quelquefois donné à l'entonnoir du fourmilion. Tout le monde sait que le fourmilion se creuse, dans un sable seo ou dans une terre fort pulvérisée, une fosse en manière de trémie ou d'entonnoir, au fond de laquelle il se tient en embuscade, bonnet. Coi» templ. nat. xii, 42. Il arrive souvent qu'en creusant sa trémie, le fourmilion rencontre de gros grains de sable ou de petits grumeaux de terre sèche, ID. ib.

— REM. 1. On a dit tremuye dans le xvii* siècl»: Les mesurages et contre-mesurages du sel dan» les dépôts et greniers seront faits au minot avec une tremuye, Ordonn. mai 4680. || a. Dans quelques parties de la France, par exemple à Noirmoutiers, on dit trémule, legoarant.

— HIST. XV* s. Pour l'arqueire [archure de moulin], tremuyse, l'angelet et le mait, dd cange, orquetris. Quant lesdits habitants avoient mis ble au corbellon, pour le mettre en le [la] tremuye et i molture, id. tremuia.

— ÉTVM. Tremouille, dans cotobave; saintong. «remue; Berry, (remuée, termu<?e; prov. tremueia; cal. tramuja ; port, tremonha ; il. tromoggia ; baslat. «reiiicilum, tremuia, tremita, tremuia, treumia. Les formes tremellum, tremuia, paraissent indiquer le lat. tremere, trembler, la trémie étant dans un tremblement continu. Mais les finales mueia, moggia indiquent de leur côle le lai. modius, muid. CerUins ont Hi» que Irémi» repre-

TRÊ

TRE

TRE

•entait tret modii, trois muids; mais Scheter oroit que tre représente Iremere, de sorte que la trémie est le boisseau tremblant ; cela est vraisemblable. TRÊMIÈRK (tré-miè-r'J, adj. (. Rose trémifere, l'alcéc rose, malvacces, appelée aussi rose de Damas, de mer, d'outre-mer et passe-rose. || On dit, en quelques lieux, trémier, comme substantif masculin.

— ÊTYM. Comme cette plante n'a rien qui tremble, le nom n'en vient pas do trembler. I.egoarant îense que c'est une corruption d'outre-nwr, à cause de la provenance de cette plante.

t TRÉMILLON (tré-mi-Uon, U mouillées), t. m. Pièce qui soutient la trémie d'un moulin.

t TRÊMIO.V (tré-mi-on), î. m. Barre de Ter qui soutient la hotte d'une cheminée.

\ TRÊMOIS (tré-moi), s. m. \\ 1° Blé do mars, blé de trois mois. || ï' Mélange de froment, de seigle, d'avoine, de pois, de vescc, etc. qui se sème pour être coupé en vert au printemps, et donné aux bestiaux.

— iilST. xiii* s. En fu sostenue [la pauvre gent] trois mois Sans le blet et .sans le tromois, pn. iiousKEs, Ks. p. '.i23, dans lacurne. || xiv* s. Failli nous est le vin, le bled et le tremois, du Cange, tremissiitm. \\ xvi» s. Les tremis fu,rent très-endommagés par les chenilles, que l'on excommunia du coslé de Brancion, ID. ib.

— ÊTYM. Lat. trimense (JnJicum), blé de trois mois, de très, trois, et mensis, mois.

t TRÊ.MOISE (tré-moi-z'), s. f. Un des noms de la torpille (de tremere trembler).

t TREMOLANDO (tré-mo-lan-do), adv. Terme de musique. Mot italien qui signifie en tremblant, et que l'on emploie sur les partitions.

t TUÊMOLITE (tré-mo-li-f), s. f. Terme de minéralogie. Sorte de pierre. Les trémoliles sont remarquables par leur phosphorescence, ou par lu lumière qu'elles répandent, quand on les frotte dans l'obscurité, Saussure, Voy. Alpes, t. ii, p. 174, dans pouGENS.

— ETYM. Tremola, nom d'une vallée du Saint- Gothard, où l'on trouve cette pierre.

t TREMOLO (tré-mo-lo), ». m. \\i' Terme de musique. Mouvement rapide et continu sur une note, FÉiis, la Kusique, trémolo. Le trémolo d'Adolphe Adam sur Une fièvre brûlante, dans la réorchestration du Richard Cœur-de-lion de Grétry, est célèbre ajuste titre. Il est difficile de rien en tendre de plus profondément tragique que ce chant des instruments à vent sous lequel une phrase chromatique en trémolo des instruments à Cordes s'enfle et s'élève peu à peu, en grondant comme la mer aux approches de l'orage, n. Berlioz, i travers chants, p. 52. {| Se dit aussi au piano de deux notes ou deux accords différents frappés alternativement très-rapidement de mani(;re à faire une espèce de roulement. || 2° Fig. Tremblement qu'on donne à la voix. Dites cela avec un trémolo, et vous ferez de l'cfTet.

— ÊTYM. Ital. trémolo, tremblant, du lat. tremere, trembler. On n'y met pas d'accent, parce que le mot est italien.

TRP-MOUSSEMH>rr (tré-mou-se-man), s. m. Action (le se trémousser. Le trémoussement des ailes. On n'entend de son que par les trémoussements que les parties sonores de l'air reçoivent des divers corps qui les agitent, dumabs. Œuv. t. iv, p. 373. La sensation excitée dans notre àme par le son ressemble-t-elle à ce trémoussement que le son produit dans l'air? bupf. De l'homme. Si le mouvement [de la terre qui tremble] se propage plus loin, ce n'est que par de petits trémoussements et de légères trépidations, id. Add. th. terr. Œuv. t. na, p. 40.

— HIST. xvi's. Ce trémoussement que leur ouvrage [des tisserandes] leur donne ainsin assises, MONT. IV, («9.

TRÉMOUSSER (tré-mou-sé), V. a. || 1° Trémousser quelqu'un, lui donner du mouvement, de l'activité. Cette voiture [un carrosse belge] est spécifique, Pour trémousser et secouer Un bourguemestre apoplectique; Mais certe il fut fait pour rouer Un petit Français trè.s-élique. Tel que je suis, sans me louer, volt. I.ett. au roi de l'r. 20 juin. i74o. Il 2* V. n. Il se dit des oiseaux qui se donnent du mouvement. Un moineau trémousse sans cesse dans sa cage. || Par extension. Maître .^Inéas en trémoussa, Sans dire ce qu'il en pensa, SCARR. Vtrg. VI. J'ai bien à leur parler d'autre chose [à ses anges, M. et Mmed'Argental), et voici sur quoi je supplie leurs ailes de trémousser beau coup, VOLT. Lelt. d'Ari/enlal, «u 'déc. (7co. ||3' Se

trémousser, e. ré/l. Se remuer, s'agiter d'un mouvement vif et irrégulier. Voilà qui n'est point .sot, et ces gens-là [des danseurs] se trémoussent bien, mol. Rourg.gent. ii, l. Pendant que je le coiffais (un enfant], il chantait, il battait la mesure, il se trémoussait, GKNLis, Thédt. d'éduc. Bal d'enfantt, l, a. Il 4* Fig. et familièrement. Faire des démarches, se donnerbcaucoupde mouvementpouric succès d'une affaire. Les vieux docteurs se trémoussèrent làdessus [la suppression d'un droit], et présentèrent requête, dont ils furent déboutés, om patin, Lett. t. II, p. 408. Voyez, informez-vous; que votre amitié se trémousse un peu, volt. lett. Thiriot, 8 déc. )735. On sait que Molière, excédé des mauvaises plaisanteries de Boileau et de Racine sur la Fontaine, dit un jour : Nos beaux esprits ont beau se trémousser, ils n'effaceront ipas le bonhomme, DUCLOS, Œuv. t. X, p. «3. Il Avec ellipse du pronom réfléchi. Je vous assure que je serai si attentive à vos intérêts, que, s'il se présente une bonne occasion, vous me verrez bien trémousser, et peut-être vous être bonne à quelque chose, bussy-habutin, Lelt. t. m, p. ioo, dans pougens.

— HIST. xvr 9. Nous les voyons [les chiens] japper et trémousser en songe, mont, i, )0(. La hardiesse aussi bien que la peur font trémousser nos membres, id. i, 388. Ces pigeons tremoussans et du bec et des ailes, bons. 804. Le phénix, cet oiseau qui trémousse Des ailes à la flamme, des- POHTES, Œuv. p. 244, éd. de Rouen, <007.

— ËTYM. Origine incertaine. Diez le tire d'une forme fictive transmotiare, tirée de transmotus, déplacé. On peut penser plutfit à un dérivé de tremere, trembler; comparez trémoise, qui offre un dérivé analogue. Le provençal avait un verbe trameiar, remuer comme la trémie, s'agiter, frétiller.

TRÊMOUSSOIR (tié-mou-soir), t. m. Nom d'une sorte de fauteuil à ressort, inventé par le célèbre abbé de Saint-Pierre, pour sp trémousser, c'est-àdire pour s'y donner diverses sortes de mouvements qu'il croyait nécessaires à la santé. Je partis pour Champs, mon adorable ange, au lieu de dîner; je me mis dans le trémoussoir de l'abbé de Saint- Pierre, et me voilà un peu mieux, volt. Lelt. d'Argental, septembre 1744.

— ETYM. Trémousser.

t TREMPAGE (tran-pa-j'), t. m. Action de tremper, en général. On peut remplacer l'ébullition dans l'eau par un trempage prolongé. || Trempage des semences, action de les faire tremper dans l'eau avant de semer. La graine de colza, après avoir été soumise à un trempage d'une heure et demie dans l'eau froide, pierre, Atad. des se. Comptes rendus, t. lvi, p. "4". || Action de tremper le papier pour l'impression.

I TREMPANT, ANTE (tran-pan, pan-f), adj. Ont trempe, qui plonge dans un liquide. || Marcher à vanne trempante, se dit d'une usine dans laquelle la vanne trempe dans l'eau, au lieu d'être levée dans toute sa hauteur, ce qui se dit : marcher à gueule-bée.

TREMPE(tran-p'),s./'. H l'Action de tremper dans un liquide, d'humecter, jj Terme d'imprimerie. Actiond'humecterle papier pour imprimer. || Dans les brasseries, eau propre à faire fermenter le grain. Il Mise en trempe, mise de la matière de l'amidon dans une eau sure ou aigrie. || 2' Premier jet de cire qu'on donne auiniècties des bougies de table. Il 3" Opération qui consistée refroidir brusquement l'acier en le phjiigeant dans l'eau froide ou dans tout autre liquide, après l'avoir porté à une température élevée, et qui a pour effet de lui donner une grande dureté. Donner la trempe. La trempe saisit l'acier dans un moment oii ses principes, quoique les mêmes, sont moins mêlés, brisson. Traité de phys. t. i, p. 3B. La trempe consiste uniquement dans le passage subit de l'incandescence au refroidissement le plus prompt, mongez, Instit. Hém. litt. et beaux-arts, t. v, p. 553. Les écrivains anciens ne font aucune mention de la trempe du cuivre, id. ib. p. 208. Plus le refroidissement est prompt et fort, plus l'acier acquiert de dureté; aussi la trempe dans le mercure froid est-elle celle qui donne le plus de dureté à l'acier, A. brongniart, Traiti' de min. t. ii, p. 38). Il Trempe à la volée, nom donné à la trempe ordinaire pour la distinguer d'une autre opération dite abusivement trempe en paquet, et qui consiste à cémenter d'abord, puis à tremper de petites pièces de fer, dont la surface seule a besoin d'être aciérée. Il 4° Qualité qu'a acquise le fer par la trempe. La trempe de ce r.i.soir est excellente. Les armes ne furent plus d'une Assez bonne trempe, volt.

Louit XIV, i». Il Pig. Toule la métamorphose d'Ovide est roaniresleiuent d'invention ; on peut en tirer des sujets de tragédie, mais non pas inventer sur ce modèle, si ce n'est des épisodes de même trempe, corn. 3* dise. Elle [notre amitié] ne saurait périr ... elle est d'une bonne trempe, et le fond en tient à nos os, sÉv. à Busty, ni janv. 167). Il 6' Fig. Constitution physique, caractère moral de l'homme. Ahl si votre grande àme i peine s'en répond, La mienne qui n'est pas d'une trempe si belle.... corn. Tite et Bérén. il, t. C'est un esprit que je redoute, et qui n'est pas de trempe à se laisser mener comme celui de sa mère, MOL. Am. magn. iv, 4. Il n'y a point, en vérité, un autre ami de cette trempe [il s'agit d'Hacqueville], sÉv. 25 déc. )fi75. Une bonne tête, ou un ferme génie qui se trouve né avec cette prudence que les autres hommes cherchent vainement à acquérir, qui a fortifié la trempe de son esprit par une grande expérience, la bbuy. xi. Un homme de la trempe de M. Leibnitz, qui est dans l'étude de l'histoire, en sait tirer de certaines réflexions générales élevées au-dessus de l'histoire même, fonten. Leibnilz. Son cher Birton et un autre débauché de la même trempe, volt. Jenni, e. Ce n'est pas notre condition, c'est la trempe de notre âme, qui nous rend heureux, id. Dicl. phil. Heureux. Ia trempe de sonâme, qui le'portait à vouloir au delà même de ce qu'il pouvait, baynal, Hist. phil. iv, 22.

— HIST. XVI' s. Maintenir l'ame et la raison en bonne trempe, mont, i, 303. Leur acier n'est pas de meilleure trempe que celuy de quoy nous nous armons, id. i, 355. Les criminels qui rencontrent les juges en quelque bonne trempe, doulce et débonnaire, ID. II, 321. Prescrivants tel ou tel delay, selon la trempe de leur cholere, m. m, (82. Le fer devenoit si aigre et si esclattant par le moy n de celle trempe, que l'on n'en pouvoit rien faire, AMYOT, Lysarid. 32. Henri troisième avoit beaucoup aidé à les mettre en cette trempe [opinion], embrassant fort courtoisement tous ceux qui se pensoient les plus haïs de luy, d'aub. Hist. m, 362. Il l'envoya devant à Chasteaubriand pour faire tout de loing la première trempe [impression] do la peur, carl. i, 32. Ils avoientle cœur et la cuyrassede bonne trempe, et à l'cspreuve de. ...id. v, i8.

— ÊTYM. Voy. tremper; wallon, treinp.

TREMPÉ, f.E (tran-pé, pée), part, passé de

tremper. || 1* Qui a été mis dans un liquide. Du linge trempé. Pinceau trempé dans la couleur. Le synode de l'Ile-de-France, de la même main dont il venait de souscrire à la condamnation de Piscator, et la plume, pour ainsi dire, encore toute trempée de l'encre dont il avait fait cette souscription, BOSS. Var. xu, :8. || Fig. Cet amour innocent, pur et délicieux. Veut des pinceaux trempés dans les couleurs des cieux, delille, Imag. v. Des vers pleins de ton nom attendent ton retour. Tout trempés de douceurs, de caresses, d'amour, A. CIIÉN. Élégies, u, 8. || Fig. Plume trempée dans le fiel, manière d'écrire haineuse, écrit acerbe. Il 2* Pénétré de quelque liquide. Représentez-vous le monde encore nouveau, et encore pour ainsi dire tout trempé des eaux du déluge, BOSS. Hist. n, 2. Il Cet homme est tout trempé, il a son habit tout trempé, il est fort mouillé par la pluie. A cause de l'extrême hauteur [d'une cascade], l'eau se divise et tombe en poussière; et, lorsqu'on approche un peu trop de ce nuage, sans s'apercevoir d'abord qu'on se mouille, à l'instant on est tout trempé, J. ). roiks. Conf. iv. || U est tout trempé de sueur, il en est inondé. Un valet vint avertir Simonide que deux hommes couverts de poussière et tout trempés de sueur étaient à la porte, qui le demandaient avec empressement, rollin, Hist. anc. Œuv. t. v, p. 95, dans pougens. Il Trempé de larmes, mouillé de larmes. Cette beauté.... Se leva le matin de ses larmes trempée, REGNIER Elég. IV. Il Trempé de sang, humide de sang. L'impie Achab détruit, et de son sang trempe Le champ que par le meurtre il avait usurpé, rac. Ath. I, I. Il Fig. Trempé de sang, dans le sang, qui a versé du sang. Et notre main alors également trompée Et du sang de César et du sang de l'ompée, CORN. Pomp. IV, i. \\3' Vin trempé, vin dans lequel on a mêlé de l'eau. Et surtout de boire mon vin fort trempé, mol. Ual. imag. m, I4. || 4* Qui a reçu la trempe. Nos épées Si fortes et si bien trempées Qu'il faut leur céder ou mourir, malh. VI, 8. Le fer et l'acier chauffés i blanc et trempés subitement dans une eau très-froide deviennent très-cassants ; trempés dans une eau moins froide, ils sont beaucoup moins cassants, ruff. Uitt. min

TRB

introd. Œuv. t. vu, p. IS9'. L'élasticité de l'acier trempé résulte de celle d'un gaz emprisonné [dans lea pores du mêlai], cizancouht, Acad. des se. Compt. rend. t. Lviii, p. 3t9. ||Kig. Pour ceux qui n'ont l'esprit si fort, ni si trempé, régnier, Sat. XV. C'était un de ces esprits bien émoulus, mais mal trempés, qui se croient d'acier parce qu'ils lont cassants, eu. de Bernard, {es AiJes d'Icare, <».

tTREMPÉE(tran-pée),s. /■. || 1" Façon qu'on donne à une chose en la trempant dans l'eau, dans la toile, etc. Il 2" Populairement et fig. Correction, acliiin do rosser. Il lui flanqua une trempée. || 3° S. f. pi. Terme de pêche. Se dit des deux cordes de crin qui sont attachées aux deux bouts de la seine, et qui servent à la tirer à terre.

— ETYM. Trempé.

TREMPER (tran-pé), v. a. || 1* Mettre dan» un liquide. Tremper son pain dans du vin, dans la sauce. Pour confirmation du traité, on égorgea un loup, un bélier, un sanglier et un taureau; les Grecs trempaient leurs épées dans le sang des victimes, et les barbares la pointe do leurs javelots, BOLUN, Hist. anc. Œuv. t. iv, p. <72, dans pougens. Si l'on veut avoir du fer toujours de la même bonne qualité, il faut absolument proscrire cet usage, ne jamais tremper le fer cbaud dans l'eau, et attendre, pour le manier, qu'il so refroidisse à l'air, nuFP. Hist. min. Inlrod. Œuv. t. VD, p. ^o. Tantôt, nous déployant ta pompe éblouissante, Pour colorer l'arbuste et la fleur et la plante, D'or, de pourpre et d'azur tu trempes tes pinceaux, delillb, Imag. v. || Tremper la soupe, verser le 'uouillon sur les tranches de pain. La soupe est trempée.... quand il a trempé la soupe au prisonnier, lamart. Joc. V, (73. Il Populairement et fig. Tremper une soupe à quoiqu'un, lui donner une trempée , une correction. || î* Mouiller, imbiber d'un liquide. La pluie a trempé la terre. Ce formidable amas de lances et d'épées. Qui du sang philistin jadis furent trempées, rac. Ath. ni, 7. Oii serait celte justice qui trempe ses flèches dans le sang du pécheur T MASS. Carême, Imp. fin. Sénèque disait en confidence à ses amis, que le lion [.Néron] reviendrait promptement à sa férocité naturelle, s'il lui irrivait une fois de tremper sa langue dans le sang, DIDER. Cl. et Név. i, 46. Chanterons-nous l'espoir, la tristesse ou la joie? Tremperons-nous de sang les bataillons d'acier? a. de musset, Nuit de mai. jl Terme d'imprimerie. Tremper le papier, ou, absolument, tremper, imbiber d'eau le papier destiné à l'impression. Il Tremper de larmes, verser abondamment des larmes sur. Banaeau, que mille fols j'ai trempé de mes pleurs, bac. Mithr. T, «. Il Fig. Tremper ses mains dans lo sang, donner la mort, commettre un meurtre, ou seulement l'ordonner, le conseiller. Si Alexandre eût vaincu l'orgueil et la colère, et n'eût point trempé ses mains dans le sang de ses meilleurs amis, VAUOEL. Q. C. m, <2. Dans leur sang odieux (des Romains] j'ai pu tremper mes mains, BAC. Mithr. V, B. Elle voyait les principaux officiers du palais prêts à tremper leurs mains dans le sang du roi, fén. Tél. viii, jj Tremper dans le sang, avec un nom de chose pour sujet, faiie une nécessité de donner la mort. Ton honneur t'est plus cher que je ne te suis chère, Puisqu'il trempe tes mains dans le sang de mon père, CORN. Cid, V, 4. |i8' Tremper son vin, y mettre beaucoup d'eau. || 4" Tremper du far, de l'acier, la plonger tout rouge dans de l'eau préparée pour le durcir. Il est tout aussi facile de détremper l'acier que de le tremper; il suffit pour cela de le faire rougir, et de le laisser refroidir lentement, the- NARD, Traité de chim. t. i, p 379, dans pougens. Il Tnmper & blanc, tremper rouge clair, etc. tremper l'acier lorsqu'il est chauffé i blanc, chaufio au rouge clair, etc. Il Tremper en paquet, voy. trempe, n* 3. Il Fig. Trempez, durcissez vos cœurs de fer dans votre vile décence, rendez-vous méprisable» à force de dignité, J. i. Rouss. Ém. iv. || 6' V. n. Demeurer quelque temps dans l'eau ou dans un autre liquide. Le papier, le linge trempe. Faire tiemper de la morue pour la dessaler. Les oiseaux de rivage, montés sur de hautes jambes nues, y entrent [dans l'eau] assez avant pour que leur corps y trempe, BUfT. Ois. t. iv, p. 20». || Kig. Vos mains n'ont point trempé dans le sang Innocent? bac. Phèdre, i, 3. ||8* Fig. Être complice, participer à. Ou'avais-je contre vous ou fait ou projeté. Pour uie faire tremper en votre lâcheté? corn. Suiv. T, 6. Ma foi, monsieur, si Scapin vous fourbe, je m'en lave les mains, et vous assure que je n'y trempe en aucune façon, mol. Scapin, m, 6. Ja-

TRE

mais l'aimable sœur des cruels PallantidesTrempat-elle aux complots de ses frères perfides? rac. Phèdre, i, I. Je n'aime pas un homme que je ne puis aborder le premier, ni saluer avant qu'il me salue, sans m'avilir à ses yeux, et sans tremper dans la bonne opinion qu'il a de lui-même, i.a BRUT. V. Loi qui ordpnne de révéler le» conspirations auxquelles même on n'a point trempé , MONTESQ. E-ip. xn, tl. On assure que Despréaux et sou ami Racine trempèrent dans l'élection de 'abbé (le Mauroy, par le seul motif d'écarter Fontenello, son concurrent, d'alemb. Èiog. J. Test, de Mauroy. J'ai vu, monsieur, votre notice d'un fragment do Longus nouvellement découvert, c'est-à-dire votre apologie au sujet de cette découverte dans laquelle on vous accusait d'avoir trempé pour quelque chose, p. L. COUR. lett. à M. Renoaard. \\ 7* Se tremper, e. réfl. Être mis dans un liquide. Leurs vaillantes mains Se tremperont bien mieux au sang des Africains, cgp.n. (td, m, 6. || Recevoir la trempe. L'acier est le seul métal qui soit susceptible de se tremper ou de se durcir par un refroidissement subit; ni le cuivre, ni l'argent, ni l'or, ni aucun des autres métaux, sous un état quelconque, ne paraissent jouir de celte propriété, THENARD, Traité de chim. 1. 1, p. 37B, dans pougens.

— HIST. xn* s. El lace l'eaume [le heaume] qui si fu dur tenprez, iîonc. p. 36. || xiii* s. Comme les grosses gotes sunt bones seur les grosses herbes por bien tremper. Psautier, f* <80. Et Renart li a let la lope, Por ce que si tost le déçoit. Et 11 chaitis ne s'aperçoit. Et il li trempe la corroie [l'allèche], Rcn. (0247. Douz foiz le jor faisoit tramper [tremper la soupe], Por repaistre les familleuz, BUTEB. 44. Le branc que on 11 çaint moult bons fevres forja, Puis le parfist Galans oui un an le tempra, Ch. d'Ant. v, 4î7. Son vin irempoit (Louis IX] par mesure, selonc ce qu'il veoit que le vin le pooit soufrir, joiNV. i«3. || xiv* s. Mais aucuns qui se voient en fortune tramper, Cuident aucune fois jusques au ciel oser, Guescl. <6iR0. Il XVI* s. Je trempe mon vin plus souvent à moitié, parfois au lier» d'eau, mont, rv, 29o. Jean Hus et Hierosme de Prague, lesquels après longues prisons et disputes furent bruslez, le dernier ayant trempé un an dans un cachot, d'aub. Hist. i, 67. Muntliic en ses escrits s'excuse d'avoir trempé en cet alTaire, id. ib. I, 234. Voilà Monsieur haf.'oué des principaux des siens qui n'avoient point ireniDé à l'entreprise, id. ib. H, 477. .Soudainement après le combat on les vpit à Rome sur la place, avec leurschevaux tous trempez de sueur, amyot. Cor. 4. Il s'osta de dessus sa teste le chapeau de fleurs qu'il y avoit, et, le trempant luy mesme dedans une liqueur de parfum, le luy envoya, ro. Pdlop. 55. L'homme sage doit tremper sa parole en sens et en raison, premier que de la prononcer, id. Phoe. 7, N'ayant pas le pied ferme, pource que la terre, y estant fort trempée, glissoit, m. Alex. lOi. En automne, nous commençons à boire moins, et moin» trempé, paré, Introduct. <4. Des vins pressés ou raqués, trempés, allongés et autres de mesnage. — Dans deux ou trois jours le premier trempé ou despensé sera tiré de la cuve et entonné comme le vin, 0. DE SKRRES, î««. Trop n'y pourront séjourner les olives, pourveu qu'elles trempent tousjours, ro. »4ï.

— Etvm. Wallon, treinpé; pfovenç. tcmprar, trempar ; espa^n. templar ; porlug. tempcrar; ital. temprare; du latin temperare (d'où, aveo métathèse de l'r, tremper).

TREMPERIB (tran-pe-rie), s, f. L'endroit d'une imprimerie où l'on trempe le papier.

— F.iYM. Tremper.

tTREMPE'; il-; (lian-pè-t'),»./'. Petit morceau do pain coupé en long. |i Faire la trempette, tromper an morceau de pain dans du vin.

— hist. xvi* s. TrempeUe, cotorave.

t TREMPECR (tran-peur), ». m. Ouvrier qui trempe l'acier. |I Ouvrier qui trempe le papier.

t TREMPIS (tian-pi), s. m. Liqueur acide dans laquelle on plonge les pièce» de cuivre, pour les nettoyer. || Lavage des matières colorantes dont se sert le peintre || Atelier où l'amidonnier fait son travail. Il Eau dans laquelle on a trempé la morue. Il Endroit où les barengères mettent dessaler le poisson.

— HIST. «V* s. Deffend icelle chambre, pendant ledit danger de peste, à tous vendeurs el tailleurs de poisson de mer et autres de semblable estât, de faire aucuns trcmpis ou lavemens au dedans de cette ville, Ord. des roit de Fr. t. ii, p. 3»fl.

— ÈTVM. Trtmpt,

TRK

TREMPLIN (tran-plln), ». m. || 1* Planche inclinét et trcs-élnsti(|uc, sur laquelle les sauteurs s'élancent pour faire des sauts périlleux. Un tel homiu. est fait pour faire le saut périlleux : le treuiplia doit être son théâtre, puistju'il a sacrifié l'imita lion, le génie et le charme de son arl à une rou tine qui l'avilit, novebhe, Lett. sur la danse p. 222, dans PouoRNS. |! 2" Le saut du tremplin Faire le tremplin. \l Fig. 'lourde force, de hardiesse

— f.TVM. Ital. trampellino. Scheler y volt une forme nasalisée de l'anc. verbe trepcr, triper, sauter. Ne serait-oe pas plutôt l'ail, irampeln, trépigner, sauter?

t IREMI'OIR (tran-poir), ».m. Cl-.cz les foulons endroit où l'on met tremper les pièces do drap.

— ETYM. Tremper. Les Irempnirt, dans le moyen âge, étalent des vases : Quatre pots d'or, quatre trempoirs et six plats d'or, fboiss. m, iv, i.

t TREMPOIRE (tian-poi-r'), s. f. Cuve dan» laquelle on immerge une substance quelconque.

t TREMPURE (lian-pu-r'), ». f. Appareil qui sert à communiquer un mouvement d'abaissement ou d'élévation au palier et à la meule courante d'un mouUn.

t TRÉMCE (tré-mue), ». f. Terme de marin'-. Entourage de planches pour empêcher l'eau de s'introduire dans le bâtiment lorsque les lames balayent le pont.

— ÊTYM. Trémue est une variante de trémie (voy. ce mot); les marins ont fait une assimilation.

t TRÉMTZ (tré-nis*), ». f. Contredanse qui était autrefois, alternativement avec la pastourelle, la quatrième figure du quadrille ordinaire. Cette figure se composait ainsi : <» Le cavalier et sa dame en avant et en arrière (4 mesures), s- l.e» mêmes en avant et le cavalier, plus .sa dame la gauche du cavalier vis-à-vis, et celle-ci fait un ballotté sur place tandis qu'il retourne à la sien.ie (4 mes.). 3* Les deux dames qui lui font face traversent, tandis que lui-même traverse entre elles (4 mes.). 4* Elles font uu chassé-crolsé, el il ballotte sur place (4 mes.), 5* On retraverse de même qu'on a traversé (4 mes.), e* Les deux couples balancent à leurs places et font le tour de main (4 mesures ; en tout 24). || On écrit aussi la trénis.

— ÉTYM. Cette danse porte le nom de Trénitz, peintre et beau danseur célèbre sous le Direc toire, soit qu'il l'ait inventée ou seulement mise à la mode. Mol aussi, j'ai été brillant .. j'ai été le coryphée des fête» de Barras: j'ai chanté avec Garât, dansé aveo Trénitz, valsé avec madami Tallien. bayard et mihe, û B'-i-yH du lion, i, 7

TRENTAIPf (tran-lin). || 1- Terme invari» b!e en usage à la paume, pour marquer que les joueur» ont chacun trente. Nous sommes trentain. Le marqueur crie trentain, quand les joueurs ont trente de part et d'autre. || 2* S. m. Nombre de trente messes qu'on fait dire pour un défunt. || Ser vice funéraire célébré le trentième jour après le décès. H idame mandait qu'on faisait à Saint-Denis le trenlain de la reine sa mère, c'est-à-dire un service solennel un tel jour qu'elle lui marquait, ci'.oisY, Mémoires. \\ 3° Se disait des draps dont la cliaîne était composée de trente centaines de fil. .... Draps, savoir la première sorte, nommés refiiis trentesi.'iains, pour les couleurs doubles, et vingthuit ou treniams, pour les couleurs simples. Arrêt du conseil, (& mai <67fi.

— ETYM. Trente.

TnrNTAiNE (tran-tè-n"), ». f. || t' Terme collectif. Nombre de trente ou environ. Il y avait une trentaine de princes, et chacun d'eux était à cM d'une des plus belles dames du palais, volt. Princ. de Babyl. 3. Ma destinée était d'être je ne sais quel homme puUIic coifl°é de trois ou quatre petits bonnets de laurier et d'une trentaine de couronnes d'épines, ID. ielt. d'Argenlal, 4t mars <752. Il 2* Absolument, l'âge de trente ans. Quand on a passé la Iren'aine, Ne fût-ce que d'un seul moment. On ne doit porter seulement Qu'une douce et facile chaîne, ciiaul. à la duch. de Boutllnri, de Fontenay. Mme la comtesse d'Houdetot approchait de la trentaine, et n'était point belle ; sod visage était marqué de la petite vérole, 1. 1. Rouss. Confest. IX. C'est comme ma femme : autrefois j'ai eu toutes les peines du monde i la faire entrer dans la trentaine, et aujourd'hui il n'y a plus moyen de l'en faire sortir, le Journal illustré, 3i niars-7 avril 1867.

— ETYM. Trente.

t TREN rANEL(tran-U-nèl), ». m. Voy. ïrantanei.. TRENTE (tran-f), adj. numér. || 1* Trois fol» dix

TRE

TRÉ

TRÉ

Il|laCalprenède] affina plaisummetit les libraires; il Iraitait avec eux pour deui ou (ujur quatre vu lûmes : après, quand ces volumes étaient faits, il leur disait : j'en veux faire trente, moi, talle- MANT UES RÉAUX, la Calpretiéde. Vous auriez pu, à bon marché, c'est-à dire avec trente larmes, vous faire passer auprès de moi pnur l'homme du monde le plus passionné, sÉv. à Hénage, t. i, p. Ï7U, éd. HEONiER. II fut trente ans digne d'envie. Et trente ans digne de pitié, piron. Inscript, et épU. Trenle heaux vers de Corneille valent beaucoup mieux qu'une pièce médiocre, volt. Comm. Curn. Rem. Pompée, v, se. dern. On peut parier 92*4 contre Ut, ou 6( ^ contre l, qu'une personne de trenle ans vivra un an de plus, BUFF. Prob. de la vie, t. x, p. 32». || Guerre de trente ans, lutte des princes reformés d'Allemagne contre l'empereur et les princes catholiques {(6)8- 4648). Il Combat des trente, combat célèbre, au XIV* siècle, entre trente chevaliers bretons et trenle chevaliers anglais. || Les trente tyrans, ou, elliptiquement, les trente, trente personnages athéniens que les Lacédémoniens, vainqueurs d'Athènes, mirent à la tète de la cité, et qui gouvernèrent tyranniquement; ils furent chassés par Thrasybule. Quand Athènes fut soumise au despotisme des trente, le scrutin découvert fut mis en usage au tribunal révolutionnaire dont ils étaient les maîtres absolus ; et Lysias, témoin oculaire, assure que personne n'était absous, levesoue. Instit. Mém. se. mor. et pol. t. iv, p. ï68. || Abusivement, les trente tyrans, plusieurs compétiteurs Ju trône impérial qui parurent ensemble du temps de Gailien. || 4" Trentième. Chapitre trente. Page trente. Il 8" Terme du jeu de paume. La moitié d'un jeu qui est de quatre points dont chacun vaut quinze. || Donner demi-trente, donner à son adversaire 3U dans tm jeu et 45 dans l'autre, et ainsi de suite alternativement. 1 1 4° Trente et un, jeu de hasard qui se joue avec des cartes; il consiste à compléter 3( points; qui passe perd ; c'est un jeu de société. || Point formant trente et un, le plus favorable du jeu. J'ai trente et un. Il 8° Trente et quarante, jeu de hasard qui se joue avec des cartes; c'est un jeu de banque ; celui qui amène le plus près de trente gagne; à trente et un il gagne double; et à quarante il perd double. Elle a une aversion horrible pour le jeu, ce qui n'est pa.s commun aux femmes d'aujourd'hui; et j'en sais une de nos quartiers qui a perdu, à trenle et quarante, vingt mille francs cette année, mol. l'Avare, li, 6. Finette : .... pour l'expédier il lui propose un jeu Dont l'inventeur, je crois, mériterait le feu. — Le baron : De quel jeu parles-tu? — Finette : C'est au trente et quarante, DESTOUCUKS, Dissip. V, 2. || 6" Substantivement. Le nombre trente. Trente divisé par trois. Il On dit de même : le nombre trente, le numéro trente, || 7" Le trenlième jour du mois. Nous sommes aujourd'hui le trente du mois; ||8° Trenleileux-pieds, un des tuyaux de l'orgue.

— HIST. XI* s. De ses parenz ensemble od lui tels trente, Ch. de Roi. cviii. || xii* s. Grans trente escbeles [escadrons] [ils] establissent as porz [passages], Ronc. p. 127. Il xiii' s. Au manger sont assis, çà cent, çà vingt, çà trente, Berte, x. \\ xV s. *ean Lyon n'estoit luie courroucé de telles avenues, mais voulsist bien que tous les jours ir en adveni.st trente [quantité indéterminée], froiss. ii, II, 63. Il xïi* s. Ce mesme marchand vemlant une haquenée disoit à celui qui la vouloit achepter : Prenez-la hardiment, elle est bonne pour jouer à trente et un, car elle ne passe point, bouchet, Seréci, i, p. 4(i4, dans lacurne. [L'évcquo de la Baume] estimant souveraine vertu d'un prélat de tenir gros plat et friande table avec bons vins, et s'en donnoit quant il y estoit jusques à passer trente et un, bonivard. Ane. et nouv. police de Gen. p. 20.

— ÊTYM. Wallon, treinl ; provenç. trerUa ; esp. treirua; portug. trinta; ital. Irenla; du lat. Iriffin,ta, de 1res, trois.

t TRENTENAIRE (tran-te-né-r'), adj. De trente ans. La possession trentanaire opère la prescription.

— ÊTVM. Trente, et an. Provenç. trentanari ; cspagn. treintanario.

TRENTIÈME (tran-tiê-in'), ad), numér. ordinal de trente. || t* Qui suit le vingi-neuvième dans l'ordre. Il est le trentième. Je n'irai pas plus loin; car voilà, mon cher ami, la trentième lettre que j'écris aujourd'hui, volt. Lett. Formant, 24 juill. »734. Il Le trentième jour du mois, ou, elliptiquement^ le trentième. || 1° La treatiime partie d'uu

tout, ou, substantivement, le trentième, chaque partie d'un tout divisé en trente parties égales. Il a le trentième des profits. Les neuf trentièmes d'un tout.

— f.TY.M. Trente.

TRÉPAN (tré-pan), i. m. || 1° Instrument do chirurgie en forme de vilebrequin, avec lequel on perce les os. surtout ceux du crâne, pour remplir diverses indications thérapeutiques, et le plus ordinairement pour donner issue à un épanchement, ou pour relever des pièces d'os enfoncées. || Trépan à couronne, celui qui représente la forme d'uni; scie circulaire, d'une couronne, à forme conique ou cylindrique, dont l'extérieur offre de petits tranchants obliques et terminés par une petite dent. Il Trépan pertoratif, trépan composé d'une lame d'acier pyramidale, qui se termine par une pointe quadrangulaire, tranchante sur les côtés; les tranchants sont fournis par deux biseaux tournés de droite à gauche. || Trépan exfoliatif, trépan présentant une lame dont le bord inférieur est tranchant, et a dans son milieu une pointe saillante, qui le partage en deux moitiés taillées ensens inverse l'une de l'autre. || Trépan scditquel- (luefois pour trépanation. Plusieurs coups reçus à la tète lui avaient fait essuyer [au fils de la princesse d'Harcourt] trois ou quatre trépans, st-sim. 148, la.l. 112* Trépan de sonde, instrument qui s'ajuste à la dernière allonge d'une sonde et qui agit par percussion. || Sorte do tarière avec laquelle on perce des trous dans les pierres tendres. || Outil pour percer ou creuser le marbre, les pierres ou le bois. Il Espèce do foret pour percer le ciel d'une galerie, lorsque l'air n'y circule pas assez pour qu'on y puisse tenir unechandellc allumée. 1| ferme de puits artésiens. Outil destiné à tailler et à percer le roc. Il Terme do serrurier. Machine qui sert à faire tourner un foret tenu verticalement.

— HIST. XVI" s De peur qu'il n'applique son trépan sur les commissures, paré, iu, 3. L'os tendre et délié sera plustost coupé par la trépane que celuy qui est dur et espais, id. m, 4.

— ÉTVM. Ital. trépana, trapano; du grec ipO- ■navov.

t TRÉPANATION (tré-pa-na-sion), s. f. Opération du trépan, application méthodique d'un trépan à l'efiTet de donner issue à du )ius amassé sous une surface osseuse, ou de relever des pièces enfoncées.

— HIST. XIV* s. Il enseigne ouvrer en plaies du test et de la cervelle par manière de médecines, non pas par tiepanacion, lanfranc, f* 24, ferso. Il xvi" s. Quelquefois se fait intlammation, après la trépanation, à la dure-mere, laquelle se levé el sort grandement par le trou qu'on aura trépané, PARÉ, xviii, 47.

TRÉPANÉ, ÉK (tré-pa-né, née), part, passé de trépaner. Il Substantivement. Les trépanés succombèrent presque tous.

TRÉPANER (tré-pa-né), V. a. || 1" Terme do chirurgie. Faire la trépanation. La belle chose que ce serait, si on avait trépané cette grosse télé, balz. le Barbon. Le marquis de Nesle eut un coup de mousquet dans la tête, dont on allait le trépaner, PELLISS0N, Lelt. hist. t. m, p. 382. Il Par extension. Trépaner une côte, la perforer, pour donner issue à un liquide contenu dans la cavité de la plèvre. Il 2* Trépaner une mino, en percer la galerie au moyen du trépan.

— HIST. xvi" s. On perce les os en trépanant le test, ou les cosles.... et les os noirs pourris et vermoulus, paré, Introd. 3.

— ÉTYJi. Trépar^.

\ TRÉPANG (tré-pan), S. m. Espèce d'Lc.olhurie, /lojoihurto edulis.

TRÉPAS (tré-pâ; l's se lie : un tré-pà-z affreux), s. I». Il 1* Proprement, passage (sens qui n'est plus usité). Il Nom d'un droit de passage, qu'on payait sur la Loire, en passant d'une province à l'autre. Il y a de plus le trépas de Loire qui se lève sur tout ce qui descend, monte et traverse ladite rivière, depuis Candes jusques à Ancenis, Édil, sept. 4664. Il Terme de marine. Pas, pertuis. 112» Fig. Mort de l'homme, passage de la vie à la mort. La crainte de mourir et le désir de vivre Kessaisissent une Ame avec tant de pouvoir. Que ()ui voit le trépas cesse de le vouloir, corn. Pal. m, ■>. Ma fille qui s'approche et court à son trépas, RAC. Iphig. I, i. Peut-être n'y a-til rien au delà du Ircpas, MA.SS. Carême, Vérité d'un avenir. \\Au plur. À ce prix j'aimerai les plus cruels trépas, corn. Théod. II, 4. Je ne puis rien, rien pour sa délivrance ; Le temps n'est plus des trépas glorieux,

bérang. Cinq mai. || Familièrement. Auer de vie à

trépas, mourir.

— SYN. TRÉPAS, MORT. Trépas est poétique et emporte dans son idée le passage d'une vie à l'autre. Mort e.st du style ordinaire et signifie précisément la cessation de la vie. Le second de ces mots se dit à l'égard de toutes sortes d'animaux, et trépas ne se dit qu'à l'égard de l'hoiume.

— iiiST. xui' s. Et por chou [ce] ne créons nous pas Que ceste icors soit fors trespas ; Preudons k; passe ceste vie. Par ceste mort se glorefie, oui os CAMiiiiAi, Barl. et Jos. p. 24. Bons sens dure jus» que en sum ; Mes n'est, au droit jugement, Biautés c'un trespas de vent, RM. des ch. 4* série, t. T, p. 2fl. Il XIV* s. De vie est Ii termes moult briél [bref] ; C'estaussi c'un trespas de vent, j. de conué, t. III, p. 64. Il XV s. Jusques à l'heure de son trespas [de Louis XI], comm. Pro{. jjxvi* s. Le sage Caton quand il approcha de son trespas, amyot, Marius, 87.

— ETYM. Provenç. traspat, tresiiai; espagn. troî;)a.ïo; portug. traspasso, trespasso; ital. (ropasso; de tra, Iras, très, au delà, et pas, dans le sens de passage. Trespas signifie proprement passage, et, figurément, passage de la vie à la mon.

TRÉPASSÉ, ÉE (tré-pà-sé, sée), part, passé de trépasser. Qui a cessé de vivre. Comme un sire qui plaint ses parents trépassés, rëgnier, Sal. xiii. Je vous le garantis trépassé comme il faut, mol. l'Ét. II, 3. Trépas, qui est noble dans le style poétique, a fait trépassé, qui ne s'emploie point dans le style noble, d'alehb. Œuv. t. m, p. 333. || Substantivement. Las I pour un trépassé vous êtes bien gaillard! hol. l'Ét. ii, 6. Maintenant la jeune trépassée.... Dort, v. HUGO, Orientales, fantômes. il La fête des Trépassés, la fête des Morts, qui est plus usité. Il II va à la messe des trépassés, il J porte pain et vin, se dit de celui qui déjeune avant d'aller à la messe (aux messes des morts, les paroissiens présentent du pain et du vin à l'offrande).

TRÉPASSEMEIST (tré pi-se-man), s. m. Action de trépasser. M. de Tliou désirait que je lui fisse un trépassement du Christ, et me le paierait trèsbien, POUSSIN, Lett. 14 mai 1644. Voire, ce m'at-il fait, tu as été au trépassement d'un chai, tu as la vue trouble, mol. D. Juan, ii, 4.

— iiisr. XII* s. Moût esioil près de son trespassement, Ronc. p. u>a. Ne devez as prelaz fair.' defendement A plaidier de lur plaiz, cum de trespassement [violation] U do fei u de criem u de faus serement E d'us e de cuslume.... Tk. le mart. 8u. Il XIII* s. El pointquelc[la| feme muertqui tient en doaire, 11 doaires vient as hoirs el point qu'il estel tans du trespassement à le [la]feme, ueauman. XIII, 4 1. Il XV* s. Après le trespassement de la roine de France trespassa la roine de Navarre, PROlss. u, II, 49.

— F.TYM. Trépas.'ser ; provenç. Irespassamen ; espagn. traspasamiento ; ital. Irapassamento.

TRÉPASSER (tré-pà-sé), v. n. En parlant des personnes, mourir naturellement. Quoi! j'aurais trépassé sans m'en apercevoir? mol. l'Èt. u, 5. Robert Guiscard.duo de la Pouille, mourulàZante en allant en Palestine; on lui avait prédit qu'il trépasserait à Jérusalem, chatealbr. Itin. part. 4.

— HEM. U a trépassé à su heures du soir; mais, pour marquer l'état, on dirait : il est trépassé depuis une heure.

— HIST. XI* s. E si avoir [bestiaux] trespassent [pa.ssent] per iloc. Lois de Cuill. 32. || xii* s. Le Rin [ils] ont trespassé, n'est qui leur contrcdie, Sax. vil. E se Ii arcevesque ad vers 11 trespassé, Par els soit adrescié, ju(,'ié e achevé. Th. l» mart. 66. E la charuigne Jezabel giirad cume feins el champ de Jeziael, si que Ii trespassant dirrunt ; Est-ço la noble dame Jezabel ? Vlois, p. 379. Il XIII* s. Car puisque, fu trespassés Cuens Tibaus à mort de vie, hues de la ferté, Romancero, p. 486. Je vous trespas le long anui que il orent avant que il fussent entré ens, ii. UB valenc. xvi. Se il venoit de dehors la vile, et alast hors que on apiele trespasser, lors devroit la charrée deus deniers, Liv. des met. 279. Moult m'ennuie certes et me grieve, Que orendroil l'aube ne crieve. Et que la nuit tost ne trespassé, la Rose, 254 4. Et le mari à icelle dame si trespassa autres! de cestui siècle, BEAUMAN. XVIII, 18. Non morurent, ains trespassérent; Car de ceste vie passèrent A celle où l'en ne liuet mourir, j. de meuno, Tr. I2i:i. || xiv* g. Et si est verilé que les bonnes operacions de iour amis vivans confèrent aucune chose as trespassés, et semblablement est il des infortunes, orf.smi:, Élh. 27. Il XVI* s. Et mourut l'an el jour que iruspassa, RAB. Panl. u, 3. Si ma femme me faisu^l

TRÈ

TRÈ

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coqu, ce ïcroyl assez pour me faire trespasser hors les gondz de patience, id. ib. ni, n. Desrobbc, prc'tiil, possède, amasse, 'l'ont faut laisser quand on trespasse, leroux de lincy, l'rov. l. ii, p. 2S8.

— ETYM. Trépas; proveiiç. traspassar, trespastar , Irapassar ; espagn. (rospasar ; portug. traspassar, trespassar; ital. trapassare.

t TRfil'IlINB (tré-fi-n'), s. f. Terme de chirurgie. Instrument que les Anglais emploient pour la trépanation : l'arbre du trépan est remplacé par une poignée analogue à celle d'une vrille, et la couronne est cylindrique.

TRIÎIMD.\T10.V (tré-pi-da-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Terme de géologie. Trépidation du sol, légère .secousse communii)uée au sol et qui est un diminutif du tremblement de terre. La chute et l'affaissement subit des cavernes intérieures du globe produisent des mouvements qui ne se font sentir qu'à de petites distances; ce sont plutôt des trépidations que de vrais tremblements, BUFF. tin. t. IX, p. 4). A Acapulco on connaît deux sortes de tremblements de terre : celui d'ondulation, qui fait osciller les maisons, et celui de trépidation, qui tend à les soulever verticalement, LEGOAHANT. M. Prost relève toutes les trépidations qui ont été constatées dans le sol de Nice depuis le commencement de l'année (80), Presse scientifique, tsn, t. m, p. 703.112° La trépidation des navires à vapeur, espèce de mouvement légèrement saccadé, mais qui ne fait parcourir aucun espace sensible. Il 3" Ancien terme de médecine. Tremblement des membres, des nerfs, etc. || Fig. Son péril n'est digne d'aucune commisération selon Aristote même, et ne fait naître en l'auditeur qu'un certain mouvement do trépidation intérieure qui le porte à craindre que ce fils ne périsse avant quererreursoitdécouverte,coRN. i'disc. || 4°Terme d'astronoiflie ancienne. Trépidation des fixes, nom donné par Thébith à un balancement prétendu du firmament, du septentrion au midi et du midi au septentrion. Des mouvements de libration et de trépidation, Dial. d'Orat. Tubero, t. ii, p. 201.

— HlST. XV* s. La voix de peur se dit autrement trépidation, oerson, dans le Dict. de dociiez. Il XVI' s. La lune varia de son cours plus de cinq toises, et feut manifestement veu le mouvement de trépidation on firmament, bab. Il, I . Retrogadation, trépidation, accession.... aux astres et corps célestes, mont, ii, 28).

— ETYM. Lat. trepidationem, de trepidare, trembler, s'agiter, qui est dérivé de trepere, tourner; par l'intermédiaire de Irepidus.

TRÉPIHD (tré-pié; le d ne se prononce jamais; au pluriel, l's se lie : des tré-pié-z en fer), s. m. Il 1° Ustensile de cuisine à trois pieds. || Se dit, en général, de tout meuble à trois pieds. Lavabo, guéridon en trépied. Je trouve Vulcain un divin forgeron, quand il fait des trépieds d'or qui vont tout seuls au conseil des dieux, volt. Ùial. 46. Il 2' Terme d'antiquité. Vase à trois pieds; cassolette portée sur trois pieds. Ce trépied, garni d'or, soutenu par un dragon d'airain, fut offert par les Grecs, après la bataille de Platée, barthél. Anach. ch. 22. || 8* Le trépied de Delphes, le trépied d'Apollon, espèce do siège sur lequel la prêtresse rendait ses oracles. [Dans les oracles] les vieux trépieds étaient en possession de l'avenir depuis un temps immémorial; et la parole d'un dieu expérimenté était bien plus siire que celle de ces dieux qui n'avaient encore nulle expérience, FONTEN. Oracles, 1, n . La pythie, avant que de monter sur le trépied, s'y disposait par de longs préparatifs, des sacrifices, des purifications, un jeûne de trois jours et beaucoup d'autres cérémonies, Hoi.Lm, Hist. anc. Œuv. t. v, p. 37, dans pouoens. Le destructeur des oracles [Fontcnellei, celui qui a renversé le trépied des sibylles, staal, itf^fn. t. I, p. 250. Il Fig. Être sur le trépied, parler avec enthousiasme. Puisque, de ce moment, vous m'érigez en oracle, me voilà sur mon trépied, p. L. COUR. Leit. II, 242. ||4'Torme d'anatomio. Trépied cœliaque, nom donné à la terminaison de l'artère ou tronc cneliaque ou opisthoga3lrique,qui se par- Uige en trois branches, à la fois ou à peu près, la coronaire stomachique, l'hépatique et la splonique. Il'l'répied vital, ensemble des trois fonctions essentielles (le la vie, la respiration, la circulation et l'iiiniTvation.

— HIST. XIII" s. Or faut paeles et trepio/., Hanap de madré et henapicr, Choses qui faillent en ménage. Il XV' s. Un trcppié, deux tenailles de fer, lliillel. du bibtioph. mai 1863, p. 23a. ||ivi' s. Tu peux accommoder ton chaudron ou jatte, sus

un trepié, paré, xxvi, a. Mettant les paniers sur des tripiers, et au dessus d'iceux, du charbon allumé, O. DE SERRES, 870.

— ETYM. Bourguig. trepei ; wallon, trept; du lat. tripes, de très, trois, et pes, pied.

TRÉIMfiNKMENT (tré pi-giie-man), s. m. Action de trépigner. Ce mouvement fit une commotion, et causa un trépignement dans la grand'chambre, qui fut entendu dans la quatrième, retz , SIém. t. II, liv. III, p. (24, dans pouoens. L'antiquité appelait augures les bons et les mauvais présages qu'elle prenait du vol, du cri et du trépignement des oiseaux, thiers, Superstit. ch. 47. Quand par hasard il se trouve quelque air un peu sautillant [à l'Opéra], c'est un trépignement universel [parmi les speclateurs|, j. j. rouss. IléL il, 23. C'était aux hommes de cette affreuse époque [la terreur] qu'il appartenait de s'écrier dans le trépignement digne d'un tel langage : Grand Dieu, qu'un tyran est dur à abattre ! villemain. Souven. conlemp. Us Cent- Jours, tu.

— iilST. XVI' s. Le trépignement qui se faisoit en la chambre [lors de l'assassinat du duo de Guise] fut oui de tout le conseil, d'auu. Hist. 111, )B2. Le sain-foin hait la morsure et le trépignement des besles, 0. de serres, 273. Nous nous sentons plus esmus des trépignements, jeux et niaiseries puériles de nos enfants, que nous ne faisons aprcz de leurs actions toutes formées,

MONT. Il, 71.

TRÉPIGNRR (tré-pi-gnc), V. 71. || 1' Frapper vivement des pieds contre terre. Plusieurs voix confuses d'hommes et de femmes étaient mêlées au bruit sourd de plusieurs pieds nus qui trépignaient dans la chambre, scarr. Rom. com i, i'i. Il trépigne de joie, il pleure de tendresse, boil. Art p. I Lorsqu'on l'approche [le porc-épic de Malaca], il trépigne des pieds, et vient, en s'enllant, présenter ses piquants qu'il hérisse et secoue, bupp. Qnadrup. t. XIII, p. <24. Ils [les chevaux] se cabrent, ils hennissent, ils trépignent, comme s'ils étaient impatients d'une gloire qu'ils vont obtenir à eux seuls, sans que l'homme les dirige, stael, Corinne, IX, i . Il Trépigner de, avec un infinitif, avoir une extrême envie de. Toute l'Allemagne trépignait de danser, J. bruslé, Lucien en belle humeur, t. II, p. 257, dans POLGENS. Il 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir. ||l' V. a. Trépigner les laines, en mêler les couleurs. || Fouler la terre.

— HIST. XV' s. Comme homme cmbu qui chancelle et Irejiigne, tili-ON, Grand test. Bail. \\ xvr s. Le président les fit mettre en pièces toutes [des femmes] et trépigner les enfans qui sortoieiil du ventre des enceintes, d'aub. Hisl. i, 74. Par tel ordre les canetons éviteront le péril d'estre trépignes par les personnes et bestes, o. de serres, .">78. J'ay un agir trépignant où la volonté me charrie; mais cette poincte est ennemye de persévérance, MONT. IV, 172.

— ÉTYM. Dérivé de l'anc. verbe Ireper, triper, sauter, danser ; provenç. trepar, qui est commun à plusieurs langues : néerlandais, trippen; allem. trippeln ; angl. trip f kimry, Iripio; bas-bret. tripa. Le bourguignon dit trebillai , trepillai, se trémousser. ,

t TRÉPIGNIS (tré-pi-gnî), s. m. Nom, dans les tournois, de la mêlée générale des chevaliers.

TREPOlNTIi) (tré-poin-t'), s. f. Bande de cuir mince, que les cordonniers meltent entre deux cuirs plus épais qu'on veut coudre ensemble.

— ÊTVM. Très, au delà, et po:'n(e.

TRÈS(trê; l's se lie: tré-z heureux), ad;. 111° Particule qui marque le superlatif absolu, et qui se joint à un adjectif, à un participe et à un adverbe ; on unit ces deux mots par un trait d'union ; du moins c'est l'usage du Dictionnaire de l'Académie. Une campagne très-agréablo. 11 est très-cstimé et très-aimé. Cela lui arrive très-rarement. Il est trèsinformé des questions du temps, et il sait parfaitement le secret des jésuites, PASC. Prov. 11. |l 2° très se met devant une locution adverbiale; alors le trait d'union ne s'emploie pas. Quand je parle de labourer la terre, je parla très à la lettre : je me sers du nouveau semoir.... volt. d'Argental, <» déc. (768. Mon ouvrage, qui avait été écriti Gènes, très à la hâte, galiani, Lett. à, Mme d'Épinay, 28 avril 1770. Ce qui restera doit être donné à mon ambassadeur, qui m'a avancé cet argent; mais, comme il est très en état d'attendre.. . 10. 16. (8

sept. (700 sur l'état de l'industrie et de l'a-

^iriculturo en France, qu'il dit être très en souffrance, GUDIN, Happort au sénat, Uonit. unir. 24 mars <86s, p. 433, l" col. H 3' On a contesté

s'il pouvait se mettre devant un substantif, (^la est peu usité; mais l'usage de bons auteurs y autorise. Il ne laisse pas de se fiera celui-ci, comme A un très homme de bien, balz. le Barbon. Oui, vous êtes sergent, monsieur, et très sergent, RAC. Plaid. II, 4. Il 4° Mme de Sévigné l'a mis devant un verbe à un temps composé. Us m'ont très assuré que la vendange de cette année [un bain de vendange, pour des douleurs] m'aurait empiréc, 30 sept. 1 678.

— lliST. XI' s. Très qu'en la mer [il] conquist la tere allaigne, Ch. de Hol. i. Si li truvez ki très bien li ajut [aide], ib. LX. Le cors [il] li trenchet très l'un costet qu' al altre, ib. cxiii. || xu' s. Mais ma dame est de si très grant vaillance [prix]. Que son ami ne doit faire faillance, Couci, xxiv. L'apostoiles de Rome , très en mi le palais. Les princes en apcle, Sax. xv. |l xiil' s. Aliste, se je puis, très bien [je] marierai, Berte, vu. Et si 1res en mal aise et si fort tourmentée, ib. lxviii. Sachiez, si très m'en deut li cuers [le cœur] sous la mamele, ii». lxxxvi. Amis, dit Renart. di moi voir, Sez-lu ci entor nul manoir Oii je trovasse que mengier? Je ne manjoi très [dès] avant er [hier], Hen. 2:1348. Je n'os mie bien recorder Sa beauté que ele a si très, Ms. de poés. franc, av. laoo, t. i, p. 248. ||xiv° s. En batailles les très plus forts ne sont pas les mieux combatans, oresme, Èlh. 85. L'en a de tiex [tels] très pitey et miséricorde, ID. ib. 75. Pour ce que félicité est operacion selon vertu, il est raisonnable que ce soit selon la très meilleur vertu, id. ib. 313. Vous estes le cinquième message vraiement Qu'envoie ali rois, dont je sui moult dolent, Qu'à lui n'ai obéi très le commencement, Guescl. 17222. Il XV' s. Et très adont [aussitôt] furent instituées reigles et ordonnance d'ost mettre en forme d'eschieles, christ, de pisan, Charles V, 11, 2. ||xvi's. L'autre [trait] dangereux plus que très. Porte un fer de plomb mal couché. Parla pointe tout rebouché, marot, i, 109.

— plYM. Bourguig. tré ; du lat. trans, au delà. Si l'on prend eu considération le sens de très dans l'anç. français, qui est beaucoup, dès, jusqu'à; si on le voit en composition dans trespasser et autres mots; si on tient compte de l'ital. tracodardo, très-couart, trafreddo, trcs-froid, etc. on reconnaîtra que très est la forme française de trans.

I TRTÎSAILLE (tré-zù-U', Il mouillées), s. f. Dans les charrettes et les chariots, pièoe horizontale qui maintient les ridelles.

t TRESCHKUR ou TKÊCHEUR (tré-keur ; c'est la prononciation indiquée par le Dict. de l'Académie de 1702), .s\ m. Terme de blason. Orle étroit qui figure une tresse. Portoit pour armes d'argent à un lion de gueules armé de sable environné d'un trescheur de gueules que quelques-uns nomment une cordelière, i.a coLOMiiiiiRE, Thédtre d'himn.

t. I, p. tu, dans LACURNE.

— ÉTYM. Ce parait être une altération de l'ano. mot trecoir, trecors, trecouer, en bas-lat. iressortum, tresse.

TRÉ-SEPT (tré-scf), s. m. Sorte de jeu de cartes, ainsi nommé à cause de l'importance qu'on y donne aux nombres trois et sept. Jouer au tré-sepU

t TRÉSII.LOIt (tré-zi-Uon, Il mouillées), j. m. Terme de marine. Morceau de bois dont on fait usage pour serrer deux cordages ensemble au moyen d'une ligature. || Morceau de bois qu'un met entre dos ais nouvellement sciés, pour les faire sécher.

t ÏRÉSILLONNEU (tré-zi-llo-né. Il mouillées), V. a. Terme de marine. Serrer fortement avec un trésillon. || Garnir de trésillons.

TRÉSOR (tré-zor), S. m. || 1' Amas d'or, d'argent ou d'autres objets précieux. Un passant lui demande [à un enfouisseur] à quel sujet ses cris. — C'est mon trésor que l'on m'a pris, la pont. Fabl. IV, 20. On est venu lui dire.... Que les ouvriers qui sont après son édifice. Parmi les fondements qu'ils en jeltent encor. Avaient fait par hasard rencontre d'un trésor, mol. l'Êt. 11, t. La vieillesse chagrine incessamment amasse, Garde, non pas pour soi, les trésors qu'elle entasse , hoil. Art p. III. Qu'en un lieu que vous seul connaissez, Vous cachez des trésors par David amassés, rac. Ath. i, t. Il [CaligutaJ consuma dans un an les trésors que Tibère avait amassés; et ces trésors montaient à deux milliards sept cents millions de sesterces (585 millions de notre monnaie), pasto- SET, Instii. Hém. inscript, et belles-lett. t. vu, p. 440. Il S« Au sens [juriiii [uc Le trésor est toute chose cachée ou cnfimie, s.ir laquelle pi rsonna ne peut justifier sa propriété, et qui c:>t dccou-

TRÉ

erte par le pur effet du hasard, Code eiv. art.

<6. Il Droit de trésor, droit sur un Injsor trouvé. 11 8" Lieu où le trésor est enfermé. Il a toujours sur lui la clef de son trésor. La forteresse, que défendait la triple enceinte, renfermait des palais somptueux pour loger le roi el les chefs des armées, et des trésors artistcment construits pour contenir de grandes richesses, mongez, Uéin. hist. et beaux-ans, t. v, p. 22». || Fig. Sa poche [du joueur] est un trésor; Sous ses heureuses mains le cuivre devient or, regnard, Je Joueur, m, «. 114» Dans les églises, lieu où l'on garde les reliques el les ornements. || Il se dit aussi de ces reliques mêmes et de ces ornements. || S" Autrefois, lieu où l'on gardait les archives, les titres, les papiers d'une seigneurie, d'un» communauté. Le trésor dos chartes de telle abbaye, de telle seigneurie. |1 6° Irésor public, trésor de l'Etat, les revenus de l'État. La guerre appauvrit le trésor public. Autrefois le bien des particuliers faisait le trésor public; mais pour lors (dans une démocratie dégénérée] le trésor public devint le patrimoine des particuliers, monti;sq. Esp. m, 3. L'empereur écrivit que la conquête de Smolensk le rendait maître des salines russes, et que son ministre du trésor pouvait compter sur vingtquatre millions de plus, séguh, llist. de Kap. vi, 5. II Anciennement, chambre du trésor, juridiction qui était établie à Paris pour juger des affaires du domaine du roi. || 7* Absolument. Le Trésor, le lieu où les revenus de l'État sont déposés et administrés (avec un T majuscule). Aller au Trésor. Un employé du Trésor. || 8' Au plur. Grandes richesses. En assouvissant nos vengeances et nos secrètes jalousies, en accumulant dans nos coffres des trésors d'iniquité, sans jamais vouloir séparer le bien d'autrui d'avec le nôtre, boss. Uar.-Thcr. Des biens des nations ravisseurs altérés. Le bruit de nos trésors les a tous attirés [les Romains], rac. Mithr. m, < . Il Par extension, somme d'argent considérable. Il a dépensé des trésors pour cette affaire. i{ 9' Fig. Tout ce qui est d'une grande utilité, d'une excellence singulière, d'une grande beauté. 11 y a des trésors en votre personne dont je saurai jouir en dépit de la mauvaise fortune, et avec lesquels je ne saurais jamais être pauvre ni triste, voit. Lelt. 3B. Et songez toutes deux que vous êtes Romaines.... Un si glorieux titre est un digne trésor, CORN. Uor. III, 6. Le père fut sage De leur montrer avant sa mort Que le travail est un trésor, la fo.nt. Vabl. V, 9. Les longues expériences de M. le Tellier étaient pour l'État un trésor inépuisable de sages conseils, boss. le Tellier. La liberté leur était un trésor qu'ils [les Romains] préféraient à toutes les richesses de l'univers, ID. Hist. m, 6. Rare el fameux esprit.... Pour qui tient Apollon tous ses trésors ouverts, boil. Sot. a. Le trésor de rUoniicur suppléait aux autres trésors, montesq. Esp. v, 18. La modération est le trésor du sage, VOLT. Disc. 4. El l'on dirait de nous dans toute l'Europe : en France, sous le prétexte de la siireté publique, on prive [en ouvrant les lettres] les citoyens de tout droit de propriété sur les lettres qui sont les productions du cœur et le trésor de la confiance, Mirabeau, Collection, t. i, p. 465. Quel art bâtit leurs murs [des abeilles], quel travail peut suffire X ces trésors do miel, à ces amas de cire? delille. Trois règnes, vu. Le christianisme, considéré lui-même comme passion, fournit des trésors immenses au poète, chateaubr. Génie, n, m, 8. || Ce livre est un trésor de doctrine, un trésor de recherches, il renferme beaucoup de science, d'érudition, de recherches. Son livre est d'agréments un fertile trésor, boil. Art p. in. Il Poétiquement, Les trésors de la terre, ses productions. || Les trésors de Cérès, les moissons, le blé. La fourmi.... Grossit ses magasins des trésors de Cérès, boil. Sat. viii. |1 Les trésors de Bacchus, les raisins, le vin. || Les trésors de Flore, les trésors du printemps, les fleurs. || Les trésors de l'automne, les fruits, les vendanges. || 10° Titre donné à de grands recueils d'érudition ou autres. Le Trésor de la langue grecque. M. Karrenc publie une collection appelée le Trésor des pianistes. Le Trésor latin de Robert Esticnne, et, à son défaut, le Dictionnaire de Charles Esticnne qui est l'abrégé du Trésor, el dont un habile maître ne peut se passer, rollin, Traité des El. i, 3. || !!• U se dit de personnes regardées comme particulièrement précieuses. Un ami véritable est un trésor. S'il [Atlale] est si bien instruit dans l'art de commander, C'est un rare trésor qu'elle [Rome] devrait garder, cohi». JVtc. n, 3. C'est un trésor

TRÈ

d'honneur que j'ai dans ma maison, uol. Ëe. des mar. n, fl. L'empcraur reçut Arsène comme un trésor que le ciel même lui envoyait, flécii. Hist. de Théodose, m, lo. Ce que vous prenez pour une plainte est une admiration : cette fille est un trésor, mainteno.n, l'rnverb. p. 7. Quel climat renfermait un si rare Irésor [Eslher] ? bac. Esth. m, 4. Faisons de ce trésor [Joas] Jéhu dépositaire, ID. Alh. m, 8. Vous avez raison, Télémaque, Anliope est un trésor digne d'être recherché dans les terres les plus éloignées, fén. Tél. xxii. Ajoutez à cela le charme de la vie. Une femme : la mienne est un petit trésor, collin d'iiarleville. Vieux eélib. II, 2. Il Par ironie. Votre frère est un Irésor de folie qui tient bien sa place ici, sÉv. 58. Il 12" Tout objet pour lequel on a un grand attachement. Cet enfant est mon trésor. L'Evangile dit : là où est votre trésor, là est votre cœur. Quel est cet autre enfant si cher à votre amour? Ce grand attachement me surprend à mon tour ; Est-ce un trésor pour vous si précieux, si rare? KAC. Athal. m, 4. Il Elliptiquement. Adieu I trésor [à sa femme] ; embrasse le cher Paul, p. l. cour. Lett. II, <72.|| 13' Attraits, charmes d'une femme. Ces trésors dont le ciel voulutvous embellir, Les avez-vous reçus pour les ensevelir? rac. Brit. ii, 3. L'épouse veut enoor Fuir l'époux qui l'embrasse ; Mais sur plus d'un trésor Le fripon fait main basse, bérano. Soir des nuces. || 14* Dans l'Écriture, assemblage de diverses choses bonnes ou mauvaises, soit physiques, soit morales. Dieu tire de ses trésors les vents, la pluie. C'est là le trésor de colère que vous amassez pour les derniers jours, SACi, Bible, St Jacq. Eplt. cath. v, 3. Faitesvous des trésors dans le ciel, où ni la rouille, ni les vers ne les mangent point, ro. ib. Évang. St ilatth. VI, 20. Est-ce là le fruit du travail dont vous VOUS êtes consumés sous le soleil, vous amassant un trésor de haine et de colère éternelle au juste jugement de Dieu? boss. le Tellier. Dieu a des trésors de colère, comme des trésors de bonté ; et les uns et les autres sont également des trésors de sagesse et de science, bourdal. Exhort. sur la trah. de Judas, t. I, p. 440. Un de ces hommes, en qui Dieu met ses dons d'intelligence et de conseil, et qu'il tire de temps en temps des trésors de sa providence pour assister les rois, fléch. le Tellier. Depuis que de Pandore un regard téméraire Versa sur les humains un trésor de misère, A. CHÉNiER, Épltres, n. Hommes présomptueux, avez-vous pénétré dans les trésors de la grêle, et connaissez-vous les réservoirs de cet abîme où le Seigneur a puisé la mort au jour de ses vengeances? chateaubr. Génie, i, iv, 4.||Fig. Des trésors de colère se sont amassés contre nous tous [les philosophes], et vous ne l'ignorez pas, volt. Lett. d'Àlembert, sjuiU. 1765. |1 L'Église ouvre ses trésors, elle accorde des indulgences. H 15" Terme d'alchimie. Trésor incomparable des philosophes, la pierre parfaite. || 16' Variété de poire appelée aussi poire d'amour.

— HIST. XI* s. Puis si cumencet à venir ses trésors [son trésor], Ch. de Roi. XLiv.||xii' s j'ai

des mille livres en mun trésor d'aveir; Ainz [avant] les despenderai tuz (ço saciez pur veir), Que jo ne face tut l'orguil Thomas ohaeir, Th. le mart. 132. E conuit que sis trésors li delailloit, Macliab. i, 3. Il XIII" s. Rois, vous avez trésor d'or et d'argent. Plus que nus rois n'ot oncques, ce m'est vis, QUESNES, Romancero, p. (Ol. Se j'estoie asseurés de vos, je vous donroie de mon trésor tant que vous n'enoseriésmietant prendre, Chron. de Rains, p. 23. Et le roy respondil que il n'avoit de quoy, et que il n'avoit si bon trésor dont il ne fcust à la lie [au bout], jomv. 2I2. ||xiv* s. Les autres aumaiies [armoires] de l'entrée du thresor, Bibl. des ch. 4* série, t. v, p. loï. ||xï' s. Qui a les cuers, il a l'avoir; Mais qui a l'avoir sans les cors [cœurs]. Ce n'est pas li plus sains trésors, E. desch. Miroir de mariage, p. 88. Ne tarda gueies qu'elle se retrouva devant le chevalier, auquel on pouvoil dire apertement : là où tel trésor est, là est ton cueur et tes pensées; et ainsi estoit il, car il pensoit merveilleusement à la pucelle, Perceforest, t. v, f* 44. Mieulx vaut trésor d'onneurque d'or, lehoux DE LINCY, Prov. t. u, p. JBO. || XVI* S. Musser Son tresor devant les larrons, Leroux de lincy, t. u, p. 352.

— ÉTYM. Bourguign. trésô; piovenç. thesaur; anc. calai, tcsor ; espagn. tesoro; anc. espagn. tresoro ; portug. thesouro; ital. (esoro ; napolit. trasoro ; du lat. thésaurus, qui est le grec Oriaaupci;, qui vient, suivant les étymologistes, de Oiu, poser, et d'une finale aupo;, analogue à la finale connue

TKÉ

wpi. Quant k Vr dans le français, elle est épsnthétique, comme dans fronde, du lat. funda.

t TUflSOllAlKE (tré-zo-rê-r'), adj. Qui appartient au trésor, à la trésorerie. Cette première collection est complétée par une autre collection non moins intéressante : celle des comptes trésoraires, o. teissier. Archives communales de Toulon, p. 7.

TRÉSORERIE (tré-zo-re-rie), ». {. \\ !• Lieu ou le trésor public est déposé et administré. || l.cs bureaux du trésor public. || Bureaux des trésoriers payeur» généraux. || Trésorerie nationale, s'est dit, sous la République, de l'établissement qui s'appelait auparavant trésor royal. Cambon s'était établi en personne à la trésorerie, hiciielet, Hist. de la Révolution, ix\, i. || 2* En Angleterre, département des finances. Les lords de la trésorerie. Il Banc de la trésorerie, banc des ministres, dans la chambre des communes d'Angleterre. || 3* Autrefois, bénéfice dont était pourvu celui qu'on appelait trésorier dans un chapitre. || 4* Autrefois, la maison affectée pour le logement du trésorier d'une église.

— HIST. XIII* s. Avoir en trésorerie Ne fait rien fors que gésir; Mais qui à droit départir Le set, toz jors mouteplie, Ms. de poés. franc, av. )300, t. l, p. 3)8, dans LACURNE. Ha! douce dame.... Exemples de toute bonté, Tresorie de bonnes mours [mœurs], Baudouin de condé, t. i, p. »70. Il XIV* s. Dont vint icil avoirs, ne le me celez mie? L'a pris li apostoles (le pape] en sa trésorerie? Guescl. 7700. Il IV* s. Je mis par le conseil de ma chère et amée la saige roine mon plus précieux trésor en une tresorie que je feis faire par dedans terre, Perceforest, t. vi, f* 60. || xvi* s. Sachant bien que par vous ne seront méprisez [mes talens], combien qu'ils soyent provenus d'une bien pauvre thesorerie, palissv, 3.

— ÊTVM. Trésorier; provenç. thezauraria; espagn. et ital. tesoreria.

TRÉSORIER (tré-zo-rié; Vr ne se lie jamais; au pluriel, l'ise lie : des tré-zo-rié-z intègres), s. m. Il 1* Officier chargé de recevoir et de distribuer les revenus d'un prince, d'une communauté, etc. Le trésorier des Invalides. Il était trésorier de l'Académie, titre trop fastueux et assez impropre; il était plutôt le contraire d'un trésorier, il n'avait point de fonds entre les mains, mais il faisait des avances assez considérables par rapport à sa fortune, el ne les relirait pas sans peine, fonten. Couplet. Le père de M. de Voltaire exerçait la charge de trésorier de la chambre des comptes ; sa mère Marguerite d'Aumart était d'une famille de Poitou , condorcet. Vie de Voltaire. Les fonctions de receveur général, etc. de payeur dans chaque département de l'empire sont réunies et confiées à un fonctionnaire prenant le titre de trésorier payeur général, Décrec du ai no». 188B, art. <". Il Trésoriers de France , officiers préposés, dans l'ancien régime, pour travailler à la répartition des tailles, et pour connaître de plusieurs autres affaires des finances, des domaines, des ponU et chaussées eldes chemins publics. |1 Grand trésorier de l'empire, un des titres de l'électeur palatin. Il Fig. Un trésorier sans rendre compte, celui qui, maniant toutes les affaires de quelque personne considérable, gouverne tellement son esprit qu'il ne rend compte que de ce qu'il lui plaît. Il 2* Officier qui, dans les églises collégiales, possédait une dignité ecclésiastique qui le chargeait du soin de tous les vases sacrés, et qui était la première dans quelques chapitres. Le trésorier de la Sainte-Chapelle. El chez le trésorier de ce pas à grand bruit Vient étaler au jour les crimes de la nuit, boil. Lutr. v. || Autrefois, nom, en quelques provinces, des marguilliers. L'assemblée sera convoquée par les syndics, marguilliers ou trésoriers de la paroisse.... Ordonn. de la marine, (681, commentée et conférée, Paris, 17)5, p. 415. Il 3* Variété d'œillet. || Proverbe. Un trésorier sans argent est un apothicaire sans sucre.

— HIST. XI* s. Li reiz apelet Malduiz sun tresorer, Ch. de Roi. l. || iii* s. De sol itant ert [de cela seulement il était] trésorier ; Car nul trésor aveit plus cher, benoIt, ii, 12493. || xiii* s. Dame de paradis, roïne couronnée, Tresoriere de grâce, avant sainte que née, J. de meuno. Test. 2130.

xiv* s. X son trésorier fist Bertran commandement. Qu'on donne au messagier quatorze mars d'argent, Guescl. 1818B. Nicolas Braiquo trcssouriers de Normandie, du cange , thesaurarius . Il XV* s. Le trezorier des guerres reçoit des intendans des finances les sommes nécessaires pour la II. — 293

TRE

payment de toutes les troupes, dont il rend compte, Estais des officiers des ducs de Bourgogne, p. 23, dans UACUBNE. Il XVI' s. Le jeune prince, duquel la mère estoilla tresoriere, n'avoit que ce peu d'argent pour tous ses menus plaisirs, maro. A'oue. xt-u. Du desbat qui sortit entre ung scindique et le thesaurier de Genève, bonivard, Chron. de Genève, iv, 4.

— ETYM. Trésor; provenç. thesaurier; cat. tresorer; espagn. lesorero; portug. Ihesoureiro ; ital. tesoriere.

TRÉSORIËRE (tré-zo-riè-r*), ». f. Celle qui reçoit les revenus dans une communauté, les souscriptions dans une association.

t TIIESQUALE (trè-skoua-l"), s. /". Terre qui se trouve dans les criblures, lorsqu'on prépare la cochenille.

+ TUKSSA1LI.É, ÉE (trè-sa-llé, liée, U mouillées), adj. Se dit d'un tableau dont la surface est couverte d'une multitude de petites fentes ou gerçures. Il Se dit d'une poterie dont la couverte est fendillée. || Dans le Dictionnaire des arts et métiers de <767 on trouve se trezaller : U faut que cet émail no soit pas sujet à se trezaller et à s'écailler, ce qui arrive très-communément à la plupart des faïences (au mot /'aïencier). Une belle couverte qui puisse se bien appliquer sans se trezaller, c'està-dire sans se fendiller aprèi sa cuite (au mot -porcelaine).

— ÊTYM. La vraie forme est probablement trezaller, c'est-à-dire l'ancien verbe tresaler qui signifiait passer, se gâter, dépérir, de très et aller. On dit en Normandie que le linge est tressalé, quand il est mal séché et que l'humidité en a pourri le fil.

TRESSAILLEMEPTT ( trè-sa-lle-man , {( mouillées, et non trè-sa-ye-man), s. m. || 1« Agitation subite d'une personne vivement émue. Un long tressaillement, suivi d'un froid mortel, A fermé les beaux yeux d'Obéide oppressée, volt. Scythes, in, I . Mon père, en m'embrassant, fut saisi d'un tressaillement que je crois sentir et partager encore, J. J. Bouss. Lett. à d'Alemb. Note 66. || 2° Vulgairement. Tressaillement de nerfs, mouvement soudain et convulsif dans les muscles ; tressaillement d'un nerf, déplacement momentané d'un tendon : locutions qui ne sont point du langage médical.

— HlST. XVI* s. Les battemens de mains, les tressaillements des assistans à ouïr une harengue, AMYOT, Comment il fauU ouïr, <4. La contraction et tressaillement des muscles, qui en dormant survient ordinairement aux fractures, paré, xiii, 26. Il lui print [à Xercès considérant son armée] un tressaillement d'ayse à veoir tant de milliers d'hommes à son service, mont, i, 271.

— RTYM. Tressaillir.

TRESSAILLI, lE (trè-sa-lli, llie, {{ mouillées), part, passé de tressaillir. Vulgairement, nerf tressailli, tendon momentanément déplacé par suite d'un effort violent (locution qui n'est point du langage médical).

TRESSAILLIR (trè-sa-Uir, Il mouillées, et non trè-sa-yir), je tressaille, tu tressailles, il tressaille, nous tressaillons, vous tressaillez, ils tressaillent; je tressaillais; je tressaillis; je tressaillirai; je tressaillirais; tressaille, tressaillons; que je tressaille, que nous tressaillions; que je tressaillisse; tressaillant; tressailli, v. n. Éprouver une subite agitation. Mon cœur a tressailli d'allégresse dans le Seigneur, et mon Dieu m'a comblé de gloire, SACi, Bible, Bois, I, ii, l. Qui faisaient un bruit là dedans  faire tressaillir les gens, scarr. Yirg. VII. Le seul mot do testament me fait tressaillir de douleur, mol. Mal. imag. i, 8. Alors une joie céleste saisit tous ses sens, et « les os humiliés tressaillirent • , Boss. Anne de Gonx. De crainte, en m'abordant, je l'ai vu tressaillir, bac. Phèdre, iv, <. Je courus au plus vite chez Phocion; je le trouvai tirant de l'eau de son puits, et sa femme pétrissant le pain du ménage; je tressaillis à cette vue, bartiiél. Anach. ch. 82. Dans ses sombres buissons le cerf a tressailli, st-lamb. Sais. m. Quels chants, venus soudain de la lointaine Grèce, Ont de leurs sons connus fait tressaillir mon cœur! p. lebrun, Yoy. de Grèce, 1. 1| Il se conjugue avec l'auxiliaire icoir.

— REM. 1. Quelques écrivains ont dit au présent : Il tressaillit au lieu de il tressaille. Il [ce généalogiste] tressaillit do joie de voir multiplier ses pratiques, hontesq. Lett. pert. <32. Un jeune animal, tranquille habitant des forêts, qui entend le son éclatant d'un cor.... tressaillit, bondit, et

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fuit par la seule violence de la secousse qu'il vient d'éprouver, buff. Disc. nal. anim. Œuv. t. V, p. 340. Il tressaillit d'aise quand il revoit son camarade, j. i. Rouss. Ém. iv. C'est une faute. Il 2. Le futur est je tressaillirai; cependant Le Franc a dit : Je tressaillerai d'allégresse; et l'Académie de (798 avait admis cette forme. || 3* L'ancienne forme était au présent : je tressaus. Voyant un président, le cœur ne me tressant, Et la peur d'un prévôt ne m'éveille en sursaut, réonier, Sat. v.

— HIST. XI* s. [Il] Fait Sun eslais, si tressait un fossct, Ch. de Roi. ccxxvii. || xiii* s. Ugues tressault le mur, l'a mise [sa dame] sur l'arçon, au- DEFR. LE bast. Romancero, p. 34. Li sanc li remue et tressaut; Li corages li munte en haut, Lai del désiré. Lez un buisson à un trespas [il] A un grant fossé tressailli, Ken. I9IB. X chief de pièce [à la fini revendras [reviendras] En ta mémoire, et tressaudras Au revenir en effraor, Ausinc cum bons qui a paor, la Rose, 2302. Ces choses font tost tressaillir homme en desraison, et li tolent [ôtent] senz et conoissance, Ass. de Jér. i, 60. || xv* s. En tres'îaillant, sur ce point m'esvcillay, "Tremblant ainsy que sur l'arbre la fueille, ch. d'oul. Songe en compl. || xvi» s. Un aultre disoit au bourreau, qu'il ne le touchast pas à la gorge, de peur de le faire tressaillir de rire, tant il estoit chatouilleux, mont. I, 296.

— ÉTYM. Très, et saillir, provenç. trassalhir, tressalhir.

t TRESSAILLURE (trè-sa-Uu-r' , {{ mouillées), ». f. Défaut du vernis des poteries, quand il se fendille au feu.

— ÉTYM. Voy. TRESSAILLE.

t TRESSAUT (trè-s6) , ». m. || 1° Se dit dans quelques provinces pour tressaillement. Je redoublai de sommeil, après avoir été secoué par un énorme tressaut, topffer, le Presbytère, p. sa. Il 2' Nom qu'on donnait, en termes de monnaie, à la différence qui se trouvait quelquefois entre deux essais d'une même espèce.

— HIST. xvi* s. Depuis la Saint-Barthelemy ce prince [Charles IX] n'avoit repos que interrompu de tressaux et de gemissemens , d'aub. Hist. n, <29.

— ÉTYM. Très, et saut.

t TRESSAUTER (trè-sô-té), V. n. Se dit dans quelques lieux pour tressaillir. Sur le briselames [au Havre, lors de l'explosion d'une mine sous-marine], les curieux ont tressauté, comme si les fondations eussent été ébranlées par un orage souterrain, J. des Débats, 29 ocU 4862. Tandis que je me désolais, quelque chose me passa entre les jambes, et je tressautai sur mon banc; c'était une tortue fort laide qui rôdait mélancoliquement à la recherche de fragments de salade semés dans l'officine, theuriet, Rev. des Deux - Mondes ,

AS OCt. 4 869, p. 869.

— HIST. XVI* S. X ce commandement mon cœur tressaute d'aise, desportes, dans raynouard. Lexique.

— ETYM.Tr^s, et sauter; provenç. trasautar. TRESSE (trè-s'), s. f. \\ 1" Tissu plat fait de i>e-

tits cordons, de fils, de cheveux, etc. entrelacés. Tresse de fil, de soie. Faire une tresse. Chausson de tresse. Tu n'avais pour toute coiffure qu'une longue tresse de tes cheveux, roulée autour de la tête et rattachée avec une aiguille d'or, à la manière des villageoises de Berne, j. .'. Ronss. Hél. n, 25. Il 2° Cheveux assujettis sur trois brins de soie, dont les perruquiers font les perruques. Il 3° Terme de marine. Tissu plat fait avec des fils de caret qui sont toujours en nombre impair; une tresse est composée en faisant passer successivement ces fils les uns sur les autres. || Tresse de mèches, trois mèches que l'on allumait ensemble pour mettre le feu au canon avec plus de siireté. Il 4° Gros papier gris.

— HIST. XII* s. Une des branches aerst [arrêta] Absalon parla tresce, Rois, p. (86. i| xiii's. Blanchefleurs par les trcsces à terre l'abati, Qui estoient moult blondes, Berte, lxxxix. Desus s'ame li desfendi, Qne riens son conseil ne deïst, Mes si celéement feïst Coper ses bêles treces blondes, Que ja ne le seiist li mondes, rcteb. 263. || xvi* s. ...Et ces cheveux frisés Ne sont pas ses cheveux, c'est une fausse tresse, desportes, Diverses amours, xxix.

— ETYM. Wallon, tress ; Berry, terse ; provenç. tressa, trexa; espagn. tréma; portug. trança; ital. treccia. Diez pense qu'il provient du grec Tpî;(a, en trois, la tresse étant formée de trois cordons; on a aussi indique 6pl^, xpi^ic, cheveu; mais comment ces mots grecs seraient-ils entrés dans les

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langues romanes? Vu le sens étymologique de tricher, qui est tirer, et le sens propre du baslatin tricare, qui est embarrasser, il est trèsprobable que tresse et tricher ont même origine, c'est-à-dire une origine germanique : hoU. treckken, tirer, et tromper.

TRESSÉ, ÉE (trc-sé, sée),por(. passé de tresser. Ses cheveux blonds, tressés à double tresse, ».ccompafrnaient admirablement sa tête virginale, BERNAiii^ DE st-p. P. et Yirg. p. 142. Ou les serpents tressés dont se coiffe Alecton, delille. Trois régn. vni.|| Terme de minéralogie. Se dit d'un corps formé par un assemblage de filaments.

t TRESSEAU (tre-sô), ». m. Cépage du départ» ment de l'Yonne, dit aussi véro; c'est un cépage de vin rouge, ainsi nommé parce q'ie le raisin en est très-allongé, comme une tresse de cheveux.

TRESSER (tre-sé) , v. a. Arranger en tresse. Tresser de la soie, des cheveux, de la paille. L'un tresse son panier, et l'autre sa corbeille, delille, Imag. n. \\ Par extension. Quand tous les arts lui tressaient des couronnes, Qu'elle avait un pompeux séjour, BÉRANG. Pauv. femme. \\ Fig. Mon ami et moi nous avons tressé nos cœurs comme des lianes, chateaubh. Natch. m.

— HIST. xn* s. Sa barbe [il] tire, dont li poils esttreciez, Ronc. p. f07. ||xni* s. Son chief trecié moult richement, la Rose, 560.

— êtvm. Tresse ; Berry, terser; wallon, tressl; provenç. tressar; espagn. trenzar ; portug. trançar.

TRESSEUR, EUSE (trè-seur, seù-z'), s. m. et f. Celui, celle qui tresse des cheveux pour en faire une perruque. {| Ouvrier qui tresse les cheveux, pour en faire des cordons, des chaînes, des bracelets, etc.

t TRESSOIR (trè-soir), s. m. Instrument sur lequel on tresse les cheveux. || Outil qui sert à marquer les distances où il faut placer les clous d'ornement.

— ÉTYM. Tresser. Dans l'ancienne langue, le tressoir était une sorte de peigne.

t TREST (tresf), s. m. Toile à voiles de bateau pêcheur. Toiles à voiles, quatre fils, en broche, appelées trest, annexe oux lett. pat. 30 sept. )78(i, Picardie.

TRÉTEAU (tré-tfl), ». m. || 1* Pièce de bois longue et étroite, portée sur quatre pieds, qui sert à soutenir une table, et, particulièrement, les tables des cabarets, un échafaud, un théâtre. Heurtant table et tréteaux [ilj versa tout sur mes chausses, RÉGNIER, Sat. X. Enfin il monta sur un tréteau, et, prenant une voix plus assurée, il dit.... montesq. Lett. pers. <42. Au lieu de ces vils tréteaux qu'on dressait autrefois à la hâte, il [Eschyle] obtint un théâtre pourvu de machines, et embelli de décorations, BARTiiÉL. Anach. ch. 69. Il Fig. Un homme ne saurait aujourd'hui s'élever sur les tréteaux de l'ambition qu'à l'aide de quelqu'un qui y est déjà monté, p. l. cour. Leîl. n, 254. || Fig. Être entre deux tréteaux, être toujours au cabaret, ne fciire qu'ivrogner. || 2° Nom que les nattieis donnent à une pièce de bois garnie de clous à crochets, auquels ils attachent les cordons de paille qu'ils veulent tresser. || 3" Au piur. Théâtre de charlatan, de saltimbanque. Quand le doge et les sénateurs de Gênes le virent [un charlatan] prôner ses remèdes sur une table à tréteaux, Anii-ménagiana, p. 248. Mais pour un faux plaisant.... Qu'il s'en aille, s'il veut, sur deux tréteaux monté, Amu.sant le pont Neuf de ses sornettes fades.... boil. Art p. m. Il 4* Par extension, tliéâtre où l'on représente des pièces bouffonnes. Une pièce de tréteaux. Les tréteaux do la foire. Hardi et Garnior n'écrivirent que des platitudes d'un style insupportable ; et ces platitudes furent jouées sur des tréteaux au lieu de théâtre, volt. IHcl. phil. Art dramatique. Bientôt l'ennui des pièces françaises porterait la nation au frivole opéra comique, et plus loin encore aux boulevards, à ce rauias infect de tréteaux élevés à notre -honte, beaumabch. ifor. de Fig. Pri'f. Il Fig. Monter sur les tréteaux , se faire comédien.

— HIST. xni* s. U fist aporter un tretel, et fist oster sa grève [bandeau], et se fist roigner [couper les cheveux] en la présence du roy, J'jinv. 2ii7. jj xiV s. Messagiers et garçons d'estables Dressent fourmes, trestiaux et tables, macbaut, p. 86. Et quant tu yras coucher, si le melz sur le tretel emprès ton chevet, Uodus, f xcviii, cerso. || XT* s. L'autre, dit l'un, vint desservir, Et oster tables et tretiaulx, E. DESCH. Poésies mss. f* 498. U .s'assist sur ung tretel qui estoit à l'entrée de l'espinoy, et se print à reposer, Perceforest, t. n, f* «o. Si veit uneuble

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d'argent qui cstoit dessus quatre trastaulx ; mais les trcsteauli estoient si bcaulx et si riches comme ceulx qui estoient environués d'or et d'argent, Lancelot du lac, t. m, f* 23, dans laCURne. Il XVI* s. Ce prince [le duc de Guise, assassiné à Blois], ne pouvant tirer son espée, en prend deux au colet, et, s'estant fort debatu avec eux, vint donner du nez à terre sur le tréteau d'une petite table, d'ald. Ilist. m, Ui2.

— ÊTYM. Angl. treslle. Diez le tire du néerland. drie-stal, sicgc à trois pieds, ce qui est peu satisfaisant soit pour le sens, soit pour la forme. Le celtique ofTro au contraire une bonne étymologie : kimry,lres(»/I, tréteau, de (ratcsJ, poutre ; bas-bret. irenstel, de treust, trest, poutre.

t TRÉTOIRE (tré-toi-r'), s. f. Tenaille de bois à l'usage des vanniers.

TREUIL (IreuU, U mouillées), s. m. Machine employée pour élever des fardeaux. Le treuil se compose d'un cylindre horizontal autour i. iqucl s'enroule une corde fixée au fardeau; des leviers ou des roues dentées permettent à des hommes de faire tourner le cylindre autour de son axe ; il est placé horizontalement; ce qui le distingue du cabestan. Le treuil ou tour, l'une des six machines réputées simples, est un arbre ou cylindre qui tourne sur son axe soutenu sur deux points fixes, BRissûN, Traité de phys. t. i, p. 38). On peut considérer la poulie et le treuil comme des assemblages de leviers, m. ib. t. i, p. 318. || Treuil différentiel, treuil dont le cylindre est composé de deux surfaces de rayons différents ; il permet de soulever, avec un même effort, des fardeaux qu'on ne pourrait soulever avec le treuil ordinaire.

— HIST. XIV' s. Du troil, cubes fcuves].... et autres pertenances à garnison de troil, du cange, trolium. Guillaume et Jehan frères apportèrent leur vendenge au presïoucr ou treuil de Michelet.... ro. ib. Enguerran prist la menevelle ou manche de treuUe d'un puis, ID. treu. || xv* s. Truelou pressouer, id. tb. trolium. iliabrum, troul, sciiELEH, Gloss. rom. latin, p. 23.

— ETYM. Norm. trouil, espèce de dévidoir; bourguig. (RU, pressoir; provenç. troill, trolh, trueill; catal. trull; ital. torcolo, torchio; du latin torculum, de torquere (voy. tordre).

t TUEUILLES (treu-U; U mouillées), s. f. pi. Nom que les pécheurs de harengs donnent aux entrailles de ces poissons.

TRËVK (trè-v'), s.f.\\l' Cessation temporaire de tout acte d'hostilité. M. le maréchal de Créquy leur avait refusé une trêve pour enterrer leurs morts, PELLissoN, t««. hist. l. ii, p. 4<*. Après avoir perdu la bataille et demandé lui-même une trêve qui lui fut incontinent accordée , fléch. Hist. de. Théodose, n, 65. Le roi a enfin pris dos mesures pour avoir la paix ; ses ministres à Ratisbonne ont ordre do signer une trêve de vingt ans, MAiNTENON, Lett. à Urne de SI Géran, <3 août 1684. A condition que les princes et les Etats protestants ne feraient ni paix ni trêve avec l'empereur, que du consentement de la France et de la Suède, VOLT. Ann. Emp. Ferdinand II, <634. Pendant que la trêve se publiait d'un côté, elle se rompait de l'autre, anquetil, Espr. de la ligue, IV, année (576. || 'Trêve marchande, trêve durant laquelle le commerce est permis entre deux États qui sont en guerre. || Trêve de pêche, ou trêvepêcherie, convention de respecter les pêcheurs des deux partis. ||, Trêve de Dieu , ou trêve du Seigneur, répit interposé par l'Église aux combats entre seigneurs féodeaux, différente de la paix de Dieu qui était perpétuelle, et par laquelle l'Eglise imposait la paix à l'égard des ecclésiastiques, des femmes, des enfants, des laboureurs paisibles. Quand chaque seigneur faisait en France la guerre ou la paix, la religion donna des trêves qui devaient avoir lieu dans de certaines saisons, montesq. Esp. XXIV, 4«. lia* Fig. Relâche. Son mal ne lui donne pas de trêve. Filles de l'Achéron, pestes, larves, Furies.... Pour mieux agir pour moi, faites trêve aux enfers, corn. Médée, i, 4. C'est une bonté de la Providence que nous fassions trêve aux tristes réflexions qui seraient en droit de nous accabler journellement, sÉv. t juin. 1685. Je passais avec lui tous les moments que j'avais de libres, à chanter des airs italiens et des barcaroles sans trêve et sans re» lâche du malin au soir, ou plutôt du soir au malin, J. J. Bouss. Confcss. viu. Les fiéaux avec nous ne font ni paix ni trêve, collin d'harleville, Optitniste, m, 9. || N'avoir ni paix ni trêve, n'avoir pas un moment de repos. Quoique avant le soleil, tous les jours, il se lève. Jusqu'à ce qu'il se couche il

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n'a ni paix ni trêve, boursault, Ésope à la cour, T, 7. Il Elliptiquement, trêve de, trêve i, se dit pour faire cesser quelque chose. Hé ! trêve de douceurs, MOL. l'Ét. I, 2. Trêve aux cérémonies, que voulez-vous? ID. Sicil. 8, Trêve d'austérités, pendant que ce rhume durera, Boss. Lett. abb. 44. Sais-tu que la plaisanterie Convient ici fort mal? trêve de raillerie, destouch. Irrésolu, iv, 6.

— lirsT. xiii* s. Ensi fu la trêve prise de cels de l'ost et de la cité, villeh. cxi.Thodres li Ascres.... avoit trives à l'empereour Henri, et ne li avoit mie bien tenues, ID. CLxvi. Trive est une coze qui done seurté de le [la] guerre, el tans que ele dure, BEAUM. LX, <. Trives brisies et asseurement brisie sont bien cas de haute justice, id. lviii, 7. Et se trée, soffertc ou porprise, se prenoit entre lesdites parties.... castan. Siège de Besançon, p. 76. Il XV' s. Legier cœur et plaisant folie.... Vous font ceste melencolie : Mais c'est un mal dont on relievc; F:iictcs à vos pensées triefve, al. chart. la Belle dame sans mercy. 11 leur dit : seigneurs, je recongnois Sebille et contremande la trêve; trop avons tardé, mais gardez-vous de moy, et je vous deffie, Perceforest. l. i, f' (M. Quant ilz furent montez, et aussi plusieurs autres du chasteau, si allèrent à sauver trêves jusques à l'ost, Lancelot du lac, t. m, f " m 3. L'en doit savoir que trêve, si corne l'en la prent en laie court, est un assegurement qui est fait par la foi baiUie du cors, que celui qui la donne ne fera mesuy mal, ni ne fera fere à celui à qui il la donne, du cange, Ireva. \\ xvi' s. Si aucun refuse de donner trêves à autruy, et depuis celuy soit navré, mutilé ou desrobé, le refusant en sera puni comme de trêves enfraintes, Coust. gén. t. ii, p. iSi. Je reserve là [chez moi], et pour moy, et pour les aultres, une liberté inusitée; il s'y fait trefve de cerimonie, mont, m, 282.

— ÊTYM. Provenç. trega,tregua, treva, trev; cspagn. tregua ; portug. tregoa ; ital. tregua, triegua ; de l'anc. haut-allem. triuwa, triwa; goth. triggua, confiance, sécurité; allem. trauen, se fier.

f TllftVIEK (tré-vié), s. m. Ancien terme de marine. Maître voilier. || Celui qui fait les voiles. [Les jupes de l'amirauté] recevront les maîtres des métiers de charpentier de navire, calfateur, cordlcr, trévier, voilier et autres ouvriers.... Ordonn. d'août tesi, I, II, <4.

— ÈTVM. L'anç. franc, tref, mât de navire ; il vient (lu latin trabs, poutre.

I TRÉVIRE (tré-vi-r'), s. f. Terme de marine. Cordage ployé en double, amarré en son milieu au sommet d'un plan incliné, et servant à faire rouler sur ce plan un corps cylindrique, pendant que les deux bouts de ce cordage, un peu écartés l'un de l'autre, sont tirés ou lâchés doucement.

f TUÉVIUER (Iré-vi-ré), v. a. Terme de marine. Chavirer un cable, une manœuvre, affaler ou hisser un corps à l'aide de trévires.

— ÉTYM. Tré ou tra, du lat. trans, au delà, et ot'rer.

t TREZALLER (SE) OU TREZAILLER (SE), V. réfl. Voy. tressaille.

f TRÉZEAU (tré-zô), s. m. Groupe de trois hommes qui battent du blé dans une aire.

f I. TRI (tri), s. m. Action de trier. Les différents tris.

— HIST. XTi's. [Les abeilles] Quand de naturelle industrie Entre les fleurs font une trie, baïf, Œuvres, p. 260, dans lacubne.

— ÊTYM. Voy. TRIER.

t 2. TRI (tri), s. m. Assemblage de colonnes faisant partie d'un métier à fabriquer les lacets.

3. TRI (tri), s. m. Jeu d'hombre qu'on joue à trois, et où l'on ne garde en carreau que le roi.

— ETYM. Sans doute trois.

t 4. TRI (tri), s. m. Au jeu de whist, faire le tri, avoir le tri, faire une levée de plus que la partie adverse. |{ On dit quelquefois trie.

— ETYM. Angl. trick, levée de cartes.

f 6. TRI.... en composition représente le latin tri {tri-ceps, tri-dens, etc.), et le grec Tpi; il signifie trois.

t TRIABLE (tri-a-bl'), adj. Bon à trier. Envoyez vos yeux oii vous voudrez, vous rencontrerez quelque trait qui vous semblera triable, uklh. Épit. de Sénèque, xxxin.

fTRIACANTHE (tri-a-kan-f) , adj. Qui porte trois épines.

— ETYM. Tri..., et àxtxvOa, épine.

t TRIACHAISE (tri-a-kê-n') , ». m. Terme de botanique. Fruit composé de trois achaines (voy. ACiiAiNË, aux Addit. et correct.).

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t TRIACIDE (tri-a-si-d'), adj. Terme de chimie. Base triacide, base qui, en combinaison, ne peut être neutralisée que par trois équivalents d'un acide. L'alumine est triacide.

t TRIACIDITÉ (tri-a-si-di-té) , ». f. Terme da chimie. Qualité d'une base qui est triacide.

t TRIACLECR ( tri-a-kleur), ». m. || 1" Terme vieilli. Vendeur de tbériaque; charlatan, saltimbanque. || S* Diseur de belles paroles, trompeur. Tous ces beaux suffisants dont la cour est semée. Ne sont que triacleurs et vendeurs de fumée, REGNIER, Sat. zni.

— HIST. XVI' s. Un certain Jérôme Bolsec, un peu auparavant carme de Paris, et puis soudain devenu de théologien médecin ou plus tost triacleur, BÈZE, Vie de Calvin, p. 80. H y avoit deux charlatans theriacleurs : l'un des deux avoit empoisonné un œillet paré, xxiii, 4o. [Gargantua]

alloyt veoir les basteleurs, trajectaires et theriacleurs, et consideroyt leurs ruses leurs sobrcssaultz et beau parler, rab. i, 36.

— ETYM. Thériaque; picard, triacleux.

t TRIACONTAÈDRE (tri-a-kon-U-è-dr'), adj.

Terme de minéralogie. Se dit de substances dont les cristaux ont trente faces.

— Etym. TpiinovToi, trente, et fôpa, face.

t TRIADE (tri-a-d'), s. f. Terme de philosophie. Assemblage de trois personnes, de trois unités, de trois divinités.

— llisi XVI' s Triade, cotgrave.

— ETYM.Tpioc, TpiiSo;, de Tptï;, trois.

t TRIADELPUE (tri-a-dèl-f), adj. Terme de botanique. Dont les étamines sont réunies en trois faisceaux, par leurs filets.

— ITYM. Tri..., cl aîe>(fo;, frère.

TRIAGE (tri-a-j'), ï. m. l| 1' Action de trier. Le membre [du conseil] de la régence viendrait accompagné des deux maîtres des requêtes avec qui il en aurait fait [des placets] les renvois et les triages, st-si.m. 423, no. Aucun homme lettré de confiance, entre les mains duquel je pusse déposer mes papiers pour en faire après moi le triage. 1. }. ROUSSEAU, Confess. xi. || Action d'enlever à la main les pailles ou autres corps étrangei-s dont la batterie n'aurait pu débarrasser la laine. || Action par laquelle on sépare les différents caractères d'imprimerie qui sont mêlés. |] Opération par laquelle on visite les feuilles de papier pour en ôter les petites taches et séparer les feuilles déchirées. Il Opération par laquelle ou sépare une partie métallique du minerai d'avec la roche dont cette partie est enveloppée. || Terme de monnaie. Opération qui consiste à trier les pièces qui excèdent le poids pour les refondre. || 2° Absolument, personnes choisies. Il ne faut pas qu'il [Ménage] demeure seul; la variété et la cohue lui plaisent, comme le triage plaît aux autres, Ànti-menagiana, p. <87. La comtesse d'Ayen et Mme de Caylus excellèrent à les jouer [Esther et Athalie] devant le roi et le triage le plus étroit et le plus privilégié chez Mme de Maintenon, st-siji. C6, (02. || 8 Terme d'eaux et forêts. Certains cantons de bois, eu égard aux coupes qu'on en fait. On coupe cette année tant d'arpents dans tel triage. |l Se dit plus ordinairement de la circonscription dans laquelle est renfermée la surveillance d'un garde.

— HIST. xiv s. De cecy l'on n'est incertain Au cas d'un commun labouraige. Voir que du bled se faict triage, Tr. d'alchim. 8(0. ||xvi' s. Qu'on le rende [le jeune homme] délicat au chois et triage de ses raisons, et aymant la pertinence et par conséquent la briefveté, mont, i, («7. 11 y a un puits dans les bois, au triage de la vente aux brebis, alcrippe, iVouc. fabrique des exe. traits de vérité, édit. jeannet, p. 98.

— ÉTYM Trier.

t TRIAILLE (tri-â-ll", U mouillées), s. f. Chez les cartiers, cartes de qualité inférieure, de rebut.

— ÊTYM. Trier.

TRIAIRE (tri-ê-r*). ». m. Terme d'antiquité romaine. Nom donne aux soldats appartenant au corps de vétérans qui formait la troisième ligne d'une armée romaine. Un brave triaire. Ce fut un triaire qui apporta cette nouvelle.

— ETYM. Lat. triarii, de très, trois.

tTRIAKÈ^■|•;(tri-a-kè-n^, mauvaise orthographe

pour triachaine.

tTRLALOGCE (tri-a-lo-gh"), ». m. Titre d'un ouvrage do Jean Wiclef, qui après lui souleva la Bohême.

— ETYM. Mot fait sur le modèle de dialogue, et doublement mal fait; car tria ne veut pas dire

TRI

trois, et dans dialogue dia ne veut pas dire deux, mais est la prép. oii.

i TBIAMJMINIQUE(tri-a-lu-mi-ni-k'), adj. Terme da chimie. Se dit d'un sel qui contient trois fois autant d'alumine que le sel neutre correspondait.

t TRIAMMONIQCE (tri-a-mmo-ni-k'), adj. Terme de chimie. Se dit d'un sel qui contient trois fois autant d'ammoniaque que le sel neutre correspondant.

t TUIANDRE (tri-an-dr"), adj. Terme de boUnique. Qui a trois étamines.

— Etym. Tri..., et àv/ip, homme, mâle.

TRIANDIUE (tri-an-drie), s. (. Terme de botanique. Classe du système de Linné qui renferme les plantes à trois étamines.

t TKIANDIUQUE (tri-an-dri-k'), adj. Qui appartient à la triandrie.

TRIANGLE (tri-an-gl'), s. m. \\ 1* Terme de géométrie. Figure qui a trois côtés et trois angles. Nous savons bien à peu près, avec le secours des triangles, qu'il y a environ trente millions de nos grandes lieues géométriques de la terre au soleil, VOLT. Phil. ignor. )l. Un triangle est composé de trois angles et de trois côtés; en général, si trois de ces choses sont données, on connaît par le calcul les trois autres, bailly, Uist. astr. mod. t. I, p. 4(5. Il Triangle équilatéral, triangle qui a les trois jcôtés égaux. || Triangle isocèle, celui qui a deux côtés égaux. || Triangle scalène, celui qui a les trois côtés inégaux. || Triangle rectangle, celui qui a un angle droit. L'empereur Cang-hi, assura do nos jours au P. Parennin.... que l'empereur Yu s'était servi des propriétés du triangle rectangle pour lever un plan géographique d'une province, il y a plus de 3960 années, volt. Mœurs, i. Il Triangle obtusangle, celui qui a un angle obtus. Il Triangle acutangle, celui qui a les trois angles aigus. Il Triangle plan, triangle formé par des droites. || Triangle sphérique, celui dont les côtés sont des arcs de grands cercles de la sphère. Les triangles rcclilignes ne peuvent avoir qu'un angle droit; il n'en est plus de même de triangles spliériques, delambre, Abrégé astr. 4. || l' Il se dit des triangles qu'on forme sur le terrain, pour les mesures géodésiques. Le colonel Mudge.... reconnut qu'il était possible de lier les Orcades aux îles Shetland par des triangles dont les sommets s'appuieraient sur les îles, ou plutôt sur les rochers intermédiaires de Faira et de Foula, biot, Inslil. Mém. Acad. se. t. m, p. cxiv. || 3° Triangle arithmétique, arrangement, en forme de triangle, des nombres figurés des divers ordres. || 4° Objet, de forme triangulaire. Une tête [d'un dragon vu en songe] sortait en forme de pupitre. Dont le triangle affreux, tout hérissé de crins. Surpassait en grosseur nos plus épais lutrins, boil. Lutr. iv. Nous avons peine à concevoir ce que le redoutable triangle de feu imprimé dans la nue peut avoir de ridicule en poésie, CHAiEAUBR. Génie, i, i, 3. Adorant l'essence inconnue, Les saints, les martyrs glorieux, Contemplaient sous l'ardente nue Le triangle mystérieux, V. HUGO, Odes, 1, <o. Il Un des attributs de la franc-maçonnerie. || Sorte d'équerre. || 6" Terme d'anatomie. Triangle recto-uréthral, espace compris entre le rectum et l'urèthre. || Terme de chiromancie. Partie située au milieu de la main. Il 6' Terme de musique. Instrument d'acier en triangle, qu'on frappe à l'intérieur avec une tringle do même métal pour accompagner certains airs de musique. Il 7" Terme de fortification. Ouvrage dont les trois angles sont fermés par des bastions coupés ou des demi-bastions. || 8* Terme de marine. Sorte d'échafaud qui sert à travailler sur les côtes d'un vaisseau en construction ou en réparation. Il Se dit de trois barres du cabestan qu'on attache autour des grands m&ts, lorsqu'on veut les racler et les nettoyer. || 8* Terme de liturgie. Se dit de trois cierges qu'on allume le samedi saint, quand on fait le feu nouveau. || 10° Constellation de l'héuiisphère boréal (avec un T majuscule). Il Triangle austral, constellation de l'hémisphère »uslral, qui n'est point visible dans nos climats. ^1 11° Espèce de couleuvre. || 12* Adj. Qui a la forme d'un triangle. Toutes les croix seront marquées et contremarquées i la branche principale, celles à pied triangle aux trois faces du pied, et celles à pied ovale au bouge, RégLem. orfév. sodée. i679.

— HIST. XIV t. ...El quatre faces semblables et égales desquelles cbescune est un triangle à trois coustcs egaulx, oresme, Éth. 24. || zv* s. Il n'y a pals ne triangle [coin de terre]. Qu'ils n'aient tout fait affamer, s. desch. foéties mst. I' as. Si avoit

TRI

veu et advisé une grosse tcwr qui boutoit en avant le fossé, et faisoit le triangle [l'angle] de mur, de laquelle tour le guet pouvoit voir en bas, le Jouvencel, f* 25, dans lacurne. || xvrs. Troys chaisnes bien artificiellement faicles, lesquelles.... comprenoyent en figure triangle une lame de fin or, rab.

— ÉTYM. Provenç. triangle; espagn. et ital. triangulo ; du latin tnonjuluj, de tri..., et angulus, angle.

TRIANGULAIRE (tri-an-gu-lê-r'), adj. || !• Qui a trois angles. La Sicile est la plus grande et la plus considérable de toutes les îles de la mer Méditerranée; elle est de figure triangulaire, rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 248. Byzance.... est située sur un promontoire dont la forme est à peu près triangulaire, barthél. Anach. ch. ii. || Prisme triangulaire, prisme dont la base est un triangle. Il Dodécaèdre triangulaire, solide composé de douze triangles parallèles deux à deux, et se réunissant six par six en un point du même axe. Il Nombres triangulaires, espèce de nombres polygones dont les unités peuvent être disposées en forme de triangles. || 2" Terme d'anatomie. Le muscle triangulaire des lèvres, ou, substantivement, le triangulaire des lèvres, muscle qui naît de la face externe de la mâchoire inférieure, et s'étend jusqu'au coin de la bouche, en resserrant ses fibres en forme de triangle. || Triangulaire du sternum , muscle situé à la face interne du sternum. Il 3° S. m. Sorte de lézard.

— HIST. xiii* s. C'est li cercles trianguliers, Et li triangle circuliers. Qui en la Vierge s'ostela, la Rose, 4 9337. Il XVI* s. Une aiguille unie, ayant la pointe triangulaire, pabé, vu, 8.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. trianguJar; ital. triangolare; du latin triangularis, de triangulus, triangle.

t TRIANGULAIREMENT (tri-an-gu-lê-re-man) , adv. En forme de triangle.

TRIANGULATION (tri-an-gu-la-sion),*./'. || l'Ensemble des opérations géodésiques qui ont pour objet de déterminer la position des sommets des triangles, sur lesquels on doit appuyer les opérations de détail qui serviront à faire le lever d'une partie d'un pays, ou dont on doit conclure la longueur d'une certaine ligne La triangulation du royaume se lie à celle du Piémont, laquelle se rattache elle-même à la triangulation de la Lombardie, puissant, Instit. Mém. scienc. t. ix, p. 224. Il 2° Terme de marine. Opération qui a pour but de déterminer la position de points de la surface du globe à l'aide de triangles.

— ÉTYM. Trianguler. Le lat. triangulatio veut dire qualité d'une chose triangulaire.

t TRIANGULE, ÉE (tri-an-gu-lé, ée), part, passé de trianguler. Qu'on a partagé en triangles , dont on a fait la triangulation. Terrain triangulé. La moitié de la France est trianguléc, le reste le sera sous peu.

t TRIANGULER (tri-an-gu-lé), v. a. Diviser en triangles, faire la triangulation. Trianguler un terrain, un champ, pour en mesurer la superficie.

— ÉTYM. Lat. triangulus (voy. triangle).

■j- TRIANON (tri-a-non), *. m. Se dit de pavillons annexés à un château royal, avec des jardins renfermés dans le parc de celui-ci. Le Trianon de Versailles avait fait naître à tous les particuliers le désir d'en avoir. Mercure galant, 4 672.

t TBIARDS (tri-ar), s. m. pi. Chez les cartiers, cartes du troisième triage.

t TRIARGENTIQUE (tri-ar-jan-ti-k"), adj. Terme de chimie. Se dit d'un sel argcntique qui contient trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.

t TRIAS (tri-as'), s. m. Terme de géologie. Formation qui succède immédiatement au lias dans l'ordre descendant.

— ÉTYM. Ainsi dit de •cpià«, triade ou groupe triple, parce que le trias se divise en trois formations distinctes : les marnes irisées, le calcaire coquillier et le grès bigarré.

fTRIASIQUE (tri-a-zi-k'), adj. Terme de géologie. Terrain triasiquc, ou nouveau grès rouge, groupe de terrains principalement composés de grès, de marnes et de calcaires.

t TRIATOMICITÉ (tri-a-to-mi-si-té), s. f. Terme de chimie. Qualité d'un atome triatomique.

t TRIATOMIQUE (tri-a-to-mi-k'), adj. Terme de chimie. Se dit d'un atome qui a trois points d'attraction, qui peut se combiner avec un, deux, trois équivalents. La glycérine est triatomique.

t TRIAURIQUE (tri-<l-ri-k'), adj. Terme de chi-

TRI

mie. Se dit d'un sel auriquequi confient trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.

TRlBADE (tri-ba-d'), ». f. Terme qu'on évite d'employer. Femme qui abuse de son sexe avec une autre femme.

— CTYM. Tpi6à;, de TpîCeiv, frotter.

t TRIBAL, ALE (tri-bal, ba-l"), adj. Qui vit en tribu. Il Le pluriel masculin est tribals : les Indiens tribals.

— ÉTYM. Voy. TRIBU.

t TRIBALLE (tri-ba-n, *■ f- Morceau de fer qui sert aux pelletiers ou fourreurs pour assouplir les peaux.

I TRIB ALLER (tri-ba-lé), v. a. Passer les peaux par la triballe pour les assouplir.

— ÉTY.V. C'est l'anc. verbe Iriballer , agiter, remuer, le même que trimballer.

t TRIBART (tri-bar), t. m. Bâton que l'on pend au cou d'un chien, pour l'empichcr de chasser ou de courir dans les vignes. || Carcan composé de trois bâtons, qu'on met au cou des cochons, pour qu'ils ne puissent passer à travers les haies.

t TUIBARYTIQUE (tri-ba-ri-ti-k'), adj. Terme de chimie. Se dit d'un sel barytique qui contient trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.

t TRIBASICITÉ (tri-ba-zi-si-té), s. f. Terme de chimie. Qualité d'un acide tribasique.

t TRIBASIQUE (tri-ba-zi-k'), adj. Terme de chimie. Se dit des sels qui contiennent trois équivalents de base pour un d'acide. || Acide tribasique, acide qui, en combinaison, ne peut être neutralisé que par trois équivalents d'une base. L'acide le plus oxygéné du phosphore est tribasique.

t TRÏBOMÈTBE (tri-bo-mè-tr'J, s. m. Instrument propre à mesurer la force du frottement.

— ÉTYM. TftgEcv, frotter, et [lîxpov, mesurer. TRIBORD (tri-bor), s. m. 1| 1° Terme de marine.

Côté droit du navire quand on regarde l'avant. Faire feu de tribord et de bâbord. || Tribord à la barre! ordre de mettre la barre du gouvernail à tribord. || Fig. Faire feu de tribord et de bâbord, faire usage de tous ses moyens, de toutes ses ressources. Il 2° L'une des deux moitiés de l'équipage faisant alternativement le quart avec l'autre.

— KTV.M. Corruption de stribord , de l'islandais slyri'ftord ; anglo-sax. steor-bord; composé de styn", steor, gouvernail, et bord ; bord du gouvernail, dans le moyen âge et les marines du Nord le gouvernail étant à droite.

t TRIBOKDAIS ( tri-bor-dè) , s. m. Terme de marine. Membre de la portion de l'équipage qui fait le quart nommé tribord.

t TRinOUIL (tri-boull. Il mouillées), s. m. Ancien terme populaire. Agitation, troutile, embarras. Comités, clubs, faisant un tribouil efi'royablo,

CHATEAUBR. Mém. t. V, p. 208.

— HIST. xin* s. L'evesques me fit escommunier ; dont il ot [il y eut], à un parlement qui fuà Paris grant tribouil de moy et de l'evesque, joiNv. 201. Ilxv s. Hellasl fait-elle, tant Dieu me veult grant mal. quant il me mist en tel triboil, Les 4& joyet de mariage, p. 29.

— f.TVSl. Nom verbal de tribouiller; provenç. tribol; espagn. tribulo; ital. tribolo.

tTRIBOUILLEB (tri-bou-llé. Il mouillées), v. n. Ancien terme populaire. Être agité. Je me sens tout tribouiller le cœur quand je te regarde, mol. G. Dandin, 11, 4. Ahl que je l'aime! je le sens bien en ce moment; le sang me tribouiUe partout, CAMPisTHON, l'Amante amant, 1, 2.

— f.TY.M. Ce paraît être une forme altérée de l'ancien verbe tribouler, dit aussi Iribuler et tribler, qui représente le lat. tribulare (voy. thibulation); provenç. trobolar, tribolar; espagn. (nbular; ital. Iribolare. En Normandie, on appelle tribouillade les œufs brouillés.

t TRinOULET (tri-bou-lè), s. m. || 1- Nom d'un fou de Louis XII et de François I". || Servir de Tribouict, faire rire, défrayer la compagnie. |i2' Il s'est dit, par extension, d'un homme gros et court. Il 3* Nom donné anciennement à des parties de la Iressure. Dites-lui que j'ai trouvé une meilleure invention pour le potage des pauvres.... je prends, au lieu du boisseau qui vaut 60 sous , un petit mouton ou des fressures ou des triboulets qui ne coiitent pas tant; je fais cuire la viande, puis on la retire, on la hache par petits morceaux , et on coupe aussi le pain, Lett. de la mère Angélique à la célériére de PortHoyal, tl janv. <049, dans keillet , Jfi'sère ou temps de la Fronde, p. 22». Il 4* Nom qu'on donne en Bretagne à la culbute.

TRI

TRI

TRI

Il B* Cylindre de bois dont l'orfèvre se sert pour arrondir.

— ETYM. C'est le nom propre qu'on trouve usité très-anciennement : Si le mctron on la charctc, Et nostre garçon Tribolez lert avec nos, se vos volez, Ren. )C3I;). Il est probable que triboulet vient do tribouler ou Iribouiller. On comprend que tritioulet au sens de culbute ait ni£me origine; mais la trace se perd pour triboulet, fressure, i moins qu'on n'y voie une altération du poitevin tribalée, morceaux de porc cuits dans un chaudron plein de graisse. Au xv* sifccle on trouve : Uiig petit livre appelé triboulet, couvert de noir, Bibl. des ch. •• série, t. I, p. 304; ce livre a-t-il été ainsi nommé parce qu'il parlait de quelque Triboulet?

t TUlBKAytE (tri-bra-k'), s. m. Terme do prosodie grecque et latine. Pied d'un vers grec ou latin composé de trois syllabes brèves.

— ETVM TpiSpox-j;, de tpt, trois, et 6sazùç, bref. T?.mu (tri-bu), *. f.\\i' Certaine division du

fieuple, chez quelques nations anciennes. Romuus commença par distribuer tous les citoyens en tribus et en légions, hollin. Traité des Et. v, »• part. 2. Épioure était Athénien, du liourg de Gargette, et de la tribu d'Egée, dider. Opin. des anc. phil. {Épicurisme). Les Athéniens sont partagés en dix tribus, bartiiél. Anach. ch. 2G. Il n'y en eut d'abord que trois [divisions du peuple romain] ; d'où vint, suivant l'opinion commune, le nom de tribu que ces divisions conservèrent, lors même que le nombre en fut augmenté, bernardi, /ns(i(. Uém. inscr. et belles-ktt. t. vin, p. 288. L'hymen dont la solennité Unit la tribu sainte à la tribu guerrière, c. delav. Porto, in, 7. || J Rome , tribus urbaines, celles qui habitaient la ville; tribus rustiques, celles qui vivaient à la campagne. C'était une ignominie d'être transféré d'une tribu rustique dans une tribu urbaine, et mêmu dans une tribu rustique inférieure à celle où l'on se trouvait d'abord placé, bernardi, Inslit. Mém. inscr. et belles-lett. t. viii, p. 289. 112" Chez les Juifs, tous ceux qui étaient sortis d'un des douze patriarches. SaQl lui répondit : Ne suis-je pas de la tribu de Benjamin, qui est la plus petite d'Israël ? SACi, Bible, Rois, l, ix, 2<. Rompez vos fers, tribus captives, rac. Eslh. m , 9. Les Israélites étaient divisés en douze tribus : il y avait aussi douze tribus d'Ism.iélites, et douze tribus de Perses, kleury, Mœurs des Israël, tit. v, 2* part, p. 3H, dans pouGENS. || La tribu sacrée, la tribu sainte, la tribu de Lévi, qui était vouée au culte. Et Dieu n'est plus servi que dans la tribu sainte , RAC. Alhal. III, 7. Il Par allusion, dans le style de la chaire, la tribu sacrée, la tribu sainte, l'ordre ecclésiastique. Il 3*' Peuplade, petit peuple faisant partie d'une grande nation. Une tribu de Germains. Une tribu d'Arabes. Une tribu do sauvages. Hélas! nous espérions.... Que sur toute tribu, sur toute nation, L'un d'eux établirait sa domination, KAC. Alhal. I, ). Il Familièrement, gens de toutes nations et de toutes tribus, gens de toute espèce. Ne pouvoir se passer de diseurs de riens, d'écoliers, de précieuses ridicules, de fainéants de toutes nations et de toutes tribus? Anti-Ménagiana, p. <»7. Il 4* Familièrement. Les divers membres d'une famille. J'embrasse tout ce qui est autour de vous ; j'ai bien envie de savoir où va votre tribu, sÉv. 1 7 mars ) c8o. || Il se dit, en un sens analogue , des animaux et des végétaux. La grande tribu des petits oiseriux de rivage, buff. Ois. t. xv, p. 22». Il aperçut une tribu de thons qui suivait tranquillement les sinuosités de la côte, et s'engageait dans le filet par une ouverture ménagée à cet effet, bar- THÉL. Anach. ch. 74. Mais, lorsqu'un chêneantique ou lorsqu'un vieil érable. Patriarche des bois, lève un front vénérable, Que toute .sa tribu, se rangeant à l'entour. S'écarte avec respect, et compose sa cour, DELILLE, Jardins, n. || 5" Terme d'histoire naturelle. Division établie dans les familles. La tribu renferme un ou phisieurs genres. La famille des caryophyllées se divise en deux tribus : les silences et les alsinées. ||6° Fig. Coterie, parti. Son esprit [du duc de Noailles| et sa tribu si établie lui donnait de la crainte [au régent], ST-siM. 480, 807. || Se disait des subdivisions des quatre nations dans l'université de Paris. || Se disait d'une certaine quantité de moines qui avaient un supérieur particulier sounMS à l'abbé. — liisr. XIV s. Lignies, c'est tribus en latin, BERciiEURE, f" 2), t'erso. || XVI* S. Ou'il y ait eu du commencement à Rome trois lignées seulement, et non plus, le mot mesme de tribus qui signifie lignée le tosmoigne; car ainsi les appellent eu-

oores les Romains, et tribuns ceulx qui en sont chefs, AMY0T, flom. 30.

— f.TYM. Provenç. trip, Irep; espagn. In'bu; ital. Iribit, tribo; du lat. Iribu», qui représente, d'après Saumaise, le grec tpittO;, xpi-rO:, colien Tpntitù;, la troisième partie de la ?u).^ ou gens. Au contraire, Corsscn, Ausspr. i, l«3, le tire de tri, trois, et un radical bu, représentant le sanscr. bhu. le latin fu, le grec sOui, être.

THIBULATION (tri-bu-la-sion; en vers, de cinq syllabes), s. ^.Affliction, adversité. Serait-il point, compère, à votre passion Arrivé quelque peu de tribulalion? mol. Éc. des f. iv, 8. Tout le monde a ses tribulations, sÉv. 6)2. Le mal [la maladie de votre frère], en me faisant une petite tribulalion, m'ôto cette crainte que me donne toujours une joie sans nuage, ID. » oct. <080. Ce fut alors que commencèrent les tribulations d'auteur, marmon- TEL, ifém. m. Il En un sens particulier, l'adversité considérée dans un sentiment religieux. Pensez en quel danger est leur salut dans cette maudite terre de tribulalion et d'ancjoisse, patru, 3* plaidoyer. Ce sont des tribulations, il est vrai, mais des tribulations salutaires, bourdal. ilijst. Ase. de J. C. t. I, p. 4(5. Tandis que tant d'infortunés mangent un pain de tribulation et d'amertume, la terre ne semble produire que pour vous seuls, le soleil ne se lever et se coucher que pour vous seuls, MASS. Pet. Carême. Vices et verl. des grands.

— REM. Tribulation ne se dit dans le style sérieux que des afflictions morales. Dans le style moqueur ou goguenard, il peut s'appliquer aux souffrances physiques. Qui est-ce qui peut s'assujétir à un rôle pareil, si ce n'est le misérable qui trouve là, deux ou trois fois la semaine, de quoi calmer la tribulation de ses intestins? diderot, le Neveu de Rameau.

— HIST. xir s. E vus encuntre avez degeté Deu vostre Seigneur, ki vus saivad de tuz voz mais e de tûtes vos tribulatiuns. Rois, p. 35. Ayez nés [même] glore en la tribulation, si cum dist li apostles, ST bebn. 565. ||xiii* s. Seneschal, fist li roys, de teles tribulacions quant elles avienncnt aus gens.... dient les sains que ce sont les menaces de nostre Seigneur, joiNV. 285. || xiV s. Tribulacion ou adversité, oresme, Éth. 25. || xv s. Ainsi par toutes terres estoit en ce temps le monde en tribulation et en guerre, froiss. ii, il, 225. Kn cette tribulation [crainte d'être attaqués] demeurèrent ceux en ce faubourg, œ. i, i, 32. || xvi* s. Lorsque les vrais catholiques tombent en tribulation, pour cela leur ame n'est point troublée, langue, 5)0.

— ÈTYM. Provenç. trebulatio , tribolacio ; esp. tribulacion; ital. tribulazione, du lat. tribulationem, de tribulare, tourmenter, proprement presser avec la herse, de tribulum, sorte de herse, qui vient du grec xpiSoio;, herse, où xpt, ayant l't long, représente tp(6u, écraser, plus un suffixe.

t TRIBULE (tri-bu-n, s. m. Genre de la famille des zygophyllées, dit autrefois herse, dans lequel on distingue : 4° le tribule terrestre, dit vulgairement herse et rascle; 2' le tribule cistoïde , appelé à Cayenne croix de chevalier; 3' le tribule aquatique ou tribule d'eau, nom vulgaire de la trappe nageante (onagrariées), dite aussi macre ; 4' le nom de tribule aquatique a été donné en outre, par certains auteurs, au potamogéton crispé (naïadées) de Linné; B* le tribule sylvestre et le tribule des bois, noms donnés, à tort, à la caucalide grandiflore de Linné ; on ne la trouve pas dans les bois (legoarant).

— F.TYM. Lat. (ribuliis, plante, grec ■cpifioXoç, tribule et instrument à trois pointes, de Tpt, et P6)o;, coup.

TRIBUN (tri-bun), s. m. || !• Tribuns militaires, magistrats qui, à Rome, furent temporairement revêtus de l'autorité des consuls. || Tribuns de légion, officiers supérieurs qui commandaient tour à tour une légion. Il y avait six tribuns dans chaque légion. || 2' X Rome, tribun de la plèbe, magistrat chargé de défendre les droits et les intérêts de la plèbe. Les lois sacrées établirent des tribuns qui pouvaient, à tous les instants, arrêter les entreprises des patriciens, MOW- Ti:sQ. J?sp. XI, 14. Cicéron croit que l'établissement des tribuns de Rome fut le salut de la république, ID. tb. V, H. Il 3* Fig. Démagogue, factieux. Je me croyais dans la nécessité ou de subir avec lui le joug du monde le plus honteux, ou de m'ériger purement et simplement en tribun du peuple, qui est le parti du monde le moins sûr et même le plus bas, toutes les fois qu'il n'est pas revêtu de

rarce, hetz, mm. 1. 1, iiv. n, p. 266, dans poigens. Il 4* En France, membre du tribunal, corps politiiiue qui avait été créé par la constitution d« l'an VIII. On a l'air de se demander.... si c'est bien le probe et austère Carnot.... t'ancieivtribuii éliminé.... villehain, Souv. conlemp. iet Cent- Jours, ira.

— HIST. xii* s. E après, Judas eslabll conestablés sor le pople e tribuns e centurions, Machab, t, 3. Il iiv* s. Tribun de plèbe estoient certains magistraz qui estoicnt du plèbe et csleus par le plebo, pour aider le plèbe contre les pères et contre le sénat, bercheure, t" 3.

— f,TYM. Lat. tribunus, de tribus, tribu. TRIBUNAL (Iri-bu-nal, au pluriel, tribunaux),

(. m. Il 1* Siège du juge, du magistrat. Être assis sur un tribunal. Plus grand aux yeux de Dieu lorsque, dans le fond d'une sombre allée et sur un tribunal île gazon, il avait assuré le repos d'une pauvre famille, que lorsqu'il décidait des fortunes les plus éclatantes sur le premier trône de la justice, FLÉcii. Lamoignon. || 2' Juridiction d'un magistrat ou de plusieurs qui jugent ensemble; les magistrats mêmes. Tribunal civil. Tribunal criminel. Tribunal de première instance. Tribunal d'appel. La justice passe du prince dans les magistrats, et du trône elle se répand dans les tribunaux, Boss. le Tellier. Un tribunal de sang le condamne au supplice, volt. Alx. v, 4. Il fallut toujours rendre la justice; point de société sans tribunal, ro. llist. pari, av.-propos. |] Prendre la voie des tribunaux, avoir recours à la justice pour faire décider une alTaire. || Tribunal révolutionnaire, celui qui fut établi par la Convention en «793. Il Tribunal de famille, assemblée de parents qui jugent les contestations élevées entre mari et femme, père et mère, frère et sœur, etc. || Le tribunal des maréchaux de France, l'assemblée des maréchaux de France devant laquelle se portaient certaines affaires relatives au point d'honneur. Il X Rome, tribunal domestique, assemblée d'agnats présidée par le père de famille pour punir cei^ tains méfaits domestiques. L'institution du tribunal domestique suppléa à la magistrature établie chez les Grecs, montesq. Esp. vu, )0. ||3' Lieu où siègent des juges. Le peuple au tribunal précipite ses pas, volt. Tancr. m, 3. || 4" Le tribunal de la pénitence, ou, simplement, le tribunal, le confessionnal, où le prêtre administre le sacrement de la pénitence. Ces tribunaux de miséricorde, qui justifient ceux qui s'accusent, Boss. Reine d'Anglet. Je dois demain, je dois dans quelques jours comparaître au tribunal de la pénitence, BOURDAL. 4 3* (Jim. après la Pentecôte, Dominic. t. m, p. 3', . Et cependant vous vous retrouvez le même au sortir du tribunal, mass Carême, Rechute, t. \\ 6° Le tribunal de Dieu, la justice de Dieu. Si, sortant du palais des rois, elle [Mme de Montausier) se fût trouvée devant le tribunal de Dieu, je ne parlerais de sa mort qu'en tremblant, PLÉcn. Èfme de Mont. Ce fut alors qu'elle [Mme d'Aiguillon] épancha son âme devant Dieu, avant qu'elle parût devant son redoutable tribunal, ID. Aiguillon. || 6° Il se dit de la juridiction de choses morales que l'on considère comme des juges. Le tribunal de l'opinion publique, de la postérité. L'honneur a son tribunal, et la médisance a le sien, raynal, llist. phil. xiii, 6. || 7" Fig. Ce qui juge en nous-mêmes. Le tribunal de la conscience. Quel plus doux sommeil, plus libre et plus tranquille, se peut-on imaginer, que celui qui se prend après s'être recueilli de la sorte [avoir fait son examen de conscience chaque soir], avoir rendu de tels comptes devant le tribunal intérieur et s'être endormi sur de semblables méditations? lamotiiele vaver. Vertu des paient, n, Sânéque. Chacun s'est fait à soi-même un tribunal où il s'est rendu l'arbitre de sa croyance, BOSS. Reine d'Anglet. Le premier tribunal oh il monta [M. de Lamoignon] fut celui de sa conscience pour y sonder le fond de ses intentions, FLÉcii. Lamoignon. Il 8° Fig. Un tribunal de littérature, un salon où l'on s'occupe de littérature et de choses d'esprit. J'aimerais cent fois mieux une fille simple et grossièrement élevée qu'une fille savante et bel esprit qui viendrait établir dans ma maison un tribunal de littérature dont elle se ferait la pédante, j. j. rouss. Ém. v. || 9* Terme d'architecture. La partie postérieure des basiliques, qui a souvent la forme d'un hémicycle.

— HIST. XV* s. Lors le commanda Pilate amener devant luy à son sicge tribunal, où il se scoyt, Perceforest, t. vi, f* iï3.

TRI

TRI

TRI

— ÊTYM. Hrov. et esp. (riftunal ; ital. In'bunolê; du lat. tribunal, dérivé de tribumts, tribun.

TRIBUNAT (tri-bu-na: le t ne se lie pas), s. m. Il 1* Terme d'antiquité romaine. Charge de tribun. Ij Temps de l'exercice de cette charge. |l 2° En France , sous la constitution de l'an viii, assemblée qui concourait à la formation de la loi.

— HIST. ivi* s. Il obtint l'office de tribun du peuple; et en ce tribunal il meit en avant une loy touchant les élections, amyot, tfarius, 4.

— ÊTYM. Lat. tribunatus, de tribunus, tribun. TRIBUNE (tri-bu-n'), s. f. || 1» Lieu élevé d'où

les orateurs grecs et romains haranguaient le peuple. Monter à la tribune. La tribune aux harangues était une espèce d'échafaud solidement établi et à demeure, avec un siège pour les magistrats, qui seuls avaient droit d'y monter et d'y haranguer le peuple, bouciiaud, Instit. ilém. se. mor. etpol. t. v, p.l32. || 2« Aujourd'hui, dans les assemblées délibérantes, lieu élevé d'où parlent les orateurs. La tribune de la chambre des députés. Que de périls la tribune orageuse Offre aux vertus qui l'osent affronter! béhang. Malade. L'exposé sur notre situation morale que le ministre de la police générale [Fouché] apportait à la tribune, viLLEMAiN, Souv. contemp. les Cent- Jours, x. Il L'éloquence de la tribune, le genre d'éloquence propre aux débats des assemblées politiques. L'éloquence n'a plus de tribune; mais la chaire en est une encore pour cette morale sublime que rend plus pure et plus touchante la sainteté de ses motifs, MARMONTEL, Œuv. t. X, p. 105. || La tribune sacrée, la chaire où montent les ecclésiastiques pour parler au peuple. Votre fils est bègue, ne le faites pas monter à la tribune ; votre fille est née pour le monde, ne l'enfermez pas parmi les vestales, LA BRUY. II. Il 3" Lieu élevé et réservé dans les églises, dans les grandes salles d'assemblées publiques. Mlle de Fontanges est d'une beauté singulière, elle parait à la tribune comme une divinité; Mme de Montespan de l'autre côté, autre divinité, sÉv. 397. Elle avait un appartement dans un couvent de religieuses et une tribune à l'église des Capucins, mais avec autant de mystère que les femmes galantes de ce temps-là avaient de petites maisons, marmontel, Mém. vi. La tribune de la feue reine [Marie-Thérèse] avait toujours été vide et fermée depuis sa mort; le roi ouvrit luimême cette tribune, et fit entrer Mme de Maintenon, GENUS, Mme de Maintenon, t. ii, p. 240, dans POUGENS. Il Fig. Les affreux spectateurs [damnés] d'un affreux sénat [démons] prennent leurs rangs dans les tribunes brillantes, chateaubr. Mart. VIII. Il 4° Tribune d'orgues, grand' 'libuneoù estplacé le buffet d'orgues, dans uneégi.se.|| 6' Balcon autour de la lanterne d'un dôme. || 6° Dans les bibliothèques publiques, galerie ou balcon qui court autour des murs à moitié d'étage. || 7° Dans la galerie des Offices, à Florence, salon où l'on a réuni les plus belles toiles et les plus belles sculptures; c'est à l'imitation de cette tribune qu'on a fait le salon carré au Louvre. Nous aurions composé avec ces maîtres si contestes alors, si admirés aujourd'hui, une sorte de tribune ou de salon carré romantique capable de se soutenir à côté des plus belles œuvres anciennes, th. gautier, Feuilleton du Journal officiel du 4 4 févr. <870.

— ÉTYM. Bas-lat. tribuna, qui parait provenir du latin tribunal, siège élevé.

TRIBUMTIEN, lENNE (Iri-bu-ni-siin , siè-n'), adj. Terme d'antiquité romaine. Qui appartient au tribunat. Ses successeurs [d'Auguste], outre la puissance tribunitienne, accumulèrent les titres de César, d'Auguste, de grand pontife, de proconsul, d'empereur, de père de la patrie, bollin. Traité des Et. v, 3« part. 2. || Terme de numismatique. Puissance tribunitienne, se dit d'une médaille impériale, qui indique depuis combien d'années l'empereur exerçait la puissance tribunitienne. || Fig. Éloquence tribunitienne, se dit des discours fougueux d'un démagogue.

— HIST. xiv s. La puissance tribunicienne,

BERCHIURE, ^ 84.

— ETYM. Lat. tribunitius, de tribunus, tribun.

TRIBUT (tri-bu; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Vt se lie : des iri-bu-i onéreux), j. m. || !• Ce qu'un ÉUt paye ou fournil i un autre Etat pour marque de dépendance. Après divers avis on résout, on conclut D'envoyer hommage et tribut [à Alexandre], la font. Fabl. n, ii Carthage fut obligée à payer tribut, boss. llist. I, 8. Affranchir l'Espagne de l'infâme tribut de cent filles que son oncle Mauregat avait accordé

aux Maures, id. Ilist. j,u. Pompés.... content du tribut qu'il leur imposa.... leur laissa leur prince [aux Juifs] avec toute la juridiction, iD. Hist. n. )0. La guerre contre les Saxons avait commencé pour un tribut de trois cents chevaux et quelques vaches que Pépin avait exigé d'eux ; et celte guerre dura trente années, volt. Mœurs, )B. Le souverain de la Perse osa demander un tribut au vainqueur; Albuquerque fit apporter, devant l'envoyé, des boulets, des grenades et des sabres : voilà, leur dit-il, la monnaie des tributs que paye le roi de Portugal, raynal, //iSJ. phil. i, U. || Enfants de tribut, les enfants que le Grand Seigneur lève en certains pays par forme de tribut sur les chrétiens qui sont ses sujets. || 2° Impôt que lèvent les gouvernements. Ils [les sénateurs, à Home] déchargèrent le menu peuple de tout impôt, ajoutant que les pauvres payaient un assez grand tribut à la république, en nourrissant leurs enfants, BOSS. Ilist. m, 6. Lorsqu'il fut question de payer le tribut à César, mass. Carême, Aumône. Les tributs doivent être si faciles à percevoir et si clairement établis, qu'ils ne puissent être augmentés ni diminués par ceux qui les lèvent, MONTESQ. Esp. xiii, 10. Il n'y a point d'État où l'on ait plus besoin de tributs que dans ceux qui s'affaiblissent, id. Rom. iS.\\3' Fig. Ce qu'on est obligé d'accorder, de souffrir, de faire. L'estime et le respect sont de justes tributs Qu'aux plus fiers ennemis arrachent les vertus, corn. Sertor. lu, 2. Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux.... Des soucis dévorants c'est l'éternel asile... L'humble toit est exempt d'un tribut si funeste, LA FONT. Phil. et Bauc. Tout le monde en ce pays a eu des rhumatismes, ou des (luxions sur la poitrine, choisissez.... ainsi il fallait bien payer le tribut d'une façon ou d'une autre, sÉv. 247. Elle [Mme deLuynes] avait payé le tribut de l'humanité l'année passée par une grande maladie, et la voilà morte un an après, ID. 6 nov. i 684. Quel qu'il soit, il paiera son tribut aux douleurs, de- ULLE, Imag. m. Â son penchant toujours il faut payer tribut, collin d'harlev. Vieill. et jeun. gens, ii, *i. || Payer le tribut à la mer, se dit d'un homme qui, embarqué pour la première fois, a le mal de mer. || Payer le tribut à la nature, mourir. C'est une loi de la nature , que ce qui est mortel doit le tribut à la mort, boss. t" sermon, Assompt. de la S te Vierge, i.\\i' Dans le langage de la galanterie, hommage amoureux. Le plus parfait objet dont je serais charmé N'aurait point mes tributs, n'en étant point aimé, mol. Dép. am. i, 3. Son mari [de Mme de Vins] a donc payé le tribut aux yeux de Mme D"**; vous lui apprendrez comme il faut en être jalouse, sÉv. 30 juin (C80. Peut-être sans colère Alliez-vous de mon cœur recevoir le tribut, rac. Bérén. i, i. || 5° Rétribution. Je sais qu'un noble esprit peut sans honte et sans crime Tirer de son travail un tribut légitime, BOiL. Art p. IV. El nos voisins frustrés de ces tributs serviles Que payait à leur art le luxe de nos villes [il s'agit de rétablissement des manufactures sous Louis XIV], ID. Épit. 1. Il 6' Fig. et poétiquement. Les fleuves portent à la mer le tribut de leurs ondes, ils s'y jettent.

— REM. Il ne faut pas confondre payer tribut et payer le tribut. Payer tribut, c'est être tributaire. Payer le tribut, c'est acquitter l'imposition fixée.

— HIST. XI' s. E le treiid d'Espagne la grant tere, Ch. de Bol. lii. || xii* s. E rechut de ces citez David, cume sires, servises e truud. Rois, p. 446. Ilxiii' s. Il me lelenoienl le treii Que tresluit homme m'ont deû, la Rose, <953». ||xv" s. Si nous avions jà jusques à mille lances, nous ferions un si grand treû en Angleterre qu'il y parroit [paraîtrait] quarante ans avenir, froiss. Il, n, 220. Jàestoit venu ISouciquaul en l'âge et au temps que amour naturellement a coustume de prendre le treù et la paye de tous jeunes nobles courages, Bouciq. I, 7. Il XVI* s. Il n'imposera péage ou treu, sinon du consentement des électeurs, sleidan, i' 17. Tributs et impositions faites sur le peuple, pasquier, Recherch. p. 7)7, dans lacurne.

— ÊTYM. Prov. trabug. trabus, trahut, traut,treu, et aussi tribut, (rebuC; esp. et ital. tri'buto ; du lat. tn'butiim, de trtbttere, distribuer, qui vient de tribus, tribu, et signifie répartir par tribu.

TRIBUTAIRE (tri-bu-tê-r'), odj. ||1* Qui paye tribut à un prince, à un État, sous la domination ou sous la protection duquel il est placé. L'Egypte.... est laiproiedece roi superbe [Nabuchodonosor], et lui devient tributaire, BOSS. Bist. ii, 4. Ce fui alors aue les Juifs furent faits tribu-

taires des Romains, id. ib. ii, 8. Les Turcs prirent, sous le règne de Michel, la Podolie et la Volhynie; la Pologne ne put se conserver qu'en se rendant tributaire de la Porte ottomane, volt. Mœurs, 489. || Terme de féodalité. Terres tributaires, terres assujetties à une redevance i; 2° Fig. Qui paye quelque chose comparé à un tribut. Ce pays est tributaire de l'Angleterre pour telle marchandise. Et que, tout fiers que nous sommes. Nous naissons tous, faibles hommes. Tributaires des douleurs, i. b. rouss. Odes, iv, ». Il Soumis à. Rendez de mon pouvoir Athènes tributaire, rac. Phèdre, ii, 3. || 3» Substmtivemcnt. Les tributaires de la Turquie. Mais ceux dont les États entourent mes confins. Ou sont mes ennemis, ou sont mes tributaires, volt. Sémiram. m, 6. Il Fig. J'eusse.... Rendu de vos regards tous les dieux tributaires, régnier, Élég. i. Los peuples ne vont plus, aveuglés par tes mages. Suspendre leurs présents autour de tes images, Tributaires craintifs d'un bois mangé des vers, gilb. le Jubilé. Rien pour l'observateur n'est muet sur la terre; L'univers étonné devient son tributaire, millet. Invention poétique. || 4" Fig. Se dit des divers affluents d'un neuve. Les tributaires du Danube.

— HIST. XII' s. X Rou se vont livrer et rendre Tributaire d'or en avant, benoît, n, 2608. || xiii' s. Li tributaire S'apariUoient en la mer Pour en Jherusalem aler. Légende de Juda, p. 88, dans la leggenda di Fcr^ogna. || nv s. Le chetif peuple n'a solaz ne repos, ainçois oultre ce il est devenu taiUable et tributaire, berciielre, t' 400. ||xvi's. Maintenant sans profit on implore mercy, D'une dame cruelle esclave et tributaire, desportes. Diverses amours, sonnet vu. Votre œil me commande, et mon cœur tributaire Ne connoisl autre amour, autre empire, autre loy, ID Diane, l, 69.

— ÊTYM. Prov. tributari; esp. et ital. tributario; du lat. tributarius, de tributum, tribut.

t TltlC (trik), s. m. Signal que faisaient les ouvriers imprimeurs pour quitter le travail en masse et aller boire. Sera défendu à tous compagnons imprimeurs et libraires de faire aucune assemblée, tant en général qu'en particulier.... même de l'aire aucun trie dans les imprimeries ou ailleurs. Règlement de 4618, art. 34. || Assemblée, réunion C'est sur les six heures que se fait le trie de cetti promenade, et les moins mal en ordre vont se produire dans ces magnifiques jardins, où le désajustement des autres ne serait pas de mise, l'ambigu d'^utcut'l ou les vérités historiques, 4 719, dans FR. MICHEL, Argot.

t TRICAGE (tri-ka-j'), s. m. Terme do marine. Travail qui consiste à dresser les faces opposées des pièces avec lesquelles on veut construire un mât d'assemblage. Il So dit des meriains dont les pièces n'ont pas tout à fait la largeur prescrite.

t TRICALCIQUE (tri-kal-si-k'), adj. Terme de chimie. Sel tricaltique, sel calcique qui contient trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.

t TRICAPSULAIRE (tri-ka-psu-lê-r"), adj. Terme de botanique. Qui est formé de trois capsules, en parlant d'un fruit.

t TRICÉXAIRE (tri-sé-nê-r'), s. m. Série de trente messes, dites en trente jours consécutifs, pour un défunt.

— ÊTYM. Lat. tricenarius, de triceni, trente.

t TRICENNAL, ALE (tri-sè-nnal, nna-r),a(i;. De trente ans.

— KTYM. Lat. tricennalis, de trieeni, trente, et annus, an.

t TRICÉPHALE (tri-sé-fa-l') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a trois têtes ou trois sommets. Il Substantivement, genre de monstres.

— ÊTYM. TpixtçaXoî, de Tpeît, trois, et xi^lii, tête.

TRICEPS (tri-sèps"), adj. Terme d'anatomie. Se dit des muscles dont l'extrémité supérieure est formée de trois faisceaux distincts. Les muscles triceps. Il Substantivement. Triceps brachial ou liuméral, muscle de la p.irtie postérieure du bras. Triceps crural ou fémoral, muscle placé aux parties antérieure, interne et externe de la cuisse.

— HIST. ivi' s. Le triceps de la cuisse, paré, i, 8.

— ETYM. Lat. triceps, de tri, trois, et caput, tête, t TRICHE (tri-ch'), s. f. Terme de jeux. Se dit,

au romestecq, de trois as, de trois rois, etc. réunis dans la même main.

TRlcnft, ÉE (tri-cbé, chée), part, passé de tricher. Triché par des filous.

TRICHER (tri-ché), i;. o. || 1" Tromper au jeu. Il m'a triché. J'eus toutes les peine» du monde à

TRI

TRI

TRI

lui faire apercevoir que Je la trichais, j. J. Bouss. Ém. m. Il Fi«. A tout jeu le sorl nous triche, bé- «ANG. On s'en fiche. || 2° V. n. Tromper au jeu. Jeunes oisons et bégueules titrées, Lorgnant des sots et trichant au piquet, volt. ÉpU. 3i Tricher au jeu sans gagner est d'un sot, id. Sadres, Uypocr. X une époque où les femmes de la cour avaient l'habitude 8t la fureur de tricher, cahmontelle, l'rov. t. >v, p. XLi, dans pougens. || Fig. Représentez-vous, s'il vous plait (et que votre modestie ne triche point), les grâces dont je vous suis redevable, boursault, tel», nouv. t. Il, p. 119, dans pougkns. La fortune et les dieux trichent comme de grands coquins, GALIANI, Corresp. t. I, p. 78. || 3» Kig. Tromper, soit en de petites choses, soit par des voies basses et misérables. Le nfttre [gouverneur] est devenu trop riche ; On ne peut tant gagner, à moins que l'on no triche, bol'RSault, Fabl. d'Esope, n, 5. Il Par antiphrase. J'ai reçu avec la vôtre du », la petite caisse et le café sur lequel vous m'avez bien triché, puisque la quantité en est bien plus forte que celle en échange do laquelle j'envoyais les pommes, j. j. Rouss. Ém. ii. || 4° Terme d'arts et métiers. Dissimuler un défaut de symétrie, de régularité.

— lllST. XII* s. Mult sunt faus li prélat.... Quant trichent lur Signur, poi te serunt feeil [fidèles]. Th. le mort. 29. Car vers vus nus volt faire parjurer e trichier, ib. 43. || xni* s. Pechiés seroit, se tu trichoies, Qu'il m'est avis que loial soies, Jo flo.se, (087. Etmaistre Pierre li Lombars, Qui Paris triche par ses ars, Bataille des sept arts. Cinquante anz [elle] a en s'escuele, S'est maigre et sèche; N'ai pas paor qu'ele me treche, ruteb. e. Si doit périr qui s'amor triche; Qui dame trice u qui li ment, Tros qu'elle l'aime loiaument. Cil soit par tôt le mont treciés [poursuivi], Harlonop. v. 5473. Il xvi" s. C'est Charles V, dit Charles d'Autriche, que les anciens François de son temps brocardans appelloient Charles qui triche, faisant allusion sur Austriche qui triche, autant à dire qui trompe, brant. Capii. eslT. t. i, p. 4.

— ÊTYM. Provenç. trichar, tricher, trie, tromperie; ital. treccare. Diez rejette le lat. tricari, chercher des détours, parce que 1'» long latin n'aurait pas donné un e (treeher, treccare); suivant lui, le mot est germanique : néerlandais, trek, action de tirer et tour qu'on joue. Mais alors, inversement, d'où viendrait l't en français et en provençal ? Le français, qui a treeher et tricher, fait la transition, et il faut adopter tricari.

TRICUKRIK (tri-che-rie), s. (. \\ 1° Tromperie au jeu. De là ces tricheries indignes, et, s'il m'est permis d'user d'un terme plus fort, ces friponneries que cause l'avidité du gain, bourdai.. Pénitence, 2* avent, p. 472. || 2° Figurément. Toute tromperie. Je vois, je vois, c'est une tricherie De votre époux, la font. Magn. La nature fait assez souvent de ces tricheries-là; elle enterre je ne sais combien de belles âmes sous de pareils visages, MARiv. Pays. parv. ('" part. Je n'y verrais pas ce qu'on appelle le dessous des cartes ; j'ignorerais toutes les tricheries, et tant mieux , M""' du def- FANT, Utt. à H. Walpole, t. iv, p. 307, dans pougens, l'.n tricherie on le [l'Amour] dit passé maître, BÉRANG. Coin de l'amitié. || Proverbe. Tricherie revient à son maître, un trompeur est toujours dupe de ses propres inventions. La tricherie enfin va toujours à son maître, hauteroche, Soup, mal apprîté, se. \.

— HisT. xn* s. E nen est en sun espirit tricherie. Liber psatm. p. 38. Ne cil n'aime pas Deu, qui n'aime leauté; E Dcus het tricherie et tule iniquité. Th. le mart. 40. || xin* s. Et s'il en y a nul qui pense mauvaistié ne trecherie, si ne s'i aproce mie, Chr. de Itains, p. 447. On apele triquerie tout ce qui est fail à essient par menchonge k'on veut afermer por vérité, beaum. xxxm, 9. || xv" s. Mais quant ceste peine arbitraire On m'adjugea par tricherie, Esloit-il lors temps de me taire? VILLON, Bail, sur ton appel. || xvi' s. Barres ou exceptions de (pour cause de] force, de peur, de tricherie, ne duroient qu'un an, loysel, 7)4.

— RTYM. Tricher; prov. tricharia; it. treccheria. Tricharia était le nom d'une sorte de jeu de dés.

TRICIIKDK, ECSE (tri-cheur, cheu-z'), j. m. et f. Celui, celle qui triche, qui trompe au jeu. C'est un tricheur, une tricheuse.

— HIST. im* s. Et Tybert son cousin, qui ert [était] faus et trichiere, Berte, xl. C'est celé qui les trichcors Fait tous, et les faus plaideurs. Qui maintes fois, par leur favcUs, Ont as [aux] valés et as puceles Lor droites hérités tolues, (a Rose, I

484. Il ziv* s. Cest Venus U triceresse née de Cypre, ORESME, Éth. 200. || XV* S. Temps sans cremeur [crainte], temps de perdicion, Aage tricheur, tout va desloiaument , E. dbscr. Bail, sur le temps présent. Toudis se craint tricheur qui a trichic,n). Poésies mst. t" 44&. Li suppliant dist à Bertran Ogier : Tu n'es que un tricheur et un plaideur, DU CANGE, trieator. \\ xvi* s. Le noble il gardera, Et en proie et butin ne l'abandonnera X l'avare usurier, ny au plaideur tricherro. Qui par mille moiens luy font perdre sa terre, dubell. viu, 49, recto.

— ETYM. Tricher ; provenç. trichaire, trichador, au fém. trichairitx: ital. trecchiero. Tricher*, trichaire est le nominatif; tricheor, trichador est le régime ; du bas-lat. tricâtor, tricatôrem.

t TRICHIASIS (tri-ki-a-zis'), s. m. Terme de chirurgie. Affection dans laquelle les cils, déviés de leur direction naturelle, viennent se mettre en contact avec la surface du globe de l'œil, qu'ils irritent.

— ÊTYM. Tpiyîafftc, de 6pi5, tpixos, cheveu. tTUIClIlNAL, ALE(tri-ki-nal,"na-r), aij. Qui

a rapport à la trichine. La maladie trichinale.

t TRICIILNE (tri-ki-n'), s. f. Nom générique d'un helminthe nématoïde, le trichina spiralis, découvert par Hilton et décrit par R. Owen. On trouve ces vers dans les muscles de la vie animale, chez le cochon ; ils parviennent, par l'ingestion, dans les intestins de l'homme, et y pondent des oeufs dont les embryons, une fois éclos, percent la paroi intestinale et pénètrent dans les diverses organes, causant ainsi une maladie toujours grave, souvent mortelle. Une bonne cuisson de la viande de porc tue les trichines, quand elles y existent, et âte tout danger.

— ËTYM. Tpixivo;, mince comme un cheveu, de 6p'iÇ, cheveu.

f TRICHINE, ÉE (tri-ki-né, née), adj. Infesté de trichines. Muscles trichines.

t TRICHINEUX, EUSE (tri-ki-neû, neû-z'), adj. Synonyme de trichinal. Infection trichineuse.

t TRICHINOSE (tri-ki-nô-z'), s. f. Terme de médecine. Maladie occasionnée par les trichines.

t TRICHISME (tri-ki-sm'), s. m. Fracture filiforme.

— ËTYM. Tptxio)i.à:, fente semblable à un cheveu, de tpii, -rptyo;, cheveu.

t TRICHOCARDIE (tri-ko-kar-die), s. f. État du cœur hérisse de flocons pseudo-membraneux dans certiiins cas de péricardite.

— KTYM. ©piÇ, xpixo;, cheveu, poil, et xopêÎK, cœur.

t TRICUOCÉPHALE (tri-ko-sé-fa-1'), s. m. Entozoaire nématoïde filarien, dont une espèce (trichocephalus dispar, L., trichocephalus ou moftigodes hominis) se rencontre chez l'homme.

— KTVM. 0pi{, Tpiyo;, cheveu, et xeya'/Ti, tête.

t TRICUOCYSTE (tri-ko-si-sf), s. f. Nom donné aux kystes pileux.

— ÊTYM. 6f.iÇ, tpiX*?) poil) *' xûirri;, poche.

t TRICHODONTE (tri-ko-don-f) , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a des dents semblables à des soies.

— ËTYM. OolÇ, tpixo;, poil, et oôoùî, dent.

t TRICHOGLOSSIE (tri-ko-gio-ssie), s. f. État de la langue dans lequel elle semble couverte de poils pouvant atteindre jusqu'à un centimètre de long et plus.

— ËTYM. 0piÇ, tpixoC) poil, et yyâaaa, langue.

t TRICUOLOGIE (tri-ko-lo-jie), s. f. Traité des poils.

— ÉTYM. 0pl{, tpixà?, poil, et loYo;, traité.

t TRICHOMA (tri-kô-ma), *. m. Terme de médecine. Synonyme de plique.

— ÊTYM. Tpîxtoixa, chevelure, de 6piÇ, Tpixoç, cheveu.

t TRICHOMATECX , EUSE (tri-ko-ma-teù, teûz') ou TRICHOMATIQUE (tri-ko-ma-ti-k') , adj. Qui a le caractère du trichoma, de la plique.

t TRICIIOPHYTON (tri-ko-fi-ton), s. m. Végétal parasite formé uniquement de spores, qui prend naissance dans l'intérieur des cheveux et qui produit une sorte de teigne.

— ÊTYM. ©pi?, ■cptxo;, cheveu, et furiv, végétal.

] TRICHORRHIZE (tri-ko-rri-z'), s. m. Terme de chirurgie. Cils anomaux qui causent des conjonctivites, et qu'il faut arracher.

— ÊTYM. ©piÇ, Toix»;, poil, et fiÇd, racine. tTRICHOSANTHE (tri-ko-zan-t'), S. m. Terme

de botanique. Genre de la famille des cucurbitacées, dont une espèce {trichosanthes anguina, L.) est alimentaire en Chine, et une autre (Iric/iosan-

thet eueumerina, L.) est un purgatif et vomitif vit • lent usité aux Indes.

— ÊTYM. BpiÇ, Tpi/i;, cheveu, et Jv6o<, fleur.

t TRICUOSIS (tri-k6-zis'), i. m. Nom donné au Irichiasis; et aussi i de petits kystes sébacés qui se développent sur divers points de la conjonctive, et portent ordinairement un ou Dlusieurs poils.

— ÊTYM. 6oi{, Tptxèt, cheveu.

t TRICHOSOME (tri-ko-so-m'), ». m. Genre de vers nématoîdes des mammifères et des oiseaux , voisin des trichocéphales.

— ÊTYM. 6pi{, xpixo;, cheveu, et oûiia, corps.

t TRICHOTOUE (tri-ko-to-m'), adj. Se dit de toute partie qui se divise et se subdivise par trois.

— ÊTYM. Voy. TRICHOTOMIE.

t TRICHOTOMIE (tri-ko-lo-mie),»./'. Division par

trois.

— ETYM. Tpixot, en trois, et ■coy.-f\, section.

t TRiCIIOTOMIQUE (tri-ko-to-mi-k'), adj. Qui appartient à la trichotomie.

t TRICHKOÏSME (tri-kro-i-sm'), 1. m. Terme de physique. Phénomène produit par un corps qui ofl're trois couleurs distribuées diversement suivant la manière dont on le regarde.

— ÊTYM. Toi, trois, et xpoUt'v, colorer.

t TRICUROÏTE (Vri-kro-i-f), adj. Qui offre la phénomène du trichroïsme.

t TRICLINIQUE (tri-kli-ni-k') , adj. Terme de minéralogie. Type triclinique , type caractérisé par trois axes inégaux non perpendiculaires entre eux.

— ETYM. Tpi, trois, et xXîvti, inclinaison.

TRICLINICM (tri-kli-ni-om"), ». m. Terme d'antiquité romaine. Salle à manger à trois lits, sur chacun desquels se plaçaient trois convives. Un des côtés restait libre pour le service , et le long des trois autres on rangeait trois lits : ce qui fit nommer triclinium et la table et la salle à manger, CONDIL. IJist. anc. xi, 3.

— ÊTYM. IkiI. triclinium, de Tpl, trois, et xXîvTi, lit.

t TRICOBALTIQUE (tri-ko-bal-ti-k'), adj. Terme de chimie. Sel tricobaltique, sel cobaltique qm contient trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.

TRICOISKS (tri-koi-z'),î. (. pi. || f Tenailles à ferrer; elles se composent (Je deux pièces unies par un clou; chaque pièce comprend la mâchoire ou mors, l'œil et la branche ; le mors est tranchant et aciéré. Les tricoises servent à soulever le fer pour le séparer du pied, à arracher les clous implantés dans la corne, à couper leurs lames, à les river sur la paroi du sabot. || %• Tenailles à deux mâchoires dont se servent les menuisiers et les autres ouvriers en bois, pour tenir et arracher des clous, des chevilles, etc. Les sondes à fromages, les tricoises, les tilles appartiennent à la classe des outils, Tarifs des douanes, 4 869, p. 430.

— HIST. XIV* s. Les unes [choses qui servent i tirer les dards enfoncés dans le corps] sont turqueises, et sont toutes d'une forme, u. de mondeville, f° 30. Estre garni d'unes petites turquoises propres à ce, afin que, si tost que l'esprevier aura lié le piat [jeune pie], l'en luy rompe les jambes et le becq, afin que l'esprevier en soit tousjours au dessus, Ménagier, m, 2. Une truquoise d'argent à casser noisette, de laborde. Émaux, p. 629 Il XV* s. Et si avoient limes et sies sourdes et grosses turquoises et habillemens pour légèrement ouvrir ladicte porte, juv. des urs. Charles VI, 4447.

— ÊTYM. Altération, comme le montre l'historique, de turcoises : tenailles à la turque. Le gaélique aussi dit turcaid, tricoises, et en gaélique turcach signifie un Turc. On ne peut donc admettre l'étymologie de Diez : néerland. trek-ijser, fer à tirer.

TRICOLOR (tri-ko-Ior), ». m. || 1* Espèce d'amarante à grandes feuilles, mêlées de jaune, de vert et de rouge. || Plusieurs variétés d'œiUcts. || 2° Espèce de tangara et plusieurs autres oiseaux. Le beau rouge, l'azur et le vert qui frappent les yeux dans le plumage de ce lori, et le coupent par grandes masses, nous ont déterminés à lui donner le nom de tricolor, buff. Ois. t. xi, p. 4 83.

— ÊTYM. Lat. tricolorem, de tri, trois, et tolor, couleur.

TRICOLORE (tri-ko-lo-r'), adj. \\ l' De trois couleurs. Fleur tricolore. I{ Il se dit particulièrement des couleurs du drapeau français, qui sont le bleu, le blanc et le rouge; ces couleurs ont été adoptées en 4789; elles représentèrent alors, dit»

TRI

on, la fusion des trois ordres : le rouge pour le peuple, le lieu pour le clergé, le blanc pour la noblesse. Soldat du drapeau tricolore, D'Orléans, toi qui l'as porté, c. dkla.vigne, la Parisienne. il Fig. Te voilà donc restaiirée,Chanson mes amours ; Tricolore et sans livrée Montre-toi toujours, bérano. Restaur. || On a écrit tricolor au masculin : Ce signe tricolor à peine est arboré.... delille, Imag. vu.

— f.TVM. Tricolor.

] TRICON (tri-kon), ». m. Terme de jeux. Se dit, au hoc, de trois cartes de même figure ou valeur, comme trois rois, trois as, trois dix, etc. || Fig. Le normand et le gascon et le nôtre [les parlements de Rouen, de Bordeaux et de Paris joints ensemble dans la Fronde] faisaient tricon, retz, t. iv, liv. v,

p. 326, dans LACURNE.

t TUICOODE (tri-ko-k'), adj. Terme de botanique. Dont le fruit est formé de trois coques.

— ÉTYM. Tri..., et coque.

t TRICORNE (Iri-kor-n'), adj. Qui est surmonté de trois cornes. |{ S. m. Un tricorne, un chapeau à trois cornes.

— KTYM. Tri..., et corne.

t TRICOSTfi, ÉE (tri-ko-sté, stée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est relevé de trois côtés. Il Qui a trois saillies en forme de côtes.

— ÈTYM. Tri..., et lai. Costa, côte.

i. TRICOT (tri-ko; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire), s. m. || 1° Tissu fait en mailles à l'aide d'aiguilles en métal, en bois ou en ivoire pour le tricot à la main; le tricot se fait aussi avec des métiers. Une camisole, un jupon de tricot. Il fait froid, mettez votre tricot. Nous indiquerons une anecdote d'après laquelle on pourra soupçonner que l'invention du tricot est d'une date assez moderne, et surtout postérieure aux étoffes à mailles, dont il est fait mention dans Pline, des- MAREST, /nsfiJ. Mém. scienc. (806, 2' sem. p. (26. Les transpositions des mailles doivent varier assez pour satisfaire à tous les dessins possibles d'agréments qui conviennent aux tricots dits toiles d'araignée, iD. ib. 1808, p. (67, Hts(. ||Basau tricot, ou bas brochés, ou bas à l'aiguille, bas qui se font avec de petites broches de fil de fer qui, en se croisant les unes avec les autres, entrelacent les fils et forment les mailles. De réformer l'article (7, et d'en retrancher les marchandises de bonneterie au métier, pour n'y laisser subsister que celles à l'aiguille ou au tricot. Arrêt du conseil, (3 aciit 4737. Il 2" Action de faire, de vendre des tricots. Je venais de vivre avec les anciens, d'assister à la prise de Troie, à la fondation do Rome.... et de cette existence souveraine, héroïque, glorieuse, il fallait descendre, à quoi? aux tricots et aux chaussettes ! quel déchet! L. reybaud, Jér. Palurot, i, (. Il 3° Diverses étoffes de soieries. || Espèce de drap pour les troupes. Il Tricot d'abeille, tricot de Berlin, voy. TULLE. Il 4° Nom d'une coquille univalve, le cône marchand.

— ÈTYM. Diez est porté à croire que tricoter est pour estricoter comme pdmer pour espasmer, et qu'il représente le néerlandais strik , maille, strikken, nouer. Au iv et au xvi* siècle il y avait les mots trichot, tricotement, tricoter, tricoteur, qui signifiaient chicaneur, chicaner, chicane ; ils n'appartiennent pas à ce sens-ci ; ce sont des dérivés de tricher (voy. ce mot). Un arrêt du conseil du 7 août (7)8 concernant les serges se réfère en ces termes à des lettres patentes : • Le feu roy... ayant autorisé, par ses lettres patentes du mois de mars 1 669, des statuts pour les manufactures des villages de Tricot et de Piennes en Picardie.... » Ainsi, dès le milieu du xtii* siècle, le village de Tricot (départ, de l'Oise) avait des manufactures de serge ; aurait-il aussi fait du tricot, et serait-ce de là que le nom serait venu? Mais, laissant cela, comme il n'y a pas d'autre historique que triquoteuse au xvi* siècle, cette orthographe fait croire que tricot vient de trique, l'aiguilie en bois ayant été nommée un tricot ou petite trique.

3. TRICOT (tri-ko) , ». m. Bâton gros et court. Aux plus rudes tricots, aux plus épaisses gaules J'irais, pour vos appas, dévouer mes épaules, GHERARui, TMdt. liai, les Souhaits, t. i, p. 362. Où l'on vit le pauvre Picot, Après quelques coups de tricot. Rendre à Dieu son âme et son être. Courrier burlesque, p. (32, dans pougens.

— HIST. IV s. Lequel Sauvestre print une tricote ou billard, et en donna au suppliant sur le front, DDCANGE, tri'cotuj. Un gros baston ou trigot de plein poing, m. trigum.

— f.TYM. Dérivé de trique.

TRICOTAGE (tri-ko-U-j'),«.m. jj !• Travail d'une

TRI

personne qui tricote. La femme contribue de quelque chose à la dépense, par le travail de la quenouille, par la couture, par le tricotage de quelques paires de bas, ou par la façon d'un peu de dentelles selon le pays, vaub. Dîme, p. 09. Malgré les nombreuses imitations de tout genre, soit tissus anglais, soit tricot au métier ou bandes élastiques cousues, j'ai toujours conservé le tricotage à la main, Almanach Didot-Boltin, (87(-l872, p. 686, 4* col. Il 2° Ouvrage en tricot. Ce tricotage est mal fait.

— ÉTYM. Tricoter t.

TRICOTÉ, ÉE(tri-ko-té, tee), part, passé de tricoter (. || l" Fait au tricot. Un bonnet à bateau double, à usage d'homme, du poids de six onces, le tout tricoté à cinq aiguilles, foulé à proportion et drapé en bonne qualité, Ilêglement, mai (734. Je pris mon ouvrage ordinaire; c'était une bourse tricotée, genus, Mlle de la Fayette, p. (48, dans POUGENS. Il 2" Terme de minéralogie. Qui a l'apparence d'un tricot. La structure tricotée du bismutli natif. Il 3° S. m. Le tricoté, espèce du genre casque, coquille.

tTlilCOTËE (tri-ko-tée) , s. {. Plusieurs coquilles bivalves du genre venus.

(.TRICOTER (tri-ko-té), v. o. || 1° Faire des mailles avec du fil, de la laine, etc. à l'aide d'aiguilles longues et émoussées. Qu'enfermée au logis en personne bien sage. Elle s'applique toute aux choses du ménage, J recoudre mon linge aux heures de loisir. Ou bien à tricoter quelques bas par plaisir, mol. Éc. des mar. i, 2. || Par extension. L'ouvrière [araignée] commence par en tricoter une moitié [de sa toile]; mais, tandis qu'elle la tricote.... BONNET, Contcmpl. nat. xii, 4, note (. Il Absolument. Il serait avantageux à la société de décider une femme qui aurait fait un beau poème, à tricoter le reste de sa vie, au lieu d'écrire, GENLis, Infl. des femmes, t. I, p. 80, dans pougens. || 2* Par extension, faire de la dentelle sur un tambour, avec des épingles et des fuseaux. Tricoter de la dentelle. || 3° F. n. Populairement. Marcher en remuant les pieds l'un vers l'autre. Voler soupirs, et petits soins trotter Par le logis, or [tantôt] frétillant de l'aile, Or de la queue, or des pieds tricoter, Danser, baller, tripudier, sauter, J. B. Rouss. Allég. I, 2. Il Terme de manège. Se dit d'un cheval qui remue les jambes assez vite en marchant, mais qui n'avance pas beaucoup.

— ÉTYM. Tricot ( .

t 2. TRICOTER (tri-ko-té), ». o. Populairement, battre.

— ÉTYM. Tricot 2.

t TRICOTERIE (tri-ko-te-rie), s. f. Fabrique de tricots.

TRICOTETS (tri-ko-tè), s. m. pi. Ancienne danse très-vive. Aucuns dansent des tricotets, scarr. Tirg. vi.

— ÉTYM. Lamonnoye, dans le Glossaire des Noêls, dit que cette danse est ainsi nommée parce que le mouvement du pied y est aussi prompt que l'est celui de la main en tricotant; il ajoute qu'elle est dite tricotée dans les Nocls (voy. tricoter ().

TRICOTEUR, EUSE (tri-ko-teur, teû-z'), s. m. et

f. Il 1° Celui, celle qui tricote. Et condamne les-

dits bonnetiers-tricoteui-s en tous les dépens, jlr-

\rêt du parlem. de Rouen, 21 mai ("36. ||Nom

i donné durant la Révolution aux femmes qui assis-

i talent aux séances des assemblées délibérantes;

ainsi dites parce qu'un arrêté du 6 nivôse an 11

avait déclaré que les femmes pourraient assister

aux séances de la commune avec leurs maris et

leurs enfants, et y tricoter. Il 2' S. m. Tricoteur,

métier à faire le tricot. || S. f. Tricoteuse, machine

à tricoter.

— HIST. XVI* s. Ce sont contes de triquoteuses, CHOLiÈRES, Contes, t. i, hatin. ix, p. 258, dans

POUGENS

TRICTRAC (trik-trak), s. m. || !• Jeu à la fois de hasard et de calcul, qui se joue à deux personnes sur un tablier divisé en deux compartiments portant chacun six flèches ou case» du côté du joueur et autant du côté de l'adversaire. Chaque joueur a deux dés, un cornet pour les agiter, et quinze dames à jouer. La partie consiste à gagner douze trous; un trou, à gagner douze points çui se prennent par nombre pair, 2, 4, 6, 8, etc. Les points se marquent avec des jetons, et les trous avec des fîchets que l'on place successivement dans un des trous percés sur la bande latérale. Tous les coups par lesquels on gagne des points s'appellent des jans (voy. ce mot). Les règles sont d'ailleurs assez compliquées. I.e joueur est soumis aux dés, mais

TRI

il est maître de la marche de ses dames, et c'est dans la bonne disposition de celles-ci que consiste l'art déjouer au trictrac. |] 2° Trictrac à écrire; c'est la môme chc^e, au fond, que le trictrac ordinaire; seulement, au lieu de s'arrêter à (9. trous, on convient d'aller jusqu'à 20, 24, 30, etc. On est alors obligé de noter, soit avec un crayon, soit avec des jetons, les trous gagnés. Je suis, pour vous servir, gentilhomme auvergnac. Docteur dans tous les jeux, et maître de trictrac; Mon nom est Toutabas, vicomte do la Case, Et votre serviteur, pour terminer ma phrase, rkgnard, le Joueur, i, (o. J'avance que ce peuple [les Indiens] dont nous tenons les échecs, le trictrac... est malheureusement d'une superstition qui effraie la nature, volt. Lett. Peakock, 8 déc. (767. Il 3° Partie de trictrac. Faire un trictrac. Nous ne laissons pas d'avoir fort souvent trois tables de jeu, un trictrac, un hombre, un reversi, sÉv. 459. Il 4° La table sur laquelle on joue. Mme de Dangeau demandera, en bâillant, un trictrac... voilà comme on vit à la cour, main- TENON , Lett. au d. de Noailles, 7 janv. ( 700. Il [un distrait] joue au tritrac; il demande à boire, on lui en apporte ; c'est à lui à jouer, il tient le cornet d'une main et un verre de l'autre, et, comme il a une grande soif, il avale les dés et presque le cornet, jette le verre d'eau dans le trictrac, et inonde celui contre qui il joue, la bbity. xi. Il 5° Terme de chasse. Bruit que font plusieurs chasseurs, pour effaroucher les canards et autres oiseaux aquatiques qu'ils veulent faire tomber dans leurs pièges. || 6" No:.n3 de certains moulins pour le tabac, à vis de serrage et bride supérieure , qui étaient manœuvres par les hommes agissant directement à l'extrémité de leviers fixés au sommet de l'arbre vertical de la noix. Il 7° Fig. La manière d'être, le train d'une chose. Méditer la patience de Dieu sur les péchés des hommes, et considérer le trictrac du monde d'aujourd'hui, qui est autant fou que jamais, om patin, Lett. t. II, p. 42(.

— HIST. xv s. Il alloit son beau pas trie trac , VILLON, Archer de Bagn. \\ xvi* s. Mais lors que soixante ans nous viendront renfermer. Il faut le triquetrac et les cartes aimer, hons. 804. Espagnols et François [avant la bataille de Pavie] se pourmenoient par sur le Piedmont, et y jouoient au trique trac, bonivard, Chron. de Genève, iv, 4. Il ne faut pas obmettre nostre jeu de trie et trac ; car, s'il nous plaist considérer le son que rapportent les dez estans jettez dans le tablier, il n'est autre que de trie et trac, pasquier, Recherch. viii, p. 67(, dans lacurne. Le trictrac du palais [le train], Contes d'Eutrapel, p. 3(9, dans lacurne.

— ÉTYM. Onomatopée, écrite aussi triquetrac (voy. ce mot), et appliquée à différents bruits ou objets.

t TRICUIVRIQUE (tri-kui-vri-k'), adj. Terme de chimie. Sel tricuivrique, sel cuivrique qui contient trois fois autant de base que le sel neutre 1 correspondant.

t TRICUSPIDE (tri-ku-spi-d'), adj. Qui est muni de trois pointes. || Valvule tricuspide, ou triglochine, membrane valvulaire placée à l'ouverture de communication de l'oreillette droite du cœur avec le ventricule correspondant.

— ÉTYM. Lat. tricuspis, à trois pointes, de tri, trois, et cuspis, pointe.

t TRICYCLE (tri-si-kl'), ». m. Voiture qui roule sur trois roues.

— ÉTYM. Tpt, trois, et xûxXo«, cercle, roue (voj cycle).

t TRIDACTYLE (tri-da-kti-l") , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a trois doigts au pied.

— ÉTYM. Tpt, trois, et SixTuXo;, doigt. TRIDE (tri-de), od;". Terme de manège. Vif, serré

— ÉTY.M. Angl. tread, allure, de to tread, marcher, qui est l'allem. treten, anglo-sax. tredon.

TRIDENT (tri-dan), s. m. || 1» Fourche à trois dents, que les poètes et les peintres donnent pour sceptre à Neptune. Neptune de son trident frappait la terre, et on en voyait sortir un cheval fougueux, FÉN. Tél. xvii. Le trident de Neptune est le sceptre du monde, lemierre, le Commerce. Il 2* Terme dépêche. Sorte de fourche à trois pointes, ajustée au bout d'une perche, avec laquelle on perce les poissons que l'on voit au fond de l'eau. || 3° Bêche à trois dents. ||4° Terme de géométrie. Courbe du 3* degré qu'on appelle aussi parabole de Descartes.

— ÉTYM. Wallon, treijen, fourche à trois dents; Berry, trient, fourche recourbée pour enlever U

TRI

TOI

TOI

fumi«-; du lat. tridentem, de tri, trois, et dens, dent.

t TRIDENTÊ, ËE (tri-dan-lé, t^e), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a trois dents ou épines.

fTUIDE.VTIN, INE (tri-dan-tin, ti-n'), adj. Qui ïppartienl au concile do Trente (en lat. Tridentum'j. Les sentiments tridentins, Boss. Projet de réunion, l.ett. xu, 45.

t TUIBENTULE ( tri-dan-tu-l' ) , ». f. Dent de poisson fossile à trois dentelures.

TRIDI (tri-di), s. m. Le troisième jour de la décade républicaine.

— F.TYM Tri, trois, et lat. dies, jour.

t TRinir.ITfi, ÉE (tri-di-ji-té, téc), adj. Terme de botanique. Qui offre trois digi talions.

— F.TYM. Tri, trois, et lat. digitus, doigt.

t TRim'O (tri-du-o), s. m. Exercices religieux durant trois jours.

ETY.M. Lat. triduum, espace de trois jours, de tri, trois, et dies, jour.

t TltlDYNA.ME (iri-di-na-m*), adj. Se dit des étamines des nai-;;isses, dont trois sur six sont plus longues que les autres.

— F.TYM. Tpî, trois, et 50vo;|ii;, puissance, t TRIE (trie), s. f. Sorte de morue verte.

— KTYM. C'est l'anc. franc, trie, signifiant triage (voy. tri).

TRIÉ, ÉË (tri-é, ée), part, passé de trier. La délicatesse est trop grande de ne pouvoir souffrir que di'S gens triés, mol. Critique, i. Une partie de ces papiers déjà triés furent mis à part, 3. i. Rouss. Conf. XI. Cent quarante-quatre personnages, ainsi triés [parmi les millénaires les plus obscurs], furent revêtus du pouvoir souverain [parlement de Cromwell], chateaubr. Sluarts, le Protectorat. Il Trié sur le volet, voy. volet. || J. J. Rousseau a dit trié pour caillé. On craint le lait trié ou caillé, I. J. ROUss. Ém. I.

t TRiivDRE (tri-è-dr'), adj. Terme de géométrie. Qui offre trois faces ou qui est formé par trois plans. Il Angle tricdre, angle solide formé par la réunion de trois plans.

— ÊTYM. Tpî, trois, et E5pa, face.

t TRIÉMARGINl?, ÉE (tri-é-mar-ji-né, née), adj. Terme de minéralogie. Dont chaque bord est remplacé par trois facettes.

— F.TYM. Tri, et émarginé.

TRIENNAL, ALE (tri-è-nnal, nna-1'), adj. ]| !• Qui éure trois ans. Le parlement [anglais] rendu triennal n'avait plus qu'une année à durer, st-sim. 438, 418. Il 2° Conféré pour trois ans. Charge triennale. Offices triennaux. Il [Louis XIII] crut lui-même rendre un grand service à Dieu en consentant que cette abbaye [Port-Royal] ftit élective et triennale, RAC.Port-Koyof, (. || Qui est élu, nommé pour trois ans. Des administrateurs triennaux. || 3" Il se disait autrefois plus ordinairement des charges qui ne s'exerçaient que de trois années l'une , et des titulaires qui en étaient pourvus, il 4" Terme d'agriculture. Assolement triennal, celui dans lequel le froment revient sur la même sole tous les trois ans. Il Terme de botanique. Se dit des plantes qui ne portent des fruits et des graines que la troisième année après qu'elles ont été semées. 1| 5* S. m. Fonction qui dure trois ans. Elle finit son triennal par des instructions continuelles là-dessus, maintenon , Lett. à lime de la Viefville , 3 avril (707.

— lilST. xvi' s. Ceux qui en seroiont saisis, et trienaux possesseurs à juste tiltre, s'en voudroient-ils démettre? 5a(. Mén. p. (82.

— F.TYM. Dérivé du latin triennis, de tri, trois, et annus, an.

TRIENNAUTÉ (Iri-è-nna-li-té), S. f. |j !• Durée de trois ans, en parlant d'un emploi, d'une charge. Il 2" Système dans lequel le pouvoir législatif se renouvelle tous les trois ans.

— ÊTYM. Triennal.

TRIENNAT (Iri-è-nna), s. m. || 1» Espace de trois années. || 2" Exercice d'un emploi pendant trois ans. Quand on a fini son triennal, on passe à Rome où nous avons une autre école, dideh. Salon de (767, Œuv. t. XV, p. (.'i4, dans pouoens.

— FTYM. VoV. TRIENNAL.

t TRIfiPOlNTÊ, ÈE (tri-é-poin-té, tée), adj. Terme de minéralogie. Dont chaque angle solide est remplacé par trois facettes.

— ETYM. Tri, et épointé.

TRIER (tri-é, plusieurs personnes prononcent trè-ié; c'est une faute; on la trouve dans St-Simon, nar ex. 3, (39), je triais, nous triions, vous triiez; 4ue je trie, que nous triions, que vous triiez, ti. a. ijl' Tirer d'un plus grand nombre avec choix, «iprès examen. Trier des livres. Trier des soldais

parmi les meilleures troupes. Sur un grand champ couvert d'une moisson fertile, ils vont triant avec soin quelques mauvaises plantes, pour accuser celui qui l'a semé d'être un empoisonneur, j. j. Rouss. Utt. de la Stont. i || Absolument. Quand les mauvaises herbes dominent dans les champs, il ne faut pas trier, il faut y mettre le feu, orimm, Corresp. t. I, p. 482. Il Fig. Quel esprit.... Sait trier le savoir d'avccque l'ignorance ? régnier, Sat. ii. D'avec la vérité la fausseté triant, id. tb.ir. || Fig. Trier sur le volet, voy. volet. || 2* Trier les laines, éplucher les laines, et enlever les corps étrangers qui s'y trouvent. Il Trier les chiffons, les séparer en différentes classes selon la beauté et la finesse de la toile. Il 3° Se trier, c. réfl. Etre trié. Une division assez grande de la matière pour que ses parties primitives puissent, pour ainsi dire, se trier, et former, en se réunissant, des corps figurés comme elles, BUFF. Hist. min. intr. Œuv. t. vi, p. (oo.

— HIST. XII* s. Hauz hoiu [il] sera, si convendreit Que il seûst le tort deldreit Trier e conoistre e sevrer, benoist, il, (15(7. ||xni* s. Ire empesche le corage, que il ne puisse trier la vérité, brun, latini, Trésor, p. 352. Et quant mangier l'estuel, si convient qu'il soit bien triiés de pierres, alebrant, f° 68. Il xiv s. Il n'est nulz qui par force le puisse maistrier, D'estour ne de bataille ne traire ne trier, Cirart de Ross. v. 823. || xvi* s. Les semences sauvages qui sont de mesme forme en grandeur et gros.seur que le froument, se trouvant meslées parmy, sont bien malaisées à trier et séparer d'ensemble avec le crible, amyot, Comm. dise, le flatt. de l'ami, (0. Quand on luy voit [à Plutarque] trier une legiere action en la vie d'un homme, mont, i, (69. En ce petit nombre d'hommes excellents et triez.... id. Il, 229. Cette eomplexion difficile me rend délicat à la pratique des hommes, il me les fault trier sur le volet, m. m, 277. Avec (500 lances triées d'entre les bandes dupais bas, d'aub. Hist. i, 226.

— F.TYM. Provenç. cl catal. triar ; angl. to (ri/, essayer, juger. Frisch y voit une transposition de tirer, et l'exemple de Girart de Rossillon pourrait appuyer cette conjecture. Diez croit qu'il provient de la latinité; suivant lui (rtcr représente un fréquentatif fictif tritare dérivé de tritum, broyer, qui existe en italien ; tritare, broyer et, figurément, examiner. Les latins ont dit terere granum, battre le grain; de sorte que le sens propre de trier serait battre le grain, et de là tirer de l'épi, mettre à part, trier.

t TRifiRARCHIE (tri-é-rar-chie), s. f. Charge du triérarque.

TRIÉKARQUE (tri-é-rar-k'), s. m. || 1° Terme d'antiquité. Capitaine de galère à Athènes. Le triérarque commandait le vaisseau, et donnait l'ordre à tout l'équipage; lorsqu'ils étaient deux, chacun exerçait pendant six mois, rollin, Hist. anc. Œuv. t. V, p. 546, dans pougens. || i' Citoyen obligé par la loi d'armer et d'équiper une galère. Les triérarques fournissaient à leurs frais et dépens les galères et tout ce qui servait à les équiper, rollin, Hist. anc. Œuv. t. v, p. 646, dans pougens. Quelquefois, pour équiper un vaisseau, il y avait deux triérarques, quelquefois trois, et quelquefois jusqu'à dix, id. ib. t. v, p. 64(.

— HIST. xiv* s. Trierarche, capitaine de nef, oresme. Thèse de meunier.

— F.TYM. TpiripipxTiç, de Tpiinpiri!, galère à trois rangs de rames (voy. trière), et âpyeiv, commander.

t TRIÈRE (tri-è-r'), s. f. Terme" d'antiquité. Galère à trois rangs de rames. C'est dans les années qu'elles [les époques de Ptolémée Philadelphe, de Démétrius Poliorcète et d'Archimède] renferment, qu'on a perfectionné les trières, qu'on a construit les plus grands vaisseaux de ce genre.... leroy, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. m, p. (42.

— ÊTYM. TpiripYii;, de Tpî, trois, et êpo;, ipeT|jii«, rame.

t TRIÉTÉRIDE (tri-é-té-ri-d'), s. f. Période de trois ans; une de celles que les Athéniens adoptèrent primitivement pour la réforme de leur calendrier.

— ÉTYM. TptETEol;, de Tpî, trois, et Stoc, année.

t TRIEUR, EUSE(tri-eur, eû-z'),ï. m. et/". || !• Ouvrier, ouvrière, qu'on emploie à faire le triage des chiffons, dans une papeterie. Il Celui, celle qui fait le triage des épingles. || Celui, celle qui épluche des laines. || Ouvrier qui trie le poisson dans une saurisserie. jj 2° S. m. Trieur mécanique, appareil destiné à nettoyer le grain. || 3" Trieur, nom donné à un appareil qui sépare mécaniquement le résidu des foyers où l'on brûle la bouille en trois

parts : la poussière, les grosses scorie» et le coke destiné à être lavé; le but est d'utiliser le coKe qui échappe à la combustion et qui« restait colfondu dans les cendres. || 4* .S. [. Trieuse, machine pour éplucher les laines.

— RTYM. Trier.

t TRIFACIAI,, ALE (tri-fa-si-al, a.-V), adj. Terme d'anatomie. Nerf trifacial, ou, substantivement, le trifacial, nom donné au nerf de la cinquième paire ou trijumeau, parce qu'il se divise en trois branches principales qui se distribuent à la face.

t TRIFASCIfi, ÉE (tri-fa-ssi-é, ée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est marqué de trois bandes colorées, c'est-à-dire d'une autre couleur que le fond.

— F.TYM. Tri, trois, et lat. fascia, bande.

t TRIFERRIQUE (tri-fè-rri-k'), adj. Terme de chimie. Sel trilerrique, sel forrique qui contient trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.

t TRIFIDATION (tri-fi-da-sion), ». f. Terme de botanique. Se dit des feuilles ou de leurs limbes qui se partagent en trois.

— ÊTYM. Trifide.

TRIFIDE (tri-fi-d'), adj. Terme de botanique. Qui a trois divisions, qui est fendu en trois.

— ÊTYM. Lat. trifidm, de tri, trois, et findere, fendre.

fTRIFLORE (tri-flo-r'), adj. Terme de botanique. Qui porte trois fleurs.

— ÊTYM. Tri, trois, et flos, floris, fleur.

t TUIFOLIR, ÉË (tri-fo-li-é, ce), adj. Terme d« botanique. Dont les folioles sont disposées trois par trois au bout du pétiole.

t TRIFORME (tri-for-m'), adj. Terme de minéralogie. Qui présente la combinaison de trois formes différentes.

— ÊTYM. Lat. triformis, de tri, trois, et forma, forme.

t TRIFURCATION (tri-fur-ka-sion), s. f. Division d'un tronc en trois. Des nœuds qui sont aux trifurcations dos branches, bonnet, Consid. corps org. Œuv. t. v, p. 4(5, dans poogens.

t TKIFUKQUÉ, ÉE (tri-fur-ké, kée), adj. Term» d'histoire naturelle. Qui est divisé en trois parties au sommet.

— FTYM. Tri, trois, et lat. /urca, fourche.

t TRIGAIME (tri-ga-m'), s. m. et f. \\ i' Celui, celle qui a contracté de troisièmes noces après la mort de ses deux premiers conjoints. || Celui, celle qui, malgré les lois, a contracté trois maria:;es, le-> uns pendant la durée des autres. || 2* Adj. lermc de chimie. Corps trigame, corps dont les combinaisons se font dans le rapport de trois équivalents des corps qui s'unissent. || Terme de botanique. Qui renferme trois fleurs, différentes quant au sexe.

— ÊTYM. TpiyaiJio;, de ipi, trois, et "[6.^0^, mariage.

jTRIGAMIE (tri-ga-mie), j. f. Etat du trigame. Il Crime du trigame.

— ÊTYM. TpifoiJ.'a, de Tpîfoiioc, trigame.

t TRIGASTRIQUE (tri-ga-9tri-k'), adj. Terme d'anatomie. Qui a trois ventres; se dit des muscles qui ont trois portions charnues.

— ÊTYM. Tpi, trois, et -^ar^xi-tO, ventre. TRIGAUD, AUDE (tri-gA, gô-d"), adj. Qui use

de détours, de mauvaises finesses. Mme de Maintenon, qui en tout genre était une femme fort entendue, excepté dans celui sur lequel elle consultait le trigaud et processif abbé Gobclin, son confesseur, volt. l'Ilom. aux 40 écus. Préambule. Elle a une mauvaise langue, elle est trigaude, GENLis, Th^rft. d'éduc. la Lingère, l, 2. || Substantivement. Un trigaud, une trigaude. J'enrage do bon cœur, quand je vois un trigaud Qui souffle tout ensemble et le froid et le chaud, eoursault, Merc. gai. iv, 6. Frère Lachaise, confesseur [de Louis XIV], avait été un trigaud ; et frère le Tellier, un persécuteur impudent, volt. Dict. phil Éducation.

— HIST. XVI* s. Tri.gaut, cotgrave.

— ÊTYM. Ce paraît être un dérivé du bas-latin trigare, qui représente le latin trieari, chercher des détours.

TRIGAUDER (tri-gô-dé), v. n. Se conduire en trigaud. Il II se conjugue avec l'auxiliaire oroir. \\V.a. Tromper. Trigauder frère et sœur, dufbesny, la Uéconc. wirm. i, ((.

TRIGAUDKRIE (tri-gô-de-rie), s. f. Action de trigaud. Quand je vous dis qu'il est déjà fier, orgueilleux; qu'il y a même lie la trigauderie dans son fait, PICARD, Marionnettes, iv, «.

— ÊTYM. Trigauder.

TRI

t TRIGl^MINE, ËE (tri-jc-mi-né, née), ad;. Terme de minéralogie. Oui offre la combinaison de six solides identiques deux à deux.

— ÊTYM. Tri, et lat. geminatua, doublé.

t TRIGESIMO (tri-jé-zi-mo) , adv. Trentièmement. S'emploie pour désigner le trentième objet d'une série (30°), quand on a commencé à compter par primo, secundo, etc. On dit ensuite, trigcsimo primo, triKcsimo secundo, etc

— ETYJI. Lat. trigesimo loco, en trentième lieu. t TRIGLE (tri-gl'), s. f. Genre de poissons acan-

thoplérygiens. {| Trigle-hirondelle, perlon ou grondin.

— ÉTYM. TpîyXa, TpCyXiri, trigle.

t TRIGLOCIIINE (tri-glo-chi-n'), adj. f. Valvule triglochine, voy. tmcuspide.

— ÊTYM. TpiY>uixiv, de Tpl, trois, et -yXeixiv, pointe.

t TRIGLOTTE (tri-glo-f), adj. En trois langues. Dictionnaire triglottc.

— ÉTYM. Tpl, trois, et •{Kût--zn, langue.

TRIGLYPHE (tri-gii-f), s. m. || 1" Terme d'architecture. Ornement de la frise dorique qui représente l'extrémité des solives posée sur l'architrave, et qui a ordinairement des rainuresprofondes et verticales. Le triglyphe est formé de deux glyplies et de deux demi-glyphes. || 2" Terme de minéralogie. Nom donné à un cristal présentant la forme d'un cube chargé de stries, qui ont trois directions perpendiculaires entre elles sur les trois faces concourant à la formation d'un même angle solide. || 8° Terme de menuiserie. Parties saillantes dont la friso de l'entablement dorique est ornée.

— ËTYM. TpiyXvçoî, de tpi, trois, et yXOitieiv, ciseler.

t TRIGONE [trl-go-n'), adj. \\ V Qui offre trois tngles. Le fruit des espèces à trois stigmates est toujours trigone, à angles plus ou moins égaux et plus ou moins aigus, palisot, Instit. Mém. scienc. 48)2, 2* part. p. 52. Il 2° 6'. m. Aspect de deux planètes éloignées l'une de l'autre de 420*. || On dit aussi adjectivement : aspect trigone ou trin aspect. Il 3" Trigone des signes, figure gnomonique qui sert A marquer sur les cadrans les arcs des signes cl les arcs diurnes; ce tracé forme un cadran que l'ombre du style parcourt successivement, et fait connaître la longueur du jour. Il 4* Terme d'anatomie. Trigone cérébral ou voûte i trois piliers, lame de substance blanche située à la parlio supérieure dos grands ventricules du cerveau, formée de deux parties réunies en avant, et s'écartant en arrière de manière à figurer un triangle. || Trigone vésical, espace triangulaire que .'a cavité de la vessie présente vers son bas-fond, il B" Genre de coquilles. || Genre de coléoptères.

— HIST. XVI» s. En ce cas disposera il ses planches en trigonne , pentagonne , hoxagonne.... 0. de SERRES, 500. Jouoyenl à la balle.... à la pile trigone, khb. i, 23.

— ÊTY51. ToîYcovo;, de Tpî, trois, et yiovia, angle. t TRir.ONELLE (tri-go-nè-1') , s. f. Genre de la

famille des légumineuses. || Plante légumincuse qu'on appelle aussi fcnugrec.

t TRIGONLACÊES (tri-go-ni-a-sée ) , s. f. pi. Terme de botanique. Famille de plantes de la Guyane et du Brésil, voisine des polygalées.

+ TRIGOXOCÉPHALK ( tri-go-no-sé-fa-1'), adj. Oui a la tête trigone. || S. m. Serpent venimeux d'Amérique {trigonocephalus lanceolatus) , qui est aussi dangereux que les crotales.

— ETYM. Trigone, et xeça).^, tête.

TRIGONOMÉTRIE (tri - go- no- mé- trie), s. f.

Science qui a pour objet de résoudre les triangles, c'est-à-dire d'en déterminer par le calcul les angles et les côtés en partant de certaines ilonnccs numériques. Il [Hipparquc] u. entrepris et exécuté la vraie description du ciel; il a fondé la géographie et la trigcmométrie, bailly, Uist. astr. mod. t. i, p. 4 4 6. || Trigonométrie rectiligne, celle qui traite des triangles rectilignes. || Trigonométrie sphérique, celle qui traite des triangles sphériqucs. Les nombreux calculs qu'exigèrent toutes ces recherches, firent naître dans ses mains [d'Hipparquc] la trigonométrie sphérique,

LAPLACE, Bxp. V, 2.

— ETYM. Tpi-ruvoiuipia, de TpCytavo;, trigone, et (isToov, mesure.

TRIGOXOMÉTRIOCE (tri-go-no-mé-tri-k') , adj. Oui appartient à la trigonométrie. M. Fatio avait trouvé par des observations trigonométriques la iiuuteur de la Dole au-dessus du lac, de en toi-

TRI

ses, SAUSSURE, Voy. Alpes, t. ii, p. 3, dans poucens. Pour l'élévation du i'uy-dc-Sancy au-dessus des bains, mon succès fut complet et le concert admirable : la mesure trigonométrique se rencontra avec la mesure barométrique à deux décimètres près, sur une hauteur totale de 843 mètres, RAMOND, /n.s(it. Mém. scienc. 4843, 4844 et48<5, p. 5.

TRIG01VOMf;TRIQL'EMENT(tri-go-no-mé-tri-keman), adv. Suivant les règles de la trigonométrie.

t TRIGRAM.MK (Iri-gra-m'), s. m. Mot de trois lettres. || Sigle composée de trois caractères réunis.

— ËTYM. Tpi, trois, et Ypix!J.u.a, lettre.

t TRIGYNE (tri-ji-n*), adj. Terme de botanique. Dont la fleur a trois pistils.

— ETYM. Tri, trois, et ywÀ, femme, pistil. fTRlGYNIE (tri-ji-nie), s. f. Classe de plantes à

trois pistils.

t TRIGYMQUE (tri-ji-ni-k'), adj. Qui appartient à la trigynie.

t TRIUEBDOMADAIRE ( Iri-è-bdo-ma-dé-r' ) , adj. Oui se fait trois fois par semaine. Journal trihebdomadaire.

t TRIIIfiMLMËRE (tri-é-mi-mè-r'), adj. f. Se dit de la césure d'un vers grec ou latin, quand elle tombe au troisième demi-pied ou un pied et demi.

— ÉTYM. Tpl, trois, <i|xii7u, demi, et (lépoç, partie. t TRIHÉMIMÈTRE (tri-é-mi-mè-tr'), adj. D'un

pied et demi.

— ETYM Tpi, trois, jjfitcu, demi, et|jL£Tpov, mesure, t TRIIIEXAÈDRE ;tri-è-gza-è-dr'), adj. Terme

de minéralogie. Qui offre trois rangs de facettes disposées six par six.

— ETYM. Tri, trois, et hexaèdre.

t TRinORAlRE (tri-o-rê-r'), adj. De trois heures en trois heures. Observations météorologiques trihoraires.

t TRIHYDRIQDE (tri-i-dri-k'), adj. Terme de chimie. Composé trihydriquc, composé qui contient trois proportions d'hydrogène pour une de l'autre composant.

— ÉTYM. Tri, trois, et hydrogène.

t TRI-IODURE (tri-i-o-du-r'), s. m. Terme de chimie, lodurequi contient trois proportions d'iode.

t TRIJASSE (tri-ja-s'), s. m. Gros-ijec, oiseau.

t TRUCGUÉ, ÉE (tri-ju-ghé, ghéc), adj. Terme do botanique. Qui est disposé par paires au nombre de trois, en parlant de feuilles.

— ÉTYM. Tri, trois, et lat. jugum, paire, couple.

t TRIJUMEAU (tri-ju-mô), s. m. Se dit quelquefois de trois enfants nés d'une seule couche. Il Nerf trijumeau, voy. thifacial.

— ETY.M. Tri, trois, et jumeau.

TRIL (tril), s. m. Voy. trille.

t TRlLAIilî (tri-la-b'), s. m. Instrument en usage pour la lithotritie, composé d'une tige d'acier creuse, divisée à l'un de ses bouts en trois branches inégales.

— ÉTYM. Tpi, trois, et >a6etv, prendre.

TRILA TÊRAL, ALE (tri-la -té-ral, ra-l'), adj. Qui a trois côtés.

— ÉTYiM. Trilatére,

TRILATÈRE (tri-la-tè-r), s. m. Triangle.

— Ety.m. Lat. trilaterus, de tri, trois, et latus, lateris, côté.

t TRILINGUE (tri-lin-gh'), adj. Qui est en trois langues. Les inscriptions de Persépolis sont trilingues.

— HIST. rvi' s. Bien ignorante elle est d'estre enemie De la trilingue et docte académie, itAaox,

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