‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 200 sur 754 · II, 4 GO · texte numérisé non relu

II, 4 GO

— ÊTYM, Lat. trilinguis, de tri, trois, et lingua,

langue.

t TRILITHE (tri-li-t'), ». m. Monument antique formant une espèce de porte composée de deux pierres verticales qui en supportent une troisième.

— ÉTYM. TpiXiOo;, de Tpi, trois, et Xi6o:, pierre, t TRIUrrÉRALITfi (tri-li-té-ra-li-té), s. f. Qualité de ce qui est trilittère.

tTRlLIlTÈRE (tri-li-tè-r') , adj. Composé de trois lettres. IJ Langues trilittères ou dissyllabiques, les langues sémitiques.

— ETYM. Tri, trois, et lat. liUera, lettre. TRILLE (tri-l'; quelques-uns mouillent les II),

s. m. Terme de musique. Mouvement rapide de deux notes voisines. Le trille, qu'on appelle souvent improprement cadence, est le passage alternatifct rapide d'une note î la note voisine; c'est un des effets les plus difficiles do l'art du chant, kétis, la Musique, m, 43. || Au piano, deux notes placées à un ton ou à un demi-ton, répétées alternativement le plus vile possible. || On écrit aussi tril ou

TRI

Irill. Le battement de ces deux dominantes est, je crois, la vraie origine du trill, grétrï, Méth. prél. 4« lefon.

— ÉTYM. Ital. trillo; angl. triU ; aiïcm. Triller, onomatopées.

t TRILLER (tri-lé; quelques-uns mouillent le* IJ), V. a. Cadencer, orner de trilles.

— ÉTYM. Trille; espagn. trinar ; ital. trillare; allem. trillern ; comparez le grec TepeT-Ceiv.

TRILLION (tri-li-on), t. m. Terme d'arithmétique. Mille billions, ou mille fois mille millions.

— HIST. XVI» s. Un trillion vaut mille milliersde billions, de la roche, Àrismetique.

— HIST. Composé avec tri, trois, sur le modèle de million (voy. biluon, pour la manière de former ces nombres au xvr siècle).

tTRILOBAIRE (tri-lo-bê-r'), odj. Qui a lieu par trois lobes. Division trilobaire.

— ÉTYM. Tri, trois, et lobe.

t TRILOBÉ, ÉE (tri-lo-bé, bée), adj. Qui est partagé en trois lobes.

t TRILOBITES (tri-lo-bi-f), s. m. pi. Famille d» crustacés fossiles

t TRILOCULAIRE (tri-lo-ku-lê-r'), adj. Qui est divisé intérieurement en trois loges.

— ÉTYM. Tri, trois, et lat. loculus, loge.

TRILOGIE (tri-lo-jie), s. f. \\ 1- Terme d'antiquité grecque. Nom donné à l'ensemble des trois tragédies dont se composaient les poèmes dramatiques présentés au concours lors des jeux solennels. Il 2° Se dit, par estension, de quelques pièces de théâtre modernes, divisées en trois parties, ou même de trois pièces représentées séparément, dont le sujet a quelque connexilé, dont les personnages sont les mêmes. Le Camp, les Piccolom'ni et la Mort de 'Wallenstein, de Schiller, forment une trilogie. || 3° Il se dit quelquefois de la divine Comédie de Dante et de tout poème divisé en trois parties.

— ÉTYM. TpiXofta, de Tpi, trois, et Xôto:, discours.

t TRILOGIQUE (tri-lo-ji-k'), adj. Qui appartient à une trilogie.

t TRILOUPE (tri-lou-pO, s. f. Microscope composé de trois lentilles qui tournent sur un même axe.

t TRI.MAMME (tri-ma-m'), adj. Se dit de l'ano malie caractérisée par trois mamelles et de l'individu qui les porte.

— ÉTYM. Tri, trois, et lat. mamma, mamelle.

t TRIMBALAGE (trin-ba-la-j'), j. m. Action de trimbaler.

TRI.MBALÉ, ÉE (trin-ba-lé, lée), part, passé de trimbaler. Un enfant trimbalé par sa bonne daiu tout le voisinage.

TRIMBALER (trin-ba-lé), c. a. Terme populaire. Traîner, mener, porter partout.

— HIST. ivf s. Et luy, allant trambellant par la rue, disoit à tous ceux qu'il treuvoit.... bonivard. Ane. et rwuv. pol. de Genève, p. 400.

— ÉTYM. Origine inconnue; Berry, trinqiiebaler. Rabelais, u, 4 6, a triballement, et trinqueballer, i, 40.

TRIMER (tri-mé), v. n. Terme populaire.

Il 1° Anciennement, aller, venir. De l'orient et du raidi trimant, Le vent se lève encontre le ponant, l'Allronterie des usuriers découverte, etc. 4 0i9, dans fr. michel. Argot. J'aperçois vos deux amants qui triment de ce coté. Blanc et noir. Parade du comte de Caylus, se. 7. I.a vertu trime devant eux, la Henriade travestie, ix. || 2° Aujourd'hui, marcher beaucoup et avec fatigue. || Faire trimer quelqu'un, le faire aller et venir pour rien.

— HIST. XV* s. Si tu es prins d'un sergent, Comment fais-tu? je Irume i plain ; Je me rescous bien d'un villain, e. desch. Poésies mss. f° 2f>a.

— ÉTY'M. Origine inconnue. Couijiarez cependant le bas-breton tremen, tremeni, aller d'un lieu à un autre, kimry tramewy. Au xvi' siècle, le grand triiiiaud, le grand chemin. Moyen de parvenir, p. 9B, dans LACURNE. Trimard, chemin, est dans l'argot, voy. Cartouche ou le vice puni, p. 4 58. Die;; cite le normand tramer pour trimer, et l'aiic. espagn. trimar, aller çà et là.

fTUIMEUCURIQUE (tri-mèr-ku-ri-k'), adj. Terme de chimie. Sel trimercurique, sel mercuriquc qui contient trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.

TRIMESTRE (tri-mè-str'), j. m. || 1* Espace de trois mois. Le premier, le second trimestre de l'année. Payer par trimestre. Il faudra imprimer au commencement de chaque trimestre le travail de tout ce qui aura été fait dans le trimestre pré-

TRI

cMent, FÉN. t. ixi, p. )50. H 2' Ce qu'on paye ou ce qu'on reçoit à la fin de chaque trimestre. Il n'a pat encore reçu son trimestre.

— ETYM. Lat. trmestris, de tri, trois, et mentis, mois.

TRIMESTRIKI., ELLE (tri-mJ-stri-èl, h-V), adj. Qui dure trois mois , qui revient tous les trois mois. Un recueil trimestriel. L'usage dans cette ville est d'acquitter les loyers par payements trimestriels.

t TKI.MKSTRIELLEMENT (tri-mè-stri-è-le-man), jdv. Par trimestre. La règle adoptée.... consiste à publier l'état des revenus trimestriellement, J/om't. unir. i9 mars 1868, p. 4)2, 6* col.

TRIMÈTRE (tri-mè-tr"), adj. Terme de prosodie. Oui est composé do trois mètres ou dipodies. Un vers trimètre. || S. m. Un trimfctre, vers ïambi- ;]ue de six pieds, particulièrement employé dans \k tragédie.

— ETYM. TptueTpo;, de Tpi, trois, et [liTpov, mètre.

t TRIMftTRlOUE (tri-raé-tri-k'), ndj. Terme de minéralogie. Nom donné aux formes cristallines que l'on peut rapporter à un système d'axes au nombre de trois.

f TRLMORPIIE (tri-mor-f), adj. Terme de minéralogie. Se dit d'une substance qui peut donner des cristaux appartenant à trois systèmes différents, ou à un même système, mais avec de telles différences d'angles, qu'on ne saurait les dériver d'une forme fondamentale.

— ETYM. Tpi(iop?o;, de tpi, trois, et (lopTO. forme.

t TRIMORPHLSME (tri-mor-fi-sm'), f. m. Etat d'une substance trimorphe.

t TRIMOURTI (tri-mour-ti), s. f. La trinité des Indiens, c'est-à-dire la forme unie de Brahma, Vichnou et Siva.

— ETYM. Sanscr. trimûrti, de (ri, trois, et mûrit, corps.

TRIN (trin) ou TRINE (tri-n') au masculin, TRINE (tri-n')au féminin, adj. \\ i° 11 se dit de Dieu, considéré dans la Trinité. Et trine en personnalité, CORN. Hymnes du Brév. rom. ■pour le sam. Confessez donc tous trois une trine unité Qui, devant tous les temps, dans son éternité, Confond de tous les temps en un seul la durée, rac. Cant. et hymn. Cant. des trois enfants. Jésus a-t-il dit qu'il était trin et consubstanticl? volt. Dial. 20. Il 2* Terme d'astrologie usité seulement dans cette locution : trin ou trine aspect, position de deux planètes éloignées l'une de l'autre du tiers du zodiaque. Saturne regardant Vénus d'un trine aspect, TH. CORN. Feint astrol. n, 3. || On dit de même trine opposition.

— HIST. xui* s. Moult a cy vertueux baptesme. Oui enta sans huile et sans cresme Salut d'invocation trine, J. de meiino, Tr. 25B.

— ETYM. Lat. trinus, de très, trois.

t TRtXALITfi (tri-na-li-té), s. f. Qualité de ce qui est trine. L'âme de l'univ 'rs a aussi sa dualité pour ne pas dire sa trinalité, G. sand. Revue des Deux «ondes, (5 aoiit 1808, p. 779.

t TRIXEKVÉ, ÉE 'Iri-nèr-vé, voe), adj. Terme de botanique. Qui offre trois nervures, en parlant d'une feuille. 1| On dit aussi trinervié.

— ETYM. Tri, trois, et nerf.

TRINGA (trin-ga), s. m. Genre d'oiseaux de l'ordre deséchassiers, dit vulgairement coc«rli.

t TKINGIBIN (trin-ji-bin), s. m. Le même que téréniabin (voy. ce mot).

TIMXGLE (trin-gl'), s. f.\\i' Verge de fer, menue, longue et ronde, servant à soutenir un rideau, une draperie ou autre objet. Tringles d'escalier. Il y a des tringles et des machines qui se tendent si subtilement sur le banc des présidents, qu'en un clin d'œil il se trouve sous un dais fleurdelisé, ST-siMON, 371,31. La tête de la déesse [Diane] est surmontée d'une tour; deux tringles de fer soutiennent ses mains; le corps se termine en une gaine enrichie de figures d'animaux et d'autres symboles, barthél. Anach. ch. 72.112° Baguette équarrie longue et étroite, qui sert à former des moulures ou à remplir des vides. || Moulure plate qui termine les triglyphes doriques à leur partie inférieure. || 3" Nom des perches propres à faire le treillage. || Terme de marine. Sorte de petite barre de bois serrant à divers usages. || 4* Martine que fait le cordeau blanchi ou rougi sur une planche ou autre pièce de bois.

— ETYM. Génev. tringne. Origine inconnue. On .« indiqué le bas-latin larinca, broche de fer, que les textes disent être un mot gaulois; comparez le

TRI

gaélique tarang, un clou. Scheler suppose que (nnjle est pour étringle, et le rattache à strigula, dérivé fictif du lat. strix, rainure.

TRINGLE, ÊE (tringle, glée), part, passé de

tringb'r.

TRINGLER (trin-glé), v. a. Parmi les charpentiers, marquer une ligne droite sur du bois, ;iveo un cordeau bandé et frotté de craie, qu'on élève par le milieu, et qui marque la ligne en retombant sur le bois.

— ETYM. Tringle.

t TRINGLETrE (trin-glè-f) , t. f.\\i' PeUte

tringle. || 2" Pièce de verre qui entre dans un panneau do vitres. || Outil de vitrier qui sert à ouvrir le plomb,

t TRINGUEBALLE (trin-ghe-ba-l'), ». f. En picard, longue pièce de bois montée en bascule, qui tend à pencher d'un côté plus que de l'autre, et que l'on lance succes-sivement; ellî est principalement employée dans les extractions de tourbes pour épuiser l'eau.

— ÉTYM. Il tient à trimbaler (voy. ce mot), t TRINGUELTE (trin-ghèl-f), s. m. Pourboire.

Nous allâmes voir la verrerie à Murano; elle acheta beaucoup de petites breloques, qu'elle nous laissa payer sans façon ; mais elle donna partout des tringueltes beaucoup plus forts que tout ce que nous avions dépensé, j. J. Rouss. Confess. vn.

— ÊTYSi. kWem. Trinkgcld, de (rinken, boire, et Geld, argent.

TRINITAIRE (tri-ni-tê-r'), s. m. || f Se dit, en général, de tous ceux qui croient à l'existence de trois personnes en Dieu. || S'applique, en particulier à certains sectaires dont l'opinion sur la Trinité n'était pas orthodoxe. || 2- Religieux d'un ordre fondé au treizième siècle par Jean de Matha, et dit autrement l'ordre de la Rédemption des captifs. Il 3* S. {. Religieuse d'un ordre dit de la Trinité. || 4° S. (. Hépatique des jardins. || Trinitaire aquatique, espèce de lenticule.

HIST. rvi* s. Le nom de trinité a esté tant

odieux à Servet, voire détestable, qu'il appelle gens sans Dieu tous ceux auxquels il avoit imposé le nom de trinitaires, cait. InU. 90.

— ETYM. Trinité.

TRIXITC (tri-ni-té), ». f. \\ 1* Un seul Dieu en

trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit (avec un T majuscule). Une triple personne en une seule essence. Le suprême pouvoir, la suprême science. Et le suprême amour unis en Trinité Dans son règne éternel forment sa majesté, CHAPELAIN, la Pucelle, I. Je n'entreprendrai pas ici de de

TRI

prouver par des raisons naturelles ou l'existence Dieu, ou la Trinité, ou l'immorlalité de l'âme, ni aucune des choses de cette nature, PASC. Pens. I, 5, édit. HAVET. De tous les mystères de notre religion, il n'y en a pas un où Dieu soit plus incompréhensible à l'homme que le mystère de la Trinité, bourdal. Mgst. Trinité, t. i, p. 479. On croit le mystère de la Trinité, quoique l'esprit humain ne le puisse concevoir ; et on ne laisse pas do croire que deux choses qui ne diffèrent point d'une troisième ne diffèrent point entre elles, quoique cette proposition semble le détruire, MALEBH. Rech. vér. m, n, 8. La plus savante théologie ne peut vous parler de la Trinité autrement que votre catéchisme, maintenon, Lettre à Urne de Glapion, t. m, p. 4 5(, dans pouoENS. On le [Platon] regardait comme une espèce de prophète, qui avait deviné plusieurs points importants du christianisme , surtout la sainte Trinité, que l'on ne peut guère nier qui ne soit assez clairement contenue dans ses écrits, FONTEN. Oracl. I, 3. Il 2* Le premier dimanche qui suit la Pentecôte. La fête, le jour de la Trinité. 113° Par extension, il se dit (sans T majuscule) des dieux triples des religions païennes. Une des trois personnes de la trinité des Indiens, dupl'Is, Inslit. Mém. lilt. et beaux-arts, t. i, p. 57. || Trinité philosophique, les divers sentiments répandus dans l'antiquité sur une trinité d'hypostases dans la divinité. Il 4° Un des noms de la pensée, violette tricolore.

— HiST. xn* s. La sainte mère iglise de sainte ternité. Sire, dont receûstes corune et poesté. Th. le mart. 80. En fause trinité erent en un tut trei, E voleicnt turner les custumes en Ici, ib. 69. Il xni* s. N'en sot pas Platon jusques là, Ne vit pas la trine unité En ceste simple trinité, la Rose, 49342. La sainte trinitez qui est un seusDiei tous puissans, Psatitier, f 192. || xiv* s. Tout corps a en soy trinité de dimensions, ohesmf, Thèse de meu- NiEB. Il XTi* S. En disant qu'il y & trinité de per-

sonnes en une essence, on ne dit nen qui ne soit compris en l'Escriture, calt. Inst. 74.

— ÊTYM. Provenç. trinitat; espagn. trinidad; ital. trinità; du lat. trinitatem, de Irinu», triple (voy. trin).

TRINOme (tri-nô-m'), ». m. Terme d'algèbre. Polynôme à trois termes, jj Adj. Facteurs trinôme».

— ETYM. Trinôme est fait avec tri, comme Hnôme avec bi (vov. binôme).

tTRINQUART (Uin-kar), ». m. Petit bâtiment pour la pdche du hareng (Manche).

TRINOUER (trin-ké), je trinquais, nous trinquions, vous trinquiez; que je trinque, que nous trinquions, que vous trinquiez, v. n. Boire en choquant les verres et en se provoquant l'un l'autre. X toi, compère, et de prendre la tasse, Et de trinquer.... la font. Troq. Nous avons tout le soir trinqué de grand courage; Et, buvant lête à tête, il m'a tout découvert, th. corn. D. Bertr. de Cig. m, «. Et puis entrechoquer les verres en trinquant, DUCERCEAU, Incomm. de la grandeur, m, 4. Oh I je n'ai jamais refusé de trinquer avec personne, HARiv. Jeux de l'amour et du has. t, to. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. XV* s. Je pry toute la troupe De vider le godet; Trinque, seigneur, le vin est bon, dasse- LIN, xviu. Il xvi° s. Le mal temps passe, et retourne le bon. Pendant qu'on trinque autour du graz jambon, RAB. PonJ. rv, t&. Lesquels, après bien drinquer, s'entreprirent de paroles par les chemins, JEAN d'auton, Ann. de Louis XII, 1 508 et

— ÉTYM. Wallon, drinker; ital. trincare; de l'allem. drinken, trinken, boire

TRINQUET (trin-kè), s. m. \\ V Terme de marine. D'abord le trinquet fut le mât de l'avant des galères et autres navires de la même famille. Il 2° Dans la Méditerranée, quelquefois aussi dans la marine du Ponant, le mât de proue ou de misaine, et, par extension, la voile de ce màt. Il 3° Dans les barques qui font la navigation du lao de Genève, la voile de misaine porto le nom de trinquet.

— HIST. xvi° s. Le pilot.... feit callor les boulingues, trinquet de prore [petit hunier] et trinquet de gabie [grand hunier], rab. Faut, iv, 4 8.

— ÉTYM. Espagn. trinquete; portug. traqucte; itaL trinehetto; angl. trinket. Origine incertaine. Comme la voile du trinquet ou trinquette est triangulaire, Diez pense qu'il faut recourir i l'espagnol trinca, triade.

t TRINQUETIN (trin-ke-tin), ». m. Terme de marine. Petite voile enverguée sur l'antenne d'un bâtiment à voiles latines.

TRINQUETTE (trin-kè-t*), s f. Terme de marine. Voile triangulaire; espèce de voile latine. |1 Voile de misaine d'un bâtiment à voiles latines.

— ETYM. Voy. TRINQUET.

t TRINQUEUR (trin-keur), s. m. Celui qui aime à trinquer, à boire. Shakespeare, dans sa jeunesse, livra, sous un pommier resté célèbre, des assauts de cruchons de bière aux trinqucurs de Bidfort, CHATEALBR. dans le Pict. de docîiez.

— HIST. XVI' s. Trinqueur, oudin, Dict. )■ TRINTANELLE (trin-ta-nè-1'), s. f. Voy. tbak-

TANEL.

TRIO (tri-o), ». m. || 1° Terme de musique. Morceau pour trois voix ou pour trois instruments. Exécuter un trio. Allons, enfants, ce trio de fliites et cet air italien seulement, dancourt. Eaux de Bourbon, se. 4. Les trios d'opéras sont nés en Italie, comme tous les morceaux d'ensemble; c'est dans l'opéra bouffe que Logroscino, compositeur vénitien, en fit le premier essai vers <760, fltis, la Musique, n, 48. ||2°La deuxième partie d'un menuet, d'une valse, d'une polka. Je n'ai pu découvrir ce que signifie le nom de trio qu'on donne à la seconde partie du menuet; il se pourrait qu'il vînt de ce qu'on supprimait quelquefois un instrument dans cette seconde partie, fétis, la Musique, II, 48. Il 3* Réunion de trois personnes. ...les trois frères Trouvent un bien fort grand, mais fort mêlé d'affaires; Un créancier saisit, un voisin fait procès; D'abord notre trio s'en tire avec succès, LA FONT. Fabl. IV, 48. Le trio d'empereurs, arrivé dans la ville. Loin du monde et du bruit choisit son domicile, volt. Trois etnp. en Sorb. || Il se dit souvent en mauvaise part. Beau trio de baudets I LA FONT. fabi. nt,.4. Le trio branché Mourut contrit et fort bien confessé, id. Orais.\\Au plur. Dos trios.

— ETYM. Ital. trio, de très, troi».

TRI

+ THIOCTAËDRE (tri-o-kta-è-dr'), adj. Terme de minéralogie. Dont l'ensemble des faces présente la réunion de trois octaèdres.

— lîTYM. Tri, trois, et octaèdre.

t.TRIOECIE (tri-è-sie), t. f. Terme de botanique.

Classe de plantes contenant trois sortes de fleurs diflcrentes par le sexe, des fleurs hermaphrodites, des fleurs mâles et des fleurs femelles.

— ÈTYM. Tp!, trois, et oUia, maison.

t TRIOECIQUE (tri-è-si-k), ou TRIOÏQUE (tri-oi-k'), adj. Qui appartient à la triœcie. Plante trioïque. Le caroubier est une trioïque.

*. TRIOLET (tri-o-lè; le t ne se lie pas; au pluriel, l'j se lie : des tri-o-lè-z élégants; triolets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. {{ 1" Nom d'une petite pièce de poésie française, qui consiste en un couplet de huit vers, dont le premier se répète après le troisième, et le premier et le second après le sixième. Marot bientôt après fit fleurir les ballades. Tourna des triolets, rima des mascarades, boil. Arl p. i. Le couplet ne peut guère avoir de plus jolie forme que celle du triolet, MABMONTEL, Œuv. t. V, p. 292. || 2° Terme de musique. Groupe ternaire se rencontrant dans une mesure binaire. L'emploi constant des triolets dans une mesure à 2/4 en fait une mesure à 6/8; dans une mesure à 3/4, en fait une mesure à 9/8.

— ÉTYM. Dimin. de trio, au sens de trois.

t 2. TRIOLET (tri-o-lè), s. m. Un des noms vulgaires du trèfle rampant et de la luzerne lupuline, dite aussi petite luzerne.

— HIST. XVI' s. Les racines pourries par abondance d'eau produiront une luzerne bastarde, que la pluspart tient estre le vrai trcfTe ou trioUet des prés : dont à telle occasion le sain-foin est par aucuns appelle grand-treffle, 0. de serres, 274.

— ÉTYM. Dimin. de trio, à cause des trois folioles qui caractérisent le trèfle.

TRIOMPHAL, ALE (tri-on-fal, faJ'), adj. Appartenant au triomphe. On ne donna plus [sous les empereurs] aux particuliers que les ornements triomphaux, montesq. Rom. * 3. Il [Pierre le Grand] fit son entrée dans Moscou sous sept arcs triomphaux dressés dans les rues, volt. Charles XII, 6. Ces dépouilles des rois, ces pompes triomphales, DELiLLE, En. n. Et mesurant de l'œil les arches colossales Des temples, des palais, des portes triomphales, lamart. Peler, de Child Ilarold. Il Fig. Le Fils de Dieu reprend sa marche triomphale, DELILLE, Parad. perdu, vi. Sa clameur [de l'Océan], qu'emportaient la brise et la rafale, Incessamment vers Dieu montait plus triomphale, v. HUGO, F. d'aut. 6. Il Porte Triomphale (avec un T majuscule), porte de l'ancienne Rome par laquelle les triomphateurs entraient dans la Voie Sacrée, pour se rendre au capitule.

— HIST. XIV" s. La gloire triumphal, bercheure, f" 44, verso. Les Romains.... donnoient triumphcs et corones de lorier et de palme et escripvoient titres triumphals, oresme, Éth. 83. || xvi' s. Sortirent on devant de luy tous les habitans de la ville en bon ordre et en grande pompe triomphale, RAB. Pont, n, 3). Rome, ceste ville la plus triomphalle des cinq parties du monde, bhant. Charles Quint.

— ËTYM. Lat. triumphalis, de triumphxu, triomphe.

TRIOMPHALEMENT (tri-on-fa-le-man), aav. En triomphe. Ces misérables, enivrés de vin et du succès de leurs crimes, ne daignaient plus se cacher ; ils parcouraient triomphalement ces rues embrasées [de Moscou], ségur, Uist. de Nap. viii, c.

— ÉTYM. Triomphale, et le suffixe ment. Au .xvi* siècle, on disait triomphamment , adverbe, de triomphant.

TRIOMPHANT, ANTE (tri-on-fan, fan-t"), adj. Il 1° Qui triomphe, qui est dans l'éclat du triomphe. Sa triomphante ascension [de Jésus-Christ], je dis triomphante, puisque ce retour au ciel fut un vrai triomphe, mais bien différent de ces vains triomphes dont l'antiquité honorait les conquérants, BouRDAL. Exhort. char. env. les prison, t. i, p. 70. 6 prince, c'est là que je vous verrai plus triomphant qu'à Fribourg et à Rocroi, Boss. Louis de Bourbon. Chanter du peuple hébreu la fuite triomphante, BOiL. Art] p. 1. Tancrède avait tout fait, il était triomphant, volt. Tancr. v, 4. Et mon ombre aux enfers descendra triomphante, DEHiiE, En. IV. Il Substantivement. Sur cette assurance, elle [Vénus] s'en alla i Cythère en équipage de triomphante, la font. Psyché, i, p. 28. || Fig. La •agesse, la fidélité, la justice, la piété ; toute la

TRI

troupe sacrée des vertus, qui veillaient, pour ainsi dire, autour de lui [le Tellier], en ont banni [de son lit de maladie] les frayeurs, et ont fait du jour de sa mort le plus beau, le plus triomphant, le plus heureux jour de sa vie, Boss. le Tellier. Il Ironiquement. Voilà nos deux époux sans valets, sans enfants, Tout seuls dans leur logis, libres et triomphants, botl. Sat. x. || 2° Victorieux, qui a vaincu. Aussi admirable lorsque avec jugement et avec fierté il sauvait les restes des troupes battues à Mariendal, que lorsqu'il battait lui-même les impériaux.... et qu'avec des troupes triomphantes, il forçait toute l'Allemagne à demander la paix à la France, fléch. Turenne. L'arche qui fit tomber tant de superbes tours, Des dieux des nations tant de fois triomphante, rac. Athal. v, 4. Les temples profanes étaient détruits, les idoles renversées, la folie de la croix triomphante de tout l'univers, MASS. Carême, Samar. \\ Fig. Si nous n'avons bien fait nos Pâques, ce n'est vraiment pas la faute du P. Bourdaloue.... jamais son zèle n'a éclaté d'une manière plus triomphante, sÉv. aoavr. <683. || L'Eglise triomphante, les bienheureux qui sont dans le ciel, par opposition à l'Église militante. Jésus- Christ, ajoute saint Chrysostome, se trouvait partagé entre l'Église triomphante et l'Église militante, BOURDAL. Myst. St Sacrem. t. i, p. B38. Il 3° Décisif, qui l'emporte, en parlant de choses. Les motifs dont on se sert pour le persuader, sont les plus décisifs, les plus triomphants, les plus propres à soumettre les esprits les moins crédules, MASS. Carême, Vérité de la Religion. || 4° Fig. Plein d'éclat. Je m'en vais vous mander la chose la plus étonnante.... la plus merveilleuse.... la plus triomphante [le mariage de Mademoiselle et de Lauzun].... sÉv. <5 déc. <670. Il y a dix jours, que ma belle et triomphante santé est attaquée, ID. à Moulceau , 3 avr. <68G. Je pense sans cesse à Grignan.... à vos terrasses, à votre belle et triomphante vue, id. 9 oct. <089. [j Un air triomphant, un air de confiance et de contentement que donne le succès. || Pompeux. On ne vit jamais d'entrée si triomphante. Le moyen de ne vous pas parler de la plus belle, de la plus magnifique et de la plus triomphante pompe funèbre [3u prince de Condé] qui ait jamais été faite depuis qu'il y a des mortels? sÉv. ^0 mars 4 687. Il 6° S. f. Terme de jeux. Triomphante, hasard ou coup qui a lieu quand l'hombre, étant premier en caries, joue, en commençant, atout par l'as de pique.

— HIST. XV* s. Lapucelle [Jeanne d'Arc] desmesurée Y est triumphant, que c'est rage, Myst. du siège d'Orléans, p. 750. Il y avoit une chapelle à cinq croix, toute noire, aussi grande que celle de Paris, des cierges par dessus.... bref elle estoit aussi triomphante que celle de Paris, Mathieu de cougy, Uist. de Charles VII, p. 738, dans lacurne. Et eussent les choses dessus dites esté plus triumphantes, se n'eust esté le temps, qui moult fut plouvieux, i. de troyes, Chron. HS2. Sur la fin de ses jours, et soy voyant sans craincte d'ennuys, il est devenu fort pompeux et triumphant roy en sa maison, COMM. VI, 13. C'est la plus triomphante cité, que j'aye jamais veue [Venise], id. vu, <5. || xvi* s. 11 y a des pertes plus triomphantes que des victoires, MONT. I, 243. Luy-mesme venoit après, monté dessus son char triumphant, amyot, P. Mm. 57. Comme deux grands chefz d'armées romaines qui avoient fait do belles et triumphantes choses, ID. Pomp. 47.

TRI0.MP1IATE0R (tri-on-fa-teur), s. m. \\ i' Général romain qui entrait en triomphe à Rome après une grande victoire ; un esclave le suivait, qui lui rappelait la fragilité des choses humaines. Ce prince [le czar] n'avait pas besoin de l'esclave des triomphateurs romains; il savait assez lui seul prescrire de la modestie à son triomphe, fonten. Pierre l". On mettait à Rome un anneau de fer au doigt des triomphateurs, le jour de leur triomphe, afin de les faire souvenir qu'ils étaient hommes, saint-foix, Ess. Paris. Œuv. t. iv, p. 224. Les triomphateurs exposaient dans Rome les vaincus aux regards des peuples, volt. Russie, i, 8. Tibère âgé de cinquante-trois ans : il porte le costume des triomphateurs , la couronne de laurier, la toge.... MONGEz, Mém. inscr. et belles-lelt. t. viii, p. 394. Il Par extension. Le czar, qui avait combattu en personne €t qui était le vrai triomphateur, moins par sa qualité de souverain que par celle de premier instituteur de la marine , font. Pierre I". Il Fig. Après tout, ce n'est qu'une nouvelle mode

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d'ajuster des lauriers sur la tête des triomphateurs, VOLT. Lett. la Harpe, 4 juill. i77(i.||Adj. Ces arcs triomphateurs, ces dépouilles de» rois, DELILLE, Imag. vii. I| V Par extension, celui qui a gagné des batailles. Alors ces malheureux vaincus rappelleront à leur compagnie leur superbe triomphateur; et du creux de leur tombeau sortira cette voix qui foudroie toute» les grandeurs : vous êtes devenu semblable à nous , BOSS. Vuch. d'Orl. Et toute la France traite d'empoisonneur [à propos de la mort du fils de François I"] le vainqueur de Soliman, le libérateur de la chrétienté, le triomphateur de Tunis, le grand homme de l'Europe [Charles-Quint], VOLT. Pyrrh. hist. 37. || Au fém. Vos ennemis ne seront parvenus qu'à faire graver sur vos médailles : triomphatrice de l'empire ottoman, volt. Lett. à Cather. 11, 27 mai <769. || Fig. Nos vaisseaux. Heureux triomphateurs et des vents et des eaux, DELILLE, En. III. Il 3° Celui qui triomphe. Que dironsnous de ces lâches courtisans qui sont les triomphateurs et n'ont pas été les victorieux, qui jouissent, dans l'oisiveté, des peines et des sueurs des grands capitaines V balz. De la cour, T dise.

— Rtym. Lat. triumphatorem, de triumphare, triompher.

(.TRIOMPHE (tri-on-P), s. m. || !• Terme d'antiquité romaine. Honneur accordé chez les Romains à un général qui avait remporté une grande victoire; il consistait en une entrée solennelle et pompeuse, où marchaient le vainqueur, l'armée victorieuse, les captifs et les dépouilles. On sait bon gré à Plutarque, qui fait sans cesse mention de triomphes chez les Romains, d'avoir l'ail une peinture exacte et détaillée de celui de Paul- Emile, qui fut un des plus magnifiques, bollin, Hist. anc. Œuv. t vu, p. 308, dans POUGENS. Celui-là seul avait droit de demander le triomphe, sous les auspices duquel la guerre s'était faite, montesq. ilom. 13. Les consuls, ne pouvant obtenir l'honneur du triomphe que par une conquête ou par une victoire, faisaient la guerre avec une impétuosité extrême, id. ib. 4. Le triomphe de Pompée est surtout mémorable par les nouveaux objets de luxe dont il introduisit l'usage, PASTORET, Instit. ilém. hist. et litt. anc. t. III, p. 427. Il Petit triomphi , voy. ovation. Il Char de triomphe, char sur lequel le triomphateur était porlé. || Mener en triomphe, faire aller à la suite du char de triomphe. Ne souffrez pas qu'un jour votre femme enchaînée Soit dans le Capitole en triomphe menée, mairet, Sophon. rv, 3. Les rois, qu'ils [les Romains] faisaient mourir • inhumainement, après les avoir menés en triom- 9 phe, chargés de fer, Boss. Hist. m, 6. || Fig. Ma * raison est captive en triomphe menée , régnieb, Élég. I. Vous avez triomphé, 6 Jésus, et vous menez en triomphe les puissances des ténèbres captives et tremblantes après votre croix , boss. Sermons, Croix, 4. La Stewart [maîtresse de Charles II ] menait en triomphe la tendresse du roi, HAMILT. Gram. 40. || 2* Arc do triomphe, sorte d'arcade sous laquelle passe une marche solennelle Ar. victoire. Vîiinqueur des Turcs et desTirtares, il [Pierre le Grand] voulut accoutudcr son peuple à la gloire comme aux „ travaux; il fit entrer à Moscou son armée sou» m des arcs de triomphe, au milieu des feux d'arti- " fice.... VOLT. Russie, 1, 8. || Fig. On se couronne de ses propres mains, on se dresse un triomphe secret à soi-même, flécii. I'urenn«. ||8* Fig. Ac- 3| tion de triompher. Voilà donc le triomphe où j'é- I tais amenée t rac. Iph. n, 5. Que vos heureux enfants dans leurs solennités Conservent de ce jour le triomphe et la gloire ! ». Esth. ni, 7. || Porter quelqu'un en triomphe, le porter sur les bras pour lui faire honneur. || Son entrée fut un triomphe, un véritable triomphe, on l'accueillit, à son entrée dans la ville, avec de grandes démonstrations de joie, de respect, etc. || Bii triomphe, d'une manière triomphale. David la mena [l'arche d'alliance] en triomphe dans Sion, boss. Hist. n, 4. Il En triomphe, signifie aussi «vec une satisfaction qui triomphe. On va conter en triomphe la chose, LA font. Psaut. Il i° Grande victoire, succès militaire éclatant. Ce vaillant homme [Machabée] reçut le coup mortel, et demeura comme enseveli dans son triomphe, flécu. Turenne. Et ce triomphe heureux qui s'en va devenir l'éternel entretien des siècles à venir, hac. Iph. i, 3. || Gagner un inompiic, ODienu un succès. Pour gagner un triomphe il faut une victoire, corn. Rod. m, s. Il 6* Succès éclatants, en général. Mais c'en es» une [douceur] ici bien autre et sans égale. D'en-

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lever, et sitôt, ce prince à ma riyale, De lui faire tomber le triomplio des mains.... corn. Soplion. Il, 5. Mme de Vaubecouit a gagné son procès avec triomphe, comme vous, sÉv. <7 déc. tes». El si je m'en croyais, ce triomphe indiscret Serait bientôt suivi d'un clernel regret, hac. lirit. iv, 4. Ton triomphe (de Vénus sur Phèdre] est parfait; tous tes traits ont porté, ID. Phèdre, m, a. Laissez-le s'applaudir d'un triomphe frivole, id. Esth. m, i. Il Jour de triomphe, jour marqué par quelque événement glorieux, par quelque grand avantage. Je ne m'étonne plus si je vous vois (vous Jésus] dans le palais d'Hérode avec une contenance si ferme.... c'est que vous sentiez bien que le jou"de votre crucifiement était pour vous un jour de triomphe, boss. Sermons, Croix, 1. 1| 6* Fig. Grands effets obtenus, victoires remportées, en parlant de choses. C'est le triomphe du courage que de se vaincre soi-même. Le triomphe de l'habileté est de paraître n'en pas avoir. Le triomphe de l'éloquence. Le triomphe de l'amour, de la beauté. La grandeur et la gloire! pouvons-nous encore entendre ces noms dans ce triomphe de la mort? Boss. Duch. d'Orl. M. le Tellier dit, en scellant la révocation de l'édit de Nantes, qu'après ce triomphe do la foi il ne se souciait plus de finir ses jours, ID. le Tellier. Ce traité [de la France et de la Suède] est regardé comme le triomphe de la politique du cardinal de Richelieu et du grand Gustave, volt. Ann. Emp. Ferdinand II, 1U3(. Ce temple [le Parthénon], celui de Thésée et quelques autres encore sont le triomphe de l'architecture et de la sculpture, barthél. Anach. ch. 12. Il C'est son triomphe, c'est une chose où il excelle, où il réussit particulièrement. || 7° Par moquerie, grand succès d'une chose qu'on n'estime pas ou qu'on veut tourner en ridicule. 11 [le public à l'Opéra] ne soupçonne pas les stratagèmes, les illusions du maillot.... c'est là le triomphe des coussins et de la garniture, reyuaud, Jér. Palurot, ii, 1. 118° Satisfaction triomphante. Et vous, heureux Romains, quel triomphe pour vous. Si vous saviez ma honte, et qu'un avis fidèle De mes lâches combats vou3 portât la nouvelle! BAC. Mithr. IV, 6. Il 9" Fig. Éclat comparé à une pompe triomphale. Enfin.. . je le quittai [Arnauld d'AndiUy], et vins ici, où je trouvai tout le triomphe ilu mois de mai : le rossignol, le coucou, la fauvette.... sÉv. 27 avr. 4071. || 10° Auplur. Bruit éclatant d'une solennité. Nous aurions entendu de notre abbaye les triomphes, les fanfares et la musique de Chelles, au sacre de l'abbesse, sÉv. i" sept. I C80. Il 11° Triomphe de Lille, variété d'œillet. Il Triomphe de Jodoigne, variété de poire.

— Hisr. xin* s. Et quant Charles ot toute Lombardie conquise et toute la terre de Ytaille [Italie] sozmise à soi et à sainte Eglise, il ala à Rome o [avec] grant triumphc, brun, latini. Trésor, p. 8&. ||xiv* s. Triumphe estoit celui grant honneur que l'en fesoit à aucun prince roumain, quant il revenoit à Rome d'aucune bataille où il avoit eu très noble victoire, bercheure, f° 3. Comment cil qui avoit victoire Eue sus les anemis. Si ert [était] 0 triuiphe en Romme mis, J. de condé, t. ni, p. 292. Il XV' s. Toute la grand triomphe [joie] qu'en cet hostel souloit comblement abonder, est par cas flappie et ternie, louis xi, JVouf. ii. Il XVI* s. Il dressa un triumphe superbe en toute autre magnificence d'appareil, et mesmement en ce qu'il se feit porter par Rome sur un chariot triumphal, trainé... AMY0T, Cam. 14. Histoire des faits, gestes, triomphes et prouesses du bon chevalier sans paour et sans reprouche, le gentil seigneur de Bavard, titre de l'ouvrage du Loyal serviteur. Et autres qui avoyent retenu place dix jours devant sur les boutiques et ouvroirs de la rue Sainct-Anthoine, pour veoir amener le Biarnois prisonnier en triomphe, Sat. Uén. les Tapisseries.

— ÈTYM. Provenç. triomfe; espagn. triunfo; ital. trionfo; du lat. triumplius, forme archaïque triumpus, le même que 6ptoi(i.6oi;, la procession de la fête de Bacchus.

£. TRIOMPHE (tri-on-n, s. f. \\ !• Jeu de cartes qui a beaucoup de rapports avec l'écarté. Jouer à la triomphe. || 2* Â certains jeui de cartes, la couleur qu'on retourne ou que désigne celui qui fait jouer, et qui emporte toutes les autres. De quoi est la triomphe? yuelle est la triomphe? La triomphe est de cœur. || Fig. Voilà de quoi est la triomphe, voilà de quoi il s'agit maintenant.

— HIST xv«s. Lesquelz se esbatirent.\ jouer aux quartes au jeu du triumphe, dd camce, triumphus.

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— ÊTYM. Triompher : U c«rte qui triomphe,

l'atout.

TKIOMPnER (tri-on-fé), e. n. || 1* Terme d'antiquité romaine. Faire une entrée pompeuse et soli-nnelle dans Rome après une éclatante victoire. l.e dictateur se démit de sa dignité, après avoir triomphé pour la victoire qu'il avait remportée sur les Volsques, vertot, Rév. rom, vu, p. (22. l|Scipion triompha de l'Afrique, il obtint Us honneurs du triomphe pour avoir soumis l'Afrique. Il 11 s'est dit, par extension, de tout triomphe comparé à la pompe triomphale chez les Romains. On ne pouvait lui reprocher [à Sésostris] en toute sa vie que d'avoir triomphé avec trop de faste des rois qu'il avait vaincus, kén. Tél. a. || 2° Vaincre par les armes, par la force. A vaincre sans péril on triomphe sans gloire, corn. Cid, u, 2. Elle assiège et prend d'assaut, en passant, une place considérable qui s'opposait à sa marche, elle triomphe, elle pardonne, BOSS. Reine d'Anglet. Rome en effet triomphe, et Mithridate est mort, RAC. Uithr. I, 1. Achille va combattre et triomphe en courant, m. Iphig. I, 1. Le hasard seul vous a empêché de triompher du lion; votre valeur n'en est pas moins admirable, volt. Princ. de Rabylone, l.||3° L'emporter sur, avoir l'avantage. Monsieur revint chez lui, triomphant dans son imagination, retz, Mém. t. ii, liv. m, p. 488, dans POUGENS. Trahi de toutes parts, accablé d'injustices. Je vais sortir d'un gouffre où triomphent les vices, MOL. Jfjs. V, 8. Dans ce même tribunal où il fit si bien triompher autrefois la justice de ma cause, SÉV. 630. De quel avantage est-il pour nous que cette loi ait triomphé de toutes les puissances du siècle et de l'enfer, si elle ne triomphe pas de nos faiblesses? bourdal. 6* dimanche après l'Epiphanie, Bominic. t. i, p. 330. Esther a triomphé des filles des Persans, bac. Esth. m, 9. Il serait bien étrange que la vérité ne triomphât pas, quand c'est vous qui l'annoncez, volt. Lelt. d'Argental, 20 déc. 1756. Ne rougissez point, Aline; je dois dévoiler tout ce qui peut faire triompher votre innocence, oenlis, Théâl. d'éduc. Lingère, n, 6. ||4* Fig. Surmonter, maîtriser. Je triomphe aujourd'hui du plus juste courroux De qui le souvenir puisse allerjusqu'à vous [postérité], corn. Cinna, v, 3. Faites à votre amour un peu de violence; J'ai triomphé du mien, id. Sertor. IV, 3. Combien de fois, soupirant après ces lumières vives et efficaces qui seules triomphent des erreurs de l'esprit humain, dit-il [M. de Turenne] à Jésus-Christ : Seigneur, faites que je voie, fléch. Turenne. Une de tes passions a dévoré les autres, et tu crois avoir triomphé de toi ! volt. Dict. phil. Caractère. En cachant ses sentiments, elle croyait en triompher, biccoboni, (Euv. t. 11, p. 22, dans POUGENS. La raison ne consiste pas à triompher de soi selon les règles, mais comme on le peut, STAËL, Corinne, vi, 1. 1| Il se dit du triomphe de la grâce. Voulez-vous savoir combien la grâce qui a fait triompher Madame a été puissante.... BOSS. Duch. d'Orl. \\ B° Dans le langage de la galanterie, triompher d'une femme, vaincre sa résistance. L'amour n'a-t-il encor triomphé que de vous? RAC. Phèdre, iv, 6. Nous éprouverons bientôt si son aimable chevalier saurait triompher de moi aussi facilement qu'il a triomphé d'elle, LEGRAND, Temps présent, 2* part. se. 2. Il S" "Triompher du temps, avoir une durée trèslongue. Elle [l'Egypte] imagina ses pyramides, qui, par leur figure autant que par leur giandeur, triomphent du temps et des barbares, BOSS. Hist. m, X, Il 7° Avoir du succès. Mon fils triomphe aux états [de Bretagne], sÉv. 379. Elle [Hélène] triompha lorsque Thésée l'eut ravie ; elle triompha lorsqu'elle eut été enlevée par le fils de Priam; elle triompha enfin lorsque les dieux l'eurent rendue à Ménélas, montesq. Temple de Gnide, 3. || 8° Se prévaloir. Et, d'autre part aussi, sa charmante moitié Triomphait d'être inconsolable, LA FONT. Joconde. Les jésuites triompheront; ce sera leur grâce suffisante en effet, et non pas la vôtre [des dominicains], qui ne l'est que de nom, qui passera pour établie, pasc. Prov. n. Aubertin triomphe d'un passage de Seysscl, boss. Var. 11. Elle [Agrippine] se hâte trop, Burrhus, de triompher, rac. Rrit. iv, 3. Les évéques espagnols, aidés de quelques prélats arrivés de France, soutiennent leurs prétentions; c'est à cette occasion qu'ils se plaignent que le Saint-Esprit arrive toujours de Rome dans la malle du courrier, bon mot célèbre dont les protestants ont triomphé, VOLT. Moeurs, 1 72. || Tirer vanité. Bien loin de s'en

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confondre, on s'en glorifie, on s'en applaudit, on s'en élève, on en triomphe, bourdal. Myst. Pats, de Jésut-Chr. t. i, p. Isa. Aussitôt (après un trait malin de satire] je triomphe, et ma muse en secret S'estime et s'applaudit du beau coup qu'elle a fait, BOiL. Sat. vu. || 9° Être ravi de joie, à propos de quelque avantage. Après vous avoir vu triompher des victoires de nos ennemis, je suis bien aise de vous mander que nous avons pris Corbie, VOIT. Lett. 74. Et voilà que le P. Bourgoing étant arrivé en la bienheureuse terre des vivants, il chante et il triomphe avec les saints anges, boss. Rourgoing. La Discorde triomphe, et du combat fatal Par un cri donne en l'air l'effroyable signal, BOIL. Lutr. V. Parmi les déplaisirs où son âme se noie. Il s'élève en la mienne une secrète joie ; Je triomphe, bac. .^Tuir. i, 1. Les ennemis du sénat et des conjurés triomphaient de la réunion d'Antoine et d'Octave, vehtot, Rév. rom. xiv, p. 312. Il 10° Exceller en traitant quelque sujet. Quand il est sur cette matière, il triomphe. Mais, poursuivit-il, notre père Antoine Sirmond, qui triomphe sur cette matière.... pasc. Prov. x. {| Exceller en quelque chose préférablement à d'autres. C'est quand il peint des fieurs que ce peintre triomphe. Il 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. XIII* s. Ta lumière se fit voable X ceuU qui vie langoreuse Muèrent en vie joieuse. Quant tu triumphas de deable, i. de meuno, Tr. 708. |l XVI* s. Et ne doy point différer jusqucs à voir le jour, ou que mon filz prisonnier soit mené en triumphe par ses citoyens, ou que luy mesme triumphe de son païs, amyot. Cor. 55.

— ErvM. Lat. triumphare, de triumphus, triomphe; prov. triomfar; esp. triunfar; ital. trionfare.

t rniORCHIDE (tri-or-ki-d'), s. m. Terme d'anatomie. S'est dit des individus supposés porter trois testicules, ce qui n'a jamais été observé. \\Adj. Quelques auteurs ont fait mention de familles triorchides, portal, Instit. Mém. scienc. 1807, 2* sem. p. 109.

— ÊTYM. Tpi, trois, et ôpx':, testicule.

t TRIORI (tri-û-ri), s. m. Danse bretonne dont le mouvement est très-animé, et à trois temps. || Air sur lequel se règle cette danse.

— HiST. XVI* s. U y avoit fils d'assez bon aage et de belle taille, beaux danseurs de passepieds et de trihoris, beaux luicteurs, et n'eussent craint homme collet à collet, desper. Contes, t. i, p. 34.

— ËTVM, Bourguign. trigori, tumulte joyeux, LA MONNOYE, Noëls bourg.

TRIPAILLK (tri-pà-ir. Il mouillées, et non tri-pâ-ye), s. f. Terme collectif. Amas d'entrailles d'animaux. Jeter des tripailles à la voirie. || Toutes les entrailles, tous les intestins d'un animal. Où la tripaille est frite en cent sortes de mets, Régnier, Sat. X. Il Terme de chasse. Entrailles de bœuf, avec quoi on fait la mouée aux chiens.

— HIST. XVI* s. Je feus curieux de faire apporter toute ceste tripaille [la panse d'un bouc tué] en ma présence, mont, m, 225.

— ETYM. Tripe; wallon, tripail.

t TRIPAN (tri-pan), i. m. Le même que trépang.

t TRIPARTI, lE (tri-par-ti, tie), adj. \\ 1* Chambre tripartie, tribunal où le tiers des magistrats était de la religion réformée. || 2" Se dit, en botanique, des parties qui sont divisées en trois jusqu'au delà de la moitié de leur longueur.

— ÊTVM. Voy. THIPARTITE.

t TRII'ARTIBLE (tri-par-ti-bl") , adj. Qui est

susceptible de se diviser spontanément en trois parties distinctes.

— f.TYM. Voy. TRIPAHTITE.

TRIPARTITE (tri-par-ti-t'), adj. f. Qui est divisé eu trois. Il L'Histoire tripartite, histoire qui est l'abrégé de celles d'Eusèbe, de Socrate et de Sozomène.

— f.TYM. Lat. tripartitus, do tri, trois, et partin, partager (voy. partir 1).

] TRIPARTITION (tri-par-ti-sion), s. f. Terme de mathématique. Action de diviser une quantité en trois parties égales. || Terme de botanique. Voy. trisectio.v.

— ETYM. Voy. tripartite.

TRIPE (Iri-p'), s. f. Il I* Boyau d'un animal. Vendre des tripes. Mou comme tripe. || Vomir, rendre tripes et boyaux, avoir des vomissements excessifs. La vilaine bétel mais de quoi s'avise-t-ellede vouj apporter son cœur sur ses lèvres, et de venir... rendre tripes et boyaux en votre présence ? si.y. 21 août 1080. Il II ne faut jamais s'épouvantera moins qu'on ne voie ses tripes dans son giron, il ne {tut pas s'effrayar à moins que le danger, le

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mal no soit trcs-grand. || ï° Les tripes qu'on mange, qui sont les estomacs du bétail ruminant, savoir la panse, le feuillet, le bonnet et la caillette. Des tripes à la mode de Caen.|| Terme de cuisine. Œufs à la tripe, œufs durs coupés par tranches et fricassés avec des oignons. ]| 3° Nom donné, dans la manufacture des tabacs, aux feuilles qui forment l'intérieur du cigare. Un cigare se compose do trois parties : l'intérieur ou tripe, la sous-cape et la cape ou robe ; la tripe forme les 60 o/o du poids total; la souscape enveloppe la tripe; et le tout est roulé dans la robe, marqfov, Monit. univers, ta et <7 août 4887, p. mo, 5' col. Il 4* Au plur. Résidu de la cuite de la colle à papier. || 5° Peau en tripes, peau de boeuf débourrée, pelée et trempée; elleaélc passée dans un bain de chaux. || 6" Sorte d'étoffe veloutée, qui se fabrique au métier comme le velours ou la peluche, ainsi dite à cause de sa ressemblance avec l'intérieur de la panse des ruminants. Il On dit toujours, tripe de velours, afin de prévenir toute équivoque. || 7° Morceau d'étoffe dont les chapeliers couvrent leur peloton.

— HlST. XIII' s. Tripes de porc et de mouton, BARBAZ. Fabliaux, iv, p. 88. || xiv s. Irons mangier des tripes, qui vont au feu boiUant; Car certes j'ai si faim qu'onques je n'u si grant, Guescl. •I947(. Il XV' s. Ung livre couvert de trippe de veloux, Bibl. des ch. 6" série, t. i, p. 357. || xvi' s. Us avoient esventré 4 5 ou 4 6 corps de Bourguignons, et desvidoient leurs tiippes comme les trippiers à la rivière, cahloi.y, iv, m. Les tripes d'un fagot [l'intérieur], cotgrave. Le tout pour la tripe, id. Tripe pleine ne combat bien ni ne fuit bien, id. Tout aille, tripes et boyaux, g. crétin, p. 4 60, dans lacurne. Messer Guaster [est le] premier maistre es ars du monde.... les corbeaux, les gays, les papeguays, les estourneaulx il rend poètes.... et leur apprend languaige humain proférer, parler, chanter; et tout pour la trippe, bab. IV, B7.

— ETYM. Espagn. et portug. tripa ; ital. trippa; angl. tripe; tripa, stripa, dans le Gloss. latinogerman. de Diefenbach. L'origine en paraît être dans le celtiqiio: kimry, tripa; irl. triopas ; basbret. stripen, bien que Scheler indique l'allemand Strippe, bande de cuir.

t TRIPÊE (tri-pée), s. f. Terme de chasse. Entrailles de bœuf avec lesquelles on fait la mouée aux chiens. On dit aussi tripaille.

— f.TVii. Tripe.

TRIPE-MADAME (tri-pe-ma-da-m') , s. f. Voy.

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