TRIQUE-MADAME
— HIST. XVI* S. La corne de cerf, le cerfeuil, baume, trippe-madame, ache.... et autres menues herbes, o. de serres, 536.
t TRIPE.VNÉ, ÉE (tri-pè-nné, nnée), adj. Terme de botanique. Se dit des feuilles dont le pétiole commun porte latéralement des pétioles secondaires, qui, à leur tour, en produisent d'autres sur les côtés desquels les folioles sont implantées.
— ÊTYM. Tri..., et lat. penna, aile.
TRIPERIE (tri-pe-rie), î. f. Lieu où l'on vend
des tripes.
— HIST. xiv s. Yssues d'un porc, qui sont vendues à la tripperie sept blancs, Ménagier, ii, 5.
— ETYM. Tripier.
t TRIPftTALE (tri-pé-ta-n ou TRIPÉTALÉ, ÉE (tri-pé-ta-lé, Ice), adj. Terme de botanique. Dont la corolle est formée de trois pétales.
TRIPETTE (tri-pè-t'), I. f. Petite tripe. || Populairement. Cela ne vaut pas tripette , cela ne vaut rien.
— HIST. XV* s. Et avant que la bonne damoiselle son hostesse eust à moitié mangé sa porée, il n'y avoit tripes ne tripettes dedans le plat, loots xi,
A'OUB. 83.
TRIPHTHONGDE (tri-fton-gh"), s. f. || !• Terme de grammaire. Syllabe composée de trois voyelles qu'on fait entendre en une seule émission de voix; mieux nommée trivocale. Miaou, onomatopée du cri du chat, offre une triphthongue. || Adjectivement. Une syllabe triphthongue. || i' Par extension et improprement, concours de trois voyelles formant un seul son comme oie, eau.
— ÊTVM. Tpiyfloriro:, de Tpi, trois, et çBo-rroi;, son. t TRIPIIYLLE (tri-fi-r), adj. Terme de bot.ini-
que. Oui a trois feuilles, dont les feuilles sont disposée! trois par trois ou divisées en trois lobes.
— ÊTYll. Tp(çvXXo;, de Tpi, trois, et çûX- Aov, feuille.
TRIPIER, 1ÈRE (tri-pié, piè-rO, f . m. et ^. jj 1* Ce-
TRI
lui, celle qui vend en détail le» issues des animaux tués à la boucherie. J'ai regret de voir M. Guillemeau tant animé pour des injures.... je ne prends aucune part à telles injures de tripières, gui patin, Lett. t. it, p. 4 66. L'Angélique est une petite tripière; oh! le vilain mot! d'accord, mais il peint, dideh. Salon de 4 7C5, Œuv. t. xni, p. 49, dans PODGENS. ||Fig. Couteau de tripière, qui coupe des deux côtés, celui qui est de deux partis contraires, celui qui médit de l'un en l'absence de l'autre. Il 2* Adj. m. Terme de fauconnjrie. Se dit des oiseaux de proie, qui ne peuvent être dressés, et qui donnent sur les poules et les poulets; ainsi dits par mépris comme s'ils n'étaient que des tripiers. Le milan et le corbeau sont des oiseaux tripiers.
— HIST. XVI* s. Oncques tripière n'aima harangere, leroui de linct, Prot;. t. ii, p. 4 4».
~ ETYM. Tripe; wallon, tripir.
t TRIPLANT, ANTE (tri-plan, plan-t") , adj. Terme de minéralogie. Nom donné à une variété dans le signe de laquelle un des exposants est répété trois fois parmi les termes d'une série qui sans cela serait régulière.
f TRIPLAT (tri-pla), s. m. Ancien terme de musique à trois temps. Celle [mesure en musique] qui est carrée ou qui se résout toujours en parties égales est plus lente et moins vive que celle qu'on bat en triplât, ou qui est composée de trois temps, desc. Musique, nombre et temps.
t TRIPLATINIQUE (tri-pla-ti-ni-k'), adj. Terme de chimie. Sel triplatinique, sel platinique qui contient trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.
TRIPLE (tri-pl'), adj. ||I*Oui contient, qui présente trois fois une chose, une grandeur, un nombre. Une triple offense, corn. Cinna, m, 4. Les triples Géryons, les hydres, les harpies, la font. Psyché, II, p. 492. Sur le triple rempart (à Jérusalem] les ennemis tranquilles.... rac. Bérén. i, 3. Je vais, comme la triple Hécate, faire trois personnages différents, lesage, Gil Dlas,iii,H. La volonté demeura dans lui [Dieu, d'après les Indiens] de toute éternité; elle était triple : créatrice, conservatrice, exterminante, volt. Pal. et lég. Frag. hist. Inde, 26. D'Alcideai-je oublié l'audace téméraire. Oui, sous l'œil de Pluton, s'empara de Cerbère, L'arracha tout tremblant du palais des enfers, Dompta sa triple tête et le chargea de fers ? DELILLE, En. VI. Il Triple couronne, la tiare ou couronne du pape. Il Terme de tératologie. Monstres triples, monstres formés de la réunion de trois individus. Il Fig. et lamilièrement. Un menton à triple étage, un menton qui descend fort bas et qui fait plusieurs plis. |i Terme de botanique. Se dit du stigmate quand il est profondément divisé en trois lobes. |; 2* Terme de mathématique. Raison triple, rapport d'une grandeur à une autre grandeur qu'elle contient, ou dans laquelle elle est contenue trois fois. || Terme de musique. Triple croche, note de musique marquée d'un triple crochet et qui vaut le huitième d'une noire. j| 3* Fig. Un triple coquin, un homme tout à fait coquin. Il vit tranquillement dans les ignominies. Simple jésuite et triple gueux, v. iicgo, Châtiments, iv,7. ||4" Terme de chimie. Sel triple, combinaison dans laquelle entrent deux bases. {| 5" S. m. Trois fois autant. Rendre le triple. Neuf est le triple de trois. || 6' Terme de marine. En triple, se dit d'une manœuvre qui , en embrassant une poulie, présente trois cordons. || 7° Terme de musique du moyen âge. Triple, nom donné à des morceaux à trois parties ; nous dirions trio.
— HIST. xiii* s. Se tu ne pues [peux] ouvrer en nombre treble, Comput, i' 40. En non de Dieu l'esperité, Qui treibles est en unité , Puisse-je commencier à dire Ce que mes cuers m'a endité, HUTEB. 4 58. Il XVI* S. C'est toy qui n'as point de naissance, Triple personne en une essence, des- PORTES , Œuv. chrest. xvm , Ode. Celte parfaicte amitié de quoy je parle est indivisible; chascun se donne si entier à son amy, qu'il ne luy reste rien à despartir ailleurs; au rebours il est marry qu'il ne soit double, triple, ou quadruple, et qu'il n'ayt plusieurs âmes, plusieurs volontés, pour les conférer toutes à ce subject, mont, i, 240.
— ETYM. Lat. triplus; grec, TptitXou;.
TRIPLÉ, ÊE (tri-plé, plée), part, passé de tripler. Rendu triple. Somme triplée. || Terme de mathématique. Raison triplée, le rapport qui est entre des cubes. || Terme de musique. Intervalle
I" triplé , intervalle qui est porté à la double octave. 4. TRIPLEMENT (tri-ple-man) , s. m. Augmen-
TRI
tation jusqu'au triple. |! Il était usité anciennement en termes de finances. Lever des droits par doublement et par triplement.
— ETYM. Tripler.
2. TRIPLEMENT (tri-ple-man), adv. D'une manière triple; en trois façons. Cerbère, à son aspect, aboya triplement, lamottb, Fabl. i, 4 9. Il s'agit de célébrer une époque triplement heureuse , picard. Alcade de Molorido, m, 44.
— HIST. XVI* s. Le pauvre paîsan, redoutant qu'on ne luy fist payer triplement la peine dudit picard, se teut, PAsé, xv, 28.
— ETYM. Triple, et le suffixe ment.
TRIPLER (tri-plé), tJ. a. || l' Rendre triple,
ajouter à une quantité deux fois son équivalent. Il [Frédéric I"] triple partout les impôts [en Italie], et retourne en Allemagne avec assez d'argent pour se faire craindre, volt. Ann. Emp. Frédéric J", 4464. Songe aux ménagements qu'exige l'incertitude de ton état actuel; oh! si bientôt tu pouvais tripler mon être I si bientôt un gage adoré...! j. J. Rouss. Hél. l, 60. ||2' V. n. Devenir triple. La population a triplé presque partout depuis Charlcmagne; je dis triplé, et c'est beaucoup ; i-.nr on ne propage point en progression géométrique, VOLT. Dict. phil. Population.
— HIST. XIII' s. Quant tu trebles le digit [nombre au-dessous de 40], Comput, ^ 40. || xvi" s. Encourageant les siens; premièrement par le nombre d'hommes qui triploit la petite trouppe des ennemis mal aguerris, mal armez et harassez, d'aub. Hist. I, 4 07. Cest un assez grand miracle de se doubler [par l'amitié] ; et n'en cognoissen' pas la haulteur cculi qui parlent do se tripler,
— ÉTYJl. Tripie; provenç. triplar; espagn. triplicar; ital. triplicare.
\ TRIPLET (tri-plc), s. m. Terme d'un jeu qui se joue sur le trictrac avec trois dés, lorsque ces trois dés présentent le même nombre.
— ÊTYM. Formé de triple, comme doublet s'est formé de double.
t TRIPLETER (tri-ple-té), V. a. Mettre le fil en trois.
TRIPLICATA (tri-pli-ka-ta), s. m. Troisième copie, troisième expédition d'un acte. || Au plur. Des triplicatas.
— ETYM. Lat. triplieatus, de triplicare, de tri, trois, et plicare, plier.
t TRIPLICATION (tri-pli-ka-sion), s. f. Action de tripler. || S'est dit aussi de la troisième réplique d'un avocat.
— ÊTYM. Lat. triplicationem, de triplicare. TRIPLICITÉ (tri-pl i-si-té), s. f.\\l' Qualité de
ce qui est triple. La triplicité d'nn acte. || 2' Terme de théologie. Dans la Trinité , il y a Iriplicite de personnes, mais non triplicité de substances.
— HIST. XV* s. La triplicité des voix pour les teneurs et contre - teneurs nécessaires à ycellui chant proférer, e. deschamps. Art de fairr chansons. Une belle et bonne compaignie de salnz anges que on appelle gerarchie [hiérarchie], qui est triple; et en chascune partie d'icelle triplicité a troys ordres.... Bible des ch. 3* série, t. n, p. 434.
— ETYM. Provenç. triplicitat; ital. triplieità; du lat. triplicitatem, de triplex, triple.
t TRIPLIXEHVÉ, ÉE (tri-pli-ner-vé, vée), adj. Terme de botanique. Se dit d'une feuille dont la base du limbe offre, de chaque côté de la nervure moyenne, une nervure partant de cette dernière, mais plus grosse que les suivantes. || On dit aussi triplinervié.
— ETYM. Triple, et lat. rtervus, nervure.
t TRIPLIQCE (iri-pli-k'), I. f. Terme d'ancienne pratique. Réplique à la duplique. On ne peut pas être moins capable de la triplique que je le suis, ma belle cousine ; pourquoi m'y voulez-vous obliger? BDSST-RABUTiN, Lett. à Mme de Sévigtté , 31 août 4 668, dans sÉv. édit. Régnier.
— ETYM. Bas-lat. triplica, de triplus, triple.
t TRIPLIQUER (tri-pli-ké), V. n. Répliquer une troisième fois, répondre à une duplique.
— HIST. xiv's. Donnons pooir de repliquier, dupliquier, tripliquier, do Canoe, tripliccUio.
t TRIPLOiDE (tri-plo-i-d"), s. m. Terme de chirurgie. Élévatoire composé de trois branches, employé dans l'opération du trépan pour relever quelque fragment osseux.
— ETYM. TpiîtXoo;, triple, et tlêo;, forme.
t TRIPLOMBIQUE (tri-plon-bi k') , adj. Terme de chimie. Sel triplombique, sel plombiquc qui contient trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.
TRI
lia
TRI
ii3i,l
t THlPOI-fiEfr, ENNE (tri-po-lé-in , Vn') , ad). Oui est rude au toucher, comme du tripoli.
TRIPOLI (tri-po-li), «. m. Nom donné à des couches géologiquesimportantes do silice pulvérulente, i grains presque impalpables, réunis en feuillets minces, d'une teinte roui,'o4lre ou jaune pâle. Le tripoli est une terre brûlée par le feu des volcans; et cette terre est une argile très-fine, mêlée de particules de grès tout aussi fîncs; ce qui lui donne la propriété de mordre assez sur les métaux pour les polir, bupf. Jfin. vin, p. <27. On peut regarder comme certain qu'il y a des tripolis de natures ou au moins de structures trcsdifférentes ; celui par exemple qui vient de Riom en Auvergne est bien certainement un schiste qui a subi l'action du feu, Saussure, Voy. Alpes, t. vi, p. '.>9, dans POUGENS. La terre pourrie d'Angleterre, qui est bien une espèce de tripoli, n'est pas du tout poreuse, et n'a que de très-légers indices de structure schisteuse, ID. «6. t. ti, p. <«o. Le tripoli de Venise est le plus estimé; il vient de l'ile de Corfou, il est schisteux et d'un rouge jaunâtre, A. BRONGNiART, Traité de min. 1. 1, p. 330.
— ETYM. Le tripoli, avant qu'on en eût trouvé en Europe, était tiré de Tripoli d'Afrique suivant |p^ uns, de Tripoli de Syrie suivant les autres ; d'oii le nom.
t TRIPOUR (tri-po-lir), V. a. Donner le poli à un ouvrage, avec le tripoli.
t TRII'ONCTUÉ. ÊE (tri-pon-ktu-é, ée), adj. Qui est marqué de trois points.
— ETVM. Tri, trois, et poncttié.
TRIPOT (tri-po : le < ne se lie pas dans le parler ordinaire), s. m. || !• Jeu de paume, lieu pavé ou carrelé et entouré de murailles dans lequel on joue à la courte paume. Là l'on bâlil une taverne, El là l'on bâtit tm tripot, scah. Virg. trav. l. || Terme vieilli. On dit maintenant jeu de paume. || Kig. On dit qu'un homme est dans son tripot, pour dire qu'il est dans un lieu oii il a de l'avantage pour la chose dont il s'agit, Dict. de l'Àcad. io>j4. Le P. Bourdaloue prêche divinement bien aux Tuileries; nous nous trompions dans la pensée qu'il ne jouerail bien que dans son tripot; il passe iiilinimenltout ce que nous avons ouï, sÉv. 3 dcc. teio. Ah I grand héros [Turenne] I faut-il que l'on vous sacrifie? ce n'est pas d'aujourd'hui que l'on ofTenso les héros, quand ils ne sont pasdans leur tripot, m. 4 sept. (G75. Noailles avait l'air consterné, agité, et une contenance fort embarrassée, lui ordinairement si libre et si maître du tripot, st-sim. m 4, 72. || Fig. Battre un homme dans son tripot, le vaincre dans son fort. Il Fig. Tirer un homme de son tripot, le tirer de son fort. || Fig. Les intérêts particuliers nuisent au bien général dans tous les tripots, VOLT. Lett. d'Argental, 28 août «772. ||2" Par extension et par dénigrement, maison de jeu. Deux jeunes cavaliers jouaient ensemble aux cartes dans ce tripot où vous voyez tant de lampes et de chandelles allumées, lesage, Diable boit. 3. Venaitelle de dépouiller un homme d'affaires, elle en partageait les dépouilles avec le premier chevalier de tripot qu'elle trouvait à son gré, id. Gil Bl. V, <. Il 3* Fig. Maison oii s'assemble mauvaise compagnie. |]4° Le tripot comique, ou, simplement, le tripot, se dit quelquefois, par dénigrement ou par plaisanterie, de l'assemblée des comédiens, du théâtre. Béni soit Dieu, qui vous donne la persévérance dans le goût des beaux-arts et surtout du tripot de la comédie ! volt. Lett. d'Argental, 3 mars (757. Ily a bien des tripots : celui de la Sorbonne, celui de la comédie et celui que vous avez quitté sont les trois plus pitoyables; je quitterai bientôt II! grand tripot de ce monde, et je n'y regretterai guère que vous, m. ib. t9 févr. (708. Je cabal;ii, je fis tant qu'à la fin Je comparus au tripot d'Arlequin [ii comédie italienne], m. le Pauvre di'tble. Il 5" Fig. Intrigue, tripotage. N'y aurait-il [las un peu de tripot dans tout ceci ? m"' de cha- 7EAUH0UX, Correspond, t. ii, p. 91, dans pougens. Il 6' Grande cuve employée dans certaines salines.
— HIST. xiii* s. Molt li fu bel et molt li plot De ce qu'il sont en lait tripot, le Romande Tristan, V. :<S2). La dame n'est pas espeidue, Ains apela sa cliamberiere. Une goulue pautoniere; Molt sot fsut] de fait et de tripot. Fabliaux viss. p. 282, dans LACUBNE. Puis fu ele en arbre muée ; Car ses pères l'eùst tuée. Quant il aperçut le tripot, la Rose, 2U69. Quant il i fu, s'oi [j'eusj à lui guerre; Si lue cuida chacer pain querre ; Tripot lirot! por sa haûre [haine] Et par sa tençon qui ne fine, G'i irai ; s'orrai qu'il dira, buteb. u, 94. || xivs. Moult j ot belle compaignie ; Il y fut barat, bouierie.
Faussart, tripot et tricherie, Bomon de Fauvel, ms. (ranr. B. l. MB (Bibl. nat.), f U, eerso, co!. 2. Il xv* s. J'é retenu ce prisonnier, Pour présenter à Tallebot ; I! estoit orgueilleux et fier, Maintenant y ne sonne mot, Il n'est plus dedans son trippot X Orléans, dont il est yssu, Mistere d'Orléans, p. 3«7. Je croy que tous [les Anglois] en ung tripot Se doivent trouver tous ensemble; Qui leur feroit payer l'escol, Ce seroit bien fait, ce me semble, l'b. p. 782. J'ai bien oui tout son tripot Et ses baves [babil].... coQuaLABT, p. 89. Item peuent les dix bourgois mettre jurez et gardes au tripot ou haie à blé, DU CANOË, triporlicus. S'il sceust jouer en un tripot, villon, Grand testam.
— f.TYM. Picard, tripot, ménage, cuisine; norm. tripot, marclié, tumulte. La racine parait être l'anc. verbe triper, sauter, danser, trépigner.
TRIPOTAGK (tri-po-U-j'), t. m. \\ 1"> Mélange peu ragoûtant. Il semblait que le diable eût fait ce tripola^'e, BEGNiEK, Sut. XI. J'ai pris ce malin du tripotage de café avec du lait, sÉv. 26 févr. 469«. Je fais ici un certain tripotage à mes mains avec de la moelle de cerf et de l'eau de reine d'Hongrie, m. 9 oct. < 876. lia* Assemblage confus de choses qui ne s'accordent point ensemble. Dans celte affaire ils ont fait un étrange tripotage. La dévotion de la M..., mêlée avec toutes ses autres manières, font un bon tripotage, bussy-rabutin, l.ett. t. II, p. 66, dans pougens. || 8* Petits arrangements, manigances. Les gens trouvaient.... Les meilleurs vins de la machine ronde. Dont ne manquaient encor de s'enivrer. Et de leurs sens perdre l'entier usage; On les faisait aussitôt reporter Au premier lieu; de tout ce tripotage Qu'arrivait-il? la font. Fër. Mères et nourrissons faisaient leur tripotage , id. Fabl. m , «. Aimant fort le petit tripotage du jardin et des fruits dont elle avait le maniement, l. j. rouss. Confess. ix. Je voulais savoir si sa visite avait un rapport au tripotage des élections, tu. leclercq, Proverb. t. t, p. 302, dans pougens. Il 4° Intrigues, médisances qui tendent à brouiller, à troubler. Il y a du tripotage dans celte affaire. Un renom qui n'est noirci Par nul vilain tripotage, deshoul. Poés. t. i, p. «28. U m'a parlé de madame F"*'*, qui déclare ignorer absolumentce tripotage, bachacmont, Uém. t. xxxiv, p.252.
— HlST. XVI' s. Trencher du brave et du mauvais garson, Aller de nuict, sans faire aucun outrage. Se retirer, voilà le tripotage, Marot, ii, 232. La Varenne [cuisinier d'Henri IV] a transsubstantié les potages de cuisine en tripotages d'Estat, et les poulets de papier en poulets de chair humaine, d'aub. Confess. i, 10.
— ETYM. Tripoter.
t TRIPOTASSIQUE (tri-po-ta-ssi-k') , adj. m. Terme de chimie. Sel tripotassique, sel potassique qui contient trois fois autant de potasse que le sel neutre correspondant.
t TRIPOTÉ, ËË (tri-po-té, tée), part, passé de tripoter. Manié sans ménagement. Des fruits tripotés.
t TRIPOTÉE (tri-po-tée),»./'. Populairement, une volée de coups.
TRIPOTER (tri-po-té), V. n. || f Brouiller, mélanger malproprement différentes choses. Ces enfants ont tripoté toute la journée dans le ruisseau. On est à même, on tripote, on patrouille. Et jamais bain ne fît tant de plaisir, ddcerceau , Poésies, la Nouvelle Eve. || Fig. Il a tripolé dans cette affaire et l'a gâtée. M. Duboury s'est ruiné à tripoter sur les renies, th. leclercq, Proverb. t. V, p. 202, dans pougens. || i' Particuhèreiiient, intriguer, calomnier, médire en vue de brouiller les affaires, de diviser les personnes. C'est un homme qui aime à tripoter. |{ Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. \\ 3° V. a. S'occuper de quelque chose en tripotant. Tripoter des fonds. Tripoter un mariage. ||4* Manier maladroitement. Tripoter des fruits.
— Etym. Tripot.
tTRlPOTEDR, EUSE (tri-po-teur , teû-z') , t. m. elf II 1" Syn. de tripotier, ière. || î" Par plaisanterie, membre du tripot comique. Je vous conjure de faire retirer la copie, qui est peut-être au tripol, et les rflles qui peuvent être chez les tripoleurs et les tripoteuses, volt. Lett. d'Argental, 20 janv. 4 778.
— iilST. xvi* s. Tripoleur, cotgrave.
TRIPOTIER, lËRE (tri-po-tié , tiè-r'), ». m. et f.
Il 1* Celui, celle qui tient un tripot pour la paume. Que le feu Saint-Antoine les arde I dit la Iripotière, scarr. Hom. com. I, 2. Jacques Régnier.... fit bâtir en I6»3.... un jeu de paume des démolitions de la citadelle de Chartres.... et, comme ce
tripot aport< le nom de tripot Régnier, c'est apparemment ce qui a donné lieu de dire que Régnier le satirique était le fils d'un tripotier, (Eue. d* Hégnier, éd. (730, Arert. p. iv. || l* Celui qui tient une maison de jeu, ioum. of/!e. 4 nov. 4«7t,p.4292, 4" col. Il S* Celui, celle qui fait partie d'un tripot de comédiens. Je joins ici la liste des tripotiers que mes anges me demandent, volt. Lett. envers et en prote, 439. Il Adj. Je reconnais votre cœur au combat qu'il éprouve entre la reconnaissance et la tyrannie tripotière, tolt. Lett. d'Argental, 40 férr. 476!). 114° Fig. Celui, celle qui fait des tripotages, de petites intrigues. Je n'assistai point aux conciliabules; on les peut lire dans les récits de l'abbé de Pradt et des divers tripotiers qui maniaient de leurs sales et petites mains le sort d'un des plus grands hommes de l'histoire, cbatëaubr. Mém
t. VI, p. 205.
— Etym. Tripoter.
t TRIPOCX (tri-poû), f. m. Nom qu'on donne dans les Vosges à des terrains communaux divisés par lots, tous les huit à dix ans, entre les habitants de la commune, pour être cultivés par eux jusqu'au prochain tirage.
t TRIPTE:RE(tri-ptè-r^, od;. Muni de trois ailes.
— Etym. Tpi, trois, et Ttrepàv, aile.
t TRIPTOLÈME (tri-pto-lé-m"), t. m. Personnage de la mythologie grecque qui, instruit par Cérès, enseigna aux hommes l'agriculture. || Un des noms de la constellation des Gémeaux.
t TRIPTOTE (tri-pto-t') , adj. Terme do grammaire. Se dit d'un nom qui n'a que trois terminaisons différentes, par exemple au singulier roM, Tosx, rosam.
— ÉTYM. TpinTcoTo;, de Tpi, trois, et itTû^tc, chute, finale.
t TRIPTYQUE (tri-pli-k*), s. m. Terme d'antiquité. Tablette de trois feuillets qui se replient l'un sur l'autre. Il Tableau sur trois volets. Un beau triptyque d'un des premiers Penicaud de Limoges (nom d'un artiste renommé).
— ETYM. TptitTuxo;, plié en trois, de Tpi, trois, et TtTucTEtv, plier.
4. TRIQUE (tri-k') , s. f. Gros bâton. Une volée de coups de trique. || Terme rural. Variété de fourche.
— ÉTYM. Wallon, (rift. D'après Scheler,rriqiue est pour eslrique, comme pâmer pour espasmer, et vient du néerlandais strijken, frapper; ailem. streichen.
t 2. TRIQUE (tri-k'), (. f. Nom du tedum album.
— Etym. Voy. tbique-madame.
TRIQUE-BALLE (lri-ke-ba-1'), s. f. Terme d'artillerie. Voiture construite particulièrement pour le transport des lourds fardeaux à des distances peu éloignées. Trique-balle à treuil. Trique-balle à vis. Il 'l'erme de construction. Fardier servant au transport des plus grosses pièces de charpente.
— RF.M. Suivant Legoarant, dans l'arlillerie et dans la marine, on fait ce mot du ma.sculin, et on l'écrit sans tiret : un triqueballe, de grands triqueballes.
— ÉTYM. Néerl. trekken, tirer, et balle. TRIQUE-MADAME (tri-ke-ma-da-m'), ». f. Nom
vulgaire de l'orpin blanc (crassulacées), dit encore vermiculaire, trique blanche, tripe-madame, petite joubarbe.
— ETYM. Trique 4 (par comparaison de la feuille charnue et cylindrique avec un petit phallus), et madame.
t TRIQUER (tri-ké), v. a. |11» Terme de marine. Faire le tricage des pièces dont un mât se compose. Il Séparer les bois selon leurs espèces et leurs qualités, sur le port ou dans le chantier. || i' Populairement. Battre à coups de trique, de bâton.
TRIQUET (tri-kè), s. m. || 1* Battoir étroit avec lequel on joue à la courte paume. || Dcmi-triquet, petit battoir. ||2" Echafaud de couvreur, en forme de triangle ; espèce d'échelle double.
— ETYM. Trique 4.
t TRIQUKTRAC (tri-ke-trak'), ». Bi. Onomatopée qui a été employée en parlant d'un bruit confus de choses qu'on heurte l'une contre l'autre. Puis, outre tout cela, vous faisiez sous la table Un bruit, un triquetrac de pieds insupportable, mol. r£t. iv,B.
— ETYM. Voy. tkic-trac; espagn. triquitraque. t TRIQUÈTRE (Iri-kè-tr'), ». f. Réunion de trois
cuisses avec leurs jambes cl leurs pieds que l'on trouve souvent sur les médailles antiques.
— ÉTYM. Lai. triquetrus, à trois angles. ITRIQUEUR (tri-keur), ». m. Ouvrier qui, sur
la Seine, fait le tri du bois flotté, du camp. Revue des Deux-Mondes, t" nov. 4867, p. 4 7B.
TRIRËGNE (tri-rè-gn'), ». m. Autre nom de U tiare du pape ou triple couronne (voy. tàans).
TRI
TRI
TRI
— ÉTYM. Ital. triregno, de tn, trois, et regno, couronne.
TRIKÈMB (tri-rê-m'), s. f. Galère des anciens à trois rangs de rames. Nous avons nos arts ; l'antiquité eut les siens; nous ne saurions faire aujourd'hui une tri/ème ; mais nous construisons des vaisseaux de cent pièces de canon, volt, IHct. phil. Antiquité. Ses succès [de Corintlie] excitèrent son industrie; elle donna une nouvelle forme aux navires, et les premières trirèmes qui parurent, furent l'ouvrage de se? constructeurs, barthél. Anach. ch. 37.
— HIST. XIV* s. Trirèmes cstoient certaines manières de nefs à trois rens d'avirons, bercheore, ^ 3.
— ÊTYM. Lat. triremis, de tri, trois, et remus, rame.
t TRIROTE (tri-ro-f), s. /■. Ci, ' - -oulanle à trois roues, que la personne assise p». mou-
voir elle-même.
— ETYM. Tri, trois, et lat. rota, roue.
t THISACRAMENTAIRE (tri-sa-kra-man-tê-r') , f. m. Se dit d'anglicans qui n'admettent que trois sacrements.
fTRISAGION (tri-za-ji-on), s. m. Nom donné à l'hymne Sanctus , Sanctus, Sanctus, dite aussi hymne chérubique.
— ETYM tfiaifioi, de Tpi«, trois fois, et 4y'oï> saint.
TRISAÏEUL, EULE (tri-za-ieul, ieu-r),s. m. et f. Le père, la mère du bisaïeul ou de la bisaïeule. Il Au jjJur. Trisaïeuls, trisaïeules. Pour pouvoir avec lui s'accorder, Jusqu'à vos trisaïeux il faut rétrograder, DESTOUCH. Homme sing. ii, 4.
— HIST. XVI' s. Après que vous avez nommé aïeul, père, fils et petit-fils, vous demeurez court; et, si vous n'aviez rétabli le mot neveu en sa primitive et plus vieille signification, il vous seroit loisible de dire pour les ascendans père, aïeul, bisaïeul et peut-estre trisaïeul, et pour les descendants fils, neveu et arriere-neveu ; et sais bon gré à Denis Sauvage, lequel, en sa traduction de Paul Jove. appelle Mahomet bisayeul, Amurath trisayeul de Soliman empereur de Constantinople, PASQUiER, Recherch. viii, p. 732, dans lacuhne.
— ETYM. Tpiç, trois fois, etofeuJ.
t TRISANNUEL, ELLE (tri-za-nnu-èl, è-l'), adj. ui dure trois ans. Plante trisannuelle.
— ÊTYM. Tpi:, trois fois, et annuel.
+TRISECTKUR, TRICE (Iri-sè-kteur, ktri-s'), adj.
Qui coupe en trois parties. || Courbe trisectrice, courbe qui donne la trisection de l'angle. || Terme de géométrie. Trisecteur de l'angle, instrument propre à partager un angle en trois parties égales.
— Ei'VM. Tri, trois, et secteur.
TRISECTION (tri-sè-ksion), s. f. Division d'une
chose en trois parties. i| Terme de géométrie. Division en trois parties égales. La trisection de l'angle, problème fameux chez les anciens, et qui les a beaucoup exercés, fonten. Viviani. || Terme de botanique. Principe de la trisection, cause inconnue qui fait que la composition des feuilles se fait ainsi: les feuilles ont une tendance à. se diviser par trois; quand un limbe se divise, c'est toujours suivant un multiple de trois, Acad. des se. Comptes rendus, t. li, p. <075.
— REM. On ne voit pas pourquoi l'Académie met une seule s à trisection et deux à trissyllabe.
— ETYM. Tri, trois, et section.
t TRISEL (tri-sèl), s. m. Terme de chimie. Sel qui renlerme trois fois autant d'acide que de base, ou de base que d'acide, par rapport au sel neutre correspondant.
— ÉTY.M. Tri, trois, etsel.
t TRISÉPALE (tri-sé-pa-l'), adj. Terme de botanique. Dont le calice est formé de trois pièces.
■f TllISÉQUER (tn-sé-ké), v. a. Terme de botanique. Partager en trois. || Se triséquer, v. réft. Se partager en trois. Les feuilles ont une tendance naturelle à se triséquer.
— ÊTYM. Voy. TRISECTION.
t TRISCRIÉ, ÉE (tri-sé-ri-é, ée), adj. Qui est disposé-sur trois rangs ou séries.
TRISMÉGISTE (tri-smé-ji-sf), adj. m. || 1» Surnom que les Grecs donnaient au Mercure égyptien, ou Hermès. Toute histoire qui n'est pas contemporaine est suspecte; ainsi les livres des sibylles et de Trisméj,'iste.... sont faux, et se trouvent faux & la suite des temps, pasc. Pens. xiv, 5, édit. HAVET. lia- S. m. Terme d'imprimerie. Caractère qui est entre le gros et le petit canon. Le trismégisle vaut 38 points typographiques; et, d'après la nomenclature de Fournier jeune, il est entre le gros canon (44 points) et le petit canon (28 points).
— tTYM. Tpi(T|jiÉfiiTTOî, de Tpic, trois fois, et liéYKTTci;, très-grand, superlatif de (icyoc;.
t TRI.SMUS (tri-smus'), s. m. Terme de médecine. Serrement des mâchoires par la contraction spasmodique des muscles élévateurs delà mâchoire inférieure, en sorte que la bouche demeure forcément fermée; c'est souvent un commencement de tétanos.
^ ÊTYM. Tpiffpià:, de Tpiîieiv, grincer.
t TRISOC (tri-sok), s. m. Instrument aratoire servant comme scarificateur, eitirpateur.
— ETYM. Tri, trois, et soc.
t TRISODIQUE (tri-so-di-k') , adj. Terme de chimie. Sel trisodique, sel sodique qui contient trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.
t TRISPERME (tri-spèr-m'), adj. Terme de botanique. Qui renferme trois graines.
— ÉTYM. Tpi, trois, et unépiioi, graine.
t TRISPLANCHNIQUE (tri-splan-kni-k'), adj. Terme d'anatomie. Nerf trisplanchnique, synonyme de nerf grand sympathique.
— ÉTYM. Tpi, trois, et (ntiâyx^o^j viscère, ce nerf se distribuant à trois viscères essentiels.
t TRISSE (tri-s'), s. f. Terme de marine. Corde ou palan qui sert à approcher ou à éloigner les canons de leur sabord.
fl.TRISSER (tri-sé), v. n. Se dit du cri de l'hirondelle.
— ETYM. Lat. trissare.
t 2. TKISSER (tri-sé), ». o. Faire dire trois fois un morceau de vers, de musique.
— ÊTYM. Mot fait avec tri, sur le modèle de hisser.
t TRISSOTIN (tri-so-tin), *. m. Personnage ridicule mis en scène par Molière dans les Femmes savantes, devenu, comme Tartufl"e, un nom commun, mais désignant plutôt un sot d'après l'étymologie qu'un pédant comme Molière l'a présenté. M. de Marignon n'est pas un Trissotin. — Extérieurement, non; la forme change; les TrissoUnsde nos jours ont plus de savoir-faire, plus de tenue, plus d'importance, scribe, le PufJ, m, 6.
— ÊTYM. Tricotin, troii fois Cotin, un mauvais écrivain, avait dit d'abord Molière; puis il mit Trissotin, où l'on voit sot.
TRISSYLI ABE (tri-si-la-b'), adj. Terme de grammaire. Qui esl lij trois syllabes. Il ajoute qu'on a dit oûteron trissyllabe, pour dire un moissonneur, et non pas un aoûteron quadrisyllabe, vaugel. Retn. not. Th. Corn. t. ii, p. 496, dans pougens. || Substantivement. Un trissyllabe mot composé de trois syllabes.
— ETYM. Lat. trisyllabus , de TpioûXî.aSo;, de Tpi, trois, et cuXÀàêïi, syllabe.
t TRISSYLLABIQUE (tri-sil-la-bi-k') , adj. Qui appartient à un trissyllabe.
t TRISTACHYÉ, ÉE (tri-sta-ki-é, ée), adj. Terme de botanique. Dont les fleurs forment trois épis.
— ÉTYM. Tpt, trois, et <7Taxù?, épi.
t TRISTAMIE (tri-sta-mie), s. f. Ancien nom de la couleur de pain bis, chez les teinturiers. Si ladite soie est engallée, elle deviendra noire ; et, n'étant pas engallée, elle deviendra couleur de tristamie ou pain bis, Réglem. sur les manuf. aoiit 4 069, teinturiers en laine, art. 82.
f TRISTAN (tri-stan), s. m. Nom vulgaire et spécifique du satyre tristan (papillons diurnes).
I TRISTANSIQUE (tri-sta-nni-k'), adj. Terme de chimie. Sel tristannique, sel stannique qui contient trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.
TRISTE (tri-sf), odj. || 1° Qui a du chagrin, de l'ainiction. Je l'ai trouvé tantôt tout triste de je ne sais quoi que vous lui avez dit, mol. Scapin, II, U. Quoiqjie vous soyez tous tristes, c'est un soulagement que l'être ensemble, sÉv. 22 janv. 4 090. Captive, toujours triste, importune à moimême, RAC. Andr. i, 4. Et la triste Italie, encor toute fumante [Des feux qu'a rallumés sa liberté mourante, m. Mithr. m, 4. Ils voudraient être tristes et ne sont qu'ennuyeux ; ils voudraient toucher le cœur et ne font qu'affliger les oreilles, j. i. Rouss. Letl. sur la mus. /'ronf. || Triste de. Il est triste de la mort de son ami. Il était triste de quitter son pays, et de renoncer à une vio pleine d'agréments, m"' de catlus, -Soucenirs, p. 22, dans pougens. || Triste de quelqu'un, affligé à cause de lui. Je suis toute triste de vous; ah! le moyen d'être autrement? deux ans sans le revenu de votre charge, et tout ce que vous avez à soutenir, siv. 3i janv. 4C90. || %• Qui est
sans gaieté. Montrez un œil plus triste, copiv Cid, IV, 4. Mais pourquoi ce front triste et ces regards sévères? m. llor. 11, 2. Il se déguise en vain : je lis sur son visage Des fiers Domitius l'humeur triste et sauvage, hac. Brit. i, 4. || Il se dit aussi des animaux. Parmi les chiens, les lévriers sont tristes. L'un [l'aigle] jura foi de roi, l'autre foi de hibou, Qu'ils ne se goberaient leurs petits peu ni prou ; Connaissez-vous les miens, dit l'oiseau de Minerve; Non, dit l'aigle; tant pis, reprit le triste oiseau, la font. Fabl. v, 4 8. ||Fig. Cet homme est triste comme un bonnet de nuit, il est chagrin et mélancolique. || Avoir une triste figure, une triste mine, avoir un visage défait, et aussi avoir mauvaise mine. || Le chevalier de la triste figure. Don Quichotte. || Faire une triste figure quelque part, y avoir l'air gêné, s'y trouver mal à l'aise. !1 Faire triste mine, avoir la mine chagrine. Il Faire triste mine à quelqu'un, lui faire un mauvais accueil. || Cet homme a le vin triste, quand il a bu, il est triste et chagrin. || 3° Sévère. Luther triomphait de vive voix; mais la plume de Calvin était plus correcte, surtout en latin ; et son style, qui était plus triste, était aussi plus suivi et plus châtié, Boss. Variât, ix. Je ne suis pas pourtant de ces tristes esprits, Qui, bannissant l'amour de tous chastes écrits, D'un si riche ornement veulent priverj la scène, Traitent d'empoisonneurs et Rodrigue et Chimènc.... boil. Art p. iv. Ah! quittez d'un censeur la triste diligence, hac. JSrit. i, 2. Le sérail d'un Soudan, sa triste austérité, volt. Zaïre, i, 4. |;4° Qui a le caractère de la tristesse, de la mélancolie. Les afl'ections tristes, 'l'a douleur, du Périer, sera donc éternelle. Et les tristes discours Que te met en l'esprit l'amitié paternelle L'augmenteront toujours, malh. vi, 48. Ces tristes vêtements où je lis mon malheur Sont les premiers eR'ets qu'ait produits sa valeur [de Rodrigue], CORN. Cid, IV, 4. Elle fut contrainte de se séparer d'avec le roi, qui était presque assiégé dans Oxford, et il se dirent un adieu bien triste, quoiqu'ils ne sussent pas que c'était le dernier, boss. Heine d'Anglet. Ma triste voix était donc destinée à ce déplorable ministère, ID. Duch. d'Orl. Moi , je meurs ; et mon âme, au moment qu'elle expire , S'exhale comme un son triste et mélodieux, la- MAHT. Méd. [, 29. Il 5° Qui cause de l'affliction, do la mélancolie. Une triste perspective. Des idées tristes. Parlez à mon esprit de mon triste devoir, CORN. Cid, IV, (. Pauline : Voilà quel est mon songe. — Stratonice : Il est vrai qu'il est triste, m. PoUj. I, 3. Une admirable, mais triste mort, boss. Duch. d'Orl. Triste messager d'un événement si funeste [la mort d'un fils de Louis XIV], m.Mar.-Thér. Pleurez sur ces faibles restes de la vie humaine, pleurez sur cette triste immortalité que nous donnons aux héros, id. Louis de Ilourbon. Je voudrais VOUS cacher une triste nouvelle, Madame ; mais il faut que je vous la révèle, rac. Phèdre, i, 4. Et le tombeau , .seigneur, est moins triste pour moi Que le lit d'un époux qui m'a fait cet outrage, id. m-thr. IV, 4. Une triste expérience me défendait du charme attaché à cette passion délicieuse et cruelle, riccoboni, Œuv. t. vi, p. 489, dans pod- GENS. Il Triste à. Il n'y a rien de si fâcheux à de si bons cœurs, ni, en soi, rien de plus triste à la nature, que d'être haï, boss. Méd. sur l'Év. ^'partie, I6« jour. Il II se joint quelquefois, par antitlièse, à un mot qui exprime bien, bonheur. Je veux toujours le voir, cet ingrat qui me tue. Non pour le triste bien de jouir de sa vue.. ..corn. Sur. m, 3. Un de ses plaisirs, dit-elle, c'est qu'elle n'aimera personne en ce pays-là ; voilà un triste plaisir, sÉv. 305. Et je suis plus heureux dans ma captivité Que je ne 1* fus de ma vie Dans le triste bonheur dont j'étais enchanté,j.B.ROUss. Cont. 3. || Faire un triste repas, faire un repas où l'on ne se réjouit point. Il 6° Malheureux, déplorable. Cet homme a fait une triste fin. Les tristes dépouilles des vaincus. ....La crainte Dont en ce triste jour tu me vois l'âme atteinte, corn. Poly. I, 3. Des voleurs qui chez eux pleins d'espérance entrèrent De cette triste vie c.ifir. ;;« délivrèrent, boil. Sot. I. Plijt au ciel... Qu'il ne m'eût pas donné par ce triste attentat Un gage trop certain des malheurs de l'Etat, RAC. Bril. V, 7. Ils [les Césars] n'imaginèrent pas les tristes lois qu'ils firent, montesq. Esp. xii, 4 6. Cette triste promesse est -elle enfin remplie? VOLT. Fanât, iv, 4. Si je pouvais, dans mon triste état [84 ans] , faire un voyage à Paris, mon plus grand désir serait que le panégyriste de la Pitié en eût un peu pour moi , ID. Lett. Pelaunay auttur du Panégyrique de la pitié, 8 déc 4177.
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Il 7° Fâcheux, pénible, ennuyeux. Une triste vie. Malgré la triste paix que vous avez jurée, corn. Suréna, m, 2. Il est triste d'être entre des espiègles et de beaux esprits, maintknon, Lett. à Mme de Cayius, t. vi, p. (23, dans pouoens. Vers son triste penchant [l'avarice] son naturel guidé Le fit dans une avare et sordide famille Chercher un monstre affreux sous l'habit d'une fille, boil. Sat. x. 11 arriva une chose assez triste à Martorillo le Calabrois, que nous nommons saint François de Faulc.... le saint no guérit pas le roi [Louis XI, apoplectique], et le roi ne guérit point le saint [il avait les écroucUes], tolt. Dict. phil. Êcrouelles. Rien n'est si triste que d'être avec soi-même sans occupation, ID. Lett. à Unie du neffant, () déc. < 769. Quel trisle hiver je viens de passer 1 genlis. Ad. et Th. t il, p. asf), dans pouoens. || Il est triste que, avec le subjonctif. 11 est triste que Clovis, étant à peine catéchumène, fît tuer Syagrius, que les Visigoths lui avaient remis entre les mains , volt. Pol, et lég. Comm. espr. des lois, Clovis. Il est triste, à mon gré, pour le genre humain, qu'un homme îomme Pascal ait été un fanatique , ID. Lett, Kaines, 4 juin (777. || 8" Obscur, sombre. Appartement triste. Maison triste. Ce jardin est triste. Il Cette maison a des vues tristes, ou, simplement, est triste , elle n'a que des vues peu agréables. Il Temps triste, temps couvert. {| Terme de botanique. Se dit des plantes dont le feuillage est sombre ; dont les fleurs sont d'une teinte sombre ou comme passée; dont les sommités sont noires. Il Se dit de différents animaux dans la couleur desquels il entre plus ou moins de noir. ||9' Qui est insuffisant, médiocre, au-dessous de ce qu'on attend, en parlant soit des personnes, soit des choses. Vous faites là un triste personnage. Cet auteur a choisi un triste sujet de poëme. Et le triste orateur Demeure enfin muet aux yeux du spectateur, boil. Lutr. vi. L'un était le marquis de Flamarin, triste objet des tristes élégies de la comtesse de la Suze, iiamilt. Gram. 9. En rompant le triste mariage qu'il va conclure plus par iléiespoir que par intérêt, mariv. le Legs, se. 23. Ma triste voix chantait d'un gosier sec Le vin mousseux, le frontignan, le grec, Buvant de l'eau dans un vieux pot à bière, volt, le Pauvre diable. C'est un triste métier que celui d'homme de lettres ; mais il y a quelque chose de plus dangereux, c'est d'aimer la vérité, id. ùtt, Damila- «iUe, 21 juin. 1764. Enée est un froid et triste personnage auprès du majestueux Adam , cha- TEAUBH. Génie, n, iv, u>. || Faire un triste repas, faire mauvaise chère. || 10* S. m. pi. Les Tristes d'Ovide, recueil de pièces élégiaques qu'Ovide écrivit de son exil à ses amis de Home et à l'empereur Auguste.
— HIST xn* s. Charles chevauche, tristes de mautalent, Ronc. p. 86. || xiii* s. Delez lui Blanchefleurs, qui cuer ol triste et noir, Berte, lxv. ||xvi* s. Des tristes tristeur [il] destournoil, Et l'homme aise en aise tenoit, marot, m, 23i. Demeurer en la cogitation des fortunes adverses et tristes, AMYOT, De la tranq. d'dme, <4. Triste comme un bonnet de nuit sans coiffe, cotgrave.
— ETVM. "Wallon, (ris*; provenç. trist, triste; espagn. triste; ital. trislo; du lat. tristis. Le XVI» siècle avait le verbe trister, et la langue plus ancienne tristoi/er.
TRISTEMENT ftri-ste-man), adv. || !• D'une manière triste. Un mort s'en allait tristement S'emparer de son dernier gîte, la font. Fabl. vu, It. Il nous dit cela si tristement, qu'il me fit pilié, PASC. Prov. II. X mon âge, on ne fait ce que l'on veut en aucun genre; on boit tristement la lie de 8on vin, TOLT. Lett. Lacombe, avril 4 767. Mais ne va pa-s, tristement vertueux. Sous le beau nom de la philosophie. Sacrifier à la mélancolie, id. Ép. m, ^à l'abbi Servien, mis à Vincennes. Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne. Au coucher du soleil, tristement je m'assieds, lamart. Méd. i, (.||2* D'une manière fâcheuse, misérable. X la fin tous ces jeux que l'athéisme élève. Conduisent tristement le plaisant à la Grève, boil. Art p. II. On ne peut pas dire des jésuites que leur mort ait été aussi brillante que leur vie; si quelque chose même doit les humilier, c'est d'avoir péri si tristement, si obscurément, sans éclat et •ans gloire, d'alemb. Œuv. t. v, p. 122.
— HIST. XIII* s Por quoi me sueffres tu à démener si tristement, endementieres que [pendant que] mes anemis m'aflit? Psautier, !• 53.
— Ktvm. Triste, et le suffixe ment.
TRISTESSK (tri-stè-s'), t. f. || 1- Sorte de souf-
DICT. DK la langue FIIANÇAIS».
fninoe morale dont le propre est de peser sur l'âme, et qui d'ordinaire apparaît dans l'extérieur. Nos plus heureux succès sont mêles de tristesse, conN. Cid, m, s. Le fils qui est sai^e est la joie du père, le fils insensé est la tristeise de sa mère, SACi, Bible, Prov. de Sahm. x, (. On fait beaucoup de bruit [après la mort d'un mari], et puis on se console; Sur les ailes du temps la tristesse s'envole, LA FONT. Fabl. VI, 21. Cette mauvaise tristesse dont saint Paul dit qu'elle donne la mort, au lieu qu'il y en a une autre qui donne la vie, ' PASC. Lelt. à Elle de Roanne:, 7. Et ainsi, comme dit Tertullien, il ne faut pas croire que la vie i dos chrétiens soit une vie de tristesse ; on ne quitte les plaisirs que pour d'autres plus grands, ; ID. l'b. 6. Vos malheurs me font une tristesse au coeur qui me fait bien sentir que je vous aime, sÉv. à Bussy, t5 juill. 1673. Nous sommes toujours dans la tristesse des troupes qui nous arrivent [en Bretagne, pour punir la province] de ^ tous côtés, ID. 4 déc. 1675. Vous ne sauriez mieux j faire que de promener votre tristesse à Versailles; ce qui serait pourtant encore mieux, serait de n'avoir point de tristesse, id. 7 fév. 1686. Il faut écouter le saint apôtre, qui nous dit : il y a la tristesse du siècle, la tristesse selon le monde, et la tristesse selon Dieu, Boss. Sermons, Trist. des enfants de Dieu, 2. Ces pieux devoirs que l'on rend à sa mémoire [de Mme de Montausier), ces ch2mts lugubres qui frappent nos oreilles et qui vont porter la tristesse jusque dans le fond des coeurs, FLÉCH. Mme de Mont. La tristesse n'est bonne, ni pour ce monde, ni pour l'autre, maintenon, Lett. à Mme de Cayius, 29 sept. )7I5. Elle [l'élégie] peint des amants la joie et la tristesse, boil. Art p. 11. Comme autrefois David, par ses accords touchants. Calmait d'un roi jaloux la sauvage tristesse, rac. Bsth. m, 3. Idoménée.... tomba dans une tristesse ' mortelle, fén. Tél. xxiil. Dans la tristesse, les deux coins de la bouche s'abaissent, la lèvre inférieure remonte, la paupière est abaissée à demi, la prunelle de l'œil est élevée et à moitié cachée par la paupière, les autres muscles de la face sont relâchés, de sorte que l'intervalle qui est entre la bouche et les yeux est plus grand qu'à l'ordinaire, et par conséquent le visage paraît allongé, buff. Hist. nat. hom. Œuv. t. iv, p. 300. Et non moins que le temps la tristesse a des rides, a. cuên. Élég. XV. Il Au plur. Elle [la vue de la volonté de Dieu] retranche l'inquiétude, l'empressement, les désirs trop ardents pour les choses qui ne sont pas encore arrivées, les tristesses et les chagrins pour celles qui sont présentes ou passées, nicole, Ess. demor. 2* traité, ch. 4. Ce sont des tristesses retirées dans le fond de l'âme qui la flétrissent et qui la laissent comme morte, mariv. Marianne, 9' part li Terme de médecine. Tristesse ébrieuse, nom donné à un état d'hébétude chez les personnes qui abusent de l'alcool. || 2° Mélancolie habituelle de tempérament. C'est un homme qui est né avec un fond de tristesse. Voilà les horreurs de la séparation.... toutes les tristesses des tempéraments sont des pressentiments, tous les songes sont des présages, SÉV. 6 mai 4671. Il 3" Il se dit de ce qui inspire la tristesse. Le bruit de ces torrents et de la mer est d'une tristesse qui serre le coeur, genlis, Veiil. du chdt. t. m, p. 353, dans polgens. || 4* Il se dit des lieux sans agréments, des fêtes sans gaieté, etc. Les appartements de cette maison sont d'une grande tristesse. Le bal du mardi gras pensa être renvoyé ; jamais il ne fut une telle tristesse : je crois que c'était votre absence qui en était la cause, sf;v. 18.
— HIST. xiii* s. Tristesce et moleste sont choses mauvaises, et sont contraires au délit [plaisir], BRUN. LATiNi, Trésor, p. 324. Il XIV' s. Toutes choses que l'en fait par force et pir violence et contre sa volenté, l'en les fait avecques tristesse, oresme, Êth. 50. Et se au contraire il vient à un homme beneuré pluseurs grandes maies fortunes et adversités, il le tribulent et troublent et lui font tristeces, in. ib. 25. ||xvi' s. Il délibère de mourir en cette tristesse, n'ayant autre plaisir que de suivre son enfant au sépulcre, calv. Instil. 332. Je crains la cruauté de vos fieres maistresses, J'ay part à vos soupirs, je gouste vos tristesses, desportes. Bergeries, iv, discours. De tristesse et ennuy nul fruict, Leroux de lincy, Prov. t. 11, p. 287.
— ÊTYM. Provenç. tristicia, tristessa ; espagn. tristeia; ital. tristexza; du latin Iristitia, de tristis, triste. Le mot le plus usité dans l'ancienne langue était (rt'jtor.
tTRISTI.MANIK (iris-li-ma-nie;, ». f. Terme de
médecine. Monomanie avec tristesse.
— KTYM. Triste, et mante.
t TRISTIQUE (tri-sti-k'), adj. Terme d'histcire naturelle. Qui est disposé sur trois rangs.
— 8TYM. Tf.i, trois, et «rcix'î, rang.
t TR1ST0.MIKNS (Iri-sto-miin), s. m. pi. Terme d'histoire naturelle. Nom donné i une subdivision des trématodes.
— ÊTYM. Tpi, trois, el otoiw, bouche.
t TRISTYLE (tri-sti-1'), adj. Terme de botanique. Qui a trois styles.
t TRISULCE (tri-sul-s'), adj. Terme de zoologie. Se dit des quadrupèdes qui ont trois sabots au> pieds.
— ETYM. Lat. trisulcut, de tri, trois, et tulcta, sillon.
t TRISULFURE tri-sul-fu-r') , i. m. Terme de chimie. Sulfure qui contient trois proportions de soufre.
t TRITÉOPHYE (tri-té-o-fie), t. f. Terme de médecine. Fièvre intermittente ou rémittente tierce, c'est-à-dire dont les accès reviennent de deux jours l'un, ou tous les trois jours inclusivement.
— ËTVM. TpiTïiof ijto, de TptToioc, de trois jours, et çÛEiv, se produire.
t TRITERNÉ, ÉE (tri-tèr-né, née), adj. Terme de botanique. Se dit des feuilles dont le pétiole commun se divise en trois pétioles secondaires, subdivisés eux-mêmes en trois autres, dont chacun porte trois folioles.
— ÉTYM. Tri, trois, et lat. ternus, par trois.
t TRITHfiISME (tri-té-i-sm'), s. m. Doctrine de» trithéistes. On se moque du polythéisme, et on admet le Irithéisme, volt. Jf^l. litt. Lett. à W"
+ TRITHÉITK (tri-té-i-f) ou TRITHÉI.STE (trité-i-st'), s. m. Nom sous lequel on désigne tous ceux qui font des trois personnes en Dieu, trois essences, trois substances, trois dieux.
— ETYM. Tpl trois, et 6eoç, Dieu.
t TRITICl.NE (tri-ti-si-n'), s. f. Terme de chimie. Gluten de la farine de froment.
— ÉTYM. Lat. triticum, froment.
t TRITICITE (tri-ti-si-f), s. f. \\ !• Terme de minéralogie. Épi de blé fossile. |{ %' Nom donné au cuivre sulfuré spiciforme de Frankenberg (en Resse), parce qu'il offre la forme d'un épi de blé.
— ETYM. Lat. triticum, froment.
4. TRITON (tri-ton), s. m. ||1" Terme de mythologie. Dieu de la mer, que la Fable fait fils de Neptune et d'Amphitrite, qui a figure humaine et dont le corps se termine en poisson. Triton sur la mer aplanie Promène sa conque d'azur, bernis, Quat. part. jour. Mat. J'ai vu, ce qu'on ne pourra croire. Des tritons, animaux marins. Pour danser troquer leur nageoire Contre une paire d'escarpins, pannard. Description de l'opéra. Les talents vulgaires se persuadent que la fiction par excellence consiste à employer dans la composition les divinités de la Fable, et que hors de 1mythologie il n'y a point d'invention; sur c principe, ils couvrent leurs toiles de cuisses de nymphes et d'épaules de tritons, marmontel, Œuv. t. vil, p. 434. Un triton a plongé dans les flots le Troyen téméraire qui osa défier les divinités de la mer par ses chants, stael, Corinne, XIII, 4. Il 2' Terme d'histoire naturelle. Genre de batraciens urodèles aquatiques, voisins des salamandres. || 3' Genre de coquilles univalves; lia pour type le triton émaillé {triton vnriegatum) de Lamark, qui était le murex triton de Linné. Les amateurs l'appellent conque de Triton, rocher trompette et trompette marine. On y distingue en outre : le triton cutacé, qui était le murex cutacé de Linné; il porte les noms marchands de faux cabestan et degrés-bordés ; le triton baignoire (murex lotorium, L.), vulgairement la baignoire, la vache, etc.; il forme le genre lotoire de Denys de Montfort; et le triton fémoral ou triton triangulaire, dit dragon, et qui était le murex fémoral de Linné, legoarant. || 4° Appareil à l'aide duquel un homme peut plonger dans l'eau et y rester aussi longtemps qu'il le voudra.
— ETYM. Lat. (riton; grec, TpttMv; le même que le sanscr. trita, dieu qui règne sur les eaux et sur l'atmosphère, et dont le nom se trouve dansTpi- Toyéveio, la fille de Tritos, Athéné, Miner/e.
2. TRITON (tri-ton), *. m. Terme de musique. L'intervalle de trois tons (ce mot étant pris dans le sens de seconde majeure) , existant dans l'échelle du plain-chant, entre la corde F (fa) et It
TRI
TRI
TRO
corde B (si) ; cet intervalle était défendu en tonalité du plain-chant; il est permis en tonalité moderne, où on l'appelle plus généralement : quarte augmentée (voy. ce mot). Supposons que j'aie be- Boin de toute la dureté du triton, ou de toute la fadeur de la fausse quinte, j. J. Rouss. Lett. sur la mus. /Vanf. Il Accord de triton. Rossini, dans l'immortel trio de Guillaume Tell, a employé en trémolo un accord de triton avec la sensible dure; Meyerbeer, dans la bénédiction des poignards des Huguenots, s'est servi du même accord, toujours en trémolo; l'effet est peut-être ici encore plus dramatique et plus saisissant, a. loquin. Notions d'harm. mod. p. 24.
— F.TYM. TpUovo;, de Tpi, trois, et tovoç, ton.
t TKITONIDE {tri-to-ni-d'),s. f. Terme de mythologie. Nom de certaines déesses de la mer.
— ÈTYM. TpiTMvc; (voy triton 4).
fTRITONIEN, lENNE (tri-to-niin, niè-n"), adj.
Terme de géologie. Se dit de terrains contenant des débris d'animaux marins.
— ÉTYM. Triton, t.
TRITOXYDE (tri-to-ksi-d'), ». m. Terme de chimie. Troisième des oxydes d'un corps qui peut se combiner avec l'oxygène en plusieurs proportions différentes.
— F.TVM. Tp(Toc, troisième, et oxyde.
t TRITUILLE (tri-tri-l'), s. m. Jeu de cartes auquel prennent part trois personnes ; il se joue avec trente cartes seulement.
TRITURABLE (tri-tu-ra-bl'), adj. Qui peut être trituré. Substances triturables.
t TRITURANT, ANTE (tri-tu-ran, ran-t'), adj. Qui sert à la trituration. || Surface triturante des dents, surface des molaires sur laquelle les dents de l'autre mâchoire viennent écraser les aliments.
TRITDHATION (tri-tu-ra-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\ 1° Action de triturer. La trituralion des aliments dans la bouche. || Anciennement, action qu'on attribuait à l'estomac, faussement; car les aliments y sont dissous, non triturés. Spallanzani démontre que la digestion est produite par un suc de l'estomac qui dissout les aliments, et que la trituration ne saurait en être la cause, SENNEBIER, Ess. art d'obs. t. i, p. 47, dans pouoENS. Il 2' Particulièrement, action de réduire une substance en poudre en la triturant dans un mortier ; c'est-à-dire en la broyant circulairement entre l'extrémité du pilon et le fond du mortier. La trituration des écorces. || 3° Terme d'alchimie. Trituration philosophique, calcination de la matière des sages lorsqu'on voyait paraître le noir. Il 4° X la poste, l'action de distribuer par sorte les lettres, les paquets, du camp, Rev. des Deux- Uondes, t" janv. 1867, p. (93.
— ÉTYM . Lat. triturationem, de triturare, triturer, t TRITURE (tri-tu-r'), s. f. Néologisme. Grande
habitude de faire, de pratiquer. Le peuple [à Athènes], qui, par l'habitude d'entendre traiter les plus grandes affaires de l'État, avait pris de ces affaires une certaine triture, lévesque, Instit. Uém. te. mor. et pol. t. iv, p. 20<.
— ÉTYM. Lat. tritura, action de frotter, de broyer, de tritum, supin de terere, broyer.
TRITURÉ, ÉE (tri-tu-ré, rée), part, passé de triturer. Du quinquina trituré.
TRITURER (tri-tu-ré), 0. o. Réduire en parties menues, en poudre, sans frapper, pour obtenir un certain produit. Le bismuth et le mercure s'unissent à froid en les triturant ensemble, buff. Min, t. V, p. 333. X^es mortiers de porcelaine, de verre et d'agate ne pouvant soutenir, à cause de leur fragilité, lei chocs réitérés du pilon, on doit, toutes les fois qu'on s'en sert, faire agir circulairement le pilon, c'est-à-dire triturer, thenard. Traité de chim. t. iv, p. 303, dans pougkns. |