SYN. TRITURER, BROYER, ÉGRUGER, PULVÉRISER
Ce dernier est le terme générique qui exprime i l'action de réduire en poudre. Triturer, c'est ré- i duire en poudre sans frapper, ou convertir en j pâte, avec l'intention d'obtenir un produit. Broyer , exprime également réduire en poudre, en pâte, ou en fragments ; mais il peut n'y avoir aucune intention d'obtenir un produit: la roue lui broya la jambe. Égruger, réduire en poudre grossière (au moyen d'un égrugeoir) le sel, le sucre, etc. pour l'usage dos cuisines.
— HIST. XVI' s. Triturer, cotobave.
— ÉTYM. Lat. triturare, de tritura, broiement ! (voy. triture).
TRIUMVIR (tri-om'-vir), s. m. || !• Terme d'histoire romaine. Magistrat charge, conjointement tiec doux collègues, d'une partie de l'administra-
tion. Il Triumvirs monétaires, intendants de la monnaie. Il Triumvirs criminels, juges qui connaissaient des crimes et faisaient exécuter à mort les criminels. || 2° 11 se dit de Pompée, de César et de Crassus (premier triumvirat); et aussi d'Octave, d'Antoine et de Lépide (second triumvirat), qui s'emparèrent à eux trois de l'autorité suprême. Si Marc-Antoine le triumvir n'eût pas connu les grands moyens de l'éloquence pathétique (haranguant le peuple après le meurtre de César], César n'eiit pas été vengé, marmontel. Œuvres, t. ix, p. 204. Il Fig. Juste Lipse.... un des triumvirs, comme ils le nommaient, de la république des lettres ; vous savez que Scaliger et Casaubon étaient les deux autres, balz. Dissert. crit. 7. 113° Il s'est dit de Robespierre, Couthon et Saint-Just, qui, après la mort de Danton, dominèrent tous les pouvoirs de la république.
— ÉTYM. lAt. triumvir de très, trois, et vir, homme.
TRIUMVIRAL , ALE (tri-om'-vi-ral, ra-1'), adj. Qui appartient aux triumvirs. Les fonctions triumvirales. Les pouvoirs triumviraux.
— ÉTYM. Lat. triumviralis, de triumvir.
TRIUMVIRAT (tri-om'-vi-ra ; le t ne se lie pas),
s. m. Il !• Chez les Romains, fonction de triumvir. || 2° Association de trois citoyens qui s'unissent pour envahir toute l'autorité. J'ajoute à ces tableaux la peinture effroyable De leur concorde impie.... Et, pour tout dire enfin, de leur triumvirat, CORN. Cinna, i, 3. Quand ce monstrueux triumvirat fut formé, vous vous demandâtes des têtes les uns aux autres, fén. Dial. des morts anc. {Cicéron, Auguste). \\ 3° Nom donné en t56i à l'union du duc de Guise, du connétable de Montmorency et du maréchal de Saint-André. H 4°Seditdes trois premières des cinq classes de l'ordre de Malte.
— HIST. xvi* s. Quand le triumvirat tramoit ses factions, Rome ne veil jamais tant de proscripsions, DESPORTES, les Amours d'Hippolyle, lvi.
— ÉTYM. lat. triumviratus, de triumvir.
t TRIVALVE (tri-val-v'}, adj. Qui a trois valves, trois pièces.
— ÉTYM. Tri, trois, et valve.
i.TRIVELIN (tri-ve-lin), s. m. || 1* Nom d'un
acteur de l'ancienne troupe italienne. || Personnage de ballet. Trivelins et scaramouches dansants, MOL. l'Amour médecin, liste des personnages. Il 2° Fig. Baladin , bouffon. Car en tout temps ces petits trivelins Vont inventant nouvelles singeries, J. a. ROUSS. Allég. i, 2.
— REM. Le personnage de Trivelin est ancien; le cardinal de Retz dit, en parlant de Mazarin (liv. i.), que, quand la reine le choisit pour ministre, « il parut d'abord l'original de Trivelino principe. »
t 2. TRIVELIN (Iri-ve-lin), s. m. Instrument dit aussi langue de carpe, dont les dentistes se servent pour l'extraction des dents molaires ou des racines.
TRIVELINADE (tri-ve-li-na-d'), s f. Bouffonnerie de trivelin. Volontiers je paie en gambades, J'ai huit ou dix trivelinades Que je sais sur mon doigt, LA FONT. Poésies, le Florentin.
— ÉTYM. Trivelin * .
TRIVIAIRE (tri-vi-ê-r'), adj. Peu usité. Carrefour triviaire, carrefour où aboutissent trois chemins, trois rues.
— ÉTYM. Dérivé de trivium, carrefour (voy. iwvium).
TRIVIAL, ALE (tri-vi-al, a-1'), adj. \\ 1* En parlant des pensées et des expressions, qui est extrêmement commun, usé, rebattu. Il ne servait à rien à notre sujet d'employer quatre grandes pages à expliquer le fait de Synesius, ni de se montrer savant dans une chose si triviale, boss. Rem. Réponse, vu, n, 52. On ne vit plus en vers que pointes triviales, Le Parnasse parla le langage des halles, noiL. Art p. i. Les pensées, à force d'être vraies, sont quelquefois triviales, roll. Traité des Et. III, 3. Les bonnes maximes sont sujettes à devenir triviales, vauvkn. Nouv. max. 82. Tout cela [que les abstractions ne sont pas des êtres réels] est d'une vérité triviale ; mais il est nécessaire de rebattre souvent cette vérité; car les erreurs contraires sont plus triviales encore, volt. Dict. phil. Idée, 2. Elle ne sait point les compliments triviaux, et n'en invente point de plus recherchés, j. j Houss. Ém.v. Il Style trivial, style bas, commun, de carrefour. Il 2* Su de tout le monde, répété dans les écoles. Un endroit de saint Jérôme que tous les écoliers savent par cœur..., un passage si trivial, BOSS. Déf. tradit. iv, t.\\3- Fig. Il se dit des personnes qu'on voit partout, facilement. Le manieur
d'argent, l'homme d'affaires est un ours qu'on n« saurait apprivoiser.... l'homme de lettres au contraire est trivial comme une borne au coin des places; il est vu de tous et à toute heure, la BRUY. VI. Il 4* S. m. Ce qui est trivial. Le trivial a beau être touchant : je ne vais point au spectacle, a dit un homme de sens et de goût, jiour n'y voir et pour n'y entendre que ce que je vois et ce que j'entends en me mettant à ma fenêtre, MARMONTEL, ŒUV. t. VII, p. 4t.
— HIST. xvi' s. Yeux triviaux, cotgrave. Je maintiendrois volontiers le reng des biens selon que portoit la chanson que Platon dict avoir esté triviale.... la santé, la beauté, la richesse, mont.
— ÉTYM. Lat. trivialis, de trivium, carrefour (voy. trivium).
TRIVIALEMENT (tri-vi-a-le-man) , adv. D'une manière triviale. Ouvrage écrit trivialement.
— ÉTYM. Triviale, et le suffixe m^nt.
t TRIVIALISER (tri-vi-a-li-zé), v. a. Néologisme. Rendre trivial.
TRIVIALITÉ (tri-vi-a-li-té), ». f. || 1' Caractère, qualité de ce qui est trivial. La trivialité de ce style. Il 2' Chose trivale. Je suis plus fâché que vous des déclamatioi»3 et des trivialités qu'on .1 insérées dans l'Encyclopédie, d'alemb. Lett. à Voltaire, s fév. (757. Des longueurs insupportables, des répétitions sans nombre, des trivialités dites avec pompe [dans le discours de Necker à l'ouverture des États généraux], mirab. Collection, t. I, p. <7t.
— HIST. xvi' s. Trivialitez, cotgrave.
— ÉTYM. Trivial.
t TRIVIUM (tri-vi-om'), ». m. La division inférieure des sept arts dans l'université du moyen âge, division qui était suivie du quadrivium, et qui comprenait la grammaire, la rhétorique et la dialectique.
— HIST. XIII' s. Cil trois sevent [savent] trive, cadruve, Rat. des sept arts, p. 25.
— ÉTYM. Lat. Irmum, carrefour, de tri, trois, et via, voie.
t TRIVOCALE (tri-vo-ka-l'), t. f. Terme do grammaire. Voix simple exprimée par trois voyelles, par exemple eau.
— ÉTYM. Tri, trois, et vocalis, voyelle.
t TRIVOLTAIX ou TRIVOLTIN (tri-vol-tin), adj. Vers à soie trivoltains, vers de race japonaise qui éclosent trois fois dans la même année, tandis que les univoltains n'éclosent qu'une fois.
— ÊTYM. Ital. tri, trois, et volta, fois.
t TRIZINCIQOE (tri-zin-si-k'), adj. m. Terme de chimie. Sel trizincique, sel zincique qui contient trois fois autaut de base que le sel neutre correspondant.
t TRIZIRCONIQUE (tri-zir-ko-ni-k'), adj. Terme de chimie. Sel trizirconique, sel zirconique qui contient trois fois autant de base que le sel neutre correspondant.
t TRIZONÊ, ÉE (tri-zo-né, née), adj. Terme d'histoire naturelle. Qai est marqué de trois bandes colorées.
— ÉTYM. Tri, trois, et lat. xona, ceinture.
TROC (trok), s. m. Échange commercial d'objets. C'est une marchandise de plus que l'Europe reçoit en troc de l'Amérique, et qu'elle envoie en troc aux Indes, montesq. Ésp. ixii, 5. Ca sera le troc de Sarpédon [ lisez Glaucus, Iliade, VI, v. 232-237 ] ; VOUS me donnez de l'or, et je vous rendrai du cuivre, volt. Lett. cardinal Quirini, 25 oct. (745. || Fig. Mais que dire du troc que la Fortune fit...? Cette déesse inconstante Se mit alors en esprit De voir un homme se pendre; Et celui qui se pendit S'y devait le moins attendre, LA FONT. Fabl. a, (6. |1 Troc pour troc, échange d'une chose contre une autre, sans supplément de retour. Papier pour papier, troc pour troc, voilà comme on négocie, dancourt, Ut Agiot. III, 9.
— SYN. troc, échange. En droit, l'échange est un contrat, le troc un simple fait où l'on livre une chose pour une autre équivalente. En économie politique, échange est le terme général. J'échange mes produits contre ceux dont j'ai besoin, par l'intermédiaire de deux ventes : je vends mon produit, et de l'argent que j'en tire j'achète le produit d'autrui ; par cette vente et cet achat, l'échange est complet pour moi. Au contraire troc se dit de l'échange brut de produits qu'on fait avec les sauvages qui ne se servent pas de la monnaie.
— HIST. XV* 3. Lezauelz compaignons parlèrent
TRO
TRO
TRO
de trocûer ou changer leur bonnez l'un à l'autre, par laquelle torche ou eschange.... du cange, trocare. {{ xvi* s. Prince, je t'cnvoye ccsle ode , Trafiquant mes veis à la mode Que le marchand baille son bien. Troque pour troq, toy qui es riche.... RONS. 333. Est-il si simple entendement, lequel, ayant d'un costé l'object d'un de nos vicieux plaisirs, et de l'autre en pareille cognoissance et persuasion Testât d'une gloire immortelle fdans le paradis] , enlrast en troque de l'un pour i'aaltro? mont, ii, 144.
— ÊTYM. Voy. tbooueh; wallon, trouk; espagn. trucque.
TROCART (tro-kar) ou TROIS-QUARTS (troi-kar), t. m. Terme de chirurgie. Poinçon cylindrique, long d'environ sii centimètres, monté sur un manche, et contenu dans une canule d'argent proportionnée à son volume; il sert à faire des ponctions.
— ETYM. Carre (voy. ce mot) signifie chacune des faces d'une épée; par conséquent le trocart est un instrument à trois carres, ou pans, ou faces. L'orthographe est mauvaise.
TROCUAÏQUE ( tro-ka-i-k'), adj. Terme de prosodie grecque et latine. Composé de trochées; où les trochées dominent. Vers irochaïque , ou , lubslantivement, un trochaïque.
— ETYM. Tpoxaixè;, de tfo/aio;, trochée. TROCHANTER (tro-kan-lèrj , s. f. \\ i° Terme
d'anatomie. Nom donné à deux tuhérosités que présente l'extrémité supérieure du fémur. Le grand trochanter. Le petit trochanler. || 2° Le second article de la patte de derrière des insectes, qui s'articule avec la cuisse. || La seconde pièce des pattes simples des crustacés.
— HIST. XTi° s. La grande apophyse située en la partie postérieure est nommée grand trochanter; la plus petite assise en la partie intérieure, est appelée petit trochanter, pabé, iv, 34.
— ÉTYM. TpoyavTT.p, trochanter, proprement coureur, de Tooyiîieiv, courir.
+ TROCHANTÉRIEN , lEiSNE (tro-kan-té-riin, riè-n'), adj. Qui appartient au grand trochanter.
t TROCHANTIN (tro-kan-lin), s. m. Le petit troclianter. |{ Petite pièce du thorax des hexapodes.
t TROCHANTLXIEN , lENNE ( tro-kan-ti-niin , niè-n'), adj. Qui a. rapport au trochantin.
î TROCHE (iy ch'), î. f. Espèce de coquillage en sabot.
— ETYM. Lat. trochus; grec, xpoyo;, toupie, sabot.
(. TROCHÉE (tro-chée; l'Académie prononce tro-kée ; mais dans les classes do Paris on prononce généralement tro-chée) , s. m. Terme de prosodie grecque et latine. Pied formé de deux syllabes, une longue et une brève.
— ÊTYM. Tpoxaio;, trochée, proprement coureur, de Tpoxoç, course.
2. TROCUÉE (tro-chée), s. f. Terme d'agriculture. L'ensemble des rameaux que pousse un arbre venu de graine, quand on le coupe un peu au-dessus de terre. Le sol qui est ainsi peuplé n'est point entièrement privé des rayons du so- i leil; il se garnit de quelques trochées d'herbes qu'accompagnent bientôt les arbustes protecteurs des jeunes sapins, dhalet. Traité des for. d'arbres résineux, p. fOB.
— REM. L'Académie fait ce mot masculin; mais ni pour la l'orme ni pour le sens il ne peut l'être.
— ÊTYM. Bourg, trnché, pousser des tiges; dérivé de l'anc. franc, troche (wallon, trok) qui signifiait faisceau, bouquet, assemblage. Troche .>eraiti, par mélathèse, pour torc/w, au sens de faisceau?
I TROCHÈRE (tro-chè-r'), t. f. Genre de plantes ie la famille des graminées.
t TROCUEREAU (tro-che-rô), s. m. Pin des marais, pinui palusirii, Hort. Kew, originaire d'Amérique.
TROCUES (tro-che), t. f. pi. Terme de chasse. Fumées à demi formées des bêtes fauves, fumées d'hiver.
— ■ ETYM. Origine inconnue; à moins qu'à cause de leur forme elles n'aient été ainsi dites de l'anc. franc, troche, faisceau (voy. trochée 2).
TROCIIET (tro-chè; le I ne se lie pas), s. m. jll- Terme de jardinage. Nom qu'on donne à plusieurs fleurs, à plusieurs fruits, joints ensemble sur une même branche , et composant une espèce de bouquet. La seconde espèce de chêne porte ses glands en bouquets ou Irochets comme les noisettes, Bupp. Expos, sur les végét. 2« Uém. || Pin à Irochets, le pinus rigida, Michaux, originaire d'A-
mérique. Il 2" Billot de bois, à l'usage du tonnelier.
— HlST. xvi" s. Ainsi qu'au renouveau Un beau guinier par gros trochets fait naistre Son fruit
touffu.... BONS. 943.
— ÊTYM. Uiminut. de l'anc. franc, troche (voy. TBOciiKE 2); wallon, trokai, trokette ; patois des Fourgs, troutset.
t TROCIllER (tro-chié), t. m. Animal du genre des Iroches.
— ÊTYM. Troche <.
t TROCUILE (tro-ki-l'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom sous lequel ou a réuni parfois les espèces du genre colibri, et celles du genre oiseau-mouche.
— ÊTYM. Tpo/jXo;, roitelet, de tpéxw, courir. tTROCUISCATION (tro-chi-ska-sion), s. /". Terme
de pharmacie. Division en trochisques d'une pâte appropriée.
TROCUISQCE (tro-chi-sk') s. m. || !• Terme do pharmacie. Médicament solide, composé d'une ou de plusieurs substances sèches réd\utes en poudre, et auquel on a donné d'abord une forme ronde, puis des formes coniques, cubiques, pyramidales, etc. C'est l'absence de sucre dans les trochisques qui les distin.^ue des tablettes; l'intermède est un mucilage, la mie de pain, un suc végétal. Il 2° Les marchands de couleur donnent le nom de trochisques à des tablettes ou pastilles de couleur apprêtées pour l'usage des peintres.
— FtisT. XVI* s. Galien la guérit [une maladie] avec les trochisques d'Andronicus dissous en vinaigre, PABÉ, x\, <7.
— ETYM. Provenç. trosei; espagn. trocisco; ital. trochisco; de Tpoxiaxoç, rondelle, de Tpoxo;, roue, constitué des mêmes éléments que Tpoxo;, course
(voy. TBOCHÉE i).
t TROCULCAIRE (tro-klé-ê-r'), adj. Qui ressemble à une poulie ou à une bobine.
— ÊTYM. Lat. trochlea, poulie.
t TROCnLf.E (tro-klée), s. f. Terme d'anatomie. Eminence articulaire que présente en dedans l'extrémité inférieure de l'humérus. || La surface articulaire rotulienne du fémur. || Petit cartilage servant de poulie de renvoi au muscle grand oblique de l'œil.
— ÊTYM. l.at. trochlea, poulie ; dugrec, TpoxaXia, qui vient de Tpoxaîiô;, courant, rond comme une roue.
f TROf.IlOÏDE (tro-KO-i-d'), adj. \\ 1° Qui ressemble à une roue tournant sur son axe, à une toupie. || Terme d'anatomie. Articulation trochoîde , celle dans laquelle un os tourne sur un autre : telle est l'articulation atloïdo-axoïdienne. ||2°S. f. Terme de géométrie. Cycloîde ou roulette. M. de Roberval y réussit [à la solution de la roulette]; il démontra que l'espace de la roulette est triple de la roue qui la forme ; ce fut alors qu'il commença de l'appeler par ce nom tiré du grec, trochoîde, correspoud.int au mot français roulette, PASC. Hist. de la roulette. || 3° S. m. Trochoîde ou fuseau, la figure courbe et renflée que représente la corde dans sa position vibrante.
— ÉTYM. Tpo/.o;, roue, toupie, et eîSoç, forme. TROCHCRE (tro-chu-r'), s. f. Terme de vénerie.
Quatrième andouiller de la tête du cerf.
— HIST. xiV s. Par la trochure qui est droite, le cerf derompt les branches, Jfodus, f" ix.
— ÊTYM. L'anc. franc, troche, faisceau (voy. tbo-
CHET, et trochée 2).
f TROCHUS (tro-kus') , s. m. Nom latin du genre toupie (coquilles univalves).
— ÊTYM. Lat. irochus, toupie, de tpoxo^ TROBNE (tro-ô-n'), s. m. Genre de la famille
des oléacées; il se compose d'arbrisseaux et de petits arbres originaires du nord et du centre de l'Europe et des régions tempérées de l'Asie orientale. Il Le troène commun, ligu.strum vulgare, L. arbrisseau très-rameux, et qui sert à former des haies, des palissades. Mais, hélas I prise moins celte blancheur si vaine : On cueille l'hyacinlhe, on laisse le lioëne, malfil. Génie de Virgile, Égl. m.
— mST. XIII" s. Il ne vaut pas un coutcl troinc [de troène] , la Tlose , tH)9i.||xiv' s. Ils estoient delez son chemin à l'ouraiUe d'un bois en droit une tronne, nu cangk, tronus. \\ xvi* s. Le troesne, appelé en latin ligustrum, bois-blanc, à Lyon, et à Fontainebleau, coigneau, est bienséant en barrières ou palissades, o. de sebbes, B57. Cages d'ozier, esclissées de petits barreaux de troinelle pelée, H. BELLEAU, Bergeries, t. t , p. 74, dans
LACUBNE.
— ÊTYM. Bas-lat. tronus, dont l'origine est inconnus; picard, driniau; saintong. iroigne.
TROGLODYTE ( tro-glo-di-f ), t. m. || !• Nom d'un ancien peuple d'Afrique qui vivait dans des cavernes. || Se dit, en général, de tous les peuples sauvages qui habitent des cavernes ou qui se creusent des demeures souterraines. Il y avait en Arabie un petit peuple, appelé troglodyte, qui descendait de ces anciens Troglodytes, qui, si nous en croyons les historiens, ressemblaient plus à des bêtes qu'à des hommes, monteso. Lett. pers. ii. Il 2° Par extension, se dit parfois de gens vivant sous terre, tels que les mineurs. || 8' Genre do quadrumanes où se trouve le troglodyte noir (Congo ou Guinée), connu sous le nom de chimpanzé. || 4" Genre d'oiseaux insectivores, dans lequel on distingue h; troglodyte d'Europe, qui est le troglodyte vulgaire de certains auteurs, et connu sous les noms de troglodyte, bérichon, fourre-buisson, fourbisson, petit rat, roi Bertrand, ratillon, ratelet et roitelet, ce qui ne doit pas toutefois le faire confondre avec le régule cristé do Vieillot (insectivores), dit plus communément roitelet, leooabant
— ÊTYM. TpuY'oîÛTTiî, de iptiYÎ.T,, caverne et 8Ceiv, entrer.
t TROGLODYTIQUE (tro-glo-di-ti-k'), adj. Qui appaitieiil aux Troglodytes ou à leur pays. Habitations troglodytiques.
TROGNE (tro-gn'), s. f. || !• Terme familier et de moquerie. Visage. Et que son plus beau jeu ne gît rien qu'en sa trogne, eégnikb. Sot. vi. Que je hais les amants et leurs mourantes trognes I SCABB. Jodelet, i, ). Ils [les rois] se sont accompagnés de gardes, de hallebardes : ces trognes armées qui n'ont de mains et de force que pour I eux.... font trembler les plus fermes, pasc. Pens. ni, 3, édit. HAVET. Tu veux, en combat singulier, Exposer ta petite trogne.... bachaum. if^in. secr. U XXXI, p. 105. Il 2° Particulièrement. Visage enluminé par l'habitude du vin et de la bonne chère. Que votre incomparable trogne, La vive image du bon temps, Ne sera plus qu'une charogne, maître ADAM, (Euv. p. <95, dans pougens. Dieu sait combien on vit d'ivrognes. Et tous aux différentes trognes, sCABR.Firg. i. jj Rouge trogne, trogne enluminée, le visage d'un ivrogne. Aux buveurs à rouge trogne II dit : trinquons à grands coups, BÉBANG. Enfers. || 3° Arbre mis en têtard, dans quelques pays.
— HiST. XV' s. Quant j'aurai beu, elle, voyant ma trongne, M'iroit disant : je ne vueil point d'ivrogne, BASSEUN, XLix. || XVI' S. Quelle manière de les y guider [les enfants à l'étude] d'une trogne effroyable et les mains armées de fouets 1 hont. i,
— ÉTYM. Bourguig. trongne; patois des Fourgs, trougne. Quelques-uns le tirent du celtique : cornique, Jrein; gallois, trwyn, forme récente tron. museau, nez. Diez préfère le vieux Scandinave triona, museau de cochon, danois (ryno, qui d'ailleurs est voisin des formes celtiques. Toutefois en même temps il se demande s'il ne faudrait pas songer au latin truo, truonis, cormoran, mot qui a été employé figurément pour signifier un homme à grand nez; mais ici, comme il le remarque, tous les intermédiaires manquent. Lacurne cite les Gesta comitum barcinonensium , cap. xm, p. 544 du Uarca hispanica, où il est parlé d'un Guillaume de Besauduns, qui cognominatur trunnum, eo quod nasum fictitium habeiet. Ce texte paraît tout à fait parler en faveur de l'étymologie celtique ou germanique.
TROGNON (tro-gnon), s. m. Le cœur, le milieu d'une poire, d'une pomme, dont on a été tout ce qu'il y avait de bon à manger. Ni de ceux qui, pour leur estoc. Ne font état des autres hommes, Non plus que de trognons de pommes, scabb. (Euv. t. VII, p. <69. Il Le trognon d'un chou, un trognon de chou, la tige d'un chou dont on a ôté les feuilles. || On dit de même: un trognon de salade. Il Fig. Voilà un joli petit trognon, se dit d'une jeune fille petite. Moi , quitter ce pauvre petit trognon 1 oh I je l'aime trop, cberabdi, Thédt. ital. t. n, p. 484.
— HIST. XIV* s. L'en peut coupper la porrée [bette] au-dessus du troignon jusques à la my septembre, Ménagier, ir, 2.
— ÊTYM. Diez y voit un dérivé de tron, qui s'est dit pour tronçon. Le wallon est tourson, qui semble fce rapporter à trousse ou tourse, faisceau.
t TBOGNOXNER (tro-gno-né), V. n. Avoir l'apparence d'un trognon. Une duègne, affreuse compagnonne Dont la barbe fleurit et dont le neï trognonne, v. uuGO, Ruy Blas, iv, 7.
TRO
— ETYM. Trogne; patois des Fourgs, trougni, faire la trogne, la moue.
TROIS (troî ; \'s se lie : troî-z hommes; au xvi* siècle, Bèze dit que les Parisiens prononcent à tort troas ou tras; la pronoriciation regardée comme bonne était alors troue), adj. num. Il 1° Nombre composé de deux et de un. Que voulez-vous qu'il fil contre trois ? — Qu'il mouriit, corn. fJor. m, (i. J'avoue, et je l'ai dit, que ce premier acte de religion par lequel nous confessons que trois ne font qu'un, est le plus grand effort de la foi, BOURDAL. Myst. Trinité, t. I, p. 4«1. Je ne suis pas trois jours en santé, et je n'ai point de mal qui dure trois jours ; ainsi on ne sait jamais l'état où je suis, MAINTENON, Lctt. OU duc de Noail. t. v, p. 64, dans POUGENS. On peut trouver encor quelque femme fidèle; Sans doute, et dans Paris, si je gais bien compter. Il en est jusqu'à trois que je pourrais citer, boil. Sat. x. On peut parier <3477 contre 70o, ou 49 fj contre (, qu'un enfantde trois ans vivra un an de plus, buff. Prob. de la vie, Œuv. t. X, p. 2(i4. Il [le P. Charlevoix] dit que les nègres de Guinée ont l'esprit extrêmement borné.... qu'on en voit qui ne peuvent jamais compter au delà de trois, id. Hist. nat, hom. (Eut), t. V, p. (45. Il Terme d'arithmétique. Règle de trois, règle par laquelle, ayant trois termes connus qui peuvent entrer en proportion , on détermine un quatrième terme inconnu. || Familièrement. Les trois quarts du temps, le plus ordinairement, le plus souvent. || Familièrement. Et de trois, et trois, pour la troisième fois. Et trois : Quand nous serons à dix, nous ferons une croix, MOL. l'Ét. 1, H. Il 2* Tioisième. Page trois. Chapitre trois. Henri trois. On écrit plus ordinairement Henri III. || 3* S. m. Le nombre trois. Trois et deux font cinq, et cinq font dix, et dix font vingt, MOL. Jfal. imag. i, t . Ils étaient trois Cabires (voy. ADD. et CORRECT.) ; car nous avons déjà observé que, dans l'antiquité, tout se faisait par trois, VOLT. Dict. phil. Samothrace. || On dit de même: le nombre trois. Platon, qui, dans ses méditations métaphysiques, a fondé sur le nombre trois la perfection divine et la génération humaine, BAILLY, Atlantide, p. 46. || 4" Le chiffre qui marque trois. Je pose trois. Le chiffre trois [3]. Marqué d'un trois. Deux trois. || On dit de même: le numéro trois. ||5° Le trois du mois, le troisième jour du mois. Nous sommes au trois d'avril. || 6° Au jeu de cartes. Le trois de carreau, de pique, etc., la carte marquée de trois carreaux, de trois piques, etc. || Au jeu de des, un trois, la face du dé marquée de trois points. || 7° Intérêt & trois pour cent, intérêt qui produit trois francs pour cent francs. Placer son argent à trois pour cent. Il Le trois pour cent, rente inscrite au grandlivre et rapportant trois francs pour cent francs. Ce dernier nombre est purement nominal ; la confiance ou la méfiance du public le fait constamment varier; il cstaujourd'hui à 64 ou 55. || 8° Terme de musique. Mesure à trois-huit, à trois-quatre, sortes de mesures à trois temps. || 9° Terme de blason. Se dit pour indiquer l'ordre dans lequel sont rangées six pièces semblables. Trois en chef sur une ligne, deux au milieu de l'écu, et une en pointe.
— Ilisr. XI* s. En treis jurns, Ch. de Roi. lxvi. Il xiil* s. Bien savez que tous trois de servage [je] jetai, Berte, vu. Li troi serjant l'enmainent droit après l'ajourner, ib. xvii. ||xv* s. Tant plus regarde, moins y voy. Et plus y voy, moins y congnois ; Le monde va de deux en trois, Sans savoir comment ne pourquoy, ch. u'orl. Rond.\\xvi' s. Secret de trois, secret de tous, cotgrave.
— ETYM. Wallon, treu; bressan, tray; provenç. trei au nominatif, très au régime; cspagn. très; ital. tre; du lat. très; grec, ifeîc; russe, tri; irland. et bas-bret. tri; allem. drey; angl. three, sanscr. tri.
t TROIS-ÉTOILES (tro!-zé-toi-l'), ». m. Nom que l'on marque ainsi ***, et que l'on donne à une personne que l'on veut laisser inconnue, ou dont on ne sait pas le nom (voy. étoile, n° 9).
TROISIEME (troi-ziè-m"), adj. || 1» Nombre ordinal de trois. Qui est après le deuxième. Pour un ine enlevé deux voleurs se battaient.... Arrive un troisième larron Qui saisit maître Aliboron , LA KONT. Fabl. I, u. La bonne foi dans l'amour conjugal N'alla pas jusqu'au temps du troisième méul, BoiL. Sat. x. Le roi scythe, en regardant l'arc et ses rivaux, ne se plaignit point d'être le troisième, volt. Princ. de liabyl. i. L'un.... l'autre.... un troisième appelle un cadran au so-
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leil un greffier solaire, une grosse rave un phénomène potager, ID. mél. litt. Vie dé Molière, Précieuses. Il Trois ou quatrième, abréviation pour troisième ou quatrième. C'est la trois ou quatrième fois que la bise vous fait de ces méchants tours, sÉv. 25 mai (C89.||Terme de vénerie. Troisième tête, se dit d'un cerf de quatre ans. jj II est arrivé lui troisième, il est arrivé accompagné de deux autres. I| En troisième, avec deux autres personnes. L'abbé deBernis et Duclos allaient la voir ensemble tous les dimanches ; et, comme ils avaient l'un et l'autre quelque amitié pour moi, j'allais en troisième avec eux, MARMONTEL, Ifém. IV. || 2° S. m. Un troisième, une troisième personne. Un troisième survint. || 3° Le troisième, le troisième étage d'une maison. Loger au troisième. Il occupe un troisième. Il 4° S. f. La troisième classe. Cet écolier fait sa troisième. Les Lettres de Cicéron, ses Paradoxes, ses traités de la Vieillesse, de l'Amitié, des Devoirs de la vie civile, sont d'un grand secours pour la quatrième et pour la troisième, rollin. Traité des Et. i, .1. J'étais déjà capable d'entrer en troisième à l'université do Salamanquo , lesage, Estev. Gons. ». || Ce professeur fait la troisième, il en est le professeur. || Par ellipse, un troisième, un élève de la classe de troisième. || 5" Anciennement, la troisième des enquêtes, la troisième chambre des enquêtes au parlement de Paris.
— ETYM Dérivé de «rots; bourguig. troiseime ; wallon, treuzaimme. L'ancienne langue disait tiers pour troisième.
TROISIÈMlîMENT (troi-ziè-me-man), adv. En troisième lieu.
— ETYM Troisième, et le suffixe ment.
TROIS-MATS (troî-mâ), s. m. Terme de marine.
Par synecdoque, nom donné aux navires dont la mâture se compose, outre le beaupré, de trois mâts verticaux portant des hunes et des voiles carrées. Il Trois-màts-barque, navire à trois mâts, dont le mât de misaine et le grand mât portent une hune, et trois ou quatre voiles carrées (basse voile, hunier, perroquet, cacatois), quand le mât d'artimon, terminé au-dessus du capelage des bas haubans par une simple flèche, n'est qu'un mâtereau portant une voile d'artimon ou de brigantine, et quelquefois une flèche en cul.
[• TROIS-PIEDS (troî-pié), s. m. Cercle en fer soutenu par trois pieds et destiné à supporter une grande chaudière. || Ustensile de ménage de même forme, servant à supporter une marmite, une casserole, une bouilloire.
ITROIS-PONTS (troî-pon), s. m. Nom donné par synecdoque au vaisseau à trois ponts. Un trois-ponts.
t t. TROIS-QUARTS (troi-kar), s. m. || l" Synonyme de levraut de trois quarts (voy. quart '2, n° 9). Il 2° Nom administratif du fiacre, par opposition aux coupés et aux voitures de grande remise. Il 3* Petit violon sur lequel on fait jouer les enfants qui ne pourraient tenir un violon ordinaire.
2. TROIS-QUARTS (troi-kar), s. m. Voy. tro- CART. Il Grosse lime triangulaire.
t TROIS-SIX (troi-sis'), s. m. Esprit-de-vin du commerce, à trente-six degrés. On écrit d'ordinaire 3/0, et, rarement en toutes lettres, troissix. Cours du change (bourse du 6 brumaire) : cours de diverses marchandises : esprit 3/6, 600; eau-de-vie 22 degrés, 300; huile d'olive, ( liv. 4 s. Gazette nationale ou le Moniteur univ. du 6 brumaire an v.
, — ETYM. Cette expression dérive d'un ancien mode d'évaluation des liquides spiritueux qu'on rapportait autrefois à l'alcool dit preuve de Hollande, marquant )9' de l'aréomètre Cartier et renfermant environ la moitié de son volume d'alcool absolu : un alcool dont 3 mesures ajoutées à 3 mesures d'eau faisaient 6 mesures d'esprit à I9* était un esprit trois-six.
t TRÔLE (trô-l'), s. f. Ouvrier à la trôle, se dit, chez les ouvriers en meubles, de celui qui, fabriquant les meubles , va ensuite, soit par des entremetteurs, soit par lui-même, les porter et vendre aux marchands en boutique du faubourg Saint-Antoine. Aussi prévoyons-nous , dans un avenir peu lointain, la disparition presque absolue des petits ateliers en chambre, et par cela même de la vente dite à la trôle, qui consiste pour l'ouvrier à colporter ses meubles de maison en maison.... il est vrai que, depuis longtemps déjà, des commissionnaires se chargent de faire la trêle pour le compte des ouvriers, p. dalloz, Monit.
univ. B OCt. <807, p. (273, «• COL
— ÊTYM. Trôler.
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TROlÉ, ÉE (trô-lé, lée), port. T)atsé de trftler. Ce jeune homme trôlé dans toutes les maisons.
TROLER (trô-lé), V. a. \\ !• Mener, promener de tous côtés, indiscrètement et hors de propos. Il 2' Y.n. Courir çà et là. Il ne fait quetrôler tout le long du jour.
— HIST. XIII' s. [Il rêve) Que il menjoit un uef [œuf] dont autres n'avoit cure, 0 [avec] ses mains le trolloit parmi la terre dure. Roman â^Alixandre.
— ETYM. Picard, droler, aller çà etIà;norm. treuler, paresser; de l'allem. trollen, trôler, rouler; angl. ta troll; mais il y a aussi le kimry troliaw, tourner, rouler
< . TROLLE (tro-l'), s. f. Terme de vénerie. Action de découpler des chiens dans un grand pays de bois pour quêter et lancer un cerf.
t 2. TROLLK (tro-l'), s. m. Genre de plantes de la famille des renonculacées.
— ETYM. Allem. Trollblume, la fleur roulante, de trollen, trôler, rouler (voy. trôler.)
t 3. TROLLE (tro-l'), s. m. Espèce do clisse faite avec des planches d'arbre enlacées autour de pieux fichés en terre.
— ETYM. Dans le Poitou, troJer signifie soutenir les bestiaux malades qui ne doivent pas se coucher, avec des sangles attachées aux chevrons de rétable ; et une trolle, la sangle employée à cet effet.
t <. TROLLER (tro-Ié), v. n. Terme de vénerie. Quêter au hasard dans une enceinte où Ton n'a pas fait détourner la bête.
t 2. TROLLF,R (Iro-lé) , v. a. Faire un troUe pour en construire une élable , un toit à cochons.
— ETYM. Trolle 3.
t TROMBA (tron-ba), s. f. Mot italien qui signifie trompette, et dont on se sert quelquefois sur les partitions. On dit au pluriel trombe, prononcé tron-bé.
(.TROMBE (tron-b'), s. ^. Il 1° Météore consistant en une colonne d'eau conique, enlevée par des tourbillons de vent, tournant sur elle-même avec une très-grande vitesse, et produisant les plus grands ravages; il y a des trombes de terre et de mer. Les trombes , que les navigateurs ne voient jamais sans crainte et sans admiration, BUPF. Ilist. nat. l'r. th. lerr. Œuv. t. 11, p. 273. Le vent ou l'agitation de l'air intérieur sous la nuée ne rompt ni les grosses ni les petites trombes; seulement, cette impulsion les détourne de la perpendiculaire, m. Add. et corr. th. <err. Œuv. t. XIII, p. 37. On peut diviser les trombes en descendantes et ascendantes: les trombes descendantes sont celles qui se portent des nuagei vers la terre ou la mer ; et les trombes ascendantes sont celles qui se portent de la mer vers le nuage, brisson. Traité de phys. t. m, p. 500. Il On a dit aussi trompe. Un de ces gros tourbillons que les mariniers appellent trompe, Voy. de Siam, t. I, p. 37. i| 2° Terme de marine. Ventilateur en usage sur les vaisseaux. On l'appelle aussi trompe. || 3° Appareil destiné à lancer le vent dans les fourneaux. Un fourneau à manche, animé par le vont d'une trombe d'eau, Saussure, Voy. Alpes, t. V, p. 76, dans polgens.
— HIST. XVI' s. Trompe, nicot.
— ETYM. Ital. tromba. On a proposé deux étymologies, l'espagn. trombo ou tromba, toupie, français, trompe (Il n'avoit pas le fouet pour mener cette trompe, desper. Cont. vi) , qui viennent du lat. turbo, la trombe étant comparée à une toupie qui tourne; et l'ital. tromba, trompette, à cause de la forme en tube qu'a ce météore.
t 2. TRO.MBE (tron-b'), s. f. Sorte d'instrument de percussion dont le son ressemble à celui d'une timbale couverte.
— ETYM. Ital. tromba, trompette.
TROMBI.ON (tron-blon), s. m. Arme à fou portative dont le canon est élargi en trompe vers la bouche ; il y en a de toutes les grandeurs, le canon est quelquefois en cuivre. Le tromblon faisait partie de l'armement des mameluks de la garde impériale.
— ËTYM. Dérivé de l'itaL tromba, tube • tube à feu.
TROMBONE ltron-bo-n'),ï. m. || 1' Terme de musique. Instrument en cuivre qui fait partie de la famille des trompettes. Différent de la trompette par sa construction, mais non par le timbre de ses sons, le trombone est composé de deux tubes qui s'emboîtent et glissent l'un sur l'autre, de ma-
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niire » pouvoir allonger l'un de tout le développemenl de l'autre; en sorte que ce tube pouvant varier de longueur en raison de la volonté de 1 exccuunt, foirnit des icloiiations pour tous les decrés do la ijammo chromatique, depuis la note la plus basse, jusqu'à la plus haute de l'étendue de l'instrument, kétis, ttanitel du. compostt. p. 78. Le son des trombones est plus sec, plus dur et plus énergique que celui des ophicleides, ID. ta Musique, ii, 4 6. 11 y a quelques artistes qui se distinguent par les tours de force qu'ils exécutent sur le trombone, ID. la Uusique à la portée de tout le monde, xviii. Les trombones entrent à 1 Académie llOpéra], avec Gluck, le <o avril nii CASTIL-BI.AZE, llist. de l'Acad. de mus. t. ii, p. J*- Il 2' Celui qui joue du trombone.
— ETVM. Ital. trombone, augmentatif de Jroinfio
,'VOy. TROMPE). s Al,
t TROMBOMSTE (tron-bo-ni-sf), i. m. Se ou quelquefois de celui qui joue du trombone.
t TKO.M.MFX (tro-mM), s. m. || V Terme de forge. Appareil rotateur rera|ilaçant aujourd'hui partout Us systèmes de grilles lixes ou mobiles pour le classement de grosseur et le débourbage du minerai, 'i'rommel débourbeur. Trommel classeur. Il 2* Cylindre à claire -voie qui sert au lavage des tubercules dans les féculeries.
— ETVM. Allem. Trommel, tambour.
t. TllOMl'E (tron-p'), s. f. Il 1" Terme vieilli.
Trompette. À ce poète des rois [Ronsard) la cour tresse un laurier royal; le succès double son effort, sa joue enne, il souffle sa trompe.... et la France n'a plus rien à envier à l'ampoule espagnole, miciielet. Guerres de le/igion, p. ri3. Il L'emploi en est resté dans la locution suivante : Publier à son de trompe, annoncer quelque chose au public, après l'avoir averti par le son d'une trompette. Gerson ajoute que la condamnation de l'erreur de Jean XXIl fut publiée à son de trompe, en présence du roi,DUMARS. Lib.Ègl. gall. Il 8. Il Fig Publier une chose à son de trompe, l'annoncer à beaucoup de personnes, la divulguer. Je ferais publier à son détrompe.... pt.sc.Prov. n. Il vaut mieux faire du bien en cachette qu'à son détrompe, lesage. Est. Conz. o. H 2* Particulièrement. Instrument à vent composé d'un tuyau de cuivre ou d'argent tourné en cercle et dont on se sert à la chasse, dit aussi cor de chasse. Sonner de la trompe. Le bruit des chiens et djs trompes qui sonnent, Tristan, if.de Chrispe, I 3. Il Fig. Le vent de la mer Souffle dans sa trompe, v. iiuco, loii, 24. ||3" Petit instrument de fer qui a une languette au milieu et dont on tire du son en le mettant entre les dents, et en touchant la languette avec le bout du doigt ; on l'appelle plus ordinairement guimbarde. |1 4° Nez prolongé de l'éléphant, qui se recourbe à volonté, par comparaison de forme avec une trompette. L'éléphant se sert do sa trompe comme d'une main. De tous les instruments dont la nature a si libéralement muni ses productions chéries, la trompe est peut-être le plus complet et le plus admirable; c'est non-seulement un instrument organique, mais un double sens, buff. Çuadrup. t. IV, p. 2C0. Il Prolongement du nez du tapir. 116° Suçoir charnu, rétractile et protractile de certains insectes diptères. L'abbé Roffredi.... a laissé Swammerdam et Réaumur loin derrière lui dans son mémoire sur la trompe du cousin, inséré dans le recueil de la Société de Turin, bonnet, Lett. div. Œuv. t. XII, p. (88, dans pougens. || 6" Espèce de tuyau armé de petites dents, que possèdent quelques mollusques. || 7° Espèce de coquille de mer en spirale. 118° En architecture, portion de voûte en saillie, qui supporte une encoignure, une tourelle. On vient d'étayer rue Radîiwil cette fameuse trompe ou console en pierre, qui lient suspemlu, au-dessus du trottoir oriental de la susdite rue, l'angle nordouest de la galerie dorée de la Banque de France, l'Universel, 2« sept. (809. || Trompe de voûte, pierre ronde faisant partie des voussoirs d'une niche. Il Terme de menuiserie. Partie saillante en angle dont le dessous est cchancré en creux. \\ 9° Terme d'anatomie. Trompe d'Eustache, canal en partie osseux, en partie fibro-cartilagineux et membraneux, dont une des extrémités se prolonge jusque dans la cavité du tympan, et dont l'autre, plus évasée, s'ouvre à la partie latérale et supérieure du pharynx. || Trompe de Fallope, nom donné à deux conduits longs de <o à (3 centimètres, qui naissent chacun de l'un des angles supérieurs de la matrice, et se portent à l'ovaire correspondant. |j 10° Machines soufllantes em-
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ployécs dans quelques forges ; elles se composent ^ d'un canal vertical par lequel l'air est entraîné ; et conduit en un réservoir, par une chute d'eau. H 11* Chez les artificiers, espèce de pot à feu. — IIIST. xiii" s. Et les trompes commencent a sonner trop merveilleusement, villeii. lxx. Keseurs de trompes, Lit), des met. 30(i. A l'esmouvoir l'ost le roy, n'ot grant noise de trompes et de cors sarrazinois, jomv. ne. \\ xv s. Il n'est que le croc et la trompe. Pour vivre à l'ayse et dans la pompe, Itec. de farces, p. n». jl xvi' Il passa ces villes en chasseur, sa trompe en escharpe, cakloix, m, o. La trompe du gantelet [les lames répondant au carpe et au méUcarpe] fait à tornant avec le canon de l'avant-bras qui est à la main, pare, xvii, 12 Les elephans ont le nez très long et creux comme une grande trompe, m. Jforufr. opp. 3. Il y a plus de trompeurs que de trompes, COTGRAVE. Nous pouvons dire que les éléphants ont quelque participation de religion, d'autant qu'après plusieurs ablutions et purifications on les void haulsant leur trompe, comme des bras, mont, ii, <79. ÊTYM Provenç. tromba, trompa ; ital. tromba. D'après Diez, qui pense que l'ano. haut-allem. trumpd, trompe, est d'origine romane, tromba représente le latin tuba, trompette, avec le renforcement d'une r, comme dans (ronare, pour tonare; il remarque en confirmation que 1 ital. tromba a aussi, comme le latin tuba, le sens de conduit, tube. Mais les intermédiaires manquent, f 2. TROMPE (tron-p'), s. f. Nom, en BreUgne, du sabot, jouet d'enfant.
ETYM. Espagn. trompa, trompa; du lat. turbo, toupie ; ce que Diez regarde comme possible, bien que le genre ne coïncide que dans trompo. , ^ ,
TROMPÉ, ÉE (tron-pé, pée), part, passé de tromper. || 1° Induit en erreur par quelque artifice. Tandis que l'ennemi, par ma fuite trompé, rac. ililhr. III, i . Ma foi 1 les trompeurs seront trompés ; M. Oronte est homme d'esprit, homme de tête'; ce n'est point à lui qu'il faut se jouer ! lesage, Crisp. riv. U. Nous étions tous deux heureux; tu me croyais trompée, et je te trompais, montesq. j Lett. pers. lei. || 2° Déçu dans ce qu'on attendait. Aussitôt dans son sein il plonge son épée; Mais la mort fuit encor sa grande âme trompée, rac. Uithr. V, 4. Mlle de l'Enclos : Si vous êtes malheureuse, comme vous le dites, vous trompez bien toute la terre qui vous envie. — Mme de Maintenon : Je suis trompée la première , volt. Dial. 3. Trompée dans sa longue attente, elle ne cessait de pieurcr, do gémir, riccoboni, Œuv. t. v, p. 280, dans pougens. Il Trompé de l'attente, de l'espoir, déçu dans son attente, dans son espoir. Ainsi, trompé de mon attente. Je me consume vainement, Et les remèdes que je tente Demeurent sans événement, malii. Chanson, v, 5. L'auditeur n'est point trompé de son attente, quand le titre du poëme le prépare à n'y voir rien que d'impossible en effet, corn. 2* dt'sc. Mais vous-mêmes, trompés d'un vain espoir de gloire, kac. Alex. Il, 2. Il 3" Il se dit, dans un sens analogue, des choses, des actions, des sentiments qui ne réalisent pas leur objet. Un espoir trompé. Mais quoique de Pompée Je voie et la fortune et la valeur trompée.... corn. Pomp. i, t.
t TROMPE-LA-MORT (Iron-pe-la-mor), s. m.
Personne très-vieille ou rétablie contre toute espérance.
TROMPE-L'OEIL (tron-pe-leull , 11 mouillées), I. m. Terme de peinture. Sorte de tableau où les objets de nature morte sont représentés de manière à faire illusion. || Ce mot se prend souvent en mauvaise part, surtout au fig. Thibaudeau lut à l'assemblée cet exposé de la situation de la république, vaste tableau en trompe-l'œil où tout ét.nit sacrifié à l'effet, lanfrey, Hist. de Napoléon l", t. II. ch. 0. Il Au plur. Des trompc-l'œil.
TROMPER (tron-pé), v. a. \\ 1° Induire en erreur en employant la ruse, l'artifice, le mensonge. Il me répondit en se moquant de moi, que je devais avoir observé que le monde veut être trompé; ce mot est vrai, et se vérifia en cette occasion, retz, Mém. t. m, liv. iv, p. (2.5, dans pougens. Vouloir tromper le ciel, c'est folie à la terre, la font. Fabl. IV, (9. Il faut que les princes ou leurs ministres s'étudient.... à le séduire [le peuple] et tromper par les apparences, le gagner et tourner à leurs desseins, o. naudê, Coups d'États, ch. iv, édit. de(667, p. S42. Si je voulais, je citerais M. de la Rochefoucauld, qui était aussi aisé à tromper que moi; sÉv. 436. Quand, pour punir les
scandales, ou pour réveiller les peuples et les pa»teurs, il (^DieuJ permet i l'esprit de séduction de tromper les âmes hauuines, iioss. Heine d'Ànglet. Il fut donné à celui-ci [Cromwell] de tromper les peuples et de prévaloir contre les rois, ID. ib. On ne permet à un homme de bien d'être trompé qu'une fois, m. Rem. Réponse, ix, l, (4. S'il y avait moins de dupes, il y aurait moins de ce qu'on appelle des hommes fins ou entendus, et de ceux qui tirent autant de vanité que de distinction d'avoir su pendant tout le cours de leur vie tromper les autres, LA URUV. XI. Je m'imaginais n'être trompé qu'à demi, puisque je savais que j'étais trompé, fén. Tél. xm. On disait à Ferdinand, roi d'Aragon, que le roi de France se plaignait qu'il l'avait trompé deux fois : il en a menti, répondit-il, je l'ai trompé plus de dix, saint-foix, Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. 381, dans POUGENS. Ne dites point qu'il faut tromper les hommes au nom de Dieu; ce serait le discours d'un diable, s'il y avait des diables, volt. Pliilos. Déf. Bolinijbr. Axiomes, (. Des question» très-intéressantes et très-utiles, celle-ci par exemple : S'il peut être utile de tromper le peuple? nous n'avons jamais osé à l'Académie française proposer ce beau sujet, d'alemb. Lett. ou roi de Pr. 22 sept. (777. Moi qu'ils ne trouvent pas digne d'être trompée, je vois leurs actions, gbafpiont, Lett. péruv. 2. || Absolument. On la croyait incaipable ni de tromper ni d'être trompée, boss. Annt de Gonz. Jadis l'homme vivait au travail occupé, Et, ne trompant jamais, n'était jamais trompé, noiL. Éptt. IX. L'enseigne est à leur porte [des maisons de jeu] ; on y lirait presque : ici l'on trompo de bonne foi, la bruy. vi. N'est-ce pas tromper que d'entretenir quelqu'un dans son erreur? comte db 1 CAYLUS, Acad. de ces dames, Œuv. t. xii, p. 223, dans POUGENS. jl Cette femme trompe son mari, elle lui est infidèle. || Au jeu, tromper, tricher. Je me donne au diable, s'il est possible que vous gagniez. — Et d'où vient? dit Caméron, qui commençait à s'impatienter. —Voulez-vous le savoir? dit MatU; ma foi, c'est que nous vous trompons, HAMiLT. Gram. m. || 2° Séduire, en parlant des femmes qu'on trompe. Mathurine à don Juan : Ne m'allez pas tromper, je vous prie, il y aurait de la conscience à vous; et vous voyez comme j'y vais à la bonne foi, mol. Festin, ii, 2. Trop crédules esprits que sa Hamme [de Thésée] a trompés, rac. Phèdre, l, (. Les filles, en ce temps si souvent attrapées, Sur la foi des serments avaient, été trompées, REGNARD, Uéneclim. v, (. |1 3° Echapper à quelqu'un. Tromper des surveillants. Il a trompé la vigilance de ses gardiens. J'ai su tromper les yeux par qui j'étais gardé, rac. Phèdre, m, 5. Mais pouvaient-ils tromper tant de jaloux regards? ID. Bajai. i, ( . Il trompa leur poursuite à la faveur de l'obscurité, lesage. Diable boit. (.||Tromper la loi, l'éluder. || 4° En parlant des choses, donner lieu à une erreur, à une méprise. L'horloge nous a trompés. Mes yeux, moyennant ce secours [du toucher], Ne me trompent jamais en me mentant toujours, la font. Fabl. vu, (8. Pendantqu'un philosophe assure Que toujours par leurs sens les hommes sont dupés, Un autre philosophe jure Qu'ils ne nous ont jamais trompés, m. ib. \\ Absolument. Cet homme a une mine qui trompe. || X tromper, de manière à faire illusion. L'épaule est prise si juste, qu'on la voit toute nue à travers le vêtement, et ce vêtement est à tromper, diderot. Salon de (707, Œuv. t. xiv, p. 274, dans pougens. Il Familièrement. C'est ce qui vous trompe, à l'égard de cela vous êtes dans l'erreur, jl 5° Faire tomber dans quelque erreur. Comme ici son orgueil [de l'ime] la trompe, il faut lui l'aire sentir parquelque autre endroit sa pauvreté et sa misère, BOss. la YalUère. Cette vie dont la fuite précipitée nous trompe toujours, lu. Uar.-Thér. Le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord, plut par la nouveauté, BOiL. Art p. 1. 1|6° Agir contrairement à ce qui était attendu soit en bien, soit en mal. Il a trompé nos espérances. Tromper la confiance. On attendait beaucoup moins de lui, il a trompé tout le monde. Il [Charles de Sévigné] avait pitié de toutes mes douleurs, et le hasard a voulu qu'il ne m'ait trompée en rien de ce qu'il -■'- promis, pas même à la promenade d'hier,
dont je me suis mieux portée que je n'espérais, SÉv. (0 févr. (676. Ils [les dieux] ont trompé les soins d'un père infortuné Qui protégeait en vain ce qu'ils ont condamné, rac. Iphig. iv, 4. Ce serait grand dommage que vous trompassiez votre vocation, J. j. Rouss. Lett. à Sautterslieim, 2o mai (7(;4. Il Absolument. Dieu saura vous montrer par d'importants bienfaits, Que sa narole est s'.aile et
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ne trompe jamais, rac. Athal. i, i. || Il se dit des choses en un sens analogue. L'insolent en eût perdu la vie ; Mais mon âge a trompé ma généreuse envie, corn. Cid, l, 8. La retraite presque toujours a trompé ceux qu'elle flattait do l'espérance du repos, boss. le Tellier. 11 m'a trompé une fois, ce monde ingrat; il ne me trompera plus, fén. Dial. dex morts mod. 1 . Voilà comme les événements trompent presque toujours les politiques, VOLT. Ann. Emp. Ferdinand II, 1635. || 7° Faire diversion à. ô mort, éloigne-toi de notre pensée, et laisse-nous tromper pour un peu de temps la violence de notre douleur par le souvenir de notre joie, BOSS. Duch. d'Orl. Trompons, si nous pouvons notre douleur.... par le souvenir de nos joies passées, fléch. Mar.-Thér. Trompe leurs inquiétudes; amuse-les par la musique, les danses, les boissons délicieuses, montesq. Letl. pers. 2. Enfin il est fini ce jour dont rien n'a trompé la longueur, RiccoBONi, Œuv. t. I, p. 96, dans pougens. Par vous tout s'embellit, et l'heureuse sagesse Trompe l'ennui, l'exil, l'hiver et la vieillesse, de- Ln.LE, Trois rêg. <.|| Tromper le temps, s'occuper à quelque chose, afin de ne pas trouver le temps long. Si nous ne faisions simplement que vivre, sans qu'il s'y mèlàt quelque chose qui trompe et en fasse couler plus doucement les moments, boss. Sermons, sur l'honneur, fragment sur le même sujet. Ils cherchent à tromper le temps par mille sortes d'occupations, ID. )" panég. St Fr. de Paule, 2. || Tromper le chemin, faire diversion à la longueur du chemin. Lui discourant, pour tromper le chemin. De chose et d'autre.... la font. Orais. \\ 8° Terme de manège. Tromper un cheval, changer subitement de main après un seul quart de volte. || 9° Se tromper, V. réfl. S'induire soi-même en erreur. Il est aussi facile de se tromper soi-même sans s'en apercevoir, qu'il est difficile de tromper les autres sans qu'ils s'en aperçoivent, la rochefouc. Hax. 115. Et l'amour-propre engage à se tromper soi-même, MOL. Tari. IV, 3. Nous ne voyions en Madame ni cette ostentation par laquelle on veut tromper les autres , ni ces émotions d'une âme alarmée par lesquelles on se trompe soi-même, BOss. Duch. d'Orl. Oui, c'est Joas, je cherche en vain à me tromper, bac. Athal. v, 8. On croit tromper les autres, mais on ne se trompe jamais soi-même, marmontel, Œuv. t. vi, p. (os. || 10° S'abuser, être dans l'erreur. Quand on veut reprendre avec utilité, et montrer à un autre qu'il se trompe, il faut observer par quel côté il envisage la chose; car elle est vraie ordinairement de ce côté-là, et lui avouer cette vérité, mais lui découvrir le côté par où elle est fausse, pasc Pens. VI, 2fi, éd. HAVET. Mais que les hommes ne s'y trompent pas : Dieu redresse quand il lui plaît le sens égaré, BOSs. hist. m, 7. Racontait-il [Turenne] quelques-unes de ces actions qui l'avaient rendu si célèbre? on eût dit qu'il n'en avait été que le spectateur, et l'on doutait si c'était lui qui se trompait ou la renommée, fléch. Turenne. Pour ceux qui sont ruinés [par un juge], il importe peu que ce soit ou par un homme qui les trompe, ou par un homme qui s'est trompé, id. Lamoign. Il écrit une seconde lettre, et, après les avoir achevées toutes deux, il se trompe à l'adresse, la bruy. XI. Craignez de vous tromper; mais ne craignez jamais de laisser voir aux autres que vous avez été trompé, fén. Tél. xxzv. C'est un homme rare que celui qui ne peut faire pis que de se tromper, FONTEN. Renau. Me trompé-je? ai-je un bandeau sur les yeux? volt. Lett. d'Argenlal, 21 déc. tlM. Il X se tromper, à s'y tromper, au point d'être trompé. Mme Evrard : Cette petite est le portrait de son père. — M. Dubriage : Oui vraiment! et Julien, il ressemble à sa mère! — Mme Evrard : X s'y tromper, colun d'harleville, Vieux célib. m, *. Teniers, qui imitait, à s'y tromper, les tableaux des Bassan, boutard Dict. des arts du dessin, pastiche. Il Se tromper de route, d'heure, d'adresse, manquer la bonne route, l'heure indiquée, l'adresse véritable d'une personne. || Fig. et par ironie C'est un homme qui ne se trompe qu'à son profit, il ne se trompe que quand l'erreur tourne à son avantage. || Si je ne me trompe, locution employée en forme de correctif, quand on n'est pas très-certain d'une chose, ou quand on veut éviter un ton tranchant. Je ne sais si je me trompe; mais vous avez toute la mine d'avoir fait quelque comédie, mol. Préc. )o. Tous ces rois-li [de Juda et d'Israël] s'assassinent un peu trop souvent les uns les autres; c'est ime mauvaise politique, si je ne
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me trompe, volt. Philos. Quest. Zapata, 44. || On dit dans le même sens : Je me trompe, je suis bien trompé. Je suis bien trompé, s'il n'en est ainsi. Je me trompe, ou vos vœux, par Esther secondés. Obtiendront plus encor que vous ne demandez, RAC Eslh. m, 2. Je suis fort trompé, ou j'ai trouvé un bon expédient pour me démêler d'avec mad.... fonten. Lett. gai. n, 15.
— SYN. tromper, décevoir. Décevoir, c'est abuser par quelque chose d'apparent, de spécieux, d'engageant. Tromper, c'est abuser par la ruse, par le mensonge, par l'artifice.
— HlST. xiv« s. Icelui supliant veant que ladite femme se trompoit et moquoit de lui, du cange, trompator. \\ xv" s. On ne sçaura trouver mon per [égal], Par saint Jacques, non, de tromper, Patelin, V, 43. Je ne pourrois souffrir qu'une telle gouge se trompast et de vous et de moi si longuement, LOUIS XI, Nouv. xxxni. Il semble que vous trompez [vous moquez] des statuts et ordonnances de l'Église, ID. ib. xciv. Il XVI* s. Plusieurs gens malades ont, à la lecture d'ycelles, trompé leurs ennuys, rab. Pant. 4, Prol. Le tromper peult servir pour le coup, mont. I, 24. Pourquoy ne tromperoit-il aux esous, puisqu'il trompe aux espingles? ID. I, 108. Us trompent l'espérance qu'on en a conçue, ID. i, 181. Je ne conseille pas qu'on confonde leurs règles; on s'y tromperoit, id. i, 214. Je ne sçais si je me trompe, mais il m'a tousjours semblé que.... m. i, 394. Pour vous donner le moyen de tromper le temps, despeh. Contes, i. Ainsi prit congé d'elle, et s'en alla pensant bien l'avoir trompée, mais estant bien trompé luy mesme, amyot, Anton. 108.
— ÉTYM. Le sens propre et ancien de tromper est jouer de la trompe. Néanmoins Diez pense que tromper au sens d'abuser vient non pas de là, mais de (rompe, qui a signifié toupie (voy. trompe 2), et qu'il signifie, au propre, faire aller comme une toupie. Mais l'emploi le plus ancien de tromper au sens d'abuser est se tromper de quelqu'un, ce qui signifie s'en jouer. Tromper, jouer de la trompe, s'est construit avec le pronom personnel comme tant d'autres verbes neutres ; et se tromper a passé au sens de se moquer (voyez, à l'historique de trompette, un exemple de la transition, et comparez se jouer de quelqu'un et jouer quelqu'un).
TROMPERIE (tron-pe-rie), s. f.\H° Action de tromper. N'est-ce pas une erreur sérieuse et délibérée, une tromperie de bonne foi faite à soimême par soi-même? balz. De la coiir, 2' dise. Dans l'amour, la tromperie va presque toujours plus loin que la méfiance, la rociiepoucaulDj Première pens. 114. L'autre [le renard] était passé maître en fait de tromperie, la font. Fabl. m, 6. Il 2° Illusion. Les riches de la terre, qui, durant cette vie, jouissant de la tromperie d'un songe agréable, s'imaginent avoir de grands biens, boss. Panég. St Bernard, i. Tremblez dès à présent à la tromperie de vos passions, aux belles couleurs dont elles parent vos vices secrets, id. Médit, sur l'Évang. Dern. sem. du Sauveur, SO' jour.
— HIST. XIV' s. Se Bertran du Guesclin à la chiere hardie Les venoit assaillir avec sa compagnie, On nous aroit joué d'une grant tromperie, Guescl. 142. Il XV s. Vous en estes ung fin droit maistre.... Par ma foy, mais de tromperie. Patelin, V, 46. Il XVI" s. Je ne refuse point de soffrir pour ceste tromperie tous telz tourmensque tu voudras, amyot, Brut. Cl. La tromperie [action de se tromper] n'est pas de tel interest, de trouver les ennemis par effect plus foibles qu'on n'avoit espéré, que de les trouver à la vérité bien forts, aprez les avoir jugez foibles par réputation, MONT, m, 16".
— ETYM. Tromper.
TItOMPETË, EE (Iron-pé-té, tée), part, passé de trompeter. Une nouvelle trompetée.
TROMPETER {tron-pé-té; bien que la syllabe pe n'ait point d'accent, la prononciation lui en donne un ; le t se double ou pe devient pè, quand la syllabe qui suit est muette : je trompette, ou trompeté, je trompetterai ou trompèterai), i>. a. Il 1" Sommer de comparaître, en parlant des personnes que l'on assignait autrefois au son de la trompe ou trompette. On a trompeté Mme la comtesse [de Soissons] à trois briefs jours, c'est-à-dire qu'on va lui faire son procès parcontumace, sÉv. 24janv. 1680. Il 2° Faire crier, à son de trompe, un objet perdu. Les gens qu'avait envoyés Vénus pour se saisir d'elle [Psyché], ayant rendu à leur reine un fort mauvais compte de leur recherche, cette déesse ne trouva point d'autre expédient que de faire trompeter sa rivale, la font. Psyché, ii, p. 146. 118° Fig. Donner de la publicité à. On sou-
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halte que vous en donniez quelques exemplaires [du livre sur la Tolérance] à des personnes qui les trompetteront dans le monde, volt. Lett. Damilaville, 8 févr. 1764. N'en donne [des exemplaires de mon mémoire] qu'à ceux qui peuvent trompeter cela, p. l. cour. Lett. ii, 138. || 4° Fig. Divulguer une chose qu'on devait tenir cachée. On lui avait recommandé le silence sur celte affaire; il est allé la trompeter partout. || 6" V. n. Jouer de la trompette. || 6* Il se dit du cri de l'aigle. L'aigle trompeté.
— HIST. XIV* s. Quant la messe fu dite entière, J'oy sonner une trompette Dont un chambrelains haut trompette, machaut, p. 85. |{ ivi* s. Us brament comme les cerfs. Us trompettent comme les grues, ils pupulent comme les huppes, paré, Anim. 25. .... Laissant eschapper plusieurs justes occasions de se hasarder; et toutes les justes sont illustres assez, sa conscience les trompettant suffisamment à chascun, mont m, lo.
— RTYM . Trompette.
TUOMPETEUR (tron-pé-teur), s. m. Noid vulgaire du muscle buccinateur.
— f.TYM. Trompeter. Au ivi* siècle, trompeteur signifiait celui qui sonne de la trompette.
1 . TROMPETTE (tron-pè-f), ». f. \\ 1° Instrument à veiit, de cuivre ou d'autre métal, qui a un son éclatant, et dont on se sert principalement à la guerre et dans les réjouissances publiques. Faites deux trompettes d'argent, battues au marteau, afin que vous puissiez vous en servir pour assembler tout le peuple, saci, Bibl. Nomb. x, 2. Sitôt que de ce jour La trompette sacrée annonçait le retour, rac. Athal. i, 1. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons formaient [dans une bataille] une harmonie telle qu'il n'y «n eut jamais en enfer, volt. Candide, 3. La victoire en chantant nous ouvre la barrière, La liberté guide nos pas; Et du nord au midi la trompette guerrière A sonné l'heure des combats, H. J. chénier, Chant du départ. || Sans tambour ni trompette, se dit d'un» troupe qui décampe sans aucun signal militaire. Cette retraite s'est faite à petit bruit et presque en manière de fuite, sans trompette et sans tambour, PELLissoN, Lett. hist. t. ii, p. 428. Il Fig. et familièrement. Déloger sans trompette, sans tambour ni trompette , déloger secrètement , sans bruit. Si bien que le tyran de Crète Avait délogé sans trompette, scarr. Virg. m. Holà ! madame la belette, Que l'on déloge sans trompette , Ou j» vais avertir tous les rats du pays, la font. Fabl. VII, 16. Il Fig. Sans tambour ni trompette, secrètement Ne me citez point, je vous en prie ; il faut aller au secours de la place sans tambour et san»trompette, volt. Lett. Olivier des Monts, 25 déc. 1767.11 La trompette du jugement dernier, cella^ qui réveillera les morts et les sommera de comparaître devant le tribunal de Dieu. Trompette for- j midable et qu'Horeb entendit, Quand sur le mont sacré l'Éternel descendit. Et qui, des morts uo-^ jour réveillant la poussière. Doit du monde embrasé sonner l'heure dernière, delille, Parad. perdu, Xi. ji École (le trompettes, école de cavalerie où l'on enseigne l'art de la trompette, ainsi que la ^ lecture, l'écriture, l'escrime, l'équitation et la gymnastique. || Nez en trompette, nez relevé. || Fig. Entonner la trompette, emboucher la trompette, prendre le ton élevé, poétique. A la gloire des lis je consacre ces vers; J'entonne la trompette et répands dans les airs Les faits de ce grand roi..., DESMAHESTS, Clovis , dans RICHELET. Maissouvcnt dans ce style un rimeur aux abois Jette là, de dépit, la flûte et le hautbois. Et, follement pompeux, dans sa verve indiscrette. Au milieu d'une églogue entonne la trompette, boil. Art p. n. Il Fig. Il se dit du style lyrique. J'ose en trompette ériger mes pipeaux, bérang. Ad. à la gloire. Il Fig. Sonner de la trompette, publier, se vanter de quelque chose. Elle [la Providence] veut donc que vous veniez cet hiver, et que nous soyons en même maison; je n'ai nul dessein d'en sonner l4 trompette ; mais il a fallu le mander à d'HacqueviUe pour nous arrêter le Carnavalet [un hôtel du Marais à Paris], sÉv. 13 sept 1677. Irai-je avec l'hypocrite sonner de la trompette devant moi? prierai-je dans les coins des rues, afin qu'on me voie ? boss. Disc, vie cachée. || 2* Fig. il se dit des personnes qui excitent les partis, comme la trompette excite les troupes. Les prédicateurs de» deux partis [catholiques et protestants] étaient en chaire les trompettes de la discorde, volt. Mœurs, 130. Ces trompettes de différents partis se sont rendus les dispensateurs de la louange et du-
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blime, BERNAHï). DK sT-p. Ch. «fid. Il Personne qui divulgue ce qu'elle sait, qui colporte ce qui se dit. Cette personne est une vraie trompette. Il se défend longtemp» du mal qu'on dit d'autrui; Ou, s'il en est enfin convaincu malgré lui , Il ne s'en l'ait point la trompette, corn. Imit. i, 4. Je ne sais point prendre en main des trompettes. Pour publier partout les faveurs qu'on m'a faîtes, rëgnard, 1< Joueur, n, 4. L'ingrat dévoré d'envie, Trompette de la calomnie.... volt. Odes, 4. || Secret comme une trompette, se dit d'une personne babillarde, qui ne peut connaître un secret sans le publier aussitôt. || S" Instrument dj cuivre qui servit d'abord à la guerre, et qu'on a introduit ensuite dans l'orchestre. Une belle voix soutenue d'une trompette, cela jette dans une douce rêverie, lesage, Turcaret, iv, B. || Jeu de trompettes, un des jeux de l'orgue. || 4' Trompette marine , instrument de musique, composé d'un manche fort long et d'un corps de bois résonnant, avec une seule corde, sur laquelle on joue avec un archet, en la pressant sur le manche avec le pouce. Il y faudra mettre aussi [dans un concert) une trompette marine; la trompette marine est un instrument qui me plaît et qui est harmonieux, MOL. Bourff. gent. u, l.|| Trompette marine, un des noms vulgaires du triton émaillé, mollusques. Il S° Trompette parlante, instrument en fer-blanc qui sert de porte-voii. || On dit plus communément porte-voix. || Trompette écoutante, instrument pour faire entendre une personne qui parle à une distance considérable, sans le secours d'aucune trompette parlante. || 6° La trompette de la Renommée, la dispersion, dans le monde, des nouvelles, des bruits. Les poètes et les peintres représentent la Renommée embouchant la trom-
fiette. Il On dit de même : les cent trompettes de a Renommée. Aussitôt de ses cent trompettes La messagère des poètes Va l'annoncer à l'univers, LAMOTTE, Odes, t. I, p. 4(8, dans pougens. || 7" En botanique, trompette de Méduse, le narcissus bulliocodes. Il Trompette blanci..<j , espèce d'agaric. Il Variété de courge à fruits très- longs. || 8" En conchyliologie, trompettes, genre de mollusques à coquille univalve tournée en spirale , qu'on nomme autrement buccins. || Proverbe. X gens de village trompette de bois, il faut faire aux gens des traitements proportionnés à leur condition. Le festin des dames de la cour sera tout à fait magnifique ; mais point d'argent aux soldats congédiés: à gens de village trompette de bois, gui patin, Lett. t. III, p. 283, dans pougens.
— HIST. XIV* s. Devant le jour [il] s'en ist sans trompeté sonner, Gueici. (4644. ||xv' s. La trompette a sonné bien haut; X l'arme I à l'assaut! à l'assaut, BASSELIN, XLVii. Foy que tu dois le mercredy, Me joues-tu de la trompeté [me trompestu]? Jfir. de Ste Genev. En celé propre nuit il y eut grand partie de ses gens qui s'assemblèrent de sa compaignie secrètement et se prirent à eux desloger sans trompette, uonstrel. h, 96. Il XVI* s. Il feit sonner les trompettes de tous costez pour effrayer les ennemis, amyot, Cam 42. Il est plus de trompeurs que de trompettes, leroux DE UNCT, Prov. t. n, p. 307. X pain et oignon trompette ne clairon, cotgrave. Mieulx vault à cloche se lever qu'à trompette, génin, Récréât. «. n, p. 24 B.
— ETVM. Dimin. de trompe t ; provenç. et esp. trompeta; portug. trombeta; ital. trombetta.
2. TROMPETTE (tron-pè-t'), s. m. || 1" Celui dont la fonction est de sonner de la trompette. Le capitaine d'Espagne a eu sa poupe emportée, quelques coujis de canon à l'eau, et les six trompettes du duc de Ferrandina tués, Corresp. de Sourdis, tB36, dans JAL. On crut que c'était un prétexte pour nous épier : le trompette eut ordre de demeurer «t de suivre un des trompettes du roi, à qui on l'a donné en garde, pellisson, Lett. hist. t. i, p. 7). De tout temps, avec dépense pour faire honneur au service, j'ai eu un accord de trompettes des meilleurs qui aillent sur mer; et au voyage de Guinée avec M. le comte d'Eslrées je l'avais de même, nu ouesne, à Colbert, )n7i, dans jal. Il Trompette major, celui qui commande et dirige les trompettes d'un régiment de cavalerie. || Fig. U est bon cheval de trompette, il ne s'élonne pas pour le bruit, se dit de quelqu'un qui se soucie peu de» criailleries qu'on fait contre lui. Vous n'êtes pas un bon cheval de trompette, puisque vous avez peur du bruit, comte de caylus, Œuv. t. ix, p. 263, dans PODOENS. Il %' Fig. Celui qui célèbre. Alexandre estima Achille heureux d'avoir eu Ho-
mère pour trompette de ses louanges , d'ablancouRT, Arrien, i, 6. De votre haut savoir je serai le trompette, tu. corn. Feint astrol. ii, 6. Il se trouve toujours de petits compilateurs qui osent être ennemis de leur siècle.... ils se font les trompettes de la gloire des anciens, volt. IHct. phil. Système. || Familièrement et fig. Colporteurs de nouvelles. Par là, je reconnais le visible danger Que court cette inconnue à vous trop obliger. Et que, se découvrant à votre 4me indiscrète, De ses faveurs partout vous serez le trompette, th. corn. les Engag. du hasard, ii, 3. || Faire quelqu'un le trompette de quelque chose, le lui faire débiter, propager. Dorante n'est qu'un fourbe.... Et d'un discours en l'air qu'il forge en imposteur, Il me fait le trompette et le second auteur, corn. Ment, v, 2.
— llIST. XV* s. Que le plaisir du duc fust de sauver la vie à icelluy trompette, et de le renvoyer sans empescliement, math, de coucy, Hist. de Charles VII, p. 63(, dans lacurne. || xvr s. Je m'en voys chercher la trompette de la ville, pour faire crier s'il y a personne qui.... desper. Cymbal. (45. Il envoya par une trompette faire sçavoir aux Komains, que.... amyot, flom. 49. Les officiers des roys de Sparte, trompettes, menestriers, cuisiniers, à qui en leur charge succedoient les enfants, pour ignorants qu'ils feussent, mont, m, 320. Ils [les médecins] font telle description de nos maulx, que faict un trompette de ville qui crie un cheval ou un chijn perdu : tel poil.... ro. iv, 263.
— ETYM. Trompette t .
t TROMPETTISTK (tron-pè-ti-sf), s. m. Se dit quelquefois de celui qui joue de la trompette dans un orchestre. Elles [les parties de trompettes dans quelques ouvrages de Haendel] font présumer qu'il y eut en Angleterre , dans ce temps-là, quelque trompettiste doué d'un talent extraordinaire, fé- Tis, la Musique, xviii.
TRO.MPEUR, EUSE (tron-peur , peu-z'), adj. Il l"Qui trompe. Les apôtresont été trompésou trompeurs; l'un ou l'autre est difficile; car il n'est pas possible de prendre un homme pour être ressuscité.... PASC. Pens. XIX, <, éd. havet. Ecoutez, hommes trompeurs et trompés.... vous qui dites : nous avons un pacte avec la mort, fléch. Serm. 4* dim. Avent. La mer la plus terrible et la plus orageuse Est plus sûre pour nous que cette cour trompeuse, RAC. Esth. m, ). Il II se dit des choses. Je fais des efforts pour n'être point la dupe de ces trompeuses apparences, et dans quelques années je vous conseillerai d'en faire autant, sÉv. à Coulanges, 26 avril 1695. La grandeur est un songe, la joie une erreur, la jeunesse une fleur qui tombe, et la santé un nom trompeur, boss. Duch. d'Orl. Connaître par expérience le faible des grands politiques, leurs volontés changeantes ou leurs paroles trompeuses, ID. Anne de Gonz. L'archiduc contre son dessein, tiré d'un poste invincible par l'appât d'un succès trompeur, m. Louis de Bourbon. Vous savez sa coutume, et sous quelles tendresses Sa haine [de Mithridate] sait cacher ses trompeuses adresses, rac. Mithr. i, 5. Et le sommeil trompeur lui versait ses pavots, volt. Henr. u. Les succès de l'enfance, présages quelquefois si trompeurs, ne le furent point dans Charles de Secondât, b'alemb. Élog. Montesq. || Trompeur de, qui trompe sur, qui cache. Nous changeons bien d'habits, mais non pas de courages ; Et ces masques trompeurs de nos conditions Cachent, sans les changer, nos inclinations, cohn. Clit. m, B. ||î° S. m. et/'. Celui, celle qui trompe. Et puis, qu'est un palais, qu'une maison pompeuse Qu'à notre ambition bâtit cette trompeuse [la Fortune]? rotr. Vencesl. ii,(. Car c'est double plaisir de tromper le trompeur, LA font. Fabl. n, <5. Tant le monde fut toujours composé de trompeurs et de gens qui aimèrent à se tromper! volt. Dict. phil. Apocryphes. Ah! s'il y avait moyen d'attraper ce grand trompeur! beaumarch. Mar. de Fig. i, ». 1| Fig. Le plaisir, de lui-même, est un trompeur, et, quand l'âme s'y abandonne sans raison, il ne manque jamais de l'égarer, BOss. Conn.iii, 8. || S. m. Poisson du genre spare. || Proverbe. X trompeur trompeur et demi, il est permis de tromper celui qui nous veut homper. Un trompeur en moi trouve un trompeur et demi, corn, la Veuve, iv, 7.
— HIST. IV* s. Ce trompeur là est bien bec jaune. Patelin, 249. X trompeur, trompeur et demy, CH. d'orl. Rondel 63. Ceste tromperesse fortune l'avoit regardé de son mauvais visage, comm. iv, 12. L'official, voyant que c'estoit un vrai trompeur, et qu'il se trompoit de lui.... louis xi, Nouv. xciv. Il XVI* s. Qui trompe le trompeur et robbe le lar-
ron, Gaigne cent jours de vrai pardon, lebouz db LiNCT, Prov. t. II, p. 408.
— Btym. Tromper. Le sens ancien de trompeur est joueur de trompe ou trompette.
t TROIMPEUSEMENT (tron-peii-ze-man) , adv. D'une manière trompeuse.
— HIST. XVI* s. Comme souvent il fait [l'Amour], lorsque trompeusement.... se bracu, Œuv. t. i,
t TROMPE-VALET (tron-pe-va-lè), ». m. Poire
d'ambrette.
— ETVM. Cette poire trompe le valet, le jeune homme (voy. valet), parce que, étant mûre, elle ne parait pas l'être.
TROMPILLON (tron-pi-Uon , Il mouillées, et non tron-pi-yon), s. m. ||1° Terme d'architecture. Petite trompe. || Trompillon de voûte, pierre placée à l'angle d'une trompe, au point où concourent tous les voussoirs, afin qu'ils ne soient point taillés en pointe. || Petite partie de menuiserie dans un châssis d'imposte. || 2" Se dit de petites ouvertures dont sont munies les trompes ou machines hydrauliques qui remplacent les soufflets.
— ÊTYM. Dimin. de trompe *.
t TROMYLE (tro-mi 1'), s. (. Terme d'anatomie. Les cils vibratiles.
— ÉTVM. Tpôiioc, tremblement, et OXr), substance. TRONC (tron; le e ne se prononce jamais : un
tron énorme; c'est au xvii* siècle la règle de Chifflet, Gramm. p. 208; au pluriel l'ïse lie : des tron-z énormes), s. m. || 1" Le gros d'un arbre, le corps d'un arbre considéré sans les branches et sans les racines. Un tronc noueux. Oui diable vous a fait aussi vous aviser, X quarante-deux ans, de vous débaptiser. Et d'un vieux tronc pourri de votre métairie [la Souche] Vous faire dans le monde un nom de seigneurie? mol. Éc. des f. i, t. Moi I je pourrais trahir le Dieu que j'aime? J'adorerais un dieu sans force et sans vertu. Reste d'un tronc par les vents abattu? rac. Esth. ii, ». Près de Vilry, sur les bords de la Seine, il y a une couche épaisse de troncs d'arbres assez bien conservés, A. brongniart. Traité de min. t. u, p. 33. Il Fig. U y a des vices qui ne tiennent à nous que par d'autres, et qui, en ôtant le tronc, s'emportent comme des branches, pasc. Pens. vi, <i,édil. havet. Il Fig. Il faut se tenir au tronc de l'arbre, il faut se tenir au parti lé plus assuré. || 2° Terme de botanique. Partie principale de la tige des arbres dicotylédones d'où partent les branches. || 3* Terme d'anatomie. La partie la plus considérable d'une artère, d'une veine, d'un nerf, celle qui n'a encore fourni aucune division. Tronc artériel. Tronc veineux. Il Tronc innominé ou brachio-céphalique, artère qui naît de la partie antérieure de la convexité de la crosse de l'aorte. || 4* Buste du corps humain dont on a séparé la tête , les bras et le» cuisses. On donne à ce héros [Pompée] la mer pour sépulture; Et le tronc sur les flots roule dorénavant Au gré de la fortune , et de l'onde, et du vent, CORN. Pomp. u, 2. Son corps [de Déiphobe] tout mutilé n'est plus qu'un tronc hideux, deulle, En. VI. Il 5" En zoologie, chez les vertébrés, la partie principale du corps de l'animal, celle sur laquelle s'articulent les membres. || Dans les insectes hexapodes, synonyme de thoi^x ou partie du corps comprise entre la tête et l'abdomen. || Souche ou partie commune, plus ou moins vivante, sur laquelle sont insérés et réunis organiquement une multitude d'individus. || 6° Terme de vénerie. Ramure du cerf où sont attachés les andouillers. Il 7" Terme d'architecture. Tronc de colonne, partie inférieure du fût d'une colonne. || 8 En géologie, ligne directe d'une même famille, d'où sortent les branches collatérales. Je ne vois rien en vous qu'un lâche, un imposteur.... Et d'un tronc fort illustre une branche pourrie, boil. Sat. v. Les races provenant d'un tronc commun s'éloigneront d'autant plus de cette race primitive, qu'elle» en auront été séparées plus anciennement, buff. Ois. t. XII, p. 233. il 9° Petit coffre placé dans l'église, ordinairement auprès du bénitier, et aussi ailleurs, et scellé dans le mur, au haut duquel il y a seulement une petite fente pour y jeter les aumônes des personnes charitables; le tronc d'église est primitivement un tronc d'arbre, dans lequel on a fait un creux; ce creux est recouvert (l'un couvercle. Vous dites qu'on a ouvert un tronc à Saint-Merri, pasc. Proti. xvii. Croirait-on qu'il fut ordonné de mettre un tronc à toutes les églises d'Allemagne, pour recevoir des contributions volontaires [guerre contre les Turcs]? c'est la première fois qu'on a demandé l'aumono pour
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faire la guerre, volt. Ann. Emp. Rodolphe ii, 4 594. On a transporté dans les temples, en lui conservant son nom et sa forme, le tronc des primitives aumOnes, marchangy, Tristan le Voyag. XL. Il Fig. Voler le tronc des pauvres, faire des profits illégitimes aux dépens des nécessiteux. Il II y avait des troncs semblables chez les Juifs dans le temple de Jérusalem. Lorsqu'ils voyaient qu'il y avait trop d'argent dans le tronc, le secrétaire du roi venait avec le pontife, et ils en tiraient et comptaient l'argent qui s'était trouvé dans la maison du Seigneur, saci, Bible, Rois, iv, xii, <o. Il 10' Par analogie de forme, se dit d'ouvertures, de bouches où l'on met des écrits, des dénonciations. [X Venise] le tronc oii tout délateur peut, à tous les moments, jeter avec un billet son accusation, monteso. Esp. XI, 0,
— iilST. XII' s. D'une espée forbie et blanche Estoit li pons sor l'eve froide ; Mais l'espée estoit fors et roide Et avoit deus lances de lonc;De chasque part ot un grant tronc Où l'espée estoit cloffichiée, la Charrette, 3022. Les escus font et percier et troor.... Et de lor lances firent les Irons voler, Raoul de Camb. 271. || xiv s. Laquel racine [grosse veine] gete un tronc, lequel tronc s'estent ou [au] foie, h. de mondeville, f" 27, verso. Quant la pomme d'icelluy chou est ostée, l'en replante le tronc de ce chou, Ménagier, ii, B. ||xvi* s. Mais luy, à tous les trônez il baisoit les reliques, et à chascun donnoit, bab. Paru, ii, 47. Lexive faite des cendres de troncs de febves, paré, xv, 38. Les Egyptiens, ayans couppé la teste, en jetterent le tronc du corps [de Pompée] hors de la barque, AMYOT, Pomp. 4<o. Des hauts pins esbranchés les tronches my cavées, h. belleau. Poésies, t. i, p. 4 78, dans lacurne. En succession venant du costé du troncque [le tronc de père et de mère].... Coust. gén. t. ii, p. 807.
— ÉTYM. Picard, tronche; provenç. tronc; espagn. et ital. tronco ; du lat. truncus , qui vient de l'adj. truncus, coupé, tronqué.
t TRONCATKLLE (tron-ka-tè-l'), î. f. Genre de coquilles univalves.
t TRONCATULÊ, ÉE (tron-ka-tu-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est légèrement tronqué.
, TRONCATUBE (tron-ka-tu-r'), s. f. || 1° Endroit où quelque objet est tronqué. Ce château, placé au sommet, en occupe exactement toute la troncature, RAMOND, Instit. Mém. scienc. 4813, 48(4, 484 5, p. 73. La troncature [d'une des cornes du croissant solaire dans une éclipse) était considérable et de plus arrondie, Acad. des se. Comptes rendus, t. li, p. 99B. || Terme de minéralogie. Remplacement d'un angle ou d'une arête par une facette. Troncature des angles.
— F.TYM. Lat. truncare, tronquer.
t TRONCE (tron-s') ou TRONCHE (tron-ch'), s. f. Il 1* Grosse souche de bois que les villageois et le peuple mettent au feu la veille de Noël, pour conserver le feu toute la nuit. || 2" Nom, dans quelques provinces, des arbres de futaie dont on coupe les branches à des époques périodiques. 113° Synonyme de rouleau. || 4" Terme de charpente. Tronçon de bois gros et court. || 5° Terme de marine. Synonyme de tronçon. Tronce de cable. |{ 6° Dénomination qu'on emploie, en Lorraine, pour désigner là grosseur relative des arbres résineux. Il 7* En argot, la tronche, la tête. Une tronche de morne , une tête de mouton, Dict. argot-français, p. 458, à la suite de Cartouche, par grandval.
— IIIST. xV s. Aimerigot regarde que le portier seoit sur une tronche de bois au dehors du castel, froiss. II, 51, dans lacurne. || xvi* s. Ceux d'amont recommencèrent à charger en bas, et jecter gros- »es tronces de bois, barres et planchons.... j. d'au- TON, Ann. de Louis XII, p. 268, dans lacurne. Ils jettoient à val l'eau de grosses tronches de bois que le fil de la rivière tiroit de roideur contre bas, AMYOT, Uarius, 40.
— ETYM. Forme féminine tirée du lat. truncus, tronc; patois des Fourgs, trouintse, bûche de Noël.
t TRONCUÈES (tron-chée), s. f. pi. Nom qu'on donne, dans le département de l'Ain, à des chênes têtards épars çà et là et quelquefois fort multipliés dans certains cantons, qu'on dépouille de leurs brandies tous les six à sept ans.
TRONCIlF,T(tron-chfe),». m. || 1' Gros billot de bois qui porte sur trois pied». || %• Billot à l'usage de l'orfèvre et sur lequel se montent les bigornes, quand il fabrique de grosses pièces. || 3* Nom donné par les tonneliers à cette sorte de billot sur lequel ils dolent, et hachant.
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— HIST. XV* s. Un tronchct de bois, du cange, trorichetus. Le suppliant dist à icelui Drouet qu'il avoit emblé et emporté l'argent du tronquet de l'église de Neufbourg, id. troncus.
— ErvM. Dimin. de tronc; norm. tronquet.
t TRONCUINE (tron-chi-n'), t. f. Espèce de chancclière.
j — ÊTYM. Ainsi dite du cilèbre médecin Tronchin, . du xviii* siècle, qui avait aussi donné lieu au verbe tronchiner, faire à pied des promenades matinales.
I TRONÇON (tron-son), s. m. || 1* Morceau coupé I ou rompu de quelque objet plus long que large. Le roi lui casse [au valet] sa canne sur le dos : de là, le tronçon à la main, il traversa une antichambre, sT-siM. 30, 97. Plus loin, sur le devant, deux hommes poussant un tronçon de colonne, que quatre chevaux n'ébranleraient pas, didebot, Salon de 4 767, Œuv. t. xiv, p. 44 3, dans pougens. Tant que le tronçon d'une épée.... lamart. Méd. i, 16. Il 2° Partie coupée de certains poissons, de certains reptiles. Un tronçon d'anguille, de brochet. C'est [la fureur de Nonotte, jésuite] le serpent qui veut mordre encore, quand il a été coupé en tronçons, volt. Mél. litt. Lett. au pr. de**', 7, Théophile. Sans pouvoir réunir ses tronçons mutilés Qui rampent et qui saignent, v. hugo, Orientales, les Tronçons du serpent. || Fig. Kaut-il donc que les jésuites aient encore le pouvoir de nuire, et qu'il reste du venin mortel dans les tronçons de cette vipère écrasée? VOLT. Lett. Leriche, 2 fév. 4 767. Il 3" Terme de manège. Partie solide de la queue du cheval, vers la croupe. || 4° Morceau de marbre [ ou de pierre dure, dont deux, trois ou quatre, posés de lit en joint, forment le fût d'une colonne. Colonne en tronçons.
— HlST. XI' s. Sa hansto est frai te [brisée], n'en ad que un truncun, Ch. de Roi. civ. ||xii' s. De son escu lui trancha un tronson, Ronc. p. 88. Tost en a fait ou deus tronchons ou trois, ib. p. 438. Il xiii" s. Li rois Ricars tenoit en sa main un tronchon d'une lance, et meut au Barrois, et le cuida porter fors des archons, Chr. de Rains, p. 40. Por alechier et por amordre, Li donai d'anguile
! un tronçon, Ren. 4 5859. || xv* s. Les deux glaives [lances] volèrent en tronçons, froiss. n, ii, 80. Il XVI' s. En France, vous en avez quelque transon [des hiéroglyphes] en la divise de M. l'Admirai, HAB. Garg. i, 9. Faisons ung transon de bonne chiere, et beuvons, je vous en prye, enfans, id. Pant. II, 30. Faire ung tronczon de bonne chiere à la rusticque, id. ib. v, 7. Il rompit la hampe du javelot en deux, et s'en feit arracher les deux tronçons, l'un deçà l'autre delà, amyot, Philop. 9. Combien leurs classes [des collèges] seroient plus décemment jonchées de (leurs et de feuillées que de tronçons d'osier sanglants! mont, i, 183.
— ÉTYM. Dérivé de tronc; Berry, trançon, transon ; provenç. tronso, troncho, trenson ; espagn. tronçon; ital. truncone. X côté de tronçon on trouve trançon (voy. trancher) .
t TRONC'ONIQUE (tron-ko-ni-k'), adj. Terme de géométrie. En forme de tronc de cône.
TRONÇONNÉ, ÉE (tron-so-né, née), part, passé de tronçonner. Une anguille tronçonnée. || Terme de blason. Se dit d'un objet qui est représenté coupé par morceaux, de manière que les parties ne soient pourtant séparées que par un petit intervalle.
t TRONÇONNEMENT (tron-so-ne-man), t. m. Action de tronçonner.
— HIST. XVI' s. Le tronçonnement et la mutilation des hermès do Mercure, amyot. Nie. 23.
TRONÇONNER (tron-so-né), v. a. Couper quelque chose par tronçons. Tronçonner un brochet.
— HIST. XII' s. Alez au roi la parole conter, Que Ronouarz fet son bos [bois] tronçonner. Bat. d'Aleschans, v. 3058. || xiV s. Icellui GuiUot senty li poulce de Jehan son frère, qui le cuidoit par ce estrangler, le prist à ses dens , en tel manière l'estraigny, que à pou qu'il ne lui trcnsonna , DU CANGE, troncire. L'en tronçonne et frit en paelle les navets, Ménagier, il, 5. Loches et anguilles tronsonnées, ib. ii, 4. || xv" s. Les cinq chevaliers, qui se couvroient de leurs escus, les eurent si tronsonnez des fers des glaives que c'estoit une merveille, Perceforest, t. i, f* 89. || xvi* s. Les images de Mercure se trouvèrent une nuit presque toutes tronçonnées et gastées , amyot, AU. 32. Grisiez, transonnez, crucifiez ces mechans hérétiques, bahel. iv, 53.
— ETYM. Tronçon; picard, tronehoner. X côté de tronf onner ou trouve trensonner (voy. TRANCaER).
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t TRONCL'LE (tron-ku 1'), t. m. Terme d'an» tomie. Tronc vasculaire très-petit.
— F.TYM. Dimin. de tronc.
TKOnE (trfl-n'), s. m. || 1' Siège où les rois, les empereurs s'asseyent dans les fonctions solennelles de la souveraineté. Autour de ce même trône il y en avait vingt-quatre autres, sur lesquels étaient assis vingt-quatre vieillards vêtus de robes blanches, saci. Bible, St Jean, Apocal. iv, 4. Sur son trône avec lui j'allais prendre ma place.... L'ingrat [Néron].... Se leva par avance, et, courant m'embrasser. Il m'écarta du trône où je m'allais placer, rac. Brit. i, 4 . Vous, enfants, préparez un trône pour Joas, ID. Ath. v, 3. Un seul de ses trônes [d'Aurengzeb] a été estimé par Tavernier cent soixante millions de son temps, qui en font plus de trois cents du nôtre, volt. Mœurs, 49t. Loin de se fixer sur ces objets, les regards se portent rapidement sur la statue et sur le trône de Jupiter; ce chef-d'œuvre de Phidias et de la sculpture fait, au premier aspect, une impression que l'examen ne sert qu'à rendre plus profonde, barthél. Anach. ch. 38. || Par extension. Il me semble que je les vois déjà [les élus] dans un de ces trônes où ceux qui auront tout quitté jugeront le monde avec Jésus-Christ, pasc. Lett. à Mlle de Roanne!, 3. || 2" Fig. Il se dit de Dieu. Ce sont de ces protestations d'Antiochus, dont la justice divine n'est point fléchie, et qui ne pénètrent pas jusqu'au trône de la miséricorde, bourdal. Serm. 4 8* dim. après la Pentecôt. Domin. t. iv, p. 423. Dieu que la lumière environne.... Et dont le trône est porté par les anges, bac. Eslh. i, 5. [Dieu] Juge tous les mortels avec d'égales lois. Et du haut de son trône interroge les rois, id. ib. III, 4. Il 3" Fig. La puissance souveraine. Aujourd'hui dans le trône, et demain dans la boue, CORN. PoJy. IV, 3. Mademoiselle, cousine germaine du roi, Mademoiselle destinée au trône, sÉv. 9. Toute autre place qu'un trône eût été indigne d'elle, Boss. Reine d'Anglet. Un trône indignement renversé et miraculeusement rétabli, id. Reine d'Anglet. Soit que Dieu élève les trônes, soit qu'il les abaisse, id. ib. Madame, née sur le trône, avait l'esprit et le cœur plus haut que sa naissance, id. Duch. d'Orl. D'une commune voix ils l'appellent au trône, rac. Bajax. i, 2. Loin du trône nourri, de ce fatal honneur. Hélas! vous ignorez le charme empoisonneur, m. Ath. iv, 3. Dans les lieux où l'erreur est sur le trône, mass. Carême, Parole de Dieu. Le trône, tout imposant qu'il est, ne préserve pas toujours du ridicule, nous l'avons vu, genus, Mlle de Lafayette, p. 272, dans pouoENs. Un moment alors se réveilla [chea Napoléon] l'orgueil du trône et du génie, villem. Soutien, contemp. les Cent-Jours, xiii. || Monter sur le trône, monter au trône, prendre possession de la royauté. Pour remonter au trône, on peut tout hasarder, corn. Perthar. m, 2. Et les proscriptions et les guerres civiles Sont les degrés sanglants dont Auguste a fait choix Pour monter sur le trône et nous donner des lois, id. Cinna, t, 3. Il Mettre, placer sur le trône, donner la puissance souveraine. Depuis le temps que David avait été mis sur le trône par ordre de Dieu, la souveraine puissance appartenait à sa maison, BOSs. Hist. II, 5. Quoique les maires, dans les derniers temps, eusient mis sur le trône celui des Mérovingiens qu'ils voulaient, ils n'avaient point pris de roi dans une autre familîe, montesq. Esp. XXXI, 46. Il Placer sur le trône, se dit aussi d'un monarque qui prend pour épouse une femme d'un rang inférieur. En Russie, Pierre I" plaça sur le trône une femme née dans le dernier rang de la société, genlis, Mme de Maintenon, t. », p. 4 05, dans pougens. || Se mettre sur le trône, s'emparer de l'autorité souveraine. Ce traître que Chinaladan.... avait fait général de ses armées..., pritChinaladan dansNinive, détruisit cette grande ville.... et se mit sur le trône de son maître, BOSS. Hist. I, 7. Il 4° Fig. La personne du souverain, son gouvernement. Ce sont les peuples tout seuls qui donnent aux grands le droit qu'ils ont d'approcher du trône ; et c'est pour les peuples tout seuls que le trône lui-même est élevé, mass. Pet. car. Hum. grands. Patkul.... fut député de la noblesse livonienne pour porter au trône les plaintes de la province, volt. Charles XII, 1. 1| Discours du trône, discours que, dans les états constitutionnels, le souverain prononce à l'ouverture de chaque session des assemblées législatives. Le discours du roi, que l'on appelle dans l'argot de ce temps-ci discours du trône ou discours de la couronn»-.
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ALPn. KARB, Us Guipes, déc. 1840. 1| 5* Siège élevé ou le pape se met dans certaines cérémonies publiques. Il Trône épiscopal, le siège qui est au haut du chœur dans les églises cathédrales, et oii l'évéque se met quand il oflicie pontincalement. Il 6- Au ])luT. Terme de théologie. Un des neul chœurs des anges (on met un T majuscule). Parmi tant de Séraphins, de Trônes, d'Anlcurs.... nul ne se sentit assez de force pour s'olTrir au sacrifice, ciUTEAunn. Génie, i, i, 4. ||7° Lo Trône, nom donné parfois à la constellation do Cassiopée, appelée aussi la Chaise.
— Hisr. XII' s. Que le règne seit del tut remucd de Saul e des suens, e 11 throdnes David seit e.shalcied sur Israël e sur Juda dès Dan jesque Bersaliée, liuis, p. (29. |1 xiii' s. Saint Jehan en lait ses devises Des sept angels, des sept églises, Des sept chandeliers où Dieu raie. Des sept lampes ou trosne assises, Oii toute charité est gaye, J. UE MEUNO, ï'r. (19. N'a plus bêle dessous le tron [ciel], Parlonop. y. (7to. Sa ureison (prièrei ert [était] pure e bone, Devant la face Deu en trône Monte ciiiue fet la fumée De encens ki à Deu agrée, Edouard le confess. v. 734. || xiv s. Roan estoit, d'antiquité, La plus orgueilleuse cité Qui fust comme li trosne [ciel] cuevre, guiart, t. i, p. (97. Il XV' s. Et Trônes [anges] sont interprétés sièges et repos de vray jugement, par vraye charité et par plénitude de toute science , Bibl. des ch. «• série, t. n, p. (34. ||xvr s. Pour ce que la gloire de Dieu réside en eux [les anges], ils sont nommez ses throsnes, calv. Instit. (U5. [Ô Dieu] Ne partiront jamais, du throsne où tu te sieds, Et la Mort et l'Enfer qui dorment à tes pieds I d'aud. Tragiques, édit. lalanne, p. 72.
— ETYM. Lat. thronus, du grec Bpovo;, siège.
t TUÔNER (Irô-né), r. n. Terme familier. Avoir la prééminence. Cet homme trône dans cette société. || Affecter une supériorité, une prééminence. Le conseiller d'Etat ne comprit pas d'abord la portée d'une pareille tactique.... il se crut sérieusement le maître, et tomba presque immédiatement dans les fautes par où périssent les gouvernements lai blés qui osent essayer du despotisme; au lieu de gouverner, il trôna, CH. de behnahd, Les ailes d'Icare, iviu.
— ÈTYM. Trône.
tTROXlÈUE (trô-niè-r'), ». /'.Terme d'artillerie. Embrasure d'une batterie te canons.
TROXQUÉ, ÉE (tron-ké, kée), part, passé de tronquer. || !• Dont on a coupé quelque partie. Arbre tronqué. !l Fig. Les membres do la convention.... n'ont offert que des talents tronqués et des lambeaux d'éloquence, ciiateaubr. Génie, m, IT,(. Il Terme de sculpture. Statue tronquée, se dit du torse ou du buste qu'on ajuste sur une gaine. |i 2' 11 se dit de certaines choses auxquelles l'extrémité ou la partie supérieure manque, soit qu'on l'ait retranchée, soit qu'elles ne l'aient jamais eue. Colonne tronquée. Ce sont [les nids du flamant] de petits tas de terre glaise et de fange.... dont le sommet, tronqué, creui et lissé.... reçoit les oeufs.... buff. Ois. t. xvi, p. 3(o. Un grand obélisque tronqué, posé sur un énorme dé figurant un sarcophage romain, v. hugo, le Hhin, leUre (3. Il Terme de géométrie. Pyramide tronquée, cône tronqué, pyramide ou cône dont on • retranché la partie supérieure par un plan soit parallèle à la base, soit incliné d'une manière quelconque. Il Terme de blason. Se dit d'un arbre coupé par la tête et 1 ar le pied. || Terme de minéralogie. Se dit d'un angle ou d'une arête, quand sa place est occupée par une facette qui n'appartient point à la forme dominante du cristal. || 3" Terme de botanique. Terminé brusquement à son extrémité, et comme coupé. Un calice tronqué. Une feuille tronquée. Il 4" Se dit d'une coquille bivalve, quand les valves ont l'air d'avoir été coupées dans une de leurs parties. || Se dit du corselet des insectes dont le bord antérieur ou postérieur est une ligne droite. Il Se dit d'un oiseau dont chacune des rectrices est coupée en biais à l'extrémité. || 5° Fig. X quoi on a fait subir quelque retranchement essentiel. Le premier passage tronqué est celui où.... boss. 3" écrit, (. On a deux autres copies tronquées et informes d'une partie de cette loi salique, l'une donnée par Hérold, savant allemand, l'autre par Pithou, savant françaia, volt. l'ol. et Ug. Comm. Espr. des lois, Loi salique. Il est triste de passer pour un hétérodoxe, et de se voir encore tronqué, estropié, mutilé comme un auteur ancien, m. Lett. Thiriot, 24 nov. (736.
tXRONQUEMENT (tron-ke-man), ». m. Action
de tronquer. C'est [Languet] cet archevêque de Sens qui a tant fait parler de lui depuis par ses violences, ses fausses citations, ses tronquements de passages, st-sim. 243, 23U.
TRONQUER (tron-ké), je tronquais, nous tronquions, vous tronquiez; que je tronque, que nous tronquions, que vous tronquiez, o. o. || 1* Retrancher, couper. Il ôte de chez lui les branches les plus belles, 11 tronque son verger contre toute raison, LA FONT. Fabl. .XII, 20. Le coati est sujet i. manger sa queue, qui, lorsqu'elle n'a pas été tronquée, est plus longue que son corps, buff. Quadrup. t. m, p. 83. {| E^ parlant des statues, mutiler en partie. Les barbares ont tronqué la plupart des statues de Rome. || 2" Scier sur le tour. Il 3» Fig. En parlant des ouvrages d'esprit et en mauvaise part, y retrancher quelque chose d'essentiel. Ces auteurs tronquent le passage et le voici tout entier, boss. Var. xi, ((2. Les vérités sont diminuées: diminuées dans leur pureté, parce qu'on les falsifie et on les mêle; diminuées dans leur intégrité, parce qu'on les tronque et on les retranche, ID. Sermons, Prédic. évangél. (.Elle [la Sorhonne] condamna dix propositions [de la thèse de l'abbé de Prades] qu'il fallut tronquer et, par conséquent, falsifier, volt. Hél. litt. Tombeau de la Sorb. Continuons maintenant à vous transcrire, en prenant seulement la liberté de restituer au besoin les passages de mon livre que vous tronquez, j. 1. Houss. l.ett. à l'archev. de Paris.
— HIST. XV' s. Icellui Perrenet se print à oopper et troncer lesdiz ormes, du cange, troncire. ||ivi' s. Un corps tronqué de teste, rons. 675.
— ÊTVJl. Provenç. et espagn. troncar ; ilal. troncare ; du latin truncare (voy. tronc).
TROP (tro; le p se lie : il va tro-p avant; mais, pour peu qu'il y ait suspension, le p ne se fait pas sentir : le tro et le tro peu), s. m. {Trop est essentiellement un substantif.) || 1' Ce qui est en excès. Le trop de confiance attire le danger, corn. Cid, u, 7. Sa mère, que longtemps je voulus épargner.... L'a de la sorte instruite; et ce que je vois suivre Me punit bien du trop que je la laissai vivre, ID. Wéracl. i, (.Le trop d'expédients peut gâter une affaire.... N'en ayons qu'un, mais qu'il soit bon, la font. Fabl. ix, (4. U y en a beaucoup que le trop d'esprit gâte, mol. Critique, o. Il 3° Mon trop de..., son trop de, etc., l'excès de mon, de son, etc. Mais votre trop d'amour pour cet infâme époux Vous donnera bientôt à plaindre comme à nous, corn. Hor. m, 6. U s'en est peu fallu que, durant mon absence. On ne m'ait attrapé par son trop d'innocence, mol. Éc. des fein. m, 3. J'abuse, cher ami, de ton trop d'amitié, baC. Andr. m, (. ||3' Sans article, trop de, un excès de. Je me suis accusé de trop de violence, corn. Cid, m, 4. Voilà les pauvres gens Malheureux par trop de fortune, la font. Fabl. vu, o. Nos sens n'aperçoivent rien d'extrême : trop de bruit nous assourdit, trop de lumière éblouit.... pasc. Pens.i, (, éd. uavet. u nous sera toujours impossible de satisfaire pleinement les divers ordres de lecteurs ; le littérateur trouvera dans l'Encyclopédie trop d'érudition, le courtisan trop de morale, le théologien trop de mathématique, le mathématicien trop de théologie, l'un et l'autre trop de jurisprudence et de médecine, d'alemb. Œuv. l. i, p. 372. Trop de sang, trop de pleurs ont inondé la France, M. J. CHÉNIER, la Promenade. || C'est trop que ou de, il y a excès à. Ah! ma bonne, que je voudrais bien vous voir un peu, vous entendre.... vous voir passer, si c'est trop que le reste! sÉv. (8 févr. (87(. Si certains esprits vifs et décisifs étaient crus, ce serait encore trop que les termes pour exprimer les sentiments, la bhuy. i. C'est trop contre un mari d'être coquette et dévote : une femme devrait opter, ID. in. || C'en est trop, c'est aller trop loin. C'en est trop, madame, répliqua don Fadrigue ; je ne mérite pas que vous me regrettiez si longtemps, lesage. Diable boit. (5. ||*° Trop, régime direct d'un verbe. Non, je n'aurai pas trop de toute ma puissance Pour punir à mon gré mon odieux rival, fonten. Thét. et Pol. it, 4. Et qui peut nous combler de honte et de dépit, Moi d'en avoir trop su, vous d'en avoir trop dit, volt. Indiscr. i, 3. Boileau restera un de nos bons auteurs classiques pour les vers; on lui a peutêtre trop accordé de son vivant; peut-être lui reluse-t-on trop aujourd'hui , duclos, Œuv. t. x, p. 85. Il B'TropIprécédé d'une préposition. || De trop, qui est en excès. Tout ce qu'on dit de trop est fade etrebutant, BOH.. ilrtp. 1. Ignorez-vous qu'une multitude de vos frères périt ou souffre du besoin de
ce que vous avez de trop? j. i. rouss. Inég. 2* part. Mademoiselle, votre approbation est de trop, dider. Père de famille, m, 4. || Vous n'êtes pas de trop, se dit pour engager k rester une personne qui craint que sa présence ne gêne. Vous savez que votre présence ne gâte jamais rien, et que vous n'êtei point de trop, en quelque lieu que vous soyez, MOL. Am. magn. i, (. Un homme habile sent s'il convient, ou s'il ennuie : il sait disparaître, le moment qui précède celui où il serait de trop quelque part, la brut. v. Ohl ça, monsieur, voulez-vous que je vous parle franchement? vous êtes de trop dans la maison, dancourt, 2* ehap. Diable boit. se. ( . Tu la gênes ; tu es ici de trop, BOissY, Franc, à Ijond. se. 2. || Par trop, à l'excès. Son style est par trop familier. Tu m'obliges par trop avec cette nouvelle : Va, je reconnaîtrai ce service fidèle, mol. VÈt. m, 8. || 8' Trop d'un, de deux, de la moitié, un, deux, moitié de trop. Trop d'un Héraclius en mes mains est remis; Je tiens mon ennemi, mais je n'ai plus de fils, corn. lier. IV, 4. C'est trop, me disait-il, c'est trop de la moitié. Je ne mérite pas de vous faire pitié, mol. Tart. i, 8. Nous sommes trois chez vous, c'est trop de deux, madame, v. iiuGO, llernani, i, 3. Il 7' Adv. de quantité. Plus qu'il ne faut, avec excès. C'est trop m'importunercn faveur d'un sujet, corn. Nicom. m, 2. Ce secret, qui fut gardé entre dixsept personnes, est un de ceux qui m'ont persuadé que parler trop n'est pas le défaut le plus commun dcsgensqui sont accoutumés aux grandes affaires, RETZ, Uém. t. II, liv. m, p. (37, dans pougens. Gens trop heureux font toujours quelque faute, la font. Berceau. Il ne fallait pas faire faire cela par un écolier; et vous n'étiez pas trop boa vous-même pour cette besogne-là, mol. Bourg, gentil, i, 2. Le trop riant espoir que vous leur présentez, ID. Mis, n, (. Je reçois votre lettre du (6; elle est trop aimable, et trop jolie, et trop plaisante, SÉV. 25 juill. (689. Ils [les rois] ont trop fait sentir aux peuples que l'ancienne religion se pouvait changer, boss. Berne d'Angleterre. Trop faible pour expliquer avec force ce qu'il sentait, il empruntait la voix de son confesseur, id. Louis de Bourbon. Vous le savez trop bien : jamais, sans ses avis, Claude qu'il gouvernait n'eilt adopté mon fils, RAC. Brit. m, 3. Il [le péché] nous paraît moins hideux, parce qu'on n'est jamais trop effrayé de ce qui nous ressemble, mass. Car. Pass. Je ne vous envoie jamais aucun des petits livrets peu orthodoxes qu'on imprime en Hollande et en Suisse.. ..je n'ai été que trop calomnié, lo. Lett. Richelieu, S nov. (789. || Terme de manège. Trop assis, se dit du cheval dont les extrémités postérieures se rapprochent trop de la ligne du centre de gravité, ou qui la devancent. H Trop ouvert, se du lorsque le» membres sont trop portés en dehors. Il Trop serré, se dit lorsque les membres sont trop portés en dedans. || Pas trop, pas plus qu'il ne faut. Elle n'a pas trop dansé. || Médio* crement. Je ne m'y fierais pas trop. M. de Vivonne est fort mal de sa blessure, M. de Marsillac pas trop bien de la sienne, et M. le Prince est quasi guéri, SÉv. (B3. Murcna, do retour à Rome, reçut l'honneur du triomphe, qu'il n'avait pas trop mérité, rolun, Hist. ane. Œuv. t. x, p. (79, dans pougens. |I 8* 'Trop peu, pas assez. Vous en avez plus qu'il ne vous en faut, et il en a trop peu. Trop peu d'honneur pour moi suivrait cette victoire, CORN. Cid, II, 2. Joignez tous vos efforts contre un espoir si doux : Pour en venir à bout c'est trop peu que de vous I ID. Cid, v, (. Les dieux t'ont laissé vivre assez pour ta mémoire. Trop peu pour l'univers, J. B. ROUSS. Odes, u, (o. f| 9° Trop mieux, s'est dit pour beaucoup mieux. Pardonnezmoi toutes ces redites, vous qui savez et qui possédez trop mieux tous les points que je range ici, ST-siM. .100, (40. Trop mieux aimant suivre quelques dragons, gresset, Ver-rerl. || Bossuet a employé trop dans le sens archaïque de beaucoup. Au premier avis que le hasard lui porta d'un siège important, il [Condé] traverse trop promptement tout un grand pays, et, d'une première vue, il découvre un passage assuré pour le secours..,. Louis de Bourbon. \\ 10° Assez et trop longtemps, pendant un temps trop long. Assez et trop longtemps ma lâche complaisance De vos jeux criminels a nourri l'insolence, boil. Sat. ix. || Provei bcs. Trop est trop, rien de trop, tout excès est blâmable. Rien de trop est un point Dont on parle sans cesse, et qu'on n'observe point, la font Fabl. IX, (I. Il Trop et trop peu n'est pas mesure. Il X chacun le sien n'est pas trop. || Il y a deiu
TRO
sortes de trop, o'est-i-dire le trop et le trop peu. Il Oui trop e:;. brasse mal élreint, qui entreprend trop de choses à la fois ne réussit à rien.
— REM. Trop de avec un nom au pluriel veut au pluiiel le verbe dont il est sujet : Trop de larmes ont été répandues.
— HIST. XI' s. Caries respunt : trop avez tendre cuer, Ch. de Jtol. xxiii. Co dist li reis : trop avez maltalant, ib. xxiv. || xii' s. Mais trop vient lent, dame, vostre secours, Coud, vn. Car nus [nul] dons n'est courtois qu'on trop délaie, ib. xvi. Certes, seigneur, dit-il, trop tost le saura-on, Sax. XXV. Il xur' s. X tels croisés sera Diex trop soufrans, Se ne s'en venge à po de demourance, quesnes. Romancero, p. 97. Vertus corront et gaste par po [peu] et par trop, et si se conserve et maintient par la meenneté, brun, latini, Trésor, p. 267. Vous en avez assez, et je en ai trop peu, Berte, xxxii. Grant paour [elle] ot du vent, qui menoit trop grant bruit, ib. xxxvi. Se li souget le conte li fesoient avoir trop grant salaire, quant li enfant seroient aagié, il aroient action de demander le trop à lor tuteur, BEAUMAN. xvii, 8. Ha, pour Dieu, sire, lisiés souvent ce livre ; car ce sont trop [très] bones paroles, joinv. 260. En [on] se doit assemer [parer] en robes et en armes en tel manière, que les preudes hommes decest siècle nedientque on en face trop, ne les joenes gens de cest siècle ne dient que on en face pou, iD. <9e. || xiv s. Tel cas ne peut advenir fors trop [très] peu souvent, oresme, Eth. <64. Il XV* s. Un trop [très] beau chemin et plain à chevaucher, FHOiss. II, III, io. Il nous vaut trop mieux à mentir notre serment envers le duc d'Anjou que devers le roi d'Angleterre noire naturel seigneur, ID. n. II, 8. Elle leur fit rendre l'estimation de leurs chevaux qu'ils voulurent laisser, si haut que chacun vouloit estimer les siens, sans dire ni trop ni peu et sans débat, ro. i, i, 25. Laquelle jeune fille, pour ce que ledit Lechien mettoit trop [tardait trop] àl'espouser.... J. de troyes, C/iron. <405. Le vin n'est point de ces maulvais breuvai.es Qui, beus par trop, font faillir les couraiges , bassel. Liv. Sans nulle doubte le roy [Louis XI] en sens le passoit de trop [le duc de Bourgogne], et la fin l'a monstre par ses œuvres, comm. m, 3. || xvi* s. Hz sont en nombre trop plus dix foys que nous : chocquerons nous sus eulx? bab. Garg. i, 43. J'ai reçu les lettres que m'avez escriptes, par lesquelles j'ay congneu que vous estes trop meilleur parent que le roy de Navarre n'est bon mary, mahg. Lett. 76. Il esclaireroit par trop la bestise des aultres [passages du livre], mont, i, <66. Qu'il soit bien pourveu de choses, les paroles ne suyvront que trop, ID. l, 187. La règle de Rien trop, commandée par Chilon, id. i, 202. La prudence enseigne le point du u.ilieu, auquel consiste toute louable action entre deux vicieuses extremilez du peu et du trop, AMYOT, Préf. xi, 38. Assez et trop malgré nos a vescu Ce sang maudit par tant de fois vaincu, RONS. 608. Partout, voire à estre bon et sage, il y peut avoir du trop, charron. Sagesse, 11, 11. Assez n'y a, si ti-op n'y a, cotgrave. Nul n'a trop pour soy De sens, d'argent, de foy, m.
— ÊTVM. Patois des Fourgs, trou; bourguig. tr6; génev. trop à bonne heure (dites de trop bonne heure); provenç. trop, troupeau, et trop, trop ; ital. troppo. C'est le mot trop, troupeau (voy. TROUPE) employé adverbialement pour signifier excès de quantité.
t TUOP-BO (tro-bu), s. m. Ce qu'on boit au delà d'une quantité fixée pour sa consommation.
TROPE (tro-p'), s. m. Terme de rhétorique. Expression employée dans un sens figuré. Cent voiles pour dire cent vaisseaux, est un trope. Il ne faut pas croire que les tropes n'aient été inventés que par nécessité, à cause du défaut et de la disette des mots propres.... les hommes n'ont point consulté s'ils avaient ou s'ils n'avaient pas des termes propres pour exprimer leurs idées, ni si l'expression figurée seraitplus agréable que l'expression propre ; ils ont suivi les mouvements de leur imagination et ce que leur inspirait le désir de faire sentir vivement aux autres ce qu'ils sentaient eux-mêmes vivement, dumahsais, Tropes, vu, 2. Les avanuges des tropes sont premièrement de designer les choses qui n'auraient pas de nom ; secondement, de donner du corps et des couleurs à celles qui ne tombent pas sous le sens ; enfin, de faire prendre à chaque pensée le caractère qui lui est propre, condil. Art d'écr. :i, 8. || Le Traité des tropes, ou, simplement, les Tropes de Dumarsais. Je vous donne toutes les figures de Quintilien, tous les tropes de Dumarsais, et tout le su-
TRO
blime de Longin.... pas un ne vous écoutera [dans la chambre des députés], p. l. cour. Lett. au Censeur, 10. Il Terme de philosophie. Tropes des pyrrhoniens, les considérations fondées sur l'instabilité des choses par lesquelles Pyrrhon a prétendu détruire les fondements de la certitude.
— ÊTYM. TpoîTo;, trope, tour, de Tpéitu, tourner, dont d'anciennes formes latines se rapprochent, trepit, vertit (dans P. Diacre).
t TROPfiOLÉfiS (tro-pé-o-lée), s. f. pi. Terme de bot:inique. Famille de plantes séparées des géraniacées, et dont la capucine est le type.
TROPHÉE (tro-fée), s. m. || 1° La dépouille d'un ennemi vaincu que l'on mettait ordinairement sur un tronc d'arbre dépouillé de ses branches. La joie des Grecs après la victoire était bien plus modeste : ils érigeaient des trophées, mais de bois, c'est-à-dire d'une matière peu durable, et que le temps avait bientôt consumée; et il était défendu de les renouveler, rollin, Hist. anc. Œuv. t. V, p. 99, dans pougens. || 2° Toute dépouille prise à un ennemi, et dont on se pare. Ce conquérant vient mettre à vos pieds tous les trophées de l'Allemagne, voit. Lett. 7. Ton épée est à moi; mais tu serais trop vain. Si ce honteux trophée avait chargé ma main, corn. Cid, i, a. On le vit [M. de Montausier].... charger trois fois les ennemis.... et dresser aux pieds de son général, comme un honorable trophée, trois drapeaux qu'il leur enleva [aux ennemis], fléch. Duc de Mont. L'oiseau part tenant dans une de ses serres le terrible trophée [la tête coupée d'un lion], volt. Princ. de Babyl. 1. 1| Fig. Un homme peut s'aigrir contre vous, quand vous choquez ses pensées; mais il vous sera toujours obligé que vous désiriez son salut; il craint de servir de trophée à votre orgueil; mais il ne se fâche jamais d'être l'objet de votre charité, boss. Panég. St François de Saies. 113° Assemblage d'armes formant un groupe, et élevé en souvenir d'une vicloire, d'une conquête. Sculpter des trophées sur un arc de triomphe, ô apôtres de Jésus-Christ, c'est vous qui êtes les vainqueurs du monde; et voilà qu'on met à vos pieds les dépouilles du monde vaincu, ainsi qu'un trophée magnifique qu'on érige à votre victoire, boss. 2' sermon, Pentec. 1. N'attendez pas que.... je représente ce grand homme étendu sur ses propres trophées, fléch. lurenne. Couvrant le chemin de branches d'olivier, comme pour en faire un trophée au roi pacifique, mass. Mystères, Passion, 2. On lui éleva [à Épaminondas] deux monuments, un trophée et un tombeau; ils sont près l'un de l'autre, comme si la philosophie leur avait enseigné leurs places, barthél.
Anach. ch. 52. || Fig d'une laide femme ils
ont l'âme échauffée. Dressent à la laideur d'euxmêmes un trophée, Pensant avoir trouvé la fève du gâteau, régnier, Sat. vu. ||Fig. Faire trophée de quelque chose, en tirer vanité. Bien loin de rougir de la pauvreté de mes parents , j'en fis un trophée, J. bruslé, Lucien en belle humeur, t. i, p. 186, dans pougens. Elle n'était pas fille à faire trophée d'une pareille observation, lesage, 6'tl Blas, IX, 6. Voyez quel homme afl'reux est ce comte : aussitôt qu'il l'a reçue [une lettre de femme], il en a fait trophée ; je la tiens d'une femme à qui il l'a sacrifiée, beaumarch. Barb. de Sév. IV, 3. Tout le monde fut indigné qu'Opimius fit, pour ainsi dire, trophée du meurtre de tant de citoyens [C. Gracchuset ses amis], bouchaud, Instit. Mém. se. mor. et pol. t. v, p. 11 9. || 4° Fig. et dans le style soutenu, victoire. Je pourrais.... vous montrer, vers les bords du Rhin, autant de trophées que sur les bords de l'Escaut et de la Sambre, fléch. 7'urenne. || 6" Terme de peinture et de sculpture. Espèce d'ornement représentant le groupe d'attributs particuliers à une science, à un art. Des trophées de musique. Des trophées de chasse. || Il y a aussi des trophées de marine, de religion.
— HIST. XVI' s. En memoyre de la proesse que avez présentement faict, je veulx ériger ung trophée, rab. Pant. Il, 27. Jadis entre les Grecs, quand l'honneur y vivoit, Le vainqueur des vaincus maint trophée elevoit, desportes, Cléonice, xi.
— ËTVM. Lat. trupxum, de rponatov, qui vient de Tpo5r9|, action de mettre en déroute, de -içii- Tttiv, tourner.
t TRDPHIQUE (tro-fi-k'), adj. Qui concerne la nutrition. || La partie trophique des aliments, celle qui sert à la nutrition, par opposition à la partie excrémentitielle qui est rejetée. |{ Influence trophique, pouvoir trophique, infiuence, pouvoir
TRO
qu'ont certains organes pour activer la nutrition d'autres organes. Le pouvoir trophique des ganglions spinaux p»r rapport aux fibres des racines postérieures.
— ÉTYM. Tpoçri, nourriture.
t TROPHOLOGIE (tro-fo-lo-jie), s. f. Traité sur le régime alimentaire; doctrine de l'alimentation.
— ËTVM. Tpoçi'i, nourriture, et Xoyo;, traité.
t TROPHOLOGIQ0E (tro-fo-lo-ji-k') , adj. Qui concerne la trophologie.
t TROPHOPATUIE (tro-fo-pa-tie), s. f. Terme de médecine. Classe des maladies qui afl'ectentles appareils de la vie de nutrition.
— ÈTYM. Tpnifr,, nourriture, et TiiiQo;, maladie, t TROPUOSPERME (tro-fo-spèr-m'), ».m. Terme
de botanique. Saillie plus ou moins prononcée do la cavité intérieure du péricarpe qui sert de support ou de point d'attache aux graines.
— ÉTYM. TpoyTi, nourriture, et anéf^ia, graine. t TROPHOSPERMIQUE (tro-fo-spèr-mi-k') , adj.
Qui a rapport au trophosperme.
t TROPICAL, ALE (tro-pi-kal, ka-1'), adj. ||l°Qui appartient au tropique ; qui se trouve sous un tropique. La végétation tropicale. Les arbres tropicaux. Il Régions tropicales, contrées placées entre les tropiques. || 2* Par extension, très-chaud, comme entre les tropiques. Température tropicali:.
+ TROPIDOGASTRE(tro-pi-do-ga-str'),«. m.Termo de zoologie. Genre de reptiles sauriens. La seule espèce connue de ce genre est le tropidogastre do Blainville dont on ignore la patrie, legoarant.
TROPIQUE (tro-pi-k'), s. m. || 1' Terme d'astronomie. Parallèle terrestre correspondant à la latitude de 23' 28' (inclinaison de l'équaleur sur l'écliptique) qui sépare la zone torride des zones tempérées. En tous les points d'un tropique le soleil passe une fois par an au zénith. Les deux tropiques. Passer sous le tropique. Le,soleil par deux fois a, d'un tropique à l'autre. Éclairé dans sa marche et ce monde et le nôtre, volt. Ali. n, J. Il Le tropique du Cancer, celui qui est situé dan", l'hémisphère boréal. Il Le tropique du Capricorne, celui qui est situé dans l'hémisphère austral. |1 Le bonhomme Tropique, matelot déguisé d'une manière burlesque qui préside aux amusements du passage de la ligne. || 2° Par extension, le tropique, la région comprise entre les deux tropiques. Tous les fruits, tous les arbres, toutes les fleurs y sont entretenues [dans le Vishnapor] par une fraîcheur éternelle qui tempère les chaleurs du tropique dont ce climat n'est pas éloigné, volt. Uél. litt. Lett. chin. et ind. 10. |1 3' Tropique ou oiseau des tropiques, phaéthon à queue blanche et à brins rouges. Il 4" Adj. Année tropique, intervalle de temps compris entre deux passages successifs du centre du soleil à l'équinoxe de printemps; cette année diffère de l'année sidérale à cause du déplacement de l'équinoxe de printemps, dii à la précession des équinoxes et à la nutation; elle est de 365 jours 5 heures 48 minutes 47 secondes, et ainsi plus courte de 24 minutes 8 secondes que l'année sidérale. L'année déterminée par les équinoxes s'appelle tropique, parce qu'anciennement on l'avait conclue du retour du soleil à un même tropique, delambre, Abrégé astr. Leçon 1. || 5° Terme de botanique. Fleurs tropiques, fleurs qui s'ouvrent le matin et se ferment le soir. On dit maintenant fleur équinoxiale plutôt que fleur tropique.
— HlST. ivi' s. Tropicques sont deux cercles où le soUeil arryve seullement une fois l'an en la partye du nort et une autre fois en la parlye du su, lesquels tropicques sont ainsi nommez parce que, quand le solleil est venu ou arryvé àch.icun, il s'en retourne vers l'equinoxial.J. devaulx, dansJAL.
— ETYM. Tpoitixà;, de Tpéiteiv, tourner, parce que le soleil, arrivé à l'un des tropiques, semble retourner sur ses pas et marcher vers l'autre.
t TROPISTK (tro-pi-sf), i. m. Nom sous lequel on désigne quelquefois tous les sectaires prenant au sens figuré les paroles de la consécration.
— HIST. XVI' s. Par quoy ceux qui nous appellent tropistes, se monstrent, en leur sotte facétie, du tout barbares, calt. Instit. m 2.
— ËTYM. Trope.
fTROPOLOGIE (tro-po-lo-jie)y ». f. Emploi du langage figuré. L'Écriture est pleine de tropologies qui ne doivent pas être prises dans le sens littéral, FÉN. t. m, p. 137.
— ËTYM. TpoitoXoyîa, de Tp6iio«, trope, figure, et Àoyo;, doctrine.
TROPOLOGIQDE (tro-po-lo-ji-k'), adj. Qui concerne la tropologie, qui a le caractère de la tropologie. L'auteur [Malebranche] prend pour tro-
TRO
pologiques toutes les expressions de l'Écriture, FÉN. t. ni, p. 88.
— ETYM. TooitoXof 1x4;, de xponoXoYia, tropologle. TROP-PLKIN (tro-plin), J. m. || 1-Cequi cicfede la
capacité d'un vase, ce qui en déborde. Le trop-plein d'un tonneau. {| On dit de môme : le trop-plein d'un étang, d'un canal. Il Fig. Il faudrait toujours i,ue ma petite [fiUel fût par-dessus le marché ; c'est le trop-plein de la tendresse que j'ai pour vous, sÉv. à aime de Grigium, 7 aoiit <B7(. Quand les besoins seront satisfaits, le surplus des assignats, s'il en est, le trop-plein, qu'on me passe cette expression, se reversera naturellement d.ms le payement de la dette contractée pour l'acquittement des biens nationaux, Mirabeau, CoUer.t. t. iv, p. 58. Je verserais [en un autre coeur] le trop-plein de mon âme, lamaht. Joc. n, S7. || 3' Trop-plein d'une citerne, puisard creusé auprès d'une citerne; il reçoit l'eau qui déborderait de la citerne et qui se perd dans le puisard. || Au plur. Des trop-pleins.
— ÊrvM. Trop, et plein.
1 1 . TROQUE (tro-k'), ». f. || 1° Commerce par écliange de marchandises (Sénégal). || 2" Nom donné à un usage en vertu duquel il était alloué à chaque cultivateur du sol, sur la rive gauche de la Loire et du Morbihan, une remise de cent kilogrammes de sel en franchise de droit. Ils [les pétitionnaires] sollicitent le rétablissement de la troque.... le rétablissement de la troque ou de tout autre privilège local eiit été en contradiction avec tous les principes d'équité et de bonne administration, Bappor» à l'empereur, Moniteur, 23 mars
— ÉTYM. Voy. THOQUER.
t 2. TROQUE (tro-k'), s. m. Nom moderne du genre de mollusques (coquilles univalves) appelé par certains auteurs toupie. Il a pour type le troque dilaté , appelé vulgairement le grand cul de lampe par les marchands.
ETYM. Tpoxoc, toupie, à cause de la forme.
TROQUÉ, ÊE (tro-ké, kée), part, passé de troquer. Un tableau troqué contre des meubles.
TROQUER (tro-ké), je troquais, nous troquions, vous troquiez; que je troque.^que nous troquions, que vous troquiez, tJ. o. || 1° Échanger, donner en troc. Ces messieurs s'amusèrent hier à troquer leurs attelages tout entiers, de sorte que Vardes mène à Grignan les chevaux gris de Termes, et Termes mène à Fontainebleau les chevaux noirs de Vardes, SÉv. 362. 11 s'y établit, les jours de fête, une espèce de marché oii les esclaves viennent troquer les fruits, les volailles, les autres petites denrées qui leur sont propres, contre des meubles, des vêtements, des parures, haynal, Uist. phil. xin, 44. Il Fig. Je vous avoue que j'aurais bien troqué tout cela contre vous seule, u"* DU DEFFANT, Corrcsp. t. n, p. 42, dans pougens. Conscrits, vous ne troquerez guère Bras et jambe contre une croix [sous la Restauration], BÉRANO. Vieux capor. \\ Fig. Tioquer son cheval borgne contre un aveugle, échanger une chose médiocre contre une mauvaise. || Absolument. Si vous venez pour trafiquer. J'ai des nippes de quoi troquer, scarr. Virg. viii. Ne peut-on point en faire un [contrat] oii les gens Troquent de femme ainsi que de monture? la font. Troq. || 2' Enlever le petit morceau d'acier qui bouche le trou d'une aiguille. Il 3° Se troquer, v. réfl. Se donner soimême en échange. Moi, monsieur, je ne voudrais pas me troquer contre lui ; il croit nous imposer avec son baragouin et sa grande mouche, dancourt, Déroute du Pharaon, se. 26. Libre et indépendant, je ne me troquerais pas contre le général des jésuites, VOLT. iett. Mme du DejJ'ant, 3 déc. I7B9.
— HIST. IV' s. Laquelle vache le suppliant trocha ou eschanga à un beuf, et ot un salut d'or de retour, DU CANGE, trocare. || xvr s. Il se sauve la nuict par les montagnes avec l'habit d'un paysan, auquel il troque sa Juppé de velours, d'aub. Uist. 1, 100. Ainsi eux et les Italiens, aians troqué de personnage [les rôles étant changés], ro. ib. n,
— ETYM. Wallon, troukt ; espagn. trocar; angl. to truck. Origine inconnue. On pense que le français est emprunté à l'espagnol ; l'anglais l'est au français. Cependant la forme trocher rend trèsdouteux cet emprunt du français à l'espagnol.
i TROQUET (tro-kè), S. m. Terme de couvreur. Chi'valet du comble.
TROQUEUR, EUSE (tro-keur, kefl-z"), s. m. et f. Celui, celle qui aime à troquer. ...Nos gens Sont grands troqueurs; Dieu nous créa changeants, la FONT. Troq. C'est grand dommage qu'on ne puisse
TRO
troquer de femme ; qu'il y aurait de troqueurs au monde! dancourt. Bourg, à la mode, n, 8.
— ETYM. Troquer.
fTROSCART (Iro-skar), s. m. Genre de plantes aquatiques, de la famille des joncaginées.
TROT (tro; le « ne se lie pas), s. m. Allure naturelle du cheval, entre le pas et le galop, dans laquelle les deux bipèdes diagonaux agissent successivement avec promptitude, et lancent le corps assez vivement pour que, dans le grand trot, il quitte terre un instant à chaque impulsion nouvelle. Il [M. le Prince) entendit un assez grand nombre de chevaux qui marchaient au trot vers lui, LAR0CHEF0UC. Mém. 269. Le trot doit être ferme, prompt et également soutenu, bufp. (Juadrup. t. i, p. 30. Elle est partie ce matin au grand trot de six chevaux, dans .sa berline de campagne, RicconONi, Œuv. t. VI, p. tes, dans pougens. Nous grimpions au grand trot les montagnes, et nous les descendions au galop à travers les précipices, CHATEAUBR. Itin. part. l.||Un cheval a le trot franc, court ou égal, quand il lève peu les pieds de derrière ; dur, quand il fatigue le cavalier. Il Les autres quadrupèdes ont aussi le trot. L'âne, le mulet, l'éléphant, etc. vont au trot. || Par extension. Ils mèneront les infidèles Turcs au grand trot dans l'enfer, montesq. Lett. pers. 3B. || Fig. et familièrement. Mener une affaire au grand trot, la conduire d'une manière expéditive. || On dit plus ordinairement : grand train.
— MIST. XII* s. Ne jamais en s'aîe [à son aide] n'irons ne pas ne trot, Sax. xvii. || xiii* s. La vielle illec plus ne scjorne. Le trot à Bel Acuel retorne. Qui la tor outre son gré g:arde, la Ro.ie, 4 2740. || xv* s. Et se départirent environ la mie-nuit de Buch, et chevauchèrent le grand trot vers StrauUe, froiss.
II, m, 98. Il XVI" s. Le trot rompu d'ung cheval de courrier, ST gelais, 64. Le duc de Mayenne, aiant trouvé le joincl de la division, changea le pas au trot, d'aub. Uist. Il, 408. Il se mit au trot devers ses gens de pied, m. ib. m, 32.
— ETYM. Voy. trotter; provenç. trot; espagn. trote ; ital. trotto.
f TROTTABLE (tro-ta-bl') , adj. Où l'on peut trotter. Après avoir trotté par des prairies que la saison rend très-trottables, coulanges, dans sÉv.
t. I, p. S(7, éd. REGNIER.
t TROTTADE (tro-ta-d'), .t. f. Familièrement. Petite course à cheval ou en voiture. || Fig. Nom donné par le président de Bellièvre aux insultes que les Frondeurs faisaient à Mazarin, betz, Mém. t. II, liv. m, p. 13, dans lacurne.
TROTTE (tro-f), s. f. Terme populaire. Espace de chemin, distance. Il y a une bonne trotte jusque chez vous. Il avait à faire, disait-il, une fameuse trotte, GENLis, Parvenus, t. n, p. 33.
t TROTTE-CHEMIN (tro-t«-che-inin), t. m. Traquet.
t TROTTE-MENU (tro-te-me-nu) , adj. indécl. Qui trotte à petits pas. La gent trotte-menu [les souris] s'en vient chercher sa perte, la font. Fabl. m, ». Du fond de nos caveaux, du haut de nos greniers La gent trotte-menu s'assemble par milliers, delille. Trois règnes, vm.
— ETYM. Trotter, et menu.
TROTTER (tro-té), V. n. \\i' Aller le trot. Ce cheval trotte bien. || Trotter des épaules , se dit d'uncheval qui trotte pe-sam ment. || Trotter menu, se dit d'un cheval qui avance peu. jj Trotter se dit aussi du cavalier qui est sur un cheval qui trotte. Les deux pieds suspendus sur son double étrier. Assise décote, l'une trotte à l'anglaise; L'autre va sautillant sur la selle française , deulle. Trots rêg.
III. Il 2" Par extension, marcher beaucoup à pied. Ce ne sont pas toujours les pardons [cérémonies d'église] qui font aller les femmes : c'est l'envie de trotter; voilà pourquoi on dit plaisamment que saint Trottet, saint Caquet et saint Babil sont les plus grands patrons de ce sexe dévot, gui patin, lett. t. I, p. 384, dans pougens. J'avais franchi les monts qui bornent cet État, Et trottais comme un jeune rat Qui cherche à se donner carrière, la font. Fabl. vi, 6. Il gèle à pierre fendre ; je suis tout le jour à trotter dans ces bois, SÉv. 99. Ils [les jeunes gens qui entrent dans le service militaire] vont trottant des bords de la Charente , volt. Pauvre diable. Rencontrez-vous une de ces jolies personnes qui vont trottant menu les yeux baissés, coudes en arrière et tortillant un peu des hanches.... beaumabch. Mar. de Figaro, m, 5. || On entendrait une souris trotter, il ne se fait pas le moindre bruit. || 3° Fig. Faire bien des courses, bien des démarches pour
TRO
quelque affaire. Garçon bien fait.... Et qui faisait les servantes trotter, la font. Gag. Quand je veux tirer de mes parents quelque service, je fais mon testament, et aussitôt ils trottent, P. L. COUB. iett. I, 2U7.il 4* Fig. Il se dit de choses qui vont et viennent. Pour un âne enlevé deux voleurs se battaient.... Tandis que coups de poing trottaient.... LA font. Fabl. I, <3. Puis tout d'un coup, comme je pensais lui répondre [à Mme de Ludres], je trouvai qu'elle ne m'écoutait plus, et que ses beaux yeux trottaient par la chambre, SÉV. t" avr. )67). M. le chevalier [de Grignan]... s'en retourna avec cette douleur qui trotte justement sur le pied, m. B nov. )08S. Vers la fin du repas, il vit trotter les santés à la ronde, ramilt. Cram. 4. Bientôt lettres et présents trottèrent, ID. ib. 8. Il n'y a pas de jours que les billets ne trottent ; c'est moi qui suis le courrier, lamotte, Minutolo, se. <o. Tu tiendras tes yeux baissés, au lieu de les laisser trotter comme tu fais toujours, th. leclerco, Prov. t. in, p. OB, dans pougkss. Il 5" Fig. Se dit de ce qui passe par la plume, par l'esprit, par l'imagination. Ceci est un billet écrit à course de plume, la mienne est bien en train de trotter, sÉv. 388. Il faut un peu, entre bons amis, laisser trotter les plumes comme elle» veulent, ID. 24 nov. 4675. Il y a trois ans que cet amour-là lui trotte dans la cervelle, dancourt, Jfari retrouvé, se. B. Je n'aime plus cette Margot : seulement quelquefois son petit nez me trotte encore dans la tête, mariv. Surp. de l'amour, i, 2. Son imagination, qui ne cesse de trotter, caraccioli, Lett. récréât, t. I, p. 431, dans pougens. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 6° T. a. Trotter un cheval à la longe, à la plate-longe, Dict. de l'Acad. au mot longe. || Proverbe. Qui ne peut galoper, qu'il trotte.
— REM. Les verbes qui ont un radical terminé par ot ne prennent généralement qu'un seul *; on ne voit pas d'où vient l'exception pour trotter.
— HIST. xm* s. Li vilains, qui estoit asis En la sele sor le cheval. Le fet troter parmi un val, Ben. 4 6370. Molt estoient en grief torment. Et trotoient si durement. Qu'il n'a el mont sage n» sot Qui peûst soffrir si dur trot, Lai du trot Il XV* s. Vous devenez vieulx. Et tousjours troter Voulez, sans cesser; Ne soyez plus tieulx [tel], CH. d'orl. Rondel. Au barbier qui 1» barbe oste, Qui ma barbe osta. Et à la mode qur trotte. Qui me la coupa.... bassel. v. ||xvi* s. Par les meilleures maisons trotoit le Catholicon, duquel nous avons parlé, d'aub. Uist. ni, 329.
— ETYM. Provenç. espagn. et portug. trotar ; ital. troltare ; gaél. trot; kimry, trntio. Saumaise pense que l'expression latine ire tolutim, trotter, qui avait donné tolularius , trotteur, a pu donner tolutare, dont les langues romanes ont fait trotter. Cette explication très-plausible est adoptée.
t TROTTERIE (Iro-te-rie), s. f. Action de trotter, de faire une trotte. Je vous demande.... comme vous vous portez de votre voyage de Marseille.... je ne saurais approuver cette trotterie inutile, SÉV. 4 5 mars 4680.
TROTTEUR (tro-teur), s. m. Terme d'équitation. Cheval qu'on a dressé à n'aller qu'au trot dans un manège. || Ce cheval est bon trotteur, mauvais trotteur, il trotte bien ou mal. || Il se dit aussi du cavalier qui trotte. Le petit monsieur de la Mothe, Non celui.... Mais son frère, qui toujours trotte. Et qui, comme il est grand trotteur.... Œuv. de Chap. et de Bachaum. p. 493.
— ETYM. Trotter; prov. trotaire, trotador ; esp. trotador; ital. trotlatore. L'ancienne langue disait trotier, qui représente exactement le latin tolutarius.
TROTTIN (tro-tin), s. m. || 1* Terme vieilli. Petit laquais. Ensuite il appelle un trotin. Fait amener son guilledin, Orné d'une belle fontange, le Virgile travesti, x. Et de trottin toujours crotté On en fit un petit commis , 3* suite du Parlement burlesque, 4 0b2 , dans larchet. Excentricités. Il 2° Jeune garçon, jeune fille qui fait les commissions, les courses dans un magasin.
— ETYM. Dimin. tiré de trot.
TROTTINER (tro-li-né), V. a. Trotter en raccourci. Il Se dit quelquefois d'une personne qui marche à petits pas et vite. Voici l'original Qui vient à nous ; oht comme il trottine et se traîne ! DUCERCEAU, Dcux cousins, II, 4 0. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XVI* s. Il trépigne, U trotigne, il s'efforce, hab. IV, Prol. de L'aut.
— ETYM. Dérivé de trottin. L'ancienne langue disait aussi trotoner, dérivé de troton, lrës-usit4 pour trot.
TRO
TROrrOIR (tro-toir), s. m. Banquette pratiquée le long des ponts, des quais et des rues, pour la commodité des gens à pied. || Fig. et familièrement. Être sur le trottoir, dtre dans le chemin de la considération, de la fortune. Les tracasseries de ce monde ne finissent point tant qu'on est sur le trottoir, volt. lelt. Richelieu, 2(i avr. 1770. Je ne saurais m'intéresser à tout cela dans ce moment-ci; il n'y a pas un des miens sur le trottoir, CARMONTELLE, Prov. posth. Vis. du jour de Van, se. i. Il Cette fille est sur le trottoir, ancienne locution qui signifiait : elle est bonne à marier, elle attend un mari. Aujourd'hui cette locution , si l'on s'en servait, voudrait dire une prostituée.
— HIST. xvi's. S'ils [les philosophes] n'en escrivent [de leur propre personne] à poinct nommé, au moins, quand l'occasion les y porte, ne feignentils pas de se jecter bien avant sur le trottoir, MONT. II, 6). Je les laisseray pour un temps en ce point, ayant de meilleures choses à déduire ; puis je les remettray bien-tost sur le trotouer [en scène], carloix, vi, 9. Qui se met sur le trottouer et l'eschaffaut de ce monde, charron, Sagesse,
p. 366, dans POUGENS.
— ÊTYM. Trotter. Trottoir fut dit d'abord du chemin pour les gens de pied sur les quais à Paris.
i. TROD (trou), s. m. || l°Ouverture encreux faite dans un corps, à peu près aussi longue que large : ce qui la distingue de la fente, qui est plus longue que large. Boucher un trou. Cet enfant en tombant s'est fait un trou à la tête, à la jambe. Il y avait trois ans depuis qu'il [Lauzun] travaillait à faire un trou [au mur de sa prison], et qu'il avait fait une corde avec du linge la mieux faite du monde.... Mém. de Mademoiselle, t. iv, p. 379. Ce pauvre Lauzun ne vous fait-il pas grand'pitié de n'avoir plus à faire son trou? sÉv. 8 mars tC78. Si l'on fait un petit trou à une carte, qu'on l'expose au soleil ou au grand jour, et qu'on mette dessous un verre sur lequel tombe le rayon intercepté, on verra deux petits cercles éclaires.... ma- LEBR. Rech. vér. Éclaire, sur la lum. t. iv, p. 389, dans POUGENS. Il [Maupertuis] propose de faire un grand trou qui pénètre jusqu'au noyau de la terre, volt. lUl. litt. à M. Kœnig. M. de Stralemberg a dit qu'il en avait trouvé [des jaseurs] en Tartarie dans des trous de rochers, buff. Ots. t. vi, p. 449. La vanité de mépriser la mort engage les autres à calomnier la vie, à peu près comme ces femmes qui, avec une robe tachée et des ciseaux, prétendent aimer mieux des trous que des taches, j.j. Rouss. Lett.à M. de Voltaire, Corresp. t. m, p 224, dans POUGENS. Ses intentions n'échappèrent point à Socrate, qui lui dit un jour : Antisthène, j'aperçois votre vanité à travers les trous de votre manteau, barthél. Anach. ch. 7. || Fig. Aujourd'hui.... la terre a repris sa couleur, et le soleil, ressortant de son trou, fera que je reprendrai aussi le cours de mes promenades, sÉv. 28 déc. (689. Il Fig. Il n'a jamais rien vu que par le trou d'une bouteille, se dit d'un ignorant qui n'a pas vu le monde. || On dit dans un sens analogue : ne voir que par un trou. Je ne sais rien, je ne vois le monde que par un trou, de fort loin et avec de très-mauvaises lunettes, volt. Lelt. d'Argental, U mai «764. || Fig. Mettre la pièce à cûté du trou, employer, pour remédier à un mal, un autre moyen qu'il ne faudrait. |1 Fig. Boucher un trou, payer une dette. Vos affaires, avec votre permission, étaient délabrées , et mon argent a servi à reboucher d'assez bons trous, mol. G. Dand. i, 4. Monsieur votre père, de son côté, ne travaille-t-il pas à reboucher tous ces trous-là? hegnard, Ret. impr. 4. Il Déboucher un trou pour en boucher un autre, faire une dette nouvelle" pour en payer une vieille. || Le trou de la porte, le pertuis de la serrure qui reçoit la clef. J'a i été tantôt chez M i gnard. ... il peignait Mme de Fontevrault, que j'ai regardée par le trou de la porte, sÉv. 6 sept. 1G75. |i 2* Fig. Il a fait un trou à la lune, ou, anciennement, à la nuit, il s'est dérobé furtivement, et, en mauvaise part, il a emporté l'argent, il a fait banqueroute, il s'est enfui sans payer se» créanciers. Elle a emprunté plus dcseptccnt mille livres à plusieurs particuliers, et, après, elle a fait un trou à la nuit, oui PATIN, Lett. t. m, p. 252, dans pougens. Ce qui les faisait s'imaginer que c'était un gros marchand qui avait fait un trou i la nuit, comme ils étaient presque tous de ceux que l'on dit par raillerie, qui mangent la lune auparavant le quartier, césar oudin, F Apothicaire empoisonné, p. 286, Paris, «670. Ce sont des vagabonds qui ne vont de çà et de là que Dour apporter du scandale, et, quand on les pense
TRO
tenir, ils ne manquent jamais de faire un trou à la nuit, le Chev. de Méré, dans ste-beuve, Rev. des Deux-Mond. (848, t. xviii, p. 24. Je me délibérai de faire un coup de ma main qui me payât de mes gages, cl de faire un trou à la nuit, comme dit le proverbe, Francien, liv. ii, p. fl5. Un beau soir, il fit un trou à la lune, et prit congé de tout le monde, sans dire adieu à personne, champmeslé, la Rue St-Denis, se. 4. Monsieur laissait faire son fils en jeune homme qui, avec d'autres jeunes têtes, se proposait de faire un trou à la lune, tantôt pour l'Espagne et tantôt pour l'Angleterre, st-sim. 9(, 20.'ï. Entre emporter le chat et faire un trou à la lune, les savants pourront trouver quelque différence; ils diront qu'emporter le chat signifie simplement partir sans dire adieu , et faire un trou à la lune veut dire s'enfuir de nuit pour une mauvaise affaire; un ami qui part le matin de la maison de campagne de son ami, a emporté le chat; un banqueroutier qui s'est enfui a fait un trou à la lune; l'ctymologie est toute naturelle pour un homme qui s'est évadé de nuit, volt. Lett. Delisle, IB déc. 1773. || Cette locution paraît venir de l'idée que celui qui s'enfuit ainsi se dérobe pendant l'obscurité; et alors on dit plaisamment qu'il a fait, pour s'enfuir, un trou à la nuit ou à la lune qui est l'astre de la nuit. D'Aubigné, Hist. ii, 29<, a dit percer la nuit, pour cheminer pendant la nuit. Voltaire, en voulant distinguer emporter le chat et faire un trou à la lune, a trop restreint le sens de cette dernière locution; la différence est que la première signifie partir sans dire adieu, et la seconde, se dérober furtivement. On a dit aussi faireun pertuis dans l'eau, voy. eau, à l'historique. || 3" Trou du souffleur, petit réduit placé sur le devant du théâtre, où est placé le souffleur || 4* Dans certaines machines, dans certains appareils, un trou d'homme, un trou capable de laisser un homme s'introduire pour le service de la machine, de l'appareil. Il B° Terme de marine, trou du chat, trou carré pratiqué au milieu d'une hune; il sert de passage à la tête du mât, aux haubans, aux étais, et aussi aux hommes qui montent dans la hune. || Trous d'écoutes, ouvertures pour le passage des écoutes. Il Trou de la clef, ouverture pour recevoir la clef d'un mât. Il 6° Terme d'anatomie. Trou de Botal, ouverture existant, chez le fœtus, dans la cloison médiane des oreillettes; elle se ferme aussitôt après la naissance. || Trou déchiré, nom donné à l'hiatus l'entre l'os occipital, le sphénoïde et le temporal. ||Trou ovale, le trou sous-pubien de l'os iliaque. || 7" Cavité plus ou moins profonde dans la terre. Vous souvient-il, monsieur, quand ma maudite mule Me jeta par malice en ce trou si profond? regnard. Fol. amour, i, 7. Le trou Saint-Patrice est très-fameux en Irlande; c'est par là que ces messieurs disent qu'on descend en enfer, volt. Facéties, Quest. mir. 7. || Fig. Boire comme un trou, boire excessivement. Quiconque rime ainsi sans peine Après avoir bu comme un trou, Œuv. de Chapelle et de Bachaumont, p. «9«. J'y veux tout mettre par écuelles, Y dire des chansons nouvelles, Y boire en trou , manger en loup, scarb. Virg. vu. || Fig. et populairement, faire un trou, boire ou manger quelque chose qui réveille l'appétit, quand on adéjà mangé. Il Cavité faite dans la terre pour planter des arbres. 11 y a longtemps qu'on a reconnu la grande utilité de faire à l'avance les trous d'arbres larges et profonds, GENLis, Maison rust. t. ii, p. 469, dans pougens. Il Enfoncement pratiqué dans la cour d'une ferme, pour y déposer le fumier. || Terme de construction. Être sur le trou, se dit de la pierre qui est encore près du puits de carrière d'où on l'a tirée. || 8° Terme de fortification. Trou de loup, défense accessoire pratiquée en avant des ouvrages de fortification passagère ; c'est un trou creusé en terre, au fond duquel un petit piquet est planté verticalement. Il 9° Terme de marine. Petit enfoncement que l'on voit le long d'une côte. || Inégalité en creux sur le fond de la mer. || 10' Retraite des petits animaux. Trou, ni fente, ni crevasse Ne fut large assez pour eux [les rats empanachés]. Au lieu que la populace Entrait dans le moindre creux, LA FONT. Fabl. iv, a. || Souris qui n'a qu'un trou est bientôt prise, il faut avoir dans les affaires plusieurs moyens , plusieurs ressources. Il Fig. Il le ferait mettre dans un trou, dans un trou de souris, se dit d'un homme qui en fait trembler un autre par sa présence. || Il se fourrerait dans un trou, se dit d'un poltron qui a peur. Il 11* Fig. Il se dit d'une demeure, ville ou logis, dont on veut indiquer la petitesse, l'étroitesse
TRO
d'une manière exagérée. Ah! ma chère enfant, promenez-vous... ne demeurez point toujours. . dans ce trou de cabinet, sÉv. U fév. ICSS*. On est a'sez porlô à croire qu'un trou à Paris vaut mieu< qu'un palais ailleurs; pour moi j« n'aime ni les trous, ni les palais; mais je suis très content d'une maison riante et commode, VOLT. Lett. Furmont. 13 juin 17.-)6. Vous m'écrivez, mon cher et grand philosophe, de votre lit où vous voyez dix lieues de lac, et moi je vous réponds de mon trou où je vois le ciel long de trois aunes, d'alemb. Lett. à Volt, h fév. i757. Un horrible trou de maison dans un cul-de-sac obscur, LETOURNEUR, Trad. Cl. Harl. t. vu, p. 6U8. Comme c'est d'ailleurs ici un trou où l'on ne sait rien, je ne peux vous mander aucune nouvelle, Papiers saisis à Bareuth, p. 285. Qu'un peu d'argent pleuve en mon trou. Vite il s'en va, Dieu sait par où, BÉRANG. Re/"us. Il Familièrement, ilafaitson trou, il s'est créé une position qui le satisfait, qui lui assure certains avantages. || 18' Terme du jeu de trictrac. Avantage de douze points, marqué par un fichet qui se met dans un trou. Une école maudite Me coûte, en un moment, douze trous tout de suite, regnard, le Joueur, i, 4. || Fig. Il a fait en deux coups six trous, se dit d'un homme qui va vite en besogne. || 13" Dans les jeux de paume carrés, ouverturequi estau pied de la muraille, dans le coin opposé à la grille. || 14" Les trous de la petite vérole, les cicatrices qu'elle laisse dans la peau. Une pommade du Pérou qui.... recrépit les trous de la petite vérole, dancourt, L'opérateur Barry, Prol. se. 4. Il 15" Terme de peinture. Se dit des endroits d'un tableau où les objets mal groupés laissent voir çà et là le fond. Un art où le moindre intervalle mal ménagé fait un trou, où une figure trop éloignée ou trop rapprochée de deux autres alourdit ou rompt une masse, dider. Salon de «767, Œuv. t. XIV, p. 128, dans pougens. || Se dit aussi des parties du premier plan, qui, étant du même ton que les plans reculés, s'enfoncent tout à coup à l'égal de ceux-ci. Il Se dit enfin des masses trop brunes qui tirent sur le noir, et qui sont distribuées mal à propos sur le devant du tableau (Pernety (757). Cette masse est trop brune, elle fait trou. || 16" En argot du théâtre, une pièce pleine de trous, une pièce où le caractère du principal personnage est plein d'incohérence. || Proverbes. Autant de trous, autant de chevilles ; autant de chevilles que de trous, se dit d'une personne qui trouve à tout des excuses, des réponses, des défaites, des expédients. Il X petit trou, petite cheville.
— HIST. XII' s. Enz en la presse fu Viviens toz sous [seul] ; De ses granz plaies fet estoper les trous, Li covenanx Vivien, v. «630. ||xiii" s. Que par mi son soulier [elle] ot en son pié un tro, Bcrle, XXXII. En un trou de tarière [ils] lui boutent erramment Les deux pois [pouces], ib. xcv. Et avoit un trau el comble deseure , par quoi il reprendoit s'alaine, Chr. de Rains , p. 95. Soris qui n'a qu'un trau poi dure, Lai d'Ignaurês. De l'or saint Abraamli fu fais un cerchaus. Si le mist en son chief li bons rois des ribaus. Car en Jérusalem fist-il les premiers traus. Et premiers i monta, Ch. d'Ant. IV, SB.Tout levis a couvert de bloustres. De granz boces et de granz cleus, Et si a tant plaies et treus.... Gautier de coincy, p. 348. ||xiv' s. [Une nonne prisonnière] Par un trau [de la muraille] a veûe l'une De ses compaingnesses passer, j. DE CONDÉ, t. II, p. 273. || XV' S. Deslyer nous faut ce neu. Et desployer faiz et dis, Tant qu'aviengne mieux ou pis ; Passer convient par ce treu, ch. d'orl. 7?ond. || xvi' s. Je y ay esté jusques on trou de Gilbathar, et remply les bondes de Hercules, RAB. Pant. II, 30. Le premier trou [jour] de l'an, ID. ib. II , « I . En lui disant : maistre Bcrthaud, vous l'eussiez fait passer par le trou au chat, des- PER. Contes, lxx. Si l'offense estoit capitale, ils luy faisoient un trou en la nuict, afin qu'il evadast, carloix, vi, «7. Aucun ne peut faire ou construire latrines, troux, ou chambres aisées en son héritage près l'héritage de son voisin, sinon qu'il y ait.... Coust. gén. t. ii, p. 555. Le trou trop ouvert sous le nez fait porter souliers deschirez, cotgrave.
— ETYM. Picard, tr«u; prov. (rauc; anc.cat. troci du bas-lat. traugum, qui est dans la loi des Ripuaires, titre 43 : Si quis in clausura aliéna traugum ad Iranseundum fecerit. L'origine de traugum est inconnue. On y peutpourtant conjecturer un radical qui est dans le germanique : allem. et suéd. trog, auge; isl. Ihro; angl. trug, et aussi trough, tif trough o[ the sea, le creux entre deux lames.
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t 2. TROn (DE CHOU) (trou) J. m. Terme vieilli. Trognon de chou. || Cela no vaut pas un trou de chou, je n'en donnerais pas un trou de chou, cela est de nulle valeur.
— Hisr. MI* s. Bien veez, par saint Lienart, Que Renart me prise moult pou; Por moi ne fait le tronc d'un chou, Ben. (nn»«. Les truz dos chois face prendre, Uss. de St Jean. || xvi* s. En sa doxtre tenoit un gros trou de chou, bab. Pant. v, (8. S'escuroit les dents avec un trou de lentisque, ID. I, 23. Manger troncs de chou , paré, xxiv, 4. Que l'on donne au malade un tronc ou coste d'asphodèle ou de férule à mascher, m. vin, î.
— ÈTVM. Génev. (ronc de chou; Jura, trot de chou ; Berry, il n'est pas plus haut qu'un trou de chou. C'est une autre prononciation du mot tronc, née du nominatif tros dans l'ancienne langue.
TROUBADOUR (trou-ba-dour) , s. m. \\ f Nom donné aux poëtcs de la langue d'oc qui fleurirent du XI* siècle au xiv. Plusieurs de ces poêles, appelés troubadours, étaient bons gentilshommes, quelques-uns princes couronnés; le plus grand nombre, ambulants comme Homîsre, vivaient à peu près comme lui, marmontel, Œuv. t. ix, p. 338. Dites-lui que, pour ma belle. Ainsi qu'un jeune troubadour, Plus amoureux, aussi fidèle, Je souffre et chante mon amour, a. duval, Maison à vendre, se. 7. || 2» Se dit, par plaisanterie, d'un homme qui se plaît à chanter en société. || 3' Adjectivement. Style troubadour, le goiitqiii régnait au temps du premier empire. Tamburini, coiffé de son chapeau à la Henri IV, n'est pas médiocrement bouffon; il a un air troubadour à faire éclater de rire : on dirait une pendule vivante, TH, GAUTIER, Uist. de l'art dramatique, t. I, p. <86.
— HIST. XVI* s. Leurs poètes estoient appelez troubadours à cause des inventions qu'ils trouvolent, PASQuiER, Rech. vu, p. 603, dans lacurne.
— ËTYM. Provenç. trohaire, trobador; cat. trobador ; espagn. trouador; ital. trnvalore; du provenç. trobar, inventer, proprement trouver (voy. ce mot, et trouvère). Trobador, troubadour est le régime du lat. fictif (rorattfrem ; trobaire, trouvère est le nominatif, de trovàtor.
t TROUBL.\NT, ANTE (trou-blan, blan-t'), adj. Qui trouble. Cette image troublante, fruit de mon imagination. || Terme d'astronomie. L'astre troublant, l'astre qui cause une perturbation.
t. TROUBLE (trou-W), î. m. || 1° Confusion, désordre. S'il arrivait qu'il y eût du trouble dans la petite république.... pasC. Prov. rx. Les Pays-Bas sont en trouble sur toutes ces choses, soss. Ult. quiét. 80. Que le trouble, toujours croissant de scène en scène, X son comble arrivé, se débrouille sans peine, boil. Art p. m. De ligues, de complots pernicieux auteur. Qui dans le trouble seul as mis tes espérances, rac. Ath. v, 6. Baléazar partit aussitôt, et arriva aux portes de Tyr dans le temps que toute la ville était en trouble pour savoir qui succéderait à Pygmalion,FÉN. Tél. viii. || i' Brouillerie, mésintelligence. Le trouble se mit dans cette famille. Tout le trouble poétique X Paris s'en va cesser; Perrault l'anlipindarique Et Despréaux l'homérique Consentent de s'embrasser, boil. Épigr. xxix. Il 3" Au plur. Soulèvements, émotions populaires. La magnanime et intrépide régente était obligée de montrer le roi enfant aux provinces, pour dissiper les troubles qu'on y excitait de toutes parts, Boss. le Tellier. X peine commençait-elle îl'Église] à respirer par la paix que lui donna Constantin, et voilà qu'Arius, ce malheureux prêtre, lui suscite de plus grands troubles qu'elle n'en avait jamais soufferts, a. Uist. ir, 7. Partout oii il y a des troubles, il y a des crimes; l'histoire n'est que le tableau des troubles du monde, volt. Ann. Èmp. à la duch. de Saxe-Gotha. Votre Majesté aura sans doute appris les troubles qu'il y a eu en différents endroits du royaume au sujet de la cherté du pain ; troubles dont cette cherté n'a été que le prétexte, d'alemb Lett. au roi de Pr. 27 mai (775. Il 4* Agitation de l'âme, de l'esprit. Point de plaisir sans trouble, et jamais de repos, corn. Cinna, II, (. Ohl que j'ai souffert durant cet entretien! Jamais trouble d'esprit ne fut égal au mien, mol. Éc. des fem. i, 7. Saint Paul a dit que ceux qui entreront dans la bonne voie trouveront des troubles et des inquiétudes en grand nombre, pasc. Lett. à mie de Roannex, «. Vous sentez donc l'amour maternelle; j'en suis fort aise ....moquez-vous présentement des craintes, des inquiétudes.... des tendresses qui mettent le cœur en presse, du trouble que cela jette sur toute la vie! sÉv. à lime de Crignan, 23 déc. «87i. Cette paix qui met le re-
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pos dans un cœur, qui en fait cesser les troubles, qui en apaise les remords, boubdal. Sévérité de la pénit. i" avent, p. 2I8. Je me suis réveillé plein de trouble et d'horreur, boil. Lutr. iv. Vous saurez quelque jour. Madame, pour un fils jusqu'où va notre amour : Mais vous ne saurez point, du moins je le souhaite. En quel trouljle mortel son intérêt nous jette. Lorsque, de tant de biens qui pouvaient nous flatter. C'est le seul qui nous reste, et qu'on veut nous l'ôter, rac. Andr. m, 4. Dieux ! éclairez mon trouble, et daignez à mes yeux Montrer la vérité que je cherche en ces lieux ! id. Phèdre, v, 2. Dans le trouble d'espérance et de joie où je me trouvais, je fis un effort pour répondre, FONTKN. Dial. VI, Morts anc. Ce trouble intéressant, ce désorilre ingénu, favart, Soliman //, i, 4. Les violents chagrins portent le trouble jusque dans la conscience, stael, Corinne, i, ). Il Le trouble des sens, le trouble de la voix, l'altération causée dans les sens, dans la voix, par l'agitation de l'esprit. |1 En trouble, avec trouble. Je ne reçois qu'en trouble un si confus espoir, CORN. Œd. m, 3. Il S* Terme de jurisprudence. Action par laquelle on inquiète quelqu'un dans la jouissance de sa propriété. 1| Trouble de droit, action qui, sans faire obstacle à la propriété ou à la possession de fait, empêche néanmoins qu'elle ne soit utile pour la prescription. || Trouble de fait, voie de fait, acte qui se commet de manière à nuire à la possession.
— HIST. xiii* s. La demande qui est fets por tourble de saizine, beauman. vi, )I.||xiv*s. Et Gaufrois et li sien furent en grant tourment. Pour le tourble du tampz, qui dura longement, Baud. de Seb. x, 666. || xv s. Dit en soi mesme Jean Lyon : je mettrai un tel trouble entre celle ville et le comte, qu'il coustera cent mille vies, froiss. ii, II, .52. Il xvi* s. En ces troubles où nous sommes dé la religion, mont, i, 204. La lumière estant venue, et le feu n'ayant plus de vogue, il fallut pescher en eau trouble, et cela se fit durant les troubles, d'aub. Confess. i, 9. Trouble [de possession] s'entend, non- seulement par voie de fait, mais aussi par dénégation judiciaire, loysel, 751. De quoi tout le reste de leur armée se trouva en grand trouble, et entra en grand effroy, amyot, Aicias, 39.
— ÉTYM. Lat. turbula, petite foule, de turba, tourbe (voy. tourbe), avec changement de genre. 2. TROUBLE (trou-bl'l, adj. || 1" En parlant des liquides, qui n'est pas clair. Depuis le fleuve d'eau trouble qui arrose l'Egypte, jusqu'aux confins d'Accaron, saci. Bible. Josué, xiii, 3. L'Orbe, qui jusqu'alors avait toujours été parlaitement claire, parut trouble à sa source, Saussure, Voy. A Ipes, t. ii, p. 41 , dans pouGENS. Dans ces riches campagnes Où du Rhône indompté l'Arve trouble et fangeux Vient grossir et souiller le cristal orageux, a. chén. Élég. m. Il Fig. Tout ce qui est trouble présentement, s'éclaircira, sÉv. 17 juiU. losii. Je demande.... si le sentiment trouble et mal décidé qui résulte de cet alliage des ris avec les pleurs, est préférable au plaisir seul de pleurer, ou môme au plaisir seul de rire? d'alemb. Œuv. t. v, p. 344. De quel nom te nommer, heure trouble où nous sommes? V. HUGO, Crépusc. Prélude. \\ Fig. Pêcher en eau trouble, profiter du désordre des affaires d'un autre ou des affaires publi(]ues pour s'enrichir. Et si vous ne savez bien pêcher en eau trouble. Je ne donnerais pas de votre affaire un double, scarr. Jodelet ou le matt. val. m, 2. [Alberoni fit] des efforts prodigieux pour se maintenir dans les moyens de s'enrichir et de pêcher en eau trouble dans les marchés, les! fournitures.... st^sim. 606, )30. Il Proverbe. Le vin trouble ne casse pas les dents. Il 2° Par extension, il se dit des corps dont la transparence est altérée. L'air est trouble. Le temps est trouble. Ce verre est trouble. Mcslunettessont troubles. D'où vient qu'elle a l'œil trouble et le teint si terni? boil. Sot. x. || Fig. Dieu disparut lui-même à leurs troubles regards, boil. Sat. xii. || Avoir la vue trouble, voir trouble, ne voir pas nettement, distinctement, par quelque vice dans l'organe de la vue. Madame, je ne sais si j'ai le regard trouble, Si c'est quelque vapeur, mais enfin je vois double, REGNARD, Méneehmes, v, 8. En rentrant au logis, sa vue était si trouble. Que sa femme lui parut double, PANARD, Œuv. t. III, p. 240. Il y a dos yeux tellement accoutumés aux ténèbres, qu'ils voient trouble au grand jour, dider. Claude et Kér. ii, ). Il Fig. Je vois si trouble dans la destinée de votre frère, que je n'en puis parler, sÉv. 2) juin I080. Je vois trouble à cette cour [de Monsieur], id.
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8 juin. 4678. Je donne des coups de pinceau a mesure que je vois des taches; mais aidez-moi à les remarquer, car la multiplicité de mes occupations et le maudit amour-propre font voir bien trouble, volt. I.elt. Thiriot, 43 nov. 1738. || 3* Fig. Il se dit de ce qui est louche, de ce qui ne s'explique pas nettement. Le public n'est pas content : on dit que tout cela est trouble, sÉv. 2»7. Enfin elle est à Paris : rien n'est vrai que cela, le re•^te est trouble, et chacun dit ce qu'il veut, id. 390. 114" S. m. pi. Matières terreuses qui sont tenues en suspension dans les eaux courantes, et qui en altèrent la transparence. Le fond du lit des fleuves qui charrient des troubles, girard, Instit. Item, sctenc. 4817, t. II, p. 265.
lil.ST. XII* s. En l'cve troble veut |il voulut] pescher, benoît, v. 3l9n4. De Deu ai je oï novele; Tôt en ai truble la cervele, Adam, mystère, p. 02. Mais l'une [sauce] est douce, l'aultre amere, Li une est torble, l'autre clere, crestien de thoies, <lans holland, p. 205. Il esgardoit le vin, si truble le vceit. Que beïr ne l'osout, ne perdre nel voleit. Th. le mart. I05. |] xiii" s. Sains Bernars dit : mieus vaut troble or que reluisant coivre [cuivre], brun, latini, Trésor, p. 339. Qui autrui veut mètre en guerre par paroles, il ne les doit pas dire tourblcs ne couvertes, mais si clercs et si apertes.... beauman. lix, 9. Le fium [le Nil] est touzjours trouble, joinv. 220. || xv* s.... Au cas que ses besognes fussent claires; mais à présent tous ceux qui le connoissent.... savent bien qu'elles sont troubles, froiss. n, m, 94. Comment se repent-il [l'homme mûr] et repute avoir esté fol.... or voit il cler es choses troubles, chh. de pisan, Charles V, i, 4 3. Morne et pensif, trop plus que je souloye. J'y voy trouble.... CH. d'orl. Rondel d» Jehan CaiÛau. Et se mirent en bataille à venir vers le dict Puiset, et faisoit encore si trouble que à peine congnoissoit-on l'un l'autre, juv. des urs. Charles VI, 4 44 4. || xvi* s. Cette mer vaste, trouble et ondoyante des opinions humaines, mont, ii, 256. L'œil de notre entendement voit si trouble que.... CALV. Inslit. 273.
— ÉTYM. Adjectif formé de trouble i; provenç. troble, treble.