TROUBLE (trou-bl'), t. f. Voy. truble, qui est meilleur
TROUBLÉ, ÊE (trou-blé, blée), part, passé de troubler. || 1" Mis en agitation désordonnée. La ville troublée par le son du tocsin. || 2» Saisi d'une grande agitation morale. Auguste est fort troublé, l'on ignore la cause, corn. Cinna, iv, 5. D'où vient que cet homme.... qui, accablé de procès et de querelles, était ce matin si troublé, n'y pense plus maintenant? pasc. Pens. iv, 2, éd. havet. L'Aurore cependant d'unjuste effroi troublée, boil. Lutr. V. Le pilote, troublé par le vin comme une bacchante, était hors d'état de connaître le danger du vaisseau, fén. Tél. iv. Mme du Châtelet mourut dans le palais de Stanislas après deux jours de maladie; on était si troublé, que personne ne songea à faire venir ni curé, ni jésuite, ni sacrements, volt. Comm. Œuv. aut. Ilenr. \\ Troublé d'esprit, esprit troublé, homme dont l'esprit est dérangé. On conte mille folies de lui, qui marquent qu'il avait d'ailleurs l'esprit troublé il y a longtemps, pellisson, Lett. hist. t. Il, p. 4 42. C'est moi, monsieur, qui vous ai envoyé parler ces jours passés pour un parent un peu troublé d'esprit, que je veux vous donner chez vous, afin de le guérir, mol. Pourc. i, 9. Son grand-père [de Charles-Quint], Maximilien, veut être pape ; Jeanne, sa mère, est folle et enfermée; et Charles-Quint s'enferme chez des moines, et y meurt ayant l'esprit aussi troublé que sa mère, volt. Jfœurî, 426. || S" Rendu t.'ouble. Ces ruisseaux sont troublés des larmes que je verse, regnier, Dial. Chlor. et Phil. \\ Fig. Mai» leur onde fde deux ruisseaux] est limpide, et mon âme troublée N'aura pas réfléchi Its clartés d'un beau jour, lamart. Médit, le Failon. ||4* Inquiété dans une position, une jouissance. On n'obtient de la tyrannie qu'une autorité précaire, qu'une possession troublée, haynal, llisl. phil. m, 2. Il 5" Terme de mathématique. Raison troublée, rapport des grandeurs qui, étant proportionnelles, ne le sont pas dans le même ordre dans lequel elles sont écrites. || 6° En astronomie, qui a subi une perturbation. Les variations des élémenig elliptiques de la planète troublée, poisson, Initit. Mém. Àcad. scienc. t. I, p. 07.
t TROUBLKAU (Irou-blo), t. m. Filet dormant de pêche, ainsi nommé, parce qu'après l'avoir
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tendu, on bat et on trouble l'eau, pour prendre le poisson.
— HIST. xvf s. Filets, nasses, troubleaux, Coust. gén. t. I, p. 959.
— ETYM. Troubler, et «ou.
TROUBLE-FÊTE (trou-ble-fê-f), s. m. et f.
||1° Celui, celle qui vient interrompre de la joie, des plaisirs. Vous avez du vin dans la tête. Et n'êtes qu'une trouble-fête, scahr. Virg. n. Je ne suis point un trouble-fête, je veux ce qu'on veut, ST-ÉVREM. Sir Politick,iy, 1. J'ai quelque affaire en tête. Qui de moi ne ferait chez vous qu'un trouble-fête, piron, Métrom. ii, < . || 2° Chose, événement qui produit le même effet; en ce sens il est toujours masculin. Si jamais on a vu quelqu'un dont la présence ait été un trouble-fête, boursault, Lelt. noux\ t. Il, p. 4)4, dans pougens. J'imagine un trouble-fête Auquel il ne s'attend pas, marmon- TEL, Fauss. mag. se. io. \\ Auplur. Des trouble-fête.
— iilST. XVI' s. Trouble-feste, charbon, Sagesse, p. 30, dans lacurne.
— ÈTYM. Troubler, et fête.
+ TKOUBLE-MÉNAGE (trou-ble-mé-na-j'), î. m. Celui qui trouble, dérange un ménage. Ma foi, vous êtes, vous, un vrai trouble-ménage, la font. les Trois frères rivaux, se. 8. || Au plur. Des trouble-ménage.
t TROl ELEMENT (trou-ble-man) , i. m. Action de troubler.
— HIST. XIV' s. Le mouvement ou troublement de la terre en une grande tempeste , oresme, Éth. 80. Il XVI' s. Il faut bien que la rage ait pouvoir dedans moy. Et que le troublement qui me donne la !oy Soit d'une estrange sorte, desportes, Cléonice, Lv, Stances. 11 semble que ce soit là un troublement de l'ordre de nature, lanoue, 507.
TROUBLER (trou-blé), ». a. \\ i° Causer une agitation désordonnée. Souvent un bruit confus trouble ce noir séjour, brébeuf, Phars. m. Irai-je dans une ode, en phrases de Malherbe, Troubler dans ses roseaux le Danube superbe? boil. Sat. ix. Jamais l'air n'est troublé de ses gémissements, rac. Esth. n, 9. Sa voix redoutable Trouble les enfers, j. B. Rouss. Cant. Circé. \\ i° Causer des guerres, des émotions populaires, etc. Troubler un royaume. Cette Hélène qui trouble et l'Europe et l'Asie, RAC. Iphiq. IV, 4. On l'appelait [Philippe II, roi d'Espagne] le démon du midi, parce qu'il troublait toute l'Europe, au midi do laquelle l'Espagne est située, VOLT. Henr. m, notes. Charles-Quint oublia absolument le théâtre où il avait joué un si grand personnage, et le monde, qu'il avait troublé, parce qu'il sentait bien dans son affaiblissement qu'il ne pouvait le troubler davantage, m. Ann. emp. Charles-Quint, <650. Les premiers qui troublent un État travaillent toujours, sans le savoir, pour d'autres que pour eux, ID. Dict. phil. Platon. Il 3° Causer de la brouiUerie, de la mésintelligence. Nous étions en paix, il nous est venu troubler. Troubler une famille. 1| 4" Causer de l'agitation dans l'àme, dans l'esprit. Approche-t-il du but, quittet-il ce séjour. Rien ne trouble sa fin; c'est le soir d'un beau jour, la font l'hil et Bauc. On ne parle que de voyages; et nous-mêmes... nous prenons des mesures pour Provence et Bretagne; cette séparation me trouble et m'afflige plus que je ne puis vous le dire, sÉv. d Guitaut, 20 avr. 4 683. Sainte Thérèse, n'étant troublée d'aucune passion, fléch. Panig. Ste Thér. Quel sujet inconnu vous trouble et vous altère? BOIL. Sat. m. Détestant ses rigueurs, rabaissant ses attraits. Je défiais ses yeux ;'j me troubler jamais, rac. Andr. i, <. Je me plais bien davantage à troubler les consciences qu'à les rendre tranquilles, lesaoe, Diable boit. 3. Je vois avec autant de plaisir que de surprise que cette secousse [la guerre contre les Turcs] ne trouble point l'âme de ce grand homme qu'on appelle Catherine, volt. Lett. Yoronzof, 26 févr. (769. Je ne songe qu'à mourir, et mon heure approche; mais ne la troublez pas par des reproches injustes et par des duretés, id. Lett. au roi de Pr. 2) avr. 1760. Il 5' Il se dit des sens et des facultés •Je r.lme. Cela lui a troublé la mémoire. Il faut que ce matin, à force de trop boire. Il se soit troublé le cerveau, mol. Amph. n, t. Moi! dit- Il, qu'à mon âge, écolier tout nouveau, J'aille pour un lutrin me troubler le cerveau! boil. Lulr. IV. On crut que la Bastille m'avait troublé la tête, marmontel, Mi'tn. vi. |{ 6' Déranger. Son caractère doux [d'un médecin], circonspect, modéré, et peut-être mémo un peu timide le rendait fort attentif à écouter la nature, à ne la pas trou-
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hier par des remèdes sous prétexte de l'aider, pon- TEN. Geoffroy. L'ordre des matières a fait que j'ai troublé l'ordre des temps, montesq. Esp. xxxi, 16. Les ambitieux firent venir à Rome des villes et des nations entières pour troubler les suffrages, ou se les faire donner, id. Rom. 9. L'ordre de succession ayant été établi en conséquence d'uneloi politique, un citoyen ne devait pas le troubler par une volonté particulière, id. Esp. xxvii, (. || Cela trouble la digestion, les fonctions dipcstives, cela empêche que la digestion ne se fasse bien. || 7' Il se dit, dans un sens analogue, des personnes qu'on interrompt, dérange d'une manière inopportune. Saint Antoine, de qui est cette belle sentence, lorsqu'il voyait venir le soleil et qu'il s'écriait dans la ferveur de son esprit: ô soleil, pourquoi me troubles-tu? Boss. Et. d'orais. v, 12. Empêchez qu'en ces lieux on me vienne troubler, quinaih-t, Phaéth. i, 4. Roxane : Mais qui vient me parler? Que veut-on ? — Zatime : Pardonnez si j'ose vous troubler, rac. Bajaz. m, 7, 8. Ne me troublez pas, lui cria-t-il [Crébillon], je suis dans un moment intéressant; je vais faire pendre un ministre fripon, et cliasser un ministre imbécile, d'alemb. Éloges, Crébillon. E.t leurs pas, ébranlant les arches colossales, Troublent les morts couchés sous le pavé des salles, v. hugo. Ballades, la Ronde du Sabbat. |{ Interrompre quelqu'un quand il parle. Prête, sans me troubler, l'oreille à mes discours. D'aucun mot, d'aucun cri n'en interromps le cours, corn. Ct'nno, v, 1. Mais je demande au moins que, pour grâce dernière. Jusqu'à la fin, seigneur, vous m'entendiez parler, Et que surtout Aman n'ose point me troubler, rac. Esth. III, 4. 118° Faire perdre la présence d'esprit, la mémoire. Ne faites pas tant de bruit, vous me troublez. Trop de sévérité de la part d'un juge peut troubler un accusé. Dans les audiences vulgaires, l'un, toujours précipité, vous trouble l'esprit, l'autre vous ferme le cœur, boss. le Tellier. Ton auguste présence Troublant par trop d'éclat sa timide éloquence, boil. Lutr. vi. || 9' Interrompre, empêcher. Troubler un entretien. Carlhage étant détruite, Antiochus défait. Rien de nos volontés ne peut troubler l'effet, corn. Nicom. m, 2. Kien ne manquait au festin; Mais quelqu'un troubla la fête. Pendant qu'ils étaient en train, la font. Fabl. I, 9. Sans que personne ait troublé ce consentement si universel et si paisible, durant sept ou huit siècles, pasc. Prov. xvii Une perte de sang très-opiniâtre et très-désobligeante, dont ses prospérités [de Mme de Fontanges] sont troublées, sÉv. 26 avr. 1680. Cessez, princes, de troubler par vos prétentions le projet de ce mariage; que l'amour, qui semble aussi le vouloir troubler, cède lui-même, boss. Mar.-Thér. Au plus haut point de sa gloire, sa joie [de Mazarin] est troublée par la triste apparition de la mort, ID. le Tellier. Duel chagrin, lui dit-il, trouble votre sommeil ? boil. Lutr. iv. Un effroyable cri, sorti du fond des fiots. Des airs en ce moment a troublé le repos , rac. Phèdre, v, 6. Et nous, dont cette femme impie et meurtrière A souillé les regards et troublé la prière, ro. Ath. n, 8. Après avoir si longtemps troublé le repos du monde entier, ne sauriez-vous me laisser le mien? fén. Dial. des morts mod. {Charles-Quint , un jeune moine). Croyez-moi, monsieur, ne troublons point le repos des morts, lamotte, Matr. d'Èph. se. 8. Un vieillard qui succombe au poids de ses années. Peut-il troubler ici vos belles destinées? id. Zaïre, m, 6. Il [le pic] n'a que des cris sauvages, dont l'accent plaintif, en troublant le silence des bois, semble exprimer ses efforts et sa peine, blff. Ois. t. xiii, p. 3. Il 10" Inquiéter. N'est-ce pas leur rendre service à elles-mêmes que de les troubler dans leurs prétentions? picard. Filles à marier, u, 1. || Troubler la retraite d'un corps de troupe, l'attaquer quand il se retire et rendre sa retraite difficile et périlleuse. Un défilé qu'il devait passer était occupé par des bataillons retranchés qui offraient de ne pas troubler sa retraite, s'il consentait à relâcher les prisonniers qu'il avait faits, raynal, Hist. phil. x, 10. || En jurisprudence, inquiéter une personne dans la possession d'un bien. Il a été troublé dans la possession de ce domaine. || 11° En parlant des liquides, rendre trouble. Troubler l'eau. Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage? la font. Fabl. I, 10. Il Fig. Troubler l'eau, causer de la division, brouiller les affaires, exciter delà mésintelligence. Il Fig. On dirait qu'il ne sait pas troubler l'eau, se dit d'une personne qui paraît simple, mais qui ne
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l'est pas. Voyez-vous bien ce petit prestolet-lâ [l'abbé de Bissy] qui ne semble pas savoir l'eau troubler? c'est une ambition effrénée, st-sim. 90, 58. Il Altérer la transparence. Troubler l'air. Sortez, ombres, sortez de la nuit étemelle; Voyez le jour pour le troubler, qlin. Thés, m, 7. Il 12° V. n. Exciter des troubles, se soulever (emploi qui a vieilli). De passion pour moi deux sultanes troublèrent; Deux autres, pour me voir, du sérail s'échappèrent, cohn. t'/Uus. corn, n, 2. Il 13° Se troubler, v. réfl. Éprouver une grande agitation de l'âme, de l'esprit. Le coquin, tout ivre qu'il était, reconnut bientôt son maître, et se troubla si fort en le voyant, que Deitin ne douta plus de la trahison qu'il lui avait faite, scabr. Rom. com. n, 13. Anne regarde, sans se troubler, toutes les approches de la mort, boss. Mar.-Thér. Je t'aimais; et je sens que, malgré ton offense, Me» entrailles pour toi se troublent par avance, id. Phèdre, iv, S. Et de quel soin, seigneur, vous allez-vous troubler? id. Bérén. m, 4. || Fig. X ces cris , Jérusalem redoubla ses pleurs, les voûtes du temple s'ébranlèrent, le Jourdain se troubla, fléch. Turennc. || 14° Cesser d'être résolu, ferme. X son approche Balas se troubla : son beau-père Philométor se déclara contre lui, boss. Hist. i, 10. De l'heureux Bajaze t les gardes se troublèrent, rac. Bajaz. 1, 1. Il 15" Éprouver une émotion, un trouble qui fait qu'on s'embarrasse, qu'on ne sait plus que dire, que répondre. Tu te troubles?... je vois qu'on m'a dit vrai : tu es un fripon! lesage. Crispin rival, 14. Je me troublai, lorsqu'il fallut le réciter, au point de n'en pouvoir dire un seul mot, j. I. ROUss. Conf. viii. Il On dit dans un sens analogue : Sa mémoire se trouble. || 16° Devenir trouble. Cette chute donna aux eaux une agitation extrême; elles se troublèrent de fond en comble, SAUSSURE, Voy. Alpes, t. ii, p. 40, dans pol'Gens. Comme une eau pure et calme commence à se troubler aux approches de l'orage, J. :. bouss. Ifél. Il, 15. Il Perdre sa transparence. Le temps commence à se troubler. |1 17° lila vue se trouble, mes yeux se troublent, ma vue s'obscurcit. X ce mot de témérité, Idoménée changea de visage, ses yeux se troublèrent : il rougit; et peu s'en fallut qu'il n'interrompît Mentor pour lui témoigner sot ressentiment, fén. Tél. xn. || Fig. Son esprit sa trouble, ses idées se confondent, il éprouve une sorte d'égarement.
— liiST. XI' s. Tant a saigné, li oil [les yeux] li sunt trublet, Ch. de Roi. cxLvii. |1 xii' s. Li nostre Deus refuge e vertu, ajuere [aide] es tribulations chi truverent nus mult, it'fcer psalm. p. 61. Moult fu granz la parole , et troblée la corz [cour] , Sax. xxvii. Ne puet en lui diables de nulle part entrer; Fait Tout de grant richesce e del pais jeter; Par sa char le voleit e par son sanc trubler. Th. le mart. 64. Mis pères ad la terre trublée e la victorie desturbce, Rois, 49. Une gentse cumbaterad encuntre altre, kar Deu les trublerad tuz, en tute anguisse, t'b. 301. Il XIII' s. Et prendoil [Richard) proies es paysans, et tourbloit si le pays, qu'on n'i semoit ne ahanoit [labourait] nient, Chr. de Rains, p. 73. Il XIV' s. Adonques il contendent avecques eulz, et est l'amisté turblée, oresme, Éth. 258. Et quant li temps de parturir ou d'enfanter approucha, elle [Eve] se commença à tourbler, DU CANGE, parturitio. \\ xv s. M'a telement tourblet [desservi] devers le roy, froiss. i, 6, édit. LUCE. La royne Jehanne acouça d'une fille; da quoi li plus del royaume en furent durement tourblé et courouciet, m. i, 42. ||xvi' s. Le ciel, les elemens alors tous se troublèrent. De ce grana univers les fondcmens tremblèrent, desportes, Œuvres chrestiennes, Sonnets, 16. Le consul ne se troubla point autrement de cesle nouvelle, autot, Publ. 27. Leur ayant le mal troublé le sens, ilz se mutinèrent contre luy, id. Périt. 66. De peur que nous ne troublissions toutes choses par nostre folie et témérité, calv. Instit. 567. L'ame troublée de plusieurs diverses alarmes, mont, i, «6. Aulcuns tiennent que cela trouble la cervelle tendre des enfants de.... m. I, 19.'.. Les yeulx me troublent à monter vers une grande lumière, id. i, 224. Il se troubla du cerveau comme font toutsles hommesqui....lD. II, 278. Les peuples, tous esmeus, commençoient à troubler, d'aub. les Trag. iv.
— ÊTVM. Trouble 1 ; bourguig. troblai.
tTROnBLEUR(trou-bleur), ». m. Celui qui trouble.
— HIST. XV' s. Séditieux, troubleurs de paix, malveillans, du cange, iribulare. || xvi* s. Il appcloit Jésus novaliste, suborneur, troubleur d'Israël, d'aub. Fœn. iv, ».
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tTROUBLOTTE (trou-blo-f), ». /■.Trèfle rampant.
TROUÉ, fiE (trou-é, ée), part, passé de trouer. Oui a des trous. Robe trouée. Krères ! et vous aussi vous avez vos journées I... Vos jeunes étendards troués à faire envie X de vieux drapeaux d'Austorlitzl V. uuoo, Crép. ). || Perce. Le lendemain [an déc. (870].... partait le dernier coup do mine, el s'écroulait le dernier olislacle [dans le tunnel], les deux tronçons étaient réunis : les Alpes étaient trouées, dk parville, Journ. offic. p. 3830, .T col.
TROUER (trou-ée), s. f. \\ 1* Ouverture faite dans toute l'épaisseur d'une haie , dans une palissade, etc. Il |le lifcvre] s'enfuit par un trou, Non pas trou, mais trouée, horrible et large plaie Que l'on fit à la pauvre haie, i.a font. Fabl. iv, ♦. La longue enceinte d'un camp, formée par un rang de fortes palissades, l'arrêta [un général russe] ; »es soldats, pressés par nos mouvements, n'eurent pas le temps d'y faire une trouée, séouh, Ilist. de Nap. vi, 2. || 2" Espace vide ou abatis au travers d'un bois. Le bivouac de la gauche était aux trouées el au moulin du ruisseau de Weisloch, ST-siM. 29, 82. Quelques historiens ont blâmé le général [ViUars] dans sa disposition : il devait , disaient-iis, passer une large trouée, au lieu de la laisser devant lui, VOLT. Louis XIT, 24. || 3" Effet du canon, ou d'une charge de cavalerie, ou de troupes de ligne, à travers les rangs ennemis.
— ETY.M. Troué; wallon, trawaie.
tTROUELLE (trou-è-l'), s. f. Terme de pêche.
Baguette que l'on passe entre les mailles de quelques filets à manche, pour les maintenir ouverts. TROUER (trou-é), je trouais, nous trouions; que je troue, que nous trouions, v. a. \\ i' Percer, faire un trou. Trouer un mur. Trouer une porte. |{ Faire une trouée. Les bouches des canons trouaient au loin la foule, v. hugo, Crépusc. 1. 1| 2' Se trouer, V. réfl. Devenir troué. Ce cuir s'est promptement troué.
— HIST. XII* s. En la quintaine fu si grans cox [coup] donez, Que les escus a ambedeux [tous deux] trouez, Raoul de C. 20. ||xv's. Ets'aucunc fritturo est fette, Oile, sain [huile, graisse] fault et la palette De fer Irouuée au remouvoir, e. desch. Miroir de mariage, p. 26. De quelle façon estoit sa visière trouuée, OL. de la marche, Mém. i, p. <8).
— Etym. Trou; picard, treuer; wal'.'in, trawé; provcnç. traucar, trauquar.
t TROUILLE (trou-U, Il mouillées), ». f. Nom local du résidu de la fabrication (t;. l'huile de colza. Des trouilles de colza. |{ Dans l'Avignonais, marc d'olive.
t TROUILLOTTE (trou-llo-f , Il mouillées), s. f. Terme de pèche. Espèce de truble sans manche , que l'on suspend comme le plateau d'une balance.
— ÊTYM. Dimin. de l'anc. franc, trouille, truble : pescber à la petite trouille, Afouu. coust. gén.