X. II, p. <(IB
TROC-MADAME (trou-ma-da-m'], s. m. || !• Sorte de jeu, qui se joue avec treize petites boules, qu'on fait couler dans autant de trous , marqués pour la perte ou pour le gain. Ce bonheur me parut comme de donner droit dans le treize d'un trou-madame, sÉv. 202. Elle engagea hier Monsieur, qui languissait dans ma chambre après le dîner retardé par le conseil , à jouer au trou - madame, MAINTENON, Lett. OU D. de Noailles, i 1 déc. (700. Il 2" L'espèce de machine ouverte en forme d'arcades, dans lesquelles on pousse les boules. Placer un trou-madame sur un billard. || Au plur. Des trous-madame.
TROUPE (trou-p'), s. f. \\ !• Multitude de gens assemblés. Deux ours sortirent du bois; et, s'étant jetés sur celte troupe d'enfants, ils en déchirèrent quarante-deux, saci. Bible, Bois, iv, n, 24. Siècle vainement subtil.... la princesse l'alaline l'est donnée comme un signe el un prodige.... tu la verras se joindre à ces saintes filles el à toute la troupe des saints, boss. Anne de Gonx. El ne voyez-vous pas que leur troupe en furie [des poêles critiqués par Boileau] Va prendre encor ces vers pour une raillerie? boil. Sat. ix. Lui-même le premier, pour honorer la troupe, D'un vin pur cl vermeil il fait remplir la coupe, m. Lutr. i. Je cours el je ne vois que des troupes craintives D'esclaves effrayés, de femmes fugitives, bac. Bajax. V, ». Des prophètes menteurs la troupe confondue, H). Alhal. I, (. On vient à mon secours; tremblez, troupe rebelle! id. ib. v, &. Les Italiens, dit Diodore, achetaient en Sicile des troupes d'esclaves pour liibourer leurs champs, et avoir soin de leurs troupeaux, montesq. Esp. xi, (8. Il Fig. Toute la troupe sacrée des vertus qui veil-
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laient autour de lui, boss. le Tellier. || Troupe se dit des animaux. Troupe de dindons. Troupe d'oies. Comme on voit les frelons, troupe lâche et stérile... noiL. Sat. 1. Il Aller en troupe, marcher en troupe, aller ensemble, en grand nombre. || En troupe se dit aussi des animaux. Les oies s.-»ivages vont en troupe. Il Aller par troupes, marcher par troupes, aller, marcher en formant plusieurs bandes ou troupes distinctes. Il 2° Troupe de comédiens, un certain nombre d'acteurs réunis à l'effet de jouer ensemble. J'avais songé une comédie où il y aurait su un poSle... qui serait venu pour ufl'rir une pièce à une troape de comédiens nouvellement arrivés de la campagne, mol. Impromptu , i. Nous représenterons, quand vous nous viendrez voir, L'ouvrage le plus beau que nous puissions avoir; X vous bien divertir toute la troupe aspire, BOUBsallt, Fabl. d'És. v, ♦. Le bruit des remontrances des gens tenant la comédie est parvenu jusqu'à l'enceinte de mes montagnes ; il paraît qu'une troupe est quelquefois plus difficile à conduire que des troupes, volt. Lett. Richelieu, 26 avr. (705. La troupe de Molière prit le titre de la troupe de Monsieur, qui était son prolecteur, ID. Vie de Molière. On dit la troupe fort bonne ; plusieurs amateurs ont fait une souscription assez considérable pour la composer, id. Lett. d'Argental, 26 sept. (769. Monsieur, on vous demande, C'est un comédien. — Le baron : Parbleu ! voici la bande. — Le marquis : Dites troupe, raim. poisson, Bar. de la Crasse, se. 4. || Les comédiens ont prolesté contre le mot troupe. De bon» acteurs la troupe est-elle bien fournie? — Crispin : Troupe, madame! on dit à présent compagnie, dancourt, Inconnu, Frol. se. 2. On dit bien une troupe de bandits, une troupe de gueux, une troupe d'auteurs ; mais apprenez qu'on doit dire une compagnie de comédiens, lesage, Gil Blas, m, (0. Granville : Ton appui Peut m'impalroniser dans la troupe aujourd'hui. — Beirose : Tu te feras chasser avec ignominie; La troupe! eh! d'où viens-tu? dis donc la compagnie , c. delav. Coméd. i , 5. Il Troupe de société, réunion de gens du monde, d'amateurs, qui jouent lacomédie pour leur plaisir. Vous ne m'élonnez point; je n'ai pas encore vu de troupe de société qui n'ait eu de deux ou trois de ses acteurs une semblable opinion, genlis, Thédt. d'édue. Magistrat , i, 2. || 3° En parlant de gens de guerre, corps de cavalerie ou d'infanterie. Cet officier conduit bien sa troupe. Voilà une belle troupe. Il a fallu qu'ils [les hommes débandés] attendissent l'arrivée de la première trouiie encore commandée et en ordre; c'était la vieille et la jeune garde, séguh, Hist. de Sap. ix, (4. Il 4* Au plur. Corps de gens de guerre composant une armée. On nous envoie d'Angleterre trois mille hommes de vieilles troupes, qui ne coûteront rien au roi pour la levée, pellisson, Lett. hist. t. n, p. 67. Le roi mène peu de troupes et la moitié de sa garde, sÉv. à Bussy, 6 avr. (C87. L'archiduc, par un mouvement soudain du prince, qui lui oppose des troupes fraîches à la place des troupes fatiguées, est contraint à prendre la fuite, BOSS. Louis de Bourbon. On croit qu'il expose ses troupes; il les ménage en abrégeant le temps des périls, id. ib. Que faire d'Égésippe qui demande un emploi? le metlra-t-on dans les finances ou dans les troupes? la bruy. il. Un prince qui a un million de sujets ne peut, sans se détruire lui-même, entretenir plus de dix mille hommes de troupes, montesq. Rom. m. Sitôt qu'un Etat augmente ce qu'il appelle ses troupes, les autres soudain augmentent les leurs, de façon qu'on ne gagne rien par là que la ruine commune, ID. Esp. XIII, (7. Si vous avez le nombre sans la qualité, vous aurez des troupeaux et non pas des troupes, Journal offic. (( juin (872, p. 390S, 2* col. Il Troupes nationales , les troupes levées dans l'Elat même qu'elles servent, par opposition à troupes étrangères, celles qu'un État tire d'un pays étranger. || On dit souvent au singulier : la troupe do ligne. || Populairement au singulier. Voilà de la troupe qui passe. Il y a bien de la troupe dans cette ville. || 5° Troupe, collectivement, au singulier, l'ensemble des sous-officiers et soldais, par opposition aux officiers. Pourvoir aux logements des officiers et au casernement de la troupe. Enfant de troupe. || Officiers de troupes, tous les offic. ers au-dessous du grade de général, parce qu'ils commandent directement la troupe. Il Chevaux de troupe, chevaux propres au service de l'armée. |1 Proverbe. Les élourneaux sont maigres, parce Qu'ils vont en troupes.
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— REM. Cette troupe de jeunes gens que j'ai vue ou vus : on met vue si on le fait rapporter i troupe, et vus si on le fait rapporter à jeunes gens. Cela dépend entièrement de la pensée de celui qui parle. Une troupe de soldats qui pillèrent le château, sera mieux qu'une troupe de soldats qui pilla le château, condil. Art d'écr. i, 8.
— SYN. TROUPE, BANDE. La troupe est un rassemblement, fortuit ou non, de personnes. Le rassemblement constitué par la bande n'est pai fortuit ; il indique association. Une troupe de paysans. Une bande de voleurs.
— HIST. XIII* s. Encontre un grand trope d'oeilles [brebis]. Fabliaux, t. iv, p. 4.1] xvi* s. De troupe à troupe [armée], mont, i, 24. Luy et sa trouppe, ID. I, 25. Je mets en ce mesme rang le mot de troupe; ainsi le irouvay-je dans les loii d'Allemagne, le titre T 1 estre tel : de eo qui in tropn de jumentis... p,\soi ieh, vin, p. 058, dans LACURNE. Une troupe de pourceaux, Nouv. cousi.
génér. t. 11, p. 60 Admirant la belle Calliope,
Je devins amoureux de sa neuvaine trope, Ronsard, contre les bûcherons de la forêt de Gastine
— ÉTYM. Bourguig. trôpe; provenc. trop, troupeau ; espagn. tropa; ilal. truppa; du bas-lat. troppus, dont l'origine est incertaine. DIez pense que c'est une altération du lat. turba, foule, changé, peut-être dans la bouche des Germains, en trupa, d'où troppus, avec changement de genre (voy. trouble (, pour un pareil changement de genre).
TltOUPEAD (trou-pô), t. m. || 1* Troupe d'animaux domestiques élevés et nourris dans un même lieu. Un sort malencontreux Conduit en cet endroit un grand troupeau de bœufs, boil. Sat. vi. Ils [les Juifs) firent d'Amalec un indigne carnage. Et jusqu'aux vils troupeaux tout éprouva leur rage, bac. Eslh. 11, (. Apollon, dépouillé de tous ses rayons, fut contraint de se faire berger et de garder les troupeaux du roi Admète, fén. Tél. II. Les dispositions des codes des lois des barbares roulent presque toutes sur les troupeaux, MONTESQ. Esp. XXX, 0. Les gens qui veulent former un troupeau et en tirer du profit, achètent des brebis et des moulons de l'âge de dix-huit mois ou deux ans, buff. Quadrup. t. I, p. 239. || Absolument, un troupeau se dit le plus souvent d'un troupeau de brebis. Le loup attaqua le troupeau. De toutes les opérations de l'agriculture, une des plus importantes est le parcage des troupeaux, parce qu'il augmente la fécondité de la terre, daubenton, Inslit. Mém. scienc. t. i, p. 397. Il 2' Il se dit des dindons, des oies. Troupeau de dindons. Pour qu'un troupeau d'oies privées prospère et s'augmente par une prompte multiplication, il faut, dit Columelle, que le nombre des femelles soit triple de celui de mâles, buff. Ois. t. xvii, p. 63. Il 3° Fig. Le troupeau de l'évêque, du curé, le peuple du diocèse, de la paroisse. Heureux si, averti par ces cheveux blancs du compte que je dois rendre de mon administration, je réserve au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie, les restes d'une voix qui tombe et d'une ardeur qui s'éteint! boss. Louis de Bourbon. Il y a longtemps, ô Eglise, que l'on frappe sur vos pasteurs, et les trOLipeaux sont dispersés, m. .Sermons, Église, (. Je parle d'un pasteur qui n'a jamais perdu son troupeau de vue, mass. Or. /un. ViUars. Combien la religion est divine, lorsqu'au fond d'un souterrain, dans le silence et la nuit des tombeaux, un pasteur que le péril environne célèbre, à la lueur d'une lampe, devant un petit troupeau de fidèles, les mystères d'un Dieu persécuté ! chateaubr. Génie, i, i, 8. || Le troupeau de Jésus- Christ, l'Église. Il 4* Fig. et par dénigrement, troupe, multitude de personnes. ...Je crains des chrétiens les complots et les charmes, El que sur mon époux leur troupeau ramassé Ne venge tant de sang que mon père a versé, corn. Poly. i, S. Tout a fui, tous se sont sépares sans retour, Misérable troupeau qu'a dispersé la crainte, rac Athal. ni, 7. Vieillards, femmes, enfants, troupeau faible et timide, volt. Orph. i, 4. El puis, suis-je né pour me claquemurer dans un ménage avec une femme et un troupeau d'enfants? picard, Les deux Philibert, m, (. Et nous, eunuques vils, troupeau lâche et sans âme, a. chén. à Charlotte Corday. L'homme de Waterloo nous dira-t-il sa vie, El ce qu'il a fauché du troupeau des humains? A. DE MUSSET, la Nuit de mai.
— HiST. III* S. Saisne entrèrent dedans, cinq cent à un tropel, Sax. ix. || xnr s. Au roc [avec le roc, la tour] [il] en prist un granl tropel [de piè-
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ces], Et dist eskec : moult li fubel, FI. et Bl. 2217. il regarde sus sa main seneslre ; si vit un tropiau de Turs, là où il y en avoit bien huit qui s'estoient arestez pour veoir la jouste, joinv. 277. Si fist toz les cors des crestiens assamblor après la bataille en une pièce de terre, et chascuns i traïst moult volantiers les cors de ses amis les uns près des autres par tropeiaus, Merlin, i' 52. || xv s. Retrancher la mauvaise chair de la bonne et la brebis rongneuse du trouppel, monsthel. t. 11, f° 1 50, dans RENOUARD, Lexique. \\ xvi" s. Le bon pasteur, jûit l'empereur, Tond son troupeau. Sans l'escorcher, Ny grain toucher Ne cuir ne- peau, lehoux DE LINCY, l'rov. t. I, p. 203. Oster les chiens pour venir à bout du troupeau, cotgrave. Sottes filles à marier sont fascheux troupeaux à garder, ID. Fieres bestes qui se ruoient sur le bestial des populaires et le devoroient tant aumaille que troupeau, Aleclor, p. 82, dans lacurne.
— ÉTYM. Bourguig. tropéa: provenç. tropel , trepel, tropeil; espagn. iropel; dimin. tiré du bas-lat. trnppus, troupeau (voy. troupe).
tTUOL'PlALE (trou-pi-a-l'), s. m. Genre d'oiseaux d'Amérique voisin des étourneaux.
t TROUPIER (trou-pié), s. m. Terme populaire. Soldat. Un bon troupier.
— RTYM. Troupe.
TROUSSE (trou-s'J, s. f. || 1* Amas ou faisceau de plusieurs choses liées ensemble Trousse de linge. Le manteau de voyage à l'épaule ; arrange ouvertement ta trousse, et qu'on voie ton cheval à la grille, beaumarch. Jfar. de Figaro, i, (). || Grosse et longue botte de fourrage vert que porte derrière lui le cavalier qui revient de la provision. Chaque mesure de seigle, chaque trousse de fourrage nous étaient disputées; il fallait les arracher à l'ennemi, sÉGUR, Hist. de fiap. viii, 4o. ||Fig. Donner une trousse à quelqu'un, lui faire quelque tromperie (locution vieillie). Indubitablement on m'a donné la trousse, mairet, dans hichelet. || î" Carquois (sens vieilli). Plus une trousse d'amazone, Ses flèches et son baudrier, scarr. Virg. v. ||3*Étui où les barbiers mettent leurs rasoirs, leurs ciseaux, etc. Une trousse où étaient deux rasoirs qui semblaient avoir rasé dix générations, tant ils élSient usés, lesage, GH Bl. 11, 7. || 4° Espèce d'étui ou plutôt de portefeuille divisé en un certain nombre de compartiments et contenant les instruments les plus nécessaires à un chirurgien, à un vétérinaire. || 6° Trousse de jardinier, poche qui s'attache autour du corps avec une ceinture à boucles. Il 6° Cuir qui enveloppe ou entoure la queue d'un cheval. || 7° Paquet de lamettes ou de petites barres d'acier destinées à forger ensuite des lames de sabre. || Certaine quantité de feuilles de fer battu pliées en deux. ||8° Terme de maçon et de charpentier. Cordage de moyenne grosseur dont on se sert pour élever de médiocres fardeaux. Il 9 " Dans les mines, trousse à picoter, châssis de bois placé au fond du cuvelage dans le boisage à travers les niveaux. || Trousse-plate, dernière trousse à picoter, celle qui supporte toutes les autres. Il 10° Assemblage des couteaux de la machine à fendre le fer. Il 11° Au plur. Chausses que portaient autrefois les pages, et que portaient aussi les chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit quand ils avaient leurs habits de novices. Les jeunes gens imaginèrent les trousses, espèce de haut-dechausse court et relevé, qui ne descendait qu'à la moitié des cuisses, et que l'on couvrait d'une demijupe, SAiNT-FOix, Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. Ui, dans POUGENS. Le roi a des trousses ou culottes fort courtes plissées et froncées, où sont attachés de longs bas de soie.... guillet de st-georges, dans Mém. inéd. tut l'Âcad. de peint, publ.par dussieux, etc. t. I, p. 233. Chacune [barque, sur la Tamise] avait deux rameurs, tous vêtus comme l'élaienl autrefois nos pages, avec des trousses et de petits pourpoints ornés d'une plaque d'argent sur l'épaule, VOLT. Mél. litt. à U'" , «727. Il On disait d'un page nui avait fini son terme, qu'il avait quitté les trousses. || 12° Aux trousses, à la poursuite. Dom pourceau criait en chemin, Comme s'il avait eu cent bouchers à ses trousses, la font. Fabl. vni, *2. Un alguazil et des archers sont à vos trousses; ils vont vous chercher d'hûtellerie en hôtellerie, lesage, Bachelier, 30. Us sont actuellement aux trousses de Marmonlel, qui, je crois, s'est trop avancé avec eux, et qui aura de la peine à s'en tirer, d'alemb. Lett. à Voltaire, 0 avril 4707. J'ai deux ministres à mes trousses, dont l'un veut me faire fusiller comme déserteur, p. l. couh. ieU. u, <8 II Être aux trousses de quelqu'un, être
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toujours à sa suite, ne pas le quitter. Sous ma fenêtre il passe incessamment ; Je ne saurais faire un i)as seulement Que je ne l'aie aussitôt à mes trousses, LA FONT. Confid. Tu n'as pas un jaloux à tes trousses, qui vienne te chicaner tes paroles et tes regards, gherardi , Thédl. ilal. t. m. Font, de sapience, se. 4.||13° En trousse, loc. adv. En croupe derrière un cavalier. Mettre une femme en trousse derrière soi. Que dit-il, quand il voit, avec la mort en trousse. Courir chez un malade un assassin en housse [un médecin] ? boil. Sot. viii. i On dit plus souvent en croupe. || Se dit aussi des valises, des paquets qu'un cavalier porte derrière lui sur son cheval.
— HIST. XIII' s. Chevai qui porte à tourse, Liv. des met. 27g. Quiconques veut estre laceurde fil et de soie et de laz et feseres de trouscs à seles et de rubans, estre le puet franchement, 16. 78. || xv° s. Et si leur renvoyèrent grant quantité de trousses de flesches à arc, artillerie.... J. de troyes, Chron. U72. [Des lutteurs] tant virèrent et tournoyèrent que d'une autre trousse [croc en jambe] assez plus forte que la première le seigneur de Saintré abbatit. Petit Jehan de Saintré, p. C35, dans la- CUR.NE. Il XVI' S. Polysperchon, qui avoit la charge de la personne du roy, voulant donner une trousse à Cassander, envoya au peuple d'Athènes une patente, par laquelle [il s'agit d'un piège qu'il lui tend pour le chasser d'Athènes].... amyot, Phoc. 45. 11 marchoit luy mesme le premier à pied, portant sa trousse en escharpe sur ses espaules, et son bouclier sur son bras, m. Arlax. 3o. Tout cela reconnu, Clermont d'Antragues sort aux trousses de ces trompeurs, pert leur piste au moulin, et.... d'aub. Ilist. Il, <03. Une douzaine d'arcs de fin bresil, accompaignez de douze trousses ou carquois, carl. III, 30. Ainsi que Catherine alloit aux champs en trousse sus un cheval.... paré, xix, a.
— ÉTYM. Provenç. «rossa; espagn. troio; portug. trouxa, paquet, faisceau. L'allem. Tross, bagage, est, d'après les germanistes , d'origine romane. Le celtique (gaélique trus, paquet, kimry trws, basbreton trons) serait d'une forme et d'un sens trèsfavorables. Mais Diez pense qu'il doit céder le pas à une dérivation latine, et que trousse ou tourse appartient à un même radical que l'ital. torciare, tordre, attacher solidement. Ce radical est le latin (ortus, tordu, de torquere : Le sens d'action de tordre, de donner un croc en jambe, écarte le celtique et donne raison au latin (voy. torche).
TROUSSÉ, ÉE (trou-sé, sée), part, passé de trousser. || 1° Mis en faisceau. Une grande huppe écarlate, troussée en une seule touffe, buff. Ois. t. XIII, p. 74. Il 2° Oui a ses vêtements arrangés d'une certaine façon. Ayant mis ce jour-là , pour être plus agile. Cotillon simple et souliers plats; Notre laitière ainsi troussée.... la font. Fabl. vu, (0. Jamais Mme de Soubise ne fut troussée comme les autres femmes, de peur de s'échauffer les reins et de se rougir le nez, st-sim. 2)8, tm. || 3° Dont la robe, la jupe est relevée. Une femme nue n'est point indécente; c'est une femme troussée qui l'est, DIDER. Salon de <707, Œuv. t. xiv, p. 93, dans pougens. || 4" Nez troussé, nez retroussé (cette locution a vieilli). Mme de Monglas a les yeux petits, noirs et brillants, la bouche agréable, le nez un peu troussé , BussY-RABUTiN, Ilist. amour, des Gaules, p. 220. i| 5° Fig. Troussé en malle, ou, simplement, troussé, qu'on a enlevé, qu'on a fait partir. La pauvre petite Chesterfield, pour quelques lorgnades d'imprudence, se voit d'abord troussée par un mari fâcheux qui vous la mène passer les fêtes de Noël dans un château de plaisance à cinquante lieues d'ici, hauilt. Gram. ». Il 6° Figur. et familièrement. Disposé, arrangé. C'était un repas bien troussé, mol. Pourc. i, 6. Je ne saurais imaginer M. le chevalier de Grignan à Paris sans son petit équipage, si honnête, si bien troussé, sÉv. 0 juin 1090. Que faire de trois cents personnes au milieu des neiges, à minuit que le spectacle a fini? il a fallu leur donner à souper à toutes ensemble, ensuite il a fallu les faire danser; c'était une fête assez bien troussée, VOLT. Lett. d'Argental, » mars <702. ||Cela est troussé à la diable, cela est fort mal arrangé. Il Un lieu bien troussé, un lieu en bon ordre, agréable. Une petite maison bien troussée. N'êtesvous pas venue chez moi au pré St-Gervais?... c'est un petit endroit bien troussé, n'est-ce pas? DANcouRT, Vacances, se. 9. || C'est un petit homme bien troussé, c'est un petit homme bien fait, bien proportionné. 11 entre en votre corps, petit mais bien troussé. Je ne sais quoi de grand dont je me sens
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blessé, TH. CORN. Comt. d'Orgueil, iv, 6. || Un choval bien troussé, celui qui est bien pris et un peu ramassé. Il 7° Il se dit familièrement des choses d'esprit. Un compliment bien troussé. Je trouv» cela bien troussé, et il y a là dedans de petits dictons assez jolis, mol. Bourg, gent. i, 2.
TROUSSEAU (trou-sô), s. m. |l 1' Petite trousse, c'est-à-dire petit faisceau; usité en ce sens seulement, en parlant de clefs. Une large ceinture de cuir, d'où pendait d'un côté un trousseau de clefs, et de l'autre un chapelet à gros grains, lesaoe, Gil Blas, II, i. Il allait me donner le trousseau; la clé de la jalousie n'y est-elle pas? beaumarch. Barb. de Sév. m, 6. || Un trousseau de flèches, un faisceau de flèches (locution vieillie). || 2° Terme d'anatomie. Réunion d'un certain nombre de fibresmusculaires, ligamenteuses. || 3" Hardes, habits, linge,, tout ce qu'on donne à une fille lorsqu'on la marie ou qu'elle se fait religieuse. Les leurs [femmes d« nos aïeux] ne lisaient point, mais elles vivaient bien ; Leurs ménages étaient tout leur docte entretien, El leurs livres un dé, du fil et des aiguilles Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles, mol. F. sav. 11, 7. Je n'eus point de trousseau, mais je fus très-bien mise le jour de mon mariage, genlis, Mme de Maintenon, t. i, p. 109, dans pougens. ||4° Dans les collèges, etc., habits, linge, etc. que doit apporter un élève. IIS" Ancien terme de monnaie. Le coin supérieur contenant la croix ou l'effigie du roi, par opposition au coin inférieur dit pile.
— HIST. xii* s. Puis vint au lit Richart, si l'a fait tost lever, Dedenz un troussel d'erbe l'a fait enveloper,jRou, v. 3(02. || xiii's. Trouselà espousée qui vait hors de la vile de Paris ne doit point de chaucie , se il est chargiés dedcns la vile de Paris, Liv. des met. 279. Que chascun troussiau de cordouan ou de basane, soit dedenz les boncs [bornes] de la foire ou dedenz la banliue de Paris, que chascun troussiau doit deux sous de siège, ib. 232. S'adont, fait-il , esloie là, Mes loursiaus [ma pacotille] puet estre vendroie ; Si cuit [je pense] que jou i gaigneroie, FI. et Bl. (370. À tant sont mis hors li toursel, Recargié sont tost et isnel, ib. 14I3. Tout [il] prent, tout robe, tout pelice, N'i a laissié croiz ne chalice; Un troussiau fet; troussiau? mes trousse, huteb. au. ||xvi's. Un trousseau de flesches liées ensemble, langue, 48. Les chardons, mis en trousseaux , seront gardés suspendus en lieu sec, 0. de serres, 738. X André Belenfant orfèvre demeurant à Bourges, six sols pour avoir fait une pille et ung trousseau, en laquelle pille a troys moutons coronés, et audit trousseau ung bituris coroné et taillé, de fonte- NAY, Manuel de l'amateur de jetons, p. «97. Fils ou filles mariez ne sont tenus de raporter les fraiz de nopces et banquets, mais seulement robes nuptiales, joyaux et trousseaux, comme lits, draps et autres choses, CousJ. gén. 1. 1, p. 209. Son troussel, c'est à sçavoir son lict, son coffre, ses robes et joyaux, ib. t. n, p. 782.
— ÉTYM. Trousse.
■[ TROUSSE-BARRE (trou-se-ba-r'), *. f. Morceaa de bois dont on se sert pour faire joindre ensemble les coupons d'un train à flotter.
TUOUSSE-ÉTHIERS (trou-sé-tri-é), ». m. Voy. porte-étriebs.
TROUSSE-GALANT (trou-se-ga-lan), s. m. Sorte de maladie violente et rapide qui abat, emporte le malade en peu de temps. || On a désigné quelquefois par ce nom le choiéra-morbus. Un choléramorbus, vulgairement appelé un trousse-galant, emporta mon époux en moins de dix jours, lesage, Estev. Gonz. 55. || Nom vulgaire donné au charbon, maladie gangreneuse.
— ÉTYM. Trousser, et galarU.
TROUSSE-l'ÈTE (trou-se-pè-f), t. f. || 1' Term«
populaire de mépris ou de plaisanterie, qui se dit en parlant d'une petite fille. Taisez-vous, troussfpcle|| î'Oii le dit aussi au masculin: Un trousse-pel.
■f TROUSSE-PIED (Irou-se-piél, s. m. Moyen d'assujtUir un animal domeslique. et qui consiste à allacher k l'aide d'un lien, par exemple . chez le cheval, le paturon et l'avant-bras rapprochés l'un de l'autre. Il J« plur Des trousse-pied.
TROUSSE-QUEUK (Trou-se-keue), ê. m. Morceau de cuir dans lequel on fait passer le haut de la queue d'un cheval. |1 Gros cuir qu'on attache à la queue des chevaux sauteurs. || Auplur. Des troussequeue.
) . TROUSSEQUIX (trou-se-kin), t. m. Dans la selle, la partie postérieure et élevée de l'arçon.
— ÉTYM. Il se pourrait que ce fill un dérivé du
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verbe trousquer qui sa trouve dan» Rabelais (Que le maulubeo vous Irousque, Garg. i, prol.), et qui est probablement une forme de trousser,
t 2. TROUSSEQUIN (trou-se-kin) , s. m. Outil pour tracer l'épaisseur des tenons, la longueur des mortaises, etc. Je pensai que l'une des deux solives était trop forte et l'autre trop faible d'équarrissage ; mais les ayant bien mesurées partout avec un troussequin de menuisier.... wvr. Expér. sur les végél. l" m^m. || Outil de serrurier, serrant à marquer les endroits où l'on veut ouvrir une mortaise. || On dit aussi trusquin.
— ËTYM. Wallon, cruskin; namur. creuskin; diminutif de l'allem. Kreux, hoUand. Ifrmi, croix.
t TROIISSECIIJINER (trou-se-ki-né), v. a. Tracer des lignes parallèles au moyen du troussequin.
— Ktym Trouîîequtn 2.
TUOLSSEK (Irou-sé), r. o. || 1' Terme de marine. Courber en dedant (ce qui est le sens étymologique, trousser ayant en radical le lat. torquere, tordre). ^ Il a» Mettre en trousse, en faisceau. Et troussant ; mon paquet, de sauver ma personne, Régnier, ! Sot. II. Il Kig. et familièrement. Trousser bagage, ^ partir brusquement. Qu'est devenu Doris? — 11 a j troussé bagage, la font. l'Eunuque, iv, 3. Prenez visée ailleurs et troussez-moi bagage, mol. Éc. des ; mar. u, 0. || Terme de cuisine. Trousser une volaille, la parer, en lier les membres pour la faire rôtir. Vous leur troussez les pattes [des perdrix] et les bridez, GENLis, ilaison rust. t. li, p. 41*, dans pouGENS. || Fig. et familièrement. Trousser quelqu'un en malle, l'enlever (locution vieillie). Le lieutenant de police l'a fait trousser en malle. C'est pourquoi j'eus grand peur qu'on me troussât en malle, Régnier, Sa(. xi. |1 Fig. Trousser une affaire, l'expédier promptement. || 3° Fig. Enlever de ce monde comme on trousse un paquet, causer la mort. Cette maladie l'a troussé en quelques jours. Ma tante et lui ont été troussés en moins de trois semaines, et j'bérile de tout cela, dancourt, Moul. Jav. se. 3î. Dieu se joue à son gré de la race mortelle ; Il fait vivre cent ans le Normand Fontenelle, Et trousse à trente-neuf mon dévot de Pascal, volt. ÉpU. ;b. || 4« En parlant des vêtements, replier, relever. Troussez votre robe. Il En parlant des personnes, relever leur vêtement. Troussez cet enfant. Destin, s'étant acharné sur une grosse servante qu'il avait troussée, lui donna plus de cent claques, scarr. Rom. corn, i, )2. Lorsque vous viendrez souper à Ferney, vous ne verrez plus [on s'était abonné avec la ferme générale] dé pandoures des fermes générales fouillant des religieuses et troussant leurs cottes sacrées, VOLT. ie«. 8janv.(77«. || Fig. Trousser une femme, se dit dans un sens obscène. || 6* Terme de manège. Trousser la queue , la nouer ou se servir du trousse-queue. Il 6' Terme de jardinage. Hausser les menues branches de quelque arbre qui sont ;rop basses, et les attacher à quelque chose qui les soutienne. || 7* F. n. TeiiDe de manège. On dit qu'un cheval trousse, lorsque, dans le trot, ses membres antérieurs relèvent plus que dans l'allure régulière. || 8* Se trousser, v. réfl. Relever sa robe, son manteau. Troussez-vous, si vous ne voulez pas vous crotter. Celui qui doutera que Dcucalion et Pyrrha, s'étant troussés, aient jeté entre leurs jambes des pierres qui furent changées en hommes, volt. Dial. 25.
— HiST. XI* s. D'or e d'argent quatre cenz muls trussez, Ch. de Roi. ix. De sul le fer [d'une lance] fust uns muiez trusset [chargé], ib. ccxxvii. ||xui"s. N'i ot sommiers à coffre ne dras troussés en malle, Z)erle,xxvii. Les dis pocins [il] troseàson dos, Et à Deu le vilein commande, iien. <77S. Leur chaperons trousser et leur cornes drecier, Ne sont avant venues fors por hommes blecier, j. DE iiEUNO, Test. <203. jlxv's. Cliascun emporte entre la selle et le pommeau une grande plate pierre, et trousse derrière lui une besace pleine le farine, fhoiss. i, i, 34. Adonc s'ordonnerent-ils »our eux partir, et troussèrent tout ce que trousser purent, m. ii, in, 8. Quand il fut hors, il troussa [gourmanda] sa dame, et lui montra le courroux qu'il avoit sus elle, louis xi, Nouv. lxi. ||xïi* s. Diogenes recoursa ses manches jusques es coubtes, se troussa en cueilleur de pommes.... RAB. Pant. ni, Prol. Parquoy, troussans leur bagage, ilz passèrent tout le long du camp des Romains, amtot, Mar. 3). Un des gens de Cacsar s'en advisa, qui en alla advenir son raaistre, disant qu'il seroit bien aisé de surprendre et trousser Ântonius, ainsi comme il se promeneroit le long de ceste levée. lo. Anton. 83. Ils leur enseignent
OICT. DI LA LANOUB FRANCAISI.
de se frotter ainsi, trousser ainsi sa robbe, id. Que\ la vertu se peut appr. 7. Les soldats au lieu de s'cstonner.... emportèrent les deux gallcres qui faisaient le plus de mal; Vernier et Colomne en troussent chacUn deux encore, d'aub. Ilist. ii, 8t. La cour avancée à Posnanie fit séjour là, cependant qu'on troussoit les neiges du chemin de Cracovie, m. ib. Il, (H. Il avoit l'œil louche, le nez troussé, les nazeaux ouverts, id. ib. n, 420. Trousser un verre de vin, cotorave.
— ETYM. Trousse; wallon, trossi; provenç. trossar, trosar; espagn. Jroior; portug. trouxar. On remarquera les sens qui dans trousser se rapportent à tortiare, et qui confirment l'étymologio latine de trousse.
• t TROUSSE-TRAITS (trou-se-trê), ». m. Anneaux de cuir et contre-sanglons attachés à un harnais, et servant à relever les traits.
TUOUSSIS (trou-sî), (. m. Pli fait à une robe pour la raccourcir.
— ETYM. Trousser.
t TROUSSOIRE (irou-soi-r'), ». f. Pince d'émailleur.
— ÉTYM. Trousser. Anciennement troussoire signifiait ceinture.
t TROUVABLE (trou-va-bl'), adj. Que l'on peut trouver. Une forme de gouvernement qui mette la loi au-dessus de l'homme; si cette forme est trouvable, cherchons-la, et tâchons de l'établir, J. J. Rouss. dans laveauz.
TROUVAILLE (trou-vâ-U', ii mouillées, et non trou-vâ-ye), s. f. Chose trouvée heureusement. Wildremet se pressa de me pourvoir d'un logement, et me vanta comme une trouvaille une vilaine petite chambre sur un derrière, au troisième étage, J. I. HODSS. Confest. m. || U se dit aussi des personnes. Voilà un homme que l'on peut prendre et renvoyer sans précauBion et sans éclat; heureux ou malheureux, cela ne dit mot : on n'est à son aise qu'avec ces gens-là, un Eraste est une trouvaille, marmontel, Cont. mor. Tout ou rien. Il Faire une trouvaille, rencontrer quelque chose heureusement par hasard. Suivons une poule qui conduit des poussins; a-t-elle fait quelque trouvaille , elle les appelle pour leur en faire part, bonnet, Contempl. no», xii , 32. On y a fait [dans un manuscrit] cette trouvaille [du fragment de iongus], au moment précisément où le seigneur Furia venait de donner une notice très-exacte, selon lui, de ce même manuscrit, p. l. cour. Lettre à M. Renouard.
— HIST. xni' s. Se il avenoit que aucuns homs qui eut voirie en sa terre, trouvast sous terre aucune trouvaille, elle seroit au vavassor à qui la voirie de la Isrre où la trouvaille fu trouvée, DU CANQE, fortuna.
— ETYM. Trouver ; wallon, trnvaie.
TROUVÉ, ÉE (trou-vé, vée), part, passé de trouver. Il 1° Rencontré, soit qu'on cherche, soit qu'on ne cherche pas. Un manuscrit trouvé dans une bibliothèque. || Le premier trouvé, le premier venu. Aucun jusqu'à ce point n'est encore arrivé; Mais je te changerai pour le premier trouvé, corn. Mél. V, 3. Il On dit de même la première chose trouvée. Il n'avait point de ménage, et envoyait quérir chez un traiteur la première chose trouvée, font. Leibniti. || Enfant trouvé, enfant abandonné et recueilli. L'Hospice des enfants trouvés, ou, elliptiquement, les Enfants trouvés (avec une majuscule). Il 2* Un mot, une expression trouvée, une expression neuve et heureuse. L'on n'a jamais do grâces dans l'esprit que lorsque ce que l'on dit parait trouvé et non pas recherché, montesq. Goill, Du je ne sais quoi. X qui dévorerait ce règne d'un moment.... c'est là un de ces mots que Despréaux appelait trouvés, volt. Comtn. Corn. Uem. Othon, I, 4 . La figure de la Vierge est trouvée, Hist. del'artenFrance,i.i, p. 233. || Bien trouvé, heureusement imaginé. C'est là ce qu'on appelle un ouvrage achevé; Surtout l'anneau royal me semble bien trouvé, boil. Sa», m. || 3' Qui se présente de soi-même, en parlant des choses. Je ne lui avais pas envoyé mes écrits, faute d'occasion toute trouvée pour les lui faire passer, j. J. ROuss. Conf. VIII. Vous voyez bien que voilà la cachette toute trouvée, genlis, Théât. d'éduc. Curieuse, m, 5. Il i* Qui a été reconnu tel ou tel. Et Dieu trouvé fidèle en toutes ses menaces, rac. Athal. I, ). Il 5' S. m. Trouvé de montagne, variété de poire.
TROUVER (trou-vé), V. a. Il 1* Rencontrer quelqu'un ou quelque chose, soit qu'on les cherche, soit qu'on ne les cherche pas. Ah I seigneur Geronimo, je vous trouve à propos, et j'allais chez vous
vous chercher, mol. Uar. forcé, i, a. Quand on voit le style naturel, on est tout étonné et ravi ; car on s'attendait de voir un auteur, et on trouve u» homme, PASC. i'en». viii, 28, éd. havet. Qu'ont-ils vu ces rares génies [les incrédules], qu'ont-ils vu plus que les autres?... ils ne savent s'ils trouveront un Dieu propice ou un Dieu contraire, boss. Anne de Gonx. Parce que Dieu ne peut plus être désormais trouvé qu'en Jésus-Christ; à l'exemple dei mages, pour trouver Dieu , cherchons Jésus- Christ, BOURDAL. Jfys». Épiphan. t. i, p. <39. Uq sot trouve toujours un plus sot qui l'admire, boil. Art p. I. J'ai trouvé ce billet enfermé dans son sein, RAC. Baj. iv, 5. Ahl que fait BajazetT où le puis-je trouver? id. ib. v, 9. Que les Romains, pressés de l'un à l'autre bout, Doutent où vous [Mithridate] serez, et vous trouvent partout, id. mthr. m, i. Il Trouver visage de bois. Voy. visage. Il Par défi, trouvez-moi, je vous défie de trouver. Trouve-moi un faiseur de fagots, qui sache comme moi raisonner des choses, mol. Uéd. malgré lui, i,4. Il Fig. Vous me trouverez en votre chemin, sur votre chemin, je vous nuirai partout où je pourrai. Il Fig. Il croit avoir trouvé la pie au nid, se dit par plaisanterie d'un homme qui croit mal à propos avoir fait quelque rencontre heureuse pour lui. Il Fig. Trouver chaussure à son pied, voy. cii vussure. Il Fig. Trouver à qui parler, rencontrer de l'opposition, de la résistance de la part de quelqu'un. Il U a trouvé son maître, il a trouvé quelqu'un de plus fort que lui. || a* Aller trouver, venir trouver quelqu'un, l'aller voir, venir lui parler. Va trouver de ma part l'ambassadeur romain, CORN. Nicom. I, 4. Pour marquer au roi [Louis XI] encore plus de confiance, il [le duc de Guyenne son frère] vint le trouver au Plessis-lès-Tours, DUCLOS, Œuv. t. II, p. 385. Puisque la montagne ne veut pas venir à Mahomet, il faudra donc, mon cher et illustre confrère, que Mahomet aille trouver la montagne, d'alemb. te»», à Voltaire, 28 juilL 1756. Il Fig. Les affaires me sont venues trouver, et je n'y ai regardé que le bien public, fén. Dial. des morts mod. {Le card. de Richelieu, le card. Ximénès). \\ Aller trouver une personne défunte, mourir. Elst-il vrai que M. de Mairan se dégoûte de son âge de quatre-vingt-treize ans, et qu'il veuille aller trouver Fontenelle? volt. Lett. Laharpe, 25 févr. <77l. Il 3* Surprendre. On le trouva prêt à s'évader. Trouver quelqu'un en faute. Il 4* Rencontrer dans tel ou tel état, dans telle ou telle situation. Si vous eussiez été trouvé coupable, voit. Lett. <. Le roi n'a rien trouvé de plus ferme dans son service que ces catholiques si hais, si persécutés, BOSs. Bcine d'Anglet. \ quelque heure et de quelque côté que viennent les ennemis, ils le trouvent toujours sur ses gardes, id. toui» dt Bourbon. C'est elle [l'avarice], dit saint Augustin, qui, trouvant l'âme pauvre et vide au dedans, la pousse au dehors, la partage en mille soucis.... id. la Vallière. Le prince d'Harcourl a été trouvé mort dans son lit, maintknon, Lett. à Urne de Glapion, t. III, p. 200, dans pougens. Lui qui devait pleurer sur Jérusalem rebelle; lui que la confusion seule d'une femme adultère trouva si indulgent et si miséricordieux, mass. Carême, Prière 2. Un matin qu'on alla chez Venceslas pour conférer avec lui des affaires de l'Église, on lo trouva ivre, volt. Jnn. Emp. Veneeslas, «3»8. ||0n l'a trouvé à deux paroles, il s'est dédit, il n'a pas tenu sa parole. || 6* Fig. Il se dit de ce qui an-ive, se présente, se rencontre. Il a trouvé la mort sur le champ de bataille. Mademoiselle, plus vos conseils me semblent raisonnables, moins je trouve sujet de me consoler de ne plus ouïr une personne qui raisonne si bien, voit. /.«»». 8. Ceux qui n'ont pas craint de tenter au siècle dernier la réformation par le schisme, ne trouvant point de plus fort rempart contre tontes leurs nouveautés que la sainte autorité de l'Église.... boss. Reine d'Anglet. Quel péril n'eût pas trouvé cette princesse dans sa propre gloire I ID. Duch. d'Orl. Qu'il est rare de trouver cette pureté parmi les hommes, et surtout parmi les grands! ID. Mar.-Thér. La reine voulait que les ennemis trouvassent leur refuge dans u parole, id. Reine d'Anglet. Vous trouvez partout [à la cour] des intérêts cachés, des jalousies déli« cates qui causent une extrême sensibilité... ID. Anne de Gant. Il les obligea [des étrangers spoliés] d'avouer ce qu'ils avaient eu peine à croire, qu'on pouvait trouver parmi nous de la fidélité et de la justice, fléch. Lamongnon. Après m'étro longtemps fialté que mon rival Trouverait à ses vœux quelque obstacle fatal, rac. Bérin. i, i.
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Aricie a trouvé le chemin de son cœur, m. Phèdre, IV, 8. C'est là qu'en arrivant [en Italie], plus qu'en tout le chemin, Vous trouverez partout l'horreur du nom romain, id. Mithr. ni, t. Je ne trouve qu'en vous je ne sais quelle grice Qui me charme toujours et jamais ne me lasse, m. Etth. n, 7. Je trouvais du plaisir à me perdre pour elle, ID. Andr. ii, 6. || Trouver grice aux yeux de quelqu'un, devant les yeux de quelqu'un, devant quelqu'un, lui plaire, gagner sa bienveillance. Seigneur, si j'ai trouvé grâce devant vos yeux, rac. Esth. n , 7. Il Trouver son compte ï quelque shose, y trouver son avantage. || 6° Il se dit des personnes en un sens analogue. On trouve des hommes de tous les caractères. Les victimes trouveront des vengeurs. Il a su trouver des amis. On trouve, sous François I", Antoine Forestier, Parisien, qui a écrit des comédies françaises, et Jacques Bourgeois auteur de la comédie des Amours d'Érostrate, imprimée en (646, et dédiée au roi, fonten. Œuv. t. m, p. 60. || 7° Fig. Arriver au terme de. Je vas, je viens, je m'occupe, et trouve la fin de la journée. Ces soirées.... je les passe sans ennui ; j'ai quasi toujours à écrire, ou bien je lis, et insensiblement je trouve minuit, sÉv. 27 oct. 1676. Il 8" Fig. Il se dit, avec un nom de chose pour sujet, de ce qui a ou reçoit ceci ou cela.. Sa conduite a trouvé des censeurs. Sa mort trouvera ! des vengeurs. Seigneur, que vous dirais-je, après I que nos offenses, Au lieu de châtiment, trouvent ! des récompensesT corn. Cinna, v, 3. Tes discours I trouveront plus d'accès que les miens, rac. Phé- ! dre, m, <.||9*Fig. Découvrir, inventer en cher-! chant dans son esprit. Newton a trouvé la loi de la ; gravitation. On se persuade mieux, pour l'ordi- ■ naire, par les pensées qu'on a soi-même trouvées ' que par celles qui sont venues dans l'esprit des ' autres, pasc. Pens. vn, *o. La dernière chose qu'on trouve, en faisauit un ouvrage, est de savoir celle | qu'il faut mettre la première, ro. ib. vn, 29. Il [l'incrédule] insulte en son cœur aux faibles esprits qui ne font que suivre les autres sans rien trouver j par eux-mêmes, boss. Anne de Gonx. L'ambition ' a fait trouver ces dangereux expédients.... id. le Tellier. Le roi, qui ne savait pas un mot de géo- ] graphie, lui demanda ce qu'elle entendait par des Gangarides; elle trouva aisément une défaite, VOLT. Prine. de Babyl. 4. {| Familièrement et par manière de reproche. Où avez-vous trouvé cela? qui est-ce qui vous suggère une idée pareille T 1(10° Remarquer, reconnaître en quelqu'un ou en quelque chose une qualité bonne ou mauvaise, un état tel ou tel; et alors il a toujours un complément indirect. Il lui a trouvé la fièvre. Je lui trouve de l'esprit. Je trouve un mauvais goût à ce vin. Je vous trouve bon visage. Rome.... Fussent-ils innocents, leur trouvera des crimes, rac. Brit. iv, 4. Il Se trouver, trouver à soi-même, reconnaître en soi. Sous lui [Louis XIV] la France a appris à se connaître ; elle se trouve des forces que les siècles précédents ne savaient pas, Boss. ifor.- Thér. Enfin, le roi devait se trouver au printemps plus de trois cent mille hommes, sans ses milices, et c'était infiniment, la faï. Mém. cour de Fr. Œuv. t. n, p. »89,dans POUQENS. || 11* Estimer, juger. Je ne trouve rien de mauvais là dedans. L'avis fut trouvé bon. Je trouve cette soupe détestable. Elle vous dirait bien qu'elle vous trouve bon. Et qu'elle n'est point d'âge à lui donner ce nom [de bonne femme], mol. Tari. I, 2. Je vous trouve plaisant d'user d'un tel empire, id. Mis. rv, 3. k mesure qu'on a plus d'esprit, on trouve qu'il y a plus d'hommes originaux, PASC. Pens. VII, t. Mme do Cauvisson n'a point élé voir Mme de Noailles; je n'oserais dire ce que Vai trouvé de cet orgueil, sÉv. 28 juill. (682. T'est ainsi que ses généreuses inclinations la menaient à la gloire par les voies que le monde trouve les plus belles, bos». Duch. d'Orl. Je trouve ici les chrétiens trop savants [dans la distinction des péchés véniels et mortels], id. Uar.-Thér. Je trouvais mes regards trop pleins de ma douleur, HAC. Brit. m, 7. N'abuse point du droit de me trouver coupable, volt. Tancr. rv, 8. Je vous trouve un plaisant borgne de vous adresser au roi plutôt qu'à moi, et encore plus plaisant d'oser me demander justice contre un honnête banqueroutier que j'honore de ma protection, id. Memnon. Mon •tyle lui déplaît; il trouve ma phrase obscure, confuse, embarrassée, p. l. couhh. letlres particulières, I. Il Absolument, dans le même sens. Cela est bien mal. — Vous trouvez? || Fig. Trouver le temps long, s'ennuyer. Il Trouver bon, trouver mauvais, approuver, désapprouver. Je trouve bon que vou«
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alliez le voir. Je suis de si mauvaise humeur que M. de Cbaudebonne s'en fâche, et je vois bien tout de bon qu'il le trouve mauvais, voit. Lett. S. Le comte de Lude est ici; il est duc; on ne s'attache point i trouver mauvais son retour, sÉv. 202. Je trouverai bon tout ce que vous ferez, lesage, Crisp. rie. de son maître, se. 6. ||12° Trouver, suivi d'un infinitif, évaluer à; celte construction ne s'emploie que dans un membre commençant par le pronom conjonctif. Un manuscrit que je trouvai valoir beaucoup. Un trône d'or qu'on trouve poser vingt-cinq mille ducats, volt. Mœurs, (48. Il 13' Trouver à, trouver le moyen, l'occasion de. Il trouve à placer son mot. 11 n'a pas trouvé à se défaire de sa maison. Trouvera-t-il à faire un emprunt? || 14" Trouver à dire, trouver à redire, trouver à blâmer. Nous pleurâmes un grand roi, mais nous ne trouvâmes point à dire à son gouvernement, balz. Vise, à la Régente. La robe de Médée a donné dans mes yeux ; Mon caprice, à son lustre attachant mon envie. Sans elle trouve à dire au bonheur de ma vie, corn. Médée, II, B. Cathos : Le moyen, mon oncle, qu'une fille un peu raisonnable se pût accommoder de leur personne ? — Gorgibus : Et qu'y trouvez-vous à redire? mol. Préc. B. C'est en moi que l'on peut trouver fort à redire, id. Jftî. m, 5. Je suis incapable d'envie, ni de trouver à redire à ce que vous ferez, maintenon, Proverb. p. (((, dans pougens. Il Trouver à dire, s'apercevoir de l'absence de quelqu'un, du manque de quelque chose. J'avais mis cent louis dans cette bourse; j'en trouve cinq à dire. On vous a trouvé à dire hier au soir. Il 16° Procurer, faire rencontrer. Et si Flaminius en est le capitaine [de l'armée romaine]. Nous pourrons lui trouver un lac de Trasimène, corn. Nie. n, 3. Hé bien, trouvez-moi donc quelque arme, quelque épée,iD.il(ftoJ. v, 2. ||16* Se trouver, e.r^/l. Etre en présence de soi-même. Le malheur est qu'ils ne sont jamais absents de leur intérêt non plus que d'eux-mêmes; ils se trouvent en quelque lieu qu'ils jettent la vue, balz. De la eour, 4« dise. Que fera Dieu pour la punir [l'âme] de sa défection ? il lui donnera ce qu'elle demande ; se cherchant soi-même, elle se trouvera soi-même ; mais, en se trouvant ainsi soi-même, étrange confusion ! elle se perdra bientôt soi-même, boss. la Vallière. Il 17* Se rencontrer quelque part, se rendre en un lieu, y être. Ils se sont trouvés nez à nez à la promenade. Il s'est trouvé à cette bataille. Ce serait une belle chose que l'on se trouvât tout d'un coup aux lieux où l'on pense, sÉv. 308. Le souper de ce soir où je serai ravie de me trouver avec M. de Lamoignon, id. 28 janv. (686. Monsieur et Madame demeurèrent quelque temps à Paris ; ce fut alors \ que toute la France se trouva chez elle [Madame], la fay. Hist. Ilenr. d'Augl. Le dimanche, elle donna un dîner où je me trouvai et où se trouva aussi un jacobin de bonne mine, i. i. rouss. Conf. II. Trouve-toi demain matin à cinq heures dans le bois, GENLis, Mères riv. t. m, p. B9, dans pougens. Il 18* Être trouvé, exister. Ce livre se trouve chez tel libraire. Tout ce que peuvent faire non-seulement la naissance et la fortune, mais encore les grandes qualités de l'esprit pour l'élévation d'une princesse, se trouve rassemblé et puis anéanti dans la nôtre, boss. Duch. d'Orl. Cet Alexandre qui ne voulait que faire du bruit dans le monde, y en a fait plus qu'il n'aurait osé espérer; il faut encore qu'il se trouve dans tous nos panégyriques, boss. Louis de Bourbon. Il [Salomon] nous en donne une idée [de la femme forte] ; mais il semble qu'il n'en ait jamais trouvé d'exemple; il la forme dans son imagination ; et, doutant qu'elle se puisse trouver dans la nature, il s'écrie : Qui est-ce qui la trouvera? fléch. Mme de Montaus. Ce temps ne se trouvera plus où un duc de la Rochefoucauld, l'auteur des Maximes, au sortir de la conversation d'un Pascal ou d'un Arnauld, allait au théâtre de Corneille, volt. Louis XIV, 32. || Impersonnellement. Il se trouve, il y a, il existe. Et de tant de mortels à toute heure empressés A nous faire valoir leurs soins intéressés, Il ne s'en trouve point qui, touchés d'un vrai zèle. Prennent à notre gloire un intérêt fidèle, rac. Esth. il, 3. Il ne se trouvera plus l'homme devant qui la terre se taisait, raYNaL, Hist. phil. vi, (. || Use trouve que, il arrive que. Il se trouva que cet homme qu'on croyait riche ne laissa pas de quoi payer ses dettes. Il se trouve que ce ne sera que dans l'année (640(8 de la formation des planètes que la chaleur.... BUFF. Théor. terr. Œuv. t. ix, p. (io. il 19* Il se dit par rapport à la situation, à l'état
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d'une personne ou d'une chose. Se trouver en danger. La maison se trouva vide en un instant. La nouvelle se trouva fausse. Aujourd'hui que la guerre est finie. Votre facilité se trouverait punie, CORN. Tois. d'or, i, (. Je me suis trouvée naturellement dans cette affaire [refroidissement entre d'Estrées et Bussy], par le plaisir que je pris de lui dire [au maréchal d'Estrées] ce que vous me mandiez de lui, sÉv. à Bussy, 24 juin (68(. Marie- Thérèse, aussitôt emportée que frappée, se trouve toute vive et tout entière entre les bras de la mort, boss. Mar.-Thér. Dès la première bataille, il est tranquille, tant il se trouve dans son naturel, lo. Louis de Bourbon. Nous nous trouvons dans des occasions dangereuses : les saints ne s'y sont-ils pas trouvés? bourdal. Sainteté, 2* avent, p. 32(. Il y a une clause qui, bien entendue, lui accorde une maison du milieu de Paris, comme elle se trouve, et avec les meubles, la brut. iit. || 20* Se regarder comme, se réputer, sentir qu'on est dans telle ou telle situation. Il se trouve heureux. Après le repas, il se trouva tout autre. Quelque galante que soit la cour de Lorraine, je m'y trouve aussi seul que je faisais il y a huit mois dans les voyages de la Beauce, voit. Lett. 8. Je me trouvais barbare, injuste, criminel, rac. Bajaz. m, 4. ||Se trouver bien, éprouver du bien-être. Ce malade se trouve bien, se trouve mieux. || Comment vous trouvez-vous aujourd'hui? dans quel état de santé êtes-vous? Il Se trouver bien, être satisfait de sa position. Il se trouve bien partout. |{ Se trouver bien de quelqu'un, de quelque chose, en être content. Je sais comme il faut vivre, et m'en trouve fort bien, corn. Agésil. n, 8. Ne m'aimez-vous point de vous avoir appris l'itjilien? voyez comme vous vous en êtes bien trouvée avec ce vice-légat, SÉV. 25. L'on se trouve toujours bien d'avoir de la sincérité, id. 374. J'ai encore Mme de Marbeuf; nous nous trouvons fort bien d'elle ; elle, fort bien de nous, id (3 oct. (680. Et si vous me croyez, quels que soient mes avis. Vous vous trouverez bien de les avoir suivis, th. corn. Ariane, n, 6. Il Se trouver mal, être mécontent de sa position. Il se trouve mal dans cette maison. {| Se trouver mal de quelque chose, en éprouver du désagrément. Votre intérêt m'arrête autant comme le mien; Si je m'en trouvais mal, vous ne seriez pas bien, corn. Sertor. iv, 3. Je me suis mal trouvé de ces compliments : « Je vous ai bien donné de la peine, je crains de vous ennuyer, je crains que cela siit trop long, • pasc. Pens. vi, 64, éd. havf.t. Je me suis presque toujours mal trouvée d'avoir reçu des personnes de la main des saints, mainten. Lettre à Mme de la Viefville, 25 mai (7o6.||Se trouver mal, tomber en défaillance. || Proverbes. S'il ne le trouve bon, qu'il y fasse une sauce. Il Cela ne se trouve pas sous le pas d'un cheval, cela ne se trouve pas facilement.
— REM. 1. Avec les adjectifs bon ou mauvais, on dira, en faisant accorder l'adjectif avec le substantif : J'ai trouvé bonne et bien placée la réprimande que vous avez faite ; mais on dira, en faisant bon adverbe : J'ai trouvé bon la liberté que vous avez prise. Toutefois cette tournure est dure, et il faut l'éviter. On dira de préférence : Je trouve bon que vous ayez pris cette liberté. |{ 2. On a employé jusque dans le xvn* siècle la forme treuve. A peine en leur grand nombre une seule se ireuve De qui la foi survive, malh. vi, 26. Quant à la somme de la veuve. Voici, leur direntils, ce que le conseil treuve, la pont. Fabl. u, 20. Non, l'amour que je sens pour cette jeune veuv». Ne ferme point mes yeux aux défauts qu'on lui treuve, mol. Mis. i, ( . C'est un archaïsme. Trover ou truver était un de ces verbes qui, dans l'ancienne langue, modifiaient à l'indicatif et au subjonctif les voyelles accentuées toniquement : par exemple donner, il doint; amer, il oint; trover, il treuve. |{ 3. Peut-on dire : Je suis allé chez lui, je l'ai trouvé sorti, parti, absent? Comme on dit trouver pour rencontrer dans tel ou tel état (voy. ie n' 4), et comme sorti, parti, absent sont des états, il n'y a pas lieu de rejeter la locution.
— SYN. trouver, hencontrkb. Trouver n'exclut pas l'idée de chercher. Rencontrer l'exclut.
— HlbP. n* s. S'il le pot truver dedenz le terme, Lois de Guill. 4. Se en rere-guarde [il] troevet la cors RoUant.... Ch. de Roi. xlvi. Se truis [je trouvej Rolant, ne lerrai que nel mat [que je ne le mate], ib. LXix. Truvéli unt lenum de Juliane, ib. ccxcn. ||xn* s. Tuit serons mort, se ci somes trover, Ronc. p. 96. Et je irai le duc Girart trover, ib. p. (67. Vous, dame, doit-il membrer Qu'en gentil
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cuer doit-on trouver merci, Couci, vr. Cil qui premiers la trueve [dame Helissant] à Guiteclin la renl [remet], Sax. xii. À Soissons [ils] truevent Charle, l'empereor gaillart, tb. xxix. [| xiii' s. Ains se doit-on bien garder D'enquerre par j;ilousie Ce qu'on n'i voudroit Irover, auboins ue sezanne, ilomaticero, p. tac. Lasse, corn j'ai trouvé gent mauvaise et amerel Berle, xviii. Oii à manger [je] pelisse un petitet trouver, ib. xuii. [Jej N'avoie qu'un cheval qui me trouvoit [gagnait] mon pain, ib. Lxxni. Et gardez qu'en mensonge ne soiez pas trouvée, «6. cxv. Voirs est que autrement ne poi [je ne pus] trouver merci De l'home qui hui main ens el bois m'assailli, ib. cxviii. Mais las I qui ne trueve ne prent, Lai de i'ombre. Ou s'il avient qu'il soit malades, Et truist toutes viandes fades, la Rose, 50I8. iNe jà nus [nul] si liés [joyeux] ne sera. Quant il bien se porpensera, Qu'il ne truist en sa greignor aise Quelque chose qui li desplaise, ib. 6861. Les pot [peut] penre le [la] justice laie, en quelque lieu ele les truist, beaum. xi, U. Et se je sui outrageux du trouver [si mes vers sont ou- Irageux], quesnes, Homancero, p. 84. Je trouvai [j'appris] par les chevaliers de Bourgoingne, quant il revindrent de prison, que il.... joinv. 2bi. ||xiv' s. Se le Castal nous vient, il soil li bien trouvé; Bataille liverrons, quant il l'aura mandé, Guesd. 20645. Mais qui.... Le contraire vourroit tscripre, Trouveroit assez bien que dire Sur celx .qui tenoint la partie De monsieur Charles.... Liv. du bon Jeh. 335. || xV s. Quant le roy fut auprès de Peronne, je me vins trouver au devant de lui, COMM. V, )3. Quant il veit Luthes en la place prest et appareillé de tournoyer, il trouvast à qui, il en eut très granl deuil, car il pensa bien qu'il pretendoit à la pucelle, Perceforest, t. ni, f 7. Vuellez vous au sermon trouver, tillon. Repues franches. Il xvi* s or oste ceste laine, Et la toison que
dessus toy je treuve, Il te convient vestir de robbe nucfve, MAHOT, i, 28». Encore que nous trouvissions nos ennemis sans défense, maro. Ifouv. xii. Et lui s'en alla en son logis pour reposer son travail, ce qu'il fit, de sorte que neuf heures du matin le trouvèrent au lit, ID. ib. xiT. Jusques à la dernière goutte de sang qui se trouva espandable, MONT. I, 5. Il se trouva le plus foible, m. i, 25. Trouver à qui parler, ID. i, 49. J'ay trouvé bien estrange qu'il feust.... ro. i, 5». S'en bien, s'en mal trouver, m. I, 89. Je treuve vraysemblable qu'il ayt regardé plus avant et voulu dire.... m.
I 67. 11 s'est trouvé des hommes à qui.... id. i, 400. Vous ne trouvarez jamais personne en France qui.... CAHLOix, v, I. Et estant appelle au conseil, il ne s'y vouloit pas trouver, tant que Caton le menaça qu'il.... amyot, Col. d'Utiq. 50. Qui bien fera bien se trouvera, cotgrave.
— ÊTYM. Wallon, trové; bourguign. trôvai; Berry el picard, treuver; poitev. treure, troure; Maine, trouer ; provenç. trobor; espagn. et portug. (rorar; ital. trovare. Grimra suppose un mot gothique drupan, qui correspondrait à l'anc. hautallem. trelfan, rencontrer ; mais drupan est une supposition et ne se trouve pas. Venons au domaine latin. Il est certain que turbare a pu fournir la forme du mot; Diez cite l'anc. portug. (roror, troubler ; le napolit. struvare, qui est le lat. disturbare, et controvnre qui est le lat. conturbare; on peut y ajouter le français truver : Es tribulations chi truverent [troublèrent] nus mult, Liber psalm. p. Cl . Diczctablitainsi lasérie dessens : turbare, rcmaerjouiïïcr, d'où chercher, d'où trouver.
II ajoute que cette ctymologie rend raison de controuver, conlrovare; la préposition latine cum ne sejoint pas d'ordinaire avec un verbe roman; mais, si (rouDcr est lurbare, le mot controuver a été produit par conlurbare, avec le changement de sens.
TROtIVÈRE (trou-vc-r^, s. m. Se dit des poètes de la langue d'oil ou d'oui, qui florissaient du ii* au xiv siècle. Toutes les provinces de la France eurent leurs trouvères, iilet, Orig. des Rom. p. (58, dans POL'GENS. Troubadours et trouvères Au nez des rois vidaient gaîraent leurs verres, BÉIVANG. Trouhad. \\ On dit aussi quelquefois, bien que rarement, trouveur.
— ETYM. Trouvère est le nominatif d'un mot qui au régime est troi-eor, répondant au provenç. (roubodour, et venant de trouver, dans le sens de composer des vers (voy. trolbadoub).
t TROUVECR (trou-veur), s. m. || l- Celui qui trouve ou qui inventa. || Terme d'astronomie. Petite lunette dioptrique qu'on ajoute à un télescope newtonien, pour trouver plus facilement l'ob-
jet qu'on veut observer. || Adj. Terme de ebasse. Chiens trouveurs, certains chiens qui ont le nez très-fin, surtout pour la chasse du renard. |[ J" Synonyme de trouvère.
— HIST. xiii* s. L'amende doit estre d'autant de valeur comme le [la] coze trovée, lequele li trouvères vaut retenir à soi, beauman. xxv, 21. ||xiv*s. Les trouveurs auront la moitié de ladite trouveure pour leur part, du cange, Iruef.
TRCANU, ANDE (tru-an, and'), I. m. et (. Il !• Vaurien, vagabond qui mendie par fainéantise. Tais-toi, truand, pied plat, cagou, bigot I SCARR. D. Japh. d'Arménie, m, st. Ah! truande, as-tu bien le courage De m'avoir fait cocu dans la (leur de mon âge? mol. Sganar. IX. ||2* S. m. Marchepied du métier de tisserand.
— lUST. XII* s. Toute France [il] a cerchie [parcourue] come tapins truanz, Sax. v. Tro bien semblés truans et pautonnier, Raoul de C. 280. IJxiu* Quant ge voi tous nus ces truans Trembler, sor ces femiers puans, De froit, de fain crier et braire, ta Rose, tH37. El [la fortune] les veskiès [évêchésl done as truans, Et les boins clers fait pain querans, FI. et bl. 2515. ||xv' s. Je ne fusse pas bons truans; Je ne sçai deux fois demander, E. DESCH. Poésies mss. f" (82. Les truandes font les maqueleries En truandant, en portant leur cofin ; Et pour rober sont maintes fois espies, id. ib. f" ^53. Lequel Hardelet dit au suppliant qu'il avoit menti comme mauvais trutain, fils de putain, navarrois, DU CANGE, (rutonui. Il ivi* s. Qui fit normand, il fit truand , cotgrave. Nos anciens appellerent un homme truantqui alloit mendiant sa vie, et truanderpour caimander, pasqdier, vm, p. 747, dans la-
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— ÊTYM. Wallon, trouwan; poitevin, (rudant; provenç. truan ; catal. truà, truhd ; espagn. truhan; portug. (ruào; bas-lat. tru(anus , trudanus. Ce mot paraît venir du celtique : gaél. truaghan, pauvre, misérable; kimry, tryan; gaél. trudanach, un vagabond. Du Cange, après Pasquier, tire truant de l'ancien treû, tribut : il parait bien qu'on a dit truanderie pour impôt : Nouveaux imposts, nouvelles daces, truanderies et maletotes, pasquier, Lett. t. ni, p. 44. Mais, malgré cela, jamais treû équivalant au latin tributum, n'aurait pu donner truand dans l'ancienne langue.
TRUANDAILLE (tru-an-dà-U', Il mouillées), ». f. Terme collectif. Ceux qui truandent. Un autre vous eiit dit : canailles. Vous n'êtes n'en que truandailles, sCARR.Ft'rg. i.
— HIST. xv"s Vous n'estes rien que truandaille; Vous ne logerez point céans, nn cange, Irutanus. Mais que luy eusse abandonné Ce que refl'usent truandailles, villou , Let regrets de la belle heaulmiére.
TRUANDER (tru-an-dé), v. n. Gueuser, mendier. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
HIST. xiir s. Venistes-vo3 por truander ? Ren.
998. Il XIV s. Vassaus, dist Polibans, ne vous poes raviser; Oncques avoic [avec] trouant je n'alai truander, Baud. de Seb. xii, fi44.||xV s. Qui povres est, chascun vers lui se faint; Grant doleur a de son pain truander. Honte le suit, indigence le vaint, E. DESCH. Poésies mss. f" 5(.
ÊTYM. Truand ; wallon, trouander; provenç.
truandar; espagn. truhanear.
TRUANDERIE (tru-an-de-rie), ». f. Etat de truand, de mendiant vagabond. Les rues de la Truanderie ont pris leur nom du mot truand, qui signifiait anciennement un gueux, un fripon, parce qu'elles étaient habitées par ces sortes de gens, avant que la bourgeoisie y vînt demeurer, piga- NioL DE LA FORCE, Description de Paris, t. ui, Quartier des Halles.
— HlST. XV* s. Tant qu'avoir puist, et sans truanderie. Vivre, vestir.... E. desch. Poésies mss. f° 325. Icellui JametondistauditCoyrier :cene sont que truenderies que tu me dis, du cange, (rulonnare. || xvi* s. Nous n'estimons pas que ceulx-là soient flatteurs, qui n'ont rien d'honeste, et dont la villanie se manifeste à un seul plat de viande et un verre de vin avec toute truanderie et meschanceté, amtot, Comm. discem. leflatt. 7.
— ÊTYM. Truander.
TBCBLE (tru-bl'), s. f. Terme de pêche. Filet, en forme de sac, attaché au bout d'une perche , qui sert à prendre le poisson dans les réservoirs. Il On dit aussi trouble. Â la Chine, on les prend [les cailles] au vol avec des troubles légères que les Chinois manient fort adroitement, buff. Ois. t. IV, p. 277. Les saisir [les papillons] au vol avec un petit filet connu sous le nom de trouble, gen-
LB, Maison ru»». 1. 1, p. ut, dans pougew». [| Quelques-uns font, à toi-t, ce mot du masculin.
— HIST. XIII* Les «aimes et les trubles i bois de l'eaue le roi doivent eslre aus molles [moules] le roi, Liv. des met. 26a. Li menu pcschcour de Vauquelour pescheront.... i la truvie et au jonchiés, ausi comme il ont fait avant, Bibl. des ch. 6* série, t. III, p. 697. Il XIV* 8. Truble de fil , autre que celle à boiz, de quoy en tous temps l'en pourra pescbier, Ordonn. des rois, t. tii, r. 779.
— ÊTYM. Wallon (rotll. Origine inconnue, t TRCBLEAU (tru-blô), ». m. Petite truble.
t t. TRUC (truk), ». m. 111" E.spèce de billard dont on fait usage dans quelques pays , et qui est ordinairement plus long que celui sur lequel on joue en France. || 2" Anciennement, choc, coup, (signification conservée dans l'argot). Vous voyant comme un autre Alcide Ne craindre feu ni bois, ni fer.... Ni pic, ni truc, ni tac, ni choc, dassoucy, dans FR. MICHEL, Argot. {{ 3* Fig. Telle ou telle manière d'agir. La mort de ma pauvre femme m'a tué.... elle savait si bien appeler son monde! quel truc elle avait! quel truc! quel trucl desaugiers, le Dîner de Madelon, se. 4. [j Connaître le truc, avoir le truc, connaître le secret, être habile, rusé. Il 4* Populairement, manière de voler. Il S* Secret, moyen caché pour exécuter un tour de passe-passe ou de physique amu-ante. || 6° Terme de théâtre. Moyen, machine pour faire réussir une féerie. Les féeries sont des pièces à trucs. Chaque incident d'une féerie se nomme truc; il y en a de fort ingénieux et de vraiment étonnants; un bon truc doit être imprévu, rapide, net, et ne pas montrer la ficelle, Dict. de la convers. Suppl. au mot féerie. || 7* La science des détails. On dit d'un éciivain qui file la scène avec difficulté, qu'il manque de truc.
— HIST. XIV* s. Franczois prenoint trop divers noms Pour faire paour aux Bretons ; Mais ils savoient plus de vieil trut Que vieille truye qui est en rut, le Livre du Bon Jehan, 2S28. ||xvi* s. Nous fismes tant que nous lui apprismo le lansquenet et le truq, d'aub. Foen. iv, (4. J'y eus par l'eschine force trucs et bastonades, id. ib. ii, 18.
— ÊTYM. Provenç. et catal. truc, coup, choc ; espagn. portug. et ital. trucco; du germanique, d'après Diez : allem. druck , drucken, jiresser, anglo-sai. thryccan, anc. scand. thryckia. Les sens figurés paraissent provenir du truc, jeu; et le truc, jeu, provient de truc, coup, ce jeu étant une espèce de billard.
t 2. TRUC ou TRCCK (truk), ». m. Chariot, wagon pour le transport des marchandises. || Dans les chemins de fer, plate-forme montée sur des roues, sur laquelle on élève , au moyen d'un mécanisme, des voitures et des bagages afin de les transporter au loin.
— ÊTYM. Angl. truck.
t TRUCAGE (tru-ka-j'), I. m. Terme presque d'argot désignant cette industrie borgne qui consiste à faire payer très-cher à des amateurs passionnés pour l'antique des objets fabriqués la veille et savamment habillés d'un vernis d'ancienneté.
t TRUCUE (tru-ch'), s. f. Nom, dans le Dauphiné, d'une grande urne à conserver l'huile.
TRUCHEMAN ou TRUCHEMENT (tru-che-man), s. m. Il 1° Celui qui explique à des personnes qui parlent des langues différentes, ce qu'elles se disent l'une à l'autre. Oii est le truchement, pour lui dire qui vous êtes, et lui faire entendre ce que vous dites T vous verrez qu'il vous répondra; et il parle turc à merveille, MOL. Bourg, gent. v, 4. Son armée [de Mithridate] était de près de trois cent mille hommes, et composée de vingt-deux nations difl"érentes, qui avaient chacune une langue particulière ; et Mithridate les savait toutes, en sorte qu'il n'avait pas besoin do truchements pour leur parler, bollin, Hist. anc. Œuv. t. xi, 2* part, p. 448, dans poUGENS. Il 2* Fig. Une personne qui parle à la place d'une autre, qui exprime les intentions d'une autre. Nous n'entendons pas bien ce qu'un soupir veut dire ; Et je vous servirais de meilleur truchement. Si vous vous expliquiez un peu plus clairement, coaif. Strtor. iv, i. C'est ainsi que ma muse, aux bords d'une onde pure, Traduisait en langue des dieux Tout ce que disent sous les cieui Tant d'êtres empruntant la voix de la nature; Truchement de peuples divers, Je le» faisais servir d'acteurs en mon ouvrage, la font. Fabl. XI, Êpil. Jugez, lecteur, si l'auteur d'une si noire supposition ne doit pas passer désormais pour le truchement du père des mensonges, pasc. Prov. XV. Nul ne peut voui entendre à moins d'uD
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truchement, bodbsault, Fabl. d'Ut, i, ». Le ministre chrétien, dit encore saint Jérôme, est le truchement entre Dieu et l'homme, chateaubr. Génie, i, i, 9. || 3° Kig. Ce qui fait comprendre. Une parfaite ardeur a trop de truchements Par qui se faire entendre aux esprits des amants : Un coup d'oeil, un soupir.... corn. Mél. m, 2. Ses regards, truchement» de l'ardeur qui la touche, LA FONT. Adonis. Ce langage, il est vrai, peut être obscur parfois, S'il n'a pour truchement l'écriture ou la voix, MOL. Éc. des mar. i, e. Contentezvous des yeux pour vos seuls truchements, id. Femm. sav. l, 4. 11 n'est pas habile, mais il a une lingue qui peut servir de truchement, et des pieds qui peuvent le porter d'un lieu à un autre, la brut. ii.
— HIST. XII' s. Drugement somes d'Aufrique et d'outre mer, la Prise d'Orenge, v. 422. || xv s. Et qui n'a pas langaige en lui. Pour parler selon son désir, Uug truchement lui fault quérir, CH. d'orl. Rondel, 83. {{ xvi' s. Procureur ou truchement, iVou». cou$(. gén. t. i, p. 846. Je parlay à l'un d'eulx [Indiens d'Amérique] fort longtemps ; mais J'avois un truchement qui me suyvoit si mal.... que je n'en peus tirer gueres de plaisir,
MONT. I, 246 Tes carmes [vers] Sont les truche-
mans de ton coeur, de bracu, Œuv. t. i, p. 3U.
— ÉTYM. Cat. lorsimani; espagn. trujaman; do l'arabe lardjemdn, interprète. C'est le même que drogman.
TRUCUER (tru-ché), v. a. Terme vieilli. Mendier par fainéantise. Il II se conjuge avec l'auxiliaire avoir.
— liIST. XVI* s. Trucher, oudin, Dict.
— ÉTYM. Origine inconnue
TRCCHEUR, EDSE (tru-cheur, cheû-z'), s. m. elf. Celui, celle qui truche, qui mendie. Je ne veux pas épouser un vilain trucheur comme celuilà, carmontelle, Prov. l'Aveugle avare, se. 4.
TRUELLE (tru-è-1'), t. f. \\ i' Outil dont les maçons se servent pour employer le plâtre et le mortier. Je ne me servirai plus à l'avenir de la truelle parmi mon peuple d'Israël, et je n'en crépirai plus les murailles, saci, Bible, Amas, vu, 8. Elle fait jouer la truelle Après une ville nouvelle, SCAHR. Yirg. (rot). 1. 1| Fig. Si le philosophe peut quelquefois être représenté armé d'une faulx, il doit au moins porter dans l'autre main une truelle, bonnet, Paling. xiv, 5. || 2" La bâtisse, le goût de bâtir. Louvois dit qu'il était perdu, mais qu'il lui susciterait [au roi] une guerre telle qu'il lui ferait avoir besoin de lui, et laisser là la truelle, st-sim. 2I9, 203. Vous avez peut-être entendu dire que je suis maçon, et tout le contraire de Sedaine : il a quitté la truelle pour la lyre, et moi la lyre pour la truelle, volt. Lett. la Harpe, <B août (776. Il Aimer la truelle, aimer à bâtir. 113" Truelle i poisson, sorte de cuiller avec laquelle on découpe et sert le poisson. || 4* Truelle vernie ou à ramoneur, espèce de champignon; c'est un polypore.
— HIST. xm* 8. Et la truele et le ciseau, Après tenailles. Choses qui faillent en ménage. || xiv s. Il doit avoir en sa sceinture une truelle à maçon, viGNAT, Esches moralises, f" 48. || xvi' s. Maintenant je ne suis ny vaneur, ny maçon. Pour acquérir du bien en si basse façon : Et si ay fait service autant à ma contrée Qu'une vile truelle à trois crosses tymbrée, rons. 977. X propos truelle : pourquoi est-ce que.... hab. i, 39.
— ÊTVM. Wallon, truvei; du lat. trulla, truelle, dimin. de (rua, cuiller à pot.
TRCELLËE (tru-è-lée), t. f. La quantité de plâtre ou de mortier qui peut tenir sur une truelle.
t TRUELLETTE (tru-è-lè-f), s. f. Petite truelle.
TRUFFE (tru-f), s. f. || 1" Terme de botanique. Genre de la famille des champignons. || 2° Champignon souterrain , charnu, compacte, dont les spores sont renfermées dans l'épaisseur du tissu chat nu et germent lors de la destruction de celui-ci, pour la reproduction de l'espèce; il a beaucoup de parfum et est un mets très-recherché. Truffe noire. Truffe blanche. Les truffes du Périgord sont les plus estimées. Une dinde aux truffes. Li truffe, cette plante si bien déguisée qui naît, croit et fructifie dans la terre, sans jamais en sortir, ne présente qu'une tête arrondie où l'on ne découvre aucun des caractères par lesquels les plantes nous sont connues, bonnet, Contempl. |UJ( m, 7. Presque tout le monde en a été attaqué, ^iuccessivement [du rhume], de façon qu'à l'opéra, • M lieu d'offrir des liqueurs fraîches et des truffes
>mme à l'ordinaire, le limonadier offre et vend 4^ la pâte de guimauve, barbier, Jounuil, fév. 4733.
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Les cochons recherchent les truffes avec passion, lorsqu'ils en ont une fois goûté; ils les indiquent donc en fouillant la terre, genlis. Maison rust. t. m, p. 262, dans pougens. Quand on veut garder des truffes pour l'hiver, on doit les faire sécher au four, après les avoir coupées par tranches, ID. ib. Un sauté de truffes est un plat dont la maîtresse de la maison se réserve de faire les honneurs ; bref, la truffe est le diamant de la cuisine,
BRILLAT-SAVARIN , Pkysiol. d« goÛt , Médit. VI.
Il 3° Populairement. Truffe de savetier, marron. Il 4" Truffe d'eau, tribule aquatique ou macre flottante. Il 5° Populairement. Truffe, gros nez bourgeonné. Il Proverbe- Quand il tonne, on dit dans certaines campagnes : Voilà un bon temps pour les truffes.
— HIST. rvi* s. Il trouva la relique ployée dans la serviette comme on enveloppe les truffles en Xainlonge, d'aubigné. Fan. iv, n . Marrons, truffes, porreaux.... paré, xviii, 43. Cet arbuste, dit cartoufle, porte fruict de mesrae nom, semblable à truffes, 0. DE SERRES, 663. Truflc, la macre et la
trufe, COTGRAVE.
— Etvm. Berry, truffe, pomme de terre; bourguig. (reu/fe ; provenç. (ru/a. X côté de cette forme, il y a celles qui n'ont pas d'r : génev. tufelle, pomme de terre. Il j a aussi celles qui commencent par tar : trulfes ou tartufes , dans un livre français de t BOB cité par Lamonnoye ; ital. tartuffe ; milanais, tartuffol; vénit. tartufola; d'où l'allem. Kartoffel. Le préfixe tar est, suivant Ménage, le représentant du latin terra : terrx tuber. Tout se réduit donc à deux formes essentielles : l'une avec r, l'autre sans r. La forme sans r se rattache très-vraisemblablement au latin tuber, ou, au pluriel, tubera, pris au singulier féminin. Maintenant la forme avec r représenterait-elle aussi tubera avec interversion de l'r, comme flestre, du latin fistula? L'ancienne langue avait truffe ou trufle au sens de tromperie; Diez pense que c'est le même mot que l'autre truffe, une petite production ayant donné son nom à une chose de néant, chose trompeuse.
TRUFFÉ, ÊE (tru-fé, fée),por(. passé de truffer. Dinde truffée. Car dans ce ventre étoffé [le parti ministériel à la chambre] Je suis entré tout truffé [ayant mangé beaucoup de truffes], bérang. Ventru.
TRUFFER (tru-fé), 0. a. Garnir de truffes. Truffer des saucisses.
t TRUFFETTE (tru-fè-f), s. f. Ancienne sorte de toile de Picardie. Toiles truffettes, chaîne fil de lin, trame dito, Annexe aux lett. pat. du 30 sept. (780, Picardie.
t TRUFFIER, 1ÈRE (tru-fié, fiè-r'), adj. \\ !• Qui a rapport aux truffes. La surface truffière, renfermée d'abord dans l'enceinte du bosquet, tend à s'étendre alentour, Monit. unit). (9 nov. 4 807, p. (426, ('• col. Il Chênes truffiers, nom des chênes maladifs qui, dans l'opinion des agriculteurs, ont la propriété de favoriser la production des truffes. Il 2' 5. m. Nom donné, dans l'Angoumois, au pourceau habile à découvrir les truffes.
TRUFFIÈRE (tru-fiè-r'), s. f. Terrain dans lequel on trouve des truffes. Les indices auxquels on reconnaît une truffière sont : l° l'absence des plantes, les truffes les faisant souvent périr; 2" le soulèvement de la terre, les truffes étant ordinairement de la grosseur d'un œuf de poule, genlis. Maison rust. t. ni, p. 2B(, dans pougens.
t TRUFFINELLE (tru-fi-nè-1'), s. f. Se dit de petites sphères brunes qui sont les corps reproducteurs des truffes.
t TRUFFIVORE (tru-fi-vo-r'), adj. Qui mange des truffes. Paris, cité admirablement gourmande et trufflvore, brillat-savarin, Physiol. du goût, Méd. VI.
t TRUFLAS (tru-flâ), t. m. Un des noms populaires de la macre ou châtaigne d'eau.
— ETYM. Trufle ou truffe.
t TRUFLIER (tru-fli-é), t. m. Un des noms vulgaires du troène.
TRUIE (truie), s. f. |l 1" La femelle du verrat. La truie que l'on mettait anciennement sur la porte des temples pour en étranger [éloigner] les juifs, NAUDÉ, Bosecroix, ii, 6. La truie doit avoir le corps long, le ventre ample et large, les mamelles longues, buff. Quadrup. t. i, p. 298. Vingt-cinq truies ont fait leurs petits après des gestations de (09 à 133 jours, ou quatre mois et treize jours; il y en a eu cinq au ( ( 3', tessier, Instit. Mém. tcienc. 1817, t. n, p. (2. Il Fig. Tourner la truie au foin, changer de discours, parler d'autre chose, éviter de répondre. || Il en avalerait autant qu'une truie
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de lait clair, se dit d'un gourmand qui mange avidement de quelque chose. || C'est une bonne truie à pauvre homme, se dit d'une femme qui fait beaucoup d'enfants. || 2° Un des noms donnés au xée forgeron, poissons acanthoptérygiens. || Truie de mer, la scorpène scrofe, acanthoptérygiens de Cuvier, la scorpène truie de Lacépède. || 3" Truie ou plate, nom qu'on donne, àOranviUe, à la morue préparée en vert quand elle est maigre et plate.
— HIST. xm" s. Il resemblent la truie qui de boe est cargie [chargée], Arch. des miss, scient. 2* série, t. v, p. (99. Se une truie tue un enfant, il le [la] pendent et traînent, beaum. lxix, 6. || xiV s. Che que ii truie fait, compère [paye] maintes foiz Li petit pourchelez, dont che n'est mie drois, Baud. de Seb. IV, 47. Il xv s. Un grant engin que on appelle truie, lequel engin estoit de telle ordonnance que il jetoit pierres de faix, et se pouvoient bien cent hommes d'armes ordonner dedans, froisb. ii, n, 5. Ce qui fut aux truyes, je tien Qu'il doit de droit estre aux pourceaulx, villon, Grand test. Mieulx aime truye bran que rose, lehoux de lincy, Prov. t. i, p. 204. Qui touche le fan de la truie, Tant soit petit, il grogne et crie, id. ib. \\ xvi* s. La nature des truies, qu'estant bien saoulles, se couchent quand on les gratte, bonivard, Source de l'idolâtrie, p. 81. Et, tournant la truye au foin, commença deviser d'autre chose, Straparole, 6* nuit, fable t. Vous entendez, respondit Panurge, en exposition de ces récentes prophéties, comme fait truye en espices, rab. m, (8.
— ÊTYM. Wallon, (rauie; génev. cela j'en eo en chair de truie, cela se détériore, se perd; bourguign. treue ; Berry, treue, (rue, truie et cloporte, treu, un homme malpropre ; provenç. (rueia, truiga, truoia; catal. truja; ital. (rota; bas-Ut. troga, truiga, trtiia. D'après Diez, qui écarte la fausse citation de Pomponius Sabinus dans du Cange, la plus ancienne mention du mot est donnée par les Gloses de Cassel. Il faut y joindre ce témoignageci qui n'est pas moins ancien : Truyes est une localité dans l'arrondissement de Loches dite en latin rrot'ctî en 844, Troium en 860, Troilis en (0(0. Truyes est au pluriel et représente le pluriel troicis, dont le singulier est troica. On avait songé au latin sus trojanus, porc farci, ainsi dit du cheval de Troie rempli d'hommes et d'armes. Diez, qui a conçu de son côté cette étymologie, l'a fortifiée. Suivant lui le sus trojanus a donné porco di Troia, abrégé en (rota; il cite un ancien auteur espagnol qui a nommé troya un sac rempli de comestibles, et eavallo di Troya, nom que les Napolitains donnent à un goinfre, à celui qui se remplit le ventre. Cela est très-ingénieux et certainement très-possible Mais, dans cette hypothèse, que faire du c que présente la plus ancienae forme, celle de l'an 844 ; c qui se retrouve dans le bas-lat. troga et dans le provençal truiga? On peut penser que le celtique (gaélique, tore, verrat, bas-bret. tourc'h) rend mieux compte de la forme et pour le moins aussi bien du sens.
t TRUISME (tru-i-sm'), s. m. Vérité banale et qui ne mérite pas d'être répétée. J'éprouvais l'embarras de quelqu'un qui entreprend la démonstration d'un axiome et qui énonce un véritable truisme financier, buffet, ou Corpî législatif, Monit. univ. 7 juillet (8C8, p. 988, b* col.
— ÉTYM. Angl. (rutm, de true, vrai ; allem. (reu, fidèle.
TRUITE (trui-f), t. f. || 1* Nom vulgaire du salmo fario, malacoptérygiens abdominaux. Vous trouverez [à Ferney] la plus belle situation de la terre, un château magnifique, des truites qui pèsent dix livres, et moi qui ne pèse guère davantage, volt. Lett. Thiriot, 23 janv. 4 7BB. Les truites du lac de Genève, fameuses par l'excellence de leur chair et par leur grosseur, commencent au printemps à abandonner le lac pour descendre dans le Rhône et y frayer, bonnet, Contempl. noi. m, 27. Il Truite saumonée, truite qui a la couleur et le goût du saumon, salmo Irutta. \\ 3° Truite brune, nom donné à la variété sylvatique du sotmon fario. || Truite noire, un des noms vulgaire» du saumon alpin. || Truite de montagne , autre nom vulgaire du saumon alpin. |1 Truite de mer, îoimo Schiefermulleri. || 4* Partie du fourneau de la touraiUe d'une brasserie.
— HIST. xiii" s. Eles me mangeront... Tout ainsi volentiers corn li lus [brochet] fait la truite, Berte, xxxvn. N'i menjue [elle n'y mange] saumon ne Irute, ruteb. ii, (95. ||ivi* s. La truite ne peut vivre qu'en eau de fontaine.... cest excellent pois-
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