‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 205 sur 754 · TUA · texte numérisé non relu

TUA

son, estimé la perdrix d'aau douce.... o.db serres,

— ÊTYM. W.Ulon, tmtt; bourguign. lruJ«; du lat. tructa; grec, Tpùxntic, do t^ûyiiv, manger: proprement le poisson vorace.

TRUITf:, ÉE (trui-té, tée), adj. || 1» Qui ressemble à la truite. || S. m. pi. Les truites, famille de poissons. Il 2* Se dit de chevaux dont lo poil est blanc mêlé de noir et de bai, ou d'alezan, surtout i la tête et à l'encolure. Cheval alezan truite. || 11 se dit des chiens. Chien truite. || 3" Porcelaine Imitée ou craquelée, porcelaine sur laquelle on applique certaines couleurs en en fendillant la couverte, afin que ces couleur» pénètrent dans les fentes. Il 4* Fonte Iruitée, espèce particulière de fonte, qui présente l'aspect d'une fonte blanche plus ou moins tachetée de fonte grise. || 6" S. f. Truitée, la eyprée lyruc, espèce de coquille univalve, genre poixelaine.

— ETYM. Truite.

t TRUITELLE (lrui-tè-1'), s. f. TRUITON (truiton), I. m. Petite truite.

TKCLLISATION (trul-li-za-sion), s. f. Terme d'architecture. Travail de diverses sortes d'enduits ou de crépis fait avec la truelle.

— ÊTYM. Lat. trulla, truelle.

TRUMEAU (tru-mô), ». m. || 1* Le sens ancien, aujourd'hui oublié, est jambe. 112" Terme de boucherie. Le jarret d'un bœuf, c'est-à-dire la partie qui est au-dessus de la jointure du genou. Il 8* Par assimilation du sens de jambe, en maçonnerie, partie d'un mur de face comprise entre deux baies de porte ou de croisée, jl Terme de menuiserie. Toute partie de menuiserie servant à revêtir l'espace qui se trouve entre deux croisées, qu'il y ait ou non une glace. || 4* Parquet de glace qui occupe cet espace. Tous ces objets sont vingt fois répétés Dans des trumeaux tout brillants de clartés, volt. Hondain.

— REM. On a dit trémeau. Les trémeaux [d'une fenêtre du petit Trianon] ne faisaient que s'élever, et n'étaient pas joints par le haut, st-sim. 2)9, 202.

— HIST. xn' s. Quatre ribauz toz les trumiax [jambes] rostis, Garin, dans du cange, trumulieres. Il xin' s. Ne vous i puis adroit tenir, Tant me faites et tors et gauches De bras, de trumiaus et de hanches. Et tant vous aies detortant, la Rose, 8898. Il IV s. Un trumel de mouton, du cange, ib. Pour ung trumeau de beuf, seize deniers, Bibl. des ch. 6* série, t. i, p. 226. Or a chaperons bons et beaux, Or a chances et blans trumeaulx [caleçons], E. DESCH. Poésies mss. {• 5I4. || xvf s. Trémeaux, gigoteaux, pieds de bœuf, paré, xni, 29.

— ETYM. Diez y voit l'allem. Trumm, qui signifie bout, morceau, tronc.

t TRUMPEAU ou TRUHPO (tron-po), ». m. Espèce de cachalot.

t TRUQUEUR (tru-keur), ». m. Terme populaire. Homme usant de trucs.

tTRUSQUIN (Iru-skln), ». m. Voy. thoussequin 2.

t TRUT (trul, ». m. Sorte de jeu de cartes.

■f TRYGON (tri-gon), ». m. Genre de sélaciens dans lequel on distingue : 4* le trygon pastcnaque, dit vulgairement pastenague et qui est la raie pastenaque de certains auteurs ; 2° le trygon lymne, que Cuvier regarde comme un double emploi du trygon pastenaque ; 3" le trygon orbiculaire, appelé aireba et ajaroba par certains auteurs, tandis que d'autres lui donnent le nom de pastenaque orbiculaire, legoarant.

— ÊTYM. TpUY<iv.

TSAR (tzar), ». m. Nom que porte le souverain de la Russie.

— ETYM. Mot russe. La forme cjrar est polonaise. tTSAKIEN, lENNE (tsa-riin, riè-n'), od>. Qui

appartient au tsar. Sa majesté tsarienne, l'empereur de Russie.

t TSARINE (tza-ri-n'), ». f. Titre de l'épouse du souverain de la Russie.

t TSAROWrrz (Iza-ro-vits'), ». m. Le fils, l'héritier du tsar.

— ÊTYM. Tiar, et le suffixe wits qui signifie né de, provenant de.

4. TU (tu), TOI (toi), TE (te), pron. pers. de la seconde personne du singulier et des deux genres. Il 1" Tu est toujours employé comm3 sujet. Tu l'as voulu. Que demandes-tu ? Tu y étais. Tu nous parleras. Cléanthis : Ahl ah! tu t'en avises, Traîtr», de l'approcher de nous! — Sosie : Mon Dieu! qu'astu? toujours on te voit en courroux, mol. Amph. a, 3. Il Substantivement, le tu, le toi, l'action de tutoyer. M. de Bussy demande si l'on doit se tutoyer en amour; et, après avoir dit que cela est

indilTérent, il finit par ces vers : Le vous me paraît plus galant; Mais je trouve le toi plus tendre, Dict.de Trévoux, Tu. Les poètes ont conservé le tu; et, en vers, cette licence a de la noblesse, parce qu'on parait s'égaler à son supérieur, cONDiL.trom. II, 7. Il 2* Toi s'emploie comme régime direct. Qui a-ton voulu désigner? toi. 11 veut vous voir, toi et ton frère. Il n'y a que loi qui puisses lo faire. Aidetoi, le ciel l'aidera, la font. Fabl. vi, 18. À ta faible raison garde-loi de le rendre ; Dieu t'a fait pour l'aimer, et non pour le comprendre, volt. Benr. vil. Il Comme régime indirect ou comme régime de préposition. Je compte sur toi. On a parlé de toi. C'est par toi que cela se fera. Â qui a-t-on voulu parler? à loi. Ton maître le fait signe, et veut parler à toi, mol. l'Él. I, «o. Figure-loi Pyrrhus, les yeux élincelants. Entrant à la lueur de nos palais briilanls, hac. Andr. m, ». |l 3' Par abus et par oubli de l'ancienne langue, toi est employé comme sujet dans certains cas déterminés. || Il l'est, en jonction avec un nom, ou avec un au»re pronom. Ta sœur et loi, venez nous voir. Nul autre que toi n'aura l'héritage. Personne que toi n'est si bien placé. || Il l'est dans les réponses. Qui sera chargé de cette besogne ? toi. || Il l'est devant le pronom relatif. Voudrais-je l'affliger, loi que j'aime tant? Que répondras-tu à cela, loi qui.... Et toi, soleil, et toi qui dans cette contrée Reconnais l'héritier et le vrai fils d'Atrée, rac. Iphig. v, 4. ô loi, qui vois la honte où je suis descendue. Implacable Vénus, suis-je assez confondue 1 m. Phèdre, II, 2. Toi, qui prévois tout, lui dit-il [Louis XI, à un astrologue], quand mourras-tu? duclos, Œuv. t. m, p. 34 B. Il II l'est par réduplicalion. Toi, tu oserais le défier I Toi, lu soutiens telle opinion, et moi telle autre. || Elliptiquement. Toi me trahir! faire une bassesse, toi 1 serais-tu capable de me trahir, de faire une bassesse? Pourquoi faut-il encor que ma main trop timide Reconnaisse un ami dans les traits d'un perfide 1 Qui? toi? tu me trahis? LAFOSSE, Jfonitus, IV, 4. || Il l'est par opposition avec un nom ou un autre pronom. Toi et moi nous irons ensemble. Toi et ton frère, que faites-vous aujourd'hui? Toi et lui, vous êtes deux fripons. || Il l'est avec c'est, c'était, etc. Le jeune homme s'émeut, voyant peint un lion : Ah I monstre! cria-t-il, o'cst toi qui me fais vivre Dans l'ombre et dans les fers! la font. Fabl. viii, (8. C'est toi dont l'ambassade à tous les deux fatale.... rac. Andr. t, ». || Toi joue aussi quelquefois le rôle d'un substantif. La première chose que je lui reproche [à un portrait], est de le ressembler et de n'être pas loi, d'avoir la figure et d'être insensible, 3. J. Rouss. Hél. II, 25. Il 4" Te s'emploie comme régime direct. Je veux bien l'attendre. Je le crois un peu fourbe. Pourrais-tu te résoudre à me quitter ainsi? MOL. l'Él. i, )0. Je devrais sur l'autel oii la main sacrifie Te.... mais du prix qu'on m'offre il faut me contenter, rac. Ath. v, 5. || Comme régime indirect. Je te le promets. ...S'il fallait condamner Tous les ingrats qui sont au monde, X qui pourrait-on pardonner? Toi-même tu te fais Ion procès.... LA FONT. Fabl. x, 2. Je te les vais montrer l'un et l'autre à la fois, rac. Ath. v, b. || Tl t'est parent, voy. leur. || L'e de te s'élide devant une h muette ou une voyelle. Tu t'honores par cette conduite. Ne t'amuse pas en chemin. || 6* Toimême, voy. MÊME. Il Substantivement, un autre toimême, voy. MÊME. Il 6' Familièrement. Être à tu et à toi avec quelqu'un, être assez intime pour le tutoyer et en être tutoyé.

— REM. 1. Lorsque toi se trouve après la seconde personne de l'impératif et qu'il est suivi de en ou de y, on élide oi, on met une apostrophe, et on joint par un trait d'union t'au verbe. Informet'en. Fais-t'en donner la moitié. Va-l'en. Garde-t'en bien. Mets-t'y. Jette-J'y. Accroche-t'y. J'en goiiterai désormais, altens-t'y, la font. Cuv. Un seul serment suffit à la vie d'un homme : tu en as déjà prêté un, tiens-l'y, ch. de Bernard, le Gentilhomme campagnard, ii, 28. || 2. Il ne serait pus incorrect de dire : mets-y-toi, jettes-y-toi. Mais on évite ces façons de parler peu usitées. || 3. On a prétendu que l'usage n'admet pas t'y avec les verbes en ier. Cela n'est pas exact ; on peut dire : réfugie-t'y, fie-l'y. Il 4. Quand toi est régime indirect ou direct d'un verbe à l'impératif, il se met toujours après, et on l'y joint par un trait d'union. Tais-toi. Retire-toi. Fais-loi donner la bourse. || 5. Avec l'impératif, c'est toujours toi qu'on emploie, comme régime soit direct, soit indirect. Cependant, quand il y a deux impératifs de suite, on peut remplacer toi par te dans le second : Approche-toi , cl te mets

en ma plae«. jj 6. Te, régime direct ou indirect, se met immédiatement avant le verbe. Je t'aime. Je t'annonce celte nouvelle. Si le verbe a «D outre un autre régime exprimé par le, la, les, te se met avant le, la, les. Je te le dis. Je te la recommande. Je le les annonce. Hais celte construction ne se fait pas avec me, avec cou», avec nout, aveo leur; on ne dit pas : je le me recommande, mais : je me recommande à toi.||7. Ta sœur ou toi, ta sœur et toi, vous aurez l'Iiérilage. On peut aussi supprimer vous, et dire : ta sœur et toi aurez l'héritage. Même remarque avec ni. Ni ta sœur ni toi, vous n'aurez ou n'aurez l'héritage. Il 8. Ton frère aussi bien que toi est digne de louange. On peut dire aussi : ton frère aussi bien que loi, êtes dignes de louange. || 9. La seconde personne a deux pronoms pour ie singulier, tu et vous. 7'u s'emploie dans la familiarité entre camarades, amis, parents, mari et femme, etc. Il s'emploie aussi en parlant à des enfants et quelquefois à des personnes fort inférieures. Quelquefois au contraire il fait partie du style oratoire et poétique, et c'est de lui qu'on se sert pour s'adresser aux personnages qu'on respecte le plus, aux monarques, à Dieu même. Ce tutoiement respectueux est un retour à l'antique manière de parler, où l'on ne disait pas vous à une seule personne; et c'est cet archaïsme qui lui donne sa majesté. Dans les traductions des auteurs anciens, il est d'usage aujourd'hui d'employer le (u; dans les traductions du xvii* siècle, on employait la distinction moderne entre tu et tous. 1| 10. Dan» l'ancienne langue, toi était toujours régime; et partout où nous l'employons comme sujet, nos aïeux mettaient tu : lu qui parles ; autre que tu ne l'auras, etc. Cela était la véritable constructiom ; car (01, représentant te, ne pouvait être sujet.

— HIST. I* s. Tu douls [tu as douleur, en lat do- Us] multad.... frajm.de FoJenc. p. 469. Ijn's. Jo t'en muvrai un tel si grant contraire, Ch. de Roi. XX. Il XII' s. Par loi commanl [par le commande-

; ment de loi], Ronc. p. n. ||iin« s. Et que ton ami ! soit un autre loi, brun, latini. Trésor, p. 322. Que ce bois ne le soit à lousjours mais litière, Derte, XX. Tais loi, vieille, fait ele, n'en ferai rien por ti, ib. Lxxxix. Dist Primaut: je boif plus que tu, Ren. 3(64. Il XV' s. Tu qui veulz aler par païs, Six choses le vueil enseignier, k. desch. Poésies mss. P 65. Il XVI' s. Approche toy, et te mets en ma place, MAROT, m, 302. Qu'avois-tu, mer, à l'enfuir soudain? id. iv, 324. X ma dexlre te sieds, m. iv, 32). Qu'es-lu toy, archer ou picquier? ahtot, Que la vertu se peu» opprendre, 8.

— ETYM. Picard, ti, loi ; provenç. espagn. etital. tu; du latin tu, (ibt, te; grec, où; allein. du; angL thou. Toi représen te le latin te; la différence entre toi et te est la différence entre une forme accentuée et une forme enclitique.

2 TD, UE (tu, tue), part. passé de taire. Des s^ crets tus longtemps.

TtJABLE (tu-a-bl'). adj. || I' Qu'on peut tuer. Hé quoi ! mon père, la vie des jansénistes dépend donc seulement de savoir s'il nuisent à votre réputation? je les tiens peu en sûreté, si cela est; car, s'il devient tant soit peu probable qu'ils vous fassent tort, les voilà luables sans difficulté, pasC. Prov. VII. Autrefois on nous tuait pour cinq sous parisis.... nous étions la genl corvéable, taillable et luable à volonté ; nous ne sommes plus qu'incaicérables, p. l. cour. Lett. 1. 1|2° Particulièrement, en parlant d'un animal domestique, bon à tuer. Voilà des poulets tuables. Un cochon tuable.

— HIST. XTi* s. Ahl monsieur mon ami, le roi est perdu; il est tuable à ceste heure, p. de l'estoile, dans le Dict. de cochez.

— ÊTYM. Tuer.

t TUAGE (tu-a-j*), ». m. Action de tuer un animal. Il Prix que coûte le tuage.

TUANT , ANTE (lu-an, an-f) , adj. || !• Fatigant, qui cause beaucoup de peine. S'il faut nous séparer, figurez-vous ma peine; Ce sera pour mon cœur le coup le plus tuant, boursault, Fabl, d'Ésope, I, 3. U est vrai que c'est un métier tuant que ces excès de cérémonies et de civilités, sÉv. 29. La seconde cause de son agonie [de Jésus], c'est la douleur qu'il ressent des péchés qu'il porte, douleur si tuante, si accablante, qu'elle passe infiniment l'imagination, BOSS. Serm. i" serm. sur la Passion, < . || 2° Importun. En vain à passer je m'apprête. Pour fuir leurs persécutions; Leur tuante amitié de tout côté m'arrête, mol. Amph. 11, 7. Rien n'est plus tuant que ces loueurs de profes-

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