TUL
TUM
TCILE (lui-n, » f. Il 1* Pièce de terre cuite, qui sert à couvrir les bâtiments. D'autres [animaux] ont des écailles qui se couvrent les unes les autres comme les tuiles d'un toit, fén. ! xist. )0. Il va vous proposer de jouer sur les tuiles, entre deux gouttières, dancourt, Désol. des joueuses, se. n. On connaît la bonté de la tuile, lorsque, frappée en l'air, elle sonne bien, genlis, Maison rust. t. i, p. 34, dans pouoens. Il y a des pays où l'on fait des tuiles plombées et vernissées qui durent plusieurs siècles, ID. ib. t. i, p. 35. C'était peut-être du haut de cette terrasse qu'une pauvre femme lança la tuile qui mil fin à la gloire et aux aventures de Pyrrhus, ciuteaubb. /(in. part. I. Il Être logé près des tuiles, sous les tuiles, sous la tuile, être logé au plus haut étage de la maison. Ils [les jésuites] le logèrent [ce recteur] «ous les tuiles au plus haut étage, st-sim. 527, 262. [Desfemmes] iront interroger, sous les tuiles, quelque vieille à qui elles persuaderont ellesmêmes que le présent, l'avenir et le passé sont ouverts à ses yeux, dider. Opin. des anc. philos. [Pythagorisme). \\Pig. et familièrement. Accident tout à fait imprévu, comparé à une tuile tombant d'un toit. Quelle tuile I Ahl mon Dieu, c'est une tuile qui me tombe sur la tête, genlis, Veill. du chdt. t. II, p. 244, dans pouoens. || Fig. Cet homme ne trouverait pas du feu, de feu sur une tuile, on ne voudrait pas lui donner, lui prêter la moindre chose, lui accorder le moindre secours. 1| Tuile flamande, tuile creuse qui, vue de profil ou posée de champ, offre dans son rebord la figure d'une S. Il Tuile de Guienne, tuile creuse dont le profil est un demi-canal. || Tuiles gironnées, celles qui sont plus étroites en haut qu'en bas. Il Tuile romaine, tuile très-épaisse, ayant des cannelures qui permettent d'emboîter les tuiles les unes sur les autres. || Battre la tuile, chez les capucins, avertir, en frappant sur une tuile, que des frères d'un autre couvent sont arrivés. ||a« Par extension, morceau de marbre, de pierre ou de bronze servant au même usage que la tuile. Temple couvert de tuiles do marbre. || 3* Planche de bois sur laquelle coulent les tenailles qui étirent le fil de fer. || Chez les drapiers, planche de sapin qu'on applique sur le drap, pour achever de lui coucher le poil. || 4° Nom donné dans l'Ouest à une poêle très-plate oii l'on fait les crêpes.
— HIST. xii* s. La terre mole dunt l'um fait la tuile, Rois, p. <62. [Ils] Ont trovée la sale overtc, Qui de tuiles estoit coverte, la Charrette, 98 1. Ijxin* s. Et trestuit [les palais] sont covert en son [au sommet] De tuiles paintes et de pion, Fartonop. v. 83a. Ijxivs. Couverture de thiule, cap- FlAL'X, Compt. de Valenciennes. || xV s. TieuUe, sable, chaux, carreau, Urdonn. janvier (498. Il XVI* s. Tuiles vieux, ou, à leur défaut, des nouveaux, O. DE SERRES, 767.
— ËTYM. Noim. tieule; picard, teuU; saintong. teulle; du lat. tegula, de légère, couvrir.
tTUILÊ, ÉE (tui-lé, lée), adj. \\ 1" Qui a la forme d'une tuile. {| Coquille tuilée, coquille dont les cavités sont en forme de tuiles creuses. || 1' S. f. Tuilée, voy. faîtière, n* 5.
rUILEAU (tui-lô), S. m. Morceau, fragment de tuile cassée.
— HIST. XV' s. Il y doit faire contre-mur de tuilleaux ou de piastre de demi-pied d'cspesseur, Ordor^n. (485. || xvi' s. X faute de pots, l'on se contente d'appliquer sur les tiges de laictue des tuilleaux, 0. de serres, 514.
— ETVM. Dimin.de tuiie; wallon, tûlai.
t TUILER (tui-lé), I). o. |1 1" Donner la dernière
façon au drap avec la tuile. || 2° Dans le langage maçonnique, constater si celui qui se dit francmaçon l'est en effet. || 3° V. n Se dit de la couleur du rocou, quand elle tire sur la teinte de brique ou de tuile.
TUILERIE (tui-le-rie), ». f.\\i' Art du tuilier. Il Lieu où l'on fait de la tuile. || Four propre à faire cuire des tuiles et briques. || 2' Absolument. Les Tuileries, palais à Paris et résidence des souverains de la Fiance. Ce palais fut ainsi nommé du lieu où il est situé, et qu'on appelait les Tuileries, parce qu'on y faisait de la tuile; Catherine de Médicis le fit bitir en 4 5G4, saintvoix, Ess. Paris, (Euv. t. m, p. 2»7, dans pouoens. Il Le jardin qui en dépend. Mais puisque nous voici dedans les Tuileries, Le pays du beau monde et des galanteries, corn, le Ment, i, ). Par un hasard assez singulier, le plus beau jardin public d'Athènes s'appelait les Tuileries ou le Cé« 1
nAire, sur un endroit où l'on faisait de la tuile, SAiNT-Foix, Ess. Paris, Œuv. t. m, p. :ioi, dans poi'OENS. Il Le cabinet des Tuileries, le gouvernement français, considéré dans ses relations avec les puissances étiangères.
-- MIST. xin* s. L'abbes et li couvcns de Saint- Ourbain puent [peuvent] panre [prendre], pour la tculerie de Sonbru refaire, marrenier [du raerrain].... Bibl. des eh. 6* série, t. m, p. Me.
— ÊTYM. Tuilier ; génev. tuiliêre ; wallon, tûlreie.
f TCILETTE (tui-lè-f), J. f. Petite tuile. || Plaque d'argile cuite avec laquelle on diminue l'ouverture d'un fourneau de fusion.
t TUILEUR (tui-leur), s. m. Celui qui, dans une loge de francs-maçons, est chargé de tuiler un étranger qui se dit franc-maçon. || yldj. Frère tuileur.
TUILIER (tui-lié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : des tuilié-z habiles), ». m. Ouvrier qui fait des tuiles.
TULIPE (tu-li-p'), J. ^. Il !• Terme de botanique. Genre de la famille des liliacées, on y distingue une plante qui porte une belle fleur du même nom. Vous le voyez planté, et qui a pris racine au milieu do ses tulipes et devant la solitaire.... aussi est-elle nuancée, bordée, huilée, à pièces emportées ; elle a un beau vase et un beau calice.... il la contemple, il l'admire; Dieu et la nature sont en tout cela, ce qu'il n'admire point : il ne va pas plus loin que l'oignon de sa tulipe, qu'il ne livrerait pas pour mille écus et qu'il donnera pour rien quand les tulipes seront négligées et que les œillets auront prévalu, la bruy. xiil. Je trouvai, dans les bois au-dessus de l'Hermitage, la tulipe sauvage, que je n'avais jamais vue auparavant, SAUSSURE, Voy. Alpes, t. i, p. 431, dans POUOENS. Il 2° Bourlet en tulipe, partie antérieure de la volée de certains canons, qui présente un rendement de métal destiné à amortir les vibrations de la pièce. || 3" Nom de plusieurs coquilles. Il 4° Dans l'ancien régime, c'était un surnom appliqué aux caporaux et aux sergents qui taisaient ce qu'on nomme au bivouac les jolis cœurs. Fanfan la Tulipe. La Tulipe, homme de cour, a quitté son briquet pour se faire talon rouge.... on n'a pas meilleur ton que monsieur ou monseigneur le comte de la Tulipe, p. L. cour. Lett. au censeur, x.
— HIST. XVI' s. Le tulipan est une plante haute de deux à trois pieds, produisant à la cime un gros bouton, d'où sortent des agréables fleurs, mais c'est au troisième an de son aage, non devant; il s'édifie par bulbes, o. de serbes, 577. Aller souvent en sa maison des champs pour secouer l'oreille de latulippe et du nartigon, faire cinq ou six tours de jardin. Caquets de l'accouchée,
p. t, dans LACURNE.
— ÉTYM. Portug. tolipa; ital. tulipano; du turc tolipend, nom donné à la Heur à cause de la comparaison avec un turban (voy. ce mot); la tulipe vient de Turquie.
TULIPIER (tu-li-pié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des tu-li-pié-z en fleur), s. m. Il 1' Cultivateur et amateur de tulipes. || 2" Grand et bel arbre de l'Amérique , dont la fleur ressemble à celle de la tulipe, magnoliacées, Liriodendrum tulipifera, L.
— ETYM. Tulipe.
t TUHPOAIANIE (tu-li-po-ma-nie), ». f. Goût
pour les tulipes, qui devient une passion, une manie (mot créé par Ménage).
TULLE (tu-l'), s. m. Tissu fait avec quelques brins de fil, de coton ou de soie, très-fins, formant un réseau rond ou carré; ce tissu est beaucoup plus clair que la mousseline. Tulle de coton. Tulle de soie. Il Un chapeau, une robe de tulle, un chapeau, une robe faits avec du tulle. || Mettre un tulle à une bande de mousseline, à un bonnet de nuit, y coudre ou un tulle étroit ou une dentelle de coton. Il Tulles fantaisies, tulles en bandes, façonnés. || Tulle noué, ou tricot de Berlin, ou tricot d'abeille, noms donnés à des tricots à jours unis et façonnés, fabriqués au métier. TuUebobin, sorte de tulle fait à la mécanique.
— ETY.M. La ville de Tulle, chef-lieu du département de la Corrèze, où les premières fabriques do tulle ont été établies.
t TULLERIE (tu-le-rie), ». f. L'industrie qui fabrique le tulle.
t TULLIÈRE (tu-liè-r'), ad), f. L'industrie tuiliêre, la fabrication des tulles. Cette lettre contient (34 signatures- de l'industrie tullière, Jfonit. univ. 15 mai «os, p. 8G2, 3' col.
+ TULUSTE (tu-li-st*), ». m. et f. Celui, celle
ramique, parce qu'il avait été planté, comme le] qui fabriaue, qui vend du tulle. Vous savez que DICT. DI LA LANOUK FRANÇAISE.
les tullistes se livraient à une industrie des plus considérables , celle des tulles de coton, Monit. univ. )5 mai )808, p. 665, 3* col. || Ouvrier, ouvrière en tulle.
t TDMBLER (ton-blèr), ».m. || 1- Le pigeon culbutant anglais, qui est une sous-variété do la colombe gyratrice ou pigeon culbutant, rapportée pat Desportes à la colombe Livie. || 2* Le chien basset.
— ETYM. Angl. tumbler, celui qui fait la culbute. TUMÉFACTION (tu-mé-fa-ksion; en vers, de
cinq syllabes), s. f. Terme de médecine. Augmentation de volume d'une partie. La tuméfaction de» amygdales, du poignet.
— HIST. XVI' s. Des navrures ou blessures que l'on feroit.... concussions, tuméfactions ou autre manière, Coust. génér. t. n, p. 945.
— ETYM. Voy. TUMÉFIER.
TUMÉFifi, ÉE ;(tu-mé-fi-é, ée), part, passé da tuméfier. Les orteils tuméfiés à la suite d'une attaque de goutte.
TU.MÉFIER (tu-mé-fi-é), v. a. 11 se conjugue comme prier. || 1* Causer de la tuméfaction dans une partie du corps. Les articulations étaient tuméfiées par le rhumatisme. || 2° Se tuméfier, v. réfl. Devenir tuméfié. Le périoste se tuméfie toujours sur les fractures, bonnet, Consid. corps org. Œuv. t. T, p. 397, dans pouoens.
— HIST. XVI' s. Quand la partie commence à tuméfier et enfler, paré, y, 3.
t TUMELIÈRES (tu-me-liè-r"), ». f. pi. Partie de l'armure quicouvrait les jambes; elle fut plus tard désignée sous le nom de grèves. Des cnémides ou jambières (tumelières) couvraient le devant de la jambe [du soldat chaldcen] jusqu'en dessous de la
rotule, A. DEMMIN, Jour. o/'. 20 fév. (809,p.222,2'COl.
— ÊTYM. Tumelières pour trumeliéres, de trumeau, jambe (voy. trumeau).
TUMEUR (tu-meur), ». ^. || 1' Terme de pathologie. Toute érainence circonscrite, d'un certain volume, développée dans une partie quelconque du corps. Les tumeurs du périoste sont des ossifications naissantes, bonnet, Consid. corps org. Œuv. t. v, p. 897, dans pouoens. || Tumeurs pulsatiles des os, tumeurs formées près des articulation» avec développement des artères anastomotiquesde ces régions, qui font que la tumeur prise en masse présente des battements ou dilatations isochrones avec ceux du pouls. || Tumeurs sanguines du pavillon de l'oreille chez les aliénés, affection singulière qui se produit assez fréquemment chez les aliénés sous forme de tumeur fluctuante, ayant son siège à la face externe du pavillon de l'oreille. Il 2° Loupe des végétaux. Quand on les ouvre [les vessies de l'orme], on les trouve farcies de pucerons ; ce sont réellement leurs piqûres qui occasionnent ces tumeurs singulières, bonnet, Contempl. nat. zi, < l.
— HIST. ivi' s. Tumeur contre nature, vulgairement aposleme, paré, t, t. J'entends, dict-il [Zenon], que les médecins ordonnent le repos principalement, et dcffendent l'esmotion à toutes tumeurs, mont. IV, I(Î4.
— ËTYM. Lat. tumorem, tumeur, tenant au radical sanscr. tu, croître.
TUMULAIRE (tu-mu-lê-r'), adj. Qui appartient, qui a rapport aux tombeaux. Pierre tjmulaire. Il Le mégapode tumulairc, oiseau des iles de la Malaisie qui construit dos monliciilcs ayant parfois plus de trois pieds anglais de haut et quatorze ou quinze pieds de diamètre, pour recouvrir ses œufs.
— ETYM. Voy. TUMULUS.
TUMULTE (lu-mul-f), ». m. || !• Grand mouvement accompagné de bruit et de désordre. Un tumulte, dit-on, s'élève dans la place, corn. Uéracl. V, 2. Les sentiments de religion sont la dernière chose qui s'efface en l'homme, et la dernière quor l'homme consulte; rien n'excite de plus grands tumultes parmi les hommes.... boss. la Valliire. L» vieillard de ses soins bénit l'heureux succès. Et sur un bois détruit bâtit mille procès; L'espoir d'un doux tumulte excitant son courage. Il ne sent plus le poids ni les glaces de l'âge, boil. tutr. v. Ce fut uniquement la grandeur de la république qui fit le mal et qui changea en guerres civiles les tumultes populaires, montesq. ilom. ». Comme il réfléchissait à celte aventure, il entendit un grand tumulte de voix, genlis, Veili. du chdt. t. m, p. 434, dans pougens. ||2' Le tumulte du monde, des affaires, l'agitation que cause le monde, les affaires. Heureuses donc cent fois, heureuses les oreilles Qui s'ouvrent sans relâche à ses divins accents [de la grâce]. Et, pleines qu'elles sont de leurs hautes merveilles. Se ferment ftil
TUM
tumulte et du inonde et des scnsi cohh. ImA. m, 4. Malgré le lumulle de la cour, la reine trouvait le Carmel d'Élie, le désert de Jean, et la montagne si souvent témoin des gémissements de Jésus, Boss. If or. - Thér. Asile où n'entrèrent jamais Le tumulte et l'inquiétude, chaul. Louanges de la vie champêtre. Votre rang et vos emplois vous engagent dans le tumulte du monde et des affaires, mass. Carême, Dang. des prospér. lemp. Il On dit dans un sens analogue : le tumulte des armes. Qu'il est beau, après le tumulte des armes, de savoir encore goûter ces vertus paisibles...! aoss. Louis de Bourbon. Je n'étais pas surpris que, dans le tumulte des armes, tu [Vauvenargues] cultivasses les lettres et la sagesse, volt. Uél. litt. Or. fun. offic. || 3° Fig. Trouble intérieur. Ce ne sont point les sens que mon amour consulte. Il hait des passions l'impétueux tumulte, corn. Sertor. n, 1. Une lettre que j'avais écrite dans le tumulte de mes pensées, riccoboni, Œuv. t. i, p. 30G, dans POUGENS. Le tumulte où je suis ne me permet encore de rien résoudre ; je vous en dirai davantage quand mes sens seront rsissis, j. J. fouss. Lett. à milord Maréchal, n févr. (705. Us raisonnaient, ils demandaient comment L'enfant Amour, qui parait si paisible. Porte en nos sens ce tumulte terrible, MALFiL. Narcisse, m. ||4" Chez les Romains, attaque subite d'un peuple ennemi. Le tumulte gaulois. Il 6° En tumulte, lac. adv. En confusion. Mais quand le peuple est maître, on n'agit qu'en tumulte, CORN. Cinna, n, <. Je crois qu'ils [l'abbé de Coulanges, mon fils et La Mousse] vous écriront; pour moi, je prends les devants, et n'aime point i vous parler en tumulte, sÉv. 3( mai \6'\. Il Fig. Je vous aime.... Non d'un amour conçu par les sens en tumulte, corn. Pulchér. i, i.
— iilST. xn* s. E. Joab, cum il oïd le sun de la busine [trompette], enquist dunt levast 11 tumultz par la cité, Ruis, p. 223. Guillaumes a le temolte entendu, li coronemens Looys, y. 14 92. ||xin' s. Choses qui font son et grant tumulte, brun, latini. Trésor, p. îoc. La noise i estoil si grans de toutes pars, et la Ihumuite et li hanissemens des chevaus, que n'i oîsl neis Diu tonnant, H. de vale.nx. vi. Il XIV' s. Quelque part que aloit, la multitude armée fist paour et temoute, behcheure, f* 27, recto. Et là où les légions entrèrent en la ville, ne cuidicz pas que il y eust brayt, clamour, ne telmoute, ID. {° tl. Il iTi's. Jel'ay fait ennemy du tumulte des villes, J'ay repurgé son cœur d'affections serviles. Compagnon de ces dieux qui sont parmy les bois, DESPORTES , Diane, ï, 69. Troubles et tumultes, AMTOT, Publie. 28. Il mist fin à la guerre ou entreprise renaudique [de la Renaudiej, que l'on nommera te tumulte d'Amboise, carl. vni, 7.
— ETYM. Provenç. tumult; espagn. et ital. tutnuîJo; du latin, tumultus, qui est de même radical que tumor, gonflement.
TnMCLTDAIRE(tu-mul-tu-ê-r'), adj. \\ l'Qui a le caractère du tumulte. J'oppose un petit nombre choisi à une multitude tumultuaire, balz. liv. vi, lett. 7. Pour le temps, il m'a fallu réduire en soulèvement tumultuaire une guerre qui n'a pu durer moins d'un an, corn. Pomp. Bxamen. Avant que l'envoyé fût entré, il y avait eu beaucoup de contestations tumultuaires dans la compagnie, retz, ilf^m. t. I, liv. n, p. 34<,dans poogens. Ne pouvant alléguer aucune raison pour justifier ce concours tumultuaire de peuple, SACt, Bible, Act. des ap6t. ziz, 40. M. Pascal examine celte réflexion de Cinéas [vivre tranquillement, au lieu d'entreprendre sans cesse] dans le chapitre xxvi de ses Pensées, où il explique d'une manière admirable quelle est l'origine de toutes les occupations tumultuaires des hommes, rolun, Hist. anc. Œuv. t. vn, p. 3fl«, dans poi'OENS. Cette réclamation devait se faire au moment où la députation a été annoncée, et non par une interruption désobligeante et tumultuaire, MIRAS. Collection, t. iv, p. (07. Il [Napoléon] avait dégoût et crainte de tout ce qui était émotion tumultuaire ou même apparence démocratique, viLLEM. Souv. contemp. les Cent-Jours, vn. ||1' Oui a le caractère du désordre et du hasard. L'homme n'est point une besogne tumultuaire et faite sans y penser, malh. le Traité des bi«nf. de Sénèque, vt, 23. Il faut renoncer à tout ce qui dissipe notre esprit, qui le fait sortir de son assiette, qui le rend évaporé, qui le remplit d'idées confuses et tumultuaires, nicole, Essais, t. T, p. so, dans puuoens.
— HIST. xn«s. Ils [les médecins] offensent l'estomach et empirent le cerveau par ces drogues tumultuaires et dissentieuses, mont, m, 2<». Ils
TUM
mesprisoyent les forces de ceux de la religion, comme tumultuaires, langue, 5ii9. Assemblées tumultuaires, d'aub. Ilist. i, 263. De chastier aigrement ces tumultuaires et séditieux, carl. vii, 2.
— f.TYM. La t. tumultuarius , de tumultus, tumulte. TCMDLTCAIREMENT (tu-mul-tu-ê-re-man), adv.
D'une manière tuniultuaire. Que s'ils [les Juifs] lapidèrent saint Etienne, ce fut tumultuairement et par un effet de ces emportements séditieux que les Romains ne pouvaient pas toujours réprimer.... BOSS. hist. n, to. Dès que ces Furies vinrent à se réveiller et à paraître tumultuairement sur le théâtre, où elles faisaient l'office du chœur [dans l'Oreste d'Eschyle], quelques femmes enceintes furent blessées de surprise, et des enfants en moururent d'effroi, roujn, Hist. ane. Œuv. t. v, p. us, dans POUGENS. L'assemblée se rompit, sans rien conclure, un peu tumultuairement, st-sim. 26, 47. Les Suisses, armés tumultuairement, s'avançaient pour secourir Granson [assiégé par Charles le Téméraire] , duclos, Œuv. t. m, p. 99.
— HI.ST. XVI* s. Elles souloient au paravant y arriver tumultuairement sans ordre, amyot, Nicins, B. Les arriere-bans, et tout ce qui se pust amasser tumultuairement, d'aub. Hist. ii, 120. Ce n'est pas en passant et tumultuairement, qu'il fault manier un estude si sérieux et vénérable, MONT. I, 398.
— ÊTYM. Tumultuaire, et le suffixe ment.
t TUMCLTUER (tu-mul-tu-é), v. n. S'agiter en tumulte.
— HIST. ivi' s. La mer commencea s'enfler et tumultuer du bas abysme, ras. PonJ. iv, 18. Le peuple n'avoit pas occasion de tumultuer, calv. Inst. 805.
— ÉTYM. Lat. tumxdtuari, de tumultus, tumulte. TCMCLTCEUSE.MENT (tu-mul-tu-cû-ze-man) ,
adv. En tumulte. Ces âmes infortunées qui s'agitent tumultueusement autour de leurs corps privés de sépulture, barthél. Anach. ch. 64.
— HIST. iiv* s. Il s'en sont venuz en criant et braiant tumultueusement l'un contre l'autre, ber- CHELRE, f* 20, vtTso. \\ XVI' S. Il fut rabroué fort tumultueusement, ahvot, Nicias, 61.
— ËTYM. Tumultueuse, et le suffixe men*. TOMCLTOEUX, EUSE (tu-mul-tu-eû, eû-z"), adj.
Il 1° Plein de tumulte. Horace, ne crois pas que le peuple stupide Soit le maître absolu d'un renom bien solide; Sa voix tumultueuse assez souvent fait bruit, corn. Hor. v, 3. Enfin leur conseil tumultueux finit, et je ne sais ce qu'on y avait résolu, SCARR. Rom. com. n, h. Le prélat et sa troupe, à pas tumultueux. Descendaient du Palais l'escalier tortueux, boil. Lulr. v. Il [Démosthène] allait sur le bord de la mer, et, dans le temps que les flots étaient le plus violemment agités, il y prononçait des harangues, pour s'apprivoiser, par le bruit confus des flots, aux émeutes du peuple et aux cris tumultueux des assemblées , rollin , Hist. anc. Œuv. t. v, p. 634. Sur ces rives tumultueuses Où les passions fastueuses Font régner le luxe et le bruit, oREssET, Chartr. D'un ciel tumultueux la sombre majesté, st-lamb. Sais. iv. Désirs insensés I fantômes monstrueux 1 Et d'un cerveau malsain rêves tumultueux ! a. chén. VInvention. Il 2* Fig. Plein de trouble, d'affaires. La vie tumultueuse est agréable aux grands esprits ; mais ceux qui sont médiocres n'y ont aucun plaisir, PASC. Pass. de Vamour. Au milieu d'un conflit tumultueux de grands et petits intérêts qui divisent les citoyens, il [M. le Tellier] réprimait la licence des uns, relevait la faiblesse des autres, FLÉCH. le Tellier. De soins tumultueux un prince environné. Vers de nouveaux objets est sans cesse entraîné, rac. Esth. n, 3. Se disposer au sommeil, en calmant ce qui pouvait rester des pensées tumultueuses de la journée, bolun, Hist. anc. liv. XXVI, 1" part, m, i. De vastes projets, des entreprises éclatantes, des emplois tumultueux, mass. Or. fun. Villars. Ayant quitté la plume et ce tumultueux métier d'auteur, j. i. rouss. Lett. à Moultou, 29 mai 1702. || 3° Fig. Plein de trouble intérieur. Le ciel a banni de mon âme toutes ces indignes ardeurs que je sentais pour vous, tous ces transports tumultueux d'un attachement criminel, MOL. Festin, iv, 9. Cette action tumultueuse et forcée qui s'excite au dedans de nous-mêmes par les objets analO)(ues ou contraires à nos appétits, BUFP. Diu. nat. anim. Œuv. t. v, p. 335. Les tourments d'une passion tumultueuse, genlis, Kme de Kainterwn, t. i, p. 2 la. Alors, de son destin sentant toute l'horreur. Son cœur tumultueux roule de rêve en rêve, delille, Imctgin. iv.
— SYN. tumultueux, tumultuaire. Tumultuaire