‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 222 sur 754 · URO · texte numérisé non relu

URO

renfermer les cendres des morts. A-t-il reçu de toi ïes honneurs du bûcher? Cette urne que je tiens contient-elle sa cendreT corn. Pomp. v, l. On mit hier avec pompe mes cendres dans une urne d'or, FÉN. Tél. XVIII. Pour celui qui a les regards «tlaché.s sur l'urne de sa femme ou de sa fille, est-il rien de plus importun que la présence de celui qui rit? didbb. Cl. et Nér. u, <9. Les Romains consacraient un grand espace et des édifices assez vastes à l'urne funéraire de leurs amis ou de leurs concitoyens illustres, stael, Corinne, T, (.||0n étend quelquefois la dénomination d'urne à certains sarcophages dont !a forme n'a qu'un rapport fort éloigné avec celle des vases eu général. || Quelques antiquaires l'appliquent même à tout ce qui a renfermé les restes des morts. Il Urne se dit aussi chez les modernes, par figure, bien qu'on n'enferme plus les restes des morts dans des urnes. Si de ton nom pourtant tu veux l'entretenir [le cœur qui t'aime]. Grave ces simples mots sur ton urne à venir, lamart. Harm. n, (2. Il 3° L'urne était chez les anciens un vase dans lequel on recueillait les suffrages. On représente Minos, juge des enfers, avec une urne i la main. Oii me cacher? fuyons dans la nuit infernale; Mais que dis-je? mon père [Minos] y tient l'urne fatale, rac. Phèdre, iv, B. || Il se dit, chez les modernes, en un sens analogue, de la boîte dans laquelle on recueille les voles. L'urne électorale. || 4- Vases sur lesquels sont appuyées les figures des dieux et des déesses, des neuves et des fontaines. Les Grecs ont mis une urne dans les mains du Verseau, dailly, llist. astr. anc. p. 497. On y voyait le poëte [Homère) représenté sous la fiKure d'un grand neuve, où d'autres neuves venaient remplir leurs urnes, caATEAUBR. Uart. liv. i. || 5° Dans le langage des archéologues, toute poterie trouvée dans les fouilles. Il 6" Vase de porcelaine, de faïence, qui a la forme d'une urne antique. || 7» Terme de botanique. Sporange des mousses couvert par un opercule qui, à la maturité, s'en sépare par une fente transversale. || 8° Un des noms donnés à la constellation appelée la Coupe. || 9" Urne épineuse, coquille du genre volute.

— ÊTYM. Lat. uma, urne.

t UROBEN'ZOATE (u-ro-bin-zo-a-f), s. m. Terme de chimie. Nom ancien des hippurates.

ÊTYM. Oûpov, urine, et bemoate.

t CROCHKOME (u-ro-krô-m'), s. m. Matière colorante de l'urine.

— ETYM. O'jpov, urine, et y,fû>[jia, couleur.

t UROCRISIE (u-ro-kri-zie), s. f. Terme de médecine. Jugement qu'on porte d'après l'inspection des urines.

— ETYM. Oîipov, urine, et xptoiç, jugement.

t UHOCYANINE (u-ro-si-a-ni-n'), s. f. Terme de chimie. Principe immédiat réel, mais accidentel, de l'urine, auquel Heller a donné le nom d'uroglaucine, et Aloys Martin celui d'urocyanine.

— ËTYM. OJpov, urine, et cijanine.

t UROCYSTITE (u-ro-si-sti-f), s. f. Terme de médecine. Innammation de la vessie urinaire.

— ETYM. Oûpov, urine, el cystite.

t URODÈLE (u-ro-dè-l'), adj. Terme de zoologie. Oui a une queue bien apparente

— ETYM. OOpo, queue, et ôîiXo;, apparent.

t CRODYNIE (u-ro-di-nie), s. f. Terme de médecine. Sentiment de douleur qu'on éprouve en urinant.

— ÊTYM. Oûpov, urine, et 6à\nn, douleur.

I CROGASTRE (u-ro-ga-str'), s. m. Queue d'une écrevisse et autres crustacés décapodes.

— ÊTYM. OOpà, queue, et fonmop, ventre.

t CROGÊNITAL, ALE (u-ro-jé-ni-tal, ta-l'), adj. Terme d'analomie. Qui a rapport à l'apparei; urinaire et à l'appareil génital.

— ÊTYM. Oùpov, urine, et génital.

t UROUTUE (u-ro-li-V), i. m. Terme de médecine. Calcul urinaire.

— ETYM. Oûpov, urine, et XiBoi;, pierre.

t UROMA.\r.IE (u-ro-man-sie), s. f. Art prétendu de deviner les maladies oar l'inspection des urines.

— ETYM. Oupov, urine, et (tavrefa, divination.

t CR0.VIANC1EN (u-ro-man-siin), s. m. Celui qui pratique l'uromancie.

t CROMÈLE (u-ro-niè-l'), j. m. Terme de tératologie. Monstres qui ont les deux membres abdominaux très-incomplets, terminés par un pied simple, presque toujours même imparfait, et dont la pointe est tournée en av.int.

— ETYM. Oùpà, queue, et iic)o(, membre.

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t PROMÈTRE (u-ro-mè-tr'), s. m. Aréomètre dispose de manière à donner la densité de l'urine.

— Etvm. Oûpov, urine, et [iéTpov, uiesure.

t UROPHTIIISIK (u-ro-fti-zie), t. f. Terme de médecine. L'un des anciens noms du diabète.

— F.TYM. Oûpov, urine, et phthisie.

t CROPLANIE (u-ro-pla-nie), ». f. Terme de médecine. Transport de l'urine en quelque partie du corps où sa présence est anomale.

— ETYM Oùpov, urine, et nXivn, action d'errer, t UnOPOft.SE (u-ro-po-è-z'), s. f. Terme de physiologie. Production de l'urine.

— ETYM. Oûpov, urine, et itoirioi;, action de faire.

t UROVOÉTIQUE (u-ro-po-é-ti-k'), adj. Qui concerne ou favorise la production de l'urine, l'uropoèse.

t UROPYGIAL, ALE (u-ro-pi-ji-al, a-Hou URO- PYGIE.N, lEN.VE (u-ro-pi-jiin, jiè-n'), adj. Qui se rapporte au croupion. Les plumes uropygiales, eu. DUMONT, Dict. des se. nat. t. xvi, p. 120. Il Glande uropygienne, la glande sébacée du croupion des oiseaux. || Plumes uropygialcs ou tectrices anales, plumes insérées sur le croupion, lesquelles recouvrent la base des grandes plumes de la queue.

— ÊTYM. Oùpà, queue, et m\y)\, fesse, croupion, t UROSCOPIE (u-ro-sko-pie), s. f. Inspection

des urines.

— ETYM. Oûpov, urine, et oxoiteîv, examiner.

t CROSCOPIQUE (u-ro-sko-pi-k'), adj. Qui a rapport à l'uroscopie. L'empirisme uroscopique, absurde autant qu'audacieux, fourcroy et vau- QUEUN, Inslit. Mém. scienc. t. iv, p. 304.

t UROSPER.ME (u-ro-spèr-m'i, s. m. Terme de botanique. Genre de synantbiTees où l'on distingue l'urosperme picroïde (France méridionale, Italie et Grèce) ; c'est le salsifis picroïde de certains auteurs.

— ETYM. Oùpà, queue, et oittptiot, graine.

t UROXANTHINE {u-ro-gzan-ti-n'), s. f. Terme de chimie. Matière colorante do l'urine.

— ETYM. Oûpov, urine, et JavOoç, jaune.

+ ORQUAIN (ur-kin), s. m. Bout de madrier sur lequel pose la meule du potier.

t URROSACINE (u-rro-sa-si-n'), adj. Terme de chimie. Substance organique ne se dissolvant que dans une très-grande quantité d'eau, et essentiellement caractérisée par sa couleur, qui varie du rose au rouge amarante tirant vers le noir.

— ÊTYM. Ur, Dour urine, et lat. rosoceus, couleur de rose

URSULINE ( ur-su-li-n'), s. f. Religieuses qui tirent leur nom de sainte Ursule, et qui sont obligées par .-urs statuts à prendre soin de l'instruction des jeunes filles; elles suivent la règle de saint Augustin. C'est une ursuline. 1| 2° Auplur. Il se dit pour le couvent qu'habitent ces religieuses. Nous allâmes aux Ursulines.

— REM. D'après Ménage, l'usage à Paris et à la cour est partagé entre ursulines et urselines : on peut dire les deux. Urselines est plus usité par le peuple et parmi les dames.

URTICAIRE (ur-ti-kê-r'), s. f. Terme de médecine. Infiammation exanthémateuse caractérisée par des taches proéminentes, plus pâles ou plus rouges que la peau qui les entoure, rarement pçrsistantes, se reproduisant par accès ou s'aggravant par paroxysmes, et produisant un prurit semblable à celui que causent les piqûres d'ortie.

— ETYM. Lat. urtica, ortie ; génev. fièvre ourtilliére.

t URTICANT, ANTE (ur-ti-kan, kan-t'),adj. Se dit de tout ce qui produit une sensation analogue à celle que cause la piqûre des orties, avec ou sans élevures analogues à celles de la maladie appelée urticaire. Les animaux urticants marins sont quelques actinies et beaucoup d'acalèphcs.

URTICATIOV (ur-ti-ka-sion), s. f. Terme de médecine. Sorte de fiagellation qu'on pratique avec des orties fraîches pour produire une excitation locale.

— ETYM. Lat. urtica, ortie.

URTICÊE.S (ur-ti-sées), s. f. j>l. Terme de botanique. Famille de plantes qui ont des caractères communs^veo l'ortie.

— ÊTYM. Lat. urtica, ortie.

t URTICIN (ur-ti-sin), s. m. Terme de chimie. Matière colorante rouge des sommités de l'ortie.

— ÊTYM. Lat. urtica, ortie.

I. l'S (û; l's se lie devant une voyelle : les û-z et coutumes; l'Académie dit que ce mot se pro • nonce même devant une consonne, en faisant sentir l's : c'est une erreur, non-seulement contre

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l'analogie, voyez abus, mais même contre l'usage), s. m. pi. Terme de droit. Usages. Selon les nobles us r.n ce châlel de tous les tem[is reçus, voit. Droit du seign. m, *. Puisque aux vieux us on rend leun droits. Moi, je remonte à Charles trois, débano. Charles le Simple. || Par extension. Selon les us de l'île de Cythère, la font. Rem. Suivant les us et coutumes de la secte, la harpe, Cours de litt. t. xiii, p. 4*9. Il II se joint presque toujours aveo le mot coutumes. Selon les us et coutumes de Normandie.

— HIST. xir 8. Que por Dieu et por s'honour [elle] N'ait jà Tus de traïtour, Couct, m. ...Trespassemcnt U de fei, u de crime, u de faus serement, E d'us e de custume.... Th. le mart. 80. Il xiii" s. El par tel couvent li rendirent [la ville), qu'il les tenroit as us et as coutumes que li empereres Giieus les avoit tenus jusques à ore.... viLLEH. cxvin. Il XIV* S. Maiustenus nous serons et de jours et de nuis Aux coustumes, aux us du bon roy saint Loys, Guescl. 2(144. ||xvi" s. Hipparchia ne feut receue en la société de CrateS, qu'en condition de suyvre en toutes choses les uz et coustumes de sa règle, mont, ii, a 52.

— ETYM. Prov. us; esp. et it. uso; du lat. usuï, usage, utor, se servir, user. Vtor, archaïque oilor, se rattache au sanscr. itti, aide, secours.

t 2. US (us'), s. m. Terminaison de beaucoup de mots latins. || Se dit dans cette locution : savant en us, savant hérissé de latin. Oui, je suis un savant charmé de vos vertus; Non pas de ces savants dont le nom n'est qu'en us, U n'est rien si commun qu'un nom à la latine : Ceux qu'on habille en grec ont bien meilleure mine, mol. Fàch. m, 2. Vous n'êtes point savant en us; D'un Français vous avez la grâce, volt. Poésies mêlées, 200. Non pas l'Académie française.... mais la vôtre, messieurs, l'Académie en us, celle des Barthélémy, des Dacier, p. l. cour. Letl. à MM. de l'Acad. des inscriptions.

t CSABLE (u-za-br), adj. Qui peut s'usei. Ce drap est facilement usable. Toute montre devient mauvaise par cela seul que la matière est usable; el cette même raison doit faire abandonner la recherche du mouvement perpétuel, legoarant.

— ETYM. User. Le provençal disait usable dans le sens d'utile.

USAGE (u-za-j'), s. m. || !• Action d'user de, emploi de. Je ne hais point la vie, et j'en aime l'usage, corn. Poly. v, 2. Soumission el usage de la raison, en quoi consiste le vrai christianisme, pasc. Pens. XIII, 2 bis, éd. havet. Un peu de patience m'apprendra tout ; mais vous savez que c'est une vertu qui n'est guère à mon usage, sÉv. i'i. Comme je ne sais point l'usage d'une grande ch^ise, ID. 13 nov. <675. Mais ce qui couronne la vie do cette princesse [Marie-Thérèse], c'est qu'elle fut toujours égale; mêmes vertus.... même usage des sacrements, mêmes principes, mêmes règles, FLÉca. Sar.-Thér. Vous avez vu cent fois nos soldats en courroux Porter en murmurant leurs aigles devant vous [Agrippine] ; Honteux de rabaisser par cet indigne usage Les héros dont encore elles portent l'image, rac. Brit. iv, 2. Je demeurai sans voix, et n'en repris l'usage Que par mille sanglots qui se firent passage, m. Iphig. i, f. Non-seulement toutes les viandes cuites avec des ragoûts par des cuisiniers, mais encore le vin, le pain, le sel, l'huile, le lait et tous les autres aliments ordinaires ne pouvaient être de son usage [de Pygmalion], FÉN. Tél. viii. Il est moins rare de trouver de l'esprit que des gens qui se servent du leur, ou qui fassent valoir celui des autres et le mettent à quelque usage, la bruy. ii. Laissant à Elvire les jolis discours el les belles-lettres qu'elle met à tous usages, ID. xii. Son péché renfermait plusieurs désordres; premièrement un injuste usage de son coeur, qui n'avait jamais été occupé que des créatures , mass. Carême, Pécheresse. Quand ii s'agit d'une langue vivante, le chemin de l'usage est plus court que celui des préceptes, d'olivet, Rem. Rac. 8). Le duc de Montausier a réellement l'ait commenter les meilleurs auteurs latins à l'usage du Dauphin, qui n'en faisait aucun usage, volt. Dici. phil. Aristée. Je vous remercie, madame, de l'avis que vous voulez bien me donner; on me le donne de toutes parts; mais il n'est pas de mon usage, J. J. ROuss. Lelt. à Mme de Créqui, 7 juin )7(i2. Pourquoi? dans quel dessein? parlez : à quel usage? ducis, Othello, y, 4. Il fut [Leibnitz] chargé par M. de Montausier de l'édition de Martius Capella, à l'usage du Dauphin, DIDER. Opin. des anc. philos. {Leibnitziani.ime). || Mettre en usage, faire usage, employer.

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Il met tout en usage, et prière et menace, corn. Poly. 1, t. Iln'y a sorte de calomnie que vous n'ayez mise en usage, pasc. Prov. xv. Ah 1 qu'il [Pompone] fait un bon usage de sa disgrâce IsÉv. 4 2 juin )U80. Ma fille, il y a des femmes qu'il faudrait assommer à frais communs.... la perfidie, la trahison.... sont les qualités dont elles font l'usage le plusordinaire, ID. 28 août («80. C'est une femme aimable [Mme de la Fayette].... et que vous aimiez des que vous aviez le temps d'être avec elle, et de faire usage do son esprit et de sa raison, id. 4 janv. )090. Il n'y a point d'autre parti à prendre que de les souffrir chrétiennement [les tribulations]; c'est tout l'usage qu'on en doit faire, m. 2o août ( 890. L'àme, déçue par sa liberté, dont elle a fait un mauvais usage, songe à la contraindre de toutes parts, boss. la Yalliêre. || Familièrement. Ce drap fera beaucoup d'usage, il durera beaucoup; il devient plus beau par l'usage, il prend, porté, une plus belle apparence. || Toiles garanties à l'usage, toiles dont on garantit qu'elles dureront. || 2''Utilité, service. Je ne connais p%int cette terrasse, où vous êtes toujours; elle est d'un grand usage, puisqu'elle est à couvert de la bise, sÉv. 604. Elle [une opinion probable] est de grand usage, pasc. Prov. vi. Les histoires ne sont composées que des actions qui les occupent [les princes], et tout semble y être fait pour leur usage, Boss. Ilist. Dessein général, ta. duplicité j est honorée [dans le monde] comme un talent d'un grand usage, mass. Paraphr. Ps. xxiv, \. *t. Il 3' Terme de physiologie. Usage des organes, chacun des actes exécutés par chaque organe. || ^' Démembrement du droit de propriété : le droit de se servir personnellement d'une chose dont la propriété est à un autre. En vendant sa bibliothèque, il s'en esi réservé l'usage sa vie durant. Les droits d'usage et d'habitation s'établissent et se perdent de la même manière que l'usufruit, Code civ. art. Cis. Celui qui a l'usage des fruits d'un fonds ne peut en exiger qu'autant qu'il lui en faut pour ses besoins et ceux de sa famille, ib. art. 630. || 5° Terme de droit administratif et forestier. Droit qu'ont les voisins d'une forêt ou d'un pacage, d'y couper le bois qui leur est nécessaire ou d'y mener paître leur bétail. On a 6té les usages aux riverains de celte forêt. J'ai droit d'usage, j'ai mon usage dans tel bois. {{ Les grands usages comprenaient l'affouage, le maronage, le pâturage ou pacage, la glandée et la paisson. Les petits usages consistaient dans le droit d'enlever les branches sèches, le bois mort et le mort-bois. || 6° Emploi ordinaire des mots, tel qu'il est dans la bouche du plus grand nombre. Que, pour cet effet [la correction de la langue], il serait bon d'établir un usage certain des mots [pour le style noble, le médiocre et le bas], pellisson, Uist. de l'Acad. i. L'usage, je le confesse, est appelé avec raison le père des langues ; le droit de les établir, aussi bien que de les régler, n'a jamais été disputé à la multitude ; mais, si cette liberté ne veut pas être contrainte, elle souffre toutefois d'être dirigée, boss. Disc, de récept. Par quelle raison ces mots de propre substance du corps et du sang sont demeurés en usage dans la réformation, ID. Euchar, ii, 4. Il me suffit de dire.... que l'usage est contraire à tout ce que vous avez dit, et que c'est cet usage, qu'on appelle !e tyran des langues vivantes, qui en juge en dernier ressort, caillêres. Mots à la mode, 2' conv. Il y a deux sortes d'usages, le bon et le mauvais, id. ib. Le bon plaisir de l'usage, maître absolu des langues, d'olivet, Ess. gramm. m, 1. L'usage malheureusemeniremporte toujours sur la raison ; c'est ce malheureux usage qui a un peu appauvri la langue française, et qui lui a donné plus de clarté que d'énergie et d'abondance, volt. Lett. Beausée, <4 janv. <7()8. L'usage n'est pas aussi peu l'onde en raison qu'ils le prétendent: il s'établit d'après ce qu'on sent, elle sentiment est bien plus sûr que les règles des grammairiens, condil. j4 rJ d'^cr. I, 40. Nous avons vu, ea examinant les progrès des langues, que l'usage ne fixe le sens des mots que par le moyen des circonstances où l'on parle, m. Connais!, hum. n, ii, 2. En matière de langue, il est une infinité de nuances imperceptibles et fugitives, qui, pour être démêlées, ont besoin, si on peut parler de la sorte, du frottement continuel de l'usage, d'alkmb. (Eue. t. iv, p. 4 24. Dans la manière de s'exprimer, comme dans celle de se vêtir, l'usage difi'ère de la mode, en ce qu'il a moins d'inconstance, marmontel, (Eue. t. x, p. 4oa. \\ Phrases d'usage, phrases toutes faites qu'on échange dans la conversation. Dos phrases d'utage dont 00 <e jpaye réciproquement, dioer. LeH.

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à, Mlle Yoland, 7 oct. 4 760. || Emploi particulier qui se fait des mots. L'usage qu'il a fait de ce mot est heureux. L'usage vicieux de cette locution. Cet usage du mot de sceptre se trouve à toutes les pages de l'Écriture, BOss. Hisl. 11, 2. Il 7° Pratique reçue généralement. Je viens, selon l'usage antique et solennel. Célébrer avec vous la fameuse journée Où sur le mont Sina la loi naus fut donnée, bac. Athal. 1, 4. Quoi? mes frères, ce serait un délassement pour nous de voir la religion anéantie, les maximes de Jésus-Christ effacées. Dieu inconnu, les désordres devenus des usages, MASS. Confér. Conduite des clercs dans le monde. On n'offense jamais plus les hommes que lorsqu'on choque leurs cérémonies et leurs usages, MONTESQ. Rom. 4 4. Vous êtes fou.... quoil le public, l'usage! — Le comte : L'usage est fait pour le mépris du sage, volt. Nanine, 1, 4. Des ujages méprisables ne supposent pas toujours une nation méprisable, m. Dicl. phil. Usage. L'usage est le maître de tout, m. Louis XIV, 4 3. Y a-t-il une plus exécrable tyrannie que celle de verser le sang à son gré, sans en rendre la moindre raison? ce n'est pas l'usage, disent les juges ; eh, monstres ! il faut que cela devienne l'usage, id. Lettre à d'Argental, 5 juillet 4 762. C'est le sort des usages établis, de subsister encore après que les besoins qui les ont fait naître ont cessé, condil. Conn. hum. 11, I, 2. Il est certain que les anciennes monarchies se sont gouvernées par des usages plutôt que par des lois, ID. Uist. anc. Lois, 7. On dit les usages d'un corps et la coutume d'un pays, d'alemb. Œuv. t. III, p. 294. L'exemple seul amène lentement les nouveaux usages, et, pour les faire admettre, il faut que les faits prouvent que ce qui est aujourd'hui vaut mieux que ce qui était hier, toulon- GEON, Instit. Mém. se. mor. et pol. t. m, p. 4 40. Nos usages et même notre luxe ne sont pas poétiques, STAËL, Corinne, xv, 8. || L'usage ordinaire, ce qui se fait habituellement dans la vie. Dans l'usage ordinaire, la première question qu'on fait sur une femme c'est: Est-elle belle? fonten. Didon, StraJontce. Il 8° Pratique particulière. Il a l'usage de dîner de bonne heure. Il veille beaucoup, c'est son usage. Il est dans l'usage de prendre, chaque année, un mois de vacance. Je sais que des sultans l'usage m'est contraire, rac. Baj. i, 3. Du moins, s'il faut céder, si, contre notre usage, 11 faut d'un suppliant emprunter le visage, id. Mithr. lit, 4. Il 9° Habitude d'user d'une chose, de la pratiquer. En tout indifférent, tout est à son usage, RÉGNIER, Sat. XIV. Les peuples qui n'ont pas l'usage dos lettres, boss. Uist. 11, 3- Le peu d'usage que nous avons de la prière, mass. Carême, Prière t. Les armes de Saùl n'étaient pesantes pour David que parce qu'il n'en avait point l'usage, id. Carême, Salut. Il [l'ennemi de mon salut] a un trop long usage de me vaincre, pour que j'aille imprudemment essayer mes forces naissantes contre les siennes, ID. Paraphr. Ps. xvii, v. 20. Les proscriptions étaient les armes à son usage [de Philippe II, d'Espagne], volt. Mœurs, 4 65. || 10° Connaissance, pratique acquise par l'expérience. Les ministres de Pharaon étaient des vieillards consommés dans les affaires, et formés par un long usage, bourdal, Instruct. Prudence du salut, Exhort. t. n, p. 427. Mais ceux qui de la cour ont un plus long usage, Sur les yeux de César composent leur visage, rac. lirit. V, 5. Que n'ai-je plus d'usage dans l'art de décrire des victoires et des batailles! mass. Or. fun. Conti. [Le maître d'école du village] Connaît les lunaisons, prophétise l'orage, Et même du latin eut jadis quelque usage , delille , L'homme des cftomps, 4, Il Absolument. Ils regardent notre ministère comme un art d'exagération et d'hyperbole, les plus saints mouvements du zèle ne sont dans leur esprit que les tours étudies d'un artifice humain.... les maximes les plus incontestables, des discours où il entre plus d'usage que de vérité, MASS. Carême, Parole. || 11" Usage du monde, de la vie, expérience de la société, habitude d'en pratiquer les devoirs, d'en observer les manières. Du beau monde avait quelque usage, la pont. Conir. C'est un homme qui a un grand usage, une grande pratique du monde, Acad. i'Oi, au mçt monde. La mère de Valère est maussade, ennuyeuse. Sans usage du monde, une femme odieuse, gresset, le Méch. I, 4. Le grand usage du monde qu'il [Moncrif] avait acquis, usage qui suppose, du moins à certain degré, la connaissance des hommes, de leurs passions et de leurs travers, d'alemb. Élog. Uoncrif. On peut avec beaucoup d'usage du monde n'être qu'un sot, oenlis, Yeill. du chdt. t. l.

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p. 434. Il Absolument. Il manque d'usage. lia beaucoup d'usage. Il a peu d'usage. II [Villeroy] avait cet esprit de cour et du monde, que le grand usage donne, st-sim. 392, 62. Telle personne a de l'usage, d'alemb. Œuv. t. m, p. 294. 1| Avoirde l'usage, pour avoir l'usage du monde, n'est ni dans Furetière ni dans l'Académie de 4 694 . Elle a de l'usage, de quoi?... on doit dire : elle a de l'usage du monde, genlis, Mém. t. v, p. 92. Mme de Genli» attribue cette locution au langage révolutionnaire; mais elle se trompe; la locution est antérieure à la Révolution, témoin Saint-Simon et d'Alembert. Il 12" Au plur. Ancien terme de librairie. Livre» pour le service divin, tels que bréviaires, rituels, etc.^ Il Proverbe. Usage rend maître, on devient maître, habile, en pratiquant beaucoup une chose.

— REM. Au mot monté, l'Académie, au lieu dt dire : il est dans l'usage de faire, dit : en usage de faire. Pautex blâme cette locution, à tort. Disant être dans l'usage de faire, il n'y a aucune raison pour ne pas dire être en usage de faire.

— SYN. USAGE, COUTUME. Suivant l'étymologie propre à chacun de ces mots, usage exprime la manière d'user, de se servir des choses de la vie; et coutume, les habitudes que l'on a de faire telle ou telle chose. Mais on dit indistinctement ; c'est la coutume, ou c'est l'usage.

— UIST. xii" s. Je l'aim et serf et aor [adore] par usage [par habitude] ; Si ne li os [ose] mon penser descouvrir, Couci, xii. || xin* s. La diference qui est entre coustume et uzage, si est que toutes coustumes font à tenir; mais y a tex [tels] usages que qui vaurroit [voudrait] pledier encontre et mener dusques à jugement, li uzaiges seroit de nule valeur, beauman. xxiv, 3. Et li commanda que tout cil Qui venissent à Aix manoir, De tous usages [impôts] fusent franc, du Cange, usaticum. Car tel sont li usaige Qu'on ne peut mais, sans demant, rien trouver, ouesnes. Romancero, p. 84. Li rois et la roîne ont perçu vostre usage [manière d'être]. Et bien dient entr'eus que [vous] n'estes mie sage, audefr. le bast. ib. p. 44. Dame qui maine tel usage Le faucon resamble ramage. Lai du conseil. Enfant sont de parler volage, Se bien ne sont apris d'usage, ib. Ele avoit ung mauves usage, Qu'ele ne pooit ou visage Regarder riens de plain en plaing, la Rose, 283. Ne n'an puet cil husage avoir, Liv. de jost. 56. || xiv s. En françois ces mos meur et moral ne sont pas en usage commun, oresme, Éth. 33. Et se il avenist que pour ce il perdist usage de raison, id. 16. 25. Ilxv* s. Le suppliant depuis se mist à bon usaige [s'amenda], du cange, usagium. \\ xvi' s. Pourquoy m'alléguez vous l'usage Et la coustume...? marot, IV, 4 03. J'ay trouvé la fontaine, on m'en este l'usage ; J'ay cultivé la plante, un autre a le fruitage, desportes, Diverses amours, XXVI. L'usage des viandes salées, mont i, 20. L'utilité du vivre est en l'usage [façon d'user], ID. I, 88. J'advisay d'en tirer quelque usage, m. I, 96. Cela ostoit tout usage d'armes et de membres, ID. I, 362. Simple usage en forest n'emporte que mort bois et bois mort, loïsel, 264. Depuis, ceste parole est demourée en usage entre les Grecs, comme un proverbe commun, amyot, Pélop. 20. La tempeste l'a prinse [la nefj, et faut beaucoup d'usage Pour la mener au port entière du naufrage, rons. 709.

— ETYM. Beny, urage, terre communale; wallon, uzeg ; prov. usatge; espagn. usage; ital. usaggio; du bas-lat. usaticum, dérivé de usus, usage.

t USAGÉ, ÉE (u-za-jé, jée), adj. Terme familier. Qui a de l'usage. Les femmes les moins usagées.

— IllST. xv* s. Usagés es faits d'armes, froiss. n, n, 484.

USAGER (u-za-jé; l'r ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : des u-za-jé-z indigents), s. m. Terme de jurisprudence. Celui qui a droit d'usage dans certains bois ou dans certains pacages. L'usager et celui qui a un droit d'habitation doivent jouir eo bons pères de famille. Code civ. art. 627.

— liiST. XIV* s. Quant aux usaigiers qui ont droit et coustume de prendre bois es forests. Ordonn. des rois, t. vu, p. 770. Les marets esquelz les demourans es villaiges.... sont usagers d'y pouvoir pescher.... nu cange, ttsaji'um. || xvi* s. Ainsi ne faut-il pas attendre cette prudence usagere, qui couste si cher, et qui est si longue à venir, amyot, Préf. xi, 38.

— F.TYM. Usage.

US.VNCE (u-zan-s'), s. f. \\ l' Usage reçu (vieilli en ce sens). L'usance du pays, des lieux. |{ 2* Terme pour le payement des lettres de change, déler-

USÉ

USE

USE

ciné suirant l'usage des places sur lesquelles elles sont tirées; ce teraie est souvent de trente jours. Il m'a fait une lettre de change de place en place, payable en espèces à trois usances, dancourt, les Àgiut. II, 8. Les lettres à demi-usance, à une et à deux usances, i tant de semaines do date, oirau- DKAU, lo Boniyue rendue facile, p. :t77. || Intérêt à. toute usance, ou à double usance, se dit de l'in îérét qu'on fait payer au double, tous les mois. ||3" Terme forestier. Usance du bois, espace de temps qui s'est écoulé depuis qu'on a coupé un taillis Oh dit dans le même sens : âge du bois.

— IIIST XV' s. Telle est l'usance des prelatz d'Allemaigne (marcher accompagné d'un homme arme], comm. ii, ". || xvi' s. C'est une usance qui aux nations où elle est observée.... mont, i, 42. Nos lois et usances, ro. m, B3. Aussi en est procedée l'usance de porter la branche d'olive entortillée de laine, amyot, Thés. 26.

— ÊTYM. t/ser ; prov. uzansa ; esp. et it. vsanza. USANT, ANTE (u-zan, zan-t'), ad}.\\i' Terme

de jurisprudence. Fils majeur usant et jouissant, fille majeure usante et jouissante de ses droits, fils majeur, fille majeure qui n'a ni père ni mère et qui n'est sous l'autorité de personne. |{ i' Qui use, diminue par le frottement. Le rodage s'exécute avec une poudre usante.

t USBLAT (u-sbla) , s. m. Terme hors d'usage. Usblat, autrement colle de poisson, le cent pesant estimé 30 livres, Dédar. durai, nov. <640, Tarif.

USÉ, ÉE (u-zé, zée), pari, passé d'user. || 1* Qui a subi détérioration, diminution par l'usage, par le frottement. Sur cette pierre usée un lugubre flambeau Semble de son leu pâle éclairer un tombeau, M. J. CHÉN. Féndon, n, 3 De quel éclat brillaient dans la bataille Ces habits bleus par la victoire usés ! bérang. Vieux serg. \\ S. m. L'usé, la partie usée d'une chose. || 2° Terre usée , terre devenue stérile, parce qu'on lui a fait trop produire, ou produire toujours la même chose. || 3° Fig. Très-alîaibli par le travail, les maladies ou les excès, en parlant des personnes. Mme de Guerchi n'est morte que pour avoir le corps usé à force d'accoucher, sÉv. 4 9 févr. 1672. [Marins] usé de fatigues, affaibli par l'âge et devenu très-pesant, EOLLIN, Traité des Et. 3* part. ch. 2. Ah : de mes iours usés le déplorable reste Doit-il être acheté pour un prix si funeste? volt. Oreste, i, 5. || Cervelle usée, esprit affaibli. Tu me fais donc servir de fable et de risée, Passer pour esprit faible et pour cervelle usée, corn. Ment, v, 3. || On dit de mime : santé usée. Elle sacrifia sa santé, toute faible et toute usée qu'elle était, à l'honneur d'être auprès d'une grande reine, plécii. Mme de Montons. Il Ce cheval est usé, a les jambes usées, ses jambes ne valent plus rien. ||4* Fig. Il se dit des sens, des sentiments, qui, par excès, par abus, se sont éteints Qu'eût fait sainte Thérèse, si elle n'eût plus eu à donner à Dieu qu'un cœur usé et des restes d'une vie scandaleuse ?FLÉcu. Panég. Ste Thérèse. Le fanatisme usé des siècles héroïques Se conserve, il est vrai, dans des âmes stoîques, volt. Catilina, lï, I. Les sens usés sans avoir joui, l'esprit affaibli sans avoir produit rien de bon, et blasé sans avoir rien goûté, o'ALEMB.ffiut. t. iv, p. 220. || Une passion usée, un amour refroidi, diminué par le temps. Il Avoir le goût usé, avoir le goûtémoussé par les ragoûts épicés, les liqueurs fortes. {| Il se dit des personnes en un sens analogue. Ils sont la plupart usés lurtous les plaisirs, par cela même qu'ils ne leur coûtent aucunes peines, Bernard, de st-p. Paul et Fi'rg. ||6' Fig. Il se dit des idées, des expressions qu'un très-fréquent usage a rendues communes, b.'iuales. Cette folie [plaisanterie au sujet de Mme de Grignan] n'est point encore usée, et nous a fait rire deux ou trois fois, sÉv. 30 juill. 4689. Un grand défaut des images fabuleuses, qui viendra, SI l'on veut, de leur excellence, c'est d'être extrêmement usées, fonten. Sur la poés. en gén. Œuv. t. m, p. 294 , dans POUGENS. Le Système de la nature. . . . livre stérile en bons raisonnements et pernicieux par les conséquences, mais éblouissant dans un petit nombre de pages par la peinture, quoi(]ue usée, de nos misères, volt. Mél. litt. Sur un écrit anonyme. Il On dit de même : Ce sujet est usé, ces moyens ■ont usés. Il [Montesquieu] donna le traité sur la grandeur et la décadence des Romains, matière usée qu'il rendit neuve par des réflexions trèsfines et des peintures très-fortes, volt. Louis HV, Montesquieu. Les réticences perfides, le silence allVcté dans certaines occasimis, sont encore des moyens employés avec autant de succès, que s'il? n'étaient pas usés depuis des siècles, of.m.u,

DICT. DE LA L.\Nt;iE KRA.NC.AISE.

Mme de Maintenon, t. i, p. 238, dans pougens. |18° Fig. Il se dit des choses qui cessent de faire impression sur nous. Tout est déjà usé pour eux à l'entrée même de la vie ; et leurs premières années éprouvent déjà les dégoûts et l'insipidité que la lassitude et le long usage de tout semble attacher à la vieillesse, mass. Pet. carême. Malheur des gr. Le monde usé pour moi n'a plus rien qui me touche, oresset, Sidney, n, 2. Ce César l'entendait bien mieux, et aussi c'était un autre homme [que Napoléon] ; il ne prit point de titres usés, mais il fit de son nom même un titre supérieur à celui de roi, P. L. couB. Corresp. mai 4 804. rSER (u-zé), V. a. ||1* Faire usage de; l'emploi actif en ce sens est ancien, et n'a été conservé qu'en termes d'eaux et forêts : User une vente, en faire l'exploitation. || 2° Par extension du sens de se servir, consommer les choses dont on se sert. J'use beaucoup de charbon, d'huile. Elles ont usé, depuis que nous sommes ici, le lard d'une douzaine de cochons [pour fai i e des pommades], mol. Prée. 4. Il 3° Détériorer imperceptiblement les choses en les diminuant à force de s'en servir. User ses souliers. Je te promets cet habit-ci, quand je l'aurai un peu usé, mol. Scapin, m, 2. Ce sont les chemises d'un certain marquis de Floribel, dont Champagne et moi usons le linge, tandis que les gens du marquis usent celui de notre maître, leorand. Galant cour. se. 43.114° Fig. Détruire peu à peu tout ce que l'on compare aux objets matériels que l'usage détériore. J'ai tout vu, tout fait, tout usé, BEAUMAnCH. Mar. de Fig. v, 3. Cependant jouissons ; l'âge nous y convie; Avant de la quitter, il faut user la vie, A. chén. Élég. xxv. J'userai jusqu'au bout la trame de ma vie; Cet effort est plus grand que celui de mourir, m. j. chén. Gracques, m, 4 2. Avec elle [l'étude], on traverse les mauvais jours sans en sentir le poids, on se fait à soi-même sa destinée, on use noblement sa vie, Auo. Thierry, Dix annres d'études, préface. Enfin quand ce héros du suprême mystère [l'Antéchrist] Aura de crime en crime usé ses noirs destins.... v, hugo. Odes, iv, 43. IJ User ses ressources, les prodiguer et les affaiblir. L'effort qu'il venait de faire pour atteindre Moscou avait usé tous ses moyens de guerre, ségur, Ilist. de Nap. vni, 7. || Ug«r sa jeunesse auprès de quelqu'un, passer sa jeunesse à servir quelqu'un. Il 5* Fig. Détériorer les forces d'une personne. Ses campagnes l'ont usé. Rien n'use tant un homme que les excès. Ce prince [Ptolémée Philopator] avait usé par son intempérance et par ses débauches un corps vigoureux et robuste, roll. Hist. anc. Œuv t. vm, p. 4 94, dans pougens. || User ses yeux à force de lire, s'affaiblir la vue à force de lire. Il [David] use ses yeux à la lire [la loi] nuit et jour, Boss. Élévat.surmyst. xviii, 8. || 6* Diminuer par le frottement. User une pierre. User une pointe de couteau. Il Ancien terme de chirurgie. Consumer, corroder Cette poudre use les chairs. || 7° Fig. Amoindrir, affaiblir. Rien n'use tant l'ardeur de ce feu qui nous lie Que le fâcheux besoin des choses de la vie, MOL. Femm. sav. v, 5. C'est comme les longues maladies qui usent la douleur : l«s longues espérances usent toute la joie, sÉv. 4 4 juill. 4672. Il 8° Substantivement, il se dit des choses qui durent longtemps. C'est une marchandise qu'on ne peut connaître qu'à l'user. Certaines étoffes deviennent plus belles à l'user. || Fig. La violence et l'injustice ne sont pas d'un bon user journalier, grimm, Corresp. t. i, p. 264. || Fig. Cet homme est bon à l'user, plus on le connaît, plus on l'apprécie. Je doute qu'il (Pommereuilj soit aussi bon à l'user que votre intendant [de Provence), que vous aviez si bien apprivoisé, sÉv. 4 4 déc. 4 676. Il On dit aussi : On ne connaît bien les gens qu'à l'user. || 9° Y. n. Faire emploi de, se servir de. Et, pour ne pas user vers vous d'un mot trop rude. Vous montrez pour Carthage un peu d'ingratitude, coen. Sophon. i, 4. Usez d'un peu de vin , à cause de votre estomac et de vos fréquentes maladies, SAa, Bible, St Paul, 4" épU. à Timoth. V, 23. Vous me semblez tous deux fatigues du voyage; Reposez-vous : usez du peu que nous avons, la pont. Phil. et Bauc. L'homme, qui ne croit posséder que lorsqu'il peut user et abuser de ce qu'il possède, duff. Ois. t. ix, p. 4 43. Il Absolument. Usez, n'abusez point, volt. Prée. de l'Eccl. User fait le bonheur, abuser le détruit, DELiLLE, /maj. VI. Il En usez-vous? se dit en présentant une tabatière ouverte, pour offrir du tabac. Le seul moyen dont il s'avisa pour cela, ce fut de tirer sa tabatière, et puis, me la présentant ouverte : Mademoiselle en itse-t-elle? me dit-il, mariv. Ma-

rtanru, «• part. || En usez-vousT pour prenez-vous du tabac? blâmiparMmedeGenlis, if^m. t. v, p.t4. On ne voit pas pourquoi; en tous cas la locution est déjà dans Marivaux. || User de sa femme, avoir avec elle des rapports conjugaux. Il n'usait de sa femme que très-modérément, et après des préparations relatives à la santé de l'enfant, dider. Opin. desanc. phil. {pythngorisme). || 10' Fig. Il «e dit de tout ce qui est comparé à un objet matérie.' dont on se sert. Avez-vous commandé, seigneur, qu'en ma présence Vos tribuns vers la reisi usent de violence? CORN. Sophon. iv, 3. La colombe aussitôt usa de charité, la font. Fabl. n, 4». Il faut que ce que j'aime, usant de diligence. Fasse à ce que je hais perdre toute espérance, mol. Éc.des maris, ii, 44. Je l'ai vu, et ne croyez pai que* j'use ici d'exagération, je l'ai vu vivement ému des périls de ses amis, boss. Lnuisde Bourbon. La reine a usé chrétiennement de la bonne et de la mauvaise fortune, ID. Reine d'Anglet. En donnant sa puissance aux princes. Dieu leur commande d'en user, comme il fait lui-même, pour le bien du inonde , n>. ib. Voyons comme tu sais user de Is victoire, rac. Alex, t, 3. Il faut, au lieu de foioc user de finesse et de patience, attaquer l'erreur indirectement et sans paraître y penser, d'alemb. Letl. au roi de Pr. 30 avr. 4 770. Il User bien ou mal de quelque chose, en faire un bon, un mauvais usage. Ptolémée : L'occasion vous rit, et vous en userez. — Ciéop.itre : Si je n'en use bien, vous m'en accuserez, ujiiN. Pomp. ii, 3. Vous avez mal usé de mon afTection, toTR. Bélis. IV, 9. Il 11° En user, agir, se conduire ae 'elle ou telle façon. Ne cherchez point cette 'léesse [la Fortune], Elle vous cherchera : son sexe en use ainsi, la font. Fabl. vu, 42. Je veux en user avec toi en père qui chérit sa fille, mol. Princ. d'Él.

II, 4. Et parce que j'en use avec honnêteté. Et ne le veux trahir, lui, ni la vérité, œ. Mis. v. 4. Je ne sais point encore comme ces gens de guerre en usent à l'égard des pauvres bourgeois, SÉV. 225. Mais mon injustice est extrême De me plaindre du goût que la cour a pour vous; Est-ce à moi d'en être jaloux. Lorsque, si j'étais roi, j'en use.-ais de même? cbaul. Madrigal pour Mme D. Quelques reproches qui lui étaient rêve nus de la manière dont il en avait usé à l'égaM de l'Académie.... FONT. Hartsoeker. Je vous sais trè»bon gré de passer votre hiver à la campagne ; on n'est bien que dans son château; consultez le roi, c'est ainsi qu'il en use, volt. Lett. Mme de Florian, 42 oct. 1787. La multitude des livres effraye; mais, après tout, on en use avec eux comme avec les hommes, on choisit dans la foule, m. Lett. Thiriot, 42 juill. 4769. Il En user librement, familièrement avec quelqu'un, avoir avec quelqu'un une manière d'agir libre , familière. Je vous demande pardon si j'en use si librement, si familièrement avec vous. Il En user bien, en user mal avec quelqu'un, agir bien ou mal avec lui. Le maréchal de Saint-André est un jeune favori audacieux qui n'en use pas mieux avec moi que les autres, la fat Princ. de Cléves, Œuv. t. II, p. 4 33, dans pougens. || 12* S'user, V. réfl. Se détériorer par l'usage. Ma culotte s'use en deux ou trois endroits, hegnahd, le Joueur,

III, 7. Il Fig. Les royaumes du monde et toute leur gloire s'useront comme un vêtement, mass. Avent, Bonh. des justes. || 13° Être diminué par frottement. Les marches d'un escalier s'usent à la longue. || Fig. Hélas lia vie ne se passe que trop ;elle s'use partout, SÉV. 6 sept. 4676. Regarde autour de toi; tout commence et tout s'use, lamart. Médit, i, 6. || 14* Perdre ses forces par les fatigues, les excès, etc. Sachez [Idoménée] que les rois s'usent toujours plus que les autres hommes, fén. Tél. ix. Par quels jeûnes cruels son corps s'est-il usé? c. oelav. Paria, n, 2. || 16* Cesser de faire impression. Les plaisirs s'usent, la jeunesse vous échappe, la vie s'enfuit, mass. Carême, Mot. de conv. || 16' Davenir stérile en parlant des terres. || 17° Perdre son crédit sur l'opinion. Bonaparte vacille, tergiverse , perd et s'use, Papiers saisis d Bareuth,

— REM. 1. Dans le sens de se servir de, l'ancienne langue l'employait souvent activement; et Régnier a encore cet emploi : Mille autres caresses Qu'usent à leurs amants les plus douces maîtresses, Élég. II. Il 2. En user pour ogir est correct, parce qu'on dit user de quelque chose. Mais en agir, par lequel quelques-uns remplacent en user, ne se dit pas, vu qu'on ne dit pas agir de quelque chose.

— UIST. XI* s. 11 est mult vielz, li ad sun teaa

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