‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 224 sur 754 · USU · texte numérisé non relu

USU

gens d'affaire!] est de les détourner de i usure, i'A.sc. Prov. viii. La pauvreté et l'incertitude des fortunes dans les États despotiijucs y naturalisent l'usure, MONTES0. Espr. v, 16. Une usure affreuse toujours foudroyée et toujours renaissante s'établit à Rome, ID. ib. xxii, 21. L'usure augmente à proportion du jiéril de l'insolvabilité, lo. ib. xxii, 19. La petite Kgli^ie de Calvin qui fait consister la vertu dans l'usure et dans l'austérité des mœurs, VOLT. Lett. d'.lrgence, in janv. 1761. || Fig. Avec usure, en rendant plus qu'on n'a reçu. Notre affection Ajoute avec usure i la perfection, régmer, Sat. n. Souviens-toi que le mien [esprit] ne reçoit point d'injure Qu'il ne rende aussitôt avec beaucoup d'usure, tbistan, Marianne, ii, 3. Babylone paya nos pleurs avec usure, hac. Èsth. m, 4. Le champ qui les reçu' [la chaleur des jours et la fraîcheur des jours], les rend avec usure, id. Athal. i, ♦. La terre le payait de ses peines avec usure, et ne le laissait manquer de rien, fén. Tél. ixi. || 3" Détérioration par suite d'un long usage. L'usure des liabits. Il Se dit en hippiatrie. Usure des dents, des fers. Il 4° Terme de pathologie. Atrophie, avec résorption complète, de la substance des dents, des cartilages ou des os pressés par certaines tumeurs, ou usés par le frottement.

— HIST. xm* s. Si comme s'il emprunte à uzures por le [la] defaute de paiement, beauu. xïiv, 14. Usure si est quant aucuns preste denier por autres à termes ou à semaines.... n>. Lxnti, 2. Il XIV* s. Laquelle debte se estoit multipliée par usures, bebcheure, f* 35, verso. Se lesdiz habitans ou aucun d'eulz dévoient aucunes autres renies, usures ou droitures... do cange, usoria. || xvi* s. Quiconque donne aux poures preste à Dieu à usure, CALV. Instit. 662. En vain seroient-ils [les prêtres] en office, s'ils ne s'en acquitoient au bénéfice de ceux qui doyvent recevoir d'eux l'usure des talens spirituels que Dieu leur a communiqués, c'est à dire saine doctrine, lanouk, 633.

— ETYM. Provenç. espagn. et ital. utura, du lat. usura, de usum, supin de u<t", se servir.

t USURER (u-zu-ré), t). n. Faire l'usure.

— HIST. XIII* g. Avarice a le mont [monde] sorpris; S'il est clamez dolent, chetis. Ne rente n'a se il n'usure, Ren. 196. jjxiv's. Jadis enssi qui s'aprestast D'usurer et deniers prestast As usures ... I. DE coNDÉ, t. n, p. 82. || XVI* S. Contrat fait par gens qui fussent coustumiers d'usurer, loysel, b15.

USURIER, lËRE (u-zu-rié, riè-r'), s. m. et f. Il 1° Celui, celle, qui prête à usure. C'est ainsi qu'à son fils un usurier habile Trace vers la richesse une route facile, boil. Sat. vui. Cette honnête usurière. Qui nous prête, par heure, à vingt sous par écu? regnabd, le Joueur, i, 6. Des enfants do famille que les usuriers mettaient en état de faire de la dépense, lesage, Gil Bl. m, 12. ||Fig. La nature, cruelle usurière, nous ôte tantôt un sens et tantôt un autre; elle avait ôté l'ouïe au père Bourgoing, et elle ne manque pas tous les jours de nous enlever quelque chose comme pour l'intérêt de son prêt, sans se départir pour cela du droit qu'elle se réserve d'exiger en toute rigueur la somme totale à sa volonté, eoss. Bourgoing. lia* Par extension, celui, celle qui profite des malheurs ou des nécessités d'autrui pour accroître sa fortune. || 3° Adj. Une libéralité usurière, qui donne un œuf pour avoir un bœuf, J. J. Bouss. Em. II. Il Proverbe. Il n'est pas usurier qui veut.

— HIST. xm* s. Cil Dicx, se li vient à plaisir, Puet encore bien consentir i parler les bestes sauvages Et les usuriers fere larges, Ren. 234. Li uzerier et li termoieur qui plus doutent la honte du siècle que le pechié d'usure, se soutillent malicieusement comment il puissent prester, beaom. Lxvni, ■». Mes s'uns grans usuriers ou uns grans baretierrcs. Combien qu'il ait esté desloiaus et peehierres. Leur vuelt estre [aux ordres mendiants], à la mort, du sien larges donnierres. Il morra cordeliers, s'il vuelt, ou preeschierres, j. de meung, Testam. 046. ||xiv*s. Si estoit ainsi que les useriers avoient pourpensé une cautelle comment il pussent defraudcr le pueple, bebcheure, f" 38, ferso. ||ivi* s. Rarement est et peu souvent Le vieil usurier sans argent, leroux de lincï, Prov. t. Il, p. 411. [Dion] aprez avoir appelle Seneque très sage tantost et tantost ennemy mortel dos vices de Néron, le faict ailleurs avaricieux, usurier, ambitieux.... mont, m, 149.

— ÊTYM. Bourg, uîurei ; prov. usurier ; ef p. usurefo ; ital. u^urato ; du lat. ujuranus, de usura, usure.

CSCRPATECR, TRICE (u-zur-pa-teur, Iri-s'), i. m. et f. Il 1* Celui, celle qui, par violence, par ruse,

Page 1