‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 229 sur 754 · VAO · texte numérisé non relu

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terres vaines et vagues. Les terres vagues et vaines ou en communes ne peuvent produire que des pâturages, quelques garennes, boisou broussailles, vauu. IHme, p.(»2. Il 8" Par extension, indéfini, sansbornes déterminées. Espaces vagues. I-a vague immensité des déserts. {| 8* Fig. Qui est vide, sans précision. De vagues chimères, corn. Pulehér. nr, a. Des oppositions vagues et en l'air, Boss. Lett. an. Voilà des vérités qui font trembler, et ce ne sont pas ici des vérités vagues qui se disent à tous les hommes et que nul ne prend pour soi. mass. Carême, Élus. Lorsque dans une loi l'on a bien fixé les idées des choses, il ne faut point revenir à des expressions vagues, montesq. Esp. xxix, (6. De vos vagues soupçons j'ai dédaigné l'injure, volt. Catil. I, 5. Présenter des notions vagues pour des démonstrations exactes, c'est substituer de fausses lueurs à la lumière, u'alemb. Êlog. Bemoulli. Quand les principes sont vagues, comment les expressions auront-elles quelque précision? condil. Trait, des syst. ch. 3. Elle me tint de ces sortes de discours vagues qui ne signifient rien, et qui mettent pourtant en droit de vous dire : je vous l'avais dit, M-* de tenon, Œuv. t. iv, p. lie. Ce qui est tracé sur leur carte dans l'ouest de ce cap, et les noms qui s'y trouvent, ne sont placés que sur des rapports vagues des naturels, buache, Instit. Ilém. se. mor. cl pal. t. v, p. 7. Rien de plus dangereux, de plus haïssable en politique que les mots vagues, d. stern, Esquisses morales, p. (40. Quelques détails indiqués plus précisément ne nuiraient pas; à force d'être large, on devient vague, TH. GAUTIER, Feuilleton du Journ. of/ic. du 26 juin 1869. Il Un air vague, un air distrait où la pensée parait vide. Je t'aborde, l'air vague et le front sans couleur, millev. Élég. i. jj Un esprit vague, un esprit dont les idées sont vides et sans fixité. Il 4' Fig Qui a quelque chose d'indéfini. Pensées vagues. Désirs vagues. II veut, il se repent, et cette incertitude Égare en cent projets sa vague inquiétude, delille, fc'n. iv. Toujours plus incertain, Dans le vague avenir ma raison se promène, ARNAULT, Oscar, iv, i. Cette mort dont on parle, elle n'y croit qu'à peine, Ou l'aperçoit lointaine Dans un vague avenir, p. lebrun, Poés. t. I, 28. Il Oui plaît par cet indéfini même. Une vague et douce mélancolie. De vagues rêveries. Ils se livraient en silence aux pensées vagues que font naître la nature et l'amour, stael, Corinne, XV, 9. Il B" Terme de peinture. Qui manque de précision, qui n'est pas nettement arrêté, et aussi qui plaît par son indécision, par son caractère aérien, vaporeux. Une couleur, une lumière vague. Il 6° S. m. Grand espace vide. La nymphe s'élevant dans le vague des cieux, réonier, Ép. i. Leur proie [de certains oiseaux] qu'une vue perçante leur fait discerner dans le vague de l'air, BOFF. Ois. t. vm, p. 295. Écho parlait : dans le vague des nues Elle aperçoit deux cygnes éclatants. Au cou flexible, aux ailes étendues, malfil. Narcisse, ii. Dans le vague des airs leurs clameurs se confondent, delille. En. v. || Fig. Se jeter, se perdre dans le vague, faire de longs raisonnements sans conclusion, sans solidité. J'étais réduit à me jeter à l'aventure dans le vague des suppositions, à faire successivement divers essais de calcul qui le plus souvent ne menaient à rien , beudant, 7ns(il. ilém. scienc. t. vm, p. 233. || ?• Fig. Ce qui manque de précision. On peut dire qu'il y a du vague dans les caractères que nous donnons au beau, mais il y a aussi du vague dans l'opinion qu'on y attache, marmontel, Œuv. t. v, p. sao. 118° Fig. Ce qui a le caractère de l'indéfini. Le vague de la couleur ajoute à l'effet d'un tableau. Il faut bien se garder de déterminer certaines expressions dont le vague fait toute la force, marmontel, (Eu», t. vm, p. 165. Ce qui est du vague dans la poésie, devient du vide dans la prose, stael, Corinne, vu, 1. Le vague mystérieux qui fait aimer le midi de l'Italie, ». tb. xv, 7. || 9» Fig. Malaise indéfinissable de l'âme. Plus les peuples avancent en civilisation, plus cet état du vague des passions augmente, chateaubr. Génie, n, m, 9. Un je ne sais quel vague empoisonne l'étude, c.delav. Paria,n, 2. — HIST. xiii* s. Adont estoit li sièges [l'archevêché de Reims] vaghes [vacant], Chr. de Rains, 180. Et estoit la terre le roy si vague, que, quand il tenoit ses pies [plaids], il n'i venoit pas plus de dix personnes ou douze, jomv. 206. Et pour çou que 11 mons [le monde] estoit tous coureciés et tous triboulés pour les œuvres Fedrik et ses fils, si demoura sainte église toute vague [sans pape], brun. lat. Trésor, p. »4. || it" s. Quand le roi

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d'Angleterre eut faite son emprise et sa volonté de la ville de Dynant en Bretagne [qu'il venait de prendre et de dévaster], il s'en partit et la laissa toute vague, froiss. i, i, 208. Terre wide et waghe, Soueenir» de la t'iandre wallonne, juillet et aoiit 1867, p. 108. Hostel wide et vacque, dl cange, vacantes. || xvr s. Se jecter dans le vague champ des imaginations, mont. /, 32. Une espace vague et vuide de tout soutien, amtot, Flam. 20. Après avoir fait semblant de combattre, en démenant leurs cspées parmy l'air vague, ilz.... lo. LucuU. 70. Et entra dedans Poictiers donnant ordre promptcment aux choses nécessaires, pour la garde d'une telle et si vague ville, carloix, n, 43. Nos haies, et nos marchez seroicnt foulez de presse de marchands et de vivres, au lieu que tout est vuide et vague, Sat. Mén. p. 155. Sus le mestier d'un si vague penser Amour ourdit les trames de ma vie, hons. Amours, i, 59.

— ETYM. Les sens tant anciens que modernes se rapportent beaucoup plus au latin vacuus, vide, qu'à vagus, errant. Les terres vagues sont dites terrx vacu.r, et aussi terres vuides.

3. VAGUE (va-gh*), od). || l'Qui estcrrant. Des douleurs vagues. Il 2" Terme de botanique. Qui est disposé sans ordre. Le fruit du grenadier offre un exemple de cloisons vagues. || 3' Terme d'anatomie. Nerf vague, nom donné, à cause de ses nombreuses divisions, au nerf de la dixième paire. 114° Terme de chronologie. Année vague, année de 365 jours sans l'intercalation périodique du jour bissextil.

— HIST. XVI* s. [Moïse] Qui, sage, commandas au vague peuple hébreu, rons. Sonn. pour Hélène, 7.

— ETY.M. Ital. vago, vague, libertin, gracieux; du latin, vagus, errant. Christine de Pisan a employé vague au sens de gracieux : Abis jolis, vagues et curieux, Charles V, i, 14; et les Cent nouvelles, au sens de libertin : Homme vague, deshonneste et peu vertueux, Souv. c.

t 4. VAGUE (va-gh'j, s.f. Instrument avec lequel on vague la bière.

VAGUEiME.NT(va-ghe-man), adti. D'une manière vague. On déclame vaguement contre des préjugés, et malheureusement on n'abjure que ceux qui sent honnêtes et gênants, duclos, Œuv. t. iz, p. 310. Il y a des hommes vaguement ambitieux et irrésolus encore, ou mal affermis dans la route qu'ils doivent suivre, marmontel, Œuv. t. ivi, p. 372. Peut-être on entendait vaguement dans les pleines.... V. HUGO, Orient. l.

— HIST. ivi* s. Leurs cheveux crespelus, ondoyans, et vaguement espars dessus leurs espaules, R. BELLEAU, Bergeries, 1. 1, p. 106.

— ETYM. Vague 2, et le suffixe ment.

VAGUEMESTRE (va-ghe-mè-str"), ». m. || \' Officier qui a la conduite des équipages dans une armée. Il 2° Celui qui est chargé de la distribution de l'argent et des lettres aux hommes d'un régiment. Il Terme de marine. Officier chargé d'aller porter à la poste les lettres du personnel d'un bâtiment, et d'en rapporter toutes celles qui sont adressées à ce personnel. || 3* Anciennement, officier de la maison du roi et des princes.

— ÊTYM. AUem. Wagenmeister, de Wagen, voiture (voy. VAGON), et ilcister, maître.

1. VAGUER (va-ghé), je vaguais, nous vaguions, vous vaguiez; que je vague, que nous vaguions, que vous vaguiez, v. n. {1 1° Errer çà et là, aller de côté et d'autre à l'aventure. Il fut défendu de laisser vaguer des pourceaux dans les rues [de Paris, où un porc avait causé la mort d'un fils du roi], saint-foix, Rss. Paris, Œuv. t. ui, p. 206, dans POUGENS. || 2° Par extension, n'être pas fixe. Si les couleurs semblent vaguer dans l'air, si elles s'affaiblissent peu à peu, si enfin elles se dissipent, c'est que.... le mouvement qui reste dans le nerf.... se ralentit, boss. Conn. m, e. jj 3° Fig. Il se dit des pensées, de l'esprit qui ne se fixent pas. Celuilà se présente à vous par coutume ou par bienséance, et il laisse vaguer ses pensées sans que vos discours arrêtent son esprit distrait, boss. le TcUier. Laissez vaguer votre imagination, ID. Leil. abb. 176.11 " se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xir s. Et nos savons ke li maligne ospir ki del sccunt ciel sont chaiit [tombés], vajent en cest moien ciel ki est entre celui et la terre, ce est l'air, Job, p. 50o. || xiv* s. Je dy que chascun do ces deux a sa diverse oppinion, pour ce qu'il vaguent seulement en leurs experimens, et n'ont cure delà juste raison, lanfranc, f* 16. Met[mets] plusieurs coisinés [coussinets] d'estoupes sous la plieure [du jarret, dans la luxation du genou], afin

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qu'elle ne puisse vaguer nulle part, id. P 4 08. H xvi* i. L'isle de Delo», estant auparavant vaganle, mont. n, <87. L'esprit humain ne se sçauroil maintenir, vaguant en cet infini de pensées informe», ID. Il, 2*«. Il ne faut pas à mon advis, que le sentiment extérieur vague et rage à son plaisir, comme une chambrière dissolue et mal apprise, AMYOT, De la curiot. 20.

— ÊTVM. PrOT. vagar, vagunr, vajar; csp. vagar; Ital. vagare; du lat. vagari, dénominatif de tagus.

t 2. VAGDER (va-glié), ». a. Brasser la bière.

— ÊTVM. Island. vag, agiter (voy. vague !)•

t VAGUHSSE (va-ghc-s'), s. f. Terme de beauxarts. Ton léger d'une peinture, manière de peindre qui laisse beaucoup d'air dans un tableau, et qui donne aux formes quelque chose de vaporeux et d'indécis. Ce peintre [le Guerchin].... met dans ses dessins une vaguesse qu'on ne trouve dans les dessins d'aucun autre maître, Desrript. du cab. de Jf. Crozat, (741, dans domesnil, Uist. des amat. franc, t. i, p. 257.

— ËTYM. Ital. vagheMa,de vago, vague et aussi charmant (voy. vague 3).

t VAGDETTE (va-ghè-f), S. f. Morceau de feutre dont l'ardoisierse garnit le devant des jambes.

t VAIGRAGE (vè-gra-j'), s. m. Terme de marine. L'ensemble des vaigres; l'action de les appliquer.

fVAlGHE (vè-gr'), s. f. Terme de marine. Planche qui sert au revêtement intérieur des membres composant la carcasse du navire, comme le bordage sert à son revêtement extérieur.

— ETYM. HoU. teeeger; danois, vœger; suéd. vargare.

t VAIGRER (vè-gré), V. a. Terme de marine. Poser les vaigres, faire le vaigrage.

VAILLAM.MENT (va-lla-man, U mouillées, et non va-ya-man), adv. D'une manière vaillante. Les Abydéniens n'avaient qu'un de ces deux partis i prendre, ou de se rendre à discrétion, ou de continuer à se défendre vaillamment, roliin, Uist. anc. Œuv. t. vin, p. 205, dans pougens. Je sais par vos blessures et par les miennes, leur dit Charles XII, que nous avons vaillamment combattu ensemble; vous avez fait votre devoir jusqu'à présent, faites-le encore aujourd'hui, volt. Charles XII, ».

— HIST. ini* s. Et quant il sorent que le roy Caidu et sa gent leur estoient si près, si alerent à rencontre vaillamment, marc pol, p. 723. || nv s. Je voeil morir en armes aujourd'hui vaillamment, Baud. deSeb. vn, 824. || xv* s. Avecques le conte.... estoit son nepveu, lequel fut ce jour fait chevalier, et a'i porta vailaument, veu qu'il estoit josne de aage, penin, (42. || xvi* s. Hz sousteindrent le premier choc vaillamment, amyot, Timol. 37.

— ÊTYM. VaillaiU, et le suffixe men(; prov. valent tamerï; espagn. valientemente ; ital. valentemente.

VAILLANCE (va-Uan-s', U mouillées, et non va-yan-s'), J. f. |{ 1* Ce que vaut une personne ou une chose (sens propre, aujourd'hui inusité). El que de mères à Memphis, En pleurant, diront la vaillance De son courage et de sa lance Aux funérailles de leurs fils! ualh. Odes, i, 3. Force gens font du bruit en France.... Un équipage cavalier Fait les trois quarts de leur vaillance, la font. Fabl. y, 21. ||î° Particulièrement. Qualité de qui se comporte avec courage à la guerre, dans une lutte. Je sais combien la vaillance est une vertu dangereuse ; j'apprends partout que vous n'êtes pas meilleur ménager de votre personne que vous l'êtes de toute autre chose, voit. Lett. H9. Laisse faire le temps, ta vaillance et ton roi, corn. Cid, T, 8. Et que peut contre moi ta débile vaillance? 10. Médée, v, 7. J'appellerai vertu guerrière Une vaillance meurtrière Qui dans mon sang trempe ses mains I j. b. rouss. Odes, ii, 6.

— SYN. vaillance, valeur. Ces deux mots ont pour racine valoir, et ne diffèrent que par la finale. Ils sont tout à fait synonymes, sauf la légère nuance qui se trouve entre la finale eur qui indique une qualité abstraite, et la finale ajue qui est participiale et indique l'action.

— HIST. XII* s. Seigneur, dist Charlesmene, baron de grant valance, Rone. p. 497. Mais ma dame est de si très Krant vaillance [priTi, Couei, xxiv. Car li reis li dut rendre par fine covenance Quanqu'il ot pris del suen e des suens, à vaillance, Th. ù mart. H9. || iv s. Ainsi finaRaise de Harselles...; pour ses vaillances il en eut à la fin ce loyer, FROiss, II, II, 95. il XTI* S. Qui desiroient aux armes se trouver. Pour leurs vertus et vaillances prouver, ;. marot, v, i32. Leur vaillance luy vint (donc fort à p'opos, et luy fut très salutaire.

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