‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 232 sur 754 · ID. IV · texte numérisé non relu

ID. IV

— ETYM. L»t. validare, fortifier, de validus, valide.

VALIDITÉ (va-li-di-tc), s. f. Qualité de ce qui est valide. La validité d'un acte. La validité des preuves. Cette doctrine si injurieuse aux sacrements, qui en fait dépendre la validité de la sainteté de leurs ministres, boss. Var. xi, H5. La félicité générale ne peut avoir do base solide, sans la validité des engagements qui en sont la source, raynal, Hist. phil. xiii. 54.

— HIST. XVI' s. Quand un François demande au pape un bénéfice assis en France.... le pape lui en doit faire expédier la signature du jour que la réquisition et supplication lui en est faite, sauf à disputer par après de la validité ou invalidité par devant les juges du roy, p. pithou, 47.

— Etym. Lat. validitatem, de valid%is, valide. VALISE (va-li-z'), s. f. Espèce de long sac de

cuir, dans lequel on met des hardes. Quand on visita ma valise à Calais, hamilt. Gram. H. Je convertis même mon havresac en valise, et je commençai à faire un peu plus l'homme d'importance, LESAGE, Gil Bl.v, i. Il Valise diplomatique, paquet qui emporte les dépêches d'un ambassadeur. Il Fig. et familièrement, mettre quelque chose dans sa valise, faire quelque chose par précaution. Je vais me purger à la fin de cette lune, avant que de partir; j'avais même quelque dessein de mettre une saignée dans ma valise, sÉv. il avr. <680.

— HIST. XVI' s. Le reste de son bagage estoit une petite varise verte, d'aub. Feen. m, 23. Il leur avoit baillé 200 braves soldats portants valises et maleites, comme valets de leur train, carlou, IV, <7.

— £TYH. Bourguig. vailise; espagn. balija; ital. valigia; bas-lat. vallegia, dans les gloses d'jElfricus, avec un sens indéterminé; valisia, au sens de valise, dans des textes du xiii' siècle. L'allemand a felieisen, valise; mais Diez croit que

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c'est une imitation du mot roman, de manière i simuler un sens {Fell, peau, elEisen, fer). Il pense que valigia dérive du latin vidulus, valise, qui aurait donné une forme vidulitia, dont l'ital. aurait fait valigia.

VALISNÈRE (va-li-snè-r'), ou VALISNÉRIE (vali-sné-rie), ou, mieux, VALLISNÉRIE, *. f. Terme de botanique. Nom d'un genre d'hydrocbaridées, dédié à Vallisneri, botaniste italien de la fin du xvii' siècle. On y distingue la vallisnérie spirale, vallisneria spiralis, t. dont les (leurs femelles sont portées par des pédoncules en spirale qui s'allongent à fieur d'eau pour la fécondation, puis se raccourcissent et mûrissent le fruit au fond de l'eau.

VAT.KVRIE, voy. WALKTHIB.

VALLAIRE (val-lê-r'), adj. Terme d'antiquité romaine. Couronne vallaire, couronne qu'on donnait, chez les Romains, à celui qui avait le premier franchi les retranchements ennemis.

— Etym. Lat. vallaris, de vallus, pieu.

t VALLÉCULE (val-lé-kul'), s. f. Ternie de botanique. Nom donné aux petits enfoncements que la saillie des côtes forme sur le fruit des ombellifères.

— ETYM. Dimin. du lat. vallis, vallée.

•f VALLÉCCLÉ, ÉE (val-lé-ku-lé, lée), 00;. Qui est pourvu de vallécules.

VALLÉE (va-léc), s. {. || 1* Espace entre deux ou plusieurs montagnes. Ces humbles vallées qui ramassent les eaux célestes et en deviennent fécondes, BOSS. Vétures, pour la profess. d'une àemoiselle. Préambule. On peut considérer une grande vallée comme un tronc qui jette des branches par d'autres vallées, lesquelles jettent des rameaux par d'autres petits vallons qui s'étendent et remontent jusqu'au sommet, buff. 4' ép. nat. Œuv. t. xii, p. 218. En montant au Montanvert on a toujours sous ses pieds la vue de la vallée de Chamouni, de l'Arve qui l'arrose dans toute sa longueur.... Saussure, Voy. Alpes, 1. 11, p. 394. On verra sur les cartes que même les plus grandet vallées ont presque toutes des étranglements qui forment des écluses, des fourches, des défilés, 13. ib. t. IV, p. 55. Observer la direction des vallées : on nomme longitudinales celles qui sont parallèle» à la chaîne des montagnes où elles sont situées, traiis.'c;sales celles qui la coupent à angles droits, et obliques celles qui suivent une direction intermédiaire, ID. tb. t. vm, p. 278. Il X la vallée, en descendant. Ils ressemblent à ceux qui courent à^ la vallée: leur pesanteur les emporte, et les fait aller plus loin qu'ils n'ont résolu, malii. Êpit. de- Senèque, xl. || Vallée attire le boulet, dicton des anciens artilleurs, qui prétendaient avoir remarqué que les portées sont moins grandes quand les bouches à feu tirent au-dessus d'un vallon ou d'un ravin que quand elles tirent sur un sol à peu près horizontal. Il Fig. En termes de dévotion, la vallée de larmes, la vallée de misère, la vie présente par oppositien au bonheur de la vie future. Elle j [Mme de Maintenon] ne comprenait pas, disait-elle alors, qu'on piit appeler cette vie une vallée de larmes. M"' de caylus, Souvenirs, p. «7, dan» pouGENS. Ce qui fait et fera toujours de ce monde une vallée de larmes, c'est l'insatiable cupidité et l'indomptable orgueil des hommes, volt. Lett. 1. J. Rousseau, 30ooiîH755. || Vallée de Josaphat, lieu où les morts ressusciteront, selon l'Écriture. Parce que, ne faisant point ce qu'on ne fait pas, on croit cependant qu'on l'aurait pu faire; ainsi la dispute durera jusqu'à la vallée où nous verrons tout, sÉv. i2oct. <677. Je me moque d'eux tous, et peux, si cela m'amuse, plaider contre eux jusqu'à la vallée de Josaphat, mirab. Lett. orig. t. m, p. 68. || Nous ne nous reverrons qu'à la vallée de Josaphat, se dit à propos d'une séparation qu'on croit éternelle, il 2° Terme de géologie. Vallées d'érosion, longs sillons fiexueux creusés dans le sol géologique par lescours d'eau. || Vallées sèches, vallées d'érosion dont le fond n'est plus occupé par un cours d'eau. Cette plaine forme ce que l'on nomme la vallée de Montmorency, espèce de grande vallée sans col, sans rivière dans son milieu, enfin très-différente des vraies vallées des pays de montagnes, cuvier et brongniart, Instit. Mém. scienc. f8io, c sem. p. 87. ||3" Nom donné à des pays fort vastes. L'Egypte est la vallée du Nil. Il La vallée d'Auge, contrée de Normandie. || 4* X Paris, la Vallée, lieu près du Pont-Neuf où l'on vendait de la volaille et du gibier. La Vallée a été démolie en <87C. ]|5' La vallée d'Angouléme, terme populaire, le gosier et par suite l'appétiU

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O'abord buvons; ç* nous ouvrira 1» vallée d'Angoulême, ouiLLBMAiN, l'EnrAlement supposé, se. v ()7»7). Ce dicton est fondé sur la ressemblance de ces mots avec avaler et engoukr. || •• Poire de Vallée, sorte de poire.

— SYN. VALLÉE, VALLON. Vallée Signifie UH espace ç\\is étendu; vallon en marque un plus resserré.

— HiST. II* s. Paien chevalchent par ces graignurs [plus grandes] valée», Ch. de Roi. Liv. Il XII* s. Je départirai Sicimant, e la valede des tabernacles mesurerai. Liber psalm. p. 77. Les valedes abunderunt de frument, ii>. p. 83. || iv*8. Pauvre clergeon en parlement Qui ne tient ne mont ne vallée, villon, Petit testam. Haultesse n'est point sans baisseur, comme on scet dire; Montaigne n'est point sans vallée, /n«em. consol. I, )0. Il XVI* s. Tu fis descendre aux vallées les eaux, MAHOT. IV, 312. Que aucuns ne tendent harn.as à vallées [le long] de prairies ne de marets, Coust. gén. t. i, p. 8(3. Après grande vallée rude montée, cotorave.

— ETVM. Val: bourguig. «auW»; provenç. eoJlada, valeya; ital. vallata.

VALLON (va-lon), s. m. || 1" Petite vallée, espace de terre entre deux coteaux. Et déjà les vallons Voyaient l'ombre en croissant tomber du haut des monts, la font. Philém. et Baucis. Tel en un secret vallon. Sur le bord d'uneoonJepure.Crolt, à l'abri de l'aquilon, Un jeune lis, l'amour de la nature, haC. Àthal. Il, 9. Dans presque tous les vallons et les plaines basses, on ne manqui; guère de trouver de l'eau à une profondeur médiocre, buff. Hist. nat. 2' dise. Œuv. t. i, p. <7I. Mon cœur, lassé de tout, même de l'espérance. N'ira plus de ses vœux importuner le sort; Prêtez-moi seulement, vallons de mon enfance. Un asile d'un jour pour atlendre la mort, lamart. Méd. I, s. Il Fig. Ce triste vallon de pleurs, la terre, le monde où nous vivons. Vous qui passez comme l'ombre Par ce triste vallon de pleurs. Passagers sur ce globe sombre. Hommes, mes frères en douleurs, lamart. Jf^dil. II, 4.||î* Poétiquement. Le sacré vallon, le vallon situé entre les deux croupes du Parnasse, et qui, selon l^ Fable, était le séjour des Muses. ||Ondit aussi : le double vallon. Et, sans aller rêver dans le double vallon, La colère suffit et vaut un Apollon, boil. Sol. I. Il Fig. La poésie. On dirait qu'ils ont •euls l'oreille d'Apollon, Qu'ils disposent de tout dans le sacré vallon, boil. Disc, au roi. || 3° Terme de commerce. Fers du vallon , fers supérieurs de la Côte-d'Or.

— ÊTYM. Dérivé de val; provenç. vallon, vallo; ital. rallone.

t VALLOXfiE (va-lo-née), J. f. Capsule qui enveloppe le gland du plus grand et du plus fort des ebênes, quercus .rgilops , et qui sert à divers usages de l'industrie. |{ On dit aussi velonnée. La couperose et la velonnée se vendent bien pour teindre en noir les maroquins et les peaux, de peys- SONNEL, Commerce de la mer Noire, t. i, p. 75.

t VALLONNEMENT (va-lo-ne-man), s. m. Action de disposer en forme de vallons. La disposition des vallonnements [dans l'exposition de fleurs de St-Pétersbourg] était nouvelle : au lieu d'avoir modelé le sol au moyen de sable ou de terre, toute la surface du terrain avait été couverte de planches inclinées, comme dans les dépressions des gazons ondulés du Paris moderne, Itevue horticole, ("juillet (809, p. 247.

t VALLONNER (va-lo-né), v. a. Pratiquer des vallonnements. Les rocailles, les pelouses vallonnées, les bassins irréguliers, andré, ilonit. univ. 7 juin 1867, p. 699, fl* col. || Fig. Creusé de rides. Dette figure triste, fatiguée, vallonnée, legouvé, Joum. offic. 27 avr. (87), p. 4178, 3* col.

— ÊTYM. Vallon.

VALOIR (va-loir), je vaux, tu vaux, il vaut, nous valons, vous valez, ils valent; je valais; je valus, nous valûmes; jevaudrai;jevaudrais; valons, valez, qu'ils vaillent; que je vaille, que nous valions, (jue vous valiez, qu'ils vaillent; que je valusse; valant; valu, «. n. || !• Etre d'un certain mérite , en parlant des personnes (sens le plus rapproché du sens latin de talcre, être fort). Croyez que.... tant que je vaudrai quelque chose, je no puis manquer d'être votre serviteur, voit. Letl. 46. Je te connais, Léonce, et mieux que tu ne crois ; Je sais ce que tu vaux, et ce que je le dois. COKN. Werocl. i, 4. Comme tu m'as souvent dit que je ne val.iispas grand'chose, bouhsal'lt, Lett. nouv. t. m, p. 247, dans pougens. C'est parla que je vaux,

»i je vaux quelque chose, boil. Sa(. vu Si je

vaux Quelque chose C'est par là que je vaux, et

par ma belle humeur, reonàrd, Distr. v, (o. Ma loi, quand je parcours tout ce qui le compose (le monde]. Je ne trouve que nous qui valions quelque chose, gresset, Méeh. n, 3. Chacun des deux est présentement ce qu'il faut à l'autre ; il m'éclaire, et je l'anime; nous en valons mieux réunis, 1. 3. rouss. llél. m, 20. Obligé de valoir, mon fils en vaudra mieux, saurin, Beverlei, l, (. Sans vanité l'on peut sentir ce que l'on vaut, picard. Entrée dans le monde, t, 2. || Valoirbeaucoup, avoir beaucoup de mérite; valoir trop, avoir trop de mérite. Tu vaux trop; c'est ainsi qu'il faut, quand on se moque. Que le moqué surtout sorte fort satisfait, CORN. Veuve, m, 4. Je sais qu'il [votre fils] vaut beaucoup, étant sorti de vous, id. Jfenl. ii, (. Cette femme ambitieuse etvame croit valoir beaucoup quand elle s'est chargée d'or et de pierreries, Boss. ta Talliért. jj Absolument, valoir, avoir de la fortune, du crédit, etc. On ne vaut et l'on n'est heureux qu'autant qu'on se voit à son aise et bien pourvu, bourdal. Exhort. sur le reniem. de St Pierre, t. l, p. 4(.3. || Ne valoir pas, être audessous de. Le reste [des conjurés] ne vaut pas l'honneur d'être nommé, corn. Cinna, v, ( . Les hommes ne valent pas la peine qu'on prend pour les éclairer; et ceux même qui pensent comme nous, nous persécutent, d'alemb. Lett, à Voltaire, 22 déc. (785. Il II ne vaut pas la peine qu'on lui réponde, se dit, par mépris, d'un homme avec qui on ne veut point entrer en contestation. || Ne valoir pas que, avec le subjonctif, même sens. Lâche, tu ne vaux pas que, pour te démentir. Je daigne m'abaisser jusqu'à te repartir, corn. Oth. v, .'>. Allez, de tels soupçons méritent ma colère; Et vous ne valez pas que l'on vous considère, mol. Mis. IV, 3. Il Cet homme en vaut bien un autre, cet homme mérite autant d'estime qu'aucun autre. Mais je crois qu'après tout ses sœurs la valent bien, corn. Œdipe, i, 3. Vous et moi nous en valons deux autres, regnard. Joueur, m, (2. Les femmes valent bien messieurs les beaux esprits, destoucii. PTitl. marié, ii, 5. Un lion mort ne vaut pas Un moucheron qui respire, volt. EccWs. Précis. Je crois valoir au moins les rois que j'ai vaincus, id. Mérope, i, 3. Si Virgile était janséniste, Horace, qui le valait bien, était moliniste, d'alembert, Œuv. t. v, p. (83. Il Monsieur vaut bien madame, voy. monsieur. Il a* Il se dit du mérite qu'ont les choses. Aussi n'appartient-il qu'aux Romains seulement De m'accorder un don qui vaille infiniment, uairf.t, Sophon. IV. Mais commander ici vaut bien servir ailleurs, corn. Toison d'or, i, 2. Et d'autres lieux de cette mer , Qui ne valent pas le nommer, scARR. Virg. m. Nous n'estimons pas que toute la philosophie vaille une heure de peine, pasc. Pens. XXIV, (00 bis, éd. havet. Il me semble qu'elle [cette peinture que je viens de vous faire] ne vaut guère, sÉv. 6 aoiit (680. Dans les premiers temps, la poésie et la philosophie étaient la même chose, toute sagesse était renfermée dans les poèmes; ce n'est pas que par celte alliance la poésie en valût mieux, mais la philosophie en valait moins, fonten. Oracl. i, 6. N'estimez votre état que ce qu'il vaut, et vous en vaudrez davantage, j. j. bouss. Lett. à M Homigli, t. I, Corresp. t. i, p. (02, dans pougens. Personne ne donnait un avis qui vallit le sien, soit pour l'ameublement, soit pour la toilette, reybaud, Jér. Paturot, n, (7. || Cette chose, cette affaire ne vaut pas la peine d'y penser, d'en parler, celte chose, cette affaire est de peu de conséquence.] | Dans le sens contraire : Cette chose, cette affaire vaut bien la peine d'y penser, la peine qu'on y pense. Il Ironiquement. Cela ne vaut pas la peine d'en parler. Monsieur mon frère aîné, car. Dieu merci, vous l'êtes D'une vingtaine d'ans, à ne vous rien celer. Et cela ne vaut pas la peine d'en parler, MOL. Éc. des maris, i, (. || Absolument, cela ne vaut pas la peine, n'en vaut pas la peine. Il Fig. Le jeu ne vaut pas la chandelle, voy. CHANDELLE, n* (. || Rien qui vaille, chose sans mérite ni valeur. Ils [les comédiens] ont un privilège, c'est de ne faire rien qui vaille parce qu'ils sont seuls, de mal jouer les anciennes pièces, et de n'en point donner de nouvelles qui ne soient mauvaises, dancourt, Com. des coméd. l, 6. || Substantivement. Un rien qui vaille, une personne sans mérite, sans valeur. Je vous assure qu'à force de ne trouver que des riens qui vaille en son chemin, on devient rien qui vaille soimême, bussy rabotin, Lett. t. n, p. S7, dans pougens. Cet infant qu'on me baille. N'en déplaise aux baillants, n'est qu'un vrai rien qui vaille.

th. corn. Geôl. de toi-même, v, 7. || N'avoir rien qui vaille, n'avoir rien de bon. Ce marchand n« rien qui vaille. J'étais lundi passé chez mon libraire Caille Qui dans son magasin n'a souvent rien qui vaille, volt, la Tactique. || Ne faire rien qui vaille, ne faire rien de bon, d'utile. Vous ne feriez jamais rien qui vaille, pasc. Prov. vn. En se dépêchant trop, on ne fait rien qui vaille, VOLT. Lett. d^Argental, (8 oct. 1776. Selon lui, les Anglais n'avaient plus rien fait qui vaille, depuis qu'ils avaient renoncé au grec et à l'arabe pour la géométrie et la physique, o'alemb. Éloges, Alary. || Ne valoir pas que, ne pas mériter que. L'occasion ici fort peu vous favorise. Et ce faible bonheur ne vaut pas qu'on le prise, corn. Hent. i, 2. || 8* Valoir suivi d'un infinitif (tournure excellente, peu usitée aujourd'hui, mais qui mérite de l'être beaucoup). Vous n'y trouveriez rien (dans des vers], à mon avis, qui vaille les désirer, ualh. Lettres, n, 33. Oue les combats qu'avait faits Minutius en Ligunc n'étaient que simples renw^ntres, et encore si légères qu'elles ne valaient pas en parler, m. le XXX' livre de Tite Live, ch. 22. Le peu que j'y perdrai ne vaut pas m'en fâcher, corn. Veuve, m, 3. L'offre n'est pas mauvaise, et vaut bien y penser, id. Galer. iv, (4. La vie est peu de chose, et le peu qui t'en reste Ne vaut pas l'acheter par un prix si funeste, ID. Cinrui, iv, ». || 4* Être d'un certain prix. Cette étoffe vaut cinq francs l'aune. L'honneur qui se vend, si peu qu'on en donne, est toujours payé plus qu'il ne vaut, duclos, Œuv. t. T, p. 78. Il Familièrement. Cette chose vaut de l'argent, elle est d'un prix considérable. || Fig. Ce petit Coulanges vaut trop d'argent, je garde toute» ses lettres, sÉv. 29 janvier (685. || Cette chose vaut son pesant d'or, est très- bonne dans son genre. Il Cet homme vaut son pesant d'or, il est rempli de bonnes qualités. Je vous dis qu'il [M. de Sévigné) vaut son pesant d'or, sÉv. 43. || Chaque chose vaut son prix, chacun vaut son prix, chaque chose, chaque personne a ses qualités. Quelque rare que soit le mérite des belles, Je pense, Dieu merci, qu'on vaut son prix comme elles, mol. His m, (. Je valais dans mon temps mon prix tout c>.mme un autre, regnard, le Légat, n, 4. || Fig. Savoir ce qu'en vaut l'aune, voy. aune. || Fig. et familièrement. Cela ne vaut pas le diable, ne vaut pas un sou, ne vaut pas un clou i soufflet, ne vaut pas le ramasser, cela n'est bon à rien, ne vaut rien. Cela [une comédie de Legrand] ne vaut pas le diable; mais cela réussira, parce qu'il y a des danses et de petits enfants, volt. Lett. Thiriot, (724. Il 6* Valoir bien que avec le subjonctif, être digne que. La gloire de mon nom vaut bien qu'on la retienne, corn. Don Sanche, v, 6. Qui d'eux aimait le mieux ; que t'en semble, lecteur? Cette difficulté vaut bien qu'on la propose, la font. Fabl. II, 4. Je vaux bien que de moi l'on fasse plus de cas; Et je baise les mains à qui ne me veut pas, MOL. Fem. sav. v, 4. || Impersonnellement, avec bien et inversion, il est avantageux. Pour lors bien m'en valut, hégnier, Sat. xi. [Louis XI] Non, je sais que je n'y suis pas [au Plessis-lez-Tours], et bien vous en vaut [à vous, la Balue], fén. t. xiz, p. 3G4. i;6* Valoir mieux, avoir plus de qualités, en parlant de personnes. La cavalerie carthaginoise valait mieux que la romaine, montesq. Itom. 4. Il y en a bien peu [Anglais] qui ressemblent à Bolingbroke; celui-là valait mieux que ses livres; mais, pour les autres Anglais, leurs livres valent mieux qu'eux, volt. Lett. Mme du Deffant, (8 fév. (760. Il Cet homme ne vaut pas mieux que son frère, cesonttousdeui des gens mauvais. Il [un thaumaturge] avait ajouté les chrétiens aux épicuriens, parce qu'àson égard ils ne valaient pas mieux les uns que les autres, fonten. Oracles, i, (3. || Être meilleur, être préférable, en parlant de choses. Ma montre vaut mieux que la vôtre. À quelque prix qu'on mette une telle fumée. L'obscurité vaut mieux que tant de renommée, corn. Wor. ii, 3. C'est toujours quelqu'un à qui on peut faire un tour quand on sera de mauvaise humeur, et cela vaut mieux que rien, font. Lett. gai. n, 34. La paix vaut encore mieux que la vérité; je n'ai guère connu ni l'une ni l'autre en ce monde, volt. Lttt. Mairan, 6 mai (741. Il Cette chose-là vaut mieux pistole qu'elle ne valait écu, voy. pistole. || Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras, voy. tenir. || Impersonnellement. Il vaut mieux, il est plus avantageux, il est préférable. Il vaut mieux qu'il en soit ainsi. Mais, tyran pour tyran , il vaut mieux vivre à Rome, CORN. Sertor. I, (. 11 leur vatidnit Lien mieux, le» pauvres animaux [des chevauxj, de

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travailler beaucoup, de manger de niCme, mol. l'Av. ui, 6. Il Avec suppression de il et inversion. Mieux vaut goujat debout qu'empereur enterré, LA KONT. Jdatrone. || Autrefois cette inversion de mi'eiuc n'était pas obligatoire. Mais il faut le vouloir, et vaut mieux se résoudre, En aspirant au ciel, être frappé de foudre.... malh. v, 30. || 7' Ne rien valoir, en parlant des personnes, être méchant, vicieux, dangereux. Tout le monde me prend pour un homme de bien; Mais la vérité pure «st que je ne vaux rien, mol. Tart. m, a. Mon Dieu I que les hommes ont de talent pour ne rien valoir! mariv. Marianne, l" part. Chassé de la maison de son père, parce qu'il ne voulait rien valoir, J. J. Rouss. Ém. \i. || 11 se dit des choses en un sens analogue. La Puisieui s'en est épanoui la rate [d'une petite méchanceté faite par Mme de Sévigné] ; Mademoiselle n'osait lever les yeux; et moi, j'avais une mine qui ne valait rien, sÉv. 27. Son grand benêt d'amant ne l'aime guère, il trouve Marie bien jolie, bien douce; ma fille, cela ne vaut rien.... ID. M4.|| Cette chose ne vaut rien, elle n'a presque aucun mérite, presque aucune valeur. Le cheval qu'il a vendu ne valait rien. Cette comédie ne vaut rien du tout. L'étoffe que j'ai achetée ne vaut rien. 1| Cette chose ne vaut rien, se dit aussi d'une chose usée et devenue hors d'usage. Cet habit ne vaut plus rien. || Cela ne vaut rien, cela est mauvais, nuisible. Le temps humide ne me vaut rien. La raison ne me vaut rien ; car elle m'a ôté tout ce que j'avais d'agréments, OENLis, Ad. et Th. t. il, p. 170, dans pougens. Il Cela ne vaut rien , signifie aussi , cela n'annonce rien de bon, est de mauvais augure. 11 s'endort dès qu'il a mangé, cela ne vaut rien. Il 8" Rapporter, donner du profit. Cet emploi vaut tant. Il Tant vaut l'homme, tant vaut la terre, voy. TERRE. Il 9" Faire valoirquelqu'un, lui donner crédit, puissance, occasion de paraître à son avantage. Les rois font des hommes comme des pièces de monnaie; ils les font donc valoir ce qu'ils veulent; et l'on est forcé de les recevoir selon leur cours, et non pas selon leur véritable prix, la rochefouc. Prevr pens. 60. Il est moins rare de trouver de l'esprit que des gens qui se servent du leur, ou qui fassent valoir celui des autres, en le mettant à quelque usage, la brot. ii. Là se trouvait dans toute sa perfection l'art... de faire valoir les autres sans prétendre les protéger, genlis, ilém. t. ii, p. 204. Il Se faire valoir, soutenir sa dignité, ses droits. Vous négligez les droits de voire place, vous ne TOUS faites point assez valoir. || Se faire valoir, se montrer à son avantage. Rien ne devrait plus humilier les hommes qui ont mérité de grandes louanges, que le soin qu'ils prennent encore de se faire valoir par de petites choses, la rochefouc. Réflex. mor. n° 272. Se faire valoir par des choses qui ne dépendent point des autres, mais de soi seul, ou renoncer à se faire valoir : maxime inestimable et d'une ressource infinie dans la pratique, la bhuy. II. Il S'attribuer plus qu'on n'a. Je trouve qu'on se faisait peut-être un peu trop valoir dans le siècle passé, quoique avec justice, et qu'on ne se fait peut-être pas assez valoir dans celui-ci, VOLT. Leit. Laurent, 6 déc. 177). L'art de se faire valoir et de conduire une intrigue, genlis. Parvenus , t. I, p. 65, dans pougens. || Un homme ne vaut que ce qu'il se fait valoir, un homme n'obtient de crédit, etc. qu'autant qu'il saisit les occasions et les moyens de faire ressortir son mérite. Il Se faire valoir de, se donner de l'importance au moyen de. Je me suis fait valoir ici des nouvelles du combat naval [que j'ai apprises par vous], SÉV. 20 mai 1670. || Terme de chasse. Se faire valoir, se dit d'un animal qui, dans un terrain gras, a imprimé son pied et sa jambe, de manière à le fairejuger plus fort qu'il ne l'est en effet. || 10' Kaire valoir une chose, lui donner force, puissniice. Faire valoir son droit, ses droits. Jamais Ferdinand n'eut plus de puissance, et ne la fit plus valoir, volt. ilnn. emp. Ferdinand II, »62i). I| Faire valoir une chose, lui donner du prix, la faire paraître meilleure, plus belle. Je me suis engagé de faire valoir la pièce, et l'auteur m'en est venu prier encore ce matin, mol. Préc. (o. Nous lisons la vie de Théodose ; mon fils la fait encore valoir ; car vous savez comme mes enfants savent lire, siv. eut. Les choses ne valent que oo qu'qri les fait valoir, tin. Dial. des morts mod. Dial. 13. Quand de bons acteurs les font valoir [les pièces de théâtre], VOLT. Comm. Corn. Rem. Essex, v, .1. En général] l'art de laire valoir une idée consiste à la mettre dans la place où elle doit frapper davantage ,

coNDiL. Art i'éer. ii, u.|| Terme de peinture. Une figure en fait valoir une autre, lorsque, placée aupr&s, elle a moins de force, moins de fini, moins de beauté. || Faire valoir une chose, en relever l'importance, le mérite. Je ne sais point, seigneur, faire valoir les choses, corn. Othon, m, 5. Et de tant de mortels à toute heure empressés A nous faire valoir leurs soins intéressés.... rac. Esth. n, 3. Un premier esclave qui, espérant d'obtenir sa liberté, accusait sans cesse les autres, pour faire valoir à son maître son zèle et son attachement à ses intérêts, fén. Tél. u. Il Faire valoir sa marchandise, se dit du marchand qui fait ressortir les qualités de ce qu'il veut vendre. || Fig. Faire valoir sa marchandise, louer beaucoup ce qu'on a, ce qu'on dit, ce qu'on fait. Si nous trouvions quelque chose de bon pour votre enfant, nous ne manquerions pas de faire valoir notre marcl»andi.se, sÉv. 527. {| Faire valoir des motifs, en faire ressortir la force. Je sais bien que vous êtes en couche ; je fais valoir cette raison qui est bonne, sÉv. 259. Il [d'Hacqueville] fera valoir vos raisons à M. de Pompone, m. 29 déc. 1075. Il Faire valoir que, avec l'indicatif, ou faire valoir de, avec l'infinitif. Je lui fais valoir [à Mme de Chaulnes] d'être demeurée pour elle [en Bretagne], sÉv. 22 juill. 167». Et vous venez nous faire valoir que vous aimez votre frère, et qu'il ne vous reste aucune aigreur contre lui, tandis que sa seule présence vous déplaît et vous irrite I mass. Carême, Pardon des ofj. || Faire valoir, signifie aussi opposer, objecter. Faire valoir une objection contre quelqu'un. Je n'avais point voulu que la princesse [de Tarente] vint ici ; je lui avais fait valoir nos dévotions de jeudi.... SÉV. 450. Je crois vous avoir fait entendre que depuis longtemps on faisait valoir les minuties [contre Pompono) ; et cela avait formé une disposition qui était toujours fomentée dans la pensée d'en profiter, ID. i3 déc. 4679. || 11" Faire valoir une chose, en tirer le profit, l'avantage qu'elle peut rapporter. Pour faire valoir la somme par votre industrie, pasc. Prov. viii. Ceux qui sont les plus vigilants et les plus industrieux pour faire valoir leurs biens, fén. Tél. xii. Chacun est obligé, en conscience, de faire valoir ses talents, brueys, Muet, u, 3. Il [Charlemagne] fit valoir ses domaines avec sagesse, avec attention, avec économie, MONTESQ. Esp. xviii, 31. 1| Par extension. Respirer, me promener en long, faire un peu d'exercice, c'est ce qui me fera valoir et profiter tous mes remèdes, sÉv. 7 oct. <687. || Absolument. Faire valoir, exploiter soi-même sa terre. Il Terme de chasse. On dit que les chiens font valoir le change, quand ils abandonnent la voie du la bête de meute, pour suivre celle du change. Il 12° Tenir lieu de, avoir la signification de. L'as au piquet vaut onze. Une blanche, en musique, vaut deux noires. L'M en chiffres romains vaut mille. Il Faire un acte, remplir une formalité pour valoir ce que de raison, faire un acte, remplir une formalité par pure précaution, et pour servir dans l'occasion comme il sera juste et raisonnable. Il Cela vaut fait, assurez-vous que cela ne manquera pas de se faire. Cela vaut fait, monsieur, COHN. ifélite, II, 5. Il Autant vaut, même sens. Autant vaut que Valère s'en aille, goldoni, Bourru bienfais. ii, < 5. || Autant vaut, locution elliptique, peu s'en faut. Ismène : Est-il mo.t? — Cléanthes : Autant vaut : dejiuis vingt ans et plus Qu'il a pris son parti, nous ne nous sommes vus, begnard, Démocr. ii, i. Merlin : On donne ici le hall l'affaire est donc finie? — Lisette : Autant vaut, mon enfant, ID. le Bal, 4. Notre boussole est trouvée, ou autant vaut, nous voilà dans la physique, j. j. Bouss. Ém. m. Il Vaut est quelquefois sous-entendu. Autant faire cela sur-le-champ que de différer. Il Autant vaut traîné que porté, voy. porté. || Autant vaut être mordu du chien que de la chienne, voy. CHIEN. Il Proverbe. Un bon averti en vaut deux, voy. averti. Il 13* Peser d'un certain poids. Ces considérations, qui valent pour votre cause, valent aussi pour la sienne. || 14" F. a. Procurer, produire, faire obtenir. Ses succès lui ont valu le surnom de Grand. Cette terre lui vaut dix mille francs de rente. La gloire immortelle que lui ont value ses exploits. Les honneurs que mon habit m'a valus. Vous lui faites [à Pauline] un bien extrême de vous amuser à sa petite raison naissante; cette application à la cultiver lui vaudra beaucoup, sÉv. 5 août (676. J'ai travaillé jusqu'à mes derniers jours; cela m'a valu des ennemis; mais aussi cela m'a. valu votre amitié; ainsi je n'ai point i me

plaindre, volt. Lett. Chabanon, si déc. «774. Oui, je dormais sur un petit volume Qui me vaudra d'être encore étrillé, bérang. Gohier. \\ 16" À valoir, terme de commerce et de finance signifiant ce qu'on donne à compte d'une plus forte somme qu'on doit fournir, soit argent, soit marchandise. Je vous envoie vingt balles de café dont vous retirerez le prix à valoir sur ce que je vous dois. || J'ai reçu telle chose ou telle somme à valoir sur..., je l'ai reçue en déduction de.... {| 16" Vaille que vaille, loc. adv. Passablement, tant bien que mal. Il faut me laisser vivre; après, vaille que vaille, Si j'ai quelque pistole, on me la trouvera, hauteroche, le Deuil, 29. On me donnait le soin De fournir la maison de chandelle et de foin; Mais je n'y perdais rien; enfin, vaille que vaille, J'aurais sur le marché fort bien fourni la paille, hac. Plaid, i, 1. Enfin, vaille que vaille. L'ennemi se soumet, j'ai gagné la bataille, destoucii. Glor. v, 3. Je suis raccommodé, vaille que vaille, avec Mme du Deffant, n'ALEMB. Lett. à Voltaire, ts oct. 4 780. Il 17° Tout coup vaille, loc. adv. qui signifie, à de certains jeux, qu'en attendant la décision de ce qui est en contestation, on ne laissera pas de jcuer. Il Fig. k tout hasard. Ma foi, tout coup vaille, voyons où la chose ira, uauteroche, Cocher -lupp. se. (8. Je me divertis toujours, tout coup vaille, DANCOURT, Cur. Compiégne, se. 2. Allons donc, tout coup vaille, épousons sans amour, destouch. Irrésolu, IV, i.||18° Valant, part, présent. Deux, maisons valant cent mille francs. Le tout ci-dessus mentionné valant loyalement plus de quatre mille cinq cents livres, et rabaissé à la valeur de mille écus par la discrétion du prêteur , mol. l'Avare, n, 2. || Proverbe. Donner et retenir ne vaut, il faut se dessaisir de la propriété d'une chose qu'on donne.

— REM. 1. Valoir ne prend point de avec un infinitif. Cependant, avec il vaut mieux, mieux vaut, on peut mettre de : U me vaudrait bien mieur d'être au diable que d'être à lui, mol. D. Juan, i, 4. Mieux vaut encor de penser que de lire, THOMAS, Épit. à Mme D. On dirait aussi sans de : Mieux vaut encore penser que lire. |{ 2. Dans ces phrases : Cette étoffe vaut dix francs; cet homme sait ce qu'il vaut, on comprend que le régime n'est régime direct qu'en apparence, et qu'il y a une ellipse : Cette étoffe vaut [pour] dix francs; cet homme sait ce qu'il [pour cequ'il] vaut. || 3. Le participe passé fait difiiculté comme coûté pour l'accord. On le traitera de même (voy. coûter, aux Remarques), et l'on dira: La somme qu'a valu il y a dix ans ce domaine. Mais quand valoir est actif, signifiant procurer, alors il suit la règle des verbes actifs : Les honneurs que lui a valus cette action. L'Académie ne s'explique ni pour l'un m pour l'autre cas. || 4. Quand il s'agit d'exprimer une valeur, on dit valant ; Il a une bonne terre valant dix mille écus; et, dans ce sens, valant est le véritable participe du verbe valoir. Mais, pour exprimer qu'il les a en sa possession, on dit alors: Cet homme a dix mille écus vaillant; et dans ce cas vaillant est un substantif masculin employé adverbialement.

— iliST. XI" s. Melz [mieux] en valt l'orl que ne fuut cinq cenz livres, Ch. de Roi. xxxviii. Nuls reis de France n'out unkes si vaillant [butin qui valût tant], ib. Lxxxix. Fuir s'en [il] voelt, mais ne li valt nient, ib. cx.«ii. || ■::.• s. Consels d'orgue! ne vaut mie un bolon, Ronc. p. H . N'i perdra Charles [ce] qui vaille un seul denier, ib. p. 34. Miex [mieux] valt mesure que ne valt estoutie, ib. p. 82. Puisque merci ne m'i daigne valoir, [je] Ne sai oii nul confort [je] prcgne, Couci, ix. Un petiz biens vaut mieuz, si Ulex me voie. Qu'on fait courtoisement, Que cent greignor [plus grands] fait enieusement, ib. xvi. [Ce] Dont je mourrai ; et, se je vi, ma vie Vaudra bien mort.... ib. uiv. Car cil qui pert honor vaurroit mieux mors que vis, Sax. XXVI. Mielz valt fiz à vilain qui est prouz e senez. Que ne fait gentilz hum faïUiz e débutez. Th. le mort. 63. Service frunt [ils feront] à Sesac, que il sachent quel valt mielz à servir i mei u à Sesac, Rois, p. 296. || un" s. Se nous ne doutons à servir ceulx que nos cuidons qui nos vaudront [nous seront utiles), que devons nous faire à ceulx qui nos ont jà valu? brun, latini. Trésor, p. 415. Kt cil jurèrent seur sains qu'il esliroienl en bonne foi celui.... qui mieus vaudroit à l'empire governer, villeh. eu. [La couronne] Cent mile maïs valoit et plus, à droite vente, Berte, x. î^ France [nous] envolerons savoir s'il peut valoir [si Ix chose peut se faire], ib. liv. Tuit cil [tous ceux}

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qui de U terre sont, Oui do toi fleus [fiefs] et terres ont, Te deivcnt aiilor et valer, Si feront il en leur poer [pouvoir], bu cange, valere. Douce dame, ne créez mie Que ce soit voirs, quoi que nus die, Ou'amois contredite soit vraie.... C'est une ainors si vaut, si vaille ; Qui n'i puet avenir, si faille, l.ai du conseil. Or sai de voir qu'en mon vivant Ne fis chose qui vausist tant, flcn. 20(»B. Promesse sans don ne vaut gaires, la llose, *I0T. Car eu ceste vie terrestre, Miei vaut uiorir que povres cslre, ib. «210. Li dobas vaut poi, qui est fes en derrière de justice, par devant qui le [la] connissance en apartient, bkaum. xliv, 49. Et se croisa mon seigneur Gauchier, qui moult bien se maintint outre mer, et moult eust valu se il cust vescu, JOiNV. 208. Le Seigneur fiert [frappe] ou de mort ou de autres greingneurs mescheances qui pis valent que la mort, ID. (07. Et ces choses vous monstré-je, pource que cors sans chief ne vaut riens à ledouter, ne gentsans roy, id. 23). || xiv s. Sur ton corps défendant, met le jour de bataille Par droite défiance [défi], et puis vaille que vaille, -Girart de Ross. v. 3425. Si sera poi d'honour à vous certainement, Se de nuit assaillons les François tellement, Et on dit à la fois : mieux vaut honour qu'argent, Guescl. 22(Bl.||xV s. Mieux vaut que nous nous défendions de bonne volonté contre ceux qui viennent, que.... froiss. i, i, 327. Nous sommes en fort lieu ; un de nous en vaut quatre, ro. ii, ni, 20. Qui veut avoir leur service [des gens d'armes], il faut que ils soyent payés; autrement ils ne font chose qui vaille, m. ii, ii, 222. Et là surent chevaux que espérons valoient, ID. II, n, 06. Et issit hors.... pour voir s'il pourroit en aucune manière à son frère valoir ni aider, id. I, I, (03. Ce mois de may, ne joyeulx, ne dolent Estre ne puis; au fort, vaille que vaille, C'est le meilleur que de riens ne me chaille, CH. d'orl. Rondeau. 11 respondit que ce n'cstoit que usance de guerre, et que guerre sans feu ne valloit rien, juv. DES URS. Charles Yl, (420. Le chevalier s'est depuis tant fait valloir et tant est preux queceulx du pays en ont fait leur roy, Perceforest, t. vi, f' 408. Et que nous vault vostre science? Patelin. Guillaume de vilde qui vault à dire en françois le sauvage, comm. u, 7. Je croy que le travail qu'il [Louis XI] eut en sa jeunesse.... luy vallut beaucoup, m. I, (0. Toutefois la ville ne valloit gueres, et aussi.... firent composition, ID. n, 2. Le roy ne peult entreprendre une telle euvre [la guerre] sans assembler > on parlement qui [en Angleterre] vault autant comme les trois estatz, ro. iv, (. Quand Dieu y veut mettre la main, rien n'y vault, id. u, ♦. Et lesdictes lettres sans faille Bien et deuement interinées Par monseigneur Vaille que vaille. Juge de grasses matinées, coquillart. Enquête entre la simple et la rusée. |] xvi" s. À ce soir sont venues trois postes, qui ont apporté au roy que le pape vault que mort, et qu'il n'y a remède en sa vie. Lettres de Louis III, t. u, p. 69, dans lacurne. Si nous vallons rien, nous sçaurons que c'est, et luy -déroberons si tu me veulx croire, Cymbalum mundi, p. 6B, dans lacurne. C'est un badinage si maigre, qu'il ne vaut pas d'estre refuté, calv. Inslit. ((49. Faire valoir ses biens, amvot, Ptiric. 35. Il les aguerrissoit et endurcissoit au travail, non point en intention de s'en valoir contre les barbares seulement, id. Pomp. 72. Les esquilles des 03 vallcnt mieux qu'elles tombent par nature que par medicamens, paré, ivi, 34. Il est nécessaire d'ajouster l'humidité au fumier, pour le faire valoir, o. DE SERRES, 97. Car la dévotion fait valoir le présent, Et, comme s'il fust d'or, le fait riche et pesant, rons. 867. Des personnes qui valoient moins que luy, mont, u, 35. Nous faisons valoir nos inconvénients oultre leur mesure, pour attirer les larmes, ID. IV, ((2. C'est argent qu'argent vaut, cotgravb. Tout bois vaut busches, id. l'ar ma foy, dit Ponocrates [à frère Jean], tu vaux trop, rab. i, i(.

— ÊTVM. Berry, vailloir; génev. vaille qui vaille (ce qui est fautif); provenç. etespagn. valer; liai, ralere; du lat. valere, être fort, valoir; comparez le sanscrit bala, force.

tVALORE.M (AD) (ad-va-lo-rem*), Joe. lot. employée dans les discussions de douanes et les traités de commerce. Selon la valeur des choses.

VALSE (val-s'), (. f. || 1° Danse tournante à trois temps modérés. Le pas de la valse comprend trois parties, un pas glissé, puis un assemblé, un second pas glissé, ou mieux le pied qui a glissé d'abord se détache de l'autre, qui fait le glissé à son tour; ces mouvements se font en tournant, et dans <o tournoiement les danseurs décrivent un cercle

ou une ellipse selon la forme de la salle. La valse est originaire d'Allemagne, fétis, Dict. de musique, Yalse. La valse que nous avons reprise de» Allemands en (795, était depuis 400an3 une danse française, castil blaze, l'Àcad. de mus. n' xviii, t. II, p. 71. Si vous n'avez jamais vu d'un œil de colère La valse impure, au vol lascif et circulaire, Effeuiller en courant les femmes et les ficuis, v. HUGO, Feuill. d'aut. 23. La valse d'un coup d'aile a détrôné la danse, a. de musset, À la mi-caréme, x. Il 2* L'air i trois temps sur lequel on exécute cette danse. {| 3" Valse à deux temps, nom donné à une valse plus rapide que la première. Le pas consiste à faire en tournant cinq glissés suivis d'un assemblé dans les six temps qui forment deux mesures musicales, de sorte qu'il répond i deux temps ou deux pas do la valse classique.

— F.TYM. Allem. Walxer, valse, de wâlien, tourner en cercle.

VALSEK (val-sé), V. n. || 1* Danser la valse. On valsa pour la première fois à l'Opéra dans la Dansomanie [ballet de Gardel, en(800], castil-blaze, l'Acad. de Musique, n" xviii, t. il, p. 7(. |1 Valser à deux temps. Il Fig. et familièrement. Faire valser quelqu'un, le tracasser, et aussi lui donner de fausses espérances. || U se conjugue avec l'auxiliaire avoir. \\ 2* Activement. Toutes les compositions de piano intitulées valses ne sont pas faites pour être valsées, par exemple plusieurs valses de Beethoven et de Chopin, etc.

— ÊTYM. YaUe. On trouve au ivi' siècle se valser : La Trousse se valse et jecte du haut en bas de l'eschele, carl. vi, (9.

VALSEUR, EUSE (val-seur, seii-z'), t. m. et f. Celui, celle qui valse. À ce bruit.... La valseuse se livre avec plus de langueur, a. de musset, À la mi-carême, iv. Si la valse s'emporte au galop favori. Plus aimé du valseur qu'agréable au mari, p. lebrun, Épitre, le iloi de Grèce.

VALU, UE (va-lu, lue), pari, passé do valoir.

VALUE (va-lue), s. f. Il ne s'emploie, d'après l'Académie, que dans celle locution : plus-value (voy. ce mot). || Cependant il a été employé par quelques écrivains au sens de valeur, prix. Si sais-je bien qu'Amour en son clapier One n'eut lapin de si mince value, J. B. rouss. Épigr. i, 2ii.

— HIST. XIII' s. Je suis tenus à rendre le [la] value que le [la] coze valoit el tans que ele me fust prestée, beaum. xxxiv, (6. || iv* s. Certes, dist le| duc d'Anjou, celluy à qui vous l'avez donnée [une charge] est de petite value et n'est souflisant d'estre en tel office, christ, de pisan, Chartes Y, m, (9.

— ÉTYM. Yalu.

t VALVAIRE (val-vê-r*), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a rapport aux valves. || Estivation valvaire, celle dans laquelle les folioles du calice, de l'involucre ou de la corolle, s'appliquent sur la fleur en se louchant par leurs bords; ex. plusieurs clématites. || S. m. Le valvaire, pièce calcaire appliquée sur la peau d'un mollusque.

VALVE (val-v'), s. f. || 1° Synonyme de soupape à clapet. Il 2* Terme de botanique. Nom donné aux pièces de certains péricarpes, qui sont distinctes et susceptibles de se séparer à la maturité, sans déchirement apparent. Une valve de pépin. || On nomme improprement valve les bractées qui composent les spalhes, et celles qui composent la glume des graminées. || 3° Toute espèce de pièce solide qui revêt le corps d'un mollusque.

— ÊTYM. Lat. valva, porte; du lad. sanscr. vri, couvrir : chose qui couvre.

t VALVE, ÉE (val-vé, vée), adj. Qui est muni de valves. || Se dit d'une corolle dont, avant l'épanouissement, les pétales se touchent par leurs bords seulement.

t VALVICIDE (val-vi-si-d'), adj. Terme de botonique. Déhiscence valvicide, celle qui s'opère par la rupture des valves du fruit.

— ÉTYM. Valve, et lat. cxdere, couper, t VALVIFORME (val-vi-for-m'), adj. Qui ressemble à une valve.

t VALVCLAIRE (val-vu-lè-r*), adj. Qui a beaucoup de valvules.

VALVULE (val-vu-1'), ». f. || 1* Terme de botanique. Petite valve. La corolle du blé est divisée en deux valvules unies, enflées et creusées en courbe, Bernard, de st-p. llarm. liv. i, tabl. gén. Il 2"' Terme d'anatomie. Tout repli qui, dans les vaisseaiu et conduits du corps, empêche les liquiides ou autres matières de refluer, ou qui a pour lonction principale de ralentir ou de modifier le cours des liquides sur :a trajet desquels il se

trouve. Certaines petites portes ou valvules que les anatomistes ont remarquées le long de nos veines, desc. l'Ilom. Deux portes sont au cceur; chacune a sa valvule, la font. Quinquina, i. U [Kuysch] avait dit que la résistance qu'il sentait en soufflant les vaisseaux lymphatiques d'un certain sens, lui faisait croire qu'il s'y trouvait dei valvules, qu'il n'avait pourtant point encore vues, konten. Ruysch. Il n'y a pas une seule veine qui n'ait (es valvules, ses écluses, pour ouvrir au sang des passages, volt. Jenni, 8. La connaissance des valvules dans les veines prépara la découverte de la circulation du sang, sernebier, Art d'observ. t. l, p. (2C. Il Valvule bicuspide, la valvule auriculo-ventriculaire gauche. |{ Valvule tricuspide ou mitrale, la valvule auriculo-ventriculaire droite. Il Valvule iléo-cxcale ou de Baubin, la valvule qui sépare l'iléon et le caecum.

— HIST. XVI* s. Après ces ventricules, faut considérer les orifices et valvules d'iceux, para, ii, (3.

— f.TYM. Lat. valvula, dimin. de t-a(t;a, valve. t VALVOLÉ, ÉE (val-vu-lé, lée), adj. Terme

d'histoire naturelle. Qui est muni de valvules.

VAMPIRE (van-pi-r'), ». m. || !• Dans l'Europe orientale, être chimérique qui, suivant la superstition populaire, sort du tombeau pour sucer le sang des vivants. Quoi 1 c'est dans notre dix-huitième siècle.... que le révérend père dom Augustin Calmet.... abbé de Sénone, abbaye de cent mille livres de rente, a imprimé et réimprimé l'histoire des vampires avec l'approbation de la Sorbonne, signée Marcilli I volt. Dict. phil. Yampire. Calmet rapporte qu'en Hongrie deux officiers délégués par l'empereur Charles VI, assistés du bailli du lieu et du bourreau , allèrent faire enquête d'un vampire, mort depuis six semaines, qui suçait tout le voisinage, m. ib. S'il y a dans le monde une histoire attestée, c'est celle de» vampires; rien n'y manque; procès-verbaux, certificats de notables, de chirurgiens, de curés, de magistrats ; la preuve juridique est des plus complètes; avec cela, qui est-ce qui croit aux vampires? j. j. rouss. Letl. à l'arch. de Par. Il 2* Fig. Il se dit de ceux qu'on accuse de s'enrichir par des gains illicites et aux dépens du Peuple. Les vrais vampires sont les moines qui mu:igent aux dépens des rois et des peuples , volt. Dict. phil. Yampire. Tous ces vampires qui suçaient perpétuellement la fortune des courtisans, bachaumont, ilém. t. XXXIV, p. (23. Us se seraient associés dans votre capitale avec des aventuriers agioteurs, avec ces vampires dont tout l'art est de pressurer VOS peuples, mirab. Collect. t. i, p. 327. || 3* Trèsgrosse cliauve-souris, dite aussi stryge.

— ETYM. Mot venu d'Allemagne, mais non d'origine germanique.

t VAMI'IKIQUE (van-pi-ri-k"), adj. Qui a le caractère du vampire. Nous n'avons jamais été riches en numéraire; pourquoi? c'est qu'un gouvernement vampirique a, depuis plus d'un siècle, sucé le sang des peuples, mirab. rol(ec(.t. iv, p. (34.

t VAMPIRISME (van-pi-ri-sm'), s. m. Croyance aux vampires. J'ai vu déterrer quarante personnes... dix-sept ont donné tous les signes du vampirisme, c'est-à-dire qu'on les a trouvés frais, vermeils et pareils à des vivants, a. duuas, les MilU et «n fantômes, iv. || Fig. Avidité sans mesure.

VAN (van), s. m. \\ 1' Instrument d'osier pour séparer la paille et l'ordure d'avec le bon grain. Il prendra le van en main, et il nettoiera son aire, SACi, Bible, Évang. Si Luc, m, (7. Arcadicn», qu'est devenu le temps où les Atrides étaient obligés de vous prêter des vaisseaux pour aller i Troie, et où vous preniez la rame d'Ulysse pour le van de la blonde Cérès? chateaubr. ifar(. iv. Il 2* Terme de métallurgie. Vase qui sert à mesurer le charbon.

— HIST. xni* s. Or y faut et vans et corbeilles. Choses qui (aillent en ménage. || zv* s. Son Jhesus, qui si bien venger Le devoit, où est-il aie? — Je cuido, quant il l'appela Qu'il faisoit ou ven ou corbeilles, Uart. de St Eslienne.

— F.TYM. Lat. vannus, van, qui se rattache au radical sanscrit vd, souffler.

t VANADATE (va-na-da-f), t. m. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison de l'acide vanadique avec une base.

t VANAOIQUE (va-na-di-k") , adj. Acide vanadique, acide produit par le vanadium; on le retire du vanadate d'ammoniaque.

t VANADITE (va-na-di-t'), s. m. Terme de chimie. Nom donné aux sels dans lesquels l'oxyde de vanadium joue le rôle d'acide.

VAN

VAN

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t VANADIUM (va-na-di-om'), ». m. Corps simple métallique, d'un blanc argenté.

t VANANT (va-nan), adj. m. Papier vanant, sorte de papier qui a moins de finesse et de blancheur que le papier tin.

VANDALE (van-da-l*), ». m. || !• Nom d'un ancien peuple de Germanie qui se répandit jusqu'en Espagne et en Afrique. || i' Fig. Celui qui hait en barbare les sciences et la civilisation, et qui détruit les monuments des arts (on met un V majuscule). Il Àdj. Conservant ses usages gothiques et vandales, et proscrivant le sens commun, dider. Sur l'hist. du parlem.

VANDAMSMK (van-da-li-sm'), ». m. Tout procédé destructeur, qui anéantit ce qui commandait le respect par son âge, ses souvenirs ou ses beautés. Chaque époque ayant des méfaits de vandalisme à reprocher à sa devancière, et ne sesentant pas elle-même la conscience bien nette, on est tombé d'accord qu'on rejetterait le tout sur les Vandales, qui ne réclameront pas, de labohde. Émaux, p. 633.

— UEM. Le mot vandalisme a été créé par l'évêque de Blois Grégoire, qui l'a employé pour la première fois dans un rapport qu'il fit à la Convention : Je créai le mot pour tuer la chose, dit-il, Mémoires de Grégoire, t. i, p. 34G, édit. de (837.

t VANDELLIE (van-dè-lie), ». f. Plante de la famille des scrofulariées, vandellia diffusa, L. de Madagascar et de l'Amérique tropicale.

t VANDIÈRE (van-diè-r"), ». f. Espèce de poision (eallionymus lyra).

VANDOISE (van-doi-z'), ». f. Poisson d'eau douce du genre des carpes, dit aussi dard à cause de la rapidité avec laquelle il s'élance, cyprinus leuciscus, L.

— HlST. xni* s. Que l'on ne pregne la vendese et le chevereil, s'ilz n'ont cinq pouces de long, Bibl. des eh. S' série, t. iv, p. 63. || xv s. Maint poissonnet, mainte vandoise Vy là nager, qui se degoise En l'eaue clere, nette et fine, al. chart. Liv. des 4 dames.

— ÉTYM. Berry, coudoise ; picard, ventoise. Legoarant dit que c'est une corruption de vaudoise, ce poisson ayant été dénommé en Suisse d'après le pays Ca Vaud; mais les formes très-anciennes ne permettent pas cette étymologie.

t VANESSE (va-nè-s'), ». f. Sorte de papillon ; TOy. TORTUE, n* 6.

fVANGEBON (van-je-ron), ». m. Poisson des lacs de Lausanne et de Neuchâtel.

t VANGECR (van-jeur), ». m. Ouvrier qui pétrit la terre avec les mains dans une briqueterie.

VANILLE (va-ni-ir, U mouillées, et non va-niye), s. f. Il !• Fruit de Vepidendrum vaniUa, L. orchidée parasite et sarmenteuse du Mexique; il est d'une odeur et d'une saveur aromatique. La gousse de vanille, qui se vendait autrefois 2 francs au détail , se vend aujourd'hui 60 c. Jfonit . uni». a7 avr. (867, p. 503, t" col. Il Liqueur de vanille, ou, simplement, vanille, liqueur faite avec ce fruit, de l'eau-de-vie et du sucre. Un petit verre de vanille. || Il se dit aussi de la plante qui produit ce fruit. La vanille est une plante qui, comme le lierre, s'attache aux arbres qu'elle rencontre, les couvre presque entièrement et s'élève par leur secours, RATNAL, Hist. phil. VI, 4 6. || 2» Plante qu'on nomme plus ordinairement héliotrope et dont les fleurs ont une odeur agréable , ressemblant à celle du fruit de la vanille américame.

— EiïM. Espagn. vainiUa, vanille, proprement gousse mince, dimin. de «omo, gaine (voy. gaîne).

t VAMLLÉ, ÉE (va-ni-Ué, liée, {{ mouillées), adj. Aromatisé avec de la vanille. || Chocolat vanillé, chocolat fait de cacao de choix, auquel on incorpore de la vanille.

VANILLIER (va-ni-llé. Il mouillées, et non vani-yé), t. m. Nom d'un genre de la famille des orchidées, et, en particulier, de la plante qui produit le fruit dit vanille.

t VANILLINE (va-ni-lli-n', U mouillées), ». f. Terme de chimie. Principe qui préexiste dans les capsules de vanille, et qui cristallise à leur surface lous le nom de givre.

t VANILLON (va-ni-Uon, {( mouillées), ». m. Espèce de vanille très-inférieure.

VANITE (va-ni-té), ». f. || !• Caractère de ce qui est vain, vide, sans solidité, sans durée. Tous les hommes qui n'ont pas la connaissance de Dieu ne sont que vanité, saci, Bible, Sagesse, xin, (. Qu'une chose aussi visible qu'est la vanité du monde soit si peu connue.... pasc. Pen». vi, 6», idit HATET. Le sentiment de la fausseté des plai-

sirs présents, et l'ignorance de la vanité des plaisirs absents causent l'inconstance, m. ib. vi, 45. Vanité des vanités , et tout est vanité.... j'ai pris sans élude et sans choix les premières paroles que me présente l'Ecclésiaste, où, quoique la vanité ait été si souvent nommée, elle ne l'est pas encore assez à mon gré pour le dessein que je me propose, BOss. Duch. d'Orl. ô vanité! 6 néant I 6 mortels ignorants de leurs destinées I ID. ib. Si M. de Turenne n'avait su que combattre et vaincre; s'il ne s'était élevé au-dessus des vertus humaines.... je laisserais à la vanité le soin d'honorer la vanité, fléch. Tur. Vanité des vanités ! mais tout n'est pas vanité; ma tendre reconnaissance pour mes amis, et surtout pour vous, madame, n'est pas vanité, volt. Lett. Mme Necker, 21 juin 1770. Je me félicite, sire, de penser comme Votre Majesté sur la vanité et la futilité de la métaphysique, d'alemb. Letl. aurai de Pr. < 7 sept. 1 704. Un roi, je dirai plus, un sage Ecrit que tout est vanité. Tout, y compris la majesté. Même l'amour, et c'est dommage, m. j. chénier, la Retraite. De toutes les couronnes que j'avais rêvées, l'amour d'une grande dame était celle qui flattait le plus ma vanité, REYBAtm, Jér. Patur. ii, 46. || Au phir. Quittons ces vanités, lassons-nous de les suivre; C'est Dieu qui nous fait vivre. C'est Dieu qu'il faut aimer, malh. i, 3. La princesse palatine se montre au monde cette fois, mais c'est pour lui déclarer qu'elle avait renoncé à ses vanités, BOSS. Anne de Gonx. Il ne s'apaise et il ne revient de ce grand fracas, que pour bredouiller des vanités et des sottises, LA BRDT. V. || 2° Désir d'approbation qui se manifeste au dehors, désir de produire de l'effet. La vertu n'irait pas si loin, si la vanité ne lui tenait compagnie, la hochefouc. Max. 200. Si la vanité ne renverse pas entièrement les vertus, du moins elle les ébranle toutes, ni. ib. 388. La vanité nous fait faire plus de choses contre notre goût que la raison, ID. ib. 407. Curiosité n'est que vanité; le plus souvent on ne veut savoir que pour en parler, pasc. Pens. n , 6. Un dénombrement exact de tous les ornements de la vanité, boss. la Valliere. Quoique Dieu et la nature aient fait tous les hommes égaux, en les formant de même boue , la vanité humaine ne peut soufïrir cette égalité , ni s'accommoder à la loi qui nous a été imposée de les regarder tous comme nos semblables, iD. Gornay. On ne voit point mieux le ridicule de la vanité, et combien elle est un vice honteux, qu'en ce qu'elle n'ose se montrer, et qu'elle se cache souvent sous les apparences de son contraire, ladruy. XI. Que faut-il donc penser de la vanité? à un certain point, c'est vice; un peu en deçà, c'est vertu, fonten. IHal. i. Morts mod. La vanité qui se montre n'est ni la plus habile, ni la plus à craindre, mass. Or. /un. Villars. L'orgueil d'un Espagnol le portera à ne pas travailler; la vanité d'un Français le portera à savoir travailler mieux que les autres, montesq. Esp. xix, 9. Il y a bien des sortes de vanité; mais la plus belle est celle qui, ne s'arrogeant aucun titre, rend presque tous les autres ridicules, volt. Dict. phil. Quakers. La vanité, exigeant tout et n'accordant rien, est toujours inique, au lieu que l'amour, donnant autant qu'il exige, est par lui-même un sentiment rempli d'équité, j. J. bouss. Érr.. v. La vanité est la mère des ridicules, comme l'oisiveté est la mère des vices, marmontel, Œuv. t. IX, p. 362. || Au plur. Mes vanités jusque-là ne se montent, corn. Suiv. ni, 6. Que le souvenir de sa modestie et de son humilité [de J. C.].... vous guérisse de vos vanités, de vos projets, de vos prétentions frivoles, mass. Avent, Disp. à la comm. Combien do petites vanités intérieures devaient m'amuser et me distraire du souci que j'aurais pu prendre! mariv. ifan'onne, ♦ • part. Les folles vanités, l'orgueil ambitieux, volt. Sq/thes, n, 2. || Faire vanité, tirer vanité, prendre vanité d'une chose, s'en glorifier. Peu, même des grands cœurs, tireraient vanité D'aller par ce chemin à l'immortalité, cobn. Hor. n, 3. Quelque favorable accueil que Sa Majesté ait daigné faire à cet ouvrage, je n'en dois pas faire grande vanité, puisque je n'en suis que le traducteur, ro. Poème sur les vict. du roi, Au lecteur. La solide vertu dont je fais vanité, id. Hor. 11, 3. On fait souvent vanité des passions, même les plus criminelles , la rochefouc. Réftex. 27. Ce style figuré dont on fait vanité, mol. Jfi». i, 2. Il est certain que cette affaire-là était épineuse, et que, si la personne en sort, il y a sujet d'en prendre quelque vanité, pasc. Lett. à Mlle de Roannez, 7.

Quand il ferme la bouche à un libertin qui fait vanité du vice, boss. Panég. Sle Catherine, 3. Si, avant que de tirer vanité d'une chose, ils voulaient s'assurer bien qu'elle leur appartînt, il n'y aurait guère de vanité dans le monde, fonten. Dial. 2. lfor(» mod. Gilbert : Vous êtes philosophe f — Psaphon : Oui, j'en fais vanité. Et mes écrit» moraux prouvent ma probité, gilb. Apologie. Il Sans vanité, sans vouloir me vanter, locution dont on se sert quand, disant de soi quelque chose d'avantageux, on veut le faire passer. Je puis dire sans vanité, que, dans tout Paris, il n'y a point de cocher qui prenne tant de soin de ses chevaux que moi, hauteroche, le Coch. 3. Pour le petit marquis.... C'est moi-même, messieurs, sans nulle vanité, mol. Ifts. v, 4. Pour le cœur, dont surtout nous devons faire cas. On sait, sans vanité, que je n'en manque pas, id. ib. ni, 4. Il 3" Acte de vanité. Ceux que l'opinion fait plaire aux vanités Font dessus leurs tombeaux graver des qualités Dont à peine un dieu serait digne, malh. v, 8. Mettre des bornes à son jeu, à ses dissipations, à ses vanités, à son attachement au. monde, bouhdal. 2* liim. après l'Épiph. Dominic. t. I, p. 73. Qu'on me permette ici une vanité sur mon ouvrage, la bruy. Préf. Disc, de récept. Cette cour [de Rome] où tout se passe en cérémonie, était le tribunal où se jugeaient ces vanités de la grandeur [les préséances], volt. Louis XIV, 7. Il 4* Auplur. Des personnes vaines. Facilités offertes i certaines vanités pour arriver à la conquête de titres.... Journ. offie. 24 fév. 4872, p. 4 34«, 2' col. Il Proverbe. Une once de vanité gâte un quintal de mérite.

— HIST. XII* s. Pur quel amez vus vanitet e querez menceunge? Liber psalm. p. 3. Il espérât en la multitudine de ses richeises, e miez valut en sa vanitet, ib. p. 69. Laissez de cest siècle les vanitez, 7?ois, p. 44 . |l xiii* s. Vanitez est là où veritez ne converse. Psautier, f» 4 0. Jonesce qui tout a gité [jeté] Son prétérit en vanité, la Rose, 4650. Il XV* s. Et des deliz de chacier ensement, Et de voler [chasser au vol] et de tournoiement, Vanitez sunt, croy donc certainement; Car tout desplait fors estude et science, e. desch. PJais. de Vétude. Il XVI* s. S'arrester aux vanitez de la divination, MONT. I, 47. Puisque je n'ai rien profité par mes raisonnemens de ce soir sur la vanité des esmeutes populaires, d'aub. Hist. 1, 4 32.

— ÉTYM. Prov. vanitat, vanetat; esp. vanidad; ital. t)ont(à;du lat. vanitatem,devanus, vain.

VANITEUX, EUSE (va-ni-teii, teû-z'), adj. Qui a une vanité puérile et ridicule. C'est un homme sot et vaniteux. Eh ! pourrais-je oublier la faiblesse honteuse De cet homme alarmé d'un rien. Qui, de la crainte vaniteuse, Trouble le plus doux entretien? delille, Conrer». n. || Substantivement. Un vaniteux, une vaniteuse.

— ÉTYM. Vanité.

f t. VANNAGE (va-na-j'), ». m. Ensemble des vannes, disposition des vannes. L'eau est lancéedans la turbine par des orifices dont un vannage permet de varier la hauteur. || Lieu où sont placées les vannes d'une usine. Il est interdit.... d'accoler aux écluses, barrages, chutes naturelles, pertuis, vannages, coursiers d'usines et échelles ^ poissons, des nasses, paniers et filets à demeure^ Décret du 2i janvier 4 868 portant règlement sur la pêche /îuuioie. Il Forte planche clouée en travers des pieux, qu'on emploie en certains cas dans les fondations au lieu de palplanches.

— HIST. XV* s. Le vennaige des vennes de»molins est tel que nulz ne peut mettre peniers ne filez au dessoubs du vennaige, du cange, venna.

— ÉTYM. Fonne.

t 2. VANNAGE (va-na-j'), ». m. Nettoyage de» grains au moyen du van en osier ou du tarare.

— lilST. ivi* s. Les vannages du blé, no cangb, vannatio.

— f.TYM. Tonner.

VANNE (va-n'), s. f. || 1° Plateau mobile qui »• lève et s'abaisse dans une écluse, dans un moulin^ pour ouvrir ou fermer le passage à l'eau. Lever la vanne. Abaisser la vanne. || Vanne plongeante, celle qui, placée à la partie supérieure du réservoir, ouvre le pertuis en s'abaissanl. || Vanne de travail, celle qui amène l'eau sur un moteur hydraulique. Il Vanne de décharge, celle qui sert ifaire écouler l'eau en excès. || 2° Eaux-vannes, eaux chargées de matières en dissolution et eususpension qu'on fait écouler hors des fosses d'aisance, des bassins à vidange, des sucreries, féculeries et d'autres établissements industriels.

VAN

VAN

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— HIST. xv« s. Venne», gords, pieux , moulins, poscherics, du cange, venna.

— ETYM. Il y a dans la basse-latinité un mol des temps mérovingiens cenna, vinna, qui signifie un ti-u pratiqué dans une rivière pour arrêter et prendre le poisson, et qui se trouve souvent joint à moulin. Ce paraît être incontestablement l'origine de notre tonne; il est très-probablement d'ori^'ine germanique, sans qu'on puisse indiquer laquelle. Scholer au contraire voit dans vanne le féminin de «on, la vanne ayant été ainsi dénommée par assimilation de forme.

VANNfi, ÉE (va-né, née), part, patsé de vanner. Du froment vanné.

t «. VANNK.AU (va-n6), s. m. Terme de fauconnerie. Plume d'essor des oiseaux, et surtout des oiseaux de proie.

— HIST. XIV' s. Et congnoist l'en les viels ramiers à ce qu'ils ont les venneaui des esles tout d'une couleur noire, Ménagier, II, 8.

— ÊTYM. VOV. VANNES.

S. VANNKAÙ (va-n6), ». m. Oiseau de l'ordre des échassiers, qui a une huppe noire, tringa vanellut, L. 0uelc|ues-un3 entretiennent des vanneaux dans les jardins, parce qu'ils mangent des limaçons et autres insectes. Le vanneau est un gibier assez estimé; cependant ceux qui ont tiré la ligne délicate de l'abstinence pieuse, l'ont, comme par faveur, admis parmi les mets de la mortification, BL'FF. Ois. t. XV, p. 89. Il Vanneau armé, espèce de vanneau dont les ailes sont garnies d'éperon, charadrius spinosus, 1. 1| Proverbe. Qui ne mangea jamais vanneau Ne mangea jamais bon morceau.

— HIST. XIV" s. Esprevier d'yver prent, quant il est bon, la pie, le vannel.... Uodus, P xiv, verso.

— ETYM. Berry, vanniau, et, au féminin, tiannelle (prononcé van-nelle); ital. vannello; à cause de sa huppe qu'il peut, comme les plumes di les vanneaux, remuer à volonté (voy . vanneau 4 ). Autre est l'étymologie qu'on trouve dans BulTon : Le vanneau parait avoir tiré son nom, dans notre langue, du bruit que font ses ailes en volant, qui est assez semblable au bruit d'un van qu'on agite pour purger le blé. Ois. t. xv, p. "8.

(. VANNER (va-né), V. a. Nettoyer des grains au moyen d'un van. Vanner de l'avoine, de l'orge, du blé. ||Fig. Et les bois dont le zéphyr vanne Toutes les graines dans les airs, v. hugo. Feuilles d'automne, 9.

HIST. xiii* s. On parole de batre et de vanner. Et de foifr [fouir] et de hanner, Mais ces dedais trop me déplaisent, cité dans coussemaker, l'Art harmonique, p. 230. || xiv s. Quand l'orge sera sèche . si la venncz, Ménagier, ii, 5. Par esba'emenl pristrent icellui Lambertet en disant : TOUS devez estre vannez [bernéj, du cange, vanna. Il XV* s. [Pierre de Oraon disgracié] s'en alla en Bretaignc.... et luy compta [au duc] comment on l'avoit vanné, fboiss. iv, p. (U, dans lacubne. Dieulx scevent battre que vanner, i pluseiirs font affliction Par leur rude pugnicion , E. desch. Poésies mss. (' 40«. |{ xvi' s. Vanner sa farine au vent, COTGRAVE. Oe pendant que j'ahanne  mon bled que je vanne i la chaleur du jour, du Bellay, t/n vanneur de blé aux vents.

— ETYM. Lat. vannare, vanner, et fig. faire sauter, de vannus, van.

I 2. VAN.NER (va-né), V. a. Poser des vannes, garnir de vannes.

VANNERIE (va-ne-rie), t. f. Métier de vannier, (j Marchandise du vannier. Vannerie artistique.

— FTYM. Vannier.

+ VANNES (va-n'), ». f. pi. Synonyme de vanneau I.

— KTYiM. liai, tjonnt; du lat. rannus, van, à cause du mouvement, dit Diez, de ces plumes comparé à celui du van.

t VANNET (va-nè), ». m. || !• Terme de blason, qui se dit des coquilles dont on voit le creux, parce qu'elles ont quelque ressemblance avec la partie ouverte d'un van || t' Terme de pêche. Filet que l'on tend de diverses manières, sur les grèves recouvertes par le flux de la mer. || 3' Nom donné sur la côte de la Manche au peigne de Saint-Jacques, à cause de la ressemblance de cette coquille avec un van.

— ETYM. Dimin. de van.

VANNETTE (va-nè-f), ». f. Panier rond, plat et à petit bord, pour vanner l'avoine avant de la donner aux chevaux.

— ETYM. Dimin. de «on.

VANNEUR (va-neur), ». m. Celui qui vanne les

grains. Le passereau suit ie vannetir. Et l'enfant s'attache & sa mère, lauart. Harm. i, 7. || Au féminin, vanneuse. Dans certains départements, il n'y a que des vanneuses.

— HIST. xiii* s. Se li sergant au talemelier [boulenger], soit joindre [gindre], soit autre vallés,ouaiilans à talemelier, c'est à savoir vaneres, buleleres, ou peslriseiir, l.iv.des met. 13.

— ETYM. Fonner.

V.ANNIER (va-nié;rr ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des va-nié-z habiles), ». m. Ouvrier qui travaille en osier et qui fait des vans, des corbeilles, des hottes, des claies, etc. Vannier emballeur pour les vins.

— ETYM. Van.

f VANNOIR (va-noir), ». m. Grand bassin de bois, dans lequel on agile les morceaux de laiton coupés pour faire des clous d'épingle, aSn de les rendre plus clairs.

t VANNIIRE (va-nu-r"), ». f. Poussière des balles et de tous les corps légers qui s'en vont par le vannage.

— HIST. xvr s. leur plus propre et mesnageable pasture, sont les millets communs, les vanneures et criblures des bleds, o. de serres, 36(.

— ETYM. Vanner.

VANTAIL(van-tall, Il mouillées), s. m. || !• Chacun des battants d'une porte, d'une fenêtre. |{ Porte ou croisée à un vantail, celle qui n'est composée que d'une seule partie, |{ 2' Parties qui se recouvrent l'une l'autre. Triptyque à trois vantaux. \\Au plur. Des vantaux.

— HIST. xv's. Lesqueizcompaignonsalerentàun vcntaile dudit moulin... du cange, ventellum. Il XVI* s. Audevant des châssis, un ventau sera ajousté, pour, en le fermant au besoin, tout plus cliaudement tenir le bestail [les vers à soie], 0. DE SERRES, 479. Pendant lequel temps ils [les meuniers] seront tenus ouvrir leurs ventailles [vannes], Nouk. coust. gén. t. ii, p. 3i;S. 11 plut, et les ventailles du ciel furent ouvertes pendant quarante jours. Dit), leçons de P. Xessie, i' 4, dans lacuhne.

— ÊTYM. "Wallon, veinta, vanne. Vantail est le même que ventail (voy. ce mot); c'est ce qui donne du vent, de l'air; il devrait donc s'écrire par un e.

VANTARD, ARDE (van-tar, tar-d'), adj. Terme familier. Qui a l'habitude de se vanter. Une femme vantarde. Maître jEnéas , votre bâtard, Comme tout soudrille est vantard, scarr. Virg. IV. L'œil malin, la tournure grotesque et négligée peignent le naturel vantard, carmontelle, Prov. Entractes, t. iv, p. viii. || Substantivement. On vantard. Une vantarde. Il fait le vantard.

— HIST. XVI* s. Sans estreni glorieux ni vjmtard, MONTi-L'C, dans le Dict. de dochez.

— ETYM. Vanter.

t VANTARDISE (van-tar-di-z'), ». f. Caractère du vantard. Une vantardise insupportable, réville, Rev. des Deux-Mondes, <*' juil. 1867, p. IB7.

VANTAUX (van-tô), pluriel de vantail.

VANTÉ, ÉE (van-lé, tée), part, passé de vanter. De même que ces fleuves tant vaintés demeurent sans nom et sans gloire, mêlés dans l'océan avec les rivières les plus inconnues, boss. Ouch. d'Orl. Ces Grecs et ces Romains si vantés dans l'histoire, deshoul. Pnés. t. n, p. 66. Voilà les raisonnements de cette antiquité si vantée, fonten. Oracl. I, 6. Combien de princes, vantés pendant leur vie, n'ont pas même laissé leur nom à la postérité I mass. Pet. carême, Triomph. de la relig. Saint-Lambert, noble auteur, dont la muse pédante Fait des vers fort vantés par Voltaire , qu'il vante, gilb. Je XV ni' siècle.

VANTER (van-té), v. a. jj 1* Louer extrêmement. Rien que ton intérêt n'occupe sa pensée ; Nuls divertissements ne l'appellent ailleurs, Et, de quelque bons yeux qu'on ait vanté Lyncée, Il en a de meilleurs, malii. ii, <2. Le prince vantait les conseils de l'un, la hardiesse de l'autre; chacun avait son rang dans ses discours, Boss. Louis de Bourbon. Cependant, à le voir avec tant d'arrogance Vanter le faux éclat de sa haute naissance, BOiL. Sat. V. Quelquefois il vous plaint, souvent même il vous vante, rac. Athal. i, ). Je ne veux point ici vous vanter mes services, ID. «6. ui, 4. Anne d'Autriche, dont on vantait l'esprit, le* grâces, la bonté, n'avait presque jamais été en France que malheureuse, volt. Loutr I:7,*.\\i'lic vanter, v. réft. Se louer excessivement. Tant il eut une honte extrême De s'être ainsi vanté soi-même, scAut. Virg. viu. C'est le défaut de tous les héros

de Corneille de s« vanter toujours, volt. Comm. Corn. Rem. Sertor. m, 2. Les demeures de nos pères ne nous conviennent non plus aujourd'hui que leurs lois; et, comme nous valons mieux qu'eux à tous égards, sans nous vanter, ce me semble..., p. l. cour. Simple discours. ||3° Se vantcr de, se faire gloire de, se faire honneur de. Ëb bien ! à vos dépens vous verrez que Sévère Ne se vante jamais que de ce qu'il peut faire, corn. Poly. V, 6. Là Mégère punit les langues indiscrètes, Surtout ceux qui, taches du plus noir des forfaits. Se sont vantés d'un bien qu'on ne leur fit jamais, la font. Psyché, n, p. i»4. Quel objet »t-il en tout cela [un joueur de billard]? celui de se vanter demain entre ses amis de ce qu'il a mieux joué qu'un autre, pasc. Ptm. iv, 2, éd. havet. Quoiqu'elle ne se vantât jamais des belles action* (gu'elle faisait, vous pouviez vous vanter des vôtres avec elle en toute siireté, hariv. Marianne, 4* part. Une fille d'Agrippa fut celte Bérénice célèbre pour avoir été aimée d'un des meilleurs empereurs dont Rome se vanlc, volt. Dict. phil. Juifs. || Il n'y a pas de quoi se vanter, se dit de quelqu'un qui a fait une action blâmable , honteuse. |l Se vanter que.... Que dites-vous de mes canons? .. je puis me vanter au moins qu'ils ont un grand quartier de plus que tous ceux qu'on fait, UOL. Préc. <o. |I4" Se faire fort de. Je ne me vante pas de pouvoir le fléchir, corn. Pomp. iv, 2. Gorgias fut le premier qui osa se vanter dans un nombreux auditoire, qu'il était prêt à répondre sur quelque matière qu'on voulijt lui proposer, ROLLiN, Hist. anc. Œuv. t. zi, 2* part. p. 706, dans POUGENS. Il [Paracelse] se vantait de conserver un homme en vie pendant plusieurs siècles, et il mourut lui-même âgé de quarante-huit ans, ID. Ilist. anc. xxïi, iv, 3. || 6* Se vanter de, dire hautement, publiquement. Du moins, (|uand cette nuit j'aurai su les frotter. Je ne crois pas qu'après ils aillent s'en vanter, ducerceau, Éc. des pères, II, 6. Il Je ne m'en vante pas, il ne s'en vante pas, se dit d'une action qu'on a faite, mais qu'on a quelque raison de cacher à ceux qu'elle intéresse. Je lui ai conseillé de ne rien épargner; mais je ne m'en vante pas à Mme la duchesse de Noaillcs, hainte- TENON, Lett. au card. de Noailles, 25 nov. (700. Il II fait bon battre un glorieux, il ne s'en vante

pas, voy. GLORIEUX.

— HIST. XI* s. N'en vanteras [tu ne t'en vanteras] el règne dunt tu fus, Ch. de llol. cxuv. Ki traïst altre, nen est dreiz qu'il s'en vaut, i6. ccxci. ||xir s. À Sallevade sunt li felun returné, De lur grant felunie se sunt la nuit vanté. Th. le mart. 150. il XIII* s. Bien vous poez vanter que jamais vous n'aurez.... Berte, xvn. Secedin, ce vaillant turc, se vanta que il mangeroit le jour de la leste saint Sebastien es paveillons le roy, joinv. 222. Il IV* s.... J'ay, je m'en puis bien vanter. Le rebours de ma voulenté, cii. d'orl. Bail. (7. Encor ne le dy-je pas pour me Vanter : mais n'a au territoire.... Homme plus saige, fors le maire. Patelin. X petit parler, bien vanter, villon, Arch. dt Bagn. ||xvi* s. Plutarque aimo mieux que nous le vantions de son jugement que de son savoir, mont. I, <70. Un président se vantoit, où j'eslois, d'avoir amoncelé deux cents et tant de lieux estrangiers en un sien arrest presidental, id. iv, 220.

— ETYM. Lat. vanttare, qui est dans saint Augustin, Op. t. I, p. 437 et 7fl(, de vanus, vain. Lo provenç. conor, ital. eonare, dérivent du lat. vanare, mentir, qui vient aussi de canu».

VANTERIE (van-te-rie) , s. f. Terme familier. Vaine et présomptueuse louange qu'on se donne i soi-même. Nous ne tirâmes de lui que des vanteries, comme, par exemple, qu'il me défendrait mieux que je ne me défendrais moi-même, retz, Mém. t. II, liv. m, p. <09, dans pougens. Il a toujours méprisé lesvanteries ridicules dont il arrive assez ordinairement que la noblesse étourdit le monde; il a cru que ces vanleries étaient plutôt dignes des races nouvelles, éblouies de l'éclat non accoutumé d'une noblesse de peu d'années, Eoss. Gomay. Les vanleries les plus petites sont de grands ridicules, haintenon, Lett. à M. d'Aubigné, 16 oct. 1074.

— HIST. lur s. Vanterie est trop vilain vice; Qui se vante, il fait trop que nice, la Rose, 0803. Il XIV* s. Monslrans à la cite le gastemcnt de leur champs par vanterie et par reproicbe, bercueure, f" 73, recto. Il XVI* s. Ce n'est point vaine vanterie, AMYOT, Cat. (0.

— £TYM. Vanter. L'ancienne langue disait be*» coup vaniance, et quelquefois vantise.

VAP

t VANTERNIEK (van-tèr-nlé), t. m. Terme d'argot. Se dit des voleurs qui s'introduisent dans l'intérieur des appartement» par les croisées laissées ouvertes.

— ÊTVM. Vantemeou plutôt »*ntem«, fenêtre, dans l'argot, de vent.

t VANTECR (van-teur), t. m. Celui qui se vante. C'est un grand vanteur, )" éd. du Dict. de VAcad.

— HIST. im' s. Cil qui trop se loe a non vanteres, BRUN. LAT. Trésor, p. 273. Pour Dieu, peinez vous du celer Vers les vanteors mesdisanz, lai du conseil. Il XIV' s. Le vir.e qui excède en feignant plus grant chose, soit appelle vanterie, et celui qui a tel vice soit appelle vanteur, obesme, ^(/i. BO. Il XV s. En grant vanteur ne fut oncques trouvée valleur, Perceforest, t. v, f° 67. ||xvi' s. Loin, loin, bien loin de moy, venin trop dangereux De ce troupeau vanteur qui tout en soy se fie ! desportes, Œun. chrestiennes, sonnets, b. De grands vanteurs petits faiseurs, leroux de lincy, Prov. t. ii,p. 282.

— Etym. Vanter; génev. vantadour; provenç. vantaire, rantador ; ital. vantatore. L'ancien français vantere, le provençal vantaire sont le nominatif; vanteor et vantador sont le régime.

\ VANTILER (van-ti-lé) ou mieux VANTILLER (van-ti-Ué, Il mouillées), v. a. Faire une digue de planches pour retenir l'eau. || Garnir de madriers, de dosses, une vanne pour retenir l'eau.

— Etym. Vantail.

VA-NU-PIEDS (va-nu-pié), S. m. Homme qui n'a pas de quoi avoir des souliers, un misérable Mattignon avait une très-fàch'use affaire; un vanu-pieds lui fit un procès au parlement de Rouen, ST-siM. 07, 30. Le P. Tellier exclut autant qu'il lui fut possible tout homme connu et de nom , et ne voulut que des va-nu-pieds et des valets à tout faire, ID. 28(, G5. || Les va-nu-pieds, nom que prirent les paysans révoltés en Normandie dans l'année <'?39. Il II se dit au féminin. C'est une va-uupieds.

— ÉTYM. Va, S* personne du présent de l'ind. du verbe aller, nu, et pied.

t VANVOLE, voy. venvole.

t VA-OUTRE (va-ou-tr'), J. m. Terme de vénerie employé par le valet de limier lorsqu'il est au Dois, qu'il allonge le trait du limier, et qu'il met le chien devant lui pour le faire quêter.

VAPEUR (va-peur), s. f.\\ 1* Espèce de fumée i qui s"élève des corps humides par l'effet de la chaleur. Je ne suis point cet assemblage de membres que l'on appelle le corps humain, je ne suis point un air délié et pénétrant répandu dans tous ces membres, je ne suis point un vent, un souffle, une vapeur, DESC. Jf^d. II, B. Celles qui ont dîné ont mal au cœur, et sont suffoquées de la vapeur des viandes, sÉv. <85. Elle [l'âme qui a oublié Dieu] dit : je suis une vapeur, je suis un soufOe, je suis un air délié ou un feu subtil, sans doute une vapeur qui aime Dieu, un feu qui connaît Dieu, un air fait à son image, Boss. la VaUière. Telle, à peine marquant sa trace passagère.. Vole sur les marais une vapeur légère, DELiLLE, Parad. perdu, xii. Des plus douces vapeurs l'encens délicieux En nuage odorant s'exhalait vers les cieux, ro. ti>. viii. || 2° Ce qui s'exhale des corps solides par voie de décomposition, de combustion. Pour recueillir l'arsenic et en éviter en même temps les vapeurs funestes, on construit des cheminées inclinées et longues de vingt à trente toises au-dessus du fourneau où l'on travaille la mine de cobalt, bufp. Min. t. vi, p. 69. Il Terme d'alchimie. Vapeur potentielle, l'essence, la splendeur, l'âme du métal. ||3"rl s'est dit en parlant de l'atmosphère. Cette mer de vapeurs dans laquelle nous nageons, qui nous menace sans cesse, et sans laquelle nous ne pourrions vivre, comprime de tous côtés notre globe et ses habitants, volt. Dict. phil. Air. || 4° Exhalaison qui voile, qui obscurcit. Et l'enfer, couvrant tout de ses vapeurs funèbres, Sur les yeux les plus saints a jeté ses ténèbres, bac. Esth. Prologue. Mille noires vapeurs obscurcissent le jour, I. B. Rouss. Cantate, Circé. L'océan trompeur Couvre de vapeur La dune, v. hugo, Cromioell, iv, t. il Fig. Les événements passés demandent, pour être agrandis aux yeux de l'imagination, non-seulement une grande distance, mais une certaine vapeur répandue dans l'intervalle, marmontel, Œuv. t. H, p. 337. Il 8* En physique, nom donné à des fluides aériformea, trcs-coercibles, provenant de la vaporisation, par la chaleur, de corps habituellement liquides ou solides i la température ordinaire, et repassant à l'état liquide ou solide quand

VAP

la température baisse sensiblement, ou que la pression devient plus forte. La vapeur d'éther, d'alcool, de camphre. L'expérience m'a appris que la vapeur de l'eau peut entretenir et augmenter le feu, comme le fait l'air ordinaire, buff. Uist. min. irttrod. Œuv. t. n, p. uo. Les vapeurs qui s'élèvent au-dessus de la mer et que les vents transportent sur la terre, suffisent pour former toutes les rivières et entretenir toutes les eaux qui sont à la surface de la terre, id. Uisl. not. th. terr. t. n, p. 73. Si l'air qui reçoit la vapeur est déjà chargé d'eau, ei, que sa température ne soit que de sept à huit degrés ou au-dessous, alors la vapeur y devient apparente, et y forme un nuage très-sensible d'un gris blanc ; aussi voit-on fumer en hiver l'eau qu'on tire d'un puits un peu profond, ce qui n'arrive pas en été, brisson, Traité de phys. t. ii, p. )45 II faut considérer que les vapeurs agissent tantôt comme causes productives de l'électricité aérienne, tantôt comme conductrices de cette électricité, Saussure, Voy. Alpes, t. m, p. 372. L'eau en vapeur existe dans l'air atmosphérique, même bien au-dessousde zéro,THENARD, Traité de chim. t. i, p. 513, dans pougens. || Chaleur latente des vapeurs, calorique qu'elles abandonnent quand elles se condensent, et auquel elles doivent leur force élastique. || Tension des vapeurs, voy. TENSION. Il Vapeur vésiculaire , nom donné longtemps aux parcelles d'eau visibles dont l'ensemble forme les brouillards et les nuages, parce qu'on les croyait formées d'une bulle d'eau pleine d'air. On sait aujourd'hui que ce terme est impropre, ces vapeurs visibles étant formées par des gouttelettes très-fines. || Vapeur de charbon de bois, de charbon de terre, de coke, ou vapeur de bois chauffé, nom donné au gaz et à la vapeur d'eau qui se dégagent et se mêlent à l'air libre ou confiné lorsque les corps susdits brillent dans de telles conditions que l'oxygène leur arrive en quantité insuffisante pour qu'il y ait, par combustion, complète transformation en eau et en acide carbonique. La vapeur de charbon asphyxie. || 6" Machine à vapeur, voy. machine, n" 4. || Bateau à vapeur, bateau qui marche à l'aide d'une machine à vapeur. 1| Aller à pleine vapeur, à toute vapeur, se dit d'un convoi, d'un bâtiment qui marche avec toute la vapeur que la machine peut donner. || Contre-vapeur, mécanisme à l'aide duquel, sur les locomotives, on use de la vapeur à conlre-sens, pour diminuer la rapidité des trains. L'emploi de la contre-vapeur. Il Absolument, la vapeur, la force que possède la vapeur d'eau grâce au calorique, et dont on dispose dans toute sorte de mécanismes. La presse éclaire, et le gaz illumine. Et la vapeur vole aplanir les mers, bérang. Comète. On dirait que pour vous le fleuve qui se presse Lutte avec la vapeur de fo--ce et de vitesse, P. lebrun, Poés. t. il, 35. Il Fig. Faire une choseàla vapeur, la faire très-vite. Il 7" Bain de vapeur, bain que l'on prend en restant exposé dans un endroit clos à des vapeurs chaudes. Il Terme de chimie. Bain de vapeur, distillation dans laquelle le vaisseau contenant les matières à distiller est échauffé par la vapeur de l'eau bouillante. || 8* Terme de peinture. Représentation des vapeurs par le pinceau. Vernet balance Claude le Lorrain dans l'art d'élever des vapeurs sur la toile, dider. Salon de (765, Œuv. t. xm, p. U7, dans POUGENS. Il J,u sing. Fig. Manière douce et affaiblie qui montre les objets comme à travers un voile transparent. Il y a de la vapeur dans ce tableau. || 9° Les vapeurs du vin, l'étourdissement que le vin pris en trop grande quantité produit dans le cerveau. || 10° Fig. Trouble comparé aux vapeurs du vin, et survenant dans l'esprit. L'âme bizarrement de vapeurs occupée, BÉGNiEH, Sat. X. Est-ce qu'une vapeur, par sa malignité, Amphitryon, a, dans votre âme. Du retour d'hier au soir brouillé la vérité? mol. Amph. n, 2. Â moins d'une vapeur qui vous trouble l'esprit, On ne peut pas sauver ce que de vous j'écoute, ID . ib . a, 2. Ce sont des vapeurs de morale Qui nous vont à la tête, et que Sénèque exhale, regnard, le Joueur, iv, 44. Crains l'attrait spécieux du mensonge, les vapeurs enivrantes de l'orgueil, J. J. rouss. Ém. m. || 11° Fig. Nom employé dans le ivii* siècle pour désigner des accidents subits qui portaient ^u cerveau. Mlle de Meri voulut venir ici me garder; il lui prit une vapeur si terrible, qu'elle fut contrainte de s'enfuir, sÉv. 477. J'ai su qu'àminuit le malade [Saint-Aubin] eut une horrible vapeur à la tête; la machine se démontait, I id. 483. Girot en vain l'assure, et, riant de sa peur, I Nomme m vision VeB&\ d^ucf vapeur, bou. Lutr. iv.

VAP

Il Vapeur de fille, ancien nom de l'hystérie. La Marbeuf pleure une jeune nièce de dix-sept ans, belle, riche, de bonne maison.... elle est expirée en trois jours d'une vapeur de fille, SÉV. foct. (084, Il 12* Au plur. Humeur subtile qui s'élève de* parties basses et qui occupe et blesse le cerveau, d'après Furetière, et, pour la médecine d'à présent, nom représentant toutes sortes d'affections nerveuses, hypocondrie, hystérie, névropathie, etc. ainsi dites parce que les anciens les attribuaient i des vapeurs qu'ils supposaient partir de la matrice, de la rate, des hypocondres, et s'élever jusqu'au cerveau. Sganarelle : Ce sont quelques vapeurs qui me viennent de monter à la tête. — Dorimène : C'est un mal aujourd'hui qui attaque beaucoup de gens, MOL. Kar. forcé, 4. L'archevêque de Lyon, Alphonse, frère du cardinal de Richelieu, est le premier en France qui ait fait usage du chocolat (1601); il en prenait pour modérer les vapeurs de sa rate, Dict. des origines, au mot chocolat. On l'accuse [le chocolat] de tous les maux qu'on a ; il est la source des vapeurs et des palpitations, sÉv. 42. Vous ne voulez donc pas qu'on dise vapeurs ; mais que ferons-nous, si vous nous ôtez ce mot? car on le met à tout : en attendant que vous autres cartésiens en ayez trouvé un autre, je vous demande permission de m'en servir, id. 543. Vous me paraissez raccommodée avec le mot de vapeurs, que vous ne vouliez plus prononcer qu'on ne vous l'eût expliqué, id. 6 juin. (oso. Pour moi, je n'ai plus de vapeurs; je crois qu'elles ne venaient que parce que j'en faisais cas : comme elles savent que je les méprise, elles sont allées effrayer quelques sottes, id. 5 nov. (684. Avez-vous des vapeurs? vous savez que je ne les souffre point aux personnes raisonnables, maintenon, Lett. à Mme de Dangeau, to nov. 17I5. 11 était taciturne à donner des vapeurs, hamilt. Gram. 7. [L'abbé Testu] C'est un des premiers hommes qui ait fait connaître ce qu'on appelle des vapeurs, st-sim. tac, toc. C'était un de ces médecins à la mode que les femmes envoient chercher quand elles ont des vapeurs, ou quand elles n'ont rien du tout, volt. Cosi Sancta. Les vapeurs sont les maladies des gens heureux ; c'était la mienne, j.j. rouss. Conf. vi. Les excellentes leçons que Votre Majesté veut bien me donner sur l'hypocondrie plus élégamment appelée vapeurs, me font craindre pour l'honneur de ma raison, que Votre Majesté ne me croie attaqué de cette maladie, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 29 juin 178t. Est-ce que les femmes de mon état ont des vapeurs, donc? c'est un mal de condition qu'on ne prend que dans les boudoirs, beaumarch. Mar. de Figaro, m, ». || Fig. Donner des vapeurs, inquiéter, tourmenter. Le roi d'Angleterre, qui avait été homme de mer étant duc d'York, ne fut pas content de la marine, et le manda au roi; cela donna des vapeurs à M. de Seignelay, lafay. Mém. Cour de France, Œuv. t. m, p. 17, dans pougens. || Vapeurs de rate, ancien nom du spleen. Veut-on qu'on rabatte Par des moyens doux Les vapeurs do rate Qui nous minent tous. Qu'on ^aisse Hippocrate, Et qu'on vienne à nous, mol. Am méd. m, 8. Il 13° S. m. Un vapeur, un bateau à vapeur. Il est arrivé par le vapeur. On vient d'expédier un vapeur. Le vapeur arrivera bientôt. || L'usage fait ce mot masculin en ce sens spécial, avec raison, de la même façon qu'on dit un remise pour une voiture de remise.

— SYN. VAPEUR, gaz. On peut faire entre la vapeur et le gaz cette différence, qu'un gaz est permanent à la température et sous la pression atmosphérique ordinaires, tandis que, dans les mêmes circonstances, la vapeur se résout en eau, ou en un autre liquide.

HIST. xm* s. Lors s'en ist [de la terre échauffée] une vapor» aussi comme fumée, brun. lat. Trésor, p. lis. Et quant espars [éclair] vient en tonoire. Si repuet l'en sovent veoir Des vapeurs les pierres cheoir, Oui ne montèrent mie pierres, la Rose, I0306. || xiV s. Raempli d'esperit et de vapours, H. db mondeville, f* si. Il ne peut estreque là oii le feu a esté longuement, qu'il n'y demeura toujours aucune vapeur, Ménagier, 1, «. Médecine atemprée chaude o [avec] une visqueuseté qui ne leisse la vapeur exaler, lanfranc, f° il 3, verso. Il XVI* s. Une vapeur acre qui exhale de tout leur corps, PARÉ, introd. 6. Aucunes fois est faite telle sublimation à la vapeur d'eau, qu'ils appellent balneum marix, id. xxv, 24. Ils [des mets] rem» plissoient.... la salle.... d'une très souefve vapeuf qui ne se perdoit pas si tost, mont, i, 3»3.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. vapor; ital. o*

TAP

ftore ; du laOn vaportm. Vapor, d'après le» itymologistes, est pour krapor, et tient au sanscr. kapi, grec xaitvô;, fumée; l'inlerniédiairo est le lithuanien kvapa, baleine, parfum, (vaporation.

VAPOUKDX, ECSK (va-po-reù, reii-z'), ad}. ||1" Oui contient de la vapeur; qui est en vapeur. La table au loin circule, et d'apprêts savoureux Se charge; l'encens vole en longs flots vaporeux, «. CHBNIER, Idylles, le Mendiant. || Particulièrement. Il se dit de l'état du ciel quand des vapeurs le voilent i demi. Ciel vaporeux. Lumière raporeuse. Les horizons de mer légèrement vaporeux se confondaient avec ceux du ciel, chataub Itm. r* part. Et le char vaporeux de la reine des ombres Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon, LAMART. Uédit. I. Sous un demi-jour vaporeux, dans une atmosphèro imprégnée de parfums énervants, je sentais ma farce s'en aller, rbïbai;d, Jér. Patur. ii, te. ||a» Terme de peinture. 11 se dit de la manière d'imiter la vapeur. Manière vaporeuse de peindre. Dans le lointain, sur les eaux, un vaisseau à la voile; fort au delà, des montagnes vaporeuses et très-éloignées, dider. Salon de «767, Œuv. t. xiv, p. 49B, dans pougens. Il y a aussi derrière la tête du berger un nuage pesant et brun qu'on aurait pu faire plus vaporeux, ID. tb. t. xni, p. 76. Il 3* FIg. Un tissu vaporeux, tissu très-léger. || Une toilette vaporeuse, toilette composée de tissus et d'ornements fort légers, faisant comme un nuage. ||4° Fig. Nébuleux, incertain. Un style vaporeux. || 6" Qui est sujet aux vapeurs. Mlle de Kermonin est une pi-rsonne fort prudente. — Et fort vaporeuse, de par tous les diailes, dancourt, h'oire de St-Gcrmain, te. 20. Un peu semblable à cet Anglais vaporeux qui croyait être de verre, elle évitait comme autant d'écueils tout ce qui l'aurait exposée au choc des passions humaines, maruontel, Uém. vi. Si je lui avais parlé des chagrins sans nombre qui peuvent tourmenter une âme active et sensible, il m'aurait considérée comme une personne vaporeuse, stael, Corinne, xiv, 2. On voit souvent des femmes vaporeuses qui, dans leur état habituel, peuvent à peine se tenir debout, exécuter, dans leurs accès convulsils.des efforts qui seraient au-dessus des forces de plusieurs hommes réunis, cabanis, Initit. Uém. te. mnr. et pal. t. l, p. is-i. || Subsuintivement. Je vous avertis, ma chère enfant, de la part de Mme de la Fayette et de toute la nombreuse troupe des vaporeux, que les vapeurs d'épuisement sont les plus dangereuses et les plus difficiles à guérir, sÉv. 638. Là viennent se confondre La belle vaporeuse et le triste hypocondre, delille. Homme des eh. III. J'ai vu des vaporeux qui se trouvaient si légers qu'ils craignaient d'être emportés par le moindre vent, CABANIS, Instit. Uém. se. mor. et pol. t. i, p. («0. Il On dit de même : maladie vaporcu.se. Ces atleolions mélancoliques et vaporeuses de notre académicien avaient une cause secrète, mais qu'il n'avouait qu'à l'oreille d'un petit nombre d'amis ou d'amies, d'alemb. Élofi. festu. |{ 6 Qui cause des vapeurs (sens peu usité aujourd'hui). La casse est vaporeuse.

— HIST. xiv* s. Plaies ne deseicbent point en air moiste et vapoureux, lanfranc, f" b. || xvi' s. Une exhalation de tout le corps vaporeuse et bénigne, PARÉ, Inirod. 6. Viandes (latueuses et vaporeuses, comme pois, fèves, m. ib. (7.

— f.TYM. Provenç. vapnros ; espagn. et ital. vapOTOso ; du lat. vaporosus, de vapor, vapeur.

t VAPORISATEUR ( va-po-ri-za teur ), s. m. Vass qui sert à la vaporisation d'un liquide.

VAPORISATION (va-po-ri-za-sion), s. f. Dégagement de vapeurs. La chaleur augmente la vaporisation, BioT, Instit. Uém. scienc. (807, 2* sem. p. 4o.

— SYN. VAPORISATION, ÉVAPORATioN. L'eau abandonnée à l'air s'évapore, et l'eau qui bout se vaporise; dans le premier cas, la vapeur se forme à la surface; dans le second, elle se forme principalement dans la masse. Au mot vaporisation, on attache des idées de force motrice ou de puissance calorifique qui ne sauraient convenir à celui d'évaporaLion. L'eau vaporisée peut animer une machine, et l'on n'obtiendrait aucun résultat semblable avec la vapeur que l'eau engendre à sa surface, legoarant.

— f.TYM. Vaporiser.

VAPORISP., f.K (va-po-ri-zé, zée), part, passé de vaporiser. On liquide vaporisé.

VAPORISER (va-po-ri-zé), v. a. Produire, dans un liquide, un dégagement de vapeur. || Se vaporiser, V. réfl. Être vaporisé. L'eau se vaporise à 4U0 degrés. Si un liquide a une grande tendance

VAQ

i se Taporiser, il pourra donner heu & beaucoup de froid, TiiKNARD, Trailéde chim. 1. 1, p. »o. Il n'est pas nécessaire qu'un liquide bouille pour être susceptible de se vaporiser, ID. ib. t. i, p. «s.

— Ktym. Lat. vapor, vapeur.

t VAQUE-X-TOUT (va-ka-tou), ». m. Celui, celle qui s'emploie à toute chose. La femme de Kupelmonde se fourra à la cour, où, avec le sobriquet de vaque-à-tout, parce qu'elle était de toutes foires et marchés, elle s'initia dans beaucoup de choses,

ST-sm. 446, HO.

VAQUER (va-ké; au xvii* siècle, on prononçait il vaque, et l'on prononce encore ainsi en Normandie; je vaquais, nous vaquions, vous vaquiez ; que je vaque, que nous vaquions, que vous vaquiez, 0. n. Il !• Être vacant, n'être point occupé, en parlant d'emplois, d'offices, de dignités, etc. Il a les yeux ouverts sur tout ce qui vaque, poste, abbaye.... la brut. vui. La chaire de Ramus pour les mathématiques, qui se donne au concours, étant venue i vaquer au Collège royal, il se prépara à entrer dans la lice, fonten. Sauveur. Les fiefs qui vaquaient par la mort du possesseur, MONTESQ. Esp. XXXI, 6. Le procureur général Jean de Saint-Romain a remarqué que, du temps de Pie II, vingt-deux évêchés ayant vaqué en France pendant trois années, il fallut porter à Rome centvingt mille écus, volt. Vict. phil. Annates. \\ Impersonnellement. Il a vaqué chez Monsieur une charge de vingt mille écus, sÉv. 19 juillet <«7t. Il vaque, à votre nomination, une cure considérable, boss. Lett. rel. »i>. || 2° Être libre, disponible, en parlant des logements. Il vaque, dans sa maison, un appartement que vous pourrez louer. || On dit de même : Il vaque un lit dans cet hôpital. || 3* Il se dit des tribunaux lorsque les fonctions ordinaires y cessent pendant quelque temps. La cour vaque pendant tel temps. ||4* Vaquer à, se livrer, s'adonner à, s'occuper de (pour la transmission du sens d'être vacant au sens de s'occuper, comparez se Itérer à, qui vient du latin (iberare;. Comme l'ours en un jour ne disait pas deux mots. L'homme pouvait sans bruit vaquer à son ouvrage, la font. Fabl. VIII, 40. Et bien vous prend, ma sœur, que son noble génie N'ait pas vaqué toujours à la philosophie, MOL. Femm. sav. i, t. Je dis toujours que rien n'est si occupé qu'un homme qui n'est point amoureux; avant qu'il ait vaqué à madame de..., madame de..., madame de..., madame de..., le jour et la nuit sont passés, sév. 343. Et dedans et dehors on [Louis XIV] sera également sur ses gardes; voyez combien de troupes et quelle puissance il faut avoir pour vaquer à tant de choses à la fois, ID. 4 2 janv. 4 689. Si nous pouvions faire la paix en Italie et en Allemagne, nous vaquerions à cette guerre anglaise et hollandaise avec plus d'attention, ID. 6 janv. 4689. Et n'est-ce pas l'orgueil, chrétiens, qui a retiré tant de philosophes du milieu de la multitude? nous voulons, disaient-ils, vaquer à nous-mêmes, BOSS. Sermons, Loi de Dieu, 2. La dissipation du monde qui nous empêche de vaquer à Dieu, bourdal. 44' dim. après la l'entecôte, Dominic. t. m, p. 383. C'éUit s'aveugler en quelque sorte que de s'enfermer dans un tombeau, comme on dit qu'il [DémocriteJ faisait, pour vaquer plus librement à la méditation, ROLLiN, //ù(. anc. XXVI, t" part. lU, n, 2. Ils tentent de vaquera la prière; et leur cœur, fermé à la vérité, ne s'y repaît que de fantômes et de chimères, MASS. Carême, Dégoûts. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HlST. XIII' s. Et quant il [Frédéric] futrespassez de cest siècle, l'empire vaca longuement sanz roi et sanz empereor, bron. latini. Trésor, p. 4 02. Il xiv s. Comme se il n'eust que faire mes que de vaquer à ouvres urbaines et privées, behcheure, (° 25, rec(o. Et dit li uns à l'autre à la fois et souvent : Vive ce Bertrand, vive, qui règne tellement, Oui ne vous lairra mie ci vaquer longuement, Guescl. 48073. [Les princes] doivent vacqiier au salut de leurs âmes et au profit commun de leur peuple. Songe du vergier, i, 484. || xv s. Luy qui oncques temps n'employa en oiseuse, volt adonc vacquer à mettre à effect le bon désir que tousjours avoit eu en l'esprit, Bouci7. III, 3. || xvi* s. Les pouils sont suffisants pour faire vacquer la dictature de .Sylla. mont, n, 47 4. Pour employer le temps qui me demeuroit vuide, après avoir vacqué au devoir de mon office, j'ay.... amyot, Épit. Trois jours durant l'on ne vacqua i aullre chose que à faire les apprests nécessaires pour cest effect, CARL. T, 28. Il fut vacqué deux jours entiers

à leurs procès, id. x, 7.

VAR

— Ctym. Provenç. "-tcar; espagn. vagar; ital. vaeare ; du lat. vacare, être vide. Il y a dans l'ancienne langue desconfusions entre vaguer el vaquer.

t VAQUETTË (va-kè-l'j, t. f. Pied-de-veau, arum maeulatum, L.

I VAQUOIS (va-koi), t. m. Sorte de plante grasse des Indes et de l'Océanie, pandanui uli/it, Boi-y, dont les branches sont utilisées pour faire des sacs à café et des enveloppes pour balles de coton. On dit quelquefois par corruption baquois.

— Etym. Vacoua, mot océanien.

VARAIGNE (va-rè-gn'), t. f. Ouverture par laquelle l'eau de la mer entre dans un marais salant.

— HIST. ivi* s. Ils ont deux escluses faites en manière d'un pont..,, ils nomment lesdits ponts l'unla varengne,et l'autre le gros mas; pour ce qu'il sert aussi à retenir les eaux du jard, paussy, 268.

— Etym. C'est une autre forme de varentte ou garenne (vov. garenne).

t VARAIRE (va-rê-r'), ». f. Un des noms vulgaires de l'ellébore blanc.

— HIST. XVI' s. Pour empescher les ciseaux de toucher aux semences estant faites, sèment, à l'cntour du champ, du veraire avec un peu de froment parmi, pour tuer les oiseaux qui en mangent, O. DE SERRES, 4(î.

— Etym. Lat. veratrum.

t VARAN (va-ran), s. m. Genre de reptiles sauriens, atteignant, après les crocodiles, les plus grandes dimensions.

— ETYM. Arabe ouaran, nom de l'espèce d'Egypte.

t VARANDER (varan-dé), t;. o. Faire égoutter les harengs en les tirant de la saumure, pour les mettre en caque.

VARANGUE (va-ran-gh'j, j. f. Terme de marine. Pièce de bois courbe qui, par son milieu, se fixe sur la quille et sert de base aux allonges dont se compose le couple. || Maîtresse varangue, celle du milieu, celle qui porte sur le maître-bau. || Demivarangue, pièce de charpente qui remplit, dans un couple, le vide compris entre les deux pieds des genoux de la varangue. || Fausses varangues, pièces qui, dans la composition des couples d'un grand bâtiment, sont accotées à la véritable varangue, pour suppléer à la longueur des genoux. Il Plate varangue , varangue dont la partie plate est très-longue. || Bâtiment à plate varangue, celui qui a le fond plat et qui tire peu d'eau.

— ETYM. Esp. eorenga, la quille d'un navire; du suéd. vrànger (au pluriel), côtes d'un vaisseau.

VARE (va-r'), ». f. Mesure espagnole d'un peu moins d'un mètre.

— ETYM. Espagn. tioro, verge.

VARECH (va-rèk), s. m. || 1" Nom collectif de tous les débris que la mer rejette sur ses côtes. Naufrages et varech , qu'est-ce ? ce sont les biens péchés au bord de la mer, des lacs et des rivières, Arch. des Finances, mj». Instr. sur la Chambre des Comptes, 4704, p. 49. || Droit de varech, droit qui existait autrefois de s'emparer de tout ce qui est rejeté par la mer sur les côtes. ||2'Nom qu'on donne quelquefois à un vaisseau submergé, coulé à fond. Il 3° Particulièrement, nom donné sur les côtes de l'Océan aux plantes marines, principalement aux fucacées jetées sur le rivage et employées à fumer les terres ou à faire de la soude. On trouve sur les bords de la mer une plante que l'on appelle varech.... c'est un excellent engrais végéul, vu qu'il contient beaucoup de sel marin, GENLis, Maison rust. t. m, p. 4Bi>, dans pougens. Un seul hydriodalc se trouve dans la nature : c'est l'hydriodate de potasse; il fait partie des varechs dont l'on retire la soude de Cherbourg, thenard. Traité de chim. t. n, p. 696, dans pougens. || Varech nageur, dit aussi raisin du tropique, le sargassum bacciferum. || Varech, ou soude de Normandie, ou soude de varech, soude qu'on extrait, par incinération, des fucus qui croissent sur les côtes de l'Océan.

— HIST. xiv s. Comme feust venuz et arrivez i werecq [en épave] deux tonneaux de vin. nu cange, wreckum. ||xvi' s. Toute icele chose est dite werech, que la mer déboute et gete toute hors à la terre, nu cange, 16.

— Etym. Bas-lat. warescum, wreckum, ce que la mer rejette, le droit de le recueillir, et par suite l'espèce d'algue que la mer rejette, de l'anglosax. wrâc, quelque chose de rejeté, angl. tcreck débris de navire, allem. wrack, tenant à un radical qui est dans ^ti^vûeiv, rompre, latin frangere.

VARENNE (va-rè-n'), ». ^. || 1' Terrains incultes que le gibier fréquente et on les bestiaux trouvent quelque pâture. || Il se trouve comme noBf

VAR

propre de quelques localités. Toute la Varenne de Beauregard se convertit e:. noble lande et pays de chasse à la grande béte, p. h. cour. Gax. du village, w 4. Il 2" La varenne du Louvre, certaine étendue de pays que le roi se réservait pour la chasse. Capitaine de la varenne du Louvre. || La juridiction qui connaissait des délits commis dans la varenne du Louvre.

— ÊTYM. Le même queporenne: aux environs de Tours, vareigne, jardin maraîcher.

tVARElJSE(va-reû-r') s. f. || l" Chemise en grosse toile que les matelots et oeaucoup d'ouvriers portent ordinairement sur leurs habits pour les garantir ; elle est courte comme la blouse. {| On dit aussi vaireuse. || 8* Vareuse se dit aussi d'une veste très-ample en gros drap.

t VARGUE (var-gh'), s. f. Nom donné aux étages d'un moulin à dévider la soie. La vargue inférieure.

t VARI (va-ri), ». m. Nom donné par Buffon au lemur maeaca, quadrumanes.

t VARIA (va-ri-a), i. m. pi. Mot latin signifiant choses diverses, et qu'on emploie quelquefois pour indiquer une collection de morceaux variés. J'ai mis cela dans mes Varia.

VARIABILITÉ (va-ri-a-bi-li-té), t. f. \\ 1° Disposition habituelle à varier. Variabilité de la température. Il i" Terme de grammaire. Propriété que certains mots ont de changer de désinence. La variabilité d'un verbe suivant les modes et les temps. Il 8° Terme d'algèbre. Indétermination; passage possible d'une quantité par différents états de grandeur. ||4° Terme de biologie. Propriété de présenter des variétés. Variabilité des espèces.

— HKM. Variabilité n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 4 835.

— iiisT. xiv s. Impétigo est variableté de cuir mué en sa coleur, lanfranc, f" 43. || xv* s. Et demoura ceste loyalle et bonne amour secrette, jusques à ce que fortune par sa variableté leur voulut le dos donner, Jeh. de Saintré, ch. <2.

— ETYM. Variable.

VARIABLE (va-ri-a-bl'), adj. || 1° Sujet à varier, qui change souvent. Un temps variable. Les vents lont variables. La conduite variable dont j'ai convaincu la réforme, Boss. Oéf. Var. t" dise. 31. Un peuple variable, incertain et timide, lafosse, Xan- It'us, I, 1. Il En médecine, pouls variable, pouls qui est tantôt irrégulier, tantôt régulier, tantôt fort, tantôt faible. || 2» Terme de grammaire. Il se dit des mots dont la désinence varie suivant le rapport grammatical. || 3° Terme de botanique. Se dit de la corolle des synantbérées , quand elle se présente sous diverses formes dans les différentes fleurs d'une même calalhide, d'un même disque ou d'une même couronne. || Se dit aussi des plantes dont les feuilles sont partagées en lobes inégaux et dissemblables. || 4° En mathématiques, quantités variables, celles qui varient de grandeur, par opposition à quantités constantes. Il Substantivement. Une variable. Une fonction de plusieurs variables. || Variable indépendante, celle dont une ou plusieurs autres dépendent. || S" S. m. Le degré du baromètre qui indique un temps incertain , variable. Le baromètre est au variable.

— HIST. XIII* s. Laisse plorer enfans et famés, Bestes fiebles et variables. Et tu soies fers [ferme] et estable, la Rose, 6442. || xiv«s.... Je voy cestui fiable ; Pour rien que j'aie dit, ne le voy variable, lluijes Caj>et, v. 57i>5. Et les autours sont sur ce variables, bercheuke, f° t*, verso. \\ xvi" s. C'est le but de mes vœux que je vous fasse lire Le variable estât de ma captivité, desportes, Diane, i, i. La femme est variable, et telle en sa pensée S'accorde à vostre amour, qui s'en monstre offensée, ID. Roland furieux.

— ETYM. Provenç. et espagn. variable; ital. variabile ; du lat. rariabilis, de variare, varier.

■f VARIABLEMENT (va-ri-a-ble-man), adv. D'une manière variable.

— HIST. xvr s. Variablement, monet, Dict.

— ETYM. VuTiahle, et le suffixe ment; provenç. variablameTxs ; espagn. tariablemente.

VARIANT, ANTE (va-ri-an, an-t'), adj. Qui change souvent. Un caractère variant.

— iii.sT. XIV' s. Beaux seigneurs, Espaignol sont si fort variant. Qu'il nous tairont tout coi, se Piètres vient avant, Guescl. 9010.

VARIANTE (va-ri-an-f), s. f.\\i' Se dit des diverses leçons d'un même texte. Lorsqu'on voit dans les feuilles périodiques que c'est moi qui ai fait imprimer les variantes de la Uenriade sous le nom

VAR

de M. Harmontel, n'est-il pas de mon devoir d'avertir que cela n'est pas vrai ? volt. Lett. Kœnig, juin 1753. Il est dans la nature de la chose que plus les copies d'un livre se multiplient, plus les variantes de ce livre soient nombreuses, bonnet, Paling. xx, '■'. Je fis imprimera mes frais le texte de cet auteur [Longus] avec les variantes de Rome et de Florence, P. L. cour. Lett. à M. Renouard. Une objection ou plutôt une légère variante fut présentée, villemain, Souv. contemp. les Cent-Jours, XIV. Il II se dit aussi des différentes manières d'écrire un mot. Il faut écrire et prononcer érysipèle, nonobstant la variante érésipèle, adoptée par l'Académie. I! 2° Terme de botanique. Différence légère ou peu constante qu'on observe sur les plantes de même espèce, quand on a lieu de l'attribuer plutôt à la nature du sol et à l'influence du climat qu'aux effets de la culture. || 3° Au plur. Terme de pêche. Courtines qu'on change souvent de place.

- ETYM. Variant.

VARIATION (va-ri-a-sion;en vers, de cinq syllabes), s. f. Il i" État de ce qui éprouve des changements successifs ou alternatifs. Les baromètres, les thermomètres et les hygromètres, destinés à mesurer des variations physiques qui nous étaient, il y a peu de temps, ou absolument inconnues ou connues seulement par le rapport confus et incertain de nos sens, font. Amontons. On voit combien il importait aux astronomes de s'assurer ou de la variation ou de l'invariabilité des pôles de la terre et des méridiens, id. Chaxelles. Des variations dans le change sans cause connue font que bien des gens la cherchent, et la trouvent à la fin, MONTESQ. Rom. m. On employait le temps de la variation de la mousson à faire le trajet d'Alexandrie à la mer Rouge, id. Esp. xxi, 9. Les variations fréquentes de plumage, que l'on peut remarquer dans les pinsons d'un même pays, BUFP. Ois. t. VII, p. m. L'art de raisonner a suivi toutes les variations du langage, et c'est ce qui devait arriver, condil. Log. u, *. Les grandes variations du système du monde ne sont pas moins intéressantes à connaître que les révolutions des empires, laplace. Expos, v, 3. Ne sachant à qui m'en prendre des variations de votre santé, P. L. COUR. Lett. ii, 62. || 2' Changement dans la doctrine, dans les idées. Les continuelles variations des hérésies, qui ne cessent de se condamner elles-mêmes en innovant tous les jours et en tombant d'absurdités en absurdités , noss. t" avert. t. Pour justifier les variations de la reforme, il a fallu en trouver dans l'ancienne Église, ID. ib. 22. Une franchise respectable, une probité sans nuages, et une conduite sans variations, GRESSET, Disc, à l'Acad. \\ Les Variations, titre d'un ouvrage de Bossuet sur les changements arrivés dans les confessions des protestants. C'est ces variations [des Églises protestantes] dont j'entreprends de faire l'histoire , boss. Var. Préf. Il 3' Terme de grammaire. Ce qui change dans un mot variable. La variation des finales dans un verbe que l'on conjugue. || 4° Terme d'astronomie. Inégalité du mouvement lunaire, qui dépend des aspects, c'est-à-dire de la différence des longitudes du centre du soleil et de celui de la lune. Les inégalités de la lune dont Newton a donné le calcul, du moins dans un certain détail, sont en premier lieu celle qui est connue sous le nom de variation, qui a été découverte par Tycho , u'alemb. Œuv. t. XIV, p. 86. Il Se dit également de toutes les autres inégalités astronomiques. || Variations séculaires, celles dont les périodes embrassent plusieurs siècles; variations périodiques, celles dont les périodes n'embrassent qu'un petit nombre d'années. Les variations séculaires de l'excentricité de l'orbe terrestre en produisent de correspondantes dans le moyen mouvement de la lune, LAPLACE, Instit. Mém. scienc. t. ii, p. 128. || 6' Terme de physique et de marine. Variation de l'aiguille aimantée, variation de la boussole, variation du compas, nommée autrement déclinaison , l'angle formé par la ligne nord-sud de la boussole et la ligne nord-sud du monde. Halley.... eut, quoique simple astronome, le commandement d'un vaisseau du roi en (698; c'e?» sur ce vaisseau.... qu'il marqua toutes les variations de la boussole dans toutes les parties du globe, volt. /.. XJV, 34. Il 6° Terme de minéralogie. Variations des formes cristallines, modifications accidentelles des formes des cristaux, au milieu desquelles les incidences mutuelles des faces du cristal sont conslanlca. || 7* Terme de mathématique. Calcul des

VAR

variations, branche supérieure de l'analyse Infinitésimale, dans laquelle on considère certaines différentielles prises à un point de vue nouveau et que l'on nomme variations. La seconde édition de sa mécanique [de Lagrange];ce grand ouvrage est tout fondé sur le calcul des variations, dont il est l'inventeur, delambre, Instit. mém. scienc. <8I2, 2* part. p. 77. Il 8" Au plur. Terme de musique. Changements faits à un air, en y ajoutant des ornements qui en laissent substituer le fond de mélodie et le mouvement. Il y a des variations vocales, et des variations instrumentales. |) Fig. J'ai arrangé comme cela plusieurs petits proverbes avec des variations, beaumarch. Barb. deSév. IV, 4.||11 se dit aussi au singulier. La variation pour piano avec accompagnement d'orchestre est morte, on ne la ressuscitera pas, w. de lenz, Beethoven et ses trois styles, p. 207.

— SYN. VARIATION , CHANGEMENT. La Variation consiste à être tantôt d'une façon, tantôt d'une autre ; le changement consiste seulement à cesser d'être le même. Le changement peut être du tout au tout; la variation laisse subsister beaucoup de semblable.

— Hisr. XIV» s. Et veoir cbascun jour, se il [le nez coupé et maintenu par un bandage] fait aucun pou [peu] de variation de son assise naturel, H. DE MONDEviLLE, f* 68. Les cas particuliers et les variations des circonstances des faiz sont innombrables, ORESME, Thèse de meunier. || xv s. En notre foi ne doit avoir nulle variation; et si comme il n'est que un seul Dieu es cieux, il ne peut et ne doit estre de droit que un seul Dieu en terre, FROiss. m, IV, to. Il confessa et dist plainement

! de sa pure voulenté, sans contrainte ne variacion, I qu'il estoit vray.... Bibl. des ch. 6' série, t. i, i p. 243. Il xvi* s. Je ne m'ose expliquer davantage ': pour la variation et incertitude où de jour à au- I tre les affaires se portent, Bibl. des ch. 3* série, ! 1. 1, p. B)0.

i — ETYM. Prov. variacio; esp. variacion; ital. ! variazione, du lat. variationem,de variare, varier. I L'ancienne langue disait aussi variemetU.

VARICE (va-ri-s'), s. f. \\ i' Terme de chirurgie. Dilatation permanente d'une veine, produite par l'accumulation du sang dans sa cavité. || Varices vésicales , cordons noueux entrecroisés en tous sens, que l'on rencontre aux faces antérieures et postérieures de la vessie sous le péritoine. || 2° Terme d'histoire naturelle. Bourrelet ou renflement du bord de certaines coquilles univalves.

— HIST. XVI* s. Posons un ulcère situé à U jambe, avec altération d'os, accompagné d'une varice, PARÉ, Introd. 23.

— ETYM. Provenç. varica; du lat. varicem.

VARICELLE (va-ri-sè-l'), s. f. Terme de médecine. Petite vérole volante, fausse variole, variole bâtarde, c'est-à-dire petite vérole survenant la plupart du temps sur un sujet qui a été vacciné ou qui a déjà eu la petite vérole. La varicelle est parmi les petites véroles volantes celle qui s'éloigne le plus de la vraie variole et qui est la plus bénigne.

— ETYM. Dimin. irrégulier de variole.

VAP.ICOCÈLE (va-ri-ko-sè-l'), s. f. Terme do

chirurgie. Tumeur formée par la dilatation variqueuse des veines du scrotum et de celles du cordon spermatique.

— REM. Plusieurs le font masculin, mais il vaut mieux le faire féminin suivant l'analogie des mots en cèle.

— ETYM. Varice, et xyiXti, tumeur, t VARICOMPUALE (va-ri-kon-la-l'), t. f. Terme

de chirurgie. Tumeur variqueuse ayant son siège à l'ombilic. '

— ETYM. Fonc«, et 6(ioa).à:, nombril.

VARIÉ, ÉE (va-ri-é, ée), part, passé de varier.

Il 1* Oui reçoit des variations. Nos offices sont variés de lectures de l'Écriture, du chant des psaumes et de courtes oraisons, fén. t. m, p. 327. || 2* Qui présente de la variété. Une langue harmonieuse et variée. Un spectacle varié. On a toujours trouvé la nature plus variée dans les climats chauds que dans ceux de septentrion, volt. Mœurs, (49. Il 3' Terme d'histoire naturelle. Qui est orné de différentes couleurs. Tout son corps [du petit duc] est très-joliment varié de gris, de roux, de brun et de noir, buff. Ois. t. ii, p. i54. || S. m. Nom spécifique d'un labre. || 4" Terme de musique. Air varié, morceau de musique composé d'un air, d'une mélodie et d'une ou plusieurs variations faites sur cet air, cette mélodie. || 6* Terme d'architecture. Colonne variée, coloimo faite de diverses matiè-

VAR

VAR

VAB

res. Il 6* Terme de mécanique. Mouvement rarlé, celui dont la vitesse change à chaque instant. Il Mouvement uniTormément varié, celui dans lequel la vitesse varie en raison directe du temps. ||7' Terrain varié, expression de forlilication et de topographie, pour désigner un terrain accidenté, par opposition à terrain horizontal.

VAKIKR (va-ri-é), je variais, nous variions, TOUS variiez ; que je varie, que nous variions, que vous variiez, v. a. \\ 1" Faire subir des cliangemcnts successifs ou alternatifs. Sans cesse en écrivant variez vos discours, boil. Art p. i. Quel secret doit avoir eu la nature pour varier en tant de manières une chose aussi simple qu'un visage? FONTEN. Mond. 3" soir. Une société choisie , composée au gré de ma femme, y venait successivement varier mes loisirs, et jouir avec nous de celte opulence champêtre.... marmontel, Mém. XI. Tel, dans l'airain brillant où flotte une eau tremblante. Le soleil , variant sa lumière inconstante. Va, vient, monte, descend, et se relève encor, deulle, En. vin. || Varier la phrase, exprimer la même pensée en d'autres termes. C'est une chose si nouvelle que de varier la phrase, qu'il a pris l'occasion que Voiture souhaitait pour écrire moins ennuyeusement à monsieur le Prince, sÉv. 207. Faites- leur bien tous mes compliments , à chacun selon l'amitié qu'il a pour moi; vous saurez varier les phrases, id. 586. Il 2° Terme de musique. Varier un air, le changer, en y ajoutant des ornements qui laissent subsister le fond de la mélodie et le mouvement. Il Fig. X la fin, le courage le plus robuste se lasse de varier toujours le même thème, th. Gautier, Feuilleton du Monit. univ. 4 juin )8C8. Il 3" V. n. Présenter des variations. Le temps varie continuellement. L'accusé varia dans ses réponses. J'avais donné pour fondement à l'Histoire des Variations, que varier dans l'exposition de la foi était une marque de fausseté et d'inconséquence dans la doctrine exposée, boss. )" avert. 3. Ce, saint docteur [Vincent de Lérins] s'étonne qu'on puisse peusoràvarierdanslafoi, ID. ib. 5. Calvin ne laisse pasd'avoirvarié non-seulement dans ses écrits particuliers, mais encore dans les actes publics qu'il a dressés au nom de tous les siens, ou qu'il leur a inspirés, id. Var. ix, 85. Après les mauvais succès des premiers commencements, Pierre I" remporta quelques avantages assez considérables, et la fortune varia, ce i;ai honorait déjà assez ses armes , pont. Czar Pierre. Dieu varier 1 Dieu changer 1 cette idée me parait un blasphème, VOLT. Dial. <9. Il II se dit aussi d'une chose qui diffère d'elle-même, ou de plusieurs choses qui ont des formes, des qualités différentes selon les circonstances. Les mœurs varient selon les pays. 114° Il se dit de plusieurs personnes qui sont d'un avis différent, qui rapportent diversement un même fait. Les auteurs varient beaucoup sur l'époque de l'établissement de Carthage, rolun, Hist. anc ffi'ur. 1. 1, p. 233, dans pouoens. 1| 6° S'écarter du nord , ou s'en rapprocher, en parlant de l'aiguille aimantée. {| 6" Se varier, v. réfl. Se donner à soi-même des variations. Tous les temps ont leurs défauts et leurs vertus, c'est toujours l'homme; mais la nature se varie dans l'homme; et l'art, qui n'est qu'une imitation de la nature , se doit varier comme elle, st-kvbemond, dans BiciiELET.

— HIST. un' s. Si cum variout la colurs, [ils] Aveient diverses luurs, marie, Purgat. <825. Cil qui veult raconter une estoire vielle et usée, il est bon de reborser [rebrousser] son droit cors [cours] et varier son ordre, en tel manière que ele semble toute nouvele, bhun.lat. Trésor, p. 4«3. Se lu de chou point me varies [tu ne me détournes pas de cela], du cange, variare. \\ xiv s. Se les choses doivent estre traites [tirées] par incision, il convient varier l'oevre, si comme le propos le requiert, H. DE MONDEviLLE, t' 104, verso. l'our Ce est la cure d'icelies [piqiiies] aucun poi [peu] variée, ID. f* S6, verso. [Les philosophes s'exposaient à tout plutôt que].... on peQst parcevoir Que leur bon propos variassent. Ne que vérité déclinassent, MACHAUT, p. 94. Laquelle femme contre le propos et intention dudil exposant varia tant [contredit tant].... du cange, tiuriore. ||xv' s. Et se je variole au rendre Mes liçons, j'estoio balus, FHOiss. Espinelte amour. Quand II les sentit sur lui, si fut tout esbahi, et voulsist bien estre ailleurs ; ils l'environnèrent de tous costés, et lui demandèrent où il alloit ainsi.... il commença à varier et ne repondit point bien à leur propos, id.

n, m, 4<*. Combien que pas ne m Tarie [pîcbe] Quant à Dieu cilz qui se marie, K. descb. Poétiit mis. f 64b. Il XVI" 8. Cestuy exemple me faict entre espoir et crainte varier, bab. Pant. m, Prol. Qu'est-ce qu'un nom T trois ou quatre traicts de plume si aysez à varier que.... mont, i, 348. La fortune tourne et varie diversement, amvot. Sert. <. F.t puis il variolt en ses pensemens, quand il consideroit la grande hardiesse de ce qu'il entreprenoit, m. César, 4a.

— Etym. Génev. varier, avoir des vertiges, défaillir : le cccur lui varie ; variement de caur, défaillance; piov. ooirar,t)on'ar; esp. rori'or; it. variare; du lat. tjortare, de varius, divers. Varius avait donné l'adjectif vaire. Les vaines vaircs et diverses [de la terre], brun. lat. Trésor, p. U8.

VARIÉTÉ (va-ri-é té), s. {. || 1° État varié, apparence variée. 11 faut de la variété dans l'esprit; ceux qui n'ont que d'une sorte d'esprit ne peuvent pas plaire longtemps, LASOCiiErouc. Réfl. div. p. )°i6, dans pougens. Cette duplicité de l'homme est si visible, qu'il y en a qui ont pensé que nous avions deux imes , un sujet simple leur paraiss.mt incapable de telles et si soudaines variétés, pasc. Pens. xii, 8, édit. havet. Au conseil comme au sceau, la multitude, la variété, la difficulté des affaires n'étonnèrent jamais ce grand magistrat, boss. leTellier. De la variété les grâces sont compagnes ; J'en veux dans mon ouvrage égayer la raison, lamotte, Fabl. n, 5. L'âme aime la variété , mais elle ne l'aime que parce qu'elle est faite pour connaître et pour voir, montesq. Coilt, ^'ariété. Rodogune ne ressemble pas plus à Pompée que Pompée à Cinna, et Cinna au Cid; c'est cette variété qui caractérise le vrai génie, volt. Comm. Corn. Rem. Rodog. Préf. Quoi ? vous louez Fénelon d'avoir eu de la variété ? si jamais homme n'a eu qu'un style, c'est lui , m. Lett. à l'abbé d'Olivet, 1 730. Riche variété, délices de la vue. Accours; viens rompre enfin l'insipide niveau. Brise la triste équerre et l'ennuyeux cordeau, delille, Jard. II. Il 2° Au plur. Titres de certains recueils qui contiennent des morceaux sur différents sujets. Variétés littéraires. Variétés philosophiques. Il Se dit aussi d'une division des journaux, dans laquelle on place les articles dont le sujet n'est pas directement relatif à l'objet principal du journal. 1| 3* Se dit, en biotaxie, de l'ensemble des individus de même espèce qui difierent par la forme extérieure, le volume, la couleur ou autres propriétés secondaires , sani que ces différences se perpétuent par la génération, sauf dans un très-petit nombre de circonstances déterminées et généralement identiques. Aucun individu ne ressemble parfaitement à un autre; aucune espèce n'existe sans un grand nombre de variétés, bufp. Quadrup. t. iv, p. xxxili. Si l'on ne devait juger que par la forme, l'espèce du singe pourrait être prise pour une variété dans l'espèce humaine, id. ib. t. vn, p. 44. Les narcisses cultives ont produit, sous la main du jardinier, un trèsgrand nombre de variétés, loiseleur deslonch. Inslit. Mém. te. phys et math. sav. étr. t. ii, p. 500. Il Fi{<. M.... pour peindre d'un mot la rareté des honnêtes gens, me disait que, dans la société, l'honnête homme est une variété de l'espèce humaine, chamfort, Caraclères et anecdotes. \\ i° En chimie, variétés, individus d'une même espèce qui diffèrent, par la forme des cristaux, par les propriétés optiques, électriques ou autres propriétés secondaires , des échantillons choisis comme types de l'espèce.

~ lll.ST. xii" s Si fist Deus ses formations , Ses règnes, ses créations. Qu'entre eus eiist varietez, benoIt, i, 73. Il XIII' s. Se tu vues [veux] avoir prudence, soies un en touz leus [lieux] ; ne muer toi por les varietez des choses, brun. lat. Trésor, p. 347. Il XV' s. Luy qui sage estoit, considéra la grande variété de ses concitoyens, lesquels il sentoitjà murmurer, Bouciq. il, 3. ||xvi' s. Exemple de l'instabilité et variété de la fortune, AMïOT, Crassus, 52. Quelquesfois j'ay veu l'emulgente senestre sortir de la spermatique; on peut aussi observer plusieurs autres variétés, PARÉ, I. 25.

— ÊTYM. Provenç. varietat; espagn. tariedad; ital. varietà; du lat. varictatem , de tarius, varié.

VARIETUR(NE) (nè-va-ri-é-tur). Il se dit, au palais, des précautions prises pour constater l'état d'une pièce, et prévenir les changements qu'on pourrait y faire. L'on ordonne qu'une pièce ou un acte soit paraphé, ne varietur.

— tmt. Lat. ne, de peur que, vatUty» , il n*

soit varié, changé, de variare, varier.

t VARIOLAIRF. (va-ri-o-lê-r'), ad}. Terme d'histoire naturelle. Qui offre des nodosités, de petits grains, des taches, semblables aux pustules de U variole.

VARIOLE (va-ri-o-1'), i. m. Il !• Terme de médecine. Genre de maladie générale fébrile , avec éruption pustuleuse i la peau, qu'on n'a ordinairement qu'une fois, qui est quelquefois sporadique, et souvent épidémique; elle est contagieuse et miasmatique. Variole discrète. Variole coofluente. Il 2' Variole des bêtes à laine, la clavelée. || Variole des vaches, la vaccine. || 3* Alouette rousse. C'est M. Commerson qui nous a rapporté cette jolie petite alouette du pays qu'arrose la rivière de la Plata; le nom de variole que nous lui avons donné, a rapport i l'émail trè.'- varié et très-agréable de son plumage, buff. Ois. t. ix, p. 88.

— ETYM. Provenç. variola, du bas-lalin variola, qui est dans Marins d'Avenches, auteur du vi' siècle, et dans un ms. de Itamberg du ix' siècle ; du lat. varius, varié, à cause des taches et boutons que cette maladie produit sur la peau.

t VARIOLETTK (va-ri-0-lè-l'), s. f. Synonyme vulgaire de varicelle.

t VARIOLECX, EDSE (va-ri-0-leû , leû-z'), adj. Qui est affecté de la variole. || Substantivement. Une salle de varloleuz.

t VARtOLIFORME (va-ri-o-Ii-for-m'), adj. Qui ressemble à la variole. Pustule varioliforme.

t VARIOLINE {va-ri-o-lin'), s. m. Nom donné par Delaméthérie & la base du minéral appelé par Ad. Brongniart variolite verdàtre, et par d'autres variolite de la Durance, parce qu'on la trouve dans cette rivière en morceaux roulés, legoarant.

VARIOLIQUE (va-rio-li-k'), adj. Qui appartient i la variole. Éruption variolique.

t VARIOLITE (va-ri-o-li-f), ». f. Roche de cristallisation, constituée par une pâte de pctrosilex de diverses couleurs, renfermant des noyaux sphéroïdaux de pétrosilex, dont la couleur diffère de celle de la pâte, dite aussi plerreà picot, pierre de la petite vérole. || La variolite verdàtre d'Ad. Brongniart a été appelée par certains at 'eurs variolite de la Durance.

— ÉTY.>1. rortoif, à cause de ses noyaux qui forment tache.

t VARIOLOÏDE (va-ri-o-lo-i-d'), ». f. Terme de médecine. Forme qui, parmi les petites véroles volantes, se rapproche le plus de la variole vraie ; ce qui l'en distingue, c'est l'absence de fièvre secondaire. Lavarioloîde survient chez les personnes qui ont été vaccinées ou qui ont eu la petite vérole. Il Adj. Qui ressemble à la variole. Maladies varioloîdes.

— ÉTYM. Variole, et eWoç, forme.

t VARIORCM (va-ri-o-rom'). Se dit, par abréviation, au lieu de l'expression latine cum nntit tJortorum iciiptorum, en parlant des auteurs imprimés avec des notes de plusieurs commentateurs. Édition variorum.

— £TYH. Lat. variorum , gén. plur. de variut, varié.

VARIQUEUX, EUSE (va-ri-keù, keû-z'), adj. Il !• Terme de chirurgie. Qui a rapport aux varices, qui en est affecté ou qui en dépend. Les hémorrhagles variqueuses. || Veine variqueuse, celle qui est le siège de varices. || Uliire variqueux, celui qui est entretenu par des varices. || 2" Terme d'histoire naturelle. Qui ofl're des renflements assez semblables à ceux des varices. Vaisseaux variqueux. Coijullle variqueuse.

— HlST. xvi* s. Couper une veine variqueuse, PARÉ, Inlrod. 2. Les anfractuosités variqueuses [des vaisseaux du testicule], id. i, I.

— ÊTYM. Lat. earicosus, de vanx, varice. VARLET (V4r-lè; le I ne se lie pas; au pluriel,

l'î se lie; de» var-lè-z armés; varlels rime avec traits, succès, paix, etc.),». m. || 1° S'est dit, en général, des simples gentilshommes. |{ Fils de chevalier. |{ 2* Il s'est dit, dans les temps de l'ancienne chevalerie, à peu près comme se dit page aujourd'hui. Vous, pages et varlets, Guerre aux vilains, et rossez-les I bérang. le Marquis de Carabas. Ces paladins.... Dont le cor, éveillant les varlets et les pages.... v. hugo. Bail. i.

— K.TVM. Le même que valet (voy. à l'historique), avec une r intercalée à la place de I'» primitive (vaslet), comparez hurler pour uller.

VARLOPE (var-lo-p'), s. f. Grand rabot qui sert aux menuisiers. Mande-moi si mon lioroscops Veut que je suive la varlope, HAitBE adam billaut,

VAS

(Eue. p. «37, dans pouoems. || Demi-varlope, rabot i deux poignées, à l'usage des menuisiers.

— ETY.M. Limousin, garlopo: esp. et port, garlopa, d'un mot wetrloop que Diez suppose dans le hollandais; l'instrument étant ainsi nommé parce fu'il va et vient, weer, en retour, et loop, course.

t VARLOPER (var-lo-pé), e. a. Dresser, finir avec la varlope.

t VARME (var-m'), ». f. Terme de métallurgie. Côté où est la tuyère dans un fourneau d'affinage.

t VAROLE (va-ro-l'). Pont de Varole, grosse éminence .saillante à la face inférieure de l'encéphale, qui passe transversalement d'un pédoncule moyen du cervelet à l'autre, au devant de la moelle allongée et du cervelet, derrière les pédoncules du cerveau.

— ÉTVM. Koroli, premier médecin du pape Grégoire XIII. Il mourut en (570, et donna son nom à cette partie de l'encépuale.

fVARPlfi (var-pié), s. m. Plaque de fer qui se met sur l'oreille de la charrue.

t VARRE (va-r'), s. f. Terme de pêche. Sorte de harpon dont les Américains se servent pour prendre les tortues de mer.

t VARRKR (va-ré), v. a. Pêcher à la varre.

t VAKREUR (va-reur), s. m. Pêcheur de tortues, flelui qui lance la varre.

t VARTIGUÉ (var-ti-ghé). Jurement de paysan dani l'ancienne comédie. Ah I vartigué, monsieur le médecin, que de lantiponages 1 mol. iféd. mal. lui, n, 4.

— ETVM. Corruption de vertu Dieu.

t VARVOUTE (var-vou-f), ». f. Terme de pêche. Sorte de filet à manche.

t VAKY-REVARY (va-ri-re-va-ri). X la chasse, ce que l'on crie aux chiens quand l'animal a fait un retour, Almanach du chasseur.

VAS (JE), 1" pers. du sing. du présent de l'ind. du verbe aller, moins usitée que je vais(voy. vais).

tVASAIS (va-zê), s. m. Réservoir, dit aussi vasière, placé en tête d'un marais salant et pouvant être rempli au moment des plus hautes marées. Enquête sur les sels, (868, p. 5fl.

t VASARD (va-zar), adj. m. Terme de marine. Fond va^' ;d, fond de sable mêlé de vase. Le fond était quelquefois vasard, mais toujours de sable fin, BOUGAiNviLLE, Voy. 1. 1, p. S4 7. Il Substantivement. Un vasard.

— ÊTVM. Vase >.

VASCCLAIRE (va-sku-lê-r'), odj. || !• Terme d'anatomie. Qui est relatif aux vaisseaux et, particulièrement, aux vaisseaux sanguins. || Système vasculaire, ensemble des vaisseaux sanguins. Il Terme de pathologie. Tumeurs vasculaires, tumeurs érectiles. || 2° Terme de botanique. Composé de vaisseaux. Tissu vasculaire. || Plantes vasculaires, celles qui, outre le tissu cellulaire, renferment des vaisseaux. Ceux [végétaux] que M. de CandoUe nomme vasculaires, parce que les fluide.i y trouvent une direction toute tracée dans la disposition intérieure du tissu, chaptal, Instit. Méin. scienc. I807, i" sem. p. 89.

— ÊTVM. Lat. vasculum, petit vaisseau, petit vase, dimin. de vas (voy. vase 2).

\ VASCULARISATION (va-sku-la-ri-za-sion) , ». f. Production de vaisseaux dans un tissu qui n'en contenait pas, ou augmentation du nombre de ceux qui existaient.

t VASCCLARirE (va-sku-la-ri-té), s. f. En anatomie normale ou pathologique, présence des vaisseaux sanguins ou lymphatiques en quantité plus ou moins grande.

VASC.ULEUX, EUSE (va-sku-leù, leii-z'), adj. Syn. peu usité de vasculaire.

t VASCIILO-NERVEOX, EUSE (va-sku-lo-nèrveii, veu-z'), adj. Composé de vaisseaux et de nerfs.

t VASCULOSE (va-sku-lô-z'), ». f. Principe formant la paroi des vaisseaux des plantes.

1. VASE (va-z'), ». f. Ij 1» Limon déposé au fond des étangs, des fossés, des rivières, de la mer. La mer transporte aujourd'hui ses vases avec les dépouilles des coquillages actuellement vivants, comme elle a aut-'efois transporté ces mêmes vases avec les dépouilles des coquillages alors existants, Biipp. 3' ép. 7ial. Œuv. t. XII, p. (62. Cette espèce Je mugissement que poussent les butors en enfonçant leur bec dans la vase des marais, id. Où. t. iv, p. 285. Les gaz hydrogènes connus sous le nom de gaz inllammables ?« trouvent naturellement dans les vases des eaux bourbeuses et des marais, buisson, Traité de phys. l. ii, p. 7o. || 2* En termes de mer' fond de vase, fond oii l'ancre s'arrête dilficilement. Moiu mouillimes dans la baie de Montevideo par

VAS

quatre brasses d'eau, fond de vase molle et noire, BOUGAINV. Voy. t. I, p. 24. Là, échoués sur une vase molle, les navires peuvent se livrer sans inquiétude à toutes les réparations dont ils ont besoin, RATNAL, WlS(. phil. XIII, 9.

— HIST. XVI* s. Lanoue avec ses gens de cheval fit une charge de 3i>o pas dans les vases de la mer retirée, d'acb. Hist. Il, 4.1. La sèche.... estant cachée dans le sable ou dans la vase, mont, h, <70.

— ÊTYM. Norm. gaie; portug. losa ; du néerland. wase; anglo-sax. vase, boue.

2. VASE (va-z'), ». m. Il 1" .Sorte de vaisseau destiné à contenir des liqueurs, des fruits, des fleurs, des parfums. Vase d'or, d'argent, de cristal, d'argile, de porcelaine. L'emploi des vases avec lesquels les anciens construisaient des voiites cent fois plus légères que les nôtres et aussi durables, MONGEZ, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. i, p. 628. L'usage où furent les Grecs de placer des vases résonnants dans leur théâtre, usage dont Vilruve est le seul témoin, id. ib. t. v, p. 122. Il Vase étrusque, se dit de certains vases de terre, colorés de rouge, de noir et quelquefois de jaune et de blanc que l'on trouve en Italie dans des tombeaux. On dit plutôt aujourd'hui vases grecs, parce qu'ils ne sont pour la plupart que des imitations de modèles grecs, ou vases peints, parce qu'ils portent des sujets peints en noir ou rouge sur fond jaune, ou en rouge ou jaune sur fond noir. Il II se dit aussi de certains vaisseaux de forme élégante qui servent d'ornement dans les jardins, dans les palais, etc. Des vases de porphyre. On juge de la beauté d'un vase par son profil et ce qu'on appelle son galbe, boutard, Dict. des arts du dessin, Vase. || Terme d'architecture. Vases d'amortissement, ceux qui terminent la décoration des laçades. || 2° Vases sacrés, voy. sacré. Il Vase de sang, petit vase plein d'une matière rougeâtre qu'on trouve près de certaines tombes chrétiennes dans les catacombes de Rome, qu'on a cru être la marque de la tombe d'un martyr, et qui paraît n'être qu'une relique mise comme telle auprès d'un tombeau quelconque de chrétien. Il 3° Terme de physique. Principe des vases communiquants, principe d'hydrostatique: lorsqu'un liquide pesant est en équilibre dans deux vases qui communiquent, la pression sur une même couche horizontale est la même dans les doux vases. || Vase de Mariotte, appai^./ employé pour obtenir au moyen de la pression atmosphérique un écoulement constant. || 4* Terme de jardinage. Forme donnée à certains arbres ; le vase a une tige trèscourte de 0",15 à 0",20 au plus, d'où partent plusieurs ramifications qui sont dirigées circulairement. La forme de vase est donnée aussi aux arbres à haute tige ; alors la forme en vase commence environ à 2 mètres du sol. || Il s'est dit aussi de la corolle de certaines fleurs. Aussi est-elle [une tulipe] nuancée, bordée, huilée, à pièces emportées ; elle a un beau vase ou un beau calice : il la contemple, il l'admire, la bruy. xiii. || 5* Fig. Terme de dévotion. Vase d'élection, vase d'élite, celui qui est choisi de Dieu. C'est l'humilité qui nous rend capables de posséder Dieu, d'être des vases d'élection propres à contenir les dons de Dieu, BODRDAi.. Annonciat. de la Vierge, Myst. t. n, p. 64. Ce furent là les premières bénédictions dont le ciel prévint notre vase d'élite [notre saint], MASS. Panégyr. St Bern. || Vase de miséricorde, de pureté, celui qui est rempli de miséricorde, de pureté ; vase de colère, celui sur qui s'appesantit la colère de Dieu. Qui peut se plaindre de Dieu (comparé à un potier], si, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, il supporte avec une patience extrême les vases de colère destinés à périr, afin de faire paraître les richesses de sa gloire sur les vases de miséricorde qu'il a pré; parés pour la gloire? saci, Bible, St Paul, Épit. aux Rom. ii, 23. jj 6° Terme d'architecture. Vase de chapiteau, la masse du chapiteau corinthien qu'on orne de feuillages et de volutes. || Terme de serrurerie. Ornement en cuivre ou en fer que l'on rapporte par le haut d'un pilastre de rampe. || Partie en forme de poire faite ou rapportée au bout d'un croissant de cheminée. || Petit profil en forme de vase qu'on fait au haut et au bas d'une fiche. Il 7° Vase Jacqueline, vase à puiser, coquille univalve. 118° Petite constellation méridionale qu'on appelle plus souvent la Coupe.

— llisr. xvi* s. Comme l'eau que l'on transvase, qui toujours coule, et s'accomode à la façon et figure des vases et lieux qui la reçoivent, amïot, Comm. dise, le (latt. 44. Nous diviserons le potager

VAS

par piancnes, couches, quarreaux, vazcs, di»ers6ment nommés, pour, commodément et sans confusion, y loger la potagerie, selon leurs espèces, 0 DE SERRKS, 605. Au vase estroit maintenant je ressemble, Qui, tout plain d'eau, goule à goûte U rend, desportës, les Amours d'Hippolyte , lviu, Complainte.

— ÊTVM. Génev. vas, tonneau, vaisseau d'un» église; provenç. vas; espagn. etital. vaso; du latin tas, qui se rapporte au sanscr. vas, habiter, vêtirle sanscr. vasanam signifie habitation et vase. Au XIV' siècle, la vase s'est dit pour l'épée, a cause que le latin vo»a avait pris le sens d'armes.

t VASE, ÉE (vâ-zé, zée), adj. Terme rural. Couvert de vase, de terre. || Foin vase, celui qui reste couvert do vase, de limon à la suite d'un débordement qui a submergé une prairie.

— ÉTYM. Vase t.

t VASEAU (va-zô), s. m. Sébile de bois, qui reçoit les têtes des épingles à mesure qu'on les coupe.

— Ktvm. Dimin. de vase 2.

VASEUX, EUSE (vâ-zeii, zeû-z'), adj. Oui appartient à la vase, qui a de la vase. La mer du côté du nord était vaseuse et par conséquent très-pou propre à la navigation, montesq. Esp. xxi, 9. Ces terres vaseuses, comme celles (jui n'ont pas acquis toute leur consistance, produisent une quantité prodigieuse de gros roseaux, RAYNAL, //ist. phil.xvi, 6.

— ÊTVM. Vase I .

— iiISr. XVI' s. De la pauvre vertu l'orage n'». de port Qu'au havre tout vaseux d'une honteuse mort, n'Ai'B. Tragiques, édit. lalanne, f. *ie.

t VASIUUCTE (va-zi-du-kf), ». m. Terme de botanique. Ligne saillante que les vaisseaux nourriciers forment sous l'épiderme ou tégument propro de la graine, lorsqu'ils se continuent quelque temps sans se lamifier.

— ETYM. Lat. vas, vaisseau et ductus, conduit, t VASIÈRE (va-ziè-r'), ». f. \\ 1' Synonyme de va-

sais. Il 2° Lieu vaseux, trou de vase. Dans l'île de Ré, sur une longueur de trois à quatre lieues, unr immense et stérile vasière a été convertie en un champ de production [d'huîtres] d'une richess; inouïe, coste, Comptes rend. Acad. des sciences, t. Ln, p. 1)9. 118° Parc à moules.

— HIST. XIII* s. Avon baillé et ottroié à hommt religieux.... nostre wasier [terrain vaseux], qu« nous avons à Caudebec, do cange, toasshum.

— ETYJl . Vase I .

VASISTAS (va-zi-stas' ), ». m. Sorte de guicheii s'ouvrant à volonté pour voir ce qui se passe, oi pour parler à quelqu'un. || Espèce de jalousie qu'or met aux portières des voitures.

— ÉTYM. Allem. wasistdas. qu'est-ce ?qu'ya-t-ir

t VASO LYMPHE (va-zo-lin-f) , ». m. Term»

d'anatomie. Nom donné aux vaisseaux lymphatique»

— ÊTYM. Latin vas, vaisseau, et lymphe.

t VASO-MOTEUR, TRIf.E(va-zo-mo-teur, tri-s') adj. Terme d'anatomie. Qui a la propriété de causer un mouvement dans les vaisseaux. || Nerfs vaso moteurs, ceux qui déterminent la contraction et l< relâchement des fibres musculaires des vaisseau

— ÊTYM. Latin vas, vaisseau, et moteur. fVASON (va-zon), ». m. Masse de terre prépa

rée pour faire les tuiles.

~ ETYM. Le même quo gaxon.

t VASQUE (va-sk'), :. f. Bassin en forme d fontaine recevant l'eau d'un jet d'eau, d'une Ion taine. Coupe de fontaine : depuis quelques an nées, l'usage s'est introduit d'appeler cette espèC' de coupe une vasque, boutahd, Diet. des arts di dessin, Cot>pe.

— ÊTYM. Latin t)0»eus(QmCBERAl,i4ddenda), vide VASSAL, ALE (va-sal, sa-1'), s. m. et f. || 1° Celui

ceiie qui relève d'un seigneur à cause d'un fiel L'obligation de tout vassal envers son seigneur fu de porter les armes et de j uger ses pairs dans s? cour MONTESQ. Esp. XXX, <7. Dans un capitulaire d Louis le Débonnaire, le roi distingue trois sorte de vassaux, ceux du roi, ceux des évêques, ceu du comte, id. ib. Les coutumes féodales de France par lesquelles un vassal était obligé de servir so seigneur en guerre contre le roi, volt. Ann. Emf. Frédéric I, i < bh. Les" vassaux trop puissants or toujours été les plus dangereux ennemis de la me narchie, duclos, Œuv. t. v, p. 55. Le roi d'Angl* terre, qui, quoique vassal, fui toujours on guerr avec son suzeiain, brial, Instit. Mém. hist. et lit; anc. t. IV, p. 400. Parmi ces vassaux ou leudes, li plus dévoués, les plus utiles, comme on s'eipri mail alors, étaient ceux qui habitaient près du ro AUG. THIERRY, Récits des temps mérov. ii. || VasM direct, celui qui tenait immédiatement son fief eS

VAS

seigneur de la terra. Il était opposé & arrière-vassal ou vavasseur. || Grands vassaux, ceux qui relevaicnl du roi. Les grands vassaux, do concert avec les seigneurs qui tenaient d'eux, donnèrent, dans les assises de leurs duchés ou comtés, de certaines chartes ou établissements, selon les circonstances, montksq. Esp. xxvni, 46. y Fig. L'abbaye golhique où se rassemblaient cos grands vassaux de la mort (les rois], ne manquait pas de gloire, ciiatkaubr. Génie, iv, n, 9. Il !• On étend quelquefois, mais par abus, le nom de vassaux à tous ceux qui tenaient les terres de quelques seigneurs ou qui habitaient sur leurs domaines. Dos vassaux tremblants qui n'osent ilclivrer leurs moissons du sanglier qui les dévore, VOLT. Lett. de Bastide, I7S8 (sans autre date). Tes vassaux languissants qui pleuraient d'être nés, id. Éi)U. 83. Il 3" Fig. Il se dit pour sujet, subordonné. .... Sur tant de vassaux je n'ai d'aulorité Qu'autant que votre zèle a de fidélité, corn. Suréna, m, 2. [Il] ne les associe à des emplois si hauts Que pour voir des Césars au rang de ses vassaux, rotrou, 5i. Cen. r, (. || Fig. L'Amazone, ce fleuve si renommé par l'étendue de son cours, ce grand vassal de la mer, à laquelle il va porter le tribut qu'il a reçu de tant d'autres vassaux, ratnal, Hist. phil. ix, 4). Il Proverbe. Tandis que le vassal dort, le seigneur veille, et au contraire quand le seigneur dort, le vassal veille, c'est-à-dire pendant que le vassal néglige de rendre foi et hommage, le seigneur saisit le fief et fait les fruits siens, et au contraire, le vassal fait les fruits siens pendantque le seigneur néglige de faire saisir le fief.

— HIST. ïi* s. Dient Françeis: icist reis est Tassais, Ch. de Roi. ccxu. || xii* s. UistOlivers: moult sunt Franc bon vassal, Rone. p. 6t. Moult fust vasaus qui n'i fust esbaïs, ib. p. 72. Vasaus doit estre qui de vasaus est nez, ib. p. 4 43. Et dist à Pinabel : je vous desfi, vasal, ib. p. 193. Barun e chevalier e sergant e vassal, Qm n'unt rien de nului fors fié anceisural. Se conbatent sovent pur lur seignur mortal, Th. le mari. ~t. L\ quens Ernaus fu chevalier gentis, Et por ces armes vasals et de grant pris, Raoul deC.*H.\\ xiii* s. Quant la dame s'oït si ramposner [malmener en paroles]. Vergogne en ot, si dit par félonie : Par Dieu, vassal, jel di pour vous gaber, quesnes, flomancero, p. 408. Il XV* s. Par l'une entre, par l'autre oreille sauU [sort] Ce qu'on lui dit ; n'est que riote et pies ; Depportez vous d'enseigner tel vassaut; Chantez à l'asne, il vous fera des pes, e. desch. Poésies anc. (° 23. ||xvi' s. Adonc veissiez chevalier et vassauli Gaigner pays, traverser montz et vaulz, J. MAROT, v, 146. J'ay leu un vieil fragment de livre, que le comte devoit avoir soubs soy dix marquis, le marquis dix barons, le baron dix vassaux, FAi:cuET, Orig. des dignitez de France, t. i, p. 49, dans LACUHNE. Les ambassadeurs du roy de Mexico.... après luy avoir dit [à Cortez] qu'il avoit trente vassaux, desquels chascun pouvoit assembler cent mille combattants.... mont, i, 229. Un seigneur de paille, feurre ou beurre, vainc et mange un vassal d'acier, loisel, inslit. iv, 3, 102.

— ÉTYM. Provenç. vassal, vassau; catal. vantai; espagn. vasallo ; ilal. vassalln ; du bas-latin rassus , domestique du prince, dans la loi des Allemands, l'ossus vient du celtique : bas-bret. gwat , homme serviteur; Comouailles, was, garçon, serviteur; kimry, gwas, jeune, serviteur; irland. uais et wasaX, noble, de haute naissance. Tassai a eu le sens de serviteur, de vassal, de brave, de vaillant; il a été aussi une injure, quand on a voulu surtout indiquer l'infériorité. Les deux sens essentiels dérivent du celtique.

t VASSALITÉ (va-sa-li-té), s. f. \\ i' Synonyme moderne de vasselage. Il [le duc de Chevreuse] avait essayé de le raccommoder avec les Bouillon <lans l'affaire de la vassalité de Turenne, st-sim. 492, 6H. Ces légères marques de vassalité n'étaient rien à la véritable puissance de Venise, volt. Maurs, 43. Un châtelain payait une paire d'éperons à un vicomte, qui payait un faucon à un comte, qui payait à un duc une autre marque de vassalité, m. ib. 98. || 2° Corps des vassaux.

VASSELAGE (va-se-la-j'), t. m. || !• État, condition du vassal. La noblesse pense perdre de son lustre en entrant dans un vasselage subalterne (dans un état de vassal inférieur à celui où elle •était], PATRU, Plaid. 7. Le vasselage héréditaire commençait si bien à s'introduire, que les rois de France prétendaient être seigneurs suzerains du duché d'Aquitaine, VOLT. Ann. Emp . Charlemagne , 758. Il Vasselage actif, droits féodaux sur l'héritage •n fief. Il Vasselage passif, devoirs auxquels était

VAS

soumis le vassal. || Droit de vasselage, ce que le seigneur avait droit d'exiger de son vassal. || V Fig. P.cproche, correction (vieux en ce sens, qui vient de ce que vassal a élé aussi jadis un terme de reproche). Il forme le dessein De s'en aller le lendemain Au lieu 'le l'écolier, et, sous ce personnage. Convaincre sa moitié, lui faire un vasselage Dont il fut à jamais parlé, la font. Candaule.

— HIST. XI* s. Encoi [aujourd'hui] verrum se tu as vasselage [vaillance], Ch. de Uol. ccii. || xn* s. Ce jour [il] monstra moultbien son vasalage, Itonc. p. (14. Il XIII* s. Biausamis, dist Raison la sage, Folie n'est pas vasselage [vaill.ince], N'onc ne fu, ne jà ne sera, la Rose, 7020. ||iv* s. Dont le roi anglois fut moult durement resjoui [du récit du chevalier] quant il l'eut ainsi ouï parler, et le tint à moult grand vasselage et grand prouesse, comme vrai estoit, FHOiss. I, I, 70. Il XVI* s. ...Vos vertueux ancestres Qui firent tant par leurs haults vasselaiges,

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