‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 233 sur 754 · J. MAROT, V · texte numérisé non relu

J. MAROT, V

— ÊTM. Vassal; provenç. vassalatge, vasselalge, vaillance, qui est aussi le sens de vasselage dans l'ancienne langue.

t VASSET (va-sè), s. m. Nom donné par Adanson au troque de Pharaon, coquille univalve, qui habite la Méditerranée et la mer Rouge.

t VASSOLE (va-so-l'), s. f. Terme de marine. Chambranle à rainure, qui entoure les écoutilles et reçoit le caillebotis.

t VASTANGCE (va-stan-gh'), s. /'.Raie-pastenaque. VASTE (va-st'), adj. || 1* Qui est d'une fort grande étendue. Un vaste horizon. Une vaste campagne. Les Romains avaient fait de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique un vaste empire, montesq. Esp. xxi, 4 6. Ce qui est compris aujourd'hui sous le nom do Russie ou des Russies est plus vaste que tout le reste de l'Europe et que ne le fut jamais l'empire romain ou celui de Darius conquis par Alexandre, VOLT. Russie, I, 4. Il Par exagération et plaisanterie. Est-ce par les appas de sa vaste rheingrave, Qu'il a gagné votre âme? mol. Mis. u, i. Vainement portait-il le plus beau point, la perruque la plus vaste et la mieux poudrée qu'on pût voir, hamilt. Gram. 7. || %• Par extension, qui s'étend, règne sur une grande étendue. Assez et trop longtemps une funeste guerre Par ses vastes horreurs désola cette terre, mair. Mort d'Àsdr. i, 2. Je perdrai mes États et garderai mon rang; Et ces vastes malheurs où mon orgueil me jette Me feront votre esclave et non votre sujette, corn. iVicom.iii, 4. ô belles, évitez Le fond des bois et leur vaste silence, LA font. Clochette. Et, traînant avec soi les horreurs de la guerre, De sa vaste folie emplir toute la terre, boxl. Sat. \IIT. La vaste cruauté des Romains, lamotte, dans desfontaines. || 3* Fig. Se dit des choses morales, des conceptions de l'esprit, etc. Un vaste plan. Une vaste entreprise. Ne songez [vieillard] désormais qu'à vos erreurs passées. Quittez le long espoir et les vastes pensées, LA font. Fabl. XI, 8. Je refuse d'un cœur la vaste complaisance Qui ne fait du mérite aucune difîérence, mol. Jfts. i, l. Il [L'homme] ne peut pas se satisfaire par toutes sortes d'objets, il a le cœur trop vaste, pasc. Pass. de l'amour. Je ne m'égare point dans ces vastes désirs, bac. Eslh. m, 4. Vaste dans ses desseins, simple dans l'exécution, montesq. Ssp. XXXI, 48. Il Cet homme a l'esprit vaste, c'est un esprit vaste, un vaste génie, il a un esprit d'une étendue extraordinaire, embrassant toute sorte de connaissances, capable des plus grandes affaires. Tant est haut son courage [de Louis XIV], tant est vaste son intelligence, tant ses destinées sont glorieuses ! Boss. Louis de Bourbon. Le droit qu'un esprit vaste et ferme en ses desseins A sur l'esprit grossier des vulgaires humains, volt. Mahomet, II, 5. Il On dit de même : homme d'une vaste érudition. ||4°Terme d'anatomic. Muscles vaste externe et vaste interne, ou, substantivement, le vaste externe, le vaste interne, gros muscles qui occupent le côté interne et le côté externe de la cuisse.

— HIST. XIII* s. En une waste [déserte] regiun Le meinent hors de la maisun, Dunt la terre ert [était] neire e obscure , marie, l'urgatoire, 915.

— ETYM. Lat. vastus, vaste et aussi désert, seul sens que l'ancienne langue connaisse, et qui se rattache aussi au germanique ; anc. haut-allem. wuosti, désert; moy. haut-allem. wastcn, ravager. Ce mot, usité dans le xii* siècle au sens de désert, ne paraît plus dans les siècles suivants; le Dict. français- lalin de R. Estienne ne l'a pas. Il a été refait du latin au commencement du xvii* siècle.

t VASTFMENT (va-ste-man), ado. D'une manière vaste. D'AguesseaUjUndesplus beaux etdes plus lu-

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mineux esprits de son siècle, et, c'est peu dire, vastement et profondément savant, st-sim. 480, 24 7. t VASTITÉ (va-sti-té), ». f. Mol vieilli, mais qu'il serait bon de remettre en usage. Qualité do ce qui est vaste.

— HIST. ivi* s. Cette vastité sombre de nos églises, mont. II, 303. Les oiseaux s'esgayent à leur gré dans la vasteté de l'air, rRANÇOis de SàXti, Traité de l'amour, m, 1 6

— ETYM. Lat. vaslitatem, de vastut, vaste. En provençal, vastital n'a que le sens de dévastation. On a essayé aussi de dire vastitude. Les vastitudes sabloneuses du Sahara, hosny. Rapport annuH fait à la société d'ethnographie, p. 84.

tVAS-TC, VIENS-TU (và-tu-viin-tu), i. m. Pêche qui se fait avec un filet du genre des manets ou des tramcaux.

t VATEMAR (va-te-mar), ». m. Bergeronnette.

— ETYM. Corruption du normand batle-mare : battre la mare se disant des oiseaux qui fréquentent les bords vaseux des mares.

VATICAN(va-ti-kan),s.m. || l*Nom d'une desanciennes collines de Rome, voisine du Janicule, audelà et près du Tibre. || 2° Palais de Rome, demeure habituelle du pape, qui est bâti sur cette colline et qui en tire son nom. Le Vatican est aussi un musée. Il Par extension, lacourdeRome, lesainl-siége. Il Les foudres du Vatican, les excommunications, les interdits lancés p.ir le pape. || 8* Adj. Le squelette du vieux pape [lioniface VIII] pouvait maintenant dormir en paix dans sa tombe vaticanc, aa- HAti, Rev. des Deux-Mond. <h a.\. 4 872, p. 78ii. || S./'. La Vaticane, la bibliothèque du Vatican.

— ETYM. Vaticaniu deus, dieu qui présidait aux premières paroles des enfants, et qui, disent les étymologistes latins, a donné son nom à la colline.

t VATICINATECR (va-ti-si-na-teur), ». m Latinisme peu usité. Celui qui prédit l'avenir. Affermir l'autorité de ce vaticinateur, J. HkUDÈ, Apologie, p. 449. Pour un vaticinateur Que plus d'une Muse inspire. Et que tient sous son empire Phébus lu divinateur, Assez peu de connaissance Des choses de l'avenir. Me paraît dans l'ignorance Où je vois votre prudence, ciiaul. à M. I crrand.

— HIST. XVI" s. Vaticinateur, cotgrave.

— ETYM. Lat. vaticinatorem,éeraticinari, devatet, prophète (sanscr.gdi, chanter), et cancre, chanter.

t VATICINATION (va-ti-si-na-sion), s. /. Utinisme peu usité. Prédiction, prophétie.

— ETYM. Lat. iJa»ictnatioiii;m(voy. VATlciNATEtlli). VA-TOCT (va-tou), ». m. Terme de jeux. La vade

ou le renvi de tout l'argent qu'on a devant soi. Faire va-toul. Faire un va-tout. Seissac fit une tenue à M. de Lorge et qu'il jugea [.M. de Lorge] contre toutes les règles du jeu, puis un va-tout qu'il [Seissac] gagna ne portant quasi rien, ST-siM. 55, 4 68. Il Fig. Jouer son va-tout, risquer une entreprise dans laquelle on gagnera tout ou perdra tout. Il Au plur. Des va-tout.

— ETYM. Va, 3* pers. du présent d'aller, et tout: tout ra.

f VAUCOUR (v6-kour), ». m. Table à l'usage du potier de terre, moins haute que le siège, et sur laquelle il met les morceaux de terre préparés pour être placés sur la girolle, et aussi l'ouvrage quand il a été tourné.

t VAUDAIRE (vô-dê-r'), ». m. Nom, en Suisse, du vent du midi soufflant avec violence.

t VADUE (v6-d'), s. f.Vn des noms de la gaude4.

VAU-DE-ROUTE (À) (vô-de-rou-t'),Ioc. adv. qui ne s'emploie guère qu'avec : s'enfuir, aller, et qui signifie en fuite, en pleine déroute. Qu'il leur avait tué douze mille hommes sur la place, que Budare était prisonnier, et le reste de leurs gens à vau-de-route, malh. Le XXXIII' livre de Tit» live, ch. 44. Les ennemis, voyant qu'on allait à eux avec cette vigueur, s'en sont fuis à vaude-route, abandonnant leurs tentes et leur bagage qui a été pillé, rac. lett. à Boileau, 3 oct. 4 692,

— HIST. XVI* s. Leur cavallerie fut renversée sur leurs gens de pied, de sorte que tout s'en alla à vau-de-routte, m. du bellat, 64 4. Il ne les peut tourner en fuitte à val de route, mont, i, 343.

— ÉTYM. À, val, et rou<e .• en descendant la route, le chemin, comme à vau-Veau.

VAUDEVILLE (vô-de-vi-1'), I. m. || !• Chanson de circonstance qui court par la ville, et dont l'air est facile à chanter. Les premières journées de son mariage [avec une femme de mauvaise vie] furent troublées par le bruit des vaudevilles; et durant quelques nuits il se fit grand désordre devant la porte de son logis, balz. le Barbon. Il y a des gens qui ressemblent aux vaudevilles que tout

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le monde chante un certain temps, quelque fades et dégoûtants qu'ils soient, la rochefouc. Max. m. D'un trait de ce poëme [la satire], en bons mots si fertile, Le Français, né malin, créa le vaudeville, Agréable indiscret, qui , conduit par le chant, Passe de bouche en bouche et s'accroît en marchant, boil. Art p. n. Elle [Anne d'Autriche] entendait de tous côtés ces chansons et ces vaudevilles, monuments de plaisanterie et de malignité, qui semblaient devoir éterniser le doute où l'on affectait d'être de sa vertu, volt. Louis IIV, 4. Une collection très-complète de tous les vaudevilles de la cour et de Paris, depuis plus de cinquante ans, où l'on trouvait beaucoup d'anecdoctes qu'on aurait inutilement cherchées ailleurs; voilà des mémoires pour l'histoire de France, dont on ne s'aviserait guère chez toute autre nation, j. j. rouss. Conf. X. Il l'ig. C'est un vaudeville, se dit (acception qui vieillit) d'une pièce de théâtre, d'une brochure qui a pour sujet un événement du moment. || 2° Vaudeville final, la chanson qui termine une pièce, et dont chaque personnage chante un couplet. || 3' Pièce de théâtre où le dialogue estentremêlé de couplets faits sur des airs de vaudeville, ou empruntés à des opéras-comiques. || Le Vaudeville, théâtre de Paris où l'on représente ces pièces.

— IIIST. IV' s. Faisant l'amour, je ne sauroy rien dire. Ne rien chanter, senon un vau de vire, bass. XLii. Il XVI' s. Icy dessuz sont nommez les commencements de plusieurs chansons, tant de musique que de vau de ville, Bec. de farces, p. 3(6. Vaux de vire et mille chansons belles, la fresnaye. Art p. n. Chantant en nos festins, ainsi les vaux de vire. Oui sentent le bon temps, nous font encore rire, ib. ib. Je n'ay, lecteur, cntremeslé fort superstitieusement les vers masculins avecques les féminins, comme on use en ces vaudevilles et chansons qui se chantent d'un mesme chant par tous les couplets, du bellay, p. oo , dans lacuhne. Il estimoit cette opinion n'estre fondée que sur un simple vaudeville [bruit de ville], pasquier, liech. n, p. 494, dans lacurne. Vaudeville qui n'est en usage que parmi les crocheteurs, garasse, Reeh. des rech. p. 835, dans lacuhne. Chansons vulgaires et voix de villes, les autres disent vaux de villes, ST-JULIEN, Mesl. hist. p. 263, dans lacurne.

— r.TYM. Ce paraît être une dénomination créée parBasselin pour les pièces de vers qu'il faisait dans le val de Vire (la Vire est une petite rivière de Normandie), et qui s'altéra en vaudeville.

t VAUDEVILLISTE (vô-de-vi-li-st'), s. m. Celui qui écrit des pièces dramatiques nommées vaudevilles. Il Un quart de vaudevilliste, un des auteurs d'un vaudeville fait par quatre collaborateurs.

t VAUDOIS (vô-doî), s. m. Membre d'une secte qui parut en France au xii' siècle sous le titre de pauvres de Lyon; ils faisaient profession de pauvreté, refusaient l'obéissance aux pasteurs, et admettaient que les laïques pouvaient administrer la communion. || Religionnaires des vallées vaudoises du Piémont.

— ÊTYM. Pierre Foido, (on croit qu'il est oiiginaire du Daupbiné), riche négociant à Lyon et auteur de la secte.

t VAUDOISE (vô doi-z'), ». f. Voy. vandoisk.

t VAUDOUX (vô-dou), s. m. Nom, aux colonies, de sorciers nègres, qui sont aussi empoisonneurs.

f VACDRE (vô-dr'), s. m. Nom, en Normandie, de la guèdc.

— ÊTYM. Voy. GIÊDE.

VAU-L'EAU (X) (vô-lo). Suivant le courant de l'eau. Dans le flottage à bûches perdues, les bois s'en vont à vau-l'eau. || Fig. Aller à vau-l'eau, ne pas réussir, être ruiné. Il perdit un vaisseau, Et vit aller le commerce à vau-l'eau, la font. Belph. Bon t la paille est rompue, et tout est à vau-l'eau, BOURSAULT, lf«rc. gai. m, 4. Contez-lui par quel guignon la vente de notre guidon est allée à vaul'eau, sÉv. ti mai 1676.

— HIST. xvr s. Nostre trinquet est avau l'eau, «AB. Paru. IV, (8.

— ETYM. À, val, l'eau

t VAUPLATE (vô-pla-f), ». f. Nom, en Normandie, de fûts d'une contenance très-grande et d'un bois très-épais. Moniteur, 24 nov. (867, p. 1456, «**col. La vauplate est de construction frauduleuse, plate en bonde, large par les flancs et de figure ovale.

tVAUOUELINE (v6-ke-li-n'), ». f. Terme de chimie. Nom donné d'abord à la strychnine en l'honneur de Vauquelin chimiste français.

VAURIEN (vfl-riin), ». m. || 1' Homme qui ne vaut rien, qui est capable de mauvaises actions. Kt qu'avecque le cœur d'un perfide vaurien. Vous

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contondiez les coeurs de tous les gens de bien? 1 MOL. Tart. V, t. Je ne finirais pas ces détails, si je voulais suivre toutes les routes par lesquelles, durant mon apprentissage, je passai de la sublimité de l'héroïsme à la bassesse d'un vaurien, i. ;. Bouss. Conf. I. Je consens que vous me preniez pour un vaurien, mais non pour un sot, dider. Neveu de Rameau. || 2' h'amilièrement et dans un sens moins sévère. Ce petit vaurien d'enfant I Les vauriens ne me déplaisent pas toujours, pourvu qu'ils n'aillent pas jusqu'au vice et au déshonneur, MAiNTENON, Lett. à Mme de Caylus, 24 janv. I7t8. Votre Majesté m'écrit qu'elle va se mettre à être un vaurien ; voilà une belle nouvelle qu'elle m'apprend; et qui étes-vous donc, vous autres maîtres de la terre? volt. Lelt. au roi de Pr. )5 avril <7B8. Nous devons nous accuser, moi et quelques autres vauriens, de nous être amusés pendant longtemps aux dépens de l'abbé Trublet, orimm, Corresp. t. i, p. 78. Chez nos descendants on n'aura.... Pas même un aimable vaurien, bérang. Age futur. || 3° Au fém. Vaurienne, s'est dit d'une femme, d'une petite fille vicieuse ou pleine de malice (par abus, comme si vaurien était un adjectif en t'en). Franchement, monsieur, la femme est un peu vaurienne, mais elle a du bon, mariv. Surpr. de l'amour, n, 5.

— étym. Vau pour vaut, de valoir, et rien; picard, valerien; bourguig. vauran; Berry, taurin, au féminin vaurenne, vaurienne; wallon, vdrein, reinvd. On trouve au xv* siècle vaultneant.

t VAUTOIR (v6-toir), ». f. Espèce de râtelier sur lequel on distribue la chaîne des tapis.

VAUTOUR (vô- tour), s. m. || 1" Gros oiseau de proie, à tête et à col nus (genre de rapaces diurnes). [Le sénat romain dont plus de la moitié offre] Une indigne curée aux vautours de Pharsale, corn. Pomp. I, <. La nation entière est promise aux vautours, rac. Esth. II, i . On distinguera toujours un aigle d'un vautour par un caractère évident : l'aigle a la tête couverte de plumes , au lieu que le vautour l'a nue et garnie d'un simple duvet, buff. Ois. 1. 1, p. 9). Il Par extension. Dans ce temps de brigandages militaires et ecclésiastiques, Attila passe comme un vautour, et les Vénitiens se sauvent dans la mer comme des alcyons, volt. Dict. phil. Venise. || Fig. Ces lâches satires où l'on ménage le vautour, et où l'on déchire la colombe, volt. Babouc. || Peau de vautour, la peau du ventre du vautour préparée et garnie de son duvet. Il 2° Le vautour de Prométhée, vautour qui, suivant la Fable, rongeait éternellement le foie de Prométhée, et qui est devenu l'emblème des remords et des soucis. Les hommes sont, Philandre, autant de Prométhées, Et leurs soins infinis sont autant de vautours, goubaud, Ép. liv. m, dans richelet. Des soucis dévorants c'est [la richesse] l'éternel asile; Véritables vautours, que le fils de Japet Représente, enchaîné sur son triste sommet, la font. Phil. et Baucis. Je ne crains point la cruelle longueur D'une prison où le sort vous oublie. Ni les vautours de la mélancolie, id. Poés. mêlées, xuii. Tous-les criminels [des enfers], résolus de ne pas vous obéir [à vous Plutonl, ont pris les armes; j'ai rencontré là-bas Prométhée avec son vautour sur le poing, boil. Héros de romans. || D'après un autre récit de la Fable, c'est Titye dont le foie est rongé par les vautours. || 3' Fig. Homme avide et rapace. A ces vautours de la société, Qui, comme l'eau, boivent l'iniquité, J. B. rouss. Épit. i, e. Il n'est bon ni pour vous ni pour moi que je sache que la nature m'a fait vautour, dider. Ess. sur la vertu. Il Fig. et populairement. Propriétaire exigeant et dur. Cette dénomination date du succès d'une petite pièce de Désaugiers, If. Vautour ou le propriétaire sous le scellé, représentée en 4 806. 114° Nom que l'on a donné quelquefois aux constellations de la Lyre et de l'Aigle. Afin de les distinguer, il faut avoir soin de dire Vautour tombant quand il s'agit de la Lyre, et Vautour volant pour parler de l'Aigle, legoarant.

— HIST. xni' s. Voltour si est un grans oisiaus semblables à une aigle, brun, latini. Trésor, p. 220. Cil qui t'aime por son profit est semblables au corbel ou au voltour qui touzjors suient la charoigne, id. tb. p. 43). || xiV s. Est il homme qui sente comme fait ung oisel que on appelle voulloir, qui sent sa proye de une lieue loing? Ifodu», f XXV, verso. X Remus apparurent premièrement sei vouteurs, bercheure, f* 9. || ivi' s. Prenons qu'il [Bèze] ne soit pas mort : cette nou-

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velle a toujours servy d'une peau de vautour A l'estomach de quelque catholique débile, d'aub. Conf. II, VI. Les erûbourreures de mon pourpoinct ne me servent plus que de garbe; ce n'est rien, si je n'y adjouste une peau de lièvre ou de vautour, MONT. IV, 289 L'amour cruel Qui luy

ronge le cœur, vautour perpétuel, desportës, Angélique, <. Le vautour de Titye est la peine où je dure, ID. Diane, ii, 53.

— P.TYM. Provenç. vollor, eou(or ; ital. avoUore, avoltojo ; du lat. vulturius, vautour, qui , ayant l'accent sur tu, a donné les formes ci-dessus. Au contraire vulturem, ayant l'accent sur vul, a donne en espagnol buitre. Vulturius, vultur, viennent de vellere : l'arracheur, le ravisseur.

VAUTRAIT (vôtre), s. m. Terme de vénerie. Grand équipage de chasse entretenu pour le sangliei ou les bêtes noires.

— HIST. XVI' s. L'un avecques les retz enveloppe une beste ; L'autre à dens de mastins ensanglante sa queste : L'un avec le vautret acule le sangler, F,t l'autre fait les ours aux dogues estrangler, rons. 938. Tesmoin celuy qui fut proye et curée X son vautroy, par l'ire de Pherée, Div. leçons de P. Messie, Epist. dedic.

— ÉTYM. Vautrait ou vautroy est l'ensemble des vautres (voy. ce mot).

f VAUTRE (vô-tr'), s. m. Espèce de chien qui, destiné à la chasse de l'ours et du sanglier, s'enfonce et se roule comme eux dans la boue.

— HIST. XI' s. De son paleis uns bels veltres acurt, Ch.de floJ. CLXxxvii,éd. l. gautirr. ||xiii' s. -liant estes-vos un convers Qui deus viautres enchaenezAvoitlezlavoie amenez,/{en. 1867. || xvi's. Comme un verrat que les vaultres ont acculé entre les toilles, rab. ii, ProJ.

— ETYM. Provenç. veltre ; ital. ceUro; du baslatin veltrem ou veltrum, à l'accusatif, dans les lois saliques et dans celles des Burgundes, lequel se rapporte au latin vertragus, qui se trouve dans Martial , et qu*Élien (oùÉpTpaYoi) dit être un mot celtique. 11 est dans le celtique de Cornouailles sous la forme de guilter; et Zeuss pense que tertragus représente l'anc. irl. traig, pied, avec la particule inten.sive ver.

VAUTRÉ, ÉE(vô-tré, trée), part, passé de vautrer 2. Nous avons vu le sanglier mort, tout vautré dans son sang, mol. Am. magn. v, i .

t VAUTREMENT (vô-tre-man), ». m. Action de se vautrer.

— HIST. XVI' s. Vautrement, cotgrave.

— ETYM. Vautrer 2.

t t. VAUTRER (vô-tré), V. a. Chasser avec le vautrait et mâtins, massé, 1766, Z)icJ.deseoux et for.

— ETYM. Vautre.

2. VAUTRER (vô-tré), V. a. || 1* Rouler dans la boue. Il l'a gourmé et l'a vautré dans la boue, RICHELET. Il Par extension. Lorsqu'il est vautré dans son lit, galiani, Corresp. t. i, p. 228, dans POUGENS. Il 2° Se vautrer , v. réfl. S'enfoncer, se rouler dans la boue. 11 [un sanglier] s'y vautre sans cesse, et chérit un séjour Jusqu'alors ignoré des mortels et du jour, la font. Adonis. \\ Par extension, se vautrer sur un lit, sur l'herbe. Et le grison se rue Au travers de l'herbe menue, Se vautrant, grattant et frottant, Gambadant, chantant et broutant, LA FONT. Fabl. M, 8. H Fig. Se vautrer dans le vice, dans la débauche, dans les voluptés, s'y abandonner entièrement. Violant toutes sortes de lois, se vautrant, comme des pourceaux, dans toutes sortes d'ordures, muret, Cérém. fun.

p. 226, dans POUGENS.

— HIST. III' s. Li sors Geris le destrier pormena; Trois fois se viutre, sor lez pies se dreça: Si fort heni que la terre sonna, Boou( de C. <33. || xin' s. Entor le fou [fouteau, hêtre] a fet la tresche; Puis se coucha sur l'erbe fresche ; Vostrez s'i est et refroidiez, Ren. 7(99. Par terre se voltrent et her cent Si durement que les piax percent; X dens agues se detrenchent, tb. 4 2933. Nature qui est de vin gloute [gloutone]. De legier en pechié se voutre, Cuersot. Il XV s. X la septiesme course, au joindre des lances, le destrier de messire Enguer rant se voistra, J.de Saintré, ch. 36. H xvi's. Tousjours se vaultroit par les fanges, rab. Garg. i, <•. Je me suis vaultré six ou sept tours parmi le lict. devant que me lever, ro. i, 21. Que me veuli tu donner? et je me voystrerai despuis le coupeau de ceste montaigne jusques à terre, palsgrave, p. 771. Faire ériger ce tombeau superbe de marbre à ses pauvres os [de Lautrec], quj trainoient et vautroient misérablement et c''^*''' vementen une cave où ses gens l'avoiert enterrt

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