‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 235 sur 754 · RANT · texte numérisé non relu

RANT

'VEAU (vô; au xvi* siècle, d'après Bèze, on prononce veo, un e fermé s'entend avec o et ne fait qu'un son, on ne doit pas prononcer viau comme les Parisiens), s. m. \\ 1" Nom du petit de la vache, pendant la première année. Et qui m'empêchera de mettre en notre élable Une vache et son veau'.' LA FONT. Fabl. VII, to. Le premier hiver est le temps le plus dangereux de la vie des veaux et, par conséquent, celui où ils demandent le plus de soins, cenlis. Maison rusl. t. I, p. 22", dans POUGENS. Il Veau de lait, veau qui tète encore sa mère, dit, au xvii' si' de, veau mongane (de l'ital. mongana, veau qui tèle). || Veau broutier, veau quia commencé à manger du foin, de l'herbe. Il Veau de dime, veau très-gras, qui était choisi de préférence pour payer la dîme aux églises. || Veaux de rivière, veaux engraissés aux environs de Rouen, dans des prairies qui bordent la Seine. Une longe de veau de rivière longue comme cela, blanche, délicate, et qui, sous les dents, est une vraie pâle d'amande, mol. Bourg, gent. iv, < . Vous êtes-vous souvenu d'aller à ce messager de Rouen savoir si ce quartier de veau de rivière, ce muid de cidre, ces pots de noix confites et ces deux témoins sont arrivés? dancouht, Femme d'intr. i, 3. || Veau gras, veau engraissé pour la boucherie. Amenez aussi le veau gras , et le tuez ; mangeons et faisons bonne chère, saci, Bib/e, Évangile St Luc, xv, 23. Il Fig. Tuer le veau gras, faire un régal pour fêler le retour de quelqu'un, par allusion au veau gras tué dans l'Évangile pour le retour de l'enfant prodigue. Il s'était dit qu'il tuerait le veau gras le jour de mon retour ; en effet son déjeuner lut splendide, reybaud, Jér. Futur, i, (o. Les étudiants [après avoir pris l'inscription de juillet].... n'ont rien de mieux à faire qu'à revenir dans leurs familles, où ils savent que le veau gras les attend, CH. DE BERNARD, UTi llomme sérieux , V. Il Kig. et familièrement. Faire le pied de veau à quelqu'un, lui aller faire des révérences, des soumissions, lui témoigner une complaisance servile. Si vous aviez appris à prendre le temps comme il vient, et à ne pas négliger les pieds de veau de Provence, sÉv. 17 janv. 1680. Il S'étendre comme un veau, faire le veau, se dit d'un homme qui se tient d'une manière nonchalante. Tu t'amuses ainsi qu'un veau. Comme un blondin qui fait le beau, i dormir jusqu'à près d'onze heures, scahr. Virg. vii. Tandis que ce nigaud, comme un évftque assis. Fait le veau sur son âne, et pense être bien sage, la font. Fabl. m, (. Il Avoir la fièvre de veau, trembler quand on est soûl, avoir un petit frisson après le repas. || Pleurer comme un veau, pleurer en poussant des sanglots. Je serai donc mangé des soles, Cria-t-il pleurant comme un veau. Et je finirai dedans l'eau, scahr. Virg. i. Son pauvre mari [de la duchesse du Maine] pleurait comme un veau des reproches qu'il avait sans cesse à essuyer de ses emportements contre lui,ST-siM. 518, )2B. || 2° Veau mis en quartiers à la boucherie et qu'on y débite. Une longe de veau. Jarret de veau. Pied de veau. Côtelettes de veau. {{ 3° 1^ chair du veau. Manger du veau. On me donnait un perdreau ; j'eusse voulu du veau, une tourterelle, sÉv. 569. || Eau de veau, eau dans laquelle on a fait bouillir, sans sel, un morceau de veau, et qu'on prend pour se rafraîchir. || 4* Veau d'or, idole que les Israélites se firent faire au pied du mont Sinaî, et à laquelle ils rendirent un culte, en imitation de celui du bœuf Apis en Egypte. || Fig. Le veau d'or, le culte des richesses. Adorer le veau d'or. Quand le peuple hébreu dans vos fêtes Vous voit adorer son veau d'or, bérang. Vertu de Lis. jj Plier les genoux devant le veau d'or, faire bassement sa cour à un homme riche ou puissant, faire des bassesses pour

devenir riche ou puissant. || Fig. Veau d'or, homme qui n'a pas d'autre mérite que d'être riche. Il E° Idole faite à l'imitation du veau d'or des Israélites. Il fit [Jéroboam] deux veaux d'or, et dit au peuple : N'allez plus i l'avenir à Jérusalem; Israël, voici vos dieux qui vous ont tiré d'Egypte, SAa, Bible, Rois, m, zii, 28. Les Druzes du mont Liban rendent un culte secret i dos simulacres de bœufs ou de veaux, couverts de caractères dont la valeur n'est connue parmi eux-mêmes que des initiés, SYLv. DE SACY, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. m, p. 77. Il 6' Cuir de veau. Des souliers de veau. El s'il lui plait cncor qu'on me relie en veau, réonier, Sat. xn. Il semble à trois grcdins dans leur petil cerveau, Que, pourétre imprimés et reliés en veau, Les voilà , dans l'Étal , d'importantes personnes, MOL. Femm. sav. iv, 3. Presque toutes les reliures en veau des xv* et xvi' siècles étaient fauves.... on est toujours revenu au veau fauve, lesné, la Reliure, p. nset H 9. Il Fig. Il se fait relier en veaa, il fait des livres, il est auteur. || Fig. Un vieux bouquin relié en veau, un vieillard qui fait le jeune homme (mot qui fut appliqué au duc de Richelieu, sous Louis XV). || 7' Fig. et familièrement. Nigaud, niais. Ce malheur est venu de quelques jeunes veaux Qui mettent à l'encan l'honneur.... RÉGNIER, Sat. IV. Il 8' Fig. et familièrement. Brides à veaux, voy. brides. || 9* Veau marin, un des noms donnés au phoque commun de Buffon, dit aussi phoque veau marin. || 10* Coquille univalve (genre cône). || Veau panaché, le cône vitulin. || Veau lisse, nom donné au cône vulpin, côtes de Guinée, dit aussi renard, et qui est le cône renard de certains auteurs. || 11" Terme de construction. Levée qu'on fait dans une pièce de bois, pour la cintrer suivant une courbe déterminée. || 12° Place où le blé manque dans ua champ. Il Proverbe. Il a pris la vache el le veau,

voy. VACHK

— HIST. XII' s. Ne receverai de la tue maison [de ta maison] vedels ne de tes fuis [troupeaux] bues [bœufs]. Liber psalm. p. 66. || xiii' s. Un tor et une vache ensemble Qui a avec lui son veel, Ben. 576<.||xvs. Et Dieu sçait s'elle parlera Gravement en termes uouveaulx. Afin d'eslonner povres veaulx, coquill. Droits nouv. \\x\i' s. Il ne m'a point dit s'il le veut en veau, ou couvert de vcloux, DESPEH. Cymbal. 74. Nos veaux de philosophes [sols], ID. ib. 95. Sacs de peau do veau pour la poudre et les boulets, d'aub. Ilist. m, 87. Los veaux à laict, et les bouveaux cl génisses, o. DE SERRES, 281. Veau mal cuit et poulets crus Font les cimetières bossus, u. est. Précell. <73. Il estoit fils d'une Marrane, Comme tu es au dcmourant. Aussi vedel el ignorant, marot, il, 197. Et n'estoient que gros veaux de disme, rab. ii, <0. Au dessus de sa teste comme en une nue y avoit une nymphe qui avoit un escriteau portant ces mots : gardez-vous de faire le veau, Sat. ilén. Tapisserie des Estais. Celui qui, pour estre estimé un gros lourdaut, est par nous appelle veau de disme, pasquieh, Rech. VIII, p. 701, dans lacbrne. Si cest escrimeur n'a autres armes que celles-là pour me combattre, croyez qu'il le faut envoyer en la place aux veaux, iD. Lett. t. n, p. 703.

— ETYM. Bourguign. D^ao; Berry, t'i'ou, fair» le viau, se dit d'une personne qui, par sa propre faute, manque de réussir dans quelque affaire; picard, viau, vieu; wallon, rai, via; provenç. vedel, redelh; catal. vedcll; ital. vitello; du lat. vitellus, dimin. de vilulus, qui tient au grec lr«- ),o;, veau, d'où l'Italie paraît avoir tiré son nom chez les Grecs à cause de son abondance en bêtes à cornes. C'est le sanscrit vatsa, veau et année; d'où l'on a conjecturé que le mot signifiait proprement bêle d'un an.

t VEAU-LAQ (v6-lak), ». m. Nom donné par les bandagisles à une sorte de peau flexible et molle. On fait aussi des chaussures en veau-laq.

VECTEUR (vè-kteur), adj. m. || !• Terme de géométrie. Dans les courbes à foyer, rayon vecteur, toute ligne, d'une espèce déterminée, qui joint un foyer à un point de la courbe. Dans les courbes planes, le rayon vecteur est une ligne droite; dans les courbes sphériques, l'arc vecteur est un arc de grand cercle. |{ Dans le système des coordonnées polaires, le rayon vecteur est la ligne droite qui joint le pôle à un point de la courbe. || Rayon vecteur d'une ellipse, ligne menée d'un des foyers à un point quelconque de la courbe, La somme des deux rayons vecteurs menés d'un point de l'ellipse à chacun des foyers est égale à la longueur du grand axe. Il 2* 'ferme d'a'Vonomie. Rayon veo-

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leur, rayon tiré du soleil à une planMe, ou d'une planète i son satellite. On appelle inférieures celles [planètes] qui, comme Vénus, ont un rayon vecteur plus petit que celui de la terre, delambre, Abr. astron. leçon M.

— ETYM. Lat. vectorem, conducteur, porteur, de veherr (voy. téhicule).

VfiCU, UE (vé-ku, kue), part, fasse de vivre. Les iiies vécus par une population donnée.

VÉDA (vé-da) , s. m. Livre sacré des Indiens. Il y a quatre Védas, le Rigvéda, le Sftmavéda, le Yajurvéda et l'Atharvavéda. H Alors qu'on ne connaissait ce livre que par ouï-dire, on écrivait vedam ou veidam.

— ETYM. Sanscr. veda, de vid, savoir, le même que le lat. videre, voir.

t VfinANTA (vé-dan-ta), ». m. Partie théologique des Védas.

t Vf.DASSE (vé-da-s'), ». f. Sel qui se tire de la guède et qui sert à la teinture.

— ETYM. AU. Waidasche de Waid, guède, et Asche, cendre.

VEDKTTE (ve-dè-f), s. f. \\ !• Tourelle sur un rempart servant de guérite aux sentinelles. || Le nom de guérite est le seul donné à ces constructions, qui sont bannies des fortifications modernes, LEGOARANi. || Lieu OÙ l'on met les sentinelles sur le rempart d'une place de guerre, ou sur les angles de quelque fortification. || 2' Par transport du nom du lieu où l'on observe à celui qui observe, un cavalier posé en sentinelle , qui revient promptement donner avis de ce qu'il a découvert. Il y a des vedettes de part et d'autre, qui n'ont qu'un petit ruisseau ou qu'un petit fossé entre deux, pellisson, Lett. hist. t. I, p. 276. Ces animaux, dit-il, sont germains du renard; Jamais la guerre avec tant d'art Ne s'est faite parmi les hommes. Non pas même au siècle où nous sommes, Corps-dc-garde avancé, vede»'eR. espions, Embuscades.... la font. Fabl. x, l. La vedette, le voyant venir drslt à son poste, se mit sur ses gardes, iiamilt. Gram. 5. || Mettre en vedette, mettre un cavalier en fonction de vedette. || Etre en vedette, être en fonction de vedette. || Fig. Dans les quatre parties du monde la religion a distribué ses milices et placé ses vedettes pour l'humanité, chateauuh. Génie, iv, m, 6. || 8* Terme de marine. Cinquième foc que les grands bâtiments ont au delà de tous les autres. || Petit bâtiment de guerre placé momentanément en observation, en découverte de l'ennemi. \\i' Dans une lettre, la tête, la place isolée où l'onécritletitre de la personne à qui on l'adresse. Ecrire Monsieur en vedette, et non pas à la ligne. Dans le protocole.... i! appelle le parlement Messieurs, sans vedette, baciiaumont, ilém. t. xxivi, p. 279. || Par extension, mettre en vedette, mettre dans un écrit, d'une façon à attirer le regard , la ligne, le mot sur lequel on veut attirer le regard. Certains restaurants mettent en vedette sur leur carte les mets du jour. Il 5° Terme de théâtre. Faveur toute spéciale de voir son nom imprimé sur l'affiche en caractères beaucoup plus gros que celui de ses camarades.

— SYN. VEDETTE , SENTINELLE. One Vedette est à cheval; une sentinelle est à pied : l'une et l'autre veillent à la siireté du corps dont elles sont détachées, et pour la garde duquel elles sont mises en faction.

— HIST. ivi* s. Et quasi aussi tost que vos sentinelles, vedetes, ou batteurs d'estrade, elle [la cavalerie] vous est sur les bras, langue, 635.

— ETYM. Ital. vedetta, de vedere, voir (voy. voir).

t VÉDIQPE (vé-di-k'), adj. Oui a rapport aux Védas. Les hvmncs védiques. La poésie védique.

t VF.r.ftlABILITfi (vé-jé-ta-bi-li-té), s. f. Faculté de végéter. La vie végétale, ou végétabilité, puislance dont les harmonies sont l'organisation, la génération et la mort, bernabd. de st-pierre, Harm. v, Ilarm. ont m.

vfiGfiTABI.E (vé-jé-U-W), adj. Oui végète, qui peut végéter. Cet arbre est sec, il n'y a plus rien de végétable, ni dans le tronc, ni dans la racine, Piet. de l'Académie.

— ETYM. Végéter. Paré a dit vegetable au sens d'un végétal : L'extraction de la quinte-essence des vegetables, ixv, U. C'est de cet emploi de eegetable que les Anglais ont tiré vegetablet au sens do légumes.

VÉGÉTAL, ALE (vé-jé-tal, ta-H, adj. \\ V Oui appartient, qui a rapport aux plantes ou qui en provient. Les matières végétales sont formées.

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dans leurs premiers principes, de carbone, d'hydrogène et d'oxygène, auxquels sont ajoutés, mais dans quelques cas seulement et comme accessoires non indispensables , l'azote , le soufre , le phosphore.... fourcrot, Conn. chim. t. vit, p. 57. Dans les champs parfumés le jeune arbuste étale De son luxe naissant la pompe végétale, delille, Parad. perdu, vu. || Le règne végétal , l'ensemble des végétaux. || Terre végétale , voy. terre, n° i ( . Il 2° S. m. Corps organisé qui végète, arbres, plantes, ou, blologiquement, tout être organisé qui accomplit son alimentation solide, liquide et gazeuse aux dépens du milieu minéral ou inorganique, par opposition à l'animal, qui s'alimente aux dépens d'êtres vivants ou qui ont vécu. Mais, se laissant aller à l'ardeur qui l'emporte. Il passe aux végétaux, pour voir de quelle sorte. Dans son travail secret, la nature conduit L'admirable progrès de la plante et du fruit, Perrault, Éptt. à la Quintinye, dans richelet. Ces végétaux puissants qu'en Perse on voitéclore, volt. Sémiram. iv, 2. Nous différons beaucoiip des végétaux ; cependant nous leur ressemblons plus qu'ils ne ressemblent aux minéraux, et cela parce qu'ils ont une espèce de forme vivante, une organisation animée, semblable en quelque façon à la nôtre, buff. Ilisl. anim. i. Le terme constant de la nutrition et de l'accroissement dans les végétaux est la solidité qu'acquièrent ces êtres et l'état ligneux qu'ils contractent, fourcroy, Conn. chim. t. vu, p. 30. Les végétaux sont de véritables machines où s'exercent beaucoup d'opérations chimiques qui consistent en général dans la combinaison au moins ternaire des principes primitifs fournis par la terre, id. ib. t. vin, p. 3)8. || Végétaux fossiles, plantes enfouies dans le sein de la terre et dont on retrouve la matière transformée et minéralisée, ou seulement la forme.

— HIST. XVI' s. La manière de distiller l'huile des végétaux, c'est-à-dire, des herbes et plantes, PARÉ, XXVI, 8.

— f.TVM. Mot fait avec le radical du verbe végéter, et la terminaison adjective al.

f VÉGÉTALITfi (vé-jé-ta-li-té), s, f.\\ !• État ou nature d'une plante, d'un végétal. || 2° L'ensemble des végétaux, par opposition à l'ensemble des animaux. La végétalité et l'animalité. C'est sans doute de ce moment [l'émergement des montagnes] que date la formation des divers centres de végétalité et d'animalité dont la terre offre le tableau, moreau de jor^NÈs, Elhnogénie caucasienne, p. 9. Il 3° Premier d "gré et le plus simple de la vitalité, c'est-à-dire l'ensemble des phénomènes physiologiques qui sont communs aux plantes et aux animaux, et qui existent seuls dans les végétaux.

VÉGÉTANT, ANTE (vé-jé-tan, Un-t'), adj. || l"Oui est doué de la propriété de végéter. Les êtres végétants. Il 8* Par extension, qui vit et opère comme les plantes. Sans mettre en lui [corps] au commencement aucune âme raisonnable, ni aucune autre chose pour y servir d'âme végétante ou sensitive, desc. Méth. v, ♦. Au-dessus des choses insensibles et inanimées Dieu a établi la vie végétante, Boss. i" serm. sur les dém. l. Conservezmoi votre amitié, jusqu'à ce que noire machine végétante et pensante retourne aux éléments dont elle est faite, volt. Lett. Dumarsais, ti oct. «755.

t VÉGÉTATEUR, TRICE (vé-jé-ta-teur, tri-s'), odj. Qui fait végéter. Les animalcules des infusions.... ne la doivent point [leur origine] à une prétendue force végétatrice ou formatrice inhérente à la matière des infusions, bonnet, Paling. phil. addit. § ).

VÉGÉTATIF, IVE ( vé-jé-ta-tif , ti-v') , adj. Il 1" Qui fait végéter. Nous nous étonnons qu'un Redi, ce grand destructeur des préjugés de l'ancienne école.... ciit recours à une âme végétative pour rendre raison de l'origine dos vers qui vivent dans l'intérieur des fruits, bonnet, Paling. xi, *. ||2" Oui est dans l'état de végétation. Être végétatif. Vie végétative. || Fig. Je ne suis plus qu'un être végétatif, une machine ambulante; il ne me reste qu'un peu de chaleur dans le cœur pour aimer mes amis, et ceux qui méritent de l'être, J. J. Rouss. Lett. à M'", Corresp. t. i, p. 18, dans POUGENS. |I3' Terme de physiologie. Se dit des propriétés de nutrition, do développement et de génération, parce qu'elles sont communes aux végétaux et aux animaux. Fonctions végétatives. || Vie végétative, l'ensemble des fonctions qui sont communes aux végétaux et aux animaux. |{ Organes et appareils végétatifs ou de la vie végétative, ceux qui concourent aux fonc-

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tiens de nutrition, digestion et urination, respiration et circulation, et de reproduction mâle et finelle. || En anatomic, on dit aussi éléments, tissus et systèmes végétatifs, pour désigner tous les éléments, tissus, etc. qui, bien que faisant partie du corps des animaux, ne jouissent pourtant, comme les éléments anatomiques des plantes, que des propriétés de nutrition, de dévi;loi>- 3 pement et de reproduction , mais n'ont aucune ■ des propriétés de la vie animale. ^

— iiist. xiir s. L'une puissance est végétative, et ce est commun as arbres et as plantes, car il ont ame végétative aussi comme li home ont, BRUN. lat. Tré.wr, p. ieu. ||xvr s. Aucuns d'entre eux [philosophes] affirment qu'il faut que la vraye matière ait en soy puissance végétative [puissance d'accroissement], langue, 47». Trois opérations végétatives, à sçavoir, attirer leui nourriture , croistre et engendrer semence.... PARÉ, Introd. 5.

— étym. Végéter; provenç. vegetatiu; espagn. et ital. vegetativo. Palissy l'a employé au sens d'un végétal : Les arbres et autres végétatifs, 3o. ^

VÉGÉTATION (vé-jé-ta-sion; en vers, de cinq ■ syllabes), s. /'. || 1° Action de végéter; ensemble * des fonctions qui constituent la vie d'une plante. La végétation d'une plante n'est rien que la plante végétante, volt. Dial. xxiv, 2, C'est le froid encore plus que la rareté de l'air qui fixe sur les montagnes les limites de la végétation, Saussure, Voy. Alpes, t. vu, p. 347. || Par extension. Il y a dans les animaux des parties très-considérables, comme les os, les cheveux, les ongles, les cornes, dont le développement est une vraie végétation, BUFF. Hist. anim. 1. 1| 2* Collectivement. Les arbres et les plantes. La végétation est magnifique dans cette vallée. Quelques végétations singulières, opérées dans du papier, dans du coton, dans de la laine.... bonnet, Hist. nat. Œuv. t. lu, p. 252, dans PGUGENS. Il Fig. C'est par ce travail [combinaison des termes] qu'est souvent excité l'art de l'écrivain; et les plus belles productions de l'esprit humain ont été composées avant cette excroissance de termes et cette végétation stérile qui couronne les vieux idiomes, villemain, Dict. de l'Àcad. Préf. p. xxi. || 3° Fig. État d'une personne qui vit comme une plante. Les plaisirs peu vifs, mais tranquilles d'une douce végétation, en un mot une vie paisiblement active, le sauvait de l'ennui de la solitude, marmontel, Co/i(. mor. Misanth. corr. Il n'est plus un cœur sur lequel je puisse compter ; la vie ne sera plus pour moi désormais qu'une insipide végétation , genlis , Jeanne de France, t. ii, p. <60, dans pougens. Il 4° Nom donné à certaines productions chimiques, parce qu'elles ont quelque ressemblance avec les plantes. La végétation de l'amalgame d'argent s'appelle arbre de Diane; celle du fer, arbre de Mars. En vain la nature s'était cachée dans des lieux si profonds et si inaccessibles [les grottes d'Antiparos], pour travailler à la végétation des pierres ; elle fut, pour ainsi dire, prise sur le fait par des curieux si hardis, fonten. Tournefort. Il 5° Terme de pathologie. Nom donné à toutes les productions charnues qui s'élèvent et semblent végéter à la surface d'un organe ou d'une plaie.

— HIST. XVI* s. Il semble quant à la végétation [puissance d'accroissement], qu'ils ne parlent pas sans raison, langue, 470.

— étym. Végéter; provenç. vegetaeio; espagn. vegetacion; ital. vegetazione. En latin vegetatio i seulement le sens de mouvement, d'énergie.

VÉGÉTER (vé-jé-té. La syllabe gé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je végète, excepté au futur et au conditionnel : je végéterai, je végéterais), ». n. || 1° En parlant des arbres et des plantes, se nourrir et croître. Tout ce qui a vie dans la nature vil sur ce qui végète; et les végétaux vivent, à leur tour, des débris de tout ce qui a vécu et végété, BOFK. Quadrup. t. i, p. t7«. Tout naît, végète, et meurt pour végéter encore, delille, Trois rég. vu. || Fig. Le peu de minutes qui me restent encore à véj^éler entre le mont Jura et les Alpes, volt. Leit. au roi de Pr. a mars (773. Il S* Fig. Vivre dans l'inaction ou dans une situation gênée. Près du trône si tu grandis, Si je végète sans puissance.... bkrano. Deux cousiru.\\ lie faire plus que végéter, n'avoir presque plus l'usage de ses facultés intellectuelles. Il est bien âgé, il ne fait que végéter. || 3* Fig. Vivre sans intérêt, sans mouvement, sans émotions. Je ne tiens plus à rien; il ne me reste plus qu'à végéter, ii" du dep- FA.NT, Lett. à H. Walpole, t. n, p. '74, dans pou-

VEU

VEU

VEI

OBNS. On no vit qu'à Paris et l'on végète ailleurs, CRESS. l8 Méch. ni, 9. Si on a des passions vives, on s'égare; si l'on n'en a point, on végète, oenus, Veill. du chdt. p. 80, dans pougens.

— HIST. XVI* s. Je confesse bien que petit feu de paille la végète et rejouit [la salamandre], mais.... HAB. Pant. m, 62. Outre ce (ju'il [le soleil] esclaire tout le monde de sa lueur, quelle vertu est-ce de nourrir et végéter par sa chaleur tous animaux î CALVIN, Instit. 133.

— ÊTVM. Provenç. legetar , croître; espagn. vegelar: ital. vegetare; du lat. regetare, donner le mouvement, augmenter, fortifier, et aussi au sens neutre de croître, se développer dnns la latinité postérieure (voy. quiciiebat. Addenda). Au XVI' sifcclc il n'a que l'emploi latin de fortifier, faire croître.

f VlvGftTO-ANIMAL, ALK (vé-jé-to-a-nl-mal. ma-l'), aaj. Qui tient de la nature des animaux et de celle des végétaux. Celle des parties constituantes du froment qui a paru le plus intéresser les physiciens, est la partie ghilinouse connue encore sous le nom de matière végéto-animale, tes- 8IER, Instit. Mém. scienc. t. i, p. 540.

t VÊGÉTO-MINËRAL, ALE (vé-jé-to-mi-né-ral, ra-l'), adj. Qui tient de la nature végétale et de la nature minérale. || Terme de pharmacie. Eau végéto-minérale, acétate de plomb étendu d'eau.

t VÉGETO-SULFURIQUE (vé-jé-lo-sul-fu-ri-k'), adj. Terme de chimie. Acide végéto - sulfurique , acide déliquescent et incristallisable qui se forme en même temps que du sucre, lorsque l'on traite du linge par l'acide sulfurique.

VÉHfiME.N'CE (vé-é-man-s'), ». f. || i' Mouvement fort et rapide dans l'âme, dans les passions. Et son feu [de l'amour] le plus vif et le plus véhément, À la moindre traverse, au moindre empêchement. Perd si tôt cette véhémence. Que de tout le bien qu'il commence 11 néglige l'avancement, CORN. Imit. III, «. On peut comparer le premier [Démoslhène] à cause de la violence, de la rapidité, de la force et de la véhémence avec laquelle il ravage pour ainsi dire et emporte tout, aune tempête et à un foudre, boil. Longin, Subi. ch. <o. Je soutiens mon bon droit avec une véhémence douloureuse et pathétique, volt. Lelt.d'Argental, 27 févr. <7G5. Le chevreuil laisse des impressions plus fortes et qui donnent aux chiens plus d'ardeur et plus de véhémence d'appétit que l'odeur du cerf, buff. Chevreuil. Quelle passion donnait tant d'énergie à son âme, et de véhémence à sa diction"? j. J. Rouss. :i* dial. Solitaire, je vais conserver toute la véhémence des sentiments et des douleurs, stael, Delphine, 5, frag. 5. Il Cet orateur a de la véhémence, il a une éloquence pleine de force entraînante. || 2° Par un passage du sens moral au sens physique, il se dit en parlant du vent. Le vent souffle avec véhémence.

— KEM. Au XVII" siècle, ce mot avait été attaqué; et Bouhours dit (A'oitt). Rem.) : ■ Véhémence et véhément, ce sont de bons mots; ceux qui font scrupule de s'en servir, ont la conscience trop délicate en matière de tangage. •

— HIST. xvr s. [Madeleine) De sa nouvelh amour monstrant la véhémence, desportes, Œutres chrestiennes, ionnets, <5. Ayant ouy l'orateur Demosthenes, il sembloit renouveller en la mémoire des escoutans comme une image et une umbre de la véhémence et vivacité de son éloquence, AMYOT, Pyrrh. 29. Quand on vient à demander (juelle est la cause qui a produit et va encores produisant ces véhémences [violences).... LANOUE, H7. L'imagination, esbranlée avecques véhémence, mont, i, (OI.

— Etym. Provenç. vehemensia ; espagn. veliemtncia; ital. veemenzia ; du. lat. vehemenlia, de vehemens, véhément.

VÉHf..MKNT, ENTE (vé-é-man , man-l'), adj. Il 1° Qui se porte avec ardeur et force à tout ce qu'il fait. Elle [la grâce] agit pleinement. Et tout semble possible à son feu véhément, corn. Poly. ii, 6. Votre amour étant pure, encor que véhéniente. Je vous suivrai partout, la font, l'illes de Min^e. Dne véhémente occupation de l'esprit, boss. Et. d'orais. v, (7. Nous sommes véhéments dans tous nos désirs, m. 2* jermon, Vfture, 2. || 2° Orateur, écrivain véhément , celui qui a une éloquence entraînante. C'est le plus véhément des poètes satiriques; c'est Juvénal, qui vivait à Rome au commencement du règne de Néron, sous le ministère de Sénèque, dider. Claude et Aér. i, i'n. Le véhément Brid.iine a déchiré plus de cœurs et fait couler plus de larmes que le savant et pro-

fond Bourdaloue, et, si j'ose le dire, que le sublime BOSSUet, MAHMONTEL, ŒUV. t. V, p. 18. Il Discours véhément, discours plein de chaleur «t de force. J'ai attaqué Antoine; qu'y a-t-il de plus véhément que mes harangues contre lui, semblables i celles de Démosthène contre l'hilippeT FÉN. Dial. des morts anc. {Coton, Cicértm). Il On dit de même : éloquence véhémente. Il CMéon] avait une sorte d'éloquence véhémente, impétueuse, emportée, qui entraînait les esprits moins par la force des raisons que par la h^irdiesse et la violence de son style et de sa déclamation, noLUN, Hist. arie. Œuv. t. m, p. 68t, dans

POUGENS

— HIST. xn* s. [Jésus-Christ venant vers les apostres] fut demostreiz par un deforien [extérieur] son, aisi com par véhément espir [soufile], Rois, p. 486. Il xiv's. Fort appétit et véhément désir de choses delettables, orksme, Éth. 225. |I xv s. .■Vvec les véhémentes raisons prouvées et solues, CHRIST. DE PiSAN, ChaHes V, i, Prol. ||xvi* s. L'aspre fureur de mon mal véhément, desportks, Diane, l, 20. Effroyables déserts, et vous, bois solitaires. Pour la dernière fois soyez les secrétaires De mon dueil véhément, id. Épitaphes, complainte pour Henri III. Affligé d'une véhémente cuisson des yeulx, mont, ii, 2H, On applique des remèdes vehemens, langue, 92.

— ÊTYM. Provenç. véhément; espagn. véhémente; ital. veemente ; du lat. vehementem. Vehemens parait être un participe passif archaïque dont il y a quelques restes dans le latin, vehemenus ou vehemenns, de vehere, entraîné, emporté.

VfiUÊMENTEMENT (vé-é-man-te-man),ad». Terme de procédure criminelle. Très-fortement. Pourquoi dire d'un accuvJ qu'il est véhémentement suspecté d'un tel crime, pour dire qu'il en est violemment suspect? d'alemb. Éloges, Boileau. Il Cette locution n'est plus usitée dans le langage juridique, mais elle est restée dans le langage commun. Helvétius est véhémentement soupçonné d'avoir fait cet ouvrage [le Sermon du rabbin Akib],\OLi. Lett. Damilaville, 8 févr. 1702.

— HIST. XIV* s. Véhémentement suspeceneuse dudit fait, Ordonn. des rois de Fr. t. m, p. 664.

— ÊTYM. Véhémente, et le suffixe ment.

VÊIIICUI.E (vé-i-ku-l'), s. m. || 1* Une voiture

quelconque ( ce qui est le sens propre du mot latin). Pendant les deux occupations successives de Paris, en )8I4 et (816, on voyait constamment devant son hôtel [hôtel du restaurateur Beauvilliers] des véhicules de toutes les nations, brillat- SAVARiN, Physiol. du goût, Médit, xxviii. Colas, fabricant de véhicules d'arrosage, Almanach Didot- Bottin, <871-I872, p. 662. Il 2"' Terme didactique. Ce qui sert à conduire, à transmettre plus facilement. L'air est le véhicule du son. Le sang, véhicule fluide Des esprits ainsi corrompus, la font. Quinquina, i. || Dissolvant, en parlant des couleurs. Il En pharmacie, excipient liquide. Le sucre, le miel, les gommes, la manne, les sucs résineux commencèrent à être employés en médecine comme véhicules ou excipients, ou comme remèdes particuliers, foi'RCroï, Conn. chim. t. i, p. VIII. Il En anatomie, véhicules, les liquides qui servent à tenir en suspension, soit momentanément, soit d'une manière permanente (quand ce sont des liquides conservateurs), les éléments anatomiques qu'on doit examiner au microscope. Il 3° Fig. Ce qui prépare, ce qui aide. Encore que le bon exemple des pasteurs soit un excellent véhicule pour insinuer l'Evangile, boss. 2* instruct. pastor. 3(1. Avec tant de véhicules [protections] ce choix [de Charviillarl comme surintendant] ne fut pas un instant balancé, st-sim. 7o, 148. Vous n'avez pas besoin de cela [un cadeau] pour être reçu à merveille [auprès de Mlle Quinault, actrice] ; mais es sera un petit véhicule pour vous faire avoir vos entrées, volt. Lett. Berger, 12 déc. (736. Si la calomnie disparaît à la mort de l'homme obscur, la célébrité lui sert de véhicule, et la porte jusques aux siècles les plus reculés, dider. Claude etNér. àH. Saigeun. L'or et l'argent, qui sont le véhicule ou le signe de toutes les productions, raynal, Uist. phil. vi, (8. Puisqu'il [l'art de l'imprimerie] est devenu le principal véhicule de l'instruction, son histoire tient étroitement àcelle de l'esprit humain, daunou, Instit. Mém. se. mor. et pol. t. IV, p. 448. Il 4' Terme de la religion boudilhi(|ue. Moyen qu'olTro cette doctrine pour faire traverser à toutes les créatures la mer agitée de la douleur et de la mort, et les conduire au rivage de la délivrance, au port du repos.

— HIST. ivi* s. Cest humeur séreux est gardi pour deslayer et destremper le sang trop gros, et pour ce est appelé le véhicule du sang, pabk, /ntrod. 6.

— ETYM. Lat. vthieulum, de vehere, porter, de même radical que le sanscrit vah, porter; comparez le grec i/o;, char, allem. Wagen.

t VEH.ME (vê-m'l, «. f. Il l" Vehme ou cour vehmiquc, tribunal secret établi par Charlemagne pour retenir les Saxons dans le christianisme et dans l'obéissance. || 2* Plus tard, comme continuation de ce tribunal, mais avec un autre caractère, la sainte vehme, association secrète connue aussi SOUS' le nom de francs juges, et qui se forma en Allemagne dans le xiv* et le xv* siècle; elle avait son siège principal en Westphalie; née de l'impuissance de la justice régulière durant les troubles, elle assignait devant elle les plus puissants comme les plus humbles, jugeait sans lémoins et sans procédure par des juges masqués, et faisait accomplir par des initié;., masqués aussi, ses sentences prononcées souvent en l'absence de l'accusé.

— ETYM. Allem. Fehm, juridiction criminelle, tribunal .secret.

t VEU.MIODE (vê-mi-k'), adj. Qui appartient à la sainte vehme. Cour vehmique. || Par extension. L'association exerce par la main de ses séides u«e justice vehmique contre ses propres membres, reybaud. Revue des Deux-Mondes, <& juillet 4883, p. 4B(.

t VEIDAM (vé-dam'), s. m. Voy. véda.

t VEILLANT, ANTE (vè-llan, llan-t'. Il mouillées), adj. Qui veille. J'y nourrissais encor les désirs sans espoir. Les soins toujours veillants, le chagrin toujours noir, la font. Poésies mPlées, xxxviii. Rien n'a paru plus insupportable à l'arrogance des libertins [incrédules], que de se voir continuellement observés par cet œil toujours veillant de la Providence divine, boss. Sermons, 3" dim, après Pâq. Préambule.

— HIST. ivi" s. Un mari deffiant, de jalouse nature. Comme un dragon veillant de la voir m'empeschoit, desportes. Élégies, i, (9, disMun.

t VEILLAQDE (vè-lla-k'. Il mouillées), s. m. Terme vieilli. Homme sans foi, sans honneur. Je vais t'assassiner d'un seul de mes regards, Veillaqiie.... corn. l'Illus. com. n, 2. Penses-tu dons, veillaque, qu'un gentilhomme de qualité... Cyrano, le Pédant joué, v, 7.

— HIST. xvi* s. C'est [celte potence], dit-il, tant que je vivrai, pour le premier qui reculera, et, quand je serai mort avec les vaillans sur la brèche, pour osier aux François la peine d'en planter une autre pour les veillaques, d'aub. Ilist. m, 412.

— ETYM. Espagn. bellaco ; portug. t'e(hoco;ital. vigliacco; dérivé du latin vilis, vil.

VEILLE (vè-ir, Il mouillées, et non vè-ye),*. f. Il 1" Absence de sommeil pendant le temps destiné au sommeil. Il a soufl"ert une longue veille cette nuit. Une veille prolongée. Sa vie à son déclin, s'est éteinte, pareille Au flambeau, compagnon de la savante veille. Lorsque, toute la nuit en silence allumé. Aux feux du jour naissant il s'éteint consumé, P. LEBRUN, Bonh. de l'étude. || Il s'emploie plus ordinairement au pluriel. J'ai su lui préparer des craintes et des veilles, hac. Baiaz. i, i. Ces veilles que les savants et les poêles même ont tant de soin de faire valoir, prises dans le sens le plus littéral, ne sont pas des veilles en comparaison de celles qui se font en plein air et en toutes saisons pour étudier le ciel, fonten. Maraldi. Ils [les pharisiens] faisaient de longues veilles, et se refusaient jusqu'au sommeil nécessaire, dider. Opin. dei anc. phil. (Juifs). || Lit de veille, lit portatif qu'on établit le soir dans la chambre d'une personne qui veut avoir quelqu'un auprès d'elle pendant la nuit. || Chandelle de veille, chandelle assez longue pour durer toute la nuit. Bougie de veille, très-pelite bougie, qui néanmoins dure toute la nuit au moyen d'une mèche très-fine. Mortier de veille , gros morceau de cire avec une mèche allumée au milieu pour éclairer une chambre pi-ndant toute la nuit. Ces dénominations ont vieilli. || 2* État de l'économie animale dans lequel les impressions venues soit du dehors, soit du dedans, sont perçues et contrôlées par les sens et par la pensée, et oii il est possible d'agir volontairement. Il est très-ordinaire que dans ses rêves on voie des morts.... si on les a vus pendant le sommeil, pourquoi ne les verra-t-on pendant la veille? volt. Dict.phil. Enchantement. Tranquille je m'endors, Et tranquille je veille ; et

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ma veille aux remords Ni mon sommeil ne sont en proie, A. CHÉN. La jeune captive. || On dit dans le même sens : état de veille || Être entre la veille et le sommeil, n'être ni tout à fait éveilli, ni tout à fait endormi. Entre la veille et le sommeil profond nous pouvons distinguer deux états mitoyens.... CONDILL. Trailé sens, n, )).|| Veille des plantes, temps pendant lequel les fleurs, les feuilles qui présentent le phénomène du sommeil, restent ouvertes ou étalées. || 3* Garde qui se fait pendant la nuit. Les veilles cesseront au sommet de nos tours, HALn. II, <. Les chars, les royales merveilles. Des gardes les nocturnes veilles, Tout a fui, A. CHÉN. Versailles. |{ La veille des armes, nuit que celui qui allait être fait chevalier passait auprès de ses armes dans une chapelle. Ignace fit la veille des armes et s'arma chevalier de la Vierge, volt. Mœurs, <S9. ||4° Partie de la nuit selon la division qu'en faisaient les anciens Romains. La nuit était divisée en quatre veilles. Vers la quatrième veille de la nuit, il [Jésus] vint à eux, marchant sur la mer, sACi, Bible, Évang. St Marc, vi, 48. ||5° M se dit quelquefois pour veillée. Avec raison vous méprisez nos veilles, Nos vieux récits et nos chants si grossiers, bérang. Nostalg. \\ 6° Auplur. Fig. Longue et forte application à l'étude, aux productions

de l'esprit, aux affaires Tant de rares esprits

Qui t'ont choisi pour but de leurs savantes veilles, CHAPELAIN, Ode au tard, de Richelieu. Aristote a consacré des veilles au théâtre, mol. Tart. Préface. Oui, je sais qu'entre ceux qui t'adressent leurs veilles, Parmi les Pelletiers on compte des

Corneilles, boil. Disc, au roi Le siècle fortuné

Qui, rendu plus fameux partes illustres veilles.... m. Èpit. VII. Des veilles, des travaux un faible cœur s'étonne, J. b. kouss. Ode au comte de Luc. Il 7* Le jour qui précède celui dont il est question (ainsi dit probablement, parce que la veille des fêtes, dans l'ancienne Eglise, était employée en veilles et prières). Oii j'étais résolu, faisant autant que trois, De boire et de manger comme aux veilles des Rois, régnier, Sat. x. Elle [une petite fille] nous vient d'assurer que le lendemain de la veille de Pâques était un mardi, puis elle s'est reprise et a dit : c'est un lundi, ch. de sév. dans sÉv. 15 déc. )07B. Je viens de retrouver dans mes paperasses une lettre de la main de Locke, écrite la veille de sa mort à milady Peterboroug; elle est d'un philosophe aimable, volt. Lett. d'Alembert, 4 sept. ("69. Je suis svire, moi, que le jour du départ serait la veille des larmes, beau- MABCH. Ifar. de Figaro, il, )9. Rosette : Adieu. — Arlequin [qui doit se marier avec elle le lendemain] : Ma bonne amie, n'oubliez pas que c'est aujourd'hui la veille de demain ! florian, les Jumeaux de Bergame, 3. || Fig. Se faire poissonnier la veille de Pâques, voy. pàques, n" 2. || X la veille de, au jour qui précède celui dont il s'agit: A la veille d'un si grand jour [la bataille de Rocroi], il est tranquille, Boss. Louis de Bourbon. Il Fig. X la veille de, sur le point de. Ce fut un grand bonheur pour moi de recevoir votre lettre devant que de partir de Bruxelles, et de recevoir tant de consolation à la veille d'avoir tant de peine, VOIT. Lett. 20. On esta la veille de nous apprendre de grandes nouvelles ; le cœur bat en attendant, SÉV. <44. Non, je ne m'accoutume point à voir le nom de Noailles à la veille d'une disgrâce, maintenon, Lett. au due de Noailles, <5 nov. (7(2. Henri Howard, qui est à la veille d'être le premier duc d'Angleterre, hamilt. Grom. 7. || 8° Terme de marine. Ancre de veille ou en veille, ancre préparée afin de la pouvoir lancer à la mer en cas de besoin. || Câble de veille, celui qui est étalingué à l'ancre de veille. || En veille ou à la veille, se dit en parlant d'un objet qui paraît hors de l'eau ou qui surnage.

— llisr. xii* s. Li jurs del noel fu cel an par vendresdi ; Et li jurs de la veille refu par un juesdi, Th. le mart. (76. Les mesfaiz e la perte des mesfaiz amender, En veilles e en plur e en mult jeiiner, ib. 81. || xiil* s. La veille de la fcste Saint Martin vindrenl devant Jadres en Esclavoine, viLLEB. xuv. L'en se saine [signe] parmi la vile De me» merveilles; On les doit bien conter aux veilles ; Il n'y a nulles lor pareilles, Ce n'est pas doute, HCTEB. n. M'a mis moût en veille, Por m'amie moût sospir, cité dans coussemaker, l'Art harmonique, p. 244. ||xiv s. U ville de Saint Crist, où l'en a accoustumé faire veilles de sainte Juille entre aucuns variez.... du cange, vigilia. Il XVI* s. Les veilles, les jeusnes, les haires, mont. ', 238.

— ÉTYM. Provenç. velha ; catal. vetlla ; espagn. vêla; portug. vigia; ital. veglia; d'une forme viglia, contractée de vigilia (voy. veiller).

VEILLÉ, ÉE (vè-Ué, liée. Il mouillées), part, passé de veiller. Auprès de qui on a fait la veille. Un malade veillé par sa femme.

VEILLÉE (vè-llée, » mouillées, et non vè-yée), s. f. Il V Veille que plusieurs personnes font ensemble, et, particulièrement, assemblée que les gens de village ou les artisans font le soir pour travailler ensemble en causant. Vieux récits qui, charmant la foule émerveillée. Des crédules hameaux abrègent la veillée, delille, Jard. m. Ah ! rendez-moi, rendez-moi mon village Et sa veillée et ses chansons 1 bérang. Nostalg. On s'entretient de vous parfois dans les veillées, v. hugo. Rayons et ombres, 42. || 2° Action de garder un malade pendant la nuit, il est dû à cette garde tant de veillées. Il 3° Anciennement, pâté de veillée, pâté que les maîtres étaient obligés de donner à leurs compagnons le jour de la Saint-Remi, pour les avertir qu'il fallait, à partir de ce temps-là, se remettre à travailler après souper.

— HIST. ivi' s. La volupté a ses veillées, ses jeunes et ses travaulx, mont, i, 69. Notre veillée est plus endormie que le dormir ....nos songes valent mieulx que nos discours, ID. u, 327.

— ÉTYM. Veillé.

t VEILLEMHNT (vè-Ue-man, U mouillées), ». m. Action de veiller.

— HIST. ïvi* s. Veillement, cotgrave.

VEILLER (vè-llé, il mouillées, et non vè-yé),

V. n. Il 1° S'abstenir de dormir pendant le temps destiné au sommeil. Veiller très-tard. Toute la nature sommeille; Mais non, j'ai tort, je m'aperçoi Que, dans ce beau lit où je veille. Mes puces veillent avec moi,SABASiN, dans richelet. Je ne saurais veiller sans en être fort incommodée, maintenon, Lett. à d'Aubigné, 5 août (685. Mme du Deffanl, après avoir veillé toute la nuit chez ellemême ou chez Mme de Luxembourg, qui veillait comme elle, donnait tout le jour au sommeil, marmontel, Mém. vm. Il faut que les hommes veillent sans relâche pour saisir les circonstances de ces mouvements inaltérables [des corps célestes], et pour connaître la nature, qui ne se repose jamais, BAILLY, Hist. astr. Disc. prél. p. 2. Et ne veillezvous qu'au bal? — Un peu aussi pour le pharaon, un peu dans les petits soupers donnés à Mme la vicomtesse, genus, Thédt. d'éduc. Dangers du monde, I, 3. Il Fig. Veille, ma lampe, veille encore ; Je lis les vers de Dufresnoi, bérang. Jfo lampe. \\ Substantivement. En vain par le veiller on acquiert du savoir, régnier, Sat. iv. || 2° Ne point dormir, être dans l'état de veille. Ne sens-je pas bien que je veille? Ne suis-je pas dans mon bon sens? mol. Amph. I, 2. Kst-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris? boil. Sat. vi. Lorsque l'âme a la perception ou le sentiment réfléchi de la suite de ses modifications, elle veille, bonnist. Cause; prem, vi, 24. || Veillé-je? sorte d'interrogation qu'on se fait à soi-même pour s'assurer que l'on veille en effet, et que ce qu'on voit, ce qu'on entend est réel. Elle me fuiti veiUé-je? ou n'est-ce point un songe? RkC. tphig. n, 7. || 3° Être de garde. Le pauvre en sa cabane où le chaume le couvre. Est sujet à ses lois [de la morlj; Et la garde qui veille aux barrières du Louvre, N'en défend pas nos rois, malh. vi, i8. Une chose qui caractérise encore le despote, c'est la faiblesse; plus il veut qu'on dépende, plus il dépend luimême; sa garde, qui veille pour lui, veille aussi contre lui, condil. Hist. anc. Lois, ch. 4. ||4" Fig. Prendre garde, appliquer son attention à quelque chose. La reine d'Angleterre veillait sans relâche sur sa conscience, boss. Reine d'Anglet. Le prince, par son campement, avait mis en sûreté non-seulement toute notre frontière et toutes nos places, mais encore tous nos soldats; il veille, et c'est assez, ID. Louis de Bourbon. Ces pieux fainéants.... Veillaient à bien dîner, boil. Lutr. i. Depuis six mois entiers j'ai cru que, nuit et jour. Ardente, elle veillait au soin de mon amour, RAC. Bajax. iv, 4. Ils conjuraient ce Dieu de veiller sur vos jours, lu. Ksth. m, 4. Les lois veillent sur les crimes connus ; et la religion, sur les crimes secrets, volt. Bol. et lég. S'il est utile d'entret. le peuple dans la superst. Ces deux partis [whig et tory] veillent l'un sur l'autre, ils s'empêchent mutuellement de violer le dépôt sacré des lois, ID. Princ. d'. Babylone, 8. Dans tous les Etats du monde la police veille avec le plus grand soin sur ceux qui instruisent, qui enseignent, qui

dogmatisant; «lie neptrmet cm sortes de fonctions qu'à gens autorisés, j. j. rouss. Lett. de la Mont. 6. Il 5" Terme de marine. Se dit de l'état d'un rocher dont la partie supérieure se découvre à mer basse, Il Veille au grain! voy. grain, n* 23. || 6* V. a. Passer la nuit auprès de quelqu'un pour le soigner. Elle le veilla tout le temps de sa maladie, elle reçut son dernier soupir, genlis, Mme de Maintenon, t. II, p. <77, dans pougens. || Veiller un mort, passer la nuit auprès d'un mort. || Terme de fauconnerie. Veiller un oiseau, empêcher un oiseau de dormir, afin de le dresser ensuite plus aisément. Il Fig. Veiller quelqu'un, surveiller sa conduite. Je ne pouvais douter que je ne fusse veillé à l'œil, MIRABEAU, Lett. orig. 1. 1, p. 380. Us le veillèrent si bien qu'ils surprirent des lettres écrites à des partisans du roi, anquet. Ligue, m, p. 273. || Proverbe. Jeunesse qui veille et vieillesse qui dorti c'est signe de mort.

— HIST. xu*s. ...On songe bien en villant; Aussi de voir [vrai] com de mencoigne Sont li penser comme li songe, crestiens de troies, dans holland, p. 266. Mil eschargaite [sentinelles] les gaitent en voillant, Ronc. p. m. Et souspirer et veiller sans dormir, Couci, x. En salmes eoreisuns tute la nuit veilla. Th. le mart. <C2. Tuit cil ki désirent faire ce ke al munde atient, font alsi com voilier; et tuit cil ki quiercnt lo deventrier [intérieur] repaus et par pense fuient la noise del munde, font alsi com dormir, Job, p. 479. || xur s. Sainte Eglise se plaint; ce n'est mie mervelle; Cascuns de guerroier contre li s'aparelle; Si fil sont endormi ; n'est nul qui por li velle ; Elle est en grant péril, ruteb. 233. Quant Flores dort et ses cuers [son cœur] velle, FI. et Bl. <48&. |i xiv s. Les gardes des cités doivent celui [Dieu] doubler, sans la garde duquel l'en veille pour noient, ;. de viGNAY, Escliés, f" 7). Il XVI» S. ...le triste veiller m'est pire que la mort, Et le songe m'est vie heureuse et favorable , desportes, Imitation de l'Arioste. Il n'y en a point qui me veillent [surveillent] de si prez, mont, i, 408. Assez veille qui bien fait, cotgrave.

— ÊTYM. Wallon, veuy ; bourguig. vaille ; provenç. velhar ; espagn. velar; ital. vigliar; du latin, vigilare, qui vient de «igii, éveillé; comparez le goth. vakan, allem. wachen, veiller.

VEILLECK, EUSE (vè-lleur, Ueù-z', Il mouillées, et non vè-yeur), s. m. et f. || !• Celui, celle qui ne dort pas, ou dort peu la nuit. Pour moi je ne dors p.iint; voyez-vous là mon maître? C'est le plus grand veilleur qui se trouve peut-être, scarr. Jodelet ou le maitre valet, i, 2. || 2° Gardien ou gardienne de nuit. Mme de Montespan couchait tous ses rideaux ouverts, ses veilleuses autour d'elle, ST-siM. 180, <5b. Il 3* Celui qui veille un mort. Il i' Celui qui, dans certaines fabriques, est chargé de parcourir pendant la nuit les bureaux, les ateliers, les corridors, etc. pour s'assurer que le feu ne couve sur aucun point. || 6* Le veilleur de nuit, celui qui, la nuit, en Allemagne et en Suisse, annonce en chantant les heures.

— HIST. XVI* s. Le veilleur, saisi de mon manteau, commençoit à.... noel du fail. Contes d'Eutrapel, ch. 4 8.

— ËTYM. Veiller.

■VEILLEUSE (vè-lleû-z', U mouillées, et non vèyeû-z'), s. f. Il 1° Petite lampe qu'on tient allumée pendant la nuit. || 2' Petite mèche enduite de cire, qui brûle dans la veilleuse. Une boîte de veilleuses. Il 3° Colchique d'automne.

— ÊTYM. Veiller.

f VEILLOIR (vè-Uoir ; K mouillées), s. m. Table sur laquelle le bourrelier place ses outils et ses matériaux.

t 1. VEILLOTTE (vè-Uo-t', Il mouillées), s. f. Terme rural. Petit tas de foin qu'on forme sur les prés en fauchant, pour les recueillir plus tard. Il On dit aussi véliote, et en Normandie villotte.

f 2. VElLLOrrK (vè-Uo-t', U mouillées), s. f. Un des noms vulgaires du colchique d'automne.

t VKIMIQUE (vè-mik'), adj. Voy. vehmique.

t VEINARD (vè-nar), s. m. Terme populaire Celui qui a de la chance, d'heureuses veines.

VEINE (vè-n'), s. f. Il 1* Petit canal qui ramène au cœur le sang distribué par les artères dans toutes les parties et devenu noir en cette distribution. Veine cave. Veine jugulaire. Grosse veine. Petite veine. Dégorger par des sangsues les veines hémorrhoïdales. Exciser les veines variqueuses. Il On lui a ouvert la veine, on l'a saigné. Il fallait imiter [lors de la Saint-Barthclémy] les chirurgiens experts, qui, pendant que la veine est

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ouverte, tirent du sang jusquej aux défaillances pour nettoyer ;es corps cacochymes do leurs mauvaises humeurs, G. naudé, Coups d'Élal, p. il*. Il Veine porte, voy. porte î. || Terme de maréchal. Barrer la veine à un cheval, la couper, ou la lier dessus et dessous, pour arrêter le cours de quelque humeur. |1 Fig. Barrer la veine, couper court à.... Porlland parla à Torcy du renvoi [de Jacques hors de France]; Torcy n'en fit point à deux fois, et lui barra tout aussitôt la veine, st-sim. m , (48. Il Veine artcneuse, ancien nom de l'artère pulmonaire. La veine artérieuse qui a été ainsi mal nommée, pour ce que c'est en effet une artère, laquelle, prenant son origine du cœur, se divise en plusieurs branches qui vont se répandre partout dans les poumons, DESC.if^th. v, 5. || 2* En général, tout vaisseau, veine ou artère, contenant du sang. Tel Sophocle à cent ans charmait encore Athènes, Tel bouiUoiniail cncor son vieux sang dans ses veines, coiiN. aurai, (676. Je sens de veine en veine une subtile ilamme Courir par tout mon corps, sitôt que je te vois, boil. Longin, Subi. viii. Juste Ciell tout mon sang dans mes veines se glace, RAC. Phèdre, i, 3. Dans ses veines lui-même il portaitson trépas [il était empoisonné], volt. Fanât. V, I. Un malade qui, tombé dans le délire, s'ouvre les veines et perd dans sa fureur son sang avec ses forces, RAYNAL, Ilist. phil. I, "3. Il Fig. Véritablement, il n'était pas besoin.... de tirer du sang de toutes les veines de l'État par tant de nouveaux édits, BALZ. liv. II, lett. 3. Il Tant que le sang, tant qu'un reste de sang coulera dans mes veines, aussi longtemps que je vivrai. Tant qu'un reste de sang coulera dans mes veines, rac. Iphig. iv, 6. || Fig. L'âge où le sang bout , bouillonne dans les veines, où le sang cslglacédans les veines, c'est-à-dire la jeunesse, la vieillesse. Ceux à qui la chaleur ne bout plus dans les veines. En vain dans les combats ont des soins diligents; Mars est comme l'Amour : ses travaux et ses peines Veulent de jeunes gens, malh. II, (2. Il Le sang lui bout dans les veines, se dit d'un homme ardent, fougueux. || Par exagération. Il n'a pas une goutte de sang dans les veines, se dit d'un homme saisi d'épouvante, d'horreur. Il Familièrement. Cet homme n'a pas de sang dans les veines, il n'a pas de courage. || Fig. Il n'a veine, il n'a nulle veine qui y tende, se dit d'une personne qui n'a nulle disposition, nulle inclination pour quelque chose. Vous m'avez trompée sur Mme la duchesse du Maine dans l'article principal qui est celui de la piété: elle n'a veine qui y tende, maintenon, lett. à Mme de Brinon, 27 août (693. Il Se faire ouvrir les veines, supplice chez les Romains; on incisait les vaisseaux aux Iras et aux jambes, et le patient mourait d'hémorrhagie. || 3* Fig. Veine poétique, ou, absolument, veine, disposition naturelle à la poésie qui donne de la facilité pour faire de bons vers. Je me trouve un peu incommodé de la veine poétique, par la quantité de saignées que j'y ai faites ces jours passés, mol. Préc. (2. Tous les poètes laissèrent couler leur veine, bonne ou mauvaise, et l'accablèrent de louanges. M*' de lapatette, Mém. cour de Fr. Œuv. t. n, p. 379, dans polgens. Je vais de toutes parts où me guide ma veine, Sans tenir en marchant une route certaine, boil. Disc, au roi. Saint-Amant n'eut du ciel que sa veine en partage, lO.Sat.i. Rare et fameux esprit dont la fertile veine Ignore en écrivant le travail et la peine, ID. ib. u. Mais je connais bientôt que ma veine glacée.... chaul. Retraite. Et quelques vers échappés à ma veine. Nés sans dessein et façonnés sans peine. Pour l'avenir ne m'engagent à rien, ORESs. Épitre à ma muse. || Il est en veine, il est dans une disposition favorable à la poésie, à lacomposition. On l'applaudit, l'auteur était en veine, 8ÉRANG. Dauph. Il II s'est dit au pluriel. Ô pauvre comédie, objet de tant de veines. Si tu n'es qu'un portrait des actions humaines.... corn. Gai. du pal. I, 7. Il 4° Poétiquement. Intérieur, centre. Des veines d'un caillou qu'il frappe au même instant. Il fait sortir un feu qui pétille en sortant, boil. Lulr. lu. Il 6' Terme de géologie. Partie longue et étroite de terre, de roche, d'une qualité ou d'une couleur différente de celle qui l'entoure. M. Bowles rapporte que, dans le terrain de la Nata en Espagne il y a une veine de quartz qui sort de la terre' s'étend à plus d'une demi-lieue et se perd ensuite dans la montagne, bupk. Min. t. I, p. 51. || Terme rural. Veine de terre, portion de terre, souvent plus longue que large, d'une nature différente de tîUe qui l'environne. Les racines se détournent d'un obstacle ou d'une veine de mauvais terrain

DICT. DM LA LiMOUI FRiXCAISB.

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pour aller chercher la bonne terre, bufp. Uisl. anim. ch. 1. 1| 6* Endroit d'une mine où se trouve le minéral. Veine d'argent. Veine de soufre. Veine riche, abondante. Un chercheur de mines crut, ou fit accroire avoir trouvé beaucoup de veines d'or dans les Pyrénées, st-sim. 108, 206. M. Genneté a donné l'énumération do toutes les couches ou veines de charbon de la montagne de Saint-Gilles au pays de Liège, buff. Min. t. ii, p. 238. Les filets de minerai qui parcourent cette gangue et les filons très-minces portent souvent le nom de veine, A. brongniaht. Traité de min. t. l, p. 283. Il Terme de bouilleur. Ouvrier à la veine, celui qui extrait le charbon de la couche. || Fig. Cet homme est tombé sur une bonne veine, il a rencontré heureusement. || 7° Par une métaphore tirée de la veine qu'on rencontre dans les exploitations, chance bonne ou mauvaise. Nous avons trouvé une bonne veine, et qui nous explique bien une querelle que vous eiites une fois.... sÉv. 4 mai (672. Mme de la Fayette... est dans une mauvaise veine de santé, ID. 4 févr. (689. J'ai, depuis quelque temps, essuyé bien des peines. Enfin la chance tourne : il est d'heureuses veines, collin d'hablev. Optimiste, v, (3. |1 Absolument. Suite de chances favorables. Il est en veine. Il profite de sa veine. || Être en veine de bonheur, réussir dans tout ce qu'on entreprend. || U se dit quelquefois au pluriel pour chances. Il vivait sans se contraindre , selon ses veines et ses boutades dénature, ste-beuve. Moniteur, 27 oct. (856. Il 8° Veine d'eau, filet d'eau qui coule sous terre. Cette grande fertilité vient de ces deux fleuves qui, par des veines d'eau, humectent le terroir, ïAUGEL. Q. C. v, (. En une infinité d'endroits de la terre, il court des veines d'eau qui ont effectivement quelque rapport avec le sang qui coule dans nos veines, font. Couplet. || 9* Veine fluide, nom que porte, en hydraulique, la colonne liquide qui sort par un orifice à minces parois. Ij Contraction de la veine fluide, rétrécissement, à la sortie, du jet d'un liquide qui s'écoule d'un vase par une petit» ouverture. || lÔ' Marque longue et étroite qui va en serpentant dans le bois et dans les pierres dures. Les veines du noyer. Les veines vertes qui se rencontrent dans le marbre Campan, sont dues, selon M. Bayen, à une matière schisteuse, BaFF. Ifin. t. ii,p.42. Il Termede relieur. Raies colorées de la reliure. On ne doit poser les veines d'or que lorsque la couverture est dorée. Manuel du relieur, p. (69. || 11° Nom des nervures des feuilles, qui partent de la nervure principale et se ramifient dans le limbe. 1| 12* Terme de boucherie. Voy. AVANT-CŒUR. Il 13* Veine de Médine, la filaire. Il Proverbe. Qui voit ses veines voit ses peines, se dit à une personne âgée dont les veines sont apparentes, ce qui est signe d'un âge qui s'avance.

— IIIST. XII* s. La maistre vene de son cuer [cœur] [il] desevra, Ronc. p. 85. ||iiii»s. Dist li leus [le loup] : qu'est-ce que je sent? Au cuer li bat aucune vaine, Et si n'en ist [sort] feu ne alaine, flen. 7799. Dant Brun, de Dieu soiez saingniez ; Estes-vos de vaine saingniez? Vostre bras vos est escrevez, ib. 9346. S'il iere [était] pris en bonne voine. Pitié auroit de vostre poine, la Rose, 3223. Fontaines, Qui sordent par estranges vaines, ib, 20682. Tramblé m'en a la mestre vaine , ruteb. 32. Iliiv s. Puisqu'il est, dit-elle, en tel vaine [si désireux de bien faire], Je le vueil aler essaier, BRUTANT, dans Ménagier, t. ii, p. 37. || xv s. Cil fer [une lance de Bordeaux] lui trancha le haterel [cou], et lui passa outre, et lui coupa toutes les

veines, froiss. n, u, 6. ||xvi* s de tel façon,

que de chanter la veine Devient en moy non point lasse ne vaine, Ains triste et lente.... marot, i, 223. Cette matière est sucée et attirée par les veines mesaraïques, puis distribuée à la veine porte, PARÉ, Inlrod. 8. Les veines capillaires, id. ib. La veine cave [l'inférieure], ib. i, 25. Tu lui as bien trouvé la veine, cotgrave.

— f.TYM. Wallon, fdnn; provenç. et espagn. tena; portug. vea, veia; ilal. rena ; du lat. vena.

VEINÉ, ÊE (vè-né, née), part, passé de veiner. ||1* Où l'on a imité par la peinture les veines du marbre ou du bois. Muraille veinée par le peintre. Il i' En parlant du bois, du marbre, etc. Qui a des veines naturelles. Son tronc [du mancenillier] d'un bois serré, pesant, veiné, propre aux ouvrages de menuiserie, raïnal, Uist. phil. xn, 5. Un marbre noir veiné de blanc, genlis, Veill.

du chdt. t. i, p. 249, dans fougens Le lapis-

lazuU est un marbre bleu clair, veiné en or; l'i-

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mitation de ses veines et de ses accidents n'esl pas aisée, Manuel du relieur, p. (69.

VKINKR (vè-né), v. a. Imiter par la peintura les veines du marbre ou du bois. L'on veine avec de l'or en coquille, Manuel du relieur, p. (69.

— F.TYM. Veine.

VEINEUX, EUSE(vè-neiJ,nea-z'),odj. || l' Rempli de veines. Les parties veineuses du corps. || 2* Qui a rapport aux veines. Sang veineux. || Système veineux, ensemble des veines du corps d'un animal. Il Canal veineux, chez le foetus, une des deux divisions de la veine ombilicale dans le sillon longitudinal du foie. Il Canaux veineux, canaux creusés dans le tissu spongieux des os plats et dans l'intérieur des os courts, pour loger les veines des os. Il Artères veineuses, ancien nom des veines pulmonaires. L'artijro veineuse, qui a été mal nommée, à cause qu'elle n'est autre chose qu'une veine, laquelle vient des poumons, desc. Méth. Y, 6. Il 3* Marqué de veines, de raies longues et étroites. Le bois de noyer est très-veineux.

— IIIST. xvi' Le cœur a connexion avec lespoulmons par la veine arterieuse et artère veineuse [artère et veines pulmonaires], paré, n, ((.

— F.TYM. Lat. venosus, de t'ena, veine.

VKINULE (vè-nu-l'), s. f. Terme d'anatomie. Petite veine. || Terme de botanique. Nom donné aux dernières ramifications des nervures des feuilles.

— ÊTYM. Lat. venula, dimin. de vena, veine, f VÊLA (vé-la), s. f. Terme italien par lequel

on désigne une sorte de décoration de plafond, en usage pour les salles de spectacle, de concert, etc. elle figure une toile étendue horizontalement comme un grand parasol, et ordinairement on l'orne d'arabesques.

t VÊLAGE (vê-la-j'), ». m. Nom de la parturition dans l'espèce bovine. Le terme du vêlage

— ÊTVM. Vêler.

t VÉLANÈDE (vé-la-nè-d') , t. m. Espèce d» chêne, dite aussi vélani, quercus «gilops, L. donle gland est employé par les teinturiers comme la noix de galle.

t VÉLANI (vé-la-ni), t, m. Voy. vélanède.

VÉLAR (vé-lar), s, m. Genre de la famille des crucifères. || Un des noms vulgaires du sisymbrium officinale , Scopoli , plus connu sous le nom d'herbe aux chantres, parce qu'on lui attribue la propriété d'éclaircir la voix.

— IIIST. XTi* s. L'herbe dite erysimum, en françois vellar ou lortelle, paré, t, 29,

— ÊTYM. Origine inconnue.

t VELARIUM (vé-la-ri-om'), s. m. Terme d'antiquité. Espèce de tente dont on couvrait les am pbithéâtres et les cirques.

— f.TYM. Lat. velarium, de velare, voiler. VELAUT (ve-lô), ». m. Terme de chasse. Cri

pour exciter les chiens, quand on voit, par corps, un sanglier, un loup, un renard, un blaireau ou un lièvre; tandis qu'on crie taiaut, quand on voit le cerf, le daim ou le chevreuil. || On écrit aussi vla-au, vloo.

— ÊTYM. Probablement pour voilà, haut I VELCHE (vèl-ch'), s. m. || 1* Nom que les

Allemands donnent aux Franç.iis et aux Italiens. Il 2* Fig. Homme ignorant , superstitieux (ce nom étranger ayant été pris pour une injure). Ce sont de véritables Vclches. ô Velches, me» compatriotes.... volt. Facéties, Disc, aux Velches. Mlle Catherine Vadé assure que son cousin Antoine pensait que les Velches étaient les ennemis de la raison et du mérite, les fanatiques, les sots, les intolérants, les persécuteurs et les calomniateurs; que les philosophes, la bonne compagnie, les véritables gens de lettres étaient les Français, ID. ib. Suppl du Disc, aux Velches, A vert.

— ËTYH. Forme germanique du lat. Gallus, Gaulois, avec le suffixe sch, sk, des dérivés de noms de pays; comparez Wales, nom anglais du pays de Galles.

t VELCUERIE (vèl-che-rie), *. f. Acte de Velche, sottise, ignorance. Cette épouvantable et absurde vclcherie [la condamnation de Labarre], volt. Lett. au roi de Pr, 4 fSvr. (77 5.

t VELCI-ALLER (vèl-si-a-lé), *. m. Terme de chasse. Mot dont se sert le valet du limier en parlant à son chien, pour l'obliger à suivre les voies d'une bête quand il en a rencontré [vois-le-ci' aller). On s'en sert aussi pour quêter et requêter les chiens courants.

t VELCI HEVARI-VOLCET (vèl-si-re-va-ri-volcè), s. m. Terme de cnasse. Se crie lorsqu'un cerl ruse et revient dans aat mêmes voies, Àlmanaci du chats.

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t VÊLE (vê-l*), t. f. 'l'erme rural. Veau femelle.

— ÊTYM. Voy. VEAU.

t Vfir.ELLE (vé-lè-l'), t. f. Vessie de mer (radiai res).

t VÊLEMENT (vê-le-man), t. m. Synonyme de ▼élage. Il faut cesser de traire sa vache un mois avant le vêlement.

VÊLER (vé-lé), ». n. En parlant d'une vache, mettre bas. Notre vache a vêlé. || Il se conjugue avec l'auxiliaire otioir.

— mST. XV* s. Nul boucher ne pourra vendre.... vache nouveau veslée... Ordonn. nov. H87. lilTi's. Aucuns veulent que les vaches veellent & l'entrée de l'hyver, pour.... o. de serres, 279. La vache du riche velle souvent, celle du povre avorte, cotgrave.

— ÉTVM. Teou, par l'intermédiaire de l'anc. forme veel.

t VELET (ve-lè), s. m. Doublure blanche que des religieuses attachent à leur voile de dessous.

— ÊTYM. Dimin. de voile.

VÉLIN (vé-lin), s. m. || 1» Peau de veau mieux préparée et plus fine que le parchemin ordinaire ; ce qui la rend plus propre aux ouvrages délicats, surtout pour peindre en miniature. Ecrire sur du vélin. Relier des livres en vélin. Quoique fils de meunier, encor blanc du moulin, Il est prêt à fournir ses titres en vélin, boil. Épil. v. Non, d'aucune chevalerie Je n'ai le brevet sur vélin, bérang. Vilain. || On dit aussi peau de vélin. Il a* Nom donné, à Alençon, à une espèce de dentelle appelée plus ordinairement point royal. Il 8' Terme de tapissier. Nom de tout ce qui sert d'âme aux ouvrages dit» i cartisane. || 4" Adj. Papier vélin, papier blanc et uni comme le vélin, où ilneparaîtnipontuseaux ni vergeures. Il ne faut jamais dire du vélin pour du papier vélin. La forme détermine si le papier sera vélin ou à vergeures, Monit. universel, i» nov. <867, p. <420, 6' col. Il B* Toile véline , toile en fil d'archal sur laquelle on estampe, dans un atelier spécial de la banque de France, les lettres qui doivent former le filigrane intérieur du papier à billets, mai. du CAMP, Rev. des Deux-Mondes, \h mars <Pî9, p. so.v

— ÉTYM. Veau, par l'ancienne forme veel.

t VËLINEUSE (vé-li-neû-z'), s. f. Femme qui fabrique la dentelle appelée vélin.

t VÉLIOTE (vé-li-o-f), t. f. Voy. veillotte 1 .

■j- VÉLIQUE (vé-li-k'), adj. Terme de marine. Oui appartient aux voiles. || Point vélique, point où la résultante des actions du vent sur les voiles rencontre la verticale du centre de gravité du navire. || Centre vélique, point d'application de la résultante des actions exercées sur les voiles.

— ÊTYM. Lat. vélum, voile.

t YÉLITATION (vé-li-U-sion) , t. f. Légère attaque (latinisme inusité). Ayant vu, depuis un an et demi, la vélitation qu'il avait écrite contre moi, DESC. Remarques sur les 7" object. i.

— ÊTYM. Lat. velitationem , escarmouche, de velites (voy. véute).

VÉLITE (vé-li-f), ». m. Il 1* Chez les Romains, soldat d'infanterie légèrement armé. Les archers Cretois, les vélitas romains et les différents corps des Gaulois étaient répandus sur le front de l'armée, CHATEAUBR. Ifor». VI. || 2° Nom d'un corps de chasseurs à pied sous le premier empire.

— HIST. nv s. Velites furent une chevalerie en l'ost des Romains, qui estoient plus legiers que autres, bercheure, f° 3.

— ÊTYM. Lat. velites, de vélum ou vexillum, enseigne, proprement voile, parce que les velites comoattaient non pas sub signis, c'est-à-dire dans les rangs de la légion, mais sub velit, c'est-à-dire »ous des étendards particuliers.

t VÉLIVOLE (vé-li-vo-1'), adj. Latinisme. Qui va, qui vole avec la voile. Le pêcheur napolitain dans sa barque vélivole, cuateaubr. Mém. t. xi, p. 39.

— ÊTYM. Lat. velivola, de ««lum, voile, et «olare, voler.

t VKLLARINE (vè-la-ri-n") s. f. Terme de chimie. Matière grasse, jaune, extraite de Vhydrocotyle asiatica.

VF.LLÉITÊ (vèl-lé-i-té), ». f. Volonté faible et qui reste sans effet. Une volonté imparfaite, ou, comme parle l'école, une velléité, eoss. Et. d'or, ix, ♦. Une de ces velléités dont l'enfer est plein, bourdal. Sur le scandale, c oeen», p. )07. Le terme de velléité qui exprime le plu» bas degré de la puissance de vouloir, BouLLAiNvauERs, lléfut. de Spinosa, p. 204. M. Crawfort, madame, a quelquefois de fetiles velléités de sortir de la vie, quand il ne s'y trouve pas bien,TtM.r. Lett. Mme du Deffant, 3i ocU «770.

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— HIST. XVI* s. Ces souhaits ou velléités ne sont autre chose qu'un petit amour, saint François de SALES, dans le Dict. de dochez.

— ÊTYM. Lat. velle, vouloir, et la finale substantive ité.

t VELLE-LA (vè-le-la\ Tîiras if, chasse qu'emploie le piqueur quand U voit U lièvre, le loup ou le sanglier.

— ÊTYM. Vois le là.

t VELLON (vè-Uon, U mcuiUées), j. m. Mot espagnol qui signifie billon et sert à distinguer certaines monnaies espagnoles; il y a des maravédis de vellon et des réaux de vellon.

— ÉTYM. FeUon est le même que btIton(voy. ce mol).

VÉLOCE (vé-lo-s'J, adj. || 1° Qui court, marche rapidement. Vous aurez l'Apollon du Belvédère, vigoureux d'en haut, véloce par en bas, dider. Salon de (706, (Eut), t. xm, p. (33, dans pougens. Il 2° Ancien terme d'astronomie. Il s'est dit pour exprimer la vitesse du mouvement d'une planète.

— REM. Véloce n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de <83&.

— ÊTYM. Provenç. velox ; catal. vélos; espagn. veloi ; ital. velnce ; du lat. relocem.

t VfiLOCIFÈRE (vé-lo-si-fe-r'), s. m. \\ l' Se dit de voitures publiques dont les entrepreneurs affichaient la prétention d'aller avec une grande rapidité. || 2* Espèce du genre ganga , oiseau d'Afrique. || 3° Ancien nom du vélocipède. Le vélocipède, ce nouvel appareil de locomotion que l'on voit circuler dans Paris, était un équipage fort en vogue il y a 60 ans.... il était désigné sous le nom plus rationnel de vélocifère.... on appelait vélocipède la personne qui le dirigeait.... le 29 floréal an xn (<9 mai <804), on représenta au théâtre du Vaudeville une comédie intitulée les Vélocifères; elle avait pour auteurs MM. Dupaty, Chazet et Moreau.... Cochers qui ne vous pressez guères. Voulez-vous arriver plus tôt Que le plus prompt vélocifère? Journal officiel, 9 janvier <869, p. 3, 4* col.

— ÉTYM. Lat. velox, rapide, et ferre, porter.

t VÉLOCIPÈDE (vé-lo-si-pè-d'), s. m. Sorte de cheval de bois, posé sur deux roues, sur lequel on se mettait en équilibre, tandis que l'on se donnait un mouvement d'impulsion en avant avec les pieds. Dans le vélocipè&e moderne les pieds sont posés sur des étriers en forme de manivelle qui font tourner la grande roue, et donnent une grande vitesse.

— ÊTYM. Lat. velox, rapide, et pes, pied.

t VÉLOCIPÉDER (vé-lo-si-pé-dé), v. n. Aller sur un vélocipède. Vélocipéder dans la rue.

f VÉLOCIPÉDISTE (vé-lo-si-pé-di-sf), t. m. Celui qui va sur un vélocipède. Un vélocipédiste exercé peut faire, sur une route bien entretenue et dans un pays modérément accidenté, une traite quotidienne de 80 à loo kilomètres pendant plusieurs jours de suite, Monit. univ. du 8 nov. <868, p. U67, 3* col.

VÉLOCITÉ (vé-lo-si-té), ». f. Mouvement rapide. La vélocité de la pensée. La vélocité de la révolution d'un astre. La vélocité de sa course. Si la vélocité du mouvement de la tête par devant et par derrière, se portant contre le dos et la poitrine, est une marque infaillible de possession? Hisl. des diables de Loudun, p. 248.

— SYN. VÉLOCITÉ, VITESSE. Ces deux mots ont même sens, et ne diffèrent que par l'emploi, vélocité étant surtout du style soutenu, et vitesse de tous les styles.

— HIST. XIV* s. Les colériques sont telement incontinens pour la vélocité et hastiveté du mouvement de leur cole [bile].... oresme, Éth. Ht.

— ÊTYM. Provenç. velocitat; espagn. velocidad ; ital. velocità ; du latin velocitatem.

t VELONNÉE (ve-lo-née), ». f. Voy. vallonnée. t VELOT (ve-lo), ». m. Veau mort-né avec la peau duquel on fait le vélin.

— ÉTYM. Dimin. de l'anc. forme veel (voy. veau). VELOURS (ve-lour ; l'i ne se lie jamais), ». m.

||1* Étoffe dont l'endroit est plus ou moins velu, et l'envers est ferme et serré ; il se fabrique en employant deux chaînes, l'une pour le corps de rétofl"e, l'autre pour le velouté ; on en fait en soie, en coton et en laine. Velours figuré, ciselé. On doit à leurs travaux réunis [de Hontigni et de Holker] nos manufactures de draps et de velours de coton, condorcet, Jfon«tj/nt. Il Velours épingle, voy. épingle. || Veloursplain, celui qui esttoutuni. j| Velour» à ramage, celui qui est diversifié par un grand nombre de figures. Il Velour» à deux poils, i quatre poils, etc.

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suivant que le poil du velours est plus ou moi>:s épais. Un carrosse de velours cramoisi à six poils, UANC0URT, Cheval, à la mode, i, (.|| Velours ras. celui qui n'a point de poils. ||0n fait maintenai.. beaucoup de velours de laine pour manteaux do femmes. || Velours d'Utrecht, velours qui a li chaîne en fil, la trame en laine, et le velouté en poil de chèvre; il sert pour meubles. ||Fig. Jouer sur le velours, se dit d'un joueur qui, après avoir gagné des parties, ne risque plus, en continuant 3 jouer, que de perdre ce qu'il a gagné. || Jouer sur le velours, se dit aussi, en général, pour agir sans risque. || Faire patte de velours, se dit du chat lorsqu'il retire ses griffes en jouant de la patte. La patte de velours cache toujours les griffes, CARMONTELLE, Prov. posth. Entrée à l'Opéra, se. 8. Il Fig. Faire patte de velours, cftcher sous des dehors caressants le dessein qu'on a de nuire. Qui veut ne pas blesser fait patte de velours, fabre d'églant. Intrigue épist. I, 4. Il Fig. et populairement. C'est un velours sur l'estomac , en parlant d'un manger ou d'une boisson, qui donne une sensation de bien-être. Il 2° Velours- maurienne, sorte de gros drap qu'on fait en Maurienne, et dont les Savoyard» pauvres sont habillés. || 3* Surface d'une pelouse. C'est le plus petit des ruisseaux. Qui soudain fait luire ses eaux Sur le velours d'une prairie, p. Lebrun, Poés. t. n, 34. jl Marcher sur le velours, marcher sur une pelouse fine et douce. || Fig. Un chemin de velours, une morale facile et accommodante. Veut-on monter sur les célestes tours. Chemin pierreux est grande rêverie ; Escobar sait un chemin de velours, la font. Bail, sur Escobar. Il 4* Terme de botanique. Assemblage de poils serrés, mous, courts et ras. || Dents en velours, dents de poissons très-rapprochées, par opposition à dents en scie. || B° Nom spécifique, pour Bruguière , d'une coquille univalve, le cône deLuçon, dit vulgairement velours anglais et qui se trouve aux Philippines. || 6* Nom donné par Geoffroy à plusieurs coléoptères plus ou moins veloutés ; il appelait velours vert le cryptocéphale soyeux, dit aussi vulgairement gribouri soyeux, et nommait velours noir, le mélolonthe humerai, le- GOARANT. Il 7* Très-familièrement. Faute de langage qui consiste à mettre en liaison une s au lieu d'un I : il était-z à la campagne. || Le mot velours, employé dans ce sens, vient de ce que cette liaison est moins rude que celle qui se fait avec le t, de même que le velour» est plus doux au toucher que le cuir. || Proverbe. Habit de velours, ventre de son, se dit d'une personne qui épargne sur la nourriture et fait des dépenses d'ostentation. Il On dit aussi : Ventre de son et robe de velours.

— HIST. XII* s. Que est devenu li velox Que feis à lui apareiller ? Fabliaux mss. p. 22, dans lacurne. ||xv* s. Ils [les seigneurs] sont vestus de velouz et de camocas, fourrés de vairs et de gris; et nous [paysans anglais] sommes vestus de povres draps, froiss. n, u, *oe. Arrière, satin, camelot. Puisque le veloux vient en place ; coquill. dans MÉ.NAGE. Il xvr s. Toute la noblesse de la coui y fut chassée [au siège de Lafère], et n'y souffrit pa? beaucoup d'incommoditez, tant pour la belle saison , assavoir en juin, que pour la commodité de toute» choses; comme aussi n'aians à craindre aucun secours ni courses du dehors; aussi l'appelloit-oile siège de velours, d'aub. Hist. n, 367. A iceux je donneray le nom de cautères de velours, i raison qu'ils ne font douleur, et aussi que je le» ay recouverts [achetés de l'inventeur] par du velours, PARÉ, XXV, 32.

— ÉTYM. Bourguig. veleur, velor; ital. velluto; bas-lat. vellulum, proprement velu, de rillus, poil. L'ital. »eWu(o vient certainement de ceiiutum. Nous n'avons du français que le nominatif velox, qui peut venir soit de vellutum, soit de villosum. Pour décider la question, il faudrait avoir le régime, qui serait dans le premier cas velout, dans le second l'elouî. L'analogie avec l'italien et le ( de telouter rendent plus probable la première hj'po'^'^'^-

4. VELOUTÉ, ÉE (ve-lou-té, tée), adj. \\ 1* Dont le fond, en parlant de certaines étoffes, n'est point de velours, mais a des fleurs, des ramages faits d« velours. Étoffe veloutée. Satin velouté. || Papier velouté, dit aussi anciennement papier souffle, papier sur lequel on applique divers dessins de laine hachée et qui offre des fleurs, des dessins imitant le velours. || 2* Qui est doux au toucher comme du velours, ou qui a l'aspect du velours. Fleur» veloutées. Avec cet animal qui m'a sembW si doux : U est velouté comme nous [rats], la font.

VEL

VÉN

Fabl. Ti, 6. Troii larges bandes d'un beau noir velouté, BUFF. Ois. t. vi, p. uh. L'éclal velouté de la campagne, la liJde température de l'air.. ..sont à Naples autant de séductions pour les sens, ciu- TE.vUBR. Uart. liv. v.... du soleil levant Je regardais venir la lumière enchantée; J'observais sur la mer sa teinte veloutée, p. lebrun, Poés. l. ii, 7, Il Fig. Oii'il n'est poison souvent moins redouté, Oue le venin d'un fourbe velouté, J. B. Houss. ÉpU. I, 5. Il 3* Garni d'un duvet comparé au velours. Sur l'émail velouté d'une fraîche verdure, DKULLE, Jard. I. Son teint à peine encore velouté du duvet de l'adolnscence , mahmontel , Conl. Vor. //eureuî. Il Terme de botanique. Se dit des plantes ou parties de plantes couvertes de poils doux, serrés, courts, égaux, et dont l'ensemble imite la surface du velours. ||4* Vin velouté, bon vin d'un louge un peu foncé, sans âcreté. Vin à sève veloutée, armé d'un vert qui n'est point trop commandant, mol. Bourg. <jent. iv, <. Les vins couverts et veloutés Par les vieillards furent goûtés, PERRAULT, dans RIC11EI.ET. || Terme de joaillerie, il se dit des pierres qui sont d'une couleur foncée, riche. || 5* Crème veloutée, sorte de crème cuite qui se sert à l'entremets. || 6' Membrane veloutée, celle qui tapisse le canal alimentaire. Les personnes qui ont de l'embonpoint, les entrailles veloutées, le cholédoque coulant, le mouvement péristaltique aisé et régulier, volt. Oreilles, 7.

— ÊTYM. Voy. VELOUTEH.

2. VKLOCTÉ (ve-lou-té), s. m. \\ 1" Galon fabriqué comme du velours, ou plain ou figuré. L'habit de M. le prince de Conti était inestimable; c'était une broderie de diamants fort gros, quisuivait les compartiments d'un velouté noir sur un fonds de couleur de paille, sÉv. 399. Cette membrane déliée qu'on nomme rétine, qui est tendue sur le fond de l'œil, comme un velouté délicat et mince, boss. Conn. n, 6. || 2° Ce qui a l'aspect du velours. Le velouté d'une pêche. Le velouté d'une fleur. Ce velouté, cette aimable jeunesse Dont la fraîcheur fait toute larichesse, bernis, ÉpU.i, Goût. \\ Terme de botanique. Partie veloutée de la surface d'une plante. Le stigmate des pistils, dans la saison de la fécondation, est ou garni d'un velouté ou humecté d'une liqueur gluante, condorcet, Linné. Il 3- On disait autrefois, en langage médical, le velouté de l'estomac, des intestins, pour indiquer la surface muqueuse de ces organes. || i' En termes de joaillier, le velouté est une couleur sombre et foncée des pierres, surtout de celles qui sont taillées en cabochon. || 5" Terme de cuisine. Espace de jus fait avec du veau, de la volaille et un peu de bouillon, le tout revenu et réduit sans piendre couleur; ensuite mouillé avec du bouillon, épaissi par un roux blanc dans lequel on a jeté des champignons, et laissé en ébullition environ deux heures; ce jus sert à toutes les sauces.

— ÊTYM. Yeloulé I.

t VELOCTER (ve-lou-té), v. a. Donner l'apparence du velours. Laines à velouter, pour papiers peints, Almanach Didol-BoUin, )87)-(872, p. 860. Il Fig. [Dans un paysage riant] le feuille doit être léger et mobile, le lointain indéterminé sans être vaporeux, l'ombre peu prononcée, et il doit régner sur toute la scène une elarté suave qui velouté la surface des objets, chateaubh. Dessin.

— HIST. ivi* s. Les Tusques mains ingénieuses Ji de trop velouter [fabriquer du velours] s'usoient Pour nos femmes délicieuses, hons. 6)5.

— ÉTYM. Voy. VELOURS.

+ VELOCTIER (ve-lou-tié),». m. || l'Ouvrier qui fait du velours. || Adj. Ouvrier veloutier. || 2° Nom vulgaire, à l'Ile-de-France et à Bourbon, des différentes espëcesdu genre toume/br<io, borraginées.

VELTAGE (vel-ta-j'), t. m. Mesurage fait avec la velte.

— ÊTYM. relier <.

>. VELTE (vèl-f), s. f.\H' Ancienne unité de mesure contenant 8 pintes de 48 pouces cubes chacune, la même que le septier, et valant 7 lit. 61. Il L'habitude de compter par velte fait aussi donner ce nom à une mesure de huit litres. Il 2' Instrument qui sert à jauger les tonneaux.

— ÊTYM. Origine inconnue. À côté de velte, Richelet donne verte et wrie; le Bail Saunier, 9 juin 4 674, a vergue. Il est bon de noter ces variantes, bien qu'il ne soit pas possible d'en rien conclure. On lit dans Basselin : De décoction de vendange Recipe trois voltes, et plus Ne songe tant à tes escus, Y au de vire, a. Ce volte serait-il le même que velte ?

t ï. VELTE (vël-f), I. f. Nom d'une sorte de

cordage. Cordages de sparte, de tous calibres : en fils ou tresses battues (veltes), en fils ou tresses non battues.... Tarif des douanes, (889, p. 46.

VELTÊ, P.E (vel-té, tée), part, passé de velter I.

). VELTER (vèl-té), v. a. Mesurer à la velte.

t 2. VELTER (vèl-té), t). o. Terme de marine. Faire une velture.

VKLTEUR (vèl-teur), t. m. Celui qui jauge, qui mesure à la velte.

t VELTURE (vM-tu-r'), J. f. Terme de marine. Ligature au moyen de laquelle on réunit fortement le ton d'un màt inférieur avec le pied du mât supérieur, ou, en général, une pièce de bois quelconque avec une autre. || On dit aussi valture, valter, qui iiaraît indiquer l'étymologie : valet.

VELU, VE (ve-lu, lue), adj. || f Couvert de poils. Celui qui sortit le premier était roux, et tout velu comme une peau, et il fut nommé Esaii, SACi, Bible, Genèse, ixv, 26. Son menton nourrissait une barbe touffue; Toute sa personne velue Représentait un ours, mais un ours mal léché, la FONT. Fables, XI, 7. Viennent-ils de l'Œta, ces fiers armatolis Aux rouges hriKlequins, à la blanche tunique. Sous leurs maïUcaui velus guerriers de forme antique? p. lebrun, Yoy. de Grèce, vi, 6. Il Fig. Vous ne sentez pas cela? — Non, j'ai le cœur velu, dideh. S. les caract. || 2' Terme de botanique. Garni de poils longs, serrés et un peu mous. Feuilles velues. || S. m. Le velu d'une plante, la partie d'une plante qui est couverte de poils. Il 3° Terme de maçonnerie. Pierre velue, pierre brute qui sort de la carrière.

— HIST. xiv s. Il est velus comme un louviaus, HACHAUT, p. 80. || XV* S. Gens qui n'avoient de quoi vivre, et qui estoienttous tains et velus de famine, FROiss. liv. n, p. 172, dansLACURNE. Et s'avoit illec environ Maint noble oisel sur le velu [gazon], E. DESCH. Poés. mss. t' 32i. Les fourriers d'esté sont venus Pour appareillier son logis. Et ont fait tendre ses tappis De fleurs et verdure tissus. En estendant tappis velu» De vert herbe par le pals, eu. d'orl. Rond.

— ÊTYM. Bourguig. i)<)Ju;provenç. velut; espagn. velludo; ital. veluto; bas-latin, villutus; du latin villus, poil; russe, ïoJos, cheveu; goth. vulla; allem. Wolle; angl. tcoot, laine. La racine est le sancr. var, couvrir. '

f VELUE (ve-lue), s. f. Terme de Ténerie. Peau qui se trouve sur la tête des cerfs, des daims, des chevreuils, quand leur bois pousse.

— ÊTYM. Velu.

t VELUETTE (ve-lu-è-f), ». f. Piloselie, plante.

— ÉTYM. Voy. VELVET.

t VELUM (vé-lom'), s. m. Mot latin {vélum, voile) qu'on emploie quelquefois aujourd'hui pour désigner une tente dont on couvre un amphithéâtre, une allée, un espace, en quelque cérémonie.

t VELVANTINE (vèl-van-ti-n'), s. f. Étoffe qui se fabrique à Amiens.

t VELVERETTE (Tel-ve-rè-f), t. f. Velours de coton à côtes ou à demi-côtes.

t VELVET (vèl-vè), I. m. ou VELVETINE (vèlvè-ti-n'), s. m. Nom de plusieurs variétés de velours de coton lisse et imitant le velours de soie.

— ÊTYM. Angl. xelvet, velveteen. Velvpt est un diminutif: veluel,veluete du lat. barbare uci/uelum.

t VELVÊTIQUE (vel-vé-ti-k'), adj. Terme de pathologie. Altération velvétique des cartilages articulaires, altération caractérisée par leur ramollissement, dit à la fissuration de leur substance verticalement ; de sorte qu'ils ressemblent à du velours ayant les fibres perpendiculaires à la direction de la surface articulaire.

— ÊTYM. Angl. velvet, velours.

VELVOTE (vèl-vo-f), ». f. Velvote vraie, linaria clatine, Mill; velvote fausse, linaria spuria, Mill. Il Velvote sauvage, la véronique des champs.

— HIST. XVI* s. Veluote, o. de skrres, p. «)o {alias veluate).

— ÊTYM. C'est un diminutif de velu ou velours, dont on trouve l'équivalent dans le bas-latin veirluetum, velours, angl. velvet.

VENAISON (ve-nd-zon), ». f. || 1* Chair de bête fauve ou rousse, comme cerf, chevreuil, sanglier, etc. Pâté de venaison. Et se remplirent à foison De vin vieux et rie venaison, scarr. Yirg. 1. 1| Basse venaison, le lièvre et le lapin. || Proverbe. Toute chair n'est pas venaison. {| 2* La graisSe du cerf, du sanglier, dont ils sont surchargés au moment du rut. Ce cerf a trois doigts de venaison. Les cerfs, les sangliers sont en venaison.

— HIST. XII* s. Moût aura grand planté [abon-

dance] de cbar et de poisson. De sangliers, de cerfs et autre venoiton, docamoe, venatio. ||ziii* s. Aiment assez miex les poissons Que il ne font les vcnoisons. Fabliaux, barbazan , t. iv, p. 83. Il xvi* s. Deux charniers, l'un plein de venaison de cerf, l'aultre de sanglier, carloii, iv, 24. Tant plus un cerf est vieux, plut est-il chargé de venaison, CHARLES II, Chastt roy. xxii.

— ÉTYM. Provenç. venaito, venaxo; anc. espagn. venacion ; portug. veaçào ; ital. venagione; du latin venationem, de veruiri, chasser.

VÉNAL, ALE (vé-nal, nt-1'), ad>. || 1* Oui se vend, qui peut se vendre, en parlant de charges, d'offices. Les charges de notaire, d'avoué, de commissaire-priseur, etc. sont vénales. Les offices vénaux étaient ceux de justice et de finance, les offices non vénaux étaient ceux de la couronne. On ne voit, je crois, dans l'antiquité aucune trace qui marque que les dignités soit de l'État, soit de la judicature, y aient jamais été vénales, holun, Hist. anc. Œuv. t. i, p. 206, dans pouoens. Je vous avoue que je bats des mains, quand je vois que la justice n'est plus vénale, volt. Lelt. Florian, \" avr. 1771. Il faut, dans une monarchie, que les charges de magistrature soient vénales, parce que, si elles ne l'étaient pas, l'intrigue les vendrait, et l'administration de la justice serait un brigandage, condil. Comm. gouv. n, )l.||Fig. L'intérêt marchandant des épouses vénales, delille, Porod. perdu, x. || Valeur vénale, la valeur actuelle d'une chose dans le commerce. La différence de la valeur vénale de la marchandise sur les lieux d'où elle provient, et sur les lieux où elle arrive, /ni(t(. Mém. scienc. t. vn, p. 441. || 2* Fig. Oui n'agit que par intérêt, que pour de l'argent. Mais, puisque tu te vends, va chercher qui t'achète, Perfide, et porte ailleurs cette vénale foi Qu'obtiendrait ma rivale i même prix que moi, CORN. Toi», d'or, rv, 4. Un délateur vénal et formidable fsous Néron]... Suilius... dider. Cl. el Nér. I, 69. Ame vénale, j. j. Rouss. Ém. I. Il On dit aussi : éloquence vénaîe, langue vénale. Si l'auteur voulait parler des présents donnés, pourquoi s'attacher i saint Cyrille, et ne pas dire un mot de l'argent avec lequel ses envieux achetèrent des langues vénales, pour le calomnier auprès de l'empereur? Boss. Rem. Hist. conciles, ii, 3. Il C'est une plume vénale, c'est un auteur qui soutient toutes les opinions, pourvu qu'on le paye. J'employai la plume vénale de G. Buchanan, j. BHUSLÉ, Lucien «n belle humeur, t. i, p. 349, dans POUGEHS. Rien de vigoureux, rien de grand ne peut partir d'une plume toute vénale, i. i. rouss. Conf. IX.

— SYN. vinAL, MKHCENAiBE. L'homme vénal vend sa moralité pour de l'argent. Le mercenaire est, il est vrai, au salaire et à la disposition do celui qui le paye, mais le mot exprime plus l'infériorité de position que l'immoralité.

— HIST. XIII* s. Amours tousjers est tournée es mauves; Communaus est àceuls qui ont monnoie ; D'amours venaus por rien bien ne diroie, Hist. litt. de la Fr.l. xxiii, p. 827. Prions.... Après pour tous les cardonaus, Qui tous sont devenus venaus, Arch. dst miss, scient. 2* série, t. m, p. 209. Il ivi* s. Qu'ils pardonnoient aux barbares, s'ilz estimoient toutes choses vénales à prix d'or et d'argent.... amïot, Arist. 26. Il vouloil rendre vénal le souverain magistrat, ID. Pomp. 62. N'en va il pas comme en matière de livres, qui se rendent d'autant plus venaulx et publicques, de ce qu'ils sont supprimez? mont, m, 316.

— ÊTYM. Provenc. vénal, reTiau; espagn. vénal; ital. eenoJe; du lat. venalis, de venum, vendre; comparez ùvoc, prix, wvri, achat; sanscr. vasna, prix de vente.

VÉNALKMENT (vé-na-le-man), adv. D'une manière vénale. 11 exerce vénalement sa charge.

— HIST. ivi* s. Vénalement, cotgrave.

— ÊTYM. Vénale, et le suffixe ment.

VÉNALITÉ (vé-na-li-té), ». f. Qualité de ce qui

est à vendre. C'est lui [le chancelier Duprat] qui a introduit la vénalité des charges de judicature, MÉZERAT, Abrégé de l'hist. de Fr. t. iv, p. 684 Cette vénalité [des charges] est bonne dans un Etat monarchique, parce qu'elle fait faire comme un métier de famille ce qu'on ne voudrait pas entreprendre pour la vertu, MONTESQ. Ssp. v, (9. L'opprobre de la vénalité , dont François 1" el le chancelier Duprat avaient malheureusement souillé la France , volt. Hist. pari. liix. || Fig. La vénalité des consciences. S'il faut s'en rapporter au témoignage de quelques Anglais qui con-

VEN

naissent leur pays.... lo plus grand ennemi qu'ait aujourd'hui leur constitution, c'est la vénalité que les richesses, le luxe et l'avarice y ont introduite, CONDILL. ittud. hist. II, 6.

— HIST. XVI* s. Le roy par cela de plus en plus peut apercevoir que la vénalité des offices et pluralité d'iceux couste à lui et à ion pauvre peuple, chaque an, bien plus que.... froumenteau, Finances, III, p. 432.

— ÊTYM. Lat. t-enalitatem, de venalis, vénal. VENANT, ANTE (ve-nan, nan-t'), od;. || !• Bien

venant, qui croît ou qui pousse bien. Des arbres bien venants. Une petite fille bien venante. 112° Bien venant, payé régulièrement; mal venant, payé irrégulièrement. Si quatre mille écus de rente bien venants.... mol. Se. des mar. i, J. Je le voyais [la Garde] avec vingt-huit mille livres de rente bien venantes, sÉv. 28 déc. (689. || L'Académie fait, en ce cas, bien venant indéclinalilc, écrivant : dix mille francs de rente bien venant. Mais Molière et Mme de Sévigné ont fait ce mot adjectif, et il n'y a aucune raison do se départir de cet usage. || 3" S. m. pi. Les allants et les venants, ceux qui vont et viennent (voy. allant). ||4" X tout venant, au premier venu, à tout le monde. Nuit et jour à tout venant Je chantais, ne vous déplaise, la font. Fabl. i, ). J'ai deux amis encor que je vous puis donner. Qui contre tous venants sont gens à dégainer, mol. le Dép. v, 3. Romulus, nourri dans la guerre, et réputé fils de Mars, bâtit Rome, qu'il peupla de gens ramassés, bergers, esclaves, voleurs, qui étaient venus chercher la franchise et l'impunité dans l'asile qu'il

avait ouvert à tous venants, boss. Hist. m, 7

cet autre fou, non moins privé de sens. Qui jette, furieux, son bien à tous venants, boil. Sat. iv. Plusieurs Français non des plus huppés, tiennent table ouverte à tous venants, p. l. cour. Lett. 8 janvier n99.||5° Tout venant, voy. tout-venant. Il Proverbe. À tout venant beau jeu, signifie qu'un homme est prêt à tenir " tre tous ceux qui viendraient l'attaquer soit au jeu, soit à un combat.

— HIST. xv s. Justice avoir, équité et raison, Le poure oïr, le plaintif escouter, Â touz venans avoir large maison, E. desch. Bal. des vertus nécess. au princf.

t VEXATION (vé-na-sion), t. f. Se dit quelquefois des chasses qui étaient données au peuple romain, dans le cirque.

— HIST. xvi* s. Venacion est comme ung simulachre de bataille, rab. Pant. t, u.

— ÉTYM. Voy. VENAISON.

VENDABLE (van-da-bl'), adj. Qui peut être vendu. Cette étoffe n'est pas vendable. La moindre panique suffit... pour faire retenir le blé, et produire ainsi un grand écart... entre la quantité vendable et la quantité à vendre, horn, l'Èconom. pol. av. les phys. ix.

— HIST. xiir s. Mes tant est li mondes endables. Qu'il ont faites amors vendables, la Rose, &i 65.

— ÊTYM. Vendre; provenç. vendable; espagn. tendible; ital. vendibile. Le latin est vendibtlis.

+ VENDAGE (van-da-j'), t. m. Action de vendre. Lesdits vendeurs seront tenus se trouver en ladite place des balles, sur peine de perdre leur droit de vendage, Réglem. du parlem. 20 février icio.

— HIST. xin* s. Et cist vandagcs fu fez por lou pris de.... du cange, vendagium. |{ xvi* s. L'on dit que vendage , mort et mariage corrompt tout louage, Nouv. coust. gén. t. 11, p. 418.

— ETYM. Vendre.

VENDANGE (van-dan-j"), t. f. || l" Récolte de raisins pour faire du vin. Belle vendange. Pleine vendange. Aller en vendange. La vendange est dans la cuve. Faire vendange, faire la vendange. M. le Duc est fort gai, il chasse, il va à Chantilly, àLiapcourt; enfin ils sont tous ravis de pouvoir faire leurs vendanges, sÉv. 30*. La vendange chantée par Théocrite, par Virgile, origine joyeuse des premières fêtes et des premiers spectacles, VOLT. Uél. lilt. d M. Dupont. La marche de ceux qui portent la vendange au pressoir, j. 1. rouss. Èil. T, 7. Il Fig Prêcher sur la vendange, ne faire que prêcher sur la vendange , tenir le verre en main et s'amuser à parler au lieu de boire. Messire Jean, c'était certain curé Qui prêchait peu, sinon sur la vendange, la font. Jum. || Fig. Il a fait vendange, il a gagné beaucoup dans telle ou telle affaire. || %' Le raisin lui-même. Cest le dieu de Nysa, c'est le vainqueur du Gange, Au visage de vierge, au front ceint de vendange, a. chén. fragments. || 3' Le liquide qui fermente dans la cuve. Et déjà sur les bords de la cuve fumante

VEN

S'élève en bouillonnant la vendange écumante, DELiLLE, Géorg. n. || On s'en sert quelquefois comme topique pour les douleurs. Pour ma santé, ma chère enfant, elle est comme vous la pouvez souhaiter; et, quand Brancas dit que je n'y songe pas, c'est qu'il voudrait que j'eusse commencé dès le mois de juillet à mettre mes mains dans la vendange, sÉv. 2 sept. 1676. Il 4° An plur. Par extension, temps où se fait la récolte des raisins. En août et en vendanges il n'y a ni fêtes ni dimanches. Passer les vendanges à la campagne, (j Proverbe. Adieu paniers, vendanges sont faites, voy. panier.

— HIST. XIII* s. Li bons paumiers [pèlerin] fait grant vendenge De Sarrazins, Hist. des trois Maries, ms. p. 468, dans lacurne. || xiv* s. Et mettent la venenge là où il leur plaira, du canoë, «endemix. Charroier la venoinge,iD. ib.

— ÉTYM. Bûurguig. venonge ; provenç. vendemia, vindemia; anc. cat. venema; cat. mod. verema ; espagn. vendimia ; ital. vindemmia ; da lat. uindemia, de vinum, vin, raisin, et demere, prendre.

VENDANGÉ, ÉE (van-dan-jé, jée), part passé de vendanger. Un vignoble vendangé.

t VENDANGEOIR (van-dan-joir), s. m. Panier, hotte de vendangeur. || Lieu, bâtiment où sa dépose le produit de la vendange.

VENDANGER (van-dan-jé. Le g prend un e devant a et 0: je vendangeais, vendangeons), ». a. Faire la récolte des raisins. Si des gens étaient venus malgré vous pour vendanger votre vigne, ne vous auraient-ils pas laissé au moins une grappe de raisin? saci. Bible, Abdias, i, 6. Plût aux dieux que j'eusse gardé vos troupeaux, ou vendangé vos raisins! Bernard, de st-f. Pr. àl'Arcad, Il Absolument. On vendange partout. En 48n, on vendangea à Issoirc dès le 20 septembre; mais la vigneavait comiuenoé à fleurir le t" juin, ramond, Inslit. Mém. scienc. 48U, 4814, 4815, p. I66. || Fig. 11 vendange tout à son aise, se dit de quelqu'un qui fait des profits illicites dans une place, sans craindre la surveillance. || Fig. La pluie, 1» «rê'e, l'orage, les soldats ont tout vendangé , ils ont tout dévasté. || On dit de même en parlant des blés et autres fruits delà terre : la grêle a tout vendangé, tout est vendangé.

— HIST. xiii* s. Por quoi, sire Dieux, destruisis tu la maisiere de celle vigne, et la vendangent cil qui passent par la voie? Psautier, f° 99. Qui emporteroit en vendangant, por fere vin ou por ferc vergus, ce seroit larrecins, beaum. xxx, 80. Quant Diex venra [viendra] sa vigne veoir por vendengier, RUTEB. 237. Il nv* s. Porront lidiz sires et sa femme venangier en leurs dites vignes, toutesfois que il leur plaira, sans tenir ban, du cange, vendemix. || ivi* s. En dedans vers le logis est lait un armoire fermant avec son huis, pour vendanger et nettoier les rusches, 0. de serres, 437. Avec la mesme diligence dont nous avons cultivé nostre soie, finalement nous la vandangerons, m. 489. Si M. le marquis et le duc de Florence fussent esté aussi cruels.... tous les Siennois estoient vendangez [passés au fil de l'épée], ou bien fricassez, brant. Cap. franc, t. n, p. 263. Lorsque le fils de Dieu, vengeur de son mespris, Viendra pour vendanger de ces rois les esprits, d'aub. Tragiques, édit. lalanne, p. 120.

— ÉTYM. Bourguig. venonger; provenç. vendemiar; anc. catal. venemar; catal. mod. veretnar ; espagn. vendimiar ; portug. vendimar; ital. vendemmiare; du lat. vendemiare (voy. vendange).

t VENDANGERON (van-dan-je-ron), s. m. Nom du lepte automnal (rouget) dans certains pays, à cause de son apparition pendant les vendanges.

t VENDANGKTTE (van-dan-jè-t'), i. f. Grive.

— ÉTYM. Vendanger (elle mange le raisin). VENDANGEUR, ECSE (van-dan-jeur, jeû-z'),

s. m. et (. Celui, celle qui coupe et recueille les raisins. Quand Bacchus comblera de ses nouveaux bienfaits Le vendangeur ravi de ployer sous le faix, BOIL. Ép. VI. La vendangeuse qui sourit Au jeune sylvain qu'elle enivre. Et lui fait sentir que pour vivre L'enjouement vaut mieux que l'esprit, BERNis, ÉpU. n. Grâces. L'aurore annonce un jour serein.... Fillettes, flûte et tambourin. Mettez las vendangeurs en train, bérang. Vendanges. Il Soupe de vendangeur, soupe faite avec des choux blancs et du pain bis. || Les saints vendangeurs, nom donné, dans les pays de vignobles, aux saints dont les fêtes échoient à la fin du mois d'avril ou au commencement de mai, époque où les vignes sont en danger de geler. {| 5. (. La Vendangeuse, l'étoile située près de la main droite de la Vierge.

VEN

— HIST. xni* s. S'on osle mes vendengeurs ou mes ouvriers d'une vigne ou d'une terre dont j'aroie esté en saisine an et jor.... beaum. xxxii, 3. Il XV* s. Et s'en alloient les unes en guise de vendengercsscs, les autres comme femmes de village, juv. DES UHS. Charles VI, I4I8.

— ÉTYM. Provenç. vendémiaire, vendemiador ; anc. catal. venemador; catal. mod. veremador; espagn. tendimtador ; portug. n'ndimodor; ital. vendemmiatore ; du lat. vindemiatorem, de «tndemiare (voy. vendanger).

t VENDAPOLAM (van-da-po-lam'), s. m. Nom de mouchoirs de l'Inde, Marine el col. Tableaux de la popul. p. 62.

t VENDELIN (van-de-lin), s. m. Petite nacelle! effilée dont se servent les pontonniers.

VENDÉMIAIRE (van-dé-mi-ê-r'), s. m. Le premier mois du calendrier républicain; il commençait le 22 ou le 23 septembre. || Journées des 12 ou 13 vendémiaire an iv (4 et 6 octobre 4 795), ou le 4 3 vendémiaire, époque d'un soulèvement de» royalistes contre la Convention, qui allait être remplacée; Bonaparte défit les insurgés. Les royalistes appelèrent quelque temps Bonaparte le général vendémiaire. De peur de mécontenter ses amis royalistes, elle [Joséphine] faisait la difficile, et disait à Lemercier : Croiriez-vous bien, mon ami, qu'ils veulent me faire épouser Vendémiaire? Miciielet, Directoire, p. 38i. || À la suite de ces journées, on fit le mot vendémiariser : Ils vont se faire prairialiser, tandis que, pour sauver la patrie, il ne faut que vendémiariser, babœuf. Pièces, i, 208.

— ÉTYM. Lat. vindemia, vendange.

f VENDETTA (vin-dè-tta) ou, à la française, VENDETTE (vin-dè-t'), s.f. Mot italien qui signifie vengeance, et par lequel on désigne, particulièrement en Corse, l'état d'inimitié et d'hostilité où vivent des familles entières et qui engendre des assassinats réciproques.

— ÉTYM. Ital. vendetta, du lat. «tndtcta, vengeance.

VENDEUR, BRESSE (van-deur, de-rè-s'), s. m. et f. Il 1* Celui, celle qui vend^ qui a vendu. Le vendeur et l'acheteur. La vendcresse est garante. Il Proverbe. Il y a plus de fous acheteurs que de fous vendeurs, celui qui vend connaît mieux le prix ou le défaut de la chose qu'il vend que l'acheteur. Il Venderesse signifie celle qui vend ou qui a vendu; vendeuse celle dont la profession est de vendre. |{ 2* Vendeur, vendeuse, celui, celle dont la profession est de vendre. Vendeur d'eau-de-vie. L'histoire nous apprend qu'une simple vendeuse d'herbes s'aperçut à la seule affectation d'un mot que Théophraste était étranger, rollin, Hist. a'>tc. Œuv. t. IV, p. 547. Le peuple dit sagement en i arlant des maîtres-marchands-merciers : vendeurs de tout, faiseurs de rien, melon, Ess. polit, sur le comm. viii. Combien de fois reprocha-t-il [Aristophane] à Euripide d'être fils d'une vendeuse d'herbesl barthél. Anach. ch. "4. || Les vendeurs du temple, les marchands qui, dans le temple de Jérusalem, vendaient les animaux de sacrifice, et les changeurs qui fournissaient de la monnaie pour les offrandes; Jésus les chassa. || Fig. Ah! Dieu! le pauvre vendeur d'immortalité! m'écriaije; sa marchandise» n'est pas de bon aloi; les vers qu'il a faits il y a six ans sont déjà^au tombeau, Francion, n, p. 231. || Vendeurs de marée, vendeurs de volaille, certains officiers préposés pour faire vendre la marée et la volaille. || Les commissaires-priseurs sont vendeurs de meubles. || Vendeur d'écaillés, se disait, à Paris, de celui qui allait criant dans les rues des huîtres à vendre. || Faux vendeur, celui qui vend ce qui n'est pas à lui, ou celui qui vend à faux poids, à fausse mesure, ou celui qui use de quelque fraude dans le contrat de vente. || Vendeur d'orviétan, de mithridate, charlatan qui, sur les places publiques, débite des drogues médicinales. || Fig. Un vendeur d'orviétan, un hâbleur, un trompeur. Les conquérants qui ont envahi le monde n'ont pas été plus orgueilleux et plus acharnés que les vendeurs d'orviétan qui ont prétendu le connaître, volt. Dicl. phit. Coquilles. Il Fig. C'est un vendeur de fumée, se dit d'un homme qui fait parade d'un crédit qu'il n'a pas. Il Fig. Vendeur d'allumettes, homme qui ne parla que de bagatelles, ne conte que des sornettes. Il 3* En termes d'économie politique, le vendeur, la personne, soit corporation, soit pays, qui vend. La France était vendeur à l'étranger de toutes espèces de marchandises et n'achetait presque rien en échange, de waru, Enquête sur la Banque, 4 867, p. «63.

VEN

VEN

— HIST. ira* 8. L'avoir, le pris a li vendierres, Si que toul pert li achatierres, la Rose, U)8;)3. El ferons quaDt que loiaul vendcor pueat [peuvent] faire, B16I. des eh. 4* série, t. 11, p. 4e«. Encor i a clers d'autre guise, Que, quant il ont laloiaprise. Si vuelent estre pledoeur. Et do lor langues vendeeur, ruteb. 22I.||xiv s. Estrumens 0 lesquiex les vendeurs de vin percent leur toniaux, 11. de MONDEv. f" 36. Il XVI' s. Après quoique affront aux prcscheurs et venderesscs de bougie, u'aub. Ilist. I, 2S3. Et le tratiistre moyne vendeur de sa ville,

CASLOII.TI, 25.

— ÊTYM. Provenç. vendeire, vendedor; catal. renedor; espagn. vendedor; ital. \:enditore; du lat. vendUorem, de vendere, vendre. Seulement il faut remarquer que le français et le provençal ont fait leur dérivation comme si le latin était venditor ou tendHor. Vendierre en français, vendeire en provençal est le nominatif; vendedor, vendenr est le régime.

VENDICATION (van-di-ka-sion), 1. f. Voy. beten-

SICATION.

— HIST. XVI' S. Ils se mirent par force en possession actuelle de quelques biens qui appartenoicnt i l'Eglise, mettant l'armoirie en signe de vendication, à la coustume des princes, calv. Inslit. 083.

— ETYM. Lat. vindiccUionem, de vindicare, vendiquer.

VENDIQCER (van-di-ké), V. a. Terme vieilli. Voy. REVENDIQUER. A mon petit sens, ce livret ne fait pas assez pour votre parti, parce qu'il ne vous vendique pas assez l'ouvrage contentieux, corn. Lett. au P. Boulard, 12 avril. Le valet.... Vendiqua son bien.... la font. Pdté. Un promoteur intervient pour le siège Ëpiscopal, et vendique le cas, 10. Troq.

— HIST. ivr s. Je demande si c'est un si grand Trime d'avoir vendique une possession appartenante de droit à l'Eglise.... calv. Inslit. 983.

— ÊTYM. Provenç. vendicar; espagn. vindicar; ital. tindicare; du lat. vindicare. qui a donné aussi venger : vin-dicare, dire le désir; comparez venia, venus, sanscr. van, désirer, aimer.

VEiNDlTION (van-di-sion), s. f. Ancien terme de droit. Vente.

— HIST. xm* s. Se aucun gaain vient d'achat, de vençon, de loage.... Livr. de jost. I68. ||xiv' s. Vendicion, achat; prest, plegerie, usage, oresme, Éth. U5. ||ivi' s. Si la vendition des offices de judicature a esté occasion que la justice a esté vendue et pervertie, il faut s'abstenir de les plus vendre, langue, 32. Pour lui découvrir une vendition que luy dévoient faire trois soldats savoysiens du chasteau de Nice, carl. i, 36.

— ÉTVM. Provenç. vendeio, renditinn; espagn. vendicion ; du lat. venditionem, de vendere, vendre.

VENDUB (van-dr'), je vends, tu vends, il vend, nous vendons, vous vendez, ils vendent; je vendais; je vendis; je vendrai; je vendrais; vends; qu'il vende, vendons, vendez; que je vende, que nous vendions; que je vendisse; vendant; vendu, p. a. Il 1* Aliéner une chose, céder à quelqu'un la propriété d'une chose pour un certain prix. Vendre une maison, un cheval. Platon fut vendu comme esclave. Deux compagnons pressés d'argent A leur voisin fourreur vendirent La peau d'un ours encor vivant. Mais qu'ils tueraient bientôt, du moins à ce qu'ils dirent, la font. Fabl. v, 20. Il eût mieux valu mille fois, ditunsage jurisconsulte, vendre les trésors de tous les couvents et l'argenterie de toutes les églises que de vendre la justice, volt. Pol. et lég. Comm. Esprit des lois, 27. Des gredins du Parnasse ont dit que je vends mes ouvrages, ID. Letl. Panckoucke, <3 févr. 4 769. L'Espagne vend tous les ans à l'étranger en laine, en soie, en huile, en vin, en fer, en soude, en fruits, pour plus de 80 000 000 de livres, baynal, Hist. phil. viii, 34. Il Vendre un cheval crins et queue, le Vendre très-cher. Il Vendre un cheval tout nu, le vendre sans selle et sans bride. || Ce n'est pas vendre, c'est donner, se dit en parlant des choses qu'on vend à vil prix. || Vendre une femme, la prostituer pour de l'argent. [Soit que] Aux portefaix de Rome il [Juvénal] vende Messaline, boil. Art p. II. Il II les vendrait à beaux deniers comptant il les vendrait tous, il est plus fin qu'eux, ou bien il les sacrifierait au moindre intérêt. || Fig. Vendre son cheval pour avoir du foin, faire une chose contradictoire. || Je suis à vous à vendre et à dépendre, je vous suis tout acquis, voy. dépendre 3.||Kig. A qui vendez -vous vos coquilles? voy. COQUILLE, n' 2. Il Fig. Cet homme vend bien se.»

coquilles, il fait bien valoir sa marchandise, son travail. || 2° Terme débourse. Vendre à découvert, vendre à terme et à une même époque une certaine somme de rentes sans avoir les litre^ en main, dans l'espérance de voir les cours baisser avant l'expiration du marché. || 8' Particulièrement, il se dit de ceux qui vendent habituellement au public certaines marchandises, certaines denrées, etc. Vendre en gros et en détail. Il vend des comestibles, du vin, des liqueurs. Vendre à juste prix. Vendre cher. Vendre bon marché. Il Vendre en biais, c'est, après avoir enlevé un fichu de toute la largeur de l'élolfc, mesurer sur les deux lisières le métrage demandé, et puis couper; cette coupe donne du biais aux deux bouts. Il Vendre l'argent, se dit des usuriers. Qu'on vend cher maintenant l'argent i la jeunesse! BEOKABD, le Joueur, I, 6. Il 4 ■ Fig. Ne pas accorder gratuitement, faire payer cher. La fortune est une grande trompeuse; bien souvent, en donnant aux hommes des charges et des honneurs, elle leur fait de mauvais présents, et pour l'ordinaire elle nous vend bien chèrement les choses qu'il semble qu'elle nous donne, voit. Lett. )23. Il [le sage] lit au front de ceux qu'un vain luxe environne. Que la fortune vend ce qu'on croit qu'elle donne, la font. Phil. et Bouc. Et tu peux concevoir Que je lui vendrai cher le plaisir de la voir, hac. Brit. 11, 2. Non, non, je ne sais point vendre mon amitié , ID. Alex, m, 2. Il commença par gagner la confiance du prosélyte en ne lui vendant pas ses bienfaits, J. J. Rouss. im. IV. Il Vendre cher, vendre bien cher, vendre chèrement sa vie, ou, simplement, vendre sa vie, se défendre avec courage , immoler beaucoup d'ennemis avant de succomber. Et quelque peu des leurs, tous percés de nos coups. Disputent vaillamment et vendent bien leur vie, corn. Cid, iv, 3. Le peuple aussitôt sort en armes; Tout autre aventurier, au bruit de ces alarmes. Aurait fui ; celui-ci, loin de tourner le dos, Veut vendre au moins sa vie et mourir en héros, la font, l'abl.x.li. Vendre cher notre vie est tout ce qui nous reste, volt. Catilina, m, 4. || Populairement, dans le même sens. Vendre bien cher sa peau. || 6' Fig. Se faire payer en argent ou autrement pour certains services, certains offices, certaines choses morales. Debout dans un parquet, A tort et à travers je vendrais mon caquet, régnibr, Sat. iv. Les honneurs sont vendus aux plus ambitieux; L'autorité, livrée aux plus séditieux, corn. Cinna, 11, t. Et vendre au plus offrant mon encens et mes vers, BOIL. Sat. i. Un vil amour du gain.... enfamtant mille ouvrages frivoles, Trafiqua du discours et vendit des paroles, ro. Art p. iv. S'ils se taisent, madame, et me vendent leurs lois... rac. Bérén. iv, 5. Ce sénat, le modèle et le tuteur des rois.... Vend ce qu'à la vertu réservaient nos aïeux, CRÉBiLLON, Catilina, i, 2. Envieux par nature et brigands par métier. Ils vendent l'infamie à qui la veut payer, h. j. chénier, la Calomnie. Il Vendre son suffrage, sa protection, etc. se les faire payer. || Vendre son honneur, recevoir de l'argent pour faire une action honteuse. |{ Vendre son honneur, en parlant d'une femme, s'aliandonner par intérêt. || Vendre son âme, se dit de celui qui, d'après une croyance superstitieuse, livrait son âme au diable pour certaines jouissances. Le peuple racontait que le frère d'Amélie.... avait vendu son àme au démon, chateaubr. les Natch. v part, i" quart. || 6" Fig. Trahir, dénoncer, révéler un secret par intérêt. Quoi qu'il en soit, Narcisse, on me vend tous les jours, BAC Brit. i, 4. Il te tarde déjà qu échappé de mes mains, Tu ne coures me perdre et me vendre aux Romains, ID. Mith. m, (. À ce perfide Arons il vendait sa patrie, volt. Brut, v, l. Après avoir dit qu'il voyait bien que j'étais un bon jeune honnête homme qui n'était pas là pour le vendre, il ouvrit une petite trappe à côté de sa cuisine, J. J. ROnss. Confess. iv. C'est sous le plus grand secretqu'ilme l'aconfié : ne me vendez pas, au moins, ooLDONi , Bourru bienfais. i, ) . || 11 a vendu ses complices, il les a dénoncés. |! Fig. Ils vendent la ville, se dit de gens qui, dans une compagnie, parlent bas entre eux. || 7° Se vendre, o. réft. Être vendu. Cette maison se vend aujourd'hui. Le coton se vend en balles. || Cette marchandise se vend bien, elle est d'un débit facile, ou elle est d'un prix élevé. Il En un sens contraire. Cette marchandise ne se vend pas, elle n'a pas de débit. Il Se vendre au poids de l'or, être vendu fort ' cher. Il 8' Aliéner sa liberté, se faire esclave, pour

un certain prix. Les Moscovites se vendent trèsaisément; j'en sais bien la raison, c'est que leur liberté ne vaut rien, montesq Esp. xv, «. Je m'adressai i un marchand arménien; je lui vendit ma fille et me vendis aussi pour trente-cinq tomans, id. Lttt. pert. «7. || Fig. Qu'il te faut la toison pour revoir tes parents. Qu'à ce prix je te plais, qu'à ce prix lu te vends, corn. Toit, d'or, IV, 4. Il 9' Entrer au service militaire pour de l'argent. Il s'est vendu comme remplaçant. Autrefois las Suisses se vendaient. Cet Athénien [Xénophon], au lieu d'aller secourir sa patrie accablée alors par les Spartiates, se vend encore une fois à un petit despote étranger, volt. Dict. phil. Xénophon. Il 10' Fig. Aliéner sa liberté morale pour de l'argent ou autres avantages. Je me privais de lui sans me vendre à personne, corn. Othon, iv, 3. A l'injuste Atlialie ils se sont tous vendus, rac. Athal. I, 2. Madame, lui dis-je [à la duchesse du Maine], je me suis donnée à vous, et je ne m'y vendrai pas; Votre Altesse peut disposer de moi comme il lui plaira, staal, Hém. t. m, p. 9». Dans tout gouvernement despotique on a une grande facilité à se vendre , montesq. Bsp. xv, 6. Prêt à me vendre au ministère. Pour loi je ne puis plus chanter, bérano. Poète de cour. Où la corruption est-elle parvenue !... Deux hommes ce matin viennent me visiter : L'un pour se vendre à moi, l'autre pour m'acheter, c. delav. la Popularité, IV, 3. Il Se vendre à un parti, se livrer à un parti par des vues intéressées. || 11° Se trahir l'un l'autre. Ils se sont vendus les uns les autres. Il 12° Il se dit d'une femme qui se livre pour de l'argent. Il y a telle fille qui trouve à se vendre, et ne trouverait pas à se donner, chamfort, ilax. et pensées, vi. || Proverbes. Femme qui prend se vend. Il Ce n'est pas tout que de vendre, il faut livrer, il ne suffit pas de promettre, il faut tenir, il ne suffit pas de former un projet, il faut avoir les moyens de l'exécuter. || Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir mis par terre, voy. ours. || Marchandise qui plaît est à demi vendue.

— HIST. XI' s. E nous defendun que l'om christien fors de la terre ne vende, Lois de Guill. it. En Saraguce sa maisnée [de Charlemagne] [il] alat vendre [trahir], Ch. de Roi. cviii. Ainz que il moergent [meurent], il se vendrunt mult cher, tb, cxxv. Il XII' s. Vendus |il]noiisapar maie traîson. Ronc. p. 48. Sempres morrai , mais cher me sui venduz, tb. p. 93. Et je sui si siens quites ligement, Que tout [elle] me puel ou engager ou vendre, Couci, v. || xm' s. Uns homs ne se devroil jà prendre A famé qui sa char vuet vendre, la Rose, 4680. Se Tybert l'eûst atcndu, Il li eiist moult chier vendu L'estrif que li chien li ont fait, Ren. 29»o. Services et consaus poent bien estre vendu, mais ce ne poent ne ne doivent estre li jugement, beauhan. v, 2(. Jehans eust dit au vendre : je voz vent dix muis.... 10. xxvi, 3. Ilxiv s. Tel y ot qui disoit : Dieux, veilliez nous aidier ! Je croi qu'on nous voudra ce vin vendre bien chier, Cuescl.»2C. || xv's. Bataille et assaut sur mer sont plus durs et plus fors que sur terre ; car là ne peut on reculer ne fuir; mais se faut vendre et combattre, et attendre l'aventure, proiss. I, I, (22. Plus n'en dy, mieux vault que me taise; Car j'en ay à vendre et revendre ; Ung chascun doit son fait entendre , CH. d'orl. Rondeau. ||ivi* s. Bien résolus de mourir vaillamment, et de vendre leur mort bien chèrement, amyot, Pélop. t9. La première fois qu'il fut amené pour vendre [être vendu] comme esclave à Rome, lo. Crass. U. Les traistrcs qui vendent leur pals se vendent eulx mesmes les premiers, id. Démosth. 46. Cil pain faut, tout est à vendre, cotgbave. Un quartier fait l'autre vendre, id. Qui vend le pot dit le mot, LoisEL, Instit. coût, m, iv, (.

— ÊTYM. Bourg, vanre; wall. veind; prov. cendre; esp. vender; ital. vendere; du lat. lendere, qui est une contraction de cenum-dare(voy. vénal).

VENDREDI (van-dre-di), t. m. Le sixième jour de la semaine. J'attends toujours les vendredis avec impatience, c'est le jour de vos lettres; Saint-Pavin avait fait un jour une épigramme sur les vendredis, qui était le jour qu'il me voyait chez l'abbé; il parlait aux dieux, et finissait: Multipliez les vendredis. Je vous quitte de tout le reste, sév. »4. Cet homme se tourmentera jour et nuit pour une misérable passion; ouïr une messe, entendre un sermon, jeûner un vendredi pour ses péchés, il ne le peut, flécii. Sermons, Pentecôte. Le curé de Saint-Méry.... le fai^iant condamner [un bourgeois de Paris] à faire amende honorable, uo

YEN

VÉN

dimanche, à la porte de la paroisse, pour avoir mangé de la viande le vendredi, st-foix, Ess. Paris, Œiiv. t. m, p. 302, dans pouoens. Tous ceux [préjugés] qui ne viennent pas de la sensibilité, sont ridicules, comme la croyance que le vendredi est un jour malheureux, genlis, Veill. duchdt. t. ii, p. 441, dans POUOENS. {| Le vendredi saint, le vendredi de la semaine sainte. On a dit aussi : le j;rand vendredi. || Laid comme le péché du vendredi (du vendredi saint). |{ Fig. et familièrement, courir à une chose comme le vendredi aux tripes, y répugner, ne pas la faire volontiers. || Fig. Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera [c'est-à-dire souvent la tristesse succède à la joie en fort peu de temps], RAC. Plaid. I, l.

— HIST. XII' s Li jurs del Noël fu cel an par vendredi. Th. le mart. ns. ||xin's. A Paris la cité fj'Jestoie unvenredi, Berte, i. Pour ce qu'il ert [était] divenres.... ib. En cest estor conquist Charnaige Qu'en [on] mangera lait et fromage Le vendredi communément, Et le samedi ensement, BARBAZAN, FabUaux, t. IV, p. 98 {Bataille de Charnaige et de Carême]. Reproche pardurahle leur dona Dieux, que par le fondement d'arrières sanioient [saignaient] par lunoisons; et si font encore li Jui le venredi de la croiz aorée [le vendredi saint], Psautier, (° 90. ||xiv' s. Un annel d'or.... et le porte le roy communément les vendredi, DE LABORDE, ÉmaUX, p. B35.

— ÊTYM. Berry, venerdi, venredi, venderdi; wallon, verdi; bourguig. varedi ; picard, verdi; provenç. venre, vendre, divenres; espagn. viernes; ital. venerdi; du lat. Veneris dies, jour de Vénus.

VENDU, CE (van-du, due), part, passé de vendre. Il 1° Un cheval vendu fort cher. || Fig. Tant de pécheurs vendus au péché, bourdal. Serm. )9* dim. après la Pentecôte, Domin. t. iv, p. t74. Il 2" Fig. Que l'on paye cher, en parlant de choses morales. Que cette joie est courte, et qu'elle est cher vendue! corn. Mélite, ii, 7. || 3' Fig. Qui a par intérêt aliéné sa liberté morale. Que vois-je autour de moi que des amis vendus. Qui sont de tous mes pas les témoins assidus.... rac. Brit. i, 4. Chavigny, vendu de tout temps au ministre, genlis, Ulle de la Fayette, p. H2, dans pougens. Monstrelet était, à la vérité, un historien contemporain; mais il était vendu à la faction du duc de Bourgogne et au parti du roi d'Angleterre, boissy d'anglas, Instit. Mém. hist. et lilt. anc. t. iv, p. B7i. Il 4° Fig. Trahi , dénoncé. Les secrets des tyrans me sont déjà vendus, volt. Fanât, n, 6. || h' S. m. Un vendu, un remplaçant militaire à prix d'argent.

VEXÉ, ÉE (ve-né, née) , part, passé de vener. Viande venée, viande mortifiée. || Voilà de la viande qui est un peu venée cette viande commence à se gâter, à sentir.

VÊN'ÉFICE (vé-né-fi-s'), s. m. Terme d'ancienne jurisprudence. Crime d'empoisonnement par suite de sortilège.

— Rtym. Lat. veneficium, de venenum, venin, et facere, faire.

VENELLE (ve-nè-l'), s. f. Petite rue. Cet animal, irrité, ainsi qu'un taureau furieux à qui l'on ouvre la barrière, enfila la venelle, et, me passant entre les jambes, m'enleva de terre, lesage, Guzm. d'Aif. m, 12. || Ce terme, vieilli et employé encore en Normandie, n'est resté usité que dans cette locution figurée : Enfiler la venelle, prendre la fuite. J'enfile la venelle; et, tout léger d'effroi, Je cours un fort long temps sans voir derrière moi, RÉGNIER, Sat. xi. Et le cheval, qu'à l'herbe on avait mis. Assez peu curieux de semblables amis (loup, renard]. Fut presque sur le point d'enfiler la venelle, la font. Fabl. xn, (7.

— HIST. xiii* s. Laquaus [laquelle] maisuns se tient d'une part à la venele Saint Sauveor, Bibl. des ch. 3' série, t. v, p. 88. ||iv' s. Le suppliant se tourna en une venelle entre deux maisons, DU GANGE, venella. La suppliant mist son enfant tout mort en la venelle de son lit, ID. ib. La veuille ou ruelle du lit, id. ib.

— ÊTYM. Génev. veniule; Berry, vane, vanne, ruelle; bas-lat. tenella dans un diplôme de 848 (GRANDGAGNAGE, Noms vallons). Du Cange y voit un diminutif de »eno, veine, pris figurément. Cela est appuyé par le genevois veniule, et par le bas-latin venula, venelle, dans un texte cité par du Cange. Courtépée , Descrip. du duché de Bourgogne , p. 606, prétend que enfiler la venelle vient de ce que, en U37, les écorcheurs rôdant autour de Selongey et de Gémeaux, localités oii passe une petite rivière dite la i'enelle, les habitants les pourctiassèrent jusqu'à un défilé fort étroit, ne sa

sauvant que ceux qui se jetèrent dans la Venelle. Mais c'est là, comme il arrive si souvent, une historiette inventée pour expliquer une locution. Venelle, sans compter les textes du bas-latin, se trouve dès le xni* siècle; et enfiler la renelle ou la ruelle a pu se dire sans qu'il y ait besoin des écorcheurs.

VÉNÉNEUX, EDSE (vé-né-neû, neû-z"), adj.

Il 1" Qui agit comme poison sur l'économie animale, en parlant de substances végétales. Le suc de la ciguë est vénéneux. Les champignons vénéneux. L'odeur, la saveur et la propriété vénéneuse de beaucoup de plantes sont dues à des substances huileuses et résineuses, fourcroy, Instit. Mém. seienc. 1807, 2" sem. p. 223. || 2° Se dit aussi de matières inorganiques. Le cuivre forme des sels vénéneux. Toutes les préparations de plomb sont vénéneuses. || 3" Il se dit encore de la chair devenue poison par suite d'altération. On ne pourrait sans danger se nourrir de ces chairs vénéneuses. Il 4° Animaux vénéneux, ceux qui, ingérés comme aliments, agissent sur l'économie à la manière des poisons, par opposition à animaux venimeux, ceux qui portent un venin.

— HIST. XVI' s. Il faut donner issue à la matière virulente et vénéneuse [du panaris], paré, VI, 2). Les picqueures de bestes vénéneuses, id. VI, 22. Les aiguillons de la vive sont vénéneux, principalement ceux qui sont au bout de ses ouyes, ID. x.xra, 40.

— ÊTYM. Provenç. renenos; espagn. et ital. venenoso; du lat. venenosus, de venenum, venin.

t VÊXÉNIFÈRE (vé-né-ni-fè-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte du venin ou du poison.

— ÊTYM. Lat. venenum, venin, et ferre, porter, t VÉNÉNIFIQCE (vé-né-ni-fi-k') ou VÉNÉNl-

PARE (vé-né-ni-pa-r') , adj. Qui fait le venin. Glandes vénénifiques ou vénénipares.

— ÊTYM. Lat. venenum, venin, et facere, faire, ou parère, produire.

t VÊNÉNOSITÉ (vé-né-nô-zi-té), i. f. Qualité de ce qui est vénéneux.

— HIST. XVI" s. Et advient ladite délitescence souventes fois par la venenosité de la matière,

paré, V, 3.

— ÊTYM. Vénéneux.

VENER (ve-né. La syllabe ve prend un accent grave, quandla syllabe qui suit est muette : je vène, je vénérai), v. a. En parlant des animaux domestiques, chasser, courre une bête pour en attendrir la chair. Vener un bœuf, un mouton, jj Faire vener de la viande , la faire mortifier.

— HIST. xvi* s. Vieil coq vené et préparé, paré, XIV, 22.

— ËTYM. Lat. venari, chasser. Vener est ici pris dans un sens particulier. L'ancienne langue en usait dans son sens pleinement latin : xii' siècle : Et veltres [chiens] por vener, Ronc. p. 7.

VÉNÉRABLE (vé-né-ra-bl'), adj. \\ 1' Digne de vénération. Éléazar l'un des premiers d'entre les docteurs de la loi, qui était un vieillard d'un visage vénérable, saci. Bible, Machab. ii, vi, (8. Il y a deux choses dans les vérités de notre religion ; une beauté divine qui les rend aimables et une sainte majesté qui les rend vénérables, pasc. Prov. XI. Il [M. de Montausier] prit une profane nouveauté [le calvinisme] pour la vénérable antiquité de l'Église, fléch. Duc de Mont. Quand j'approchai de ces vieillards que l'âge rendait vénérables, sans leur ôter la vigueur de l'esprit, fén. Tél. V. Nous eiimes le bonheur de voir le vénérable Massillon, marmontel, Mém. i. || Titre d'honneur qu'on donne aux docteurs en théologie dans les actes publics. Fut présent discrète et vénérable personne, un tel, docteur en théologie. Il Lieu, monument vénérable, lieu, monument consacré par la religion, ou par de grands souvenirs. Il 2"' S. m. Celui qui préside une loge de francs-maçons.

— HIST. xvi' s. Trahir nature et mépriser les cieux. Et résister à leur loi vénérable, rons. Élég. 17. Ce port et ce vénérable maintien [d'Alexandre], soufas un visage si jeune, vermeil et flamboyant, MONT, m, 192.

— ÊTYM. Prov. et es]t. vénérable ; ital. venerabile; du latin, veneraiilis, de venerari, vénérer.

t VÉNÉRABLEMENT (vé-né-ra-ble-man), adv.

D'une manière vénérable.

— HIST. XVI' s. Les raisons divines se considèrent plus venerablement et reveramment seules, qu'appariées aux discours humains, mont, i, 401.

t VÊNÉRATEUR (vé-né-ra-teur), t. m. Celui qui vénère, ô grands vénérateurs de ce saint mystère

[l'eucharistie] dont le zèle s'emploie à persécuter ceux qui l'honorent par tant de communions saintes, et à flatter ceux qui le déshonorent par tant de communions sacrilèges I pasc. Proo. xvi.

— ÊTYM. Latin, veneratorem, de venerari, vénérer.

VÉNÉRATION (vé-né-ra-sion ; en vers, de cinq syllabes), t. f. Il 1" Grand respect joint à une sorte d'affection. La reine, heureuse par sa naissance et par la vénération de tous les peuples, ne voyait rien su' la terre qui ne fût au-dessous d'elle, Boss. .Jfor.- Thér. Rendre par un décret public, à la Grèce si longtemps captive, la liberté à laquelle elle ne pensait plus; par ce moyen répandre d'un côté la terreur et de l'autre la vénération de leur nom [dos Romains], id. Hist. m, 6. Les musulmans ont une grande vénération pour Abraham, qu'ils appellent Ibrahim, volt. Dict. phil. Abraham. J'avais pour Mme Necker la plus sincère vénération; car je n'avais vu en elle' que bonté, sagesse et vertu, MARMONTEL, Mém. X. La vénération est le fruit particulier d'une haute considération, genlis. Maison rust. t. Il, p. 172, dans pougens. || 2" Particulièrement, respect qu'on a pour les choses saintes. Exposer des reliques à la vénération des fidèles. Les païens avaient de la vénération pour des bois, des fontaines, desc. Pass. 162 La vénération qu'a l'Église pour une doctrine si sainte, pasc. Prov. xviii. Le Pentateuque demeura toujours en vénération dans les tribus séparées, boss. Hist. i, 8. Les exemplaires ainsi revus par autorité publique étaient en singulière vénération à tout le peuple, id. Hist. H, 3.

— SYN. RESPECT, VÉNÉRATION, BÉVÉHENCE. Le

respect est le terme général. La vénération est un grand respect joint à l'affection. La révérence est un grand respect mêlé de crainte.

— HIST. XII' s. Li reis vit le altel à sun repair, e veneracion !i fist; si i fist ses oblaciuns o ses sacrefises. Rois, p. 399.

— ÊTYM. Latin, venerationem, de venerari, vénérer.

VÉNÉRÉ, ÉE (vé-né-ré, rée), part, passé de vénérer. Un prince vénéré.

VÉNÉRER (vé-né-ré. La syllabe né prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je vénère, excepté au futur et au conditionnel : je vénérerai, je vénérerais), v. a. \\ l" Avoir de la vénération pour. Il est vénéré de tout le monde. Je vous vénère comme mon second père. 112" Particulièrement. Porter honneur, en parlant de ce qui est objet de religion. Vénérer les saints, les reliques. On voit les Perses, plus excusables que leurs voisins, vénérer dans le soleil une image imparfaite de la divinité qui anime la nature, volt. Philos. Prof, foi théiste, superst.

— ÊTYM. Latin venerari, de même radical que Venerem (voy. venus).

VÉNERIE (vé-ne-rie), s. f.\\l' Art de chasser aux chiens courants. Entendre bien la vénerie. 112° Tout ce qui concerne la chasse. Les anciennes langues ont fort peu de termes de vénerie en comparaison de la nôtre, bouhol'rs. Entretiens, n. Il 3' Collectivement. Officiers de chasse de la maison du souverain. || C'est aussi l'équipage de chasse. || 4* Lieu destiné à loger les officiers et l'équipage de la vénerie.

— HIST. ivi* s. Les lieutenans, picqueurs et tous autres officiers et valets de sa vannerie, carl. IV, B. Quant à la vénerie qui est proprement la chasse à toutes les bestes sauvages, mais le plus communément s'entend de la chasse aux bestes rousses, ou fauves, et aux noires, H. est. Précellence, éd. feugère, p. 1I7.

— ÊTYM. Vener, dans l'ancien sens de chasser, du latin venari.

VÉNÉRIEN, lENNE (vé-né-riin, nè-n'), adj. Il 1° Qui a rapport au rapprochement des sexes. Acte vénérien. Vénus est un nom charmant, vénérien est abominable, volt. DtcJ. phil. Langues. Il 2° Maladie vénérienne, mal vénérien, affection contagieuse qui résulte d'un commerce impur. Ce fut seulement en ib27 que l'épithète de vénérien» fut appliquée par Jacques de Béthencourt aux maux dont les parties génitales peuvent être atteintes. Il Aujourd'hui, vénérien n'est plus synonyme do syphilitique; il se dit des affections qui, contractées par le coït, n'ont pas de caractères spécifiques, et ne donnent pas lieu aux accidents secondaires, tandis que les affections syphilitique» donnent lieu aux accidents secondaires et ont de» caractères spécifiques. |! 3*5. m. Personne affectée de la maladie vénérienne. L'hôpital des Vénériens.

VEN

ÉTYM. xTi* 8. Mes caractères [un amulette

sphrodisiaque que Montaigne recommande par plaisanterie] se trouvent plus vénériens que solaire», MONT. 1, 96. Quelques chancres et maladies vénériennes, u'aub. Ilist. ii, «24.

— ÊTYM. Lat. Venus, Veneris, Vénus (voy. ce mot).

t VENET (vo-nè), s, m. Nom d'une sorte de filet qui consiste en une rangée demi-circulaire de petits piquets soutenant un filet, et qui, ayant son ouverture vers la côte, relient à marée descendante les plies et autres menus poissons (côtes du Calva dos;. Les mailles des bas parcs, ravoirs, courtines et venets auront deux pouces en carré, et ils seront attachés à des pieux plantés à cet effet dans les sables, sur lesquels le rets sera tendu sans qu'il y puisse être enfoui, Ordonn. aoiit 168).

— HIST. IV* s. Le suppliant ala en la mer pour tendre un filé nommé venet, pour prendre les poissons, DU CANGE, venetum.

VENETTK (ve-nè-f), t. f. Terme bas et populaire. Peur, inquiétude, alarme. Quelle venette il 41 eue 1 On lui a donné une furieuse venette.

— ÉTYM. Dimin. de l'anc. franc, vene, vesne, vesse.

VENEUR (ve-neur), ». m. Celui qui est chargé de faire chasser les chiens courants. Les veneurs, pour ce coup, croyaient leurs chiens en faute, la FONT. Fabl. V, (6. Il Grand veneur, celui qui commande à toute la vénerie du roi. || Proverbe. C'est le bon veneur qui fait la bonne meute.

— HIST. xiii* s. Od [avec] lui furent si veneor. Lai de Melion. Se li cers est duqu'à la rois menés, Li venerres qache [chasse] trop nichement. Puis k'est es las, se l'en laist eskaper. En chel espoir qu'il doive retourner. Ane. poés. franc. Vatie. f* » 67, dans LACURNE. Il XV" s. X celle chasse furent les deux rois et leurs veneurs, fhoiss. n, u, 4*. Il XVI* s. Et estoit ce logis voué et dédié pour le grand vaneur de France, et tout son attirail de chasse, carl. iv, 6. U faut que le jeune gentilhomme que l'on veut rendre bon veneur, soit bien sain, dispost et de belle taille, qu'il ait l'esprit bon et notamment le jugement prompt et vif, CHARLES IX, Chasse roy. xx. C'est une chasse où le veneur est pris, cotghave.

— ÉTYM. Provenç. venaire, venador; du latin venatorem, de venari, chasser. Venere en français, venaire en provençal, est le nominatif; veneor, venador est le régime.

VENEZ-Y-VOIR (ve-né-zi-voir) , t. m. Voy. tenir. 4. VENGÉ, ÉE (van-jé, jée), part, passé de venger. Dont on a tiré satisfaction. Injure vengée. L'amour le mieux vengé, quelle que soit l'offense, Est souvent le premier à pleurer sa vengeance, CRÉBILL. Catil. 11, (. Satan se croit heureux, si Satan est vengé, delille, Parad. perdu, ix.

I 2. VENGÉ (van-jé), s. m. Pterocarpus marsupium, arbre de l'Inde qui fournil le kino.

VENGEANCE (van-jan-s'), ». f. || 1° Peine causée i un offenseur pour la satisfaction personnelle de l'offensé. La vengeance éloignée est à demi perdue; Et, quand il faut l'attendre, elle est trop cher vendue, cobn. Pomp. iv, 4. La vengeance procède toujours de la faiblesse de l'àme, qui n'est pas capable de supporter les injures, la nocREFOUc. Maximes, au moi vengeance. Au jour de la vengeance je visiterai et punirai ce péché qu'ils ont commis, saci, Bible, Exode, xxxii, 34. Le ciel, qui semblait suspendre en faveur de la piété de la reine la vengeance qu'il méditait, commença à se déclarer, boss. Reine d'Anglel. Que sera-ce, quand, en contentant nos impudiques désirs, en assouvissant nos vengeances el nos secrètes jalousies..., ID. Mar.-Thér. L'ambition déréglée, la douceur cruelle de la vengeance , l'amour désordonné du plaisir, ID. Sermons, Véture, Mlle de Bouillon, î. On aime la vengeance, qui est criminelle; mais on l'aime parce qu'on croit que l'honneur y est engagé, et non pas parce qu'elle est criminelle, hOVRDkL. Pénitence, 2* avent, p. 460. J'ai lu dans ses regards[de Mithridate] sa prochaine vengeance, rac. Mithr. IV, 2. Je suis Espagnol, rien ne me semble si doux que la vengeance, lesage. Diable boit. a. J'avoue que, depuis que je suis vengé, je ne me trouve pas plus heureux ; et je sens bien que l'espoir de la vengeance (latte plus que la vengeance même, montbsq. Arsac. et hmén. Avec votre égal la vengeance est douteuse ; avec votre supérieur, c'est une folie; avec votre inférieur, c'est une lâcheté, DiDER. Claude et Nér. ii, 48. Seul bien des malheureux, l'espoir de ia vengeance, laiiarpe, tVarwick, i, 4. La Vengeance est boiteuse, elle

VEN

vient à pas lents, Hais elle vient, v. uuoo, Hernani, ii, s. || Demi-vengeance, vengeance incomplète. Je n'aime ni les demi-vengeances, ni les demi-fripons, volt. Variantes de l'Écossaise. || La vengeance de quelqu'un, l'action de le venger. Ma Chimène.... Ma main seule du mien [pcre] a su venger l'offense, l'a main seule du lien doit prendre la vengeance, corn. Cid, m, 4 Je mourrai conlent, quand nous aurons joint la vengeance des Sirven à celle des Calas, volt. Leit. Damilaville, M janv. (767. || Tirer vengeance, prendre vengeance, se venger. Dan» une telle offense J'ai pu douter encor si j'en prendrais vengeance, CORN. Cid, III, 4. Dieu.... tira une vengeance éclatante d'Aman leur ennemi [des Juifs], BOss. Ilist. 11, 6. Il On dit dans le même sens : faire une vengeance de. El je prétends faire de lui une vengeance exemplaire, mol. Scapin, m, 7. || Vengeance I se dit par exclamation et signifie : vengeons-nous! Il Crier, demander vengeance, mériter d'être vengé. Le sang d'Abel demande vengeance, et le sang de notre Sauveur fait descendre la miséricorde, BOSS. Panég. St Paul, 2. Tant de sang mêlé à celui des prophètes qu'ils onl massacrés, crie vengeance devant Dieu, m. Hitt. ii, 8. || En un sens contraire, crier vengeance, mériter d'Être puni. Il est vrai que cela crie vengance contre l'École des femmes, mol. Critique, 5. N'est-ce pas une chose qui crie vengeance que de voir l'inhumanité avec laquelle ces pauvres femmes. ..T GHERARDi, Thédt. ital. t. II, p. <<2. lia* Désir de se venger. Il a toujours la vengeance dans le cœur. Elle lui pardonna son crime.... tant elle était audessus de la vengeance aussi bien que de la crainte, Boss. Reine d'Anglet. \\ 3* Punition d'un acte coupable. Où en sont donc les impies, et quelle assurance ont-ils contre la vengeance éternelle dont on les menace? id. Anne de Gonz.

— REM. Vengeance a une signification active et passive. Dans cette phrase de J. J. Rousseau, vengeance a le sens actif et signifie la vengeance exercée par : Pour éteindre en moi tout désir de vengeance, il m'eût suffi de pouvoir me venger, Promen. 6. Mais dans celte phrase de Bossuel, vengeance a le sens passif el signifie la vengeance subie par : Les Amorrhéens dont Dieu commit la vengeance aux Israélites, Hist, ii, .1.

— HIST. xi* s. Mult grant venjance en prendrai l'emperere, Ch. de Roi. cxi. Quant l'empereres ad faite sa venjance, ib. ccxci. || xii* s. Membre tei [souviens-toi], sire, de Deu nostre Seignur, que li parent ne facent venjance e qu'il ne ocient mun fiz. Rois, p. 109. Ami, lai [laisse] la venjance el je le vengerai, st bern. p. 522.||xiii* s. Car quant Dex fist de vous élection [roi] Et seigneur de sa venjance, Bien défissiez monstrer vostre puissance, QUËSNEs, Romancero, p. loo. Tous jors est venjance mauvese, la Rose, 7038. Qu'il sacent que le [la] vengance doit eslre prise de cascun mcffet, BEAUMAN. XXX, ). || xiv S. La venjance est droituricrement faite, se celui qui a mal fait souffre et reçoit telz malz corne il a fait, oresme, Éth. 150. Il n'est nulle si grant vengence que de vieil home, Ménagier, i, o. || xv« s. Dont la vengence i Dieu crie, Kigilei de Charles YII, t. Ii, p. (79. Il xvi* s. Ce n'estoit point par appétit de vengeance qu'il le faisoit, amyot, Artax. '. Hz eurent ainsi le moyen de veoir la vengeance [punition] de Tisaphernes qui esloil un mauvais homme, id. Agés. (0. La vengeance divine, qui ne laisse ny les faicts ny les dicts insolents des hommes impunis, id Phitop. 3(. Qu'il jun roi] les face [vos fils] les ministres de ses convoitises, les exécuteurs de ses vengeances, la boétie, Servit, vol. La vengeance, au teint noir, palissant. Qui croisl et qui devient plus forte en vieillissant, d'aub. Tragiques, édit.

LALANNE, p. (36.

— ETYM. Vengeant. Wallon, ceinffeonss ; provenç. v^njansa; espagn. venganxa; ital. vengianxa. L'ancienne langue disait aussi vengison, vengement.

VENGER (van-gé. Le g prend un e devant a et o : vengeant, vengeons), v. a. || !• Tirer vengeance, en parlant soit des choses dont on a satisfaction, soit des personnes offensées. C'est un fils qui venge son père, mais c'est sur sa mère qu'il le venge, CORN. 2* dise. trag. Quand la perte est vengée, on n'a plus rien perdu, id. 7/or. iv, 5. J'ai reçu une Irès-aimable lettre du coadjuteur: il se plaint extrêmement de vos railleries; il me prie de le venger, sév. 628. Charles II est reconnu, et l'injure des rois a été vengée, boss. Heine d'Anglet. Dieu.... résolut de venger sur eux le sang de Naboth, m. Bitt. i, a. Elle seule [la

satire].... i l'aide d'un bon mol Va venger la raison des attentais d'un sot, boil. Sat. ix. J'ai vengé l'univers autant que je l'ai pu, bac lîithr. V, i. Tous ces efforts jaloux Qu'excite une infidèle La vengent mieux de nous Qu'ils ne nous vengent d'elle, ]. B. Rouss. Cant. I2. La philosophie fait aimer la vertu en faisant délester le fanatisme ; et, si j'ose le dire, elle venge Dieu des insultes que lui fait la superstition, volt. Lett. Servari, avril 1768. La statue qu'on lui a dressée [à Erasme] dans la place de Rotterdam sa patrie, l'a vengé de Luther et de l'inquisition, id. Mél. litt. Lett. au pr. de'", «. Tamerlan vengea l'Inde de ce brigand couronné [Mahmoud] ; mais qui la vengea de Tamerlan? ID. l'ol. et lég. Fragm. Inde, 32. j] 2" Faire réparation à quelque chose qui a été offensé, violé. Pour venger son honneur il perdit son amour, corn. Cid, v, t. J'ai vengé le droit des roise; de toutes les puissances souveraines; car elles sont toutes également attaquées, boss. 6* aiert 49. Seul, d'un honteux affront votre frère blessé A-t-il droit de venger son amour offensé? rac Iphig. IV, 6. Il 3* Infliger une punition. Notre Dieu est un, infini, parfait, seul digne de venger les crimes el de couronner la vertu, boss. Ilist. ii, 4. Ils [les dieux] onl fait servir Achille à abattre les murs de Troie pour venger le parjure de Laomédon et les injustes amours de Paris, fén. Tél. xix. Il 4' Être, en parlant de choses, une cause de punition, de vengeance. Les vices des Romains onl vengé l'univers, VOLT. Borne lauu.i, o. || 5'Fig. Faire compensation, réparation. Venge cette querelle, et justement sépare Du cygne d'Apollon la corneille barbaje, réonier, Sat. u. Le culte peut encore être fiiéprisé en secret par l'impie, mais il est vengé du moins par la majesté de la décence publique, MASS. Pet. carême, Exempl. des gr. X moins que ce ne soit offenser l'État, que de s'intéresser, quand on est riche, à la personne la plus digne qu'on la secoure et qu'on la venge de ses malheurs, mariv. Marianne, T part. L'éléphant, pour venger sa grossière structure. De la raison sublime obtint quelques rayons, delille, Trois régnes, viii. || 6* Se venger, t>. réft. Tirer vengeance. Qui se venge à demi court lui-même à sa peine; Il faut ou condamner ou couronner sa haine, corn. Rodog. y, I. Le Seigneur se venge de ses ennemis, et fl se met en colère contre ceux qui le baissent, SAQ, Bible, Nahum, i, 2. Le vainqueur [le roi de Suède] se venge sur le Danois, dont la soudaine invasion l'avait rappelé, boss. Anne de Gonx. C'est par faiblesse qu'on hait un ennemi, et que l'on songe à s'en venger, et c'est par paresse que l'on s'apaise et qu'on ne se venge point, la bruy. it. Pour savoir se venger il faut savoir souffrir, volt. Mérope, V, 4. De grâce, ne me citez point M. de Funtcnelle; il n'a jamais été attaqué comme moi, et il s'est assez bien vengé de Rousseau [Jean- Baptiste], en sollicitant plus que personne contre lui, ID. Ittt. d'Arijental, 6 févr. (739. Une femme résisla-l-elle jamais i la douceur de se venger? riccoboni, Œuv. t. VI, p. 78, dans pougens. || Se venger à, avec un infinitif, se venger en faisant ce dont il s'agit. Je me vengeais à en médire [de la cour], comme Montaigne de la jeunesse, sÉv. 3) mai 1 080. J'ai un crayon, et je me venge à marquer [en lisant l'^n'onùmedu P. Maimbourg] des traits de jésuite qui sont trop plaisants, id. 28 juin. (680.

— HIST. XI' s. Si vengez cels que li fels [le cruel] fist ocire, Ch. de Roi. xiv. Car chevalchez, vengez ceste dolur, ib. CLXXiv. S'or n'i ferez [si vous n'y frai)pcz à présent] pur venger vostre hunte, ib. CCLVIII. Venget [je] m'en sui [de Roland], mai; n'i ad traisun, ib. cclxxiv. || xii' s. Je ne m'en sai vengier, fors au plorer, Coud, vi. Du vangier vous semont vostre empereres d'Ais, Sax. xv. Treslut mun lignage ad et mun règne avillié ; Li duels [deuil] m'en vaital cuer : nuls ne m'enavengié. Th. le mart. I34.||xiii' s. E si li vingt sol n'esteient rendu à larequeste de mei ou de mes hers [hoirs], leirel [il serait permis] moi ou mes hers venger sur les chouses de la ville de Fonlsecbe, tant que mi ou mi ber aguissem [eussions] lo dit cens, Bibl. des ch. 3« série, t. v, p. 86. Ses félons cuen l'art el detrcnche. Qui de li Dieu et la genl venche, lo Rose, 266. Lors se sot bien Amors vengier Du granl orguel et du dangier. Que Narcissus li ot mené, ib. (497. N'a pas soi bien vengié qui maladie en prent ; Ainz fait d'un domaige deux, Ce dit li vilains, Prov. du comte de Bret. ms. de St- Germ. f ((4, dans lacuhne. || xiv s. Car qui se vuel de tous vengier. Son pain ne puet en paie

VÉN

VEN

VEN

maagicr, machaut, p. **». ||xv' s. Je m'en voys icy à ung hermite, pour moy venger [guérir] d'une enfermeté que j'ay, Perceforest, t. ii, f° 42. Par ma foy, dist Passaiien, tel cuyde bien venger son blasme, qui l'accroist, 16. t. iv, f' )07. Il XVI' s. 11» arresterent que sans aucun delay il falloit venger ceste mort, amyot, Phil. se. Se venger sur soy mesme du mal que.... mont, i, 21. Les dieux vengèrent [punirent] cette perfide subtilité, ID. I, 27.

— ÉTYM. Wallon, vcingt; provenç. venjar, vengar; espagn. rengar; porlug. vingar ; ital. vengiare ; du 1,-it. vindicare (voy. venmqueb).

VENGEUR, GEItESSE (van-jeur, je-ré-s'), s. m. et /■. Il 1° Celui, celle qui venge, qui punit. Misérable vengeur d'une juste querelle, corn. Cid, i, 9. Fidèles dépositaires des lois, et implacables vengeurs de leur sainteté méprisée, Boss. le Tellier. David a recours à Dieu comme à son unique vengeur, id. 5" avert. 30. Britannicus mourant excitera le zèle De ses amis, tout prêts à prendre sa querelle; Ces vengeurs trouveront de nouveaux défenseurs Qui, même après leur mort, auront des successeurs, hac. Brit. iv, 3. Roi , voilà vos vengeurs contre vos ennemis, m. Alhal. iv, 3. On accusa son entreprise [de Charles-Quint, sur Alger] de témérité; mais, s'il eût réussi, comme à Tunis, on l'eiit appelé le vengeur de l'Europe, VOLT. Ann. Emp. Charles-Quint, (541. Boileau, critique peu sensible, mais judicieux et solide, ne fut pas le restaurateur du goût; il en fut le vengeur et le conservateur, mahmontel, Œuv. t. :v, p. 4)7. Némésisl Néraésis! lève-loi, vengeresse I V. Huoo, Châtiments, m, )5. || Quelqu'un qui se venge de nous. Lui mort [Auguste], nous n'avons point de vengeur ni de maître, corn. Cinna, i, 3. Il i° Adj. Qui venge, qui punit. Fuyez de devant l'épée qui vous menace, parce qu'il y a une épée Tengeresse de l'iniquité, saci, Bible, Joh, xix, 29. Dieu, dont le bras vengeur, pour un temps suspendu. Sur cette race impie est toujours étendu, bac. Athal. 1, 2. Les Furies vengeresses, envoyées par les dieux pour punir un crime si détestable, ROLLiN, Traité des Et. 11, 2. Condamner la guerrière vengeresse du trône [Jeanne d'Arc] au plus affreux des supplices, volt. Philos. Disc, de BeVleguier. ôtez aux hommes l'opinion d'un Dieu vengeur et rémunérateur, Sylla et Marius se baignent alors avec délices dans le sang de leurs concitoyens, id. Philos, i" homélie. Au sein de vos fausses prospérités les passions vengeresses punissent vos forfaits, j. j. rouss. Èm. iv. On ne fait point aux morts d'outrages impunis; Il est des dieux vengeurs près des tombeaux assis, p. lebrun, Ulysse, IV, 2.

— HiST. xn* s. Que tu destruies le enemi e le vengédur. Liber psalm. p. 8. || xiV s. Les furies vengeresses des horribles forfaiz, bercheube, f° 23, cerso. Il XVI» s. Une furie vengeresse du sang de son hoste qu'il avoit fait mourir à tort, amyot, Marins, n.

— ETVM. K«nger; provenç. venjaire, venjador; cat. venjador: espagn. vengador; ital. vengiatore.

VENIAT (vé-ni-af), s. m. Terme de palais. Ordre donné par le juge supérieur à un juge inférieur de se présenter en personne pour rendre compte de sa conduite. Il a reçu un veniat.

— ErvM. Lai. veniat, qu'il vienne (voy. venir). VÉNIEL, ELLE (vé-ni-èl, è-1'), adj. \\ !• Qui est

digne de pardon, en parlant des péchés légers qui n'entraînent pas la perte de la grâce, par opposition aux péchés mortels qui la font perdre. Cette attention toute seule qu'apporte une âme tiède à examiner si une offense est vénielle, ou si elle va plus loin, MASS. Carême, Tiéd. i.||Voy. péché, n* 2. Il 3* Il se dit dans le langage général et familier des fautes légères. Tout auteur qui s'érige un tribunal où ses confrères sont cités, doit s'attendre, quelque indulgent qu'il se montre, à être lui-même cité par eux, et rigoureusement jugé •ur les fautes les plus vénielles, d'alemb. Éloge L. Cousin.

— HIST. xiir s. Prelaz, li tiens estas est de perfeccion; Venial vice en toi te sunt perdicion J. DE MEUNG, Tett. 686. || XIV S. Et de mais voluntaires les uns sunt venials et dignes de pardon, et les autres non, ORESHE, Éth. t6». || ivi« s. Péché véniel est cupidité mauvaise sans consentement délibéré, laquelle ne repose point longtemps dedans le cœur, CALV. Inslit. 318. Ce qui est véniel à M. de Joyeuse ne nous doibt point estre mortel, lettre de DupUttis-Mornay à Montaigru, *» déc.

) 553, dans F. DE CONCHES, Causer, d'un cur. t. in, p. (is.

— ftTYM. Provenç. et espagn. venial; ital. veniale; du lat. venia, pardon.

VÉNIELLEMENT (vé-ni-è-le-man), adv. D'une manière vénielle. On ne peut qu'on ne pèche véniellement, richelet.

— HIST. XIV" s. L'exposant deist icelles paroles fors veniaument et simplement, sans penser à aucun malice, du canoë, venta.

— ÉTYM. Vénielle, et, le suffixe ment ; provenç. «eniiilmens; espagn. et ital. venialmente.

t VENIMÉ, ËE (ve-ni-mé, mée), adj. Blessé par un serpent venimeux. Le sang des animaux venimés est noir et chargé d'acide carbonique, par suite de l'asphyxie qui précède la mort. Revue de Paris, *" févr. isus. p. 469.

— ÉTYM. Venin, anciennement venim.

VENI-MECUM (vé-ni-mé-kom'), s. m. Voy. vade-

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