‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 236 sur 754 · MECUM · texte numérisé non relu

MECUM

— ËTYM. Lat. veni, viens, mecum, avec moi. VENIMEUX, EUSE (ve-ni-meii, meù-z'), adj.

Il 1* Qui a du venin, en parlant de certains animaux. Le scorpion est venimeux. Cerbère l'a versé; jadis ce monstre esclave Fit écumer sur lui sa venimeuse bave, rotr. Hercule mourant, iv, < . Il 2- Il se dit des choses infectées du venin de quelque animal. On dit que les herbes sur lesquelles le crapaud et la chenille ont passé sont venimeuses, Dict. de L'Académie. || 3° Fig. Qui a un poison moral. Propos venimeux. La lecture des écrits de Jean-Jacques m'a fait faire en même temps celle de ces venimeuses productions, qu'on a pris grand soin d'y mêler, j. j. ROUss. Dial. 3. Il Langue venimeuse, personne médisante.

— REM. Venimeux ne se dit bien maintenant que des animaux qui ont du venin, ou des choses qu'ils ont infectées de leur venin, tandis que vénéneux est réservé aux plantes qui ont un poison, mais cette distinction est récente; et auparavant venimeux se disait des plantes. Leurs flèches [celles des Crotoniates] sont trempées dans le suc de certaines herbes venimeuses qui viennent, dit-on, des bords de l'Averne et dont le poison est mortel, FÉN. Tél. X. Vos oignons et vos artichauts sont de très-bonnes choses; mais je ne vois pas quelle a été votre idée en couvrant la terre de tant de plantes venimeuses, à moins que vous n'ayez eu le dessein d'empoisonner ses habitants, volt. Songe de Platon.

— HIST. XIII* s. Le ferai dévorer as venimeus serpens qui conversent en terre. Psautier, f" 188. Car saluz ne vous ren je mie, Rous venimeus de pute foi, lien. <3637. Et par la plaie dolereuse De detraccion venimeuse, la Rose, 4963. || xiV s. Bestes venimeuses si com sont serpens et leur semblables, H. DE MONDEVILLE, f 80 biS, VerSO. || XV S.

Dyanira.... Quant la venimeuse chemise Luy bailla [à Hercule].... e. desch. Poésies mss, t' 507. Ces langues venimeuses, villon, Ballade. || xvi* s. Une rivière qui avoit l'eau froide et claire, mais elle estoit sallée et venimeuse à boire, amyot, Anton. 81. Il vaudroit beaucoup mieux s'eslongner d'une si venimeuse concorde, id. ib. 64. Ce feut cette venimeuse doulceur [de Jules César] qui envers le peuple romain sucra la servitude, la boétie, Servit, volont. Ce jour-mesme il sortit à ce bon roi une aposlume fort venimeuse au genouil droit, d'aub. Hist. m, 517.

— ÊTVM. Venin, qui, dans l'ancienne langue s'écrivant souvent tenim, a donné venimeux ; wallon, vilmeu; Berry,t)ar«neua; norm. velimeux; provenç. verenos, verinos; ital. velenoto.

t VENIMOSITÊ (ve-ni-mO-zi-té), i. f. Qualité de ce qui est venimeux.

— HIST. xiV s. Aucune fois est pure venimosité,

H. DE MONDEV. f* 87.

VENLV (venin; au xvil* siècle, plusieurs prononçaient velin, prononciation qui d'ailleurs était regardée comme fautive, marg. buffet, Observ. p. 137), s. m. Il 1" Liquide malfaisant que sécrètent certaines espèces de glandes dites vénénifiques ou vénéni pares chez quelques animaux, tels que la vipère, le scorpion, etc. qu'ils conservent dans un réservoir particulier, pour s'en servir comme de moyen d'attaque ou de défense, et qui, introduit dans le sang d'un autre animal, au moyen d'une morsure ou d'une piqiire, le tue plus ou moins promptement ou du moins le rend malade. Le venin du scorpion, de la guêpe. Venin subtil. Le venin de la vipère n'est pas un poison pour son espèce; il ne tue point les sangsues, les limaces, l'escargot, l'aspic, la couleuvre, l'orvet.

FOURCROY, Conn. chim. t. x, p. 320. || Fig. Je puise dans leurs yeux un venin amoureux, Régnier, Zîiot. Il Proverbes. Morte la bête, mort le venin, on n'a plus rien à craindre d'un ennemi lorsqu'il est mort. Il X la queue le venin, voy. queue < . || 2° Poison en général. J'ai su, par une longue et pénible industrie. Des plus mortels venins prévenir la furie, RAC. ifithr. iv, a. La poudre de diamant n'est pas plus un venin que la poudre de corail, volt. Louis XIV, 28. Il 3' Par extension, principe et action des maladies contagieuses. Le venin de la petite vérole. Boudin ...lui représentant [à Fagon, dans la variole du Dauphin] qu'eux médecins de la cour qui ne voyaient jamais aucune maladie de venin.... ST-SIM.293, 232. Il 4' Fig. Cequiest moralement comparé au venin matériel. Les langues ont toujours du venin à répandre, Et rien n'est ici-bas qui s'en puisse défendre, mol. Tart. v, 3. Celui qui est en colère et qui le dit, est préférable au traditor qui cache son venin sous de belles et douces apparences, sÉv. 1 2 janv. 1 678. Les écri ts où l'on m'avertit qu'il [Jurieu] répand sur moi tout ce qu'il a de venin, BOSS. Péf. Variât, i. Ainsi parle un esprit.... Qui, sous l'humble d'ebors d'un respect affecté. Cache le noir venin de sa malignité, boil. Sat. ix. Ai-je d'un style affreux Distillé sur sa vie un venin dangereux? ID. ib L'envie, qui verse son venin mortel autour d'elle, et qui se tourne en rage, dans l'impuissance où elle eit de nuire, fén. Tél. xvm. Depuis que je suis né, j'ai vu la calomnie Exhaler les venins de sa bouche impunie, volt. Tancr. m, 3. Il Jeter tout son venin, dire, dans l'emportement de la colère, tout ce qu'on a sur le cœur. || C'est un homme sans venin, il n'a point de malignité. Il 5° Fig. En langage de dévotion, ce qui est contraire à la doctrine de l'Église. On petit livre qui a beaucoup de venin et de dissimulation, boss. Lett. quiét. 20). La déclaration des défenseurs de Jansénius fut jugée captieuse , conçue en des termes pleins d'artifice, et cachant, sous l'apparence d'une soumission en paroles, tout le venin de l'hérésie, rac. Hist. de Port-Royal, part. 2. Puisse notre saint docteur leur servir à tous de modèle, et leur apprendre à se précautionner contre le venin dangereux de tant de livres 1 mass. Panégyr. St Thomas d'Aquin. || En général, mauvaise doctrine. De leurs venins kientôt ils [les partisans de Mahomet] infectent Médine, volt. Fanât, i, ♦. Il 6° Venin de marée, dit aussi vif et virli, petit pois-" son de mer dont la piqûre cause une vive douleur. — SYN. POISON, virus, venin, miasmes. Les poisons sont ou des corps cristallisables ou volatils sans décomposition, d'origine minérale et d'origins organique, ou les sucs de plantes qui les renl^erment; ils agissent en s'unissant, molécule molécule, aux principes immédiats des tissi vivants, dont ils modifient ainsi la constitution oi qu'ils décomposent. Les venins sont des humeur spéciales sécrétées surtout par certaines gland» des animaux et quelquefois des végétaux ; ils doivent leurs propriétés principalement à une sul stance organique naturelle ou principe immédij coagulable et spécial, qui conserve toutes ses prc priétés après la dessiccation ou après la mort d< l'animal. Les virus sont un état particulier d'altf ration des substances organiques, liquides ou s( lides, qui existent normalement dans tout éti vivant ou qui en proviennent; ils agissent en trai mettant à d'autres êtres un état d'altération sei blable ou très-analogue à celui dont ils sont 11 siège. Les miasmes, très-voisins des virus, sonf des substances organiques volatiles ou emporté» par les liquides volatils lors de leur évaporatioi qui proviennent des tissus animaux ou végétau] en voie de décomposition, des déjections, dr exhalations pulmonaires ou sudorales d'animai sains ou malades.

— HIST. m* s. Lo velin de detraction, st bei p. 557. Venim e pureture grant merveille vomi, jut mult lungement.... Th. le mart. 9&. Jà soit que li venins del ancien anemi soit par toz 1« viscesqui l'ont espandu el humain cuer, Job, p. 6)7j ||im's. Du venim [poison] serai tost porveùe pourquise, Berte, lxxvi. Et touzjours dit on qi en sarpent ne puet on donner venin, car trop i a, LEROUX DB LiNCY, Prov. t. II, p. 497. Cil [Jupiter] mist le venin es serpens, la Rose, 20330. Desloiatés.... pot semer trop de venin, beaum. i, )). En m( n'a ne venim ne fiel; Il ne me remaint rien son ciel; Tout va sa voie, ruteb. î6. || xvi' s. On venii prépare à tout de la ciguë, mont. Il, 40. Venil contre venin duit, Car venin au venin nuit, geniiIi Récréât, t. II, p. 25).

VExN

VEN

VEN

— FTYll. Berty, varin ; boiirgulR. vairin ; norm. relin ; provenç. l'erc, vert; calai, vert: ital. »«leno; du lat. tenmum.

VKNIR (ve-nir), je viens, tu viens, il vient, nous /enons, vous venez, ils viennent; je venais; je Tins, nous vînmes ; je viendrai ; je viendrais ; viens, qu'il vienne, venons, venez; que je vienne, que nous venions, que vous veniez; que je vinsse, que nous vinssions, qu'il vînt; venant; venu, v. n. Il !• Se transporter d'un lieu dans celui oîi se trouve la personne qui parle ou à qui l'on parle. Il i" En termes de marine, venir à. || 3' Arriver à l'endroit où est la personne qui parle. 1| 4° Aller d'un lieu plus éloigné à un lieu plus proche de celui qui parle. 1| 6° Aller d'un lieu proche à un lieu éloigné, mais seulement quand celui qui parle demande qu'on l'accompagne. || 8° Aller et venir. Il 7' lise dit des choses inanimées qui ont un mouvement. Il 8* Être apporté, en parlant des choses. Il 9* Quelquefois venir, devant un infinitif, ne fait guère que renforcer l'idée exprimée par cet infinitif. Il 10* Faire venir quelqu'un, le mander, lui donner ordre ou avis de venir. || 11° Sortir, en parlant des liquides contenus dans un vaisseau. Il U° Monter, s'élever. || 13" Tomber fortuitement e> la possession, en parlant des choses. i| 14" Etre transmis d'âge en âge, en parlant de traditions, de livres, d'ouvragrs. || 16° Venir au monde, naître. Il 16* Apparaître à la surface du corps. || 17° Survenir fortuitement, par accident, inopinément. Il 18° Lai.sser venir un coup, au jeu de la paume. Il 19° Venir par succession, en parlant de choses. Venir à succession, en parlant de personnes. Il 20° Échoir par quelque hasard. || 21° Se produire suivant l'ordre des temps. || 22" Fig. Il se dit des choses qui sont supposées se mouvoir. Il 83° Intervenir, se rencontrer à la traverse. Il 24° Être issu, être sorti. || 25" Dériver, en parlant de mots, de langues. || 26° Provenir, être reçu de. Il 27" Émaner, procéder. || 28° Se former dans l'esprit, dans la mémoire, dans le cœur. || 29° Naître, être produit. || 30° Avoir une certaine croissance. Il 31° Il se dit de ce qui s'accomplit, vient comme il faut. !| 32° Venir à rien. || 33° Venir à, passer à ce qui est de notre objet. || 34* Venir à une chose, se résoudre à la faire, à l'accepter. || 85° Se porter à quelque chose d'excessif. || 36° Venir à, réussir i, atteindre. || 37° En venir. || 38° En venir à, aborder un sujet sur lequel on hésite. || 39° Venir à, suivi d'un infinitif, marque quelque chose d'inattendu, de fortuit. || 40° Venir de, suivi d'un infinitif, se dit d'une chose faite depuis peu de temps. j|41" V. réft. S'en venir. || 42° S. m. Le venir. Il 43° Unvenez-y-voir. || 44° Va-et-vient. || Proverbes. 1° Se transporter d'un lieu dans celui oii se trouve la personne qui parle ou à qui l'on parle. D'oîi venez-ïous? Il est venu ici, ou, simplement, il est venu. Je viens pour vous dire. Venez nous voir. Il v:cat Je Rome. Il est venu à pied, à cheval, en voilure. Qu'il vienne, je l'attends. Elle va revenir.... elle vient, je la vois, corn. Cid, m, (. Mes chiens n'appellent point au delà des colonnes Oii sont tant d'hoanc'es personnes [animaux malfaisants pendusl; Il j viendra, le drôle! il y vint, à son dam, la font. Fabl. ïii, 23. Venez, venez, ma fille, on n'attend plus que vous; Venez remercier un père qui vous aime, Et qui veut à l'autel vous conduire lui-même, rac. Iphig. iv, 4. Oui, je viens dans son temple adorer l'Éternel, m. Àthal. I, ). Seigneur, je viens à vous; car enfin aujourd'hui, Si vous m'abandonnez, quel sera mon appui? ID. Sithr. i, 2. Ils feront comme le roi d'Espagne, lequel se trouva mieux, dit Pascal, de croire sur les antipodes Christophe Colomb qui en venait, que le pape Zacharie qui n'y avait jamais été, d'alemb. Œuv. t. iv, p. 258. L'esprit de la prie; e et de la solitude.... Appela de tout temps les âmes de son choix: Venez, venez, dit-il à l'amour qui regrette. Au génie opprimé sous un ingrat oubli.... lamart. Harm. i, H. || Impersonnellement. 11 vient dans cette maison toute sorte de gens. || Venir au secours, à l'aide, venir pour secourir, pour aider. Cet effort généreux de votre amour parfaite Vient-il à mon secours, vient-il à ma défaite? cohn. Poly. iv, 3. Il Venir sur, marcher vers quelqu'un avec le dessein de l'attaquer. Je l'ai surprise dans les bras d'un jeune homme, qui, dès qu'il s'est vu découvert, est venu sur moi, montesq. Lett. pers. 4 59. Il Fig. Il s'en est allé comme il était venu, il n'a rien fait de ce qu'il aurait dvi faire. Jean s'en alla comme il était venu. Mangeant le fonds .nvec le revenu, la font. Son éptt. faite par lui-même.

OICT. DE LA LANGUE FRANÇAISB,

Il Fig. Il semble qu'il vienne do l'autre monde, voy. MONDE ), n° 24. Il Fig. Do quel pays venoz-vous? d'où venez-vous? se dit â ceux qui ignorent une nouvelle connue de tout lo monde, ce qui se passe publiquement, ce qui est dans la pratique commune. Mme Verleuil : Vous m'élonnez toujours; mais d'où venez- vous donc? — Formont : D'où je viens, madame? — Mme Verteuil : Oui. — Formont : De mon pays, j'espère, colun d'harlev. Maurt du jour, u, n. || Voir venir quelqu'un, l'apercevoir quand il est en marche pour venir. Du haut de la terrasse je le voyais venir, jj Fig. Voir venir quelqu'un, voir ce qu'il fera ou quel est son dessein. Il ne manquera pas de vouloir se justifier; je l'écouterai, je le verrai venir, lb- SAGE, Diable boit. *. Mais.... il est quelquefois très-bon de voir venir, lohat, Feinte par amour, III, 4. Il voulait la maison; voyons-le venir, a. du- VAL, Maison à vendre, se. )S. || Je vous vois venir, je devine ce que vous pensez, ce que vous allez faire ou dire. Lubin : Vous avez envie de me tirer les vers du nez. — G. Dandin : Non, ce n'est pas cela. — Lubin: Eh! quelque sot.... Je vous vois venir, mol. G. Dand. ii, 7. Le laquais de M. de Rozelles a voulu me faire jaser; moi, qui connais cela, je l'ai vu venir, oenus, Théâl. d'éduc. le Magistrat, II, i. Il Voir venir, se dit, à certains jeux de cartes, quand on jette une carte insignifiante pour engager les positions à se dessiner. || Laisser venir, voir venir, attendre, ne pas se presser. Dans cette affaire nous n'avons qu'à laisser venir, qu'à voir venir. Peine perdue que ce travail-là.... laissons-les venir; je ne prends pas facilement l'épouvante, LESAGE, Turcaret, m, 9. || 2° Terme de marine. Venir à, gouverner de manière à obtenir un résultat donné. Venir au vent, se dit d'un bâtiment qu'on incline de manière à recevoir plus de vent dans ses voiles. || Venir à bâbord ou à tribord, se dit du navire à qui l'on fait décrire une courbe à droite ou à gauche de la route qu'il suivait. Il 3° Arriver à l'endroit où est la personne qui parle. Quel jour vient le courrier? Il est parti de Lyon, et vient demain. || 4° Aller d'un lieu plus éloigné à un lieu plus proche de celui qui parle. Il est venu de Rome à Lyon. || 5" Aller d'un lieu proche à un lieu éloigné, mais seulement quand celui qui parle demande qu'on l'accompagne. Je ■pars pour Lyon , voulez-vous venir avec moi ? Venez avec nous aux Tuileries. Venez sauver César de sa propre fureur, rac. Brit. v, 8. || 6° Aller et venir, se dit de ceU'X qui vont, qui partent, et qui reviennent. Il fit bien valoir la beauté de la Provence, et comme tout y est vif et passant et brillant, à cause de ces vaisseaux et de ces galères, et de ceux qui vont et viennent d'Italie, sÉv. (8 aoiit 1880. Il Ne faire qu'aller et venir, être continuellement en mouvemenL j] En un autre sens, ne faire qu'aller et venir, mettre trèspeu de temps à aller quelque part et revenir. Il 7° Il se dit des choses inanimées, qui ont un mouvement. La lumière vient de côté. Le vent vient du nord. Les eaux venant des pôles n'ont pu gagner ces contrées méridionales encore brûlantes que quand elles ont été refroidies, buff. Add. théor. terr. Œuv. t. xiii, p. (63. || Impersonnellement. U vient beaucoup de vent de ce côté. Il Fig. Ses revenus viennent bien, ils sont payés sûrement et régulièrement. || 8° Être apporté, en parlant des choses. Cette denrée vient de l'Orient. Il Impersonnellement. 11 vient du blé de cette province. Vient-il de la province une satire fade, D'un plaisant du pays insipide boutade, Pour la faire courir on dit qu'elle est de moi, boil. Èpit. vi. Il 9° Quelquefois venir, devant un infinitif, ne fait guère que renforcer l'idée exprimée par cet infinitif. Que, devant Troie en flamme, Hécube désolée Ne vienne pas pousser une plainte ampoulée, boil. Art p. m. Du haut de ce balcon votre malheureux frère Vint tomber tout sanglant... delille, Homme des ch. IV, variantes. || On viendra nous dire..., on objectera... (tournure très-usitée pour prévenir les objections). || 10* Faire venir quelqu'un, le mander, lui donner ordre ou avis de venir. || Faire venir une chose, donner l'ordre de la transporter dans le lieu où l'on est. Faire venir des provisions. Faire venir une voiture. S'il n'était presque aussi difficile de me faire aller à Paris que do faire venir Paris ici |dans l'Angoumois], balz. liv. xv, Lett. 2. Il Cela fait venir l'eau à la bouche, se dit d'une chose agréable au goût dont l'idée excite l'appétit, et figurément de tout ce qui excite le désir. Il Fig. Faire venir l'eau au moulin, voy. mouun. Il 11* En parlant des liquides contenus dans un

vaisseau, sortir. Lo vin ne rient plus que goutte à goutte. On a voulu le saigner, mais le sang ne vint pas. Il 12° Monter, s'élever. U ne me vient pas à l'épaule. Les eaux viennent jusqu'au premier étage. Ehl que feriez-vous donc si \ou« voyiez ma femme î elle vient à peine à me» genoux, cependant.... barthél. Anaeh. cb. 14. Il 13* Tomber fortuitement en la possession, en parlant des choses. Je vous assure que les tablettes sont venues en ses mains de la mémo sorte, VOIT. Lett. 24. Il 14° Être transmis d'Age en âge, en parlant de traditions, de livres, a'ouvrages. C'est de lui que nous vient cet art ingénieux De peindre la parole et de parler aux yeux, brébejjf, Pharsale, ni. C'est par TUéophrasle que sont venus jus(|u'à nous les ouvrages de ce grand homme [Aristote], LA imuT. Disc, sur Théophr. Le plus ancien traité de musique [celui d'Aristide] qui soil venu jusqu'à nous, rollin, Hist. anc. Œuv. t. XI, t" part. p. 230, dans pougens. || 15° Venir au monde, naître. Victorieux par mer et par terre, il [Auguste] ferme le temple de Janus ; tout l'univers vit en paix sous sa puissance, et Jésus-Christ vient au monde, BOSS. Hisl. i, 9. Il Cet enfant est venu à terme, il est né à l'époque ordinaire de la naissance. || Il est venu avant terme, il est né avant le terme ordinaire de la grossesse. Il L'enfant vient bien, se dit durant l'accouchement, lorsque l'enfant se présente de la manière la plus naturelle. || Cet enfant nouveau-né est bien venu, la mère en est accouchée heureusement. Il 16' Apparaître à la surface du corps. Une ébullition lui est venue. || Impersonnellement. Il lui vient des boulons au visage. Il lui vint [à Jésus) une sueur comme des gouttes de sang, qui découlaient jusqu'à terre, SACI, Bible, Étang. St Luc, XXII, 44. S'il pouvait vous venir la petite vérole, boursault, fabl. d'Ésope, in, e. •: 17° Survenir fortuitement, par accident, inopinément. Un malheur ne vient jamais seul. Tout lui vient i souhait. Cela lui vient bien à point. Tous ces maux qui viennent par la vanité me font toujours un malin plaisir, sÉv. 3 avr. (686. Impersonnellement. Je crains qu'il ne vienne une bourras(iue, de la pluie. Il lui vint une grosse fièvre. || Elliptiquement. Vienne une maladie, vienne un revers, s'il vient une maladie, un revers. !1 S'il vient faute de lui, s'il meurt. S'il vient faute de vous, mon fils, je ne veux plus rester au monde, mol. Mal. imag. i, 9. || Cela lui vient de Dieu grâce, voy. grâce, n° 7. || Fig. Prendre le temps comme il vient, roy. temps, n° 21. 11 18° Au jeu de la paume, laissez-moi venir ce coup-là, laissez-moi le jouer. ||X différents jeux de cartes. Laissez-moi venir celte main, laissezmoi faire cette main. || 19* Venir par succession, échoir, avec un nom de choses pour sujet. Après la mort du père, les biens viennent aux enfants. Les biens qui viennent du côté de la mère. || Avec un nom de personne pour sujet, obtenir par une sorte d'échéance. Venir à une succession par souche, par tête, par représentation. La royale famille des Stuarts, qui, étaient venus à la succession de la couronne d'Angleterre par une fille de Henri VII, BOss. Reine d'Anglet. Le fils venant de son chef à la succession du donateur. Code civ. art. 848. I) Ce roi vint jeune au trône, â la couronne, il y parvint jeune. || Venir au sou la livre (locution vieillie), partagerau sou la livre. 1| Veniràcompte, à partage, à composition, compter, partager, composer. L'héritier venant à partager. Code civ. art. 844. Il 20° Échoir par quelque hasard. J'ai mis à la loterie, et il m'est venu un bon billet. 1121* Arriver suivant l'ordre des temps. Ceux qui viendront après nous. Il viendra un temps. Que n'eùt-elle pas donné pour obtenir ce miracle (devenir croyante] ? mais l'heure marquée par la divine Providence n'était pas encore venue, BOSs. Anne de Gonx. \\ Son heure est venue, sa mort, sa punition est prochaine. Encore un peu plus outre, et ton heure est venue, corn. Poly. iv, 2. || Son heure est venue signifie aussi qu'il subira quelque grande influence morale. || Qui vient, prochain. Car je n'aurai, s'il t'en souvient, Que trente ans à Noël qui vient, SCABR. Yirg. iv. Si vous continuez de vous bien porter, ma chère enfant, je ne vous irai voir que l'année qui vient, sÉv. 57. Je crois toujours partir la semaine qui vient, ID. 258. || Vienne la Saint-Denis, viennent les Rois, quand la Saint-Denis arrivera, quand les Rois arriveront. J'ai pourtant, voyez-vousl quatre-vingt-dix-huit ans Vienne U Saint-Martin, reonard, Fol. amour, m, 4. J'imagine, mon cher ange,... que vous ferez jouer Tancrède vienne la Saint-Martin, volt. Lett. d^Argen- U — 306

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tal, il oct. t7«o. Il Populairement. Elle aura quinze »ns viennent les prunes, l'été prochain. || i venir, qui doit venir, qui doit arriver. Le temps à venir. Le corbeau sert pour le présage; La corneille avertit des malheurs à venir, la font. Fahl. n, 47. Et par écrit Le sénat demanda ce qu'avait dit cet homme, Pour servir de modèle aux parleurs à venir, m. ib. XI, 7. Et ce triomphe heureux qui s'en va devenir L'éternel entretien des siècles à venir, rac. Iphig. i, 5. || aï" Fig. Il se dit des choses qui sont supposées se mouvoir. Les arts sont venus de telle contrée. Le choléra vient de l'Inde. La peste vient de l'Egypte. Un bruit assez étrange est venu jusqu'à moi, hac. Iphig. iv, o. Si vous refusez la paix et la justice qui viennent à vous, la paix et la justice seront vengées , fén. Tél. xi. Il Cela vint à ma connaissance, cette nouvelle est venue jusqu'à moi, j'ai appris cela, j'ai su cette nouvelle. J'ai senti vivement la belle et brillante action du chevalier de Pompone; elle vous viendra de tous côtés, sÉv. <2 juill.iooo. || 23» Intervenir, se rencontrer à la traverse. Les protestants sont venus ensuite, qui ont fort maltraité les miracles de l'une et l'autre Église [latine et grecque], volt. Dicl. phil. Miracles, ii. || Venir à la traverse, traverser, troubler un dessein, une affaire. || 24° Etre issu, être sorti. C'est un homme qui vient de bon lieu. 11 vient de bas lieu. Le chien doguin vient du dogue et du petit danois. Ton illustre audace Fait bien revivre en toi les héros de ma race ; C'est d'eux que tu descends, c'est de ; \ii que tu viens, corn. Cid, m, 0. Les deux plus puissantes monarchies qui se soient élevées alors, furent celle d'Egypte fondée par Ptolomée fils de Lagus, d'où viennent les Lagides, et celle d'Asie ou de Syrie fondée par Séleucus, d'où viennent les Séleucides, Boss. Ilist. I, 8. Quel bruit? — Que cet enfant vient d'illustre origine, hac. Alhal. m, *. Ce peuple venait d'une race de géants qui était de la même origine que les Cyclopes, fén. Tél. i. Les blancs, et les nègres, et les rouges, et les Lapons, et les Samoyèdes, et les albinos ne viennent certainement pas du même sol, volt, ilcews, a. Si les Groenlandais tirent leur origine des Islandais ou des Norwégiens, comme l'ont avancé plusieurs auteurs, ou si, comme le prétend M. P., ils viennent des Américains, buff. Suppl. à VHist. nat. Œuv. t. XI, p. 249. |] C'est un homme qui est venu de rien, il n'avait rien, il n'était rien , et il a fait fortune. || 25' Dériver, en parlant de mots, de langues. Ce mot vient de tel autre. Le français vient, pour la plus grande partie, du latin. Cette expression vient du grec. Amiral vient de l'arabe. Il 26' Provenir,, être reçu de. L'or et l'argent viennent d'Amérique. Je les reçois [des présents] de fort bon coeur, et je recevrai toujours de même tout ce qui me viendra de votre part, voit. Lett. 24. Ah ! gardez-vous de l'une et l'autre main; Cette coupe est suspecte, elle vient de la reine, corn. Rodog. v, 4. Qu'admira-t-on davantage, ou de ce que ce secours vint si à propos, ou de ce qu'il vint d'une main dont on ne l'attendait pas? BOSS. Anne de Gon%. || VI' Émaner, procéder. L'homme trahit sa foi, d'où vinrent les notaires, BEGNiER, Sat. VI. Ma faveur fait ta gloire, et ton pouvoir en vient, corn. Ct'nno, v, \. La victoire ne dépend point de la grandeur des armées ; mais c'est du ciel que nous vient toute la force, SACi,Bib/e, Machah. i, m, i». D'où vous i lent aujourd'hui ce noir pressentiment?, rac. Alhal. i, l. Mon mal vient de plus loin, id.. Phèdre, i, 3. || Les grandes pensées viennent du cœur, vauven. Max. et réfi. 1 27. Les jansénistes et les molinistes n'ont point eu de mortification plus cui.sante que de n'avoir pu s'égorger en bataille rangée; d'où vient cela? volt. Dict. phil. Les pourquoi. D'où viennent ces lits de tourbes qui s'étendent depuis Bruges par tout le plat pays de la Flandre jusqu'à la rivière d'Aa? BUFF. ^dd. théor. terr. Œuv. t. xiii, p. m. Ces philosophes qui nient que nos connaissances viennent des sens, condill. Logiq. i, o. {| D'où vient que? quelle est la cause que? Mais, ma mère, d'où vient que vous sortez si vite? mol. Tart. i, (. D'où vient qu'en m'écoutant, vos yeux, vos tristes yeux Avec de longs regards se tournent vers les cioux?BAC. Brit. v, <. || Absolument et familièrement. D'où vient* quelle est la cause? quel est le motif. M. Oronte : Cela ne se peut pas, madame. — Mme Oronte : D'où vient, monsieur? — M. Oronte : D'où vient? voulez-vous que nous manquions de parole à M. Orgon, notre ancien ami ? lesage, Crisp. rival de son madré, o. Mais d'où vient donc, dismoi? quelque part qu'on s'arrête, en Calabre ou

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ailleurs, tout le monde se met à faire la révérence, et voilà une cour, p. l. coub. Lett. à M'", 25 juin 4806. Il D'où vient, avec un verbe à l'infinitif D'où vient le redouter, moi qui peux lever les yeux sur lui avec la noble a.ssurance...? riccoBONi, Œuv. t. I, p. 340, dans pougëns. D'où vient prendre pour un tendre sentiment les simples marques de ton estime? m. ib. t. vi, p. 4 94. Il 28° Se former dans l'esprit, dans la mémoire, dans le cœur, en parlant d'idées, de sentiments. Il lui vint à l'esprit, dans l'esprit que.... Tout ce que je fais me vient naturellement, c'est sans étude, MOL. Préc. 4 0. En voici un [passage] qui me vient sur ce verset du psaume xli , boss. Et. d'Orais. x, 26. J'aurais dit tout net : je suis le fils d'un paysan, si le mot de fils d'un homme de la campagne ne m'était pas venu , mariv. Pays. paru. 4° part. Lorsque je l'ai aimé , c'était un amour qui m'était venu; à cette heure que je ne l'aime plus, c'est un amour qui s'en est allé, iD. Double inconst. ui, 8. C'est une idée [charger M. Hénin de la pacification de Genève] qui me vient ; il ne me l'a point du tout suggérée, volt. Lett. d'Argental, 24 déc. 4765. Quand je m'étais mis à mon papier, il ne me venait presque plus rien de ce que j'avais composé, j. J. Rouss. Conf. VIII. Je dis ce qui me vient, et l'on peut me le rendre, gress. le Méch. i, 4. |1 29° Naître, être produit. Cette plante vient de bouture. La vigne ne vient pas dans ce pays. Les melons viennent là en pleine terre. Ce semis commence à venir. Les dents viennent à cet enfant. Il lui est venu deux dents. On lit avec un grand plaisir dans le livre de la Vieillesse l'élégante descmption que Cicéron y fait de la manière dont vient le blé, ROLLIN, Traité des Et. v, art. 3 et 4. L'esprit ne vient qu'en France ; c'est pour ainsi dire son terroir; et nous en fournissons tous les autres peuples de l'Europe , boissy , Franc, à Lond. se. 4 6. On a vraiment bien raison de dire : plantez là des filles; il y viendra des garçons, comte DE CAïLL'S, Féeries, Prince Muguet, Œuv. t. Tiii, p. 348, dans POUGENS. Il Fig. La raison lui viendra avec l'âge. || SO" Avoir une certaine croissance. Cet arbre vient bien, vient mal. Cet enfant ne vient pas bien. Notre prince de Dombes vient bien, et madame sa mère s'est tirée avec vigueur de cette grande affaire, maintenon, Lett. à Mme de Brinon, t. II, p. 25G, dans POUGENS. il On dit aussi : Cet enfant a de la peine à venir. || Venir à bien, croître comme il faut. La nature est prodigue en semences de plantes; il lui suffit que, sur un grand nombre de perdues, il y en ait quelqu'une qui vienne à bien, fonten. ifofcbronc/ie. || On craint que son fruit, que son enfant ne vienne pas à bien, se dit d'une femme souffrante ou qui a éprouvé quelque accident durant sa grossesse. Il Ses enfants ne viennent pas à bien, les enfants de cette femme meurent très-jeunes. || 31° Il se dit de ce qui s'accomplit, vient comme il faut. Venir à maturité, en maturité. || Venir bien à, convenir. Cette robe vient bien à sa taille. Ce galetas qui de rien ne nous sert Lui viendra bien, la font. Orais. C'était une affaire toute trouvée, et qui venait fort bien à la chose, mol. Impromptu, 4 . Douze mille arpents de terre ; vous et moi connaissons des gens à qui cela viendrait fort bien, p. l. cour. Simple discours. || Ce que je vais dire vient à mon sujet, convient au sujet de mon discours. || Ces nuances, ces couleurs viennent bien ensemble, elles font bon eflTet ensemble. || En termes d'art. Ressortir. Je crains que ce groupe ne vienne pas assez sur le devant, dider. Salon de 4 707, Œuv. t. XIV, p. 302, dans pougens. || Ces figures sont bien venues, mal venues, elles sont bien réussies, mal réussies, il y a quelques parties à l'envers qui sont venues presque aussi nettes qu'à l'endroit, dider. Peint, en cire, t. xv, p. 469, dans pougens. || On dit dans le même sens qu'une photographie est bien venue, mal venue. || Terme d'imprimerie. Cette feuille, cette estampe est bien venue, mal venue, elle est sortie bien tirée, mal tirée de dessous la presse. Il 32° Venir à rien, diminuer beaucoup, se réduire presque à rien. Il maigrit, il vient à rien. Si vous laissez tant bouillir cette sauce, elle viendra à rien. |l Fig. Tous ses grands projets viendront à rien, ses grands projets échou ront misérablement. Il Eu un sens analogue. Mes fièches et mon arc me viennent à mépris, rkonier, /)taJ. ||33° Venir à, avec un nom de personne pour sujet, passer à ce qui est de notre objet. Venir au fait. Venir à la conclusion. Je viens maintenant à notre question, PASC. Prov. xvn. Sans craindre aucune chose,

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Je prends donc la parole, et je viens i ma cause, HAC. Plaid, in, 3. Je suais sang et eau pour voit si du Japon II viendrait à bon port au fait de son chapon, id. tb. m, 3. C'est à quoi je voulais venir. — Ehl viens-y donc, brueïs. Grondeur, i, 3. Je pressens votre objection; j'y vais venir à l'instant, J. J. ROUSs. Hél. v, 3. Il On dit de même : Venir sur. Quand il [d'Ormesson, rapporteur dans le procès de Fouquet] est venu sur un certain article du marc d'or, Pussort a dit : voilà qui est contre l'accusé, sÉv. à Pumpone, 44 déc. 4B04. || 34° Venir à une chose, se résoudre à la faire, à l'accepter. Si faudra-t-il qu'elle y vienne pourtant, la vont . Magn, Le fond de son caractère est porté au dogme abominable de la tolérance: un jour il y viendra, volt. Voyages de Scor»ientodo. || Faire venir à la raison, réduire à la raison, soit par la persuasion, soit par contrainte. || Faire venir à jubé, voy. JUBÉ. Il 35° Se porter à quelque chose d'excessif. Il vint à un tel point d'insolence.... 11 vint jusqu'à me déclarer.... || Par menace. Qu'il y vienne, qu'il ait la hardiesse, l'audace de. || Il se dit des choses en un sens analogue. Son insolence vint au point de mériter une correction. || Les choses vinrent à un point que..., à tel point que..., si avant que..., elles lurent portées à un tel excès, si loin, que.... ||36* Venir à, réussir à, atteindre. Venir à bout de ses desseins, de ses entreprises. Il Venir à bout de faire une chose, réussir à la faire. || Venir à bout de ses ennemis, les surmonter. || Venir à son but, à ses fins, réussir à ce qu'on voulait. || On a dit dans le même sens : venir à chef. Le pis de leur méchef Fut qu'aucun d'eux ne put venir à chef De son dessein.... LA FONT. Rémois. || On dit aussi : venir au-dessus. Par ce moyen la seconde commère Vint au-dessus de ce qu'elle entreprit, la font. Gageure. || 37° Venir se construit avec la particule en qui lui donne plui de force en indiquant à l'esprit quelque chose d'antécédent d'où l'on part. La cour étonnée en viendra à un accommodement, retz, Mém. t. i, liv. n, p. 44 2, dans pougens. Les deux armées furent environ cinq jours en présence, sans que Maxime en voulût venir à un combat décisif, fléch. Hist. de Théodose, m, 7. ...J'espérais de mourir à vos yeux Avant? que d'en venir à ces cruels adieux, HAC Bérén. iv, 5. || En venir à son honneur, réussir dans ce qu'on avait entrepris. || En venii aux j mains, commencer à se battre. || En venir aux] reproches, aux injures, aux grosses paroles, aux coups, etc. porter la dispute jusqu'aux reproches, aux injures, aux coups. Et s'il fallait encor que j l'on en vînt aux coups. Je combattrais... corn. Bor ' I, 4. La plupart des ménagcsen vinrent aux ccups,| volt. Aient, de la viémoire. \] En venir aux extré-| mités, à la violence, à la force, employer les moyen»! extrêmes, la violence, la force. Valère : N'en vcnonBl point, s'il vous plaît, à de fâcheuses extrémités., — Sganarelle : Parbleu 1 venez-en à tout ce qu vous plaira, mol. Méd. malgré lui, i, «. I! Il fau en venir là, se dit de tout ce qui est nécessaira^| inévitable. Mais il faut toujours en venir là : il es très-vrai qu'il y a quelque chose de divin.... da les maladies qui travaillent les Etals, bal Socrate chrétien, 8. ||0n le dit aussi de qu'on regarde comme le plus expédient. Apr avoir bien réfiéchi, ils virent qu'il fallait en veni^ là. Il II en vint jusqu'à le menacer, il poussa l'au dace, la violence jusqu'à la menace. || Ils en vin rent au point de faire telle chose, ils furent réduit à faire telle cho.se, ou ils se portèrent à des es trémités telles qu'ils firent telle chose. Les colon en vinrent jusqu'à brouter l'herbe, raynal, Hil' phil. XIII, 27. Il II se dit des choses en un sen analogue. Là commencent les guerres puniques, les choses en viennent si avant que chacun de ce deux peuples jaloux croit ne pouvoir subsister qu par la ruine de l'autre, BOSS. Hist. m, 7. || 38* I" venir, aborder un sujet sur lequel on hésite. Pui^ que enfin il en faut venir aux sectes de ces dv^ niers siècles, Boss. 5« avert. 3. || C'est là que j'er voulais venir, c'est où j'en voulais venir, c'est le but où tendaient mes paroles ou mes actions. Discours d'enthousiaste 1 on voit où vous en voulez venir, beaumahch. Jfère coupobif, i, 4 2. || On dit de même: Où veut-il en venir? Par quel hasard à Montargis, toi, mon cher Dorlis? — Dorlis, à part : Où veut-il en venir? picard, Voy. interr. n, •- Il Même signification sans la particule en. Pourquoi m'en faites-vous aujourd'hui souvenir? Je ne vois pas encore où vous voulez venir, scarr. D- Japh. d'Arm. i, 7. || 39° Venir à, suivi d'un infinitif marque quelque chose d'iuattenda. de fo^

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tuit. Nous vînmes i parler de telle chose. S'il venait à mourir. Je vins tout à coup à me lo rappeler. La chose viendra à se savoir. Comme les premiers navigateurs qui se hasariicrent en pleine mer sans octant el sans boussole, vinrent cependant à découvrir les principales parties du globe, BERN. DE sT.-piF.RRK, Lxv. III, lIoTm. omm. Il 40' Venir de, suivi d'un infinitif, se dit d'une chose faite depuis peu de temps. L'ours, porté d'un même dessein. Venait de quitter sa montagne, la FONT, l'ahl. viii, il>. Et quelle àme, dis-moi, ne serait éperdue Du coup dont ma raison vient d'être confondue? rac. Andr. m, i. Si tu venais d'entendre O'K-I funeste dessein Roxane vient de prendre, ID. Bajax. I, 4. Damilaville vient de mourir; il Hait l'auteur du Christianisme dévoilé et de beaucoup d'autres écrits ; on ne l'a jamais su, volt. Lelt. Villevieille, 20 déc. <768. ||0n dit de même familièrement : 11 vient de venir. || 41° S'en venir, v.réfl. Même sensquevenir. Les plus exquises choses qui soient au monde sont là assemblées comme en abrégé; venez-vous-y-en, je vous en prie; car je n'ai garde d'y aller sans vous, Francion, liv. ix, p. 307. Mais ne la vois-je pas qui s'en vient droit à moi? TRISTAN, Marianne, n, 3. Un jour, au dévot personnage Des députés du peuple rai S'en vinrent demander quelque aumône légère, la font. Fabl. vil, 3. L'ours, très-mauvais complimenteur. Lui dit: viens-l'en me voir, ID. ib. viii, lO. Laissemoi fuir ; cesse de rire De l'indocilité qui me fait envoler. Lorsque d'un ton si doux, on s'en vient m'appeler, id. ib. vin, 21. Hier au soir, sur la brume. Un chat-huant s'en vint votre fils enlever, ID. 16. IX, I. |!<2' S. m. Le venir, l'action de venir, usité seulement en cette locution : l'aller et le yenir. |J Fig. Avoir l'aller pour le venir, ne rien obtenir. |143° S. m. Terme familier et ironique. Un venez-y-voir, bagatelle, chose qui mérite à peine d'être remarquée. D'un panache do cerf sur le front me pourvoir : Hélas ! voilà vraiment un beau renez-y-voir, mol. Sgan. 6. On lui exprime qu'on lui est obligé ; grand venez-y-voir, mahiv. Pays, parv. (!■ part. Je n'avais pas vingt ans quand cela m'arrivait ; vous passez quarante, beau venez-yvoir, m. ib. Il 44* Mouvement de va-ct-vienl voy. VA-ET-VIENT. || Fig. Proverbes. La balle vient au joueur, vey. joueur. || Après la pluie vient le beau temps, un temps heureux succède à des circonstances ficheuses. Il Tout vient à pointa qui sait, à qui peut attendre, on vient à bout des choses quand on sait ou quand on peut attendre, avoir de la patience. || Le bien lui vient en dormant, voy. BOHMIR. Il Oui chapon mange, chapon lui vient, le bian vient i ceux qui en ont déjà. Il Les maladies viennent à cheval et s'en retournent à pied. Il Va-l'en voir s'ils viennent, voy. voir. Il II se conjugue avec l'auxiliaire être.

— REM. 1. Venir régit l'infinitif sans préposition quand il exprime la venue. Je viens vous voir. Il régit l'infinitif avec la préposition de quand il marque une action faite depuis peu de temps. Je viens de le voir. Il régit l'infinitif avec la préposition à, quand il marque une action fortuite. Si je viens à le voir.... Il 2. Dans cette phrase de Necker : Des avantages incertains, avenirs, il y a deux fautes ; il faut retrancher l's, et écrire à venir en deux mots. Il 3. Pour la différence entre venir et aller, ▼oy. ALLER aux synonymes. || 4. Dans certaines pro- Tinces on dit : il s'est en venu. C'est une faute ; dites : il s'en estvenu. || S. Au ivii* siècle on mettait plus volontiers, quand deux verbes se suivaient, le dernier étanl réfléchi, le pronom personnel avant le premier verbe. J'avais entre mes mains et sa vie et sa mort. Et je me viens de voir arbitre de son sort, CORN. Suite du Menteur, i, 0. ||6. Dans le xvii* siècle, quelques-uns disaient vindrent, au lieu de vinrent; et les courtisans disaient viegne au lieu de vienne. Au reste, il y avait beaucoup de tendance, dans l'ancien français, àconfondre le son de l'n, précédée ou suivie d'un i,avecgn. || 7. Pour la construction de en et y avec s'en venir, voy. en et y.

— HIST. X' ». Qued avuisset de nos christus mer- Cit Post la mort, el à lui nos laist venir, Eulalie. Est venu de cist très dies, Fragm. de Vnlenc. p. 407. Si vint grances [sic] iholt [chaud], ib. p. 4C8. Il XI* s. 11 poul [put] venir à sainte yglise, lois de Guill. 1. En cest pals nos est venuz cunfundre, Ch. de Roi. n. [ils] Vindrent à Charles, ki France ad en baillie, ib. vu. Lanoit [ils] demurenl, tresquc vint al jur cler, 16. xi. Ki qu'el cumpert [qui que ce soit qui le paye], venuz en sont ensemble [aux mains], 16. cxxii. ||xii' s. El dist un mot qui li vint i plaisir, itonc. p. 401.

Li mesager li sont venu devant, ib. p. (2). Dites al duc qu'à moi veigne à parler, ib. p. H7. La mort me vient, que tant ai désirée, ib. p. nr>. Quant nous vcnimes en la bataille grant, ib. p. (B(. Car giierpi la bataille, si t'en vien avec mi, ib. p. 493. Nulc chançon ne m'agréa, S'el ne vient de fine amor, Couci, 1. Onques de vous no me vint se mal non, ib. TH. Se par merci ne vicng [je] à guerredon.... ib. Que [vous] m'ocirez, se vous vient à talent [si vous le voulez], ib. xi. Quand (je| voi venir le bel tanz et la flour, ib. xvii. Son douz regar*. qui vient d'une ostencele Mon cuer [cœur] en mo' ferir, ib. xviii. Ses ieuz, son vis, qui de joie saulcle. Son alcr, son venir. Son biau parler el sor gent maintenir, ib. xvm. Guiteclins do Sassoipnn. quand ce vint à son tans. De sa première latiic ot dcus vaslez enfans, Sax. y. 11 n'en vanront à chief [à bout], mes cucrs le scnefie [l'annonce], ib. xxxn. Tant [elle] fu sage et courtoise et de bcle façon. Que nouveles en vindrent au Saisne Brunamont, ib. m. || xin° s. Et les gens du païs vindrent à merci au fil de l'empereour de Coiistantinoble, et tant li donerent que pais firent à lui, vaLEH. LX. Et nous vos prions par Dieu, chiers sires, que vous preigniez la croix et que vous en vengniez avec nous, id. xxxix. Certes ncnil ; ne me vint en penser, Qu'onques nul jour je vous daignasse amer, quesnes, Romane, p. <08. Maugré tous sains el maugré Dieu aussi. Revient Quesnes, et mal soit il vegnanl ! hues n'oisi, ib. p. t03. Puisque je ving à terre [depuis que je suis né], du CANGE, venire. S'en venoit li lions come beste enragie, Berte, li. Car nus ne vient à vie, ne conviene finer, ib. m. Qui de bien est venus, drois est qu'à bien retraie, :b. vin. Quant [elle] vint de pasmoison, la parole [elle] a emprise, ib. xxxi. Car deux larrons venoiont de marcheans gueticr, ib. xxxviii. Mais si viennent les chose com Dieu plaist et agrée, ib Lxvni Dont vient ce que ma fille se fait ainsi haïr?ib. Lxxiv. Quant [ce] vint après mangier, Blanchefleurs plus n'atent, 16. Lxxxiii Puisqu'ainsi est la chose et venue et alée, ib cxv. Bien sel que ii est mal venuz. Se il pooit estrc tenuz, Ken. 1876. X lot le mont ai fait anui, Dolanz et repentanz en sui; Or voil venir à repentance De quanque je fis en m'enfance, ib. <082i. Moult as empris plus foie emprise De l'amor que tu as emprise; Si la te venist miex [il te vaudrait mieux] lessier. Se de ton preu vues apressier, la Rose, 5818. Et Dieu est droiturier, si ne devroit soufrir que celui qui si desleaument tornast le garent, en venisl au dessus par bataille, Ass. de Jerus. 1 2B0. De toz cas de crieme on pot apeler ou venir à gages, se li accuseres en veut fere accusation, iiEAUM. Lxi, 2. Et quiconques erre contre le [la] foy, il doit eslre amoneslés par sainte Eglise qu'il délaissent lor erreur et viegnent à amendement de sainte Eglise, id. xi, 2B. Et encore parlerons noz d'aucuns [cas] qui noz venront en memore, id. xt, 29. Avoir à clercs, toison à chien, Ne pueent pas venir à bien, ruteb. 220. Quantvint au vendredi, joinv. 214. Venés vous on, vous ne faites riens ici, id. 28i.||xiv' s. Nous avons moult perdu, puisque nous vicmes ci, //ujues Capet, v. 1889. Vienne qui puet venir! pensons de clievauchier, Guescl. <8273. Là fussent mal venu el de corps el de vie.... tb. 985. Cilz argens que je porte ne me doit demeurer, Et en vendra de l'autre pour moi à rachater, ib. M220. ||xv' s. Tant que temps el lieu venront que j'en devrai parler, FROiss. 1, i, 4. En ce temps vint en propos et volonté au roi Edouard d'Angleterre qu'il feroit refaire et redifier le grand chastel de Windsore.... m. I, i, 213. Si lui fit [le roi d'Angleterre à Jean de Copelanl] grand chère elle prit par la main el lui dit: Â bien vienne mon escuyer, qui par sa vaillance a pris noire adversaire le roi d'Escosse.... id. i, i, 308. Au terme de 37 ans quand un homme est dans sa force el en son venir, et il est bien de toutes parties, id. n, m, 70. Gardez votre corps, vous estes jeune et à venir, et tel vous monstre beau semblant qui vous aime moult petit, id. ii, ii, 237. El s'il avenoil qu'ils fussent en discord ni en fîuerre un temps à venir, m. i, l, 126. Comme elle feusl venue de bast [était bâtarde] et ne feust née en loyal mariage.... du cange, tenire. Et quand Madame l'ouyt ainsi parler, et par raison, et qu'il n'entend pas où elle veult venir.... Jeh. de Saint. 7. Ung entre les autres y vy, Qui souvent alloit el venoit, Et pensant com homme ravy, El gueres de bruit ne menoit, a. cuart. la Belle dame sans mercy . M'a compté le roy Edouard que en toutes les batailles qu'il avoit ga-

gnées qu«, dès ce qu'il venoit au dessus, il mon loil à cheval et cryoïl qu'on saulvast le peuple et qu'on luasl les seigneurs, comm. m, fc. Que plu* aysemcnl on vicndroit à paix en faisant.... ID. v, 16. Et quant ce vint que le conte d'Eu et le chancellier eurent prins congé.... id. i, t. Il ne s'attendoit point que les choses veinsscnt jusques à U voyc de faict, id. i, 2. El son père venu à l'extrême vieillesse, id. i, 4. Si ce qui avoil esté commencé fust venu i efTect, id. i, b. Il s'en fallut bien peu qu'ilz n'en vinssent à leur intention, id. ii, 12, De mal venir [par malheur), tout i celte belle heure que ces armes se faisoient, veci bon mari d'arriver, LOUIS XI, A'ottr. XLiii. El, de bien venir [par bonheur], il n'y avoil qu'une paroi entre ces deux chambres, id. ib. tu. Congé et lixanse d'aller, venir el séjourner par tout nostre pays d'Anjou, Bibl. des ch. 4871, p. 474. Il XVI* s. Laissez venir donc France et sa roulte [troupe], J. harot, v, )7. N'y a cellui qui ne se viegne offrir. Pour le garder jusqu'à la mort souffrir, id. v, (8. Ceulx du chasteau si lourdement tiroient, Qu'il n'cstoit tour qui ne vcnsist par terre, ID. v, ï9. Prenant au pis venir, s'il advcinl que fortune.... m. v, )i7.Ung homme arme vint arriver en salle, I.e glaive au poing, parlant en tel manière, id. v, 237.Lespluyesvenanles outre leur saison, calv. Intt. 437. Je vouldroys qu'il venist chose à propos, où j'eusse povoir de me revencher de tant de plaisirs que chacun jour me faictes, mahg. Lelt. 72. Cuydant par ce moyen faire que leurs délits et forfaits ne Tiennisscnl en lumière, ils se sont portez pour appelans, ro. ib. (50. Dimanche qui vient, ro. ib. 3S. Mais lui eu veinl à telle superstition.... mont, i, I". Venant i mourir, id. i, 30. Les faultes qui viennent de nostre foiblcsse, ID. I, 64. Des adverlissements venants de telle personne, id. i, B9. Ils pensèrent à la perte qu'ils venoient de faire, ID. i, 83. L'esté venu il gaigna.... id. i, 261 Le nom de la vaillance vient de valeur, id. n, «7. Les souliers lui semblèrent bien venir à ses pieds, comme les bottines à ses jambes, desper. Contes, icvi. Amulius, quand ce vint à faire leurs partages, feit deux lots de tous leurs biens, amyot, Rom. 4. Les Latins appelent louves les femmes qui abandonnent leur corps à tous venans, id. ib. 6. Il eut toute pareille adventure au retour qu'il avoil eue au venir, id. Cam. 46. Hz aront l'alcr pour le venir, 0. du guez, dans PALSGR. p. 97i. 0 le plaisir que c'est de sentir venir moindre [italien renir meno , défaillir] Son amc , tant amour heureusement restreint, baïp, Œuv. p. 02, dans lacurne. Les praticiens et bourgeois disans que toutes servitudes viennent à restraindre et abolir, cl toute liberté à soustenir, Coi(S(. gt'n. t. i, p. 448. Des paroles ils viennent au poil, cotghave. Il ne demeure pas trop qui vient, ro. Qui vient est beau, qui apporte eni;ore plus beau, id. Qui tost vient i sonhostel, mieux luy en est :\ son souper, id.

— ÊTYM. Berry, teindrp, reinre ; wallon, rini; prov. et esp. venir; port, vir; it. venire; du latin t'entre; ombrien, ben; grec, PatvEiv.On remarquera teindre, qui suppose renYre, au lieu de t-enire.

VENT (van), î. m. Il 1° Courants d'air plus ou moins rapides occasionnés par les changements qui surviennent dans la pesanteur spécifique elle ressort du fluide atmosphérique. On entendit devant le Seigneur un vent violent et impétueux, capable de renverser les montagnes et de briser les rochers, saci. Bible, Rois, m, xix, 4 4. Lèvent redouble ses efforts, Et fait si bien qu'il déracine Celui de qui la tête au ciel était voisine, Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts, la font. Fabl. I, 22. Elle n'avait ni assez de vent, ni assez de voiles pour favoriser sa course précipitée, boss. Beinc d'Anglet. M. Halley attribue la cause de ces vents [alizés], el avec beaucoup de vraisemblance, au mouvement diurne de la terre, ou, pour parler le langage ordinaire, au cours du soleil d'orient en occident, mairan, Éloge de Halley. Si les hommes étaient sages, ils se mettraient toujours au soleil , et fuiraient le vent du nord comme leur ennemi capital, volt. Lett . d'Argental , 43 cet. 4709. Donner une histoire des vents, qui serait un ouvrage très-utile pour la navigation et pour la physique, buff. Hist. nat. Preuv. théor. lerr. Œub. t. II, p. 253. On sait que les vents élèvent de» montagnes de sable dans l'Arabie et dans l'Afrique, qu'ils en couvrent les plaines.... ro. ib. 2" (kse. Œuv. t. I, p. 408. Nous pouvons regarder l'action du soleil et de la lune, sinon comme l'unique cause des vents, au moins comme une des causes que nous cherchons, d'alemb. (Bue. t. xiv, p. 8.

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On so tromperait sûrement, si l'on attribuait tous lei> vents à la même cause, quoiqu'ils soient tous un courant d'air qui se précipite vers quelque endroit, sennebier, Ess. art d'observ. t. u, p. <02, dans pougens. Le « juin, les vents passèremi au sud-est; le ciel devint blanchâtre et terne; tout annonçait que nous étions sortis de la zone des vents alizés, lapérouse, Voy. t. ii, p. (31, dans POUGENS. Les arbres sont moins renversés par le vent pendant l'hiver que pendant l'été, parce que, pendant celte derni&re saison, ils sont garnis de feuilles, qui font que le vent a plus de prise sur eux, imissoN, Traité de phys. t. ii, p. 481. La direction du ventexerceune très-grande influence sur la hauteur du mercure dans le baromèlre; lesvents des régions boréales le font monter, BOUVARD, Instit. Mém. scienc. t. vu, p. 278. || Vent blanc, sorte de vent du midi ou de l'est, suivant les localités, qui souffle sans couvrir lo ciel de nuages. || Les vents reçoivent des qualifications différentes suivant leur vitesse ; les principaux sont : vent frais, qui parcourt 6 mètres à la seconde; vent bon frais, qui parcourt 8 mètres à la seconde ; vent impétueux, qui parcourt ^6 mètres. || Vent coulis, vent qui passe par de petites ouvertures. On n'emploierait pas la plus petite somme pour le garantir de tous les vents coulis qui soufflent comme dans la caverne d'Éole, caraccioli, Lett. récréât, t. ni, p. 439, dans pougens. || Moulin à vent, voy. moulin. |{ Il ne fait ni vent ni haleine, il y a un grand calme. || Le vent tourne, la direction du vent change. Il Fig. Le vent tourne, la disposition des choses, des esprits change. Les principaux de la cour, voyant l'occasion favorable et le vent tourné à la miséricorde, se levèrent et intercédèrent avec larmes, vaugel. Q. C. vu, 2. Il Au vent, au gré du vent, se dit de ce que le souffle du vent agite. Ses cheveux flottent au gré du vent. Leur chevelure au vent, et le feu dans les yeux, DEULLE, En. vu. || Ce vaisseau flotte au gré du vent, à la merci du vent, il n'est plus gouverné. Il Aller comme le vent, plus vite que le vent, aller extrêmement vite. Nous avons quatre chevaux à chaque calèche ; cela va comme le vent, sÉv. 4 04. J'avais pris votre cabriolet, j'allais comme le vent, picard. Trois quart, i, 8. || Jeter la plume, la paille au vent, locution prise de l'action de jeter une plume au vent pour voir d'où il souffle, et qui signifie se laisser conduire par le hasard. || Mettre la plume au vent, hasarder quelque chose. || Regarder de quel côté vient le vent, examiner de quel côté le vent souffle. Elle interrompait à tout moment la lecture pour demander de quel côté venait le vent, VOLT. Princ. de Babyl. 7. || Fig. Regarder de quel côté vient le vent, s'amuser à regarder dehors sans aucun dessein et en homme oisif. J'y entends tous les matins mille oiseaux; vous n'en avez point où vous êtes, et vous observez seulement, comme vous disiez l'autre jour, de quel côté vient le vent; votre terrasse doit être une fort belle chose, sÉv. 430. || Fig. Regarder de quel côté vient le vent, signifie aussi observer le cours des événements pour y subordonner sa conduite. Il Autant en emporte le vent, se dit des choses légères que le vent enlève facilement. La housse ôtée, il n'y a qu'à la secouer; autant en emporte le vent; cela s'en va comme de la poussière, DANC0URT, les Agiot. i\, 3, || Fig. Autant en emporte le vent, c'est-à-dire tout ce que vous dites ou faites , le vent l'emporte ; il n'en reste rien. Mille fois, au fort de l'orage J'ai regretté votre Carthage : Autant en emportait le vent, SCABR. Virg. vi. Je ne finirais jamais de vous dire tous les compliments qu'on me fit [à la cour], et à vous aussi ; et de tout cela, autant en emporte le vent; on est ravi de revenir chez soi, sÉv. 6 janv. 4672. Il Fig. C'est une girouette qui tourne à tout vent, au moindre vent, il tourne à tout vent, se dit d'un esprit léger, inconstant. Peut-être cet esprit qui se tourne à tout vent Vous aimerait alors autant qu'auparavant, racan. Berger. Polist. I, 2. La tête d'une femme est comme la girouette Au haut d'une maison, qui tourne au premier vent, MOL. Dép. amour, iv, 3. Tourner, suivant l'expression de saint Paul, à tout vent de doctrine, bourbal. Pens. t. I, p. 4 68. Importun à tout autre, à sot-même incommode, U change à tous moments d'esprit comme démode, Il tourne au moindre-vent, BOIL. Sot. Tin. Il Fig. X tout Tent, suivant toutes les impulsions. Dieu me garde d'aller me fourrer dans le tourbillon d'impertinences qui emporte à tout vent toutes les cervelles de Paris, volt. Lett. /!»thelieu.M avr. 4772. |i Fig. Uumer le vent, être

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goDe-mouche, croire niaisement. || Fig. Avoir le visage au vent, êlre malheureux. || Fig. Lier le vent, tenter une chose impossible. Ils n'en viendront à bout [de marier un homme irrésolu] que le jour qu'ils auront trouvé l'invention de lier le vent, et de fixer le mercure, sév. 3 nov. 4 688. Il i° Coup de vent, vent violent qui s'élève tout d'un coup. Le temps fut très-beau jusqu'au 28, que nous eiimes un coup de vent très-violent de la partie de l'est, lapérouse, Voy. t. ii , p. 44. Il Coifl"é en coup de vent , se dit d'une personne dont les cheveux sont en désordre comme si le vent les avait déranges. || Terme de marine. Coups de vent, vents très-forts dont la direction varie peu. || 8° Vents souterrains, vents qui se forment dans les concavités de la terre. Les vents souterrains, produits par ces agitations, soufflent et s'élancent avec violence.... buff. Min. t. ix, p. 4 2. ||4''I1 signifie quelquefois simplement l'air, les airs. Par mes soupirs, au vent sans profit dispersés, RÉGNIER, ^i^g. n. [Guerriers morts].... dont les troncs pourris exhalent dans les vents De quoi faire la guerre au reste des vivants, corn. Pomp. l, 4. L'un, sur un roc assis. Chantait aux vents ses amoureux soucis, la font. Court. Enfin elle [la Brinvilliers, exécutée et brûlée] est au vent, et son confesseur dit que c'est une sainte, sév. 29 juin. 4678. Que sa cendre coupable abandonnée aux vents.... volt. Brut, i, 2. Déraciné dans ses entrailles. L'enfer de la Bastille, à tous les vents jeté. Vole, débris infâme... A. CHÉN. le Jeu de paume. Il Fendre le vent, s'en aller, faire banqueroute. Il Envoyer auvent, envoyer promener. Envoyer et la dame et les amours au vent, corn. Suile du Ment, n, 6. || Mettre flamberge au vem, tirer l'épée, dégainer. Courage, mon garçon ! tout heur nous accompagne : Mettons flamberge au vent, et bravoure en campagne, mol. l'Ét. m, B. || Fig. Il va trouver sa femme. Met la fleurette au vent, LA FONT. Coupe. Il En plein vent, en plein air. Une boutique en plein vent. U meurt, et la joie expire! Il meurt, lui qui si souvent Nous a fait mourir de rire  son théâtre en plein vent ! bé- RANG. TurJupm. Il Terme de jardinage. Un arbre planté en plein vent, un arbre en plein vent, un arbre de plein vent, ou de haut vent, et, elliptiquement, un plein vent, un arbre qui n'a aucun abri contre le vent, qui n'est pas en espalier. Il Mi-vent, ou demi-vent, arbre fruitier à tige peu élevée abandonné à lui-même. || S° Les quatre vents, les quatre points cardinaux. || Être logé aux quatre vents, être logé dans un lieu mal fermé. Un sixième qui était un cabinet ouvert aux quatre vents, montesq. Lett. pers 46. || 6° Les vents, personnages mythologiques, qui avaient pour fonction de souffler suivant le commandement d'Éole, leur roi. Mais un jour que les vents, retenant leur haleine. Laissaient paisiblement aborder les vaisseaux , la font. Fabl. iv , 2. ....au printemps, quand Flore dans les plaines Faisait taire des vents les bruyantes haleines, BOIL. Lutr. II. Avez-vous dans les airs entendu quelque bruit? Les vents nous auraient-ils exaucés cette nuit? rac. Iphig. i, 4. || Acteurs qui, sur les théâtres et surtout à l'Opéra, représentent les vents. Dans des chaconnes et gavottes. J'ai vu des Fleuves sautillants; J'ai vu danser des Matelotes, Trois Jeux, six Plaisirs et deux Vents, panard, Œuv. t. III, p. 3.-!4. Il Têtes de vents, bouches de vents, têtes, bouches peintesou sculptées, aux joues tendues, représentant les vents. Des faces avec des joues enflées, pour représenter les vents qui soufflent, BouuouRS, Entretiens, a. || 7" Dans les contrées maritimes, vent de terre ou brise de terre, vent qui vient de la terre. Vent de mer, ou brise de mer, vent qui vient de la mer. || 8» Terme de marine. Les trente-deux vents ou la rose des vents, la division du compais. Ij Le vent considéré dans son action sur un bâtiment. Je ne laisserai pas de vous pouvoir montrer quelque jour des poulets [billets d'amour] en portugais.... mais j'espère que lèvent [un navire poussé par le vent] emportera bientôt toutes ces affections et me mettra en lieu où j'en ai de plus solides, VOIT. Lett. 43. Dans deux jours il [un navire] sera achevé de charger, et partira au premier vent, ID. ib. 43. Il fait voile, il vogue, il a bon vent, LA FONT. Fiane. Nous eûmes assez longtemps un vent favorable pour aller en Sicile, fén. Tél. i. Il Pincer le vent, rallier le vent ou au vent, serrer le vent, tenir le vent, et aller au plus près du vent, ou, elliptiquement, aller au plus près, disposer les voiles de manière que le bâtiment aille le plus près qu'il est possible de la ligne sur la- '

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quelle le vent souffle , en remontant vers le côté d'où il souffle. Dans cette situation, je crus devoir serrer le vent, et gouverner au sud-sud-est, lapérouse, Voy. t. m, p. 40, dans pougens. || Avoir le vent sur un navire, être au vent d'un navire, avoir le dessus du vent, gagner le vent, le dessus du vent à un navire, se mettre entre le lieu d'où le vent souffle et le navire dont il s'agit. Les nouvelles portant, même celles de Bruxelles et d'Amsterdam , que nos vaisseaux avaient le vent sur l'ennemi, et qu'on les a vus poursuivre les Hollandais vers le nord, pellisson, Lett. hist. t. i, p. 297. Il Fig. Gagner le vent, l'emporter. On peut le rétorquer [l'axiome] ; et, en tournant la médaille, on gagnera le vent sur le moraliste, Analyse de Bayle, t. n, p. 90. || Quand un objet se trouve plus près de l'origine du vent que la perpendiculaire à la direction de l'aire de vent qui passe par un autre objet, le premier de ces objets est au vent de l'autre; s'il est plus loin de l'origine du vent par rapport à cette perpendiculaire, il est sous le vent de l'autre objet. || Cette île était au vent à nous, elle était entre le lieu d'où soufflait le vent et nous. Cette île nous restait sous le vent, nous étions aritre cette île et l'endroit d'où le vent soufflait. {| Sous le vent, du côté opposé à celui d'où vient le vont. Le Portefaix se trouvait sous le vent de mon escadre, jean babt, dans jal. L'île d'Avcs, à cinquante lieues sous le vent de la Dominique, est si couverte d'oiseaux de mer, qu'on n'en voit nulle part en aussi grande quantité, BUFF. Ois. t. XIII, p. 359 l'Fig. Avoir le dessus du vent, avoir l'avantage sur quelqu'un. Celle [philosophie] d'Épicure, ses pourceaux voluptueux, celle d'Aristote, ses scolastiques contentieux, qui ont si bien aujourd'hui le dessus du vent, la mothe LE VAYER, Dial. d'Orat. Tub. t. i, p. 46î. Il Fig. Il est au-dessus du vent, se dit d'un homme en fortune, en position de ne rien craindre ; locution qui n'est pas usitée au propre dans la marine. La voilà donc [Mme d'Arpajon] transportée de joie, -au-dessus du vent et de tous les procès de M. d'Ambres, sév. 43 juin 4884. || Disputer le vent, se dit de vaisseaux qui font leurs efforts pour gagner le dessus du vent l'un par rapport à l'autre^ || Chicaner le vent, lutter le plus possible contre la direction du vent. || Le vent est juste quand il force à tenir le plus près pour gouverner à l'aire de vent prescrite. || Vent fait, vent qui ne varie plus, qui paraît devoir durer. || Vents alizés, voy ALIZÉ. I' Vent frais, voy. frais 4, n" 2. || Vent forcé, vent violent et plus fort qu'il ne faut. !| Avoir vent arrière, se dit de l'allure sous laquelle navigue un bâtiment, lorsque le vent le frappe dans la direction de sa poupe, et qu'il marche dans le même sens que le vent ave.- ses voiles déployées en conséquence. || Dans un sens opposé, avoir vent debout, vent contraire, un vent opposé à la route qu'on veut tenir. Nous passâmes en deux heures le premier goulet, malgré le vent qui était directement debout et très-violent, bougaInville, Voy. t. I, p. 234. Il Être vent devant, se dit d'uu navire qui reçoit le vent sur ses voiles, en le prenant de devant. || Avoir le vnt "n poupe , être favorisé oar le vent; ne se dit pas souvent au propre dans '.ù ^drine. Sa flotte, qu'à reE"i favorisait Neptune, Avait le vent en poupe ainsi que sa fortune, corn. Pomp. m, 4. On y arriva le lendemain [à Sainte-Marthe].... on et.-..; porté d'un vent en poupe extrêmement frais, d'Estrées à Seigne- . lay, 24 août 4680, dans jal. || Fig. Avoir le vent en poupe, être favorisé par les circonstances, avoir l'avantage sur quelqu'un. Pour peu .7U'^n ce métier on ait le vent en poupe.... boursault, Fabl. d'És. v, 4. || Vent largue, voy. largue. Il Vent du large, vent soufflant de la haute mer. Nous étions abrités des vents du large par un gros morne coiffé de nuages.... lapérouse, Yoy. t. II, p. 4 44, dans POUGENS. Il Avoir vent et marée, se dit d'un navire qui est pousse ? la fois par te vent et par la marée montante. {| Kig. Avoir vent et marée, avoir toutes choses favorables pour réussir dans ses desseins. || Aller contrevent et marée, avoir le vent et la marée contraires. Nous voulons contre vent et marée arriver à Nantes ; nous ramons tous, SÉV. 248. lIKig. Aller contre vent et marée, poursuivre obstinément un projet malgré les obstacles. Elle a établi son fils à la cour contre vent et marée, sév. 236. Elle et lui n'ont point eu de repos, que ce mariage n'ait été achevé contre vent et marée, m. 25 juin 460O. || Aller selon le vent, régler sa navigation selon le vent, et fig. s'accommoder au temps. Pourvu.... Ou'oa

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parle baragouin, et qu'on suive le vent, Régnier, Sat. III. Il Aller tout d'un vent, d'un mémo vent, faire un trajet direct pour lequel un seul et m(!me vent est nécessaire. || Proverbialement. On va d'un même vent à deux endroits opposés, et aussi : On va de tout vent à un même endroit. Il Fis?. Quel bon vent vous amène? se dit à une personne qui arrive, pour lui demander le sujet de sa venue. Bonjour, Finette ; X notre appartement quel bon vent te conduit? dancoubt, Urne Artus, I. 2. Il 9* Terme de chasse. Chasser au vent, aller dans le vent, aller contre la direction du vent. Il Fig. [Ce qui fait au po6te] Porter la tète basse et l'esprit dans le vent, rég.nieh, Sat. v. Il On dit aussi prendre le vent, aller à bon vent. il Tirer au vent, c'est lorsque, en prenant les devants d'un animal, le chien a le vent. || Porter le nez au vent, ou, elliptiquement, porter au vent, se dit des animaux et surtout des chevaux, quand ils portent la télé haute. || Fig. Il se dit d'un homme qui a i'air fier et dédaigneux. Le diraije? ils portent au vent, attelés tous deux au char de la fortune, et tous deux fort éloignés de s'y voir assis, la bruy. vin. || Fig. Le nez au vent, en flainint les événements. Vous, messieurs, qui le nez au vent, Encensez tout soleil levant, bérang. VU. Il Le nez au vent, se dit aussi pour indiquer un air étourdi, évaporé. || Terme de fauconnerie. Bander auvent, se dit d'un faucon qui se tient sur les chiens en fuyant la crécerelle. || Tenir le bec au vent, se dit du faucon qui résiste sans tourner la queue. || Prendre le haut du vent, voler au-dessus du vent. || Aller à vau-le-vent, avoir la queue au vent. Il Aller contre le vent, avoir le bec au vent. Il Aller l'aile au vent , voler à côté du vent. || lO» Fig. Influence qui favorise ou qui nuit, comme un souffle favorable ou malfaisant. Le vent des prospérités. Le vent de la faveur. M. le Tellier se voit élevé aux plus grandes places, non par ses propres elîorts, mais par la douce impulsion d'un vent favorable, boss. le Tellier. Je le plains, je le tiens échoué; ce rigide censeur, il s'égare et il est hors de route; ce n'est pas ainsi que l'on prend le vent et que l'on arrive au délicieux port de la fortune, la bruy. m. L'ambition, l'intérêt, le bon air si puissant en France, le vent de la cour auraient décidé les indififérenls et ramené les autres, DUCLOS, Œuv. t. V, p. 278. Son courage naissant et ses jeunes vertus Par le vent du malheur languissent abattus, delille, PU. m. Et que jamais n'arrive à cette tendre fleur Le souffle de la haine et le vent du malheur! m. Jard. ii. La religion chrétienne est un vent céleste qui enfle les voiles de la verlu, chateaubr. Génie, u, m, t. 11 s'est élevé un vent de la colère autour de l'édifice de la mort [Saint-Denis], ID. ib. iv, u, 9. Quand, au vent de la cour, votre fortune échoue, p. lebrun, Jfon'e St. II, 2. \\ 11* L'air agité par quelque moyen particulier. Faire du vent avec un soufflet , avec un éventail. || Instruments à vent, instruments de musique dans lesquels le son est formé par l'air qu'on y introduit. L'organe de la voix n'est pas simplement un instrument à vent; il est à la fois un instrument à vent et un instrument à cordes, et beaucoup plus à cordes qu'à vent, bonnet, Contempl. nat. t. viii, p. 33, dans pougens. Il Fusil à vent, voy. fusil. || 12* Le vent d'un boulet, l'air agité par le passage d'un boulet de canon. Presque tous les chirurgiens de notre époque s'accordent à considérer l'action des projectiles de gros calibre , passant à proximité du corps vivant, comme impuissante à produire les contusions vulgairement attribuées au vent du boulet ; et, quand un homme tombe mort sans présenter de lésion apparente, on reconnaît qu'à la vérité la peau est intacte , le projectile ayant frappé obliquement, mais que les os sont brisés et les organes intérieurs écrasés. |{ 13" Terme d'artillerie. DifTérence qui existe entre le diamètre d'un projectile et celui de l'âme d'une bouche à feu. On nomme spécialement ainsi la difTérence du diamètre de l'âme d'une bouche à feu au diamètre de la grande lunette de réception du projectile; et on nomme vent efîeclif moyen la différence entre le diamètre de l'âme et la moyenne des diamètres des deux lunettes. La théorie et l'expérience sont bien d'accord sur l'effet ordinaire de ce que l'on nomme le vent ou l'espace que l'on est obligé de laisser entre le boulet et les parois de la pièce pour pouvoir l'y introduire facilement, guyton, Instit. Mém. scienc. <807, 2'seni. p. ((8. 1114" Populairement, respiration, souffle. Prendre, retenir son vent. L'un des

deux compagnons grimpe au faite d'un arbre; L'autre, plus froid que n'est un marbre. Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent, la font. fabl. T, 20. Je vous conseille auparavant De reprendre un peu votre vent, id. ATtcH Terme de manège. Avoir du vent, se dit d'un cheval qui coinmenco i être poussif. || Donner vent au vin, faire une petite ouverture à un tonneau plein ; sans quoi on ne pourrait en rien tirer. || Donner vent à un tonneau, y faire une petite ouverture, pour en laisser sortir l'air pendant que le vin travaille. || Fig. Donner vent, laisser un libre cours. Donner vent à sa colère , à son indignation. Il 15* Les gaz qui sont dans le corps de l'homme et des animaux. Enfin vous ne l'entendez pas [le mot d'une énigme]? — Non, qu'est-ce? — C'est un vent échappé par en bas, bouhsault, le Merc. gai. v , 8. La fille de Dangeau passe pour très riche, mais aussi pour ne pas retenir ses vents, dont on fit force plaisanterie, st-sim. 2i, 25). La comtesse d'Auvergne acheva une courte vie par une maladie assez rare, qui fut une hydropisie de vent,lD. (39, 28. || 16° Terme de vénerie. Odeur qu'une bête laisse sur son passage. Avoir le vent d'une bête. Le cerf est de plus grand vent que le lièvre. || Il se dit aussi des émanations qui proviennent d'un corps quelconque. Lorsqu'il [le loup] veut sortir du bois, il ne manque jamais de prendre le vent, buff. ttorc. elioisis, p. 235. Il Le sanglier a eu le vent du gland, les corbeaux ont eu le vent d'une bête morte, l'odeur en est parvenue jusqu'à eux. || Fig. et familièrement. Avoir vent de quelque chose , avoir vent que quelque chose se passe, en recevoir quelque avis. J'eus quelque vent, dans le temps même, du dessein de Touteville, retz, Mém. t. iii, liv. IV, p. 40B, dans ponctNS. Ayant eu le vent des beautés.... Qu'en sa voisine on disait être, la font. Fianc. Il la voyait souvent, Parlait de l'épouser; son père en eut le vent, TH. CORN. D. César d'Avalos, ii, 6. Dès qu'elle eut le vent de ces menées, hamilt . Cram. s. Lesquels, ayant eu vent que quatre de leurs camarades avaient dessein de se battre , étaient accourus pour les séparer, lesage, Est. Gonx. 46. || On dit dans le même sens : n'avoir ni vent ni nouvelle, ni vent ni voie de quelqu'un ou de quelque chose. Amour est mort; le pauvre compagnon Fut enterré sur les bords du Lignon ; Nous n'en avons ici ni vent ni voie, la font. Rém. Son père lui avait écrit d'y venir pour cela, et l'on n'en a ni vent ni nouvelles, dancourt. Gai. jard. se. i. Je n'ai eu ni vent ni voie de Forment, ti" du deffant, Corresp. t. n, p. 32, dans pougens. || Fig. Le vent du bureau, ce qu'on connaît ou ce qu'on présume des dispositions où sont ceux de qui dépend la décision d'une affaire. Je crains fort les ciseaux de la police [pour une tragédie] ; si on nous rogne les ongles, il nous sera impossible de marcher; d'ailleurs le vent du bureau n'est pas pour nous, volt. Lett. d'Argental, 24 nov. 4 772. Cela fait présumer que ce dernier, qui n'avait pas le vent du bureau, a repris faveur, Corresp. de Klinglin, i, 292. || 17^ Fig. Chose vaine et vide. Il n'y faut plus songer; c'est se paître de vent, RÉGNIER, Plainte. Marchand des plus rusés, et qui le plus souvent Payait ses créanciers de promesse et devent,iD.lipi(.ii. Cette réputation n'est, àcequ'on dit, que du vent; mais ce vent-là fait quelquefois tourner le moulin , oui patin, Lett. t. 11, p. 40». C'est promettre beaucoup, mais qu'en sort-il souvent? Du vent, la font. Fabl. v, lo. Il y a [dans un mol] le son qui n'est que du vent, pasc. Prov. II. Cet auteur n'a que du vent et de l'écorce , BOlL. Longin, Subi. u. J'ai un grand nom, ditesvous, et beaucoup de gloire; dites que j'ai beaucoup de vent, qui ne sert à rien, la bruy. xh. [Villeroy] Nulle lecture, nulle instruction, ignorance crasse sur tout, plates plaisanteries, force vent et parfait vide, st-sim. 392, 64. (| Sur la pointe des vents, sur des choses de peu d'importance, sur des bagatelles. Je ne vous entretiendrais pas de ces sortes de faiblesses, dont je suis bien assuré que vous vous moquez, sans que la lettre d'aujourd'hui est un peu sur la pointe des vents, sÉv. 22 sept. <679. ||18° Vanité. [ Lesdiguières ] avec moins de vent et plus do réflexion, c'eût été un homme en tout temps dans un royaume, st-sim. (29, (71. Il 19» Nom de petits globules qui se forment entre les couches do blanc de dorure. || Proverbes. Petite pluie abat grand vent, une petite pluie fait ordinairement cesser un grand vent ; et fig. une cause légère, un petit incident fait

cesser quelquefois do grands troubles. ||I brebis tondue Dieu mesure le vent, la Providence proportionne nos maux à nos forces. || Selon le vent la voile, il faut déployer plus ou moins de voiles suivant que le vent est plus ou moins fort, et fig. il faut proportionner ses entreprises à ses moyens. Il On tend les voiles du calé que vient le vent, on se sert des avantages qui se présentent. || Il pleut i tous vents, il peut venir du bien et du mal da tous les câtés. Il Qui va sans barbe et tout nis Au vent de bise est morfondu. || Qui est sur la mer ne fait pas des vents ce qu'il veut, jj II faut laisser courir le vent par-dessus les tuiles, il faut souf»frir ce qu'on ne peut empêcher.

— REM. Je suis persuadé qu'il faut dire : il s'ilève un vent de midi, et non pas un vent du midi; mais je ne sais s'il ne faut pas dire plutôt : le vent du midi est celui qui.... que de dire : le vent de midi est celui qui.... vaugel. Hem. not. Th. Cor. t. II, p. 698, dans pougens. Cette remarque n'a pas prévalu, et l'on dit en toute circonstance : un vent, le vent du midi, du nord.

— HIST. XI* s. Orez [orage] i ad de tuneire e d« vent, Ch. de Roi. cix. || xn' s. Toutes enseignes contre venz baloians, Ronc. p. (35. Si com fait net [nef] que vens guie [guide] , Couci, m. El gésir mainte nuit al vent et i l'orage, Sax. xxvi. I.i segrestain uni mis par fiance erramment. Qu'ai premier fiot irad ariere, s'il a vent. Th. le mort. (21. Il xiii* s. Si laissierent lor voiles aler au vent, villeh. lx. Et li vens est cheûs, et li tens s'asseiire, Berte, XLii. i Montfaucon [gibetj le firent sus al vent encrouer, ib. xcvii. Li muables se tome à chascun vent, brun, i.atini. Trésor, ^i. 30». S'essiliez ère [j'étais] de la terre, Ou se ge ère mis au vent [pendu], Ren. v. (7684. Atant est remese la chace. Que nus [nul] n'en sot [sut] ne

vent ne voie, 16. v. 22232 C'est tous vens

D'emprendre amors, s'ele n'est poursuivie. Ht. d* poés. franc, av. (3oo, t. n, p. 829, dans lacurnb. Vens ichi est apellé Paroles de tricheors, ib. p. 929. Uns homs puet tant entour sa nièce Et se [sa] suer repairier sovont, C'on dit tantost qu'il i a vent, Et que leur vie est communaus, »f>. t. iv, p. 13(7. Et se sa robe li traîne. Ou près du pavement s'cncline, Si la lieve encoste ou devant. Si cum por prendre ung poi de vent, la Rose, (3764. Endementieres [tandis que] nous en venions, je li fis osier son hyaume, et li baillé mon chapcl de fer pour avoir le vent, joinv. 228. ||xiv* s. Et quant li pèlerin en oîrent le vent. Pour Bcrtran du Guesclin en furent moult doulent, Cuescl. (64(1. Quant Henry vint à eulx tenir son parlement, Il ne firent de lui compte nés que du vent, ti>. 8(69. Et apparut à escient Que pou de pluye abat grant vent, Liv. du bon Jeh. (39«. ||xv* s. L'an rail trois cent un avec quatre vins, Le premier jour du doubtoux mois de mars, Leva grant ventde paillars et coquins Qui a Paris couru de toutes pars, B. descu. Poésies mss. f* (28. Avoir vent à volonté [vent favorable], fhoiss. ii, n , 2». Il commença à rire et dit qu'ils l'avoient songé, et que ce n'avoit esté que vent, id. ii, ni, 22. Tous y battirent vent [y perdirent leur peine], et ne porent trouver voyes ne manière de le faire venir devers le duc, ciiastell. Chron. de Bourg, n, 6». En ce temps que j'ay dit devant. Sur le noel morte saison, Lorsque les loups vivent de vent, VILLON, Petit testament. Quant ilz se furent ainsi acoustrez, il convint par nécessité que l'ung et l'autre se retirast pour vent cueillir [reprendre haleine], Perceforest, t. I, f" bo. || ivi* s. Là feut entre les autres un des soldats de la place mis au vent [pendu], i. d'auton , Ann. de Louis .17/, p. (79, dani lacurne. Ayant senty le premier vent de la délibération du vice roy de le déposséder, MONT. II, 38. Les pires escripls ont gaigné le dessus du vent populaire, ii>. iv, 91. La maison de Guise, qui dès-lors practiquoit lèvent des peuples, et sur tout la bonne oppinion des ecclésiastiques, d'aub. Hist. i, 83. Son (ils esloit de ceux qu'on appelle mal nez, ne se purgeant ni par le nez ni par la bouche, laquelle il portoit ouverte pour prendre son vent, 10. ib. I, 90. Norfolc fut condamné à estre jette au vent, la corde couppée, et le cœur arraché pour lui en battre les joues, m. ib. n, 8». Massardiere faillit à estre enterré, n'estant estonné que du vent du canon, m. ib, 11, (63. La Florissante [navire] se trouva sans vent, ID. ib. il, 304. Le vent de la faveur passe sur ces courages, ID. Tragiques, édit. lalanne, p. 2(2. 0 ploiables esprits, 0 consciences molles, Téméraires jouets du vent et des paroles, m. ib. p. 8a. Non pas qu'il

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■'en vaiitast trop ; car il estoit très gobre en vanterie, ot avoit tousjours plus d'effets que de vent, BRANT. Capit. franc, t. m, p. 82. Lequel reproche, possible, l'ut cause de faire sortir l'empereur lie ses Espagnes ot monts Pyrénées , pour prendre le vent [se mettre en campagne] et charger les armes, ro. Capit. estrang . t. i, p. 6. Depuis jamais on n'a pu ouir ny vent ny voix de l'cspicier, JVuito de Straparole, t. ii, p. 404, dans lacubne. Vent au visage rend l'homme sage, leroui de lincy, Prov. 1. 1, p. <3b. Le vent n'entre jamais dans la maison d"un advocat, ID. ib. p. <36. Plus desgelle droit vent que ne fait eau boillant, m. ib. Nul vent ne fait pour celuy qui n'a point de port destiné, coTonAVK. Il vaut mieux des pieds combattre, En fendant l'air et le vent. Que se faire occire ou battre Pour n'avoir pris le devant, Sat. iicn. les tapisseries.

— ÊTYM. Wallon, t'oin; provenç. vent, ven; catal. vent; espagn. viento ; Ital. venlo; du lat. ventus ; comparez le gotli. wajan, allem. wehen, venter, sanscr. vdta, vent, vd, soulfler.

t VKNTAGE (van-ta-j'), s. m. Terme rural. Séparation (les grains et des corps étrangers au moyen du vent.

VENTA IL (van-tall, {I mouillées), s. m. Terme de blason. La partie du heaume par où l'homme d'armes prend vent et air. |1 Au plur. Vcntaux.

— ÉTVM. Bas-lat. ventaculum, soupirail, de ventus. vent. L'ancienne langue disait ventailk. M. Jules Ouicherat {Explication du mot ventaille) a démontré que les chevaliers des premiers siècles portaient sous le heaume une coiffe ou capuchon (|ui venait s'adapter au haubert, et que ce capuchon avait, .sur le visage, une ouverture. C'était cette ouverture qui, proprement, se disait rentaille ; plus souvent la ventaille s'est prise, par extension, pour le capuchon lui-même.

i-VEN rAISON(van-tè-zon), s. /'.Terme rural. Maladie du f. ornent, causée par la violence des vents.

— ÉTVM. Venter.

VENTE (van-f), ». /". ||1* Échange d'un objet contre un prix en argent. La vente d'une terre. Contrat de vente. Procéder à la vente et adjudication. Aller aux ventes publiques. La vante de ce grand homme [Joseph], la fidélité qu'il garde à son maître, et sa chasteté admirable, boss. Hist. I, 3. La vente est une convention par laquelle l'un s'oblige à livrer une chose, et l'autre à la payer, Code civ. art. (583. Les frais d'actes et autres accessoires à la vente sont à la charge de l'acheteur, ib. art. (693. || Mettre une chose en vente, faire savoir qu'on veut la vendre. || Exposer une chose en vente, la mettre à la disposition dos acheteurs. Il Ce livre est en vente, il vient d'être publié, on le vend actuellement. |1 Une marchandise de vente, de bonne vente, marchandise de nature à être bien vendue. || Cette marchandise est dure à la vente, le débit n'en est pas aisé. || Cette marchandise est hors de vente, on ne la vend plus. Il La vente de cette marchandise se passe, le moment de la vendre avantageusement se passe. || La vente va, ne va pas, se dit quand les marchands ont ou n'ont pas de débit, d'acheteurs. |{ Pousser à la vente, faire des efforts pour qu'une marchandise se vende. L'hôtesse poussant à la vente, bérang. Mad. Grég. \\ Le roi de la vente, l'artiste dont les ouvraRes se vendent le plus cher, dans une vente d'objets d'art. || 2° La place publique où l'on vend des marchandises (sens vieilli). Acheter du vin sur la vente. || 3° Terme de bourse. Vente à livrer, celle dans laquelle le vendeur est censé posséder les titres au moment où il les vend, par opposition à vente à découvert. ||4' Terme d'eaux et forêts. Les différentes coupes qui se font dans un bois, dans une forêt, en des temps réglés. Bourgeau [marchand de bois] me déclara qu'il voulait de moi 4200 francs de dommages et intérêts, comme n'ayant pas coupé assez de bois pour sa vente, r. L. COUR, à MU. les juges dutribvmal à Tours. || Asseoir les ventes, marquer le bois qui doit être ooupé. Il La partie d'une forêt ou d'un bois qui vient d'être coupée. Tout le bois que j'ai coupé est encore dans la vente. || Vider, nettoyer les ventes, enlever le bois qui est coupé. |1 Jeunes ventes, les Tentes dans lesquelles le bois coupé commence à repousser. || Vieilles ventes, celles où le bois est proche du moment de l'exploitation. ||5' Lods et ventes, voy. lods. ||6« Réunion de carbonari; (eotlon d'une société secrète ; ainsi dite do ce que les conjurés se représentaient comme charbonniers et occupés d'une vente de charbon. — HIST. xiir 8. Je n'apela pas vente don ; Vente

ne doit nui guerredon; N'i afiert grâces ne mérites, laRose, <imi7. [La couronne] Cent mile mars valoit ot plus, à droite vente, Berte, x. Car mon cors estoit moult à douloureuse vente [j'étais dans une situation douloureuse], ib. xLviii. La vielle ara ja lost de son marcliié la vente [sera traitée suivant son mérite], ib. xcvi. Là n'i verrez joiel, tant soit de chère vente. Que je ne vous achate.... ib. CXI. Je ne tenroie pas le [la] vente, s'il ne me plesoit, BEAUM. xxxiv, 6. Comme s'il prendent ferme et une vente de bois ou autres marceandises certaines, id. xxi, 30. || xv* s. Avient souvent qu'il enquiert petitement des besoingnes, et s'y boule tel prix, telle vente. Les quinze joies du nuiriage, i" joie. Adonc montèrent heraulxsur les roussins, et s'en allèrent criant par les tentes : Partez, seigneurs chevaliers, partez, si venez couquerre honneur qui est mise en vente, Perceforest,i. i, f°(34. Armez-vous, seigneurs chevaliers, le temps en est, proessc est mise en vente, ib. t. ii, f" (■^2. Le suppliant demande à un pescheur combien il faisoit une vente de poisson qu'il avoit, du Cange, venta. Il XVI* s. On meit Esope en vente avecques deuiau!tres esclaves, mont, iv, (91. 11 y a un puits dans les bois,au triage de la vente aux brebis, alcrippe,A'ouvelle Fabrique des excellents traits de vérité, p. 2».

— ÉTV.M. Prov. «endayesp. venta; port, venda ; it. vendila ; du passif venditus, de vendere, vendre.

VENTÉ, ÉE (van-té, lée), pari, passé de venter. Battu, poussé par le vent, jj Marée ventée, maréeque le vent pousse. || Terme d'eaux et forêts. Arbre fauxventé, arbre dont le vent a contrarié la croissance.

t VENTEAUX (van-tô), s. m. pi. Terme de métallurgie. Ouvertures par lesquelles l'air s'introduit dans les soufflets.

— ETYM. Yent.

t VENTELLE (van-tè-l*), ». f. Ouverture pratiquée dans la ventellerie. L'éclusier a seul le droit de manœuvrer les vénielles et les portes d'écluse, B. CHANGEZ, Yoies navigables de France, p. 7C5.

— HIST. XIII' s. Pour l'aisemant des m(jlins et des ventaus desdis molins, Bibl. des ch. O' série, t. m, p. B67. (jxiv* s. Establir des vcntailles en certains relais en la rivière de Somme, Areh. nat. jj 74, pièce 427 (communiqué par M. Luce).

— ÊTYM. VerU. Venlal, dans le parler genevois, signifie volet, contrevent.

t VENTELLERIE (van-tè-le-rie), ». f. Terme do ponts et chaussées. Ouvrage de bois ou de maçonnerie, destiné à soutenir une retenue d'eau : on y pratique une ou plusieurs ouvertures que l'on ferme avec des vannes. La navigation y est, de fait, interceptée [dans la rivière de Cliiers], en amont de Brévilly, par cinq usines dont les ventelleries ne contiennent aucun pertuis, e. grangez, Yoies navigables de France, p. tas.

— ÉTY.M. Ventelle.

VENTER (van-té), ». n. impers, jj l" Faire vent. Qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il tonne. Rien désormais ne m'étonne, legrand, Lelph. m, g. Le 3o janvier, im matelot tomba à la mer; nos efforts lui furent inutiles, et jamais nous ne pûmes le sauver; il ventait grand frais, et la mer était trèsgrosse, BOUGAINV. Yoy. t. II, p. 4. |{ Il peut se construire avec le mot vent, et alors il cesse d'être impersonnel. Quelque vent qui vente. Les six jours suivants nous furent tous aussi malheureux : de la pluie, du calme, et le peu qui venta, ce fut du vent debout, bouqainv. Foy.t. n, p. 236. ||Fig. On ne peut pas empêcher le vent de venter. 112° Dans un emploi spécial, faire venter Contrat passé [avec Jupiter], notre homme Tranche du roi des airs, pleut, vente, et fait en somme Un climat pour lui seul.... LA. FONT. Fabl. VI, 4. Il II so conjugue avec l'auxiliaire ovotr.'H S" F. o. Pousser par le souffle. La brise ventait la marée.

— HIST. 701' s. Et quant l'halaine douce vente Oui vient de ce douz pais. Où cil est qui m'atalente.... Couci, Dame de f oiei. ||xiii* s. Par un jour si très bel, qu'il ne pleut ne ne vente, Berte, X. L'uns atise le feu, etli autres le vente, ib. xcvi. En [on] vos deûst ardoir en brese, Si que la poudre en fust ventée [jetée au vent], Ben. (287o. Sus ce fiueve.... Zephirus nule fois ne vente, Ne ne li recrespit ses ondes. Qui moult sont laides et parfondes, la Rose, 6058. Li vens de tramontainc venta moult fort, et fist en ceste ile moult grant dommage, marc pol, p. 544. {{ xv* s. Si eurent beau temps et bon vent, car ce fut au mois de mai, que il fait bel et joli et qu'il vente à point, froiss. n, m, 32. S'il cust voulu voler avec le vent qu'il ventoit [s'il avoit voulu profiter de la faveur], il eust eu et fait ce qu'il eust voulu, godefhoï, An-

not. sur Vhist. de Charles YI, p. 577, dans lacuiiNE, au mot voler. || xvi* s. Si nos facullez son» sans fondement et sans pied, ai elles ne font que llotter et venter.... mont, ii, 3(8. Les vents n'ont soufflé sinon du midy, et encore iceux ont venté tant doucement qu'à peine oïi les a peu sentir, PARÉ, XXIV, 3. J'ay veu d'autres vents venter, coigrave. Tant vente qu'il pleut, m.

— ETYM. Vent; prov. et esp. oentor;it. ventare. \ VENTEROLLES (van-te-ro-l'), ». f. pi. Nom

d'un droit que l'acheteur devait, dans les ventes d'héritages censuels; il était ordinairement de vingt deniers par livre.

VENTEUX, ECSE (van-teû, teû-z'), adj. pi* Qui est sujet aux vents, Plage venteuse. Le printemps et l'automne sont des saisons venteuses. || Se dit de certaines avalanches qui sont ordinairement accompagnées d'un grand vent, qu'elles augmentent encore par leur chute. || 2° Qui a l'apparence du vent. En écume venteuse en dissiper l'orage, REGNIER, Épttre, I. Il 3* Qui produit des venls, des fiatuosités. Les végétaux farineux, surtout les graines légumineuses, ont plus spécialement que les autres genres d'aliments la propriété de produire des fluides élastiques; et c'est pour cela qu'on les nomme aliments venteux, pourcrot, Conn. chim. t. X, p. 74. Il Oui est causé par les vents. Colique venteuse. Maladies venteuses.

— HIST. XVI* s. La voix de la commune et de la. tourbe, mère d'ignorance, d'injustice et d'inconstance.... en cette confusion venteuse de bruits, de rapports et opinions vulgaires qui nous poussent, il ne se peult establir aulcune route qui vaille, MONT, m, (8. Certes je n'ay point le cœur si enflé, ny si venteux, que j'allasse eschanger la santé pour.... ID. III, 234. La fortune m'a fait quelque» faveurs venteuses, honnoraires et titulaires, sans substance, id. iv, (43. Aucuns disent que telles pierres sont gelisses ou venteuses.... voilà comment les pierres sont sujettes à la dissolution des vents et gelées, palissy, 282. Colique venteuse, paré, /n<rod. 23. Sous l'œdème sont compris les tumeurs flatueuses ou venteuses, aqueuses, et dures, id. v, (6.

— ÊTYM. Provenç. ventos; espagn. et ital. ventoso; du lat. ventosus, de ventus, vent.

VENTILATEUR (van-ti-la-teur), ». m. || 1« Noft donné aux instruments employés à renouveler l'air d'un lieu fermé quelconque et surtout des habitations de l'homme et des animaux. Les premiers ventilateurs ont été inventés en (744. Ce pouvoir des vapeurs [qui s'exhalent du corps de» personnes rassemblées en grand nombre] fait voir la nécessité des ventilateurs, surtout dans les climats chauds, VOLT. Pol. et lég. Frctgm. Inde, (S. Souvent les ventilateurs et les puits d'air ne suffisent pas; il faut établir dans les mines des fourneaux d'aspiration, buff. Uin t. n, p. 29->. Duhamel remarqua que l'odeur des salles d'hôpitaux croissait, lorsqu'il s'approchait du plafond; il imagina un ventilateur qui fait communiquer cette partie avec l'air extérieur, sennebier, Ess. art d'observ. t. m, p. 224, dans pougens. || Ventilateur à force centrifuge : le courant d'air est produit par des ailes montées sur un axe et tournant dans un tambour; ce ventilateur peut être aspirant ou soufflant, ou aspirant et soufflant à la fois. || Ventilateur à vis : les ailes sont remplacées par une surface hélicoïdale. || 2* Machine destinée à produire un courant d'air pour alimenter le feu d'un fourneau. Il 3* Instrument propre à débarrasser certaines substances des corps légers qu'elles peuvent contenir, et, particulièrement, à nettoyer le grain; on le nomme aussi tarare. || Ventilateurs pour le soufrage des vignes. || 4* Nom que prennent par euphémisme les vidangeurs. || 5" Tuyau que, pour aérer une fosse d'aisance, on fait aller do la fosse jusqu'au dessus du toit.

— f.TVM . Lat. ventilatorem, de ventilare, ventiler (.

(. VENTILATION (van-ti-la-sion), s. f. Opération qui a pour objet d'entretenir la pureté de l'air dans une enceinte close et de remédier aux dangers de l'air confiné. |{ Ventilation renversée, système de ventilation ainsi nommé parce que l'air s'y meut contrairement à son mouvement naturel, soit de haut en bas dans la ventilation à chaud, soit de bas en haut dans la ventilation à froid.

— HIST. XVI* s. Réfrigération, ventilation et nutrition, paré, xviii, 54.

— ÉTYîl. Lat. veiUilationem, de ventilart, ventiler (.

2. VENTILATION (van-ti-la-sion), ». f Terme de jurisprudence. Action de ventiler. Si une partie-

VEN

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4e la chose seulement est périe, il est au choix do l'acqucieur li'uljauJonucr la vente, ou de demander la partie con:>crvée en laisaiit dolermioer le prix par la ventilation, Code civ. art. unn.

— ËTYM. Lat. ventiialionem, de ventilare, ventiler 2.

t <. VENTILÉ, LCB (van-ti-lé, lée), part, passé de ventiler i. Salle bien ventilée.

2. VENTILÉ, ÉK (van-ti-lc, lée), port, passé de ventiler 2. Je sentais bien ce que je hasardais avec une succession ruinée, ventilée, en proie aux frais et aux chicanes, st-sim. u4, eo.

t 1. ViC.NTILER (van-ti-lé), V. a. || 1" Donner de l'air, renouveler l'air par un moyen quelconque. Ventiler la cale d'un navire. || a*Teriae de construction. Pratiquer des ouvertures pour faire pénétrer l'air. Il Par extension, éventer. Mais sur sa blanche épaule un ramier favori litait venu chercher un amoureux abri, Il ventilait son cou d'un frémisseuient d'aile, lamabt. iléd. 2, Une jeune fiUe.

— HIST. XII' s. Si l'esiacerad de ceste bone terre... et ultro mer les vcntelerad, Bois, p. 293.

— ÊTVM. Lat. ventilare, exposer au vent, do tentus, vent.

2. VENTILER (van-ti-lé), V. a. |l 1* Terme de jurisprudence. Evaluer une ou plusieurs portions d'un tout, relativement non à la valeur réelle, mais au prix total. 112" Fig. Discuter une afTaire, agiter une question avant d'en délibérer en forme (emploi vieilli). Le parlement, non content de ventiler son autorité [du régent], de le barrer dans les choses les plus indifférentes, lui voulut étaler sa supériorité jusque sur le rang, st-sim. 445, 209.

— HIST. XIV s. Et toutes leurs causes mues et à mouvoir soient ventiUées et déterminées ou temps avenir et en touz cas, en nostre chambre de parlement, Ordonn. des rois de Fr. t. v, p. 25. j|xv' s. 11 avoit esté ventillé par le pays, que la suppliant estoit cause du feu de l'ostel du père de son mary, du cange, ventilare.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. ventilar; ital. ventilare; du lat. ventilare (de venlus, vent), qui signifie exposer au vent, et fig. examiner. L'ancienne langue avait, de ventilare, tiré venteler, verbe très-usité et signifiant flotter au vent; on disait aussi en ce sens ventiler.

t VENTILLON (van-ti-Uon , il mouillées), s. m. En métallurgie, soupapes qui ferment les venteaux.

— HIST. xvi* s. En toutes maisons et autres édifices, verrières, ventilions et autres meubles de bois clouez ou tellement appropriez que sans détériorations ou évidente incommodité de la chose ne puissent estre transportez, sont oensez immeubles, Nouv. coust. gén. t. u, p. <432.

— ÊTYM. Vent.

t VENTIS (van-ti),j. m. pi. Termes d'eaux et forêts. Arbres abattus par les vents. || Faux ventis, arbres qu'on a fait tomber à force de machines, ou ceux qu'on a déchaussés afin que le vent piit les jeter à bas plus facilement.

VENTOLIER (van-to-lié), s. m. Terme de fauconnerie. Oiseau qui se plaît au vent, et qui, s'y laissant quel^^uefois emporter, se perd. || Oiseau bon ventolier, oiseau qui résista au vent.

— ÉTYM. TerU.

VENTÔSE (van-tô-z'), ». m. Le sixième mois du calendrier républicain, commençant le 19 février.

— ÊTYM. Vent.

VENTOSITÉ (vau-tô-zi-té), ». f. Amas de vent dans le corps des animaux.

— Hisr. xiii* s. Et quant li lius [lieu] sera oins cil li ventosités sera.... alebrant, ^ «4. || xvi* s. Vuider les ventosités et aquosités et autres excréments, PARÉ, Introd. II.

—ÉTYM. Prov. ventositat; esp. ventosidad; ital. ventosità: du lat. veutositatem, de l'enfosus, venteux.

t VENrOUSAriON(van-tou-za-sion),s. f. Action de ventouser.

— HIST. XIV* s. Les navrés [blessés] es quiez ventosacion est compétente, H. de mûndeville, f" 44.

— ÉTYM. Ventouser; provenç. ventozacio.

VENTOUSE (van-tou-z'), s. f.\\ l' Vaisseau de

verre, de cuivre, etc. qu'on applique sur la peau, «t dans la capacité duquel on fait le vide, afin de soulever la peau et de produire une irritation locale. Appliquer des ventouses. || Ventouses humides, et, plus ordinairement, ventouses scarifiées, ventouses après lesquelles on pratique la scarification de la peau soulevée ; on réapplique la ventouse pour obtenir plus de sang. || Ventouses sèches, ventouses après lesquelles on ne scarifie pas la peau soulevée. || 2* Terme d'histoire naturelle. Certains organes dont quelques animaux

aquatiques sont pourvus, et au moyen desquels ils funt le vide et sucent les corps auxquels iU s'attachent. || 3° Ouverture pratiquée dans un conduit pour donner passage i l'air. Si la cheminée fumait toujours malgré les précautions indiquées, il faudrait faire une ventouse qui s'ouvrit dans la cheminée, oenus, ifai.(on rust. t. 1, p. «8, dans POUGF.NS. Il Ventouse, ou planche de ventouse, nom de deux planches de plùtre placées l'une devant l'autre sous le manteau d'une cheminée, et entre lesquelles passe l'air, jj Se dit aussi de petites ouvertures pratiquées dans l'épaisseur des planchers pour établir un courant d'air sous le manteau d'une cheminée. {| Terme de manne. Ouverture pratiquée dans les ponts ou même dans la muraille d'un navire pour renouveler l'air. || Terme de poêlicr. Petite grille en fonte donnant passage à l'air froid. || Terme de métallurgie. Ouvertures des canaux d'évaporalion dans les fourneaux. || Ouvertures faites aux murs des parcs et clôtures pour faire écouler l'eau (massé, nua, Vict. des eaux etfùr.).\\i' Terme de jardinage. Branche qu'on laisse sans la tailler aux espaliers trop vigoureux, pour qu'elle consume l'excès de sève. || 6° Ventouse de chapeau, de casquette, petite ouverture pour l'aérer.

— HIST. xv s. Ventoise pour aider à relever la marris [matrice) d'icele malade, du canse, «entoso. Desestoupes ardentes dedans venteuses, et les luy passoient en ceste chaleur à l'endroit du cueur [pour lui faire retirer le sang au cueur], comm. v, B. Il XVI* s. Ventouses de cuivre, de corne, de verre, de bois, de terre, d'or et d'argent, les unes sont grandes, autres petites (appelées petits cornets), les autres moyennes, paré, xv, 68.

— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. ventosa ; du latin ventosa, ventouse, de ventosus, venteux.

VENTOUSE, ÊE (van-tou-zé, zée), part, passé de ventouser.

VENTOUSER (van-tou-zé), v. a. Terme de chirurgie. Appliquer des ventouses à un malade. Ce colère malade, à qui il tira trois palettes de sang, et lui ventousa les épaules vaille que vaille, SCARR. ilom. com. 11, 9.

— HIST. xm* s. Ventousers espurge de sano délié ki est es vaines petites, alebrant, f* <3. Il XVI* s. Les Allemands ont do particulier [dans l'usage des eaux thermales] de se faire généralement touts corneter et ventouser avecques scarification, dans le bain, mont, m, 223.

— ETYM. Ventouse; provenç. ventosar.

t VENTOUSEUR (van-tou-zeur), s. m. Celui qui applique les ventouses. Un ventouseur adroit.

—ÉTYM. Ventouser; prov. ventozaire, renlozador.

VENTRAL, ALE (van-tral, tra-l'), adj. |l l" Terme d'anatomie. Qui appartient au ventre. || Terme de chirurgie. Hernie ventrale, hernie qui se fait dans les parois de l'abdomen. || 2° Terme d'histoire naturelle. Nageoires ventrales, les nageoires placées au ventre. Il 3" Terme de botanique. Suture ventrale, ligne formée par le rapprochement des deux bords de la feuille carpellaire pliée ou roulée sur elle-même.

— HIST. XVI* s. [Artère] appellée cœliaque ou (s'il faut ainsi parler) ventrale, paré, i, 22.

— ÊTYM. Lat. ventralis, de venter, ventre. VENTRE (van-tr'), s. m. {| 1° La cavité du corps

qui contient l'estomac et les intestins. Avoir mal au ventre. Ventre enflé, gonflé, tendu. Donc vous vous figurez qu'une bête assommée Tienne votre fortune en son ventre enfermée? du ryer, Scévole, ir, 4. Millancourt, qui me servait de second, avait été blessé dans le ventre et désarmé, retz, u, 9. S'il était là, je lui donnerais tout à l'heure de l'épée dans le ventre, mol. Fourber. u, 9. Ces rois dont les chevaux ont du sang jusqu'au ventre, v. hugo, Feuilles d'aut. 40, || Être le dos au feu et le ventre à table, prendre toutes ses commodités en mangeant. Il Se serrer le ventre, étreindre fortement le ventre avec une courroie, ce qui amortit le sentiment de la faim. || On l'a battu dos et ventre, on lui en a donné dos et ventre, sur le ventre et partout, on lui a dansé les deux pieds sur le ventre, se disent d'un homme qui a été excessivement maltraité. || Fig. Maltraiter de paroles ou par des critiques fondées. Nous en donnerons sur dos et ventre à tous ces petits Catons comme vous, qui nous méprisent par envie, dider. Neveu de Hameau. \\ Ventre à terre, le ventre appuyé sur le sol. U leur cria : ventre à terre. Tu les posteras ventre à terre, entre ci et le quartier général, hamilt. Gram. 3. On se jetait à genoux ou ventre à terre, volt. Cand. ts. || Fig. Enfin se

traînant, gravissant, et par sauts et par bonds, toujours lo ventre à terre, il a tant fait.... beau- UAitcu. Mémoires, 4* mém. || Fig. Demander paidon ventre i. terre, demander pardon avec toute sorte de soumissions. || Ventre à terre, se dit d'un cheval qui galope extrêmement vite, et qui, s'allongcant beaucoup, a le ventre près de terre. Ce cheval va ventre à terre. || On dit aussi : e» cavalier, ce courrier va ventre à terre, il fait aller son cheval ventre i terre. || On dit encore : ce cocher nous a menés ventre à terre. Les jeunes gens qui en cabriolet se piquent d'aller ventre i terre, croient avoir le meilleur air du monde, genus, Maison rust. t. i, p. (77, dans polgens. Et pui* ventre à terre d'ici en Angleterre avec des chevaux de poste, picard, Conteur, 11, 2. || Sur le ventre, couché sur le devant du corps. Le capitaine ordonna à ses soldats de se coucher sur le ventre. Il X plat ventre, en étant couché sur le devant du corps. Pitre étendu à plat ventre sur la paille, dider. So(on de 1 707, (Eue. t. xiv, p. boo. || Fig. Être à plat ventre devant quelqu'un, lui faire bassement la cour. Il Fig. Mettre le feu sous le ventre à quelqu'un, l'irriter, l'aigrir, l'exciter. |! Passer sur le ventre, marcher sur le ventre à quelqu'un, le terrasser et passer par-dessus lui, le considérant comme renversé sur le dos. Passant dessus le ventre à sa troupe mutine, corn. Mél. iv, ». Darius, se tournant de son côté et lui adressant la parole, lui demanda s'il le trouvait assez puissant peur passer sur le ventre de l'ennemi, rollin, Ilist. anc. Œuv. t. vi, p. 224, dans pougens. Il [Charles Edouard].... s'empara d'Edimbourg, passa sur le ventre à quatre mille Anglais à Preston, chateaubh. Stuarts, Jacques II. \\ Fig. Passer sur le ventre à quelqu'un, remporter l'avantage sur lui, parvenir au but malgré lui, obtenir un avancement auquel il avait droit. Quel plaisir pensez-vous qu'eût pris ce bonhomme [Octavius, père d'Auguste] de voir son fils, après avoir marché sur le ventre à ses ennemis et fait mettre les armes bas en tout l'empire, présider au repos et à la paix universelle? malh. Traité des bienf. de Sénêque, m, 32. Mais avec ce secours, pour peu qu'on sollicite. L'argent passe, morbleu, sur le ventre au mérite, mont- FLEURY, Femm. juge et part. 11, t. || Fig. Taper sur lo ventre à quelqu'un, être familier avec lui. Il 2* Réceptacle des aliments et des boissons. Que tout ch.mtrc Boive à plein ventre, dérang. Concord. 11 n'engageait jamais [àdiner] ces soi-disant gastronomes qui ne sont que des gloutons, dont lo ventre est un abîme, et qui mangent partout, de tout et tout, drillat-savabin, l'hysiologie du r/oût, ilédilalion xxix. Il [l'homme] a toujours travaillé pour son ventre plus que pour son coeur et son esprit, G. sand, Rev. des Ocux-IUondes, ("juin (868, p. B8O. Il Être sujet à son ventre, se laisser aller à sa gourmandise. |I À ventre déboutonné, en se déboutonnant le ventre, pour manger beaucoup. Après avoir très-bien dîné Jusqu'à ventre déboutonné, scaar. Tgph. 1. 1| On dit aussi rire à ventre déboutonné, pour dire : rire beaucoup. Il Fig. Cet homme s'est donné île son épée dans le ventre, se disait autrefois d'un homme qui avait vendu son épée pour boire. || 11 fait un dieu de son ventre, le ventre est tout pour lui. Qui se conduisent en ennemis de la croix de Jésus- Christ, qui auront pour fin la damnation, qui font leur dieu de leur ventre, saci. Bible, St Paul, Éptt. aux Philippierts, m, i, 9. |1 II se dépite, il boude contre son ventre, se dit d'un enfant qui se mutine et ne veut pas manger, et, figurément, d'un homme qui, par dépit, refuse ce qu'on sait qu'il désire et qui lui convient. Il 3° Le ventre considéré par rapport aux fonctions d'évacuation qu'il accomplit. Cet aliment lâche le ventre. Décharger son ventre. Le flux de ventre, lo cours de ventre. Quand vous avez le matin une grâce à demander à un ministre ou à un premier commis, inlormez-vous adroitement s'il a le ventre libre, VOLT. Dict. phil. Ventres paress. \\ Avoir le ventre paresseux, aller rarement à la selle. || 4* Le ventre, considéré quant à la proéminence qu'il présente. U a du ventre. Je commence à prendre du ventre. Son ventre l'incommode. || Ce cheval n'a point de ventre, il est serré des flancs. || Ce cheval a du ventre, son ventre est trop gros. {| Terme de manège. Ventre de vache, ventre trop aflaissé et débordant les côtes. Il Ventre de biche, ventre de la couleur de celui de la biche ; c'est à peu près la même chose que ventre lavé. || B° Bas-ventre, partie inférieure du ventre. Un coup dans le bas-ventre. Plus, dudit

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jour, un bon clystère détersif, composé avec ca- Iholicon double, rhubarbe, miel rosat et autres, suivant l'ordonnancB, pour balayer, laver et nettoyer le bas-ventre de monsieur, moi,. Mal. imag. I, <. Il Petit ventre, le ventricule, l'estomac. || Le petit ventre se dit vulgairement pour bas-ventre, hypogastre. M. de Turenne tué d'un boulet qui le frappa au petit ventre, pellisson, Lett. hist. t. ii, p. 381 . Il 6° En parlant des femmes et des femelles •i'animaux, la partie où se forment les enfants, les petits de l'animal, et où se passe la gestation. Les enfants, pendant qu'ils sont renfermés au ventre de leur mère, DESc. Méth. v, 8. Ils étaient comme quand on sort du ventre de sa mère, et noirs comme des diables, sÉv. st. Tout le monde sait que le ventre de certains animaux, chez les anciens, était un de leurs plus délicieux mets; que le sumcn, c'est-àdire le ventre de la truie, parmi les Uomains, était vanté par excellence, et défendu même par une ancienne loi censorienne comme trop voluptueux, BOIL. Réfl. crit. sur Longin, Réfl. vi. || En jurisprudence, curateur au ventre, curateur que l'on nomme à l'enfant dont une femme est enceinte au moment du décès de son mari. || Le ventre anoblit dans certains pays, c'est-à-dire que les femmes nobles communiquent la noblesse à leurs enfants, bien que les pères ne soient pas nobles. Maison où le ventre anoblit, et qui, par ce beau privilège, rendra vos enfants gentilshommes, mol. G. Dand. I, 4. Â combien d'enfants serait utile la loi qui déciderait que c'est le ventre qui anoblit! mais à combien d'autres serait-elle contraire ! la bruï. XIV. Charles VII donna à la famille de la Pucelle d'Orléans des lettres patentes par lesquelles le ventre anoblissait, volt. Mœurs, «82. ||Fig. C'est le ventre de ma mère, je n'y retournerai jamais, ou, simplement, c'est le ventre de ma mère, c'est-àdire je ne m'engagerai jamais plus dans une pareille affaire. || 7* Terme d'anatomie ancienne. Le ventre supérieur, ou la cavité de la tête, le ventre moyen ou la poitrine, le ventre inférieur ou l'abdomen. Il Particulièrement, la partie intérieure du corps qui est sous les côtes. Il lui arracha le cœurdu ventre. || Tant que le cœur me battra dans le ventre, tant que je vivrai. || Fig. Mettre, remettre le cœur au ventre à quelqu'un, lui donner, Iji redonner du courage. Comme vous voyez, monsieur, c'en est assez pour me remettre le cœur au ventre, puisque c'est une preuve que ma voix n'est pas entièrement perdue, boil. Lett. à Racine, î3 août <687. Il Fig. Faire rentrer les paroles dans le ventre à quelqu'un, le faire repentir de ce qu'il a dit, ou l'empêcher de continuer. Palsanguél laissezla donc parler; vous lui rembourrerez les paroles dans le ventre, giierarm, Théât. ital. t. i, p. 460. Il Fig. Avoir dans le ventre, être capable de. Je saurai ce qu'il a dans le ventre. || Fig. Il n'avait que cet ouvrage dans le ventre, se dit d'un auteur qui, après un ouvrage, n'en produit plus d'autre, ou qui, après en avoir donné un bon, n'en donne plus que de mauvais. i| Fig. Cet homme n'a pas six mois, n*a pas un an dans le ventre, n'a pas six mois, un an à vivre. C'est un homme qui mourra avant qu'il soit peu, et qui n'a tout au plus que sii mois dans le ventre, mol. Mar. forcé, 12. Je n'ai pas ici mes calculs de la vie humaine; mais il est clair que, nous autres animaux à doux pieds, nous n'avons que vingt-deux ans dans le ventre l'un portant l'autre, volt. Lett. d'Atembert, ' mai i'6>. Il Fig. Il n'a pas six mois, un an clans le ventre, il ne sera pas six mois , un an dans le poste qu'il occupe, dans la situation où il est. Cela ne VàUt rien; ces gens-là manqueront incessamment, et ils n'ont pas encore huit jours dans le ventre, DANCOURT, les Agiot. Il, 7. Ces cuistres-là [la Sorbonne] n'en ont pas encore pour longtemps dans le ventre, VOLT. lett. Chabanon,u janv. iios. ||8"Par dérision, le ventre, le centre dans les assemblées délibérantes, par opposition à la droite et à la gauche. Au ventre toujours fidèle, J'ai pris, suivant ma leçon, Place à dix pas de Villèle, béhang. Ventru. Trouvez-moi une tournure plus propre [que l'apostrophe] à remuer une assemblée, à étonner la droite, à émouvoir le ventre, p. l. coub. Lettre x. || 9* Fig. Partie la plus large d'un vase. La cruche au large ventre est vide en un instant, BOIL. Lutr. I. Il 10' Fig. La partie creuse et intérieure d'un corps quelconque. Et dans le ventre creux du pupitre fatal Va placer de ce pas le sinistre animal, boil. Lutr. m. \\ Terme de marine. Partie centrale de la coque d'un navire. || Terme de métallurgie. Partie la plus large d'un haut fourneau ; endroit où se réunissent les étalages

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et la cuve. || 11° Terme de maçonnerie. Partie d'un mur qui- boucle ou qui sort de son aplomb sur un de ses parements. Cette muraille fait ventre, ou fait le ventre. || 12" Terme de physique. Nom donné aux points où les vibrations présentent le plus d'amplitude, par opposition à nœuds. Les ventres et les nœuds de vibration se succéderont alternativement, POISSON, Instit. Uém. scienc. (8)7, t. ii, p. 394. Il 13' Terme d'anatomie. Partie moyenne et renflée des muscles. || Terme d'histoire naturelle. Dans les coquilles, partie la plus renflée de la surface extérieure d'une valve. ||Bord inférieur ou abdominal des coquilles liivalves. || Dans les coquilles spirivalves dont on ne de.-ouvre que le dernier tour de spire, la face de ce tour qui correspond à l'ouverture, ou seulement la partie gauche de l'ouverture. || 14° Terme de gravure. La partie d'un burin (ju'on aiguise pour le rendre tranchant. || Ventre à planer, palette de bois de chêne que le tourneur applique sur son estomac quand il veut planer une pièce de bois. || 15° Ancien terme de chimie. Ventre de cheval, fumier, dans lequel on enferme certains vaisseaux, pour faire diverses opérations, par le moyen de la chaleur qu'il contient. Il 16° Ahl ventre! ancienne sorte de jurement (de Dieu est sous-entendu, comp. VENTHEBLEU). Ah ! vcnlre ! il est tout vrai que vous avez raison, corn, lllus. com. m, 3. Par la mort! par la tête! par le ventre! si je le trouve, je le veux échiner, mol. Fourber. n, 9. |! Proverbe. Tout fait ventre, les aliments les plus communs rassasient comme les plus délicats. || À ventre soûl cerises amères, quand on a d'une chose à satiété, elle déplaît. || Habit de volours, ventre de son, se dit de celui qui épargne sur sa nourriture et fait des dépenses d'ostentation. || Ventre affamé n'a point d'oreilles, l'homme pressé par la faim n'écoute rien.

— HIST. XI' S. L'osberc [le haubert] desclot josque par sum le ventre, Ch. de Roi. ccLxxxvn. Il xn* s. Plus en auroie le cuer [cœur] del ventre clair [satisfait], Ronc. p. <58. [Un homme] Out mult esté grevé de grant enfermeté, E out d'idropisie le ventre mult enflé, Th. le mari. 94. || xiii" s. Cil ki son diu fait de son ventre, gli de cambrai, Barl. et Jos. p. 70. Li enfes qu'el a el ventre, devient loiax [légitime] par le [ia] vertu du mariage, BRAUMAN. xviii, 2. Û [où] le cuerde mon ventre trait [m'attire], Partonop. v. 4530. || xiv s. En ceste guise s'accordèrent j Et tantost à Kalles mandèrent. Ce qu'il pensoient en leur ventres, g. GuiART, t.i, p. 338, V. 784 B. Jà soit quo ledit Symon ait esté nez et procréez en loial mariage, et qu'il soit franche personne et de franc ventre hors de toute servitude, du cange, venter. || xv* s. Au fort, il faut que je le die. Ce qui fait ie ventre lever Ce n'est fors que plaisant folie, CH. d'orl. Bal. U6. Il XVI' s. Il fut bien si estonné, qu'il eust voulu estre au ventre de sa mère, marg. Nouv. fi. La verge anoblit et le ventre [la mère] affranchit, LOYSEL, iO. L'autre tout ventre, lippu, couperosé.... d'aub. Hist. I, U3. Deux gentils-hommes xaintongeois faussans un coips-de-garde en plain midi en l'eau jusques au ventre des chevaux... id. ib. ii, 49. Ils laissèrent dans les tranchées le ventre en sus [morts] 400 de ceux qui avoient courage... id. ib. n, 54. Les espérons des navires engagez dans le ventre des autres, m. ib. ii, 8). Ce conseil privé mit le cœur au ventre d'Abdala, id. ib. n, 205. Il mit ce soir là 60oo hommes le ventre au soleil, le reste sauvé dans la nuit, id. ib. n, 322. L'assassin [J. Clément] tira de sa manche un Cousteau, duquel il lui donna dans le petit ventre [à Henri III], id. t'b. II, 387. Ces roiaux avoient caché dans leur ventre deux coulevrines : comme donc les liguez estoient prests de faire la charge, les autres se fendent... m. ib. m, 222. Ventre de loup I monsieur, savez-vous pas bien comment nous avions déjeuné? id. Fœn. i, 0. La division commune et vulgaire, qui est faite en trois ventres, saperieur, moyen, inférieur, nommés par ces noms, teste, thorax et epigastre, paré, i, 4. Le ventre du muscle, id. i, 4. Les femmes de Naples de tout temps ont mieux aimé avoir le ventre de bureau que de velours [que se mal nourrir], id. xix, 4 0. Il passa sur le ventre à tout ce qui se présenta pour lui résister, Uém. s. du Guescl. ch. 5. Sans ce qu'on l'cust essayé, ne sçavoir qu'il ha au ventre, Aresta amorum, p. 4 ou, dans laCurne. Ils ont rempli trois feuillets de papier en dos et en ventre [le recto et le verso], Août), coust.gén. t. m, p. 282. Au ventre, tout y entre,LEROUX de lincy, Prov. t. I, p. 278. En petit ventre grand cueur, cor-

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grave. Il n'est horologe plus juste que le ventre, ID. Lors cessoit de manger, quand le ventre luv tiroit, rab. i, 24.

— ÊTVM. Wallon, veintt ; provenç. ventre ; espagn. vientre; ital. t'entre; du latin ventrem: éolien, YévTEp ; sanscr. udara ; lithuanien, vedara, estomac.

t VENTRKBLEU (van-tre-bleu), interj. Espèce de juron euphémique pour ventre de Dieu. Hé! ventrebleu I s'il y a ici quelque chose de vilain, ce ne sont point mes jurements; ce sont vos actions, MOL. Comtesse, 24. || On trouve aussi ventrebille. Par la vcntrebille, je puis me vanter de lui avoir été tout dévoué, destol'ch. Tambour nocturne, I, 2. Il On trouve aussi ventregoi. Crachez des vers tout votre soûl ; mais, par la ventregoi, ne gesticulez pas, destouch. la Fausse Agnès, n, 2.

— HIST. xV s. Encores oy je d'antre vous Jurer le sang que Dieux jeta. Et par le ventre dieu le plus jla plupart], e. descm. Poés. mss. f° 32. Je ne quicrs point faire de noise, Ventre bieu.et beuvons ensemble, villon, Monol de l'arch. de Bagn.

VE\TKÉE (van-trée),s. (. \\ 1' Tous les petits que les femelles d'animaux font en une fois. Ayant chez lui deux chiens d'une même ventrée, le p. SIMON MARS, Myst. du roy. de Dieu, p. 454, dans POUGENS. Il 2° Populairement. Une bonne ventrée, un bon repas qui emplit bien le ventre.

— HIST. xili' S. Dit Hubert : je dot que ventrée Ne lace, par saint Lienart, De moi encore anuit

Henart, Ren. 30258 celle beneûrée [la sainte

Vierge], Qui en son très doulx ventre porta celle ventrée [Jésus] Dont toute créature est .si enluminée, j. DE MEUNG, Test. 4879. ||xv' S. Si fault de faim périr les innocens. Dont les grans loups font chascun jour ventrée, Qui amassent à milliers et à cens Les faulx trésors.... e. desch. Poésies mss. {' 26. Il xvr s. Esaù et Jacob sont frères engendrez de mesmes parens, d'une mesme ventrée, calv. Instit. 749.

— Etym. Ventre; provenç. ventrada; ital. D*ntrata.

t VENTRE-SAINT-GRIS, interject. Sorte de juron familier de Henri IV.

•f VE\TRIGULAIRK(van-tri-ku-lê-r'), adj. Terme d'anatomie. Qui se rapporte aux ventricules. Capacité ventriculaire. || Adhérences ventriculaires ou péricardiques, celles qui, à la suite de péricarditcs, s'établissent entre le péricarde pariétal et celui de la surface du cœur.

VENTRICULE (van-tri-ku-l'J, ». m. Il I' Terme d'anatomie. Capacité particulière à certains organes. Il Ventricules du cœur, les deux grandes cavités qui font suite aux oreillettes, et dont la droite envoie le sang veineux au poumon, et la gauche le sang artériel à tout le corps. || Ventricules du cerveau, nom donné à quatre cavités qui se rencontrent dans l'intérieur de cet organe. || Ventricule d'Arantius, petite cavité à la pointe du calamus scriptorius. \\ 2° Absolument. L'estomac. Les ruminants ont plusieurs ventricules. || Ventricule succenturié, portion du duodénum des oiseaux qui est entourée par le péritoine, et qui est assez large pour ressembler à un second eixmac.

— HIST. xiv s. Le premier et le deuxième ventricule du cervel, h. ce mondeville, f 4 3. || xti' s. Ventricule senestre du cœur, paré, ii, 4 2. Posons le cas que le foye soit trop eschauffé et l'esloœach ou ventricule trop refroidi, id. i, Préf.

— ETYM. Prov. ventrilh; cat. venlrell; it. ventriglio ; du lat. ventriculus, dimin. de rend r, ventre.

t VENTKIER (van-tri-é), adj. Terme d'anatomie. Faisceau ventrier, faisceau fibreux, appliqué sur la pilier interne de l'anneau inguinal externe.

VENTRiÈRE(van-tri-è-r'),s.m. i| 1° Longe de cuir, grande sangle qu'on passe sous le ventre d'un che\ al attelé. On dit plus souvent, sous-ventrière. || 2* Ia sangle dont on se sert pour soulever dés chevaux, à l'effet de les embarquer ou de les tenir suspendus. Il 3" Terme de construction. Pièce de bois qui sert à en réunir d'autres et qui est placée à peu près au milieu de leur longueur. || Se dit particulièrement des pièces de bois qui servent de coulisses aux palpiancbes, dans une écluse. || Terme de marine. Nom donné à des pièces de bois qu'on applique provisoirement, pour 1«3 soutenir, sur les flancs d'un vaisseau prêt à être lancé à la mer. Il 4» Adj. Ceintures ventrières, ceintures pour serrer et soutenir le ventre.

— HIST. xiv s. [Chez les bourreliers] foureaui de traiz à tout la dossiere et la ventrière, Ordonn. des rois de Fr. t. ii, p. 374 . || xv* s. Il ont pourpoint, godendars et picons, Et ventriens.... e. descb

Poés. mss. f»24 3.

VEN

YEN

VÊN

— *TTM. Yentrt. Au xv* siècle, ventriert s'est

tiU pour sage-femme.

VENTRILOQUE (van-tri-lo-k'), ». m. || 1* Indi- »i(lu5 qui ont l'art de modifier leur voii naturelle, de l'étouffer à sa sortie du larynx, pendant une expiration lenle, graduée et ménagée adroitement, de manière que celte voix semble venir d'une distance plus ou moins éloignée ; on croyait autrefois que ces individus parlaient du ventre. Une seine de ventriloque. || 1' Adj. C'est une femme ventriloque. La pythie ou la pythonisse de Delphes ren- ^ dant des oracles de temps immémorial ; non-seii- ■ lemcnt elle était ventriloque, mais elle recevait ^ l'inspiration dans son ventre, volt. Phil. Bible expL Saûl et Dav. || 11 se dit aussi de ceux dont la voix sourde et caverneuse semble sortir da ventre.

— IIIST. ivi* s. Es saints décrets... les engas- Irimythes sont appelez ventriloques... comme parlans du ventre, rab. iv, 58.

— ÉTYM. Lat. ventriloqum, de venter, ventre, et loqui, parler.

t VENTRILOQCIE (van-tri-lo-kie), t. (. Faculté de parler à la manière des ventriloques, art du ventriloque. Le peintre avait d'ailleurs des talents de société qui le rendaient populaire dans la compagnie [de la garde nationale] ; il cultivait la ven- Iriloquie avec succès, reybaud, Jér. Paturot, ii, 2

fVENTUlPOTEXT, ENTE (van-tri-po- tan, tan-t'), adj. X ventre puissant, livré aux plaisirs du ventre. Il y a les gens miîrs, chauves, ventripotents, apoplectiques, TU. GAUTIER, Uonit. univ. 3 juin (867.

— IIIST. XVI* s. Quelles choses sacrifient les ^stroiatres i leur dieu ventripotent, rab. iv, 69.

— ETYM. Lat. uen(er, ventre, et potens, puissant. VENTROCILLER (SE) (van-trou-Ué, U mouillées,

-et non van-trou-yé), v. réfl. Se vautrer dans la houe. Les cochons aiment à se ventrouiller.

— HIST. XIII' s. En un gazon s'est ventrilliez , Ren. 793. Il IV* s. Quand le sage mareschal les vit là fichés, et qu'ils n'enlendoient que à eux vcn- (rjuiller par l'herbe frescbe, adonc fit tirer hors •.tsdicts chevaux, Bouciq.n, 4 7.

— ETYM. Ventre.

VENTRU, L'E (van-tru, Irue), adj. || 1* Qui a un

gros ventre. Le visage de cette nymphe tavernière était le plus petit, et son ventre était le plus grand du Maine, quoique cette province abonde en personnes ventrues, scahr. Rom. corn, u, o. C'était [le fils du prince de Condé] un petit homme ventru, monté sur des échasses, tant ses souliers étaient hauts, st-sim. 93, 234. || Substantivement. Un gros ventru. Une grosse ventrue. || 2° Terme de zoologie. Qui a le ventre très-gros, ou d'une -autre couleur que le reste du corps. |{ 3" Terme ■de botanique. Renflé et formant une sorte de ven- ■tre. Le tube du calice et celui de la corolle peuvent être vt-.atrus. || 4" S. m. Par dérision, ceux qui siégeaient au centre d'une assemblée délibérante pt qui appuyaient le ministère, parce qu'on supposait qu'ils n'avaient d'autres mobiles de leurs décisions que les diners donnés par les ministres. Vous paierez, sans y songer. L'étranger et les ministres, Les ventrus et l'étranger, bérang. Ventru.

— ETYM. Ventre. On trouve dans le xiii* siècle rentré, qui s'est rem^'li le ventre, et au xvi* ventreux, en forme de ventre, et ventre au sens de ventru : Certains ri.ligieux, qui de plusieurs ordres estoyent là afioadans, non pas de ces gros bedons ventres depuis le menton jusqu'au genouil... HEGNiEii DE LE PLANCHE, IitTe dcs marchands.

t VENTURON (van-tu-ron), s. m. \\ 1* Voy. SE- KICLE 2. Il 8" Terme de pêche. Nom qu'on donne, dans les environs de Fréjus, à un filet appelé ailleurs échiquier ou carrelet.

VENU, UE (ve-nu, nue), part, passé de venir. jjl* Qui s'est transporte d'un lieu à un autre. Venu à Paris. || Qui a été transporté d'un lieu à un autre. Des marchandises venues de loin. || 2* Succédant selon l'ordre du temps. L'heure venue, il prit congé. Le printemps venu, il rassembla toutes ses forces à Êphèse, rolun, Ilist. anc. Œuv. t. iv, p. 257, dans POUGENS. Il 3'' Né, issu. A peine fut-il assuré du trône, qu'il fit tuer tous ses frères venus du mariage de son père avec une fille d'Antiochus, ROLLiN, Hist. anc. Œuv. t. ix, p. 645, dans POLGENS. J'ai commencé par choisir, dans un canton de mes bois, cent chênes.... afin d'avoir du bois venu en même terrain, buff. Ilist. nat. Part, txp. t. VIII, p. 4 68. y 4* Mal venu, qui n'a pas bien crii, bien poussé. Un enfant mal venu. Des végétaux maigres, mal venus , privés de nourriture, uiRBEL, Instit. Uém. scienc. I808, p. 320. 6 seigneur mal venu de ce superbe lieul v. iiugo, Koix,

JDICT. DE La langue FRANÇAISE.

m. ||B* Mal venu, se dit d'une opération qui n'a pas réussi. Épreuve mal venue. Statue en fonte mal venue. || 6* Bien venu, bien accueilli. Être bien venu partout. Qui donnera le plus, qu'il soit le mieux venu, hégnier, Sat. xil. Qui vient de votre part est toujours bien venu, corn. Othon, iv, 4. li Soyez le bien venu, la bien venue, formule de politesse qu'on adresse à une personne qui arrive. Il On écrit aussi bienvenu, bienvenue en un seul mot. Il Bien venu de, bien accueilli par. Parmi les gens de lui les mieux venus, la font. Jum. \\ Être bien venu à, trouver facilité à. Nul n'est si bien venu à demander des grâces pour lui-même que pour un autre; ainsi celui qui désire en obtenir tâche d'engager un autre à parler pour lui, 1. j. Rouss. Hél. IV, 10. Il Mal venu, mal accueilli. Au hasard d'être la mal venue, cork. Mélite, iv, 2. Je ne suis pas mal venu dans la mal»}^, 1. 1. ROUss. Ém. V. Il Être mal venu à, s'exposer i une réprimande, à une résistance, etc. Quant i se mettre bien, je crois, sans me flatter, Qu'en serait mal venu de me 16 disputer, mol. Kii. m, 1. 1| Dans le même sens, ironiquement, être bien venu. Vous n'aviez qu'à le faire, vous auriez été bienvenu! MOL. G. Dand. l, 6. Qu'on s'avise de remarquer en eux quelques-uns des défauts dont ils se reprennent, on y sera bien venu, dider. Père de famille, I, 42. Il 7° Nouveau venu, nouvellement arrivé. Il est nouveau venu des universités, corn, la Yeuve, 1, 3. Il Substantivement. Un nouveau venu. Une nouvelle venue. Les nouveaux venus. Les nouvelles venues. Morbleu ! monsieur le nouveau venu, qui faites l'homme d'importance, ce n'est pas votre affaire, mol. l'Àv. m, 6. Comme il n'y avait quasi que moi de nouvelle venue, il [le roi] eut quelque plaisir de voir mes sincères admirations sans bruit et sans éclat, sÉv. 62t. Si les femmes cherchent à donner du ridicule à une nouvelle venue, il est siir qu'elle est plus jolie qu'elles, volt, facéties, sur V Encyclopédie. || 8' Le premier venu, la première venue, celui, celle qui arrive avant les autres ; au pluriel, les premiers venus, les premières venues. Il Fig. Toute personne indistinctement. Vous me demandez qui sera mon médecin, quand je n'aurai plus le grand Tronchin ; je vous répondrai : personne ou le premier venu, cela est absolument égal à mon âge, volt. Lett. d'Argental, 24 janv. 4766. Il n'y a point de vent, madame, point de premier venu dans le monde, beauuarcii. Barb. de Sév. II, 4. Il II se dit, en parlant des choses, de ce qui se trouve facilement, de ce qui tombe sous la main. Mais encore, de quelles pilules? Les premières venues de chez l'apothicaire, hauteroche, Crisp. médec. n, 6. Parions-nous de bonheur, de gloire et de folie, Et que ce soit un rêve, et le premier venu ! a. de mdsset, A'^uiJ de mai. || 9* Le dernier venu, la dernière venue, celui, celle qui arrive le dernier, celui, celle qui est admise le dernier, la dernière (au pluriel, les derniers venus, les dernières venues). Et ces derniers venus auront droit de nous dire. Qu'ils auront en ces lieux établi notre empire? corn. Sertor. u, 2. Ah 1 vraiment, vous voilà bien plaisante avec votre amour maternel, quelle folle! est-ce qu'on aime cela?... M. de Grignan fait fort bien d'en être jaloux : vous le quittez, dit-il, pour le premier venu [un enfant nouveau-né]; c'est pour le dernier venu qu'il veut dire, sÉv. 402. Le dernier venu a toujours raison, a. duval, Proj. de mar. se. 4 .

VENUE(ve-nue),s./'. || 1° Action de venir. Sa venue en ces lieux cache quelque mystère, corn. Sertor. V, 2. J'ai employé deux actes entiers à préparer la venue de mon scélérat, mol. Tart. Préf. Je vois bien que je vous embarrasse, et que vous vous passeriez fort aisément de ma venue, id. Festin, IT, 6. Il 2* L'arrivée d'un personnage sur la scène des événements. Les nouvelles de sa venue [de Cyrus] venaient de loin à loin comme avait prédit Jércmie, boss. Ilist. 11, 4. || La venue du Messie, son premier avènement. Il y avait toujours au cœur de la Judée des hommes choisis qui prédisaient la venue de ce Messie, qui n'était connu que d'eux, pasc. Pens. xi, 5 61s, édit. havet. Un des auteurs païens qui a le plus servi à faire croire que les oracles avaient cessé à la venue de Jésus-Christ, c'est Plutarque, fonten. Oracl. II, 4. Il La venue du Fils de l'homme, la seconde venue de Jésus-Christ, quand 11 viendra juger les vivants et les morts. Cette révolution générale qui doit précéder la venue du Fils de l'homme, boirdal. 2* arent, Jugem. dern. p. 333. Il 3* Allées et venues, action d'aller et de venir plusieurs fois. Ses allées et venues dans la même

maison. || Par extension, courses et démarche» pour une affaire. Enfin, après bien des allées et venues, l'affaire se conclut. || Fig. La nature de l'homme n'est pas d'aller toujours, elle a ses allées et venues, pasc. Pens. xxiv, 8». || 4* Terme du jeu de quilles. Par opposition à rabat, premier coup de la boule, qui se joue en la poussant, en la jetant de l'endroit convanu. || 5* F>| Quelque chose qui survient inopinément. Ce*. que je vois que, sans nécessité, tu vas courir ri»que de t'attirer une venue de coups de hàton, mol. Fourber. m, 4. || Populairement. II en « eu d'une venue, on lui en a donné d'une venue, se dit d'un homme qu'on a maltraité, ou i qui il est arrivé quelque mésaventure, ou à qui on • gagné beaucoup d'argent. || 6* Fig. Il se dit de la manière de pousser des plantes. Ce cerisier est d'une belle venue. La forêt, lorsqu'elle était en pleine venue... buff. Uist. min. Introd. t. vii, p. 69. Il Fig. Il est d'une belle venue, se dit d'un jeune homme grand et bien fait. || Être tout d'une venue, se dit d'un homme grand et mal fait, d'une taille longue et droite qui n'est marquée ni aux épaules ni aux hanches. [D'Huxelles] c'était uu assez gros homme, tout d'une venue, si-sisi. 448, 7. Et moi, mon cher époux, c'est bien pis, on me trouve tout d'une venue, leghano, la Nouveauté, se. 42. Il Populairement. 11 a la jambe tout d'une venue comme la jambe d'un chien, ou, simplement, il a la jambe tout d'une venue, se dit d'un homme qui n'a pas le gras des jambes marqué. [M. de Vaudemont] une très-bonne santé, la tête parfaite, la taille la plus belle du monde et fort haute, les jambes seulement tout d'une venue, ST-SIM. 52, 421. Il 7° Â la bonne venue, au hasard, à la grâce de Dieu, quoi qu'il arrive.

— HIST. XII* s. Dune munta 11 evesques , ne s'i volt plus targier, E enveia avant sa venue nuncler. Th. le mart. 440. ||xiii* s. Moult firent grant joie de sa venue ii Grieu et la gent de Constantlnoble, villeh. xcii. Quant deables nous vient, je di que sa venue De tous maus nous revest, de tous biens nous esnue, j. de meung. Test. 4682. || xivs U le» aconceuient [atteignirent], et de plaine venue occupèrent leur tentes, bercheure, f° 38, terso. Les rentes et les venues frevenus] d'icelle prevostè, DU CANOË, venuta. || xv* s. Si se recueillirent tous ensemble : là eut, de première venue, très bons polngnis [combats] et fors, froiss. i, i, 90. Et gagnèrent les Hainuyers, de venue, les premières barrières, id. i, i, 4 37. Quand il fut parcreu, nature qui ne peut celer ce qu'elle donne, ne voult pas mucler en luy son noble sang et sa royale venue, Bouciq. I, 3. Mirent la nuit embusches [.-es et loing autour d'icelle cité sur les chemins et venues par où on y pouvoit issyr, Uist. de la Toison d'or, t. II, f" 4 38, dans LACURNE. Il XVI* S. i l'ung de ceux donna de la lance telle venue, que plus d'une toise luy mist au travers du corps, et mist homme et cheval par terre, j. d'auton. Annal, de Louis XII, ^ 40, dans lacurne. Le jour se passa sans rien faire es allées et venues de ces remuemens, amyot, Arist. 38. Mes jambes estolent toutes d'une venue, PALissY, 320. Une santé pleine, telle qu'aultrefois U verdeur des ans et la sécurité me la fournissoient par venues, mont, m, 310. Novarre, où son armée eut cette grande venue [défaite] sous la conduiile de M. de la Trimouille, brant. Cap. franc. 1. 1, p. 68 Aussi ay je ouy dire à un grand personnage qu'i se faut donner de garde d'un bouffon, d'un sot, d'un fol, d'un ivrogne et d'une putain; car, quoy qu'ils tardent, ilsdonnent tousjours la venue [jouent quelque mauvais tour], ID. Capit.estrang. 1. 1, p. 160.

— ETV.M. Venu; provcnç. venguda. On trouve aussi au xv* siècle venure.

VÉNUS (vé-nus'), s. f. || 1* Divinité des païen». In mère de l'Amour et la déesse de la beauté. Et du haut des cioui, où je brille, J'entendrai prononcer aux mortels prévenus : Elle est plus belle que Vénus, mol. Psyché, Prologue. Et trois cent mille francs avec elle obtenus La firent à ses yeux plus belle que Vénus, toiL. Sat. x. Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée. C'est Vénus tout entière â sa proie attachée, rac. Phèdre, I, 3. Lisette : Madame se déguise en Amour, peutêtre?... — Madame Turcaret : En Vénus, ma chère, en Vénus! — Le marquis: En Vénus! ahl madame, que vous êtes bien déguisée 1 lesage. Turc, v, 7. Il Poétiquement. L(S ;';A;sir3 de Vénus, les plaisirs de l'amour. || Statue ie Vénus. La Vénus de Médicis. Il Vénus anadyomène, célèbre statue représentant Vénus sortant de la mer. || 2* Par extension, une Vénus, une femme d'une extrêuj»

VÊP

beauté le jeune homme Se campe en une

église où venait tous les jours La (leur et l'élite do Rome, Des Grâces, des Vénus, avec un grand concours D'Amours, C'est-à-dire, en chrétien, beaucoup d'anges femelles, la font. Candaule. 1(8" Charmes, beautés, grâces (on met un petit v acception vieillie) . Son esprit, sa beauté , sa taille, sa personne ne touchaient point, faute de renus qui donnât le sel à ces choses ; Myrtis, au contraire, eicellait en ce point-là.... il n'y avait si petit endroit sur elle qui n'eût sa venus, et plutôt deux qu'une, outre celle qui animait tout le corps en général, la font. Psyché, ii, p. (63. L'architecte s'était servi de l'ordre ionique à cause de son élégance ; de tout cela il résultait une venus que je ne saurais vous dépeindre, ID. ib. p. loo. Là [dans un temple] quelques auteurs avaient envoyé des offrandes pour reconnaissance de la venus que leur avait départie le ciel, ID. «6. p. 167. || 4° Terme d'astronomie. Une des sept planètes principales; elle est distante du soleil d'environ 12000000 de myriamètres, parcourt son orbite en 292 jours; le volume en est à peu près égal à celui de la terre ; elle est la plus proche du soleil après Mercure. Le peuple donne à Vénus le nom d'étoile du berger. La planète de Vénus paraît quelquefois en plein jour et en présence du soleil, et, ce qui est à remarquer, c'est que cela n'arrive que lorsqu'elle est presque entre le soleil et nous, mairan, Élog. de Hallei/. Il [Pythagore] apprit à l'Italie que les deux étoiles du matin et du soir, Hesper et Lucifer, n'étaient qu'un seul et même astre, la planète de Vénus, BAiLLV, Uist. astr. anc. p. 210. Vénus a, comme la lune, ses phases, ses taches, ses montagnes ; c'est même à ces montagnes, plus hautes et plus nombreuses que celles de la lune, et très-propres à réfléchir la lumière du soleil, que Vénus doit son principal éclat, bonnet, Conteihpl. nat. i, 4. Il S" Terme de chimie ancienne. Le cuivre [dédié à la. planète de Vénus]. || Vitriol de Vénus, sulfate de cuivre. || Cristaux de Vénus , l'acétate de cuivre. Il 8° Mont de Vénus, voy. mont, n" 8etn° 9. || 7° Genre de coquilles bivalves. On y distingue la Vénus tigrine, aont lacoquille est appelée par les marchands langue de tigre; la Vénus flexueuse, dite gourgandine ; la Vénus pennée, nommée vulgairement éventail desMemnonites; la Vénus verruqueuse, connue sous le nom vulgaire de clovisse dans nos ports de la Méditerranée, où elle remplace les huîtres ; la Vénus croisée, appelée palourde dans nos départements de l'Ouest. La plus grande des espèces indigènes, et peut être de tout le genre, est la Vénus fauve, cythérée de Lamarck, legoarant.

— HIST. XVI* s. Quant est de moy, vienne Helaine ou Venus, Viennent vers moi m'offrir leurs corps tous nuds; Je leur diray : retirez-vous, déesse», MAHOT, I, 337. Us Se Contentèrent seulement de faire eschapper quelques pasquins et livrets sur l'arriére Venus active et passive qui s'exerçoit au cabinet [de Henri III], d'aub. Ilist. 11, 424.

— ËTYM. Lat. Venus, Veneris; comparez le sanscrit védique ïonos, charme, «on, désirer; le danois ven, joli, agréable ; anglo-sax. van, brillant.

t VÉNL'STÉ (vé-nu-sté), s. f. Grâce, élégance (latinisme peu usité). M. Ménage a fait tous ses efforts pour faire passer prosateur et vénusté, vau- GEL. JVou». rem. Observ. de If***, p. 384, dans POUGENS. Par son attitude, sa mélancolie, sa vénusté, elle ressemblait à un génie funèbre, cha- TgAUBR. dans le Dict. de dociiez.

— HIST. XVI' s. Bouche parfaite en toute élégance et venusté de paroles, du bellay, i, 11, verso.

— ETYM. Lat. venustatem, devenusUis, gracieux, de Yenus, Vénus.

t VENVOLE (X LA) (van-vo-l'), loc. adv. X la légère. Il s'était marié à la venvole, cqateaubh. dans le Dict. de dociiez.

— HIST. xm" s. Primaut voit que il n'i a plus. Et que il tient tout à vanvole Certes son dit et sa parole, Ren. 3909. Et il me tenroit [tiendrait] trop à foie Et à légère et à venvole, Partonopex, ms. de St Germ. (• 157, dans lacubne. ||xvi« s. Soudain les fleurs périssent, soudain l'air mauvais corrompt les violettes, le lis et le saffran; ainsi les paroles s'évanouissent et s'en vont à la venvole, PASQUIER, Lett. t. in, p. 247.

— 6TYM. Vent, et coler; qui vole au gré du vent.

VÊPUR (»*-pr'), 1. m. Terme vieilli et qui ne se dit plus qu'en plaisantant. Le soir, la fin du jour. Je donne le bon vépre à toute l'honorable compagnie, mol. Comtesse, «7. Au temps du sacrifice du »4pre, PASC. Pens. xviu, 22 [note b], éd. uavet.

Bon vêpre, monsieur, et bonne nuit, brueys, Avoe. Pat. I, 8.

— F.TYM. Voy. VÊPRES

VÊPRES (vê-pr'), s. f. pi. || !• Terme de liturgie catholique. Heures de l'office divin, qu'on disait autrefois sur le soir, et qu'on dit maintenant pour l'ordinaire à deux ou trois heures après midi. Dire vêpres. Chanter vêpres en musique. Sonneries vêpres. Il y a beaucoup de gens qui entendent le sermon de la même manière qu'ils entendent vêpres, PASC. Pens. VII, 36, éd. havet. On me paraît moins dévot: hier l'on ne voulut pas de vêpres, MAiNTENON, Lett. OU Cardin, de Noailles, 9 sept. <698. Quelle foule, bon Dieu! c'est comme chez nous à la sortie de vêpres, picard, Provinc. à Paris, n, ). Il II ne va ni à vêpres ni à messe, se dit d'un homme qui n'est pas bon catholique. |i 2° Vêpres siciliennes , nom qu'on a donné au meurtre que les Siciliens firent des Français, le jour de Pâques de l'année (282, au premier coup de vêpres, pendant que Charles d'Anjou, frère de saint Louis, était roi de Naples et de Sicile. || Vêpres corsiques, surprise d'un corps de 400 Français. Les Corses appelèrent celte journée les vêpres corsiques, quoique ce ne fût qu'une faible imitation des vêpres siciliennes, VOLT. Louis XV, 40.113° Vêpresde tournoi, dernier épisode d'un tournoi.

— HIST. XI" s. Bels fut li vespres, e li soleilz fut cler, Ch. de Roi. xi. Mult einz [avant] le vespere gref ert la départie, 16. cxxix. || xiii's. Si avint, au tiers jor, une grant mésaventure illuec, entour l'eure de vespres, villeh. xlix. Il estoit jà basses vespres, ID. cv. Avant que il oit ses vespres, joiNV. <99. Il XIV' s. Par lui peut on prover ci endroit clerement. Que qui espeuse à prime, au vospre s'en repent, H. Capet, v. 6146. || xV s. Jusques à l'heure de vespres que la jeune chevalerie se print à appareiller pour célébrer les vespres du tournoy et de la haulte journée de l'endemain, Perceforest, 1. 1, f"G9. Il XVI* s. Il commanda à tous ceulx du sénat, qu'ilz s'en allassent après luy, et sur les vespres abandonna la ville, AMYOT, Pomp. 87. Voyez au mois de mai sur l'espine la rose; Au matin en bouton, à vespre elle est esclose; Sur le soir elle meurt.... rons. 067. Le voilà donc aux vespres de la mort, brant. Sur les duels. Quand, par quelques sourdes pratiques, advint un inopiné massacre à ceux qui pensoient estre à l'abry du vent, les doctes appellent cela les vespres siciliennes, proverbe vrayement nostre, pour nous avoir esté cher vendu, pasquieh. Recherches, liv. viii, p. 740, dans lacurne.

— ÊTYM. Picard, vépe, vêpre, iDêpe,vieppe, soir; provenç. vespre, soir, vespras, vêpres ; espagn. vitperas, vêpres ; portug. vesperas, vêpres ; ital. vespro; du lat. vesperem, soir; grec, Iff-epo?; éolien, tféatfiçE, AHRENS (CioJ. 1,32); gaél. feasgar, soir. On a dit vesprée au xvi* siècle. Allons voir si la rose.... A point perdu, cette vesprée, Les plis de sa robe pourprée, rons. à Cassandre.

VER (vér), s. m. || 1° Nom donné communément au lombric terrestre et à tout animal qui offre une conformation analogue à celle de ce lombric. J'ai été jusqu'à couper un môme ver en vingt-six portions, dont la plupart ont repris, et dont plusieurs sont devenues des animaux complets, bonnet, 06serv. vers, Œuv. t. i, p. 184, dans pougens. En replis tortueux le ver rampant se traîne, delille. Trois règ. vu. || Nu comme un ver, entièrement nu. Il Je l'écraserai comme un ver, se dit par menace en parlant d'un homme qu'on croit pouvoir battre, confondre, punir aisément. || Fig. Un ver se recoquille bien, ou se recroqueville bien quand on marche dessus, il n'est point d'homme si faible, si ohétif, qui n'éprouve quelque ressentiment quand on l'offense. || Fig. Ver coupé, homme, animal qui se meut, se redresse avec vivacité, par comparaison avec les mouvements vifs d'un ver qu'on a coupé. Quel ver coupé !1| On donne actuellement, avec Lamarck. et de Blainville, le nom de vers à un type ou sous-embranchement des animaux invertébrés reconnaissables à un corps mou, à peu près cylindrique, en fuseau grêle et allongé ou aplati, constitué sur la forme binaire symétrique. Il 2° Ver de terre, le lombric terrestre. On dit aussi ver rouge, et ver des pêcheurs. Avec combien peu d'orgueil un chrétien se croit-il uni à Dieu! avec combien peu d'abjection s'égalo-t-il aux vers de la terre! pasc. Pens. xii, 19, éd. havet. Dans cet instant où le ver de terre qu'on foule aux pieds montre quelque énergie, dider. Opin. des anc. philos. [Jésuites). || Fig. C'est un ver de terre, se dit d'un homme qui est dans un étal fort abject. || Il se dit de l'homme en vue des im-

VER

perfections de sa nature. Dans l'obscurité d'une nuit si noire, ces malheureux vers de terre, sans assistance, sans armes, ont à combattre toutes les puissances de l'abîme, patru. Plaid. 3. [L'homme] imbécile, ver de terre, pasc. Pens. vin, 1. Que lui importe [à Dieu], disent-ils, que des vers de terre comme nous s'égorgent, se trompent, se déchirent, vivent dans les plaisirs ou dans la tempérance?MASS. Car. Vérité d'unavenir. || 3°Ilseditde» vers qui rongent les corps dans la sépulture, suivant une opinion vulgaire, qui est une erreur; dans le sein de la terre aucun ver ne ronge les corps qui se décomposent. Et dans ces grands tombeaux où leurs âmes hautaines Font encore les vaines. Ils sont mangés des vers, malh. Paraph. du ps. 146. Vous savez qu'il m'importe bien peu que les vers du pays de Gex ou d'un autre fassent de mauvais repas de ma maigre figure, volt. Lett. d'Argental, 20 janv. 1766. || 4° On donne ce nom vulgairement aux larves de beaucoup d'insectes lorsqu'elles sont privées de pattes. Cette envie canine qui s'attache volontiers auicho.ses les plus estimables, comme le ver au meilleur et plus précieux fruit, Dial. d'Oratius Txtbero, 1. 1, Dial. iv. Leurs tas [d'exemplaires], au magasin, cachés à la lumière,Combaltcnt tristement les vers et la poussière, boil. Art p. III. Pour un fragile bois, que malgré mon secours Les vers sur son autel consument tous les jours? rac. Athal. m, 3. Les mers ont moins de flots, les fleurs moins de familles Qu'il n'est de vers ailés, jadis humbles chenilles, delille. Trois règ. vu. Vous pouvez penser la mine qu'il [Longus] ferait à il. Furia, qui le laissait manger aux vers dans le vénérable bouquin, p. l. cour. Lett. à M. Renouard. || Fig. Tirer à quelqu'un les vers du nez, lui faire dire 6e qu'on veut savoir, en le questionnant adroitement (voy. nez, n° 1). Ah! que vous en savez long! mais je vous vois venir: vous voulez me tirer les vers du nez, destoucu Fausse Agnès, ni, 4. || 8° Ver luisant, nom sous lequel on désigne la femelle seule da lampyre luisant, coléoptères, laquelle jette une lueur dans l'obscurité. Le célèbre Geer a prouvé^ j il y a bien des années, que lever luisant est phos-j phorique dans des temps fort éloignés de ceux doJ la métamorphose, bonnet, Contempl. nat. x, 2«« Il 6° Ver à soie, chenille qui fait la soie. Aristote quoique le plus ancien des naturalistes, est celulj qui a donné la description d'un insecte le plus ap prochant du ver à soie, rollin, Hist. anc. Œuv. t. x,1 p. 565, dans POUGENS. Deux moines venant des Inde apportèrent à Constantinople des œufs de ver à soie J avec l'instruction pour les faire éclore, les élever,] les nourrir et tirer la soie, la filer, la mettre en œuvre, saint-foix, Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. 223d La propreté est un des soins les plus essentiel» qu'exige le gouvernement des vers à soie, genlisJ Maison rust. t. i, p. 417, dans pougens. || Faire de* vers à soie, se livrer à la production des vers soie. Fait-on des vers à soie dans votre paysî Il Fig. Ceux qui travaillent utilement pour l'huma nité. Tandis que les vautours [les conquérants, le guerriers] s'égorgeaient, les vers à soie filaienlj pour nous dans le silence ; nous jouissons de leur travail sans les connaître, et nous ne savons qua l'histoire des vautours, d'alemb. Mélanges, t. Tj Réflex. sur Vhist. \\ T Les parasites en forme de ver qui se développent dans le corps vivant. Nous avon eu plusieurs charlatans qui font accroire que touta les maladies étaient causées par des vers, et que chaque espèce d'animaux étant dévorée par une au tre espèce, on pouvait faire manger les vers de l'apo plexie et de l'épilepsie par des vers anti-apopiec-' tiques et anti-épileptiques, volt. Phil. Bible eipl. Lévitique. \\ Ver des enfants, nom vulgaire de l'ascaride lombricoîde, entozoaires, appelé strongle par les anciens médecins, mais qu'il ne faut pas confondre avec le strongle proprement dit, ou mieux, le strongle géant, qu'on trouve parfois dans les reins de l'espèce humaine. De longues toux les suffoquent ; les vers les tourmentent [les enfants], J. J. Rouss. Ém. i. \\ Poudre à vers, poudre vermifuge. Mme de Sanzci s'est opiniâtrée à ne point faire saigner son fils; elle lui a donné tout simplement de la poudre à vers ; il est guéri, sÉv. 26 juin 1075. Il Fig. Tuer le ver, boire le matin à jeun de l'eau-de-vie ou du vin blanc, parce qu'on s'imagine que, pris à cette heure, le vin ou l'eau-de-vie tuent les vers intestinaux. || Ver soliUire, voy. ténia. || Ver de Guinée, ver de Midine (voy. filaire). || Ver de crin, nom donné parfois aux différentes espèces du genre filaire (entozoaires). Il Ver macaque, ver maringouin (voy.

VÈR

VER

VER

hàCàQde). Il 8* Ver blanc, larve du hanneton, qui vil sous torre et cause, en certaines années, de grands ravages, dévorant les racines des plantes. ||9° Ver assassin, larve du grand hydrophile. |{ Ver du bigarreau, la larve de la mouche du cerisier, diptères. Il Ver de chapelet, chenille qui produit la teigne des grains. {| Ver lion, nom donné aux larves (lu genre rhagion. M. de Kcaumur est le premier qui nous ait donné en 4 763 une bonne histoire du tcT liun; il était pourtant connu dés le commen- . ment du siècle, bonnet, CoiUempl. nal. xu, 42. Ver noir, un thrips, insecte de la famille des aysanoptères, voisine des orthoptères et des héiuptèrcs; il passe l'hiver caché dans les anfracuosités des branches des oliviers, et surtout dans l'S petits trous que les scolytes ont faits aux jeunes i^imeaux. Il Ver de l'olive, larve du dacus olex, ilcigen, diptère muscide dont la piqûre diminue l déprécie grandement les huiles d'olive. || Ver i.ilmiste, nom vulgaire sous lequel on désigne la >irve de la calaiidre des palmiers, coléoptères, ou ;dandre palmiste, qui est le charançon palmiste ie certains auteurs. || Ver de viande, asticot. 10* Ver de mer, ver des digues, ver des vais- 1 aux, noms vulgaires donnés aux mollusques du .:enre taret (acéphales), et, principalement, au -iret naval qui exerce ses ravages dans nos ports. 11' Vers spermatiques, ancien nom des zoosper- ;ies. Il lî" Ver rongeur, larve qui ronge. Quand iii lis virginal penche et se décolore. Par un ciel rùlant desséché. Sous l'urne qui l'arrose il peut oiiaitre encore; Mais quand un ver rongeur dans -un sein est caché. Quel remède essayer contre un Liial qu'on ignore? c. delav. i'an'a, il, 6. || Fig. Ver rongeur, un vif remords de conscience. || Tourment, chagrin. Le ver rongeur du fils [Harlay] ftait de n'être rien, st-sim. 470, 207. Mon grand chagrin, mon ver rongeur est d'être loin de vous, VOLT. Led. liiclielieu, 27 août 4777. || Par plaisanterie, un ver rongeur, un fiacre pris à l'heure et :u'on fait attendre. || 13' Fig. Ce qui ronge comme ait un ver. Celte élévation intérieure qui est le ver des richesses, dit saint Augustin, Nicole, Essai de mor. t" traité, ch. 4. Le ver secret et dévorant de leur conscience corrompue, mass. Profess. relig. Sermon 4. On veut bien sortir du crime.... parce que c'est un ver dévorant dont on est rongé, lu. Car. Pâques. Le ver de la conscience n'est pas mort, il n'est qu'assoupi, id. Panég. Ste Magdel.

— HIST. !• s. Dune si rogavit [commanda] Deus ad un verme, que percussist cel edre [ce lierrej, Fragm. de Valenc. p. 4G8. {| xn' s. Mais dedens cel an porent sa char li ver rungier. Th. le mart. ï2. Sa haire remuent [il changeoit] pur vers e pur suur, ib. 403. || xiii' s. Robe qui empire par vers ou par enviesir [vieillir], beaum. xxxvu, 4. Ele iere [était] nue comme vers, la Rose, v. 45). Il IV* s. Povres orphenins impourveuz Et desnuez comme le ver, villon. Petit lestant, \\xvi' s. Il Tient à s'engendrer, de l'ordure et pourriture de ■ces excréments, des vers qui lui rongent le corps, AMYOT, Artax. 2u. Huile de vers, paré, viii, 40. La soie vient directement du ver, qui la vomit toute filée, et le ver procède de graine, o. de serres, 4:i8. I.«s Grecs et Latins l'ont appelle bombyx, et aujourd'hui en Italie cavalier! et bachi ; en Espagne

llavor, en France vers-à-soie, en Languedoc prouvenée et es environ» magniaui, lu. 469. Qu'il y avoit fort bien preste l'oreille, pour en tirer les Ters du nez et en tirer les secrets, brant. Pes- -eayre. Tout estât est viande aux vers, cotghave. C'est le dejeusner d'un petit ver, que le cœur et la vie -d'un grand et triumphant empereur, mont ii, 474.

— Etvm. Wallon, vièr; bourguig. vor; saintong «ar; provenç. verm, masc. et vertna, féminin; portug. verme; ital. verme, vermo; du lat. vermem, de même radical que l'allem. Wurm; angl. tcorm; suéd. orm; goth. laurms; que le grec !>.- |iiv;, comme le prouvent l'esprit rude et le y.; et le sanscr. krimi, ver (voy. cramoisi). Toutes ces formes supposent une forme primitive kverm, de la racine kram, aller, ramper.

VÉRACITÉ (vé-ra-si-té), s. f. ]| 1- Attachement constant à la vérité. Sa véracité intrépide [de Diogène] le rendait le fléau des philosophes mêmes, d'aleub. Œuv. t. m, p. 74. Il 2" Terme de dogmatique. Véracité de Dieu, attribut en vertu duquel Dieu ne peut ni se tromper lui-même, ni tromper les hommes. || 3" La qualité d'être vrai, d'être conforme à la vérité. On ne peut suspecter la véracité •de ce témoignage. Nous sommes bien loin de ■soupçonner leur véracité [des livres sacrés de t'Inde], sous prétexte qu'ils ne sont pas d'accord I

sur des objets très-futiles, volt. Pol. et Ug. Fragm. Inde, 28.

— ÉTYM. Lat. veracitatem, de verax, véridique, qui vient de venu, vrai.

t VÉUAISON (vé-rê-zon), t. m. Nom donné dans le midi au travail de maturation de la grappe de raisin qui la fait passer au noir.

t VÉUAiVDA (vé-rau-da), s. f. Terrasse couverte que l'on ajoute souvent aux constructions en forme de chalets.

— ÉTYM. Verandah, mol rapporté de l'Inde par les Anglais, est la simple dégénérescence, dans les langues modernes de l'Inde, du sanscr. véranda, colonnade, de var, couvrir.

t VÉUAT (vé-ra), s. m. Voy. qlaht 2, n* 4 9.

t VÉllATRE (vé-ra-tr') ou VEKATUUM (vé-ratrom'), s. m. Terme de botanique. Genre de la feuille des colchicacées, auquel appartient l'ellébore blanc, veratrum album, L.

— ÉTYM. Lat. veratrum, ellébore.

t VÉRATKIN (vé-ra-tnn), s. m. Résine qui s'extrait en morne temps que la vératrine.

t VÉUATUl.VATE (vé-ia-tri-na-f), s. m. Sel formé par l'acide vératrinique avec les bases.

t VÉRATRINE (vé-ra-tri-n'), s. f. Terme de chimie. Alcaloïde trouve par Pelletier et Caventou dans les graines de la cévadille, veratrum sabadilla, L. et dans l'ellébore blanc, veratrum album, L.

— ÉTYM. Vératre, et la finale ine, qui indique un principe alcalin ou basique.

t VÉRATRINIQUE (vé-ra-tri-ni-k'), adj. Terme de chimie. Acide vératrinique, corps que l'on trouve dans les graines de veratrum sabadilla, L.

t VERATRUM (vé-ra-trom'), s. m. Voy. vératre.

VERBAL, ALE (vèr-bal, ba-l'), od;'. || 1" Qui n'est que de vive voix et non par écrit. Des ordres verbaux. Il n'y a point de promesse do mariage verbale ni par écrit, patru. Plaidoyer 14. On a prétendu que le connétable de Montmorency fut disgracié par le roi, pour lui avoir conseillé de se contenter de la promesse verbale de Charles- Quint, volt. Moeurs, 4 25. Ne donnez à votre élève aucune espèce de leçon verbale; il n'en doit recevoir que de l'expérience, J. i. Rooss. Èm. ii. Il Antithèse verbale, antithèse qui consiste seulement dans les mots, et non dans la pensée. |{ Critique verbale, critique qui ne s'attache qu'aux mots. Il Rapport verbal , se dit, dans les sociétés savantes, d'un rapport écrit, lorsqu'il ne doit pas être suivi d'une décision, et qu'il n'est reçu que comme renseignement. || Terme de diplomatie. Note verbale, se dit d'une note donnée à un ambassadeur, à un cabinet étranger, par écrit à la vérité, mais sans signature et sans un caractère pleinement officiel. Il 2° Terme de grammaire. Qui est de la nature du verbe, qui tient au verbe. Action est un substantif verbal. || Adjectif verbal, participe présent pris adjectivement, et soumis aux règles de l'accord. Les adjectifs verbaux qualifient par un attribut d'événement, c'est-à-dire par une qualité accidentelle et survenue qui paraît être l'effet d'une action qui se passe ou qui s'est passée dans la chose; tels sont rampant, dominant, liant, caressant, dumars. Œuv. t. IV, p. 408. Il Racines verbales, voy. PRÉDiCATiF. Il 3° Procès-verbal, acte dans lequel un officier de justice ou autre personne ayant qualité a constaté un fait et toutes ses circonstances. Un procès - verbal d'apposition de scellés. Dresser un procès-verbal, des procèsverbaux. Dresser procès-verbal. J'aurais regret d'être obligé d'écrire, Et de vous voir couché dans mon procès-verbal, mol. Tart. v, 4. || Fig. L'histoire de l'Europe est devenue un immense procès-verbal de contrats de mariage, volt. Mœurs, 74. || Faire un procès-verbal à quelqu'un, constater par procèsverbal qu'il a commis quelque infraction. Faire un procès-verbal à un débitant pour avoir fraudé les droits, j] On dit quelquefois simplement un verbal. Le verbal en fait foi. Un verbal fourmillant de fautes d'orthographe, daru, Épit. à mon sansculotte. Il 4° Procès-verbal, se dit aussi du narré, par écrit, de ce qui s'est passé dans une séance, dans une cérémonie, etc. Lisez le procès-verbal de la dernière séance. || On le dit aussi du résumé des actes et des délibérations d'un corps. Le procèsverbal des séances de l'assemblée nationale. || Fig. 11 m'a promis de vous regarder, de vous manier, et de me faire un procès-verbal de votre aimable personne , sÉv. 442. || 6° Verbal d'opinions, s'est dit pour vote à haute voix, opposé à scrutin secret. Dans toutes les questions de ce genre, le verbal d'opinions arme l'homme contre l'intérêt, rend chaque individu plus fort par lui-mém-e en

l'isolant, et l'oblige à oe consulter que son propre vœu, puisqu'il ne pourrait pas le cacher, pour ainsi dire, sous celui des autres, hirabeai;, Collection, t. I, p. 80.

— lllST. xiv" s. Telle cognoissance verballe que ung vassal selon les droitz humains doit faire à son seigneur, {e Songe du Tergier, ii, 79. ]] xv« s. Nous sommes verbaux, et appelons les paroles plus que lescboses, al. ciiARi. le Turioi, p. 397. ]lxvi*». Les dissentions des sectes philosophiques en M cas sont verbales, mont, i, fiu. L'ignorance pure cstoit bien plus salutaire et plus sçavante que n'est cette science verbale et vainc, tu. i, 398. Fermeté plus verbale qu'essentielle, ii>. ii, 24 4.

— ÉTYM. Prov. et esp. verbal; il. verbale; du lat. verbalis, de verbum, parole (voy. verbe).

VERBALEMENT (vèr-ba-le-man), adv. De vive voix et non par écrit. Il donna l'ordre verbalement.

— HIST. xiv s. IccUui Vidal avoit ledit chaslel d'Ambres verbaument tant seulement rendu , et l'avoit aussi verbaument receu de noslre senescbal de Carcassone, so cance, verbaliter. |{ xvi* s. Le roy a verballement faict marché avec luy pour la construction.... Dibledes ch. 6* série, t. I,p.484.

— ÉTYM. Verbale, et le sulfixe ment.

t VERBALISATION ( vèr-ba-li-za-sion ) , s. f. Action de verbaliser.

VERBALISER (vèr-ba-li-zé), ». n. || !• Dire de» raisons ou des faits pour les faire mettre dans un procès-verbal. Les deux parties, s'ctant trouvées à la levée des scellés, ont verbalisé fort longtemps. Tandis qu'on verbalise, on entend un grand bruit, PATRU, Plaidoy. 5. || 2" Dresser un procès-verbal. Or, cà, verbalisons, rac. Plaid, n, 4. Ils n'avaient d'autre fonction que de maintenir la police et de verbaliser contre les délinquants, forfait, Instit. Mém. scienc. t. v, p. 34 3. En prison le bal et les violons ; un maire verbalise ; un procureur du roi voit là dedans des complots, p. L. couE. Lett. particul. || 3" Faire de grands discours inutiles (acception qui a vieilli). Les pauvres comédiens sortirent avec la Rappinière, qui verbalisa le dernier, scarh. Jiom. com. i, 3. Avci^z que vous avez cruellement offensé l'amitié qui était entre nous, et je suis désarmée; mais de croire que, si vous répondez, je puisse jamais me taire, vous auriez tort ; car ce m'est ime chose impossible; je verbaliserai toujours; au lieu d'écrire en deux mots, comme je vous l'avais promis, j'écrirai en deux mille, sÉv. Lett. à Ilussy, 20 juillet 4 668. Quelle chicane de verbaliser sur le titre qu'on donne à une hérésie, quand on la voit désignée, pour ne point parler des autres marques, par celle de rejeter l'Ancien Testament I BOSS. Var. XI, 39. || Il se conjugue avec l'auxiliaire oi'otr. Il 4* V. a. Certifier par écrit. Cette copie, d'une belle écriture, est aussi authentique que l'original; elle est verbalisée, et fut faite avec une exactitude minutieuse, genlis, Uém. t. t, p. 206. ÉTYM. V'erbaJ.

VEUBE (vèr-b'), s. m. || 1° Parole, ton de voix. Les Israélites, entendant le verbe de ce Philistin, étaient stupéfaits, volt. Phil. Bible expl. Saûl et David. Qui donc a mis cette puissance dans le verbe de l'homme [la joie que causent les premiers mots de l'enfant]? ciiateaubr. Génie, i, vi, 4. L'austère vérité n'a plus de portes closes; Tout verbe est déchiffré, v, hugo, l'ot* in(. 4. 1| Avoir le verbe haut, avoir une voix fort élevée, et, figurcment, parler avec hauteur. Les huit députés [des nobles] s'y signalèrent [à rallier leur monde], mais ils n'eurent plus le verbe si haut, st-sim. 463, 4 7. Il 2° Synonyme de logos. Le verbe de Dieu au plus haut des ci eux est la source de la sagesse, et ses voies sont les commandelnents éternels, SACi, Bible, Ecclésiastiqite, l, 5. Vos sages, dit TertuUien, conviennent que logos, c'est-à-dire le verbe, la parole, semble être l'ouvrier de l'univers; or nous croyons encore que la propre substance de ce verbe, de cette raison, par laquelle Dieu a tout fait, est l'esprit, conbil. Hisl. anc. xi, 8. Il 8° Dans le christianisme, le Verbe divin, ou, simplement, le Verbe, la sagesse éternelle, le Fils de Dieu, la seconde personne de la Trinité, égale et consubstantielle au Père (avec un V majuscule). Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu, saci. Bible, Ev. St Jean, i, 4 . Le nom de son fils est le nom de Verbe ; Verbe qu'il engendre éternellement en se contemplant lui-même , BOSS. Hist. ii, 6. Le vrai Emmanuel, Dieu avec nous; on un mot le Verbe fait chair, unissant en sa personne la nature humaine avec ladivine, afin de réconcilier toutes

VER

choses en lui-même, noss.Hùl . n, 6. Il ne dit pas qu'il a pris une 4me telle que la nôtre, mais il dit simplement que le Verbe s'est fait chair, bourdal. Kysl. Très-Saint Sacrem. t. i, p. Bio. |i4° Terme de grammaire. Mot qui affirme l'existence d'une personne ou d'une chose, ce qu'elle l'ait ou ce qu'elle éprouve, ou, plus abstraitement, mot qui indique l'existence d'un attribut dans un sujet. Verbes auxiliaires. Verbes défcctifs. Verbes transitifs et intransilifs. Verbes irréguliers. Verbes neutres. Verbes pronominés, appelés souvent, mais à tort, pronominaux. Verbes réfléchis et réciproques. Verbes transitifs directs et indirects. Et, transposant cent fois et le nom et le verbe. Dans mes vers recousus mettre en pièces Malherbe, boil. Sat. u. Qu'est-ce que le verbe? c'est le mot qui marque que l'on juge, c'est-à-dire que l'on pense une chose d'une autre : par exemple, la terre est ronde; le mo est, c'est le verbe, c'est-à-dire que c'est le mot qui marque que je juge que la terre est ronde, dumars. Œuv. t. i, p. 73. D'après rétymologie, verbe est la même chose que mot ou parole; et il paraît que le verbe ne s'est approprié cette dénomination, que parce qu'on l'a regardé comme le mot par excellence, condil. Gramm. n, «. Les verbes adjectifs sont des expressions abrégées équivalentes à deux éléments du discours, à un nom adjectif et au verbe être, ID. n, 21. Les premiers verbes n'ont été imaginés que pour exprimer l'état de l'âme quand elle agit ou pâtit, m. Conn hum. n, i, 9. Il y eut trois sortes de verbes : les uns actifs, ou qui signifient action ; •es autres passifs, ou qui marquent passion ; et les derniers neutres, ou qui indiquent toute autre qualité, ID. ib. n, i, 9.

— HIST. XII* s. Alquant [quelques-uns] diseient bien, pluisur diseient mal.... Tel qui fistpersonel del verbe impersonal, Th. le mart. bb. ||xvi's. Quand le Verbe éternel, par qui tout est formé.... DESPORTES, Œuvres chrestiennes, Sonnets, <6.

— ÊTYM. Provenç. rerbi, masculin, verba, féminin, parole, mot, verbe, verb, verbe ;catal.«erb, • espagn. et ital. verbo; du lat. verbum, qui se rattach'- <tu grec tXpw, parler ; goth. vaurd ; allem. Wort ; angl. word ; le b du latin vient d'un dh.

t VERBÊNACÉES (vèr-bé-na-sée), ». f. pi. Terme de botanique. Famille de plantes dicotylédonées.

— ETYM. Lat. verbena, verveine (voy. ce mot). VERBÉRATION (vcr-bé-ra-sion) , s. f. Ancien

terme de physique. Vibration de l'air qui produit le son.

— HIST. XV' %. Maistres virtueux et prudens, lesquelz les doivent [les enfants] plus corrigier par Dons exemples.... que par vcrberacions, christ. DE piSAN, Charles 7, i, n . Quand les glaces et les neiges fondent sur les montagnes pour la verberaiion du soleil, froiss. ii, m, 82.

— ÊTYM. Lat. verberationem, de verberare, frapper.

VERBEUX, ECSE (vèr-beii, boù-z'), adj. Qui abonde en paroles sans beaucoup d'idées. J'ai entendu dire plusieurs fois à mon frère que les femmes sont verbeuses ; il avait fabriqué ce mot du latin, et s'en servait assez souvent lorsqu'il voulait exprimer le babil des femmes, Yalesiana, p. «6. [Il y a cent ans] la langue était encore un peu informe, et trop verbeuse, FÉN. t. xxi, p. )B9.Pour Confucius, c'est un bon prédicateur; il est si verbeux qu'on n'y peut tenir, volt. Mél. litt. Lett. thin. 3.

— REM. Verbeux n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 4762.

— f.TYM. Lil. verbosus, de verbum, parole (voy.

TERBP.).

VERBIAGE (vèr-bi-a- j'), «. m. Abondance de paroles et absence d'idées. Ma plume a fait le reste; car je vous assure que les plumes ont grand'part à l'infinité du verbiage dont nous remplissons nos lettres, sÉv. & janv. t67fl. Il s'était mis en réputation dans le public par un verbiage spécieux, soutenu d'un air imposant, lesage, Gil Bl. ii, 3. Je prends la liberté de lui écrire quatre mots; car il ne faut pas de verbiage pour les hommes en place, VOLT. LeU. Roehefort, ♦ févr. 4 707. Voilà la vraie tragédie; le reste est du verbiage; mais comment faire cinq actes sans verbiage? m. Comm. Corn. Rem. Œdipe, », 4.

— ETYM. Dérivé de l'ancien verbe verbier ou verboier, du latin verbum, parole.

VERBIAGER (vèr-bi-a-jé. Le g prend un « devant a et 0, nous verbiagoons, je verbiagcais), «. n. Terme familier. Employer beaucoup de panlcs pour dire peu de chose. Mme de Venladour

VER

[se met] à verbiager, pour laisser à Madame le temps de respirer et do se remettre, st-sim. 94, 236. Villars [à qui le régent demanda son avis] pouffa, verbiagea, complimenta les parties, se plaignit du procès, id. 426, <B2. ||I1 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ÊTYM. Verbiage. L'ano. languedisait verboier. VERBIAGEUR, EUSE (vèr-bi-a-jeur, jeû-z'),

s. m. et/'. Terme familier. Celui, celle qui emploie beaucoup de paroles pour dire peu de chose. |{ Adj. J'ai à vous avouer que j'ai été beaucoup trop verbiageur sur l'histoire de la dernière guerre, dont j'ai envoyé le manuscrit à M. d'Argcnson, volt. Lelt. Uénault, (8 déc. )7S2. Us sont noyés dans un océan d'éloquence verbiageuso, M"* du deffant, Lelt. à II. Walpole, t. i, p. 202, dans pougens. t VERBOQUET (vèr-bo-kè), s. m. Voy. virebod-

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