QUET
VERBOSITÉ (vèr-bô-zi-té), s. f. Défaut de ce qui est verbeux. La verbosité d'un orateur, d'un mémoire. On reconnaît ici cette verbosité qu'on a justement reprochée aux écrivains grecs, lauarpe, Cours de litt. t. vu, p. 346.
— REM. Verbosité n'est dans le Dict. de l'Acad. qu'à partir de l'éd. de 1762. Il est dans le Dict. de Furetière, édit. de 4 0no.
— ÊTYM. Prov. verbosilat ; esp. verbosidad ; it. verbosité; du latin verbositatem, de verbosus, verbeux.
t VERBOUILLET (vèr-bou-llè; Il mouillées), s. m. Un des noms vulgaires du fragon.
VER-COQUIN (vèr-ko-kin), s. m. || 1° Nom vulgaire des larves de divers insectes qui font beaucoup de tort aux bourgeons des vignes ; ce sont : le rhynchites bacchus, coléoptères, l'eumoJpe vitis, coléoptères, et la pyrale de la vigne, lépidoptères, legoarant. Il 2* Nom vulgaire du cœnure (voy. ce mot), espèce d'helminthe qui se développe dans la tète du mouton et qui cause un genre de vertige appelé tournis. || Ce vertige lui-même. 113" Fig. et familièrement, fantaisie, caprice. Et de mon ver-coquin je ne me puis défendre, Régnier, Sat. IX. Chacun a son ver-coquin dans la tête et son malheur fata., gui patin, Lett. t. n, p. 31 B. Il Au plur. De» vers-coquins.
— HIST. xvi* s. Il y a bien là, dit Eusthenes, du verd coquin, rab. Pant. iv, 9. Ma dame est bien en sa colère, Je l'ay mise en son ver-coquin, r. bel- LEAU, Œuv t. n, p. 4 4 6.
— ÊTYM. Ver, et coquin : un ver mauvais, dangereux
VERD (vèr), adj. Voy. vert.
t VERDAGE (vèr-da-j'), s. m. Terme rural. Récolte enterrée en fleurs, pour engrais.
t VERDAGON (vèr-da-gon), s. m. Nom donné au vin de 4 725, qui fut très-vert, très-mauvais.
t VERDAII.I.E (vèr-dâ-ir. Il mouillées), s. f. Ancien synonyme de merlot, espèce de cépage.
f VERDAL (vèr-dal), s. m. Pièce épaisse de verre coulé. Au même instant, l'expansion du gaz détonant se frayait passage de toutes parts.... pulvérisant les verdals, ces pavés de verre coulé qui laissent pénétrer la lumière dans les sous-sols, tout en supportant les charges et les chocs auxquels sont exposés les passages les plus fréquentés, EUG. BUREL, V Universel, 4 8 mai 4 869.
f VERBALE (vèr-da-l'), s. f. Variété d'olivier ou d'olive.
VERDÂTRE (vèr-dâ-tr'), adj. Qui tire sur le vert. Couleur veniâtre. Des tons verdâtres. Des reflets verdàtres, principalement sur la tête et sur la partie supérieure du corps, buff. Ois. t. v, p. 301 .
— ËTYM. Vert ou verd, avec la finale péjorative dire; picard, verdache.
t VERDAU (vèr-dô), s. m. Nom donné dans quelques contrées à la larve de deux espèces d'alucite, lépidoptères nocturnes, qui, à cet état, détruisent le grain comme la calandre du blé.
t VERDAL'GE (vèr-dô-j'), s. m. Un des noms vulgaires du bruant, dans le Périgord.
t VERDE (vèr-d'), *. m. Martin-pêcheur.
VERDÉE (vèr-dée), ». f. Sorte de vin blanc, tirant un peu sur le vert, qui vient de Toscane.
— ÊTYM. Vert ou verd.
VERDELET, ETTE (vèr-de-lè, lè-t'), adj. || !• Un peu vert. Ces autres, verdelets, aux perroquets ressemblent, regnier, Sat. m. Il 2* Vin verdelet, vin qui est un peu acide. || 3* Fig. et familièrement. Se dit d'une personne âgée qui a encore sa vigueur. Tout autant |quatre-vingt-dii-huit ans'; mais je suis encore verdelette, regnard. Fol. amour, m, 4. 1|4* S. m. Un des noms vulgaires du bruant.
— HIST. xvr s. Dedans son jardin verdelet, ma-
VER
rot, I, 4 74. L'une lui plaisoit pour sa jeunessa encore verdelette, tver, p. 634. La tumeur estant verdelette, c'est à dire n'estant du tout suppurée, paré, VI, 20. Quelque petit vin vermeil, verdeleV et astringent, m. xxiv, 23.
— ÊTYM. Dimin. de verdet, qui est lui-même u» dimin. de vert ou verd.
t VERDELIER (vèr-de-lié), ». m. Un des no<vulgaires de l'osier.
t VERDERAME (vèr-dé-ra-mé), ». m. Nom italieu du verdet du maïs.
VERDERIE (vèr-de-rie), ». f. Anciennement, étendue de bois soumise à la juridiction d'uâ verdier. || La juridiction elle-même.
— HIST. XIV* s. X Pierre du Chacsne verdier de Trinchebray est renouvelle l'ofice de la verderio dudit lieu, du cange, viridaria.
— ÊTYM. Verdier.
t VERDEROLLE (vèr-de-ro-l'), ». f. Nom Talgaire de la sylvie palustre, oiseaux insectivores.
VERDET (vèr-dè, le > ne selle pas),», m. ||l*Àrétate de cuivre. Le verdet ou vert-de-gris qui ser. à faire les belles couleurs de vert céladon et de couleur de soufre, Instruct. génér. pour la teint, des laines, 4 8 mars 4 674, art. 4 38. La première et la plus simple de toutes les décompositions de cuivre est la conversion du vert-de-gris ou verdet, BUFF. Min. t. V, p. 69. Il 2* En chimie, on distingue l'acétate neutre de cuivre, ou verdet, de l'acétate bibasique de cuivre, appelé vert-de-gris aussi bien que le produit de l'action de l'air sur le cuivre, legoarant. De toutes les préparations du cuivre par oxydation, il n'en est pas de plus précieuse que celle qu'on fait par le moyen du vinaigre ; tout le verdet du commerce se prépare par cet acide ; et c'est surtout à Montpellier et dans les environs que s'est fixée cette fabrication, chaptal, /n»ltt. Mém. Scienc. t. 11, p. 490. Le verdet se prépare en traitant le vert-de-gris par le vinaigre, thenard. Traité de chim. t. m, p. 78, danspOUOENS. || 3"Terme de minéralogie. Verdet naturel, carbonate de cuivre. Il 4° Maladie du maïs causée par un champignon parasite. C'est le verdet qui cause la pellagre. Il 5* S'est dit de certains volontaires royalistes qui s'organisèrent sous la Restauration dans le midi de la France; ainsi dits de la couleur verte qu'ils avaient prise, et qui était celle du comte d'Artois, depuis Charles X. ||6» Un coléoptère.
— HIST. XVI* s. Les gens de lettres sont de vrays racleurs de savates, ratissans de vieilles antiquailles pour en avoir le verdet [vert-de-gris], Moy. de parvenir, p. 96, dans lacuhne.
— ÊTYM. Dimin. de vert ou verd; provenç. verdet, un peu vert, vert-de-gris ; catal. verdet ; espagn. rerdete, vert-de-gris; ital. verdetto.
VERDEUR (vèr-deur), s. f. || l" Humeur, sève du bois qui n'est pas mort ou qui n'est pas encore sec. La verdeur et autres défectuosités du bois [de charpente et de menuiserie], genus. Maison rust. t I, p. 49, dans pougens. || Fig. Ma tige a refleuri de sève et de verdeur ; Seigneur, je vous bénis ! V. HUGO, Ode», V, 44. Il 2* Ce qu'il y a de rude dans lesfruits verts et le vin nouveau. Le plomb uni aux acides fait un sel fort doux qui corrige au goiit la verdeur du vin, mais qui est un poison pour ceux qui le boivent, j. J. Rousseau, Ém. m. || Fig. Aussi voit-on dans ses premiers écrits [de J. J. Rousseau] une plénitude étonnante, une virilité parfaite; et dans les miens, tout se ressent de la verdeur ou de la faiblesse d'un talent que l'étude et la réflexion n'ont pas assez longtemps mûri, marmontel , Mém. iv. || 8* Par extension , force du vin. Villandri priserait sa sève et sa verdeur [d'un vin], boil. Sat. m. || 4* Fig. Jeunesse, vigueur chez les hommes. Le but que j'avais tant de peine à trouver dans la verdeur de mon âge, la mothe le vayer, la Promenade, Diai. II. Je regardai ce trait d'ambition [du duc d» Noailles] comme une verdeur de jeunesse gâtée par tout ce qui peut flatter le plus à tout âge, st.-si». SIS, 449. !| 6* Fig. Àpreté de paroles, La verdeur d'une réponse.
— HIST. XIII* s. La dame est jà par la verdour [verdure] En un verger cueillant la fiour, audefroT le bast. flomancero, p. 0. Et quand l'un [arbre] en sa verdor dure. Les plusors i sunt sans verdure, la Rose, 6976. || iiv* s. Bouli en un petit pot en eauo clere pour oster la promiere verdeur, Ménagier, n, 8. || xv* s. X jeunes gens qui sont en leur verdeur, Charles d'oaléans, Songe en complainte, jj xvi* s. Je vous fais un présent de ceste sempervive; Elle vit longuement en sa jeune verdeur, rons. 200. La cou-»
VER
leur se changeant en verdeur, noirceur, lividité, faré, II, 34. Ils esperoiont que cette armée en sa verdeur lui donneroit moyen de s'esteiidre ets'asseuror, d'aub. llist. ii, 407. La maturité a ses defaults, comme la verdeur, et pires, mont, iv, 22). J'ay passé une bonne partie de mon aago en une parfaicle et entière santé.... cet estât plein de verdeur et de feste.... ID. :i, 5).
- K.TYM. Vert ou verd; provenç. et espagn. verdor; jtal. verdore.
VEKDl , lE (vèr-di, die), part, faste de verdir. Rendu vert. Ces châteaux du vieux temps avec des mâchicoulis, des souterrains, des tours verdiei par le lierre, ciiateal'BB. Génie, n, l, 5.
t VEHniAU (vcr-diô), s. m. Nom vulgaire de l'osier rouge, salix purpurea, L.
t VERDICT (vèr-dikt'i, s. m. Résultat de la délibération du jury.
— lil.sr. XIV* s. Les jurours.... encontre qui des parties ils pronuncierount lour verdit, bbitton, Des lois d'Anglet. ch. 52, f* <36, dans lacurne.
— f.TYM. Angl. verdict ; ancien mot français, entré dans l'anglais, et repris plus tard en français; il vient du bas-lat. veredictum, du lat. lere, avec vérité, et dictum, dit.
i. VERDIER (vèr-dié ; IV ne se lie jamais), s. m. Ancien terme d'administration. Officier qui était établi pour commander aux gardes d'une forêt éloignée des maîtrises. Item doivent avoir en icelle forêt bois pour leur ardoir [chauffage] par livréedu verdier, Btbiedeîc/i. 6'série, t. ui, p. B27.
— HlST. XV* s. Verdiers, malslres et enquesteurs des eaux et forestz, dd cange, viride.
— ÊTYM. Bas-lat. viridarius, du lat. tiridis, vert. 2. VERDIER (vèr-dié; l'r ne se lie jamais; au
pluriel l's se lie : des vèr-dié-z élégants), s. m. Oiseau dont le plumage est vert, luxia chloris, L.
— ÉTYM. Vert ou iierd; Berry, verdrin.
t VERDIÈRE (vÊr-diè-r') , ». f. Verdiëre des prés, proyer (Lorraine).
t VERDILLON (vèr-di-Uon, Il mouillées), s. m. Levier qui sert à détacher les blocs d'ardoise. Il Morceau de bois qui a presque toute la longueur des rouleaux dans un métier de haute lisse, et qui sert à attacher les bouts de la chaîne.
t VER1>LV (vér-din), t. m. Un des noms du bruant.
t VERDIQDE (vér-di-k'), adj. m. Terme de chimie. Se dit d'un acide qui verdit à l'air, et qu'on retire de beaucoup de plantes.
VERDIR (vèr-dir), V. a. || 1° Donner une couleur verte, peindre en vert. Verdir une porte. ||Fig. Voyez : cet homme est juste, il est bon; c'est un sage; Nul fiel intérieur ne verdit son visage, V. HUGO, Voix, II, 8. Il 2° F. 71. Devenir vert. Au printemps tout commence à verdir. Sitôt.... Que des zéphyrs nouveaux les fécondes haleines Feront verdir nos bois et refleurir nos plaines, REGNARD, Satire contre les maris. || 3° Il se dit du cuivre, quand il se couvre de vert-de-gris. Exposé i l'air, le cuivre verdit.
— HIST. ivi" s. Puisque c'est le privilège de l'esprit de se r'avoir de la vieillesse, je luy conseille, autant que je puis, de le faire : qu'il verdisse, qu'il fleurisse cependant, s'il peult, comme le guy sur un arbre mort, mont, m, 3<0.
— ÊTYM. Vert ou verd.
t VERDISSANT, ANTE (ver-di-san, san-t'), adj. Oui verdit. || Fig. La charmante fille I toujours riante, verdissante, pleine de gaité, d'esprit, BEAUMARCH. Jfor. de Fig. i, 2.
— HlST.xvf s. Bel aubespin fleurissant. Verdissant Le long de ce beau rivage, rons. A un aubespin.
t VERDISSEME.vr (vèr-di-se-man), i. m. Action de devenir vert. Sur le verdissement des plantes étiolées, prilueux, Acad.des se. Comptes rendus,
t. LIIX, p. U)2:).
j VERDOIE (vér-doî), ». m. Bruant (Poitou).
t *. VERDON (vfer-don), s. m. Un des noms rulgaires du pégot ou fauvette des Alpes
t 2. VERDON (ver-don), i. m. Happe le verdon, locution dont se sert un batelier en arrivant dans une ile, pour dire à son camarade de se prendre au bord.
t VERDOT (vèr-do), ». m. Verdotou petit verdot, cépage qui donne des vins de premier choix.
t VERDOULET (vèr-dou-lè), ». m. Un des noms du verilier.
VERDOYANT, ANTE (vfcr-do-ian , ian-f, ou, suivant quelques-uns, vÈr-dol-ian, ian-l'), adj. Oui verdoie. Sous le feuillage épais d'un verdoyant ormeau, th. corn. Bergir extrav. u, 8. Le gazon,
VER
verdoyant, épais, mais court et serré , ). ;. Rouss. Ilél. IV, H. Près d'elle [Télhys], en ce moment, les nymphes de sa cour Filaient d'un doigt léger des laines verdoyantes, deulle, Géorg. iv.H Couleur verdoyante, couleur tirant sur le vert.
— HIST. iiii* s. Les un pin verdoyant Trovai l'autrier chantant Pastore et son pastor, coussema- KKR, Art harmonique, p. 201. || xvi* g. Une baulte montaigne pleine de fruictiers et arbres verdoyants, MONT. IV, 1 3. Une sanie de couleur noire et verdoyante, paré, vin, is.
VERDOYER (vèr-do-ié, ou, suivant quelquesuns, ver-doi-ié. L'y est remplacé par un t devant l'e muet : j« verdoie ; je verdoyais, nous verdoyions, vous verdoyiez; que je verdoie, que nous verdoyions, que vous verdoyiez), ». n. Devenir vert. Le mariage est le lierre de Jonas, qui verdoie au dehors avec quelque sorte d'agrément; mais un ver de chagrin le ronge au dedans, le p. siii. MARS, tyst. du roy. de Dieu, p. 84, dans P0DGENS. Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l'herbe qui verdoie, ch. Perrault, Barbe- Bleue. Le gazon qui verdoyait autour, Bernard. DE ST-p. Ilarm. i, 2B8. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— REM. Verdoyer était devenu inusité à la fin du xvn* siècle : Verd ne fait plus verdoyer, dit la