BRUY. XIV
— HIST. xii* s. Sor l'erbe verdoiant , Ronc. p. 28. Pluie n'i chiet, ne erbe n'i verdie, ib. p. 41. Il xin* s. Bêle Emmelos es prés, desous l'arbroie. Pleure Guion, sur l'erbe qui verdoie , au- DEFR. le BA9T. Romancero, p. 28. Et sachiés, quant j'oï lor chant. Et je vi le leu verdaier, Je me pris moult à esgaier, la Rose, 68i, Les floretes i fait parair. Et les berbetes verdoier, ib. B9C).||xv* s. Messire Robert de Beaumanoir fout ordonné à tout cinq cents lances pour les verdoier [attaquer] et escarmoucher, juven. Charles VI, 1482. || xvi* s. Et en tout temps le laurier cy verdoie, marot, i, 2B9.
— ETYM. Vert ou verd; provenç. verdejar, verdeiar; espagn. lerdear; ital. verdeggiire.
t VERDCLE (vèr-du-1'), ». f. Un des noms du bruant.
— ÉTYM. Vert ou verd; génev verdairule, verderule.
t VERDUN (vèr-dun), ». m. Épée longue et étroite, du nom de la ville de Verdun, lieu du fabrication.
VERDURE (vèr-du-r'), s. ^. || 1* Couleur verte [acception très-rare). J'ai la cuisse bleue, il est vrai, mais je ne tombe pas d'accord de la tête verte ; je voudrais pourtant bien avoir changé du bleu de ma cuisse contre un peu de verdure à ma tête, j'en marcherais beaucoup mieux et plus légèrement, sÉv. 323. Il 2* Particulièrement, couleur verte des herbes, des plantes, des feuilles d'arbres. Ces climats désolés, où même la nature Ne tient que de votre art ce qu'elle a de verdure, CORN. lois, d'or, IV, t. La surface de la terre parée de sa verdure est le fond inépuisable et commun duquel l'homme et les animaux tirent leur subsistance, buff. Çuadrup. t. i, p. <7). Chantez le saule et sa douce verdure, Ducis, Othello, v, 2. Il Fig. Il peut être permis de se parer en unâge qui est la fleuret la verdure des ans, le p. lemoine, dans PASC. Prov. ix. || Fig. Verdures et pastorales, choses douces et innocentes. Vous allez voir des scènes, au prix desquelles les passées n'ont été que des verdures et des pastorales, retz, ii, 108. Ce ne sont là que des pastorales et des verdures au prix de ce qui suit, mirab. Lett. orig. t. ii, p. 304. Il 3* Les herbes, les plantes et les feuilles mêmes. Fier et farouche objet toujours courant aux bois, Toujours sautant aux prés, dansant sur la verdure, la font. Fobi. xil, 26. Si c'est une malice insupportable de déraciner la première verdure des champs, parce qu'elle est l'espérance de nos moissons, boss. 2* sermon , Pâques, 3. Viens aux champs fouler la verdure, Donner le bras à ton amant, bérang. Champs. \\ 4* Il se dit aussi des plantes potagères dont on mange les feuilles. Vivre de verdure. || 5° Tapisserie de verdure, ou, simplement, verdure, tenture de tapisserie qui représente spécialement des arbres. Il a une belle verdure dans sa chambre. Si j'étais en votre place, j'achèterais une belle tenture de tapisserie de verdure, ou à personnages, que je ferais mettre dans sa chambre pour lui réjouir l'esprit et la vue, MOL. Am. méd. i, <.
— HIST. XII* s. Por vcrduri ne por prée Ne por fueille ne por flor, Couci, l. l|Xiii*s. Cil qui chantant de flor ne de verdure Ne scnlent pas la dolor
VER
que je sent, eust. li peintre, dans Couci. Li bois recovrent leur verdure. Qui sunt sec tant cum yver dure, la Rote, G3. Li ririnameaz de cui alainne [par l'haleine duquel] Verdure est en terre espandue, ruteb. n, 13. Quant se départ la verdure des cbans, cité dans coussemakeh, l'Art harmonique, p. 230. Il XIV* s. Par l'ardeur du soleil l'en ne doit mie coper choux, pcrcil ne autres telles verdures, Ménagier, il, 2. || xv* s. Mais s'il veut estre Mis i senestre Pour servir femme et il l'endure. C'est raison qu'on le mené paistre La teste dans un cbevestre Comme une besle à la verdure, le Blason det faulcet amourt , p. a&8 , dan* LACURNE. Il XVI* g. La verdure [verdeur] ou aquosité [du vin nouveau] est semblable au pblegme, PARÉ, Introd. t.
— ETYM. Vert ou verd; bourguig. tordure; provenç. espagn. et ital. verdura.
VERDUHIEK (ver-du-rié ; l'r ne se lie pas; au pluriel l't se lie . des ver-du-rié-z actifs), ». m. Il 1* Celui qui est chargé de fournir les salades dans les maisons royales. {| 2* Verdurier, verdurière, marchand, marchande de salades, d'herbes.
— HIST. XVI* s. Verdurier, cotgrave.
— ETYM. Ferdure.
t VERDURO.X (vèr-du-ron) , ». m. Serin d'IUlie.
t VÊRETTE (vé-rè-f), ». f. Synonyme populaire de varicelle.
VÉREUX, EUSE (vè-reû, reù-z'), adj. || 1* Qui contient des vers. Fruit véreux. || 2* Fig. Oui recèle quelque vice secret, comme le fruit recelant un ver, en parlant des personnes et des choses. Les deux associés n'ont fait nulle difficulté de signer; je les crois un peu véreux; l'affaire n'est pas bonne, dancourt, let Agiot. u, 7. Nous na vous donnons pas de ces effets véreux; Cela sent comme baume, regnard, Joueur, m, 4. || Son cas est véreux, son affaire est mauvaise. Ces cas-là sont véreux; 11 faut savoir de la jurisprudence, VOLT. Droit du seigneur, ii,(. || U sent son cas véreux, il sait que son affaire est mauvaise.
— HIST. XV* s. Se maistre Olivier se boffume, Oi s'il veut faire le véreux. Il impose ceste coutume; Se bonne est pour lui, si la hume, co- QUiLL. Plaidoy. de la simple et de la rusée. Il XVI* s. Les autres qui se sentirent véreux, et qui sçavoient bien qu'ils avoient transgressé les loix.... AHYOT, Caton^ 33. Le plus juste parti [dans les guerres de religion en France] si est ce encores le membre d'un corps vermoulu et verreux, MONT. IV, <ai.
— ÊTYM. Ver
t VERGADELLE (vèr-ga-dè-n, ». f. Petite espèce de morue dite autrement merluche.
t VERGANDIER (vèr-gan-dié) , ». m. Sur la c6te de Normandie, petit arbrisseau qu'on nomma ailleurs houx-frelon, ruicus aculealus, L.
VERGE (vèr-j'), s. f. || 1* Petite baguette longue et flexible. Il n'avait qu'une verge à la main. On trouve les sources d'eau, les trésors au moyen d'une verge, d'une baguette de coudrier, qui ne manque pas de forcer un peu la main i un imbécile qui la serre trop, et qui tourne aisément dans celle d'un fripon, volt. Dict. pfti'J. Verge. {I II n'avait ni verge ni bâton, il n'était en état d'attaquer personne, pas même de se défendre. Je n'avais ni verge ni bâton, je me mis à ramasser cette épée, MARiv. Pays. parv. 3* part. ||2* Baguette miraculeuse. U [Moïse] étendit la main et le prit [le serpent], et aussitôt la verge changée en serpent redevint verge, saci. Bible, Exode, iv, 4. On dit encore que Tlioot était Moïse, parce qu'une vieille tradition le faisait naître du Nil, lui donnait une verge, et lui attribuait des prodiges, condil. Bist. anc. m, 5. || Fig. Nous n'osons nous flatter de posséder cette verge miraculeuse de la religion qui fait jaillir du rocher des sources d'eau vive, CHATEAUB. C^iiie, 1,1, I. Il La verge des magiciens de Pharaon, la verge qu'ils tenaient à la main et avec laquelle ils faisaient leurs prodiges. || En parlant d'autres magiciens, on dit baguette. Médée et Circé furent toujours armées de cet instrument mystérieux [une verge]; de là vient que jamais magicienne ne parait à l'opéra sans cette verge, et qu'on appelle ces rôles les rôles à baguette, VOLT. Dict. phil. Verge. \\ 3* Verge de fer, verge de cuivre, longue tringle de fer, de cuivre. Une verg» de fer tirée verticalement par une force capable de la rompre, contracte à l'endroit où se prépare la rupture une chaleur insupportable à la main, GUYTON de mobveau, Inslit. Mém. scienc. (80», p. 286. Il Fip. Gouverner avec une verge de fer, gouverner durement , despotiquemenl. Mon p^-ra
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vous abattus avec des verges, et moi je vous châtierai avec des verges de fer, SACi, Bible, Rois, m, XII, H. Il t* Baguette ordinairement garnie d'ivoire que portaient autrefois les huissiers. Huissiers à verge. Je m'appele Loyal, natif de Normandie, Et suis huissier à verge, en dépit de l'envie, mol. Tart. V, 4. Il Tenir un héritage par la verge, recevoir du seigneur, ou de l'un de ses officiers, un petit bâton appelé verge, comme emblème de l'acquisition. Il 6* Baguette avec laquelle on frappe et châtie. La folie est liée au cœur de l'enfant, et la verge de la discipline l'en chassera, saci, Bible, Prov. de Salom. xxii, *f>. Le sage a toujours recommandé aux parents de tenir la verge assidûment levée sur les enfants, FÉN. t. xvii, p. 26. || Fig. La. verge de la censure publique qui m'a toujours paru infiniment respectable, même placée dans des mains ennemies, mihabeau. Collection, t. m, p. 350. Il Fig. La verge à la main, en reprimandjnt, en punissant. Aimez-vous mieux que je vous aille voir la verge à la main, ou avec charité et un esprit de doucour?SACi, Bible, SI Paul, t" ép. aux Cor. iv, 2<.||Fig. Autorité. D'étrangers, de bannis, une horde insolente Nous tient depuis seize ans sous sa verge sanglante, c. delav. Vipr. sitil. Il , c. Il N'être plus sous la verge de quelqu'un, être affranchi de son autorité. || 6" Au plur. Menus brins de bouleau, d'osier, de genêt, etc. avec lesquels on fouette. J'ai reçu des Juifs, cinq différentes fois, trente-neuf coups de fouet; j'ai été battu de verges par trois fois, saci. Bible, St Paul, 2' épU. aux Corinth. ii, 24. Parmi les présents de noces [chez les Russes] était une grosse poignée de verges que le futur envoyait à la future, pour l'avertir qu'à la première occasion elle devait s'attendre à une petite correction maritale, volt. Russie, Anecd. Les verges de bouleau sont une poignée de scions dont on frappe les malfaiteurs sur le dos, ID. Dict. phil. Verge. Lorsque les athlètes n'observaient pas les lois prescrites, non-seulement ils étaient privés du prix, ils étaient encore frappés de verges, condil. llist. anc. IV, 0. Il Terme de discipline militaire ancienne. Faire passer quelqu'un par les verges, le faire passer entre deux rangs de soldats armés de verges, dont ils frappaient les épaules nues du condamné. Les déserteurs prussiens, qui courent de toutes leurs forces quand ils passent par les verges, afin d'être un peu moins fouettés, volt. Déf. Bolingbr. 36. \\ Fig. Donner desvergespourse fouetter, fournirdes armes contre soi-même. Il Fig. Faire baiser les verges à quelqu'un, l'obliger à demander pardon après qu'on l'a maltraité, ou l'obliger à reconnaître la justice delà punition. II?" Fig. Peines, afflictions dont Dieu punit les hommes. Dieu dit lui-même de ces gens-là [les conquérants] qu'il les envoie en sa colère , et qu'ils sont les verges de sa fureur; mais ne prenez pas ici l'un pour l'autre : les verges ne piquent ni ne mordent d'elles-mêmes.... c'est l'envie, c'est la colère, c'esl la fureur qui rendent les verges terribles et redoutables, BXLZ. Socr. chrét. Disc. 8. Par les exemples de Tobie et ses saints avertissements, ceux d'Israël étaient excités à reconnaître sous la verge la main de Dieu qui les châtiait, lioss. Hist. ii, 4. || Fig. Quand Dieu a châtié ce qu'il veut corriger, il jette souvent les verges au feu, souvent il extermine ceux dont il s'est servi pour châtier les autres. Jérémie l'avait bien prédit : le Seigneur rompit la verge [Babylone] dont il avait frappé tant de nations, Boss. llist. II, 4. Il 8° Grand morceau de baleine que porte un bedeau quand il est en fonction dans l'église. La verge d'un bedeau. Il 9° Terme de vénerie. Verge de huau, verge garnie de trois piquets, à laquelle on attache Icsailes d'un milan, vulgairement appelé huau. || Verge de meute, baguette que l'on garnit de trois piquets, avec des feuilles, pour y attacher un oiseau vivant auquel on donne alors le nom de meute. || 10' Verge d'une ftisée, baguette à laquelle on attache une fusée volante. H Tige qui tient au piston d'une pompe. llFléau de plusieurs balances. || Pièce du tour dont on se sert pour tourner en l'air ou en figures irrégulières. I| Verge d'une girouette, tige au sommet de laquelle tourne une girouette. 1| Terme de vitrier. Tringle de fer qui, après avoir été chauffée, u pose sur le verre pour le couper au moyen d'un peu d'eau que l'on met à l'endroit où la verge a touché. Il Terme de serrurier. Petite baguette de fer pour tenir, au moyen de liens, le» panneaux de vitraux. Il 11' Terme d'horlogerie. I/jng pivot sur lequel se meut le balancier. || Le balancier même. Si U Terge du pendule est d'acier, il est à craindre
VER
que l'effet du magnétisme terrestre ne se complique avec celui de la pesanteur, laplacë, Exp. i, <2. Il Verge à compensation, verge composée de fer et de laiton, de manière que les effets du calorique s'y compensent, et que la longueur ne varie pas. Il 12" Terme de marine. Verge de l'ancre, le corps de l'ancre, la tige, la pièce principale de cet instrument, façonnée en général comme une pyramide quadrangulaire qui reçoit à sa base deux autres pièces qu'on nomme les bras de l'ancre. ll 13' Terme de métallurgie. Fer en verge, petites barres, rondin, carillon. Dans le commerce des fers, on donne plutôt le nom de verge au carillon obtenu dans la fonderie. Les verges de fer doux sont pour les clous des maréchaux, et peuvent être passées par la filière pour faire du gros fil de fer, des anses de chaudières.... BUFP. Min. t. IV, p. <C6. Il Verge crénelée, barre de métal sur laquelle est conservée l'empreinte des coups de marteau, et qui n'a pas été parée. Il 14" Au plur. Baguettes de bois que les tisserands font passer entre les fils de la chaîne. || Aiguilles ou broches en usage dans la fabrication du velours. Il 15° Terme d'anatomie. Membre viril. || 16" Terme de physique. Météore lumineux formé de la réunion de plusieurs rayons de lumière. || 17" Nom d'une ancienne mesure pour les étoffes. || Ancienne mesure de terre, qui était à peu près le quart d'un arpent. || 18° Anneau, bague sans chaton (acception vieillie). La souplesse de la baguette ou verge, la facilité delà nouer en forme d'anneau a développé une autre acception, c'est le cercle de la bague distinct du chaton, c'est aussi l'anneau qui réunit les bagues, de laborde. Émaux, p. 536. || 19° Verged'or, plante radiée qui porte un long épi de fleurs jaunes, solidago virga aurea, L. || Verge de Jacob, asphodèle jaune. || Verge à pasteur, cardère velue. — HlST. XI' s. Plus qu'on ne lancet une verge pelée, Ch. de Roi. ccxl. || xii" s. Se tu ne lais ester e clers e saint iglise, Deus le vengera tost; jà ad sa verge prise. Th. le mari. 77. Mis percs vus batid de verges déliées; mais je vus bâterai de grandîmes balains, ki serunt durs et espinus. Rois, p. 282. Une verge isseit fors, et de cel verge issiit une flors sor cuy les set donnes del saint esperit se reposèrent, si bern. 629.|1xiii* s. Une verge de fer que li preudome du mestier desus dit ont gardée et gardent encore dès le tans le bon roi Phelippe, Liv. des met. 388. X Clermont le [la] mine de terre est de soixante vergues, beaum. XXVI, 9. Quant les huissiers veoient venir la royne en la chambre le roy son filz, il batoient les huis de leur verges, joinv. 28I. On doit ploier la verge, tandis com ele est graile et tendre ; quar, puis qu'ele est grosse et dure, se on la veut ploier, elo brise, leroux de lincy, Prov. t. n, p. 498. Beax filz, dit-il, ge te commant Qu'au roi soies obéissant, Por quoi il soit droituriers rois. Selon ce que dient les lois. Que il est verge Dieu en terre, Fabl. mss. de St-Germain, f i*, dans laCURne. Tele ribaude et avolée. Qui porté a verge pelée Plus de sept ans par le païs, du cange, virga. Ijxrv's. Par signe de désobéissance [on avait refusé d'ouvrir], le prevost geta par dessus la porte en laditte basse court une verge de l'un des sergcns qui estoient avec lui, et s'en parti, du cange, virga. Un annel où il a un ruby à jour et a en la verge un k et un y, de laborde. Émaux, p. 536. Deux grans bans pour ploier verges de arbalestres, et ung autre banc pour drechier lesdites verges, ID. «6. Il IV* s. [Le pape Clément et les cardinaux ne faisoient compte des ennuis du comte de Flandre], et disoient que Dieu lui avoil envoyé celle verge pour tant qu'il leur avoit esté contraire, FBOiss. II, II, 63. Si n'estoit il [Philippe d'Artevelle] pas subtil de faire guerres ne sièges; car, de jeunesse, il n'y avoit point esté nourry, mais à pescher de la verge aux poissons en la rivière do l'Escaut, ID. liv. Il, p. 192, dans lacurne. On trouveroit plusieurs Romains qui pour menues et petites négligences ont esté batus de verges à l'estache, a. chart. Quadril. ineectif. Espérance tenoit.... l'anel de la verge d'un ancre d'or, dont le bec estoit fiché dedans les cieulx, id. Œuv. p. 329. Il m'envoya une verge qu'il portoit au doigt pour enseigne, couu. ni, 6. Dix vergues ou aulnes de drap bureau, DUCANOE, rirga. Une bonne verge porte bien aucunes fois ung mauvais sion, Perceforest, f «6. Pour achetter xviij verges à nettoyer robes, de laborde, Émaux, p. 5S7. || xvi" s. Bicnpreveoyt qu'il faict mal avoir charge D'enfans mutins qui ne craignent la verge, j. marot, v, n. U faisoit lier la verge à sescriminels, pour les faire mourir à faulte I de pisser, MONT, m, 30t. Verge-d'or s'édifie par se-
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mence au printemps, en terre grasse et bien cultivée et lieu ombreux ; ccste herbe est propre à la dissenterie, 0. de serres, oi 9. Parla pluspart des coutumes la verge anoblit, et le ventre affranchit, LOISEL, 40. La douairière est tenue d'entretenir les maisons dont elle jouit par douaire, de pel, verge, couverture, fermeture et menues réparations, Coust. gén. t. i, p. 720.
— ÊTYM. Wallon, vég; bourg, varge; Berry, varge; provenç. verga, vergua, verja; espagn. et ital. verga ; du lat. virga.
4. VEIIGÉ, ÉF, (vèr-jé, jée), adj. ÉtoflTe vergés, étoffe qui a quelques fils d'une soie un peu plus grosse ou d'une teinture un peu plus forte que le reste. Ce qui faitque les aumales [étoffes de la ville d'Aumale] grises de nature, étant apprêtées, deviennent vergées, et de diverses couleurs. Ordonnance de rinlend. de Picardie et Artois, * 5 févr. 470). Il Papier vergé, papier qui porte les marques des vergeures. || Bois vergé, bois vermoulu, percé de vers, massé, 4 766, Dict. des eaux et for.
— HIST. xn" s. Ardent ces hastes, ces confanons vergiez, Bonc. p. 4 4 2. || xvi" s. Le saion luit vergé de raion franc, dans raynouaed, Gloss.
— f.TVM. Lat. virgatus, de virga, verge, raie. 2. VERGÉ, ÉK (vèf-jé, jée), part, passé, de verger. Drap bien vergé.
VERGÉE(vèr-jée),«. m. Autrefois, l'étendue d'une verge carrée. |] Étendue de terre qui était de quarante perches.
— HIST. xiii* s. Deux cens vint et huit acres et trois vergiées de bois, dd cange, vergia.
— ÊTY.M. Verge, au sens d'une certaine mesure de longueur.
t VERGELÉ (vèr-je-lé), t. m. Espèce de pierre de Saint-Leu.
— ETYM. L'anc. franc, vergelé, qui signifiait rayé, t VERGEOISE (vèr-joi-z'), s. m. Forme de trente
pouces de hauteur sur quinze de large, garnie en dehors de deux ou trois cerceaux de coudrier où l'on met le sucre pour en faire des pains. || Fondues de vergeoises, pains qui proviennent des têtes des vergeoises et des autres parties défectueuses, et qu'on est oblige de refondre.
4. VERGER (vèr-jé; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des vèrjé-z en fleur.), s. tn.Lieu planté d'arbres fruitiers. Il tronque son verger contre toute raison, Sans obser\'er temps ni saison, la FONT. Fabl. xn, 20. On ne peut trop recommander de clore les jardins destinés aux vergers, genlis, liaison rust. t. ii, p. 469, dans pougens. Le verger de Charles V, à l'endroit où est aujourd'hui le Jardin des plantes, est cité dans l'histoire comme une chose extraordinaire, id. tb. p. 466. Des vergers odorants l'ombre voluptueuse, Les prés délicieux et les bocages frais, delille. En. vi.
— HIST. XI" s. Alez en est en un verger suz l'umbre, Ch. de Roi. ii. ||xn' s. Et que sont vert bois et vergier et pré, Couci, xiv. Si l'esracerad de ceste bonne terre que à lur ancestres dunad e ultre mer les ventelerad, pur ço que il unt fait vergiers al servise de deable. Rois, p. 293. || xiii' s. S'en alerent par aventure Les grans dames esbanoier Toutes douze en un vregier. Lai d'Igimures. Il XIV" s. Le Songe du vergier, titre d'un ouvrage.
— tTYM. Berry, varger ; prov. lergi'er, lerdîfr; it. verziere ; du lat. viridarium, de viridis , vert.
2. VERGER (vèr-jé. Le g prend un e devant o et o; vergeant, vergeais), v. a. Mesurer une étoffe avec la verge. || Jauger avec la verge.
t VERGERETTE (vèr-je-rè-f) , s. f. Nom vulgaire du solidago canadensis , plante d'ornement.
t VERGERON (vèr-je-ron), s. m. Espèce de fauvette des jardins et vergers.
VERGETÉ, ÉE(ver-je-té, tée),part. pas.?^ devergeter. |1 l"Nettoyéaveclavergette. Chapeau vergeté. Il 2° Teint vergeté, peau vergetée, teint, peau quia de petites raies de différentes couleurs, et la plupart de couleur rouge. Il veut avoir Un manchon de ma peau ; tant elle est bigarrée. Pleine de taches, marquetée. Et vergetée, et mouchetée, la FONT. Fabl. IX, 3. Des yeux pleins de larmes, un teint vergeté, genlis, Yeill. du chdt. t. m, p. 73, dans pouoens. Il 3° Terme de blason. Se dit d'un écu où il y a plus de dix pals.
VERGETER (vèr-je-té. Le t se double devant un e muet: je vergette, je vergetterai), v. a. |1 1" Nettoyer avec une vergette. |i2" Fouetter. Non, non, je te verrai vergeter, surjma foi ; Car tu risques au moins l'étrivière publique, bret, Lett. anonymes, m, 8
VERGETIER (vèr-je-tié ; l'r ne se lie pas), s. m. Artisan qui fait et qui vend des vergettes.
VERGETTE (vèr-jè-f), s. f. || !• Petite verge.
VER
VÉR
Il Terme de blason. Pal' étroit, qui n'a que la troi- ■ième partie de la largeur ordinaire. || S* Au sing. ou au. plur. Vergette ou vergettes, époussette, brosse composée de soies de sanglier ou de menus brins de bruyère. Brosses ou vergcltcs à nettoyer, le cent pesant àxxi livres. — Bruyères à faire vergettes, X livres, Péclar. du roi, nov. IC40, tarif. Pour peigner les draps, pour les débourrer, on employait des vergettes faites avec des piquants de hérisson, pastoret, Instit. Mém. inscr. et belleslett. t. v, p. 98. Il Cheveux en vergette, cheveux coupés assez ras pour présenter comme une vergette, une brosse. 1| 3* Cercle qui sert à soutenir et à bander les peaux dont on couvre les tambours. Il 4" Défaut do certaines pierres. Ces pierres, ainsi que toutes les autres substances transparentes et cristallisées, sont sujettes aux glaces, aux points, aux vergettes ou filets.... bukf. Min. t. vu, p. 422.
— HIST. xiv s. -Se l'en fiert (frappe] le chief o [.ivec] une legiere vergeté sèche aussi comme de «aus [saule], et il sonne vui [videj, c'est signe de froisseure de cran [crâne], H. de mondeville, f 51, verso. Faites escourre [secouer] vos robes, pour «-•iter la grosse pouldre, puis netoier à unes vergettes sectes, Ménagier, ii, 3. || xvi' s. Nostre langue, comme une plante et vergette, n'a point rncores fleury, dubell. i, b, verso. Pour la cage et l'oiseau je veux mettre un panier D'artifice enlacé do vergettes d'ozier, bons. 736.
— ÉTYM. Dimin. de verge; bourg. t)orj(5Ke,-prov. et esp. vergueta ; it. verghetta. On trouve au xv* siècle vergeté avec le sens de bague, comme verge.
t VERGETURE (ver-je-tu-r'), î. /■. Proprement, ecchymoses produites par des coups de verges ou de fouet. || Par analogie d'aspect, lividités que l'on observe sur les cadavres lorsqu'ils ont reposé sur un sol inégal, ou par l'effet de quelques liens, de quelques plis de vêtements qui les couvrent. Il Petites raies rougeâtres qui surviennent quelquefois après une forte distension de la peau; taches scorbutiques violacées et linéaires.
— ÊTY.M. Vergette.
VERGEURE (vèr-ju-r^, s. f. \\ l' Terme de papeterie. Fils de lai ton attachés sur la forme où l'on coule le papier. || Raies marquées par ces fils sur le papier. Le papier mécanique est sans vergeures. {{ 2' Inégalité dans les fils d'une étoffe.
— Ety.'H. Verge, dans le sens de raie.
t VEUGIS(vèr-ji), ». m. Toile qui se fabrique à Abbeville.
t VERGISSMEINNICHT (fèr-ghis'-maîn'-nicht), I. m. Mot dont les Allemands se servent pour désigner le myosotis vivace ou myosotis des marais.
— ÊTYM. AUem. vergiss, oublie, mein, moi, nicht, non: ne m'oublie pas. La fleur magique, qui, dans une tradition mythique allemande, ouvre les rochers recelant les trésors, prononce elle-même cette formule, pour avertir celui qui s'en est servi, qu'en l'oubliant il court le risque de voir les rochers se refermer sur lui.
t VERGLACER (vèr-gla-sé), V. impers. Faire du verglas. Pavé verglacé.
— HIST. xiv s. Vereglacier, du cange, gelicidium. Pour ce qu'il avoit lors un petit vcrglacié et que la terre couloit, ID. ib.
VERGLAS (vèr-glâ), t. m. Couche mince et glissante de glace qui recouvre le sol et qui résulte de la congélation de la pluie à son arrivée sur la terre. Le pavé est couvert de verglas. Il tombe du verglas. 11 fait du verglas.
— HIST. XIII* s. Grans wereglas ou grans negcs ou grans orages, beaum. m, 4.||xiv*s. Vereglaz, DU CANGE, gelicidium. \\ xvi* s. Non seulement la gelée estoit forte, ains continuellement tomboit un verglas si terrible, que quasi les gens de pied ne pouvoient marcher sans tomber, lanoue, 059.
— ÉTYM. Berry, verglasse ; wallon, wargless. On a dit aussi vergiel. Vergiel, verglas sont composés de giel, gel, et de glas, masculin de glace (voy. glace, à l'historique). Reste le préfixe ver; Diez y voit le mot verre: glace qui est comme du verre. Mai.-* cette explication n'est guère compatible avec les formes were et war, non plus qu'avec ooire, qui est la forme de verre dans Beaunsanoir. Elles conduisent à l'anc. ail. tcaron; hoU. weeren. se garer (voy. garer) : gare à la glace, au gel.
VERGNE (vèr-gn'), s. m. Aune, arbre. i| On dit aussi verne.
— HiST. XTi* s. Les aulnes ou vergnes apportent teinture noire, palissy, 200. Le bois d'aune ou verne, o. de serres, 22».
— ETYM. Pic, vergne, osier; génev. rerneJ, lieu jilanté de vernes; Ber»j', vargne, féminin; prov.
rem, vernha; cat. vem; du celtique : bas-breton, ffwfrn; comique, juer»i«n, aune; irl. fearne, aune. t VERGNETTK (vèr-gnè-f), ». f. Un des noms provinciaux du merle viscivore.
— ÊTYM. Vergne, à cause que cet oiseau mange les graines du vergne.
VERGOGNE (vèr-go-gn'), ». f. Terme autrefois très-noble et qui aujourd'hui est devenu familier. Honte. El moi, pouvant parler, j'ai parlé, misérable. Pour lui faire vergogne [à Jésus] et le désavouer, HALii. I, 4. Quand un roi fainéant, la vergogne des princes, Laissant à ses flatteurs le soin de ses provinces, F,ntre les voluptés indignement s'endort, ro. il, t. La France.... S'est faite aujourd'hui si tragique, Qu'elle produit ce que l'Afrique Aurait vergogne d'avouer, ID. ii, 4. Vergogne n'est plus guère bon que dans le bas sly le; c'est ainsi que M. Patru, Molière et M. de la Fontaine s'en sont servis, vaugel. JVoub. Rem. ohs. de M'", p. 33), dans pougens. Vole en Pologne; Arrachons un peuple au trépas ; Que nos poltrons en aient vergogne, débang. Ildtons-nous.
— HIST. II* s. Dist Oliviers: vergoigne sereit grant, Ch. de Roi. cxxvii. || xin* s. Quant la dame s'oit si ramposner, Vergoigne [elle] en ot, si dit par félonie.... QUESNES, Romane, p. tbs. Et quant li autre chevalier oïrent ce, si en doutèrent moins la honte et vergoingne, villeh. cxxxix. || xv* s. [Aymon de Pommiers] prit ce fait [l'exécution de son neveu] à grant vergogne, et jura que jamais pour le roi d'Angleterre ne s'armeroit, froiss. n, il, 2. Il XVI* s. Celles qui sont extraites de noble sang, ont plus de vergogne de choses mal honestes que n'ont pas les autres, amyot, Cat. 40. Mordre en riant les uns les autres, comme font aucuns, qui se baguent quand ils peuvent faire vergongne à quelqu'un, CALV. Insl. 309.
— ÉTYM. Bourg, rorjogne ; prov. rergonia,vergon/io ; calai rergonyo ; poitug. lerjonho; it. vergogna;d\i lat. verecundia, de rereri, révérer, ctle suffixe cundus. Il y avait aussi la forme vergonde.
f VERGOGNEL'X, EUSE (vèr-go-gneij, gneù-z'), adj. Terme vieilli. Qui a de la vergogne. J'étais né sauvage et non vergogneux, chateaubr. Hém. t. i, p. 278. Il Malherbe dit : les vergogneuscs parties de notre corps; je doute qu'il soit bon; mais, sans doute, honteuses est meilleur, taugel. Nouv. Rem. p. 3)0, dans pouoens.
— HIST. XIII* s. Qui s'i essaiera à faire le, il en morra de vil mort, et de honteuse et vergongneuse, Ass. de Jérus. i, 182. || xv* s. Quand Nicolas Cliffort se vit argué et pointé si avant, si fut tout vergogneux et honteux, froiss. ii, ii, 84.
— ÉTYM. KergogTie; prov. cerjonhos; port, vergonhoso ; it. vergognoso. Il y avait aussi vergondeux.
t. VERGUE (vèr-gh'), s. f. \\ 1° Terme de marine. Pièce d'un bois léger, longue et grosse en proportion de la grandeur de la voile qu'elle doit porter, ronde dans toute sa longueur, et plus mince à ses extrémités qu'à son milieu. La grande vergue. La vergue de perroquet. || Vergues d'assemblage, vergues de grands bâtiments qui sont faites de plusieurs pièces de bois. || Être vent sous vergue, avoir le vent sous vergue, être vent arrière, ou faire route avec un vent qui frappe le navire et les voiles dans la direction de la poupe. || Ces deux bâtiments sont vergue à vergue, ils sont l'un à côté de l'autre, si près que les bouts des vergues se touchent. || 2* Terme de blason. Figure qui ressemble â une flèche, et qui se trouve dans quelques armoiries.
— REM. Au commencement du xvii* siècle, on a dit verge, comme au xvi* siècle. Cela lui fut un prétexte de leur emprunter leurs voiles et leurs verges, pour faire un lieu où ils peussent mangera l'ombre, maui. le XXXIII' livre de Tile Live, ch. 48.
— HIST. xi* s. En sum ces maz e en ces altes vernes Asez i ad carbuncles e lanternes, Ch. de Roi. CLXXXvi. Il XII* s. N'i avoit mas, neïs vergue entallée, Où n'cùst cerge ou lanterne enfichée, Ronc. p. M 8. Il XVI* s. Les uns estoient mis à fond par de longues pièces de bois, comme sont les verges où l'on attache les voiles dos navires AMYOT, Marcell. 23.
— ETYM. Autre prononciation du mot verge; picard, vergue, petite gaule.
t 2. VERGUE (vèr-gh'), s. m. Ancienne mosure de capacité; la même que la velte. Ils transportent et mettent lesdites eaux-de-vie en de grandes pièces qui contiennent jusqu'à 60 et 65 vergues, BoiJ Saunier, a juin (674.
r VERGUET (vèr-ghi:), s. m. Le gui (Ain).
— ÊTYM. Dimin. de vergue ou verge.
t VERGUEZ (vèr-ghé), Terme de marine. Commandement que l'on fait pour que des hommes se portent sur les vergues avec ordre.
— ÊrvH. Impératif d'un verbe inusité verguer. VËRICLG (vè-ri-kl'), ». f. Terme de joaillier.
Pierre fausse faite avec du verre ou avec du cristal. Diamant de véricie.
— ÊTYM. Forme fictive «Uncuta, du lAtin •*- (rum, verre.
VÉRIDICITÊ (vé-ri-di-si-té), ». (. || i' Caractère de vérité. Véridicité d'un discours, d'un témoignage. Il 3* En parlant des personnes, véracité. La véridicité d'un témoin.
— REM. Véridicité n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 4 762.
ETYM. Véridique.
VÉRIDIQUE (vé-ri-di-k'), adj. Qui aime à dire la vérité, qui a l'habitude de la dire. Le véridique do Thou rapporte en propres termes que les présidents et les conseillers comblèrent & l'envi les princes de Lorraine d'éloges [après la découverte de la conspiration d'Amboise], volt. Uitt.parl.xxu.
— IIIST. XVI* s. Yeridique, cotoravb.
— ÉTYM. I..at. veridicus, de oeruin, vrai, et dicere, dire.
t VÉRIDIQUEMENT (vé-ri-di-ke-man), ado. D'une manière véridique. Cela est narré véridiquement.
VÉRIFICATEUR (vé-ri-fi-ka-teur), ». m. || 1* Celui dont la fonction est de vérifier des objets publics, des ouvrages, des comptes, des écritures, etc. Vérificateur de l'enregistrement. Vérificateur des poids et mesures. || 2* Paniculicrement, celui qui vérifie les travaux de construction et les mémoires de ces travaux. Porter son mémoire chez le vérificateur.
— ÉTYM. V&ifier.
t VÉRIFICATIF, rVE (vé-ri-fi-ka-tif, ti-v'), adj. Qui sert à vérifier. Une expérience vérificative, FAYE, Acad. des se. Compt. rend. t. Lxxii, p. 888.
VÉRIFICATION (vé-ri-ft-ka-sion; en vers, de six syllabes), s. /■. Il 1" Action de vérifier. Vérification des poids et mesures. La vérification en est achevée [d'un miracle], pasc. Lett. à Mlle de Rohannez, 2. Il Vérification des pouvoirs, examen de» titres d'un représentant. || Terme de jurisprudence. Vérification d'écritures , procédure qui a pour but de rechercher si un écrit ou une signature privée est de la main de la personne à laquelle on l'attribue. Dans le cas où la partie désavoue .son écriture ou sa signature, et dans le cas où ses héritiers ou ayants cause déclarent ne les point connaître, la vérification en est ordonnée en justice. Code civ. art. (324. || 1* Anciennement, vérification d'un édit, enregistrement de l'édit par le parlement.
— HIST. XVI* s. Je me contenterai de ceste raison pour la vérification de mon dire, langue, 320.
— ÉTYM. Vérifier. On disait aussi verifiement. VÉRIFIÉ, ÉE (vé-ri-fi-é, ée), part, passé de
vérifier. Ce traité, vainement vérifié au parlement de Paris, ne servit qu'à produire de nouvelles inconstances dans le duc de Lorraine, volt. Louis XIV. 7. Il Anciennement. Duc vérifié, duc dont les titres avaient été reconnus valables. M. de Louvois contribua beaucoup à faire le maréchal d'Humières duc vérifié, st-sim. 23, «3.
VÉRIFIER (vé-ri-fi-é), je vérifiais, nous vérifiions, vous vérifiiez; que je vérifie, que nous vérifiions, que vous vérifiiez, v. a. \\ 1* S'assurer si une chose est telle qu'elle doit être. Vérifier un fait, un calcul. Vérifier des signatures, des écritures. Vérifier les poids et mesures. || 2° Soumettre les mémoire» des entrepreneurs à une évaluation qui d'ordinaire les réduit. Vérifier des travaux, un mémoire. Il 3* Anciennement. Enregistrer au parlement. Quand le roi [Charles IXJ eut fait porter cet édit [accordant aux protestants une grande liberté de conscience] au parlement de Toulouse par un gentilhomme nommé Rapin qui avait appartenu au prince de Condé, le parlement de Toulouse, au lieu de vérifier l'édit, fil couper la tête à Rapin, VOLT. //i»(. pari, iviii. |i4* Faire voir la vérité, l'exaclitude d'une chose, d'une assertion. L'événement a vérifié votre prédiction. Vérifiei une allégalion par pièces authentiques. Le centuple de cette vie ne peut être pour une âme religieuse que la paix qu'elle goûte dans son état.... car c'est ainsi que les interprètes vérifient ce beau passage de saint Marc et qu'ils entendent la promesse du Fils de Dieu, bouhdal. Pensées, t. ii, p. 365. Boyie, en Angleterre, vérifiait et constatait les expériences do- l'un et de l'autre [Torzicelli et Pascal], BAYNAL, Hist. phil. xii, «a. Il 6" Se véri-
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fier e. réfl. Être reconnu pour vrai. Leurs promesses [des prophètes] se sont vérifiées dans tes temps de Noire-Seigneur, BOSS. Ilist. ii, U. Si Marie voulut savoir de quelle manière se vérifierait ce qui lui était annoncé do la part du ciel, ce ne fut point par incrédulité, bouroal. Ànnoneiat. de la Vierge, Myst. t. ii, p. <07.
SYN. VKBiFiER, AVÉRER. Vérifier porte surtout
l'idée sur les moyens de rendre vrai, et avérer sur l'état d'une chose vraie. C'est pour cela qu'on dit : vérifier des écritures, et non les avérer. Mais on dit: vérifier un fait, et avérer un fait. Dans avérer, il n'y a que la constatation de la vérité en général : fait avéré, reconnu vrai. Dans vérifier, il y a une idée de contrôle, de critique d'oii le fait est •orti victorieux.
HIST. iiv s. Oue nostre présent don et ottroy
ne soit passé ou veriffié en la chambre des comptes.... {Lettre^ de Charles V), Bibl. des ch. *' série, t. in, p. 426. || xvi' s. Ses exploits le vérifient assez capitaine excellent, mont, i, 57. Il verifioit lors à ses despens l'avertissement de Solon, iD. I, 66. 11 vérifia [prouva] par des tesmoings, que.... ID. I, 265. Platon luy vérifia et prouva que les tyrans n'estoient rien moins que vaillans hommes, amyot, Dion, 6.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. verificar; ital. verificare; d\i lat. «m/îcore (quicherat, addenda), de verum, vrai, et facere, faire.
VÉRIN (vé-rin), s. m. Appareil employé pour soulever des fardeaux à une faible hauteur et pour décintrer des voûtes; il se compose de deux vis, placées dans le prolongement l'une de l'autre, et engagées dans un même écrou qu'on peut faire tourner à l'aide de leviers. || On trouve aussi verrain ou verrin. Le moindre défaut dans les verrains, la plus petite irrégularité dans la manœuvre des freins, pouvaient occasionner des chutes désastreuses [il s'agit de descendre le tubage en bois au fond du puits de Passy], caillaui. Presse scientif. t. m, p. 605, «86(.
— HlST. XVI' s. Manteaux de cheminée tenans à crochet ou vérins seulement, Coust. gén. 1. 1, p. 49".
— ÊTYM. Ital. verrina, vrille; bas-lat. verinus, vis, dans du Cange. Origine incertaine. Diez croit que c'est un dérivé du lat. veru, broche, veruina, dans Plaute, sorte de javeline longue.
t. VÉIUNE (vé-ri-n'), ». f. Nom de la meilleure espèce de tabac cultivée en Amérique.
2. VËRINE (vé-ri-n'), ». f. Terme de marine. Lampe de verre que l'on suspend au-dessus du compas de route pour éclairer le timonier pendant la nuit. Lavérine n'est plus usitée; elle est remplacée par une lampe à réflecteur, qui est dans l'entrepont, et la lumière arrive par une ouverture pratiquée dans le premier pont du navire.
— ÊTYM. Verre; par conséquent, l'Académie devrait écrire verrine, et non rérine.
t VÊRISSI.ME (vé-ri-ssi-m'), adj. Terme d'histoire romaine. Très-vrai. Valérius Maximianus Galérius, fils d'Hercule, fils adoptif de l'empereur, César.,., amateur de la science, et vérissime philosophe, CHATEAUBR. Mart. liv. XVI.
—ÊTYM Lat. 1 erissimus, superlatifde tîeru», vrai.
VÉRITABLE (vé-ri-ta-bl'), adj. || 1" Qui s'attache à la vérité. J'ai monté pour vous dire, et d'un cœur véritable. Que j'ai conçu pour vous une estime incroyable, uol. Mis. i, 2. Mais, mon père, si le diable ne répond pas la vérité? car il n'est guère plus véritable que l'astrologie..., pasc. Prov. vin. Si elles [les précieuses] sont coquettes, je n'en dirai rien; car je fais profession d'être un auteur fort véritable et point médisant, m"' de MONTP. Portr. des précieuses. || Être véritable dans ses paroles, dans ses promesses, dire toujours la vérité, tenir toujours ses promesses. |! 8" Conforme à la vérité. Mais il est véritable aussi que votre esprit Se gendarme toujours contre tout ce qu'on dit, MOL. Jfii. II, 6. Il y a [dans une lettre de Bussy au roi].... de» tours pour le porter à vous secourir qui ne sont que trop singuliers, trop pressants et trop véritables, SKV. à Bussy, 17 juin («»7. Parce qu'il y a de» religions fausses, g'ensuit-il qu'il n'y en ait pu une vériuble? boss. Anne de Gonx. Madame, il faut vous faire un aveu véritable, bac. Bérén. y, «. |18' Réel. Le vériuble prix des choses. Saint Louis fit voir oue la véritable piété n'est pas contraire i la véritable valeur, flkcii. Panég. de SI Louis. Mais que son amitié soi t véritable ou feinte, RAC. Brit. V, t. Je confesse à vos pied» ma véritable offense, œ. Phèdre, iv, ». Ha honls est véritable. VOLT. Mort de Ces. m, 2. || 4- Non autre que M qu'il parait. De véritable or. De véritable cbam-
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pagne. Un diamant véritable. Le véritable Amphitryon Est l'Amphitryon où l'on dîne, mol. Amph. m, 6. Je me fais un plaisir.... De pouvoir, moi vivant, dans peu les désoler [mes héritiers].... Arracher de leurs yeux de véritables larmes, boil. Sat. X. Il Un véritable ami, un ami effectif, un ami solide. Qu'un ami véritable est une douce chose! LA FONT. Fabl. vin, h. || 6* Bon, excellent dans son genre. Un véritable savant. Un véritable orateur.
— HIST. XV* s. Mais ton ayde insuperable. Ta science véritable Le puevent de tout deffendre, al. CHART. Esper. ou consol. ||xvi* s. Encore que tous les hommes fussent mensongers et infidèles, toutesfois Dieu ne laisse point d'estre véritable, calv. Inst. «060. Celuy qui dict vray, parce qu'il y est d'ailleurs obligé, il n'est pas véritable suffisamment, MONT, ni, 62. Quant aux miracles, ils disent que ceux de Christ ont esté véritables pour approuver sa doctrine, d'aub. Ilist. i, 65.
— ÉTYM. Dérivé de vérité, comme charitable de charité. Au xn* siècle on disait verable, Th. le mart. <02.
VÉRITABLEMENT ( vé-ri-ta-ble-man ), adv.
Il 1° Conformément à la vérité. Parlez-moi véritablement. Il 2° Réellement, de fait Il» [les rois]
sont, comme nous sommes, Véritablement hommes. Et meurent comme nous, malh. Paraphr. du ps. 145. Le Vicaire savoyard, le seul véritablement bon ouvrage qu'ait fait J. J. Rousseau, volt. Philos. Instructions. Ce fut Babar, petit-fils de Tamerlan, qui forma véritablement l'empire mogol, ID. Pal. et lég. Fragm. Inde, 32. || 3° À la vérité. Véritablement je l'ai frappé, mais il m'avait offensé. Si nous promettons ces avantages, ce n'est point à quelques réflexions qui s'offrent à l'esprit véritablement, mais qui ne font aucune impression sur le cœur et qui n'ont aucune influence sur la vie, JACQUES SAURIN, Serm. rr, S.
— HIST. XIV' s. Pour savoir véritablement l'usage et coustume desdis tonlieus [péages], h. caf- FIAUX, Nicole de Dury, p. 99. || xv s. Diei li père du firmament Donna lumière qui claroie Au monde véritablement; Car c'est cilz qui touz bien envoie, La Sativité deN. S. J. C. \\ ivi' s. Si tout le papier que j'ay autresfois barbouillé pour les dames, lorsque ma main estoit véritablement emportée par ma passion.... mont, i, 298. Voilà assez pour les controverses, afin qu'on n'impose point à la postérité, et qu'ils sachent quelles ont esté les créances diverses sans fard et véritablement, d'aub. Uist. 1, 66.
— ÉTYM. Véritable, et le suffixe ment. Dans la Rose, 3)3, il y a veritelment.
t VERITAS (vé-ri-ta»'), ou bureau véritas, ». m. Office international où l'on classe les navires et renseigne sur leur sort.
VÉRITÉ (vé-ri-té), ». f. || 1° Qualité par laquelle les choses apparaissent telles qu'elles sont. La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde que les apparences y font de mal, la rochefouc. Max. au mot Vérité. Mais que me répondrait votre incrédulité, Si je vous faisais voir qu'on vous dit vérité? mol. Tort. IV, 3. Trop de longueur et trop de brièveté du discours l'obscurcit ; trop de vérité nous étonne, pasc. Pens. i, i, éd. havet. Dire la vérité est utile à celui à qui on la dit, mais désavantageux à ceux qui la disent, parce qu'ils se font haïr, id. ib. n, 8. La justice et la vérité sont deux pointes si subtiles, que nos instruments sont trop émoussés pour y toucher exactement, id. ib. m, 3. Ce n'est point ici le pays de la vérité : elle erre inconnue parmi les hommes, id. t'b. xxiii, Si. On peut avoir trois principaux objets dans l'étude de la vérité : l'un, de ladécouvrir quand on la cherche; l'autre, de la démontrer quand on la possède; le dernier, de la discerner d'avec le faux quand on l'examine, ID. Géom. i. Je reviens de Versailles; j'ai vu ces beaux appartements, j'en suis charmée ; si j'avais lu cela dans quelque roman, je me ferais un château en Espagne d'en voir la vérité, SKV. 9 févr. 1083. Nous vous avons mandé toutes choses dans l'exacte vérité, ID. 29 janv. <n7fl. Madame avertit le comte de Guiche en diligence par le maréchal de Gramont, et lui conseilla d'avouer sincèrement toutes choses, ayant trouvé que, dans toutes les matières embrouillées, la vérité seule tire les gens d'affaire , la fay. Hist. Ilenr. d'Anglet. Changeons-nous donc ; nous ne pouvons pas changer la vérité ; et qui serait le malheureux qui voudrait que la vérité ne fut pas ? nous ne subsistons nous-mêmes que par un trait de la vérité qui est en nous, boss. Méd. sur l'Éi: la Cène, 81* jour. Le prince ne sait ce que c'est de pro-
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noncer de ces pompeuses sentence»; et dan la mort, comme dans la vie, la vérité fit touj( urs toute sa grandeur, id. touis de Bourbon. Le plus grand outrage qu'on puisse faire à la vérité est de la connaître, et en même temps de l'abandonner ou de l'affaiblir, id. Var. xv, 82. La vérité est une reine qui a dans le ciel son trône éternel, et le siège de son empire dans le sein de Dieu, ID. Sermons, Haine de la Vérité, Préambule. Boileau, qui, dans ses vers pleins de sincérité, Jadis à tout son siècle a dit la vérité, boil. ÉpU. I. Je répondrai, madame, avec la liberté D'un soldat qui sait mal farder la vérité, rac. Brit. i, s. Peut-être, si la voix ne m'eût été coupée, L'affreuse vérité me serait échappée, id. Phèdre, iv, 5. J'aimerais mieux vous déplaire que de blesser la vérité, fén. Tél. ix. La vérité n'a ni jeunesse ni vieillesse ; les agréments de l'une ne la doivent pas faire aimer davantage, et les rides de l'autre ne lui doivent pas attirer plus de respect, fonten. Doutes sur les causes occas. C'est un pesant fardeau, mon cher Usbeck, que celui de la vérité, lorsqu'il faut la porter jusqu'aux princes I montesq. Lett. pers. i4n. Humainement parlant, définissons la vérité en attendant mieux : ce qui est énoncé tel qu'il est, volt. Dict. phil. F^nfi. On n'a jamais tant aimé la vérité que dans ce temps-ci ; il ne reste plus qu'à la trouver, id. D. Pèdre, Disc. hist. On sait bien qu'il faut dire la vérité; mais les vérités contemporaines exigent quelque discrétion, ID. Lett. d'Argental, 2 avr. 4 703. La venté générale et abstraite est le plus précieux de tous les biens ; sans elle l'homme est aveugle ; elle est l'œil de la raison, j. i. rouss. 4' prom. Tu n'ignores pas qu'aux yeux du public la vérité soupçonnée est bien près de l'évidence, id. Hél. i, 62. Je sais seulement que la vérité est dans les choses et non pas dans mon esprit qui les juge, ID. Ém. iv. On doit exiger de moi que je cherche la vérité, mais non que je la trouve , dider. Pensées philos. n' 29. Je pense, pour moi, qu'il faut toujours enseigner la vérité aux hommes, et qu'il n'y a jamais d'avantage à les tromper, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 18 déc. 1769. Mille plumes et encore plus de clameurs se sont élevées contre moi, et m'ont fait éprouver que la vérité est comme les enfants, qu'on ne la met point au monde sans douleurs, id. Œuv. t. iv, p. 2(8 La vérité jaillit du plus léger indice, c. delav. Vêpres sicil. m, S. Ah ! que la vérité nous donne d'éloquence I m. Paria, i, <.||0n dit qu'un homme est la vérité même, pour exprimer qu'il est toujours fidèle à la vérité. Vous, Nelson, vous, la vérité même, vous voulez que je me déguise, que j'en impose à votre ami! marmontel, Cont. mor. Amit. à l'épr. Il Dieu est la vérité même. Méchant, c'est bien à vous d'oser ainsi nommer Le Dieu que votre bouche enseigne à blasphémer! Sa vérité par vous peut-elle être attestée? bac. Athal. m, 4. Il Jésus-Christ a dit de lui-même, dans l'Évangile : Je suis la voie, la vérité et la vie, saci, Bible, St Jean, xiv, 6. || Ami de Platon, mais encore plus de la vérité, se dit quand on contredit sur quelque chose un ami. || Fig. La vérité e.st cachée au fond d'un puits, il faut tirer la vérité du puits, la vérité est difficile à découvrir et exige des efforts. Ils tremblent qu'un censeur.... N'aille du fonds du puits tirer la vérité, boil. Disc, ou roi. Il 2° Par personnification. Le flambeau delà Vérité, Le miroir de la Vérité. Jamais la Vérité, cette fille timide. Pour entrer chez les rois ne trouve qui la guide, rotr. Antig. iv, 6. Une assemblée de juges [en Egypte], dont le président portait au cou une image de la Vérité qui avait les yeux fermés, et avait autour de lui un grand nombre de livres, ROLLiN, Hist. anc. Œuv. t. i, p. 4 20.||3' Chose vraie. Seigneur, les vérités font-elles quelque injure? CORN. Sertor. m, 4. Amphitryon : Quels contes 1 — Sosie : Non , monsieur, c'est la vérité pure, mol. Amph. n, t. Il y a un art pour faire voir la liaison des vérités avec leurs principes, PASC. Géom. n. Ah! Bourdaleue, quelles divines vérités vous nous avez dites aujourd'hui sur la mort! sÉv. 27. On y joue [en écoutant une pièce de théâtre] sa propre passion ; et la fiction au dehors est froide et sans agrément, si elle ne trouve au dedans une vérité qui lui réponde, imss. Comédie, 4. Nous aimons ceux qui prêchent le» vérités et non pas nos vérités, bourdal. 4' di'm. après Pdq. Dominic. t. n, p. (48. Il n'est pas en» core temps de dire ce que cela signifie; les vérité» sont des fruits qui ne doivent être cueillis que bien mûrs, volt. Lett. Urne de Bassevitg, 26 déc.
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I7«<. La Térité offense dans la bouche de l'envie, DiDER. Lett. à Mlle VoJond, n août 1782. Du moins ajouter à ce portrait que je sais écouter des vérités dures, non-seulement sans humeur, mais avec reconnaissance, GENLis, UUe de la Fayette, p. m, dans poooENS. Il Familièrement. La vérité vraie, se dit pour affirmer davantage qu'on ne dissimule rien. Suzanne : Tu vas exagérer : dis ta bonne vérité. — Figaro : Ma vérité la plus vraie ? — Suzanne : Fi donc, vilain! en a-t-on plusieurs? deaumarch. Mar. de Fig. iv, ). || Familièrement. Dire à quelqu'un ses vérités, lui dire librement ses fautes, ses défauts, ses vices. N'apprêtons point à rire aux hommes, En nous disant nos vérités, mol. Amph. Prologue. Ils se disent leurs vérités, et souvent ce sont des injures, sÉv. 3(8. Puisque vous aimez que l'on vous dise vos vérités, apprenez qu'il n'y a rien dans le monde déplus impertinent que vous, LEGHAND, PhilatithT. sc. M. Pardonnez à ces vérités que vous dit un vieillard qui a peu de temps à vivre, VOLT. UU. ou roi de Pr. a avril (7oo. Il 4* Opinion conforme à ce qui est, par opposition à erreur, en parlant de doctrine, de religion. La vérité de la religion chrétienne. Les martyrs ont répandu leur sang pour la vérité. Confesser la vérité. Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres, saci. Bible, Evang. St Jean, vni, 32. Nous connaissons la vérité, nonseulement par la raison , mais encore par le cœur, PASC. Pens. viii, 6. Plaisante justice qu'une rivière borne I vérité au deçà des Pyrénées, erreur au delà, id. ib. m, 8. L'inquisition et la Société [des jésuites], les deux fléaux de la vérité, ID. ib. XXIV, 66. La vérité est un bien commun ; quiconque la possède la doit à ses frères, selon les occasions que Dieu lui présente, BOss. Panég. Ste Cather. î. Que veux-tu que je te dise? vérité dans un temps, erreur dans un autre, montesq. Lett. pers. 75. Le caractère de la vérité, c'est son triomphe sur les cœurs et les esprits, et non pas cette impuissance que vous avouez, lorsque vous voulez la faire recevoir par des supplices, ID. Esp. XXV, <3. ||En vérité, conformément à la vérité qu'enseigne la religion. Le temps vient, et il est déjà venu, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité.... Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité, SACI, Bible, St Jean,iv, 23, 24. Des vertus évangéliques pratiquées en esprit et en vérité, FLÉcn. Dauphine. || 5" Principe certain. Il y a un grand nombre de vérités et de foi et de morale, qui semblent répugnantes, et qui subsistent toutes dans un ordre admirable, pasc. Pens. xxiv, 12. Toutes ces vérités [axiomes] ne se peuvent démontrer ; et cependant ce sont les fondements et les principes de la géométrie ; mais, comme la cause qui les rend incapables de démonstration n'est pas leur obscurité, mais au contraire leur extrême évidence, ce manque de preuve n'est pas un défaut, mais plutôt une perfection, id. Géom.i. Si nous savons nous connaître, nous confesserons, chrétiens, que les vérités de l'éternité sont assez bien établies; nous n'avons rien que de faible à leur opposer, BOss. Duch. d'Orl. Selon moi, il n'y a pas jusqu'aux vérités à qui l'agrément ne soit nécessaire, font. Mondes, i" s.oir. Il ne suffit pas de tenir une vérité ; il faut aussi, quand on veut la suivre un peu loin, en tenir la véritable cause ; autrement, la fausse cause d'une vérité revient à enfanter des erreurs, ses productions naturelles, ID. Guglielmini. II n'y a peut-être point de vérité qui ne soit à quelque esprit faux matière d'erreur, VAUVEN. flt'/î. et max. 32. Une grande vérité approfondie vaut mieux que la découverte de mille mensonges, volt. Dict. phil. Apocryphes. Une répétition fréquente et une succession non interrompue des mêmes événements fait l'essence de la vérité physique, bufp. Hist. nat. )■' dise. t. I, p. 78. N'cst-il pas de la nature de toute vérité d'être claire et d'éclairer? dider. Suffis, de larelig. nat. n° 5. Il s'agit moins de lui apprendre une vérité, que de lui montrer comment il faut l'y prendre pour découvrir toujours la vérité I. J. Rouss. Ém. III. Toutes les vérités se bornent aux rapports qui sont entre des idées simples, entre des idées complexes, et entre une idée simple et une idée complexe , condil. Ccmn. hum. n, II, 3. Il est bien plus facile de trouver une vérité nouvelle que de reconnaître une vieille erreur, oay-ll'ssac , Instit. Mém. scienc. (842, 2« part. p. (22. Il 6* Sincérité, bonne foi. C'est un homme plein de vérité. Un accent de vérité. Un air de vérité. || 7* Réalité. La vanité n'a
VER
jamais eu que le masque de la grandeur ; c'est la grâce qui en a la vérité, mass. Or. fuii. Louis XIV. Cette conduite prouve la vérité de mon estime, et ce que j'ai pensé de vous dans tous les temps, ). J. ROUSS. Lett. au duc de Choiseul, 27 mars (768. Il 8* Caractère propre, en parlant d'une figure, d'une forme. Cette espèce de coiffure empruntée (une perruque] altère la venté de la physionomie, buff. Hist. nat. Nom. Œuv. t. iv, p. 200. Il Terme de peinture et des autres arts d'imitation. Expression fidèle de la nature. Il y a bien do la vérité dans cette tête, dans le jeu de cet acteur, dans le style de ce poète. J'ai compris ce que c'était que finesse de dessin et vérité de nature, dider. Salon de (766, Œuv. t. xili, p. 3 et t, dans pougens. ||9° Terme de jeux. Une vérité, sorte d'amusement de société qui consiste à dire à chacun, sur ses qualités et ses défauts personnels, une chose vraie et une chose fausse, de telle sorte que l'éloge et le reproche se confondent malicieusement et puissent être pris l'un pour l'autre. Il 10" Adiré vérité, pour s'exprimer
franchement il vaut bien mieux, à dire vérité,
Oue la femme qu'on a pèche de ce côté, mol. Éc. des f. III, a. Et s'il avait mon cœur, à dire vérité. Il tournerait ses vœux tout d'un autre côté, ID. Mis. IV, (. Il 11* En vérité, lac. adv. Certainement, assurément, sincèrement. Je vous le dis en vérité. En vérité vous avez tort. En vérité, en vérité, je vous le dis : cehii qui croit en moi, a la vie éternelle, saci. Bible, Èv. St Jean, vi, 47. || En vérité , croyez-vous? ou, simplement, en vérité? Je l'aurais préféré à tout autre, dit Alcimon. — En vérité? — Rien n'est plus sincère, marmontel, Cont. mor. École pèr. || 18* Â la vérité, loe. adv. dont on se sert pour expliquer ou restreindre. i la vérité, je tous ai dit cela, mais j'étais dans l'erreur. C'est un homme, à la vérité, dont les lumières sont petites.... mais.... mol. Bourg, gent. I, (.||1S* De vérité, véritablement (locution vieillie). Ils ont, de vérité, je ne sais quoi de plat, CORN. Mél. V , 2. Il Proverbes. Toutes vérités ne sont pas bonnes à dire. Celles qu'on sait sans oser les divulguer, car toute vérité n'est pas bonne à dire, BEAUMARCH. Ifor. de Figaro, iv. (. || Il n'y a que la vérité qui offense, les reproches qui offensent sont presque toujours mérités. || Le temps découvre la vérité. Il La vérité comme l'huile vient au-dessus.
— RcM. Ami de Platon, mais encore plus de la vérité : ce dicton provient d'un passage d'Aristote, où il dit qu'il faut préférer la vérité à ses amis, Morale à Nicom. i, 4.
— HIST. XII* s. Ne sai s'est veritez, Rone. p. 9. Dire [je] vous vel, sil sachiez [ainsi sachez-le] de verte, ib. p. 36.||xni* s. On n'aime pas dame pour parenté [sa famille], Ains quant ele est bcle, courtoise et sage ; Vous en saurez par tems la vérité, QUESNES, Romane, p. (oo. Et dont esles-vous née? dites en vérité, Berte, xlt. Et veritez est la maçue Qui tôt le mont [monde] occit et tue , le- Roui DE LiNCT, Prov. t. II, p. 434. Li rois dit que il s'accordoit que en [on] lui donnast, mes qu'il [pourvu qu'il] tenist vérité de ce que il promettoit, JOiNv. 223. Il XIV* s. Et si voulons que de toutes les amandes et forfaitures en soient faites et oyes trois veritez [enquêtes] chacun an, Ordonn. des rois de Fr. t. iv, p. 21 (. Et fu li jours et lieux noncez que on tenroit ladite vérité (assise], DU CANOË, teritas. Semblablement est-il vérité que savoir la science de poUitiques prouffite moult aux saiges, ORESME, Prol. || iv* s. Ce savoient-ils de vérité par les prisonniers d'Escosse qu'ils avoient pris [qu'Edouard était à Bervick], froiss. i, i, 163. En bonne vérité , c'est l'imagination de plusieurs hommes.... ro. 11, m, 22. Je l'ay fait [écrit] le plus près de la vérité que j'ay peu, comm. Prol. Le roy se trouvant chargé de ce cas contre vérité, ID. I, (. Il ivi* s. Us vindrent jusques à s'entre-charger et accuser, en se disant hault et clair leurs veritez l'un à l'autre, avec une grande véhémence, amyot. Brut. 42. J'en parlerai comme aiant preste serment i la vérité, et comme y aiant esté emploie, d'aub. Hist. II, 457. Sur la langue d'aucun à présent n'est porté Cet espineux fardeau qu'on nomme venté, ID. Tragiques, édit. lalanne, p. 80. Quand quelque fait est descrit à la vérité et avec ses circonstances, encor qu'il ne soit parvenu qu'à michemin, si peut-on tousjours en tirer du fruict, LANGUE, 662. En Vérité le mentir est un mauldict vice, MONT. I, 36. Si, comme la vérité, le mensonge n'avoitqu'un visage.... m. i, 37.J'avois achevé mon cours, et, à la venté, sans aulcun fruit, id. i, (96. Par trop dehatre la vérité, se perd, cotgrave.
VER
— fiTTM. Prov. verilal, vertat ; esp. verdad; it.il. verilA; du lat. t-n-i'<a(eni, de verus, vrai.
VKRJL'S (ver-jù, l'f ne se lie pas; Chifflet, Gramm. fait la même remarque), s. m. || 1* Suo acide, tiré des raisins qui ne sont pas encore mûrs, et qui est employé comme assaisonnement. Sentez-vous le citron dont on a mis le jus Avec des jaunes d'œufs mêlés dans du verjus? boil. Sat. ni. Il Ce n'est que du verjus, sc dit d'un vin qui est trop vert. || AToir un caractc're aigre comme verjus, être fort acari&tre. I| !• Raisin qu'on cueille encore vert. Cette grappe n'est que du verjus. Il Fig. Que les Juifs réprouveraient Jésus-Christ, et qu'ils seraient réprouvé» de Dieu, par cette raison que la vigne élue ne donnerait que du verjus, PASC. Pens. xvm, 7, édit. batet. Il 3* Espèce de très-gros raisin qui ne milrit qu'imparfaitement dans nos contrées, et que l'on emploie pour aciduler les sauces. || 4* Nom donné au jus des pommes et des poires sauvages. || S* Le vcrju» dudiable, nom, en Normandie, de la bryone dioïque. || Proverbe. C'est jus vert ou verjus, se dit de deux choses dont le choix est indifférent. On peut dire à votre gloire de leur vie et de la vôtre, que c'est jus vert ou verjus, raim. poisson, Bar. de la Crasse, sc. 5.
— HIST. XIII* s. Au vert jus de nouvele grape Lui donnaBlonde un froit poulet, Bl. et Jeh. (34». Oui emporteroit en vendangant, por fere vin ou por fere vergus.... ce seroit larrecins, beauh.zxz, 80. La manière du feu gregols estoit tele , que il venoit bien devant aussi gros comme un tonnel de verjus, joinv. 222. || xv* s. En Castille n'a que roches, qui ne sont pas bonnes à manger au verjus, et montaignes moult hautes, et dur air,FB0iss. liv. m, p. 294, dans lacurne. Car fort verjus, asprcs moutardes ... coquill. le Blason. || xvi" t. Après suivent les ver-jus, dernière liqueur procédante des raisins; les plus communs se font avec des raisins verts, qu'on ramasse après les vendanges — de mesme s'exprime et se conserve le verjus venant des pommes — une race de raisins y a il à cela particulièrement propre [à faire le verjus de grain, ou en grains entiers].... en Languedoc on l'appelle aygras et Pline le nomme vigne insensée, 0. db serres, 240. Dans le syrop de sucre, seront confits les vert-jus ou raisins verts, oour les conserver toute l'année,
— ET YM. Vert, et jus ; Berry, varjus ; wal . vergeu. VERJUTÉ, ÉE (ver-ju-té, tée), adj. || 1* Où l'on
a mis du verjus. Sauce verjutée. || 2'' Qui a une pointe acide comme le verjus. Du vin verjuté.
t VERJCTER (vèr-ju-té), V. a. Terme de cuisine. Assaisonner avec du verjus.
t VERLE (vèr-l'), s. f. Le même que velte.
t VER LION, s. m. Voy. ver, n- 9.
(. VERMEIL, EILLE (vèr-mèll,mè-ll', (1 mouillées), adj. Il 1* Qui est d'un rouge un peu plus foncé que l'incarnat. Gros et gras, le teint frais et la bouche vermeille, MOL. Tart. i, 6. Ses blessures (de Jésus] toutes récentes, toutes teintes et toutes vermeilles de ce divin sang, boss. Sermons, Ascension, 1. D'un vin pur et vermeil il fait emplir sa coupe, BOIL. Lutr.x. Ses chanoines vermeils et brillants de santé , id. «6. i. Elle dit que l'éclat vermeil. Dont on voit l'orient se peindre à ton réveil. Vient des roses que ta main sème Dans la carrière du soleil, desroul. Poés. t. n, p. 32. Une lèvre qu'on mord pour rendre plus vermeille, regnahd, lé Joueur i, 2. Il tombe, un sang vermeil rougit ce corps charmant; Il succombe.... delille, ^n. ix. Il Une plaie vermeille, celle dont les chairs sont d'un rouge vif. ||2* S. m. Anciennement, vermeil doré, vaisselle d'argent, ou de cuivre, qu'on a dorée avec de l'or dissous en poudre par de l'eau forte et amalgamé avec du mercure. Les clous qui clouent le galon sont de diamants; le pied est de vermeil doré, très-riche et très-bien travaillé, sÉv. (3 déc. (679.113* Aujourd'hui, espèce de dorure en or moulu qui se fait par l'application de l'or sur l'argent. Je dors au bruit des eaux, au son lointain des lyres. Sur un lit aux pieds de vermeil, t. HUGO, Odes, IV, 8. Il 4° Vermeil ou vernis-vermeil, vernis rouge, composé de résine gutte, de résine laque et de sang-dragon dissous dans l'alcool, dont on se sert pour donner de l'éclat aux ouvrages dorés ou en détrempe. || 5* 5.^. Vermeille, sorte de gemme où le rouge est mêlé d'orangé. Les joailliers appellent vermeille occidentale l'almandine de Beudant, vermeille orientale le corindon, et vermeille hyacinthe le zircon orangé brunâtre.
— HIST. XI* s. Nus les feruns [nos épées] ver meilles de chald sanc, Ch. de Bol. lxxit. Que tut
VEK
[il] li irenchet le vermeille le blanc [do son escuj, ib. xcix. il XII' 8. [Au temps] Que bois et preï sont de mainte semblance, Vert et vermeil, couvert d'erbe et de flor, Couei, xvi. La bouche [elle] ot savorose, plus vermeille que sans [sang], Sax. v. Car duno vcïst le sanc el blanc cervel rouir [rougir]. Le cervel ensement el vermeil sanc blanchir, Th. lemart. 45). Quant il unt faitalrei ceste parole entendre, D'ire devint vermeilz plus que carbuns sur cendre, ib. 44. || xiii's. Vermeille ert [elle était] comme rose, blanche com flor de lis, Berte, xxx. Li vermaus li monte en la face , Et les lermes du cuer aux iox. Lai de l'ombre. En plusors sens seras destrois [afflige], Une heure chaus, une autre frois, Vermaus une hore, une autre pales, la Rose, 2289. Vos les [les herbes] metreiz trois jors dormir en boen vin blanc; se vos n'aveiz blanc, si preneiz vermeil, ruteb. 2B8. Deux muys de vin blanc et deux de vermeil [sorte de vin], on cange, vermieulus. Il xvi* s. Aux nouveaux raiz du matinal soleil, Les fleurs ainsi reprennent leur vermeil, dubell. m, 9, recto. J'ay encore pour quinze mille francs de vaisselle, tant de cuisine que de bufTet, blanche et vermeille, carl. iv, 7. Playe vermeille, non aride et seiche, jettant pus louable, paré, viii, <3. Un jour estant blecé [Alexandre], regardant escouler le sang de sa playe: Eh bien! qu'en dites-vous? feitil; est-ce pas icy un sang vermeil et purement humain ? mont, i, 328 et le vermeil de ceste belle
joue Oui fait honteux le pourpre tyrien, rons. co.
— ÉTYM. Berry, varmeil, varmé; provenç. rermelh, vermel; cat. bermell; espagn. bermejo; portug. rermei/io; ital. vermiglio ; du lat. vermiculuî, kermès (voy. kermès) ou cochenille du chêne, qui donne une couleur rouge, proprement petit ver, diminutif de vermis (voy. veh).
t 2. VEKMKIL (vèr-mcll, Il mouillées), s. m. Se dit, en termes ruraux, des lieux où il se trouve des vers. Mener la volaille au vermeil.
— ÊTVM. Lat. vermicultu, vermisseau, diminutif de vermis, ver.
t VERMET (vèr-mè),s. m. Genre de mollusques univalves, dans lequel on dislingue le vermet dofan, appelé dofan par Âdanson; ce genre est voisin des planorbes.
VEKMICEL OU VERMICELLE ( vèr-mi-chèl, d'après l'italien ; plusieurs disent ver-mi-sèl , d'après l'orthographe), j. m. || !• Pâte alimentaire non fermentée, ainsi appelée parce qu'on lui donne la forme de vers en la passant dans une filière ; elle sert surtout à faire des potages. Il 2° Potage fait avec cette pâte. Une assiette de Tormicelle. Un vermicelle gras.
— REM. L'Académie donnant, sans variante, polichinelle et violoncelle, qui viennent de l'italien comme vermicelle, on ne voit pas pourquoi elle donne la variante vermicel.
— ÉTY.M. Ital. vermicello, vermicelle, proprement petit ver, diminutif de verme {voy. ver).
VëRMICKLLIER (ver-mi-chè-lié ; plusieurs disent vèr-mi-sè-lié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l'i se lie : des vèr-mi-chè-lié-z achalandés), s. m. Celui qui fabrique, qui vend du vermicelle et d'autres pâtes préparées.
j VERMICIDE (vèr-mi-si-d'), adj. Terme de médecine. Qui tue les vers. || Substantivement. Un vermicide.
— ÊTVM. Lat. vermit, ver, et c.rdere, tuer. VERMICCLAmE(vèr-mi-ku-lê-r'),od;. || l'Terme
d'anatomie. Qui a quelque ressemblance de forme avec les vers. Appendice vermiculaire, petit appendice du caîcum. || Éminence vermiculaire ou vermiforme supérieure du cervelet, saillie allongée que présente la partie antérieure et moyenne de la face supérieure du cervelet; éminence' vermiculaire ou vermiforme inférieure, éminence assez volumineuse située dans l'enfoncement que présente la face inférieure de ce même organe. Il !• Où il y a des vers {emploi inusité en médecine). Déjections vermiculaires, dider. ifém. Voy. Langret. \\ 3* Terme de physiologie. Qui a un mouvement comparable i celui d'un ver. || Mouvement vermiculaire, contraction successive des fibres musculaires circulaires de l'intestin et des conduits excréteurs, d'où résulte un mouvement analogue à celui des vers. || Pouls vermiculaire, celui qui, avec le caractère de pouls ondulant, est petit «l faible. Il 4« Terme de loologie. Se dit des co- «piilles qui sont d'une seule piJce et qui ont la fcrme de tuyaux allongés. |i Substantivement. U wrmiculairo fossile, sorte de coquille fossile. Il 5' S. f. Vermiculaire brûlante, ou orpin brûlant, Mdum acre, L, plante crassulacée i racine vivacoî
VER
fibreuse, dite aussi trique-madame. || 6' Genre d'hypoxylacées (champignons), créé par Tode, qui en a décrit trois espèces croissantsur les bois pourris, dont une, la vermiculaire pseudo-sphérie, se trouve près de Mecklembourg, legoarant.
— lllST. xvi" s. Les quatre muscles lumbricaux ou vermiculaires du pied, paré, iv, 40. Les feuilles de l'herbe ditte vermiculaire, o. de serres, 969.
— Rtym. Lat. vermiculiis, petit ver (voy. vermeil). VERMICULÉ, ÉE ( vèr-mi-ku-lé, lée ), adj.
111° Terme d'architecture. Il se dit d'un travail en figure de vers qui a lieu dans les bâtiments en pierre, sur des bossages auxquels on prétend donner une apparence rustique. || 2* 11 se dit du guillochage sur des métaux. Boites de montre, bijoux vermiculés. Il 3° Terme d'histoire naturelle. Dont la surface est parsemée soit de vermiculures, soit d'élévations allongées, arrondies et diversement contournées. Tout son plumage est agréablement varié par gouttes et par ondes brisées et comme vermicuiées de blanc et de roussâtre, sur fond gris brun et noirâtre, buff. Ois. t. xiil, p. 98.
— ÉTYM. Lat. rermiculatus, devermiculus, petit ver (voy. vermeil).
t VERMICULEUX, EDSE (vèr-mi-ku-leû, leû-z'), adj. En histoire naturelle, se dit. d'une surface marquée de petites lignes colorées irrégulières.
— ÊTïM. Lat. vermiculosus, de vermiculus, petit ver (voy. vermeil).
VERMICULURES (vèr-mi-ku-lu-r'), s. f. pi. Terme d'architecture. Travail qui représente des traces de vers. || Par extension. Une partie de ces surfaces [d'un fer météorique] sont comme chagrinées par l'érosion atmosphérique qui a agi ici comme sur la masse de Juncal, avec cette différence qu'elle a produit, non pas des vermiculures, mais un simple pointillé, daubrée, Acad. desscienc. Comptes rendus, t. lxvi, p. 673.
— ÉTYM. Vermicide.
t VERMIFICATION (vèr-mi-fi-ka-sion), «. f. Production de vers. Plusieurs moyens ont été proposés pour prévenir la vermification si commune dans les fromages, genus. Maison rust. t. u, p. en, dans
POUGENS
— ÉTYM. Lat. vermis, ver, et facere, faire.
VERMIFORME(vèr-mi-for-m') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un ver. Appendice vermiforme. || Terme d'anatomie. Éminences vermiformes du cervelet (voy. vermiculaire).
— HIST. XVI* s. Vermiforme, cotgrave.
— ÉTYM. Lat. vermis, ver, et forma, forme.
VERMIFUGE (vèr-mi-fu-j'), adj. Terme de médecine. Qui a la propriété de déterminer l'expulsion des vers intestinaux. L'écorce de grenadier est vermifuge. Il Poudre Termifuge, mélange de deux parties de mousse de Corse, d'autant de semen contra, et d'une partie de rhubarbe. || S. m. Un excellent vermifuge.
— ÉTYM. Lat. vermis, ver, et fitgare, chasser.
+ VERMILARVE (vèr-mi-lar-v'J, s. f. Larve en forme de ver.
— ÉTYM. Lat. vermis, ver, et larve.
t VERMILLE (vèr-mi-ir, (I mouillées), s. f. Terme de pêche. Corde garnie d'hameçons et de vers, dont on fait usage pour prendre des anguilles. I VERMILLER (vèr-mi-llé, il mouillées, et non vèr-mi-yé), t). n. Terme de vénerie. En parlant du sanglier, fouiller la terre avec le boutoir, pour y 'chercher des vers, des racines, etc. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HisT. xv« s. En la forest jadis noble et déserte A le sanglier vermillié la foucbiere [fougère], E. DESCH. Poésies mss. f" 49.
— ÉTYM. Lat. vermiculus, petit ver, diminutif de vermis (voy. ver).
VERMILLON (vèr-mi-llon. Il mouillées, et non vèr-mi-yon), «. m. || 1* Cinabre ou sulfure rouge do mercure. Les Péruviens travaillaient depuis longtemps aux mines de cinabre, sans savoir ce que c'était que le mercure; ils n'en connaissaient que la mine dont ils faisaient du vermillon pour se peindre le corps ou faire des images, buff. Min. t. V, p. 302. Les Romains ne tiraient que d'Espagne le vermillon dont ils faisaient un grand usage pour les arts; celui de la Bétique était le plus célèbre, PASTORET, Instit. Mém. irucr. et belles-lett. t. V, p. 1 18. Le vermillon le plus estimé nous vient de Chine; c'est une couleur très-solide, qui résiste ; à presque tous les agents, ihenard, Traité de chim. 1. 1, p. 4:13, dans pouoens. |{ 3* Couleur vive et éclatante qui se tire du vermillon. Mettre du vermillon. La draperie de ce tableau est faite avec de la laque et du vermillon. || Fig. Le vermillon et
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les afféteries des derniers Grecs lui plaisent davan» tage [à César Scaliger] que la santé, que la force, que les grâces des anciens, balz. Dissert, critiques, 7. Il 3" Couleur vermeille des joues et des lèvres. Elle rougit : chose que ne font guère Celles qui sont prétresses de Vénus ; Le vermillon leur vient d'autre manière, la font. Courlis, amour. L'autre [Amour] broie en riant le vermillon des moines, BOiL. Lutr. n. Elle [ma santé] n'est pas en état de faire envie; et cet heureux vermillon, tant célébré par les mauvaises plaisanteries de M. de Vendôme, est bien terni, chaulieu, à Mme de Bouillon, Si l'on m'écrivait.... t. 11, p. 216. X sa maigreur, à sa toux, au vermillon brûlant dont sa joue était colorée, je croyais reconnaître la même maladie dont mon père était mort, mabmontel, Ifém. II. Il 4° Graine rougeâtre, qui croit sur une sort* de petit boux, dans nos provinces méridionale», et qui sert à la teinture. || Vermillon d'Espagne, la fleur du carthame. (| 6° Terme de botanique. Un des noms sous lesquels on a désigne la phytolaquo décandre (chénopodiacées), dite aussi herbe à la laque, morelle des Indes, grande morelle des Indes, morelle en grappes, épinardde Virginie et méchoacan du Canada, tandis que son fruit estappelé raisin d'Amérique; originaire des Etats-Unis, cette phytolaque est cultivée dans nos grands parterres. legoarant. Il 6° Un des noms donnés à la poire d'un rouge foncé, dite autrement bellissime d'automne, suprême d'automne et petit cateau. || 7° S. f. Nom donné par Lacépède à l'homope aréole (chéloniens) deDumérilet Bibron (Madagascau-, Cap), lequel a été appelé par Daudin aréole, t. f. Cette vermillon était la testudo areolata de Schoepfer, et c'est la testudo fusilla (Inde) de Daudin, legoarant.
— HIST. XV' s. Je rougiz comme vermeillon, Aussi flambant qu'une estincelle, eu. d'orl Rondel, 74. Il xvi* s. Me frottant la face du jus de vermillon [kermès], la boétie, <90. Vous trouverez vostre mercure calciné de couleur de vermillon, PARÉ, XXV, 32.
— ETYM. Dérivé de vermeil ; provenç. vermelho, vermillon, vermeillon; catal. bermelld ; espagn. bermellon; portug. vermelhdo; ital. vermiglione.
VERMILLONNE, ÉE (vèr-mi-Uo-né, née, (t mouillées), part, passé de vermillouner ).
». VERMILI.ONNER (vèr-mi-Uo-né il mouillées, et non vèr-mi-yo-né), v. a. Enduire de vej^ millon. Il Mettre une couleur de vermillon sur une pièce dorée et brunie. || Rendre rouge comme du vermillon C'est trop, belle bergère ; épargnez ma pudeur, Ou vous allez bientôt vermiilonner ma joue, th. corn. Berger extrav. m, 4.
— ÉTYM. Vermillon.
2. VERMILLOSNER (vèr-mi-Uo-né, il mouillées, et non vèr-mi-yo-né), v. a. Terme de vénerie. En parlant du blaireau, fouiller la terre.
— ÉTYM. Voy. vermller.
t VERMI.VATION (vèr-mi-na-sion), s. f. Terme de médecine. Production des vers intestinaux portée au point de causer des accidents morbides.
— ÉTYM. Lat. verminationem, maladie des vers, de vermis, ver.
VERMINE (vèr-mi-n'), s. f.\\ i' Terme collectif. Nom général donné aux insectes parasites , tel» que les poux, les puces, etc non-seulement ceux qui s'attachent aux hommes et aux animaux, mais aussi ceux qui infestent les plantes. Cet enfant est plein de vermine. La vermine s'est mise sur cet arbre. Il suffit qu'un faquin marche tout nu, chargé de fer et de vermine, pour qu'il ait des disciples, volt. Poi. et lég. Fragm. Inde, 24. Redi a reconnu par de nombreuses observations que presque tous les oiseaux étaient sujets à avoir de la vermine dans leurs plumes, Bl'FF. Ois. t.u, p. 257.||Fig. Bonnet de pauvre et royal diadème Ont leur vermine; un dieu fit cette loi, bérang. Belges. || i' Fig. Gens méprisables, dangereux et incommodes pour la société. Il faudrait, afin d'avoir ici la paix, mettre toute cette vermine monacale dans des bateaux, et les envoyer en Mozambique ou au royaume de Monomotapa, oui patin, Lettres, t. n, p. 304. Il y a trente ans qu'elle n'est occupée qu'à se défendre d'une vermine si maudite, patru, Plaidoy. 4. Babouc jugea qu'il n'y aurait pas grand mal quand cette vermine (les lettrés de bas étage] périrait dans la destruction générale, volt. Babouc.
— HlST. xil* s. D'un altre haire aveit trestut Sun cors enclos.... La vermine i esteit à torkcs e à tors. Qui ne laissout aveir à sa char nul repos. Th. le mart. t02. Mais si esteit coverte oele robe chevrine E desus e desuz de menue vermine , tV'. «56. il xni* s. Formis «l netites vermines, la Rost
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^«o»7. Cil que l'en met en chjrtre [prison] oscure, Kt en vermine et en orduri , Qui n'a fors pain d'orge ou davuine, lo Rose, 2024. Mi marz, tout droit «n cel termine Que de souz terre ist la vermine, Où ele a tout l'yver esté, Si s'esjoît contre l'esté, BUTEB. II, 24. Ladamejutdi'sus la terre, Qu'il n'est nus qui le cors enterre ; No oisel ne autre vermine N'i approcha tout lo termine, ID. 11, <46. Car là où est [un ceiiain arbre], serpens ne wivre [vipère] N'autre vermine n'i puet vivre, FI. et Bl. 1869. En France avoit si grant famine Et si grant plenté de vermine, Que de vermine sans reclaim Moroient les gens et de faim, pu. mousses, ms. p. 326, dan» LACURNE. Et pour cho qu'il [Joseph d'Arimathie] s'a eneusé, L'a Pylate en terre planté En une cavierne parfonde Qui de viermée flote et onde, 8CHELEB, Kotice et extraits sur deux mss, p. 2). Il XV* s. Monsieur mon pore oust amassé Plus d'escus que on n'eust entassé, En ung hospital de vermine, villon, Baillevent et Malepaye. || ivi* g. Crapaui, vipères et autres vermines, pahk, xxiv, :i. Quantité de chenilles et autre vermine qui broustent et rongent les fueiUes et gettons des arbres, ID. XXIV, 5. Ceste vermine [les Bohémiens] se multiplie aux mons Pyrénées, aux Alpes, aux mons d'Arabie, et autres lieux montueux et infertiles, BOUIN, la Itépublique, v, 2. On a su cert.iinement avoir esté parlé de jeter hors de la republique les trois vermines que l'on disoit estre les moines, la noblesse et les gens de longue robe servant à votre justice, jtfcm. de Condé, édit. de <743, t. iv, p. 392.
— ÊrVM. Wallon, vermemn; bourguig. vermaigne; picard, vermeinn; Berry, varmine; provenç. vermena; d'un adjectif fictif latin vermineus, appartenauitaui vers, de vermis, ver.
VEUMINEUX, EUSE (vèr-mi-ncù, neû-z*), adj. Il 1* Terme de médecine. Qui est produit, entretenu par des vers. Disposition vermineuse. X Edimbourg et en Angleterre, on emploie dans les maladies vermineuses la poussière d'étain faite en broyant dans un mortier ce métal fondu, foub- CBOT, Conn. chim. t. vi, p. 49. || »° Où il y a des vers (c'est un archaïsme). [Lui dans le fond de son docte réduit] De ses tablettes vermineuses Ayant compila jour et nuit Les richesses volumineuses, DEULLE. Coniserj. m.
— HIST. ivi* s. Le chirurgien ayant la face piteuse, rend à son malade la playe vermineuse, PABÉ, Introd. 2. Ulcère vermineuse, ainsi dite à cause qu'il s'y engendre des vers, ID. ib. 2(. Fruits ▼ermineui, ro. xxiv, B,
— ÊTYM. Prov. vermerws; esp. vermenoso; it. verminoso ; du lat. verminosus, de vermis, ver.
t VERMIMÈRE (vèr-mi-niè-r'), s. f. Fosse qu'on prépare poury faire développer des vers ou larves d'insectes, servant à la nourriture do la volaille.
— HIST. XVI' s. Du plaisir que la poulaiUe prend à manger de la vermine de terre, est sortie l'invention de la verminiere, profitable en ce message, 0. DE SERRES, 2S4.
— ÉTYM. Vermine.
I VER.MIS (vèr-mis*), 1. m. Terme d'anatomie. Mot latin qui signifie ver et qui est omployé à désigner plusieurs parties du cervelet. || Vermis supérieur, inférieur, synonymes d'éminences vermiculaires (voy. vebmiculaire). || Vermis postérieur, saillie médiane sillonnée transversalement que l'on voit au fond de l'échancrure postérieure du cen-elet.
VERMISSEAU (vèr-mi-sô), ». m. || 1» Petit ver ■de terre. Pas un seul petit morceau De mouche ou de vermisseau, la pont. Fabl. r, (. Homme vain et présomptueux, faites un vermisseau que vous foulez au pieds, la brut. xvi. La rencontre d'un vermisseau vous confond, et vous voulez péni';trer la nature intime de l'Être des êtres, bonnet, Kss. ptychol. Bs. Le vermisseau sur le gazon, Luimêmedevient architecte. Et les ouvrages de l'insecte Etonnent la fière raison, bernis, Quat. sais. Print. Il Kig. Tous les vermisseaux appelés sonetti, qui naissent et qui meurent à milliers "aujourd'hui dans l'Italie, de Milan jusqu'à Otrante, volt. Letl. Ilettinelli, mars t78).||2" Kig. Être chétif et misérable comparé à un vermisseau. Elle [l'àme] reconnaît la grâce qu'il [Dieu] lui a faite de manifester son infinie majesté à un si chétif vermisseau, pasc. Convert. du péch. Mais fol et vain espoir I vermisseaux que nous sommes ! Comme le ciel se rit des vains projets des hommes! beoward, le Distr. 11, (.
— HIST. XII* s. Ke lai [là] soitemfleizet esleveiz li vermissels.... si bern. p. B36.
— ÊTYM. Forme fictive latine eernMceJiiaj dimin. 4e vtrmis, ver.
t VERMIVORE (vër-mi-vo-r*), aij. Terme de zoologie. Qui vit devers ou d'insectes. Le» oiseaux vermivores, bufp. Ois. t. xv, p. 80.
— ETYM. Lat. vermis, ver, et vorare, manger. VERMOULER (SE) (vèr-mou-lé), V. réfl. Devenir
vermoulu. Du bois qui commence i se vermouler.
— ÊTYM. Vermauler est un barbarisme reçu par l'usage et fait de vermoulu (voy. ce mot) ; il n'y a point de verbe moufer en ce sens. Au xvi* siècle on disait vermoulir. Ce verbe n'a point de participe passif, et l'on dit vermoulu et non vermoulé.
VERMOULU, UE (vCr-mou-lu, lue), adj. \\ 1° Piqué, percé par le.s vers. Cette croix était alors à moitié entourée d'eau ; son bois était rongé de mousse, et le pélican du désert aimait à se percher sur ses bras vermoulu», chateaubr. Atala, Épilogue. || Fig. Sceptres, glaives, faisceaux, haches, houlette, armure. Symboles vermoulus, fondent sous votre main, lamabt. Worm.lv, «3. ||2* Réduit à l'état de vermoulure (employé comme participe). Silencieux réduit [une bibliothèque], où des rayons de bois, Par l'âge vermoulus.... lamart. Ilarm. u, 12.
— HIST. XIII* s. S'en voit le fust du pressoir vies [vieux] ou vermolu, beaum. xixviii, 49. || xvi* s. C'est la pire et plus petite partie de nous, fresle et vermoulue, amyot, De latranq. d'dme, 36. Lances vermoulues, m. Numa, 32. On scie aussi les cartilages vermolus, pabé, Introd. 2.
— ÊTYM Ver, et moulu; moulu par les vers. Berry, tJcrmoutu; wall. «t'ermoi/eu; bourg. t)armi5Iu.
VERMOULURE (vèr-mou-lu-r'), s. f. \\ 1* Piqûre faite parles vers dans le bois, le papier etc. Le curé d'un petit village lisait l'évangile du jour avec un missel tout vermoulu.... à chaque mot que lui dérobait un trou de vermoulure, il substituait le mot Jésus, GBIMH, Corresp. t. 11, p. 296. 11 [le frêne] est très-sujet à la vermoulure lorsqu'il est abrité, Bosc, Instit. ifém. Sciene. I808,p. (27. || Fig. Comment M. Piard [qui se croyait le maître de la maison] aurait-il découvert sous un si beau velours les vermoulures de son trône? en. de Bernard, les Ailes d'Icare, ^9. || 2* Poudre qui sort des trous faits par les vers. || 8* Terme de chirurgie. Carie humide des os.
- HIST. iTi* ». Tout ainsi que la vermolure s'engendre dans le bois, langue, 20B. La couppe du bois pour les bastimens et meubles, est ordonnée estre faite en decours de lune, de peur de vermolissure, 0. de serres, 49.
— ÊTYM. Vermoulu.
VERMOUT (vèr-mout'), t. m. Vin blanc dans lequel on a fait infuser de l'absinthe, et que l'on boit pour exciter l'appétit. Le vermout, dont il se fait aujourd'hui une grande consommation, se nommait à Rome absinthites, ou vin d'absinthe, Ifoniteur universel du 30 nov. 4868, p. 4B2B, 2* col. Il On écrit aussi wermouth.
— ÊTYM. Allem. Wermuth, absinthe.
t VERiNAILLE (vèr-nà-U', (t mouillées), t. f. Terme de minéralogie. Télésie.
VERNAL, ALE (vèr-nal, na-l'), adj. Qui appartient au printemps. Quand l'orage survient, telle on voit se pencher De la rose des champs la tête virginale; Le rameau protecteur qui semble l'ombrager Donne un nouvel éclat à sa grâce vernale, masson, Helvét. 11. || Terme d'astronomie. Point vernal, synonyme d'équinoxe de printemps ; point où l'écliptique coupe l'équateur en passant de l'hémisphère austral dans l'hémisphère boréal. Il Signes vernaux, les signes du Bélier, du Taureau et des Gémeaux, par lesquels le soleil passe au printemps. || Terme de botanique. 9e dit des plantes dont les fleurs s'épanouissent au printemps.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. vernal; ilal. l'ernale; du lat. vemalis,dever, printemps ; grec, Eap.
t VERNATION (vèr-na-sion), î. f. Terme de botanique. Arrangement des feuilles dans le bourgeon, dit aussi préfoliation. M. le D' Clos.... s'attache à faire ressortir l'importance des caractères tirés de lavemation ou préfoliation pour les classifications botaniques, Journal oZ/ic. )•' avriH869, p. 433, 6* col.
— ETYM. I.at. vemationem, changement de peau des serpents, de vernus, printanier, de ver, printemps.
(. VERNE (vèr-n'), ». m. Voy. veeone.
t 2. VERNE (vèr-n'), ». f. Partie de la bascule à laquelle est attaché le seau qui sert à vider l'eau d'une ardoisière.
VERNI, lE (vèr-ni, nie), part, patséde vernir. 11 [Paw] méprise les Chinois.... mais du moins il faudrait avouer qu'ils avaient des maisons vernies plu-
sieurs siècles avant que nous eussions des cabanes, volt. Mil. hist. Fragm. sur l'hist. il.
t VERMClFfiRE (vèr-ni-si-ffc-r'), adj. Qui produit le vernis. Végétaux vernicifère».
t VERMER (vèr-nié), ». m. Instrument cmploy* pour évaluer les fractions des divisions d'une échelle graduée ; c'est un limbe ou une réglette mobile, sur laquelle une longueur, égale à un certain nombre des divisions de l'échelle donnée, 4 été subdivisée en un même nombre de partie* égales augmenté d'une unité.
— ÊTYM. Ainsi nommé du nom de l'inventeur, Vemier, géomètre français.
VERNIR (vèr-nir), v. a. Enduire de vernis. Ve^ nir un tableau.
— REM. On dit vernisser, et non vernir, en parlant des poteries.
— HIST. XIII* s. [Femmes' Qui se vernissent, qui se paignent, Qui se fardiUent et qui s'ongnent, du GANGE, cemtet'um. || xvi* s. Une simple histoire vernye de sa vérité, cabl. vi. Prif. Des fragmens de diverses antiquailles de terre excellemment bien façonnées, mais non vernie» ou vitrées, o. de SERBES, 233. Ce sucre-ci, rendurci comme devant, reservira au sécher d'autres confitures, qui en seront vernies avec autant de lustre que les précédentes, ID. 87a.
— KTYM. Voy. VERNIS ; wallon, viemi, VERNIS (vèr-nl), s. m. || 1* Nom commun des
solutions de résine et de gommes-résines dan* l'alcool, les essences, la benzine, etc. dont on couvre la surface de certaines choses pour les rendre lisses et brillantes, ou pour les préserver de l'action de l'air ou de l'humidité. Les vernis ont plusieurs mauvais effets; ils jaunissent, ils s'écaillent, ils altèrent les couleurs, dideb. Peint, en cire, Œuv. t. XV, p. 387 et 388, dans pougens. Le» vernis sont des espèces de liquides qu'on applique en couche mince sur les corps pour les préserver de l'action des agents extérieurs, thé- NABD, Traité de chim. t. m, p. 267, d.ins pougens. Les vernis gras s'appliquent sur les voitures do luxe, le fer, le laiton, le cuivre, le bois ; on en recouvre aussi les lampes, certaines théières.... iD. ib. t. ni, p. 2B9. L'odeursuffit pour faire distinguer les vernis à l'essence des vernis à l'alcool.... le vernis dit résine liquide employé par les brasseurs, Tarif des douanes, 4869, p. 464. || Fig. Quand j'aurai passé sur l'ouvrage le vernis d'une belle poésie, VOLT. te», enfers et en prose, 4 7. ||2* Enduit composé de substances vitrifiables, dont on couvre la poterie et la porcelaine. Il est dangereux d'employer des vases enduits de vernis pour ren> fermer les substances acides ou fermentées; car elles peuvent dissoudre les sels de plomb qui entrent dans les vernis, legoabant. || Terme de potier. Vernis en carton, sulfure de plomb parfaitement nettoyé. Vernis sec , sulfure de plomb qui renferme des parties étrangères. || 8" Fig. Ce qui donne aux actions, aux manières, une apparence comparée à celle des objets vernis. On a toutes les peines du monde à lui remettre un bon vernis sur la réputation, dancourt, fl»tour des of/ic. se. 4 6. C'était un scélérat qui avait le vernis de l'esprit ; le vernis s'en est allé, et le coquin est demeuré, volt. Leit. Thiriot, 4 4 févr. 4 737. Le P. Berthier, professeur de physique, auquel, malgré quelque léger vernis de pédanterie, je m'étais attaché par un certain air de bonhomie que je lui trouvais, J. J. Bouss. Conf. x. Les mœur» des villes que le vernis dont on les couvre, rend si séduisantes, m. Ém. 11. Il y a comme un vernis d'austérité à présent, qui s'étend partout, th. leclebcq, Pror. t. m, p. 172, dan» pougens. || 4* Sumac au vernis ou vernis du Japon, noms sous lesquels on a confondu le sumac vénéneux (térébintliacées) et le sumac vernicifère [rhus vernieifera, D. C). Il L'allante glanduleux (tércbinthacées), qui est originaire de la Chine et des Moluques, a été appelée aussi vernis du Japon, bien que ce ne soit pas l'arbre dont on extrait le vernis. || Vernis du Canada ou arbre au vernis, le badamier.
— HIST. xn* s. Et fierl |il frappe] Aliaume en l'escu de chantcl, Fust et vernis li trancha et la pel, TIaout de C. 482. Il xin* s. Nulz vers ne la puet pertuisier. Ne son vernis amenuisier, 1. de meung, Tr. 636. Il xiï* s. Roches sont moult agues.... Car li ors croist desous et argens et vernis, Qœuvres [cuivre], metaus, estai ns, tout croist en ce pourpris, Baud. de Seb. xm, 03. || xv*s. Une boeste d'argent doré, pour mettre vernisàgetter sur escripturc, de laborde, Ém. p. 637. Une doibt mectre nulle coulleurs qui se gastent au vernis.... Ordonn. déc. 4490. || xvi*«.
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Au lieu du vernu, dont l'on se sert en plusieurs vases de terre, les ancien» se servoient de la poix mixtionnée, o. de serres, 233.
— ÈTYM. Wallon, vierni; prov. vernit, verniti; cat. barnis; esp. barnii ; port, vernit; ital. vernic<; allem. Fimiss; angl. varnish; bas-lat. ternicium, femisium; d'après Ménage, approuvé par Diez, d'un verbe fictif vitrinire, de viirinut, qui a le caractère du verre, dérivé de vitrum, verre.
t VERNISS.AGE (vèr-ni-sa-j'), s. m. Action de Tsrnir, de vernisser.
VEHNISSÉ, ÉE (vèr-ni-sé, sée), part, passé. Pot vernissé. Il [Paw] reproche aux Chinois leurs tours vernissées à neuf étages, volt. Vél. hist. Frag. hist. n. Il Fig. Il préféra le loisir délectable D'un philosophe aussi sage qu'aimable Au faux éclat d'un monde vernissé, desmahis, Poésies, p. 36. || Terme d'histoire naturelle. Se dit des surfaces qui sont brillantes, comme si elles avaient été enduites d'un vernis.
VERM.SSEU (vèr-ni-sé), V. a. En parlant de la poterie, vernir. Vernisser un pot de terre. || Se vernisser, f. réfl. Être vernissé. Les ouvrages de terre se vernissent, aprésavoir subi une première cuisson.
— HIST. XII* s. Grans cox se donent es escus verniciés, Raoul de C. 166. || xiii* s. Seles vernissiées, fêtes pour templiers ou pour gens de religion.... lit;, des met. 208. Croix fu du sanc Dieu vernicée, Dont une goutte, où qu'elle chée, Porroit mil mondes racheter, J. de meung, Tr. C47. Ilxvi* s. En un pot vernissé, ou en une fiolle de verre, paré, xv, 59.
— ETVM. Vernis.
VERMSSEUK (vèr-ni-seur), j. m. Artisan qui fait des vernis, ou qui les emploie. X présent ce qui m'occupe, c'est la couleur de votre voiture : le vernisseur n'attend que votre goût, marmontel, Cont. mor. Fem. com. peu.
VEUNISSURE (vèr-ni-su-r'), ». f. Application du vernis.
t VEUNOME (vèr-no-nie), t. f. Terme de botanique. Genre de plantes synanthérées dont une espèce est anthelminthique, dédié à Vernon, botaniste anglais, t VÉRO (vé-ro), s. m. Voy. tresseau.
VÉROLE (vé-ro-l'), s. f. \\l' Nom donné autrefois i la variole, comme on le voit dans le Dict. de l'Académie,*" édition, et dans celui de Furetière. Je ne m'étonne pas si, avec de telles précautions [se farder], on ne voit pas qu'elle a eu la vérole, sév. 2 oct. <689. || Plus tard, vérole perdit le sens de variole, et on distingua la petite vérole et la grosse vérole. || 2° Petite vérole, synonyme vulgaire de variole. La petite vérole a su vous dégager; La peur de la gagner les a fait déloger, hauterociie, Le soup. mal apprêté, se. 22. Je vous approuve de n'avoir point été à Lambesc exposer votre beauté et la jeunesse de Pauline à la fureur de la petite vérole; c'est un mal qu'on ne saurait trop éviter, sÉv. 599. Le pourpre, mêlé à la petite vérole dont Monseigneur mourut, fit juger inutile et dangereuse l'ouverture de son corps, ST-siM. 295, ïo. Le plus grand éclat de Mme la princesse de Conti n'a duré que jusqu'à sa petite vérole, qu'elle eut à dix-sept ou dix-huit ans, M"' DE CAYLUS, Souvenir», p. 159, dans pougens. Il est très-certain que la petite vérole ne fut connue des Romains qu'au sixième siècle, volt. Diet. phil. Lèpre. Louis XV a été le seul roi de France qui soit murt de cette funeste maladie nommée variole ou petite vérole, id. Fragm. sur Vhist. 2.1. On n'inocule guère avant l'âge de (juatre ans ; depuis cet âge jusqu'au terme ordinaire de la vie, la petite vérole naturelle détruit, selon les inoculateurs, entre la septième et la huitième partie du genre humain, d'alehb. Œuv. t. iv, p. 323. Ils estiment qu'en faisant l'évaluation la plus forte, le nombre de ceux qui ont deux fois la petite vérole peut être < sur 9 à lo mille, id. ib. p. 4)8. || Fig. Segrais. homme d'esprit, me dit un jour que cette fantaisie de se faire religieux ou religieuse était la petite vérole de l'esprit, et que cette maladie pren.Tit ordinairement entre quinze et dix-huit ans; j'en fus attaqué à dix-sept, l'abdE de st- PlERRijdans Rettu des Deux-Mondet, *" fév. «809, p. »»«. Il Petite vérole naturelle, celle que l'on gagne sponUinémenl, par opposition à petite vérole artiCcielli;, celle que l'on inocule. Us prétendent que six petites véroles artificielles produiront i peine autant d'effet pour la contagion qu'une seule petite vérole naturelle, d'alemb. Œur. p. 424. Il Petite vérole conHuente, petite vérole où les pustules, surtout au visage, se touchent. Petite
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vérole discrète, celle où il y a peu de pustules et éloignées les unes des autres. î| Petite vérole volante, petite vérole modifiée et généralement trèsbénigne qui survient d'ordinaire chez les personnes vaccinées ou qui ont eu la petite vérole. Elle a eu depuis son retour une très-jolie petite vérole volante, dont elle n'a point été du tout malade, SÉV. U juin. <672. 113" Grosse vérole, ou, simple- .■nent, vérole, nom vulgaire de la syphilis; on évite par bienséance de se servir de ce mot. Cependantque le roi [Louis XUI] est occupé à faire la guerre , le roi d'Espagne.... va en des lieux qui ne se peuvent pas nommer honnêtement ; je ne veux point faire de jugement sur les différentes inclinations de ces deux princes; mais je sais bien que, tant qu'ils vivront de la façon, le roi d'Espagne ne prendra point de ville, ni le roi de France la vérole, balz. liv. Il, lett. 5. Des fièvres, de la peste et de Torde vérole, régnier, Sat. xi. Le parlement de Paris, toujours zélé pour le bien public, fut le premier qui donna un arrêt contre la vérole, en (497, volt. Homme aux 4o ^cus, de la vérole. La vérole se communique, et l'on n'a que trop d'exemples d'enfants qui sont, même en naissant, les victimes de la débauche de leurs parents, buff. Hist. anim. Œuv. t. IV, p. <18. Il Suer la vérole, suer pour guérir de la vérole. || 4° Terme de zoologie. Petite vérole, la cyprée nucule (Inde) de Linné, la porcelaine grenue de Lamarck (mollusques).
— HIST. xin* s. Rogne, vairole et apostume. Des .XXIII manières de vilains. ||xv* s. J'ay la rougole et la vérole, J'ay chascun jour la feinterolc, J'ay la jaunice, et suis éthique, JUir. de Ste Genev. Je demeuray à partir aucuns jours, parce que le roy fut malade de la petite vérole et en péril de mort, COMM. vu, 6. Il XVI* s. De la grosse vérole dite maladie vénérienne : Les François la nomment la maladie de Naples; et les Napolitains, lo mal di françose : les genevois, lo maie di broscese : les Espagnols, la bouez : les AUemans, françouse, PARÉ, XVI, i. Panurge....contrefaisoit ceux qui ont eu la vérole ; car il tordoit la gueule et retiroit les doigts, et, en parole enrouée, leurdist.... rab. n, 9.
— ÉTYM. Provenç. variola ; du bas-lat. variola, dans un texte du vi* siècle (hoc anno morbus validus cum profluvio ventris et variola Galliam et Italiam valde afflixitj ; du lat. vartK», varié, à cause de l'apparence des malades.
i. VËllOLÉ, ÉE (vé-ro-lé, lée), adj. Qui a la vérole, la syphilis Plus désolé Que si j'étais ma-
rane, ou ladre ou vérole, régnier, Sat. xv. || Substantivement. Un vérole, une vérolée. Le parlement de Paris rendit, le 6 mars 1696, un arrêt par lequel tous les véroles qui n'étaient pas bourgeois de Paris, eussent à sortir dans vingt-quatre heures, sous peine d'être pendus, volt. Dict. phil. Lèpre. On mit d'abord quelques véroles dans les hcipitaux des lépreux ; mais ceux-ci les reçurent avec indignation ; ils présentèrent requête pour en être séparés, id. Dict. phil. Lèpre. Il s'avisa de le mener [un jeune homme] dans un hôpital de véroles, et, sans le prévenir de rien, le fit entrer dans une salle où une troupe de ces malheureux expiait par un traitement effroyable le désordre qui les y avait exposés, J. 3. Rouss. Ém. iv. {] Par bienséance on évite de se servir de ce mot.
— HIST. XVI* s. La vérole peut advenir par la réception de l'haleine infectée d'un verollé ou veroUée, paré, xvi, 2.
f 2. VÉROLE, ÉE (vé-ro-lé, lée), adj. Ancien terme de métier. Tuiles vérolées, tuiles qui ont des trous à leur surface comme si elles avaient été marquées de la petite vérole (Dict. de» art» et met. au mot tuilier).
t VÉROLErrE (vé-ro-lè-t'), s. f. Synonyme de varicelle.
VÉKOLIQUE (vé-ro-li-k'), adj. Terme de médecine. Qui appartient à la vérole ou syphilis.
— HIST. XVI* s. Que si l'ulcère est verolique, faut avoir recours à son alexitaire, qui est le vif argent, paré, xi, i».
t VEROLOÏDE (vé-ro-lo-i-d') , ». f. Terme de médecine. Nom donné aux accidents de même ordre que ceux de la syphilis, observés chez ceux qui sont réinfectés une seconde fois.
— ETYM. Vérole, et tlîo;, forme.
VRrON (vé-ron), t. m. Voy. vairon.
VÉRONIQUE (vé-ro-ni-k'), f. f. Genre de la famille des scrofularinées, où l'on distingue la véronique mâle, dite aussi thé d'Europe, teronico of- Hcinalis, L. Le roi prenait depuis fort longtemps deux tasses de sauge et de véronique, st-sim. 4o3,
I 252. Il Véronique femelle, nom d'une espèce de
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linaire, et aussi de la vérrmique petit chêne, «eronica chamxdrys, L. || Véi'jnique des jardiniers, amourette, fieur de coucou ou lychnide dos prés.
— HIST. xvi's. Véronique, masle et femelle, diffe rent en ce que le masle a la fleur tendante à couleur rouge, et la femelle, à la jaune, 0. de serres, 623.
— ÉTYM. Veronica ;i'est le nom, ni en grec ni en latin, de la plante, qui doit ce nom à sainte Véronique. Sainte Véronique n'est point une sainte, c'est le nom des portraits du visage de Jésus- Christ, représentés sur un linge et semblables à celui que l'on conserve à Saint-Pierre de Rome. Suivant l'opinion ordinaire, veronita est formé de vera et eixiiv : vraie image. Mais M. Alfred Maury, remarquant que le mot devrait être, en cette hypothèse, tiericono, dit (Croyances et légendes dt l'antiquité, p. 334) que veronica est Pepovîiir), autre forme de Bérénice , mot transporté par altération à une Tipouviy.-»], espèce d'éon dont les gnostiques donnèrent le nom à l'hémorroîsse de l'Évangile ; plus tard, quand vint la légende du saint suaire et de la sainte face, à laquelle cette hémorroïsse était mêlée, le jeu de mots se fit entre [Jepovtxri et vericona, et l'on appela ce portrait véronique. Véronique était devenu synonyme de portrait : Et disoit qu'il [Charles VIII] avoit le visage beau, doux et agréable, et l'accomparoit à un gentilhomme près de nostre maison, et disoit que c'estoit sa vraye semblance, en Tappellant souvent par ce mesme mot la véronique du petit roy Charles VIII, brant. Capit. franc, t. i, p. 22.
t VÉROTER (vér-ro-té), v. n. Terme de pêche. Chercher des vers pour la pêche.
t VÉHOTIER (vé-ro-tié), ». m. Terme de pêche. Se dit de ceux qui fouillent le sable pour y trouver des vers.
t VÉROTIS (vé-ro-ti), ». m. Vers rouges dont les pêcheurs se servent pour appâts.
f VERPE (vèr-p'), ». m. Genre de champignons voisins des morilles.
t VERPDNTE (vèr-pon-f), s. f. Pain de sucre qui provient d'une vergeoise manquée, Dict. des arts et met. Sucre.
t VERQUETTE (vèr-kè-f), ». f. Draine.
j VERRAILLE (vèr-râ-U', U mouiUées),». /^.Menus objets de verre.
t VERRAIN (vè-rin), ». m. Voy. vérin.
VERRAT (vè-ra; le t ne se lie pas), s. m. \\ 1* Porc mâle employé i la reproduction. Comme un verrat enveloppé de fange, régnier. Sot. x. || Il écume comme un verrat, se dit d'un homme fort en colère. || 2* Verrat de mer, nom vulgaire du copros sanglier (poissons acanthoptérygiens) de Cuvier; on le trouve sur les côtes de la Ligurie.
— HIST. XVI* s. Paillard comme un verrat, cot-