‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 239 sur 754 · GRATE · texte numérisé non relu

GRATE

— ETYM. Normand, i'«mo< (St-LÔ), verrat (Guernesey), verrou (haute Normandie); wallon, verd, veraû; Berry, tierret, tiret; provenç. «errot, leragut; espagn. verraco; dérivé du latin verres, verrat; comparez le russe borov. L'ancienne langue disait t!er, tiré directement de verres.

VERRE (vê-r'; au xvi* siècle, Bèze dit qu'il faut prononcer voirre, c'est-à-dire vouere, et que les Parisiens prononcent à tort voarre), s. m. |l 1° Corps solide, amorphe, transparent, dur et fragile, qu'on obtient en fondant du sable siliceux avec de la potasse ou de la soude. N'espérons plus, mon âme, aux promesses du monde ; Sa lumière est un verre, et sa faveur une onde, Que toujours quelque vent empêche de calmer, malh. i, 3. Mais leur gloire tombe par terre. Et, comme elle a l'éclat du verre, Elle en a la fragilité, godeau, Ode au Roy. Toute votre félicité.... En moins de rien tombe par terre. Et, comme elle a l'éclat du verre. Elle en a la fragilité, CORN. Poly. IV, 2. Ce monarque insolent à qui toute la terre Et tous tes souverains sont de» jouets de verre, rotr. SI Gen. 1, t. Comme il savait qu'une boule de verre grossissait les objets placés à son foyer.... fonten. Hartsoeker. Avec un œil de verre et une jambe de bois, hajult. Gram, 3. En général, le verre a du ressort, et peut plier, sans se casser, d'environ un pouce par pied, surtout quand il est mince, Burf. Hist. min. Introd. t. VII, p. 278. On est étonné que les Romains, qui avaient des bouteilles de verre, n'aient pas imaginé de le planer pour en faire des vitres, au lieu de leurs pierres émincées qui ne pouvaient transmettre qu'une faible lumière, dhclos, Œuv. t. VII, p. 124. Les verres concaves, c'està-dire qui sont terminés de part et d'autre par une surface sphérique concave, ont la propriété de disperser les rayons de la lumière qui

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es traversent, brisson, Traité de phys. t. n, p. S4«. Si le verre n'est concave que d'un cêté et plan de l'autre, son foyer virtuel est à une distance égale au diamètre de sa concavité, id. 16. t. n, p. 361. Les Sidonicns avaient eu longtemps, pour la fabrication du verre, une célébrité cl un débit presque exclusifs, pastoret, Instit. Mém. inscr. et belles-lettres, t. vu, p. (57. Il paraît, si l'on en croit Pline, que l'usage du verre remontait à une haute antiquité; c'est i la l'hénicic qu'il en attribue l'invention, ou*tremère de quinct, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. m, p. S73. Le verre est un produit qu'on obtient en exposant un mélange de silice et de différentes mali^res, la plupart du temps trè?-fusibles, à l'action d'un feu violent et suffisamment continu, thenard, Trotta de chim. t. Il, p. 2H, dans PODGENS. Il Fig. Le château de verre, plus fragile que brillant, que l'auteur [Fénelon] construit avec tant d'art dans son Instruction pastorale, est mis en poudre, boss. Préf. sur l'iustr. past. de M. de Cambrai, m, 14. Il Cela sr. casse comme du verre, comme le verre (et niiij comme un verre), cela est très-fragile. IIHeureiisement, il n'est pas de verre, se dit de quelq\i'ua qui fait une chute. Bien lui prend de n'être pis de verre [un valet qui se laisse tomber], MOL. Fein. sav. m, 2. || Fig. Une personne de verre, une personne que la moindre chose brise, abat. Vous trouverez que vous ne serez plus bonne à rien; car on devient une femme de verre [à force de vapeurs d'épuisement], sÉv. 6 avr. (689 || Châssis de verre, châssis garni de carreaux de verre. Il Plat de verre, se dit d'une grande pièce ronde de verre, qu'on taille pour en faire des panneaux de vitre. Il Verre recuit, celui qu'on a laissé se refroidir lentement au four; autrement il se fend au moindre changement brusque de température. Il Fig. Une maison de verre, une maison de laquelle on sait tout ce qui s'y passe. || 2° Il y a quatre espèces de verres, le verre soluble, le verre ordinaire, le verre de Bohême et le cristal. Il Verre d'Alsace, verre commun qui se vend en feuilles. || Verre blanc, verre principalement formé de silicates alcalins. || Verre de Bohême, le plus blanc et le plus épais de tous. On dit aussi veire en table. || Verres colorés, ceux qui contiennent des oxydes métalliques colorés. Les verres de couleur ne sont que des verres ordinaires auxquels on ajoute, quand on les fabrique, une certaine quantité d'oxyde colorant, thenard. Traité de chim. 1. 11, p. 214, dans POUGENS. Il Fig. L'habitude, le préjugé, l'opinion sont autant de verres diversement colorés, i travers lesquels chacun de nous voit les objets; la passion est un microscope, marmontel, Œuv. t. X, p. 452. Il Verre enfumé, verre dont on a noirci une face à la fumée d'une chandelle ou d'une bougie, pour regarder un objet dont l'éclat blesse les yeux, par exemple le soleil pendant toute la durée d'une éclipse. || Fig. L'ignorance, la stupidité, les passions, la superstition, la flatterie, la haine sont autant de verres enfumés à travers lesquels presque tous les hommes voient les événements qu'ils racontent, d'alembert, Mélanges, t. v, Réflex. sur l'hist. \\ Verre double, verre de Bohême très-épais. || V-;rre de fougère, verre dans lequel il entre des cendres de fougères. || Verre gras, verre qui a peu de transparence. || Verre-mousseline, verre d'abord endjit d'un émail pulvérulent, dont une partie est on levée par la brosse, de façon à laisser des clairs et des mats : ce qui forme des dessins variés qui ont fait comparer ce verre à de la mousseline. || Verre noir. Il paraît qu'au xvi* siècle le verre noir fit concurrence au jais et vint à la mode, de laborde, Émaux, p. B37. |j Verre soluble dans l'eau, silicate simple de soude dont on se sert pour durcir les pierres tendres , et les rendre capables de résister aux actions atmosphériques. Il Verres dalles, verres employés pour soupiraux. Il 8* Il se dit de divers objets qui sont faits en verre. Un verre de lunette. Un verre démontre. Il Verres de Bohème, grands carreaux de verre dont on garnit les croisées des appartements. || Verres isoscèles, verres pour lunettes dont les courbures sont égales, représentant un ovale. || Verres périscopiques, verres en forme de ménisques, con- Texes-concaves pour les presbytes avec prédominance de la C';;ivexité, et concaves-convexes pour les myopes avec prédominance de la concavité. Les verres périscopiques ont l'avantage de présenter une aberration de sphéricité moins grande que les verres isoscèles. || 4* Un verre, carreau de verre, qu'on met devant une estampe, un dessin pour les protéger. Mettre une estampe, une miniature sous

verre. || Cela est à mettre sous verre, se dit d'une chose précieuse qui mérite d'être conservée. || Kig. Elle est à mettre sous verre, se dit d'une femme mignonne et bien parée. || Ironiquement. Il est à mettre sousverre, il est bizarre, absurde. || 6* Grand cylindre ou paraboloïde do verre sous lequel on met une pendule, des vases de (leurs artificielles, etc. Un verre de pendule. || 8* Collier de verre, collier en verroterie. Une preuve que les nègres n'ont pas le sens commun, c'est qu'ils font plus de cas d'un collier de verre que de l'or, qui, chez les nations policées, est de si grande conséquence, MONTESQ. Espr. XV, b. \\ 7° Vcrrc ardent, verre convexe au moyen duquel on rassemble les rayons du soleil, pour brûler les matières qu'on y expose. Il 8* Verre dormant, châssis à verre dormant, ou, simplement, un dormant, nom d'une petite fenêtre scellée en plâtre, qui donne dans la cour d'autrui par un mur mitoyen, et qui ne s'ouvre jamais, jour à verre dormant. Le propriétaire d'un mur non mitoyen, joignant immédiatement l'héritage d'autrui, peut pratiquer dans ce mur des jours ou fenêtres à fer maillé et verre dormant, Code civ. art. 676. Il 9* Verres de couleur, petits vases de verre colorés, pour les illuminations. Illuminations en verres de couleur. || 10" Vase â boire fait de verre. Verre â patte. Verre à vin de Champagne. Verre â liqueur. Rincer un verre. Encore que saint Jérôme ait écrit qu'il portait [aux malades] le corps de Notre- Seigneur dans un panier et le sang dans un» verre, BOSs. Déf. trad. comm. n, I4. Troubadours et trouvères Aux nez des rois vidaient gaîment leurs verres, bérano. Troubad. \\ Petit verre, verre plus petit, dans lequel on boit les liqueurs. || Choquer le verre, faire toucher son verre plein de vin contre celui d'une personne avec qui l'on boit, en signe de bonne amitié. Il Entre les verres et les pots, à table, en buvant. Il Un cul de verre, le fond d'un verre, lequel est fort épais. Il Terme d'art vétérinaire. L'œil de ce cheval est cul de verre, il présente une opacité qui indique une cataracte. || Fig. Ne boira-t-on jamais dans votre verre ? Ne nous inviterez-vous jamais à dîner? Il Verre à camphre, petite fiole contenant du camphre, du nitrate de potasse et du sel, hermétiquement fermée, et servant, en Angleterre, à donner quelques indications météorologiques. || Faire voir dans le verre, sortilège employant un verre pour y faire voir le présent etl'avenlr. Il faisait voir dans le verre, montrait à tourner le sas, lesage. Cil Blas, iv,8. ||ll*Laliqueur que contient ou peut contenir un verre. Il avait quelques verres de vin dans la tête. Servez ce roi immortel et si plein de miséricorde, qui vous comptera un soupir et un verre d'eau donné en son nom plus que tous les autres ne feront jamais tout votre sang répandu, boss. Louis de Bourbon. Ce que je prétends faire ? Ne le pas secourir du moindre verre d'eau, th. corn. Comt. d'Org. II, 3. Il Fig. Faire répandre le verre, achever de perdre quelqu'un. La dernière faute [de Pompone] n'a point fait tout le mal, c'est la dernière goutte d'eau qui a fait répandre le verre [causé sa disgrâce], sév. s déc. (679. || 12" Un petit verre, un petit verre d'eau-de-vie. Il prit deux petits verres. || 13* Papier de verre, papier enduit de poudre de verre, dont on se sert pour polir. || 14" Verre d'antimoine, composé d'aspect vitreux, qu'on obtient en fondant le protosulfure d'antimoine préalablement grillé jusqu'au gris cendré. || 15" Terme de minéralogie. Verre de Moscovie, mica lamellaire à grands feuillets. || Verre volcanique, l'obsidienne. Il Verre de plomb, carbonate de plomb. || Verre d'arsenic, oxyde d'arsenic limpide. || Verre de cuivre, variété d'oxydule de cuivre. |1 16* Verre à boire, champignon du genre agaric. || Prov. Qui casse les verres les paye, celui qui fait quelque dommage doit le réparer; et aussi chacun répond de ce qu'il fait. — HIST. xin* s. Si n'est pas li voirre fogiere, Ne fogierre ne rest pas voirre, la Rose, (B303. Chil est fors lerres [larron] qui vent coivre por or, ou estaint por argent, ou pierre de voirre por pierre précieuse, beaum. .xxxi, (O. |]xiv* s. Un voirre dont les trois font une chopine de Paris, II. DE MONDEviLLE, f* 9», verso. Une choppine de voirre rouge, garnie d'argent blanc, et poise un marc v onces, laborde. Émaux, p. 544. Combien que tout voirre soit précieux, toutesfoys le blanc est le plus honorable qui en couleur approche du cristal, id. «6. Un petit voire d'or, qui fut saint Loys, id. ib. p. 479. Des hanaps et des voeires, DU CANGE, vitram. || xv* s. Mais l'cstrif [combat] de nous deux ensemble, Comme on peut cognoistre, ressemble Au desbat du verre et du pot, eu. d'orl.

Compl. de l'amant. Jehan Fouquaut le jeune escuyer, faiseur de verres, du cange, verreriut. Il xvr s. Et quant bien ilz [les Genevois] fussent esté bien unis [contre le due de Savoie], ce n'estois fors le débat du mortier contre le voire, boni- VARD, Chron. de Gen. m, 30. Mais, au lieu de regarder les filles & verre dormant (comme on dit)^ c'est i qui les contemplera plus ii clair, tteb, p. 650. X grand homme grand verre, cotgbave. Anacharsis s'estonnoit que les Grecs beus.ient sur la fin du repas en plus grands verres qu'au commencement, MONT. Il, <8. Les François ayant, n'a pas longtemps, commencé i faire les verres crystallins, ont faict servir le sablon d'E^tempcs au lieu des cailloux du Tcssin, que les ouvriers ont trouvé meilleur que ledlct caillou de Pavic; mail ils n'ont encore sceu inventer chose qui puisse servir au lieu de la susdicte cendre [la soude d'Egypte], DE laborde. Émaux, p. 53». [Une dame] ayant un pendant d'oreille d'une corne d'abondance qui n'estoit que de verre noir, comme on les portoi t alors, ID. ib. p. 537. Voire dormant est voire attaché et scellé en piastre, qu'on ne peut ouvrir, Coujt. gén. t. i, p. 35.

— ÊTYM. Bourguig. vare, lore ; wallon, «n«l; provenç. veire; cat. fi'dre; espagn. ridno; port. vidro; ital. vetro; du lat. vitrum. que lesétymologlstes tirent de rider», voir : vitrwn, pour vidtrum, le transparent, ce qui fait voir.

t VERRE, ÉE(vè-ré,rée), od;. Xquoi on a donné l'apparence du verre. Papier verre, toiles verrée» etémérisées, Almanach Didol-Bottin, <87<-487a,

VERRÉE (vè-rée), s. f. La contenance (Tan verre, plein un verre. Mit d'eau chaude maintes verrées Bans ses entrailles altérées, scarh. Po^t. div. t. vn, p. ».

— HIST. xvi* s. Un soir, le jour de Saint-Martin, Thiennot, au milieu d'un festin. Ayant desja mille verrées D'un gozier large dévorées, ronsard, Gayeté vin*.

VERRERIE (vèr-re-rie), s. f. || !• Usine où l'on fait le verre, les ouvrages de verre. Les verreriei de l'antique Sidon avaient été, selon Pline, autrefois fameuses , quatremêre de ql'Inxy , Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. m, p. 273. || 2" Art de faire le verre. Il [M. de Tschirnhaus] a dit, mais peut-être n'a-t-il pas voulu révéler son secret, qu'il l'avait taillé [un verre de télescope] dans des bassins, et que la masse de verre dont il l'avait tiré pesait 700 livres, ce qui serait encore une merveille dans la verrerie, ponten. Tschirnhaus. Il 3* Collectivement. Toute sorte d'ouvrages de verre. Un magasin de verrerie.

— iiiST. xiii* s. Ne voit l'en comment de fogiere Font cil et cendre et voirre nestre Qui de voirrerie sunt mestre , Par depuracion legiereT la Rose, 16300. ||xvi' s. Il s'estoit embusché en des bois où il y a deux verreries, carloii, v, 3.

— Etym. Verrier; wallon, rerreie.

VERRIER (vè-rié; l'r ne se lie pas ; au pluriel,

Vs se lie ; des vè-rié-z habiles), s. m. || 1* Ouvrier qui fait du verre et des ouvrages de verre. Le métier de verrier ne dérogeait point i noblesse, Dict. de l'Académie. \\ Adj. Gentilhomme verrier, gentilhomme qui travaillait en verrerie. || 2" Celui qui vend des ouvrages de verre, soit en boutique, soit dans les rues. Verrier en ce sens a vieilli , et l'on dit faïencier. || Il va, il court comme un verrier déchargé, se dit d'un homme qui marche vite et légèrement. || 3* Espèce de panier dans lequel on range les verres à boire , les carafes, etc. || 4' Artiste verrier, peintre verrier, celui qui fait des vitraux peints, des peintures sur verre. || 5* Le savon des verriers, le manganèse.

— liiST. XIV* s. X Willaumo le vairier pour n noes [neufs] peniaus [panneaux] de vairerie mis as fenestres.... Comptes de Yalenciennes (comm. par M. Cafflaui). || xv* s. Le dit Annieul dist que, ja soit ce qu'il fust voirrier, si ne poindoit il point et ne sçavolt poindre, de laborde. Émaux, p. 538. X Estienne de Salles, verrier, pour deux lozenges de verre mises aux verrières de la chambre du retrait dudit seigneurie roy, id. ib.

— F.TYM. Provenç. veirier; catal. vidrier; esp. vidriero ; port, n'dreire; ital. vitraio; du lai. citrarius, de vitrum, verre.

VERRIÈRE (vè-riè r"), t. f. || 1* Cuvette remplie d'eau dans laquelle on place les verres. || 2' Verrière ou verrinc, morceau de verre placé au devant des châsses, des reliquaires ou des tableaux pour les conserver. || 8* Grande fenêtre ornée de vitraux peints. Les verrières des cathédrales gothiques.

VER

— HIST. un* «. Sa face est de color très fine Plus clere que nen est verrine, fT. et Bl. 2886. N'i a fenestre ne verrière Qui rende clarté ne lumière; Ainz est la meson si obscure C'on n'i verra jà soleil luirc.RUTEB. I, ri4. Entailées i sunt les pères [pierres], E à estoires les vereres, Edouard le conf. V. 2302. || xrv's. Quant le soleil luistet encontre un drap vert ou par une verrière verte, les choses opposi tes semblent estre vertes, oresme, Éth. S3. Il xv'ï.Laroine de France fut sur le point d'estre moult mesaisée, et convint une verrière rompre qui estoit derrière li pour avoir vent et air, froiss. m, rv, 1. Pour IX pièces de bois à faire cassiz devoirrieres de papiers servant aux fenestres des chambres, là où l'on fait lesdiz ouvrages, de laborde. Émaux, p. 639. Il XVI' s. Comme soleil passe sans ouverture Parla verrière, ainsi.... J. marot, v, 334. Lors on verra sans lunette ou verrine, Qui est plus digne à qui l'honneur s'adresse.... ID. v, 220. Une image d'argent doré de sainct René, portant une verrière devant luy, de laborde, Émaux, p. 539.

— ETVM. Verre; bourg. tîorotVe, «ouoirere, vitre, fenêtre; prov. eetriera, ruche de verre ; it. vetriera.

t VERniLLON (vè-ri-Uon, U mouillées), s. m. Terme do musique. Instrument fait de touches de verre qu'on frappe avec des baguettes drapées.

t. VERRINE (vè-ri-n'j, s. f. \\ !• Synonyme de verrière, n" 2. || 2° Espèce de cloche de jardinier, formée de morceaux de verre assemblés avec des lames de plomb. || On dit aussi quelquefois verrière. Il 3' Grand tuyau de verre dont on se sert pour faire des baromètres. || 4* Verrine U' Allemagne, ou brillant, petits fragments de verre soufflé trèsmince dont on se sert pour saupoudrer les images et décorer les surtouts de tables. Tarif des douanes de <844, note 304. Il 6* Nom vulgaire de la urêle des champs.

— HIST. XV' s XMichiel Trouvé, verrier, demourant à Sainct-Maclou, pour la part et portion de l'église et de messeigneurs, pour les verrines du cancol de l'eglisc, de laborde. Émaux, p. 640.

f 2. VERRINES (vè-rri-n'), s. f. pi. Nom sous lequel on désigne les sept discours composés par Cicéron contre Verres.

t VERROT{vè-ro), s. m. Un des noms vulgaires de la couitilicre, et, en Normandie, des vers déterre.

VERROTERIE (vè-ro-te-rie), s. f. Terme collectif. Petits ouvrages; menue marchandise de verre.

— ÈTYM. Verrai, dimin. fictif de verre. VERROU (vè-rou; Chifllet, Gramm. p. 209, dit

qu'on l'écrit verrouil, mais qu'on le prononce verrou), s. m. Il 1* Moyen de fermeture consistant en une barre de fer ronde ou carrée, de même dimension dans toute sa longueur, ayant une queue au milieu et un mouvement de va-et-vient entre deux crampons. Et voyant que le chien n'aboyait point la nuit. Que les verrous graissés ne faisaient aucun bruit, hégnier, Sat. x. Et les soins défiants, les verrous et les grilles Ne font pas la vertu des femmes ni des filles, mol. Éc. des maris, i, 2. Songez à la fortune brillante de cet homme [le maréchal de Luxembourg] où il ne manquait plus rien, à l'honneur qu'il avait eu de commander les armées du roi, et le voilà [mis en prison] ; songez ce que ce fut pour lui que d'entendre fermer ces gros verrous ; et, s'il a dormi par excès d'abattement, songez au réveil, sÉT. 26 Janv. (080. Il Enfermé au verrou, se dit de celui qui a tiré le verrou d'une chambre pour empêcher qu'on ne vienne l'y déranger. Madame Célie avait l'air si affairé.... et puis madame est enfermée avec elle au verrou, genus. Théâtre d'éduc. la Bonne mère , i, 2. || Tenir quelqu'un sous le Terrou, le tenir renfermé. Il [un mari] tient sa femme aux yeux si doux Sous triple porte à deux verrous, bérang. Deo grat. || Être sous les verrous, être enfermé, être en prison. Je passe encor, grâce à Bridoie, Un carnaval sous les verrous, BÉBANO. Ues jours gras. || On dit dans un sens analogue : L'or ouvre tous les verrous, force les verrous. Il Tirer le verrou, pousser le verrou de manièrequ'il forme la porte. |1 Fig. Il y a de certaines douleurs dont on ne doit point se consoler, ni revoir le monde; il faut tirer les verrous sur soi, comme disait notre bon cardinal [de Retz] , sÉv. 20 sept. («7&. ilKig. Porter l'épée en verrou, la porterhorizonuloment.il Baiser le verrou, se disait de quelques coutumes où le vassal qui ne trouvait pas son seigneur dans son château, pour lui rendre l'hommage, en était quitte pour heurler trois fois, l'appeler trois fois par son nom, et baiser Il cliquette ou verrou de la porte; do quoi il devait prendre acte, et en laisser copie. || 1* Verrou

VER

à ressort, moyen de fermeture dont une extrémité recourbée est terminée par un bouton, et dont l'autre extrémité, aplatie, entre dans un crampon. Il Verrou de sûreté, synon. de serrure de sûreté, il 3° Terme de plombier. Mécanisme qui sert à faire changer de direction aux cylindres du laminoir.

— HIST. xni' s. Il atribla les portes d'arain, et brisa les verrouz de fer. Psautier, f° i:i3. Renart l'uis delîerme à le [la] clef. Et puis entre ens trestot souef, El puis le referme au vicrel, Ren. t. iv, p. 23C. ||xv' s. Si s'eslongna ung petit de l'huys, puis se mist au cours de toute sa force, et y vint heurter de tel randon qu'il rompit les gons des verroux, et porta l'hujs à l'envers par terre, Perceforest, t. iv, {° I09. ||xvi* s. I! se saisit de la porte, et se met à s'apuier de l'eschine par faute de verreuil, d'aub. Hist. in, H7.

— ÉTVM. Wallon, verou, ferou; bourguig. varullô, varô ; provenç. verrolh, berrolh et aussi ferrolh; espagn. herrojo; portug. ferrolho; du lat. veruculum, petite broche, dimin. de veru ; mais les formes en ^ou dérivent de /errum, fer, ou montrent qu'il y a eu confusion.

VERROUILLE, ÉE (vè-rou-Ué, liée, Il mouillées), part, passé de verrouiller. Porte verrouillée.

VERROUILLER (vè-rou-llé, U mouillées, et non vè-rou-yé), v. a. Fermer au verrou. Verrouiller une porte. || Par extension , verrouiller quelqu'un, l'enfermer en prison ou ailleurs. Le bienheureux mortel qui..." nous voit trois fois par jour [dans une piison] pour nous donner à manger et nous verrouiller, mirab. Lett. orig. t. u, p. 326. Il Se verrouiller, ». réjl. S'enfermer au verrou. Elle se verrouilla dans sa chambre.

— HIST. xm* s. Quand païen out veù François si aproismier [s'approcher].... En la porte s'en entrent, si la font veroillier, Ch. d'Ant. iv, 387. Ilxiv's. Aux bailles [il] est venus... La porte contre lui trouva bien verroillie, Guescl. U880.

— ÉTYM. Terrou, par l'ancienne forme verrouil; bourguig. varullé.

t VERRUCAIRE (vè-rru-kê-r'), s. f. Genre de lichens. || Genre d'algues. || Héliotrope d'Europe.

— HIST. XVI' s. La chicorée verrucaire, tant mangée en salade qu'appliquée, gueril merveilleusement les verrues, o. de serres, 976.

— ÉTYM. Provenç. terrucorto, herbe aux verrues; du lat. verrucaria, de verruca, verrue.

VERRUE (vè-rue), s. f.\\ 1° Petite excroissance cutanée, indolente, ayant une certaine consistance, quelquefois mobile et superficielle, mais ordinairement implantée dans l'épaisseur du derme par des filaments blanchâtres, denses, à demi fibreux. Il Herbe aux verrues, héliotrope d'Europe. || 2° Terme de botanique. Petite protubérance rugueuse.

— HIST. XVI' s. Des verrues ou porreaux, paré, V, 21. Verrues pensiles, m. xviii, 85. Un seing et une verrue au front paroissent plus que ne faict ailleurs une balafre, mont, i, 332.

— ÉTYM. Berry, veruge, vruge; provenç. verruga, veruca; catal. terruga, berruga; espagn. verruga; ital. verruca; du lat. verruca.

t VERRUQUEUX, EUSE (vè-rru-keû, keû-z'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une verrue. || Qui est parsemé de verrues, d'espèces de verrues.

— ÉTYM. Lat. verrucosus, de verruca, verrue.

I. VERS(vêr; l's ne se prononce jamais, et dire vers', comme font quelques-uns, est très-mauvais; au pluriel, l's ne se lie pas : des vêr harmonieux; cependant quelques-uns la lient : des vêr-z harmonieux), s. m. Il 1° Assemblage de mots mesurés et cadencés selon certaines règles fixes et déterminées. Tacite a été repris d'avoir commencé son ouvrage par un vers : Vrbem Romam a principio reges habuere, quoiqu'il n'ait rien du vers que la mesure, vauoel. Rem. t. i, p. 103, dans pougens. On n'appelle vers dans la prose que ceux qui en ont la juste cadence, et qui ne sont ni suivis ni précédés d'aucun mot qui y soit joint : « Le désir trop ardent d'acquérir des richesses • est un vers bien mesuré, qu'il faut éviter en écrivant, Àcad. Observ. sur Faugel. p. 120, dans polgens. Aussi est-ce la vingt et unième [pièce] que j'ai fait voir sur le théâtre ; et, après avoir fait réciter quarante mille vers, il est bien malaisé de trouver quelque chose de nouveau, sans s'écarter un peu du grand chemin, corn. Nicom. Examen. Que lui fait mon avis, qu'il a pris de travers? On peut être honnête homme et faire mal les vers, mol. tris. IV, {. Il est permis d'être parfois assez fou pour faire des vers, mais non pour vouloir qu'ils soient

vus, m. Comtesse, 4. Levers le mieux rempli, la plus noble pensée. Ne peut plaire à l'esprit quand l'oreille est blessée, boil. Art p. i. Un esprit do travers. Qui, pour rimer des mots, pense faire des vers, ID. Disc, au roi. Le vers se sent toujours des bassesses du cœur, id. Art p. iv. Ce n'était pas jadis sur ce ton ridicule Qu'Amour dictait les vers que soupirait TibuUe, id. ib. n. L'ardeur de se montrer et non pas de médire Arma la vérité du vers de la satire, ID. ib. il. Qui n'aime point le vers a l'esprit sec et lourd; Je neveux point chanter aux oreilles d'un sourd; Les vers sont, en effet, la musique de l'âme, volt. Ép. <oi. Il y a plus de soixante ans que j'étudie l'art des vers, et peut-être suis-je endroit de dire mon sentiment, ID. Dict. phil. Vers. Un vers, pour être bon, doit être semblable à l'or, en avoir le poids, le titre et le son: le poids, c'est la pensée; le titre, c'est la pureté élégante du style ; le son, c'est l'harmonie, id. ib. Montesquieu, n'ayant pu réussir en vers, s'avisa, dans ses Lettr.s persanes, de n'admettre nul mérite dans Virgile et dans Horace, ID. ib Je suis effrayé de la difficulté de faire des vers français, et je ne m'étonne plus que Despréaux employât deux ans à composer une épitre, id. Lett. Thiriot, 29 nov. <738. J'ai fait de temps en temps de médiocres vers ; c'est un exercice assez bon pou se rompre aux inversions élégantes, et apprendre à mieux écrire en prose, J. i rouss. Conf. iv. M. Godeau, évêque de Vence, dont nous avons tant de vers et si peu de poésies, d'alemb Œuv. t. iv, p. 31. Et quel miel, 6 Virgile, est plus doux que tes vers? DELILLE, Imag. v. Et moi j'aime à chanter les vers plaintifs d'isaure, ducis, Othello, v, 2. Filles de» mêmes âmes. Les belles actions sont les sœurs des beaux vers, p. lebbuk, Voy. de Grèce, vu, 4. || Vers faux, vers qui pèche contre les règles de la versification. Il Ce vers n'y est pas, il pèche contre le» règles de la versification. || Vers d'or ou vers dorés, vers gnomiques attribués à Pythagore. || Fig. Ce ne sont pas des vers à sa loaange, c'est un blâme, une critique, une médisance. Uranie : Faites un mémoire de tout, et le donnez à Molière, que vous connaissez, pour le mettre en comédie. — Climène : Il n'aurait garde, sans doute, et ce ne serait pas des vers à sa louange, mol. Critique, se. 7. Ce que vous dites là ne son- point des vers à la louange de la fortune, dancolrt. Femme d'intrigue, V, 2. Il Ironiquement. Nérine : .... Avec un valet me mettre en compromis! Ce nouveau procédé me paraît fort étrange. — Stuigon : Point : les vers qu'il dira sont à votre louange! hautes. Appar. tromp. 1, u. Nous avons entendu votre galant entretien, et les beaux vers à ma louange que vous avez dits l'un et l'autre, mol. G. Dand. m, 8. Il 2" Au sing. en un sens collectif. Il fait bien le vers. Son vers est brillant. Boileau, dit Marmontel, tourne assez bien un vers, gilb. XYIII' siècle. \\ 3° Vers libres, vers de différentes mesures, qui ne sont pas soumis à des retours réguliers. Les Fables de la Fontaine sont en vers libres. Il 4* Vers blancs, vers non rimes dans les langues où la rime est en usage. Si on s'avise de faire des tragédies en vers blancs, de les jouer sur notre théâtre, la tragédie est perdue, volt. Jules César, Avert. du trad. Le vers blanc peut être aussi harmonieux que le vers rimé, à la consonnance près, dont l'iâabitudo a fait un plaisir pour l'oreille, marmontel, Œuv. t. v, p. 372. 115' Grands vers, les vers alexandrins, les vers de douze syllabes; vers commun, le vers de dix syllabes; petit vers, le vers de huit syllabes, par opposition aux précédents ; petits vers, les vers de huit syllabes et au-dessous. || Vers métriques, vers essayés dans le xvi* siècle, où Ton croyait imiter les longues et les brèves des vers latins. || Vers i la façon de Neuf-Germain, vers où un mot donné, un nom propre comme Aristide, était décompose en ses trois syllabes, A-ris-tide, lesquelles terminaient chacune un vers ; après cela venait un quatrième vers terminé par le mot entier Aristide ; et les couplets suivants étaient réglés de la même manière. Il 6* Petits vers, petites pièces de vers, pièces de vers sur des sujets légers. Voici de petit» vers pour de jeunes amants, mol. Fem. sav. m, 5. Ce qu'on appelle petits vers a prodigieusement perdu de faveur; pour se résoudre à les lire, il faut être bien averti qu'ils sont excellents, d'alekb. Œuv. t. IV, p. 402. Il 7* Vers de société, petites pièces de vers que l'on compose ou que l'on lit dans la société, dans les salons. Ses petits vers de société lui procurent ici do grands succès, ge.nlu.

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Mèrts riv. t. i, p. 9, dans pouoens. || 8* Vers politiques, vers rimes de treize syllabes, employés en grec moderne.

— HiST. xn' s. Jamais par moi n'ert [ne sera] leiis vers no lais, Couci, xxii. || xin* s. Si orrez [vous ouïrez] vraie ystoire dont li ver sont bien duit, Berte, xxxvi. Si comencha haut et cicrement à canter le premier vier, car il canloit très bien, Chr. de Rains, p. 56. Là me menas, dant fel cuivers, Tu m'as chanté de maint fax vers, Ren. «4422. Ge vos voil un vers cummencier; Mes je vos criens moult anuier, ib. 7027. Quant l'en l'erihuiloit et en disoil les sept pseaumcs, il disoit les vers [versets] d'une part, joinv. 303. |{ xt* s. Chançon royal de cinq vers [couplets], E. desch. Poésies mss. C 446. Madame, voyant que monseigneur n'estoit pas content de ce qu'elle venoit de dire, s'avisa do changer de vers [de gamme, de ton], LOL'is XI, Nouv. lu. || ivi* s. J'en ai rougi pour vous, quand l'acier de me» vers Burinoit vostre histoire aux yeux de l'univers, d'aub. Tropiques, édit. LALANNE, p. 78.

— ETYM. Provenç. vers; ital. verso; du lat. versus, vers, proprement ligne, rangée, sillon, de versus, tourné. M. Max MùUer rapproche de versus le sanscr. vrUta, qui désigne la règle imposant une certaine quantité fixe à l'avant-dernière syllabe dans les vers védiques. VrWa signifie tour, comme versus signifie tourné. Les vers n'ayant été écrits que longtemps après avoir été chantés, il faut entendre le tour de la danse, chaque vers accompagnant une allée, au bout de laquelle il y avait un tour et une venue.

2. VERS (vér; l'î ne se lie pas : vêr une montagne, et non vêr-z une montagne), prép. \\ 1* Elle sert à exprimer une certaine direction, une situation d'un certain côté. Voguer vers la rive. Lever les mains, les yeux vers le ciel. Lèvetoi, m'a-t-il dit, prends ton chemjn vers Suse, haC. Esth. I, ). 11 envoya Clitus vers l'Hellespont, pour empêcher les troupes ennemies de passer d'Asie en Europe, holun, Hist. anc. Œuv. t. vu, p. < i7, dans POUGENS. Le premier moment de la vie Est le premier pas vers la mort, J. B. Rouss. Od. ii, U. || Il se construit avec quelques adverbes. Ouvrant ceux de ces pores qui regardent vers là [de ce côté], desc. l'Homme. Les parties du sang qui, étant les plus agitées et les plus pénétrantes, sont les plus propres à composer ces esprits, se vont rendre plutôt vers le cerveau que vers ailleurs, m. SIéth. v, 8. Il 2° Auprès de. Je l'ai envoyé vers vous. Envoyé vers tel prince d'Allemagne. Le coadjuteur et lui [Beaul'ort] employèrent toutes sortes de moyens vers M. le Prince et vers Mme de Longueville pour les adoucir, la bochepol'C. Mém. 99. Nous devrons être contents, lui [Malebranche] et molj: lui, de s'être justifié vers le public ; moi, d'avoir tiré de lui un désaveu, fén. t. ni, p. 9. || 3" Environ. Nous partirons vers midi. Vers le commencement du règne de Louis XIV. Ce n'est que vers l'année 1726 qu'on a commencé en Espagne à traduire quelques-uns de nos livres de physique, volt. Iléraclius de Calderon, DUsert. Mort de Périclès vers le mois de boédromion (octobre), 420 ans avant J. C, BABTHÉL. Anach. t. VII, table <. Je rentrai vers le soir, me disant sur ma route.... c. delav. Paria, m, 4. ||4" Fig. X l'égard de, envers. Mais au lieu d'affaiblir vers toi mon amitié, corn, la Veuve, V, <l. Je deviens sacrilège, ou je suis parricide, Et vers l'un ou vers l'autre il faut être perfide, m. Cinna, m, 2. Ce monarque, en un mot, a vers vous détesté Sa lâche ingratitude [de Tartufe] et sa déloyauté, mol. Tart.y, 8. Et pouvezvous le voir [un billet] sans demeurer confuse Du crime dont vers moi son style vous accuse ? m. Uis. IV, 3. Je me sens également obligée à l'amour, aux empressements, aux services de ces deux princes; et je trouve une espèce d'injustice bien grande à me montrer ingrate, ou vers l'un ou vers l'autre, par le refus qu'il en faudra faire dans la préférence de son rival, id. Xm. magn. m, l. C'est véritablement celle-là [l'acceptation que Dieu fait du sacrifice] qui couronne l'oblation ; mnis elle est plutôt une action de Dieu vers la créature que de la créature envers Dieu, pasc. Lelt. sur la mort de ion père. Et m'acquitter vers vous de mes respects profonds, rac. Bajas. m, 2. L'un de l'autre jaloux, l'un vers l'autre perfides, volt. Tn'umr. v, 2. Il 5* Par devers, acception vieillie. Il avers soi, presque toute achevée, une vie des vieux médecins grecs et latins, oui patin, Lettres, t. ii, p. 493 . — KEM. Les grammairiens prétendent que vers oe peut pas s* dire pour envers, au sens figuré et

moral; et en efTet l'Académie a suivi leur décision, mais à tort; car ni la dérivation (vers et envers étant étymologiquement le même mot) ni l'usage ne justifient cette décision : les meilleurs auteurs, Corneille, Molière, Pascal, Hacine, Voltaire, ont donné à vers le sens d'envers ; l'on peut suivre, au besoin, leur exemple.

— HIST. XI* s. Vers Engleterro passât il la mer salse, Ch. de Bol. xxvii. [Il] Turnala teste vera la paiene gent, ib. CLxxi. || xii* s. Cité n'avons, qui vers lui [Charlemagne] puist durer, Jlonc. p. 2. N'est pas merveilles se m'aïr [je m'irrite] Vers amour, qui m'a tant grevé, C'ouc», m. Onquesvers Il [elle] n'eu [je n'eus] faus cuer ne volage, ib. XIX. Guiteclins le cuida [son père] puis vers [sur] Carlon vengier, Sax. iv. Pur ço que la guerre vers les enamis Deu maintenist, Uois, p. 71. Si hom pèche vers altre, à Deu se purrad acorder; et s'il pèche vers Deu, ki purrad pur lui preier? t6. p. 8. Il xni' s. Vers le lion s'en va, ou soit sens ou folie, llerte, ii. Faîne n'a point de conscience Vers quanqu'el het, vers quanqu'el ame, la Rose, 8457. Li tens, vers qui noient [néant] ne dure Ne fer ne chose tant soit dure. Car il gaste tout et menjue, ib. 377. Il XIV' s. Duquel la doctrine, pour la valeur et excellence de elle, a esté multipliée et en g^ant réputation vers les saiges presque partout le monde, oresme, Prol. || xV s. Le plus tost qu'ils purent, retournèrent vers Bretagne, fholss. ii, ii, 4. Il XVI* s. Il y feit engraver ceste inscription : lonie est vers le soleil naissant, Peloponese est devers le baissant, amyot. Thés. 30. J'ay une merveilleuse lascheté vers la miséricorde, mont, i, 2. Les compaignonsde Demosthenes, en l'ambassade vers Philippus, m. I, 289. Un parler sec tirant vers ledesdaigneux, ro. i, 292. Son affection versmoy, id. m, 73.

— ÊTYM. Wallon, vet, ver; bourguig. vé, var ; Berry, ré, vés; de la prép. lat. versus ou versum, vers, de vertere, tourner (voy. version).

t VERSABLE (vèr-sa-bl'), adj. Se dit d'une voiture sujette à verser.

— HIST. XV s. Non regardant la fortune versable, E. DESCH. Poésies mss. f" 4 39.

t VERSADE (vèr-sa-d'), s. f. Action d'une voiture qui verse. Mon cocher le fut extrêmement [consolé] de l'histoire lamentable do la versade de M. Jeanin, sÉv. 4 3 oct. 4 «77. Je commence par vous rappeler l'aventure de notre versade. M"* du deppant, Lett. à H. Walpole, t. i, p. 55, dans pougens.

— ÈTYM. Verser.

t VERSAGE (vèr-sa-j'), J. m. Terme rural. Premier labour donné aux jachères.

— Etvm. Verser : terre renversée par la charrue. 4. VERSANT, ANTE (vèr-san, san-t'), adj. Qui

verse facilement, qui est sujet à verser. Les caresses haut suspendus sont versants. || Terme de zoologie. Se dit d'une coquille univalve dont l'ouverture a de la propension à être échancrée.

2. VERS.4NT (vèr-san), t. m. Pente d'un des côtés d'une chaîne de montagnes. Le versant espagnol des Pyrénées.

— HIST. XV* s. Quant ceux de l'ost veirent qu'ils estoyenl au versant et qu'ils perdoyent sans rien conquérir, ils firent retrairc leurs gens à leurs logis, PROiss. liv. I, p. 99, dans lacurne.

— ÉTYM. Verser.

VERSATILE (vèr-sa-ti-l'), adj. || 1* Qui change. Chaque épreuve augmente la certitude de l'inconstance de la cause, en nous démenti ant toujours de plus en plus qu'elle est absolument ver.satile, BUFF. Ess. arithm. mor. Œuv, t. x, p. 93. La reine des nuits.... roule dans les cieux son disque chargé d'une lumière versatile, Bernard, de 8T-p. Mort de Socr. Il Quelques théologiens admettent une grâce qu'ils appellent versatile. || i* Terme de zoologie. Se dit du doigt interne des oiseaux, quand il est susceptible de se porter tantôt en avant et tantôt en arrière. || 3° Fig. Qui ne sait pas se fixer. Alcibiade était un simple citoyen, riche, ambitieux, vain, débauché, insolent, d'un caractère versatile, VOLT. Pol. et lég. Comm. Esprit des lois, 24. Un tempérament versatile qu'un vent impétueux agite, mais qui rentre dans le calme à l'instant que le vent ne souffie plus, J. J. ROUss. Prom. 8.

— HIST. XVI* s. Il (l'esprit humain] traicte et soy et tout ce qu'il receoit, tantosl avant, tantost arrière, selon son estre insatiable, vagaliond et versatile, MONT, rv, 293.

— RTYM. Lait, versatilis, devertare, tourner (voy. verser).

VERSATILITÉ (vèr-sa-ti-li-té), s. f. Qualité de ce qui est versatile. Cet homme est d'une grande versatilité. La versatilité du caractère.

— REM. Versatilité n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 1835.

. 4. VKRSK (vèr-s'), ». f. || 1* Terme d'agriculture. État des céréales couchées k terre par la pluie ou toute autre cause. La ver«e des blés. || >* Terme d'eaux et forêts. Grande corbeille de charbon, qui en contient 35 livres. ||3*X verse, locadv. Se dit des pluies qui tombent avec une abondance telle qu'on dirait qu'on les verse. 11 gelait la semaine passée i pierre fendre .... il pleut présentement i verse, et nous ne savons pas s'il y a un soleil au monde, sév. 488. Il plut tout ce jour-là à verse, et l'on prétend que le temps qu'il fait ce jour-là [St-Médardj en dure quarante do suite, st-sih.4, 27.

— HIST. XVI* s. Pleuvoir à la verse, ounm, Ci»rios. franc.

— ETYM. Substantif verbal de verser.

2. VERSE (vir-s'), adj. m. Terme de géométrie. Le sinus vorse d'un angle, la partie du rayon du cercle comprise entre l'arc et le pied du sinus. On dit souvent la flèche d'un arc.

— ETYM. Lat. vertus, tourné, à cause que le sinus verse est tourné en sens inverse du cosinus.

VERSÉ, ÊE (vèr-sé, sée), part, patte de verser. Il 1° Quiacouléhorsdece qui le contenait. Vin versé. Sang versé. || Kig. Les grâces, les honneurs par moi seule versés, rac. Brit. m, 4. || J* Renversé. Voiture versée. Blés versés. Foin versé. Le carrosse et les six chevaux renversent cul pardessus tête le pauvre homme et le cheval, et passent par-dessus, et si bien par-dessus, que le carrosse en fut versé et renversé, sÉv. 5 fév. 4 874. || Terme de blason. Se dit pourrenversé. || 3* Fig. Exercé, expérimenté. Ceux qui ne sont point versés en l'anatomie, DESC. Méth. V, 5. Comme elle [la duchesse de Chaulnes] n'est point versée dans l'amitié, elle a toute la chaleur d'une novice, sév. 27 déc. 4 684, Athénée, homme d'âge et fort versé dans toutes le» cérémonies de l'idolâtrie des Grecs, bollin, llist. anc. Œuv. t. viii, p. 626, dans pougens. Harlai égalait les plus versés aux belles-lettres, il connaissait bien l'histoire, st-sim. 47, 497. Le Dictionnaire de musique, qui ne peut être que l'ouvrage d'un homme versé dans cet art et sachant la composition, J. J Hoiss. 4*' dial.

4. VERSEAU (vèr-sô), t. m. Terme d'astronomie. Signe du zodiaque qui, par suite de la révolution annuelle de la terre, semble parcouru, du 20 janvier au 20 février à peu près, par le soleil, (on met un V majuscule). Il [Roger Bacon] loue beaucoup un grand astrologue de Paris, qui empêcha, dit-il, un médecin de mettre un emplâtre sur la jambe d'un malade, parce que le soleil était alors dans le signe du Verseau, et que le Verseau est mortel pour les jambes sur lesquels on applique des emplâtres, volt. Dict. phil. Itoger Bacon.

— ÊTYM. Le même que l'anc. franc, verserot, rerteret, varzenne (voy. du Cange, versana), qui vient de verser et signifie saison oii il faut rerser, retourner la terre (en Champagne, veriaine signifie jachère, parce que l'on y fait le tersage.)

f 2. VERSEAU (vèr-sô), s. m. Terme de maçonnerie. Pente du dessus d'un entablement non couvert.

VERSEMENT (vèr-se-man), ». m. || 1* Terme de finances. Action de verser de l'argent dans une caisse, de mettre des fonds dans une affaire. Il 8* Terme de commerce. Action de verser, remettre un objet, des marchandises. Jamais ce versement clandestin [de lingots d'or et d'argent dont l'exportation était défendue en Espagne) no fut troublé par des commis ou par des gardes qui étaient tous payés pour ne rien voir, raynal, Hisl. phil. viii, 31.

— ETYM. Verser.

VERSER (vèr-sé), e. o. ||I* Faire couler un liquide hors de ce qui le contient. Verser de l'eau à terre. Verser du plomb fondu. Versez le thé. .Mon vin vieux, depuis peu percé, Lui sera largement versé, scarr. Virg. vii. || Absolument. Plus le vase versait, riioins il s'allait vidant, la font. Phil. ft Bauc. Il Particulièrement. Mettre du vin ou quelque autre liquide dans un verre. Verser à boire. Versez à plein verre. Versez-moi tout plein. Versez, disais-je à messieurs de la bouche; Versez, versez, messieurs du gobelet, bérang. Damoclés. Il J* Par extension, il se dit de choses solides. Vci^ ser du blé dans un sac. Ils versent à l'envi sur ses genoux pesants [d'un mendiant] Le pain de pur froment, les olives huileuses, a. chén. l'Aveugle. Il 3" Verser des larmes, des pleurs, pleurer. Et sur votre tombeau mes premières douleurs Verseront tout ensemble et mon sang et mes pleurs, corn. Nicom. IV, 2. Environnez ce tombeau, versez de»

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Urmes avec de» prières, Boss. Louis de Bourbon. Après la bataille de Cannes, il ne fut pas permis aux femmes mêmes déverser des larmes, montesq. Rom. 4. Il 4° Verser le sang, tuer par le glaive, par un Instrument qui ouvre les vaisseaux. 11 fallut verser le sang humain avec celui des bêtes, BOSS. Ilist. n, ». Il Verser le sang, tuer d'une manière quelconque. Et nous épargnerons ces flots de sang romain Que versent tous les ans votre bras et ma main, corn. Sertor. m, 2. Ne cesserons-nous point, après tant de malheurs, Vous, de verser du sang, moi, déverser des pleurs? bac. Théb. ii, 3. Qu'importe qu'au hasard un sang vil soit versé? ID. Alh. II, B. Je suis prêt à rendre compte de tout le sangque j'ai versé pour la république, montesq. Dial. de Sylla et d'Eucrate. || Verser son sang, subir la mort en s'y exposant volontairement. Dans le temple de Baal les hommes répandaient leur sang pour leur dieu ; dans le temple du vrai Dieu, c'est Dieu même qui verse son sang pour les hommes, BOUBDAL. Myst. Circoncis, de J. C. t. i, p. et. Sanche, prêt à verser son sang pour te défendre. Était donc loin de toi, ne pouvait donc t'entendre? p. lebrun, le Cid d'And. iv, 3. || B" Faire sortir ce qui est en excédant. La Suisse était obligée de verser ses industrieux habitants aux royaumes étrangers, comme elle leur verse ses rivières fécondes, chateaubr. Génie, i, i, 8. || 6° Faire tomber d'en haut. [Les astres ont pour effet] De verser sur les corps certaines influences, la font. Fabl. n, <3. Il Fig. Pour montrer que son cœur [du roi] sait, quand moins on y pense. D'une bonne action verser la récompense, mol. Tart. v, 7. Madame, vous avez cent personnes dans votre cour sur qui vous pourriez mieux verser l'honneur d'un tel emploi, id. Atn. magn. i, 2. J'apprends à combien de nouveaux titres je dois être pénétré de reconnaissance pour les bienfaits que M. le prince de Conti a versés sur cette pauvre fille, i. J. Rouss. Lett. à Mme de Boufflers, î7 juill. 4 762. || En un sens contraire. Verser le mépris, le ridicule sui quelqu'un, en parler de manière à le rendre méprisable, ridicule. || 7" Fig. Dépenser d'une manière prodigue. Verser l'or à pleine main. Ce jeune homme si prodigue, qui verse l'argent sans nécessité, n'en sait-il plus trouver dans les occasions convenables? t. 3. ROUss. Ém. v. || 8° Fig. Produire abondamment. Moi donc qui suis peu fait à ce genre d'escrime, Je le laisse tout seul verser rime sur rime, boil. Ép. ii. || 9* Fig. Faire éprouver, inspirer. Faites-m'en souvenir, et soutenez ma haine, 0 cendres, mon espoir aussi bien que ma peine. Et, pour m'aider un jour à perdre son vainqueur. Versez dans tous les cœurs ce que ressent mon cœur, corn. Pomp. v, 4. Le ciel versa, dans son esprit et dans son cœur [de M. de Montausier] ces principes d'honneur et d'équité.... flégh. Duc de Mont. Et dans leurs cœurs brillants de la soif de plaider, [la sibylle] Verse l'amour de nuire et la peur de céder, boil. Luir. v. Il en est d'autres [âmes] sur lesquelles il [Dieu] verse aliondammcnt ces plaisirs secrets et indicibles, mass. Mystères, Assomption. || Verser des consolations dans un cœur triste, ulcéré, adoucir ses peines. Quand est-ce, ô mon Dieu, dit-il [David], que vous ▼erserez dans mon ème ces consolations indicibles? HASs. Avent, Conception. || Vos discours ont versé du baume sur ses blessures, ils ont suspendu ses souffrances morales. || 10' Confier, faire confidence de. Avez-vous un secret important? versez-le hardiment dans ce noble cœur; votre affaire devient la sienne par la confiance, boss. Louis de Bourbon. Vous, qui, malheureux sans avoir la triste consolation d'oser vous plaindre, alliez verser dans son sein votre honte et votre misère, luss. Or. (un. ViUeroy. Aimable et généreuse amie.... j'ose encore verser ma honte et mes peines dans votre cœur compatissant, j. j. rouss. Hél. ii, )0. Murs sacrés I saints autels I je suis seul, et mon âme Peut verser devant vous ses douleurs et sa flamme, L1MART. Kéd. i, 22. || 11' Apporter, déposer de l'argent, des fonds dans une caisse. Les confiscations tournent en grande partie au profit du tiésor public ; on y verse aussi les amendes, après en avoir prélevé le dixième pour le culte de Minerve, et le cinquanli^me pour celui de quelques autres divinités, BARTHÉl. Anaeh. ch. »».|| Verser des fonds dans une affaire, y employer, y engager des fonds. Il il* Il se dit de marchandises, d'objets de commerce qu'on transporte. Les tics françaises fournissent i leur métropole des sucres, du café, du coton, de l'indigo, d'autres denrées, dont elle consomme une partie, et vers« l'autre cbez l'étranger.

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RATNAL, niit. phil. xiii, BB. La compagnie tire du | Malabar deux millions pesant de poivre qui est porté sur des chaloupes à Ceylan, où il est versé dans des vaisseaux qu'on expédie pour l'Europe, ID. ib. II, *7. Il 13" Kenverser sur lo côté une charrette, une voiture qui est en train de cheminer. Ce cocher a versé sa voiture. || Il se dit aussi «les personnes qui sont dedans. Celui-ci [le ministre allemand], plus rusé, lui joue [au ministre anglais] d'un tour de diplomate, gagne le postillon de milord, qui versa Sa Grâce dans un trou, P. L. cous. 2' lett. poritcul. Il Absolument. Un jeune charretier toujours verse, oui patîn. Lettres, t. ii, p. eoo. Il Fig. Il n'est si bon charretier qui ne verse, il n'est homme, quelque habile qu'il soit, qui ne fasse des fautes. || Neutralement. Tomber sur le côté, en parlant d'une voiture et des personnes qui sont dedans. Brancas versa, il y a trois ou quatre jours, dans un fossé ; il s'y établit si bien, qu'il demandait à ceux qui allèrent le secourir ce qu'ils désirt'ient de son service, sÉv. 40. Hier un homme versa on revenant de Saint-Germain; il se creva le cœur et mourut dans le carrosse, id. 26 fév. <672. Il est certain qu'on avait prédit à Henri IV qu'il mourrai! en carrosse , cette idée venait de ce que ce prince, si intrépide ailleurs, était toujours inquiété de la crainte de verser, quand il était en voiture, volt. Mœurs, <74. || Fig. C'est verser en beau chemin, c'est manquer une affaire quand tout allait bien. || Terme militaire. Verser en cage, se dit d'une pièce de canon attelée, qui tombe les roues en l'air. || 14° Coucher par terre, en parlant des blés sur pied, des herbes. L'orage a versé les blés. Les foins ont été versés par ces longues pluies. Il Neutralement Être couché par le vent, parla pluie, ou par toute autre cause. Le blé verse lorsque les liges sont trop rapprochées et minces, lorsque la fumure a été abondante, les labours trop superficiels. Le grand vent fait verser les seigles. La paille, surchargée par son épi, s'incline, et la moisson verse, bernard. de st-p. Harm. I. Il 16° Verser un champ, le labourer. Avint un jour qu'un de ces beaux messieurs Vit un manant rusé, des plus trompeurs. Verser un champ..., LA FONT. Papefig. || Absolument. Il y a des gens dont la récolte ne craint ni temps ni grêle, et ce ne sont pas ceux qui, versant, labourant, font le meilleur guéret, p. l. cour. Gazette du village. Il La charrue verse i droite, à gauche, quand la terre qu'elle retourne tombe à droite, à gauche. Il 16° Se verser, v. réfl. Être versé, épandu. || Se verser dans, se confondre, en parlant de cours d'eau. Tout le bas de cette haute cime était couvert de glaciers excessivement escarpés , qui se versaient dans celui de Bionnassaq, Saussure, Voy. Alpes, t. IV, p. 385. Il 17* Fig. Se faire confidence l'un à l'autre. Ce sont deux cœurs qui se versent pour ainsi dire de l'un dans l'autre, fén. Jforceou* choisis par Vabbé Rolland, p. 90.

— SVN. VERSBR, RÉPANDRE. Verser exprime proprement un changement de direction dans la chose, et répandre un étalage de la chose. On verse en bas ; on répand en tous sens. Vous versez de l'eau dans un vase inférieur. L'odeur d'une fleur se répand dans les airs. L'idée propre de verser est l'effusion. L'idée propre de répandre est diffusion ou dispersion, roubaud.

— HIST. XI" s. [Ils] Rumpent ces cengles, e cez seles versèrent, Ch. de Roi. cclx. || xii' s. Plus de cent mille en i a de versez [renversés, morts], Ronc. p. <02. Il XIII* s. Si misrent mineurs par desous terre, pour le mur faire verser, villeh. cxli. Cil a le cheval conseû Parmi la teste si très fort. Que ilecques l'abatit mort. Si est lot maintenant versez Enmi la voie.... Ren. 26B37. Versez du vin, et si bevez, ib. 3)43. ...et Ysengrin li vierse Une bourde pour lui deçoivre, ib. t. iv, p. 2(. Car versent blez et vignes cuisent. Et flors et fruiz d'arbres abatent; Tant les tempestent et debatent, la Rose, ism. Cil qui maine une karete et tue ou mehaigne aucun par le verser de sa karete, BEAUMAN. lxix, 48. Gloris fu el palais aléc ; El bacin a l'aiguë versée, FI. et Bl. ■2ô:>i. ||xiv' s. Il verseront tel vin comme chascun leur demandera, Minagier, ii, 4. || xv s. Il dit tout haut : jamais ne suis je salué de ma chère amie, se je rentre en chastel ni en forteresse, jusques à en que j'aurai l'un de ces venans veisé à terre, ou je y serai versé, froiss. i, i, 4 77. Tant de périls sont à suïr la court, Qu'à grant paine s'en pourroit nul garder ; Oui grâce y a, envie sur lui court; Qui grans y est, en double est de verser, K. desch. Pe la mon. d'être à la cour. || xvi" s. Qu'il soit versé aux af-

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faires du monde, éloquent, homme de bon jugement, AMTOT, Préf. XII, 39. Hz redoubtoient ceulx qui vouloient y verser droittement, et y faire le devoir de gens de bien, id. Cat. 33. Personnage qui avoit longuement versé en l'estude el profession de la philosophie stoïque, m. Cat. d'Utiq. 4 6. Ils n'eurent pas si tost versé un coin de muraille, qu'ils voulurent taster le courage de leurs ennemis, seulement par une reconnaissance de brèche, d'aub. Hist. I, 343. Versants le sang à boire à ceux qui l'ont versé, id. Tragiques, édil. lalanne, p.244. Le terme venu de verser [accoucher], elle et son fruit meurent en l'enfantement, cahloix, il, 4 2. Jésus Christ estant en ce monde a bien voulu communiquer el verser avec les lépreux, paré, XXII, 42. ...imitant l'Egypte, où le Nil verse durant certains mois de l'année, o. de serres, 422. Ne d'ensemencer trop tost le champ, de peur qu'estant les bleds trop primerains, leur grande gaillardise les fist verser par terre, id. 79. Vos yeux dedans les miens ont versé tant d'amour. Que pour eux je souspire et de nuict el de jour, rons. 750. Il versa dans sa mangeoire la juste mesure d'orge qu'on... mont, ii, 4 7(i. Un cheval verse le fils du roy par terre, comme il feroil le fils d'un crocheleur, id. iv, 34. Si un plat se verse, vous n'en faites que rire, id. iv, 78. Voilà comme la fortune verse ses tours, à celle heure pour les uns, à celle heure pour les autres, à celle heure Calais perdu pour nous, à celle heure gagné, brant. Copil. franc, t. m, p. 66.

— RTVM. Wallon, viersé ; prov. versar; il. versare ; du lat. eersore, fréquentatif de vertere, tourner.

VERSET (vèr-sè; le t ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : des ver-sè-z imprimés), s. m. || 1° Terme de l'Ecriture. Petite section composée ordinairement de deux ou trois lignes, et contenant le plus souvent un sens complet. Il n'y a pas une position dans la vie pour laquelle on ne puisse rencontrer dans la Bible un verset qui semble dicté tout exprès, chateaubr. Génie, ii, v, 4 . || 8° Se dit aussi de quelques paroles tirées ordinairement de l'Écriture sainte, et suivies quelquefois d'un répons, qu'on dit, qu'on chante dans l'office de l'Église Il Terme de musique. Morceau de chant ou air d'orgue qui correspond à un verset. || 3* Terme d'imprimerie. Signe qui sert à marquer les versels, et qui a la forme d'un v barré (y).

— HIST. xin' s. Et vos reprenez cel saulier. Si tornez à vostre mestier, A ces versez et à ces saumes, Ren. 2)303. Puis dislrent eus deus le verset, Li uns en gros, l'autre en faucet, ib. t. m, p. 344. Il XVI* s. Ce fameux verset de Publius le farceur.... mont, ii, 2.

— Etym. Dimin. de vers 4; provenç. verset; ital. versetlo.

jVERSEUR (vèr-seur), t. m. || 1* Celui qui verse. Il [le Dauphin, constellation] a autour de lui l'Aigle, Pégase, la Flèche, le Verseur d'eau et le Cygne , volt. Philos. Traduct. d'une lettre. Il !• Nom donné, à la halle de Paris, à des agents qui placent pour l'adjudication, sur de larges paniers plats, le poisson arrivé, de manière que les espèces soient assemblées, et que les lots ne soient ni trop forts, ni trop faibles.

— HIST. XVI' s. Verseur, cotorave.

t VERSICOLORE (vèr-si-ko-lo-r'), adj. Qui offre plusieurs teintes. || Qui change ou varie de couleur. || Terme de minéralogie. Se dit des corps dont la couleur change suivant la manière dont ils sont frappés par la lumière.

— ÉTYM. Lat. tersicolorem, de vertus, tourné, changé, et color, couleur.

VERSICCLES ( vèr-si-ku-1' ) ou VERSICl'LETS (vèr-si-ku-lè), t. m. pi. Terme de plaisanterie. Petits vers. Les petits versiculets faits pour Mme la duchesse de Choiseul et pour M. Saurin n'étaient faits que pour eux, volt. Lett. d'Argental, mars 4 770. Si mes anges [ M. el Mme d'Argental] trouvent ces versiculets supportables , à la bonne heure; sinon, au rebut, id. Lett. en vers et en prose, 4 39.

— ETYM. Lat. versiculus, dimin. de versus {voy.

vers 4).

VERSIFICATEUR (vèr-si-fi-ka-teur), ». m. || l'Co-

lui qui fait des vers. Cette rigueur qu'il [Malherbe] a observée en sa façon d'écrire, fait que ses plus grands ennemis confessent qu'il était excellent versificateur; mais c'est toute la louange qu'il peut obtenir de leur courtoisie ; car le nom de poète, à leur avis, ne lui peut appartenir, le prenant dans son ancienne el véritable signification, coDKAU, Disc, sur Malherbe. L'art du versifi-

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caleur est d'une difficulté prodigieuse, surtout en notre langue , où les vers alexandrins marchent .deux à deux, où il est rare d'éviter la monotonie.... TOLT. Dict. phil. Art poét. Tel qui sera toute sa vie un mauvais vcrsiflcateur, un géomètre subalterne, serait peut-être devenu un grand fabric&teur d'élotîes, J. J. Bouss. Disc, rétabl. des teiences. |{ 2' Particulièrement, celui qui a do la facilité pour faire des vers, mais peu d'invention. Chacun lorge des vers; mais, pour la poésie, Cette princesse est murte, aucun no s'en soucie; Avec un peu de rime on va vous fabriquer Cent versificateurs en un jour sans manquer, la ko.m. CliwUne, comédie. || ^u féin. Une versificatrico.

— Hisr. xiii" s. Kt trustot en cesle manière Parole cist vcrsefierre. Fabliaux, barbazan , t. ii, p. 7». Il XIV' s. Et de ce dit un versificur en ses vers.... viGNAï, EiChh moralises, f" 63. || xvi' s. Il y a autant de dilTereuce entre un poète et un versificateur qu'entre un bidet et un généreux coursier de Naples, rons. 6HS. Laissez luy [à un poète J allonger une courte syllabe, s'il veut.... si les inventions y rient, si l'esprit et le jugement y ont bien l'aict leur office, voyli un bon poète, dirai-je, mais un mauvais versificateur, mont, i, 489. Pleust à Dieu que celte sentence [il n'est pas permis d'êlre poSte médiocre] se trouvas! au front des boutiques de touts nos imprimeurs, pour en défendre l'entrée à tant de versificateurs 1 id. m, 34.

— ETYM. Provenç. versifiayre, lersificador ; du Ut. versi/icatortm, de versificare, versifier.

VEUSIFICATIO.X (vèr-si-fi-ka-sion ; en vers, de liz syllabes), J./". || l'Art, manière de faire les vers. L'auteur [d'Inès de Castro] avait infiniment d'esprit.... mais, dès le coiiuuoncement de la pièce, quelle versification faible, languissante, décousue, obscure I volt. Dict. phil. Vers. Le fils du grand Racine, qui hérilade son père le talent de la versification, iD. Dial. 25. Comme il peut y avoir vcriificalion sans poésie, et poésie sans versification, nous avons cru ne devoir regarder la vcisificatiou que comme une qualité du style, et la renvoyer à l'art oratoire, d'alemb. Œuv. t. i, p. 343, il i° Emploi du style envers. La versification est nécessaire à l'ode et à l'épopée, condil. Art d'écrire, iv, 6.

— ETYJi. Lat. tersificationem, de versificare, versifier.

VERSIFIÉ, ÉE (vèr-si-fi-é, ée), part, passé de versifier. Pièce bien versifiée, mal versifiée.

/EKSIFIIiU (vèr-si-fi-é), jo versifiais, nous verfifiions, vous versifiiez; que je versifie, que nous versifiions, que vous versifiiez, v. n.\\i' Faire des vers. 11 versifie bien. Il [Ovide] avait reçu de la nature une si forte inclinaison à versifier, qu'il renonça, pour la satisfaire, à tout soin de forlune, ROLUN, Uist. anc. ïxv, ch. i, 2, 2. || 2* K. o. Mettre en vers. L'Avare , que Molière n'eat pas le temps de versifier, détermina plusieurs auteurs à faire en prose leurs comédies, volt. Comin. Corn. Rem. Menteur, u, 5.

— Hlsr. xiu* s. 11 savent bien versefier, Que d'une feuille d'un figuier. Vous feront il cinquante vers, Bat. des sept arts. Por rimer, por versifier, Por unes letres bien ditier, Uist. litt. de la Fr. t. xxni, p. 746.

— ETY.M. Provenç. tersifiar ; espagn. tersificar; ital. versificare; du lat. versificare, de versus, vers, et facere, faire.

VERSION (vèr-si-on), «. f. || 1° Au propre, action de tourner, sens qui n'est usité que dans le langage de l'obslélnque. Déplacement ou changement de position que les accoucheurs font éprouver au lœtus lorsqu'il ne se présente pas dans sa position naturelle. La version de l'enfant. Ij Version spontanée, mouvements qu'exécute le fœtus dans la cavité utérine pendant la première période du travail, et qui font que dilTérents points de la surface extérieure du fœtus peuvent s'offrir alternativement i l'orifice utérin. || 2* Kig. Action de touroer d'une langue dans une autre, traduction. X nos seigneurs académiques, Haffineurs de locutions. Entrepreneurs de versions, ménage, liequite des dictionn. Nous avons une version grecque d'un traité composé en langue punique par Hannon sur le voya^o qu'il avait fait par ordre du sénat avec une Hutte considérable autour de l'Afriiiue, pour y établir difi^érenles colonies, rol- LIN, Hist. anc. (t'ur. t. l, p. ïi'J , dans pougens. Il 11 se dit surtout des anciennes traductions de la Bible. La version des .Septante La version chaldaîi|ue, arabe. Saint Jérôme.... composa sur l'original bclireu la version de la Bible que toute

DICT. DB LA LANOUB rRANÇAISE.

l'Rgliso a reçue sou» le nom de Vulgatc, boss. Ilisl. I, H. Il 3° Parlicullèremcnt, traducliua que l'écolier fait d'une langue ancienne en sa propre langue. Version latine. Version grecque. Remporter le prix de version. Corriger une version. Le premier au jeu et au travail, fort à la balle et en version, Maurice était, dans toute l'acception du mot, un excellent écolier, scribe, .\ouvellis, Maurice, i. Il Vorsioninterlinéairc, voy. iNTERLiNtAiiiE. || 4" Manière de raconter un fait. U y a sur ce fait difTérentrs versions. || 6* Intciprétation, explication. Je n'ai rien sur ma conscience pour n'avoir pas détrompé qui j'ai pu, et jo ne puis me reprocher d'avoir perdu aucune version, ni négligé aucun ton, ni aucune rhétorique, pour éclairer les aveugles, sÉv. janv. <674 (t. m, p. 383, éd. hégnieb).

— F.T\.M. Lat. versionem, de rerium, supin de vertere, tourner.

VKUSO {vèr so), s. m. La seconde page, le revers d'un feuillet. || Au plur. Des versos.

— ETYM. Verso, sousenlendu folio, la feuille étant tournée, de tersui, tourné.

t VERSOIR (vèr-soir), s. m Partie de la charrue qui renverse la tranche de terre détachée par le contre et le soc ; dite aussi oreille en raison de sa forme contournée.

— ETYM. l'erjer.

VERSTE (vèr-sf), ». f. Mesure itinéraire de Russie. La verste vaut <077 mètres, ou un peu plus d'un kilomètre.

— ktym. Russe, verslà, de verstati, mesurer. VERT, KUTE (vêr, vèr-t'), adj. \\ !• Qui est de

la couleur de l'herbe et des feuilles des arbres. Drap vert. L'hiver et l'été y sont toujours mêlés ensemble [en Andalousie] ; et, quand la vieillesse de l'année blanchit la terre partout ailleurs, elle est ici toujours verte de lauriers, d'orangers et de myrtes, voit. Leit. 39. Si l'on est en pays vert, dans une bonne prairie, buff. Quadrup. t. v, p. 22. A toi, verte cigale, amante des bruyères, A. chén. Pannychis. Ces verts rameaux penchent leur chevelure, DUCis, Othello, V, 2. Il Bonnet vert, bonnet que portaient les banqueroutiers. Sans attendre.... que d'un bonnet vert le salutaire affront Flétrisse les lauriers qui lui couvrent le front, boil. Sat. 1. Il Sauce verte, sauce qui a pour base du jus d'épinards. || Huîtres vertes, huîtres qui ont pris cette coloration dans le parc, grâce à une nourriture particulière. || Vert comme pré, très-vert. Il n'en est pas de même de mes misérables petites étrennes; dès que je ne vous aimerai plus, elles deviendront vertes comme du pré, SÉv. <B janv. «080. |j Régime vert, régime des solipèdes mis au vert, voy. ci-dessous vert, n' u. La durée moyenne du régime vert est de vingt i vingt-cinq jours. || 2" Par extension, en parlant des arbres et des plantes, qui a encore de la sève. Cet arbre n'est pas mort, il est encore vert. Le degré de dessèchement du bois fait beaucoup à sa résistance; le bois vert casse bien plus difficilement que le bois sec, bufp. Hist. nat. part, exp. Œuv. t. VIII, p. )07. Il Bois vert, bois qui n'a pas perdu toute son humidité depuis qu'il a été coupé. Lorsque le Picard Jean Chauvin offrit le sacrifice de l'Espagnol Servet dans une pile de fagots verts, VOLT. Lois de Minos, Notes. Basile I ô mon mignon I si jamais volée de bols vert, appliquée sur une échine, a diiment redressé la moelle épinière à quelqu'un, beaumabch. Ifor. de Fiy. I, 1. Il Fig. Si le bois vert est ainsi traité, que serace du bois secT boss. Uist. u, 8. || 8* Pierres vertes, pierres fraîchement tirées de la carrière. || Morue verte, morue qui n'a pas été séchée. || Morue verte se dit aussi quelquefois des morues qui ont naturellement la couleur verte. || Ivoire vert, voy. IVOIRE. Il Terme de corroyeur. Des cuir» verts, peaux non préparées. || 4* Qui n'a pas achevé de mûrir, qui a encore de l'acidité. Des fruits verts. Il Vin vert, vin qui n'est pas encore assez fait, il Pois verts, pois nouveaux, par opposition aux pois qui se gardent secs. Qu'à Paris le gibier manque tous le» hivers, El qu'à peine au mois d'aoùl on mange des pois verts, boil. Sat. m. Il Fig. U trouve les raisins trop verts, il dénigre et fait semblant de dédaigner ce qu'il ne peut obtenir. Us [de» raisins) sont trop verts, dit-il [le renard), et bons pour des goujat», la font. F'M. III, II. )| Entre deux vertes une mûre, voy. m)a. Il Fig. Il en donne de bien vertes, il débite des choses exagérées, fausses, mensongères. )| 8* Fig. Il se dit du jeune âge que l'on compare i la verdure du printemps. La verte jeunesse. La raison n'est pas mûre en si verte saison, rotr. Antig. iv,

8. II fuit [le temps], et me» verte» année» Disparaissent de mon regard, lamaht. Ilarm. m, 9. il 11 se dit aussi des personnes. Deux veuves sur son coeur eurent le plus de part : L'une encor verte, et l'aiitre un peu bien mûre, la font. tabl. I, n.))Vert galant, voy. galant, n' 7. || Fig. Cet homme a la tête verte, c'est une tête vei te, il eit brusque et évaporé. Dans mes rêveries de ma grande maladie, je trouvais, je croyais et je disais que j'avais une cuisse bleue; c'était celle qui me faisait le plus de mal: de sorte que je lui ai done accordé qu'il a une cuisse bleue, pourvu qu'il demeure d'accord qu'il a la tête verte, slv. 23 oct. 4S7a. ||6* Fig. II se dit de l'ige avancé qui conserve de la vigueur. Une verte vieillesse. Mais à sa verte audace, à son œil plein de feu. On reconnaît d'abord la vieillesse d un dieu, delille, Én.vi. Il U se dit aussi des personnes. Je suis plus vert, morbleu, qu'un homme de vingt ans, boisst, Impaiiertt, m, 7. Je ne me creis pas vieux, et je suis vert encore, picabd, Provinc. à Paris, 11, 4. C'est à toi de régler ma fougue impétueuse. Et de voir, sans péril assei-vi sous la loi. Mon génie encor vert galoper devant toi, ducis, £p. à Andrieux. \\ 7" Décisif, qui ne marchande pas. Vous êtes encore bien vert, mon ami ; il y a bien du vieil homme, c'est-à-dire du jeune homme en vous, SÉV. 29 août (677. Il ne faut point avoir de mollesse en sa vie ; Je suis vert, regnard, It Joueur, IV, 9. X table il aime qu'on ne ; Mais parfois j'y suis trop vert, bErano. Sénateur. \\ Dans le même sens, en parlant des choses. Une verte réprimande. L'attaque commença à l'instant, verte et vigoureuse de tous côtés , pellissun , Lett. hitt. t. I, p. 336. Il 8' Langue verte, parler voisin de l'argot, et dans lequel on emploie des locutions n'ayant guère de sens que pour ceux qui y sont initiés. Il 9° S. m. La couleur verte. Vert de mer, vert brun, vert d'émeraude, vert-dragon, vertpré. À peine le vert veut-il montrer le nez ; pas un rossignol encore, sÉv. 17 avr. 1089. On ne peut voyager ni dans un plus beau vert, ni plus agréablement, iD. 2 mai <(i89 Voir et sentir le priatemps avec son vert naissant, id. 26 mai tes». Le chevalier prit le vert [prit une écharpe verte], UAHILT. Gram. 4. Le vert naissant était, dans l'ancienne chevalerie, la couleur des nouveaiu chevaliers, saint-fou, Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. 2Ui), dans pougens. Dans les jeux du cirque, les chariots dont les cochers étaient habillés de vert, disputaient le prix à ceux qui étaient habillés de bleu, hontesq. ttom. 2U. Dans ce livre immortel [Clarisse Harlowe], comme dans la nature au printemps, on ne trouve p >int deux feuilles qui soient d'un même verl, bider. El. de iiichardson. Des collines couvertes d'oliviers, dont le vert bleuâtre est agréablement coupé par le vert foncé des caroubiers et par lu vert plus clair des pins marins, Saussure, Kuj/. Alpes, t. v, p. 296. Le vert, fils du printemps, peint la douce espérance, delille, Imag. ni. || faille en vert, vuy. taille, n* 2. Il Faction des verts, partisans de ceux d'entre les conducteurs de chars qui étaient hauillés de vert. Il Vert-pomme, couleur de pomme. Des étoffes vert-pomme. Un petit Français, poudré et fri^é comme autrefois, habit vert-pomme, veste de di'Oguet, jabot et manchettes de mo^isscline, raclait un violon de poche, ciiateaubr. Amer. Voy. en Amer. || Sardines en verl, celles qu'on ne couvre que d'un peu de sel. || 10* Terme de physique. L'une de» sept couleurs du speclre solaire ; c'est la quatrième ; elle est placée entre le jaune et le bleu, qui semblenl lui donner naissance par leur mélange. || 11* Vert des plantes, voy. chlohopuyllk. Il 12' Il so dit des différentes couleur» venes préparées pour la peinture ou la teinture. Les verts herbus, verts gai», verts naissanu, verts jaunes, verts de mer sont guéilcs et parachevés de gaude, hcylrm. sur les manuf. août t»«9, rrirUure «n lat ne, art. •». Le» bleus, vert gai, vert de pomme, vert de chou, verl d'olive, vert de mer, verl d'ctillels et céladon, seront gaudé» et passés en cuve, ib. Teinture en soie, laine et fil, art. 44. Vert roux, ib. art. 46. || Vende composition, vert secondaire, composé avec le jaune et le bleu ; le vert d'eau, le verl de mer, le vert de Saxe sont de» verts de composition. Il [le verdel] entre dans la composition du verl d'eau, liqueur verte qu'on emploie pour le lavis de» plans, thknard, Traité de chim. l. m, p. 7», dan» pouokns. || Verl d'iri», couleur tirée des feuilles de l'iri». || Verl de monia^jne, vert de Hongrie, carbonate de cuivre. Le verl de montagne sert i peindre en vert d'herbe. || Vert d'oie,

VER

«•pèce de massicot qu'on appelle aussi massicot pied d'oie. H Vert de Scheele, couleur formée prinoipalcment d'arsénite de deutoxydo de cuivre. Il Vert de vessie, nom donné dans le oommerco à une sorte de couleur verte qu'il reçoit ordinairement enfermée dans des vessies, et qui est extraite des baies mûres du nerprun des teinturiers (rhamnécs), lesquelles avant leur maturité fournissent une couleur jaune appelée stil de grain, LEOOAHANT. Vert de vessie, le cent pesant estimé 46 livres, Déclarât, du roi, nov. 1640, Tarif. Il 13* Nom vulgaire des fourrages herbacés avant leur dessiccation, qu'on donne à manger aux bêtes, soit à l'écurie, soit sur place. Le vert, renfermant beaucoup d'eau de végétation, est compté parmi les aliments peu substantiels. Il n'y a pas un arbre dans nos campagnes qui ait poussé une feuille ; et le vert manque encore pour les bestiaux, volt. Lett. (TArgental, ie avr. )754. || Mettre au vert, donner le vert, faire prendre le vert, s'entend de l'alimentation exclusive, pendant un temps donné, avec du vert, pour des animaux qui se nourrissent habituellement de fourrages secs ; ces expressions ne sont guère employées que lorsqu'il s'agit de solipèdes. Un loup, dis-je, au sortir des rigueurs de l'hiver, Aperçut un cheval qu'on avait mis au vert, LA FONT. Fabl. v,8. Il Fig. Manger son blé en vert, couper ses blés en vert, manger son revenu d'avance. Il Fig. Prendre sur le vert, prendre même ce qui n'est pas mûr, n'être pas timide. Je connais à tous deux où tient la maladie ; Et le mal sera grand si je n'y remédie; Mais sachez qu'il est homme à prendre sur le vert, cobn. ifent. iv, 9. || Laisser sur le vert, laisser sur le pré comme on fait pour les toiles qu'on blanchit. 1| Fig. Laisser sur le vert, abandonner. [Poètes qui ne s'occupent qu'à] Epier si des vers la rime est brève ou longue, Ou bien si la voyelle à l'autre s'unissant Ne rend point à l'oreille un vers trop languissant, Et laissent sur le vert le noble de l'ouvrage, régnier, Sat. ix. Il 14' Le vert se dit, dans quelques expressions proverbiales, de ce qui conserve encore de l'humidité, en parlant de végétaux, de bois. 1| Jouer au vert, jouer un certain jeu qui était en usage dans le mois de mai ; ceux qui le jouaient devaient porter, tout le mois, une feuille verte cueillie le jour même ; chaque joueur, pris sans être muni do cette feuille, était puni de quelque amende. Ce mai fl'arbrej nous avertit qu'il faut songer au vert. — Vous y jouez donc. — Oui. — Gardez d'être attrapée, la font. Je vous prends sans vert, se. 8. Il Fig. Prendre quelqu'un sans vert, le prendre au dépourvu. Et [je] suis parmi ces gens comme un homme sans vert, régnieh, Sat. x. Je confesse à ce coup que je suis pris sans vert, th. corn. Amour à la mode, u, 3. || Fig. Employer le vert et le sec dans une affaire, employer toutes ses ressources pour la faire réussir : métaphore prise de ceux qui, pour fiire un grand feu, y mettent le bv is vert et le (ec. Il 15° Acidité du vin qui n'est pas encore fait. Le vert du bon vin se tourne en sève. || 1G° Nom de certaines roches, marbres, substances. || Vert antique ou vert d'Egypte, se dit d'un marbre précieux qu'employaient quelquefois les anciens et qui est devenu fort rare. || Vert de Brunswick, protochlorurc de cuivre. || Vert campan, marbre vert campan, sorte de marbre de la vallée de Campan [Pyrénées). || Vert de chrome, oxyde de chrome. Il Vert de Corse, roche susceptible d'un beau poli. il Vert de cuivre, la malachite fibreuse. || Vert de Florence, marbre vert antique. || Vert de Gênes, «orte de marbre. || Vert de mer, roche à base de serpentine, fort tendre, d'une couleur verte assez obscure, tachetée de différentes couleurs. || Vert de Suse , marbre du Piémont. || 17" Terme de zoologie. Vert doré, l'oiseau mouche vert doré de certains auteurs, c'est le jeune âge de Vornismye viridistirM, insectivores, de Lesson, Brésil, legoaraht. Il Le turde bronzé (insectivores) de Linné qu'on trouve au Sénégal, est appelé merle vert doré, et plusieurs autres oiseaux reçoivent la même épilhète, leooarant. || Vert doré, nom vulgaire de la noctuelle chrysile, lépidoptères nocturnes, habitant l'Europe. || Vert blanc, poisson du genr* jpare. || Vert des bois, vert des dames, vert deïorlies, trois espèces d'agarics. || 18' Verte bonne, nom, en Noimandie, do la prune de reine-claude. Il Verte longue, nom de plusieurs variétés de poires iucréc». 11 y aussi la verte longue panachée. IH9' S. f. Verte, nom vulgaire d'une couleuvre. ||Trè»-V'rto, espèce de couleuvre.

— IIIST. XI' s. Sur l'erbe verte cstul devant son tref [tente], Ch.4ê iol. lui. || zu*b. Que l'erbe vert

VER

en est ensanglantée, ronc. p. 90. Que naist la rose et le lis, Et la rosée au vert pré, Couci, xu. || Xlli* s. Et se li baril d'aucune des quatre manières de fus estoient fais trop vers, Liv. des met. <04. Tout fust ce que li aceteres [acheteur] s'escusast por ce que il eust soie les blés vers, por doner à ses quevaux, BEAUM. XLTV, 41. H xiv S. Se le vin est trop vert, Mdnagier, ii, 3. || xv s. [Le sire de Laval] entra en grant souspeçon de son beau frère.... et regarda sus le duc, qui devint plus vert que une feuille, froiss. II, III, 63. De huit pain plusieurs fois manga; Mais ains pour ce ne se changa, Tous jours fufolz, juenes et vers, E. desch. Hiroir de mariage, p. 4 4. Ferez [frappez] en eulz, soyez vistesetvers; François perdent leur temps à conseiUier, m. Bail, cons. desFraniois. Or avant, dist le jouvencel, si je treuve homme qui me veuille suyvir, j'en feray une verte ; aussi dit on que qui ne cueult [cueille] des vertes, il ne mcngera jà des meures, le Jouvencel, (° <9, dans lacurne. Le vingt cinquième jour de juin s'assemblèrent ceux de la verde tente [sorte de bandits] en grand nombre, et boutèrent feu, tuant et pillans, ol. de la marche, Uém. liv. I, p. 390, dans LACURNE. Il XVI' s. L'escorce vert, MAROT, IV, 74. L'escorce verte, id. iv, 75. Le dyable me prendroit sans verd, s'il me rencontroit sans dez, RAB. Pant. m, 2. Jamais ne feurent veus chevfaliers plus verds, id. Garg. iv, 9. Que ce ne soit pas un beau garson et dameret, mais un garson vert et vigoureux, mont, i, 183. En sa plus verte jeunesse, id. i, 222. Les trenohées d'une verte cholique, ID. l, 328. J'estrenerai mon roi de trois sortes devers [olive, laurier, cyprès], Un pasle, un vif, un brun : nul des trois ne s'estonne, Mais plus doux et plus fort, et plus beau rebourgeonne Au vent et au soleil et au froid des hyvers, d'aub. Hist. 1, n. Il est temps de mettre en vue dom Jouan, qui emploie vert et sec.... id. ib. 11, 402. Les couleurs qui se font d'herbe sont de peu de durée, comme le saphran, le verd de vessie, le tournesol.... pa- LissY, 289, On plie facilement une verge humide et verde, paré, xiv, 47. Le murte noir a le fueillage de vert brun, et le blanc de vert gay, 0. de SERRES, 653. Autres font manger le vert au pré, y mettant les chevaux dès l'aube du jour, m. 985.

— ÉTVM. Berry, vard, au fém. varde, varie; bourguig. var, lord, vorde ; wallon, ver, au fém. vett ; provenç. vert ; catal. verd ; espagn. et ital. f«rde;du lat.DJndis, que Eugène Burnouf rattache au zend lairi, sanscr. harit; grec, x'oo-- Harit tient à la racine ghar, oindre, et de là faire briller, briller comme une chose enduite de beurre: d'ûùle sens de couleur jaune, verte.

t VERTACLET (vèr-tô-lè), s. m. Terme de pêche. Filet conique et à manche qui sert à prendre des truites.

VERT-DE-GRIS (vêr-de-grî), s. m. || 1° Nom vulgaire du sous-carbonate de deutoxyde de cuivre qui se forme à la surface des ustensiles de ce métal ; c'est le vert-de-gris naturel. U ne faut pas le confondre [le vert de-gris] avec la substance verte qui se forme sur les vases de cuivre qu'on n'a pas soin de nettoyer; cette substance, que l'on appelle aussi vert-de-gris est un véritable sousdeuto-carbonate, tiienard. Traité de chim. t. m, p. 78, dans PouGENS. |l 2" Le vert-de-gris du commerce, ou verdet, acétate bibasique de cuivre dont la nuance varie du bleu au vert, selon la quantité d'eau, et qui est produit par l'action du cuivre sur le marc de raisin. Verdet ou vert-de-gris, le cent pesant estimé 3« livres. Déclarât, du roi, nov. 1 640, Tarif. Tous les acides végétaux attaquent le cuivre ; c'est avec l'acide du marc des raisins qu'on fait le vert-de-gris dont se servent les peintres, buff. Iftn. t. v, p. 97.

— HIST. xni* s. Deivent prendre le verte grez Mult délié e mult menu, Ms. St-Jean. || xiv* s. Vert de grice, h. de mondeville, f* 47.

— ÉTYM. La forme la plus ancienne est vrrtegrex, qui peut-être doit se décomposer eu vert aigret, le verd produit par l'aigre, l'acide.

t VERT-Ui:-GKISÊ, EE (vôr-de-gri-zé, zée), adj. Qui est couvert de vert-de* gris. Parce que vous mêlez i la cire des cierges Votre affreux suif vertde-grisé, V. HUGO, Châtiments, à des journalistes de robe courte.

VERTÉBRAL, ALB (vèr-té-bral, bra-1'), adj. Il 1° Terme d'anatomie. Qui a rapport aux vertèbres. Artère vertébrale. || Colonne vertébrale, longue tige résultant de l'assemblage de toutes les vertèbres. Il Canal vertébral, conduit qui règne dans toute la longueur do la colonne vertébrale depuis le grand trou occipital jusqu'au canal

VER

sacré qui n'en est que la continuation. || Ligament» vertébraux, nom donné à deux bandes ligamenteu-i ses qui régnent dans toute la longueur du rachis, depuis l'axis jusqu'au sacrum ; l'un, antérieur, est placé au devant du corps des vertèbres ; l'autre postérieur, est situé le long de la face postérieure de ce corps, dans l'intérieur du canal vertébral. Il Moelle vertébrale, prolongement de l'organe encéphalique, s'étendant du trou occipital à la partie inférieure du tronc, et occupant le canal vertébral. Il Nerfs vertébraux, nom donné à tous les nerfs au nombre de trente et un de chaque côté, qui naissent de la moelle vertébrale par deux racines, l'une antérieure et l'autre postérieure. || Sinus vertébraux, nom donné à deux longues veines situées aans le canal vertébral, et communiquant par tous les trous de conjugaisons avec les veines voisines. || 2° Terme de médecine. Arthrite vertébrale, nom donné improprement à l'altération des disques intervertébraux qui est consécutive à l'ostéite vertébrale ou inflammation du tissu osseux du corps des vertèbres ou à leur carie. || 3* Terme de zoologie. Se dit d'un polypier qui ressemble à une petite vertèbre de squale.

VERTÈBRE (vèr-tè-br'), s. f. Terme d'anatomie. Chacun des vingt-quatre os qui forment la colonne vertébrale et qui sont le centre des mouvements du tronc. Il Vertèbre type, en ostéologie, construction abstraite qui ne se rencontre à l'état parfait ni chez les poissons, ni chez les autres vertébrés ; mais qui, en général, chez les vertébrés supérieurs, se rapproche plus du modèle théorique que chez les autres.

— HIST. xvi" s. La mouelle et les rouelles ou vertèbres, paré, m, 42.

— ÊTVM. Lat. vertebra, de rertere, tourner. VERTÉBRÉ, ÉE (vèr-té-bré, brée), adj. Terme

d'histoire naturelle. || 1° Qui est pourvu de vertèbres. || Animaux vertébrés, grande division du règne animal, comprenant tous les animaux dont le corps et les membres ont une charpente intérieure osseuse ou cartilagineuse, composée de pièces liées ensemble et mobiles les unes sur les autres. Cet embranchement est divisé en quatre classes: 4° les mammifères; 2° les oiseaux; 3° les reptiles: 4° les poissons. || Substantivement. Les vertébrés, les animaux vertébrés. || 2' S'est dit des insectes dont le dos présente des lignes disposées de manière à imiter le dessin d'un squelette. Il 3° Terme de botanique. Qui offre des articulalions distinctes et placées à égales dislances.

— RTVM. Lat. vertebratus, de vertebra, vertèbre, t VERTÉBRITE (vèr-té-bri-f), s. f. Vertèbre fossile.

t VERTÉBRO - ILIAQUE (ver - té -bro-i-li -a-k'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux vertèbres et à l'os iliaque. || Articulation verlébroiliaque, articulation de la dernière vertèbre lombaire avec l'os iliaque.

t VERTELLB (ver-tè-l'), I. f. Espèce de bonde fermant les varaignes des marais salants.

VERTEMENT (vèr-te-man), odiî. Avec fermeté, avec vigueur. S'il vous eût vu tantôt lui parler vertement, Il craindrait vos transports et mon ressentiment, mol. Ée. des mar. n, 4 4. Cela m'oblige à vous exhorter.... à le pousser [un fermier débiteur] aussi vertement qu'il l'a mérité, ca. de sÉv. dans sÉv. t. vn, p. 627, édit. régnier. M. de Buffon m'en reprit [d'avoir dit que les coquilles trouvées dans les Alpes provenaient de pèlerins] très-vertement dans sa Théorie de la terre, volt. Uél. hisl. Déf. de mon otule, 4 9.

— HIST. XVI» s. Il fut le premier qui fit brusler l'esmorche aux enfans perdus de l'ennemi, si vertement qu'il gagna sur eux U colline où il se vouloit loger, d'aub. Uist. i, 246.

—ÊTVM. Tertt, et le suffixe ment ; wal. vettmain.

t VERTENELLES (vèr-te-nè-l'), s. f. pi. Terme de marine. Charnières ou pentures qui maintiennent le gouvernail.

— ETYM. Lat. tertere, tourner.

t VERTERELLE (vèr-le-rè-l'), S. f. Pièce de fer en forme d'anneau qu'on fixe dans une porte pour retenir le verrou. Il On a dit aussi vertenelle.

— HIST. xiv s. Les verlerelles [gonds] de l'huis, DU CANGB, vertibella. || xv" s. Pour avoir fait ou [au] guiscbut de la porta une clef, et fait une vcrtevelle au oourroil, Bibl. des ch. i' série, t. iv, p. 389.

— RTVM. Lat vertere, tourner.

t VERTET (vèr-tè), s. m. || f Petit cône en fer ou en laiton, surmontant le fuseau dont on se sert pour filer i la quenouille (Drômc). 112* Cbampi-

VER

VER

VER

gnon trts-bcn à manger (agaric élevé , grande columellc).

— 6TYM. Lat. verJere, tourner.

t VERTEX (v^r-lfcks'1, s. m. Sommet de la tête dans les vertébrés, ou partie du crAne qui est située entre les deux oreilles. || Nom donné quelquefois dans les insectes à la portion horizontale de la face qui touche au front, et qui est située derrière les yeux.

— IIIST. iiii* s. Le froit le prent en la vertir, Partonop. t. ii, p. 8. {| ivi' s. Par le vcrtox ou sommet est estendu la fontenelle ou bien ce qui est également au milieu de la suture sagittale, pAiiÉ, m, 1.

— f.rVM.Provenç. verlex; cspagn. et ital. tierticc: du !at. rertex, verticem, sommet.

t>T;RTI, lE (vèr-ti, tie), adj. S'est dit des lettres retournées qui, dans les indications des feuillets des anciens manuscrits et dos premiers essais typographiques, ont été employées pour marquer la seconde série des feuillets, comme on a employé depuis les lettres doubles. Un v verti.

— ÉTYM. Participe passé de l'ancien verbe vertir, tourner, du lat. vertere.

VERTICAL, ALE (vèr-ti-kal, ka-r),od/. || l" Qui est placé haut au-dessus de la tête, du vertex. Lorsque le soleil, au Capricorne, échauffe pendant trois semaines l'île de France de ses feux verticaux.... BERNARD. DE ST-p. Paul et Virg.\\i' Qui est perpendiculaire au plan de l'horizon ou à la surface des eaux tranquilles. Plan vertical. || Ligne verticale, celle que suivent les corps qui tombent et qui est indiquée par le fil à plomb; ligne rationnelle que suit la résultante des forces de pesanteur d'un corps, et partant du centre de gravité. || Cadran vertical, cadran solaire perpendiculaire à l'horizon. || 3° Terme d'astronomie. Point vertical, le zénith. || Cercles verticaux, grands cercles de la sphère qui passent par le zénith et le nadir. ||Ondit aussi substantivement un vertical. Le premier vertical d'un lieu est le plan qui, passant par la verticale de ce lieu, est perpendiculaire à son méridien. |] 4° Terme de marine. Se dit d'un plan passant par l'axe de la quille, do l'étrave et de l'étambot ; on dit aussi plan diamétral. Il Se dit également d'un plan passant par le milieu des branches du maître-couple. |! 5* Terme de géologie. Ordre vertical, ordre de superposition des différents terrains ou couches. 1 6* Terme de botanique. Se dit de tout organe qui s'élève perpendiculairement à l'égard, soit de l'horizon, soit de la partie qui le supporte. || 7* S. f. La verticale, ligne verticale. Les corps tombent suivant la verticale.

— ÊTYM. Lat. verticalis (q'jicherat, Addenda), de rertex, sommet.

VERTICALEMENT (vèr-ti-lia-leman), adv. Perpendiculairement au plan de l'horizon.

— f.TYM. Verticale, et le suffixe ment.

t VEUTICALITÉ (vèr-ti-ka-li-té), s. f. f^tat d'un corps placé perpendiculairement à l'horizon. Si je considère la situation de leurs couches, je vois qu'elles sont relevées du côté de l'ouest; et la verticalité des fentes qui les coupent me prouve que cette situation est à peu près la même que dans son origine, SAUSSURE, Koy.jilpes, t. v, p. 2B0. Pour découvrir l'erreur, s'il y en a une, rectifiez bien l'instrument, en vous assurant de sa verticalité par le fil à plomb ou le niveau, delambre, Abrégé astron. i' leçon.

VERTICILLE (vèr-ti-si-l'), s. m. Terme de botanique. L'ensemble des parties de la ficur ou des organes foliacés disposés, au nombre de deux au moins, autour d'un axe commun et sur un même plan horizontal. Il Faux verticilles, verticilles incomjilets, dans lesquels les fleurs ne partent pas de tout le pourtour de l'axe, et ; laissent des intervalles.

— ÊTYM. Lat. rerticillus, petit sommet, petite touffe, de vertex, sommet.

VEUTICILLÉ, ÊE (vèr-ti-sil-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui est disposé en verticille. || Demi- Tcrticillé, se dit des feuilles qui n'entourent que .a moitié de la tige.

t VERTICILMFLORE ( vèr-ti-sil-H-no-r' ) , adj. Terme debotaniquc. Dont les fleurs sont verticillées.

— f.TYM. Verticille, et fleur.

I VERTICITÊ (vèr-ti-si-té), s. f. Ancien terme de physique. Propension d'une chose à se tourner d'un certain côté. La verticité de l'aiguille aimantée est de tendre vers le pôle.

— ETYM. Lat. vertere, tourner.

VERTIGE (vèr-ti-j'), s. m. || !• État dans lequel

il semble que tous les objets tournent et que l'on tourne soi-même. Elle ne voyait plus sa route; un vertige la lui cachait, et lui faisait apparaître mille lumières, plus vives encore que celle même du jour, STAKL, Corinne, Xf, 1. || Fig. Ce vertige de la nature [les tremblements de terre], BATNAt.. Wi.t(. phil. VII, aa. Un vertige soudain saisit les éléments, c. delav. Paria , iv , 7. Il Vertige ténébreux, vertige, dit aussi scotomio, dans lequel au tournoiement dos objets se joint un obscurcissement tel de la vue que le malade a peine à conserver l'équilibre. || Vertige rhumatismal, nom donné i des accidents vertigineux qui surviennent chez les individus sujets aux douleurs rhumatismales articulaires ou musculaires. || Vertige des maladies de l'oreille, vertige qui sui-vient dans quelques maladies de l'oreille, et qui paraît tenir à une lésion des canaux demi-circulaires. Il En vétérinaire, vertige essentiel, encéphalite chez le cheval. Vertige abdominal, symptomatique, maladie due généralement à une irritation du tube intestinal. || 2° Fig. Égarement des sens, folie momentanée. L'assassinat commis par Jean Châtel [sur Henri IV] est celui de tous qui démontre le plus quel esprit de vertige régnait alors, volt. Mœurs, *74. Bientôt, hélas! trop agrandi. Le vainqueur sur son trône même Chancelle, le front étourdi Des vertiges du diadème, P. lebrun, Itort de Nap. iv. || Terme de l'Écriture. Esprit do vertige, esprit d'erreur, de folie, d'égarement. Le Seigneur a répandu l'esprit de vertige dans ses conseils, Boss. Hist. m, 7. || Esprit de vertige a passé dans le langage général. Il semble que, dans cette affaire, les jésuites et leurs amis aient été frappés d'un esprit de vertige, et qu'ils aient fait eux-mêmes tout ce qu'il fallait pour précipiter leur ruine, d'alemb. Œuv. t. v, p. <27.

— HIST. XVI* s qu'il eust esblouissement des

yeux ou vertigine, c'est à dire, qu'il luy semblast que tout tournast dessus dessous, paré, viii, 2.

— ÉTYM. Provenç. vertige, vertitge, vertige, et aussi vis; ital. vertigine; du lat. vertiginem, de vertere, tourner, et le suffixe igin, qui vient de agere, agir, faire.

VERTIGINEUX, ECSE (vèr-ti-ji-neû, neu-z'), adj. IU'Oui cause le vertige. Une hauteur vertigineuse. Il 2" Terme Ide médecine. Qui concerne Ile vertige. Aff"ection vertigineuse. || 3° Qui a des vertiges, qui est sujet aux vertiges (peu usité en ce sens).

— HIST. XVI* s. Les malades deviennent vertigineux et insensés, paré, xxiii, 30. Il feroil beau estre vieil, si nous ne marchions que vers l'amendement; c'est un mouvement d'yvrongne, titubant, vertigineux, informe, mont, iv, 9).

— ÊTYM. Lat. verliginosus, de verligo, vertige. t VERTIGINOSITÉ (vèr-ti-ji-nô-zi-té), î. f. Terme

de médecine. Étal de vertige.

— HIST. XVI* s. Les malades tombent en vertiginosités et défaillance de cœur, paré, xxiii, 4.

VERTIGO (vèr-ti-go), s. m. || l" Terme familier. Caprice, fantaisie. Les gens à vertigos sont parfois furieux, HAUTEROciiE, App. tromp. m, 6. Voyez un peu quel vertigo lui prend, mol. Pourc. ii, c. Quel vertigo est-ce donc là? mon pauvre Covielle, dis-moi un peu ce que cela veut dire, ID. Bourg, gent. m, 8. Je guéris une fois l'infante du Congo, Qui vraiment avait bien un autre vertigo, begnard. Fol. amour, m, 7. || 2' Maladie des chevaux, tournoiementde tête. |! 3Genrcde coquilles univalves.

— HIST. XIV* s. La maladie nommée scotomie ou vertigo, est un subit esblouissement et ofl"uscation de la veue, paré, xv, 3.

— f.TYM. C'est le lat. vertigo, vertigo, francisé. t VERT-PRÉ (vèr-pré). Vinaigre du Vert-Pré.

Moutarde du Vert-Pré (le Vert-Pré est l'enseigne de la maison fondée en (869).

VERTU (vèr-tu), s. f. || 1" Force morale, courage (sens propre du latin virtus). La honte de mourir sans avoir combattu Arrête leur désordre, et leur rend leur vertu, corn. Cid, iv, 3. Et, bien qu'aniin.il sans vertu. Il [l'àne couvert de la peau du lion] faisait trembler tout le monde, la font. Fabl.y, 21. Cette femme, aussitôt, fine, adroite, hautaine. Saura mettre à profit votre peu de vertu, Et triompher de vous, vous voyant abattu, lo. Eunuque, l, <. || N'avoir ni force ni vertu, n'avoir ni force ni courage. Mais enfin, interdit, languissant, abattu. Je sens que je n'ai plus ni force ni vertu, baron, Àndrienne, ii, t. Benjamin est sans force, et Juda sans vertu, rac. Athal. l, 1. || Il est comme le soleil de janvier qui n'a ni force ni vertu, se dit d'un homme faible. || 2* Ferme disposition de r&me i fuir le mal et à faire le bien.

Saint Augustin dit au quatrième livre de la Cit4 de Dieu que la plupart des anciens ne déSniv saicnt point autrement la vertu que l'art de biea vivre.... le même propose ailleurs une autre définilion de la vertu, qui est plus étendue, et dùnl saint Thomas s'est voulu servir, la nommant un* bonne qualité qui fuit bien vivre celui qui li yos» sèdc, de laquelle personne ne peut mal user, et que nous tenons de la main de Dieu.... d'autref, comme Cicéron, l'ont nommée une constante dia* position i bien faire et à suivre la raison, la mo THE LE vaïeb. Vertu des païens, i, avant-prupoM. La vertu rend parfois les malheurs vénérables , TRISTAN, M. de Chrispe, l», ♦. La vertu n'irait pas si loin, si la vanité ne lui tenait compagnie, LA noCHEKOUC. Uaxiiii. au mot vertu. Il faut parmi le monde une vertu traitable, uol. Mit. l, i. Nous ne nous soutenons pas dans la vertu par notre propre force, mais par le contre-poids de deux vices opposés, comme nous demeurons debout entre deux vents contraires, pasc. Peru. ixv, «2, édit. havet. La vraie vertu et la vraie religion sont choses dont la connaissance est inséparable, id. ib.xi, 2 Ce que peut la vertu d'un homme ne se doit pas mesurer par ses cITorts, mais par son ordinaire, lo. tb. vi, 27. Il [Montaigne] rejette bien loin cette vertu stoîque qu'on peint avec une mine sévère, un regard farouche, des cheveux hérissés, le front ridé.... ID. Enlrel. avec H. de Saci. Elle croyait voir partout dans ses actions un amour-propre déguisé en vertu, Boss. Anne de Goni. Ainsi que la vertu le crime a ses degrés, bac. Phèdre, rv, 2. Qui le dirait! la vertu même a besoin de limites, montesq. Espr. XI, 4. On dit de Marcus Brutus qu'avant de se tuer il prononça ce5 paroles : Ô vertu, j'ai cru que tu étais quelque chose, mais tu n'es <|u'un vain fantôme, volt. Dict.phil. Vertu, t. Qu'csKe que vertu? bienfaisance envers le prochain; puis-je appeler vertu autre chose que ce qui me fait du bien? id. ib. 2. Nous avons si peu de vertu, que nous nous trouvons ridicules d'aimer la gloire, VAUVEN. fl^/J. et Max. l>9. La vertu, supérieure à la probité, exige qu'on fasse le bien, et y détermine, DUCLOS, Conît'd. mœurs, 4. Il n'est pas si facile qu'on pense de renoncer à la vertu : elle tourmente longtemps ceux qui l'abandonnent, J. j. Rouss. Hél. III, IH. Chère amie, ne savez-vou» pas que la vertu est un état de guerre, et que, pour y vivre, on a toujours quelque combat à rendre contre soi?iD. «6. vi, 7. C'est là qu'il [Sénèque] dit de la gloire, qu'elle est à la vertu ce que l'ombre est au corps, uider. Cl. et Sér. ii, 28. La véritable vertu, c'est de donner aux êtres qui souffrent, et dont on n'attend ni plaisir ni reconnaissance, GENUS, Mères riv. t. m, p. 137, dans pougens. Il Familièrement. Vous avez bien de la vertu, se dit à quelqu'un qui vient de faire un chose pour laquelle on se sent de la répugnance. || Faire de nécessité vertu, faire de bonne grâce une chose obligée, mais désagréable. La Rancune.... faisant de nécessité vertu, commença Vl jouer des bras, SCARR. Rom. eom. u, 5. |l 3* Il se dit aussi de telle ou telle qualité particulière. On ne méprise pas tous ceux qui ont des vices; mais on méprise tou» ceux qui n'ont aucune vertu, la bocuefol'c. Max. 18(1. Nos vertus ne sont le plus souvent que des vices déguisés, id. il), au mot t;er(u. Les vertus devraient être sœurs. Ainsi que les vices sont frères, la font. Fabl. viii, 25. Je n'admire point l'excès d'une vertu, comme de la valeur, si je ne vois en même temps l'excès de la vertu opposée, comme en Épaminondas, qui avait l'extrême valeur et l'extrême bénignité, pasc. Pens. vi, 21. La vraie et unique vertu est de se haïr; car on est haïssable par sa concupiscence, id. ib. xxiv, 39 bis. Quand on veut poursuivre les vertus jusqu'aux extrêmes de part et d'autre, il se présente des vices qui s'y insinuent insensiblement, ID. i6. xxv, 62. Les passions dominées sont vertus, id. ib. .xxv, (04. Nous savons que toutes les vertus, le martyre, les austérités et toutes les bonnes ueuvres sont inutiles hors de l'Église et de la communion du chef de l'Eglise qui est le pape, id. Lelt. à Mlle de Roannex, t. La princesse palatine avait les vertus que la monde aumire, et qui fontqu'uneàme séduite s'admire ellemême, BOSS. Anne deConx. Il y a, disent les théologiens, deux sortes de vertus : les unes, selon le langage de l'école, vertus affectives, et les autres vertus effectives, bolrdal. Exhort. sur la prière de J. C. t. I, p. 404. On lui dit mille fois que la franchise n'était pas une vertu de la cour, fléch. Ducd^ Mont. U apprit à cultiver en lui les vertus secrètes qui sont encore plus estimables que les éclaUntes,

VER

fiN. Tél. XXI. Ces vertus fondées sur la coutume •t sjr les préjugés d'un peuple sont toujours des Tenus C'itropiées, faute de remonter jusqu'aux premiers principes.... id. Dial. des morts, 7. Il est TWi qu'il y & deux vertus que les hommes admireut, la bravoure et la libéralité, parce qu'il y a de^ix chines qu'ils estiment beaucoup et quo ces deux venus font nég;igar, la vie et l'arspnt, i,a BRUT. XI. Souvent les vertus des grands hommes N'ont été que des passions, lamotte, Odes, t. i, p. «a, dans POL'GENS. 11 y a encore bien des mœurs, des venus, de l'héroïsme dans votre Paris; il y en a plus qu'ailleurs, croyez-moi, galiani, Corresp. 25 janv. 1772. Vertus civiles, vertus politiques, amour de la gloire, amour de la pairie, discipline austère et savante, ils [les Romains] avaient tout ce qui est nécessaire pour rendre un peuple puissant, CONDIL. Èlud. hist. I, 8. Il Petites vertus, qualités morales appliquées dans les petites choses. Je suis triste, ma mignonne; le pauvre petit compère [Ch. de Sévigné] vient de partir; il a tellement les petites vertus qui font l'agrément de la société, que, quand je ne le regretterais que comme mon voisin, j'en serais fâchée, sév. <5 avr. 1678. Il Vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité. || Vertus cardinales, la prudence, la justice, la tempérance et la force. U 4' Personne vertueuse. La vertu la plus ferme Évite les hasards, corn. Poly. ii, 4. Plus l'obstacle est puissant, plus on reçoit de gloire; Et les difficultés dont on est combattu Sont les dames d'atour qui parent la vertu, mol. l'Ét. v, 4). Il est persécuté : la vertu malheureuse Devient plus respectable, et m'est plus précieuse, volt. Scythes, i, <. Il 6* Chasteté (pudicité, ne se dit guère qu'en parlant des femmes). Au milieu des tentations, cette femme a su conserver sa vertu. Dieux, qui la connaissez, Est-ce donc sa vertu que vous récompensez? RAC. Phèdre, n, 6. || Familièrement, l'a femme est une vertu : Ce soir tu seras battu, bérang. Ivrog. Il Moyenne vertu, sagesse peu farouche. Cette crainte ne m'empêcha pas de prendre plaisir i me voir agacer par de jolies dames de moyenne Tertu, LESAGE, Guzm. d'Àlf. ii, 6. |j Ironiquement. Les vertus des salons, les dames qui craignent de s'effaroucher facilement. Ce dernier mot dût-il scandaliser les vertus de salon, bérang. Préface de <833. Il 6* Qualité qui rend propre à produire certains effets. Ces herbes ne sont pas d'une vertu commune; Moi-même, en les cueillant, je fis pâlir la lune, corn. Médée, iv, 2. Cet homme ne chasse les démons que par la vertu de Beelzébut. prince des démons, saci. Bible,, Évang. St Math, xii, 24. Je vous arrête à cette rime; Je ne la tiens pas légitime Ni d'une assez grande vertu, la font. FobJ. Il, i. Nous avons vu que le théâtre a une grande vertu pour la correction, mol. Tart. préface, ù mon père, lui dis-je, voilà des paroles bien puissantes! sans doute elles ont quelque vertu occulte pour chasser l'usure que je n'entends pas, PASC. Prov. viii. Vertu apéritive d'une clef, attractive d'un croc, id. Pens. xxv, 130 bis. Les anciens sacrifices devaient perdre leur vertu [à la venue du Messie], boss. Ilist. ii, (O. D'abord il a tenté les atteintes mortelles Des poisons que lui-même a crus les plus fidèles ; 11 les a trouvés tous sans force et sans vertu, bac tilhr. v, 4. La vertu de la croix ne cesse d'attirer tout à elle, fén. 5erm. sur la voc. des gentils. Voulant savoir toute la vertu de l'expression, hamilt. Gram. 9. Je ne désapprouve point ceux qui rejettent celte vertu que l'on attribue à de certaines paroles, mon- TESQ. Leit. pers. U2. L'on a observé qu'en mettant dans cette situation [en direction avec le méridien magnétique] des verges de fer, les unes en incandescence et les autres froides, les premières reçoivent la vertu magnétique bien plus tôt et en bien plus grande mesure que les dernières, buff. Min. t. IX, p. «87. Il Faire vertu, exercer une certaine influence. Mais, monsieur, attendant que Sabine suni'ienne, Et que sur son esprit vos dons fassent vertu.... corn. Ment, iv, 4. || Terme de scolastique. Absence de vertu, état de deui subsUnces

Îui n'ont aucun effet l'une sur l'autre. || Terme 'alchimie. Vertu céleste, la chaleur naturelle ou le feu interne de la matière. H?' Au plur. Terme de théologie. Un des ordres de la hiérarchie céleste. Les Dominations, les Vertus. On met un grand V. || 8* Fji vertu de, loc. jn-ép. En conséquence de, en raison de. Les merveilles qu'il fit en vertu de cet art damnable, noss. Iliit. n, 4'J. Qu'on me dise en vertu de quoi cet homme-là s'est mis dans la tête que je ne l'aime point, mariv. le

Legs, se. ïo. En vertu de la force centrifuge qui résulte du mouvement de rotation sur son axe, la terre a nécessairement pris la forme d'un sphéroïde, bi;fp. Ilist. nat. Preuv. th. terr. Œuv. t. i, p. 334. Il 9* Vertu de ma viel sorte d'exclamation. Vertu de ma vie, comme vous débitez ! mol. Festin, I, a. Il Proverbe. Face d'homme porto vertu, la présence d'un lininme sert bien à ses affaires.

— HlST. XI* s. Signur baron, de Deu aiez vertu [force], Ch. de Roi. lxxx. [Il] Nen ad verlut, trop ad perdut dcl sanc, t'b. CLXin. Pur Karlemagne fist Deus vertuz mult granz, t'b. clxxvi. || xil* s. Vertu me donc [donne-moi force] vers celé gent haie, Ronc. p. 54. Condui ma gent à force et i vertu, ib. p. 124. En Deu ferums vertu, e il à nient demerr.it [mènera] les travaiUanz nus [ceux qui nous persécutent]. Liber psalm. p. 78. || xiii* s. Li oucns de Champaigno Et li rois d'Espaigne Fussent vil et abattu. Et France fust en vertu, hues de la perte. Romancero, p. 494. Saint Bernars dist : vertus est us de la volenté selonc le jugement de raison, BRUN. LATiNi, TrésoT, p. 338. Il n'est pas des vertus aussi comme des ars; car qui veult estre bons en aucune art, il ne li convient autre chose que savoir la; mais en vertu li savoirs n'est pas soffisanz sans l'uevre, id. ib. p. 269. Aime ton Dieu de tout ton cuer et de toute t'ame et de toute ta vertu, ID. ib. p. 78. Elle reclaime Dieu et ses saintes vertus, Berte, xxiv et s'entrevienent de si très

grant vertu, que chaingles [sangles] ne poitrail ne lor porent aidier que cascuns d'eaus [d'eux] ne cheist à terre, Chr. de Bains, p. 77. Cascun set que compaignie se fait par mariage ; car, si tost comme mariage est fes, li bien de l'un et de l'autre sont commun par le [la] vertu du mariage, BEAUM. XXI, 2. Il XIV* S. Or avons nous divisé devant les vertus de l'ame, et avons dit que les unes sont vertus de meurs ou morales, et les autres sont vertus intellectuelles, oresme, Éth. 4 70. Aucune foiz enfrançois vertu signifie vigueur de corps, id. t'b. 2). Il xv*s. Encore montra-t-elle [l'oriflamme de Charles VI] là de ses vertus, froiss. ii, ii, 4 90. Cela allège le cueur et le reconforte [de parler à un ami], et les esperitz reviennent en leur vertu pour parler en ung conseil ou prendre autre labeur, COMM. V, 5. Je me merveille d'un abus, Quant et pourquoi en commença X jurer Dieux et ses vertus, E. DESCH. Poésies mss. 1° 32. Il xvr s. Jouer à honnestes jeux, comme aux merveilles, aux estais, aux ventes, aux vertus, aux rencontres et autres, YVER, p. 524. Estouffa On la mémoire de sa libéralité et de ses faicts d'armes [de Manlius Capitolinus] et recompenses militaires octroyées à sa vertu, parce qu'il affecta depuis la royauté? mont. IV, 4 60. Quand la vertu mesme seroit incarnée, je crois que le pouls luy battroit plus fort allant à l'assault qu'allant disner, ID. l, 339. Vertu gist au milieu, leroux de lincy, Prov. t. n, p. 434.

— ÉTYM. Bourguign. valu; Berry, vartu, propriété; provenç. vertut, lirtut; espagn. tirtud; ilal. virtit; du lat. virtutem, de vir, homme; comparez le sanscr. vira, héros.

t VERTUBLED (vèr- lu-bleu), VERTUCHOD (vèr-tu-chou), interj. Jurons de l'ancienne couiédie. Tout doux, s'il vous plaît ; verlubleu, petit compère, que vous êtes habile à donner des assiettes nettes I mol. D. Juan, iv, ii. Vertuchou ! ces devoirs-là sont bons ! je les trouve encore plus nobles que mes lettres de noblesse, mariv. Doubl. inconst. m, 4.

— lllST. XVI* s. Ho vertubieu 1 quel parfum I d'aub. Fxn. IV, 7.

— ÉTYM. Vertubieu est un déguisement de vertu de Dieu ; et vertuchou, un déguisement de l'er(ubJ«u.

VERTUEUSEMENT ( vèr-tu-eù-ze-man), ode.

D'une manière vertueuse. Puységur brava vertueusement Vendôme et toute sa cabale, qu'il n'ignorait pas, st-sim. 228, 58. Qu'importe quon vive vertueusement ou non? on se fera jeter dans le Gange, montesq. Esp. xxtv, 4 4.

— HIST. XI* s. Li quens [le comte] le fiert tout vertuusement, Ch. de Bol. cxxm. || xiii* s. Por vivre vertueusement, la Rose, 4 7640. |i xv* s. Le roy, en toutes choses qu'il fait, doit adviser qu'il ne face rien contre la volonté de Dieu, et ne doit rien laire qu'il ne face virtueusement, Bibl. des ch. «• série, t. n, p. M». || xvi* s. Pour moy, je sçais bien dire : il fait meschamment cela, et vertueusement cecy, MONT, rv, (60.

— F.TYM. Vertueuse, et le suffiie ment. VERTUEUX, EUSE(vèr-tu-eû, eû-z'), adj. \\ l'Qui

a de la vertu. On approcha d'elle [Marie-Thérèse]

VER

tout ce que l'Espagne avait de plus vertueux, et de plus habile, boss. Mar.-Thér. Assez faillie de corps, assez doux de visage. Ni petit, ni trop grand, très-peu voluptueux. Ami de la vertu plutôt que vertueux, boil. Èpttre x. Un jour seul ne fait point d'un mortel vertueux Un perfide assassin, un lâche incestueux, bac Phéd. iv, 2. Un des plus graves et des plus laborieux ministres [Turgot] qu'ail jamais eus la France, comme un des plus vertueux, VOLT. Mél. litl. Obs. sur Trislram Shandy. Juscjuelà j'avais été bon, dès lors je devins vertueux, ou du moins enivré de la vertu, j. j. rouss. Confet». IX. Il y a bien de la différence entre l'homme vertueux et celui qui a dos vertus, id. Vite. vert. de$ héros. Il Substantivement. Rechercher.... s'il ne veut point être aimé des hommes pour d'autres motifs que pour celui de leur profiter, et, en un mot, s'il n'est point plutôt un superbe qu'un vertueux, boss. Concupise. 4 7. Voilà précisément, mes frères, la situation.... dé ces vertueux du siècle, de ces personnes irréprochables selon le monde dont je parle, mass. Carême, Mauv. riche. Le prudent se fait du bien, le vertueux en fait aux hommes, volt. Dict. phil. Vertu. \\ Les vertueux, se disait des partisans de Robespierre, par opposition aux pourris et corrompus. || 2* Pudique, chaste, en parlant des femmes. Ah! seigneur, la princesse est vertueuse au point... mol. D. Gare. IV, 7. Il Substantivement. On voit de fausses vertueuses Dont l'orgueil est sans égal, gombaut, Épigr. Il, 72. Il 3* Qui est inspiré par la vertu. Action vertueuse. Passion vertueuse. Un vertueux remords n'a point touché mon âme, corn. Cinna, v, .».

— HlST. XI* s. E vertuus e vassal cumbatant, Ch. de Roi. cxxiii. j] xii* s. Li cuens Guillaumes fu chevaliers eslis. Et vertuous, corageus et hardis, Bat. d'Aleschans, v. B60i . || xili* s. Démontres qu'il iert [pendant qu'il était] en son vertueux [vigoureux] aage. Psautier, f» i2i. || xiv* s. Cestui homme qui en autres choses estoit vertueux et nobles, bercheure, f* 4 9. Les autres qui mettent félicité es biens de l'ame si sont et ont esté peu de hommes vertueux et glorieux et de grande renommée, oresme, Éth. 4 8. Doubtant la fureur et ire d'icellui feu son frère, qui estoit plus jeune, fort et vertueux que lui, du cange, virtus. \\ xv* s. Le bon doit amer et affectuer le bon, le noble le noble, le vertueux le vertueux, par la consemblableté de mesure qui est entre eux, g. chasielain, Exposition sur vérité mal prise.

— ÉTYM. Prov. verluos, vertudos ; cat. virtuot, esp. et it. virtuoso; du lat. virtuosus, de virtus, vertu.

t VEKTUGADE (vèr-tu-ga-d'), i. f. || !• Gros et large bourrelet que les femmes avaient coutume de porter au-dessous de leur corps de robe. || 2* Fig. Antiquaille, chose tombée en désuétude. Pour let rondeaux, chants royaux et ballade, Le temps n'est plus ; avec la vertugade On a perdu la veiae de Clément, ciiaul. Rondeau sur Benser.

— HlST. XVI* s. Les Lacedemoniennes.... s'estimant, comme dict Platon, assez couvertes de leur vertu sans vertugade, mont, ni, 334. Des lames qui sortent de la bouche [de la baleine], on en fait des vertugales, busqués pour les femmes, et manches de couteaux, paré, Ifonstr. app. i.

— ÉTYM. Espagn. vertugado, verdugado, de verdugo, proprement scion, baguette, lequel vient du lat. viridis, vert.

VERTUGADIN (vèr-tu-ga-din), s. m. || 1" Synonyme de vertugade. Si l'on ne vous eût pas quitté, Modeste ornement de nos mères, Vertugadin, collet monté. Si l'on ne vous eut pas quitté. On eiit gardé la pureté De leurs mœurs, de leurs Manières, dancourt. Fête de village, divertissement. Le vertugadin ridicule Dans nos jeunes ans. Se porte à présent sans scrupule, Comme au bon vieux temps, LEGRAND, l«sPanters,di»er(issemen<. || î°Fig. Antiquaille, chose hors de mode. Tes bons mots.... Hors de mode aujourd'hui chez nos plus froids badins. Sont des collets montés et des vertugadins, BOiL. Sat. XII. Il 3° Glacis de gazon en amphithéâtre, d'int les lignes circulaires ne sont pas parallèles, employé dans la composition des jardins français.

— ÉTVM. Vertugade, et non, comme on a dit, de t)er(u-gardi>n (gardien de la vertu).

t VERTUMNE (ver-tu-mn'i ou VERTCMNUS (ver-tu-mnus'l, s. m. Dieu des jardins et des vergers, présidant à l'automne, et, selon quelques-uns, aux pensées humaines et au changement des saisons.

— ÉTYM. Lat. vertumnus, participe moyen de vertere, tourner : qui se tourne (à cause du soleil d'automne ou du changement de végétation).

t VÊRUK (vé-rue), j. f. Terme rural. Se dit d'une

VER

VES

VES

Mpjtee de ver qui attaque la vigne au moment de Il floraison et Vinsinue dans le grain. La vérue se net à la vigne par les mauvais temps.

— F.rVM. Ver.

VERVE (vèr-v'), «. f. || 1* Caprice, bliarrerie, fanlai:<le (peu usité en ce sens, qui est le sens ancien). Laisser aller la plume où la verve l'emporte, KEONiER, Sat. I. Je ne sais par quelle verve il [le •leur Douet] a depuis peu quitté la France guerrière et autres bonnes et louables occupations, pour ne plus s'amuser qu'à des anagrammes , o. HAUDÉ, Jugement de tout ce qui a été imprimé contre le cnrd. lUaiarin, p. 280, î» éd. || i' Chaleur d'imaginalion qui anime le poète, l'orateur, l'artiste, dans la composition. C'est alors que la verve insolemment m'outrage, reonier, Sot. xv. Maudit soit le premier dont la verve insensée Dans les bornes d'un vers renferma sa pensée! noa. Sat. II. Et sitAl qu'une fois la verve me domine, Tout ce qui s'offre à moi passe par l'ctamine, id. i6. Til. 11 a fallu que j'aclievas.se mal ce soir ce que j'aurais exécuté de verve ce matin, sans la coliuo des importuns, DmEH. Salon de I707, Œuv. t. xv, p. 83, dans pouGENS. Vous [un peintre] avez mis dans cette seule toile la verve de Delacroix, l'inspiration poétique de Scheffer et la couleur de Decamps, en. de Bernard, la Chasse aux amants, v. Il II se dit quelquefois d'excitation due à d'autres impulsions que la chaleur de la composition. Si presque partout les choix populaires nous ont donné de bons administrateurs, ne l'attribuons qu'à la première et bouillante verve du patriotisme. MiRABEAiT, Collection, t. IV, p. 07.

— msT. xiir s. Et dient ce que pis lor semble, Quant il resunt entr'eus ensemble, Comment que chascuns d'eus vous serve, Car biencognois toute lor verve, la Rose, 92M. Mes [mais] faus amans content leur verve Si cum il veulent, sans paor, yu'il sont trop fort losengeor, ib. 24t8. ||xv"s. De quoy'? estes vous desvoyé? Recouimencez vous voslre verve? Patel.\\x\i' s. J'eusse prins cette forme [épistolaire] de publier mes verves, si j'eusse eu à qui parler, mont, i, 29). Il lui a pris une verve,

COTGRAÏE.

— RTVM. Lat. lerva, tête de bélier sculpté, de vervex, bélier (Voy. brebis); mot pris pour caprice, fantaisie, qui est le sens ancien, comme caprice lui-même est pris de capra, chèvre.

VKRVEINE (ver-vè-n'), .v. f. || !• Terme de botanique. Genre de la famille des verbénacées, où l'on dislingue la verveine officinale, verbena of/ieinalis, L. et la veiTcine odorante, verbena triphylla, L. Le magicien le plus savant de la compagnie, enveloppé d'un linceul, et portant en ses mains de la verveine, s'avança et commença ses invocations, flécii. Uist. de Théodose, i, 39. || a* Synonyme de bouquet 2.

— HiST. xiii* s. Encor par autre tele peine Prenez le jus de la verveine, Ifs. St Jean. || xiv" s. Il tenoit verveine de la quelle il touchoit la teste et les cheveux de luy, dercheure, f- u, verso.

— Etvm. Prov. verbena, vervena, berbena ; esp. et It. venena ; du lat. verbena, ancien nom général de plante, de la rac. sanscr. vardh, croître.

VERVELLE (vèr-vè-l'), s. f. || 1° Anneau fixé aux courroies qui tenaient les oiseaux par les pattes, et portaient le nom ou les armes de celui à qui l'oiseau appartenait. Les vervelles des oiseaux qui servent à la chasse de la volerie, m"' de scudéry, Conversations, Dialogue. \\2' Cylindres creux qui se trouvaient à la base du bassinet, au commencement du XIV' siècle.

— iiisT. XIV s. Pour xiij vervelles d'argent, dorées et esraaillées des armes de France, pour les faucons du roy, de laborde, Émaux, p. 640.

— ÊTVM. Vervelle paraît être le même que terterelle, pond (xiv siècle : les vertevelles de l'uis, Df CANGE, rertibella). Vertevelle représente le baslat. verlibella, vertebolum, qui vient de vertere, tourner.

VERVEUX (vèr-vcû),«. m. Terme de pf-che. Filet soutenu en rond par quelques cercles, qui, diminuant par degrés, donnent entrée au poisson jusqu'à l'extrémité, où il est retenu par des pointes qui l'empêchent de repasser. || Panier d'osier terminé en pointe, où l'on met des fruits pour les transporter sur des botes de somme, massé, 176c Dict. des eaux et for.

— HIST. xiv s. Aucuns verviex et engiens plusieurs à poisson, du canoë, tervilium. Un engin «ppelé verzeul pour prendre poisson, id. ib. Il XV s. Pescher soit à cage ou verveux, id. ib.

— Btyk. Berry, torioui; wallon, vivrou; ital.

btrtovello; du bas-iat. rertitolum ; de vertere, tourner, avec le suffixe bulurn.

VÉSAMK (vé-za-nie), ». f. Terme de médecine. Nom générique des difTérentes espèces d'aliénation mentale.

— CTYH. Lat. vetania, folie, de vesanut, composé de re, indiquant privation, et tanus, sain.

VESCE (vè-s'), ». f. Terme de botanique. Genre do la famille des légumineuses, où l'on distingue la vcsce commune, t-i'cia saliva, L. || Le grain de cette plante. Donner de la vesce à la volaille. L'usage de faire dépendre les grandes entreprises de la manière dont les poulets sacrés mangeaient des vcsces, VOLT. Dict. phil. Épreuve.

— hÎ.ST. xiii* s. Soier les vesces vers por doner à ses bestes ou por vendre, beauman. xliv, 44. Il XIV* g. Une jarbe de vesche ou d'avenne, Uodus, f" Lxix. Il XVI' s. Faire du pain d'avoine, fèves, pois, de lentilles, vesse, de glands.... paré, xxiv, 4.

— ÊTYM. Berry, voice, vosce; Anjou, voice; du latin t^icio, vesce; grec, pino;, pîxtov.

f VESCERON (vè-se-ron), ». m. Gesse ; espèce de vesce à épi, ervum hirsutum, L.

VESICAL, ALE (vé-zi-kal, ka-l'), adj. \\ !• Terme d'anatomie. Qui a rapport à la vessie. Les nerfs vésicaux. Artères vésicales. || Luette vésicale, la crête uréthrale. || 2° Terme de pathologie. Catarrhe vésical, inflammation de la membrane muqueuse de la vessie.

— Hisr. ivi' s. Aucunes [hémorrhoïdes] sont semblables à une ampoulle faite de brusleure, à raison de quoi les patiens les nomment vesicales, paré, XI, 25.

— f.TVM. Lat. test'co, vessie.

t VÉSICANT, AME (vé-zi-kan , kan-t'), adj. Il 1° Terme de médecine. Qui fait naître des ampoules à la peau, qui produit la vésication. || Substantivement. Les vésicants. || 2" S. m. pi. Terme de zoologie. Les vésicants, famille d'insectes coléoptères, appelés épispastiques par certains auteurs, et se composant principalement des genres cantharide, lytta, méloé et mylabre de Linné, ou des genres qui ont été formés à leurs dépens.

— ÉTYM. Lat. vesicare, produire des vessies, de vesica, vessie (voy. ce mot).

t Vf.SICATIO.N (vé-zi-ka-sion), ». (. Terme de médecine. Action de produire, par une substance irritante, des vésicules.

— HIST. XVI' s. Par la vésication on fait vacuation de i'humeur influé, paré, xv, 26.

— ETYM. Voy. VÉSICANT.

VÉSICATOIUE (vé-zi-ka-toi-r'), adj. Terme de médecine. Se dit des topiques qui, appliques sur la peau, déterminent une sécrétion séreuse par laquelle l'épiderme est soulevé de manière à former une ampoule. Un onguent vcsicatoirc. Un emplâtre véiicatoire. || Substantivement. Un vésicatoire. Appliquer un vésicatoire. On emploie les vésicaloiros avec succès, toutes les fois qu'il faut détourner promptement une humeur dangereuse, QENLis, Maison rust. t. u, p. 206. || Plaie produite par le vésicatoire quand l'épiderme a été enlevé. Son vésicatoire le fait souffrir.

— HIST. XVI' s. Faut passer aux sinapismes, aux phœnigmes, c'est à dire, medicamens rubricatifs et physigenes, c'est à dire vesicatoires, ou qui excitent des vessies, paré, vi, (2.

— ETYM. Voy. VÉSICANT; génev. visicatoire.

t VIÎSICO-UTÉRLN, INE (vé-zi-ko-u-té-rin, ri-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui se rapporte à la vessie et à l'utérus. Le cul-de-sac vésico-utérin. jj Ligaments vésico-utérins, pli péritonéal qui, de chaque côté de la face antérieure du col utérin, va gagner les côtés de la vessie.

t VÉStCUI-AIRK (vé-zi-ku-lêr"), adj. || 1° Terme didacti(]ue. Qui a la forme de vésicules. Les insectes volatils ont des corps vésiculaires, qu'ils contractent peut-être pour deicendre, Bernard, de s T-p. Anim. liv. ii, Harm. |l Terme de physique. Etat vésiculaire ou sphéroïdal, état particulier que présentent les liquides mis en contact avec une surface chauffée jusqu'au rouge blanc. || Terme de botanique. Glandes vésiculaires, petits réservoirs remplis d'huile essentielle et situés dans l'épaisseur de l'écorce ou sous l'épiderme. 1| i' Terme de pathologie. Râle vésiculaire, synonyme de râle crépitant, voy. crépitant.

— ETYM. Vésicule.

t VÊSICULA 1 lO.V (vé-zi-ku-Ia-sion), ». /". Terme de médecine. Production de vésicules. La vésiculation de la peau par l'huile de croton. || Passage à l'état de vésicules d'une papule ou d'une pustule dans diverses maladies cutanées.

VftSIOTLB (vé-r.i-ku-1'), ». f. || !• Terme didacttque. Petite vessie, petite cavité ou poche. || 2* Terme de botanique. Nom donné i de petites ampoules pleines d'air occupant la surface de quelques organes aériens de plusieurs fucus. || Vésicules embryonnaires, vésicules placées i l'extrémité micropylairedu sac embryonnaire, ainsi dites parce que l'une d'elles devient le point de départ de la génération des cellules qui formeront l'embryon. Il 3' Terme d'anatomie. Sac membraneux semblable à une petite vessie. La présence des vésicules à venin et des dents mobiles établit une différence assez importante entre les vipères et les couleuvres pour être prise comme caractère générique, brongniart, Inttil. Mém. te. phyi. et math. SavanU étrang. t. i, p. 830. || Vésicules élémentaires, nom donné autrefois aux éléments anatouiiques ayan* forme de cellule avec cavité distincte de la paroi. Il Vésicule biliaire, ou vésicule du fiel, réservoir destiné à contenir la bile sécrétée par le loie, lorsque ce fluide ne se rend pas directement à l'intestin. || Vésicules séminales, poches destinées i contenir le fluide séminal sécrété par les testicules. Il Vésicules de Naboth, follicules de l'intérieur du col de la matrice dilatés sous forme de petits kystes. || Vésicules pulmonaires ou aériennes, expression inexacte employée par quelques auteurs pour désigner la terminaison des canalicules respirateurs. || Vésicule germinative, ou vésicule de Purkinje, voy. oerminatif. || Vésicule ombilicale, voy. ombilical. || Vésicule de Baer. l'ovule qui est contenu dans le follicule de Graaf, et dont on attribue la découverte i Baer; cependant il a été vu avant lui par Graaf, Prévost et Dumas. || Vésicule blastodermique, le blastoderme. Il 4* Terme d'ichthyologic. Vésicule aérienne, dite aussi vessie natatoire, sac rempli d'air, qu'on trouve dans les poissons, et qui les rend plus ou moins légers, selon qu'ils veulent monter ou descendre dans l'eau ; il communique ordinairement avec l'œsophage ou avec l'estomac par un canal à travers lequel l'air qu'il contient peut s'échapper. |i 5" Terme de pathologie. Genre de maladie cutanée ayant pour caractère la production, à la surface de la peau, d'élevures hémisphériques qui sont formées par l'épiderme détaché du derme et qui sont remplies d'une sérosité limpide ou trouble.

— ËTVM. Lat. vesicula, dimin. do resica, vessie, t VESICUI.EUX, EllSE (vé-zi-ku-leù, leù-/.'), adj.

Terme didactique. Qui ofl°re des vésicules. Maladies vésiculeuses.

— ETYM. Lat. ««»icuIo»u», de veticula, vésicule.

t VÉSINE (vé-zi-n'), ». f. Nom donné à un vent de sud-ouest qui règne parfois depuis l'embouchure de l'Aigues dans le Hhdne, le long de la vallée de Nyons où coule l'Aigues, legoarant.

VESOU (ve-/ou), ». m. Le jus de la canna sortant du pressoir. || U s'emploie quelquefois pour vin da canne, voy. ce mot.

— ÊTYM. L'anc. franc, vese, vessie, à cause des vessies ou cloches que produit le dégagement du gaz acide carbonique et qui demeurent longtemps à la surface, avant d'éclater, i cause de la viscosité du liquide (Roulin).

tVKSPASlENNE (vè-spa-ziè-n'), ». ^. || 1' Grand» vases en terre cuite, hauts comme une amphore, semblables à un tonneau coupé, que Vespasien établit comme urinoirs à Rome, et pour lesquels il perçut une taxe. ||3" Par imitation, urinoirs publics établis dans Paris, sous forme de petites guérites ou de colonnes. || Adj. Colonnes vespasiennes. Quelques voitures renversées, garnies de matériaux de démolition, provenant des colonnes vespasiennes que la foule avait jetées & terre, formaient sur ce point un poste avancé, E. rt- NOT, Paris en déc. (851, p. 2(8.

t VESPER (vè-spèr), ». m. La planète Vénus, lorsqu'elle paraît le soir; on dit aussi l'étoile du soir. Vesper commence à rayonner, bernis, Quatre sais, autom.

— HIST. xvi* s. Les hommes volontiers honorent plus le jour Que la nuict ténébreuse, et vesper n'est si belle Que l'aurore au matin qui sort toute nouvelle, rons. «oe.

— ETYM. Lat. Vesper ; grec, 'Eorapo;, l'étoile du soir (voy. vêpres).

t VESPERAL (vè-spé-ral), ». m. Terme de liturgie. Livre de l'office du soir.

VESPÊRIE (vè-spé-rie), ». f. \\ i' Acte de théologie ou de médecine, qui se faisait vers le ■■^oir qui était soutenu par un licencié avant qu'il reçût

VES

le bonnet, et où celui qui présidait donnait quelques avis au répondant. || 2* Fig. Réprimande. lime de Maintonon lui fit [à la duchesse de Bourgogne] une forte vespérie, et lui fit voir que ce qu'elle croyait cacher était vu par toute la cour, ST-siM. <77, <03. L'aînée de ses filles avait épousé Cramer, riche libraire de Genève, cl elle était un des principaux ornements de la cour de M. do Voltaire; ce qui lui attirait des vespéries de la part du consistoire, grosley. Vie, p. <08.

— F.TYM. Lat. vesper, le soir (voy. vêpres). VESPÉRISÉ, ÉE (vè-spé-ri-zé, zée), part, passé

de vespériser.

VESPfiRlSER (vè-spé-ri-zé), V. a. Terme vieilli. Réprimander. Son père l'a vespérisé.

— HIST. XVI* s. Les sciences mesmes et docteurs d'icelles se moquent les uns des autres, qu'ils appellent vespériser, noel dufail, Cent. d'Eutrap. chap. 33, f" 20l, dans pougens.

— ErvM. Vespérie.

t VKSPERTILIENS (vè-spèr-ti-liin) , s. m. pi. Terme de zoologie. Famille de chauves-souris.

tVESPERTILION (vè-sper-ti-li-on), s. m. Terme de zoologie. Genre de chauves-souris.

— ÉTYM. Provenç. respertilio; espagn. vespertillo; du lat. vespertilionem, chauve-souris, de vesper, le soir, à cause des habitudes nocturnes de ces animaux. Dans l'ancienne langue, vesperlilion se disait figurément d'un homme occupé de maléfices.

VESPÉTRO (vè-spé-tro), s. m. Espèce de ratafia «tomachique, composé d'eau-de-vie, de sucre, d'angélique et de coriandre.

— ÊTYM. Yesse, pet et rot, à cause des propriétés carminritives attribuées à cette liqueur.

VESSE (vè-s'), s. f. Il 1" Vent qui sort du corps lans bruit. Il 2" Vesse de loup, sorte de champignon de mauvaise odeur.

— HIST. XV* s. Fy fy 1 tu as fait une vesse. Kir. de Ste Genev. ||xvi* s. Le bon Marc Aurele ayant sa femme Faustine, une bonne vesse [femme débauchée], brant. Vie des femmes galantes, Disc. 4 .

— ÊTYM. Voy. vESSER. L'ancienne langue disait aussi vesne.

VESSER (vè-sé), V. n. Lâcher une vesse. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. XIII* s. Uns flamans d'Auxerre Vessoit por miex poire [péter], jubinal, Fatrasies, t. ii, p. 209. Il XV* s. Mais quoy? s'on l'oit vessir ne poirre, vtllon. Test. Legs à Per. || xvi* s. La faulse vieille vesnoyt et vessoit puant comme cent dyables, rab. Pant. ii, <5.

— ETYM. Lat. visire, vesser; Berry, vessir et vêner ; wallon, vessi. L'ancien vessir est encore dans le Dict. de l'Acad. de ) 740.

VESSEUR, ECSE (vè-seur, seû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui vesse, qui a l'habitude de vesser. VESSIE (vè-sie), s. f. || 1° Terme d'anatomie. Ré- «ervoir musculo-membraneux destiné à recevoir l'urine et à la contenir jusqu'à ce que l'accumulation d'une certaine quantité de ce liquide en sollicite l'expulsion. La contraction de la vessie. Une vessie paresseuse. Une pierre dans la vessie. J'ai toujours été affligé que, dans le meilleur des mondes possibles, il y etlt des cailloux dans les vessies, attendu que les vessies ne sont pas plus faites pour être des carrières que des lanternes ; mais je me suis toujours soumis à la Providence, TOLT. Lett. Berger, 25 févr. <765. Chez les individus dont la vessie est irritée par une cause quelconque, la sécrétion du mucus est si abondante que l urine qu'ils rendent est souvent filante et visqueuse, POURCROY , Instit. Mém. scienc. 1808, p. 247. Il 2* Cette partie tirée du coips de l'animal et desséchée. Lorsqu'on veut remplir une vessie de gaz, on en ficelle lolidement le col sur la tige d'un robinet; ensuite on chasse par la pression presque tout l'air qu'elle contient, et on aspire la dernière portion avec la bouche, thenahd. Traité de chim. t. iv, p. 3)2. |j Fig. Donner d'une Teseie par le nez à quelqu'un, le rabrouer pour •on impertinence. Il y a de petits messieurs à la messe, à qui l'on voudrait bien donner d'une vessie de cochon par le nez, sÉv. 7 août 1076. Il Familiëremont. J'aimerais autant qu'on me donnlt d'une Tcsssie par le nez, se dit pour marquer qu'on méprise des louanges fades et des complaisances basses. || Fig. Il veut faire croire que des ves- «es sont de-î lanternes, il veut faire croire des chose» absurdes. || 8* Chez les poissons, vessie natatoire, voy. VÉSICULE. Il 4* Populairement, petite ampoule sur l.i peau. Il s'est brûlé, et il lui est venu des vessies. || Nom d'une maladie d'oiseau.

VES

Il 5* Fig. Chose de peu de valeur. Les sottises qu'on fait, qu'on dit et qu'on écrit.... toutes ces innombrables vessies accumulées les unes sur les autres dans le gouffre de l'oubli.... volt. Facéties, Préface. On lui érigea un trône de vessies, et il partit le lendemain pour la lune, où Astolphe retrouva, dit-on, ce que le président [Maupertuis] a perdu, iD. Diatribe du D' Akakia.\\i° Vessie de mer, nom donné vulgairement aux physales et aux vélelles. Il 7* Nom donné à la partie basse d'un alambic, où se mettent les liqueurs.

— HIST. xni* s. Nos somes corne la vesie Du buef, qui de vent est enflée ; S'ele est d'une aguille effondrée , Le vent par le pertuis s'en ist. Si que tout maintenant fiestrist, A'oui!. rec. fabliaux, t. Il, p. 294. Il XIV* s. Unevecle emplie d'air, quant ele est brisée, demeure vuide, H. de mondeville, r* 24, verso. Il XV* s. Me voulez vous faire entendant De vecies, que sont lanternes? Patelin. Il xvi' s. La vessie du fiel attire à soy la cbolere [bile] du sang, paré, Inlrod. 8. Le plus souvent l'eau est contenue en un kyst ou petite vessie, id. VI, 18. On les peut pareillement distiller dedans un chaudron, ou pot de cuivre d'airain, fait en forme de marmite appelle vessie vulgairement,

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