‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 241 sur 754 · VET · texte numérisé non relu

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Il 8»Fig. 11 se dit de tout ce que l'on compare t un vestige laissé par le pied. M. Juricu oserait-il bien attribuer cette maxime [qu'il est permis de prendre los armes contre le prince] aux apôtresT mais en quel endroit de leurs écrits en trouvera-t-il le moindre vestige? iioss. &• avrrt. I3. Les moeurs antiques qu'ils IHomère et Hésiode] nous représentent, et les vestiges qu'ils gardent encore, avec beaucoup de grandeur, de l'ancienne simplicité, ID. Ilist. l, 0. 11 y a un temps où la raison n'est pas encore, où Ton ne vil que par instinct, à la manière des animaux, et dont il ne reste dans la mémoire aucun vestige, la bruy. xi. Il est bien étrange qu'une colonie grecque ayant fondé Marseille, il ne reste presque aucun vestige de la langue grecque en Provence, ni en Languedoc, ni en aucun pays de la France, voLT. Diet. phil. Grec. L'histoire de l'Amérique, avant sa conquête par les Espagnols, nous offre quelques vestiges d'astronomie ; car les notions les plus élémentaires de cette science ont été, chez tous les peuples, les premiers fruits de leur civilisation,

LA PLACE, Expos. V, 3.

— SYN. VESTIGE, THACE.Laseulo différence qu'il y ait entre ces deux mots, c'est que vestige, moins usité, est du style soutenu , tandis que trace est de tous les styles.

— HiST. rvi* s. Les Athéniens et encore les Romains conservoient en grand honneur cet exercice (les conférences] en leurs académies ; de nostre temps, les Italiens en retiennent quelques vestiges, MONT. IV, 36.

— ÊTYM. Provenç. vestigi; espagn. et ital. eestigio; du lat. restigium.

t VESTIPOLINE (vè-sti-po-li-n') , S. f. Etoffe de laine qu'on fabrique à Beauvais. Vestipoliiies croisées, Tableauannexé auxlelt.pat. du22 juil. ("80.

t VESTITfRE (vè-sti-tu-r'),s. f. Terme d'histoire natureiii. Ensemble des organes accessoires, tels que poils, aiguillons, recouvrant la surface des végétaux.

— KTYM. Lat. vesiitura (voy. vêtube).

f VESTON (vè-ston), s. m. Sorte de vêtement en forme de veste qui se porte en ville.

- ETVM. Dérivé de veste.

i VÉSUVE (vé-zu-v'), s. m. Nom d'un volcan d'Italie, pris figurément pour une ville en révolution. Et de quel air les rois, à l'instant où nous sommes, Regardent bouillonner dans ce Vésuve d'hommes [Paris] La lave des événements I v.hugo, Feui71. d'out. 3i.

•f VfiSUVIESSE (vé-zu-viè-n'), ». f. || !• Terme de minéralogie. Variété d'idocrase, sorte de pierre précieuse. || 2* Néologisme et fig. Femme qui affecte le mépris des usages et de la décence. Je ne suis pas convaincu que l'ouverture des ateliers nationaux et du club des vésuvienues ait rendu un grand service au droit d'association, d'haussonviLLE, Journ. offxc. 45 mai 1872, p. 3253, •!• col. Il Ai)j. Des têtes vésuviennes, des têtes exaltées.

t VETA (vé-ta), ». m. Terme de médecine. Céphalalgie aiguë avec une grande prostration qui est commune dans la région des Andes (Amérique du Sud).

jVfiTADE (vé-ta-d'), ». {. Coquille du genre venus.

VÊTE.MEXT (vê-te-man), ». m. Ce qui sert à couvrir le coi-ps. S'il donne de son pain à celui qui a faim, s'il couvre de vêtements ceux qui étaient nus, SACi, Bible, Ézéchitl, xvni, 7. Que d'une serge honnête elle ait son vêtement, Et ne porte le noir qu'auxbons jours seulement, MOL. Éc. des maris, I, 2. 11 y a des attitudes, des mouvements et des gestes dans cette figure qui font qu'elle est étrangère au vêtement qui la couvre, mariv. Pays. parv. B* part. Ces vêtements de mort, ces apprêts, ce festin, VOLT. Oreste,i, 2. Rien n'est si mesquin, si pauvre, si maussade, si ingrat que nos vêtements, oroEB. Salon de 1767, Œuv t. xiv, p. ton, dans pouoENs. Mécène écrivait comme il s'habillait; son discours fut mou, négligé, lâche comme son vêtement, m. Cl. et Nér. u, 4o. Leurs légers vêtements brillent de pourpre et d'or, deulle, Porad. perdu, xi. || Fig. Il y a dans l'Église de Sardis un petit nombre de fidèles, qui n'ont pas souillé leurs vêtements, ces riches vêtements dont le baptême les a revêtus, boss. Mar.-Thér.

— HIST. XI' s. Franceis.... trenchent.... Cez vestemciiz entresques as chars vives , Ch. de Roi. cixiï. Ilxu' s. E désira [déchira] Mathatias e si fil [ses fils] ses vestements, Machab. i, a. || xur s. Oueil sunt li vestiment dont l'anrme [l'âme] est aorncie? Vestue at pielet,cariteit affiubleie, Àrch. des mist. scient, a* sér. t. v, p. 49t. ||zvi* s. Ces

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nations qui n'ont aulcune cognoissance de vest»mens, mont, i, 25».

— KTYM. Provenç. vestiment; espagn. et ital. vestimento, du lat. vestimentum , qui vient de restire, vêtir.

VÉTÉRAN (vé-té-ran), ». m. || !• Chez les Romains, soldat qui, après avoir servi un certain temps, obtenait son congé et tes récompenses ducs à ses services. 11 [Auguste] ordonna que les vétérans recevraient leur récompense en argent, et non pas en terres, montes^. Rom. 13. || ï" Il se dit, par extension, ae soldats vieillis et réformés. Alexandre, un peu avant de mourir, l'avait chargé de conduire en Macédoine les dix raille vétérans qu'il y renvoyait à cause de leur âge, de leurs blessures, ou de quelques autres infirmités qui les rendaient incapables de servir, rolun, Ilist. ane. Œuv. t. vil, p. 77, dans pougens. || 3' Parmi nous, vieux soldats admis dans les compagnies chargées d'un service sédentaire. Une compagnie de vétérans. Capitaine de vétérans. || 4" Soldat aguerri qui a été longtemps sous les drapeaux. Il [Napoléon dans une revue] s'arrête aux plus vieux soldats; à l'un, c'est la bataille des Pyramides, à l'autre celle de Marengo, d'Austerlitz, d'Iéna ou de Friedland qu'il rappelle d'un mot, accompagné d'une caresse familière; et le vétéran, qui se croit reconnu de son empereur, se grandit tout glorieux au milieu de ses compagnons moins anciens qui l'envient, siiouR, Hist. de Nap. m, 3. || Fig. N'en voit-on pas .sans cesse Qui jusqu'à quarante ans gardent l'air éventé. Et sont les vétérans de la fatuité? gresset, te Méch. i, 4. j] 5" Dans les collèges, un vétéran de rhétorique, etc. un élève qui fait une seconde année de rhétorique, etc. || Absolument. Un vétéran, un élève qui redouble une classe. || 6° Il se disait autrefois de tout officier de magistrature qui s'était défait d'une charge, après l'avoir exercée vingt ans, et qui continuait, en vertu des lettres du roi, de jouir des honneurs et des privilèges qui y étaient attachés. Et lui octroyer nos lettres de vétéran sur ce nécessaires.... pour jouir par l'impétrant sa vie durant, et sa veuve pendant sa viduité, des privilèges, exemptions et immunités dont jouissent les autres vétérans du royaume.... sans néanmoins que ladite qualité de vétéran puisse l'aire soiwhe de noblesàe, lett. pat. 14 juill. 1027. I! 7* Se disait aussi, dans quelques académies, de certains membres qui renonçaient à leur place d'académicien, et en conservaient les honneurs. |l 8° jldj. et fig. Qui a vieilli dans un service. Mais, enfin succombant aux injures de l'âge, Le vaisseau vétéran, couché sur le rivage, Cédiail à la coignée.... deulle, Imag. iv.

— ÊTYM. Lat. veleranut, de vctus, veterit, vieux (voy. vieux).

VÉTfiRANCE (vé-té-ran-s'), s. f. Qualité de vétéran. Lettres de vétérance. Quand ses forces [d'un académicien] baissèrent assez sensiblement, il demanda la vétérance, qu'il avait bien méritée, FONTEN. Lagny. On sait que les Romains avaient coutume d'assimiler les fonctions civiles i l'état militaire, pour compter les années de service et pour fixer l'époque de la vétérance, naudet, Instit. Mém. Acad. inscript, t. ix, p. 2i6.

VÉTÉRINAIRE (vé-té-ri-nê-r'), adj. Qui concerne les bestiaux. || Art ou médecine vétérinaire, connaissance de l'anatomie et des maladies des bestiaux. {| École vétérinaire, école où l'on enseigne l'art vétérinaire. || Artiste vétérinaire, ou, substantivement, un vétérinaire, celui qui pratique la médecine des animaux. Les vétérinaires diplômés. La régie est autorisée à vendre aux pharmaciens , aux propriétaires de bestiaux et aux artistes vétérinaires, des feuilles indigènes, au prix du tabac de cantine, Loi 28 avril isie, art. i78.

— HIST. xvi' s et après eux quelques vétérinaires de la confrairie de S. Eloy, Sat. Uén. p. 14. L'art vétérinaire de Vegece , traduit par Bernard dePoymonclar, duverdieb, Btbiiofh.p. il 8.

— ÈTYM. Lat. veterinarius, de veterinum, bêt« de somme, contracté de ie/ie(erinus, propre à porter les fardeaux, de vehere, porter.

VÉTILLARD, ARDE (vé-ti-llar, llar-d' , »

mouillées), ». m. et f. Celui, celle qui s'amuse à des vétilles. Le muphli de son pays, grand vétillard et fort ignorant, trouva dans son livre [de Micromégas] des propositions suspectes, mal sonnantes, téméraires, hérétiques, sentant l'hérésie, volt. Microm. l.J'ai lu les critiques de mon aîné d'Olivet sur Racine; mon aîné est un pur vétillard, ID. lett. d'Argental, l" avr. 4766.

VÉTILLE (vé-ti-ir, JJ mouillées, ^t nop vé-

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ti-ye), ». f. Il !• Bagatelle, chose de, peu do conséquence. Vous voyez par lit que les grands personnages se sont amusés i des vétilles, balz. f dite. sur la cour. Quoique je sois presque honteux de in'étre tant arrêté à ces petites vétilles et minuties de grammaire, la KornE lk vayeb, la l'romenad»,/)ial. i.Do la moindre vétille il fait une merveille, MOL. Ifi'i. u, 6. Eb I fripon, tu ne t'amitses pas à voler des vétilles, bouisaUlt, Mots i la modt, se. 4 5. J'ai dévoilé les mystères secrets, L'art d«s parloirs, la science des grilles, Les graves riens, les mystiques vétilles, oress. Ver-vert, i. Oo lui reproche (à Racine] le héros expiré [dans Phèdre); quelle misérable vétille de grammaire ! pourquoi ne pas (lire : le héros expiré, comme on dit : il est expiré? VOLT. Dict. phil. Amplification. Du temps da Néron, le crime s'est perfectionné; les vieux assassinats du divin Auguste étaient des vétilles, des essais, presque de l'innocence, au milieu des forfaits nouveaux, ciiateaiibr. Italie, Voyage de Napiet, 4" janv. 4804. Il 2" Petite pièce d'artifice qu'on fait avec des cartes à jouer. || 8* Petit anneau d'un rouet, dans lequel passe le fil. ||4* Nom d'un petit instrument qui consiste dans plusieurs anneaux entrelacés, qu'il est difficile do dégager quand on n'ensait pas le secret. Il 6* Appentis sous lequel travaillent certains ouvriers dans une ardoisière.

— RTYM. Piémontais, vetilia. Origine contestée. On a tiré par une forte contraction vétiller du lat. vitilitigare, chicaner. Diez préfère y voir le lat. vitilia, objet d'osier. Mais il est plus probable que c'est l'espagnol vetilia, dimin. de veta, chose de rien, proprement raie, prov. vêla, raie, ruban, vétille [Paubre lairon pent hom per una veta, pauvre larron pend on pour une vétille) ; veta est le lat. vitla, bande.

VÉTILLER (vé-ti-llé. Il mouillées, et non vé-ti-y é), ». n. Il 1° S'amuser à des vétilles. Le cardinal [Mazarin], qui s'amusait sur la frontière à vétiller proprement dans l'armée de M. de Turenne, où vous pouvez vous imaginer qu'il n'était pas fort nécessaire, betz, Hém. t. m, liv. iv, p. 4o2, dans pougens Il 2* Faire des difficultés sur de petites choses. Monsieur vétilla beaucoup sur la manière dont il était convenu à midi,iD. ib. m, 276. || Il seconjugue avec l'auxiliaire oi'oi'r. || Activement. Plus d'un éplucheur intraitable M'a vétille, m'a critiqué, VOLT. ÉpU. à M. Falkener, en tête de Zaïre.

— F.TVM. Vétille. On trouve au xvi* siècle r«(tU«r au sens de voltiger; mais c'est un tout autre mot.

t VÉTILLERIE (vé-ti-lle-rie , Il mouillées), ». f. Chicane, raisonnement oiseux.

— HIST. XVI" s. Vetilleries, ouom, Dict. VÉTILLECR, EUSE (vé-ti-lleur, lleû-z' : U

mouillées, et non vé-ti-yeur),«.m. et^. Celui, celle qui s'amuse i des vétilles. Ce sont ces oppositions imaginées et publiées entre les règles de la grammaire et les lois de l'usage, qui ont (ait mépriser cello-là comme une vétilleuse perpétuelle , oi- RARD, Prt'nc. langue franc. 4' dt»c. || Adj. Enfin il était vétilleur Ce tant renommé batailleur, scarr. Virg. VI. Un curé vétilleur passerait pour un fou OBIMM, Corresp. t. m, p. b4.

VÉTILLEl'X, EUSE (vé-ti-Ueù, lleû-z, II mouiltées, et non vé-ti-yeii), adj. || 1* Qui exige des soins minutieux, une grande attention. Nous avons donné en 4 724 un exemple assez remarquable de toutes les attentions scrupuleuses et presque vétilleuses qu'il avait apportées à la détermination de la grandeur des diamètres du soleil, FONTEN. Louville. Lorsqu'il s'agit de tromper un capitaine, c'est une besogne diablement vétilleuse, DANCOURT, Femme d'intrig. t, «. Rien de plus facile que cette opération qui d'abord paraît vétilleuse, Oicl. des arts et met. Patenôtrier. \\ 8* En parlant des personnes, qui s'arrête à des vétilles. Il était naturellement vétilleux et grondeur ; ce qui est un grand défaut à des gens qui ont affaire i beaucoup de monde, retz, Ifém. t. n, liv. m, p. 4 43, dans POUGENS. Il [le P. Bouhours] est vétilleux sur les mots, et se trompe souvent sur les choses, laharpe, Cours de litt. t. il, p. 492. || Par extension. Une dévotion vétilleuse.

— KTYM. Vétille.

VÊTIR (vé-lir; l'usage a changé, à l'infinitif, l'e ouvert en un e fermé), je vêts, tu vêts, il vêt, nous vêtons, vous vêtez, ils vêtent; je vêtais ; je vêtis ; nous vêtimes ; je vêtirai ; je vêtirais ; vêts, vêtons, vêtez ; que je vête, que nous vêtions; que je vêtisse ; vêtant ; vêtu, v. a. || i' Couvrir de vêtements. Son valet de chambre l'a vêtu des pieds à la tête. || 2' Mettre sur soi un vêt©- Duent. Vêtir une robe, un» oomisole || Par exten-

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