ID. I
— ÊTYM. Re..., et assurer.
f RASDRE (ra-zu-r') , s. f. Action de faire la barbe. Je suis convenu avec maître Faitot qu'il ferait la rasure pour 30 livres et la chirurgie pour 4 i» livres par an [en 4779], mignabd, Hist. des princ. Fond, relig. du Bailliage de la montagne, p. 4 88.
— ÉTYM. floser.
] t. HAT (ra), s. m. Voy. ras 2.
a. RAT (ra: le t ne se lie pas : ra en paille; au pluriel, l's se lie . des ra-z en paille), s. m. || 1" Petit quadrupède de l'ordre des rongeurs, à petites pattes, à queue longue, à museau pointu, qui mange les grains, la paille, etc. L'espèce du rat paraît exister dans toutes les contrées habitées ou fréqueniées par les hommes, BtJPF. Quadrup. t. xiii,p. 79 L'on voit descendre des montagnes du Nord des rats en multitude innombrable qui, comme un déluge ou plutôtcomme un débordement de substance vivante, viennent inonder les plaines.... id. ib. t. u, p. 98. Que sont aux riches les impôts? Quelques rats de plus dans leur grange, bêrang. Jac(/ups. ||Fig. Chassons loin de chez moi tous ces rats du Parnasse, VOLT. Ép. à Horace. || Mon rat, se dit, dans le lan- :gage le plus familier, comme terme d'amitié à un enfant, à une jeune femme. || Gueux comme un rat d'église ou simplement comme un rat, très-pauvre. Mon Dieu, tous ces blondins sont agréables et débitent fort bien leur lait; mais la plupart sont gueux comme des rats, mol, VAv. m, 8. Monchevreuil était Mornay, de bonne maison, sans esprH aucun, et gueux comme un rat d'église, st-sim. 4, 63. Il Être comme un rat en paille, être fort à son aise, n'avoir faute de rien. Vous êtes là comme rats en paille, dans les papiers jusques aux oreilles, toujours lisant, écrivant, corrigeant, proposant.... VOIT, Lett. 4 95. Avec vous je faisais gugaiUe, Et j'étais comme un rat en paille, scarr. Virg. vi. || U pue comme un rat mort, se dit d'un homme qui sent fort mauvais. {{ Payer en chats et en rats, payer par petites parties, donner des bardes et de mauvais effets. Il Voilà ce que les rats n'ont pas mangé, se dit des restes d'une chose endommagée. |{ 2° Mon aux rais (on prononce mor-tô-ra), composition où il entre de l'arsenic, et dont on se sert pour détruire les rats. Les planches qu'on suspend sur un léger appui, La mort aux rats, les souricières. N'étalent que jeux auprès de lui [un chat], la font. Fabl. m, 4 h, {| 3° 11 a eu un rat, on lui a posé sur le dos la figure d'un rat pour se moquer ensuite de lui, sorte de plaisanterie qui se faisait les jours gras. Donner des rats aux passants. || Je sens un rat, je soupçonne quelque mauvaise farce. Je sens un rat est une expression proverbiale qui veut dire soupçonner du danger, griuh. Corresp. t. ix, p. 50. ||4°Nid à rats, voy. nid, n" s. I! B" Fig. et familièrement. Caprice, fantaisie. Cette femme a des rats dans la tète. 11 lui passe tous let
RAÎ
Jours ijuelque rat par la tête. Ayant fait un tour de chambre et passé «levant son miroir, elle comprit, et mes yeui lui confirmèrent, que le déKoiH n'avait point de part à ce rat, i. i. bouss. Coufess. vu. En un mot, le contrat était prêt h signer, lorsqu'il lui prend un rat, legband, l'Amour diable, se. I. Je n'ai jamais compris comment vous aviez pu un instant adopter ses rats, m"* h'épinay, Mém. t. m, p. 68, dans POi'GENS. |l Avoir des rats, signifie aussi «voir l'esprit fécond en saillies plaisantes. || Prendre un rat, se dit d'une arme à feu quand le coup ne part pas, et qui a, pour ainsi dire, un caprice. Ce fusil, ce pistolet a pris un rat. || Par extension, prendre un rat, manquer son coup, ne pas réussir. Oh ! par ma foi, monsieur, vous ne prendrez qu'un rat; Et le notaire peut remporter son contrat, regnard, le Joueur, v, 8. || 6° Se dit, à l'Opéra, dans une sorte d'argot, des petites élèves de la danse. || Demoiselle entretenue. || On dit que cela vient de l'habitude d'inviter autrefois aux parties fines des demoiselles d'opéra, qu'on nommait, par apocope, des ra. Il 7° Terme d'argot. Celui qui vole, la nuit, dans l'intérieur des auberges, les rouliers et les marchands forains.. Il Prendre des rats par la queue, filouter, couper la bourse. |i8° Familièrement et par injure, rats de cave, les commis <les aides, et aujourd'hui, des contributions indirectes qui visitent les caves. L'un contrcMeur d'exploits, et l'autre rat de cave, BOURSADLT, Fabl. d'És. iv, 6. Bat de cave, et rat de cave de campagne encore, dancoust. Retour des officiers, se. i. Orry fut d'abord rat de cave, puis homme d'affaires de la duchesse de Portsmouth, ST-siM. m, 242. Enfin il [un paysan] prononça en frémissant ces mots terribles de commis et de rats de cave; il me fit entendre qu'il cachait son vin à cause des ^ides, qu'il cachait son pain à cause delà taille, ;. j. bouss. Conf. iv. || Fig. On livre encor nos auteurs Aui censeurs, aux inspecteurs, Rats de cave littéraires, bErang. Cens. || 9° Rat de cave, espèce de bougie mince, longue et roulée sur ellemême, et dont on se sert pour descendre à la cave. Il 10° Rat d'église, se dit, par dénigrement, des dévots qui fréquentent les églises. Les pauvres rats d'église pourront être un peu mécontents; mais, cette fois-ci, ils n'oseront pas trop sortir de leurs trous; il n'y aurait que des coups à gagner pour eux, d'alemb. Lett. à Voltaire, i févr. 4773. Il Rat d'église se dit aussi des employés laïques d'une paroisse : bedeau , suisse , chantre, etc. Il ll°Oueue de rat, voy. qof.ue, n" 30. || lî" Rat des Alpes, marmotte. || Rat d'Amérique, cochon d'Inde. Il Rat des bois, mulot et surmulot. || Rat des champs, campagnol et mulot. || Rat d'eau, sorte de rat nageur, qui habite sur le bord des rivières. Le rat d'eau est un petit animal de la grosseur d'un rat, mais qui, par le naturel et par les habitudes, ressemble beaucoup plus à la loutre qu'au rat, bupf. Quadrvp. t. ii, p. 298. ||Rat d'Egypte, rat de Pharaon, l'ichneumon ou mangouste. || Rat de mer, un des noms vulgaires de la mercuriale, sorte de tortue qui habite la Méditerranée. || Rat de Norvège, lelemming. || hatde Surinam, nom donné par abus au» différentes espèces du genre phalanger (marsupiaux), lesquelles sont toutes soit de l'Australie, soit de l'Inde, et non de l'Amérique oii se trouve Surinam, LEGOARANT. || Rat de Tartario, nom vulgaire du sciuroptère sihérique (rongeurs) je Lesson (Europe et Asie septentrionale), ou bien d'une espèce très-voisine, tandis que le polatouche est le sciuroptère volucelle (Canada, États-Unis), legoarant. Il Petit rat, un (les noms vulgaires du troglodyte européen (insectivores). || Rat musqué, quadrupède gros comme un petit lapin, qui s'établit ^r les marais et sur les bords des lacs et des rivières (Amérique)!, 6' qui s'y construit des maisonnettes. Il 13° Nom des trous de médiocre grandeur dans lesquels, passe le fil d'or. || Proverbe, i bon chat bbn lat, se dit en parlant de celui qui sait se bien défendre, quand on l'attaque.
— HIST. XIII' s. Ez vous la joie; N'i a si nu qui ne s'esjoie; Plus sont seigqor (|ue ras sus moie [meule], ruteb. 34. Qui prendroit, biau fiz, un chaton Qui onques rate ne raton WeH n'auroit.... la Rose, 4 4242. 11 [au, en] rat de Faieon [rat de Pharaon] outil grant moutitude, marc poi,, p. 75i^ Ijxv's. Le chevalier [envoyé pour reconnaître, et arrêlé] fit le rat borgne, et se fust voulontiers excusé s'il eust peu, et dit : Je ne suis pas Trivilien, mais je suis un fermier à messire Jehan de Hollande, fboiss. liv. m, p. 23o, dans lacurne. Là où chat n'a, rat règne, Perceforest, t. vi, f° "9. i'autre, i)lus esveillé qu'un rat et vite comme un lévrier, part et s'en va, louis xi, Nouv. ix. || itvi' S.
RAT
Ceux qui voudroyent que les hommes vesquissent pesle mesie comme rats en paille, calv. Instit. 4)93. Estans entrez par un trou qu'ils avoient fait à un flanc; et cela par le moien du rat, lequel (comme nous avons fait du premier pétard) nous depindrons à cette première occasion : c'est un engin..., d'aub. Hist. Il, 372. Il n'y eut jamais guerre civile qui n'ait produit un chaos, meslange et dissolution générale de toutes choses; c'est pour bien dire rat en paille, chascun y est maistre, pasquier, Lettres, t. I, p. 405. Trop tard se repent le rat entre les pattes du chat, cotorave.
— ÊTYH. Picard, rot; bourg, rai; prov. rat; espagn. rato ; ital. ratto; du germanique : ancien haut allem. rato; anglo-sax. ra-t; ancien bas-allem. ratta; danois, rolte ; le celtique a un mot de même racine : gaél. radan; bas ^)ret. roi.
t BATA (ra-ta), s. m. Terme populaire. Ragoût, dîner, ce qui se mange. || Auplur. Des ratas.
— f.TYM. C'est une apocope pour ratatouille. RATAFIA (ra-ta-fi a), s. m. Liqueur .spiritueuse,
composée d'eau-de-vie, de sucre, et du jus de certains fruits ou de l'arôme de quelque Heur. Chez lui [un directeur de femmes], sirops exquis, raïataflas vantés. Confitures surtout, volent de tous côtés, BOIL Sat. X. Enfermons-les dans la bibliothèque nous avons du ratafia, du chocolat, des
confitures, dancouht, Coméd. des crmédiens , l'Amour charlatan, ni, 9.
— ËTYM. Ménage, qui écrit ratafiat, comme on faisait de son temps, dit que c'est uft mot des Indes orientales; Leibnitz croyait que c'était une corruption de rectifié (alcool) ; d'autres disaient que c'était un verre de liqueur qu'on buvait en ratifiant le contrat : rata fiât (sous-entendu eonventio) .
t RATAGE (ra-ta-j') , s. m. Terme de matelot. Grande quantité de rats pullulant dans un navire.
— f.TYM. Rai 2.
I RATANHIA (ra-ta-ni-a), s. m. Nom péruvien du krameria triandra (polygalées),deson rhizome employé en médecine, et de celui du krameria ixine.
t RATAPLAN (ra-ta-plan), s. m. Mot imitatif exprimant le bruit du tambour.
t RATAPOIL (ra-ta-(ioil), s. m. Néologisme et mot de plaisanterie qu'on applique aux souteneurs ridicules du césarisme, du militarisme.
— f.TYM. Rat 2. d, poil. , RATATINÉ, ÉE(ra-la-ti-né, née), port, possède
se ratatiner. Une pomme ratatinée, une pomme ridée, flétrie. || Une personne ratatinée, une personne rapetisses par l'âge ou par quelque maladie. [La mère du maréchal de Villars] C'était une petite vieille ratatinée, tout esprit et sans corps, st-sim. 4 80, 407. Elle [la Providence] maltraite fort votre petit vieillard suisse, et m'a fait l'individu le plus ratatiné et le plus souffrant de ce meilleur des mondes, VOLT. lett. en vers et en prose, 429. Qu'il serait doux, avant le moment [la mort], de venir tout courbé, tout ratatiné.... revoir encore avec mes faibles yeux celui à qui je suis attaché depuis soixante et dix ans! id. Lett d'Argenial, to oct. i774. RATATINER (SE) (ra-ta-ti-né), v. réfl. Être raccourci, resserré. Le parchemin se ratatine au feu.
— HIST. XVI* s. Ratatiné, cotgbave.
— ÊTYM. Origine inconnue. Roquefort y voit un dérivé de ro{;'Scheler, un redoublement populaire de roft'ner.
t RATATOUILLE (ra-ta-tou-ll', Il mouillées) , s. f. Terme populaire et de dénigrement. Ragoût grossier compos''^ ordinairement de viandes et de légumes, ou même de restes de viande etde légumes. || Un mauvais plat. Ce ragoût n'est que de la ratatouille.
— ÊTYM. D'après Ch. Nisard, Conject. étymologiques, il est formé de re ou ra, et le verbe bourguignon tatouiller, tâter d'une façon mal avenante. Ce qui rend cela fort probable, c'est que la firesse a le mot tatoûia, ragoilt, et le poitevin tatouillade, mauvaise marmelade. Rat oui lier , dans le poitevin, signifie être couvert d'eau et de boue.
t RAT-BAILLET (ra-ba-Uè, Il mouillées), s. m. Nom du loir en Normandie.
— HIST. Rat 2, et baillet, fauve, dérivé de bai.
4. RATE (ra-f), s. f. \\ 1° Terme d'anatomie. Viscère situé dans l'hjpocondre gauche, sous les fausses côtes. Ce qui marque une intempérie dans le parenchyme splénétique, c'est-à-dire la rate, mol. Mal. imag. ti, 9. Au milieu du souper, Cadoc se plaignit d'un mal de rate violent, volt. Zadig, 2. Il Vous avez bon foie, Dieu vous sauve la rate, se dit ironiquement à celui gvi tient quelque discours ridicule et peu vraisembl»' e. [J Populairement. Une se foule pas la rate, voy. mjhleb, n" 8. || 2° Dans l'ancienne physiologie, la rate était regardée comme le
RAT
siège de la bile noire ou atrabile ; de là le rôle que l'opinion vuljjaire lui faisait jouer dans la bonne ou la mauvaise humeur; on disait que la rate envoie des fumées, des vapeurs au cerveau. Je n'aurais pas ces bons intervalles dont vous voyez que je jouis quelquefois, et, au lieu que je guéris les autres du mal de rate [les fais rire], j'en mourrais moi-même, VOIT. [.ett. 58. La troisième [maladie a|ipelé hypocondriaque].... laquelle procède.... particulièrement de la rate, dont la chaleur et l'inllammatiou porte au cerveau de notre malade beaucoup de fuligines épaisses et crasses, dont la vapeur noire et maligne cause dépravation aux fonctions de la faculté princesse, MOL. Pourc. I, 4 4. Je vous demande pardon, mon cousin, je ne suis pas si traitable sur son absence [de Mme de Grignan] que sur la vôtre; sa Provence me désole, et ma rate se mêle dans toutes nos séparaiions-, sÉv. d Bussy, 4 9 mai 4677. Qu'estil donc arrivé de funeste à Mélanthe? rien au dehors, tout au dedans ; ses affaires vont à souhait, tout le monde cherche à lui plaire; quoi donc? c'est que sa rate fume, fén. t. xix, p. 449. || Familièrement. Épanouir la rate, désopller la rate, dilater la rate, divertir, faire rire. Je crois que cela [une plaisanterie] ne vaut rien du tout à écrire; mais cela se présenta follement à la rate de votre pauvre frère, SÉV. 46 oct. 4680. Tu épanouiras la rate de tous mes sujets, VOLT. Dial. 27. Un rédacteur plaisant vous aurait dilaté la rate outre mesure, grimm, Corresp, t. II, p. 4 7. Il On dit aussi avec le pronom personnel: Il aimeà s'épanouirla rate. La Puisieux s'en est épa-^ noui ia rate [d'une petite méchanceté faite par Mme de Sévigné à Mme d'Arpajon], sÉv. I3 mars («74. Je ne sais vraiment pas quel sujet vous croyez avoir de vous tant épanouir la rate, dancouht, Chev. à la mode, iv, -i. || Décharger sa rate, dire ce qu'on a sur le cœur. Il faut qu'enfin j'éclate. Que je lève le masque etdécharge ma rate, mol. f. soi;. ii.7.
— HIST. xiii* s. Levez-vous sus, dame Hersent, Fêtes li un petit de haste [broche] De deux roignons et d'une rate, Ben. 250. || xvi* s. Cest humeur est attiré par la rate pour la nutrition d'iceUe et expurgation du sang, pahé, Introd. 6.
— ÊTYM. Génev. rdte ; du néerland. rate, rayon de miel (que d'ailleurs Diez rapporte au latin radius, rayon de miel), par comparaison avec la texture lâche et celluleuse de la rate.
t 2. RATE (ra-f) , s. f. \\ i' Femelle du rat. Quelques rates, dit-on, répandirent des larmes, la font. Fabl. XII. 2. Il Familièrement et fig. Ma petite rate, ma petite amie, Dict. de Trévoux. \\ Par dénigrement, une vieille femme revêche , grondante, et qui cherche à s'emparer de tout ce qui est à sa convenance. Savoir où elle est allée, c'est difficile, parce que c'est une vieille rate qui a plus d'un trou pour se cacher, fb. souliE, Au jour le jour, § 44. Il 2° Auplur. Nom donné en Saintonge aux dents de lait (dents de rat).
— HIST. XVI' s. Adonc le rat, sans serpe ne Cousteau, Y arriva joyeux et esbaudis. Et du lyon, pour vray, ne s'est gaudy. Mais despila chats, chates et chatons. Et prisa fort ratz, rates et ratons; mahot, Ép. à son ami lyon.
f 4 . RATÉ, ÉE (ra-té, tée) , adj. Qui a été attaqué par les rats. || Canne ratée, nom qu'on donne aux cannes à sucre qui, ayant été entamées par les rats, s'aigrissent, deviennent noirâtres, et ne peuvent plus servir qu'à faire de l'eau-de-vie.
— HIST. xiii* s. Pain raté, que rat ou souris ont entamé, liv. des met. 16.
— ËTYM. Rat 2.
2. RATÉ, ÉE (ra-té, tée), part, passé de rater. Il 1° Manqué. Pièce de gibier ratée. |) 2° S. m. Un raté, coup de feu qui n'a pas pris. Votre pistolet, votre fusil a fait un raté. Sur vingt coups, il y a eu six ratés. 113° S.f. Ratée-se dit, dans les appareils à dévider la soie, de piècésqui ratent, manquent leur coup.
RÂTEAU (râ-tô), i. m. || 1" Instrument d'agri-, culture et de jardinage, à dents de fer ou de bois. De leurs ongles de fer on arme les râteaux, lelille, Géorg. i La blanche colombe et l'humble passereau Se disputent l'épi qu'oublia le râteau, lamart. Harm. m, 2. || Par e.vtension. Un râteau mal rangé pour ses (lents paraissait, bégnier, Sat. x. || 2° Instrument en forme de râteau sans dents, avec lequel on ramasse l'argent sur les'tables de jeux publics. Il 3° Terme de pêche. Outil pour entamer le sable et en retirer les poissons ou les coquillages. Il 4° Garnitures ou gardes d'une serrure. || 5" Terme d'horlogerie. Portion de roue dentée, qui fait avancer ou retarder le mouvement d'une montre. Il 6° Dans la presse lithographique, sorte de racle horizontale, immobile, et placée transversalement
RAT
4 la pierre sous un fort levier dit porte-rftteau. Il 1° Terme île marine. Bloc de bois long, étroit, et garni de réas qui y sont disposés verticalement, pour le passage de cordages ou manœuvres. || 8" Terme de métallurgie. ICspèce de fourche pour charger le charbon. || 9° Un des noms vulgaires du baudrier d'Orion. || 10° Poire de râteau, sorte de poire.
— HiST. xm' s. Cueillir [les épis restés sur le champ] tant comme l'aoust dure, quanqu'on en puet cueillir au rastel, delisle, Agric. du moyen âge, p. :i<o. || xiv*s. En temps pluieuxfait bon planter, mais non mie semer: car la graine se retient au rasiel, Ménagier, ii, 2. || xv« s. Quand ceux qui estoient sur la porte virent Ir grand meschef, ils eurent paourde perdre le oliasteau, si laissèrent avaler le grand rastel, et encloireiit le chevalier dehors.... FROiss. I, 1, <49, Il XVI' s. Ils avoient empli le gué de planches clouées de cercles et de chausse-trappes; ....on plaça 40o harquebusiers à des saules sur le bord de l'eau, pour la garde de ceux qui avec rasteaux purgèrent le gué, d'aub. HUt. i, 228. Je fais mettre une poire de râteau entre deux braises (ces poires sont grosses comme le poing, et mieulx), DESPEB. Contes, lix. Il sera cazanier comme un vieil morte-paye Qui renferme sa vie en quelque vieil chasteau. Accrochant paresseux ses armes au rasteau, bons. 667.
— ÉTYM. Wallon, ristai; espagn. rastillo, rastrillo; Uai.rastrello; du lat. roileHum, diminutif de rosier, râteau, de radere, raser, racler (voy. ras \).
t RATEL (ra-lèl), s. m. Quadrupède carnassier, dit aussi blaireau puant.
— RTYM. Dérivé de rat 2.
t RATELAGE (râ-te-la-j'), ». m. Action de râteler; résultat de cette aetion. || Action de ramasser, avec un râteau, l'herbe qui reste sur le pré, après l'enlèvement du foin.
RÂTELÉ, ÊK (râ-te-lé, lée), port, passé àa râteler. Allées bien râtelées.
1. RÂTELÉE (râ-te-lée), s. f. Ce qu'on peut ramasser en un coup de râteau. Une râtelée de foin.
— ËTYM. B.dlelé.
2. RÂTELÉE (râ-te-lée), s. f. Usité seulement dans cette locution : Dire sa râtelée, dire librement tout ce qu'on sait, tout ce .qu'on pense. Chacun y ditsarâtelée.scARR.rirg. ii. Uncompagnon disait sa râtelée A certain carme, ). b. rouss. Épigr. vn, 4.
— HIST. xv' s. Nous declaira à pleine voix Qu'il en diroit sa ratellée, Et fist serment de haulte entrée. Qu'il congnoîssoit les personnages, coquill. Enquête de la simple. Quand nostre homme eut tout au long conté sa râtelée, louis xi, Nouv. viii. En ma petite râtelée [ histojiette], ID. ib. xxiv. || xvi" s. Caqueter à double râtelée. Caquets de Vaccou'hée, p. «84, dans LACUBNE. Vous en direz votre rastelée, DES ACCORDS, Bigarr. p. ^9, dans lacurne.
— ÊTYM. On prend ici râtelée pour un plein râteau. Si l'on remarque que rdtelée dans l'historique est écrit sans s (excepté en un seul exemple), ce qui ne serait sans doute pas s'il venait de râteau, on pensera que ratellée (c'est la plus ancienne orthographe) vient de râtelle, la rate ; et dire sa raleUe. c'est se décharger la rate.
RATELER (ra-te-lé. La syllabe tel double l'i quand la syllabe qui suit est muette : je râtelle), v. a. Amasser avec le râteau. Râteler du foin. || Passer le râteau dans les allées, pour les nettoyer et les rendre plus unies.
— HIST. xiii* s. Et les ramilles fors porter, Et puis après bien rasteler, Ren i98B6. ||xvi' s. Rasteller la terre de sillon en sillon avec des rasteaux ferrés, afinvde l'emmenuiser et ensouplir, o. de SERRES, ^^7^
— ÊTYM. BasteJ, râteau; wallon, risU; provenç. rastelar; espagn. rastrillar, restrillar; ital. rastrillare.
fRATELET (ra-te-lè), s. m. Un des noms vulgaires du troglodyte. européen (oiseaux insectivores). * — ÉTYM. Dérivé de rat 2, par assimilation.
RATELECR, EDSE (rà-te-leur, leû-z'), s. m. et f. Homme, femme de journée qu'on paye pour râteler des l'oins, etc.
— ETYM. Râteler; Berry, râteleuse, femme qui va, après l'enlèvement des foins, ramasser les menus brins restés sur le sol.
t RATELEUX, EUSE (ra-le-leû, leû-z'), adj. Terme vieilli qui se dit cependant encore quelquefois dans le langage médical. Qui est sujet au mal de rate ; qui a une rate volumineuse. Il est rateleux.
— ËTYM. Râtelle.
RÂTELIER (râ-te-lié; l'r ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie : des ri-te-lié-z élevés), (. m. Il 1° Espèce d'échelle à bâtons arrondis, plus ou
RAT
moins rapprochés, fixes ou tournants, destinée à recevoir les foins, les pailles distribuées aux herbivores, et placée horizontalement dans l'écurie. Le soir je fus lassé d'avoir passé la journée à table, comme un cheval à son râtelier, fén. t. xix, p. 40. Il mange haut et avec grand bruit; il roule les yeux en mangeant; la table est pour lui un râtelier, la bruy. xi. La bergerie doit être garnie de râteliers, ou contre les murs dans tout le tour, ou dans le milieu, GE^Lis, Maison riist. t. i, p. <53, dans pougens. Il Fig. Et plus d'un âne a mangé quelquefois Au râtelier des coursiers de nos rois, volt. Étrennes aux sots. Il Fig. Manger à plus d'un râtelier, tirer du profit de plusieurs endroits différents. Brancas parvint à manger également au râtelier de la guerre et à celui de la cour, st-sim. 421, 82. || On dit de même : maiiiger à deux râteliers. Bridoison : A-t-il vu mon secrétaire, ce bon garçon? — Figaro : N'est-ce pas Doublemaiji, le' greffier? — Briiloison : Oui, c'est c[u'i) mange à deux râteliers, BEAi'MARCH. Xar. de Figaro, m, (3. N'oubliez pas que je suis homme  manger à deux râteliers. BÉRANG. Ventru aux él. || Fig. Mettre le râtelier bien haut à quelqu'un, lui reiidie une chose si difficile qu'il ait beaucoup de peine à y réussir. ' Il 2° Bâti sur lequel on place les armes portatives, et qui consiste en deux montants garnis de chevilles ou de crochets sur lesquels on pose horizontalenent des fusils, des carabines ; ou en deux pièces d' bois établies à trois ou quatre pieds l'une de l'autre, et qui servent à placer des fu>ils verticalement. Il Fig. Remettrç les armes au râtelier, ne plus faire la guerre, quitter les armes. || 3" Tringle attachée au côté de l'établi du menuisier', pour y placer les outils à manche. || 4° Terme de marine. Se dit de chpïilles fixées à des planches épaisses et étroites pour amarrer et tourner des cordages. || Se dit aussi des planches ainsi garnies. || Encadrement de bois où certaines poulies effectuent leur jeu. il 5° Dans les corderies, traverse qui porte les torons et cordages. Il 6° Fig. Les deux rangées de dents. Un beau râtelier. Un râtelier de faussts dents. Se faire mettre un râtelier. Quoique les dents du duc de Bourgogne ne fussent pas vilaines, le râtelier supérieur s'avançait trop, si-siM. 322, 2H. Il Un beau râtelier, ppurde belles dents, expression condamnée comme basse et impropre, genlis, Jf^m. t. v, p. 92, dans poi gens (elle croit l'expression récente). Il 7° Un râtelier de perles, collier de perles fait en forme de râtelier. Mais elle m'épuisait, et changeait tous les jours De, jupes, de mouchoirs, de bijoux et d'atours, Voulait voir à son col un râtelier de perles, wontfleury. Femme juge et partie, iv, 3.
— HIST. xiv s. Se la besle est férue [d'une flèche] haut au derrière des espaules,' c'est un endroit qui est appelé le râtelier, Modus, !*■ lv. j| xvi's. Ils leur firent abandonner leur garde et en furent seigneurs et maistres, ensemble de leurs armes estans aux rasteliers, m. du bell. 528. Les rasteliers [rafles], ou escheletes, ou draches, diversement nommées, esquelles les grains des raisins se tiennent, o. DE SERBES, 208. Retirer les lards du saloir, pour les pendre aux rasteliers du charnier, id. 838.
— ÉTYM. .Rasiel, râteau; wallon, rislir.
t RATELLE (ra-tè-l'), s. f. \\ 1° Rate (terme vieilli). Il Mal de rate. || i" Maladie des porcs. || 3" La peau fine et graisseuse qui contient les intestins des animaux de boucherie (c'est le péritoine).
— HIST. XVI' s. Desopile la râtelle, soulaige les roignons, babel. Pant. m, *.
— ÉTYM. Dimin. de ra[e *; provenç. râtela. RATER (ra-té). Il 1° F. n. Se dit d'une arme à
feu qui manque à tirer. Le fusil a raté. || Fig. J'avais fort à cœur de ne pas voir rater ce canon, lorsque je m'étais chargé d'y mettre le feu, d'alemb. Lett. à Voltaire, 27 août <776. || Il se conjugue avecl'auxiliaire avoir. \\ 2" V. a. Sa dit de celui dont l'arme rate au moment où il veut tirer. Il rata le lièvre. || Fig. et familièrement. Manquer son coup, ne pas réussir. Nous verrons si un jeune seigneur peut rater une conquête, lesaGe, Gil Bl. m, 5. Cet endroit-là es^ peut-être celui de ma pièce le plus propre à me fournir des vers pompeux; je ne le raterai pas, sur ma parole, lo. Diable boit. a. Virgile orne mieux la raison [qu'Homère], A plus d'art, autant d'harmonie; Mais il s'épuise avec Didon, Et rate à la fin Lavinie, volt. Stances, 1. 1| Dans le langage libre, ne pas venir à bout d'une femme. Baour rata sa femme; il a raté le Tasse; Il rata d'Ossian le génie exalté. II rate encore Young ; il rate le Parnasse; Et le pauvret, pour dernière disgrâce. Ratera la postérité, Épigr. corUre Baour- Lormian, dans le Recueil de FayoUe
RAT
— ÉTYM. Rat 2, dans le sens de prendre un rat, avoir un caprice. On a dit que dans le droit canon se trouvait la formule matrimoniurn ralum . ied non confirmatum, ratifié, mais non confirmé, et que les étudiants d'autrefois ont pu inventer le moi rater pour des circonstances analogues. Mais le mot paraît récent et dès lors il ne peu» ivoir une si lointaine origine.
t RATEREAC (ra-le-rô), s. m. Nom vulgaire du roitelet dans l'Orléanais.
t RATEUSE (ra-teû-z'), adj. f. forgé par la Fontaine. C'était un maître rat Dont la rateuse seigneurie S'était logée en bonne hôtellerie , la font. Fàbl. xn, 26.
— ÉTYM. Rat. La Fontaine a été précédé par Marot qui a dit rateusement ■ Secouru m'as fort lyonneusement ; Or secouru seras rateusement, d son amy Lyon.
RATIER, 1ÈRE (ra-tié, tiè r'), adj. ||1° Un chien ratier, et, substantivement, un ratier, un chien qui chasse au rat. |i 2" Fig. et populairement. Qui a des rats, c'est-à-dire des caprices. La femme [Colombine] est un peu vaurienne; mais elle a du bon; entre nous, je la crois plus ratière que malicieuse , MARiv. Surpr. de l'amour, ii, 5. || Substantivement C'est un ratier.
— HIST. xv s. Avec les seigneurs et les dames, Les damoiselles et les famés, M'esbatoie très-volontiers ; Decen'estoie pas ratiers, froiss. Esp. amour.
— ÉTYM. Rat a; wallon, rati; provenç. ratier. RATIËRE (ra-tiè-r), s. f. || 1° Piège pour prendre
les rats. Voilà le digne neveu de mon oncle Perez pris comme un rat dans une ratière, lesage, Gil Bios, I, 3. Il Fig. Saint Paul dit lui-même que des gens défendront les mariages, et lui-même en parle aux Corinthiens d'une manière qui est une ratière, PASC. Pens. XXV, %, édit. havet. || 2° Métier du rubanier pour faire la ganse.
— HIST. XIV' s. Onques ras ne fu pris si bien à la ratière Que furent Espaignol.... Guesct. 12090. Il XVI' s. Les secretains avec une ratouere prirent une souris qui estoit pleine, et feit cinq petits souriceaux dedans la ratouere mesme, ajiyot, Sylla, 16. Comme nasses ou ratoires à prendre poissons et
rats, o. DE SERRES, 4)8.
— ÊTYM. Rat 2; Berry, ratouere; bourguig. raitore; provenç. rateira; catal. ratera; portug. ratoeira.
t RATIFICATIF, IVK (ra-ti-fl-ka-tif, ti-v), adj. Qui ratifie. Acte ratificatif.
RATIFICATION (ra-ti-fi-ka-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. \\ 1° Confirmation authentique de ce qui a été fait ou promis. Ce choix eut la ratification des sénateurs. Signer la ratification d'un traité. Qu'au reste, quoiqu'on eût donné plein pouvoir à quatre ministres, je savais que tels actes étaient toujours sujets à ratification, boss. Conlérence, 2, I 2° Écrit qui contient la ratification. Lit capitulation a été signée par M. de Louvois et M. de Monclar pour Sa Majesté; elle en doit envoyer d'ici la ratification, pellisson, Lett. hist. t. m, p. 345.
— HIST. XV' s. Faisant ratiffication. Le dit notaire le rapporte, Par sa certiflication Ainsi que ce vidimus porte, CH. d'orl. Bal. 79.
— ÊTYM. /ioti/îer ; provenç. ratiffication; espagn. ratification ;ii!ii. ratificazione.
RATIFIÉ, ÉE (ra-ti-fi-é, ée), part, passé de ratifier. Le traité n'ayant pas été ratifié.
RATIFIER (ra-ti-fl-é), je ratifiais, nous ratifiions, vous ratifiiez ; que je ratifie, que nous ratifiions, que vous ratifiiez, «. n. \\ 1' Confirmer aulhentiquement ce qui a été fait ou promis. Le serviteur est établi juge sur la terre, et le maître dans le ciel ratifie toutes les sentences qu'il porte, BouBDAL.Eac/iort. dign. et dev. des prêtres, t. 1, p. 367. Je ratifie en tout le présent testament. Et donne à votre hymen mon plein consentement, regnard. Légat, v, 8. Le roi [Louis XIJ écrivit à tous les gouverneurs, bailli» et sénéchaux, de faire assembler les états de leurs gouvernements, pour ratifier le maria>!e du Dauphin avec Marguerite d'Autriche, duclos, Œuv. t. m, p. 319. Il Absolument. Traitez toujours, sauf à ratifier si bon vous semble, c. delav. D. Juan, m, (5. 112° Fig. Donner une confirmation comparée aux ratifications authentiques. Et les divers emplois.... n'ont lait que ratifier la bonne opinion qu'on avaitde vous, BALZ. liv. V, lett. 15. Il est rare que la conformité des humeurs ratifie un nœud que la conformité seule des intérêts forme presque toujours , mass. Profess. relig. serm.t. Ce qu'a fait l'amitié, l'amour le ratifie, boissy, Époux par superch. 11, se. deru.
HIST. XIV' s. Lesdites lettres nous voulons,
ratesfions, aprouvous, et de nostre auclorité confer-
RAT
nons, DHi.iSLB, AgricuU. du moyen âge, p. J»"!. '|xvi«s. Estant le jour eschput, auquel ceste matière se devoit résoudre au conseil, et le décret »'en passer et ratifier, amyot, Pyrrh. 27.
— ÉTYM. Provenç. roti/îcor; ital. ratificare: du lat. raium, confirmé (voy. baison), et facere, faire.
t RATILLON (ra-ti-llon , Il mouillées), s. m. ||i° Un des noms vulgaires du roitelet. || 2" Nom donné aux petites raies en général.
f RATINAGE (ra-ti-na-j'), s. m. Opération, dite aussi frisage, qui a pour effet de rouler ou onduler les filaments qui constituent le duvet de la surface d'une étoffe de laine, pour lui donner une apparence boutonnée ou d'une moire opaque.
RATINE (ra-ti-n'), s. f. Etoffe de laine croisée dont le poil est tiré en dehors et fixé de manière à former comme de petits grains. En un temps où elle ne se soucie d'homme vivant que de son médecin et de son cuisinier, vêtue de cette ratine que nous lui avons vue, et coiffée de trois serviettes.... voit. Letl. Ba. Demi-Mtines croisées étroites; ratines croisées appelées finettes, Tabl. ann. aux lett. pat. îï juin. (780.
— ÉTYM. Origine inconnue. Scheler conjecture le néerlandais rate, gaufre, par assimilation.
RATINE, ÉE (ra-ti-né, née), part, passé de ratiner. Drap ratine.
HATINER (ra-ti-né), ». a. Faire le ratinage.
t RATINEUSE (ra-ti-neû-z'), s. f. Machine destinée à faire le ratinage.
t RATIOCINATIF, IVE(ra-sio-si-na-tif,li-v'), adj. Terme de philosophie. Oui a rapport à la ratiociiiation, au raisonnement.
— HIST. xiv 8. Or disons donques que de ces parties une est scientifique ou s[ieculative, et l'autre est raciocinative ou pratique, oresme, Eth. (7i.
— ÊTYM. Lat. ratioemalivus, de ratiocinari (voy. eatiociner).
t RATIOCINATION (ra-sio-si-na-sion), s. f. Terme de philosophie. Action de ratiociner, d'user de la raison. Pour les philosophes qui en ont écrit [de la science civile], leur ratiocination est d'ordinaire si sèche et si décharnée que.... balz. liv. vu , lett. 49.
— HIST. XVI' 8. Tout cela se peult il comprendre sans ratiocination? mont, ii, 173.
— ÉTYM. Provenç. raciocinacio; esp. raciocinaeionem; du lat. ratiocinativnem , de ratiocinari, ratiociner.
) RATIOCINER (ra-sio-si-né), v. n. Terme usité genlement dans le style dogmati'iue. User de la raison. Puisque vous avez la faculté de ratiociner et de parler tout ensemble, à quoi tient-il que vous ne vous serviez de la parole pour me faire entendre votre pensée î mol. Mar. forcé, 6.
— HIST. XV)* s. C'est tousjours une ame qui, par sa faculté, ratiocine, juge. .. mont, ii, 296.
— ÉTYM. Lat. ratiocinari, de ratio, raison, et cancre, chanter; comparez lubicinem.
RATION (ra-sion ; en vers, de trois syllabes), s.f. Il 1» Portion journalière de vivres ou de fourrages distribuée aux troupes. Arnheim, avec les fours qu'on y a faits depuis peu, fournira par jour 97000 rations de pain, pbllisson, Lett. hist. t. i, p. (96. Le roi, dès qu'on a été ici, leur fait donner double ration, c'est-à-dire deux pains au lieu d'un, m. ib. t. ii, p. 363. Il Sur mer, quantité de pain ou de biscuits, de viande ou de boisson, etc. qui se distribue chaque jour à chaque homme d'écjuipage. Je fus forcé de retrancher encore une once de pain sur la ration,
BOUGAINVILLE, Voy. t. Il, p. SIC, dans POUGENS.
Il Substitution de rations, disposition par laquelle on remplace une denrée par une autre dans la composition des rations. || Par extension, mettre à la ration, ne donner qu'une quantité limitée, et non autant que l'on veut de choses nécessaires. || On dit de même : être à la ration. || 2° Dans l'élève des animaux, ration d'entretien, ration calculée de manière à ne laisser ni diminuer ni augmenter le poids, en supposant que l'animal est^en repos et ne donne aucun produit. Telle ration de fourrage est quelquefois surabondante pour la nourriture d'un animal, tandis que telle autre ration du même poids est insuffisante ; la cause tient aux différents sols qui les ont produits, genus. Maison rust. t. m, p. 137, dans POUGENS. Il Ration de production, tout ce qui est donné en sus de la ration d'entretien, afin d'engraisser ou au moins de renforcer l'animal.
— HIST. XIV* s. Ausdiz chanoines seront appliquez tous les droiz que les racionniers de ladite église ont accoustumé avoir et prendre en icelle; par telle manière que, quant il vacquera aucune de raclons, nul d'ilec en avant n'y sera mis ne in-
RAT
stitué ; mai» vendront [viendront] successivement lesdroizet rentes desdites racionsauxdiz chanoines, DUCANGE, rationarius.
— ÉTVM. Lat. rationem, mesure (voy. raison). R'VTIONAL (ra-sio-nal) , s. m. Morceau d'étoffe
carre, de la grandeur de la main, que le grand prêtre, chez les Juifs, portait sur la poitrine. Vous ferez aussi le ralional du jugement, qui sera tissu, comme l'éphod, d'or et d'hyacinthe, de pourpre, d'écarlate teinte deux fois, saci, Bible, Exode, xxviii, IB. Vous graverez ces deux mots sur le rational du jugement, doctrine et vérité, m. ib. xxviii, 30.
— ÉTYM. Lat. ralionale (en grec Xoftov), de ro- «10, raison (voy. ce mot), ainsi dit de la devise qu'il portait.
t RATIONALIS.ME (ra-sio-na li-sm'), s. m. Terme de philosophie. Manière d'envisager les objets par les données de la raison, et indépendamment de toute autorité. Notre temps a peut-être la tentation et l'habitude d'imprimer à toutes les époques une sorte de rationalisme politique, si je puis m'exprimer ainsi, villemain, Xitlér. franc. 18* siècle, 2* part. V leçon. || Système qui prétend fonder les croyances religieuses sur des principes fournis par la raison.
— ÊTYM. Rationnel. '
t RATIONALISTE (ra-sio-na-li-sf), odj. || 1* Oui appartient au rationalisme. La philosophie rationaliste. Il 2° Qui professe le rationalisme. || Substantivement. Un rationaliste.
— ÉTYM. Voy. RATIONALISME.
t RATIONALITÉ (ra-sio-na-li-té), ». f. Terme de philosophie. Qualité de ce qui est rationnel. La première loi de l'art est la rationalité, proddiion. Du principe de l'art, p. ai 8. || Terme de mathématique. Qualité des quantités dites rationnelles.
RATIONNEL, ELLE (ra-sio-nel, uè-l'; en vers, de quatre syllabes), adj. || 1° Terme didactique. Oue l'on ne conçoit que par l'entendement. Plus les parties rationnelles de la philosophie s'aideront de la physique, et plus elles se perfectionneront, bonnet, Contempl. nat. Œuv. t. viii, p. 4 89, dans pougens. La décomposition dont il s'agit n'est point un résultat purement rationnel et analytique; elle a lieu effectivement, et résulte despropriétés physiques de la chaleur, fouhier, Instit. Mém. scienc. t8?t et 4 822, t. y, p. 234. Il Terme d'astronomie. Horizon rationnel, voy. horizon, n° ». || Terme de mathématique. Quantité rationnelle, celle dont le rapport avec l'unité peut être exprimé par des nombres, soit entiers, soit fractionnaires. || 2° Fondé sur le raisonnement. La mécanique rationnelle est une science mathématique et abstraite, buff. Hist. nat. I" dise. t. i, p. 86. La physique rationnelle et mathématique sera toujours le partage d'un petit nombre d'esprits méditatifs, et cette étude profonde est nécessaire, podrier , Instit. Mém. scienc. t. vin, p. Lxxv. L'ouvrage dont je viens vous entretenir me paraît un des plus utiles que l'on pût faire dans ce moment pour l'avancement de la philosophie rationnelle, destutt-tracy , Instit. Mém. se. mor. et pol. t. IV, p. B44. Il Terme de médecine. Traitement rationnel, système de traitement d'une maladie qui est fondé sur des imlications suggérées parla physiologie et parl'anatomie, etc. et qui n'est pas le simple résultat de l'empirisme. |l 3" Néologisme. Raisonnable. Il est plus rationnel de penser que.... Autrefois, par exemple, on disait tout bêtement : Voilà une idée raisonnable ; maintenant on dit bien plus dignement : Voilà une déduction rationnelle, A. DE MUSSET, Lett. de Dupuis et Cotonet,
— HIST. XII* s. Parfiz est hum de anme rationel e de humaine carn. Liber psalrrt. p. 2B8. || xiv* s. Puissances [facultés] rationnelles, oresme, Thèse de meunier. Il xvi* s. Le chirurgien rationel doit, avant toutes choses, avoir certaines indications et enseignements de ce qu'il doit faire : autrement il serait empirique, paré, Introd. 3. Les signes rationaux [des fractures du crâne] concluent tel effect par les accidens, m. viii, 2.
— ÉTYM Provenç. et espagn. racional; ital. rozionale ; du lat. rationalis, de ratio, raison.
t RATIONNELLKMENT (ra-sio-nè-le-man), adv. D'une manière rationnelle. Phénomènes qui ne sont pas encore expliqués rationnellement.
t RATIONNER (ra-sio-né), V. a. Faire la part, donner la ration. On rationne les passagers sur un navire où les vivres manquent. Un père rationne pour l'argent son fils qui fait trop de dépenses.
— ÉTYM. flotton.
t RATIS (ra-tt), *. m. Graisse que les bouchers détachent des boyaux en les ratissant.
— BTYM. Voy ÏATISSEH.
RAT
RATISSAGE (ra-ti-sa-j'), s. m. || f Action de ratisser; travail de celui qui ratisse. || Action d'enlever les plantes adventices, soit avec la ratissoire à main, comme dans le jardinage, soit avec la ratissoire à cheval comme dans la grande culture. || 2° S« dit aussi pour ràtelage. On donne un second rati sage aux allées, genlis, Maison rust. t. il, p. 483.
RATISSÉ, ÉE (ra-tisé, sée), part, passé de ratisser. Des carottes ratissées.
t RATISSE-CAISSE (ra-ti-se-kê-s') , s. m. Planche avec laquelle le fondeur rassemble le sable de la caisse à mouler.
RATISSER (ra-ti-sé) , ». o. || l*Oter en raclant la superficie d'une chose. La prétendue croix miraculeuse dont nous avons parlé dans l'éloge de Fléchier, et contre laquelle il donna une lettre pastorale, avait été érigée par un berger que le prélat fit sortir de son diocèse ; on ratissait le bois de celte croix comme une relique, d'alemu. Éloges, Fléchier. note 10. J'ai supprimé le lavage dans ma fabrique [de sucre], et je me borne à faire couper les collets et les radicules, et à faire ratisser ou nettoyer la surface des betteraves avec un couteau, chaptal, Instit. Mem acad. scienc. t. i, p. 362. On y voyait autrefois [à la cathédrale de Clermont) le tableau de la conversion de saint Paul, un des meilleurs île Lebrun ; on l'a ratissé avec la lame d'un sabre, CHATE4UB. Voy. àClermont. || Populairement et fig. On vous en ratisse, vous n'aurez pas ce dont il s'agit, la chose n'est pas pour vous. On vous en ratisse. On vous en ratissera, vadé, Nicaise, se. 47. Il 2° Il se dit pour râteler. Ratisser les allées d'un jardin.
— HIST. XVI* s. On perce les os, ratisse, scie, lime, coupe, paré, Introd. 2. Ratisser le cerveau,
COTGRAVE
— ÉTYM. Ratisser, étant écrit sans *, vient non pas de râteau, mais de l'anc. verbe rater, effacer, ôter (voy. rature, à l'historique).
t RATISSETTE (ra-ti-sè-f), *. f. Outil du briquetier.
t RATISSOIR (ra-ti-soir) , s. m. Fil de laiton pour nettoyer les soupapes de l'orgue.
RATISSOIRE {ra-ti-soi-r'), s. f. || t° Instrument de fer pour ratisser. || 2° Terme d'agriculture. Instrument qui consiste essentiellement en une lame de fer tranchante, tenue parallèlement à la surface du terrain, et manœuvrant à une petite profondeur, pour couper les plantes au-dessous du collet. On distingue des ratissoires à main et des ratissoires à cheval, c'est-à-dire mus. par un cheval
— HIST. XVI* s. Il faut nettoyer la langue avec une ratissoire, pape, xxiv, 23.
RATISSURE (ra-ti-su-r'i, s. f. Ce qu'on ôte en ratissant. Des ratissures de carottes.
— HIST. XVI* s. De l'artificielle [espèce de vifargent] . il s'en fait de minion, aussi de ratissures de marbre, comme escrit Vitruve, i>aré, xxiii, 47.
I. RATON (ra-ton), s. m. Petite pièce de pâtisserie , garnie de fromage ou de crème, qui se criait anciennement dans les rues. Raton!^ tout chauds.
— ÉTYM. Néerland. rate, rayon du miel, d'après Diez; l'assimilation de forme ayant fait donner le nom.
. 2. RATON (ra-ton), s. m. || 1* Petit rat. || Fig. et familièrement. Petit enfant. Venez, mon raton, mon petit raton. || 2° Un des noms du chat dans la Fontainp, parce qu'il prend des rats. Bertrand avec Raton, l'un singe et l'autre chat, lafont. Fabl. IX, 47. Il 3° Terme d'histoire naturelle. Petit quadrupède appartenant au nouveau continent; 11 est du genre ours de Linné; deux espèces, le raton proprement dit, ursus lotor , et le raton crabier, ursus cancrivorus. Le raton que nous avons eu vivant et que nous avons gardé pendant plus d'un an, était de la grosseur et de la forme d'un petit blaireau, buff. Quadrup. t. m, p. 7B.
— HIST. XIII* s. Qui prendroit, biau fiz, un chaton. Qui onques rate ne raton Vett n'auroit.... la Rose, 44242.
— ÉTYM. Dimin. de rat 2.
t RATOPOLIS (ra-to-po-lis'), s. f. Nom donhé par la Fontaine à la capitale fabuleuse du peuple rat. Ils allaient en terre étrangère Chercher quelifues secours contre le peuple chat ; Ratopolis était bloquée, LA FONT. Fabl. VII, 3. Il On a dit aussi Ratapolis. Et non loin de Uatapolis, C'est ainsi qu'on nommait jadis Des rats la principale ville. Comme qui dirai» Ratonville, boisvin, Batrachomyomachie.
— ÉTYM. Rat 2, et tioXii;, ville.
t RATTACHAGE (ra-ta-cha-j'), ». m. Action de rattacher. Dans le rattachage des fils de la soie il faut éviter les boucles ou les bouchr ai qui en diminueraient la netteté, legoarant.
RAT
RAT