ZAG
f ZA (za), syllabe qui sert, dans la solmisation moderne du plain-chant, à désigner le si bémol. Depuis l'invention du nom za au lieu de si, lorsqu'il est précédé d'un bémol, la gamme est devenue encore plus facile; et il suffit de dire : ut, ré, mi, fa, sol, la, si ou za, suivant que cette dernière corde varie par bécarre ou par bémol, PAissoN, Traité du chant grégorien, p. 42. Nom que les symphonistes modernes ont donné à la note si, seule corde du système ancien qui soit mobile ; c'est i raison do cette propriété qu'on l'appelle si ou za, suivant qu'elle se présente à l'état de nature ou à l'état de bémol, j. d'ortioue, Oict. du pJai'n-chonf, au mot xa.
ZAGAIK (za-ghé), ». f. \\ 1* Arme d'hast dont les Maures combattent 1 cheval. Demi-piques ou za-
gaies, MOUETTE, Rist. des conq. de Mouley Arehy, p. 364. Il 2* On applique souvent ce nom au javelot dont se servent les habitants du Sénégal, la plupart des peuplades d'Afrique et autres nation» sauvages. Les zagaies de bois dur et trempé, lancées contre des arbres à la dislance de quarante pieds, y entrent de trois ou quatre pouces, et pourraient traverser le corps d'un homme, buff. Uin. t. rv, p. (99.
— HIST. xvr s. [César Borgia] fut tué d'une zagayc par ses ennemis sortans d'une embuscatle, non sans avoir bravement combattu, bbant. Capit. Estr(M,ng. t. il, p. 234.
— ETYM. Espagn. et portug. axagaya, d'après Defrémcry, du berbère lagdya, avec l'article arabe al. M. Dozy (Gloss. des mots espagn. et portug. tiret
ZÉD
de l'arabe) cite d'anciennes formes françaises, agaye, ascgaye, axagaye.
ZAÏM (za-im'), s. m. Soldat turc, dont le bénéfice militaire est un peu au-dessus de celui du timariot.
— RTYM. Arabe xa'im.
ZAIN (zin), adj. m. Cheval zain, celui qui, r|uelle que soit sa robe, n. présente aucun poil blanc, lis [les Espagnols] estiment les chevaux zains autant que nou» les méprisons, bufp. Quadrup. t. I, p. 94.
— flTYM. Espagn. portug. et ilal xaino. M. Dozy demande si ce mot est une altération de açamm qui, chez Bocthor, signifie zain.
t ZAMBO (zan-ho), s. m. Nom donné, dans certaines parties de l'Amérique espagnole, aux fils de nègres et d'indigènes. || Au })lur. Les zambos.
\ ZAMfiES (za-mée), s. /'.pi. Pommes de pin qui s'ouvrent sur l'arbre, et qui peuvent gâter les autres si on ne les sépare pas.
[ ZAMET (za-mè), ». m. Variété de tulipe.
I ZANCi (zangh'), adj. Voy. zékn.
ZANI (za-ni), s. m. Personnage bouffon dans les comédies italiennes. Les zani sont proprement les bouffons des opérateurs et des troupes de danseurs de corde, qui attirent des spectateurs par leurs plaisanteries et leurs grimaces.
— HIST. xvi" s. [Catherine de Médicis fit jouer] des comédies et tragicomedies, et mesme celles de rany et pantalons, y prenoit plaisir, et y rioit son saoïjl comme une autre, brant. Dames ill. p. 48. Voicy le carnaval, menons chacun la sienne ; Allons baller en masque, allons nous pourmener, Allons voir Mar Antoine ou zany bouffbnner Avec son magnifique à la vénitienne, ou bellat, p. 4 H,
dans LACURNE.
— ÊTYM. Ital. xani, autre prononciation de gianni, abrégé de Giovanni, Jean.
t ZAPATÊADO(za-pa-té-a-do), s. m. Danse espagnole qui s'exécute sur un air à i, et qui présente quelque analogie avec la sabotière.
— ÊTYM. Espagn. zapata, soulier, savate.
t ZAPORNIE (za-por-nie) , ». f. Synonyme de râle porzane, voy. râle <.
t ZfiA (zé-a), ». m. Terme de botanique. Nom scientifique du maïs.
— ETYM. Zeà, ÇEià, sorte de céréales, rattaché au «anscr. yava.
t ZKBET (zè-bèt'), s. m. Terme de zoologie. Ca:^ nassier du genre civette.
ZËBUE (zè-br'), ». m. 1| 1* Animal du sous-genre âne, habitant l'Afrique, et remarquable par sa robe dont le fond jaune ou Isabelle est rayé de nombreuses bandes brunes {equus xebra); dit aussi cheval sauvage et âne rayé. Le zèbre est peut-être de tous les animaux quadrupèdes le mieux fait et le plus élégamment vêtu, bupp. Quadrup. t. v, p. I6i.||ï" Nom donné à certaines ' coquilles et à deux espèces de poissons , les chétodons et les pleuronectes.
— ÉTYM. Mot éthiopien : Pecora, Congensibus zébra dicta, LUDOLF, llislor.£lhiop. i, <0; ital. iehro.
ZËBRC, ÉE (zé-bré, brée), adj. Oui est marqué de bandes foncées sur un fond clair, comme la robe du zèbre. || Cheval zébré, cheval dont la robe présente des lignes noirâtres qui entourent l'avantbras et la jambe.
t ZÉBRER (zébré), V. a. Produire sur quelque animal ou sur quelque objet des raies semblables à celles du zèbre.
t ZP.BRURE (zé-bru-r'), ». f. Baie ou raies semblables à celles du zèbre.
ZÉBU (zé-bu), s. m. Nom vulgaire du bœuf indien, qui a sur le garrot une ou deux bosses charnues. Il Au plur. Des zébus.
+ Zfil>ARON (zé-da-ron), s. m. Terme d'astronomie. Étoile de seconde grandeur, située dans la constellation de Cassiopée.
t ZÉDOAIRE (zé-do-ê-r') , ». f. Terme de botanique. Racine employée en médecine; on distingue: la zédoaire rondo ou zcrumbet, qui vient du cureuma zcdoaria, Roxburgh, ou curcuma aromatica, Roscoe, Indes et Moluques; et la zédoaire longue, qu'on attribue à Vamomum xedoaria, W. (zingibé racées).
— HIST. xvi* s. Autres prennent au matin, par précaution, de la racine d'enule campane, ou zedoar, ou angelique, en les maschant et tenant en la bouche, paré, xxiv, 8.
— ETYM. Provcnç. leduor»; portug. xeduaria; ital. xttlovario; de l'arabe xedujdr.
fZÉDOAHLVE (zé-do-a-ri-n'), ». /".Terme de chimie. Extrait amer de la zédoaire ronde.
ZÉL
t ZfiR {lie), I. m. Poisson qu'on nomme aussi dorée, truie et poule do mer (acanthoptcrygiens).
t ZÉEN (zé-in), adj. m. Chêne zéen, espèce de chêne de l'Algérie, dit aussi chêne zang, dont le bois est remarquable par sa densité.
t ZÉINE (zé-i-n'), ». [. Terme do chimie. Gluten de la farine de mais.
— ËTYM. Zea, et in«, finale qui indique un principe.
t ZfiISME (zé-i-sm'), ». m. Terme de médecine. Doctrine qui met dans te maïs altéré l'origine de la pellagre ; ce qui est vrai.
— F.TYM. Zéa.
t ZEKKAT (zèk-kat), ». m. Impfit sur le revenu
dans les pays musulmans, et en particulier en Algérie.
ZÉLATEUR, TRICE (zc-la-teur, tri-s'), ». m. et ^. ||1* Celui, celle qui agit avec zèle pour quelque chose ou quelqu'un. Le prophète disait : mon zèle me dévore; mais combien de prétendus zélateurs ou zélatrices pourraient dire : mon zèle, au lieu de me dévorer moi-même, dévore les autres I BOL'RDAL. Pensées, Diifautt à éviter dans la dévotion, t. I, p. 433. Ce roi | David] selon le cœur de Dieu, observateur de ses orlonnances, zélateur do sa sainte loi, pléch. Due de Montaus. Ce ne sont plus ces anciens zélateurs de la liberté, uniquement attentifs au bien public et à la gloire de la nation, bolun, Hist. ane. Œuv. t. vu, p. 54, dans POUGENS. J'entends les zélateurs de Bnileau s'écrier que je lui préfère Ronsard, marmontel, Œuv.i. v, p. 199. Il jldj. Les plus capables, ceux qui tempéreraient le mieux par leurs sages réHexions l'esprit zélateur de l'assemblée [des états généraux] , craindront de se commettre avec elle, st-sim. 4u5, 82. Il a* Membre d'une secte juive qui existait à Jérusalem sous Titus. || 3° Titre d'office dans quelques ordres religieux, consistant à veiller avec zèle sur la conduite des novices et des jeunes profès. Il Zélatrice, nom, parmi les religieuses ursulines, d'un office qui répond à celui de procureur dans les communautés d'hommes.
— HIST. xv* s. Zélateurs du bien publique, Preuv. sur le meurtre du duc de Bnurg. p. 32(t, dans LACURNE. Ilxvi's. Ciceron, ce grand zélateur du bien publicque, la boétie, Servit, vol. Aucuns de ces zélateurs inconsiderez ont encore une opinion très-mauvaise, LANOtiE, 72.
— ÊTYM. Lat. xeiatorem, de «du», zèle.
ZÈLE (zê-l') , s. m. Il l' Affection vive, ardente pour
le service de quelque chose, de quelqu'un, de Dieu. Le révérend père Petau, que je nomme volontiers à cause de sa grande doctrine, de son zèle à la religion.... la mothe lb vayer, F«r/u des païens, II, Julien. Le plus violent bouillon de mon zèle serait refroidi par la crainte de vous fâcher, sÉv. 9 févr. 4683. Qui pourrait assez exprimer le zèle dont elle brillait pour le rétablissement de cette foi [catholique] dans le royaume d'Angleterre, où l'on en conserve encore tant de précieux monuments? aoss. Duch. d'Orl. Un zèle inquiet de la perfection d'autrui, tandis qu'on néglige la sienne propre, bocrd al. Vomin. Serm. pour 1$ ^u^ dim. après ta Pentec. sur t'^tot de vie, t. m, p. 316. Le zèle pour le bien de l'Église est encore moins rare que le zèle pour le bien de la patrie, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 24 nov. (710. C'est lui, c'est ce ministre infidèle ot barbare Qui, d'un zèle trompeur à vos yeux revêtu.... BAC. Esth. m, 4. Une grande habileté ne suffit pas pour oser se charger d'un événement considérable ; il faut encore un zèle vif qui veuille bien courir les risques de l'injustice des hommes, toujours portés à ne donner leur approbation qu'aux succès, fonten. Chazelles. Le zèle du salut des âmes est comme le premier devoir d'un pasteur, Hass. Confér. Zèle pour le salut des dmes. Ce zèle tendre qui donne l'âme à tout , et qui répand dans les cœurs le plus divin des sentiments, l'envie de rendre service, volt. Letl. Thiriot, 9 janv. (739. || Zèle indiscret, zèle inconsidéré, zèle qui n'est pas réglé par la prudence. Aux zèles indiscrets tout paraît légitime, corn. Tite et Bérén. v, B. Mais surtout ne va point, par un zèle indiscret, Découvrir à ses yeux mon funeste secret, hac. Iphig. l, *.\\ Dans le langage do l'Écriture. Le zèle de la maison de Dieu le dévore, il a un zèle extrême pour le service de Dieu. Étant transporté du zèle de la loi, comme le fut Phinée lorsqu'il tua Zamri fils de Salomi, saci. Bible, Machabées, i, ii, 26. || Jugement de zèle, se dit, dans la législation do Moïse, du supplice de la lapidation, qu'on infligeait, sans aucune forme
ZEL
de procès, aux blasphémateurs, aux adultères. aux idolâtres, etc. Il I* Faire du zèle, se montrer trop zélé, dépasser la mesure dans l'exécution d'un ordre, d'une mission, d'une fonction, aller iilus loin qu'il ne convient i ceux qui ont donne l'ordre ou la fonction. Surtout, messieurs, pas de zèle, mol attribué à Talleyrand recevant les employit du ministère des affaires étrangircs. || S* Particulièrement, le zèle, le zèle pour la religion. Ces gens.... Oui savent ajuster leur zèle avec leur* vices. Sont prompts, vindicatifs, sans foi, plein d'artifices, hol. Tari, i, 6. Quatre sortes de personnes : zèle sans science; science sans zèle; ni science ni zèle ; zMo et science, pasc. Pens. XXIV, 26, éd. IIAVET. Tandis que les prophètes ont été pour maintenir la loi, le peuple a él6 négligent; mais, depuis qu'il n'y a plus eu de prophètes, le zèle a succédé, iD. ib. xi, <3 bi». 0 filles de LévI, troupe jeune et fidèle, Que déjà le Seigneur embrase de son zèle, rac. Athal. l, s. Parce qu'il [le monde] a vu souvent des zèles déplacés, il ne lui en faut pas davantage pour conclure qu'il n'en est point de solide et de véritable, MASS. Confér. Conduite des clercs dans le mom<«. Le chrétien qui déchira publiquement l'édit de l'empereur Dioclétien, et qui attira sur ses frères la grande persécution.... n'avait pas un zèle selon la science, volt. Pol. et lég. Des martyrs. D'un côté la haine sous le nom do zèle, de l'autre le zèle sans discernement ou sans lumières, se soulevèrent et se réunirent contre les Lettres penaiM», o'alehb. Èlog. Montesq. Il Faux zèle, zèle aveugle et mal entendu pour la religion. S'ils mêlent avec la dévotion.... le faux zèle de leurs intérêts, les vues et les intrigues de leur ambition, bourdal. (•' avent, sur le scandale, p. t34. Le faux zèle prend la défense Des crimes qu'il a consacrés, LAMOTTE, Odes, 1. 1, p. 1 lO, dans pouoens. Un zèle faux et amer, passion la plus aveugle de toutes, d'olivet, Hist. Acad. t. ii, p. 7», dans pouoens.
— HIST. XVI* s. Quant à ceux qui ont des zelos inconsiderez, qui souvent les esmeuvent à des jugemcns et condamnations iniques, qu'ils se souviennent de ce que dit saint Paul, lanoue, 79. Les factions des princes sur le subject de la théologie sont armées non de zèle, mais de cholere, momt.
I, 399. Le bon zèle et affection de ceulx qui ont gardé malgré le temps la dévotion à la franchise, LA BOÉTIE, Servit, vol. Telle est l'hypocrisie, Qui parle doucement, puis sur son dos bigot Va par zelle porter au buscher un fagot, d'aub. Tragiques,
éd. LALANNE, p. (36.
— ËTVM. Lat. xelus, de CrjXo:, jalousie , de Ut*, bouillir; sansc. yoî, suer, s'efforcer.
ZÉLÉ, ÉE (zé-lé, lée), adj. Qui a du zèle. Car il contrôle tout, ce critique zélé, mol. Tart. i, l. Nous ne sommes plus étonnés de voir que les papes «t quelques évêques aient été si zélés contre le sens de Janséniu», pasc. Prov. xvm. Toute la France destinait la charge de chancelier à un ministre si zélé pour la justice, boss. le Tellier. Hais ce sujet zélé qui, d'un œil si subtil , Sut de leur noir complot développer le fil, rac. Esth. ii, 3. Le fameux Zuingle, en établissant sa secte, avait paru plus zélé pour la liberté que pour le chiislianisme, volt. Moeurs, 4 29. Une rustique épouse et soigneuse et zélée.... M'offrirait un doux miel, les fruits de mon verger, a. chén. Elégies,
II, 22. Il Substantivement. Un zélé, une zélée. Ne vous représentez pas ici un de tes zélés fastueux qui n'aiment, pour ainsi dire, à placer leur argent [leurs charités] que sur le public... MASS. Or. fv l. Vi'Wor». Nous n'aimons pas les zélés qui font pi-ofession de mépriser tout ce dont nous nous piquons, vauven. Mai- ccxli. jj Faux zélé, celui qai est animé d'un zèle faux pour la religion. Cent mille faux zélés, le fer en main courants, notL. Sat. XII. Les faux zélés, l'espèce d'hommes la plus dangereuse, crièrent contre Molière, et séduisirent même quelques gens de bien, volt. Vie d» Mohire.
— HIST. XTi* S. Tel seize qui de foy se vante Ne voudrolt ainsy mettre en vente Son corps par pièces estallé, Et veut qu'on l'estime zélé, Sat. Ménippée, Vine ligueur.
— KTYM. Zèle.
t ZÉl.El'R (zé-leur), ». m. Procureur général de l'ordre des minimes, en cour de Rome.
t Efil.OTIS.ME (zé-lo-ti-sm"), ». m. Excès de zèle religieux. Elle [l'orthodoxie étroitej amène les caractères qui ne sont pas encore formés, à l'indolence et à l'hypocrisie, et les caractères plus sérieux aux angoisses piétistcs, au fanatisme et au n. — 321
ZÉO
ZfîR