RAU
' BATTACaft, ÉE {ra ta-ché, chée), part, passé de ratUicher. Attacha après avoir été détaché. Chevelure rattachée par un nœud. || I! se dit i|uelquefois simplement pour attaché. Elle avait une rohe d'argent brodée d'or et de perles, ratiachée avec urm ceinture de diamants, senlis, VeiU. du chdt. t II, p. 33. dans pouGENS.
RATTACHER (ra-ia-ché), t>. o. || 1° Attacher ce qui est détaché. Rattachez ce chien, ce cheval. Il n'a pas daigné seulement, dit-elle, me rattacher cette jarretière que voici, et dont je ne veux plus me servir, volt. Zadig, 7.||2" Il se dit quelquefois .«■r.iplementpour attacher. Des agrafes de diamants rattachaient leurs manteaux d'hermines et de martre, gf.ni.is, VeiU. du chdt. t. II. p. <06, dans POUGENS. Il 3° Fig. Renouer, ou, simplement, nouer un lien moral. Ajoutez qu'il vous aime, et veut par tous moyens Rattacher ce vainqueur à ses dernier^ lieu.s, CORN. Penh, v, t. Elle espéra que Léonce retrouverait à la guerre un genre d'intérêt qui pourrait le rattacher à la vie, stael, Delph. f>' part, conclusion. Ne m'avait-elle [Amélie] rattaché à l'existence que pour me délaisser tout à coup ? chateaubr. René. || Rattacher les fers, remettre dans les chaînes de l'amour. Marquise, dites donc ce qu'il faut >.ue je fasse; Vous rattachez mes fers quand la saison vous chasse; Je vous avais quittée, et vous me rappelez Dans le cruel instant que vous vous en allez, CORN. Œuv. div. || Se rattacher quelqu'un, le rattacher à soi. Mme de Maintenon aurait 'ou se rattacher par l'intérêt tous ceux qui par intérêt l'avaient trahie, genlis, Mme de Maintenon, t. i, p. 373, dans POUGENS. Il 4» Fig. Rtabllr une connexion entre des choses. Les faits qui semblent isolés et qu'on ne peut rattacher à rien doivent irriter l'émulation; pourquoi seraient-ils plus invincibles que ceux qu'on est parvenu à dévoiler? sennebieh, Ess. artd'obs. t. i, p. 392, dans pougens. On rattache dans sa pensée ses fautes à ses malheurs, STjtEL, Corinne, xviii, 5. j] 5" Se rattacher, v. réfl. Être attaché. Un vêtement qui vient se rattacher sur répaule.||6° Fig. S'attacher de nouveau à.... 11 s'est rattaché à celte femme qu'il avait quittée. || Avoir de la liaison, de la connexion avec. Causes qui so rattachent les unes aux autres.
— HIST. IV* s. On leur remit et ratacha leurs heaumes, et leur rendit on leurs lances, proiss. m, IV, (2. Il XVI' s. De peur que l'herbe ne reprit nouvelle force, en sereattacbantau fonds, o. de serres, 76. Les âmes particulières ne font que s'y rejoindrlî et r'attacher [à l'âme générale], mont, ii, 296. V
— ÉTVM. Be..., et attacher; wallon, ratecht.
t RATTACHEUR, EUSE (ra-ta-cheUr, cheû-z'), f. m. et/. Ouvrier, ouvrière, qui, dans les ateliers de filature de coton et de laine, rattache les brins qui se défont.
t RATTAQDER (ra-ta-ké), t>; o. Attaquer de nouveau.
— HIST. XVI' s. Il y eut plusieurs intervalles ; et puis on se rattaquoit par petites charges, et tantost par grosses, lanoue, 694.
— ÉTYM. Re..., et attaquer.
RATTEINDRE (ra-tin-dr'), v. a. Il se conjugue comme atteindre. || 1° Atteindre ce qui s'était échappé. On est parvenu à ratleindre le prisonnier. Il 2" Rejoindre une personne qui a pris les devants. Il vient de partir, mais j'espère le r.itteindre bientôt.
— HIST. XV s. Et les poursuivirent tant et si roidement, qu'ils les ratindirent environ à quatre lieues de Roye, MONSTREL. 1,225. Il XVI' s. Il [Duras] s'amusa à battre par le chemin quelques chasteaui, où il y avoit grand butin ; ce qui donna temps à ses ennemis de le ratteindre, langue, 683.
— ÉTYM. Re... et atteindre.
RATTEINT, EINTE (ra-tin, tin-t'), part, fotsé de ratteindre. Le prisonnier ratteint.
t RATTELER ( ra-te-lé), t). o. Il se conjugue comme atteler. Atteler de nouveau.
— HIST. XV' s. Nostre mignon fut délivré de ses pastéï [d'anguille], et à son premier mestier rattelé et restabli, louis xi, flouv. xi.
— ÊTYM. Re.... et atteler.
t RArrENDRlR (ra-Un-drir), v. a. Faire redevenir tendre. Comme ma lettre était fort tendre pour M. de Lauzun, j'étais bien aise de la lui montrer [au roi], pour lui faire connaître que je ne changerais point, et dans l'espérance de le rattendrir et de lui faire pitié de mon état pour le finir, Mémoires de Mademoiselle, t. iv, p. 269.
— HIST. rv'8. L'escuyer se rattendry grandement, et n'eust veu jamais son père ni sa mère mourir; si rendit la tour, prolss. h, n, 47.
— Etym. Be..., et attendrir.
I RATTISGR (ra-ti-zé), v. a. Attiser de nouveau.
— HIST. XVI' s. Huis Amour, que je sens par mes veines s'espandre. Passe dessous la terre, et rjatize la cendre Qui froide languissoil dessous vostre tombeau, RONS. 203.
— ÉTVM. Be..., et attiser.
RATI'RAPÉ, ÉE (ra-trapé, pée), par(. passé db ratiraper. Rattrapé au même piège.
RATTRAPER (la-tra-pé), v. a. || 1° Attraper une seconde' fois. Quand un renard s'est échappé d'un piège, il est bien rare de l'y rattraper. || Fig. Il avait perdu beaucoup d'argent dans ce tripot; comment s'y est-il laissé rattraper'? || Familièrement et fig. On ne m'y rattrapera plus, bien fin qui m'y rattrapera, c'est-.i-dire on ne me trompera plus en pareil cas. || Il signifie aussi : Je ne m'exposerai plus à pareille aventure, on ne me reverrà plus clans cet endroit, dans cette société. J'ai été entraîné dans ce précipice de ronces [les Annales, de l'Empire] par ma malheureuse facilité; on ne m'y rattrapera plus, volt. Lett. d'Argental, 16 mai <754.|| 2" Par extension de l'idée de reprendre au piège, ressaisir, reprendre. On a rattrapé le prisonnier. |{ Fig. et par menace. Si je le rattrape! c'est-à-dire s'il tvjmbe sous main, sous mon autorité, je le punirai. Ah! les coquins I si je les rattrappe jamais 1 a. duval, Jeun, de Henri F, m, (o. || Il se dit au8.si des choses qu'on ressaisit. Nous étions contraints de disputer contre les flots, pour rattraper le dessus de ce mât, pEn. Tél. VI. Il 3° Recouvrer ce qu'on avait perdu. Il ne s'agit plus que de rattraper mon repos et ma tête, pour faire ce que vous voulez, volt. Lett. Thibouville, 28 nov. 4776. Ah 1 si je puis rattraper ce que j'ai perdu, je jure bien que j'abandonnerai le jeu à jamais, GENLIS, Thédt. d'édue. les Faux amis, H, «. Il 4" Familièrement. Rejoindre quelqu'un qui a pris les devants. Sa servante Alison la rattrape et la suit, BOiL. Lutr. ii. Partout le doigt vainqueur [qui distribue la bénédiction] les suit et les rattrape, ID. ib. v. Il Fig. Mais, lorsqu'on la néglige [la rime], elle devient rebelle, Et, pour la rattraper, le sens court après elle, boil. Art p. i. || B" Terme de papeterie. Rattraper les pâtes échappées, les empêcher, à l'aide d'un appareil propre, d'être entraînées avec l'eau. ||6° Se rattraper, v. réfl. Se soutenir, se retenir. Le perroquet se rattrape avec le bec. Iltombait dans la rivière, mais il s'est rattrapé à une branche d'arbre. || Fig. Cet homme se rattrape aux branches, se rattrape toujours, il se tire d'affaire. ||.7° Se rattraper, regagner. Il avait perdu, mais il s'est rattrapé.
— HIST. XVI» s. Vostre beauté m'a longuement trompé Par sa douce feintise ; Pour l'advenir, si j'en suis ratrapé, N'espargnez ma sotise, desportes, Diverses amours, vi, Plainte. Qu'elle n'espère donc me pouvoir ratraper; Deux fois un mesme lieu ne me fait point choper, m. Amours diverses, Plainte.
— HIST. Re..., et attraper ; ital rattrapare, rattrappire, se contracter, se roidir.
RATCRE (ra-tu-r'),». /. Il 1" Synonyme de raclure. Quand on voulait faire l'essai d'une masse d'argerrt, on en tirait quelques grains, par Icmoyen d'un petit instrument nommé échoppe; un mettait cette petite quantité d'argent sur des charbons ardents, etonjugeaitdeson titre par sa couleur plus ou moins blanche ; cette méthode s'appelait faire l'essai à la rature ou à l'échoppe, Dict. des arts etmél. Essayeur. \\ Ce qu'on enlève des peaux en les raturant. Les ratures servent à faire de la colle. || Terme de potier d'étain. Petite bande qu'on enlève en tournant l'élain sur la roué. || 2° Par extension , trait de plume passé sur ce qu'on a écrit (le trait ainsi passé étant comparé à une raclure). J'ai vu son manuscrit original [Télémaque de FénelonJ, il n'y a pas dix ratures, VOLT. Louis XIV, 32. Les actes seront inscrits sur les registres de suite, sans aucun blanc; les ratures et les renvois seront approuvés et signés de la même manière que le corps de l'acte, Code Sap. art. 42. || Fig. Que vous servira d'avoir tant écril dans ce livre [une grande vie], d'en avoir rempli toutes les pages en beaux caractères, puisque enfin une seule rature doit tout effacer? encore une rature laisserait-elle quelques iraces, du moins, d'elle-même; au lieu que ce dernier moment [la mort], qui effacera d'un seul traittoute votre vie, s'ira perdre lui-même avec tout le reste dans ce goufîre du néant, boss. Sermons, la Mort, l.
— HIST. xui' s. Rature [raclure] d'estaux de boucherie, DU GANGE, rotiira. || xvi* s.. Et fut la cuirace attainle, qui neantmoins demeura en son ontier, et à peine y feit le traict une petite rature, qui n'ap- 1 paroissoit comme point, non plus que si elle eustj
esté faitte d'un petit burin ou poinçon k esciira, ABYOT, Vémélr. 26.
— ÉTYM. L'ancien verbe ra(er, qui signifiait effacer: xiv siècle : Et aussi rata le dit prestre une lettre scellée du grantscel, du cangb, ratlore; Il rata et osta un x sur la somme de xij c. frans, in. ib. Rature a aussi bien le sens de racler que celui de raturer. Ratter onrater représente phonétiquement un dérivé du lat. raptus. enlèvement, qui, en effet, avait donné rot; il signifierait enlever; mais de là à racler, effacer, les intermédiaires manquent. D'un autre côté, l'ancienne langue a raté, rongé par les rats; d'où rafure a pu signifier rongeure de rat, comme le provençal rntonadura; mais là aussi les intermédiaires manquent, l'outefois rater, ronger, est plus voisin de racler, que ne le serait rater, enlever, s'il exisiait. Quelques-uns pensent que rater est pour gratter.
RATURÉ, ÉE (ra-turé, rée), port, passé de raturer. Il 1» Terme d'histoire naturelle. Se dit d'un corps marqué de taches ou de raies qui ressemblent à celles que l'on produirait en le raclant. Ii 2° Effacé pur une rature. Mots raturés. || Manuscrit très-raturé, manuscrit où il y a beaucoup de ratures. Ce mémoire était brouillé et raturé, mais écrit de la main de M. de Châteauneuf, retz, Uém. t. ii, liv. m, p. 369, âans pougens.
RATURER (ra-tu-ré), t>. o. || 1° Racler le dessus des peaux dont on veut faire du parchemin. Ce sont les mégissiers qui travaillent le parchemin à la chaux, et les parcheminiers de Paris ne font que le raturer; le fer à raturer est de la même forme que le fer à écharner dont se servent les mégissiers, Oict. des arts et métiers, Parcheminier. || 2° Par extension , effacer au moyen de quelques traits de plume ce qui est écrit. Je me suis la.ssé de raturer inutilement les épreuves, la mothe le vayer, la Promenade , dialogue i . Je ne vous écris sou- J vent que trois lignes, parce que j'en griffonne trois 1 ou quatre cents, et en rature cinq cents pour mériter un jour votre suffrage, volt. Lett. Thiriot, .M oct. 1738. Il Absolument. Aussitôt il prit papier, plume et encre ; et voilà mon jeune homme qui se met à raturer, à corriger, à refaire, volt. Lett, i, d'Argental, 5 févr. (772.
— SYN. RATURER, RAYER. RatuteT emporte quelque chose de son sens primitif ; c'est passer sur le mot un trait qui empêche de le lire. Rayer, c'est simplement passer sur le mot une raie, une barre, qui peut le laisser lisible. Dans un acte on raye les mots qu'on veut supprimer, on ne les rature pas.
— ÉTYM. Rature.
t RATCREUR (ra-tu-reur), f. m. Ouvrier qui rature les peaux.
t RACCHE (rô-ch'), ». f. L'un des noms vulgaires du typha latifolia.
RÀrCITÉ (rô-si-té), i. f. État de la voix rauque.
— ÉTVM. Lat. raucitalem, de raucus, rauque. t RACCOURT (rau-kour), s. m. Nom donné à
une teinture dont les gens du métier font un secret, et qui sert à donner une meilleure couleur au beurre qui, foulé, devient blanchâtre et pieiid un É a.spect crayeux. C
— ÉTYM. C'est une altération de rourou. RAUQUli (rô-f), adj. Se dit de la voix devenue
rude «t comme enrouée. Pouvez-vous endurer que ces rauques cigales Égalent leurs chansons à vos œuvres royales? régnieb, .S'ai. ii. Sa voix était rauque, tremblante et entrecoupée, kên. TH. vu. Quelle rauque grenouille, au milieu de ses joncs. T'a donné de son art les premières leçons? kegnard. Fol. amour, ii, 7. Passé le mois de juin,' le rossignol ne chante plus, et il ne lui reste qu'un cri rauque, une sorte de croassement où l'on ne reconnaît point du tout la mélodie de Pliilomèle, buff. Ois. t. ix, p. 129. Et pous,sant vers le ciel un cri rauque et sauvage, deliile, En. vu. Le dialecte bolonais dut la surprendre péniblement ; il n'en est pas de plus rauque dans les pays du Nord, stael, Corinne, xix, 7. il Par extension. Et les rauques tambours, les sonores cymbales, a. chén. Fragments, Bacchus. Il Fig. Je réponds bien mal, monsieur, aux choses charmantes que vous m'envoyez; mais, à mon âge, on a la voix un peu rauque, volt. Lett. en vers et en prose, i32.
— HIST. xiii* S. Ne je ne puis mais haut crier. Car douze mois en l'an sui raus [enrhumé], a. dinaux. Trouvères artésieni, p 122
— ÊTYM. Berry, rauche, enroué; génev. rouche, enrouement; prov. rauc, rauch; cat. ronc; espagn. ronco: port, rouco; ital. ■ rauco; du lat. raucus ; compare?, le sanscr. ru, faire du bruit.
t BAUQUER (rô-ké), en. Crier d'une voix rai»-
RAV
RAV
RAV
(fiie Ce mot raueant n'a point d'équivalent en franvais; ne pourrions-nous pas lui en donner un, et dire : les tigres rauqiient, les lions rugissent; car le son de la voix du tigre est en eiïet très-rauque, BUFF. Quadrup. t. ni, p. 256.
— ÉTYM. Lat. raucare ; prov. rauquiar; espagn. ronr/near.
RAVAGE {ra-va-j'), s. m. || l" D(^gâtfait avec violence ot rapidité. Le ravage des champs, le pillage des villes, CORN. Cinna, i, 3 J'aurais applique bien naturellement le ravage d'Érisichthnn dans les bois consacrés à Cérès, au ravage que mon fils a fait au Buron, qui est à moi; je crois (ju'il suivra en tout l'exemple de ce mallicureux, et qu'enfin il .se mangera lui-même, sév. (9 juin I680. Le Jourdain ne voit plus l'Arabe vagabond, Ni l'altier Philistin, par d'éternels ravages, Comme au temps de vos rois, désoler ses rivages , rac. Àth. Ii, 5. Les feux vont s'allumer, et le fer est tout prêt ; Rien ne peut de leur temple [des Juifs] empêcher le ravage, id. ib. m, 3. Il Familièrement. Faire ravage^ dans une maison, y faire beaucoup de désordre, beaucoup de fracas. || 2° Dégât violent causé par les tempêtes, les orages, les pluies, les vents, etc. La grêle a fait bien du ravage dans les vignes. De même i|u'une eau débordée rie fait pas partout les mêmes ravaues, eoss. Reiiie d'Anglet. || 3° Ecoulement rapide et fougueux d'une eau ; sens qui est tombé en désuétude. Que je trouve doux le ravage De ces fiers torrents vagabonds Qui se précipitent par bonds Dans ce vallon vert et sauvage I Théophile, Œuvres, 3' part. p. 1 99, dansi.ActiHNK. ||4° Il se dit de l'action funeste des épidémies, des épizooties. Cette épidémie a fait de grands ravages dans le canton. || 5° Il se dit du mal que font les humeurs débordées. La furie de votre sang qui vous a fait si souvent du ravage, sév. s cet. <684. Il 6° Fig. Désordre causé par les choses morales. L'intérêt est un monstre qui fait bien du ravage, patbu, Plaid. 2, dans nicHELET. Quels ravages ne causent point dans l'imagiiialion des jeunes personnes ces nudités indécentes que les sculpteurs et le» peintres se permettent si communément? ROLLiN, Hist. anc. (Euv. t. xi, >'• part. p. 202, dans POUGENS. Les ravages de la superstition qui naît de l'ignorance et qui la reproduit à son tour, d'alemb. Disc.prélim. Encycl. Œuv. t.i, p. 260, dans pougens.
— HlST. iiv s.. Non pas par manière de juste bataille ou de guerre ordenée, mais par manière de pille et de ravage, bercheure, f* )t, verso. Il XVI* s. Soudainement il tumba un grand ravage de pluyea, avec tonnerres et temps obscur, AMYOT, Aie. 68. Les ravages des uns et des autres attiroient chacun à la deffencedu sien, d'aub. llist. I, <4(. En Russie, l'armée que l'empereur Bajazet y avoit envoyée feut accablée d'un si horrible ravage de neige.... mont, i, 367.
— ÊTYM. Ravage est l'équivalent du provençal ràbeg, rabey, torrent, rapidité, et vient, comme lui. du lat. rapere, avec le sens qui est dans ravine. Le XIV* siècle {voy. du Cange, rama) disait aussi ravace, dans le sens de ravage d'eau.
RAVAGÉ, ÉE (ra-va-jé, jée), part, passé de ravager. Le sommes-nous [touchés] des maux de la Hongrie et de l'Autriche ravagées? leurs habitants passés au fil de l'épée.... Boss. Uar.-Thér. La Sicile et les autres terres ravagées par le feu, buff. Add. théor. terre, Œuv. t. xiii, p. tOB.
i RAVAGEANT, ANTE (ra-va-jan, jan-t'), adj. Qui ravage. Ces armes ravageantes et détruisantes, BOSS. 2' sermon, Assompt. Vierge, 2. Si le.s eaux [du déluge] montrent la justice divine par celte vertu ravageante et abîmante, iD. Élevât, surmyst. xxii, ■•).
f RAVAGEMENT (ra-va-je-man), s. m. Action de ravager.
— HIST. xvj" S. De mesme effroi les moines quittèrent l'abbaye, de laquelle les ministres empescherent le ravagement," d'aub. Hist. i, 68.
RAVAGER (ra va-jé. Le g prend e devant a et o: ravageant, ravageons), v. a. || 1" Porter le ravage. Provinces que nos ennemis avaient déjà ravagées dans le désir et dans la pensée, vous avez encore recueilli vos moissons, fléch. Turenne. M. de Louvois veut qu'on aille en Allemagne, et qu'on ravage sans pitié le Palatinat, maintenon, Lett. à Mme de St-Géran, 4 nov. )688. Ils [les Goths] ravagèrent tout depuis le Danube jusqu'au Bosphore, exterminèrent Valens et son armée, et ne repassèrent le Danube que pour abandonner l'affreuse solitude qu'ils avaient faite, montesq. Rom. 4 7. || Il se dit des fléaux atmosphériques. 11 aura passé comme un torrent pour ravager la terre, et non comme un fleuve majestueux pour y porter la joie et l'abondance, mass. Pet. carême, Tent. grands. \\ Il se dit aussi des ma-
ladies. La pesie ravageait l'Italie. || 1° En général, faire beaucoup de mal. Si dans les droits du roi sa funeste science, Par deux ou trois avis n'eût ravagé la France, boil. Sat. i. On traitait rigoureusement les rois qui, au lieu d'être bons et vigilants pasteurs des peuples, n'avaient songé qu'à ravager le troupeau comme des loups dévorants, pén. Tél. xviii. Le même corps de magistrature [où tous les pouvoirs sont réunis] a, comme exécuteur des lois, toute la puissance qu'il s'est donnée comme législateur; il peut ravager l'État par ses volontés générales.... MONTESO Esp. XI, 6.
— SYN. RAVAGER, DÉVASTER. Ravager, danslequel est le radical du latin rapere et rapina, exprime l'impétuosité et l'instantanéité de l'action. Dévaster, qui signifie proprement rendre vaste, c'est-à-dire désert, exprime une action étendue à une contrée où on ne laisse rien subsister, ni hommes ni choses.
— HIST. XV* s. Je Guillaume tiens et advoue à tenir le droict de prandre et ravager [lever un impôt] par droict de lussion et de juridiction jusques à sept solz sur tous ceulx qui.... uu cange, ravale. Il xvi» s. Cleomenes se meit en fantaisie de l'aller ravager [Mégalopolis]; car il n'est rien à quoy ressemble mieux la soudaineté de cest exploit, dont personne ne se fut jamais doubté, qu'à un ravage, AMYOT, Agis et Clcom. 63. Ils ont entré aux églises et ravagé en icelles ce ou'ils ont peu prandre et voiler, CARL. VIII, m.
— ÊTYM. Ravage; wallon, ravagi.
RAVAGEUR ;ra-va-jeur), s. m. || 1° Celui qui
ravage. Considérez les César et les Alexandre, et tous ces autres ravageurs de provinces que nous appelons conquérants; Dieu ne les envoie sur la terre que dans sa fureur, boss. i" sermon, Circoncision. Ses disciples admiraient la force de ce ravageur de monastères [Luther, qui disait de lui : presque tous les monastères sont ravagés par ma plume et par ma bouche], id, Var. 1, 30. || 2° Ravageurs, ceux qui lavent le sable et la vase des bords de la Seine pour en séparer la vieille ferraille. Il Terme populaire. Se dit de certaines gens qui, après qu'il a plu, vont chercher dans les ruisseaux des rues les morceaux de clous et de ferraille que l'eau a pu emporter; ainsi nommés à cause du sens que ravage a eu de rapide écoulement d'eau.
— HlST. xv s. Ravageur, cotgbave.
— ÉTYM. Ravager; on trouve aussi ravageux: Les torrents ravageux, bons. 744,,
t RAVALE (ra-va-l'), *. f. Terme rural. Machine pour aplanir le terrain.
RAVALÉ, ËE (ra-va-lé, lée), part, passe' de ravaler. Il 1* Abaissé, rabaissé. Un capuchon ravalé sur les yeux. || Des bas ravalés, des bas tombant sur les talons. Il Terme de chasse. Un cerf a la jambe ravalée quand les os en sont très-abaissés vers le talon. Il 2° Fig. Bas, abject. Va, porte cette crainte à des cœurs ravalés, corn. Perth. m, s. || Il se dit du sort, de la condition. Dans mon sort ravalé je sais vivre en princesse, cobn. Théod. 11, 4. Les possédés qu'on séparait du peuple fidèle, tant à cause que leur état, qui les soumettait au démon, avait quelque choçedetrop ravalé ou de trop suspect.... boss. Expl. de la messe, 2. Tous les dehors du vjce y sont spécieux [chez les grands]; mais le fond, encore une fois , y est le même que dans les conditions les plus ravalées : lout le bas, tout le faible et tout l'indigne s'y trouvent, la rruY. ix. |j Des termes ravalés, des termes bas. N'oublierez-vous jamais ces termes ravalés? cobn. la Yeuve, II, 4.
RAVALEMENT (ra-va-le-man) , s. m. || 1* Action de rav.iler, d'abaisser. Le ravalement d'un capuchon sur les yeux (vieux en ce sens). || 2° Terme de marine. Abaissement d'une partie du pont inférieur, pour faciliter certains emménagements. || 3° Terme de jardinage. Action de ravaler. || Terme de forestier. Opération qui se pratique en recepant le vieux bois d'un arbre, ou des souches qui ont été coupées trop haut au-dessus du sol, ou exploitées avec peu de soin. || 4» Terme de maçonnerie. Travail qu'on fait à un mur, à une façade, quand, après les avoir élevés, on les crépit de haut en bas; l'ouvrage qui résulte de ce travail. La neige bouche en dehors les vides de la bâtisse et lui sert de ravalement, cha- TEAUBR. Amer. Chasse. \\ Travail qu'on fait sur un vieux mur en pierre pour le blanchir. || 5° Terme de menuiserie. Diminution d'une pièce de bois à certains endroits pour en faire saillir quelques parties. || 6° Terme d'architecture. Petit enfoncement Simple ou borde d'une baguette, dans un pilastre, dans un corps de maçonnerie ou de menuiserie. Il 7° Clavecin, forte-piano à ravalement, clavecin qui u plus de touches que les clavecins ou iiiauos ordi-
naires. Il 8* Fig. Action de déprimer, de ravaler quelqu'un. Le ravalement du mérite d'autrui. || L'abaissement dans lequel une personne est tombée. Après cet acte de lâcheté, il est tombé dans un grand ravalement. || Action de s'humilier clirétiennernent. Qu'un plein ravalement ainsi m'est nécessaire! Que je me dois pour moi des sentiments abjects! corn. Imit. m, 44. Il^upîur. Les actions par lesquelles on s'humilie, on se ravale chrétiennement. Le plus grand devant Dieu c'est le moindre en soi même; Et les vertus que le ciel aime Par les ravalements trouvent l'art d'y monter, corn. Imit. 11, 40.
— HIST. XVI* s. L'on ne sent pas quel mal et préjudice il est advenu au monde du ravallcment et extinction de la puissance paternelle , charron, Sagesse, i, 49. Une petite viz [escalier] commençant au dessus du ravallement dudict logis, Bibl. de* chartes, 4" série, t. m, p. 63. ,
— ÉTYM. Ravaler.
RAVALER (ra-va-lé), v. a. || 1* Faire descendre de nouveau; sens propre, mais vieilli. Ravaler un capuchon sur les épaules. || Rabattre. -Et toi, rival ries Praxitèle et des Phidias.... inimitable Pigal, ta main se résoudra à ravaler le ventre d'un magot, ou il faudra qu'elle demeure oisive, J. j. rouss. Scienc. 2. || 2* Avaler de nouveau (avaler, c'est faire descendre par le gosier). Ravaler sa salive. || Fig. et familièrement. Retenir ce qu'on allait dire. Il a bien fait de ravaler ce qu'il voulait dire. Voilà encore une lettre immense; je ravale pourtant mille choses que je voudrais vous dire, m"* du defpand, Corresp. 1. 1, p. 420, dans pougens. || Ravaler ses paroles, s'arrêter sur le point de les dire, ne les pas proférer, et aussi se dédire des discours injurieux que l'on a tenus contre quelqu'un. || Je lui ferai ravaler ses paroles, je le forcerai à , rétracter ce qu'il a dit. || 3° Terme de jardinage. Couper les branches d'un arbre jusque sur leur empatemeni ou talon en ménageant les yeux adventifs de ce même talon. Si l'on a quelques arbres languissants dont la pousse s'arrête, on ne manque pas de les ravaler, genlis , Maison rust. t. 11, p. 475^ dans POUGENS. Il 4° Aplanir la terre après le labourage. Il 5° Terme de maçonnerie. Crépir une construction de haut en bas; ainsi dit parce que l'ouvrier avale, c'est-à-dire ,va en descendant le long du mur. Ravaler un mur. || Couvrir de plâtre ou de mortier un tuyau, un pan de bois, une cloison ou un mur. |{ 6" Terme de menuiserie. Diminuer d'épaisseur le bois en certains endroits, afin de donner du relief aux moulures ou aux champs. || 1° Terme de serrurerie. Rendre ovale l'anneau d'une clef, de rond qu'il était. || 8" Étendre des feuilles d'or ou d'argent sur du métal avec le brunissoir. || 9° F g. Déprimer, rabaisser. Ce n'est 4ju'une pièce de théâtre que je lui présente, mais qui l'entretiendra de Dieu; la dignité delà matière est si haute, que l'impuissance de l'artisan ne la peut ravaler, corn. Polyeucte, à la reine régente. [La raison] Soumettant à ses lois la partie animale, Dont l'appétit grossier aux bêtes nous ravale, mol. Fem. sav. i, 4. Vouloir ravaler la dignité de médecin à des emploisde cette nature? iD.lfed. malgré lui, u,9. Et lorsqu'une cabale, Un flot de vains auteurs follement te ravale, BOiL. Ép. vu, d Racine. Seulement pour l'argent un peu trop de faiblesse De ces vertus en lui ravalait la noblesse, m. Sat. x. La duchesse fut indignée d'un choix qui semblait ravaler son mérite beaucoup plus que les autres, hamilt. Gramm. 4 0. || Absolument. Plus dans leur folle estime il se trouve compris, Plus il ravale de son prix, corn. Imit. m, 42. (| 10° V. n. Le blé ravale, il diminue de prix. || 11* Terme de vénerie. Se dit de l'état d'un cerf qui devient très-vieux, et auquel il pousse des têtes irrégulières et basses. 1112*56 ravaler, D. rd/I. S'abaisser, s'avilir. Qu'à des pensers .si bas mon âme se ravalé I corn. Poty. ii, 4 . Dois-je me ravaler jusques à cet époux , Ou dois-}e par votre ordre aspirer jusqu'à vous? m. Oth. u, 3. Le caractère de Valens ressemble trop à'celui de Félix dans Polyeucte, et a même quelque chose de plus bas, en ce qu'il se ravale à craindre sa femme, ID. Théod. Examen. C'est en vain que vous vous ravalez; Je sais votre mérite et ce que vous valez, th. corn. Feint astrol. m, 2. Puisque, pour abattre l'arrogance humaine, il ne suflisait pas que le^Fils de Dieu descendît du ciel en la terre, si sa majesté ne se ravalait jusqu'à la pauvreté d'une étable, boss. 5* sermon, Vêture, 4. J'aimerais bien mieux, disais-je en moi-même, qu'elle connût toute ma misère ; je la lui peignis, mais sans me ravaler, maintenon, Lett. à Mme de Chantulon, 44 juill. 4666.
— HIST. xiii* s. Et s'aydoit bien dudit bras en dreçant à mont et en ravalant à sa volonté icelui
RAV
RAV
BAV
bras, Mirackt St Loys, p. (7». j| xiv's. Li assaux fu pesans, et forment démenez; Vallet et esciiyer emplirent les fossez; Mais de merriens pesans sur les créneaux posez Avoit-on nostre gent laidement ravalez [jeté on bas], Guesd. 8269. Par foi, ce dist li princes, je deveroie amer Aucun bon chevalier, s'il est à mon disner, Et il oit [entend] dire chose pour moi à ravaler. Se tost ne le disoit pour ma vie amender, ib. <34oi. || xv" s. Nous devons bien avoir laissé le royaume de France.... quand nous sommes ainsi ravalés de vilains, et ne nous en veut-on faire droit, froiss. ii, m, 48. || xvi'S. Martius, seul, ne se monstra onques étonné ny ravalé de courage, amyot. Cor. 32. Sur ces entrefaittes les vivres d'aventure ravallerent [baissèrent de prix], dont le peuple estant fort aise.... m. Pomp. 40. Caton lui dit qu'il s'en allast, et ^u'il fermast la porte après luy. et se ravalla dedans son lict, comme pour dormir ce qui restoit encore de la Duict, iD. C. tVUHq 88... Dont l'espril demeure sot, faible, peu capable, plat, ravallé, obscur, tel qu'est la plupart du commun, chabron. Sagesse, t'ri'f. delai'édil. Elle [la fortune] l'a ravallé [l'ordre de Saint-Michel] et rabaissé jusques à mes espaules et au desoubs, mont, u, 340. Ayant ravalé son sçavoir au service du proufit et du gaing, ID. I, ua. — ËTYM. Re...., et avaler.
t RAVALOIR (ra-va-loir), ». m. Outil qui sert à ravaler l'anneau d'une clef.
RAVAUDAGE (ra-v6-da-j'), s. m. || 1° Raccommodage de méchantes hardes, de bas. || 2° Fig. Besogne faite grossièrement. Vous n'avez fait là que du ravaudage. || Il se dit de même des ouvrages d'esprit qu'on trouve de peu de yaleur. Vous avez l'air de parler froidement de mon Longus, comme si j'y avais fait quelque petit ravaudage, p. L. coub. lett. II, î7. Il 8° Bavardage. Voilà un billet de l'abbé Arnauld.... la première page est un ravaudage de rien pour choisir un jour, afin de dîner chez M. d'Harouys, sÉv. 23 mai 1672.
RAVAUDÉ, ÉE (ra-vô-dé, dée), part, passé de ravauder. Des bas ravaudés.
RAVAUDER (ra-vô-dé), ». a.\\V Raccommoder à l'aiguille. || Ravauder des bas, les raccommoder en mettant soit des talons, soit des pieds tout entiers. Pour la couture en travers des mailles, la maille est refaite à l'aiguille; pour celle dans la longueur, en prenant deux fils à droite, deux fils à gauche, on réunit les mailles en suivant une ligne très-droite. || Absolument. Elle gagne sa vie à ra*uder. [j 2° Fig. Maltraiter de paroles. On l'a bien ravaudé. || 3° Tenir des discours impertinents et hors de propos (il est familier). Il lui a ravaudé mille im pertinences. Qu'est-ce que vous me ravaudez?Le bel abbé vous contera comme on a encore soupçonné nos pauvres frères (de Port-Royal] de vouloir ravauder quelque chose à Rome sur le relâchement [des casuistes], sÉv. (8 juin (677. || Absolument. Qu'il [le caidinal de Retz] ne s'amuse point à ravauder et répliquer à Rome, sÊv. 12 julll. (676. |j 4" V.n. Tracasser dans une maison, ranger, nettoyer. La princesse et moi, nous ravaudions l'autre jour dans des paperasses de feue Mme de la Trémouille, sÉv. <•' déc. (675. Il 5° Dire, écrire des bavardages. Le fort de M. le cardinal Mazarin était proprement de ravauder, de donner à entendre, de faire espérer, de jeter des lueurs, de les retirer, de donner des vues, de les brouiller, hetz, Uim. t. m, liv. iv, p. 228, dans pouGENS. Vous m'assurez que, si vous ne m'aimiez pas plus que vous ne le dites, vous ne m'aimeriez guère; je suis tentée de ravauder sur cette expression, et de la tant retourner que j'en fasse une rudesse, sÉv. à Mme de Grignan, * nov. (676. ~ HIST. XVI' s. Qui n'a poynt d'habillemens nouveaux, fault qu'il ravaulde souvent ses vieulx, PALSGR. p. 665. Les premiers seuls traits de musique et chansons qu'il ouyt ravauder sur deux meschants harts d'osier, noel du fail, Contes d'Eutrap.ch.i», f° t03.
— ÉTYM. Picard, raveuder; génev. ravauder, marchander, mésoffrir. Ménage et à sa suite Diez le tirent de re-ad-validare . renforcer.
RAVAUDERIE (ra-vô-de-rie) , «. f. || 1° Terme familier. Discours, ouvrage futile, considérés surtout commefaitsouravaudés de morceaux de toutesorte. Ce sont des gens qui reviennentde Versailles, et qui recueillent toutes ces ravauderiespour me les mander, SÉV. 24 nov. 4 675. On agrand soin de mettre de temps en temps sous mon nom des Dictionnaires piùlosophiques et autres ravauderies, volt. Lett. Aiclielieu, 23 août 4765. 112° Paroles d'amour. Il [Ch. de Sévigné] m'assure fort qu'il n'épousera pas la petitepersonne dont je vous ai parlé; tout le monde
me mande pourtant qu'il y a de la ravauderie entre eux; il veut aller chez Tonquedec, qui n'est qu'à deux lieues de la belle, sÉv. i" nov. 1679. U se trouva si heureux de ce ijue Madame lui pardonnait sa ravauderie avec Mlle de Grancey, qu'il ne se plaignit pas, la fayette, Hùt. Henr. d'Angl.
— HIST. xvr s. Ravauderie, cotorave.
— ÉTYM. Ravauder; génev. ravauderie, bagatelle, brimborion.
RAVAUDKUR, EUSE (ra-v6-deur, deû-z"), ». m. et f. Il 1° Celui, celle qui raccommode des bas, de vieux habits. Le roi se tourne gravement vers Monsieur [à la fille de qui les carmélites avaient donné un remède qui avait fait du mal] : Ah ! ce sont ces carmélites I je savais bien qu'elles étaient dos friponnes, des ravaudeuses, des brodeuses, des bouquetières.... sÉv. I6 oct. 4677. || 2° Fig. Celui, celle qui ne dit que des balivernes (terme familier et aujourd'hui peu usité). Défiez-vous, Monseigneur, de tout le monde, et particulièrement de M. le premier président, c'est un ravaudeur, maintp.non, Lett. aucard. de Noailles, 4 5 nov. 4695. || Fig. Croyezmoi, soyons contents l'un de l'autre, et laissons les tracasseries à l'Amour, qui n'est qu'un ravaudeur,
BUSSY RABUTIN, Lett. t. V, p. 362, dans POOGENS.
— HIST. xvr s. Il n'y avoit de ravaudeurs ne de couturiers, DESPER. Contes, xxix. Ayant mille
) volumes de livres autour demoy.... j'emprunteray, s'il me plaist, d'une douzaine de tels ravaudeurs [Compilateurs].... de quoy esmailler le traité de la physionomie, mont, iv, 220.
— ÊTYM. Ravauder; wallon, ravddeu; génev. ravaudeur, celui qui marchande, qui mésofi're.
t RAVAUX (ra-vô), s. m. pi. Terme de chasse. Grandes perches, garnies de branches, pour battre les oiseaux dans la chasse aux (lambeaux.
4. RAVE (ra-v'), s. f. || 1° Racine violette et allongée provenant d'une variété du raphanus sativus L., dont une autre variété a une racine arrondie appelée radis. || Petites raves, se dit quelquefois pour radis. || 2° Souvent on donne le nom de rave, de grosse rave, de rabioule, à la racine du brassica râpa, L., autre plante de la famille des crucifères Il 3° Dans beaucoup de contrées de la France, on appelle atïssi rave, le navet ordinaire, qui est la racine du brassica napus, L. || 4" Rave entre en composition dans difTérents mots : betterave, célerirave, chou-rave.
— HIST. xv* s. Le clerc [disciple d'Arnaud de Villeneuve].... mercia le roy [qui l'avait invité â la cour].... mais que.... si estoit trop plus aise à repoz, à povre vie mengant chouls et rabes, en spéculant philosophie, christ, de pisan, Charles V, m, 22. Il xvi* s. Par ce mot, rave, sont entendues et la rave commune, et le raifoH, telle appellation confondant ces deux racines, o. de serres, 526. La rave se distingue en diverses espèces, dont les aucunes ont la racine entièrement ronde : autres platte ou en ovale. Nulle ne ressemble au raifort ni en figure ni en saveur. Le raifort ne se mange communément que cru : au contraire la rave, que cuite, excepté en Limosin, Auvergne, Savoye, ID. 627.
— ÊTYM. Berry, reuve, rêve, robe; bressan, rova; génev. remettre à quelqu'un ses raves dans son sac, lui rétorquer ses arguments ;provenç. raba; espagn. raba; ital. râpa; du lat. rapo; grec, pânvi, ^àipuç.
f 2. RAVE fra-v'), s. f. Synonyme de rafle, sorte de maladie, voy. raflk 2.
1 3. RAVE (ra-v'), s. f. Terme de pêche. Se dit des œufs de morue. || Rave de poissons, appât pour les sardines et les maquereaux.
— ÉTYM. La même que rogue, s. f., qui a même sens.
RAVELIN (ra-ve-lin), s. m. Terme de fortification. Synonyme de demi-lune. Il [Charles XII] s'arrêta le 21 jusqu'à minuit sur un petit ravelm tout ruiné par les bombes et par le canon, volt. Charles IIl, 8.
— HIST. XVI' s. La ville de Gand, qui en deux ans a esté parachevée de rempars, ravelins, fossez et contrescarpes, langue, 337. Casumates, ravelines, ruffiennes, etc. carl. vi, 4o.
— ETYM. Espagn. rebellin; portug. rer^elim; ital. rivellino. D'après Ménage, le mot français vient de l'italien; mais on ne sait d'où vient l'italien. Dans le Berry ravelin est le diminutif de ravin.
t RAVENELLE (ra-ve-nè-F), s. f. Voy. giroflée 2'.
f RAVERDOIR (ra-vèr-doir), s. Wi Voy. rever-
DOIR.
t RAVESTAN (ra-vè-stan) , s. m. Sorte de panier en usage dans les verreries, pour conserver les pièces de verre jusqu'à ce qu'on les empaille.
IRA VET (ra-vè), t. m. Nom vulgaire du canerela*
i BAVETTE (ra-vè-f) ,'ï. f. Voy. habettk.
RAVI, lE (ra-vi, vie), part, passéde ravir. || i' Enlevé de force. Enfants ravis par des pirates. || 2° Ravi au ciel, enlevé, transporté jusque dans le ciel. S'il fallait être ravi comme Paul jusques dans le ciel, mass. Carême, Prière 4. Ils disent que saint Eucher ayant été ravi dans le ciel, il vit Charles-Martel tourmenté dans l'enfer inférieur, montesq. Esp. xxxi, 4 ( . jj Dans le langage mystique, être ravi en extase, être transporté hors de soi par l'effet d'une forte contemplation et d'une grâce particulière, (j Dans le langage général, ravi en extase, transporté d'admiration. K la vue de ce grand spectacle il fut ravi en extase. Il Ravi hors de soi-même, saisi d'un transport qui absorbe toutes les facultés de l'âme. Philis, qui me voit le teint blême. Les sens ravis hors de moimôme, Et les yeux trempés tout le jour, malh. v, 10. Souvent il [David] ne pensait qu'à célébrer la gloire de Salomon son flls ; et, tout d'un coup ravi hors de lui-même et transporté bien au delà, il » vu celui qui est plus que Salomon en gloire aussi bien qu'en sagesse, boss. Hitt. n, 4. |{ 3° Enchanté, charmé, transporté. Ravi de joie, d'étonnement. Et mon âme est ravie Que rfion coup d'essai plaise à qui je dois la vie, cohn. Cid, m, 6. Tout le monde était ravi en admiration de ses paroles, boss. Nnuv. myst. 4. Et ravi de l'éclat immortel d'une vie toujours si réglée et toujours sii rréprochable. m. Ifar.- Thér. Triomphe, disait-il, immortelle nature. Tandis que devant toi ta frêle créature, Élevant ses regards de ta beauté ravis. Va passer et mourir ; triomphe! tu survis! lamart. Harold, 42. || Familièrement et par exagération, être ravi de quelque chose, en éprouver un vif plaisir, en être bien aise. Je sais ta pa.ssion, et suis ravi de voir Que tous ses mouvemenis cèdent à ton devoir, corn. Cid, 11, S, Madame de Cliaulnes est ravie de m'emmener, sÉv. 532. Vous auriez été ravie de l'entendre, et moi encore plus ravie de vous le voir entendre, id. 27. Mazarin, que les négociations attiraient souvent à Turin, fut ravi d'y trouver un homme d'une si grande capacité, boss. le Tellier. |{ Être ravi que, avec le subjonctif. Je suis ravi qu'il ait gagné son procès. Il On le trouve aussi avec l'indicatif. Il est ravi que je suis hors d'artaire, .sév. 20 juill. «675.
1 4.RAVlER(ra-vié),s.m. || 1» Petit vase de table en forme de bateau dans lequel on sert des radis et autres hors-d'œuvre. || 2° Espèce du genre agaric, ainsi dit parce qu'il a l'odeur de radis ou de raifort
— ÉTYM. Ilave 4 .
f 2. RAVIER (ra-vié), adj. m. Terme de marine. Se dit d'un navire qui a de la tendance à se rapprocher de la direction du vent.
t RAVIÉRE (ra-viè-r'), s. f. Terrain semé de »aves.
— HIST. xv's. Il prist une vache en une rabiere du suppliant, du cange, rabina. || xvi' s. De là en hors, autre peine n'est requise pour la raviere que de la tenir bien close, afin qu'aucun beslail n'y entre, 0. de serres, 528.
— ÉTYM. Rave 4.
RAVIGOTE (ra-vi-go-t"), s. f. Sauce piquante. Il Vert de ravigote, herbes à ravigote échaudees et pilées. Il X la ravigote, sauce avec un roux blanc mouillé de bouillon et de vinaigre, dans lequel on jette, quand le liquide bout, du cerfeuil, de la civette, de la pimprenelle, de l'estragon, le tout hache, et un peu de beurre fin.
— ÉTYM. Voy. ravigoter.
RAVIGOTÉ, ÊE (ra-vi-go-té, tée), port, passé de ravigoter.
RAVIGOTER (ra-vi-go-té), v. a. Terme familier. Remettre en vigueur celui qui est faible. Le bon vin nous ravigote, pannard, Œuv. t. m, p. 364. Il n'y a pas une scène qui vous ravigote au milieu de la sécheresse, grimm, Correspond, t. 11, p. ii3. Il Se ravigoter, v. réfl. Se remettre en vigueur. Il dit qu'il est comme le bonhomme Éson; il veut se faire bouillir dans une chaudière avec des herbes fines pour se ravigoter un peu, sEv. 42.
— HIST. XIII* s. Or est ii rois Talurs auques [un peu] resvigotés, Ch. d'Ant.y, 28. || xvi's. Ravigotter, cotgrave.
— ÉTYM. Bourg, rérigftai. Ce semble une altération de l'anc. verbe ravigorer (de re, à et viyueur), altération du reste fort ancienne puisqu'on la trouve datis la chanson d'Antioche.
RAVILI, iE (ra-vi-li, lie), part, passé de ravilir. ■ Dans ce caractère caché et honteux [la jalousie], on trouve la conviction de notre e.sprit bas et d» notre courage ravili, boss. Pensées chrét. xil.
RAVILIR (ra-vi-lir), V. a. || 1° Rendre vil et mé>
RAV
RAV
RAV
prisable. Une si étrange dépravation qui nous fait loir d'un côté combien notre orgueil nous eulle, et de l'autre combien notre sensualité nous ravilit.... Boss. Connaiss. v, 6. 6 qu'il était éloigné de ces prédicateurs infidèles" qui ravilissenl leur dignité jusiju'à faire servir au désir de plaire le ministère d'instruire! id. Bourgning . \\ %' Se ravilir, v.réfl. Devenir vil et méprisable. Ce que Jésus-Clirist est venu chercher du ciel en terre, ce qu'il a cru pouvoir, sans se ravilir, racheter de son sang, n'est-ce qu'un rier^ ? boss. Duc.h. d'Orl. Celui qui se ravilit par ses vices au-dessous des derniers esclaves, id. Sermons, 'Sur l'honneur, t.
— ETYM. Be..., et avilir.
t RAVILISSEMENT (ra-vi-li-se-man), s. m. Action de ravilir. Etat d'une personne ravilie.
KAVIN (ra-vin), s. m. |l 1° Passage creusé par une ravine. Ces troupes avaient ordre de rester postées dans le village de Dettingue en deçà d'un ravin profond, volt. Louis XV, lO. Ce puits est presque au haut de la montagne, et il n'y a point de ravin uu de canal considérable qui y conduise les eaux, SAUSSURE, Voy Alpes, t. i, p. 252, dans pougens. Il 8* Tout chemin creux. Les ravins bordés de vieux arbres inclinés sur leurs bords formaient des souterrains voûtés, inaccessibles à la chaleur, bern. DE sT-p. Paul et Virg.
— ËTYM Voy. RAVINE.
RAVINE (ra-vi-n'), i . f. \\ V Espèce de torrent d'eau pluviale qui se précipite d'un lieu élevé. Cette prompte ravine, brébkuf, Phars. iv. || Nom donné dans les Antilles à de petits cours d'eau qui descendent des moiitagnes. || i° Lieu creusé par un torrent. Nous pensâmes verser mille foi.s dans des ravines que nous eussions fort aisément évitées, si nous eussions eu seulement la lumière d'une petite bougie; mais c'est une belle chose que de ne voir ni ciel ni terre, s6v. 35(.Ce n'est pas seulement des hommes à combattre; c'est des montagnes inaccessibles, c'est des ravines et des précipices.... boss. Louis de Bourbon. Dans toutes les collines et montagnes calcaires, les lits supérieurs sont les moins compactes et les plus tendres, en sorte que les eaux ont aisément entamé la superficie du terrain, et formé la première ravine qui a dirigé leur cours, bufp. i' ép. nat. Œuv. t. XII, p. 228. Dans la ravine desséchée d'un torrent, chateaub. Atala, les Tunéfailles.
— HIST. xu* s. Od [avec] la rabiue [rapidité] des chevaux E od l'encuntre des vassaus [dans un combat], benoît, II, 6271. Il xiu' s. Les larmes de son cuer courent de tel ravine. Que ses manteaus en mouille [son manteau en est mouillé] et ses bilans d'ermine, aodepb. le bast. Romancer, p. 24. Belin [le Délier] s'esmuet de grant ravine [vitesse], Ben. 6425. Il IV* s. Là estoient ces archers d'Angleterre habiles et légers, et qui traioient par art et par avis, et de tel ravine que grant hideur estoit à regarder, PROiss. I, I, 3u6.|ixvi' s.... Après raviUe d'eau [grande pluie] Selon son veuil lagelée survint, marot, m, 182. Leur place de bataille estoit entrecoupée de ravines, sans lesquelles ils estoient accablez de coups de canon, u'aub. Hist. i, 323.
— ETYM. Provenç. rabina ; du lat. rapina (voy. rapine).
t RAVINEMENT (ra-vi-ne-man), s. m. Action de raviner ; résultat de cette action. Des masses de limon provenant du ravinement des terrains, J. des Débats, 26 oct. <668.
t RAVINER (ravi-né), v. a. || !• Ravager par une ravine. Des champs ravinés par un orage. || 2° Creuser de ravins. Un vallon profondément raviné, rahond, Instit. Mém. seienc. <8i», <814, <845, p. i26.
— MIST. XVI* s. Voicy une lavasse d'eau qui ravine la semence. Contes de cholières, (°2i 5, dans lacurne.
t RAVINEUX, EUSE (ra-vi-neû, neû-z') , adj. Se dit d'un terrain coupé de ravins, creusé par les torrents.
— Etym. Bavine. Bavineux existait dans l'ancienne langue, mais avec le sens d'impétueux, rapide.
RAVIR (ra-vir) , v. a. \\ 1° Enlever de force, par violence. Ravir le bien d'autrui. Notre Seigneur a dit que.... le royaume de Dieu souffre violence, et que les violents le ravissent, pasc. Lett. à Mlle de Uoannes, 4. X quoi bon ravir l'or au sein du nouveau monde ? boil. Épitre v. Paris le Troyen, retournant chez lui avec Hélène qu'il avait ravie, rollin, llidl. anc. Œuv. t, i, p. 1 38, dans pougens. Ce sont des gens qui ravissent le ciel plutôt qu'ils ne l'oblieiinent, montesq. Lelt. pers. 67. || Fig. Et ces ailes de feu qui ravissent une âme Au céleste séjour, J.^ B. Houss. Odes, m, 1. 112» Fig. ôter, priver de. Il n'a pas tenu à toi que tu ne m'aies ravi cette gloire, TAUGEL. Q. C, viu, ». Li daus lu *i beau temps ja-
mais l'air en fureur A-t-il si tôt ravi l'espoir du laboureur? iioTH. Bétis. II, ». Défendez- vous par la grandeur ; Alléguez la beauté , la vertu, la jeunes,se ; La mort -ravit tout sans pudeur, la font. Fabl. viu, I . Ni les affaires ni les compagnies n'étaient capables de lui ravir leHemps qu'elle destinait aux choses divines, boss. Yol. de Montrrby. La mort a plus de prise sur une princesse qui a tant à perdre ; que d'années elle va ravir à cette jeunesse ! iD. Duch. d'Orl. Heureux si j'avais pu ravir à la mémoire Cette indigne moitié d'une si belle histoire I hao. l'hèdre, i, (.Jérusalem, objet, de ma douleur. Quelle main en un jour t'a ravi tous tes charmes! id. Athal. m, 7. César nous a ravi jusques à nos vertus, volt. Hort de César, il, 2. Il Se ravir, ravir à soi-même. Ô mon ttls, cher espoir que je me suis ravi ! bac. Phèdre, v, 6. || 3" Il se dit de la destinée, de la volonté divine qui prive de la vie. Princesse, le digne lien des deux plus grands rois du monde, pourquoi leur avez-vous été sitôt ravie? boss. Duch. d'Orl. ô Seigneur, nous ravissez-vous Henriette par un effet du même jugement qui abrégea les jours de la reine Marie? m. ib. La Parque, ravissant ou son fils ou sa fille, A-t-elle moissonné l'espoir de sa famille? boil. Sat. X. ô dieux! pourquoi me le ravir avant que j'aie pu le forcer de m'aimer?FÉN. Tél. xvii. Il [Baratier, un enfant célèbre] n'avait que dix-neuf ans lorsqu'il fut ravi au monde, volt. Louis ilV, Écriv. Baratier. || 4° Fig. Charmer, faire éprouver un transport d'admiration , de joie. Toutes vos actions me ravissent, voit. Lelt. 78. Vous me ravissez d'aimer les Essais de morale [de Nicole], sÉv. *2 janv. (676. Cette face autrefois si majestueuse [de Jésus], qui ravissait en admiration le ciel et la terre, boss. ("sermon. Passion, 2.11s [les grands hommes] pourront bien forcer les respects et ravir l'admiration, comme font les objets extraordinaires, id, Louis de Bourbon. Je me souviens qu'il nous ravissait en racontant comme en Catalogne.... ID. ib. Que tu sais bien. Racine, à l'aide d'un acteur Emouvoir, étonner, ravir un spectateur! BOIL. Êp. VII. La jeunesse d'Iole, sur le visage de laquelle les grâces étaient peintes, ravit son cœur [d'Hercule], fén. Tél. xv. || Ravira, entraîner à. Et se laissant ravira l'amour maternelle, corn. Hor. i, (. Il Absolument. Tantôt elle [l'imagination] amuse par des propos riants, d'autres fois elle ruvit par Ja hardiesse de ses saillies, condil. Conn.hum. ii, lO. Il 6° i ravir, loc. adv. Admirablement bien. Sans doute mon portrait Envers mon Isabelle aura fait son effet. J'y suis peint à ravir, scarr. Jodel. ou le maître valet, i, ( . Vous êtes à ravir, et votre figure est à peindre, mol. VAv. n, 6. Mlle Clairon, qui déclame des vers à ravir, volt. Dict. phil. Torture. Prenez vos ciseaux; coupent-ils bien? — À ravir, DiDER. Kém. Béve d'Alembert.
— HIST. xii" s. Penre disons nos à la fois [parfois] por tolir, dont cil oiseal [ces oiseaux] ki les altres ravissent ont non, solunc lo latin, prendeor. Job, p. 507.Sez-tu que nostre sires ravirat tun seignur à cest jur de vie? Bois, p. 347. Cume ursà ki sunt raviz si ursetel [oursons], ib. (8t. || xill* s. Seignor, oï avez maint conte, Que maint conteres vos aconte, Cornent Parts ravi Helayne, Ben. 3. Soustrere c'est tolir ausit com se aucuns ravisoit aucun par force, et le destorbast qu'il ne venist à jor, Liv. de just. 86. Et en tel manière [les autours] les entrelaissent [leurs petits] à norrir, porce qu'il apraignent à ravir, brun, latini. Trésor, p. (87. Dieux ravi la moie ame d'émmi les chaiaus [les petits] des lions, Psoutier, f" 67. Il laissent les chevax ravir [courir impétueusement], Si se vont fort entreferir, Partonop. ms. de St-Germ. f° (70, dans LACURNE. Tant al dedans mon cuer de joie. Qu'il est touz.en déduit ravis, jubinal, t. n, p. (9(. Sa parole est prophecie, S'ele rit, c'est compaignie; S'ele pleure, devocion; S'ele dort, ele est ravie; S'ele songe, c'est vision, ruteb. (87. || xiv s. Les tirans qui par violence désolent et gastent les cités, et qui ravissent et pillent les choses saintes ordenées pour le divin honneur, oresme, Eth. ( ( i . Vous maintenez que les esbas Et les déduis e. les soûlas. Qui par l'ueil au cuer sont ravis [portés) Sont plus plaisans, à vostre advis, Que ceulx qu'on reçoit par l'oye, Modus, f" cix. || xv s. D'eulx regarder [je] fu de joye ravis, E. desch. Poésies mss. f° 2(9. Avoit son amour en icelle si profondement mis, que bien souvent il apparoissoit comme ravy, Perceforest, t. VI, f" 33. Ilxvi* s. Nul n'a voulu estrc ainsi nommé, nul ne s'est ravi ce nom téméraire, calv. hislil. 899. Un pi'ebstre qui ravissoit son ame en telle extase, que.... uont, i, 83. Sa facilité et ses
inventions [d'Ovide] m'ont lavi aultrefois, m. ii, (0(. Si fut le peuple espandu tout à l'environ ravy d'esbahissemont, amyot, Pomp. Si.
— ETY.M. Wallon, rAy,raûy ; poitevin, ripir; ital. rapire ; du lat. rapere, par changement d^ conjugaison. Bapere, est pour harpere; comi)arez àpnàCio, sanscr. fior, porter, prendre, flouir s'est dit pour grovir (xv* s.: Ravir aux murs par crocs de fer, Hist. de Loys i de Bourbon, p. (06, dans lacurne) ; mais en ce sens c'est une autre forme de gravir.
t RAVISEMENT (ra-vi-xe-man) , t. m. Action de se raviser.
— HlsT. XVI* s. Soit que la vérité naisse ez mains de son adversaire, soit qu'elle naisse en luy mosrae par quelque radvisement, mont, i, (67.
RAVISER (SE) (ra-vi-zc), ». réfl. Changer d'avis. S'il abuse si fort, il faut qu'il se ravise, tbistan, Hort de Chrispe, iv, 2. Vous avez lieau vous raviser, il n'est plus temps, mass. Carême, Tiéd î. Est-ce qu'il est d'un être parfait de se raviser? w- DER. Nouv. pens. phil. «5. |{ Proverbe. Un bon Picard ne se dédit pas, il se ravise. || Il s'est ravisé en mangeant sa soupe, se dit quand quelqu'un s'est dédit d'une chose qu'il avait promise.
— -HiST. XII* s. Quant les ot fait molt bien aparillier, Li uns des deus le prist à raviser, Baout de C. 276 Je vueil venir ton vis et ton semblant. Que plusoi nome se vont bien resenblant. Et de parler sont au ues [quelque peu] ravisant [ressemblants]. Bat. d'Alechans, v. 4309. || xiir s. Mais Melion a regardé, Kn mi la sale ravisa Celui ki sa famé emmena, Lai de Ifelton. Il XIV* s. Voirement, disiez-vous. legier est à prover. Que dames tout tantost se voelent raviser, Baud. de Seb. v, 760. {[ xv* s. Aucune fois se ravisoit ; car honneur et loyauté lui defendoit de mettre son coeur en tel fausseté, froi'S. i, i, (68. {| xvi* s. Se radviser et se corriger, ce sont qu.ilitez rares, mont. I, (68. Il fut r'avisé qu'il ne falloit pas sortir d'avec les confederez, ni revenir au service du roi les mains vuides, d'aub. Hist. ii, 267.
— Êtym. Be..., el aviser; picard, raviser quelqu'un, le regarder de plus près; wallon, ravisé, ressembler, sens qui se trouve dans l'historique.
t RAVISSABLE (ra-vi-sa-bl') , adj. Qui peut être ravi.
— ETYM. Bavir. Dans l'ancienne langue, ravissable a le sens acti/ et signifie qui ravit: Leus [loups] ravissables, iîose, ((923.
RAVISSANT, ANTE (ra-vi-san , san-t'), adj. Il 1° Qui enlève de force. Jetez les yeux sur les détours de la justice : voyez.... combien d'animaux ravissants par les griffes desquels il vous faudra passer : sergents, procureurs , avocats, greffier, mol. Fourber. u, 8. Est-ce un pasteur qui écrit ces choses, ou bien un loup ravissant qui vient ravager lo troupeau? BOSS. ("' averl. ». Comme un oiseau ravissant qu'on irait chercher parmi ses rochers et dans son nid où il partageson butin àsespet'ts, lu. Marie- Thérèse. Il Terme de blason. Se dit d'un loup dressé sur ses pattes de derrière ; c'est ravir au sens de gravir (voy. ravir à l'étymologie). || 2* Fig. Qui charme l'esprit et les sens. Tout le reste [du disque de la lune] était obscur et ténébreux, et un petit demicercle recevait seulement.... un ravissant éclat jiar les rayons du soleil, comme du père de la lumière, BOSS. Concup. 22. Tu possèdes plus de beautés que n'en enferment tous les palais d'Orient; quel plaisir pour toi de trouver à ton retour tout ce que la Perse a de plus ravissant! montesq. Lett. pers. 79. Sa physionomie était ravissante, id. Ars. et Ism. Morges, jolie ville entre Genève et Lausanne, sur le bord du lac, dans une situation ravissante, genlis, Fei'tt. du chat. t. i, p. 240, dans pougens. || Familièrement. C'est un homme ravissant, d'une humeur ravissante, il se rend très-agréable dans la société. Il C'est une femme ravissante, elle est pleins d'agréments et très aimable. l<Ule n'était point belle comme Vénus, mais elle était ravissante comme elle, /mo.ntesq. Temple de Guide, 4.
— HIST. xvt* s. Un roy est tousjours de sa nature une beste ravissante et (jui vit de proye, amyot, Calon, 16. Les torrents n'estoient pas si impétueux et ravyssants , ni les précipices si espouvantables ,
CABL. IV, 26.
RAVISSEMENT (ra-vi-se-man), s. m. jj 1° Action d'enlever, de ravir. Bas-reliefs qui représentaient Jupiter changé en taureau, le ravissement d'Europe, et son passage en Crète au travers des flots, fén. Tél. IX. Pour justifier le ravissement des biens ôtés par l'Église et par les armes à la maison de Toulouse dans la guerre des Albigeois, volt. Ann. Emp. Frédéric II, (2^0. 112° État de l'esprit transporté de joie, d'admiration. Certes je ne puis faire eu ce ra-
RAV
RAY
RAY
Tissement Oué rappeler mon âme.... malh. i, f. Que (Je ravissements je sens à cette fois '. corn. le. Ment. IV, 4. Mon frère, vous seriez charmé dele connaître [Tartufe], Et vos ravissements ne prendraient point de fin, hol. Tart. i, 6. Son mari (de Mme de Martel] lui a écrit des ravissements de votre beauté; il est comblé de vos politesses, sév. à Hme de Grignan, io mai 4 672. Dans ce ravissement divin [des champs Élysées] les siècles coulent plus rapidement que les heures, fén. Tél. xjx. La manière dont il •"exprime en que!ques endroits sur les ravissements que cau.se la jouissance de la vérité, est si vive et si animée qu'il aurait été inexcusable de se proposer une autre récompense, fonten. Tschirnhaus. Qu'avec ravissement je revois ce séjour! volt. Tancr. m, 1. 1|3° Le ravissement de saftit Paul, l'état de saint Paul enlevé au troisième ciel. || 4" Sorte d'e.\tase, transport de l'âme hors d'elle-même. Sainte Thérèse s'abîme dans la contemplation de l'immensité de Dieu par les ravissements, les transports et les extases, fléch. Panég. Ste Thérèse. Au lieu des cantiques charmants Où David t'exprimait ses saints ravissements, rac. Ath. u, 9.
— HIST. xiii* s. Et lidiz mestre Dudos parloit aucunes choses estranges et vaines [dans une fièvre] ; et se doutèrent les phisiciens du ravissement de la matière, et que ele montast au cervel, Uiracles de St Loys, p. <6< . Il xiv s. Ravissemenz de personn^'s, feux boutés, Bibl. des chartes, 5" série, t. i, p. ^ i. Ravissement est quant l'ame est menée par aucux,e chose hors elle, obesme, Thèse de meunier. || xV s. Quant est à parler de ravissements, violations et autres besognes extraordinaires, il en fut fait, selon les coutumes de la guerre, comme en ville conquise, MONSTREr.. Il, n7. llxvi* S. U laissa ses terres venir- en friches par un contemnement des choses terrienes et un ravissement de l'amour des célestes, amyot, Péric. ae.
— ÊTVM. Ravir.
RAVISSEUR (ra-vi-seur) , s. m. || 1° Celui qui ravit. Elle accourt, elle lui arrache [au chien] cet innocent animal [un poussin]; en même temps on lui crie d'un autre côté qu'il le fallait rendre au ravisseur, dont on éteindrait l'ardeur en lui enlevant sa proie, B055. Anne de Goni. Kaudra-t-il me faire connaître pour ce que je suis, pour un. ravisseur du bien d'autrui? bourdal. Serm.. 22« dim. après la Pentec. Dominic. t. iv, p. 346. || Adj. et fig. Comment puis-je voir la douceur Qu'amour a peinte en ce visage. Les feux de cet œil ravisseur, La grâce de ce beau corsage 1 voit. Ballade. || 2' Celui qui ravit une femme, une fille. Voilà donc le succès qu'aura votre ambassade! Oreste ravisseur! rac. Andr. m, <. Il [Énée dans l'ËnéideJ a trop l'air du ravisseur de Lavinie ; j'aimerais qu'il en fût le vengeur, je voudrais qu'il eût un rival que je pusse haïr, VOLT. Ess. pois. épiq. 3. || 3° S. m. pt. Terme de zoologie. Famille d'insectes hémiptères. |j Les oiseaux de proie (blaiiiville).
— HIST. xiii* s. Par foi, se g'estoie ore lierres [larron], Ou traïstres ou ravissieres, la Rose, 16(7. Homicide, envenimeur, murtrier, larron , raviseor, le Conseil de P. de Fontaines, 308. || xiv s. 11 doit estre dit injuste selon chescune espèce de injustice, si corne larron et adultère ou raviseur, oresme, Elh. 4 64. Il XV' s. Et des foiz plusieurs Sont loups ravisseurs Soubz peaulx de brehiz, ch. d'ohl. Chanson. Il xvi* s. Chauds regards, propos ravisseurs. Feints soupirs, poignantes douceurs, despobtes, Bergeries, VI, Imitation d'Horace.
— ÉTYM. Ravir. Dans l'historique, ravissiere est au nominatif, et raviseor au régime.
RAVITAILLÉ, ÉE (ra-vi-tâ-Ué, liée) , part, passé de ravitailler. Ville ravitaillée par un officier qui introduisit un convoi.
KAVITAILLEIMKNT (ra-vi-tâ-Ue-man, Il mouillées, et non ra-vi-tâ-ye-man) , s. m. Action de ravitailler. Le ravitaillement de la place réussit.
— HIST, xvi* 8. Les assiégez sur l'atlente de ce ravitaillement s'estoient remis à travailler mieux que jamais, d'adb. Hist. n, 307.
— ÉTYM. RavilaAler.
RAVITAILLER (ra-vi-tâ-Ué, H mouillées, et non ra-vi-tâ-yé) , ». a. || 1° Remettre des vivres, des munitions dans une place. Une si grande provision de viandes, de gâteaux, de tartes, de pâtés que s'il s'agissait de ravitailler une armée, le p. simon mars, Mysl. du roy. de Dieu. p. 403, dans pougens. || 2° Se ravitailler, ». réfl. Se dit, dans la marine, de la réparation ou renouvellement de toutes les parties hore de service. Plusieurs navires de Toulon vont en remplacer d'autres dans le Levant, et ceux-ci rentrent eu France nour se ravitailler.
— HIST. XV' s. Et aussi pourront amener vins et toutes autres denrées pour vendre, sauf qu'ils n'en mettront rien dedans la dite ville et chaslel pour le ravitailler, monstbel. h, a.
— ÉTYM. Be, à, et victuaille. Dans le xvi" siècle, on disait souvent renvitailler, renvitailtemcnt.
RAVIVÉ, ÉE (ra-vi-vé, vée), part passé de raviver. Ravivé par l'air frais.
RAVIVER (ra-vi-vé), V. a. || !• Hendre plus vif. Raviver le feu. || Cet élixir ravive les esprits, il les ranime. || 2" Raviver un tableau, rendre à ses couleurs l'éclat qu'elles ont perdu. || 3° Terme de chirurgie. Raviver une plaie, la rendre vermeille. || On dit de même : raviver les chairs d'une plaie. || 4° Limer une pièce de cuivre que l'on veut souder. Il 6" Fig. Rendre plus actif. Raviver des ressentiments qui s'assoupissaient. Pour ne pas raviver moi-même ma douleur. || 6° Remettre en usage. Celte même idée.... faisait souhaiter.... à Swift l'établissement d'une académie qui pût contenir et fixer la langue anglaise, écarter beaucoup de termes, en corriger d'autres, en raviver quelques-uns, villemain, Acad. franc. Préface. |l 7" Se raviver, v. réfl. Devenir plus vif. Le feu se ravive. Les espérances se ravivaient.
— HIST. xii* s. El terme d'iceu temporal [de ce temps] Se ravivèrent plusor mal, Haïne, noise e ires granz, benoît, u, 35(87. || xv* s. Adonc fut ravivée l'ancienne envie et inimitié, Bouciq. ii, 12. Elles furent très esmerveillées, jusqu'à ce qu'elle leur dit par quelle voie et comment elle estoit ravivée [guérie], LOUIS XI, Nouv. xc.
— ÉTYM. Re..., et aviver.
A . RAVOIR (ra-voir), ». o. Il n'est usité qu'à l'infinitif et au futur, je raurai, selon le Dictionnaire de l'Académie; mais le futur entraine le conditionnel je raurais ; et l'imparfait je ravais ne serait pas déplaisant. || l' Avoir de nouveau. Une parole échappe.... il est Impossible de la ravoir, la bruï. VIII. Tu seras trop heureuse de me ravoir va, laisse faire, oancourt, Colin-Maillard, se. i&. Pendant ce discours il avançait la main pour ravoir la mienne, que je lui laissai prendre , mariv. Marianne, ï* part. Elle qu'on voulait ravoir à Paris, j. b. rouss. Conf. IX. Il 2° Recouvrer. La peine qu'il souffre [de la captivité de son fils] lui fait trouver cent moyens ridicules pour ravoir son fils, mol. Fourber. m, 3. Il eût donné toute chose pour ravoir cette lettre, hamilt. Gramm. 8. Je ne crois pas que, pour ravoir mon esprit , il soit besoin que j'aille par les airs jusques dans la lune, ponten. lUond. 2' soir. Je pen.=e à ravoir mon prieuré et je crois que je le rauiai, p. L. COUR. ielt. vil. Il 8° Se ravoir, v. réfl Reprendre desforces, Uaété fort malade etcommence seulement à se ravoir. || Proverbe. Ravoir n'est pas sans peine.
— HIST. xiii* s. Et de Troie r'ai-je oï conter, Qu'ele fut jà de moult grant seigneurie, quesnes. Romancero, p. I08. Que vous ravez ma dame, la royne au vis clair, Berte , cxxxix. || xv s. Son page, sur son coursier, autour des batailles, l'avoit poursui ; et le trouva si à point qu'il gissoit là et ne se pouvoit ravoir ; il n'avoit autre empeschement que du cheval, proiss. 1, i, 289. Après qu'iceux Anglois eurent pris et raveu tous les biens, monsthel. 1, 24. Il xvi' s. Qui preste, non r'a : si r'a, non tosl; si tost, non tout, loïsel, 672. Or estoit ce la moindre chose à quoy pensoit "Tarquinius, qu'à ravoir ses biens, amyot, Publ. v. Hélas I je connoy bien que j'ay trop entrepris.... Toutesfois, le sçachant, je ne puis me ravoir, Et plusje vay avant, plus j'en pers le pouvoir, besportes. Élégies, 1, a. X peine est-il en nous de nous ravoir de sa prinse [de l'habitude] , mont. I, MB.
— ÉTYM. Re..., et ot'oir; wallon, ravu, raveur. f 2. RAVOIR (ra-voir), s. m. Terme de pêche. Nom
qu'on donne, sur quelques côtes, à un parc de (ilets que la mer couvre et découvre. Les mailles des bas parcs, raVoirs, courtines et venets auront 2 pouces en carré ; et ils .seront attachés à des pieux plantés à cet efl'et dans les sables, sur lesquels'le rets sera tendu, sans qu'il y puisse être enfoui, Ordonn. août, (681.
f RAYAU (rè-iô), s. m. Dans l'ancien monnayage, tablette de fer creusée de rainures où le métal refroidi prenait la forme d'une barre qui était ensuite nivelée, amincie et forgée sur l'enclume. Jeter en rayaux.
RAYE, ÉE (rè-ié, iée), part, passé de rayer. Il 1° Marqué de raies. Vaisselle rayée. Ce dos chargé de pourpre et rayé de clin(]uant, malh. n, 6. |i Canon rayé, fusil rayé, carabine rayée, pistolet rayé, armes dans lesquelles on a fait des rayures; ces rayures, anciennement droites, pour forcer la balle, sont aujourd'hui en spirale, le projectile, en tour-
nant, en reçoit ime plus vive impulsion. H. de Monlgéry nous apprend que les Anglais, ayant réfléchi que les balles tirées avec un fusil rayé en spirale réunissaient à la justesse du tic la force des coups.... ANnRÉossY, Intlil. Mém. scienc. t. vu, p. (92. || On disait de même : arquebuse rayée. ||2' Qui a des raies. Étoffes rayée. Le tigre rayé. || Ane rayé, un des noms du zèbre. Le zèbre a la robe rayée de rubans noirs et blancs disposés alternativement avec tant d'art et de symétrie, qu'il semble que la nature ait employé la règle et le compas pour le peindre, bufp. Quadrup. t. v, p. (75. || Terme de botanique. Vaisseaux rayés, ceux dont les parois portent des raies transversales d'une apparence glanduleuse. Il 3° S. m. Nom de plusieurs espèces de poissons.
t RAYÉE (rè-iée), s. f. Nom donné dans quelques provinces à la poussière qui salit les meubles. Elle avait aperçu une rayée de poussière oubliée par le plumeau sur un de mes cartons, souvesthe, Souvenirs, u.
— ÉTYM. Rayer.
t RAYEMENT (rè-ye-man) , s.m. Action de rayer.
— HIST. XVI* s. Rayement, cotgrave.
(. RAYER (rè-ié), «. a. Ht" Il se conjugue comme payer. Faire des raies. Rayer de la vaisselle en la nettoyant. Rayer du papier avec le crayon pour écrire droit. Certaines variétés de pyroxène qui ont si peu de dureté qu'elles se laissent souvent rayer par l'ongle, beudant, Inst. Mém. scienc. t. viii, p. 263. Il Terme de vénerie. Rayer les voies d'une bête, faire une raie derrière l'empreinte du talon d'une bête, pour l'indiquer aux chasseurs. || Terme d'artillerie. Faire des rayures dans un canon, dans un fusil. Il 2° Effacer, à l'aide d'une raie qu'on passe sur l'écriture. U a été rayé de dessus l'état de la la maison du roi, sév. (34. Babouc, après avoir rêvé [sur le cas d'un marchand qui vendait sa marchandise trop cher], le raya de ses tablettes [où il l'avait inscrit comme condamné], volt. Babouc. Odet de Chatillon, cardinal, évêque de Beauvais, s'était fait protestant comme son frère, et s'était marié ; le pape l'avait rayé du nombre des cardinaux, iD. Mœurs, (7(. L'aimable auteur du Télémaque retranchait des répétitions et des détails inutiles dans son roman moral, et rayait le titre de poème épique que quelques zélés indiscrets lui donnent, id. Temple du Goût. Louvois le raya [Charles Perrault] de la petite académie des médailles; ce ministre n'aimait pas Colbert, et la haine qu'il portait au protecteur rellua sur le protégé, qui ne l'était plus, b'alemb. Éloges, Ch. Perrault. Les inscriptions sont rayées du consentement des parties intéressées et ayant capacité à cet effet, ou en vertu d'un jugement en dernier ressort ou passé en force de chose jugée, Code Nap. art. 2(B7. || Fig. Mais sitôt que d'un trait de ses fatales mains La Parque l'eut rayé [Molière] du nombre des humains, boil. Ép. VII. Il Fig. Rayez un tel, cela de vos papiers, de vos registres, ne comptez pas sur un tel, sur cela. Et rayez-moi de vos papiers, scarr. Virg.iy. Moi, votre ami? rayez cela de vos papiers, mol. Mis. i, (. Si vous daignez lire mou rogaton théologique (où Voltaire défend la Providence générale], je vous prie d'être bien persuadée que je ne crois point du tout à la providence particulière; les aventures de Lisbonne et de Saint-Domingue l'ont rayée de mes papiers, volt. Lelt. Mme de Choiseul, 2 sept (770, Il On lui a rayé sa pension, on l'a supprimée. Il 3° Copipter comme nul. Tout ce que je pus faire, c'est de rayer ce discours [un propos imprudent de Ch. de Sévigné tenu à Gourville] de sur les tablettes de GourviUe, SÉV. mercr. des Cendres, (bsu. 11 faut rayer ce grand exemple [Saùl et David], par lequel M. Jurieu a voulu montrer indéfiniment que le peuple fait les rois, Boss. b- averl. 39. Ils sont obligés de rayer du nombre de leurs jours tous ceux qu'ils ont passés dans cet état duquel il ne leur reste aucune idée, buff. De la vieillesse et de la mort.
— HIST. xi* s. Li sans touz clairs parmi le cor§ lui raie [coule], Ch. de Roi. cxlvi. || xui" s. Li sans li raioit par andeus les costés [par les deux côtés|, et estoit navrés en deux lius, h. be valenc. iv Fille, à Dieu [je] vous commant, par qui li solem raie [rayonne], Berte, viil. Oies noires qui sont raies d'autre color, buun. latini, Trésor, p. 205. Li arti clés qui est royes, Liv. des met. 363. Briefment, que vous en cont«roie'? Autre sole.il leaiis ne rois Que cil charboucles [escarboucle] flamboians, la Rose, 20664. U n'afiert pas à clerc, qu'il veste robe roiée, beaum. xi, 43. || xiv* s. Que mestier d'œuvre rayez estoit plus soutis [subtil] que le meslier de lanure planive, et que celuy qui bien sj*
RAÏ
RAY
RAY
»oit faire rayez sçavoit bien faire draps plcins,0rdonn. des rots, t. ii, p. 397. || xv- s. Puisqu'il n'est de gaiges raie, eu. d'orl. Rond. \\ xvi* s. Ces yeux, comme deux flambeaux, rayant dans le cœur par une douce lumière, yver, p. 594. S'estant esveillé en sursault tout emeu du bruit et de la clarté de la lune, qui rayoit dedans la chambre, amyoï. César, B(. 11 les cassa sur l'heure, et les fist rayer do dessus Testât du roy, cabl. v, 32. En rayant cette différence, EST. DE LA HOCHE, Ârismetique, f° 48.
— ÉTYM. Berry^ rayer, rayonner, rayée de soleil ; provenç. rajar, raiar, rayar ; esp. radiar; ital. radiare; du lat. radiare, de radius, rayon (voy. nAis). Rayera signilié donner un rayon, faire comme un rayon de liquide et par conséquent couler, tracer un rayon, et de là une raie, rayer.
t 2. RAYER (rè-ié), s. m. S'est dit pour amas de bourbe. Permis d'abattre et ôier tous les autres [ponts], même les quais, graviers, rayers et autres obstacles empêchants ladite navigation.... Arrêt duparlem. <o janv. «664. || On Ta employé adjectivement. Ponts et moulins à démolir, quais à creuser, écnappées d'eaux à déboucher, terres rayères et pieux qu'il fallait 6ter, buissons et arbrisseaux étant sur le bord de la dite rivière.... Arrêt du parlem. ("juin lees.
— HIST. XV' s. Le porc [sanglier] ne donnoit à eulx que peu ou néant de sa dent; car il ne sepouvoit ayder pour le rayez ouquel il estoit jusques à la panse pour la pesanteur, Perceforest, t. ii, f° 9.
— ETYM. Bas-lat. ragium, canal; anc. franc, roi'er, couler (voy. rayer t).
t RAYÈRE (rè-ift-r'), s. f. Ouverture verticale, longue et très-étroite, dans le mur d'une tour, pour éclairer l'intérieur. || Le conduit qui amène l'eau sur une roue en dessus.
— HIST. XV* s. Elle commença à regarder dont la clarté venoit dedans le temple; car il n'y avoit fenestre ne rayere, Perceforest, t. iv, fo^s. {| xvi's. En moulin à eaue , la maison et beèfroy, le gisant et la rayere sont reputez héritages, et le demeurant meubles. Cous», génér. t. i, p. 76).
— ÈTYM. Rayer , dans le sens de donner un rayon, t RAYETJr (rè-yeur), s. m. Instrument propre à
rayer le papier.
tRAY-GRASS(rè-gras'),«.m. 1| 1° Ray-grass d' Angleterre, l'ivraie vivace. || 2° Ray-grass de France, l'avoine élevée. || 3" Ray-grass d'Italie, l'ivraie d'Italie; il ne gazonne pas comme celui d'Angleterre.
— ÉTYM. Angl. ray-grass, herbe à raies, peutêtre à cause de la disposition de ses épis. En Normandie, on prononce rè-grd.
t. RAYON (rè-ion), s. m. || 1° Jet isolé de lumière. J'appelle rayon de lumière, ou simplement rayon, la ligne droite tirée de l'objet lumineux, ou éclairé, par laquelle se transmet l'action qui le rend visible, MALEBR. Rech. vér. éclaire, sur l'opt. t. iv, p. 427 , dans pouoENS. ô toi, soleil I... À de si noirs forfaits prêtes-tu tes rayons ? bac. Théb. i, f . Apollon, dépouillé de tous ses rayons, fut contraint de se faire berger, fén. Tél. ii. Aussitôt que Phébus eut répandu ses premiers rayons sur la terre, lo. ib. iv. Comme un dernier rayon, comme un dernier zéphyre Anime la fin d'un beau jour, A. chén. ïambes. Les expériences newtoniennes démontrent.... qu'un rayon solaire est réellement composé de sept rayons qui portent chacun une couleur invariable, bonnet, Cnul. corps, Œuv. t. x, p. 377, danspouGENS. C'est un principe de l'optique que les rayons se courbent en s'approchant de la perpendiculaire, quand ils passent d'un milieu plus rare dans un plus dense, sENNEBiER, Ess. art d'observ. t. ii, p. I2(, dans pouGENS. On sait que le rayon violet échauETe moins le thermomètre que le rayon indigo ; celui - ci moins que le bleu ; ce nouveau rayon moins que le suivant, et ainsi de suite jusqu'au rouge, thenard. Traité de chim. t. i, p. 94, dans pougens. || Rayon direct, celui qui arrive à l'œil en ligne droite; rayon rompu, celui qui s'écarte de cette ligne en passant d'un milieu dans un autre; rayon réfléchi, celui qui, rencontrant une surface, est renvoyé par slle suivant une nouvelle direction; rayons parallèles, ceux qui conservent toujours entre eux la même distance qu'à l'origine ; rajtms convergents, ceux qui, pariant de divers points, aboutissent à un même centre ; rayons divergents, ceux qui, partant d'un même point, s'écartent les uns des autres. !! RayoR visuel,, rayon réfléchi par l'objet et parvenant à l'œil. Il Rayons chimiques, rayons qui, invisibles à l'œil, se manifestent par leur action chimique Dans le spectre solaire, il y a, au delà du rouge, des rayons calorifiques, et, au delà du violet, des payons chimiques. || Hayon extraordinaire, celui
qui, dans la double réfraction , s'éloigne de la direction de la réfraction ordinaire. || 2° Par analogie, il se dit du mouvement de la chaleur. Des rayons de calorique. || 3° Fig. Émanation, lueur, apparence. Le premier rayon de la liberté a fondu toutes les statues qui avaient été érigées aux mauvais princes, BALZ. le Prince, v. Et des rayons de joie éclairant ses appas, tbistan, Marianne, v, 2. La tienne [ton âme], encor servile avec la liberté. N'a pu prendre un rayon de générosité, corn. Cinna, iv, 7. Une céleste flamme D'un rayon prophétique illumine mon âme, m. ib. v, 3. Quelque lieu d'où ton sang tire son origine, 'Tu dois être un rayon de l'essence divine, hotr. Bélis. m, 4. Rnlin il y a eu un rayon de bonheur sur les Grignan depuis le gain de ce procès.... sÉv. 9 déc. (6S8. N'admirezvoiis pas l'éclat et la puissance que donne la réverbération du soleil [la faveur royale]?... n'aurons-nous jamais un rayon? ID. 2< oct. 1676. Le premier rayon d'espérance vint de la princesse palatine; honteuse de n'envoyer que cent mille livres au roi et à la reine de Pologne, elle.les envoie du moins avec une incroyable promptitude, boss. Anne de Gom. Les rois doivent pour leur repos, autant que pour la décoration de l'univers, soutenir une majesté qui n'est qu'un rayon de celle de Dieu, ID. Mar.-Thér. On est bien aise de savoir ()ue des proches sont dans la splendeur, parce qu'il doit en rejaillir sur nous quelque rayon, bourdal. Pensées, t. II, p. 487. Quand, sur ton sommet enflammé [le Sinaî), Dans un nuage épais le Seigneur enfermé Fit luire aux yeux mortels un rayon de sa gloire, rac. Athal. I, 4. Monsieur [à sa mort] n'eut qu'un rayon de connaissance d'un instant, et ce rayon ne revint plus, st-sim. 93, 224. Le moindre rayon de vérité qui s'échappe au travers de la nue éclaire suffisamment les grands esprits, tandis que la vérité entièrement dévoilée ne frappe pas les autres, fonten. Bernoulli. C'est dans les monarchies t\\iB l'un verra autour du prince les sujets recevoir ses rayons, MONTEKO- Esp. V, 4 2. Le rayon de la vie en ses yeux étincelle, delil. Trois règ. ui. || 4" Par analogie, certaines choses qui parlent d'un centre commun et vont en divergeant. Une étoile à cinq rayons. Il Rayons d'une roue, bâtons qui vont du moyeu jusqu'aux jantes. Un rayon de la roue s'est rompu. Plutus est dans Paris.... Tous viennent à genoux environner son char ; Les uns montent dessus ; les autres dans la boue Baisent en soupirant les rayons de la roue, volt. Ép. xciii. || B" Terme de botanique. Rayons, les pédicules dont l'ensemble constitue une ombelle; et. dans un assemblage quelconque de fleurs, celles qui occupent la circonférence du groupe. Il Rayons médullaires, lignes rayonnant du centre à la circonférence, à travers les couches ligneuses de la tige des dicotylédonées. {j Terme d'anatomie. Petites pièces osseuses, longues et grêles, soutenant les nageoires, et aussi stylets allongés qui, chez certains poissons, partent des vertèbres et des côtes, et supportent les chairs. |{ Chez le cheval, on nomme rayons les divisions des membres ; rayon de l'épaule, rayon de Tavant-bras, etc. Il 6" Terme de géométrie. Demi-diamètre, ainsi dit parce que ces demi-diamètres partent du centre. L'obliquité de Técliptique fut observée avec un quart de cercle de quinze coudées de rayon, bailly, Hist. astr. mod. 1. 1, p. :i33. {| Fig. Mesurons le rayon de notre sphère et restons au centre, j. j. rouss. Ém. II. Il Rayon de courbure, le rayon du cercle osculateur d'une ligne courbe. {| Rayon vecteur, se dit, dans une courbe à foyers, de la droite qui va d'un foyer à un point de la courbe. || Dans le système des coordormées polaires, le rayon vecteur d'un point est la ligne droite qui va de ce point à l'origine des coordonnées. {| Par extension , à dix lieues, à quinze lieues de rayon, à dix lieues, à quinze lieues à la ronde. || On dit de même : dans un rayon d'une lieue, à une lieue à la ronde. 1)7° Rayon-de miel, morceau de gAteau de cire dont les cellules contiennent du miel ; ainsi dit à cause de la disposition en rayons des gâteaux des abeilles. Il [Samson] trouva un essaim d'abeilles dans la gueule du lion, et un rayon de miel, saci. Bible, Juges, xiv, 8. || 8" Planches posées dans les armoires, dans les boutiques, dans les magasins , à Tefi'et de recevoir différents objets qu'on y range. Mettre les serviettes sur les rayons. Son bien I n'en point garder était toute sa gloire; Il ne remplirait point le rayon d'une armoire, lamart. Joe Prol. 29. Il Tablettes où Ton place les livres dans une bibliothèque. Vous auriez l'honneur de reposer sur le même rayon entre Jean Hns, Socin, Zwingle, Luther et Calvin, didbb. Uém. Promen. sceptique. || Terme
d'imprimerie. Planches disposées en forme de casier, pour mettre les casses lorsqu'elles ne servent pas. H 9° Terme de jardinage. Léger sillon tracé sur une planche, ou au bord d'une allée, avec le bout d'un bâton, pour disposer des plant-'S en ligue, ou pour y semer des graines menues. Il 10" Terme de marine. Sortes de poignées qui débordent de la roue du gouvernail. Il Tringles qui servent de liaison aux pièces de la plateforme des hunes. || 11° Terme d'anatomie. L'os du rayon, ou simplement le rayon, nom donné quelquefois au radius. || 12" Nom d'une pièce de la coilTure des dames au xvii" siècle. Plus de coiffures élevées jusqu'aux nues, plus de casques, plus de rayons.... sÉv. (6 mai 1691. Les dames, en mettant leur rayon, agitent s'il faut l'aire un traité ou non, maintenon, iett. au due de Noaill. "7 août «7)o.
— HIST. XIV" s. En ung champ ou rayon d'une charue, Chron. de St- Denis, t i, P" 215. || xvi" s. Et comme on voit souvent l'obscure nue Clere à moytié, pat célestes rayons.... marot, iii„ 77. La réverbération des rayons de la lune, qui donnoit contre les boucliers.... amyùt, JVtcias, 39. François Ravaillacd'Angoumois, mettant le pied sur le raion d'une roue de derrière pour avancer soif corps dans le carrosse.... u'aub Hist. tu, 645. Je conseille, aiant tel plant en main, Temploier, non à lataravelle,ains au raion ou fossé ouvert, o. de serbes, I65. L'os nommé rayon, autrement petit focile du bras, paré, iv, 26. Il se fault contenter de la lumière qu'il plaist au soleil nous communiquer par ses rayons, mont, i, 25U.
— ETYM. Dérivé de rai (voy. rais); Berry, rion, rayon, raie de charrue, sillon.
t 2. RAYON (rè-ion), s. m. Jeune raie; raie bouclée.
— ÉTYM. Diminutif de raie.
t RAYONNAGE (rè-io-na-j') , s. m. Action de tracer des rayons dans un champ.
RAYONNANT, ANTE (rè-io-nan, nan-t'), adj. !| 1° Qui rayonne. Le soleil est rayonnant. || Fig 11 est rayonnant de joie, ou, simplement, il est rayonnant, la joie est peinte sur son visage. Elle me Ht l'honneur de débarquer chez moi, plus belle, plus fraîche, plus rayonnante que jamais, sÉv. 366. Je ne puis vous peindre le changement qui se fit tout à coup sur son visage, il devint r.iyonnant de joie, MARUONTEL, Cont. tnoraux, Heureus. || On dit de même : un visage rayonnant, une figure rayonnante. Je dois ce témoignage à la mémoire de cette femme bienfaisante, qu'à ca moyen facile et simple de décider publiquement le roi en ma faveur, son beau visage fut rayonnant de joie, mahmontel, Mém. VII. !l Être rayonnant de gloire, être illustre, glorieux. Tout rayonnant encor des honneurs qu'il n'a plus, Oseras-tu, barbare, égorger Marins? delil. Imag. m. n 2° Calorique rayonnant, celui qui part d'un point central et qui marche en ligne droite. Le calorique rayonnant passe à travers certains corps, comme la lumière à travers les corps diaphanes. Nous avons vu que tous les corps placés dans l'air émettaieùt, ab.sorbaient et réflécliissaient sans cesse du calorique rayonnant, thenard. Traité de chim. t. i, p. 3), dans pougens Pour achever cette théorie de l'équilibre de la chaleur rayonnante, FOUBIER, Instit. Uém. scienc. I82i et *822, t. V, p. 204. Il Pouvoir rayonnant, faculté qu'ont les corps d'émettre de la chaleur dans tous les sens. Il 3° Terme d'histoire naturelle. Se dit des parties qui sont disposées à [a- manière des rayons d'une roue. L'actinote, c'est une pierre que Saussur« a nommée rayonnante, dont le mot nouveau est lo synonyme exact; on Ta confondue avec les schorls sous le nom de schorl vert, fourcroy, Conn. chim. t. II, p 304. Il Ombelle rayonnante, celle qui offre des fleurs régulières au centre et des fleurs irrégulières plus grandes à la circonférence. || 4" Terme de blason. Couronne rayonnante, celle qui est ornée de rayons. .Se dit aussi du soleil et des étoiles.
RAYONNÉ, ÉE (rè-io-né, née), adj. || 1° Disposé en rayons, c'est-à-dire en lignes qui, partant d'un centre commun, vont en divergeant. |{ 2° Orné de rayons. || Terme de numismatique. Se dit des têtes couronnées de rayons. || Terme de zoologie. Se dit de coquilles dont la surface est parsemée dg stries rayonnantes. [| 3° S. m. pi. Les rayonnes, animaux sans vertèbres dont les organes sont disposés en rayons autour d'un centre ou d'un grand axe.
RAYONNEMENT (rè-io-ne-man), s. m. || 1° Action de rayonner. Le rayonnement du soleil. || Fig. Le rayonnement de la vérité. || Terme de physique. Mode de propagation du son, de la lumière et du calorique, consistant en des mouvements qui suivent des lignes droites divergentes. Des observations ingénieuses ont mis hors de doute le layonneiucttt
RAY
continuel de la chaleur superficielle de la terre vers les espaces célestes, cohdieb, Inst. Mém. scienc t. vu, p. 476. Il Terme d'astronomie. Rayonnement des étoiles, effet de diffraction produit, soit par la vue indistincte, soit par l'aberration de sphéricité de I œil, ou l'irritaliilité des points voisins de la rétine. || a- Fig. Éclat qui se manifeste dans les traits, sous l'impression d'un sentiment heureux et vif. Le rayonnement de sa figure.
— RTYM. Rayonner.
RAYONNKR- (rè-io-né), v. n. || I- Jeter des rayons. U planète Vénus rayonne. I^ mélancolie . telle qu en automne  travers des vapeurs un jour plus doux rayonne, delille, Jard. ii. || Fig [Sociate]. .. à travers ce front où son âme est tracée On voyait -.yonnersa sublime pensée, lamaht. !>ocr. aie. Rayonne I il en est temps, et, s'il vient un orage, En prisme éblouissant chanVe le noir nuage, v. hugo, Odes et bail, iv, 7. || Fig. Son visage rayonne de joie, il rayonne de joie, sa figure exprime une vive satisfaction. Du haut de sa victoire
RE
RËA
sont abandonnées aujourd'hui ; on n'emploie aue l« -ayures inclinées qui donnent ku prokctile un mon vement de rotation. Dan. l'artillerie de terre Z'
Flalcs dW """'"r '"'^ """ parabolique Il eiancs dune rayure, les parties de la rayure q'n guident le projectile. Flanc directeur celui su? lequel ,1 s'appuie dans le tir ; nanc de chargement geârn: Th' "h^'^P"""' ''"' '«^ canons fe chaude l'âme I Lvn''-.""/"'^ "" '^ P°"^^« ^" f«nd aei âme. Il Rayure retrécie, celle des rayures oui
présente un rétrécissement à la culasse pour mam tenir le projectile en place. ||4- Terme de chareèn
Tc;.^Tet^'l P't"'' boisTuit faiTS::;;
un comble. Il 5" Action de raver, de biffer L'arrêt
'onde r.r' ''J°"'°"^« ^''''^' '^ «^«"damna-' tion de Catherine Esliercs].... ordonne la rayure et biffuie de la sentence des officiers de la RivTère basse, bachaumont, Uém. t. jxv p 372 - ÉTVM. Rayer.
il [Apollon) regardy'sa"proïe"[Py"thonrETrryonne 1 Rat^mf mn!;!' i*"' " '"^^ ^"^ '^" '^^^' '^ Pointe du
d'orgueil de jeunesse et de joie, JL /m«<,. v! ment lé rT r.?^ 'pP "" ^'^'' °"' «"'>'"<)"«-
S'a lêie [a Godefroy de Bouillon] rayonne, son Fin" ièe ^i^Vn. 'i \IV"''' ''" département du
visage bri e d'un éclat inconnu, chIteaubr. Génie, faillis hp ,rp« i *"*'"«'"«■ " "^ s'en est pas
"■ n, .2. Il ao „ 3g di^ j„ ^^^^ propagaUon du fioue dp hâfi ! ' ^l'^P' '^"'"°« Irès-grande 1 "
calorique Le calorique rayonne. Les corp^ rayon- SdeSafnM^ir^T^?'-''''' ''"""' "=* P" '« qudauefois retour Pn • ■.■ -"r — ->'™' "
nentou lancent du calorique, à toute espèce de Tchaielu R.^nT''^ f^'^J^^ ^""'' «W»"» ^«estr d ' "^"' '^ ''°™« '^«"'P'^'e
température, THENARD, Traité de chim t i o 28 "* ''™'^«" - ««"O"'' , '3 juill. tesfi, dans jal »* , -:
-^ ■ • '• '' P '*' Il 2 '^°«> donné à deux courants très-violents dan; . . ''''■ *" "*■ " *° Syllabe employée depuis le
un passage très-étroit, l'un à la pointe du Raz T"^* ^^ ^"' d'Arezzo pour désigner dans a l'autre dans la Manche^ entre ' """"."^ "" "•i^. I solmisation mr rn„=„.„„ ■/-.. "'«"^r, aans la
Il 8» Souvent un même mo recoifdp, " l^^"^^^'
mmiém
IJT- 11 en est de même devant le préfixe «i • mençant par ,, )', est d'ordinaire redoublée si
. nhr Tome?'"'' '' '°" ""' = m.emftz" ^J sentir. Toutefo s, en général, on ne double nL
euïdo'u,r:i''^ ' signification itérative lorsq^ue
ceux dont ils dérivent sont exprimés dans la même
hrase. A.ns, l'on écrit : il a été saigné et risaTgnT
f^Pif ''.'^f^^' <=«' acteur a été sifn et rt' sifflé, etc.; mais 1'* se prononce dure : re-si-flé A„ contraire, quand les mots ont un rang dans la lan gne, 1'. se redouble : ressembler, ou^e prononce douce : résister, résumer. prononce
::^,^1 ^Lr'' ,!"^.5^P""'f -léduplication et
dans pouoRNs. H 3» Être disposé en forme de rayons Le siège de l'âme serait ainsi un centre où tous les nerfs iraient rayonner, bonnet, Ess. anal, âme V, SI. C étaient des espèces de feuillets qui rayonfiaieut autour de différents centres, Saussure Voy Alpes t. m, p. 173, dans pougens. || Fig. Un auteur «applique à un genre d'étude; les traces du sujet de son occupation s'impriment si profondément et rayonnent si vivement dans tout son cerveau, qu'elles îflacent quelquefois les traces des choses même fort différentes, malebh. Rech. u, 11, 2. II n'y a pour 1 ordinaire jamais qu'un petit nombre de faits autour desquels les autres viennent layonner senne- BiER, £ss. art d'observ. t. 11, p. ^2:1. || 4° Fig Faire sentir son action dans un certain rayon, dans une certaine étendue. Ainsi campée, l'armée rayonnait au loin. Il 5° Terme rural. Tracer des raies sur le sol pour diriger les ouvriers pour la semence ou la lansplantation des carottes, betteraves, colzas elc J II se conjugue avec l'auxiliaire avoir || 6" V a Rayonner une chambre, une salle, y faire mettre tout autour des rayons de bibliothèque.
1 ~^"'^T" ^''* ^" Pendant que ces beaux yeux, allumés dun si doux feu, rayonnoient douteusement.... yveh, p. 639. Le plus grand et le plus belliqueux empereur [Charles-Quint] que le soleil ait
\77nuJ^ ^-"^ ^^'^ï" Charlemaigne, cakl. vu, 17. En lieu plain, le champ est raionné ou fossoié des deux costés; les fossés s'entre-croisans l'un l'autre, 0. de serres, t 89.
— ÉTYM. Rayon.
tRAYONNEUR (rè-io-neur) , ,. m. Sorte de
charrue à plusieurs socs, destinée à tracer des raies pour les semis ou les plantations en ligne
- ETYM. Rayonner. '
^toffP^?" ^''';""''>' '■ /'■ll*° «^n'ère dont une é offe est rayée. U rayure de cette étoffe est agréa-
«nf; Vr^ M^"""' "°''« ''• '''^"'=he qui s'étend jusque sous les ailes, buff. Ois. t. v, p. ux || Terme d'ar
lâ«'"'IVacp''''" ?« fabrication 'des bouches à fet lia Irace que fait sur un minéral un corps plus dur avec lequel on le raie fortement. || 3«TP?me d artillerie. Ramure creusée à l'intérieur d'un cânl et dans laquelle le projectile reste engagé peS son trajet dans l'âme. On distingue, qufnt àladT l'rxTl^s'r -y-es droites quf son^pTrll è L 'à "!;J: .:5".^f.l'"'='!"^- "ï-. ^'°"' <ieItrorsu,n ou
nnùtronum suivant le sens^ de Tin^c fn^ '" Te", rayures inclinées sont dites en hélice ou parJol.ques suivant qu'elles résultent de l'enroulement
parabole. On distingue, quant à la forme du profil • les rayures concentriques, dont le fond est formé par une surface concentrique à celle de l'âme ™s rayures excentriques, dont le fond est formé 'par une surface excentrique à celle de l'âme ; les i"yu?es à cheveux ou merveilleuses, qui sont très-fines es rayures à colonnes, qui forment des espèces de tourelles ; es rayures à étoiles, les rayures àrocl.et d après la forme du profil. On'distingue quant à la profondeur : les rayures uniformes qai onUa même profondeur dans toute leur longueur; les rayu^s progressives, qui sont plus profondes à la cubasse du caaou ^ue près de la bouche. || Les rayures dro' es
1 Ile d Aurigny, et dit Raz Blancha
sion, à tout courant rapide qui se ,a,i s
un canal entre deux terres rapprochées, dans un
détroit ou se fait le déversement d'une mer dans
une autre. Une marée très-forte, qui porte sud-est
et nord-ouest, forme au milieu de ce passage un rai
<iui le traverse et où la mer s'élève et brise comme
VL\T/Zrt'' ' "''"'■ '^'^^"' ~-°?i." yoy t. n, p. <S2, dans pougens. || 3" Raz de mai-pp
soulèvement extraordinaire de la'mer dont ,rcâusè es encore inexpliquée, mais qu'on ;ttribue à des volcans sous-marins; il porte m un instant les vagues sur la terre, a la hauteur de plusieurs mètres tellement que des villes entières en ont été sub
T^S^"? .Da "aies cataractes qui couvrent la
plaine a une immense distance, en engloutissant les hommes et les animaux et en ra.sant au niveau du sol toutes les habitations, tous les travaux agricolesces raz de marées ont paru tellement étonnants'
linrhi' '"7'°.' '""""^^ ^" mouvement qu^ es tremblements de terre impriment au fond de la mer, babinet , Revue des Deux-Mond f déc
• 854, t. Vlll, p. 1016.
— HIST. ivi- s. Il ne se sauva que quelques petits vaisseaux par dessus les raz, pour ce qu'ils ne ! roient gueres d'eau, d'aub. Hist. u 2U
mo"i[s*^^"' ^^'"^''*'- ''"^- '=°"'-a»t très-violent, re-
Jr^^^^^^ ''■^'*]' '• '"• ^°«« de bateau de rivière. Les tnarchands et voituriers seront tenus en chargeant leurs bateaux de blés, vins et autres marchandises et denrées, tant montant que descendant, ou conduisant razeaux, de prendre certificats.... - Sans pouvmr retenir ni arrêter les bateaux et razeaux,-sous aucun prétexte, soit de mesurer ou visiter iceux, Dédar. du roi, 31 janv i«63
fi»t A'^^Tu ''^"""i'' '■ "•• P°'^son de mer qui tient des labres et des girelles ^
J}^^^^^y^"'"\' '■ f- Néologisme. Mot d'origine arabe, et qu'on emploie pour désigner les invasions faites par des soldats sur un territoire étranger ou ennemi, à l'effet d'enlever des troupeaux du grain, etc. Il II se dit, dans le langage général' de touj, enlèvement Faire une razzia'su'r u'rmarché - ETYM. Arabe, rhatiat, expédition guerrière
des musulmans contre Te^l^'fldXs^c'^t "p^nri-
«Srn'LiteTut'x'coÛ^^^^^^^^^^ I ^'-"= -^ — '-- bl
enlèvent souveift^es pVvS n, pi "'lM°"! M Conn.chim. i. iv, p. 29.
enlèvent souvent les provisions et es toupëlux L ancienne langue disait, dans un sens ZCu!'
r'^/SS ïï? r' ^' l'ancia^" :^d!n! e'; x„.JP '°°'*"- "«««1 voyage.
pétition, comme : redire, revoir- taniflt .0, action rétroactive, comme rélcir rp„ ' '*"'"'" "" tôt enfin ne faU que reproduire iXT'' T simple, en l'augmentant ormême qietuefois'::^: valeur bien sensible, comme relu,>pl^,x-°^ lia- on donne ^u^ilieramanTà-u^'S S^nJ
gamme naturelle. .Je suis, ainsi que' vous," mVm-' bre de la musique. Enfant de G re' sol, req.-vard fol. amour II 7. Il La troisième corde du violon la seconde de l'alto, du violoncelle et de la contre-
à uTviôîon"'"'"'^'"* '"* '* ^"''*'''" ^«'°«"''« "" '•* — ÊTYM. Voy. fa pour l'étymologie
nit "î; ''k'*^ "." "'"^ <"-^)' *• '"■ '^«™« de marine. Disque de bois, de porcelaine ou de métal, ordinalrement cannelé sur son contour, et suspendu dans la caisse d une poulie par un axe ou essieu autour duquel .1 tourne quand il est tiré par un cordage qui court dans la cannelure de sa circonférence, jal
— ÉTYM. Corruption de rouet ■ t RÉABSORBER (ré-ab-sor-bé) , v. a. Absorber
de nouveau. La matière même sera bonne, lucide analogue à son principe, qui la réabsorbera, dider! Upm. des anc. philos. (Perses).
t RÉABSORPTION (ré-ap-sor-psion), ,. f. Nouvelle absorption. '
t RÉACCOMMODER (ré-a-ko-mo-dé) , v. a. Accommoder, arranger de nouveau.
- HiST. XVI' s. Je l'ay veu démonter sa selle, et au retour la relever, la reaccoœraoder, et s'y rasseoir, MONT, j, 368. '
t RÉACQlfËRIR (re-a-ké-rir), ». a. Acquérir de nouveau ce qu'on avait perdu.
— HIST. XV s. Sera tout ce païs reacquis, froiss
llV. II, p. 216, danSLACURNE. ^
-f RÉACTEUR, TRICE {ré-a-kteur, ktri-s'j, adj Oui fait une réaction contre l'action de la révolu, tion précédente. Le parti réacteur. |l S. m. Se dit de ceux qui font une réaction. La liste des hommes suspects, des réacteurs, des mouchards . BA8ŒUP, Pièces, II, 104. Tous ces individus sont royalistes et réacteurs, m. ib. 190
- ÉTYM. Voy. réaction.
RÉACTIF, IVE (ré-a-ktif, kti-v') , ad;. || I- Qui
réagit, qui a de la réaction. Force réactive. I| 2* S m Terme de chimie. Nom donné aux corps qui, 'par leur énergie et par divers phénomènes, décèlent, en peu de temps l'existence de quelques autres corps inaperçus. La potasse est un réactif. Boyle en 4663 a parlé de quelques réactifs et de )eurs effets sur les eaux, surtout par rapport à l'action des acides et des alcalis sur les couleurs bleues végétales, fourcroy. I Àdj. Papier reactif.
ÉTYM. Voy. BÉAGIB.
RÉACTION (ré-a-ksion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. || 1- Terme de physique. Action oppose a une autre; résistance active à un effort quelconque. C'est par réaction que le corps élastique comprimé rebondit à la hauteur d'où il est tombé el qu'un corps choqué frappe un autre corps avec le même intensité qu'il a été frappé lui-même, il faut faire attention à ce principe certain que la reaction est égale à la résistance que trouve l'action ou qu un corps qui en choque un autre, souffre dans ses parties la même compression qu'il produit dans l'autre, malebr. Rech. Lois des mouv. part 2 C est une loi générale de la nature, que la réaction
est égala et contraire à l'action, laplace, Expos. IV. I. il ï° Effort qui est suscité, en retour, par une action. Dans les mouvements physiques, l'action est toujours suivie d'une ré^iction, montesq. Espr. v, l. L'action de ce feu [le feu central] est si grande, la foice de l'explosion est si violente, qu'elle produit, par sa réaciion, des secousses assez fortes pour ébranler et faire trembler la terre, buff. Hist. no». Prmv. Ihéor. (Euv. t. ii, p. !!«'2. || Fig. C'e.st une des réactions de la justice universelle qui gouverne le monde, BEpN. dk st-p. Paul et Virg. |{ 3" Terme d'équitalion. La secousse plus ou moins forte que le cheval «n action fait éproaver au cavalier qui le monte. R(5aotions douces. Réactions dures. || 4°Terme de chimie. La manifestation des caractères distinclifs d'un corps, provoquée par l'action d'un autre corps. Il Phénomènes entre des corps agissant les uns sur les autres. Les réactions générales qui ont lieu entre les métaux et les acides, fouhchot, Conn. chim. t. I, p. ex. I) 6° En physiologie et en pathologie, l'action organique qui tend à contre-balancer l'influence de l'agent morbifique par lequel elle a été occasionnée. || Quelquefois aussi l'action par laquelle un organe irrité détermine l'activité normale ou morbide d'un autre organe qu'on dit alors irrité syrapathiquement. || 6° En science sociale, action contraire suscitée par une action antécédente. Il en est [des parties d'un État] comme des parties de cet univers, éternellement hées par l'action des unes et la réaction des autres, montesq. Rom. ix. Il y a entre les puissances européennes une action et une réaction qui, sans les déplacer tout à fait, les tient dans une agitation continuelle, l. l. Rouss. Paix perp. || 7° Il se dit de l'ensemble des actes d'un parti opprimé qui devient le plus fort. || Plus particulièrement, le parti conservateur considéré comme s'opposant à l'action de la révolution. Après la chute de Robespierre, la réaction royaliste fut très-violente dans le midi de la France.
— 6TYM. M...., et action.
\ REACTIONNAIRE (ré-a-ksio-nê-r'), adj. Néologisme. Oui coopère à la réaction contre l'action de la révolution. Pouvoir réactionnaire. || Substantivement. Les réactionnaires de l'an m désolèrent le midi de la France.
t RÊACTIONNEL, ELLE (ré-a-ksio-nèl, nè-l'), adj. Qui a rapport à une réaction organique. Le Douvoir réactionnel d'un organe contre une action aiorbifique.
t RÉÀCTIONNER (ré-a-ksio-né), v. a. || !• Actionner de nouveau. On l'avait actionné le mois dernier; on l'a réactionné ce mois-ci. || i° V. n. Terme de bourse. Réagir contre la hausse. Les cours ont été bons au début ; ils ont un peu réactionné par la pression des vendeurs à découvert, M. mon- BEL, journal la Liberté, 27 déc. 1868.
t RÉADMISSION (ré-ad-mi-sion), ». f. Nouvelle admission.
t RÉAFFIRMER (ré-a-flr-mé), v. a. Affirmer de nouveau. Cette chose avait été affirmée par lui, et il vient de la réaffirmer, lkgoarant.
t RÉAGGLCTINER (réa-glu-ti-né), v. a. Agglutiner de nouveau.
— HIST. XVI' s. On fera des incisions assez profondes, à fin que la dite peau se reagglutine mieux,