‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 29 sur 754 · PARÉ, VI · texte numérisé non relu

PARÉ, VI

RÉAGGRA'VE (ré-a-ggra-v'), t. m. Dernier mopitoire publié après trois monitions et l'aggrave. X l'aggrave qui, outre la privation des biens spirituels, interdit l'usage des choses publiques, le réaggrave ajoute la privation de la société même dans le boire et le manger. Tous ces n'aggraves qui ont été jetés et publiés dans toutes les paroisses de Paris, gui

PATIN, Lett. t. II, p. tso.

— REM. Le Dictionnaire de l'Académie le fait du masculin, ainsi que Gui Patin ; mais c'e.st une anomalie sans raison, aggrave étant du féminin.

— HIST. XV* s. Par lesquels voulons et consentons estre contraints et chacun de nous par voie de solennelle excommunication, d'aggravanceset reaggravances, monstbel, i, 2<5.

RfiAGGRAVÉ, VÉE (rè-a-ggra-vé, vée), part, passé de réaggraver. On l'a déclaré réaggravé.

RÉAGGRAVER (ré-a-ggra-vé) , v. a. Déclarer que quelqu'un a encouru les censures portées par un réaggrave. Il était public dans Rome que les Espagnols pressaient le pape de réaggraver ses excommunications contre le roi de France, anquet. Ligue, ni, 319.

— HIST. XVI* s. Luy et tous ses adhérants et fauteurs excommuniez, aggravés, reaggravés, puis bannis, Sat. Mén. p. 16.

— ÊTYM. Ré.... et aggraver.

RÉAGIR (ré-a-jir), v. n.|| 1° Exercer 1« réaction, opposer  une action une action contraire sur un autre corps dont l'action a été reçue. Tout est en mouvement, tout agit, et tout réagit dans la nature, V0I.T. Prt'nc. d'act. i. On sait que l'action du feu se fait en tout sens; elle ne pourrait donc pas s'exercer en haut avec une force capable de lancer de grosses pierres à une demi -lieue en hauteur, sans réagir avec la même force en bas et vers les côtés, buff. Théorie de la terre, preuves, art. i. De la formation des planètes. || 2° Fig. Réagir contre, lutter contre. Il a réagi contre le chagrin qui menaçait de l'accabler. Les partis réagissent ordinairement les uns contre les autres, Dict. de l'Académie. \\ Absolument. Ne vous laissez pas accabler par le chagrin ; réagissez. || 3° Dans un autre sens, agir en retour, avec la préposition sur. Les objets agissent sur l'animal par le moyen des sens, et l'animal réagit sur les objets par ses mouvements extérieurs; en général, l'action est la cause, et la réaction est l'efi'et, BUFF. Disc. nat. anim. (But), t. v, p. 258. L'âme, différemment modifiée par des impressions plus ou moins fortes, réagit à son tour sur le genre nerveux, y entretient les ébranlements.... bonnet, Contempl. nat. v, *. Dans cet âge où les affections de l'esprit et celles de l'âme ont une communication si soudaine, où la pensée et le sentiment agissent et réagissent l'un sur l'autre avec tant de rapidité, mabmontel, Mém. i. Les idées philosophiques, venues d'abord d'Angleterre en France, réagissaient alors de la Fiance sur l'Angleterre, viLLEMAiN, Uttér. fr. xvui" siècle, 2* part. 3* leçon. Il 4° Terme de chimie. Se dit de la réaction que les corps en se combinant exercent les uns sur les autres. Quand on lait réagir deux corps l'un sur l'autre pour déterminer une combinaison, toutes les parties constituantes concourent en même temps à l'effet général, becquerel, /nsttt. Mém. scienc. t. x, p. 272. Il Réagir acide, réagir alcalin, se dit d'une substance qui, en présence des réactifs, se montre acide, alcaline. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. XIV* s. Comme le feu en l'air agist, Aussi l'air sur l'eau reagist, Kt l'eau agist en l'air et terre, Quand le feu veult esmouvoir guerre, A^o*. à l'alch. err. 462.

— ÊTYM. Lat. reagere, de re, et agere, agir.

t REAGISSANT, ANTE (ré-a-ji-san , san-t'), adj. Qui a la propriété de réagir. La considération de la stabilité de l'équilibre d'un système de molécules réagissantes les unes sur les autres par leurs forces attractives.... laplace, Exp. iv, 17. ^

t RÉAGISSECR. (ré a-ji-seur), s, m. S'est dit pour réacteur. Ces trois réagisseurs, ces hommes qui ont toujours trahi le peuple.... babceuf. Pièces,

t RÉAIMANTER (ré-è-man-té), v. a. Aimanter une seconde fois. Ayant aimanté l'aiguille avec soin, je tiens note de son angle d'inclinaison sur le cercle de la boussole ; je renverse ensuite l'aiguille sans réaimanter, coulomb, Instit. mém. scienc. t. iv, p. 581.

RÉAJOURNÉ, ÉE (ré-a-jour-né, née), part, passé de réiijdurner. Ajourné et rcajourné.

RÉAJOURNEMËNT (ré-a-jour-nê-man) , *. m.

Terme de procédure. Nouvel ajournement.

RÉAJOURNER (ré-a-jour-né), v. a. Terme de procédure. Ajourner de nouveau.

— HIST. XIII' s. Si tost qu'il est hors de son ensoine, il le doit fere savoir à son segneurj si que li sires le puist fere r'ajorner s'il li plest, beaum. ii, 7.

— ÈTYM. Ré...., ei ajourner.

1. REAL, ALE (ré-al, a-l'), adj. Usité seulement dans ces anciennes locutions : Galère réale, la principale des galères du roi. Le pavillon réal, le pavillon de la galère réale. Le médecin réal, le médecin de cette galère, etc. || S. f. La réale, nom que l'on donnait, dans l'escadre des galères, à la galère destinée à porter le roi, les princes, l'amiral de France, ou, en leur absence, le général des galères; elle était plus grande (|ue la patronne, plus grande elle-même que les galères ordinaires, ial.

— ÉTYM. Autre forme de royal.

2. RÉAL (ré-al), s. m. ou RËALE (ré-a-l'), t. f. Monnaie d'argent d'Espagne qui vaut un quart de franc. Pas un réal chez moi Pour équiper ma bande et la conduire en plaine! c. delav. la Fille du Cid, 1, 4. Il Au plur. Des réaux, pour réal ; et des réaies, pour réale.

— ÉTYM. Espagn. real, royal (voy. ce mot) : monnaie royale.

RËALGAR (ré-al-gar), ». m. Nom vulgaire du sulfure rouge d'arsenic. On emploie quelquefois le réalgar comme couleur ■. en Chine, on en fait des

BËA

vases qui communiquent au vinaigre des propriétés purgatives, THENABD, Traité de chimie, t. i, p. 424, dans poiIgens. Le réalgar e.st composé de 0,26 de soufre, de o,7s d'arsenic à l'état métallique, al. bbononiart. Traité de min. t. n, p. h8, dans pougens. Il On a dit anciennement réalgal. On met ensemble les portions d'arsenic qui se trouvent de même couleur; ils portent tous les noms de réalgal, réagal, risigal et celui d'arsenic avec l'épilbèle de la couleur qu'ils ont, Dict. des arts et met. Minet.

— HIST. xiv s. Faire tourtellés de paste et fromage frit ensemble, et poudre de riagal, et mettre en leur repaire [des rats] où ils n'aient que boire, Ménagier, ii, 3. [Pierre Rue confesse que] Le roy de Navarre fit empoisonner messire Seguin en coings ou en poires succrées, ne scet lequel, et mourut ledit Seguin dedans six jours après ou environ, et ne sut quelles furent les poisons, fors que il pense que ce fut par reagal, Chr. de St-Denis, an (377, dans LACURNE. Il XVI* s. De la mielleuse et fielleuse pasture. De qui le nom s'appelle trop aimer, Qui m'est et sucre et riagas amer, Sans me saouler je pren ma nourriture, rons. ni.

— ÊTYM. Itâl. risigaUo; de l'espagn. rejalgar, qui vient de Vnra.be rahdj-algdr. poudre de caverne, ainsi dit d'après M. Dozy, auteur de cette étymologie , parce qu'on tirait cet arsenic des mines d'argent.

t RÉALISABLE (ré-a-li-za-bl'), adj. Qui est susceptible d'être réalisé. Fortune facilement réalisable.

RÉALISATION (ré-a-li-za-sion), s. (. \\ 1* Action de réaliser. La réalisation de promesses. || ï" La réalisation de sa foriune, l'action de vendre son bien et de le convertir en argent.

— HIST. xvi* s. Es cas es quels y a hypothèque taisible, les réalisations [reconnaissance du contrat par devant le seigneur à fin d'hypothèque et nantissement], nantissemens, et saisines introduites par aucunes coutumes ne sont point requises, loïsel,

— ÊTYM. Réaliser.

RÉALISÉ, ËE (ré-a-li-zé, zée), part, passé de réaliser. Rendu réel. On croit voir l'Atlantide du chancelier Bacon exécutée, le songe d'un savant réalisé, fonten. Marsigli.

RÉALISER (ré-a-li-zé), v. a. || 1* Rendre réeV Nous lui avons facilité [au roi] cette connaissance [des hommes], en réalisant, dans plusieurs particuliers, des caractères marqués en bien et en mal, Boss. Polit, x, IV, .. On a réalisé sur le marbre toutes les formes, tous les contours de toutes les parties du corps humain, buff. Hist. nat. Hom. t. IV, p. 32t. Plotin s'engageait à s'y renfermer avec ses amis [dans une cité philosophique], et à y réaliser la république de ce philosophe [Platon|, dider. Opin. des aiie. phil. Éclectisme. L'aspect des lieux rapproche les temps, réalise les fictions, et donne du mouvement aux objets les plus insensibles, bab- THÉi,. Anach. ch. b3. Il était réservé au christianisme de réaliser oes songes de vertus que rêvaient les sages de Rome et d'Athènes, chateaub. Génie, IV, I, 3. Il 2° Terme de philosophie. Considérer comme réels les êtres abstraits. C'est la philosophie péripatéticienne qui a réalisé tous les êtres généraux et métaphysiques.... ninER. Lett. sur les sourds-muets. Il | Descartes] réalise, comme les anciens, de pures abstractions, turgot. Ébauche du 2* duc. Progrès de l'esprit humain, p. 27s. Les philosophes ont été de tout temps sujets à réaliser leurs abstractions, c'est-à-dire à supposer, sans fondement, que les choses ressemblent exactement aux idées qu'ils s'en font, condil. Art de rais, ii, l. Il 3° Réaliser sa fortune, et, absolument, réaliser, convertir sa fortune en argent comptant. Chénier n'aimait pas Réal, et saisissait avec plaisir l'occasion de lancer un trait mordant contre ces transfuges de la liberté, si vite embauchés au pouvoir : Que veux-tu? dit-il en me frappant l'épaule, Réal réalise, ch. nodier. Souvenirs de la Révolution, 1861, t. Il, p. 266. ]| Vers 1719, réaliser a pris le sens de transformer en argent, parce que ceux qui avaient de grandes valeurs en papiers, les convertirent en effets réels, terres, maisons, espèces, etc. Bientôt après, tout le monde se vit pauvre, excepté ceux qui avaient réalisé; c'était un terme nouveau introduit dans la langue par ce système [opérations deLaw], volt. Hist. pari. lxi. |1 4* Terme de palais. Réaliser des offres, les faire à deniers découverts. |{ Terme de coutume. Héaliser un contrat, le reconnaître devant le seigneur duquel on tient l'héritage, pour acquérir un droit réel. || 6° Se réaliser, v. réfl. Devenir réel. Puisse ma prédiction ne pas se réaliser! — SYW. rEauser, EfFECTUEB. Réaliser, c'est ren-

RÉA

RÉA

RÉB

dre réel, donner la réalité ; efTectiier, c'est rendre effectif, donner l'effet. Il y a donc entre ces deux mots la différence qui est entre quelque chose d'existant et quelque chose d'agissant.

— HIST. xvi* s. Rentes foncières, et réalisées ou nanties [dont la reconnaissance a été faite par devant le seigneur, ou le contrat rendu réel, à (in d'hypothèque et de nantissement], lotsel, m 8.

— ÉTYM. Lat. realis (voy. réel).

f REALISME (ré-a-lis-m'), s. m. || 1° Terme rie philosophie scolastique. Système, secte des réalisles. Il Doctrine qui suppose que nous connaissons le monde extérieur comme une réalité objective, par opposition à la doctrine de Berkeley, qui déclare qu'en rien nous ne connaissons que nos impressions. Il 2° Néologi.sme. Kn iermes d'art et de littérature, attachement à la reproduction deMa nature sans idéal. Le réalismii dans la poésie, dans la peinture.

— ÈTYJI. Lat. realis (voy. réel).

RÉALISTE (ré-a-li-sf), s. m. || 1° Terme de philosophie. Philosophe qui regarde les idées abstraites comme des êtres réels. Les réalistes et les nominaux se sont partagé l'école durant le moyen âge. Il Adj. La doctrine réaliste. || 2° Terme de littérature et de beaux-arts. Partisan du réalisme. Les réalistes. \\Âdj. École réaliste. Peintre réaliste.

RÉALITÉ (ré-a-li-té), s. f. || 1» Existence réelle, caractère réel, chose réelle. Nous avons beau enfler nos conceptions au delà des espaces imaginables, nous n'enfantons que des atomBs, au prix de la réalité des choses, pasc. Pens. i, i, édit. havet. Tous ces passages ensemble [des psaumes et des prophètes] ne peuvent être dits de la réalité; tous peuvent être dits de la figure ; donc ils ne sont pas dits de la réalité, mais de la figure, m. ib. xvi, 6. Dans les lois, il faut raisonner de la réalité à la réalité, et non pas de la réalité à la figure, ou de la figure à la réalité, montesq. Espr. xxix, <6. Mbndor : Une maîtresse en l'air et qui n'eut jamais vie? — Damis : Oui, je l'aimais avec autant de volupté Que le vulgaire en trouve à la réalité, piron, Uétrom. n, 8. Il La réalité du corps de Jésus-Christ dans l'eucharistie, la présence réelle. Elle [la princesse de Tarente, calviniste et par conséquent ne croyant pas à la présence réelle] me fait valoir les siennes [dé- TotioiisJ, où elle fait plus de jeûnes et de retraites que nous n'en faisons pour notre réalité, sÉv. 18 août )88u. La réalité, qui nous est commune avec les luthériens, boss. )" instr. past. 39. || 2" Il se dit au pluriel. Après m'avoir fait sentir tous les plaisirs de l'espérance, songez à me donner des réalités, sÉv. à Mme de Grignan, 26 août (676. Quand même les douces erreurs et les songes sur lesquels votre esprit s'endort deviendraient un jour des réalités, mass. Petit carême, Drapeaux. Ils ont donné à ce qui n'est pas les réalités de ce qui existe, condil. Art dépens. I, 8. Il Par opposition à objet peint. Elle [une prude] fait des tableaux couvrir les nudités. Mais elle a de l'amour pour les réalités, mol. Mis. m, 5. |{ Par opposition à promesse. Et je ne croirai rien que vous n'ayez, madame. Par des réalités su convaincre ma (lamme, m. Tart. iv, 5. {| 3° Absolument, au singulier, les choses telles qu'elles sont, sans illusion ni poésie. Malheur à qui du fond de l'exil de la vie Enten'Ht ces concerts d'un monde qu'il envie! Du nectar idéal sitôt qu'elle a goûté, La nature répugne à la réalité, lamart. Médit, i, 2. L'un, comme Caldéron et comme Mérimée, Incruste un plomb brûlant sur la réalité, a. de musset, La coupe et les lèiyres, Dédicace. \\ 4° En réalité, loc. adv. Réellement. Heureux en apparence, il ne l'est pas en réalité.

— HIST. XVI' s. En dons n'i a ordre, raison, mesure; On pille l'un par grant crudelité. Pour enrichir, contre realité. Un sot ou fou; n'est-ce pas grand injure? les Triomphes de la noble dame, î" 90, dans i-nGUHNE. Obligation generalle de la personne et de tous ses biens meubles et immeubles, passée aussy par devant la loy, n'induit nulle hypoteque ne realité, JVout). coust. génér.t. i, p. BH.

*- ÊTYM. Lat. realis (voy. réel).

t RÉALLÉGUER (ré-al-lé-ghé), V. a. Alléguer de

- HIST. xvi' 8. Son eschole [de Sénèque] me desplait de realleguer tousjours rie nouveau les arguments communs, mont, iv, 88.

t REAUAKRER (ré-a-mâ-ré) , v. a. Amarrer de nouveau. || V. réfl. Se réaniarrer, amarrer de nouveau un navire. L'approche de la nuit nous forçait à nous réamarrer, lorsqu'à cinq heures et demie il se leva une brise du fond du port, bougainville, Voy. t. u, p. 2)B, dans pougens.

t RËAMONCELER (ré-a-mon-se-lé) , v. a. Amon- j celer de nouveau.

— HIST. XVI* s. Le matin .ovenu, les gerbes seront reamoncellées comme devant, de peur que le soleil ne les pénètre, o. UE serres, < as.

t RÉANIMER (ré-a-ni-mé), v. a. Animer de nouveau. Il Terres réanimées, terres sèches que le salpêlrier arrose pour que le salpêtre s'y reproduise.

— HIST. XVI' s. Si l'on doit croyre à Pythagore, Oui les cors fait réanimer.... no bellat, m, 2i, recto.

t RÉAPPARAÎTRE (ré-a-pa-rê-tr') , v. n. Apparaître de nouveau. Si l'on me demande comment il se fait que ces courbes paraboliques apparaissent ou réapparaissent aprSs les cascades dans lesquelles le glacier a été crevassé et déchiré, CH. martins, lier, des Deux-Mondes, i867, t. i, p. 426.

— HIST. XV' s. Les archers qui estoient haut es estages [des beffrois] rapparoient dessus tous les murs et traioient trop rapidement, fboiss. i, i, 237.

RÉAPPARiriON (ré-a-pa-ri-sion ; en vers, de six syllabes) , s. f. Action d'apparaître de nouveau. La réapparition de symptômes alarmants. || Particulièrement, en asironomie, vue d'un astre qui commence à reparaître. Dominique Cassini conçut que ces phénomènes de la disparition et de la réapparition des satellites [de Jupiter] dans leurs éclipses, ces signaux presque instantanés, partout aperçus, étaient les plus propres adonner les longitudes, bailly, Hist. astr. mod. t. II, p. 329. Quelquefois, dans l'intervalle de sa disparition le soir à sa réapparition le matin, on voit la planète [Mercure] se projeter sur le disque du soleil sous la forme d'une tache noire qui décrit la corde de ce disque, laplace, Expos, i, B.

— ÉTYM. Ré..., et apparition.

'RÉAPPEL (ré-a-pèl), s. m. Second appel.

t RÊAPPELANT (ré-a-pe-lan), s m. Terme de jurisprudence. Celui qui a interjeté deux fois appel, qui a renouvelé son appel. Des enthousiastes s'imaginent qu'un diacre nommé Paris, frère d'un conseiller au parlement appelant et réappelant, enterré dans le cimetière de Saint Médard, avait fait des miracles, volt. Louis XIV, 37.

RÉAP'PELÉ, ÉE (ré-a-pe-lé, lée), part, passé.

RÉAPPELER (ré-a-pe-lé), v. a. \\ 1° Recomnlencer l'appel. || 2° Faire un nouvel appel devant une juridiction. Kome éclatait en reproches; on se consumait en négociations; on appelait, on réappelait, VOLT. Louis XIV, S7.

t RÉAPLANIR (ré-a-pla-nir), v. a. Aplanir de nouveau.

— HIST. xvi" s. Le restant sera comblé de la meilleure terre, dont la superficie du champ sera reaplanie, o. he serres, 67.

RÉAPPOSÉ, ÉE (ré-a-pô-zé, zée), part. pass^.

RÉAPPOSER (ré-a-pô-zé), V. a. Apposer de nouveau. Il fallut réapposer les scellés.

RÉAPPOSITION (ré-a-pô-zi-sion), s. f. Action de réapposer. Au fur et à mesure que les tabacs auront été ramenés à un état sain, leur réemballage et la réapposition des plombs seront constatés au procèsverbal, Circul. des contrib. indir. 26 sept. 1 820, n° ») .

t RÉAPPIIÉCIATION (ré-a-pré-si-a-sion), .s. f. Action d'apprécier pour la seconde fois. Imposition foraine de Provence, et domaniale sur les blés et autres marchandises et denrées sujettes à icelle, enlevées de la ville et terroir d'Arles, et nouvelle réappréciation et augmentation desdits droits sur les marchandises contenues au tarif arrêté en conseil, le troi- .sième octobre 4ê:)2, .Arrêt du Conseil, 29 juin 1680.

— HIST. XVI* s. Une juste reappreciation de tous les tarifs, sully, Mém. t. v, p. (95.

t RÉAPPRÉCIER (ré-a-pré-si-é), t;. a. Apprécier de nouveau. Les lois des Germains apprécièrent en argent les satisfactions pour les torts que l'on avait faits et pour les peines des crimes; mais, comme il y avait très-peu d'argent dans le pays, elles réapprécièrent l'argent en denrées et en bétail, montesq. Espr. XXII, 2. . •

t RÉARMEMENT (ré-ar-me-man), s. m. Nouvel armement.

t (lÉARMER (ré-ar-mé), ». o. || 1" Terme de marine. Armer un vaisseau désarmé pour réparation. ;| 2° Fig. Munir de ce qui est comparé à une arme. Le Directoire venait d'être réarmé de toute la puissance révolutionnaire, thiers, dans leguarant.

— HIST. XV' s. Fut le seigneur de Sey rearmé de son giand gardebras, 0(,. de la marche, Mém. liv. 1, p. 195. dans lacurne.

RÉASSIGNATION (ré-a-si-gna-sion), s. f. \\ 1° Seconde assignation devant un juge. || 2° Nouvelle assignation sur un autre fonds que celui qui avait

I été d'abord affecté au payement d'une somme.

' RËASSIGNÉ, ÉE (ré-a-si-gné, gnée), pari, passé.

RÉASSIGNER (ré-a-si-gné), e. o. || 1* Assigner de nouveau. || 2° Assigner sur un autre fonds.

t RÉASSURANCE (ré-a-su-ran-s'), s. f. Terme d'administration. Nouvelle assurance , contrat qui intervient quand l'assureur se fait assurer à luimême les risques dont il s'est chargé. Les primes des réassurances pourront être moindres ou plus fortes que celles des assurances, Ordonn. août <68). Il Compagnie de réassurance, société formée pour recevoir le trop-plein des compagnies d'assurance, et qui, n'étant jamais en rapport direct avec les assurés, ne traite qu'avec ces compagnies.

t RÉASSURER (ré-\-su-ré), V. a. Faire une réassurance. Défendons de faire assurer ou réassurer des effets au delà de leur valeur, par une ou plusieurs polices, Ordonn. août 4681.

t RÉASSUREUR (ré-a-su-reur), s. m. Celui qui fait une réassurance.

t RÉATTAQUER (ré-a-ta-ké) , v. a. Attaquer tJ<» nouveau. Nous ne sortîmes des cachots.... que poui la réattaquer audacieusement, babœuf, Pièces, i, 6î.

RÉATTELÉ, ÉE (ré-a-te-lé, lée), part, passé.

RÉATTELER (ré-a-te-lé), v. a. Atteler de nouveau.

REATU (IN) (in'-ré-a-tu), Joe. adv. Être in reatu, être en état de prévention , d'accusation. Ce qui [donner commission contre moi], ajouta le premier président, sera d'une grande utilité en décréditant le coadjuteur par une procédure qui le mettra in reatu, retz, m, 182.

— f:TVM. Lat. in, en, et reatu, accusation.

f RÊAUGMENTER (ré-6-gman-té), v. a. Augmenter de nouveau

— ÉTYM. Ré..., et augmenter ; Berry, raugmenter, raucmenter.

t RÉAUMURIAOÉES (ré-ô-mu-ri-a-sée), s. m. pi. Famille de plantes séparées des fico'i'dées, ainsi dite du naturaliste Réaumur.

t RÉAUNER (ré-ô-né) , v. a. Auner de nouveau. .... Seront portées à la halle, pour.... lesdites cinq pièces de pinchinats y être aunées et jetées à l'eau, et icelles, séchées, seroient réaunées et rapportées en cebureau.... Arrêt du Conseil, 30 août mi.

t RÉAUX (ré-ô), s. m. pi. Synonyme de réalistes, n' I . Qu'importe à l'État qu'on soit du sentiment ries réaux ou des nominaux? volt. Phil. ignor. *9.

— ÉTYM. Real pour réel (voy. réel).

t REBADIGEONNER (re-ba-di-jo-né), V. a. Badigeonner de nouveau. |{ Fig. Je croyais qu'on allait faire Du grand et du neuf. Même étendre un peu la sphère De quatre-vingt-neuf; Mais point; on rebadigeonne Un trône noirci I Chanson, reprends ta couronne. — Messieurs, grand merci, BÉRANG. Reitaur. de la chanson.

t REBAIGNER (re-bè-gné) , v. a. Baigner d« nouveau.

— HIST. XVI* s. Sois toujours en mai rebaigné De la rosée qui doux glisse. Et jamais juin ne te fanisse, rons. B50.

f REBAILLER (re-ba-Ué, Il mouillées), v. a. Terme vieilli. Bailler de nouveau. Ne devais-je être sage et me ressouvenir D'avoir vu la lumière aux aveugles rendue. Rebailler aux muets la parole perdue. Et faire dans les corps les âmes revenir? MALE. I, 4.

— HIST. xiv* s. S'il avoit aceté [acheté] le vilenage qui li devoit douze ileniers de cens, et il le rebailloit à douze deniers de cens, beaum. xlvu, ». Il xvi*s. Ces deux vers-là [un distique de Martial] furent traduits en ces deux-ci (qui ont pareillement la forme l'un d'hexamètre, l'autre de pentameire) : Aube, rebaille le jour, pourquoy noslr' aise retienstu? César doit revenir; aube, rebaille le jour, H. EST. Précell. édit. febgère, p. 42.

t REBAISER (re-bê-zé), v. a. \\ 1" Baiser de nouveau.... Seul dans un coin, quand il est à son aise, Il le tourne [un portrait] et retourne, il le baise et rebaise, dorat, Feinte par amour, ii, b. il 2° Terme de monnaie. Ajuster les carreaux pour en rendre le poids exact. La première opération se nomme les approches, ensuite on les rebaise.

— HIST. XV* s. Il la commence à rebaiser et dit, en cela faisant : M'amie, à qui est ceste belle bouche? LOUIS xi, Nouv. xlix. || xvi' s. Je ne cesse, cheveux, pour mon mal apaiser, De vous voir et toucher, baiser et rebaiser, rons. 3H.

— ÉTYM. Re .., et baiser; bourg, reboisé. REBAISSÉ, ÉE (re-bê-sé, sée),part. passé

"REBAISSER (re-hê-sé), t). O. Baisser de nouveau. U veutm'étouffer dans mon carrosse, de peur que je ne m'enrhume ; je baisse la glace, il la lève, et moi je la rebaisse, m'"' riccobini, (Euv. t. i, p. 234, dans pougens.

t UÉBALADE (ré-ba-la-d') , t. f. Espèce de chasse

REB

REB

REB

dirii^ée contre les oiseaux li'eau, et qui se fait ordiuaireiUf ni ite nuit.

-f aËBALKR (SE) (ré-ba-lé) , V. réfl. S'avancer vers les oiseaux d'eau pour la chasse à la rébalade.

t UÉBALEOR (ré-ba-leur), s. m. Celui qui fait la chasse à la rélialade.

KEBANDÉ, ÉE (re-ban-dé, dée), ■pari, passé.

REBANUËR (le-ban-dé), V. a. \\ 1" Jlettre de nouveau un bandage. 11 leva l'appareil et rebanda la olaie. 113" Terme de marine. Mettre un navire à l'autre bande lorsqu'il est sous voiles au plus près, ou le faire virer de bord. || 3° Tendre de nouveau, en parlant d'un arc, d'un ressort.

— IIIST. xvi* s. Amour, oyant tant renommer La Vemisqui me fait aimer, ....Se fistoster son liamleau Pour mieux voir si parlait ouvrage : Alors ravy de tant d'attraits, Et navré de ses propres traits : « Sus, sus, dit-il, qu'on me rebande, desporïes, Cléonice,

xixiv, chansoti. Il convient deslier la partie puis

la rebander médiocrement paré, xii, 6.

t REBANNIR (re-ba-nir), v. a. Bannir de nouveau. Au nom du roi, par mes cris. J'ai rebanni les proscrits, bérang. Ventru.

— HIST. xvi« s. Kebannir, cotgbave.

t REBANQCETER (re-ban-ke-lé) , «. n. Banqueter de nouveau.

— HIST. XV' s. Seoir veillier, avoir aux dez recours, Rebanqueler, c'est la vie des cours, Le jour dormir.... E. desch. Poésies mss. f" 6i.

REBAPTISANTS (re-ba-li-r.an), s. m. pi. Hérétiques des premiers siècles qui rebaptisaient.

tREBAPTlSATECR (re-ba-ti-za-teur), j. m. Synonyme de rebaptisants. On n'a point traité parfaitement de la Trinité avant les clameurs dés ariens, ni de la pénitence avant que les novatiens s'élevassent contre, ni de l'efficace du baptême avant nos rebaptisateurs, Boss. i"instruct. pastor. 34 (citation de saint Augustin). || Il se dit aussi de sectes chrétiennes modernes qui rebaptisent. Après tout, comment ces nouveaux rebaptisateurs [les frères de Bohême] ne se firent-ils pas rebaptiser eux-mêmes? boss. Var. xi, (76.

t REBAPTISATION (re-ba-ti-za-sion),î. f. Action de rebaptiser. La dispute de la rebaptisation a commencé sous le pape saint Etienne, boss Var. xv. Auxilius ajoute que les réordinations sont un crime semblable aux rebaptisations, pén. t. ii, p. 80.

REBAPTISÉ, ÉE (re-ba-ti-zé, zée), part, passé.

REBAPTISER (re-ba-ti-zé), v. a. Baptiser de nouveau. On sait assez que l'Ê-jise romaine n'a jamais rebaptisé ceux qui avaient élé baptisés par qui que ce fût au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, BOSS. Var. xi, I7«. Après que la question du baptême des hérétiques avait été si bien éclaircif:, ils [les frères de Bohême] furent si ignorants qu'ils rebaptisèrent tous ceui qui venaient à eux des autres Églises, ID. ib. Vous auriez voulu que la grande duchesse [entrée dans la religion grecque] eiit été rebaptisée dans Sainte-Sophie; rebaptisée, dilcs-yous? oh! monsieur, l'Église grecque ne rebaptise point; elle regarde comme très-bon et très-authentique tout baptême administré dans les autres communions chrétiennes, Catherine II à Voltaire, 7 janv. 4 774.

— HIST. XIII' S. Proi [je prie] que [l'Amour] fierté brise , Orguel rebaptise [change] , Kace devenir Pitié et franchise, Us. de poésies franc, avant 4 300, t. m, p. 1-76, dans lacuhne. ||xvi' s. Us allèguent saint Paul avoir rebaptizé ceux quiavoient une fois esté baptisez du baptesme de saint Jean , calv. Instit. 4060. C'est un discours auquel il [la Boétie] donna le nom la Servitude volontaire; mais ceux qui l'ont ignoré l'ont bien proprement depuis rebaptisé en aultre lettre : le Contre un, kont. i, ^06.

RÉBARBATIF, IVE (ré-bar-ba-tif, ti-v') , ad;'. Rude, repoussant comme un visage à barbe hérissée. Mais le vilain rébarbatif [Charon] Plus qu'aucun batelier des nôtres, Pousse les uns, frappe les autres. Et ne passe que qui lui plaît, scarron, Virg. VI. J'ai par complaisance, Pour plaire à la cadette, élé folâtre et vif, Et, pour plaire à l'aînée, été rébarbatif, DtJFRÉNY, Dédit, 1, «2. Le maître du lieu, vieux Turc à la mine rébarbative, était assis dans un grenier, chateaubr. /tin. part. (.||Fig. Voilà des mots qui sont trop rébarbatifs ; cette logique-là ne ir.e convient point, mol. Bourg gent. ii, s.

— REM. Ne dites pas rébarbaratif, (jui est un barbarisme, bien qu'on le trouve dans la Fontaine : Il entre: abl que sa barbe est rébarbarative ! [•toreiU. i, 6.

— HIST. XV' s. Je vois ces vilains trop volontiers qui s'appuyent sur ces créneaux.... veez les; ils sont plus rébarbatifs que singes qui mangent poires et enfans leur veulent tolir [eçlever], pboiss. ii, m, »8. Il ivi» g. Martius, avec un ton de voix forte et

SICT. os U LANGUE iritAKCAISK.

un vi.sage rébarbatif, monstra une a.sseurance approchante du mespris et de conteranement, amyot, Coriol. 26. Si le minois du medicin chagrin, tetricque, reubarbatif, catonian, mal plaisant, mal content, severe , rechigné, conlriste le malade, RAB. IV, Épitre au cardinal de Chaslillon. Je laisse à part le nombre de leurs piluUes [des médecins] ....etoesle grimace rebarbatifve et prudente de leur port et contenance, mont, ui, 2 ta.

— EtYM. Dérivé de rebarbe, qui se disait au XVI' siècle avec un sens analogue, et qui, formé de re et barbe, signifie : qui oppose barbe à barbe.

t REBARBE (rebar-b'), s. f. Dans les fromageries de Roquefort, rebarbe lilanche, raclure du fromage dont on fait des pains cylindriques pour la consommation locale ; rebarbe rouge, iiroduit d'un second grattage, ainsi dit à cause de sa couleur.

fREBARUEK (re-bar-dé), v.a. Terme de jardinage. Tirer d'une planche un peu de terre, pour retenir dans le milieu l'eau des arrnsements et de la pluie.

t REBASSINER (re-ba-si-né) , v. a. Bassiner de

— HIST. XVI' s. Pour renouveller la chaleur du lict, en le rebassinant souventesfois, afin détenir la semence [des vers à soie] également chaude,

Page 1