‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 30 sur 754 · O. DE SERBES · texte numérisé non relu

O. DE SERBES

t REBAT (re-ba), s. m. Terme de fauconnerie. Se dit de l'autour qu'on lance une seconde fois.

— HIST. XVI' s. Les morions, les piques des soldars. Frappez menu des (lames etherées.... Kt du rebat [rellet] du soleil radieux Une lumière envoyent dans les cieux, bons. 60-j.

REBÂTI, lE (re-bà-ti, tie), part, passé de rebâtir. Ce fut Hircan qui.... prit Samarie, l'éternelle ennemie de Jérusalem, rebâtie ensuite par Hérodeet appelée Sébaste, volt. Philos. Bible expl. JUachab.

REBÂTIR (re-bâ-tir), ». a. || 1° Bâtir de nouveau. Elle [Stagirfe] avait été rvinée par Philippe, roi de Macédoine; mais Alexaiidre la fit rebâtir, à la prière d'Aristote, bollw, Hist. anc. liv. xxvi, (" part, ii, 6. Il faut que je vous dise, pour vous amuser, que le roi de Prusse m'a mandé qu'on avait rebâti huit mille maisons en Silésie ; la ré])onse est bien naturelle ; Sire, on les avait donc détruites volt.

Lett. à Mme du Deffant, 24 sept. 1766. On ne veut point abattre une ville immense et irrégulière pour la rebâtir au cordeau, ID. Dict. phil. Polythéisme. Il 2° V. réfl. Se rebâtir, être rebâti. Les maisons se rebâtissaient rapidement. {| Fig. Se refaire, changer ce qu'on est. Que voulez-vous, monsieur? je ne puis pas me rebâtir moi-même; et tout ce que je puis faire, c'est de convenir de mon crime, boil. Lett. à Brouette, 42.

— HIST. xvt' s. Les murailles de la ville d'Athènes se rebastissbient de l'argent que Pharuabazes leur fournissoit, amyot, Agés. 37.

— ÉTYM. Re..., e( bâtir; wallon, ribati.

t REBATTAGE (re-ba-ta-j'), s. m. Action de rebattre. Il Terme d'artillerie. Opération qui a pour objet de polir la surface des boulets. ^

t REB.\TrERET (re-ba-te-rè), s. m. Outil pour façonner l'ardoise.

t REBATTEMENT (re-ba-te-man), s. jn. Terme de blason. Il se dit de plusieurs divisions extraordinaires de l'écu, oii les figures sont opposées.

— ËTYM. Rebattre.

t REB.\TTOIR (re-ba-toir)',«.m. Instrument pour .rebattre les carreaux.

REBATTRE (re-ba-tr'). v. a. Il se conjugue comme battre. || 1' Battre de nouveau. On bat cet enfant, et on le rebat sans cesse. Rebattez cet habit, il est encore plein de poussière. {| Fig. Il doit y avoir à limer et rebattre avant de livrer mon ouvrage au public, p. l. cour. Lett. u, 4. || Rebattre un matelas, en battre la laine après l'avoir ouvert, et le refaire. || Rebattre un tonneau, en resserrer les douves. Il Repiquer les meules d'un moulin. || Rebattre une place , y diriger de nouveau le feu du canon. {{ 2' Rebattre les cartes, les mSler une seconde fois. Il 3° Parcourir de nouveau. La cavalerie rebattit la plaine. || Tçrme de chasse. Rebattre ses voies, en parlant du chien, revenir sur ses pas. || Rebattre ses voies, se dit aussi d'une bête chassée. || Les chiens courants rebattent, quand ils prennent le contrepied en criant, comme s'ils allaient dans le droit. Il 4' Fig. et familièrement. Rebattre, les oreilles, répéter inutilement et d'une manière ennuyeuse. Il m'en a souvent rebattu les oreilles, hamilt. Cramm. 7. || On dit dans Iç même sens: rebattre quelque chose. Je .suis persuadé qu'il y a inconvénient dans les grandes affaires à rebaltre le passé, SI ce n'est pour mémoire, et simplement autant qu'il peut avoir rapport à l'avenir, setz, Mém. t. m,

liv. IV, p. I4S, dans pougens. Hâte-toi, mon ami, tu n'as pas tant à vivre; Je le rebals ce mol; car il vaut tout un livre, la font. Fabl. viii, 27. Kaut-il vous le rebaltre Aux oreilles cent fois, et crier comme quatrél mol. Tart. v, 3. Vous me rebattez deux ou trois fois c|ue je commence toujours mes lettres par vous demander où vous êtes, sÉv. à d'Birignyen, i* juin ibk7. Je me donnai tant de peine, qu'à force de lui rebaltre la même chose, je parvins insensiblement à lui rendre mes leçons utiles, le- SAGE, Estev. Gonx. 46. ||6'Se rebattre, v. réfl. Se battre de nouveau.

— HIST. XVI' s. Tant de feux, tantd'esclairs, tant de pluye et de vents, Rebaians à l'envi ma nacelle brisée, desportes, Œuv. chrest. xviii, prière. Depuis M. l'admirai fit jetter des gardes plus grosses de nuict aux passages, et rebattre les champs plus souvent, LANOUB, ()65. L'obscurité de la nuict et Ii violence des vagues que la coste rompoit et rebatoit avec un grand bruit.... amyot', Pyrrh. 32. Une dague mousse et ayant le trenchant rebattu , ID. Artax. 4 4. Le chasteau pris, les assiégez reconnurent leur perte, le rebattirent de coups de canon.... DAUB. Hist. I, 27. À un esprit si indocile [que le mien].... fault rebattre et resserrer, à bons coups de mail, ce vaisseau qui se desprend, se descoust.... mont, tv, 206.

— ÉTYM. Re..., et battre; wallon, ribatt.

REBATTC, UE (re-ba-tii, tue) , part, passé de rebattre. ||1° Oui a été battu de nouveau. Battu et rebattu. 112° Il se dit d'un chemin par où l'on passe beaucoup. Il faut suivre un sentier qui soit moins rebattu, Régnier, Sat. ii. || 3° Avoir les oreilles rebattues d'une chose, être las de l'entendre répéter. Mais cette morale est-elle quelque chose dont tout le monde n'eilt les oreilles- rebattues? mol. Tart. préface. S'il fRavaillac] n'avait jamais entendu justifier dans les conversations le crime de Jean Châlel, s'il n'avait pas eu lespreilles rebattues des maximes fanatiques de la Ligue, il n'eût jamais commis ce parricide, volt. Henr. Dits, mort Henri IV. \\ On dit de même : être rebattu d'une chose, avoir l'esprit rebattu d'une chose. U y avait longtemps qu'Alexandre avait l'esprit rebattu des plaintes de sa mère, vaugel. Q. C. do^,. Oui, si je n'étais plus de tes cris rebattu, Et qu'on te vit changer d'humeur et de méthode, mol. Amph. i, 4. Je suis si rebattus de ces discours que je n'en puis plus, sÉv. 46 juin 1677. ||4° Répété à satiété. Ce discours rebattu Lasserait une austère et farouche vertu, copn. Sertor. m, 2. S'il est un conte usé, cooimunet rebattu, LA FONT. iLatr. Ces chimères [la diète européenne et la paix perpétuelle] avaient été souvent reliattues par l'abbé de Saint-Pierre dans plusieurs de ses petits livres, volt. Frag. sur l'histoire, xviii.

REBAUDI, lE (ro-bô-di . die), part, passé.

REBAUUIR (re-bô-dir). || 1» V. a. Terme de chasse. Exciter les chiens par des caresses. || 2° V. n. On dit que les chiens rebaudissent, lorsqu'ils lèvent la queue ; ce qui fait juger qu'ils rencontrent.

— HIST. xvt' s. En retirant vostre vieux chien, faut pousser le jeune devant, et le rebaudissant des termes que j'ai dicts cy-dessus, Charles ix. Chasse royale, xxvii.

— ÉTYM. Voy. ÉHAUDiR, rebaudir étant, comme ébaudir, formé de baud.

REBEC (re-bèk) , s. m. Instrument de musique de la famille du violon, tombé en désuétude ; il était monté de trois cordes seulement. On a fait usage du rebec pendant tout le moyen âge, et il ne fut définitivement abandonné qu'au commencement du xviii* siècle. Me rendre.... Le ventre creux comme un rehec, régnieh, Ép. m. |{ Proverbe Sec comme un rebec. La bourse, il ne l'a pas trop bien ferrée ; de ce côté-là il est sec comme rebec, et plus plat qu'une punaise, a. de montluc, la Comédie des Prof). (i6i6), i, 3.

— HIST. XIV s. Un nommé Ysambartjouoit d'une rebebe , du cange, rebeea. || xV s. Qui s'endort au son du rebec, coquillart, le Blason des armes et des dames. \\ xvi' s. Elle avoit visaige de rebec, RAB. II, 3 (dit ainsi à cause des figures grotesques qu'on taillait sur les manches des rebecs).

— ÉTYM. Bourg, rebay; prov. rabey ; espagn. rabel; port. rafttJ, arrabiï, rabeea; ital. ribeca, ribeba ; de l'arabe rabeb, espèce de violon à une ou à deux cordes. .

t REBELLATION (re-bèl-Ia sion), s. f. Action de se révulter.

— HIST. xV s. Rebellations que les gens du duc lie Monlfenat avoieul fait au roy de France, D'st. dj Loijs 3 de Bourbon, p. 3b3, dans lacuhne. '

— ETYM. Rebeller.

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RKBELLE (re-bè-l') , adj.\\l' Qui se soulève contre une autorité légitime. Vous ne deviendrez pas rebelle à sa puissance [de voire père], corn. HoT. I, 4. Ce fut incontinent après la défaite de Cannes qu'elle [Rome] assiégea Syracuse et Capoue, l'une infidèle aux traités et l'autre relielle, boss. Ilist. III, 6. Il ne faut point s'étonner, s'ils [les Ant,'lais, devenus hérétiques] perdirent le respect de la majesté et des lois, ni s'ils devinrent factieux, rebelles et opiniâtres, m. Reined'Ànglet. Le chanoine, surpris de la foudre mortelle [la bénédiction]. Se dressp, et lève en vain une tête rebelle, b ul. Lutr. y. La reine de Navarre, Jeanne d'Albret, présenta son fils & l'armée, le fit reconnaître chef du" parti [protestant]; de sorte que Henri IV, le meilleur des rois de France, fut, ainsi que le bon Louis XII , rebelle avant que de régner, volt, ifœur^, I7<. Ces peuples [les Suisses, soulevés contre 1 Autriche], que l'on regardait c»mme rebelles, parce qu'ils n'étaient pas encore les plus forts, dcclos, Œuvr. t. v, p. 6(. |] Les esprits rebelles, les démons. || 2° Par analogie, il se dit d'un soulèvement moral contre ce qui est comparé à une autorité. Jamais à ses désirs mon coeur ne fut rebelle, corn. Poly. li, t. Mais qui m'assurera qu'en ce long cercle d'ans, X leurs fameux époux vos aïeules fidèles Aux douceurs des galants furent toujours rebelles? boil. Sat. V. Rebelle à tous nos soins, sourde à tous nos discours, Voulez-vous sans pitié, laisser finit vos jours? RAC. Phèdre, i, 3. Ne trouvant que des cœurs.... rebelles aux vérités qu'il leur annonçait, mass. Carême, Dégoûts. |] Rebelle à, avec un infinitif. Ne loyez pas rebelle à seconder mes vœux, corn, le KerU. V, 7. |]En style de dévotion, la chair est rebelle à l'esprit, les sens se révoltent contre l'âme. |] 3° Dans le style de la galanterie, qui ne cède pas à l'amour, qui ne répond pas à l'amour. Attale : La qualité de roi qui me rend digne d'elle.... — Flaminius : Ne rendra pas son cœur à vos vœux moins rebelle, corn. Nicom. iv, 6. Vos yeux ont su dompter ce rebelle courage, rac. Phèdre, v, 3. {] 4° Fig. Il se dit des choses qui n'obéissent pas, ne se laissent pas manier. Mais lorsqu'on la néglige, elle [la rime] devient rebelle, Et pour la rattraper le sens court après elle, boil. Art p. ii. Il Des pieds rebelles, des pieds qui n'obéissent pas aux leçons de la danse. Ma robe rend mes pieds rebelles ; Un peu plus haut relevons-la, bérang. Éducation. Il Difficile à guérir. Un ulcère rebelle. Dans les fièvres intermittentes rebelles, genl. Mais. rust. t. Il, p. 349. Il Difficile à traiter. Un sujet rebelle à la poésie, n Terme de métallurgie. Métaux rebelles, métaux qui résistent à l'action du feu. Les plus rebelles de toutes les mines de cuivre, les plus difficiles à extraire, les plus dispen lieuses à traiter, BUFF. Hin. t. V, p. I6b. Il 6° S. m. et/'. Un rebelle, une rebelle, celui, celle qui se révolte. Il revenait au fort quand une sentinelle Dans l'ombre de la nuit reconnut le rebelle, mairet, Mort d'Àsdrub. m,

3. Cette seule rebelle, entre tous mes sujets. Censure mes édits, attaque mes projets, hotr. Antig. iv, 6. Il [l'harles I"] a montré qu'il n'est pas permis aux rebelles de faire perdre la majesté à un roi qui sait se connaître, boss. Reine d'Anglet. Des rebelles ramenés par la douceur, ou réduits à l'obéissance par la ferce, flëch. Uist. de Théodose, i, i. Comment! battre un huissierl mais voici la rebelle, rac. Plaid. u, 6. Ces sciences [les mathématiques] ont eu jusqu'à présent si peu de réputation d'utilité que la plupart de ceux qui s'y sont appliqués ont été des rebelles i l'autorité de leurs parents, fonten. Uartsoeker.

— HIST. XIII' s. C'est à entendre quant il font tenir en lor terre l'establissement; car, s'il en sunt rebelle ou négligent, et li rois, par lor defaute, y met ia main, il en pot lever les amendes, beadh. xlix,

4. Il xiv s. Et quand nous i venimes, Diex si bien nous aida; Tolue lui estoit icelle ville là. Et li estoit rebelle, ne vous mentirai jà, Baud. de Seb. IX, 8r>9. Or sont devant Nimaye li prinche et li baron ; Li rebelle bourgois s'escrient à haut ton : Abi I sire Esmeret.... «b. iv, ii09. ||xv' s. Les maroniers [mariniers] de ce faire furent tout rebelles, fboiss. :i, u, 22. Il XVI* s. Ne cachez pas un cueur dur et rebelle Sous tel beauté, mabot, i, 352. Il s'en re tourna contre les rebelles, amyot, Péric. 4*. Chan cre rebelle et malin, pare, v, 26. Elle sçait, la rebelle ingralement hautaine. Si mon cœur, sou esclave, est ferme à l'adorer, uesportes. Imitation de la complainle de BradamatU.

— ÉTYM. Lat. rebellis, de re, et bellum, guerre : qui recommence la guerre.

REBELLE, ÉE (re-bèl-lé, léel, part, passé de rebeller. Qui s'est révolté. Que la Tagç et le PO, con-

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tre toi rebellés. Te reprennent les biens que tu leur as volés I MAiBET, Sophon. v, 9.

•t REBELLEMENT (re-bè-le-man), t. m. Action de se rebeller.

— HIST. XV' s. Or vous parlerons du duc de Lancastre, qui estoit sur les marches d'E.scosse en ces jours que ces aventures avinrent et cils robellemens du peuple en Angleterre, froiss. u, a, ua.

REBELLER (SE) (rfc-bèl-16), v. réfl. Devenir rebelle. Je dois vous avertir en serviteur fidèle. Qu'en sa faveur déj.à la ville se rebelle, corn. Poiy. ui, 5. Tenez, monsieur, son petit cœur projette En secret de se rebeller, dancourt, Enf. de Paris, m, u. Il Fig. Et faire avecque blâme Se rebeller mon âme Contre ma guérison, malh. v, ï2. Si contre cet arrêt le siècle se rebelle. À' la postérité d'abord il en appelle, boil. Art p. m.

— REM. A propos des vers de Corneille, Voltaire remarque que se rebeller ne se dit plus, mais qu'il devrait ?e dire puisqu'on a rebelle et rébellion. Il se dit en effet, bien qu'un peu vieilli, et que se révolter prenne souvent sa place.

— HIST. XI' s. Encontre mei révéleront li Saisne, Ch. de Roi. ccvi. || xii' s. Pur quel as feit cunjureisun encuntre mei, tu e li fiz Ysai, e pain li dunas e la spée Goliath, pur révéler encunstre mei ?Hois, p. 87. Il'xui' s. Comme cil dou coumun de noslre ville de Bruges se rebelassent encontre nous.... tailijiar. Recueil, p. 347. || xiv s. En alant les frapoit et blessoit tellement. Que contre lui n'osoient révéler nullement ; Ains tous li plus hardis li disuit : Je me rent, Guescl. (437. ||xvi' s. En toutes nos afflictions, nous ne pouvons sans iniquité murmurer ne rebeller, calv. Instit. 567. La chair, si elle n'estoit en ceste manière reprimée, s'escarmoucheroit et se rebelleroit outre mesure, va. ib. 728. S'il est permis au subject de se rebeller et armer contre son prince pour la deffense de la religion, mont, ii, (43.

— ETYM. Lat. rebellare, de rebellis, rebelle. RËBELLION (ré-bèl-li-on), s. f. Acte de rebelle.

Des retours soudains, des changements inouïs ; la rébellion longtemps retev-ue, à la fin tout à fait maîtresse, boss. Reine d'Anglet. Je voudrais inspi-, rer, non ressentir l'effroi, Et la rébellion se tairait devant moi, m. j. chên. Charles IX, iv, 2. || Fig. La rébellion des sens contre la raison, se dit des sens qui refusent d'obéir à la raison. Et mon devoir confus, languissant, étonné, Cède aux rébellions de mon cœur mutiné, corn. Cinna, i, ï. Comme on ne cesse dans ce livre d'instruire le peuple sur la rébellion qu'on fait à la grâce, boss. Avert. sur le livre Réflex. mor. iv. || Terme de jurisprudence. Opposition par voie de fait à l'exécution d'un acte juridique. ....je sais que, pour un milliou, Vous ne voudriez pas faire rébellion, mol. Tart. v, 4.

— S'ïN. rébellion, révolte. Ces deux mots ont pris une signification très-voisine. La seule nuance qu'on y trouve, c'est que révolte est de tous les styles, et que rébellion ' appartient surtout au style élevé.

— HIST. XIV* s. En celui qui est sobre, concu- [liscence ne fait nulle rébellion contre raison, ORESME, Eth. 32. Â tous ceux de la ville veuillez faire pardon. Qui contre vous ont fait grande rébellion, Guescl. 4 40i7. || xv s. Pour la doute des rebellions ils y establirent [à Êvreux) de bonnes gens d'armes, froiss. ii, u, 27. || xvi' s. Je ne me plains pourtant d'une peine si dure; Mais, helas I je me plains de ce que je l'endure Non par rébellion, mais par fidélité, despobtbs. Amours d'Hippolyte, XXIV.

— ETYM. Lat. rebellionem, de rebellis, rebelle.

t RËBELLIONNAIRE (ré-bèl-lio-nê-r') , s. m. Terme de jurisprudence. Celui qui fait rébellion.

t RÉBELLIONNER (SE) (ré-bèl-lio-né), ti. réft. Néologisme. Faire rébellion. Le peuple n'affecte de crier à la famine que pour se rébellionner contre le gouvernement actuel, babceup, Pièces, i, 132.

t RÈBELUN (ré-be-lun), s. m. Dans les fromageries de Roquefort, produit d'un premier grattage, qui d'ordinaire est réservé pour la nourriture des •porcs.

KEBÉNl, lE (re-bé-ni, nie), port, passé de rebénir. |1 Rebénit, rebénite est un autre participe, qui se <lit des choses que l'Église rebénit.

KËBËMR (re-bé-nir), v. a. || 1» Bénir de nouveau. Le cardinal de Bouillon fit, ce jour-là même, la cérémonie de rebénir la grande église d'Utrecht, qui fut rendue aux catholiques, pellisson, Lett. hist. t. I, p. 241. Il 2' Exprimer de nouveau ses sentiments de satisfaction. La France, oubliant ses douleurs, Le rebénira fie coq], Lbre et fière, b&- RAMQ. Vieux drap.

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BEBËQce, ÊE (re-bé-ké. Ut), part, passe de rebéquer. Rebéqué contre son naître.

REBÉQDER (SE) (re-bé-ké. U syllabe bé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je me rebèque ; excepté au futur et au conditionnel : je me rebéquerai), v. réfl. Terme familier. Répondre et tenir tête à un supérieur. M. Simon, auteur li'une traduction du Nouveau Testament que M. le Cardinal de Noailles et M. de Meaui condamnèrent par des instructions pastorales il se re-

béqua par des remontrances, sx-iuu. H 4, 244. Sa fatuité [ de Lanjamet] se rebéquait à l'écart en insolence, mais ménagée avec art, quand il n'était pas content des gens, ID. 199, 455. || Il se prend neutraloment. J'eus un peu de peine à passer à la profession, parce que je rebéquais trop aux affronts, j. BBUSLÉ, Lucien ep belle humeur, t. i, p. 181, dans POUGBNs. Chacun rebèque, et je vous avertis Que, si la chose en cet état demeure.... volt. Drot< du seigneur, i, 5. Son œil [de Mlle Gaussin qui jouait Zaïre] noir, tendre et bien fendu, Sa voix et sa grâce intrinsèque Ont mon ouvrage défendu Contre l'auditeur qui rebèque, iD. Ép. déd. Zaïre.

— HIST. xV s. Et pour ce bernardz, CoquiUards, Rebecquez-vous de la montjoie, Qui desvoye Votre proye, villon. Le jargon et jobelin. \\ xvi* s. Si on les veut amiablement reprendre, ils se rebecquent, et prennent cela de mauvaise part, comme si leur âge n'estoit sujet à errer, langue, 289. Le ver, avorton de la terre, Se rebecqne alors qu'on le serre, despobtes, Œuv. chrest. Plainte de l'autheur.

— ETYM. Re..., et bec; génev. rebéquer se dit des aliments, être antipathique, dégoûter; ital. rtfcecrare, rimbeccare.

t REBlFt'ER (SE) (re-bi-fé), v. réft. Terme populaire. Regimber, ne pas vouloir, refuser. N'avezvous pas conscience de vous rebiffer contre un pauvre valet qui vous remontre si bonnement vos sottises? Thédt. ital. dans le roux, Uict. comique. Il Se rengorger. Un soldat qui se rebiffe sous les armes est un homme dont le port esi "martial.

— HIST. xiu' s. Bien li keurt [lui court] sus, bien le rebiffe ; Nel prise pas une vies bille [espèce de drap], DU CANGE, bi/fa. Et si ont si grans bouches, et le nez si rebiffé [épaté], et les lèvres si grosses...,

MARC POL, p. 685.

— ÉTYM. Re..., et l'anc. franc, biffe, sorte d'étoffe : desbiffer, déranger les plis de l'étoffe, et rebiffer, la remettre en ses plis, d'où se rengorger, ou la rebrousser, d'où les sens de rabrouer (voy. biffer, à l'étymologie).

f REBLVAGE (re-bi-na-j'), ï. m. Nouveau binage, troisième labour.

t RESINER (re-bi-né), i;. à. Faire un rebinage, biner de nouveau.

— HIST. XVI* s. Celuy qui prend à feiie vigne a partie ou autrement, est tenu de les tailler et adresser en saison deue, et outre ce de les faire fouir devant le premier jour de may, biner devant la magdeleine, et rebiner devant vendange, Cvust gén. t. 1, p S84.

REBLANOHl, lE (re-blaii-chi, chie), port, passé. REBLANCUIB (re-blan-chir) , v. a. Blanchir de

— HIST. XVI* s. Il la faut auparavant parfumer [la chambre], et tout reblanchir avec de la chaux, paré, XXIV, iO. Les linges seront curieusement reblanchis, estans sales, o. de sbrres, 8so.

t REBLANDIR (re-blan-dir), v. a. Terme vieilli. Faire de nouvelles caresses. Reblandir et redatter, GOi patin, Lett. t. II, p. 3»..

— HIST. XVI' s. Pour reblandir le menu peuple d'un mot plus doux, nous disons tiers-estat, pas- QUiER, Recherches, il, 7.

— ÉTYM. Re..., et lat. blanius, qui caresse (voy blandice).

t RËBLE (rè-bl') , t. m. voy. bièble.

f REBLESSER (re-blè-sé), v.a. Blesser de nouveau

— HIST. xiil' s. Pensers.... Qui reblessent son ame.... de<portes. Élégies, ii, 5, Advanture première. Si la flèche d'amour avec sa pointe d'or Pour une autre Daphné le reblessoit encor, bertaut. Sur les dem. amours de Desportes, dans desportes. De son premier essai n'ayant donné assez avant, il se reblecea bien fort à deux ou troi.s fois apits,

\ REBOIRE (re-boi-r"), v. a. Use conjugue comme boire || 1° Boire une seconde fois» U en but avec eux : il leur en fit reboire encore , volt. l'Ingénu, I. H 2" Reprendre des habitudes d'ivrognerie. Il avait cessé de boire, mais il reboit. || 8* Se dit du grain, quand il s'humect« dans l'endroit où le brasseur le fait germer.

REB

REB

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— HIST. TV* S. Et puis s'abaissa et se plongea son visage en l'eau, et commença à boire cl à r«- Iwire, tant que il on valut pis, pboiss. m, iv, io. Il XVI" s. Gai^nons ce jour icy, trompons nostre trépas; Peut estre que demain nous ne reboirons pas, BONS. (39. À toutes les fois que l'envie Te prendra de boire, reboy, ID. !&!>.

— ÊTYM. Re..., et boire; wallon, ribeur.

t REBOISK.MENT (re-boî-ze-raan), J. m. Action de reboiser.

t REBOISE» (re-boi-zé), v. a. Planter OU semer des arbres sur des- terrains où ont déjà existé des forêts.

— ETYM. R«..., et bois.

t REBOND (re-bon), t. m. Saut que fait la balle quand elle a touché la terre, un mur. |{ Bond en arrière. On voit que [dans le choc longitudinal de deux barres élastiques] il y a un rebond, saint- VKNANT, Acad. des se. Comptes rendus, t, lxiii, p. H 09.

— HIST. XVI» s. Rebond, oudin, dir.t.

— ETYM. Re..., et bond.

REBONDI, lE (re-bon-di, die), adj. || 1° Terme familier. Arrondi par embonpoint, en parlant des parties cUarnues du corps. Il y avait [dans l'antichambre du contrôleur général] des visages encore plus pleins, des ventres plus rebondis, des mines plus fieras que mon homme aux huit millions, volt. l'H. aux 40 ér.us, audience. || Il se dit aussi des personnes. La voilà, pour conclusion. Grasse, maflue et rebondie, la font. Fabl. m, <7. Le pelil homme rebondi ne fait qu'un saut, et court euilirasser son ancien cam.Trade, volt. Jeannnt et Colin. Buvez, mes anges, buvez; que Mme d'Arjjental revienne (des eauxl aussi rebondie que l'abbé de Bernis, id. //■«. d'Argenlal, 20 juin 1748. || 2° Par analogie, il se dit de choses renflées. Ou sur la couche rebondie D'un procureur génovéfain, gresset. Ombres. Je regardais ce rouleau d'argent qui était sur la table, il me paraissait si rebondi : quel dommage de le perdre! mariv. Pays. parv. pari. i.

— lllST. XV' s. Nous sommes legiers — Comme biches — Rebondis comme bellfs miches, villon, Baillev. et #a/ep. |]xvi' s. Tout potelé, grasselet, rebondi, rons. l'io. Voyant ces nonnes fraisches, blanches, refaites, rebondies, de.spbb. Conte.i, LXiv.

— KTVM. Rebondir; ce qui est rebondi faisant rebondir la main qui presse.

REBONDIR (re-bon-dir) , v. n. |H' Faire un ou plusieurs bonds. La balle a rel)ondi. De rochers en rochers etd'ahîine en abîme, Il tomlie, il rebondit, il retombe.... lamart. Médit, ii, la Chute du Rhin à lauffen. \\ Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. [| 2° ^e rebondir, i'. réfl. Devenir rebondi. Compte à jamaisau moins sur ma reconnaissance (Alziie),

est un vers faible et plat, s'il est seul mais ces

vers plats se rebondissent du voisinage des autres : Compte à jamais au moins sur ma reconnaissance, Sur la foi, sur les voeux qui sont en ma puissance, etc. volt. ieK. Thiriàt, I8 mars 4736.

— REM. Rebondir est employé improprement dans les vers suivants pour désigner ce qui plie et se

relève Comme le roseau, lain jouet de l'orage.

Oui plie et rebondit sous la main des [lassants, Mon creur revient à Dieu, plus docile et plus tendre, LAMADT. Méd. Il, U.

— HIST. XII* s. E cume l'arche vint en l'ost, li poples Deu duna un merveilleiis cri, que tute la terre rebundi. Rois, p. (5. jlxiii's. Ded.inslamaistre porte fu grans l'abateîs, Et li Turc .se rescrient, s'ont François rebondis [repousse], Ch. d'Ant. vi, 94. Il xiv s. Et au commencement doit l'en rebondir l'eaue sur la teste nt le col de l'esprevier, à une vergette, pour le mouiller, Ménagier, m, 2. || xvi" s. Contre une place creuse la voix de l'homme rebondit voulentiers et fait ung écho, palsgr. p. 680.

— f.TYM. Re..., et bondir.

t REBONDISSANT, ANTE (re-bon-di-san , san-t'), adi. Oui rebondit. Pouls reboiidissant.

RKBONDISSEMENT (re-bon-di-se-man) , s. m.

Aciioo d'un corps qui rebondit. La réflexion de la liivrière suit les mêmes lois que le rebondissement de tous les corps à ressort, bufp. Hist. min. introd. part. exp. (Eur. t. vu, p. 3)5.

t REBONUO.NNER (re-bon-do-né), V. a. Mettre de nouveau un bonilon. On agile le vin par le bondon avec un bâton fendu en (juatre qu'on fait tourner en tous sens; on rebondnnne le tonneau, et le Vi:; est ordinairement parfaitement éclairci dans l'esp;ii;n de vingt-quatre heures, Dict. des arts et met. Calmirtier.

RKIiORD (re-hor; le d ne se prononce pas et ne se lie pas), ». m. \\ i° Bord élevé et ordinairement

ajouté, rapporté. Le rebord d'une table. 11 y avait devant la chambre un rebord d'une coudée, saci, Bible, ÉS('chiel,x.L, (2. Ou de trente feuillets réduits peut être à neuf, Parer, demi-rongés, les rebords du Pont-Neuf, hoil. Sat. ix. Saisie d'horreur, je tomb.ai évanouie sur le rebord du fossé, genlis, Ulle de la layette, p. 36, dans pougens. || 2" Bcjrd replié, renversé. Les rebords d'un manteau. L'oreille externe présente un rebord. Ils [les pétrels] ont trois doigts unis par une membrane; les deux doigts latéraux portent un rebord à leur partie extérieure, B'JFP. Ois. t. xvii, p. 430. Il 3* Bord en saillie. Le rebord d'une cheminée. Je cherchai dans le voisinage un abri.... le seul qui pût me convenir était un petit rebord de deux pieds de largeur au plus, saillant au-dessus du précipice, Saussure, Voy. Alpes, t. v, p. (3< , dans potJGENs. || 4' Terme de serrurier. Le côté du palastre d'une serrure où est percée l'ouverture du pêne.

— frrvM. Re.. , et bord.

REBORDÉ, ÉE (re-bor-dé, dée), part, passé. Robe rebordée. || Oreilles rebordées, se ,dit d'une forme particulière de l'oreille externe, où le rebord est très-marqué.

REBORDER (re-bor-dé), v. a. Mettre un nouveau bord. Reborder une jupe.

t REBORNER{re-bor-né) ,v.a. Borner de nouveau.

— HIST. XVI* S Reborner, cotgrave.

REBOTTÉ, ÉE {re-bo-té, tée), part, passé. REBOTTER (SE) (re-bo-té), v. réfl. Remettre ses

bottes.

t REBOUCHAGE (re-bou-cha-j'), s. m. Terme de peinture en bâtiments. Action de boucher les trous des bois, des murs, à l'aide du mastic, après l'impression, pour appliquer la peinture.

REBOUCHÉ, ÉE (re-bou-ché, chée), part, passé.

i. REBOUCHER (re-bou-ché), v. a. \\ 1* Boucher de nouveau. Reboucher un trou, une bouteille. Il Fig. Reboucher un trou, p^iyer unejlette. Mon argent a servi à reboucher d'assez bons trous, mol. G. Dand. i, 4. || 2° Se reboucher, v. réfl. Devenir bouché de nouveau. L'ouverture de ce tuyau s'est rebouchée.

— HIST. XVI* S. Lesquelles restitutions, estans appliquées à bons usages, serviroyent à reboucher de grandes bresches, langue, 97.

— ÉTYM. Re..., et boucher. \ 2. REBOUCHER (re-bou-ché), v. a. Terme vieilli.

Fausser, émousser. Puisse être à ta grandeur le destin si propice. Que ton cœur de leurs traits rebouche la malice, régnier, Épit. i. Son corps sera la cuirasse qui rebouchera tous les traits, j. j. houss. Ém. II. Il Se reboucher, e. réfl. Se fausser. L'épée s'est rebouchée.

— HIST. xii* s. Kar rebuchié furent lur hustilz de fer, Rois, p. 44. || xiu* s. Mais ele [une pierre précieuse] ne luist pas par jour ; Que 11 solaus, c'est vérité , Se li rebouque sa clarté, du cange, rebusare. Il xvi* s. Tiravant coucha sa lance en l'arrest, et en ferut le moyne ; mais, rencontrant le froc horrificque, rebousçha par le fer, comme si vous frappiez d'une petite bougie contre une enclume, rab. Gar. I, 43. 11 disoit que, l'humaine raison estant arrivée aux causes premières, il falloit qu'elle s'arrestast et qu'elle rebouchast, à cause ou de- sa foiblesse, ou de la difficulté des choses, mont, u, 345. Femme qui- se disposa sagement aux volontés de son mari, lesquelles elle sut avec telle douceur reboucher , qu'elle gagna par une longue obéissance ce point sur lui, qu'il ne croyoit tant en nul aulre qu'à elle, pasquieh; Lettres, vu, (0.

— ÉTYM. Rebouchci rebouquer, c'est faire bouquer, de re et bouche : *V'nification qui a passé au fer qui est arrêté par la . '•.-'stance. En Normandie, on dit rebouquer pour se v'<i'iserà: rebouquer sur les vivres, sur l'ouvrage.

t REBOUIL (re-boull. Il mouillées), s. m. Sorte de laine pelade, tirée des peaux de mouton qu'on plonge dans la chaux.

REBOUILLI, lE (re-bou-Ui, Uie, Il mouillées), part, pa-fsé. De la viande bouillie et rebouillie.

REBOUILLIR (re-bou-llir. Il mouilléts, et non rebou-yir), t!. n. Bouillir de nouveau. {| Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on veut marquer l'action : le lait a rebouilli ; avec l'auxiliaire être, quand on veut marquer l'état : le lait est rebouilli.

— HIST. XIII' s. Es tentes que il firent jouste le désert, resbouli leur malice, et reoomencierent folement à parler vers Dieu, Psautier, f° (30. ||xvi' s. Au siège envoyèrent des vins poussés tant aigres et rebouUis que nul n'en pouvoit boire, jean d'au- TON, ^Annales de Louis XII, p. (42, dans lacuhne. L'ecclesiastic et la noblesse s'y opposèrent, disans

qu'il ne falloit point rebouillir les articles arrestez, u'aub. Ilist. II, 261. Lors rebouillirésvostre sirop.... par tels réitéré» rebouillemens, le sucre, petit à petit, se fourre dans le fruit, o. dk serres, k52.

— F.TYM. Ue..., et bouillir; wallon, rihoilr. REBOUISAGE (re-boui-za-j'), s. m. Action de

reboiiiser.

UEBOUISÉ, ÉE (re-boui-zé, zée), port, passé.

REUOUISER (re-boui-zé), v. a. Terme de chapellerie. Nettoyer et lustrer un chapeau à l'eau simple.

— ETYM. fle..,, et bout».

t REBOURGEONNER (re-bour-jo-né), v. n. Bour geonner de nouveau. || U se conjugue avec l'auxiliaire oiot'r.

— lllST. XVI* s. Par tel destourbier sont lespourreaux arrestés de reproduire, sans faire semblant de rebourgeonner, o. db serres, bio.

I. REBOURS (re-bour), s. m. \\ l' Le contre-poil des étoffes. Prendre le rebours d'une étoffe pour la mieux nettoyer. || 2* Fig. Le contre-pied, le contraire de oa qu'il faut. Le P. Castel a peu de méthode dans l'esprit; c'est le rebours de l'esjirit de ce siècle, volt. Lett. en vers et en prose, 5». Il 3" i rebours, toc. adv. X contre-poil. Vergeter du drap à rebours. || En sens contraire. Lire à rebours. Un homme d'esprit de ma connai.ssance voudiait qu'on étudiât et qu'on enseignât l'histoire à rebours, c'est-à-dire en commençant par notre temps et remontant de là aux siècles passés; cette idée me paraît très-juste et très-philosophique, d'aiemb. JUél. litt. Œuv. t. III, p. 469, dans pougens. || Fig. Tout ce que vous avez été durant vos jours, C'est-à-dire un esprit chaussé tout à rebours, itoL. CÉt. n, 44. Les esprits à rebours, comme le sien, ne veulent jamais ce qu'on veut et veulent toujours ce qu'on ne veut pas, brcets, Grondeur, i, 4. Vous prenez toujours les conseils à rebours, ta. le- CLERCQ, Prov. t. IV, p. 44, dans pougens. |,4° au rebours, loc. adv. Au contraire, au contre-pied Le vrai secret pour avoir de la santé est que le corps soit agité et que l'esprit se repose.... pour l'ordinaire il nous arrive tout au rebours : lorsque nous pensons nous repo.ser, nous nous travaillons le plus, VOIT. Lett. 44. Car je doute à présent si vous aimez Lucrèce, Et vous vois si fertile en semblables discours [mensonges]. Que, quoi que vous disiez, je l'entends au rebours, corn. Ment, v, 4. Ils usent leurs souliers, et conservent leur âne ! Nicolas, au rebours; car, quand il va voir Jeanne, 11 monte sur sa bête, et la chanson le dit, la pont. Fabl. m, 4. Un père d'ordinaire  "son fils, tout au moins, fournit le néces.saire; Ici, tout au rebours, le fils depuis dix ans.... destouch. Phil. mar. m, t3. || 5' X rebours de, au rebours de, loc. prép. Contrairement à. Tout au rebours de la bonne donzelle, la kont. Gag. Je sortirai d'une maison où tout va au rebours du sens commun, diderot, Père de famille, m, 4. Je me sens là-dessus tout à rebours des autres hommes, i. j. aouss. Prom. 7.

— HIST. XII' s. Qàr issir [sortir] les feiai de lor paix à rebors [je les ferai écorcher]. Sas. xxvii. Il xiii* s. U il aura hastif securs, U 11 estent [il lui faut] vivre à reburs, marie, Gugemer. Trestout me vient arrebours. Tout adès sui esmaiiés. Que tous jours sui pourlongniés [éloigné] De joie avoir et secours, bJtzneh , p. 64. On doit plaindre, et s'est honte à tous bons trouveours, Quant bonne matere est ordenée à rebours, adam de la halle, le Roi de Seiile, dans rdtebblf, t. i, p. 428. Dont evient que là où la lune est l'an prime, elle sera l'an après xj jors plus arriéres au rebours dou calendrier, BRUN, latini, Très. p. 443. Ainsi se departi la cours; Celé feste fu à rebous, 11 i ot plus ploure que ris, Bl. et Jehan, v. 34:iB. Kt demeure li cuers [le cœur] au cors de l'home à rebous; car li chiés [la tête] demeure par devers les pies, et li rachine [la racine] par devers le chef, alebrant, 1° 40, verso. Il XV' s. Mais j'ai tousjours au par aller Le rebours de ma voulenté.CH. d'orl. Bail. 47. Il XVI' s. Je suis au rebours des auUres,car.... mont. i, 34. Considérer et juger de dangier est auculnement le rebours de s'en estonner, in. iv, 3. Ceste espreuve leur tourna tout au rebours de l'espérance de ceulx qui y furent envoyés pour cest effect, amyot, Péric. 6 4

— ÉTYM. Bourg, rebor; bas-lat. refturrus, reburs\is, hérissé. D'après Diez, ce mot vient de re et de l'allem. Borste, poil, soie, dont le radical se trouve dans brosse, broussaille.

2. REBOURS OURSE (re-bour, bour-s"), adj. |1 1° Terme familier. Qui est à contre-poil, revèclie, peu traitable. Humeur rebourse. Maître Isaac Gri-

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pon , d'une Ame fort rebourse, Ferme , depuis un an, les cordons de la bourse, volt. la Femme qui a raison, i, 3. Demandez à vos agréables s'il est aisé d'étaler son caquet avec un esprit aussi rebours que celui-là, :. i. Rouss. Emile, v. {| 2° Cheval rebours, cheval qui s'arrête, recule, ou rue, en dépit lies corrections. || 3° Bois rebours, ou de rebours, bois qui est rempli de nœuds, et dont les fibres ne sont pas droites, de sorte qu'on a de la peine à le travailler. Le bois du tronc dont la croissance est beaucoup relardée, devient noueux, rebours, et presque impropre à toute autre chose qu'à brûler, fosc, Instit. Mém. scienc. (807, t" sera. p. 368.

— HIST. XII* s. Vus querez la metlée, s'od arme i »lez [si vous y allez avec arme] ; Vostre espée est reburse [émoussée], ses brans est acerez; S'il traist sur vus s'espée, sustenir nel puisez, Th. le mari. as. || xni* s. Qui donne bénéfice pour epargnier sa bourse, Je di que ceste paie est parverse et rebourse, Et si pert Dieu.ets'ame qui tel avoir embourse, j. de meong. Test. B82. || xv* s. Mais il n'estoit point bien content De mettre sovent main en bource ; L'hostesse n'estoit point rebourcc, Et dist : ne vous en souciez; Dieu merci j'ay argent assez, VILLON, 2* rcp. franche. \\ xvi' s. Cestiiy Tanrus fut homme rebours et mal gratieui, amtot, Thém. ts. Les plus rebours poulains sont ceulx qui deviennent les meilleurs chevaulx, quand ils sont domptez, faits et dressez, id. ib. 3, Quand la fortune luy vint à faillir et à estre rebourse, ID. Serlor. 14.

— ÉTYM. Retours i.

t REBOUKSER (re-bour-sé) , ». o. Mettre en œuvre le reboursoir.

f REBODRSOIR (re-bour-soir), s. m. Instrument en forme de peigne, qui sert dans l'apprêtement des draps pour relever le poil à rebours.

— ÉTYM. Rebours i .

t REBOUTEMENT (re-bou-te-man) , s. m. Action de rebouter.

t REBOUTER (re-bou-té) ,». 0.111° Passer les dents d'une carde à travers le cuir qui doit leur servir de soutien. 1| 2" Faire le métier de rebouteur.

— ÉTYM. Re..., et bouter ; bouter de nouveau, remettre. Dans l'ancienne langue, rebouter était très-employé, signifiant repousser, rebuter.

REBODTECR (re-bou-teur) , ». m. Synonyme de

BENOUEUR.

t REBOUTONNÉ, ÉE' (re-bouto-né, née), part, passé de reboutonner. I

REBOUTONNER (re-bou-to-né), v. a. Boutonner de nouveau. Il [Neptune faisant des ricochets] abandonna sa besogne, Et reboutonna son pourpoint, scARR. Virg. v. Il Se reboutonner,, v. réfl. Reboutonner son vêtement.

— ETYM. Re..., et boutonner; wallon, ribottnè. t REBRAS (re-brâ), s. m. Partie de la peau du

gant qui doit couvrir le bras.

— ÉTYM. Re..., et 6ro». Rebras signifiait revers d'un habit, serrement de bras : Festoyé et accollé à double rebraz, rab. Pant. iv, 4.

t REBRASEMENT (re-bra-ze-man) , s. m. Action de rebraser.

t REBRASER (re-bra-zé) , \i. a. Braser de nouveau deux morceaux de fer mal joints.

REBRASSÉ, ÉE (re-bra-sé, sée), part, passé de rebrasser. Des cardinaux vêtus de longues robes traînantes, teintes en pourpre, rebra-iisées d'hermines, VOLT. I/>is de Minos, Note. || Terme de blason. Se dit des vêtements dont le bord est d'un autre émail que le reste.

REBRASSER (re-bra-sé), v. a. Terme vieilli. Re^ roiU>.ser. Rebrasser ses manches.

— HIST. m- s. Tuit [tous! estaient bien rebrachiez. Et de combattre encoragiez, nu cange, rehrachiatorium. \\ xiv' s. L'exposant prit ledit Adenin, qui estoit enfant de l'aage de douze ans environ, le rebrassa par derrière, et lui donna pluseurs cops de la paume sur ses nages [fesses], id. ib. Il XVI* S; Les vents que nous haïssons le plus, ce sont ceulx qui nous rebrassent nos habillements ; mais le curieux ne rebrasse pas seulement les roblies et les sayes de ses voisins.... amyot, De la curins. 7. Il faut rebrasser ce sot haillon qui cache nos mœurs : ils envoyent leur conscience au bordel, et tiennent leur contenance en règle, mont, m, su.

— ÉTYM. Rebras.

REBRinÉ, ÉE (re-bri-dé, dée), part, passé. REBRIUER (re-bri-dé), v. a. Brider de nouveau. . Il faut rebrider le cheval.

— HIST. XVI* s. Il les feit rebrider incontinent, et alla charger les ennemis, amïot, Sylla, 62.

REBROGHË.ËE (re-bro-cbé, chée), port, passé

de rebrocher. || Rebroché s'est dit pour broché, en parlant d'étoffes. .T'ai été à cette noce de Mme de Louvois ; que vous dirai-je? magnificence, iUumir)ation, toute la Fiance, habits rebattus et rebrochés d'or, pierreries, sÉv. :i88. |.| Fig. Quand il vient de Paris quelques livres nouveaux, tout pleins d'esprit qu'on n'entend point , tout hérissés de vieilles maximes rebrochées et rebrodées avec du clinquant nouveau, VOLT. Lett.de Mmedu Delfant,'ii mait75l.

REBROCHER (re-bro-ché), v. a. Brocher de nouveau. Faire rebrocher un volume.

REBRODÉ, ÉE (re-bro-dé, dée), part, possède rebroder. Je ne vois rien dans cette confusion de sentiments que beaucoup d'amitié sur un fond d'inclination rebrodé de passiin, sÉv. 22 sept, 4880.

REBRODER (re-bro-dé), v. a. || 1° Broder sur ce qui est déjà brodé. Kebroder du point de Venise. Il Fig. Je ferai jouer Mahomet, supposé, s'entend, que vous soyez content de cet illustre fripon, que j'ai retaillé, recoupé, relimé, raboté, rebrodé, le tout pour. vous plaire, volt. iMt. Cideville, ojanv. 1742. Il 2° Refaire une broderie. Rebroder le collet d'un habit.

t RKBROUILLER (re-brou-llé, Il mouillées), ». o. Il 1° Mettre de nouveau pêle-mêle. || Fig. La femme était prête à s'offensef de se voir saupçonnée d'une telle indiscrétion; mais, pour ne pas rebrouiller les choses qui allaient à un bon accommodement, elle promit de parler et de se taire à propos, st-évrem. le Prophète irland. p. 2I6. || 2° Terme de brasserie. Remuer le grain. ||3" Désunir de nouveau des personnes liées. Il les rebrouillait le même jour qu'ils s'étaient raccommodés, balz. le Prince, 20. || 4" Se rebrouiller, v.réfl Entrefde nouveau en querelle. Nous nous rebrouillâmes avec M. le Prince après sa liberté, RETZ, V, 108.

- HIST. xvr s. Rebrouiiler, cotgrave.

REBROUSSÉ, ÉE (re-brou-sé, sée), part, passé de rebrousser. Relevé à contre-sens, en parlant des cheveux, des poils. Belon dit avoir remarqué que la queue du harle est souvent comme froissée et rebroussée par le bout, buff. Ois. t. xv, p. 44 9 Une barbe rousse, épaisse , indocile à toutes les formes qu'on voulait lui donner, toujours mêlée, toujours rebroussée. M"* riccoboni, (Euv. t. v, p. 203, dans POUGENS. Il Les poils des mammifères sont quelquefois rebroussés, c'est-à-dire en sens inverse de la direction du tronc et des membres, comme ceux de la crinière de plusieurs ruminants. || Par e.xtension. Les rapides, selon (ju'ils sont frappés des rayons du soleil , rebroussés par le vent ou ombrés par les nuages, s'élèvent en bouillons d'or, blanchissent en écume, ou roulent à flots brunis, chateaubr. Amer. Journal sans date.

■f REBRODSSEMENT (re-brou-se-man), s. m. \\ l'Action de rebrousser; état de ce qui est rebroussé. Le rebroussement de? poils. Le miracle de la conversion ou rebroussement du Jourdain, la mothe le VAYER, Dial. d'Or. Tub. t. 11, p. (94, dans pougens. Outre les vents horizontaux, il y a encore tous les vents verticaux, naissant tant de l'oscillation diunie que du rebroussement des courants dont les pentes sont frappées, bamond, Insiit. Mém. scienc. i«23, t. VI, p. <t». Il 2" Terme de géométrie. Inflexion d'une courbe qui revient sur elle-même. || Point de rebroussement, ou, simplement, rebroussement, point d'une courbe à partir duquel les deux parties de la courbe sont situées du même côté de la normale en ce point. Le rebroussement est de première espèce, si ces parties de la courbe sont situées de part et d'autre de la tangente en ce point. Il est de deuxième espèce si 'as deux parties de la courbe sont du même côté de la tangente. || Arête de rebroussement, nom dr.uue, pour une surface développable, à la courbe formée par l'intersection successive des génératrice» lectilignes de la surface.

REBROUSSE-POIL (re-brou-se-poil), loc. adv. X contre-poil. Brosser un chapeau à rebrousse-poil. Il Fig. X contre-.sens. Prendre une affaire à rebrousse-poil. Elle en est à rebrousse-poil sur toute chose, M"" nu deffant, Corresp. t. u, p. 98, dans

POUGENS

REBROUSSER (re-brou-sé), v. a. \\ 1° Relever en sens contraire les cheveux, le poil. || Fig. et familièrement. Rebrousser quelqu'un, le prendra à rebours, faire sur son esprit une impression comparée au rebroussement des poils. La froideur du roi venait d'un temps mal pris et de la surprise, qui étaient les deux choses du monde qui le rebroussaient le plus, st-sim. 264, ) 6 (.C'était [la duchesse de Roqueiaure] une personne extrêmement haute , impérieuse, intrigante, dont le grand air altier rebroussait tout le monde, m. t. vm, p. 29g, édit.

CHÉRnEL. Il 2° Passer un instrument sur la fleur du cuir, pour abattre le grain. |l 3" Rebrousser chemin, retourner .subitement en arrière. Le roi sut le samedi au soirque, surcette nouvelle, ils [lesenncniisl avaient rebroussé chemin vers Ruremonde à la moitié de leur marche, pellisson, Lett. hist. t. 11,

p. 320 La dispute que j'eus avec Sa Majesté....

c'était à propos du mot rebrousser'chemin, que le roi prétendait mauvais, et que je maintenais bon par l'autorité de tous nos meilleurs auteurs, boil. Lett. à Brossette, 4b. || On dit de même: rebrousser ses pas. Mais, sitôt qu'il me vit, il rebroussa ses pas, Fâché d'avoir trouvé ce qu'il ne cherchait pas , RACAN, Silène, i, 3. || On dit: rebrousser son cours, en parlant d'un fleuve. L'arche, qui fit tomber .tant de superbes tours. Et força leJourdain de rebrousser son cours, rac. Ath. v, 1. À la voix du Dieu d'Israël, les fleuves rebroussent leur cours, chateaub. Génie, u, v, 5. || Fig. Le souvenir au temps fait rebrousser son cours, drlil. Imag. 11. || 4° Rebrousser le cours d'une rivière, naviguer en remontant le courant. Des barques traînées par de forts chevaux rebroussaient lecoursdu fleuve, chateaub. Natch. VII. 1] B° V. «.Rebrousser, retourner en arrière. La rivière rebrousse plus vite que ne roule un torrent dans une vallée, vaugel. Q. C. ix, 9. Mais nous saurons toujours rebrousser en arrière, Et, quand il nous plaira, nous retirer du jeu, corn. Place Roy. v, 8. Peu s'en fallut que le soleil Ne rebroussât d'horreur vers le manoir liquide, la font. Fabl. xi, 3. Deux heures après, on rebroussa vers l'Escaut à Oudenarde, volt. Louis XIV, 2i. Ils [les vents] agitent la surface mobile des eaux, arrêtent ou précipitent les courants, les font rebrousser, soulèvent les flots.... BUFF. Quadrup. t. iv, p. xi. || Les rivières rebrousseront contre leur source, vers leui' source, avant que..., elles remonteront vers leur source avant que.... || Fig. Je les trouve même [vos réflexions] si fines et si justes, que j'ai rebroussé presque à l'autrd extrémité de mon premier sentiment, j. j. Rouss. Uél. IV, (3. Il 6° Ne pas faire impre.ssion,fcn parlant d'un instrument tranchant. Le bois de cet arbre fait rebrousser les meilleures haches, bebn. de st-p. Paul et Virg. || Fig. II y a des âmes dont la dureté est invincible et contre lesquelles rebrousseraient les plus pathétiques périodes, balz. -Socr. Disc. 2. Il 7° Se rebrousser, ne pas faire impression , en parlant d'un Instrument tranchant. Si le fer s'émousse, et qu'après avoir été émoussé il se rebrousse encore, on aura bien de la peine à l'aiguiser, saci. Bible, Ecclésiaste, x, (O.

— HIST. xitr s. [Il l'a tellement tiré] Que du col jusqu'au haterel [chignon) Li a reborsée la pel, Ren. 4482. Il XV' s. Et entre autres y fut tué [à Morat] ung nommé Jacques de Matz, homme très hardi eî vaillant gentilhomme, qui ne voulut onques tourner le dos à ses ennemis ne rebourser, Bibl. des chartes, 4* série, t. 11, p. 6r>9. || xvi' s. Il reboursala rivière du Tybre dedans la galère capitainesse du roy Perseus, amyot, p. Âini. 50. L'embouchure en devenoit fort périlleuse, estant l'eau de la rivière repoiilsée etreboursée contremont avec grand bruit et dangereux tournoyement d'eau, m. César, 49. Et les fist rebourser chemin, carl. v, 3. Et ce duc, qui pensoit tout le monde embrasser, Est contraint, sans rien faire, en Flandres rebrosser, Sat. Mén. p. 2<l. Ils nagent contre le fil de l'eau, à fin que les ondes et vagues ne leur lèvent et reboursent leur escaiUe et ouye, paré, Animaux, 3. Ils receurenty advertissemoht que ledit sieur chevalier breton alloit en toute diligence devanteux, tellement qu'ils rebmusserent leur chemin, Particularités sur l'assassinat du duc de Guyse, p. 39. C'estoit la dame du monde qui sçavoit le mieux rabrouer et rebrousser les personnes, brant. Dames gai. t. 11, p. 459, dans lacurne. D'jEgypte il [César] vint en Syrie et au pais de Pont... et rebroussa encores par l'Italie ea Espaigne, mont, m, <69.

— ÊTYM. ReboJtrs t.

t REBROUSSETTE (re-brou-sè-f) , s. f. ou RE- BROUSSOIR (re-brou-soir), s. m. Le même que reboursoir.

j REBROVER (rebro-ié), v.a. Broyer de nouveau ; réduire en poudre plus menue, en parties plus subtiles. Il Se dit surtout chez les peintres, en parlant des couleurs.

— HIST. xvi* s. Ce fait, la tuthie sera rcbroito iiOui la seconde fois, avec nouvelle eau roze, en.suilo sechée, encores rebroiée et resechée jusques....

t REBRCLER (re-bru-lé), i'. o. || 1" Brûler une seconde fois. || Absolument. Là [en enfer) le feu qui rien ne dévore. Ayant brillé, rebrûle encore,

REB

REB

REB

tcKHTtofi, rirg. vi.HS" Distiller une seconde fois l'eau-de-vie.

— HIST. XVI* s. Sa puissance est cruelle et n'a point d'antre issue, Sinon de relirusier nos cœurs à petit feu, BONS. ist. On croit que Phaeton vient rebriller le monde, nESPOiiTKS, Épitaphes, ilaugiron.

t KBItRDMR (re-bru-nir), v. a. Brunir une seconde fois. Les eaux de cette fontaine peuvent redresser les membres plies par les ans, et rebrunir, avi feu des passions, la chovelure sur la tête blanchie des vieillards, chateaubr. Natch. liv. x.

— HIST. xiv* s. Pour l'aire et forgier le tuyau du pié delà couppe saint Louys et le reburnir tout de nouvel, DE LAHOBDE, Émaux, p. 479. Pour le dit hanap rebruntir,CAPFiAUX, Régence d'Aubert deBatière, p. 59.

t RKBU, BnE(re-bu, bu8>. iiart. vassé de reboire.

BKBUFFADE (re-bu-fa-d') , s. f. Refus accompagné de paroles dures. Ce serait me rendre indigne do vos bonnes grâces, si, crainte d'une rebuffade ou par l'appréhension de la peine, je manquais à vous proposer les véritables expédients, letl. de Yauban à tournis, dans Uev. des Deux-Mondes, i" févr. (862, p. 632. La cabale se mit à répandre doucement le conseil de Chamillart à Monseigneur le duc de Bourgogne, et la rebuffade du roi à Mme la duchesse de Bourgogne, st-sim. 205, i3.

— ÉTVM. Hebuffer, rabuffer , verbe usité ru XVI' siècle, et venant de rebuffe, mot du même temps; de l'ital. rabbujfo, rebuffade, de ro, rédupiicatif, et buffo, soufde (voy. bouffée).

RÈBCS (ré-bus'), S. m. ||1° Jeu d'esprit qui consiste à exprimer, au moyen d'objets figurés, ou d'arrangements, les sons d'un mot ou d'une phrase entière, qui reste à deviner, par exemple : pir vent venir

un vient d'un •

représente un sous pir, vient sous vent, d'un sous venir, qui s'explique par: un soupir vient souvent d'un souvenir. Deviner un rébus. Qui n'avait jamais rien lu que les étrennes mignonnes et les réhus (|ue l'on voit sur les écrans, cabaccioli, hell. récréât, t. iv, p. 199, dans pougens. || 2° Équivoque, mot pris en un autre sens que celui qui est naturel. Un vieux rébus. Cela fit le conseil résoudre D'envoyer vers Monsieur Phébus, Qui ne parle que par rébus, scarr. Virg. ii. Obligé d'être attentif à toutes les sottises qui se disent et à tous les compliments qui se font, et de fatiguer incessamment ma minerve pour ne pas manquer de placer à mon tour mon rébus et mon mensonge, J. J. Rouss. Cnnf. XII. Il 3" Mauvais jeu de mots, mauvaise plaisanterie. Ceux qui les traitent [les femmes] avec moins de rigueur, les comparent aux mules et aux chèvres, et Ibni exactement convenir leurs humeurs capricieuses aux fiiugues de ces extravagants animaux ; à quoi ils ajoutent une multitude de rébus et de proverbes autant ridicules qu'ils sont indignes des femmes, mabg. buffet, Observ. p. 21», 4668. Elle qui, dans son enjouement. Sans être obscure ni caustique, Saiir.iit bien faire une réplique Aux rébus do vos campagnards. Qu'on voit à leur style rustique. N'avoir rien lu que des Ronsards, chaul. iMt. à d'Hamilt. \\ 4" Ecriture in rébus (on prononce In' ré-bus', comme en latin), écriture dans laquelle on exprime par dt-s figures les choses qu'on veut dire. Certaines peuplades sauvages se servent d'une écriture in rébus.

— HIST. xvï* s. Sur toutes les folastres inventions du temps passé, j'entends depuis environ trois ou quatre ans en ça , on avoit trouvé une façon de devise par seules peinctures qu'on souloit appeler des rébus, des accords, Iligarr. Rébus de Picardie. Car en rébus de Picardie Une faux, une estrille, lin veau, Cela fait estrille fauveau, mabct, dans le Dicl. de bicuelet. Ces choses faictes, dévotement se transpourtoyent en la sàincte chapelle, ainsy estoyl en leurs rebns nommée la cuisine claustfale, RAB. Pant. m, 15. Ceux de la ville d'Arras en Artois ont esté de grands causeurs de tout temps, et font des rencontres qu'on appelle des rébus d'Arras, BRANT. Cap. franc, t. n, p. 4 30, dans laciihnb.

— ETYM. Tiré, dit Ménage, de pièces satiriques que les clercs de Picardie composaient tous les ans à l'époque du carnaval, et qui, roulant sur lesaflaires du temps, étaient dites de rébus quse geruntur.

REBUT (re-bu ; le < ne se prononce pas et ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Vs se lie : des re-bu-z insultants), s. m. \\ 1" Action de rebuter. Lorsque par les rebuts une âme est détachée. Elle veut fuir l'objet dont elle fut touchée, UOL. le Dép. i, i. Si on ne trouvait plus

de douceur dans le mépris , dans la pauvreté, dans le dénûment et dans le rebut des hommes, que dans les délices du péché, pasc. l.rtt. à Mlle de Rnannez, fi. Il faut que le monde nous désabuse du monde ; ses appas ont assez d'illusions, ses faveurs assez d'inconstance, ses rebuts assez d'amertume, Boss. la Vallière. On ne peut presque leur parler sans s'exposer à une réponse désagréable ; et l'on a beau prendre toutes les précautions possibles, il y a toujours de leur part quelque rebut à essuyer, doubdal. Retraite spiril. «• jour. Quels rebuts, quelles traverses n'endure-ton pas pour un fantôme de gloire mondaine ! fén. t. xviii, p. 40. Il 2° Ce qui est rebuté, ce qu'il y a de plus mauvais. Elle [Rome] a le coeur trop bon pour ,se voir avec joie l.e rebut du tyran dont elle fut la proie, CORN. Cinna, li, 2. Le rebut de madame est une marchandise Dont on aurait grand tort d'être si fort éprise, mol. Mis. v, 6. [L'homme] quel sujet de contradiction, juge de toutes choses, imbécile ver de terre.... gloire et rebut de l'univers ! pasç. Pens. vin, t, éd. HAVET. Les ouvrages qui ont été les délices et l'admiration de la vieille cour sont le rebut des provincesetdu peuple, bouhours, Enlret d'Ar.eld'Èug. II. M'en irai-jemoi seul, reliât de la fortune. Essuyer l'inconstance au Parthe sr commune ? rac. Mithr. m, 4. Ces Juifs, dont vous voulez délivrer la nature, Que vous croyez, seigneur, le rebut des humains, id. Esth. in, *. Vous serez rejeté comme une pierre de rebut, MASS. Carême, Mauv. riche. La fréquence et l'inutilité de ses sollicitations pour l'Académie, avait jeté un air de rebut sur ce candidat si opiniâtre'et si malheureux, d'alemb. Éloges, Trublet. || C'est le rebut du genre humain, de la nature, se dit d'un homme vil et méprisable. || Marchandises de rebut, choses de rebut, marchandises, choses qui ont été rebutées ou qui méritent de l'être. Forcée de vendre jusqu'aux meubles de rebut que vous lui aviez envoyés, MARiv. Marianne, 2' part. 1| On dit de même: être au rebut, mettre au rebut. || Elliptiquement. Au rebut, mettez, mettons au rebut. Voici une paperasse qu'un savant Suisse me donne pour l'article Isis [dans l'Encyclopédie) ; si l'article n'est pas fait à Paris, si celui-ci est passable, faites-en usage ; sinon, au rebut, volt. Lettl d'Alembert, 29 févr. <767. Il Terme d'administration des postes. Mettre une lettre au rebut, la mettre à l'écart, parce qu'on n'a pas trouvé le destinataire.

— HIST. XVI" s. te roy luy feit un fort aspre rebut pour ceste importune demande, amyot, Tliém, 63. Depuis ce rebut là [échec] les Gaulois commencèrent à perdre courage, m. Cam. 48. i ladvis d'Anacharsis, le plus heureux estai d'une police seroit où, routes aultres choses estants eguales, la preoedence se mesureroit à la vertu, et le rebut au vice, mont.

■— Rtym. Voy. bebuter. On disait au xv* siècle rehoutement au sens de rebut.

REBUTANT, ANTE (re-bu-tan, tan-t'), adj.

Il 1° Qui rebute, qui décourage. En attaquant la vérité de nos mystères et nous les représentant comme des mystères si rebutants et si diffieiles à croire, boubdal. Pensées, t. i, p. 237. Les lettres ont, par elles-mêmes, un attrait qui séduit l'esprit, lui rend les autres occupations rebutantes.... duclos, Consid. mœurs, xii. || i" Choquant, déplaisant. Homme rebutant. Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant, boil. Art p. i. Je vous parle en amie, le baron de Sercour n'est pas d'un âge rebutant, MARiv. Marianne, 9' part. C'était peu d'être pauvre, M. de Seran était laid et d'une laideur rebutante, MARMONTEL, Mém. Vin. Son air [de Charon] est rebutant, et de profondes rides Ont creusé son vieux front de leurs sillons arides, delille, Enéide, vi.

t REBUTE (ro-bu-t'), s. f. Synonyme, en quelques provinces, de batardeau. Il [le propriétaire d'un canal] en répondra, si on prouve que le cours des eaux était arrêté ou intercepté par des rebutes ou autres obstacles, cappeau, Compagnie des Alpines, Aix I»I7, p. <05.

— ÉTYM. fle..., et 6u»er.

REBUTÉ, Éiî (re-bu-té, tée), part, passé de rebuter. Il 1° Rejeté avec dureté. Ëraste : Encore rebuté? — Gros-Réné : Jamais ambassadeur ne fut moins écouté, MOL. Dépit amour, iv, 2. Unefemmechananéenne et idolâtre lui arrache |à Jésus], pour ainsi dire, quoique rebutée, la guérison de sa fille, boss. Hist. II, 6. Un amant toujours rebuté par sa maîtresse, volt. Cnmm. Corn. Rem. Cinna, m, 4 . || 2° Repoussé, dédaigné, en cariant de choses. L'reil humide de pleurs pnr l'ingrat rebutés, rac. Phèdre, m, .1. Il 3" Mis au rebut. Il en renvoie cinq ou six [navires] à Goa, chargés de marchandises rebutées à

Canton, raykal, Hist. pftii. i, 30. || 4» Découragé, dégoûté. Pour M. dé Grignan, le voilà rebuté d'écrire pour le reste do sa vie, sp.v. « oct. h 675. Celui [Alexandre] que les déserts, les fleuves et les montagnes n'étaient pas capables d'arrêter, fut contraint de céder à ses soldats rebutés qui lui demandaient du repos, boss. Hist. m, 5. Après Pertharite, M. Corneille, rebuté du théâtre, entreprit la traduction en vers de l'Imitation de Jésus-Christ, ponten. Vie de Corn. Il II se dit de troupes que la résistance de l'ennemi dégoûte du combat. Leurs troupes étaient rebutées, mais les officiers y témoignaient une valeur extrême, pellisson, Lett. hist. t. m, p. 145. Toir blessé qu'il était, voyant les troupes du roi rebutées [à la bataille de Chiari] , et le marééhal de Villeroi ne donnant point d'ordre, il [Catinat] fit la retraite, VOLT. Louis Xir, <8. Il II se dit des animaux excédés. Nous arrivâmes ici, nos chevaux rebutés, nos gens tout trempés, mon carrosse rompu, sév. 3i mai i6«o. Il Terme de fauconnerie. Oiseau rebuté, qui a perdu son courage et qui ne veut plus voler. || 6" Qui ne veut plus d'une chose. Les faux prophètes cessèrent sous le second temple; le peuple, rebuté de leurs tromperies, n'était plus en état de les écouter, boss. Hwt. 11,5. Les Juifs rebutés de ces séducteurs qui avaient si souvent causé leur ruine.... id. ib. ii, 9. REBUTER (re-bu-té), v. a. || 1- Rejeter avec dureté. Je lui demandai s'ils ne décideraient pas formellement que la grâce est donnée à tous, afin qu'on n'agitât plus ce doute ; mais il me rebuta rudement, et me dit que ce n'était pas là le point, pasc. Prov. i. Diogène, étant connu à Athènes, alla trouver Antisthène, qui le rebuta fort.... rollin, Hist. anc. liv. XXVI, i" part. Il, 6. Les prétextes dont vous vous servez tous les jours pour rebuter ces pauvres errants.... «ass. Carême, Mauv. riche. Pascal, abusant de ce principe [qu'il ne faut aimer que Dieu], traitait sa soeur avec dureté et rebutait ses services, de peur de paraître aimer une créature, volt. Rem. Perts. Pascal, x.\\2° Il se dit des choses qu'on repousse. Vous rebutiez toujours nos (idèles avis, TRISTAN, Marianne, n, 8. Vous rebutez mes vœux et me poussez à bout, mol. Éc. des femm. v, ♦. Qu'ils [vos confrères] vous deviennent plus chers à mesure que vous voyez qu'ils s'égarent; ne vous rebutez pas, quoiqu'ils paraissent rebuter eux-mêmes vos douces remontrances, mass. Confér. Retraite pour des curés. Pourrait-il rebuter les pleurs des malheureux ? VOLT. Orphel. m, *. j] 3° Écarter. On rebute ceux qui ne sont bons que pour eux, j. j. ROuss. Hél. IV, 10. Il 11 se dit des femmes qui refusent l'hommage d'un amant. Mais Alphée aujourd'hui n'est pas tant rebuté ; Vous ne fuyez plus sa présence, ouin. Proserp. ii, 6. Assez coquette pour ne rebuter personne, hamilt. Gramm. vi. j'ai rebuté Damis : quelle honte de retourner à lui ! d'al- LAiNVAL, École des bourgeois, m, 5. Hi» Il signifie quelquefois simplement refuser. Rebuter une pièce de monnaie qui est de mauvais aloi. || Ne pas vouloir d'une chose. Avant qu'un peu de terre obtenu par prière Pour jamais sous la tombe eût enfermé Molière , Mille de ses beaux traits aujourd'hui si vantés Furent des sots esprits à nos yeux rebutés, boil. ^p. vu. Il [l'oiseau royal] rebute celui [riz] qui n'est pas de bonne qualité, bufp. Ois. t. xiv, p. 21. Si la fonte ne pesait pas au moins cinq cent vingt hvres le pied cube, on rebuterait la pièce comme non recevable, in. Hist. min. introd. part, exp. Œuv. t. VIII, p. (43. Il 5» Décourager, dégoûter par les difficultés, par les obstacles. Si cette cruauté ne rebute un amant. Il a beaucoup d'ardeur ou peu de sentiment, rotr. Bélis.m, 2. Il est vrai, son humeur a rebuté la mienne, la font. Florent, i, 8. Ce qui rebute les mauvais chrétiens de la pratique de la vertu ... pléch. Serm. Samarit. Le péril ne vous rebute point: cela est fier,celaest héroïque, regnard, la Sérénade, 7. L'opération de ranger les mots dans leur ordre naturel au milieu des inversions latines demande une contention d'esprit qui fait une véritable peine à leur cerveau [des enfants], et par conséquent qui les rebute, dumars. Œuv. t. i, p. 8. J'étais facile à rebuter, j. j. bouss. Con/'ess. u. || Il se dit avec de et un infinitif. On la rebute de venir voir son nourrisson, j. J. ROuss. Ém. i. {| Absolument. Ce n'est point un honneur qui rebute en deux jours ; Et qui règne un moment aime à régner toujours, CORN. Sophon. m, 6. |{ U se dit de soldats qui refusent de continuer le combat. Nos troupes semblent rebutées autant par la résistance des ennemis que par l'efl'royable disposition des lieux, boss. Louis de Bourbon. Ils vinrent plusieurs fois à la charge; mais ils perdirent tant de monde, qu'ils furent enfin rebutés, fléch. Hist. de Théodose, u.

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U. M. de Luxembourg était, dit-on, quelque chose de plus qu'humain, volant partout, et même s'opinifttrant à continuer les attaques dans le temps que les plus braves étaient rebutés, rac. Lelt. à Boileau, 36. Les Abydéniens se défendirent quelque temps avec beaucoup de courage, et ils ne désespi:raient pas même de rebuter les ennemis, rollin, Hisi. anc. Œuv. t. vin, p. 20B, dans podgens. Il Terme de manège. Rebuter un cheval, exiger de lui plus qu'il ne peut faire, et finir par le rendre insensible aux aides et au châtiment. Il 8° Choquer, déplaire, dégoûter par la répugnance. Cet homme a des manières qui rebutent ceux qui ont affaire à lui. Rien ne le rebuta, ni sa vue éraillée [de la femme qu'il voulait épouser], Ni sa masse de chair bizarrement taillée,.BOiL. Sat. X. Des mœurs grossières peuvent être comiques ; mais c'est un comique local, dont la peinture ne peut amuser que le peuple à qui elle ressemble, et qui rebutera un siècle plus poli, une nation plus cultivée, MAHMONTEL, ûi'uB. t. IX, p. 397. || Absolument. Les vers les mieux pensés et les plus exacts rebutent quelquefois; on en ignore la raison; elle vient du défaut d'harmonie, volt. Comin. Corn. Rem. Hod. i, 2. || 7° Se rebuter, v. réfl. Se décourager. Vous ne vous rebutez point, et, pied à pied, vous gagnez mes résolutions, liOL. Bourg, gent. m, <8. Voyez, parlez, pressez; pourquoi vous rebuterî TH. COBN. Comtesse d'Orgueil, m, 6. Je suis éloigné de me rebuter de vos faiblesses, Boss. Lelt. Corn. H8. Il n'était pas homme à se rebuter pour un refus, hamilt. Gramm. 9. 11 [Voltaire] fut occupé huit années entières à leur faire rendre justice [aux SirvenJ, et ne se rebuta jamais; il en vint à bout, VOLT. Comm. Œuv. aut. Henriade. Plus sensilile au souvenir des bienfaits qu'à celui des outrages, il [le chien] ne se rebute pas par les mauvais traitements, BUFF. Quadrup. t. i, p. 3M. Généralement les hommes sont moins constants que les femmes, et se rebutent plutôt qu'elles de l'amour heureux, i. j. bouss. Ém. v. |{ Se rebuter de, avec un infinitif. Celle [la profession] de perruquier, qui D'est jamais nécessaire, et qui peut devenir inutile d'un jour à l'autre, tant que la nature ne se rebutera pas de nous donner des cheveux, m. ib. m.

— HlST. xni' s. Blanceflor saut, avant s'est mise ; Et Floires la reboute arrière, FI. et El. 2978. Et ce ne pot fere cil qui ne pot parler, et por ce doit il estre reboutés de estre arbitres, bkaum. xli, <o. Il XV* s. Quand messire Hue de Cavrelée se vit ainsi rebouté de cel evesque qui estoit de grand lignage, FROiss. II, II, 207. D'entour lui [il] doit touz menteurs rebouter, E. desch. Des vertus ncccss. au prince. Seigneurs, ce présent ne fait pas à rebouter, puisque c'est envoy de pucelle, Perceforcst, t.- v, Pau. Iln'esthommequi n'en fustrompuet rebuté [d'éternels pâtés d'anguille], louis xi, JVoui;. x. \\ xvl' s. Peu de temps après, il vint à demander le consulat, et fleschissoit desja la commune à sa requeste, ayant aucunement bonté de rebuter et esconduire un tel personnage, amtot, Cor. i9. Il attenta par deux et trois fois de surprendre ce port de Pirœe, ne se rebutant point pour avoir failly une fois, id. Aratus, H. Les appétits charnels, rebutez et endormis, MONT. I, 283. La prière me gaigne, la menace me rebute, m. iv, 88.

— ÉTYM. Rebuter est le même que rebouter, de re..., et bouter • bouter arrière, repousser.

f REBUTTAGE (re-bu-ta-j'), s. m. Sortie de la flamme par la porte du four k chaux.

— ÊTYM. Re..., elbutter.

f REDY (re-bi), s. m. Nom de deux mois de l'année arabe, savoir: reby *" qui en est le 3", et reby i' qui en est le 4'.

t RECACHER (re-ka-ché), v. a. Cacher de nouveau. Il Se recacher, v. réfl. M. de Grignan donnera la chasse à ces démons [les protestants du Dauphiné] qui sortent des montagnes et vont s'y recacher, sÉv. 28 févr. 4689.

— HiST. XVI* s. De rechef la lune se recacha, pource que les nuées se rassemblèrent, auyot, Arat. sb.

-- ÉTYM. Re..., et cacher; wallon, rikachi.

RECACHETÉ, ÉE (re-ka-che-té , tée), pari, passé de recacheter.

RECACHETER ( re-ka-che-té) , v. a. Il se conjugue comme cacheter. Cacheter de nouveau çà,

lisons ce poulet. Et le recachetons pour le rendre au valet, scabr. Jodel. duelliste, iv, 3. Messieurs, du moins ayez soin de les [les lettres] faire recacheter, afin qu'elles arrivent tôt ou tard, sÉv. 30. Mme d'Épinay la pressa de lui remettre les lettres de Mme d'Houdetot, l'assurant ([u'elle les recachetterait si bien qu'il n'y paraîtrait pas, j. 1 robss. Confess. ix.

RÉCALCITRANT, ANTE (ré-kal-si-tran, tran-t') , adj. Oui résiste avi-c humeur, opiniAtreté. Puisque aujourd'hui votre humeur pétulante Vous rend l'âme atix leçons un peu récalcitrante, regnahd, le Joueur, I, 10. Sitôt qu'il [un malade du doc-.teur Sangrado] m'entendit parler d'eau chaude, il se montra si récalcitrant contre ce spécifique qu'il se mit à jurer, lf.sage, Cil Blas, 11, 4. Celte troupe récalcitrante quand on la prie, mais très-docile quand on lui commande, d'algmb. Lett. au roi de Pr. t" mars, i782. Un marchand de Rouen, calviniste zélé, et fort récalcitrant à sa conversion, id. Eloges, la Jfonn. note 3. || Substantivement. Faire le récalcitrant. Les récalcitrants furent mis aux arrêts.

RÉCALCITRER (ré-kal-si-tré), ti. n. || 1* Terme peu usité. Regimber. Ce cheval ne fait que récalcitrer. || %' Fig. Résister avec opiniâtreté. || Il se conjugue avec T'auxihaire atoir.

— HIST. xiii* s. 11 orent tant de délit [délices] que eschaucitrerent contre Deu , Psautier, (' 487. Il XV* s. Recalcilrer contre l'esperon, l'Amant ressuscité, p. 5)9, dans LACURNE.

— ÉTYM. Lat. recakitrare, de re, et cakitrare, ruer, de cala, talon (voy. chausser).

t RECALCULER (re-kal-ku-lé), v. a. Calculer de nouveau. M. Wœpcke voulait employer tout l'été à traduire l'ouvrage lil'Albirouni sur les sciences des Indiens], et à recalculer les données astronomiques de l'auteur, hohl, Rapp. ann. à lasoe.astcu. («64, p. 21.

— HlST. XVI' s. Recalculer, cotorave.

t RECALFATER (re-kal-fa-lé) , v. a. Calfater de nouveau. La frégate entièrement recalfatée dans seshauts, BOUGAINVILI.E, Foy. t. i, p. 8.

t RECALFEUTRER (re-kal-feu-tré), v. a. Calfeutrer de nouveau.

— HIST. XV* s. Si, refaizons voyaige; Faut le vaisseau toui'ner Pour le recalfeutrer; Ne perdons point couraige, uassel. <3.

t RECAMPKR (re-kan-pé), v. n. Camper de nouveau quand, le jour.... 11 [Frédéric] a campé,

marché, recampé, ferraillé. Écouté cent avis, répondu, conseillé, volt. Lett. roi de Prusse, 4 9 juin 4741.

-f RÉCAPITULATIF, IVE(ré-ka-pi-tu-la-tif,ti-v'), adj. Oui est relatif à une récapitulation. Les idées récaiiitulatives et synthétiques.

RÉCAPITULATION (ré-ka-pi-tu-la-sion; en vers, de sept syllabes), s. f. || l" Hépétition sommaire de ce qui a déjà été liit. Faire une récapitulation. Il 2» Terme de rhétorique. Partie de la péroraison qui consiste dans une énumération courte et précise des points sur lesquels on a le plus insisté dans le discours, afin de faire une dernière et vive impression sur l'auditeur. 11 est souvent à propos de Faire à la fin du discours une récapitulation qui recueille en peu de mots toute la force de l'orateur, FÉN. t. XXI, p. 70. Il 3* Opération par laquelle l'esprit revient sur plusieurs idées ou sur plusieurs actes passés. Fais la récapitulation de ta vie.

— HIST. xiii* s. Li XXII* e le derrain chapistres si est le recors et la recapitulacion des choses d'avant dites, Ymage du monde, Préface [ms de St-Brieuc). Il XIV* s La 28* rebriche [rubrique] , de la recapitulation et du nombre de tous les os de tout le cors, H. DE MONDEVII.LE, f' 4, rerio.

— ÉTYM. Lat. recapitulalionem, de recapilulare. RÉCAPITULÉ, ÉE (ré-ka-pi -tu-lé , \ée), part.

passé de récapituler.

RÉCAPITUI.KK (lé-ka-pi-tu-lé), v. a. Résumer, redire sommairement. C'est mardi à M. d'Ormesson à parler; il doit récapituler toute l'affaire [de Fouquet], BÉv. 4 déc. 4664. Mais récapitulez avec moi ma journée, collin d'harleville , Optimiste, y, 43. Il Absolument. La vraie douleur ne raisonne point tant, ne récapitule point, volt. Comm. Corn. Rem. Hnr. iv, 4.

— HIST XIV* s. 11 recapitule par ordre rétrograde ce qui est dit aux trois premiers chapitres, oresmk, Elh- 44 4. Il XVI* s. Et sinon que j'estime que Vostre Majesté l'a bien retenue [l'opinion de M. de Vieilleville], je la recapitulerois volontiers, pour le très grand plaisir qu'il y a de la redire et de l'escouter, carl. IV, 8.

— ÉTYM. Prov. recapitular; du lat. recapilulare, de re, et capitulum, sommaire (voy. chapitre).

t RECARBONISER (re-kar-bo-ni-zé), v. a. Terme de métallurgie. Restituer du carbone à l'acier, quand il en a perdu.

— ÊTYM. iie..., et carbone.

t RECARBURER (re-kar-bu-ré), v. a. Rendre carburé de nouveau. Fabriquer de l'acier au tungstène, en recarburant le métal, LEGUEN,.-4cod. des sciencet, Compt. rend. t. Lxvm, p. 692.

RECAltDË, ÊE (re-kar-dé , dée), part, posté d»

recarder.

REGARDER (re-kar-dé), v. a. Carder de nouveau, rocarder des matelas.

t RECARHELURE (re-ka-re-lu-r'), t. f. Terme populaire. Hepas. Celle mère s'olTie à leurs yeux Fai.sant cuire sa génitiiie Pour en faire recarrelure, Henr. travestie, ch.x,p. t59,dansKR. mcnKL, Argot

— ÉTY.M. Re..., et carrelure.

RECASSÉ, ÉE (re-kâ-sé, sée), part, passé de recasser.

RECASSER (re-kâ-sé), v. a. Casser de nouveau. Recasser un vase raccommodé. || Écraser et ramollir une peau trempée, avant de la chamoiser, Il Terme rural. Donner un nouveau labour.

RECÉDÉ, ÊE (re-sé-dé, dée), part, passé de re céder.

RECÉDER (re-sé-dé), v. a. Il se conjugue comme céder. Céder à quelqu'un ce qu'il avait cédé auparavant. Je lui ai recédé la maison qu'il m'avait vendue, Dict. de J'.4cad. || Céder à quelqu'un, à prix d'argent, une chose qu'on vient d'acheter. Recédez-moi ce livre pour le prix qu'il vous a coûté.

t RECEL (re-sèl), s. m. Terme de jurisprudence. Action de celui qui reçoit sciemment des objets enlevés, volés.

— KTYM. Voy. receler.

4 . RECELÉ, ÉE (re-sé-lé, lée), part, passé de receler. Il 1° Caché, renfermé. On formerait une lista considérable de pièces recelées dans son portefeuille, niDEH. Regrets sur Galiani. || 2* Caché pour le compte d'un voleur. Objets recelés.

2. RECELÉ (re-sé-lé), s. m. Terme de pratique. Recôlement des effets d'une société, d'une succession. Le mal fut les friponneries, les recelés, les fuites, à quoi la chambre de justice donna lieu, ST-siM. 4B5, 460. L'héritier qui s'est rendu coupable de recelé. Code Nap. 804.

— HIST. xvi* s. Si femme veuve recelé ou détourne, la renonciation qu'elle fera ne luy profite ; ains sera tenue aux dettes, comme commune, et si perdra sa part au recelé ou détourné, i.oysel, 433.

— ÉTYM. Recelé 4.

RECÈLEMENT (re-sè-le-man), s. m. Action de receler. Le recèlement d'objels volés. Le recèlement d'un meurtrier. || Recèlement de grossesse, action d'une fille ou d'une femme qui cèle sa grossesse, pour supprimer ensuite le part. {| Hecèlement d'un corps mort, action de celui qui cachait la mort d'un bénéficier ou d'un officier, afin de faire valoir la résignation d'un office ou d'un bénéfice.

— niST. XII* s. Mult [il] reduta le rei e sun fier maltalent; Del tut le cunul bien senz nul receilement. Th. le mart. 37. {| xiv* s. Pour lequel recèlement il a déjà esté approché [accusé] par devant le prevost, DU cange, appropinquare. || xvi* s. Les pirates ciliciens ... pour récompense leur bailloient [à des villes qui leur donnaient asilej quelque proufit du recellement de leurs pilleries, la boétie. Servit, volont.

— ÉTYM. Receler.

RECELER (re-sé-lé. La syllabe ce prend un ac-' cent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je recèle; excepté au futur et au conditionnel : je recèlerai, je recèlerais), v. a. || 1" Cacher, enfermer. J'ai beau mourir d'amour et de regret pour elle, Chacun me la recèle, Régnier, Plainte. Il, [le riche) peut, dans son jardin tout peuplé d'arbres verts. Receler le printemps au milieu des hivers, boil. Sat. vi. Quoi I " lorsque, les chassant du port qui les recèle |le5 Grecs], L'Aulide aura vomi leur flotte criminelle, RAC. Iphig. V, 4. Eurydice fuyait, hélas I et ne vit pas Un serpent que les fleurs recelaient sous ses pas, DELiL. Géorg. iv.\\i° Terme de droit. Garder et cacher une chose volée par un autre. À l'égard de tous autres individus qui auraient recelé ou appliqué à leur profit tout ou partie des objeis volés, ils seront punis comme coupables de vol, Codepénal, art. 380. Il Détourner les effets d'une société, d'une succession. || Donner retraite à des gens qui se cachent. [| Receler un corps mort, faire l'acte dit recèlement d'un corps mort. {[ 3* V. n. Terme de vénerie. Le cerf recèle, il reste plusieurs jours sans sortir de son enceinte. || 4" Se receler, v. réfl. Se tenir caché. Les conseils se recèlent dans le cœur de l'homme à la manière d'un profond abîme sous une eau dormante, boss. le Tellier. 11 [l'aperéa]/ se recèle dans des trous, mais il ne creuse pas la terre comme le lapin, buff. Quadrup. t. vu, p. 39S.

— REM. Tandis que l'Académie écrit celer et déceler, et, par conséquent au futur, je cèlerai, je décèlerai, elle écrit receler, et, au futur, je recèlerai; et tandis qu'elle écrit receler, elle écrit re-

REC

REC

releur. Il vaudrait mieux rendre tout cela uniforme •l'apriis eeler.

— HIST. XII' s. Certes, sire, forment t'umilies et trop te répons (te caches] ; mais totevoies ne te poras tu mies receleir devant saint Johan , ST bern. p. 551. Anzois ke (avant que] ii humanileiz fust appnrue, si estoit receleie Ii lienigniteiz, ID. 547. Il XVI* s. Ce qui est recelé [caché . omis dans l'aveu ou dénombrement] est acquis au seigneur, loysel, 600. Oui eust voulu desruber, prendre, receler, ravir, ou retenir une chose qu'il n'eust sceu cacher, et qu'il n'y avoit pas grande occasion de désirer, ny de proufit à la posséder? amïot, Lyc. <3. si leur servoit |aux jeunes mariés à Sparte] ceste entrevue ainsi recelée, non seulement à ce que ce leur estoit une exercice de continence et de pudicité.... id. t6. 28. Et quelles gens sont-ce? qui sont ceulx qui les recèlent en ceste ville? id. Pélop. t9. Celle qui receloit des attraits pour surprendre Les braves qui pensoient contre amour se deffendre, desportss, Angélique, i.

— Rtym. Re .., et celer; wallon, ricelé. L'ancienne langue avait la locution en recelée, à recelée, en cachette.

RF.CELKCR, ECSE (re-se-leur, leû-z'), î. m. et /■. Il 1° Celui, celle qui recèle un objet volé. Dès qu'il [un voleur] a été arrêté, il a promis de tout confesser, et même a nommé son receleur, oui- PAïiN, Leit. U II, p. 324. Les lois grecques et romaines punissaient le receleur du vol comme le voleur, MONTFSQ. Esp. XXIX, (2. ||2° Celui qui cache des personnes auxquelles il est défendu de donner retraite. || Fig. Quand la vérité.... aurait été chassée de France par un ban publié , je croirais que vous seriez son receleur, balz. liv. vi, lett. 3. || 3° Ce qui cache, enveloppe. Pardonnez-moi, si j'ai quelque soupçon. Que cet habit dont vous êtes vêtue. En vous voilant, soit receleur d'appas, la font. Poés. mêlées, XX. || Prov. S'il n'y avait point de receleurs, il n'y aurait point de voleurs.

— HIST. xv s. Les recelleurs sont pires que les malfaiteurs, leroux de linct, Prov. t. ii, p. 334. Il XVI' s. Que vous pourroit il [le tyran] faire, si vous n'estiez receleurs du larron qui vous pille, complices du meurtrier qui vous tue, et traistres de vous mesmes? la boétie, 23.

— Etym. Receler; wallon, riceteu.

BËCKMMENT (ré-sa-man), adv. Depuis peu. Et

récemment encor dans Rome, Vitellie, Gordius, Perlinax , Macrin, Prolie, Aurélie, N'y sont-ils pas montés [sur le trône]? rotr. St-Gen. i, *. Sylla.... en jeune homme avide et altéré de gloire, dont il commençait tout récemment .'i goûter la douceur, ROLLiN, //i4(. anc. Œuv, t. i, p. 595,dans pougens.

— HIST. ivi* s. Ouvrir une femme recentement morte pour sauver l'enfant estant encore vivant, PARÉ, lutrod. 2.

— ÉTYM. Récent, et le suffixe ment.

t RECENSK (re-san-s'), s. f. Nouveau contrôle qu'on applique sur les pièces de bijouterie et d'orfèvrerie, quand le fisc change le poinçon. Les boîtes de montre, etc.... marqués des poinçons en usage antérieurement à notre ordonnance du 5 mai 1849, et non revêtus des poinçons de recense et de contremarque prescrits par ladite ordonnance, Ordonn. <9 sept. 1821. Des poinçons de la dernière recense, th.

BECENSÉ, ÉEv (re-san-sé, sée), part, passé de recenser. La tribu de Dan, comme étant indigne d'être recensée parmi les prédestinés, le p. simon MARS, Wyst. du rni/. de Dieu, p. 673, dans polgens.

RECENSEMENT (re-san-se-man) , s. m. || 1° Mesure qui a pour but de constater le nombre des habitants d'une coiit!-ée, ou des individus d'une certaine catégorie, ou les suffrages obtenus par un candidat, ou la fortune de chacun, ou des têtes dé bestiaux, de chevaux, etc. Recensement des personnes et des fortunes Procéder au recensement des voix (dans unt élection, après un vole). || Par extension. Je n'étendrai pas davantage ce recensement des royaumes du Nord, au xvi" siè.cle, volt. Mœurs, <)». || 2° Conseil de recensement, conseil chargé de vérifier les tableaux, dressés par les maires, des jeunes gens appelés sous les drapeaux. Il II y a aussi un conseil rie recensement pour la garde nationale. || 3° Terme de commerce et de douanes. Nouvel examen, nouvelle vérification de comptes, de poids, sur lesquels on craint de s'être trompé. Il 4° Terme d'officialité. Audition des témoins, qui viennent déposer en conséquence de la publication d'un monitoire.

— HIST. XVI* s. Recensement, cotgbavb.

— BTYM. Recenser,

RECENSER (re-san-sé), t). a. || 1* Faire un recensement. Recenser la population. || 2° Faire la recense, appliquer de nouveau le contrôla sur des pièces de bijouterie ou d'orfèvrerie, quand le fisc change le poinçon.

— HIST. xin* s. S'il vuet ses pechiés recenser. Quant il vendra [viendra] devant le juge, la Rose, (9465. Cuers [lecœurj ne pourroit mie penser, Ne bouche d'onime recenser De ma dolor la quarto part, ib. 2978. || xiv s. Mais Ii vilains souvent recense [redit] : Moult remest |reste| de ce (|ue fol pense,

G. CtlIART, t. II, p. 291, V. 7548 (186^7). Li Sires

[le .Seigneur], qui droit règle et ligue, l'rent ses vengeances si obscures Mainte fois sur les créatures, Que nulz ne le porroit penser. Imaginer ne recenser, machaut, p. 96. jj xvr s. Finablement tout dit et recensé. Ce monde n'a de prudence une

goutte, MABOT, 1,296 Et le remercia de l'ofiTre

gratuite qu'il leur avoit faicte de recenser devant sa majesté les devoirs dont ils avoient usé en l'observation de ses edict-i, CARL. X, 18.

— ËTYM. Provenç. recensar; du lat. recemere, de re, et census, cens.

t RECENSEUR (re-san-seur) , s. m. Celui qui est employé aux opérations du recensement.

t KECENSION (re-san-sion), t. f. || l°Comparaison d'une édition d'un auteur ancien avec les manuscrits. I' 2* Texte revu et édité par un critique. La recension d'Homère par Aristarque. Quant aux sections communes à deux Evangiles seulement, elles s'expliquent suivant l'hypothèse par cette circonstance que la recension qui contenait ces sections ne fut connue que des deux auteurs de ces deux Évangiles, Nicolas, Revue germ. t. xxiv, i" déc. 1862, p. n.

— ÊTYM. Lat. recenstonem, ae recensere, recenser.

RÉCENT , ENTE (ré-san, san-t'), adj. || f Nouvellement fait ou arrivé. L'exemple récent d'une reine que la France admirera éternellement, flécu. Mar.-Thér. Songez.... Au meurtre tout récent du malheureux Osman, rÀc. bajai. il, i. Quelques lecteurs pourront s'étonner qu'on ait osé mettre sur la scène une histoire si récente ; mais je n'ai rien vu dans les règles du poème dramatique qui dût me détourner de mon entreprise, id. ib. Préf. Des faits récents, connus et circonstanciés, LA BRUY. XIV. La découverte des défenses d'éléphanls dans le Canada est assez récente, et j'en ai été informé des premiers, buff. Not. jusl. Ép. nat. Œuv. t. XIII, p. 225. Il Blessure toujours récente, injure qui ne s'oublie pas. Il y a quinze ans, direzvous, ' que cela est passé [l'exil de Voltaire pour le Mondain] ; non,' mes anges, il y a un jour, et ces injustices atroces font toujours des blessures récentes, volt. Lett. d'ArgerUal, 28 août «750. || Avoir la mémoire récente d'une chose, s'en souvenir comme si elle venait d'arriver. || La mémoire en est encore toute récente, se dit de choses arrivées il n'y a pas longtemps. || 2* Il se dit quelquefois des personnes, pour exprimer qu'elles ont encore la mémoire fraîche de quelque chose. Je ne suis pas assez récent de mon latin pour me vanter d'entendre tous les mots choisis dont vous avez semé cet ouvrage, CORN. Lett. à l'abbé de Pure, 25 août I560.

— ÊTYM. Provenç. récent; espagn. reciente; ital. récente; du lat. recentein.

RECEPAGE (bien que l'Académie ne mette point d'accent sur ce, on n'en prononce pas moins re-sépa-j'), s. m. Action de receper; effet de cette action. Le recepage de la vigne.

RECEPfi, ÉE (re-sé-pé , pée) , port, pass/ de receper. 'Vigne recepée.

RECEPÉE (re-sé-pée; voy. recepaoe), s. f. Partie d'un bois qu'on a recepée. Donner un rendez-vous de chasse à la recepée.

— ÊTYM. Recepé.

t RECEPEiMENT (re-sè-pe-man) , ». m. Action de receper des pieux. ,

RECEPER (re-sé-pé; voy. recepage. La syllabe ce prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je recepe, je reoèperai),u. o. || 1° Couper un plant près dç terre, pour lui faire pousser des jets plus forts que ceux qu'on a retranchés. On aurait dû receper tous les taillis de deux ou trois ans, qui ont été gelés au mois d'octobre 1740; jamais gelée d'automne n'a fait autant de mal, bufk. Uist. nat. intr. part. exp. Œuv. t. viii, p. 4U. Il Terme de jardinage. Couper un arbre jusqu'au collet, afin de reconstituer une nouvelle charpente. Il 2* Couper des pieux, des pilotis, sous l'eau, à fleur du sol. || Les maçons disent à peu prés dans le même sens : receper une muraille.

— £tvh. 4<—) et <^P'

RÉCÉPISSÉ (ré-sé-pi-ssé), t. m. Pcrit lar lequel on reconnaît avoir reçu en communication ou en dépôt des papiers, des pièces, etc. jj Reçu par lequel les employés des caisses publi(iues reconnaissent que des sommes ou objets leur ont été versés. Récépissés de marchandises. || Au plur. Des récépissés. Au contraire, Vaugelas considérait le mot comme latin, et disait au pluriel des récépissé.

—. HIST. IV* s.... Le roi lui mandoit.... qu'il baillast ses lettres de recepi.ssé comment il avoit reçu ledit mandement royal, monsthkl. i, 420. Il xvi* s. Et de ce faire, il a demandé recepicé et promesse signée de ma maiil, condè, Mém. p. 663.

— ÊTYM. Lat. récépissé, avoir reçu, de recipere, recevoir (voy. recevoir).

RÉCEPTACLE (ré-sè-pta-kl'), J. m. || l* Lieu où se rassemblent plusieurs choses de divers endroits. La veine cave qui est le principal réceptacle du sang, DESC. Uélh. v, 5. La mer, qui est le réceptacle de toutes les eaux , id. Méléor. K Passez de ces théâtres innombrables de carnage à ces innombrables réceptacles de douleurs qui couvrent la terre, VOLT. Princ. d'action, 4 6. Le lac Aral et la Caspienne ne faisaient qu'un seul grand lac, qui était le réceptacle commun du Volga, du Jaïk.... buff. 6* ép. nat. Œuv. t. xii, p. 284. L'atmosphère est le réceptacle général de toutes les matières volatiles, ID. Min. t. III, p. 240. Nos bibliothèques immenses, le commun réceptacle et des productions du génie et des immondices des lettres, diderot, Claude et JVe'r. 11, 37. || 2° Terme d'architecture. Bassin recevant les eaux de divers conduits. |{ Dans les machines à vapeur, réceptacle de la vapeur, chambre qui renferme la vapeur. || 3* Terme de botanique. Sommet évasé ou renflé du pédoncule, et portant la fleur ou les fleurs chez les composées, les figuiers et autres plantes à inflorescence composée. || Nom donné aux organes de formes très-diverses qui contiennent les corpuscules reproducteurs des cryptogames. Il Nom donné à la saillie des nervures sur laqijelle s'attachent les sporanges dans les fougères arborescentes. || 4° Fig. Il se dit de ce qui reçoit des personnes. Cette maison est le réceptacle de tout ce qu'il y a de joueurs et de libertins dans la ville. Sa cour [de Philippe de Macédoine] était le réceptacle de oe qu'il avait pu ramasser de plus vil chez les Grecs ou chez les barbares, condil. Uist. anc. u, 9.

— HIST. xiv s. Lequel cistifellis [vésicule du fiel] est receptable de cole [bile], h. de mondeville, 1° 27, verso. Se la benoiste vierge Marie eust esté entachée de péché originel, ce n'eust mie esté chose honneste ne convenable qu'elle eust esté mère, palays et réceptacle du très précieux corps de Jesucrist, le Songe du rergiér, 11, 287. || xvr s. Un réceptacle de gens de mauvaise vie, condé, p. 672. Ruynant les obscures forests, réceptacles de brigans et meurtriers, rab. Pont, m, a. C'est le réceptacle et l'estuy de la science que la mémoire, mont, m, 57.

— ÊTYM. Provenç. réceptacle; espagn. receptarulo; ital. ricettaculo; du lat. receptaculum, de recepfum, supin de recipere, recevoir (voy. heckvoih).

t RÊCEPTACCLAIRE (ré-sè-pta-ku-lê-r') , cutj. Terme de botanique. Qui est placé sur le réceptacle , qui a rajjport au réceptacle.

t RÉCEPTEUR (ré-sè-pteur), s. m. || 1° Se dit d'une machine, d'un vase destiné à recevoir des eaux surabondantes. || 2* Apppireil de télégraphie électrique qui reçoit l'avis envoyé par le manipulateur.

— ÉTYM. Lat. receptorem, de receptum, supin de recipere (voy. recevoir). Dans l'ancienne langue, récepteur signifiait celui qui reçoit : Prisonnier de par le roy, comme récepteur de ses ennemis, monsthel. 1. 1, ch. 81, p. 4 37, dans lacurne.

RÉCEPTION (ré-sè-psion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1* Action par laquelle on reçoit. Accuser réception d'une lettre, d'un paquet. U [Napoléon à Moscou] appelle tous ses généraux, il triomphe en leur annonçant une paix toute prochaine : quinze jours d'attente suffiront.... à la réception de sa lettre, on verra Pétersbourg faire des feux de joie, sëgur, Hist. de Nap. vin, lo. || L'action de recevoir en son corps. La réception des deux symboles [le pain et le vin de l'eucharistie], boss Véf. Irad. sur la communion, u, <4. ||2°Terme de palais. Réception de caution, acte par lequel on est accepté comme caution. || terme de féodalité. Réception en foi et hommage, action du seigneur qui reçoit l'hommage de son vassal. || 8° Manière de recevoir une personne, accueil. Je verrai madame Martel; la réception que sou mari vous a faite mérite bien cette politesse, sâv. 439. Toute la cour alla à Vaux, et M. Fcuquet joignit & la maguificeuc*

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de sa maison toute celle qui peut être imaginée par la iieauté des divertissements et la grandeur de la réception, la fay. Hist. Henr. d'Anglet. J'ai lu avec grand plaisir l'exacte relation que \ous m'avez envoyée de la réception de nos dem jeunes princes [le duc de Bourgogne et le duc de Berry] dans votre illustre ville [Lyon], boil. Lett, d Brostctte, *». On l'attendait, tout était prêt pour sa réception, genus, Mlle de la Fayette, p. 336, dans poiiGKNS. Deux chevaliers se faisaient joyeuse réception jusqu'au lever du soleil , chateaubb. Génie, iv, vi, 8. || A ma rfiception, en me recevant. Siint-ce là les faveurs que vo,us m'aviez promises? Où sont tant de baisers dont votre allection Devait être prodigue à ma réception? corn. Mél. v, 3 (!"• éditions). || Il se dit aussi de l'accueil fait aux choses, ^on nom [du Cid], au bout de si» cents ans, vient encore de triompher en France; il y a trouvé une réception trop favorable pour se repentir d'être sorti de son pays et d'avoir appris à parler une autre langue que la sienne, cohn. Cid, Epiire. Ainsi il m'a fallu nécessairement faire voir quelle réception il [César] ferait à leur lâche et cruelle politique [de Ptolémée et ses ministres], m. Porrip. Exajmen. Il 4° Action de recdVoir des visites avec un certain cérémonial, à un jour déterminé. C'est jour de réception chez le ministre. || B° Cérémonie par laquelle une personne est installée dans une charge ou reçue dans une compagnie. La réception d'un officier. Sera-t-il dit que nos grands seigneurs ne viendront à l'Académie que le jour de leur réception? volt. Letl. Vuclos, 18 août (761. On m'a dit que Marmontel vous avait écrit le détail de la réception de Thomas [à l'Académie française]; elle a été fort brillante, d'alemb. Lett. à Voltaire, 26 janv. 1787. Il Di&coursde réception, discours que chaque nouvel élu à l'Académie française prononce en séance solennelle. X sa réception, M. Patru prononça un fort beau remercîment, dont on demeura si satisfait, qu'on a obligé tous ceux qui ont été reçus depuis d'en faire autant, d'olivet, Hist. Acad. t. ii, p. 479, dans pouGENS. (| 6° Modo d'admission d'un candidat dans le grade pour lequel il se présente ou satisfait à un examen public. || 7° Action de recevoir une pièce de théâtre, pour cju'elle soit apprise et jouée. Il 8" Introduction d'une doctrine. Ce qui me fait rapporter au siècle de saint Thomas seulement cette réception générale dupéripatétisme parmi les chrétiens.... c'est que.... la mothe i.evayeb. Vertu des païenç, ii, Aristote. Que pouvaient faire les Juifs, ses ennemis [de Jésus)? s'ils le reçoivent, ils le prouvent par leur réception.... et, s'ils le renoncent, ils le prouvent par leur renonciation, pasc. Pens. XV, 8 bis, édit. havet. [| 9" Terme d'administration. Action d'approuver, après examen, des constructions, des chemins de fer, etc. La réception des travaux.

— HIST. XIV' s. Après ce qu'il aura fait sa réception [reçu le saint Sacrement] en laditte église, DBCANGE, receptio. Comme libéralité soit moienne vers donacion de pecunes et recepcion d'icelles, OBESME, Eth. <06. ||xv*s.En matière d'amour n'y a point de réception, et ceulx qui demandent ce qu'ils ont donné doibvent estre reputez infâmes et privez de tous biens d'amours, Aresta amorum, p. <60, dans lacubne. || xvi« s. À la réception de cet ambassadeur il feit apprester trois chaires, AMYOT, Sylla, 8. La réception des heureuses ou malencontreuses nouvelles, mont, i, 257.

— ÉTVM. Provenç. receptio; espagn. recepcion; ital. riceiione; du lat. receptionen, de receptum, supin de recipere (voy. recevoir).

+ RÉCEPTIONNAIRE (ré-sè-psion-nê-r'), adj. Terme d'industrie. Agent réceptionnaire, homme choisi pour recevoir livraison des objets fournis par une usine, pour vérifier s'ils sont conformes aux stipulations du cahier des charges. |{ S. m. Terme de commerce. Celui qui reçoit une marchandise. Art. 5 : Les fractions de degré [des esprits] ne sont pas constatées; elles sont en faveur du réceptionnaire. Tableau annexée la loi du iSjuin (866, sur les usages commerciaux.

- ETVM. Réception.

t RÉCKPTIVITÊ (ré-sè-pti-vi-té), s. f. Terme didactique. Faculté de recevoir des impressions. Il Aptitude des organes à recevoir l'impression des agents externes ou internes, dans l'ordre iihysiologique comme dans l'ordre pathologique.

— ÉTVM. Dérivé d'un adjectif fictif réceptif, capable de recevoir, du lat. reeeptum, supin de recipere (voy. recevoir).

t KECERCELÉ, ÉK(re-sèrse-lé, lée), adj. Terme de blason. Il se dit des croix ancrées, tournées en cerceaux, et des queues de certains animaux.

— ÉTVM. XI* s. Fier le visage, le chef [la tête] recercelet, Ch. de Roi. ccxxvii. || xiii* s. Blont [il] ot le poil menu reoercelé [à boucles menues]. Romancero, p. 50.

— ÉTVM. Re..., et cercel (voy. CBBCEAn).

t RECERCLAGE (re-sèr-kla-j'j, s. m. Action de recercler. Ces tonneaux ont besoin d'un bon recerclage. ,

RKCERCLË, ÉE (re-sèr-klé , klée)j part, passé de recercler. Tonneaux recerclés.

HECERCLER (re-sèr-klé), ». a. Mettre de nouveaux cercles.

RECÈS (re-sè), voy. becez.

t RÉCESSION (ré-sè-ssion), s. f. Action de se retirer. Que la disparition du renne de notre Europe tempérée soit le résultat de l'extinction régionale de cette espèce, ou bien de son refoulement par le développement progressif d(>s sociétés humaines, ou bien encore, si l'on veut, de la récession graduelle et spontanée par suite de changement dans les conditions climatéri^iues... labtet, Acad. des se. Comptes rendus, t. i.viii, p. 408.

— ÉTYM. Lat. recessiuncm, de re, en arrière, et cedere, aller (voy. céder).

RECETTE (re-sè-f), s. f. \\ 1° Ce qui est reçu en argent, en billets, ou autrenlent. Porter en recette une somme. Le produit des recettes annuelles. Cette comédie donne d'excellentes recettes. Celui-là est pauvre , dont la dépense excède la recette, la brut. VI. Les Carthaginois, calculant sans cesse la recette et la dépense, firent toujours la guerre sans l'aimer, MONTESQ. Bom. 4. Il Forcer en recette, augmenter, à la charge du comptable, la recette qu'il accuse. Il 2° Action de recevoir de l'argent, des valeurs pour le compte de quelqu'un. Faire la recette d'une terre, li recette des rentes de quelqu'un. Faire la recette des contributions. ||3° Emploi de celui qui reçoit les contributions pour le compte de l'État, tlecette fiénérale d'un département. Recette particulière d'un arrondissemept.' Recette d'enregistrement. J'ai quitté la recette des tailles de Madrid où j'ai été employé, lesage, Guzm. d'Alf. vi, 7. C'est qu'il y va, mon cher, de ma recette, c. delav. Éc. des vieill. ii, 3. || La maison, les bureaux du receveur. Aller à la recette. || 4° Il se dit du débit des eaux d'un fleuve , par rapport au réceptacle. Tant que les barrière» du Bosphore et de Gibraltar ont subsisté, la Méditerranée n'était qu'un iac d'assez médiocre étendue, dont l'évaporation suffisait à la recette des eaux du Nil, du Rhône et des autres rivières qui lui appartiennent, buff. 6* époq. nat. Œuv. t. XII, p. 288. Il 5° Composition de certains médicaments ou remèdes. La recette de la thériaque. Carro-Carri débarque avec une recette qu'il appelle un prompt remède et qui quelquefois est un poison lent, la bruy. xiv. Je voudrais bien qu'il y eût des recettes pour votre mal comme pour le mien, volt. Lett. à Mme du Deffant, 5 juin 4 772. Il Écrit où est formulée cette composition. Il porta la recette chez un pharmacien. || 6° Certains procédés dont on se sert dans les arts, dans l'économie domestique. La recette pour faire des conserves, une pâtisserie. Je vous envoie un manuscrit.... C'est la recette d'un potage, volt. Ép. ix. || Fig. Je reviens à ma recette contre le refroidissement de l'amour, }. }. rouss. Ém. v. Turpin répond: j'ai la recette [pour guérir le prince] D'un cœur de vierge de vingt ans; Fleur de vingt ans, vertu parfaite, 'Vous rajeunira sur ma foi, bérang. Mort de Charlemagne. || Il se dit aussi de procédés magiques ou mystérieux. Cette recelte [pour avoir des enfants] est une médecine, la fo.nt. Mandr. Tous tels sorts sont recettes frivoles, id. Omis. || 7° Fig. et familièrement. Manière de se conduire dans les affaires, dans le monde. Témoigner en tel cas un peu de désespoir Est quelquefois une bonne recette, la font. Fiancée. Contentons-nous de peu, et de moins encore, si c'est possible: sachons perdre dans l'occasion, la recette est infaillible, la bruy. dc. {| 8" Terme de marine. Il se dit pour réception, c'est-à-dire vérification et acceptation des matières ou des objets qui proviennent, dans les arsenaux, des livraisons faites par les fournisseurs. || 9° Baquet de bois dont se sert le salpêtrier.

— HIST. xiu* s. le vous prestsrai vingt mil libres, à reprendre sour les reçoites de le [la] comté, Chr. de Rains, 225. || xiv« s. La recelé de cel triade [thériaque] est en l'antidotaire, h. de mondktille, 1" 84. Quant toutes vos confitures seront prestes vous pourrez faire ce qui appartient, dont la recepte s'ensuit, Ménagier, n, 5. || xvi" s. Le mot plaist bien à aucuns, mais c'est tout ; la chose n'est de mise u} de recette en ce siècle d'une k universelle corrup-

tion et contagion, charron, la Sagesse, ii, Préf

— ÈTYll. Provenç. recepta; espagn. rtceta; portug, receila; ital. ricetta; bas-lat. recepta, de receptum, supin de recipere (voy. recevoir).

t RECEVABILITÉ (re-se-va-bi-!i-té), ». ^ Qualité de ce qui estrecevable. Art. 44 4, dernier alinéa du code d'instruction criminelle modifié : Dans tous les cas, l'exécution des arrêts ou jugements dont la révision est demandée sera de plein droit suspendue sur l'ordre du ministre de la justice, jusqu'à ce que la cour de cassation ait prononcé, et ensuite, s'il y a lieu, par l'arrêt de cette cour statuant sur la recevabilité. Art. 446, ("alinéa; En cas de recevabilité, si l'affaire n'est pas en état, la cour procédera directement ou par commissions rogatoires à toutes enquêtes sur le fond, confrontations, reconnaissance d'identité, interrogatoires et moyens propres à mettre la vérité en évidence, Loi du 29 juin (867.

RECEVABLE (re-se-va-bl'),o<ij. || 1° Qui peut, qui doit être reçu ou admis, en parlant des choses. Fournir des marchandises bonnes et recevables. 11 est évident qu'il n'y eut jamais de bulle moins recevable que celle-ci, pasc. Prov. xix. Je soutiens, moi, que cette excuse, tout ajiparente qu'elle peut être, n'est point communément recevable, . BOURUAL. Dim. oct. du St Sacrement, Vominic. t. I , p. 290. Les actes de sainte Thècle sont-ils recevables? volt. Dict. phil. Paul. \\ 2° Qui peut être admis à, en parlant des personnes. Il y a des biens de l'âme, des biens du corps et dés biens de fortune ; quant aux biens de l'âme, le méchant n'y a point de part ; pour les deux autres, il y est recevable, MALH. Traité des bienf. de Sénéque, v, (3. Que SI l'on n'est jjas recevable à faire voir.... boss. Euch. m, 3. On est d'autant moins recevable ici d'alléguer l'exemple commun.... mass. Conjér. Amb, des clercs. Il Terme de palais. 11 a été déclaré non recevable dans sa demande, sa demande a été repoussée par des lins de non-recevoir.

— HIST. XIII" s. I<a semonce de l'hostel le roi doit estre recevable segont la loi où cil est. Livre

.de jost. 83. Il XVI* s. J'estime aussi peu recevable, Au moins pour durer longuement, Cette ardeur qu'on croit veritjble. Du premier regard s'allumant, desportes, Amours d'Hippolyte, Lxxxini, Chanson. Il estoit fort amoureux de la musique aussi bien que des vers; car il en faisoil qui estoient recevables, d'aub. Uist. u, i 2».

— ÉTYM. Recevoir.

RECEVEUR, EUSE (re-se-veur, veû-z'), s. m. et f. Il 1" Celui, celle qui a charge de faire une recette quelconque, soit en deniers, soit en denrées, soit pour l'État, soit pour un particulier. Receveur dès contributions. Receveur de l'enregistrement et des domaines. Receveur général. Receveur particulier. Je vous avoue que je suis ravie de n'avoir plus de receveur [pour les fermages d'une de ses terres], sév. d Mme de Giiitaut, 26 août (693. Doyen des receveurs dans son département, c. delav. Éc. des vieill. i,t. Il 2° Receveur est lenom de celui qui reçoit l'argent dans les omnibus. || 3° Receveuse, femme qui reçoit les billets dans un spectacle. Il Femme d'un receveur. Madame la receveuse. Il 4° Receveur des hôtes, celui qui reçoit les voyageurs chez les augustins.

— HIST. XII* s. E li sire est recev«re de la meie anesme [de mon âme], Lib. psalm. p. 7». Por ce que li reis le eut fait maistre recevur de tuz les treûs [tributs], Kotï, p. 279. || xiirs. On doit premièrement fere conter cex qui furent receveur, et après savoir ' que les reçoites sunt devenues, beaum. l, 7. Il xiv* s. Jehans de le Porte, receveres de Haynnau, CAPFiAux, Régence d'Aubert de Bavière, p. 8(. Il XVI* s. Outre le registre des négoces du mesnage où se logent les menus comptes.... lequel regist-e un receveur a en charge, mont, i, 257.

— ÉTYM. PrOvenç. recebeire, au régime recebador ; e.spagn. receplor; ital. ricevitore;d'\iae forme barbare recepitorem, ou receplatorem, qui vient de recipere (voy. recevoir). L'anc. franc, receucre est le nominatif, mais non de receptor, qui aurait donné recevre.

t. RECEVOIR (re-se-voir), je reçois, tu reçois, il reçoit, nous recevons, vous recevez, ils reçoivent; je recevais; je reçus; je recivrai; reçois, qu'il reçoive, recevons, recevez, qu'ils reçoivent; que je reçoive, que tu reçoives, qu'il reçoive, que nous recevions, que vous receviez, qu'ils reçoivent; que je reçusse; recevant; reçu, v. a. \\ 1" Prendre ce qui est donné, présenté, offert. Recevoir un don, un legs, des étreunes, l'aumône. Eu recevant la robe et le bonnet de médecin, vous apprendrez toui cela,

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BOL. Mal imag. m, 22. Tiens, reçois ce billet .1 tous trois si fatal, volt. Zaire, iv 5. |l Absolument. Ceci petit s'appliquer <à la grandeur royale, Elle reçoit et donne, et la chose est égale, la font. Fabl. m, 2. Nous paraîtrons tous devant le tribunal de Jésus-Christ, afin que chacun reçoive selon le bien qu'il aura pratiqué ou selon le mal iju'il aura commis, bourdal. Pensées, 1. 1, p. 189. Depuis quand est- il vil de recevoir de ce qu'on aime? depuis quand ce que le cœur donne déshonore-t-il le coeur qui accepte?!. J. bouss. Hél. 1, 46. Figaro : J'étais né pour être courtisan. — Suzane : On dit que c'est un métier si difficile! — Figaro : Recevoir, prendre et demander, voilà le secrel en trois mots, beai- MARCH. Mar. de Fig. n, 2. ||En termes juridiques, être l'objet d'une libéralité. Les femmes, surtout celles qui avaient des enfants, furent rendues capables de recevoir en vertu du testament de leurs maris; elles purent, quand elles avaient des enfants, recevoir en vertu du testament des étrangers, MONTESQ. Esp. XXVII. Toutes personnes peuvent disposer et recevoir, soit par donation entre vifs, soit par testament, Code Nap. art. 902. || Terme de turf. Recevoir une certaine quantité de livres, se dit d'un cheval auquel son rival rend cette quantité, en ce sens que celui-ci court avec une plus forte charge que celui-là. || 2° Prendre ce qui est dû, en être payé. Recevoir de l'argent, une indemnité, une rente, un payement. Recevoir le prix d'un travail, un salaire, des honoraires. Les médecins reçoivent pour leurs visite- ce qu'on leur donne, LA BBUY. XIV. 11 [Lalli] ne demanda jamais au trésor de ce conseil [de Pondichéri] le payement de ses appointements de général; il comptait le recevoir à Paris, et il n'y reçut que la mort, volt. Pol. et lég. Fragm. sur l'Inde, 1 9. || Absolument. Carro-Carri est si sûr de son remède et de l'effet qui en doit suivre, qu'il n'hésite pas de s'en fai:e payer d'avance, et de recevoir avant que de donner, LA BRUY. XIV. Il 3° Prendre ce qui est délivi^é, fourni, procuré. Les soldat* ont reçu des vivres pour trois jours. L'armée a reçu des récrues, des renforts. Il 4" Prendre ce qui est envoyé, adressé. Recevoir des lettres, un placet, des renseignements. L'envie continuelle que j'ai de recevoir de vos lettres, sév. 53. On reçoit donc ici quelquefois des nouvelles ; Les dernières, monsieur, les sait-on? gresskt, Méchant, m, 9. Il On dit de même : recevoir un courrier, un message, un parlementaire, un ambassadeur, des députés. || Il se dit aussi de communications faites de vive voix. Il a reçu de l'oracle cette réponse. J'ai reçu du ministre l'ordre de.... Il S" 11 se dit ^es biens qui arrivent, des grâces qui soni faites. Les avantages qu'il a reçus de la nature. Recevoir le prix de ses services. Il vaut mieux n'avoir point besoin de grâce que d'en recevoir, corn. 2' dise. Oui, l'honneur que reçoit la vôtre [famille] par ce choix En pouvait à bon titre immortaliser trois, m. flor. 11, t. Ô toi [poison], qui n'atfeiuls plus que la cérémonie Pour jeter à mes pieds ma rivale punie. Et par qui deux amants vont d'un seul coup du sort Recevoir l'hyménée et le trône et la mort, id. liodog. v, t. Je suis assurée que toule la faculté ne me défendrait pas cet amusement [écrire à Mme de Grignan], voyant le çlaisir que j'en reçois dans mon oisiveté, sev.~i9 juiU. 1677. 11 faut encore qu'il [Alexandre] se trouve dans tous nos panégyriques ; et il semble, par une espèce de fatalité glorieuse à ce conquérant, qu'aucun prince ne puisse recevoir de louanges qu'il ne les partage, Boss. Louis de Bourbon. Les consolations que reçoivent les enfants de Dieu de la communication avec le saint siège, lu. Reine d'Anylet. Ces grands hommes, dit saint Augustin, si célèbres narmi les gentils, et, j'ajoute, trop estimés parmi les chrétiens... ont acquis une gloire qu'ils désiraient avec tant d'ardeur; et tous ces hommes vains ont reçu une recompense aussi vaine que leurs désirs, id. la VttUière. Les rois, non plus que le soleil, n'ont pas reçu en vain l'éclat qui les environne, id. Marie- Thér. Ils [nos pères] vivaient la plupart contents de ce qu'ils avaient reçu de la fortune, ou de .ce qu'ils avaient acquis par le travail, fléch. Lamoignon. Quand la nature ne lui aurait pas donné tous ces avantages [de caractère et d'esprit], elle aurait pu les recevoir da l'éducation, id. Mme de Mont. Quel fruit ri'covrnnl-ils de leurs vaincs amours? HAC. l'hèdie, IV, U. Ces enfants de Jacob, premiersnés des humains, Keçureiit, quarante ans, la manne de ta main, i.a ^aht. Miidil-, i, '28 || 6^ Il se dit de même de ce qui arrive de fâcheux, de ce qu'on subit. Recevoir une tuile sur.la tête, un coup d'épée dans le ventre, hecevoir un mauvais accueil. Après les pcr-

tes qu'il avait reçues, vauoel. Q. C. 212. Da tous les maux qu'Alexandre reçut en sa vie, id. 16. 591. Peut-être que vous eu recevez quelque incommodité (d'avoir perdu vos chevaux], voit. hit. 144. Ne voulant point céder, ni recevoir l'ennui Qu'il me pût estimer moins civile que lui, mol. Éc. des femm. 11, 6. .Seigneur, j'ai reçu un soufflet, iD. Sieil. |3. J'ai tout fait, tout osé, [)0ur t'aimer, pour te plaire; J'ai trahi mon pays, et mon père, et mon roi; Cependant vois le prix, ingrat, que j'en rcçoi, TH. coBN. Ar. m, 4. Ce vaillant homme, poussant avec un courage invincible les ennemis qu'il avait réduits à une fuite honteuse, reçut le coup mortel.. . KLÉcii. Turenne. Les mécontentements qu'il avait reçus du miiiislre [Mazarinj, m. Duc de Mont. il Recevoir la mort, mourir, être tué. Son grand cœur [de Madame] ni ne s'aigrit ni ne s'emporte contre elle [la mort] ; elle ne la brave pas non plus avec fierté, contente de l'envisager sans émotion et de la recevoir sans trouble, BOSs. Duch. d'Orl. Il 7° Être investi de. Afin que cette autorité que Dieu leur a donnée [aux princes] ne soit employée que pour la fin pour laquelle ils l'ont reçue, pasc. Prov. xiv. Recevez par cette lettre un pouvoir absolu sur tout léserait, montesq. Letl. pers, 1*8. || Recevoir le bâton de maréchal de France, le chapeau de cardinal, la croix d'honneur, etc. être nommé maréchal de France, cardinal, membre de la Légion d'honneur, etc. Il 8° Recevoir, en parlant de ce qui est transmis, communiqué. Le maître dont il reçoit les leçons. La Germanie conquise par Charlemagne reçut le christianisme. Cet enfant reçoit une bonne éducation, une mauvaise éducation. Avec toute sa sévérité, cette morale suhsiste toujours telle que nous l'avons reçue, et toujours elle subsistera, BOURDAL. Pensées, t i, p. 9i. Un jeune homme, toujours bouillant en ses caprices, E;t prompt à recevoir l'impression des vices, boil. Art p. m. Remise dès l'enfance en des bras étrangers, 'Je reçus et je vois le jour que je respire. Sans que père ni mère ait daigné me sourire, rac. Iphig. u, t. La fille d'un César, la veuve d'un Pompée, Sera digne du moins, dans ces extrémités. Du sang qu'elle a reçu, des noms qu'elle a portés, volt. Triumv. iv, B.' C'est en Béotie que reçurent le jour Hésiode, Corinne et Pindare, barthél. Anach, ch. 34. Il 9" 11 se dit des sacrements administrés. Recevoir le baptême, la confirmation, les ordres, etc. Mais, pour en recevoir le sacré caractère [du baptême] Qui lave nos forfaits dans une eau salutaire.... corn. Poly. I, t. Qu'elle "ous parut au-dessus de ces lâches chrétiens qui s'imaginent avancer leur mort quand ils préparent leur confession, qui ne reçoivent les saints sacrements que par force.... BOSS. Duch. d'Orl. Il Ce malade a reçu tous ses sacrements, on lui a administré, vu qu'il était en danger de mort, les sacrements de la pénitence, de l'eucharistie et de l'extrême-onction. || Recevoir le corps et le sang de Jésus Christ, communier. {| 10° Recevoir, en parlant des choses qui éprouvent quelque action au sens physique. La terre reçoit les infiuences du ciel. Le miroir reçoit les images des objets. Si le fer est mou et, par conséquent, susceptible de recevoir plus prompteuient le magnétisme, bufp. Min. t. ix, p. 189. Il 11 se dit de même au sen'i figuré. Cet ouvrage a reçu de grandes modifications. Ma maison recevra quelques embellissements. Le ministère reçut une nouvelle organisation. Recevoir l'impulsion, le mouvement. Ce passage peut reeevoir divers sens. Assurément; cela ne reçoit point de contradiction, MOL. l'Av. I, 7. Jamais une démonstration dans laquelle ces circonstances [partir de principes certains et substituer le défini à la définition] sont gardées n'a pu recevoir le moindre doute, pasc. Espr. géom. 2. Ouoi(iue cette idée générale de la beauté soit gravée dans le fond de nos âmes avec des caractères inefl'açables, elle ne laisse pas que de recevoir de très-grandes difl'ôrences dans l'application particulière, id. Passions de l'amour. Le conseil\flu'on donnait à Pyrrhus de prendre le repos qu'h allait chercher par tant de fatigues, recevait bien des difficultés, m. Pens. iv, 2, édit. ha- VET. Tout genre d'écrire reçoit-il le sublime, ou s'il n'y a que les grands sujets qui en soient capables? LA BRUY. 1. Il Recevoir un nom, une dénomination, être nommé, dénommé. Les plantes reçoivent ipielquefois leur<jiom botanique de celui qui lésa (iécrites le premier. || 11° Faire venir de, *lrer, emlirunler. Cette maison ne reçoit ses jours que de la rue. La lune reçoit sa lumière du soleil. Il reçoit son vin du Bordelais. Vous avez vu (|uelle lumière, quelle grâce et quelle force une pensée reçoit d'une pensée qui lui ressemble : il s'agit ac-

tuellement de considérer ce qu'elle reçoit d'une pensée qui lui est opposée, condil. Art d'écr. 11, 5. Il 12° U se dit des choses qui recueillent, contiennent ce (jui coule, ce qui vient aboutir, se rendre. Un cgout central qui reçoit toutes les immondices de la ville. Ce port reçoit beaucoup de bâtiments. La citerne reçoit les eaux qui proviennent du toit. C'est un gouffre, c'est une mer qui reçoit les eaux des fleuves, et qui ne les rend pas, la bruï. iiv. Une ville forte [Smolensk] pour appuyer et partager ses eflTorts [du général russe], cette ville et un fleuve pour recevoir et couvrir ses débris, s'il était vaincu, séghr, llist. de Nap. vi, 5. || 13' Il sa dit des personnes qui prennent dans leurs maius, recueillent, retiennent Recevoir le sang d'une saignée dans une poêlette. Le chien reçoit adroitement dans sa gueule ce qu'on lui jette. Je recevrai de la main droite la balle que vous me jetez. Il tombait blessé d'un coup de feu, ses soldats le reçurent dans leurs bras. Il Recevoir un enfîintàsa naissance, le prendre au moment où il vient au monde. Elle était là au moment des couches de sa sœur et reçut l'eafant. Cet ange protecteur. Cet invisible ami veille autour de son cœur, L'inspire, le conduit, le relève s'il tombe, Le reçoit au berceau, l'accoihpagne à la tombe, lamart. Médit. 11, (7. ||Fig. Recevoir les derniers soupirs de quelqu'un, l'assister à sa mort. Il 14° Il se dit de ce qui est confié. Il a nié le dépôt qu'il avait reçu. Recevoir déclaration sous le sceau du secreL Recevoir les dernières volontés de quelqu'un. || 15° Terme de guerre. Recevoir le mot d'ordre, prendre le mot d'ordre, ou, en sens inverse, se faire dire le mot d'ordre par ceux de qui on est en droit de l'exiger. || 16° Agréer, accepter. Les oflres ont été reçues. On ne voulut pas recevoir ses excuses. D'ici au mois de septembre, je ne puis recevoir aucune pensée de sortir de ce pays [Bretagne] , sév. (B janv. «690. Réservez-vous [ô Dieu], dans les temps mar|ués par votre prédestination éternelle, de secrets retours [dans le catholicisme] à l'État et à la maison d'Angleterre? quoi qu'il en soit, recevezen aujourd'hui le» bienheureuses prémices en la personne de cette princesse, boss. Duch. d'Orl. Ne donne point un cœur qu'on ne peut recevoir, rac. Uérén. iv, b. Non, je ne reçois point vos funestes adieux, lu. Iphig. v, 2. Je vous donne un conseil qu'à peine je reçois, 10. ib. iv, 4. Souvent dans sa colère il [le ciel] reçoit nos victimes, m. Phèdre, v, 3. Crois-moi, reçois la paix, si tu crains ta ruine, VOLT. Fanât. 11, 5. Il lui arriva un jour de vouloir donner une fête à une dame qui, au lieu de la recevoir, alla souper chez Zadig, m. Zadtg , 4. Il II se dit de garanties,. de paroles, d'écrits qui sont donnés pour servir d'assurance, de gage. 11 a reçu parole de lui. Il a reçu ma foi. Pendant qu'avec un air assuré il s'avance pour recevoir la parole de ces braves gens, BOSS. Louis de Bourbon. || 17° Faire accueil aux choses. Le public ne voulut pas recevoir la nouvelle doctrine. L'amour qu'ils ont pour la vie leur fait recevoir favorablement tout ce qui contribue à la conserver, pasc. Proc. xi. Cette petite licence n'a pas été bien reçue, sév. 6 avril 1672. Si l'on trouvait dans l'antiquité un poème comme Armide ou comme Atys, avec quelle idolâtrie il serait reçu I mais Quinault était moderne, volt. Louis Xiy, 32. C'est a;insi que les mêmes choses sont bien ou mal reçues selon les temps, et qu'on se plaint souvent autant de la guérison que de la blessure, id. Mœurs, I8I. || Bien recevoir, mal recevoir, approuver, désapprouver. || 18* Prendre en un sens ou en l'autre. Je ne sais comment vous aurez reçu la perte de vos lettres; je voudrais bien que vous l'eussiez prise comme il faut, pasc. Lett. à Mlle de Roannez, s. Tout ce qui viendra de vous sera reçu comme une guerre, ou feinte ou déclarée, FÉN. Tél. XX. Il 19° Reconnaître 1 omme vrai, comme valable. Le premier [précepte] était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie iiueje nelaconnusse évidemment être telle, desc. Méth. 11, 7. Que, pour toutes les opinions que j'avais reçues jusques alors eu ma créance, je ne pouvais mieux faire que d'en- , treprendre une bonne fois de les ôter, afin d'y en

remettre id. 16. 11, 2. Prouvez par mes écritsque

je ne reçois pas la constitution, pasc. Prov.xvii. Les Juifs le refusent [Jésus Messie], mais non pas tous; les saints le reçoivent, et non les charnels, id. Pens. XIX, i bis, éd. HAVET. La Grèce, toute polie et toute sage qu'elle était, avait reçu ces mystères abominables [de Vénus], BOss. Hist. u, h. On est catholique, on est uni de croyance avec l'Église, on ne reiette aucune de ses décisions, et on les reçoit toutes purement et simplement, buuhdal. Pensées, t. 1, p. 2<0. Ce que je vais dire d'abord n'est que pour ceuj

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qui reçoivent le principe de M. Descartes, malebr. hech. lois des mouv. part. ». On ne doit parler, on ne doit écrire que pour l'instruction ; et, s'il arrive que l'on plaise, il ne faut pas néanmoins s'en repentir, si cela sert à insinuer et à faire recevoir les vérités qui doivent instruire, la bhuy. les Caractères. Dès qu'on ne parle qu'à un petit nombre <legens,"on s'engage à recevoir toutes leurs' passions et tous leurs préjugés, fén. Tél. xxiv. Le général des jésuites exigea, pour article préliminaire, qu'on reçût la bulle en France comme article de foi, VOLT. Hist. pari. LXir. || 20° Il se dit des ordres, des missions, etc. Il reçut l'ordre de partir. Ce commandement [ne pas tuerj a été imposé aux honimes dans tous les temps; le Décalo^ue n'a fait que renouveler celui que les hommes avaient reçu de Dieu avant la loi, en la personne deVoé, pasc. Prov. XIV. Peut-être en recevant sa mission, et se mettant en devoir de l'exercer, avait-on dit comme l'apôtre.... bourdal. Pensées, t. il, p. 207. || Recevoii la loi, obéir. Les Gaulois, vaincus par Rome, reçurent la loi. || Recevoir les ordres de quelqu'un, être soumis à ses volontés. Je n'ai point d'ordre à recevoir de vous. || Recevoir les ordres de quelqu'un, signifie aussi s'informer auprès de lui de ce qu'on peut faire qui lui soit agréable. Avant de partir j'irai recevoir vos ordres. || 21° Donner accès chez sol. C'est un homme mal famé, ne le recevez pas. i recevoir le monde on vous voit toujours prête, mol. .Vis. il, 3. [Hommes rares et singuliers] On en fait mention de tous côtés; partout on les reçoit avec agrément; grands et petits, tout le monde leur témoigne du respect et de la vénération, bourdal. Pens. t. II, p. 204. Recevant les amants sous le doux nom d'amis, BoiL.Sat. 1. 1| Être reçu chez quelqu'un, être admis chez quelqu'un. Il est reçu chez le ministre. Il est reçu partout. Des personnes de la première distinction et du plus haut rang, chez qui 11 est bien reçu, BOURi). Pensées, t. ii, p. 222. ||-Recevoir visite, recevoir la visite de quelqu'un, être visité par lui. Il Recevoir des visites, être visité par différentes personnes. || Recevoir des visites,' signifie aussi admettre chez soi les personnes par qui l'on est visité. Pendant le premier mois de son deuil, elle ne recevra pas de visites. || Absolument. Le ministre reçoit le jeudi. On reçoit demain à la cour. Ses salons sont fermés ; il ne reçoit plus. Il a quitté la ville, mais il reçoit à la campagne. Il faut avoir un jour fixé pour' recevoir, c. oelav. Ée. des lieill. i, 5. Recevoir me fatigue, et, pour être sincère, C'est un mal, j'en conviens, mais un mal nécessaire, id. tb. Il 22° Recevoir quelqu'un à sa table, lui donner à dîner. Vous serez toujours reçu à ma table. Permetteï au'Esther puisse à sa table Recevoir aujourd'hui son souverain seigneur, rac. EUh. ii, 7. || On dit de même : recevoir au festin. On nous avertit de la part du maître que tout est prêt, et qu'il ne nous reste plus que de nous préparer nous-mêmes et de nous mettre en état d'être reçus au festin, boubdal. Pensées, t. i, p. i05. j] Recevoir à la cène, admettre à la communion. Quand la politique du parti [calviniste] fit résoudre qu'on recevrait les luthériens à la cène, Boss. r avert. 23. || 23° Recevoir dans son lit, se dit d'une femme qui se marie. Les Parques à ma mère, il est vrai, l'ont prédit, Lorsqu'un époux mortel fut reçu dans son lit, rac. Iphig. i, 2. Il 24° Accueillir bien ou mat Recevoir un ambassadeur. Ne le recevez pas en meurtrier d'un frère , Mais en homme d'honneur qui fait ce qu'il doit faire, corn. Hor. n, 4. Recevant une foule d'amis comme si chacun eût été le seul, fléch. Lamoignon. Mon homme en m'embrassant m'est venu recevoir, boil. Sat. m. Quoi! vous êtes ici quand Mithridate arrive, Quand pour le recevoir chacun court sur la rive? Que faites-vous, madame? rac. Mithr. II, t. Il m'a assez mal reçu; à peine a-t-il daigné m'écouter et me répondre, fên. Tél. xxiv. Madame vous recevra fort mal, mais elle vous écoutera, GENLis, ThééU. d'éduc. l'Inirigante, ir, 8. || Populairement. Recevoir quelqu'un comme un chien, voy. quille 2, n° <. || Kig. La terre, son origine et sa sépulture, n'est pas encore assez basse pour la recevoir ; elle voudrait disparaître tout entière devant la majesté du roi des rois, boss. HaVi-Thir. Beaux lieux, recevez-moi sons vos sacrés ombrages, LAHAiir. Médit, ii, \b. || 25" Il se dit de la manière dont on soutient une attaque. Ils avancèrent tout harassés pour trouver un ennemi tout frais qui les veuiiit recevoir, vaugel. Q. C. m, h. Il m'a mené jusqu'aux lignes où il m'a fait voir de quoi vous bien recevoir, hamilt. Gramm. 6. Nous recevrons rigoureusement les trou[iesdu roi d'Kspagne; jv \cu- r<;puuds qu'elles seront battues, volt. 6'and.

15. Il 11 l'a reçu en brave, en homme de cœur, se dit d'un homme qui a fait tête bravement à un ennemi qui venait l'attaquer. || Les ennemis ont été reçus à grands coups de canon, on a fait sur eux un grand feu d'artillerie ([uand ils se sont approchés. Il Recevoir la bataille, se dit d'une armée, d'un général qui attend l'ennemi et s'en laisse attaquer. Il 26° Donner retraite chez soi. Recevoir un proscrit. Il Donner entrée. Recevoir l'ennemi dans la place. Vous avez reçu dans l'Église le nom de son ennemi ; c'est y avoir reçu l'ennemi même, pasc. Prov. II. Il 27° Admettre, en parlant de ceux qu'on soumetà quelque épreuve, àquelquecondition. 11 fut reçu à l'école polytechnique. Enfin on le reçut en grâce. Il n'a pas été reçu à se justifier. La congrégation des cardinaux de propaganda fide fui obligée de défendreaux jésuites de cacher le mystère do la croix à ceux qu'ils instruisent de la religion [en Chine], leur commandant expressément de n'en recevoir aucun au baptême qu'après cette connaissance, PASC. Prov. V. Si j'eusse vécu, je vous aurais reçu à l'abjuration sans vous faire languir, fên. Dial. des morts mod. Henri IV, Sixte K. Les alliés, touchés de ces raisons, les reçurent dans l'alliance du Péloponnèse, ROLLiN, Uist. anc. (Euv. t. m, p. 638, dans POUGENS. Il Être reçu à, être autorisé à," avoir congé de. Si le mot de grâce suffisante est une fois alTermi, vous aurez beau dire que vous entendez par là une grflce qui est insuffisante, vous n'y serez pas reçu, PASC. Prov. II. Reprenez-vous vous-mêmes.... et puis vous serez reçus à reprendre les autres, bourdal. Carême, ii, Zèle, M6. Serait-on reçu à dire qu'on ne peut se passer de voler? la bruv. vi. Si nous supposions que ces grands corps [du ciel] sont sans mouvement, on ne demanderait plus, à la vérité, qui les met en mouvement, mais on serait toujours reçu à demander qui a fait ces corps, m. xvi. J'ai vu évidemment [dans la tragédie d'Irène] qu'il faut»voir quelques reproches à se faire, pour qu'on soit bien reçu à se tuer entre son père et son amant, volt. Lett. ThiboHviUe , 26 nov. <777. Homère serait mal reçu aujourd'hui à nous peindre un sage comme Nestor; mais aussi ne le peindrait-il pas de même, marmon- TEL, Œuv. t. vil, p. 43(.|lFig. On trouve quelquefois que les gens qu'on croit ennemis [nos ennemis] ne le sont point ; on est alors fort honteux de s'être trompé; il suffit qu'on soit toujours reçu à se haïr, quand on y est autorisé, sév. 28 nov. 467». Il Terme de procédure. Recevoir quelqu'un à serment. On l'a reçu partie intervenante. On l'a reçu à prouver. Faire recevoir une caution en justice. || Fin denon-recevoir, voy. fin i , n° 6.|| 28'Recevoir le mâle, se dit des femelles qui s'accouplent. || 29" Installer avec le cérémonial ordinaire. Il a été reçu docteur. 11 a été reçu à l'Académie. Cet apprenti sera bientôt reçu maître. Cet officier fut reçu à la tète de.son régiment. Il Recevoir de majorité, se disait, dans l'ordre de Malte, de ceux qui étaient admis à seize ans accomplis. || 30° Se dit en parlant des ouvrages de charpente, de menuiserie, de maçonnerie, etc. dans le sens de reconnaître, après examen et mesurage ou pesage, l'espèce, la qualité et la quantité de ces ouvrages. || 31" Se recevoir, v. réft. Être accepté. Un contentement qui est aussi chaste que ceux qui se reçoivent au ciel, balz. Liv i, lett. 6. || Se retenir. Le' perroquet se reçoit sur son bec. || Proverbe. 11 vaut mieux donner que recevoir.

— HlST. XI* S. [QueJ nuls ne receit [reçoive] home ultre treis nuis.... Lois de Guill. 46. Si recevez la lei de chrestiens, C{i. de Itol. m. De cops férir, recevoir etdoner, ib. xc. [Elle] Chet [tombe] li as pies, l'amirals la reçut, ib. cxcvii. \] xii" s. Belleem est senz faille et digne de rezoyvre nostre Signer, sT-BBRN. 534. Venez vous ci treU reçoivre, WACE, Brut, V. .1)33. Il xiii° s. Et vos avés luit juré seur sains que celui que nos eslirons, vos pour empereour le recevrés et pour seigneur, villeh. ex. Margiste lui fera recevoir tele rente.... Berle, x. Doucement [elle] a le roy en ses bras receû, th. Lxxix. Moût a li rois Pépins noblement recett Le bon roi de Hongrie, tb. cxxiii. Se vous m'aviiez à ami Reçut, et je vous à amie.... Lai de l'ombre. Chil [celui] qui ne veut jurer que se [sa] demande est vraie ne doit pas estre recheûs en se [sa] demande, beaum. VI, 31. Comme la cire reçoit la figure dou seel [sceau], bbun. latini. Trésor, p 466. Prodigues est cil qui se desmesure en doner et faut en reçoivre, id. ib. p. 284. Il [les Turcs] portoient lors les touailles, quant il se vouloient combatre, pource que elles reçoivent un graut coup d'espée, joiNV. 273. Il xiv s. Vérité est que le profit du rece vant est la mesure de laretribucion,oRESME, £</i. 26. 11 se rcoeut [se retira] parmi ses gens, Ckrun. de

St Denis, t. ii, f° 40, dans lacurne. ||xvi* s. Tuvf. nois lors tout freschement De confesse et de recevoir [communier], mahot, p. (7, dans lacurne. U récent la ville de Heraclea, laquelle vouluntairenienl se rendit à luy, amïot, Démétr. 2». Il est receu de tout temps de.... mont, i, )5. Recevoir pour ami, II). l, 27. Les opinions et mœurs approuvées et receues autour de nous, id. i, ( 15.

— ÉTVM. Wallon, rissûr; patois des Fourgs, r'cidre; provenç. recebre; esp. recibir; ital. ricevere; du lat. recipere, de re, et capere, prendre. Dans l'ancienne langue, l'infinitif a deux formes reçoivre et recevoir; la première rat correcte, représentant reeipere, qui a l'accent sur ci; la seconde représente une forme barbare reeipere, à'oxi recevoir et recefi, devenu par contraction reçu. Le participe de la première est recept, recel, recette, de receplus.

ta. RKCEVOIR (re-se-voir), s. m. Chaudron de cuivre à l'usage du salpêtrier.

UECEZ (re-sê),«. m. || 1° Cahier contenant les délibérations d'une diète de l'Empire, et rédigé avant qu'elle se sépare. Ferdinand promit de se conformer au recez de l'Empire, et n'en fit rien, volt. Ann. Emp. Charles-Quint, 1633. || 2° Recez ou recés, dans la diplomatie moderne, procès-verbal résumant des conventions. Elles [les puissaïuses contractantes] ont autorisé leurs plénipotentiaires à reunir, d.ins un Instrument général, toutes les stip'ilations particulières, ' t à joindre à cet acte, qui portera le titre de Recès général 'de la commission territoriale rassemblée à Francfort [signé le 20 juillet (8i9], toutes les conventions qui s'y rapportent, martens. Recueil de traités, t xii, p. 6U4.

— RTVM. Lat. recessus, action de se retirer, de recessum, supin de recedere, de Te, eicedere, aller (voy. cédeh).

t RÉCHABITE (ré-cha-bi-f), s. m. Nom, dans Jérémie, de Juifs qui ne buvaient pas de vin, ne labouraient ni ne semaient, ni ne bâtissaient de maison, mais habitaient dans des tentes.

fRECHAMAlLLER (SE) (re-cha-mâ-llé, «mouillées), V. réft. Se chamailler de nouveau.

— HlST. XVI* S. Rechamailler, cotgrave.

RÉCHAMPI, lE (ré-chan-pi, pie), part, pasré

de réchampir.

RÉCHAMPIR (ré-chan-pir), v. a. \\ 1* Terme de peintre en bâtiment. Détacher les objels du fond surle |uel on peint, soit en marquant les contours, soit par l'opposition des couleurs. || On dit aussi échampir. || 2° Terme rie doreur. Couvrir avec du blanc de céruse les couleurs qui se répandent sur les fonds d'un ouvrage, pour réparer ce qu'il peut y avoir de gâté, et le rendre aussi net qu'il doit être.

— KTYM. Re...., et échampir.

t RÉCUAMPISSAGE (ré-chan-pi-sa-j'), ï. m. Action de réchampir.

RECHANGE (re-chan-j'), s. m. || 1» Il se dit des objets qu'on tient en réserve pour remplacer d'autres objets semblables. Une roue de rechange. Des armes de rechange. || On appelle quelquefois ct-s divers objets des rechanges. || Terme de marine. Nom donné à tous les objets embarqués pour remplacer au besoin pareils objets qui sont employés. Le roi voulant être informé de ce que toute l'armement, gairniture et > rechange d'un vaisseau de chaque rang.... Colberl à Demuin, 2) juiU. .1678, dans jal. il 2° Corps de rechange, parties de certains instruments à vent (|ue l'on change selon les tons dans lesquels on veut jouer. Grâce aux corps de rechange, la musique de cor est toujours écrite sans dièses ni bémols à la clef. || 3° Terme de commerce. Second droit de change qu'on doit payer, après le protêt d'une lettre, pour celle que le porteur est obligé de prendre sur d'autr. s ou dans d'autres lieux. Payer le change et le rechange. L'ordonnance de Louis XIV du mois de mars <67a détermine le sens du mot rechange, car en disant : U ne sera point dû ou accordé de rechange, tous les tribunaux entendent que l'on n'accordera que le change direct, P. Gi- RAODEAU, la Banque rendue facile, p. x. Le rechange s'eflectue par une retraite, CodedccomriK-rce.art. 177.

— HlST. xv° s. Et doutoit on qu'ils [les Gantois] ne veinssent à puissance de costé ou par derrière ; et à ceste cause fut mise à (a bataille du duc par deux ou trois fois à rechange de place, 0. ue la

MARCHE, liv. 1, p. 369, dans LACURNE. || XVI* S. Do.é

et argenté à rechange, cotgrave.

— ÉTVM. Re..., et change; bourguig. rechainge.

t BECUANGER (re-chan-jé) , v. a. 11 se conjugue comme changer. Changer de nouveau. Quant au duc de Foix rechange en un autre personnage [de tragédie], volt. -Lett. d'Argental. 23 déc. 17(12.

— uibT. xiii* 8. Jà ne le queàist [voulût] rechan-

REC

REC

REC

(çler, S'il eOst assez à mengier, Ren. 7soi. I|xvi« ». Si on reforme et recliange noslre eslre par ces purifications, MONT. II, 253. Il ne so corrige point, il se rechange en beste, ID. ii, 3ua. J'ai veii trois ou quatre fois reclianger les loix des Anglois, ID. il, 34». Là le gênerai fut tué, aïant rechangé de cheval après le sien lue, d'aL'b. llist. i, :!B9.

— ÈTYM. 7?e..., et changer ; picard, erkanger, erkaingin; génev. les porteurs se rechangérent, se relayèrent.

t RECHANTER (re-chan-té) , v. a. || !• Chanter de nouveau. 23 février (688 : Le soir.... on chanta les deux derniers actes d'Endymion.... et madame la Dauphine trouva la musique si belle (|u'elle a ordonné qu'on la lît rechanter aux premiers appartements, DANGEAU, I, 3uo. Il Répéter fréquemment la même chanson. Il rechante la fin quatre ou cinq fois de suite, mol. Fdch. i, s. Nous avons chanté et rechanté vos chansons, sÉv. Lett. à Coulanges, <* cet. 1694. Il i' Popiiquement. Célébrer fréquemment. Ces murs [de Troie] si rechantés dont la noble ruine De tant de nations flatte encor l'origine, cobn. Sur les vict. du roi, en )667.

- HIST. XVI* s. Darius faisoit qu'un pag;e lui veinst reohanter par trois fois k l'aureille : sire.... MONT. I, 35. Je me rechante toujours [je me répète à moi-mêmej.... id. i, 78. Rossignols ramagers, qui d'un plaisant langage Nuict et jour rechantez vos versets amoureux, bons. î82. Celle [Hélène] qui fut promise au Troyen pour salaire, Cause du long débat si souvent rechanté, desportes, CUonice, ixxv.

RftCHAPPÉ, ÊE (ré-cha-pé, pée), pari, passé de réchapper. Réchappé d'une longue maladie. Il n'y a personne ici qui ne vous ait donné des témoignages de son bon coeur; mais, grâces au ciel, vous voilà réchappée, mariv. Marianne, T part. || S. m. Populairement. Un réchappé de la potence, un homme capable des plus mauva ses actions.

RÉCHAPPER (ré-cha-pé), V. n. [1 1° Échapper à quelque chose qui menace Tout s'écarte à l'instant; mais aucun n'en réchappe [delà bénédiction], boil. lulr. V. Il Échapper à un massacre. A peine les janissaires eurent-ils fait le repas, que les Russes arrivent sur des' bateaux plats; pas un janissaire ne réchappa, volt. Cand. (2. || Particulièrement. Echappera une maladie, àuneblessure dangereuse. L'on a toujours cru qu'il en réchapperait; car il parlait avec liberté, quoiqu'il eût perdu une grande quantité de .sang, pellisso.n, Lett. hist. t. i, p. 83. Ma foi, monsieur, notre chat est réchappé depuis peu d'un saut qu'il fit du haut de la maison dans la rue, mol. Am. méd. ii, i. Il vaut mieux mourir selon les règles que de réchap|)er contre les règles, id. th. II , B. Maupertuis, à force de boire de l'eau de vie, s'est mis à la mort ; mais il en réchappe, parce qu'il est né avec un tempérament de Tarlare, volt. Lett. Richelieu, 25 nov. 1752. Le danger d'en mourir [de la petite vérole] n'est pas non plus le même pour tous les âges, puisqu'on en réchappe bien plus aisément dans l'enlance que dans la vigueur de la jeunesse, d'alemb. Ré/l. sur l'inoc. Œuv. t. iv, p. S7-2, dans pouGENS. || Il se conjugue avec l'aux'liaire aroir, quand on veut exprimer l'action : Il a réchappé du naufrage; avec l'auxiliaire être, quand on veut exprimer l'état : 11 est réchappé de sa pleurésie. Il 2° V. a. Tirer d'un péril. Maître fou, lui dit Candide, je t'ai réchappé des galères, j'ai payé ta rançon.... volt. Cand. 29.

— HEM. Bouhours, Suite des Rem. p. (96, dit : « On échappe d'un danger, on réchappe d'une maladie. » L'usage n'est pas si exclusif.

— HIST. XIII* s. Car par vous [elle] reschapa, s' [ainsi] ai oy raconter, Berte, cxxxix. Je promis à saint Nicholas que se il nous reschapoit de ce péril là où nous avions la nuit esté, que je l'iroie querre de Joinville à pié et deschaus, loiNv. 285. Il XIV* s. Ainsi com je vous di, la bataille finoit; Maint EnRlois y moru, et maint en reschapoit, Guescl. 18507. Il XV* s. Et eussent volontiers vu qu'il htii reschappé de ce péril; mais il ne put, ainçois mourut dedans le second jour après, fboiss. i, i, 99. Il XVI* s. En temps de paix faittes travailler la justice sur les reschappez de la guerre, laissez à vos les charg'ïs ruineuses.... d'aub. Hist. u, 1U9.

— ÊTYM. Re..., et échapper.

t RECHARGE (re-char-j'), s. f. Nouvelles instances, nouvelle attaque, ô Seigneur, que vous me pressez I encore une nouvelle recharge : la fin est venue, la fin est venue, doss. Sermons, Impdnit. 'i. Vous ne vous souvenez donc pas, répliqua d'Antin, que j'ai une réponse à vous faire"? X cette recharge [répétition de la même phrase), M. de Vendôme comprit qu'il y avait quelque chose, st-sim 228, 64.

— Hl.ST. XVI* s. La raison a assex il faire à nous persuader d'abandonner ces biens, sans y ajouster cette nouvelle recharge, mont, i, 251. X ce pas.sage so firent trois grosses charges et recharges de quinze cens ou deux mille chevaux à la fois, langue, 685.

— ÉTYM. Re..., et charge.

RF.CHARCÉ, ÉE (re-cliar-jé, jée), part, passé de recharger/ Il 1" Oui a repris. sa charge. Le porte-faix rechargé. Il 2° Oui a été repris comme charge. Le sac rechargé sur son dos, il partit.

. RECHARCEMENT ( re-char-je-man) , t. m. Il 1° Action de recliarger des marchandises. || 2* Action de mettre de nouveau du ballast sur Une voie de chemin de fer qui s'abaisse. || Se dit aussi d'une route, d'une chaussée nMcadamisée. sur laquelle on remet du caillou.

RECHARGER (re-char-jé. Le g prend un e devant o et 0; rechargeant, rechargeon.s), v.a. || 1' Charger de nouveau d'une charge le porteur. On avait déchargé les mulets, il fallut les recharger. || Charger de nouveau une charge sur le porteur. C'est, dit-il, afin de m'aider A recharger ce bois, la font. Fabl. 1, 18. ij 2° Charger de nouveau une armeà feu. Sans lui donner le temps de recharger son fusil, ils fondaient sur lui brusquement et l'assommaient , raynal, Hist. phil. xiii, 19. || Absolument. Us n'ont pas plutôt tiré un coup, qu'aussitôt ils rechargent. Il On dit dans un sensanalogue: recharger un appareil électrique. La bouteille étant chargée de cette sorte, suspendez-la à l'autre conducteur; faites tourner les ileui roues, et le même nombre de tours qui avait chargé la bouteille, la déchargera, et le même nombre encore la rechargera, brisson, Traité dephys. l. m, p. 490. || 3° Attaquer de nouveau l'ennemi . La cavalerie chargea et rechargea les carrés sans pouvoir Icsenfoncer. || Fig. Revenir à'ia charge. Mme de Maintenon qui savait que Monseigneur avait été écouté |du roi contre Chamillart], redoubla d'instances pour le faire recharger, st-sim. 234, 13). Maisons me fit parler par M. le duc d'Orléans ....je fus froid, je payai de compliments ....peu de jours après, M. le duc d'Orléans rechargea, je ne fus pas plus docile, id. 359, 239. {| i° Donner un nouvel ordre très-pressant. Je vous ai chargé et rechargé de lui expliquer ce fait. || 4° Recharger une voie de chemin de fer, une route, y faire le rechargement. Il 5° Terme de forgeron. Ajouter à un outil de la matière propre à réparer les parties usées. || Terme de charron. Recliarger un essieu, grossir les bras d'un essieu, usés et affaiblis par le froltement. Il Terme de maçonnerie. Recharger un plancher, remettre àneuf lespartiesdétériorées. || Termerural. Apporter de la terresurun champ qui n'en a pas assez. Il 6° Terme de jurisprudence Recharger un prisonmer par un nouvel écrou, s'opposer par uti nouvel écrou à l'élargissement d'un prisonnier. Il 7° Se recharger, v. réfi. Reprendre une charge. Après s'être reposé un instant, il se rechargea.

— HIST. xvi* s. Je crains, au lieu de l'aller secourir pa nature], ainsi comme elle est aux prinsos avecques la maladie, qu'on [le médecin] secoure son adversaire au lieu d'elle, et qu'on la recharge de nouveaux affaires, mont, i, 131. Nous avons tant rechargé la beiuté de ses ouvrages [de la nature] par nos inventions, que nous l'avons du tout estouffée, ID. I, 234. Pour Uieu I sire, rechargea lors Cyneas, dictes moi.... in. i, 3:i5. Nous n'en payons pas, ainçois en rechargeons nostre debte envers ce grand

juge, ID. III, 374.

— F.TYM. Re...., ei charger; wallon, richargt. RECHASSÉ, ÉE (re-cha-sé, sée), part, passé de

rechasser .

RECHASSER (re-cha-sé) , v. a. || 1» Expulser une seconde fois, de nouveau. 11 a rechassé ce valet qu'il avait repris. || 2° Repousser d'un lieu dans un autre. Rechassez ces bêtes dans l'étable. Notre première ligne fut repoussée par les ennemis; un corps de réserve que Montgeorge commandait, les rechassa et regagna le terrain ; ce corps fut encore repoussé et rechassp par eux, pellisson, Lett. hist. t. il, p. 186. Ils [les alliés sous le prince d'Orange] demandaient qu'on les fît marcher au plus vite, et se tenaient sûrs de rechasser le roi jusque dans le cœur de son royaume, rac. Siège de Namur. Ce prince [Julien] par sa sagesse, sa constance, son économie,, sa conduite, sa valeur, et une suite continuelle d'actions héroïiues, rechassa les barbares; et la terreur de son nom les contint tant qu'il vécut, MONTESQ. Jiom. (7. || Terme de vénerie. Faire rentrer dans la forêt des bêtes qui en .sont sorties, et qui se sont écartées dans les buissons. || 3° Pousser une seconde fois un objet mobile. Un mouvement général commence; la balle e.st chassée et rechassée, cha-

TEAUB. Natch. »* partie. || 4* V. n. Chas»e\ de nouveau dans un endroit où on avait déjà cha3.sé. Nous avons chassé et rechassé dans ce taillis.

— HIST. XIII* s. Por le [la] caleur qui premièrement revient dedens le cors et après que 11 nature le [la] rechace as membres dehors, alkbrant, P> 10. Il XIV* s. Que nuls ne soit si ardis d'affiner, rechacier [séparer l'or ou l'argent de l'alliage] nulle monnoye, quelle qu'elle soyt, do canoë, rechaciare. Il xv* s. Aucuns issirent après eux pour aventure trouver ; mais ils furent rechassés arrière.... fhoiss. I, i, 178. Il xvr s. Les mareschaux des deux camps s'y trouvèrent quasi en mesme temps avec leurs troupes, d'où ils se chassèrent et rechasserent par deux ou trois fois, langue, 649. Je m'en vais rechasser dessus votre parole [ recommencer la chasse], rons. 072 Un clin d'oeil, un propos mon cœur viennent reprendre , Rechassent ma raison, r' enserrent mes esprits, desportks, Diane, il, 45.

— ÉTYM. Re..., et chasser; wallon, richesst.

t RECHASSEUR (re-cha-seur), s. m. Terme de vénerie. Celui ([ui fait rentrer dans la forêt les bêles qui en sont sorties.

t RECHATOUILLER (re-cha-tou-Ué, H mouillées), V. a. Chatouiller de nouveau.

■ — HIST. XVI* S. Amour qui recbatouille en nous les appétits, hons. 749.

RÉCHAUD (ré-chô ; le d ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie : des ré-chô-z allumés), s. m. || 1" Ustensile de ménage dans lequel on met du feu pour se tenir les mains, les pieds chauds. Réchauds de fer, le lOO pesant payera comme eschaufTettes de fer, lO", Tarif, 48 sept. 1664. Gardez-les bien [nos pénates], et dame Veste, F.t me conservez comme il faut Ce feusacrédans un réchaud, SCARH. Virg. 11. Dans toute la dispute sur ce qu'on appelait le quiétisme, il n'y a eu de bon que l'ancien conte réchaufl'é de la bonne femme qui apportait un réchaud pour brûler le paradis et une cruche pour éteindre le feu de l'enfer, afin qu'on ne servît plus Dieu par espérance, ni par crainte, volt. Dict. phil. Sottise. Une pauvre ouvrière avait un réchaud plein de feu sous ses pieds, genlis, Veill. du chdt. t. II, p. 551, dans pgugens. j| 2° Particulièrement. Ustensile en plaqué ou en argent dont le couvercle a la forme d'un plat à petits rebords; dans l'intérieur on place une grosse bougie qui chauffe ce couvercle sur lequel les plats sont tenus chauds pendant le repas. || 3° Terme d'art militaire. Réchaud de rempart, petit appareil pour éclairer la nuit les points attaqués. || 4° Ustensile de graveur pour faire chauffer les planches. || 5° Terme de jardinier. Fumier frais, qui n'a pas encore fermenté, et qu'on applique latéralement aux couches pour qu'en fermentant il les réchauiïe quand elles commencent à perdre leur chaleur. || 8° Terme de teinture. Il se dit de chaque fois qu'on met une étoffe dans la teinture chaude. Donner le premier, le second réchaud, c'est mettre une première, une seconde fois l'étoffe dans la chaudière qui est sur le feu.

— iilST. ivi* s. Puis incorporez le tout dans une escuelle sur un rechaut, pabé,x, 9.

— ÉTYM. Re..., et échauder, au sens d'échauffer, t RÉCHAUFFAGE (ré-chô-fa-j"), s. m. Action de

réchauffer. Les élaborations où les aciers et fers plus ou moins carbures sont préparés par l'action du réchauffage à recevoir les effets du travail mécanique, cizANCouRT, Acad. des se. Comptes rendus, t. lvii, p. .M 7.

RÉCHAUFFÉ, ÉE (ré-chô-fé, fée), part, passé de réchauffer. || 1" Chauffé après s'être refroidi. Souvenez-vous bien Qu'un dîner réchauffé ne valut jamais rien, boil. Lulr. 1. Tout est réchauffé Aux dîners d'Agathe: Au lieu de café Vite une sonate, bérang. Musique. \\ %' Fig. Qui, comme un plat réchauffé, a perdu le mérite de l'apprêt récent. Voilà Châtillon que j'exhorte de vous faire un impromptu sur-lechamp; il me demande huit jours, et je l'assure déjà qu'il ne sera que réchauffé, sêv. 23 déc. 46li. L'ancien conte réchauff.>, volt. Dict. phil. Sottise des deux parts. La préférence de l'état sauvage sur l'état civilisé, n'est qu'une vieille querelle réchauffée, DiDER. Claude ei Nér. 1, 66. ||3° S. m. Une chose réchauffée. Ce dîné n'est que du réchauffé. Il Fig. et familièrement. Le maréchal de Montrevel avait imaginé d'imiter le feu maréchal de la Feuillade, et de donner à Bordeaux le vieux réihaufféde la statue et de la place des Victoires, st-sim. 383, 271. Votre religion [le mahométismc], quoiqu'elle ait de bonnes choses, n'est d'ailleurs qu'un réchauffé du judaïsme, volt. Dict. phil. Raison. Le réchauffé n'est jamais bien reçu? id. Lett. d'Aryental, a mars 1772. || C'est du récbaufté, se dit

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commiinément d'une allégation, accusation, épigramme, etc. qu'on ressuscite après oubli.

RÊCllAUFFEMENT(ré-chô-fe-man),ï. m. 111° Action d'échauffer de nouveau. .l'étais dégoûtée du réchauffement [de l'eau de Vichy, à Paris) avec de méchants fagots, sÉv. 2b sept. <687. J'ai trouvé constamment que les surfaces non polies qui facilitent le refroidissement d'un corps chaud, facilitent aussi, et même également, son réchauffement quand il est froid, bumfobd, Inst, Mém. scienct t. VI, p. 83. Il 4" En jardinage , fumier neuf qu'on met dans les couches refroidies pour les réchauffer.

— HiST. XVI' s. Réchauffement, cotgrwe.

— KTYM. Réchauffer.

RlîCHAOFl'ER (ré-chô-fé), e. a. || 1° Chauffer ce qui était refroidi. Et, sans considérer qte\ sera le loyer D'une action de ce mérite, 11 l'élend [le serpent engourdi de froid] le long du foyer, Le réchauffe, le ressuscite, la font. Pabl. vi, I3. On les fait réchauffer [les eaui de Vichy] dans le puits le plus bouillant de ceux qui sont ici [à Bourbon], siîv. 25 sept. (687. La mère les mène avec la même sollicitude que la poule mène ses poussins, elle les récliauffe sous ses ailes.... buff. Ois. t. m, p. 202. Il Kig. Vous animez le médisant [en l'écoutant], vous réchauffez le serpent qui pique, afin qu'il pique plus sûrement, fléch. Vauphine. Quels hommes que ces missionnaires qui réchauffèrent de leur sang les sillons glacés de la nouvelle, France! chateaObb. Génie, iv, iv, 8. || Fig. C'est un serpent que j'ai réchauffé dans mon sein, c'est un ingrat qui tourne contre moi mes propres bienfaits. Il 2" Il se dit quelquefois simplement pour échauffer.... quand l'aquilon nous souffle la froidure, Ces chênes, ces ormeaux, dont les feuillages verts Rafraîchissaient l'été, réchauffent nos hivers, DELiLLE, Trois règu. i. \\ 8» Fig. Exciter la chaleur de cœur Réchauffez un cœur glacé sous la jalousie, remuer toutes ces fausses imaginations, sÉv. (7 juin. 4680. J'irai, Seigneur, dans vos temples Réchaufferpar mes exemples Les mortels les plus glacés, j. B. Bouss. Odes, 1, 40. Il Exciter le zèle. Ses amis s'étaient refroidis, mais cette bonne nouvelle les a réchauffés ]| Ranimer, en pariant de sentiments. Cela est divin et réchauffe la foi, sév. 64 4. MmedeCoulanges.... se propose de jouir cet hiver de votre voisinage et de réchauffer votre ancienne amitié, id. à Mme de Grignan, 13 oct. 4680. Ce discours, que soutient l'embonpoint du visage. Rétablit l'appétit, réchauffb le courage, boil. Lutr. iv. || Donrier une plus grande chaleur. Je suis au désespoir t}ue vous ayez eu Bajazet par d'autres que par moi.... je voulais vous envoyer la Champmesle poUr vous réchauffer la pièce , sév. 46 mars 4672. Et tous ces lieux communs de morale lubrique Que LuUi réchauffa des sons de sa musique, boil. Sot. x. Il 4° Terme de manège. Réchauffer un cheval, se servir des aides un peu vigoureusement, pour le rendre plus actif. || 6" Terme de jardinage. Réchauffer une couche, y mettre du fumier neuf. I| 6" Se réchauffer, v. rifl. Échauffer son corps, qui s'était refroidi. Il avait froid, il s'est réchauffé à courir. Il Fig. Reprendre une nouvelle vivacité. Le bourgeois du Mans se réchauffa pour la comédie, scarb. Rom. com 11, 47. Il n'y arien de plus vrai, que l'amitié se réchauffe quand on est dans les mêmes intérêts, sÉv. à Pompone, 4 4 oct. .4 661. Les dissensions [à Rome) se réchauffent par les prétentions du peuple, Boss. Hist. m, 7. Mes anciens amis, flattés de celte espèce de succès, se réchauffèrent pour moi, STAAL, Mém. t. III, p. 72. Dans un âge où le cœur a déjà perdu sa chaleur naturelle, celui de ce bon vieillard se réchauffa pour moi d'une façon qui surprit tout le monde, j. J. rohss. Confess. xu.

— HIST. XII* s. E pur ço tut adès chaudement se vesteit, Qu'il n'enchaïst [ne tombât] en mal par achaisun de freit, E que tost rechaufast quant batre se faiseit, Th. le mart. 4 6B. || xiif s. Diverses viandes reschauffées, buteb. 267. Bien m'avez reschaufée et moût bien repetle, Berte, lu. || xvi* s. Le duc fit rechauffer la batterie de neuf pièces (lour haster la capitulation, d'aub. Bist. n, 441. Les différences des salades selon leur saison, celle qui doibt eslre reschauffée, celle qui veult estre servie froide,

— ÊTVM. Be..., s,, ecn'»«fr6'' ■ wallon, rehddi; picard, récaufer; normand, recofer.

RÊCHAUFFOIR (ré-chô-foir), s. m. Fourneau qui sert à réchauffer les plats.

RECHAUSSÉ, ÉE (re-chô-sé, sée), par», /lassé de rechausser.

t RECHAUSSBMENT (re-chô-se-maii), ». m. Action de rechausser un arbre.

RECHAUSSER (re-chù-sé), V. a. || 1" Chausser de nouveau. Rechausser un enfant. || 2» Terme de jardinage. Amasser de la terre au pied d'une plante pour protéger et couvrir ses racines, lui donner |ilus de stajjllité, etc. On aurait l'attention de rechausser le pied du poirier avec de la bonne terre, leblond, [nstit. Mém. se. phys. et math. Sav. élr. t. i, p. B64. Il Amonceler de la terre autour des fouilles et des tiges d'une plante pour les attendrir et les faire blanchir. || 3" Terme d'architecture. Refaire le pied d'une vieille construction. Hechausser un mur. Il 4° Rechaus.ser une roue, ou une machine dentée, y remettre des dents. || Terme d'orfèvrerie. Pecliausser une pièce de métal, la rabattre pour la rendre plus épaisse. || Arrondir les moiceaux de lames d'or ou d'argent destinés à faire des espèces. || B° Se rechausser, V. réfl. Se chausser de nouveau.

— HIST. xui" s. Et tant estroit vt)us rechauciés, Que la robe souvent hauciés Por montrer vos pies as ribaus, la Rose, 9320. || xvi' s. Finalement, le tout est rechaussé, laissant sortir sur terre seulement deux œils ou bourgeons des greffes, o. de

— ÉTVM. 7?e..., et chausser; wallon, richdssi. tRECHAllSSOIR (re-chô-soir), s. m. Instrument

de monnayeur en forme de marteau de tonnelier, pour arrondir et rabattre les pointes des carreaux. RËCHE (rê-ch'), adj.\\f Âpre, rude au goût. Pomme, poire rêche. |] 2" Rude au toucher. Cette étoffe est rêche. || 3" Fig. et familièrement. Rétif, difficile à vivre. Il met plus d'énergie que de grâce dans ses discours, et je lui trouve même l'esprit un peu rêche, j. j. Houss. Hél. I, 4t.

— HIST. XIII' s. Ouex vins que ce soit, reech ou seur mère.... lAv. des viét. MO.

— ETYM. Picard, rèkc, âpre au goill; bourg, vin riache et var, vin rêche et vert ; de l'allem. resche, rosche, rude, cassant, d'après Diez; Scheler dit que dans le midi de l'Allemagne il a souvent entendu appliquer râsch ou ras à du fruit âpre au goût, au vin d'une saveur un peu acre.

t RECHERCHABLE (re-chèr-cha-bl') , adj. Digne d'être recherché. J'ai vécu.... quelque peu avec des gens à portraits et à portraits recherchables; je les ai tous vus avoir d'autres maximes [que de donner leurs portraits], J.J.ROUSS. Lelt.àRaguin, mars 4 763.

t RECHERCHANT, ANTE (re-chèr-chan, chan-t'), adj. Qui recherche. Je n'entends point que vous soyez de ces supérieures timides et trop recherchantes qui prennent ombrage de tout et que tout alarme, bourdal. Pensées, t. 11, p. 469. Je ne suis pas recherchant, il est vrai, et mon cœur est usé pour l'amitié, j. j. rquss. Lett. à Loremtey, «3 oct.

RECHERCHE (re-chèr-ch'), s. f.\\l° Action de rechercher pour trouver quelqu'un ou queliiue chose. Il ordonna la recherche des déserteurs. En- -voyer à la recherche des sources du Nil. Quelque recherche qu'ils en aient faite [des cinq propositions] . ils ne les y ont jamais trouvées [dans .lansénius], pÀsc. Prou. i. Il fit une recherche exacte de tous .ses parents, les traita avec distinction, et leur accorda des privilèges particuliers, bollin, Hist. anc. Œuvr. t. X, p. 99, dans pougens. J'entrevois mon destin; ces recherches cruelles Ne me découvriront que des horreurs nouvelles, volt. Œdipe, v, 2. La recherche de l'or qui le tient [l'Espagnol] courbé vers le pied des montagnes [en Amérique], raynal, Hist. phil. IX, 4 4 . il Fig. Action de rechercher pour se procurer des choses morales, intellectuelles. Nous ne cherchons jamais les choses , mais la recherche des choses, pasc. Pens. vi, 3i, édit. havet. L'âme s'appauvrit dans cette recherche des plaisirs, puisqu'en les poursuivant elle perd la raison, boss. la Vallière. Comment, avec une foi qui dans sa morale ne tend qu'au crucifiement de la chair, accorder une recherche perpétuelle des douceurs du monde? boubdal. Pensées, t. i, p. 232. Aussi sommes-nous témoins des soins infinis, de l'application continuelle, des études, des recherches, des fatigues d'un homme qui veut, par la voie du mérite, se signal îr dans sa profession et rendre son nom célèbre, in. 16. t. 11, p. 206. Prés de paraître devant le tribunal de sa justice [de Dieu|, elle se présenta souvent à celui de sa miséricorde, après une exacte recherche de ses actions et de ses pensées, FLÉcu. Dauphine. C'est un spectacle bien instructif pour un philosophe que celui que lui offrent les progrès de l'esprit humain dans la recherche des vérités de la nature, bonnet, Lett. div. Œuvr. t. xii, p. 53, dans POUGENS. Hï" Terme de couvreur et de paveur. Recherche de pavé, recherche de couverture, la réparation nui s'y fait en mettant de nouvelles ar-

doises ou de nouvelles pierres, à la place de celles qui manquent. || 3" Terme d'eaux et forêts. Opération par laquelle on s'assure des arbres qui manquent et qui doivent être remplacés. || 4° Enquête judiciaire. On no fit aucune recherche sur sa mort. La recherche de la paternité est interdite, Code Nap. art. 340. Il 5° Examen de la vie et des actions da quelqu'un. On fait la recherche de ma conduite. La recherche des faux nobles. Autrefois les traitants étaient sujets à recherche. Certains pécheurs croient qu'ils s'accommoderont bien avec Dieu, s'ils peuvent éviter la recherche et la justice des hommes, FLÉCH. t. m, p. 297. || 6° Il Se dit, surtout au pluriel, d'études sur quelques points de la science ou de l'érudition. Il s'agissait d'une longue recherche et d'une subtile discussion, et il possédait au souverain degré l'esprit de discussion et de recherche, fonten. Dodart. On se met presque toujours en trop grands frais pour les recherches qu'on a entreprises, et il y a peu de génies heureusement avares qui n'y fassent que la dépense absolument nécessaire, m. l'Hôpital. Un véritable savant prend de l'amour pour l'objet perpétuel de ses recherches, ID. Delisie. Si l'on veut des recherches historiques, Irouvera-t-on quelque chose de plus savant et du plus profond que les ouvrages- de du Cange? volt. Fragm. sur l'hist. xx. Aus.si n'ont-ils [les Romains] eu ni géomètre, ni astronome, ni physicien ; Varron, le seul savant que la République ait produit, s'est borné à des recherches d'érudition, condil. Hist. ■ anc. XI, 2. Sous Périclès, les recherches philosophiques furent sévèrement proscrites par les Athéniens, BARTiiÉL. Anach. Introd. part, ii, sect. 3. Il 7° Poursuite qu'un homme fait en vue d'éiiouser une femme. Si quelque intention le pressait pour Lucile, La recherche en pouvait être honnête et civile, MOL. leDép. m, s. Je sais qu'elle vous estime, et, autant que j'en puis juger, son cœur ne gémira pas de votre recherche, lesage, Diable boit. 4. Ma probité lui plut, elle l'a préférée Aux recherches, aux vœux de toute ma contrée, volt. Scythes, iv, 2. Il II se dit, dans un sens analogue, de l'empressement à se lier avec quelqu un. L'élévation de son propre génie, sa jeunesse, ses grands biens, le nombre et la flatterie de ses amis, la faveur du peuple, les recherches des'princes étrangers étaient de puissants séducteurs pour inspirer de l'ambition à un esprit encore plus modéré que le sien, hetz, Cnnjur. de Fiesque. || 8° Raffinement (ordinairement avec une idée de blâme). Vêtu avec une extrême recherche. Certains tyrans ont eu des recherches de cruauté. Ces expressions viendraient assez, et, sans recherche, sans étude, elles naîtraient, si j'ose le dire, sur nos lèvres, bocbdal. Pens. t. ii, p. &'. Kien n'est plus opposé à la véritable éloquence que l'emploi de ces pensées fines et la reclierclio de ces idées légères, déliées, sans consistance, et qui, comme la feuille du métal battu, ne prennent (le l'éclat qu'en perdant de la solidité, bufk. Disc, de réception. Leurs maisons particulières sont très , petites, et l'on n'y voit point la recherche de la magnificence, stael, Corinne, xi, 4. i| 9" Terme de musique. Espèce de fantaisie ou de prélude sur le clavecin ou l'orgue.

— HIST. xvi' s. Les bons poètes ont évité l'affectation et la recherche, mont, ii, I03. La recherche mesme des choses occultes est très plaisante, m. ii,

— ÊTYM. Voy. rechercher; Berry, ressarche, resserche; ital. rieerca.

RECHERCHÉ, ÊE (re-chèr-ché,chée), part, passé de rechercher. Il' 1° Cherché avec soin. Les secrets de la nature recherchés par les philosophes. Il 2' Qu'on désire d'obtenir. Les Cretois furent dans un étrange étonneraent de voir deux étrangers qui refusaient la royauté, recherchée par tant d'autres, fén. Tél. vi. || 3° Qu'on désire de fréquenter, d'attirer chez soi. Les habiles gens sont toujours lecherchés, mol Méd. m. lui, i, 6. Ce philosophe [Fontenelle] , si célèbre par son esprit, et si recherché pour ses agréments, sans vices et presque sans défauts, parce qu'il était sans chaleur et sans passion.... d'alemb. Lett. d Condorcet sur Mme Geoffrin. Le Devin de village acheva de me mettre à la mode, et bientôt il n'y eut pas d'homme plus recherché que moi dans Paris, J. J. souss. i'nnf. VIII. Jeune, aimable, recherché, vous êtes perdu pour le monde, qui vous regrette et que vous oubliez, OENLIS, Thédt. d'cduc. la Mère rivale, i, 4. Il II se dit des choses en un sens analogue. Avec cet appui, un auteur voit ses ouvrages recherches de tout le monde, comme des chefs-d'œuvre, boubdal. Pens. t I. p. S76. Il 4' On trouve dans c« livre

REC

des choses bien recbercliées, des passages bien recherchés, on y trouve des maliùres curieusement traitées, des citations peu communes, etc. || Ces expressions vieillissent. || 6° Terme de peinture, de sculpture, etc. Figure bien recherchée, figure bien travaillée jusque dans les moindres détails. || 6" Qui a du raffinement. I.orsqu'on fit souffrir à Damjens une mort des plus recherchées et des plus affreuses qu'on puisse imaginer, volt. Dial. xxiv, *. || 7° Il se dit des choses où le soin, l'art, le travail vont jusqu'à l'affectation. 11 faut e.xprimer ce qu'on a dossein de dire, .sans qu'il y ait rien de recherché; et l'on écrit toujours assez bien, lorsqu'on n'emploie que les termes qui se présentent naturellement, vau- GEL. Rém. not. Th. Corn. t. ii, p. »33, dans pougens. Fuyons les expressions trop recherchées, les termes durs ou forcés, et ne nous servons point de paroles plus grandes que les choses, la bochefouc. Ré/ïex. div. p. 12*, dans pougens. Il n'y a ni sentiments recherchés, ni aventure romanesque dans le quatrième livre de Virgile; il est tout naturel, et c'est l'eilort de l'esprit humain, volt. Brutvs, Disc. trag. \\ On le dit aussi en parlant des personnes. Écrivain recherché. Cet orateur est recherché. || S. m. Ce qui est empreint de recherche, d'afleclation. Évitez le recherché. Il 8° On appelle quelquefois en musique style recherché le style rigoureux, la composition régulièrement conforme aux lois du contrepoint et de la fugue, par opposition au style libre. Le quatuor de Beethoven Op. )3:) porte le titre de Grande fugue, tantôt libre, tantôt recherchée.

BECUERCHER (re-ch6r-ché), v. a. |( 1° Chercher de nouveau Je l'ai cherché et recherché. Ces superbes palais à qui elle donnait un éclat que vos yeux recherchent encore, boss. Duch. d'Orl. {\i' Revisiter, revoir. Je venais rechercher le passé qui n'était plus et qui ne pouvait renaître, J. l. Rouss. Conf. VI. Il 3"" Chercher avec soin. Je rechercherai ce passage dans Bossuet. Quelque haut qu'on puisse remonter pour rechercher dans les histoires les exemples des grandes mutations, BOSS. Reine d'Anglet. Pour rechercher cette vérité jusque dans sa

, source, id. Sermons, Jubilé, pénitence, t. Il y a souvent quelque affection des vivants aux morts, qui va les rechercher dans le tombeau même, id. Panég. St Franc, de Paule, t. N'avons-nous pas bonne grâce alors de dire à Dieu : Seigneur, détournez de nous les tentations.... et Dieu n'a-t-il pas droit de nous répondre : Pourquoi donc les recherchez-vous volontairement? bouhdal. Pensées, t. II, p. 82. Mais Gengis, après tout, dans sa grandeur altière.... Ne recherchera point un enfant ignoré, volt. Orphel. v, i. Sans rechercher si cette nation [les abellle,s] vit sous les lois d'une prétendue reine.... id. Mél. liit. à M. Dupont. Rechercl'.e qui voudra ces portraits de la figure, de l'esprit, du cœur de ceux qui ont joué Iss premiers rôles sur les théâtres du monde, id. Suppl. au siècle de Louis XIV, i' fdiTl.X rechercher le vrai j'ai consumé la vie, ID. Dial. Pég. et vieillard. || 4° Faire enquête des aciions ou de la vie de quelqu'un. Ceax qui recherchaient ma vie passée, tLÉCH; Sermons, jour des rois. On rechercha sa conduHe, on trouva qu'il avait fait de la fausse monnaie dans ses terres, VOLT, llist. pari. vu. || Faire enquête pour exercer des poursuites criminelles. C'est faire comme un criminel qui n'attendrait ni la gêne ni l'interrogation pour découvrir le mal dont on ne le rechercherait pas, BALz. liv. ii,lett. t. Il avait stipulé en se retirant, qu'il ne serait recherché d'aucune chose, ni obligé de rendre compte, d'ablanc. Tacite, Annales, XIII, (4. M. le prince de Conti, les princes, ducs, et tous ceux qui, sans exception, ont pris

■ 'es armes, n'en pourront être recherchés sous quelque prétexte que ce puisse être, ketz, lllém. t. I, liv. II, p. 438, dans pougens. Ceux-ci [les conseillers du prince] peuvent être recherchés et punis, MONTESQ. Esp. XI, 6. On [Richelieu, poursuivant les partisans de la reine mère] rechercha jusqu'à des médecins et des tireurs d'horoscopes qui avaient dit que le roi n'avait pas longtemps à vivre, volt. SIteurs, 176. Tibère lisait les libelles, y répondait dans le sénat, et n'en recherchait pas les auteurs, dideh. Claude et Hér. i, H6. Le code des Bavarois ordonne que, si l'on a tué un homme par ordre du roi ou du duc, on ne soit point recherché, naudet, Inst. Mém. inscr. et belles-lett. t. viii, p. 50i.||Fig. Il [Dieu) ne recherche point, aveugle en sa colère. Sur le fils qui le craint, l'impiété du père, rac. Àthal. I, 2. Il 11 se disait des poursuites exercées contre les traitants pour les contraindre à faire des restitutions On rechercha les partisans, dont on tira beaucoup d'argent ; M.Betan fut un des plus recherchés,

et il paya quatre cent mille francs) la paY. Xém. C'nur de France, Œuv. t. m , p. s , dans pougens. Il 6° Tâcher de procurer, d'obtenir, d'effectuer. J'ai recherché leur gloire [des deux princes], et vous leur infamie, corn. Rodog. v, 4. Les rois qui recherchaient son alliance [de Home], uoss. Hixt. II, 2. Knfants des hommes, que vous êtes vains, en recherchant, comme vous faites, la vanité ! bourdal. Pensées, t. ii, p. 203. Alors le noble altier, pressé de l'indigence, Humblement du faquin rechercha l'alliance, boil. Sat. v. Je [la puce] me repais de sang, et je trouve ma vie Dans les bras de celui qui recherche ma mort, id. Poés. div. xxiv. César écrivit plusieurs fois au sénat avec beaucoup de modération et comme pour rechercher la paix, vertot, Révol. rom. xui, p. U59. Les estampes des batailles d'Alexandre [par Lebrun] sont plus recherchées que celles des batailles de Constantin par Raphaël et par Jules Romain, volt. Temple du Goût. Je n'ai [loint, recherché le trône et la grandeur, in. Zaïre, m, 6. Je ne recherche point une vertu plus rare, m. M. de César, il, l. Ouel*iues-uns exercent les arts mécaniques avec tant de succès, qu'on recherche partout les clefs, les lits, les tables et les chaises qui se fout à Lacédémone, earthél. Anach. ch. 95. Du mont Cilhéron vous recherchiez les ombres, M. J. chén. Œdipe roi, iv, 4. Il redoutait trop cet entretien pour le rechercher avec empressement, genlis, Voeux témér. t. m, p. 24o, dans pougens. || Rechercher avec de et un infinitif. Les peuples les plus fiers du Couchant et du Nord Ou sont alliés d'elle [la France], ou recherchent de l'être, MALH. VI, 2«. il a fallu que vous ayez recherché de faire condamner Jansenius sans l'expliquer.... PASC. Prov. XVII. Tous les hommes recherchent d'être heureux, id. Pens. viii, 2, éd. havet. || 6° Désirer de voir ou de connaître quelqu'un, de l'entendre, de se lier avec lui ; prévenir. Dans le dessein qu'il [Julien l'apostat] avait de susciter de tous côtés des ennemis aux chrétiens, il s'abaissa jusqu'à rechercher les Juifs, qui étaient le rebut du inonde, BOSs. Hist. H, 9. Dieu a abandonné les Juifs; mais n'avait-il pas auparavant reclierché mille fois cette ingrate nation, et n'avait- il pas employé pour vaincre leur opiniâtreté..., boubdal. Pensées, t. i, p. 119. Le Parthe vous recherche et vous demande un gendre, rac. Mithr. m, i. Est-ce Euthycrate que vous abordez? aujourd'hui quelle glace pour vousl hier il vous recherchait, il vous caressait, la bhuy. XI. Elle était jolie et brillante ; il n'en faut pas tant dans le monde pour être rechercliée, duclos, Œuv. t.,viii, p. 51. Il savait que l'avantage d'être recherché avec empressement jusqu'à la fin est le privilège d'un petit nombre d'hommes rares, d'alemb. Éloges, Terrasson. \\ On dit dans un sens analogue : rechercher la table, la maison de quelqu'un. Dont la table ne laissait pas d'être recherchée à cause de la bonne et sûre compagnie qui s'y trouvait, j.j. bouss. Confess. vu. jl Rechercher dé paix iiuelqu'un, s'est dit pour entamer des négociations de paix avec quelqu'un. Quelle merveille donc s'il [Darius] recherche de paix un prince [Alexandre]^ qui lui témoigne tant de bienveillance I vaugel. Q. C. iv, M. Il 7" Rechercher en mariage, ou, simplement, rechercher une femme, faire les poursuites nécessaires pour l'épouser. Et moi, je vous dis que je suis ré.solu de me marier, et que je ne serai' point ridicule en épousant la fille que je recherche, MOL. IHar. forcé, 2. Achille, à qui le ciel promet tant de miracles. Recherche voire fille, et d'un hymen si beau Veut dans Troie embrasée allumer le flambeau, rac. Iphig. i, i. Il ne sait s'il doit la donner [sa fille] à un jeune procureur qui la recherche, ou bien à un fier hidalgo qui la demande, LESAGE, Diable boit. n. || 11 s'est dit, par ironie, de femmes qui veulent èjiouser un/ homme. Pourrat-il suffire à tant d'héritières qui le recherchent? LA BRUY. VII. Il 8° Terme d'art. Réparer avec soin les moindres défauts d'un ouvrage. || Terme de sculpture et de ciselure. Rechercher toutes les parties d'une figure, apporter tout le soin possible à les perfectionner. || 9° Terme de manège. Rechercher un cheval, animer un cheval, redoubler d'action sur lui. Il Reclieicher la longe, presser le cheval en dehors autant que la longe le permet, pour faire marcher au large ou en cercle. || 10° Se rechercher, V. réfl. Avoir le désir de se connaître l'un l'autre. Les hommes se recherchent quelquefois avec empressement. Il Vouloir se marier l'un avec l'autre Deux pauvres jeunes gens se recherchent, il aide à les marier, j. J. rouss. Ém. v. || Il se dit des animaux, à l'époque des amours. Les ours se recherchent en automne; la femelle est, dit-on, plus ar-

REC

dente que le mâle, bui'p. Quadrup. t. m, p. 29.

il 11' Apporter de la reclierché à sa parure, à son langage, à sa manière de vivre. Leur son de voix et leurs démarches sont empruntés : elles se composent, elles se recherchent, regardent dans un miroir si elles s'éloignent assez de leur naturel : ce n'est pas sans peine qu'elles plaisent moins, la bruy. m. Comme nous sommes pleins d'amour-propre, il nous arrive presque toujours de nous rechercher nous-mêmes dans la vertu, c'est-à-dire de consul.er plus un certain goiit sensible qui nous rappelle à Dieu, que la justice de sa loi et des vérités de la vie éternelle,' MASS. J'rnfess. relig. ii. On prétend que les Persanes se recherchent encore plus sur la propreté que les Turques, bufp. Hist. not. hom. Œuv. t. v, p. 101.

— HIST. XI* s. Rolant s'en torne, le champ [il] vait recercer [chercher de nouveau dans le champ], Cil. de Riil. cLxi. Il XVI* s. Poinctes ingénieuses, mais recherchées de loing et fantasques, mont, i, .183. Je ne les recerche [les livres] qu'au default de ces kultres commoditez plus réelles, m. m, 28'/. C'estoit desja un très grand salaire à une femme ambitieuse et supetbe, comme estoit celle là, que l'on la veist requise et recherchée d'un tel personnage que Lucullus, amyot, Lucul. xii. Qu'il falloit qu'il [Pyrrhus] sortist premièrement de l'Italie, et puis qu'alors il les envoyast rechercher de paix, iD. Pyrrh. xl.

— ÉTYM. Re..., et c/ierc/ier ; bourg, recharchai; ital. ricercare.

} RECHERCHEUR (re-chèr-cheur), î. m. || 1* Celui qui fait des recherches. j| 2" Voltaire l'a dit pour inquisiteur : Les rechercheui's attendirent la nuit; car ils sont poltrons, volt. Babyl. 11.113" Ouvrier qui voiture, au fourneau du briquetier, tout ce qui entre dans la construction de ce fourneau.

— HIST. XVI* s. Gentilhomme de profondissime sçavoir et grand rechercheur des antiquités, cabl.

t RECHIFFRER (re-chi-fré), 't!. n. Chiffrer de nouveau.

— HIST. XVI* s. Toutes fois ne laissèrent encore depuis de calculer et recalculer, chiffrer, rechiffrer.... FH0UMENTEAU, Finances, \" liv. p. i43.

RECHIGNÉ, ÉE (re-chi-gné, gnée), part, passé de rechigner. Qui a l'air maussade. 'Trois vieilles rechignées Vinrent à pas compté.!.... fiégnier, Sat. XI. De petits monstres fort hideux, R'ichignés, un air triste, une voix de Mégère [les enfantsdu hibou], LA font. Fabl. v, 18. Comme si, condamnée à ne plus rien chérir, La vieillesse devait ne songer qu'à mourir. Et d'assez de laideur n'est pas accompagnée. Sans se tenir encor malpropre et rechignée, mol. Éc. des maris, i, i. Vous avez donc eu peur de ces pauvres petites diablesses de chouettes noires [c'était une mode de ce temps-là]; je m'en doutai, et j'en ris en moi-même; vous trouvez qu'elles ont l'air triste; mais au moins elles ne sont pas rechignées.... SÉv. 14. Il Substantivement. Car je veux que ce rechigné. Avec son grouin refrogné.... scarb. Poés. div. Œuv t. vu, p. 153, dans pougens. || On dit de même : un visage rechigné. La mère de Pélops, petite mine rechignée, pider. Salon de 1767, Œuv. t. XV, p. 21, dans pougens.

— SYN. rechigné, refrognê. Rechigné exprime un mouvement des lèvres qui rend la face maussade ; refrogné, un mouvement du front qui se plisse et qui exprime la mauvaise humeur ou la tristesse.

t RECUIGNEMENT (re-chi gne-man), s. m. Action de rechigner. Les réprimandes impertinentes qu'il [M. le Tellier] faisait ,de temps en temps avec un rechignement.... st-sim. 3, ii4.

— HlST. XV* s. A appelle dudit refuz et reschignoment, Aresta amornm, p. 253, dans lacurne.

RECHIGNER (re-chi-gné), ». îi. Terme familier. Donner des marques de refus, de dégoût, d'aversion, par une grimace qui porte principalement sur la lèvre. Qui toujours rechignait et reprenait toujours, Régnier, Sal. v. Le malheureux.... Mange [un ail] et rechigne ainsi que fait un chat Dont les morceau'it sont trottes de moutarde, la pont. Paysan. Son vieux père Dignant Semble accorder sa (iUe en rechignant ; Et cette fille, avant d'être ma femme. Paraît aussi rechigner dans son âme, volt. Droit du seigneur, i, i. Après le déjeuner, je me hâtais d'écrire en rechignant quelques malheureuses lettres, J. J. rouss. Confess. xii. || Rechigner à. Il rechignait à faire cela. Rechigner à une proposition. Qui nous flattait amant, nous rechigne mari; Le flambeau d'hyménée amortit bien sa flamme; La plus belle maîtresse est une laide femme, th. corn. D. Bertr. de Cignral, i, l. || On dit aussi : reclii-

BEC

RÉC

RÉC

jrner de, avpo un infinitif. Quand on m'offrait quel que place ville cian« une voiture, ou que quelqu'un m'accostait en route, je rechignais de voir renverser la fortune dont je bâtissais l'édifice en marchant, I. }. HOiiss. Confess. iv. || Ternie de jardinage. Se dit des plantes et des arbres qui languissent, qui ne poussent pa.s vigonreusement. || Il se conjugue afec l'auxiliaire avoir.

— HIST. XII' s. Et par la grant angoisse louz les dens requigner, Ronc. p. 20o. |[xiii* s. Et Ysengrin escout la teste Et rechine et fait lede chiere, lien. 4(0t. Forment se prist à airier, Durement recinne et se lievc, ib. 17287. Car quant ge vous voil embracier Por besier et por solacier, Et sui plus forment eschaufés. Vous rechigniés comme maufés, la Rose, 9132. Il XIV* s. Qu,^nte3 dames est Jl mainteriant qui le feissent, ne qui vesquissent si paisiblement que, quand l'une l'aroit, l'autre n'en rechignast et murmurast? Ménagier, i, 5. Son mary la commença à blasmer et rechignier, en lui disant que ce n'estoit pas fait de femme de bien, de laisser son hostel àtelle heure, dd cange, rechinus. || xv" s. Ne soyez fel ne orgueillieux, Ne rechinant, ne pareceux; Parlez pou, mes [mais] bones paroles, J/ir. de Ste Genev. pui songe en vin ou vigne, Est un présage heureux; Le vin à qui reschigne Kent le cueur tout joyeux, basseun, xviii. || xvi* s. 11 estoit rechigné, hargneux et .solitaire, bons. 899. Pensezvous que les vers de Catulle ou de Sappho rient à un vieillard avaricieux et rechigné? mont, u, :i'ii. En noslre siècle, elles (les femmes] reservent plus communément leurs bons offices et la véhémence de leur affection, envers leurs maris perdus.... leur rechigner [chagrin] est odieux aux vivants, et vain aux morts, m m, «77.

— ÉTYM. Buuiguig. rechigné, grincer (et rechigné bé for dé dan, mignabd, p. *66) ; Berry, rechigner, relever la lèvre supérieure en ipontranl les dents; provenç. rechinar , rechinhar; espagii, rechinar. Diez le rattache à rêche; cette étymologie va assez bien au sens moderne, mais elle ne va pas au sens ancien qui est montrer les dents. Rechigner paraît formé de re, et chigner ou guigner, répondant à l'italien gkignare, qui signifie sourire avec malice, et dérivant du vieux haut allemand kînan, ou chtnan, sourlie. De là vient ie sens de relever la lèvre, détourné ensuite à celui d'une grimace maussade. Il y a un autre rechigner, plus souvent rechaner, qui signifia crier, faire entendre un bruit, un son ; que le mot doive être décomposé en re et chigner, cela est prouvé par celte glose : gannioriem, chinur , scHaLEB, Leiicogr. latine, p. 126. Scheler, qui l'a trouvée, pense que ce chigner répond au latin catiis, chien.

■f RECHINSER (re-chin-sé), v. a. Terme de métier. Laver la laine dans l'eau claire.

— ÉTYM. Bas-lat. recincerare, resincerare, de re, et sincerus (voy. sincère) : faire de nouveau pur, entier.

RECUOIB (re-choir), ». n. Terme vieilli, qui n'est guère usité qu'à l'infinitif et au participe passé rechu; il se conjugue comme choir. Tomber de nouveau. Il Fig. Retomber dans une même maladie ou dans une même faute.

— HIST. XV' s. Pour cette fois, il vous est pardonné; mais de recheoir gardez-vous, louis xi, Noiiv. Lxv. Il XVI' s. Pour exhorter seulement les pénitents de ne reclioir aux mesmes fautes desquelles ils avoyent esté délivrez, calv. Inst. 484. Le mur, en estant brusquement enlevé [par l'explosion d'une mine) hors de terre, recheut toutes fois tout empenné si droict dans son fondement, que les assiégez n'en vaulsirent pas moins, mont, i, ib*.

— KTVM. fie..., et choir.

BF.C.UU, CHUE {re-cbu, chue), part, passé de rechoir.

RECHUTE (re-chu-f), s. f. || 1° Seconde ou nouvelle chute. Dans l'obscurité ils firent des chutes et des rechutes. Il 2° Réapparition d'une maladie pendant ou peu après la convalescence. Il y a des rechutes dans les maladies de l'àme comme dans celles du corps, la rochefgi'c. Max. hi3. Ces rechute», ces agonies fréquentes ne servaient- elles pas à Mme de Mohtausier comme d'apprentissage à bien mourir? fléch. Vuçh. de Mont. La rechute, dit-on, est pire que le mal, th. cobn. Gai. avublé, iv, t. Une détermination précise du nombre respectif des guérisons et des rechutes (dans la' folie), pinel, Irist. Mém. scienc. 1807, (" sem. p. 18k.|| Fièvre i rechut», sorte de typhus qui parait originaire de l'Inde, qui se caractérise par une inteimission -ers le 6' ou 8' jour, et qui se distingue des afl'ectioiis paludéennes par la contagiosité. j| 8° Retour au

péché. Je m'assure que cette décision du P. Bauny soulage encore bien la honte qu'on a de confesser ses rechutes, pasc. Prov. xix. La rechute ordinaire et habituelle dans le péché rend la pénitence passée infiniment suspecte, hourhal. Sem. IH' dim. après la l'enlec. Domin. t. iv, p. 9k. Les crimes où ils tomlient ensuite ne sont pas des rechutes, mais la continuation des mêmes désordres, hass. Carême, Pâques. Il 4° Retour à une ancienne habitude, àun ancien sentiment. Tant sur ce point mes vers font de rechutes ! la pont. Lun. Peu s'en fallut que Mlle d'Hamilton ne lui causât une rechute de tendresse, ha- MiLT. Gramm. ix.

— HIST. XVI' s. Il craignoit fort une recheute pire que la maladie, desper. Contes, cvi. De mon premier accez je me suis peu fpuj guarir, Mais je n'espère plus cet autre secourir: Car, las ! presque toujours la r'encheute est mortelle, desportes, ylmrmrs d Ifippolyte, 7. Plusieurs recheutes de peste qui la tormenterenl [Athènes], mont, i, 392.

— KTVM. Ile...., et chute.

t RECHUTER (re-chii-té), e. n. Redevenir malade par une rechute. Il se mit à travailler avant d'être guéri, ce qui le fit rechuter, g. sand, François le Champi.

— HIST. XVI' s. Recheuter, cotgrave.

— KTYM. Rechute. .

t BfiCIOIBOU (ré-si-di-bou), s. m. Citerne dans une savonnerie.

t RÉCIDIVATION (ré-si-di-va- sion), s. f. Action de récidiver.

— HIST. xvi* s. Un pécheur qui a fait pénitence de plusieurs péchés et est en grâce, puis par recidivation pert ceste grâce en retournant de rectief à commettre péché, les Triomphes de la noble dame, f° 3i3, dans lacurne.

RfXIDIVE (ré-si-di-v'), s. f. || 1° Terme de médecine. Réapparition d'une maladie après le rétablissement complet delà santé, au bout d'un laps de temps indéfini qui quelquefois se compte par années. La récidive d'une tumeur qui avait été extirpée. Il 2' Action de retomber en la même faute, le même délit, le même crime, yu'il ne serait permis de railler Homère deux fois, et qu'on ne permettrait point la récidive, font. Jugement de Plut. Les nouveaux traits contre Louis XIV, répandus dans le discours sur la polysynodie, étaient regardés comme une récidive, et comme un oubli impardonnable du repentir que l'ab! é de Saint-Piprie avait paru témoigner dans la précédente accusaiion, d'alemd. Éloges, l'Ab. de S t Pierre, note *!>. Le châtiment d'une faute s'accroîtra par les récidives, ratnal, Uist.phil. 1,8. Des peiïies de la récidive pour crimes et délits : Quicoiijue, ayant été condamné à une peine afllictive ou infamante, aura commis un second crime.... Code pénal, liv, i, ch. 4. || 3" Par analogie, faute d'action ou de langage oil l'on retombe. De pas mis avec rien tu lais' la récidive ; Et c'est, comme on t'a dit, trop d'une négative, MOL. Femm. sav. ii, e. Elles craignaient avec raison qu'après les avoir surprises la nuit dernière, il Jie leur sût mauvais gré de la récidive, lesage, Diabl. boit. 6.

— HlST. XVI* s. Ils [des gens alTectés de hernie, de maigres devenus gras] ont laissé de porter le brayer sans aucune récidive, paré, vi, 4 5.

— KTVM. Lat. recidivus, sujet à retomber, de re, et cadere, tomber (voy. choir).

RÉCIDIVÉ, ÉE (ré-si-di-vé, vée), part, passé de récidiver. || 1" Qui a repiru, en parlant d'une maladie. Un cancer récidivé. || 2" Oui est retombé dans une même faute. Les criminels récidives, et, substantivement , les récidives.

RÉCIDIVER (ré-si-di-vé), v. n. \\ 1° Terme de médecine. Avoir une récidive, reparaître. La tumeur récidiv-era. Il 2° Faire une récidive, comiiiettre de nouvea» le même délit, le même crime. Ceux qui récidivent sans qu'on y voie aucun amendement, PASC. Prov. X. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on veut marquer l'acte : La maladie a récidivé;. avec l'auxiliaire être, quand on veut marquer l'état : La tumeur est récidivée.

— HIST. XVI' s. Par telle opération plusieurs ont receu guarison ; autres sont récidives, parë, vi, 17. Autrement la playe ne se pourroit jamais reprendre, ains recidiveroit, lo. vu, 6.

— ÉTYM. Récidive.

t RÉCIDIVISTE (ré-si-di-vi st"), s. m. Celui qui, après avoir été condamné pour un délit ou crime, commet le même délit, le même crime.

t RÉCIDIVITÉ (ré-si-di-vi-té), s. /-. || 1» Néologisme, l'eruie de médecine. U se dit de la tendance qu'ont certaines tumeurs à récidiver, à repulluler.

Il 8" Tendance à tomber en récidive, en parlant des criminels. La récidivité donne la mesure approximative des tempéraments violents ou vicieux. Jour, de viédec. mentale, t. iv, p. B2, 18«4.

ItÉClF, RESCIF ou RESSIF (ré-sif), s. m. Chaîne de rochers à fleur d'eau. L'ours marin a une sorte d'all'reux rftiement tel que le bruit des ressifs où il cherche sa proie, ciiateaubh. Génie, i, v, 5 || Récifbarrière, bande de rochers madréporiques entourant une île de corail.

— ÉTYM. Esp. arrecife; portug. arrecifé, recife; de l'arabe, ar-racif ou ar-rectf, chaussée

t RECIMENTEH (re-si-man-té) , ti. o. Cimenter de nouveau.

— HIST. xiv s. Il est assavoir que en toutes les naves [d'une église], les basses vostes [voûtes] sont à recimenter, Bibl. des chartes, 6« série, t. m, p. 226.

— ÉTYM. ne..., et cimenter.

RÉCIPÉ ( i;si-pé) , s. m. Il 1° Mot latin qui signifie prenez, et jjar lequel le médecin commence une formule. Ce mot s'écrit ordinairement en abrégé par un R dont la seconde jambe est barrée, nj. Il 2° Ordonnance ou formule médicale indiquant le remède que doit prendre un malade. || Fig. et fami lièrement. Mais enfin, c'est un mal dont vous ne guérirez Que par le récipé d'un hymen salutaire, KEONknD, le Distr. m, i.||3°Par extension, toute sorte de recettes et de formules de remèdes. Ce mal S'obstine aux récipés et ne se veut guérir,

RI-GNIEB, Sat. XV.

— HIST. XV' S. Et jaçoit ce qu'il eust de coutume

de bailler à plusieurs un recip'; par e.scrit, toutefois il se fia bien de tant en la religieuse, que de bouche lui diroit ce qu'avoit à faire, Loois xi, Nour. xxi. Il xvi' s. Ostez le baz de R, vous ferez D, et ainsi au lieu de recipe [reçois], nous aurons decipe [déçois], choliKbes, Cont.t. i, matin, ii, p. 63, verso, dans POUGENS. Un recpé [récépissé] est une obliga-

tinUj LEBOUX DE LlNCY, PrOV. t. II, p. 147.

— ÉTYM. Lat. recipe, i;eçois, prends, impémtif de recipere, recevoir (voy. ce mot).

t RËCIPIANGLE (ré-si-pi-an-gl'),*. m. Terme de géométrie. Instrument pour mesurer les angles des solides.

— ÉTYM. Lat. recipere, prendre (voy. recevoir), et angle.

RÉCIPIENDAIRE (ré-si-pi-an-dê-r'), *. m. CeliM que lion reçoit dans quelque compagnie avec une certaine solennité. Le récipiendaire (à l'Académlç française] ayant assuré que son prédécesseur était un grand homme.... volt. Dict. phil. Société royale.

— ÉTYM. I.at. fictifj recipiendarius, de recipiendus, devant être reçu, de recipere, recevoir (voy. rfcbvoir).

RÉCIPIENT (ré-si-pi-an), s. m. \\ 1° Vase adapté à la cornue ou à l'alambic, pour recevoir les gaz qui s'échappent, ou les liquides qu'on distille. || Récipient florentin, récipient qu'on emploie pour la distillation des essences plus légères que l'eau. Il 2" Cloclie de verre qu'on place sur le plateau d'une machine pneumatique, et où l'on renferme les corps que l'on veut mettre dans le vide.

— HIST. XVI' s. Le recipiant ou contenant d'un alambic. — L'on pourra bien fairede verre le recipiant (qu'aucuns appellent aussi corps), o. UE sebres, 889.

— ÉTYM. Lat. recipientem, recevant, participe présent de recipere, recevoir (voy. recevoir).

t UÉCIPROCATION ( ré-si pro-ka-sion ) , s. f. Il 1° Action par laquelle on reçoit la pareille. La réciprocation d'idées dont on parle ne se trouve point dans la pratique des thèmes, humars. Œuv. t. i, p. 128. Il 2* Ancien terme de physique. Réciprocation du pendule, mouvements que certains philosophes croyaient être communiqués au pendule par le mouvement de la terre.

— HIST. xvi' s. Ce débat là ne sentiroit pas sa reciprocalion de remontrance, mais plulo-st son coeur félon, qui ne pourroit supporter qu'on luy feist aucune remonstrance, amyot, Comm, discern. le flatt. ,68.

— ÉTYM. Lat. reciprocationem (voy. réciproque).

RÉCIPROCITÉ (ré-si-pro-si-té), s. f. Qualité, caractère de ce qui est réciproque. La réciprocité des bons offices. Nous sommes, en quelque sorie, forcés d'admettre cette réciprocité d'action, puisque le rappel d'une sensation par une sensation d'espèce différente est un fait que l'expérience atteste, bon- NKT, Ess. anal âme, 8. Il s'agit d'un beau cheval, en r|ui les lois physiques qui règlent ses mouvements, les réciprocités, les alternatives, l'harmonie, l'unité d'action soient observées dans tous leurs avaplages, falconet, (Muv. div. t. m, p. oa. || En termes de grammaire, la réciprocité exprime que

RÉC

RÊC

RÉC

plusieurs sujets eiercent l'action les uns sur les autres.

— ÉTYM. Lat. reciprocitatem^ de reciprocus (voy.

Rf.C!PROQUE).

t RÉCIPROQUANT (ré-si - pro- kan), adj. m. Terme de chemin de fer. Se dit d'un système do traction employé sur les plans inclinés automoteurs. Ce nom provient de ce que les convois agissent réciproquement l'un sur l'autre pour monter et descendre.

RÉCIPROQUE (ré-si-pro-k'), adj. || 1° Proprement, alternatif, qui va en sens inverse. {| Vers réciproques, se dit des vers latins qu'on peut lire en commençant par le dernier mot, sans que la mesure et le sens soient détruits. || 2° Terme de logique. Propositions réciproques, deux propositions telles que le sujet de l'un peut devenir l'attribut de l'autre, et l'attribut de l'une le sujet de l'autre; ou, autrement, propositions réciproques, se dit de deux propositions qui sont telles que chacune d'elles se déduit de l'autre comme conséquence nécessaire. Il S. f. La réciproque, l'inver.se d'une proposition démontrée. La réciproque est vraie, n'est pas vraie. Démontrer la réciproque. || 3° Termes réciproques, termes qui ont la même signification, et qui se peuvent prendre l'un pour l'autre, par exemple homme et animal raisonnable. Il 4" Ternie de mathématique. Figures réciproques, cellesdont les côtés se peuvent comparer de manière que l'antécédent d'une raison et le conséquent de l'autre se trouvent dans fa même figure. || 11 se dit aussi pour inverse. La gravitation s'exerce en raison réciproqueducarré de la distance. De là il suitque, les carrés des moyens mouvements étant réciproques aux cubes de ces axes, si le mouvement de Saturnese ralentit par l'action de Jupiter, celui de Jupiter'doit s'accélérer par l'action de Saturne, laplace, Exp. iv, 3. || 5° Qui se communique de l'un à l'autre, mutuel. Et ces torrents volants, ces fleuves suspendus |les nuages] Par un choc réciproque et crevés et fondus, brêb. Phars. IV. [Dans les ouvrages départi] Les faits y sont déguisés, les raisons réciproques n'y sont point rapportées dans toute leur force, ni avec une entière exactitude, la bruy. i. Le roi, le sénat et le peuple étaient, pour ainsi dire, dans une dépendance réciproque; et il résultait de cette mutuelle dépendance un é(|uilibre d'autorité qui modérait celle du prince, vertot, Révol. rom. i, p. 26. Il y avait entre elle [Mme -des Ursins] et cette princesse [la reine d'KspagneJ une amitié fondée sur ce besoin d'une confiance réciproque, qui rend si souvent les femmes nécessaires les unes aux autres, VOLT. Nél litt. Ohserv. sur les mém. de Noailies. Il S. m. Terme familier. Le réciproque, la pareille. Adieu, mon adorable petite sœur que j'aime avec toute la tendresse dont je suis capable.... je ne sais pourquoi vous me quittez du réciproque ; il me semble que vous devriez être contente de ce que je sens pour vous, CH. de sév. à Uine de Grignan, dans SÉV. a nov. (676. Mme de Castries était ausii glorieuse pourson mari que pour elle; elle en recevait le réciproque et toutes sortes d'égards et de respects, st-sim. 42, 263. || 6° Terme de gianimaire. Verbes réciproques, verbes qui expriment l'action mutuelle de plusieurs sujets les uns sur les autres. Ils se frappent. || Duclos l'a pris au sens de verbe réfléchi : Il y en a un [verbe] qu'on nomme réciproque, c'est-à-dire qui rentre dans lui-même : Pierre s'aime, Caton s'est tué, Œuvr. t. ix, p. 88.

— HIST. XV* s. Quand ils furent approchés des Sarrasins, de beau traict les saluèrent, et au réciproque les Safrasins eux, Boueiq. li, 20. || xvi» s. Il y avoit eu entre eulx [César et Pompée] une si longue intelligence et société... tant d'otflces réciproques et d'alliances.... mont, i, 268.

— ÉTYM. Proveiiç. reciproc; du lat. reciprocus, que Corssen (NaclUr. p. 137) explique comme un composé de reçus (de re) et procus (de pro), et signifiant : qui va en arrière et eu avant.

RÉCIPROQUEMENT ( ré-si-pro-ke-man ) , \dv. Il 1° D'une manière inverse, en retour. Comme les actions héroïques animent ceux qui écrivent, ceuxci réciproquement vont remuer, par le désir de la gloire, ce qu'il y a de plus vif dans les grands courages, Boss. Disc, de rér.ept. La convoitise l'empêche [le chrétien] de faire tout le bien (lu'il voudrait; réciproquement, il empêche la convoitise de faire tout le mal qu'elle désire, id. 2" sermon, Pâques, 2. Les enfants peut-être seraient plus chers à leurs pères, et réciproquement les pères à leurs enfants, sans le titre d'héritiers, la bruy. vi. Les animaux des parties méridionales de l'ancien continent ne se trouvent pas dans le nouveau; et, réciproquement,

cuu» il l'Amérique méridionale ne se trouvent point dans l'ancien continent, bupf. Quadrup. t. xii, p. (88. Il Et réciproquement, se dit d'une manière elliptique pour représenter la proposition réciproque. L'harmonie souffre quelquefois de la justesse et de l'arrangement Ionique des mots, et réciproquement, d'alkmh. Uét. lia. (Euv. t. m, p. 265, dans pou- GENS.| Le mouvemint de la lune s'accélère quand celui du soleil se ralentit, et réciproquenûent, la- PLACE, Expos. I, ♦. Il 2" D'une manière réciproque, mutuelle. Les petits se haïssent les uns les autres, lorsqu'ils se nuisent réciproquement, la bruy. ix. 11 arrivait que les moines et la cour se corrompaient réciproquement, montesq. Rom. 22.

— HIST. xvj' s. 11 [Alcibiade] demoura quelque temps à lui faire la cour [à Artaxerce] , estant aussi réciproquement honoré et caressé par lui, amyot. Aie. 77. Penser qu'il n'y ait point de plus grande société qui oblige les homme» réciproquement, que de tant qu'ilz peuvent tirer profit et utilité l'un de l'autre, id Caton, u.

— ËTYM. Réciproque, et le suffixe ment.

f RÉCIPROQUER (ré-si-pro-ké) , v. a. Terme vieilli et familier. Rendre la-pareille. U entendit que la nymphe impatientée lui dit ; Monsieur, vous pouvez m'aimer tant qu'il vous plaira ; mais je ne puis du tout vous réciproquer, sév. 8 janv. (676. .... Je n'ai point senti de transports aussi doux Pour tout autre mortel que j'en ressens pour vous. — En vous réciproquant, vous êtes, je vous jure. De ces heureux transports payés avec usure, re- GNARD, Démocr. iv, 7. || Se réciproquer, v. réfl. Être dans un rapport réciproque. Vous voulez peut-être savoir.... si le bien se réciuroaue avec la fin? mol. Har. forcé, 8.

— ETYM. Lat. reciprocare.

t RÉCISION (ré-si-zi-on) , t. f. Ancien synonyme de rescision.

— HIST. xvi* s. La plus part de ceux qui en ont escript, dit que cette descharge lut une générale et universelle recision et abolition de tous oont»aux,

AMYOT, Solon, 24.

— ÉTYM. Lat. recisionem, de recidere, retrancher, de re, et cœdere, couper.

RÉCIT (ré-si ; le « ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, \'s se lie : des ré-si-z agréables), s. m. 111° Action de raconter une chose. Et puisqu'il faut encor vous en faire un récit, corn. Cid, I, I. U y a autant de difTérence entre un récit que l'on fait sur des mémoires quoique bons, et une narration de faits que l'on a vus soi-même, qu'il y en a entre un portrait auquel on ne travaille que sur des ouï-dire, et une copie que l'on tire sur les originaux, retz, Mém. t. ui, liv. iv, p. 2i, dans pouGENS. Il trouva scn sujet plein de récits tout

nus, LA FONT. Fabl. I, (4 Je suis encor d'avis

Que nous rendions le temps moins long par des récits, ID. Filles de Uinée. Je tremble au seul récit de la tempête furieuse dont la flotte fut battue durant dix jours, boss. Reine d'Anglet. L'éloquence delà chaire n'est pas propre au récit des combats et des batailles, fléch. Tur. ...que je vous fasse un triste récit de nos divisions, id. Le Tell. La poésie épique Dans le vaste récit d'une longue action Se soutient par la fable et vit de fiction,, boil. Art p. m. Tel homme qui n'a point dessein de mentir en commençant un récit un peu extraordinaire, pourra néanmoins se surprendre lui-même en mensonge, s'il y prend garde, fonten. Orig. fabl. t. m, p. 272, dans PODGENS. À table il ne faut que des mots et point'de récits, MARiv. Pays. parv. part. 2. L'histoire des plus grands princes est souvent le récit des fautes des hommes, volt. Louis XIV, ((. Récils charmants, pouriuoi n'êtes -vous que des fables? delille, Pit. IV. On se plaît au récit des maux qu'on ne sent plus, c. DELAV. Paria, m, 4. Lorsque les yeux chercheront sous vos rides Les traits charmants qui m'auront inspiré, Des doux récits les jeunes gens avides Diront : quel fut cet ami tant [ileuré ? bé- RANG. Bonne vieille. \\ 2° Dans l'art dramatique, la narration détaillée d'un événement qui vient de se passer. Lorsque cet inconvénient est à craindre, il est bon de cacher l'événement à la vue et de le faire savoir par un récit qui frappe moins que le speclaclo, et nous impose plus aisément, corn. 2' dise. Ce qu'on ne doit point voir, qu'un récit nous l'expose (dans la tragédie], boil. Art p. m. Plusieurs hommes de goût et entre autres l'auteur de Télémaque ont regardé comme une amplification le récit de la mort d'Hippolyte dans Racine, volt. Dict. pliil. Amplilication. || 3" Familièrement. Langage avantageux que l'on tient sur quelqu'un. Je ne le cuunais point, mais sur le récit qu'où m'en a

fait j'en ai bonne opinion. || Faire un grand récit, de grands récits de quelqu'un ou de quelque chose, en parler trè.s-avantageusement. 114" Terme de musique. Ce qui est chanté par une voix seule ou joué par un instrument seul. Récit de basse, de violon. Il II se dit aussi de la partie qui, dans une symphonie, exécute le sujet princi|ial. || Synonyme ancien de récitatif Quand les ItaUens firent revivre la tragédie au xvi' siècle, le récit était une mélopée; mais qu'on ne pouvait noter, volt. Dicl. yltil. Citant.

— HIST. XVI' s. Le récit particulier des effects qui s'en sont ensuyvis de temps en temps serôit chose trop longue à déduire, langue, 6(.

— ÉTYM. Voy. réciter.

RÉCITANT, ANTB (ré-si-tan, tan-t'), od;. Terme de musique. Il se dit des voix et des instruments qui exécutent seuls. || Partie récitante, celle qui est chantée par une seule voix ou exécutée par un seul instrument, ou celle qui exécute le sujet principal.

RÉCITATEUR (ré-si-ta-teur), s. m. Celui qui récite. Faites-vous lire la pièce [les Guèbres] parun bon récitateur de vers; vous verrez aisément de quoi il s'agit, et vous viendrez à notre secours, volt. Lett. Mine du Deffant, 24juiir. (769.

— HIST. xin* s. Mè6 des que ge n'en sui taisierres. J'en puis bien estre recitierres, la Rose, 6742. Il XVI" s. Alexandre le Grand jugea estre l'une des plus grandes et principalles félicitez d'Aclnlles, d'avoir trouvé Homère tel et si noble récitateur de sa / prouesse, M. du bell. Prologue. Pour cette heure, nous cherchons si ces recitateurs et recueuilleurs [les historiens d'à présent] sont louables euL^-mesmes, MONT. "IV, 48.

— ÉTYM. Ital- recitalore; du lat. recitatorem, de recitare, réciter. Dans l'ancien français recitierres e.st le nominatif de recitàtor; le régime est reciteor, de recitat&rem.

RÉCITATIF (ré-si-ta-tif), s. m. Terme de musi- • que dramatique. Chant qui n'est mesuré que par à peu près (il pourrait très-bien ne pas l'être), et que le chanteur exécute, comme le plain-chaut, sans régularité mathématique de rhythme ; il représente la parole ordinaire, et n'en diffère que parce que les syllabes sont prononcées sur les notes de la gamme ; Il ne contient que le récit de l'action et se distingue des airs et des chœurs. On a surpassé prodigieusement Lulli dans tout ce qui n'est pas récitatif; mais . personne n'a jamais égalé Quinault, volt Louis XIV, Écrivains, Quinault. Le récitatif ne peut être bon qu'autant que les vers le sont, lu. Dict. pltil. Art dramatique. Un beau spectacle bien varié, des têtes brillantes, beaucoup d'arrs, peu de récitatifs, des actes courts, c'est lace qui me plaît [dans un opéra], ID. Lett. Thiriot, 25 déc. (735. On enten'd quelquefois les partisans de Lulli se récrier d'admiration sur ce que c'est un étranger qui a créé notre récitatif; il y parait, on sait à quel point la prosodie y est estropiée, surtout dans les finales, d'alemb. Lib. de la mus. Œuv. t. m, p. 369, dans pougens. Il Récitatif libre : le récitatif n'est quelquefois accompagné que par la basse et le piano; on lui donne le nom de récitatif libre; on s'en sert principalement dans l'opéra bouffe italien. Le chanteur le débite rapidement, et donne aux. paroles moins d'accentuation qu'à tout autre récitatif, fétis, la Musique, Dict. art. récitatif. || Récitatif obligé : c'est celui qui, entremêlé de ritournelles et de traits de symphonie, oblige, pour ainsi dire, le récitant et l'orchestre l'un envers /l'autre, en sorte qu'ils doivent être attentifs et s'attendre mutuellement, J. 3. Rouss. Dict. de mus. art. récitatif obligé. Les Italiens en ont un qu'ils appellent récitatif obligé, c'est-à-dire accompagné d'instruments, et qu'ils emploient souvent avec succès dans les morceaux d'expression, d'alemb. Lib. de la mus. Œuv. t. III, p.' 371. Il Récitatif mesuré : ces deux mots sont contradictoires; tout récitatif où l'on sent quelque autre mesure que celle des vers n'est plus du récitatif. Mais souvent un récitatif ordinaire se change tout d'un coup en chant, et prend de la mesure et de la mélodie ; ce qui se marque en écrivant sur les parties a tempo ou a battuta, i. 3. rouss. Dict. de mus. art. récitatif mesuré. Si vous voulez avoir un modèle de récitatif mesuré italien avant Lulli, absolument dans le goût français, faites-vous chanter par quelque basse-taille le Suut rosœ mundi brèves de Carissimi, volt. Lett. Chabanon, 8 janv. 1773. Il Récitatif noble, genre particulier de récitatif, qui a été porté à son plus haut point de perfection par Gluck, dans ses tragédies lyriques. Le récitatif noble a été adopté presque exclusivement par les compositeurs de l'école italienne, de Saccbini à Kussini, et par ceux d? l'école française jusqu'à

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l'année <83i, date de l'apparition de Robert le Diable Ne perdons pas surtout la trailition de ce boaii récitatif à la manière de Gluck, dont les compositeurs italiens reconnaissent aujourd'hui si bien le mérite, qu'ils cherchent à s'en approcher autant Qu'ils peuvent, fétis, la Musique, m, 1 9.

— ÊTYM. Héciter.

RÉCITATION (ré-si-ta-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action de réciter. La récitation îles leçons est ce qui demande le moins de temps, parce que c'est où il y a le moins à profiter pour les écoliers, KOLLiN, Traité des Et. liv. vi, part, i, 6. L'action comprend la récitation et le geste, duclos, Œuv. t. IX, p. 332. Il 11 se dit aussi de l'action de réciter en musique.

— HIST. xv° s. Et convendra que tout premiers Se facent presentacions Par ordre et^ recitations L'endemain des faiz advenus, E. desûh. Poés. mss. f° 413. Aventures dont larecitationne serviroit pas... LOUIg XI, Nouv. X.

— ETYM. Lat. recitationem , de recitare, réciter. BÉCITË, ÉE (ré-si-té, lée) , part, passé de réciter.

Il 1° Dont on fait lecture d'une voix soutenue. Tel écrit récité se soutint à l'oreille, Qui, dans l'impression au grand jour se montrant, Ne soutient pas des yeux le regard pénétrant, boil. Art p. iv. |1 2° Dit de mémoire. Leçons bien récitées. ||3° Raconté. Et qui voit l'aise oii tu nous tiens, De ce vieux siècle aux fables récité Voit la félicité, malh. iu, 4.

t KÉCITEMENT(ré-si-te-man), s. m. Action de réciter, de raconter.

— HIST. XVI* s. Recitement, cotgravf..

RÉCITER (ré-si-té;, v. a. \\ 1° Au sens latin, faire

à haute voix lecture de quelque ouvrage. Cependant, à l'entendre, il chérit la critique, Vous avez sur ses vers un pouvoir despotique; Mais tout ce beau discours dont il vient vous flatter N'est rien qu'un piège adroit pour vous les réciter, boil. Art p. I. Quand je lui eus fà Louis XIV] récité mon discours, il me dit : Je vous louerais davantage, si vous ne m'aviez pas tant loué, rac. Fragm. hist. Il [Virgile] n'avait voulu réciter à Auguste que le premier, le second, le quatrième et le sixième livres, qui sont effectivement la plus belle partie de l'Énéide, volt. Em. poés. ép. 3. Pour Corneille, il.récitait ses vers comme il les faisait : tantôt ampoulé, tantôt à faire rire, lu. Lelt. Laharpe, 3( mars (775. Il 2° Prononcer quelque chose que l'on sait par cœur, à haute voix, d'une manière soutenue et d'un ton qui n'est ni celui de la déclamation ni celui de la simple lecture. Par l'abus qu'en font la plupart des chrétiens en la récitant fl'oraison dominicale], elle ne peut qu'irriter le ciel et qu'attirer sur nous ses anathèmes et ses malédictions, bourdal. Ptntées, t. n, p. 64. Il [Néron] excelle à conduire un char dans la carrière...., i réciter des chants qu'il veut qu'on idolâtre, r\c. Bril. iv, 4. || Absolument. Je n'ai attrapé de leur manière de réciter que ce qui m'a d'abord sauté aux yeux, mol. impromptu, <. Il me fait réciter : il est si complaisant! coLLiN d'harlev. Optimiste, m, 4. || Réciter sa leçon, se dit de l'exercice scolaire qui consiste à redire à haute voix une chose apprise par cœur. Il S" Raconter, faire un récit. Si l'espoir qu'aux bouches des hommes Nos beaux faits seront récités Est l'aiguillon par qui nous sommes Dans les hasards précipités, halh. m, 4. Que direzvous, races futures, Si quelquefois un vrai discours Vous récite les aventures De nos abominables jours? ID. Il, 4. Je vous ai récité tout d'un trait cette cérémonie, je retourne à celle de l'effigie, ID. Funér. de Henri iv. Phocas, alarmé du bruit qui court qu'Héraclius est vivant, récite les particularités de sa mort, pour montrer la fausseté de ce bruit, corn. Héracl. Examen. Je sais de ses froideurs tout ce que l'on récite, rac. Phèdre, ii, 4. Je i?ous récite ici des faits qui vont comme il platt à l'instabilité des choses humaines, et non pas des aventures d'imagination qui vont comme on veut, hariv. Marianne, t part. || On a dit, en vers, réciter une personne, pour en parler. N'égalons point cette petite Aux déesses que nous récite L'histoire des siècles passés; Touf cela n'est qu'une chimère; Il faut dire pour dire assez : Elle est belle comme sa mère, malh. vi, «&. ||4° Rapporter, citer. Il [Porphyre] récite l'oracle de la déesse Hécate, où elle parle de Jésus-Christ comme d'un homme illustre par sa piété, Boss. Hitt. u, < 2. Voilà le passage entier , du saint prophète IsaJe, dont je n'avais récité que les premières paroles, tn. Anne de Gonx. || 6° Terme de musique. Chanter ou exécuter un récit. Comment surtout, quand on veut donner à la passion le temps de déployer tous ses mouvements, on peut,

à l'aide d'une symphonie habilement' ménagée, faire exprimer à l'orchestre, par des chants pathétiques et variés, ce que l'acteur ne doit que réciter, j. J. Houss. l.elt. sur la mus. franc. || 6° Se réciter, t). réfl. Etre récité, raconté. Rien de plus ordinaire que d'avoir les oreilles ouvertes à tous les mauvais contes qui se font et à toutes les histoires scandaleuses qui se récitent, uouBn. Jugement, du peuple contre J. C. ii.

— HIST. xiii* s. E mult sovent lur récitai Des granz joies k'il lur mustrat. Où tuz cil dcivent parvenir ... marie. Purgatoire, 209. || xiv s. Et tans nobles faiz descripz etrecitez, berciieure, f. ). Ilot [entend) delettabloment dire les bénéfices qu'il a faiz, et ne ot pas rielcttablement reciter ceulx qu'il a receus, oresme, Eth. 123. L'histoire trop longue seroit. Oui toute la reciteroit, Ùibl. des ch. 5' série, t. v, p 501. ||xvi' s. On recite de Severus Cassius, qu'il.... MONT. I, 41. Les histoires anciennes ne recitent point qu'il y ait jamais eu siècle, où il |le vice du reniement de Dieu, les jurements] fust si commun à beaucoup près, langue, 7.

— ÉTYM. Piovenç. recitar; du lat. recitare, de re, et citare (voy. citer) ; le sens propre de recitare est lire sur un manuscrit à haute voix.

t RÉCITEUR (ré-si-teur), s. m. Synonyme, dans le langage familier, de récitateur. Des réciteurs de méchants vers, scarb.Po(?s. div. (Eut), t. vu, p.,<07, dans POUGENS. Les réciteurs éternels sont quelquefois fort à craindre, m'" de scucéry. Conversations, De la conversation.

— HIST. xvi° s. Puis de quel' grâce et avec quel plaisir Les recitoit en lieu, temps et loisir! Non moins aimé eus.ses le reriteur Que l'œuvre mesme ou le compositeur, mabot, m, 307.

f BËCLAIRCIR (ré-klèr-sir), v. a. Êclaircir de nouveau. Cette opération a réclairci le vin qui s'était troublé.

— HIST. XII* s. Et li douz sons del russel sur gravele. Que je voi resclarcir. Coud, xviu. ||xvi* s. Du quel vin ils se servent aussi tost qu'il est resclairci, ce qui advient peu de jours après ce remuement, 0. DE serres, 218.

— ÉTYM. Re .., 61 êclaircir.

t RÉCLAMANT, ANTE (ré-kla-man, man-t') , s. m. et f. Terme de jurisprudence. Celui, celle qui présente une réclamation. La preuve contraire [à la réclamation d'état] pourra se faire par tous les moyens propres à établir que le réclamant n'est pas l'enfant de la mère qu'il prétend avoir. Code Nap. art. 325.

I RfiCLAMATEHR (ré-kla-ma-teur), s. m. Celui qui réclame, qui redemande. On les honore comme les réclamateurs imperturbables des droits de Dieu et des rois, Mirabeau, Collection, t. iv, p. 347. Il Terme de marine. Celui qui réclame un bâtiment, des marchandises, comme n'étant pas de bonne prise. S'il ne se présente point de réclamateur dans le mois, après que les effets auront été trouvés, il sera procédé .... à la vente, Ordonn. août i»8<.

RÉCLAMATION (ré-kla-ma-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action de réclamer, de revendiquer, de revenir contre quelque chose. Ils ne firent aucune réclamation. La réclamation d'une créance. Les réclamations ont été imaginées par les âmes faibles; les âmes fortes y renoncent, et la prudence doit faire craindre de les entreprendre, duclos, Consid. mœurs, ta. || Être en réclamation, avoir réclamé, et attendre le résultat de sa réclamation. Il Réclamation d'état, action judiciaire ayant pour objet de faire statuer «ur l'état civil d'une personne ^ laquelle cet état est contesté. L'action en réclamation d'état est imprescriptible à l'égard de l'enfant. Code \ap. art. 3-28. || Tterme de droit féodal. Réclamation d'un seigneur, poursuite qu'il faisait pour ravoir ses serfs qui étaient allés demeurer ailleurs sans sa permission.

— HIST. XVI* s. Réclamation, monet, Dict

— ÉTYM. Ital. richiamazione , du lat. redamaiionem, de reclamare, réclamer.

t. RÉCLAME (ré-kla-m'), s. f. \\ 1° Terme d'imprimerie. Mot ou quelques syllabes d'un mot qu'on imprime au bas d'une page, et qu'on réitère au commencement de la page suivante, pour faire connaître l'ordre exact des pages et des feuilles. Les réclames ne sont plus guère en usage. || Fig. Je n'aperçois en moi que des mots de réclame pour rechercher certains objets, ou pour les éviter, diiiKHOT, Opin. des ane. phil. (Locke). [| 2'" Note manuscrite qui rappelle au correcteur le dernier mot et le dernier folio d'une épreuve. Feuille de réclame. Prendre, indiquer la réclame. {| Vérifier la réclame, s'assurer si les mois nu\ commencent une

feuille d'impression se lient bien à ceux qui terminent la feiiillequi précède. ||3°.Se dit aussi def mots qui, dans une pièce de théâtre, terminent cnaque couplet et avertissent l'interlocuteur que c'est à lui à parler. H*" Terme de plaln-chant. La partie des répons que l'on reprend après le verset. || 5° Néologisme. Petit article inséré à part des annonces, dans le corps d'un journal, et contenant l'éloge d'un livre, d'un objet d'art, de commerce, etc. Les plus mauvais ouvrages obtiennent des réclames laudatives. Il Par extension, la réclame, l'art :de chauffer un succès. Cet auteur entend la réclame.

— ÉTYM. Voy. RÉCLAMER.

2. RÉCLAME (ré-kla-m'), i. m. || l'Terme de fauconnerie. Cri, signe pour faire revenir un oiseau au leurre ou sur le poing. Oiseau qui revient au réclame. || Par analogie. Leur voix [des grues] éclatante avertit de leur marche; dans ce vulde nuit, le chef fait entendre fréquemment une voix de réclame, pour avertir de la route qu'il tient buff. Ois. t. XIII, p. 426. Il 2° Sorte de pipeau pour attirer des oiseaux dans les pièges.

— inST. xiii* s. Tant que be.soing, poverte e fain La face venir à reclain, Fabl. et contes anciens, t. m, p. 30) .

— i ÉTYM. Voy. RÉCLAMER.

RÉCLAMÉ, ÉE (rékla-mé, mée), part, passé de

réclamer. Secours réclamé avec instance.

RÉCLAMER (ré-kla-mé), v. n. \\ 1° S'opposer de paroles, contredire. U réclame contre la proposition. Cela a été résolu; y.a-t-il quelqu'un qui réclame? L'âge de M. de Montausier et je ne sais quoi de vénérable dans sa personne lui avaient acquis une espèce d'autorité universelle contre laquelle le monde n'osait réclamer, fléch. Duc de Mont. Il y a mille autorités qui réclament contre le témoignage de Posidonius, diderot, Opin. des anc. phil. [Phéniciens). Il Faire une réclamation. U faut réclamer contre l'injustice dont nous sommes victimes. Réclamer auprès de quelqu'un. Réclamer en faveur d'un absent. || 2" Protester, revenir contre' quelque acte. Un reliksieux qui réclame contre ses vœux. Tout acte qui est extorqué par la force ouverte est nul de tout droit, et réclame contre luimême, BOss. 2* instr. past. 106. || 3° K. a. Implorer, demander avec instance. Je réclame vos bontés, votre indulgence. Ne les réclamez pas. Ces dieux dont l'intérêt demande son trépas, corn. Poly. m, i. Je me confie pour Madame en cette miséricorde qu'elle a si sincèrement et li humblement réclamée, boss. Duch. d'Orl. Vainement les désirs pieux et légitimes Tenteraient de fléchir par cent mille victimes Du dieu des morts le cœur d'airain ; Géryon et Titye au fond des noirs abîmes Le réclament en vain, la fark, Trad. d'Horace. La misère ose rarement réclamer les lois établies pour la prptéger, mass. Pet. carême, Hum. des gr. Quand vous osez réclamer la nature, c'est vous seul qui bravez ses lois, j. j. rouss. Hél. m, h. || Réclamer les saints, invoquer leur secours. || 4° Demander une chose due ou juste. Réclamer le prix d'un travail. Condamné par le pape, il [Luther] réclama le concile, que toute la chrétienté réclamait aussi depuis plusieurs siècles, comme le seul remède des maux de l'Église, boss. Var. v, t. Cassandre, en, réclamant la foi qu'il a reçue, volt. Olymp. v, 3. Il Déclarer sien. Il n'y a pas un beau souvenir, pas une belle institution dans les siècles modernes, que le christianisme ne réclame, cuateaubh. Génie, iv, V, 1. Il Demander en justice. Nul ne peut réclamer un état contraire à celui que lui donnent son titre de naissance et la possession cotiforme à ce titre. Code Nap. art. 322. L'enfant naturel ne pourra réclamer les droits d'enfant légitime, tb. art. 338. Il 5° Exiger, avec un nom de chose pour sujet. Les soins que réclamera la vigne. L'âme trouve en soi-même un vide infini que Dieu seul pouvait remplir, si bien qu'étant séparée de Dieu, que son fond réclame sans cesse, il faut qu'elle cherche des amusements au dehors, boss. la Vallière. || 6" S'interposer en faveur de quelqu'un. Le capitaine réclame son soldat. Des jeunes gens avaient été arrêtés; le doyen les réclama. || 7° Demander que quelqu'un soit remis à telle juridiction. La justice réclama un accusé que l'université voulait couvrir de son privilège. Il Terme de droit féodal. Poursuivre ou faire poursuivre des serfs qui étaient allés demeurer hors de la province ou de la terre sans le congé de leur seTgneur. || 8" Terme de fauconnerie. Réclamer un oiseau, l'appeler pour le faire revenir sur le poing ou au leurre. || Terme de chasse. Réclamer les chiens, leur sonner la retraite et les annulera soi. Il OoditaussidesDerdrixau'eUesrecl'*-

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ment leurs petits, c'est-à-dire qu'elles les appellent. |i 9° Terme de turf. Course à réclamer, course dans laquelle le vainqueur peut être réclamé, c'est-à-dire ïclietc moyennant une somme au moins égale à la somme fixée par son propriétaire antérieurement à la coui-se, plus certaines redevances déterminées dans les règlements des sociétés. || 10" Se réclamer, tj rtf/î. Se disait, dans l'ancienne jurisprudence, p.iUT faire un appel. Se réclamer de cour inférieure eu cour suzeraine. {| Aujourd'hui, et dans le langage (ii'néral, se réclamer de quelqu'un, déclarer qu'on est connu de lui, qu'on est à son service, qu'on est son parent. Il me demande si effectivement un nommé, Ollery, ayant passé à Altenheim, qui s'est réclamé de moi, m'a été amené, Corresp. du général Klinglin, t. I, p. 437. j| Se réclamer de quelque chose, invoquer cette chose en sa faveur. On le conduisit |un général russ» prisonnier] au duc de Trévise; là il se réclama audacieusement du droit des gens qu'on violait, disait-il, en sa personne, BÉGUR, Hisl. de Nap. ix, 6. || 11° Se réclamer, s'appeler l'un l'autre, en parlant de certains oiseaux. Les kiolos se réclament par ce cri pour se rallier avant la nuit, bufp. Ois. t. iv, p. 263.

— REM. Vauvenargues a employé réclamer dans le sens de déclamer de nouveau : 11 réclame ces vers pompeux et ces magnifiques tirades qu'on a tant vantées autrefois, Cotin ou le Bel esprit. Cet emploi n'est pas reçu par l'usage.

— HIST. XI' s. Mahomet [il] sert et Apollin reclaimet, Ch. de Roi. i. Mult haltement il reclaime sa culpe, ib. cxLvin. Li empereres reclaime ses Franceis, ib. ccxlviii. ]Ixiii* s. Si songent [en dormant] les choses amées. Que tant ont par jor réclamées, la Rose, (8602. Bien se gart cil qui se redaimme à tort, il quiet [choit, tombe] en l'amende, BF.AUMAN. Lv, t. Quant son doulz non [de la sainte Vierge] reclaimment pecheour, Et il dieut soii Ave- Maria, N'ont puis doute du maufei [diable] tricheour, tiuTRB. II, 7. Il ne lour hoir.... ne poent [peuvent] ne ne dolent.... riens reclamer ne faire reclamer à autrui, tant qu'il aient fait plain paiement.... Bibl. des ch. f série, t. m, p. 682. |] xiv* s. Et par les champs les bestes mues Gisoient toutes esperdues; N'estoit nulz qui les reclamast, Ne qui pour siennes les clamast, machaht, p. 76. Il xvi* s. Jusqu'à la mort, d'ame t'eusse clamée; Mais lin nouveau t'a si bien reclamée, Que tu ne veux qu'à son leurre venir, marot, ii, »oo.

— F.TYM. Picard, erclamer. se recommander; provenç. et espagn. reclamir-, ital. richiamare; on lat. reclamare, de re, et clamare, crier, appeler (voy. clameur).

t RÊCLAMECR (ré-kla-meur), j.m.Merle d'Afrique.

t KECLASSEMKNT (re-kl:i-se-man), s. m. Classement nouveau, différent. Le reclassement des districts électoraux exigé par la réforme en Angleterre.

t RÊCLINAISON (ré-kli-nê-zon), s. f. || 1° Terme de gnomonique. Situation d'un plarn qui, au lieu d'être d'aplomb, penche vers l'horizon ; nombre de degrés dont ce plan s'éloigne de la vertical,-. Il 2° Terme de chirurgie. Réclinaison de la cataracte, abaissement de la cataracte.

— ÉTYM. Voy. BÉCLINER.

f RÉCLINANT (ré-kli-nan) , adj. m. Terme de gnomonique. Se dit d'un cadran qui penche vers l'horizon.

i RÉCLINATIF, IVE (ré-kli-na-tif, ti-v'), adj. Terme de botanique. La préfuliaison est réclinative, quand lu sommet des feuilles est renversé en arrière.

t RËCHNÊ, ÉE (ré-kli-né, née), adj. Terme de botanique. Dont le sommet est moins élevé que la base ou penche vers la terre.

t RÉCLINER (ré-kli-né), v. n. Terme de gnomonique. S'éloigner de la verticale. || V. a. Pencher un cadran.

— ÊTYM. Lat. redinar« pencher, incliner, de r«...., et clinare, pencher.

RECLODË, ËE (re-klou-é, ée) , part, passé de reclouer.

RECLOUER (re-klou-é), V. a. Clouer de nouveau. Reclouer une planche qui s'était déclouée. |] Fig. et familièrement. Remettre, refixer. Ne manquez p:is de faire une respectueuse révérence pour moi à votre très-digne cardinal [Grimaldi].... je crois qu'il a bien été de ceux qui ont reclouo le chapeau sur la tête du nfttre [Retz, qui avait voulu rendre le chapeau], sÉv. 16 déc. 1675.

— ÊTYM. Re..., eX clouer; wallon, riklawé. RECLDRË (re-klu-r') , V. a. usité seulement à

l'infinitif et aux temps composés : j'ai reclus, j'avais reclus, etc. Renfermer dans une clôture rigoureuse, priver de toute communication avec le reste des

hommes. )) Se reclure, ». réfl. S'enfermer et ne voir personne.

— HIST. xii^ s. Pluisur rei le requerent en dreit pèlerinage, Gens de divers pals, de mult divers languago, Prélat, moine reclus, Th. le mart. 1 58.1! xiii" s. Oui de famé vuet avoir grâce, Mete la tous jors en espace; Jà cura recluse ne la tiengne, Ains voise [aille] à son voloir et viengne, la Hose, 976 1 . ]| xiv* s. .''a main [de Milon] demora en la fente, qui se reclost quand le coing fu h,orj, orf.sme, Eth. ♦♦. Il xvi» s. Le lieu êstoit tellement reclus qu'on n'y pouvoit rien voir, calv. Instit. 54. Les plus reclus secrets et plus cachées subtilitez de la géométrie, AMYOT, JVumo, 35. L'humeur chaud et pourri, reclus en quelque lieu que ce soit hors des veines.... PARÉ, XX, 20. Sera bon, en mesme temps qu'on hisne la vigne, qu'en certains endroits du Languedoc on appelle reclorre, de la faire espamprer et esbourgeonner, o. uE serbes, I7t.

— ETYM. Prov. reclaure, resciure, part, reclus; espagn. recluir, part, recluo; ital. richiudere , port, richiuso; du lat. recludere, qui veut dire ouvrir, mais, dans les bas temps, fermer, de re, et clandere. fermer (voy. clore).

RECLCS, OSE (re-klû, klû-z'), port, passé de reclure. ]] il* Kenfermé. Un pénitent reclus en une maison religieuse. |12° Terme de Kotanique. Se dit de l'embryon lorsqu'il est renfermé dans le périsperme. Il 3" Oui vil dans la retraite. Il est demeuré reclus tout l'hiver. Et je suis, à Paris, triste, pauvre'et reclus, BOIL. Sat. s. || Il est reclus dans sa chambre, dans sa maison, il n'en sort point et ne veut voir personne. Il 4° S. m. et f. Un reclus, une recluse, celui, celle qui vit dans la cWture. Les choses d'ici-bas ne me regardent plus; En quoi peut un pauvre reclus Vous assister? que peut-il faire Que de prier le ciel qu'il vousaide en ceci?LA font. Fabl. vu, 3. Comme elle la regarde ! comme une pauvre recluse regarderait au travers des barreaux de sa cellule deux amants tendres et passionnés, diderot , Salon de 1765, Œuv. t. XIII, p. 339, dans foijgens. || Recluses, nom donné, dans le moyen âgu, à des filles, à des veuves qui se faisaient bâtir une petite chambre joignant le mur de quelque église. Agnès du Roohfer, âgée de dix-huit ans, très-jolie, et fille unique d'un riche marchand de cette rue, se fil recluse à la paroisse de Sainte-Opportune, le 6 octobre 4 *03, SAiNT-FOix, Ets. Paris, Œuv. t. m, p. 296, dans pouGENS. Il 6° s. m. Reclus marin, mollusque des mers du Nord. C'est, pour les uns, l'ascidie rustique (acéphales nus), pour d'autres, l'ascidie domuneule ou ascidie maisonnette.

— REM. Voltaire a ditau féminin réélues, suivanten cela la conjugaison de conclure : Aussitôt de nos trois reclues Chaque membre se raccourcit. Dimanche.

t RECLCSERIE (re-klu-ze-rie), s. f. Petite cellule dans laquelle un pénitent se condamnait à vivre sans en sortir jamais.

— ETYM. Reclus.

RECLUSION (re-klu-zion ; en vers, de quatre syllabes; quelques-uns écriventet prononcent réclusion), s./f. || 1" Ëtat d'une personne renfermée. Il est triste, et vit dans une véritable réclusion. Il 2° Peine infligée aux personnes qu'on enferme dans une maison de force. Condamné à la réclusion.

— ÊTYM Lat.rec(u.'îum,su|iindereciMdere, reclure, t RECLUSIONNAIRE (re-klu-zio-nS-r'), *. m. et

f. Se dit des condamnés à la réclusion.

t RECOCHER (re-ko-ché), v. a. Rabattre la pâte avec le creux de la main. || Se dit aussi du mastic, de l'argile.

RECOGNÉ, ÉE (re-ko-gné, gnée), porl. passé de recogner. Un clou défait, puis recogné.

RECOGNER (re-ko-gné), V. a. \\ 1° Cogner de nouveau. Cet enfant vient de se recogner la tête. Il 2* Fig. Renfoncer, faire rentrer. Il n'y a plus aucune plaie [à la jambe].... mais l'endroit était demeuré si dur, et tant de sérosités y avaient été recognées par les eaux froide»..,, sÉv. 43 juin 4 685. < Les ennemis sont battus, et tout est à nous : » Villars à l'instant recogne ses larmes et court avec Magnac à l'infanterie, st-sim. m, i98. || 3° Repousser. Nos troupes recognèrent l'ennemi. || En ce sens, il a vieilli. || 4° Populairement. Repousser durement, battre. Ces insolents se firent recogner.

— HIST. xiii* s. Et se l'une des lances est plus grant de l'autre, le seigneur les deit faire recoigner d'un point, et deit les deus champions faire bien garder à l'alerou champ, .iss. de J. i, 467. Il XV' s. [X la bataille d'Azincourt] Les Anglois furent fort recognés d'abord, p. de fenin, p. 460, dans LACUBNE. Il XVI' S. Le peuple voit arriver des Adrets à sa ville, prend courage à sa veue, recoiigne

Gondrin dans son logis comme il pensoit gagner

l'une des portes d'aDB. Hist. I, 445. Les Anglois

firent uns grande sortie, de laquelle estans recongnés dans la ville.... ID. ib, l, 4»».

— F.rvM. Be..., et cogner.

RÉCOGNITIF, IVE (ré-kogh-ni-tif, tl-v'), adj. Il 1* Oui sert à reconnaître. Les signes récognitils. Il 2' Terme de jurisprudence. Acte récognitif, acte par lequel on reconnaît une obligation, en rappelant le titre qui l'a créée.

— ÉTYM. Voy. RÉCOGNITIOl». '

t RÉCOGNITION (ré-kogh-ni-sion), i. f. || !• ko lion de reconnaître. H. Donders trouva que le temps exigé pour la récognition d'un son déterminé est.... PARV1LLB, /ourn. o^/ici«t, 41 mars i86»,p. 327, 4' col. Il 2° Terme de philosophie. Acte de la mémoire qui reconnaît une idée perdue pendant quelque temps, au moment même où la perception reproduit cette idée. Il 8° Les Récognitions, ouvrage attribué faussement au pape saint Clément, mort à la fin du I" siècle.

— ÉTYM. Lat. recogr^itionem, de recognoscer»

(voy. RECONNAÎTRE).

t RECOHORICR (re-ko-o-bé), v. a. Cohober de nouveau.

RECOIFFÉ, ÉE (re-koi-fé, fée), part, passé de

recoiffer.

RECOIFFER (re-koi-fé), V. a. || 1' Coiffer une seconde fois, réparer le désordre d'une coiffure. La maréchale la coiffa de sa propre main, comme ou coiflo les femmes qui doivent accoucher, et qui ni doivent pas être recoiffées de longtemps, guyot ub PITAVAL, Couses célèbres, t. i, p. 204. Voilà qui est décidé, je me ferai sûrement recoiffer pour l'Opéra, OENLis, Thédt. déduc. l'Enfant gâté, 1, s. || 2' Se dit aussi des bouteilles. || 3° Se recoiffer, v. réfl. Raccommoder sa coiffure. En attendant le dîner, elle se recoiffa , sefrisa et se poiWra, se mit un tablier et un peignoir à dentelle, scarr. Rom. cem. 11, 40.

— HIST. XVI' s. Elle prend son arc turquois, Recoiffe sa tresse blonde, Met pour chevet son carquois. Puis s'endort au bruit.de l'onde, «ONS. «33.

— ÊTYM. Re..., et coiffer

RECOIN (re-koin), s. m. || !• Coin plus caché, moins en vue. Me tapissant au recoin d'une porte, RÉGNIEH, Sat. XIII. Il n'est coin et recoin que je n'aie tenté, m. ib. xiv. Il descendit dans les villages qui étaient épars çà et là dans le recoin des vallons, ' d'ablancourt. Retraite des dix mille, iv, 4. Je l'aperçus hier, sans en être aperçu, Dans un recoin du bois où nul ne se retire, mol. Dép. am. 11, 7. Leur appétit fougueux, par l'objet excité. Parcourt tous les recoins d'un monstrueux pâté, boil. iutr. v. Ils rôdent dans les maisons, ils visitent tous les recoins, ils se disputent sur le partage à faire, a.duval, les Héritiers, se. 8. Je viens d'envoyer cent cinquante grenadiers pour visiter toutes les cavités, tous les recoins de ces rochers, ID. Edouard en Ecosse, II, 43. Il Fig. Ces notions privilégiées qu'il appréhende de sonder, et qui sont placées dans un recoin de sa cervelle, diderot, Pens. philos. u° 34. Il 2° Par extension, lieu retiré. L'homme, sans lumière, abandonné à lui-même et comme égaré dans ce recoin de l'univers, pasc. Pens. 11, 8, éd. bavet. Il ne s'y trouva [aux Tuileries, pour la duchesse du Maine] que deux grandes pièces qui furent partagées à ses femmes; j'eus, selon ma destinée, un petit recoin sans jour et sans feu que celui d'une antichambre commune, staal, Mém. t. i, p. 289. Lorsqu'on revient sur soi, et qu'on compare les talents qu'on a reçus avec ceux d'un Leibnitz, on est tenté de jeter loin les livres, et d'aller mourir tranquille au fond de quelque recoin ignoré, diderot, Opin. des anc. philos. Leihnitzianisme. Le pauvre Rodio, depuis pris dans un recoin de la Calabre, fut jugé par une commission militaire, p. l. coub. Lett. i, p. 282. Il 3° Fig. Ce qu'il y a de plus caché. Il poursuit un raisonnement jusque dans les derniers recoins de la logique, MOL. Ual. imag. 11, 6. Non-seulement ces sciences ont des recoins etdes renfoncements fort peu utiles... Logique de Port-Hoyal, p. î. Il faut qu'il me suive dans tous les recoins de nia vie, j. j. rouss. Conf. II. Il Les recoins du cœur, de la conscience, ce qu'il y ade plus cachédansle cœur, dans la conscience.

— HtST. XVI' 8. Dalangane attaqua effrontément cette infanterie, et Montai venant par un recoin pour la soutenir.... d'aub. Hist. 11, 468. Dans ce recoin ce courageux tint autant de jours qu'il faloit pour.... ID. ib. m, 4 «4.

ÉTYM. Renforcement de coin par la particule re.

RÉCOLË, ÉE (ré-ko-lée) , part, passé de récoler. Témoins confrontés et recelés.

RÉCOLEMENT (ré-ko-le-man), i. m. || !• Terme U. — 190

REC

d'anoienno juiisprudence. Action ds ' récoîei des témoins. Tout était public ; tout devint caclié, les interrogatoires, les informations, le récolemeiit, la confrontation, les conclusions de la partie publique, et c'est l'usage d'aujourd'hui, uontesq. fc'sp. xxvm, 3t. Ces témoins sont entemlus une seconde fois, toujours en secret, ce qui s'appelle récolement ; et, si, après le récolement, ils se rétractent de leurs dipositions, ou s'ils les changent dans des circonstances essentielles, ils sont punis comme faux témoins, VOLT. Dicl. phil. Criminel. |{ 2° Terme de procédure. Vérification. Faire le récolement d'un inventaire. Il Faire le récolement de meubles et d'effets saisis, vérifier s'ils sont tous portés sur le procès-verbal de saisie. || On dit de même : procèsverbal de récolement. || S" Procès-verbal des agents de l'administration forestière, constatanlV si une coupe de bois a été faite conformément à l'ordonnance. Il 4" Dans une construction neuve la constatation de l'alignement fixé par l'administration.

— HIST. XVI* s. Quand ce fut aux reoolemens et confrontations des tesmoins, ils se trouvèrent fort variables, casteln. 7.

Ri^COLER (rékorlé), V. a. Terme d'ancienne jurisprudence Faire lecture à .des témoins de leurs propres dépositions, pour savoir d'eux s'ils confirment ce qu'ils ont déclaré.

- HIST. XIV s. Il dict qu'il lessoit auxdis religions rente sur sa terre pour y estre mis et pour prier pour lui ; mais Jehan ne se recoUe pas [ne se souvient pas] quelle somme de rente il dit, nu CANGE, reeollatio. ||xvi' s. Ils recoloyent par cueur que'ques plaisans vers de Virgile, nAU. Garg. i, 24. Les rolles distribuez, les joueurs recollez, le tlieatre préparé, [Villon] dist au maire ^jue le mystère pourroitestré prest à l'issue des loii-esde Niort, m. Pant. IV, 13. L'ame est dite pensée, parce qu'elle recole les choses passées, paré,'xviii, tt.

— ÉTYM. Lat. recolere, repasser en son esprit, de re, et rolere, cultiver (voy. culture).

RECOLLÉ, ÉE (re-ko lé, lée), part, patsi de récoller. CoUé de nouveau.

RÊCOLLECTION (ré-ko-lè-ksion), f. f. HfTerme de spiritualité. Sorte de méditation par laquelle on se recueille et l'on rappelle toutes ses idées pour se les rendre présentes. II faut être libre de toute inquiétude, de toute passion forte; en un mot, il faut un silence et une récollection parfaite pour entendre intérieurement la voix de Dieu, boss. ScrmoTis, 2' exhort. pour une visite. Sans négliger l'œuvre de Dieu, on peut s'y comporter avec plus d'attention à Dieu même, avec plus de récoUeotion, avec moins de dissipation, bourdal. Pensées, t. i, p. 431. Il ï" Terme de philosophie. Effort que fait la mémoire pour retrouver une idée qu'elle a perdue, en l'absence de la perception qui pourrait reproduire cette idée.

— HIST. XVI" s. De tout ce que j'ai veu et cogneu par l'espace dudit temps, j'ay fait une entière recollection, n'ayant rien espargné pour en tirer la mouelle, paré, Au lecteur.

— ËTYM. Lat. recoUectionem, de recoUigere (voy. recueillir) .

■t RECOLLEMENT (re-kode-man), s. m. Action de coller de nouveau. Le recollement de la peau.

RECOLLER (re-ko-lé), v. a. Coller de nouveau. Ce papier s'est décollé ; il faut le recoller. || .Se recoller, V. réft. Être recollé. La peau se recollera,

— HIST. xvi«s. Telles potions sont convenables à receler les os brisés et guarir les nerfs, paré, xvi, 3B.

— f.TYM. Be..., et coller.

RfiCOLLET (rè-ko-lè; le I ne se prononce pas et ne se lie pas), î. m. Nom de religieux réformés de l'ordre de Saint-François, ainsi nommés de ce que, par esprit de récollection, ils demandèrent BU pape Clément VII, en i53i, la permission de B» retirer dans des couvents pa;-ticuliers, pour y observer à la lettre la règle de leur patriarche.

— ÉTYM. Lat. recollecti, recueillis, de recolligere (voy recueillir). (

RÉCOLLKTTE (ré-ko-lè-t'), ». f. Membre de certaines communautés de femmes, de l'ordre de Saint- François.

RÉCOLLIGÉ, ËE (ré-kol-li-jé, ]ée), part, passé de récolliger. L'onction de la dévotion ne peut se conserver que dans une âme silencieuse et parfaitement réooUigée, attentive sur soi-même, boss. Instr. aus urtul. tur le silence, * . Établissez en vous-mêmes le silence, inspirex-le dans les autres, et croyez que c'est l'élément de votre perfection d'Atre retirées, intérieures et récolligées, m. Sermons,»' eihnrt. pour une visite.

KËCOLLIGER (SB) (r<-llol-li-jé. Le g prend un

« devant a et o), ». ré/l. Terme de spiritualité. S* recueillir en soi-même.

— ETYM. Ls.1. recolligere (voy. recueillir).

t RECOLOUATION (reko-lo-ra-sion), ». ^.Action de recdloiir.

t RECOLORER (re-ko-la-ré), V. a. Colorer de nouveau. || Faire revenir une couleur qui s'était effacée, perdue. || So recolorer, v. réfl. Reprendre ses couleurs. Enfin il se ranime, ses joues se recolorent, il lève les yeux vers moi, genlis, Mères riv.

t. I, p. 34 5, dans POUOENS.

— HIST. xvi* s. I.a campa igné reoolorée Du teint de ses plus belles fleurs, uu uellaï, v, 3, rrclo.

t RÉCOLTANT, ANTE (ré-kol-tan, tan-t'), adj. Se dit de celui, de celle qui récolte. Propriétaire, fermier récoltant.

RÉCOLTE (ré-kol-f), s. f. \H° Action de couper, d'arracher les produits du sol et de les transporter dans le lieu oii ils doivent être conservés jusqu'au înoment de leur utilisation. 11 y a deux récoltes dans le Bengale, l'une en avril, l'autre en octobre : la première, qu'on appelle la petite récolte, est formée par des menus grains ; la seconde, désignée sous le nom de grande récolte, consiste uniquement en riz, RATNAL, Hist. phil. m, 38. |) Fig. Il se dit de certaines choses qu'on reçoit ou qu'on rassemble. Cette quêteuse a fait une bonne récolte. Il a fait une bonne récolte d'observations. Mme de Rochebonne fait avec moi [au jeu] la récolte de ce qui manque à la médiocrité de ses revenus, m'"' de

GRIGNAN, dans SÉV. t. X, p. 669, éd. RÉGNIER.

Il 2° Biens de la terre récoltés. Vendre la récolie sur pied. La récolle était dans les greniers. || Récoltes améliorantes, celles qui, loin d'épuiser le sol, y laissent des débris qui l'engraissent. || Récoltes épuisantes, salissantes, celles qui l'épuisent, qui le salissent. Il Récoltes dérobées, celles qui se l'ont, dans le cours de la même année, sur un sol qui déjà vient de donner sa récolte. !| Récoltes sarclées, celles qui, dans le cours de la croissance de la plante, exigent des sarclages et des binages.

— HIST. XVI' s. Les soldats ont fait leur récolte^,

COTGRAVE. V

— ÉTYM. Ckjntraction du lat. recollecta, substantif fictif tiré du participe passif recolleclus, de recolltgere (voy. recueillir) ; ital. raccolta.

RÉCOLTÉ, ÉE (ré-kol-té, tée)j part, passé de récolter. Vin récolté dans de bons crus.

RÉCOLTER (ré-kol-té), v. a. Faire une récolte. Il Fig. Je me suis mêlé de cette affaire; je n'y ai récolté que des injures. Il Se récolter, v. réft. Être récolté. Il se recolle beaucoup de grain dans ce pays.

— REM. Récolter est un néologisme du xvui" siècle. Il ne se trouve dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de t76J. Il est blâmé par Voltaire ; L'Angleterre recueille-t-elle (et non récolte-t-elle)de plus belles moissons que l'Espagoe ? Dict. phil. Blé.

— ÉTYiM. Voy. récolte.

t RECOMBATTRE ( re-kon-ba-tr') , v. a. Combattre de nouveau.

- — HIST. xvi's. Recombatre, cotgrave.

t RECOMBLER (re-kon-blé), v. a. Combler de nouveau.

— HIST. XVI* s. Les pierres tout aussi-tost y seront jettées, de peur que, tardant, le fossé ne se recouiblast de lui-mesuie par les vents, par le passage des bestes, et autres evenemens, o. de serbes, 69.

RECOMIVLANDADLE (re-ko-man-da-bl'), adj. Oui est digne de recommandation, estimable. Abraham et tant d'autres soit patriarches, soit prophiites de l'ancienne loi, se sont rendus par la foi recommandables auprès de Dieu, iïourual. Pensées, t. i. p. <84. (Juand Xénophon n'aurait eu d'autre mérite que d'être l'ami du martyr Socrate, il serait, un homme recommandable, \olt. Dict. phil. Xénophon. il II se dit aussi des choses. Recherchons par les Écritures de quelle sorte la noblesse est recommandable, et l'estime qu'on en doit faire selon les maximes du christianisme, boss. Gornay. L'état florissant où est aujourd'hui l'empire de Russie, ce qui rend Pétershourg recommandâble aux étrangers.... VOLT. Lett. à Jf*", 29 févr. t7!.7.

— HIST. xv« s. Considérant les bons, grans, continuels et recommandables services qu'il nous a longuement faict.... Lett. patent, de Louis XI, t476.

— ÉTYM. Recommander .

t RECOMMANDABLKMENT (re-ko-man-da-bleman), adv. D'une manière recommandâble.

— HIST. XVI' s. Recommandablement, cotgrave. RKCOMMANUARESSES (re-ko-man-da-rè-s'), s.

f. pi. Femmes qui étaient préposées par l'autorité |iour tenir un bureau oii l'on se procurait des nourrices et des servantes.

REC

— HIST. XVI' B. Les recommanderesses qui on» accoustumé à louer chambrières et les nourrices, Orilonn. des rois de fV. t. n, p. 370.

— ÉTYM. herommnnder.

RECOMMANDATION (re ko-man-da-sion ; envers,

de six 'syllabe.si, s. f. \\ 1° Action de recommander quelqu'un. 11 [Faret] vint à Piiri.s fort jeune, avec (les lettres de recommandation de M. de Me/iriao pour plusieurs personnes d'esprit, entre autres MM. de Vaugelas et de Boisrobert, pellisson, Hist. Âead. IV, 7. Il me donna par lui-même ou me procura de bonnes recommandations pour Paris, J. i ro'uss. Confess. vu. Je me méfie de la facilité des grands dans leurs recommandations; marî^ontel, ilém. V. Il Fig. Si l'âme d'un homme ou sa nature a donné à son visage l'expression de la bienveillance, vous le sentirez..,, ce visage est une lettre de recommandation écrite dans une langue commune à tous les hommes, dider. hss. sur la peint, t. \\ Terme d'Église. Prière de la recommandation de l'âme, la prière que l'Église catholique fait à Dieu pour les agonisants, |{ Avis que les curés donnent dans leurs prônes de faire quelque aumône ou quelques prières pour des personnes qu'ils désignent. |i 2° 11 se dit aussi des choses qui servent de recommandation. Quelque inconnu que l'on fût, on n'avait besoin d'autre recommandation auprès de M. de Montausier que de celle que portent avec soi la vertu et l'innocence persécutée, fléch. Duc de Mont. Quelle horrible peine à un homme qui est sans prôneurs et sans cabale, ....mais qui est seul et qui n'a qu« beaucoup de mérite pour toute recommandation, d« se faire jour à travers l'obscurité où lise trouve I LA BRUY. II. Un duel lui servait de recommandation chez eux [les Anglais], hamilt. Gramm. ». J'ai dit froidement la vérité : qui est-ce qui se soucie d'elle? triste recommandation pour un livre, j. I. Rouss. Préf. à la lett. à d'Àlemb. Les étrangers le recherchaient avec empressement, et son nom était dans toute l'Europe, pour les voyageurs, une des recommandations les plus honorables et les plus efficaces, condohcet, Du/iome2. || En recommandation, digne d'être estimé, en parlant des choses.. J'ai l'honneur en recommandation, et j'aimerais mieux me voir morte que de me voir déshonorée, MOL. festin, II, 2. Apres m'avoir con|Uié de piendre l'amour du prochain en recommandation, hamilt. Gramm'. 3. 0 frères Nonotte, Guyon, Patouillet, soyez bien humbles; ayez toujours la modestie de l'âme en recommandation, volt Dict. phil. Humilité. Il 8° Conseils pressants, injonctions. Il asuivi vos recommandations. Si vousvousacquitiez de mes recommandations. Il oublia les recommandations de son ami. Il 4° Terme de procédure. Opposition à la mise en liberté d'un prisonnier arrête à la requête de quelqu'un, X la Bastille ont été mis certains Anglais qui médisaient atrocement de Cromwell, et qui n'y sont qu'à sa recommandation, car c'est lui qui a prié pour les y faire mettre, GUI PATIN, Lettres, t. ii, p. 302, || Fig. Celle mort va me délivrer, sans aucune recommandation, des fers, des persécutions, dern. ue st-p. Mort de Socr. Il 5° Terme de féodalité. Acte par lequel un propriétaire d'alleu cédait son domaine à quelque seigneur puissant qu'il choisissait pour patron, et de qui il recevait immédiatement ce même domaine à titre de bénéfice, en se soumettant à certaines charges. || 6° Ancien terme d'orfèvre. Billet qu'on envoyait chez tous les orfèvres de Paris lorsqu'on avait perdu quelque vaisselle d'argent, afin que, si on leur portait cette vaisselle perdue, ils la retinssent et arrêtassent la personne qui la leur voudrait vendre,

— HIST. XV' S. Heraultz, menestreis crioient à haulto voix : Tout vainct le noir chevalier; au tournoy n'a si preux. Quant le chevalier à la fumôa eut ouy la recommendation du noir chevalier, il en fut dolent, Perceforest, t, vi, f 76. [Us] dironl les recommandations [feront les compliments] telles qui appartiennent à madame de Bourbon . Preuret sur'le meurtre du duc de Bourgogne, p, 301, dans LACUHNE. Il XVI' S. Se travailler à donner principale recommandation de soy par la poésie, mont, i, 67, « Recommendez-vous seulement à luy [Dieu], suivit l'aultre [parlant à un condamné à mori] , vous y serez bientost. »« Il vault doncques mieulx, que je luy porte mes recommandations moy-mesme , » ID, 1 , 297. Quant à vous autres Grecs, on dit que vous n'avez rien si cher nyen si grande recommai dation, que la liberté et l'égalité.... amtqt, Épit.

— ÉTYM. Voy. recommander; prof, recomandn tio; aspagn. recomettdacton ; ital. raecommanda

RÉC

BECOÎHMANDÉ , ÉE (re-ko-man-d* , dée), part, passé de recommander. Chaudement recommandé au ministre.

RECOMMANnER (re-ko-man-dé), «. o. ||1» Prier d'être favorable à, en parlant des personnes pour qui on s'intéresse. On recommamle quelquefois des gens qui ne méritent pas d'êlre recommandés. l(ecommander quelqu'un chaudement. || Absolument. Vous savez que souvent on aime mieux celle à qui on recommande que celle pour qui on parle, main- TEHiN, ielt. à Mme de Caylus, 17 fév. (7i6. || Fig. Il est bon en pareille occasion de plaire un peu aux yeux; ils vous recommandent au cœur, mariv. Marianne, 3, Il Recommander son âme à Dieu, prier Dieu d'avoir pitié de l'âme. || Recommander quelqu'un aux prières, aux aumônes des lldcles, exhorter à prier pour lui, à lui faire queli|ue charité. Il Recommander quelqu'un au prône, le recommander aux prières ou aux charités des parois.siens, en r:iisant le prfine. || Fig. et familièrement. Il a été bien recommandé au prône, on a dit beaucoup de choses contre lui, à quelqu'un qui peut lui nuire. Il II a été bien recommandé au prône, se dit aussi quelquefois d'un homme è qui il arrive coup sur coup plusieurs malheurs || Populairement. Nui-e à quelqu'un parses paroles. Il t'a bien recommandé au logeur (comme mauvaise paye). || 2" Il se dit des choses auxquelles on prie de faire attention, de donner des soins. Il vous a recommandé son affaire. Ayant sur lui tout le gouvernement de son peuple, il (Louis XIV] lui donna [à M; Montausier] toutfe la conduite de son fils ; il lui recommanda le soin de l'instruction, et se chargea des grands exemples, FLÉCH. Duc de JfonJ. .l'attends Antiochus pour lui recommander Ce dépôt précieux que je ne puis garder, RAC. Bénin, n, 2. Vuus sentez bien que je n'ai pu me dispenser d'instruire Mme la duchesse du Maine, que j'ai fait ce Catilina qu'elle m'avait tant recommandé, VOLT. Lett. d'Àrgental, 28 août <749. Il 3° Rendre recommandable. Rien ne le recommande. Sans aïeux dont la gloire pût le recommander. C'étaient des jeux funèbres, où, devant un tombeau chargé de trophées et de lauriers, ils recommandaient à l'avenir la mémoire d'un homme vaillant et juste qui avait vécu et qui était mort pour son pays, mabmontbl , Œuv. t. ix, p. 3. Il 4° Orilonner à quelqu'un, charger quelqu'un de faire quelque chose. On m'a recommandé de veiller sur lui. Il Exhorter à, conseiller fortement. On lui a recommandé d'être sage. Recommandez-lui de se bien soigner. Je vous recommande d'être prudent. De quoi leur parlaient-ils plus souvent? des bonnes œuvres; que leur recommandaient-il plus fortemeni? les bonnes œuvres, bourdal. Pensées, t. i, p. (85. Il Recommander le secret à quelqu'un, lui ordonner ou le prier de garder le secret. || 6° Recommander un prisonnier, retenir un prisonnier par un nouvel écrou. Il croyait sortir de prison ; mais un créancier

est survenu qui l'a recommandé Quand même

le prisonnier serait recommandé par plusieurs créanciers.... un débiteur emprisonné, étant recommandé par quinze, vingt ou trente créanciers.... Lelt. etc. de

Cdlbert, VI, p. 6i .Mais que ses atTaires s'étant

dérangées, il a été arrêté prisonnier, et recommandé pour diflfprentes sommes, Arrêt du cons. d'État, l"août 1702. Il 6» Anciennement, donner avis aux orfèvres et autres marchand» qu'ils aient à retenir des objets volés, si on les leur porte à acheter. Le brocanteur à qui l'on avait recommandé certains meubles, les retint. || 7° Se recommander, v. réfl. Réclamer le secours, la protection, les bons Noflices de quelqu'un. [Le saint abbé Winwalseus] après avoir assemblé ses frères pour se recommanlpr à leurs prières, boss. Déf. Irad. sur la communion, u, 4*. Il Se recommander à Dieu, réclamer le secours de Dieu. || Fig. Il se recommande à tous les saints et saintes du paradis, iJ implore la protection de tout le monde. || Formule de politesse. Dites-lui que je me recommande bien à lui, que je roe recommande à ses bontés. En terminant une lettre : Je me recommande à votre souvenir, jj 8° Se recommander de quelqu'un, invoquer en sa faveur le témoignage de quelqu'un, ou dire qu'on en est connu. Vous pourrez vous recommander de moi. Il 9* Se recommander, être recommandable. Cet homme ne se recommande par rien. Le vrai mérite se recommande de lui-même, jl 10° Terme de féodalité. Faire l'acte dit recopamamlation. Ouand les fiefs étaient à vie, on se recommandait pour un fief, MONTESQ, E.ip, XXXI, 3 1. Celui qui tue un homme libre, est-il dit dan» la loi des Bavarois, paiera la composition à ses parents, s'il en a, et, s'il n'en a point, il la paiera au duc, ou à celui

à qui U s'était recommandé pendant sa vie, )s. H>. XXX, aa.

— ■ lllsY. xr s. Forez [frappez], Franceis, car jel vus recumenz, Ch de Roi. CXLII. H xlll* s. Li vesques list les âmes à Dieu lecomander, Ch. d'Ant. VI, lOflQ. Dicx l'ama tant [saint Jean l'évangéliste] que, à sa mort, li recommanda il sa mère, brun, latini. Trésor, p. 70. Ijxiv s. Trop celer ou neer ou trop appoticier son bienfait ou ce dont l'en doit estro loé et recommandé, c'est un vice contraire à vanterie, OBESMB, F.th. 60. Il XV S. Messire Jean Chandos, qui, depuis, de prouesse et de chevalerie fut plus recommandé que nul chevalier de son temps, frOiss. i, i, 92. Or vous dirai une grande appertise d'armes.... que on doit bien tenir et recommander à sage fait d'arnres.... m. i, i, I50. || xvi* s. On y recommende estroictement la loyauté pendant le mariage, mont. i, ) t<. Il l'exhorloit dese recommenderà Dieu, in. i, 297. Cet exemple suffira pour recommender la prudence et l'affection d'un si bon père, ID. i, i»6. Se recommandants à leurs amis... id. i, 296. Une Jfemme qui ne se recommande que par son aage ou par son riz [ris].... m. 111,284. i la fin il recommandâtes affaires de sa maison à Caesar, et s'en partit de l'Italie avec Octavia sa femme, amYOT, Anton. 40. Et apportant ses enfans en public, supplia le peuple rie les vouloir avoir pour recommandez eulx et leur mère, id. Gracq. t9. Do prescheur qui se recommande, en tout temps bonheur nous défende, COT-

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