GRAVE
— ETYM. Re..., et commander; wallon, rikmandé; provenç. recommandar ; catal. recomanar; espagn. recomendar: \ta\. raccommandare.
\ RECOMMANnEOR(re-ko-man-deur), s. m. Celui qui recommande.
— HIST. xvi* s. Les plus grans recommandeurs d'indulgeijcM en estoyent les plus grans contempteurs, CAI,V. Instit.i22.
t UECOMMKNCE (re-ko-man-s'), i. f. Se dit, parmi les joueurs, du nombre des points qu'on a au delà de cent. J'ai vingt points de recommence.
— ÉTYM. Substantif formé de recommencer. RECOMMEiN'CÉ, ÉE (re-ko-man-sé, sée), part.
passé de recommencer. Ouvrage recommencé.
t RECOMMENCEMENT (re-ko-man-se-man), s.
m. Il 1° Action de recommencer. Je voudrais bien que vous me disiez combien de temps ces recommencements-là [de querelle] doivent durer, afin que je m'y attende, bussï, lelt. à Urne de Sévigné, 2B juin 1670. Quand notre commerce finirait par le recommencement de celui de ma fille, je vous supplie que notre amitié ne finisse pas, sÉv. à Guitaut,
«3 juin 1679 Et que, maître de la France [en I8i5],
sans l'avoir persuadée ni conquise, il [Napoléon] n'aurait, alors même, rien à espérer que d'un recommencement de sanglants hasards et d'une yjctoiie immense sur l'Europe, villemain, .Souvenirs contemp. 2' partie, p. h . Quand je considère l'histoire du monde., la vanité de notre expérience, la variété et le recommencement perpétuel de nos sottises, SAINTE-BEUVE, Sur Renau , Constitutionnel, 2 juin 1882. Il a° Redite. Je vous épargne mes éternels recommencements sur ce pont d'Avignon ; je ne l'oublierai de ma vie, sev. 25. || 3° Terme de jeu. J'ai vingT points de recommencement.
— HiST. XVI' s. D'iceux sont procédez les massacres, assassinats, recommencemens de guerre, depopulations, LANGUE, 83.
RECOMMENCER (re-ko-man-sé ; quelques-uns prononcent rekemansé ; cette prononciation n'est pas bonne. Le c prend une cédille devant o et o ; je recommençais, recommençons), v. a. || 1° Commencer de nouveau à faire ce qui a été fait. Ne croyez pas que je veuille recommencer les chagrins passés, SÉV. (8 sept. (677. Ce raisonnement est recommencé cinquante fois avec des tours (jui tous aboutissent non pas à..., Boss. Préf. sur l'inst. past. de H. de Cambrai, vi, 70. Ainsi, recommençant un ouvrage vingt fois. Si j'écris quatre mots, j'en efTacerai trois, boil. Sat. ii. Dans leurs jeux, où ils [les enfants] sont vifs, appliqués, exacts, amoureux des règles et de la symétrie, où ils ne se pardonnent nulle faute les uns aux autres, et recommencent eux-ini:mcs plusieurs fois une seule chose qu'ils ont manquée, la bhuy. xi. Otahiti avec ses palmiers, ses chanta, ses chœurs, ses danses, et ses peuples qui recommençaient la Grèce, cha- TEAUBR. Natch. liv. u. Je vais à soixante ans recommencer ma vie ! c. delav. Éc. des vieill. m, «. Là jamais ne s'élève Bruit qui fasse penser ; Jusqu'à ce qu'il s'achève On peut mener son rêve Et le recommencer, lamart. Ilarm. m, fO. Toi, qu'en vain j'iulerruge, esprit, hôte incouuu, ivant de
m'animer, quel ciel habitais-tu?... As-lu tout oublié? par delà le tombeau. Vas-tu renaître encor dans un oubli nouveau.? Vas-tu recommencer une semblable vie? id. Kédit. i, 5, || Familièrement. Recommencer de plus belle, recommencer sur nouveaux frais, faire de nouveau quelque chose avec plus d'ardeur que la première fois, après s'être reposé. Il Recommencer sur nouveaux frais, recommencer de nouveau un ouvrage, un travail, comme si rien n'en eût été fait. |l â* Recommencer un élève, ftilre reprendre les éléments à un élève qui a été mal commencé. || Terme de manège. Recommencer un cheval, le remettre aux premières leçons Il 3" V. n. Faire de nouveau. Finissions ; mais demain. Muse, à recommencer, boil. Sat. vu. Il [un semeur de blé] marche dans la plaine immense^ Va, vient, lance le grain au loin. Rouvre sa main et recommence, v. hugo, Chansons des rues et des bois, n, I. Il Dire de nouveau. Recommencez, me disait une de ses femmes, à cet endroit où vous fûtes si désespéré lorsque le roi de Médie vous donna sa fille, MONTESQ. Ars. et Ismèn. \\ Familièrement. C'est toujours à recommencer; on perd son temps, on n'achève pas, on n'obtient rien. || vous ne sauriez mieux dire si vous ne recommencez, signifie qu'une personne a dit d'abord ce qu'il fallait dire. 114° Avoir un nouveau commencement. Comment souffrirons-nous.... Que le jour recommence et que le jour finisse Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice, rac. Bérén. iv, 5. El ce feu dans Trézène a donc recommencé? ib. Phèdre, iv, t. Et veut-on que le sang recommence à couler? volt. Orphel. it, 7. Combien vous souffrîtes I combien vous aviez souffert jusqu'à ce moment I c'est à travers des cicatrices que votre sang a recommencé de couler, iuder. Cl. et Néron, n, 77. Il [Attila] s'écriait : mon règne recommence, El de sa hache il montrait l'occident, bèbang. Chant du cosaque.
— HIST. XI' s. X icest mot l'ont Franc recumencet, Ch. de Roi. cxxv. || xii' s. Lor» recommence li cris et la huée, Ronc. p. t«i. Il ne feront jamais guerre recommencier, Sax. iv. || xiii* s. Ainsi loz jors seroient li plet à recommencier, beauh. ix, *. Il XV* s. C'estoient tout reviaux, danses, caroles et soûlas tous les jours et toujours à recommencer, FBOiss. m, IV, 4. Il XV]' ». Incontinent après leur recommenoea de nouveau une autre guerre conlr» les Gaulois, amtot, Marcel. 3.
— ETYM. Re..., et commencer; wallon, rikmainsi; Berry, arcoumencer ; bourg, requemancé; prov. recomensar; ital. ricominciare.
t RECOMMENCEUR , ECSE (re-ko-man-«eur, seû-z'), s. m. et f. \\ 1* Celui, celle qui recommence. Il ï° Celui, celle qui redit, i)ui se répète. L'amour étant un vrai recommenceur, l'on se redit les mêmes choses qu'auparavant en d'autres termes, et quelques-unes en mêmes mots, bussy, à Urne de Sévigné, 3 juill. 4865, dans sBv. t. i, p. 3S)0, édit. RÉGNIER Ce que vous me dites que l'amour est un vrai recommenceur est tellement joli et tellement vrai, que je suis étonnée que, l'ayant pensé ujilie fois, je n'aie jamais eu l'esprit de le dire; je me suii même quelcpiefois aperçue que l'amilié se voulait mêler en cela de contrefaire l'amour, et qu'à sa manière elle était aussi une vraie recommenoeuse, SÉV. d Buxsy, (9 juill. <8BS.
RÉCOMPENSE (ré-kon-pan-s'), ». f. \\ 1° Ce qu'on donne à quelqu'un qui a bien fait, ou en reconnaissance d'un service. En récompense de son dévouement. Ce bâton [de maréchal) qui fait la récompense de tous les autres services, SÉv, 8 janv. (683. La gloire est souvent donnée à ceux qui la désirent; mais en cela ils ont reçu leur récompense, dit le Fils de Dieu, ils ont été payés selon leurs mérites, boss. la Valtière. Le vaillant Machabée ne voulait d'autre récompense des services qu'il rendait à sa patrie que l'honneur de l'avoir servie, fléch. Turenne. Elle [la jalousie] va même jusqu'à nier la vertu dans les sujets où elle eiistej ou, forcée de la reconnaître, lui refuse les éloges, ou lui envie les récom|iense3, la bbuy. xi. Ainsi de la vertu d'un père La récompense la plus chère Est la vertu de ses enfants, lahotte. Odes, t. i, p. 85, dans pouGRNS. Une couronne de chêne ou de laurier, une statue, un éloge étaient une récompense immense pour une bataille gagnée ou une ville prise, MONTESQ. Lett. pers. 8». Le poème du célèbre Addison [sur la victoire de BlenheimJ.... est compté par cette nation guerrière et savante [les Anglais] parmi les récompenses le? pius honorables du duc de Mariborough, volt. Louis XIV, I9. Les regards de Caton seront ma récompense. it>. Catilina, i, 6, || »• En uu sens contraire, cliàli-
RÉC
REC
REC
ment. Recevoir la récompense de sou ciime. Ton insolence, Téméraire vieillard, aura sa récompense, CORN. Cid, I, «. Tu le verras, méchant, plus tôt que tu ne penses, Attends, attends de lui tes dignes récompenses, ID. Sert, v, 4. || 3° Dédommagement, compensation. Pour récompense de ses saciifices, on lui accorda une pension. Il n'est pas possible de leur faire prendre récompense d'une chose, quand elle est perdue ; ils veulent le même, non le semblable, balz. De la eour, «' dise. On sut que Mme de Clérembault avait donné sa démission de la charge de dame d'honneur de Madame, et Monsieur la donna à Mme la duchesse de Ventadour gratis, et promit ioooo écus de récompense à Mme de Clérembault, dangeao, i, ^3, 8 juin (684. Il Terme de jurisprudence. Compensation pécuniaire due soit à la communauté par un des époux, soit à l'un des époux par la communauté, lorsqu'on liquide cette communauté après la dissolution. Toutes les fois que l'un des deux époux a tiré un profit personnel des biens de la communauté, il en doit la récompense, Code Nap. art. U37. Il 4" En récompense, loc. adv. En revanche, par une sorte de compensation. L'on mange peu, l'on boit en récompense, la font. Fiànc. Vous faites valoir. .. que, si Vasquez n'oblige pas les riches de donner l'aumône de leur superflu, il les oblige en récompense de la donner de leur nécessaire , pasc. Prov. xii. Vardes me mande que vous ne vous nourrissez pas assez, et que vous mangez en récompense les plus mauvaises choses du monde, sËv. à Urne de Grignan, ïO oct. <877. Il n'y a pas un prodigieux effort de génie dans des bouts de chandelles et dans des fusées volantes [pour le mariage du Dauphin et de Marie-AntoinetteJ; mais, en récompense, il y régnait tant d'ordre qu'il y eut plus de monde tué et blessé que vous n'en avez eu dans votre première victoire remportée sur les Turts, volt. Lett. à Catherine II, 22 janv. 4774.
— HIST. IV' S. Quant le roi Boort le veit à terre, ii le regarda et dist : traystre desloyal, tantay ores poure recompense du dommaige que tu m'as faict, Lancelot du lac, t. m, ^ teo, dans lacurne. Il XVI* s. Toute la justice des hommes assemblée en un monceau ne suffîroit pas & la recompense d'un seul péché, calv. Instit. «ti. Elle [la loi divine] nous appelle à soy ainsi faultiers et détestables comme nous sommes.... mais encores, en recompense, la faut il regarder de bon œil, kont. i, 406.
— Etym. Voy. RÉCOMPENSER; wallon, reskonpeinss. L'ancienne langue a eu recompensation.
RÉCOMPENSÉ, ÉE (ré-kon-pan-sé, sée), part, passé de récompenser. || t° i qui on a donné récompense. C'est en servant l'État qu'il est récompensé, VOLT. Brutus , II, 4. Il Ironiquement. La Virginie, nommée ainsi en l'honneur de la reine Elisabeth, peuplée d'abord par les soins du fameux Raleig, si cruellement récompensé depuis par Jacques I", VOLT. Mœurs, tta. || 2° Pourquoi on a donné récompense. Ce qu'elle a fait pour vous est mal récompensé, CORN. Médée, i, J. Si près de voir mon feu récompensé, 6 Dieu! l'étrange peine! En cet affront mon père est l'offensé, Et l'offenseur le père de Chimène 1 id. Cid, i, 9.
t BÉCOMPENSEMENT (ré-kon-pan-se-man), «.
m. Action de recompenser.
— HIST. XVI' s. Recompensement, rob. est. Pict.
RÉCOMPENSER (ré-kon-pan-sé), «. a. \\ 1° Donner une récompense à une personne. Et j'espérais un jour vous mieux récompenser, rac. Bajai. n, s. Quand on' récompense bien ceux qui excellent dans les arts, on est sûr d'avoir bientôt des hommes qui les mènent à leur dernière perfection, fen. Tél.
III. Il Absolument. Le poptife [en Egypte] priait les dieux de donner au prince toutes les venus royales, en sorte qu'il fût... doux envers les hommes, modéré, juste, magnanime.... punissant au-dessous du mérite et récompensant .au-dessus, boss. Hist. m, 3. Mais un roi doit toujours récompenser en roi, B0URSAULT, Ésope à la cour, v, 7. || Payer quelque chose par une récompense. Récompenser le travail, la peine. Les honneurs sont institués pour récompenser le mérite, fléch. Duch. de Mont. Il [Assuérus] croit récompenser une bonne action, RAC. Es</i. m, < . Il punit sévèrement les moindres fautes, et récompense avec libéralité les services qu'on lui rend, fén. Tél. xi. De quel prix n'aije pas récompense tes peines? c. delav. Louis XI,
IV, 4. Il Fig. Les fruits dorés dont l'automne récompense les travaux des laboureurs, fén. Tél. u. Il 2° Par antiphrase, châtier. Il a été récompensé de sa perfidie. || 8* Dédommager, compenser. J'ai, madame, une passion si violente de pouvoir récom-
penser par mes services ce que mon malheur m'a forcé de fairo dar>s les dernières occasions... retz, Mém. t. II, liv. m, p. 863, dans lacurnf,. C'est la louange, Iris, vous ne la golîtez point; D'autres propos chez vous récompensent ce point, la font. Fabl. X, 1. I! faut qu'il [le maréchal d'Estrées] récompense cet endroit [se plaindre de Bussy, parce qu'il ne lui donne pas le monseigneur] par mille bons offices qu'il doit rendre à Mi. votre fils dans les occasions, sêv. d Bussy, 26 mai <68l. Enfin Biancas m'a écrit une lettre si excessivement tendre, qu'elle récompense tout son oubli passé, id. <» juill. (671. Je n'ai point de regret aux pleurs que j'ai versés ; Le bonheur qui les suit les récompense assez, QUIN. Amad. v, 5. Il fais.iit un frais délicieux qui nous récompensait d'une journée fort chaude, fonten. Sondes, i" soir. Le ciel me le devait [un autre mari], pour me récompenser De molti premier mari.... ëegnaru, Démocr. iv, 6. || Absolument. La vertu récompense toujours des sacrifices qu'on fait pour elle, genlis, Théât. d'éduc. la Cloison, se. 6. Il Récompenser le temps perdu, réparer une perte de temps. Si jamais je puis me revoir à portée de vous être bonne à quelque chose, vous verrez comme je récompenserai le temps perdu, sÉv. 8 déc. I67B. Je me promène avec plaisir, et je récompense le temps perdu, m. 28 févr. I68B. Il 4° Se récompenser, v. réfl. Se dédommager. Trouvant abondance de toutes choses, ils se récompensèrent des misères qu'ils avaient souffertes, vaugel. Q. C. 398. N'étant pas satisfait de ses gages, il [un serviteur] déroba quelque chose pour se récompenser, pasc. Prov. vi. Il [Pyrrhus] n'y demeura pas longtemps en repos, et voulut se récompenser sur la Macédoine des mauvais succès d'Italie, BOSS. Hist. I, 8. Récompensez-vous du temps perdu, et prenez des arrhes pour l'avenir, mnEB. Lett. à Mlle Voland, 20 oct. <76B.
— HIST. XIV' s. Et se j'ai de l'autrui, je doi recompenser; Et se j'ai en haynne, or doi je pardonner, Guescl. IB)7(. Il XV* s. Pour l'honneur de vous, en considérant et recompensant les peines et les travaux que vous avez eus de venir jusques ici.... froiss. ji, ui, <28. Ung seul fera ung tel service, qu'il recompensera toutes les lasohetez et moschancetez que avaient fait toiis les autres, comm. ii, 3. Il ivi' s. J'espère que après tant de guerres et de fascheries que vous avez eues, qu'il [Dieu] vous donnera une ferme paix et heureux repous pour recompenser les ennuis et les travaulx que vous avez continuellement, marg. Lett. cxli. Les dieux recognoissent et recompensent à l'homme, aprez sa mort, ses actions vertueuses, mont, ii, 2BB. Il [l'auteur d'une erreur judiciaire] laissa en son estât la sentence, et recompensa, de sa bourse, l'interest du condamné, n>. v, 24).
— ÊTYM. Re..., et compenser; wallon, reskonpeinssé; prov. reeompensar: \ia.\. ricompensare.
t RÉCOMPENSEUR (ré-kon-pan-seur), s. m. Celui qui récompense. || Adj. Toutes les nations policées ont admij des dieux récoiiipenseurs et punisseurs, VOLT. Dial. xxiv, 17.
— HIST. XVI' s. Recompenseur, cotgrave.
t RECOMPOSABLE (re-kon-p6-za-bl') , adj. Qui peut être recomposé.
RECOMPOSÉ, ÊE (rf-kon-p6-zé, zée), part, passé de recomposer. L'eau décomposée, puis recomposée.
RECOMPOSER (re-kon-pô-zé), v. a. || 1° Composer de nouveau. La nature... décompose, construit, fond, désordonné, arrange.... Etdanscegrami chaos recompose les mondes, delil. Trois règnes, 11. IIS* Terme d'imprimerie. Composerde nouveau des lignes, une page tombée en pâte, ou nn ouvrage dont on n'a pas conservé les feuilles. Cette page est mal composée; il faut la recomposer. ||3° Composer de nouveau, refaire un ouvrage d'esprit. Ce fut danscet esprit que fut recomposé l'opéra de Roland, mahmontel, Mém. IX. Il 4° Terme de chimie. Réunir les éléments dissociés. Recomposer l'eau avec l'oxygène et l'hydrogène. Il Absolu ment et fig. Nos sciences décomposent et recomposent, chateaubr. Génie, 11, u, 2
— HIST. XVI' s. Recomposer, cotgravb.
— ÊTYM. Re..., et composer.
RECOMPOSITION (re-kon-pô-zi-sion ; en ver», de
six syllabes), S- f.\\i-° Action de recomposer une page ou une feuille d'impression. || 2° Terme de chimie. Action de recomposer une substance; résultat de cette action. Ces fonctions [de la nutrition| sont des produits ou des résultats de véritables opérations de chimie, de décompositions et de recompositions dues à des forces d'attractions électives, FoiiRCHOT, Conn. chim. t. i, p. cliv.
T- ÉTVM. ne..., et composition.
t RECOMPTAGE (re-kon-ta-j"), ». m. Action de
recompter. Si le recomptage des réserves faisait ressortir des différences en plus ou moins.... Circul. des forêts, 25 juill. <868.
RI'.COMPTÉ, ÊE (re-kon-té, tée), part, passé de recompter. Argent compté et recompté.
RECOMPTER (rekon-té), v. a. Compter de nouveau. 0 crime ! 6 déshonneur qui nous manquait encorl Un roi lâche [Louis XI] a rendu la France tributaire; Ivre de notre sang, l'insolente Angleterre S'engraisse de nos maux et recompte son or, MASSON, Uelv. II. Des potentats.... osent,... Marquer, compter et recompter les âmes Que leur adjuge un triomphe sanglant, béhang. Ste Alliance.
— HIST. XVI' s. Se plaire à manier, poiser et recompter son argent, mont, iv, 76.
— ÉTYM. lie..., et compter.
RÉCONCILIABLE (ré-kon-si-li-a-bl'), adj. Qui
peut être réconcilié. Il ne tient pas à vous que je ne me loue de la fortune ; si c'était une ennemie qui l'ùt réconciliable, vous seriez le médiateur qui nous mettriez bien ensemble, balz. liv. i, lett. 13. Le monde, qui se platt tant à être aimé, commença à devenir réconciliable [avec le duc de Bourgogne], st-sim. 322, 215. La charge de d'Argenson ne le rendait pas réconciliable avec le parlement, m. 480, 212.
- F.TYM. Réconcilier.
RÉCONCILUTEUR, TRICE (ré-kon-si-li-a-teur, tri-s'), s. m. et f. telui, celle qui réconcilie. Il s''offre comme réconciliateur.
— HIST. XVI" s. Christ nous a esté donné pour reconciliateur en son sang, calv. Inst. 389. Les reconciliateurs des jurisconsultes debvroient premièrement les concilier chascun à soy, mont, ii, 240.
— ÉTYM. Lat. reconciliatorem , de reconciliare, réconcilier.
RÉCONCILIATION (ré-kon-si-Ii-a-sion ; en vers, de sept syllabes), s. f. || 1° Rétablissement de l'amitié entre personnes brouillées. Le temps change tant de choses, que je demande toujours ce qu'il opère, persuadée qu'il ne lui faut pas plus de six mois pour faire des réconciliations ou des brouilleries, sÉv. à Moulciau, (7 avr. 4682. De là ces vicissitudes et ces changements si ordinaires dans les amitiés et les sociétés du monde ; ce ne sont que ruptures et que réconciliations perpétuelles, parce que le même objet ne plaît pas toujours également, bourdal. Pens. t. Il, p. 44. U n'y a presque plus de réconciliations qui ne soient feintes et simulées: on ôte l'appareil du dehors, mais la plaie demeure en dedans, FLÉCH. Panégyr. St Louis. Ne craignez pas, messieurs, que je vous fasse un triste récit de nos divisions domestiques, et que je parle ici de rétallissements et d'éloignements, de prisons et de libertés, de réconciliations et de ruptures, m. le Tellier. Les haines sont si longues et si opiniâtres, que le plus grand signe de mort dans un homme malade, c'est la réconciliation, la broy. xi. La réconciliation [avec Boileau] fut sincère de la part de Perrault : il supprima même plusieurs traits qu'il réservait aux anciens, dans le tome iv de ses Parallèles, b'alemb. Éloges, Ch. Perrault. || Réconciliation normande, fausse réconciliation.; c'est le titre d'une comédie de Dutresny, (7(9, || 2° Dans les législations barbares, acte par lequel des personnes, des familles, se réconciliant, abolissent le souvenir des injures, des meurtres, etc. Chez les Malais où la réconciliation n'est pas établie, celui qui a tué quelqu'un, sûr d'être assassiné par les parents ou les amis du mort, s'abandonne à sa fureur, blesse et tue tout ce qu'il rencontre, MONTESQ.£s/»r.xxiv, 17. ji 3'Terme de religion. Acte par lequel Jésus-Christ a réconcilié les hommes avec Dieu. Il nous fallait donc un médiateur qui, venant au monde avec un pouvoir légitime, négociât et conclût entre Dieu et nous celte importante réconciliation, BOtjRDAL. Nativ. de Jésus- Christ, \" avent, p. 241. || Acte solennel par lequel un hérétique est reçu dans le sein de l'Église. || Nouvelle bénédiction d'une église profanée. || Dans un sens analogue. Les écrits dOrigène furent condamnés comme contenant des hérésies et, entre autres, celle de la réconciliation des démons au jour du jugement, PASO. Prov. xvii.
HIST. xiV s. La paix et la reconciliation,
bercheure, f" B2. Et pour ce que l'as remjs en ton amour, nous avons eu très grant plaisir de cette reconciliation, Lett. de Grég. XI à Charl K, dan» Hist. lilt. de la Fr. t. xxiv, p. 4ub. Vous voiez qu'ils ne requièrent point la paix et ne demandent pas U reconciliation, llénagier, i, 9. |1 xvr s. Nostre reconciliation a esté fuite par sa descente [de Jésus] aux enfers, calv. Inst. 40b. Pour parvenir à ceste reconciliation [des ÉtaUj, LANOt'"., 396. L'ame pleine
REC
BEC
REC
de concupiscence, non toiictiée de repentance ni d'aulcune nouvollo reconciliation envers Dieu, «ONT. I, 406. Les bastards ne donnoiit ny ne reçoivent point de baiser à la bouche ou de reconciliation du costé du père, mais bien du costé de la mère, A'oue. coust. gér.. t. i, p. 648.
— ETYM. Prov. reconciliatio ; espag. reconciliaexon ; ital. reconcilia%ione ; Avl lat reeonciliationem, de reconciliare, léconcilier.
t RÉCONCILIATOIUE (ré-kon-si-li-a-toi-r'), adj. Oui a la vertu de réconcilier. Les moyens réconcilialoires, carnot, dans quinet, la Révolution, t. ii, p. 327, B' édit.
— HiST. xvi" s. Ceux qui décèdent de ce monde avant la fin de leur pénitence pourront estre admis à la communion sans l'imposition des mains reconciliatoires, calv. Inst. t>T\.
— ÊTYM. Réconcilier.
RÉCONCILIA, ÉE (ré-kon-si-li-é, ée), fart.pass^ de réconcilier. || 1» Ramené à l'amitié, à la paix. Les charmes de l'amour réconcilié qui valent presque ceux de l'amour naissant, volt. Princ. de Bab. xi. Je serai du moins réconciliée avec moi-même, si je ne puis l'être avec mon mari, marmontel, Conles moraux, Heureusement. Tout à coup le bruit des armes cesse, et les peuples, réconciliés ou vaincus, viennent se perdre dans le peuple romain, chateaubr. Génie, iv, m, \. \\ Ennemis réconciliés, ennemis qui ont renoncé réciproquement à leur inimitié. Il [saint LouisJ les regarda [les rebelles] comme des amis acquis, non pas comme des ennemis réconciliés, FLÉCH. Panégyr. St Louis. Henri [roi d'Espagne en ) 474], après un de ces raccommodements, fut attaqué d'un mal violent dans un repas que lui donnaient quelques-uns de ses ennemis réconciliés, et mourut bientôt après, volt. Mœurs, (02. ||rroverbe. U ne faut se fier à un ennemi réconcilié. Il a° Oui a fait la paix avec Dieu. Tremblez, âmes réconciliées qui renoncez si souvent à la grâce de la pénitence, Boss. Anne de Gonz.
t RÉCONCILIEMENT (ré-kon-si-li-man) , i. m. Action de réconcilier.
— HIST. XII' s. 0 ciim douz reconciliement, et cum douce anieiidise! st behnabd, p. 649.
— ÉTYM. Réconcilier ; prov. reconciliament; ital. riconciliamento.
RÉCONCILIER (ré-kon-si-li-é), je réconciKais, nous réconciliions, vous réconciliiez; que je réconcilie, que nous réconciliions, que vous réconciliiez, V. a. Il i' Rétablir l'amitié entre des personnes brouillées, la paix entre des ennemis. Oui, Narcisse, on nous réconcilie, rac. Brit. iv, 4. Après cela, on nous réconcilia, nous nous embrassâmes, et depuis ce temps-là nous sommes ennemis mortels, lesage, Diabl. bail. 3. Le roi [Louis XI] le reçut avec bonté, et le réconcilia avec Dammartin, c'est-à-dire qu'il les obligea de dissimuler leur haine, duclos, Œuv. t. m, p. 38. Il i" Réconcilier avec, faire disparaître des sentiments peu favorables qu'on avait sur quelque chose ou quelqu'un. S'il y avait au monde dix hommes comme lui, en vérité, je crois qu'ils me réconcilieraient avec l'humanité, fén. Dial. des morts anc. (Socrate, Alcihiade et Timon). Le besoin d'argent a réconcilié la noblesse avec la roture, et a fait évanouir la preuve des quatre quartiers, LA BRUY, XIV. La conversion miraculeuse de Félix [dans Polyeuctej le réconcilie sans doute avec le ciel, mais point du tout avec le parterre, volt. Comm. Corn. Rem. sur les Disc, de Corneille, 2" dise. Le Tartufe, cet ouvrage unique au théâtre, d'une utilité qui devrait réconcilier avec les spectacles les véritables gens de bien, d'alemb. Éloges, Despréaux. Il 3° Terme de religion. Faire la paix de l'homme avec Dieu. Nous réconcilions les pécheurs dans le tribunal de la pénitence, bourdal. b* dim. après la Pentecôte, Dominic. t. ii, p. 480. Et [le Rédempteur] réconciliera, par son sang précieux. L'homme avec l'Éternel, la terre avec les cieux,i)ELiL. Parad. perdu, xii. Il Chez les catholiques, réconcilier un hérétique, un pécheur, lui donner l'absolution après qu'il a abjuré ou fait pénitence. L'Église a été longtemps à ne réconcilier qu'à la mort ceux qui étaient coupables d'homicide, pasc. Prov. xiv. !l Réconciher une église, lawebénir quand elle a été profanée. || 4° Mettre d'accord, concilier, en parlant de choses. J. J. Rousseau prétend qu'on ne peut réconcilier le théâtre avec la murale. || 5° Se réconcilier quelqu'un, se le concilier de nouveau, gagner de nouveau sa faveur. L'électeur de Saxe s'était réconcilié presque tous les grands qui s'étaient opposés à lui, sï-sim. b;i, <42. ||6° Se réconcilier, t;. réfl. Se remettre bien avec iiuelqu'un. Je j'rends à bon augure de ce qu'elle [la
fortune] nous rapproche du lieu où vous £tes, et je croirai qu'elle se veut réconcilier avec nous, si elle nous rend le bonheur dfe votre présence, voit. Lett. 65. Allez vous réconcirièr auparavant avec votre frère; et puis vous reviendrez offrir votre don, saci, Bible, l'vang. St Math, v, 24. si, pour vous servir, il fallait me réconcilier' avec Mme de Montesiian, je me réconcilierais avec elle, maintf.non, Lelt. à l'abbé Gohelin, IB avril 1075. Il est rure que les princes se réconcilient de bonno^ foi avec un sujet qui a manqué à son devoir, et à qui ils se voient, en quelque sorte, obligés de céder, rollin, Hist. anc. Œuv. t. IV, p. 343, dans pougens. Sav^my : Réconcilions-nous, ma petite Marie! — Mnrlon : Réconcilions-nous de moins près, je vous prie, v. iiUGO, Marion Delorme, i, i. Il Se réconcilier avec soi-même, se mettre bien avec soi-même, en apaisant les reproches de sa conscience. 11 faudrait vous réconcilier avec vous-même, avec qui vous dites que vous êtes si souvent brouillé, fén. Dial. des morts, anc. 47. Il Se réconcilier avec Dieu, et, absolument, se réconcilier, demander à Dieu pardon des péchés, et recevoir l'absolution des fautes commises. Si, après des mœurs désordonnées et une vie toute criminelle, vous avez été assez heureux pour recouvrer en ces jours votre innocence par la grâce des sacrements, et vous réconcilier avec Dieu.... mass. Mystères, Résurrect. Quand on lui demanda [à Saint-Evremond] à sa mort, s'il voulait se réconcilier, volt. Louis XIV, Écrivains, St-Evremond. || Chez les catholiques, se réconcilier, se dit quand, peu de temps après s'être confessé, on retourne à confesse pour s'accuser, avant de communier, de fautes légères commises dans l'intervalle, ou de péchés qu'on avait oubliés.
— REM. D'après Vaugelas, il ne faut pas dire se réconcilier à, mais se réconcilier avec. Avec est, en effet, plus fréquent; mais se réconcilier, à se trouve aussi : Une froideur ou une incivilité qui vient de ceux qui sont au-dessus de nous, nous les fait haïr-, mais un salut ou un sourire nous les réconcilie, la BRUY. IX. Ce n'était pas les sophistes qu'il fallait réconcilier à la religion, c'était le monde qu'ils égaraient, chateaubr. Génie, i, i, i.
— HlST. xn" s. Quant li reis Henris fu batuz e castiez [châtié]. Par satisfaction à Deu reconciliez.... Th. le mart. <62. Ke tu cusencenols [soigneux] soyes de reconcilier à ti la grâce Deu, st bern. p. ^65. Ilxiii's. Onlesselecanter[rofficedivin], dusques à tant que li meffait sunt amendé à l'evesque, et que li liex [le lieu] est reconciliés, beaum. XLiii, 42. Maint tor, maint bueP, mainte autre beste A fait li rois sacrefiier Por ses dex [dieux] réconcilier, G. de cambrai, Barl. et Jos. p. H. Il xiv s. Et que trop miex [mieux] estoit que les courages du peuple fussent reconsilliez aus pères par celui don, bercheure, f° un. || xv» s. 11 vint en î'hostel du père d'elle pour la rapaiser et soy reconseiller avec elle, llist. de la toison d'or, t. ii, f" 137, dans LACURNE. Il XVI' s. Le prince sur toutes riens se doit garder de ennemy reconsilié. Rosier histoT. 1, 3. Nous sommes reconciliez avec lui [Dieu] par la mort' de son fils, calv. Inslit. 388. Je viens en délibération de recognoistre comme une grâce s'il te plaist amiablement te reconcilier à moy, AMïOT, fhém. BO. Ceste querelle et dissension entre le père et le filz dura, sans jamais se reconcilier, jusqu'à la mort, id. Péric. 68.
— ETVM. Provenç. et esp. réconcilia^; ital. rtconciliare ; du lat. reconciliare, proprement ramener, faire rentrer, et fig. ramener à la paix, dere, et conciliare (voy. concilieii).
t RKCONDAMNER (re-kon-da-né), v. a. Condamner de nouveau.
— HIST. XVI* s. Recondamner, cotgh,ave.
RÉCONDOCTION (ré-kon-du-ksion), s. f. Terme
de jurisprudence. Renouvellement d'un louage ou d'un bail à ferme. || Tacite réconduction, continuation d'un bail aux mêmes conditions, sans qu'il ait été renouvelé. Lorsqu'il y a un congé signifié, le preneur, quoiqu'il ait continué la jouissance, ne peut invoquer la ta«ite réconduction, Code Nap. art. 1739.
— ÊTYM. Lat. reconducere, reprendre à loyer, de re, e\, conducere, prendre à louage (voy. conduire).
RECONDUIRE (re-kon-dui-r'), v. a. 11 se conjugue comme conduire. || l" Accompagner une personne qui s'en retourne. Nous voilà partis pour me reconduire à mon couvent, mariv, Marianne, b' part. Pourquoi ne reconduisiez-vous pas Thérèse chez sa mère'? — Je la reconduisais de l'œil, carmontklle, Prov. posth. Le grand chemin, se. 4. || Reconduire un étranger à la frontière, l'expulser du territoire, et le faire conduire à la frontière par la force pu-
blique. Il S* Accompagner par civilité jusqu'.1 la porte une personne qui se retire après une visite. Je vous laisse aller sans vous reconduire; mais, entre cavaliers, cette liberté est permise, mol. Sicit. 13. Qu'un favori s'observe de fort près... s'il m'écoute plus volontiers, et s'il me reconduit un peu plus loin, je penserai qu'il commence à tomber, et je penserai vrai, la bkuy. vm. Voulez-vous que je vous reconduise? Il n'est point, à mon sens, de plus haute sottise Que cet usage-là, destouch. Homme sing. i, 4. || Absolument. Les malades ne reconduisent pas, mol. Mal. imag. m, i*. Je vous loue fort que vous ne reconduisiez point; c'était pour mourir; que les dames s'en vengent, qu'elles ne vous reconduisent point aussi, et voilà une maudite coutume abolie, sEv. 44. || 8° Ironiquement. Repousser, expulser en mallraitaut. Les ennemis furent reconduits à coups de canon. On dit que M. de Turenne reconduit les ennemis quasi jusque dans leur logis, sÉv. «89.
— KEM. Ménage blâme reconduire dans le .sens d'accompagner par civilité : « La plupart, de» gens de ville se servent mal de ce mot ; ils disent : il m.'est venu recomluire jusqu'au bas du degré. 11 faut dire, comme on dit à la cour : il m'est venu conduire. » Douhours combattait Ménage, et arguait aussi de l'usage de la cour. L'usage a confirmé reconduire, avec raison; car il y a dans reconduire l'idée d'une conduite faite en sens inverse.
— HIST. XVI' s. Il commanda à l'un do ses serviteurs qu'il prist une torche, et qu'il allast reconduire cet homme, amyot, Péricl. 8.
— ETYM. Re..., et conduire; wallon, rikdûr.
t RECONDUISEUR (re-kon-dui-zeur), t. m. Celui qui reconduit.
— HIST. XVI" s. De meschant hoste bon reconduiseur, cotghave.
RECONDUIT, UlTE (re-kon-dui, dui-t'), part, passé de reconduire. Il lui dit qu'il ne la fera point [la chose sollicitée], il le prie de se mettre en sa place, il l'en fait juge : le client sort, reconduit, caressé, confus, presque content d'être refusé, la BRUY. IX. Vous voyez [des hommes ivres].... reconduits chez eux en chancelant par leurs femmes éplorées, incapables de travail le lendemam... volt. Dicl. phil. Curé de camp.
RECONDUITE (re-kon-dui-f), s. f. Action de reconduire. Les chancelières n'ont pas laissé d'obtenir insensiblement des princesses du sang le fauteuil, et, je pense, aussi la reconduite comme les duchesses, st-sim. 70, (57. Voisin voulut jouir et aller triompher au parlem.ent en qualité de chancelier; il n'oublia rien de sa marche, de sa récepiion et de sa reconduite, lo. 38B, I94. || Ironiquement. On lui fit la reconduite à coups de bâton.
— ETYM. Reconduit.
t RECONFESSER (re-kon-fè-sé), v. a. Confesser de nouveau. || Se reconfesser, v. réfl. Se confesser de nouveaii.
— HIST. XIII" s. Pierres Abailart reconfesse Que suer Helaïs, l'abeesse Du Paraclet, qui fu s' amie. Accorder ne se voloit mie Por riens qu'il la preïst à famé, la Rose, 8799.
t RECONFINER (re-kon-fi-né), v. a. Confiner do nouveau.
— HIST. XVI* s. Reconfiner, cotgrave.
t RECONFIRMATION (le-kon-fir-ma-sion), s. f. Action de reconfirmer.
— HIST. XVI* s qu'en auroit le moyen de
faire entendre au roy la vérité des alTaires qu'on lui desguisoit ; dont se pourroit ensuivre la reconfirmation des edits, LANGUE, 611.
t RECONFIR.MER (re-kon-fir-mé), ». a. Confirmer de nouveau. Que s'il mésarrivait dudit sieur duc de Montmorency contre les assurances reconfirmées de la part de .sa majesté, montrësor, Mém. t. i, p. 2. Vous connaissiez le livre de M. du Bois [de la Véritable Religion].... cette lecture reconfirme encore la vérité de notre religion, sÉv. 19 févr. 1690.
— HIST. XIII* s. Et vont [et il veut] ke cist li renuvele E recunferme e resaele [rescelle] Tuz lesottreiz [octrois] de sun ancestre, Edouard le conf. V. 228(i. Il xvr s. Et maintenant je reprendray mes premières erres, pour reconfirmer ce que j'ay dit que les charges corporelles doyvent estre supportées, encores ((u'elles soyent griçves, langue, 21 s Il s'en court à Paris, et, aiant reconfirmé ses afidez.... d'au». Hist. m, 2B0.
t RECONFISQUEU (re-kon-fi-slcé), V. a. Confisquer de nouveau.
— HIST. xvr* s. Reconfisquer, cotgrave.
RÉCONFORT (ré-kon-for ; le ï ne se lie pas), 1.
m. Consolation, secours, Priam, qui vil ses fils abat-
REC
REC
tus par Achille, Dénué de support, Et hors de tout espoir du salut de sa ville, Reçut du réconfort, MALH. VI, t«. J'irai demain en reprendre fdu courage, pour le procès de Fouquei) chez elle [Mmr ilu Plessis] ; car de temps en temps je sens que j'ai besoin de réconTort, sÉv. 27 nov. ib64. La taiito : Mais il [un mari] était si vieux. — Lisette : J'entends, pour réconfort Vous en voulez'îin jeune, th. conN. Rarnn d'Atbikrac, i , 6. La mère de cette Avangour était Fouquel, noii Ses Fouquet du surinten laiil fet le réconfort en eilt été médiocre), mais propre fille de ce cuisinier.... qui devint M. de la Varenne, ST-SIM. 76, 236.
— HiST. xiu" s. Hé, sire, vbus en ayés bon reconfort; car si grant honneur n'avint onques au roy de France, comme il vous est avenu, joinv. 'av. ilxvi* s. C'est le commun reconfort des envieux...,
AMYOT, Pélop. 4B.
— RTVM. Voy. RÉCONFORTER.
RfXONFORTATlON (ré-kon-for-ta-sion ; en vers, de six syllabes), .«. f. Action de réconforter.
RÉCONFORTÉ, TfiR (ré-kon-for-té, tée), part, possède réconforter. Réconforté par un doigt de vin.
RÉCONFORTER (ré-kon-for-té) , e. a. || 1" Donner de la force. Il [le perroquet) partageait.... Tous les sirops dont le cher père en Dieu, Gr&ce aux bienfaits des nonnettes sucrées. Réconfortait ses entrailles sacrées, gresset. Ver-vert, I.I12" Donner de la force morale, Kn ce fâcheux état ce qui nous réconforte. C'est que la bonne cause est toujours la plus forte, MALH. II, I. Mais attends-je en mon deuil que rien me réconforte? tristan, Marianne, v, 2. Je TOUS assure que j'ai besoin d'élre réconforté; je ne puis plus rien faire par moi-même pour le tripot I le théâtre], volt. Lett. d'Argental, 4 juin. (767. Il suffit d'un doigt de vin Pour réconforter l'espérance, bérang. Pet. coups. |l 8° Se réconforter, V. réfl. Reprendre de la force.' Se réconforter d'une longue abstinence. || Se consoler. Alors le loup s'enfuit, voyant la bête morte [tuée par le cheval qui lui avait dit de lire son nom écrit sur sa semelle], Et de son ignorance ainsi se réconforte, RÉGNIER, Saf..!ii.
— HIST. XI* s. Je atendi quel à mei repairasses [que tu revinsses vers moi], Par Deu merci que tu m'reconfortasses, St Alexis, i.xxxviii. || xii' s. En teus (tels] essample? s'est granment réconfortez : Mais ne purquant mull ert el corage trublez , Th. le mart. 66. ||xiii' s. [Breuvages] Qui tut vus recunforterunt, E bone vertu vus dunrunt [donneront], MARIE, ])e)ix amants. Car toutes voies est on plus tost recouloriés d'une perte que de deus,
BEAUM. XIV, 'ii. Madame Marie de Vertus me
vint dire que la royne menoit moult grant <leul, et me pria que j'alasse vers li pour la reconforter, JOINV. 281. (I xv s. Ils en font un petit tourtel, et le maiigent pour reconforter leur eslom:jC, fboiss. 1, I, 34. Le roy arriva en la ville de Paris en Testât qu'on doit venir pour reconforter le peuple; car il y vint en très grande compaignie, et mist bien deux mille hommes d'armes en la ville, comm. i, 8. {| xvi* s. Promettre sans donner est fol reconforter, cotgravb.
, — ÉTYM. Re..., et conforter; bourg, reconfotai.
t RECONFRONTATION (re-kon-fron-ta-sion), s. f. Représentation faite à l'accusé des témoins qui ont déposé contre lui.
t RECONJURER (re-kon-ju-ré), e. a. Conjurer de nouveau. Enfin, je resupplie, je reconjure à genoux M. et Mme d'Argental de s'en tenir à mon dernier mot, VOLT. Lett. d'Argental, déc. )760.
— HIST. xiti'-s. Il ne respont ne 0 ne non. Et 11 en ont entreparlé. Et autrefoiz reconjuré, Hen. 2),"i92.
RECONNAISSABLE (rc-ko-nê-sa-bl'), adj. Facile à reconnaître, en parlant des personnes. Je vis samedi sa femme [de Créqui, qui venait d'être défait] chez M. dePompone; elle n'est pas reconnaissable, sKv. 26 août t675. Je revis, longtemps après, ce personnage dépouillé de tout ce que l'illusion [d'une passion naissante] lui avait autrefois prêté ; à peine me fut-il reconnaissable, staal, Jfe'm. t. i, p. 29. Zéolide n'est plus reconnaissable ; elle a de l'aigreur, de l'humeur ; un rien la fâche, l'irrite, GENLis. Veill. du chdt. t. m, p. 46», dans pouoENS. Il II se dit aussi des choses. Pour peu que vous y demeuriez [4 Uomej, vous aurez le plaisir de voir changer la France cinq ou six fois; à votre retour il n'y aura plus rien de reconuaissable, balz. liv. 11, lett. 3 (au cardinal de la Valette). L'envie et la haine s'unissent toujours.... et elles ne sont reconnaissables entre elles, qu'en ce que l'une s'attache à la personne, l'autre à l'état et à la condition, LA bruy. XI. Vos airs dans les siens sont si tecounaissables , Que deux gouttes de lait ne
sont pas plus semblables [entre deux jumeaux], BEONARD, lUinechm. 1, 2. Lahranche : Il l'a écrite (une lettre] d'une main si tremblante, que vous n'en reconnaîtrez pas l'écriture. — M. Orgon : En effet, elle n'est pas reconnaissable, lesage, Crispin rival, 7.
— HIST. XI' s. Cent mile Franc en sunt reconoisable, Ch. de Bol. ccxvi. ||xvi* s. Les enfants à peine encoros nays n'ayants ny mouvement eh lame, ny forme recognoissablp au corpg, mont, ii, 70. Il vit les testes de ses compagnons de la conspiration d'Amboise, encore reconnoissables sur un bout de potence, d'aub. Vie, iv.
— ÈTYM. Reconnailre.
RECONNAISSANCE (re-ko-né-san-s'), s. f. || 1° Action de reconnaître, de se remettre en l'esprit l'idée, l'image d'une personne ou d'une chose. I,a reconnaissance des meubles qui lui avaient été volé». Bientôt vous le verrez [votre père Ulysse], et vous le connaîtrez, et il vous connaîtra; mais iiiaintenant les dieux ne pouvaient permettre votre reconnaissance hors d'Ithaque : fén. Tél. xxiv. Leurs adieux furent aussi tendres que l'avait été leur reconnaissance, volt. Zadig, (8. || Se dit de certaines péripéties des ouvrages épiques ou dramatiques, surtout dans les déiioilmoiits. Aristote , dans sa Poétique immortelle, ne balance pas à dire <|ue la reconnaissance de Mérope et de son fils était le moment le plus intéressant de toute la scène grecque, volt. Mérope, lett. Presque tous les romans que nous avons eus, soit anciens, soit modernes, et une infinité d'ouvrages dramatiques ont été fondés sur des reconnaissances, ID. Philos. Bible expl. Gen. Variété dans les reconnaissances, qui sont un des plus grands ressorts du pathétique, surtout quand elles produisent une révolution subite dans l'état des personnes, barthél. Anach. ch. 7(. |j2° Terme de féodalité. Reconnais.sance d'héritage, déclaration que l'on passait au terrier d'un seigneur pour les héritages que l'on tenait rie lui à cens. || 3"" Enamen, vérification de certains objets pour en constater le nombre, l'espèce, etc. Faire la reconnaissance des lieux. Il 4° Terme de guerre. Action d'examiner un terrain, là position de l'ennemi. Pousser une reconnaissance. Soldats qui vont faire une' reconnaissance. Il 5° Action d'explorer une coirtrée. On a fait diverses reconnaissances du pays tantpar terre que par mer. Dans une reconnaissance dont il fut chargé avec M. Lefèvre, ingénieur des ponts et chaussées, il eut la satisfaction de retrouver une branche du Nil ignorée jusque-là des voyageurs, oelambre, Instit. Mém. scienc. I«I2,.2« part. p. xxix. |16"Terme de marine. Action de reconnaître, en naviguant, des cotes, des rades, etc. qui n'étaient pas connues. La reconnaissance de ces plages au delà du 70* degré est une entreprise digne de l'attention de la grande souveraine des Russies, buff. Not. just. Ep. nat. Œuv. t. xm, p. 34o. || Nom donné à toute marque ou balise par laquelle est indiqué un danger, l'entrée d'une rivière, une passe, etc. I' Signaux de reconnaissance, signaux à l'aide desquels se reconnaissent des vaisseaux qui se rencontrent en mer. 117° Écrit par lequel on déclare ou l'on reconnaît avoir reçu telle valeur en espèces ou en marchandises. Prêter à quelqu'un contre une reconnaissance. Dépôt fait moyennant reconnaissance. Dans le commerce, celui qui prend des marchandises pour les payer dans un terme convenu, reconnaît par écrit qu'il payera telle somme; et celte reconnai.ssance, entre les mains de celui à qui il la fait, se nomme créance, parce qu'elle est un titre, sur lequel on doit croire qu'on sera payé, condil. Comm. gouv. i, <7. || Reconnaissance du mont-depiété, écrit par lequel un mont-de-piété déclare avoir reçu un gage et avoir prêté une certaine somme sur ce gage. Le portefeuille rempli de reconnaissances du mont-de-piété, picard, Les deux Philibert, i, 5. || 8* Reconnaissance de promesse ou d'écriture, acte par lequel un homme reconnaît qu'une promesse est de lui. il Faire la reconnaissance d'un billet, vérifier si un billet qu'un homme nie être de lui en est réellement. {| Reconnaissance d'enfant, acte par lequel on reconnaît être le père ou la mère d'un enfant naturel. La reconnaissance d'un enfant naturel sera faite par un acte authentique, lorsqu'elle ne l'aura pas été dans son acte de naissance. Code Afop. art 3:u. || 9° Action de reconnaître un gouvernement, un culte. La reconnaissance de la République française par le roi de Prusse. La reconnaissance légale de la liberté des cultes. Il 10* Action d'avouer, de reçouiiallre un fait. En (644, vous avez reconnu qu'elle [une certaine maxime] est détestable; et en I6.%n, vous avouez qu'elle e»! du P. Bauny ( cette double reconnais-
sance me justifie assez, pàsc. Prov. xv. || Confession d'une faute. Lorsqu'on vit dans le milieu de cette lettre [écritfe par Condé mourant à Louis XIV] ces fautes dont le prince faisait une si sincère reconnaissance, IjOSS. Louis de Bourbon. || 11° Souvenir affectueux d'un bienfait reçu, avec désir de s'acquitter en rendant la pareille. Quelle reconnaissance, ingrate, tu me rends Des bienfaits répandus sur toi, sur tes parents ! cokn. Iléract. iv, 6, Ce qui fait le mécompte dans la reconnaissance qu'on attend des grâces que l'on a faites, c'est que l'orgueil de celui qui donne, et l'orgueil de celui qui reçoit, ne peuvent convenir du prix du bienfait, la rociief. Max 225. Il en est de la reconnaissance comme de la bonne foi des marchands, elle entretient le commerce; et souvent nous ne payons pas parce qu'il est juste de nous acquitter, mais pour trouver plus facilement des gens qui nous prêtent, ID. ib. 223. Je disais, comme si je n'eusse rien dit, que l'ingratitude attire les reproches, comme la reconnaissance attire de nouveaux bienfaits ; dites-moi donc ce que c'est que cela'? l'ai-je lu? l'ai-je .rêvé? l'ai-je imaginé? sEv. 62. On s'irrite contre les ingrats, parce qu'on veut de la reconnaissance par amour-propre, fBn. Dialogue des morts anc. Dial XVII. Trop de reconnaissance est un fardeau peut-être ; Mon cœur vous en dégage, volt. Tancr. iv, 4. La reconnaissance marque d'abord un esprit de justice; mais elle suppose encore une âme disposée à aimer, pour qui la haine serait un tourment, et qui s'en affranchit plus encore par sentiment que par réflexion, nucLOS, Consid. mœurs, XVI. Quels sons harmonieux, quels accords ravissants, Delà reconnaissance égalent les accents? DELiLLE, Jard. I. Il II se dit quelquefois au pluriel. Je ne vous fais pas valoir la douleur que' j'ai de l'état de votre fortune; ce serait vouloir escroquer des reconnaissances, SÉv. à. Bussy, 19 déc. I67u. J'ai fait encore un chef-d'œuvre : j'ai été voir Mme de Ricouait [pour Mme de Grignan).... vous n'avei qu'à me donner vos reconnaissances à achever, comme vos romans; vous en souvient-ilT ID. à Mme de Grignan, lO janv. 1689. Je vous charge volontiers de mes reconnaissances envers Ste Ebrigisille, ROSS. Leltr. Alb. '^40. Bénis soyez-vous de Dieu, vous qui avez conservé vos reconnaissances â Saùl, votre seigneur, m. Polit, ix, vi, 2. |{ li" Récompense accordée pour un bon office (sens aujourd'hui peu usité). 11 a fait votre commission avec zèle ; cela mérite une légère reconnaissance. S'il me fait part de sa toute-puissance. Ce sera moins un don qu'une reconnaissance, coim. Tite et Bérén. in, :t.
— REM. 1. D'après des grammairiens, bien qu'on dise ■■ reconnaître sa faute, on ne dit pas : faire la reconnaissance de sa faute; on dit en faire l'aveu. Cela n'est pas exact : Bossuet donne ce sens-là à reconnaissance : faire une sincère reconnaissance de ses faute-. Il 2. Suivant d'autres, on ne peut pas dire la reconnaissance de vos bontés, la reconnaissance de votre action ; il faut dire lareconnaissanca pour vos bontés, pour votre action. Corneille a dit reconnaissance des bienfaits; et de est en effet usité à côté de pour.
— lllST. XI* s. Montjoie [il] escrie pur la reconnuissance [pour se faire reconnaître], Ch. de Roi. ccLXiv. Il xn* s. Il vest l'osberc sur la reconoisance
\ [blason], Bonc: p. 52. Mais de ce traïtor qui m'a fait tel pesance, Ne pui-je donc avoir nulle reconoisance [reconnaître, punir ce que m'a fait ce traître]? ib. p. 297. En la lei fud cumanded que se l'um anumbrast le pople, que chascuns de ces ki fust anumbrez feist recunuissance à nostre seignur, Rois, p. 216. Hauz sont les murs, et la tor grant et ample. Et le paies et les reconnoissances, La prise d'Orenge, v. 1 93. || xiii" s Heconnoissance est quant li hom ne nie ne ne delîent pas le fait, mais i! demande que l'om li pardoint, brun, laïini. Trésor, p. 478. Et pour sa recoignisance il ot [eut] une cotte de vermel samit à petites croisettes d'or, H. de VALENC. ix..Etceste entencion doit estre seue par lor reconuissance ou par manaces provées, beaum. xxxviii, 10. Si trespassa dou siècle comme boine et loiaus, et eut biele fin et bonne reconuisanche [confession de ses péché't^, nii cange. Gloss. français. ifxv* s. Ceulx (|ui me cognoissoient me nomment le chevalier dore, pour ce que, depuis que je recèus l'ordre de chevalerie, j'ay tousjours porté mes parures et mon escu d'or sans autre reconnoissanca, Perceforest, i, t. m, f° **. || xvi' s. Il fault en juger ave:;ques plus de recognoissance de nostre ignorance et foiblesse, mont. 1, 202. Le lion s'approcha comme pour entrer en iecognois,sance avecqu»» luy [Androclès, qui lui avait retiré une épine de la
BEC
patte], ID. Il, (6*. Des reoonnissances Hastives et précipitées [de villes] s'ensuyvent îles erreurs tri^s ionrds, LAN )UE, 448. La reconiiolssance envers Dieu, m 6<7. Si donc on se plait tant aux reconnnissances luimaines [à être reconnaissmt envers les homines|, que doit-on faire aux divines? m. 618. La n;(;oi,'noissance de ces bienfaits, amyot, P. Âim. 82.
— P.TYM. Reconnaissant; bourguig. recogneussance; wallon, riknohanss; prov. reconnissensa, regiinoysscnsa; port, rccnnhecença; ital. riconoscensa.
RECONNAISSANT, ANTE (re-ko-nê-san, san-t'), adj. Oui a de la reconnaissance. Il est reconnaissant des services qu'on lui a rendus. Reconnaissant envers ses bienfaiteurs. Je vous suis reconnaissant de ce que.... Je .suis très-reconnaissant à M, votre frère du service qu'il m'a rendu. Tous ceux qui s'acquittent des devoirs de la reconnaissance, ne peuvent pas pour cela se flatter d'être reconnaissants, LA BOCHEFOUC. Ifai. 224. Jlu fruit dc tant de soins à peine jouissant, En avez-vous six mois paru reconnaissant , rac. Brit. iv, 2. Vous vous êtes bien douté qu'étant au nombre des reconnaissants, je serais au nombre des importuns, volt. Lell. Faryès, 26 janv. <776. Un cheval bien traité, bien nourri, caressé par son maître, est beaucoup plus reconnaissant qu'un courtisan, ID. Dial, xxv. Il n'y a point d'hommes plus reconnaissants que ceux qui ne se laissent pas obliger par tout le monde, Duci.os, Cnnsid. mœurs, <6. Au fond du cœur reconnaissant, le bienfait porte intérêt, mcer. Claude el Nér. II, 29.
— HIST. XIV* s. La cité fu recognoissant et gracieuse envers tant grant vertu, bebchkure, f° 31, rprso. Il XVI" s. Ceux qui nous desconseillent les femmes riches, de peur qu'elles soient moins traiclables et recognoissantes, mont, ii, 84.
— ÉTYM. Be.cnnn aUre ; wallon, riknohan.
t RECONNAISSEUR (re-ko-nê-seur), s. m. Celui qui reconnaît.
— HIST. xvi* s. Le reconnoisseur [dans une reconnoissance militaire] descentà main gauche sur le liord des fossez, au petit pas.... d'aob. Hist. ii, 342.
RECONNAÎTRE (re-co-nê-tr') , v. a. 11 se coniugue comme connaître. || 1° Se remettre dans l'es- [irit l'idée de quelqu'un ou de quelque chose que l'on connaît. Je reconnais le cachet. Reconnaître les gens à leur voix, à leurs allures. Quand elle fut lans la tour et qu'elle se présenta à la porte, les épines qui la bouchaient et qui s'étaient d'ellesmêmes détournées pour laisser passer Psyché la première fois, ne la reconnaissant plus [elle était levenue noire}, l'arrêtèrent, la font. Psyché, il, p. 200. Vous voilà tout désolé parce que vous avez vu votre père sans le reconnaître, fén. Tél. xxiv. Un chien, un éléphant reconnaît son maître au bout :1e dix ans, volt. Dial. xxv. Oui, je te le répète, oui, c'est lui que j'ai vu; Mieux encor que mes yeux mon cœur l'a reconnu, oniiSSET, le liéch. m, 1. Ai-je encor des amis dans mes tristes destins? Un seul m'f'tait resté, non parmi les humains ; Aux portes du palais il [le vieux chien] m'a su reconnaître, Il est mort de sa joie enrevoyant son maître, p. LEBRUN, Ulysse, II, 2. || Fig. De mes feux mal éteints je reconnus la trace, rac. Andr. i, 4. || Absolument. Elle renverse tout ce qui s'offre à ses pas, Kt, sur ceux qu'elle voit, frappe sans reconnaître, CORN. Veuve, iv, <. || On ne le reconnaît plus, nous ne le reconnaissons plus, il est tout à fait changé. Ces mêmes gens, pour l'ordinaire si flatteurs et si complaisants, peuvent se démentir: quelquefois on ne les reconnaît plus, et l'on voit l'homme jusque dans le courtisan, la brut, xi, Dfipuis que vous avez quitté la province et que votre maîtresse est devenue une riche héritière, je ne vous reconnais plus, GENLis, TWdt. d'èduc. le Méchant par air, i,\. Il 2° Connaître à quelque signe, à quelque marque, à quelque indication, une personne ou une chose qu'on n'a jamais vue. X sa démarche on reconnut une déesse. Reconnaître une plante d'après la description donnée par les auteurs. 11 [M. de Turenne] dit au petit d'Elbœuf :' Mon neveu, demeurez là; vous ne faites que tourner autour de moi, vous me feriez reconnaître, sÉv. 21 1. Ils [les princes morts] vont tous ensemble se confondre dans un abîme où l'on ne reconnaît plus ni princes, ni rois, ni toutes ces autres qualités superbes qui distinguent les hommes, boss. Duch. d'Orl. Dans ce même Dieu, dans ce même Seigneur, nous reconnaissons un père dont nous sommes tous les enfants, bourdal. Myst. Trinité, t. i, p. 500. Peuples et vous, Abner, reconnaissez Joas, rac. Ath. v, 6. 11 reconnut dans le visage^ d'Arcésius une grande ressemblance avec Laërte, fén. Tél. iix. Ce serai» une surprise assez
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agréable devoir Pandore [dans l'opéra de ce nom], le démêler IProméthée] dans l'assemblée des sylvains et des faunes, comme Marie-Thérèse, beaucoup moins spirituelle que Pandore, reconnut Louis XIV au milieu de ses courtisans, volt. Ult. Chahannn, 29 janv. )7B8. 11 faut être aveugle pour n'être pas ébloui de ce spectacle [le ciel] -. il faut être stupide pour n'en pas reconnaître' l'autour, m. Dict. ■phil. Religion, il. Nous serons bien heureuv s'il IBartholo] ne vous reconnaît pas, vous qu'il n'a jamais vu, beaumarch. Barb. de Scv. 1, 4. ! .Se faire reconnaître, prouver qui l'on est par des indications certaines. liU se dit des marques morales, intellectuelles qui font connaître quelqu'un ou quelque chose. Puur vous, ma chère enfant, je vous reconnais bien à consentir.... sév. <" nov. <67i. Reconnaissez ici le monde, reconnaissez ses maux toujours plus réels que ses biens, et ses douleurs par conséquent plus vives et plus pénétrantes que ses joies, BOSS. Anne de Gonz. On reconnaît Joad à cette violence, rac. Athal. m, 5. X votre langage seul, je vous reconnaîtrais pour un stoïcien, font. Vial. »", Morts anc. Entre plusieurs traits dont brille son discours [de Monle.squieu], on reconnaîtrait l'écrivain qui pense, au seul portrait du cardinal de Richelieu, d'alemb. Éloges, Wonlesquieu. De son temps [de Moli're] le janséniste reconnaissait le jésuite dans Tartufe, et le jésuite y reconnaissait le janséniste. niDEROT, Clnude et Nér. i, 60. Je reconnais bien la mon homme; il ne traite rien que de bouche, Corresp. du général Klinglin, 1, 220. || 8° Parvenir à connaître, à apercevoir, à découvrir la vérité de quelque cho.se. On a reconnu son innocence. On reconnaît à ces indices la salubrité de l'eau. On reconnaît leur mauvaise foi. On ne les sent aussi [les remords] que quand le coup approche, El l'oi) ne reconnaît de semblables forfaits Que quand la main s'apprête à venir aux effets, corn. Cinnn, m, 2. Et reconnaissez-vous que tout ce qu'il m'a dit. Par quelque impression ébranle mon esprit? m. Nicom. iv, 1. Je ne reconnais point, pour moi, quand on se moque ; Parlez-vous loutdebon?... mol. ^c. des /'em. 11, 6. Image sensible où nous devons reconnaître l'inutilité de toutes nos œuvres pour le salut, si la foi animée de la charité et de la grâce n'en est pas le principe et comme le premier moteur, bouiiBal. Pensées, t. i, p. 216. L'on ne reconnaît plus en ceux que le jeu et le gainent illustrés, la moindre trace de leur première condition, la bruy.vi. Napoléon ne reconnut pas immédiatement, on va le voir, la force réelle des Prussiens, chahras , Waterloo, chap. viii. Il 4° Reconnaître avec la négation signifie quelquefois ne plus avoir égard à, ne plus écouter. Il ne reconnaît d'autre loi que sa volonté. Implacables l'un pour l'autre et irréconciliables ennemis pendant que la séance [de jeu] dure, ils [les joueurs] ne reconnaissent plus ni liaisons, ni alliance, ni naissance, ni distinction, la bruy. vi. || B° Considérer, observer. Reconnaître les lieux, le terrain. Disposition facile à reconnaître dans cette queue, que l'oiseau [le troglodyte] a coutume, non-seulement de relever, mais d'épanouir en volant, et qui la fait paraître à deux pointes, buff. Ois. t. x, p. 48. Il Fig. Reconnaître les dispositions de quelqu'un, Il 6° Terme de guerre. Reconnaître, se dit pour examiner, s'instruire de ce qui concerne la situation, la nature, la force d'un lieu ou d'une troupe ennemie. Il envoya reconnaître les passages, les ennemis, leur contenance, leur nombre. Il [le roi] arriva avant midi, reconnut la place fort exactement, suivant sa coutume, pellisson, Lett. hist. t. i,p. 292. J'ai des ordres à donner, des lieux à reconnaître, des dispositions à faire et des dépêches à dicter, Lett. du roi de Pr. à Voltnire, 21 juin <7B0. {| Absolument. Il est allé reconnaître. || Reconnaître une patrouille, une ronde, etc. s'assurer qu'elle n'est pas ennemie. || 7° Faire l'exploration de contrées, d'eaux inconnues. Alexandre laissa son armée et sa flotte à Patale, alla lui-même avec quelques vaisseaux reconnaître la mer, marqua les lieux où il voulut que l'on construisît des ports, des havres, des arsenaux, montesq. Esp. xxi, s. Ce que Séleucus reconnut fut appelé mer Séleucide; ce qu'Anîiochus découvrit fut appelé mer Antiochide, lu. t6. xxi, 9. Il y a de très-fortes raisons qui me portent à croire que la région de notre pôle qui n'a pas été reconnue ne le sera jamais, buff. 6' ép. nat. Œuv. t. xii, p. 3(0. Colomb y aborda [au continent], lorsqu'on 4 498 il reconnut l'Orénoque, raynal, Hist. phil. XII, 2. Il Terme de marine. S'approcher d'une terre, en examiner la forme, en étudier les abords. Comme on n'eut plus de sujet de craindre le mauvais
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temps.... on fit route pour reconnaître le cap de la Vêle, Mém. d'Eslrées, 24 août <B8n, dans jal. Le peiit vais-eau sur lei|uel il avait aliordé en Bretagne, n'était venu que pour reconniiltre la côte, volt. Ingénu, 7. || Reconnaître un écueil, un danger, s'en approcher, les relever, les dessiner. || Roconnaltre un vais.s«au, s'approcher de lui pour juger de sa force, connaître .sa nationalité, etc. || 8° Admettre, accepter comme vrai, comme incontestable. Ce philosophe reconnaissait l'existence des atomes. On reconnaît d'un commun accord les avantages de.... Les gourmets reconnaissent un excellent goût aux huîtres de.... Sans doute qu'étant chrétien comme vous prétendez l'être, vous n'hésiterez pas à reconnaître qu'il n'est rien de plus important pour vous que tout ce que je viens de vous marquer, bourdal. Pens. t. II, p. 32. Il 9" Se soumettre à l'autorité d'une personne. Pariset tout le royaume, avec un fidèle et admirable empressement, reconnaît son roi gardé par la Providence et réservé à ses grands ouvrages, Boss. le Tellier. Les Gaules n'eurent presque rien qui n'obéît aux Français; et tous reconnaissaient Charles MartL'l, U). Hist. î, 1 1 . Étant chrétien, il ne reconnaît point, à proprement parler, d'autre maître que Dieu; ou, reconnaissant d'autres puissances, il ne les regarde que comme des puissances subordonnées au Tout-Puissant, bourdal. Pensées, t. I, p. 229. Aussi bien n'attends pas qu'un cœur comme le mien Reconnaisse un vainqueur et te demande rien, rac. Ale.x:. v, 3. Ce jour, ce triste jour frappe encor ma mémoire. Où Néron fut lui-même ébloui de sa gloire. Quand les ambassadeurs de tant de rois divers Vinrent le reconnaître au nom de l'univers, ID. Brit. I, 1. Marguerite Waldemar, fille de Waldemar III, la Sémirarnis du Nord, profita de ces troubles, et se fit reconnaître reine de Suède, de Danemark et de Norwége, volt. Mœurs 41». |10n dit dans un sens analogue : reconnaître un Dieu. Lui [Descartes] qui avait employé toute la sagacité de son esprit à chercher de nouvelles preuves de l'existence d'un Dieu, fut accusé de n'en point reconnaître, volt. Dict. phil. Newton et l>escartes. Je reconnus son Dieu, ID. Alt. v, 5. Les Chaldéens reconnaissaientundieu suprême, une âme du monde, qu'ils adoraient sous le nom de Baal, CONDIL. Histoire anc. m, 4. |{ Reconnaître up gouvernement, reconnaître qu'il est légitimemen. établi et qu'il prend place à côté des anciens gouvernements. || 10° Dans le langage religieux, lo connaître se dit quelquefois pour déclarer sa foi. Quiconque me confessera et me reconnaîtra devant les hommes, je le reconnaîtrai- aussi moi-môme devant mon Père qui est dans les cieux, SACI, BiUe, Évang. St Matth. x, 32. || 11° Reconnaître pour, reconnaître en telle qualité. Énée, que les Romains reconnaissent pour leur fondateur, boss. Hist. I, 5. Il [Jésus-Christ] déclara qu'il ne reconnaissait pour mère et pour frère que ceux qui faisaient la volonté de son Père céleste, bourdal. Assompt. de la Vierge, Myst. t. 11, p. 324. Le Pont vous reconnaît dès longtemps pour sa reine, rac Mithr. i, 3. Louis XIV reconnut le fils de Jacques U pour roi en 4 704 , volt. Suppl. au Siècle de Louis IIV, i" part. Il On dit dans un sens analogue et par ellipse : reconnaître de, c'est-à-dire pour être de. Les sauvages du Canada font brûler leurs prisonniers; mais, lorsqu'ils ont des cabanes vides à leur donner, ils les reconnaissent de leur nation, montesq. Esp. xxiii, 47. ||12°Terme militaire. Faire reconnaître un officier, le proclamer en présence de la troupe où il doit commander. || 13° Reconnaître un enfant, s'avouer authentiquement pour père ou mère d'un enfant naturel. Elle [la duchesse de Portsmouth] a un fils qui vient d'être reconnu, à qui on a donné deux duchés, sév. .^4 6. Mme de Montespan eut cinq enfants de suite; je ne sais s'ils furent reconnus tous ensemble, ou séparément, M"" DE CAVLus, Souvenirs, p. 67, dans pougens. Le roi fit ensuite reconnaître les siens [bâtards], savoir le duc du Maine, M. le comte du Vexin-, Mlle de Nantes, Mlle de Tours, m. ib. p. 68. || 14° Reconnaître son seing, sa signature, une lettre, un billet, etc. reconnaître qu'on a signé l'écrit dont il s'agit, qu'on a écrit eu efl'et la lettre, le billet, etc. || Reconnaître une rente, une redevance, en passer un aveu. Il 15° Avouer, confesser. Vous, Seigneur, dont la bonté infinie n'a rien donné aux hommes de plus efficace pour effacer leurs péchés que la grâce de les reconnaître.... BOss. Anne de Gonz. Chrétiens, que répondrons-nous à ce reproche? il est juste, reconnaissons-le, m. Sermons, Réchute, 2. Qu'ils raisonnent comme il leur plaira; s'ils n'ouvrent pas les yeux et qu'ils s'obstinent à ne vouloir pas re-
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connaître la fatale illusion qui les séduit.... BOimn»L. Pensées, t. i, p. î«o. Il reconnaît sa dernière injustice, RAC. tlril.y, i. Dans les commencements il |l<loménée] a fait des fautes, et il met sa gloire à les reconnaître parles offres dont il vous prévient, pRn. Tél. XI. Reconnaître que les animaux sont ilouésde sensations et de mémoire, sans savoir commentcela s'opère, ceseraitparleren sageqiii saitque l'ignorance vaut mieux quel'erreur, volt. LouisXlV, Écriv. l'ardies. l.'Ingénu, qui avait beaucoupde bon sens, disputa, mais reconnut son erreur; ce qui est as.sezrareen Europe aux gens qui disputent, voit. /noc'nu, 3. Il On dit : reconnaître de, avec un infinitif. Ce fut une chose fort touchante , quand elle (Mme de Coulanges malade] fit écrire à M. du Gué pour lui recommander M. de Coulanges, et cela par conscience et par justice, reconnaissant de l'avoir ruiné, siîv. 7 oct. isve || On supprime quelquefois la préposition de. Je reconnais avoir reçu.... Puisque Ti,us reconnaissez ce défaut être une source de distorde, Boss. Sermons, 2* exhort. pour une visite. Il 16° Avoir de la reconnaissance pour. Mais puisqu'on reconnaît si mal mes bons offices, mol. l'ÉJ. I, io. Oui reconnaît les grâces, aime à en faire, BOSS. Hist. ui, ;i. Narcisse, c'est assez : je reconnais ce soin, hac. Brit. iv, 4. Je reconnais, Abner, ce service important, id. Alhal. il, 8. Je sais bien reconnaître les procédés qu'on a pour moi, genlis, Thédt. d'éduc. les Dangers du monde, l, 6. || Récompenser. L'ode de M. Chapelain n'a-t-elle pas été reconnue d'une pension de cinq cents écus? naudé, Uascurat, in-i° p. 237, dans go; eproï, Lex. de Corr.eille. Va, je reconnaîtrai ce service en son lieu, coBN. Rodog. m, i. Vous voulez d'un sujet reconnaître le zèle, rac. Eslh. ii, 6. Pour reconnaître ces services, Antiochus leur accorda plusieurs privilèges, hOLLiN, Hist. anc. Œuv. t. vin, p. 240, dans POUGENS. || Recopnaître quelqu'ufi, user de reconnaissance envers lui, le récompenser c'est de
quoi nous ravir De le voir [Dieu] aussi prompt à te bien reconnaître [Louis XIV j , Que ta haute valeur fut prompte à le servir, corn. Inscript, mises sous des estampes, xviii. Prise de Hesdin. De César, de son maître il paie ainsi l'estime, Et reconnaît si mal qui lui veut tant de bien, hotr. Si Gen. ii, 8. Voilà qui «!st étrange, et tu es bien mal reconnu de tes soins, tiOL. D. Juan, m, 2, || Absolument. Témoigner de la reconnaissance. Quand peut-on être ingrat, si c'est là reconnaître, Et que puis-je sur vous si le cœur n'y consent? corn. Agés, v, 4. || 17° Se reconnaître, w. r(f/Z. Trouver sa ressemblance, son image, dans un portrait, dans un miroir, etc. Il se regarda dani5 un miroir, et se reconnaissait à peine, tant il était changé ! Qui est-ce qui ne se reconnaît pas ■dans Molière; et, si l'on ressuscitait les héros de nos tragédies, ils auraient bien de la peine à se reconnaître sur notre scène, didiîh. Essai sur la peinture, ch. 5. Il Fig. Retrouver ses opinions, ses sentiments dans un autre. Se reconnaître dans son fils. Il 18° Se remettre dans l'idée un lieu qu'on a connu et où l'on se retrouve. Il y a bien longtemps que je suis venu ici ; mais je me reconnais. |{ Fig. Ce manuscrit est difficile à lire; mais je commence à m'y reconnaître, '.'est une affaire embrouillée; je ne m'y reconnais plus. || 19° Se reconnaître, constater qu'on se connaît les uns les autres. Dans tous les discours et tous les écrits de certaines gens, on n'entend ni on ne voit presque autre chose que le terme de vérité; c'est, ce me semble, le signal pour se reconnaître les uns les autres ; c'est leur cri de guerre, BOUBDAL. Pensées, \.. i, p. 276.||20° Être reconnaissable ou reconnu. L'opération de la grâce se reconnaît dans ses fruits, boss. Anne de Gant. Le duc et le marquis se reconnut aux pages, poil. Sat. v. Il 21° Avouer quelque chose de soi. Quoiqu'il se reconnaisse pécheur et qu'il fasse profession de l'être, BOiiLDAL. 7° dim. après la Pen'lec. Dominic. t. III, p. 66. Il 22° Connaître qu'on a péché, qu'on a failli. Que dirai-je donc pour vous arrêter?... qu'il [Dit-u] vous fera mourir d'une mort soudaine, sans avoir le loisir de vous reconnaître? boss. Sermons, Rechute, 2. || 23° Reprendre ses sens, examiner ce qu'on doit faire. Quand votre jugement se sera reconnu. Vous bénirez le mal qui vous est avenu, MAiRET, Sophon. v, 6. Il y a apparence qu'il eût été tué.... si elle n'eùtdonné aux chrétiens le temps de se reconnaître, scARn. Rom: com. ii, n. 11 [Po-
lybe] voyait les Romains ne laisser aux
Macédoniens aucun moment pour se reconnaître, BOSS. Uist. m, 6. Vous alléguez le hruit, le tumulte, les soins, les engagements, les agitations du monde; tout votre temps, dites-vous s'y ccKsuifie ; et à peine pouvcz-vous vous reconnaître, bodrdal. Pensées, t.u,
p. 35. Quelques jours; rien ne presse ; Encore faut-ll bien qu'elle se reconnaisse; X peine est-elle encor mariée.... outRÉNV, Uariage fait et rompu, l, 0. Je ne suis pas digne d'avoir le temps de me reconnaître et de me repentir de ma rage, mabiv. Pays, parti . 3" part.
— REM. « Ma colère revient, et je. me reconnois; Immolons en partant deux ingrats à la lois, rac. ilitltr. IV, 5. L'usage, dès le temps de Racine, avait décidé qu'il fallait toujours prononcer je reconnais; et, par conséquent, l'autre prononciation [celle comme fois] ne doit être regarlée, dans Kacine, que comme on regarde les archaïsmes dans Virgile, » d'olivet, Rem. Racine, § 12.
— HiST. xi° s. Très sei [il] la tint [la lettre], ne la volt demustrer, Nel reconnissent usque il s'en seit alet, St Alexis, Lvm. Dusque li uns son tort en rcconnuisse, Ch. . de Roi. cci.xi. H xu' s. Si coiement [j'] ai ma dolor menée. Qu'à mon semblant ne la reconnoist-on, Couci, vi. E tuz les reis, de ccle terre recuimurent lur règnes de lui, e pais out de tûtes parz, Rois, p. 240. Puet cel estre qu'il s'est en sei reconeiiz, E de la felunie s'est ensi deferiduz, T/i. le mort. tu. Ben reconnurent Renoart à l'escu. Bat. d'Aleschans, v. 7125. || xiii* s. Aucune foiz avient que cil qui a receu monstre qu'il aime plus son bienfaitorque cil lui; et ce font il, porce que Ton ne les blasme dounon reconoistre le bénéfice, brun. LiTiNi, Trésor, p. 320. Tout aussi com [à] Symon [elle] l'avoit reconneû [déclaré], Berte, li. Ont requesneu Girart et Mengiers que.... DU CANGB, accensare. || xiv* s. Les bestes mues se recognoissenl en leur viandes , et s'esjoissent et delettent es unes et es autres non, obesmf;, Elh. 97. {| xv* s. Et jurèrent [les l.ourgeois] et reconnurent à tenir la cité de luy, froiss. i, i, 58. (Philippe de Valois après avoir menacé les Flamands de sa vengeance leur promet toutefois que] s'ils se vouloient reconoistre et retourner à lui et à la couronne de France [ils venaient de s'allier à Edouard 111], il leur pardonneroit.... id. i, i, toe. Fi du latin ! parlons françois; Je m'y reconois davantage, bassel. IX. ||xvi' s. L'amour mal reconnu vous brusle, marg. JVouu. lxx. M. A. Muret que la France recognoist pour le meilleur orateur du temps, mont, i, <94. D'aultres ne recognoissant aultre dieu ny aultre divinité qu'elles [les bêtes], ID. 11,133. Ce qu'estant parachevé, on iroit recognoistre la ville de plus près, langue, 448. Hz s'en coururent au camp de Martius, disant qu'ilz ne recognoissoient autre supérieur que luy , amyot, Cor. 44. Sachant bien (|ue Pyrifius, rectignoissant les bienfaits qu'il avoit receuz de Ptolomaeiis, ne lui refuseroit jamais rien, ID. Pijrrh. 12. Le roi le trouva en fin las de sa besongne msl reconnue (récompensée], D'ADB. Htsf. m, 335. C'est une vache de Barbarie qui ne recognoist que son propre veau, cotgrave. Folie faire et folie recognoislre sont deux paires de folies, m.
— ÊTYM. Re..., et connaître : bourg, rtqueunoilre; wallon, riknoh; provenç. recognoscer , reconoscer, reconnoisser ; espagn. reconocer; port. reconhocer, ilal. riconoscere.
BECONNC, DE (re-ko-nu, nue), part, passé de reconnaître. || 1° Dont on s'est remis daiis l'esprit l'image, l'idée. Reconnu par ses amis. || 2° Admis comme vrai. Il est reconnu que la terre tourne et non le soleil. Enfin, conclut-on, refuser de souscrire à une vérité-si authentiquement reconnue, ce serait une révolte, un attentat insoutenable, boubdal. Pensées, t. 1, p. 326. Il n'y avait que le duc de Bourgogne dont la naine fût assez reconnue pour qu'il fût suspect d'avoir conseillé le crime (assassinat du duc d'Orléans], duclos, Œuv. t. m, p. 30. Il 3° Avoué, confessé. Des fautes si- sincèrement reconnues et dans la suite si glorieusement réparées, boss. Louis de Bourbon. || 4° Qui a été déclaré posséder une certaine qualité. Il y eut i404o citoyens qui furent confirmés dans leurs privilèges, et reconnus pour véritables Athéniens, bollin, Hist. anc. Œuv. t. m, p. 520, dans pougens. || Qui a été déclaré authentiquement fils d'un tel. Le duc Alphonse d'Est.... avait époilsé une simple citoyenne deFerrare, nommée Laura Eustochia, dont il avait eu trois enfants avant son mariage, reconnus par lui solennellement en face de l'Église, volt. Dict. phil.Ferrare. L'enfant naturel reconnu ne pourra réclamer les droits d'enfant légitime. Code Nap. art. 338. Il 6° Récompensé. Cette faveurs! pleine et si mal reconnue, Par un mortel reproche à tous moments me tue, corn. Cinna, m, 2.
RECONQUÉRIR (re-kon-ké-rir) , v.a. Il se conjugue comme conquérir. Conquérir de nouveau, re-
prendre par voie de conquête. Rasin, roi de Syrie, reconquii Elam pour les Syriens, et en chassa les Juifs, SACi, Bi(i/e,JRoi.ç, IV, 10, 6. L'Italie et l'Afrique furent à peine conquises, qu'il fallut les reconqué-. rir, MONTi SQ. Rom. 20. || Fig. Reconquérir l'amitié, l'estime, recouvrer l'amilié, l'estime. Montrez-vous dignes d'eux [de vos aïeux] ; osez par la victoire, Surtout par la vertu reconquérir leur gloire, deulle, Imag. iv.
— HIST. XIII' s. Mais puis [la terre] fu reconquise par Frans et par Tycis, Berte, lxi. Au reconquerre furent li baron flurepois, ib. || xV s. Ainsi reconquit ladite roine [Isabelle] le royaume d'Angleterre, froiss. i, i, 22.
— ÉTYM. Re..., et conquérir.
t RECONQUÊTE (re-kon-kê-f), s. f. Action de
reconquérir; ce qui est reconquis.
— HIST. xvi' s. X la reconqueste de laquelle (Padoue, reprise par les Vénitiens] le roy feit assister à l'empereur le seigneur de la Palisse aveoques quatre cents hommes d'armes, m. du bellay, ♦.
RECONQUIS, ISE (re-kon-kî,ki-z'), part. possède reconquérir. Mon sceptre reconquis me met en liberté De vous laisser un bien que j'ai trop acheté, cOBN. Sophon. m, 2. {| Pays, i^conquis, se disait spécialement du Bourbonnais et de Calais.
t RECONSIDÉRER (re-kon-si-dé-ré) , e. a. Considérer de nouveau.
— HIST. xvr s. Reconsidérer, cotgrave.
t RECONSOLER (re-kou-so-lé, v. a. Consoler de
nouveau.
— HIST. XVI* s. Reconsoler, cotgrave.
t RECONSOLIDER (re-kon-so-li-dé), v. a. Consolider de nouveau.
— HIST. XV* s. Lequel fief sera et doyvera estre reconsolidé [réuni] au domaine d'iceulx seigneurs, DU cange, resolidare. || xvi*s. Quand on donne à un grand chef de guerre du temps pour enfanter ce J; que son entendement a conceu, non seulement il II reconsolide las vieillesblessures, ains.... langue, 698.
t RECONSTITUANT, ANTE (re-kon - sti- tu-an , an-t'), adj. Terme de médecine. Qui rétablit la constitution. Les'eaux minérales sont les agents les plus puissants de la médication reconstituante.
t RECONSTITUER (re-kon-sti-tu-é), v. a. Constituer de nouveau. Le gouvernement des patriciens ayant été reconstitué par Sylla.
RECONSTITUTION (re-kon-sti-tu-sion; en vers, de six syllabes), s. f. Action de reconstituer. Une reconstitution de la dette, qui, à mon avis, est
trop embarrassante pour être faite avec justice
MIRABEAU, Collection, t. IV, p. 8). Il Terme de jurisprudence. Constitution d'une rente dont le prix est afTecté par l'emprunteur au remboursement d'une autre rente qu'il devait, ce qui subroge le nouveau créancier à l'ancien.
— ÊTVM. Re..., et constitution.
RECONSTRUCTION (re-kon-slru-ksion ; en vers,
de cinq syllabes), s. f. Action de reconstruire. Cicéion avait bien résolu de ne rien faire, avant que les consuls, en vertu d'un sénatus-consulte en bonne forme, eussent traité de la reconstruction de sa maison. Exil de Cicéron, dans oeseontaines.
— ËTVM. Ue..., Kl conslructwn.
RECONSTRUIRE (re-kon-strui-r'), v. a. Il se conjugue comme construire. Rebâtir, relever un édifice. Cet édifice avait été mal construit; il fallut le reconstruire. Il Fig. et absolument. Les hommes modérés qui ne croient pas i|ue la sagesse soit dans les extrêmes, ni que le courage de démolir ne doive jamais faire place à celui de reconstruire, Mirabeau, Collection, t. m, p. 379.
— HIST. xvr s. Reconstruire, cotgrave.
— ÉTYM. Ile..., et construire.
RECONSTRUIT, ITE (re-kon-strui, strui-t'), pari.
passé de reconstruire. L'église brûlée fut reconstruite sur le même emplacement.
t RECONSULTER (re-kon-sul-té), v. a. Consulter de nouveau. Il a fait reconsulter à Paris l'affaire qu'on avait consultée en province.
— HIST. XVI* s. Reconsulter, cotgrave.
t RECONTEMPLER (re-kon-tan-plé), v. a. Contempler de nouveau.
— HIST. XVI* s. Recontempler, cotgrave.
t RECONTER (re-kon-té), e. o. Conter de nouveau un fait, une histoire. On a bien reconté làdessus (à propos d'un trait de vanité Je l'évêque de Noyon] toutes les clefs de la maison de Tonnerre (ijui faisaient partie des armes de l'évêque, et qu' étaient partout dans sa maison], sÉv. H mars <67l.
— HIST. xii* s. E li poples recontad que li reia ço et ço durreit [donnerait] à celi ki l'occiereit, Koi«, p. 64.j|xui's. Reconte est cela tin dou conte
nv.r.
RÉC
de Tiioi Vi parleras brieinent et en somme reconle ses vgumenz tous et les raisons que il avoit contées , parmi son dit, brun, latini, Trésor, p. 583.
t RKCONTIIVUEB (re-kon-ti-iiu-é), v. a. Reprendre la continuation.
— HIST. xiii* s. Car puis que père et mère faillent, Vuet [veut] nature que li fil saillent Por recontinuer cesteovre, la Rose, ii29. ||xvi's. La plus grand part sont tellement disposez, que les paroles qui leur entrent par une aureille, leur sortent incontinent par l'autre, et recontinuent à suyvre la coustume, LANOUE, 173.
t RECONTRACTER (re-kon-tra-kté), v. a. Contracter de nouveau. On avait fait casser leur premier contrat de mariage, mais depuis ils ont recontracté et réitéré leur mariage, dès qu'ils ont été en
âge, BICHELET.
t RECONVENIR (re-kon-ve-nir). F. n. Il se conjugue comme convenir. Exercer une action reconventionnelle.
RECONVEiyTION (re-kon-van-sion), s. f. Terme de palais. Demande formée 4)ar le défendeur devant le tribunal où il fst assigné, et tendant à anéantir ou restreindre l'effet de l'action intentée contre lui, Dict. de procéd. de Bioche.
— HlST. XIII' s. S'il avoit pledié contre aucun et cil contre qui il pleda à Biauvès fist reconvention sor li, BEAUM. II, 28. i| xvi* S. Becouvention n'a point de lieu, fors de la mesme chose dont le plaid est,
LOTSEL, 703.
— ÊTYM. fle..., et convention.
I RECONVENTIONNEL, ELLE (re-kon-van-sionci, nè-l'), adj. Terme de palais. Qui est de la nature d'une reconvention. Demande reconventionnelle, celle qui est opposée à l'action judiciaire principale.
t RECONVENTIONNELLEMENT (re-kon-van-sionè-lc-man), adv. D'une manière reconventionnelle.
t RECONVERSER (re-kon-vèr-sé), v. n. Converser de nouveau.
— iilST. xvi* s. J'ay plusieurs fois observé, après que nous avions remis les espéesdans les fourreaux, et que nous venions à reconverser les uns avec les autres..,, langue. 5».
RECONVERTIR (re-kon-vèr-tir), v. a. Convertir de nouveau. Henri IV était relaps, il fut reconverti.
— HIST. XVI» s. Reconvertir, cotghave.
f BecONVIER (re-kon-vi-é) , ». a. Convier de nouveau.
— HIST. XVI* s. Il te reconviera si une fois tu le convies, et te donnera à soupper quand tu luy en donneras, amyot. De la mauv. honte, v.
t RECONVOQCER (re-kon-vo-ké), ». a. Convoquer de nouveau. Le roi avait prorogé le parlement, mais il a été obligé de le reconvoquer.
— HIST. XVI' s. Reconvoquer, cotgrave.
t RECONVOVER (re-kon-vo-ié) , v. a. Convoyer de nouveau. Ce mot que leur dit Proclès [à ses petits-fils] en les reconvoyant, p. l. cour. Trad. d'Ilérod.
— HIST. XV S. Il s'en vint droit à Bruxelles : là le reconvoyerent le duc de jGuerles, le marquis de Juliers.... FBOiss. I, I, 95.
RECOPIÉ, ÉE (rc-ko-pi-é, ée), part, passé de recopier.
RECOPIER (re-ko-pi-é), v. a. 11 se conjugue comme copier. Transcrire de nouveau. Il sera nécessaire que tous les acteurs recopient leurs rôles [de Tancrède] ; car il n'y en a point (|ui ne soient changés, VOLT. Lett. Mme SArgental, -26 oct. < '60.
— HIST. xvi' s. Recopier, cotgrave.
t RECOQUER (re-ko-ké), ». a. Se dit du second accouplement des perdrix, lorsque la première ponte n'a pas réussi.
— ÉTYM. Re..., et coq.
t RECOQDETAGE (re-ko-ke-ta-j'), ». m. Seconde ponte ou couvée que fait le gibier à plumes, lorsque la première a été détruite.
— ÉTYM. Recoquer.
RECOQUILLË, ÉE (re-ko-ki-llé, liée. Il mouillées) , part, passé de recoquiller. Cet animal [l'exquima] y est représenté avec la queue recoquillée à l'extrémité, caractère qui n'appartient qu'aux seuls sapajous, BUPF. Qnadr. t. vu, p. 303.
RECOQCILLEMENT (re-ko-ki-lle-man. Il mouillées), s. m. État de ce qui est recoquillé. Le recoquillement des feuilles.
RECOQUILLER (re-ko-ki-llé. Il mouillées, et non re-ko-ki-yé), v. a. Retrousser en forme de cocjuille. Cette queue qu'ils [les sapajous] plient, qu'ils étendent, dont ils recoquillent ou développent le bout à volonté, buff. Quadrup. t. vu, p. 2«5. Ce sont ces espèces de moucherons qui, s'^ttachant
DICT. OB LA LANaUË FRANÇAISE.
en prand nombre aux feuilles des arbres et des plantes, les recoquillent, bonnet, Observ. pucerons. Il Se recoquiller, v. réfl. lievenir recoquillé. Les fleurs des silène sériera et amœna s'épanouissent la nuit, et se recoquillent pendant le jour, cf. can- DOLLE, Instit. Mém. scienc. ph.et math. Sav. étrangers, t. <, p. 340. Il Proverbe. Il n'y a point de si petit ver qui ne se recoquille, si l'on marche dessus, il n'y a point de si petit ennemi qui ne songea se défendre età'nuire, quand on l'attaque.
— HIST. xvi* s. Ses pieds estoient chaussez d'un rouge brodequin, Duquel sur le devant une corne s'esleve. Qui se recoquilloit jusqu'à demi la grève [jambe], rons. 840. Recoquiller un livre, cotgrave.
— ÉTYM. fle...j et coquille. Le Berry dit recroquillé, qui se trouve aussi dans l'ancienne langue, et qui vient d'un autre radical, probablement croc.
f RECORD (re-kor), s. m. Ancieji terme de droit. Rappel. On pouvait en rappeler la mémoire par ce qui s'appelait la procédure par record, montesq. Esp. xxviii, 34.
— HIST. xn* s. Jk de cruel au desseure» [dans le triomphe] N'orrés [vous n'ouïrez] dire bon recort. Coud, IV. Il XIII' s. Nus [nul] mestre ne doit prendre son aprenliz fors par devant deus preudes homes ou trois du mestier à mains, qui entendent le recort de leur convenances, I.iv. des met. bO. ||xv's. Que vous ferois-je long record? la journée fut pour les Anglois, froiss. i, i, 328. || xvi« s. teste parole estoit plus tost un reproche de trahison, que un record de grâce receue, amyot, Artax. 3).
— ÊTYM. Voy. recorder ; provenç. recort ; catal. record; espagn. recuerdo ; ital. ricordo.
f RECORDATION (re-kor-da-sion) , t. f. Action de recorder.
— HIST. xiv* s. Mes de ceste disposition bestial sera faite aucune recordacion, oresme, Eth. <92. Il XVI* s. Adam, qui autrement estoit plus que malheureux par la seule recordatiou de sa félicité perdue.... calv. Instit. 329.
— ÉTYM. Provenç. recordacio ; espagn. recordacion ; ital. ricordaiione ; du lat. recordationem, de recordare, recorder.
RECORDÊ ÉE (re-kor-dé, dée), part, passé de recorder < . || 1° Raconté. Toutes ces aventures chantées par nos poètes, et recordées dans nos chroniques, chateaub. Génie, iv, v, 4. || 2° Â qui on a fait sa leçon. Les médecins amenèrent à M. le prince de Conti [atteint de la folie de se croire mort] quelques gens sûrs et bien recordés qu'il ne connaissait point, et qui firent les moris comme lui, st-sim. 22S, 18. Il 3* Terme de pratique vieilli. Exploits recordés, ceux dans lesquels l'huissier doit être assisté de deux témoins ou recors.
1. RECORDER (re-kor-dé), ». o. || 1" Répéter une chose qu'on a apprise par coeur pour mieux se la rappeler. Recorder son rôle. || Fig. et familièrement. Recorder sa leçon, tâcher de se bien remettre en l'esprit ce qu'on doit dire ou faire. Moi je recorderai la leçon du bosquet de Clarens, i. i. rouss. Uél. 36. Il a» Recorder quelqu'un, lui remettre en l'esprit. J'avais recordé jusques à deux heures après minuit M. de Beaufort , pour le faire parler au moins un peu juste, retz, m, 167. Plus jfe perds de temps à composer des pièces de théâtre, plu^ je vois combien l'art est difficile ; mais Dieu me préserve de perdre encore plus de temps à recorder des acteurs et des actrices 1 leur art n'est pas moins rare que celui de la poésie, volt. Pélopides, Fragm. d'une JeMre. || 8° Terme de métier. Examiner une carde qui a servi. Il s'agit ensuite de recorder la carde, c'est-à-dire examiner tous les crocs, ôter ceux qui se sont cassés, etc. Dict. des arts et mit. Cardier. || 4* Se recorder, v. réfl. Se remettre en l'esprit ce qui est à dire ou à faire. 11 faut bravement nous recorder : ne faisons point comme ces acteurs qui ne jouent jamais si mal que le jour où la critique est le plus éveillée, beaumarch. Mar. de Figaro, i, ) i . || Se recorder avec quelqu'un, se concerter avec lui.
— HIST. xu' s. Sur les flums de Babilone, iluec seîmes e plorames, dementres que [pendant que] nus recordiums de Syon, Liber psalm. p. 212. Il xiil* s. Mais ne sai mie toutes recorder leur paroles, fors tant que... villeii. lix. Si com Echo qui sert de recorder Ce qu'autres dit.... du cange, Gloss. français. Nus ne pot recorder querele qui a esté pledie en cort, fors cil qui poent jugier, beaum. xxxix, 8. Et sans bien retenir et sans bien recorder, nul ne se doit entremettre de baiUie garder, iD. i, 5. Avant que il secouchast en son lit, fesoit venir ses enfans devant li, et leur recordoit des bons rois et des e^^pereurs, joinv. 29:i. || xvi* s. Je
laisse à dire que Jeremie et Ezechiel, estans séparez en pays lointains, s'accordoyent ne plus ne moins en tout et par tout, que s'ils eussent recordé la leçon l'un à l'autre, calv. Iruttit. 42.
— ÉTYM. Bourg, se recodai, se souvenir; wrillon, rikoirdé; picard, ercorder, encourager, renseigner; provenç. et espagn. recordar; ital. ricordare, du lat. recordare, de re, et cor, cordis, coeur (voy. ce mot).
t 2. RECORDEA (re-kor-dé) , )'. a. || 1* Attacher de nouveau avec une corde. || Refaire une cordn dont les cordons étaient séparé», jj a* Mesurer do nouveau du bois à brûler.
— ÊTYM. Be..., et corde.
t BECORNER (re-kor-né), v. n. Sonner de nouveau du cor.
— HIST. XV* s. La gaite commence à corner et recorner, froiss. ii, ii, 2H.
— ÉTYM. Be..., et cor.
t RÉCORPORATIF, IVE (ré-kor-po-ra-tif, ti-v'), adj. Ancien terme de médecine. Qui remet le corps en son premier état de santé ; qui renouvelle le corps. Cycle récorporatif ou métasyncritique.
— ÉTYM. Prov. recorporatiu, du lat. reeonorativus, de re..., et corpiw, corps.
RECORRIGÉ. ÉE (re-ko-ri-jé, jée), part, passé de recorriger. Les manuscrits de J. J. Kousseau sont corrigés et recorrigés.
RECORRIGER (re-ko-ri-jé), v. a. Il se conjugue comme corriger. Corriger de nouveau. || Absolument. I! 'corrige et recorrige sans fin.
RECORS (re-kor; Vs ne se prononce pas et ne se lie pas), s. m. Nom qu'on donne à des officiers subalterne» de la justice, qui accompagnent les huissiers pour leur servir de témoins ou pour leur prêter main-forte dans l'exercice de leur fonction. D'abord il a chargé si bien sur les recors, Qui sont gens d'ordinaire à craindre pour leur corps, Qu'à l'heure que je parle ils sont encore en fuite, mol. l'Ét. v, I . Mon terme était échu ; je voyais de loin arriver l'affreux recors, la plume fichée dans sa perruque, beaumarch. Mar. de Fig. v, 3. {| En général, agent armé qui exécute les ordres de la justice. On voyait tous les jours [dans l'affaire du refus des sacrements] le bourreau occupé à brûler des mandements d'évêques, et les recors de la justice faisant communier des malades, la baïonnette au bout du fusil, volt. Louis X¥, 36. Il Par mépris. Cet homme gros et court, Ce grand comte d'Harcourt, Qui secourut Cazal et qui reprit Turin, Est aujourd'hui recors de Jules Mazarin, Chanson faite par le prince de Cundé contre le comte d'Harcourt qui avait accepté de Mazarin la mission de conduire le prince à Vincennes.
— HIST. ivi' s. De par le gras prieur fut nouveau chicquanous envoyé citer le seigneur de Basché, avecques deux recordz pour sa seurelé, rabel. Pant. IV, (4. De quoy accuserons nous luy et les deux saints evesques qu'il appelle pour sss recors [dont il invoque le témoignage]? mont, i, 204.
— ÉTYM. Recorder t. Record est un adjectif qui, dans l'ancienne langue, signifie ayant souvenir. De là ce mot a pris le sens de témoin, d'assistant, et, plus particulièrement, d'assistant d'un huissier. Ce mot devrait s'écrire record ; l's. qui s'y trouve est un reste de l'ancienne grammaire, alors qu'il y avait un nominatif et un régime : recors au nominatif, et au régime recort.
RECOUCHÉ, ÉE (re-kou-ché, chée), part, passé de recoucher. L'enfant fut levé, calme par la mère, puis recouché.
RECOUCHER (re-kou-ché) . || I* F. a. Coucher de nouveau. Vous examinerez les bouteilles, puis vous les recoucherez. Recouchez cet enfant, qui s'est levé trop tôt. || a* V. n. Passer de nouveau la nuit dans un lit. En un mot, je n'en veux plus entendre parler qu'ils n'aient couché et recouché ensemble, sÉv. 96. Il 3* Se recoucher, v. réfl. Se remettre au lit. S'étant recouché à cause que les coups qu'il avait reçus lui faisaient beaucoup de douleur, scarr. Rom. com. II, 4. Il Par extension. Vous [les princes dont les tombeaux sont à Saint-Denis, interrogés s'ils voudraient renaître] secouez vos têtes royales, d'où tombe un nuage de poussière; vos yeux se referment, et vous vous recouchez lentement dans vos cercueils, chateaubr. Génie, iv, 2, 9.
— HIST. XII* s. Ne por ce son lit [il] ne gucrpi [quitta], Einz se recoucha et dormi, la Charrette, 631. Il XIII' s. Les baiïniez [elle] recouchoit arrière. Et les couvroit à bêle chiere, ruteb. ii, 207. || xiv* s. La dame le fist recoucier [un chevalier malade], i. nE coNDft, t. Il, p. 240. Il XVI* s. Les arbres se rendent d'autant plus excellens, que plus de fois, réitérant le provignement, l'on les aura recouchés dans terre, o. de serres, 676. Mourant, il le roi do
REC
Fez, en une bataille] se feit porter où Te besoinig l'appeloit.... cet eflort acheva d'accabler ce peu de vie qui iuy restoit : on le rccoucba, mont, ni, 94.
— ÊTYM. i?e..., et coucker.
RECOUDRE (re-kou-dr') , v. a. il se conjngiie comme coudre. || l" Coudre une chose décousue, décliirée. Pour sa robe, elle fut autre qu'elle ■'était Alors qu'Albert le Grand aux fêtes la portait ; Mais, toujours recousa/it pièce à pièce nouvelle, Depuis trente ans c'est elle, et si ce n'est pas elle, régnieb, Sat. X. Gylippe.... les décousit par le fond [des sacs d'argent scellés d'un cachet], et, après avoir tiré de chacun l'argent qu'il voulut, qui montait à trois cents talents, il les recousit fort proprement, ROLLiN, Hist. anc. Œuv. t. iv, p. 93, dans pougens. Un roi d'Ecosse ayant déchiré la patente des privilèges d'un gentilhomme qui le priait de les confirmer, le parlement ordonna que ce prince, assis sur son trône, en présence de toute la cour, prendrait du fil et une aiguille, et recoudrait cette patente, SAiNT-FOix, Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. 34 1, dans P0U6ENS. Enfin le barbier portugais s'enhardit j il recousit ma peau; sa femme même eut soin de moi, VOLT. Cand. is. \\ i° Fig. Joindre ensemble des morceaux, en fait d'ouvrages d'esprit.Pourvu qu'il fie coadjuteur] sache recoudre ce morceau [l'évacuation de la Sicile] bien juste dans sa pièce [une harangue de louanges du roi], sév. 16 aoiit 1675. Homère n'a fait que recoudre des bruits déjà semés par toute la Grèce, le p. cathou, dans des- FONTAiNES. || 8° Se rocoudre, v. réfl. S'unir, s'entendre. Nous étions sur le point de nous reprendre °t de nous recoudre, pour ainsi dire, avec le parlement, qui voulait demander l'assemblée des chamsres, RETZ, m, 24.
— HIST. xvi* s. Gylippus descousut par dessoubs les coustures des sacs oiî l'argent estoit, en tira une boMne somme, puis les recousut, amyot. Lys. 3i. Je recousus sa playe, pabé, vui, 3). Se veoir destailler en pièces et arracher une balle d'entre les os, se souffrir recoudre, cautériser... mont, i, 203.
— f.TYM. Re..., et coudre; wallon, rikeuss.
t RECOULEMENT (re-kou-le-man), s. m. || 1° Action de couler de nouveau. || 2° Action de passer les cartes en revue pour les nettoyer. || î° Action d'enlever avec un couteau les ordures qui se trouvent sur un cuir.
t RECOCLER (re-lcou-I«).||l' V. n. Couler de nouveau. Il Fig. Dès que l'âme commence de recouler à son Dieu comme un fleuve dans son origine, l'Interprétation du cantique, dans boss. Et. d'orais. n, 4. || 2" Y. a. Examiner les cartes pour enlever les ordures qui peuvent en salir les deux faces. Il Enlever les ordures et l'eau accumulées sur une peau destinée à faire du parchemin.
t RECOULEUSE (re-kou-leû-z'), adj. f. Se dit, en Champagne, des bouteilles dont le vin s'échappe à travers le bouchon.
— ÉTYM. Hecouler.
t RECODPAGE (re-kou-pa-j''), t. m. Action de croiser les traces du polissoir sur la surface d'une glace. Il Action de donner la seconde façon aux terres en jachère.
— ÉTYM. Recouper.
RECOUPE (re-kou-p*), ». (. || 1° Morceaux d'étoffe qui restent quand on taille des vêtements. On fait [en Chine] plus de cas de celui qui sait tirer parti des recoupes de la gaze, que de celui qui résoudrait le problème des trois corps, rayn al, Hist. phil. i, 2< . Il 2"' Partie des pierres qu'on abat en les taillant pour les mettre en œuvre. On fait encore une autre espèce de stuc... qui est composé de recoupes de marbre blanc bien pulvérisées et mêlées avec de la chaux éteinte, Dict. des arts et met. Marbrier. Des mélanges formés d'une mesure de pouzzolane, de deux mesures de chaux éteinte, et d'une mesure de recoupes de pierre, vicat , InstU. Mém. Acad. scienc. t. m, p. CLiv. Il II se dit aussi des métaux'. Il y avait dans des bottes des recoupes d'or et d'argent, j. j. Houss. Conf. I. Il 3° Il se dit des éclats de pierres dont on se sert quelquefois pour affermir les allées des jardins, la recoupe y [à Versailles] brûle les pieds ; mais, sans cette recoupe, on y enfoncerait dans les sables, st-sih. 4*0, U9. ||4° Seconde coupe de trèfle, de foin, etc; pour les bestiaux; on dit plus souvent regain. || 6° Deuxième farine tirée du son séparé du gruau. || 6" On appelle aussi recoupes, des chapelures de pain, des croûtes, et les petits morceaux qui restent sur les bonnes tables après les repas; les pauvres en font du potage. Il 7" Nom que l'on donne aux eaux-de-vie préparées par mixtion d'alcool i un degré élevé itec de l'eau simple. On dit aussi dédoublé.
REC
H I* Recoupes se dit, en basse Bourgogne, de Ta dernière goutte tirée du raisin, laquelle a ordinairement mauvais goût et est mise à part; ainsi nommées sans doute parce qu'on coupe et recoupe à coups de hache le marc.
— HIST. xiv s. Et autant comme ils prennent de ces gruyaux ou recoppes, autant mettent ils d'avoine avec, Ûénagier, i\, 4. Une recoupe d'un ais, nu CANQE^ axa. Il xvi* s. La vigne ainsi retaillée reproduira des raisins celle mesme saison, si d'aventure telle recouppe, se trouve faite dans le mois de
mai, O. DE SEBRKS, (98.
— ÉTYM. Be..., et cnupe.
RECOUPÉ, ÉE (re-kou-pé, pée), part, passé de recouper. || Terme de blason. Écu recoupé, écu mi-coupé et recoupé un peu plus bas.
RECOUPEMENT (re-kou-pe-man), s. m. Terme de maçonnerie. Diminution d'épaisseur que l'on fait subir à un mur de face, à partir de chaque plinthe, pour tenir lieu de fruit, lorsque chaque partie du mur, comprise entre deux plinthes, est à plomb.
— HiST. XVI* s. Ils ne se doutoient de pouvoir estre assaillis que par un costé, à l'occasion que la rivière qui repassoit au recoupement [retranchement] de la ville basse, laquelle estoit abandonnée, estoit entre la ville et eux, m. du bell. 649.
— ÊTYM. Recouper.
RECOUPER (re-kou-pé), v. o. ||1* Couper de nouveau. Il faut recouper du pain à cet enfant. \\%' Croiser les traces du polissoir sur la surface d'une glace. || 8" Se dit du mélange qu'on fait des vins de diverses qualités, des vieux avec les nouveaux. Il 4° V. n. Couper de nouveau, aux jeux de cartes. Lorsqu'on n'a pas coupé net, il faut recouper, Dict. de l'Acad.
— HIST. XII' s. La nuit fist il sa chape une feiz recouper : X peine la poeit (issi pesout) [tant ell^ pesait) porter, Th. le mart. 48. Pur ço comant [je commande] que il e tuit lai e letré, Li suen qui pur li furent hors del pais aie. Pais aient e le lur ; rien n'en soit reoolpé [retranché], «6. <I9. ||xin' s. Ne vous devés pas merveillier. Se ma parole ung poi recop : Ge vous di bien avant le cop, Ne vous voil mie en amor mètre, la Rose, 43(73. ||xvi« s. Les dons et gaiges recoupper Excessis et les modérer. Ainsi doit tout vaillant roy faire, e. desch. Poésies mss. f" 3)4. Il XVI' s. Je me recouppe si souvent à faulte de haleine [mon style est coupé], mont, i, <03. Estans continuellement férus d'une pluye poulsée par le vent, et d'esclairs si souvent recouppez, que l'un n'attendoit pas l'autre, amyot, Timol. 38. Et comme plusieurs autres par plusieurs fois recouppassent, Iuy demandans, « mais s'il te l'eust commandé »? « je l'eusse, respondit il, fait : car.... » ID. Gracques, 29. Le connestable, qui te sentit picqué de ceste paroUe, la recouppa incontinent, disant.... CARL. IV, 9.
— ÉTYM. Re..., et couper; wallon, rikopé. RECOUPETTE (re-kou-pè-f), ». f. Troisième farine tirée du son séparé du gruau.
— ÉTYM. Diminutif de recoupe. , t RECOUPLER (re-kou-plé), v. a. Accoupler de
nouveau.
— HlST. XVI' 8. Recouple-moy tes chiens, je te puis assurer Que tu voiras bien tost ce miracle avérer, rons. «7<.
— ÉTYM. Re..., et couple.
t RECOUPON (re-kou-pon), s. m. Synonyme de recoupette.
— KTYM. Diminutif de recoupe.
RECOURBÉ ÉE (re-kour-bé, bée), part, pafsi de recourber. La règle est pour les leviers recourbés la même que pour les autres, c'est-à-dire qu'il y a équilibre lorsque la distance de la puissance est à la distance du poids comme le poids est à la puissance, CONDILL. Art de rais, ii, 7. Près de là le ruisseau roule, tombe en cascades, Et fuit sous des lilas recourbés en arcades, st-lambebt. Saisons, i. ]j Fig. Cette reconnaissance [enver.t Dieu] est un amour encore un peu mêlé et recourbé sur soi, fén. t. iviii, p. 332. Il Terme de botanique. Synonyme d'amphitrope, en parlant de l'embryon. || Terme de zoologie. Se dit des crochets d'une coquille bivalve, quand ils se dirigent vers la lunule, et des palpes des insectes, lorsque leur extrémité se porte en haut.
t RECOURBEMENT (re-kour-be-man), s. m. Action de recourber ; état de ce qui est recourbé.
— HIST. xvi* s. Asseant les crocetes toutes droites dans le fossé, sans nullement les recourber.... c'est un erreur invétéré que ce recourbement-ci, tant blasmé des anciens, o. db serres, ite.
RECOURBER (re-kour-bé), e. a. || 1° Courber de nouveau. )> |le serpent blessé].... Courbe et re-