‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 32 sur 754 · EC · texte numérisé non relu

EC

eniirhe en vain ses restes mutilés, dkmllr, En. v. Il i' Courber, ployer en rond par le bout. || 3° Fig. Rabaisser vers. Epure les désirs par celte intention : Tes flammes deviendront comme eux droites et pures. Tes flammes que souvent ta folle passion Recourbe vers toi-même ou vers les créatures, corn. Imit. III, 9. Il 4" Se recourber, v. réfl. Être courbé en rond. Indomptable taureau, dragon impétueux, Sa croupe se recourbe en replis tortueux, rac. Phèdre, V, 8.

— HIST. XII* S. Ki oïst le félon crier, Denz requigner, bras dégeler, Gambes estendre et recorber, flou, 686. Quatre deiz [doigts] d'espeisse out amunt alur [au rebord] li vaissels, e li urs [le rebord], si cume fuille de lilie desclose, fud defors alques recurbez. Rois, p. 264. || xvi' s. Ces muscles passent sous l'os pubis et se recourbent vers le haut, pabé, 32.

— ÊTYM. fle..., et courber; provenç. et port, recurror.

t RECOURBURE (re-kour-bu-r'), s. f. Partie recourbée. Le vif-argent qui est dans la recourbure du tuyau, pasc. Pesant, de l'air, vi.

— HIST. XVI' s. Au défaut 4e la recourbeure,

RECOURIR (re-kou-rir), v. n. Il se conjugue comme courir. || 1° Courir de nouveau, retourner en courant. Il recourut chercher un livre qu'il aidait oublié. Le coadjuteur [d'Arles] venait de partir pour venir ici; j'ai recouru après lui, sÉv. (8 juin 1677. ||2° Terme de mer. Recourir sur une manœuvre, la suivre dans l'eau avec une chaloupe, en la tenant à la main. P Faire recourir une manreuvre ,i

signifie la pousser jusqu'où elle doit aller. |, 8" Fig. " I Avoir recours à quelqu'un ou à quelque chose. Sire si

permettez-moi de recourir aux armes, cobn. Cid, IV, 5. Petits princes, videz vos débats entre vous ; De recourir aux rois vous seriez de grands fous, la font. Fabl. iv, 4. Osez-vous recourir i ces ruses grossières ? mol. Jfts, iv, 3. Que dois-je faire ? quelle résolutfon prendre? à quel remède recourir? ID. Scapin, i, t. L'entrée du Louvre était libre à tous ceux qui recouraient à la protection de saint Louis, FLÉCH. Panég. St Louis. Mais où cherohé-je ailleurs ce qu'on trouve chez nous? Grand roi, sans recourir aux histoires antiques... botl. Ép. i. Soyez compalissante envers ceux qui recourent à vous pour obtenir des grâces, maintenon, Atis à la Duch. de Bourg. || Terme de procédure. Recourir en cassation, se pourvoir en cassation. || 4"' V. a. Terme de chasse. Poursuivre une seconde fois une bête, ou poursuivre une nouvelle bête. Après le premier cerf pris, le roi s'en retourna.... Monseigneur courut et prit un second cerf, puis revint, et la meute du roi recourut un troisième cerf qu'elle prit encore, dangeau, i, 65, 30 nov. <684. || Absolument. Tous les chasseurs y demeurèrent pour recourre le lendemain, piqués d'avoir manqué trois cerfs de suite, id. p. I90, <3 juin 1685. || 5° Terme de marine. Recourir les coutures d'un bâtiment, passer le ciseau à calfat sur les étoupes de tous les joints. Recourir les manœuvres, les visiter.

— REM. 1. Recourir, v. n. se conjugue avec . l'auxiliaire avoir. Cependant on trouve aussi l'auxiliaire être, mais seulement quand il est pris sans régime : Corbinelli a été ici deux jours; il est recouru pour voir le grand maître qui est revenu d'Alby, SÉV. 2 sept. 1876. || 2. En termes de' chasse, ce verbe fait recourre à l'infinitif.

— HIST. xiii' s. Et cil recorurent encontre lui,

et assemblèrent moût durement, villeh. xcix. Chil , [celui] à qui on demande aucune coze prestée ou aucune convenence, s'il en fet nianche [s'il niej, il ne pot pas, après le [la] niance, recourer à alleguier paiement, beaum. vu, h. || xiv s. Nous devons recourre aus ruilles [règles] generauls, h. de mondeville, t° 96 verso. || xvi' s. Il n'est vol que de pigeon, quand il a petitz, pour l'obstinée sollicitude en Iuy par nature pousée, de recourir et secourir ses pigeonnaulx, rab. Pant. iv, 3. Ce disant, Dindenaut desguainoyt son espée; Panurge recourt vers Pantagruel à secours, ro. t6. iv, 6. Le compaignon [un conjuré] se tenant pour descouvert, il recourut à l'autel, requérant franchise, mont, i, 265. Pour distinguer les loix naturelles des controuvées, il fault recourir à la générale police du monde, iD. I, 268. J'ay esté contrainot de recourir comme humble suppliant à ton fouyer, amyot, Cor. 36. J'ai couru mon flambeau sans me donner esmoy. Le baillant à quelqu'un s'il recourt après moy, bons. 305.

— ÊTYM. Provenç. recorre; catal. recorrer; espagn. recurir ; ital. ricorrere; du lat. recurrere, de re, et currcre, courir.

REC

REC

REC

t KECOURONNER (re-kou-ro-né), ». a. Couronner de nouveau.

— HIST. XIII* s, Carlemainne, lor fius [fils] ainsnés, Fu des barons recouronnés; Car ses père, sans mile envie, L'ot fait couronner, en sa vie. De l'apostoie Estievenon [du pape Élienne], phil. mods- KES, ms. p. 66, dans lacl'Hnb.

f ). RECOCRRE, infinitif de recourir.

t î. RECODRRE (re-kou-r'), t). n. Terme vieilli dont on ne connaît aujourd'hui que le présent, je recous tu recous, il recout, l'infinitif recourre, et le participe passé recous. Reprendre sur l'ennemi. Il était accouru avec un peu de gens pour recourre le bagage, vauqei,. Q. C. l, <B. La magnanimitc d'Abraham, qui ne se réserve rien du butin qu'il avait recous, boss. Politique, ix, ii, 5, En feu cuisant tu vas être jeté, Si la valeur d'un chevalier loyal Ne te recout de ce brasier fatal, volt. Pue. vi.

— REM. Suivant Ménage, l'infinitif est recourir, non reeourre ; c'est une erreur.

— HIST. XV* s. Oomment messire Jehan le Bouteiller et messire Hubert du Fresnoy furent recoux de mort, fboiss. liv. i, p. <04. L'ung d'eulx fut tellement empressé par une tourbe d'ennemis, qu'il fut porté à terre et en dangier d'estre mort; l'autre frère, qui l'aymoit autant que soy mesme, aventura son corps tellement et si vaillamment qu'il se bouta en la foule et recousyt son frère, le Jouvencel, f° 39, dans LACUBNE. Il XVI' s. Un forçat se coupa la jambe avec un couteau pour se jetter à l'eau, dont il fut recous et pendu, d'aub. Hist. u, 304. p^aroles du marquis Albert à d'Aumale, son prisonnier, lors du siège de Metz] Qu'il estoit cause que l'on avoit ainsi tué par plusieuis fois ses gens, sur l'espérance de le recourre, carl. v, 8.

— ÉTYM. Voy. RECOUSSE.

t RECOURROUCER (re-kou-rou-sé), v. a. Courroucer de nouveau.

— HIST. xii* s. Et vos m'an sauriez mal gré, Si Tos recorroceriez, Chev. ou lyon, v. 1 684.

RECOURS (re-kour; ]'s ne se prononce pas et ne se lie pas : re-kour à l'autorité), s. m.,\\i° Action par laquelle on recherche le secours de quelqu'un ou de quelque chose. Les affligés ont en leurs peines Recours à pleurer, malh. v, 9. Lui qui n'était novice au métier d'assiégeant, Eut recours à son sac de ruses scélérates, la font. Fabl. X, (8. Le fier Arbogaste se tua lui-même, plutôt que d'avoir recours à la clémence du vainqueur, que tout le reste des rebelles venait d'éprouver, boss. Hist. i, n. Us eurent recours à M. de Lamoignon comme à un homme incorruptible, FLÉCH. Lamoignon. Mme la Dauphine eut recours aux remèdes de l'âme, dans le tertps qu'elle méprisait ceux du corps, id. Dauphine. Toujours les scélérats ont recours au parjure, hac. Phèdre, IV, 2. Je vois que c'est toujours à vous que les infortunés doivent avoir recours, volt. Lelt. Damilaville, 24 juin i787. Le duc de Noailles eut recours, en 4716, à l'établissement d'une chambre de iustice contre- les financiers, m. Uist. pari. Li. Il 2° Refuge, ressource. Belle âme Qui fus de mon espoir l'infaillible, recours, malb. vi, h. Le maître ne trouva de recours qu'à crier Contre ses gens, son chien : c'est l'ordinaire usage, la PONT. Fabl. XI, 3. Les pleurs furent son seul recours, ID. Coupe. Dans un si noir chagrin leur sombre inquiétude Ne voit d'autre recours que le métier de prude, MOL. Tart. i, r Le sénat alors, dit Cicéron, était le recours et l'asile des rois, des peuples,' des nations, rollin, Traité des Et. 3* part. ch. 2. bans les asiles saints, il y a plus de recours; dans le monde, plus de périls, mass. Prof, relig. 3. Réduit, hélas 1 à vivre en sage. Ne l'ayant pas été toujours, Et ne l'étant qu'en mon vieux ftge, La retraite est mon seul recours, volt. Letl. en vers et en prose, (52. Il 3° Terme de droit. Action en garantie. Recturs contre les endosseurs. || Recours en cassation, pourvoi en cassation. || Recours en grâce, demande adressée au souverain pour obtenir la remise ou la commutation d'une peine. || 4° Terme rural. Un des membres du cep de troisième année, qu'on taille à un œil. Il B° Ancien terme de monnaie. Recours delà pièce au marc et du marc à la pièce, le rapport exact qui doit être entre le nombre des pièces et le poids du marc; ce qui se vérifie par les gardes, en pesant les espèces pièce à pièce au trébuchet.

— REM. Quand recours signifie l'action pariaquelle on recherche de l'assistance, du secours, il se met toujours sans prépositif : J'ai recours à Dieu. Dans le sens de refuge, on l'accompagne de prépositifs : Tout mon recours est en Dieu. Dieu est mon seul recours. U en est de mâme dana le Kns d'action

en garantie : on ne dit pas : j'aurai recours contre vous ; mais, j'aurai mon recours contre vous.

— HIST. xiii* 8. S'orvoleiz paradix avoir. Si secoreiz la terre sainte. Qui est perdue à ceste empainte, Qui n'a pas un an de recours, S'en l'an meïsmes n'a secours, butbb, h3. || xiv* s. L'en puet [peut) avoir recours à ta [cure] palliative, h. de MONDEviLLE, f> 80 bis. || XV* S. Le ducdo Sombressot, anglois... estoit venu en France à recours et refuge du roy Charles, monstbelet, t. m, p. »•, dans la- CURNE. Car mon recours J'ai en espoir, en qui me fie, Et en vous, belle, seulement, Car jamais je ne vous oublie, CH. d'obl. Bal. u. Seoir, veillier, avoir aux dez recours, Rebanqueter, c'est la vie des cours, E. DESCH. Yte dissipée. || xvi* s. Et vous supply, m'amie et mon recours, Belle en qui gist ma mort, ou mon secours.... marot, i, 3b3. Certes, amis, qui cherchez mon recours [salut].... id. i, 260. Sa maison estoit une retraitte et un recours pour tous ceuli qui venoient de la Grèce à Rome, amyot, Lucul. 83.

— ÉTYM. Provenç. recors; espagn. ricurso; ital. rtcorso; du lat. recursus, de recurrere, recourir.

t RECOURTISER (re-kour-ti-zé), ». a. Courtiser de nouveau. Il [Fénelon] était déjà consulté du dedans et recourtisé du dehors, st-sim. 3bo, <43.

t BECOUSEMEPfT (re-kou-ze-man) , t. m. Action de recoudre.

— HIST. xvi* s. Recousemenl, ounm, Dict.

— ÉTYM. Recoudre ; ital. ricuccimento.

RECOUSSE (re-kou-s') ou BESCO DSSE (rè-skou-s') ,

s, /■. Il 1° Terme vieilli. Reprise d'une personne ou d'une chose enlevée par force. Le premier écuyer, ravi d'aise de sa recousse, les mena à Ham [les soldats qui l'avaient délivré], st-sim. <72, 41. || X la rescousse, est souvent employé aujourd'hui par les écrivains qui affectent d'imiter les anciens, pour signifier à l'aide, à un nouvel effort. || 2° Aujourd'hui, reprise d'un navire sur l'ennemi dans les vingt-quatre heures qui en auront suivi l'amarinage.

— HIST. XVI' s. Ils coururent vislement à la rescousse, amyot, P.JEm. 29. Pendant nos dernières guerres de Milan, et tant de prises et de lescousses, mont, i, 297.

— ÉTYM. Provenç. rescossa, et aussi escosa; ital. riscossa; d'un verbe, en français rescourre, en italien riscuotere, du lat. r«, et excutere, secouer. La forme recousse vient du bas-latin recutere, qui veut dire enlever, reprendre, et qui est le latin re, et cutere ou qualere. Comme dans l'ancien français l'infinitif de ce verbe était rescourre, et que les composés de courir avaient l'infinitif en courre (courre un lièvre), auxvi' siècle on commit la faute de prendre recourir pour le verbe de recousse; par exemple dans cette phrase d'Amyot : Vous ne nous estes pas venus recourir, lorsi|ue nous estions encore entières, et retirer des mains de ceulx qui nous detenoicnt iniquement, Rom. 29.

RECOUSU, UE (re-kou-zu, zue), part, passé de recoudre. Cousu de nouveau. Un habit recousu. Il Fig, Dans mes vers recousus mettre en pièces Malherbe, boil. Sat. u.

RECOUVERT, ERTE (re-kou-vêr, vèr-t'), part, passé de recouvrir. || terme de maçonnerie. Se dit des joints de pierre qui ne sont pas apparents. || On dit aussi des cloisons et des pans de bois qui sont enduits ou ravalés en plâtre, qu'ils sont recouverts.

RECOUVRABLE (re-kou-vra-bl'), adj. Terme de finance. Qui peut être recouvré. Deniers non recouvrables.

— HIST. XVI* s. Recouvrable, cotorave.

— ÉTYM. Recouvrer.

RECOUVRANCE (re-kou-vran-s') , *. f. Vieux mot qui signifiait action de recouvrer, secours. Usité seulement dans cette locution : Notre-Dame de Recouvrance.

HIST. XI' s. Mort il l'abat sans nulle recuvrânce, Ch. de Roi. cclxiv. || xiu* s. Isle de Cret, Corse et Sezile, Chypre, douce terre et douce isle, Où luit avoient recouvrance, ruteb. )02. || xv* s. Ne voyezvous autre façon pour la recouvrance de la santé de madame? louis xi, Nouv. xxi.

— ÉTYM. Recouvrer.

t RECOUVRANT, ANTE (re-kou-vran, vran-f), adj. Oui recouvre. Enduits cohérents et recouvrants. Il Terme de minéralogie, Couche recouvrante, couche qui est venue se déposer sur des couches plus anciennes qu'elle. || Se dit d'une coquille univalve qui est conique et sans spire proprement dite.

— ÉTYM. Recouvrir.

RECOUVRÉ, ÊË (re-kou-vrô, ée), part, passé de recouvrer. Acquis de nouveau. Tout le veutt-mou

coeur, mon devoir, mon bonheur conservé, ma raison recouvrée, mon état, mon mari, mes enfants, moi-même, j. i. rouss. Hél. iv, 1. 1| Proverbe. Pour un perdu, deux recouvrés,

4. ■ RECOUVREMENT (re-kou-vre-man), t. m. 111° Action de recouvrir; résultat de cette action. Leur recouvrement [de couches de charbon) par la terre qui leur servait de toit les a préservées de l'inflammation qu'aurait produite le contact de la lava en fusion, buff. Min. t. viii, p. <70. Le recouvrement des terrains cultivables de l'Sgypte par Us sables stériles de la Libye qu'y jette le vent d'ouest, est un phénomène de même genre que les dunes, C0VIF.B, Révolutions, p. ' 66. || 2° Partie d'une pierre, d'une tuile, etc. qui couvre un joint, une entaille. Il S'emploie d'une manière analogue en histoire nar turelle. Les pennes sont recouvertes, à leur insertion, de plumes plus petites, posées en recouvrement pour les fortifier et arrêter le passage de l'air, BEBN. DE ST-p. Harmon. Uv. n, anim. || 3" Terme de maçonnerie. Enduit de plâtre sous lequel onalatté et qui sert à couvrir les faces visibles d'une pièce de charpente. || Faire en plomb le recouvrement d'une partie de toit, c'est y mettre de nouvelles tables etenlever les anciennes. || 4° Plaque de cuivre qui recouvre l'objectif d'une- lunette d'approche. Il Montre à recouvrement, montre qui a une sorU de rebord qui la recouvre. || Recouvrement du tiroir, avance du tiroir qui règle l'admission de la vapeur dans le cylindre d'une machine.

- ÉTYM. Recouvrir.

Page 1